• Coronavirus revives Gaza’s sewing sector as tailors turn out PPE
    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/04/gaza-sewing-factory-masks-coronavirus-export-israel.html

    La #pandémie du #Covid-19 n’a pas de frontières Des sociétés israéliennes commandent des masques à #Gaza... (Je suis plus critique que l’article du Monitor...) #palestine

    Gaza clothing manufacturers have ventured into the production of personal protective equipment (PPE) amid the coronavirus outbreak in the region — and they’re making the products for Israel.

    Tailors in Gaza are working with Israeli companies and factories started to export protective masks, coveralls, shoes, gloves and other clothing to Israel in early March.

    The garment sector used to be one of the most prosperous in the Gaza Strip, but business significantly deteriorated after Israel imposed a blockade in 2007 and prevented clothing exports from Gaza. Nearly 90% of the 928 facilities, which had employed about 35,000 workers, had to close, said Abdel Naser Awwad, director general of the Department of Industry at the Ministry of National Economy in Gaza.

    Last year, Israel allowed Gaza to export limited quantities of clothing and textiles to the West Bank and Israel, in accordance with truce understandings between Hamas and Israel reached that March. As a result, about 6,000 workers regained their factory jobs. “The number of licensed factories operating [in Gaza] has currently reached 165," Awwad told Al-Monitor.

    These factories, which are advanced and can compete in global markets, immediately responded to the region’s PPE needs, he said.

    Awwad said Israeli companies are subcontracting work directly to two main Gaza factories run by Unipal 2000 and National Textile Industries Co. These two major manufacturers distribute orders to smaller factories based on delivery deadlines, helping revive some inactive businesses.

  • Coronavirus drives opening of Turkish hospital in Gaza-Al Monitor
    The Palestine-Turkish Friendship Hospital has finally opened in the Gaza Strip to help fight the coronavirus outbreak, which authorities fear will quickly become a humanitarian disaste
    #Covid-19#Palestine#Turquie#Gaza#Hopital#Santé#migrant#humanitaire#migration

    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/04/gaza-turkish-hospital-islamic-university-fight-coronavirus.html

  • À Gaza , nous sommes passés d’une prison ouverte à une prison fermée | Ziad Medoukh
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/04/06/a-gaza-nous-sommes-passes-dune-prison-ouverte-a-une-prison-ferm

    Alors qu’ils sont solidaires des peuples endeuillés, les Palestiniens de Gaza se disent que pour la première fois, la planète entière, ou presque, est en train de vivre le confinement et l’isolement dont ils souffrent depuis longtemps. Source : Middle East Eye via Agence Media Palestine

  • A Gaza, la propagation du coronavirus risque d’être un désastre incontrôlable
    6 avril 2020 Par René Backmann

    Surpopulation, système de santé en ruine, naufrage économique, pauvreté massive : après treize ans de blocus israélien, l’enclave palestinienne redoute le cauchemar que pourrait être l’explosion de l’épidémie de Covid-19. Et la question n’est plus de savoir si elle aura lieu mais quand.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/060420/gaza-la-propagation-du-coronavirus-risque-d-etre-un-desastre-incontrolable

    • Le 21 mars, le coronavirus est officiellement entré dans la bande de Gaza, importé par deux prêcheurs de retour du Pakistan, via l’Égypte. Testés positifs à leur arrivée au poste frontière de Rafah, les deux religieux ont été conduits en quarantaine dans un hôpital de campagne ouvert à proximité, quelques jours plus tôt. Ils y ont été rejoints par les employés des douanes et quelques autres personnes avec qui ils avaient été en contact depuis leur entrée en Palestine.

      Dans la soirée, le ministère de la santé du gouvernement de Gaza, contrôlé depuis 2007 par les islamistes du Hamas, a confirmé l’information avant d’envoyer des camions de pompiers arroser d’eau chlorée les rues du quartier de Shuja’iyya, à l’est de la ville de Gaza, où vivent les familles des deux prêcheurs. Puis des voitures de police équipées de haut-parleurs ont commencé à circuler en ordonnant à la population de ne pas rester en groupe.

      Depuis la mi-mars, alors que le nombre de personnes contaminées croissait de jour en jour en Cisjordanie et en Israël, c’est-à-dire de l’autre côté du grillage qui cerne la bande de Gaza, le gouvernement du Hamas avait annoncé que les voyageurs entrant dans le territoire, en provenance d’Égypte par Rafah ou en provenance d’Israël par le passage d’Erez, seraient placés en quarantaine pour deux semaines.
      L’entrée en Égypte par Rafah était simultanément interdite par le gouvernement du Caire, qui imposait, dans l’autre sens, des horaires de passage à destination de Gaza si changeants que 400 Palestiniens étaient restés bloqués plusieurs jours du côté égyptien.

      Quant à l’entrée en Israël par Erez, elle avait été fermée par le gouvernement israélien dès le 12 mars, y compris pour les 5 000 Gazaouis détenteurs de permis de travail en Israël. Seuls continuaient à être admis en Israël, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), les urgences médicales et les patients atteints d’un cancer qui suivent des soins réguliers dans des hôpitaux israéliens.

      5 avril 2020, Gaza City. Les règles de précaution et de distanciation sociale sont expliquées par le personnel médical aux personnes âgées. © Ashraf Amra / Anadolu Agency-AFP 5 avril 2020, Gaza City. Les règles de précaution et de distanciation sociale sont expliquées par le personnel médical aux personnes âgées. © Ashraf Amra / Anadolu Agency-AFP
      Une vingtaine d’hôtels, d’écoles, de gymnases, de salles de réunion avaient été réquisitionnés pour accueillir les confinés. Les points d’entrée et de sortie des marchandises, en revanche, restaient ouverts selon le régime habituel, c’est-à-dire aléatoire. Les marchés, les commerces, les restaurants restaient également ouverts.

      Alertés par les initiatives des autorités, quelques artisans avaient cependant décidé d’augmenter leur production de savon, de désinfectant sans alcool. D’autres, prévoyants, s’étaient lancés dans la confection de masques et de combinaisons. On croisait même sur les marchés quelques visages masqués et des personnes gantées de caoutchouc. Les thermomètres commençaient à manquer, comme quelques médicaments. L’argent aussi manquait. Mais ce n’était pas nouveau. Simplement plus pesant.

      Dans un territoire où 80 % de la population a besoin d’aide humanitaire pour vivre, où 70 % des jeunes sont sans emploi, le problème, pour la majorité des habitants n’est pas, aujourd’hui comme hier, de trouver les produits qui manquent dans les supermarchés, mais l’argent qui permettrait de les acheter. Et la crainte de l’épidémie n’a fait qu’aggraver la misère. Selon une enquête de l’International Crisis Group (ICG), les pharmaciens de Gaza ont commencé à vendre des comprimés de paracétamol, d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires à l’unité plutôt qu’en boîte. Mais, jusqu’au 21 janvier, certains Gazaouis échangeaient encore des blagues sur les réseaux sociaux à propos du coronavirus. Blagues amères tournant le plus souvent autour du blocus israélien qui les coupe de tout depuis treize ans et qui pourrait peut-être, pour une fois, avoir du bon en les coupant aussi de la pandémie.

      Aujourd’hui, le temps des blagues est terminé. Depuis l’arrivée des deux prêcheurs contaminés, les autorités, visiblement très inquiètes, voire paniquées, ont multiplié les mesures de sécurité sanitaire pour tenter de contenir le fléau. Après avoir interdit les célébrations de mariages et de funérailles, les manifestations ou réunions publiques, le gouvernement a décrété la fermeture immédiate des cafés et restaurants, suspendu la grande prière du vendredi et fermé le port. Le 23 mars, le ministère de la santé a aussi suspendu, dans les hôpitaux, toutes les opérations chirurgicales non indispensables et les procédures de soins ordinaires.

      Le 25, nouveau tour de vis : le ministère des affaires religieuses ordonne la fermeture des lieux de prière et d’enseignement religieux et demande aux « pères et aux mères de transformer leurs foyers en mosquées et en écoles ». La célébration traditionnelle du « Jour de la terre », prévue comme chaque année le 30, est annulée. Le 31, dix jours après la détection des deux premiers cas, dix autres porteurs du virus sont placés sous surveillance médicale et 1 760 personnes mises en quarantaine dans les 25 centres désignés. Faute de tests en nombre suffisant, la durée des quarantaines est portée de 14 à 21 jours.

      Tandis qu’en Israël, sous confinement, 8 000 porteurs du virus avaient été identifiés dimanche et 47 morts recensés, et que l’Autorité palestinienne, également confinée, décompte en Cisjordanie 215 personnes contaminées et un décès, les agences spécialisées de l’ONU et plusieurs organisations humanitaires multiplient désormais les mises en garde sur la situation dans la bande de Gaza. De plus en plus alarmantes.

      « La propagation du Covid-19 dans la bande de Gaza sera un désastre massif, fruit des conditions exceptionnelles créées par plus d’une décennie de blocus, avertit B’Tselem, l’organisation israélienne des droits humains dans les Territoires occupés. Un système de santé défaillant, l’extrême pauvreté, la dépendance à l’aide humanitaire, des infrastructures désastreuses, des conditions de vie difficiles qui affectent la santé publique – même avant l’exposition au nouveau virus – se combinent avec la surpopulation pour créer le scénario d’un cauchemar. Un scénario produit par Israël. » « Pour une zone aussi densément peuplée que la bande de Gaza, déjà affaiblie par des années de blocus, le Covid-19 pourrait être un désastre », annonce de son côté Christian Saunders, commissaire général de l’Unrwa, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

    • Dix-sept hôpitaux et dispensaires détruits par les frappes israéliennes

      « Quand on voit ce qui se passe en France, en Italie ou en Espagne, constate Ely Sok, coordinateur local de Médecins sans frontières, on imagine ce qui pourrait arriver à Gaza où tout manque, depuis les simples blouses jusqu’aux respirateurs, en passant par les kits de tests et les concentrateurs d’oxygène. Il y a de bons médecins, mais ils sont plus entraînés à la chirurgie de guerre, aux amputations, qu’à la lutte contre une pandémie virale. Nous sommes en train de préparer l’envoi d’un stock de matériel en renfort, mais avec la fermeture des aéroports et le manque d’avions-cargos disponibles, il est difficile de dire si le chargement arrivera avant ou après la propagation du virus à l’ensemble de la population. La seule chose sûre, c’est que la propagation aura lieu et qu’on peut s’attendre à des jours très difficiles. »

      « Dans un territoire surpeuplé, pratiquement sans eau potable, avec une alimentation électrique discontinue, où les hôpitaux manquent d’équipements de protection, d’installations de soins intensifs, d’ambulances, de médicaments essentiels, de respirateurs, de tests et même de personnel qualifié, la propagation du coronavirus peut provoquer une catastrophe majeure », s’inquiète le professeur Raphi Walden, chirurgien vasculaire, directeur adjoint de l’hôpital Sheba-Tel Hashomer à Tel-Aviv.

      Dirigeant de l’association Médecins pour les droits de l’homme, qui forme, depuis des années, du personnel médical palestinien en Cisjordanie, à Gaza et à Tel-Aviv, Raphi Walden connaît bien le réseau hospitalier de Gaza. « Sur les quelques dizaines de respirateurs dont disposent les hôpitaux de Gaza, explique-t-il, la quasi-totalité de ceux en état de marche doivent être mobilisés pour des affections pulmonaires classiques. [Ils sont] donc inutilisables pour les patients que le virus risque de faire affluer dans leurs services. Ce qui est très inquiétant aussi, c’est la proportion des rayons vides dans les pharmacies des hôpitaux. » L’armée israélienne elle-même juge la situation très critique. Au point que l’état-major a déjà pris discrètement contact avec l’Autorité palestinienne à Ramallah pour indiquer sa disposition à coopérer, notamment dans l’acheminement de l’aide humanitaire.

      3 avril 2020 à Gaza City. L’artiste palestinienne Rana al-Ramlawi devant une de ses œuvres. © Mohammed Abed / AFP 3 avril 2020 à Gaza City. L’artiste palestinienne Rana al-Ramlawi devant une de ses œuvres. © Mohammed Abed / AFP
      Cauchemar, désastre, catastrophe majeure : si les propos des experts sont aussi alarmistes, c’est que la bande de Gaza concentre pratiquement tous les facteurs de risques aggravants qu’une collectivité peut présenter face à une épidémie : manque d’hygiène, dénuement, extrême promiscuité, sous-équipement médical et sanitaire.

      Depuis les élections de 2006, remportées par le Hamas, et l’embryon de guerre civile interpalestinienne qui a suivi l’annonce des résultats, les islamistes ont pris le contrôle du territoire, tandis que le Fatah et l’Autorité palestinienne ont conservé celui de la Cisjordanie, qu’ils partagent, non sans tensions, avec Israël et ses colons. Confrontés à l’apparition, à moins de 100 km de Tel-Aviv, d’un bastion islamiste, les dirigeants israéliens, qui avaient retiré en 2005 leurs soldats de Gaza, ainsi que les 7 000 colons qu’ils protégeaient, ont mis en place à partir de septembre 2007 un blocus terrestre, maritime et aérien de cette « entité hostile ».

      Matérialisé sur le terrain par l’érection d’une barrière grillagée de 50 km, combinée à une « zone d’exclusion » qui occupe 25 % de l’enclave et rend inaccessibles 35 % de ses terres cultivables, ce blocus, qui s’applique aussi aux 40 km de côte, et auquel l’Égypte a contribué à sa façon sur les 12 km qu’elle partage avec le territoire palestinien, a littéralement détruit l’économie rustique de l’enclave, transformée en prison géante. Destruction aggravée par les trois guerres déclenchées par Israël en 2008, 2012 et 2014, officiellement pour répondre aux tirs de roquettes ou de missiles, depuis Gaza, sur le territoire israélien.

      Ajoutés à l’asphyxie continue du blocus, ces trois conflits, qui ont fait près de 4 000 morts palestiniens et une centaine du côté israélien, ont aussi joué un rôle majeur dans l’effondrement du système de santé local. Dès 2009, un rapport de l’OMS accusait Israël de limiter délibérément l’accès des approvisionnements en matériel médical et en pièces détachées, ce qui avait pour conséquence que la majeure partie de l’équipement de Gaza médical était en panne ou dépassé. En août 2014, peu après la guerre conduite par le général Benny Gantz, l’ancien rival politique devenu partenaire de Netanyahou, un autre rapport, d’Amnesty International celui-là, constatait que les frappes israéliennes avaient détruit 17 hôpitaux et dispensaires dans la bande de Gaza. Et en 2018, alors que 50 % des médicaments essentiels étaient encore manquants, une cinquantaine de patients sont morts faute d’avoir obtenu à temps un permis de sortie.

      Deux autres facteurs ont aggravé le dénuement du système de santé de la bande de Gaza. Les mauvais rapports entre le Hamas et l’Autorité palestinienne sont tenus pour responsables des livraisons parcimonieuses par Ramallah de matériel médical ou de carburant pour les générateurs d’électricité. Et la situation économique et sécuritaire désastreuse a poussé à l’émigration, depuis 2018, d’un nombre de médecins qui varie, selon les sources, entre 40 et 150. Exode facilité par l’allègement ces derniers mois – avant l’arrivée de la pandémie – des conditions d’entrée en Égypte par le poste-frontière de Rafah.

    • Une contagion massive pourrait tuer 50 000 personnes

      Mais l’effondrement du système de santé n’est pas la seule explication de l’alarmisme des experts. Pour Ely Sok, de MSF, comme pour Raphi Walden, pionnier des Médecins pour les droits de l’homme, la densité de population, le manque d’eau potable, les coupures de courant et l’absence d’un véritable réseau d’assainissement constituent autant de facteurs aggravants qui font courir le risque d’une prolifération explosive des contaminations.

      Les statistiques officielles, israéliennes comme palestiniennes, indiquent que la bande de Gaza compte environ 2 millions d’habitants, dont 1,3 million de réfugiés, pour une superficie de 365 km2. Cela correspond à une densité, déjà impressionnante, de 5 479 habitants au km2, se situant entre Gibraltar et Hong Kong (celle de la France est de 105,8 habitants an km2). Mais il suffit de traverser le territoire d’Erez à Rafah pour constater que les zones habitées ne couvrent qu’une très faible proportion de cette superficie, environ 40 km2 selon les géographes palestiniens. La véritable densité est donc d’environ 50 000 habitants au km2, supérieure à celle de Manille ou Bombay.

      Les chiffres les plus élevés sont atteints dans les camps de réfugiés, sortes de bidonvilles en dur, où s’entassent plus du tiers des habitants. Dans ces labyrinthes misérables, brûlants l’été, boueux l’hiver, de Shati, Rafah, Khan Younis, Deir El-Bala ou Jabaliya, où naquit en 1987 l’Intifada, des familles de dix personnes vivent dans quelques mètres carrés. Comment leur demander de respecter des jours et des semaines durant le confinement et la distance sociale ? Surtout si on mesure qu’à Gaza, les deux tiers de la population ont moins de 25 ans et près de 45 % moins de 15 ans.

      Lorsqu’on ajoute cette promiscuité de chaque instant à la situation désastreuse du système de santé, on comprend mieux pourquoi des médecins locaux redoutent un scénario de « contagion massive » incontrôlable qui pourrait tuer jusqu’à 50 000 personnes en quelques jours. Selon les estimations d’experts consultés par ICG, les hôpitaux de Gaza auraient besoin en cas de propagation du virus d’au moins 100 000 lits de soins et de réanimation. Ils n’en comptent pour l’heure qu’environ 2 500 disponibles. Le ministère de la santé affirme qu’il dispose seulement de 65 respirateurs, dont quelques-uns sont déjà utilisés et les autres en panne. Il évalue ses besoins urgents à 150 appareils.

      L’OMS a déjà acheté quelques respirateurs, des systèmes de surveillance des patients et quelques lits de soins intensifs. Plusieurs ONG ont remis à l’Autorité palestinienne, chargée de les répartir entre la Cisjordanie et Gaza, des gants, des combinaisons isolantes, des stocks de liquides désinfectants. Le ministère de la santé de l’Autorité palestinienne a transféré à Gaza une partie des kits de détection qu’il avait reçus. Mais au regard des besoins potentiels si une « propagation explosive » se produit, tout est insuffisant.

      « Le gouvernement du Hamas explique que nous n’avons que quelques cas et que tout est sous contrôle, confie sous le couvert de l’anonymat un médecin d’un grand hôpital de la ville de Gaza. C’est faux. Nous n’avons pratiquement pas d’équipements de protection et de désinfectants. Une partie des gens placés en quarantaine vivent dans des conditions d’hygiène inacceptables. Nous pouvons prendre en charge quelques dizaines de malades, mais pas davantage. En réalité, nous travaillons dans la peur. »

      Selon le dernier rapport du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU, « la coopération étroite entre les autorités israéliennes et palestiniennes constatée depuis le début de la crise se poursuit ». Israël a ainsi facilité l’importation par le gouvernement de Ramallah de 10 000 kits de détection. Et organisé à l’hôpital Makassed, à Jérusalem-Est, une session de formation du département des urgences pour accueillir les patients victimes du coronavirus.

      Lire aussi

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      La société israélienne face à deux fléaux : le coronavirus et la peste du racisme Par René Backmann

      Avec le régime de Gaza, les relations, même en cette période de mobilisation planétaire contre l’ennemi commun viral, sont nettement moins cordiales. Pour l’instant, le Cogat, l’unité de l’armée chargée des relations avec les civils en Cisjordanie et à Gaza, s’est limité à autoriser l’entrée de 500 kits de détection et de 1 000 combinaisons de protection fournis par l’OMS. Mais il a interdit à 1 700 malades – sans rapport avec le coronavirus – de franchir le passage d’Erez pour recevoir des soins à Jérusalem-Est. « Avec nous, les Israéliens ont été plutôt bien disposés, constate cependant Ely Sok, de MSF. Ils nous ont déjà donné l’autorisation d’importer le matériel d’urgence que nous sommes sur le point d’acheminer depuis la France. »

      « Le système de santé israélien est sous-préparé et débordé », constate un rapport du Contrôleur de l’État invoqué par un responsable pour expliquer qu’Israël ne puisse pas faire plus et mieux que de laisser entrer, exceptionnellement, l’aide internationale destinée aux Palestiniens. « Ce qui est faisable, confiait récemment un officiel israélien à un visiteur étranger, c’est que les Palestiniens de Gaza demandent au Qatar d’acheter ce dont ils ont besoin et de livrer le tout à l’Autorité palestinienne. Nous ne nous opposerons pas au transfert de ces cargaisons à Gaza si c’est l’Autorité palestinienne qui les achemine. » Le ministre – sortant – de la défense, Naftali Bennett, chef de file du rassemblement d’extrême droite Yamina, a une conception très personnelle de ce dialogue humanitaire. Il suggère d’échanger le transfert de l’aide étrangère à Gaza via Israël, ou l’envoi d’une aide humanitaire israélienne, contre la remise par le Hamas des dépouilles de deux soldats israéliens tués en 2014.

      Adossés à leur retrait unilatéral de 2005, les dirigeants israéliens récusent en fait aujourd’hui toute responsabilité pour ce qui se passe dans l’enclave. Comme si les soldats et les marins qui assiègent la bande de Gaza sur plus de 90 km de sa périphérie terrestre et maritime (les 12 derniers kilomètres étant frontaliers de l’Égypte) n’étaient pas israéliens. Et comme si Israël ne contrôlait pas la majeure partie des entrées et des sorties des personnes comme des biens, grâce à sa maîtrise de tous les points de passage, sauf Rafah. L’accès maritime à Gaza est interdit par la marine israélienne. Et l’unique aéroport du territoire a été depuis longtemps détruit par l’aviation et les bulldozers de l’armée israélienne.

      « La position du gouvernement actuel, selon laquelle Israël n’a plus aucune obligation ou responsabilité dans la bande de Gaza, est sans aucun fondement, affirme une étude de B’Tselem. Certes, l’État d’Israël n’est plus responsable du maintien de la paix à l’intérieur du territoire, mais il façonne encore, par l’application du blocus, la vie quotidienne de ses habitants et conserve donc des responsabilités à leur égard. » Sans invoquer explicitement l’article 56 de la 4e Convention de Genève qui fait obligation à la « puissance occupante » de « combattre [dans le territoire occupé] la propagation des maladies contagieuses et des épidémies », le directeur des Territoires occupés au sein des Médecins pour les droits de l’homme souligne lui aussi les obligations légales d’Israël à Gaza. « En vertu du droit international, estime-t-il, Israël a la responsabilité de fournir au ministère de la santé de Gaza les moyens dont il a besoin. »

      « Le gouvernement d’Israël a le devoir légal et l’obligation morale d’aider Gaza dans un moment aussi critique, insiste Raphi Walden. Mais il y a aussi et peut-être surtout intérêt. Si l’épidémie se propage à Gaza, ce sera une catastrophe épouvantable. Et ce n’est pas la barrière qui nous en protégera. »

  • Palestinians Fear Coronavirus Surge as Workers Return to West Bank From Israel Over Passover - Haaretz
    “Palestinian prime minister says about 45,000 workers are expected to return, and they will not be allowed back into Israel during the coronavirus crisis”
    #Covid-19#Palestine#Israel#Gaza#Racisme#migrant#migration

    https://www.haaretz.com/middle-east-news/palestinians/.premium-palestinians-fear-coronavirus-surge-as-workers-return-from-israel-

  • Le coronavirus arrive à Gaza, l’ONU parle d’un possible désastre

    https://www.humanite.fr/le-coronavirus-arrive-gaza-lonu-parle-dun-possible-desastre-686783

    Coronavirus : face aux craintes, des usines se lancent dans les masques « made in Gaza »

    L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Nickolay Mladenov a alerté le Conseil de sécurité lundi sur les risques que pose la crise sanitaire actuelle sur un territoire comme Gaza.

    « Gaza est l’une des zones les plus peuplées du monde. Avec un système de soins déjà fragile, cela en fait un territoire particulièrement menacé en cas d’irruption de la maladie ».

    Pour l’heure, seuls deux hommes revenus d’un voyage au Pakistan, sept agents de sécurité ayant été en contact avec eux et une autre personne ont été recensés comme porteurs du virus à Gaza.

    Plus de 1.500 personnes ont par ailleurs été placées en quarantaine dans le sud du territoire après être rentrées d’Egypte. Depuis, les points de passage avec l’Egypte, comme avec Israël, ont été fermés.

    Le Hamas a pris des mesures, comme la fermeture des écoles, avant même l’apparition du virus sur le territoire, lorsque les cas de Covid-19 ont commencé à se multiplier en territoire israélien, dont l’enclave est séparée par une large barrière sécurisée.

    Dans les rues de Gaza, l’arrivée d’équipements de protection a toutefois permis aux habitants de maintenir un semblant de vie normale.

    https://www.la-croix.com/Monde/Coronavirus-face-craintes-usines-lancent-masques-made-Gaza-2020-04-01-1301

    #Coronavirus #covid-19 #crimes #Israel #Palestiniens #Gaza

  • Où il est question de « trépanation » pour sauver les meubles chez « Gasland » : « Uncle Donald » nous la joue en mode épileptique, qualificatif réservé à la description d’une activité électrique anormale des cellules nerveuses du cortex cérébral. Et au final, toute cette #cagade est assez jubilatoire.

    Le pétrole à 20 dollars : Donald Trump joue les médiateurs... pour sauver le schiste américain
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/le-petrole-a-20-dollars-donald-trump-joue-les-mediateurs-pour-sauver-le-sc

    Publiquement, Donald Trump ne cesse de se féliciter du plongeon récent des cours du pétrole, qui a fait fondre les prix à la pompe pour les automobilistes américains. En coulisses, pourtant, le locataire de la Maison Blanche et son administration s’activent pour jouer les médiateurs entre l’Arabie Saoudite et la Russie, en conflit depuis l’échec de leurs négociations, début mars, sur une nouvelle baisse de la production. L’enjeu est crucial pour Washington : sauver de la faillite l’industrie du schiste américain pour maintenir l’indépendance énergétique du pays, si importante sur le plan géopolitique.

    #schistes #pétrole #brent_crude_oil #gaz

    La coquille du jour :

    Les cours du pétole sont en chute libre depuis le début de l’année...

  • À Gaza, nous sommes passés d’une prison ouverte à une prison fermée
    Ziad Medoukh – Lundi 30 mars 2020 - | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/gaza-nous-sommes-passes-dune-prison-ouverte-une-prison-fermee

    Alors qu’ils sont solidaires des peuples endeuillés, les Palestiniens de Gaza se disent que pour la première fois, la planète entière, ou presque, est en train de vivre le confinement et l’isolement dont ils souffrent depuis longtemps

    #Gaza

  • Israël refuse l’entrée de matériel médical à Gaza qui compte 9 cas de coronavirus - Le Desk
    https://mobile.ledesk.ma/live-content/israel-refuse-lentree-de-materiel-medical-gaza-qui-compte-9-cas-de-cor

    L’enclave de Gaza, sous blocus militaire israélien depuis 14 ans déjà, est aussi touchée par la pandémie mondiale de Coronavirus, totalisant pour le moment 9 cas de contaminés avérés. La nouvelle fait craindre une nouvelle crise humanitaire, dans un territoire confiné, économiquement dévasté et où survivent presque 2 millions de Palestiniens, en majorité des enfants.

    L’autorité palestinienne à Ramallah a envoyé du matériel médical dont 500 kits de dépistage en provenance de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), tandis que le Qatar a versé 150 millions de dollars pour le gouvernement de Gaza pour aider à faire face à la pandémie.

    L’interdiction de laisser entrer du matériel médical et humanitaire n’est pas nouvelle, l’importation de technologies susceptibles d’être « à double usage » a restreint l’achat d’équipements, tels que les scanners à rayons X et les radioscopes médicaux.

    S’ajoute la décision de l’administration Trump de suspendre en 2018 le financement américain pour l’UNRWA, l’agence onusienne chargée de l’aide humanitaire en Palestine, affectant les opérations de chirurgie complexes dans les hôpitaux gazaouis.

    « La bande de Gaza possède ainsi uniquement 55 lits en soins intensifs et 50 appareils de réanimation dans tous les hôpitaux de cette région encerclée, car les forces d’occupation israéliennes refusent l’entrée du matériel médical, et les pièces à recharge pour ces appareils » rapporte Ziad Medoukh, universitaire palestinien à Gaza, dans un entretien au site Regards.fr, ajoutant que les coupures d’électricité et le manque de personnels soignants aggravent la crise sanitaire.

    Y compris en période de pandémie de Coronavirus, Israël refuse toujours de lever le blocus militaire, malgré la gravité de la situation. « Nous sommes en train d’observer et de suivre avec beaucoup d’attention l’évolution de cette pandémie mortelle dans le monde entier car, si nous sommes bien sûr solidaires des peuples endeuillés, nous nous disons aussi que, pour la première fois, presque tous les citoyens du monde sont en train de vivre un confinement et un isolement similaire au notre. Pour une fois, le monde vit un événement sur un pied de relative égalité » relève Ziad Medoukh.

    #palestine #gaza #covid-19

  • PCHR Calls upon International Community to Assist Healthcare System in Gaza Strip to Fight Coronavirus
    29 mars 2020 – Palestinian Centre for Human Rights
    https://www.pchrgaza.org/en/?p=14359

    The Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) is closely monitoring the health conditions in the Gaza Strip, and the healthcare system’s preparedness to combat the novel coronavirus (Covid-19) and its possible outbreak. PCHR confirms that the healthcare system will not be able to deal with patients infected with the coronavirus if the number reaches a few dozen due to its compromised capacities necessary to treat these patients, especially since their treatment requires medical and laboratory equipment and special supplies and medications that are not available in hospitals and health centers in the Gaza Strip. This is in addition to the already fragile healthcare system in Gaza due to the Israeli closure policy and Palestinian internal division.

    According to the World Health Organization (WHO), the Gaza Strip preparedness and capacity to face the Coronavirus at the present time is only sufficient for cases up to 100 or 150; however, if the cases increase, the fragile healthcare system would be incapable of responding to large numbers of patients. The situation requires the intervention of UN bodies, international and local organizations to exert all efforts and provide the necessary equipment, devices, supplies, medicine and medical crews. (...)

    #Gaza

  • Un missile intercepté dans le ciel de la capitale d’Arabie saoudite, Riyad
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/29/arabie-saoudite-un-missile-intercepte-dans-le-ciel-de-riyad_6034797_3210.htm

    L’attaque déjouée n’a pas été revendiquée. Elle intervient alors que les Nations unies ont appelé à un « cessez-le-feu immédiat et mondial » en raison de l’épidémie due au coronavirus.

    Un missile a été « intercepté et détruit » dans le ciel de Riyad dans la nuit de samedi 28 à dimanche 29 mars, a annoncé la chaîne de télévision d’Etat saoudienne Al-Ekhbariya, citant la coalition militaire qui intervient au Yémen contre les rebelles houthistes.

    Au moins trois bruits d’explosion ont été entendus dans la nuit, selon plusieurs correspondants de l’Agence France-Presse (AFP) sur place. La télévision d’Etat a précisé que deux autres missiles avaient été interceptés au-dessus de Riyad et un troisième détruit au-dessus de la province méridionale de Jizan.

  •  » Israeli Soldiers Fire Missiles Into Gaza
    March 28, 2020 6:16 AM – IMEMC News
    https://imemc.org/article/israeli-soldiers-fire-missiles-into-gaza-4

    Israeli war jets fired, on Friday at night, several missiles into a few areas in the besieged and impoverished Gaza Strip, causing damage.

    Media sources said the army fire many missiles into an area, northwest of Gaza city, causing damage to homes and structures.

    The army also fired two artillery shells into an east, east of Gaza city, causing property damage.

    Furthermore, the army also fired missiles into at least one site, east of Jabalia, in the northern part of the Gaza Strip, causing damage.

    In a very brief statement, the Israeli army claimed that “it was retaliating to a homemade shell,” which was reportedly fired from the Gaza Strip and landed in an open area without leading to damage to injuries.

    #Gaza

  • Gaza démunie face à l’imminence de l’épidémie
    Louis Imbert, Le Monde, le 27 mars 2020
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/27/gaza-demunie-face-a-l-imminence-de-l-epidemie_6034631_3210.html

    Une fissure dans la digue et l’eau s’infiltre, sans bruit. On pourrait imaginer ainsi la catastrophe sanitaire sans commune mesure qui se prépare à Gaza, et qui demeure pour l’heure presque invisible. Seuls neuf cas de contamination par le SARS CoV-2 avaient été détectés au 26 mars, au point d’entrée de Rafah, à la frontière qui sépare l’enclave palestinienne de l’Egypte. Tous ont été prestement confinés dans un centre de soins voisin. On ne dénombre aucun mort pour le moment. Mais les professionnels de santé craignent que des malades, non identifiés faute de tests, ne circulent déjà à l’intérieur du territoire.

    « La question n’est pas de savoir si l’épidémie se répandra à Gaza, mais quand ? », affirme Majdi Dohair, qui coordonne les mesures d’urgence au sein du « ministère de la santé » local, sous contrôle du Hamas. Joint par téléphone, puisque l’accès n’est plus possible aux étrangers, il fait ce constat amer : « Nous ne sommes pas coupés du monde. »

    Certains espéraient en effet que le blocus partiel imposé par Israël à l’enclave, depuis la prise du pouvoir du Hamas en 2007, ferait barrage au coronavirus. « Mais plus personne ne croit encore que Gaza pourra y échapper », résume Matthias Schmale, directeur local de l’Agence des nations unies pour les réfugiés (UNRWA). M. Schmale redoute l’apparition des premiers cas de contamination « indigène » parmi les 2 millions de Palestiniens qui s’entassent dans cette bande de terre exiguë, longue de 40 kilomètres : l’une des plus folles densités urbaines au monde. « Alors, l’épidémie se répandra comme un incendie : Gaza sera un enfer sur terre. »

    Les deux premiers cas interceptés à la frontière, le 19 mars – deux prédicateurs musulmans âgés, de retour du Pakistan – ont fait l’effet d’une bombe. Depuis lors, la circulation s’est réduite, en application de mesures décrétées encore plus tôt par le Hamas. Les écoles ont été fermées dès le 6 mars et les passages aux frontières réduits le 12 mars : seuls les biens commerciaux passent encore. Le 22 mars, les autorités ont ordonné un couvre-feu partiel et la fermeture des salles de mariage, des marchés et des restaurants, puis celle des mosquées, jeudi 26 mars. Pour une économie asphyxiée depuis longtemps, où plus de 60 % de la jeunesse est au chômage, c’est un arrêt de mort.

    2 000 personnes confinées

    Le mouvement islamiste a aménagé à la hâte vingt et un centres de quarantaine dans des écoles ou des hôtels. Il construit aussi deux installations de 500 places chacune aux frontières avec l’Egypte et d’Israël. Mais les capacités manquent : jeudi 26 mars, les autorités ont reconnu que les deux prédicateurs infectés avaient contaminé sept de leurs gardes. Depuis lors, elles font tester tous ceux qui ont pu entrer en contact avec eux, dans le périmètre de leur centre de soins : 160 personnes, selon M. Dohair.

    Le 24 mars, 1 400 personnes s’entassaient dans les centres de quarantaine, dans des conditions précaires, manquant d’eau et d’installations sanitaires de base, selon le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). S’il y a effectivement des malades parmi elles, ces centres risquent de se transformer à leur tour en foyers d’infection. Mais il y a plus grave : près de 2 000 personnes revenues de l’étranger avant l’ouverture de ces centres demeurent à l’isolement chez elles. S’ils sortent, ils risquent un an de prison et une amende de 1 200 euros, une fortune. Mais les autorités reconnaissent que cette injonction à demeurer chez soi semble impossible à Gaza, où l’idée même de confinement est inenvisageable. La majorité des familles s’entasse dans des logements étroits, les allers et venues sont incessantes, les réserves de nourriture souvent limitées. L’électricité fonctionne huit heures par jour, l’eau non polluée manque et l’eau potable s’achète en magasin.

    Pour l’heure, aucun malade présentant des symptômes ne s’est encore rendu dans les hôpitaux. « On ne peut pas le mesurer, mais il est presque certain que des cas existent. A un moment, plusieurs cas compliqués, dans un état déjà dégradé, arriveront d’un coup », craint pour sa part Ely Sok, chef de mission de Médecins sans frontières, à Gaza. L’organisation s’apprête à installer une unité de soins dans un des hôpitaux de l’enclave, aucun n’ayant une réelle capacité à faire face. Ils sont affaiblis par le blocus israélien et ne se sont pas remis des bombardements de trois guerres récentes, la dernière en 2014.

    Les personnels savent traiter un afflux de blessés par balle, mais à peine une vingtaine de docteurs sont formés pour affronter une telle épidémie, selon M. Dohair. Quant au matériel, tout manque. Gaza est un cul-de-sac où les respirateurs et les ventilateurs, après lesquels court le monde entier, risquent d’arriver bien tard. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fourni quelques centaines d’équipements de protection individuelle, une petite tonne de désinfectant, mais pas encore de médicaments – Gaza n’a quasiment pas d’antiviraux. « Au total, nous pouvons peut-être traiter quelques dizaines de cas à la fois. Mais si les malades sont plus nombreux, nous nous écroulerons », affirme M. Dohair.

    Aide minimale d’Israël

    Une telle saturation risque d’être aggravée par la fermeture du terminal d’Erez, où 1 700 malades graves, sans lien avec le coronavirus, se sont vu refuser le passage par les autorités israéliennes pour être soignés à Jérusalem-Est. Seuls passent encore des malades du cancer et des cas particulièrement urgents. Selon l’ONU, environ 4 000 opérations prévues au dehors ont également été repoussées. L’Etat hébreu facilite le passage de l’aide internationale, mais il n’a offert qu’une aide minimale. Il manque lui-même de moyens pour ses hôpitaux. Mais il sait aussi qu’il sera mis devant ses responsabilités, si l’épidémie emporte Gaza.

    Quant à l’Autorité palestinienne (AP), à Ramallah, elle recrée une forme de coopération avec le Hamas à mesure que la crise se fait plus concrète, à travers l’OMS et l’UNRWA. Mais c’est avec difficulté. Selon Bassem Naïm, haut responsable du Hamas, l’AP « refuse encore d’établir un comité de gestion conjoint de la crise ». Il craint que Ramallah, qui a coupé une large part dans les salaires des fonctionnaires dans l’enclave, dès 2017, ne retienne des fonds de donateurs internationaux. Selon OCHA, environ 1,4 million d’euros ont été provisionnés pour l’heure, pour un premier plan d’aide d’un coût total de 5,9 millions.

    #Palestine #coronavirus #Gaza

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

  • Welcome to Lockdown : COVID-19 quarantine and the Gaza experience
    Abdalhadi Alijla, Mondoweiss, le 20 mars 2020
    https://mondoweiss.net/2020/03/welcome-to-lockdown-covid-19-quarantine-and-the-gaza-experience

    More than five academic events, which I was supposed to attend have been cancelled amid the COVID-19 outbreak. My feelings were a mixture of sadness that I would not be able to present my work at international conferences and events, and calculated happiness that we academics can have a rest, and also that many will understand the true meaning of lockdown and being in forced collective quarantine. Hundreds of academics in Gaza have been in lockdown for 15 years. They have been denied the privilege of travel, presenting, networking, and collaborating because of the unexplained and unjustified lockdown from 2006 by the Israeli military.

    #coronavirus #Palestine #Gaza #confinement

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

  • Gaza, le Coronavirus, et le blocus israélien
    Ziad Medoukh, le 17 mars 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/03/17/gaza-le-coronavirus-et-le-blocus-israelien

    Même si jusqu’à présent, il n’y a aucun cas infecté par le Coronavirus dans la bande de Gaza, le fait que ce virus est arrivé en Cisjordanie et en Israël. Les Palestiniens de Gaza commencent à s’inquiéter notamment dans le contexte particulier marqué par une crise sanitaire et économique sans précédent. Pour eux, ce virus qui n’a pas de frontières, peut à n’importe quel moment y arriver, car personne ne peut arrêter la propagation du Coronavirus avec le manque d’installations médicales bien équipées, et la crise fondamentale qui touche le secteur de la santé en faillite du fait du blocus.

    #Palestine #Gaza #Coronavirus #Ziad_Medoukh #discrimination #Blocus #Injustice #Cynisme #Crime_contre_l'humanité #Massacre

  • Coronavirus, c’est Gaza qui arrive chez nous !
    Ahmed Abbes, TACBI, le 17 mars 2020
    http://tacbi.org/node/158

    Confiné chez moi en banlieue parisienne, essayant de focaliser mon attention sur ma recherche mathématique, je me retrouve régulièrement en train de consulter les nouvelles qui confirment la propagation exponentielle de l’épidémie dans le monde. Je m’inquiète pour mes proches et mes amis et pour les pays qui n’ont pas les moyens de faire face à ce désastre. Je suis saisi par la vulnérabilité de l’opulent mode de vie occidental. Le capitalisme sauvage, qui domine le monde et asservit l’écrasante majorité des êtres humains au profit d’une infime minorité, pourra-t-il survivre à cette crise ? Le virus, quant à lui, semble ignorer les frontières et traiter tout le monde sur un pied d’égalité. Des dirigeants des plus grandes puissances mondiales ont été contaminés. Mais la situation pourrait évoluer avec le temps et les pays pauvres, en particulier les pays africains, pourraient souffrir plus que les autres.

    Tout d’un coup, les souvenirs de la guerre israélienne contre Gaza de 2014 me reviennent avec force. (...)

    #Palestine #Gaza #France #Tunisie #coronavirus #paranovirus

  • Coronavirus is a death sentence for Palestinians caged in Gaza -

    Even a small outbreak among Gaza’s densely-packed, blockaded population would put an impossible strain on a healthcare system already teetering on the verge of collapse
    Shannon Maree Torrens
    Mar 12, 2020 4:06 PM

    https://www.haaretz.com/middle-east-news/.premium-coronavirus-in-gaza-a-death-sentence-for-caged-palestinians-1.8667

    Imagine two million human beings living in the space of just 365 square kilometers. One of the most densely populated places on Planet Earth, confined in a cage from which they cannot escape. These two million people cannot leave, even if they wanted to, without great difficulty.

    They must live their lives within the confines of this rapidly deteriorating area of land, some persisting in the hope that one day things may change, but many surviving with the realization and resignation that they very well may not. No matter their degree of optimism or pessimism, all are isolated from the rest of the world. We call this place the Gaza Strip, and it has been under blockade by Israel since 2007.

    It is now March 2020. The novel coronavirus, has become an issue of global concern. The disease it causes, COVID-19, has spread far from its origins in China. In a short space of time, coronavirus is seemingly everywhere. It moves as frequently as the planes and people who spread it back and forth across the world.

    As of 11 March, more than 118,000 people have been infected globally, almost 4,300 people have died and at least 114 countries/territories and areas are affected. The world buys masks and hand sanitizer. The World Health Organisation classifies novel coronavirus as a pandemic. People stock up on food. “What will happen to us?” the world says. “What if we get sick?”

  • « 42 genoux en un jour » : des tireurs d’élite israéliens relatent la fusillade des manifestants de Gaza
    Hilo Glazer, Haaretz, le 6 mars 2020
    https://www.aurdip.org/42-genoux-en-un-jour-des-tireurs-d.html

    Les données indiquent que le nombre de personnes tuées a fortement diminué seulement après la transition vers le Ruger, environ un an après que les troubles hebdomadaires ont éclaté. Le Ruger est considéré comme moins mortel que les autres fusils. Eden, un vétéran du secteur de Gaza, dit qu’il a utilisé des fusils M24 et Barak (HTR-2000) : « Avec le Barak, si vous tiriez sur quelqu’un au genou, vous ne le handicapiez pas, vous arrachiez sa jambe. Il pouvait mourir en se vidant de son sang. »

    Pour un soldat comme ça, ce tir est son but, sa justification. Ce sont des gamins de 18 ans, pour la plupart issus d’un milieu socio-économique assez pauvre. Le fait que vous en ayez fait des tireurs d’élite ne signifie pas que vous les avez transformés en gens matures et sensés. Au contraire, vous les avez transformés en machines, vous avez réduit leur capacité de réflexion, vous avez réduit leurs possibilités de choix, diminué leur humanité et leur personnalité.

    En anglais :

    ’42 knees in one day’ : Israeli snipers open up about shooting Gaza protesters
    Hilo Glazer, Haaretz, le 6 mars 2020
    https://seenthis.net/messages/829354

    #Palestine #Gaza #armée #assassinats #Marche_du_Retour

  • Empêcher les drones tueurs israéliens d’intensifier la militarisation aux frontières de l’Union Européenne
    ECCP, le 6 mars 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/03/06/empecher-les-drones-tueurs-israeliens-dintensifier-la-militaris

    Depuis 2018, plus de 63 millions d’euros d’argent public européen ont été utilisés pour financer directement et alimenter l’économie de guerre d’Israël, tandis que Frontex et l’EMSA militarisent de plus en plus les frontières européennes et la Méditerranée avec la technologie de surveillance et de guerre qu’Israël a développée et testée lors d’assauts brutaux sur Gaza.

    Stop Israeli killer drones from intensifying the EU’s border militarisation
    ECCP, le 6 mars 2020
    http://www.eccpalestine.org/stop-israeli-killer-drones-from-intensifying-the-eus-border-militarisa

    Voir aussi :

    Israël en tant que modèle pour la politique discriminatoire anti-migration de l’UE
    Stop The Wall, le 15 mai 2019
    https://seenthis.net/messages/829516

    #Palestine #Europe #Immigration #complicité #Frontex #drones #Gaza #EMSA