• Sur le plancher des vaches (II)
    Bibles

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Sur-le-plancher-des-vaches-II-Bibles

    Paris, le 7 août 2019
    Amis,

    Vous en conviendrez aisément, la « technontologie » ne saurait débuter autrement qu’en définissant de quelles « bibles » elle s’inspire. La chose faite, il sera temps de s’intéresser aux « religions » y afférentes, pour en arriver finalement aux « croyances et cultes » (on envisage de conclure vraiment sur un chapitre « anecdotes »).

    Aujourd’hui, donc, il sera question des bibles. La description qui vous en est proposée est à la fois partielle, longue et indigeste. Ce pensum s’est toutefois révélé incontournable puisque c’est lui qui nous permettra de faire ultérieurement une analyse des ressorts de quelques moteurs à croyances, analyse qui ne saurait être qu’absolument passionnante.

    La « valorisation » de la démarche étant posée, nous allons pouvoir à présent « challenger » ces deux évidences :

    La culture professionnelle actuelle s’est mondialisée pas à pas, depuis les années 1980, en suivant le mouvement de fusion-acquisition-délocalisation des entreprises, lesquelles ont évolué, tant que faire se peut, vers la forme de multinationales.

    La culture professionnelle se transmet en particulier via la formation continue, laquelle s’est mise en place de façon structurée en Europe au cours des années 1970. (...)

    #culture_professionnelle #formation_continue #management #Dewey #Freinet #Piaget #process #pédagogie #développement_durable #entreprise #évaluation #qualité #contrôle #normes #Global_Compact #Nations_unies #génome #technologie

  • Les Pédagogies critiques, dir. Laurence de Cock et Irène Pereira
    https://agone.org/contrefeux/lespedagogiescritiques

    En France, les pédagogies critiques sont rendues invisibles, abusivement englobées dans les pédagogies « nouvelles » ou « alternatives » à la mode dans les écoles de riches. Alors que partout ailleurs dans le monde les pédagogies critiques sont clairement distinguées des méthodes libérales, qui réduisent l’éducation à un parcours de performance personnelle, la France se singularise par un débat réduit à l’opposition simpliste entre « tradition » et « modernité ».

    Le propos de cet ouvrage collectif est donc de remettre à la première place l’essentiel : les pédagogies critiques participent d’un projet politique de remise en cause de l’ordre néolibéral et des dominations de toutes sortes.
    C’était la démarche des grands fondateurs Célestin Freinet et Paulo Freire ; c’est aussi celle que perpétuent et renouvellent beaucoup de pédagogues d’aujourd’hui.

    Laurence De Cock est historienne et enseignante. Elle a notamment écrit Dans la classe de l’homme blanc. L’enseignement du fait colonial en France des années 1980 à nos jours (PUL, 2018).
    Irène Pereira est sociologue, philosophe et enseignante. Elle a écrit, entre autres travaux, Paulo Freire, pédagogue des opprimé-e-s (Libertalia, 2017).

    #pédagogie #éducation #école #Laurence_de_Cock #Irène_Pereira #Freinet #Paulo_Freire

  • Un entretien avec Jérôme Baschet
    sur l’histoire, l’anthropologie, l’école,
    l’expérience de l’autonomie au Chiapas

    http://lavoiedujaguar.net/Un-entretien-avec-Jerome-Baschet

    Aujourd’hui l’un des enjeux les plus aigus de la discipline historique consiste à développer des formes de comparatisme à la fois ambitieuses et rigoureuses. Cela n’a rien d’aisé, mais c’est indispensable au moment où semble s’imposer une nouvelle histoire globale, volontiers pensée à l’échelle de la planète. Or, tous les mondes sociaux qui ont composé les mondes du passé ne peuvent être analysés seulement sous l’angle de leurs « connexions » : il faut aussi être capable d’en mesurer les écarts, pour pouvoir les situer à leur juste place, les uns par rapport aux autres, sans essentialiser les différences (par exemple entre Occident et Orient) mais sans non plus exclure, par principe, de véritables singularités (sinon, comment comprendre la domination que l’Europe a imposée à presque tous les autres peuples du monde ?). Pour cela, l’histoire a besoin du secours de l’anthropologie, dont l’expérience en matière de comparatisme est bien plus ancienne et profonde. (...)

    #histoire #anthropologie #Moyen_Âge #Braudel #Jacques_Le_Goff #Grandes_Civilisations #capitalisme #éducation #Ivan_Illich #Freinet #enfance #autonomie #présent #Chiapas

  • • Foliozine éducation alternative – Les Éditions Temporaires
    http://leseditionstemporaires.com/p-759

    ❝Rencontres Atypiques sur le thème de « L’autogestion, le collectif, Tout un art ! » le samedi 11 mars 2017 à l’espace Jean Vilar à Arcueil.

    Dans le cadre de notre participation à ces rencontres nous publions un foliozine en lien avec l’exposition de photographies de Pierre-Emmanuel Weck sur les lieux suivants : La Ferme à Gégé à Coudeville-sur-Mer ; L’École Nouvelle d’Antony ; La SFE (Schule für Erwachsenenbildung e.V.) à Berlin en Allemagne ; Le LAP (Le Lycée Autogéré de Paris) ; La Maison d’Enfants de Champrieux à Brassy ; La Petite Bibliothèque Ronde à Clamart ; Le Cafézoïde à Paris ; La Crèche parentale Arc-en-ciel à Arcueil et la Freie Waldorfschule à Kleinmachnow en Allemagne."

    https://i2.wp.com/leseditionstemporaires.com/wp-content/uploads/2017/03/Foliozineeduc1.png?resize=236%2C329

    • Le programme des rencontres :
    https://www.infolibertaire.net/rencontres-atypiques-a-arcueil-lautogestion-le-collectif-tout-un-art

    #photographie #éducation #waldorf #cafézoïde #freinet #autogestion

  • Quand le conseil fait le rappel à la loi / Les temps de décision collective

    Stupeur mardi matin ! La banque a été dévalisée, elle est presque vide.

    9 h : le conseil exceptionnel est ouvert. Le silence est lourd. Je préside. Je rappelle les faits, des pujaux [monnaie de classe] ont été rendus. Le conseil doit-il se contenter de cela ? La loi n’a pas été respectée, je demande une sanction. Les voleurs se désignent immédiatement. Chacun s’exprime sur ses motivations, les conditions, ce qu’il s’est passé…. On écoute, on ne juge pas, on essaie de comprendre.

    « En cas de vol, le fautif devra rembourser la somme volée et le conseil donnera une punition » . C’est écrit noir sur blanc et cela a été voté en conseil. Nous y voilà. Mais quelle punition ? Réflexions et propositions : deux propositions apparaissent. 1) Les voleurs seront ceinture dorée de comportement. 2) Les voleurs ne passeront plus au bilan (c’est le moment de la paye) pendant un temps en rapport avec le montant volé.
    Le conseil vote finalement que les voleurs peuvent choisir leur punition entre ces deux propositions.

    Les voleurs assument parfaitement la sanction. Le conseil décide également que les parents ne seront pas prévenus car le problème a été réglé en interne et qu’il n’est pas nécessaire d’alourdir la sanction.

    http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-vecu-709-quand-le-conseil-fait-le-rappel-a-la-loi-

    #éducation #école #enfants #pédagogie #freinet

  • « Une journée dans la classe de Sophie » de ?
    https://www.youtube.com/watch?v=H_LcjpAZ2Lk

    Tourné en Février 2016 à Saint Ouen dans une école élémentaire de 15 classe située en Réseau d’Éducation Prioritaire, le film montre une classe de CP-CE2 avec des enfants autonomes, coopératifs, apprenant parce qu’ils ont des projets, des envies.
    Le film est structuré autour d’une journée dans la classe, avec les commentaires de l’enseignante expliquant les outils mis en place pour tendre vers un espace éducatif du 3ème type. Cette pédagogie différente se pense comme un système vivant en développant les langages, le multi-âge, les ateliers permanents. Elle a été élaborée par Bernard Collot, enseignant.

    #éducation #film #documentaire #école #3ème_type #Bernard_Collot #Freinet

  • La feuille Charbinoise
    http://www.lafeuillecharbinoise.com

    Hommage à Célestin Freinet

    Je ne suis pas un fan des hommages et des commémorations mais, en ce mois d’octobre 2016, je ne peux pas laisser passer le cinquantenaire de la mort de Célestin Freinet sans vous en toucher un mot. Je me dois d’évoquer ce personnage hors du commun. Ce serait, je pense, une forme d’amnésie singulière, sachant qu’une bonne part de ma démarche pédagogique a été guidée par les techniques et la pensée de ce grand pédagogue, dans la mesure de mes moyens. Autre motivation, importante elle-aussi, cette année 2016 a été marquée, pour moi, par la disparition d’un ami qui a joué aussi un grand rôle dans les pratiques pédagogiques que j’ai essayées de mettre en place dans ma classe primaire. Cet ami, Michel Pellissier, dont la carrière s’est déroulée dans le département de l’Isère à part un bref passage aux PEMF à Cannes (Editions du mouvement Freinet), a eu le privilège de côtoyer Célestin Freinet pendant les dernières années de son existence (il a fait sa connaissance en 1957). Il a pu apprécier la rigueur, l’inventivité, mais aussi le sens de la camaraderie de cet enseignant « de base », de ce militant acharné d’une pédagogie véritablement populaire. Michel a joué un rôle important dans la période « soixante-huitarde » pour le développement des pratiques de l’école moderne. Nous partagions, Michel et moi, quelques points de désaccord avec Freinet, notamment ce choix politique étonnant de rester inscrit au Parti Communiste, y compris pendant les purges staliniennes, alors que ses valeurs, profondément libertaires, divergeaient de façon aussi singulière avec l’idéologie du parti en matière éducative. Un autre point sur lequel nous convergions, Michel et moi, c’est pour apprécier, le ton, le style si particulier de l’œuvre écrite de Freinet : nul jargon pseudo scientifique, nul délayage, mais des propos toujours directs, toujours compréhensibles et que le commun des mortels pouvait comprendre sans avoir besoin d’user pendant des années ses culottes sur les bancs de l’université.❞

  • La pédagogie Freinet est-elle révolutionnaire ? (Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/edition/celestin-freinet-2016-un-cinquantenaire-populaire/article/140216/la-pedagogie-freinet-est-elle-revolutionnaire

    Qu’a-t-on osé nous reprocher, en effet ? D’avoir laissé nos enfants dire qu’ils avaient faim, qu’ils ne voulaient plus partir à la guerre, que leurs parents étaient en chômage, que les riches boivent du vrai champagne — faits qu’on ignore systématiquement, en effet, dans les manuels officiels où s’étale le bourrage pseudo-moral, instrument de la mystique patriotique qui nous a conduits sur les champs de bataille et que notre ministère exalte aujourd’hui encore comme un devoir de notre charge.
    Grâce à notre technique, l’enseignement élémentaire ne sera plus basé sur cette phraséologie plus ou moins officielle mais bien sur la pensée et la vie des enfants dans leur milieu naturel — préoccupation, nous l’avons dit, avant tout pédagogique, en concordance directe avec nos conceptions éducatives et nullement dictée par je ne sais quelle orthodoxie politique.
    Toute notre action est justifiée pédagogiquement comme se justifie pédagogiquement aussi notre refus d’inculquer à nos élèves des pensées, des sentiments, des modes de vie en opposition avec leurs nécessités fonctionnelles, notre refus d’abstraire les enfants de leur milieu, même si les enseignements qu’ils en reçoivent sont en désaccord avec les théories sociales dominantes, notre refus de préparer ces enfants à la défense sanglante d’une entité, la Patrie, qui n’a de sens aujourd’hui que pour ceux qui en retirent un évident bénéfice.
    […]

    Texte de Célestin Freinet paru dans l’Éducateur prolétarien en novembre 1933 et republié par Catherine Chabrun.

    #éducation #école #pédagogie #Freinet

  • « C’est d’apprendre, qui est sacré ! - Dans les premiers pas d’une classe Freinet » (KissKissBankBank)
    http://www.kisskissbankbank.com/c-est-d-apprendre-qui-est-sacre-dans-les-premiers-pas-d-une-classe

    Avec douceur et subtilité, ce documentaire de 52 minutes s’applique à montrer comment, avec patience et confiance, Michel Duckit accompagne des élèves « vierges » de toute pédagogie Freinet afin de leur donner les clefs pour qu’ils deviennent eux-même les « maîtres à bord ». Le documentaire […] met en évidence les difficultés rencontrées par les élèves pour s’approprier ce nouveau fonctionnement mais aussi les étincelles, les moments où les enfants changent de position, deviennent véritablement acteur de leurs apprentissages. Pratiquant une pédagogie qui repense le rapport enseignant/enseigné et le rôle de chacun au sein de la classe, Michel Duckit nous livre parfois son enthousiasme à voir que quelque chose "mijote, que « ce n’est pas loin », qu’"on y est presque". Parfois son désarroi de constater que « c’est long » à s’installer"...

    #éducation #école #film_documentaire #Freinet #financement_participatif

  • Célestin Freinet et la pédagogie dite active (RTBF)
    http://www.rtbf.be/lapremiere/article_celestin-freinet-et-la-pedagogie-dite-active?id=9087436

    Célestin Freinet est mobilisé en 1917. Dans les tranchées, il voit des soldats obéir aveuglément à des ordres criminels ou absurdes. Au fond de son désespoir naît une idée, celle d’une pédagogie nouvelle qui formerait des citoyens lucides, autonomes, capables de faire usage de leur raison. L’œuvre de toute sa vie sera d’établir cette pédagogie dite active, comme celle de JANUSZ Korszak, Ovide Decroly et Amélie Hamaïde puis de la faire reconnaître...

    #éducation #Freinet #pédagogie_active

  • Freinet, Montessori, Steiner : ces écoles qui changent la vie des élèves et des profs (Basta !)
    http://www.bastamag.net/Freinet-Montessori-Steiner-ces

    Développer son autonomie et son esprit critique, apprendre à apprendre : c’est le credo des écoles alternatives. En France, 20 000 élèves expérimentent les pédagogies alternatives – Freinet, Montessori ou Steiner – dans une centaine d’établissements. Des méthodes d’apprentissage qui ont fait leurs preuves depuis plus d’un siècle, mais peinent à se diffuser dans l’Éducation Nationale. Vincent Peillon saura-t-il s’en inspirer pour son projet de refondation de l’école ? Petit tour d’horizon de ces pédagogies qui pourraient ré-enchanter l’école.
    […]
    Ces pédagogies alternatives ne sont pas similaires. « Il y a des différences pédagogiques, bien sûr, mais aussi politiques », remarque Marie-Laure Viaud. « En proposant une autre façon d’apprendre, qui permette aux enfants de développer leur esprit critique et d’agir collectivement, Freinet avait comme idée d’émanciper les classes populaires. » De nombreuses écoles Freinet (toujours publiques) sont encore aujourd’hui implantées dans des quartiers populaires. A la différence des écoles Montessori et Steiner : « Elles ont un statut d’écoles privées : seuls les enfants des classes privilégiées peuvent les fréquenter », précise l’universitaire.

    Car le prix est parfois prohibitif. En région parisienne, les parents doivent débourser environ 600 euros par mois et par enfant. En province, les tarifs sont généralement moins élevés. Il faut compter de 85 à 276 euros par mois (en fonction des revenus de la famille) à l’école Montessori de Rennes, et entre 200 et 610 euros par mois pour l’école Steiner de Vern-sur-Seiche. « Mais, au-delà de ces questions de prix, il n’y a pas cette idée d’émancipation politique chez Steiner et Montessori. On est plus sur de l’épanouissement personnel », ajoute Marie-Laure Viaud.

    #éducation #école #pédagogies_alternatives #éducation_nouvelle #freinet #montessori #steiner #public_privé

    • Plus de 400 par mois sur Bordeaux, sans la cantine.

      Ça me rend triste et super énervé ce genre de truc, alors que Maria Montessori bossait avec des jeunes de quartiers populaires. Et maintenant sa pédagogie est associée à des écoles de #bourges.

      Quand bien même l’équipe est super gentille, motivée et à fond dans la pédagogie, la sélection par l’argent fait obligatoirement que…

      #énervant #argent

    • D’autre part, après plus de 50 ans d’activités probantes, ces quelques écoles font office de niches alternatives bien séparées du reste des écoles publiques.
      [HS, bien que] Sans parler de ceux dont les enfants ont été totalement dégoutés de la musique à cause des conservatoires !

  • Association Vers la pédagogie Institutionnelle (avpi-fo)
    http://avpi-fernand-oury.fr

    A la suite des travaux de Célestin Freinet et Fernand Oury, l’Association V.P.I – Fernand Oury poursuit la réflexion, l’information, la recherche et la formation pour une pratique de la classe coopérative institutionnelle.

    Nous produisons des écrits accessibles : Des monographies (d’écoliers, d’institutions, de classes) publiées puis regroupées dans les « Cahiers AVPI ». Des documents pédagogiques directement utilisables en classe publiés dans les « Dossiers techniques AVPI » : ceintures, emplois du temps, travail sur la phrase clé et sur le texte libre. Des livres présentant et analysant la nécessaire complexité d’une coopérative institutionnelle.

    #éducation #ressources #Freinet #Pédagogie_institutionnelle

  • #Freinet : #antifascisme et pédagogie
    http://lahorde.samizdat.net/2014/05/19/freinet-antifascisme-et-pedagogie

    Si Célestin Freinet (1896-1966) est connu pour sa pédagogie novatrice basée sur l’expression libre, ce que l’on sait moins, C’est qu’il a été la cible de l’extrême droite de son époque, en particulier Maurras et l’Action française, et qu’il a dû démissionner de son poste à l’Éducation nationale sous la pression des nationalistes. Le blog L’école des [&hellip

    #Argumentaires #Repères

  • Donner soif à l’enfant (Dits de Mathieu, Coop’ICEM)
    http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/39561

    Si votre #enfant n’a pas soif de #connaissances, s’il n’a aucun appétit pour le travail que vous lui présentez, ce sera de même peine perdue que de lui « entonner » dans les oreilles vos démonstrations les plus éloquentes. C’est comme si vous parliez à un sourd. Vous pouvez flatter, caresser, promettre ou frapper, le cheval n’a pas soif ! Et méfiez-vous : par votre insistance ou votre brutale autorité, vous risquez de susciter chez vos élèves une sorte de dégoût physiologique pour la nourriture intellectuelle, et vous boucherez à jamais peut-être les chemins royaux qui mènent aux profondeurs fécondes de l’être.

    Donnez soif, par quelque biais que ce soit. Rétablissez les circuits. Suscitez un appel du dedans vers la nourriture souhaitée. Alors, les yeux s’animent, les bouches s’ouvrent, les muscles s’agitent. Il y a aspiration, et non atonie ou répulsion. Les acquisitions se font désormais sans intervention anormale de votre part, à un rythme qui est sans commune mesure avec les normes classiques de l’Ecole.

    Toute méthode est regrettable qui prétend faire boire le cheval qui n’a pas soif. Toute méthode est bonne qui ouvre l’appétit de savoir et aiguise le besoin puissant de travail.

    #éducation #école #apprentissage #Freinet #méthode

  • Filles et garçons (BTJ n° 228)
    http://www.icem-freinet.net/~btj/228fillgar/acfillga.htm

    Dans cette BTJ, tu vas trouver des textes et des photos qui parlent des filles et des garçons. Il y a aussi des questions. Tu peux y répondre et en discuter avec tes copains, tes copines, avec ta maitresse ou ton maitre.

    Une Bibliothèque de Travail junior (publication du mouvement #Freinet) datant de 1983 sur une problématique revenue d’actualité.
    Pas inintéressant…

    #éducation #école #relations_filles_garçons #genre #sexisme #BTJ #Freinet

  • La redécouverte de l’école anti-autoritaire par l’élite techno-capitaliste internationale est propulsée par l’espoir d’éduquer une génération de génies.

    How a Radical New Teaching Method Could Unleash a Generation of Geniuses | Wired Business | Wired.com
    http://www.wired.com/business/2013/10/free-thinkers/all

    Juárez Correa didn’t know it yet, but he had happened on an emerging educational philosophy, one that applies the logic of the digital age to the classroom. That logic is inexorable: Access to a world of infinite information has changed how we communicate, process information, and think. Decentralized systems have proven to be more productive and agile than rigid, top-down ones. Innovation, creativity, and independent thinking are increasingly crucial to the global economy.

    And yet the dominant model of public education is still fundamentally rooted in the industrial revolution that spawned it, when workplaces valued punctuality, regularity, attention, and silence above all else. (In 1899, William T. Harris, the US commissioner of education, celebrated the fact that US schools had developed the “appearance of a machine,” one that teaches the student “to behave in an orderly manner, to stay in his own place, and not get in the way of others.”) We don’t openly profess those values nowadays, but our educational system—which routinely tests kids on their ability to recall information and demonstrate mastery of a narrow set of skills—doubles down on the view that students are material to be processed, programmed, and quality-tested.
    ...
    The results speak for themselves: Hundreds of thousands of kids drop out of public high school every year. Of those who do graduate from high school, almost a third are “not prepared academically for first-year college courses,” according to a 2013 report from the testing service ACT.
    ...
    That’s why a new breed of educators, inspired by everything from the Internet to evolutionary psychology, neuroscience, and AI, are inventing radical new ways for children to learn, grow, and thrive. To them, knowledge isn’t a commodity that’s delivered from teacher to student but something that emerges from the students’ own curiosity-fueled exploration. Teachers provide prompts, not answers, and then they step aside so students can teach themselves and one another. They are creating ways for children to discover their passion—and uncovering a generation of geniuses in the process.
    ...
    The study found that when the subjects controlled their own observations, they exhibited more coordination between the hippocampus and other parts of the brain involved in learning and posted a 23 percent improvement in their ability to remember objects. “The bottom line is, if you’re not the one who’s controlling your learning, you’re not going to learn as well,” says lead researcher Joel Voss, now a neuroscientist at Northwestern University.

    #education #ecole #libertaire #montessori #frenet

  • Scolarisation des enfants Roms mode d’emploi, école Marie Curie de Bobigny
    http://www.dailymotion.com/video/x11ppjn_scolarisation-des-enfants-roms-mode-d-emploi-ecole-marie-curie-

    Il y a 5 barrières à franchir pour permettre une bonne scolarité à un enfant Rom
    1. Habitation […]
    2. Inscription […]
    3. Admission […]
    4. Médiation […]
    5. Bienveillance […]

    Il y a 5 conseils
    1. Un enfant Rom c’est d’abord un enfant […]
    2. Dans la classe, il n’est pas le seul à avoir besoin de différenciation […]
    3. Il doit être encouragé à participer à des projets collectifs […]
    4. Il doit être chaque jour confronté à des tâches scolaires à la hauteur de ses besoins […]
    5. Le temps d’aide et de prise en charge doit pouvoir être augmenté […]

    L’école Marie Curie de Bobigny n’est pas tout-à-fait une école comme les autres : son fonctionnement est fortement inspiré des méthodes Freinet, sa directrice est Véronique Decker, militante pédagogique, syndicale et politique.
    – Service maximum - Directrice d’école à Bobigny (Blog)
    http://www.cahiers-pedagogiques.com/blog/servicemaximum

    #éducation #école #Freinet #Rroms

    • En psychologie sociale, ma prof était Arlette Laurent-Fahier, spécialisée sur les questions de scolarisation des enfants nomades. Une grande dame qui habitait au cœur de la Goutte d’Or, bien avant que ne commence la gentrification de ce quartier. Elle avait précisément beaucoup contribuer à déconstruire nos représentations sociales négatives sur les nomades en particuliers et les laissés pour compte en général.

  • Les écoles alternatives, tout un programme? (Slate.fr)
    http://www.slate.fr/story/71349/ecoles-alternatives-montessori-steiner-freiner

    Système de notation particulier, rythme adapté à l’enfant, classes multi-âges... leur mode d’enseignement se présente comme centré sur l’épanouissement des élèves.
    […]
    Leçon n°1 : l’enfant au centre de la méthode […]
    Leçon n°2 : valoriser la réussite […]
    Leçon n°3 : former au métier d’enseignant […]

    #éducation #pédagogie_alternative #Montessori #Steiner #Freinet

  • L’école sans retenue - Aléas (philosophiques)
    http://carnetderecherche.eklablog.com/l-ecole-sans-retenue-a84045318

    Il y a peu de chances que l’école accepte de retrouver désormais le sens d’une « éducation fondamentale » au sens d’une formation humaniste qui ne soit pas attachée à l’utilité sociale - organisationnelle et consumériste -, ni aux nouvelles formes de l’asservissement volontaire, mais viserait l’épanouissement des capacités réelles (et non des compétences d’adaptation) de la personne (et non de l’individu manipulable).

    #éducation #pédagogies_nouvelles #Freinet

  • Le Nouvel Éducateur n° 212 « Refondation ? » (Coop’ICEM)
    http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/33201

    Présentation du hors-série spécial Refondation.

    – François Le Ménahèze

    « Quelques propositions de refondation basées sur mon expérience, un parcours cheminé de rencontres, de lectures, de recherches. »

    – Daniel Chazelas

    « Refondation, pourquoi pas ? Ne pas statuer sur une possible « morale laïque », mais l’inscrire dans le quotidien de sa classe, allons-y ! Ne pas glisser de l’aide personnalisée aux activités pédagogiques complémentaires au prétexte d’un simple rajout d’une initiale. Adjoindre un mercredi matin, soit... mais pour qui, pourquoi, pour quoi ? »

    – Philippe Meirieu

    « Au bout du compte, comme le soulignait malicieusement le philosophe et pédagogue américain Neil Postman, “on peut bien faire circuler les trains à l’heure, mais à quoi bon s’ils ne vont pas là où nous voulons ?” »

    – Martine Boncourt et Raphaël Doridant

    « La société française prend peu à peu conscience de l’ampleur de la souffrance au travail dans les entreprises. La souffrance des élèves en classe, elle, n’est pas encore entrée dans le débat public. »

    – Hubert Montagner

    « Dans notre système éducatif, “on ” fait comme si, dans chaque école, les élèves de la même classe avaient à priori, ou devaient avoir à priori, le même niveau (sous-entendu intellectuel), les mêmes particularités, besoins et attentes dès lors qu’ils ont le même âge selon l’état civil. »

    – Cédric Prévot

    « La morale de cette histoire pourrait donc être : la pédagogie
    coopérative véhicule davantage de valeurs, semble-t-il laïques, que la seule histoire de ce principe de laïcité. »

    – Francine Best

    « Si l’école sait redevenir un bien commun, être un pôle de coopération entre citoyens – adultes et enfants –, bref s’ouvrir à la société qui l’entoure, alors elle sera mieux connue et reconnue de tous. »

    – Sylvie Guergnon

    « “Ici, on enseigne l’Art de la rencontre ”, c’est en ces termes que Jacquard évoque la conception qu’il a de l’École. Pour lui, ce devrait être le premier objectif du système éducatif. L’École prépare l’enfant à bâtir la société de demain. »

    – Jean-Charles Léon

    « Parmi tous les manques d’une réforme dont on ne voit que le début, une piste fondamentale me semble absente : la création de lieux de parole neutres qui permettent une pensée réflexive sur notre travail. »

    – Catherine Chabrun

    « Freinet rêvait d’un “Front de l’enfance ” qui réunirait toutes les organisations préoccupées par l’enfance. Il est temps d’œuvrer ensemble pour penser le temps de l’enfant dans et hors l’école. »

    – Thierry Pérou

    « L’école, reflet de tendances lourdes de notre société, subit une
    dérive assez régressive. Notre système scolaire est jugé parmi les plus inégalitaires. »

    – Pierre Frackowiak

    « Au-delà des réductions budgétaires, de la suppression massive de postes, de la dégradation des résultats, de l’accroissement des inégalités, de l’angoisse générée, de la pensée unique dévastatrice, l’une des caractéristiques majeures de cette période aura été le déni systématique de la pédagogie. »

    – Frédéric Jésu

    « C’est bien à l’échelle de ce que voient et vivent les enfants de 0 à 18 ans que toute “refondation” du système éducatif doit dès lors être envisagée et pensée, en intégrant l’ensemble des composantes, institutionnelles ou non, parties prenantes de ce système. »

    – Xavier Laurent Lerner

    « Il apparait qu’une école parfaite serait une école où “tout le monde serait content de venir ”, “ jamais stressé ni triste” et personne ne rencontrerait de “difficulté ”, où l’enfant serait considéré avant l’élève. ».

    – Michel Mulat

    « Notre cloisonnement disciplinaire ne saurait être remis en cause,
    puisque la simple évocation de la moindre modification paniquerait le corps enseignant et permettrait aux syndicats les plus réformistes de faire du chiffre. »

    – Claude Lelièvre

    « La France, dit-on souvent, est l’un des seuls pays où l’égalité est une mission pour l’école. Sans doute. Mais la France est aussi l’un des pays où les résultats des élèves à leur sortie de l’école obligatoire sont les plus dépendants de leurs origines socioculturelles, et les plus inégalitaires. »

    – Jean Le Gal

    « Combien savent que la participation démocratique des enfants n’est plus une possibilité dépendant de leurs convictions éducatives,
    sociales et politiques, mais un droit qu’ils doivent pouvoir exercer dans tous les lieux où ils vivent ? »

    – Claire Leconte

    « L’adaptation des méthodes d’enseignement et des objectifs aux besoins de l’élève grâce à une réorganisation complète des temps de vie de l’enfant dont font partie les temps scolaires est fondamentale si on veut réellement voir des changements se produire dans le rapport de chaque enfant à l’école. »

    – Christian Rousseau

    « De la refondation annoncée, nous, mouvement Freinet, attendions une ambition politique, nous attendions des signes tangibles d’un profond désir de changement, nous attendions l’inattendu et nous avons eu ce qui était attendu… »

    – Laurent Ott

    « À quoi ressemblerait l’école s’il fallait la refonder aujourd’hui ? Devrions-nous encore raisonner avec les mêmes et éternelles
    catégories mentales ? Parlera-t-on encore de classe ? »

    – Sylvain Connac

    « Qu’on le dise : faire de la pédagogie Freinet, c’est répondre de manière précise au double défi que nous lancent les enquêtes de comparaisons internationales des systèmes éducatifs : rompre avec la logique élitiste et faire prévaloir la qualité sur le nombre. »

    – Monique Quertier et Francine Tétu

    « La religion de l’autonomie individuelle imprègne si totalement notre quotidien qu’il est devenu urgent de redonner du sens au collectif. »

    #éducation #réforme #Freinet

  • Halte au faux progrès (Célestin Freinet, 1956 )
    http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/32763

    Nos enfants ressembleront bientôt à ces arbres qui, serrés parmi le feuillage de la forêt, montent très vite et très haut, squelettiques et fragiles, à la recherche d’un rayon de soleil par-dessus la ramure des grands chênes. Ils montent, mais leurs racines n’ont ni le temps ni la force de s’enfoncer dans le sol pour s’y nourrir ; et le tronc rabougri et sans bras laisse à peine passer une sève maigre, toute sacrifiée au feuillage de tête qui seul fait illusion.

    Notre éducation ne sera bientôt qu’une éducation de tête : nos enfants voient beaucoup de choses, trop de choses ; les images accumulées défilent en kaléidoscope permanent devant leurs yeux hallucinés ; leurs oreilles n’ont pas le temps d’écouter le chant du sable dans leurs mains ou le clapotis de l’eau qui frissonne dans le ruisseau ; leurs sens saturés d’odeurs excessives, deviennent imperméables aux émanations diffuses d’une terre mouillée de pluie, à l’humilité d’une fleur des champs apparemment sans parfum mais dont la délicatesse fait rêver ceux qui y sont restés sensibles.

    Il y a trente ans, au début du siècle, nous étions comme sevrés d’apports extérieurs, et c’est en nous, ou dans la nature encore fruste où nous étions intégrés, que nous devions puiser la totalité de la sève essentielle [à] notre croissance. Les premières images artificielles des livres et des films, les premiers bruits artificiels des disques et de la radio, les premières conquêtes de la vitesse étaient pour nous comme un enrichissement merveilleux : ils fouettaient quelque peu notre sang trop calme, sans en changer cependant la nature ; ils ne substituaient pas encore leurs lois mécaniques aux lois ancestrales de notre vie. Nous les saluions ingénument comme une aube nouvelle génératrice de puissance et de progrès.

    Le problème est, hélas ! inversé aujourd’hui : implacablement, l’image artificielle et la parole impersonnelle se substituent à la vie. […] Le commerce, à la recherche de débouchés, a emboîté le pas pour ces nouveautés et nous nous trouvons aujourd’hui devant une vraie, marée envahissante de vues en noir et en couleur, de disques et de films, de paroles et d’images. Avant même que nous ayons pu adapter notre pédagogie à ces impératifs audiovisuels, il nous faut aujourd’hui jeter un cri d’alarme et nous mettre sur la défensive pour garantir l’essentiel, pour empêcher les racines de s’étioler, pour nourrir les troncs, ranimer les branches, non pas faire marche arrière mais dire halte à un faux progrès que déforme le mercantilisme, et opérer comme nos enfants pour qui les châteaux dans le sable, le mystère de l’eau, de l’herbe et des fleurs, la vie des insectes, le grand rêve du ciel bleu et des soirs étoilés restent la plus passionnante des aventures.

    Et malheur à qui ne saurait plus s’en nourrir !

    Célestin FREINET

    Source : L’Éducateur n° 25 du 1er juin 1956

    #éducation #enfants #freinet #progrès #arbres #divertissement

  • Pour une révolution pédagogique
    http://jlvdl.over-blog.com/pages/Sommaire_du_livre-2159402.html

    Il me paraît évident que notre #école, au service d’une société où fleurit l’injustice, finira toujours par recueillir les fruits de son impuissance à changer le monde suite à la dégradation sociale engendrée […].
    Si des avancées ont vu le jour […], l’école reste pour nombre d’#enfants génératrice de violence alors qu’elle se devrait d’être un milieu protégé et protégeant y compris dans les périodes de régressions sociales. […]
    Du fait des difficultés sociales, une pression persiste sur l’école. L’enseignant victime de ces pressions se retrouve le plus souvent seul face à son groupe classe et incarne face à des élèves, victimes eux-mêmes, le poids de l’institution. Rompre avec cette image, sortir du mécanisme infernal d’une pédagogie frontale, s’affranchir d’une gestion autoritariste de la classe restent les voies à baliser afin de mieux pouvoir les parcourir. […]
    Ce que les #enseignants dans leur majorité apprennent avant tout aux enfants bien avant le calcul et la syntaxe, c’est la soumission à l’autorité. […]
    La clef de voûte du nouvel édifice à élaborer sera la notion de #coopération, ce qui implique sans doute une véritable révolution pédagogique.

    Un livre de Jean-Luc VAN DER LINDEN (éditions L’Harmattan, 2009)
    http://www.youscribe.com/catalogue/livres/education/sciences-de-l-education/pour-une-revolution-pedagogique-164037

    #éducation #non_violence #Freinet #pédagogie

  • À l’école de l’autorité (Vacarme)
    http://www.vacarme.org/article1550.html

    Alors que l’école est généralement l’objet de faux-débats particulièrement stériles, Charlotte Nordmann fait œuvre de clarté avec des textes où les questions soulevées redeviennent constructives (et dont les interrogations mériteraient de sortir de l’école pour questionner l’ensemble de la société). À charge à chacun, d’y trouver un cheminement de réponse…

    On nous dit que le règne du caprice et du #divertissement s’est insinué jusque dans l’#école, ce lieu où l’#autorité semble la plus naturelle, la plus légitime, parce que fondée sur une inégalité apparemment incontestable et imposée pour le seul bien des intéressés. On nous dit que l’autorité du maître a été ruinée, que la supériorité de son âge et de son savoir n’est plus reconnue, que son utilité même est contestée. […] On évoque tout cela pêle-mêle ou successivement, pour conclure que l’école serait désormais dans l’incapacité de remplir sa fonction de transmission d’un patrimoine culturel.
    Le plus frappant dans ces discours est leur force de conviction au regard de leur peu de fondement. Sans entreprendre de rendre raison de cette puissance, contentons-nous de remarquer que ces discours ont pour effet de nous masquer ce qui partout apparaît, dès qu’on parvient à entamer le sentiment d’évidence qui empreint trop souvent notre perception de l’école, à savoir l’omniprésence de relations d’autorité. […]
    Le seuil de #violence toléré à l’école est aujourd’hui singulièrement bas, comparé à ce qu’il a pu être dans les années 1950, par exemple, la nouveauté résidant évidemment en cela que la réaction aux transgressions des règles de « civilité » ne fait plus intervenir seulement l’autorité de l’institution scolaire, mais également l’autorité de la police, de l’institution judiciaire, voire de la psychiatrie.
    […] si l’on se préoccupe, par des moyens d’ailleurs problématiques, d’« intéresser » les élèves, l’activité à l’école relève pour ainsi dire toujours de l’#obligation. À l’école, la #contrainte est omniprésente, il n’est quasi rien qu’on ne fasse sous la menace. […] Le peu d’efficacité de la masse considérable d’injonctions dont les élèves sont assaillis n’entame pas la constance avec laquelle elles sont invariablement proférées. Et la diffusion du modèle du « #contrat » à l’école n’a fait que compliquer un peu plus les choses, marquant la volonté de faire intérioriser la contrainte par l’élève, de sorte que son indiscipline est jugée d’autant plus scandaleuse et appelant des conclusions définitives, tandis que l’élève lui-même est poussé à s’estimer seul responsable de la situation.
    La confusion la plus complète règne à l’école quant à savoir si son but premier est de discipliner les élèves ou de leur permettre d’apprendre quelque chose. […]
    Qu’il doive y avoir une part de contrainte dans l’#éducation, ce n’est pas ce que nous contestons. Mais ce qui est frappant dans l’école, c’est que la contrainte est partout. Les espaces, les domaines d’activité où les élèves choisissent de s’appliquer à telle ou telle chose, de leur propre initiative, sans sanction extérieure, sont extrêmement rares. […]
    C’est pourquoi l’école produit une véritable #infantilisation, en encourageant la soumission inconditionnelle à des normes dont la validité n’est que rarement remise en question. Chez les élèves les plus performants, cela peut atteindre des proportions étonnantes : à travailler parce qu’« il le faut », sans savoir pourquoi, sinon parce qu’on les assure que c’est la voie obligée pour « réussir », ils en viennent à n’être plus capables de produire que sous la pression d’une exigence immédiate, à ne plus s’estimer capables de juger par eux-mêmes de leur travail, à douter constamment d’eux-mêmes […]. Ce modèle n’est-il pas celui d’une absence totale d’#autonomie — si du moins l’on entend par là la capacité à se donner sa propre loi, et non la propension à accepter docilement celle qu’on vous impose ? […]
    Pour sortir du rapport duel entre le maître et l’#élève, rapport essentiellement fondé sur la contrainte, il peut être utile d’introduire entre eux des tiers : à partir du moment où la classe se structure autour d’outils, d’instruments, […] et non simplement de « s’exercer » pour être évalué par le maître, le travail cesse d’être motivé essentiellement par l’obéissance à son autorité. […]
    L’omniprésence de la contrainte a pour autre effet problématique que la question du sens des #savoirs enseignés se voit évacuée de l’acte d’enseignement […]. Les savoirs sont ainsi le plus souvent transmis sous une forme dogmatique, sans qu’il soit fait état de la façon dont ils ont été constitués, de ce sur quoi ils reposent, ni des problèmes qu’éventuellement ils posent, des polémiques qu’ils suscitent. […]
    Cette vision dualiste contribue à décourager toute mise en question de ses propres opinions, toute interrogation sur leurs fondements. Elle présuppose qu’il y a entre le monde de l’« opinion » et des savoirs non académiques et le monde des sciences de l’histoire et de la société une rupture épistémologique, ce qui est pour le moins discutable. Elle peut induire une acceptation acritique de ce qui est perçu comme un savoir incontestable ; elle nourrit le respect pour les « experts », à l’heure où cette figure est l’un des moyens les plus actifs de la négation de la politique et de son assimilation à une pure et simple « gestion », aussi « rationnelle » que possible. […] On comprend dès lors qu’à l’autorité de l’école, les élèves ne se sentent autorisés à opposer qu’une autorité supérieure, un autre discours dogmatique, celui de la religion.
    Se construit ainsi un discours fermé, qui entend donner des cadres mais tend à interdire en réalité son propre dépassement, un discours dont l’objectif est de paraître le plus complet possible, lorsqu’il devrait, pour constituer un véritable #apprentissage intellectuel, faire au moins soupçonner combien il est insuffisant et provisoire. Ainsi, ce qui devrait induire une augmentation de la puissance d’agir devient un facteur d’impuissance. […]
    Ce n’est pas sans raison que les rapports d’autorité qui règnent à l’école sont si rarement remis en question. Ils sont protégés par la croyance selon laquelle l’institution scolaire n’aurait pour fin que le « bien » des élèves, et serait le lieu d’une diffusion universelle de savoirs et de #compétences. Or, ce n’est qu’à partir du moment où l’on reconnaît que l’école est, tout autant, une instance de classement et de hiérarchisation, que l’on peut commencer à s’interroger sur l’ambiguïté de ce qui s’y joue. Ce n’est que sur ce fond que l’on peut comprendre pourquoi son autorité peut être contestée pratiquement par ceux qu’elle n’« élimine » plus, ou bien moins qu’auparavant, mais qu’elle continue à classer et à reléguer. Ce n’est qu’à partir de là que l’on peut voir à quel point l’école peut être une école de #soumission à ce qui est — de sorte qu’il faudrait s’inquiéter non pas de la ruine de son autorité, mais plutôt du peu de contestation que celle-ci suscite.

    #freinet #pédagogie_institutionnelle