• Disunited Nations - Proche-Orient : l’ONU dans la tourmente
    80 min - Disponible jusqu’au 15/03/2026

    https://www.arte.tv/fr/videos/125537-000-A/disunited-nations-proche-orient-l-onu-dans-la-tourmente

    Rapporteuse spéciale de l’ONU pour la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, #Francesca_Albanese dénonçait dès mars 2024 un génocide à Gaza. Dans les pas de cette dernière, une plongée au coeur de la crise de l’institution, confrontée à son impuissance à empêcher le massacre de populations civiles.

    Depuis le 7 octobre 2023 et jusqu’à la première phase d’un accord de cessez-le-feu, conclu le 9 octobre 2025, l’incapacité de la communauté internationale à empêcher le massacre des populations civiles palestiniennes à Gaza, conjuguée à la complicité d’États occidentaux, ont acté l’effondrement du droit international. Quatre-vingts ans après sa fondation, l’Organisation des Nations unies traverse l’une des plus profondes crises de son histoire et sa mission est sévèrement remise en question. Alors que le conflit israélo-palestinien a fait l’objet du plus grand nombre de résolutions de l’institution, son impasse politique maintient sous haute tension un Proche-Orient au bord du gouffre. Nommée en 2022 rapporteuse spéciale de l’organisation pour la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Francesca Albanese a qualifié dès mars 2024 de génocide les crimes commis dans la guerre à Gaza – « des bombardements équivalant à six Hiroshima en un an » –, la plaçant au centre d’une tempête médiatique et politique sans précédent. Accusée d’antisémitisme par Israël et de mener une « campagne de guerre politique et économique contre les États-Unis et Israël » par Washington, la juriste italienne, qui dénonce l’immobilisme de l’Europe face à la destruction méthodique de l’enclave palestinienne, s’est vu infliger des sanctions par l’administration Trump. Victime d’une campagne de calomnies jusqu’aux panneaux géants de Times Square, menacée même d’arrestation en Allemagne, Francesca Albanese continue inlassablement d’alerter sur les violations des droits humains. Suivant son exemple, l’ONU a, à son tour, condamné un « nettoyage ethnique ». Mais au-delà de ses vaines protestations de principe, que peut l’institution, héritage de la Seconde Guerre mondiale et promesse d’un « plus jamais ça » auquel plus personne ne croit ? De quels pouvoir et moyens dispose-t-elle pour s’ériger en rempart face au naufrage politique et humanitaire et à la faillite de nations occidentales désunies, d’autant que l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, au rôle central pour le maintien de la paix et de la sécurité, divergent sur la question ?

    Effacement colonial
    « L’ONU est née avec la partition de la Palestine. Va-t-elle mourir avec elle ? », interroge le réalisateur Christophe Cotteret (Daech, le dilemme de la justice, White Power – Au cœur de l’extrême droite). De New York à Genève et de Londres à Paris, dans les pas de l’irréductible et charismatique Francesca Albanese, l’enquête pénètre au cœur des arcanes de l’ONU pour explorer la crise de l’institution, réduite à l’impuissance. Dans les pas de la rapporteuse spéciale, lectrice de Primo Levi, qui pointe « l’effacement colonial par le génocide » et le « déplacement forcé et le remplacement des Palestiniens », le film documente les violations des droits humains commises dans l’impunité à Gaza pour analyser, avec l’éclairage de juristes, l’intention génocidaire. Alors que le conflit contamine la région depuis des décennies, du sud-Liban à la Jordanie et à la Syrie en ruines où survivent des réfugiés palestiniens depuis l’exode de 1948, cette investigation implacable met aussi en lumière, dans l’angle mort de la guerre à Gaza, la terreur et les morts en Cisjordanie, où la colonisation s’accélère – 100 000 colons lors des accords d’Oslo en 1993 contre 800 000 aujourd’hui.

    Réalisation : Christophe Cotteret
    Pays : France, Belgique
    Année : 2025

  • « #Gaza n’est pas une tragédie sans responsables » le dernier #rapport de #Francesca_Albanese

    « Aucun État ne peut se dire attaché au #droit_international tout en armant ou protégeant un régime génocidaire. »

    Les précédents rapports d’Albanese, “Anatomie d’un génocide” (https://documents.un.org/doc/undoc/gen/g24/046/12/pdf/g2404612.pdf), “L’effacement colonial par le génocide” (https://docs.un.org/fr/A/79/384) (2024) et “D’une économie d’occupation à une économie de génocide” (https://docs.un.org/fr/A/HRC/59/23) (2025) ont documenté le #génocide commis par #Israël à Gaza, son origine et ses fondations. “Le génocide de Gaza : un #crime_collectif” (https://www.ohchr.org/sites/default/files/documents/hrbodies/hrcouncil/coiopt/a-80-492-advance-unedited-version.pdf), paru le 20 octobre dernier, se concentre sur la #complicité_internationale qui le caractérise.

    « Encadrée par des discours coloniaux qui déshumanisent les Palestiniens, cette atrocité diffusée en direct a été facilitée par le soutien direct, l’aide matérielle, la protection diplomatique et, dans certains cas, la participation active d’États tiers. Elle a mis en évidence un fossé sans précédent entre les peuples et leurs gouvernements, trahissant la confiance sur laquelle reposent la paix et la sécurité mondiales. Le monde se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins entre l’effondrement de l’état de droit international et l’espoir d’un renouveau. Ce renouveau n’est possible que si la complicité est combattue, les responsabilités assumées et la justice respectée. »
    Les 4 composants de la complicité

    Albanese identifie quatre axes dans lesquels cette complicité s’est matérialisée : politique et diplomatique, militaire, humanitaire, et économique.

    Dans le premier domaine, elle démontre que les États ont systématiquement adopté la rhétorique et les éléments de langages israéliens, qualifiant les israélien-nes de « civils » et d’« otages », tandis que les Palestinien-nes étaient présenté-es comme des « terroristes du Hamas », des cibles « légitimes » ou « collatérales », des « boucliers humains » ou des « prisonnier-es » légalement détenu-es.

    Elle identifie également ces éléments de langage dans les négociations de paix, quand les pays comme la France ont appelé à des « pauses humanitaires » plutôt que d’exiger un cessez-le-feu permanent, offrant une couverture politique à la poursuite de la guerre et banalisant les violations du droit par Israël.

    Sur le volet militaire, Albanese rappelle que le Traité sur le commerce des armes (TCA) impose de ne pas commercer avec des Pays soupçonnés de génocide. La France est entre autres pointée du doigt pour n’avoir pas cessé ses exportations et avoir permis le transit par ses ports de cargaisons d’armes à destination d’Israël. Albanese dénonce également que de nombreux soldat-es servant en Israël ont une double nationalité et qu’il appartient à leurs pays de les juger. La France en fait partie.

    Le rapport poursuit en dénonçant la militarisation et l’instrumentalisation de l’aide humanitaire, à travers le blocus total de Gaza. Albanese dénonce le retrait de financements de la part de nombreux pays, dont la France, à l’UNRWA, sur la base d’allégations israéliennes qui n’ont pas été démontrées, et ont par la suite été invalidées par des observateur-ices de l’ONU.

    Le volet concernant l’aide humanitaire dénonce aussi la création de la Gaza Humanitairian Foundation par les État-Unis, qui a participé au déplacement contraint de nombreux-ses Palestinien-nes affamé-es et a été le théatre du meurtres d’au moins 2 100 d’entre elles et eux.

    Dans le dernier volet, concernant l’aspect économique, Albanese rappelle qu’Israël est profondément dépendant de ses accords commerciaux, et que le maintien par les pays concernés de tels accords « malgré l’illégalité de l’occupation [israélienne] et ses violations systématiques des droits humains et du droit humanitaire – qui ont désormais atteint le stade du génocide – légitiment et soutiennent le régime d’apartheid israélien. »

    Elle souligne, entre autres, que la France a augmenté ses transactions avec Israël plutôt que de les restreindre, avec 75 millions de dollars supplémentaires d’échanges. Le rapport pointe aussi la nécessité d’un embargo sur les armes et sur l’énergie, pointant l’implication de la France dont les ports sont utilisés pour le transit d’armes, de pétrole et de gaz destiné à Israël.
    « Il faut désormais rendre justice »

    « À ce stade critique, il est impératif que les États tiers suspendent et réexaminent immédiatement toutes leurs relations militaires, diplomatiques et économiques avec Israël, car tout engagement de ce type pourrait constituer un moyen d’aider, d’assister ou de participer directement à des actes illégaux, notamment des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des génocides », affirme le rapport.

    Albanese rappelle les recommandations figurant déjà dans les rapports précédents : mesures coercitives contre Israël, embargo sur les armes et le commerce avec Israël, refus de passage aux navires/aéronefs israéliens, poursuite des auteurs et complices du génocide.

    Elle appelle les pays à faire pression sur Israël pour un cessez-le-feu permanent et un retrait complet de ses troupes de Gaza, une levée du blocus et la réouverture de la frontière avec l’Égypte, de l’aéroport international et du port de Gaza.

    « Le monde entier a les yeux rivés sur Gaza et toute la Palestine. Les États doivent assumer leurs responsabilités. Ce n’est qu’en respectant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, si ouvertement bafoué par le génocide en cours, que les structures coercitives mondiales durables pourront être démantelées. Aucun État ne peut prétendre adhérer de manière crédible au droit international tout en armant, soutenant ou protégeant un régime génocidaire. Tout soutien militaire et politique doit être suspendu ; la diplomatie doit servir à prévenir les crimes plutôt qu’à les justifier. La complicité dans le génocide doit cesser. »

    https://ujfp.org/gaza-nest-pas-une-tragedie-sans-responsables-le-dernier-rapport-de-francesca-a
    #déshumanisation #complicité #Palestine #atrocité #soutien #aide_matérielle #protection_diplomatique #responsabilité #justice #rhétorique #discours #mots #vocabulaire #langage #commerce_d'armes #armes #aide_humanitaire #UNRWA #Gaza_Humanitairian_Foundation #accords_commerciaux #économie #crimes_de_guerre #crimes_contre_l'humanité #autodétermination

  • Il genocidio di Israele a Gaza impossibile senza la complicità globale, secondo un rapporto delle Nazioni Unite
    https://www.assopacepalestina.org/2025/10/23/il-genocidio-di-israele-a-gaza-impossibile-senza-la-complicita-gl

    di Syma Mohammed, Middle East Eye, 22 ottobre 2025. Il rapporto mostra come 63 stati, in gran parte europei, abbiano sostenuto il genocidio contro i palestinesi, mentre gli stati arabi non hanno intrapreso “azioni decisive”. Un nuovo rapporto delle Nazioni Unite rivela che più di 60 paesi sono complici del “crimine collettivo” di aver permesso ... Leggi tutto

    #Notizie #Francesca_Albanese

  • Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les territoires palestiniens occupés
    @FranceskAlbs — 7:44 PM · 29 août 2025

    https://x.com/FranceskAlbs/status/1961485096160023024

    Au milieu d’un génocide, les Européens doivent savoir qu’Israël est le deuxième bénéficiaire par habitant des fonds de démarrage de l’UE via
    @EUeic .
    Les institutions européennes devront répondre des « innovations » qui ont aidé Israël dans son offensive contre Gaza. Mais pour l’instant, ce programme doit être arrêté.


    Financements accordés par pays
    https://pbs.twimg.com/media/GziX5XcXQAAe0n-?format=jpg&name=medium

    • Israël a reçu 400 millions d’euros de l’UE : l’Europe finance-t-elle le génocide à Gaza ?
      https://www.humanite.fr/societe/gaza/israel-a-recu-400-millions-deuros-de-lue-leurope-finance-t-elle-le-genocide

      C’est #Francesca_Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, qui a révélé le pot aux roses dans un message sur le réseau social X (ex-Twitter) le 29 août : Israël est le deuxième État à percevoir, par habitant, le plus de fonds européens, destinés à financer des start-up et autres entreprises innovantes. Il est aussi le cinquième en valeur absolue, avec près de 400 millions d’euros d’aides cumulées.

      Il n’aura pourtant échappé à personne qu’Israël ne fait pas partie de l’UE : c’est donc en vertu de son accord d’association avec l’Union qu’Israël peut percevoir cette manne, versée par le Conseil européen pour l’innovation. En plein génocide, quelle part de ces subventions est allée à des « innovations » utilisées sur les champs de bataille de #Gaza ou d’ailleurs, s’interroge encore Francesca Albanese, en exigeant que ce programme soit interrompu « immédiatement ».

      21 000 enfants handicapés, soit plus de la moitié des enfants blessés en raison des bombardements israéliens sur Gaza depuis le 7 octobre. C’est le tragique constat d’un récent rapport du Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), organe de l’ONU.
      https://www.humanite.fr/monde/bande-de-gaza/genocide-a-gaza-au-moins-21-000-enfants-handicapes-a-cause-des-bombardement

  • Alta Irpinia, 5 Agosto – #Francesca_Albanese presenta il libro “Quando il mondo dorme”.
    https://www.assopacepalestina.org/2025/08/04/alta-irpinia-5-agosto-francesca-albanese-presenta-il-libro-quando

    Il 5 agosto nel comune di Sant’Andrea di Conza (AV) si terrà la presentazione del libro “Quando il mondo dorme”, di e con l’autrice Francesca Albanese, relatrice speciale ONU sui territori palestinesi occupati. La sua presenza sarà accompagnata da molti altri ospiti: Omar Suleiman – della Comunità Palestinese in Campania, Luisa Morgantini – ex vicepresidente ... Leggi tutto

    #Iniziative #Notizie

  • BOGOTA’: Vertice dell’Gruppo dell’Aia contro il genocidio in Palestina
    https://radioblackout.org/2025/07/bogota-vertice-dellgruppo-dellaia-contro-il-genocidio-in-palestina

    Più di trenta paesi si sono riuniti a Bogotà il 15 e il 16 luglio per la Conferenza d’Emergenza convocata dal Gruppo dell’Aia, nato a gennaio 2025, con l’obiettivo di fermare il genocidio in corso a Gaza. La conferenza co-presieduta da #Colombia e #Sudafrica ha avuto inizio in una piazza germita di persone con il […]

    #L'informazione_di_Blackout #boicottaggio #Francesca_Albanese #GENOCIDIO_GAZA #Gruppo_dell'Aia
    https://cdn.radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/07/VerticeGruppoAiaBogotà.mp3

  • Omer Bartov

    Opinion | I’m a Genocide Scholar. I Know It When I See It. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2025/07/15/opinion/israel-gaza-holocaust-genocide-palestinians.html

    My inescapable conclusion has become that Israel is committing genocide against the Palestinian people. Having grown up in a Zionist home, lived the first half of my life in Israel, served in the I.D.F. as a soldier and officer and spent most of my career researching and writing on war crimes and the Holocaust, this was a painful conclusion to reach, and one that I resisted as long as I could. But I have been teaching classes on genocide for a quarter of a century. I can recognize one when I see one.

    This is not just my conclusion. A growing number of experts in genocide studies and international law have concluded that Israel’s actions in Gaza can only be defined as genocide. So has #Francesca_Albanese, the U.N. special rapporteur for the West Bank and Gaza, and Amnesty International. South Africa has brought a genocide case against Israel at the International Court of Justice.

    • https://archive.ph/0dpn2
      Je suis spécialiste du génocide. Je sais reconnaître un génocide quand j’en vois un.
      Par Omer Bartov
      Le Dr Bartov est professeur d’études sur l’Holocauste et le génocide à l’université Brown.
      15 juillet 2025, 1 h 00 (heure de l’Est)

      Je suis arrivé à la conclusion inéluctable qu’Israël commet un génocide contre le peuple palestinien. Ayant grandi dans une famille sioniste, vécu la première moitié de ma vie en Israël, servi dans l’armée israélienne en tant que soldat et officier, et passé la majeure partie de ma carrière à faire des recherches et à écrire sur les crimes de guerre et l’Holocauste, cette conclusion a été douloureuse à accepter, et j’y ai résisté aussi longtemps que possible. Mais j’enseigne le génocide depuis un quart de siècle. Je sais reconnaître un génocide quand j’en vois un.

      Je ne suis pas le seul à cette conclusion. Un nombre croissant d’experts en études sur le génocide et en droit international ont conclu que les actions d’Israël à Gaza ne peuvent être qualifiées que de génocide. C’est également l’avis de #Francesca_Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour la Cisjordanie et Gaza, et d’Amnesty International. L’Afrique du Sud a porté plainte contre Israël pour génocide devant la Cour internationale de justice.

      Les scènes d’horreur quotidiennes à Gaza, dont le public israélien est protégé par l’autocensure de ses propres médias, révèlent le mensonge de la propagande israélienne selon laquelle il s’agit d’une guerre défensive contre un ennemi nazi. On frémit lorsque les porte-parole israéliens scandent sans vergogne le slogan creux selon lequel l’armée israélienne serait « l’armée la plus morale au monde ».
      (...)
      Certains pays européens, comme la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ainsi que le Canada, ont timidement protesté contre les actions d’Israël, en particulier depuis qu’il a violé le cessez-le-feu en mars. Mais ils n’ont ni suspendu leurs livraisons d’armes ni pris de mesures économiques ou politiques concrètes et significatives susceptibles de dissuader le gouvernement de M. Netanyahu.

      Pendant un certain temps, le gouvernement américain a semblé se désintéresser de Gaza, le président Trump ayant initialement annoncé en février que les États-Unis prendraient le contrôle de Gaza, promettant d’en faire « la Riviera du Moyen-Orient », avant de laisser Israël poursuivre la destruction de la bande de Gaza et de tourner son attention vers l’Iran. Pour l’instant, on ne peut qu’espérer que M. Trump fera à nouveau pression sur M. Netanyahu, réticent, pour qu’il accepte au moins un nouveau cessez-le-feu et mette fin à ces massacres incessants.

      (...)

      Tout aussi inquiétante est la perspective que l’étude du génocide dans son ensemble ne survive pas aux accusations d’antisémitisme, nous privant ainsi de la communauté cruciale de chercheurs et de juristes internationaux qui se tiennent en première ligne à un moment où la montée de l’intolérance, de la haine raciale, du populisme et de l’autoritarisme menace les valeurs qui étaient au cœur des efforts scientifiques, culturels et politiques du XXe siècle.

      La seule lueur d’espoir au bout de ce tunnel très sombre est peut-être la possibilité qu’une nouvelle génération d’Israéliens affronte son avenir sans se réfugier dans l’ombre de l’Holocauste, même s’ils devront porter la tache du génocide perpétré à Gaza en leur nom. Israël devra apprendre à vivre sans se réfugier dans l’Holocauste pour justifier l’inhumanité. Malgré toutes les souffrances horribles auxquelles nous assistons actuellement, c’est une chose précieuse qui, à long terme, pourrait aider Israël à affronter l’avenir d’une manière plus saine, plus rationnelle, moins craintive et moins violente.

      Cela ne compensera en rien le nombre effroyable de morts et les souffrances des Palestiniens. Mais un Israël libéré du fardeau écrasant de l’Holocauste pourra enfin accepter la nécessité inéluctable pour ses sept millions de citoyens juifs de partager la terre avec les sept millions de Palestiniens vivant en Israël, à Gaza et en Cisjordanie dans la paix, l’égalité et la dignité. Ce sera le seul règlement juste.

  • Francesca Albanese reconduite
    https://www.trt.global/afrika-fran%C3%A7ais/article/cbaaa1c9d572

    Vendredi, lors de la dernière journée de la 58e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, un vote a été organisé pour approuver un second mandat de trois ans pour Francesca Albanese, prolongeant ainsi son mandat jusqu’en 2028.

  • Ça m’avait échappé : quarante trois députés français (quasi tous macronistes) écrivent à Jean-Noël Barrot pour lui demander de s’opposer au renouvellement du mandat de Francesca Albanese [28 mars 2025] :
    https://unwatch.org/wp-content/uploads/2025/03/Courrier_renouvellement-du-mandat-de-Mme-Francesca-Albanese.pdf

    Nous vous appelons à vous opposer, au nom de la France, au renouvellement du mandat de Mme Francesca Albanese en tant que Rapporteur spécial pour les territoires palestiniens, au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

    À l’approche du renouvellement du mandat de Mme Francesca Albanese, prévu pour le 1er avril 2025, nous exprimons notre vive inquiétude quant à la volonté affichée de maintenir cette nomination au sein d’une institution qui se doit d’incarner les principes universels de neutralité, d’impartialité et de respect du droit international.

    Depuis sa prise de fonction en mai 2022, Mme Albanese a fait l’objet de nombreuses critiques de la part de démocraties majeures, notamment la France et l’Allemagne, pour des propos jugés inacceptables. Le 10 février 2024, en réaction à l’hommage national rendu par le président Emmanuel Macron aux « suppliciés du 7 octobre » — attaque qualifiée par le chef de l’État de « plus grand massacre antisémite de notre siècle » — Mme Albanese a tenu publiquement à contester cette affirmation, en affirmant que les victimes « n’ont pas été tuées à cause de leur judaïsme ». Cette réaction est une forme de relativisme face à l’horreur du 7 octobre, nier cela est une erreur et justifier cette attaque en évoquant le contexte revient à en minimiser la gravité.

    […]

    Début novembre 2023, moins d’un mois après le plus grand massacre antisémite de notre siècle, elle co-écrit : « Le temps presse pour Gaza, avertissent les experts de l’ONU, qui exigent un cessez-le-feu pour empêcher un génocide » diffusant ainsi l’idée qu’un « génocide » du peuple palestinien serait à l’œuvre, pratiquant ainsi l’inversion accusatoire, chère au Hamas.

    [edit] Mauvaise lecture initialement de ma part : ce n’est pas une lettre de Barrot, c’est une pétition de 43 députés français adressée à Barrot.

    • Et les « opposant·es » n’ont pas eu gain de cause :
      https://www.articolo21.org/2025/04/resistere-e-possibile-la-conferma-di-francesca-albanese-allonu

      Francesca Albanese, giurista e accademica italiana, è stata oggi riconfermata nella sua posizione di Relatrice Speciale delle Nazioni Unite per la Palestina fino al 2028 dal Consiglio per i Diritti Umani dell’ONU. Davvero una bella notizia, una forma di resistenza al potere mondiale dominante antidemocratico e bellicista, di cui Nethanyau è uno dei principali esponenti. Anzi, una notizia meravigliosa, che segna una vittoria non solo per lei, ma per chiunque creda ancora nella giustizia, nei diritti umani e nella verità.

      (https://bsky.app/search?q=Francesca+Albanese)

    • Les signataires de cette pétition honteuse sont presque exclusivement des macronistes : 37 Renaissance, 1 Républicain, 2 Droite républicaine et 2 Horizon :

      • Caroline Yadan Renaissance
      • David Amiel Renaissance
      • Antoine Armand Renaissance
      • Thibault Bazin Les Républicains
      • Maud Bregeon Renaissance
      • Stéphane Buchou Renaissance
      • Pierre Cazeneuve Renaissance
      • François Cormier-Bouligeon Renaissance
      • Nicole Dubré-Chirat Renaissance
      • Anne Genetet Renaissance
      • Olivia Grégoire Renaissance
      • Michel Herbillon Droite républicaine
      • Emmanuelle Hoffmann Renaissance
      • Sébastien Huyghe Renaissance
      • Phillippe Juvin Droite républicaine
      • Brigitte Klinkert Renaissance
      • Amélia Lakrafi Renaissance
      • Jean Laussucq Renaissance
      • Vincent Ledoux Renaissance
      • Mathieu Lefèvre Renaissance
      • Constance Le Grip Renaissance
      • Sylvain Maillard Renaissance
      • Christophe Marion Renaissance
      • Stéphane Mazars Renaissance
      • Nicolas Metzdorf Renaissance
      • Paul Midy Renaissance
      • Laure Miller Renaissance
      • Joséphine Missoffe Renaissance
      • Sophie Panonacle Renaissance
      • Jérémie Patrier-Leitus Horizon
      • Natalia Pouzyreff Renaissance
      • Stéphanie Rist Renaissance
      • Charles Rodwell Renaissance
      • Anne-Sophie Ronceret Renaissance
      • Jean-François Rousset Renaissance
      • Laetitia Saint-Paul Horizon
      • Freddy Sertin Renaissance
      • Liliana Tanguy Renaissance
      • Jean Terlier Renaissance
      • Prisca Thévenot Renaissance
      • Annie Vidal Renaissance
      • Corinne Vignon Renaissance

      Le groupe « Ensemble pour la République » compte 94 députés. Ça fait quand même 40% des députés macronistes qui ont signé cette saloperie.

    • Gaza : Albanese reconduite par l’ONU malgré un lobbying des pro-Netanyahou
      https://www.off-investigation.fr/gaza-albanese-reconduite-par-onu-malgre-un-lobbying-des-pro-netany

      En déplacement à Paris ce 5 avril, elle est revenue pour Off Investigation sur la lettre dans laquelle des députés français ont appelé à sa non-reconduction : « Si ces parlementaires français avaient consacré le temps qu’ils ont passé à rédiger leur lettre à faire cesser le génocide, cela aurait été plus utile », a-t-elle estimé, hors caméra. Présente au premier jour des « Assises pour la Palestine » organisées les 5 et 6 avril à Pantin (Seine-Saint-Denis), Francesca Albanese a accepté de s’exprimer face à notre caméra au sujet de sa reconduction en tant que rapporteure de l’ONU sur les territoires palestiniens, mais aussi de la situation sur place (voir l’encadré en fin d’article pour la retranscription écrite des propos de Francesca Albanese).

      Outre le courrier des députés français adressé à Jean-Noël Barrot, le CRIF est aussi monté au créneau le 28 mars, par la voix de son président, Yonathan Arfi. Sur le réseau social X, celui-ci est allé jusqu’à accuser la juriste italienne de d’« antisémitisme », de « complotisme » et d’« apologie du terrorisme », avant d’appeler « la France et les Etats membres du Conseil des Droits de l’Homme à s’opposer à une nouvelle nomination de Madame Albanese ».

      Pour mémoire, le gouvernement français fut lui-même à l’origine d’un post acerbe visant la rapporteure de l’ONU quand elle avait contredit Emmanuel Macron, le 10 février 2024, sur le motif des massacres du 7 octobre. Ecrivant sur X que « les victimes du 7/10 n’[avaie]nt pas été tuées à cause de leur judaïsme, mais en réaction de l’oppression d’Israël », la juriste fut alors prise à partie par la diplomatie française qui l’accusa de tenir des « propos scandaleux », dans une publication rapidement saluée par le CRIF.

  • UN Human Rights sur X :
    https://x.com/UNHumanRights/status/1854796565950402805

    Even in the face of the fiercest disagreements, attacks such as those we have recently seen against the Special Rapporteur on the Occupied Palestinian Territory - where her safety, that of her family members and colleagues is threatened - are unacceptable.

    As @volker_turk has said, aggressive verbal attacks, threats and reprisals against Special Procedures mandate holders must stop.

    #Francesca_Albanese

  • UN expert Francesca Albanese criticises global community on lack of empathy for Palestinians in Gaza - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=k0gRqStTHjw&pp=ygUPbWlkZGxlIGVhc3QgZXll

    “Is it possible that after 42,000 people killed, you cannot empathise with the Palestinians?”

    UN special rapporteur #Francesca_Albanese has expressed frustration and criticised those who ignore Israel’s war on Gaza and lack empathy for the Palestinians.

    Avec une partie sur le comportement des génocidaires vis-à-vis de leurs propres citoyens.

  • Une rapporteuse de l’ONU accuse Israël de commettre plusieurs « actes de génocide » à Gaza
    25 mars 2024
    https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20240325-%F0%9F%94%B4-en-direct-le-conseil-de-s%C3%A9curit%C3%A9-de-l-onu-

    La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens affirme dans un rapport publié lundi qu’il « existe des motifs raisonnables » de croire qu’Israël a commis plusieurs « actes de génocide », évoquant aussi un « nettoyage ethnique ».

    « La nature et l’ampleur écrasante de l’assaut israélien sur Gaza et les conditions de vie destructrices qu’il a causées révèlent une intention de détruire physiquement les Palestiniens en tant que groupe », indique Francesca Albanese, dans le rapport qu’elle doit présenter mardi au Conseil des droits de l’Homme à Genève.

  • #Francesca_Albanese, UN Special Rapporteur oPt sur X :
    https://twitter.com/FranceskAlbs/status/1752523189102530861

    Western governments have suspended #UNRWA funds due to serious ALLEGATIONS agst 12 staff.

    Same governments have not suspended ties with the state whose army has killed 26k ppl in Gaza in 3.5m,though ICJ said it may plausibly constitute #GENOCIDE.

    Double standards? Yes, big time.

    #communauté_internationale
    #nos_valeurs

    • « Israël ne peut pas invoquer la légitime défense lorsque les menaces émanent d’un territoire qu’il occupe », appuie Francesca Albanese.

      Il y a une voix qu’on n’entend presque pas en francophonie depuis le début de la nouvelle guerre entre Israël et le Hamas. Celle de la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Francesca Albanese.

      Avocate spécialiste du droit international et chercheuse à l’Université de Georgetown aux Etats-Unis, l’Italienne a pourtant une connaissance fine du terrain, notamment pour y avoir vécu lorsqu’elle travaillait pour l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

      Désormais interdite d’entrée en Israël et en territoires palestiniens par l’État hébreu, la quadragénaire a rendu son troisième rapport en juillet, documentant les « crimes de guerre » israéliens, la « ségrégation », le « régime d’apartheid », le « nettoyage ethnique », les détentions d’enfants et les « prisons à ciel ouvert » que sont — selon elle — devenus tous les territoires palestiniens, Cisjordanie comprise.

      Ce jeudi, Francesca Albanese, en poste depuis mai 2022, dénonce : l’opération militaire d’Israël à Gaza est « illégale ». Elle ne parle en revanche pas de « génocide » comme le président brésilien Lula, mais comprend l’utilisation du mot. « Les crimes les plus atroces commencent par la déshumanisation […], lâche-t-elle dans cette interview, menée lundi entre New York et Lausanne. Ce qui est en train de se passer [à Gaza] est clairement dangereux. »

      Francesca Albanese, vous appelez à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Comment expliquez-vous que les pays occidentaux ne fassent pas de même ?
      Je ne comprends pas ce qui dissuade des pays d’appeler à un cessez-le-feu dans une situation où l’usage de la force n’est pas en ligne avec le droit international.

      Vous dites que l’action militaire israélienne est illégale ?
      Israël a décidé de lancer une guerre en invoquant l’article 51 de la Charte des Nations unies (ndlr : le droit à la légitime défense en cas d’agression armée) contre le peuple qu’il occupe militairement. Je suis désolée, mais c’est illégal du point de vue des Nations unies.

      Pourquoi ?
      Cette façon de faire suit la doctrine étasunienne de légitime défense, mais pas la Charte des Nations unies et la jurisprudence de la Cour internationale de Justice.

      Israël a le droit de se défendre, non ?
      Bien sûr. Israël a le droit de se protéger, de protéger ses citoyens, etc. Mais le droit d’utiliser la force contre un autre État n’est reconnu que dans deux cas.

      Lesquels ?
      Premièrement, lorsqu’il y a une attaque ou une menace sérieuse d’une attaque émanant d’un autre État, et non d’un groupe armé faisant partie dudit État. Or Israël n’a jamais dit avoir été attaqué par l’État palestinien. Israël a toujours dit être en guerre contre le Hamas. Deuxièmement, comme l’écrit la Cour internationale de Justice dans un arrêt de 2004, Israël ne peut pas invoquer la légitime défense lorsque les menaces émanent d’un territoire qu’il occupe. Précisément parce qu’Israël occupe ces territoires, imposant un régime d’oppression et de répression à la population.

      « L’entier du territoire palestinien est une prison, contrôlée de l’intérieur par Israël, un panoptique »Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés

      Une population sous occupation qui a le droit de résister, insistent les Palestiniens.
      Le droit international reconnaît le droit de résister à un régime d’oppression et à une occupation étrangère. Mais est-ce que ça justifie ce que le Hamas a fait ? Jamais de la vie ! Non, non, non et non. Ce que le Hamas a fait ne relève pas de la résistance légitime. Les civils sont des civils et ne devraient jamais être visés, que ce soit par des acteurs étatiques, des militaires ou des groupes armés. Ce qu’a fait le Hamas est épouvantable.

      Concrètement, qu’aurait dû faire Israël ?
      Israël était autorisé à repousser l’attaque, à arrêter ou à neutraliser ceux qui devaient être repoussés. Dans le même temps, Israël aurait dû demander aux Nations unies de l’aider à démilitariser le Hamas, parce que c’est une cible militaire légitime, tout en réclamant une enquête pour que les auteurs soient traduits en justice. C’est ce que dit le droit international.

      En parlant de l’ONU, le secrétaire général Antonio Guterres s’est attiré les foudres d’Israël en disant que les événements du 7 octobre ne venaient pas de nulle part. Dans l’un de vos rapports, vous soulignez que la Cisjordanie, au même titre que Gaza, est une prison à ciel ouvert pour les Palestiniens.
      L’entier du territoire palestinien est une prison, contrôlée de l’intérieur par Israël, un panoptique. Mon rapport, présenté en juillet devant le Conseil des droits de l’homme, porte sur la privation arbitraire de liberté. Il montre ce que veut dire vivre sous un régime d’occupation, où l’occupant est là pour coloniser le territoire. Le nombre de personnes arrêtées et détenues — y compris des enfants de 12 ans — arrachées au milieu de la nuit au confort de leur lit est immense. Depuis 1967, environ 800’000 Palestiniens ont été arrêtés et détenus par Israël sur la base d’une loi martiale, écrite par des militaires, appliquée par des soldats qui se considèrent en guerre avec la population locale. Les décisions sont ensuite rendues par des cours militaires. C’est ça, la réalité : il n’y a pas de vie civile pour les Palestiniens.

      « La plupart des enfants arrêtés par Israël le sont parce qu’ils jettent des cailloux sur des tanks »Francesca Albanese

      Concrètement, qu’est-ce que ça représente ?
      Si vous êtes Palestinien, vous pouvez par exemple vous faire arrêter si vous participez à un rassemblement politique de plus de dix personnes non autorisé par l’armée. Ce qui peut mener à dix ans en prison. Encore davantage si vous êtes associé à une organisation qu’Israël considère comme hostile. Or Israël considère comme hostile des partis politiques palestiniens et des associations philanthropiques. Même les organisations de défense des droits humains les plus reconnues sont considérées comme terroristes.

      Pourquoi des enfants sont-ils arrêtés ?
      La plupart des enfants arrêtés par Israël le sont parce qu’ils jettent des cailloux sur des tanks. Je ne dis pas que lancer des cailloux est un geste gentil. Mais la réalité du terrain montre qu’un enfant peut être arrêté chez lui au milieu de la nuit par 25 soldats armés. L’ONG israélienne de vétérans Breaking The Silence dit que l’armée le fait pour terroriser une population entière.

      Que se passe-t-il ensuite ?
      Ensuite, ces enfants sont placés en isolement, maltraités et même torturés, selon l’ONG Save The Children. C’est féroce.

      « Il est impossible de dire que la population gazaouie jouit d’une quelconque liberté ou qu’elle soutient le Hamas »Francesca Albanese

      Que fait l’Autorité palestinienne ?
      Dans les faits, l’Autorité palestinienne contrôle tout au plus les municipalités de Cisjordanie, pas le reste du territoire (ndlr : sous contrôle militaire israélien).

      Quid du Hamas ?
      Le Hamas fait aussi partie du problème parce qu’il gère la bande de Gaza de manière très autoritaire. La jeunesse de Gaza a essayé durant les printemps arabes et à d’autres moments de se révolter et de renverser le Hamas. Pour obtenir un régime plus démocratique et pour s’unifier avec ceux qui vivent en Cisjordanie. Sans succès. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le Hamas est une coconstruction d’Israël.

      Pourriez-vous développer ?
      Dans les années 1980, et probablement encore avant, le Hamas — une extension des Frères musulmans qui gouvernent comme des religieux — était fortement soutenu par les Israéliens dans le but de créer une faille au sein de la population palestinienne, traditionnellement laïque. Aujourd’hui, il est impossible de dire que la population gazaouie jouit d’une quelconque liberté ou qu’elle soutient le Hamas. Alors pourquoi punir une population entière pour les actes du Hamas ?

      Israël demande l’évacuation du nord de la bande de Gaza. Qu’est-ce que c’est si ce n’est pas du nettoyage ethnique ?Francesca Albanese

      Depuis le début de votre mandat, vous n’hésitez pas à parler de crimes de guerre commis par Israël.
      Je cite souvent ce chiffre : durant mon mandat, avant le 7 octobre, 60 Israéliens avaient été tués, contre 460 Palestiniens. Cette violence est caractéristique de la présence militaire et civile israélienne sur territoire palestinien. Depuis 1967, le Conseil de sécurité de l’ONU demande à Israël de s’en retirer. Non seulement Israël ne l’a pas fait, mais il a renforcé sa présence et a commencé à construire des colonies. Il y a actuellement 300 colonies illégales en Cisjordanie. Chacune de ces colonies est un crime de guerre.

      Pourquoi ?
      Parce que c’est un transfert de population civile de la force occupante vers le territoire occupé. Ce qui a mené à des confiscations de territoire et à des déplacements forcés de la population palestinienne.

      C’est pour cela que vous parlez de nettoyage ethnique ?
      Jusqu’ici, la population palestinienne a été déplacée en masse à deux reprises. Entre 1947 et 1949, 750’000 Palestiniens ont été déplacés et n’ont jamais été autorisés à revenir. En 1967, 350’000 Palestiniens ont été chassés de Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem Est, et n’ont jamais eu le droit de revenir. Et maintenant, ça continue : Israël demande l’évacuation du nord de la bande de Gaza. Qu’est-ce que c’est si ce n’est pas du nettoyage ethnique ?

      Et ces derniers temps ?
      Pendant que nous discutons, des communautés entières, des bergers et des Bédouins sont déplacés de force par des colons violents et armés. C’est une réalité depuis des années en territoire palestinien. Donc les Palestiniens font face à la violence de l’occupation, qui est ségrégationniste et avide de nouveaux territoires, mais aussi à celles commises par les soldats et les colons armés. Sans parler de la violence des attaques méthodiques sur Gaza. N’oublions pas que Gaza a été violemment bombardée en 2008, 2012, 2014, 2021 et 2022. La guerre de 2023 est une guerre sans commune mesure : plus de 8000 morts annoncés, dont 3500 enfants.

      « Ce dualisme légal est la colonne vertébrale d’un apartheid qui se traduit par des abus, de la violence et des humiliations quotidiennes »Francesca Albanese

      Vous parlez ouvertement de ségrégation. Parleriez-vous d’apartheid ?
      L’allégation d’apartheid est rejetée par certains États membres des Nations unies, qui font preuve de myopie stratégique pour des raisons politiques. Mais dans les territoires occupés, les Palestiniens évoluent sous la législation militaire alors que les colons, installés illégalement, répondent de la loi civile. C’est injustifiable. Ce dualisme légal est la colonne vertébrale d’un apartheid qui se traduit par des abus, de la violence et des humiliations quotidiennes. Je parle aussi de ségrégation parce que les Palestiniens sont séparés et isolés dans des enclaves. Gaza en est l’exemple le plus extrême. Mais même en Cisjordanie on compte 400 kilomètres de routes où les Palestiniens n’ont pas le droit d’aller, des barrières, des murs, des colonies fermées, des bases militaires, … Et puis, il y a la bureaucratie de l’occupation : une autre forme de confinement invisible pour les Palestiniens.

      Vous voulez parler des permis…
      Les Palestiniens ne peuvent rien faire sans la permission de l’armée. Ils ne peuvent pas construire une maison ou une école, ne peuvent pas travailler, cultiver leurs terres. Et ils sont continuellement surveillés et contrôlés à travers des systèmes d’intelligence artificielle et de surveillance numérique. C’est une prison hautement surveillée. Et un apartheid.

      Le terme de « génocide » est utilisé pour qualifier l’opération militaire d’Israël à Gaza, notamment par le président brésilien de gauche Lula. Est-ce un abus de langage ?
      J’ai lu la lettre signée par plus de 800 chercheurs et experts spécialisés dans l’étude de l’Holocauste et des génocides. Le 15 octobre, alors que le nombre de morts était bien inférieur à celui d’aujourd’hui, ils avertissaient sur le risque de génocide. Ils utilisent ce mot notamment parce qu’ils constatent le langage utilisé par les leaders israéliens. Les Palestiniens sont traités d’animaux. Naftali Bennett (ndlr : à la tête du parti nationaliste israélien Yamina) a même dit qu’il n’y avait pas de civils à Gaza. Les crimes les plus atroces commencent par la déshumanisation et ce genre de langage. Ce qui est en train de se passer est clairement dangereux. Et je comprends que ces chercheurs et le président Lula, comme d’autres, aient utilisé ce mot. Je suis inquiète.

      Mais vous, vous utiliseriez ce mot ?
      Je veux mener une enquête factuelle sur le terrain. Mais je souligne que le nombre de personnes tuées à Gaza a déjà dépassé celui de Srebrenica (ndlr : où 8372 Bosniaques avaient été massacrés en 1995 par les forces armées serbes de Bosnie), sans même compter les 4200 Palestiniens tués à Gaza dans les cinq guerres précédentes (ndlr : depuis 2008) ou ceux qui ont été tués durant la Grande marche du retour en 2018, manifestation largement pacifique à la frontière avec Israël. La situation est très, très, très sérieuse.

      Parlons de votre job. Vous n’êtes pas autorisée à entrer en territoires occupés puisque Israël vous l’interdit…
      C’était la même chose pour mes prédécesseurs Michael Link, Makarim Wibisono et Richard Falk. Ce dernier avait même été arrêté alors qu’il était en chemin pour les territoires occupés. Tout ceci dépasse les prérogatives d’une force d’occupation. Ceci dit, Israël ne délivre pas non plus de visas au staff international du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

      « Il y a eu une campagne publique et diffamatoire contre moi au début de mon mandat, qui s’est intensifiée au fil des ans »Francesca Albanese

      Comment travaillez-vous dans ces circonstances ?
      J’ai vécu sur place par le passé, j’ai une connaissance assez spécifique du terrain. J’ai notamment travaillé comme avocate pour l’UNRWA (ndlr : Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient). Et même après avoir quitté l’ONU, j’y suis retournée en tant que chercheuse. Depuis le début de mon mandat de rapporteuse spéciale, j’ai approché, de manière créative, tous les acteurs concernés sur le terrain. Les autorités israéliennes n’ont pas donné suite, mais j’ai, disons, des contacts plus informels avec des officiels. Je suis aussi en contact quotidien avec les associations de défense des droits humains, tant israéliennes que palestiniennes. J’ai aussi organisé des groupes de discussion en ligne, réunissant des centaines de personnes, des victimes et des experts. Pour mon rapport sur les enfants, j’ai interviewé des jeunes en Cisjordanie — à Masafer Yatta, à Jérusalem, à Hébron — et dans différentes parties de Gaza. Je ne sais même pas si ces gamins sont encore en vie.

      Vous subissez des pressions ?
      Israël et les sources pro-israéliennes disqualifient mon travail parce qu’ils me considèrent comme biaisée. Alors qu’ils me montrent ce qui est faux dans mes rapports et essayons ensemble de travailler à la construction d’une meilleure réalité pour les Palestiniens et les Israéliens, qui ont le droit de vivre en paix et dans la dignité, en bénéficiant de tous leurs droits. Il y a eu une campagne publique et diffamatoire contre moi au début de mon mandat, qui s’est intensifiée au fil du temps. Des mensonges, comme l’allégation selon laquelle je serais antisémite. Une allégation d’ailleurs rejetée par de nombreux chercheurs juifs de renom, qui ont pris ma défense sans même me connaître. On m’accuse aussi d’inciter à la violence simplement parce que je dis que la situation est si essentiellement violente qu’elle va forcément générer de la violence en retour. Ce sont de vieilles tactiques pour détourner l’attention de la réalité du terrain.

      « Je ne crois pas qu’exclure Israël de l’ONU serait nécessairement la meilleure option »Francesca Albanese

      On tire sur la messagère ?
      Oui, mais la messagère a le cuir solide.

      Est-ce que l’ONU sert encore à quelque chose aujourd’hui ? Personne ne semble l’écouter…
      C’est une question légitime et j’aurais aimé pouvoir amener une réponse positive. Mais je crois que nous avons atteint le point de rupture. Ce n’est pas seulement que les Nations unies ne sont pas écoutées. C’est qu’il y a un schisme au sein de l’ONU. Regardez le vote de l’Assemblée générale sur le cessez-le-feu. L’Assemblée générale a dû se réunir en urgence parce que le Conseil de sécurité n’a pas été capable de se mettre d’accord sur une résolution qui condamnait les événements du 7 octobre et qui appelait toutes les parties à se montrer responsables et à observer un cessez-le-feu pour laisser entrer l’aide humanitaire. Tout cela à cause du véto des États-Unis.

      Vous êtes précisément aux Etats-Unis en ce moment. Comment percevez-vous le débat politique autour de cette question ?
      En ce moment, c’est un anathème d’appeler à un cessez-le-feu parce qu’on considère que ce serait limiter le droit à la légitime défense d’Israël.

      Selon vous, est-ce qu’Israël, qui rejette les résolutions des Nations unies à son encontre, a toujours sa place au sein des Nations unies ?
      Je ne crois pas qu’exclure Israël serait nécessairement la meilleure option. Beaucoup de membres ont des bilans catastrophiques en matière de droits humains. Personne n’est complètement blanc. Reste que, selon moi, il devrait y avoir plus de pression pour qu’Israël respecte le droit international. Mais aujourd’hui, Israël affiche son orgueil au grand jour. L’ambassadeur israélien a demandé la démission du secrétaire général de l’ONU parce qu’il a dit qu’il fallait replacer les attaques du Hamas dans un contexte, qui est indiscutable et documenté. Celui d’un apartheid.

  • Diritti umani in Palestina. La presentazione in Italia del primo rapporto della Relatrice speciale delle Nazioni Unite, #Francesca_Albanese

    In questo dossier -disponibile in formato digitale e scaricabile gratuitamente- abbiamo raccolto gli atti del convegno organizzato a Roma il 13 gennaio 2023 per presentare anche in Italia il primo rapporto della Relatrice speciale delle Nazioni Unite sulla situazione dei diritti umani nei Territori palestinesi occupati dal 1967, Francesca Albanese.

    Si tratta di contributi di straordinaria importanza, lampi di coraggio, onestà intellettuale e documentata informazione nel buio più tetro che caratterizza invece il dibattito pubblico italiano sulla questione. Perché sì, nel nostro Paese si fa una fatica bestiale a parlare della Palestina e della situazione dei diritti umani nei Territori occupati dal 1967. A farlo in maniera seria, approfondita, libera.

    Per noi di Altreconomia, invece, è stato e continua a essere importantissimo farlo. Ci tenevamo a organizzare il convegno in Parlamento, nella casa di tutte le cittadine e i cittadini. Non smetteremo perciò di ringraziare il senatore Tino Magni, che da subito ha raccolto la proposta e l’ha difesa, con coraggio. Grazie naturalmente alle relatrici e ai relatori, ad Amnesty International Italia e ad Anna Maria Selini per la moderazione.

    Questo lavoro è dedicato a Jana Zakarneh, ragazza di 16 anni uccisa dall’esercito israeliano mentre era sul tetto di casa a Jenin, l’11 dicembre 2022. L’anno più letale in Cisgiordania da quando, nel 2005, le Nazioni Unite hanno iniziato sistematicamente a contare le vittime.

    https://www.youtube.com/watch?v=eM1SLhtdw_c&embeds_euri=https%3A%2F%2Faltreconomia.it%2F&feature=em


    https://altreconomia.it/prodotto/dossier-palestina

    #droits_humains #droits_fondamentaux #Palestine #rapport #nations_unies