• Une amie m’a envoyé cette drole d’image


    et je cherche d’ou ca sort.
    ici il y a d’autres images manifestement issu du meme manuscrit
    http://manuscriptminiatures.com/search/?manuscript=4937
    il semble conservé en Belgique http://belgica.kbr.be/fr/coll/ms/ms9961_62_fr.html
    et la reconnaissance d’image de gogol me renvoi à la chanson de geste « Raoul de Cambrai »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_de_Cambrai
    mais je reconnais pas d’épisode de femmes combattantes dans le resumé dispo sur Wikipédia.

    voici le texte entier pas encor lu.
    https://fr.wikisource.org/wiki/Raoul_de_Cambrai/Texte_entier

    il y a aussi des éléphants très minions


    du gore

    des zombis

    dont Jesus mais du coup je voie pas ce qu’il fait dans l’histoire de Raoul de Cambrai


    Et du coup je suis pas sur que ca soit les images du geste de Raoul de Cambrai.

    Je sais pas @simplicissimus si ca te dit quelquechose mais si c’est le cas je suis interéssée.


  • #Lycée_militaire de #Saint-Cyr : une machine à broyer les femmes - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/lycee-saint-cyr-une-machine-a-broyer-les-femmes_1638211

    « Libération » a enquêté sur le #sexisme érigé en système au sein des #classes_préparatoires militaires par un puissant groupe d’élèves : les « tradis ». Entre humiliations et #harcèlement_moral, tout est fait pour saper les ambitions des étudiantes.

    #armée #misogynie

    • C’est une lettre, rédigée avec rage et remplie de rancœur, qui a sonné l’heure de la rébellion au lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole (Yvelines). Celle de Mathilde (1), 20 ans, élève de deuxième année de classe préparatoire dans l’établissement, envoyée au président Macron, le samedi 2 décembre 2017. Avec ces mots, reflets d’une plaie à vif : « J’avais jusqu’à présent le projet d’intégrer l’Ecole spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr. […] J’ai honte d’avoir voulu aller dans une armée qui n’est pas prête à recevoir des femmes. J’ai appris que porter un vagin ruine une carrière, une vocation, une vie. » Mathilde rêvait d’être officière de l’armée de terre. Ces deux années de prépa au lycée de Saint-Cyr, réputées être le meilleur tremplin pour atteindre cet objectif, ont fracassé son rêve.

      Harcèlement moral, intimidations, insultes, humiliations, marginalisation, coups bas : depuis son arrivée, en septembre 2016, Mathilde se sent « persécutée » par un groupe de garçons « prêts à tout » pour la voir abandonner le concours d’entrée à l’ESM (lire encadré).
      « Réactionnaire »

      Ils se nomment communément les « tradis » et ont réussi leur pari : la jeune femme souhaite retourner dans le civil à la fin de l’année, écœurée par le monde militaire et sa misogynie corrosive. Ce n’est malheureusement pas la seule. Dans la « corniche » de Saint-Cyr (l’ensemble des classes préparatoires du lycée), ce sexisme psychologiquement virulent, orchestré par une minorité puissante (environ 60 élèves sur 230), est subi de manière quotidienne par une large majorité d’étudiantes. « Sans que le commandement ne bouge d’un orteil », s’insurge Mathilde.

      La lettre adressée à Emmanuel Macron était porteuse d’espoir, d’un balbutiement de révolte. Elle a fait pschitt. Quelques tables rondes ont été organisées au lycée… Mais aucune mesure n’a été annoncée après. Alors, face à cette « passivité », Mathilde a choisi de contacter Libération pour alerter sur ce « vase clos réactionnaire et paternaliste ». Au fil des jours, une quinzaine d’autres personnes ont, elles aussi, spontanément souhaité libérer la parole. Leurs témoignages couvrent une période allant de 2013 à aujourd’hui. Filles (très majoritairement) et garçons, ex-étudiants, élèves actuels anciens membres de l’encadrement : tous décrivent à Libé le sexisme systémique des classes préparatoires au lycée militaire de Saint-Cyr. Ou comment sévit depuis des générations le clan des tradis pour évincer leurs camarades féminines et broyer leurs ambitions. En quasi toute impunité.
      « Youle »

      Mercredi 29 novembre 2017, trois jours avant l’envoi de la lettre. Comme tous les ans à cette même date, c’est jour de fête au lycée militaire de Saint-Cyr : l’établissement hanté par le souvenir napoléonien célèbre la fameuse bataille d’Austerlitz en organisant la soirée du « 2S » lors de laquelle les élèves proposent des « sketchs ». Ce soir-là, une dizaine d’élèves (que des garçons) arrivent torse nu pour danser sur scène. Sur la peau, ils ont peint le symbole µ. Prononcé « mu », c’est un nom de code signifiant « misogyne », nous explique Agathe, une ancienne élève d’hypokhâgne du lycée. « Il est tagué dans la cour, il est gravé sur les tables de classe. Bref, il est partout », assure-t-elle. Quelques minutes de show plus tard, une jeune fille, volontaire, entre en scène afin de se faire « faussement » scalper par les jeunes hommes. Qui la mènent ensuite à leur chef en criant : « Youlez les… » avant d’entendre une partie du public masculin répondre d’une seule voix : « …grosses ! »

      « Youlez les grosses » signifie « scalpez les filles ». Car dans le langage interne que les tradis se transmettent d’année en année, les « grosses », ce sont les jeunes femmes. Parce qu’elles « sont juste bonnes à être engrossées », explique à Libération Marie, qui a fait une première année de prépa à Saint-Cyr-l’Ecole avant de changer d’orientation. La « youle » ? « C’est le nom de la coiffure que les tradis arborent pour se différencier du reste des élèves », renchérit Marie. Très court sur les côtés, longue mèche sur le haut du crâne. Mathilde se souvient de cette soirée : « Les filles de l’assemblée sont restées abasourdies. On ne savait pas trop si cela signifiait que nous n’étions pas les bienvenues ou si c’était carrément une menace de mort. Dans tous les cas, c’était de la misogynie clairement exposée. »

      Quelques filles sont bien allées voir la direction du lycée pour protester contre ce sketch douteux. Selon elles, il avait été validé en amont par la direction du lycée qui ne pouvait plus changer son fusil d’épaule. Aurore, 20 ans, étudiante à bout de nerfs, se souvient : « Le commandement nous a répondu qu’il ne fallait pas que nous prenions la mouche pour une simple blague potache. » Du côté du ministère, on affirme à Libération que les sketchs seront interdits lors de la prochaine soirée « 2S ». « Je n’y crois pas. C’est toujours la même hypocrisie. Ici, on laisse les filles se faire opprimer et on ne sanctionne jamais les bourreaux », dénonce Aurore.

      A lire aussi « J’étais un bourreau » : la confession d’un tradi repenti
      « Contre-nature »

      Les « bourreaux », ce sont eux : les Mohicans, la Mafia, l’Inquisition, la Ferme et les Gaulois. Des « familles » de garçons ultraconservateurs perpétuées chaque année par un système de parrainage, qui n’acceptent toujours pas la présence de jeunes filles dans la corniche. Elles sont pourtant officiellement admises depuis 1986, même si les premières étudiantes sont arrivées au début des années 2000. Ce groupe masculiniste, à la fois occulte et hyperstructuré, est officiellement interdit par l’autorité militaire. Et pour cause. Dans les couloirs de leurs dortoirs, ils brandissent fièrement le drapeau des confédérés américains, devenu dans le monde entier un signe de ralliement raciste, ou s’habillent avec des bretelles à ses couleurs. Selon des sources internes, des croix gammées auraient été retrouvées dessinées à la craie sur certaines chaises, avec l’inscription Deutschland über alles (un extrait de l’hymne allemand utilisé par les nazis). Le 20 novembre dernier, jour de la mort de Franco, des témoins rapportent les avoir entendus louer les « valeurs » du dictateur espagnol. Sur Facebook, les tradis « likent » des groupes qui militent contre l’avortement. Ces jeunes adultes, de 17 à 21 ans, sont nostalgiques « de la religion d’Etat, des colonies… » observe un de leurs anciens professeurs : « Et ils pensent qu’accorder des congés paternité, c’est contre-nature. » Tous les mercredis, ils vont à la messe au lycée et tous les dimanches à Versailles, ville voisine à environ 5 kilomètres de Saint-Cyr-l’Ecole, dans une église où elle est dite en latin. En 2013, une majorité de tradis ont rejoint la Manif pour tous et des autocollants du mouvement fleurissaient dans l’établissement. L’année dernière, ils se sont procuré un drapeau gay pour le brûler au lycée. Une information recoupée par plusieurs témoins. D’ailleurs, un des sketchs organisé lors du « 2S » de 2016 montrait un homme symboliquement envoyé au bûcher (avec des fumigènes). Il portait des bretelles arc-en-ciel.

      Chaque année, les hostilités débutent fin septembre, quand les tradis font le tour des dortoirs pour recruter parmi les nouveaux. « Si tu ne rejoins pas leurs rangs, tu seras considéré comme un "souz" [un sous-homme, ndlr], déplore Pierre, élève de classe prépa. Les tradis sont dans cette logique de "si tu n’es pas avec nous tu es contre nous". Les non-suiveurs sont marginalisés durant le reste de l’année. Mais je ne peux pas vraiment me plaindre quand je vois ce que les tradis réservent aux étudiantes. » Car leur cible, ce sont les filles. Pour s’excuser de vouloir leur mettre des bâtons dans les roues, ils plaident parfois la concurrence logique d’une prépa exigeante comme celle de Saint-Cyr. Les filles leur prendraient des places, qui sont chères. « Mais si ce n’était que ça, ils n’auraient pas de raison de s’entraider entre eux, contrebalance un observateur de l’intérieur. En réalité, selon eux, les filles ne devraient tout simplement pas être là. Les femmes sont des êtres merveilleux, doux et gentils, mais mieux à la maison à faire des enfants. » « Ils n’ont aucune vision complexe du monde, assène un de leurs anciens professeurs. La sensualité, la sexualité, ils ne connaissent pas. Pour certains, une fille c’est une sœur ou une maman. » En clair, elles n’ont rien à faire là.

      A lire aussi « La question du maintien des classes prépa militaires se pose »
      « A mort les grosses »

      Les nombreux témoignages recueillis par Libé parlent de « haine palpable » et de « guerre froide ». Coups de pied dans les portes la nuit pour empêcher les filles de dormir, défécation devant leur chambre, refus de manger à la même table qu’elles à la cantine, menaces de « scalp » (toujours lui), pancartes « à mort les grosses » affichées dans l’internat, chansons composées des termes « salopes » et autres « cuissssss » marmonnées au passage d’une élève en couple (et donc soupçonnée d’avoir des relations sexuelles), remise du « concombre d’or » devant toute la promotion à la jeune fille qui a « le plus cuissé durant l’année »… Sans oublier l’ignorance ritualisée ou « l’indifférence courtoise » comme la surnomment les tradis eux-mêmes : cet usage qui consiste à ne jamais adresser la parole aux filles. Jamais, au point de ne pas transmettre les consignes du commandement ou à les prévenir des contrôles scolaires. Et donc à les pénaliser dans leurs études.

      « On retrouve les filles en pleurs dans les couloirs, prêtes à tout arrêter du jour au lendemain, rapporte une source interne. Entre le stress des concours, l’intensité des semaines de cours et ce sexisme en situation de force, beaucoup d’étudiantes n’arrivent plus à contrôler leur sentiment de détresse. » Aurore n’a pas peur de parler de harcèlement sexiste : « Je me sens humiliée dans mon identité de femme et bafouée dans mon droit d’être ici. Ça m’a rendue malade. J’ai longtemps eu des nausées, des maux de ventre, un corps épuisé. J’en ai parlé à un médecin qui m’a confirmé que tout n’était que psychologique. »

      « Leur but, c’est qu’on décroche en fin de première année », synthétise Rebecca qui est sortie de la prépa en juin 2016 sans concourir pour l’ESM. L’ancienne apprentie officière a tenu trois ans, avec une année de « khûbe » (redoublement), mais en « craquant » à chaque vacance. Aujourd’hui, la jeune femme se dit « dégoûtée » du métier qui la faisait rêver plus jeune. Même constat pour Noémie, ancienne élève de la prépa Saint-Cyr aujourd’hui en réorientation. Elle ambitionnait de devenir pilote de l’armée de l’air, mais elle a entre-temps « totalement perdu confiance en elle ». Déléguée élue lors de son unique année de classe prépa, la jeune fille a été toute l’année « boycottée » au profit de son vice-délégué et membre de la famille tradi. « On me disait toujours "va travailler, va te reposer, ton vice-délégué va s’en charger". Il n’y avait que six tradis sur une classe de 30 élèves mais j’ai fini par être transparente aux yeux de tout le monde. Certains ont commencé à me traiter de salope et à dire que je n’étais bonne à rien. Je pleurais trop régulièrement, je voulais tout le temps rentrer chez moi. Les tradis ont réussi à me faire penser que je n’étais pas assez douée pour devenir officière. Je suis partie. »

      Coralie a tenu trois années de prépa jusqu’à son intégration à l’ESM de Saint-Cyr. Après quelques mois à l’ESM, elle a choisi d’abandonner. Désenchantée. « Je m’étais interdit de craquer en prépa car je pensais qu’à l’Ecole spéciale, les garçons tradis disparaîtraient dans la masse. J’ai cru pouvoir me débarrasser d’eux, je me suis trompée. » C’est une réalité que la jeune femme n’avait pas assez appréhendée : les garçons du groupe des tradis du lycée, fondé sur l’entraide scolaire et la démotivation des concurrents, sont des « bêtes à concours » qu’on retrouve en nombre sur les bancs de l’ESM. « En arrivant à Coëtquidan (Morbihan), j’ai retrouvé les pires, lâche Coralie. On m’a de nouveau traitée comme une sous-merde. Ce sentiment de ne jamais être à sa place est épuisant. J’ai fini par craquer. Je n’ai pas eu la force que je voulais. »

      A lire aussi L’enquête de « Libé » sème le désordre dans les rangs
      Fermer les yeux

      Le phénomène n’est ni nouveau, ni inconnu pour le ministère des Armées. Depuis la rentrée 2014, un « référent mixité » est en poste dans chaque lycée militaire et une inspection générale a lieu chaque année pour faire le tour de l’ambiance qui y règne. En 2015, la section « sciences économiques » de la prépa Saint-Cyr a été purement et simplement supprimée aux motifs de « comportements discriminatoires à l’égard des élèves féminines » et de « conduites vexatoires et blessantes » de la part des tradis. « Une mesure forte », appuie le chef du service d’information de l’armée de terre, le colonel Benoît Brulon, vers qui nous a orientés la direction de l’établissement. Elle aurait permis de « largement améliorer le climat ces quatre dernières années », continue-t-il. D’ailleurs, le rapport Galtier, rendu au ministère des Armées début 2018 à la suite de l’inspection du lycée, établit les mêmes conclusions, selon le général Pierre Liot de Nortbecourt, adjoint au directeur des ressources humaines de l’armée de terre en charge des lycées militaires et des écoles de formation initiales. « Reste une problématique dans une section », reconnaît-il. Les lettres, dans laquelle les tradis sont aujourd’hui les plus actifs. « De la méchanceté, des bêtises, un effet de groupe », brosse le général. Il s’agit de jeunes garçons qui sont déjà dans le collimateur des autorités du lycée. »

      Des témoins dénoncent pourtant un « double discours » entretenu par le commandement à la tête du lycée de Saint-Cyr. C’est vrai, à chaque début de rentrée scolaire, les petits nouveaux sont avertis par le chef de corps et les capitaines de la présence nuisible des familles tradis. « Ils font semblant de prendre les choses en main mais ce n’est que de la forme. Au vu de leur passivité tout le reste de l’année, on se demande s’ils ne cautionnent pas au fond la mentalité des tradis », explique l’une de nos sources. Selon elle, des dizaines de rapports d’élèves ont été transmis à la direction l’an passé, sans qu’aucune sanction ne soit prise. En interne, une majorité de témoins s’entendent pour dire que le véritable blocage se situe au niveau des plus hauts gradés.

      Au fond, le phénomène est simple : les prépas sont noyautées par le groupe des garçons ultras, beaucoup de filles et quelques garçons abandonnent. Les tradis, eux, parviennent à intégrer l’école puis à devenir officiers. Et se retrouvent ainsi dans la potentialité d’encadrer les formations des plus jeunes. Et sont portés, même inconsciemment, à fermer les yeux sur certaines pratiques qui leur rappellent leurs jeunes années. « Que des élèves fascistes me mènent la vie dure, je peux m’en remettre, soupire Marie, une ancienne élève de prépa littéraire. Que mes futurs chefs de régiment fassent la sourde oreille, c’est inadmissible. Le manque d’engagement des cadres encourage les éléments perturbateurs. » Et décourage les autres. Dans sa lettre, Mathilde lâche une terrible formule : « Ainsi, les fraternités se forment, c’est juste qu’il n’y a pas de sœurs. »

      #fraternité #masculinité #virilité #fascisme

    • http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/17/je-n-ai-jamais-rencontre-une-soldate-heureuse_1181997_3224.html

      Hypokâgne, khâgne, Sciences Po... et l’armée. Engagée à 22 ans, reçue à Saint-Cyr, Marine Baron a démissionné deux ans plus tard, révoltée par le machisme ordinaire des militaires. Elle relate son expérience dans « Lieutenante »

      Vous vous êtes engagée dans l’armée à 22 ans, vous l’avez quittée à 24 et vous avez écrit un témoignage dans lequel vous dites, dès le début : « Je ne suis pas faite pour l’armée. » Auriez-vous fait tout un livre pour ce simple constat ?

      Certainement pas. J’ai le sentiment que ce que j’ai vécu et ce que je peux en dire dépasse mon cas personnel. Il m’a été naturel d’écrire. Mon rôle dans l’armée était déjà d’écrire, j’étais officier de communication, je devais donner une bonne image de l’institution. En parallèle, il y avait ce que je vivais, et ce qu’il m’a été donné de voir chez certaines femmes militaires - il y en avait peu dans mon unité. Je me suis dit que si je ne disais pas ce que j’avais vu et expérimenté, personne ne le dirait à ma place.

      A quel moment de votre vie avez-vous eu ce désir de devenir militaire ?

      Dès l’adolescence. Je n’ai jamais rêvé d’un autre métier. Mais je ne le formulais pas vraiment, je restais assez fidèle à mon milieu bourgeois, intellectuel. J’ai fait les études qu’on attendait de moi, hypokhâgne, khâgne et Sciences Po. Je me suis mariée à 18 ans et j’ai divorcé à 21 ans. J’avais quitté ma famille pour me marier, puis mon autre famille en divorçant. Je n’avais plus d’attaches ou de comptes à rendre, je pouvais donc consentir à mon désir.

      Mais pourquoi ce désir d’armée et pourquoi la marine ?

      Sur la marine, on a beaucoup plaisanté, comme si je voulais me conformer à mon prénom, Marine... Mais la marine m’a toujours fascinée... Des voyages au long cours, une certaine idée de la liberté. Le désir d’armée ? Peut-être parce que je n’ai pas eu de vrai modèle d’autorité. Ma mère, qui m’a élevée, était... je dirais, un peu bobo soixante-huitarde, même si c’est réducteur. Mes parents étaient divorcés, et mon père n’a pas été très présent dans mon éducation. Venant d’une famille éclatée, je voulais retrouver quelque chose d’uni. C’était certainement aussi un geste de révolte contre ma mère, antimilitariste. Et un désir d’idéal - servir une cause.

      Vous citez une phrase, une sorte de maxime de l’armée : « Il n’y a pas de sexes dans l’armée, il n’y a que des militaires. » Est-ce la réalité ?

      Il y a un seul sexe, le masculin. On le sait d’emblée quand on est une femme : on entre dans l’armée avec le fantasme de s’abstraire du féminin. On a le désir de se fondre dans cette collectivité unisexe. On essaie de faire oublier qu’on est une femme, mais on est toujours rappelée à l’ordre, ramenée et réduite à son sexe. Jamais je ne me suis autant sentie désignée comme femme. Si je faisais une bourde, c’était parce que j’étais une femme. Si on faisait un exercice difficile et que je serrais les dents pour ne rien dire alors que les hommes, eux, se plaignaient, c’est tout de même moi que l’instructeur réprimandait.

      A suivre votre parcours, à lire les portraits de femmes que vous faites, on a le sentiment qu’aucune femme ne peut être heureuse dans l’armée. Pourtant les femmes continuent de s’engager et toutes ne partent pas au bout de deux ans...

      Il y en a aussi qui partent bien avant. Mais je suis persuadée que dans certaines unités où il y a suffisamment de femmes, leur condition est meilleure. Dans la marine, il y a entre 12 % et 15 % de femmes mais dans mon unité, c’était 2 %, voire 1 %. Je pense que certaines femmes militaires ne se sont pas reconnues dans mon discours. Mais je n’ai eu aucune réaction de leur part. En revanche, j’ai reçu des témoignages de femmes qui, contrairement à moi, sont restées dans l’armée et qui m’ont remerciée d’avoir brisé le silence, d’avoir raconté mon expérience dans laquelle elles se sont retrouvées.

      Un de vos supérieurs vous a dit : « Ici, les femmes ont la condition qu’elles méritent. » Avez-vous quelque chose à lui répondre ?

      Je connais ce discours. Si on morfle, c’est qu’on l’a cherché. En fait, on est venue dans l’armée seulement pour se trouver un homme. C’est stupide. Dans mon unité, certains étaient furieux de voir arriver une femme. D’autres étaient contents, mais pour de mauvaises raisons, parce qu’ils ne voient les femmes que comme des objets de désir.

      Vous citez des propos qui semblent d’un autre âge, le moindre étant de désigner toujours une femme comme « la miss ». Mais n’est-ce pas le fait d’une minorité ?

      Chacun a plus ou moins un discours sexiste. Même si seule une grosse minorité est ouvertement misogyne, c’est en fait toléré par tous, ou presque tous. Et c’est cela qui est grave : la plupart laissent faire, comme ils le font avec les propos racistes.

      Les misogynes et les racistes, ce sont les mêmes ?
      Ce serait trop simple. J’ai vu des misogynes carabinés se révolter contre des propos racistes. Et inversement, des racistes ont parfois pris ma défense. On ne peut pas s’en tenir aux idées reçues.

      Vous n’avez pas donné les véritables identités des officiers de votre unité. Mais ils ne pouvaient pas ne pas se reconnaître. Ont-ils réagi ?

      Pas officiellement. Et une fois encore, je n’ai eu que les réactions positives. Ceux qui ont détesté mon propos ne se sont pas manifestés.

      Curieusement, c’est quand vous entrez à Saint-Cyr Coëtquidan, qui apparaît comme la voie royale, que vous craquez.

      Saint-Cyr, c’était la concrétisation de mon intégration dans l’armée. Dans la marine, j’étais « volontaire officier aspirant ». C’était une situation précaire. J’ai passé le concours de Saint-Cyr dans l’enthousiasme, pour faire carrière. J’y tenais. Ma passion pour l’armée était réelle. Je voulais qu’on m’y accepte. Je ne voulais pas admettre que j’étais usée par les deux années que je venais de vivre. Je suis arrivée à Saint-Cyr, persuadée que j’allais signer pour quinze ans minimum. J’avais quelques semaines pour me dédire. J’ai soudain réalisé que je ne tiendrais pas, et je suis partie.

      Vous n’avez pas tenu, mais y a-t-il vraiment un problème de fond, qui toucherait toutes les femmes ?

      Je le crois. Certes, j’étais dans une unité très masculine. Et j’ai sûrement fait des erreurs. Mais pour les quatre femmes qui ont été dans cette unité, ça s’est mal passé. Il est impossible qu’elles aient toutes été anormalement faibles et fragiles.

      Il y a des difficultés pour les femmes dans toutes les entreprises.

      Certainement, mais, dans l’armée, il n’y a aucune acceptation de la mixité. Dès que les hommes ont peur, ils sont traités de gonzesses.

      Cela existe dans le civil aussi.

      Peut-être. Mais, dans l’armée, tant qu’il y aura, accolée au féminin, une image de faiblesse qui est l’antimodèle absolu de la ligne de conduite militaire, la situation des femmes ne sera pas bonne.

      Il y a pourtant des soldates heureuses.

      Je n’en ai pas rencontré. Maintenant que je parle avec d’anciennes militaires, je vois que certaines ont su trouver leur espace. Mais quand j’y étais, je n’ai pas rencontré une seule femme qui me dise « c’est super, l’armée ».

      Avez-vous des regrets ?

      Passé le soulagement, oui, car j’ai toujours un attachement à cette idée de servir la France, et surtout de défendre la démocratie. Je suis attachée à mon pays. D’ailleurs, combien y a-t-il de pays où j’aurais pu écrire un livre critique sur l’armée sans être inquiétée ? Et puis, bien sûr, il y a des choses qui me manquent dans la vie civile. Des rapports humains très forts, où, même dans les affrontements, on se sent vivre.

      A-t-on essayé de vous retenir ?

      Une copine de chambrée m’a dit : « Ne pars pas, tu vas à nouveau dépendre d’un homme ! » Comme si, dans l’armée, on dépendait d’autre chose que des hommes...

    • http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/j-etais-un-bourreau-la-confession-d-un-tradi-repenti_1638206

      Oui, je traitais les féminines de « grosses », je pratiquais l’indifférence courtoise [ne plus parler aux filles, ndlr] et j’ai beaucoup ri lors du sketch de la jeune femme scalpée.

      #courtoisie #galanterie #sens_commun #manif_pour_tous #religion #catholicisme #homophobie #racisme #grossophobie

      L’État français donne des armes à ces gens là alors que ca devrait être les derniers de la terre à pouvoir y toucher.

    • C’est pas seulement les valeurs militaire, ce sont les valeurs catholiques. Un papa dans une maman pour tous, les femmes à la maison sans droit sur rien et surtout pas leur corps, soumission à la hiérarchie, croyance aveugle, goût pour la génuflexion, sado-masochisme... Rien de plus logique qu’on trouve autant de catholiques dans cette école d’artisans bouchers et surtout chez les plus agressifs contre les femmes.

    • Dit donc les éditions triomphe ca fait pas révé. Quel dessins monstrueusement moche !

      Un autre article sur l’e-monde sous #paywall
      http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/03/23/harcelement-moral-de-jeunes-filles-au-lycee-militaire-de-saint-cyr-l-enquete

      La jeune femme explique avoir été persécutée pendant deux ans par un petit groupe de garçons, résolus à lui faire abandonner ses études.

      On parle quant même d’un « petit » groupe d’une 60 ène d’élèves sur 230 (26% des élèves, plus d’1 sur 4 ! ) avec la hiérarchie qui les soutiens jusqu’au plus haut niveau.

      Extrêmement influents au sein de l’établissement, ces jeunes hommes gravitent dans la sphère catholique traditionaliste – ils assistent à la messe en latin le mercredi et le dimanche –, se disent souvent proches des milieux d’extrême droite et affichent ouvertement des positions contre les homosexuels et l’avortement.

      Les témoignages recueillis décrivent des jeunes hommes « prêts à tout » pour éliminer toute forme de concurrence pour l’entrée à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr – le Graal pour ces étudiants. Si bien qu’il n’est pas rare de voir arriver « les pires » à Coëtquidan (Morbihan), et par conséquent de les retrouver parmi les officiers de l’armée.

      La direction de l’établissement qui, dans un premier temps, évoquait de simples « blagues potaches », remue depuis ciel et terre pour étouffer l’écho médiatique qu’a reçu l’affaire révélée par Libération. « Ici, on laisse les filles se faire opprimer et on ne sanctionne jamais les bourreaux », déplore une ancienne élève du lycée militaire.

      L’armée veux faire croire que ces élèves misogynes, homophobe et racistes passent leur vie à Saint Cyr et ne vont pas pourrir la vie des femmes, des homos et des personnes racisées partout ou ils se rendent. Si 1/4 des militaires sont des misogynes, homophobes et racistes actifs, les 3/4 restants ça les dérangeait pas tant qu’on en parlait pas dans les journaux.

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      Le problème a été « résorbé »

      Ahah

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      Dans le commentaires de l’article, qui sont rigolos pour une fois, les fachos sont aux abois. Je découvre que les élèves de l’école Saint Cyr ont de drôles d’occupations au puy-du-fou pour faire la promo de Villier.

      https://www.youtube.com/watch?v=mBtNbd4KbAs

      https://www.youtube.com/watch?v=cGmxwGyRfNI


      Là on peu voire qu’il y en a plus que 60 « tradi » et que les femmes il n’y en a pas (même si il peut y avoir des femmes « tradi » là on en voie pas).

      –---
      Quand la troupe tolère les femmes elles sont mise à l’arrière.
      https://www.youtube.com/watch?v=BYjW4bHMsbM


      https://www.youtube.com/watch?v=DYWPO6P_G5k

      Dans ces deux videos je remarque que les élèves noirs sont mis plutot dans les premiers rangs (sauf une ou deux exception). Ca veux pas dire qu’il y a pas de racisme, mais je pense que ca reflète la volonté de l’armée de recruté des hommes racisés (mise en avant) et surtout pas des femmes, racisées ou pas.

    • Ben, si, les Éditions du Triomphe, ça fait rêver ! Du moins certains : le Triomphe est le nom de la cérémonie de fin de première année à Saint-Cyr Coëtquidan. Les élèves y passent de rien à tout (ou presque, il reste encore quelques années d’étude…) en passant d’élèves-officiers à aspirants. La cérémonie est nocturne et son moment culminant est lorsque toute la promo est rassemblée et que « l’officiant » donne les ordres :
      – À genoux, les hommes !
      – Debout, les officiers !

      Pour l’ordre dans le défilé, je crois me souvenir de ma jeunesse, que la disposition dans le peloton est régie par taille décroissante. Ceci dit, l’autre école militaire (qui a le privilège d’ouvrir le défilé du 14 juillet) fait de façon constante le choix de mettre des filles au premier rang.

      https://www.youtube.com/watch?v=ByJ4e94yW20

      Palaiseau : ces élèves de Polytechnique vont ouvrir le défilé sur les Champs-Elysées - Le Parisien
      http://www.leparisien.fr/palaiseau-91120/palaiseau-ces-eleves-de-polytechnique-vont-ouvrir-le-defile-sur-les-champ

      Cette année, l’ordre de marche sera différent des précédents. Traditionnellement, les femmes sont devant, puis l’ordre va des plus grands au plus petits par taille, « pour effrayer l’adversaire », ajoute Joséphine. La délégation d’élèves est dirigée par un chasseur alpin et « tout est donc inversé, ce sera par ordre décroissant que nous défilerons, reprend l’étudiante. Peut-être parce qu’en montagne les plus petits ouvrent la voie ».

      Chacun a les traditions qu’il choisit.

      Ceci dit, à l’X les filles ont dû se battre puisqu’au début elles n’avaient pas accès aux vrais symboles polytechniciens :
      • elles portaient un tricorne et non le bicorne de leurs camarades garçons,
      • elles n’avaient pas droit au port de l’épée.
      Comme on peut le vérifier aisément sur cette photo d’Anne Chopinet, major de la première promo qui acceptait des filles (tricorne et absence d’épée - et donc du ceinturon)

    • A la suite de l’enquête de Libération qui a révélé le système bien rodé d’exclusion des filles au sein des classes préparatoires du lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole (Yvelines), le conseil disciplinaire de l’établissement a voté ce jeudi l’exclusion définitive de deux étudiants impliqués dans des faits de harcèlement sexiste. Il s’agit des deux « chefs » du clan des « tradis », ce groupe minoritaire d’étudiants qui noyaute les classes prépas du lycée pour en exclure les élèves filles au prétexte qu’elles n’auraient pas leur place dans l’armée.

      Selon une source interne, une petite dizaine d’autres élèves « tradis » pourraient eux aussi passer devant le conseil de discipline dans les semaines à venir. Le 4 avril dernier, la ministre des Armées, Florence Parly, s’était engagée devant l’Assemblée nationale à exclure de Saint-Cyr-l’Ecole « les élèves impliqués dans ces faits ».

      Cette première exclusion est surtout symbolique : ces jeunes hommes de deuxième année de prépa sont autorisés à passer les concours (qui débutent la semaine prochaine) et ne manqueront finalement que les sessions de révisions du mois de mai pour préparer les oraux (les cours sont d’ores et déjà terminés).

      http://www.liberation.fr/direct/element/harcelement-au-lycee-militaire-de-saint-cyr-deux-eleves-tradis-definitive

      Je rappel ce que cette brève désigne par « minorité » : un groupe d’une 60 ène d’élèves sur 230 (26% des élèves, plus d’1 sur 4 ! ) avec la hiérarchie qui les soutiens jusqu’au plus haut niveau.
      2 exclusions symboliques des meneurs, 10 élèves en conseil de dicipline ce qui ne changera rien à l’ordinaire de ce que s’infligent ces machos dans leur club fasciste, et pas de conséquences dans la hiérarchie de l’école qui est pourtant clairement impliquée dans tous les témoignages. L’armée valide le comportement des tradis en faisant quelques gesticulations vaguement symboliques pour la presse.



  • Harcèlement sexuel  : chute de Harvey Weinstein, pilier du cinéma américain - Culture / Next
    http://next.liberation.fr/culture-next/2017/10/06/harcelement-sexuel-chute-de-harvey-weinstein-pilier-du-cinema-americ

    L’un des plus puissants producteurs indépendants à Holly­wood, ­figure éminente et redoutée, Harvey Weinstein, 65 ans, est dans la tourmente d’un ­scandale pour harcèlement sexuel depuis la parution, mercredi, d’un article du New York Times. Lequel décrit ses méthodes abusives avec les jeunes actrices de ses films et employées de sa boîte de production, Miramax (créée en 1979 avec son frère Bob et rachetée pour 60 millions de dollars par Disney en 2005), puis de la mini-major The Weinstein Company.

    L’article, très long, fouillé et farci d’exemples ­accablants, cite notamment les révé­lations de la comédienne ­Ashley Judd (Ruby in Paradise, Bug, Divergente…) racontant comment, alors qu’elle est en plein tournage de Kiss The Girls (le Collectionneur), Weinstein l’a invitée à monter un matin dans sa suite du palace Peninsula de Beverly Hills pour ce qui devait être un rendez-vous de travail. Il l’a reçue en peignoir, lui a proposé de lui faire un massage puis comme elle ­refusait, l’a invitée à le suivre dans la salle de bain pendant qu’il prenait sa douche  : « J’ai dit non, de nombreuses manières, de nombreuses fois, mais il revenait toujours à la charge. »
    « Toxique »

    Un an plus tard, une mésaventure similaire arrive à l’actrice Rose McGowan (Scream) au cours du festival de Sundance, et un accord à 100  000 dollars est signé pour étouffer sa plainte éventuelle. Un mémo d’une employée de la Weinstein Company, Lauren O’Connor, adressé aux dirigeants de la boîte, détaille comment elle et certains de ses collègues se ­retrouvent à prendre des rendez-vous pour leur patron avec « des filles vulnérables qui voulaient juste du travail », Weinstein promettant contre faveurs de lancer leur carrière.

    « Il y a un environnement toxique pour les femmes dans cette entreprise », écrit-t-elle, et les journalistes dévoilent en effet un incroyable climat de terreur et de licence au sein d’une maison dominée par la figure d’un despote ne supportant pas que l’on freine jamais son appétit, ses passions et sa soif de pouvoir. Cet article du New York ­Times met un terme à une durable omerta entourant le mogul  : il n’est pas un journaliste professionnel dans le secteur à ­Hollywood ou à New York qui n’ait eu vent des rumeurs et accusations couvant sous le glacis pailleté d’une ­success story turbulente.

    Vendredi le magazine Variety se demandait si ce parcours jalonné d’oscars, de coups de gueule et de poker, pourra se relever d’une telle flopée de révélations sur son tempérament de harceleur sexuel. Et ce, alors que d’autres victimes pourraient désormais oser parler et que d’autres journaux enquêtent. Le New Yorker s’apprête ainsi à publier les résultats d’un an d’investigations.

    Weinstein a envoyé au NYT une lettre ­penaude où il dit prendre du recul, qu’il suit une thérapie, qu’il est ­désolé, se justifiant par un machisme générationnel  : « J’ai grandi dans les années 60 et 70, quand toutes les règles sur le comportement et les lieux de travail étaient différentes. Mon chemin sera d’apprendre à me connaître et maîtriser mes ­démons. ».

    #domination_masculine #harcelement_sexuel #harcèlement #culture_du_viol #sexisme

    • Comme d’habitude « tout le monde savais » mais personne ne disait rien et tout le monde regardant les jeunes actrices se démerdé avec cette ordure et je doute pas que ces brave gens devaient dire bien des choses au sujet de ces actrices. L’article parle d’ailleurs plus des coupes au montage que des agressions, puisque d’un point de vue patriarcale, une oeuvre d’art commise par un mâle humain à infiniment plus de valeur et d’intérêt que la vie d’un humain femelle. D’ailleurs les coupes dans les films étaient dénoncé dans la press, parceque ca c’est grave, mais pas les agressions sexuelles, ca c’est rien que des histoires de bonnes femmes.

      L’excuse final sur le fait d’avoir grandie a une époque de machos est un gros classique de gros macho.
      Le féminisme existe depuis plus de 200 ans et donc en 1960-1970 ca existait deja et les revendications féministes étaient largement connues et diffusées. Les machos des années 1960 n’ont pas d’excuse et sont tout aussi dégueulasse que les jeunes machos. Tout ce que ce mec nous apprend c’est que ca fait 57 ans qu’il est nocif au genre humain, que ca fait 57 ans qu’il bénéficie d’impunité et qu’il doit aux femmes 57 ans de réparation.

      –------

      Ca me fait pensé à une discussion que j’ai eu il y a peu sur la galanterie et dans laquelle on m’a sorti cette excuse de l’éducation à l’ancienne.

      La discutions partait d’un exemple : lors d’un premier RDV au resto entre un homme et une femme cis-hétéros, l’homme paye l’addition en douce pendant que la femme est parti au toilettes.

      Par rapport à cet exemple je disait que ce galant homme avait deja un comportement de dominateur à la limite de l’agresseur.

      Sans connaître la femme, sans savoir si elle est féministe, il décide tout seul de la mettre devant le fait accompli sans aucun dialogue. Quitte à prendre le risque de mettre mal à l’aise la femme avec qui il a dîner. Il prefere ne pas traiter la femme avec qui il dîne comme un être humain, en lui demandant son avis et il lui impose des coutumes misogynes de la bougeoisie du XIX.
      A ceci on m’a objecté donc que le mec avait appris ca de son éducation. Mais comme le mec n’a pas 8 ans (sinon il payerais pas le resto à une inconnue) il est responsable de ses choix. Et en 2017, aucun homme, AUCUN ne peut ignoré qu’un certain nombre de femmes sont hostiles à la galanterie. En 2017 tous les hommes, TOUS savent que les femmes qui sont hostiles à la galanterie sont les féministes, c’est à dire les femmes qui réclament l’égalité. En 2017, la galanterie est un outil de sélection utilisé par les hommes pour choisir les femmes soumises , pour se pécho une femme du XIX qui dira rien quant on lui fait des coups en douce, quant on la met devant le fait accompli, quant on ne lui demande pas son avis et qui ne remet pas en cause les règles de domination masculine.
      Aussi le mec qui a appris à faire des coups en douce aux femmes lors d’un premier RDV, qu’est ce qu’il à appris d’autre qu’on pourrait imposer à une femme sans lui demandé son avis ? Il ne sais pas poser la simple question « Qu’est-ce que tu préfère pour l’addition ? » et je me demande quelles autres questions il a appris à ne pas poser.

      Dans ce scénario, si un homme me faisait ce coup là, je penserais que c’est probablement un violeur. Mon alarme intérieur serait enclenché. Même si c’est pas un violeur/agresseur, je me dirait qu’il y a de forts indices. Et je déconseille à toute femme de poursuivre une relation avec un homme qui se comporte comme ca.

      On sais qu’il y a 1/3 des femmes qui subissent au moins une agression sexuelle au cours de leur vie. Et nous savons que 98% des agressions sexuelles sont commises par des hommes (et 96% des victimes sont les femmes). Nous ne connaissons pas le nombre d’agresseurs parmi les hommes et les agresseurs sont souvent multi-agresseurs, mais en étant très sympas avec les hommes j’imagine qu’il y a 5% de violeurs parmi eux. Sachant cela, un premier RDV pour une femme avec un inconnu c’est environ 5% de « chances » de dîner avec un violeur/agresseur sexuel.

      Imaginons un bol de bonbons, 5% de ces bonbons contiennent du cyanure. Mais on ne sais pas quels bonbons sont mortels, par contre je sais que le cyanure sent l’amande. Dans le bol il y a 30% de bonbons qui sentent l’amande.
      Si je devais piocher dans ce bol de bonbon à l’aveugle, j’éviterais tous les bonbons qui sentent l’amande. Même si je sais que tous les bonbons qui sentent l’amande ne sont pas mortels, et même si je sais que certains bonbons qui ne sentent pas l’amande peuvent aussi contenir du cyanure.
      Un homme qui est galant en 2017, c’est à dire qui se comporte selon les us et coutumes de la bourgeoise misogyne du XIX, il pue affreusement l’amande.

      Aux hommes qui ne veulent pas être confondu avec des violeurs,
      Aux hommes qui ne veulent pas mettre mal à l’aise les femmes égalitaristes,
      Aux hommes qui ne veulent pas donner l’impression de faire leur recrutement de bonniches,
      Aux hommes qui veulent montré qu’ils n’ont pas une mentalité retardé de deux siècles,
      Aux hommes qui veulent montré qu’ils ne pensent pas que les femmes leur sont inférieurs,
      Arrêtez tout de suite la galanterie.

      La galanterie est du sexisme dit « bienveillant », c’est un vieux sujet dans le féminisme. A la fin du XIX Sojourner Truth en parlait déjà dans son discours « Ne suis-je pas une femme ? » Sojourner Truth ayant remarqué que la galanterie ne s’appliquait pas aux femmes noirs, aux femmes pauvres, aux femmes vieilles, aux femmes laides...

      Les hommes qui en 2017 font encore de la résistance sur un truc aussi simple que la galanterie font de l’ anti-égalitarisme forcené . Ils maintiennent leur domination par ce genre de comportement sois disant anodin. Mais lors d’un premier RDV le signal envoyé par les hommes galants est « féministes je vous emmerdes, moi je veux une femme qui aime se faire traiter comme on traitait les femmes au XIX ». Il est grand temps d’être intraitable avec ce genre de comportement et de coller la honte a ces hommes.

      #galanterie #PUA #séduction #sexisme_bienveillant #paternalisme #féminisme

    • Merci @clementb j’espère que ca te sera utile et que ca aidera à certaines prises de conscience.
      C’est un peu la même idée qu’avait Crèpe Georgette par rapport au #trottoirgate

      J’ai lancé sur twitter quelques conseils aux hommes qui souhaitaient participer au combat féministe. L’un de ces conseils a suscité énormément de réactions, il disait quelque chose comme ; « la nuit, si vous êtes derrière une femme seule, changez de trottoir et accélérez pour lui montrer que vous n’êtes pas un agresseur ».

      http://www.crepegeorgette.com/2014/02/05/le-trottoirgate-ou-comment-la-peur-vint-aux-femmes-2

      Il n’est pas possible pour une femme dans la rue de savoir qui vous êtes ; elle ne peut savoir que vous êtes un homme charmant et qu’elle ne risque rien. C’est sans doute peu agréable à entendre mais croyez que c’est encore moins agréable à vivre.
      Et on en arrive à la partie compliquée du programme ; demander aux hommes de changer un peu leurs habitudes, leur façon de parcourir les rues afin que les femmes se sentent moins en insécurité.
      J’ai constaté hier à partir du hashtag twitter que beaucoup d’hommes préféraient nier la réalité que la penser vraie ; elle est atroce en effet. Elle l’est encore plus pour les femmes. je suppose que réaliser que vos soeurs, amies, copines, femmes, filles, mères, collègues ont peur vous met mal à l’aise. L’ignorer ne changera pas les choses. Vous comporter en chevalier blanc non plus. Les empêcher de sortir non plus. En revancher, adopter des méthodes - dont on parlera dans un prochain article - sur comment montrer aux femmes qu’elles ne risquent rien face à vous ne vous coûte pas grand chose.

      J’ai également compris qu’il vous déplait d’être assimilé à un violeur à un agresseur sexuel, qui dans votre tête doit avoir la bave aux lèvres et la tête d’Emile Louis alors que vous avez le charmant physique d’un jeune premier. Etre un agresseur sexuel n’est pas visible sur votre visage, et oui dans la rue, vous pouvez passer pour tel. Que vous le vouliez ou non. En tenir compte l’espace d’un instant pour que les femmes se sentent davantage en sécurité ne me parait pas un grand effort à faire.


  • Arriver en retard pour éviter la bise
    http://romy.tetue.net/arriver-en-retard-pour-eviter-la-bise

    Mon cher collègue, puisque tu passes par ici, je t’invite à réfléchir à cette bise que tu me claques chaque matin et à prendre conscience que, même si tu penses bien faire, ça ne plaît pas à tout le monde. Nan. Vraiment. Chaque fois que je fais l’effort de venir plus tôt au bureau, je me souviens pourquoi je préfère arriver systématiquement en retard. Pour éviter le rituel de la bise. Vous avez peut-être la chance d’être bien réveillé le matin. Pas moi. Quand j’arrive dans les locaux, je n’ai pas encore (...)

    #politesse #bise


  • Partager le premier restaurant ? - romy.tetue.net
    http://romy.tetue.net/qui-paye-le-premier-restaurant

    Mais il retire ma carte de la coupelle et, malgré mon réflexe d’étonnement qui frise maladroitement l’insistance, refuse tout net de partager l’addition. J’aime les bonnes bouffes et vais régulièrement au restaurant : l’habitude veut que l’on partage la note, à parts égales ou chacun sa part, c’est selon. Je n’y prêtais gare, mais la situation est ici légèrement différente : en tête-à-tête hétéro, ce moment ne saurait être anodin, tant il concentre de sous-entendus.

    #galanterie

    • C’est vrai ce que tu écris, mais je me permets de remarquer qu’inviter quelqu’un c’est aussi se faire plaisir soi-même.

      Dialogue imaginaire . : « C’était un soirée super, j’ai envie de t’inviter. » Réponse : « Merci, aujourd’hui c’est moi qui paie. Tu te chargeras de la facture la prochaine fois. »

      Les choses sont plus compliquées quand il y a un écart financier sensible entre les deux. On ne se fait pas inviter dans des restos qu’on ne pourrait pas s’offrir soi-même. C’est un problème pour les jeunes qui sortent en boîte sans un sou en poche et se font exploiter sexuellement alors qu’ils se croient du côté gagnant. Quand on est plus mûr, on peut profiter sans remords de ces situations et s’octroyer le droit de se réveiller à l’aise dans les lits des beaux quartiers, si on en a envie.

      Ces observations valent pour les deux (... trois ...) sexes et se présentent pourtant sous des angles aussi différents que les protagonistes sur place. Dans la vraie vie, une fois libéré des réticences imposées par le devoir à la réflexion profonde, le monde devient immense et les variations sur le sujet se révèlent innombrables. Mais j’insiste, tu as raison, on rencontre tout le temps des coutumes au passé douteux et des gens qui ne s’en rendent pas compte.

      C’est grave docteur ? Moi pour ma part j’ai arrêté de refuser galanterie et courtoisie. Il m’arrive de temps en temps d’aider une jeune femme à rentrer dans son manteau, de lui ouvrir la porte du resto et de fermer la porte de la voiture pour elle, alors que je me rappelle encore de l’époque quand il ne faillait surtout pas commettre un tel acte réactionnaire ;-)

    • Je sais qu’il y a un conditionnement « payer pour voir », mais en gros, je ne me sens pas du tout redevable quand ça arrive. Parfois même, je le dis assez abruptement, mais sans colère ou rien, juste : on est bien clair, tu paies si tu insistes mais c’est ta décision et elle ne m’engage en rien du tout.
      Je ne me sens donc pas mal à l’aise.

      Après, je dois être trop ou pas assez "quelque chose" pour qu’on songe à se payer autre chose qu’un repas avec moi.
      Je ne sais pas.
      Ou alors, je suis tellement hermétique aux allusions et autres trucs de lourdingues que le gars se ramasse un râteau king size sans que je m’en rende compte.

      Ou alors je suis la reine du manque total de "savoir vivre" ! ?

    • Ça ne vous arrive jamais que quelqu’un.e, quel que soit son orientation sexuelle vous paye à manger juste parce que ça lui fait plaisir ? Ça m’arrive de le faire ou de l’accepter, sans que ça ait de connotation sexuelle... Et si il y a une ambiguïté (univoque ou réciproque) avec le co-diner, et que le geste revêt une dimension « paye pour voir » pourquoi ne pas lui en parler simplement si la pression est si forte ? Si c’est quelqu’un.e d’intelligent et d’attentionné il.elle peut en discuter non, surtout si l’ambiguïté est réciproque ? Ça permet aussi de tester la confiance, d’apprendre à se connaître, non, de parler de ce genre de trucs ? Et si la personne est très « paye pour voir » ça permet de la rayer des tablettes. Tetue le dit d’ailleurs : Qu’il s’indigne et interpose à nouveau sa carte donna le coup de couperet final. (...) Le problème n’est pas tellement qu’il paye. Ni même qu’il reste engoncé dans ces habitudes. Mais qu’il s’impose, niant mon envie — qu’il n’est plus sans ignorer à ce stade — de partager, laissant présager le pire dans la relation, si elle en venait à l’intimité. Hé, copine, tu crois vraiment qu’un mec qui ne sait déjà pas t’écouter à la table, s’y prendra mieux au lit ? Ne compte pas sur moi pour aller vérifier !

      Donc cette interaction est comme d’autres dans le cas des rencontres amoureuses ou amicales, une façon de voir à qui on a affaire, de voir si la relation a des bases communes, si on partage certaines valeurs, si les personnes sont attentionnées, autoritaires, pingres, etc... Du coup, je trouve que ça fait partie des moments que je trouve socialement très intéressants, ces histoires d’addition.

    • @supergeante Je suis assez d’accord avec cela. Cela m’arrive très souvent d’inviter un ami à déjeuner ou dîner ou boire un coup, et je le fais de la même manière avec une amie, et des fois je me laisse inviter. Dans mon cas, cela fonctionne un peu comme un sytème de cottisation d’ailleurs, des fois je suis en fond et je me dis que je paye et qu’une autre fois, je le serais moins, en fond, et ce sera à quelqu’un d’autre que moi de payer. En tout état de cause, je n’aime pas compter. Et je déteste absolument le dutch treat .

    • @aude_v oui, je peux entendre ce qui concerne la position d’une jeune fille hétéro etc. Après, il s’agit aussi peut-être de parcours personnel. Avant 26 ans je n’allais JAMAIS au restaurant car je n’avais pas d’argent, sauf en groupe, lorsque plusieurs membres s’engageaient à m’aider à payer ma part de note. Reste de cette époque ce que j’appelle le test Kebab. Est-ce qu’on peut finir à manger une bête frite ou un kebab lors de l’un de ces premiers rendez-vous, après un cinéma ou un truc du genre ? Si c’est oui, alors, ça vaut peut-être la peine de continuer à se voir :) Le repas amoureux, en mode débauche de moyens, c’est aussi le moment de se jauger, j’insiste. Et dans ton exemple, prendre la main de quelqu’un sans lui en parler, ou l’exemple de Tetue oui, je ne nie pas la dimension abusive. Du coup j’ajouterais un #consentement.


  • Nous avons 13 ans
    https://atlantesetcariatides.wordpress.com/2015/10/23/nous-avons-13-ans

    « Qui a peur des femmes photographes ? 1839-1945 » organisée par le musée d’Orsay : http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=649&tx_ttnews%5Btt_news%5D=42673&no_cache=1
    « Alors, le titre un peu ronflant de l’exposition-fleuve ‘Qui a peur des femmes photographes ?’ ne nous impressionne pas outre-mesure ». Ce titre n’est pas ronflant. Il est en lui-même une histoire et une invitation à la réflexion sur ce que c’est qu’être artiste et devrait justement un peu impressionner car il est rare qu’autant de références soient intelligemment contenues dans un titre : Virginia Woolf, une chambre (photographique) à soi, la correspondance entre les photographes allemands Wolf et Hase…
    « Deux expositions militantes puisqu’il s’agit de rééquilibrer une histoire de la photographie trop ignorante de l’apport des photographes femmes ». Militantes, donc… c’est un mot qui sonne comme un début de reproche qui arrive deux lignes plus tard.
    « Pourtant, à la longue, la problématique lasse un peu. Car on a envie de voir des photos sans forcément se poser la question du sexe de l’auteur(e). Et on aurait peut-être aimé qu’un troisième lieu parisien analyse l’histoire récente et la transposition de cette question dans la photographie contemporaine. Ou bien serait-ce qu’aujourd’hui, la question ne se pose plus ? » La « problématique » a lassé l’auteur. Lassé. Il voit des clichés superbes et découvre tout un pan inédit de l’histoire de la photographie, et ça le lasse ! Il ne veut pas se poser la question du sexe des photographes ? Il n’a justement pas à se la poser : c’est affiché en gros sur la porte d’entrée.
    Mais qu’il soit satisfait, il y a bien un troisième lieu parisien qui va tenter une analyse contemporaine de cette question et ce sera le 28 octobre 2015 à la MEP. L’auteur ira-t-il écouter les chercheur.e.s, photographes, enseignant.e.s, critiques d’art et autres sociologues qui travaillent sur ces sujets ? J’ai des doutes parce que balayer ainsi d’un petit texte, aussi mal écrit qu’inutile, l’immense travail réalisé par les commissaires d’Orsay et l’apport des études genre depuis trente ans, est révélateur d’un manque de curiosité. L’auteur serait bien avisé de se poser la question de ses propres choix et de sa responsabilité lorsqu’il invite les lecteurs de sa rubrique à aller voir presqu’exclusivement des expositions réalisées par des hommes. Ecrire publiquement, c’est s’engager. Ne montrer qu’une catégorie de photographes, c’est également prendre la responsabilité de l’appauvrissement critique qui est entretenu par ces « lettres d’information » (2) sur la photographie qui ne font que relayer des images mainstream et ajouter du bruit au bruit. Enfin, l’auteur engage à lire un autre de ses articles dont il serait trop long de relever dans le détail le sexisme dont chaque ligne fait la démonstration. Il y a des mots qui signent à coup sûr un manque de réflexion, un alignement de poncifs éculés : « la gent féminine », « le fameux gender », « l’apport des femmes »


  • Les femmes, le couple et les attributs de luxe : faut-il mettre fin à la galanterie ? - le Plus
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/919672-les-femmes-le-couple-et-les-attributs-de-luxe-faut-il-mettr

    J’ai toujours trouvé radin le type qui calcule sa part de l’addition, je trouve exaspérant celui qui cherche à payer à chaque fois, je trouve charmant celui qui vous invite la première fois et vous laisse l’inviter la fois d’après. Le premier me parait mesquin, le second macho, le troisième épicurien...

    #galanterie


  • Even Samantha Power, one of the world’s most powerful women, deals with sexism at work
    http://www.vox.com/2014/12/16/7397447/this-quote-shows-why-diplomacy-is-still-a-boys-club

    Gérard Araud, the current French Ambassador to the US and at the time French ambassador to the UN, sent Power a text one day while they were on the Security Council that read, “On behalf of the French delegation, I want to tell you, you are very beautiful.” The source for this story is Araud himself.

    That’s right: Araud, in his capacity as diplomatic representative of France, not only sent an obnoxious text to the US Ambassador to the United Nations, while they were in the Security Council, but later bragged about it to the New Yorker, saying that “As a Frenchman, I’m not condemned to be politically correct.”


  • Galanterie : respect ou sexisme ?
    http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Articles-et-Dossiers/Galanterie-respect-ou-sexisme/10

    Si un homme qui s’efface devant moi à la porte du bureau n’est pas gêné de gagner 25 % de plus que moi pour le même travail (c’est la moyenne en France), sa #galanterie me coûte trop cher. D’ailleurs, quand il s’agit d’une promotion, le plus galant des hommes dira-t-il : « Après vous, madame, je vous en prie » ?


  • Soyez galant, ça rend les femmes bêtes - Les 400 culs
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/09/la-galanterie-.html

    La galanterie maintient l’ordre social, qui repose sur l’idée que chaque sexe possède de façon innée (naturelle, biologique), des prédispositions qui justifient que les femmes aient besoin d’un protecteur. […] Les femmes qui sont l’objet d’un discours galant en perçoivent souvent l’aspect négatif et occulte : elles ressentent un malaise. Il est en tout cas indéniable que l’effet est déstabilisant dans le cadre professionnel. Déstabilisant au point de rendre bête. C’est le résultat d’une étude menée par Dardenne en 2006 qui établit de façon surprenante « les conséquences du sexisme bienveillant sur les performances cognitives » des femmes.

    #galanterie #sexisme #politesse


  • Ne pas confondre galanterie, politesse et civilité.
    La galanterie, pour moi, c’est être gentil avec une femme pour avoir son cul.
    La politesse, c’est le RSA de la vie en société, le minimum vital pour qu’on ne passe pas notre temps à se sauter à la gueule.
    La civilité, c’est vouloir être prévenant envers autrui, sans rien attendre en échange, si ce n’est un meilleur vivre-ensemble.

    • ça me va bien...

      La galanterie selon wiki
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Galanterie

      Pour l’universitaire Claude Habib, qui propose une lecture anthropologique de la galanterie, elle serait un juste milieu développé à l’origine dans la civilisation française entre les deux extrêmes que représenteraient le machisme méditerranéen, qui se caractérise par une hyper-érotisation de l’espace public (la drague), et l’apparente indifférence nordique, qui se caractérise par l’absence totale d’érotisation de l’espace public et le refoulement puritain de l’érotisme dans la pornographie. Érotisme léger et diffus, la galanterie serait donc une séduction douce des hommes envers les femmes consistant à témoigner à ces dernières un respect, des attentions et des égards particuliers.

    • La finalité de la galanterie, c’est quand même le cul de la crémière.

      Après, effectivement, il faut bien s’envoyer des signaux intelligibles si on veut se faire comprendre sur notre envie de s’envoyer en l’air avec l’autre.

      La truc, c’est que je ne vois pas de pendant féminin à la galanterie. Autrement dit, comment se fait « la séduction douce des femmes envers les hommes » ? Parce que même si c’est sympa, la galanterie, c’est dans un seul sens et ça laisse les femmes passives...

    • M’enfin, lorsqu’une femme prend les devant, c’est une salope !
      Donc, je vérifie dans le Robert pour voir si je suis dans le vrai.
      Homme galant : poli, délicat, attentionné notamment avec les femmes, bla bla.
      Femme galante : de mœurs légères.
       :)

    • même sans visée sexuelle, la galanterie signifie à la femme qu’elle est une petite chose fragile dont le chemin doit être pavé de roses et qui a besoin de protection : une sorte de vérification toute en amabilités et en douceur du pacte social

      un pote m’avait dit qu’il avait compris qu’il ne fallait jamais tenir la porte à une féministe, c’est un bon début :P - je me suis rendue compte qu’en effet j’avais horreur de ça, et que quand on renversait la vapeur pour tenir la porte à un gars, généralement, il n’aimait pas ça du tout

    • par contre entre galanterie, politesse et civilité, il manque effectivement un terme pour désigner le fait de tenir la porte aux femmes qui sont ni vieilles, ni faiblardes, ni séduisantes, et qui désigne en effet cette convention toute en amabilités et en douceur du pacte social dont tu parles et qui est évoqué par crepe georgette relayé par @SammyFisherJR.
      http://seenthis.net/messages/129435
      J’ose un terme : charité condescendante ?

    • Ah ben moi je tiens la porte à n’importe qui, mais je dois être un peu pédé peut-être.

      Bon après, comme le dit @monolecte, il faut forcément, que ce soit avec une porte ou autre chose, trouver des moyens d’être « gentil » au-delà de la politesse pour montrer qu’on aimerait bien le cul (ou la bite, ou le pied, ou autre) de la crémière. Le problème c’est effectivement la réciprocité. Mais il y a des filles qui savent très bien montrer qu’elles aussi elles aimeraient... ci ou ça.

      Donc le problème ce n’est pas la réciprocité du geste mais la réciprocité du jugement que les autres portent une fois qu’on a fait ce geste. Toujours le même truc quoi, Don Juan d’un côté, salope de l’autre.

      Il faudrait peut-être que les filles elles-mêmes revendiquent l’insulte. Je crois que c’est @beautefatale qui avait émis une sorte d’idée comme ça une fois. Oui (presque) toutes des salopes ! Puisque les femmes aussi veulent tout autant baiser que les autres. Et pour des raisons non lucratives bien sûr. Donc toutes des salopes oui, mais pas toutes des putes (c’était ça le sens, je crois, pour contrer celles qui se revendiquent « toutes des putes »).

      Bref je dérive un peu, mais c’est lié quand même, c’est à cause de se problème de base qu’il y a cette asymétrie du regard.

    • Je distingue en plus de la politesse, de la civilité et de la galanterie, le savoir - vivre qui est un signe d’appartenance à une classe social. Une sorte de reconnaissance de caste qui prend l’apparence de la civilité, mais sert à distingué celleux de sa caste, par exemple reconnaître les « nouveaux riches » par rapport aux « vieilles familles bourgeoise ». La galanterie et le savoir-vivre sont discriminants, leur fonction est de rappeler à chacunE quel est son rang social selon son sexe ou sa caste. Ça permet de reconnaître et d’exclure les féministes et les personnes qui « ne sont pas du même monde ».

    • @rastapopulos : quoi, tu tiens la porte à des hommes ? Vieux dégoutant, va !!!

      Pour le reste, je suis d’accord avec toi. Toute manoeuvre de séduction implique une part de manipulation, et ce n’est pas réservé aux hommes. Une stratégie de séduction courante pour les femmes qui intègre les schémas sexistes consiste à jouer les divas. C’est un peu comme ça que je vois la galanterie au féminin, s’il faut en trouver une.

      @intempestive : je vois mieux. Domination feutrée ?

    • @rastapopoulos Tiens, oui c’est vrai, j’avais écrit ça en réaction à une article de Cosmopolitan, je crois que c’était « dix positions sexuelles à essayer », dont la chute était : « Vous verrez, après ça, il la réparera, l’étagère de l’entrée. » On n’arrive pas à sortir de l’idée qu’une femme ne peut jamais baiser pour le plaisir, mais toujours pour obtenir autre chose. Même alors qu’on vit à une époque où beaucoup de femmes ont conquis leur autonomie financière.

      Il y avait aussi eu un article de Libé sur des prostituées brésiliennes qui avaient lancé une marque de prêt-à-porter, et le discours c’était : « parce qu’après tout on est toutes des putes ». Sauf que non, désolée. C’est une chose de refuser la stigmatisation des putes, c’en est une autre d’en faire un idéal pour le genre féminin.

      Il y a eu un retournement de l’analyse féministe qui compare le mariage à la prostitution. Au lieu d’en déduire qu’il faut combattre toutes les formes de prostitution, et donner à toutes les femmes les moyens d’être autonomes, on en déduit que la prostitution c’est super parce que de toute façon les femmes mariées aussi se prostituent. Encore une façon de faire passer du fatalisme pour du militantisme (mon obsession du moment, je vois ça partout, avec les Femen qui disent « on montre nos seins parce que sinon personne ne nous écoutera jamais »).

      Je suis complètement hors sujet, là ?

      Sinon, sur la galanterie, @monolecte, il me semble que ce n’est pas toujours pour avoir le cul d’une femme. Parfois il me semble que c’est simplement une marque de condescendance (bon, comme avait dit @intempestive). Mais cela dit je n’aime pas qu’on me balance les portes dans la gueule non plus, je suis définitivement pour la civilité.

    • Perso, je viens d’écrire ça pour me résumer ma réflexion et des questions que j’ai encore sur le sujet. Tout n’est pas très clair, y’a des trucs qui m’échappent. Notamment la distinction entre l’idée de la séduction drague, et l’aspect « faire plus » ou en fait « faire différement », car l’accès a l’intime, n’est pas forcément à considéré comme un approffondissement d’un chemin, par certains, mais comme un plan différent ce qui rend la question moins aisé.
      Je précise que de mon point de vue vis a vis des distinctions originellement proposé par Agnès, la civilité et la politesse sont inversée.

      Ne pas confondre galanterie, politesse et civilité. La question du don, de la réciprocité, du partage. L’analyse des raisons psychologique personnelle d’un comportement est difficile a faire sans l’expression directe de celui qui l’accomplit. Les interprétations pour un même gestes sont nombreuses. Du coup, exigé tel ou tel comportement paraît vain, car il peut-être accompli aussi bien par bienveillance que par perversion. La seule chose qui peu fonctionné c’est la mise en avant d’un comportement idéal pour des raisons politique attendues.
      La galanterie serait sexiste, mais facilement prise en confusion avec une volonté de politesse. Toutefois il semble peu vivable de n’avoir aucun comportement commun ou conventionnel quand on vit ensemble, c’est semblerai ce qu’il soit attendu de la civilité.
      Une des difficulté qui apparaît alors, c’est que les signes qui permettrai d’indiquer que l’on veux pousser une relation vers l’intimité sont confondu avec la perspective qui faudrait faire « plus plaisir », alors qu’il serait plus clair d’agir surtout « différemment ». Afin de séparé clairement la civilité, de « l’invitation ». Reste la distinction entre la galanterie, péjorative, et la séduction, ou drague. Mais dans quelle mesure, finallement considère t’on que la séduction et/ou la drague sont l’idée qu’il faille faire « mieux » ou « plus », et non pas simplement montrer autre chose de nous même qui serait le fait d’un intérêt partagé. Et au final dans quel mesure un « intérêt partagé » peu entrainé soit de l’amitié, soit de « l’amour » ?
      Un aspect politique supplémentaire qui peut apparaître, c’est qu’au final, les personnes associés aux genre hommes on plus de jeux, de liberté dans leur comportements, voir son félicité y compris pour des comportements qui aurait raison d’être réprimé moralement par d’autres groupes. Alors que les personnes associés aux genres femmes ont moins d’espace, de possibilité de jeux de liberté dans leur comportement qui est jugé rapidement dans une oscillation binaire : froide/chaude.


  • La porte en pleine figure
    http://www.crepegeorgette.com/2013/04/09/la-porte-en-pleine-figure

    La #galanterie est comme le Mademoiselle, elle est vendue comme une valeur positive aux femmes. Après tout cela ne mange pas de pain que de se faire tenir la porte, se faire payer le restau ou se faire porter un sac. Hormis le fait de passer pour une petite chose incapable et dépendante, peut-être.

    [...]

    Glick et Fiske ont mené une enquête il y a 20 ans sur le sexisme bienveillant dans 20 pays et ont démontré que #sexisme hostile et sexisme bienveillant vont de pair ; le sexisme bienveillant récompensant les femmes restant dans des rôles traditionnels pendant que le sexisme hostile punirait celles tentant d’en sortir.

    • Ah oui, je me souviens à 13 ans d’avoir reçu une porte dans la figure, le père de la copine expliquant rageusement que si les femmes voulaient être indépendantes elles n’avaient qu’à se tenir la porte elles-mêmes. Je l’ai gardé bien gravé celle là, pauvre type, dire que son ex venait de monter un magazine féministe…

    • « Sexisme bienveillant » ; quand j’entends ça, logique, les filles dégourdies, libérées et tout n’ont qu’à se tenir la porte elles-mêmes ou mieux se la prendre en pleine poire, ça, - excusez, c’est l’opinion des gros porcs et des connes.
      L’amour courtois ? Connaissez pas ?
      c’est chose de culture, ( d’ailleurs, celle, conciliante qui accepta le siège offert par le vieillard, fit preuve de bienveillance) alors les arguments débités dans ces commentaires bien calés dans l’ignorance crasse, épanouis sur ces faces hilares qui moquent les façons anciennes de la politesse... Non, merci.
      Et vous , encore un effort : le temps ne se limite pas à vos journées.

    • @Paulo :
      un exemple de galanterie bien crasse et condescendante ?
      http://seenthis.net/messages/123116

      Le folklore regorge de symboles peu glorieux, et la galanterie, même si je concède que ça reste meilleur que la loi du plus fort (après tout les hommes pourraient effectivement user de leur domination pour rester assis peinards dans le bus), ça ressemble quand même à un pis-aller...
      Oui, femme, regarde ma belle mansuétude de preux chevalier qui fait régner la justice. Pour te récompenser de ton dévouement et ta serviabilité domestique, je te cède la place dans le bus...

    • On en change rarement c’est vrai. Par contre en débattant on arrive à mieux comprendre celle des autres. Mais ça prend du temps.
      J’avoue ne pas bien cerner la votre sur le sujet, qui ressemble à une attitude réactionnaire au premier abord : vive contrariété suscitée par la remise en cause d’un héritage, par l’égratignage d’un patrimoine culturel qui avait quand même ses bons côtés selon vous... Pour moi et pour d’autres cet héritage entretient le schéma de domination masculine qui ne me convient pas.
      Mais bon, je tolère votre opinion, et je ne vous demande pas d’adopter la mienne, même si évidemment j’apprécie de voir converger nos points de vue..

    • Petit écran de fumée,
      J’ignore comment on peut tolérer les opinions auxquelles on s’oppose. On essaie d’admettre qu’il en existe. Pas plus. Je pense qu’on n’y arrive pas. Il faudrait pour cela convenir que les opinions n’ont pas tant d’importance. Mais c’est comme l’identité, l’envie de s’affirmer ou le désir de reconnaissance : ça démange cruellement.
      Mes opinions, bien sûr, comptent à mes yeux, pourtant je n’oublie jamais qu’elles sont partagées par des tas de gens pour lesquels je n’ai aucune considération et même pis.

      De plus, comme disait l’autre ( Lichtenberg, XVIII° siècle, voyez, imaginez : ça remonte au diable) : « ce n’est pas votre opinion qui compte, mais ce qu’elle fait de vous. » ( je cite de tête).

      « Patrimoine culturel qui avait quand même ses bons côtés, » (selon moi) dites-vous. Le temps qui a passé permet certes d’apercevoir, pour qui a les yeux en face des trous, les préjugés successifs du présent , cet effet de grossissement dû à l’actualité de certaines opinions, et leur exacerbation ; cette perspicacité toujours trop tardive, selon moi, c’est ça le progrès. C’est d’ailleurs grâce à ce même jugement ( pour ne pas dire lucidité) que l’on trie dans « l’héritage ».

      Détail : je ne parle pas de galanterie , mais de courtoisie, si on admet qu’il y a une différence.

      Enfin, de même que toute personne sincère, je revendique le droit à la contradiction. C’est le seul droit que je puisse ( me) reconnaître spontanément.
      Et vous pouvez vous sentir confirmé(e) dans vos opinions : je me suis déjà fait durement étriller par une de Seenthis dont je conserve uniquement l’impression d’hostilité qu’elle réservait à des gus comme moi. J’ai ressenti toute la violence de son opinion...
      Je ne voulais pas faire le prof, excusez la longueur.