• David Harvey : la revanche de l’espace by Cecile Gintrac

    Le géographe marxiste David Harvey développe depuis plusieurs années un « matérialisme historico-géographique » permettant notamment de penser les conflits entre les territoires comme un enjeu central de la domination capitaliste. Reprenant à Henri Lefebvre le concept de « droit à la ville », il réfléchit également aux manières d’en sortir

    « Le capitalisme est accro à l’expansion géographique autant qu’au changement technologique et qu’à la croissance économique » David Harvey

    Lire la suite dans : https://www.causecommune-larevue.fr/david_harvey_la_revanche_de_l_espace

    #periurbain #harvey #geopolitique #capitalisme #blanc_des_cartes



  • 15-Minute Walking Distance from a Train Station: Spatial Inequality in Paris Banlieues - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/architectural-projects/15-minute-walking-distance-from-a-train-station-spatial-inequality-i

    he map presented above was made in the continuity of the four previous ones that established an inventory of Paris Banlieues’ Cités (July 2014) and a cartographic alternative to our geographical imaginary of Paris (January 2015). This map consists in a simple graphic (and probably too approximate) exercise: tracing a rough 15-minute walking distance radius around each train station (Metro/RER/Regional train) of the “Greater Paris” — a notion only in formation at the administrative level. In such a centralized city, the connection to its center is fundamental in order to exercise a potential “right to the city.” As this map and the others show, the train lines are all oriented so to reach the center of Paris, which admittedly allows a more direct path to it; yet reinforces the pre-eminence of “fortified Paris” (see past article) to the detriment of banlieue-to-banlieue exchanges. A few tram lines allowing such displacements recently opened to support the bus system; yet, these vehicles are not comparable to the trains’ speed in any way.

    #cartographie #gare #chemin_de_fer #ville



  • L’improbable État de la #justice_climatique

    Faut-il compter sur les gouvernements nationaux pour sauver le climat ? Un État peut-il être capitaliste et écologiste ? Pour #Geoff_Mann et #Joel_Wainwright, l’appel à cette solution manque de réalisme, et d’autres formes de lutte contre le réchauffement climatique doivent être envisagées.


    https://laviedesidees.fr/L-improbable-Etat-de-la-justice-climatique.html
    #climat #changement_climatique #luttes #résistance


  • La géo-ingénierie à petite échelle
    http://www.internetactu.net/2018/12/12/la-geo-ingenierie-a-petite-echelle

    Alors que la lutte contre le réchauffement climatique semble de plus en plus difficile, on parle de plus en plus du « plan B », celui de la géo-ingénierie. Toujours avec les mêmes craintes et avec la même ambiguïté. Car les partisans de la géo-ingénierie semblent appartenir à des camps opposés : d’un (...)

    #Articles #Enjeux #écologie #géoingénierie


  • « #Gilets_jaunes » : une #enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395

    Une équipe de 70 #universitaires mobilisée
    Collectif d’universitaires, nous avons lancé, dès la fin du mois de novembre, une enquête de terrain pour comprendre le mouvement des « gilets jaunes ». Nous sommes allés les rencontrer dans différentes régions de France, dans les manifestations et sur les ronds-points. Nous livrons ici les premiers résultats sur les profils et les motivations qui apparaissent derrière les « gilets jaunes ».

    Le 21 octobre, Priscillia Ludosky crée une pétition en ligne « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! ». Rapidement et massivement diffusée sur les réseaux sociaux, relayée par les médias, la pétition atteint 200 000 signataires en quelques jours, et plus de 1 million aujourd’hui.

    Une journée d’action est prévue le 17 novembre, avec pour mots d’ordre la baisse des taxes et du prix des carburants. Cette mobilisation est préparée de manière décentralisée et autonome par des groupes locaux et nationaux, qui s’organisent notamment sur la plate-forme Facebook. Le 17 novembre, ce sont plus de 280 000 personnes, vêtues d’un gilet jaune, qui participent à cette mobilisation dans la France entière, principalement à travers des actions de blocage des routes, au niveau des ronds-points ou péages. A Paris, une manifestation a lieu sur les Champs-Elysées et certains manifestants tentent de se rendre au palais de l’Elysée, avant d’être bloqués par la police. Dans les jours qui suivent cette journée de mobilisation, les blocages continuent et d’autres journées de manifestations sont lancées pour les samedis suivants.

    Au lendemain du 17 novembre, des chercheuses du Centre Emile-Durkheim (Bordeaux) lancent un appel à participation auprès de la communauté des chercheurs et chercheuses en science politique pour comprendre le mouvement. Le collectif compte aujourd’hui près de 70 personnes, qui sont des enseignants-chercheurs, des chercheurs au #CNRS et à l’#INRA, des docteurs sans poste, des étudiantes et étudiants. #Sociologues, #politistes et #géographes travaillent ensemble sur la base du volontariat.

    L’ampleur du mouvement et la rapidité avec laquelle il s’est constitué, en dehors des organisations syndicales et des partis, tout comme ses modes d’action et ses mots d’ordre interpellent. Qui sont les « gilets jaunes » ? Que souhaitent-ils ? Assiste-t-on à un renouvellement profond des modalités de la protestation et de la politique ? Faut-il y voir un retour de formes traditionnelles de révoltes populaires ? Comment un tel mouvement est-il susceptible d’évoluer dans le temps et comment comprendre sa portée ?

    166 #questionnaires analysés
    L’objectif de l’enquête « gilets jaunes » est de récolter des données pour saisir sociologiquement ce mouvement. Il s’agit de comprendre sa complexité, sa composition et son évolution, de recueillir les revendications de ses participants et participantes et de mesurer la variété de ses modalités d’organisation et de mobilisation. Des groupes de travail se sont mis en place à partir de différentes méthodes : observation sur le terrain, analyse lexicométrique des réseaux sociaux, questionnaires, entretiens, cartographie. Parallèlement à ce questionnaire, une équipe de géographes mène une enquête complémentaire en Normandie. Les données sont toujours en cours de décryptage. Les premiers résultats présentés ici sont basés spécifiquement sur l’analyse des questionnaires administrés dans les manifestations, sur les ronds-points et aux péages.

    • Nous partons du terrain pour établir nos résultats. La parole des personnes et leurs attentes sont au cœur de l’enquête, notre objectif a été de les récolter et de les restituer le plus fidèlement possible. Les données sont traitées selon des méthodologies croisées qui rendent compte du mouvement d’une manière plus approfondie et complexe qu’un seul point de vue ne permet de le faire.

      L’équipe « questionnaires » se compose de 13 personnes basées à Bordeaux et sa région, Marseille, Caen et sa région, Rennes, Montpellier, Grenoble et sa région. Pour cette enquête, nous avons décidé de nous concentrer sur les personnes actives dans le mouvement, ayant participé au moins à une manifestation ou un blocage, et avons pu analyser jusqu’ici 166 questionnaires diffusés les 24 novembre et 1er décembre. L’enquête est toujours en cours et se poursuivra dans les semaines qui viennent. Nous avons choisi de mener des entretiens en face à face, démarche qui permet de recueillir des témoignages plus riches, plus précis et plus longs que la passation de questionnaires indirecte ou en ligne. Le questionnaire compte en tout 28 questions, 5 d’entre elles sont ouvertes, et nous avons en outre pris soin de noter les commentaires sur l’ensemble des questions posées. Concernant les sujets abordés, 15 questions portent sur les motivations des participants, les réformes souhaitées, les modes d’action privilégiés et leur rapport au politique ; les 13 dernières portent sur le profil sociodémographique des personnes mobilisées.

      Les questionnaires ont été majoritairement administrés par les enquêteurs. Le temps requis à recueillir les réponses varie d’une dizaine de minutes à quarante minutes. L’administration de questionnaires en manifestation est un exercice délicat en raison de la mobilité et, dans ce contexte particulier, de l’incertitude sur le parcours du cortège et des dispositifs de maintien de l’ordre. Cette recherche est réalisée sans fonds spécifiques et n’a été rendue possible que par le travail de nombreuses et nombreux collègues, étudiantes et étudiants volontaires.

    • S’il n’y a pas de portrait type des manifestants, puisqu’une des caractéristiques du mouvement est sa diversité, les « gilets jaunes « sont d’abord des personnes, hommes et femmes, qui travaillent (ou, étant retraités, ont travaillé), âgées de 45 ans en moyenne, appartenant aux classes populaires ou à la « petite » classe moyenne.
      Les résultats, encore très provisoires, présentés ici s’appuient sur l’analyse de 166 questionnaires distribués auprès des participants aux actions sur les ronds-points et aux péages, ou lors des manifestations ayant eu lieu les 24 et 1er décembre, par une équipe d’une dizaine de chercheurs et d’étudiants. Le questionnaire a été élaboré de manière à recueillir des informations détaillées et précises sur les participants.

      • Une surreprésentation des employés et une sous-représentation des cadres
      Certaines catégories apparaissent comme particulièrement surreprésentées au sein des « gilets jaunes » qui nous ont répondu. C’est le cas des employés, qui constituent 33 % des participants (soit 45 % des actifs présents, contre 27 % de la population active française). Ils sont plus de deux fois plus nombreux que les ouvriers, qui représentent 14 % des participants. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont également particulièrement nombreux : 10,5 % des participants (14 % des actifs présents, contre 6,5 % de la population active française).
      A l’inverse, les professions intermédiaires et les cadres sont peu représentés : les premiers comptent pour 10 % des participants (13 % des actifs présents, contre 26 % de la population active française) ; les seconds sont à peine 5 % des participants (7 % des actifs présents, contre 18 % de la population active française) dans les cortèges et blocages qui ont eu lieu entre le 24 novembre et le 1er décembre. Un quart des participants au mouvement des « gilets jaunes « appartiennent à la catégorie « inactifs » ; pour la majeure partie, il s’agit de retraités.

    • • Des manifestants « d’âge moyen »
      Les « gilets jaunes » participant à l’enquête ont en moyenne 45 ans, un peu plus que l’âge moyen de la population française, qui s’élève à 41,4 ans. Les classes d’âge les plus mobilisées sont les 35-49 ans (27,2 %), puis les 50-64 ans (26,6 %) et les 25-34 ans. Les 18-24 ans représentent 6,2 % des participants ; les plus de 65 ans, 17,3 %.
      • Un mouvement mixte
      Les hommes (54 %) sont un peu plus nombreux que les femmes (45 %). Cependant, la forte proportion de femmes, appartenant souvent aux classes populaires, une catégorie sociale traditionnellement peu mobilisée politiquement, est un fait notable. On y lit une propension de femmes à manifester identique à celle que nous avons observée dans les cortèges des 24 novembre et 1er décembre. Un écart comparable (55 % d’hommes, 44 % de femmes parmi les répondants) était observé dans le questionnaire administré dans la Manif pour tous du 16 octobre 2016.
      Les femmes ont toujours manifesté, comme le montrent de nombreux travaux historiques. Elles sont en revanche ici plus visibles. A cela plusieurs raisons : sans porte-parole officiel, représentants syndicaux et politiques, qui sont habituellement des hommes, et en absence de structures, les médias sont contraints de tourner le regard vers les participantes et participants « ordinaires ». La forte dimension sociale du conflit et la centralité des revendications sur les conditions matérielles d’existence dans le mouvement social participent à la visibilité des femmes.
      • Une surreprésentation des bacheliers et des titulaires de CAP et BEP
      Quelque 20 % des personnes interrogées sont diplômées du supérieur (contre 27 % de la population générale, données Insee 2014) ; 5 % des participants ont un bac + 4 et au-delà, tandis que les deux niveaux de diplôme les plus représentés sont les détenteurs de BEP et CAP, qui sont 35 % (contre 24 % dans la population générale), et les bacheliers (29,3 % des répondants, contre 16,5 % de la population générale). Seuls 15,4 % des participants ont un diplôme inférieur au brevet (31,4 % de la population générale). Toutefois, le 8 décembre, nous avons reçu davantage de réponses de la part de personnes ayant un diplôme de master ou équivalent. Se dessine ainsi une population de participants ayant des niveaux de qualification intermédiaires.
      • Des mobilisés aux revenus modestes
      Quelque 55 % des répondants nous déclarent être imposables (une proportion presque identique à la population générale) et 85 % indiquent posséder une voiture. Le revenu médian du foyer déclaré représente 1 700 euros par mois, soit environ 30 % de moins que le revenu médian moyen déclaré de l’ensemble des ménages (enquête « Revenus fiscaux et sociaux » 2015 de l’Insee). Les participants aux actions des « gilets jaunes » sont donc pour la majorité d’entre eux des individus aux revenus modestes. Ils n’appartiennent pas aux catégories les plus précarisées économiquement : 10 % d’entre eux déclarent avoir un revenu inférieur à 800 euros par mois (contre 519 euros pour les 10 % des ménages français les plus pauvres).
      • Des primo-manifestants en nombre et des modes d’action variés
      Pour presque la moitié des répondants (47 %), le mouvement des « gilets jaunes » constitue leur première mobilisation. Seuls 44 % ont déjà participé à une grève. Il s’agit donc de participants peu rompus à l’action collective. Aux questions posées sur les formes d’action collective que la personne serait prête à accomplir ou à laquelle elle a déjà participé, la manifestation est le mode d’action le plus plébiscité (81 %), suivi par la pétition (69,4 % d’entre eux déclarent en avoir déjà signé une). Presque 9 participants sur 10 rejettent les modes d’action impliquant des violences aux biens, mais 58,8 % d’entre eux se déclarent par exemple prêts à occuper un bâtiment administratif. La moitié exclut également l’idée d’aller manifester à Paris, les répondants évoquant des raisons économiques, la violence et la nécessité de rester visible en province pour justifier ce choix. Sur le consentement à l’impôt, seuls 5 % des participants déclarent avoir déjà refusé de payer l’impôt, tandis que 58,4 % l’excluent complètement comme moyen d’action. Des analyses séparées ont d’ailleurs relevé très peu de différences entre les réponses des hommes et des femmes.
      • Un rejet des organisations représentatives traditionnelles et des orientations politiques atypiques
      Notre enquête confirme également le large rejet des organisations représentatives traditionnelles : 64 % considèrent que les syndicats n’ont pas leur place dans le mouvement, 81 % pensent de même pour tous les partis politiques.
      Ce rapport de distance ou de méfiance à l’égard du système de représentation institué se retrouve lorsque les répondants sont invités à se situer sur l’échelle gauche-droite. La réponse dominante consiste à se déclarer comme apolitique, ou « ni de droite ni de gauche » (33 %). En revanche, parmi ceux qui se positionnent, 15 % se situent à l’extrême gauche, contre 5,4 % à l’extrême droite ; 42,6 % se situent à gauche, 12,7 % à droite et, surtout, seulement 6 % au centre. En comparaison, un sondage conduit par Ipsos en avril montrait que 22 % des Français rejettent le clivage gauche-droite, quand 32 % se situent à gauche et 39 % à droite. Cette grande diversité du rapport au politique est un élément majeur de la singularité du mouvement.

    • • Les motivations : pour le pouvoir d’achat et contre une politique favorable aux riches
      Pour les répondants, il s’agit moins d’une révolte contre une taxe en particulier, ou pour la défense de l’usage de la voiture, qu’une révolte contre un système fiscal et de redistribution jugé inique. Une révolte contre les inégalités, mais aussi contre une parole politique qui les méprise et les infériorise symboliquement. Il s’agit à la fois de défendre leur pouvoir d’achat et leur accès à un standard de vie (notamment les loisirs, de plus en plus inaccessibles) et d’une exigence de respect à leur égard et de reconnaissance de leur dignité de la part du personnel politique (gouvernement et président de la République).

      Nous avons invité les participants à s’exprimer sur leurs motivations à travers une question ouverte en début du questionnaire (« Pourquoi manifestez-vous aujourd’hui ? »). Un pouvoir d’achat trop faible est le premier motif évoqué (plus de la moitié des répondants). Plusieurs personnes se plaignent de ne plus pouvoir s’offrir le moindre plaisir (« J’ai la vingtaine et j’ai pas une thune. Si je veux sortir, je dois me mettre à découvert »). Des mères de famille nous font part de leurs fins de mois difficiles (« J’aimerais bien que mes enfants puissent avoir à manger dans leurs assiettes, et pas que des patates les deux dernières semaines du mois »), qui entraînent parfois des difficultés de logement, dont ont témoigné aussi bien des jeunes étudiants (« Je n’ai pas les moyens de me loger, je vis dans la dépendance d’une amie ») que cette mère de famille (« Nous étions obligés de descendre dans le Sud pour vivre chez ma belle-mère »).
      Suit, dans la liste des motivations, le fardeau fiscal trop important (69 répondants, dont 18 qui pointent explicitement le prix élevé du carburant). Près d’un sur cinq déclare être là pour protester contre le gouvernement actuel et demande la démission d’Emmanuel Macron, évoquant l’« arrogance » de l’exécutif. Les termes de « monarchie », d’« oligarchie » ou de « dictature » reviennent pour souligner son caractère illégitime. On voit poindre le 24 novembre, puis se confirmer le 1er décembre, la demande de réformes institutionnelles. Un dixième des enquêtés demandent des réformes institutionnelles. Cette tendance semble accentuée chez les participantes et participants aux cortèges du 8 décembre.
      Une deuxième question ouverte portait sur les mesures que le gouvernement devrait prendre pour répondre aux revendications des « gilets jaunes ». La réponse la plus fréquente est sans surprise une baisse des taxes et impôts, évoquée spontanément par un tiers des répondants. Pour 48 enquêtés, des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat sont également nécessaires. Parmi eux, 28 personnes demandent une augmentation du smic, voire des salaires en général, 14 une augmentation générale du pouvoir d’achat, 8 une augmentation des retraites. Des demandes de reditsribution des richesses reviennent dans les réponses de 36 participants : 19 demandent spontanément la réintroduction de l’ISF, 5 une répartition plus juste des impôts.

      « Une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales »

      Plus d’un cinquième des répondants demandent d’ailleurs tout simplement que le gouvernement écoute les citoyens, « qu’il se mette à [leur] place ». Il s’agit ainsi d’une des préoccupations principales des personnes rencontrées. Enfin, une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales. Ainsi, 26 personnes ont déclaré que des réformes institutionnelles importantes seront nécessaires pour qu’elles puissent considérer que le mouvement est un succès : 18 en demandant des changements parfois fondamentaux (par exemple, en réclamant une « réforme totale de l’Etat », « un autre système politique »), 8 en demandant la fin des privilèges des parlementaires et 4 en se disant convaincus de la nécessité d’une VIe République.
      Il est à noter que seulement 2 des 166 personnes interrogées ont mentionné la gestion de l’immigration dans leurs réponses aux deux questions présentées. Cela invite à reconsidérer les analyses qui font du mouvement une émanation de l’extrême droite.

      « Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent comme étant une plus grande justice sociale et la demande d’écoute de la part du pouvoir »

      Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent donc comme étant une plus grande justice sociale (qu’il s’agisse d’un système fiscal faisant davantage participer les plus aisés, d’une meilleure redistribution des richesses ou encore du maintien des services publics) et la demande d’écoute de la part du pouvoir. Au contraire, les revendications nationalistes, liées notamment à l’identité ou à l’immigration, sont très marginales, démentant l’idée d’un mouvement qui serait noyauté par les électeurs ou les militants du Rassemblement national. Comme le souligne le sociologue Alexis Spire, auteur de Résistances à l’impôt, attachement à l’Etat (Seuil, 312 pages, 22 euros), c’est avant tout le sentiment d’injustice fiscale, plus prégnant chez les classes populaires, qui explique cette mobilisation.

      En résumé, cette révolte est bien celle du « peuple » – comme se revendiquent nombre de personnes interrogées – au sens des classes populaires et des « petites » classes moyennes, celle des revenus modestes. Dès lors, plusieurs éléments font des « gilets jaunes » une contestation singulière par rapport aux mouvements sociaux des dernières décennies. Outre son ampleur, la forte présence des employés, des personnes peu diplômées, des primo-manifestants et, surtout, la diversité des rapports au politique et des préférences partisanes déclarées font des ronds-points et des péages des lieux de rencontre d’une France peu habituée à prendre les places publiques et la parole, mais aussi des lieux d’échange et de construction de collectifs aux formes rarement vues dans les mobilisations.

      Camille Bedock, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Antoine Bernard de Raymond, Irisso, université Paris-Dauphine, INRA �Magali Della Sudda, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Théo Grémion, diplômé d’un master de géopolitique de l’université de Genève et d’une maîtrise d’urbanisme de l’université Paris-X �Emmanuelle Reungoat, Centre d’études politiques de l’Europe latine, université de Montpellier �Tinette Schnatterer, centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS


  • À Paris, la contestation gagne les lieux du pouvoir (Le Monde diplomatique, 5 décembre 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2018-12-05-gilets-jaunes-Paris-lieux-pouvoir

    Trois jours après les mobilisations de « gilets jaunes » avenue Kléber à Paris, les riverains de ce beau quartier de la capitale « sont toujours sous le choc », raconte Le Parisien. Il est vrai qu’ils sont plus habitués à accueillir chaînes de télévision et grandes multinationales que les parcours des manifestations. Pour illustrer cette situation inédite, Le Monde diplomatique actualise la carte des lieux de pouvoir à Paris conçue pour le Manière de voir « Où se cachent les pouvoirs ? ».

    S’y ajoute une sélection d’archives pour mieux cerner les ressorts d’un mouvement sans précédent, sur fond de crise écologique et d’injustice fiscale, impliquant des groupes sociaux découragés, sur tout le territoire et en dehors des structures traditionnelles (lire Frédéric Lordon, « Fin de monde ? »). En précisant ses objectifs, comme l’augmentation du salaire minimum, en affermissant ses revendications sociales, ce mouvement des « gilets jaunes » provoque d’ailleurs la volte-face de certains éditorialistes et politiciens libéraux… qui avaient pourtant commencé par le soutenir.

    #gilets_jaunes #cartographie #géopolitique


  • Les gangsters de la #finance

    Blanchiment, fraude fiscale, corruption, manipulation des cours... : depuis la crise de 2008, la banque HSBC est au coeur de tous les scandales. Cinq ans après leur film sur Goldman Sachs, Jérôme Fritel et Marc Roche passent au crible cet empire financier au-dessus des lois.

    Créée à Hongkong, il y a un siècle et demi, par des commerçants écossais liés au trafic d’opium, HSBC (Hongkong and Shanghai Banking Corporation) n’a cessé de prospérer en marge de toute régulation. Aujourd’hui, la banque britannique à l’ADN pirate incarne à elle seule les excès et les dérives de la finance internationale. Blanchiment de l’argent du crime – celui des cartels de la drogue mexicains et colombiens –, évasion fiscale massive, corruption ou manipulation du cours des devises et des taux d’intérêt : depuis la crise de 2008, ce géant a été mêlé à de nombreux scandales avec régularité et en toute impunité. Car l’opaque HSBC, experte en sociétés-écrans, dont les coffres débordent d’argent liquide déposé par ses clients discrets et douteux, est devenue too big to jail, « trop grosse pour aller en prison ». La banque, riche de quelque 3 000 milliards de dollars, s’en tire chaque fois avec des amendes dérisoires. Trait d’union entre l’Orient et l’Occident, elle sert aussi désormais de pipeline pour les centaines de milliards d’euros de capitaux chinois partant à la conquête des marchés occidentaux : HSBC navigue aujourd’hui sous pavillon rouge.

    Nouvelles menaces
    Après Goldman Sachs – La banque qui dirige le monde, Jérôme Fritel et Marc Roche plongent dans les arcanes d’un empire tentaculaire qui se cache derrière sa vitrine de banque de détail britannique. De Hongkong aux États-Unis en passant par l’Europe, cette édifiante enquête révèle non seulement l’ampleur ahurissante des malversations commises par HSBC, mais éclaire aussi – avec une remarquable limpidité – les menaces qui se profilent sur la stabilité financière mondiale, dix ans après la crise des subprimes.


    https://www.arte.tv/fr/videos/069080-000-A/les-gangsters-de-la-finance
    #banque #HSBC #économie #blanchissement_d'argent #évasion_fiscale #drogue #impunité #Hong_Kong #argent_sale #film #documentaire #panama_papers #fraude_fiscale #paradis_fiscaux #sociétés-écran #guerre_de_l'opium #too_big_to_jail #bankster #mondialisation #globalisation #Angleterre #UK #George_Osborne #Stephen_Green #Chine #Suisse #opération_chocolat #Swiss_leaks #SwissLeaks #David_Cameron #Stuart_Gulliver #EDF #nucléaire #route_de_la_soie #nouvelle_route_de_la_soie #monnaie #city_of_london #Londres #Hinkley_Point


  • La revanche des #villages

    Opposer la #richesse des #villes à la #pauvreté des #campagnes, c’est en fait ne pas comprendre la réalité des #inégalités_territoriales. Les villages sont aujourd’hui souvent plus attractifs qu’un grand nombre de #villes_moyennes, qui connaissent des difficultés démographiques et économiques majeures.


    https://laviedesidees.fr/La-revanche-des-villages.html
    #géographie_rurale #villes #urban_matter #attractivité


  • #Philippe_Descola : « #anthropocène : la dévastation désinvolte de l’#écosystème »

    https://www.franceculture.fr/conferences/philippe-descola-anthropocene-humain-trop-humain

    Le naturaliste et géographe #Alexander_von_Humboldt définissait l’objet de sa recherche comme l’étude de l’habitabilité progressive de la surface du globe. Comment les humains avaient peu à peu transformé leurs environnements pour les plier à leurs usages et former des écosystèmes au sein desquels ils étaient devenus des forces décisives. Deux siècles plus tard, une question se pose avec urgence : comment avons-nous enclenché un processus qui va rendre la Terre de moins en moins habitable ? Et comment faire pour enrayer ce mouvement ? Que s’est-il donc passé entre le constat optimiste de Humboldt et ce qui semble être le terrible échec de l’humanité ?

    #cartographie #géographie



  • « Gilets jaunes » : le patronat presse le gouvernement de sortir de cette crise. Le patron des patrons (#Geoffroy_Roux_de_Bézieux) propose de redistribuer « la taxe du versement transport » 8 milliards d’euros
    versée par les entreprises directement aux esclaves, pardon aux salarié·e·s Les entreprises se chargeant de cette redistribution, bien sûr précise GRDB.

    À plus long terme, le patron des patrons estime que l’État devra ensuite régler le problème qui existe dans certaines régions « pour se déplacer ». « Nos salariés habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail. Ce problème-là, il faut le prendre à bras-le-corps. » Pour se faire, il propose qu’une partie des 8 milliards d’euros de « la taxe du versement transport » versée par les entreprises pour financer le transport collectif, « soit affectée dans les territoires où il n’y a pas de transports en commun pour aider les salariés qui ont du mal à se rendre à leur travail. Le meilleur système, c’est de verser les sommes aux entreprises qui se chargeraient ensuite de les reverser aux salariés sous forme d’indemnités kilométriques » détaille-t-il.

    Le figaro.fr

    https://payetonruissellement.tumblr.com


    #ruissellement #pognon_de_dingue #transport #medef #tumblr #en_embuscade #gilets_jaunes


  • In China, your car could be talking to the government
    https://www.apnews.com/4a749a4211904784826b45e812cff4ca

    When Shan Junhua bought his white Tesla Model X, he knew it was a fast, beautiful car. What he didn’t know is that Tesla constantly sends information about the precise location of his car to the Chinese government. Tesla is not alone. China has called upon all electric vehicle manufacturers in China to make the same kind of reports — potentially adding to the rich kit of surveillance tools available to the Chinese government as President Xi Jinping steps up the use of technology to track (...)

    #Daimler #Ford #General_Motors_(GM) #Mitsubishi #Nissan #Tesla #Volkswagen #géolocalisation #automobile #surveillance #BMW #NIO (...)

    ##General_Motors__GM_ ##voiture


  • Chine : Google aurait coupé ses équipes vie privée et sécurité du projet Dragonfly
    https://www.nextinpact.com/brief/-chine---google-aurait-coupe-ses-equipes-vie-privee-et-securite-du-proje

    The Intercept révèle certains événements qui ont mené au projet de moteur de recherche destiné à la Chine, Dragonfly, dont un groupe de 500 « employés » a récemment demandé l’abandon, sous pression d’Amnesty International. Le média se fonde sur les témoignages de quatre employés. Selon nos confrères, le service s’appuierait sur un partenaire local, comme il est d’usage en Chine, avec des serveurs hébergés à Pékin ou Shanghai. Ce détail aurait été annoncé par des hauts cadres du groupe lors d’une première (...)

    #Google #GoogleSearch #Dragonfly #censure #filtrage #surveillance #web #géolocalisation


  • Uber, Deliveroo… Cet arrêt de la Cour de cassation qui inquiète les plates-formes numériques
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/12/01/uber-deliveroo-cet-arret-de-la-cour-de-cassation-qui-inquiete-les-plates-for

    Les autoentrepreneurs pourront s’appuyer sur cette décision de justice pour exiger des start-up leur requalification en salariés. L’angoisse est en train de gagner les Deliveroo, Uber, Heetch et autres Stuart. Ces plates-formes numériques craignent que leur modèle économique ne soit remis en cause en France par un arrêt de la Cour de cassation, publié mercredi 28 novembre. La plus haute juridiction française a, en effet, décidé de requalifier le contrat commercial d’un ancien livreur de Take Eat Easy, (...)

    #Uber #travail #géolocalisation #Deliveroo #procès #Stuart #Heetch



  • Comment tuer une ville

    Le 29 août 2005, un #ouragan s’abattait sur La #Nouvelle-Orléans, tuant près de deux mille personnes et détruisant des dizaines de milliers d’habitations. Cette catastrophe a permis aux décideurs et aux élites économiques d’expérimenter un urbanisme de la #table_rase, visant à remplacer les pauvres par des touristes. Une méthode dont risquent bien de s’inspirer d’autres dirigeants désireux de tirer profit des tragédies climatiques…


    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/CYRAN/59367
    #New_Orleans #catastrophe_naturelle #urbanisme #touristes #pauvreté #pauvres #vide #géographie_du_vide #climat

    v. aussi
    #Stratégie_du_choc de #Naomi_Klein


  • Géolocalisation : 7 associations se dressent contre Google et ses « pratiques déloyales »
    https://www.numerama.com/politique/443725-geolocalisation-7-associations-se-dressent-contre-google-et-ses-pra

    Sept associations ont saisi les autorités de protection des données pour dénoncer les pratiques de Google en matière de géolocalisation. Elles se basent sur une enquête norvégienne pointant les stratagèmes de l’entreprise pour forcer l’activation de cette option. Google s’attendait-il à ce que le Règlement général sur la protection des données personnelles entraîne une telle activité contre lui ? Depuis le 25 mai, de nombreux fronts ont été ouverts : on compte deux actions collectives (l’une de La (...)

    #Google #terms #géolocalisation #LaQuadratureduNet #NOYB #UFC-QueChoisir #BEUC

    //c2.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2018/11/forbrukerradet-norge-geolocalisation.jpg


  • « France périphérique », le succès d’une illusion

    Le mouvement des #gilets_jaunes semble consacrer le succès d’une représentation fortement enracinée dans les champs médiatique et politique, au point d’être devenue le prêt-à-penser des discours sur la France contemporaine : celle d’un pays coupé en deux entre #métropoles dynamiques et territoires « périphériques » en difficulté. Selon la plupart des commentateurs – y compris les éditorialistes de grands quotidiens comme Le Monde ou Libération – la contestation en cours serait l’expression d’une colère, voire d’une revanche des seconds à l’égard des premières.

    https://www.alternatives-economiques.fr/france-peripherique-succes-dune-illusion/00087254
    #périphérie #France #géographie_rurale

    • Eux et nous

      La #France_périphérique a valu à son auteur des reproches unanimes. Son sous-titre précise le propos : il s’agit de dénoncer les élites qui ont précipité la France dans la mondialisation et n’ont pas pris garde aux conséquences négatives qu’elle a sur les classes populaires.
      Christophe Guilly
      La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires.
      (Flammarion)

      Géographe, Christophe Guilluy lit ce divorce dans la dualité spatiale de la France d’aujourd’hui : aux métropoles dynamiques s’opposent les mornes espaces périurbains, les campagnes désespérées, les petites villes marquées par le chômage et la récession économique. La France périphérique : une variante géographique sur le motif poujadiste du eux et nous ?

      https://www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr/mode-lecture/eux-et-nous-1137
      #paywall

    • Les CHERCHEURS d’ESO et « LA FRANCE PERIPHERIQUE »

      Pierre Bergel, Jean Rivière, Éléments sur la genèse de La France périphérique. Introduction

      Aliette Roux, Christophe Guilluy géographe ? Cinq rappels de méthodologie scientifique

      Régis Keerle, A propos de la carte « La France périphérique qui gronde » : analyse critique et proposition d’enrichissement de la méthode cartographique standard par la mappographie

      Catherine Laidin, Le rural, cet espace périphérique ?

      Xavier Michel, Dépasser le contraste métropoles/périphéries pour analyser les mobilités

      http://eso.cnrs.fr/fr/publications/eso-travaux-et-documents/n-41-octobre-2016.html


  • Après plusieurs décennies de #désertification, certaines zones #rurales sont réinvesties par des populations #urbaines. Mais parfois, le partage d’un territoire par ses #habitants ne suffit plus à construire une #identité commune. Qu’en pensez-vous ?

    https://sms.hypotheses.org/6685

    #désert, #désertification, #village, #rural, #urbain, #habitant, #identité, #territoire, #vie, #quotidien, #vivre


  • “A #Femifesto for Teaching and Learning Radical Geography”

    The Athena Co-Learning Collective[1] is a group of graduate students and faculty at the University of Georgia who are committed to living and learning differently in the academy and our communities. We came together in the wake of the 2016 election with various needs for community, praxis, and feminist theory in our work and lives. Our purpose is to work together in active resistance to white supremacist heteropatriarchy and toxic masculinist practices that have underpinned knowledge production and instruction at our universities. We seek to engage, share, and learn from a diversity of knowledges, experiences, hopes, and fears as a means to rehumanize our relations and learning communities. We are inspired by the many feminist collectives who have formed inside and outside the academy before us.[2]

    Recently, many decolonial, anti-racist, and feminist scholars have expanded radical geography and related fields to include a greater diversity of thinkers, writers, and activists. Yet, few of these interventions have materialized as changes to the practices of the academy, or even the discipline of geography (de Leeuw and Hunt 2018). In this, our own intervention, we describe the Athena Co-Learning Collective’s efforts to reject the traditional and enduring graduate seminar format and to structure a seminar based instead on intentionally feminist, anti-racist, and decolonial theory, pedagogy, and praxis.[3] Our work begins in the classroom because it is a key location in the perpetuation of hegemonic ways of thinking and doing that have remained largely the same for centuries (Mohanty 2003). We collaboratively craft the content of our shared learning space, and focus on transforming the oppressive social relationships that were laid bare in new ways for many (but not all) the members of our collective in the wake of the Trump election. By centering the ideas of scholars who build theory for liberatory praxis, we can change how we know ourselves and each other, and how we act within these intimate and broader relations. Furthermore, we intentionally create a “collective” (as opposed to a classroom) as a way to name and define our project as something that is intended to be more than a learning experience, but responsive to emotional needs as individuals and in our community.

    As a means of undoing white supremacist heteropatriarchy, we began by undoing the toxic masculinist practices that materially and metaphorically make the traditional graduate seminar space possible. These masculinist performances typically involve one or more “expert” faculty determining the important scholars to read, then overseeing class “discussion” (often structured as debate) where students seek to prove they have learned something (ideally more than their peers). It includes, furthermore, the privileging of totalizing narratives frequently emanating from the work of Eurocentric male scholars (e.g. Marx, Heidegger, Althusser, Foucault); the performance of competitive behavior (i.e. individualized performances that prioritize speaking out loud, debating, correcting); the enactment of microaggressions (i.e. talking over, ignoring, minimizing the contributions of women, queers, and people of color); and the deployment of reductive logics (i.e. finding one thesis or explanation in a text).

    We believe that liberation from white supremacist heteropatriarchy requires that: 1) we conduct ourselves differently in the teaching and learning process with new feminist, anti-racist, and de-colonial practices and agreements; and 2) we give women, POC, queer people, Indigenous people, and other thinkers the same seriousness and focus we might afford the historical objects of our disciplinary canons. To put this into practice, we began our collective with several key principles and goals: to enact non-hierarchical power relations among all in the room (including faculty); to do away with hypercompetitive performativity; to keep realistic workloads and expectations through “slow” scholarship (Mountz et al. 2015), while also recognizing that faculty, across racial identifications, experience very different time and labour pressures that we must collectively be conscious of; to learn with one another to collectively understand the multiple meanings in the texts we read; to create a space to learn free of shaming; to imagine what radical potential can emerge through this work.[4] This begins to constitute what we understand as the rehumanization of our collective efforts to teach and learn.

    Furthermore, by engaging with feminist, Black, Indigenous, Chicana, and decolonial epistemologies and theorists, we learned that we must not deny or artificially tidy up incommensurabilities, conflicting truths, and uncomfortable subjects. In seeking hard boundaries and sharp gulfs between subjects and objects, us and them, fact and fiction, white supremacist heteropatriarchal forms of knowledge production have violently erased difference and replaced it with hierarchy (Gilmore 2002). Therefore, our politics of knowledge production include:

    1) Generating Collective Solidarity: The first step is to relate to one another – and to support each other – as complex human beings embodying a number of subject positions. None of us enters the classroom as only student or only teacher. Rather, we are also parents, children, partners, laborers, survivors, and so on. Feminist, anti-racist, and queer theory is personal to us all. We cannot engage it in a disembodied or individualistic way. This means allowing time and space to discuss personal, emotional, and non-academic issues as part of the learning process. This also includes being honest about why we may not be fully present or prepared for class activities; getting to know one another outside of the classroom; acknowledging how our own experiences shape our understandings of texts and ideas; engaging in hard conversations about difference and disagreement; kindly confronting misogynistic, racist, or homophobic actions or words among one another; “staying with the trouble” (Haraway 2016) and working through the discomfort individually and collectively.

    2) Engaging in Co-Learning Praxis: We make a commitment to learning with and from each other. We learn more when we cooperate, and we gain power through collectivizing the work of learning. Rather than keeping our knowledge and education to ourselves, we share – share accountability for each other’s learning and share our ideas and knowledge with each other. For example, in the context of the seminar, we collectively chose texts to read, generated shared class notes, collaboratively engaged with texts in large and small groups, and wrote final papers as a class based on our collective (not individualistic) engagement with the readings. We frequently revisited and adjusted course expectations, activities, and assignments to support these efforts.

    3) Enacting Our Ideas through Real World Politics: We believe that it is essential to practice applying this knowledge within our real lives. We develop skills and personal practices for confronting sexism, racism, and unquestioned settler futurity in our workplace and in our communities. We advocate for “radical vulnerability” (Nagar 2014) in communication practice to help realize this aspirational goal. This means modeling intentional courage with each other to raise and navigate difficult topics in our shared workspace, establishing group agreements and conflict mediation norms, and accepting that conflict or difference do not render relationships disposable. While we were not always able to fully enact the principles of feminist collective praxis, we committed to the ongoing task of working through the messiness, especially during critical moments of feedback about the class process and politics. We defined success by our ability to create openings and to keep moving forward.

    Given these political commitments, we present the following principles that all scholars (teachers and students) can implement in their own classrooms and relationships to transform teaching and learning practices to rehumanize ourselves, the academy, and society.

    1) Find Promise and Potential in Affirming Ambiguities: Refuse to submit to the myth of the totalizing rigidity of any one concept and the masculine construction of “realness” which attempts to “stabilize meaning” (Rose 1996: 68), and, thereby, to divide. Seek to explore those multiple narratives and spaces on the outskirts – those unruly contradictions and relentlessly rich complexities of socionatural life, of working-class life, of Black life, Mestiza life, Indigenous life, queer life, of lives in solidarity. Gloria Anzaldúa (1987) taught us that we must embrace internal contradictions, incommensurabilities, conflicting truths, and the uncomfortable subjects they might introduce as sites of radical possibility and struggle. Commit to the always ongoing work of fostering spaces where “hybrid” or “mestiza” ways of being in the world can flourish free from the fetters of categorization.

    2) Embrace the Ethical Task of Uncovering “Absented Presences”: Model Katherine McKittrick’s (2006) unapologetic commitment to honoring the geographies, lives, histories, ideas, and languages held by Black, female, Indigenous, Chicana, queer, and other subjugated peoples (see also Anzaldúa 1987; Lugones 2007; Sandoval 2000; Simpson 2014; Tuck and Yang 2012). While women, POC, and queers have been reluctantly admitted to the ivory tower, their historical absence has simultaneously been a presence. The practice of maintaining these absences is one of “death-dealing displacement of difference into hierarchies that organize relations” (Gilmore 2002: 16) and justifies the ongoing presence of white supremacist heteropatriarchy and toxic masculinist practices. Disrupting this means making changes to the spaces of knowledge production to accommodate multiple ways of knowing and being in the world. Claim the absented presences as spaces of legitimation of multiple narratives, non-settler futures, and difference as a life-giving, not death-dealing, way to organize social relations.

    3) Mobilize toward Collective Rehumanization: See and treat each other as full and complex human beings. Work with and through the troubling and uncomfortable moments. Conducting participatory research, honing perfect politics, and even taking to the streets are not enough to rehumanize our theory and practice. It is time to confront how structurally isolating academic labor is, and to value practices of care work, mentorship, conflict mediation, vulnerability, ambiguity, “presenting the absences”, subverting hierarchical social relations, and relationship-building at the “speed of trust” (brown 2017). When you transform your classrooms into “more humanly workable” spaces (McKittrick 2006: xii), the work to transform society becomes more clear.

    What we offer here is an invitation to all teachers and students, but especially to those successful, well-known, and structurally empowered scholars who profess liberatory politics, to re-evaluate your own teaching and learning practices. We, as the Athena Co-Learning Collective, are still learning how to be in the academy as a woman, as a person of color, as working class, as queer identified, as a feminist. Being radically vulnerable together is a constant struggle, sometimes uncertain and messy. It must be a collective enterprise, which prefigures, engages, and speaks across multiple communities, and insists upon the inseparability of knowledge and action to reject the hegemony of white supremacist heteropatriarchy and toxic masculinist practices. Our feminist collective is but one distillation of these commitments; it represents a form of initial rupture, alongside many other ruptures instigated by feminist comrades the world over. The hard labor yet remains: to rend the curtain fully and step out, together, into a new space.

    https://antipodefoundation.org/2018/11/27/a-femifesto-for-teaching-and-learning-radical-geography
    #manifeste #femineste #géographie_radicale #enseignement #géographie #université #résistance #féminisme #vulnérabilité

    The #Athena_Co-Learning_Collective
    https://www.athenacollective.org


  • Un coursier est-il employé d’une startup de livraison ? La Cour de Cassation reconnaît un lien de subordination
    https://www.numerama.com/business/443473-un-coursier-est-il-employe-dune-startup-de-livraison-la-cour-de-cas

    L’arrêt n°1737 de la Cour de cassation souligne le lien de subordination entre un livreur de Take It Easy et son ancien employeur. Le dossier de requalification de son emploi en salariat est ainsi renvoyé à la Cour d’appel de Paris En avril 2016, un coursier qui travaillait pour la société de livraison de nourriture Take It Eas comme travailleur indépendant avait demandé la requalification de son contrat en contrat de travail. 4 mois plus tard, le concurrent de Deliveroo cessait toute activité. Mais (...)

    #Deliveroo #travail #géolocalisation #procès #TakeItEasy

    //c1.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2016/07/take-eat-easy-office.jpg


  • Haurus, agent de la DGSI et ripou du darknet
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/haurus-agent-de-la-dgsi-et-ripou-du-darknet-01-10-2018-7908546.php

    Un agent de la DGSI est écroué, soupçonné d’avoir vendu au Milieu des informations sensibles y compris des localisations de téléphones portables. « Je suis Haurus, la quarantaine, initié aux arts divinatoires de l’informatique depuis quelques années. J’espère me nourrir de votre connaissance et qui sait… me faire de l’argent ! Participer à ce joyeux bordel sera aussi un plaisir Un policier de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le principal service de renseignement intérieur, a été (...)

    #DGSI #corruption #géolocalisation #données