• Assaut du Capitole : Une base de masse pour le fascisme ?
    https://lundi.am/Assaut-du-Capitole-Une-base-de-masse-pour-le-fascisme

    Il va falloir un peu de temps pour prendre la mesure du basculement historique qu’a inauguré l’envahissement du #Capitole, cœur symbolique de la démocratie américaine par des partisans de Trump. En introduction à ce texte des amis de #Crimethinc. qui tire déjà les conséquences de l’épisode pour la recomposition des forces politiques dominantes aux USA et sur ce qu’elles préparent aux dépens des forces anticapitalistes et antifascistes, on avancera quelques remarques :

    -- Ce coup de force était une #pantalonnade, conséquence ultime de la tentative par Trump d’imposer une réalité alternative. Bien sûr, il y avait bel et bien quelques groupes armés prêts à en découdre mais même si la confirmation de l’élection de Biden avait été empêchée, par exemple en volant les bulletins de vote comme il semble que c’était le projet de certains, dans et hors de la Maison Blanche, Trump, à la différence de Hitler, Mussolini et tous les aspirants dictateurs, ne disposait d’aucun appui significatif dans des secteurs importants de l’armée et du patronat. Certes, le traitement de faveur accordé dans un premier temps aux émeutiers manifeste, comme il est dit dans le texte de nos amis américains, une forme de sympathie de la part des forces de l’ordre et aussi, ce qui n’est pas dans le texte, un certain flottement au plus hauts sommets quand il s’est agi d’intervenir durement contre des partisans de celui qui était encore le président, et qu’il avait lancés.

    -- Il y avait quand même quelque chose d’assez ironique à voir, en France, tant de partisans de #gauche, s’épouvanter de l’envahissement d’un symbole de la démocratie libérale alors même qu’ils avaient pu se réjouir, par exemple, de l’occupation en 2011 de la MaisonBlanche de l’Etat du Wisconsin par des profs en grève et par leurs soutiens, ou de celle, plus récemment, du parlement de Hong-Kong. De même, il y a quelque chose comme une farce grotesque dans le spectacle de divers gauchistes, qui, à travers les Etats-Unis, s’emploient à identifier sur photo certains des facsites présents au Capitole pour les signaler directement au FBI. L’agence d’Hoover transformée en alliée objectif des antifas, il y a là, quelque chose qui devrait coincer à brève échéance, comme on peut le deviner à la lecture de l’article qui suit. L’un des destins possibles d’une certaine gauche sera toujours de se retrouver dans la peau des « girotondini », ces grotesques partisans italiens d’un mouvement éphémère lancé jadis par Nani Moretti, qui faisaient la ronde autour des palais du pouvoir (tribunaux et ministère) pour les protéger contre ce Berlusconi dont ils n’avaient cessé, politiquement et culturellement, de préparer l’accès au pouvoir.

    #USA #fascisme

    • Pour la postérité, nous avons composé une documentation de certaines des scènes les plus importantes qui se sont déroulées hier. Plus tard, quand ce récit sera contesté, il pourrait être utile d’avoir tout cela rassemblé au même endroit.

      Et donc les puipuii et autres vidéos collées dans l’article (avec obligation d’aller sur puipuibleu) sont censées se conserver tout seuls jusqu’à ce que postérité s’en suive ?

  • Partisanen ziehen sich aus dem Netz zurück
    https://www.neues-deutschland.de/artikel/1146707.trend-infopartisan-partisanen-ziehen-sich-aus-dem-netz-zur

    08.01.2021 von Peter Nowak - Die Onlinezeitung Trend-Infopartisan war eine Plattform für konträre Positionen in der linken Szene

    Eine weitere linke Onlineplattform beendet ihre Arbeit. Die angekündigte Einstellung der Netzzeitung Trend-Infopartisan hat zu manchen nostalgischen Rückblicken geführt, die in der letzten Ausgabe dokumentiert wurden. Schließlich wurden dort mehr als 25 Jahre linke Texte und Debattenbeiträge publiziert, die in anderen Foren zu heftigen Auseinandersetzungen oder gar Trennungen geführt hätten. »Auf Trend-Infopartisan wurden Positionen von antideutschen Gruppen ebenso veröffentlicht wie Beiträge von antiimperialistischen Initiativen und das zu einer Zeit, in der sich beide Strömungen massiv bekämpften«, erklärte eine langjährige Nutzerin der Onlinezeitung, die nicht namentlich genannt werden will.

    Dabei war die Gründung der Onlinezeitung lediglich ein Notbehelf. Seit den 1980er Jahren gaben Mitglieder der Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft (GEW) aus Berlin-Kreuzberg unter dem Namen »Trend« ein gedrucktes Heft heraus, das im Stile vieler linker Publikationen jener Jahre gestaltet war. Ihrem Titel wurden sie insofern gerecht, als dort bereits 1985 über Smog und Umweltverschmutzung in den Städten informiert wurde.

    #gauche #Allemagne #médias #www #histoire #archive

  • Ariane Mnouchkine sur le vaccin
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/ariane-mnouchkine-sur-le-vaccin-ministres-netes-vous-donc-pas-prets-6792434

    Ministres, n’êtes-vous donc pas prêts ? Et votre chef ? Au bout d’un an de ratages, d’appauvrissement, de pertes, d’humiliations, de souffrances, de morts, vous n’êtes toujours pas prêts ?!

    Alors qu’en Allemagne et au Royaume Uni, au Danemark, dans toute l’Europe, les campagnes de vaccinations enregistrent des patients par milliers, en France, la patrie de Pasteur, nous comptons à peine quatre centaines de personnes âgées vaccinées. Et deux ou trois médecins, alors que tous les soignants de France et de Navarre devraient l’être avant tout le monde.

    Pourquoi ? Que se passe-t-il ?

    À vous écouter les Français seraient trop sceptiques, trop hésitants, bref, trop anti-vaccins.

    Avez-vous donc si peur des Français que vous régliez ainsi votre pas sur les plus craintifs ou, plutôt, sur les plus soupçonneux d’entre nos concitoyens échaudés par vos mensonges et qu’aujourd’hui, vous poussez à la crainte par vos bobards obstinés et votre pusillanimité incompréhensible ?

    Allez-vous vraiment vous abriter longtemps derrière ceux qui, par votre faute, restent indécis ? Ne voyez-vous pas que votre tiédeur suspecte nourrit les thèses obscurantistes les plus nocives, les plus vénéneuses.

    Que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ne le fassent pas, c’est leur droit, mais en leur nom, allez-vous prétendre empêcher les volontaires de le faire au plus vite alors que, ce faisant, nous protègerions jusqu’aux plus rétifs des anti-vaccins, qui le savent bien d’ailleurs.

    Pensez-vous vraiment pouvoir nous rejouer la petite musique de mars contre les masques ? Non ? Alors, faites votre métier, arrêtez de jouer de la flûte. Faites votre devoir. Organisez cette campagne de vaccination comme il se doit pour que nous, artistes de tous ordres, grands et petits restaurateurs, cafetiers, bistrotiers, boutiquiers, étudiants, professeurs, docteurs, infirmières, brancardiers, pompiers, policiers, caissières, athlètes, personnes âgées, nous puissions faire le nôtre et partager à nouveau ce qui s’appelle le bien commun, pour certains en ouvrant leurs théâtres, leurs cinémas, leurs restaurants, leurs boutiques, leurs bars, leurs gymnases, leurs universités, leurs bras. Pour d’autres, en cessant de surveiller nos cabas, nos déplacements, nos verres, nos fêtes, nos places et nos rues et en retrouvant leurs vraies missions de gardiens de la paix.

    Ministres français, vous tremblez ? Et votre chef. Alors que, avec une incroyable promptitude, inespérée il y a encore quelques semaines, des savants du monde entier, ont, grâce à leur travail acharné, déposé en vos mains l’arme nécessaire et, bientôt, suffisante, pour vaincre le virus et libérer le pays de cet occupant dévastateur, vous tremblez ?! Alors partez. Démissionnez. Nous avons besoin de gens courageux, compétents, respectueux de leurs concitoyens.

    Eh bien, qu’attendez-vous ? Vous voulez des suicides, des émeutes ? Des suicides, il y en a déjà. Quant aux émeutes, elles brûlent dans beaucoup de cœurs. Des cœurs pourtant bien sages d’habitude.

  • Le degré de stupidité à gauche. La stupidité est le meilleur allié de l’opportunisme de gauche, la crise actuelle le montre une fois de plus, par Tomasz Konicz
    http://www.palim-psao.fr/2020/12/le-degre-de-stupidite-a-gauche.la-stupidite-est-le-meilleur-allie-de-l-op

    L’élan interne à la gauche à vouloir revenir aux « racines », à se concentrer à nouveau sur la lutte pour la répartition au sein du capital, est après tout une réaction à la diarrhée de la nouvelle droite. On veut contrecarrer les simples mensonges fascistes avec des vérités simples sur les capitalistes tout puissants ‒ et on interprète, par exemple, la crise de suraccumulation résultant de la crise systémique comme une simple question de répartition, qui sera résolue par l’expropriation (chez les léninistes) ou par les impôts (chez les socialistes). Les luttes de classes croissantes auxquelles ces courants se réfèrent ne sont cependant que l’expression des luttes de répartition en développement induites par la crise, au cours de laquelle non pas une nouvelle classe prolétarienne émerge, mais la production d’une humanité économiquement superflue, déjà presque achevée à la périphérie du système mondial, et qui progresse également dans les centres. La misère croissante du capitalisme tardif ne fait que refléter les conditions historiques du capitalisme originel.

    #crise #théorie_de_la_crise #wertkritik #critique_de_la_valeur #capitalisme #répartition #gauche #Tomasz_Konicz

    • https://www.exit-online.org/link.php?tabelle=aktuelles&posnr=749

      article intéressant qui reprend les arguments évoqués dans Pandemie des Hungers https://www.heise.de/tp/features/Pandemie-des-Hungers-4995797.html

      Je ne comprend pas pourquoi TK fait tant d’effort afin de critiquer le léninisme dont on sait qu’il est mort et ne joue plus aucun rôle sauf pour quelques intellectuels qui vivent encore dans l’ère avant l’internet. Peut-être c’est son dada qu’il cultive dans des discussions interminables autour d’un bon verre devant la cheminée de la villa d’un copain ;-)

      Ses remarques sur les opportunistes et le carrièristes de gauche par contre correspondent précisément à ce que je rencontre quand j’essaye de faire comprendre aux politiciennes et politiciens de la gauche officielle quels sont les problèmes élémentaires qui se posent au commun des mortels.

      Voilà l’antagonisme (ah, comme j’aime ce Fremdwort , c’est classe !) qui habite bien des auteurs de la gauche radicale. Il ne travaillent pas au quotidien avec les plus défavorisé qu’ils aimeraient pourtant bien convaincre de l’action révolutionnaire incontournable. Pris dans ce piège il ne leur reste qu’à critiquer les autres courants de la gauche pour leur inaction.

      Pas grave, TK est une voix intéressante qui sort de la couche de résidus qui restent de l’ancienne nouvelle gauche allemande. C’est toujours un plaisir de lire ses textes.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_gauche

      #auf_deutsch #histoire #marxisme

  • L’écoféminisme de Françoise d’Eaubonne
    https://laviedesidees.fr/L-ecofeminisme-de-Francoise-d-Eaubonne.html

    Regard sur une penseuse-militante à l’origine de l’écoféminisme, et demeurant pourtant méconnue. Son travail a inspiré un mouvement d’une grande hétérogénéité, mais son ambition de transformer concrètement l’organisation sociale, économique et #Politique de la société a-t-elle été poursuivie ?

    #féminisme #gauche #écologie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/202012015_deaubonne-2.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/202012015_deaubonne.pdf

  • La Ville de Marseille signe un accord sur [contre] le droit de grève dans les écoles
    https://www.lamarseillaise.fr/social/la-ville-de-marseille-signe-un-accord-sur-le-droit-de-greve-dans-les-

    Après Rennes, Marseille est devenue la deuxième ville de France à appliquer la loi pour la transformation de la fonction publique. « Délai de prévenance de la grève de 48 heures » et « exercice du droit de grève dès la prise de service » sont au cœur de cet accord signé par FO, la CGC, l’Unsa et la CFTC.

    A travers cet accord, la Ville de Marseille indique vouloir assurer la continuité du service public ( C.W. )
    Comme nous le révélions cette semaine, la Ville de Marseille annoncé ce vendredi par voie de communiqué avoir signé un accord pour assurer la continuité du service public dans les écoles et les crèches.

    « Cet accord instaure un délai de prévenance de la grève de 48 heures et prévoit également de demander aux agents grévistes d’exercer leur droit de grève dès leur prise de service. Comme le prévoit la loi, cet accord, signé avec les syndicats que sont FO et la CGC représentant 59% des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles, sera entériné lors du conseil municipal du 21 décembre 2020 et sera appliqué dès la rentrée scolaire de janvier 2021 », indique le texte de la Ville.

    Il ne sera donc plus possible d’effectuer une heure de grève par jour, comme c’est le cas dans les écoles avec un retrait de salaire équivalent. Selon nos informations, l’Unsa et la CFTC auraient également signé cet accord, une clause prévoyant que le protocole puisse être réétudié avec les seules organisations signataires.

    « Cet accord permet trois choses qui sont entièrement de gauche » assure Olivia Fortin, 3e adjointe au maire de Marseille : « Permettre aux agents de retrouver un cadre de travail, assurer les parents de pouvoir travailler normalement et enfin permettre aux enfants de manger le midi. Tel est l’enjeu, nous sommes tous réunis derrière cet objectif commun ».

    Un décision qui ne va pas tarder à faire réagir les organisations syndicales non signataires, la CGT et FSU.

    #grève #gauche #Marseille

  • Comment une grande partie de la gauche est (encore une fois) en train de participer à la contre révolution - Rebellyon.info
    https://rebellyon.info/Comment-une-grande-partie-de-la-gauche-22780

    Après des mois de confinement des luttes, les mouvements sociaux sont enfin en train de repartir en France. Faut-il encore en rappeler les raisons ? Augmentation massive de la pauvreté, grandes entreprises qui profitent de la crise pour faire des licenciements massifs, tout cela pendant que les ultra-riches continuent d’organiser bien tranquillement leur évasion fiscale. Sans parler des lois liberticides et autoritaires que le gouvernement est en train de faire passer.

    Pourtant depuis deux semaines, une grande partie de la #gauche ne semble avoir qu’une obsession : casser du #casseur.

    Voici les principaux arguments qui tournent en boucle depuis quelques jours dans les rangs de cette gauche (qui va de la France Insoumise aux syndicats réformistes en passant par Mediapart ou Là bas si j’y suis).

    Les blacks bloc sont des policiers infiltrés pour décrédibiliser le mouvement. Il faut vraiment ne jamais avoir mis les pieds dans une manif pour dire cela : les personnes qui utilisent la stratégie du black bloc représentent plusieurs centaines de personnes, il suffit de regarder des vidéos de cortèges de tête dans différentes villes de France pour s’en apercevoir. Affirmer que ces personnes sont toutes des policiers infiltrés relève donc purement et simplement du fantasme.

    Les policiers ont pour ordre de laisser faire les « casseurs » alors qu’ils pourraient facilement les arrêter. On a ainsi vu fleurir cette semaine énormément de tweets et de déclarations, notamment de membres de la France Insoumise, demandant pourquoi les casseurs n’étaient pas arrêtés en amont des manifestations. Là c’est le comble de l’hypocrisie : on prétend descendre dans la rue pour dénoncer une dérive liberticide et en parallèle, on demande à la police de faire des arrestations préventives. Je me permettrai donc un petit rappel pour les personnes qui ont versé dans cet argument : si les « casseurs » ne sont pas arrêtés avant la manifestation, c’est tout simplement parce que les actes n’ont pas encore été commis. Et non on ne peut pas arrêter quelqu’un au prétexte qu’il porte un k-way noir et qu’il pourrait potentiellement faire des parties des personnes qui vont éventuellement casser. Je suis donc étonnée que des personnes se disant progressistes renient aussi facilement des droits pourtant fondamentaux.

    Les « blacks bloc » sont manipulés, voire téléguidés, par le gouvernement dans le but de décrédibiliser le mouvement. Que le gouvernement cherche par tous les moyens à décrédibiliser les mouvements sociaux, il s’agit plutôt d’une évidence. Quand ce n’est pas avec les « casseurs », c’est en stigmatisant les grévistes qui empêchent les bons citoyens d’aller travailler ou en accusant les manifestants d’être responsables de la baisse du chiffre d’affaires des commerces de centre-ville. Que la stratégie adoptée soit violente ou non, le pouvoir en place cherche toujours à décrédibiliser les oppositions par tous les moyens. Cela parait logique.

    Ce qui est étrange en revanche, c’est que de nombreuses personnes et organisations au sein du mouvement passent autant d’énergie à critiquer les méthodes d’action violente. En faisant cela, ils réalisent finalement eux-mêmes ce qu’ils prétendent dénoncer : ils décrédibilisent le mouvement en mettant en scène la division, et se rangent de facto du côté de l’ordre bourgeois, face aux vilains agitateurs anarchistes.

    De plus, en insistant sans arrêt sur le fait que les mouvements violents seraient orchestrés par l’État, ces personnes contribuent à entretenir le sentiment d’impuissance de la population. Ce sentiment d’impuissance est pourtant un frein majeur à la massification des manifestations : de nombreuses personnes sont d’accord avec les revendications portées, mais sont convaincues que manifester est inutile car le combat est perdu d’avance. L’apport des mouvements plus radicaux, c’est justement de montrer que nos gouvernants ne sont pas tout puissants, et que oui, un dispositif policier peut se retrouver dépassé. Pourtant, même quand on a l’impression que le pouvoir peut trembler, on vient nous expliquer que c’est en fait lui qui a tout organisé. Quoi de mieux pour entretenir le fatalisme et la résignation ?

    Alors à tous celles et ceux qui accusent les militants violents d’être les idiots utiles du pouvoir, je pose la question : par votre obsession de la non-violence et du respect de l’ordre, par la construction du mythe d’un pouvoir tout-puissant avec lequel on ne peut que négocier les miettes, n’est-ce pas vous les idiots utiles ?

    https://seenthis.net/messages/888955

    • On peut en même temps ne pas avoir l’"obsession de la non-violence et du respect de l’ordre", mais, au contraire, être militants de la violence révolutionnaire... et s’opposer aux méthodes débiles des BB.

    • Certes. Mais, là aussi, il faut voir comment. Le SO de la CGT livrait en manif des « casseurs » la police.
      Ne pas appeler à celle du samedi 12 a contribué à préparer la répression sur laquelle on publie des communiqués scandalisés le lundi.
      La pluralité de ce qui s’oppose à ce monde est constitutive, avec des automatismes variés qui peuvent rendre débiles (Le Grand soir pour plus tard, le parti d’avant-garde qui le prépare, l’insurrectionnalisme idéologisé, ...) avec des divergences stratégiques et des choix tactiques contradictoires.
      La logique du texte qui précède c’est de renvoyer l’ascenseur du sempiternel « vous faites le jeu de la police ».

      Comment faire autrement que de compter avec un substrat culturel désormais répandu aussi minoritaire soit-il et qui n’a rien à voir avec la culture syndicale, partidaire ou d’extrême-gauche ? Je n’ai pas la réponse mais sait que la dénonciation (par exemple des actes de nombreux manifestants le 5 décembre) est de mauvaise méthode et une mauvaise politique.

      Claustinto reprend « Résiste » de France Gall (musique et paroles modifiées)
      https://www.facebook.com/france4tv/videos/655785738444464

  • Les leçons des élections municipales au Brésil
    https://pardem.org/actualite/1090-les-lecons-des-elections-municipales-au-bresil

    Dimanche 29 novembre 2020, pour le second tour des municipales au Brésil, environ 38 millions de Brésiliens, (soit un quart du corps électoral), étaient appelés à élire pour quatre ans les maires et conseillers municipaux de 57 villes dont 18 des 26 capitales d’État.


    La politique néolibérale de Bolsonaro a plongé le pays dans la récession et a provoqué un niveau record de chômage, avec 14 millions de sans-emploi. Le néolibéralisme de Bolsonaro a, comme partout où ces politiques s’appliquent, fait des coupes sombres dans la santé, l’éducation, les transports publics ou le logement, mais aussi poussé les villes à l’endettement, la corruption et la violence. Le plus grand pays d’Amérique latine, où la pandémie de Covid-19 a fait plus de 172 000 morts en huit mois, voit arriver une deuxième vague de coronavirus.

    Avec ce bilan catastrophique pour le peuple brésilien, certains s’attendaient, lors de ces élections municipales, à la déroute de la « droite » et au retour de la « gauche » dans les mairies.

    Bolsonarisme et droites diverses
    Certes, ces municipales indiquent un ample reflux de la vague qui avait porté Jair Bolsonaro au pouvoir en 2018, mais c’est le « centre-droit » qui rafle la mise… Et de loin car il s’empare de la presque totalité des mairies. Par exemple, dans l’État de Bahia, les trois principales villes sont dorénavant aux mains de la droite et du centre-droit ,compatibles avec le bolsonarisme. La capitale du Maranhгo, Sгo Luнs, sera dirigée par Eduardo Braide, allié de Bolsonaro.

    Les villes-capitales Maceio (Alagoas), Aracaju (Sergipe), Fortaleza (Cearб) et Recife (Pernambuco) seront dirigées par des maires « centre-gauche modéré » (PSB, PDT) compatibles avec la droite.

    La victoire a été sans appel dans les deux plus grandes villes du pays. A São Paulo (12,5 millions d’habitants), ville la plus riche du Brésil, le maire sortant Bruno Covas a été reconduit avec près de 60 % des voix, contre 40,62 % à Guilherme Boulos (PSOL). Et à Rio de Janeiro, Eduardo Paes, a remporté 64,07 % des voix, infligeant une défaite cinglante à l’impopulaire maire sortant Marcelo Crivella (35,93 %), ex-pasteur évangélique. Celui-ci est l’un des 13 candidats soutenus par Bolsonaro dont 11 ont été battus.
Analyser, plus en détail, les résultats du centre-droit n’a pas d’interêt car le découpage centre-droit, centre-gauche, droite et bolsonarisme est artificiel, tous ces partis menant la même politique.

    Déroute de la « gauche »
    Pour la première fois depuis le retour de la démocratie au Brésil (1985), le Parti des travailleurs (PT) de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva n’a pas remporté une seule capitale des 26 États de la fédération. Le PT n’a même pas pu arracher dans le Pernambouc (nord-est), Recife, bastion de la gauche et seule capitale qui était à sa portée. Le PT a disputé quinze seconds tours et n’a remporté que quatre villes, toutes de plus de cent mille habitants : Contagem et Juiz de Fora dans l’État du Minas Gerais, Diadema et Maua dans celui de Sao Paulo. Sur le plan national, le PT passe de 630 maires élus en 2012 à 183 au 1er janvier 2021. 

    Le PT ne représente plus que 2,9 % de l’électorat du pays et moins de 5 % dans le Nordeste, fief de la gauche. L’ensemble des partis de gauche n’arrive pas à 10 % des voix.
Nationalement, le PSOL (petit parti de gauche de gauche), ne dirigera que cinq villes, dont Belém, capitale du Parб, État ou les inégalités sociales, la pression des grands propriétaires terriens et la déforestation sont les plus violentes. Edmilson Rodrigues a conquis la mairie avec une liste plurielle (PSOL, PT, PCdoB, PDT, PCB, Rede, UP).

    Quelles leçons en tirer ?
    – La première leçon est connue mais doit être rappelée. Les politiques néolibérales, désastreuses pour les classes dominées et ravageuses pour les plus pauvres, ne les conduisent pas « automatiquement » à voter à gauche.

    – La deuxième leçon est évidente mais niée par tous les partis « de gauche » du système. Il ne suffit pas, lorsqu’on a le pouvoir, d’améliorer le quotidien des gens en acceptant les limites fixées par le système néolibéral.

    – La troisième est sans appel : Les citoyens refusent le clivage « gauche-droite », artificiel, les « deux camps » appliquant la même politique.

    – La quatrième est claire : sans rupture complète et immédiate avec le néolibéralisme (et le capitalisme) pas de victoire possible des partis de gauche.

    Joël Perichaud

    #Brésil #Bolsonaro #PT #gauche #néolibéralisme #élections

  • Islamisme, séparatisme : l’offensive payante des « laïcards », Cécile Chambraud et Louise Couvelaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/07/islamisme-separatisme-l-offensive-payante-des-laicards_6062429_3224.html

    Aurel, au top, exploite l’espace rendu libre par le soit disant équilibre dont Le Monde se doit de faire (à l’occasion) la preuve.
    (c’est le #dessin qui vaut le coup, ce qui le suit est là pour mémoire)

    Les partisans d’une laïcité offensive se félicitent de l’évolution d’Emmanuel Macron sur le sujet. Ils voient dans le projet de loi « renforçant les principes républicains », qui doit être examiné en conseil des ministres mercredi 9 décembre, une victoire idéologique.

    Leur moment est arrivé, ils tiennent leur victoire, ils en sont convaincus. Cela fait des années que les partisans d’une #laïcité offensive, érigée en priorité politique, travaillent à faire gagner leurs idées pour sauver une République qu’ils estiment menacée par les revendications d’un islam politique de conquête et par les accommodements de politiques timorés. L’examen en conseil des ministres, mercredi 9 décembre, du projet de loi « confortant les principes républicains » est, à leurs yeux, autant un aboutissement qu’une incitation à poursuivre. Un gage de plus donné par Emmanuel Macron à la lutte contre « le séparatisme islamiste », comme l’est la présence au gouvernement de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, et l’arrivée à l’intérieur de #Gérald_Darmanin et de #Marlène_Schiappa, convertie à la cause. Dans la bataille des différentes conceptions de la laïcité, le vent a tourné en leur faveur, se félicitent-ils.

    Là où d’autres voient dans la laïcité un simple cadre juridique et non une doctrine, eux en font un combat idéologique, à la manière de moines-soldats. Une lutte menée au départ « seuls contre tous », raconte l’ancien premier ministre de François Hollande, Manuel Valls, contre les partisans « du déni dans une gauche trop conciliante, mal à l’aise avec la question de l’islam, la religion des pauvres, des immigrés, des victimes de la colonisation ».

    C’est ainsi que se vivent ces ardents défenseurs de cette spécificité française que le reste du monde peine à saisir. Une cause qu’ont désormais ralliée des sympathisants issus de nombreux cercles de pouvoir, du gouvernement à la préfectorale, en passant par des députés La République en marche (LRM), des think tanks de gauche, une partie de la loge maçonnique du Grand Orient.

    Certains les appellent les « laïcards », les tenants d’une « laïcité de combat », « exigeante » ou « dure ». Eux se voient comme « un bouclier », selon les mots de l’écrivaine Caroline Fourest, face aux intégristes islamistes et à leur idéologie mortifère. Ils refusent d’être adjectivés, ils sont des « défenseurs de la laïcité », point, martèlent-ils, à l’image du titre du livre coécrit par Marlène Schiappa, Laïcité, point ! (L’Aube, 2018). Leurs opposants les accusent de vouloir imposer l’invisibilisation du religieux dans l’espace public pour, en réalité, combattre l’islam. « C’est une réactualisation de l’affrontement entre les deux France au tournant XIXe-XXe siècle, analyse Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France. A l’époque, on a pensé avoir réglé l’affaire du religieux en ayant réglé celle du catholicisme. Et voilà que depuis deux décennies, une sorte de religieux revient en force. Cela a fait ressurgir le ras-le-bol de ceux qui avaient pensé en avoir fini avec cela. Ajoutez le terrorisme, et on assiste à un triomphe idéologique autour d’une laïcité drastique. »
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Plusieurs points du projet de loi sur les « principes républicains » s’annoncent discutés

    Trahison

    Plus qu’un courant organisé, ils constituent une galaxie de personnalités engagées. Il y a des intellectuels tels que les essayistes Caroline Fourest et Elisabeth Badinter ; les artisans historiques, lobbyistes numériques aguerris, moins connus du grand public, Laurent Bouvet et Gilles Clavreul, fondateurs de l’association Printemps républicain en mars 2016. Il y a des journalistes comme Zineb El Rhazoui et Mohamed Sifaoui, tous les deux sous protection policière ; d’anciens socialistes comme Manuel Valls et l’Avignonnais Amine El Khatmi. Il y a des préfets comme Christian Gravel, un ancien des équipes de Manuel Valls récemment nommé à la tête du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation sur la proposition de Marlène Schiappa, qui est en train de constituer une « unité de contre-discours républicain sur les réseaux sociaux ».

    Il y a aussi les nouveaux venus, comme la députée (LRM) des Yvelines Aurore Bergé ; les soldats de l’ombre, qui œuvrent dans les cabinets ministériels et dans des institutions telle que la #Fondation_Jean-Jaurès, think tank de gauche dont les publications diffusées aux députés et aux sénateurs, à l’Elysée et dans les ministères aident « à peser sur les décisions », explique Jérémie Peltier. Le directeur du secteur études de la Fondation Jean-Jaurès cite en exemple l’enquête menée en 2019 sur les Français et la laïcité révélant que « les Français ayant voté pour Emmanuel Macron n’étaient pas sur la ligne anglo-saxonne du multiculturalisme, mais bien sur la ligne républicaine française ».

    Presque tous issus de la gauche, ils sont partis en guerre contre ce qu’ils vivent comme une trahison de certains de leurs anciens camarades, jugés aveugles au grignotage insidieux d’un islam politique ou de rupture qui serait en train de détruire la trame républicaine de la société. La laïcité est leur trait d’union, leur magistère. Leur mouvance a commencé à se « coaguler » après les attentats de 2015. « Des réseaux se sont mis à se parler », témoigne Aurélien Taché, député ex-LRM, opposé à leurs conceptions qui, selon lui, « virent à l’obsession des musulmans » et « poussent à l’amalgame entre islamisme et islam ».

    « Gauche réaliste »

    Une marque de fabrique de ces « lanceurs d’alerte », comme les appelle Jérémie Peltier, est de se serrer les coudes : ils affichent une solidarité sans faille, quels que soient leurs désaccords, légion en coulisses. « Je ne parle plus à Zineb El Rhazoui depuis 2015 mais qu’importe, je la soutiendrai quoi qu’il arrive », tranche Caroline Fourest, qui décrit le mouvement comme un groupe de gens d’une « gauche réaliste ». « Il existe cinquante nuances de laïcards, s’amuse Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, proche du #Printemps_républicain. Ce n’est pas un groupe homogène mais plutôt complexe et divers. »
    Lui-même et Caroline Fourest veulent, par exemple, permettre aux mères accompagnatrices voilées de conserver leur foulard lors des sorties scolaires, tandis que d’autres, comme Jean-Michel Blanquer et Aurore Bergé, souhaitent le leur interdire. « Nous ne sommes pas une secte ni un groupement clandestin, on se voit, on se parle, de manière informelle, avec Schiappa, Darmanin et Blanquer, mais personne ne joue les arbitres, témoigne Manuel Valls. Les dérives de la gauche, qu’il s’agisse du PC ou du PS, sont le fruit de ce manque de combat collectif, alors oui, nous restons solidaires, parce qu’on veut gagner ! » « Personne n’a de comptes à rendre à personne », renchérit Jérémie Peltier.

    Certaines personnalités de ce mouvement né à #gauche n’hésitent plus à flirter avec l’#extrême_droite, telle que Zineb El Rhazoui, devenue l’icône des plus fervents (elle n’a pas répondu à nos sollicitations). Editée par une maison d’édition – Ring – souvent jugée à la droite de la droite, prenant la pose avec Papacito, blogueur identitaire également édité chez Ring, cette ancienne de Charlie Hebdo est régulièrement menacée de mort. Personne, au sein de son camp, ne remet en question ses outrances. « Toutes les digues sont en train de sauter, s’insurge Isabelle Kersimon, fondatrice de l’Institut de recherches et d’études sur les radicalités, cible régulière des attaques des « laïcards ». Officieusement, ils sont prêts à toutes les compromissions avec la droite et l’extrême droite qu’ils prétendent pourtant combattre. »

    Choc du réel

    Cette stratégie du « front uni » est en tout cas payante. Ils gagnent en influence et convertissent chaque jour davantage d’adeptes. Le premier d’entre eux : Emmanuel Macron. Du moins veulent-ils le croire. Ils interprètent le discours des Mureaux (Yvelines), prononcé par le président de la République le 2 octobre, et le projet de loi, comme la preuve de ce tournant, qui « marque la fin de trente ans de compromissions », assure Thomas Urdy, le référent laïcité de Marlène Schiappa, qui est sur leur ligne. Ils étaient en désaccord avec le Macron de 2015-2017. Aujourd’hui, ils applaudissent sa mue.

    « Par rapport au Macron qui disait, en novembre 2015, que la société française avait “une part de responsabilité” dans le “terreau” sur lequel a prospéré le djihadisme, le projet de loi sur le séparatisme est une étape importante dans son évolution », estime Gilles Clavreul. « Entre le Macron candidat qui critiquait le “laïcisme” chez Mediapart [en novembre 2016] et le discours des Mureaux, il y a une différence nette », abonde Amine El Khatmi, le président du Printemps républicain.

    La cause de l’évolution du chef de l’Etat serait avant tout le choc du réel. « Ce ne sont pas les militants de la laïcité qui changent les mentalités, ce sont les attentats », affirme Elisabeth Badinter. « Une fois au pouvoir, face aux notes des renseignements, aux remontées d’informations des préfets et des attentats, les dirigeants changent, analyse Caroline Fourest. L’idéologie qui les retenait finit par peser peu au regard des informations qui leur parviennent. » « Face aux faits, Macron s’est rangé à notre combat », se réjouit #Manuel_Valls.
    Dans quelle mesure ? Dès le début de son mandat, le président de la République a fait l’objet d’un procès d’intention sur son « laxisme » supposé vis-à-vis de ces questions. « Ils attendaient Macron avec un fusil et n’ont pas relâché la pression un seul instant », raconte un fin connaisseur du dossier. Absentes de la campagne présidentielle de 2017, les questions régaliennes se sont imposées en cours de mandat avec les attentats, obligeant le chef de l’Etat à se positionner. Il a surtout choisi de laisser le champ libre à des ministres en pointe sur la laïcité davantage par « opportunisme politicien » que par conviction personnelle, estime Aurélien Taché.

    Virage

    #Jean-Michel_Blanquer a organisé en juillet une réception à l’occasion de la parution du livre numérique Le Péril identitaire (L’Observatoire, 29 pages, 1,99 euro) du cofondateur du Printemps républicain, Laurent Bouvet. Un mois et demi plus tard, le président de la République décorait de l’ordre du mérite sa femme, Astrid Panosyan, cofondatrice d’En marche ! Autant de signaux, aux yeux de certains, qui confirmeraient le virage du chef de l’Etat. « Le président n’a pas dévié de ligne sur le fond, ce sont les priorités gouvernementales qui ont évolué, dément Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Ce qui est monté en puissance, c’est la lutte contre le séparatisme islamiste. »
    Au groupe des députés LRM, après des débuts laborieux, ces thèses ont indéniablement progressé. « La question n’avait pas émergé entre nous en 2017, résultat, lorsque l’actualité nous a obligés à avoir un positionnement politique, nous avions peu d’éléments doctrinaux [ça alors ! ndc] sur le sujet et les divergences se sont exprimées », raconte Aurore Bergé. En 2018, lorsqu’un toilettage de la loi de 1905 pour mieux encadrer les associations musulmanes a été envisagé, un groupe de travail s’est constitué pour permettre à ceux qui le souhaitaient de se former à ces questions. Mais le projet est resté dans les tiroirs de la Place Beauvau et le groupe a cessé de travailler avant d’avoir pu forger une ligne majoritaire.

    Les relais actifs du camp laïc, comme Francis Chouat, député de l’Essonne et ancien maire d’Evry, Aurore Bergé, François Cormier-Bouligeon, député du Cher, Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse, ont poursuivi leurs efforts. Ils ont profité du faible bagage idéologique sur ces questions d’une bonne partie des primo-députés et d’un certain « amateurisme des tenants du libéralisme culturel qui, eux, déplore Aurélien Taché, n’ont pas su s’organiser ».

    Résultat : la « ligne laïque » s’est renforcée, poussant vers la sortie certains opposants, comme M. Taché. « Désormais, là où on pouvait se sentir isolés, aujourd’hui, on sent que notre doctrine s’est imposée », commente Aurore Bergé, qui échange régulièrement avec Manuel Valls et participait au groupe informel composé de Caroline Fourest, la sociologue Dominique Schnapper, Gilles Clavreul, Frédéric Potier et quelques autres, rassemblés sous la houlette de Jean-Michel Blanquer depuis juin. « Globalement, notre ligne est majoritaire, au moins relativement, dans le groupe, nuance Jean-Baptiste Moreau, proche de Zineb El Rhazoui, qu’il a fait venir devant le groupe. Mais il reste un ventre mou, que nous devons essayer de convaincre, et une frange qui n’est pas sur notre ligne. » Et qu’on entend peu. Depuis dix jours, le groupe LRM organise des séminaires pour préparer la discussion parlementaire, qui commencera en janvier 2021.

    Transformation en parti politique

    Emmanuel Macron et les députés ne sont pas les seuls à bouger. Le clan laïc loue l’évolution de Marlène Schiappa, qui avait guerroyé avec Manuel Valls il y a six ans sur la question de l’antisémitisme dans les quartiers et n’aurait « pas toujours été aussi ferme », d’après Amine El Khatmi. Ils notent aussi des mouvements au Parti socialiste. « Cela fait des années que nous disons que la gauche a un problème avec la République, rappelle le président du Printemps républicain. Aujourd’hui, je relève qu’Olivier Faure et Anne Hidalgo disent que sur ce sujet, les positions ne sont pas irréconciliables. Quand on a été insulté, méprisé, menacé et qu’on voit des gens venir vers soi, même avec des nuances, c’est une satisfaction. »

    Il fut un temps où bien des caciques du Parti socialiste se gardaient de mettre les pieds sur ce terrain. Si Jérôme Guedj, le monsieur laïcité du PS ne cachait pas ses convictions « laïcistes », la plupart optaient pour la prudence et choisissaient de rester muets. « La gauche n’était pas torturée par ces questions, rappelle Elisabeth Badinter, qui se définit comme un “compagnon de route du Printemps républicain”, sans en faire partie. On n’entendait pas beaucoup les dirigeants politiques, aujourd’hui, cela change. » Quitte à reléguer la question sociale au second plan. « La question #identitaire dépasse parfois la question économique et sociale, estime Manuel Valls. Parfois, elle la transcende, mais la gauche a longtemps refusé de penser le sujet hors du social. » Aujourd’hui, le patron du PS, Olivier Faure, proclame que « l’ADN de la gauche, c’est la défense de la laïcité », tandis qu’Anne Hidalgo souligne « les ambiguïtés » de Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.

    Comment transformer une influence croissante en part de pouvoir politique ? C’est le défi de 2022. Pour le préparer, le 30 novembre 2019, l’association le Printemps républicain a annoncé sa transformation en parti politique. Quelque 350 personnes se sont pressées à l’événement organisé pour l’occasion dans un café parisien. Parmi les présents, Valérie Pécresse, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Pierre Brard, ex-maire apparenté PCF de Montreuil (Seine-Saint-Denis), tandis que Bernard Cazeneuve avait fait parvenir une vidéo. « Nous voulons nous structurer pour être plus présents, et sur tous les sujets », explique Gilles Clavreul. « Nous devons déterminer comment faire en sorte que nos idées soient représentées à la présidentielle et aux législatives », annonce Amine El Khatmi. Certains, tel Aurélien Taché, les soupçonnent de faire « de l’entrisme » dans différentes formations politiques en vue d’obtenir des circonscriptions – du PS à LRM, voire chez les Verts et le PCF.

    Reste que dans cette lutte sans merci qui les oppose à ceux qu’ils qualifient volontiers d’« islamo-gauchistes », il reste peu de place pour la discussion et la pédagogie. Sur les réseaux sociaux, où se joue une partie de cette guerre, la « laïcosphère », comme l’appelle Caroline Fourest, chasse en meute, se « like » à foison et se retweete à l’envi. Aurélien Taché apparente leurs méthodes en ligne à « la cancel culture », réduisant au silence leurs opposants, tétanisés à l’idée d’être accusés de complaisance avec l’ennemi terroriste. En ligne et sur les plateaux télé, le combat est souvent binaire et réducteur. « Il ne reste plus de place à la pensée complexe », se désole-t-on dans les deux camps, faisant mine d’ignorer qu’ils y contribuent.

    #laïcisme #racisme #dessin_d'actualité

    • De quoi la lutte contre l’« islamo-gauchisme » est le nom ?
      Vu par Jlm

      J’ai expliqué dans une précédente note comment l’accusation « islamo-gauchiste » est devenue la ligne du camp macroniste pour construire une nouvelle organisation du champ politique. Qui refuse de discriminer, insulter, montrer du doigt les musulmans doit être désigné comme ennemi obscurantiste, anti-laïque, misogyne, antisémite, terroriste en puissance ou tout du moins ami ou complice du crime. Bref : un « islamo-gauchiste ». Ainsi se construit une nouvelle stratégie du « barrage » politique prenant la suite du « barrage contre le Pen ». Celle-ci est au contraire accueillie à bras ouvert dans la nouvelle alliance du bien contre le mal.

      Disqualifier la France insoumise est alors seulement le point d’entrée de ce discours. Une fois que la lâcheté et le chacun-pour-soi a ouvert le passage, les coups pleuvent sur tout ce qui de près ou de loin résiste au pouvoir et à ses agents. Comment en être sûr ? Tout simplement en se demandant « qu’est-ce que l’islamo-gauchisme ? ». Et la réponse vient vite : cela n’existe pas. Il n’existe en effet ni définition ni faits permettant d’illustrer ce concept. C’est juste un produit d’appel fantasmagorique pour installer les esprits fragiles sur un toboggan conceptuel qui finit dans les filets de l’extrême droite. Car, très vite, les accusateurs passent à un autre registre : ils opposent les « islamo-gauchistes » aux « républicains ». Alors il est possible de faire un inventaire. Mais pour nous, ce sera celui du prétendu camp des républicains. On y retrouve les policiers factieux et leurs organisations politico-syndicales, une poignée « d’essayistes », « politologues » et autres déclassés, plus tout l’arc politique depuis l’extrême droite qui a inventé ce concept jusqu’aux macronistes. Entre les deux, une poignée de journalistes à gage, les uns carrément perturbés, les autres servant cyniquement des intérêts matériels les plus divers.

      L’accusation « islamo-gauchiste » en rappelle d’autres dans l’histoire de France. Avant nous, Jaurès fut accusé d’être « le parti de l’Allemagne » puis les communistes d’être des « judéo-bolchéviques ». Le cas le plus récent d’usage de cette méthode est le fameux « Maccarthysme américain ». Son histoire est comparable à ce que nous avons sous les yeux. Au début de la guerre, l’opinion dominante dans les médias nord-américains et dans la sphère politique était le refus absolu de se mêler de la guerre en Europe. C’est un groupe d’acteur à Hollywood qui déclencha l’alerte contre le nazisme et l’antisémitisme. Au lendemain de la guerre, ces lanceurs d’alerte furent les premiers dans le collimateur des anti-communistes. Diabolique « argument » : leur vigilance prémonitoire aurait été la preuve du fait qu’ils auraient été sous influence communiste avant-guerre. À partir de là et jusqu’aux années 60, une répression récurrente s’abattit sur tout ce qui contestait le système aux USA quel que soit le motif. Une commission contre les activités « anti-américaines » pourchassait de tous côtés. Journalistes à gage, patrons des firmes de télé ou de cinéma bras dessus bras dessous faisaient la chasse à toute résistance. Comme on le devine, une telle aberration ne pouvait être servie, comme aujourd’hui, que par les individus les plus vils ou les moins talentueux, prêts, contre avantage, à renoncer à toute dignité personnelle en s’abandonnant à une chasse aux sorcières de cette nature. Nous y sommes en France. Quand une Saint-Cricq glapit ses ordres au plateau de journalistes dans une régie ou elle se croit en présence d’esclaves sans cerveaux et sans oreilles : « Vous êtes trop gentils ! allez maintenant on tape : les Tchétchènes ! les Tchétchènes ! » pour provoquer une agression contre l’invité insoumise, on a une idée et une caricature du pire de ce dont ce genre de « journaliste » est capable. En fait, c’est la même insulte à chaque fois : la gauche conspirerait avec l’ennemi extérieur et intérieur contre la France. Ce qui change, c’est simplement le fantasme raciste du moment qui doit être accolé au mot politique. Hier les juifs et les communistes, aujourd’hui les musulmans et les Insoumis.

      Que Marine Le Pen utilise l’expression n’a donc rien d’étonnant. Elle le fait d’ailleurs de longue date. Les unes de Valeurs Actuelles ne sont pas plus surprenantes. Tout cela est conforme à ce qu’ils ont toujours été dans l’histoire. Mais c’est aussi devenu le cri de ralliement contre nous de la petite bourgeoisie bon teint. Ce fut d’abord installé dans le paysage par les éléments les plus réactionnaires du quinquennat Hollande : Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Puis, par les ministres les plus droitiers du gouvernement : Jean-Michel Blanquer et Gérald Darmanin. Plusieurs médias ont aussi participé avec entrain à cette manœuvre pour placer une cible dans le dos des anti-racistes. L’hebdomadaire Marianne évidemment. Mais pas seulement. Là encore, ce n’est pas sans précédent dans l’histoire médiatique de notre pays. Il suffit de consulter l’ampleur de la liste des médias confisqué à la Libération pour avoir une idée de la dégringolade morale qui l’avait précédé. Puis ce fut le tour des partis. Encerclé par la hargne de petits groupes s’instituant garde barrières morales comme le « printemps républicain » et d’autres, l’assaut sur la gauche traditionnelle a rapporté gros. Notamment au PS dirigé par un personnage très ambigu sur toutes les questions fondamentales du socialisme historique.

      Cette aile du parti socialiste, la plus proche de Macron, en attente de passerelle de ralliement complet, a très bien perçu le signal venu du pouvoir. À l’approche de l’élection présidentielle, elle s’en fait le relai car c’est pour elle le meilleur moyen de raccrocher les wagons avec la macronie. On comprend qu’il leur faille d’abord se rendre fréquentable. C’est pourquoi le mot même de socialiste dans le nom du parti ou la référence à la période d’alliance avec les communistes doivent être passé par-dessus bord. C’est la stratégie d’Olivier Faure, dont il ne faut jamais oublier qu’en 2017, il disait « nous voulons la réussite de Macron. Nous souhaitons participer à cette majorité ». Dans Libération, le 3 décembre dernier, il parle de moi comme le ferait un député marcheur lisant ses éléments de langage : « Jean-Luc Mélenchon s’égare (…) Il est dans un registre glissant. Pour moi ça n’est pas possible. Donc je réaffirme notre attachement aux valeurs républicaines ». Puis, à propos de la marche du 10 novembre 2019 en réaction à l’attentat contre la mosquée de Bayonne : « la gauche ne pouvait pas défiler sous des mots d’ordre en contradiction avec nos valeurs ». Bien sûr, il ne précise pas lesquels. Ni pourquoi je serais sur un « terrain glissant ». Il en va de même un peu partout dans les chaînes audiovisuelles du gouvernement où les amis ouverts ou secrets du régime macroniste, en quête de stabilité pour leur poste ou parce qu’ils visent celui du voisin, font du zèle dans ce sens. En fait, ils dessinent les contours d’un bloc politique dont les condiments essentiels sont déjà fixés. Politique de l’offre, libre échange sans limite, Europe des traités, écologie de marché, union nationale sur la base de la discrimination religieuse.

      Oui, il est décidément important pour cette partie du PS de fabriquer de toute pièce un clivage avec les insoumis. Dans un premier temps, cela leur permet de justifier de l’intérêt de leur propre candidature à l’élection présidentielle. C’est plus confortable d’inventer des ambiguïtés plutôt que d’expliquer leur désaccord sur le passage à la sixième République, la retraite à 60 ans ou la sortie des traités européens. Car sur tous ces sujets, ils ont perdu leur hégémonie d’autrefois parce que la société a changé d’angle de vision. La deuxième raison est la préparation d’un éventuel barrage anti-insoumis. Ils ne peuvent ignorer que tous les sondages nous placent en troisième position. Et en tête de la gauche. Nous sommes à cette heure les mieux placés pour briser le duo Macron – Le Pen. En cas de réussite, il faudra bien trouver une autre raison de voter Macron que le péril fasciste. Ce sera donc le « barrage aux islamo-gauchistes ». Par-dessus tout pour eux comme pour tant d’autres il s’agit d’écarter le retour au cauchemar de 2017 : le risque d’un second tour des présidentielles auquel participerait l’abominable homme des neiges, Jean-Luc Mélenchon.

      Le PS de Faure va donc de plus en plus ne parler que de laïcité. Bien sûr, il s’agit de stigmatiser les musulmans. Mais dans cette opération, comme d’autres ils ont beaucoup à perdre. Contrairement à ce que certains journalistes racontent, ceux qui sont gênés, divisés ou « pas clairs » sur ce sujet, ce sont les dirigeants socialistes, pas les insoumis ! Car il leur faudra assumer les bilans et héritages. Et la masse des socialistes ne partagent pas l’ambiguïté de ses dirigeants. Le bilan de Hollande n’est pas bon. Les milieux militants laïques se souviennent de son recul face aux militants de l’enseignement religieux en Alsace-Moselle. Il avait promis de rendre cet enseignement, qui existe dans toutes les écoles primaires de ce département, réellement facultatif dans tous les établissements, avant de reculer. Pendant sa campagne de 2012, il avait même proposé d’inscrire le régime concordataire dans la Constitution !

      Faure en est l’héritier direct puisqu’il était à l’époque président du groupe à l’Assemblée nationale. D’ailleurs, Olivier Faure s’est déjà pris une volée de bois vert de la part des élus socialistes pour avoir évoqué la suppression du concordat en bureau national. Plusieurs élus de Moselle lui ont écrit un courrier pour dénoncer cette prise de position. « Sur la forme, nous tenons à noter qu’aucun de nous, responsables fédéraux ou élus locaux, n’a été associé à cette démarche ou consulté sur sa pertinence », écrivent plusieurs élus PS de Moselle et d’Alsace, soucieux de se mettre à très grande distance de l’idée laïque. Parmi eux : Pernelle Richardot, présidente du groupe socialiste de la région Grand-Est, Michael Weber, Maire de Wœlfling-lès-Sarreguemines, Antoine Home, Maire de Wittenheim dans le Haut-Rhin, Catherine Trautmann, ancienne ministre et maire de Strasbourg, Jean-Marc Todeschini, sénateur de Moselle ou encore Michel Liebgott, Maire de Fameck pour le compte des maires socialistes et républicains de Moselle. On voit où est le « terrain glissant » et pour qui.

      Anne Hidalgo, candidate la mieux placée au PS, s’est très vite inscrite dans ce registre d’accusation ce qui est le meilleur révélateur de ses intentions. Il est notable que son attaque fut lancée le jour où elle apporta son soutien à la loi macroniste « sécurité globale ». J’ai montré dans une précédente note ce qu’il en était réellement de son bilan en matière de laïcité à la tête de la mairie de Paris. Il y aura donc bientôt une compétition au PS pour paraitre toujours plus antimusulmans. Manuel Valls souffle donc sur des braises déjà bien chaudes. Mais ils s’exposent à un haut le cœur de la tradition socialiste. Ainsi, écœuré, le socialiste marseillais Patrick Menucci s’est hâté de prendre ses distances avec l’interview de Faure dans Libération. Celle-ci est en effet d’un grossier déterminisme social très insultant pour les personnes en situation de détresse économique. « Je ne souhaite pas qu’en mon nom, on explique la radicalisation islamiste et le terrorisme par le chômage structurel et la pauvreté » a-t-il tweeté immédiatement. En mettant le doigt dans cet engrenage, Olivier Faure se condamne à la rupture avec la tradition socialiste historique et a un alignement sur les plus extrémistes de son camp. Et ceux-là ne veulent pas que l’on se paye de mots : le discours sur la laïcité est dirigé contre les musulmans et rien d’autre. Cette pente a déjà un précédent dans l’histoire du mouvement socialiste. C’est celle que prit Marcel Déat avant-guerre qui, sous prétexte d’attachement à l’ordre et de dénonciation des « métèques », finit dans l’extrême droite.

      Pour nous, la partie est simple à jouer. Résistance sans faille. Nous sommes clairs. Nous n’avons aucun problème pour dénoncer le ciblage exclusif contre l’islam et des musulmans. En toutes circonstances, nous défendons la paix civile et l’unité du peuple en France. La laïcité n’est pas un sujet de débat chez nous, ni une découverte. Nous avons des propositions ancrées pour étendre ce principe émancipateur. Il suffit de les mettre sur la table pour différencier les véritables laïcs des tartuffes anti-musulmans. Nous le ferons sans faiblir jour après jour autant qu’il le faudra. Et nous rallieront à nous tous ceux qui progressivement vont savoir reconnaitre où est le camp de la paix civile.

      J’en ai fait l’expérience récemment lors d’un débat à l’Assemblée nationale. Il s’agissait d’une niche du groupe Les Républicains. À l’ordre du jour, une proposition de loi constitutionnelle qui prétendait inscrire dans la Constitution des dispositions qu’elle consacre déjà comme le fait que « nul individu ou nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour s’exonérer du respect de la règle commune ». L’intérêt juridique était nul puisque tout ceci est déjà dit dans des termes très clairs par la Constitution ou la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Le but était encore une fois d’exciter la peur de l’islam. Après avoir dénoncé cette honteuse stigmatisation, j’ai défendu plusieurs amendements comme l’abolition du concordat d’Alsace-Moselle et le statut de Charles X ou l’interdiction pour le Président de la République de recevoir un titre clérical comme celui de « Chanoine de Latran ». Les ambitions laïques des députés LR furent tout de suite plus discrètes. Mais ni Olivier Faure, ni aucun autre député socialiste n’a souhaité défendre à mes côtés ces revendications élémentaires de la laïcité. Défendre la laïcité avec Mélenchon, pourquoi cela est-il impossible ? On voit dans cette situation une illustration de ce que produit la ligne qui nous assigne à résidence « contre la République » selon la rhétorique de Faure. On voit quel est le coût de l’insupportable campagne sur l’islamo-gauchisme. Une pure et simple division sans objet des forces pourtant disponibles comme elles l’étaient déjà dans cet hémicycle.

      https://melenchon.fr/2020/12/07/la-semaine-brut-macron-annonce-quil-sen-ira

  • Du bon usage des barbelés - Les mots sont importants (lmsi.net)
    https://lmsi.net/Du-bon-usage-des-barbeles

    Dans L’Homme qui n’a pas d’étoile, de King Vidor, il y a cette scène où un éleveur de bétail conseille au cow-boy solitaire joué par Kirk Douglas d’utiliser du fil de fer barbelé. En entendant ce mot, le héros se raidit, ses traits se durcissent. « Qu’est-ce qui ne va pas ? », demande l’éleveur. Et Kirk de lui répondre sèchement : « Je n’aime pas ça, ni celui qui s’en sert. »

    On repensait à cette réplique, l’autre jour, en voyant les images de soldats américains en train de dérouler sur les rives du Rio Grande des kilomètres de bobines de barbelé concertina – variante autrement plus redoutable, avec ses lames de rasoir conçues pour trancher jusqu’à l’os, que le gros barbelé à pointes inventé en 1874 par un fermier prospère de l’Illinois [1].

    C’est le même modèle qui borde la rocade menant au port de Calais, où il couronne un tentaculaire lacis de clôtures et de détecteurs à rayonnement infra-rouge. Dans le Pas-de-Calais, sa fonction consiste à stopper les saute-frontière et, s’ils insistent, à leur infliger des lacérations que les médecins sur place comparent à des blessures de guerre.

    Aux Etats-Unis, l’actuelle débauche de barbelés visait la « caravane des migrants », cette marche d’environ cinq mille personnes parties du Honduras début octobre à la recherche d’une meilleure vie dans le Premier monde. Les trimardeurs et les grandes voyageuses n’avaient pas encore atteint Mexico, à mille bornes du point frontière nord-américain le plus proche, que déjà Donald Trump dépêchait ses troupes à leur rencontre en annonçant, la bave littéralement aux lèvres, qu’elles avaient l’ordre de tirer dans le tas au premier jet de pierre – comme à Gaza, mais au Texas.

    #frontière #migration #gauche #lordon #rufin

  • Libertés, casse et communication politique
    à quoi joue la coordination contre la sécurité globale ?
    https://lundi.am/Libertes-casse-et-communication-politique

    Nous avons reçu plusieurs témoignages concernant la première marche des libertés qui s’est tenue ce samedi. Pèle-mèle ils pointaient les retournements de veste d’une partie de la gauche (aujourd’hui à l’unisson sur la question de la loi), s’offusquaient des discours de dissociation qui ont accompagné les affrontements de fin de parcours, ou pointaient l’absence de recul critique quant aux pratiques mises en oeuvres (de la casse au « smartphone levé »). Le texte que nous avons choisi a à la fois le mérite de traiter de l’ensemble de ces sujets, et de ne pas partir de la marche parisienne qui a concentré toutes les attentions. Plus qu’une critique d’un communiqué que l’on pourrait juger anecdotique il faut le voir comme une amorce de réflexion sur les stratégies de luttes et de divisions.

    Nous avons battu le pavé contre la loi liberticide dite de sécurité globale. Ce samedi de manifestation, qui était aussi celui de la réouverture des commerces, s’est déroulé dans la capitale des Gaules sous un soleil radieux !

    Désolé : on s’abaisse au même niveau de poncifs que le communiqué dont on va discuter.

    Nous avons manifesté donc, et constaté, avec joie, que l’inattendu mouvement contre une loi sécuritaire prenait de l’ampleur. C’est rare. Et c’est rare de se dire que la rue pourrait, si ce n’est gagner, au moins arracher enfin un bout d’honneur perdu.

    "Rentrer" de manif aujourd’hui c’est souvent rentrer dans un autre espace-temps, celui des réseaux sociaux et leurs folies post-manifestation. Cette fois, en plus des stratégies de com’ gouvernementales et de la tentative d’exister d’une extrême-droite plutôt aphone ces derniers jours, il y avait quelques autres raisons d’être dégouté. On pourrait parler de tel « photographe de terrain », qui sans une once de recul critique ou d’intelligence, met sur le même plan « casseurs » et BRAV parce que tous deux l’empêcheraient de filmer. Ou de l’ancien journaliste du JDD et créateur de Loopsider, qui tombe dans le piège pourtant grossier tendu par un syndicat de police visant à mettre sur le même plan les bastons entre CRS et manifestants et le tabassage de Michel Zecler. Surtout, il y eut, posté par David Dufresne sur Twitter, le "communiqué des organisateurs".

    Ce fameux communiqué [1] publié par la coordination [2] évoque notamment la manifestation où nous étions : celle de Lyon, pour en dénoncer "fermement", les "violences".

    Revenant de manifester, d’avoir inhalé notre dose de gaz, comme on en a l’habitude à Lyon depuis au moins 4 ans (d’ailleurs n’était-ce pas aussi contre ça que l’on était dans la rue ?), quelle joie de nous voir ainsi condamnés "fermement" (par extension). Naïvement, puisque ce sont nos corps, nos voix, que l’on avait mis en mouvement ce samedi, on pensait que c’était un peu notre manif. Des proprios se ramènent avec un acte notarié : ils condamnent .

    #loi_de_sécurité_globale #maintien_de_l'ordre #journalisme

    • Précision : après quelques remarques, David Dufresne a retiré le communiqué le soir même de son fil. J’ai pas la ref sous le coude car mon twitter est down pour la seconde soirée d’affilée mais j’ai pu le constater de mes yeux-vu. Et le communiqué a surtout été propulsé par le SNJ-CGT (et très peu relayé tant il était gênant)

    • MANIFESTATION À PARIS CE SAMEDI 12 DÉCEMBRE : LA COORDINATION STOP LOI SÉCURITÉ GLOBALE S’ABSTIENT
      https://www.sortiraparis.com/actualites/a-paris/articles/238012-manifestation-a-paris-ce-samedi-12-decembre-la-coordination-sto

      La coordination Stop Loi Sécurité Globale « n’organisera pas de mobilisation ce samedi 12 décembre à Paris ». Tel est le message communiqué ce mercredi 9 décembre par la coordination qui regroupe syndicats et organisations opposées aux lois relatives à la « sécurité globale » et sur les « Séparatismes ». Les entités enjoignent aux sympathisants de continuer la mobilisation « sur tout le territoire national », mais pas à Paris.

      C’est la première fois que ces associations et collectifs décident de ne pas battre le pavé dans la capitale pour protester contre des projets de loi qu’ils considèrent comme « liberticides ». Après avoir réuni « des centaines de milliers de personnes dans plus de 100 villes en France pour dénoncer une dérive sécuritaire très inquiétante » comme ils le soulignent dans leur communiqué, ses responsables considèrent que « les conditions de sécurité des manifestants et manifestantes ne sont pas assurées ». C’est pourquoi la coordination « n’organisera pas de mobilisation ce samedi 12 décembre à Paris ».

      Monsieur Mélenchon sur touiteur
      https://twitter.com/JLMelenchon/status/1337382503427043331

      Je soutiens la décision du collectif #StopLoiSecuriteGlobale d’annuler la marche de samedi à Paris. L’insécurité créée par #Lallement, Alliance et Black Bloc ne permet plus de manifester paisiblement. Les ennemis de la liberté et Macron marquent un point.

      La semaine dernière, ce n’est pas seulement David Dufresne qui a dépublié le communiqué hostile à une partie des manifestants et à certaines pratiques dont il est question plus haut mais bien l’ensemble de ses auteurs (la « coordination » contre la loi sécurité globale, un cartel d’organisations et des individualités, dont de nombreux #journalistes).

      #gauche (et maladroit) #manifestation

    • Face aux atteintes à la liberté d’informer, et l’instauration d’une surveillance de masse, des mobilisations sont prévues le 12 décembre dans toute la France. Voici la carte des rassemblements prévus et le communiqué de la coordination
      « StopLoiSecuriteGlobale », dont Basta ! est membre.
      https://www.bastamag.net/carte-des-rassemblements-contre-la-loi-securite-globale-StopLoiSecuriteGlo
      Stop Loi Sécurité Globale
      https://stoploisecuriteglobale.fr

    • La coordination « StopLoiSecuriteGlobale » est composée de syndicats, sociétés, collectifs, associations de journalistes et de réalisateurs.trices, confédérations syndicales, associations, organisations de défense de droits humains, comités de familles de victimes, de collectifs de quartiers populaires, d’exilés, de Gilets jaunes. [...]

      Après la manifestation parisienne du 5 décembre, et du fait de la stratégie de la terre brûlée mise en place par la préfecture de police, la coordination #StopLoiSecuriteGlobale considère que les conditions de sécurité des manifestants et manifestantes ne sont pas assurées et n’organisera pas de mobilisation ce samedi 12 décembre à Paris. [...]

      La coordination exige d’être reçue dans les plus brefs délais par le président de la République(...)

      Cette fois on évite de dénoncer « le black bloc », les manifestants, comme c’est poli ! Postures bureaucratiques et éthique bourgeoise unies toutes ensemble dans une hypocrisie neuneu sans autre objectif que de se montrer respectables et vertueuses. La honte.
      Ces orgas et ces gens se refusent à assumer la protection des manifestants qui seront là demain, avec les manifestants eux-mêmes... tout en se déclarant désireuses de négocier. On croit rêver....
      Pour clore 68, il avait fallu d’abord que la CGT s’aligne un tant soit peu sur les grévistes, les salons du Grenelle gaulliste ne viennent qu’ensuite. Le conservateur patron de FO Bergeron a dit pendant des décennies au pouvoir « écoutez-moi sinon ça va péter ». Mais sur ce coup, alors qu’y compris un point de vue instrumental imposerait à nos dignes représentants de prendre appuis sur ce grand nombre qu’ils prétendent représenter, on lâche les manifestants avant même la première lacrymo, la première arrestation.

      #sans_vergogne

  • Wirtschaft – mitbestimmt! - Fraktion DIE LINKE. im Bundestag - 20. November 2020, 15:00 - 17:00
    https://www.linksfraktion.de/termine/detail/wirtschaft-mitbestimmt

    https://www.youtube.com/watch?v=iLzDgEDkP_M&feature=youtu.be

    Wirtschaftliche Mitbestimmung in Zeiten der großen Umbrüche der Arbeitswelt

    Online-Veranstaltung für Betriebs- und Personalräte sowie weitere aktive Gewerkschafterinnen und Gewerkschafter

    Angesichts des aktuellen Infektionsgeschehens müssen wir unsere Betriebsrätekonferenz in eine Online-Veranstaltung umwandeln.
    Wir hoffen auf rege Beteiligung an unserem interaktiven Format, da euer Input unser politisches Handeln begleiten und leiten soll.

    Die Konferenz wird auf dem YouTube-Kanal der Fraktion DIE LINKE. im Bundestag live im Stream zu sehen sein.
    Die Freistellungen nach BetrVG und BPersVG gelten auch hier!

    Die vor uns liegenden Umbrüche in der Arbeitswelt müssen vorausschauend und sozial verantwortungsvoll gestaltet werden. Gerade deshalb müssen Betriebsräte und Gewerkschaften bei den anstehenden wirtschaftlichen Entscheidungen wirksam mitbestimmen können.
    Die bestehenden Instrumente reichen bei weitem nicht aus, um eine umfassende und demokratische Mitbestimmung in Betrieben und Unternehmen sicherzustellen, und sie werden schon jetzt in immer mehr Unternehmen unterlaufen.

    Wir möchten in den Gesprächen mit euch erfahren und gemeinsam diskutieren, welche Veränderungen es an welchen Stellen geben muss, um die wirtschaftliche Mitbestimmung zu stärken und auszuweiten. Anschließend wollen wir eure Anregungen und Forderungen als Fraktion DIE LINKE. im Bundestag durch parlamentarische Initiativen einer breiten Öffentlichkeit zur Debatte stellen.

    Um den für uns wichtigen Austausch mit euch zu gewährleisten, habt ihr zwei Möglichkeiten:

    1. Schickt uns bis zum 17. November per e-mail eure Erfahrungen mit der wirtschaftlichen Mitbestimmung, v.a. in Bezug auf folgende Fragen:
    a. Wo stoßt ihr in der wirtschaftlichen Mitbestimmung an Grenzen? Wo seht ihr Handlungsbedarf, um die Interessen der Beschäftigten besser durchsetzen zu können?
    b. Welche Strategien werden von den Kapitaleignern bei euch angewendet, um wirtschaftliche Mitbestimmung zu umgehen?
    c. Welche (gesetzlichen) Veränderungen wären für eure Arbeit/für euch notwendig?

    2. Während des Streams habt ihr die Möglichkeit, Fragen zu stellen oder über eure Erfahrungen über die Kommentarfunktion bei YouTube zu schreiben.

    Dazu müsst ihr euch mit eurem Google-Account bei YouTube anmelden. Eure Fragen und Kommentare wollen wir dann live in die Diskussion mit einfließen lassen. Alle weiteren Kommentare sollen in unsere weitere Arbeit einfließen.

    PROGRAMM

    15.00 Uhr Eröffnung

    Pascal Meiser, MdB, Gewerkschaftspolitischer Sprecher der Bundestagsfraktion

    15.03 Uhr Video-Grußwort

    Amira Mohamed Ali, Fraktionsvorsitzende

    15.05 Uhr Die Mitbestimmungs-Profis – zwischen Unternehmenskontrolle und zukunftsorientierter Mitgestaltung

    – Christine Seemann, Betriebsrätin der Salzgitter Flachstahl GmbH und Mitglied im Aufsichtsrat der Salzgitter AG
    – Silvia Habekost. Krankenschwester, Klinikum im Friedrichshain und Mitglied im Aufsichtsrat bei Vivantes
    – Moderation: Pascal Meiser

    15.55 Uhr Umbaupause

    16.00 Uhr Gemeinsam für eine wirtschaftliche Mitbestimmungsoffensive? Mitbestimmung als Teil der Demokratisierung der Gesellschaft

    – Wolfgang Lemb, geschäftsführendes Vorstandsmitglied der IG Metall
    – Frank Werneke, Vorsitzender ver.di
    – Moderation: Susanne Ferschl, MdB, Stellvertretende Fraktionsvorsitzende

    16.55 Uhr Ausblick: Mitbestimmt statt Fremdbestimmt. Perspektiven Linker Wirtschaftsdemokratie

    – Pascal Meiser und Susanne Ferschl

    Die Freistellung ist nach §37 Abs. 7 BetrVG (II B 24 – 4413 S -35/20) sowie § 46 Abs. 7 BPersVG (FBF-3552/2020-149) zu gewähren.

    Über eine Anmeldung mit Angabe der Funktion über untenstehendes Formular oder per E-Mail an veranstaltung@linksfraktion.de mit dem Betreff »BRK« würden wir uns freuen.

    Anwesende MdB:
    Amira Mohamed Ali, Pascal Meiser, Susanne Ferschl

    #Allemagne #politique #travail #syndicalisme #comités_d_entreprise #gauche

  • Valeurs de droite et de #gauche
    https://laviedesidees.fr/Valeurs-de-droite-et-de-gauche.html

    À propos de : Janine Mossuz-Lavau, Le clivage Droite Gauche : toute une histoire, Paris, Presses de Sciences Po. En mal d’incarnation partisane, le clivage droite-gauche n’en demeure pas moins au cœur des représentations des Françaises et Français. Sur la base de grandes enquêtes et de sondages, un ouvrage revient sur les valeurs constitutives de la gauche et de la droite en France.

    #Politique #partis_politiques #valeur
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20201116_droitegauche.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20201116_droitegauche.docx

  • Le parti des communistes. Extrait du livre de Julian Mischi – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/parti-communiste-histoire-anticapitalisme-gauche-classes-populaires-misc

    #parti
    #Parti_communiste #gauche #PCF #classes_populaires
    #99% #1% #élites_sociales.

    Le mouvement communiste a constitué en cela une entreprise inédite de subversion des règles du jeu politique. Il a remis en question pendant un temps les logiques sociales qui excluent les classes populaires de la scène politique française. Cependant, les inégalités sociales du champ politique ont été reproduites en partie au sein du PCF, à l’image de la distance entre des permanents pris dans les logiques d’appareil et des groupes populaires au nom desquels ils prenaient la parole. Par ailleurs, les hiérarchies sociales et scolaires internes aux classes populaires se sont répercutées dans le parti par la relégation des travailleurs les moins qualifiés, des femmes ou encore des immigrés aux échelons de base de l’organisation. Malgré tout, dans leur globalité, les cellules communistes ont constitué un creuset politique exceptionnel de rencontres sociales, faisant se côtoyer, selon les lieux, ouvriers d’usine, enseignants, femmes au foyer, ingénieurs, paysans, universitaires, employées de bureau, techniciens, etc.

    [...]

    Si les contraintes organisationnelles ont été utilisées selon des logiques sectaires, elles visaient avant tout, dans leur conception initiale, à contrôler les élus et les dirigeants prompts, du fait de leur fonction et de leurs origines sociales, à personnaliser leur action et à s’affranchir des préoccupations de la base militante. Or le rejet du mode de fonctionnement stalinien du PCF dans les années 1990-2000 n’a guère pris en compte l’exclusion politique des classes populaires, l’essentiel étant alors de trouver des moyens de renouveler l’appareil en puisant dans les forces maintenues (élus, militants établis issus de familles communistes) et de rénover l’image publique du parti en mettant à distance son passé ouvriériste afin de contenir le déclin électoral.

    [...]

    Le défi est important car la marginalisation politique des classes populaires s’est accentuée depuis les années 1980, en même temps que les inégalités sociales. Les problèmes au cœur des motivations des militants du mouvement communiste sont loin de s’être dissipés par le jeu du marché et l’extension de la démocratie parlementaire. Le capitalisme s’est renforcé à travers une financiarisation et une internationalisation plus poussées des économies, appuyées sur les démocraties libérales. Les États agissent le plus souvent comme des auxiliaires des intérêts des entreprises multinationales dans un contexte de disparition de l’adversaire communiste et d’un discours libéral sur la « fin de l’Histoire ». La victoire sur le communisme suite à l’effondrement de l’URSS s’est accompagnée d’une dilution des perspectives politiques face à un système économique présenté comme une réalité indépassable et indissociable d’une démocratie moderne. À l’inverse, le communisme est réduit au totalitarisme, assimilé à une forme de fascisme, selon une opposition binaire qui permet de légitimer la démocratie libérale et d’éviter de s’interroger sur ses mécanismes de domination politique et l’impact de la marchandisation généralisée sur les populations et sur l’environnement. La faillite du socialisme autoritaire de type soviétique, avec son économie centralisée et ses dysfonctionnements bureaucratiques, sources de pénuries chroniques, a jeté le doute sur l’idée de propriété sociale des moyens de production et les politiques de planification. Mais – pour ne prendre qu’un exemple –, à l’heure de l’urgence climatique, peut-on rejeter d’emblée toute idée de planification économique ?

    Les significations attribuées au mot « communiste » demeurent plus que jamais diverses. Il renvoie à une histoire tragique pour les peuples et les communistes eux-mêmes. Il est même associé, avec le cas de la Chine, à un acteur central de la mondialisation capitaliste. Mais il reste aussi, pour beaucoup de celles et ceux qui le revendiquent, lié à l’idée d’une alternative au capitalisme, qui vise à l’égalité sociale et à l’établissement d’un pouvoir politique effectivement exercé par le plus grand nombre, non monopolisé par les élites sociales.

  • Zwischen Überwachungskapitalismus und Gemeinwohlorientierung – Linke Perspektiven auf Künstliche Intelligenz - Fraktion DIE LINKE. im Bundestag
    https://www.linksfraktion.de/termine/detail/zwischen-ueberwachungskapitalismus-und-gemeinwohlorientierung-linke-pe


    On a appris dans cet entretien que les députés du parti de gauche sont les seuls qui posent la question des conséquences de l’utilisation de l’intelligence artificille pour la vie et les conditions de travail de la majorité des citoyens. Les députés des autres partis ne voient le sujet que sous l’angle de la concurrence interntionale et de la place de l’Allemagne capitaliste sur les marchés globalisés.

    Die Linke propose de réglementer l’emploi des technologies en relation avec l’AI en les classant dans des catégories de dangerosité. La catégorie la moins dangereuse autoriserait l’utilisation sans limites d’une technologie alors que son classement dans la catégorie la plus élevée signifierait son interdiction. Cette catégorie devrait comprendre les technologies de guerre et de reconnaissance faciale dans les lieux publiques.

    Fachgespräch, 12. November 2020

    Künstliche Intelligenz ist keine Zukunftstechnologie, sondern sie ist bereits präsenter in verschiedenen Bereichen des alltäglichen Lebens, als vielen bewusst ist. Dennoch beginnen erst jetzt gezielte Regulierungsprozesse. Die Enquete-Kommission Künstliche Intelligenz (KI) hat im Oktober 2020 ihre Empfehlungen an den Deutschen Bundestag übergeben. Die historische Chance, das Potenzial von KI als Beitrag zur Gestaltung einer sozial-ökologischen Transformation zu untersuchen, wurde von der Kommission dabei verschenkt, das Prinzip „Der Mensch steht im Mittelpunkt“ erwies sich als Feigenblatt. Die Fraktion DIE LINKE. im Bundestag erarbeitet aktuell eigene Positionen zu KI, die in Anbetracht der schnelllebigen Entwicklung in diesem Feld immer nur ein aktueller Diskussionsstand sein können.

    Da auch die Ideen, Wünsche, Sorgen und Hoffnungen der Bürgerinnen und Bürger in der Kommission trotz unseres intensiven Vorantreibens zu kurz gekommen sind, möchten wir nun mit dieser Veranstaltung die Zivilgesellschaft zu Wort kommen lassen. Abgeordnete und Sachverständige der Fraktion DIE LINKE, die an der Enquete-Kommission KI teilgenommen haben, werden daraus berichten. Im Anschluss haben Sie die Möglichkeit, Anregungen zu geben und Fragen zu stellen. Wir laden Sie herzlich ein, mit uns über linke Perspektiven auf Künstliche Intelligenz zu diskutieren.

    Anwesende MdB:
    Petra Sitte, Jessica Tatti, Anke Domscheit-Berg

    #Allemagne #politique #gauche #intelligence_artificielle

  • Erklärung zum Austritt aus der Partei DIE LINKE. | inge-hannemann.de
    http://inge-hannemann.de/erklaerung-zum-austritt-aus-der-partei-die-linke


    Inge Hannemann explique pourquoi elle quitte le parti Die Linke . Son départ est la conséquence d’une politique qui s’intéresse surtout aux résultats des élections. Ce courant prétend que les chômeurs et ouvriers ne votent plus à gauche et qu’il faut alors tenir un discours mordenisé qui tourne autour de la diversité, des jeunes citadins, des universitaires et auto-entrepreneurs précaires, des femmes, des LGBT et personnes à l’identité diverse.

    Elle constate à mi-mots un mépris des fonctionnaires du parti pour les chômeurs et les pauvres et dénonce que les politiciennes et politiciens ne cherchent plus à mener des actions solidaires avec les personnes défavorisées.

    Inge Hannemann est connue parce qu’elle a mis en question le système Hartz IV avant d’être licenciée par le Jobcenter où elle défendait les intérêts des demandeurs d’aide au lieu de les mettre sous pression et de les faire rentrer dans le moule de l’oppression comme l’exigeaient ses supérieurs.

    Pendant son combat contre l’institution Hartz IV elle rejoignit le parti Die Linke qui lui paraissait comme son allié naturel. Là, après quelques années d’engagement au sein du parti elle constate que le monde de la politique officielle allemande n’a pas de place pour des personnes qui défendent sans compromis les intérêts des plus défavorisés.

    Lüneburg, 6. September 2020, Inge Hannemann

    Liebe Genoss*innen

    Mit diesem Schreiben möchte ich ein wenig meinen Austritt aus der Partei DIE LINKE. begründen. Es umfasst, schon aus Lesefreudigkeit, nicht alle politischen Themen, sondern Einzelpunkte aus Sicht kaum mehr berücksichtigten Gruppen durch DIE LINKE. und die Position der LINKEn. Das Schreiben hat auch nicht den Anspruch einer wissenschaftlichen Analyse, sondern stellt vielmehr ein persönliches Empfinden und für mich einen fast aussichtslosen politischen Kampf „für etwas“ durch meine Person dar.

    „Gib mir was, was ich wählen kann – Demokratie ohne Langzeitarbeitslose?“ titelt ein Buch der „Denkfabrik – Forum für Menschen am Rande Sozialunternehmen – Neue Arbeit gGmbH Stuttgart“.

    Es ist nichts neues, wenn ich schreibe, dass sich die soziale Ungleichheit auch im Wahlverhalten zeigt. Das Wahlverhalten schrumpfte unter dem Status „arbeitslos“ innerhalb der LINKE um über die Hälfte innerhalb der letzten 11 Jahre. Wählten mit der Zweitstimme bei den Bundestagswahlen 2009 noch 31 Prozent der „Arbeitslosen“ die LINKE., waren es 2013 zehn Prozent weniger (21 Prozent) und bei der letzten Bundestagswahl 2017 nur noch 15 Prozent. Das sind Zahlen, die uns als Partei DIE LINKE. eigentlich erschrecken sollte und gleichzeitig dazu motivieren müsste diese Gruppe primär erneut in den Blick zu nehmen.

    Das sehe ich kaum noch. Die Debatten, die ungleich ebenso wichtig sind, um Rassismus, Wohnen, Gender, Abtreibung oder das Sichern von Arbeitsplätzen nahmen in den letzten Jahren eine zunehmende Rolle bei den LINKEn ein.

    Dabei wird scheinbar nicht bemerkt, wer primär für die Sicherung von Arbeitsplätzen plädiert oder die Beratung auf Augenhöhe in den Jobcentern fordert, dass man selbst im System der Selbstausbeutung des prekären Arbeitsmarktes feststeckt. Und damit gleichzeitig den (Selbst)-Wert eines Menschen davon abhängig macht.

    Damit verschwindet die Frage nach der sozialen Gerechtigkeit immer mehr im Hintergrund. Es ist in meinen Augen nicht ausreichend, wenn 1x jährlich zwar ein Treffen der Aktivist*innen der Erwerbslosenszene und Verbände im Bundestag ausgerichtet wird, jedoch gleichzeitig der Fetischismus einer sozialen Teilhabe zwangsverbunden mit einer abhängigen Beschäftigung proklamiert wird.

    Eine linke Politik muss die Klassenfrage aller in den Vordergrund stellen – unabhängig des Status, der Bildung, der Religion, der Herkunft oder der Art einer Beschäftigung, bzw. Nicht-abhängige-Beschäftigung. Linke Politik strebt eine Gleichwertigkeit und Gleichheit aller Menschen an (bzw. sie geht davon aus) und möchte, dass alle Menschen gleiche Lebenschancen, Rechte und Freiheit haben. Sie muss sozial-ökonomisch kritisch sein und gleichzeitig das Kapital und den Kapitalismus kritisch betrachten. Weiterhin ist es die Aufgabe sich in Bündnissen fest zu verankern, um den in Teilen intransparente Kokon des Bundestags aufzubrechen.

    Es ist nicht ausreichend politische Verantwortung auf Bündnisse oder Sozialverbände abzugeben, um den eigentlichen Markenkern „Soziales“ selbst zu verringern. Linke Politik organisiert und mobilisiert. Es ist zu einfach den Eindruck zu erwecken, dass die Basis, je nach Aufstellung und Stärke der Kreis-, und Landesverbände, diese Arbeit übernimmt und mit Sitzen auf kommunaler Ebene vertritt. Es ist auch zu einfach zu sagen, dass sich ja jede/r politisch engagieren kann, um seine Punkte auf der politischen Ebene zu vertreten. Wenn es so wäre, dann würden die Parteien vor lauter Engagement aus allen Nähten platzen.

    Ich stelle fest, dass die Empathie gegenüber Menschen, die aus der Gesellschaft „draußen“ sind auch bei den Linken zunehmend verloren geht. Ja, sie sind nicht immer einfach (aber wer ist das schon). Es sind für mich inakzeptable Verhaltensweisen und Haltungen, wenn Forderungen in einem Klassismus enden: „Kinder, Frauen und Familien drohen die Verlierer der Corona-Krise zu werden“.

    Mag es links rüberkommen, wird auf die Weise suggeriert, dass alle anderen Gruppen, insbesondere die Erwerbslosen oder sonstige nicht abhängig Beschäftigten keine Verlierer*innen der Corona-Krise sind. Der Antrag auf einen Corona-Zuschlag für Erwerbslose im Bundestag wird somit negiert und hinterlässt eine Ausgrenzung der Gruppe der Sozialleistungsberechtigten.

    Und ich hier bei dem Punkt bin, dass gerade – nicht „konforme“ Gruppen – sich von den Linken im Stich gelassen fühlen. Ich habe keine Antworten mehr, wenn mich auf der Straße, wenn mich bundesweite Emails, Anrufe oder Nachrichten via Soziale Netzwerke erreichen, die nach dem verlorenen gegangen Engagement der Linken gegenüber Erwerbslosen, prekär Beschäftigten, Menschen mit Behinderung, Sozialleistungsberechtigten oder Erwerbsunfähigen suchen und fragen.

    Armut und Ausgrenzung sind nun mal keine Merkmale um sich lauter oder wirksamer wehren zu können. Arm sein, in Teilen vereinsamt in der Wohnung zu sitzen oder die physische und psychische Kraft verloren zu haben, gehen oftmals damit einher, sich nicht zu zeigen.

    Es geht hier auch nicht um Befindlichkeiten der von Armut Betroffenen und meiner Person. Es geht darum, dass ich mir die Frage stelle: „Ja, wo sind sie denn, DIE LINKE.?“ Eine Gleichwertigkeit und Gleichheit aller Menschen sehe ich hier nicht mehr. Und ein lautstarkes Einsetzen für diese Menschen durch DIE LINKE-, die diese Kräfte nicht mehr haben, leider ebenso wenig.

    Mir fehlen die physischen Kräfte für etwas zu kämpfen, wenn ich die politische Unterstützung nicht erhalte und stattdessen der Wunsch herangetragen wird, doch etwas leiser zu sein. Nein, das werde ich natürlich nicht tun – aber, es geht auch parteilos. Wenn Profilierungssucht oder Kompetenzgerangel Überhand nehmen, läuft etwas gewaltig schief. Dafür sind mir meine Mitmenschen zu wichtig, als mich diesen Auseinandersetzungen hinzugeben.

    Und wenn von Armut Betroffene nicht mehr bereit sind Kompromisse einzugehen, trage ich dieses mit. Es ist deren berechtigte Forderung gleichberechtigt gesehen und behandelt zu werden. Und es ist kein Demokratieunverständnis-, oder Unfähigkeit diese Forderungen einzufordern. Es ist ihr legitimer Anspruch gegenüber linker Politik.

    Solidarische Grüße

    Inge Hannemann

    #gauche #Allemagne #Hartz_IV #politique

  • L’islamo-gauchisme : comment (ne) naît (pas) une idéologie | Samuel Hayat
    https://www.nouvelobs.com/idees/20201027.OBS35262/l-islamo-gauchisme-comment-ne-nait-pas-une-ideologie.html

    TRIBUNE. Pour le chercheur en science politique Samuel Hayat, le concept d’islamo-gauchisme est « un épouvantail créé pour unir ceux et celles qui veulent stigmatiser les musulmans, s’opposer à la gauche et délégitimer les sciences sociale ». Source : L’Obs

    • Parler d’ #islamo-gauchisme à l’ "université permet alors de faire d’une pierre trois coups. D’abord, c’est jouer sur l’ #islamophobie ambiante pour amener les personnes les plus sensibles à ce discours à s’opposer à la gauche, et en particulier aux universitaires critiques. Deuxièmement, cela permet de donner des armes aux personnes de droite qui veulent avant tout attaquer la #gauche universitaire. Enfin, cela apporte de l’eau au moulin des personnes qui, de manière plus générale, sont contre l’université et participent à sa destruction, comme le ministre Blanquer, en présentant les chercheurs en #sciences_sociales comme des traîtres à la science, utilisant leur position pour défendre à la fois le #gauchisme et l’ #islamisme .

      si l’accusation d’islamo-gauchisme ne vise pas les musulman·es, c’est qu’ils et elles sont anormalement sous-représenté·es dans les partis, y compris d’extrême-gauche, et dans les universités, y compris les départements de sciences sociales, du fait de la #discrimination qui les frappe dans toute la société.

      L’accusation d’islamo-gauchisme est d’autant plus délirante qu’à la différence du communisme du siècle dernier, les universités et les partis politiques français sont largement fermés aux minorités racisées, musulmanes ou non.

      #Samuel_Hayat #Jean-Michel_Blanquer

  • L’écosocialisme du XXIe siècle doit-il s’inspirer de Keynes ou d’Orwell ?, 2020, Aurélien Berlan et Jacques Luzi
    https://sniadecki.wordpress.com/2020/10/20/berlan-luzi-ecosocialisme

    Pour surmonter l’effondrement économique et le désastre écologique en cours, vaut-il mieux « la décence commune » et « l’autonomie matérielle » d’Orwell ou le « machiavélisme économique » et la « délivrance technologique » de Keynes ?

    […]

    Ce texte a été écrit au mois de juin, à destination du Monde diplomatique. Face à tous les partisans d’un retour à Keynes (c’est-à-dire à la relance de l’économie par l’État, promue aujourd’hui notamment par le biais d’un Green New Deal), nous y analysons les présupposés de la position de Keynes (et de la vieille gauche socialiste), qui ressortent nettement d’un texte que le célèbre économiste avait écrit pendant la crise de 1929, et qui dessinait de mirifiques perspectives économiques pour ses petits enfants (nous), faites d’abondance pour tous et de fin du travail grâce à la technologie.

    Aujourd’hui, nous en sommes encore très loin, mais surtout, le désastre écologique nous fait comprendre que ce rêve était calamiteux et qu’il faut donc changer d’imaginaire, à gauche. En comparant les idées de Keynes avec celles de son compatriote et contemporain G. Orwell, nous avons essayé de lancer quelques pistes dans cette direction, tout en rappelant qu’il y avait déjà, il y a un siècle, d’autres manières d’imaginer le dépassement du capitalisme.

    Sans surprise, Le Monde diplomatique ne nous a même pas adressé un message de refus pour notre texte, certes malicieux. Comme quoi, la vieille gauche a encore du chemin à faire pour se libérer des ornières industrialistes dans lesquelles elle s’enfonce (et le monde avec elle) depuis un siècle, et prendre en compte les réalités de la vie sur Terre…

    #écosocialisme #Aurélien_Berlan #Jacques_Luzi #Keynes #Orwell #keynésianisme #gauche #solutionnisme #critique_techno #autonomie

  • Die Corona-Krise. Die Linke. Und die Sterblichkeit | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Die-Corona-Krise-Die-Linke-Und-die-Sterblichkeit-4906046.html

    20. September 2020 von Wolf Wetzel
    ...
    Wenn man an die Demonstrationen gegen die Corona-Maßnahmen denkt, dann betonen die Teilnehmer selbst die Vielfalt und die Verschiedenheit der Anliegen, der Motive und politischen Visionen, während die am Rand Stehenden vor allem die Neonazis, Reichsbürger und Identitären zählen … und den großen Rest bestenfalls für liebenswürdige Spinner halten.

    Wenn ich an die zahlreichen Bewegungen der letzten 40 Jahre zurückdenke (an die Friedensbewegung der 1980er Jahre, die Anti-Atom-Bewegung, die Startbahnbewegung am Frankfurter Flughafen) dann könnte man ähnliche Charakterisierungen - gerade am Anfang - vornehmen. Bewegungen schöpfen ihre Kraft und Attraktivität aus der Heterogenität und ihre Dynamik aus der Existenz dieser aufeinanderprallenden Widersprüche. Ich kann mich noch bestens an unsere sehr zurückhaltende Einstellung zu „Sitzblockaden“ vor US-Militärbasen erinnern, an die „Becarel-Inis“ als Antwort auf Tschernobyl 1987, an den weit verbreiteten und von uns belächelten Glauben, dass man „die Politiker“ nur mit unseren besseren Argumenten überzeugen müsse.

    Bei aller Häme und Kritik: Wir standen dabei nicht am Rand, sondern haben uns mit diesem Widerspruch eingemischt, anstatt das Homeoffice damit zu politisieren.
    ...
    Die Demonstranten gegen zahlreiche Corona-Maßnahmen wollen den Kapitalismus zurück, den sie vor dem Lock-down hatten, mit dem sie sich arrangiert haben. Ein Kapitalismus, der Freiheit denen gibt und gönnt, die sich das durch harte/viel Arbeit verdient haben. Möglicherweise drückt sich das in ganz vielen Slogans aus, die um das Wort „Freiheit“ kreisen, die man zurückhaben möchte, die man mit den Corona-Maßnahmen verloren hat.

    Das mag man für einen recht bescheidenen Protest halten - aber man muss ihn deshalb nicht mit einer neonazistischen Demonstration gleichsetzen. Wenn man fair und hoffnungsvoll ist, dann kann man die „Querdenker“ sowohl rechts- wie links-offen verorten. Und wer sich die Geschichte von Bewegungen anschaut, der weiß, dass dies in den allermeisten Bewegungen so der Fall war. Es sei nur daran erinnert, dass sehr viele „links-willigen“ Kommentatoren die "Gelbwesten"bewegung in Frankreich als eine rechte Gefahr bezeichnet haben und nun … ganz still geworden sind (erst recht, was ihre falsche Einschätzung angeht).
    ...
    Das Virus und der linke Konformismus

    Wenn Regierung und Regierungswillige zusammen die Corona-Maßnahmen summa summarum, die Suspendierung elementarer Grund- und Schutzrechte für angemessen halten, wenn „Antifaschist“ den Protest dagegen für den falschen halten und sich als politische Ordnungsmacht verstehen, nach Verboten rufen und zu Gegendemonstrationen aufrufen, dann gibt es keine Opposition mehr, sie hat sich aufgelöst. Dann sollte man sich auch nicht beklagen, dass die richtigen Parolen auf den falschen Demos gerufen und gezeigt werden.
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    Vielleicht war die parlamentarische Linke zu Beginn der Pandemie überfordert, als es darum ging, die Grundrechtseinschränkungen, die faktische Selbstentmachtung des Parlaments (gegen die Die Linke kein „Nein“ setzte, sondern sich der Stimme enthielt) einzuschätzen und zu qualifizieren. Aber sie hätte sehr wohl das Wissen zurate ziehen können, das es zu ähnlichen Ausnahmezuständen gibt, also zum Beispiel zu den Notstandgesetzes 1968, dem „Deutschen Herbst“ 1976/77 oder zu „9/11“ in Folge des Terroranschlages in den USA 2001. Wenn man diese Beispiele in Erinnerung ruft, dann hilft das enorm, die aktuelle Situation zu begreifen.

    #gauche #covid-19 #Allemagne

  • Belgrade-Paris : expériences de #gauche
    https://laviedesidees.fr/Belgrade-Paris-experiences-de-gauche.html

    À propos de : Frank Georgi, L’Autogestion en chantier. Les gauches françaises et le « modèle yougoslave » (1948-1981), Nancy, L’Arbre bleu.. Introduit en Yougoslavie en 1949, le principe de l’autogestion dans les entreprises a fasciné de larges pans de la gauche française jusqu’à la fin des années 1970. Cet enthousiasme, nourri par des échanges et des voyages, n’a pas résisté à l’étatisme et au centralisme français.

    #Histoire #autogestion
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200924_georgiautogestion.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200924_georgiautogestion.pdf

  • Inge Hannemann: »Ich bleibe aktiv«
    https://www.neues-deutschland.de/artikel/1141549.inge-hannemann-ich-bleibe-aktiv.html

    08.09.2020 von Markus Drescher - Inge Hannemann über ihren Austritt aus der Linkspartei

    Die damalige Arbeitsvermittlerin Inge Hannemann wurde als »Hartz-IV-Rebellin« einer breiten Öffentlichkeit bekannt. Sie kritisierte vehement die Sanktionspraxis in den Jobcentern. Im Jahr 2015 erschien ihr Buch »Die Hartz IV Diktatur. Eine Arbeitsvermittlerin klagt an.« Von 2015 bis zu ihrem krankheitsbedingten Ausscheiden 2017 saß Hannemann für die Linke in der Hamburger Bürgerschaft. Heute lebt sie in Lüneburg.

    Sie haben am Dienstag Ihren Austritt aus der Linkspartei öffentlich gemacht. Was hat Sie dazu bewogen, die Partei zu verlassen?

    Ich möchte zuerst betonen, dass dieser Schritt nicht von heute auf morgen kam, oder aus einer Frustsituation heraus. Der Entschluss zum Parteiaustritt hat sich über die letzten Monate langsam entwickelt. Begleitet auch von Gesprächen mit meinem Kreis- und Landesverband - aber auch mit Berlin. Es war also keine Entscheidung, die ich für mich im Stillen getroffen habe, sondern die tatsächliche viele Monate Vorlauf hatte mit Diskussionen und Beobachtungen.

    Sie konnten also letztendlich nicht davon überzeugt werden zu bleiben.

    Ich habe in dieser Zeit natürlich versucht, meine Kritik deutlich anzusprechen - nämlich, dass die Linke neben all den anderen wichtigen und richtigen Themen auch das Soziale wieder in den Vordergrund rücken sollte. Allerdings aus meiner Sicht letztendlich tatsächlich ohne Erfolg.

    Was meinen Sie mit dem Sozialen?

    Es geht um die Situation der Menschen, die »draußen« sind. Das sind auch die Erwerbslosen, auf die sich meistens kapriziert wird - aber bei Weitem nicht nur. Das sind auch Menschen mit Behinderung, Erwerbsunfähige oder Menschen, die aus den unterschiedlichsten Gründen einfach keine Chance mehr auf dem Arbeitsmarkt haben. Sehr vieles hängt immer noch am Arbeitsethos, politisch berücksichtigt werden deshalb vor allem diejenigen, die arbeitsfähig sind. Das ist natürlich wichtig, aber es sollten eben auch nicht die vergessen werden, die nicht mehr arbeiten können.

    Warum ist die Linke Ihrer Meinung nach derzeit nicht in der Lage, vehement für die Interessen dieser Menschen zu kämpfen?

    Ich denke, ein ganz großes Problem ist nach wie vor die interne Zerstrittenheit der Partei und der Bundestagsfraktion sowie die vielen Strömungen und unterschiedlichen Ansichten. Anstatt gemeinsam zu handeln, gibt es diese Lagerbildung. Das führt aus meiner Sicht dazu, dass man eher reagiert und nicht selbst agiert. Und man hat auch den Blick dafür verloren, was auf der Straße und unter den »einfachen« Mitgliedern los ist. Für die ist es zudem auch wahnsinnig schwer, durchzudringen. Ohne Position, Funktion oder die richtigen Beziehungen ist es kaum mehr möglich, Einfluss zu nehmen.

    Was hätten Sie sich gewünscht?

    Ein deutlicheres Auftreten und Vorangehen. Zum Beispiel im Fall der Forderung nach einer Corona-Bonuszahlung für Erwerbslose von 200 Euro. Dazu gab es zwar einen Antrag im Bundestag - der erwartungsgemäß an der Großen Koalition scheiterte. Doch kam dieser erst, als Sozialverbände und Aktivisten das Thema schon gesetzt hatten. Die Linke ist da nur aufgestiegen, anstatt selbst aktiv zu werden und als erstes zu sagen: »Moment, so geht das nicht.« Das tolle Engagement, das nun etwa rund um den Cum-Ex-Skandal und Finanzminister Olaf Scholz gezeigt wird, hätte ich mir so auch für die sozialen Belange gewünscht.

    Hat die Partei ihre soziale Vorreiterrolle verloren?

    Komplett. Derzeit sehe ich leider keine Partei, die diese Rolle innehat. Die Linke muss wieder ein Ort für Erwerbslose und von Armut Betroffene werden - politisch und sichtbar vor Ort. Derzeit wird die parlamentarische Arbeit für von Armut Betroffene mit dem Kampf nach außen mit dieser Gruppe gleichgesetzt. Das ist sie aber gerade für die Erwerbslosen oder von Armut Betroffenen eben nicht.

    Wie geht es für Sie nun politisch weiter?

    Ich werde auf jeden Fall nicht unpolitisch. Ich bleibe hier vor Ort in Lüneburg aktiv in dem Bündnis Lüneburg sozial, in dem Sozialverbände, der SDS, die Linke, Gewerkschaften und einzelne Aktivisten engagiert sind. Ich werde auch weiterhin die Linkspartei in Lüneburg mit inhaltlicher Arbeit unterstützen. Ich verlasse die Partei ja nicht im Groll, sondern sehe einfach meine politische Heimat dort nicht mehr. Die Linke Lüneburg schätzt das Engagement für und mit Erwerbslosen um Würde und soziale Sicherheit, und das wird auch meinerseits fortgesetzt.

    #gauche #Allemagne #Hartz_IV #politique

  • Pierre Nora : « Pourquoi nous arrêtons “Le Débat” » - Ok, boomer
    https://www.lepoint.fr/postillon/pierre-nora-pourquoi-nous-arretons-le-debat-29-08-2020-2389471_3961.php

    (…)
    Alors, interprétons. Vous aviez lancé « Le Débat » avec l’idée de pouvoir débattre de manière calme, rationnelle, respectueuse. Est-ce cette idée-là qui sombre dans le contexte actuel ? Peut-on mener encore ce débat ?
    Il y a certes un gauchissement de l’idéologie radicale, qui complique le débat. Nous pensions être de #gauche, nous sommes considérés comme une droite qui ne dit pas son nom. La radicalité est devenue un trait majeur. Les sensibilités des communautés et des minorités imposent leurs revendications. Lorsque nous avons lancé Le Débat, en 1980, c’était la fin des intellectuels révolutionnaires, les intellectuels se ralliaient à la démocratie. Or la démocratie, c’est le débat. C’était la fin du slogan léniniste, « en finir avec… » Nous entrions dans le monde de la discussion, de l’analyse d’un monde en pleine transformation. Les repères gauche/ droite commençaient à s’effondrer, marxisme et psychanalyse étaient en crise, il fallait trouver d’autres outils intellectuels. À l’époque, un éditeur nous avait prédit que nous ne tiendrions pas plus de huit numéros. Antoine Gallimard lui avait répondu que nous durerions au moins vingt ans. Nous avons duré le double.

    (…)

    Si l’État n’a pas à dire l’Histoire, on l’a vu lors du débat sur les lois mémorielles, un président comme Emmanuel Macron a-t-il son mot à dire dans cette dérive ?
    Plus qu’un mot à dire, un cap à fixer. Or ce cap, hélas, n’est pas donné. Nous assistons à la liquéfaction finale de la conscience historique des Français. Cela remonte à loin. En 1978, on a fait de l’Histoire une discipline d’éveil. Elle n’était plus une discipline pivot. Ce n’est pas seulement une déshistorisation, mais une défaite de la conscience. Les jeunes sont aujourd’hui accablés par le poids de l’Histoire, qu’ils esquivent. Je crains que le temps ne soit pas éloigné où les historiens n’écriront plus que pour les historiens.

    • «Le Débat» est mort, les idées sont vivantes | Joseph Confavreux @Mediapart
      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/010920/le-debat-est-mort-les-idees-sont-vivantes-0?onglet=full

      Dans l’entretien qu’il a accordé au Point pour expliquer l’arrêt de sa publication, Nora avoue en effet : « J’anticipe la remarque qu’on va nous faire, c’est le vieux monde qui meurt. Je répondrai : ce monde nouveau n’est pas meilleur. Notre revue s’appuyait aussi sur un triptyque, histoire, politique, société, qui s’est sans doute déplacé vers d’autres centres d’intérêt : la biodiversité, le spécisme, les crises climatiques, sanitaires. À d’autres de le faire ! » Minorer ou négliger à la fois les questions postcoloniales et climatiques, sans compter les questions de genre, rend pourtant difficile la prétention à publier de nos jours une revue intitulée Le Débat.

      Cette déconnexion de certains enjeux contemporains est surtout la marque de l’embourbement politique des principaux artisans du Débat et, avec eux, d’une génération d’intellectuels ayant déserté la question sociale, étréci une République réduite à sa dimension autoritaire et mis au centre des problèmes français la question de l’islam.

      Dans son édito, Pierre Nora refuse de voir cela et juge que Le Débat, contrairement à d’autres revues, n’aurait eu que pour seul but de « mettre des analyses de fond à la portée d’un public aussi large que possible. Des analyses, plutôt que des plaidoyers ou des manifestes. Une communauté d’exigence plutôt qu’une communauté d’opinion. La confrontation des points de vue plutôt que l’affirmation d’une appartenance ».

      Dans la réponse qu’il fait au Point, il complète sa pensée, estimant qu’il y a « un gauchissement de l’idéologie radicale, qui complique le débat. Nous pensions être de gauche, nous sommes considérés comme une droite qui ne dit pas son nom ».

      Pourtant, s’il serait aussi injuste que réducteur de juger Le Débat uniquement à l’aune de l’évolution personnelle et intellectuelle de ses deux codirecteurs, le philosophe Marcel Gauchet et l’historien Pierre Nora, le problème est-il vraiment celui décrit par ce dernier, d’une radicalisation gauchiste et maladroite du débat public, comprenant mal le positionnement politique des artisans de la revue publiée par Gallimard ?

      Ne serait-il pas, à l’inverse, que les directeurs du Débat, en relayant, comme l’a fait Marcel Gauchet, les thèses de la « Manif pour tous » au micro de Radio Vatican ou en signant, comme l’a fait Pierre Nora, des pétitions approximatives contre le « séparatisme islamiste » aux côtés d’Élisabeth Lévy ou d’Ivan Rioufol, ont fini par rompre toutes les amarres avec la gauche et le progressisme, poussés par le vent de droite dure assumé par Valeurs actuelles ou Causeur ?

      Dans l’éditorial où il annonce la fin de la parution du Débat, Pierre Nora se réjouit que la collection du même nom, également publiée par Gallimard, et déjà forte de 80 titres, puisse « prendre le relais » de la revue. Avant de conclure : « L’esprit du Débat n’est pas mort, continuons le combat. »

      Le choix de ce dernier terme peut surprendre, quelques paragraphes seulement après avoir estimé que Le Débat, contrairement aux autres revues, avait fait le choix du « déchiffrement d’une réalité complexe plutôt que la prise de position ». Mais il correspond à la collection « Le Débat », nettement moins ouverte que la revue homonyme et située, à quelques exceptions près, sur une ligne oscillant entre le Printemps républicain, un néoconservatisme à la française plus sirupeux et enrobé que son homologue américain, et la vindicte permanente contre la « vulgarité » contemporaine, nouvelle figure de la décadence chère aux réactionnaires de tous bords et de toutes époques.

      La collection a aussi publié les livres d’Hervé Juvin, candidat du RN aux élections européennes et idéologue d’un « localisme » d’extrême droite mâtiné d’écologie ; de Bernard Lewis, à la fois spécialiste de l’islam, négationniste du génocide des Arméniens et conseiller des faucons américains et israéliens ; ou encore de Claude Allègre, dont les dénis écologiques et climatiques ont ruiné le travail scientifique.

      Pour marquer les débuts du Débat (numéro 4, septembre 1980), Pierre Nora et Marcel Gauchet avaient lancé une enquête auprès d’une vingtaine d’alors jeunes auteurs (parmi lesquels une seule femme, Blandine Barret-Kriegel, et les signatures d’Alexandre Adler, Pascal Bruckner, Luc Ferry, Alain Finkielkraut ou François Ewald) en leur posant une même question : « De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? » Quarante ans après, cet avenir intellectuel s’écrit sans cette génération, avant même la décision de ses directeurs de mettre fin à la parution d’une revue qui l’incarne plus que d’autres.

  • Marseille, la gauche impuissante ?
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2020/marseille-la-gauche-impuissante-oj8drj-lTL-BbbXP_7efPQ

    Le 4 juillet dernier, c’était la fête à la mairie de Marseille. Le Printemps Marseillais, sorti victorieux de la course aux #Municipales, fêtait la nomination de sa tête de liste Michèle Rubirola au poste de maire de la deuxième plus grande ville de…

    #Gauches