• Face à la haine et aux amalgames : « Redonner ses lettres de noblesse à la solidarité et à l’#hospitalité française »

    Elle appelle cela « l’#hospitalité_citoyenne ». #Julia_Montfort, journaliste et réalisatrice, a accueilli, comme beaucoup d’autres Français, un « migrant », Abdelhaq, originaire du Tchad. Elle raconte cette rencontre à Basta !, rencontre dont elle a tiré une web-série, #Carnets_de_solidarité. Son histoire nous rappelle que, loin des scènes indignes de harcèlement policier ou de commentaires racistes, des dizaines de milliers de citoyens font preuve de solidarité.

    Julia Montfort appelle cela « l’hospitalité citoyenne ». Comme beaucoup d’autres personnes en France, elle a ouvert sa porte pour accueillir un « migrant », Abdelhaq. Il avait alors 21 ans et ne devait rester que quelques jours. Il aura finalement vécu un an et demi chez Julia et Cédric, son mari. De cette expérience personnelle est alors née l’envie de raconter ce mouvement de #solidarité qui a gagné de nombreux foyers français – une réalité trop souvent invisibilisée – pendant que les politiques en œuvre choisissent trop souvent de harceler, humilier, reléguer dans la rue les exilés en quête d’accueil, ne serait-ce que temporaire. Réalisatrice, elle en a tiré une web-série passionnante, Carnets de Solidarité, qui offre la meilleure des réponses, en actes, à tous les préjugés, tous les cynismes ou toutes les haines qui s’accumulent sur ce sujet.

    Basta ! : Le point de départ de votre travail, c’est le #récit_intime de l’accueil d’Abdelhaq, chez vous, dans votre appartement. Avec le recul, qu’avez-vous appris de cette expérience d’hospitalité ?

    Julia Montfort [1] : Beaucoup de choses. Nous n’avons pas accueilli un citoyen français avec des références culturelles partagées : Abdelhaq est le fils d’un berger nomade, dans le sud du Tchad, qui parle un dialecte dérivé de l’arabe – le kebet – dont la vie consistait à garder les chèvres de son père ou à aller récolter du miel, autant dire une vie diamétralement opposée à la mienne. Tout nous séparait, et nous avons appris à trouver des #liens, à construire des ponts entre nos deux cultures.

    J’ai réalisé la portée de ce geste dès que j’ai ouvert ma porte devant ce grand gaillard de plus d’1 m 90, et que j’ai compris que le #langage ne nous permettrait pas de communiquer. Il apprenait les rudiments du français, mais il ne faisait pas de phrases, je ne parvenais même pas à savoir s’il aimait les pâtes. De fait, ce genre de situation permet aussi d’en apprendre beaucoup sur soi-même et sur notre rapport à l’autre. Cela m’offre aujourd’hui un ancrage très différent dans le présent.

    Il y a cette anecdote significative, lorsque vous racontez que vous hésitez plusieurs jours avant de lui signaler qu’il ne priait pas dans la bonne direction…

    Il se tournait exactement à l’opposé de la Mecque, nous ne savions pas comment lui annoncer, cela nous pesait, alors qu’au final, Abdelhaq a juste explosé de rire lorsque nous lui avons montré la boussole ! Une partie de notre complicité est née ce jour-là… Abdelhaq a une pratique très ouverte de sa religion, c’est notamment une façon de maintenir un lien avec son pays. Quand il est arrivé à Paris, son premier réflexe a été d’aller dans une mosquée, où il a pu être hébergé. C’est un peu son repère, son cadre. Mais depuis, on a constaté qu’il s’intéressait beaucoup aux autres religions.
    De notre côté, nous sommes parfaitement athées, et c’est probablement la première fois que j’ai côtoyé quelqu’un de religieux aussi longtemps, et aussi intimement. La probabilité que je puisse, à Paris, me retrouver directement confrontée à la réalité de la vie d’Abdelhaq était tout de même très faible, jusqu’à présent. Cela cultive une certaine #ouverture_d’esprit, et cela a généré aussi beaucoup de #respect entre nous.

    Pour autant, vous ne faites pas l’impasse sur les difficultés qui se présentent, aussi, à travers cette expérience. « L’hospitalité n’est pas un geste naturel, c’est une #épreuve », dites-vous.

    Il ne faut pas enjoliver cette expérience par principe, cela n’a rien de simple d’accueillir un étranger chez soi. Il faut s’ouvrir à lui, accepter qu’il entre dans notre #intimité, c’est une relation qui demande beaucoup d’énergie. Faire entrer l’exil à la maison, c’est aussi faire entrer des vies brisées et tous les problèmes qui accompagnent ces parcours du combattant… Et c’est compliqué quand, au petit-déjeuner, vous devez affronter son regard dans le vide, que vous voyez qu’il n’est pas bien. Tout paraît assez futile. J’ai parfois eu l’impression de plonger avec Abdelhaq. C’est le principe même de l’empathie, partager l’#émotion de l’autre. Mais quand c’est sous votre toit, il n’y a pas d’échappatoire, c’est au quotidien face à vous.

    Dans votre récit, vous utilisez très souvent les termes de « #générosité », de « #bienveillance », d’ « #humanité », comme si vous cherchiez à leur redonner une importance qu’ils ne semblent plus vraiment avoir, dans la société. Faut-il travailler à repolitiser ces valeurs, selon vous ?

    On pense toujours que la solidarité, l’#altruisme, l’#entraide, tout ça n’est que l’apanage des faibles. Ce seraient des vertus désuètes, bonnes pour les « bisounours ». Il a en effet fallu que j’assume, à l’écriture, de redonner des lettres de noblesse à ces mots-là. Car on a bien vu que tous ces petits #gestes, cette empathie, ces regards, ce n’était pas anodin pour Abdelhaq. On a vu comment cette solidarité qui s’est organisée avec les voisins l’a porté, lui a permis de se regarder autrement, de retrouver des prises sur le réel. Petit à petit, on l’a vu changer, reprendre pied. Et ça, c’est considérable.
    Et partant de là, on peut aussi se demander ce qui nous empêche d’appliquer cela à toutes nos relations – personnellement, j’essaye désormais d’être plus attentive à cette forme de #bienveillance dans mes échanges avec mes voisins ou mes amis, au travail. Cela semble toujours une évidence un peu simple à rappeler, mais c’est vertueux. C’est même l’un des principaux enseignements que nous avons tiré de notre expérience, à notre échelle : au-delà des difficultés, cela fait du bien de faire du bien. Diverses études documentent les bienfaits pour la santé de ces #émotions positives ressenties, cela porte même un nom – le « #helper’s_high », l’euphorie de celui qui aide. Donc oui, la solidarité fait du bien, et il faut en parler.

    De fait, votre initiative a rapidement fait la preuve de son effet multiplicateur auprès du voisinage, c’est ce que vous appelez la « #contagion_solidaire ».

    C’est à partir de ce moment-là que je me suis dit qu’il y avait quelque chose à raconter de cette expérience personnelle. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, le discours sur « l’invasion » battait son plein. En 2017-2018, on est en plein dans la séquence où l’on entend partout que les migrants sont trop nombreux, qu’ils sont dangereux, qu’ils vont nous voler notre pain, notre travail et notre identité. Or à mon échelle, à Bagnolet, au contact de différentes classes sociales, j’ai vu le regard des gens changer et ce mouvement de solidarité se mettre en place, autour de nous. Et c’était d’autant plus significatif que nous étions officiellement devenus « hors-la-loi » puisque nous n’avions pas le droit d’héberger un sans-papier… De fait, lorsqu’on a reçu une enveloppe avec de l’argent pour payer le pass Navigo d’Abdelhaq, nous avons compris que nous étions plusieurs à accepter de transgresser cette règle absurde. Et à entrer ensemble dans l’absurdité du « #délit_de_solidarité ».

    « La chronique des actions en faveur de l’accueil des migrants montre une évolution au sein des sociétés européennes. Par leur ampleur et l’engagement qui les sous-tend, les formes de solidarité et d’hospitalité que l’on y observe s’apparentent de plus en plus à un mouvement social » affirme l’anthropologue Michel Agier, que vous citez dans votre livre. De fait, à l’échelle de la France, votre enquête tend à montrer que les démarches d’#accueil sont bien plus nombreuses et conséquentes qu’on ne le laisse souvent croire, vous parlez même d’une « #révolution_silencieuse ». Peut-on dresser une sociologie de ce mouvement social émergent ?

    C’est encore un peu tôt, on n’a pas assez de recul, on manque de chiffres. De nombreux chercheurs travaillent là-dessus, mais c’est un mouvement encore difficile à évaluer et à analyser. La plupart des gens restent discrets, par crainte de l’illégalité mais aussi par humilité, souvent. Mais lorsque j’ai présenté la bande-annonce avec l’objet de mon travail, j’ai été submergé de messages en retour, sur internet. Et de toute la France. J’ai réalisé qu’il y avait un défaut de #narration, et un défaut de connexion les uns avec les autres. La plupart agisse, chacun de leur côté, sans s’organiser de manière collective. Des mouvements et des plateformes se sont créés, sur internet, mais cette solidarité reste encore très « électron libre ». Il n’y a pas véritablement de #réseau_citoyen, par exemple.

    Pour ma part, ce que j’ai vu, c’est une France particulièrement bigarrée. J’ai vu des gens de tous les milieux, pas nécessairement militants, et beaucoup de #familles. En général, ils racontent avoir eu un déclic fort, comme par exemple avec la photo du petit #Aylan. Ce sont des gens qui ressentent une #urgence de faire quelque chose, qui se disent qu’ils « ne-peuvent-pas-ne-rien-faire ». La certitude, c’est qu’il y a énormément de #femmes. L’impulsion est souvent féminine, ce sont souvent elles qui tendent en premier la main.

    Ce #mouvement_citoyen est aussi, malheureusement, le reflet de l’#inaction_politique sur le sujet. Cette dynamique peut-elle continuer longtemps à se substituer aux institutions ?

    Il y a un #burn-out qui guette, et qui est largement sous-estimé, chez ces citoyens accueillants. Ils s’épuisent à « l’attache ». À l’origine, cette solidarité a vraiment été bricolé, avec les moyens du bord, et dans la précipitation. Et même si elle remplit un rôle fondamental, ça reste du #bricolage. Or ce n’est pas aux citoyens de pallier à ce point les défaillances de l’#État, ce n’est pas normal que nous ayons à héberger un demandeur d’asile qui se retrouve à la rue… La réalité, c’est qu’aujourd’hui, très régulièrement en France, on ne notifie pas leurs droits aux gens qui arrivent. Or toute personne qui pose le pied en France a le droit de demander l’asile, c’est une liberté fondamentale. Commençons donc, déjà, par respecter le #droit_d’asile !

    Je crois qu’on ne se rend pas bien compte de ce qui se passe, parce que cela se joue dans des zones de frontières, loin de Paris, donc cela reste assez discret. Mais on est face à quelque chose d’assez considérable en termes de violations de #droits_humains, en France, actuellement : à la fois dans le fait de bafouer ces droits fondamentaux, mais aussi dans le fait de criminaliser les personnes qui leur viennent en aide… Et pendant ce temps-là, on remet la légion d’honneur à Nathalie Bouchart, la maire de Calais, qui avait interdit les distributions d’eau pour les exilés ? Il y a quand même quelque chose qui cloche, dans ce pays.

    Cela n’a pas toujours été comme ça, rappelez-vous, en évoquant notamment l’exemple des « #Boat_People » (en 1979, l’accueil de 120 000 réfugiés vietnamiens et cambodgiens avaient obtenu un large consensus national, ndlr). Qu’est-il arrivé à cette grande « tradition française d’hospitalité », depuis ?

    Le contexte est très différent, par rapport aux Boat people. À l’époque, cela semblait sûrement circonscrit, tant dans le nombre que dans le temps. Aujourd’hui, la multiplication des conflits, un peu partout dans le monde, alimente cette idée que c’est un puits sans fond, qu’on va être submergé si on commence à accueillir trop largement… Plus fondamentalement, on le sait bien, une certaine #rhétorique s’est imposée dans les discours, sur ces questions : on parle de « flux », de « pompe aspirante », et tout ce vocable n’est plus l’apanage de l’extrême droite, on le retrouve dans la bouche des gouvernants. Tout ça insinue et conforte l’horrible mythe de « l’#appel_d’air ». Je crois qu’on oublie parfois combien les #discours_politiques contribuent à forger un cadre de pensée. Et en face, il y a un véritable défaut de pédagogie, on ne traite jamais de ces sujets à l’école, on ne produit pas de #contre-discours. Donc effectivement, c’est important de le rappeler : on a su accueillir, en France.

    Après l’assassinat terroriste du professeur Samuel Paty, vendredi 16 octobre, le débat public a pris des airs de course aux amalgames, avec une tendance à peine cachée à essentialiser toute une catégorie de population (demandeur d’asile, mineurs isolés...) comme de potentiels terroristes. Qu’est-ce que cela vous inspire, en tant qu’accueillante ?

    La #peur légitime et le #danger, bien réel, du #terrorisme ne doivent pas nous faire plonger dans une grande #confusion, en bonne partie entretenue par ma propre profession. Les journalistes ont une part de #responsabilité en entretenant ce lien dangereux, insufflé par nos gouvernants, qui envisagent la migration sous le spectre uniquement sécuritaire depuis les attentats terroristes de 2015. Nous avons besoin de #recul, et de #nuances, pour ne pas tomber dans la #stigmatisation à tout-va de tout un pan de la population, et éviter les #amalgames simplistes du type "immigration = terrorisme". Ce pur discours d’extrême droite n’est basé sur aucune étude formelle, et pourtant il s’est installé dans les esprits au point que ces femmes et ces hommes sont victimes d’un changement de perception. Hier considérés comme des personnes en détresse, ils sont désormais vus dans leur ensemble comme de potentiels terroristes car un assassin – ayant commis un acte effroyable – a préalablement été demandeur d’asile et a obtenu son statut de réfugié... Il s’agit d’un itinéraire meurtrier individuel. Les demandeurs d’asile, les mineurs isolés, les réfugiés sont les premiers à pâtir de ces amalgames. Les entend-on ? Très rarement. Leur #parole est souvent confisquée, ou bien nous parlons à leur place.

    Alors, il faut le rappeler : ces personnes exilées et arrivées en France aspirent simplement à s’intégrer et à mener une vie « normale », si tant est qu’elle puisse vraiment l’être après tout ce qu’elles ont traversé, et avec la douleur du #déracinement. Et ces étrangers, nous les côtoyons au quotidien sans même le savoir : ils livrent nos repas à domicile, se forment à des métiers dans des secteurs en tension où la main d’œuvre manque, ils changent les draps dans les hôtels. Nombre de médecins réfugiés furent en première ligne pendant le confinement... Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est justement de ramener de la mesure dans ce débat toxique et dangereux en humanisant ces destins individuels.

    https://www.bastamag.net/Redonner-ses-lettres-de-noblesse-a-la-solidarite-et-a-l-hospitalite-franca

    ping @isskein @karine4

  • Pour la Commune

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-la-Commune

    Une insurrection populaire gagne le monde. Elle se propage à un nombre croissant de pays. En dépit des différences de conditions, de motivations, de cultures, de mentalités, tous présentent un point commun : le peuple ne veut plus d’un gouvernement qui prétend lui imposer sa présence et son autorité. C’est la lutte de ceux du bas contre ceux du haut.

    Nous sommes dans l’équilibre instable du statu quo. Le pouvoir oppressif campe sur ses positions, il refuse de céder d’un pouce. Il craint un basculement de la situation. Ce basculement est à la portée du soulèvement populaire qui nargue l’État et, avec la fermeté d’une juste colère, affirme sa détermination de poursuivre sans relâche son combat.

    Au premier abord, le statu quo joue en faveur de l’État et de ses commanditaires. L’intransigeance des gouvernants vise à vulgariser dans l’opinion l’image d’une forteresse inamovible que rien ne réussira à ébranler. Leur propagande agite le spectre du désespoir qui hante toujours la mémoire des révoltes perdues. Ils misent sur la fatigue, ils comptent sur l’amer « à quoi bon » pour renvoyer les insurgés à la niche. Nos ennemis se trompent deux fois ! (...)

    #Vaneigem #Commune #État #existence #conditions #audace #référendum #mesure #vie #générosité #femme #territoire #unité #désobéissance

  • #Philanthropie : Le #capital se fout de la #charité - #DATAGUEULE 93 - DataGueule
    https://peertube.datagueule.tv/videos/watch/554be54b-fd91-4e89-bddf-119813b64e73

    Ah les belles fortunes de ce monde et leur immense générosité ! L’éducation, l’art, la faim dans le monde : rien n’est trop beau, rien n’est trop grand. À condition d’y gagner en visibilité… Et de pouvoir faire une belle opération fiscale au passage. Et si parfois, ces opérations sentent bon le #conflit_d’intérêt, il ne faudrait tout de même pas cracher dans la soupe. La #générosité ça ne se discute pas. Mais au fait, elle vient d’où cette richesse ?

    #fiscalité #défiscalisation #trust #social-washing #image #philantrocapitalisme #bill_gates #mécénat_d'entreprise #fondation_louis_vuitton #contreparties #loi_Aillagon #niche_fiscale

  • Du Mont Sinjar à Mâcon, l’exil des Yézidis
    https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/du-mont-sinjar-a-macon-lexil-des-yezidis


    Fin 2018, Nadia Murad obtenait d’Emmanuel Macron la promesse que la France accueille 100 femmes yézidies avec leurs enfants. L’engagement auprès de cette minorité religieuse ancestrale victime de génocide en #Irak et en #Syrie a été honoré. En un an, et par groupes de 20 femmes, les 100 mono-familles ont été sorties du Moyen-Orient et accueillies et installées aux quatre coins de la France.

    Malgré la peur et l’horreur, et sans comprendre pourquoi le simple fait d’être Yézidi est devenu synonyme de persécutions, les rescapés des griffes de Daech et de ses appuis, certains des réfugiés commencent doucement à relever la tête.

    Extraordinaire #générosité de Macron, ému par la prix Nobel et qui concède l’arrivée de 100 « familles » (je cite l’intervenant), soit des femmes veuves, pas d’hommes. Le type évite la question puis finit par répondre que c’est parce qu’elles sont spécialement vulnérables. J’imagine que la peur du « garçon arabe » n’a rien à voir avec cette décision. Mais que c’est laid, de vérifier que chaque personne mérite bien de recevoir l’asile. Oh et puis de les laisser dans la nature douze mois plus tard (#autonomie, on dit).

    Clémence Bectarte
    avocate, coordinatrice du groupe d’action judiciaire de la FIDH et co-présidente de la coalition française pour la CPI
    Julien Boucher
    directeur général de l’#OFPRA

    #asile #audio #Yézidi

  • Fêtes himalayennes, les derniers #Kalash

    L’exposition présente le peuple Kalash, une communauté vivant dans un rapport sacré à la nature au cœur de trois étroites vallées de l’#Himalaya, au nord-ouest du #Pakistan. Au nombre de trois mille, ces #éleveurs de chèvres et cultivateurs de céréales partagent leur territoire avec des esprits invisibles, des « fées ». Ils demeurent l’ultime société polythéiste de l’arc himalayen. D’un solstice à l’autre, les saisons se succèdent au fil du parcours, fidèle à la conception cyclique du temps des Kalash.

    #polythéisme
    http://www.museedesconfluences.fr/fr/evenements/f%C3%AAtes-himalayennes-les-derniers-kalash
    #exposition #musée_des_confluences #Lyon

    Je partage avec vous un petit extrait de l’expo :


    #richesse #course_au_prestige #prestige #se_ruiner #accumulation #surplus #distribution_des_richesses #fête #louanges #générosité #gadeirak #gouvernement #pouvoir #minorités

  • Fact-checking. La réponse fallacieuse des autorités à l’Appel Dublin
    https://asile.ch/2018/03/07/fact-checking-reponse-fallacieuse-autorites-a-lappel-dublin

    Le 20 novembre 2017, les signataires de l’Appel de Dublin ont demandé au Conseil fédéral d’appliquer davantage la clause de souveraineté, prévue par les accords de Dublin III, qui permet de renoncer à des renvois pour des motifs humanitaires et de compassion. L’Appel dénonçait une application mécanique des renvois Dublin, séparant des familles ou compromettant […]

  • Bonjour ami·e·s de @seenthis
    Suite à vos réactions toujours très positives à mon travail artistique et pour laquelle je vous suis très reconnaissante. Et vu la part importante, et de plus en plus, que @seenthis à dans mon travail. Je me suis dit que ca vous intéresserait pour certain·ne·s d’avoir une vue plus précise sur mon processus de création. Ca m’intéresse aussi de manière égoïste parce que j’utilise déjà beaucoup @seenthis pour mon archivage et que c’est un outil génial. En plus ca me permet d’avoir des retours encourageant ou riches avec vous et de bénéficié de vos connaissances. Et je pense que plus on voie comment ca fonctionne le processus de création, plus ca pourra donner envie à d’autres de s’y mettre.

    Du coup j’entame la rubrique de #workinprogress #mad_meg avec les parchemins de magie #soeurcière. C’est une nouvelle série issue des discussions et info que j’ai eu ici sur la chasse aux #sorcières . C’est lié aussi au #mégèrisme aux questions d’ #empowerment et #disempowerment. Les premiers parchemins sont visibles ici : https://seenthis.net/messages/578691

    Je vais faire une discussion par dessin comme ca je mettrais l’avancement du travail dans les commentaires. Ca permettra de mettre à la fin le résultat et de voire tout le chemin. Comme les parchemins ont du succès et que ça m’inspire beaucoup je vais probablement en faire une petite quantité dans les prochains temps.

    Pour le moment voici le menu des sorts dont je dispose.

    – sort pour amélioré la participation des hommes et enfants aux travaux ménagers dans les foyers. ( http://www.madmeg.org/ma1 )

    – sort pour enchanté un godemiché ( http://www.madmeg.org/mb1 - invocation par @dora_ellen )

    – sort pour apaisé la douleur des règles ( http://madmeg.org/mb3 - invocation Clémentine B.Calcutta )

    – sort pour incité les hommes à porter un #remonte_couilles_toulousain (voire ici https://seenthis.net/messages/581287 et http://www.madmeg.org/ma2 )

    – sort pour retrouver les noms féminins de la langue française ( https://seenthis.net/messages/581297 et
    http://www.madmeg.org/mb2 )

    – sort pour lutter contre l’invisibilité des femmes dans la culture ( https://seenthis.net/messages/586025 )

    – sort pour renforcer les mères célibataires. ( https://seenthis.net/messages/582382 )

    – sort pour que le masculin ne l’emporte pas (en grammaire mais pas seulement http://madmeg.org/mb4 https://seenthis.net/messages/582584 - invocation par @dora_ellen )

    – sort contre la grossophobie ( http://madmeg.org/mb5 https://seenthis.net/messages/595714 - invocation par @dora_ellen )

    – sort pour la reconnaissance de nos compétences (dans le domaine des sciences mais pas seulement http://madmeg.org/mb6 https://seenthis.net/messages/595716 - invocation par @dora_ellen )

    – sort pour renforcer la sororité

    – sort pour apaisé la colère des femmes suite à une discussion sur le féminisme avec un #mansplanneur (celui là se décline probablement avec des variantes #nice_guy #manarchistes #masculiniste #pro-féministe les copines peuvent passé leur commande) -

    – sort pour avoir une ménopause agréable et qui rende plus puissante. (l’idée me viens à l’instant suite à la discussion tenu ici : https://seenthis.net/messages/580900 )

    – sort pour qu’on laisse les mères allaité si elles le veulent et comme elles le veulent. (Utiliser Isis et Horus)

    Je mettrais à jour la liste avec des éditions si vous avez des idées, demandes, propositions elles sont les bienvenus et je mettrais dans les infos sur le parchemin - d’après une idée de : ... avec le nom que vous préférez. L’idée des sorte c’est qu’ils rendent les femmes plus puissante et les hommes moins puissants pour parvenir à rétablie la balance. Je ne sais pas si je ferais des sorte sur d’autres dominations, ou alors de manière intersectionnelle avec la question des femmes toujours impliqué. Par exemple je peu faire des sorts contre le #virilo-carnisme ou contre la #misogynoir mais pas simplement sur le #carnisme ou le #racisme ca sera à d’autres de les faire.

    J’ai entamé aussi un grand dessin sur les résaux sociaux. Pour le moment il s’appel #Zuckerberk mais le titre est temporaire et ca se passe ici : https://seenthis.net/messages/581398

    Merci pour votre attention et pour tous ce qu’on partage.
    Vive @seenthis un rezo qui sent pas les fesses de bouc !

  • Les enfants issus de familles athées plus généreux que les autres selon une étude .L’altruisme étudié à travers les enfants.
    NDR  : Le gars qui a financé l’étude pour la fondation John Templeton a du être viré.

    C’est l’idée du département de psychologie de Chicago qui a publié dans Current biology , en novembre 2015, une étude dirigée par l’équipe de Jean Deceuty. 1170 enfants âgés de 5 à 12 ans et dans différents pays (le Canada, la Chine, la Jordanie, la Turquie, les USA et l’Afrique du Sud) ont été étudiés afin de mettre en évidence le lien entre la pratique religieuse et la capacité de ces enfants à être empathiques ou généreux.

    L’altruisme est défini par la générosité, la capacité de penser à l’autre. Les scientifiques ont dès lors mis au point une grille de lecture tentant d’objectiver ce que veut dire  « penser à l’autre » , d’évaluer l’empathie comme quand on voit quelqu’un d’autre souffrir par exemple.

    L’équipe scientifique a divisé le groupe d’enfants en trois catégories : les enfants athées, chrétiens et musulmans.


    Les autres religions n’ont pas été prises en compte car trop faiblement représentées dans l’échantillon et le risque d’obtenir des résultats faillibles statistiquement.

    Financée par la fondation américaine John Templeton d’inspiration protestante , l’étude visait à vérifier l’idée selon laquelle les sociétés laïques occidentales ont moins d’empathie car une base morale plus faible. Pourtant, les résultats étonnent. Contrairement aux croyances : " Les observations remettent en question le fait que la religion serait vitale pour le développement moral, et appuient l’idée que la sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire" , selon Jean Decety qui porte l’étude.

    Les parents croyants pensent leurs enfants plus altruistes

    Préalablement, les scientifiques ont étudié la pratique religieuse des parents sans quoi les résultats pourraient être biaisés. 

    Ensuite, ils ont demandé aux parents si, d’après eux, leurs enfants étaient généreux ou empathiques.

    Les résultats montrent que les parents religieux sont bien plus enclins que les athées à répondre : "oui, nos enfants ont de l’empathie, de la générosité et le sens de l’injustice" .

    Les enfants issus de familles croyantes sont plus sévères…

    Les chercheurs ont ensuite étudié leurs enfants : Ils ont projeté des vidéos aux enfants dans lesquelles on voit des enfants qui se bousculent, qui trébuchent, etc. La bousculade est soit volontaire, soit involontaire : ça peut être un accident, quand on joue au foot par exemple.

    Premier test : on demande aux enfants de de noter le niveau de "méchanceté" et le niveau de punition mérité par les _ "fautifs" - .

    L’étude montre que les enfants d’athées sont statistiquement plus compréhensifs que les enfants de familles croyantes. Il y a plus d’intransigeance et de sévérité chez les enfants de familles croyantes, et ça indépendamment du pays, même si les punitions les plus sévères viennent de enfants musulmans.

    Les enfants issus de familles athées donnent statistiquement et en moyenne plus de cartes à leurs camarades. _

    … et moins généreux *


    Deuxième test, un classique, les chercheurs ont testé la générosité de ces mêmes enfants. Ils leur ont demandé de choisir leurs 10 autocollants préférés parmi les 30 proposés sachant qu’ils devraient en donner certains par après mais n’auraient pas le temps d’en donner à tous. Ils doivent donc ensuite donner le nombre de cartes de leur choix à d’autres enfants moins chanceux. A nouveaux, les statistiques montrent que les enfants issus de milieux athées se séparent en moyenne d’un nombre plus important de cartes pour leurs petites camarades que les enfants qui vivent dans des milieux croyants.

    Evidemment les résultats évoluent aussi avec l’âge mais ça les psychologues le savent depuis longtemps : les plus jeunes partagent encore moins que les plus âgés. D’autres facteurs pourraient entrer en ligne de compte et mettre en évidence aussi des différences culturelles notables entre les pays, entre l’importance de la tradition : le Canada n’est évidemment pas la Chine. Les USA voisins peuvent aussi être définis en tant que société occidentale mais la religion y garde pourtant une importance plus prépondérante qu’au pays de l’érable.

    Déjà étudiée chez les adultes, cette question apporte en tout cas une nouvelle pierre à ce débat : Est-ce que la religion est, comme beaucoup le pensent, une base morale nécessaire pour rendre l’humain… plus humain ?

    Source : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-enfants-issus-de-familles-athees-plus-genereux-que-les-autres-selon- 

    #religion #morale #enfants #education #catéchisme #générosité #agressivité #altruisme #empathie #psychologie #partage #athéisme #croyants
    #protestants #catholiques #musulmans

  • The Axis of Generosity

    About the graphic:

    Much has been made about which countries are or aren’t doing enough for Syrian refugees. Governments across the Western world claim to be doing their bit, Gulf countries have reacted angrily to accusations they have done too little.

    Leaving aside political or military influence, countries can help alleviate the situation in two major ways: by taking in refugees or funding the humanitarian response. Both deserve credit. Some do both.

    The donors tend to keep their borders closed but give money to the humanitarian response. By providing funding to humanitarian operations, they may also hope to keep refugees in these countries or Syrians at home. Typically the biggest donors to the Syrian humanitarian crisis have taken only small numbers of refugees.

    On the other hand, neighbouring countries have hosted the majority of refugees, and in the case of Turkey, spent billions of their own income on them. Jordan, Lebanon and Iraq are not international donors and have needed, and received, more international aid to cope with the influx.

    Our graphic show the 28 countries that have made the biggest effort in terms of cash or taking in refugees. The numbers of Syrians who are resident abroad on work visas or other immigration arrangements are not sufficiently clear to be factored in. Refugee data is the latest available and emergency funding figures are from mid-September.

    The graph does not compare absolute volumes. Instead, giving credit where (some) credit is due, we included the twenty countries hosting the most Syrian refugees, and the twenty countries providing the most aid this year and combined them.

    We found 28 countries that are doing something significant for Syrian refugees. We ranked them and then plotted their rankings on cash giving and refugee hosting to make this: “The Axis of Generosity”.

    http://newirin.irinnews.org/dataviz/2015/9/21/the-axis-of-generosity-28-countries-doing-something-about-the-syri
    #réfugiés #asile #migrations #réfugiés #infographie #aide #générosité
    cc @reka

  • Quimper : Le boulanger qui donne ses invendus tous les soirs « LE JOURNAL DU SIÈCLE
    http://lejournaldusiecle.com/2013/11/22/quimper-le-boulanger-qui-donne-ses-invendus-tous-les-soirs
    http://lejournaldusiecle.files.wordpress.com/2013/11/side_4273160_1_apx_470_.jpg?w=700&h=454

    Étudiants, sans abris… Tous les soirs, ils sont nombreux à attendre devant la boulangerie de José Louiset les invendus qu’il donne à la fermeture de sa boutique.

    José Louiset, boulanger depuis plus de 15 ans dans le centre Quimper, a pensé à donner ses invendus voilà un an et demi, quand il a vu revenir à plusieurs reprises un homme qui fouillait ses poubelles à la fermeture de sa boutique. En ces temps de crise et alors que plus de 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, José Louiset ne veut plus voir ça.

    « Jeter des aliments frais, encore bons, ça ne ressemble à rien quand on sait que certains crèvent la dalle… » dit-il.

    Le boulanger a alors décidé de ne plus jeter ses invendus. Désormais, vers 19 h 30, il dépose sur le muret en face de la boulangerie des pains, des sandwiches et des viennoiseries, emballés dans des sacs blancs. « Tout ce qui n’a pas été vendu dans la journée », explique José Louiset, propriétaire des boulangeries "Au bon vieux temps" et du "Fournil du Chapeau rouge".

    #José-Louiset
    #breton
    #Quimper
    #générosité
    #crise
    #société
    #précarité
    #alimentation

    • Peut-être que la boulangerie à Jourdain fait toujours ça, ses pains étaient variés et vraiment délicieux et ça faisait le délice des squatts autour. Je sais par contre qu’ils ne voulaient pas l’ébruiter…

    • Je suppose qu’il y a toujours des circuits de récup qui marchent, comme celui des fins de marchés, ou des puces avant que les services de nettoyage passent. Mais plus encore que les hautes poubelles qui empêchent de reprendre facilement la bouffe non commercialisable (mais mangeable) comme chez certains bio, les coups de cutter dans la viande avec la javel versée dessus, la morale sociale réprouve et interdit de le faire, malgré la nécessité de recyclage des denrées qui se perdent. C’est toute une éducation que nous recevons pour avoir surtout honte de ne pas se plier aux circuits d’argent, de ne pas se comporter comme tout le monde, de ne pas se plier aux normes de décence et d’hygiène collective édictées. Autonomie oui, mais seulement avec agrément (chanter dans le métro) ou subventions d’état (les recycleries).
      Parlerons nous de la liberté qu’il y a à chanter dans la rue et à y faire la manche, à y gagner à peine un smic, à choisir son temps, à recycler ce que personne ne veut acheter. Cet espace mental différent se restreint alors que la misère augmente, et passer une semaine à la rue est une souffrance horrible, mais pourquoi ?
      Attention je ne dis pas que ce soit facile ou normal mais ça l’est encore moins à cause du regard de misérabilisme que nous adoptons systématiquement et dans lequel nous enfermons ceux qui vivent autrement pour moult raisons. Enfant, je me souviens de clodos admirables que tout le monde respectait, adulte certains sont morts dehors, devant chez nous, parce que le voisin (qui travaillait dans une association de charité) avait eu peur de les laisser rentrer dormir dans notre immeuble un jour de grand froid.
      #hypocrisie #générosité #coup_de_gueule

  • N° 3479 - Proposition de loi de M. Jean-Michel Ferrand visant à modifier les conditions d’attribution de l’allocation de solidarité aux personnes âgées
    http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3479.asp

    Ainsi, une personne de nationalité étrangère peut demander le bénéfice de l’#ASPA alors même qu’elle réside en France depuis peu et qu’elle n’y a jamais travaillé, ce qui paraît totalement aberrant.

    Comment admettre une telle #générosité de notre système social alors que nos comptes publics connaissent une situation de déficit permanent ?

    Il est indispensable de rationaliser notre système d’aide sociale et de mieux encadrer l’attribution de tels #avantages.

    709€/mois : les étrangers vont nous manger la laine sur le dos... Parce que c’est super généreux, quand même, non ?