• #ANALYSES DE GAUCHE DU PORNO (compilation par #SONIA_ESS)
    https://tradfem.wordpress.com/2020/10/13/analyses-de-gauche-du-porno

    #Noam_Chomsky dit à propos de la pornographie : « La pornographie représente l’humiliation et l’avilissement des femmes. C’est une activité scandaleuse. Les femmes sont avilies comme de vulgaires objets sexuels. Ce n’est pas ce que sont les êtres humains ». Il est allé plus loin lorsqu’on lui a posé la question la plus courante que les défenseurs de la pornographie aiment évoquer : Ces femmes n’ont-elles pas choisi d’être dans l’industrie du porno ? « Le fait que ces personnes acceptent et soient payées », a répondu Chomsky, « est à peu près aussi convaincant que d’affirmer que nous devrions être en faveur des ateliers clandestins en Chine où les femmes sont enfermées dans une usine et où l’usine brûle et où elles meurent toutes. Oui, elles ont été payées et ont consenti, mais cela ne me rend pas pour autant favorable à cette pratique. Donc, cet argument est irrecevable. Quant au fait que c’est l’érotisme de certaines personnes, eh bien, c’est leur problème. Cela ne veut pas dire que je dois y contribuer. S’ils tirent du plaisir de l’humiliation des femmes, alors ils ont un problème ».
    Dans le livre de #Chris_Hedges, publié en 2009, L’empire de l’illusion : La Mort de la culture et le Triomphe du spectacle (LUX Éditeur), au chapitre 2, « L’Illusion de l’amour », Hedges consacre 33 pages à démanteler l’industrie du porno et à dénoncer les violences sexuelles
    « Dans notre société, on dit aux femmes qu’elles ont deux choix », déclare #Gail_Dines, autrice de Pornland : Comment le porno a envahi notre sexualité (#Éditions_LIBRE, 2020, Traduction : Nicolas Casaux). « Elles sont soit baisables soit invisibles. Être baisable signifie se conformer à la culture du porno, être sexy, être soumise et faire ce que l’homme veut. C’est la seule façon d’être visible. Vous ne pouvez pas demander aux adolescentes, qui meurent pour acquérir de la visibilité, de choisir l’invisibilité. »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : The price of the pleasure
    #système prostitutionnel #prostitution-prostitution_filmée #violences_masculines #exploitation_sexuelle

  • #Gail_Dines : Pornland – comment le porno a envahi nos vies (préface)
    https://scenesdelavisquotidien.com/2020/09/28/gail-dines-pornland-comment-le-porno-a-envahi-nos-vies-prefa

    Aujourd’hui, la pornographie est si intégrée dans notre culture qu’elle est assimilée au sexe, au point que les critiques sont immédiatement considérées comme des discours anti-sexe. Les insultes que certains me lancent lors des conférences que je donne à travers le pays sont significatives : elles vont de « prude coincée » à « vieille féministe du passé, qui hait les hommes et qui veut policer le sexe » – ce prétendu féminisme qui pousserait à crier au viol dès qu’un homme et une femme ont des rapports sexuels, et que l’on qualifie ironiquement de « victimaire » parce qu’il supposerait que toutes les femmes sont des victimes sexuelles incapables d’apprécier le sexe.

    Mais que diraient-ils s’ils comprenaient que mon féminisme est pro-sexe, au véritable sens du terme, que mon féminisme milite pour cette magnifique, délicieuse et jouissante force créatrice baignant le corps de plaisir et de tendresse, et qu’il s’oppose seulement au sexe pornographique ? Ce sexe déshumanisé, dégradé, générique, qui ne se fonde pas sur des fantasmes personnels, sur le jeu ou l’imagination, mais qui est le produit d’une industrie créée et dirigée par des rapaces excités par la pénétration des marchés et le profit. Où se situer dans cette dichotomie pro-sexe et anti-sexe, quand le pro-porno est assimilé au pro-sexe ?

  • #Robert_Jensen : Les hommes, la pornographie et le féminisme radical - la lutte en faveur de l’intimité dans le patriarcat
    https://tradfem.wordpress.com/2020/06/19/robert-jensen-les-hommes-la-pornographie-et-le-feminisme-radical-

    En prenant au sérieux cette perspective critique de la pornographie, j’ai appris l’une des leçons les plus importantes de ma vie : le féminisme radical n’est pas une menace mais plutôt un cadeau pour les hommes. Lorsque j’ai rencontré la critique féministe radicale de la pornographie, elle m’est apparue comme l’analyse à ce jour la plus convaincante des contenus sexuellement explicites, d’autant plus vraie aujourd’hui et plus nécessaire que jamais. Dans cet article, je défends ces affirmations en m’appuyant non seulement sur les ressources disponibles, mais aussi sur ma propre expérience. Tout d’abord, un peu d’histoire.

    En 1979, au cours de ce qui est communément appelé aux États-Unis la deuxième vague féministe, Andrea Dworkin a publié Pornography : Men Possessing Women, un livre révolutionnaire analysant les bases patriarcales de cette industrie pornographique en pleine essor. Cette même année, le groupe Women Against Pornography a manifesté dans Times Square à New York pour protester contre l’acceptation de la pornographie par la culture dominante sous couvert d’une soi-disant éthique de libération sexuelle. Le mouvement féministe radical anti-pornographie naissant a exigé que les pornographes et les consommateurs principalement masculins rendent des comptes, et a contesté l’idéologie de gauche/libérale qui tentait de normaliser l’exploitation.

    Cette idéologie libertarienne utilisée pour défendre la pornographie faisait valoir des principes simples qui étaient particulièrement plaisants pour les hommes consommateurs : le sexe est une part naturelle de l’existence humaine, et la pornographie une simple illustration des variations de la sexualité humaine normale, produites pour des adultes consentants qui devraient avoir la liberté d’en regarder s’ils le souhaitent. La réponse des libertariens à la contestation féministe se résumait à : Ne soyez pas prude – il n’y a rien à craindre.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://uncommongroundmedia.com/men-pornography-and-radical-feminism-the-struggle-for-intimacy-
    #pornographie #mobilisation_féministe #andrea_dworkin #gail_dines #violences_masculines

    • Je crois que c’est Mad Meg qui a mentionné que les textes autobiographiques d’Andrea Dworkin étaient particulièrement convaincants. On annonce pour septembre chez New Press une biographie signée Martin Duberman qui semble passionnante:

      Bancroft Prize winner Duberman (Luminous Traitor) delivers an exhaustive, intimate, and admiring biography of feminist writer and activist Andrea Dworkin (1946–2005). He details Dworkin’s upbringing by socially conscious Jewish immigrants in New Jersey, horrific mistreatment by male prison doctors after being arrested for protesting the Vietnam War, and abusive marriage to a Dutch anarchist before tracking her “meteoric” rise in the feminist movement beginning with the publication of Woman Hating in 1974. Duberman highlights Dworkin’s reputation as a passionate—and sometimes shocking—orator, and documents her struggles to gain acceptance from her peers and mainstream publishers. He also notes her concerns over race and class divisions within the feminist movement, ties her presentation of gender as a social construct to an early understanding of trans issues, and categorizes her antipornography crusade as a pushback against the power of systemic patriarchy. Duberman defends against claims that Dworkin considered all intercourse rape, and discusses her relationships with men and women without shoehorning her into a queer identity. Selections from Dworkin’s letters and autobiographical writings bring her own self-assessment into the picture, helping Duberman to push back against detractors who saw her as a one-note antisexuality crusader. Through this empathetic and approachable portrait, readers will develop a new appreciation for Dworkin’s “combative radicalism” and the lifelong, unsteady truce she made with the feminist mainstream. (Sept.)

      https://www.publishersweekly.com/978-1-62097-585-5

  • #Jessica_Masterson : L’icône féminine de la 3e vague réclame d’être brisée
    https://tradfem.wordpress.com/2020/02/08/licone-feminine-de-la-3e-vague-reclame-detre-brisee

    Au cours des dernières années, il y a eu plusieurs comptes rendus de cette influence de la pornographie sur l’idéal de beauté féminine. Dines aborde le concept de la « salope lambda », la nouvelle femme de rêve qui, plutôt que de se caractériser par ses compétences exceptionnelles en matière de ménage, se distingue par sa sexualité explicite et sa disponibilité illimitée. Dans Perfect Me, Heather Widdows soutient que la femme idéale n’est plus un simple objet sexuel, mais simultanément un objet et un sujet sexuel, en ce sens que son désir et son initiative sexuelle sont un élément crucial de son attrait. Si l’on tient compte de la prédominance de la pornographie sadomasochiste aujourd’hui, la femme idéale telle que dictée par la pornographie se caractérise par sa tolérance à la douleur et son masochisme. Une recherche menée en 2010 a révélé que la plupart des scènes de cinquante des films pornographiques les plus regardés contenaient des éléments de violence physique et verbale envers les femmes. Des actes d’agression physique, comme des gifles et des étranglements, étaient visibles dans plus de 88 % de ces scènes, et 48 % d’entre elles comptaient des agressions verbales envers les comédiennes. En tenant compte des agressions physiques et verbales, les chercheures ont conclu qu’un peu moins de 90 % de toutes les scènes de leur étude contenaient des éléments d’agression envers les femmes. Il devient rapidement évident que le porno ordinaire est essentiellement sadomasochiste : le porno que la plupart des spectateurs consomment régulièrement contient des éléments de sadomasochisme, que ce soit sous forme de gifles et de tirage de cheveux ou, de façon moins explicite, de l’avilissement ou l’humiliation verbale. On a surtout mentionné des actes sadiques, mais le masochisme se lit également dans ces vidéos à travers les visages souriants et les paroles d’encouragement des comédiennes aux agressions physiques et verbales. L’industrie du porno repose sur la conviction du consommateur que les femmes impliquées y prennent plaisir, et toute indication que ce n’est pas le cas menacerait de perturber le fantasme. Ainsi, les comédiennes doivent nécessairement démontrer leur plaisir lors de tout acte, quel qu’il soit, même s’il est agressif, douloureux ou avilissant. Une attitude masochiste de la part de ces femmes devient cruciale pour maintenir le fantasme vendu par les productions pornographiques.

    Qu’est-ce que cela signifie pour les filles et les jeunes femmes ? Dans une culture qui encourage les filles à idolâtrer les vedettes féminines du porno, que disons-nous aux filles sur ce que l’on attend d’elles ? Le féminisme libéral « sexe-positif » a défendu le sadomasochisme comme une manifestation de la libération sexuelle des femmes, mais je ne peux m’empêcher de me demander à quel point ces jeunes femmes se sentent « libérées » lorsqu’on leur crache dessus et qu’on les gifle.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://medium.com/@jessicamasterson_6828/the-third-wave-dream-girl-begs-to-broken-9eb0bb717f29
    #édition_libre #Gail_Dines #pornographie #féminisme_radical #pro-sexe #violences_masculines

  • #Gail_Dines et #Robert_Jensen : La pornographie sape la base du mouvement #MeToo
    https://tradfem.wordpress.com/2019/12/10/la-pornographie-sape-la-base-du-mouvement-metoo


    Charde Jackson, travailleuse en restauration rapide, brandit une affiche lors d’une manifestation contre le harcèlement sexuel, dans un McDonald’s de St. Louis, le 18 septembre 2018. Une grève nationale, déclenchée par l’organisation Fight for 15, est survenue après que des travailleuses de la chaîne McDonald’s aient porté plainte contre l’entreprise en mai. (Nick Schnelle/New York Times)

    Avec le traitement en manchettes d’allégations contre le Prince Andrew et son association avec (le milliardaire pédophile) Jeffrey Epstein, le mouvement #MeToo poursuit une longue lutte contre le harcèlement et les agressions sexuelles, en rejetant l’idée que les femmes existent pour le plaisir sexuel des hommes.

    Mais parallèlement au succès croissant de ce mouvement, l’industrie de la pornographie continue de prospérer en présentant des images explicites qui sexualisent exactement cette notion, celle que les femmes existent pour servir les désirs des hommes, quels que soient ces désirs, sans égard à la quantité d’humiliation et de souffrance qu’ils imposent aux femmes.

    La contradiction est évidente : au moment où les hommes commencent à être tenus responsables de l’utilisation de leur pouvoir pour manipuler et agresser sexuellement des femmes, l’industrie de la pornographie continue de socialiser les hommes à adopter précisément ces comportements. Il est temps pour le mouvement #MeToo — et pour le féminisme de façon plus générale — d’inclure une critique de la pornographie dans le projet d’abolition de la violence à l’égard des femmes.

    La société étatsunienne est inondée de divertissements et de publicités qui présentent les femmes comme des objets sexuels plutôt que comme des êtres humains à part entière, et ces messages ne sont nulle part aussi intenses que dans la pornographie. Est-ce important ? Bien sûr, parce que les images des médias de masse jouent un rôle important dans la culture contemporaine, et parce que des sociétés à but lucratif façonnent ces images médiatiques.

    Tradustion : #Tradfem
    Version originale : https://www.houstonchronicle.com/opinion/outlook/article/Pornography-undermines-the-MeToo-movement-14882621.php
    #pornographies #violences_masculines

  • #Gail_DINES : L’oppression des femmes EST systémique.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/25/gail-dines-loppression-des-femmes-est-systemique

    « Je suis choquée par la controverse qui a éclaté au sujet de ce que je considère comme un concept fondamental du féminisme : les femmes en tant que classe sexuelle sont victimes du patriarcat. Tout mouvement de libération exige une compréhension structurelle de la manière dont l’oppression est systémique et codifiée dans des institutions clés qui créent les conditions de l’oppression. En l’absence d’une telle analyse, le fait d’être une victime est redéfini comme un échec individuel ou un ensemble de mauvais choix de la part des femmes. L’idéologie même qui légitime la violence des hommes comme le fait de quelques pommes pourries, plutôt que comme un moyen de terroriser les femmes pour les soumettre. »

    par l’autrice de

  • #Gail_Dines : Voici ce en quoi Hugh Hefner représente la victoire du néolibéralisme.
    https://tradfem.wordpress.com/2017/10/07/voici-ce-en-quoi-hugh-hefner-represente-la-victoire-du-neoliberal

    À en croire la frénésie médiatique insensée qui a accompagné le décès de l’ex-PDG du magazine Playboy, on penserait que c’est un grand homme qui est mort, plutôt qu’un vil proxénète qui est devenu riche et célèbre en exploitant sexuellement des femmes. Quand je me suis éveillée jeudi matin, le jour suivant son décès, j’avais des courriels de journalistes du monde entier demandant à m’interviewer. Compte tenu de la façon dont Hefner avait normalisé la pornographie, je m’attendais au genre de questions sexistes qui vous donnent envie de saisir le plus proche livre d’#Andrea_Dworkin pour vérifier que vous n’êtes pas en train de perdre la raison. Et en effet, j’ai été bombardée de questions comme : #Hefner n’était-il pas un ami des féministes ? N’a-t-il pas lancé la révolution sexuelle au profit des femmes ? N’était-il pas un champion de la liberté d’expression ? Vous voyez le portrait…

    Après environ la cinquième de ces entrevues, j’ai remarqué un modèle qui émergeait : les journalistes énuméraient des femmes connues qui avaient rendu hommage à Hefner (comme Jenny McCarthy, Cindy Crawford, Nancy Sinatra et Kim Kardashian), puis ils me demandaient si ce n’était pas un exemple de l’échec du mouvement féministe à monter un plaidoyer vigoureux contre la pornographie.

    La réponse est, bien sûr, un retentissant « non ».

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/10/04/hugh-hefner-representa-neoliberalisms-win


    #pornographie #révolution_sexuelle

  • Gail Dines : Ghomeshi a joué le rôle d’un allié féministe, mais en privé il était pleinement embourbé dans la culture pornographique

    https://tradfem.wordpress.com/2016/04/04/gail-dines-ghomeshi-a-joue-le-role-dun-allie-feministe-mais-en-pr

    Au Canada, #Jian_Ghomeshi, un ex-animateur de radio, passait dernièrement en procès pour deux des signalements d’agressions sexuelles et autres qui ont entraîné son renvoi de la Société Radio-Canada il y a un an et demi. Voici ce qu’en disait Gail Dines à l’époque de la divulgation des faits, en 2014.

    « Du fait d’avoir été exposée à autant d’hostilité de la part d’interviewers masculins, je me souviens bien de ceux qui se sont montrés particulièrement favorables au point de vue féministe. Un de ceux qui se démarquent ainsi par la qualité de sa réflexion est Jian Ghomeshi, ancien animateur d’une émission de radio très écoutée du réseau CBC, Q. Non seulement Ghomeshi s’était-il montré bien informé du contenu de mon livre Pornland, mais il avait aussi exprimé de l’empathie pour les femmes dont le corps est sexuellement utilisé et violenté dans les productions pornographiques, à la seule fin de divertir des hommes.

    Alors, imaginez ma stupeur quand on a commencé à apprendre que des femmes accusaient publiquement Ghomeshi de les avoir agressées sexuellement, de façons conformes aux violences mises en scène dans le monde de la porno. Qu’il s’agisse d’asphyxier ses victimes avec son pénis ou de violences verbales pendant ses agressions, le comportement de Ghomeshi cadre parfaitement avec les scènes porno standard... »

    Traduction : #Tradfem
    Original : http://www.feministcurrent.com/2014/11/07/ghomeshi-played-the-role-of-a-feminist-ally-but-in-private-he-was-f

    #Gail_Dines est professeure d’études en sociologie et en études féministes au Wheelock College de Boston. C’est une des fondatrices du mouvement Stop Porn Culture, et l’autrice de Pornland : How Porn has Hijacked our Sexuality. Son nouveau documentaire, basé sur Pornland, peut être visionné en ligne.


    #proféminisme #médias #pornographie #agressions_sexuelles #Feminist_Current