• Refus d’assistance médicale et juridique aux personnes exilées enfermées à la frontière franco-italienne : les tribunaux administratifs saisis

    Communiqué commun dont l’Anafé et l’OEE, dont la LDH est membre, sont signataires

    Suite à un refus d’accès d’associations juridiques et médicales dans les lieux privatifs de liberté aux postes de la police aux frontières (PAF) de Menton pont Saint-Louis et de Montgenèvre par l’administration, nos associations lancent une campagne de contentieux pour faire sanctionner l’enfermement illégal et l’absence de respect des droits des personnes exilées à la frontière franco-italienne.

    Les 18 et 21 novembre dernier, nos associations ont saisi les juges des tribunaux administratifs de Nice et de Marseille afin qu’ils se prononcent sur le droit d’accès des associations dans les lieux privatifs de liberté aux postes de la PAF de Menton pont Saint-Louis et de Montgenèvre. Le tribunal administratif de Nice devra se prononcer en premier sur la question, une date d’audience ayant été annoncée pour le 26 novembre prochain.

    Depuis juin 2015, nos associations constatent et dénoncent des pratiques illégales d’enfermement de personnes exilées par l’administration française à la frontière franco-italienne. Chaque jour, à la suite de contrôles discriminatoires et de procédures expéditives de refus d’entrée, des dizaines de personnes sont enfermées dans des constructions modulaires attenantes aux postes de la PAF de Menton et de Montgenèvre, pendant plusieurs heures quand ce n’est pas toute la nuit voire plus et ce, dans des conditions indignes : constructions de quelques mètres carrés sans isolation, pas de couverture, pas de possibilité de s’allonger, pas ou peu de nourriture ni d’eau, conditions d’hygiène déplorables, promiscuité forte entre toutes les personnes (familles, adultes, enfants, hommes et femmes).

    En 2017, le Conseil d’Etat avait refusé de sanctionner ces pratiques, estimant qu’elles pouvaient être justifiées tant que la durée de privation de liberté ne dépassait pas une durée dite « raisonnable » de moins de 4 heures.

    Pourtant, le constat de nos associations demeure le même : la privation de liberté quotidienne de dizaines de personnes, pour des durées régulièrement supérieures à 4 heures et dans des conditions indignes.

    En dehors de tout cadre légal, cette privation de liberté échappe donc au contrôle juridictionnel et se déroule toujours dans la plus totale opacité. Depuis fin 2019, plusieurs élus se sont vu refuser l’accès à ces locaux (alors qu’ils pouvaient y accéder jusqu’alors) au motif que ceux-ci ne seraient pas des locaux de privation de liberté mais, au contraire, de « mise à l’abri » pour la « sécurité » des personnes exilées.

    En septembre et octobre 2020, des représentantes de l’Anafé et de Médecins du Monde se sont donc présentées aux locaux de la PAF de Menton et de Montgenèvre afin d’apporter assistance juridique et médicale aux personnes y étant « mises à l’abri ». Or, au motif même de la « mise à l’abri » de ces personnes, l’accès leur a été refusé.

    Nos associations demandent aux tribunaux de sanctionner ces pratiques de l’administration française visant à empêcher les associations de défense des droits et de la santé des personnes exilées de leur porter assistance au cours de leur enfermement dans les locaux de la police aux frontières de Menton et de Montgenèvre.

    Complément d’information

    Vous avez dit « mise à l’abri » ?

    La réalité des personnes étant passées par ces locaux et ayant témoigné auprès de nos associations de ce qu’elles ont subi apparaît clairement très éloignée de ce que supposerait l’idée d’un « abri ».

    Le 8 octobre 2020, Maya*, ressortissante ivoirienne, témoignait de sa privation de liberté de plus de 14h avec ses deux enfants âgés de 3 et 5 ans au niveau du poste de la PAF de Menton. Privée de liberté avec plus de 17 autres personnes, hommes et femmes confondus, dans un petit espace, sans aucun respect des normes de protection sanitaire possible, elle n’a, de plus, reçu aucune nourriture et a témoigné de l’état déplorable des sanitaires.

    En 2019, Alpha*, ressortissant nigérian âgé de 17 ans, témoignait avoir été enfermé dans la nuit du 27 au 28 mai 2019 dans les constructions modulaires attenantes à la PAF de Menton, pendant plus de dix heures. Une dizaine d’adultes étaient enfermés en même temps que lui, dans des conditions exécrables avec des toilettes inutilisables. Il aurait pourtant déclaré sa minorité et exprimé son souhait de demander l’asile en France, sans que cela ne soit pris en compte par les forces de l’ordre.

    En 2018, Omar*, ressortissant ivoirien, âgé de 20 ans, témoignait de sa privation de liberté dans les locaux de la PAF de Montgenèvre de 18h à 7h du matin, dans la nuit du 3 au 4 septembre, sans nourriture ni eau.

    Ce ne sont que quelques exemples parmi des centaines…

    Pour suivre la campagne contentieuse : #DetentionArbitraire

    *Afin de veiller à la confidentialité et l’anonymat des personnes, les prénoms ont été modifiés.

    https://www.ldh-france.org/refus-dassistance-medicale-et-juridique-aux-personnes-exilees-enfermees-

    #assistance_médicale #assistance_juridique #PAF #Menton #asile #migrations #réfugiés #frontières #enfermement #justice #Italie #France #frontière_sud-alpine

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    • Refus d’assistance médicale et juridique aux personnes exilées enfermées à la frontière franco-italienne : le #tribunal_administratif de Nice sanctionne l’Etat
      Communiqué commun, dont l’Anafé et l’OEE, dont la LDH est membre

      Le 30 novembre 2020, le tribunal administratif de Nice a sanctionné le refus opposé à nos associations de porter une assistance médicale et juridique aux personnes exilées enfermées dans les locaux attenants au poste de la police aux frontières (PAF) de Menton pont Saint-Louis. Le juge des référés considère que cette décision porte une atteinte grave au principe de fraternité consacré par le Conseil constitutionnel et laisse entendre qu’il existe un doute sérieux sur la légalité des privations de liberté infligées aux personnes exilées à la frontière italienne, que nos associations ne cessent de dénoncer.

      Le 15 septembre 2020, des représentantes de l’Anafé et de Médecins du Monde se sont présentées aux locaux de la PAF de Menton afin d’apporter assistance juridique et médicale aux personnes y étant enfermées. Au prétexte d’une « mise à l’abri » de ces personnes, l’accès leur a été refusé par la PAF de Menton puis par la préfecture des Alpes-Maritimes.

      Saisi de ce refus d’accès, le tribunal administratif de Nice s’est prononcé sur cette pratique de privation de liberté à la frontière franco-italienne, organisée par l’Etat français.

      Reconnaissant que « quotidiennement, de nombreuses personnes sont retenues dans ces locaux munis de système de fermeture et de surveillance vidéo, dans des conditions précaires, pour de nombreuses heures, notamment la nuit lorsque le poste de police italien est fermé, qu’elles sont mises dans l’impossibilité de partir librement de ces locaux et d’obtenir au cours de la période de « maintien » une assistance médicale, juridique ou administrative d’associations », la juge des référés ordonne la suspension du refus d’accès opposés aux associations et enjoint la préfecture des Alpes-Maritimes à l’examiner de nouveau, dans un délai 30 jours.

      Le tribunal administratif de Nice vient ainsi ouvrir une nouvelle voie à la condamnation et à la sanction des pratiques illégales de l’administration française à la frontière franco-italienne.

      Cette décision s’inscrit dans la lignée de celle rendue par le Conseil d’Etat le 27 novembre dernier, qui a annulé les dispositions qui permettent à l’administration de notifier des refus d’entrée aux personnes interpellées aux frontières intérieures terrestres, et dans une borne de 10 km en deçà, dans un contexte de rétablissement des contrôles aux frontières intérieures. En reprenant la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, cette décision confirme l’illégalité des pratiques de l’administration française aux frontières intérieures, que nos associations dénoncent depuis 5 ans.

      Déjà, en juillet dernier, le Conseil d’Etat avait reconnu les violations quotidiennes au droit d’asile à la frontière franco-italienne.

      Illégalité des refus d’entrée, violation du droit d’asile, détention arbitraire à la frontière franco-italienne : nos associations appellent désormais le tribunal administratif de Marseille, saisi du refus d’assistance médicale et juridique et des pratiques d’enfermement au poste de la PAF de Montgenèvre, à se prononcer dans le même sens que celui de Nice.

      Il faut que cessent enfin les violations des droits à la frontière franco-italienne.

      Complément d’information

      Depuis juin 2015, nos associations constatent et dénoncent des pratiques illégales d’enfermement de personnes exilées par l’administration française à la frontière franco-italienne. Chaque jour, à la suite de contrôles discriminatoires et de procédures expéditives de refus d’entrée, des dizaines de personnes sont enfermées dans des constructions modulaires attenantes aux postes de la PAF de Menton et de Montgenèvre, pendant plusieurs heures quand ce n’est pas toute la nuit voire plus et ce, dans des conditions indignes : constructions de quelques mètres carrés sans isolation, pas de couverture, pas de possibilité de s’allonger, pas ou peu de nourriture ni d’eau, conditions d’hygiène déplorables, promiscuité forte entre toutes les personnes (familles, adultes, enfants, hommes et femmes).

      En 2017, le Conseil d’Etat avait refusé de sanctionner ces pratiques, estimant qu’elles pouvaient être justifiées tant que la durée de privation de liberté ne dépassait pas une durée dite « raisonnable » de moins de 4 heures.

      Pourtant, le constat de nos associations demeure le même : la privation de liberté quotidienne de dizaines de personnes, pour des durées régulièrement supérieures à 4 heures et dans des conditions indignes.

      En dehors de tout cadre légal, cette privation de liberté échappe donc au contrôle juridictionnel et se déroule toujours dans la plus totale opacité. Depuis fin 2019, plusieurs élus se sont vu refuser l’accès à ces locaux (alors qu’ils pouvaient y accéder jusqu’alors) au motif que ceux-ci ne seraient pas des locaux de privation de liberté mais, au contraire, de « mise à l’abri » pour la « sécurité » des personnes exilées.

      En septembre et octobre 2020, des représentantes de l’Anafé et de Médecins du Monde se sont donc présentées aux locaux de la PAF de Menton et de Montgenèvre afin d’apporter assistance juridique et médicale aux personnes y étant « mises à l’abri ». Or, au motif même de la « mise à l’abri » de ces personnes, l’accès leur a été refusé.

      Les 18 et 21 novembre dernier, nos associations ont donc saisi les juges des tribunaux administratifs de Nice et de Marseille afin qu’ils se prononcent sur le droit d’accès des associations dans les lieux privatifs de liberté aux postes de la PAF de Menton pont Saint-Louis et de Montgenèvre.

      Vous avez dit « mise à l’abri » ?

      La réalité des personnes étant passées par ces locaux et ayant témoigné auprès de nos associations de ce qu’elles ont subi apparaît clairement très éloignée de ce que supposerait l’idée d’un « abri ».

      Le 8 octobre 2020, Maya*, ressortissante ivoirienne, témoignait de sa privation de liberté de plus de 14h avec ses deux enfants âgés de 3 et 5 ans au niveau du poste de la PAF de Menton. Privée de liberté avec plus de 17 autres personnes, hommes et femmes confondus, dans un petit espace, sans aucun respect des normes de protection sanitaire possible, elle n’a, de plus, reçu aucune nourriture et a témoigné de l’état déplorable des sanitaires.

      En 2019, Alpha*, ressortissant nigérian âgé de 17 ans, témoignait avoir été enfermé dans la nuit du 27 au 28 mai 2019 dans les constructions modulaires attenantes à la PAF de Menton, pendant plus de dix heures. Une dizaine d’adultes étaient enfermés en même temps que lui, dans des conditions exécrables avec des toilettes inutilisables. Il aurait pourtant déclaré sa minorité et exprimé son souhait de demander l’asile en France, sans que cela ne soit pris en compte par les forces de l’ordre.

      En 2018, Omar*, ressortissant ivoirien, âgé de 20 ans, témoignait de sa privation de liberté dans les locaux de la PAF de Montgenèvre de 18h à 7h du matin, dans la nuit du 3 au 4 septembre, sans nourriture ni eau.

      Ce ne sont que quelques exemples parmi des centaines…

      Pour suivre la campagne contentieuse : #DetentionArbitraire

      *Afin de veiller à la confidentialité et l’anonymat des personnes, les prénoms ont été modifiés.

      Associations signataires :

      Anafé – Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers

      Médecins du Monde

      Organisations membres de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers : ACAT-France, Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Anafé, Comede, Droits d’urgence, Fasti, Genepi, Gisti, La Cimade, Le Paria, Ligue des droits de l’homme, MRAP, Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau, Observatoire du CRA de Oissel, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM)

      Alliance-DEDF (Alliance des avocats et praticiens du droit des étrangers pour la défense des droits fondamentaux)

      Roya citoyenne

      Tous Migrants

      Associations co-signataires :

      AdN (Association pour la démocratie à Nice)

      ASGI

      Emmaüs France

      Emmaüs Roya

      Kesha Niya Kitchen

      We world

      https://www.ldh-france.org/refus-dassistance-medicale-et-juridique-aux-personnes-exilees-enfermees-

  • Communiqué du comité de soutien aux 3+4+2 +2 …

    DEUX SOLIDAIRES POURSUIVIS PAR LA JUSTICE

    Le 19 novembre, à #Montgenèvre, deux solidaires ont été interpellés lors d’une maraude de l’#unité_mobile_de_mise_à_l'abri (#UMMA), organisée par #Medecins_Du_Monde et #Tous_Migrants alors qu’ils étaient en train de porter assistance à une famille composée de deux enfants mineurs, de 10 et 14
    ans, d’une femme enceinte d’environ huit mois et de son mari.
    Placés en garde à vue pendant 24 h, pendant que la famille se faisait refouler pour la deuxième fois en ITALIE, ils sont ressortis avec une convocation devant le tribunal de Gap le 4 décembre.
    Ils sont poursuivi pour« aide à l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’étrangers en situation irrégulière en leur faisant franchir la frontière pédestrement » pour une maraude pourtant effectuée en France dans le cadre du protocole d’intervention de l’UMMA.
    Cette situation n’est malheureusement plus surprenante à la frontière Franco italienne où depuis 5 ans la chasse à l’homme de couleur (ou racisé) et les refoulements illégaux font le quotidien.
    Les violences policières sont avérées (https://www.bastamag.net/police-racket-violence-surmineur-
    detournement-de-fonds-publics-refugies-proces-PAF-Montgenevre) les #courses_poursuites meurtrières. (https://www.liberation.fr/france/2019/05/08/sur-les-traces-de-blessing-matthewmigrante-
    nigeriane-noyee-dans-la-durance_1725483 )
    Ces réalités sont bien loin d’être anecdotiques , nous comptons aujourd’hui cinq personnes exilées décédées « accidentellement » sur les chemins rejoignant le #Briançonnais. plusieurs centaines d’autres ayant nécessité un passage par le service des urgences tant leur état inspirait de l’inquiétude, une multitude présentant des blessures ou traumatismes parfois irréversibles directement liés au passage de la frontière.
    Le lundi 16 novembre, Madame la Préfete a annoncé en conférence de presse à la #Police_Aux_Frontières (#PAF) de Montgenèvre l’augmentation des effectifs de la PAF et de la gendarmerie mobile ainsi que l’arrivée de militaires des forces sentinelles afin de lutter contre le terrorisme, nous dit-on. Nous constatons depuis, le déploiement d’un arsenal technologique (drone et jumelles thermique). Le 19 Novembre 2020, ce dispositif a permis le refoulement de 2 familles dont une femme enceinte plusieurs mineurs ainsi que l’arrestation et la mise en garde à vue de 2 maraudeurs solidaires.
    Cette situation intervient dans un contexte répressif plus global.
    En France, dans la Roya et à la frontière espagnole, à Calais , à Paris la situation est similaire. , la chasse aux exilé-es constante engendre souvent la mise en danger de la vie de ces personnes qui
    n’ont d’autre choix que de fuir leur pays
    En Europe, la frontière bosnio-croate est depuis des années un véritable enfer pour quiconque n’a pas les bons papiers pour tenter la traversé. Humiliation et torture policière sont le lot quotidien des personnes empruntant ces chemins comme en attestent les témoignages qu’ils nous laissent (https://asile.ch/2020/02/24/rts-situation-en-bosnie-herzegovine )
    La méditerranée, elle, continue d’être un cimetière dont on ne compte même plus les naufrages.
    Les images récentes des violences policières sur les exilés a Paris témoignent d’un harcèlement quotidien des personnes sans papiers partout sur le territoire Francais.
    C’est dans ce contexte de violences policières avérées que le gouvernement est en train de faire passer la loi sécurité globale, ce qui renforce notre inquiétude quand au sort réservé aux exilé-es et à toutes celles et ceux qui s’opposent a ces politiques inhumaines

    Nous appelons à un rassemblement devant le tribunal de Gap le 4 decembre 2020 à 8 h30 contre ces politiques mortifères invisibilisées et en soutien aux maraudeurs inculpés.

    Nous conseillons également à notre ministre de l’intérieur Mr Gerard Darmanin d’ engager un dialogue avec les associations concernées avant que ne se produisent de nouveaux drames

    Rendez vous...le 4 décembre 2020 8 h 30 devant le tribunal de GAP

    Reçu par email, le 25.22.2020

    #Hautes-Alpes #frontières #asile #migrations #réfugiés #criminalité #Briançon #frontière_sud-alpine #criminalisation_de_la_solidarité #solidarité #sauvetage #maraudes #maraudes_solidaires

    ajouté à la métaliste sur les Hautes-Alpes :
    https://seenthis.net/messages/733721

  • Video Documents Illegal Refugee Pushbacks in Croatia

    For years, asylum-seekers have been claiming abuse at the hands of Croatian border police, with some reporting beatings, electric shocks and even having their toenails torn out. For the first time, videos in combination with reporting by DER SPIEGEL have confirmed some of these reports.

    Ibrahim had a hunch he knew what was coming when the Croatian police car stopped. The young Pakistani had set off from Kashmir two years earlier to reach Europe. But now, on a cold day at the end of March, the Croatian police dragged him and the other refugees out of the vehicle, Ibrahim recalls. More security forces were waiting outside. They wore black balaclavas to hide their faces.

    The men forced the refugees to take off their jackets, shoes and pants, and one by one, the hooded men lined up. One of the men in masks grabbed Ibrahim by the neck and dragged him toward the river, according to his recollection. The others beat him, aiming at Ibrahim’s back, arms and legs. "They were beating me like crazy,” he says. Out of fear, he asked that he not be identified by his last name in this article.

    Ibrahim recalls a long, thick branch that hurt especially bad when he was hit with it. Three other refugees say they were beaten with a metal rod and with a sling that had a heavy object attached to the end of it.

    The beatings lasted only a few minutes, but it felt like an eternity to Ibrahim. The hooded men pushed him down to the Glina River, the natural border between Croatia and Bosnia-Herzegovina in the village of Poljana. The river is only a few meters wide there. "Fast, jump,” one of the masked men shouted in English, says Ibrahim. “Go back Bosnia!”

    The European Union closed the Balkan route to migrants in 2016, after it had already been used in previous months by hundreds of thousands of refugees from Syria and other countries as they made their way to Western Europe. Thousands of refugees have been camping in the forest and in old war ruins in northwest Bosnia-Herzegovina ever since. On the other side of the border, Croatian officials with night-vision goggles and firearms patrol the border. But that doesn’t stop the refugees from setting off each night. They have a name for their dangerous attempt to get past the border guards: "The Game.”

    Asylum seekers have been reporting for years of abuse at the hands of Croatian police and of being forced back to Bosnia. Photos from aid organizations show refugees with bleeding lacerations, broken arms, knocked-out teeth and dark red marks on their backs. Asylum-seekers speak of torture with stun guns, sexual abuse and even torn-out toenails. The focus of their reports is always the same: Masked police officers.
    Beatings Instead of Hearings

    NGOs, doctors and even the United Nations Refugee Agency have collected thousands of such testimonies. Sometimes, skin color alone is enough to become a target of the security forces. In winter 2019, Croatian border guards illegally deported two Nigerian table-tennis players who were only trying to take part in a university championship.

    Pushbacks, as they are called, violate not only Croatian asylum law but also European law and the Geneva Convention on Refugees. They make a mockery of the right to apply for asylum. Instead of being given a hearing, asylum-seekers are beaten.

    The Croatian authorities deny that officers use force at the border or that they illegally drag asylum seekers back across the border. The government has simply ignored video clips showing security forces leading asylum-seekers to the border. Government officials also claim that refugees have simply invented claims of violence. Croatian Foreign Minister Gordan Grlić Radman recently said that his country denies "all accusations of incorrect behavior at the border.”

    But Ibrahim’s case makes Croatia’s claims of innocence all the more difficult to uphold.

    DER SPIEGEL spent months investigating his case together with the media organization Lighthouse Reports. The reporters spoke with three refugees who were traveling with Ibrahim. To the extent possible, they reconstructed the route they took. The refugees’ reports can only be partly independently verified, but their geodata does corroborate their statements. There is also a video that the NGO No Name Kitchen obtained when interviewing the refugees. DER SPIEGEL and Lighthouse Reports were able to verify its authenticity.

    The reporting clearly shows that it is not only in Greece that refugees are being pushed back forcibly. On the Bosnian-Croatian border, masked men are beating up refugees. The images reveal a disturbing level of violence that is increasingly becoming the norm at the EU’s external borders.

    Ibrahim, for his part, had already failed to get past the Croatian security forces dozens of times, but in March things went better than usual. He and three other migrants described to DER SPIEGEL how they, together with around 50 other refugees, some of them underage, set off that day for the EU. The men crossed the border near Šturlić, a village in Bosnia, before walking through the wilderness of the Croatian forests. It was cold, and at night they slept in cheap sleeping bags.

    After around seven days, the group reached the Kulpa River, which borders Slovenia, and the migrants spent the night there. They ate the last of their supplies, they recall, and finally waded through the river on their way to Western Europe. The group stopped in a patch of forest above the Slovenian village Kočevje. Smugglers were supposed to meet them there to take the men to Italy, but nobody showed up. "We held out for three or four days without food or anything to drink,” says Ibrahim. But then they finally gave up.

    Slovenian police intercepted the refugees as they left their hiding place. The refugees say the officers took them to a police station, questioned each individually and took photos and fingerprints. The migrants claim that each of them asked to be allowed to file an asylum application. But the answer they received, they say, was clear: “No asylum. You’re going back to Bosnia.”
    "I Have Never Been So Scared in My Life"

    When contacted by DER SPIEGEL, the Slovenian police confirmed that they had apprehended the refugees. They deny, however, that Ibrahim asked to apply for asylum, so they handed the men over to the Croatian authorities as part of a return agreement. Both the Croatian and the Slovenian officials certified the handover with their signatures.

    Things moved quickly once the they were in the hands of the Croatian police. The men say the officers drove the group to the border river, where the men wearing the balaclavas were already waiting for them. "I have never been so scared in my life,” says Ibrahim.

    The refugees’ geodata, stored in a Google Maps account, supports their statements. It includes data geolocating the group in Croatia and Slovenia. Shaky mobile phone images provide even more evidence. One of the refugees says that the images only exist because he was able to hide his mobile phone in his underwear.

    DER SPIEGEL

    The images show Ibrahim standing on the Bosnian side of the river, in wet pants and no shoes. The young Pakistani can be see crying, his face twisted in agony. "I have such pain in my leg!” he whimpers. Another refugee whose clothes are wet and also doesn’t have any shoes, can be seen supporting him.

    Four men can be seen in the background on Croatian soil with blue and olive-green clothing reminiscent of uniforms. Three are seen putting on black masks. The men carry a long pole with them, as well as a stick with rope that has a heavy object attached to it. One of the men can be seen wielding the homemade weapon.

    The hooded men lead another group of people to the border river. They beat one of the migrants with a stick or a pole. They then chase another a few seconds later, running toward the border. "Fuck your mother” rings out across the river.

    The metadata show that the video was taken on the afternoon of March 23. The buildings in the background prove that the events unfolded near Poljana on the Bosnian-Croatian border. The masked men can’t be clearly identified in the images. However, their presence at the closely guarded border suggests that the men are part of the Croatian security forces. It’s unlikely that masked men could operate in broad daylight without the knowledge of the authorities.

    "Some of the uniforms visible in the video seem to be all mixed up,” says Ranko Ostojić, a politician with the center-left social democrats in Croatia. He says he suspects the men in question are retired police officers who are now part of the reserves. "They used to be allowed to keep their uniforms, and now they are apparently carrying out pushbacks.”

    Ostojić was once Croatia’s director of police and interior minister. He spent years chairing the Domestic Affairs Committee in the Croatian national parliament. "The pushbacks are systematic,” he says. "Based on my experience, I am convinced that they are at least tolerated by the government.”

    When contacted by DER SPIEGEL, officials at the Croatian Interior Ministry said in a statement that they have no records of any operations on the date and location in question. They said they could not comment on the events described without further details. Croatia offers asylum seekers the opportunity to apply for asylum, the statement says, and goes on to claim that NGO reports on injured migrants almost completely ignore the conflicts between migrants in Bosnia-Herzegovina. The ministry claims that the migrants are injured in accidents or that they inflict injuries on each other and then blame Croatian border police.

    When Bosnian Milo Gujić hears shots or screams from the woods below his barn, he knows they are coming again. A short time later, bleeding, crying and half-naked men show up in his yard. Sometimes, he says, it happens daily.
    Fear of Retaliation

    Gujić and his wife have been experiencing the brutality of the Croatian border police up close for years now. Their property is located only a few hundred meters away from the EU’s external border. Gujić, who has a wiry build, has asked that we not use his real name for this story. He is afraid that Croatian security forces might retaliate against him.

    In March, Gujić opened up his home to Ibrahim and his companions. Gujic says he found the men standing at his door trembling and sobbing. When shown the video, he immediately recognizes them. He built a fire for them and brought dry clothes and food. "When I took the clothes off one of them, I saw his back. It looked like someone had stuck an iron bar into a fire and then hit him with it. That’s how deep red the marks from the blows were.”

    The Glina River along the border is a popular place for pushbacks. It is easily accessible from the Croatian side and only sparsely populated on the Bosnian side. Gujić says the Croatians recently paved the gravel road leading to the border, an omen, he believes, that the half-naked, injured men will keep coming. Gujić can’t understand the violence: “You don’t even hurt animals like that.”

    The EU pays Croatia millions of euros to secure the border. Croatia is also slated to join the Schengen Area soon, meaning its borders with other members of the area will no longer by controlled. Once that happens, the Croatian border with Bosnia-Herzegovina will become one of those places where decisions are made on how many asylum-seekers are actually allowed to reach Western Europe.

    In October 2019, the European Commission gave Croatia a positive evaluation in its progress toward accession into the Schengen Area, but said it would have to continue its work on "management of the external borders.” All Schengen member states must approve any country’s accession. But already, the Croatian government is effectively acting as one of Europe’s gatekeepers.

    So far, the EU has largely ignored these obvious violations of human rights. In Germany, Interior Minister Horst Seehofer and Chancellor Angela Merkel have openly praised the work of the Croatian border police. EU border management agency Frontex, which monitors the border from the air, has reported hundreds of illegal border crossings, but no human rights violations.

    "The EU is turning a blind eye to pushbacks,” says former Croatian Interior Minister Ostojić. He says it appears EU officials don’t seem to care whether the border police act in accordance with international law. And their silence merely encourages the Croatian government.

    "The images are the clearest evidence yet that Croatia engages in violent pushbacks,” says Hanaa Hakiki, a lawyer with the European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), a Berlin-based human rights organization that provides support to refugees facing court proceedings. She notes that the deportations did not take place at official border crossings and that some of the weapons used by the masked men were homemade. "In light of these terrible images, the EU should take immediate action,” she says.
    Schengen As a Means of Pressure?

    Ylva Johansson, the European Commissioner for Home Affairs responsible for EU borders, sent a letter to the Croatian Ministry of the Interior at the end of October and urged that the reports be investigated. “If proven true, what is shown there is of course unacceptable,” she now says after viewing the images. “People cannot be beaten up at the border. There must be consequences.”

    Meanwhile, the EU’s ombudswoman has also opened a probe. But real pressure on Croatia would probably only arise if the pushbacks were to put Croatia’s Schengen accession into question. “Violence at the border cannot continue,” Johansson says. “This will not help Croatia in its efforts to join the Schengen Area.”

    In the end, Ibrahim finally managed to win the "Game.” After another attempt, he managed to make it to Italy. He is currently living in a housing project in the north of the country and he was able to apply for asylum.

    But the months spent on the Croatian border took a massive toll on him. When he looks at the videos of himself on the Croatian border today, he bursts out in tears. He says he still suffers from headaches and the pain in his knee is also getting worse, especially now that the weather is getting colder. At night, he says, he sometimes has nightmares about the beatings by the Croatian policemen. One time, his roommates told him the next morning that he had been calling out for help. Again.

    https://www.spiegel.de/international/europe/croatia-video-documents-illegal-refugee-pushbacks-a-294b128d-4840-4d6b-9e96-

    #Croatie #Balkans #route_des_Balkans #violence #asile #migrations #réfugiés #push-backs #refoulements #frontières #Bosnie #Glina_river #Kulpa #Kulpa_river #Slovénie #Kolpa_river #frontière_sud-alpine #Kupa_river #rivière #Kočevje #Kocevje #Poljana #témoignage

  • Europe’s chain of migrant expulsion, from Italy to Bosnia

    ‘They pushed back Afghans, Syrians, people from Iraq, people in clear need of protection.’

    Italian authorities are drawing criticism from legal advocacy groups for returning asylum seekers and migrants across Italy’s northeastern land border to Slovenia, triggering a series of often violent pushbacks through the Balkans and out of the European Union.

    Several asylum seekers told The New Humanitarian that after being returned to Slovenia they were pushed back to Croatia, another EU member state. In turn, the Croatian authorities – accused of using systematic violence and abuse against migrants – expelled them to Bosnia, which is outside the EU.

    “Generally, in two days, the person disappears from Italy and appears again in Bosnia,” Gianfranco Schiavone, a legal expert at the Association for Juridical Studies on Immigration, or ASGI, an Italian NGO that provides legal aid to migrants and asylum seekers, told TNH.

    Advocacy groups say the returns are illegal because they block people from requesting asylum in Italy, and ultimately end with them being expelled from the EU without due process.

    The Balkans serve as a key part of the migration route from Turkey and Greece to Western and Northern Europe, and the UN’s migration agency, IOM, estimates that nearly 22,000* asylum seekers and migrants are currently stranded in the region.

    The allegations of illegal returns from Italy come amidst increased scrutiny by watchdog groups, and growing concern on the part of the European Commission, the EU’s executive body, over reports of widespread and frequently violent pushbacks at EU borders, especially in Greece and Croatia.

    Pushbacks violate EU law and are prohibited by the European Convention on Human Rights.

    In July, Italy’s Interior Ministry told the Italian Parliament in a letter that the returns are taking place under a longstanding agreement between Italy and Slovenia and are within the bounds of the law because Slovenia is also an EU member state. Italian Interior Minister Luciana Lamorgese later backtracked on the position, saying that only irregular migrants were being returned – not asylum seekers.

    At the end of October, the governor of Friuli Venezia-Giulia, the Italian region bordering Slovenia, said 1,321 people had been returned to Slovenia this year. Last year, just 250 people were returned between January and September, according to the interior ministry.

    Civil society groups say the returns are being carried out so quickly there is no way Italian authorities are implementing a full legal process at the border to determine if someone is in need of international protection.

    “Under European law, [police are required to accept] asylum applications made on the border,” Schiavone said.

    Such returns are not new, but began to take place in larger numbers following an uptick in arrivals in Friuli Venezia-Giulia from Slovenia as the first round of coronavirus lockdowns ended in the spring.

    These arrivals fed into a charged political environment in Italy over migration during the pandemic and led Italy to increase its military presence along the Slovenian border to help “fight illegal migration”.

    In the first 10 months of 2020, local authorities in Friuli Venezia-Giulia counted 4,500 arrivals. By comparison, nearly 28,000 asylum seekers and migrants have arrived In Italy by sea so far this year.

    But it is difficult to know exactly how many people enter from Slovenia because local officials and international organisations do not regularly publish comprehensive data on land arrivals to Italy, and those crossing the border often try to steer clear of authorities to avoid being pushed back or having their fingerprints taken, which would subject them to the Dublin Protocol, requiring them to apply for asylum in the first EU country they entered.

    Much of the migration activity since May has been taking place in the city of Trieste – just four kilometres from the Slovenian border – and in the surrounding countryside.

    Trieste is a key transit point, and a destination that many migrants and asylum seekers see as offering some respite after the long and often dangerous trek through the mountainous Balkans.

    Those who reach Trieste without being returned are often in poor physical condition and find little official support.

    “Both the services and the response provided to people who arrive is not the most adequate. More should be done,” Chiara Cardoletti, the UN refugee agency’s representative in Italy, said following a visit to Trieste in October, adding: “Coronavirus is complicating the situation."
    The pushback chain

    Asylum seekers and migrants have nicknamed the journey across the Balkans “the game”, because to reach Italy they have to try over and over again, facing pushbacks and violence at each border along the way.

    For many, “the game” – if they are successful – sees them end up under the arches of an old, abandoned building close to Trieste’s train station.

    When TNH visited in October, voices echoed inside. Around 30 people – all recently arrived from Slovenia – were taking shelter on a rainy morning surrounded by worn out children’s shoes, piles of discarded clothes, rotting foam mattresses, and torn backpacks.

    Most were young men in their teens and early twenties from Pakistan and Afghanistan. Like others before them, they were resting for a couple of days before continuing on – they hoped – to Milan, France, or elsewhere in Europe.

    After crossing from Turkey to Greece, they had all reached a bottleneck in Bihać, a town in Bosnia close to the Croatian border where people often become stuck as they try repeatedly to enter the EU. Once they cross the border, it takes up to 20 days through the mountains of Croatia and Slovenia to reach Italy. Many paid thousands of dollars to smugglers to assist them along the way, but ended up with no food for days and only rainwater to drink. Most could barely walk on their battered feet.

    Umar, a 20-year-old from Pakistan who preferred not to use his real name, said he had tried to cross the Balkans nine times before landing up in Trieste. He said he had made it to Italy once before, in May.

    “[The] police caught us and put us somewhere in a [camouflage] tent with many people,” Umar said. “They took our fingerprints. I told the police we are staying here in Italy. We showed our foot injuries, but they said, ‘There is no camp. Go back’.”

    Umar said the Italian authorities handed him over the next morning to the Slovenian police, who passed the group he was with on to the Croatian police, who then put them in a small van and deposited them near the border with Bosnia. “There was no air inside,” he recalled. “The weather was hot.”

    Now back in Italy, Umar planned to travel further inland to the city of Udine, about 65 kilometres from Trieste, to apply for asylum. He was afraid to present himself to authorities in Trieste, believing it was too close to the border and that he might be pushed back again.

    Others in Trieste shared similar stories of reaching Italy on previous attempts only to end up back in Bosnia after being pushed back from one country to the next.

    Muhammed, a 21-year-old also from Pakistan, said he reached Italy on his third attempt crossing the Balkans, and he was taken to the same tent. “There was a translator, who told us, ‘you guys will be staying here in Italy’,” Muhammed said. “Despite that, we were pushed back.”

    Muhammed then described how the Slovenian authorities pushed his group back to Croatia. “The police in Croatia kicked us, punched us,” he recalled. “They… took our money and left us on the Bosnia border.”

    After making it back to Italy again on his fourth attempt, Muhammed said he had now managed to apply for asylum in Trieste.
    ‘It had become systematic’

    The pushbacks from Italy to Slovenia appear to be indiscriminate, according to Schiavone, from ASGI. “[They] have involved everybody, regardless of nationality,” he said. “They pushed back Afghans, Syrians, people from Iraq, people in clear need of protection.”

    Schiavone said the removal procedures appeared to be informal and people are not given the chance to apply for asylum before being returned to Slovenia.

    A spokesperson for the border police in Gorizia, an Italian border town in Friuli Venezia-Giulia, told TNH in a statement that the department was operating in accordance with Ministry of Interior directives, and that people belonging to “‘protected categories’ such as unaccompanied children and pregnant women or, in general, anyone in need of medical assistance”, were excluded from returns. “To safeguard each migrant’s individual circumstances, interviews take place with an interpreter… and multilingual information brochures are handed out,” the spokesperson added.

    The asylum seekers in Trieste told TNH that authorities took their fingerprints and gave them a slip of paper before sending them back to Slovenia.

    “It had become systematic,” Marco Albanese, the supervisor of a migration reception centre in Italy close to the Slovenian border, told TNH. “They were pushing back people who were unable to walk.”

    Those who are intercepted but not pushed back spend a quarantine period at a camp in the countryside before being transferred to a reception centre. Others manage to evade the authorities altogether.

    The job of providing basic services to asylum seekers and migrants not in the official system largely falls to volunteer groups.

    The square outside Trieste’s train station begins to fill with asylum seekers and migrants around 6 in the evening. The night TNH visited, around 30 to 40 people came in small groups, milled around, and sat on benches. Many had no shoes and their badly swollen feet were covered with blisters and cuts.

    Volunteers served hot meals and handed out warm clothes, and young doctors and nurses from an organisation called Strada Si.Cura – a play on the Italian words for safe streets and healing – checked people’s temperatures, performed basic medical screenings, and attended to injuries.

    Sharif, a 16-year-old Afghan whose name has been changed to protect his identity – waited in line to show an infected blister on his foot to one of the medical volunteers. He spent two years in Bosnia and said he was pushed back 15 or 16 times before finally reaching Trieste. Like nearly everyone, he had a story about Croatian police violence, recalling how he was stripped naked, beaten with a stick, and abandoned near the border with Bosnia.

    The thoughts of some in the square turned to people they had met along the way who hadn’t made it to Italy and now face harsh winters somewhere in the Balkans.

    “In our group, there were 80 people,” said Sami, a 23-year-old from Pakistan. “Other people [had] a lot of injuries, a lot of problems… So they stay in the forests in Croatia, in Slovenia, near Bosnia because the way is so hard.”

    https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2020/11/17/europe-italy-bosnia-slovenia-migration-pushbacks-expulsion

    #expulsions #refoulements #refoulements_en_chaîne #route_des_Balkans #Italie #Bosnie #Slovénie #Balkans #asile #migrations #réfugiés #push-backs #frontière_sud-alpine #Croatie #Game #The_Game

    ping @isskein @karine4

    • “They punched me because I asked to stop the hot air - pushback from Trieste to Bihac”

      Date and time: September 16, 2020 01:00
      Location: San Dorligo della Valle, TS, Italy
      Coordinates: 45.607175981734, 13.85383960105
      Push-back from: Croatia, Italy, Slovenia
      Push-back to: Bosnia, Croatia, Slovenia
      Demographics: 6 person(s), age: 25-35 , from: Bangladesh, Algeria
      Minors involved? No
      Violence used: beating (with batons/hands/other), exposure to air condition and extreme temperature during car ride, dog attacks, forcing to undress, destruction of personal belongings, theft of personal belongings
      Police involved: Italian Army officers, one army van and one army car; several Italian police officers, one police van; several Slovenian police officers, one police van and several Croatian police officers (masked), one german shepard,, one police van.
      Taken to a police station?: yes
      Treatment at police station or other place of detention: detention, fingerprints taken, photos taken, personal information taken, papers signed, denial of access to toilets, denial of food/water
      Was the intention to ask for asylum expressed?: Yes
      Reported by: Anonymous Partner

      Original Report

      The respondent, an Algerian man, left the city of Bihac (BiH) on 2nd September, 2020 in a group with five other Algerians, aged between 22 and 30 years old. After 12 days of travel they arrived in Trieste (ITA). They entered into Italy near the municipality of San Dorligo della Valle (45.607871, 13.857776), in the early morning on the 14th September. While the group was walking along a the SP12B road, they were tracked down by a military convoy, composed of a car and a van. The three military officers onboard stopped them at the side of the road and called the Italian police, who arrived shortly after with a van.

      The captured group were then transferred with the van to a police station in Fernetti [exact location], a site with a military tent erected for identification procedures of people on the move and asylum seekers. The respondent claims that he found himself together with many around 60 other people from Afghanistan, Bangladesh and Pakistan, in addition to a person from Morocco. Many of the people held at the site, according to him, were minors or had been fingerprinted previously in Greece.

      The people detained in the tent were seperated by nationality. Each person of the transit group was questioned and processed individually in a separate, smaller tent, described as a small silo, the others had to wait in a small room which he describes as a “prison-room”. Personal data was gathered, fingerprints were recorded and photos of their faces were taken. The respondent clearly expressed the will to seek asylum in Italy.

      The assigned translator for the respondent and his group, of Moroccan origin, was already attending to one person from Morocco who was present when they arrived. The respondent overheard the translator suggesting to this person that he should declare himself as a minor. The police officers also searched him and confiscated his phone, a power bank and a watch, which were put inside a plastic bag. After that, the respondent had to sign 3 different documents, one of them – an identification and domicile paper – hidden and preserved by the respondent.

      When they deport you, they make you sign this paper so that they can say you accept it. And of course, you sign it. who care about you? They just say: ‘sign’ and you sign, because you don’t have power and there is no one listening to you.”

      The captured transit group remained in the police station from 08:00 until 17:00. The food was distributed collectively and due to a massive amount of people, some were left without. At some point the respondent requested to go to the
      toilet and he was taken outside, which allowed him to understand the area where he was. The respondent saw a reception center in front of him.

      At the end of the identification procedure, the police took five of the Algerians from the transit group. The sixth person was taken away however, the respondent stating this was because he had been fingerprinted in Greece. Some other Moroccans who were present in the tent were also kept there, which the respondent suggests was due to help from the translator in assisting their access to asylum.

      “Translator plays a big role. Maybe 80%”

      The remaining five people from Algeria were put inside a van. The respondent claims that he clearly saw the officers carrying the bag with his personal items, which he thought they would return to him once left at the next destination. The vehicle did not have either windows or light and the respondent described experiencing difficulties to breath during the ride. At this point the people-on-the-move received a small bottle of water and a small cracker for the first time since the apprehension.

      “They play with you. You just think just when is it finish.”

      Once they were sitting inside the van, the group realized that they were about to be deported to Slovenia and they asked what was going on. The police officers reassured them that they would stay in Trieste. The van then moved on: inside it was very hot and from the ventilation came out hot air. The respondent knocked on a window to attract the attention of the agents, who stopped the van, got out of the vehicle and opened the hatch to ask for explanations of why they were knocking on the window.

      There was a squabble, and one of the two officers punched the respondent, but was immediately stopped by his colleague who invited him to calm down. After the incident, they continued to drive and they arrived in an area, which was described as a road border crossing (likely Pesek-Kozina) between Italy and Slovenia. There, the group found a Slovenian police van with police officers waiting for them. They were transferred very quickly from the Italian police van to the Slovenian van: according to the respondent, officers were looking around with circumspection, as if they were worried about being noticed during the operation ongoing.

      Once the captured transit group were transferred to the Slovenian police van, they were taken in a police station, in Kozina, Slovenia. Here the respondent asked for his personal belongings, but the Slovenian police replied that the Italian police had not given them anything. The respondent doesn’t know if his belongings were kept by the Italian police officers or if the Slovenian police officers lied to him, keeping his belongings.

      In the station in Kozina, the officers took the prints of their thumbs of both hands, and realized that the respondent was already registered in the police database, due to previous entrance he had made into Slovenia (on this occasion he had also signed some documents). Later on, the group was transferred from Kozina to Ljubljana for a Covid-19 screening. After that, they returned to Kozina, where
      they spent the night detained. They stayed in this this location for what the respondent estimated to be a whole night. During this detention the group members could use the toilet and were handed another small bottle of water but were not provided with any food.

      The next morning (15th September) the group were transferred to Croatia, through the Socerga/Pozane border crossing. Here the Slovenian police photographed the documents that they had signed and threw them away in the garbage, before giving the group over to the regular Croatian police. The respondent, also in this occasion, managed to hide one Italian document, putting it inside his underwear (see previous photograph).

      The respondent identified the van that they were put in afterwards to be a Croatian police vehicle. Concerning the ride to Croatia he described that the driver was driving very bumpy, braking very sharply at any given moment.

      “you know, they really try to make you hate yourself. For what you have done and so you never try again to cross border to Croatia.”

      “If they deport you in the day you stay in the police car all day till it gets night. If they deport you in the night, they let you go directly.”

      In Croatia they had to wait for 15 hours, from 10:00 to 01:00 the next day (16th September) in the van. During this time they were not provided with any food or water and just left alone in the car. While they were waiting several other people-on-the-move were brought into the van by Croatian police officers, including a Bangladeshi man. Finally, at around 01:00 two Croatian police officers drove the van to the border of Bosnian territory, about 10 kilometers out of Bihac.

      When they arrived to this location, the respondent described that a Croatian officer wearing a dark uniform and a black ski-mask with a big German Shepherd told them to leave the van and line up in a file. The group-members were then told to get undressed to their boxers and a T-shirt. The officer took all of the clothes in a bin bag and set them on fire. Another officer was waiting behind the wheel of the vehicle during the procedure. The men then had to line up in a row, crowded closely together. The policeman yelled: “haide, go,go,go,go” and let the dog off the leash, which immediately snapped at the arm of the man in the last position in the row. The other men were able to run away in this way, but the last one apparently received a severe wound in his arm. The respondent then walked another 24 hours back to Velika Kladusa, where he started his journey.

      https://www.borderviolence.eu/violence-reports/deport-from-trieste

  • « Délit de solidarité » : Cassation de la condamnation d’un militant solidaire à la frontière franco-italienne

    Le 14 octobre 2020, la #Cour_de_cassation a sanctionné une nouvelle fois la #cour_d’appel d’Aix-en-Provence dans le cadre d’un nouveau #procès pour « délit de solidarité ».

    Relaxé par le tribunal correctionnel de Nice en 2018, #Loïc_Le_Dall a été condamné le 1er avril 2019 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à 3 000 euros d’amende avec sursis pour « aide à l’entrée d’un étranger en situation irrégulière en France ».

    Trop pressée de sanctionner une nouvelle fois un militant solidaire des personnes exilées à la frontière franco-italienne, la cour d’appel avait refusé d’examiner les moyens de procédures soulevés par l’avocat de Loïc Le Dall, lequel avait alors formé un pourvoi en #cassation. Début septembre 2020, la Cour de cassation s’est penchée sur l’affaire. Elle a cassé la décision de la cour d’appel et a renvoyé devant ladite cour, dans une nouvelle composition, pour un nouvel examen de l’affaire.

    « Je suis très heureux que la Cour de cassation ait rendu une décision en ce sens. Cependant, le fond du débat n’a pas été tranché et une prochaine audience pourra sans doute permettre de me relaxer définitivement, mon objectif ayant toujours été la défense des droits des personnes à la frontière franco-italienne », déclare Loïc Le Dall à l’annonce de la décision de la Cour de cassation.

    « La Cour de cassation sanctionne la cour d’appel pour ne pas s’être prononcée sur les moyens de nullité de procédure pourtant régulièrement soulevés in limine litis (avant toute défense au fond). Ce faisant, la Cour souligne l’office du juge, même lorsqu’il doit se prononcer sur des infractions à dimension fortement politique. Cette décision est néanmoins frustrante car le fond sur ce qui est appelé le « délit de solidarité » ou la liberté d’aider autrui n’a pas été évoqué malgré un avis favorable de l’avocat général. L’audience de renvoi revêtira donc un enjeu particulièrement important dans les prochains mois pour tous les militants solidaires. Je garde l’espoir que, dans sa nouvelle composition, la cour d’appel changera sa position en tirant les conséquences des évolutions jurisprudentielles intervenues depuis la décision du Conseil constitutionnel consacrant le principe de fraternité », déclare Zia Oloumi, avocat de Loïc Le Dall.

    Pour l’Anafé et Emmaüs France, engagées dans le soutien des défenseurs des droits humains poursuivis pour « délit de solidarité », le débat à venir devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence dans le cadre du procès de Loïc Le Dall permettra sans doute de mettre un terme aux poursuites pour aide à l’entrée sur le territoire des militants solidaires.

    A l’heure où la Commission européenne envisage, dans le pacte européen sur les migrations, de mettre un terme aux poursuites des militants lors des sauvetages en mer, nos associations demandent à ce que la loi française soit modifiée pour que les personnes solidaires en France ne soient plus inquiétées, poursuivies et condamnées pour leurs actions de fraternité à l’égard des personnes en migration.

    La défense des droits des personnes étrangères aux frontières et de la solidarité, que ce soit en mer, en montagne ou dans les plaines, ne doit plus être réprimée.

    Complément d’information

    Le 18 janvier 2018 Loïc Le Dall est arrêté lors d’un contrôle d’identité au péage de #La_Turbie dans le sens Italie-France. À bord de son véhicule, il y avait un ressortissant éthiopien. Ils ont tous les deux été arrêtés. Loïc Le Dall a reconnu avoir aidé cette personne dans son parcours migratoire pour des #motifs_humanitaires. Quelques jours avant, un homme avait été retrouvé mort sur le toit du train en provenance de Vintimille – il avait été électrocuté. Le ressortissant éthiopien a été immédiatement renvoyé en Italie.

    À l’issue de sa garde à vue, Loïc Le Dall a été présenté au tribunal correctionnel de Nice en comparution immédiate. L’audience a été reportée au 14 mars. Pendant cette période, il avait l’interdiction de sortir du département des Alpes-Maritimes et devait se présenter une fois par semaine au commissariat.

    Le 14 mars 2018, le tribunal correctionnel de Nice a relaxé Loïc Le Dall en raison notamment de l’absence d’audition du ressortissant éthiopien dans la procédure pénale et de l’absence de procédure relative à la situation administrative de cette personne sur le territoire français. Le tribunal avait en effet estimé que « la culpabilité ne peut être retenue sur la seule base de l’auto-incrimination, le délit poursuivi n’apparaît pas suffisamment caractérisé en l’absence d’enquête sur la situation administrative de l’étranger visé à la procédure ».

    Le parquet avait alors fait appel de la décision. L’audience en appel s’est tenue le 20 mars 2019 à la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Le 1er avril 2019, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné Loïc Le Dall à 3 000 euros d’amende avec sursis pour « aide à l’entrée d’un étranger en France ». Loïc Le Dall a alors formé un pourvoi en cassation. L’audience devant la Cour de cassation s’est tenue le 2 septembre 2020.

    Loïc Le Dall est observateur aux frontières intérieures terrestres et membre de l’Anafé depuis janvier 2018. Il a rejoint le mouvement Emmaüs et est président d’Emmaüs Roya depuis août 2019.

    http://www.anafe.org/spip.php?article580
    #délit_de_solidarité #justice #asile #migrations #réfugiés #France #frontières #frontière_sud-alpine #solidarité

  • Pubblicato il dossier di RiVolti ai Balcani

    L’obiettivo: rompere il silenzio sulla rotta balcanica, denunciando quanto sta avvenendo in quei luoghi e lanciando chiaro il messaggio che i soggetti vulnerabili del #game” non sono più soli.

    Il report “Rotta Balcanica: i migranti senza diritti nel cuore dell’Europa” della neonata rete “RiVolti ai Balcani” è composta da oltre 36 realtà e singoli impegnati nella difesa dei diritti delle persone e dei principi fondamentali sui quali si basano la Costituzione italiana e le norme europee e internazionali.

    Il report è la prima selezione e analisi ragionata delle principali fonti internazionali sulle violenze nei Balcani che viene pubblicata in Italia. Un capitolo esamina la gravissima situazione dei respingimenti alla frontiera italo-slovena.

    http://www.icsufficiorifugiati.org/la-rotta-balcanica-i-migranti-senza-diritti-nel-cuore-delleurop

    #rapport #rivolti_ai_balcani #ICS #Trieste #Italie #frontière_sud-alpine #Slovénie #push-backs #refoulement #refoulements #réfugiés #asile #migrations #Balkans #route_des_balkans #the_game

    • Riammissioni tra Italia e Slovenia : 32 migranti rimandati di nuovo sulla Rotta

      „Tante sono le persone che il Dipartimento di polizia di #Capodistria ha ricevuto da parte delle autorità italiane. Nel giro di qualche settimana tenteranno nuovamente di passare“

      Continua il fenomeno delle riammissioni di migranti che le autorità italiane riconsegnano alla polizia slovena in base agli accordi firmati tra Roma e Lubiana nel 1996. Nelle ultime 24 ore sono 32 le persone rimandate nel territorio della vicina repubblica. Nel dettaglio, sono 31 cittadini di origine pakistana e una persona proveniente invece dal Marocco. La Rotta balcanica alle spalle di Trieste ha ripreso vigore nelle ultime settimane, con la conferma che arriva dai dati diffusi dal Dipartimento di polizia di Capodistria negli ultimi 10 giorni e dal corposo rintraccio avvenuto due giorni fa nella zona della #val_Rosandra, in comune di #San_Dorligo_della_Valle/Dolina.

      I dati dell’ultimo periodo

      Ai circa 150 migranti rintriaccati dalle autorità slovene negli ultimi giorni, vanno agigunti altri 13 cittadini afghani e quattro nepalesi. Dai campi profughi della Bosnia è iniziata la fase che vede i migranti tentare di passare i confini prima dell’arrivo delle rigide temperature che caratterizzano l’inverno sulla frontiera con la Croazia. Riuscire a farcela prima che cominicino le forti nevicate signfiica non dover aspettare fino a primavera. Nel frattempo, gli addetti ai lavori sono convinti che non passeranno troppe settimane prima che gli stessi migranti riammessi in Slovenia vengano nuovamente rintracciati in territorio italiano.

      https://www.triesteprima.it/cronaca/rotta-balcanica-migranti-slovenia-italia-riammissioni.html

      #accord_de_réadmission #accord_bilatéral #frontières #expulsions #renvois #refoulement #migrations #asile #réfugiés #réadmission

      –—

      ajouté à cette liste sur les accords de réadmission entre pays européens :
      https://seenthis.net/messages/736091

  • "Si un migrant est dans la région de Vintimille, c’est qu’il veut partir"

    À la frontière italo-française, des dizaines de migrants venus de tous horizons sont refoulés chaque jour après avoir tenté de passer en France. Solution de repli pour les refoulés fatigués de ce jeu du chat et de la souris, la ville de Vintimille, située à 10 kilomètres, est devenue ces derniers mois un territoire sans pitié pour les migrants.

    « Comme un ballon de foot »

    Visage masqué et pieds nus, Mohamed Ahmed a les yeux tournés vers la mer. Depuis le muret en pierres sur lequel il est assis à l’ombre des pins, il a une vue imprenable, splendide. La Méditerranée scintillante. La côte vallonnée - italienne d’abord, puis française un peu plus loin. Et la ville de Menton, facilement reconnaissable de l’autre côté de la baie, première cité de l’Hexagone en venant de cette partie de l’Italie. Mais le jeune homme ne semble pas apprécier ce paysage digne d’une carte postale. Il le regarde sans le voir. Bien que proche, Menton, et donc la France, lui est inaccessible.

    Inaccessible car Mohamed Ahmed est un migrant, soudanais, âgé de 25 ans, originaire du Darfour. Il a passé une partie de la nuit à marcher, dans l’espoir de traverser illégalement la frontière. L’autre partie, il l’a passée dans un préfabriqué exigu et sans toit appartenant à la PAF (police aux frontières) de Menton. Le matin venu, il a été remis sur la route avec pour ordre de retourner en Italie à pieds. L’Italie ne veut pourtant pas plus que la France de Mohamed Ahmed. « Je me sens comme un ballon de football sur un terrain entre deux équipes. L’une c’est l’Italie, l’autre c’est la France », dit-il.

    Face aux « difficultés migratoires », les deux pays semblent pourtant faire front commun. Fin juillet, Rome et Paris ont même annoncé la création prochaine d’une brigade conjointe à leur frontière pour lutter contre les filières de passeurs. De quoi compliquer davantage les passages. « Si les gens sont ici, c’est qu’ils veulent partir, ils sont déterminés. La police ne fait que les ralentir et les pousse à prendre plus de risques », regrette Maurizio Marmo, responsable de l’ONG Caritas Vintimille qui vient en aide aux migrants dans cette région italienne. En moyenne, il faut cinq essais à une personne avant de parvenir à passer en France. Mohamed Ahmed est dans la moyenne haute : c’est sa septième tentative en cinq jours. Il y en aura d’autres.

    Depuis la fin du confinement, et la reprise des voyages de migrants qui s’en est suivie, des dizaines de personnes essaient chaque jour de franchir cette frontière dans la région de Vintimille. Les moyens sont divers pour ceux qui ne sont pas conduits dans des véhicules de passeurs : à pieds, il y a le long de la mer - chemin qui n’a ’’quasiment aucune chance’’ étant donné la surveillance policière, glisse le membre d’une association -, les voies de chemins de fer ou, plus risqué, la montagne via un sentier surnommé sans équivoque ’’le passage de la mort’’. Il y a également les trains et les risques d’électrocutions pour ceux qui s’aventurent dessus.

    Chaque jour, aussi, des dizaines de personnes sont interpellées par la police française et sont refoulées. Des « #push-backs » souvent considérés comme illégaux car menés au mépris de l’asile demandé par les intéressés. La PAF de #Menton est d’ailleurs bien connue pour son fonctionnement opaque. Déjà visée par une enquête sur de possibles infractions, cette police avait refusé, en octobre 2019, à une députée le droit de visiter les lieux où sont retenus les migrants.

    Ce jeudi, ils sont une cinquantaine, comme Mohamed Ahmed, à avoir été renvoyés par la police dès le matin, selon un registre tenu par les associations. Un chiffre constant.

    L’apprentissage de la #méfiance

    Sur le bord de la route qui ramène à Vintimille, ville de repli et de transit pour les migrants, des associations ont installé un poste de ravitaillement pour accueillir les refoulés sur le retour. Au frais sous les arbres, du pain, des biscuits, des fruits et des réchauds pour faire du café les attendent. Une infirmière italienne est aussi là pour examiner les éventuelles blessures. Exténués et en sueur après une longue montée, ceux qui arrivent devant cette tablée affichent de larges sourires, agréablement surpris de voir qu’ici, pour une fois, des gens les attendent pour les aider. ’’C’est gratuit, c’est gratuit’’, rassure l’un des participants, les enjoignant à se servir.

    Au soulagement qu’apporte ce réconfort cède toutefois rapidement l’inquiétude. Car beaucoup de ceux présents - pour la plupart très jeunes - semblent dans un état de confusion totale. Faut-il prendre le bus pour se reposer à Vintimille ou retenter sa chance tout de suite ? Quel chemin emprunter ? Est-ce vrai que des militaires se cachent dans les buissons sur le sentier ’’de la mort’’ pour attraper les migrants qui y marchent la nuit ? « Est-ce que je dois dire que je veux demander l’asile en France quand un policier m’interpelle ? Tu peux m’écrire sur un bout de papier comment on dit ça en français ? » Les questions et les regards perdus se bousculent. Le silence tombe aussi soudainement, parfois. Au jeu du chat et de la souris qui se déroule à cette frontière, les grands perdants sont ceux qui ne maîtrisent pas les règles.

    Au point de ravitaillement les migrants peuvent acheter des tickets de bus pour aller Vintimille Crdit InfoMigrants

    « On m’a volé mon sac à dos dans la PAF », lance Nabil Maouche, Algérien de 27 ans, l’air hagard. À l’intérieur se trouvait tout ce qu’il possédait : ses vêtements, 50 euros et, surtout, son téléphone et son chargeur. « Je ne peux plus appeler ma famille », lance le jeune homme qui a embarqué début août depuis les côtes africaines à bord d’un petit bateau de fortune ayant, assure-t-il, réussi à atteindre la Sardaigne. Selon Chiara, membre de l’association italienne Projetto 20k, les pertes d’objets personnels sont monnaie courante durant les nuits au poste : « Les affaires des migrants sont gardées dans un vestiaire dans la PAF, c’est une pièce dans laquelle il y a beaucoup de passage… »

    Binu Lama, Tibétaine de 22 ans, montre pour sa part des documents dont elle peine à comprendre la signification. Un « refus d’entrée » de la police française et un procès verbal des forces de l’ordre italiennes, qui lui ont été délivrés coup sur coup. Elle ne parle ni français, ni italien, ne sait pas ce qu’elle doit en faire. Mais elle jure que, si près du but, cette paperasse ne l’empêchera pas de retenter sa chance dans quelques heures seulement. Accompagnée de son mari et d’un groupe d’amis, elle veut « trouver du travail et envoyer de l’argent à [sa] famille » depuis la France, où elle croit savoir qu’elle pourra obtenir l’asile plus facilement qu’en Italie. « Je ne suis pas découragée et je n’ai pas peur. Je suis habituée maintenant à traverser les frontières », lance celle qui a déjà marché à travers la Turquie, la Grèce, l’Albanie, le Monténégro, la Bosnie, la Croatie et la Slovénie.

    Phénomène vieux de plusieurs années, ces tentatives de passages dans la région de Vintimille ont ceci de nouveau qu’elles rassemblent désormais des personnes aux profils et aux origines plus variés qu’avant. Des Tibétains, par exemple, Jacopo Colomba, représentant de l’ONG We World, n’en avait pas vus dans le coin depuis deux ans. Il y a par ailleurs davantage de migrants désillusionnés par l’Italie « qui veulent tenter leur chance ailleurs », affirme Maurizio Marmo, de Caritas Vintimille. Ils s’ajoutent aux primo-arrivants dans le pays, largement majoritaires parmi ceux qui tentent le passage. Venus de la route des Balkans ou de l’île de Lampedusa dans le but de rejoindre la France ou d’autres pays du nord de l’Europe, ils sont nombreux à expliquer leur désir de quitter la péninsule par le fait qu’ils ne parlent pas italien, qu’ils ne connaissent personne dans ce pays ou, tout simplement, par l’ordre qu’ils ont reçu d’en partir.

    Ce dernier cas de figure est celui de Mohamed Ahmed et de ses deux compagnons de voyage, eux aussi originaires du Darfour. L’un d’eux tchipe lorsqu’on lui demande son prénom, en signe de refus. Il ne le donnera pas. Il tchipe de plus belle, en guise de désapprobation, lorsque son ami accepte, lui, de donner le sien. Le parcours migratoire de ce trentenaire l’a rendu méfiant, sur la défensive. Il ne sait plus qui croire ni à quel sein se vouer. Comme beaucoup de migrants, il a appris la méfiance envers les autorités, envers les journalistes, la méfiance des uns envers les autres.

    Et pour cause : cet homme sans nom est allé de mauvaises surprises en désillusions. Comme Mohamed Ahmed, il a fui le Soudan en guerre pour aller travailler en Libye, pays qu’il croyait prospère alors qu’il est en proie au chaos et à la loi du plus fort depuis 2011. Il y restera bloqué deux ans. À leur arrivée à Lampedusa au terme d’une traversée en bateau, les comparses soudanais sont placés en quarantaine pour détecter d’éventuels cas de coronavirus. Cette période censée durer 14 jours sera renouvelée et doublée, sans qu’on leur fournisse la moindre explication. À leur sortie, les autorités italiennes leur ont donné sept jours pour quitter le territoire.

    « À Vintimille, il n’y a plus d’endroit pour les choses intimes »

    Une fois refoulés par les autorités françaises, les migrants n’ont guère d’autres choix que d’aller à Vintimille, cité balnéaire de 24 000 habitants, loin d’être accueillante mais qui a l’avantage de se trouver à seulement 10 kilomètres de la frontière. Dans les rues de la ville, ils sont désoeuvrés. Chaque nuit, les associations dénombrent entre 100 et 200 migrants qui dorment où ils peuvent, gare, plages, arrière des buissons, sans tente. « Regardez comment c’est ici », lance, écœuré, un jeune Tchadien, arrivé depuis seulement trois jours, en pointant le bitume jonché de déchets. « Moi je dors plus bas, près de la rivière. » Il n’est pas le seul : les berges de la rivière Roya, recouvertes de végétation, sont habitées par de nombreux sangliers imposants et peu farouches.

    Le nombre de migrants à la rue à Vintimille représente une situation inhabituelle ces dernières années. Elle résulte, en grande partie, de la fermeture fin juillet d’un camp humanitaire situé en périphérie de la ville et géré par la Croix-Rouge italienne. Cette fermeture décrétée par la préfecture d’Imperia a été un coup dur pour les migrants qui pouvaient, depuis 2016, y faire étape. Les différents bâtiments de ce camp de transit pouvaient accueillir quelque 300 personnes - mais en avait accueillis jusqu’à 750 au plus fort de la crise migratoire. Des sanitaires, des lits, un accès aux soins ainsi qu’à une aide juridique pour ceux qui souhaitaient déposer une demande d’asile en Italie : autant de services qui font désormais partie du passé.

    « On ne comprend pas », lâche simplement Maurizio Marmo. « Depuis deux ans, les choses s’étaient calmées dans la ville. Il n’y avait pas de polémique, pas de controverse. Personne ne réclamait la fermeture de ce camp. Maintenant, voilà le résultat. Tout le monde est perdant, la ville comme les migrants. »

    Alors, qu’est-ce qui explique cette fermeture ? La préfecture est restée silencieuse à nos questions. Selon des associations, les autorités en auraient eu assez du cadre juridique bancal sur lequel avait été ouvert ce camp, unique en son genre dans le nord de l’Italie. D’autres avancent que la tenue prochaine d’élections régionales, fin septembre, aurait motivé cette décision dans l’espoir de glaner les votes de l’électorat anti-migrants. Difficile à savoir. Début septembre, plus d’un mois après sa fermeture, les préfabriqués du « campo » n’étaient en tout cas toujours pas démantelés, permettant à certains de parier sur une réouverture future.

    Toujours est-il qu’en attendant, la vie des migrants s’organise désormais à l’intérieur même de la ville, autour de la Via Tenda. Sur un parking, entre le cimetière et une voie rapide, l’association Kesha Niya distribue de la nourriture et de l’eau les soirs. Les matins, des collations sont servies dans les locaux de Caritas Vintimille, à proximité. Entre les deux, plus grand chose.

    « Les mineurs et les familles n’ont aucun accueil, s’offusque Maurizio Marmo. Les mineurs restent dehors. » En solution d’urgence, l’église San Nicola a récemment accepté, sous l’impulsion de Caritas, d’ouvrir ses portes aux familles le temps de quelques nuits seulement.

    Mais les portes, en général, se ferment davantage qu’elles ne s’ouvrent. « Avant, on louait un local là, près de la rivière, dit Chiara de Projetto 20k. Les migrants pouvaient s’y reposer en sécurité, charger leur téléphone, passer du temps tranquilles pour les choses intimes… Ça marchait bien. Mais le propriétaire a voulu mettre fin à cette location en janvier 2019. Maintenant le lieu est fermé et il n’y a plus d’endroit sécurisé à Vintimille pour ce genre de choses. »

    Même des services aussi essentiels que les douches ne sont plus accessibles aux migrants dans la ville. Les salles de bains de l’association Caritas, seules options, sont fermées pendant la belle saison. « Les douches sont très compliquées à gérer, justifie Maurizio Marmo, alors, l’été, ils vont dans la mer. »

    Abdelkhair a choisi la rivière. Accroupi sous un pont, penché en avant, il lave un t-shirt dans le faible débit de la Roya, asséchée en cette fin d’été. Il en profite pour se mouiller le visage. Originaires du Bangladesh, lui et ses compagnons ne peuvent pas s’attarder ici. « C’est le coin des Somaliens », prévient un autre migrant, qui s’est levé à la hâte du matelas encrassé sur lequel il était allongé à la vue d’un visiteur. Des murmures et des frémissements nous font comprendre que d’autres hommes se cachent tout autour, dans les interstices du pont, d’où dépasse un pan de couette, et dans les buissons. Les sangliers, eux, gambadent en plein jour non loin de là.

    À la recherche des femmes

    Les passeurs, aussi, agissent à découvert dans Vintimille. Dans le centre-ville, il n’est pas rare que des groupes d’hommes, connus pour être là pour du business, rodent autour de la gare. « Quand on les voit se diriger vers les quais, c’est qu’ils ont été prévenus qu’un train arrivait », indique un membre d’une association qui préfère garder l’anonymat.

    Mohamed Sheraz, rencontré en dehors de la ville, est si à l’aise qu’il donne son nom. Âgé de 25 ans, ce réfugié pakistanais en France dit venir en Italie pour « aider ses frères » en parallèle de son travail dans le secteur du bâtiment. En l’occurrence, il « aide » cinq hommes, quatre Pakistanais et un Afghan, moyennant 150 euros par tête. La nuit dernière, les migrants n’en ont pas eu pour leur argent, ce fut un échec.

    Mais d’autres trafics, plus secrets, inquiètent davantage les associations. Parmi les migrants livrés à eux-mêmes, les femmes, particulièrement vulnérables, sont l’objet de plusieurs attentions. « Dans les deux derniers mois, on a pu entrer - brièvement - en contact avec trois femmes, dit Jacopo Colomba, de l’ONG We World. Elles semblaient être contraintes par quelque chose et cherchaient une manière de s’échapper mais des hommes ont interrompu notre conversation. Nous ne les avons pas revues. »

    Grâce à des maraudes hebdomadaires, Jacopo Colomba, qui a rejoint le projet « Hope this helps » financé par le département et la région Ligurie pour documenter ces trafics, estime qu’environ 50 femmes transitent tous les mois par Vintimille. Avant de disparaître, sitôt les pieds posés dans la ville.

    « C’est une dynamique facile à observer, détaille Jacopo Colomba. Des femmes, généralement ivoiriennes [la mafia nigériane, très active il y a quelques années dans la ville, a elle vu son activité baisser, NDLR] arrivent par train de Milan ou de Gêne et sont tout de suite accueillies par une personne de leur nationalité. Elles sont menées près du fleuve. D’autres personnes les attendent et un échange de papiers a lieu. Puis, elles sont conduites dans des maisons, nous ne savons pas où exactement. » L’humanitaire, qui précise avoir prévenu la police mais ne pas savoir si « le mot a circulé », assure que ces femmes sont par la suite intégrées à des réseaux de prostitution en France et notamment à Marseille.

    « Les femmes ne sont pas inexistantes à Vintimille mais elles sont invisibles », affirme pour sa part Adèle, membre de l’association Kesha Niya, durant une distribution de nourriture à laquelle participent uniquement des hommes. « C’est dur de savoir comment elles vont et où elles sont. »

    Auparavant le camp de la Croix-Rouge hébergeait plusieurs d’entre elles. En cela non plus, sa fermeture n’a pas été bénéfique.

    Loin des trafics et des luttes de pouvoir, il reste un lieu à Vintimille où le business est un vilain mot. Le café Hobbit, tenu par la charismatique Delia, engrange même si peu de recettes que le commerce peine à ne pas mettre la clé sous la porte. Car Delia sert boissons et focaccias gratuites aux personnes dans le besoin depuis plusieurs années. Cet élan de générosité, inspiré par l’afflux de migrants dans la ville, a fait fuir les locaux. Eux ne mettent plus les pieds dans « le café des migrants ». « Mon commerce est un désastre », dit Delia, sans songer une seconde à changer de stratégie. Pour la gérante, les passeurs, les migrants laissés à l’abandon, la frontière italo-française et ses contrôles incessants, tout cela s’inscrit dans une même logique, qu’elle refuse de suivre. « Tout dans ce monde est affaire d’argent et de profit. La seule chose qui ne rapporte rien, c’est sauver les êtres humains. »

    https://www.infomigrants.net/fr/webdoc/209/si-un-migrant-est-dans-la-region-de-vintimille-c-est-qu-il-veut-partir

    #asile #migrations #réfugiés #frontière_sud-alpine #Italie #frontières #France #Vintimille #refoulement #refoulements #push-back #café_Hobbit #femmes #SDF #sans-abri #camp_humanitaire #Croix-Rouge #fermeture #Delia

  • Migrants à la frontière italienne : « On ralentit le voyage, mais on ne l’empêche certainement pas »

    Depuis le déconfinement, les passages vers la France reprennent. Tous les jours, la police refoule des dizaines de migrants en Italie.

    Le « manège » a très vite repris. Passé la période de confinement, les gens se sont remis en mouvement. A la frontière franco-italienne, les personnes migrantes ont de nouveau entrepris de passer en France, par le train, en voiture ou en camion, essayant de tromper une surveillance policière rodée au « manège », donc. C’est, avec ironie, le terme que choisit un militant associatif pour désigner les va-et-vient qu’il observe ce mardi 7 juillet devant le poste de la police aux frontières (PAF) de #Menton (#Alpes-Maritimes). Il participe à une mission d’observation menée par plusieurs associations (Amnesty International, la Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières et le Secours catholique) pour documenter les pratiques des autorités. Chaque jour, des migrants interpellés à leur arrivée en France sont conduits à la PAF puis refoulés quelques mètres plus loin, en Italie. Jusqu’à ce qu’ils retentent leur chance.

    Lundi, 38 personnes ont ainsi été renvoyées en Italie, et 45 le lendemain. Djilani (le prénom a été modifié) a été interpellé vers 17 heures lundi à la gare de Tende. Ce Tunisien a passé la nuit dans les locaux préfabriqués attenants à la PAF de Menton. Pourtant, jure-t-il à sa sortie, il ne souhaitait pas se rendre en France. « J’avais pris un train depuis Turin pour rendre visite à un cousin à Vintimille », dit-il. Se jouant des frontières, la voie ferrée serpente jusqu’à la côte méditerranéenne en traversant un bout de territoire français. Djilani a eu beau montrer son billet de train Turin-Vintimille aux policiers qui l’ont contrôlé, il a dû descendre à quai et s’est vu notifier un refus d’entrée sur le territoire. « Je travaille dans l’agriculture en Calabre depuis un an et demi et j’ai déposé une demande de régularisation le 2 juillet », proteste-t-il, documents à l’appui.


    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/08/migrants-a-la-frontiere-italienne-on-ralentit-le-voyage-mais-on-ne-l-empeche

    #asile #migrations #réfugiés #frontière_sud-alpine #Italie #frontières #France #Vintimille

    #paywall

  • #Briançon : « L’expulsion de Refuges solidaires est une vraie catastrophe pour le territoire et une erreur politique »

    Le nouveau maire a décidé de mettre l’association d’aide aux migrants à la porte de ses locaux. Dans la ville, la mobilisation citoyenne s’organise

    #Arnaud_Murgia, élu maire de Briançon en juin, avait promis de « redresser » sa ville. Il vient, au-delà même de ce qu’il affichait dans son programme, de s’attaquer brutalement aux structures associatives clefs du mouvement citoyen d’accueil des migrants qui transitent en nombre par la vallée haut-alpine depuis quatre ans, après avoir traversé la montagne à pied depuis l’Italie voisine.

    A 35 ans, Arnaud Murgia, ex-président départemental des Républicains et toujours conseiller départemental, a également pris la tête de la communauté de communes du Briançonnais (CCB) cet été. C’est en tant que président de la CCB qu’il a décidé de mettre l’association Refuges solidaires à la porte des locaux dont elle disposait par convention depuis sa création en juillet 2017. Par un courrier daté du 26 août, il a annoncé à Refuges solidaires qu’il ne renouvellerait pas la convention, arrivée à son terme. Et « mis en demeure » l’association de « libérer » le bâtiment situé près de la gare de Briançon pour « graves négligences dans la gestion des locaux et de leurs occupants ». Ultimatum au 28 octobre. Il a renouvelé sa mise en demeure par un courrier le 11 septembre, ajoutant à ses griefs l’alerte Covid pesant sur le refuge, qui l’oblige à ne plus accueillir de nouveaux migrants jusqu’au 19 septembre en vertu d’un arrêté préfectoral.
    « Autoritarisme mêlé d’idées xénophobes »

    Un peu abasourdis, les responsables de Refuges solidaires n’avaient pas révélé l’information, dans l’attente d’une rencontre avec le maire qui leur aurait peut être permis une négociation. Peine perdue : Arnaud Murgia les a enfin reçus lundi, pour la première fois depuis son élection, mais il n’a fait que réitérer son ultimatum. Refuges solidaires s’est donc résolu à monter publiquement au créneau. « M. Murgia a dégainé sans discuter, avec une méconnaissance totale de ce que nous faisons, gronde Philippe Wyon, l’un des administrateurs. Cette fin de non-recevoir est un refus de prise en compte de l’accueil humanitaire des exilés, autant que de la paix sociale que nous apportons aux Briançonnais. C’est irresponsable ! » La coordinatrice du refuge, Pauline Rey, s’insurge : « Il vient casser une dynamique qui a parfaitement marché depuis trois ans : nous avons accueilli, nourri, soigné, réconforté près de 11 000 personnes. Il est illusoire d’imaginer que sans nous, le flux d’exilés va se tarir ! D’autant qu’il est reparti à la hausse, avec 350 personnes sur le seul mois d’août, avec de plus en plus de familles, notamment iraniennes et afghanes, avec des bébés parfois… Cet hiver, où iront-ils ? »

    Il faut avoir vu les bénévoles, au cœur des nuits d’hiver, prendre en charge avec une énergie et une efficacité admirables les naufragés de la montagne épuisés, frigorifiés, gelés parfois, pour comprendre ce qu’elle redoute. Les migrants, après avoir emprunté de sentiers d’altitude pour échapper à la police, arrivent à grand-peine à Briançon ou sont redescendus parfois par les maraudeurs montagnards ou ceux de Médecins du monde qui les secourent après leur passage de la frontière. L’association Tous migrants, qui soutient ces maraudeurs, est elle aussi dans le collimateur d’Arnaud Murgia : il lui a sèchement signifié qu’il récupérerait les deux préfabriqués où elle entrepose le matériel de secours en montagne le 30 décembre, là encore sans la moindre discussion. L’un des porte-parole de Tous migrants, Michel Rousseau, fustige « une forme d’autoritarisme mêlée d’idées xénophobes : le maire désigne les exilés comme des indésirables et associe nos associations au désordre. Ses décisions vont en réalité semer la zizanie, puisque nous évitons aux exilés d’utiliser des moyens problématiques pour s’abriter et se nourrir. Ce mouvement a permis aux Briançonnais de donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est une expérience très riche pour le territoire, nous n’avons pas l’intention que cela s’arrête ».

    La conseillère municipale d’opposition Aurélie Poyau (liste citoyenne, d’union de la gauche et écologistes), adjointe au maire sortant, l’assure : « Il va y avoir une mobilisation citoyenne, j’en suis persuadée. J’ose aussi espérer que des élus communautaires demanderont des discussions entre collectivités, associations, ONG et Etat pour que des décisions éclairées soient prises, afin de pérenniser l’accueil digne de ces personnes de passage chez nous. Depuis la création du refuge, il n’y a pas eu le moindre problème entre elles et la population. L’expulsion de Refuges solidaires est une vraie catastrophe pour le territoire et une erreur politique. »
    « Peine profonde »

    Ce mardi, au refuge, en application de l’arrêté préfectoral pris après la découverte de trois cas positif au Covid, Hamed, migrant algérien, se réveille après sa troisième nuit passée dans un duvet, sur des palettes de bois devant le bâtiment et confie : « Il faut essayer de ne pas fermer ce lieu, c’est très important, on a de bons repas, on reprend de l’énergie. C’est rare, ce genre d’endroit. » Y., jeune Iranien, est lui bien plus frais : arrivé la veille après vingt heures de marche dans la montagne, il a passé la nuit chez un couple de sexagénaires de Briançon qui ont répondu à l’appel d’urgence de Refuges solidaires. Il montre fièrement la photo rayonnante prise avec eux au petit-déjeuner. Nathalie, bénévole fidèle du refuge, soupire : « J’ai une peine profonde, je ne comprends pas la décision du maire, ni un tel manque d’humanité. Nous faisons le maximum sur le sanitaire, en collaboration avec l’hôpital, avec MDM, il n’y a jamais eu de problème ici. Hier, j’ai dû refuser l’entrée à onze jeunes, dont un blessé. Même si une partie a trouvé refuge chez des habitants solidaires, cela m’a été très douloureux. »

    Arnaud Murgia nous a pour sa part annoncé ce mardi soir qu’il ne souhaitait pas « s’exprimer publiquement, en accord avec les associations, pour ne pas créer de polémiques qui pénaliseraient une issue amiable »… Issue dont il n’a pourtant pas esquissé le moindre contour la veille face aux solidaires.

    https://www.liberation.fr/france/2020/09/16/briancon-l-expulsion-de-refuges-solidaires-est-une-vraie-catastrophe-pour

    #refuge_solidaire #expulsion #asile #migrations #réfugiés #solidarité #Hautes-Alpes #frontière_sud-alpine #criminalisation_de_la_solidarité #Refuges_solidaires #mise_en_demeure #Murgia

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    Ajouté à la métaliste sur le Briançonnais :
    https://seenthis.net/messages/733721

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    • A Briançon, le nouveau maire LR veut fermer le refuge solidaire des migrants

      Depuis trois ans, ce lieu emblématique accueille de façon inconditionnelle et temporaire les personnes exilées franchissant la frontière franco-italienne par la montagne. Mais l’élection d’un nouveau maire Les Républicains, Arnaud Murgia, risque de tout changer.

      Briançon (Hautes-Alpes).– La nouvelle est tombée lundi, tel un coup de massue, après un rendez-vous très attendu avec la nouvelle municipalité. « Le maire nous a confirmé que nous allions devoir fermer, sans nous proposer aucune alternative », soupire Philippe, l’un des référents du refuge solidaire de Briançon. En 2017, l’association Refuges solidaires avait récupéré un ancien bâtiment inoccupé pour en faire un lieu unique à Briançon, tout près du col de Montgenèvre et de la gare, qui permet d’offrir une pause précieuse aux exilés dans leur parcours migratoire.

      Fin août, l’équipe du refuge découvrait avec effarement, dans un courrier signé de la main du président de la communauté de communes du Briançonnais, qui n’est autre qu’Arnaud Murgia, également maire de Briançon (Les Républicains), que la convention leur mettant les lieux à disposition ne serait pas renouvelée.

      Philippe avait pourtant pris les devants en juillet en adressant un courrier à Arnaud Murgia, en vue d’une rencontre et d’une éventuelle visite du refuge. « La seule réponse que nous avons eue a été ce courrier recommandé mettant fin à la convention », déplore-t-il, plein de lassitude.

      Contacté, le maire n’a pas souhaité s’exprimer mais évoque une question de sécurité dans son courrier, la jauge de 15 personnes accueillies n’étant pas respectée. « Il est en discussion avec les associations concernées afin de gérer au mieux cet épineux problème, et cela dans le plus grand respect des personnes en situation difficile », a indiqué son cabinet.

      Interrogée sur l’accueil d’urgence des exilés à l’avenir, la préfecture des Hautes-Alpes préfère ne pas « commenter la décision d’une collectivité portant sur l’affectation d’un bâtiment dont elle a la gestion ». « Dans les Hautes-Alpes comme pour tout point d’entrée sur le territoire national, les services de l’État et les forces de sécurité intérieure s’assurent que toute personne souhaitant entrer en France bénéficie du droit de séjourner sur notre territoire. »

      Sur le parking de la MJC de Briançon, mercredi dernier, Pauline se disait déjà inquiète. « Sur le plan humain, il ne peut pas laisser les gens à la rue comme ça, lâche-t-elle, en référence au maire. Il a une responsabilité ! » Cette ancienne bénévole de l’association, désormais salariée, se souvient des prémices du refuge.

      « Je revois les exilés dormir à même le sol devant la MJC. On a investi ces locaux inoccupés parce qu’il y avait un réel besoin d’accueil d’urgence sur la ville. » Trois ans plus tard et avec un total de 10 000 personnes accueillies, le besoin n’a jamais été aussi fort. L’équipe évoque même une « courbe exponentielle » depuis le mois de juin, graphique à l’appui. 106 personnes en juin, 216 en juillet, 355 en août.

      Une quarantaine de personnes est hébergée au refuge ce jour-là, pour une durée moyenne de deux à trois jours. La façade des locaux laisse apparaître le graffiti d’un poing levé en l’air qui arrache des fils barbelés. Pauline s’engouffre dans les locaux et passe par la salle commune, dont les murs sont décorés de dessins, drapeaux et mots de remerciement.

      De grands thermos trônent sur une table près du cabinet médical (tenu en partenariat avec Médecins du monde) et les exilés vont et viennent pour se servir un thé chaud. À droite, un bureau sert à Céline, la deuxième salariée chargée de l’accueil des migrants à leur arrivée.

      Prénom, nationalité, date d’arrivée, problèmes médicaux… « Nous avons des fiches confidentielles, que nous détruisons au bout d’un moment et qui nous servent à faire des statistiques anonymes que nous rendons publiques », précise Céline, tout en demandant à deux exilés de patienter dans un anglais courant. Durant leur séjour, la jeune femme leur vient en aide pour trouver les billets de train les moins chers ou pour leur procurer des recharges téléphoniques.

      « Depuis plusieurs mois, le profil des exilés a beaucoup changé, note Philippe. On a 90 % d’Afghans et d’Iraniens, alors que notre public était auparavant composé de jeunes hommes originaires d’Afrique de l’Ouest. » Désormais, ce sont aussi des familles, avec des enfants en bas âge, qui viennent chercher refuge en France en passant par la dangereuse route des Balkans.

      Dehors, dans la cour, deux petites filles jouent à se courir après, riant aux éclats. Selon Céline, l’aînée n’avait que huit mois quand ses parents sont partis. La deuxième est née sur la route.

      « Récemment, je suis tombée sur une famille afghane avec un garçon âgé de trois ans lors d’une maraude au col de Montgenèvre. Quand j’ai félicité l’enfant parce qu’il marchait vite, presque aussi vite que moi, il m’a répondu : “Ben oui, sinon la police va nous arrêter” », raconte Stéphanie Besson, coprésidente de l’association Tous migrants, qui vient de fêter ses cinq ans.

      L’auteure de Trouver refuge : histoires vécues par-delà les frontières n’a retrouvé le sourire que lorsqu’elle l’a aperçu, dans la cour devant le refuge, en train de s’amuser sur un mini-tracteur. « Il a retrouvé toute son innocence l’espace d’un instant. C’est pour ça que ce lieu est essentiel : la population qui passe par la montagne aujourd’hui est bien plus vulnérable. »

      Vers 16 heures, Pauline s’enfonce dans les couloirs en direction du réfectoire, où des biologistes vêtus d’une blouse blanche, dont le visage est encombré d’une charlotte et d’un masque, testent les résidents à tour de rôle. Un migrant a été positif au Covid-19 quelques jours plus tôt et la préfecture, dans un arrêté, a exigé la fermeture du refuge pour la journée du 10 septembre.

      Deux longues rangées de tables occupent la pièce, avec, d’un côté, un espace cuisine aménagé, de l’autre, une porte de secours donnant sur l’école Oronce fine. Là aussi, les murs ont servi de cimaises à de nombreux exilés souhaitant laisser une trace de leur passage au refuge. Dans un coin de la salle, des dizaines de matelas forment une pile et prennent la place des tables et des chaises, le soir venu, lorsque l’affluence est trop importante.

      « On a dû aménager deux dortoirs en plus de ceux du premier étage pour répondre aux besoins actuels », souligne Pauline, qui préfère ne laisser entrer personne d’autre que les exilés dans les chambres pour respecter leur intimité. Vers 17 heures, Samia se lève de sa chaise et commence à couper des concombres qu’elle laisse tomber dans un grand saladier.

      Cela fait trois ans que cette trentenaire a pris la route avec sa sœur depuis l’Afghanistan. « Au départ, on était avec notre frère, mais il a été arrêté en Turquie et renvoyé chez nous. On a décidé de poursuivre notre chemin malgré tout », chuchote-t-elle, ajoutant que c’est particulièrement dur et dangereux pour les femmes seules. Son regard semble triste et contraste avec son sourire.

      Évoquant des problèmes personnels mais aussi la présence des talibans, les sœurs expliquent avoir dû quitter leur pays dans l’espoir d’une vie meilleure en Europe. « Le refuge est une vraie chance pour nous. On a pu se reposer, dormir en toute sécurité et manger à notre faim. Chaque jour, je remercie les personnes qui s’en occupent », confie-t-elle en dari, l’un des dialectes afghans.

      Samia ne peut s’empêcher de comparer avec la Croatie, où de nombreux exilés décrivent les violences subies de la part de la police. « Ils ont frappé une des femmes qui était avec nous, ont cassé nos téléphones et ont brûlé une partie de nos affaires », raconte-t-elle.

      Ici, depuis des années, la police n’approche pas du refuge ni même de la gare, respectant dans une sorte d’accord informel la tranquillité des lieux et des exilés. « Je n’avais encore jamais vu de policiers aux alentours mais, récemment, deux agents de la PAF [police aux frontières] ont raccompagné une petite fille qui s’était perdue et ont filmé l’intérieur du refuge avec leur smartphone », assure Céline.

      À 18 heures, le repas est servi. Les parents convoquent les enfants, qui rappliquent en courant et s’installent sur une chaise. La fumée de la bolognaise s’échappe des assiettes, tandis qu’un joli brouhaha s’empare de la pièce. « Le dîner est servi tôt car on tient compte des exilés qui prennent le train du soir pour Paris, à 20 heures », explique Pauline.

      Paul*, 25 ans, en fait partie. C’est la deuxième fois qu’il vient au refuge, mais il a fait trois fois le tour de la ville de nuit pour pouvoir le retrouver. « J’avais une photo de la façade mais impossible de me rappeler l’emplacement », sourit-il. L’Ivoirien aspire à « une vie tranquille » qui lui permettrait de réaliser tous « les projets qu’il a en tête ».

      Le lendemain, une affiche collée à la porte d’entrée du refuge indique qu’un arrêté préfectoral impose la fermeture des lieux pour la journée. Aucun nouvel arrivant ne peut entrer.

      Pour Stéphanie Besson, la fermeture définitive du refuge aurait de lourdes conséquences sur les migrants et l’image de la ville. « Briançon est un exemple de fraternité. La responsabilité de ceux qui mettront fin à ce jeu de la fraternité avec des mesures politiques sera immense. »

      Parmi les bénévoles de Tous migrants, des professeurs, des agriculteurs, des banquiers et des retraités … « On a des soutiens partout, en France comme à l’étranger. Mais il ne faut pas croire qu’on tire une satisfaction de nos actions. Faire des maraudes une routine me brise, c’est une honte pour la France », poursuit cette accompagnatrice en montagne.

      Si elle se dit inquiète pour les cinq années à venir, c’est surtout pour l’énergie que les acteurs du tissu associatif vont devoir dépenser pour continuer à défendre les droits des exilés. L’association vient d’apprendre que le local qui sert à entreposer le matériel des maraudeurs, mis à disposition par la ville, va leur être retiré pour permettre l’extension de la cour de l’école Oronce fine.

      Contactée, l’inspectrice de l’Éducation nationale n’a pas confirmé ce projet d’agrandissement de l’établissement. « On a aussi une crainte pour la “maisonnette”, qui appartient à la ville, et qui loge les demandeurs d’asile sans hébergement », souffle Stéphanie.

      « Tout s’enchaîne, ça n’arrête pas depuis un mois », lâche Agnès Antoine, bénévole à Tous migrants. Cela fait plusieurs années que la militante accueille des exilés chez elle, souvent après leur passage au refuge solidaire, en plus de ses trois grands enfants.

      Depuis trois ans, Agnès héberge un adolescent guinéen inscrit au lycée, en passe d’obtenir son titre de séjour. « Il a 18 ans aujourd’hui et a obtenu les félicitations au dernier trimestre », lance-t-elle fièrement, ajoutant que c’est aussi cela qui l’encourage à poursuivre son engagement.

      Pour elle, Arnaud Murgia est dans un positionnement politique clair : « le rejet des exilés » et « la fermeture des frontières » pour empêcher tout passage par le col de Montgenèvre. « C’est illusoire ! Les migrants sont et seront toujours là, ils emprunteront des parcours plus dangereux pour y arriver et se retrouveront à la rue sans le refuge, qui remplit un rôle social indéniable. »

      Dans la vallée de Serre Chevalier, à l’abri des regards, un projet de tourisme solidaire est porté par le collectif d’architectes Quatorze. Il faut longer la rivière Guisane, au milieu des chalets touristiques de cette station et des montagnes, pour apercevoir la maison Bessoulie, au village du Bez. À l’intérieur, Laure et David s’activent pour tenir les délais, entre démolition, récup’ et réaménagement des lieux.

      « L’idée est de créer un refuge pour de l’accueil à moyen et long terme, où des exilés pourraient se former tout en côtoyant des touristes », développe Laure. Au rez-de-chaussée de cette ancienne auberge de jeunesse, une cuisine et une grande salle commune sont rénovées. Ici, divers ateliers (cuisine du monde, low tech, découverte des routes de l’exil) seront proposés.

      À l’étage, un autre espace commun est aménagé. « Il y a aussi la salle de bains et le futur studio du volontaire en service civique. » Un premier dortoir pour deux prend forme, près des chambres réservées aux saisonniers. « On va repeindre le lambris et mettre du parquet flottant », indique la jeune architecte.

      Deux autres dortoirs, l’un pour trois, l’autre pour quatre, sont prévus au deuxième étage, pour une capacité d’accueil de neuf personnes exilées. À chaque fois, un espace de travail est prévu pour elles. « Elles seront accompagnées par un gestionnaire présent à l’année, chargé de les suivre dans leur formation et leur insertion. »

      « C’est un projet qui donne du sens à notre travail », poursuit David en passant une main dans sa longue barbe. Peu sensible aux questions migratoires au départ, il découvre ces problématiques sur le tas. « On a une conscience architecturale et on compte tout faire pour offrir les meilleures conditions d’accueil aux exilés qui viendront. » Reste à déterminer les critères de sélection pour le public qui sera accueilli à la maison Bessoulie à compter de janvier 2021.

      Pour l’heure, le maire de la commune, comme le voisinage, ignore la finalité du projet. « Il est ami avec Arnaud Murgia, alors ça nous inquiète. Comme il y a une station là-bas, il pourrait être tenté de “protéger” le tourisme classique », confie Philippe, du refuge solidaire. Mais le bâtiment appartient à la Fédération unie des auberges de jeunesse (Fuaj) et non à la ville, ce qui est déjà une petite victoire pour les acteurs locaux. « Le moyen et long terme est un échelon manquant sur le territoire, on encourage donc tous cette démarche », relève Stéphanie Besson.

      Aurélie Poyau, élue de l’opposition, veut croire que le maire de Briançon saura prendre la meilleure décision pour ne pas entacher l’image de la ville. « En trois ans, il n’y a jamais eu aucun problème lié à la présence des migrants. Arnaud Murgia n’a pas la connaissance de cet accueil propre à la solidarité montagnarde, de son histoire. Il doit s’intéresser à cet élan », note-t-elle.

      Son optimisme reste relatif. Deux jours plus tôt, l’élue a pris connaissance d’un courrier adressé par la ville aux commerçants du marché de Briançon leur rappelant que la mendicité était interdite. « Personne ne mendie. On sait que ça vise les bénévoles des associations d’aide aux migrants, qui récupèrent des invendus en fin de marché. Mais c’est du don, et voilà comment on joue sur les peurs avec le poids des mots ! »

      Vendredi, avant la réunion avec le maire, un arrêté préfectoral est déjà venu prolonger la fermeture du refuge jusqu’au 19 septembre, après que deux nouvelles personnes ont été testées positives au Covid-19. Une décision que respecte Philippe, même s’il ne lâchera rien par la suite, au risque d’aller jusqu’à l’expulsion. Est-elle évitable ?

      « Évidemment, les cas Covid sont un argument de plus pour le maire, qui mélange tout. Mais nous lui avons signifié que nous n’arrêterons pas d’accueillir les personnes exilées de passage dans le Briançonnais, même après le délai de deux mois qu’il nous a imposé pour quitter les lieux », prévient Philippe. « On va organiser une riposte juridique et faire pression sur l’État pour qu’il prenne ses responsabilités », conclut Agnès.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/160920/briancon-le-nouveau-maire-lr-veut-fermer-le-refuge-solidaire-des-migrants?

      @sinehebdo : c’est l’article que tu as signalé, mais avec tout le texte, j’efface donc ton signalement pour ne pas avoir de doublons

    • Lettre d’information Tous Migrants. Septembre 2020

      Edito :

      Aylan. Moria. Qu’avons-nous fait en cinq ans ?

      Un petit garçon en exil, échoué mort sur une plage de la rive nord de la Méditerranée. Le plus grand camp de migrants en Europe ravagé par les flammes, laissant 12.000 personnes vulnérables sans abri.

      Cinq ans presque jour pour jour sont passés entre ces deux « occasions », terribles, données à nos dirigeants, et à nous, citoyens européens, de réveiller l’Europe endormie et indigne de ses principes fondateurs. De mettre partout en acte la fraternité et la solidarité, en mer, en montagne, aux frontières, dans nos territoires. Et pourtant, si l’on en juge par la situation dans le Briançonnais, la fraternité et la solidarité ne semblent jamais avoir été aussi menacées qu’à présent...

      Dénoncer, informer, alerter, protéger. Il y a cinq ans, le 5 septembre 2015, se mettait en route le mouvement Tous Migrants. C’était une première manifestation place de l’Europe à Briançon, sous la bannière Pas en notre nom. Il n’y avait pas encore d’exilés dans nos montagnes (10.000 depuis sont passés par nos chemins), mais des morts par centaines en Méditerranée... Que de chemin parcouru depuis 2015, des dizaines d’initiatives par an ont été menées par des centaines de bénévoles, des relais médiatiques dans le monde entier, que de rencontres riches avec les exilés, les solidaires, les journalistes, les autres associations...

      Mais hormis quelques avancées juridiques fortes de symboles - tels la consécration du principe de fraternité par le Conseil Constitutionnel, ou l’innocentement de Pierre, maraudeur solidaire -, force est de constater que la situation des droits fondamentaux des exilés n’a guère progressé. L’actualité internationale, nationale et locale nous en livre chaque jour la preuve glaçante, de Lesbos à Malte, de Calais à Gap et Briançon. Triste ironie du sort, cinq ans après la naissance de Tous Migrants, presque jour pour jour, le nouveau maire à peine élu à Briançon s’est mis en tête de faire fermer le lieu d’accueil d’urgence et d’entraver les maraudes... Quelles drôles d’idées. Comme des relents d’Histoire.

      Comment, dès lors, ne pas se sentir des Sisyphe*, consumés de l’intérieur par un sentiment tout à la fois d’injustice, d’impuissance, voire d’absurdité ? En se rappelant simplement qu’en cinq ans, la mobilisation citoyenne n’a pas faibli. Que Tous Migrants a reçu l’année dernière la mention spéciale du Prix des Droits de l’Homme. Que nous sommes nombreux à rester indignés.

      Alors, tant qu’il y aura des hommes et des femmes qui passeront la frontière franco-italienne, au péril de leur vie à cause de lois illégitimes, nous poursuivrons le combat. Pour eux, pour leurs enfants... pour les nôtres.

      Marie Dorléans, cofondatrice de Tous Migrants

      Reçue via mail, le 16.09.2020

    • Briançon bientôt comme #Vintimille ?

      Le nombre de migrants à la rue à Vintimille représente une situation inhabituelle ces dernières années. Elle résulte, en grande partie, de la fermeture fin juillet d’un camp humanitaire situé en périphérie de la ville et géré par la Croix-Rouge italienne. Cette fermeture décrétée par la préfecture d’Imperia a été un coup dur pour les migrants qui pouvaient, depuis 2016, y faire étape. Les différents bâtiments de ce camp de transit pouvaient accueillir quelque 300 personnes - mais en avait accueillis jusqu’à 750 au plus fort de la crise migratoire. Des sanitaires, des lits, un accès aux soins ainsi qu’à une aide juridique pour ceux qui souhaitaient déposer une demande d’asile en Italie : autant de services qui font désormais partie du passé.

      « On ne comprend pas », lâche simplement Maurizio Marmo. « Depuis deux ans, les choses s’étaient calmées dans la ville. Il n’y avait pas de polémique, pas de controverse. Personne ne réclamait la fermeture de ce camp. Maintenant, voilà le résultat. Tout le monde est perdant, la ville comme les migrants. »

      https://seenthis.net/messages/876523

    • Aide aux migrants : les bénévoles de Briançon inquiets pour leurs locaux

      C’est un non-renouvellement de convention qui inquiète les bénévoles venant en aide aux migrants dans le Briançonnais. Celui de l’occupation de deux préfabriqués, situés derrière le Refuge solidaire, par l’association Tous migrants. Ceux-ci servent à entreposer du matériel pour les maraudeurs – des personnes qui apportent leur aide aux réfugiés passant la frontière italo-française à pied dans les montagnes – et à préparer leurs missions.

      La Ville de Briançon, propriétaire des locaux, n’a pas souhaité renouveler cette convention, provoquant l’ire de certains maraudeurs.


      https://twitter.com/nos_pas/status/1298504847273197569

      Le maire de Briançon Arnaud Murgia se défend, lui, de vouloir engager des travaux d’agrandissement de la cour de l’école Oronce-Fine. “La Ville de Briançon a acquis le terrain attenant à la caserne de CRS voilà déjà plusieurs années afin de réaliser l’agrandissement et la remise à neuf de la cour de l’école municipale d’Oronce-Fine”, fait-il savoir par son cabinet.

      Une inquiétude qui peut s’ajouter à celle des bénévoles du Refuge solidaire. Car la convention liant l’association gérant le lieu d’hébergement temporaire de la rue Pasteur, signée avec la communauté de communes du Briançonnais (présidée par Arnaud Murgia), est caduque depuis le mois de juin dernier.

      https://www.ledauphine.com/politique/2020/08/28/hautes-alpes-briancon-aide-aux-migrants-les-benevoles-inquiets-pour-leur

      #solidarité_montagnarde

    • Refuge solidaire : lettre ouverte d’un citoyen au maire de Briançon

      « Pensez-vous que les soldats africains avaient le droit de mourir pour sauver nos ascendants et que les jeunes migrants africains, descendants des premiers, auraient le devoir de mourir parce que la gratitude n’est pas un bien d’héritage ? »
      C’est l’une des questions que pose au maire de Briançon un citoyen ayant séjourné à Briançon cet été. Une lettre pétrie d’esprit et d’humanité à lire ICI (https://tousmigrants.weebly.com/uploads/7/3/4/6/73468541/lettre_ouverte_au_maire_de_briancon.pdf) :

      Qui est l’auteur ?

      Habitant de Leyr, petit village de Meurthe-et-Moselle, Léon a hébergé avec sa compagne un jeune migrant venu du Mali. On le voit en photo sur la lettre, devant la tombe d’un soldat originaire de sa région et qui porte son nom. Avec ce jeune exilé, un collectif de citoyens a installé dans le village une stèle à la mémoire des soldats africains morts pour la France mais aussi une deuxième plaque à la mémoire des jeunes migrants disparus en mer en tentant de rejoindre notre pays.

      https://tousmigrants.weebly.com/sinformer/refuge-solidaire-lettre-ouverte-dun-citoyen-au-maire-de-brianco

    • Nouvelles...

      Depuis une semaine maintenant, nous avons pu ouvrir une ligne de communication avec la Communauté de Communes du Briançonnais via la création d’une commission composée d’élus et de représentants du Refuge.

      Suite à cette négociation, nous avons obtenus un engagement écrit du Président de la Communauté de Communes sur le fait qu’il n’y aura pas d’expulsion avant six mois.
      Ainsi, nous allons pouvoir rester dans les locaux tout l’hiver.

      Nous préparons déjà le printemps en étudiant plusieurs solutions de replis pérennes grâce à l’aide d’ONG et de partenaires.

      Email du Conseil d’aministration du Refuge solidaire, 20.10.2020

    • REFUGE SOLIDAIRE DE BRIANCON - Une mobilisation fructueuse

      Vous avez été près de 40 000 à signer la pétition « Pour que le Briançonnais reste un territoire solidaire avec les exilés » et nous vous en remercions vivement.

      Grâce à chacune de vos voix, devant cette mobilisation massive, le maire de Briançon et président de la communauté de communes du Briançonnais est revenu sur sa décision de faire évacuer le Refuge Solidaire au 28 octobre 2020.
      Suite à la création d’une commission composée d’élus et de représentants du Refuge, il s’est engagé par écrit à renoncer à toute expulsion avant six mois et a fait remplir la cuve à fioul de la chaudière. Les locaux continueront donc d’accueillir des exilés tout l’hiver.
      C’est une première victoire de la mobilisation !
      En vue du printemps, des solutions de repli pérennes, avec l’aide d’ONG et de partenaires, sont à l’étude.

      Le local maraudes - où est entreposé le matériel de secours en montagne aux exilés franchissant la frontière - reste quant à lui toujours menacé de fermeture en décembre 2020. Tous Migrants et Médecins du Monde viennent d’adresser au maire de Briançon un courrier commun demandant le maintien de ce lieu.

      Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des futures avancées et des actions à venir sur le thème « Briançon Ville Refuge », avec en projet une grande fête de l’hospitalité.

      Merci encore pour votre précieux soutien.

      Solidairement,

      L’équipe Tous Migrants

      Reçu via la mailing-list Tous Migrants, le 23.10.2020

    • Comme nous vous l’indiquions dans notre dernière lettre du 23 octobre 2020 (https://mailchi.mp/2503c7e27ddc/22cytn8udh-3869114), la mobilisation pour la défense du Refuge Solidaire de Briançon a porté ses fruits. Vous avez été près de 40 000 à signer la pétition « Pour que le Briançonnais reste un territoire solidaire avec les exilés » (https://www.change.org/p/pour-que-le-brian%C3%A7onnais-reste-un-territoire-solidaire-avec-les-exil%C3. Devant cette mobilisation massive, le maire de Briançon et président de la communauté de communes du Briançonnais est revenu sur sa décision de faire évacuer le Refuge Solidaire au 28 octobre 2020. Il s’est engagé par écrit à renoncer à toute expulsion avant six mois et a fait remplir la cuve à fioul de la chaudière. Les locaux continueront donc d’accueillir des exilés tout l’hiver.
      C’est une première victoire de la mobilisation !
      En vue du printemps, des solutions de repli pérennes, avec l’aide d’ONG et de partenaires, sont à l’étude.

      Reçu via la mailing-list Migreurop, le 30.11.2020

  • No Name Kitchen (https://www.facebook.com/NoNameKitchenBelgrade/posts/1035509443514006) is reporting on a refugee protest against the Slovenian government and police that began on Wednesday within the Detention Center for Foreigners in #Postojna. Dozens of men are currently located there, men who have previously spent months in Velika Kladuša and have suffered police violence and denials of their right to seek asylum. Now in Slovenia, they are detained in an abandoned industrial building in very bad conditions, while the Slovenian police is rejecting their asylum claims and pushing them back in Croatia, violating their human rights and proclaiming them “economic migrants”. Last week we reported on the ruling of the Slovenian Administrative court thematizing the right to seek asylum, for a more detailed analysis of the case in question read the article in Balkan Insight.

    –-> message reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 06.08.2020

    –---

    Texte du post sur FB:

    These images are sent to us showing an ongoing protest within the Detention Center for Foreigners in Postojna, Slovenia and they ask everybody to spread the information.
    These men, many of whom have spent months in #Velika_Kladusa (the city where No Name Kitchen works), in terrible conditions and suffering #violence from #police in every attempt to get to the European Union to seek asylum (and after a long journey that sometimes last year), have arrived to Slovenia only to face more threats of push-backs and arbitrary selection processes.
    They are protesting the news that they will be returned to Croatia in the next days and asked for our help to share this news
    It should be understood that this situation is situated in the midst of a broader reorientation of Slovenia’s push-back processes to Croatia. Increasingly, in the last weeks we have heard of people being taken out of state-run centers and returned to Croatia whereupon they are pushed back to Bosnia. Once again, let’s remember that these processes are illegal according to European legislation. In the video, people clearly shout that they want asylum to show clearly that they are asking for their protection demand to be processed, as it shoud be done by law.
    Our friends and colleagues at Infokolpa
    - based in Slovenia - are working to put together more detailed information about these cases to be shared within the next days. They remind us that for those who succeed in crossing the Schengen border, people find themselves in facilities that are comparable if not worse than camps like #Miral (paid by EU money) in Bosnia.
    Remember that if these people return to Bosnia, they will be locked up there again for who knows how long, and with the possibility of suffering strong violence and robbery every time they decide to try again to reach the European Union to search the asylum that they are asking for now, and that is being denied to them.

    #push-back #push-backs #refoulements #asile #migrations #réfugiés #frontière_sud-alpine #Alpes #Slovénie #Croatie #frontières #protestation #résistance #Bosnie #Balkans #route_des_Balkans

    ping @isskein

  • La vallée aux merveilles

    Après une rupture amoureuse douloureuse, Jeanne, 16 ans, est envoyée chez sa tante dans la vallée de la Roya. Elle y découvre, stupéfaite, que cette dernière est une militante active, venant en aide aux migrants qui tentent de passer la frontière italienne pour entrer en #France.

    https://www.lerouergue.com/catalogue/la-vallee-aux-merveilles

    #migrations #asile #réfugiés #Roya #Vallée_de_la_roya #frontières #Italie #frontière_sud-alpine #livres #livres_pour_enfants #livres_pour_adolescents

  • #Italie : #démantèlement du #camp de migrants de #Vintimille, les associations appellent à l’aide

    Sur décision préfectorale, le camp de migrants de Vintimille, géré par la Croix Rouge, a été démantelé lundi. Actif depuis 2016, il venait encore en aide à des dizaines de personnes.

    Le camp de transit pour migrants Roya à Vintimille, en Italie, n’est déjà plus qu’un souvenir. Sur ordre de la #préfecture d’Imperia, ce camp implanté en 2016, au plus fort de la crise migratoire, près de la frontière avec la France et géré par la Croix-Rouge italienne a cessé ses activités le 31 juillet. La trentaine de migrants restants dans les lieux ont été transférés vers d’autres centres d’accueil de la région. Quelques jours plus tard, lundi 3 août, les bâtiments en préfabriqués qui pouvaient accueillir environ 300 personnes ont commencé à être démantelés.

    « Nous avons tout tenté pour éviter ça », commente Jacopo Colomba, consultant juridique pour les ONG Caritas et We World, parlant au nom des membres des différentes associations d’aide aux migrants présentes sur place. « Nous avons essayé de discuter avec le maire de Vintimille et avec la préfecture pour leur faire comprendre que le camp devait rester ouvert. Mais cela n’a servi à rien », dit-il, démoralisé.

    Auparavant, l’enceinte du camp était ouverte aux migrants présents dans les environs de Vintimille, étape bien connue de celles et ceux souhaitant rejoindre le nord de l’Europe en venant du sud de l’Italie ou de la route des Balkans. La structure accueillait aussi les personnes qui voulaient entreprendre une demande d’asile en Italie.

    Peu enclines à s’exprimer sur le sujet, les autorités italiennes concernées ont mis en avant la crise du #coronavirus pour justifier cette fermeture, rapportent différentes associations. Depuis le 18 avril dernier, déjà, les lieux étaient fermés aux nouveaux arrivants en raison du contexte sanitaire.

    « On est revenus à la situation de 2016 »

    « Je comprends que la crise sanitaire ait représenté un défi et je sais aussi que cette structure n’était pas bien encadrée au point de vue juridique, mais des solutions auraient pu être mises en place. Cette #fermeture est irrationnelle », regrette Jacopo Colomba, estimant que la préfecture s’est servie de l’#urgence_sanitaire comme d’un #prétexte pour fermer un camp peu populaire en Ligurie à l’approche d’élections régionales en septembre.

    D’autant plus irrationnelle, selon Maurizio Marmo, le président de Caritas Vintimille, que le « campo » rendait service à la municipalité en sortant les sans papiers de la rue. « Avoir des personnes qui dorment dans les rues, ce n’est pas génial… Ce camp était fondamental pour gérer une situation qui ne s’est pas arrêtée », tonne-t-il.

    À Vintimille, il n’est pas rare de voir des migrants trouver refuge dans des bâtiments abandonnés, au bord du fleuve qui traverse la ville ou sur les plages, pour passer la nuit. Selon les associations, entre 100 et 200 personnes sont dans ce cas chaque jour. « Au mois de juillet, les arrivées de migrants ont été les plus nombreuses de ces deux dernières années », assure de son côté Jacopo Colomba. « On est revenus à la situation de 2016. »

    « Les années passent et la situation perdure »

    À ceci près que le mouvement de solidarité, porté par une vague d’activistes en 2016, semble depuis s’être estompé. Dans la région, les associations présentes sur le terrain déplorent une faible mobilisation et, pour certaines, une baisse des dons. « Les années passent et la situation perdure, donc les gens se fatiguent », analyse Jacopo Colomba. « On est un peu désespérés. »

    Face à la fermeture du camp, une poignée d’ONG et de collectifs locaux - Kesha Niya, Caritas, We World, Diaconia Valdese et Progetto 20K - ont uni leurs forces pour trouver des solutions.

    « Nous avons créé un réseau pour fournir des hébergements d’urgence, pour quelques jours seulement, aux familles qui tentent de passer la frontière », explique encore Jacopo Colomba. Les migrants concernés sont hébergés dans l’#église San Nicola, où des locaux ont été mis à disposition par le prêtre. Une famille d’Irakiens avec deux bébés y a été logée dans la nuit de dimanche à lundi, avant de parvenir à rejoindre la France. « Nous allons chercher d’autres personnes à héberger dans la ville. »

    https://www.infomigrants.net/fr/post/26423/italie-demantelement-du-camp-de-migrants-de-vintimille-les-association
    #destruction #campement #migrations #asile #réfugiés #frontière_sud-alpine #logement #hébergement #SDF #sans-abri #covid-19 #frontières

  • Un policier condamné pour violence contre un mineur malien qui se réfugiait en France

    Deux agents de la #police_aux_frontières ont été condamnés à Gap, jeudi, pour « #violence » et « #soustraction_de_fonds ». « Dans un contexte de déni des violences policières par le pouvoir politique […], cette décision est un signal de justice fort », réagit l’avocat du mineur victime.

    Deux agents de la police aux frontières (PAF) ont été condamnés, jeudi 30 juillet, par le tribunal correctionnel de Gap, à de la prison avec sursis pour des faits de « violence commis par une personne dépositaire de l’autorité publique » pour l’un, pour « usage de faux en écriture publique » et « soustraction de biens d’un dépôt public » pour l’autre.

    Les faits remontent à 2018, à une époque où ils étaient basés au poste de Montgenèvre (Hautes-Alpes), au niveau d’un col qu’empruntent de nombreux exilés pour franchir la frontière qui sépare l’Italie de la France. Le premier, un gardien de la paix, est condamné à deux ans de prison avec sursis, 1 000 euros d’amende, et une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans, pour avoir frappé un mineur malien, Moussa*, qui venait juste d’être refoulé et se plaignait d’un vol d’argent à la PAF. Il devra également verser 900 euros de dommages et intérêts à l’adolescent.

    Le second, un ancien adjoint de sécurité, écope de 18 mois de prison avec sursis, 1 000 euros d’amende et une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans, pour avoir gardé l’argent d’une contravention après l’avoir annulée, sans explication claire.

    « Cette décision intervient dans un contexte de déni des violences policières par le pouvoir politique et rappelle que nul ne doit échapper à la loi, réagit l’avocat de Moussa*, Me Vincent Brengarth, auprès de Mediapart. Elle est un signal de justice fort à l’adresse des victimes. »

    Nous republions ci-dessous le compte-rendu du procès, qui s’est tenu il y a un mois.

    Gap (Hautes-Alpes).– L’audience était très attendue. Jeudi 2 juillet, deux agents de la police aux frontières (PAF) étaient renvoyés devant le tribunal correctionnel de Gap pour des délits commis au col de Montgenèvre, où des migrants tentent presque tous les jours de rallier Briançon : un gardien de la paix, âgé de 51 ans, était jugé pour des « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » sur un adolescent malien passé en France à l’été 2018, Moussa* ; le second, un adjoint de sécurité dont le contrat n’a pas été renouvelé en 2020, était poursuivi pour « usage de faux » et « soustraction de biens d’un dépôt public », en l’occurrence 90 euros.

    Après cinq longues heures d’audience, le procureur de la République de Gap, Florent Crouhy, a requis à leur encontre respectivement deux ans et 18 mois de prison avec sursis, ainsi que l’interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans.

    Au départ, les soupçons d’abus commis à la PAF de Montgenèvre étaient bien plus larges. Depuis des années, non seulement des associations signalaient des récits de violences et de vols commis aux dépens de migrants, mais un réserviste de la PAF avait, lui aussi, tiré la sonnette d’alarme. En janvier 2019, enfin, un rapport du directeur départemental de la police aux frontières remis au procureur de Gap a pointé une série de dysfonctionnements liés à l’interpellation de migrants, dont l’argent disparaissait, ainsi qu’au contrôle d’automobilistes et au détournement de l’argent de contraventions. « À plusieurs reprises, peut-on y lire, des migrants auraient indiqué qu’il leur manquait de l’argent lors de notifications de refus d’entrée [en France – ndlr]. » Or, à chaque fois, « le gardien de la paix et l’adjoint de sécurité [jugés jeudi – ndlr] étaient présents lors des interpellations ou des notifications ».

    En janvier 2019, une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) était diligentée, qui s’est vite resserrée autour de l’histoire de Moussa, interpellé une nuit d’août 2018 lors d’une tentative de passage en France et renvoyé aussi sec en Italie, alors qu’il avait 15 ans, qu’il était isolé et que la France avait obligation de l’accueillir.

    Recroisant deux policiers sur sa route cette nuit-là, Moussa s’était plaint du vol de son argent à la PAF et avait eu le réflexe d’enregistrer la conversation. Diffusé à l’audience, cet échange de cinq minutes permet d’entendre des menaces, puis des bruits de coups : « T’accuses la police de vol, ce soir t’es en garde à vue et demain t’es dans un avion, hein ? […] Et c’est Tripoli-Paris ! » « T’arrêtes de nous traiter de voleurs parce que je t’en colle une, hein ? Moi je te dérouille ! » Ou encore : « Tu me traites encore une fois de voleur et je te jette là-dedans [un trou – ndlr]. T’as compris ? » Identifiés par l’IGPN, ce sont ces deux policiers qui étaient jugés jeudi.

    Avant que ne débute l’audience, Moussa échangeait encore avec Agnès Antoine, en terrasse d’un café, une militante des droits des étrangers, bénévole de l’association Tous migrants et de l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers), qui a été l’une des premières à le rencontrer après sa traversée réussie en France.

    « Je l’ai accueilli chez moi après qu’il est passé par le refuge solidaire de Briançon », confie celle qui participe également aux maraudes organisées pour venir en aide aux exilés sur la frontière, avec des élus parfois, pour contrôler les pratiques de la PAF. Elle se souvient d’un jeune homme « traumatisé », se plaignant de douleurs au ventre et au bas du dos résultant des coups reçus. « Il était incapable de comprendre comment la police française pouvait faire une chose pareille. »

    Le jeune homme a quitté le Mali, son pays d’origine, fin 2017, dans l’espoir « d’une vie meilleure ». « J’ai mis sept mois à rejoindre l’Europe. Avec un ami majeur, on a tenté plusieurs fois de passer la frontière à Montgenèvre, jusqu’à cette fameuse nuit », confie Moussa, qui assure que cinq autres migrants les accompagnaient.

    À sa première « rencontre » avec les policiers de la PAF, il n’a pas voulu fuir. « Ils nous ont interpellés et ramenés au poste, où ils nous ont demandé nos papiers. J’ai donné un acte de naissance prouvant que j’étais né en 2002. » Mais la police n’en tient pas compte, évoque une date de naissance « incohérente », selon la notification de refus d’entrée signée par un brigadier à minuit ce 4 août. Lui et son ami sont ramenés à la frontière après avoir été fouillés et contrôlés. La loi est pourtant claire : un étranger mineur « ne peut faire l’objet d’une mesure d’expulsion ».

    Mais arrivés sur place, Moussa et le second migrant découvrent qu’il leur manque de l’argent. « J’avais 600 euros et mon ami 200 euros. L’argent avait disparu de nos portefeuilles alors qu’on l’avait avant d’arriver au poste. »Il décide de retourner à la PAF de Montgenèvre et tombe sur deux policiers, qu’il dit reconnaître, le gardien de la paix et de l’adjoint de sécurité. « J’ai enregistré pour avoir une preuve de tout ça, car je sentais que ce n’était pas clair. Cet argent, je l’avais économisé en travaillant dans les marchés en Italie, je le gardais pour pouvoir manger et dormir. » En plus des menaces verbales, le policier lui aurait asséné des coups de poing et de pied.

    Si Moussa ne tarde pas à raconter sa mauvaise rencontre avec les forces de l’ordre à Agnès et à lui faire écouter l’enregistrement, celle-ci ne lui conseille pas de porter plainte dans l’immédiat. « On se méfiait même de la justice… On craignait que la reconnaissance de sa minorité lui soit refusée s’il y avait une plainte. » Reconnu mineur et pris en charge par le conseil départemental, comme le veut la règle pour tous les mineurs étrangers non accompagnés (MNA dans le jargon), Moussa a finalement déposé plainte en mars 2019.

    Au tribunal, jeudi, il joue nerveusement avec ses doigts. À la barre, la présidente appelle le gardien de la paix, résume les faits, puis hausse le ton :

    « Il vous dit que son argent a disparu et vous me dites que vous entendiez ça très souvent dans le discours des migrants à cette époque. Vous auriez pu lui laisser le bénéfice du doute ! »

    – Ça n’arrivait pas qu’à Montgenèvre, rétorque le gardien de la paix en référence aux vols.

    – Vous vous enfoncez, Monsieur. […] Vous appelez ça discuter, vous ?

    – J’étais exaspéré, c’était très tendu avec le problème migratoire. […] J’ai eu des phrases malheureuses, ce n’était pas malin. »

    Concernant les coups, à l’écoute de l’enregistrement, le gardien de la paix affirme avoir repoussé le migrant vers un panneau métallique. Il reconnaît toutefois ne pas s’être senti menacé par les exilés à ce moment-là. « On entend clairement plusieurs coups », contredit la juge, qui cherche à savoir « dans quel cadre procédural » se situe alors l’agent. « Logiquement, vous auriez dû les ramener à nouveau au poste pour suivre la procédure. De quel droit estimez-vous que c’est inutile ? D’aucun ! Vous êtes un exécutant, c’est illégal de prendre ce genre d’initiatives. »

    Selon Me Vincent Brengarth, conseil de Moussa, cette affaire démontre « le caractère indispensable des vidéos pour qu’il y ait justice ». « La question des violences policières sur les migrants est exploitée de façon assez secondaire, alors qu’elle a un caractère tout aussi systémique, plaide l’avocat. Elles sont exercées à l’encontre de personnes vulnérabilisées et ce ne sont pas des cas isolés. » Me Brengarth rappelle le rapport du Défenseur des droits ou celui de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme), avant de dénoncer un « tandem » spécialisé dans la répétition de ces comportements.

    Devant le tribunal, l’ex-adjoint de sécurité n’est toutefois poursuivi que pour des faits sans rapport avec les exilés, simplement pour avoir gardé l’argent d’une contravention après l’avoir annulée, sans explication claire. « Vous dites d’abord avoir rempli la quittance sans prendre l’argent, puis vous évoquez une erreur de remplissage, insiste la juge. Vous avez paniqué ? Vous êtes un élève de maternelle ou un professionnel de la police ? » « Vous faites vraiment n’importe quoi dans cette brigade ! Plus on ment, plus on s’enfonce », assène-t-elle, sans être convaincue.

    Pour l’avocat du prévenu, le dossier aura eu « le mérite » de révéler les défaillances du commandement de la brigade et de la PAF au moment des faits. « Il ne faut pas que le ministère public et la partie civile fassent l’amalgame entre les violences dont est accusé le gardien de la paix et les autres faits qui concernent mon client. »

    « Tout ce qui compte pour moi, c’est qu’on me rende mon argent et que ça ne se reproduise plus avec d’autres », insiste Moussa, fier aujourd’hui de voir que sa situation se débloque en France. Cette année, il s’est inscrit dans un centre de formation et d’apprentissage (CFA) en Auvergne-Rhône-Alpes. Il passe en deuxième année et s’apprête à fêter ses 18 ans.

    « Il est apprenti cuisinier dans un restaurant et ça se passe très bien, précise le travailleur social qui l’accompagne depuis janvier 2019 pour l’association PlurielS. Il a son récépissé et devrait obtenir son titre de séjour travailleur temporaire dès septembre prochain. »

    Dans un rapport intitulé Persona non grata et publié en février 2019, l’Anafé dénonçait les pressions, violences policières et vols dont faisaient l’objet des personnes exilées. « On est rassurés que la justice se soit saisie de cette situation aujourd’hui car la question est d’autant plus grave quand les violences sont commises par les forces de l’ordre », note Laure Palun, directrice de l’association, qui relève que l’interdiction d’exercer peut avoir un effet dissuasif, en plus de la prison avec sursis. « S’ils sont condamnés, j’espère que cela empêchera d’autres policiers d’avoir des comportements similaires, que ce soit à Montgenèvre, Menton, ou toute autre frontière ou zone d’attente française. » Réponse le 30 juillet.

    https://soundcloud.com/mediapartpodcast/policier-de-la-paf-taccuses-la-police-de-vol-demain-tes-dans-un-avion-paris-tripoli/s-ZLMnohIShj6

    https://www.mediapart.fr/journal/france/300720/un-policier-condamne-pour-violence-contre-un-mineur-malien-qui-se-refugiai

    #France #condamnation #justice #police #violences_policières #PAF #frontières #migrations #Alpes #asile #réfugiés #Montgenèvre #frontière_sud-alpine #montagne #Italie

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    • Hautes-Alpes: un policier de la PAF renvoyé devant le tribunal

      Selon des informations de Mediapart, Christophe A., un fonctionnaire de la police aux frontières de Montgenèvre, sera bientôt jugé pour « #blessure_involontaire_par_imprudence », après la plainte d’un militant engagé dans le soutien aux migrants.

      Une fois de plus, la justice épingle un agent de la police aux frontières (PAF) de Montgenèvre (Hautes-Alpes), ce poste de haute montagne installé sur la route, souvent enneigée, qu’empruntent à pied les migrants venant d’Italie. Depuis des années, exilés et militants dénoncent les pratiques locales des forces de l’ordre, vécues comme du « #harcèlement ».

      Deux agents de la PAF ont déjà été condamnés cet été à de la prison avec sursis et à des amendes, l’un pour des faits de violence commis à l’encontre d’un mineur malien qui se réfugiait en France, l’autre pour « #usage_de_faux_en_écriture_publique » et « #soustraction_de_biens ».

      Cette fois, un juge d’instruction de Gap a décidé que les agissements du fonctionnaire Christophe A., un soir de 2017 où quelques militants s’étaient rassemblés devant le poste-frontière pour contester la reconduite de migrants en voiture vers l’Italie, méritaient procès.

      « [Le policier] n’a pas suffisamment écarté son véhicule, de sorte qu’il a roulé sur le pied [d’un manifestant] », résume le magistrat. La formule est sobre, pour le moins, mais la conclusion sans détour : le policier se voit renvoyé devant le #tribunal_correctionnel pour « blessure involontaire par imprudence », d’après une ordonnance du 21 septembre consultée par Mediapart.

      Le propriétaire du pied, Mathieu B., avait décrit, à l’époque, la scène en ces termes : « Je suis au milieu de la chaussée, je regarde la voiture de police arriver, elle ne décélère pas. Ce n’est pas possible… mais que se passe-t-il dans la tête de ce flic ? La bagnole continue sa course et me percute. J’anticipe par je ne sais quel réflexe le choc et fais un roulé-boulé sur le côté droit du capot. Je me retrouve ensuite sur le bitume et la roue arrière du véhicule me passe sur la jambe, au-dessus de la cheville. La voiture continue sa course comme si de rien n’était. […] Je décide de porter plainte. Ce qui vient de se passer n’est pas un cas isolé. C’est le quotidien de tout un tas de gens dans ce pays. »

      À l’issue des investigations, le magistrat confirme que « le [policier] a pris la décision de conduire en direction d’un groupe de manifestants sans attendre que la situation soit maîtrisée », sans déclencher « avertisseurs sonores ni lumineux ». « Alors que Mathieu B. venait de tomber », le policier a continué de rouler.

      Au passage, on découvre qu’« une autre personne, un policier, a été légèrement heurté […], ce qui atteste que les distances de sécurité entre le véhicule en cause et les piétons n’étaient pas respectées ».

      Pour les avocats du plaignant, Vincent Brengarth et William Bourdon, qui se félicitent de ce renvoi devant le tribunal, « cette décision contrarie la logique de harcèlement policier à l’égard des aidants et le sentiment que la frontière devrait être une zone de non-droit ».

      Sollicité par Mediapart, l’avocat du policier, toujours présumé innocent, Me Nicolas Wierzbinski, n’a pas souhaité réagir.

      Jusqu’ici, au pied du col de Montgenèvre, les migrants réussissant la traversée de la frontière trouvaient un lit, un couvert et un médecin à Briançon, au sein du Refuge solidaire, structure militante ouverte il y a trois ans dans un bâtiment mis à disposition par la communauté de communes (à majorité de gauche). Grâce à une entente tacite, les forces de l’ordre n’y patrouillaient pas vraiment, un peu comme devant une « ambassade ». Le nouveau maire LR, Arnaud Murgia, vient de décider de boucler les lieux (lire notre reportage). Ce qui ne manquera pas de tendre, encore un peu plus, la situation.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/280920/hautes-alpes-un-policier-de-la-paf-renvoye-devant-le-tribunal

  • DROIT D’ASILE / FRONTIÈRE FRANCO-ITALIENNE. La France viole le droit d’asile à la frontière franco-italienne confirme le #Conseil_d’État.

    Communiqué inter-associatif : Amnesty International France, la Cimade, Médecins du Monde, Médecins du Monde, Le Secours Catholique - Caritas France, Anafé

    Le 8 juillet 2020, le Conseil d’Etat a confirmé ce que nos associations dénoncent depuis de nombreuses années : le ministère de l’Intérieur bafoue le droit d’asile à la frontière avec l’Italie.

    En mai dernier, une femme et son fils de 5 ans ont été refoulés en Italie alors même qu’elle avait exprimé le souhait de demander l’asile dès leur arrivée en France (https://www.amnesty.fr/presse/une-femme-et-son-enfant-renvoyes-hier-en-italie--les). Il s’agit d’une pratique systématique à la frontière franco-italienne et parfaitement assumée par le ministère de l’Intérieur.

    Saisi de cette affaire, le Conseil d’État a sanctionné fermement le refoulement de cette femme et de son enfant par la police aux frontières. La décision est sans appel (https://www.conseil-etat.fr/arianeweb/#/view-document/?storage=true) : « l’autorité administrative a porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d’asile, qui constitue une liberté fondamentale » en refusant d’enregistrer la demande d’asile et de l’examiner avec les garanties prévues par la loi (audition de l’OFPRA, recours suspensif même en cas d’application du règlement Dublin).

    Cette décision confirme l’illégalité des situations que nos organisations observent à la frontière depuis de nombreuses années. En deux journées seulement, ces lundi 6 et mardi 7 juillet 2020, nos observateurs présents sur le terrain à Menton ont déjà recensé 83 personnes qui ont été refoulées par la France vers l’Italie.

    Nos organisations attendent de Monsieur Darmanin, nouveau ministre de l’Intérieur, qu’il transmette des instructions claires aux services de la police aux frontières pour que les personnes qui souhaitent solliciter une protection internationale en France puissent le faire, y compris à la frontière franco-italienne. Nous demandons également que ces instructions soient rendues publiques.

    Note à l’attention des rédacteurs

    • Rappel du cas

    Le 14 mai 2020, une femme de nationalité centrafricaine a été interpellée à la gare de Menton accompagnée de son enfant, âgé de 5 ans, lequel portait une sonde à l’estomac. Elle a été directement conduite à la police aux frontières.

    Dès son interpellation, elle a indiqué aux fonctionnaires de police qu’elle souhaitait déposer une demande d’asile en France et que son enfant était très malade. Après avoir été détenue plusieurs heures, sa demande d’asile n’a pas été enregistrée et elle a fait l’objet d’un refus d’entrée, sans qu’elle ne puisse bénéficier d’un jour franc. Elle a ensuite été refoulée à la frontière sans que sa demande d’asile puisse être enregistrée.

    Saisi en référé liberté de cette situation, le tribunal administratif de Nice a rejeté, le mardi 19 mai 2020, la demande de la jeune femme de pouvoir faire enregistrer sa demande d’asile sur le territoire français. La femme a saisi alors le Conseil d’Etat avec le soutien de nos organisations.

    https://www.amnesty.fr/presse/droit-dasile--frontiere-franco-italienne.-la-france
    #droit_d'asile #asile #migrations #réfugiés #frontières #justice #frontière_sud-alpine #Italie #France #refoulement #push-back #Menton

  • Ce jour-là à #Vintimille. Retour d’un lieu d’exil sans cesse confiné

    Chaque nuit, des dizaines de personnes en situation d’exil dorment dans les rues de Vintimille. Laissées à l’abandon par les pouvoirs publics depuis la fermeture du principal camp d’hébergement, elles sont repoussées du centre-ville par les forces de police. De retour de cette frontière, nous publions ce texte de témoignage afin d’alerter sur la mise en danger institutionnelle des personnes en migration.

    Chaque nuit, des dizaines de personnes en situation d’exil dorment dans les rues de Vintimille. Laissées à l’abandon par les pouvoirs publics depuis la fermeture du principal camp d’hébergement, elles sont repoussées du centre-ville par les forces de police alors que la municipalité prépare la reprise des activités touristiques au lendemain du confinement. De retour de cette frontière franco-italienne, nous publions ce texte de témoignage afin d’alerter sur la mise en danger institutionnelle des personnes en migration.

    Depuis la fin du confinement en Italie, on peut estimer que 200 personnes en migration sont quotidiennement livrées à elles-mêmes à Vintimille. La plupart sont originaires d’Afghanistan, d’Iran, du Pakistan, dans une moindre mesure de pays africains. Nous avons également rencontré une famille kurde accompagnant une femme enceinte. "Bonjour, ça va ?". Suivant les mots que nous adressons à leur rencontre, les discussions s’ouvrent sur les projets passés et présents. La principale destination évoquée à cette étape des parcours est la France. Marseille, Porte de la Chapelle... Certains ont passé plusieurs années dans le pays d’où nous venons, avant de se faire renvoyer vers l’Italie. "Ništa !" : au détour d’une conversation en Pachtoune, on reconnait une expression ramenée des routes balkaniques, qui signifie qu’il n’y a rien à trouver ici. "Racist", "police", "violent" sont d’autres mots transparents que nous glanons en parcourant les rues de Vintimille, ce jeudi 11 juin.

    Surimpressions

    À la veille de la reprise officielle de la saison touristique, plusieurs réalités se superposent. Les arrivées de touristes tant attendues par la municipalité coïncident avec celles de groupes considérés comme irréguliers. Les usagers des terrasses à nouveau animées côtoient les déambulations quotidiennes des personnes exilées pour trouver une stratégie de passage. Les camions de nettoyage sillonnent les rues ; les fourgons des marchands du célèbre marché de Vintimille reprennent place. Cette soudaine effervescence économique est traversée par le ballet des forces de l’ordre : militaires, police municipale, guardia di finanza et carabinieri quadrillent la ville. Nous nous étonnons de voir la police nationale française stationnée devant la gare. La stratégie des autorités italiennes semble moins correspondre à une logique de contrôle de l’immigration qu’à un impératif de tenir à l’écart du centre-ville les migrant-tes indésirables. C’est-à-dire celles et ceux qu’il ne faut pas voir dans ce paysage renaissant de la consommation.

    Ce jour-là, le 12 juin, alors que les interdictions liées aux rassemblements dans les centres commerciaux et lieux de restauration sont progressivement levées, le maire a explicitement interdit aux ONG présentes à la frontière de fournir toute aide matérielle aux personnes exilées.

    Invisibilisations

    Sur cette portion du territoire transalpin, le confinement décidé en mars 2020 a signifié l’arrêt des activités humanitaires, en raison de la fermeture officielle de la frontière et des interdictions de rassemblement en Italie. Les volontaires du collectif Kesha Niya et de Roya Citoyenne ont dû mettre fin aux distributions alimentaires groupées — une activité essentielle pour les personnes exilées en transit dans les rues de Vintimille, assurée quotidiennement depuis trois ans. Alors que de nouvelles arrivées ont été constatées depuis la fin du confinement, les distributions doivent s’effectuer en discrétion.

    Les paquets alimentaires, kits d’hygiène et masques sont fournis aléatoirement, en fonction du nombre de personnes exilées rencontrées au cours des maraudes. Cette situation délétère n’est pas sans rappeler le contexte de l’année 2016, alors qu’un arrêté municipal de la commune de Vintimille interdisait les distributions de repas pour cause de risques sanitaires[I]. Inique autant que cynique, l’argument de la salubrité publique est à nouveau le levier d’une mise en danger des personnes exilées. Bien que l’ONG Médecins du Monde ait constaté en juin des besoins médicaux auprès des personnes en errance dans la ville (tels que des problématiques respiratoires connues pour leur propension à entrainer une forme grave de COVID-19), aucun accès aux soins n’est organisé par les institutions locales ou nationales. Sur la seule après-midi du 18 juin 2020, deux patients ont été admis en hospitalisation d’urgence suite à des signalements de l’ONG (urgence obstétricale et détresse cardiaque).

    Cette nuit-là, le vent est levé. Venus pour assurer une distribution de sacs de couchage et de masques, mis en difficulté dans cet acte simple, nous ressentons l’hypocrisie d’une frontière qui crée ses propres marges. Avec quelques autres volontaires qui tentent d’assurer un relai social et médical, nous devons nous aussi nous cacher, nous rendre invisibles.

    Épuisements

    Il y a quelques semaines, le camp de la Croix-Rouge assurait encore la mise à l’abri d’individus sans papiers. Institué comme bras humanitaire de la Préfecture d’Imperia en 2016, cet établissement situé à 4 kilomètres du centre-ville centralisait l’hébergement des personnes en transit, autant que leur contrôle[II]. Depuis la détection d’un cas de coronavirus le 18 avril, le campo a été fermé aux nouvelles arrivées[III]. Seuls les petits-déjeuners et un service de douche délivrés par Caritas sont assurés aux personnes recalées, ainsi qu’une assistance juridique répartie entre plusieurs associations locales[IV].

    Désormais, pour celles et ceux qui arrivent sur ce territoire, les rares lieux de répit se situent à l’abri des regards, dans quelques marges urbaines tolérées. Corollaire du droit à la mobilité, le droit à la ville est mis à mal dans les interstices urbains de Vintimille. Ces rues sont le théâtre d’un nouveau « game », selon le nom donné dans les Balkans aux tentatives répétées de traversée des frontières, suivies de refoulements violents[V].

    À cette étape des parcours, la France demeure le seul horizon envisageable : tous et toutes parviennent finalement à passer, mais au prix d’épuisements multiples et de nouveaux dangers.

    Ce jour-là, sous le pont de Vintimille, une laie ballade ses marcassins à la recherche de nourriture, à proximité immédiate d’un lieu de campement régulièrement sujet aux déguerpissements policiers. Les voyages nous sont contés avec des mots et des blessures, souvent ramenées de la traversée des Balkans. À cette frontière intérieure de l’Europe, aucun moyen médical institutionnel n’est disponible pour les soigner.

    Des corps confinés

    Confiner, c’est aussi étymologiquement toucher une limite. Bloquées à la frontière italo-française, les personnes exilées se heurtent à des confins au cœur de l’espace Schengen dit « de libre circulation ». Seuls les chiffres de l’activité policière communiqués par la Préfecture des Alpes-Maritimes permettent d’évaluer numériquement l’évolution des arrivées ces derniers mois : alors que 107 refus d’entrée[VI] ont été enregistrés côté français entre le 15 mars et le 15 avril, ce sont environ cinquante personnes qui seraient refoulées chaque jour de la France vers l’Italie, depuis la fin du confinement officiel. Toutefois, ces statistiques n’intègrent ni les tentatives de traversées répétées par une même personne, ni les refoulements non enregistrés par la police française, en dépit des lois en vigueur[VII]. C’est pourquoi le regard d’acteurs non étatiques s’avère nécessaire dans cette phase de déconfinement. Salariée humanitaire, universitaire ou volontaire bénévole, notre présence à Vintimille tient à des raisons diverses, mais nos mots dessinent une même idée : « impératif de mise à l’abri », « inégalité des vies »[VIII], « acharnement dissuasif » …

    Ces deux derniers mois ont fourni l’opportunité de comprendre le caractère essentiel du droit à la mobilité — en particulier pour les personnes qui ont pu se confiner dans des conditions dignes et qui retrouvent depuis le mois de mai les délices de la liberté de circulation[IX]. Que reste-t-il de cette expérience collective ?

    La période post-confinement signale plutôt le renforcement des inégalités à la mobilité. Non seulement la « crise sanitaire » n’a pas amené de véritable réflexion sur la précarité des personnes bloquées aux frontières, mais elle a de plus permis la poursuite des activités de contrôle mortifères à l’écart de l’attention médiatique. C’est le cas en Libye et en Méditerranée[X], mais aussi au cœur de l’Union européenne, à cette frontière franco-italienne.

    Ce jour-là, le train de voyageurs internationaux Vintimille-Cannes fait à nouveau vibrer les rails, à côté du campement improvisé pour la nuit par les exilé-e-s. Le lendemain, nous rejoindrons le bivouac de notre choix sans le moindre contrôle, reconnus à nouveau aptes à circuler, contrairement à ces corps confinés.

    https://blogs.mediapart.fr/mdmonde/blog/240620/ce-jour-la-vintimille-retour-d-un-lieu-d-exil-sans-cesse-confine
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  • #Hautes-Alpes : des migrants ont-ils été rackettés par deux policiers de la #PAF à la frontière franco-italienne ?

    Les deux policiers sont jugés en correctionnel à Gap pour des faits présumés de #violence et de #détournement_de_fonds.

    Soupçonné de violence contre un jeune migrant en août 2018, un gardien de la paix de la #police_aux_frontières (PAF) de #Montgenèvre (#Hautes-Alpes) et un adjoint de sécurité (ADS) du même service, jugé pour détournement de fonds, en janvier 2019, comparaissent cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Gap.

    Comme depuis le déconfinement du 11 mai et la reprise des audiences correctionnelles, le procès se déroule sans public en raison des mesures sanitaires liées au coronavirus.

    Le gardien de la paix, un fonctionnaire âgé de 51 ans, et l’ADS âgé de 30 ans, dont le contrat n’a pas été renouvelé par l’administration sont respectivement poursuivis pour « #violences_volontaires_sans_ITT » commises par #personne_dépositaire_de_l’autorité_publique (#PDAP) dans l’exercice ou à l’occasion de ses fonctions, et pour « #faux_administratif » et « #soustraction_frauduleuse_de_fonds_publics » par PDAP.

    Une révélation en interne

    L’enquête menée par l’antenne marseillaise de l’inspection générale de la police nationale (#IGPN) a débuté en janvier 2019 après un rapport remis au parquet de Gap par la direction départementale de la police aux frontières (DDPAF) des Hautes-Alpes, « signalant plusieurs dysfonctionnements administratifs et en interne mais également des faits de violence contre un migrant et de détournement de fonds », a indiqué une source judiciaire. « Une révélation en interne qui fait suite à des soupçons de rackets réguliers à l’encontre de migrants qui traversaient la frontière franco-italienne à Montgenèvre », souligne cette même source.

    Concernant ces vols présumés, « l’enquête n’a pas permis d’établir, ni la réalité des dénonciations, ni l’identification des éventuels auteurs, au contraire des faits qui justifient la comparution des deux prévenus aujourd’hui », a souligné avant le début du procès, le procureur de la République de Gap, Florent Crouhy.

    « Dès la fin de l’année 2018, le parquet a reçu de nombreux courriers de migrants ou d’associations dénonçant des faits de vols sur des migrants. Les vérifications n’ont jamais permis d’étayer ces dénonciations, les migrants étant le plus souvent impossible à retrouver », a indiqué le magistrat qui représentera le ministère public à l’audience.

    Un enregistrement audio à charge contre le policier

    Selon le rapport de l’IGPN, le gardien de la paix - actuellement en arrêt maladie - est soupçonné d’avoir donné un #coup_de_poing à un migrant Malien, aujourd’hui âgé de 17 ans. L’#altercation a été discrètement enregistrée par la victime présumée qui accuse des policiers de lui avoir volé son argent quelques jours plus tôt lors d’un contrôle sur la voie publique à Montgenèvre.

    L’adjoint de sécurité est soupçonné d’avoir gardé pour lui 90 euros en espèce, c’est-à-dire le montant d’une amende dressée lors d’un contrôle à l’encontre d’un conducteur italien qui n’avait pas sa ceinture de sécurité. L’auteur présumé qui conteste les faits a jusqu’ici soutenu qu’il s’agissait d’une erreur de remplissage du procès-verbal.

    « La commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a rendu en 2018 un rapport sur lequel la frontière italienne ne doit pas être une zone de non-droit. Notre affaire s’inscrit pleinement dans cette problématique de comportements qui ne sont pas acceptables », a expliqué avant le début de l’audience Me Vincent Brengarth, du barreau de Paris, avocat de la victime présumé ainsi que de l’association « Tous Migrants » qui doit se constituer partie civile au procès. Créée en 2016 à partir d’un mouvement citoyen de 2015, l’association « sensibilise la population aux enjeux migratoires et plaide pour le respect des droits des étrangers et notamment des personnes exilées auprès des pouvoirs publics », rappelle son coprésident Michel Rousseau.
    Les prévenus encourent 3 et 10 ans d’emprisonnement

    « Nous disposons d’un enregistrement audio ce qui permet la tenue de ce procès. Nous attendons que les responsabilités des policiers qui sont mis en cause pour des faits de vols et de violence soient déterminées par le tribunal, avance Me Brengarth. C’est un procès rare pour des pratiques dont on sait qu’elles sont régulières. Le dossier révèle qu’il ne s’agit pas de faits isolés. Il est indispensable que la justice puisse rétablir le droit de ceux que nous devons protéger ». Alors que l’ancien Adjoint de sécurité (ADS) encourt jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, le gardien de la paix risque jusqu’à 3 ans de prison. Le jugement devrait être mis en délibéré.

    https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/6035565/hautes-alpes-des-migrants-ont-ils-ete-rackettes-par-deux-policiers-de-la
    #police #racket #frontières #asile #migrations #réfugiés #France #Italie #frontière_sud-alpine #justice

    ping @davduf

  • More deaths of refugees on the Balkan route

    “The bodies of two younger men were found in the #Mrežnica River on Thursday (https://www.jutarnji.hr/vijesti/crna-kronika/iz-rijeke-mreznice-izvucena-tijela-dvojice-muskaraca-po-svemu-sudeci-radi-s). In the last three years, not counting these cases, 25 refugees have died in this area, and drowning in rivers is prevalent. Approximately one body per month appeared in one of the rivers, and only in Mrežnica six of them were found this June.”

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 01.07.2020

    #décès #morts #mourir_dans_la_forteresse_europe #Croatie #asile #migrations #réfugiés #route_des_balkans #frontière_sud-alpine #Mrežnica_River #Mreznica #frontières

    –—

    Ajouté à la métaliste sur les morts à la frontière alpine :
    https://seenthis.net/messages/758646#message806448

  • 19 juin 20h Amnesty International sur internet, diffusion suivie d’un débat, du #documentaire :

    Demain est si loin
    Muriel Cravatte (2019, France, 88 min, Couleur)
    https://www.amnesty.fr/cine-debat-demain-est-si-loin
    https://www.facebook.com/events/1165149137184372

    2018, frontière franco-italienne. Chaque jour, des exilés tentent de rejoindre la France à pied, en empruntant des itinéraires de montagne dangereux, pour échapper aux traques policières.

    Le film sera suivi par un temps d’échange en direct depuis Paris et Briançon avec Muriel Cravatte elle-même et des personnes engagées dans l’accueil des réfugiés et migrants à Briançon.

    Dans les Alpes, la fraternité prise pour cible
    Amnesty International, le 3 mars 2020
    https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/dans-les-alpes-la-fraternite-prise-pour-cible

    Et une pétition à signer :

    Protégeons les défenseurs des droits des migrants
    https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/petitions/protegeons-les-defenseurs-des-droits-des-migrants

    #France #Italie #migrants #Frontière_sud-alpine #frontières #Briançon #Hautes-Alpes #asile #migrations #réfugiés #parcours_migratoires #montagne #Blessing #police #violence_policière #vidéo #Muriel_Cravatte

    Voir la compilation ici :
    https://seenthis.net/messages/756096

  • Asylum seekers illegally returned from Italy to Slovenia, NGOs claim

    Two migrant-aid organizations are accusing authorities in northeastern Italy of illegally returning asylum seekers to Slovenia. They also claim that readmission procedures between Slovenia, Croatia and Bosnia prevent people from asking for asylum in the EU.
    The Italian Consortium of Solidarity (ICS) and Catholic charity Caritas in Trieste published a statement on May 28, saying that they were strongly concerned about “the implementation of informal readmissions of migrants” from Italy to Slovenia.

    The two organizations provide housing to immigrants in the province of Trieste in northeastern Italy, near the border with Slovenia.

    ICS and Caritas said that it is illegal for authorities to return those who intend to apply for asylum. They said asylum requests must be registered before authorities check whether the applicant might have applied in another EU country. Under the Dublin Regulation, asylum seekers can be transferred back to the first EU country where they were registered.

    Migrants ’illegitimately sent away from EU’?

    ICS and Caritas also claimed that readmission procedures between Slovenia, Croatia and Bosnia enabled authorities to “illegitimately turn away... those who have entered to apply for protection” from European Union territory. These people, “are subjected to grave violence throughout the so-called Balkan route,” they said in their statement.

    Pierpaolo Roberti, the security councilor of the Friuli Venezia Giulia region, where Trieste is located, responded to the statement, saying that authorities will “move ahead with informal readmissions.” He said that the police and the prefect had his “full support.” Roberti belongs to the far-right League party, which is known for its harsh anti-migrant policies.

    He said he hopes that “as many people as possible continue to be readmitted to Slovenia and, in addition, that we strive to totally stop that migration flow.”


    https://www.infomigrants.net/en/post/25114/asylum-seekers-illegally-returned-from-italy-to-slovenia-ngos-claim
    #Slovénie #Italie #push-back #push-backs #renvois #frontière_sud-alpine #refoulements #refoulement #Alpes #frontières #asile #migrations #réfugiés

    ping @isskein

    • AYS Special: Italian Court StopsDeportation to Slovenia, Meanwhile Pushbacks Continue

      Italy has become the latest link in chain push backs where literally thousands of people — often violently — end up in the overcrowded camps of Bosnia and Serbia.

      Contradictory approaches in Italy

      An Italian court stopped deportation to Slovenia on the grounds that there is a risk for an asylum seeker to be subjected to inhumane and degrading treatment due to the high possibility of him (or her) being further expelled to Croatia and then to Bosnia or Serbia. However, although the court stopped the deportation of a single individual, collective push-backs from Italy are becoming increasingly common in the months since the judgement made by the court in Genova (April 7th). Thus Italian courts are acknowledging the cruel and inhumane treatment that a returnee is subjected to but, on the other hand, the Italian government is massively increasing the scope of push-backs to Slovenia, as is evident in the recent decision to deploy the army with police jurisdiction.

      16.000 people were returned to Croatia from Slovenia in the last two years.

      These are people who were caught and were processed in police stations with charges of illegal border crossing. When a person asks for asylum in slovenia, he is often faced with threats or the asylum claim is simply ignored and in the official records he is reported as an “economic migrant” — a category invented by the Ministry of Interior and the Police and not encompassed by any law. If one is classified as an “economic migrant” who has no interest to seek asylum, he can be returned to Croatia under a bilateral readmission agreement from 2006.

      The Court in Italy is concerned over systemic deficiencies in the Slovene asylum system and finds real risk for an asylum seeker to be subjected to inhuman and degrading treatment if deported to Slovenia. Meanwhile, reports of daily informal deportations from theItalian — Slovene border are becoming more and more common.

      COURT RULING: “…the risk of the applicant being subjected to inhuman and degrading treatment in Slovenia seems justified …

      In early April a court in Genoa, Italy found that:

      “Based on the submitted documentation and additional information obtained by this court proprio motu, the applicant’s complaint — given the conditions of receiving refugees in Slovenia and systemic shortcomings in the asylum procedure — seems justified. (…)

      In this case, the risk of the applicant being subjected to inhumane and degrading treatment in Slovenia seems justified (…) The data collected raise serious concerns about the reception and asylum system currently in force in Slovenia and in general about the atmosphere of cultural intolerance and discrimination prevailing in civil society, among government leaders and between police forces towards foreigners who have entered the country illegally, who have lodged or intend to lodge an application for international protection.”

      The complaint was lodged by a Pakistani asylum seeker, represented by Alessandra Ballerini, who had first filed the application for international protection in Slovenia and was consequently expected to be deported from Italy to Slovenia according to the Dublin regulation.

      The complaint stipulated that such a deportation would violate, inter alia, paragraph 2 of Article 3 of the Dublin Regulation due to systemic deficiencies in the asylum system in Slovenia. The court agreed and refused to deport the asylum seeker to Slovenia, “because of the danger that he would be treated there contrary to fundamental humanitarian principles and contrary to the provisions of Article 4 of the EU Charter of Fundamental Rights”.

      As reported by Primorski dnevnik, the judges came to this conclusion taking into account reports of non-governmental organizations on the deteriorating treatment of migrants in Slovenia in the past two years and a 2018 report by the UN High Commissioner for Refugees (UNHCR), which confirms allegations by non-governmental organizations of collective expulsions and violence against migrants in the Balkan region, including Croatia and Slovenia.

      Reports of several Slovenian and International NGOs and civil society actors (Amnesty International, Are You Syrious?, InfoKolpa, Border Violence Monitoring Network) highlight the issue of the Slovenian police authority’s illegal restrictions of access to asylum and practice of forced returns of asylum seekers without a proper assessment of whether their human rights would be violated in other countries via an informal procedure and without the possibility to appeal the deportation (push-backs).

      This was shown by several fact-finding missions: a survey from 2018 by Amnesty International obtained testimonies of 51 people in Velika Kladuša and Bihać in BiH, who were returned to the hands of the Croatian authorities by the Slovenian police, despite the fact that they wanted to apply for asylum in Slovenia.

      Report on illegal practices of collective expulsion at the Slovene-Croatian border by InfoKolpa documents numerous cases of groups of migrants rejected by Slovenian police and returned to Croatia and further to Bosnia despite explicitly showing intention to file for asylum in Slovenia between 11th September and 7th November 2018 via an Alarmphone report; reports by No Name Kitchen and Balkan Violence Monitoring show collective expulsion and violent return of asylum seekers to the Bosnian border surrounding Velika Kladuša as a routine occurrence initiated by Croatian and Slovenian police forces.

      In one year there were 4,653 out of a total of 9,149 intercepted migrants that were collectively deported to Croatia. The above-mentioned reports also cite further official statistics from the Slovenian police, which show a change in practice between May and June 2018, when returns to Croatia increased sharply, while at the same time the number of people applying for asylum dropped severely. Police statistic from police station of a border town Črnomelj state that in May 2018, 371 of the 379 migrants considered (97.88% of all) applied for asylum; after receiving different instructions from the Chief of police, in June only 13 of the 412 migrants, ie 3.15%, lodged an asylum application.

      NGOs accuse the Slovenian government and police of preventing refugees from filing asylum applications and of carrying out collective forced returns without a proper and individual assessment of whether their human rights will be violated in other countries and without the possibility of appeal.

      Returns to Croatia are carried out on the basis of a controversial bilateral agreement between the two countries from 2006 (when Croatia was not yet a member of European Union), which enables informal returns under an abbreviated procedure. According to the court in Genoa, such an abbreviated procedure violates Slovenia’s human rights obligations.

      These findings are further corroborated by an official 2018 report of the UN High Commissioner for Refugees (UNHCR), which confirms allegations by non-governmental organizations of collective rejection and violence against migrants in the Balkan region, including Croatia and Slovenia.

      Primorski dnevnik cites the court decision featuring portions of NGO reports, saying:

      “Threats, violence, abuse of power and denial of fundamental rights have become common practice at border police stations, and collective deportations to Croatia are repeated daily with the support and awareness of senior police and government officials, despite the high risk of further police violence and theft in Croatia.”

      Slovenian daily newspaper Dnevnik asked Slovenian police for comments on the judgement, and they replied that their procedures were legal and professional, that the guidelines for the work of police officers had already been made public and that UNHCR had not discovered any irregularities when visiting police stations. The Ministry of the Interior replied that they were fully implementing EU legislation in the field of international protection, and that they were not aware of the ruling and could not comment on it.

      Though there was a decrease of irregular entries into Slovenia during the past few months there was an increase of record irregular entries recorded by Italian authorities. This has resulted in minor diplomatic tension between the countries where Slovenia has been dismissed as not being diligent enough in their Schengen gatekeeping duties.
      We suspect that there are two reasons that Italian authorities are recording an increase of border crossings:

      First, as InfoMigrants reported, as part of covid-19 measure the Italian authorities announced temporary legalisation of undocumented residents. We suspect that this might be a reason for a greater number of people reporting themselves and, thus, creating a spike in official records. Connected with this reason might be the Covid-19 measures as traveling became more difficult a greater number of people might be pressed to weather the virus in border municipalities (such as Trieste).

      Migrants (as well as border tensions with Slovenia) are traditionally a convenient distraction for the Italian government(s) in time(s) of crisis. To show its commitment to regulating the frontier the Italian government deployed the armed forces to aid police in intercepting migrants via the last stretch of the Balkan route. As Uroš Škerl reported for the daily newspaper Dnevnik in the last month Italy returned more people than in the previous four months combined (29 compared to 27 from January to April). In a statement for Dnevnik Gianfranco Schiavone of the NGO Consorzio Italiano di Solidarietà — Ufficio Rifugiati Onlus stated:

      “What is new in the last week is that the Italian police started to return people for whom we are convinced that they have the same circumstances as their colleagues that applied for asylum and stayed in Italy.”

      These returns are now conducted with the aid of the armed forces whose deployment the interior ministry justified as “an answer on illegal migrations”. Schiavone is skeptical of the military as they are not trained to conduct border patrols and handle asylum seekers adding: “this is all just political theater”.

      This latest act of EU migration policy melodrama has actors that are less fortunate than others. According to Dnevnik there have been three groups of people (14,17,8) returned to Slovenia and we suspect that at least one of these groups (if not all) has ended up in Velika Kladuša (BIH). A video emerged with a statement of a member of one of these groups containing claims of violent treatment during the Italy-BIH pushback was published recently by a migrant/activist: “This boy who left his fingerprints in Trieste and applied for asylum ، was deported to Slovenia and gradually back to hell”.

      So, on the one hand, Italian courts have found that push backs are cruel and inhumane, yet at the same time the same government has doubled down on its commitment to condemning people to this fate that its own courts find inhumane and cruel.

      Although the condemnation of deportation is a necessary first step, unless this idea is used to hold the security forces to account for their oppression and torture of people, it will remain a hollow ruling. Europeans like to look down on the USA due to their police violence on minorities, state hypocrisy towards its own values and their border walls. Maybe we should stop looking across the ocean and look closer to home.

      Written by: Iza Thaler and Miha Turk from InfoKolpa

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      https://medium.com/are-you-syrious/ays-special-italian-court-stops-deportation-to-slovenia-meanwhile-pushbacks-
      #refoulements_en_chaîne

    • Even from Trieste, Italy.

      “Working every day in the street with people-on-the-move has allowed medical volunteers in Trieste to witness the worsening situation at the Italian border with Slovenia. Here is a sum-up of the radical changes in the last two months, highlighting growing repression towards transit groups and a spike in pushbacks from Italian territory. The events are relayed in three distinct stages: from the start of the pandemic, the development of tighter police controls, and finally the expansion of pushbacks through the dubious “informal readmission” process”

      https://www.borderviolence.eu/news-from-trieste-covid-19-and-pushbacks

      Reçu via la mailing-list de Migreurop, le 15.06.2020

    • The Slovenian Administrative Court issued a judgement confirming that the Slovenian police committed chain pushbacks (https://www.cms.hr/hr/pravna-pomoc-azil-i-statusna-pitanja/slovenski-sud-potvrdio-hrvatska-sudjelovala-u-lancanom-nezakonitom-protjerivanju) in which Croatia also participated, as a result of which a person seeking international protection in Slovenia ended up in Bosnia and Herzegovina. According to the judgement, the young man identified as J.D. must be returned to Slovenia, he must be given the opportunity to seek asylum again and he must be paid compensation in the amount of € 5,000. This judgement demonstrated the importance of the work of Infokolpa, a civic initiative and a member of the Border Violence Monitoring Network, which played a key role in gathering evidence. Namely, in the judgment, the Slovenian court relied on their reports and the reports of other organisations within the BVMN, as well as media reports. It is precisely in such cases that the importance of independent reports and the importance of documenting violent pushbacks of refugees can be seen.

      However, in addition to warning of the illegal actions of the Slovenian police, this judgement also proves the role of the Croatian police in chain pushbacks of refugees to Bosnia and Herzegovina. It is time for the Croatian authorities to conduct effective investigations and make concrete efforts to stop this illegal practice.

      The brutality of pushbacks from Croatia was also experienced by a group of 16 refugees who were tortured and humiliated for five hours by unknown perpetrators in late May before being pushed back to Bosnia and Herzegovina. Precisely because of this inhumane and illegal treatment of people in search of safety, the Centre for Peace Studies filed a criminal complaint (https://www.cms.hr/hr/azil-i-integracijske-politike/cms-podnio-kaznenu-prijavu-koja-je-poveznica-policije-i-naoruzanih-nasilnika-u-c) with the State Attorney’s Office of the Republic of Croatia against unknown perpetrators who tortured the group. Eight armed men in unmarked black uniforms and with balaclavas on their heads, which according to the description given by the victims may belong to a special unit of the Ministry of the Interior, the so-called “Corridor” operation (https://net.hr/danas/hrvatska/zastrasujuca-devijacija-akcije-koridor-policija-sve-dogovara-na-whatsappu-a-pose), treated in an inhumane manner people in search of protection. Armed men wearing black tied the refugees to trees, shot at their heads and feet, beat them with everything they could get their hands on, took all of their belongings under threat of death, and in the end humiliated them by rubbing mayonnaise, ketchup and sugar into the wounds they had previously inflicted. Then, they handed the refugees, some of whom could not walk due to their serious injuries, over to the police, while the police officers then pushed them back to Bosnia and Herzegovina. The victim’s testimonies suggest a cooperation between the perpetrators in black and the police. The Centre for Peace Studies once again stressed the importance of promptly conducting an effective and independent investigation into these crimes and sanctioning the perpetrators.

      Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 29.07.2020

      #Croatie #refoulements_en_chaîne #Balkans #route_des_Balkans #justice #corridor_operation

    • Slovénie : la justice reconnaît l’illégalité des expulsions vers la Croatie et la Bosnie-Herzégovine

      C’est un précédent de taille : le tribunal administratif de Ljubljana a donné raison à un jeune Camerounais qui demandait l’asile en Slovénie, mais que la police a illégalement expulsé en Croatie, et qui s’est finalement retrouvé dans les camps de Velika Kladuša et Bihač, en Bosnie-Herzégovine.

      La justice slovène a confirmé dans son verdict (https://www.borderviolence.eu/wp-content/uploads/PRESS-KIT-FOR-INTERNATIONAL-MEDIA.pdf) rendu public le 17 juillet dernier que la police slovène avait commis une expulsion illégale, à laquelle la Croatie a également participé, et à la suite de quoi un Camerounais de 23 ans, J. D., qui voulait demander une protection internationale en Slovénie, s’est retrouvé en Bosnie-Herzégovine.

      J. D., qui fait partie d’une minorité anglophone persécutée au Cameroun, a été détenu deux jours durant par la police slovène. Bien qu’il ait demandé l’asile à trois reprises, sa requête n’a jamais été prise en compte. Il a d’abord été illégalement expulsé vers la Croatie, puis vers la Bosnie-Herzégovine. À la suite de la décision du tribunal administratif de Ljubljana, il a désormais le droit de revenir en Slovénie et d’y demander l’asile. L’État slovène a été condamné à lui verser une indemnité de 5000 euros. Ce jugement n’est toutefois pas définitif, l’État ayant la possibilité de faire appel devant la Cour suprême.

      L’affaire a été suivie par InfoKolp, membre du Border Violence Monitoring Network (BVMN). Dans son verdict, la justice slovène s’appuie sur un rapport de 50 pages remis en mai 2019 par InfoKolp, ainsi que sur des rapports du BVMN et de divers médias, dont Radio Študent, présente dans les camps de Velika Kladuša et de Bihač, dans le nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine. Ce verdict constitue un important précédent qui établit les violations en série des droits de l’Homme, mais aussi l’existence d’une « chaîne » d’expulsions illégales « systématiques et routinières », selon les termes de l’avocat du plaignant, depuis la Slovénie vers Bosnie-Herzégovine avec l’aide de la police croate.

      “Une « chaîne » d’expulsions illégales « systématiques et routinières ».”

      Ce verdict confirme également ce que les ONG et institutions soulignent depuis des années : des expulsions illégales de réfugiés et de migrants ont lieu, auxquelles de nombreux pays de l’Union européenne participent. Il s’agit donc d’un indicateur fort pour les institutions européennes de ce qui se passe sur le territoire de l’UE, ainsi qu’à ses frontières extérieures et intérieures, à savoir des violations des droits de l’Homme et de l’État de droit. L’affaire étaie en outre les témoignages de milliers de réfugiés et de migrants qui ont subi des violences, expulsions illégales et violations du droit d’asile, alors que les autorités croates refusent toujours de mener des enquêtes.

      Depuis le début de l’année 2018, la police slovène a renvoyé en Croatie quelque 20 000 personnes qui ont subi des mauvais traitements de la part de la police croate. Dans le meilleurs des cas, elles ont été débarquées d’une fourgonnette à la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, mais le plus souvent, elles ont été insultées, battues et torturées par la police.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Slovenie-la-justice-reconnait-une-chaine-d-expulsions-illegales-v

    • Italy-Slovenia border: ASGI’s open letter to the Italian government and UNHCR

      Background

      On July the 24th 2020, in the Italian Parliament’s lower Chamber, Undersecretary Variati on behalf of the Ministry of the Interior answered urgent questions by MP Riccardo Magi on the situation of the so-called “informal readmissions” of foreign citizens at the border between Italy and Slovenia. The response provided by the government in a note is exceptionally troubling, since it clearly violates principles of domestic and EU law on basic human rights. It should be stressed that the note contains a number of contradictions and provides no legal or case-law grounds for what it asserts.

      Before briefly examining the note’s content, it is worth recalling that “readmission” is a simplified procedure allowing a States to send a foreign citizen back at the border to the country s/he came from, when the foreigner does not meet the criteria for admission into the destination country. The basis for these actions is contained in bilateral States agreements, which must not conflict with European and international provisions on movement of people, the right to international protection and fundamental rights.

      Unregulated readmissions

      First of all, the Ministry has openly confirmed that informal readmissions do take place (without any written decision provided to the interested party), which obviously prevents the person to appeal the measure. The Ministry justified this modus operandi by making generic reference to “consolidated practices” of “accelerated readmission procedures”. As already highlighted in the open letter (still unanswered) that ASGI sent to the Government CCing UNHCR on June 5th, the expression “readmissions without formalities” contained in the bilateral Agreement between Italy and Slovenia for the readmission of persons at the border, signed in Rome on September 3rd 1996, certainly cannot be understood as implying no obligation to issue a written decision, as it is indisputable that the action taken by public security with forced accompaniment in Slovenia has effects on the legal situation of the person. Instead, it should be correctly understood in the sense that the procedures for reporting and coordinating readmission operations between the Italian and Slovenian authorities can take place without procedural burdens.

      Irrelevance of the application for international protection

      The assertion that readmissions by foreign citizens are applied “even if the intention to seek international protection has been expressed” is disconcerting. The right to international protection is a fundamental right and access to the asylum procedure and the identification of the country in charge of examining the application are regulated by EU law, notably by the Dublin III Regulation which states that “Member States shall examine any application for international protection lodged by a third-country national or a stateless person on the territory of any Member State, including at the border and in the transit areas”. The obligation for the Member State to register the application for international protection lodged at the border must be respected in all circumstances, even in cases where the applicant has crossed the border of a Member State irregularly from another Member State. The criteria of competence which establish which country will have to examine the asylum application are precisely indicated in the Regulation which in any case strictly excludes that the principles and procedures contained in the inter-state Readmission Agreements may apply.

      Subsequently, the text takes on ambiguous and contradictory tones, reassuring that “all the irregular migrants found are informed, through an interpreter, of the possibility to request international protection”, specifying that a special information booklet is distributed for this purpose. This assertion not only is contradicted by numerous testimonies collected, in Italy and abroad, but in any case would be a pointless exercise, in light of the imminent fate (i.e. readmission) that awaits also those who express their intention to seek asylum. As a further confirmation of this, the ministerial note states that “if the conditions for the readmission request are met and the same is accepted by the Slovenian authorities, there will be no formalization of the request in the police headquarters”. Declaring one’s intention to seek protection therefore produces no apparent legal effect and, consequently, entails no obligation for the Italian authorities, since if Slovenia accepts the readmission application “by completing and sending a special form in which the elements supporting the application are indicated” the foreign citizen is readmitted to Slovenia like those who have not asked for protection, therefore as an irregular foreigner. The note also does not consider that in this case the foreigner would be readmitted to Slovenia as an asylum seeker, thus opening the way to chain rejections as it has already happened in a number of cases.

      Risk of “chain” refoulements

      In relation to this practice, documented by numerous international reports, the Ministry of Interior merely replies that “Slovenia and Croatia are members of the European Union” and consequently “they are to be considered intrinsically safe countries, in terms of human rights and international conventions on the matter”. ASGI expresses serious concerns about the Slovenian and Croatian asylum systems and, above all, about the possibilities of effective access to the asylum procedure. According to Eurostat data, in the first four months of 2020, Croatia registered 400 applications for international protection, equal to 0.3% of the EU total. In Slovenia there were 490 applications registered against 6840 asylum applications registered in Italy. Furthermore, as already highlighted in the ASGI note of June 5th 2020, the right of States to reject or expel those who are not entitled to enter or remain on national territory, albeit lawful as an expression of the principle of state sovereignty, finds specific limits in that States have not only the obligation to recognize, guarantee and protect the human rights of people under their jurisdiction, but also the duty to respect human rights treaties and not to transform them into ineffective norms. The Italian government cannot pretend to ignore that migrants readmitted from Italy to Slovenia and then from Slovenia to Croatia are subsequently transferred coercively to Serbia or Bosnia-Herzegovina, that these operations take place without any written decisions being adopted and served on the foreigners and that migrants are subjected to brutal violence by both the Croatian police and members of private militias. The practice of chain refoulements was also recently recognized by the Slovenian Administrative Court which on July 16th recognized the unlawfulness of the readmission from Slovenia to Croatia and then from Croatia to Bosnia of an asylum seeker. The Slovenian judge ruled that the police had not informed the interested party of his right to apply for international protection, in clear violation of national and EU law. The readmission also violated the ban on collective expulsion because the applicant was not notified of a removal order, nor was he given legal and linguistic assistance before his readmission to Croatia. As regards chain refoulement, the ruling found “sufficiently reliable reports on the possible risks from the point of view of article 3 of the ECHR” both in Croatia, where the applicant was initially removed, and in Bosnia and Herzegovina, where he was subsequently rejected.

      Likely ineffectiveness, against the background above, of a service to assist migrants at border crossings

      Lastly, the note ends with the reassurance that an assistance service for foreigners in the province of Trieste will be soon activated and will be operated by CIR (Consiglio Italiano per i Rifugiati). In light of the above considerations (i.e. the substantial uselessness of the application for international protection in order to prevent the readmission mechanism), it is highly questionable whether such a service would have any effectiveness and foreign citizens could access it.

      Conclusion

      In conclusion, the note with which the Ministry of the Interior made known its position on the so-called informal readmissions of foreign citizens, including asylum seekers, on the Italian-Slovenian border, represents an ideological endorsement of unlawful procedures implemented in total contempt for domestic and EU law. Despite the controversial and sometimes obscure asylum policy in Italy, so far there hasn’t ever been such a flagrant infringement of the legality, one that may make Italian and European institutions face possible responsibilities for violations of fundamental rights taking place on the border with Slovenia.

      Due to this very serious situation

      ASGI asks the Italian government

      to immediately end the practices of unlawful readmissions at the Italian-Slovenian border;
      to give precise indications to the peripheral government offices to respect the right of asylum and in particular the effective right to access the territory and request international protection adequately;
      to report urgently before the Parliament on the situation at the eastern border by providing all the necessary data and specifically reporting on the operating procedures with which the readmissions have so far been implemented.

      ASGI asks UNHCR

      to take an open public position on the note of the Italian Government in relation to the readmissions of applicants for international protection. For understandable reasons related to its mandate, UNHCR often operates through actions of moral suasion that do not take a public dimension. However, situations, such as that covered by this analysis, require that public opinion, institutions and associations have the full right to know UNHCR’s position on such serious events taking place in the territory of the European Union;
      to implement effective direct monitoring of the situation on the eastern border which has so far been completely lacking, in the awareness that the illegal situation described has already led to the rejection of hundreds of asylum seekers and that stopping this situation must become a top priority on the part of the United Nations agency responsible for defending the very existence of the right to asylum.

      For further information, please refer to the ASGI note of June 5th 2020 and to the recent dossier “La rotta balcanica” (“The Balkan Route”) by the Network “Rivolti ai Balcani”.

      https://en.asgi.it/informal-readmissions-balkan-route-asgi-letter-government-unhcr

    • Cries for help from the Balkan Route. Access to asylum remains a problem in Slovenia.

      “They don’t care about us. We have reached the refugee shelter several times, and they send us back to Croatia.”

      This is part of a message I received on Whatsapp on July 29 from 19-year-old Mohammed from Morocco who was writing from a center in south west Slovenia where he was being held in detention.

      Mohammed explained that he had previously managed to enter Slovenia several times, crossing over the mountains, but was pushed back initially to Croatia, and then again to Bosnia and Herzegovina or Serbia. This illegal deportation practice has been documented in recent years by a number of human rights organizations, including Human Rights Watch and the Council of Europe, as well as some European parliamentarians.

      NGOs and human rights collectives including Amnesty International and Border Violence Monitoring Network have also said that since July 2018, people on the move have been denied their legal right to apply for asylum by Slovenian police, who have been part of an illegal chain of push backs from the EU, along Italy and Croatia to Bosnia or Serbia.

      Mohammed further told me that since July 19 he had been held alongside a number of other potential asylum seekers in the Aliens Center in #Postojna, a town in Slovenia midway between Ljubljana and the Italian border.

      Usually, people held in this center are in the process of being deported after their asylum claims have been denied, or their stay in the country has been deemed illegal, as defined by the Aliens Act. However, until recently, asylum seekers and those wanting to seek asylum like Mohammed were not being placed there unless there were specific circumstances where they were deemed a flight risk or a danger to public order.

      Through text messages, photos and videos, some of those inside the center managed to reach out to journalists like myself, as well as to some NGOs, and civil society groups.

      A group of activists subsequently organized protests on August 25 in an attempt to raise awareness about what is going on, supporting ongoing protests being held within the center by those being held in detention. They warned the public about this practice by the Slovenian police and drew parallels with the so-called Hungarian model of locking people up during their asylum process.

      Threats and deportations

      The center in Postojna where people are being detained consists of a large hangar-like building that has only lately been equipped with 14 containers. Each has six beds. Additionally, there are two sanitary containers serving as bathrooms and toilets.

      The official capacity of the complex is 180 beds, but the number of those locked-up varies daily. At the beginning of August, through email correspondence, police said that 145 people were held in the center, including 42 in the process of deportation and 65 who had requested asylum but who had not yet received an official response..

      Out of the total number, 38 individuals were registered asylum seekers.

      A few days later, police reported that 142 individuals were being held in the center, including 111 asylum seekers.

      People held in Postojna claim that when they were brought in, police told them they would be quarantined due to the pandemic.

      The General Police Directorate denied that the center in Postojna is being used as a form of quarantine, claiming that only basic medical check-ups are carried out. But in answer to questions, they also state that “the majority stays there for more than 14 days,” the quarantine period recommended by the World Health Organization for those who have been in close contact with somebody with COVID-19.

      https://vimeo.com/453221076

      Messages from those in the center claimed that even the right to request asylum was being denied, despite promises by police upon entering the center that everyone would get a chance to apply.

      Some, like Mohammed, say they have already gone through the experience of being deprived of the right to apply for asylum, and then being deported from the EU, back to the Balkans. They say they reached out to appeal for help after being threatened with deportation to Croatia 10 days after being taken to the center.

      In one of these messages sent to a local NGO, X. from Morocco wrote that the living conditions in the center are “terrible.”

      “They put us in a closed place, some people have been here 28 days and others 25 days without knowing what will happen with us,” he wrote.

      “They take out some and leave some in, even though we have the same case and were arrested in the same circumstances. There is no logic and no law. Some leave without proof of identity, while others are sentenced to three months.

      “There’s patients here and the medical care is not good, some friends are scared about what will happen with us and others are thinking of killing themselves here.”

      https://vimeo.com/453221292

      Violation of asylum laws

      The Ombudsperson’s Office in Slovenia has warned on several occasions about the problematic role of border police in asylum procedures and about the role of Postojna’s Aliens Center, which is officially considered a detention facility.

      Furthermore, in its reports the Office acknowledges that families and children were amongst those previously detained there, a controversial practice it calls to be abolished.

      The men who are currently locked up in Postojna complain of further irregularities, including accusing the translators working for the police as being corrupt and unprofessional. These echo similar claims cited by organizations including Amnesty International Slovenia, while the Ombudsperson’s office has also mentioned it in one of its reports and called on the government to react.

      Saša Zagorc, a professor of constitutional law at the Faculty of Law in Ljubljana and a member of the Odysseus Network with other experts on asylum, says that to date little has been done to address the concerns.

      “Systemic problems and irregularities when it comes to deprivation of personal liberty in Slovenia have been known and well analyzed for at least five years,” he says.

      Depriving those wanting to seek asylum of liberty is considered a measure of last resort under international law and is legal only after an individual’s specific circumstances have been taken into account and possible milder measures considered. But Professor Zagorc emphasizes a systemic lack of alternative measures in Slovenia.

      Self-organized activist collective Work-group for Asylum — part of the Ambasada Rog collective that has been working with refugees and migrants in Slovenia for years — issued a statement saying that deprivation of liberty of people who seek asylum is now used in Slovenia as a rule, and not as an exception, as stipulated in law.

      The Interior Ministry denies these allegations.

      Not standard police procedure

      The videos and photos that appeared in the public and the media at the end of July, shortly after protests within the camp, created public pressure. Three days after I received the first message from Mohammed, the men in Postojna reported they had been visited by a group of officials from the Interior Ministry with two different interpreters.

      However, three weeks later, on August 21, they still remained locked up and deprived of their liberty, with no legal counsel.

      In answer to my questions about the broader framing of the current situation in Postojna, the Ombudsperson’s Office said that part of the problem is a lack of systemic access to free legal counsel for some people deprived of their liberty in the Aliens Center.

      The official response from the Interior Ministry is that the men’s detention in Postojna might “not be a standard police procedure,” but that all police actions are lawful.

      Standard police procedure is to take asylum seekers to Ljubljana’s Asylum Center, where they have freedom of movement after a few days of quarantine and an initial interview. The Interior Ministry said that their officials can, and do, conduct first interviews with people who wish to apply for asylum in Ljubljana’s Asylum Center, as well as at other police stations.

      They explained that the asylum requests can be “deemed obviously unfounded if an individual comes from a so-called safe third country.” Such procedures aim to speed up deportations of individuals whose asylum requests have been denied.

      Human rights organizations, including the Council of Europe, however, have warned that even in such expedient procedures individual circumstances need to be considered and these may make asylum claims valid even when an applicant is from a so-called safe third country.

      The police practices are reflected in official statistics. According to the Interior Ministry, in the first half of 2020, 64 out of 120 asylum requests were rejected as “obviously unfounded.” In the same period last year, 30 out of 51 asylum requests were denied as “obviously unfounded.”

      Police instructions, exposed last month by Slovenian media, reveal that as a rule, asylum seekers are now to be taken to Postojna in an apparent attempt to speed up deportations, not to Ljubljana’s Asylum Center.

      In a phone conversation with a representative of the Legal-Informational Centre for NGOS, I find out that since late May and June they have been overwhelmed with filing legal motions to appeal the detention of asylum seekers in Postojna.

      Interior Ministry data shows that this year, police have deprived 75 potential asylum seekers of their liberty, 69 of which were in June alone. The administrative court this year annulled 35 of these measures.

      Meanwhile, based on a request made by right wing politicians in Italy, additional Italian army troops are to be deployed to the border with Slovenia. Some troops were already deployed in May, while the idea of having the army is supported by far right groups on both sides of the border.

      In Slovenia, Interior Minister Aleš Hojs, a member of the right wing SDS party, openly welcomed the idea.

      For now, the struggle of people in Postojna and Slovenian civic society continues. In one of his messages sent to the activists, X. wrote:

      “We are not criminals — we are humans. The difference between us and other people is just the paper — we are people without papers and that does not mean we are not good people.”

      https://kosovotwopointzero.com/en/cries-for-help-from-the-balkan-route

  • Violation du droit constitutionnel d’asile. Une femme et son fils sont toujours en errance en Italie suite à leur #renvoi_illégal par la France

    Jeudi 14 mai 2020, une jeune femme et son enfant de 5 ans interpellés à #Menton étaient renvoyés directement en Italie par les forces de l’ordre françaises, sans prise en compte de leur souhait de demander l’asile.

    Saisi en référé liberté de cette situation, le tribunal administratif de Nice a rejeté, le mardi 19 mai 2020, la demande de la jeune femme de pouvoir faire enregistrer sa demande d’asile sur le territoire français. Le tribunal se contente d’estimer que la famille, en provenance d’Italie, ne justifie pas des conditions nécessaires pour entrer sur le territoire français. Le tribunal juge également que la famille ne démontre pas ne pas être en mesure de déposer une demande d’asile en Italie.

    Pourtant, la procédure d’asile, telle qu’elle est applicable à la frontière, interdit aux forces de l’ordre de renvoyer une personne qui sollicite la protection internationale en France. La demande d’asile doit être enregistrée et examinée par les autorités compétentes, quand bien même la personne serait en provenance d’un pays européen – des procédures spéciales étant d’ailleurs prévues dans cette hypothèse. Dès juillet 2017, le Conseil d’Etat rappelait qu’aucune circonstance ne peut justifier le non-respect du droit des personnes de solliciter l’asile à la frontière franco-italienne. Le tribunal administratif de Nice, suivant ces instructions, a d’ailleurs sanctionné à plusieurs reprises les pratiques illégales des forces de l’ordre en la matière.

    Depuis près d’une semaine, la jeune femme et son enfant en errance sont sans protection ni hébergement. Leur situation est d’autant plus alarmante qu’elle ne permet pas d’assurer le suivi médical de l’enfant, récemment opéré et dont l’état de santé se dégrade.

    La famille et son avocat, membre de l’association Alliance des avocats et praticiens du droit des étrangers pour la défense des droits fondamentaux, entendent faire appel de cette décision devant le Conseil d’Etat. Nos associations réitèrent leur demande : les personnes se présentant aux frontières françaises et souhaitant bénéficier d’une protection internationale doivent réellement et effectivement pouvoir exercer ce droit.

    Les organisations signataires continueront sans relâche leur travail afin que les #droits des personnes migrantes et réfugiées, prévues par les législations nationales, européennes et internationales, soient respectés.

    Le vendredi 15 mai 2020, nos associations alertaient déjà sur les conditions dans lesquelles se trouvaient la famille à #Vintimille et sur les manquements des autorités françaises en ce qui concerne le respect du droit d’asile.

    Paris, le 20 mai 2020

    https://www.ldh-france.org/une-femme-et-son-enfant-renvoyes-hier-en-italie-les-refoulements-illegau

    #renvois #expulsions #Italie #France #migrerrance #migrations #réfugiés #asile #refoulement #push-back #frontière_sud-alpine #frontières

  • Une femme et son enfant renvoyés hier en Italie : Les refoulements illégaux des personnes en demande d’asile continuent en France [Alerte presse inter-associative]

    Alerte presse inter-associative (Amnesty International France, Anafé, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, Secours catholique - Caritas France)

    A la frontière franco-italienne, les pratiques illégales de refoulement des personnes migrantes et réfugiées persistent, malgré le contexte pandémique.

    Hier, jeudi 14 mai 2020, une jeune femme et son enfant de 5 ans ont été interpellés à #Menton et renvoyés directement en Italie par les forces de l’ordre françaises. Cette femme a pourtant clairement émis le souhait de demander l’asile en France dès son interpellation. Cette demande d’asile n’a pas été enregistrée par la police aux frontières, en violation du droit d’asile. Un recours en justice a été déposé aujourd’hui devant le tribunal administratif de Nice.

    Ce renvoi illégal est intervenu sans que la police française, malgré la crise sanitaire, ne se soucie de l’accès à un abri, à des mesures d’hygiène et de protection, pour cette femme et son enfant. Les forces de l’ordre françaises se sont contentées de déposer la famille de l’autre côté de la frontière, en Italie, sans argent ni nourriture, à une dizaine de kilomètres de la commune de #Vintimille. Depuis, la famille est à la rue, sans protection ni hébergement. Cette situation d’errance est d’autant plus alarmante que l’enfant présente un état de santé préoccupant, ayant été récemment opéré.

    Plusieurs autres témoignages de personnes refoulées ont été récoltés par les associations françaises et italiennes ces derniers jours, faisant état de l’absence de mesures sanitaires spécifiques prises par les forces de l’ordre françaises et italiennes à la frontière franco-italienne. Les personnes migrantes sont ainsi renvoyées par la France vers l’Italie, où elles se retrouvent dans une situation d’errance en Italie. Pourtant, une veille sanitaire, une mise à l’abri et un accès aux soins en période de crise sanitaire internationale sont devenus plus qu’indispensables, tant en termes de santé individuelle, que de santé collective.

    Enfin, selon les préconisations du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, la situation sanitaire actuelle ne saurait justifier des éventuelles atteintes au droit constitutionnel d’asile. Nos associations demandent donc que les personnes se présentant aux frontières françaises qui souhaitent bénéficier de la protection internationale puissent réellement exercer ce droit.

    Complément d’information

    Depuis plusieurs années, nos associations demandent le respect des droits des personnes migrantes et réfugiées aux frontières intérieures, notamment à la frontière franco-italienne, de Menton à Briançon. Ces pratiques quotidiennes ont été condamnées par le tribunal administratif de Nice à maintes reprises (11 décisions en 2020 avant le début des mesures de confinement).

    Pendant cette période de crise sanitaire, nos associations ont demandé que soient suspendues les renvois des personnes en migration vers l’Italie, afin qu’elles ne soient pas remises dans l’errance et puissent être protégées de l’épidémie, conformément aux recommandations du Haut-Commissariat pour les réfugiés et de l’Organisation mondiale de la santé.

    http://www.anafe.org/spip.php?article565

    #France #frontière_sud-alpine #asile #migrations #réfugiés #pandémie #coronavirus #covid-19 #Italie #push-back #renvois #expulsions #refoulement

    ping @thomas_lacroix

  • La justice relaxe Cédric Herrou, symbole de l’aide citoyenne aux migrants
    Par La rédaction Publié le : 13/05/2020 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/24730/la-justice-relaxe-cedric-herrou-symbole-de-l-aide-citoyenne-aux-migran

    L’agriculteur militant Cédric Herrou a été relaxé de « toutes les poursuites » à son encontre, mercredi, par la Cour d’appel de Lyon. Il était notamment poursuivi pour avoir favorisé « l’entrée illégale » de migrants en France.

    « Je suis relaxé ! La solidarité n’est pas un délit et ne le sera jamais ! » C’est avec ce cri du coeur publié sur sa page Facebook que le militant Cédric Herrou a annoncé sa victoire en justice, mercredi 13 mai. Le militant, symbole de l’aide citoyenne aux migrants, a été « renvoyé de toutes les poursuites » à son encontre par la Cour d’appel de Lyon. Celle-ci le rejugeait après une décision historique en 2018 du Conseil constitutionnel, validant le « principe de fraternité » et censurant partiellement le « délit de solidarité ». (...)

    #solidarité #migrants

  • The #Milky_Way

    Les Alpes occidentales entre l’Italie et la France ont été au fur et à mesure des siècles une frontière naturelle, ainsi qu’un lieu de passage et de rencontre. Ses cols constituent une terre de connexion, de médiation entre peuples et cultures différents. L’histoire plus récente nous raconte que ces deux cents dernières années, c’étaient les Italiens qui traversaient clandestinement la frontière pour aller chercher du travail en France alors qu’aujourd’hui c’est une route utilisée notamment par des migrants d’origine africaine.
    Les politiques récentes de fermeture des frontières internes européennes ont poussé les personnes migrantes à rechercher des sentiers moins battus pour quitter l’Italie et continuer leur voyage au-delà de la frontière française, des sentiers de haute montagne comme ceux qui longent le domaine skiable « La voie lactée », à la frontière entre Claviere (IT) et Montgenèvre (FR).
    De jour, les pistes de ski sont un lieu d’amusement, de sport et de détente ; de nuit, elles se transforment en un théâtre de la peur, du danger et des violations des droits humains : les migrants, peu préparés et mal équipés, s’aventurent sur les sentiers en défiant l’obscurité, le froid et les contrôles des autorités françaises et en risquant leur vie.
    The Milky Way est un film choral qui retrace des histoires d’activistes, habitants des montagnes tout en proposant la reconstruction historique de l’émigration italienne des années 50 dans une graphic novel animée. Il raconte aussi les histoires des migrants mis à l’abri par des personnes solidaires des deux côtés de la frontière et met en lumière l’humanité qui refait surface quand le danger imminent réactive la solidarité, se basant sur la conviction que personne ne doit être laissé seul. Personne ne se sauve tout seul.

    https://www.milkywaydoc.com/lle-film/?lang=fr

    Trailer :
    https://vimeo.com/387650575

    #film #documentaire #film_documentaire
    #migrations #réfugiés #asile #montagne #frontière #frontières #frontière_sud-alpine #France #Alpes #Italie #clandestins #décès #morts #secours #passeurs #migrants_italiens #Bardonecchia #Col_de_l'Echelle #solidarité #Moncenisio #Montcenis #Claviere #Clavière #quand_eux_c'était_nous #histoire #colle_della_rho #Briançon #Refuge_solidaire #Briançon #maraudeur #maraudes #Névache #traque #chasse_à_l'homme #Col_de_la_Roue

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    Citation :

    « La montagne partage les eaux et unit les gens »

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    Citation, #Davide_Rostan, à partir de la minute 26’20 :

    Siamo al Lago del Moncenisio, questo è un colle di passaggio sin dall’Antichità. E’ un luogo importante per la nostra storia perché in qualche modo simboleggia il fatto che le popolazioni hanno attraversato questi confini dai tempi antichissimi, che è lo stesso tragitto che oggi molti migranti vogliono fare. L’anno scorso riuscivano più spesso dal Monginevro a scendere con l’autobus o in macchina con delle persone che portavano aiuto per evitare che rimanessero al freddo. Il Monginevro è il colle più facile, passa la strada, è aperta tutto l’anno. Le persone che arrivano scendono con il treno a #Oulx, prendono l’autobus, arrivano a Claviere e lì si avviano a piedi. Quest’anno i controlli sono aumentati, quindi molto spesso chi arriva a Claviere poi si deve fare una quindicina di chilometri fino a Briançon e sicuramente questo mette a rischio la loro vita, perché in qualche modo per non farsi fermare attraversano il valico di notte, non possono stare sull’autobus, sono costretti a camminare in mezzo alla neve. Una persona è morta proprio tentando da Bardonecchia di andare a scavalcare il Colle della Rho, questo ragazzo è stato ritrovato l’anno scorso in fondo a un burrone dove probabilmente era finito a causa di una slavina. Altri invece sono morti dopo aver scavalcato il colle del Monginevro, alcune rincorse dalla polizia sono finite nel fiume, altre si sono perse nei boschi sono morti di sfinimento o per il freddo. E tutto questo purtroppo è dovuto semplicemente alle nostre leggi.

    ping @isskein