• Nucléaire : le CNRS confirme des #fuites_radioactives au large de La Rochelle
    https://passion-aquitaine.ouest-france.fr/nucleaire-cnrs-fuites-radioactives-charente-maritime

    Le 2 juillet 2026, le CNRS a confirmé ce que personne n’avait mesuré depuis quarante ans. À 1 200 kilomètres au large de La Rochelle, certains fûts radioactifs déversent déjà leur contenu dans l’océan l’Atlantique. Ces barils devaient tenir vingt-cinq ans. La France ne les a pas surveillés pendant quarante. À Marennes-Oléron, premier bassin ostréicole de France, 40 000 tonnes d’huîtres sortent chaque année des parcs de Charente-Maritime. Pourtant, ni le Département ni la Région Nouvelle-Aquitaine n’ont encore réagi à ces résultats.

    #nucléaire


    • Hop, coco, tu mets tes gants blancs et tu me jettes ça pardessus bord.

      Dans ces deux opérations, la contribution française est écrasante. D’après l’inventaire officiel de l’Andra, la France représente à elle seule plus de 46 000 fûts métalliques. Ces déchets, d’environ 14 200 tonnes, provenaient principalement du site nucléaire de Marcoule. La pratique était alors légale. Elle a cessé en 1993, quand la Convention de Londres l’a définitivement interdite. Ce qui n’a pas cessé, en revanche, c’est le silence.

      * Fûts de déchets radioactifs avant leur immersion, sur le pont du navire britannique GEM, en 1978 © Greenpeace / Tony Marriner

    • Les pratiques étrangères d’immersion ont eu un impact réel en France, comme l’attestent les témoignages de marins-pêcheurs en Atlantique de l’époque, au large de La Rochelle, de Guilvinec ou de Concarneau , déplorant remonter dans leurs filets des déchets radioactifs immergés dans leurs lieux de pêche.

      https://passion-aquitaine.ouest-france.fr/nucleaire-cnrs-fuites-radioactives-charente-maritime

      –> https://theconversation.com/dans-les-mers-des-tonnes-de-dechets-radioactifs-laisses-a-labandon-

      –> https://www.persee.fr/doc/afdi_0066-3085_1965_num_11_1_1847

      Le rejet à la mer de déchets radioactifs [article]
      Jean-Pierre Queneudec
      Annuaire Français de Droit International Année 1965

      (...)
      Page 753

      Aussi l’on comprend l’inquiétude des marins-pêcheurs, qui ramènent parfois dans leurs filets ou leurs chaluts des barils renfermant des résidus nucléaires. C’est ainsi qu’en 1960 des marins-pêcheurs de La Rochelle, de Concarneau et de Guilvinec avaient, à différentes reprises, relevé des fûts de 200 litres enrobés de béton et contenant chacun 20 litres de déchets radioactifs. Selon la réponse faite le 6 mai 1964 par M. Gaston Palewski à une question écrite de M. Manceau, l’enquête effectuée avait révélé qu’il s’agissait de déchets d’origine étrangère, immergés dans des eaux françaises peu profondes à la suite d’une erreur de navigation (10). En mai et juin 1964, des chalutiers bretons, péchant à environ 50 milles au sud de la Pointe de Penmarch, relevaient à nouveau plusieurs barils d’acier dont les extrémités étaient bétonnées et qui portaient des inscriptions en langue anglaise. L’examen de ces fûts par les laboratoires désignés par le ministère de la Santé publique permit cependant d’établir qu’ils ne présentaient aucun risque de radioactivité (11). Il s’agissait en faits de fûts contenant des terres contaminées en provenance d’une usine britannique installée à Smarten (comté de Kent) et qui devaient être transportés par mer à un point situé à 125 milles au nord-ouest de l’Espagne et coulés par des fonds de 2 000 brasses (12). Néanmoins, l’émotion extrêmement vive soulevée à l’époque dans les ports bretons par ces événements devait montrer combien le public est sensibilisé sur ce sujet. En effet, en plus des dommages ainsi causés aux engins de pêche, n’y a-t-il pas un risque plus grave encore : celui de voir les eaux de la mer contaminées à plus ou moins long terme ?

      L’étendue du danger.

      Selon certains, la pratique consistant à rejeter à la mer les déchets radioactifs et notamment les déchets liquides « ne peut se généraliser sans risquer de représenter un début de contamination des eaux du globe » (13) . Quant aux déchets solides, de nombreux spécialistes n’ont pas manqué de souligner que, lorsque des résidus de haute activité sont enfermés dans des containers de dimensions insuffisantes, la chaleur de fission peut provoquer un accroissement de pression susceptible d’entraîner l’explosion du container (14) . En outre, les fûts immergés à de grandes profondeurs peuvent s’ouvrir sous l’effet de la pression de l’eau. D’autre part, on connaît le pouvoir destructeur de la mer et l’on peut aisément penser que les barils d’acier que l’on immerge à présent seront tôt ou tard rongés par l’eau de mer. Certes, les radioisotopes pourront alors avoir perdu leur radioactivité et ne présenter aucun danger.

      Le doute est néanmoins permis quand on sait que la période d’activité de certains éléments est assez longue, puisque le strontium 90, par exemple, met 28 ans pour perdre la moitié de son activité. Or, il ne semble pas que l’on ait mis au point des emballages inaltérables, capables de résister à l’action combinée de la corrosion marine, de la pression de l’eau et de la forte chaleur dégagée par les déchets à haute activité et à longue période. L’éventualité d’une destruction des emballages n’est donc pas à écarter ; ce qui provoquerait un accroissement notable de la radioactivité des eaux, de nature à apporter des modifications écologiques dans la faune et la flore marines et susceptible d’entraîner une rupture des équilibres biologiques et d’avoir des conséquences importantes sur la productivité des océans.

      (10) J.O.R.F., Débats, Ass. nat., 7 mai 1964. p. 1126. (11) te Monde, 12 juin 1964. (12) Selon le journal maritime anglais, Lloyd’s List Shipping Gazette, du 10 juin 1964. (13) Bertrand Goldschmidt, L’aventure atomique, Arthème Fayard, 1962, p. 214. (14) Conférence internationale des Nations Unies sur l’utilisation pacifique de l’énergie atomique, Genève, 1958, vol. 9 : Considérations fondamentales sur la diffusion de grandes quantités de déchets radioactifs sur terre et dans la mer.

    • Avocat du diable : c’est facile d’attribuer ces tonnages à la France, sachant que certains déchets transitent ou sont retraités en France, mais proviennent de pays qui ne se sont pas dotés de moyen de retraitement.

      Plus dans mon mode de pensée : c’est un problème commun. Surtout à une époque où le prix de électricité monte facticement en France à cause de réglementations européennes qui profitent aux non producteurs nucléaires (je suis pour l’équilibrage collectif, mais pas sans le dire, et pas sans donner des droits à ceux qui abondent le plus). Même si certains choix négligents sont le fruit d’une politique et de cerveaux français.

  • L’incertaine #viabilité_économique de l’#IA générative

    Alors que les #investissements gigantesques dans le secteur se poursuivent, les conditions de la #rentabilité deviennent de plus en plus difficiles. Le #modèle_économique du secteur change, sans s’assurer une porte de sortie satisfaisante.

    L’économieL’économie de l’intelligence artificielle (IA) générative entre dans le dur. Ces dernières semaines, plusieurs informations sont venues confirmer que la question des modèles économiques liés à cette technologie se posait avec une acuité particulière. Le 24 mars, #OpenAI, l’inventeur de #ChatGPT et une des locomotives de l’IA, annonçait l’abandon de deux projets annoncés précédemment avec tambours et trompettes.

    Non seulement son idée de #chatbot (#robot_conversationnel) érotique a été « mis[e] en pause indéfiniment », mais, bien plus important, la plateforme de création de vidéos #Sora a également été fermée deux mois après son lancement en grande pompe.

    Pourtant, lors de son lancement en décembre 2025, Sora était présentée comme le produit phare d’OpenAI. Son argument marketing principal était qu’il bénéficiait du catalogue de personnages de Disney. La firme de divertissement avait, en outre, annoncé vouloir investir 1 milliard de dollars dans ChatGPT. Sora, alors, était vue comme une sorte de seconde ChatGPT, renforçant l’usage quotidien de l’IA et sa diffusion dans l’industrie culturelle.

    Seulement, l’affaire avait vite tourné au vinaigre pour #OpenAI. La création de #vidéos par IA est en effet extrêmement coûteuse, mais elle n’a quasiment rien rapporté à l’entreprise. Et le problème, c’est que plus les utilisateurs sont nombreux, plus le coût augmente. Sans relever les recettes en parallèle. Selon le Wall Street Journal, Sora coûtait en moyenne 1 million de dollars par jour et n’a rapporté, depuis son lancement, qu’un peu plus de 2 millions de dollars.

    Un #tonneau_des_Danaïdes qui pourrait, en soi, ne pas poser de problème. C’est en effet la stratégie classique des start-up technologiques : elles imposent un usage par la #quasi-gratuité, enregistrent alors de fortes #pertes, puis une fois cet usage devenu un besoin incontournable, elles ont capté leur clientèle, fixent leurs prix et réalisent des profits records. Un exemple récent de ce système a été celui de la plateforme musicale #Spotify.

    Le modèle économique de l’IA : plus les chemins de fer qu’Internet

    Mais, cette fois, OpenAI n’a pas voulu, dans le cas de Sora, développer cette stratégie. Au contraire, la start-up a proclamé qu’elle allait utiliser les fonds économisés par la fermeture de Sora sur des produits « agentiques », ces applications d’intelligence artificielle capables d’agir de façon autonome pour exécuter des tâches à la place des humains. Des applications visant une clientèle d’entreprises désireuses d’améliorer leur productivité. Autrement dit, des produits potentiellement rentables pour OpenAI, qui pourra récupérer une partie de ces gains de productivité supplémentaires réalisés.

    La décision d’OpenAI traduit un tournant pour l’ensemble de l’industrie naissante de l’IA. Le modèle « Internet » de start-up qui a prévalu jusqu’ici avec ChatGPT a déjà atteint ses limites. Pour une raison simple : l’IA s’appuie bien davantage sur des #infrastructures_physiques dont le coût est élevé. Dès lors, cette technologie est continuellement confrontée à une contradiction entre ce que Karl Marx appelle le « processus de production » et le « processus de valorisation ».

    Sur le papier, l’IA générative peut faire bien des choses, notamment produire à l’infini des vidéos plutôt tartes avec des personnages de Disney pour le plus grand enthousiasme des yeux contemporains. Son processus de production semble sans limites. Mais les conditions de cette production sont très coûteuses. L’IA mobilisée par OpenAI repose sur un grand modèle de langage (large language model, LLM), qui s’appuie sur des puissances de calculs de puces dernière génération extrêmement élevées mises en réseau dans de gigantesques #centres_de_données (#data_centers).

    Tout est cher dans ce schéma : les #puces, la construction des centres de données, leur maintenance dans des conditions optimales, le traitement des données… L’absence théorique de limites de l’IA vient se fracasser sur sa capacité à être rentable. Et la décision d’OpenAI concernant Sora nous dit que certaines applications ne peuvent pas être rentables, même à long terme.

    Le pari à la Spotify ne peut pas fonctionner ici : il nécessiterait la mobilisation beaucoup trop élevée de #moyens_financiers avec des perspectives de #retour_sur_investissement beaucoup trop faibles. Une étude de la banque HSBC indiquait, avant le lancement de Sora fin décembre, que si OpenAI réalisait en 2030 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires (il en a réalisé 13,1 milliards en 2025), il lui faudrait lever, en parallèle, 207 milliards de dollars pour rester financièrement viable. C’est plus que le PIB actuel du Maroc prévu par le Fonds monétaire international (FMI) pour 2026.

    Voilà la clé pour comprendre l’économie de l’IA : le #changement_d’échelle (#scaling) de la production d’IA sur lequel elle repose s’accompagne d’un changement d’échelle de ses coûts. Et la difficulté est, dès lors, non pas seulement le financement de l’amorçage et du décollage de la technologie, mais celui de son fonctionnement quotidien. C’est cela que nous dit l’affaire Sora : on ne peut pas espérer « sauter par-dessus » l’enfance de l’industrie pour se retrouver dans le monde enchanté d’une activité rentable. L’IA n’est ni le smartphone ni Internet.

    Ce nouveau secteur ressemblerait plutôt davantage au chemin de fer : une technologie fortement capitalistique aux #coûts_fixes si importants que sa rentabilité a toujours été problématique et que l’État a presque toujours dû être mobilisé pour assurer son existence.

    Au reste, le montant des investissements consentis pour le développement des infrastructures de l’IA, principalement les centres de données remplis de puces en réseau, sont si vertigineux qu’ils égalent sans doute ce qui avait été la fièvre de la construction des chemins de fer en Europe occidentale et en Amérique du Nord, dans les années 1840 et 1860.

    Car, alors qu’OpenAI stoppait Sora en catastrophe, les milliards de dollars continuaient à irriguer le secteur. L’entreprise de Sam Altman a levé le 31 mars 122 milliards de dollars, un record historique pour une levée de fonds privée. Et début février, les quatre géants de la technologie (#Amazon, #Meta, #Alphabet et #Microsoft) prévoyaient ensemble de dépenser 650 milliards de dollars dans l’IA en 2026, soit 60 % de plus qu’en 2025.

    Les chiffres sont vertigineux. Selon le Financial Times, l’ensemble de la valeur des installations liées à l’IA en 2030 pourrait atteindre le chiffre astronomique de 9 000 milliards de dollars. Et une puissance cumulée pour les centres de données de 125 gigawatts, soit plus de trois fois l’usage de l’#électricité d’un pays comme le Royaume-Uni aux heures de pointe.

    Fuite en avant

    Ces investissements massifs ne sont pas le fruit du hasard. L’enjeu pour les acteurs du système est d’atteindre le plus rapidement la taille critique pour imposer leurs produits sur le marché, mettre en place un système oligopolistique ou monopolistique et, finalement, pouvoir imposer ses prix et espérer un retour sur leurs investissements.

    Dans ce jeu de vitesse, les acteurs ne sont cependant pas tous égaux. OpenAI est en bout de chaîne. Il développe les produits d’IA, mais ne contrôle pas les centres de données. Sa position est, par ailleurs, plus soumise à la concurrence dans la mesure où les LLM sont moins coûteux à développer que la construction de centres de données. ChatGPT est donc soumis à une dangereuse concurrence, notamment celle de #Claude, le modèle de l’entreprise Anthropic.

    Comme souvent, les « opérateurs » de la technologie sont plus fragiles que les fournisseurs d’infrastructure, parce qu’ils accumulent les coûts en fin de chaîne mais qu’ils sont aussi soumis aux effets de revenus des consommateurs finaux. Les compagnies ferroviaires souffrent davantage que les fournisseurs d’acier prospèrent.

    Mais la particularité de l’IA complique l’équation. À l’importance des coûts s’ajoute la question très sensible de la #durée_de_vie des centres de données et des puces qui les peuplent. On ignore beaucoup de choses sur ce point. L’industrie fonde ses calculs sur une durée de vie de six ans. Microsoft évoque un temps compris entre deux et six ans.

    Certaines sources évoquent la possibilité que les puces soient entièrement épuisées au bout de trois ans. Et Bloomberg estime que les centres de données, des bâtiments très fragiles et sensibles, pourraient devenir obsolètes au bout de cinq ans.

    En estimant que les 9 000 milliards de dollars soient suffisants pour les besoins de l’IA d’ici à 2030, il faudrait donc renouveler cet investissement colossal au moins tous les cinq ans.

    La réponse des Big Tech est alors celle de la #fuite_en_avant. Il faut construire beaucoup et vite pour pouvoir atteindre une taille critique, devenir incontournable pour le marché et imposer une logique oligopolistique capable d’imposer des prix suffisants pour absorber de tels coûts gigantesques. De Spotify, le modèle devient Andrew Carnegie, bâtisseur d’un véritable monopole de l’acier aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

    Une course de vitesse qui a donné aux grands acteurs de l’IA leur nouveau nom : les #hyperscalers, autrement dit ceux qui sont capables de démultiplier l’échelle de l’IA. Car l’#échelle devient un élément central pour la rentabilité.

    Ces acteurs défendent des stratégies proches, mais qui, néanmoins, se distinguent. Meta tente de développer un modèle « interne » concentrant ses investissements sur son propre usage ; Amazon se concentre sur les infrastructures d’amont qu’ils louent à d’autres ; Google et Microsoft rajoutent à cette dernière activité le développement de produits finaux en vue de contrôler tout l’écosystème.

    Circularité de la #dette

    Dans cette course, les Big Tech dispose d’un atout de poids : une trésorerie abondante reposant, dans l’#économie_numérique actuelle, sur des quasi-rentes. On pourrait, d’ailleurs, résumer leurs stratégies par le maintien de cette rente. Mais ces liquidités qui, voici encore quelques années, semblaient gigantesques, ne suffisent plus. L’impensable se produit : les #Big_Tech doivent désormais avoir recours à la dette.

    La banque états-unienne Morgan Stanley estime que les hyperscalers vont emprunter 400 milliards de dollars cette année, après 165 milliards en 2025. En tout, les besoins de financement externe sont estimés à 1 500 milliards de dollars. C’est un changement majeur de modèle économique pour ces entreprises. Et pour préserver leur capacité d’endettement, elles sont même obligées de contourner les obstacles et de prendre de nouveaux risques.

    D’abord, elles mettent en place une « économie circulaire » de la dette. Les acteurs de l’IA ayant tous un intérêt commun, celui d’imposer l’usage de cette technologie au point de la rendre rentable, ils coordonnent leurs efforts par des accords parfois étonnants où ils se prêtent des fonds ou se garantissent des prêts. Désormais, le monde de l’IA est devenu une gigantesque toile d’araignée d’engagements mutuels où chacun dépend financièrement des autres.

    #Risques_financiers

    Une autre façon d’assurer ces moyens, c’est de recourir à des sociétés ad hoc (#special_purpose_vehicle, ou #SPV) pour financer la construction des centres de données ou l’acquisition de puces. Ces entités, souvent montées avec le financement d’investisseurs externes ou de banques, deviennent propriétaires des actifs en question et peuvent émettre des obligations en s’appuyant sur la note de la Big Tech qui pilote l’opération.

    En retour, la Big Tech paie un loyer pour avoir le droit d’utiliser ces actifs. Sa situation financière est laissée intacte par l’opération et les centres de données ou les puces sont mis à sa disposition. Mais, évidemment, la construction n’est pas sans risques. Si le centre de données ou les puces deviennent obsolètes plus rapidement que prévu, il n’est pas dit que le remboursement de la dette soit possible.

    En octobre, la banque centrale britannique s’est inquiétée de l’ampleur de la dette mobilisée pour financer les centres de données. « Si le montant de la dette liée à l’IA et aux infrastructures énergétiques associées se matérialise, les risques sur la stabilité financière pourraient augmenter », souligne l’institution. Car, de plus en plus, les banques et les sociétés de finance privée ont une exposition massive à ce secteur.

    Résumons : la future rentabilité des activités liées à l’IA devra assurer le financement des coûts de fonctionnement gigantesques de cette technologie, mais aussi l’#obsolescence rapide de ces infrastructures et les coûts financiers liés à la dette contractée pour le déploiement de l’IA. Le tout en assurant un rendement « net » permettant la rentabilité des opérations en cours. En bref : le coût du capital de l’IA est astronomique.

    Comment cette technologie pourra-t-elle dégager de telles marges ? La réponse des Big Tech et d’OpenAI, c’est que les utilisateurs finaux paieront. Un pari risqué, que Mediapart explore dans le second volet de cette série.

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/040426/l-incertaine-viabilite-economique-de-l-ia-generative
    #économie #perte #gain #coût #profits #profit #AI #IA #intelligence_artificielle

    • Pluralistic: The AI bubble isn’t like the internet #bubble (26 May 2026)

      One of the surprise breakout software products of the early web was Lotus Notes, a kind of primitive precursor to all-in-one office productivity suites like GDocs, Office365, etc. It was so important that its creator, Ray Ozzie, was promoted to Microsoft’s Chief Software Architect, succeeding Bill Gates himself:

      https://knowledge.wharton.upenn.edu/podcast/knowledge-at-wharton-podcast/the-man-who-would-change-microsoft-ray-ozzies-vision-for-co

      People who remember Notes tend to deride it for its clunky user interface and demi-functional administrative tools. But what made Notes so central to Microsoft wasn’t its polish – it was the fact that Notes represented a brokered peace between IT managers, who wanted mainframe-like control over everything their users could do with business equipment, and the users themselves – workers who kept smuggling internet-based tools into the enterprise network on the very sensible grounds that they had a job to do, and these were the best tools to do it.

      The arrival of internet-based tools – especially ones that ran in browsers – represented a major challenge to IT departments, who had been long accustomed to dictating terms to their users. If the IT manager and the compliance department decided that the best way to manage disclosure and leak risks was to block all email attachments for outside users, then that was that: no one could send those attachments.

      But after the internet arrived on the corporate desktop, employees who needed to get documents to supply chain partners and customers could treat these IT policies as damage and route around them. Just fire up your Hotmail or Yahoo mail window, or hop on MSN Messenger or ICQ or AIM, or drop the file on an anonymous FTP server and send the link to your counterparty. Job done!

      IT managers hated this, and to be fair to them, they weren’t (always) wrong. These outside tools came from a variety of untrustworthy sources, including malicious sites that pushed virus-infected versions to their users. Also, by evading firewall rules with these tools, users made it impossible to achieve the compliance goals that IT had been charged with enforcing, and it was IT’s asses on the line if the company got in trouble as a result.

      Foundationally, IT was being asked to do two irreconcilable things: they were supposed to be enabling workers to get their jobs done, and they were supposed to be stopping those workers from doing things that could harm the business. This can’t be done, because the only way to eliminate the possibility that a worker will take an action that harms the business is to gag that worker and lock them in a dungeon. Workers need flexibility and freedom to achieve business goals, and that flexibility and freedom means that those workers might (deliberately or accidentally) thwart the business’s goals.

      What’s more, workers will always run into situations that were not anticipated by policy, and if they are denied any agency or initiative, they will fail to get their jobs done. In work, the exception is the rule, hence the importance of “process knowledge” (all the implicit knowledge shared among workers across the firm and its suppliers and customers, which cannot be captured or recorded):

      https://pluralistic.net/2025/09/08/process-knowledge/#dance-monkey-dance

      Indeed, there’s a form of labor action called a “work to rule,” in which workers only do the things dictated by their rulebooks, without taking any of the routine additional measures dictated by process knowledge. Merely by following every rule to the letter, workers can grind a shop to a halt:

      https://en.wikipedia.org/wiki/Work-to-rule

      Since the dawn of personal computers, workers and IT departments have come into conflict, as workers literally smuggled technology into the business that could do things the IT department had (often arbitrarily and capriciously) prohibited. When Visicalc emerged as the killer app for the Apple ][+, workers snuck these computers into work and used them to sort spreadsheets in ways that IT had declined to permit. They didn’t do this to cheat or steal from the company – the whole point was to do a better job.

      So it was with the early web: workers discovered a myriad of new capabilities in the free-to-use world of web-based tools and realized how these tools would make them much more effective at their jobs. The fact that IT wouldn’t let them do these things was just more evidence that IT – and the managers who set IT’s agenda – didn’t understand the business as well as workers.

      It didn’t help that IT managers’ first line of defense was the high-tech version of abstinence-only education: “You only think you need your work computers to do this, but really, you don’t, so stop trying”:

      https://www.theguardian.com/technology/2009/jun/16/computer-security-abstinence

      Abstinence-only education never works, but where “you only think you need this” failed, Lotus Notes succeeded. Lotus Notes provided a whole suite of tools that largely (if imperfectly) replaced the universe of free tools that workers were using to evade their IT departments’ edicts, so they could get their jobs done. At the same time, Lotus Notes provided a set of management tools that let IT fine-tune how these tools worked, giving them (some) of the controls they needed to achieve their compliance goals.

      Like all brokered peace settlements, Lotus Notes left both sides feeling like they’d made a compromise they could live with, giving up some of their goals, but keeping the things that really mattered to them.

      It’s impossible to overstate how important Lotus Notes and similar products were, because workers demanded the right to use the web on their work computers, and they made those demands so forcefully that managers had to completely re-do their IT policies, lest those workers treat them as damage and route around them. Back then, the tech press was full of stories about these conflicts, as workers insisted that the new technology that was sweeping the nation was so foundational and transformative that they had to be allowed to use it.

      What we never saw back then were stories about how managers had to monitor workers to ensure that they were using the web as much as possible. No one had to force workers to find ways to integrate the web into their workflows.

      In other words, the story of the web at work was the opposite of the story of AI at work. Today, you can’t turn around without reading a story about bosses who are threatening to fire workers if they don’t increase their AI usage:

      https://www.businessinsider.com/boss-track-ai-use-career-2025-8

      Virtually every major company now has a program to force workers into using AI:

      https://www.cnbc.com/2026/05/05/ai-use-work-employee-monitoring-tech-surveillance.html

      It’s conceivable that over the past quarter-century, bosses have become technophiles while workers have fallen prey to superstitious technophobia, but it hardly seems likely. Historically, workers have always been enthusiastic about tools that let them do a better job – indeed, it’s a truism that labor-led automation produces improvements in quality, while capital-driven automation increases throughput (often at the expense of quality).

      Workers aren’t the only typical early adopters who find AI lacking. As a group, teenagers and young adults hate AI:

      https://www.nytimes.com/2026/04/09/style/gen-z-ai-gallup-study.html

      That’s not what it was like during the early web days. Back then, young people entering the workforce were passionate devotees of the web, to the point where the business press routinely ran articles asking how today’s workplaces were going to adapt to the demands of these webbed-up workers.

      https://www.nber.org/digest/apr03/internet-changes-labor-market

      AI boosters insist that the deficits we see in AI – its lack of profitability, its primitive and error-riddled outputs – are no different from the shakedown problems of the early web (and we know how the web turned out!). But this is a profoundly flawed comparison: the early web and AI are very different from one another.

      For one thing, the early web may have lost money, but it had great unit economics. Every new web user brought the web closer to profitability, as did every new use of the web, and every new generation of web technology. By contrast, AI has – in the memorable phrasing of Ed Zitron – “dogshit unit economics.” Every new AI user makes AI less profitable, as does every new use for AI, and each generation of AI loses more money than the last. AI is the money-losingest endeavor in human history:

      https://pluralistic.net/2025/09/27/econopocalypse/#subprime-intelligence

      In other words, the early web was a technology that grew more profitable every day, which workers and young people had to force on their bosses – and AI is a technology that grows less profitable every day, and bosses have to force it on workers and young people.

      Now, it’s true that some workers don’t have to be forced to use AI. Workers who enjoy a high degree of autonomy (that is to say, workers who are positioned to ignore workplace coercion) can adopt AI in ways that they feel suited to, just as those early web users and Visicalc smugglers did. They can fulfill the maxim that labor-driven automation improves quality, while resisting capital’s insistence that automation be used to increase throughput at quality’s expense.

      They can act as centaurs (workers assisted by technology), not as reverse-centaurs (workers who are recruited to serve as peripherals for machines). As with all technology questions, what the technology does is nowhere near as important as who the tech does it for and who the tech does it to:

      https://pluralistic.net/2025/09/11/vulgar-thatcherism/#there-is-an-alternative

      And there’s another group of workers who adopt AI voluntarily: workers who see that AI can do a lot of work that they view as dull and unimportant for them. These workers might be right – there are plenty of bullshit jobs out there:

      https://memex.craphound.com/2018/06/20/david-graebers-bullshit-jobs-why-does-the-economy-sustain-jobs-that

      But it’s also possible that they’re wrong, and they’re substituting AI for something that really should be done by a person.

      But on the plus side, at least no one has to force them to adopt AI.

      https://pluralistic.net/2026/05/26/the-ai-will-continue
      #bulle
      via @freakonometrics et ici aussi:
      https://seenthis.net/messages/1174219

  • Explosion des data centers en France : une trajectoire hors de contrôle

    La #loi_de_simplification_de_la_vie_économique, à travers son #article_15, assouplit le #droit de l’#urbanisme et de l’#environnement pour favoriser l’émergence de sites dits #hyperscaler – d’une surface de 40 ha minimum, soit l’équivalent de 55 terrains de foot.

    En France, la multiplication de data centers s’accélère à un rythme effréné, portée par une #volonté_politique assumée de faire du territoire un hub stratégique du #numérique. Face à cette #fuite_en_avant, le collectif #Le_nuage_était_sous_nos_pieds vient de lancer son site internet, accompagné d’une cartographie participative recensant les data centers, actuels et futurs. Un outil pensé pour rendre visible une industrie opaque et alimenter les résistances face à l’expansion incontrôlée des infrastructures numériques.

    Le secteur du numérique connaît actuellement une expansion internationale fulgurante, qui s’explique notamment par l’essor de l’Intelligence Artificielle (IA) et son utilisation, devenue régulière pour deux tiers de la population mondiale.

    La France fait partie des têtes de file dans la course effrénée au développement de l’IA et du tout numérique, passant de la 13ème place en 2023 à la 5ème place en 2024 dans le Global AI Index – un indice qui évalue les pays en fonction de leurs investissements et de leurs innovations relatifs à l’IA.
    La cartographie comme outil politique

    Dans ce contexte, le collectif Le nuage était sous nos pieds a lancé son site internet avec, notamment, la mise en ligne d’une cartographie participative afin de répertorier les data centers en France.

    « Nous avons cartographié 350 data centers déjà existants et 47 data centers en cours de déploiement à travers la France : 28 annoncés, 11 en cours d’instruction par les services de l’état et 8 en cours de construction », peut-on lire sur leur site.

    Si cette comptabilisation n’est pas complète – à cause du manque de transparence de l’industrie – elle rend toutefois compte de l’importance de la croissance du secteur dans l’Hexagone.

    « Les objectifs du collectif : politiser les infrastructures du numérique, les visibiliser, les mettre au cœur du débat public et en faire un objet de lutte », explique Antoine, l’un des membres du collectif.

    Loin d’un simple travail de recensement, la cartographie du collectif s’attaque frontalement à l’opacité d’une industrie dont le développement échappe largement au débat public, et fournit par la même occasion un outil d’enquête citoyenne indispensable pour engager un rapport de force avec l’État et les géants du numérique.

    Une expansion organisée et encouragée par l’État

    Si cette initiative voit le jour aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Le développement des data centers en France connaît une accélération brutale, encouragée par les pouvoirs publics. Depuis le sommet international sur l’intelligence artificielle organisé à Paris en février 2025, l’exécutif affiche sa volonté d’investir massivement dans l’IA et ses infrastructures, au nom de la compétitivité et de la souveraineté numérique.

    À cette occasion, 109 milliards d’euros d’investissement privés – majoritairement étrangers – avaient été annoncés pour accélérer cette expansion, s’ajoutant aux 400 millions d’euros de subventions annoncés par l’ancien Premier ministre, François Bayrou, et aux 10 milliards d’investissement de la BPIFrance.

    Cette stratégie se traduit concrètement par une série de mesures facilitant l’implantation des data centers. La loi de simplification de la vie économique, à travers son article 15, assouplit le droit de l’urbanisme et de l’environnement pour favoriser l’émergence de sites dits hyperscaler – d’une surface de 40 ha minimum, soit l’équivalent de 55 terrains de foot.

    L’État, en lien avec EDF et RTE, a également identifié 63 sites “clés en main”, directement raccordés et proposés aux investisseurs pour faciliter l’implantation et la construction de nouveaux data centers, accentuant davantage la responsabilité des pouvoirs publics dans cette course au gigantisme.
    L’ADEME alerte sur une trajectoire hors de contrôle

    Le 6 janvier 2026, l’ADEME a publié un rapport dans lequel l’agence avance des estimations de l’évolution du secteur jusqu’à 2060 en fonction de cinq scénarios :

    – Tendanciel : une poursuite des dynamiques actuelles qui se traduit par une explosion des usages numériques, un développement massif de l’IA, et une bascule vers des data centers hyperscaler.
    - Génération frugale : un scénario de sobriété forte reposant sur une dénumérisation partielle des usages, un moratoire sur les nouveaux data centers et des politiques publiques contraignantes.
    – Coopérations territoriales : un développement encadré des data centers, en concertation avec les territoires et sous contraintes environnementales, avec une priorité aux usages socialement utiles et une recherche de synergies locales, notamment pour limiter les tensions sur l’eau, l’énergie et le foncier.
    – Technologies vertes : les data centers deviennent des leviers de la transition écologique, soutenus par l’État au nom de la souveraineté et du mix électrique français.
    – Pari réparateur : une trajectoire qui se traduit par une confiance dans l’innovation pour compenser les impacts du numérique, avec une régulation allégée et une forte croissance des usages.

    À travers ces cinq scénarios, l’agence estime alors la consommation électrique des data centers ainsi que leurs émissions de gaz à effet de serre sur les 35 années à venir.

    « Le rapport de l’ADEME montre très clairement que la tendance actuelle est insoutenable, et qu’on va dans le mur en termes de poursuite de nos objectifs climatiques », analyse Lou Welgryn, secrétaire générale de Data for Good, pour La Relève et La Peste.

    Accaparement des ressources et tensions locales

    Derrière ces chiffres et ces estimations, des conflits très concrets se manifestent. Les data centers sont extrêmement gourmands en électricité et en eau, deux ressources déjà sous tension.

    Selon les estimations de l’ADEME, si rien n’est fait, la consommation électrique de ces infrastructures pourrait être multipliée par 3,7 d’ici à 2035, passant de 9,91 TWh/an à 36,73 TWh/an, soit près de 7% de la production actuelle d’électricité en France.

    L’implantation rapide de ces infrastructures fait émerger des conflits d’usage, comme à Marseille, qui accueille un certain nombre de data centers du fait de l’arrivée de dix-huit câbles intercontinentaux dans la cité phocéenne. Sur place, l’électricité consommée par les centres de données entre en concurrence directe avec l’électrification des ferrys et des transports locaux.

    Une problématique que la chercheuse et la professeure Anne Pasek résume ainsi : « Si nous ne faisons qu’augmenter les capacités du réseau électrique dans le seul but de répondre à une demande toujours plus croissante [des data centers], nous ne parviendrons pas à atteindre nos objectifs de décarbonation ».
    Contre-pouvoir face au techno-capitalisme

    Face à cette dynamique, la cartographie du collectif vise à « fabriquer une réflexion autour des data centers » et à « favoriser l’émergence de nouvelles contestations ». Par ce biais, elle s’inscrit dans une stratégie plus large de surveillance citoyenne, de plaidoyer et de politisation des enjeux liés aux infrastructures numériques.

    En parallèle, les associations en lutte multiplient les alertes sur les impacts du numérique et de l’IA.

    « Mettre en lumière ces problématiques et briser l’opacité permet de placer ce sujet au cœur du débat démocratique », rappelle Noémie Levain, juriste à La Quadrature du Net, pour La Relève et La Peste

    Les collectifs portent également une critique plus profonde de la trajectoire numérique empruntée actuellement, en la replaçant dans une lecture décroissante. Ils interrogent quant aux besoins réels, à la dépendance aux technologies et la compatibilité du tout-numérique avec les objectifs climatiques.

    « Il faut se poser la question : pourquoi construit-on autant de centres de données et pourquoi aurait-on besoin d’autant de puissances de calcul ? », insiste Lou Welgryn.

    En rendant visibles les infrastructures, la cartographie force le débat politique et rappelle que derrière l’IA se joue un choix de société aux conséquences durables sur les ressources, les territoires et les personnes qui les habitent.

    https://lareleveetlapeste.fr/explosion-des-data-centers-en-france-une-trajectoire-hors-de-contr

    #liste #data_centers #centres_de_données #IA #AI #France #intelligence_artificielle #infrastructure #carte #visualisation #cartographie #cartographie_participative #recensement #opacité #expansion #ressources #électricité #eau #conflits #tensions_locales #contre-pouvoir #techno-capitalisme

    ping @reka

    • Carte des data centers, des projets et des contestations en France

      Nous publions une carte participative répertoriant les data centers existants, les projets et les oppositions qui s’organisent en France autour de ces infrastructures. Notre objectif est de favoriser l’émergence ou la consolidation de contestations partout où ces bases du numérique dominant se prévoient.
      Nous avons cartographié 351 data centers déjà existants et 67 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 43 annoncés, 16 en cours d’instruction par les services de l’état et 8 en cours de construction.
      À cela il faut ajouter les 63 sites « clés-en-main » proposés par le gouvernement aux industriels de la tech pour faciliter l’implantation et la construction de nouveaux data centers - dont seulement 26 localisations précises sont publiques à ce jour. RTE et EDF mettent également 8 sites à disposition des promoteurs avec des procédures de raccordement électrique accéléré.
      Il est important de noter que le nombre de data centers ne permet pas de se faire une idée adéquate de l’accroissement des infrastructures. Les technologies impliquées sont en forte mutation, et la consommation énergétique des data centers ou le nombre de serveurs qu’ils abritent donne une indication plus ajustée des évolutions du secteur. Ainsi, les data centers actuels peuvent avoir une consommation énergétique jusqu’à plusieurs milliers de fois plus importante que les data centers historiques. Et les serveurs qu’ils abritent sont toujours plus nombreux et intenses en technologies.
      Nous avons recensés une vingtaine d’oppositions locales à ces déploiements, menées par des collectifs, des individus ou des associations.

      https://lenuageetaitsousnospieds.org/articles/2025-12-11-carte-des-data-centers-des-projets-et-des-conte
      #opposition #résistance

    • Prospective d’évolution des consommations des data centers à court, moyen et long terme de 2024 à 2060

      Cette étude de l’ADEME répond à 3 objectifs :
      1. Dresser l’état des lieux de la consommation électrique actuelle des centres de données en France ;
      2. Proposer un modèle prospectif détaillé permettant de modéliser des scénarios d’évolution des consommations des centres de données dans le temps ;
      3. Modéliser et analyser 5 scénarios prospectifs jusqu’à 2060 : un scénario tendanciel et 4 scénarios envisageant les 4 chemins possibles de transition écologique.

      Cette étude a considéré les émissions de gaz à effet de serre engendrées, la pression sur les ressources en eau, l’artificialisation des sols, la concurrence avec les d’autres usages de l’électricité, ou encore les enjeux de souveraineté numérique et distingue les consommations en France des consommations à l’étranger pour un usage français.

      https://librairie.ademe.fr/energies/8910-prospective-d-evolution-des-consommations-des-data-centers-a-co
      #ADEME #rapport

  • La traque des #fuites de #méthane révèle une pollution persistante autour de sites #pétrogaziers dans le sud de la #France

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/04/la-traque-des-fuites-de-methane-revele-une-pollution-persistante-autour-de-s

    Théophile Humann-Guilleminot longe le grillage surmonté de barbelés, à la recherche du meilleur angle. Le représentant de l’#ONG_environnementale #Clean_Air_Task_Force déplie son trépied et y fixe sa caméra infrarouge. A l’image, aucun doute : un panache de fumée s’échappe de la vanne d’un gazoduc. Invisible à l’œil nu, la fuite apparaît nettement à l’écran.

    Egalement muni de jumelles, le technicien formé à la thermographie – la détection par imagerie optique des gaz – continue de scruter le site industriel, un enclos d’une dizaine de volumineux tuyaux verts qui sortent du sol sur plusieurs mètres avant d’y replonger. Du ruban adhésif jaune a été posé sur certaines jonctions, mais il est percé à divers endroits. En une demi-heure, cinq fuites de méthane – molécule principale du gaz naturel et puissant gaz à effet de serre – sont repérées sur ce poste de sectionnement d’Urgosse (Gers), un site qui sert notamment à contrôler le flux de gaz en cas de maintenance ou d’arrêt d’urgence.

    A quelques mètres, Anna-Lena Rebaud, 30 ans, consigne méthodiquement les équipements concernés. Puis la chargée de mission gaz aux #Amis_de_la_Terre appelle le numéro d’urgence de Téréga, l’exploitant du réseau de transport de gaz dans le Sud-Ouest.

    Pendant dix jours, du 20 au 30 avril, les représentants des deux #ONG ont mené une vaste « chasse » aux émissions de méthane dans le sud de la France. Ils ont inspecté 64 #installations_gazières (stations de compression, sites de stockage, terminaux d’importation de gaz liquéfié, etc.) et pétrolières en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et dans les Bouches-du-Rhône afin de comparer les deux exploitants principaux du réseau de gaz en France (Téréga et NaTran). Selon leurs résultats préliminaires, les deux tiers présentent des pertes – un chiffre dans la moyenne européenne. Ce sont majoritairement des fuites involontaires, liées à des équipements défectueux. Dans certains cas, toutefois, les exploitants relarguent du méthane de manière intentionnelle et contrôlée, par exemple lors d’opérations de maintenance.

  • Pour l’Anssi, la France n’est pas « à la hauteur » des cyberattaques à son encontre
    https://www.01net.com/actualites/anssi-personne-hauteur-cyberattaques-qui-frappent-france.html

    La #France est le pays le plus piraté du monde, mais Vincent Strubel, directeur général de l’#Anssi, continue de minimiser la gravité de la situation. Il reconnaît néanmoins, à demi-mots, que « personne n’est réellement à la hauteur » pour lutter contre l’explosion des #fuites_de_données.

    La France continue d’être dans le viseur des cybercriminels. Selon une étude de Surfshark, 40,3 millions de comptes français ont été #piratés en 2025. Ramenée à sa population, la France est le pays le plus touché par les violations de données au monde. La densité de violations, c’est-à-dire le rapport entre les comptes compromis et le nombre d’habitants, fait de l’Hexagone l’épicentre mondial des fuites. Sur cette métrique, la France affiche une densité 12 fois supérieure à la moyenne mondiale. Plus récemment, le baromètre 2026 du Forum INCYBER, réalisé grâce aux données de la CNIL, est venu confirmer l’attrait des #pirates #informatiques pour la France. Le baromètre fait état de 8 613 violations de données en l’espace d’un an, soit une hausse annuelle de 45 %.

  • LES MAINS VIDES

    « C’est comment de vivre
    en France
    en pleine crise climatique,
    en coopération avec les humaines
    et en accord avec les êtres vivants ? »

    Dans la seconde moitié du XXIeme siècle, le #climat s’est déréglé, le pétrole est un souvenir et pourtant, parfois, quand un membre d’un village anarchiste subit une séparation amoureuse, il lui faut bien partir, chercher un autre endroit où passer l’été caniculaire, traverser des #lieux où tout le monde ne roule pas tout à fait pareil.

    Les vagues de #canicule arrivent et tu dois quitter ton foyer. Tu as besoin de partir, d’aller voir de l’ailleurs pour réparer ton corazon brisé. Enfourche ton vélo et va, enchaine les kilomètres, quitte tes montagnes à la recherche d’une belle communa pour passer la Torpeur. Rencontre, explore, discute et prends soin. Des autres, du #vivant, de toi surtout. Le fol Horhizome est fort et fragile, il relie les #anarchies entre elles, qui fleurissent différentes sur leur fondement commun : l’#ordre, sans le #pouvoir. Roule et traverse, prends garde aux Verticaux, mais nourris-toi de la friction, elle remplira ta carte et tes dessins. Mets l’eau à chauffer, fais tes infusions d’encre.

    Alors que les utopies s’enclosent souvent dans des îles (des planètes, des tours, des souterrains), les sociétés sont ici pleines de trous, composent avec le voisin, bricolent et font avec. Hommage à #Ursula_Le_Guin, cette eutopie se fait fiction-sacoche, journal de voyage qui tente de se saisir de la #crise_climatique pour en exprimer un #possible_désirable, dans une échappée à la fois politique et intime.

    https://lavolte.net/products/les-mains-vides
    #livre #fuite #réfugiés_climatiques #changement_climatique #anarchisme #utopie #désirabilité

  • Emploi : les jeunes n’hésitent plus à quitter leur CDI
    https://www.alternatives-economiques.fr/emploi-les-jeunes-nhesitent-plus-a-quitter-leur-cdi/00118095

    Les ruptures de CDI explosent chez les jeunes depuis la crise sanitaire. Si beaucoup l’ont choisi et y gagnent en opportunités, d’autres s’exposent à un déclassement durable, révélant un marché du travail davantage polarisé.

    #emploi #CDI #mobilité #démission #fuite

    • https://shs.cairn.info/revue-cereq-bref-2026-2-page-1?lang=fr

      Le CDI n’est plus un gage automatique de stabilité : depuis 2020, de nombreux jeunes quittent plus souvent un CDI après leurs premières années de vie active, selon les données des enquêtes Génération. Le secteur d’activité joue un rôle clé : certains offrent des parcours de stabilisation malgré des interruptions de CDI, quand d’autres exposent davantage à des ruptures subies et des sorties durables du marché du travail. Entre stabilité et précarité, se dessine une carte sectorielle des débuts de carrière.

  • Piratage du Ficoba - Quand nos données personnelles alimentent la fraude - Billet de la présidente - UFC-Que Choisir
    https://www.quechoisir.org/billet-de-la-presidente-piratage-du-ficoba-quand-nos-donnees-personnelle

    Le piratage du Ficoba - le fichier national des comptes bancaires géré par les Finances publiques - rappelle très concrètement à quel point les fuites de données sont devenues un risque majeur. Ce fichier recense les comptes bancaires ouverts en France et, selon les informations disponibles, il a pu être consulté et copié pendant plusieurs semaines.

    Les données en cause ne sont pas anodines : identité, adresse, date de naissance, établissement bancaire, coordonnées bancaires (RIB/IBAN) et, dans certains cas, identifiant fiscal. L’attaque aurait été rendue possible par l’usurpation des identifiants d’un fonctionnaire, avec un accès d’environ un mois. Près de 1,2 million de comptes seraient concernés et les personnes touchées doivent être informées individuellement. C’est indispensable, mais cela ne suffit pas : l’enjeu est aussi d’empêcher qu’un fichier aussi sensible reste accessible aussi longtemps avec des identifiants dérobés.

    Je refuse que l’on minimise cette fuite au motif qu’elle ne permettrait pas, à elle seule, d’effectuer un paiement par carte. Ce qui circule, ce sont des données personnelles qui facilitent l’usurpation d’identité et des fraudes crédibles, comme la souscription d’abonnements ou des tentatives de prélèvements via de faux créanciers.

    Or, lorsque la fraude bancaire survient, trop de consommateurs se heurtent encore à une réponse automatique de leur banque, qui invoque la négligence grave du client. Dans un contexte où les fuites de données se multiplient, faire peser la suspicion sur la victime est injuste et déconnecté de la réalité des fraudes. Les consommateurs ont besoin d’une protection efficace, de dispositifs anti-fraude robustes et d’un traitement rapide et loyal des contestations lorsqu’une opération n’a pas été autorisée.

    Pour les consommateurs concernés par cette fuite, il faut être particulièrement attentif dans les prochaines semaines. Surveillez vos comptes, surtout vos prélèvements, et vérifiez toute opération inconnue. En cas de prélèvement ou de démarche suspecte, contactez immédiatement votre banque et contestez sans attendre. Enfin, ne communiquez jamais vos identifiants, mots de passe ou codes, même à quelqu’un qui se présente comme votre conseiller. En cas d’appel ou de message alarmant et urgent, raccrochez et rappelez votre banque via les canaux habituels.

    • Fichier des comptes bancaires (Ficoba)
      https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2233

      Le fichier national des comptes bancaires et assimilés (#Ficoba) liste tous les comptes bancaires ouverts en France : comptes courants, comptes d’épargne, comptes-titres, etc. Ficoba liste également les coffres-forts loués en France. Vous voulez vérifier les informations listées dans le fichier ? Nous vous expliquons qui peut y accéder, comment en faire la demande et quelle démarche vous devez respecter pour rectifier les informations du fichier.

      [...]

      Il n’indique pas les opérations effectuées et le solde des comptes.

      [...]

      Les personnes suivantes peuvent avoir accès au fichier :

      (...) Il s’agit, notamment, de l’administration fiscale, des officiers de police judiciaire, de certains juges, des notaires en charge d’une succession, des commissaires de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire) et de certains agents de la Caf.❞

      Il y a tellement de monde qui a accès au Ficoba que l’utilisation détournée devait finir par arriver.

      #ficoba #données #fuite_de_données #vol_de_données

  • Cosmo-poétique du #refuge. Comment les #esclaves en #fuite ont réinventé la #liberté

    Le #marronnage se déploie sur près de quatre siècles dans les Amériques et les archipels de l’océan Indien. À Haïti, des rythmes de travail aux champs aux cérémonies vodoues, ce monde afro-diasporique s’est construit contre le capitalisme, sa propriété privée et sa quête du profit. De la colonie à notre société de contrôle, la #sécession_marronne ne demande qu’à être réinventée.

    https://shs.cairn.info/revue-z-2018-1-page-146

    #résistance #transe #vodou #écologie_politique #dissidence

  • « On manipulait des #produits_toxiques comme si c’était de l’eau » : sur un site de #TotalEnergies, des #fuites à gogo

    Au sud de l’Italie, TotalEnergies exploite le champ pétrolier #Tempa_Rossa. Les fuites d’#hydrocarbures s’y multiplient depuis son ouverture en 2020. Des salariés s’estiment mis en danger par le fleuron français. Une enquête exclusive.

    Arrivé au bout d’un chemin rocailleux, perdu au milieu des champs et des bois, Luciano coupe le moteur de sa voiture. Ici, il est sûr de ne pas être vu. Chaîne autour du cou et cigarette à la bouche, il fait défiler sur son téléphone des photos prises un an plus tôt dans le centre pétrolier Tempa Rossa, qu’on aperçoit au loin.

    Ces images montrent de grands réservoirs en acier maculés de traînées de pétrole. Par endroits, c’est comme si une bombe de peinture noire avait explosé sur les pompes et les tuyaux. Au sol, des couches de granulés blancs ont été dispersées sur de vastes flaques d’hydrocarbures. Reporterre a obtenu une vingtaine de photos et vidéos comme celles-ci, témoignant de fuites récurrentes en 2024 dans ce champ pétrolier exploité depuis 2020 par TotalEnergies, dans le sud de l’Italie.

    Étendu sur 290 km², dans la région de Basilicate, ce gisement d’hydrocarbures est aux mains du fleuron français, qui détient 50 % de la concession aux côtés de l’Américain Shell (25 %) et du Japonais Mitsui (25 %). Dans ce site industriel à haut risque, certains travailleurs craignent pour leur sécurité.
    Témoignages sous couvert d’anonymat

    Reporterre a recueilli les récits de cinq salariés de TotalEnergies et d’entreprises sous-traitantes, qui ont exercé ou exercent encore à Tempa Rossa. Tous témoignent sous couvert d’anonymat, dans des lieux cachés, redoutant des conséquences sur leur emploi.

    Sollicitée sur chaque aspect de cette enquête, TotalEnergies a choisi de ne répondre qu’à 2 de nos 11 questions. Le pétrolier français affirme cependant : « La sécurité est une valeur fondamentale et non négociable pour notre compagnie. TotalEnergies est pleinement engagée à protéger la santé des travailleurs dans toutes ses activités. »

    Le 29 septembre, le centre de stockage de GPL de Tempa Rossa a néanmoins été inspecté par la brigade des carabiniers (les gendarmes) de Potenza pour la protection de l’environnement. Le substitut du procureur de cette ville en charge de ces sujets a refusé de confirmer ou de récuser l’existence d’une instruction judiciaire. Dans un e-mail envoyé à Reporterre, son secrétariat écrit : « Le sujet qui vous intéresse est couvert par le secret de l’instruction. »
    Les travailleurs exposés à des fuites récurrentes

    Exploité depuis 2020, le champ de Tempa Rossa, qui produit près de 30 000 barils de pétrole et 1 700 barils de GPL (gaz de pétrole liquéfié) par jour, est classé Seveso seuil haut. Cela signifie qu’il présente un risque élevé d’incident et est soumis à une réglementation stricte visant à protéger l’environnement et les travailleuses et travailleurs.

    Malgré cela, sur le site dédié au traitement des hydrocarbures sortis des puits — où des centaines de tuyaux enchevêtrés transportent du pétrole brut, des eaux usées, des boues et des produits chimiques —, les fuites s’accumulent. « Sur la plateforme 3 [où confluent toutes les canalisations qui transportent les hydrocarbures depuis les puits, et celles qui distribuent les produits finis], il y en avait tout le temps ! » résume amèrement Luciano, qui a pris des photos en cachette pour garder des preuves.

    Il n’est pas le seul. L’appréhension a gagné les opérateurs, qui ont fait le lien avec leurs conditions de travail. « On voyait qu’on nous faisait manipuler des produits toxiques comme si c’était de l’eau », se souvient Antonio.

    Les photos recueillies par Reporterre, authentifiées par un ancien salarié de TotalEnergies qui connaît le site, montrent des tuyaux et des pompes entièrement noircis par le pétrole. Sur l’une d’elles, une flaque noire coule sous les pieds d’un ouvrier. « Parfois, ça jaillissait vers le haut et on en avait plein sur nos vêtements », raconte Antonio, en affichant sur son téléphone la photo d’un opérateur de production dans une combinaison tachée de pétrole.

    Des clichés montrent également des appareils prévus pour les échantillonnages couverts de noir, laissant imaginer que le liquide a giclé au moment d’ouvrir les vannes. Un autre illustre un prélèvement d’hydrocarbures dans des conditions de sécurité précaires : un robinet posé sur des morceaux de bois, au-dessus d’un seau à terre, et une couche d’huile noire au sol.

    Des produits toxiques manipulés sans le matériel de protection adéquat

    En cas de fuite, le risque pour les travailleurs est d’être exposés à « un cocktail de produits toxiques, soit par contact cutané, soit par inhalation », explique Giuliano Pesel, médecin du travail spécialisé dans le secteur pétrochimique, interrogé par Reporterre. Une exposition chronique aux hydrocarbures — c’est-à-dire en quantité moindre mais de manière répétée — augmente le risque de cancer, précise-t-il. Certains hydrocarbures, dont le benzène, sont notamment « associés à des tumeurs du sang, de la vessie ou encore de la peau », reprend le médecin.

    Le danger se réduit si l’exposition se produit en extérieur. Néanmoins, « plus le travailleur est proche des substances, plus il a de contacts, plus c’est probable qu’il développe des problèmes de santé dans le temps », continue-t-il. Giuliano Pesel l’affirme : « Les sites neufs ne devraient pas avoir de perte pendant l’activité productive. »

    Toutefois, si une entreprise ne peut pas les empêcher, elle doit fournir du matériel de protection individuel (masque, gants, combinaison) à ses travailleurs, insiste-t-il. Or, à Tempa Rossa, deux témoins assurent que les opérateurs ont parfois dû nettoyer les fuites sans masque.

    https://www.youtube.com/watch?v=hbfKXRK10Hg&t=3s

    Des travailleurs s’inquiètent aussi de devoir procéder manuellement aux mélanges de produits chimiques, à l’aide de pompe, sans avoir toujours les masques et les gants adéquats. « Sachant qu’à chaque fois qu’on sortait les pompes des cuves, le liquide coulait partout », raconte Antonio. Ainsi, l’une des photos montre un réservoir sur lequel est indiquée la formule de l’acide chlorhydrique et, par-dessus, la main d’un opérateur qui tient un tube avec un gant en cuir.

    Un matériel inadapté à cette substance corrosive car il « se détériore facilement », assurent Marco Caldiroli, technicien de la prévention des risques au sein de l’agence publique de santé de Milan, et Gino Carpentiero, ancien médecin du travail à Florence. Ils sont tous deux membres de l’association pour la santé au travail Medicina Democratica.

    Aussi, plusieurs cuves contenant des produits chimiques sont déposées à même le sol, sans bac de rétention, comme l’illustrent plusieurs images. Une pratique « dangereuse », car une perte de liquide peut entrainer des risques pour l’environnement et la sécurité du personnel, tel un incendie, expliquent-ils.
    TotalEnergies sécurise ses installations après une visite des autorités

    À une dizaine de kilomètres de là, dans le centre de stockage GPL, le scénario se répète. Dès l’ouverture du site en 2020, les opérateurs de production constatent des fuites lors du chargement du gaz dans les camions-citernes.

    Certains ont filmé ces scènes. Des vidéos que Reporterre a visionnées. Selon la branche locale du syndicat CGIL et les travailleurs interrogés, le problème vient des tuyaux flexibles raccordés aux véhicules, qui se fissurent régulièrement. À chaque fois, le chargement est interrompu et des ouvriers doivent remplacer le conduit endommagé par un autre neuf, jusqu’à la prochaine fuite. « Cela pouvait arriver n’importe quand », se souvient Davide.

    Selon un relevé effectué par les travailleurs eux-mêmes, que Reporterre a consulté, cette situation s’est produite en moyenne deux fois par mois entre 2022 et 2023.

    « L’exposition des travailleurs au GPL en extérieur n’est pas vraiment dangereuse pour la santé. Toutefois, il s’agit d’un gaz inflammable et explosif. Une simple étincelle peut provoquer une explosion », explique Giuliano Pesel.

    En janvier 2024, les autorités de contrôle, dont l’Institut italien de protection et recherche pour l’environnement (Ispra), ont inspecté le site. Le rapport final évoque de « possibles pertes de GPL » et émet des recommandations, mais ne stipule aucune situation d’urgence. De son côté, TotalEnergies assure que la sécurité des travailleurs est garantie.

    Pourtant, l’été suivant, l’entreprise a décidé de ne plus utiliser les tuyaux incriminés et de les remplacer par des tronçons rigides. La multinationale française affirme que « les modifications techniques font partie d’un processus d’amélioration continue » et « peuvent être mises en œuvre sans qu’un risque pour la sécurité du personnel ou des installations ne les déclenche ».

    Un « Texas italien » riche en pétrole mais en proie à la pauvreté

    TotalEnergies l’assure : étant un site classé Seveso haut seuil, Tempa Rossa fait l’objet d’inspections régulières par des autorités publiques de contrôle. Alors, comment expliquer tant de négligence ? Impossible de le savoir. L’entreprise ne commente pas les cas de fuite d’hydrocarbures. En revanche, elle affirme que « des équipements de protection individuelle conformes aux activités sont toujours disponibles pour tout le personnel et toutes les opérations » et que les opérateurs sont formés et sensibilisés pour pouvoir les utiliser correctement.

    Derrière ce discours rassurant, il y a pourtant des travailleurs inquiets pour leur sécurité. Ces derniers sont peu nombreux à parler, par peur de perdre leur emploi. Un risque d’autant plus pesant que, dans cette région, le pétrole règne en maître. Abritant deux des plus gros gisements terrestres d’or noir d’Europe, la Basilicate, rebaptisée « le Texas d’Italie », a fourni 84,8 % du pétrole italien en 2024.

    Malgré cela, cette petite région de 530 000 âmes est l’une des plus pauvres du pays : 24,5 % des habitants sont à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Elle est aussi la plus en proie au dépeuplement.

    Perché dans la montagne en face de Tempa Rossa, le village reculé de Corleto Perticara ne fait pas exception. « Ici on produit du pétrole, de l’énergie éolienne, mais ce n’est pas pour autant que les habitants sont devenus plus riches », déplore Giorgio Santoriello, dont l’association Cova Contro (https://covacontro.org) surveille les conséquences environnementales de l’extraction de pétrole dans la région. À Corleto, on vit d’agriculture et d’industrie. Pas un hôtel à l’horizon, mais quelques chambres d’hôtes qui accueillent les employés de la multinationale de passage.

    Parmi les 2 300 villageois, nombreux sont ceux à compter sur « la » Total, comme ils l’appellent. « Si je ne travaille pas là, je travaille où ? Il n’y a pas d’alternative... Et avec des enfants, c’est compliqué », dit Fabio. Pour Giorgio Santoriello, « les gens d’ici se sont fait berner par l’argent facile, sans penser au coût social, environnemental, sanitaire et même politique. Cela bouleverse la réalité locale, et nous ne sommes plus maîtres de notre territoire ».

    https://reporterre.net/Revelations-sur-TotalEnergies-On-manipulait-des-produits-toxiques-comme-

    #Apennins #pétrole #Italie #montagne #industrie_pétrochimique #champ_pétrolier #Basilicate #Mitsui #Shell #industrie_pétrolière #santé #travail #conditions_de_travail #benzène #cancer #santé_publique #GPL #gisements #Cova_Contro

  • Corpi di donne come campi di battaglia: premiato al World Press Photo 2025, ecco l’impressionante reportage di #Cinzia_Canneri

    Cinzia Canneri, vincitrice di un World Press Photo per progetti a lungo termine, ci racconta il suo lavoro dedicato al lungo viaggio delle donne eritree in fuga dal loro Paese.

    Vincitore del World Press Photo 2025 come Long-Term Project della regione Africa, Women’s bodies as battlefields di Cinzia Canneri è un progetto che parte da lontano e che definisce, in un qualche modo, la stessa carriera della fotografa italiana. Particolarmente attenta alle tematiche che riguardano la questione femminile e di genere, l’immigrazione e i diritti umani, Cinzia, dal 2017, si è completamente immersa nella realtà di quelle donne che, scappando dalla dittatura eritrea, hanno iniziato il loro viaggio verso un barlume di salvezza.
    Abbiamo parlato direttamente con l’autrice del suo lavoro.
    Qual è la storia dietro al tuo ultimo lavoro Women’s bodies as battlefields, vincitore del World Press Photo 2025 come Long-Term Project?

    La storia del progetto riguarda l’uso della violenza sessuale sulle donne come arma di guerra, impiegata in modo sistematico e con uno scopo politico.
    Prima di tutto, ho analizzato il viaggio delle donne eritree in fuga dalla dittatura nel loro Paese, una delle più oppressive al mondo. Il loro viaggio, rispetto a quello degli uomini, è molto più complesso e lungo. Spesso si interrompe ai confini, perché molte madri non vogliono separarsi dai figli rimasti a combattere o sepolti nella terra natale. Questa parte del progetto l’ho prodotta tra il 2017 e il 2019. Ho voluto trattare la violenza sulle donne analizzandola non solo come diretta azione delle forze che la perpetrano, ma anche in maniera indiretta, mostrando come, ad esempio, alcune donne si sottopongano a iniezioni ormonali per proteggersi da eventuali aggressioni durante il viaggio.

    La seconda parte del progetto, invece, ha interessato lo scoppio della guerra in Tigray, nel 2020, durante la quale tutte le forze coinvolte nel conflitto hanno utilizzato la violenza sessuale come arma di guerra. Le donne eritree e tigrine, residenti in Tigray, si sono unite nella fuga verso il Sudan o Addis Abeba. L’esercito eritreo ha usato la violenza sessuale sia contro le donne eritree che contro quelle tigrine, con intenti differenti: sulle eritree come forma di punizione, sulle tigrine come strumento di sterminio.
    I loro corpi sono diventati, così, dei veri e propri campi di battaglia, senza schieramenti precisi, comprensibili o identificabili. Da qui è nato il mio progetto Women’s Bodies as Battlefields.
    Come ti sei avvicinata a questa tematica?

    Intorno al 2017 sentivo il desiderio di iniziare un mio progetto fotografico che mi presentasse alla comunità internazionale come fotografa. Prima di allora, ho lavorato come educatrice professionale e, successivamente, come psicologa nel sociale.
    La fotografia l’ho scoperta alla fine degli anni Novanta, organizzando un corso per alcuni utenti di un centro diurno con disturbi psichici. Me ne ero innamorata ed era rimasto in me come un amore profondo, mai del tutto sopito.
    La scelta di raccontare le donne eritree nel loro viaggio nasce da più motivazioni. Innanzitutto, in Italia – soprattutto intorno al 2014 – arrivavano molti uomini eritrei e pochissime donne. Così mi sono posta delle domande su questa disparità. Inoltre, ero anche interessata all’Eritrea e all’Etiopia in quanto terre segnate dal colonialismo italiano, e attribuivo parte delle responsabilità dei conflitti che le attraversano anche al mio Paese.

    Un Paese che ha onorato il giornalista Indro Montanelli con una statua, nonostante durante la guerra del 1935 avesse “comprato” una ragazza eritrea – insieme a un cavallo e a un fucile. La ragazza si chiamava Destà. Montanelli scrisse che gli ci volle del tempo per superare “il suo odore di capra”.
    Mi sono sentita, e mi sento ancora, profondamente offesa come donna davanti a una cultura così violenta nei confronti delle donne. La violenza di genere è trasversale, ma la vulnerabilità legata a razza e classe sociale contribuisce ad amplificarne la complessità.
    È dal sentirmi offesa da questa violenza generalizzata, sociale e di genere, che nasce l’idea del mio lavoro.

    Il corpo rappresentato nel tuo progetto non è solo un teatro di ferite fisiche, ma anche un concetto di corpo che racconta la forza collettiva, la comunità femminile…

    Il corpo è segnato da cicatrici che rappresentano un segno indelebile, qualcosa che permane nel tempo come parte di sé, della propria identità e storia. È la materializzazione di un trauma, ma in questo suo diventare materia diviene anche “altro” dall’azione del male. Vi è una trasformazione psichica, emotiva e di significato. Anche di visione di sé. Non è più deformazione, ma appartenenza attraverso un processo di ridefinizione. I corpi di queste donne, individualmente, sono feriti, ma, collettivamente, rivendicano giustizia, esprimono forza e capacità non solo di sopravvivere, ma di mirare a un cambiamento.

    Qual è stato l’approccio con i tuoi soggetti?

    Per la realizzazione del progetto sono entrata a far parte della comunità di queste donne, seguendo molte delle loro cause e promuovendo attivamente iniziative dove le mie foto sono state messe al servizio di alcune loro attività. Stare con loro, prima attraverso una relazione umana e poi come fotografa, mi ha dato accesso alla loro fiducia, riuscendo, così, a fotografarle in situazioni molto intime.
    La relazione umana è la base della mia idea di fotografia, in cui lo scatto rappresenta l’ultimo tassello. La mia pratica nasce, infatti, senza macchina fotografica: quando la prendo in mano è perché sento che può diventare quasi invisibile, percepita come un’estensione di me. L’altro si racconta allora con la stessa naturalezza di quando si condivideva un caffè, una risata o un pianto.

    Molti dei miei ritratti nascono insieme al soggetto. Anche nei ritratti in posa, forse ancora di più, considero riuscito uno scatto solo se esprime una relazione autentica, se la consapevolezza dello sguardo si dissolve per lasciare spazio a un racconto intimo.
    Anche gli oggetti presenti nel mio lavoro fanno parte di una specifica narrazione. Come nel caso, ad esempio, di una madre che mi parla della morte di sua figlia e mi mostra ciò che le apparteneva. Oggetti che diventano ceneri di un corpo sepolto in un luogo lontano, irraggiungibile. O ancora, gli oggetti del Museo dei Martiri di Makelle, che testimoniano le violenze subite dalle donne e che oggi i tigrini espongono come forma di protesta contro il mancato riconoscimento di quanto commesso da parte del governo federale etiope.

    Quale ruolo assume la luce nella tua produzione e come l’hai gestita specificatamente in questo lavoro?

    Per questo lavoro ho scelto il bianco e nero perché ero interessata a trascendere il reale, per valorizzare la realtà soggettiva e comunitaria delle donne del mio racconto. Dunque, la luce ha avuto un ruolo fondamentale: quando uso la luce naturale è perché individuo un riflesso, un’oscurità o un’atmosfera che mi descrivono quel contesto indipendentemente da me; dall’altra parte, invece, quando uso la luce artificiale è perché direziono io il racconto su un qualcosa che voglio definire e che non nasce dal contesto naturale, ma per esempio da qualcosa che mi è stato raccontato dalla persona che fotografo.
    Recentemente, dall’esperienza di questo tuo progetto, hai fondato la Fondazione Cross Looks. Ce ne parli?

    Quasi due anni fa ho iniziato a pormi delle domande che mettevano in discussione il mio modo di lavorare. Per me, fare fotografia significa intraprendere una ricerca personale, alla costante scoperta di nuovi significati e visioni che non si limitano soltanto allo sguardo.
    Quando, come fotografi, ci rechiamo in terre vulnerabili come quelle africane, lo facciamo portando con noi un potere che deriva dalla nostra posizione di occidentali. Un potere economico, di mobilità, di ruolo sociale, che si ottiene anche attraverso il lavoro che svolgiamo in questi contesti.

    Ho iniziato così a credere che non sia sufficiente lavorare basandosi solo sul rispetto umano o su una collaborazione con le diaspore e le comunità locali, se queste non hanno un reale potere trasformativo sul nostro operato. La collaborazione autentica è possibile solo quando tutte le parti coinvolte hanno la possibilità di agire e partecipano a decisioni condivise. Durante gli anni di lavoro su Women’s Bodies as Battlefields ho incontrato associazioni, giornaliste e attiviste locali e con alcune di loro – tutte donne – abbiamo dato vita a “Cross Looks” che mira a ricercare narrazioni condivise per contrastare gli stereotipi emergenti quando non si è immersi né si è parte della cultura del contesto narrato.

    https://fotocult.it/womens-bodies-as-battlefields-cinzia-canneri-reportage-world-press-photo-20
    #photographie #femmes #Erythrée #Ethiopie #exil #fuite #réfugiés #femmes_réfugiés #viols #viols_comme_arme_de_guerre #guerre #migrations #réfugiés #violences_sexuelles #Tigray

  • #We_Refugees_Archive

    We Refugees Archive is a digital archive on #refugeedom, past and present. It focuses on individual micro-histories and the city as a microcosm of refuge and new beginnings.

    We Refugees Archive is a growing digital archive on refugeedom in the past and present. It focuses on individual experiences and the microcosm of the city as a place of refuge and new beginnings.
    Archive with educational approaches

    The archive spans an arc from historical to current experiences of flight, which are brought into dialogue and thus provide new connecting lines and explanatory approaches from and with refugee voices for European and international remembrance and education policy. In current discourses about refugeedom, the (European) past serves as an instinctive projection screen and an intuitive frame of reference – associatively, metaphorically, symbolically. Through the interweaving of past and present, We Refugees Archive gets to the bottom of these projections and questions familiar lines of connection and division in order to stimulate a new narrative about refugeedom. The focus of the historical documents is on the self-testimonies of people who sought to escape Nazi persecution by fleeing (within and out of Europe), among them predominantly Jews. The current section is devoted to a spectrum of the most varied flight movements of recent decades (mainly to Europe). This archival core is enriched with filmic approaches to refugeedom and contextualized by scholarly discussions, interviews with experts and academic guest contributions on relevant questions in the field of flight migration and/or regarding the specific examples of cities of refuge. As an analogous addition to the We Refugees Archive, a successively growing curated collection of selected documents from the archive is being created, which serves as a support for educational work on historical and current experiences of flight.

    The archive focuses on selected cities of refuge, which in the past and present have had a special position as refuges: as places of resistance against national exclusion policies, as microcosms in which visions and structures for an open urban community and a common future are created. But they have also reached and continue to reach their limits, while they are developing as places where refugees can build up networks and a new life for themselves at the same time. In January 2019, the project started with Vilnius and Palermo as historical and contemporary cities of refuge. From 2020, further cities of refuge in the past and present will follow, including Berlin, Paris, Istanbul and New York. In today’s cities of refuge, workshops with refugees and interviews with experts are conducted and existing testimonies of people about their flight and arrival are recorded. The historical examples will be developed, among other things, through research in archives and previously published ego-documents.
    What’s in a name?

    We Refugees Archive is inspired by Hannah Arendt’s 1943 article of the same name. Already then, Arendt’s “We” was thought as a directive for the future and a call to think beyond the boundaries of the nation-state model which is clearly not capable of protection.

    “The loss of human rights does not take place when this or that right, which is usually counted among human rights, is lost, but only when man loses the position in the world by which alone he can have rights at all and which is the condition for his opinions to carry weight and his actions to be of importance.”

    The analyses of flight and lawlessness that Arendt developed in “We Refugees” and other writings from her own experience as a refugee Jewish woman and stateless person over many years are still relevant to many flight biographies today and are becoming increasingly urgent.

    A comparison of historical and contemporary experiences of flight and arrival does not aim to equate them. The aim of We Refugees Archive is rather to showcase their connections and discontinuities on the basis of individual experiences of people who have fled, both now and in the past. Similarities as well as differences will be identified on the basis of different topics that deal with the experiences of flight, new beginnings, visions of the future, support, questions of identity and exclusion from a biographical perspective.
    The Digital Archive

    “Archive” is a perennially hazy term that inherently negates the claim to completeness. Archives are fundamentally selective, are based on randomness and contingencies and subject to certain constellations of power and (un/conscious) motivations. Shaped by presence and absence, the specific composition of traces and voices fundamentally determines the structure and cognitive potential of each archive.

    As an archive of refugeedom in the making, We Refugees Archive is not only growing with the continuous addition of individual experiences of flight and arrival in new examples of cities of refuge. As an archive of flight, it is simultaneously haunted by all those whose voices are not (or could not) be heard – either because they did not manage to flee, died during their flight, were murdered or were denied a new beginning in some other way, or because of our ignorance as archive creators. All these voices, however, are also part of the “we” in We Refugees Archive and encapsulated in and despite its inevitable archival gaps. They have to always be kept in mind as well.

    Thus We Refugees Archive is inherently incomplete. It successively incorporates existing archives with newly created materials, curated into an eclectic collection that spans genres and times on several interlocking levels – from conventional contextualized archival documents, interviews, testimonies, memoirs, contemporary historical photographs and a growing oral history archive to artistic films that approach flight experiences in a participatory and innovative way. Our concept of the archive is thus broad and understands the construction of archives as a process of collecting, elaborating and contextualizing different material from which narratives about refugeedom can be derived.

    The use of an archive also does not follow definable rules, which in itself holds a perpetual potential for knowledge. With this in mind, We Refugees Archive tries to give users a new, emphatic and associative access to the complex of past and present lives as refugees, and refrains from strict instructions for use. The archival materials can be used in digital and analogue form for the historical-political remembrance and educational work of museums, memorials, schools, universities and other institutions.

    https://en.we-refugees-archive.org
    #archive #histoires #réfugiés #migrations #archive_digitale #villes #témoignages #nous #Hannah_Arendt #histoire #Palermo #Paris #Palerme #Vilnius #Berlin #Istanbul #identité #discrimination #expulsions #vision #fuite #futur #soutien #New_York #récit #récits
    ping @karine4 @isskein

  • #Flamanville : le redémarrage d’un réacteur reporté d’un mois à cause d’une fuite d’eau radioactive
    https://www.bfmtv.com/normandie/manche/flamanville-le-redemarrage-d-un-reacteur-reporte-d-un-mois-a-cause-d-une-fuit

    EDF a signalé mardi un « événement significatif » de sûreté sur son #réacteur n°1 de Flamanville, qui n’est pas l’EPR, en raison d’une #fuite de #vapeur d’eau #radioactive détectée le week-end dernier dans le bâtiment #réacteur, ce qui va nécessiter de repousser d’un mois son redémarrage, a-t-on appris vendredi auprès de l’autorité de sûreté et d’#EDF.

    Tu vis à Flamanville, tu te dis que t’es verni.

  • Loi « simplification » : un déni de démocratie pour mieux imposer les data centers – La Quadrature du Net
    https://www.laquadrature.net/2025/03/21/loi-simplification-un-deni-de-democratie-pour-mieux-imposer-les-data-c

    L’Assemblée nationale a débuté l’examen du projet de loi relatif à la simplification de la vie économique. À son article 15, ce projet de loi « simplification » (ou PLS) prévoit d’accélérer la construction d’immenses data centers sur le territoire français, en permettant à l’État de les imposer aux territoires concernés et en multipliant les dérogations au droit de l’urbanisme, de l’environnement ou au principe de participation du public. Contre cette fuite en avant, La Quadrature du Net et le collectif « Le Nuage était sous nos pieds », en lien avec les autres membres de la coalition Hiatus, demandent la suppression de l’article 15 et un moratoire de deux ans sur la construction de gros data centers, le temps de poser les conditions d’une maîtrise démocratique de ces infrastructures du numérique.

    .../...

    Parce que la France dispose d’une énergie nucléaire qui permet de faire baisser les « bilans carbone » des multinationales de la tech, et parce qu’elle est idéalement placée sur la carte internationale des câbles sous-marins, Macron le VRP la présente comme une terre promise aux investisseurs. Pour les attirer, le président français leur a d’ailleurs fait une promesse : simplifier et déréguler pour éviter les contestations et assurer une construction la plus rapide possible de ces infrastructures très consommatrices en ressources. La loi relative à la simplification de la vie économique, déjà votée au Sénat et actuellement examinée par l’Assemblée nationale, vise à traduire cette promesse en actes.

    (Ce serait donc sans compter l’adaptation à l’horizon 2100 et son réchauffement à +4° C avec le nécessaire débit des fleuves pour refroidir les réacteurs nucléaires) ...

    La réindustrialisation pour la souveraineté nationale est juste une #fuite_en_avant promue par des #canards_sans-têtes.

  • Le #prix de l’#eau augmente partout en #France, en raison du #changement_climatique et de #coûts croissants de #dépollution

    Le mouvement touche toute la France. En Loire-Atlantique, les quelque 250 000 abonnés d’Atlantic’eau paient leur mètre cube hors taxe 1,46 euro au lieu de 1,40 euro depuis le 1er janvier. Dans le Calvados, les habitants de Bayeux verront aussi leur facture grimper : le mètre cube est passé de 1,33 euro à 1,37 euro, soit 3 % d’augmentation, tandis que l’abonnement augmente de 10 %. Des hausses aussi à Montluçon (Allier) – de « 5 % sur la consommation et 8 % sur l’abonnement » – ou à Quimper (Finistère), où les élus ont déjà prévu que les tarifs de l’eau potable et de l’assainissement progresseront de 10 % par an pendant quatre ans. Depuis la fin de 2024, ces hausses tarifaires se multiplient. Elles concernent tant l’eau potable que l’assainissement des eaux usées, autre composante du service de l’eau.

    Dès 2022, dernière année pour laquelle l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement propose des chiffres consolidés, le prix moyen de l’#eau_potable a augmenté de 8 centimes d’euro par mètre cube toutes taxes comprises en un an – les précédentes hausses étaient de 4 centimes au maximum par an sur la période 2010-2021.

    Alors que le changement climatique bouleverse le cycle de l’eau, et que les coûts de dépollution de la ressource grimpent, « cette tendance devrait s’accélérer »,prévient Régis Taisne, chef du département cycle de l’eau à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR).

    En cause, l’inflation, qui a augmenté le prix de l’énergie et des matières premières nécessaires au #traitement_des_eaux. Mais aussi et surtout la multiplication des #investissements liés directement ou indirectement au réchauffement climatique. En 2022 et en 2023 déjà, au moins une centaine de communes ont subi des coupures d’eau, d’autres, comme Chartres (Eure-et-Loir), ont vu leurs réserves atteindre un niveau « critique ».

    Pour sécuriser l’approvisionnement quand les #forages peinent le plus à pourvoir aux besoins, notamment en été, « il faut parfois créer des interconnexions entre les différents réseaux, voire mobiliser de nouvelles ressources en eau, plus loin, et plus profondes, et éventuellement de moins bonne qualité »,explique M. Taisne.

    C’est notamment le cas dans les territoires les plus vulnérables face à la #sécheresse, comme en Bretagne où l’eau potable provient surtout des cours d’eau – des ressources qui s’amenuisent le plus en été. Ailleurs, si les précipitations ont globalement bien rempli les nappes souterraines cet hiver, les niveaux historiquement bas de certaines, comme celle de la Crau dans les Bouches-du-Rhône, incitent à se préparer à la raréfaction de la ressource.

    Coûteux renouvellements des #canalisations

    Les collectivités travaillent aussi à limiter les #fuites, par de coûteux renouvellements des canalisations. Au total , « nous gérons un réseau d’un peu moins de 1 000 kilomètres », commente Julien Laszlo, directeur des services à l’environnement de la Métropole d’Amiens, qui évoque « des investissements lourds ».

    « La sécheresse de 2022 a fait prendre conscience du besoin d’entretenir le réseau d’eau »,qui est en mauvais état, commente l’économiste Alexandre Mayol, chercheur à l’université de Lorraine. A la sortie de cet épisode de #stress_hydrique, Emmanuel Macron avait fait de la lutte contre les fuites un des piliers de son #Plan_Eau, qui vise un « cap de 10 % d’économies d’eau » d’ici à 2030. En France, « les pertes par fuites annuelles représentent environ 1 000 millions de mètres cubes, l’équivalent de la consommation annuelle d’environ dix-huit millions d’habitants », notait, en juin 2024, le dernier rapport de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement.

    Enfin, à ces investissements liés à la préservation d’une ressource en voie de #raréfaction viennent s’ajouter ceux, de plus en plus lourds, destinés à la rendre consommable. Face à la #contamination des réserves, notamment par les #pesticides et les #nitrates, les gestionnaires doivent installer de nouvelles #stations_de_traitement.

    Vendée Eau, qui couvre tout le département, construit par exemple, entre autres travaux, une nouvelle usine d’eau potable près de La Roche-sur-Yon, un chantier de 25 millions d’euros. « Les traitements sont de plus en plus poussés », explique Denis Guilbert, le directeur du syndicat, qui a augmenté le tarif de base de l’eau de 1,08 euro à 1,17 euro en 2024. Il peut s’agir, par exemple, d’investissements dans des #technologies de #nanofiltration ou d’#osmose_inverse.

    Les problématiques de #qualité et de #quantité d’eau ne doivent par ailleurs pas être considérées de façon isolée : avec la baisse des #réserves_souterraines, « les #pompages dans les forages en #eau_profonde ne vont pas durer »,s’inquiète le président de Val de Garonne Agglomération, Jacques Bilirit (divers gauche). Or, « quand on va prélever dans la Garonne, on sait qu’on récupère de la pollution », estime l’élu qui pronostique « des coûts de traitement de plus en plus élevés ». Le montant global est difficile à chiffrer, d’autant plus avec la détection de polluants comme les #PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées). L’ordre de grandeur donné par les acteurs de la filière atteint toutefois plusieurs milliards d’euros par an.

    Des collectivités inquiètes

    La facture inquiète les #collectivités, dont le budget est mis à mal. Son équilibre repose en effet sur un principe fixé par l’Etat, résumé par l’expression « l’eau paie l’eau ». Celui-ci implique que les dépenses réalisées pour prélever, traiter et distribuer la ressource soient financées par les usagers. De fait, les services de l’eau sont essentiellement rémunérés selon les volumes vendus, mais ceux-ci tendent à baisser, fruit d’une nécessaire sobriété hydrique.

    En 2023, la consommation d’eau potable aurait ainsi diminué de 3 % à 4 %, selon de premières estimations de la FNCCR, avec des disparités toutefois très fortes selon les territoires. Les pertes de recettes à prévoir sont d’autant plus difficiles à assumer que les coûts, eux, progressent fortement.

    Leur montant interroge, in fine, sur un point majeur : qui doit payer ? Les #agences_de_l'eau, qui accompagnent les investissements des collectivités, sont, elles aussi, essentiellement financées par des redevances versées par les ménages, qui contribuent à hauteur de plus de 80 % pour un quart de la consommation. En 2025, elles vont bénéficier d’une mise à contribution plus importante de l’industrie. Mais celle du secteur agricole reste mineure, l’ancienne première ministre Elisabeth Borne ayant renoncé, fin 2023, à une augmentation de la redevance pour pollution diffuse. Devant les professionnels du Carrefour des gestions locales de l’eau, organisé à Rennes fin janvier, la ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a affirmé son souhait de « réinventer » le modèle de financement du secteur et a invité à reposer « la question du prix » de l’eau, sans plus s’avancer.

    Dans plusieurs communes, les hausses ont entraîné des contestations d’habitants mécontents. Elles achoppent parfois sur un autre enjeu majeur : trouver « des tarifs qui soient soutenables, y compris par les plus pauvres », estime M. Taisne.

    Pour un foyer consommant 120 mètres cubes, la facture moyenne annuelle de l’eau et de l’assainissement collectif était estimée, en 2022, à 540 euros. A Rouen, où la métropole a augmenté le prix de l’eau pour faire face à des investissements de 701 millions d’euros dans l’assainissement et de 578 millions d’euros dans l’eau potable , une enveloppe de 300 000 euros a été prévue pour aider quelque 6 000 foyers selon leurs ressources.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/02/11/le-prix-de-l-eau-augmente-partout-en-france-en-raison-du-changement-climatiq

  • Economist Shir Hever: Israelis have “no faith” in their economy’s future

    via https://diasp.eu/p/17154305

    https://www.youtube.com/watch?v=1jdZHyp2e3U

    Topic: The rapid decline of the #Israeli #economy and the ongoing military actions in #Gaza, #WestBank and #Lebanon

    Shir Hever, living in #Germany, can be considered one of the most insightful Jewish commentators on #Israel's economic/domestic situation, trade relations, and military/digital technologies.

    Those who followed “The Real News” more than 10 years ago will remember still his competent commentaries from the second half of the 2000s and the first half of the 2010s.

  • #Carte de #France des #fuites d’#eau_potable les plus importantes : Ardèche, Pyrénées-Orientales, Hautes-Alpes, Corse particulièrement touchées

    L’association Intercommunalités de France publie ce mercredi 20 mars une cartographie de 198 services d’eau potable dont le taux de fuites sur le réseau égale ou dépasse les 50 %. Il s’agit essentiellement de petites communes dites « isolées », solitaires dans leur gestion de l’or bleu, qui couvrent quelque 64 000 habitants.

    La sécheresse historique de 2022 a montré que l’or bleu devait être mieux géré en France. Cette année-là, plus de 1 000 communes ont eu des difficultés d’approvisionnement au robinet, un phénomène accentué par de nombreuses fuites dans les canalisations. En France, 20 % de l’eau potable est perdue lors de son acheminement. « C’est une situation aberrante qu’on doit corriger en urgence », avait tranché le président de la République fin mars 2023, en présentant un « plan eau », dont une partie était censée répondre à cet enjeu en mobilisant davantage d’aides. Le gouvernement avait alors identifié 170 communes prioritaires, victimes d’au moins 50 % de fuites, appelées « #points_noirs ».

    Mais il semblerait que le chiffre ait été sous-estimé. Ce mercredi 20 mars, #Intercommunalités_de_France, fédération nationale qui réunit métropoles, agglomérations, communautés urbaines et communautés de communes, dévoile une nouvelle carte, sur laquelle figurent 198 « points noirs » qui perdent donc plus de la moitié de leur eau. Cela représente 4 % des services d’eau en France et concerne un peu plus de 64 000 habitants. L’association a utilisé les données les plus récentes et les plus fiables de l’Observatoire national des services d’eau et d’assainissement, qui datent de 2022. La base, qui avait servi aux premières estimations officielles de 2023, s’est depuis étoffée sans toutefois devenir exhaustive car les communes les plus petites n’ont pas l’obligation de l’alimenter.

    Des petites villes dans le triste palmarès

    Parmi les « points noirs », tous ne sont pas pilotés de la même façon : 151 sont des régies municipales, 22 sont gérés en intercommunalité et 25 dépendent de syndicats des eaux. A travers cette cartographie inédite, Intercommunalités de France entend démontrer ce que le gouvernement avait déjà identifié : l’écrasante majorité des cas problématiques concerne de petites communes se débrouillant seules pour s’approvisionner en eau. Les #ressources_financières leur manquent pour entretenir les #réseaux et les subventions restent insuffisantes pour les inciter à réaliser des travaux réguliers. Ainsi, #Astet (Ardèche), une commune d’environ 40 habitants, se classe en tête de la liste des communes ayant le plus haut niveau de fuites en métropole : 91 %. Elle présente le même profil que les autres « fuyards » : un village de montagne solitaire dans sa gestion de l’eau. Rien de surprenant : en altitude, les réseaux sont les plus étendus et plus sujets aux fuites.

    « Refaire les #canalisations sur 1 km, c’est 1 million. Ça coûte très cher, précise à Libération Régis Banquet, vice-président en charge de l’eau d’Intercommunalités de France et président de Carcassonne agglomération. On a pris un retard phénoménal. Il faut renouveler les #tuyaux tous les cinquante ans pour qu’ils soient en bon état, or on les renouvelle tous les 120 à 140 ans. La prise de conscience qu’il faut porter attention à la moindre goutte d’eau est récente. »

    Si les services d’eau les plus en difficulté ne desservent en général que quelques dizaines ou centaines d’habitants, de petites villes figurent cependant dans le triste palmarès, comme #Scionzier, en Haute-Savoie, environ 9 000 habitants, ou #Contes, dans les Alpes-Maritimes, un peu plus de 7 500 habitants, qui fait partie d’un syndicat de quinze communes à proximité de Nice.

    « On doit agir vite et fort »

    Et une gestion mutualisée ne protège pas de tout. La communauté d’agglomération du Pays de Dreux, qui rassemble 78 communes à cheval entre Eure-et-Loir et Eure, connaît un taux de fuites de 74,7 %. La métropole de Perpignan, 36 communes, totalise, elle, près de 60 % de fuites. Dans ce type de cas, « ça n’est jamais l’ensemble de ses services qui présentent un rendement inférieur à 50 %, mais généralement quelques communes », précise Intercommunalités de France.

    La situation a peu de chances de s’être significativement améliorée depuis 2022, malgré le plan eau et les 53 millions débloqués récemment par l’Etat pour les fuites, car la réalisation de travaux ambitieux prend du temps. « C’est forcément un chantier de longue haleine », a reconnu le ministère de la Transition écologique mardi lors d’un point presse sur l’avancée du plan eau.

    « La situation est grave. Dans le contexte du changement climatique, on doit agir vite et fort. Une des solutions est le transfert vers l’intercommunalité pour toutes les communes gérant seules afin que la solidarité s’organise sur les territoires. Cette mise en commun des moyens permet de réaliser les #investissements colossaux nécessaires », plaide Régis Banquet. Il estime que 15 à 20 milliards d’euros devraient être exclusivement consacrés au renouvellement des #réseaux_d’eau dans les cinq ans à venir pour rattraper le retard accumulé.

    « Les petites communes isolées sont en difficulté »

    Il y a un an, Emmanuel Macron avait appelé à « mutualiser différemment » les ressources, en prenant en exemple « l’intercommunalité », un modèle à « consolider partout où c’est accepté ». La loi va dans ce sens. En 2026, plus aucune commune ne pourra gérer seule son eau. Mais certains maires s’y opposent. « Il reste un imaginaire un peu Manon des sources : “C’est le puits de mon village, je n’ai pas envie de le partager”. Ceux qui ont de l’eau ne sont pas toujours très enclins à en fournir à ceux qui n’en ont pas », explique Régis Taisne, chef du département « cycle de l’eau » à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies. Et d’ajouter : « Les maires ruraux ont le sentiment qu’ils sont petit à petit dépossédés de toutes leurs compétences, celle sur l’eau est une de leurs dernières attributions. »

    Les deux départements comptant le plus de « points noirs » font justement partie de ceux dans lesquels beaucoup de maires rechignent au #regroupement, fait remarquer Intercommunalités de France. En tête, les Pyrénées-Orientales, avec 17 communes qui perdent plus d’un litre sur deux, alors que la sécheresse y sévit depuis trois ans, suivis par les Hautes-Alpes, qui en comptent quinze.

    « Le constat est clair : les petites communes isolées sont en difficulté, acquiesce Régis Taisne, qui est cependant moins catégorique qu’Intercommunalités de France. Il faut regrouper, mutualiser pour atteindre une taille critique permettant de faire face aux enjeux. Et dans beaucoup de cas, l’échelle intercommunale est cohérente. Mais dans d’autres, un autre #découpage_territorial peut s’imposer. Il existe par exemple de grands syndicats des eaux à l’échelle de toute la Vendée ou encore de l’Alsace-Moselle. » Cet expert invite surtout à rassembler des communes de diverses natures pour améliorer la solidarité : urbaines, rurales, de plaine, d’altitude, riches en eau ou dépourvues de ressources.

    https://www.liberation.fr/environnement/eau-potable-ardeche-alpes-maritimes-haute-savoie-la-carte-de-france-des-f
    #infrastructure #coût

    #cartographie #visualisation

    • Ce pays se « tiers mondise » à vitesse grand V. A quoi bon payer des impôts si c’est pour se retrouver avec des réseaux pareils !

  • Palestinians desperate to flee Gaza pay thousands in bribes to ‘brokers’

    Fixers with alleged links to Egyptian intelligence are making a fortune in ‘fees’ from people hoping to exit through the Rafah crossing

    Palestinians desperate to leave Gaza are paying bribes to brokers of up to $10,000 (£7,850) to help them exit the territory through Egypt, according to a Guardian investigation.

    Very few Palestinians have been able to leave Gaza through the #Rafah border crossing but those trying to get their names on the list of people permitted to exit daily say they are being asked to pay large “coordination fees” by a network of brokers and couriers with alleged links to the Egyptian intelligence services.

    One Palestinian man in the US said he paid $9,000 three weeks ago to get his wife and children on the list. The family have been sheltering in schools since the 7 October attacks. On the day of travel, he was told his children’s names were not listed and he would have to pay an extra $3,000. He said the brokers were “trying to trade in the blood of Gazans”.

    “It’s very frustrating and saddening,” he said. “They are trying to exploit people who are suffering, who are trying to get out of the hell in Gaza.” His family have yet to leave.

    According to the UN, 85% of Gaza’s population is now displaced. Most people are packed into the southern city of Rafah as Israeli air and ground assaults push them out of central and northern parts of the territory.

    Egypt, a key regional player in negotiations on Gaza, has long resisted opening the Rafah crossing, fearing that millions of people would flee into the neighbouring Sinai peninsula. The influx, Cairo claimed, could pose a security threat. Egypt’s president, Abdel Fattah al-Sisi, also said a mass influx of refugees from Gaza would set a precedent for displacing Palestinians from the West Bank into Jordan.

    A network of brokers, based in Cairo, helping Palestinians leave Gaza has operated around the Rafah border for years. But prices have surged since the start of the war, from $500 for each person.

    The Guardian has spoken to a number of people who have been told they would have to pay between $5,000 and $10,000 each to leave the strip, with some launching crowdfunding campaigns to raise the money. Others were told they could leave sooner if they paid more.

    Facebook pages that offer news from the Rafah crossing are filled with posts from Palestinians asking for help to get on the list.

    Everyone interviewed said they had been put in touch with brokers through contacts in Gaza. Payments are made in cash, sometimes through middlemen based in Europe and the US.

    Belal, a US citizen from Gaza, was told he would need to raise $85,000 to get 11 family members out of the territory, including five children under three.

    “I’m only considering this option because the US government is not responding to me. If I had any hope about my father’s case, I wouldn’t be,” said Belal, who has spent the past three months appealing to the US state department taskforce to put his diabetic father on the exit list.

    “I’m in this situation because the US doesn’t want to help its own citizens,” he said.

    Belal’s 70-year-old father was briefly detained in December by Israeli forces. He was one of a group of men who were stripped to their underwear, had their hands zip-tied and were taken to a secret location.

    Even before his father’s detention, Belal had spent weeks seeking help, spending hours on the phone to Washington or the US embassy in Jerusalem and emailing reams of information to the state department.

    US state department policy initially specified that it would only assist immediate family of US citizens to exit Gaza but it subsequently said it would expand its assistance to include parents of US citizens and siblings.

    “Since mid-December I’ve received no email from them, and I followed up six times – they can only communicate by email,” he said. “By contrast, I see other people who pay money to leave, and they’re able to exit within a day or two.”

    The state department said it was unable to comment on individual cases, with a spokesperson adding it was unaware of the broker system that some are using to pay to exit Gaza. “We have assisted over 1,300 US citizens, US lawful permanent residents and family members in departing Gaza,” the spokesperson added.

    Mohannad Sabry, an expert on the Sinai peninsula and author of Sinai: Egypt’s Linchpin, Gaza’s Lifeline, Israel’s Nightmare, said the brokers “target the most vulnerable people”.

    “If a family has a member who is injured or sick so they can’t wait, those are the perfect victims; they can squeeze any amount and the family has to come up with the money. It’s a complete racket.”

    Sabry described the Egyptian authorities’ public justifications for not opening the borders as “cover for the corruption happening on the ground”. The head of Egypt’s State Information Service declined to comment when contacted by the Guardian.

    Sabry added: “This is not low-level corruption – this is state-enabled corruption.”

    With very few ways to get out of Gaza, especially for those without citizenship of another country, Palestinians in the territory and their relatives abroad said they had little choice but to put their trust in the broker network.

    One Palestinian living in the UK, who has lost members of their family in Israeli airstrikes, said: “People are making money off the misery of others. They’re desperate to get out to save their lives and instead of helping they’re trying to make money. If there’s a way to get people out, then why not just help?”

    The Palestinian said they were told it would cost $4,000 to help each of the family’s nine young male members to leave in early December. They are now being quoted between $6,000 and $10,000.

    The family turned to the brokers after failing to get help from the British government or humanitarian organisations.

    “I’m not sure why no schemes have been introduced, nothing to evacuate people. I don’t even hear humanitarians talk about this any more,” the Palestinian said.

    “It’s like they’re saying: ‘We’re not going to protect you or give you safety, we’re just going to give you some food and water while you are bombed.’”

    The UK Foreign Office said it had evacuated 300 British nationals and their dependants – defined as children and parents – who were its priority.

    Not all people are willing to pay, however, even if they have the resources. “Every moment threatens their lives and my life,” said one Palestinian in Gaza trying to get out with their family. But they added: “I won’t pay a penny in bribes.”

    https://www.theguardian.com/global-development/2024/jan/08/palestinians-flee-gaza-rafah-egypt-border-bribes-to-brokers

    #frontières #Gaza #Egypte #migrations #fuite #exode #Israël #réfugiés

    • Bande de Gaza : 100 jours de désespoir au cœur d’une guerre trop longue

      À Rafah, aux portes de l’Égypte, un million de personnes campent jusque sur la #plage. Youssef, Asma et tant d’autres sont prisonniers de la bande de Gaza, où, d’#évacuation en évacuation, ils survivent avec leurs familles, des enfants aux personnes âgées. Témoignages.

      « Je suis encore en vie, et tu sais quoi ? Je vais aller habiter sous une tente à Rafah. » Après plusieurs jours sans connexion Internet, Youssef* envoie ce premier message vocal sur Facebook. Une note qu’il termine par un ricanement cynique et nerveux à la fois. C’est donc une tente collée à la frontière égyptienne qui sera le dernier refuge pour Youssef, sa femme enceinte de cinq mois et leurs deux enfants.

      Cent jours après le début du conflit entre Israël et la bande de Gaza, 23 968 personnes, principalement des enfants et des femmes, ont été tuées dans des frappes aériennes, selon le ministère de la santé du Hamas. Des milliers d’autres sont encore portées disparues sous les décombres. Les personnes blessées, pour la plupart privées de soins, se comptent aussi par milliers. Plus de la moitié des hôpitaux de l’enclave palestinienne ne fonctionnent plus, selon l’ONU. Au tableau de ce désastre humanitaire, il faut ajouter les 136 otages israéliens dont on ignore le sort exact.

      Pris au piège du siège total imposé par Israël et de la fermeture du point de passage vers l’Égypte, Youssef et sa famille, dont ce n’est pas le premier déplacement, ne pourront aller plus loin. Déjà, en octobre, ils avaient rejoint le camp de réfugié·es de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Une frappe aérienne avait anéanti en quelques secondes l’appartement où elle vivait à Gaza City. Youssef avait juste eu le temps de récupérer quelques affaires et de sauver sa voiture, dans laquelle il avait fait monter tout le monde.

      Direction donc Nuseirat, une des #safe_places (« #lieux_sûrs ») établies par l’armée israélienne. Mais début janvier, ce camp de réfugié·es est à son tour pris pour cible par cette même armée. Elle demande aux milliers de personnes installées là de quitter au plus vite leurs habitations, assurant que des combattants du Hamas s’y cachent.

      « Ils ont jeté des tracts sur le quartier où on était en disant qu’on devait évacuer, alors on est tous partis. » Mais cette fois, plus de carburant dans la voiture. La fuite de Youssef et de sa famille se fait dans une petite carriole. « Je ne pouvais plus acheter de fuel. Avant, c’était 7 shekels [1,70 euros] le litre, maintenant c’est 120 shekels [30 euros] », explique le père de famille gazaoui.

      Sur Facebook, les messages audio se succèdent, noyés dans un brouhaha immense en arrière-fond. Les cris, les pleurs d’enfants se mêlent aux voix de femmes et d’hommes. « Pour le moment, on est dans une école de l’ONU à Rafah. On partage une salle de classe avec 25 autres personnes mais je pense qu’une tente, ça sera plus sain pour ma femme enceinte et les enfants », poursuit Youssef.

      Tout au sud de l’enclave palestinienne, des centaines de milliers de familles s’entassent désormais derrière les barbelés qui marquent la frontière avec l’Égypte. La bande de Gaza était avant la guerre une prison à ciel ouvert. Rafah en est désormais la dernière cellule.

      Un million de personnes arrivées à Rafah

      « Les gens sont partout ! Il y a trop de monde dans la ville. Les déplacés vivent dans les mosquées, sous des tentes, voire dans la rue. Mais il pleut, et il fait froid », raconte Asma dans un français parfait. La Palestinienne, enseignante de 42 ans, s’était promis de ne pas quitter son appartement de Khan Younès, mais le 21 décembre, elle a dû se résoudre à tout abandonner. « Les soldats israéliens nous ont demandé d’évacuer en lançant des tracts. »

      Asma est donc partie avec son père, âgé de 90 ans, et sa mère, 77 ans. « On a mis presque une heure pour leur faire descendre les trois étages de notre immeuble. On a juste pu prendre avec nous des choses essentielles : de la farine, du sel, des boîtes de sardines, des couvertures. Je ne voulais pas partir, j’ai tellement pleuré. »

      Selon le maire de Rafah, un million de personnes sont arrivées dans sa ville depuis le 7 octobre, et l’afflux se poursuit. Rafah est désormais un immense camp. Les tentes s’alignent partout, même sur le bord de la mer. Sur les images transmises par des journalistes palestiniens sur place, partout des enfants. Des petites filles et des petits garçons qui jouent dans la boue et au milieu des déchets.

      La ville n’est pas à l’abri des frappes aériennes israéliennes. Ces dernières semaines, des familles entières ont été décimées dans le bombardement de leur immeuble. La guerre du ciel n’a jamais épargné personne dans la bande de Gaza. Le 12 janvier, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, l’a répété : « Il n’y a pas d’endroit sûr à Gaza, où une vie humaine digne est quasi impossible. »

      Le 13 janvier, après une semaine de silence, Asma reprend contact et envoie une série de messages audio sur WhatsApp. Sa voix est fatiguée, son souffle coupé. Elle suffoque presque, comme étouffée par l’angoisse. « Les nouvelles sont mauvaises, dit-elle. L’armée israélienne est proche de ma maison. J’ai peur. » Asma marque une pause, puis reprend. « J’ai perdu l’école où je travaillais, je ne veux pas qu’on me prenne aussi ma maison. Je ne peux pas tout perdre. Cet appartement, c’était mon lieu de paix. C’est trop, je n’ai plus d’espoir. »

      Dans un dernier message audio, la Palestinienne se souvient que ce mois de janvier aurait dû se dérouler autrement. Loin de la violence et de la terreur. « On devait venir en France avec d’autres professeurs gazaouis. Cet été, je voulais aussi aller en Égypte pour y passer quelques jours. J’avais un amoureux et maintenant... je ne sais plus où j’en suis. Lui aussi n’a plus de maison. Tout cela s’est fini. Il n’y a aucun avenir pour moi. »

      L’Égypte, juste derrière les barbelés

      Début janvier, plusieurs responsables israéliens ont évoqué un possible déplacement de la population de la bande de Gaza vers d’autres pays. Une option portée par Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir, deux ministres ultranationalistes du gouvernement Nétanyahou. Parmi les pays évoqués, l’Égypte mais aussi le Congo. Un plan rejeté en bloc par la communauté internationale.

      Au cœur de l’enclave, de nombreux Palestiniens cherchent à partir à tout prix. Depuis le début de la guerre, Youssef le répète quasiment dans chaque discussion : « Trop c’est trop. » Il espère pouvoir rejoindre l’Europe et offrir une vie stable à ses enfants. Mais comment sortir de ce siège, de ce piège qui se referme chaque jour un peu plus sur lui ?

      Il faut imaginer que pour les familles qui sont à Rafah, l’Égypte est toute proche. Leur sécurité est à portée de vue, juste derrière des barbelés. Mais le poste-frontière entre l’enclave palestinienne et le territoire égyptien est ouvert seulement aux camions humanitaires autorisés à entrer dans la bande de Gaza. Depuis le début du conflit, Le Caire s’oppose fermement à tout déplacement massif de population vers le désert du Sinaï.

      En temps normal, un Palestinien peut traverser ce point de passage après avoir payé 450 euros. Désormais, en faisant appel à des réseaux de trafic d’êtres humains, il faut débourser 4 000 à 5 000 dollars par personne, selon une source palestinienne locale. C’est la seule solution pour être inscrit sur la liste des personnes qui ont un permis pour sortir.

      « Je ne veux pas quitter la bande de Gaza comme cela et aller dans n’importe quel pays. Je veux que l’on me donne une autre nationalité, un travail. Le droit d’avoir une autre vie », explique Asma. Depuis la création de l’État d’Israël en 1948, des centaines de milliers de Palestiniens et Palestiniennes ont été contraint·es à l’exil au Liban, en Jordanie ou en Syrie, où pour la majorité elles et ils vivent encore dans des conditions très précaires.

      Sa terre, Rami Abou Jamus s’y accroche avec conviction. « On se retrouve sur la plage à Gaza. » C’est l’une de ses phrases préférées. Chaque jour, le journaliste palestinien partage son quotidien à Rafah. C’est là qu’il survit avec sa femme et son fils, âgé de deux ans et demi. Il s’appelle Walid. Son père le filme régulièrement. À chaque nouvelle vidéo, les traits du petit garçon se creusent un peu plus. Son visage d’enfant porte l’empreinte d’une guerre qui dure depuis cent jours. Une guerre déjà trop longue.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/150124/bande-de-gaza-100-jours-de-desespoir-au-coeur-d-une-guerre-trop-longue

      #safe_place

  • Blinne Ní Ghrálaigh: Lawyer’s closing statement in ICJ case against Israel praised

    This was the powerful closing statement in South Africa’s genocide case against Israel.

    Senior advocate #Blinne_Ní_Ghrálaigh addressed the International Court of Justice on day one of the hearing.

    ICJ: Blinne Ní Ghrálaigh’s powerful closing statement in South Africa case against Israel
    https://www.youtube.com/watch?v=ttrJd2aWF-Y&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fwww.thenational.sco

    https://www.thenational.scot/news/24042943.blinne-ni-ghralaigh-lawyers-closing-statement-icj-case-israel

    #Cour_internationale_de_justice (#CIJ) #Israël #Palestine #Afrique_du_Sud #justice #génocide

    • Israël commet-il un génocide à #Gaza ? Le compte rendu d’une #audience historique

      Alors que les massacres israéliens à Gaza se poursuivent, l’Afrique du Sud a tenté de démontrer, jeudi 11 et vendredi 12 janvier devant la justice onusienne, qu’un génocide est en train d’être commis par Israël à Gaza.

      « Une #calomnie », selon l’État hébreu.

      Devant le palais de la Paix de #La_Haye (Pays-Bas), la bataille des #mots a commencé avant même l’audience. Jeudi 11 janvier au matin, devant la #Cour_de_justice_internationale_des_Nations_unies, des manifestants propalestiniens ont exigé un « cessez-le-feu immédiat » et dénoncé « l’#apartheid » en cours au Proche-Orient. Face à eux, des familles d’otages israélien·nes ont montré les photos de leurs proches kidnappés le 7 octobre par le Hamas.

      Pendant deux jours, devant 17 juges internationaux, alors que les massacres israéliens à Gaza continuent de tuer, de déplacer et de mutiler des civils palestiniens (à 70 % des femmes et des enfants, selon les agences onusiennes), le principal organe judiciaire des Nations unies a examiné la requête, précise et argumentée, de l’Afrique du Sud, destinée à imposer au gouvernement israélien des « #mesures
      _conservatoires » pour prévenir un génocide de la population palestinienne de Gaza.

      La première et plus urgente de ces demandes est l’arrêt immédiat des #opérations_militaires israéliennes à Gaza. Les autres exigent des mesures urgentes pour cesser les tueries, les déplacements de population, faciliter l’accès à l’eau et à la nourriture, et prévenir tout génocide.

      La cour a aussi entendu les arguments d’Israël, qui nie toute #intention_génocidaire et a martelé son « #droit_à_se_défendre, reconnu par le droit international ».

      L’affaire ne sera pas jugée sur le fond avant longtemps. La décision sur les « mesures conservatoires », elle, sera rendue « dès que possible », a indiqué la présidente de la cour, l’États-Unienne #Joan_Donoghue.

      Rien ne dit que les 17 juges (dont un Sud-Africain et un Israélien, Aharon Barak, ancien juge de la Cour suprême israélienne, de réputation progressiste mais qui n’a jamais critiqué la colonisation israélienne) donneront raison aux arguments de l’Afrique du Sud, soutenue dans sa requête par de nombreux États du Sud global. Et tout indique qu’une décision sanctionnant Israël serait rejetée par un ou plusieurs #vétos au sein du #Conseil_de_sécurité des Nations unies.

      Cette #audience solennelle, retransmise sur le site de l’ONU (revoir les débats du jeudi 11 et ceux du vendredi 12), et relayée par de nombreux médias internationaux, a pourtant revêtu un caractère extrêmement symbolique, où se sont affrontées deux lectures radicalement opposées de la tragédie en cours à Gaza.

      « Israël a franchi une limite »

      Premier à prendre la parole, l’ambassadeur sud-africain aux Pays-Bas, #Vusi_Madonsela, a d’emblée replacé « les actes et omissions génocidaires commis par l’État d’Israël » dans une « suite continue d’#actes_illicites perpétrés contre le peuple palestinien depuis 1948 ».

      Face aux juges internationaux, il a rappelé « la Nakba du peuple palestinien, conséquence de la #colonisation_israélienne qui a [...] entraîné la #dépossession, le #déplacement et la #fragmentation systématique et forcée du peuple palestinien ». Mais aussi une « #occupation qui perdure depuis cinquante-six ans, et le siège de seize ans imposé [par Israël] à la bande de Gaza ».

      Il a décrit un « régime institutionnalisé de lois, de politiques et de pratiques discriminatoires, mises en place [par Israël – ndlr] pour établir sa #domination et soumettre le peuple palestinien à un apartheid », dénonçant des « décennies de violations généralisées et systématiques des #droits_humains ».

      « En tendant la main aux Palestiniens, nous faisons partie d’une seule humanité », a renchéri le ministre de la justice sud-africain, #Ronald_Ozzy_Lamola, citant l’ancien président Nelson Mandela, figure de la lutte contre l’apartheid dans son pays.

      D’emblée, il a tenté de déminer le principal argument du gouvernement israélien, selon lequel la procédure devant la Cour internationale de justice est nulle et non avenue, car Israël mènerait une #guerre_défensive contre le #Hamas, au nom du #droit_à_la_légitime_défense garanti par l’article 51 de la charte des Nations unies – un droit qui, selon la Cour internationale de justice, ne s’applique pas aux #Territoires_occupés. « Gaza est occupée. Israël a gardé le contrôle de Gaza. [...] Ses actions renforcent son occupation : la légitime défense ne s’applique pas », insistera un peu plus tard l’avocat Vaughan Lowe.

      « L’Afrique du Sud, affirme le ministre sud-africain, condamne de manière catégorique la prise pour cibles de civils par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens le 7 octobre 2023. Cela étant dit, aucune attaque armée contre le territoire d’un État, aussi grave soit-elle, même marquée par la commission des #crimes atroces, ne saurait constituer la moindre justification ni le moindre prétexte, pour se rendre coupable d’une violation, ni sur le plan juridique ni sur le plan moral », de la #convention_des_Nations_unies_pour_la_prévention_et_la_répression_du_crime_de_génocide, dont est accusé l’État hébreu.

      « La réponse d’Israël à l’attaque du 7 octobre, a-t-il insisté, a franchi cette limite. »

      Un « génocide » au caractère « systématique »

      #Adila_Hassim, principale avocate de l’Afrique du Sud, s’est évertuée à démontrer méthodiquement comment Israël a « commis des actes relevant de la définition d’#actes_de_génocide », dont elle a martelé le caractère « systématique ».

      « Les Palestiniens sont tués, risquent la #famine, la #déshydratation, la #maladie, et ainsi la #mort, du fait du siège qu’Israël a organisé, de la #destruction des villes, d’une aide insuffisante autorisée à atteindre la population, et de l’impossibilité à distribuer cette maigre aide sous les #bombardements incessants, a-t-elle énuméré. Tout ceci rend impossible d’avoir accès aux éléments essentiels de la vie. »

      Adila Hassim s’est attelée à démontrer en quoi la #guerre israélienne cochait les cases du génocide, tel qu’il est défini à l’article 2 de la convention onusienne : « Des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. »

      Le « meurtre des membres du groupe », premier élément du génocide ? Adila Hassim évoque le « meurtre de masse des Palestiniens », les « 23 000 victimes dont 70 % sont des femmes ou des enfants », et « les 7 000 disparus, présumés ensevelis sous les décombres ». « Il n’y a pas de lieu sûr à Gaza », dit-elle, une phrase empruntée aux responsables de l’ONU, répétée de nombreuses fois par la partie sud-africaine.

      Hasssim dénonce « une des campagnes de bombardement les plus lourdes dans l’histoire de la guerre moderne » : « 6 000 bombes par semaine dans les trois premières semaines », avec des « #bombes de 900 kilos, les plus lourdes et les plus destructrices », campagne qui vise habitations, abris, écoles, mosquées et églises, dans le nord et le sud de la bande de Gaza, camps de réfugié·es inclus.

      « Les Palestiniens sont tués quand ils cherchent à évacuer, quand ils n’ont pas évacué, quand ils ont pris la #fuite, même quand ils prennent les itinéraires présentés par Israël comme sécurisés. (...) Des centaines de familles plurigénérationelles ont été décimées, personne n’ayant survécu (...) Personne n’est épargné, pas même les nouveau-nés (...) Ces massacres ne sont rien de moins que la #destruction_de_la_vie_palestinienne, infligée de manière délibérée. » Selon l’avocate, il existe bien une #intention_de_tuer. « Israël, dit-elle, sait fort bien combien de civils perdent leur vie avec chacune de ces bombes. »

      L’« atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », et la « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle », autres éléments constitutifs du génocide ? Adila Hassim évoque « la mort et la #mutilation de 60 000 Palestiniens », les « civils palestiniens arrêtés et emmenés dans une destination inconnue », et détaille le « #déplacement_forcé de 85 % des Palestiniens de Gaza » depuis le 13 octobre, sans retour possible pour la plupart, et qui « répète une longue #histoire de #déplacements_forcés de masse ».

      Elle accuse Israël de « vise[r] délibérément à provoquer la faim, la déshydratation et l’inanition à grande échelle » (93 % de la population souffrent d’un niveau critique de faim, selon l’Organisation mondiale de la santé), l’aide empêchée par les bombardements et qui « ne suffit tout simplement pas », l’absence « d’eau propre », le « taux d’épidémies et de maladies infectieuses qui s’envole », mais aussi « les attaques de l’armée israélienne prenant pour cible le système de santé », « déjà paralysé par des années de blocus, impuissant face au nombre de blessures ».

      Elle évoque de nombreuses « naissances entravées », un autre élément constitutif du génocide.

      « Les génocides ne sont jamais annoncés à l’avance, conclut-elle. Mais cette cour a devant elle 13 semaines de #preuves accumulées qui démontrent de manière irréfutable l’existence d’une #ligne_de_conduite, et d’#intentions qui s’y rapportent, justifiant une allégation plausible d’actes génocidaires. »

      Une « #déshumanisation_systématique » par les dirigeants israéliens

      Un autre avocat s’avance à la barre. Après avoir rappelé que « 1 % de la population palestinienne de Gaza a été systématiquement décimée, et qu’un Gazaoui sur 40 a été blessé depuis le 7 octobre », #Tembeka_Ngcukaitobi décortique les propos des autorités israéliennes.

      « Les dirigeants politiques, les commandants militaires et les représentants de l’État d’Israël ont systématiquement et explicitement exprimé cette intention génocidaire, accuse-t-il. Ces déclarations sont ensuite reprises par des soldats, sur place à Gaza, au moment où ils anéantissent la population palestinienne et l’infrastructure de Gaza. »

      « L’intention génocidaire spécifique d’Israël, résume-t-il, repose sur la conviction que l’ennemi n’est pas simplement le Hamas, mais qu’il est à rechercher au cœur même de la société palestinienne de Gaza. »

      L’avocat multiplie les exemples, encore plus détaillés dans les 84 pages de la requête sud-africaine, d’une « intention de détruire Gaza aux plus hauts rangs de l’État » : celle du premier ministre, #Benyamin_Nétanyahou, qui, à deux reprises, a fait une référence à #Amalek, ce peuple que, dans la Bible (I Samuel XV, 3), Dieu ordonne d’exterminer ; celle du ministre de la défense, qui a comparé les Palestiniens à des « #animaux_humains » ; le président israélien #Isaac_Herzog, qui a jugé « l’entièreté de la nation » palestinienne responsable ; celle du vice-président de la Knesset, qui a appelé à « l’anéantissement de la bande de Gaza » (des propos condamnés par #Nétanyahou) ; ou encore les propos de nombreux élus et députés de la Knesset appelant à la destruction de Gaza.

      Une « déshumanisation systématique », dans laquelle les « civils sont condamnés au même titre que le Hamas », selon Tembeka Ngcukaitobi.

      « L’intention génocidaire qui anime ces déclarations n’est nullement ambiguë pour les soldats israéliens sur le terrain : elle guide leurs actes et leurs objectifs », poursuit l’avocat, qui diffuse devant les juges des vidéos où des soldats font eux aussi référence à Amalek, « se filment en train de commettre des atrocités contre les civils à Gaza à la manière des snuff movies », ou écoutent un réserviste de 95 ans les exhorter à « tirer une balle » sur leur « voisin arabe » et les encourager à une « destruction totale ».

      L’avocat dénonce le « manquement délibéré de la part du gouvernement à son obligation de condamner, de prévenir et de réprimer une telle incitation au génocide ».

      Après une plaidoirie technique sur la capacité à agir de l’Afrique du Sud, #John_Dugard insiste : « Gaza est devenu un #camp_de_concentration où un génocide est en cours. »

      L’avocat sud-africain #Max_du_Plessis exhorte la cour à agir face à Israël, qui « depuis des années (...) s’estime au-delà et au-dessus de la loi », une négligence du droit rendue possible par l’#indifférence de la communauté internationale, qui a su, dans d’autres conflits (Gambie, Bosnie, Ukraine) décider qu’il était urgent d’agir.

      « Gaza est devenu inhabitable », poursuit l’avocate irlandaise #Blinne_Ni_Ghralaigh. Elle énumère d’autres chiffres : « Au rythme actuel », égrène-t-elle, « 247 Palestiniens tués en moyenne chaque jour », dont « 48 mères » et « plus de 117 enfants », et « 629 blessés ». Elle évoque ces enfants dont toute la famille a été décimée, les secouristes, les enseignants, les universitaires et les journalistes tués dans des proportions historiques.

      « Il s’agit, dit-elle, du premier génocide de l’Histoire dont les victimes diffusent leur propre destruction en temps réel, dans l’espoir vain que le monde fasse quelque chose. » L’avocate dévoile à l’écran les derniers mots du docteur #Mahmoud_Abu_Najela (Médecins sans frontières), tué le 23 novembre à l’hôpital Al-Awda, écrits au feutre sur un tableau blanc : « À ceux qui survivront. Nous avons fait ce que nous pouvons. Souvenez-vous de nous. »

      « Le monde, conclut Blinne Ni Ghralaigh, devrait avoir #honte. »

      La réponse d’Israël : une « calomnie »

      Vendredi 12 janvier, les représentants d’Israël se sont avancés à la barre. Leur argumentation a reposé sur deux éléments principaux : un, la Cour internationale de justice n’a pas à exiger de « mesures conservatoires » car son armée ne commet aucun génocide ; deux, si génocide il y a, il a été commis par le Hamas le 7 octobre 2023.

      Premier à prendre la parole, #Tal_Becker, conseiller juridique du ministère des affaires étrangères israélien, invoque l’Histoire, et le génocide infligé aux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, « le meurtre systématique de 6 millions de juifs dans le cadre d’une destruction totale ».

      « Israël, dit-il, a été un des premiers États à ratifier la convention contre le génocide. » « Pour Israël, insiste-t-il, “#jamais_plus” n’est pas un slogan, c’est une #obligation_morale suprême. »

      Dans « une époque où on fait bon marché des mots, à l’heure des politiques identitaires et des réseaux sociaux », il dénonce une « #instrumentalisation » de la notion de génocide contre Israël.

      Il attaque une présentation sud-africaine « totalement dénaturée des faits et du droit », « délibérément manipulée et décontextualisée du conflit actuel », qualifiée de « calomnie ».

      Alors que les avocats sud-africains avaient expliqué ne pas intégrer les massacres du Hamas dans leur requête devant la justice onusienne, car « le Hamas n’est pas un État », Tal Becker estime que l’Afrique du Sud « a pris le parti d’effacer l’histoire juive et tout acte ou responsabilité palestiniens », et que les arguments avancés « ne se distinguent guère de ceux opposés par le Hamas dans son rejet d’Israël ». « L’Afrique du Sud entretient des rapports étroits avec le Hamas » et le « soutient », accuse-t-il.

      « C’est une guerre qu’Israël n’a pas commencée », dit-il en revenant longuement, images et enregistrements à l’appui, sur les atrocités commises par le Hamas et d’autres groupes palestiniens le 7 octobre, « le plus important massacre de juifs en un jour depuis la #Shoah ».

      « S’il y a eu des actes que l’on pourrait qualifier de génocidaires, [ils ont été commis] contre Israël », dit-il, évoquant le « #programme_d’annihilation » des juifs par le Hamas. « Israël ne veut pas détruire un peuple, poursuit-il. Mais protéger un peuple : le sien. »

      Becker salue les familles d’otages israéliens présentes dans la salle d’audience, et montre certains visages des 130 personnes kidnappées dont le pays est toujours sans nouvelle. « Y a-t-il une raison de penser que les personnes que vous voyez à l’écran ne méritent pas d’être protégées ? », interroge-t-il.

      Pour ce représentant de l’État israélien, la demande sud-africaine de mesures conservatoires revient à priver le pays de son droit à se défendre.

      « Israël, poursuit-il, se défend contre le Hamas, le Djihad palestinien et d’autres organisations terroristes dont la brutalité est sans limite. Les souffrances sont tragiques, sont déchirantes. Les conséquences sont parfaitement atroces pour les civils du fait du comportement du Hamas, qui cherche à maximiser les pertes de civils alors qu’Israël cherche à les minorer. »

      Becker s’attarde sur la « #stratégie_méprisable » du Hamas, une « méthode de guerre intégrée, planifiée, de grande ampleur et odieuse ». Le Hamas, accuse-t-il, « a, de manière systématique, fondu ses opérations militaires au sein de zones civiles densément peuplées », citant écoles, mosquées et hôpitaux, des « milliers de bâtiments piégés » et « utilisés à des fins militaires ».

      Le Hamas « a fait entrer une quantité innombrable d’armes, a détourné l’aide humanitaire ». Remettant en cause le chiffre « non vérifié » de 23 000 victimes (pourtant confirmé par les Nations unies), Tal Becker estime que de nombreuses victimes palestiniennes sont des « militants » qui ont pu prendre « une part directe aux hostilités ». « Israël respecte le droit », martèle-t-il. « Si le Hamas abandonne cette stratégie, libère les otages, hostilités et violences prendront fin. »

      Ponte britannique du droit, spécialiste des questions juridiques liées aux génocides, #Malcom_Shaw embraie, toujours en défense d’Israël. Son discours, technique, est parfois interrompu. Il se perd une première fois dans ses notes, puis soupçonne un membre de son équipe d’avoir « pris [sa] #plaidoirie pour un jeu de cartes ».

      Shaw insiste : « Un conflit armé coûte des vies. » Mais Israël, dit-il, « a le droit de se défendre dans le respect du #droit_humanitaire », citant à l’audience les propos de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 19 octobre 2023. Il poursuit : « L’#usage_de_la_force ne peut constituer en soi un acte génocidaire. » « Israël, jure-t-il, ne cible que les cibles militaires, et ceci de manière proportionnée dans chacun des cas. »

      « Peu d’éléments démontrent qu’Israël a eu, ou a, l’intention de détruire tout ou partie du peuple palestinien », plaide-t-il. Shaw estime que nombre de propos tenus par des politiciens israéliens ne doivent pas être pris en compte, car ils sont « pris au hasard et sont sortis de leur contexte », parce qu’ils témoignent d’une « #détresse » face aux massacres du 7 octobre, et que ceux qui les ont prononcés n’appartiennent pas aux « autorités pertinentes » qui prennent les décisions militaires, à savoir le « comité ministériel chargé de la sécurité nationale » et le « cabinet de guerre ».

      Pour étayer son argumentation, Shaw cite des directives (non publiques) de Benyamin Nétanyahou destinées, selon lui, à « éviter un désastre humanitaire », à proposer des « solutions pour l’approvisionnement en eau », « promouvoir la construction d’hôpitaux de campagne au sud de la bande de Gaza » ; les déclarations publiques de Benyamin Nétanyahou à la veille de l’audience (« Israël n’a pas l’intention d’occuper de façon permanente la bande de Gaza ou de déplacer sa population civile ») ; d’autres citations du ministre de la défense qui assure ne pas s’attaquer au peuple palestinien dans son ensemble.

      « La requête de l’Afrique du Sud brosse un tableau affreux, mais incomplet et profondément biaisé », renchérit #Galit_Rajuan, conseillère au ministère de la justice israélien, qui revient longuement sur les #responsabilités du Hamas, sa stratégie militaire au cœur de la population palestinienne. « Dans chacun des hôpitaux que les forces armées israéliennes ont fouillés à Gaza, elles ont trouvé des preuves d’utilisation militaire par le Hamas », avance-t-elle, des allégations contestées.

      « Certes, des dommages et dégâts ont été causés par les hostilités dans les hôpitaux, parfois par les forces armées israéliennes, parfois par le Hamas, reconnaît-elle, mais il s’agit des conséquences de l’utilisation odieuse de ces hôpitaux par le Hamas. »

      Rajuan martèle enfin qu’Israël cherche à « atténuer les dommages causés aux civils » et à « faciliter l’aide humanitaire ». Des arguments connus, que de très nombreuses ONG, agences des Nations unies et journalistes gazaouis présents sur place réfutent régulièrement, et que les journalistes étrangers ne peuvent pas vérifier, faute d’accès à la bande de Gaza.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/120124/israel-commet-il-un-genocide-gaza-le-compte-rendu-d-une-audience-historiqu

    • Gaza, l’accusa di genocidio a Israele e la credibilità del diritto internazionale

      Il Sudafrica ha chiesto l’intervento della Corte internazionale di giustizia dell’Aja per presunte violazioni di Israele della Convenzione sul genocidio del 1948. Triestino Mariniello, docente di Diritto penale internazionale alla John Moores University di Liverpool, presente alla storica udienza, aiuta a comprendere il merito e le prospettive

      “Quello che sta succedendo all’Aja ha un significato che va oltre gli eventi in corso nella Striscia di Gaza. Viviamo un momento storico in cui la Corte internazionale di giustizia (Icj) ha anche la responsabilità di confermare se il diritto internazionale esiste ancora e se vale alla stessa maniera per tutti i Paesi, del Nord e del Sud del mondo”. A parlare è Triestino Mariniello, docente di Diritto penale internazionale alla John Moores University di Liverpool, già nel team legale delle vittime di Gaza di fronte alla Corte penale internazionale (Icc), che ha sede sempre all’Aja.

      Non vanno confuse: l’aula di tribunale ripresa dalle tv di tutto il mondo l’11 e il 12 gennaio scorsi, infatti, con il team legale sudafricano schierato contro quello israeliano, è quella della Corte internazionale di giustizia, il massimo organo giudiziario delle Nazioni Unite, che si esprime sulle controversie tra Stati. L’Icc, invece, è indipendente e legifera sulle responsabilità penali individuali.

      Il 29 dicembre scorso il Sudafrica ha chiesto l’intervento della prima per presunte violazioni da parte di Israele della Convenzione sul genocidio del 1948, nei confronti dei palestinesi della Striscia di Gaza. Un’udienza storica a cui Mariniello era presente.

      Professore, qual era innanzi tutto l’atmosfera?
      TM A mia memoria mai uno strumento del diritto internazionale ha avuto tanto sostegno e popolarità. C’erano centinaia, probabilmente migliaia di persone all’esterno della Corte, emittenti di tutto il mondo e apparati di sicurezza, inclusi droni ed elicotteri. Sentire anche le tv più conservatrici, come quelle statunitensi, parlare di Palestina e genocidio faceva comprendere ancora di più l’importanza storica dell’evento.

      In estrema sintesi, quali sono gli elementi più importanti della tesi sudafricana?
      TM Il Sudafrica sostiene che Israele abbia commesso atti di genocidio contro la popolazione di Gaza, ciò significa una serie di azioni previste dall’articolo 2 della Convenzione sul genocidio, effettuate con l’intento di distruggere del tutto o in parte un gruppo protetto, in questo caso i palestinesi di Gaza. Questi atti, per il Sudafrica, sono omicidi di massa, gravi lesioni fisiche o mentali e l’imposizione di condizioni di vita volte a distruggere i palestinesi, come l’evacuazione forzata di circa due milioni di loro, la distruzione di quasi tutto il sistema sanitario della Striscia, l’assedio totale all’inizio della guerra e la privazione di beni essenziali per la sopravvivenza. Ciò che caratterizza un genocidio rispetto ad altri crimini internazionali è il cosiddetto “intento speciale”, la volontà cioè di voler distruggere del tutto o in parte un gruppo protetto. È l’elemento più difficile da provare, ma credo che il Sudafrica in questo sia riuscito in maniera solida e convincente. Sia in aula sia all’interno della memoria di 84 pagine presentata, vi sono, infatti, una serie di dichiarazioni dei leader politici e militari israeliani, che proverebbero tale intento. Come quella del premier Benjamin Netanyahu che, a inizio guerra, ha invocato la citazione biblica di Amalek, che sostanzialmente significa: “Uccidete tutti gli uomini, le donne, i bambini e gli animali”. O una dichiarazione del ministro della Difesa, Yoav Gallant, che ha detto che a Gaza sono tutti “animali umani”. Queste sono classiche dichiarazioni deumanizzanti e la deumanizzazione è un passaggio caratterizzante tutti i genocidi che abbiamo visto nella storia dell’umanità.

      Qual è stata invece la linea difensiva israeliana?
      TM Diciamo che l’impianto difensivo di Israele è basato su tre pilastri: il fatto che quello di cui lo si accusa è stato eseguito da Hamas il 7 ottobre; il concetto di autodifesa, cioè che quanto fatto a Gaza è avvenuto in risposta a tale attacco e, infine, che sono state adottate una serie di precauzioni per limitare l’impatto delle ostilità sulla popolazione civile. Israele, inoltre, ha sollevato il tema della giurisdizione della Corte, mettendola in discussione, in quanto non vi sarebbe una disputa in corso col Sudafrica. Su questo la Corte si dovrà pronunciare, ma a tal proposito è stato ricordato come Israele sia stato contattato dal Sudafrica in merito all’accusa di genocidio e non abbia risposto. Questo, per l’accusa, varrebbe come disputa in corso.

      Che cosa chiede il Sudafrica?
      TM In questo momento l’accusa non deve dimostrare che sia stato commesso un genocidio, ma che sia plausibile. Questa non è un’udienza nel merito, siamo in una fase d’urgenza, ma di richiesta di misure cautelari. Innanzitutto chiede il cessate fuoco, poi la rescissione di tutti gli ordini che possono costituire atti di genocidio. Si domanda alla Corte di imporre un ordine a Israele per preservare tutte le prove che potrebbero essere utili per indagini future e di porre fine a tutti gli atti di cui il Sudafrica lo ritiene responsabile.

      Come valuta le due memorie?
      TM La deposizione del Sudafrica è molto solida e convincente, sia in merito agli atti genocidi sia all’intento genocidiario. E credo che anche alla luce dei precedenti della Corte lasci veramente poco spazio di manovra. Uno dei punti di forza è che fornisce anche una serie di prove in merito a quello che è successo e che sta accadendo a Gaza: le dichiarazioni dei politici israeliani, cioè, hanno ricevuto un’implementazione sul campo. Sono stati mostrati dei video di militari, ad esempio, che invocavano Amalek, la citazione di Netanyahu.

      In realtà il Sudafrica non si limita allo scontro in atto, ma parla di una sorta Nakba (l’esodo forzato dei palestinesi) ininterrotto.
      TM Ogni giurista dovrebbe sempre analizzare qualsiasi ostilità all’interno di un contesto e per questo il Sudafrica fa riferimento a 75 anni di Nakba, a 56 di occupazione militare israeliana e a 16 anni di assedio della Striscia.

      Come valuta la difesa israeliana?
      TM Come detto, tutto viene ricondotto all’attacco di Hamas del 7 ottobre e a una risposta di autodifesa rispetto a tale attacco. Ma esiste sempre un contesto per il diritto penale internazionale e l’autodifesa -che per uno Stato occupante non può essere invocata- non può comunque giustificare un genocidio. L’altro elemento sottolineato dal team israeliano, delle misure messe in atto per ridurre l’impatto sui civili, è sembrato più retorico che altro: quanto avvenuto negli ultimi tre mesi smentisce tali dichiarazioni. Basti pensare alla privazione di beni essenziali e a tutte le informazioni raccolte dalle organizzazioni internazionali e dagli organismi delle Nazioni Unite. A Gaza non esistono zone sicure, ci sono stati casi in cui la popolazione evacuata, rifugiatasi nelle zone indicate da Israele, è stata comunque bombardata.

      Ora che cosa pensa succederà?
      TM La mia previsione è che la Corte si pronuncerà sulle misure cautelari entro la fine di gennaio e l’inizio di febbraio, quando alcuni giudici decadranno e saranno sostituiti. In alcuni casi ha impiegato anche solo otto giorni per pronunciarsi. Ora ci sono delle questioni procedurali, altri Stati stanno decidendo di costituirsi a sostegno di Israele o del Sudafrica.

      Che cosa implica tale sostegno?
      TM La possibilità di presentare delle memorie. La Germania sosterrà Israele, il Brasile, i Paesi della Lega Araba, molti Stati sudamericani, ma non solo, si stanno schierando con il Sudafrica.

      Il ministro degli Esteri italiano, Antonio Tajani, ha dichiarato che non si tratta di genocidio.
      TM L’Italia non appoggerà formalmente Israele dinnanzi all’Icj. La Francia sarà neutrale. I Paesi del Global South stanno costringendo quelli del Nord a verificare la credibilità del diritto internazionale: vale per tutti o è un diritto à la carte?

      Se la Corte decidesse per il cessate il fuoco, quali sarebbero le conseguenze, visto che non ha potere politico?
      TM Il parere della Corte è giuridicamente vincolante. Il problema è effettivamente di esecuzione: nel caso di un cessate il fuoco, se non fosse Israele ad attuarlo, dovrebbe intervenire il Consiglio di sicurezza.

      Con il rischio del veto statunitense.
      TM Siamo sul terreno delle speculazioni, ma se la Corte dovesse giungere alla conclusione che Israele è responsabile di un genocidio a Gaza, onestamente riterrei molto difficile un altro veto degli Stati Uniti. È difficile al momento prevedere gli effetti dirompenti di un’eventuale decisione positiva della Corte. Certo è che, quando si parla di Israele, la comunità internazionale, nel senso dei Paesi occidentali, ha creato uno stato di eccezione, che ha sempre posto Israele al di sopra del diritto internazionale, senza rendersi conto che le situazioni violente che viviamo in quel contesto sono il frutto di questo eccezionalismo anche a livello giuridico. Fino a quando si andrà avanti con questo contesto di impunità non finiranno le spirali di violenza.

      https://altreconomia.it/gaza-laccusa-di-genocidio-a-israele-e-la-credibilita-del-diritto-intern

    • La Cour internationale de justice ordonne à Israël d’empêcher un génocide à Gaza

      Selon la plus haute instance judiciaire internationale, « il existe un #risque réel et imminent qu’un préjudice irréparable soit causé » aux Palestiniens de Gaza. La Cour demande à Israël de « prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission […] de tout acte » de génocide. Mais n’appelle pas au cessez-le-feu.

      Même si elle n’a aucune chance d’être appliquée sur le terrain, la #décision prise vendredi 26 janvier par la plus haute instance judiciaire des Nations unies marque incontestablement un tournant dans la guerre au Proche-Orient. Elle intervient après quatre mois de conflit déclenché par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts et des milliers de blessés, conduit à la prise en otage de 240 personnes, et entraîné l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, dont le dernier bilan s’élève à plus de 25 000 morts.

      La Cour internationale de justice (CIJ), basée à La Haye (Pays-Bas), a expliqué, par la voix de sa présidente, la juge Joan Donoghue, « être pleinement consciente de l’ampleur de la #tragédie_humaine qui se joue dans la région et nourri[r] de fortes #inquiétudes quant aux victimes et aux #souffrances_humaines que l’on continue d’y déplorer ». Elle a ordonné à Israël de « prendre toutes les #mesures en son pouvoir pour prévenir la commission à l’encontre des Palestiniens de Gaza de tout acte » de génocide.

      « Israël doit veiller avec effet immédiat à ce que son armée ne commette aucun des actes » de génocide, affirme l’#ordonnance. Elle « considère également qu’Israël doit prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir et punir l’incitation directe et publique à commettre le génocide à l’encontre des membres du groupe des Palestiniens de la bande de Gaza ».

      La cour de La Haye, saisie à la suite d’une plainte de l’Afrique du Sud, demande « en outre » à l’État hébreu de « prendre sans délai des #mesures_effectives pour permettre la fourniture des services de base et de l’#aide_humanitaire requis de toute urgence afin de remédier aux difficiles conditions d’existence auxquelles sont soumis les Palestiniens de la bande de Gaza ».

      Enfin, l’ordonnance de la CIJ ordonne aux autorités israéliennes de « prendre des mesures effectives pour prévenir la destruction et assurer la conservation des #éléments_de_preuve relatifs aux allégations d’actes » de génocide.

      La juge #Joan_Donoghue, qui a donné lecture de la décision, a insisté sur son caractère provisoire, qui ne préjuge en rien de son futur jugement sur le fond des accusations d’actes de génocide. Celles-ci ne seront tranchées que dans plusieurs années, après instruction.

      La cour « ne peut, à ce stade, conclure de façon définitive sur les faits » et sa décision sur les #mesures_conservatoires « laisse intact le droit de chacune des parties de faire valoir à cet égard ses moyens » en vue des audiences sur le fond, a-t-elle poursuivi.

      Elle considère cependant que « les faits et circonstances » rapportés par les observateurs « suffisent pour conclure qu’au moins certains des droits » des Palestiniens sont mis en danger et qu’il existe « un risque réel et imminent qu’un préjudice irréparable soit causé ».

      Environ 70 % de #victimes_civiles

      La CIJ avait été saisie le 29 décembre 2023 par l’Afrique du Sud qui, dans sa requête, accuse notamment Israël d’avoir violé l’article 2 de la Convention de 1948 sur le génocide, laquelle interdit, outre le meurtre, « l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe » visé par le génocide, l’imposition de « conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle » ou encore les « mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ».

      Le recours décrit longuement une opération militaire israélienne qualifiée d’« exceptionnellement brutale », « tuant des Palestiniens à Gaza, incluant une large proportion de femmes et d’enfants – pour un décompte estimé à environ 70 % des plus de 21 110 morts [au moment de la rédaction du recours par l’Afrique du Sud – ndlr] –, certains d’entre eux apparaissant avoir été exécutés sommairement ».

      Il soulignait également les conséquences humanitaires du déplacement massif des populations et de la destruction massive de logements et d’équipements publics, dont des écoles et des hôpitaux.

      Lors des deux demi-journées d’audience, jeudi 11 et vendredi 12 janvier, le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères israélien, Tal Becker, avait dénoncé une « instrumentalisation » de la notion de génocide et qualifié l’accusation sud-africaine de « calomnie ».

      « C’est une guerre qu’Israël n’a pas commencée », avait poursuivi le représentant israélien, affirmant que « s’il y a eu des actes que l’on pourrait qualifier de génocidaires, [ils ont été commis] contre Israël ». « Israël ne veut pas détruire un peuple mais protéger un peuple : le sien. »
      Gaza, « lieu de mort et de désespoir »

      La CIJ, de son côté, a fondé sa décision sur les différents rapports et constatations fournis par des organisations internationales. Elle cite notamment la lettre du 5 janvier 2024 du secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, Martin Griffiths, décrivant la bande de Gaza comme un « lieu de mort et de désespoir ».

      L’ordonnance rappelle qu’un communiqué de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 21 décembre 2023 s’alarmait du fait que « 93 % de la population de Gaza, chiffre sans précédent, est confrontée à une situation de crise alimentaire ».

      Le 12 janvier 2024, c’est l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui lançait un cri d’alerte. « Cela fait maintenant 100 jours que cette guerre dévastatrice a commencé, que la population de Gaza est décimée et déplacée, suite aux horribles attaques perpétrées par le Hamas et d’autres groupes contre la population en Israël », s’alarmait-il.

      L’ordonnance souligne, en miroir, les multiples déclarations de responsables israéliens assumant une répression sans pitié dans la bande de Gaza, si nécessaire au prix de vies civiles. Elle souligne que des rapporteurs spéciaux des Nations unies ont même pu s’indigner de « la rhétorique manifestement génocidaire et déshumanisante de hauts responsables du gouvernement israélien ».

      La CIJ pointe par exemple les propos du ministre de la défense Yoav Gallant du 9 octobre 2023 annonçant « un siège complet de la ville de Gaza », avant d’affirmer : « Nous combattons des animaux humains. »

      Le 12 octobre, c’est le président israélien Isaac Herzog qui affirmait : « Tous ces beaux discours sur les civils qui ne savaient rien et qui n’étaient pas impliqués, ça n’existe pas. Ils auraient pu se soulever, ils auraient pu lutter contre ce régime maléfique qui a pris le contrôle de Gaza. »

      Et, à la vue des intentions affichées par les autorités israéliennes, les opérations militaires dans la bande de Gaza ne sont pas près de s’arrêter. « La Cour considère que la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza risque fort de se détériorer encore avant qu’elle rende son arrêt définitif », affirme l’ordonnance.

      « À la lumière de ce qui précède, poursuivent les juges, la Cour considère qu’il y a urgence en ce sens qu’il existe un risque réel et imminent qu’un préjudice irréparable soit causé aux droits qu’elle a jugés plausibles avant qu’elle ne rende sa décision définitive. »

      Si la décision de la CIJ est juridiquement contraignante, la Cour n’a pas la capacité de la faire appliquer. Cependant, elle est incontestablement une défaite diplomatique pour Israël.

      Présente à La Haye, la ministre des relations internationales et de la coopération d’Afrique du Sud, Naledi Pandor, a pris la parole à la sortie de l’audience. Si elle a regretté que les juges n’aient pas appelé à un cessez-le-feu, elle s’est dite « satisfaite que les mesures provisoires » réclamées par son pays aient « fait l’objet d’une prise en compte » par la Cour, et qu’Israël doive fournir un rapport d’ici un mois. Pour l’Afrique du Sud, lancer cette plainte, a-t-elle expliqué, « était une façon de s’assurer que les organismes internationaux exercent leur responsabilité de nous protéger tous, en tant que citoyens du monde global ».

      Comme l’on pouvait s’y attendre, les autorités israéliennes ont vivement critiqué les ordonnances d’urgence réclamées par les juges de La Haye. Si le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, s’est réjoui de ce que ces derniers n’aient pas réclamé, comme le demandait l’Afrique du Sud, de cessez-le-feu – « Comme tout pays, Israël a le droit fondamental de se défendre. La CIJ de La Haye a rejeté à juste titre la demande scandaleuse visant à nous priver de ce droit », a-t-il dit –, il a eu des mots très durs envers l’instance : « La simple affirmation selon laquelle Israël commet un génocide contre les Palestiniens n’est pas seulement fausse, elle est scandaleuse, et la volonté de la Cour d’en discuter est une honte qui ne sera pas effacée pendant des générations. »

      Il a affirmé vouloir continuer « à défendre [ses] citoyens dans le respect du droit international ». « Nous poursuivrons cette guerre jusqu’à la victoire absolue, jusqu’à ce que tous les otages soient rendus et que Gaza ne soit plus une menace pour Israël », a ajouté Nétanyahou.

      Jeudi, à la veille de la décision de la CIJ, le New York Times avait révélé que les autorités israéliennes avaient fourni aux juges de La Haye une trentaine de documents déclassifiés, censés démonter l’accusation de génocide, parmi lesquels « des résumés de discussions ministérielles datant de la fin du mois d’octobre, au cours desquelles le premier ministre Benyamin Nétanyahou a ordonné l’envoi d’aide, de carburant et d’eau à Gaza ».

      Cependant, souligne le quotidien états-unien, les documents « ne comprennent pas les ordres des dix premiers jours de la guerre, lorsqu’Israël a bloqué l’aide à Gaza et coupé l’accès à l’électricité et à l’eau qu’il fournit normalement au territoire ».

      Nul doute que cette décision de la plus haute instance judiciaire des Nations unies va renforcer les appels en faveur d’un cessez-le-feu. Après plus de quatre mois de combats et un bilan lourd parmi la population civile gazaouie, Nétanyahou n’a pas atteint son objectif d’éradiquer le mouvement islamiste. Selon les Israéliens eux-mêmes, près de 70 % des forces militaires du Hamas sont intactes. De plus, les familles d’otages toujours aux mains du Hamas ou d’autres groupes islamistes de l’enclave maintiennent leurs pressions.

      Le ministre palestinien des affaires étrangères Riyad al-Maliki s’est réjoui d’une décision de la CIJ « en faveur de l’humanité et du droit international », ajoutant que la communauté international avait désormais « l’obligation juridique claire de mettre fin à la guerre génocidaire d’Israël contre le peuple palestinien de Gaza et de s’assurer qu’elle n’en est pas complice ». Le ministre de la justice sud-africain Ronald Lamola, cité par l’agence Reuters, a salué, lui, « une victoire pour le droit international ». « Israël ne peut être exempté du respect de ses obligations internationales », a-t-il ajouté.

      De son côté, la Commission européenne a appelé Israël et le Hamas à se conformer à la décision de la CIJ. L’Union européenne « attend leur mise en œuvre intégrale, immédiate et effective », a-t-elle souligné dans un communiqué.

      La France avait fait entendre pourtant il y a quelques jours une voix discordante. Le ministre des affaires étrangères Stéphane Séjourné avait déclaré, à l’Assemblée nationale, qu’« accuser l’État juif de génocide, c’est franchir un seuil moral ». Dans un communiqué publié après la décision de la CIJ, le ministère a annoncé son intention de déposer des observations sur l’interprétation de la Convention de 1948, comme le lui permet la procédure. « [La France] indiquera notamment l’importance qu’elle attache à ce que la Cour tienne compte de la gravité exceptionnelle du crime de génocide, qui nécessite l’établissement d’une intention. Comme le ministre de l’Europe et des affaires étrangères a eu l’occasion de le noter, les mots doivent conserver leur sens », indique le texte.

      Les États-Unis ont estimé que la décision était conforme à la position états-unienne, exprimée à plusieurs reprises par Joe Biden à son allié israélien, de réduire les souffrances des civils de Gaza et d’accroître l’aide humanitaire. Cependant, a expliqué un porte-parole du département d’État, les États-Unis continuent « de penser que les allégations de génocide sont infondées » et notent « que la Cour n’a pas fait de constat de génocide, ni appelé à un cessez-le-feu dans sa décision, et qu’elle a appelé à la libération inconditionnelle et immédiate de tous les otages détenus par le Hamas ».

      C’est dans ce contexte que se déroulent des discussions pour obtenir une trêve prolongée, la deuxième après celle de novembre, qui avait duré une semaine et permis la libération de plusieurs dizaines d’otages.

      Selon les médias états-uniens, Israël a proposé une trêve de 60 jours et la libération progressive des otages encore retenu·es. Selon ce projet, a affirmé CNN, les dirigeants du Hamas pourraient quitter l’enclave. Selon la chaîne d’informations américaine, « des responsables américains et internationaux au fait des négociations ont déclaré que l’engagement récent d’Israël et du Hamas dans des pourparlers était encourageant, mais qu’un accord n’était pas imminent ».

      Le Washington Post a révélé jeudi que le président américain Joe Biden allait envoyer dans les prochains jours en Europe le directeur de la CIA, William Burns, pour tenter d’obtenir un accord. Il devrait rencontrer les chefs des services de renseignement israélien et égyptien, David Barnea et Abbas Kamel, et le premier ministre qatari Mohammed ben Abdulrahman al-Thani. Vendredi soir, l’Agence France-Presse (AFP) a affirmé qu’ils se retrouveraient « dans les tout prochains jours à Paris », citant « une source sécuritaire d’un État impliqué dans les négociations ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/260124/la-cour-internationale-de-justice-ordonne-israel-d-empecher-un-genocide-ga

  • « Depuis six décennies, l’#aménagement touristique de la #montagne est engagé dans une fuite en avant »

    L’attribution des #Jeux_olympiques d’hiver de 2030 à la #France risque de retarder encore l’engagement des communes touristiques de montagne dans la #transition_écologique, estime, dans une tribune au « Monde », le géographe #Rémy_Knafou.

    La France a eu des politiques touristiques pour la montagne ; elle n’en a plus depuis longtemps. Et la récente décision d’attribuer à la candidature française les Jeux olympiques d’hiver de 2030 ne va pas faciliter la transition juste que le réchauffement climatique, plus important qu’en plaine, appelle pourtant.

    Le #plan_neige des années 1960, sous la présidence du général de Gaulle, était une réponse à l’#exode_rural qui vidait la montagne de ses forces vives et au projet de retenir en France la clientèle des skieurs français qui fréquentait les pays alpins voisins. Il en résulta la création ex nihilo en haute altitude de nombreuses stations de sports d’hiver et l’aménagement de vastes #domaines_skiables, désormais parmi les plus étendus de la planète.

    Avalanches et glissements de terrain meurtriers couplés à une mévente immobilière incitèrent l’Etat à un infléchissement, qui s’exprima dans le #discours_de_Vallouise, prononcé par le président #Valéry_Giscard_d’Estaing, le 23 août 1977 : « Trop de #résidences_secondaires s’éparpillent au gré des ventes de #terres_agricoles. Trop de #stations_de_ski furent implantées sans tenir compte suffisamment des populations locales et des contraintes de l’#environnement. L’effort de l’Etat portera dorénavant sur un tourisme intégré à d’autres activités, accessible au plus grand nombre, respectueux des sites et des #paysages. »

    Des clientèles étrangères en majorité fortunées

    En 1985, l’Etat s’est doté d’une loi « montagne », qui entendait à la fois développer et protéger – ce que, de facto, la France faisait déjà depuis une vingtaine d’années avec la création, en 1963, du #parc_national_de_la_Vanoise : tout était interdit dans sa zone centrale quand (presque) tout était permis dans sa zone périphérique, où se développaient quelques-unes des plus importantes stations françaises de #sports_d’hiver.

    Mais force est de constater que cette loi « montagne », complétée en 2016 par la loi « montagne II », n’a pu ralentir la progression de l’#immobilier en altitude, de l’équipement en #remontées_mécaniques et en #neige_artificielle, tandis que, parallèlement, les espoirs de #démocratisation du ski disparaissaient d’un marché porté par la venue croissante de clientèles étrangères en large majorité fortunées.

    Ainsi, depuis six décennies, l’aménagement touristique de la montagne est engagé dans une #fuite_en_avant – que j’avais déjà analysée dans ma thèse, publiée en 1978, « Les stations intégrées de sports d’hiver des Alpes françaises » (Masson) –, la croissance immobilière appelant constamment l’extension des domaines skiables et ceux-ci nécessitant à leur tour la construction de nouveaux programmes résidentiels. C’est ainsi que la seule #Tarentaise en est arrivée à totaliser en altitude 427 500 lits touristiques, soit plus que de la population cumulée des deux agglomérations d’Annecy et de Chambéry !

    Un cercle vicieux défendu par les #lobbys du ski

    La montagne hivernale a produit une machine infernale, sorte de course-poursuite sans fin entre les lits et les remontées mécaniques. La nécessité, toujours pour alimenter le chiffre d’affaires des remontées mécaniques, de remplacer les lits « froids » – les passoires thermiques représentent près de la moitié du parc ! – construits dans les années 1960-1990 et progressivement sortis du marché nourrit aujourd’hui cette dynamique.

    L’actuelle croissance immobilière va donc à l’encontre de ce qu’il faudrait faire : elle poursuit l’#artificialisation_des_sols, attire une clientèle étrangère qui va accroître l’empreinte carbone des stations et repose sur une progression de l’#enneigement_artificiel – c’est en effet une attente des acquéreurs de logements à plus de 15 000 euros le mètre carré, qui souhaitent sécuriser la pratique du ski, quels que soient les aléas d’un enneigement sur le repli.

    On voit comment le système touristique de la montagne hivernale a enfanté un cercle vicieux défendu par les puissants lobbys du ski – dont la dernière victoire en date est la promesse de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver en 2030.

    A la recherche d’un équilibre de développement

    La France a été préférée à la Suède et à la Suisse parce que le #Comité_international_olympique (#CIO) aurait prudemment opté pour le pays qui n’avait pas le projet de soumettre à référendum ou à votation sa candidature – on le sait, le CIO ne trouve plus de candidatures que dans les pays dictatoriaux ou dans les démocraties qui ne demandent pas leur avis aux populations afin d’éviter le refus des citoyens contribuables.

    Au lieu de célébrer cette victoire trop facile, les pouvoirs publics s’honoreraient à engager la montagne touristique dans une transition juste, d’autant que les conditions semblent malgré tout favorables. En effet, face au réchauffement climatique, la montagne a et aura un avenir touristique, avec ou sans neige, car on y trouvera, en été en particulier, des températures plus supportables qu’ailleurs.

    Les communes et stations qui continueront à vivre du ski devraient le faire à plusieurs conditions. Il leur faudrait tout d’abord considérer le niveau actuel de développement comme un état d’équilibre qui permet de bien vivre sans poursuivre la construction de nouveaux #logements, l’effort étant tourné vers la #rénovation de l’existant. De plus, elles ne devraient plus se lancer dans des projets d’aménagement accentuant la pression sur un milieu naturel déjà très exploité, et qui pourraient compromettre leur réorientation économique, celle-ci étant inévitable à moyen ou à long terme.

    Prendre l’avis de toutes les populations

    Lorsque de tels projets (nouvelles urbanisations, retenues d’eau pour les canons à neige, etc.) sont néanmoins retenus, les communes devraient réfléchir à la manière de prendre en compte non seulement les avis de ceux qui habitent ces lieux touristiques à l’année, mais aussi les avis de ceux qui font vivre ces lieux en les fréquentant : une petite minorité ne devrait plus décider seule du sort de ces lieux.

    Enfin, les communes devraient alimenter un #fonds_de_prévoyance – car les temps difficiles finiront par arriver, même pour les communes de haute altitude –, afin que la collectivité nationale ne soit pas amenée, in fine, à financer une reconversion qu’elles auront refusé de préparer. C’est à ce prix que l’attribution des Jeux olympiques d’hiver à la France, si elle est confirmée, ne se transformera pas en victoire à la Pyrrhus.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/12/30/depuis-six-decennies-l-amenagement-touristique-de-la-montagne-est-engage-dan
    #tourisme #aménagement_du_territoire #ski #loi_montagne #Vanoise #loi_montagne_II #lits_froids