• Accès géographique | Gallica

    https://gallica.bnf.fr/html/und/images/photos-SG/acces-geographique

    Voilà une excellente nouvelle !

    La #Société_de_géographie a été fondée à Paris en 1821 avec pour buts de concourir aux progrès de la géographie et d’encourager les voyages de découvertes dans les contrées encore inconnues. Une bibliothèque est prévue dès l’origine et s’enrichit au fil des années d’une documentation considérable reçue par don ou échange : récits de voyage, revues de géographie, cartes et atlas, notes et carnets d’explorateurs et, dans le dernier quart du siècle, photographies. C’est en effet dans la décennie 1875-1885 que la photographie va prendre toute sa place dans les collections. Les premiers dons importants et spontanés de photographies d’explorateurs ou de voyageurs arrivent à la bibliothèque suscitant l’intérêt de ses dirigeants. La Société de géographie sollicite alors, sous l’impulsion de son bibliothécaire James Jackson, les dons de photographies à caractère géographique. En quelques années plusieurs milliers de photographies sont reçues et constituent l’embryon d’une collection qui ne cessera de croître au cours des décennies.

    Le département des Cartes et Plans de la BnF est depuis 1942 dépositaire des collections de la Société de géographie. Le fonds iconographique compte environ 145 000 photographies, prises entre 1850 et 1950 dans le monde entier. L’intérêt de cette collection, où se croisent la géographie, l’histoire, l’ethnologie, l’archéologie ou l’architecture est à la fois documentaire et esthétique, comme en témoignent certains grands noms de la photographie : Felice Beato, Désiré Charnay, Timothy O’Sullivan, Marc Ferrez ou Aimé Civiale. La numérisation de ce fonds est en cours depuis 2007 et permet de mettre en ligne chaque année plusieurs milliers d’images sur Gallica et #Gallica intra muros.

    On y trouve même des documents sur ma ville en Norvège !

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6903876p?rk=21459;2

    « Plan de la ville d’Arrendal en Nortwege, dans la province de Christiania : [dessin peut-être par Louis Boudan ?]

    #géographie #photographie #cartographie #sources_ouvertes #biens_communs #archives


  • Paysagiste versus paysagiste - TK-21

    https://www.tk-21.com/Paysagiste-versus-paysagiste

    Un paysagiste est une personne qui fabrique des paysages. Tout est dit, mais simultanément, rien n’est expliqué car le paysage recouvre deux réalités : le paysage fabriqué par les chargés d’aménagement du territoire et le paysage fabriqué par les producteurs d’images quel que soit leur médium. Comment expliquer la réunion de ces deux métiers sous un seul vocable ?

    Un paysagiste est une personne qui fabrique des paysages. Tout est dit, mais simultanément, rien n’est expliqué car le paysage recouvre deux réalités : le paysage fabriqué par les chargés d’aménagement du territoire et le paysage fabriqué par les producteurs d’images quel que soit leur médium. Comment expliquer la réunion de ces deux métiers sous un seul vocable ? Qu’ont-ils de commun pour se retrouver sous la coupe d’un même label ? Explorer ces deux métiers, c’est simultanément explorer le paysage.

    #paysage #paysagiste #géographie #territoire #espace


  • #Villes_méditerranéennes, passé, présent, futur

    Deux habitants sur trois vivent en ville dans les pays du pourtour méditerranéen. Vers 2030, ils représenteront les trois quarts de la population totale. Selon un rapport du Plan Bleu, dans l’ensemble des vingt et un pays du pourtour méditerranéen, la population urbaine – résidant dans des agglomérations de plus de 10 000 habitants – est passée de 94 millions en 1950 (44 % de la population) à 274 millions en 2000 (64 %).

    Comment gérer ce développement ? Que nous apprennent l’histoire et l’évolution de nos villes pour bâtir un futur durable ? 15–38 place les villes méditerranéennes au centre du viseur estival. Comme l’année dernière, nous prenons le temps et publions les reportages, analyses, images, balades sonores, au fil des semaines jusqu’à la fin du mois d’août. Pour ce premier opus direction la Syrie, en passant par Marseille, Barcelone et Tel Aviv.

    À Marseille, l’enchevêtrement de villages et de barres d’immeuble de la 2ème ville de France interroge. Comment en est-on arrivé à une telle organisation ? Quelles conséquences sur la vie quotidienne des habitants ? Cet ensemble disparate s’est constitué au grès d’une urbanisation que les spécialistes nomment de « comblement », ou comment combler les trous entre les noyaux villageois existants, en y plantant des tours.

    Quelle vie économique et sociale dans les centres villes avec l’ubérisation de la société, et des logements, comme à Barcelone en Espagne où les habitations sont de plus en plus louées aux touristes à la nuitée, entraînant une hausse conséquente des loyers ? Le conseil municipal de Ada Colau (Podemos) a déclaré la guerre aux locations illégales des appartements touristiques, comme Airbnb et similaires. Comment tout cela s’est produit, comment se passe l’action contre le tourisme de masse. Comment cela change la ville et qu’en pensent les résidents ?

    En Israël, l’histoire nous apprend comment les premières populations se sont installées et organisées. Tel Aviv, concentre plus de 4000 bâtiments de style Bauhaus (dont 1 000 ont été classés au patrimoine de l’UNESCO en 2003). La “ville blanche” abrite ainsi le plus grand ensemble d’architecture moderne au monde et le mieux préservé. Une particularité qui fait le charme de la ville mais raconte aussi son histoire. Des architectes avaient alors immigré après avoir été formés dans divers pays d’Europe et conçu les bâtiments. A l’époque, le choix du minimalisme était davantage motivé par des enjeux pratiques qu’esthétiques : il s’agissait de construire rapidement et à moindre coût pour accueillir les nouvelles vagues de migrants.

    Enfin, en Syrie, l’enjeu actuel de la reconstruction se trouve dans des lois sur la propriété décidées par le régime syrien en 2012 et 2018. Ces réglementations excluent de nombreux syriens déplacés à l’intérieur et réfugiés à l’extérieur du pays. Avocats, architectes et collectifs se constituent aujourd’hui pour informer la population et dénoncer l’injustice de ces décisions destinées à changer le visage de la Syrie.


    https://www.1538mediterranee.com/14-villes

    #villes #urban_matter #géographie_urbaine #Méditerranée #Syrie #Marseille #Barcelone #Tel-Aviv #Bauhaus #Immeuble_Gaza #Beyrouth #Egypte

    cc @reka


  • Paysages Suisses, un enjeu économique, politique et esthétique

    A quoi ressemblera la Suisse demain ? Quels sont les impacts de la démographie et du changement climatiques sur nos paysages ? Quʹen coûtera-t-il en terme économiques ? Faut-il dès aujourdʹhui adapter nos politiques publiques dʹaménagement du territoire ?

    http://ht.ly/2ZRk30lzcwj
    #paysage #Suisse #aménagement_du_territoire #géographie_culturelle #Bernard_Debarbieux #identité #Emmanuel_Reynard #démographie #patrimoine_paysager #changement_climatique #climat


  • Cette carte des tribus indiennes est absente des livres d’histoire
    https://positivr.fr/carte-etats-unis-indiens-amerique

    Il n’existe aujourd’hui plus aucune carte d’Amérique du Nord délimitant officiellement les territoires de ces différents clans. Entre le 16e et le 19e siècle, la population des natifs américains est passée de plus de 20 millions d’individus à seulement 250 000. Aujourd’hui, seuls 2,9 millions de natifs américains vivent en Amérique du Nord, les plus grands groupes étant les Navajo, les Sioux, les Chippewa, les Apaches, les Blackfeet et les Iroquois.


  • Eric Fassin : « L’#appropriation_culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de #domination »

    Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.

    Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais #Jamie_Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois #Robert_Lepage, #Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».

    Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
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    D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?

    Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « #colonialisme_culturel ». Au début des années 1990, la critique #bell_hooks, figure importante du #Black_feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.

    Un regard « exotisant »

    Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de #Paris_Is_Burning, un film #documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice #Jennie_Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’#appropriation_symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

    Comment définir ce concept ?

    E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de #récupération quand la #circulation s’inscrit dans un contexte de #domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos #musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le #primitivisme_artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.

    Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?

    E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».

    En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?

    E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le #voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « #reine_berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.

    La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

    Par comparaison, l’affaire du « #riz_jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la #nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette #mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.

    Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?

    E. F. : En France, on dénonce volontiers le #communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.

    Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà #Bernard-Marie_Koltès, en opposition à #Patrice_Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « #Exhibit_B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.

    En tout cas, l’#esthétique n’est pas extérieure à la #politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les #rapports_de_pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des #femmes et des #minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).

    Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?


    https://mobile.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-
    #géographie_culturelle #pouvoir #culture #Madonna #exotisme #peuples_autochtones #film #musique #cuisine #intersectionnalité #Eric_Fassin

    • Cité dans l’article, ce numéro spécial d’une #revue :
      #Représentation et #non-représentation des #Roms en #Espagne et en #France

      Les populations roms ou gitanes, en France comme en Espagne, sont l’objet à la fois d’un excès et d’un défaut de représentation. D’une part, elles sont surreprésentées : si la vision romantique des Bohémiens semble passée de mode, les clichés les plus éculés de l’antitsiganisme sont abondamment recyclés par le racisme contemporain. D’autre part, les Roms sont sous-représentés en un double sens. Le sort qui leur est réservé est invisibilisé et leur parole est inaudible : ils sont parlés plus qu’ils ne parlent.

      Ce dossier porte sur la (non-) représentation, autant politique qu’artistique et médiatique, des Roms en France et en Espagne des Gitanxs (ou Gitan·e·s) ; et cela non seulement dans le contenu des articles, mais aussi dans la forme de leur écriture, souvent à la première personne, qu’il s’agisse de sociologie, d’anthropologie ou d’études littéraires, de photographie ou de littérature, ou de discours militants. Ce dossier veut donner à voir ce qui est exhibé ou masqué, affiché ou effacé, et surtout contribuer à faire entendre la voix de celles et ceux dont on parle. L’enjeu, c’est de parler de, pour et parfois avec les Gitan·e·s et les Roms, mais aussi de leur laisser la parole.

      https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2018-1.htm

    • Au #Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire

      Tout est parti d’un éditorial dans Write, revue trimestrielle de la Writers’ Union of Canada (l’association nationale des écrivains professionnels) consacrée pour l’occasion aux auteurs autochtones du Canada, sous-représentés dans le panthéon littéraire national. Parmi les textes, l’éditorial d’un rédacteur en chef de la revue, Hal Niedzviecki, qui disait ne pas croire au concept d’« appropriation culturelle » dans les textes littéraires. Cette affirmation a suscité une polémique et une vague de fureur en ligne.

      On parle d’appropriation culturelle lorsqu’un membre d’une communauté « dominante » utilise un élément d’une culture « dominée » pour en tirer un profit, artistique ou commercial. C’est ici le cas pour les autochtones du Canada, appellation sous laquelle on regroupe les Premières Nations, les Inuits et les Métis, peuples ayant subi une conquête coloniale.
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      Des polémiques, plus ou moins importantes, liées à l’appropriation culturelle ont eu lieu ces derniers mois de manière récurrente, par exemple sur l’usage par la marque Urban Outfitters de savoir-faire traditionnels des Indiens Navajos ou la commercialisation par Chanel d’un boomerang de luxe, considéré comme une insulte par certains aborigènes d’Australie.
      Le « prix de l’appropriation »

      La notion est moins usitée pour la création littéraire, où l’on parle plus volontiers « d’orientalisme » pour l’appropriation par un auteur occidental de motifs issus d’une autre culture. Mais c’est bien cette expression qu’a choisie Hal Niedzviecki dans son plaidoyer intitulé « Gagner le prix de l’appropriation ». L’éditorial n’est pas disponible en ligne mais des photos de la page imprimée circulent :

      « A mon avis, n’importe qui, n’importe où, devrait être encouragé à imaginer d’autres peuples, d’autres cultures, d’autres identités. J’irais même jusqu’à dire qu’il devrait y avoir un prix pour récompenser cela – le prix de l’appropriation, pour le meilleur livre d’un auteur qui écrit au sujet de gens qui n’ont aucun point commun, même lointain, avec lui ».

      Il y voit surtout une chance pour débarrasser la littérature canadienne de sa dominante « blanche et classes moyennes », dénonçant la crainte de « l’appropriation culturelle » comme un frein qui « décourage les écrivains de relever ce défi ».

      Le fait que cette prise de position ait été publiée dans un numéro précisément consacré aux auteurs autochtones a été perçu comme un manque de respect pour les participants. L’un des membres du comité éditorial, Nikki Reimer, s’en est pris sur son blog à un article « au mieux, irréfléchi et idiot, au pire (…) insultant pour tous les auteurs qui ont signé dans les pages de la revue ».

      « Il détruit toutes les tentatives pour donner un espace et célébrer les auteurs présents, et montre que la revue “Write” n’est pas un endroit où l’on doit se sentir accueilli en tant qu’auteur indigène ou racisé. »

      La Writers’ Union a rapidement présenté des excuses dans un communiqué. Hal Niedzviecki a lui aussi fini par s’excuser et a démissionné de son poste, qu’il occupait depuis cinq ans.
      Un débat sur la diversité dans les médias

      Son argumentaire a cependant dépassé les colonnes du magazine lorsque plusieurs journalistes ont offert de l’argent pour doter le fameux « prix ». Ken Whyte, ancien rédacteur en chef de plusieurs publications nationales, a lancé sur Twitter :

      « Je donnerai 500 dollars pour doter le prix de l’appropriation, si quelqu’un veut l’organiser. »

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      D’autres figures de la presse canadienne, comme Anne Marie Owens (rédactrice en chef du National Post), Alison Uncles (rédactrice en chef de Maclean’s Magazine), deux éditorialistes du Maclean’s et du National Post, entre autres, se sont dits prêts à faire de même. Quelques heures plus tard, une poignée d’entre eux se sont excusés, dont Anne-Marie Owens, qui a déclaré qu’elle voulait simplement défendre « la liberté d’expression ».

      Comme le débat a débordé sur les réseaux sociaux, des lecteurs anonymes s’y sont invités pour dénoncer l’attitude de ces pontes du journalisme. « Imaginez, vous êtes une personne de couleur qui étudie le journalisme, et vous voyez les trois quarts de vos potentiels futurs chefs tweeter au sujet d’un prix de l’appropriation culturelle », grince une internaute.

      Pour les journalistes issus des minorités, l’affaire a également rappelé à quel point les médias manquent de diversité. Sur Buzzfeed, Scaachi Koul écrit : « Je n’en reviens pas d’avoir à dire ça, mais personne, dans l’histoire de l’écriture littéraire, n’a jamais laissé entendre que les Blancs n’avaient pas le droit de faire le portrait d’autochtones ou de gens de couleurs, en particulier dans la fiction. Franchement, on l’encourage plutôt. » Elle poursuit :

      « S’abstenir de pratiquer l’appropriation culturelle ne vous empêche pas d’écrire de manière réfléchie sur les non blancs. Mais cela vous empêche, en revanche, de déposséder les gens de couleur, ou de prétendre que vous connaissez leurs histoires intimement. Cela vous empêche de prendre une culture qui n’a jamais été à vous – une culture qui rend la vie plus difficile pour ceux qui sont nés avec dans le Canada d’aujourd’hui à majorité blanche – et d’en tirer profit. »

      sur le même sujet Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?
      « Faire son numéro »

      Helen Knott, l’une des auteurs d’origine indigène dont le travail était publié dans la revue Write a raconté sur Facebook, quelques jours après, une étrange histoire. Contactée par la radio CBC pour une interview à ce sujet, elle est transférée vers quelqu’un qui doit lui poser quelques questions avant l’antenne. Elle entend alors les journalistes se passer le téléphone en disant, selon elle :

      « Helen Knott, c’est l’une de ceux qui sont super énervés par cette histoire. »

      « Précisément, la veille, dans une autre interview, raconte Helen Knott, j’ai rigolé avec le journaliste en lui disant que, contrairement à une idée largement répandue, les autochtones ne sont pas “super énervés” en permanence. »

      Au cours de cette pré-interview, elle dit avoir eu a le sentiment grandissant qu’on lui demandait de « faire son numéro » pour alimenter un « débat-divertissement-scandale ». « Je suis quelqu’un d’heureux et mon droit à être en colère quand la situation mérite de l’être ne me définit pas en tant qu’individu », explique-t-elle.

      « C’est tout le problème de l’appropriation culturelle. Les gens utilisent notre culture pour leur propre profit mais peuvent se désintéresser ensuite de nos difficultés à faire partie de la communauté autochtone, de la politisation continuelle de nos vies, des événements et des institutions qui viennent tirer sur la corde de notre intégrité et de notre sens moral, et qui exigent que nous répondions. Aujourd’hui, j’ai refusé de faire mon numéro. »

      En 2011, les autochtones du Canada représentaient 4,3 % de la population. Ils concentrent le taux de pauvreté le plus élevé du Canada et sont les premières victimes des violences, addictions et incarcérations. En 2016, une série de suicides dans des communautés autochtones de l’Ontario et du Manitoba avaient forcé le premier ministre, Justin Trudeau, à réagir. Sa volonté affichée d’instaurer une « nouvelle relation » avec la population autochtone est critiquée par certains comme n’ayant pas été suivie d’effet.

      https://mobile.lemonde.fr/big-browser/article/2017/05/16/au-canada-la-notion-d-appropriation-culturelle-suscite-la-polemique-d


  • TOPOLOGICAL ATLAS. MAPPING CONTEMPORARY BORDERSCAPES

    Topological Atlas aims to develop a transdisciplinary research programme for mapping, analysing and intervening in border areas in the form of a digital atlas. The project uses topology as conceptual framework and methodology to make maps that produce ’seamless transitions’ from the space of the migrant to that of the security apparatus that creates barriers to her movement.


    http://www.topologicalatlas.net
    #frontières #cartographie #visualisation #géographie_politique #migrations #asile #réfugiés #Pakistan #Iran #Turquie #Grèce #UK #Angleterre
    cc @fil @reka



  • Deux #courts-métrages vus sur l’avion de retour du Cambodge... Les deux portants sur la #rénovation_urbaine à #Hong_Kong

    #A_Long_Ride de #Ng_Chun

    Oscar Ng Chun’s film takes a subtler approach to consider a changing Hong Kong, but is no less powerful for it. Here we find Nine – played by stage actor Au-Yeung Chun with few film credits to his name – the sole employee of a laundry set for closure, sent out to return a washed suit and the broken watch it contained to its original owner. He soon discovers that a more difficult task than he would expect, with the owner moved on and local area almost unrecognisable from redevelopment. But amid stores that advertise discounts for Chinese tourists, there are local resident who seek to preserve the areas unique charm. Unable to reunite the suit and watch with their owner, he agrees to look after the watch.

    https://www.easternkicks.com/reviews/fresh-wave-2015-the-long-ride

    #Still_on_the_bridge de #Pako_Leung

    Every day, Cheong, the widowed man sells on the bridge an old school candy snack his wife loved. He stays in the old community, meeting the old neighbors and living on the ordinary life.

    That is a hot year, even Liqiu has already begun. Community reconstruction is Ongoing and becoming faster. The flat Cheong rented has to be sold. Even worst, Cheong receives more warnings when he is selling on the bridge. Facing all these vicissitudes, shall Cheong insist on staying in this place, a place full of memories?


    http://www.naehk.com/2017/en/success/content.php?u=NjE=
    #stree-food #villes #urban_matter
    #géographie_urbaine #film


  • La Rebelión del espacio vivido. Teoría social de la urbanización capitalista

    “Debemos a la insistente voz de Henri Lefebvre la idea según la cual el dominio sobre el espacio constituye una fuente fundamental y omnipresente del poder social sobre la vida cotidiana”. David Harvey, 1990.

    La tesis revisa el pensamiento de Henri Lefebvre como un todo en movimiento. Siguiendo su torrente teórico se rehace un itinerario complejo con voluntad pedagógica y la intención de estudiar no solo aquello que decía, sino la forma en que pensaba; así como, su traducción en la ciudad global contemporánea.

    https://www.academia.edu/37248384/La_Rebelio_n_del_espacio_vivido._Teor%C3%ADa_social_de_la_urbanizaci%C3%B3
    #thèse #PhD #thèse_De_doctorat #urban_matter #Henri_Lefebvre #Lefebvre #ville #géographie_urbaine #urbanisation_capitaliste


  • Lire des vies. L’approche biographique en lettres et en sciences humaines et sociales

    Vient de paraître un ouvrage que j’ai un beaucoup de plaisir à co-diriger avec Bernard Idelson (Université de La Réunion), et qui porte sur les approches biographiques en Lettres et sciences humaines et sociales. Il s’agit de l’édition des actes du colloque du même nom, qui a eu lieu à l’université de Saint Denis (La Réunion) en février 2017.

    Voici la référence exacte :

    Idelson, Bernard et Babou, Igor (dir.), Lire des vies. L’approche biographique en lettres et en sciences humaines et sociales . Saint-Denis : Presses Universitaires Indiaocéaniques, 2018.

    http://igorbabou.fr/lire-des-vies-lapproche-biographique-en-lettres-et-en-sciences-humaines-et

    Les auteurs : Igor Babou, Karine Bastide, Christophe Cosker, Pascale Delormas, Christine Détrez, Mylène Eyquem-Lebon, Béatrice Fleury, Christian Germanaz, Bernard Idelson, Delphine Leroy, Carpanin Marimoutou, Ophélie Naessens, Claude Nosal, Claire Oger, Anne Piponnier, Vilasnee Tampoe-Hautin, Jacques Walter, Caroline Yaniv-Ollivier

    #Lettres #SHS #Biographie #Epistémologie #communication #sociologie #géographie


  • Fonds de cartes | Éducation

    http://education.ign.fr/primaire/fonds-de-cartes

    Révisez vos connaissances géographiques grâce aux fonds de cartes IGN de la France métropolitaine, des départements d’outre-mer et de l’Europe.

    Les fonds de cartes en téléchargement ci-après sont disponibles selon les termes de la licence ouverte Etalab.
    Il est simplement demandé aux utilisateurs d’apposer la mention IGN 2012 ou 2016 - Licence ouverte.
    Les fichiers au format pdf sont modifiables avec Adobe Illustrator CS5.

    – Fonds de cartes de la France métropolitaine
    – Fonds de cartes des départements d’outre-mer
    – Fonds de cartes de l’Europe

    #géographie #cartographie et #pas_mal_du_tout et #merci et #on_progresse


  • #Street-art

    Pauline Guinard, Sébastien Jacquot et Clotilde Kullmann
    Les valorisations territoriales et touristiques du street art
    #tourisme #valorisation_territoriale

    Julie Vaslin
    Les espaces du #graffiti dans les capitales touristiques : l’exemple de #Paris et #Berlin

    Clotilde Kulmann
    Temporalités du street art et image des territoires en mutation
    Production et valorisation du street art dans la Zone d’Aménagement Concerté Paris Rive Gauche

    #territorialité

    Christine Salomone
    Le street art à #Naples.
    Entre pratiques informelles et instrumentalisation de l’#art_urbain : discours et stratégies d’acteurs

    Alexandre Grondeau et Florence Pondaven
    Le street art, outil de valorisation territoriale et touristique : l’exemple de la #Galeria_de_Arte_Urbana de #Lisbonne

    Aude Le Gallou
    Le street art entre valorisation informelle du territoire et logiques d’#institutionnalisation. Le cas du projet des #Oides à #Saint-Nazaire

    Sophie Blanchard et Romain Talamoni
    Street art et mise en tourisme de la métropole parisienne, des festivals aux #street-art_tours

    Léa Sallenave
    Déjouer la #Ville_Créative ? Façonnements urbains autour du #Grenoble Street art Fest’ et du graffiti grenoblois

    Constance Ananos
    Les #Magasins_généraux : de spot à vandales à spot publicitaire ?

    Damien Darcis
    Des images qui dénoncent ? [Texte intégral]
    Dans la Jungle de #Calais, #Banksy et les cœurs en carton

    #dénonciation

    https://journals.openedition.org/echogeo/15306
    #art_de_rue #graffitis #revue #géographie #géographie_culturelle #urban_matter
    cc @reka @franz42 @isskein


  • Serbia-Kosovo: un nuovo confine?

    In Serbia si parla sempre più di delimitazioni, demarcazioni, scambio di territori, in riferimento ad una imminente soluzione dell’annosa questione del Kosovo. Un’analisi del dibattito in corso.

    All’inizio di agosto il presidente serbo Aleksandar Vučić ha dichiarato di essere favorevole a una «delimitazione» territoriale tra Serbia e Kosovo, senza però precisare che cosa questa delimitazione potrebbe effettivamente implicare. Nonostante Vučić ultimamente abbia più volte annunciato l’avvicinarsi del momento di una “dolorosa presa di posizione” sulla questione del Kosovo, i suoi sostenitori tuttora ricordano che in passato aveva “giurato” che non avrebbe mai riconosciuto l’indipendenza del Kosovo, a nessun prezzo.

    Vučić ha alimentato ulteriormente il clima di confusione dichiarando di non avere nessun piano riguardo alla «delimitazione» con il Kosovo, ma che il prossimo 9 settembre si rivolgerà ai serbi del Kosovo.

    Forse in quell’occasione l’opinione pubblica scoprirà che cosa intende il presidente serbo per “delimitazione”: il riconoscimento del confine attuale tra Serbia e Kosovo, che Belgrado definisce un confine “amministrativo”, oppure l’idea di una divisione del Kosovo secondo la quale la parte settentrionale, a maggioranza serba, verrebbe annessa alla Serbia?

    Si specula inoltre su una terza ipotesi, ovvero su un possibile scambio di territori tra i due paesi che implicherebbe che i comuni di Preševo, Bujanovac e Medveđa situati nel sud della Serbia, e abitati prevalentemente da albanesi, vengano “scambiati” con i comuni a maggioranza serba nel nord del Kosovo.

    Ed è proprio in quest’ottica che una parte dell’opinione pubblica serba ha interpretato l’affermazione del presidente del Kosovo Hashim Thaçi, il quale ha dichiarato che intende avanzare, nel quadro del negoziato condotto a Bruxelles, una proposta di “correzione dei confini”.

    Le dichiarazioni rilasciate negli ultimi giorni dal presidente Vučić e dal suo omologo kosovaro dimostrano che la ricerca di una soluzione della questione del Kosovo si sta intensificando e che entrambi i presidenti stanno cercando di trarre il massimo vantaggio dalle trattative e di convincere le rispettive opinioni pubbliche che usciranno vittoriosi dal negoziato, pur non essendovi ancora certezza sul se e quando verrà raggiunto un accordo.

    Questo intensificarsi della ricerca di un compromesso è dovuto alla necessità di raggiungere al più presto, nell’ambito del negoziato condotto sotto gli auspici dell’Unione europea, un accordo legalmente vincolante sulla normalizzazione dei rapporti tra Belgrado e Pristina. La ratifica di questo accordo è una condizione necessaria all’avanzamento della Serbia verso l’Unione europea.

    Al momento non si sa nulla riguardo ai contenuti dell’accordo, tranne il fatto che dovrebbe impedire alla Serbia di bloccare l’ingresso del Kosovo nelle organizzazioni internazionali. Ciò significa, in ultima analisi, che il governo di Belgrado dovrà smettere di opporsi all’adesione del Kosovo alle Nazioni Unite, il che equivarrebbe a riconoscere – se non formalmente, almeno tacitamente – l’indipendenza del Kosovo.
    Vaso di Pandora o operazione di facciata

    Uno dei primi leader politici a esprimere sostegno all’idea di delimitazione territoriale avanzata da Vučić è stato il presidente della Republika Srpska Milorad Dodik. “Noi desideriamo solo affermare i nostri interessi, quelli della Republika Srpska, della Serbia, dei quattro comuni [a maggioranza serba] nel nord del Kosovo, nonché gli interessi serbi in Montenegro”, ha dichiarato Dodik, esprimendo la propria visione del futuro della regione, e soprattutto della Bosnia Erzegovina.

    L’ipotesi di recrudescenze nazionaliste ha suscitato forti reazioni prima ancora che Dodik la esplicitasse. L’ex primo ministro della Svezia Carl Bildt, che ha ricoperto l’incarico di Alto rappresentante della comunità internazionale in Bosnia Erzegovina e conosce bene le dinamiche politiche dell’area balcanica, ha messo in guardia, in un articolo pubblicato su Washington Post, sul fatto che lo scambio di territori tra Serbia e Kosovo potrebbe aprire il vaso di Pandora, mettendo a rischio la pace non solo in Bosnia Erzegovina ma anche in Macedonia, dove una cospicua parte della popolazione è di nazionalità albanese.

    Anche Daniel Serwer, professore presso la Johns Hopkins University di Washington ed esperto di Balcani, ha dichiarato, in un’intervista rilasciata a Radio Slobodna Evropa , che un’eventuale divisione del territorio kosovaro “aprirebbe la strada a tentativi di unificazione del Kosovo con l’Albania o con le regioni della Macedonia abitate prevalentemente da albanesi. Così si creerebbe un caos nei Balcani”. Serwer ha inoltre espresso dubbi sulla possibilità che Washington possa sostenere l’idea di una divisione del Kosovo.

    Replicando alle affermazioni di Serwer, il diplomatico austriaco Wolfgang Petritsch, che è stato inviato speciale dell’Ue in Kosovo, ha dichiarato che un’eventuale divisione del Kosovo non sarebbe che una mera “correzione cosmetica” che “non avrebbe alcun effetto negativo sugli altri paesi della regione”, proponendo che, sotto l’egida dell’Ue, dell’Onu e dell’Osce, venga sottoscritta una dichiarazione che vincoli tutti i paesi dei Balcani ad astenersi in futuro da qualsiasi tentativo di raggiungere simili accordi.

    Nel frattempo, su invito del ministro degli Esteri Ivica Dačić, in Serbia è arrivata in visita Maria Zakharova, portavoce del ministero degli Esteri russo, la quale ha dichiarato che la Russia rispetterà “ogni decisione favorevole ai cittadini della Serbia”, ricordando che la risoluzione 1244 del Consiglio di sicurezza dell’Onu sancisce l’integrità territoriale della Serbia.

    A destare un’eco particolarmente forte è stata la dichiarazione della cancelliera tedesca Angela Merkel, secondo cui “nei Balcani non ci sarà alcuna modifica dei confini; l’integrità territoriale dei paesi dei Balcani occidentali è determinata e intoccabile”.

    Commentando diverse reazioni all’ipotesi di una modifica del confine tra Serbia e Kosovo, il ministro degli Esteri Ivica Dačić ha dichiarato: “Nel caso in cui venisse raggiunto un accordo bilaterale, perché a qualcuno dovrebbe importare di quello che vi è scritto?”.
    Tradimento e sostegno

    A suscitare preoccupazione, soprattutto tra i serbi del Kosovo, è il fatto che ancora non è stata creata l’Associazione delle municipalità serbe, prevista dall’Accordo di Bruxelles firmato nel 2013, che dovrebbe garantire una certa autonomia alle enclavi serbe. La maggioranza della popolazione serba del Kosovo vive nella parte centrale del paese e, in caso di un’eventuale divisione del Kosovo, rimarrebbe privata dell’appoggio del governo di Belgrado di cui attualmente gode.

    Inoltre nell’ambito del negoziato non è ancora stata affrontata la questione della divisione del patrimonio comune, né tanto meno quella relativa alla tutela della chiese e dei monasteri serbi in Kosovo.

    Invece di cercare di risolvere numerose questioni bilaterali che si trascinano da anni, le autorità dei due paesi hanno aperto una nuova questione, quella della delimitazione del confine.

    E oltre al fatto che fin dal 1999, quando le forze dell’esercito e della polizia serba si sono ritirate dal Kosovo dopo l’intervento militare della Nato, la Serbia non ha alcun controllo effettivo sul territorio kosovaro, la risoluzione 1244 del Consiglio di sicurezza dell’Onu fa riferimento alla sovranità dell’allora Repubblica federale di Jugoslavia, nonché alla presenza della comunità internazionale in Kosovo.

    Questo documento è uno dei principali argomenti a cui ricorre una parte dell’opposizione serba nel criticare l’idea di delimitazione con il Kosovo avanzata da Vučić. La maggior parte degli esponenti dell’opposizione accusa Vučić di aver tradito gli interessi nazionali e violato la Costituzione serba nella quale sta scritto che il Kosovo è parte integrante della Serbia, e sono favorevoli al mantenimento dello status quo, ovvero all’ipotesi del “congelamento del conflitto”, mentre alcuni persino sostengono la necessità di interrompere i negoziati.

    Esprimendo una posizione diametralmente opposta, 35 organizzazioni non governative, favorevoli al proseguimento del dialogo tra Belgrado e Pristina, hanno invitato l’Alto rappresentante per la politica estera dell’Ue Federica Mogherini ad assumere una chiara presa di posizione contro la divisione del Kosovo e contro qualsiasi scambio di territori tra i due paesi.

    La più forte resistenza all’idea della divisione del territorio kosovaro è arrivata dalle enclavi serbe in Kosovo, e in particolare dal monastero di Visoki Dečani situato nei pressi del confine con l’Albania. L’abate del monastero, padre Sava Janjić, e il vescovo di Raška e Prizren Teodosije hanno avvertito che un’eventuale divisione del Kosovo secondo un principio etnico non farebbe altro che aumentare le pressioni a cui sono sottoposti i serbi che vivono nella parte centrale del paese, spingendoli ad emigrare.

    “Fanno parte di un’operazione organizzata e sistematica condotta dai servizi segreti”, li ha attaccati il capo dell’Ufficio per il Kosovo del governo serbo Marko Đurić. I media filogovernativi hanno inoltre reagito lanciando una campagna denigratoria contro i dignitari della Chiesa ortodossa serba in Kosovo, bollando padre Sava come difensore degli interessi albanesi (usando il peggiorativo šiptar), mercenario della CIA e peggiore nemico della Serbia. Questo linguaggio non è riservato solo ai rappresentanti della Chiesa ortodossa serba ma chiunque si azzardi a criticare le idee avanzate da Vučić viene bollato come traditore e nemico dello stato.

    Il presidente Vučić invece riceve quotidianamente messaggi di sostegno non solo da parte dei funzionari del suo partito ma anche dei leader politici dei serbi del Kosovo, compresi i sindaci dei 10 comuni a maggioranza serba del Kosovo che hanno fatto sapere che appoggeranno ogni proposta di risoluzione della questione del Kosovo avanzata da Vučić, a prescindere che si tratti di “una delimitazione, correzione o qualcos’altro”.

    Considerando l’ampio sostegno di cui gode, Vučić avrebbe già potuto spiegare in termini chiari – non solo attraverso i mezzi di comunicazione, ma anche in parlamento, aprendo un vero dibattito pubblico – tutti gli aspetti che hanno finora caratterizzato il negoziato tra Belgrado e Pristina e le possibili soluzioni alla questione.

    Avrebbe potuto, invece di scagliarsi continuamente contro “nemici e traditori”, sforzarsi di ottenere un appoggio più solido da parte dell’opinione pubblica serba all’imminente risoluzione della questione dello status del Kosovo.

    Quel che è certo comunque è che Vučić continuerà a seguire le indicazioni provenienti da Bruxelles e Washington, perché solo con il sostegno della comunità internazionale potrà adempiere a tutti gli obblighi assunti con la firma dell’Accordo di Bruxelles e rimanere al potere.

    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Serbia/Serbia-Kosovo-un-nuovo-confine-189683
    #Serbie #Kosovo #frontières #géographie_politique #ex-Yougoslavie


  • #Géographie et #santé publique, une alliance vitale
    https://abonnes.lemonde.fr/sciences/article/2018/08/20/geographie-et-sante-publique-une-alliance-vitale_5344285_1650684.htm?

    Le géographe et géopolitoloque français Yves Lacoste avait intitulé l’un de ses ouvrages resté célèbre La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre (La Découverte, 1976). Elle sert aussi à améliorer la santé des populations. Au cours des trente dernières années, les noces de la géographie – et ses nouveaux outils informatiques – et de la santé publique ont donné lieu à une production scientifique florissante qui ne se contente pas d’aligner chiffres et statistiques. Elle les intègre dans un contexte #géospatial afin de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans les maladies et causes de décès. La finalité est de permettre aux décideurs politiques de prendre des décisions informées au service de la santé de la population et de cibler les ­interventions. « Derrière les chiffres, il y a des gens », résume Simon Hay, directeur des sciences géospatiales au sein de l’Institut de statistiques et d’évaluation en santé (IHME), rattaché à l’université de Washington à Seattle.

    Lire aussi : Santé publique et géographie : la France comble son retard

    Tee-shirt, jeans et basket, Simon Hay sera notre guide lors du séjour à l’IHME. Il travaille dans un petit bureau au bout de l’un des deux étages qu’occupe actuellement l’institut dans un immeuble au 2301 Ve Avenue, à Seattle. Soit à quinze minutes à pied de la Fondation Gates qui a financièrement porté l’organisme sur les fonts baptismaux, en 2007. A priori, rien ne prédisposait ce Britannique, né en Allemagne en 1971, à occuper ce poste. Zoologiste de formation, il s’intéresse particulièrement aux insectes. Ce n’est qu’ensuite qu’il est ­devenu épidémiologiste.


  • Revue « Territory »

    SIgnalé par @fil ce matin

    Issue X - Extremes - Preview — Territory
    http://themapisnot.com/issue-x-extremes-preview

    In theory, extremes are rarities. At any given moment, there can only be one of each superlative—smallest, tallest, fastest, farthest, deepest, darkest, brightest—but, as the saying goes, records are meant to be broken. The indivisible atom was split. Infinity has been proven to come in many sizes and shapes. An extreme is a record of limit, but also a series, a narrative of revision. It is never singular, a datum. As psychonaut Terence McKenna was fond of saying, “the bigger you build the bonfire, the more darkness is revealed.”

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    Issue 11 - Twins - Preview — Territory
    http://themapisnot.com/issue-11-twins-preview

    Roughly 1 in every 30 births is a pair of twins. Uncommon yet not rare, there’s an ambivalence to twinness, what anthropologist Philip Peek terms the “centrality of liminality.” Twins are both one and two, and this logical ambiguity can be the source of harmony, as with the yin-yang duality, or evidence of a disturbing glitch, as in the uncanny of the doppelgänger.

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    Issue 12 - Alaska - Preview — Territory
    http://themapisnot.com/issue-12-alaska-preview

    On most maps, Alaska is an outlier. Separated by land and sea from the “lower 48” and skewed by the distortions of the Mercator-derived projections that most popular maps default to, Alaska doesn’t easily fit within the image of the United States. Cartographers seem to be at a loss as to where to put it. On some maps, the state is packed into its own little box and shipped south to warm up next to Hawai’i. On others, it’s not even present at all. Then, when granted its own map, Alaska receives almost compensatory treatment. It is painted pictorially as larger than life, an Arctic Treasureland or The Far North Frontier, a land of opportunity for those rugged enough to brave its harsh conditions, native and colonial alike.

    #cartographie #cartoexperiment #territoire #géographie

    Projet cartographie expérimentale
    Tags généraux : #cartoexperiment #biblioxperiment
    Tags particulier : #visualisation #complexité_visuelle


  • #Tourisme : la tectonique des masses

    Par Valérie Sasportas le 15/08/2018
    Dans un essai sans concession, Du #voyage rêvé au tourisme de masse, deux professeurs de #géographie et voyageurs interrogent la tension humaine, culturelle et spatiale que créent l’imaginaire et les fantasmes du touriste mondialisé dans sa quête d’exotisme et d’authenticité.

    « Huit cents millions de #touristes mondiaux/ Et moi, et moi, et moi », songe-t-on façon Dutronc, en refermant l’essai de Thomas Daum et Eudes Girard, Du Voyage rêvé au tourisme de masse*, publié à l’aube des grandes transhumances estivales. Ce livre, paru en juin dernier, a précédé de peu les chiffres vertigineux du tourisme étranger en France, 90 millions attendus cette année selon Atout France. À l’échelle mondiale, les arrivées touristiques internationales dans les aéroports se chiffrent à 1,2 milliard selon le rapport de l’Organisation du Tourisme mondial de 2016. Et c’est compter sans les touristes dans leur propre pays, dont le nombre est estimé entre 3 et 4 milliards.

    Oser le pas de côté. « Quand on ne cherche pas quelque chose en particulier, des moments authentiques peuvent venir à nous. Il suffit de quitter les destinations référencées. Se décaler des hypercentres touristiques vers la périphérie », affirme l’écrivain passionné de géographie. Laisser tomber les balisages, les guides. Et se laisser surprendre. « On peut trouver des espaces non mis en tourisme. Mais il faut alors accepter la différence entre le beau et l’authentique. »

    *Thomas Daum et Eudes Girard, Du voyage rêvé au tourisme de masse, CNRS éditions, 277 pages, 22 euros.

     »LIRE AUSSI - L’industrie du tourisme est-elle en train de détruire le voyage ?
    « Du voyage rêvé ou tourisme de masse », un essai cinglant sur le tourisme 2.0, signé Thomas Daum et Eudes Girard.

    Nous n’avons jamais autant voyagé. Mais que sont devenus les voyages ? Le communiqué de presse présente ainsi l’ouvrage : « Us et coutumes du tourisme 2.0 : l’impossible soif d’authentique, la vaine quête d’exotisme ». Fatalisme ou provocation ?❞



  • Centre et périphérie

    Vous savez que ça préoccupe beaucoup les géographes et associé·es depuis quelques siècles, toute le monde ou presque ayant envie ou eu envie d’être le centre... du monde. Comme la terre st ronde, ça se complique un peu puisque pour qu’il y ait un centre il faut qu’il y ai des bords... et la planète, justement, n’en a pas. Mais sur la planète, il en a qui ont des visions pas toujours très universelles. Je veux dire qu’ils (c’est rarement « elles ») voient assez bien au centre, mais sont souvent bigleux (et oublieux) sur les bords. Enfin, voilà : débat.

    Pour celles et ceux qui doutaient encore - par xemple - que l’Islande st au centre [du monde ou plus précisément « d’un certain monde »] alors voilà :

    Publicité pour la compagnie aérienne Islandair, en 5 m x 3 m, aéroport de Copenhague, 2015.

    –---

    À propos de « marges », ce petit projet sur les marges endoréiques ou exoréiques (en simple internes ou externes...). réalisé et produit en 2008, il nécessiterait un petit dépousiérage mais le concept reste valable

    #centre #périphérie #Marges #géographie #visualisation #débat

    • @simplicissimus absolument, tu as raison. Il y aurai d’autres espaces d’expérimentatioon du concept, en Amazonie par exemple, dans les zones grises d’Afrique (les territoires qui échappent au contrôle du pouvoir central). On peut sans doute esayer de trouvr des territoires à des échells plus modestes aussi !

    • Je suis en train de préparer un voyage à Java Est, dans une région rurale assez densément peuplée. On parle de l’île la plus peuplée au monde, 130 millions d’habitant·es et plus de 1000 au km2, alors même les campagnes sont denses : pas possible de faire 1 km sans voir un hameau, il y a des villages partout, l’agriculture y est intensive en main d’œuvre... Ma campagne en France fait figure à côté de désert : villages de 500 âmes séparés par 5 km de forêt.

      Et pourtant cette campagne sud-girondine voit chacun de ses villages dûment nommés sur Google Maps, tandis qu’à Java Est je peux me brosser pour avoir le moindre nom de municipalité entre Bondowoso (préfecture) et Jember (préfecture + université + gare ferroviaire + aéroport). En Indonésie, 4e pays le plus peuplé au monde, cet espace est loin d’être périphérique. Sauf à le traiter, alors qu’il est central pour 250 millions de personnes, au prisme de sa faible valeur économique.



  • Avec #Rousseau sur la « Thrill Walk »

    Dans les #Alpes, tout nouveau projet de pont suspendu ou de plateforme panoramique se voit aussitôt reprocher d’utiliser la montagne à des fins événementielles ou de la brader à l’industrie du divertissement. Pourtant, les investissements techniques sont indissociables du tourisme et même les pionniers de la découverte des Alpes étaient en quête de sensations fortes.

    Il ne doit pas obligatoirement s’agir d’une piste de ski desservant directement une chapelle, d’un zoo pour pingouins sur un sommet à 2500 mètres ou du plus grand escalier au monde : même des projets passés quasi inaperçus suscitent l’indignation. L’été dernier, l’organisation #Rigi_Plus, qui réunit 24 entreprises touristiques, a présenté son projet phare : deux cents pages où il est question de l’« espace de vie » du #Rigi et de son « positionnement durable ». L’idée est de proposer aux touristes des activités plus attrayantes sur ce traditionnel sommet panoramique et d’offrir aux prestataires de meilleures perspectives économiques. Par exemple un nouveau site web, un système de réservation pour toutes les destinations de la région, une identité visuelle uniforme.

    Mais ce n’est pas tout. « Aujourd’hui, monter au sommet, profiter de la vue plongeante et du panorama ne suffit plus », explique Stefan Otz, directeur des Rigi Bahnen, la plus grande entreprise du Rigi. On est venu le chercher à Interlaken où il était directeur du tourisme. Il est à présent chargé de donner un nouvel élan au Rigi. Il parle d’« installations de #divertissement », d’un hôtel de cabanes dans les arbres, d’une tour panoramique en forme de pomme de pin et d’un chalet avec une fromagerie ouverte au public et une distillerie d’eau-de-vie.

    Il précise qu’il n’est pas question d’ouvrir des lieux préservés au #tourisme_de_masse et que les projets devront s’intégrer à l’environnement. Il n’a cependant pas réussi à éviter l’orage qui s’est déclenché peu après, d’abord dans les courriers des lecteurs, puis au sein d’un public plus large : des défenseurs des Alpes, politiciens, architectes, entrepreneurs, scientifiques et personnalités comme l’humoriste Emil Steinberger se sont opposés dans une pétition en ligne à une transformation néfaste du Rigi, qui en ferait un « Disneyland accueillant plus d’un million de touristes par an ». Aujourd’hui, 750 000 passagers empruntent chaque année les #Rigi_Bahnen. Les pétitionnaires ne voulaient pas d’attractions artificielles signant la vente du Rigi à prix cassé.

    « Un afflux massif de touristes »

    S’agit-il vraiment de brader le Rigi ? Peut-on brader une montagne utilisée à des fins touristiques depuis si longtemps déjà ? Cela fait deux cents ans que le Rigi est devenu une destination prisée. Dès 1816, on y a un construit un point de vue abrité, puis un belvédère en 1820 et enfin le premier train à crémaillère d’Europe en 1871. La « reine des montagnes », comme on l’appelle, a été prise d’assaut par les touristes dès le XIXe siècle, époque pourtant supposée paisible. L’« Écho du Rigi » relate un afflux véritablement massif de touristes lors de la première saison du train de montagne et raconte que des visiteurs auraient même passé la nuit dans les couloirs de l’hôtel qui comptait alors un peu plus de mille lits. Trois ans plus tard, plus de 100 000 visiteurs empruntaient le train pour gravir la montagne.

    #Mark_Twain a décrit ce qu’il se passe au sommet : non seulement le légendaire lever de soleil, mais aussi le non moins légendaire attroupement de touristes venus profiter de ce spectacle. Lorsqu’en 1879, il fait l’ascension du Rigi à pied au départ de Weggis, l’écrivain américain entend pour la première fois le célèbre jodel des Alpes dans son environnement traditionnel : la nature sauvage de la montagne. Mais son plaisir est gâché, car il croise alors toutes les dix minutes un jodleur qui lui tend son chapeau pour quelques pièces en échange de sa prestation. Après le quatrième, cinquième, sixième jodleur, il achète le silence des suivants en leur donnant un franc. Il trouve que dans ces conditions, on arrive vite à saturation.
    Sensations fortes en montagne

    Il est légitime de se demander jusqu’où l’on vend la montagne et à partir de quand on la brade. Pour les détracteurs du projet phare du Rigi, il faut s’arrêter lorsque les attractions deviennent artificielles et transforment la montagne en « Disneyland ». Ce terme sert d’épouvantail pour dénoncer les créations factices et interchangeables de l’industrie du divertissement dans les Alpes. Et cela ne concerne pas que le Rigi. On a aussi dénoncé les dégâts de la #disneylandisation lors de la construction du plus haut #pont_suspendu d’Europe sur le #Titlis et du premier pont suspendu entre deux sommets aux #Diablerets. Il en a été de même lorsque la #Schilthornbahn a inauguré la « #Thrill_Walk » au-dessous de la station intermédiaire : une passerelle métallique à flanc de paroi composée d’une partie grillagée et d’un pont en verre sous lequel s’ouvre un vide de deux cents mètres. La publicité vante des sensations fortes et authentiques. Si les destinations touristiques gagnent en notoriété et se distinguent de leurs concurrents avec de telles inventions, les organisations de protection déplorent la transformation des Alpes en parc d’attractions. Fondée par des alpinistes engagés, l’association Mountain Wilderness demande plus de calme et de tranquillité dans les montagnes, plus d’espace pour des expériences naturelles et l’arrêt du développement des capacités touristiques.

    Mais on peut se demander ce qu’est une expérience naturelle en montagne. D’autant plus que les promoteurs de nouveaux ponts suspendus, plateformes panoramiques, passerelles, parcs d’accrobranche, descentes à VTT, tyroliennes ou luges d’été parlent exactement de la même chose et veulent aussi de l’« authentique » (Stefan Otz, Rigibahnen) et de l’« exceptionnel » (Christoph Egger, Schilthornbahn).

    #Haller et #Rousseau, les premiers incitateurs

    Dans la lutte pour l’« #authenticité » en #montagne, on oublie bien vite que dès les débuts innocents du tourisme, des infrastructures, des installations de divertissement payantes, des supports artificiels pour vivre des expériences ont donné lieu aux aventures apparemment les plus naturelles, qui étaient alors aussi controversées qu’aujourd’hui.

    C’était l’époque des chaussures cloutées, des malles-poste et des randonnées sous ombrelle. Et de la Suisse connue pour la beauté de ses montagnes préservées de la civilisation et peuplées de bergers et paysans vertueux. C’est en tout cas ainsi qu’#Albrecht_von_Haller (dans son poème « Les Alpes » en 1729) et que #Jean-Jacques_Rousseau (dans son roman « Julie ou La Nouvelle Héloise » en 1761) les ont décrites. Ces deux penseurs et poètes sont à l’origine de l’enthousiasme international pour la Suisse et ses montagnes : les visiteurs furent attirés par la promesse d’un état originel de la nature et des hommes. Ils étaient en quête d’authenticité.

    Néanmoins, un curiste du nord de l’Allemagne dénonça déjà peu après la recherche du profit dans l’économie du tourisme et une réalité inondée par des objets de souvenir en toc. Il n’y avait pas encore de cartes postales à l’époque de Biedermeier, mais ce curiste raconte avoir reçu plus de trente représentations (dessins, gravures, aquarelles) d’une « seule région de l’Oberland bernois ». Il imagine qu’il doit en exister encore plus d’autres sites célèbres et admirés, et qu’il sera donc sans doute bientôt nécessaire que la nature créer de nouvelles montagnes ou en détruise d’anciennes pour renouveler les sources d’inspiration des peintres paysagers et des graveurs sur cuivre. Selon lui, on ne cherche plus à faire découvrir le pays, mais uniquement des sensations artificielles sur le pays !

    C’était en 1812. Cet Allemand n’était certes que le héros et narrateur à la première personne du roman « Die Molkenkur » d’#Ulrich_Hegner, homme politique et écrivain de Winterthour, dont la satire de la « nature et des créations artistiques helvétiques » s’inscrit dans un contexte réel : le malaise généralisé provoqué par l’aspect artificiel des expériences touristiques.

    Par ailleurs, tout le monde n’a pas le talent de Rousseau ou de Haller pour éprouver des émotions romantiques. Ils y parviennent d’ailleurs aussi grâce aux organismes touristiques qui ont commencé très tôt à installer des dispositifs techniques en montagne : sentiers, bancs, terrasses, balustrades, tables d’orientation, qualifiés par l’historien Daniel Speich d’« aides à l’observation ». Ce sont des installations qui orientent le regard du visiteur sur le paysage et ses attractions de façon à ce qu’il voie ce qu’il s’attend à voir. Ainsi, même une simple observation des montagnes devient une expérience calculée et standardisée, et par conséquent « artificielle », mais néanmoins aucunement altérée.
    Les montagnes en peinture

    « On pourrait dire que tout est nature dans les Alpes. Mais la possibilité de voir cette nature est toujours liée à une infrastructure », déclare Bernhard Tschofen, spécialiste en sciences culturelles. Il a participé à l’exposition « La beauté des montagnes » à travers laquelle le Musée alpin de Berne présente actuellement l’image typique des Alpes suisses vue par les peintres. C’est un idéal, un cliché populaire qui magnifie les Alpes en tant qu’espace préservé de la civilisation moderne. Selon Bernhard Tschofen, l’essor des constructions de trains à crémaillère a été systématiquement suivi d’un boom des peintures de montagne. Les artistes ont précisément banni de leurs représentations tout équipement technique grâce auquel ils pouvaient embrasser du regard les montagnes.

    À l’instar de Ferdinand Hodler. Ce peintre, dont on célèbre cette année le centenaire de sa mort, a passé régulièrement ses vacances dans l’Oberland bernois dès 1879. C’est là qu’il a peint un grand nombre de ses paysages alpins ; en utilisant souvent les mêmes routes et les mêmes points de vue que les touristes. Il a par exemple exploré la région d’Interlaken avec les nouveaux moyens de transport de l’époque. Le train à crémaillère de Schynige Platte l’a conduit aux points de vue sur les lacs de Thoune et de Brienz. Inauguré en 1891, le chemin de fer à crémaillère de Lauterbrunnen à Mürren a offert non seulement une nouvelle attraction aux touristes, mais aussi le motif de carte postale « La Jungfrau » au peintre. Il s’y est rendu pour la première fois en 1895, puis de nouveau durant les étés de 1911 et 1914. Il a peint au total treize variantes du massif de la Jungfrau, présentant évidemment des nuances de couleurs, de contrastes, de textures, d’atmosphère. Mais ces treize variantes ont toutes un point commun : Ferdinand Hodler se trouvait là où étaient les touristes et a peint les différents points de vue depuis différentes gares. Il a pris le train pour observer la Jungfrau comme il le souhaitait.

    C’est le paradoxe qui définit tant les peintures de montagne que le tourisme depuis ses débuts : promettre des expériences uniques tout en les transformant inévitablement en des installations de divertissement reposant sur des moyens techniques. Il est donc difficile d’établir une distinction entre les expériences « naturelles » et « artificielles », même si celle-ci est au cœur des débats actuels animés sur les nouvelles attractions en montagne.

    De nos jours, le divertissement et les frissons n’ont pas bonne presse. C’est pourtant précisément ce que les Alpes offrent depuis les prémices de l’engouement pour la montagne : des sensations fortes. Peu après 1700, le journaliste Joseph Addison a entrepris un voyage en Europe. Lorsqu’il a séjourné au lac Léman face aux gigantesques montagnes, un univers de roche et de glace, il a été saisi par la sensation qui a joué ensuite un rôle décisif dans la commercialisation du tourisme : le grand frisson, une sorte d’effroi agréable face à la force de la nature.

    Enfin Jean-Jacques Rousseau, connu pour avoir prôné le retour à la nature et qui est devenu une référence pour les expériences naturelles et spirituelles en montagne, raconte en 1781 dans ses « Confessions » une randonnée remarquable dans les Alpes savoyardes : « Au-dessous du grand chemin taillé dans le roc, à l’endroit appelé Chailles, court et bouillonne dans des gouffres affreux une petite rivière qui paraît avoir mis à les creuser des milliers de siècles. » Le chemin lui-même est moderne et a été bordé « d’un parapet, pour prévenir les malheurs ». Le philosophe est alors épris exactement du même désir que le public d’aujourd’hui sur la paroi à pic du Schilthorn : frissonner en plongeant son regard dans le précipice. Il écrit : « Cela faisait que je pouvais contempler au fond, et gagner des vertiges tout à mon aise. » Le chemin de Rousseau est une « Thrill Walk ». Et le parapet est la prothèse qui rend possible son aventure sensationnelle, confortablement et sans le moindre risque : « Et j’aime beaucoup ce tournoiement, pourvu que je sois en sûreté. »


    https://www.revue.ch/fr/editions/2018/04/detail/news/detail/News/avec-rousseau-sur-la-thrill-walk
    #montagne #Suisse #tourisme #représentations #géographie_culturelle #histoire


  • Élisée Reclus, vivre entre égaux
    https://www.revue-ballast.fr/elisee-reclus-vivre-entre-egaux

    La vie d’Élisée Reclus ne saurait s’entendre sans le siècle qui fut le sien, celui du grand basculement, de la pile électrique, de la locomotive, de la dynamite et du morse, ce siècle qui vit la France, pays agraire, s’industrialiser et se couvrir de machines ; siècle, donc, de la bourgeoisie triomphante et de l’organisation du mouvement ouvrier. Né un jour de mars 1830 en Gironde, au sein d’une famille ardemment protestante et sous l’égide d’un père pasteur, Reclus grandit sous la monarchie de Juillet, s’emballa pour la révolution ratée de 1848 puis participa à la Commune de Paris. Tour à tour — ou plutôt en même temps — voyageur, géographe, militant anarchiste et communiste, partisan végétarien de la cause animale, critique de la domination coloniale, défenseur de « la liberté de [l]a femme » comme critère définitif de ce qu’est la tyrannie et précurseur écologiste, Reclus est l’homme de ce qu’il nommait la « lutte méthodique et sûre contre l’oppression ». Une boussole, en somme. ☰ Par Roméo Bondon

    #Elysée_Reclus #anarchisme #anarcho-communisme #géographie #Commune_de_Paris #commune



  • Traditions suisses dans l’objectif d’un réfugié sri-lankais

    #Sasi_Subramaniam, réfugié du Sri Lanka, a consacré son travail de diplôme en photographie aux #traditions_suisses. Pour son projet, il a visité 16 fêtes populaires et folkloriques de son pays d’adoption.

    « Je ne m’étais jamais intéressé à la culture et aux rites populaires, explique-t-il à swissinfo. Je ne connais même pas les traditions de mon peuple. J’étais obsédé par la politique ».
    « Ça m’a aidé à soulager la douleur qui brûlait dans ma poitrine et m’a donné accès à ce #monde_étrange », dit-il.


    https://www.swissinfo.ch/fre/un-autre-regard_traditions-suisses-dans-l-objectif-d-un-r%C3%A9fugi%C3%A9-sri-lankais/44225452
    #tradition #suisse #photographie #image #représentations #géographie_culturelle #réfugiés #exotisme_à_l'envers (j’aurais envie de dire) #folklore
    cc @albertocampiphoto @reka @philippe_de_jonckheere @simplicissimus

    • A mettre en lien avec le #livre
      Corps pour corps. Enquête sur la sorcellerie dans le Bocage

      En 1969, #Jeanne_Favret-Saada s’installe dans le Bocage pour y étudier la sorcellerie. Personne ne veut lui en parler. Tenir un journal paraît alors le seul moyen de circonscrire un « objet » qui se dérobe : relater les conversations, incidents, coutumes qui pourraient avoir un lien quelconque avec la sorcellerie, noter systématiquement comment les gens refusent d’en parler. Dans la formulation même de ces refus se révèle peu à peu une conception du monde centrée sur l’idée de « force ».

      Un jour, tout bascule : parce qu’ils lui attribuent cette « force », des paysans demandent à Jeanne Favret-Saada de les désenvoûter. Un autre ensorcelé, qui devine sa peur, lui annonce qu’elle est « prise » et l’adresse à sa désorcelleuse. Dès lors, continuer à écrire permet à l’ethnographe de manier des situations incompréhensibles et dangereuses, de supporter l’enjeu mortel de toute crise de sorcellerie : « Corps pour corps, c’est lui qui y passe, ou c’est moi. »

      http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Temoins/Corps-pour-corps

      #Josée_Contreras #exotisme_inversé

    • ... ça me rappelle aussi le film documentaire d’un groupe d’aborigènes (ou autres peuples autochtones) venu en visite en France (ou autre pays européen ?).
      Qui peut m’aider à retrouver le titre ?