• France Travail déploie un outil de profilage algorithmique à des fins de contrôle
    https://www.laquadrature.net/2026/07/20/france-travail-deploie-un-outil-de-profilage-algorithmique-a-des-fins-

    France Travail développe un algorithme de profilage des chômeur·euses à des fins de contrôle, comme le prouve un document que nous publions aujourd’hui en partenariat avec la cellule investigation de Radio France. Cet algorithme, encore…

    #Surveillance

    • France Travail développe un algorithme de profilage des chômeur·euses à des fins de contrôle, comme le prouve un document que nous publions aujourd’hui en partenariat avec la cellule investigation de Radio France. Cet algorithme, encore en phase de test, manifeste la volonté de France Travail de massifier les contrôles via l’utilisation d’outils numériques. Nous appelons à la mobilisation contre cet algorithme illégal et à son abandon par la direction de France Travail.

      Le 10 décembre dernier, un nouvel outil numérique était présenté au comité d’éthique IA de France Travail. Intitulé « Ciblage du Contrôle de la Recherche d’Emploi », son objectif est de « recourir à l’IA » afin d’« identifier les dossiers nécessitant un examen approfondi » et d’« alimenter automatiquement l’outil de contrôle de la recherche d’emploi ». Lors de sa présentation, cet outil était en phase active de test, étape préalable à un déploiement plus large.

      En d’autres termes, l’ancien Pôle Emploi cherche à se doter d’un outil similaire à ceux que nous dénonçons à la CNAF ou à l’Assurance maladie, visant à automatiser la sélection des personnes devant faire l’objet d’un contrôle.
      6 millions de personnes concernées

      Cet algorithme vise à « prédire » quel·les chômeur·euses manqueraient à leurs obligations de recherche d’emploi. Concrètement, il repose sur la construction de profils « suspects/non suspects » fondée sur l’analyse de dizaines de milliers de contrôles passés1. Chaque personne inscrite est ensuite assignée à l’un de ces profils sur la base des données personnelles que détient France Travail. Celles et ceux classifié·es comme « suspect·es » sont placé·es sur une liste de personnes prioritaires à contrôler.

      Si cet algorithme est aujourd’hui testé sur les profils de personnes en situation de rupture conventionnelle2, France Travail souhaite « étendre l’utilisation du modèle à d’autres publics » afin d’« alimenter automatiquement l’outil de contrôle et transmettre chaque mois des listes de contrôle ciblés »3. En prenant en compte l’ensemble des personnes au RSA, dont l’inscription à France Travail est obligatoire depuis le 1er janvier 2026, ce sont plus de 6 millions de personnes qui pourraient se voir profiler chaque mois par l’algorithme4.

      (...)

    • Vous allez pas me croire mais ça fait douze années que je pointe tous les mois pour obtenir ma maigre indemnisation. J’ai toujours pensé et je le pense encore aujourd’hui qu’il fallait une âme de serf servile pour travailler. Mes douze années de pointage c’est un peu comme si j’allais pointer tous les mois à la gendarmerie. Comme dit Léo Dagan, le roi de Carmélides : "le contrôle et la surveillance, y’a que ça qui compte".
      Dans l’œil de l’IA
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/revelations/dans-l-oeil-de-l-ia-8093741
      Le contrôle de la recherche d’emploi en 2024
      https://statistiques.francetravail.org/stmt/defmpub/226255

      Au cours de l’année 2024, 610 800 contrôles de la recherche d’emploi ont été démarrés, en hausse de 16,7% par rapport à 2023.
      62% des contrôles ont été déclenchés par des requêtes ciblées, et plus particulièrement 46% par des requêtes ciblées sur les demandeurs d’emploi qui recherchent un poste dans un métier en tension. 20% des contrôles sont faits sur une base aléatoire et 15% proviennent de signalements du conseiller référent.
      83% des demandeurs d’emploi sont en recherche active ou sont redynamisés. 17% sont jugés en insuffisance de recherche et ont fait l’objet d’une sanction.

      « Répression sociale », « violence administrative » : France Travail teste une intelligence artificielle, les inquiétudes de défenseurs des libertés fondamentales sur le numérique
      https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/repression-sociale-violence-administrative-france-travail
      #profilage #répression_sociale #chasse_aux_pauvres #france_travail #société_policière #flicage

  • Questions de #droits. #Allocations : « On m’a réclamé un trop-perçu alors que j’étais dans mes droits »
    https://www.ouest-france.fr/partenaires/defenseur-droits/questions-de-droits-allocations-on-ma-reclame-un-trop-percu-alors-que-j

    « À la suite d’un accident vasculaire et depuis plusieurs années, je bénéficie d’un cumul d’allocations : l’allocation aux adultes handicapés (#AAH) et l’allocation spécifique de solidarité (#ASS), raconte Amélie. Il y a quelques mois, mon droit à l’AAH arrivait à échéance. J’ai donc entrepris les démarches nécessaires pour la renouveler auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Peu de temps après, je reçois un courrier de #France_Travail m’informant que j’ai perçu à tort plus de 9 000 € au titre de l’ASS. Selon l’administration, cette allocation est non cumulable avec l’AAH depuis 2017. »

    En se renseignant, Amélie constate que des personnes percevant ces deux allocations avant 2017, ce qui est bien son cas, conservent le droit de les cumuler pour une durée maximale de dix ans. Malgré les explications fournies à l’administration, sa situation n’a pas été rétablie.

    « Face à ces difficultés, je saisis le Défenseur des droits. L’institution est intervenue auprès de France Travail, qui lui a indiqué que mes droits à l’ASS avaient été annulés du fait que la décision MDPH mentionnait une ouverture de droits à l’AAH et non un renouvellement, poursuit Amélie. À la suite de l’intervention du Défenseur des droits, France Travail a procédé au réexamen de ma situation. Il a été reconnu que je percevais effectivement les deux allocations de façon continue depuis une date antérieure à 2017. Le trop-perçu d’ASS a été annulé et le versement de l’allocation rétabli : quel soulagement ! »

    #cumul_AAH #se_défendre #Défenseur_des_droits

  • Hackers Claim French Employment Leak Exposes Over 1M Records, Health Data
    https://www.techrepublic.com/article/news-akaolife-data-claim-emea-france

    Hackers claim 1M+ records tied to French employment apps were exposed, including HR files, health data, worker details, and plaintext passwords.

    WRITTEN BY LIZ TICONG
    JUN 26, 2026

    A data leak claim tied to French employment services could reach into some of the most personal parts of a worker’s file.

    Hackers using the aliases misere and ChimeraZ claim they obtained more than 1 million records from employment-related applications connected to the #France_Travail ecosystem, including files tied to HR, mobility, and workplace health processes.

    The exposed information could give criminals enough workplace context to make scam emails, calls, or messages sound credible.

    Worker files, health records, and passwords appear in the leak
    FrenchBreaches identified the applications as tied to AKAOLIFE and FILDIRECT-RH. Data listed in the claim spans 14.4 million lines, nearly 60GB of database backups from 39 databases, and more than 10,000 source files. The largest named sets include:
    • 966,816 HR files
    • 1,003,047 professional mobility files
    • 38,138 workplace health monitoring files
    • 3,747 disability-related files
    • 26,684 accounts with passwords allegedly stored in plain text

    The leak also lists application code, website security keys, Windows login data, and configuration files, raising the risk that the exposed systems could face further abuse.

    Sensitive details sit inside the employment records
    A worker file can expose a person’s life inside an organization, not just their contact details.

    FuitesInfos said the records appear to include:
    • Names, birth dates, addresses, emails, and phone numbers
    • French social security numbers, employee IDs, and professional identifiers
    • Job history, grades, assignments, and seniority
    • Internal applications, mobility requests, and recruiter comments

    The aliases behind the claim have appeared in other breach reports this month. ChimeraZ was recently linked to an alleged leak involving Krys, a local optical retailer, while misere was tied to France’s Tchap breach, which reportedly exposed 650,000 messages and 73,000 accounts.

    Scam risks for affected French workers
    For affected workers in France, the main risk is impersonation. An attacker could pose as an HR team or a recruiter. Another route would be a fake message from a public-service contact or workplace health office.

    A convincing message could refer to a real job history or a mobility request. From there, a scammer could send a fake login page. They could also ask for identity documents.

    Plaintext passwords add a separate risk. Anyone who reused a work password elsewhere should change it and turn on multi-factor authentication.

    Unexpected requests about employment records, medical visits, or disability paperwork should be checked through an official channel before sending documents or login details.

  • La rupture conventionnelle, un outil au service du Medef
    https://www.off-investigation.fr/la-rupture-conventionnelle-un-outil-au-service-du-medef

    La rupture conventionnelle, un outil au service du Medef | Photographie kirill_makes_pics via Pixabay Adoptée par le Parlement français le 2 juin, la loi visant à réduire l’indemnisation du chômage après une rupture conventionnelle est une nouvelle démonstration de force du Medef qui est le premier à bénéficier de cette mesure. On commence à connaître la chanson : le Medef l’a voulu, le Medef l’a eu. Un nouveau coup de rabot sur les droits des allocataires au chômage est à prévoir. En effet, le 2 juin dernier, les parlementaires ont adopté un projet de loi visant notamment à réduire la durée d’indemnisation […]Lire la suite : La rupture conventionnelle, un outil au service du Medef

    #Économie #Société #A

    • Gabriel Attal lance “France Feignasse” pour les chômeurs de plus d’un an. | Le Gorafi
      https://www.legorafi.fr/2024/04/04/gabriel-attal-lance-france-feignasse-pour-les-chomeurs-de-plus-dun-an

      Le Premier ministre n’est jamais à court d’idées quand il s’agit d’aider les #chômeurs à retrouver de l’emploi.
      #Gabriel_Attal a encore prouvé ce matin qu’il avait une imagination débordante en matière de politique d’emploi « comme je ne peux malheureusement pas raccourcir la durée d’indemnisation, il a fallu trouver une autre solution pour motiver les glandeurs » nous glisse le jeune homme.

      C’est lors d’une nuit pascalienne que la solution lui est apparue » Je regardais Touche pas à mon Poste en replay et je me suis dit que la solution était là : l’humiliation. »
      La suite on la connaît ; le Premier ministre s’empare de son stylo-plume et rapidement il griffonne plusieurs idées ; les chômeurs longue durée pourraient par exemple être obligés de marcher sur les genoux jusqu’à #France_Travail pour recevoir leurs indemnités, ou porter un logo France Travail cousu sur leur vêtement. Mais finalement, il retient une option plus subtile, la création de » France Feignasse » pour les chômeurs inscrits depuis plus d’1 an.

       » Et en plus, ça ne coûte rien ni à eux ni au gouvernement. Certes ils continueront à toucher leurs revenus, c’est chiant, mais au moins ils se sentiront sales « témoigne le jeune Premier ministre avec son taux monocorde.

      #chomeureuse.s #poil_dans_la_main #Le_Gorafi

  • Le Mouvement national des chômeurs et précaires sollicite un échange avec la CARSAT | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/mncp/blog/270526/le-mouvement-national-des-chomeurs-et-precaires-sollicite-un-echange

    Dans nos associations, partout sur le territoire, nous accompagnons régulièrement des personnes confrontées à des ruptures de droits, des retards de traitement, des informations contradictoires ou encore des demandes de remboursement parfois très importantes de la part de #France_Travail. Face aux nombreux dysfonctionnements, nous demandons à rencontrer la présidente de la #CNAV, Patricia Bocciarelli.

    Création d’une commission d’enquête sur l’augmentation de la pauvreté chez les seniors
    https://www.petitsfreresdespauvres.fr/sinformer/actualites/creation-commission-enquete-pauvrete-seniors

    Il y a un an à Marseille
    https://www.laprovence.com/article/edition-marseille/3979090/a-la-carsat-solidarite-avec-patrice-immole-par-le-feu.html

    Marseille : à la Carsat, solidarité avec Patrice, qui s’est immolé par le feu pour sa retraite

    #pauvreté #chômage #surnuméraire #retraite #mncp

  • France Travail tente d’encadrer le régime décrié de #sanctions contre les bénéficiaires du #RSA
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/07/france-travail-tente-d-encadrer-le-regime-decrie-de-sanctions-contre-les-ben

    Le mécanisme prévu par le décret est censé s’articuler autour d’une logique de progressivité. Lors d’un premier manquement, le demandeur d’emploi peut voir ses allocations suspendues « d’au moins 30 % » pour une durée d’un à deux mois. En cas de persistance ou de récidive, une nouvelle suspension du versement de 30 % à 100 % ou une suppression allant d’un à quatre mois peut-être décidée. Si l’allocataire du RSA se conforme à « tout ou partie » de ses obligations, les sommes suspendues lui sont reversées.

    « Faisceau de manquements »

    Le dispositif avait prévu quelques garde-fous. Quelle que soit la suspension, elle ne peut dépasser 50 % de l’allocation si elle concerne un foyer composé de plus d’une personne. Plus fondamentalement, ce nouveau régime était censé modifier la philosophie même de la sanction. Celle-ci ne devait plus être automatique, déclenchée par un critère isolé comme un rendez-vous manqué, mais définie sur un « faisceau de manquements ». L’intention affichée était d’installer une individualisation de la sanction.

    Dans la pratique, la réalité se révèle souvent éloignée de ces principes. Selon un document de #France_Travail, que Le Monde a obtenu, plusieurs #départements se sont emparés du décret de manière très répressive. Sur les 51 conseils départementaux pour lesquels l’opérateur public a eu l’information qu’un barème a été adopté, 48 ont fait le choix d’un taux fixe dès le premier manquement. Treize ont décidé d’une suspension à 50 %, 14 ont choisi un barème à 80 %, et 17 ont appliqué le taux maximal de 100 %. Seuls trois départements utilisent la sanction minimale de 30 % prévue par le décret.

    https://justpaste.it/n33oj

    • Sanctions des allocataires du RSA : des départements outrepassent le cadre légal
      https://www.liberation.fr/economie/social/sanctions-des-allocataires-du-rsa-des-departements-outrepassent-le-cadre-

      France Travail a recueilli des informations sur les pratiques de 51 conseils départementaux. Parmi eux, 48 ont opté pour un taux fixe de sanction, indépendamment de la situation personnelle du bénéficiaire. Et parmi ces 48, dix-sept ont choisi d’appliquer systématiquement une suspension de 100 % du RSA en cas de manquement. Quatorze ont opté pour une réduction de 80 % du revenu, treize pour 50 % et seulement trois pour 30 %. Cas extrême, un département a choisi d’opter systématiquement pour la sanction la plus dure : une privation de quatre mois du RSA, sans possibilité de retrouver ces sommes. Dans ce document, France Travail relève également que trois départements font fi de la composition du foyer, et appliquent un taux de 100 % y compris aux foyers de plus d’une personne. En contradiction totale, donc, avec le décret de juin dernier.

      [...]

      Sybillin, le ministère du #Travail se borne à dire qu’il « a soutenu l’initiative de France Travail pour trouver une solution pragmatique en la rédaction d’un guide de bonnes pratiques, qui invite l’ensemble des décideurs à converger vers une solution qui respecte à la fois le barème réglementaire et les conditions de vie des bénéficiaires du RSA ». Il ajoute que « les parties prenantes doivent évidemment agir dans le cadre légal qui les oblige ». Mais dans les faits, si des usagers sont pénalisés par des pratiques illégales, il leur faudra porter leur dossier devant la justice administrative.
      « Pour que France Travail en vienne à essayer d’encadrer tant bien que mal le dispositif, cela montre à quel point celui-ci est dysfonctionnel », réagit Delphine Rouilleault, qui dirige le collectif d’associations de lutte contre la pauvreté Alerte, en prenant connaissance de ces documents. Elle rappelle qu’en mai 2025, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté (CNLE), rattaché à Matignon, avait rendu un avis extrêmement sévère sur le décret sanctions, en appelant à un moratoire. Elle s’inquiète, aussi, d’un effet cumulatif des réformes passées, en cours et à venir. Car le Parlement examine actuellement un projet de loi contre la fraude qui prévoit, entre autres, la possibilité de suspendre l’allocation chômage d’un demandeur d’emploi sur la base d’« indices sérieux » [ndc : extension des sanctions pour #suspiscion_de_fraude, déjà en application à la CAF...]. Et la mise en place future de l’allocation sociale unique, censée simplifier le recours à la solidarité nationale, pose la question de savoir si les sanctions s’appliqueront à l’avenir sur d’autres prestations telles que les aides au logement.

      https://justpaste.it/n5qm8

  • Ruptures conventionnelles : une étude de France Travail critiquée pour ses biais | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200226/ruptures-conventionnelles-une-etude-de-france-travail-critiquee-pour-ses-b

    Aujourd’hui, elles sont accusées de coûter cher au régime de l’assurance-chômage (9,4 milliards d’euros, soit 26 % des dépenses totales) mais aussi de « se substituer de plus en plus à la démission et aux licenciements ». L’argument est jugé « aberrant » par le chercheur Gwendal Roblin. Usant des ficelles habituelles de dénigrement des personnes sans emploi, le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, fustige quant à lui « ces gens » qui « profitent d’être au chômage pour passer un an tranquille ». En novembre, il pointait ainsi des « dérives », sans les chiffrer.

    Deux mois plus tard, #France_Travail est venu, fort opportunément, livrer des détails sur le sujet aux partenaires sociaux. Un document intitulé « Lutte contre les comportements abusifs » leur a été présenté lors de la séance de négociation de janvier, avec un focus sur les « campagnes de contrôles » ayant visé depuis 2024 des inscrit·es au chômage suite à une rupture conventionnelle. Bilan : en moyenne sur « deux campagnes », 21 % de ces contrôles ont abouti à des sanctions, indique France Travail dans ce rapport que Mediapart s’est procuré.

    Qu’est-il exactement reproché à ces personnes sanctionnées ? Que signifie « comportement abusif » ? Cela n’a pas été précisé « et c’est bien le problème », s’agace Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT, chargé de l’emploi, des retraites et du chômage. « Ont-ils manqué un rendez-vous ? Pas assez démontré qu’ils cherchaient un emploi ? On n’a eu aucun élément. On nous livre des taux de sanction sans aucun contexte, ce n’est pas honnête », tempête-t-il.

    Un chiffrage étonnant

    Sollicité par Mediapart, France Travail concède que « la notion de comportement abusif n’est pas explicitement définie par les textes » et en livre sa propre définition : « Le comportement abusif traduit un détournement ou un usage opportuniste des règles du régime d’assurance-chômage » (...).

    Claire Vivès, sociologue au centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) et spécialiste du #contrôle_de_la_recherche_d’emploi a tiqué, tant sur le fond que sur la forme.
    « En l’état, le document est flou et les termes qu’il mobilise mériteraient d’être clarifiés », commente la chercheuse, qui s’étonne en premier lieu d’un chiffrage des sanctions réalisé par France Travail. Selon le document, les « 2 432 sanctions prononcées » représentent en effet plus de 1,6 million d’euros.
    « Chiffrer ainsi des “économies” réalisées sur des sanctions ciblant une population spécifique – en l’occurrence les allocataires inscrits suite à une rupture conventionnelle – est selon moi, très problématique, explique-t-elle. Jusqu’ici, seuls les montants des dépenses évitées dans le cadre de la lutte contre la fraude étaient rendus publics. En faisant cela, France Travail entretient le flou entre frauder et ne pas respecter ses obligations. »

    [...]

    Claire Vivès constate aussi « un vrai virage » dans le vocabulaire employé. Outre les « comportements abusifs », France Travail parle en effet de « publics à risque » à propos des allocataires inscrit·es après une rupture conventionnelle. Sont également inclus·es les ex-travailleuses et travailleurs frontaliers et créatrices et créateurs d’entreprise percevant des allocations-chômage.

    Ces publics « à risque » présentent, selon le document, « un profil commun ». À savoir « des formes d’usage parfois détournées du système d’indemnisation » et « un poids financier important ». Sur ce point, Claire Vivès ironise : « Être “à risque”, c’est donc avoir une allocation-chômage un peu supérieure à la moyenne et qui permet de survivre ? » (...).

    Tour l’article vaut la lecture quant à la reprogrammation des modalités de contrôle à France travail, au moment où on vote à l’A.N. une disposition semblable à celle existant à la CAF : coupure de l’alloc en cas de suscpicion de fraude.

    #chômage #chômeurs #profilage

  • Usagers du service public : quand les démarches administratives virent au casse-tête - Actu-Juridique
    https://www.actu-juridique.fr/administratif/service-public/usagers-du-service-public-quand-les-demarches-administratives-virent-

    À en croire les messages gouvernementaux, les #démarches_administratives n’ont jamais été aussi faciles… Pourtant les requêtes auprès du Défenseur des #droits concernant la communication avec les organismes publics n’ont jamais été aussi nombreuses.

    C’est une galère que rencontrent beaucoup de Français, qui préfèrent la garder tapie dans leur quotidien, dans leurs téléphones, dans leurs esprits embués : la #violence_administrative, le blocage des dossiers, le silence des agents, l’incompréhension des démarches et des outils qu’elles requièrent désormais toutes. Qu’il s’agisse de la Caisse nationale des allocations familiales (#CAF) ou de #France_Travail, de la caisse de #retraite, des URSSAF ou des impôts, beaucoup perdent des points de vie à trouver – ou non – l’issue de leur situation administrative. Malgré le travail des assistantes sociales, la multiplication des médiateurs dans les administrations (ou les entreprises privées ou semi-privées), malgré la multiplication des maisons France Services ou le travail consciencieux du Défenseur des droits, la raquette compte encore de nombreux trous dans lesquels se perdent des Français précarisés et oubliés.

    Ce fut le cas de Teresa qui pendant un an a vécu comme suspendue à un fil, au bout duquel la CAF sonnait toujours occupée. Vivotant longtemps grâce au revenu de solidarité active (#RSA), la jeune aide à domicile qui travaillait très irrégulièrement en remplacement chez des personnes âgées a un jour eu la surprise de voir ses allocations supprimées à première vue sans motif. « Les gens n’imaginent pas l’investissement que ça demande, de monter un dossier RSA. Alors je faisais bien attention à tout bien déclarer… Ce jour-là, non seulement je me suis sentie seule, mais surtout je n’avais même plus de filet. D’un coup, je me suis dit : je vais finir sous les ponts… Et le pire c’est qu’après on m’a demandé de rembourser un trop perçu de 320 euros et des poussières. » Inlassablement, à heure fixe tous ses matins libres, la jeune femme passait donc des heures au téléphone pour tenter d’obtenir des réponses ou le réexamen de son dossier. Jusqu’à ce jour de 2025 où le verdict tombe : « Une erreur dans le traitement de son dossier » a fait d’elle une naufragée.

    Très loin de la galvaudée phobie administrative, qui désigne la procrastination qui peut toucher certaines tâches administratives, de nombreuses personnes peuvent voir leurs dossiers coincés, leurs #allocations bloquées par des administrations aux formulaires de plus en plus informatisés, aux interactions de plus en plus automatisées, déshumanisées, incompréhensibles. Alors que 82 % des démarches administratives se font grâce à l’outil numérique, certains citoyens sont également largués en eaux troubles. L’illectronisme touche 15 % de la population (62 % chez les 75 ans ou plus) et, selon le Baromètre du numérique 2025, 44 % des Français déclarent rencontrer des difficultés dans leurs démarches administratives en ligne. L’Insee estimait déjà en 2021 qu’un tiers des adultes avait renoncé à effectuer une démarche en raison de ces obstacles. Un phénomène qui alimente le #non-recours aux droits, évalué jusqu’à 30 % pour certaines prestations sociales. Et parfois la situation critique vire au drame social. En 2012, à Nantes et Mantes-la-Jolie, deux personnes se donnaient la mort en s’immolant par le feu : un homme en fin de droits au chômage à qui l’on réclamait un trop perçu, devant son agence France Travail, un allocataire du RSA à qui l’on réclamait également un trop perçu devant son conseiller CAF. Moins d’un an plus tard, à Évry, un quadragénaire originaire du Nigeria tentait de s’immoler par le feu à la sous-préfecture de Palaiseau après le refus de l’administration de lui prolonger son #titre_de_séjour pour cause de divorce. En 2017, c’est un jeune Tchadien de 22 ans qui – s’étant vu refuser son droit d’asile – avait tenté de mettre fin à ses jours de cette manière.

    #dématérialisation #administration #caisses_sociales

  • France Travail pourrait examiner les relevés téléphoniques : le ministre Jean-Pierre Farandou « favorable » à une suspension des allocations sociales en cas de « suspicion sérieuse » de fraude
    https://www.bfmtv.com/economie/releves-telephoniques-moyens-biometriques-le-ministre-du-travail-jean-pierre-

    Un projet de loi, adopté au Sénat, sera examiné par l’Assemblée nationale fin février. Le texte permettrait à #France_Travail de détecter le lieu de résidence via les rélevés téléphoniques.

    #allocations #condition_de_résidence #suspicion_de_fraude

  • France Travail : une circulaire pour pousser les chômeurs vers l’armée
    https://www.revolutionpermanente.fr/France-Travail-une-circulaire-pour-pousser-les-chomeurs-vers-l-

    Une circulaire interne de France Travail permet désormais aux privés d’emplois réservistes de cumuler allocations et solde militaire. Cet avantage financier est un pas supplémentaire dans la militarisation du service public de l’emploi et l’embrigadement des plus précaires.

  • A France Travail on supprime plus de 1000 emplois, mais on embauche un général | Michel Abhervé
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2026/02/08/a-france-travail-on-supprime-plus-de-1000-emplois-mai

    Alors que le nombre d’inscrits a considérablement augmenté, #France_Travail subit une importante réduction de ses moyens humains.

    A la baisse du plafond d’emploi inscrite par le Gouvernement dans la version finale du PLF 2026 (voir France Travail : la version du budget soumise au 49.3 prévoit une diminution de 515 postes en 2026) s’ajoutent une baisse équivalente des CDD proposée par le Directeur général au conseil d’administration et la réduction du nombre de services civiques et de contrats PEC.

    Dans une déclaration au CSE du 29 janvier 2026, la CGT et la FSU s’insurgent "Dans un contexte de suppressions de postes et de non-remplacements, d’automatisation accrue de nos métiers (de l’IA partout où c’est possible)...engrangeant une surcharge des portefeuilles, de l’épuisement professionnel, perte de sens pour les agent·es mais aussi durcissement des sanctions, obligations toujours plus nombreuses pour les usager·es, conditionnalité accrue des droits, le gouvernement réduit les moyens humains d’accompagnement des 7,5 millions d’inscrit·es, mais...un général est embauché !"

    Cette embauche, annoncée par le Ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, vise à orienter les privé·es d’emploi vers les métiers de l’industrie de la défense.

    La simultanéité de l’annonce de la réduction des postes et des moyens, et de l’embauche d’un militaire de haut rang ne peut que susciter de l’étonnement et aviver le sentiment d’un traitement différentiel.

    #emploi

  • #Cyberattaque contre #France_Travail : Les dérives d’un #fichage_administratif tentaculaire

    Le #piratage massif des données de 36 millions de personnes interroge la logique de #centralisation et de conservation des #informations_personnelles par l’#administration. Jusqu’où l’État peut-il étendre le fichage administratif sans accroître les #risques pour la #sécurité des citoyens et la #confiance publique ?

    En mars 2024, France Travail est victime d’une cyberattaque d’ampleur exceptionnelle. En usurpant les comptes de conseillers #Cap_Emploi grâce à des techniques d’#ingénierie_sociale, des #hackers parviennent à accéder aux #bases_de_données de l’opérateur public et à exfiltrer les informations personnelles de 36 millions de personnes. Noms, prénoms, dates de naissance, numéros de Sécurité sociale, adresses, coordonnées téléphoniques, statut de demandeur d’emploi : un volume considérable de #données_sensibles se retrouve compromis.

    Saisie du dossier, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ouvre une #procédure_de_sanction en juillet 2025. Elle reproche à France Travail de ne pas avoir mis en place, au moment des faits, des mesures de sécurité « à la hauteur du risque » pesant sur les données traitées. Résultat : une #amende de cinq millions d’euros et une injonction à renforcer les dispositifs de protection, notamment l’authentification des agents et la surveillance des accès aux fichiers.

    Selon la CNIL, l’attaque n’a pas reposé sur une faille technique complexe, mais sur l’exploitation de la confiance des agents. En se faisant passer pour le support informatique, les pirates ont réussi à réinitialiser des #mots_de_passe et à usurper des comptes professionnels, ouvrant ainsi un accès quasi illimité à des informations hautement sensibles. Un scénario classique, mais redoutablement efficace, qui met en lumière les limites des dispositifs de sécurité lorsque les bases de données sont vastes et largement accessibles.

    France Travail a reconnu sa #responsabilité et annoncé qu’il ne formerait pas de recours contre la décision. L’établissement public affirme avoir depuis renforcé ses procédures : mots de passe robustes, double authentification, restriction de l’accès aux dossiers selon la zone géographique, formations régulières à la #cybersécurité et outils de détection des comportements anormaux.

    Aucun système n’est invulnérable

    Mais cette affaire dépasse le cadre d’un simple manquement technique. Elle illustre une tendance plus large : l’intensification du fichage administratif, au nom de l’#efficacité et du #contrôle. En centralisant et en conservant des quantités toujours plus importantes de données personnelles, l’administration crée des fichiers dont la valeur attire inévitablement des acteurs malveillants. Et contrairement à une idée répandue, ces dispositifs profitent rarement aux citoyens eux-mêmes.

    Car plus les données sont nombreuses, plus les conséquences d’une faille sont lourdes. L’exposition massive d’informations personnelles fragilise la confiance dans les institutions et place des millions de personnes face à des risques d’#usurpation_d’identité ou d’utilisation frauduleuse de leurs données. Elle rappelle surtout une réalité souvent sous-estimée : aucun système n’est invulnérable. En témoigne le piratage des serveurs informatiques du ministère de l’Intérieur, en décembre dernier.

    La #sanction_financière imposée à France travail répond-elle vraiment au problème ? Les cinq millions d’euros versés au titre de l’amende auraient-ils été plus utiles investis autrement ? Moins dans la multiplication des outils de contrôle et de surveillance, et davantage dans la mission première de France Travail : l’accompagnement des demandeurs d’emploi, la formation et l’insertion professionnelle.

    À force de vouloir tout ficher, l’administration accroît les risques qu’elle prétend maîtriser. Réduire la collecte de données au strict nécessaire et recentrer les moyens sur le service rendu aux usagers serait plus avisé, autant pour la sécurité numérique que pour la confiance démocratique.

    https://altermidi.org/2026/01/30/les-derives-dun-fichage-administratif-tentaculaire
    #fichage #France

  • « Gaspillage », « séance d’humiliation »... Un dispositif France Travail autour du sport suscite un tollé
    https://www.lejdd.fr/Societe/gaspillage-seance-dhumiliation-un-dispositif-france-travail-autour-du-sport-su

    Tous les moyens sont-ils bons pour trouver un emploi ? Depuis 2020, #France_Travail organise des rencontres entre #chômeurs et recruteurs autour du sport. Intitulée « Du stade vers l’emploi », cette opération nationale leur permet de se rencontrer en faisant abstraction du CV, du statut et de la hiérarchie. Si le dispositif est un succès selon le ministère du Travail – en 2023, plus de 60 % des candidats ayant participé à une session auraient retrouvé une activité dans les six mois –, sur les réseaux sociaux, un reportage de M6 consacré à l’une de ces journées divise.

    « Deux années que j’y participe en tant que recruteur, deux années où je recrute des personnes que je n’aurais pas reçu en entretien sur un envoi classique de CV. Une manière de recruter autrement. Super initiative de France Travail », applaudit une utilisatrice de X disant travailler dans les ressources humaines. À la vue de ces demandeurs d’emploi affrontant des recruteurs sur un tatami, certains internautes dénoncent plutôt une « séance d’humiliation », tandis que d’autres crient au « gaspillage ».

    La farce sombre de l’emploi. Pas tout à fait la même cible, pas tout à fait la même "mise au stade" qu’au Chili de 1973.

  • Une demande aux artistes/auteurices et aux féru.es d’usage du droit : je ne trouve pas de document exploitable à suggérer à une personne qui, étant au RSA, est embringuée dans le contrôle exercé par France travail.

    Sans emploi depuis un bail, cette personne n’a d’autre moyen de mettre à distance le contrôle qu’un premier contrat d’édition (d’éventuels droits d’auteur, à venir).
    Les critères de l’offre raisonnable d’emploi (disponibilité et recherche active d’emploi), l’imputation de travail bénévole, peuvent-ils lui être opposés jusqu’à motiver une radiation de la liste (et ainsi la perte du RSA) ?

    Dans un département qui revendique de purger activement son stock de RSAstes, quels arguments de fait mais aussi légaux et réglementaires faire valoir dans un tel cas lors d’une convocation à France travail ?

    #RSA #France_travail

  • Contrôles intrusifs et menaces de radiation : la peur de la sanction PARALYSE les allocataires du RSA
    https://www.mediapart.fr/journal/france/151225/controles-intrusifs-et-menaces-de-radiation-la-peur-de-la-sanction-paralys

    Le décret « sanctions » concernant le RSA est entré en vigueur cet été. Depuis, des allocataires font face à des exigences accrues de la part de France Travail et des départements. Un système de contrôle « abusif et déroutant », dénoncent des bénéficiaires.

    À 42 ans, Marie n’avait pas imaginé qu’elle devrait demander à son père, octogénaire, d’écrire une lettre manuscrite indiquant qu’il était bien à l’origine d’un virement récurrent de 38,11 euros sur son compte bancaire. Une lettre à accompagner d’une copie de sa carte d’identité et à adresser au #département, qui gère le versement du revenu de solidarité active (#RSA). Même procédure pour justifier le remboursement d’un prêt d’une centaine d’euros à une amie.

    Marie est agricultrice dans la presqu’île de Crozon (Finistère) ; elle perçoit le RSA en complément du revenu tiré de son exploitation. La somme oscille entre 100 et 500 euros, en fonction de la prime pour l’emploi. À ce titre, le département lui réclame de justifier la moindre ligne de ses relevés de compte. Depuis l’été, elle le sent, les contrôles se durcissent.

    Elle en veut pour preuve les courriers qu’elle reçoit dans le cadre du « contrôle du juste droit au RSA ». À chaque fois, des dizaines de lignes d’opérations bancaires à justifier une par une. Des copies de documents lui sont demandées : bilan comptable et compte de résultat du dernier exercice de son exploitation, relevés bancaires professionnels, livret d’épargne et livret A des années 2023 et 2024… À chaque fois, des relevés « probants » sont exigés.

    « Plutôt à l’aise » avec la chose administrative, l’agricultrice commence toutefois à perdre patience face à cette surenchère. « J’envoie les documents réclamés, j’en suis au quatrième courrier. La dernière fois, j’ai envoyé un dossier de cinquante pages, ils ont tout épluché. »

    Avant son entrée en vigueur, il y a presque un an, les associations de solidarité avaient alerté : la loi dite « plein emploi » risquait de fragiliser les #allocataires du RSA. Le décret « #sanctions » reste particulièrement décrié. Entré en vigueur le 31 mai, il conditionne l’obtention et le maintien du RSA à la réalisation de quinze heures d’activité hebdomadaire. Mais en dehors même de cette disposition, les #contrôles et demandes de documents justificatifs s’accroissent.

    #CAF

    • Wenn morgens die Truppe mit den Handschellen klingelt
      https://www.zeit.de/arbeit/2025-12/buergergeld-empfaenger-nordhausen-poizei-arbeit-sanktionen

      In Nordhausen werden Bürgergeldempfänger von Beamten geweckt – um zur Arbeit gefahren zu werden. Wer sich weigert, wird sanktioniert. Geht es wirklich nur noch so?

      Bevor Christian Klein klingelt, sucht er offene Fenster. Nur dann hat er überhaupt Hoffnung, dass ihm an diesem Montagmorgen jemand aufmacht. „Wer im Winter sein Fenster aufhat, kann nicht so tun, als sei er nicht zu Hause“, sagt Klein. Genau darin seien die Menschen, bei denen er vor der Tür steht, oft Meister.

    • Espérance de vie : l’écart se creuse entre les personnes les plus aisées et les plus modestes
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/15/esperance-de-vie-jusqu-a-dix-sept-ans-d-ecart-entre-les-personnes-modestes-e

      Un homme modeste a ainsi sept fois plus de risques de décéder dans l’année de son 50e anniversaire qu’un homme aisé. Chez les femmes, qui vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, c’est à 65 ans que l’écart entre les catégories sociales est le plus fort : les plus modestes ont six fois plus de risques que les plus aisées de décéder dans l’année.

      L’Insee a pris en compte l’évolution de l’espérance de vie entre deux périodes : 2012-2016 et 2020-2024. Ces périodes de quatre ans permettent de prendre en compte un nombre de décès suffisant pour établir des données solides. Premier constat : l’espérance de vie, entre ces deux périodes, n’a progressé que faiblement. Les femmes ont gagné 0,2 an et les hommes 0,6 an. Cela s’explique d’une part par la pandémie de Covid-19, et d’autre part par un effet de génération. Les personnes nées entre 1941 et 1955, qui arrivent à partir de 2020 dans ce qu’il est convenu d’appeler le troisième âge, ne voient pas leur mortalité diminuer, contrairement aux générations suivantes, car cette génération est fortement touchée par les maladies liées au tabac ou à l’alcool.
      Surtout, aussi faible soit-elle, cette évolution de l’espérance de vie entre les deux périodes considérées n’a pas touché les classes sociales de la même manière. Pour le quart le plus modeste de la population, elle a même globalement diminué, tandis qu’elle progressait pour les plus aisés. L’écart entre les 5 % les plus modestes et les 5 % les plus aisés est ainsi passé de 8,3 à 8,7 ans chez les femmes et de 12,7 à 13 ans chez les hommes.

    • ... la peur de la sanction PARALYSE les allocataires du RSA

      Avant son entrée en vigueur, il y a presque un an, les associations de solidarité avaient alerté : la loi dite « plein emploi » risquait de fragiliser les allocataires du RSA. Le décret « sanctions » reste particulièrement décrié. Entré en vigueur le 31 mai, il conditionne l’obtention et le maintien du RSA à la réalisation de quinze heures d’activité hebdomadaire. Mais en dehors même de cette disposition, les contrôles et demandes de documents justificatifs s’accroissent.

      Fin octobre, les associations et syndicats ont formulé un recours contre ce volet spécifique. Vincent Lalouette, secrétaire général adjoint de la FSU Emploi, partie prenante de l’action, n’est pas étonné par le récit fait par Marie.
      L’archéologie administrative est une « nouveauté » de la loi « plein emploi », a-t-il constaté. « C’est une #violence_institutionnelle, c’est d’abord du contrôle pour ensuite forcer les gens à prendre n’importe quel boulot. On est clairement dans l’idéologie libérale et patronale, qui juge que ceux qui ne travaillent pas sont des fainéants. Et là, effectivement, ils ont décidé de taper du poing. » [pas "sur la table" mais dans d’innombrables faces, ndc].

      Une atmosphère inquisitrice

      Marie se démène pour élever seule ses deux enfants, âgés de 9 et 12 ans, depuis la mort de son compagnon, il y a sept ans. Elle compte le moindre euro et lutte pour maintenir à flot l’exploitation qu’elle gérait avec son époux. En colère, elle a l’impression de subir « un contrôle fiscal » invasif, comme si elle avait fauté. À la fin de ces lettres figure en effet cet avertissement, surligné en gras : « À défaut de la réception de tous les documents demandés […], votre allocation RSA sera suspendue. »

      À 54 ans, Catherine, qui travaille et réside dans le Vaucluse, craint plus que tout de subir le même sort : un contrôle poussé de la part du département, qui verrait que sa mère lui verse « 100, 200 euros » par mois pour la dépanner. Même si c’est improbable, elle craint qu’on lui demande de rembourser ces sommes, peu rassurée par cette atmosphère inquisitrice.
      Catherine propose des ateliers d’éveil et d’initiation musicale pour les tout-petits. « J’apporte dans les structures de petite enfance tous les instruments de musique pour que les enfants puissent les découvrir et favoriser leur ouverture d’esprit. » Seulement, les contrats se font rares et elle vit dans « l’incertitude permanente ».

      Grâce à cet emploi, elle gagne 200 euros par mois et touche en complément 150 euros de #prime_d’activité, ainsi que 300 euros d’aide pour le logement (sur un loyer de 460 euros). Elle a pendant un temps reçu en alternance le #chômage puis l’allocation de solidarité spécifique, destinée à celles et ceux qui ont épuisé leurs droits, pour trois mois. Depuis septembre, Catherine est passée au RSA : 83 euros mensuels.

      Mais en octobre, le département lui a écrit qu’elle était radiée, faute d’avoir fourni en temps et en heure les documents réclamés. Un « contrôle abusif et déroutant », raconte-t-elle : elle ne disposait que d’ un seul jour pour remplir sa « démarche RSA ». La liste des documents requis, avis d’imposition, fiches de paie, et surtout quatre mois d’extraits bancaires, la surprend. « Je ne savais pas qu’ils avaient le droit. J’ai vérifié, apparemment si. Mais je trouve ça très intrusif. »

      Stressée, elle commet une erreur : « Le 31, j’ai fait ça vite. Au lieu d’envoyer les extraits de compte, j’ai envoyé les impôts. » Quatre jours plus tard, la sanction tombe : radiation immédiate. « Ils ne m’ont pas dit : “Vous vous êtes trompée, renvoyez les bons documents.” Ils ont juste clos le dossier. » Une absence de droit à l’erreur qu’elle juge incompréhensible. « Partout ailleurs, même aux impôts, on peut se tromper. À France Travail aussi. Mais au RSA, non. »

      Sans comprendre comment, elle continue pourtant de recevoir une somme d’argent, et la Caisse d’allocations familiales lui indique qu’elle n’est pas radiée. Finalement, le droit à l’erreur a fonctionné, et elle a pu fournir les documents demandés. « Ça m’a donné un gros coup de stress, je ne dors plus. »
      Seulement, Catherine doit de nouveau fournir de nouvelles pièces comme la copie des statuts de son association, ses derniers bulletins de salaires de 2025 ou les copies des relevés bancaires de l’ensemble de ses comptes depuis le printemps. Et ceci avant Noël. Des requêtes sans fin pour elle.

      Suivis de très près

      Marie, illustratrice et artiste, qui a déjà livré son témoignage dans notre chronique « À découvert », perçoit le RSA couple avec Charles. En octobre, sa conseillère #France_Travail lui demande de signer un contrat d’engagement réciproque, avec toutes les obligations afférentes. Elle explique qu’elle percevait l’allocation spécifique de solidarité (ASS) et qu’elle ne pouvait pas rentrer dans le dispositif. « Je m’étais dit qu’ils allaient m’oublier. »

      En réalité, on lui annonce qu’elle a un reliquat de 1,37 euro de RSA et doit donc, au titre de cette somme, se plier au contrôle de France Travail. « Effectivement, c’est bien marqué que j’ai potentiellement du RSA, mais que c’est tellement petit qu’ils ne me le donnent pas, ce 1,37 euro. Mais ce n’est pas hyper clair. » Pour elle, « symboliquement, c’est assez hallucinant, on dirait qu’ils veulent remettre tout le monde sur le droit chemin ».

      Son compagnon, Charles, a aussi signé son contrat d’engagement réciproque en juin, alors qu’il touchait encore le RSA. Il est accompagné par « un conseiller un peu zélé » et un cabinet de conseil. En septembre, il a fait les vendanges et averti son conseiller qu’il ne pourrait peut-être pas honorer leur rendez-vous. Puis, pris dans sa tâche, il a oublié de prévenir son interlocuteur de son absence effective. Il s’en excuse platement mais dépasse aussi le délai pour justifier sa non-présentation.

      Résultat : un message de France Travail qui lui « fait la leçon ». Le conseiller écrit : « Travailler de façon épisodique ou par intermittence OK, mais vous devez tendre vers quelque chose de stable et durable. » Et d’inciter Charles à se reconvertir pour devenir professeur d’arts plastiques ou peintre décorateur, afin de devenir « autonome financièrement ». Charles a fait amende honorable. « J’ai dû faire des courbettes en leur disant que j’étais très motivé. »

      Outre les conséquences sur les allocataires, Vincent Lalouette, le responsable syndical, souligne que la pression exercée rejaillit aussi sur les conseillers et conseillères de France Travail chargé·es de la mise en œuvre de ces contrôles. « Cela crée des problèmes éthiques chez les collègues, dit-il. Ils ne sont pas entrés à France Travail pour contrôler les chômeurs mais pour essayer de leur trouver un projet professionnel. Mais là, on a changé de paradigme. C’est-à-dire qu’on est désormais passés à du contrôle administratif, plutôt que de s’occuper directement des gens qui en ont vraiment besoin. »

      Des politiques variables selon les départements

      D’un département à l’autre, l’approche change, certains se révélant plus souples dans l’application du volet sanctions. Contacté, le Finistère, géré par une majorité de droite, met en avant son plan RSA et « se félicite d’une baisse du nombre d’allocataires », passé·es de 18 000 en 2021 à 13 500 aujourd’hui, dont 1 078 radiations liées aux contrôles. Une baisse drastique.

      Le département assure se situer dans la moyenne nationale « sur le plan des sanctions » et précise que « 14 % des allocataires radiés ont réintégré le dispositif RSA après avoir justifié de leur situation ». Un médiateur a été recruté, insiste le département.

      La Loire-Atlantique, gérée par la gauche, est un des territoires qui ont [gentiment] mené l’expérimentation de la réforme avant son déploiement total. En septembre 2025, elle comptait 29 929 ménages allocataires du RSA. Personne n’a été radié depuis. Sous l’ancien régime de sanctions, de janvier à août 2025, une trentaine de radiations ont été dénombrées. Le département a mis en place « une procédure de suspension de six mois minimum avant la décision de radiation ». Il se dit « convaincu que le RSA n’a de sens que s’il est assorti d’un accompagnement soutenu, adapté et respectueux des personnes ».

      Le Vaucluse, présidé par la droite, comptait 13 227 foyers allocataires du RSA en 2024, et 11 008 foyers aujourd’hui. Durant l’année 2024, 3 799 allocataires ont fait l’objet d’une suspension du versement de leur allocation (le délai de recours est de trente jours), contre 3 471 à fin novembre 2025. La baisse est imputable, selon le département, à sa « politique volontariste ». Les documents demandés, à savoir les quatre derniers relevés bancaires du foyer, permettent de vérifier la « situation déclarée », d’« identifier d’autres droits plus avantageux », enfin de « lutter contre la fraude », indique encore le département.

      Marie, l’agricultrice du Finistère, veut dénoncer une pression qui confine au harcèlement : « J’ai le sentiment que l’État essaie de retirer de l’argent à des gens qui n’en ont pas. Les courriers se font de plus en plus menaçants, avec toujours plus d’exigences. Comme si les personnes au RSA allaient faire de l’épargne… Quand on touche 500 euros, on les dépense dans le mois. »

      À force, elle craint d’être radiée. « L’État veut nous faire penser qu’on ne serait pas dans notre droit, qu’on est des voleurs d’argent public, poursuit-elle. C’est un État déshumanisé où personne ne se présente, où personne n’est responsable de rien. C’est pour cette raison qu’il faut se battre. »

      Catherine pense que le contrôle poussé qu’elle a subi l’a mise aussi dans le radar de France Travail. Là-bas, on lui a dit qu’à compter de janvier elle devrait venir dans les locaux trois heures le matin, cinq jours par semaine. Une manière de réaliser les quinze heures d’activité hebdomadaire prévues par la loi. « Je travaille parfois le matin pour mes ateliers et, le reste du temps, je prospecte déjà », explique-t-elle, désemparée face à cette contrainte supplémentaire. Elle s’est résolue à prendre « n’importe quel travail » dans l’attente de projets musicaux à venir. « C’est une catastrophe. On bascule dans un État de non-droit. »

      #le_plus_froid_des_monstres_froids

    • Norden Gail
      https://bsky.app/profile/nordengail.bsky.social/post/3ma6zvtxcac2t

      Ma collègue est au téléphone avec la CAF pour un bénéficiaire, je l’entends dire à l’agent de la CAF : Mais vous ne prévenez plus les gens par courrier ou notification quand vous clôturez leur dossier maintenant ?
      L’agent : Ah ben, ils le verront bien quand ils ne toucheront plus d’argent

      Pas de notification c’est jours mieux qu’une notification illégale (non motivée en fait et en droit) ?

  • PJL Fraudes sociales et fiscales : un flicage qui n’en finit pas
    https://www.laquadrature.net/2025/12/15/pjl-fraudes-sociales-et-fiscales-un-flicage-qui-nen-finit-pas

    Un projet de loi de « lutte contre les fraudes sociales et fiscales » est débattu en ce moment à l’Assemblée nationale, après une première lecture au Sénat. Ce texte prévoit d’augmenter les pouvoirs d’enquête pour…

    #Non_classé

  • Le lanceur d’alerte Yann Gaudin gagne en justice contre l’ordre des avocats | ESS, Emploi, Formation, Insertion et bien d’autres choses. | Michel Abhervé
    http://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2025/11/30/le-lanceur-d-alerte-yann-gaudin-gagne-en-justice-cont

    (...) le conseil de l’Ordre des avocats de Rennes accusait le lanceur d’alerte Yann Gaudin d’exercice illégal de la profession

    Dans son jugement rendu ce jeudi 27 novembre 2025, le tribunal de commerce vient de donner tort à l’Ordre des avocats, estimant que « l’exercice illégal de la profession d’avocat et le trouble manifestement illicite ne sont pas démontrés »

    Yann Gaudin qui voit derrière cette procédure « un acharnement » de la part de la direction de France Travail est donc fondé à poursuivre son activité en affirmant « Mon activité professionnelle est d’ailleurs palliative et ne devrait pas exister, mais il reste encore malheureusement des pratiques frauduleuses à France Travail et des dossiers qui sont mal traités »

    #ordre_des_avocats complice de #France_travail

  • « De quoi être désespéré » : le calvaire de Rémy, demandeur d’emploi privé de ses indemnités après le vol de ses données - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/faits-divers/il-y-a-de-quoi-etre-desespere-apres-le-vol-de-ses-donnees-en-ligne-le-cal

    Victime comme des dizaines de milliers d’autres personnes d’un vol de ses #données_personnelles sur le site de #France_Travail, l’administration a bloqué son compte. Il se retrouve sans aucune indemnité et dans l’impossibilité de chercher un emploi.

    « Le 23 juillet, une antenne de France Travail de la région Paca m’appelle. Dès le départ, rien ne va, je suis Parisien et je n’ai jamais travaillé dans cette région. En fait, l’agent soupçonne une activité suspecte sur mon compte personnel. J’aurais fait une demande de RSA et une autre pour une indemnité mobilité. » Aucune de ces démarches n’émane de lui. L’agence décide alors de bloquer son espace personnel pour éviter toute nouvelle activité frauduleuse.
    Comme des milliers de personnes, Rémy expérimente à ses dépens les conséquences du #vol_des données_personnelles. France Travail en a subi plusieurs ces derniers mois. La dernière grosse attaque informatique visant l’établissement public remonte à cet été, quand des renseignements personnels de 600 000 personnes se sont retrouvés dans la nature. Une fuite qui fait suite à une autre plus colossale, concernant cette fois 43 millions de personnes, en mars 2024. Depuis, fin octobre 2025, la plate-forme de recherche d’emploi a reconnu un autre incident avec 30 Go de données piratées.

    Pour Rémy, développeur en logiciel, le blocage de son compte marque le début du cauchemar. Les tentatives de connexion se soldent toutes par la même issue. Avec des conséquences bien concrètes : « Je ne perçois aucune indemnité chômage, déplore l’infortuné. Et je ne peux effectuer aucune démarche de recherche d’emploi ou de formation puisque tout passe par l’espace personnel. » Pis, France Travail a procédé à sa radiation puisqu’il n’a justifié d’aucune activité de recherche au mois d’octobre. Et pour cause, les propositions de formation ou d’emploi atterrissent dans l’espace personnel.
    « Une situation ubuesque », s’insurge sa compagne, Charlotte, qui se trouve dans la même situation que lui, victime elle aussi de la fuite de ses données et d’un compte personnel bloqué.

    Les échanges réguliers avec France Travail ne les rassurent pas sur le règlement de leur situation. « La manageuse qui nous a reçus a reconnu qu’elle ne savait que faire. Administrativement, on n’existe pas. On ne peut produire aucune preuve de notre situation de demandeurs d’emploi. »
    Contacté, l’établissement public fait savoir qu’il « regrette » la situation : « Nous sommes conscients que, tout en maintenant des vérifications préalables d’identité qui sont indispensables, nos délais concernant la procédure de réinscription doivent être améliorés. » Le retour à la normale après une fuite de données prend du temps. La fuite des identifiants sur le dark Web ou l’utilisation supposée frauduleuse des données obligent « le service fraude à bloquer les accès de comptes de demandeurs d’emploi ».

    Les fuites récurrentes de données personnelles se multiplient. Rien qu’en 2024, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a recensé 5 629 violations de données, soit une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente. Une série noire qui fait dire à Clément Domingo, hacker éthique, que « les deux dernières années sont une hécatombe cyber en France ».
    Sur son clavier d’ordinateur, celui qu’on surnomme SaxX sur les réseaux nous démontre que les données subtilisées à France Travail sont en vente sur le dark Web. « Avec un e-mail, il est facile d’usurper l’identité auprès d’agences publiques pour changer les mots de passe. »
    Un RIB et un login se monnayent 35 €

    #cybersécurité #revenu

  • Relevés téléphoniques et fichier des compagnies aériennes : le Sénat veut permettre à France Travail de surveiller la vie privée des chômeurs - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/politique/france-travail/releves-telephoniques-et-fichier-des-compagnies-aeriennes-le-senat-veut-per

    Pour lutter contre la fraude, le Sénat veut permettre à #France_Travail de vérifier le lieu de résidence des allocataires, et tant pis pour la vie privée. Dans le cadre du projet de loi gouvernemental contre les fraudes sociales et fiscales, examiné depuis mercredi 12 novembre, les sénateurs se sont penchés jeudi 13 novembre sur les articles les plus irritants de ce texte : ceux qui visent directement les #allocataires, les #salariés et les assurés sociaux.

    L’un des plus sensibles, introduit par le #Sénat, offre à France Travail de nouveaux moyens d’enquête pour vérifier la résidence effective des allocataires. L’opérateur pourra ainsi consulter les relevés téléphoniques, ou encore interroger le fichier des compagnies aériennes. Cela ouvrirait alors la voie à une suspension conservatoire de toutes les allocations lorsque « plusieurs indices sérieux de manœuvres frauduleuses » sont observés.

    « Surveillance généralisée »

    Alors que la #résidence en France est une obligation pour les bénéficiaires d’allocations chômage, la gauche s’est insurgée contre cette mesure qu’elle juge « particulièrement intrusive ». « C’est franchir une ligne rouge, c’est introduire une forme de surveillance généralisée des demandeurs d’emploi assimilés à des fraudeurs potentiels », a lancé le socialiste Jean-Luc Fichet. L’écologiste Raymonde Poncet Monge a craint un « précédent dangereux pour les libertés individuelles ».

    #contrôle #surveillance #guerre_aux_pauvres

    edit

  • « Aujourd’hui, on ne peut pas comprendre le contrôle à France Travail sans comprendre les algorithmes » - Entretien avec Claire Vivès
    https://www.odap.fr/articles/sur-la-piste-des-algorithmes-claire-vives

    Au fil de l’enquête, on s’est rendu compte que plusieurs outils qu’on peut qualifier d’« algorithmiques » jouent un rôle essentiel dans la sélection et le traitement des #allocataires qui vont, justement, faire l’objet d’un #contrôle. Il faut d’abord préciser que le mot « #algorithme » n’est pas toujours utilisé en interne : certains outils sont qualifiés de « robots », d’autres ressemblent à des documents Excel, mais ils participent tous à un processus de sélection ou de hiérarchisation automatisée des personnes inscrites sur les listes de #France_Travail.

    De fait, aujourd’hui, les personnes inscrites à France Travail peuvent être désignées pour un contrôle via trois modalités principales : le #signalement par leur conseiller ou leur conseillère, le #tirage_aléatoire, ou, finalement, ce qu’on appelle les « #requêtes_ciblées ». C’est là qu’intervient le premier véritable algorithme. Ces requêtes sélectionnent des personnes à partir de critères jugés pertinents (par exemple, une formation financée par France Travail achevée depuis plus de six mois ou une inscription dans un métier dit « en tension »). Ces critères sont définis au niveau national, puis adaptés régionalement. Ce sont des outils puissants de #ciblage, qui traduisent une forme de #suspicion_institutionnelle : pourquoi êtes-vous encore au chômage alors que vous avez été formé récemment ; ou que vous postulez dans un métier dans lequel les employeur·ses disent manquer de main-d’œuvre ?

    Un deuxième outil est récemment apparu, avec la réforme du contrôle de la recherche d’emploi entrée en vigueur au 1er janvier 2025. Pour répondre à l’objectif fixé par le gouvernement de passer de 600 000 contrôles par an à 1,5 million d’ici 2027, France Travail a introduit un « robot d’analyse des dossiers » censé permettre d’augmenter le nombre de contrôles à effectifs constants. C’est un outil qui vise à gagner du temps, en pré-classant en groupes les dossiers à contrôler. L’objectif est de déterminer si les demandeur·ses d’emploi recherchent activement un travail, à partir de critères comme la présence d’un CV sur l’espace personnel, les périodes travaillées au cours des trois derniers mois, ou encore les échanges avec France Travail. Mais déjà au niveau des critères, il y aurait beaucoup de choses à dire. Par exemple, l’usage de l’espace personnel n’est pas obligatoire : est-il donc pertinent que le robot en fasse un critère de tri ? Dans tous les cas, à ce stade, cet algorithme semble encore loin d’être opérationnel : il produit des erreurs basiques sur des informations comme les périodes travaillées, pourtant bien connues du système puisqu’elles déterminent l’indemnisation… À ce stade de notre enquête – qui n’est qu’à ses débuts sur cet aspect -, il semblerait que beaucoup d’agent·es ne l’utilisent pas, parce qu’iels considèrent qu’il leur fait perdre plus de temps qu’il n’en fait gagner. Il aurait même été suspendu le temps qu’une nouvelle version de l’outil soit déployée.

    Le dernier outil que nous avons identifié récemment est encore plus opaque. Il s’agit d’un « outil d’aide à la détermination de la #sanction » destiné à aider les agent·es dans l’application d’un nouveau type de sanction : la suspension du revenu de remplacement en cas de non-respect du #contrat_d’engagement1. Cette sanction est liée à la parution d’un décret, qui prévoit une suspension de l’indemnisation de durée et de niveau variable, en fonction des “manquements” identifiés. Pour ce faire, les agent·es utilisent un tableau Excel, non relié au système d’information de France Travail, dans lequel iels cochent dans des liste le ou les « indices de non-respect des engagements détecté(s) au cours du contrôle » d’une part, et les « contrainte(s) personnelle(s) et difficulté(s) détectées au cours du contrôle », d’autre part. L’outil attribue ensuite une « note » et propose une sanction selon trois critères : la « nature », le « pourcentage du revenu de remplacement impacté » et la « durée ». Nous ignorons absolument pour l’instant comment les différentes informations sont pondérées pour aboutir aux caractéristiques de la sanction préconisée.

    (...) Contrairement aux promesses d’automatisation libératrice qui présentent ces outils comme permettant aux agent·es de réduire leur charge de travail et de se concentrer sur leur cœur de métier en se déchargeant des tâches répétitives, on observe, au contraire, que ces dispositifs peuvent alourdir leur activité, sans que ce processus soit forcément visible, ni évident à mesurer. En fait, on constate qu’au mieux, les algorithmes ne font pas gagner de temps, et au pire, ils en font perdre. De plus, ces outils pourraient à terme conduire à déléguer au robot le travail d’analyse, ce qui ne laisserait aux agent·es que la charge de valider une décision prise par la machine ; sur la caractérisation des sanctions par exemple, les agent·es se trouvent dépossédés par l’algorithme.

    (...) Nos demandes d’observations du travail réalisé sur les plateformes de contrôle, par exemple, n’ont jamais abouti.

    #chômage #agents #automatisation_du_contrôle #contrôle_de_la_recherche_d’emploi #opacité #métier_en_tension #chomeur.euses #surveillance

    • certains critères redoublent les inégalités. Par exemple, le fait d’être inscrit·e sur un métier en tension : une telle situation atteste souvent d’autres difficultés, sociales ou de santé par exemple. Or, en 2023, plus de la moitié des contrôles ont ciblé des demandeur·ses d’emploi inscrit·es dans des métiers dits en tension.

  • « Quand la CAF et le Fisc traquent les militant.e.s » : « Le Média » a enquêté sur une répression administrative d’État
    https://www.humanite.fr/medias/enquete/quand-la-caf-et-le-fisc-traquent-les-militant-e-s-le-media-a-enquete-sur-un
    https://www.humanite.fr/wp-https://www.youtube.com/watch?v=Eng1rus7Uqg

    Peu de temps après avoir porté plainte ou après une prise de parole dans les médias, tous ont rencontré des problèmes administratifs avec la Caisse d’Allocations Familiales (CAF), France Travail ou le Fisc : contrôles fiscaux, rappels d’aides sociales avec parfois des sommes faramineuses à rembourser… (...)

    Certains militants désespèrent, ils sont épuisés de payer. D’autres finissent par renoncer à leurs engagements syndicaux et politiques. Pour Vanessa Codaccioni, professeure de sciences politiques, il y a une volonté de les anéantir psychologiquement en touchant aux finances. « C’est une nouvelle forme de répression extrêmement importante et peu visible », affirme-t-elle dans la vidéo.

    Comment l’État se débrouille pour accéder aux informations administratives ? L’histoire est déroutante. En 2019, un système est mis en place via la lutte contre l’islamisme et le repli communautaire (#CLIR). Les préfets, la gendarmerie, la police, l’éducation, la #CAF, les impôts, #France_travail… Tous les services départementaux sont réunis pour échanger des informations sur des structures ou individus suspectés de séparatisme. Et lorsque les enquêteurs du CLIR n’ont pas assez d’informations pour justifier une procédure judiciaire, ils s’attaquent aux infractions annexes pour affaiblir leurs cibles malgré tout. Une manière détournée d’agir. Pour des écoles, commerces ou associations par exemple, tout peut y passer : « Papiers d’identité, diplômes, sécurité incendie, hygiène et même la validité des vaccins des salariés », égrènent les journalistes. Les militants qui s’attaquent au pouvoir subissent la même procédure.

    La CAF assume. Elle explique que « l’échange d’informations entre les différents partenaires des services publics de l’État (lui) permet de réintégrer des revenus identifiés issus d’activités illicites pour calculer le montant des prestations effectivement dues sur les périodes considérées. » Or, ce n’est pas son rôle.

    Les obstacles aux libertés fondamentales se multiplient, surtout depuis l’élection d’Emmanuel Macron. L’antifascisme, la lutte contre le racisme, le soutien à la Palestine sont les activités le plus largement soupçonnées… Sans oublier l’écologie, bizarrement grande absente de la vidéo. [journalistes antivax pas écolos ?]

    #militantisme #labourseoulavie #libertés_fondamentales #répression #préfets #gendarmerie #police #éducation_nationale #trésor_public

    • Désolée, c’est certes super intéressant et il faut s’y attaquer mais franchement c’est pas nouveau. L’Etat français et sa police se sont toujours servis de ces moyens de #répression. Ce qui est « nouveau » c’est la surveillance qu’autorisent (avec ou sans autorisations légales) les nouvelles technologies. Et l’aspect analyse et filtrage IA des renseignements généraux par les USA dont la france est devenue cliente.

    • Ce qui est nouveau, c’est le niveau d’organisation atteint. Le Media cite les CLIR, il me semble que les CODAF en font davantage. Quand à la fréquence de ces actions institutionnelles de noyade de trublion.es dans le dénuement, aucun moyen d’en juger. Par le passé cela ne m’a pas semblé si courant.

      Mission interministérielle de coordination anti-fraude
      https://www.economie.gouv.fr/micaf/au-niveau-local/les-codaf#:~:text=Les%20comités%20opérationnels%20départementaux%20ant.

      Les CODAF

      Organisation et missions

      Les comités opérationnels départementaux anti-fraude (CODAF) sont co-présidés, en formation plénière, par les préfets et les procureurs de la République. En formation restreinte et opérationnelle, la présidence est assurée exclusivement par les procureurs.

      Ils mobilisent les services de l’État (les administrations fiscale, douanière, préfectorale, les forces de police et de gendarmerie, le Service de la concurrence, consommation et répression des fraudes, la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement et l’Agence régionale de santé), les organismes locaux de protection sociale (URSSAF, CAF, CPAM, CARSAT, France Travail), ainsi que l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS).

      [...]

      La coordination des #CODAF par la #MICAF
      [la bien nommée, une de plus ?]

      La MICAF coordonne et pilote l’action des CODAF en assurant un support technique et juridique aux comités, leur suggérant également des pistes d’action. Elle se déplace sur le terrain pour participer aux réunions des CODAF et répond quotidiennement aux sollicitations des agents de terrain.

      Décret n° 2020-872 du 15 juillet 2020 relatif à la coordination interministérielle en matière de lutte contre la fraude et à la création d’une mission interministérielle de coordination anti-fraude
      https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000042121224

      Ils citent parmi leurs premières cibles, le trafic de tabac (fraude fiscale, et démerde), et se sont fait de la pub sur le follow the money de délinquants et criminel trop prudents pour être incriminés autrement par la police. Ce serait à regarder de plus près ...

      edit des milliers de contrôles CAF déclenchés sur demande policière
      https://seenthis.net/messages/1136551

  • « La stigmatisation des pauvres accroît le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique », Olivier De Schutter, Rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme.

    (...) le juriste décrit les mécanismes d’une véritable « guerre contre les pauvres plutôt que contre la pauvreté », menée par un Etat-providence qui contrôle plus qu’il ne protège.

    L’économiste juif hongrois Karl Polanyi, alors exilé aux Etats-Unis, détaillait en 1944 dans La Grande Transformation, les raisons de la montée de l’extrême droite en Europe. Il soulignait que la foi sans limites des élites dans l’autorégulation du marché et l’absence de mécanismes de sécurité sociale au moment de la crise économique de 1929 ont plongé une grande partie de la population dans une extrême pauvreté, favorisant la désignation de boucs émissaires et la montée des fascismes. Tirerons-nous les leçons de son enseignement ?

    Les parallèles avec la situation actuelle sont trop nombreux pour pouvoir être ignorés. Depuis les années 1980, l’affaiblissement progressif du système social hérité de la période d’après-guerre plonge de plus en plus de personnes dans un état d’insécurité économique. Dans un contexte de crise de la croissance keynésienne et de hausse du chômage, les fondements mêmes de notre système social ont été graduellement remis en cause par les thèses néolibérales.

    L’approche d’une protection sociale universelle, fondée sur l’existence de droits sociaux garantis par la Constitution, a été remplacée par une approche conditionnelle. Les dépenses de sécurité sociale sont désormais considérées comme un coût à réduire plutôt que comme un investissement nécessaire au maintien de la cohésion sociale et à la lutte contre la pauvreté.

    Dérive dystopique

    En réalité, on a assisté à un grand retournement de la politique sociale : du rôle protecteur qui était le sien, l’Etat-providence est passé à un rôle de contrôle. Les dispositifs qui le constituent expriment une méfiance envers des pauvres jugés coûteux, peu méritants, voire fainéants. Les politiques dites « d’activation » conditionnent désormais l’obtention d’une prestation sociale à une période d’activité, dans le but affiché « d’inciter » les personnes en situation de pauvreté à travailler, suggérant qu’elles sont tentées par l’oisiveté.

    C’est ce que traduit la récente réforme du revenu de solidarité active (#RSA), dont le versement est désormais conditionné à quinze heures d’activité gratuites par semaine. Dans une récente communication au gouvernement français, j’ai mis en garde contre les impacts de cette mesure qui, comme le soulignent la Défenseure des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’homme et le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, pourrait mener à une augmentation du taux de non-recours aux prestations ainsi qu’à des cas relevant de la qualification de travail forcé. A ce jour, le gouvernement français n’a pas répondu à nos inquiétudes à ce sujet.

    La dématérialisation de l’accès à l’aide sociale est une autre illustration de cette dérive aux accents dystopiques. Le « tout-numérique » peut aggraver le phénomène de non-recours aux aides sociales et fragiliser les conditions de vie de nombreuses personnes en situation de pauvreté. En outre, les outils algorithmiques permettent d’automatiser contrôles et sanctions.

    La Caisse d’allocations familiales (#CAF) a, par exemple, ciblé de manière discriminatoire des familles monoparentales ainsi que des personnes en situation de handicap. Cela mène à des retraits rétroactifs de prestations, aggravant ainsi la situation des bénéficiaires. Non seulement ces formes de contrôle constituent un frein au recours aux aides sociales et à la sortie de la pauvreté, mais elles sont souvent vécues par celles et ceux qui les subissent comme une humiliation.

    Territoires abandonnés

    L’extrême droite prospère sur l’essor des inégalités et la peur du déclassement au sein des classes moyennes et populaires. Dans un contexte économique morose marqué par la stagnation des salaires et de nombreuses délocalisations, la stigmatisation des pauvres accroît encore davantage le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique des classes moyennes paupérisées. Elle risque ainsi de renforcer les divisions sociales en opposant les « pauvres » aux « encore plus pauvres », d’une part, et « nos pauvres », jugés dignes d’être aidés, aux « migrants » qui viendraient leur faire concurrence, d’autre part. Ces dynamiques alimentent le discours décliniste des populistes d’extrême droite, qui attribuent l’insécurité économique à des boucs émissaires désignés par leurs origines ethniques.

    Pour inverser la tendance, les politiques sociales doivent être refondées sur le principe d’universalité de la protection sociale, qui constitue un droit humain. Ces efforts doivent se doubler d’un plan de cohésion territoriale, permettant de garantir une véritable égalité d’opportunités entre populations des zones rurales et habitants des villes, alors qu’aujourd’hui beaucoup de ruraux ont le sentiment de vivre dans des territoires abandonnés, méprisés par les élites urbaines.

    La montée des populismes d’extrême droite est le résultat direct de la refonte néolibérale du modèle social d’après-guerre. Pour enrayer leur progression, la guerre contre les pauvres doit être remplacée par une guerre contre la pauvreté.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/22/olivier-de-schutter-rapporteur-de-l-onu-sur-l-extreme-pauvrete-la-stigmatisa

    #guerre_aux_pauvres #conditionnalité #contrôle #France_travail #dématérialisation #extrême_droite #peur_du_déclassement #boucs_émissaires

    • Excellent article.

      L’informatisation massive de France Travail amène à de plus en plus d’erreurs de calcul d’#indemnisation_chômage, les algorithmes répétant en boucle des dysfonctionnements sans que ceux-ci ne soient corrigés. Dans la moitié des dossiers des #chômeurs, aucun conseiller indemnisation humain n’intervient.

      France Travail entretient en plus un manque total de transparence sur ses calculs d’indemnisation, les conseillers eux-mêmes ne comprenant plus le système informatique, et bien que l’organisation corrige parfois les dysfonctionnements révélés, elle ne rembourse jamais les usagers lésés pendant des années.

      Avec l’automatisation amenée à se développer encore dans le futur, ces erreurs risquent d’empirer. Et même actuellement, combien de « bugs » et d’erreurs passent encore entre les filets ?

      [...]

      « Leurs droits terminés, les intermittents ne recevaient pas le formulaire automatique pour les Allocations de Solidarité Spécifique », se remémore [Yann Gaudin]. Une aide, d’environ 550 euros par mois à l’époque, normalement accessible à tous les demandeurs d’emploi éligibles après l’épuisement de leurs droits #ARE (Allocation de retour à l’emploi, le nom donné aux indemnités chômage). A l’époque, il pense à une simple erreur. Mais son signalement au service interne n’amène aucun changement. Lorsqu’il contacte de lui-même 8.000 intermittents bretons pour les informer, sa direction lui assène un avertissement pour son excès de zèle. Son initiative jouera dans son licenciement pour faute grave et insubordination aux yeux de l’institution.
      Ce n’est qu’en 2024, 10 ans après l’avertissement de Yann Gaudin et quatre ans après l’avoir licencié, que France Travail adaptera son site pour informer chaque usager de ce droit.

      [...]

      Car les algorithmes sont imparfaits. Par exemple, un usager qui quitte un CDI pour un autre mais est « coupé » après sa #période_d’essai se retrouve exclu des indemnités ARE, alors qu’il y a droit. Il en va de même pour de nombreux inscrits automatiquement à France Travail en tant que bénéficiaires du RSA, alors qu’ils sont éligibles au droit au chômage, plus rémunérateur, sans en être notifiés.

      (...) les algorithmes ont tendance à supprimer automatiquement les plus hauts #salaires des usagers, car jugés suspects. Une alerte est donnée pour un salaire 10 % supérieur à la médiane des revenus de l’année précédente et le salaire est automatiquement supprimé s’il est 20 % plus élevé, sans la moindre justification, suivant un peu trop à cheval les recommandations de l’Unédic**. Treizième mois, primes et autres heures supplémentaires sont donc supprimés des calculs de droit, sans que l’usager n’en soit notifié, faisant fatalement baisser ses indemnisations. (...) ce dysfonctionnement est particulièrement dommageable pour les usagers ayant eu des arrêts maladie. Tout salaire « normal » apparaît alors comme suspect par rapport à la médiane et est enlevé. Ce qui amène à des incongruités : « J’ai déjà ouvert des droits à 1,4 euro par jour, car la personne avait été en #arrêt_maladie deux ans et le système avait exclu tous les vrais salaires. Le système n’avait validé qu’un seul bulletin de salaire, le divisant par 365 jours »

      [...]

      Si de nombreux dysfonctionnements révélés par Yann Gaudin ou d’autres lanceurs d’alerte internes ont été réparés avec le temps, ces corrections n’ont jamais donné lieu à des remboursements collectifs. A propos de la correction d’un de ses dysfonctionnements, l’institution évoquait noir sur blanc dans une note interne, que 20 Minutes a pu consulter, qu’il n’y aurait « pas de reprise de stock » [sic] pour les personnes lésées pendant des années par cette erreur - comprendre pas de compensations financières.

      Il arrive que des journalistes reçoivent des informations et en fassent quelque chose.

      La sanction financières des arrêts maladies n’est pas un dysfonctionnement mais un modèle dont on voit ce que les projets de budget lui doivent.

      Faire des économies par tous les moyens nécessaires, en détail, et en masse (ce que le titre de l’article élude spectaculairement).

      #arnaque_institutionnelle #Illégalisme_institué #violence_institutionnelle #ASS #salaire_journalier_de référence (explosé par la loi et par les calculs) #SJR #médiateur_de_France_travail

    • Yann Gaudin #lanceur_d'alertes
      https://blogs.mediapart.fr/yann-gaudin/blog/051025/1100-victimes-de-france-travail

      Un recensement a été effectué en ligne de septembre 2024 à septembre 2025 et plus de 1100 victimes de défaillances de Pôle emploi / France Travail y ont répondu. Souffrance, erreurs de l’institution, absence d’explications règlementaires, dérapages : le rapport révèle des faits très inquiétants et présente des solutions pour sécuriser les services de France Travail.

      https://www.labonneetoile.fr/post/1100-victimes-de-france-travail-rapport-de-recensement

    • Entre paranoïa et tactique du mort du côté de France Travail, les usagers dans l’impasse pour obtenir leurs droits
      https://www.20minutes.fr/economie/4169845-20251024-entre-paranoia-tactique-mort-cote-france-travail-usagers-

      « France Travail vous impose son narratif »
      1 % des fraudes sociales valent-elles tant de paranoïa ?
      Des prélèvements de France Travail totalement illégaux
      « On tremble à chaque fois qu’on y va »
      Une explosion du nombre de médiations [or le médiateur est juge et partie... ça sert rarement de le saisir, mieux vaut un RAPO puis une procédure]

      https://www.20minutes.fr/journaliste/jean-loup-delmas

      #France_travail #indus #fraude #guerre_aux_pauvres

    • « Tout ce que je voulais, c’était travailler » … Quand France Travail rate son rôle de tremplin de retour à l’emploi
      https://www.20minutes.fr/economie/4170232-20251025-tout-voulais-travailler-quand-france-travail-rate-role-tr

      Les formations sont également très compliquées à obtenir. Dans le cadre de son PPAE (Parcours Personnalisé d’Accès a l’Emploi), Julien* a monté un dossier complet de financement de #formation pour devenir sophrologue. « Après m’avoir exigé un dossier complet, France Travail a refusé mon financement sur la base de motifs internes sans base légale, avant d’en changer plusieurs fois : une Aide individuelle à la formation (AIF) antérieure jamais démontrée, une non-conformité du projet, ou encore l’absence de retour rapide à l’emploi – alors que mon projet était entrepreneurial. ». Commence alors le même parcours du combattant que pour les usagers lésés face à un France Travail qui joue la montre et les refus de dialogue.
      « J’ai demandé un entretien avec la direction, qui n’est jamais arrivé. Lorsque j’ai demandé une réponse écrite comme l’avait demandé le médiateur et comme l’exige la loi - les décisions à caractère individuelles doivent faire l’objet d’une réponse écrite, la réponse écrite n’est jamais venue. » France Travail n’a rien répondu pendant deux mois, avant de réapparaître enfin. Deux mois, soit pile la durée du recours gracieux, au-delà de laquelle la formation ne peut plus être financée.
      Un système critiqué dans de nombreux rapports

      Un cas fréquent, dénoncé dans les rapports annuels du médiateur national de France Travail. En 2023, est cité le « problème récurrent des motifs de refus de financement de formation, qui sont souvent incompris par les candidats. Ils expriment parfois des motifs différents de ceux exprimés en agences. » En 2024, il pointe une iniquité de traitement et des blocages administratifs qui empêchent les usagers d’accéder à des formations validées dans leur Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi (PPAE). Dès 2018, la Cour des comptes étrillait dans son rapport La formation des demandeurs d’emploi « une juxtaposition de dispositifs et à une augmentation de moyens sans stratégie globale ni coordination des acteurs » et « des résultats décevants » pour les demandeurs d’emploi.
      Ces difficultés génèrent des réclamations récurrentes, souvent liées à des refus non motivés. Sylvaine*, conseillère France Travail, confirme le problème : « Débloquer une formation, c’est forcément du budget. On a l’impression d’accorder une faveur, et beaucoup de conseillers sont réticents à dépenser » … Un aspect « cadeau » alors qu’il s’agit d’un droit, dénoncé par de nombreux usagers. Laura s’en souvient : « Lorsque j’ai demandé une formation, on m’a dit que je devais fermer ma gueule si je voulais avoir mes droits. »
      « Rien n’avance et on nous empêche de faire »

      Sans compter une gageure administrative pour les conseillers : les formations sont souvent cofinancées par les régions, demandant une collaboration qui peut s’avérer très chronophage et complexe, comme le rappelle le rapport annuel du médiateur France Travail 2024. Reviennent alors les problèmes de temps et le rythme des conseillers (voir notre article précédent).

    • Pour les formations, c’est très simple  : le gros des fonds est pompé par des trucmuches de margoulinades spécialement pensés pour pomper le max des enveloppes prévues pour des trucs fumeux en face.

      Qaliopi devait mettre de l’ordre dans ce foutoir, à la place de quoi, c’est un bidule à valider ceux qui sont bons à monter des dossiers aux normes, indépendamment de l’utilité des contenus.

  • Des contrôles « humiliants » : associations et syndicats attaquent l’État sur la réforme du RSA | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/221025/des-controles-humiliants-associations-et-syndicats-attaquent-l-etat-sur-la

    Le Secours catholique, ATD Quart Monde, la LDH, mais aussi les syndicats CGT, CFDT et Solidaires assignent en justice l’État pour sa politique visant les chômeurs et les allocataires du RSA. Les sanctions brandies à l’égard des bénéficiaires sont tout particulièrement visées.

    De la réforme du #RSA et son volet #sanctions, entériné par un décret entré en vigueur le 31 mai 2025, les responsables associatifs et syndicaux n’ont que du mal à en dire. Réuni le 22 octobre pour une conférence de presse, un collectif composé d’une dizaine d’associations a décidé de s’unir de manière inédite pour saisir la justice. Avec un objectif : l’abrogation du décret « sanctions » de la loi dite « plein emploi » qui conditionne l’obtention du RSA à la réalisation de quinze heures d’activité hebdomadaire.

    Quatre recours ont été déposés par la Ligue des droits de l’homme (LDH), le Secours catholique, ATD Quart Monde et Emmaüs France ainsi que des syndicats comme la CGT, la CFDT, Solidaires ou la FSU contre ce texte, qui constitue à leurs yeux une « ligne rouge ». 
    Quatre #recours différents, portés par quatre avocats, ont été déposés par les associations fin juillet, ce qui n’avait pas été rendu public. Elles disposent de trois mois à compter de cette date pour défendre leur requête sur le fond. Leur argumentaire sera communiqué au #Conseil_d’État à la fin du mois d’octobre et une date d’audience devrait être communiquée d’ici à la fin d’année. 

    « On ne sort pas les personnes de la pauvreté à coups de suspensions, mais par la confiance et l’accompagnement », jugent les requérants. Depuis la parution de ce décret, toute personne inscrite à France Travail est menacée de se voir suspendre de 30 % à 100 % de son indemnité chômage ou de son RSA pendant un à plusieurs mois. Et ce, dès le premier manquement, c’est-à-dire n’avoir pas respecté le contrat d’engagement, ne pas s’actualiser correctement ou manquer un rendez-vous.

    Le texte est contesté de longue date. Les associations et des institutions comme le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ou la Commission nationale consultative des droits de l’homme ont alerté en vain sur les risques d’une telle réforme.

    Des sanctions disproportionnées

    Lors de la conférence de presse organisée pour expliciter la démarche du collectif, Didier Duriez, président du Secours catholique, dénonce le choix du gouvernement « de punir » les plus vulnérables : « La loi “plein emploi” et son décret “sanctions” marquent un tournant. Ils marquent un virage inquiétant dans cette société qui s’éloigne de plus en plus de l’impulsion qu’on avait eue juste après-guerre, celle d’un accès digne à l’emploi pour tous, et un soutien à l’ensemble des personnes. »
    Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’homme, complète : désormais, les allocations deviennent « une sorte de rétribution au mérite ». Il ne faut pas s’y tromper, ajoute-t-elle, ces orientations relèvent d’une « idéologie ». 
    Le collectif déplore de ne pas parvenir à obtenir l’attention du gouvernement. Pour Didier Duriez, l’écoute s’est tarie : « Les réunions avec les gouvernements sont plus rares, la prise en compte de ce qu’on leur présente est de plus en plus marginale. »

    Les requérants mobilisent plusieurs arguments. Ce décret est considéré tout d’abord comme une atteinte au droit. Réduire les allocations à titre de sanction « revient à supprimer les moyens de subsistance ». Surtout au regard de la faiblesse du montant du RSA (646 euros en 2025 pour une personne seule) qui est deux fois inférieur à celui du seuil de pauvreté (60 % du revenu médian, soit 1 216 euros en 2025). Les associations et syndicats pointent « la disproportion manifeste des sanctions ».

    Sans compter que la possibilité de se défendre est réduite. Auparavant, une sanction RSA enclenchait la réunion d’une instance durant laquelle la personne était reçue et pouvait expliquer sa situation. Aujourd’hui, dès lors que les personnes sont notifiées de la suspension de leurs allocations, elles ne disposent que de dix jours pour contester la décision, parfois sans réunion ou rencontre physique en fonction des départements. Un délai trop restreint et des conditions inadéquates pour #se_défendre, jugent les associations.

    « Le décret méconnaît par ailleurs le droit au silence [?] et le droit d’être entendu, ce qui constitue une atteinte grave aux #droits_de_la_défense », ajoutent-elles. Elles pointent aussi la confusion, une « erreur de qualification juridique » entre les allocataires du RSA et les demandeurs d’emploi indemnisés. Le collectif rappelle que le RSA n’est pas une indemnisation du chômage, mais « un revenu de survie au nom du droit à des moyens convenables d’existence, pour des personnes souvent éloignées durablement de l’emploi ».

    Des contrôles « humiliants »

    Pour sa part, Lydie Nicol de la CFDT rappelle les promesses déçues de cette loi qui vantait la mise en œuvre d’un accompagnement resserré de qualité avec une meilleure coopération entre les acteurs de l’accompagnement. « Et là, on en est très loin. Et même, c’est assez antinomique avec le décret auquel on s’oppose aujourd’hui. » Elle évoque les #contrôles de #France_Travail, multipliés par trois. En 2024, le premier ministre Gabriel Attal avait en effet annoncé un triplement en trois ans des contrôles, pour arriver à 1 500 000 en 2027.

    La responsable syndicale juge que le gouvernement considère donc l’ensemble des personnes en difficulté comme « soit des fraudeurs en puissance, soit des personnes qui ne veulent pas travailler ». « Pour nous, le chômage n’est jamais un choix. C’est une situation subie. »
    Ces sanctions aggravent le non-recours, la maltraitance institutionnelle, l’exclusion et compromettent le retour à une activité salariée stable de ces personnes. Certaines vont même accepter des emplois précaires pour éviter de perdre leur allocation.
    Isabelle Doresse, vice-présidente d’ATD Quart Monde, relaye des témoignages des premiers et premières concerné·es. Tous disent l’humiliation et l’inquiétude face à la réforme. Par exemple, Bernard se dit « fier mais usé » par ses vingt-cinq années de travail en usine comme manutentionnaire. Sans emploi, il « se sent harcelé par France Travail ». Il partage son stress et sa panique face aux menaces de sa conseillère de lui retirer « un à quatre mois de RSA pour recherche insuffisante ». Il assure tout faire pour trouver du travail, y compris suivre les formations proposées par France Travail.
    Corinne, mère isolée de quatre enfants, en invalidité, s’est vu imposer une activité hebdomadaire alors qu’elle doit honorer des rendez-vous médicaux réguliers. Elle a réussi à négocier cinq heures d’activité. Marie-Andrée Bresson, présidente de Solidarité Paysans, a évoqué le cas de cette agricultrice à qui l’on a demandé de justifier son RSA en envoyant tous ses relevés bancaires et factures d’une année. « C’est quelque chose d’humiliant et d’une violence sans nom vis-à-vis des personnes. »

    L’accompagnement en souffrance

    Élie Lambert, secrétaire national de l’union syndicale Solidaires, accuse le gouvernement de provoquer « le découragement des allocataires, pour les dissuader de solliciter ce filet de survie », alors qu’on constate un taux de non-recours déjà important pour certaines franges de la population. Marie-Andrée Bresson rappelle que chez les agriculteurs, il est estimé entre 50 et 60 %. Et il est impossible pour beaucoup de s’acquitter de l’obligation des quinze heures d’activité hebdomadaire, « alors que nombre d’agriculteurs travaillent déjà très durement pour survivre », ajoute-t-elle.
    Agnès Aoudaï, coprésidente du Mouvement des mères isolées, considère cette obligation d’activité comme « injuste et violent ». Elle ajoute : « C’est une mise à disposition de nos corps et de notre temps tout à fait inacceptable. » Dans la même veine, Denis Gravouil, secrétaire confédéral CGT, dénonce « un système violent et incompréhensible pour les 8 millions de personnes en recherche d’emploi ».

    Vincent Lalouette, secrétaire général adjoint de la FSU Emploi, rêve d’un « sursaut collectif », en particulier sur la question des contrôles, qui mettent des personnes dans la difficulté : « L’expression suicidaire chez les gens dont on s’occupe [comme agents de France Travail] est en forte augmentation ces derniers temps. C’est évidemment lié à la diminution des revenus à cause des différentes réformes de l’assurance-chômage, mais c’est aussi l’une des conséquences directes de la politique qui est menée avec la loi dite “plein emploi”. »
    Du reste, ces contrôles s’accroissent sans les personnels adéquats pour les mener. L’accompagnement se trouve ainsi dégradé et les agent·es de France Travail sont en souffrance. Car, estime encore Vincent Lalouette, aucun moyen supplémentaire n’a été débloqué pour absorber la charge de travail supplémentaire due notamment à l’obligation faite à tous les allocataires du RSA de s’inscrire à France Travail. Les velléités de résistance s’amenuisent aussi face au réel. 
    Les sanctions sont appliquées à la discrétion des conseils départementaux. Difficile d’obtenir des chiffres précis en ce domaine. Aucun outil statistique n’a été mis en place, regrette Lydie Nicol de la CFDT. Les données sur le devenir des personnes radiées des dispositifs de solidarité ne sont pas davantage disponibles. « Ces réformes marquent un durcissement sans précédent des politiques sociales dans notre pays », regrette encore le collectif.

    L’expression suicidaire au guichet (me touche pas ou je meures !) passe pour la seule forme de résistance possible actuellement.

    #revenu_minimum #droits_sociaux

    • Décret sanctions des demandeurs d’emploi et bénéficiaires du RSA : nous attaquons l’Etat en justice
      https://oxi90.com/IPCRWSF67/DF5AF95316134AE3B9931B90021DB3CE.php

      Changer de Cap fait partie des 11 associations et 5 syndicats qui attaquent au Conseil d’État le décret sanctions de la loi Plein emploi et demandent son abrogation. Ce décret, publié le 30 mai 2025, permet de suspendre ou de supprimer les allocations des demandeurs d’emploi au moindre « manquement ». Cela concerne les chômeurs comme les bénéficiaires du RSA, puisque ceux-ci sont désormais inscrits automatiquement à France Travail.

      Pour un rendez-vous manqué ou un manquement dans le contrat d’engagement réciproque, une personne peut perdre 30 à 100 % de son RSA, pendant 1 à 4 mois, avant remobilisation ou radiation. Ce décret, publié dans le cadre de la #loi_« Plein_Emploi » qui impose 15h d’activité à toute personne au RSA comme à toute personne au #chômage, marque une étape supplémentaire dans le contrôle des plus précaires.

      Les associations et syndicats qui se sont unis dans des recours juridiques en Conseil d’État fondent leur requête sur différents arguments, parmi lesquels :

      Le droit à des moyens convenables d’existence est un droit fondamental, protégé par la constitution comme tous les droits humains. Le RSA est un minimum vital pour survivre. On ne peut donc pas le supprimer, quelle que soit la raison. Rappelons que le montant du RSA pour une personne seule, 646 €, est inférieur au seuil d’extrême pauvreté en France.

      La disproportion des #sanctions : le Conseil constitutionnel avait déclaré la loi « Plein Emploi » constitutionnelle sous réserve que les sanctions soient proportionnées. Or supprimer totalement le RSA dès le premier manquement n’est clairement pas proportionné.
      Les inégalités territoriales : les sanctions peuvent aller de 30 à 100 % du RSA sur 1 à 4 mois, elles sont donc appliquées de manières très différentes selon les départements. En effet, ce sont les #conseils_départementaux qui décident de la hauteur des sanctions en cas de « manquement », notion par ailleurs très floue.
      Pour illustrer concrètement cette rupture de l’égalité des droits, prenons l’exemple des départements de la #Creuse et de la Saône-et-Loire. Par délibération en date du 10 octobre 2025, le Conseil départemental de la Creuse a voté une suspension du RSA de 80 % pendant deux mois pour une personne seule dès le premier manquement. En Saône-et-Loire, c’est la commission permanente qui a actualisé son Règlement départemental d’aide sociale (RDAS) et décidé d’une suspension de 50 % pendant un mois, toujours pour une personne seule et toujours au premier manquement.
      La violation du droit de la défense : avant le décret, une suspension de RSA nécessitait une réunion où l’allocataire pouvait se défendre et expliquer son point de vue. Cette réunion est supprimée. De plus, le délai de recours est de seulement 10 jours, ce qui est très largement insuffisant pour préparer une contestation ou demander de l’aide à un avocat ou une association.

      NOTRE POSITION
      Le décret sanctions, une nouvelle arme budgétaire
      Ce renforcement des sanctions a de multiples conséquences, qui ont été abordées lors d’une conférence de presse organisée par les syndicats et les associations le 22 octobre. Pour #Changer_de_Cap, ce décret est aussi une nouvelle arme dans la politique de réduction des #dépenses_sociales, quel qu’en soit le coût humain. Derrière cette réforme, c’est une logique budgétaire assumée qui se dessine : faire des plus #précaires une variable d’ajustement des finances publiques.
      En 2022, 34 % des personnes éligibles au RSA n’ont pas perçu l’aide à laquelle elles avaient droit. La complexité administrative dans les conditions d’accès, leur durcissement via la loi « Plein emploi » et la multiplication des contrôles, des sanctions et des suspensions hors de tout #droit_au_contradictoire ajoutent une pièce dans la machine politique d’#institutionnalisation_du_non-recours, qu’on peut chiffrer au bas mot à 10 milliards d’euros toutes prestations confondues. Cette réalité, associée aux radiations, réduit artificiellement le coût de la protection sociale, au prix d’une #précarisation accrue.

      Dans un contexte de rigueur, ce manque à verser est devenu un pilier silencieux de l’équilibre budgétaire. L’État serait incapable de payer ces milliards d’euros si toutes les personnes demandaient effectivement leurs droits [hum hum] et les Les sommes « économisées » sur le dos des plus vulnérables sont désormais budgétisées dans les prévisions budgétaires se basent sur les demandes actuelles. L’État anticipe donc le non-recours et n’a aucun intérêt à lutter contre.

      Les plus précaires comme variable d’ajustement budgétaire : l’exemple des #Départements

      Le décret « sanctions » va renforcer une réalité déjà tangible. Avant même l’annonce d’une « année blanche » sur les prestations sociales, les Départements de France, via l’association éponyme, ont annoncé qu’ils ne respecteraient pas la revalorisation légale du RSA (1,7 %) au 1er avril 2025. Dans le #Finistère, le président Maël de Calan affiche clairement un objectif de baisse du nombre d’allocataires. Des paroles aux actes, entre 2021 et 2024, le nombre de bénéficiaires est passé de 18 000 à 14 700, permettant 8 millions d’économies sur le budget du département. Des décisions n’émanent donc plus de la situation réelle des personnes concernées ou même des textes réglementaires, mais bien des « sommes disponibles » [c-à-d de décisions politiques]. Le principe d’économies budgétaires se substitue au principe de réalité.

      Des économies sur le dos des bénéficiaires du RSA et des chômeurs

      Selon les données de la DREES, en 2022 et au niveau national, les dépenses de minima sociaux (Allocation adulte handicapé, minimum vieillesse, Revenu de solidarité active, Allocation de solidarité spécifique) ont reculé de 3,1 % (-3 % en 2021). Cette baisse portée presque exclusivement par les allocataires du RSA (939 millions sur les 963 économisés). De même, l’ASS a connu une baisse de 12,8 %. Le budget consacré à deux autres minimas sociaux, l’AAH et le minimum vieillesse, a augmenté. Ces chiffres démontrent que les coupes budgétaires visent d’abord les chômeurs et les bénéficiaires du RSA.

      Des coûts reportés sur la société entière

      Ces économies « apparentes » entraînent de graves conséquences tant personnelles (aggravation de la précarité, #isolement, dégradation de la #santé physique et mentale, #expulsions locatives, #insécurité_alimentaire…) que collectives (tensions sociales, pertes de la cohésion sociale, déport sur les collectivités locales). Toutes ces conséquences ont un prix, qui sera supporté par l’ensemble de la société.
      Affaiblissement des services publics, fragilisation des plus précaires, éloignement des citoyens de leurs droits… Avec cette logique, la précarité devient rentable — tant que ses conséquences restent invisibles dans les comptes publics.

      L’austérité sociale, un choix politique

      La contestation du décret sanction devant le Conseil d’État n’est donc pas seulement une bataille juridique : c’est une bataille symbolique sur la place du social dans les choix budgétaires de l’État.
      Alors que le discours public se durcit sur les prétendus « assistés », les politiques d’accès aux droits sont présentées comme un coût, et non comme un investissement collectif.
      Cette #austérité de gestion, justifiée au nom de la responsabilité budgétaire, fragilise le pacte social. Elle transforme le droit à la #solidarité en suspicion d’#assistanat et fait du non-recours une politique publique à part entière.
      À force de chiffrer la solidarité, on finit par dévaloriser le pacte social. Et derrière les économies immédiates, c’est la cohésion nationale qui se délite, lentement mais sûrement.

      Nous vous proposons l’écoute de l’émission de France Culture sur le recours déposé au Conseil d’État, et plus largement sur la dégradation de la protection sociale.
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/culture-de-l-info/protection-sociale-un-collectif-d-associations-attaquent-l-etat-sur-sa-r

      L’annonce du recours contre le décret sanction est concomitant avec la publication d’un rapport des Nations Unies : « Le populisme d’#extrême_droite et l’avenir de la protection sociale ». Son auteur, Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme et l’extrême pauvreté, y dénonce la #guerre_aux_pauvres, menée en France et ailleurs, et l’imputation de la responsabilité de la #pauvreté aux personnes elles-mêmes. Conséquence, parmi d’autres, une défiance à l’égard de l’État et des services sociaux, qui alimente le non-recours.

      Cette défiance et l’insécurité économique font le lit d’une extrême droite qui se nourrit des clivages et de la peur du déclassement, alors que les populistes autoritaires, lorsqu’ils sont au pouvoir, amplifient la dégradation des protections sociales. Pour Olivier de Schutter, cette protection sociale est un droit humain et en tant que tel devrait servir de rempart contre la montée des populismes. « Il est temps de changer de cap. Les dirigeants soucieux de parer au recul de la démocratie devraient en faire plus pour apaiser les craintes et assurer la sécurité économique. Et ils doivent éviter toute rhétorique présentant la protection sociale comme une œuvre charitable réservée à ceux qui la méritent. Face à la menace de l’extrême droite, il faut donner à la protection sociale tout le crédit qui lui est dû en tant que droit humain de l’individu et en tant que bien public source d’importantes externalités positives bénéficiant à l’ensemble des membres de la société ».

      Ce rapport de 21 pages est disponible en ligne, et en français. On ne peut que recommander sa lecture !
      https://docs.un.org/fr/A/80/138

      APPEL A TEMOIGNAGES
      Pour #documenter les conséquences de l’application de cette réforme et de ce décret, les associations et syndicats lancent un appel à témoignages !
      Les personnes concernées sont invitées à remplir un questionnaire en ligne : https://framaforms.org/recueil-de-temoignages-sur-la-loi-dite-pour-le-plein-emploi-et-le-decret
      Les données seront traitées pour être anonymisées et l’accord de la personne explicitement demandé quant à l’utilisation de son témoignage.

      edit tribune d’Olivier De Schutter dans Le Monde
      https://seenthis.net/messages/1142934

  • Non à la guerre ! Contre les forums de France Travail avec l’armée de terre - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/non-a-la-guerre-contre-les-forums-20047

    Régulièrement, #France_Travail organise des forums avec l’Armée de Terre. Le prochain a lieu le 23 octobre de 14h à 16h à la mairie du 15e de Paris. Les jeunes, travailleurs.euses précaires et privés d’emploi se voient offrir l’armée comme chemin d’insertion professionnelle. A défaut d’être capable de susciter l’adhésion populaire, le gouvernement instrumentalise le chômage de masse, les organismes publics de l’emploi et les mesures répressives mises en place par la loi dite « Plein Emploi » pour contraindre les populations les plus précaires à accepter de participer à sa marche à la guerre.

    Alors que la loi dite du plein emploi contraint les bénéficiaires du RSA à 15h d’activités hebdomadaires pour pouvoir maintenir leur RSA, nous, le Mouvement des mères isolées, le Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires de la CGT et le SNAP-CGT, dénonçons ces évènements et ces méthodes. Nos enfants, notre jeunesse mérite un avenir désirable. Écartés de ParcourSup et/ou vivant dans des conditions matérielles insupportables, celles et ceux qui n’ont pas beaucoup d’autres choix se voient offrir une rémunération attractive pour aller à la guerre pour défendre des intérêts qui ne sont pas les nôtres.