• La #Galleria_Principe di #Napoli: un monumento da salvare
    https://informareonline.com/la-galleria-principe-di-napoli-un-monumento-da-salvare

    La Galleria Principe di Napoli non è soltanto un monumento storico mai valorizzato quanto meriterebbe. Oggi rappresenta una scommessa emblematica per la città, che coinvolge direttamente l’amministrazione comunale e la sua capacità di restituire pienamente alla cittadinanza un bene pubblico di grande valore. La Galleria non è mai stata protagonista di un effettivo rilancio né […] L’articolo La Galleria Principe di Napoli: un monumento da salvare proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Attualità #Magazine_Settembre_2026 #COMUNE_DI_NAPOLI

  • Comment Google et Apple brident Galileo et l’IGN, pourtant gratuits et plus performants
    https://www.clubic.com/dossier-612934-galileo.html

    (...)

    Les smartphones actuels ne captent pas un seul type de signal satellite. Ils embarquent une puce GNSS (Global Navigation Satellite System). Celle-ci est capable de recevoir simultanément #GPS, #Galileo, #GLONASS (le système russe) et #BeiDou (le système chinois). En théorie, si un signal est brouillé ou indisponible, un autre prend le relais. En pratique, c’est le système d’exploitation qui décide du poids accordé à chaque constellation. Or, ni Apple ni Google ne documentent publiquement cet arbitrage.

    Pour accélérer la première localisation, les appareils utilisent l’A-GNSS (Assisted #GNSS). Avant même que les satellites répondent, le téléphone télécharge des données d’assistance depuis les serveurs d’#Apple ou de #Google. Ces dernières indiquent à la puce quels satellites chercher et où les trouver dans le ciel. Sans assistance, un démarrage à froid prend typiquement 30 secondes dans des conditions optimales, mais bien plus en milieu urbain ou sous couverture nuageuse dense. Avec l’#A-GNSS, cette étape est réduite à quelques secondes. Donc, même quand #Galileo fournit le signal final, cette phase préliminaire passe par une infrastructure américaine.

    (...)

    • Google monétise vos déplacements
      Google Maps ne collecte pas seulement votre position au moment où vous l’ouvrez. L’application peut enregistrer vos trajets, les adresses fréquentées, la durée des visites, la fréquence de retour et le mode de transport. Jusqu’en 2023, ces données étaient stockées sur les serveurs de Google et liées à votre compte. Google a été condamné à payer 392 millions de dollars pour des pratiques de localisation trompeuses. En 2023, l’entreprise a également écopé d’une amende de 93 millions de dollars dans une procédure distincte. Sous la pression réglementaire, Google a annoncé un changement de stockage pour l’historique des positions (appelé « Timeline » ou « Vos trajets »). Dorénavant, cette chronologie serait stockée directement sur l’appareil plutôt que dans le cloud. La collecte en temps réel des données de position reste cependant active tant que l’application fonctionne en arrière-plan.
      […]
      L’IGN cartographie la France depuis 86 ans, mais l’administration préfère Google Maps

      L’Institut national de l’information géographique et forestière est un établissement public sous tutelle de l’État. Il existe depuis 1940. Il produit la BD TOPO, référence officielle de la cartographie française, ainsi que le Géoportail et les données IGN Rando. En 2024, l’institut a lancé l’application « Cartes IGN » et la Géoplateforme, une infrastructure nationale ouverte pour le partage de données géographiques. Ces deux projets ont été présentés dans son rapport d’activité annuel pour « une cartographie souveraine ». Sa couverture des zones rurales, des réseaux de sentiers et des territoires d’outre-mer est sans équivalent dans l’offre commerciale. Google Maps traite ces territoires avec beaucoup moins de soin.

      Pourtant, de nombreux portails de services publics et d’applications développées pour des collectivités locales intègrent des tuiles Google Maps plutôt que les données du Géoportail. Il faut dire que l’API Google Maps est connue des développeurs web, bien documentée, et gratuite jusqu’à un certain volume de requêtes. Elle est aussi intégrée par défaut dans de nombreux frameworks courants. L’IGN propose ses propres APIs via apicarto.ign.fr et la Géoplateforme, mais elles restent moins adoptées dans les appels d’offres publics. Aucune réglementation française n’oblige une administration à préférer une solution cartographique souveraine. Le RGPD encadre les données personnelles, pas les choix d’API.

      Des alternatives crédibles existent et fonctionnent. OpenStreetMap est un projet cartographique communautaire mondial. La France y est représentée avec un niveau de détail qui rivalise avec Google Maps sur la plupart des usages courants, et parfois mieux en zone rurale ou pour les itinéraires de randonnée. Organic Maps, CoMaps et OsmAnd l’exploitent sur mobile, sans collecte de données, sans publicité, avec une compatibilité native avec Galileo. Ces outils sont utilisés par plusieurs États membres de l’Union européenne dans leurs services publics.

      En réponse, l’IGN a lancé cartes.gouv.fr, un portail ouvert agrégeant les données géographiques publiques françaises. Mais le chemin entre un portail de données publiques bien conçu et son adoption dans les appels d’offres des collectivités reste long, et aucune obligation réglementaire ne pousse dans cette direction.

  • Arriva “Vesea Experience”: un’idea di #vini autentici, raffinati e femminili
    https://informareonline.com/arriva-vesea-experience-unidea-di-vini-autentici-raffinati-e-femmin

    Si inizia già a respirare nell’aria un clima di grande fermento in attesa del prossimo 26 maggio 2026. Quel giorno infatti, alle ore 18:30, sarà presentato, presso la #Galleria_Gennaro_Regina, sita in via Vittorio Colonna 8, a Napoli, “Vesea Experience“. Un appuntamento imperdibile, che coniuga arte, musica dal vivo e degustazione, nel cuore pulsante […] L’articolo Arriva “Vesea Experience”: un’idea di vini autentici, raffinati e femminili proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa #donne #Vesea_Experience

  • #Collberg galerie à #Grenoble

    Collagiste : Artiste créateur d’œuvres à partir de papiers, journaux, cartons, etc

    Les techniques peuvent être mixtes : peinture, dessin, photos, mais personnellement j’aime le collage pur.

    Mes outils sont très simples : règle, colle, cutter et bistouri.

    D’une image naît l’idée, puis de l’idée la composition qui parfois tient presque de l’écriture automatique, et les choix s’imposent ..... poétiques, politiques, sociologiques, surréalistiques !!!!!

    On y revient, on modifie, et après il faut coller !!!!!


    https://www.collberggalerie.fr
    #collage #art #galerie #galerie_d'art

    ping @reka

  • #Intoxication durable : comment les cultivateurs de cacao de #Lindt & #Sprüngli sont exposés à des #pesticides hautement toxiques

    Dans le cadre du programme de durabilité de Lindt & Sprüngli, des cultivatrices et cultivateurs de cacao ghanéen·ne·s utilisent des pesticides interdits dans l’UE et en Suisse, mettant ainsi leur #santé en danger. Pendant des années, l’intermédiaire suisse #Ecom a même activement distribué des pesticides dangereux lors de formations aux agricultrices et agriculteurs cultivant du cacao pour #Lindt_&_Sprüngli.

    « Cela me rend triste de voir ma ferme dans cet état », déplore Osei Kwame Williams. Nous avons rendez-vous avec le cultivateur de cacao sur sa ferme à Mfanibu. Le petit village se trouve dans la région d’Ashanti, au Ghana, connue pour son cacao. Des milliers de petit·e·s agricultrices et agriculteurs en cultivent ici sur de petites parcelles, qui ressemblent à des forêts basses avec une seule espèce d’arbre. Le cacao n’est pas une espèce indigène du Ghana et il est principalement cultivé en monocultures. Pour ce faire, la forêt tropicale est souvent déboisée. Les arbres de Williams sont grands et ramifiés ; on voit qu’ils n’ont plus été taillés depuis longtemps. L’élagage est essentiel pour la santé des cacaoyers et une bonne récolte. « Mais c’est trop tard maintenant », indique Williams. L’herbe et les mauvaises herbes sont également hautes sous les arbres. Elles puisent l’eau du sol, laquelle serait nécessaire aux arbres, étant donné qu’il n’a pas assez plu ces derniers mois. La crise climatique affecte de plus en plus les agricultrices et agriculteurs. Les périodes où les températures maximales quotidiennes dépassent les 32 °C se sont allongées de trois semaines par année lors de la dernière décennie. Il fait trop chaud pour les cacaoyers.

    Williams montre un petit insecte sur une jeune cabosse (fruit du cacaoyer) encore verte poussant sur le tronc d’un cacaoyer. C’est une espèce de #punaise, appelée « #Akate » au Ghana. « Elles détruisent tout ici », relève-t-il. Sous l’un des arbres gisent deux récipients en plastique vides d’un #insecticide nommé « #Akate_Star ». Il semble ne pas avoir fait effet. Les punaises ne sont pas le seul fléau contre lequel se bat l’agriculteur : la pourriture brune des #cabosses du #cacaoyer lui pose aussi problème. Dans l’herbe, il y a des cabosses noires, qu’on dirait brûlées. Elles sont infectées par un #champignon. De plus, des #termites se sont installées dans certains troncs d’arbres et les creusent depuis l’intérieur. Au Ghana, le secteur du cacao traverse une crise sans précédent. Les personnes qui en souffrent le plus sont les petit·e·s cultivatrices et cultivateurs, comme Osei Kwame Williams. La plupart vivent dans la #pauvreté, car ils n’arrivent pas à vendre leurs #fèves à des #prix leur permettant de couvrir leurs besoins vitaux.

    Sur le site Internet, des cultivatrices de cacao qui dansent

    Sur le papier, la ferme de Williams est une « demo plot », une ferme de démonstration de la #multinationale suisse du chocolat Lindt & Sprüngli. Aux abords de la ferme, vers la route, un panneau métallique caché dans les hautes herbes met en évidence cette collaboration. La pluie a effacé le logo du « Lindt & Sprüngli Farming Program », qu’on ne reconnaît presque plus. La multinationale suisse se procure la plupart de ses fèves de cacao au Ghana, lesquelles sont ensuite transformées à Kilchberg (ZH) et dans d’autres usines dans le monde entier en plaques de chocolat, lapins de Pâques et pralinés. Selon ses propres informations, la multinationale travaille avec 61 000 cultivatrices et cultivateurs de cacao ghanéen·ne·s. C’est plus que dans n’importe quel autre pays d’où Lindt & Sprüngli importe du cacao.

    Tous font partie du « Farming Program ». « Le Farming Program vise à créer des conditions de vie décentes et durables pour les producteurs de cacao et leurs familles, mais aussi à promouvoir des pratiques agricoles plus durables », écrit à notre demande une porte-parole de Lindt & Sprüngli. Le logo du programme, une cabosse jaune sur fond brun, figure sur la plupart des produits de Lindt & Sprüngli. Il est censé garantir aux consommatrices et consommateurs, surtout en Europe et aux États-Unis, que le cacao est issu d’une production durable et équitable. Sur le site Internet du programme, on voit des photos de cultivatrices de cacao qui sourient et dansent. Tout est très coloré et positif. Si l’on croit le fabricant de chocolat de Kilchberg, la ferme aux apparences abandonnées d’Osei Kwame Williams serait le reflet d’une collaboration fructueuse.

    « Par le passé, Lindt était le plus grand acheteur de cacao de la région », raconte Williams. En 2014, il a été contacté par des agronomes d’Ecom. Cette multinationale #suisse de matières premières est le principal partenaire de Lindt & Sprüngli au Ghana et met en œuvre son programme de durabilité . Les agronomes cherchaient une ferme de cacao facilement accessible en voiture, à proximité de la route. L’agriculteur leur a loué une partie de son terrain. En échange, il a reçu 250 cedis ghanéens par mois, soit environ 20 dollars américains. Il a aussi reçu gratuitement des engrais synthétiques et des insecticides. Lindt & Sprüngli a financé une petite école dans le village et a promis aussi, selon Williams, de construire un puits. Mais celui-ci n’existerait pas encore à ce jour. Les agronomes d’Ecom ont pris des échantillons du sol, ont taillé les arbres et ont apporté des pulvérisateurs pour traiter les arbres avec des insecticides. L’agriculteur se souvient des produits utilisés : « Confidor » et « Akate Master ». « Ils ont sprayé les arbres chaque mois, d’avril à novembre, à un rythme que je n’aurais jamais pu me permettre. » Les récoltes sur la « demo plot » étaient bonnes, bien meilleures que sur le reste du terrain. Ecom a utilisé la ferme de Williams pour donner des formations à des agricultrices et agriculteurs de la région. Ils y apprenaient non seulement la théorie d’une lutte durable contre les nuisibles, mais aussi comment utiliser des engrais synthétiques et des pesticides pour maximiser les rendements. À l’époque, il récoltait dix sacs de cacao sur un peu moins d’un demi-hectare, raconte Williams. « Aujourd’hui, j’arrive tout juste à quatre sacs. »

    Risque pour le système nerveux et la capacité de développement

    Les insecticides « #Confidor » et « #Akate_Master », que les agronomes d’Ecom ont apportés sur la ferme de Williams, contiennent des substances interdites dans l’UE et en Suisse en raison de leur dangerosité pour la santé humaine et l’environnement. Le « Pesticide Action Network » (PAN), réseau international d’action contre les pesticides, dont les recommandations sont suivies par de nombreux scientifiques et ONG, classe ces produits dans la catégorie des « #highly_hazardous_pesticides » (#HHP), soit des pesticides hautement dangereux. « Certains HHP sont connus pour provoquer des dommages à la santé sévères et chroniques », affirme Joey Salmon de la section britannique du PAN. « Ils peuvent nuire aux fonctions du système nerveux et à la capacité de reproduction et de développement. » Le recours généralisé à ces pesticides dans la production ghanéenne de cacao est alarmant, surtout en ce qui concerne la santé des communautés cultivant cette plante. « Elles doivent d’urgence passer à des méthodes moins nocives pour la santé, basées sur des principes agroécologiques. »

    À cela s’ajoute encore le fait que le produit Confidor contient de l’#imidaclopride. Ce principe actif fait partie de la catégorie des #néonicotinoïdes, connus pour tuer les abeilles. Ils attaquent le système nerveux central des insectes, ce qui a pour conséquence de les faire mourir. En 2018, l’imidaclopride a été interdit dans l’UE en raison des risques « inacceptables » pour les abeilles.

    Dans le cadre de la présente enquête, nous avons interviewé dix-sept cultivatrices et cultivateurs de cacao autour de #Tepa et de #Goaso, deux districts au nord-ouest de la capitale provinciale #Kumasi. Sept d’entre eux vendent leurs fèves à Ecom, le plus important partenaire local et acheteur de Lindt & Sprüngli au Ghana. Et quatre d’entre eux, dont Osei Kwame Williams, faisaient ou font partie du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli. Toutes les personnes interrogées nous ont raconté avoir régulièrement utilisé des pesticides, certes autorisés au Ghana, mais classés comme hautement dangereux par le réseau PAN et interdits dans l’UE et en Suisse.

    Des substances toxiques dans la chaîne d’approvisionnement

    Sur son site Internet, Lindt & Sprüngli cite cinq principes pour un approvisionnement responsable en cacao, notamment « les partenariats sur le long terme » avec les fournisseurs, un « programme d’approvisionnement responsable » et « la traçabilité et la transparence des chaînes d’approvisionnement ». Nous avons demandé à Lindt & Sprüngli dans quelle mesure l’utilisation de pesticides hautement toxiques dans le cadre de son programme de durabilité était compatible avec le principe d’un « programme d’approvisionnement responsable ». « Un contrôle du respect de la liste des pesticides est une exigence importante qui doit être garantie par les fournisseurs (y compris Ecom) », écrit la porte-parole. Toutefois, cette « liste des pesticides » n’est ni accessible au public, ni fournie sur demande par Lindt & Sprüngli. « Ceci n’est pas possible en raison d’obligations contractuelles », précise la porte-parole. Nous aurions aussi voulu savoir où se trouvent les 1060 « demo plots » au Ghana qui, selon Lindt, accueillent des formations sur le développement durable et promeuvent « la production et l’utilisation de produits et engrais organiques ». Sur cette question aussi, la multinationale fait blocage. La liste des fermes de démonstration ne peut pas être rendue publique « pour des raisons de protection des données », affirme la porte-parole.

    Lindt & Sprüngli a entièrement externalisé la mise en œuvre de son « Farming Program ». Au Ghana, ce sont plusieurs entreprises de matières premières actives dans le pays qui s’en chargent, notamment « #Olam_International_Limited », « #Touton_SA » et « #Ecom_Agrotrade Ltd. ». D’une part, elles organisent sur place les formations avec les agricultrices et agriculteurs ; d’autre part, elles leur achètent les #fèves_de_cacao sur mandat de Lindt & Sprüngli. La multinationale du chocolat, quant à elle, emploie au Ghana un seul et unique collaborateur, qui surveille la mise en œuvre du programme. Le contact direct avec les agricultrices et agriculteurs est assuré par 360 employé·e·s des trois entreprises de négoce précitées, qui sont entièrement payé·e·s par Lindt & Sprüngli. Le partenaire le plus important au Ghana est Ecom. Multinationale de matières premières active dans le monde entier et dont le siège principal se trouve à Pully, dans le canton de Vaud, Ecom s’est spécialisée dans le négoce de cacao, de café et de coton. Sa valeur se chiffre en milliards.

    Selon ses propres informations, Lindt & Sprüngli travaille avec 2400 agricultrices et agriculteurs à Tepa et à Goaso, deux districts au nord-ouest de la capitale provinciale Kumasi. Toutefois, il est difficile de déceler sur place des signes de la présence de Lindt. Nous trouvons le logo du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli seulement dans les dépôts d’Ecom à Tepa, là où les fèves sont emballées dans des sacs en vue de leur exportation. Pratiquement toutes les agricultrices et tous les agriculteurs à Tepa et à Goaso à qui nous avons montré le logo sur notre smartphone nous ont dit ne l’avoir jamais vu ni avoir entendu parler de ce programme.

    Nous ne trouvons sur place aucune trace de la collaboration étroite avec les producteurs que l’entreprise aime suggérer dans sa communication. La plupart des agricultrices et agriculteurs n’ont aucune idée de ce qu’il advient de leurs fèves. Ils les vendent à un acheteur local (local buying clerk), qui reçoit de l’argent d’une société d’achat agréée par l’État (licenced buying company), par exemple Ecom, pour se procurer des fèves de cacao auprès des agricultrices et agriculteurs. Cependant, Ecom ne peut pas exporter les fèves directement en Suisse, mais les vend tout d’abord à l’entreprise étatique « #Ghana_Cocoa_Board » (#Cocobod), qui règle l’ensemble des exportations. La plupart des cultivatrices et cultivateurs de cacao connaissent le nom de la société agréée par l’État à qui ils vendent leurs fèves. Mais seule une minorité connaît la multinationale qui produit du chocolat à partir de leur matière première. La chaîne d’approvisionnement du cacao manque notoirement de #transparence. Malgré cela, Lindt & Sprüngli vante son approche « #Bean_to_Bar » (de l’achat des fèves à la production des tablettes de chocolat). Sur le site Internet de la multinationale, on peut lire : « Ce n’est qu’en sachant où nos fèves de cacao sont cultivées que nous pouvons avoir une influence sur les conditions de vie des familles d’agriculteurs dans les pays producteurs de cacao. »

    Des #primes bienvenues, mais pas de #prix_équitable

    Joseph, dont le vrai nom nous est connu, mais que nous ne mentionnerons pas ici pour sa sécurité, fait partie de ceux qui connaissent Lindt & Sprüngli. Il vit à #Akwaiase, qui se trouve à quelques kilomètres de Tepa. Lorsque nous arrivons chez lui, il est assis sur une chaise en plastique sous un manguier. Devant lui, un grand tas de cabosses noires, pourries. Derrière lui, un puits, une moto, une remise et une maison simple faite en briques brutes avec un toit de tôle. Il y vit avec sa femme et ses huit enfants. Il porte des sandales noires, un pantalon en toile beige et un t-shirt sale. Au-dessus de sa barbe noire sourient deux yeux fatigués.

    Il a participé à plusieurs formations organisées par Ecom dans le cadre du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli. En contrepartie, il a reçu en automne dernier une prime d’environ 150 dollars américains, versés sur son téléphone portable, pour 18 sacs de cacao livrés à Ecom. Il était très heureux de recevoir cette prime et il espère qu’elle sera encore un peu plus élevée cette année. Car il ne parvient pas encore à atteindre un prix équitable pour son cacao, raconte Joseph. Le prix par sac s’élevait en juin 2025 à 3100 cedis ghanéens (environ 250 dollars américains). Ce prix est établi par l’entreprise étatique Ghana Cocoa Board (Cocobod). Pour Joseph, un prix équitable serait d’environ 7000 cedis ghanéens (570 dollars américains). La « prime de durabilité » d’environ 8 dollars américains par sac versée par Lindt ne comble que peu cet écart.

    Outre les prix bas, ce sont surtout les nuisibles qui préoccupent Joseph. « Nous pulvérisons les arbres presque chaque mois, et si les produits n’étaient pas aussi chers, nous le ferions même deux fois par mois. » Il nous conduit dans une remise en bois devant la maison. Une femme y prépare à manger sur un foyer ouvert. Dans la remise, Joseph stocke ses produits agrochimiques et une combinaison qu’il porte lorsqu’il traite ses arbres. Il va chercher un sac en jute et nous montre son contenu : des récipients en plastique contenant les insecticides « #Acati_Power », « #Konmidor » et « #Akate_King ». Ces trois produits ont comme principes actifs de la #thiaméthoxame, de l’imidaclopride et de la #bifenthrine, trois substances qui ne sont plus autorisées dans l’UE ni en Suisse car elles sont dangereuses pour la santé et l’environnement.

    Et aussi du paraquat pour cultiver le cacao

    « Aujourd’hui, la plupart des cultivatrices et cultivateurs de cacao au Ghana ne voient plus d’alternative à l’utilisation de pesticides », affirme Issifu Issake, président de la « Ghana Cooperative Cocoa Farmers Association », une organisation faîtière représentant 75 associations et des milliers de cultivatrices et cultivateurs de cacao dans neuf régions. Parmi ces cultivateurs, certains vendent leurs fèves à Ecom et Lindt & Sprüngli. « Mais seule une minorité utilise un équipement de protection pour pulvériser les arbres, ce qui met fortement leur santé en danger », relève-t-il. Pour sortir de cette spirale négative, il a quant à lui commencé à produire de manière biologique et a renoncé aux pesticides chimiques, raconte Issake. Au début, cela demandait plus de travail et coûtait plus cher, mais sur le long terme c’est mieux pour la santé, les sols et la résilience vis-à-vis de la crise climatique. Son organisation essaie de sensibiliser les agricultrices et agriculteurs aux dangers liés à l’utilisation de pesticides sans équipement de protection. « Mais la plupart des agriculteurs sont désespérés. Ils utilisent dans leurs champs tout ce qu’ils trouvent dans les magasins agricoles. »

    Pour cette enquête, nous nous sommes rendus dans cinq magasins agricoles de la région d’#Ashanti, dont l’un collabore avec le « Ghana Cocoa Board » (Cocobod). Cette autorité publique fait des recherches et donne des recommandations sur les produits agrochimiques à utiliser pour la culture du cacao. La plupart des cultivatrices et cultivateurs de cacao s’y réfèrent. Tous les magasins visités vendent de nombreux pesticides dont les principes actifs ne sont plus autorisés dans l’UE ni en Suisse. Les produits s’appellent « Akate Star », « #Akate_Rock_Star » ou « #Aceta_Star » (contenant de la bifenthrine), « #Galil_300_SC » (contenant de l’imidaclopride) ou encore « #Actara_240_SC » et « #Acati_Power » (contenant du #thiaméthoxame). Ce qui est frappant dans les magasins et dans les champs, c’est la forte présence de pesticides de la marque « #Adama ». La multinationale israélienne de l’agrochimie appartient depuis 2017 à #Syngenta Group, dont le siège principal est à Bâle.

    Dans les magasins, on trouve aussi une série de produits à base de #paraquat avec des noms tels que « #Gramostrong », « #ParaeForce » et « #Haouquat ». Ce sont des copies du produit original de Syngenta « #Gramoxone », principalement fabriquées par des producteurs chinois ou indiens. Le Paraquat est aujourd’hui interdit dans plus de 70 pays ; en Suisse, l’interdiction date de 1989 et dans l’UE, de 2007. La raison principale de cette décision : la haute #toxicité du produit. Il suffit d’une petite gorgée de paraquat pour que les organes humains cessent de fonctionner. Le paraquat est connu pour être utilisé par des petits agriculteurs désespérés dans les pays du Sud pour se suicider. Ce produit est surtout utilisé dans la culture maraîchère, mais plusieurs cultivateurs nous ont raconté avoir utilisé le paraquat contre les mauvaises herbes poussant sous les cacaoyers.

    Irritation de la peau, yeux qui brûlent et difficultés respiratoires

    Au Ghana, le recours aux pesticides a fortement augmenté ces dernières années. Selon un rapport de la FAO datant de 2023, 9700 tonnes de pesticides sont utilisées par année au Ghana ; c’est environ sept fois plus qu’en 2010. En 2020, 246 insecticides et 272 herbicides étaient autorisés au Ghana. Parmi les pesticides, on trouve de nombreux néonicotinoïdes, tenus pour responsables de la mortalité massive des abeilles en Europe. Au Ghana, la population de moustiques qui pollinisent les fleurs du cacaoyer a été à tel point décimée par l’utilisation des néonicotinoïdes que le gouvernement a décidé en 2017 de lancer un programme national de pollinisation manuelle des cacaoyers. Environ 30 000 jeunes ont été engagé·e·s à cette fin. Des enquêtes récentes montrent qu’aujourd’hui 70 à 85% des agricultrices et agriculteurs ghanéen·e·s utilisent des produits agrochimiques. Un grand nombre de cultivatrices et cultivateurs de cacao nous ont raconté consacrer environ un tiers de leurs recettes à l’achat de produits agrochimiques. Beaucoup doivent contracter des crédits et s’endettent pour pouvoir acheter ces produits.

    Raymond Owusu-Achiaw est expert en matière de pesticides et de lutte intégrée contre les nuisibles auprès de l’ONG ghanéenne « Conservation Alliance International ». Depuis des années, son organisation essaie, en collaboration avec des partenaires internationaux, de rendre le secteur du cacao plus équitable et moins nocif pour l’environnement. Nous avons rendez-vous avec lui pour un entretien au siège principal de l’ONG à Accra, la capitale du Ghana. « Les conséquences sanitaires liées à l’utilisation de pesticides dans la culture du cacao sont visibles », affirme-t-il. « Les agriculteurs me parlent d’irritations cutanées, de sensation de brûlure aux yeux et de difficultés respiratoires après la pulvérisation. » La grande majorité sait maintenant que l’utilisation de pesticides hautement dangereux sans protection met leur santé en danger. « Mais la plupart des agriculteurs luttent pour leur survie et veulent pouvoir récolter à tout prix. C’est pourquoi les dommages causés à la santé sur le long terme passent souvent au second plan. »

    Les acheteurs internationaux de cacao, comme Lindt & Sprüngli, ont certes élaboré des politiques qui présentent bien sur le papier, relève Owusu-Achiaw, mais ils n’ont la plupart du temps aucun contrôle sur ce qui se passe vraiment sur place. « Ce qui compte, c’est ce qui se passe sur les fermes des cultivatrices et cultivateurs de cacao, et non pas de ce qui est écrit dans les rapports de durabilité des producteurs de chocolat. » Il critique le fait que la responsabilité soit reportée sur les intermédiaires, les entreprises appelées « Licensed Buying Companies », telles qu’Ecom au Ghana. « Les entreprises en Europe réalisent les plus grands bénéfices dans la chaîne d’approvisionnement du cacao ; elles ont par conséquent une responsabilité vis-à-vis des agriculteurs et des communautés qui cultivent le cacao. »

    Le recours aux pesticides dans la chaîne d’approvisionnement manque de transparence

    Selon l’ONG allemande « Inkota », qui travaille depuis des années sur la question de l’utilisation des pesticides en Afrique, aucun grand fabricant de chocolat n’a jusqu’à présent publié de documentation systématique sur les pesticides présents dans sa propre chaîne d’approvisionnement. « La plupart des entreprises ne savent pas quels pesticides sont utilisés par leurs agricultrices et agriculteurs et à quelle fréquence », relève Juliane Bing, chargée jusqu’en été 2025 de la question du cacao au sein d’Inkota. « Les effets sur la santé restent méconnus, car il n’y a pas de collecte systématique de données sur les problèmes de santé chroniques dus à l’exposition aux pesticides. »

    Dans le rapport de durabilité de Lindt & Sprüngli pour l’année 2024, les pesticides ne sont pas une seule fois mentionnés. En revanche, le terme de « durabilité » apparaît sur 61 pages et jusqu’à 35 fois par page. Sur le site Internet du « Farming Program », on trouve une rubrique « Foire aux questions » (FAQ), où figure notamment la question suivante : « Des pesticides sont-ils utilisés dans la chaîne d’approvisionnement de Lindt & Sprüngli ? ». On apprend notamment que les partenaires locaux de Lindt proposent des formations promouvant des techniques agricoles plus durables afin de réduire le besoin en pesticides dans la production de cacao. Plus loin, il est écrit : « Dans le cadre de nos investissements dans l’approvisionnement responsable en cacao, les agriculteurs reçoivent exclusivement des produits biologiques (« organic inputs ») pour leurs plantations de cacao. » En creusant un peu plus, on trouve dans le « Verification Guidance Document » du « Farming Program » une série de critères relatifs à l’utilisation de pesticides. Lindt & Sprüngli exige d’Ecom et des autres fournisseurs de sa chaîne d’approvisionnement de :

    – réduire au maximum l’utilisation de substances dangereuses et veiller à ce qu’elles soient utilisées en toute sécurité ;
    - garantir que les agricultrices et agriculteurs n’utilisent des « produits phytosanitaires chimiques » qu’en dernier recours (« last resort ») et qu’ils privilégient d’autres méthodes manuelles pour lutter contre les nuisibles ;
    - réduire au maximum les effets négatifs sur les ressources naturelles via un « système d’élimination des produits chimiques et des déchets » (« chemical and waste management »), notamment en éliminant correctement les contenants des pesticides ;
    – faire en sorte que tous les produits chimiques soient stockés dans des endroits bien aérés, hors de la portée des enfants et loin de la nourriture ;
    - faire en sorte que les personnes qui pulvérisent les pesticides portent un équipement de protection en bon état.

    Comme le montre notre enquête à Tepa et à Goaso, ces lignes directrices ne sont pas suivies sur le terrain. L’utilisation de pesticides hautement dangereux n’est pas réduite, mais ne cesse au contraire d’augmenter. Les pesticides ne sont pas utilisés « en dernier recours », mais constituent souvent le premier choix dans la crise actuelle. Il n’y a aucun « système d’élimination des produits chimiques et des déchets » à proprement parler. Sur les fermes visitées, des contenants vides de pesticides gisent dans l’herbe entre les arbres. Il n’y a pas de points de collecte dans les magasins agricoles. Comme le racontent les agricultrices et agriculteurs, ils ramassent de temps à autre les contenants et les brûlent. Et aucun·e des cultivatrices et cultivateurs de cacao avec qui nous avons discuté n’utilise un équipement complet de protection « en bon état » pour sprayer les arbres.

    En pleine nébuleuse toxique

    Fin juin, au cours d’un après-midi ensoleillé, Kuma Enoch nous montre comment il traite ses champs contre les punaises. Il fait environ 30° et l’humidité est tropicale. Enoch n’est pas seulement cultivateur de cacao, mais il pulvérise aussi contre rémunération les fermes d’amis agriculteurs. Il est également acheteur au niveau local : avec l’argent qu’il reçoit de son « Do », un gestionnaire de dépôt d’Ecom, il se procure des fèves séchées auprès d’agriculteurs de la région. Il ne sait pas si Ecom revend ensuite ces fèves à Lindt & Sprüngli. Il sait seulement que plusieurs des 42 agriculteurs à qui il achète des fèves ont suivi des formations de Lindt.

    Enoch va chercher dans sa maison une bouteille de « Galil 300 SC », un insecticide d’Adama contenant de l’imidaclopride et de la bifenthrine. Selon le réseau PAN, les deux produits sont hautement dangereux. Ils sont interdits dans l’UE et en Suisse. Enoch mélange le liquide clair avec un engrais d’un vert criard puis mélange le tout à main nue. Ensuite, il verse la solution dans le réservoir de son pulvérisateur fonctionnant au diesel et pouvant contenir jusqu’à 11 litres de solution aux pesticides. Il ajoute de l’eau et soulève l’engin lourd d’environ 20 kilos pour le mettre sur son dos. Puis il allume le moteur en tirant sur le cordon prévu à cet effet. Dans un bruit assourdissant, il se rend dans le champ de cacao. Quand il appuie sur le levier du pulvérisateur, une fine pluie de gouttelettes est projetée sur la cime des arbres. Il se tient là, en plein nuage toxique, vêtu d’un short gris et d’un polo rouge, pieds nus dans des bottes en caoutchouc vertes. Chargé de son lourd sac à dos et le front perlant de sueur, il va d’un cacaoyer à l’autre et respire l’air humide, imprégné de pesticides et d’engrais. En cinq minutes, le réservoir est vide.

    Lorsque les gouttelettes de la solution pulvérisée lui arrivent parfois dans les yeux, ils brûlent ensuite toute la nuit, raconte-t-il. Surtout lorsqu’il utilise du « Ridomil », un fongicide produit par Syngenta, l’un des plus grands fabricants mondiaux de pesticides, dont le siège est à Bâle. Ce fongicide contient du mancozèbe, un perturbateur endocrinien qui peut nuire non seulement à la fertilité, mais aussi au fœtus. Cette substance est interdite dans l’UE depuis 2020 et en Suisse, depuis 2021. Enoch sait qu’il devrait porter une combinaison, des gants fabriqués à partir d’un caoutchouc spécial, des lunettes pour protéger les yeux et un masque pour que les produits chimiques n’atteignent pas ses poumons. C’est ce qu’expliquent des pictogrammes et des lettres en anglais sur les emballages de « Galil 300 SC » et de « Ridomil ». Mais porter un équipement de protection sous cette chaleur serait une torture, sans compter que ces équipements sont chers et pratiquement introuvables dans les magasins agricoles de la région.

    Des tissus en coton et du beurre de karité pour se protéger

    Dans les cinq magasins agricoles que nous avons visités à Tepa et dans les environs, nous n’avons trouvé aucun équipement de protection complet conforme aux recommandations de l’OMS. Deux magasins ne vendaient même aucun vêtement de protection, et deux autres n’avaient que des bottes en caoutchouc et des combinaisons. Seul un magasin proposait aussi des masques de protection dans son assortiment, « mais nous n’en vendons presque jamais », affirmait le vendeur. De toute façon, les équipements de protection sont rarement demandés. Les agricultrices et agriculteurs seraient plus enclins à acheter une bouteille supplémentaire de pesticide afin de garantir leur récolte plutôt qu’un masque visant à protéger leur santé. Comme nous l’avons vu à Tepa, certains cultivateurs et cultivatrices – on observe aussi des femmes qui pulvérisent les champs – se protègent la bouche et le nez avec un tissu en coton et portent une casquette en toile pour se protéger comme ils le peuvent des gouttelettes de pesticides. Certains se frottent également la peau avec du beurre de karité, graisse extraite des noyaux du fruit de karité. Selon eux, la graisse apaiserait un peu les irritations cutanées.

    Lindt connaît le problème du manque d’équipements de protection et de l’exposition aux pesticides qui en résulte. Dans un entretien, une responsable de la durabilité raconte le dernier voyage d’affaires qu’elle a effectué il y a trois ans au Ghana. Lors de son séjour, elle a vu des agriculteurs sprayer les arbres en tongs. Malgré cela, la multinationale ne met aucun équipement de protection à disposition dans le cadre du « Farming Program ». À la question de savoir pourquoi, une porte-parole écrit : « Nous avons arrêté de distribuer des équipements de protection dans le cadre du programme mis en œuvre par Ecom lorsque nous sommes passés, il y a quelques années, des primes en nature à des primes en espèces, pour que les cultivatrices et cultivateurs puissent choisir librement dans quels outils ils souhaitent investir. » Ainsi, Lindt & Sprüngli considère les équipements de protection comme faisant partie de la « prime », et non pas comme un équipement de base mis à disposition de tous les agricultrices et agriculteurs cultivant du cacao pour la multinationale. Lindt écrit ensuite : « Distribuer du matériel gratuitement peut conduire à une dépendance, à la non-utilisation ou à la revente si les bénéficiaires n’accordent pas de valeur aux articles. » Lindt & Sprüngli met l’accent sur la sensibilisation à la nécessité des équipements de protection et « informe continuellement sur les dangers de certains pesticides ». Mais pour cela, la multinationale suisse du cacao mise au Ghana sur Ecom, un partenaire discutable.

    Utiliser la proximité avec les agriculteurs

    Le groupe Ecom au Ghana compte différentes filiales. Parallèlement au secteur des services de gestion durable (« Ecom Sustainable Management Services »), qui met en œuvre le « Farming Program » pour Lindt & Sprüngli, il y a aussi la filiale « Crop Doctor », spécialisée dans la vente de produits agrochimiques et de machines agricoles. Dans son assortiment, on trouve ses propres marques telles que « Commander » (contenant de l’imidaclopride), « Rockstar » (contenant de la bifenthrine) et « Skope 370 WP » (contenant du mancozèbe). Tous ces principes actifs sont hautement dangereux.

    Jessica a travaillé de 2013 à 2019 pour Ecom au Ghana et a occupé différents postes dans le domaine de la durabilité. Elle ne souhaite pas dévoiler son vrai nom. Elle raconte avoir toujours été dérangée par les affaires d’Ecom dans le domaine des pesticides. « Ecom voulait profiter de sa bonne position dans la chaîne d’approvisionnement du cacao. Et grâce aux marges importantes dans le commerce des pesticides, ils faisaient de grands bénéfices. » La direction d’Ecom a donné pour instruction à ses agronomes d’utiliser consciemment leur proximité avec les cultivatrices et cultivateurs de cacao dans le cadre du programme de Lindt pour leur vendre des produits Crop Doctor. Lors des formations, Ecom a certes enseigné aux agriculteurs la lutte intégrée contre les nuisibles, qui repose principalement sur des mesures biologiques et dans laquelle les pesticides synthétiques ne sont utilisés qu’en dernier recours. « Mais en même temps, ils vendaient aux agriculteurs les pesticides Crop Doctor en tant que produits de choix », raconte l’ex-collaboratrice d’Ecom. « C’est quand même très contradictoire. » Deux autres personnes ayant travaillé pour Ecom nous ont confirmé que, pendant des années, la multinationale a vendu des pesticides dans le cadre de ses programmes de durabilité.
    Les enfants sont eux aussi exposés aux pesticides

    Sampson ne souhaite pas non plus voir figurer son vrai nom dans cette enquête, car il craint des représailles. Il est agronome de formation et a travaillé chez Ecom de 2014 à 2019 comme agent de terrain. Dans cette fonction, il était chargé de la mise en œuvre du « Farming Program » dans le Ghana occidental. « Ecom fait partie des premières entreprises au Ghana à avoir distribué des pesticides dans le cadre de ses formations », affirme-t-il. « Ce qui de l’extérieur pouvait ressembler à une aide aux agriculteurs était en réalité une manière de faire encore plus de profits à leurs frais. » Pendant les formations pour Lindt, il était censé vendre par année pour 15 000 dollars américains de pesticides et d’engrais aux agriculteurs. « Cela faisait partie des objectifs selon lesquels mes résultats étaient évalués. » Quand il a commencé à travailler pour Ecom, seule une minorité de cultivatrices et cultivateurs de cacao pulvérisaient régulièrement leurs champs avec des pesticides, raconte Sampson. « Ils avaient leurs propres méthodes traditionnelles pour lutter contre les nuisibles. » Malgré ses objectifs de vente, il leur expliquait que les pesticides chimiques ne détruisaient pas que les nuisibles, mais aussi les espèces utiles et la microbiologie des sols. Ce qui le dérangeait en particulier, c’était de tomber régulièrement sur des enfants qui étaient exposés aux pesticides sur les fermes de cacao où il organisait les formations. « Leurs yeux coulaient, et ils disaient que leur peau brûlait. »

    Selon une étude de l’Université de Chicago, le nombre d’enfants exposés à des pesticides nocifs au Ghana et en Côte d’Ivoire a fortement augmenté ces dernières années. En 2014, 10% des travailleurs mineurs y étaient exposés ; cinq ans plus tard, le pourcentage était de 27%. Il est pour le moins plausible que parmi ces fermes, il y en a aussi qui produisent pour Lindt & Sprüngli. En 2023, des journalistes de l’émission de la SRF Rundschau ont visité différentes fermes de cacao au Ghana, qui faisaient partie du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli. Sur de nombreuses fermes, les journalistes ont constaté des cas de travail abusif des enfants.

    Confrontée aux déclarations de son ancien employé, Ecom répond par écrit que la distribution directe et la « facilitation de la vente » par les agents de terrain ont été « formellement » suspendues en 2020. Ecom confirme avoir entre autres distribué des pesticides contenant de l’imidaclopride et de la bifenthrine. En même temps, la multinationale souligne le fait que tous les pesticides commercialisés étaient parfaitement autorisés pour une utilisation dans la culture de cacao par les autorités de contrôle ghanéennes compétentes. D’ancien·ne·s employé·e·s racontent qu’Ecom n’a suspendu la distribution directe qu’en 2023. Cette décision était surtout due au fait qu’un grand nombre d’agricultrices et agriculteurs ne pouvaient plus rembourser les crédits qu’Ecom leur avait accordé pour l’achat de ses propres produits. Une situation qui n’était pas bonne pour les affaires.

    « Officiellement, Ecom et Lindt disent protéger les agricultrices et agriculteurs », relève Sampson. « Mais en visitant régulièrement les fermes, on remarque très vite que cela n’est pas le cas. » La seule chose qui comptait réellement pour Lindt & Sprüngli selon Sampson, c’était que lui et ses collègues d’Ecom s’assurent que les cultivatrices et cultivateurs fassent de grandes récoltes et qu’il y ait toujours assez de cacao à disposition. En 2022, Sampson en a eu assez des multinationales de commerce de matières premières dans son pays. Il a fondé sa propre ONG qui veut renforcer la position des femmes dans le secteur du cacao. Il leur apprend la culture biologique du cacao et comment elles peuvent tenir les nuisibles éloignés des champs grâce à des solutions faites maison à base de graines de margousier et de parties du fruit du cacaoyer. « C’est moins cher pour les agricultrices et plus sain, et les récoltes sont aussi meilleures sur le moyen terme », affirme-t-il.
    Abandonner la ferme aux nuisibles

    Osei Kwame Williams, le propriétaire de la ferme de démonstration, a depuis abandonné la culture du cacao. Il travaille maintenant cinq jours par semaine comme chauffeur de minibus. Il dit gagner ainsi plus qu’avec le cacao. Cela suffit néanmoins tout juste à nourrir sa famille de cinq enfants et à payer les frais scolaires. « Mais au moins j’ai un revenu quotidien sûr. » Maintenant, en juin, ce serait justement le moment de pulvériser les jeunes cabosses, relève-t-il, comme il l’a toujours fait par le passé. « Mais celui qui n’a pas d’argent pour s’acheter des pesticides abandonne les arbres aux nuisibles. »

    Il ne sait pas s’il fait encore partie du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli. Mais aucune formation ne se serait tenue sur sa ferme depuis des années. Après 2017, les agronomes d’Ecom et les délégations occasionnelles de Lindt & Sprüngli venant de Suisse ne lui auraient plus rendu visite. Il ne sait pas pourquoi. « Je me sens trahi », affirme-t-il. Pour Lindt & Sprüngli, en revanche, Mfanibu fait toujours partie des « demo plots » actives. À notre demande, une porte-parole écrit qu’actuellement treize « demo plots » seraient actives à Tepa et 37 à Goaso, « dont une à Mfanibu ».

    https://responsabilite-multinationales.ch/etudes-de-cas/lindt-pesticides-culture-cacao
    #chocolat #cacao #Ghana #agriculture #travail #conditions_de_travail

  • L’industrie “verte” s’accapare les terres des #Samis, dernier peuple autochtone d’Europe

    « Une mine dans cette zone causerait des dommages environnementaux graves et irréversibles, avec des conséquences considérables pour la faune, les communautés locales et, en particulier, pour l’#élevage traditionnel de #rennes »

    Installé depuis près de 10 000 ans en #Laponie, les Samis sont considérés comme le dernier peuple autochtone d’Europe. Mais leur activité traditionnelle, l’élevage de rennes, est menacée par des projets industriels présentés comme essentiels à la croissance verte.

    La #colonisation des territoires Samis

    Pendant près de 10 000 ans, les Samis et leurs ancêtres ont vécu sur un territoire appelé #Sápmi, à cheval entre la #Norvège, la #Suède, la #Finlande et la #péninsule_de_Kola (#Russie). Nomades vivants en petits groupes familiaux, les Samis étaient animistes et vivaient de cueillette, de pêche et de chasse aux rennes sauvages.

    Ils occupaient une zone difficile à contrôler par des États, relativement à l’écart des dynamiques de #sédentarisation, de construction étatique et de #christianisation du reste de l’Europe.

    Mais à partir du XVIIe siècle, les royaumes scandinaves s’étendent vers le nord et cherchent à intégrer le Sápmi à leurs frontières. Les Samis, appelés péjorativement Lapons – d’où le terme Laponie -, subissent alors la soumission à l’impôt, la christianisation forcée et sont chassés de leurs terres.

    L’intensification des interactions entre les Samis et les Scandinaves, décuple aussi la pression sur les #écosystèmes. Pour faire face à la baisse du nombre de proies sauvages et à l’intégration progressive dans un système marchand, les chasseurs de rennes se convertissent à l’élevage.

    Au XIXe siècle, des #mines, des #lignes_ferroviaires et des #villes se développent pour exploiter le riche #sous-sol du Sápmi. La région perd sa difficulté d’accès et se peuple de Scandinaves. En parallèle, les Samis subissent la politique de « #norvégianisation ».

    « Ils ont été méprisés, cette politique les obligeait à parler uniquement norvégien et visait à éradiquer leur #culture », explique Marie Roué, éco-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS et au Muséum National d’Histoire Naturelle, pour La Relève et La Peste.

    Au XXe siècle, l’exploitation du Grand Nord devient l’un des principaux moteurs de croissance des États scandinaves. Les Samis sont chassés de leurs terres pour l’#exploitation_minière, les #barrages_hydrauliques engloutissent des #pâturages, l’#exploitation_forestière s’industrialise.

    Le 11 octobre 2021, la Cour suprême de Norvège conclut que deux #parcs_éoliens violent les droits du peuple Sami. Deux ans plus tard, en octobre 2023, une centaine de militants samis, habillés en tenue traditionnelle, bloquent à plusieurs reprises l’entrée de ministères pour réclamer le démantèlement des éoliennes toujours en activité.

    La militante suédoise Greta Thunberg, qui a rejoint la lutte, dénonce alors une « colonisation systématique », ajoutant que « la violation des #droits_humains et l’#oppression demeurent une réalité pour les Samis aujourd’hui ».

    Entre adaptation et conservation d’un mode de vie

    Face à ces bouleversements les Samis ont dû s’adapter tout en essayant de conserver leurs modes de vie. Certains, vivant près des côtes, ont dû se spécialiser dans la pêche, d’autres dans l’élevage de rennes.

    Aujourd’hui moins de 10 % des 80 000 à 100 000 samis, vivent encore de cette activité. Les éleveurs restants ont dû augmenter la taille de leurs troupeaux : notamment pour investir dans les voitures et motoneiges aujourd’hui essentielles à l’élevage. Beaucoup ont également une activité annexe, souvent liées au #tourisme.

    « Ils maintiennent souvent une multi activité pour ne pas être dépendants ni d’une ressource, ni d’un marché. Ils ont donc une très forte résilience, explique Marie Roué. Aujourd’hui, c’est une économie mixte. C’est une continuation d’une #tradition et en même temps une adaptation à l’époque moderne. Les éleveurs continuent à manger leurs rennes et à utiliser la peau, mais la vendent aussi comme viande de boucherie. »

    « Je mange de la viande de renne, et ma femme fait des chaussures avec la peau » témoigne Per Olof Kuhmunen, éleveur de rennes dans le nord de la Suède, pour la Relève et La Peste.

    Avec son épouse, ils passent l’été près des #montagnes du parc national de #Sarek où paissent les rennes. Ils vivent dans des mobil-homes modernes, à côté des anciennes #goahti, des huttes à armatures de bois, recouvertes de mousses, de tourbe ou de terre.

    Tandis que Per Olof part durant plusieurs jours pour marquer les jeunes rennes dans la montagne, sa compagne pêche dans le grand lac à côté du campement. L’hiver, ils habitent dans la ville de Jokkmokk, peuplée par de nombreux éleveurs de rennes Samis.

    Si une petite minorité de Samis sont encore éleveurs de rennes, ces cervidés continuent d’occuper une place centrale dans leur culture. La perte de pâturage au profit d’autres activités économiques – minières, forestières ou production d’électricité – est ainsi mise en avant pour illustrer les menaces qui pèsent sur l’ensemble des Samis.

    L’étau du #colonialisme_vert et le réchauffement climatique

    La pratique du pastoralisme semi-nomade rend les Samis dépendants des conditions de pâturage et de circulation des troupeaux sur de vastes territoires. Ainsi, dans le nord de la Suède, les rennes pâturent l’été dans les montagnes et descendent passer l’hiver dans les forêts.

    Ils subissent donc l’industrialisation de la gestion forestière qui détruit les lichens dont se nourrissent les rennes. Ils sont aussi impactés par les conséquences de l’exploitation minière qui empiète sur leurs territoires, coupant les voies de migration des rennes.

    Ces mines sont aujourd’hui présentées comme essentielles à la transition énergétique et comme neutres en carbone. La société Beowulf Mining, qui prévoit d’exploiter la mine de fer de Gállok, près de Jokkmokk, promet ainsi une « exploitation minière durable alimentée par de l’électricité renouvelable. »

    « Une mine dans cette zone causerait des dommages environnementaux graves et irréversibles, avec des conséquences considérables pour la faune, les communautés locales et, en particulier, pour l’élevage traditionnel de rennes » réplique le groupe Jåhkågaska tjiellde, la communauté sami locale.

    La justification de l’exploitation des territoires samis par le développement durable est également très utilisée dans le pays voisin.

    « En Norvège, le principal problème réside dans les éoliennes, mais aussi dans l’exploitation minière. Nous luttons contre le « colonialisme vert » », affirme Petter, Sami habitant le comté de Troms, dans le nord de la Norvège.

    Deux parcs éoliens ont par exemple été construits par le groupe énergétique public Statkraft sur des zones d’élevage de rennes de la péninsule de Fosen, à l’ouest du pays. La construction de ces 151 éoliennes a été déclarée illégale en 2021 par la Cour suprême de Norvège, les juges estimant que « les parcs éoliens portaient atteinte au droit des éleveurs de rennes à jouir de leur propre culture ».

    « En juillet 2025, près de quatre ans après la décision, les éoliennes fonctionnent toujours », constate pourtant Petter. « Le gouvernement ne respecte pas la décision de la Cour suprême » ajoute ce militant, qui lutte aussi contre un projet de mine de cuivre, matériau très prisé pour la transition énergétique.

    En effet, si l’économie norvégienne repose en grande partie sur l’exportation de pétrole et de gaz naturel, le pays se présente désormais comme un champion de la décarbonation. Près de la moitié du mix énergétique intérieur repose sur l’électricité, dont environ 90 % provient de l’hydroélectrique.

    « La Norvège et la Suède ont construit toute leur richesse de l’extractivisme dans les territoires samis, explique Marie Roué. Le pétrole a rendu les Norvégiens riches et ils le savent. Aujourd’hui il y a une volonté d’exploiter les ressources jusqu’au bout pour conserver leur niveau de vie. »

    Pour la chercheuse, l’exploitation des territoires samis pour des projets éoliens, miniers et hydroélectriques se place dans la continuité de l’histoire coloniale du Sápmi.

    « La Norvège prétend imposer un verdissement de sa politique, dénonce-t-elle. Mais comme par hasard, ça veut dire 150 éoliennes sur un territoire d’élevage de renne sami. En réalité, c’est un colonialisme vert. »

    En parallèle, les éleveurs de rennes samis subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique, la région Arctique se réchauffant deux fois plus vite que le reste du globe.

    Les redoux et les pluies hivernales provoquent des épisodes de fonte des neiges puis de regel, créant une couche de glace empêchant aux rennes d’accéder au lichen dont ils se nourrissent, ce qui obligent les éleveurs à acheter des aliments pour leurs animaux.

    Dans leur ouvrage Future in Sápmi (AgroParisTech, 2025), Marie Roué et ses quatre coéditeurs mentionnent l’inquiétude des samis face à cette double menace climatique et coloniale. Mais les chercheurs soulignent aussi les résistances : car les Samis tentent de s’organiser collectivement pour obtenir le droit à la terre.

    « Ces projets d’exploitation alimentent aussi les revendications à plus d’autonomie et les luttes pour affirmer les droits autochtones au sein de sociétés dominantes » affirment-ils.

    https://lareleveetlapeste.fr/lindustrie-verte-saccapare-les-terres-des-samis-dernier-peuple-aut
    #peuples_autochtones #barrages_hydroélectriques #exploitation #extractivisme #Scandinavie #énergie #énergie_verte #green-washing #menaces #industrialisation #forêt #exploitation_minière #transition_énergétique #Beowulf_Mining #Jokkmokk #Gállok #énergie_éolienne #éoliennes #résistance #Statkraft #Fosen #cuivre #décarbonation #électricité #pétrole #climat #changement_climatique #droits #autonomie

    ping @reka

  • Histoire du gallo - expansive.info
    https://expansive.info/Afin-de-mieux-connaitre-l-histoire-et-les-5561

    Le galo s’orine du latin qi fut amenë en Armoriqe par les lejions romaines. Long les siecls, le gaolouéz, le berton e les parlements jermaniqes pezirent un petit su la langue romane qi tet caozée den la soulaire de la Bertègn. Cete-late, ao Meyen Âje, n’ét pâs ben separtie du rest de la langue d’oïl, ou « vieûz françaez ». Pâs-meins, des ecrivaijes des XIIe e XIIIe siecls monterent deja des merqes du galo. Sou l’Ancien Rejime, le françaez cartaye toutes les aotrs manieres de caozer : c’ét l’invencion des « patouéz ». Den le temp-la, galo ét la langue du peupl partout den les campagnes de Haote-Bertègn, e ventiés den les viles itout. Ao XIXe siecl, le monde siancë comencent a rasserrer les mots de galo, d’aotrs comencent a l’ecrire e a le bani den des gâzettes. Den les anées 1930-1940, des rejionalists ont devocion de parlever le galo pour ne pâs q’i se mouriret, en fezant du tiâtr parempe. Més le centralism, les medias, l’ecole, font qe le monde abandonent le galo e caozent de pus en pus françaez. E core pus fôt a conter de 1945, o la grande hacherie du monde paizan. Den les anées 1970-1980, ene mouvance galéze chanje la maniere de vaer le galo, en recllamant q’i seret vû come ene langue, e pâs come un patouéz. Dedepés, le galo ét de pus en pus reconû par les institucions, més de mouins en mouins caozë.

    #Gallo #Bretagne
    ping @simplicissimus

  • Der Täter rauchte Camel: Kann es wirklich gelingen, einen 39 Jahre alten Mord aufzuklären?
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/mord-an-renate-pollaczek-aufklaerung-nach-39-jahren-li.2335093

    Galvani Zwo, Schultheiß-Baude, spuckte viele Fahrgäste aus. Fahrtziel : Immer wieder „Nahause !“

    24.6.2024 von Katrin Bischoff - Renate Pollaczek wurde 1986 in der „Schultheiß-Baude“ zuerst vergewaltigt, dann umgebracht. Nun läuft eine DNA-Reihenuntersuchung bei Männern – sogar in Thailand.

    Ein Flipper-Automat steht an der einen Wand, an der anderen hängt eine Dartscheibe. Ein paar drehbare Barhocker warten vor dem Tresen auf Kundschaft. Hinter dem Ausschank befindet sich die Zapfanlage für das Fassbier, in einem Regal stehen zahlreiche Schnapsflaschen. Im Nebenraum steht der Billardtisch, bespannt mit blauem Stoff. Auf dem kleinen Tisch daneben liegt eine Schachtel Zigaretten neben einem noch vollen Glas Bier und einer Kippe im Aschenbecher.

    Der Mörder rauchte Camel.

    Fotos zeigen die Details des Interieurs einer typischen Berliner Bierkneipe in den 1980er-Jahren. Die Bilder sind in einem rosafarbenen Hefter voller vergilbter Seiten zu sehen. Thilo Pietzsch blättert die Akte Seite für Seite vorsichtig durch, als könnten die alten Fotos und die vielen filigran wirkenden, mit Schreibmaschine beschriebenen Blätter zwischen seinen Fingern zerbröseln. „Ich habe richtig Angst, dass sie kaputtgehen“, sagt er. Die Akten sind wesentlich älter als Pietzsch mit seinen 29 Jahren.

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    Staatsanwalt Thilo Pietzsch will den 39 Jahre alten Mordfall auflösen.Markus Wächter/Berliner Zeitung

    Der große, schlanke Staatsanwalt ist seit Februar in jener Abteilung der Berliner Staatsanwaltschaft tätig, die für die Ermittlungen bei Kapitalverbrechen zuständig ist. Mord, Totschlag und ärztliche Fehler zählen zu den Delikten, die die Abteilung bearbeiten muss.

    Pietzsch sitzt in einem kleinen Büro im Kriminalgericht, in dem die Fenster zur Untersuchungshaftanstalt Moabit hinausgehen. Wenn er hinaus schaut, sieht er Stacheldraht. Als würden Häftlinge an der Fassade in den zweiten Stock hinaufsteigen können, um abzuhauen. Der junge Staatsanwalt ist dennoch zufrieden. Er hat ein eigenes Büro und damit Glück. Denn der Raummangel für Richter und Staatsanwälte ist in Berlin eminent.

    Vor Pietzsch auf dem Schreibtisch liegen elf Hefter. Darin sind die Ermittlungsergebnisse eines Verbrechens zusammengetragen, das in Berlin kaum noch jemand in Erinnerung haben dürfte. Pietzsch und seine Kollegen werden immer gerufen, wenn es ein neues Tötungsdelikt gibt. Das ist oft in Berlin. Momentan aber hat der Staatsanwalt Glück, keine Bereitschaft und kann sich somit auch den alten Akten widmen, die er von seinem Vorgänger „geerbt“ hat, wie er sagt. Unglücklich wirkt er damit nicht.

    In den Akten geht es um Renate Pollaczek, die vor fast 40 Jahren Opfer eines Sexual- und Raubmörders geworden ist. Und Thilo Pietzsch will diesen Fall nun aufklären. „Moderne Untersuchungsmethoden von Spuren machen das vielleicht möglich“, sagt Pietzsch. Es wäre „Wahnsinn, wenn das klappt“. Die Chancen stehen nicht schlecht.

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    Renate Pollaczek arbeitete als Kellnerin. Sie wurde vor 39 Jahren ermordet.Markus Wächter/Berliner Zeitung

    Renate Pollaczek war 44 Jahre alt, als sie Ende 1985 als Kellnerin in der „Schultheiß-Baude“ in der Galvanistraße begann, einem gutbürgerlichen Viertel in Charlottenburg. Erfahrung in der Gastronomie hatte sie seit 20 Jahren gesammelt. Der Job in der Kneipe war für sie attraktiv, wohnte sie doch unweit des Lokals. Die „Schultheiß-Baude“ hatte sieben Tage die Woche geöffnet, und mit der Aufschrift an der Fensterscheibe „rund um die Uhr bei Peter“ warb sie 24 Stunden am Tag um Kundschaft.

    Renate Pollaczek arbeitete mal am Tage, mal nachts. Am 10. April 1986 hatte sie die Nachtschicht am Tresen übernommen, die erst am nächsten Morgen endet. Wie so oft war sie die einzige Angestellte im Lokal. Eine Waffe oder dergleichen hatte sie nicht bereit gelegt, für den Fall, dass ein Gast übergriffig werden sollte. Einer Bekannten hatte sie mal verraten, dass sie sich in gefährlichen Situationen nicht zu Wehr setzen, sondern „das über sich ergehen lassen würde“, so steht es in den Akten.
    Der letzte Gast war ein Stammgast

    Der letzte Gast, der die kleine, nur 1,61 Meter messende Frau noch lebend gesehen hatte, war ein Stammgast, ein 49-jähriger Kfz-Meister, der jeden Morgen gegen fünf Uhr kam und die Kneipe bereits meist zehn Minuten später wieder verließ.

    Als er an jenem Morgen das Lokal verließ, kehrte dort gerade ein junger Mann ein, den er noch nie gesehen hatte. Den Unbekannten beschrieb er später so: 20 bis 25 Jahre alt, etwa 1,75 Meter groß und muskulös gebaut. War dies der Mörder der alleinstehenden Kellnerin?

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    Die „Schultheiß-Baude“, in der das Verbrechen geschah, gibt es heute nicht mehr.Markus Wächter/Berliner Zeitung

    Fest steht, dass Renate Pollaczek den Betreiber der Kneipe, der mit seiner Lebensgefährtin ebenfalls in der Galvanistraße wohnte, nicht wie vereinbart telefonisch geweckt hatte. Deswegen eilte der 39-jährige Lokalbesitzer gegen 7.30 Uhr zur „Schultheiß-Baude“. Er fand seine Mitarbeiterin in der Küchennische. Renate Pollaczek lag auf dem Boden, ein mehrfach gewundenes und verknotetes Geschirrtuch um den Hals. Sie war tot. Der Wirt alarmierte die Polizei.

    Die „Auffindesituation“ habe darauf schließen lassen, dass die Kellnerin vergewaltigt worden sei, sagt Staatsanwalt Pietzsch. Die Obduktion am selben Tag bestätigte den Verdacht. Der Mörder hatte aus der Kneipe auch die Kasse mitgehen lassen. „Geschätzt 150 D-Mark“, sagt Pietzsch. Die beiden goldfarbenen Ringe an den Händen der Frau habe der Täter ebenso wenig mitgenommen wie die Armbanduhr von Renate Pollaczek.

    Schon zu jener Zeit war die 4. Mordkommission zuständig, die Ermittler fanden in der Kneipe zahlreiche Spuren. Darunter waren zwei Zigarettenkippen und eine Zigarettenschachtel der Marke Camel. Zudem wurde Sperma bei der Obduktion der Leiche sichergestellt. „Mit Sicherheit stammt es vom Täter“, sagt der Staatsanwalt.

    Da die Außenbeleuchtung des Bierlokals noch angeschaltet und die Gardinen zugezogen waren, konnten die Ermittler auch rekonstruieren, wann Renate Pollaczek getötet worden sein musste: Bevor es hell wurde, also zwischen 5.15 Uhr und 6.15 Uhr.

    Anhand der Angaben des Stammgastes, der die Kellnerin bei seinem täglichen Kurzbesuch kurz nach 5 Uhr morgens noch lebend gesehen hatte, wurde bei der Polizei ein Phantombild jenes Mannes gefertigt, der nach dem Stammgast in die Kneipe gekommen war.

    Vorsichtig blättert Staatsanwalt Pietzsch eine Seite nach der anderen um. Beim Fahndungsaufruf hält er inne. „Die Polizei bittet um Mithilfe – Sexualmord an Kellnerin“ steht auf dem DIN-A4-großen Zettel, der damals überall in der Gegend geklebt und verteilt worden sei. Darauf ist das Phantombild des Mannes abgedruckt, der von der Kriminalpolizei als dringend tatverdächtig gesucht wurde. „Muskulöser Typ, dunkler Teint (Südländer?), schwarze, kurze Haare, kleiner Oberlippenbart, gepflegtes Äußeres, vermutlich Body-Builder“, lautet die Beschreibung des Tatverdächtigen.

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    Die „Schultheiß-Baude“ war eine typische Berliner Kneipe.Markus Wächter/Berliner Zeitung

    Der Gesuchte habe einen hellen Jogginganzug mit roten Längsstreifen und helle Turnschuhe getragen, heißt es. Die Polizei suchte Zeugen, die den Mann zur fraglichen Zeit in der Galvanistraße, am nahen Einsteinufer oder der Cauerstraße gesehen haben. Zudem wird für Hinweise, die zur Aufklärung des Verbrechens führen, eine Belohnung von 10.000 D-Mark ausgesetzt. „Das war schon eine beachtliche Summe“, sagt Pietzsch.

    86 Hinweise seien nach dem Zeugenaufruf damals eingegangen, sagt der Staatsanwaltschaft. Eine heiße Spur sei nicht darunter gewesen. Pietzsch sagt, dass es damals sechs Tatverdächtige gegeben habe, gegen die seien die Ermittlungen aber relativ schnell wieder eingestellt worden. „Sie waren es nicht“, sagt Pietsch. Renate Pollaczek war im Kiez beliebt. Zeugen beschrieben die kinderlose Frau als nett, umgänglich und zurückhaltend.

    2023 wurden die Akten des Mordfalls wieder herausgeholt. Mit neuesten wissenschaftlichen Methoden konnte ein eindeutig zu einem einzigen Menschen zuzuordnendes Profil der damals sichergestellten DNA vom Sperma erstellt weren. „Wir haben jetzt das Profil, aber es ist nicht in der Datenbank“, sagt Pietzsch.
    Zwei Zigarettenlängen für die Tötung

    Sicher ist, dass der Mann, dem das Sperma zuzuordnen ist, auch die beiden Zigaretten der Marke Camel geraucht hat. Eine Kippe lag neben der Leiche der Kellnerin, die andere im Aschenbecher neben dem Bier, das der Mörder nicht mehr ausgetrunken hat. Das spricht dafür, dass der Täter sich für die Vergewaltigung und die Tötung von Ranate Pollaczek durchaus Zeit gelassen hat.

    Staatsanwalt Thilo Pietzsch gibt nicht auf. Er ist ehrgeizig, was den Mordfall Pollaczek angeht. Nach 39 Jahren will er den Mörder der Kellnerin finden – denn Mord, so betont er, verjähre nicht. Deswegen läuft derzeit eine DNA-Reihenuntersuchung. Männer, die damals alt genug für eine Sexualstraftat waren und in der Gegend der „Schultheiß-Baude“ gelebt haben, werden zum Speicheltest gebeten.

    „Wir denken, dass der Mörder von Renate Pollaczek kein Tourist war“, sagt der Staatsanwalt. Er habe damals wohl im Umfeld der Galvanistraße gelebt. Denn die Gegend sei damals keine Urlaubergegend gewesen – schon gar nicht in aller Herrgottsfrühe.

    Mittlerweile wurde laut Pietzsch bereits die DNA einer hohen zweistelligen Anzahl von Männern überprüft – auf freiwilliger Basis und mit richterlichem Beschluss. Bisher gab es in der Datenbank noch keinen Treffer.

    Aber nicht alle Personen, die potenziell infrage kommen, leben noch in Deutschland. Nach Angaben des Staatsanwalts wurden auch Rechtshilfeersuchen in Thailand, Serbien, Tschechien, Polen und Portugal gestellt.

    Auch, wenn infrage kommende Personen bereits verstorben sind, suchen die Ermittler weiter – und nehmen Speichelproben von Verwandten. „Das würde uns zeigen, wenn ein verstorbenes Familienmitglieder der Mörder der Kellnerin gewesen ist“, sagt Thilo Pietzsch. Denn der Mordfall wäre auch geklärt, wenn der Täter nicht mehr zur Rechenschaft gezogen werden könne.

    Die Kneipe in dem Mietshaus in der Galvanistraße, die damals sonntags ab 9 Uhr zum Frühschoppen lud, gibt es längst nicht mehr. Das Haus ist saniert, eine Arztpraxis befindet sich in den Räumlichkeiten. Auch im Internet ist kaum noch etwas über die „Schultheiß-Baude“ und den Mord an der Kellnerin zu finden. „Frau Pollaczek verdient es, dass wir das Verbrechen aufklären“, sagt Thilo Pietzsch.

    Telefonische Hinweise nimmt die 4. Mordkommission entgegen unter: 030 4664 911444.

    #Berlin #Charlottenburg, #Alt-Lietzow, #Galvanistraße #Kneipe #Gaststätte #Verbrechen #Mord #Geschichte

  • Lithium dans le #Finistère : en bord de mer gronde la #colère

    À #Tréguennec, un article sur un gigantesque #gisement et une visite ministérielle ont mobilisé les citoyens contre tout projet de #mine.

    L’affaire commence le 24 janvier 2022. « Sous le sol de Tréguennec, des milliers de tonnes de lithium, nouvel or blanc », titre ce matin-là Le Télégramme. Dans la minuscule bourgade du sud du Finistère – 320 habitants –, certains en recrachent leur café. Pourtant, le rapport du Bureau de recherches géologiques et minières qui mentionne le #gisement de 66 000 tonnes date de 2018, les sondages sur lesquels il s’appuie ont eu lieu entre 1977 et 2010. Mais jusqu’à peu, le lithium n’intéressait pas grand monde. C’était avant que ce métal ne devienne un composant essentiel des #batteries électriques et de la #transition_énergétique, et qu’il attise de plus en plus les appétits des industriels et des politiques (lire l’épisode 1, « Le lithium, de l’or blanc en barre » : https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep1-lithium-sous-sol-france).

    « C’est un collègue, rédacteur en chef adjoint, qui avait vaguement entendu parler de ça et m’a suggéré de creuser », raconte Didier Deniel, l’auteur de l’article. Qui n’imaginait pas susciter un tel effarement. Le maire Stéphane Morel lui-même n’était pas au courant. « Quand je suis allé le voir la première fois, il en est presque tombé de sa chaise, sourit le journaliste. Et sur le moment, il a pris les choses avec humour, disant qu’ils pourraient s’acheter les meilleurs joueurs de foot et concurrencer le PSG. » Sauf que dans la région, la nouvelle n’a pas suscité le même enthousiasme. Dans la semaine suivant la parution de l’article, une figure de la vie associative locale, Stéphane Le Garrec, monte le groupe Facebook « Lithium à Tréguennec, Non merci ! », qui rassemble très vite plus de 8 000 personnes. Le 26 février, une manifestation a lieu dans le village. Le maire ne plaisante plus. « Tréguennec et le pays bigouden ne sont pas à vendre, même pour tout l’#or_blanc du monde », écrit-il au Télégramme. C’est que ledit gisement ne se situe pas n’importe où.

    À quelques kilomètres du bourg, les vagues se fracassent sur la plage, fine bande de sable blanc séparée des terres par un cordon dunaire. À l’horizon, les bleus du ciel et de l’océan se confondent. Au lieu-dit #Prat-ar-C’Hastel, un tumulus abritant un cimetière préhistorique voisine une ancienne carrière de feldspath engloutie sous les eaux d’un étang. Le gisement de lithium, parmi les plus importants de l’Hexagone, est là, dans une zone à l’équilibre infiniment précaire, que les exploitations passées n’ont cessé de fragiliser. « Il y a un siècle, la #baie_d’Audierne était protégée par un mur naturel de galets de près de 20 kilomètres, formé il y a des dizaines de milliers d’années, lors de la dernière glaciation », raconte Benjamin Buisson, responsable du pôle littoral et biodiversité de la Communauté de communes du Pays Bigouden Sud. L’#Ero_Vili, le « sillon de galets » en breton.

    Mais dans les années 1940, ces galets sont une ressource précieuse pour l’armée allemande occupante, qui bâtit des bunkers tout le long de la côte ouest pour prévenir toute attaque maritime alliée – le mur de l’Atlantique. Fin 1941, les nazis installent une usine de concassage de #galets à Prat-ar-C’Hastel. En à peine plus de deux ans, quelque 400 000 m3 sont retirés du cordon protégeant la baie. Au cours des décennies suivantes, de nombreux autres prélèvements privés viendront le fragiliser encore davantage. Jusqu’à ce jour de février 1966 où l’Ero Vili se rompt sous les assauts de l’océan. L’eau envahit les terres, façonnant un nouveau paysage.

    Aujourd’hui, le squelette de l’immense usine de concassage se dresse toujours, dominant le fragile cordon dunaire qui protège désormais les terres. Au loin, sur la plage, on aperçoit encore deux blockhaus à demi engloutis. Et de l’autre côté de la dune, la flore et la faune fourmillent. Quand on l’interroge sur les possibles impacts d’une #extraction_minière sur la zone, le responsable de la communauté de communes reste prudent : « Je suppose que beaucoup dépend de la technique d’#extraction. Mais le bruit, les poussières, le passage des camions, la gestion de l’eau, l’érosion, le risque que la mer s’engouffre dans les terres si l’on est trop près du trait de côte… Dans une zone sensible comme celle-ci, les #risques_environnementaux d’une extraction ne sont pas négligeables. »

    Et pour preuve, la prairie dunaire et son #écosystème sont aujourd’hui triplement protégés. Depuis 1982, les 650 hectares des rives de la baie appartiennent au Conservatoire du littoral. « Ces terres sont quasi inaliénables », souligne Benjamin Buisson. Selon le Code de l’environnement, le Conservatoire ne pourrait s’en séparer qu’à l’autorisation expresse du Conseil d’État. La prairie dunaire est encore une zone #Natura_2000 et, à l’automne 2021, elle a reçu le #label_Ramsar (de la convention internationale du même nom). « Certes, il s’agit d’une protection essentiellement symbolique, reconnaît Benjamin Buisson, Mais il n’existe qu’une cinquantaine de #zones_humides labellisées Ramsar en France, c’est dire leur importance et la valeur morale qui s’y attache. » Depuis deux ans, les élus locaux préparent même la transformation en parc naturel régional. Extraire du lithium à Tréguennec impliquerait donc de surmonter tous ces obstacles administratifs, symboliques… et sociaux.

    Car les gens d’ici sont férocement attachés à leur terre. Le 26 février 2022, quelque 600 personnes ont ainsi convergé vers Tréguennec. Dans la cour de l’ancienne école publique, on croise alors des pancartes « Pas touche à nos dunes » ou « Tréguennec n’est pas à vendre » et, dans la foule rassemblée, on ressort les mythiques anecdotes de la #résistance de Plogoff, à la fin des années 1970. À l’époque, l’État français prévoit de construire une centrale nucléaire dans cette commune à une trentaine de kilomètres de Tréguennec (dont les terres avaient été un temps considérées par EDF). Mais en juin 1978, les Plogoffites bloquent l’accès au site. Deux ans plus tard, ce sont des dizaines de milliers de manifestants qui déferlent et affrontent la police. En 1981, le projet est finalement abandonné. La résistance de Plogoff devient mythique. La documentariste Nicole Le Garrec (sans lien avec Stéphane Le Garrec) se souvient : « Il y avait une détermination sans faille, qui a rassemblé toutes les classes sociales – des agriculteurs, des marins, des anciens militaires, pourtant peu prompts à la rébellion… Les femmes surtout ont formé le cœur de cette cette résistance. »

    Le 26 février 2022, Nicole Le Garrec et son mari Félix sont allés manifester sans hésiter. Respectivement âgés de 80 et 90 ans, les deux documentaristes n’imaginaient pas se relancer dans la #lutte. « Mais quand nous avons appris qu’il y avait du lithium à Tréguennec, la question ne s’est pas posée », déclare Nicole. Elle raconte d’une voix douce et grave cette baie d’Audierne où ils ont vécu toute leur vie. « Je me rappelle encore l’époque où les vagues se brisaient sur l’Ero Vili. On entendait le roulement des galets à des kilomètres, comme un énorme grondement ! » Aujourd’hui, on ne l’entend plus, mais la beauté reste. « Nous pensions ce lieu magique à l’abri des appétits de l’industrie. Alors d’imaginer que l’on puisse le ravager, mon cœur s’est soulevé. »

    Pourtant, d’appétit de l’industrie… il n’y a pas pour l’heure : la mobilisation citoyenne a eu lieu avant même qu’un hypothétique projet de mine de lithium n’ait été évoqué – à ce jour, il n’y en a toujours aucun. Mais la secrétaire d’État à la Biodiversité, #Bérangère_Abba, a elle-même attisé les craintes le 9 février 2022, quand elle est venue contempler le paysage qui avait reçu quelques mois plus tôt le label Ramsar. « C’est un site exceptionnel mais les besoins sont importants, la pression géostratégique est forte sur ce type de #métaux. Il faut mesurer plus précisément avec des scientifiques l’ampleur de ce gisement. » La course à l’or blanc est mondiale et la France est sur la ligne de départ dans l’Allier. Pourquoi pas dans le Finistère ?

    « Le lithium n’est pas véritablement un métal “rare”, explique Guillaume Pitron, journaliste et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). D’un point de vue strictement théorique, les ressources en lithium ne manquent pas. Mais la question ne se pose pas uniquement en termes de réserves disponibles mais également de réserves exploitables. Du lithium, il y en a au fond des océans ou dans d’autres zones écologiquement sensibles. Mais l’impact de son extraction serait tel que celle-ci en devient écologiquement inacceptable. Une telle extraction a donc un coût – social, politique – auquel entreprises et gouvernants ne veulent pas se confronter. »

    « Il y a des choses auxquelles il ne faut pas toucher », assène Nicole Le Garrec, en écho. Mais le monde fait alors face à un dilemme. Car les prévisions de croissance des besoins en lithium sont telles que les ressources actuellement exploitées pourraient bien ne pas suffire. Si la production mondiale a dépassé les 100 000 tonnes en 2021, elle devrait être multipliée par huit en 2040 pour répondre aux besoins annuels des seuls véhicules électriques, selon l’Agence internationale de l’#énergie. 800 000 tonnes par an, extraites de réserves mondiales prouvées de 22 millions de tonnes. La ruée vers l’or blanc prend des allures de course vers l’abîme.

    « Les prévisions de consommation annuelle de lithium ne sont pas tenables », tranche Judith Pigneur. Pour la docteure en génie industriel et spécialiste de l’extraction minière de l’association #négaWatt, une telle augmentation de la production mondiale est un danger. « Dans l’industrie, plus on va vite, plus les risques sanitaires et environnementaux sont importants », dit-elle (lire l’épisode 2, « Lithium dans l’Allier : les dés sont-ils pipés ? » : https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep2-mines-pollution). Mais au-delà, se pose la question de ce que nous sommes prêts à sacrifier pour accéder à cette précieuse ressource. Car à l’heure actuelle, le #recyclage du lithium n’est pas encore déployé : « La production massive n’en est qu’au début et nous ne pourrions pas recycler assez vite pour répondre aux besoins mondiaux tels qu’ils sont anticipés. » Reste donc la tentation d’extraire toujours plus, dans des zones potentiellement sensibles. « En comptabilisant les projets passés, actuels et futurs, 6,7 millions de km2 de la surface terrestre sont impactés par l’industrie minière, dont 8 % dans des aires protégées. L’accélération de la consommation annuelle de ressources comme le lithium constitue un péril majeur, dont les impacts sur la biodiversité pourraient dépasser ceux évités par l’atténuation du changement climatique », assure Judith Pigneur, s’appuyant sur une étude parue dans la revue Nature en 2020.

    « Il ne s’agit pas pour autant de remettre en question la transition énergétique et de continuer comme avant, mais il faut fixer des lignes rouges à ne pas dépasser, comme le respect des zones protégées », poursuit l’experte. Et pour cela, freiner l’augmentation de la consommation du précieux métal : « Nous ne pouvons penser la transition énergétique sans questionner nos usages et penser des mesures de #sobriété. Penser un futur parc automobile électrique réduit, en autopartage, construire de petites voitures avec des batteries moins importantes… » Dans le cas français, de telles mesures permettraient de limiter cette consommation exponentielle de lithium à 128 000 tonnes entre 2020 et 2050 au lieu de 340 000 tonnes, d’après les études de négaWatt.

    Guillaume Pitron, lui, cite volontiers Albert Einstein : « On ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a engendré. » Pour le journaliste, la transition énergétique n’aura de sens « que si elle nous invite à profondément changer la façon dont nous consommons le monde ». « Mais cela implique des changements organisationnels, politiques et des bouleversements intimes immenses, soupire-t-il. Je voudrais croire que si les mines se trouvaient sous nos fenêtres nous aurions tout à coup conscience de l’impact réel de nos modes de consommation. Mais c’est un vœu pieux. »

    À Tréguennec, un an après l’article du Télégramme, le lithium est toujours à 130 mètres sous terre, il n’occupe plus les conversations. Mais la méfiance demeure. Sur les bords de la carrière de Prat-ar-C’Hastel, les habitants ont planté un arbre à la mémoire de Stéphane Le Garrec, décédé dans un accident de voiture l’hiver dernier. À son pied, quelqu’un a déposé une ardoise, avec ce message : « Restons vigilants ».

    https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep3-treguennec-bretagne
    #lithium #extractivisme #Bretagne #voitures_électriques

  • How Syria’s HTS is quietly dismantling the Palestinian cause

    Via https://diasp.eu/p/17684889

    https://thecradle.co/articles-id/29627 - 2025-03-25

    Under Ahmad al-Sharaa’s direction, #Syria’s new Islamist leaders are systematically sidelining Palestinian factions, favoring the US-backed #PA, dismantling #Iran-linked groups, and reshaping refugee dynamics in alignment with a broader US-backed strategy to neutralize the Palestinian resistance.

    #Palestine #Gaza #HTS #USA #Israel

    • On trouve aussi une traduction de cet article en FR (2025-04-10)

      Comment HTS en Syrie démantèle discrètement la cause palestinienne

      https://investigaction.net/comment-hts-en-syrie-demantele-discretement-la-cause-palestinienne

      Sous la direction d’Ahmad al-Sharaa, les nouveaux dirigeants islamistes syriens écartent systématiquement les factions palestiniennes, favorisent l’Autorité palestinienne soutenue par les États-Unis, démantèlent les groupes liés à l’Iran et remodèlent la dynamique des réfugiés conformément à une stratégie plus large soutenue par les États-Unis visant à neutraliser la résistance palestinienne.

      Depuis la chute du gouvernement syrien le 8 décembre, la direction de la nouvelle administration intérimaire, dirigée par Ahmad al-Sharaa, est devenue de plus en plus claire. Politiquement, militairement et juridiquement, Damas semble maintenant alignée sur la vision de longue date de Washington de démanteler la cause palestinienne.

      Cet alignement prend forme sur trois fronts principaux : premièrement, l’Autorité palestinienne (AP), les factions de résistance telles que le #Hamas, le Jihad islamique palestinien (#JIP) et d’autres factions issues de l’Organisation de libération de la Palestine (#OLP). Deuxièmement, l’Office de secours et de travaux des Nations unies (#UNRWA), chargé spécifiquement d’aider les réfugiés palestiniens dans la région, et troisièmement, les camps qui hébergent les réfugiés palestiniens et les Syriens déplacés.

      Deux événements soulignent cette évolution. Tout d’abord, la #Turquie et le #Liban ont empêché les Palestiniens détenteurs de documents syriens de retourner en #Syrie au même titre que les ressortissants syriens. Deuxièmement, les médias américains ont révélé l’existence de pourparlers entre #Washington et #Damas sur la possibilité pour la Syrie d’absorber des dizaines de milliers de personnes déplacées de Gaza, en échange d’un allègement des sanctions ou d’un accord politique plus large, en particulier à la suite des massacres de la côte du début de l’année.
      Front 1 : L’AP et les factions de la résistance

      Plus de quatre mois après le début de la transition vers une nouvelle gouvernance, une chose est claire : l’ancien chef d’#Al-Qaïda, Ahmad al-Sharaa, aujourd’hui président de la Syrie, tient le Hamas à distance. Malgré les demandes répétées de Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas à l’étranger, de se rendre à Damas, les autorités intérimaires ont tergiversé, dans le but d’éviter une confrontation directe avec Israël ou les États-Unis.

      Cette nouvelle posture syrienne a lieu au milieu d’un génocide en cours contre le peuple palestinien et de l’objectif de l’État d’occupation d’éliminer sa résistance islamique.

      The Cradle a appris que la communication entre le Hamas et les nouvelles autorités est largement canalisée par des intermédiaires turcs. Ankara faciliterait la réinstallation de plusieurs responsables militaires du Hamas à Idlib, le bastion des militants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de Ahmad al-Sharaa.

      En revanche, Ahmad al-Sharaa – qui a rencontré le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa en janvier – a officiellement ouvert des canaux avec la mission diplomatique de l’AP à Damas, la reconnaissant comme le représentant officiel du peuple palestinien.

      La délégation en visite comprenait de hauts responsables du Fatah et de l’OLP, notamment le fils de Mahmoud Abbas, qui est arrivé pour récupérer des propriétés précédemment détenues par des factions anti-Fatah sous le gouvernement de l’ancien président syrien Bachar al-Assad.

      La nuit de la chute du gouvernement Assad, le secrétaire général du Front populaire-Commandement général (#FPLP-CG), Talal Naji, et le chef d’état-major de l’Armée de libération de la Palestine (APL), Akram al-Rifai, ont cherché refuge à l’ambassade de l’Autorité palestinienne. L’ambassadeur palestinien Samir al-Rifai aurait reçu une sévère réprimande de la part d’Abbas pour leur avoir accordé un refuge. Quant au reste des chefs de faction, chacun d’eux est resté chez lui.

      Le lendemain de l’entrée des forces d’#HTS à Damas, elles ont lancé une vague de fermetures visant les bureaux des factions palestiniennes. Ceux qui appartenaient au Fatah al-Intifada, au mouvement Al-Sa’iqa aligné sur le Baas et au FPLP-CG ont été fermés, leurs armes, leurs véhicules et leurs biens immobiliers saisis.

      Le Front démocratique pour la libération de la Palestine (#FDLP), qui avait fait profil bas pendant la guerre syrienne, a été autorisé à poursuivre ses activités, bien que sous observation.

      Les 11 et 12 décembre, plusieurs chefs de faction se sont réunis à l’ambassade de Palestine en présence du chef de l’APL, Rifai, pour discuter de leur avenir. Ils ont tenté d’organiser une réunion officielle avec Ahmad al-Sharaa par l’intermédiaire du ministère syrien des Affaires étrangères. Au lieu de cela, un messager d’HTS – identifié comme provenant de Basil Ayoub – est arrivé à l’ambassade et a exigé la divulgation complète de tous les actifs appartenant à la faction, y compris les biens immobiliers, les dépôts bancaires, les véhicules et les armes. Aucun engagement politique ne sera possible, a-t-il dit, tant qu’un inventaire complet n’aurait pas été fourni.

      Les factions se sont exécutées en rédigeant une lettre déclarant que leurs avoirs avaient été acquis légalement et qu’elles étaient prêtes à limiter leurs activités à des activités politiques et médiatiques, en plein alignement avec la nouvelle posture de la Syrie. Le sort de la lettre à Ahmad al-Sharaa et sa réponse sont inconnus.
      Campagne de décapitation : arrestations, confiscations et règlements

      Il s’en est suivi une décapitation systématique de la structure des factions palestiniennes en Syrie.

      Début février, le secrétaire général du Fatah al-Intifada, Abou Hazem Ziad al Saghir, a été arrêté à son domicile. Après des heures d’interrogatoire et une descente dans son bureau – où des documents l’auraient relié au Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (#CGRI) – il a été relâché.

      Une semaine plus tard, il a été de nouveau arrêté et séquestré dans un nouveau lieu de détention situé derrière le stade des Abbassides. Un règlement financier a été conclu : 500 000 $ en échange de sa libération et de son expulsion vers le Liban. À la demande du comité, le Comité central du mouvement a publié une déclaration mettant fin aux fonctions de Saghir et le renvoyant du mouvement. Cependant, Saghir publia une contre-déclaration depuis le Liban, transférant le secrétariat général du mouvement là-bas et renvoyant ceux qui avaient pris la décision de le destituer.

      La faction baasiste palestinienne, Al-Sa’iqa, n’a pas été mieux lotie. Son secrétaire général, Muhammad Qais, a été interrogé et dépouillé des biens du groupe. Bien qu’il n’ait pas commandé pendant la bataille de Yarmouk et qu’il ait donc échappé à une punition plus sévère, le HTS a ordonné la suppression du terme « Baas » de tous les documents officiels. Une déclaration a rapidement été publiée dans les territoires occupés, dénonçant Qais comme un « vestige du régime », ce qui laisse supposer une scission interne croissante.

      HTS a également sévèrement réprimé le FPLP-CG, dont le secrétaire général, Talal Naji, a été placé en résidence surveillée et interrogé à plusieurs reprises. Tous les bureaux, les véhicules et les armes du groupe ont été confisqués, leur siège fermé et ses membres battus et humiliés. Leur station de radio, Al-Quds Radio, a été saisie, et leur hôpital Umayyah serait le prochain sur la liste.

      Le « Front Nidal » – une faction dissidente du Front de lutte populaire palestinien (FLPP), un groupe de gauche au sein de l’OLP – a été la plus controversée de ses transactions. Au début des événements, Khaled Mechaal a été en mesure de servir de médiateur pour le secrétaire général du Front, Khaled Abdul Majeed, et de le protéger, lui et son organisation. Cependant, en février, Abdul Majeed s’est enfui aux Émirats arabes unis.

      Sa résidence personnelle et ses véhicules – qui appartiendraient à des particuliers – ont été saisis, ainsi que 50 millions de livres syriennes (moins de 5 000 dollars) d’actifs. Forcé de démissionner par HTS, il a remis l’autorité à un comité central opérant à partir de Damas et de Beyrouth.

      Le FDLP (Front démocratique pour la libération de la Palestine) a jusqu’à présent échappé au poids de ces purges, et ses bureaux et ses véhicules n’ont pas été touchés par la nouvelle administration , peut-être parce qu’elle n’avait aucun lien avec l’Iran ou le Hezbollah. Le bureau principal du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP – différent du FPLP-CG) dans le quartier de Taliani à Damas reste ouvert mais inactif, tandis que le reste de ses bureaux ont été fermés.

      À l’heure actuelle, le JIP, dont les combattants sont en première ligne à Gaza pour combattre Israël depuis le 7 octobre 2023, reste dans ses bureaux syriens. Le représentant de la faction n’a pas été convoqué pour être interrogé, bien qu’Israël ait bombardé un appartement utilisé par le secrétaire général du groupe, Ziad al-Nakhala.

      Cependant, des figures clés de l’armée du JIP se sont réinstallées à Bagdad la nuit où Damas est tombée aux mains d’ HTS. Leurs activités à l’intérieur de la Syrie semblent s’être réduites en grande partie à l’organisation de funérailles pour les soldats tués au combat dans le sud du Liban, bien qu’exclusivement à l’intérieur des camps de réfugiés palestiniens.

      Le camp de Yarmouk, à Damas, avait déjà été le théâtre d’une série de manifestations au cours des premiers jours de février, notamment des rassemblements exigeant la fermeture des sièges des organisations pro-régime et l’obligation de rendre des comptes aux personnes impliquées dans l’arrestation et le meurtre des résidents du camp. Les événements ont dégénéré en une tentative d’incendie du quartier général des Brigades Qods du JIP, des jeunes et des enfants lançant des pétards sur le bâtiment. Entre-temps, une manifestation a éclaté pour protester contre la décision de rouvrir les bureaux des brigades Al-Sa’iqa dans le camp d’Al-A’edin.
      Front 2 : Les camps de réfugiés palestiniens en Syrie

      La répression contre les groupes politiques a créé un vide de leadership dans les camps palestiniens de Syrie. Les conditions de vie, déjà désastreuses, se sont encore détériorées. Début février, des manifestations ont éclaté dans plusieurs camps contre les attaques brutales d’Israël contre le camp de Jénine en Cisjordanie occupée, à la suite de la visite de la délégation de l’AP et de la reconnaissance officielle de l’autorité de Ramallah par le gouvernement syrien. Beaucoup craignaient que ce changement n’accélère les plans de réinstallation permanente des réfugiés. Dans le même temps, les habitants disent qu’ils ont été contraints de participer à des rassemblements publics en soutien à la présidence autoproclamée d’Ahmad al-Sharaa.

      Le 24 février, le Comité de développement communautaire de Deraa a commencé à collecter des données personnelles détaillées auprès des résidents du camp sous prétexte d’améliorer les prestations de services. Un recensement similaire a été lancé quelques jours plus tôt à Jaramana, mais l’objectif et les bailleurs de fonds de ces efforts restent flous.

      C’est dans ce vide qu’est entré le Hamas. Par l’intermédiaire d’organisations affiliées comme l’Autorité de développement de la Palestine, le Hamas a commencé à distribuer de la nourriture et de l’aide financière, souvent par l’intermédiaire d’agents intégrés à HTS. Cet effort est intervenu alors que les services autrefois offerts par le JIP – y compris le transport, les cuisines collectives et le soutien médical – ont été interrompus. Même le siège de l’Association d’amitié palestino-iranienne à Yarmouk a été repris et réaffecté par des éléments d’HTS.

      D’autres acteurs, tels que la Fondation Jafra et la Croix-Rouge palestinienne, continuent d’opérer malgré des contraintes importantes. Leurs efforts ont été insuffisants pour répondre à la demande, d’autant plus que l’économie locale continue de s’effondrer. La plupart des réfugiés dépendent d’un travail informel et, avec la paralysie d’une grande partie de l’économie, la survie quotidienne est devenue précaire.

      Une proposition de règlement, transmise par le biais de la médiation turque, est particulièrement préoccupante. Il offrirait aux Palestiniens en Syrie trois options : la naturalisation syrienne, l’intégration dans une nouvelle « communauté » affiliée à l’AP sous la supervision de l’ambassade, ou la classification consulaire avec renouvellement annuel de la résidence. La quatrième option implicite est le déplacement, à l’image de ce qui est arrivé aux Palestiniens en Irak après l’invasion américaine.
      Front 3 : L’#UNRWA, mis à l’écart et miné

      Bien que les nouvelles autorités syriennes n’aient pas ouvertement pris pour cible l’UNRWA, leur manque de coopération en dit long. L’UNRWA ne semble plus être considérée comme la principale institution responsable des affaires palestiniennes en Syrie.

      Dans le camp de Khan Eshieh, un comité local travaillant avec la nouvelle administration a demandé au gouvernorat de Damas de préparer un plan municipal pour réhabiliter l’infrastructure du camp. L’implication est claire : les autorités syriennes se préparent à reprendre la gestion du camp de l’UNRWA, sur le modèle jordanien.

      Pendant ce temps, le ministère de l’Immigration et des Passeports a recommencé à délivrer des documents de voyage aux réfugiés palestiniens en janvier, une décision bureaucratique qui a révélé l’intention du nouveau gouvernement de réaffirmer son contrôle. À peu près au même moment, l’Association des réfugiés arabes palestiniens à Damas a suspendu ses activités à la suite d’un cambriolage qui aurait perturbé le paiement des pensions des réfugiés retraités.

      Malgré des ressources limitées, le Hamas et le JIP restent un sujet de préoccupation pour l’État occupant. Un récent rapport du Yedioth Ahronoth a affirmé que les deux groupes tentent de reconstruire une capacité militaire en Syrie, avec l’intention de cibler les colonies près du plateau du #Golan occupé et du nord de la #Galilée. Bien que le rapport n’ait reconnu aucun mouvement de troupes confirmé au sud de Damas, il a averti que la planification opérationnelle est en cours.

      Un examen attentif du comportement de Ahmad al-Sharaa et du nouveau régime de Damas ne révèle aucune dissolution apparente des activités de ces deux organisations, comme le prétendent les Israéliens. Il ne s’agit que de mesures temporaires en attendant un « grand accord » avec les Américains, dont l’une des dispositions sera le statut officiel et populaire des Palestiniens. A moins que le pays ne sombre dans le chaos, l’un des résultats attendus sera une intervention militaire terrestre israélienne claire sous le prétexte d’éloigner les Palestiniens de la frontière.

      Source : The Cradle

      #Moyen-Orient #Palestine #Gaza

  • « Ne pas être sur Parcoursup est un argument commercial »
    https://cafepedagogique.net/2025/06/03/ne-pas-etre-sur-parcoursup-est-un-argument-commercial

    En France, 1 étudiant sur 4 est désormais inscrit dans une formation privée (26% des étudiants français contre 13% dans les années 90) dont plus de la moitié (16% ) dans le privé lucratif. Des classes surchargées, des conditions de travail dégradées pour les professeurs, des formations sans qualité, au profit de la rentabilité : pour Claire Marchal, « il y a un enjeu fort à renforcer la transparence autour des formations sur Parcoursup et en dehors de Parcoursup, pour que les étudiants puissent faire des choix d’orienter en ayant toutes les informations en mai ». Dans son enquête Le Cube publiée en mars 2025, elle dénonce les pratiques et dérives du groupe Galiléo, premier groupe d’enseignement privé européen. Le Café pédagogique lui pose quelques questions au lendemain des premiers résultats sur la plateforme Parcoursup.

  • C’était le 17 mai 2025...

    #Remigration_Summit, Piantedosi : « Non avere paura di idee forti ».

    Videomessaggio del neo vicesegretario federale della Lega al primo summit europeo» dedicato alla remigrazione, ovvero all’espulsione in massa di immigrati.

    Scontri con le forze dell’ordine si sono verificati al corteo a Milano contro il Remigration summit, «il primo summit europeo» dedicato alla remigrazione, ovvero all’espulsione in massa di immigrati, che si svolge a Gallarate, in provincia di Varese: manganellate mentre i manifestanti lanciavano fumogeni.
    Piantedosi: corteo anti Remigration pretesto per disordini ++

    Il ministro dell’Interno, Matteo Piantedosi, su X parla di «soliti professionisti del disordine» che «con il pretesto di manifestare contro il Remigration Summit, hanno provocato scontri contro le forze di polizia presenti. Ai militari feriti ieri a Torino (durante una rivolta in un Cpr, ndr) e a tutti gli uomini e le donne in divisa va il mio più convinto sostegno. Operano ogni giorno con coraggio e professionalità, anche in contesti estremamente complessi».

    Commentando la richiesta arrivata dal Pd di vietare il Remigration Summit Piantedosi aveva detto: «In democrazia non bisogna avere paura di nulla, anche di idee che possano apparire molto forti, molto controverse, molto discutibili anche, non condivise in qualche modo».

    Intanto il summit si è aperto nel segno del generale Roberto Vannacci: il neo vicesegretario federale della Lega ha inviato un video alla manifestazione, scusandosi di non poter essere presente. «Vi do il mio sostegno» ha detto aggiungendo che «la remigrazione non è uno slogan ma una proposta concreta». «Vuol dire mette al centro gli italiani, gli europei. È una battaglia di libertà e civiltà, di sicurezza, che è il vero spartiacque fra destra e sinistra».
    Piantedosi: non avere paura di idee forti

    «Io da ministro dell’Interno ho l’obbligo di garantire la libera espressione del pensiero da parte di chiunque - ha aggiunto - salvo pensieri che siano di per sé lesivi della sfera giuridica altrui o comunque della Costituzione o di qualsiasi altra cosa. Per cui non credo ci sia contraddizione. È giusto che qualcuno possa ritenere in qualche modo interessanti questi forum di discussione che periodicamente vengono messi in campo. Ci sono altri, come in questa sede (il ministro è interventi all’evento di Noi moderati a Napoli, ndr) che invece hanno un altro tipo di merito e di metodo di discussione».

    A Milano articoli Costituzione contro Remigration Summit

    Da Elly Schlein a Maurizio Landini, da Nicola Fratoianni ad Angelo Bonelli fino al cantante dei Modena City Ramblers gli organizzatori della manifestazione contro il Remigration Summit sono saliti a turno sul palco allestito in piazza San Babila per leggere gli articoli della Costituzione. La segretaria del Pd Schlein ha letto il numero 3, dedicato all’uguaglianza, e poi ha aggiunto «è sempre l’Italia antifascista. Ora e sempre Resistenza».
    Vannacci: porterò battaglia remigrazione a Bruxelles

    Vannacci ha assicurato che continuerà a battersi per questo «e porterò questa battaglia a Bruxelles con orgoglio e determinazione perché se l’Europa non torna a proteggere i suoi popoli non ha futuro». «Invece di preoccuparsi di avere più armi, più cannoni, più sistemi missilistici - ha aggiunto - dovrebbe ricordarsi che il suo primo dovere è proteggere i propri cittadini dentro i confini europei. Che senso ha parlare di difesa comune se lasciamo le nostre città in mano alla criminalità, l’immigrazione illegale e il caos?». La Lega, ha assicurato, «c’è e continuerà a combattere per una politica di rimpatri seri, selettivi ed efficaci, per una Europa che protegga e non si svenda e per una Italia che non si arrenda alla paura ma trovi l’orgoglio delle sue radici». Vannacci ha chiuso il suo intervento ringraziando i presenti e con una critica al sindaco «Sala che non ci concede un posto per fare questo a Milano».
    Evento sold out da giorni

    Il videomessaggio di Vannacci ha dato il “la” all’avvio dell’iniziativa che chiama a raccolta l’estrema destra europea intorno a ideologie xenofobe e razziste e che rappresenta un raduno peculiare. Non si tratta di un congresso quanto piuttosto di una convention con tanto di biglietti e possibilità di crowdfunding. A sentire gli organizzatori l’evento è sold out da giorni. I partecipanti, provenienti da tutta Europa, hanno pagato il biglietto per esserci dai 49 euro della versione base ai 250 euro di quella premium.

    Lo scontro politico

    Per lo svolgimento della manifestazione, gli organizzatori hanno alla fine puntato su Gallarate, in provincia di Varese, dopo una serie di ipotesi circolate nei giorni scorsi perché il luogo del ritrovo è rimasto avvolto dal mistero fino alla fine. Il nome della località è stato infatti comunicato all’alba di sabato. Anche perché il raduno dell’ultradestra ha scatenato un mare di polemiche, con il Pd che ha definito un “dovere” vietare un incontro «di razzisti che inneggiano ad odio e intolleranza» e il leader della Lega Matteo Salvini che ha replicato: «non siamo mica in Unione Sovietica». Anche in Prefettura si è svolta una lunga riunione con le forze dell’ordine per il timore di problemi di ordine pubblico, anche alla luce delle contromanifestazioni già annunciate.

    Cos’è la remigrazione

    Ma quali sono le idee dei remigrazionisti? Si tratta di un’espulsione forzata di massa da un Paese verso un altro. Il termine appartiene al lessico accademico e a quello dello studio dei flussi migratori, ma ha perso ogni connotazione neutra nel momento in cui la destra se ne è appropriato per non usare la parola “deportazione”. In altre parole, un concetto che fino a poco tempo fa non era nemmeno pronunciabile ora sta diventando sempre più mainstream.

    Chi c’è dietro il Remigration Summit 2025?

    Il Remigration Summit 2025 è organizzato dall’associazione ‘Azione, Cultura, Tradizione’, il cui portavoce è #Andrea_Ballarati, ed è stato promosso dal noto attivista austriaco di destra #Martin_Sellner.

    Chi è Andrea Ballarati, il vate italiano dei remigrazionisti

    Ballarati, portavoce italiano del Remigration summit, 23 anni, è uno studente di Economia, ex militante di #Gioventù_Nazionale, la sezione giovanile di #Fratelli_d’Italia, che ha poi lasciato per entrare a far parte di movimenti politici extraparlamentari. Dal 2022 è tra i fondatori dell’associazione identitaria “Azione, Cultura, Tradizione” di Como, di cui è presidente. Sarebbe stato proprio lui a proporre l’Italia come sede del convegno, a cui sono invitati anche l’attivista austriaco xenofobo Martin Sellner, l’esponente olandese di estrema destra #Eva_Vlaardingerbroek e il politico della National front francese #Jean-Yves_Le_Gallou.
    Il mito della sostituzione etnica

    Il leader di “Azione, Cultura, Tradizione” ufficialmente esclude la sua adesione alle deportazioni di massa ma chiede, oltre all’espulsione dei migranti irregolari, la revisione dei sistemi di asilo e l’introduzione dei rientri volontari. Nel suo breve percorso Ballarati si è rapidamente avvicinato a Sellner, giovane ideologo viennese della remigrazione e militante della Fpo (partito dell’ultradestra austriaca), espulso in Svizzera e Germania per i suoi legami con movimenti neonazisti. Alla base della teoria della remigrazione, di cui Ballarati sarebbe uno dei massimi sostenitori in Italia, ci sono le tesi - portate avanti dall’ultradestra fin da oltre dieci anni - sulla minaccia della sostituzione etnica, secondo cui la civiltà occidentale sarebbe vittima di un piano organizzato dai potenti del mondo che vogliono sostituirla con una società multietnica o di ispirazione islamica.

    Islamici nel mirino

    A coagulare il mix - formato da complottismo, derive no vax e reazioni xenofobe alle crisi migratorie - è il concetto di “remigrazione” diffuso per la prima volta nel libro ’Cambio di regime da destra: uno schizzo strategico’ di Sellner, uscito nel 2024. Secondo l’autore ogni singola nazione europea deve difendere la propria “cultura dominante” dalla globalizzazione, puntando ad espellere in massa i migranti irregolari, i richiedenti asilo, ma anche quelli con regolare permesso di soggiorno e i loro discendenti che non si adeguano alla cosiddetta “cultura dominante” del Paese che li ospita, in particolare gli stranieri islamici visti come la prima minaccia. Per chi la critica, la remigrazione è una forma soft di pulizia etnica, che sta diventando sempre meno soft e sta acquistando una forza rumorosa.

    https://www.ilsole24ore.com/art/cos-e-remigration-summit-e-chi-e-leader-italiano-AHW6YZn
    #Italie #Gallarate #migrations #réfugiés #rémigration #extrême_droite #Azione_Cultura_Tradizione #culture #globalisation

  • « Le Cube », de Claire Marchal : une enquête sur les « usines à étudiants » du groupe #Galileo
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/03/04/les-piou-pious-tu-les-serres-ils-couinent-un-peu-au-debut-mais-ca-passe-les-

    C’est l’histoire de deux mondes qui n’auraient jamais dû se rencontrer : d’une part, des écoles d’#enseignement_supérieur ; de l’autre, des #fonds_d’investissement. En 2011, les bases d’un empire sont posées lorsque le fonds américain Providence Equity Partners acquiert l’école de mode italienne Istituto Marangoni et fonde la holding Galileo Global Education. Quinze ans après, le groupe – qui a été revendu en 2020 à d’autres fonds d’investissement pour un montant de 2,3 milliards d’euros – compte 61 écoles, 106 campus dans 18 pays et 210 000 #étudiants sur la planète. Ce n’est qu’un début : Galileo a pour objectif d’atteindre le million d’étudiants dans les cinq années à venir.

    Il a fallu deux ans à la documentariste Claire Marchal pour comprendre les ressorts d’une véritable machine financière que l’Etat français contribue à huiler à la faveur des aides à l’#apprentissage et à la #formation_continue. Dans Le Cube (Flammarion, 384 pages, 22 euros), l’autrice, qui s’appuie sur des centaines d’entretiens et quelque 900 documents confidentiels, décrit l’obsession des managers de Galileo à augmenter les effectifs de leurs écoles, réduire leurs coûts, optimiser leurs rendements. La martingale porte un nom, « le Cube », le logiciel de gestion clients du groupe, un « outil informatique infaillible, conçu pour gérer les statistiques nécessaires à la satisfaction de sa soif de rentabilité ».

    A chaque rachat d’école, Galileo procède à de lourdes modifications dans la gestion des ressources humaines, dans la pédagogie et dans les modes de comptabilité. Il suffit alors de quelques années pour détruire de l’intérieur de jolies marques connues du grand public comme Penninghen, Bellecour, Strate, le Cours Florent…
    Mués en « usines à étudiants », ces établissements génèrent une casse énorme. En interne, il faut que les équipes se plient à la seule règle qui soit, celle de la rentabilité. Dans les salles de classe, bien trop remplies, le désarroi envahit des jeunes qui n’ont parfois pas de chaise pour s’asseoir ou qui subissent d’incessants reports de cours. Le tout en versant entre 5 000 et 10 000 euros par an.

    Responsabilité des pouvoirs publics

    Le violent contraste entre « la détresse de nombreux étudiants et la toute-puissance exponentielle de Galileo » est le fil rouge de Claire Marchal qui finit par interroger la responsabilité des pouvoirs publics. Car l’enseignement supérieur privé lucratif « est nourri de la main de l’Etat » depuis la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel : « Ils avancent main dans la main, travaillent ensemble, des cabinets ministériels aux conseils d’administration, de la haute fonction publique aux directions des groupes. »

    Autour du président de la holding, Marc-François Mignot Mahon, gravitent Muriel Pénicaud, ancienne ministre du travail des gouvernements d’Edouard Philippe (2017-2020) et membre du conseil d’administration, Guillaume Pepy, ancien patron de la SNCF et président du conseil de surveillance d’EM Lyon Business School dont Galileo est actionnaire, ou encore, jusqu’en juillet 2024, l’ancien patron de l’AP-HP Martin Hirsch, qui a été vice-président de la multinationale.

    Il manque à Claire Marchal une pièce au puzzle : malgré ses relances, aucun membre de la direction de la holding n’a répondu à ses questions. Les directions des écoles du groupe sont restées muettes elles aussi. Seul Olivier Aptel, qui dirige depuis la rentrée 2024 la Paris School of Business, a fait preuve d’un certain courage en déclarant être « sensible aux retours exprimés [par les étudiants], notamment en ce qui concerne les conditions d’enseignement et l’organisation administrative ».

    « Les piou-pious, tu les serres, ils couinent un peu au début, mais ça passe ! » : les extraits du livre-enquête sur le groupe Galileo et ses « usines à étudiants »
    https://justpaste.it/dwajx

    #enseignement_supérieur_privé

  • Massacre des Innocents
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Massacre_des_Innocents

    Cette histoire a toujours possédé une qualité allégorique et continue d’en avoir aujourd’hui. C’est ce qui fait la force des mythes fondateurs.

    Le massacre des Innocents est un épisode relaté dans l’Évangile selon Matthieu en même temps que la fuite en Égypte : le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem. Selon le récit évangélique, ce massacre a été commis sur l’ordre d’Hérode, craignant l’avènement d’un roi des Juifs annoncé par ses propres devins, ou mages, dans la période même de la naissance de Jésus. L’ensemble des Églises les honore comme martyrs au cours du jour des Saints Innocents ; cet événement est fêté le 28 décembre en Occident et en Orient catholique, et le 29 décembre en Orient orthodoxe.

    Le personnage historique d’Hérode porte encore plus de ressemblances avec un acteur politique régional de notre époque.

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9rode_Ier_le_Grand

    Hérode, mal reçu par le roi de Nabatène Malichos Ier15, rejoint Alexandrie puis Rome16. Bien reçu par Antoine et Octave, il est proclamé roi de Judée à l’unanimité du Sénat romain en décembre 40 av. J.-C.
    ...
    Au printemps 37 av. J.-C., il met le siège devant Jérusalem23. Il est épaulé par les troupes romaine de Sossius23. « Hérode donne l’ordre d’abattre tous les arbres des environs afin de construire trois gigantesques plates-formes. Puis, laissant ses hommes à l’ouvrage, il s’absente quelques jours, le temps d’aller se marier en Samarie avec Mariamne l’Hasmonéenne, petite fille d’Hyrcan II et nièce d’Antigonos23. » Jérusalem tombe au bout de cinq mois23. Antigonos se rend à Sosius qui l’envoie à Marc Antoine, malgré les protestations d’Hérode qui veut l’exécuter sur le champ23. Antoine se laisse persuader avec les cadeaux d’Hérode. Antigone est finalement décapité24. Il est le premier roi exécuté par les Romains. Hérode prend le titre de roi des Juifs.
    ...
    Hérode fait périr les derniers membres de la famille hasmonéenne : Hyrcan II (30 av. J.-C.) puis sa propre épouse Mariamne (29 av. J.-C.) et sa belle-mère Alexandra (la fille d’Hyrcan II, v. 28 av. J.-C.). La mort de Mariamne, la seule de ses dix femmes qu’il aimait, accusée d’infidélité par Salomé I, la sœur d’Hérode, accable le roi de chagrin et le laisse au bord de la folie. C’est du moins, l’interprétation peut-être fortement remaniée par Nicolas de Damas, l’historien officiel du roi. Du fait des exécutions, dont celles de trois de ses propres fils qu’il suspectait de comploter pour l’évincer du pouvoir, Hérode acquiert la réputation d’un tyran sanguinaire et paranoïaque.

    Ce roi n’a vraiment pas contribué à la bonne réputation juive. Son génie tactique l’a fait roi soutenu par l’empereur romain mais côté relations publiques à long terme il a été un échec abyssal.

    #Palestine #Galilée #machiavellisme #religion #histoire #antiquité #noël #mythologie

  • #Gallo_rojo_gallo_negro

    Cuando canta el gallo negro
    Es que ya se acaba el día
    Cuando canta el gallo negro
    Es que ya se acaba el día
    Si cantara el gallo rojo
    Otro gallo cantaría
    Si cantara el gallo rojo
    Otro gallo cantaría

    Ay, si es que yo miento
    Que el cantar que yo canto
    Lo borre el viento
    Ay, qué desencanto
    Si me borrara el viento
    Lo que yo canto

    Se encontraron en la arena
    Los dos gallos frente a frente
    Se encontraron en la arena
    Los dos gallos frente a frente
    El gallo negro era grande
    Pero el rojo era valiente
    El gallo negro era grande
    Pero el rojo era valiente

    Ay, si es que yo miento
    Que el cantar que yo canto
    Lo borre el viento
    Ay, qué desencanto
    Si me borrara el viento
    Lo que yo canto

    Se miraron cara a cara
    Y atacó el negro primero
    Se miraron cara a cara
    Y atacó el negro primero
    El gallo rojo es valiente
    Pero el negro es traicionero
    El gallo rojo es valiente
    Pero el negro es traicionero

    Ay, si es que yo miento
    Que el cantar que yo canto
    Lo borre el viento
    Ay, qué desencanto
    Si me borrara el viento
    Lo que yo canto

    Gallo negro, gallo negro
    Gallo negro, te lo advierto
    Gallo negro, gallo negro
    Gallo negro, te lo advierto
    No se rinde un gallo rojo
    Más que cuando está ya muerto
    No se rinde un gallo rojo
    Más que cuando está ya muerto

    Ay, si es que yo miento
    Que el cantar que yo canto
    Lo borre el viento
    Ay, qué desencanto
    Si me borrara el viento
    Lo que yo canto

    https://www.youtube.com/watch?v=i48RK-muXMY

    La chanson Gallo rojo, gallo negro date des années soixante. Anonyme à l’époque, elle était reprise dans les rues lors des manifestations étudiantes comme un #hymne de reconnaissance des opposants à la dictature du général Franco. Elle est l’œuvre de l’auteur compositeur interprète #Chicho_Sanchez_Ferlosio (1940-2003), personnalité singulière des milieux anarchistes espagnols. Actuellement, elle passe souvent pour une chanson des combattants républicains de la guerre civile.

    https://journals.openedition.org/lengas/395

    #résistance #chanson #Espagne #franquisme #musique #anarchisme #musique_et_politique

  • Maintien de l’ordre : Un appel d’offres XXL de 27 millions d’euros pour [120 000 à 360 000] grenades de désencerclement - POLITIS
    https://www.politis.fr/articles/2024/11/maintien-ordre-un-appel-doffres-xxl-de-27-millions-deuros-pour-des-grenades-

    Le 1ᵉʳ mai 2019, des grenades de désencerclement avaient déjà commandées sur quatre ans pour un montant de 1,84 millions d’euros. Ici, il est estimé à 27 millions au maximum, soit près de 15 fois plus !

    La grenade de désencerclement est une arme bien connue des manifestants français. Ce type d’arme a déjà mutilé des manifestants, comme Laurent T. en 2016 et Jérôme Rodrigues en 2019, tous deux éborgnés. Son fonctionnement est assez simple. Jetée obligatoirement au sol (même si de nombreuses images montrent des forces de l’ordre les lancer en cloche), la GENL explose en produisant un fort effet assourdissant et projette 18 #galets de caoutchouc à haute vitesse, transformant tout manifestant en cible potentielle. 

    Dans le cahier des clauses techniques de l’appel d’offres, plusieurs caractéristiques sont demandées pour la grenade. Certains sont jugés impératifs, d’autres souhaitables. On apprend ainsi que l’absence de #fragment_métallique, pouvant donc gravement blesser, est seulement souhaitable et non indispensable. 

    Un effet sonore toujours plus fort ?

    On apprend aussi que l’effet sonore souhaité doit être compris en 160 et 163 #décibels à cinq mètres. Comme Politis l’expliquait dans la présentation des nouvelles grenades assourdissantes, d’après BruitParif, l’observatoire du bruit en Île-de-France, « le seuil de douleur pour les oreilles est atteint à 120 décibels. À ce niveau, les dommages sur l’audition sont irréversibles ». Dans l’appel d’offres de 2019, l’effet sonore souhaité était entre 145 dB et 155 dB à la même distance. Pour mieux comprendre l’impact de cet écart, BruitParif explique qu’une simple augmentation de 10 dB est ressenti « comme si le bruit était deux fois plus fort ».

    #GENL, dite « grenade à éclats non létaux ».

    #police #militarisation #MDO #grenades_de_désencerclement #Alsetex #ceux_que_nous_réduirons_à_rien

  • Si cela se révèle vrai c’est une double trahison !
    Une vraie saloperie.
    J’en tremble de rage.
    Le roman Houris, de l’écrivain et journaliste franco-algérien Kamel Daoud, serait lié à une histoire vraie d’une rescapée d’une violente attaque terroriste durant la décennie noire en Algérie.

    Une femme s’appelant Saâda Arbane et qui se présente comme Aube, le personnage principal de Houris, a porté de graves accusations à l’encontre de l’auteur Kamel Daoud.
    https://www.tsa-algerie.com/houris-graves-accusations-contre-kamel-daoud-en-algerie
    #Kamel_Daoud

    • « Il a parlé de tous les détails. Il a étalé sa vie dans le livre en changeant le contexte, les dates et les noms », souffle l’époux de Sâada. Celle-ci précise qu’elle avait parlé de tous ces détails à l’épouse de l’écrivain « en tant que psychiatre. Je ne l’ai dit à personne d’autre ». D’ailleurs, elle tient à souligner qu’elle n’avait jamais remis une copie de son dossier médical à l’écrivain.

    • Les raisons pour se « priver » de Daoud ne sont pas évoquées.

      Algérie : le Salon du livre d’Alger se prive de tous les livres de Kamel Daoud
      https://www.rfi.fr/fr/afrique/20241116-alg%C3%A9rie-le-salon-du-livre-d-alger-se-prive-de-tous-les-livres-de-k

      Les lecteurs disent braver l’interdit pour accéder au texte, primé au Goncourt.

      Souad, éditrice, regrette l’absence de Kamel Daoud et de son dernier roman au salon du livre : « J’aurais aimé le lire et le toucher, peut-être, mais aussi le luxe de parler avec son auteur, pour qu’il nous explique ce qu’il se passe. Il faut laisser le lecteur se faire une opinion ; ce n’est pas bien d’interdire. Cela reste quand même un point noir dans ce salon. »

    • L’éditeur Gallimard dénonce des campagnes diffamatoires contre Kamel Daoud, prix Goncourt 2024 pour « Houris »
      https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/l-editeur-gallimard-denonce-des-campagnes-diffamatoires-contre-kamel-da

      Selon les médias algériens, une survivante à un massacre lors de la décennie noire qui a été suivie médicalement par la femme de Kamel Daoud, dit s’être reconnue dans le personnage principal du roman « Houris ».

      Le livre n’a pas pu être édité en Algérie, où il tombe sous le coup d’une loi interdisant tout ouvrage sur cette période sanglante qui a fait au moins 200 000 morts, selon des chiffres officiels. "Après l’interdiction du livre et de notre maison d’édition au salon du livre d’Alger, c’est au tour de son épouse [psychiatre de profession], qui n’a aucunement sourcé l’écriture de Houris, d’être atteinte dans son intégrité professionnelle", poursuit Gallimard.

      #Gallimafia contre crapulerie d’État.

      edit palmarès du type
      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/11/18/en-algerie-l-ecrivain-kamel-daoud-et-sa-femme-accuses-de-viol-de-l-intimite-

      Kamel Daoud, rendu célèbre par ses chroniques Raina Raikoum dans Le Quotidien d’Oran, a perdu de sa popularité dans le lectorat algérien francophone, après qu’il a affiché son hostilité au mouvement de protestation pacifique du Hirak et refusé de prendre position en faveur des détenus d’opinion en Algérie.

    • Un autre écrivain franco-algérien interpellé en Algérie.
      https://rfi.my/B9dp

      En #Algérie, l’écrivain Boualem Sansal est depuis près d’une semaine en garde à vue dans les locaux des services de sécurité à Alger dans l’attente d’être présenté devant le procureur de la République. Il risque des peines de prison pour « atteinte à l’unité nationale »

      Les livres de Boualem Sansal publié entre autres chez Gallimard ( 2084 : la fin du monde ) sont également censurés.
      #censure

    • Houris de Daoud : “Une violation de mon intimité”, selon Saâda Arbane
      https://actualitte.com/article/120390/international/houris-de-daoud-une-violation-de-mon-intimite-selon-saada-arbane
      Pour Frédéric Beigbeder, le goncourt 2024 est le roman le plus féministe de la rentrée. Merde voilà une raison supplémentaire pour que je ne lise pas ce livre.

      Gallimard au secours de Daoud, l’Académie Goncourt silencieuse
      https://actualitte.com/article/120416/prix-litteraires/gallimard-au-secours-de-daoud-l-academie-goncourt-silencieuse

    • « Kamel Daoud a volé mon histoire » : révélations sur le prix Goncourt 2024 | Mediapart | 14 févr. 2025

      Déjà sous le coup d’une procédure judiciaire en Algérie, l’écrivain est, selon les informations de Mediapart, désormais assigné en France pour atteinte à la vie privée. Saâda Arbane l’accuse d’avoir utilisé le récit de sa vie sans son consentement pour son roman « Houris », lauréat du prestigieux prix littéraire.

      https://justpaste.it/57987

    • Kamel Daoud : plainte en diffamation en France, mandats d’arrêt en Algérie | Mediapart | 7 mai 2025
      https://www.mediapart.fr/journal/france/070525/kamel-daoud-plainte-en-diffamation-en-france-mandats-darret-en-algerie

      Deux procédures sont en cours contre l’auteur du roman « Houris », accusé d’avoir « volé » l’histoire de Saâda Arbane, victime du terrorisme en Algérie. Dans le même temps, Alger a émis deux mandats d’arrêt internationaux à l’égard du récipiendaire du prix Goncourt.

      Mediapart avait déjà révélé, le 14 février, que l’écrivain Kamel Daoud était assigné en justice par Saâda Arbane, rescapée des années de terrorisme en Algérie, qui l’accuse d’avoir « volé » son histoire pour nourrir son dernier roman, Houris, paru aux éditions Gallimard et primé du Goncourt.

      La première audience, prévue mercredi 7 mai, est purement procédurale et « dématérialisée », selon les avocat·es de la plaignante, Mes Lily Ravon et William Bourdon. Chaque partie doit désormais partager ses arguments en attendant l’audience durant laquelle les avocats auront l’opportunité de plaider.

      Mais selon les informations de Mediapart, déjà évoquées par Le Monde et Libération, l’écrivain est aussi visé par une citation à comparaître devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour diffamation publique envers un particulier, après des propos tenus par Kamel Daoud dans Le Figaro le 3 avril.

      Ou plutôt une phrase : « C’est une démonstration de force : Alger peut déposer plainte contre Kamel Daoud en France », a-t-il déclaré, faisant référence à la seule et unique procédure judiciaire lancée contre lui en France, portée par Saâda Arbane, qui n’était autre que la patiente de l’épouse de Kamel Daoud, psychiatre, et au fait de nombreux éléments de la vie privée de la jeune femme.

      Pour l’assignation de l’écrivain en justice, Saâda Arbane, avec l’appui de ses avocats, démontrait point par point les similitudes entre sa vie personnelle et celle de l’héroïne du livre, prénommée Aube. Après plusieurs mois d’enquête, Mediapart décomptait pas moins de vingt-huit similitudes et pouvait affirmer que la première version du manuscrit était intitulée Joie, soit « saâda » en arabe dialectal.

      La dédicace originale rendait également hommage à une seule personne : « À une femme extraordinaire, la véritable héroïne de cette histoire » – celle-ci a finalement disparu de la version finale, remplacée par une pensée « aux victimes oubliées de la guerre civile algérienne ».

      « Cette diffamation confirme la ligne de défense adoptée par Kamel Daoud dès le début, selon laquelle les initiatives de Saâda Arbane devant la justice française seraient en réalité commanditées par le gouvernement algérien », commentent ses avocats. Et d’expliquer, bien que Saâda Arbane ne soit pas nommée dans ces lignes, qu’elle est « totalement identifiable » puisque les seules actions judiciaires publiques en France sont à son initiative.

      Dans le document de citation directe, que Mediapart a pu consulter, les avocats soulignent que « les tentatives de Kamel Daoud de dévier le débat public [de l’infraction et de la violation] dont l’accuse Saâda Arbane ont franchi un nouveau cap inacceptable lorsqu’il a prétendu que la plainte déposée contre lui en France l’avait été par Alger ». Ils ajoutent que le propos de l’écrivain a « largement été porté à la connaissance du public, amplifiant par là même le préjudice subi par la plaignante », avec une publication en ligne doublée d’une seconde dans la version papier du journal.

      « Cette phrase sous-entend clairement qu’elle aurait assigné Kamel Daoud dans un intérêt autre que le sien, de façon opaque, pour atteindre la sûreté et les intérêts d’un opposant au gouvernement algérien. C’est une nouvelle atteinte grave portée à Saâda Arbane », développent-ils auprès de Mediapart, précisant que le directeur de publication du Figaro, Marc Feuillée, est également visé par cette citation à comparaître.
      Deux mandats d’arrêt contre l’écrivain

      Autre information, confirmée ce jour par le ministère des affaires étrangères français : Kamel Daoud est désormais visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie, comme l’a affirmé son avocate, Me Jacqueline Laffont, à plusieurs médias depuis mardi. « Kamel Daoud vient d’être informé, sans autre précision, de ce que deux mandats d’arrêt auraient été délivrés à son encontre par la justice algérienne », a-t-elle déclaré.

      L’information a d’abord été dévoilée par le journal Le Point mardi 6 mai. « Pendant la guerre civile des années 1990, on assassinait des écrivains. Aujourd’hui, on les met en prison et on lance des mandats d’arrêt contre eux », a alors réagi le principal intéressé auprès du Point, journal pour lequel il travaille. « Les motivations de tels mandats algériens ne pourraient qu’être politiques et s’inscrire dans un ensemble de procédures menées pour réduire au silence un écrivain », a ajouté son avocate, citée par Le Parisien.

      Interrogée sur « un acharnement du gouvernement algérien » dans la matinale de France Inter mercredi 7 mai, à la fois pour Kamel Daoud et Boualem Sansal (emprisonné en Algérie depuis novembre, accusé d’atteinte à la sûreté nationale pour des propos remettant en cause l’intégrité territoriale de l’Algérie), la ministre de la culture, Rachida Dati, a répondu : « Je regrette que l’Algérie, qui est quand même un grand pays, un pays éminemment culturel, donne le signal de s’attaquer à ces écrivains. »

      Et d’ajouter, comme un pied de nez à la stratégie adoptée par le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, et à son bras de fer engagé avec l’Algérie : « On ne peut pas tourner le dos aux Algériens et à l’Algérie. Je pense qu’on peut être dans la fermeté sans être dans la menace. » Ces derniers mois, les relations algéro-françaises se sont considérablement dégradées, sur fond de laissez-passer consulaires visant à mieux expulser les ressortissants algériens que l’Algérie, comme d’autres pays, rechigne à délivrer lorsqu’il s’agit de personnes considérées comme dangereuses.

      Mi-avril, douze agents de l’ambassade de France à Alger ont ainsi été expulsés par l’Algérie après qu’un agent du consulat d’Algérie de Créteil (Val-de-Marne) a été arrêté, mis en examen et placé en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour enlèvement et séquestration d’un influenceur algérien vivant en France. La nouvelle a d’autant plus surpris que le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, rentrait tout juste d’un voyage à Alger pour tenter d’apaiser la situation.

      Depuis que « l’affaire » Kamel Daoud a éclaté, l’écrivain comme sa maison d’édition maintiennent que les accusations portées par Saâda Arbane sont liées à ce contexte de détérioration des relations entre la France et l’Algérie, sans toutefois répondre sur le fond : l’atteinte à la vie privée soulevée par la plaignante, qui a par ailleurs aussi porté plainte contre l’écrivain et son épouse en Algérie.

      « Le complot, tout ça, j’en ai rien à faire. Je défends mon histoire, c’est tout. Et en la défendant publiquement, je révèle mon intimité au reste du monde », nous avait-elle répondu pour notre enquête, réfutant catégoriquement l’idée d’être manipulée. Me Bourdon fait aussi valoir qu’il a déposé plainte contre le général Khaled Nezzar en France en 2001, et qu’il ne peut donc être accusé d’être instrumentalisé par le régime algérien.

      « Saâda Arbane, femme libre et loin de toute politisation, se retrouve aujourd’hui bien malgré elle au centre d’une actualité politique alors que tout ce [à quoi] elle aspire est d’obtenir la reconnaissance par la justice française de la violation de sa vie privée par Kamel Daoud », concluent les avocats de la jeune femme.

  • Une #culture_du_viol à la française

    –-> À l’occasion du procès des viols de Mazan, les livre est mis en accès libre

    Du « troussage de domestique » à la « liberté d’importuner »

    « La culture du viol touche toutes les cultures, tous les pays. Elle présente cependant des particularités bien spécifiques selon le milieu dans lequel elle s’exprime et se développe. En #France, chaque fois que la question des #violences_sexuelles est posée dans le débat public, les mêmes réticences s’expriment. Certains s’élèvent pour dénoncer l’horrible #moralisme_réactionnaire qui voudrait condamner la #liberté_sexuelle si chèrement acquise, nuire à l’identité amoureuse nationale en important le #puritanisme au pays des libertés. Avec un vocable bien choisi et une certaine #hypocrisie, on évoque l’#amour_à_la_française en termes de #galanterie, de #courtoisie ou de #libertinage. On loue nos #traditions, l’attention portée aux femmes et la sophistication de nos jeux de #séduction. Derrière ce charmant #vocabulaire, la réalité est beaucoup moins glamour. »

    Dans cet essai documenté et novateur, l’autrice analyse et définit les violences sexuelles, déboulonne toutes nos #idées_reçues et bat en brèche l’argumentaire #déresponsabilisant les violeurs. Elle insiste sur les spécificités hexagonales du concept de « culture du viol », démythifie le patrimoine littéraire et artistique, et démontre, point par point, qu’il est possible de déconstruire les #stéréotypes_de_genre et d’éduquer les hommes à ne pas violer.

    https://www.editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/une-culture-du-viol-a-la-francaise

    #terminologie #mots #littérature #art #éducation #viols #livre #Valérie_Rey-Robert

    déjà signalé par @biggrizzly ici : https://seenthis.net/messages/1072792

  • Espagne : en Galice, l’arrivée des migrants est considérée comme une chance - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/60182/espagne--en-galice-larrivee-des-migrants-est-consideree-comme-une-chan

    Espagne : en Galice, l’arrivée des migrants est considérée comme une chance
    Par RFI Publié le : 26/09/2024
    Alors que les bateaux de migrants en provenance d’Afrique ne cessent d’arriver aux Canaries, et que les centres d’accueil sont saturés, des ONG sont appelées à la rescousse par l’État pour soulager l’archipel espagnol. Elles sont chargées du transfert et de l’accueil des migrants dans la péninsule. C’est le cas de l’ONG Rescate, qui héberge 125 exilés dans le village de Monterroso. Et ces derniers sont très bien accueillis par les habitants.
    De façon générale, l’accueil réservé aux migrants par les habitants de Monterroso dans la province de Lugo, en Galice, a été plutôt favorable. Dans ce village espagnol, les immigrés sont assez rares, et les habitants se montrent accueillant. L’ONG Rescate y loue un hôtel. Depuis trois semaines, 125 migrants subsahariens vivent là.
    Le directeur de l’ONG en charge des migrants raconte comment la première semaine de leur arrivée, des dizaines de résidents ont apporté des vêtements pour les migrants. Ils ont aussi organisé une petite fête d’accueil et un match de foot amical. D’ailleurs, le terrain de foot du club local est ouvert toutes les après-midi pour les migrants et le stade est devenu un lieu de rencontre entre les jeunes du cru et les subsahariens.
    Il y a eu toutefois aussi quelques réactions hostiles, notamment contre la propriétaire de l’hôtel. Or, Augusta aime raconter qu’elle-même a immigré en Angleterre lorsqu’elle était jeune pour trouver du travail et c’est pour cela qu’aujourd’hui, elle ouvre ses portes aux jeunes venus d’Afrique. La Galice a été une terre d’émigration, ce qui explique sans doute cette attitude plus ouverte envers ceux qui prennent la route pour une meilleure vie. En outre, ici en Galice, où la population est âgée, l’arrivée de jeunes gens est considérée comme une chance. Beaucoup de villageois espèrent qu’ils vont rester pour travailler dans le coin. D’ailleurs, le directeur de l’ONG, Carlos expliquait comment ces jours-ci des entrepreneurs ou des agriculteurs s’étaient rendus à l’hôtel pour chercher des hommes pour travailler dans les vendanges par exemple. L’ONG prend soin de mettre en garde les migrants, de ne pas céder à ces embauches temporaires, souvent payées en dessous du Smic horaire, car s’ils quittent l’hôtel et la structure organisée par l’ONG avec les cours d’espagnol et les formations, ils ne peuvent plus revenir et sont lâchés dans la nature sans protection juridique.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#galice#ONG#immigration#vieillissement#economie#agriculture#sante

  • Tunnel Lyon-Turin : le chantier coûtera finalement 11,1 milliards d’euros et sera livré avec un an de retard

    La société maître d’ouvrage a publié les nouveaux chiffres vendredi dernier. Les travaux coûteront 30% de plus que prévu.

    Le tunnel de base Lyon-Turin coûtera 2,5 milliards d’euros de plus que prévu, avec un #budget total de 11,1 milliards d’euros, soit une hausse de près de 30%, rapporte mardi 30 juillet France Bleu Pays de Savoie. Ces chiffres ont été annoncés vendredi dernier par la société #TELT, maître d’ouvrage, à l’issue de son dernier conseil d’administration.

    L’entreprise a publié le #coût_prévisionnel actualisé du chantier du #tunnel_de_base du Lyon-Turin en cours de construction entre Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, et Suse, en Italie. Résultat : le tunnel coûtera 2,5 milliards d’euros de plus que prévu par rapport à une première expertise initiale TELT effectuée en 2015 qui estimait alors le chantier à 8,6 milliards d’euros. Avec cette hausse, les travaux du tunnel de base doivent coûter 11,1 milliards d’euros, soit une hausse de près de 30% en neuf ans.

    Hausse des coûts de certaines matières, nouvelles « contraintes »...

    Parmi les raisons avancées par TELT pour expliquer cette hausse, la pandémie de Covid-19 ou encore la guerre en Ukraine, qui a eu plusieurs conséquences comme des difficultés d’approvisionnement et la hausse des coûts de certaines #matières_premières. Autre raison avancée, la multiplication d’autres chantiers comme ceux des Jeux olympiques en France. Enfin, des « contraintes géologiques non prévisibles » ont aussi fait augmenter le coût du projet.

    Le tunnel de base, qui relie donc Saint-Jean-de-Maurienne à Suse, et qui devait être opérationnel en 2032 aura finalement un an de retard. La livraison est prévue pour fin 2033. Pour rappel, actuellement, 37,3 km ont déjà été creusés, dont 13,7 km du tunnel de base, sur les 164 km de #galeries prévues pour l’ouvrage.

    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/tunnel-lyon-turin-le-chantier-coutera-finalement-11-1-milliards-d-euros
    #TAV #Turin-Lyon #Lyon-Turin #coût #retard #train #train_à_grande_vitesse #géologie #Val_de_Suse #Vallée_de_Suse #Maurienne #Savoie #infrastructure_ferroviaire

  • Il Politecnico e la ricerca militare
    https://radioblackout.org/2024/06/il-politecnico-e-la-ricerca-militare

    La connessione tra #guerra e scienza è un dispositivo epistemico, che ha le sue radici nel ‘500 e in Italia un padre nobile come Galileo Galilei. Il fattore scatenante è l’arrivo in Europa della polvere da sparo, che presto viene impiegata per scopi bellici. La tecnologia necessaria all’utilizzo bellico della polvere da sparo richiede studi […]

    #L'informazione_di_Blackout #politecnico_e_ricerca_militare

    • La Città dell’Aerospazio di Torino è stata inaugurata

      Il 28 novembre si è svolta a Torino la cerimonia inaugurale dell’inizio dei lavori dedicati alla costruzione della Città dell’Aerospazio. La “posa della prima pietra” è stato un momento importante per il progetto, di cui si discute da diversi anni e che servirà a riqualificare, ammodernare ed espandere un intero quartiere industriale in Corso Marche a Torino.

      All’interno del perimetro di quella che sarà definita Città dell’Aerospazio, sono già ora presenti la sede torinese di Leonardo Velivoli, di Altec e di Thales Alenia Space. Il progetto di riqualifica è sviluppato da una collaborazione pubblico-privata, fra Leonardo, il Politecnico di Torino e la Città di Torino.

      Come sottolineato da Leonardo, attualmente il settore aerospaziale e la filiera connessa occupa in Piemonte oltre 35 mila addetti, producendo un fatturato di oltre 8 miliardi di euro all’anno. In Piemonte, a Torino e in questo quartiere industriale lo spazio è quindi già di casa, e lo è da molti anni.

      Nella sede di Thales Alenia Space sono stati costruiti moduli della Stazione Spaziale Internazionale, le capsule Cygnus, il telescopio Euclid, e sono ora in fase di progettazione moduli della stazione lunare Gateway e della stazione commerciale di Axiom Space, giusto per citare alcuni fra i progetti più importanti degli ultimi vent’anni.

      Fra questi edifici ce ne sono alcuni attualmente in disuso e altri laboratori che meriterebbero degli upgrade. L’idea di aggiornare e soprattutto espandere le attività in questa zona sembrava quindi fin da subito necessaria, complice la volontà della città di Torino, forse manifestata fin troppo in ritardo, di valorizzare il comparto industriale e scientifico spaziale, con l’obiettivo di essere a tutto tondo una città dell’aerospazio.
      Il progetto

      Il progetto della città dell’aerospazio prevede lo sviluppo iniziale di un edificio affacciato su Corso Marche, al quale sarà aggiunto un piano e in cui verranno installati dei nuovi laboratori gestiti dal Politecnico. L’edifico è chiamato “fabbricato 37” e avrà una superficie di 10 mila metri quadri. Seguirà poi lo sviluppo de “la casa delle PMI”, un secondo edificio di 16 mila metri quadri dedicato a ospitare laboratori, sedi e uffici per piccole e medie imprese e startup.

      In base a quanto dichiarato da Leonardo, che ricordiamo essere il partner industriale di riferimento e promotore del progetto, nella Città dell’Aerospazio si svilupperanno laboratori inizialmente per quattro principali obiettivi:

      – Architetture e sistemi per la propulsione ibrido/elettrica, la generazione, la distribuzione e l’attuazione elettrica a bordo di velivoli in campo aeronautico;
      – Sviluppo di sistemi aerei autonomi, capaci di operare senza il controllo continuo di un operatore umano e di interagire in sicurezza in un ambiente a sua volta popolato da velivoli, sia pilotati che uncrewed;
      – Sistemi di monitoraggio e di ausilio al pilota in situazioni ambientali critiche e di elevato carico di lavoro psico-fisico;
      – Sistemi di big data analysis per la valutazione dello stato di salute di singoli velivoli o flotte, per prevenire o identificare precocemente l’insorgenza di avarie e ottimizzare gli interventi manutentivi.

      Lo sviluppo di questa rigenerazione di Corso Marche è formalmente iniziato il 28 aprile, con la cerimonia inaugurale. I lavori procederanno a fasi, divisi in 12 diversi sottoprogetti. Secondo il DAP (Distretto Aerospaziale del Piemonte): “nel 2028 è prevista la piena operatività, con più di 4.100 occupati totali, di cui 1.100 nuovi occupati nelle attività industriali, con circa 380 milioni di euro di investimenti in R&D nei prossimi anni”.
      La cerimonia inaugurale

      La cerimonia della posa della prima pietra si è svolta la mattina del 28 novembre, all’interno della sede di Leonardo Velivoli. Alla posa, simbolica, della prima pietra erano presenti diverse istituzioni, sia locali che nazionali, oltre ai rappresentanti principali delle aziende coinvolte. A dare il via all’inaugurazione Marco Zoff, managing director della Divisione Velivoli Leonardo e il video messaggio dell’AD di Leonardo, Roberto Cingolani.

      Successivamente è stato il turno dei saluti delle istituzioni rappresentate dal presidente dell’ASI Teodoro Valente, dal presidente della Camera di Commercio di Torino, Dario Gallina e del presidente della Regione Piemonte, Alberto Cirio, mentre il sindaco di Torino Stefano Lo Russo ha inviato un video messaggio.

      Alla cerimonia di avvio dei lavori hanno partecipato anche il Ministro dell’Ambiente e della Sicurezza, Gilberto Pichetto Fratin, il Vice Segretario Generale della Difesa e consigliere di amministrazione di ASI Luisa Riccardi, il rettore del Politecnico Guido Saracco e il rettore dell’Università degli Studi di Torino, Stefano Geuna.

      La Città dell’Aerospazio promette quindi di diventare un polo industriale tecnologico e di ricerca interamente dedicato allo spazio come non ce ne sono altri in Italia. La base di partenza è forte, un luogo che ha fatto e che sta facendo la storia delle tecnologie spaziali e aerospaziali italiane ed europee, ma i lavori da affrontare sono molti e le sfide impegnative.

      https://www.astrospace.it/2023/11/29/la-citta-dellaerospazio-di-torino-e-stata-inaugurata