• Des cunnilingus imposés à une enfant ne sont pas un viol : la cour d’appel de Paris persiste dans « l’archaïsme » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100426/des-cunnilingus-imposes-une-enfant-ne-sont-pas-un-viol-la-cour-d-appel-de-

    Mise en garde

    Cet article fait état de violences sexuelles sur une enfant.

    En décembre 2025, dans un tribune publiée dans L’Humanité, des personnalités féministes, parmi lesquelles Emmanuelle Piet, du Collectif féministe contre le viol, Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes, ou encore Céline Piques, d’Osez le féminisme, avaient appelé la chambre de l’instruction à rendre une « décision déterminante » pour affirmer qu’un cunnilingus imposé est bien un viol.

    « Pénétrer la vulve ne suffirait pas à caractériser un viol. Cette interprétation restrictive du sexe féminin opère une mutilation symbolique : une excision judiciaire. Elle nie l’anatomie réelle des femmes pour ne retenir que ce qui sert au plaisir des hommes ou à la procréation », soulignaient ces militantes. « Un cunnilingus forcé […] répond parfaitement à la définition légale du viol. Prétendre le contraire, c’est effacer le corps des femmes du droit pénal », insistaient-elles aussi, demandant de « revenir sur une jurisprudence indigne ».

    (...)

    Le cas de Daphné n’est pas concerné par cette loi de 2021, puisque les faits dénoncés sont antérieurs. Paradoxalement, l’amendement censé éclaircir une bonne fois pour toutes les choses a été pris au pied de la lettre par les magistrats, qui considèrent que les cas de cunnilingus imposés antérieurs à 2021… ne constituent pas des viols. « C’est révoltant et rageant. La loi a eu l’effet inverse à celui escompté pour les victimes », analyse la plaignante. « La loi du 21 avril 2021 a visé précisément à contrecarrer cette jurisprudence profondément patriarcale en sanctuarisant les actes bucco génitaux dans la définition du viol. C’est donc un parfait contresens de considérer qu’ils doivent en être exclus lorsqu’ils sont antérieurs à son entrée en vigueur », estime son avocate.

    #patriarchie #viols #enfance_brisee #justice_archaïque #france_2025 #revenez_dans_300_ans

    https://justpaste.it/m61wz

  • La cerise sur le gâteau… - La Revue Pratiques
    https://pratiques.fr/La-cerise-sur-le-gateau

    J’ai bien reçu votre réponse m’indiquant que j’avais droit à trois trimestres supplémentaires pour enfant handicapé. J’avais pourtant lu que l’on pouvait avoir jusqu’à huit trimestres et pensais pouvoir obtenir ce supplément dès lors que ma fille est lourdement handicapée, qu’elle a eu deux années où les soins étaient nuit et jour, qu’elle n’a pu marcher qu’à l’âge de 5 ans, commencer à dire quelques mots qu’à 9 ans avec la méthode MAKATON que JE suis allée sans aucune aide rechercher dans les premiers stages organisés par M. Walker en France en 1995 à Paris sur une année alors qu’il a fallu ensuite vingt ans pour que la France s’empare de cette méthode et la généralise, Que mon enfant n’a intégré un IME qu’à 9 ans après des années de soins répartis entre orthophonie, UASA, soins orthopédiques, des soins nécessitant beaucoup d’aller retours et donc de disponibilité, et que, non autonome, elle ne peut travailler, est en foyer de vie la semaine depuis l’an dernier seulement, a toujours besoin de moi au quotidien les week-ends et congés, et ce jusqu’à mon décès. Je me pose la question donc : quel type de handicap génère un octroi de huit trimestres puisqu’apparemment son cas et mon cas sur toutes ces années passées et à venir ne le justifient pas, et ne me donnent compensation que de neuf mois !!!!

    In Pratiques N°109 Le #handicap, de quel empêchement est-il le nom ?

    #retraite #france_2025

  • https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/30/pesticides-et-sante-tensions-au-haut-commissariat-a-la-strategie-et-au-plan-

    De toutes les questions environnementales, c’est le sujet sensible du moment. Dans la foulée de la loi Duplomb, en juillet, et des plus de 2 millions de signatures engrangées par la pétition, qui en dénonce les effets délétères sur l’environnement et la santé, le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a remis à l’Assemblée nationale, mercredi 29 octobre, le rapport qu’elle lui avait demandé sur les politiques publiques de santé environnementale. Le document de 500 pages fait le constat d’une faiblesse globale des politiques publiques consacrées au sujet et formule une série de recommandations pour réduire le fardeau des maladies attribuables aux pollutions de l’environnement. Mais les conditions dans lesquelles la mission a été conduite témoignent de la difficulté à inscrire cette question à l’agenda politique.
    Fortes tensions entre les cinq membres de l’équipe du HCSP chargée de rédiger le rapport et la hiérarchie de leur institution – elle a été placée sous l’autorité de Clément Beaune, nommé haut-commissaire en mai –, demandes d’ajout ou de suppression de certains passages, reformulations, interventions du cabinet de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, menaces de sanction à l’encontre de l’une des autrices du rapport, signalement aux ressources humaines d’une autre…
    Selon nos informations, c’est sur le volet du texte consacré aux pesticides que les pressions se sont focalisées. Jusqu’à ignorer certaines recommandations du conseil scientifique, chargé de contrôler la rigueur factuelle du texte. Quatre de ses huit membres – tous chercheurs ou inspecteurs généraux spécialistes de santé environnementale – signent d’ailleurs, en annexe du rapport, un commentaire cinglant sur le travail conduit par le HCSP.

    https://archive.ph/BCKK6

    • Pesticides et santé : tensions au Haut-Commissariat à la stratégie et au plan autour d’un rapport commandé par les députés

      Quatre des huit membres du conseil scientifique chargé de superviser le document ont signé un commentaire critique soulignant leurs désaccords sur des amendements, notamment obtenus par le ministère de l’agriculture.

      [...]

      Le rapport est divisé en quatre parties : le #bruit, les polluants éternels (ou #PFAS, pour substances per- et polyfluoroalkylées), la pollution atmosphérique aux #particules_fines et les pesticides.

      [...]

      Selon différentes versions du texte consultées par Le Monde, une étude française citée dans le rapport, indiquant un lien entre la densité de #vignes autour du domicile et le risque de leucémie de l’enfant, se retrouve qualifiée – contre l’avis des cinq rédactrices du texte – de « peu robuste au niveau régional » et « posant question ». Dans leurs commentaires, les quatre membres du conseil scientifique de la mission abondent, et objectent qu’ils avaient demandé « une reformulation qui n’a pas été prise en compte ».
      Même tentative de minimisation de résultats scientifiques sur la question-clé de l’impact sanitaire des traces de pesticides de synthèse dans l’#alimentation. Pour faire pièce à une étude française de 2018 montrant un risque diminué de certains #cancers chez les plus gros consommateurs d’aliments issus de l’#agriculture_biologique, une référence à un simple communiqué de l’Institut national du cancer (INCA) a été ajoutée, qualifiant d’« infox » le lien entre alimentation bio et réduction du risque de cancer.

      En novembre 2024, Le Monde avait révélé que les représentants d’une quarantaine d’équipes de recherche travaillant sur les liens entre nutrition et cancer avaient protesté auprès de l’INCA, demandant que ce communiqué soit corrigé. La direction de l’institution ne leur avait pas répondu. (...)

      ... dans leur texte, les rapporteurs estiment que le montant du budget de la PAC consacré à la réduction des usages de pesticides se monte à environ 700 millions d’euros, soit 8 % du budget de la PAC. Mais, dans la version finale du rapport, une estimation bien plus optimiste leur est imposée, accolée à la leur : avec un autre mode de calcul, ce serait plutôt 2 milliards d’euros fléchés vers la réduction des intrants. Le conseil scientifique s’en indigne, jugeant que 700 millions d’euros sont déjà une estimation haute.

      #pesticides #pollution #HCSP #PAC #écologie #ministre_de_l’agriculture means #FNSEA #santé x

  • Les parlementaires finalisent une réforme des retraites plus avantageuse pour les élus | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/081025/les-parlementaires-finalisent-une-reforme-des-retraites-plus-avantageuse-p

    Avant la démission de Sébastien Lecornu, le Sénat devait débattre mercredi d’une loi sur le statut des élus. L’article 3, déjà adopté dans les deux chambres, prévoit d’accorder aux élus locaux des trimestres de retraite supplémentaires pour chaque mandat, sans cotisation. Coût estimé : environ 100 millions d’euros.

    #france_2025 #députés #sénateurs #retraite #sans_honte

    Si le socle commun s’est divisé, la gauche et l’extrême droite ont défendu en bloc ce cadeau aux élu·es."

  • Les #trains_de_nuit vers #Berlin et #Vienne ne circuleront plus à partir du 14 décembre

    Les trains de nuit Vienne-Paris et Berlin-Paris ne circuleront plus dès le 14 décembre, annonce ce lundi la compagnie ferroviaire autrichienne #ÖBB.

    Les trains de nuit Vienne-Paris et Berlin-Paris ne circuleront plus dès le 14 décembre « après le retrait des partenaires français », a annoncé la compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB ce lundi. « La #SNCF a été informée par le ministère [français, NDLR] des Transports que les commandes publiques pour l’exploitation des trains de nuit Vienne-Paris et Berlin-Paris seraient arrêtées pour l’année 2026 », a indiqué la compagnie autrichienne. « Les deux liaisons de train de nuit ne pourront plus être proposées à partir du 14 décembre 2025 », a-t-elle regretté, ce type d’exploitation nécessitant « des partenaires internationaux ».

    La semaine dernière, le collectif d’usagers Oui au train de nuit avait alerté sur la possible #disparition de ces liaisons ferroviaires relancées en 2021 et 2023, qui ne survivraient pas à la suppression d’une #subvention de l’État français. De nombreux élus avaient alerté sur la « menace » de leur disparition - désormais concrétisée.

    Tombés en désuétude durant la décennie 2010, les trains de nuit internationaux devaient connaître une renaissance à partir du réseau spécialisé autrichien #Nightjet. Mais selon ce collectif, les opérateurs ferroviaires n’auraient pas respecté « leur promesse de créer une desserte quotidienne », le train ne circulant que trois jours par semaine. L’État français subventionne largement les lignes relancées : environ 10 millions d’euros par an pour la liaison vers Berlin.

    Bruxelles restera desservie

    La compagnie ÖBB a précisé qu’elle maintenait la liaison Vienne-Bruxelles et continuerait d’investir dans les trains de nuit avec « davantage de capacité et de confort sur les lignes existantes ». Cette compagnie est leader européen sur le marché des trains de nuit grâce à la situation géographique de Vienne au cœur de l’Europe et acquiert progressivement de nouveaux wagons lits modernes, pour renouveler et compléter sa flotte existante.

    https://www.dna.fr/transport/2025/09/29/les-trains-de-nuit-qui-reliaient-paris-a-berlin-et-vienne-vont-bientot-s-arreter
    #France #train_de_nuit #suppression #transport_ferroviaire #train #mobilité #transport_public

    • #Cyberaction : Sauvons les trains de nuit Paris – Berlin et Paris – Vienne

      Deux lignes de trains de nuit iconiques, le Vienne-Paris et le Berlin-Paris, seront arrêtées le 14 décembre, selon la compagnie autrichienne ÖBB, "après un retrait des partenaires français". Tombés en désuétudes durant les années 2010, ces lignes internationales avaient pourtant été relancées en 2021 et 2023.

      Les trains de nuit internationaux Paris-Vienne et Paris-Berlin connaissent un succès de fréquentation. Ils ont transporté 66 000 voyageurs en 2024, malgré une relance très récente et une circulation un jour sur deux.

      Pourtant, ces trains pourraient s’arrêter dès décembre 2025.

      En effet l’État menace de supprimer la subvention à la SNCF pour ces trains « Nightjet » qu’elle gère en coopération avec les chemins de fer autrichiens ÖBB. En cause, les opérateurs n’ont pas tenu leur promesse de créer une desserte quotidienne (le train ne circule que 3 jours par semaine).

      La SNCF ne vend pas les billets pour ces trains de nuit.
      La SNCF ne vend pas les billets sur sa plateforme SNCF Connect, et n’informe même pas sur l’existence de ces trains qu’elle opère pourtant. Comment croire dès lors à son implication pleine et entière dans la réussite de ces deux lignes de nuit ?
      Concurrence déloyale de l’avion
      L’Union européenne complique le financement des lignes de train internationales, tandis que l’avion bénéficie de niches fiscales qui apportent une subvention cachée de 30 à 40€ par billet d’avion. Autrement dit, on subventionne massivement le mode le plus polluant, tout en freinant l’émergence de l’alternative plus vertueuse.
      Au final, les trains de nuit internationaux sont en 2025 dans la même situation que les trains de nuit nationaux en 2015 : la SNCF dégrade le service et encourage ainsi l’État à s’en débarrasser, sur fond d’un cadre réglementaire mal adapté.

      Pourquoi faut-il agir maintenant ?
      Il n’est pas acceptable que les 2 seuls trains de nuit internationaux qui desservent la France à l’année disparaissent. Chacun des acteurs dispose d’une marge pour agir et chacun peut faire un pas pour relancer véritablement les trains de nuit internationaux.
      Nous, signataires de la pétition, demandons :
      – aux opérateurs SNCF, ÖBB et DB de déployer complètement l’offre annoncée avec 2 trains de nuit quotidiens, un vers Vienne et un vers Berlin, ce qui améliorera la fiabilité et l’équilibre économique. L’Autriche fournit les rames, qui représentent une grande part du coût des trains de nuit. Pour la SNCF, c’est donc une opportunité à ne pas manquer pour enfin tester les trains de nuit internationaux à pleine capacité. C’est une étape nécessaire pour permettre d’autres déploiements à l’avenir, vers Copenhague, Malmö, Barcelone, Madrid, Milan, Venise, Rome, Prague, etc.
      – à l’État français de continuer à soutenir ces trains, quitte à renégocier le montant de la subvention, en contrepartie d’un engagement à faire rouler le train tous les jours.
      – à l’UE d’autoriser plus clairement les subventions aux trains internationaux, au moins temporairement, sur la période où le kérosène reste défiscalisé. L’UE pourrait subventionner les trains de nuit pour équilibrer la concurrence avec l’avion et reconstruire le réseau des trains de nuit après 2 décennies de sous-investissement.
      C’est une action urgente pour disposer d’une alternative au moment où l’avion va devenir plus cher.
      Vite, il y a urgence, signez la pétition aujourd’hui pour montrer notre attachement à un mode de voyage bas-carbone !

      1ers signataires : Oui au train de nuit Rester sur terre
      https://agir.greenvoice.fr/petitions/sauvons-les-trains-de-nuit-paris-berlin-et-paris-vienne

      Les trains de nuit Vienne-Paris et Berlin-Paris ne circuleront plus à partir du 14 décembre
      https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20250929-les-trains-de-nuit-vienne-paris-et-berlin-paris-arrêtés-le-14-déc

      Précédentes actions

      Pétition : Oui aux trains de nuit
      https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/ouiauxtrainsdenuit-6425.html

      Cyberaction : Pour le TER au prix du Covoiturage
      https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/pourleterauprixducovoiturage-6685.html

      Pour le maintien de la ligne ferroviaire Guéret – Felletin.
      https://www.cyberacteurs.org/archives/bilan.php?id=6425

      Nous vous proposons d’interpeller la Présidente de la Commission Européenne

      https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/sauvonslestrainsdenuitparisberlinet-7828.html

  • Ce que la ménopause coûte aux femmes | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/menopause-coute-aux-femmes/00116255

    Le 10 avril dernier, la députée Stéphanie Rist remettait au gouvernement son rapport pour une stratégie nationale de prise en charge de la ménopause. Signe que les tabous se lèvent autour de cette période de transition vécue par toutes les femmes ?

    On en sait encore peu sur ce phénomène, défini médicalement comme l’arrêt des règles pendant douze mois aux alentours de l’âge de 50 ans, mais dont les symptômes – allant des bouffées de chaleur aux problèmes de mémoire, en passant par les douleurs articulaires, les troubles du sommeil ou la dépression – se manifestent parfois des années avant.

    L’ignorance touche les aspects proprement sanitaires (une étude vient ainsi d’être lancée par l’hôpital Foch de Suresnes pour constituer une base de données sur le sujet), et plus encore ses impacts économiques. Pourtant, de plus en plus de femmes sont amenées à travailler pendant et après leur ménopause, du fait de la hausse de la participation des femmes de plus de 55 ans au marché du travail et du recul de l’âge de départ à la retraite.

    (…)

    Les revenus des femmes diminuent de 4,3 % en moyenne au cours des quatre années suivant son diagnostic, en raison à la fois d’une diminution du taux d’emploi et/ou du nombre d’heures travaillées. Après quatre ans, la chute s’accentue pour atteindre 10 %.

    Ça concerne essentiellement la Norvège, oui parce qu’imagine toi bien qu’en France, y’a pas de quoi faire des études sur les femmes, les décideurs politiques ont tendance à se désintéresser totalement de la question politique de la survie des femmes

    #france_2025 #ménopause #femmes

  • A Mayotte, la police aux frontières provoque des naufrages de bateaux et la mort de migrants venus des Comores
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/16/a-mayotte-si-dix-personnes-meurent-en-mer-il-n-y-a-pas-de-sujet-la-police-au

    Extrait d’une vidéo de communication montrant un entraînement de la police, diffusée en décembre 2024 sur le compte LinkedIn du directeur territorial de la police nationale à Mayotte. Patrick Longuet / LinkedIn

    https://assets-decodeurs.lemonde.fr/redacweb/2509-mayotte/linkedin.mp4

    Il est environ 4 heures du matin, ce 15 juillet, quand Zoubert (les personnes citées par leur prénom ont souhaité conserver leur anonymat) approche la côte ciselée de Sada, dans le sud-ouest de Mayotte. Parti dix heures plus tôt de l’île de Ndzouani (anciennement Anjouan), aux Comores, l’homme de 25 ans a pris place dans un kwassa-kwassa, un bateau de pêche de moins de 10 mètres de long, pour rejoindre l’archipel français de l’océan Indien. Zoubert y a grandi et veut y retrouver sa mère. Il a fait route sans encombre jusqu’à l’entrée du lagon, par-delà la barrière de corail, l’ultime étape d’une traversée de près de 70 kilomètres, empruntée chaque année par des milliers de candidats à l’exil.

    L’arrivée est imminente pour lui et les 26 passagers de l’embarcation. Un kilomètre à peine les sépare du rivage. Mais c’est compter sans la vigilance des autorités françaises, occupées à surveiller les eaux du lagon. Zoubert et trois autres occupants du kwassa rapportent avoir alors été victimes d’un abordage violent. Selon leur récit, un bateau de la police aux frontières (PAF) serait volontairement entré en collision avec le leur, provoquant la chute à l’eau de plusieurs personnes, le tout sans sommation ni avertissement. « Les policiers devaient nous sauver, pas nous tuer », dénonce Zoubert, qui dit avoir vu une adolescente et un vieil homme se noyer.

    Sollicité, le parquet de Mamoudzou, chef-lieu du département, confirme la mort d’une jeune femme et d’une personne âgée. Mais, d’après les données publiques compilées par le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Sud océan Indien, responsable de la coordination des secours, sept autres personnes, outre les deux corps récupérés, auraient disparu en mer.

    • L’URL est plus explicite sur le titre

      a-mayotte-si-dix-personnes-meurent-en-mer-il-n-y-a-pas-de-sujet-la-police-aux-frontieres-accusee-de-provoquer-des-naufrages-de-bateaux-de-migrants_6641347_3224.html

      #france_2025

    • L’information a été remontée aux autorités quelques heures après le naufrage. Interrogé sur ces bilans pour le moins différents, le parquet n’a pas donné suite.

      Les témoignages de rescapés confirment pourtant l’ampleur du drame. Celui d’Ahamada, par exemple. Cet homme de 24 ans voyageait avec son neveu et sa nièce. Il affirme avoir vu le petit garçon de 4 ans, dont il avait la responsabilité, tomber dans l’eau à la suite du choc puis couler sans qu’il ait pu lui porter assistance. « C’est vraiment ignoble, insiste-t-il. Ils sont arrivés par l’arrière. Notre pilote a cru qu’il pouvait encore s’enfuir car nous n’étions pas loin de la plage. C’est à ce moment-là qu’ils nous sont rentrés dedans. S’ils nous avaient laissés [accoster], ils auraient pu nous interpeller sans tuer des gens. »

      Un autre élément a surpris Zoubert ce jour-là. D’après lui, il n’y avait que deux policiers à bord de la vedette, en l’occurrence le Murène, un semi-rigide de 12 mètres de long, propulsé par deux moteurs de 300 chevaux, capable de monter à une vitesse de plus de 40 nœuds. « Après nous avoir heurtés, ils ont fait marche arrière jusqu’à une distance de 30 mètres et ils nous ont regardés, se souvient-il. L’embarcation s’est déchirée, tout le monde est tombé à l’eau. Et ils sont restés entre dix et quinze secondes sans réagir. »

      Sadik, un Comorien de 22 ans, se rappelle lui aussi n’avoir vu que deux policiers, « un homme et une femme » ; « des Blancs », d’après lui. Selon nos informations, les vedettes utilisées par la PAF embarquent toujours au moins trois personnes en journée, quatre la nuit. « Quelle organisation peut-on avoir à deux ?, s’interroge un militaire de la gendarmerie maritime, sous le couvert de l’anonymat. Par nuit noire, si le pilote regarde l’écran radar, il ne regarde pas la mer. Et si ça se passe mal, ils ne peuvent pas grand-chose. » Interrogé sur ce point précis, le parquet n’a pas donné suite.
      Surveillance jour et nuit

      Une information judiciaire a été ouverte pour « homicides et blessures involontaires aggravées ». Un homme présent à bord du kwassa a été mis en examen pour « aide à l’immigration irrégulière aggravée ». Le 16 juillet, le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, a dénoncé lors d’une conférence de presse « l’attitude des filières d’immigration clandestine, qui sont les premières responsables de ce drame ».

      Ainsi va la vie de Mayotte… A 8 000 kilomètres de l’Hexagone, c’est aujourd’hui la frontière française la plus exposée à l’immigration irrégulière. Entre 100 000 et 200 000 personnes sans papiers se trouveraient sur l’archipel. En 2024, plus de 22 000 hommes et femmes, mais aussi enfants, ont été placés dans le centre de rétention de Petite-Terre, en vue d’être expulsés, la plupart vers les îles comoriennes voisines, qu’ils avaient quittées, eux aussi, à bord de kwassa.

      Face à ce phénomène, la France a installé un réseau de radars maritimes sur tous les pourtours du lagon. Surtout, huit puissants semi-rigides de la gendarmerie et de la PAF, appelés des « intercepteurs », sont chargés de surveiller nuit et jour les eaux territoriales. En 2024, 493 embarcations, transportant 6 764 personnes, ont ainsi été interceptées en mer selon des chiffres de la préfecture. L’année précédente, 661 kwassa avaient été interceptés.

      « Notre objectif est de porter assistance, de mettre les passagers à l’abri à terre et, après, on entre dans le canevas habituel de la procédure administrative », affirme un haut gradé de la gendarmerie nationale, désireux de rester anonyme. « On ne fait que porter secours, assure, à son tour, le préfet François-Xavier Bieuville, interrogé en juin. Ce n’est pas pertinent de mettre en danger les personnes qui sont sur un bateau. »

      Le récit du naufrage du 15 juillet partagé par Zoubert et trois autres passagers ne correspond pas à cette présentation… Et cette affaire n’a rien d’un cas isolé. Au terme de près d’un an d’enquête, Le Monde, ses partenaires du média d’investigation Lighthouse Reports et de plusieurs médias – français, britannique et allemand – ont recueilli une vingtaine de témoignages similaires et eu accès à diverses enquêtes judiciaires et administratives à même de documenter la récurrence d’interventions dangereuses au large de Mayotte. Des cadres du ministère de l’intérieur confirment le recours à ces pratiques d’interception agressives.

      Alors que, dans la Manche, le gouvernement français a annoncé, cet été, un changement de doctrine d’intervention pour autoriser l’arraisonnement en mer des bateaux de migrants en route vers le Royaume-Uni – jusque-là prohibée au bénéfice du secours en mer –, cette enquête révèle les risques inhérents à de telles manœuvres et leurs conséquences mortelles à Mayotte, où elles sont mises en œuvre, loin des regards, depuis au moins une vingtaine d’années.
      Interceptions dangereuses

      D’après les données publiques du Cross Sud océan Indien, au moins 477 migrants sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un bilan issu de 860 opérations d’assistance en mer coordonnées par le Cross sur la période auprès d’embarcations de migrants, et dans lequel les circonstances entourant les drames ne sont pas précisées.

      Avec une moyenne de 30 morts par an, ce bilan traduit néanmoins la dangerosité inhérente aux trajets effectués en kwassa. D’après notre décompte, fondé sur des données publiques ainsi que des dossiers judiciaires, au moins 24 personnes ont péri dans le lagon, entre 2007 et 2025, à la suite d’une interception. Sollicités pour réagir aux éléments réunis dans cette enquête, le ministère de l’intérieur, la préfecture et le parquet de Mamoudzou n’ont pas donné suite.

      « A Mayotte, on a une posture beaucoup plus agressive que dans la Manche, reconnaît pourtant un cadre du secrétariat d’Etat à la mer, lui aussi soucieux de demeurer anonyme. Mayotte est soumise à des flux migratoires permanents qui déstabilisent l’île. Nécessité fait loi. C’est un peu cynique mais c’est comme ça. Et puis, le risque médiatique et politique est sans commune mesure. A Mayotte, si dix personnes meurent, il n’y a pas de sujet. »

      Le souvenir de ces événements tragiques reste confiné au cœur des bidonvilles, dans la mémoire de leurs habitants. Il suffit d’interroger les Comoriens présents sur l’île pour que les récits d’interceptions dangereuses affluent. Youssouf, 25 ans et en situation irrégulière, a effectué une traversée sept fois des Comores vers Mayotte entre 2013 et 2024, au gré des expulsions dont il a fait l’objet. La dernière fois, il a « cru mourir ». Le semi-rigide de la police « tournait autour [d’eux] et faisait des vagues », se souvient-il. Le kwassa est percuté. Une personne tombe à l’eau, avant d’être récupérée, saine et sauve.

      Nishka, un autre Comorien établi dans le sud de l’île de Grande-Terre, raconte avoir subi une tentative d’interception en 2023. « Le bateau de la police a fait des vagues, puis on a chaviré, dit-il. On était tout près de la plage. J’ai nagé jusqu’à la terre, je me suis caché. Je ne sais pas s’il y a eu des morts. » Abdellah, 24 ans, du quartier de Tsoundzou, à Mamoudzou, explique, pour sa part, comment une vedette de la police a tourné plusieurs fois autour du kwassa qui l’amenait vers Mayotte, une nuit de novembre 2021. « De l’eau est entrée dans le bateau. On était pétrifiés, des gens se pissaient dessus. »

      « J’ai vu des choses que je ne pensais jamais voir, confie encore Mohammed. C’est gravé dans ma mémoire. » De 2019 à 2023, ce trentenaire a œuvré comme passeur entre Ndzouani et Mayotte, avant de raccrocher. Fin 2022, il participe à une escouade de trois kwassa partis de Ndzouani. Ces derniers sont à l’entrée du lagon quand une vedette de la PAF entreprend de stopper l’un d’eux, soulevant des vagues jusqu’à provoquer son naufrage. Mohammed et ses passagers sont témoins de la scène avant de poursuivre leur route. Impossible, pour lui, de dire ce qu’il est advenu des naufragés.
      « Une formation de trois semaines, au mieux »

      Au cours de notre enquête, six fonctionnaires, issus des ministères de l’intérieur et des armées, en poste entre 2008 et 2024 à Mayotte, ont reconnu, tout en exigeant l’anonymat, le recours routinier à des pratiques dangereuses. Un haut gradé de la gendarmerie admet ainsi que les intercepteurs « coupent la route » des kwassa et vont jusqu’à « taper leur proue ». « C’est pour qu’ils s’arrêtent parce qu’ils sont en danger », justifie un gendarme en évoquant la manière dont ses collègues ont pris l’habitude de « créer une vague artificielle, en faisant des mouvements en S, pour alourdir [d’eau] le kwassa », quitte à prendre le risque qu’il chavire. « Cela représente 0,05 % des cas », minimise un autre gendarme, établi pendant dix ans à Mayotte.

      « Quand on navigue à 45 nœuds [83 kilomètres à l’heure], la nuit, une route d’interception devient nécessairement une route de collision », considère pourtant un autre militaire. Un point de vue partagé par un cadre des affaires maritimes, en poste pendant près de quinze ans à Mayotte, selon lequel la police ne peut que se mettre hors la loi : « Il faut aller vite, monter jusqu’à l’écho [l’endroit où le kwassa a été repéré par le radar], éteindre les feux, ce qui est contraire au règlement international de l’abordage en mer. » Le fonctionnaire fustige, par ailleurs, l’absence de « culture maritime » chez certaines unités de la PAF : « Ils suivent une formation de trois semaines, au mieux, et après ils partent en compagnonnage sur les intercepteurs. »

      Dans les bilans officiels, rien ne transparaît de la récurrence d’accidents. « La plupart du temps, ça se passe bien. On a quelques refus d’obtempérer », témoigne ainsi le maréchal des logis chef Moudri, interrogé lors d’une patrouille de la gendarmerie maritime, au mois de juin. « A Mayotte, il y a très peu de morts », soutient Jean-François Carenco, ministre délégué chargé des outre-mer de 2022 à 2023.

      « L’accidentologie est quasi nulle autour des interceptions, les forces de l’ordre ont l’habitude et le souci d’assurer la sécurité en mer, insiste un magistrat ayant officié plusieurs années dans l’archipel. A chaque fois qu’un accident arrive, c’est le kwassa qui vient volontairement percuter le navire de police ou de gendarmerie dans une démarche de refus d’obtempérer. » L’un de ses collègues magistrats a une autre interprétation : « Personne n’enquête véritablement, se lamente-t-il. La seule autorité qui pourrait prendre des suites à ce sujet, ce serait le parquet. Et il ne le fait pas. »

      Farid Djassadi, un Comorien de 31 ans, ne comprend pas pourquoi les policiers ayant percuté le kwassa sur lequel il avait embarqué le 10 novembre 2019 ne sont pas inquiétés par la justice. Voilà bientôt six ans qu’une instruction a été ouverte pour blessures involontaires, au lendemain de l’accident dont il a été victime. Ses jambes ont été broyées et déchiquetées par les hélices d’un semi-rigide de la PAF. Seul le conducteur du kwassa a été mis en examen pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier » et « refus d’obtempérer ».

      Farid Djassadi voulait rejoindre Mayotte pour améliorer son sort, celui de son épouse et de ses trois enfants. Ce soir-là, à la nuit tombée, le kwassa approche de l’îlot Mtsamboro, au nord-ouest de Mayotte. Les dix-huit passagers aperçoivent un intercepteur de la PAF, le Makini, à l’entrée du lagon. En dépit des sommations des policiers, « le pilote du kwassa ne voulait pas s’arrêter, on n’était pas loin des côtes mahoraises », se souvient Farid Djassadi. A l’entendre, la vedette de la police a alors percuté « plusieurs fois » le kwassa sur le côté. « Les policiers criaient : “Arrêtez-vous !”, “Eteignez le moteur !” J’ai voulu me déplacer et je me suis mis debout. Le bateau de la police a percuté par le côté le kwassa et je suis tombé à l’eau. »

      Dans un procès-verbal transmis au magistrat instructeur en décembre 2019, les gendarmes, saisis de l’enquête, évoquent les « mouvements de vague » provoqués par les policiers « afin d’obliger le pilote du kwassa à stopper les machines ». « La victime, pensant que les deux bateaux vont se heurter à hauteur de la position qu’elle occupe, se lève et est déséquilibrée par la vague entrant dans le kwassa, écrivent-ils. La victime passe par-dessus bord. »

      Alors qu’il est à l’eau, la vedette de police lui passe dessus, le blessant aux jambes. Six autres passagers confirment ces circonstances lors de leurs auditions. L’enquête révélera en outre que le permis de navigation du Makini avait expiré depuis février 2018 et qu’aucun des quatre policiers membres d’équipage n’avait le brevet de capitaine 200, pourtant indispensable pour conduire une embarcation si puissante.

      A l’hôpital de Mamoudzou, Farid Djassadi est amputé des deux jambes. Une plaie s’étend aussi du haut de son crâne jusqu’à son arcade sourcilière gauche, nécessitant une greffe de peau. « Moralement, ça ne va pas », dit-il pudiquement, six ans après les faits. En situation irrégulière à Mayotte, il souffre de douleurs chroniques. Il n’a pas revu ses enfants restés aux Comores et leur mère est morte. Il espère une réparation qui ne vient pas.
      « Tous feux éteints »

      Ce n’est pas la première fois que le Makini est mis en cause dans une collision tragique. Quelques mois avant l’accident de Farid Djassadi, la même vedette de la PAF avait été impliquée dans le naufrage d’un autre kwassa. Deux passagers avaient alors péri noyés : Nousroi S., âgée d’une dizaine d’années, et Ali S., un trentenaire. Une troisième personne avait été portée disparue.

      Si les policiers ont nié avoir percuté le kwassa et mettent en cause les manœuvres dangereuses du passeur, plusieurs rescapés ont livré, lors de leurs auditions, des récits bien différents. Ainsi, une jeune fille, Soumaila M., a déclaré que c’est « la vedette de la PAF [qui] était à l’origine de la collision avec [la] barque alors que le pilote tentait d’échapper à l’interception ».

      Dans son ordonnance de renvoi du passeur devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou du 31 août 2020, le juge d’instruction mentionne l’hypothèse selon laquelle « la vedette d’interception [a] percuté le kwassa à l’arrière ». Mais il l’écarte de ses conclusions, considérant que la « trace » repérée à l’avant de la vedette de police pouvait seulement « correspondre à la mise à couple des deux bateaux ». « Ce sont bien les manœuvres d’évitement du kwassa constituées par les accélérations et virements soudains de bord qui provoquent l’entrée d’eau et le naufrage », affirme le magistrat.

      Depuis, le pilote a été condamné à cinq ans de prison. Dans son ordonnance, le magistrat instructeur regrettait néanmoins qu’il « n’existe à ce jour, au sein de la police, tant au plan local que national, aucune directive écrite portant doctrine d’emploi sur la question – que l’on peut pourtant estimer essentielle – de l’interception en mer ».

      Les interrogations sur ce sujet sont anciennes. En 2008, la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNCDS, l’actuel Défenseur des droits) s’inquiétait déjà des méthodes des policiers en mer après une collision ayant entraîné la mort d’une mère et de son enfant, ainsi que huit disparitions, dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007 : entre 30 et 40 personnes avaient pris place sur un kwassa. Dans le lagon, une vedette de la PAF les détecte à la jumelle et décide de s’approcher par l’arrière, feux éteints, « pour ne pas être repérée ». Une pratique habituelle, diront les fonctionnaires à la CNCDS. En pleine nuit, ils percutent l’embarcation surchargée, provoquant la chute à l’eau de ses occupants.

      Dans son avis, la Commission condamne la technique employée de « recherche à la dérive tous feux éteints », contraire aux règles internationales de navigation. Elle « recommande instamment de ne plus recourir à des méthodes qui aboutissent à la mise en danger d’êtres humains, notamment de femmes et d’enfants, dans des conditions susceptibles de caractériser le délit d’homicide involontaire ». Un vœu resté sans effet.

      Par Raphaëlle Aubert, Maud Jullien (Mayotte, Lighthouse Reports), Julia Pascual (Mayotte), Jack Sapoch (motion design Lighthouse Reports) et Tomas Statius (Mayotte, Lighthouse Reports)
      Publié aujourd’hui à 06h55, modifié à 15h08

  • « Je voudrais un toit pour mon fils » : le nombre d’enfants à la rue avant la rentrée atteint un nouveau record
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/28/je-voudrais-un-toit-pour-mon-fils-le-nombre-d-enfants-a-la-rue-avant-la-rent

    Le 7ᵉ baromètre « #enfants à la rue », publié jeudi 28 août par l’Unicef France et par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), révèle que 2 159 mineurs ont été laissés sans solution d’#hébergement au soir du 18 août, après que leur famille a réussi à joindre le #115. Leur nombre a progressé de 6 % en un an, de 30 % depuis 2022 – quand le ministre du #logement de l’époque avait promis qu’il n’y aurait plus d’enfant à la rue – et de 133 % depuis 2020.

    Parmi les mineurs décomptés, 503 ont moins de 3 ans – 38 % de plus qu’en 2022. Et ces données n’incluent pas les familles qui n’arrivent pas à joindre le 115 – le numéro est sans cesse saturé – ni celles qui n’essaient pas ou plus, faute de chance d’être hébergées. Les #mineurs_non_accompagnés ne sont pas non plus pris en compte. En mars 2024, la coordination nationale jeunes exilé.es en danger en a recensé 1 067, refusés ou en recours de minorité, contraints de vivre dans la rue.

    « Ces chiffres sont accablants. Le grand public n’imagine pas que dans un pays riche tel que le nôtre, il puisse y avoir des enfants à la rue. Mais, malgré nos alertes répétées, ils sont de plus en plus nombreux et des enfants en meurent – au moins 31 en 2024, selon le recensement effectué par le Collectif des morts de la rue », s’indigne la présidente de l’Unicef France, Adeline Hazan, qui exhorte à un « sursaut politique ».

    La progression du nombre d’enfants à la rue s’explique par une accumulation de facteurs : la crise du logement s’est intensifiée, avec notamment une baisse des créations et des attributions de logements sociaux. La forte inflation a contribué à l’augmentation de la #pauvreté. Les #expulsions locatives, facilitées par la loi Kasbarian-Bergé de 2023, ont flambé. Les obtentions et renouvellements de titres de séjour ont, quant à eux, diminué. Tout cela a créé du sans-abrisme, d’une part, et empêché des personnes de quitter l’hébergement d’urgence, d’autre part. Or celui-ci est resté stable, avec 203 000 places, un niveau record atteint durant la crise sanitaire liée au Covid-19.

    Le dispositif sature et l’Etat respecte de moins en moins le code de l’action sociale et des familles, qui lui enjoint d’héberger de façon inconditionnelle et continue les personnes sans abri en situation de détresse. Il a fixé aux associations qui gèrent le 115 des critères de priorisation, souvent assortis de durées de prise en charge.

    [...]

    L’Ile-de-France concentre le plus grand nombre d’enfants laissés sans hébergement après appel au 115. Mais cet indicateur ne permet pas de rendre compte de la situation très dégradée dans les territoires ultramarins, particulièrement à La Réunion et à Mayotte, victime du cyclone Chido fin 2024, où une récente loi autorise l’Etat à déroger à l’obligation d’héberger les personnes dont il détruit l’habitat précaire.

  • Sélim Derkaoui : « 41% des enfants élevés dans une #famille_monoparentale se situent en dessous du seuil de pauvreté » - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/opinions/interview/selim-derkaoui-41-des-enfants-eleves-dans-une-famille-monoparentale-se-sit

    Comment l’État appauvrit et contrôle les mères seules ?

    Je peux citer un exemple qui est pour moi le plus frappant : quand les #mères isolées se remettent en couple, le quotient familial augmente. Et par conséquent, elle touche moins de prestations. C’est certainement le plus symptomatique de cette maltraitance institutionnelle qui se fait complice de la domination masculine. Ça veut dire qu’elles doivent être dépendantes soit de l’État, soit du marché du travail, soit d’un homme. Je peux aussi citer l’exemple de la fiscalisation de la pension alimentaire.

    Il y a quand même une machine qui se met en route pour appauvrir les classes populaires et pour maintenir les classes dominantes au pouvoir. L’État se rend responsable de les appauvrir davantage plutôt que de les soutenir. C’est volontaire. Parce que quand on baisse les APL, on réforme le RSA ou qu’on soumet la pension alimentaire à des impôts sur le revenu, ce sont des réformes qui touchent principalement les mères isolées et leurs enfants. C’est vraiment faire le jeu de leur appauvrissement. Ce sont des choix politiques, plus qu’une défaillance hasardeuse.

    #enfance #pauvreté #france_2025

    • Le sentiment d’injustice est certainement plus fort chez ces jeunes. Quand tu observes ta mère, seule au foyer à trimer du matin au soir, si par hasard elle a trouvé quelques heures de ménage ou de care ou fait un ou deux sites internet, plus la charge mentale de maintenir une maison, les trucs administratifs sans fin, les humiliations répétées de la CAF et des services sociaux pour quelques euros supplémentaires. Et le père qui a disparu ou ne verse pas la pension, laisse la maman réparer la porte d’entrée, les prises électriques, repeindre les chambres. Je sais pas pour toi, mais je comprends parfaitement que t’es envie de braquer une banque ou de faire tout cramer avec tes potes humilié·es.

      Aujourd’hui, en France, une famille sur quatre est dite monoparentale.
      Parmi ces familles monoparentales, 82 % sont constituées de mères qui élèvent seules leurs enfants.

  • La préfecture interrompt « d’urgence » une colo de « recadrage républicain » dans les Yvelines
    https://www.bondyblog.fr/enquete/la-prefecture-interrompt-durgence-une-colo-de-recadrage-republicain-dans-l

    Pour 120 euros par jour et par enfant, l’association propose toutes sortes d’activités, dans un registre militaire, historique et même religieux : levée du drapeau au petit matin, apprentissage de l’alphabet militaire, entraînement au tir au airsoft, ces répliques d’armes à feu qui propulsent des petites billes, visite de châteaux ou de cathédrales, messes … La veillée « raid-commando » est le temps fort du séjour.

    L’association est financée par la Région Île-de-France, la caisse d’allocations familiales de Seine-Saint-Denis – ses locaux sont situés dans la ville socialiste de Pierrefitte. L’opération “Laissez-les servir” a vu le jour en 2005 au sein de l’association des officiers de réserve du 93, avant de devenir une association indépendante en 2016. En 2018, elle reçoit 40 900 euros de dons au cours de la Nuit du Bien commun, un gala de charité organisé par le millionnaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin.

    En même temps, c’est un peu le modèle idéal fantasmé par Macron pour son SNU, non ?

  • … les parents de la fillette ont dénoncé aussi bien l’inertie de l’éducation nationale – contre laquelle il n’y aura aucune poursuite pénale à la suite d’une indemnisation – que le manque d’investigations des autorités, une première plainte ayant été classée alors qu’Evaëlle était encore vivante. « On a alerté tous ceux qu’on pouvait en tant que parents d’élèves », a souligné la mère.

    #déshumanisation #harcèlement #enfance #suicide #souffrance_a_l'école #déni_politique #laches #assassins #sadisme_éducatif #violences #france_2025
    #systémisme

    Je l’écris avec d’autant plus de tristesse et de rage que toujours rien ne bouge. Car je me suis moi même heurtée au mur de déni de l’institution lorsque, parent, j’ai dénoncé les humiliations et violences physiques sur des petits dont j’avais été témoin. C’était une prof de maternelle en fin de carrière, qui laissée seule avec 25 gamins avait sombré méchante et acariâtre, sa spirale de violence happait les unes et les autres autant durant les siestes que les sorties, frappant, insultant, et toute l’institution l’a alors protégé.

    Envie d’un contrepoint de tags salvateurs

    #courage #empathie #réhumaniser #douceur #apprendre_les_autres #s'entraider #politique_du_vivre_ensemble #reconnaitre_ses_émotions #consolation