• La mort annoncée des centres de santé qui soignent les inégalités
    https://reporterre.net/L-Etat-signe-la-mort-brutale-et-incomprehensible-des-centres-de-sante-co

    Le gouvernement veut couper les financements des centres de santé communautaire. Des milliers de patients, notamment précaires, risquent de perdre un accompagnement global « indispensable et précieux ».

    Sans idéologie, le gvt flingue la mutualisation et l’entraide communautaires.

    • Le premier ministre met fin à l’expérimentation de la santé communautaire dans les quartiers populaires
      https://www.mediapart.fr/journal/france/050226/le-premier-ministre-met-fin-l-experimentation-de-la-sante-communautaire-da

      Depuis 2021 étaient financées, de manière expérimentale, 26 structures de santé dans des quartiers populaires, qui ont fait leur preuves. Mais le couperet budgétaire vient de tomber : l’expérimentation cesse, et les centres concernés ne pourront plus compter que sur des aides de l’État très fortement diminuées.

      « On nous prive du jour au lendemain de l’essentiel de nos financements, on est menacés de fermeture dès le mois d’avril. C’est un tel mépris institutionnel des professionnels, un manque de respect total pour les habitants des quartiers populaires. Depuis hier, on leur distribue des tracts à l’accueil. Ils nous soutiennent et ils nous disent : “vous étiez à notre fête de quartier”, “vous avez accompagné notre sortie scolaire”. On fait partie de la vie des gens », résume Élisa Francfort, coordonnatrice du Château en santé, situé au pied des barres d’immeubles du quartier Kalliste à #Marseille (Bouches-du-Rhône).
      Mediapart a consacré de nombreux reportages à ce centre de santé (ici et là) , mais aussi à la Case de santé à #Toulouse (Haute-Garonne), au Village 2 santé à #Échirolles, près de Grenoble (Isère), à la maison de santé Pyrénées-Belleville à #Paris, ou encore à la Place Santé, au cœur de la cité des Francs-Moisins à #Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

      Ces structures sont des pionnières de la #santé communautaire en France, qui mélange du #soin et du travail social pour aller vers les habitants des #quartiers_populaires, souvent éloignés des soins, isolés, égarés dans les méandres du système de santé, sans droits, etc.

      Depuis juin 2025, les acteurs et actrices du secteurs réclamaient une réunion au ministère de la santé, pour enfin être informé·es des « arbitrages » sur leur modèle. Elle a eu lieu le jeudi 29 janvier. La médecin généraliste Dora Lévy explique : « On s’attendait à une baisse de nos financements. Mais pas à ça ! » « Pendant vingt minutes, ils nous ont expliqué qu’ils voulaient nous sécuriser. Ils l’ont dit vingt fois », complète Élisa Francfort.

      Finalement, le conseiller de la ministre de la santé, Stéphanie Rist, leur a annoncé leur entrée dans le dispositif #France_santé, voulu par le premier ministre Sébastien Lecornu. Une labellisation de cent vingt maisons de santé qui bénéficieront d’une subvention de 50 000 euros par an. « Notre cahier des charges n’a rien à voir, et notre enveloppe budgétaire non plus », déplore la docteure Lévy. La maison de santé Pyrénées-Belville perçoit par exemple « 600 000 euros par an de subventions ».

      La fin d’une « dynamique incontestable »

      Cette réunion a donc acté la fin de l’expérimentation de vingt-six structures d’exercice coordonné participatives (Secpa), labellisées par le ministère de la santé en 2021 et 2022 dans des quartiers populaires de Dunkerque à Poitiers, ou de Belfort à Valence. Elles bénéficiaient d’un financement de 10 millions d’euros par an environ, soit 380 000 euros en moyenne par structure.

      « C’est le ministère de la santé qui est venu nous chercher pour qu’on développe notre modèle dans le cadre d’une expérimentation », rappelle Élisa Francfort. « Ils ont pris conscience des inégalités de santé pendant le #covid_, prolonge Benjamin Cohadon, coordonnateur du Village 2 santé d’Échirolles. _Car la mortalité a été très forte dans les quartiers populaires, là où vivent les “premiers de corvée” », c’est-à-dire les soignant·es, caissières, livreurs, éboueurs, etc., en première ligne durant la pandémie.
      « On a travaillé avec eux sur le cahier des charges, poursuit la médecin généraliste Jessica Guibert, l’une des fondatrices du Village 2 santé. On a pu développer ce qu’on faisait jusque-là en bricolant : pas seulement des soins, mais aussi de l’accès aux droits, de l’interprétariat, des groupes ou des ateliers dédiés à l’alimentation, à la lutte contre les violences et les discriminations, à la prévention des risques du travail, etc. Car tout cela a un impact sur la santé. »

      La méthode de l’#expérimentation prévoyait une évaluation avant une éventuelle #généralisation. Entre 2024 et 2025, ces vingt-six structures ont donc été évaluées à plusieurs reprises, toujours de manière positive. En avril 2025, le conseil stratégique de l’innovation en santé, qui dépend du ministère de la santé, a voté « à l’unanimité » pour leur entrée dans le droit commun parce qu’il les juge « efficaces », portées par une « dynamique incontestable ».

      Tout semblait donc prêt pour l’entrée de la #santé_communautaire dans le droit commun en France. Le processus a suivi son cours sous les nombreux et nombreuses ministres de la santé qui se sont succédé. Mais au moment de trouver des financements pérennes, le couperet budgétaire est tombé.

      « On a investi beaucoup d’énergie, on a embarqué des équipes, des habitants du quartier, on a augmenté le nombre de nos patients, qui sont de plus en plus lourds. Certains ont investi dans de nouveaux locaux, parfois sur leurs propres fonds, et ne pourront pas se retourner », met en garde Dora Lévy.

      « Pérennisées et financées », mais...

      De très nombreuses études scientifiques (par exemple ici) ont pourtant démontré l’efficacité de cette approche de la santé, y compris d’un point de vue économique : les patients vont mieux, et leurs frais de santé en sont donc diminués. En 2021, les pouvoirs publics semblaient l’avoir compris.
      Mais c’est surtout « un bon modèle de santé, aux effets bénéfiques, poursuit Dora Lévy. On fait sortir les gens de situation terribles d’isolement, de maladie, de violences. Nous, les médecins, nous ne sommes plus tout seuls, démunis face à des situations très complexes. »

      Dans le quartier parisien Pyrénées-Belleville, la maison de santé s’adresse aux populations d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, d’un foyer de travailleurs migrants, de personnes âgées très isolées dans cet arrondissement parisien, visitées à domicile par les équipes d’infirmiers et d’infirmières.

      À Marseille, le Château en santé emploie un médiateur qui est aussi interprète pour la population turque et kurde, très nombreuse dans le quartier. À Échirolles, le recours à un service d’interprétariat a été généralisé, car « on s’est rendu compte que l’interprétariat par des proches pouvait être très néfaste », explique Jessica Guibert.

      Elle insiste aussi sur le travail « des accueillant·es » qui va bien au-delà du secrétariat : « Elles prennent des rendez-vous pour les patients, coordonnent leurs parcours, les orientent dans un système de soins de plus en plus complexe. »
      Lors des questions au gouvernement, mardi 3 février, la député écologiste de l’Isère Cyrielle Chatelain a interpellé le premier ministre Sébastien Lecornu. Il a assuré que « les vingt-six structures Secpa seront bien pérennisées et financées ». Puis il a botté en touche vers la ministre de la santé, Stéphanie Rist, qui « précisera dans les heures qui viennent les sommes qui leur seront allouées ».

      Contacté par Mediapart, le ministère indique que « la décision de généraliser cette expérimentation a été prise ». Seulement, il faut encore « définir un modèle financier pérenne », ce qui sera fait « très prochainement », promet-il. Les agences régionales de santé et les collectivités locales seront mises à contribution. La santé communautaire ne sera donc pas étendue et restera un modèle réservé à quelques territoires seulement, porté à bout de bras par des militant·es.

      Les structures existantes ne se font guère d’illusions sur la possibilité que le ministère aille plus loin que les 50 000 euros annuels annoncés. Aux yeux de Benjamin Cohadon, « c’est un signal dramatique : il n’y pas de continuité de l’État. Dans trois mois, je dois licencier des gens dans un quartier populaire ».

      Non mais oui quoi, on va pas raquer pour soigner un système de santé qui reste le meilleur du monde.

      #accès_aux_soins #droit #guerre_aux_pauvres

  • #barrages hydroélectriques : le discret retour de la #privatisation voulue par l’UE
    https://lvsl.fr/barrages-hydroelectriques-le-discret-retour-de-la-privatisation-voulue-par-lue

    Depuis au moins dix ans, la Commission européenne presse Paris d’ouvrir à la #concurrence les concessions des barrages hydroélectriques. Deuxième source d’électricité, amortis et rentables, pilotables et jouant un rôle central dans la gestion de l’eau, ceux-ci ont été préservés de la rapacité du secteur privé depuis un siècle. Tout en prétendant maintenir les barrages dans le giron public, une proposition de loi directement issue des négociations avec l’UE prépare en réalité leur privatisation rampante et instaure un mécanisme similaire à l’ARENH, qui a ruiné #EDF. Alors que la bataille pour sauver nos barrages va reprendre, l’option alternative de la quasi-régie et surtout la désobéissance à l’idéologie du marché continuent à être (...)

    #Économie #alstom #Engie #General_Electric #Grenoble #hydroélectricité #Macron #néolibéralisme #Union_Européenne

  • The Everywhere Border. Digital Migration Control Infrastructure in the Americas

    The US is building a digital border infrastructure in neighbouring countries that expands and deepens surveillance, while hiding state violence. The implications of this new infrastructure will be long-lasting and need to be integrated into strategies of resistance of migrant justice movements worldwide.

    In 2021, José Eusebio Asegurado, a farmer in El Salvador, was arrested by the Salvadoran National Civil Police for ‘promoting human trafficking’. The basis for the arrest was a WhatsApp group chat (external link)
    that Asegurado and other migrants1 were using to coordinate a caravan, which had been infiltrated by a police agent. According to the screenshots used to incriminate him, Asegurado’s only participation in the chat was responding ‘OK’ to a migrant’s message that he would be at a meeting point at around 5 o’clock. Police arrested Asegurado at the meeting point, telling him he was ‘profiled’ as a caravan organiser.

    The same day, the Salvadoran police also charged Fátima Pérez, a cook, and Juan Rufino Ramírez, a private security guard, with promoting ‘human trafficking’ based on messages on a WhatsApp group they had created to coordinate a caravan. Screenshots in Ramírez’s case show him giving instructions to the 55-member group to meet at the bus station, and the prices of tickets to Guatemala. The police arrested Ramírez and Pérez the morning they were planning to leave.

    These three arrests took place in the span of four hours. The then-US ambassador in El Salvador, Katherine Dueholm, promptly congratulated (external link)
    the General Prosecutor’s office, stating: ‘I applaud the Salvadoran authorities who are taking action against those who want to deceive citizens with caravans and false promises. They promote only #UnViajeEnVano (external link)
    ’ – ’a journey in vain’.

    The arrests and Ambassador Dueholm’s praise reflect the critical role of covert surveillance and data-driven ‘smart’ technologies in US migration-control practices operating deep within countries outside the US. Over the past twenty years, the US (and other wealthy countries) have made strides to externalise border-control regimes well beyond their actual territory. This often involves effectively enrolling agencies in other countries in migrant surveillance, policing, and exclusion.

    The new digital infrastructure that enables border externalisation, however, is little understood. This digital infrastructure relies on both military-grade technology built by major weapons manufacturers and Silicon Valley innovation: inter-operable databases that share fingerprints seamlessly between police agencies across borders; biometric collection devices used by Mexican detention authorities to track migrants for US Customs and Border Protection (CBP); social media apps that serve as critical communications networks for migrants and surveillance tools for police; digital ID systems that enable access to essential services, but double as tracking devices.

    Infrastructure – digital or material – has real sticking power; that’s the point. Once a highway splits a community in half, a new permanence stifles the din of protest, and people move on. We use the term digital infrastructure to describe the establishment of a foundation that will be fundamental to how world powers will practise migration control; and, as it embeds itself, increasingly beyond challenge – a unified strategic intervention by powerful countries, with the US coveting the vanguard. While it may look like technological experimentation (like AI-powered robot dogs on the border) or one-off opportunistic data-grabs (like networks of international data-sharing agreements), the growth of digital border infrastructure is by design. This is enabled through joined-up digital technologies that settle into the kind of rigid, ‘motiveless’ permanence granted to other infrastructures, like submarine communications cables, protocols and servers that run the internet, an electrical grid or a superhighway.2

    The profound implications of new infrastructures persist long after their creation, as is the case for the digital infrastructure deployed to police migrants in the so-called US ‘backyard’. Its impacts are frequently rendered invisible. Governments promote border policing technologies as fundamentally safe, humane and non-violent (external link)
    while migrant advocates struggle to make visible the violence on the other side of this unseen ‘borderland circuitry’.3

    The implications range from digitally triggered violence and killings by local police in Central America to actions by the US, its allies and competitors in geopolitical contests over the control of global security. The US government and private industry have worked themselves into a largely covert entrepreneurial frenzy to own and control the migration policing interface of the future. Monitoring and control capabilities – a longstanding and routine part of US aid packages to fight organised crime – both expand domestic spying by partner governments for their own ends and serve US border externalization interests in controlling the movement of people and diverting them away from the US territorial border.

    This essay will focus primarily on how digital infrastructure serves US interests . What do we know about this strategy and how it is already affecting mobility and human rights in the region? What are its historical foundations? What challenges lie ahead? It is impossible to answer these questions simply by dissecting the cruelty or provenance of any single technology, system or actor. We first need to understand the transnational motivations driving these incremental, more observable, facts on the ground. We need, in other words, to make visible the invisible digital infrastructure.
    Digital infrastructure is key to border externalisation and a rise in unaccountable violence

    Understanding border externalisation through the lens of digital infrastructure captures the true scale of border practices envisaged by the US (and its competitors and allies) as well as their envisaged permanence within the future world order. Digital border infrastructure feeds on histories of domination, control and atrocities in the name of transnational ‘crime-fighting’ projects, setting the stage for tremendous social costs.

    First, as to scale, we are witnessing an escalation of US border imperialism and borderland violence4 – both in terms of geographical reach far into national territories and the further extension of ‘policeability’5 to an increasing number of individuals and groups through this digital infrastructure. This includes anyone an algorithm decides might be ‘dangerous’, those who might migrate, as well as humanitarian actors, migrant advocacy groups, and aid organisations. Scaling and the rapid growth it engenders is a quintessential property of digital technologies, regardless of their origin or application. The shifts to new targets under digital infrastructure are frictionless compared to earlier analogue-based border policing tactics. Asegurado, the farmer assisting migrants in El Salvador, was swept up in the US border externalisation dragnet with a simple ‘OK’ on a WhatsApp chat.

    Second, as to permanence, advocates of digital borders in national capitals, industry and development agencies embrace the term ‘digital public infrastructure’ as a brand, to bestow (unearned) trust, normalisation and the inevitability of contested digital tools such as biometric IDs and payment systems.6 Ceding the privilege of defining ‘digital infrastructure’ to actors with vested interests in current migration-control practices is reckless. Without a counternarrative that articulates their violent disposition, digital border externalisation tools – including widespread biometrics collection, real-time transaction data-collection in payment systems, and the confiscation of smartphones at the border – can easily be normalised as ‘digital public infrastructure’, rather than resisted.

    The scale and enduring impact of the rapidly hardening digital infrastructure that fuels border externalisation calls for urgent transnational organising. As writers and activists, we have come together to resist the use of digital infrastructure in US migration-control policy in Mexico, Central and South America, and the Caribbean. We have only traces and not the whole picture. Building on the work of others, we weave all this together to show how the fusion of state and digital power to construct digital border infrastructure is neither humane nor safe: rather, it is increasing unaccountable forms of violence.

    Convergence: Drugs war, border externalisation, digital infrastructure and the militarisation of US’ neighbouring regions

    Economic and political initiatives since the 1970s have driven relentlessly towards US investments in more militarised, criminalising, and digitised migration-control practices. Since 9/11, the US convergence of ‘national security’ with unauthorised migration has fueled an ever expanding border externalisation regime—currently there are 23 CBP offices and 48 ICE offices worldwide—and consequently has provided an especially lucrative market for digital surveillance corporations.7 Through programmes such as the Mérida Initiative and the Central American Regional Security Initiative, the US has tied aid to countries such as Mexico, El Salvador, Guatemala and Honduras to increased militarisation, policing, incarceration, and migration control.

    Yet migration patterns to the US from Mexico, Central America and the Caribbean cannot be divorced from the practices and policies that the US employed for over a century to dominate countries in these regions. Decades of US practices and policies have fuelled economic, political, and environmental instability – key factors that drive migration to the US. Over the past 20 years the number of people migrating from Central America has more than doubled (external link)
    , the largest increases coming from Guatemala, Honduras and Mexico. The US-backed ‘war on drugs’ in Mexico and Central America has dramatically increased violence and instability.8 In Mexico, the fight against organised crime has resulted in 350,000 deaths and more than 72,000 disappearances (external link)
    between 2006 and 2021. According to the World Bank, 60% of rural Central Americans live in poverty (external link)
    . While the largest contributors to the climate crisis are wealthy countries, these already impoverished populations suffer the most acute impacts of climate change. For decades, prolonged droughts together with natural catastrophic events such as hurricanes (external link)
    and floods (external link)
    have deeply affected Central America. The number of people facing food insecurity tripled between 2019 and 2021, affecting 6.4 million people (external link)
    . Asegurado, Pérez and Ramírez – like many others – are grasping for alternatives to this intolerable situation.

    Rather than acknowledge these underlying causes, the US response has been to extend its border ever further. General John Kelly, former Secretary of the US Department of Homeland Security (DHS), stated (external link)
    , ‘I believe the defense of the Southwest border starts 1,500 miles to the south’. Mexico has long been central to the US border-externalisation regime, and digital infrastructure plays an increasingly critical role. Tony Crowder, former director of CBP’s Air and Marine Operations, shared Kelly’s sentiment ‘We have taught the Mexicans how to fish…[but] even though we have all this surveillance capability, we don’t have enough, we need more’.9

    While part of a continuum of US efforts to enlist Mexico in support of its regional objectives, this ‘security and rule-of-law partnership (external link)
    ’ accelerated following 9/11. In 2007, the US shifted the focus of its drug war (external link)
    from Colombia to Mexico, Central America, and the Caribbean. Under this frame of securitisation, the drug war merged with the migrant-control regime. In 2008, the Mérida Initiative was launched – a bilateral partnership between the US and Mexico in the name of the US war on drugs. It initially provided financing for Mexico to purchase equipment for its military and police forces and for intelligence gathering. In 2013, Mérida was revamped to include four pillars (external link)
    , incorporating the creation of a ‘21st century US-Mexican border, while improving immigrant enforcement in Mexico and security along Mexico’s southern borders’. Effectively an extension of US policy, some $3.5 billion (external link)
    has helped shape Mexico’s migration-control agenda since 2008.

    In 2014, Programa Frontera Sur further securitised Mexico’s southern border by increasing the migration policing and deportation apparatus. Consequently, Mexico now has one of the world’s largest (external link)
    immigration detention systems. Between 2014 and 2017, Mexico deported more Central Americans (external link)
    than the US Border Patrol. Doris Meissner, the former commissioner of the Immigration and Naturalization Service (INS, the predecessor to ICE and CBP), underscored the importance of Mexican migration control, explaining in 2017 the need to look at both US and Mexican data to assess the effectiveness of US border enforcement (external link)
    .10

    Under these agreements, the US Department of Defense has provided training and sold millions in military equipment to Mexico, including an array of ‘smart border’ technologies provided by corporations (external link)
    such as Dev Technology, General Dynamics, Amazon Web Services, and NEC. The CBP and ICE have provided training on intelligence-gathering, info-sharing, and migration policing. A key element of US support to Mexico has been to develop an infrastructure to collect and share data – such as biometric and biographical information, and criminal history – in a manner that interfaces seamlessly with US databases.

    The digital infrastructure that tracks and catalogues migrants is central to US migration policy in Mexico. The US-backed Instituto Nacional de Migración (INM) strategy relies on this infrastructure (external link)
    as the primary means to control migration rather than sealing Mexico’s southern border with Guatemala. Biometric collection is essential to making migrants more legible to the state. In 2011, the US provided four biometric kiosks (external link)
    to Mexico’s southern border, and 117 additional biometric scanners (external link)
    the following year. Between 2018 and the first half of 2022, the Mexican government gathered and shared information on over 360,000 migrants in detention facilities.11 Information from CBP reveals that Mexican authorities shared information from 10,000 humanitarian visa (external link)
    applications with DHS. The release of approximately 1,800 unregistered migrants from a shelter in Piedras Negras was conditional on the registration of their data.12

    An ‘Information Sharing Environment’ that includes inter-operable data-sharing systems (external link)
    is central to achieving the objectives of the homeland security state. ‘Inter-operability’ enables seamless connectivity between police, immigration agencies, foreign governments, and more.13 Key forms of US-initiated digital infrastructure rely on widespread information-gathering and seamless sharing of data for surveillance across borders.

    This vast amount of data-collection and sharing has been fuelled by unleashing the power of the carceral state – including the centrality of the ‘criminal alien’, ‘gang member’ and ‘drug trafficker’ as threats to national security – at all geographic levels of the US migrant-control regime. For example, the Biometric Identification Transnational Migration Alert Program (BITMAP) allows DHS and its partner countries to know where and when an individual arrives in the Western Hemisphere (external link)
    and their travel patterns before they reach the southwest US border. BITMAP is currently deployed to 18 countries (external link)
    , including Mexico. DHS also has a Criminal History Information Sharing (CHIS) programme that allows for the global sharing of biographic, biometric, and descriptive information on individuals deported from the US (e.g. alleged immigration, employment, family, and criminal histories).

    The structural criminalisation of poverty in both countries is amplified with CHIS. According to the National Survey of Imprisoned Population in Mexico, conducted by the National Institute of Geography and Statistics (INEGI) in 2021, nearly 44% of the respondents declared having been imprisoned on the basis of false accusations or incriminations (external link)
    . Forty-two percent claimed they had been forced to plead guilty or to incriminate someone else. Nearly half of those who are jailed have not been convicted (external link)
    , and nearly half of all convictions are for theft of under US$100 (external link)
    . This is the kind of data that feeds CHIS.

    In another example, DHS is developing the Homeland Advanced Recognition Technology System (HART) (external link)
    to replace its current centralised biometric database, IDENT, through a contract with Peraton (external link)
    (a subsidiary of Veritas Capital, a private equity firm). Hosted by Amazon Web Services, HART will enable DHS to aggregate and compare biographical and biometric data on hundreds of millions of people across the globe. This includes so-called encounter data from police stops, facial recognition, DNA, iris scans, and voice prints – usually gathered without the individual’s knowledge or consent. The massive HART database draws from widespread biometrics collection in all realms – for example, the US DOS INL’s development of integrated DNA databases in Mexico and Central America in the name of combating trafficking or the proposed national biometric digital ID in Mexico (external link)
    . In this way, multiple state initiatives merge, and the power of the state to police, track and control migrants and all people under their watch grows exponentially.

    While the Mérida Initiative formally ended in 2019, its approach has been sustained by the Mexican government. In 2021, the Mexican government increased (external link)
    the military by 46% and the National Guard dedicated to stopping migrants by 300%. In July 2022, President López Obrador committed $1.5 billion in smart border infrastructure (external link)
    over the next two years.

    For US partner states, any technological and data-sharing channels that are financed and exported to them become assets – not just for monitoring migrants, but to advance multiple agendas of coercive power-building. This infrastructure can therefore end up fuelling violence and criminalisation, undermining the right to asylum, exacerbating inequality, and expanding the power of paramilitaries and the police (external link)
    , while privileging securitised neoliberal and corporate prerogatives.
    The geopolitical nature of digital infrastructure

    In their research on digital payment systems, Marieke de Goede and Carola Westermeier use the term ‘infrastructural geopolitics’ to stress the growing centrality of infrastructure to geopolitics and the ways in which US economic power is rooted in financial infrastructures (which, like migration control, are rapidly digitising).14

    The global financial messaging network SWIFT is an example of infrastructure that is invisible to most people and yet plays a major role, as the writers describe, in reinforcing power relations of the post-war global order in which it emerged. Seventy years after the Second World War and fifty years since SWIFT’s establishment, bank messaging routes flow through former colonial capitals and map onto a ‘core’ of Western countries, leaving large swaths of Latin America, Africa, and the Middle East in a permanent, but effectively invisible, economic periphery. Similarly, digital IDs, social media monitoring and infiltration, and data-sharing platforms are essentially component parts, nodes, or partially visible layers of deeper, longer-term geo-strategic digital infrastructure projects.

    Extension of borders through digital infrastructure serves US political and economic goals well beyond the policing of human mobility. Geopolitical contests for control over infrastructures play out across several domains. Military establishments covet ‘identity dominance (external link)
    ’, an objective that drove US forces to gather massive stores of biometric data in Afghanistan and Iraq as a weapon of war. US digital services giants like Amazon and Google mastered ‘platformisation’ by building e-commerce (digital advertising, search, social media, etc.) infrastructure to dominate the digital economy. Often, public and private-sector interests converge, including in the form of public–private partnerships (PPPs) to build infrastructure. In each case, the true contest among states and corporate giants centres on control over the interface, or the most essential, invisible, infrastructural methods of digital communication and control. As Michael Kwet explains (external link)
    , ‘Transnational “Big Tech” corporations based in the United States have amassed trillions of dollars and gained excessive powers to control everything, from business and labor to social media and entertainment in the Global South. Digital colonialism is now engulfing the world’. The US quest for domination through externalised migration policing infrastructure goes hand in hand with its geopolitical and corporate designs for economic power.

    These forms of infrastructural digital power pose unique challenges for documentation and ultimately for any form of systemic change. Challenges include blurred lines of responsibility, mission, and function; governments and corporate actors are seen or presented as passive conduits or intermediaries in digital public infrastructure; and infrastructures can easily appear to be ‘ahistorical’ and motiveless. In Mexico and Central America, migration control converges with ongoing US foreign policing operations (such as the war on drugs, and gang wars). We explore the several simultaneous effects of this complex merger: the turn to digital infrastructure; its relationship to violence and human suffering; and its foreclosure of accountability for these harms.
    Digital border infrastructure in your phone: Information and Communications Technology (ICT) policing techniques along migration routes

    Surveillance infrastructure is tangible in physical migration detention centres and in police arrests: mugshots, cheek swabs, confiscation of the detainee’s mobile phone. The deepening integration of daily life, telecommunications and computers open extensive avenues for more covert, opportunistic surveillance of private communications and activity by users who rely on social media, mobile communication and messaging apps. The surveillance of mobile phones and social media ranges from overt disclosure requirements for visa and benefits applications to government listing and tracking of protesters and other ‘undesirable’ actors. Migrant surveillance is immersed in these control schemes where surveillance technology serves as a silent tool for government violence and repression.

    This has had an impact on how migrants travel and keep safe, such as through safety in numbers. Travelling in caravans has therefore become both a survival and a protest strategy: sources of both physical and economic security (external link)
    and opposition (external link)
    to the economic policies that contributed to their displacement. Social media and messaging apps are key tools for the coordination of caravans and for migrants more broadly. Migrants use these tools to identify routes, look for shelter and food, communicate with their support networks, warn each other about risks (external link)
    , and coordinate travel. Governments as well as organised crime understand these dynamics and use these same tools to monitor and extort migrants.

    On 5 June 2019, Irineo Mujica, from Sin Fronteras – a civil society organisation (CSO) dedicated to the protection of human rights of migrants in Mexico and the US, and which has supported multiple migrant caravans – was arrested in Mexico, falsely charged with human trafficking (external link)
    . Mujica appeared in the CBP’s watchlist database published in 2019 (external link)
    that contained photos, names, professions, and other details of journalists, activists, and social media influencers both from Mexico and the US with links to the migrant caravan.

    A DHS Office of Inspector General (OIG) report (external link)
    on the database and other surveillance practices found that CBP established electronic alerts (lookouts) on journalists, attorneys, and advocates who were connected by social media to the migrant caravans. Those tagged by the lookouts were constantly flagged for secondary screening (external link)
    when entering the US, and interrogated about their work, organisation, family, education, and political leanings.

    The weaponisation of such information had grim effects on the Mexican side of the border. According to Sin Fronteras activist Alex Mensing (external link)
    , after the CBP shared information gathered through lookouts with the Mexican government, other members from his organisation who assisted migrant caravans in the same period saw an increase in border scrutiny and death threats (external link)
    . Organising and supporting migrants threatens lucrative operations that depend on the criminalisation of migration across the region. Civil society assistance makes migrants less prone to kidnapping and extortion, which therefore reduces the income for organised crime linked to these activities, and, as a domino effect, bribes to authorities also drop, pitting the collective interests of such groups against activists and those providing humanitarian assistance.

    Surveilling anyone who might pose a threat to the system has long been a generalised and systematic form of government control in Mexico. A leaked document from the NSO Group, the Israeli company that created Pegasus, revealed that 50,000 people were possible surveillance targets (external link)
    in Mexico. The list included opposition politicians, journalists investigating government corruption and extrajudicial killings, activists advocating the taxing of sugary drinks, judges, academics, and international experts who investigated the case of the enforced disappearance and extrajudicial killing of the 43 students, among others.

    In 2022, mobile phones from two journalists and an activist who investigated abuses committed by the Mexican army were found to be infected with the malware Pegasus (external link)
    . In 2020, the Mexican government sought to create a SIM card registry that would link to the card owner’s biometrics and other personal data. This would have intensified government digital surveillance via ICT infrastructure, and was opposed by civil society (external link)
    .

    CBP internal documents show (external link)
    that government agencies across the border continually share information about the location of migrants, their origin, and the number of people in each group, even before they start to migrate. In 2018, US DHS agents infiltrated a WhatsApp group (external link)
    of Honduran migrants travelling in a caravan of about 4,000. These policing practices are also being reproduced by the Mexican government.15

    Impact: Infrastructural violence and accountability deficits in globalised migration policing

    Roberto M., a young man in El Salvador, was shot and taken away by police shortly after being deported from the US. The rural police officers who shot Roberto also threatened an eyewitness at gunpoint, telling him that Roberto was a gang member and if he revealed what he’d seen, the same would happen to him. Police in El Salvador receive data on gang-member affiliation from the US, and share these lists (external link)
    with neighbourhood-level police where deportees plan to live. These databases have been found to be problematic and unreliable (external link)
    . Police departments confirmed (external link)
    that this information is used to target people (external link)
    : ‘We think that if a person wasn’t wanted in the United States, it must be because the deported person is bad’.

    Violence can increasingly be tied to digital border technologies, particularly in combination with one another and with physical and environmental realities that envelop them. Studies show the effects of integrated fixed-tower surveillance on migrant mortality rates in Arizona’s Altar Valley. Here, digital infrastructure merges with the ineffective yet longstanding US deterrence policy that purposefully makes migration routes more dangerous, on the theory that migrants would not risk the journey. The fusion of technology and policies that inflict deliberate harm produces these predictable results of increased migrant deaths (external link)
    .

    The story of Roberto M. and the witness to his post-deportation shooting and disappearance in El Salvador reflects another pattern of violence tied to information-sharing through digital infrastructures. The criminologist Ana Muñiz documents a ‘cycle of violent policing, migration, more violent policing, detention, deportation, violent policing, migration, and so on’, in which the labels themselves (‘criminal alien’ or ‘gang member’) become inescapable vectors of precarity.16 Such labels channel individuals into a ‘sort of statelessness’ as constant, quantifiable scapegoats that provide an easy diversion for state security forces and corporations that produce and perpetuate the ‘structural causes of violence’.17

    Digital infrastructure merges not with a physical terrain, but with pre-existing social and political factors that make violence a foregone conclusion. Today’s multipurpose digital infrastructure also permits the efficient incorporation of new undesirable criminalised categories, including ‘caravan organisers’ or ‘migration promoters’ – as in El Salvador’s attempt (external link)
    to reform its penal code, criminalising the ‘promotion of migration’ on social media.
    Challenges and way forward

    We are interested in developing deeper knowledge about the political origins of these infrastructures to challenge the violence of global migration control systems. This essay only sets out the field of engagement. Far more collective work is required to document and design models of resistance to meet such challenges.

    The diffuse and structural nature of power behind the seemingly ahistorical, and motiveless characteristics of digital infrastructures undermine classic approaches to accountability. Furthermore, the familiar national and international judicial avenues to hold perpetrators of these forms of indirect violence responsible – however imperfect or ineffective they may already be – are exceptionally ill-suited to the conditions at play in the migration policing context specifically, for several reasons.

    First, the technologies in use such as biometric databases, and the means of using civilian technologies like social media and other ICTs, are simply not designed to respect or be held to democratic scrutiny; they are military-grade and converted for use in quasi-militarised spaces, by institutions permeated with military ideology. Nearly a third of CBP personnel previously served in the US military. Biometric surveillance technologies advanced by leaps and bounds within US military operations before being integrated with ‘civilian’ border policing. Private-sector military contractors play an integral role in this transition.

    As journalist Annie Jacobsen documents, as part of the US military biometric data-collection in Afghanistan, Palantir Technologies served as a critical link between US intelligence operations to track and kill military targets and quasi-civilian policing operations like the piloting of rapid DNA samples from migrant families at the US border in 2019.18 Today, the biometric kits used in Afghanistan, some still storing biometric data collected on the battlefield, are for sale on eBay (external link)
    .

    Second, justice and oversight bodies are ill-equipped to serve their intended function in this ecosystem. Within criminal proceedings and investigations, the use of technologies that capture and record evidence of allegedly criminal activity or purport to biometrically match records are extremely difficult to challenge because of their scientific veneer and opaque data-collection and analysis methods, which leaves no practical room (external link)
    to impeach or exclude such evidence. The design of technologies that predetermine risk factors keyed to criminalised behaviour, including migration, contravenes the presumption of innocence. In the civil context, national-level justice mechanisms deny standing to non-nationals located outside the US who are victims of violations linked to digital surveillance.

    Finally, there are huge incentives for both state and corporate power to hide violence. The political positioning of ‘smart borders’ as more ‘humane’ conceals the state’s role in violence and insulates corporations from negative PR or constraints by participating in repugnant markets. Their task is made easy by rendering physical pain abstract rather than affecting real human beings,19 and features of the data economy like the way corporates have helped the movement towards running government functions like private digital platforms.

    Mitigation ‘risk assessment’ tools like data protection or human rights impact assessments provide cover (external link)
    , favouring the continuation of these business practices because firms undertake them voluntarily and face little or no consequences for a poor risk assessment. Unsurprisingly, these industry-led tools often fail to provide (external link)
    a means for real accountability; they reveal scant information that would be actionable if and when products do cause harm; and the burden of proving rights violations and finding an effective remedy (external link)
    after the fact is shouldered entirely by victims. The interests of powerful actors converge around a web of financial stakes in the system, leading to the aggressive harassment and potential silencing of activists as the case of Irineo Mujica and Sin Fronteras illustrates.

    We need tools and methods for transnational cooperation to document, gather and share information safely, and organise. Fusing new understandings about how digital power functions within existing resistance movements transnationally, holds potential for challenges to the digital infrastructure of border externalisation.

    We are in the initial stages of our collective effort to understand and expose this digital infrastructure. Through this analysis, we can begin to identify the interventions to start to tear it apart and break it down. Transnational organising against tech corporations offers opportunities for shared understanding and meaningful solidarity. This year, organisations in France and Kenya, with support from actors in other countries, sued biometrics giant IDEMIA (external link)
    for its failure to meet even minimum human rights standards of due diligence as it reaps billions in secret border security tech sales to low- and middle-income countries. This emerged from collaborative evidence-gathering and organising across borders.

    As the US military establishment recognised decades ago: whoever dominates the field of externalised borders defines ‘friend and foe’ everywhere.20 The faster the US establishes economic and political dominance over digital migration-control infrastructure, the greater its security in maintaining global digital power. Digital infrastructure serves multiple purposes at once, but the ultimate geopolitical function is raw, generalised power over global affairs. The tools examined here will ‘contain’ human life within spaces of catastrophic violence, by design. This specific effect betrays the most fundamental commitments of international human rights and humanitarian law in the face of unprecedented challenges to human survival across most of the world. But this pernicious effect is also ruthlessly beside the point.

    In reality, as facets of infrastructural power, the technologies that fix the ‘calculation of who must live and who must die’22 do not do so as an end in itself, but in the service of power and its reproduction in this digital age.23 In this way the complicity of state and corporate actors in the production of violence is cast in the starkest relief. This geopolitical analysis is our starting point for building resistance towards transformation.

    https://www.tni.org/en/article/the-everywhere-border
    #externalisation #migrations #frontières #réfugiés #USA #Etats-Unis #infrastructure #infrastructure_numérique #violence #violence_d'Etat #surveillance #caravane #whatsapp #criminalisation_de_la_migration #arrestation #technologie #technologie_intelligente #externalisation_des_contrôles_frontaliers #bases_de_données #interopérabilité #empreintes_digitales #coopération_policière #impérialisme #biométrie #Mérida_Initiative #Central_American_Regional_Security_Initiative #war_on_drugs #Amérique_centrale #Mexique #Programa_Frontera_Sur #rétention #détention_administrative #ICE #smart_borders #frontières_intelligentes #Dev_Technology #General_Dynamics #Amazon_Web_Services #complexe_militaro-industriel #NEC #Instituto_Nacional_de_Migración (#INM) #Guatemala #Biometric_Identification_Transnational_Migration_Alert_Program (#BITMAP) #Criminal_History_Information_Sharing (#CHIS) #criminalité #Homeland_Advanced_Recognition_Technology_System (#HART) #IDENT #Peraton #Veritas_Capital #reconnaissance_faciale #ADN #DOS_INL #infrastructural_geopolitics #géopolitique #SWIFT #multinationales #colonialisme_numérique #téléphones_portables #smartphones #criminalisation_de_la_solidarité #NSO_Group #border_deaths #décès #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières

  • Schizzano i fatturati delle prime 100 aziende belliche del mondo. C’è anche #Leonardo

    Nel #2024 le più grandi aziende del comparto militare hanno registrato ricavi record pari a 679 miliardi di dollari a livello globale. A guidare la crescita sono le corporation statunitensi impegnate nello sviluppo di sottomarini nucleari e aerei da combattimento per il Pentagono. Così come quelle europee, coinvolte nel sostegno all’Ucraina e nel riarmo. Mentre le società israeliane stanno ancora traendo enormi profitti dall’aggressione contro la Striscia di Gaza. I dati del Sipri

    Le tensioni internazionali e la crescita delle spese militari spingono i fatturati delle principali aziende belliche. Secondo l’ultima analisi dell’Istituto internazionale di ricerche sulla pace di Stoccolma (Sipri) i ricavi combinati dei primi 100 produttori di armi a livello globale hanno infatti raggiunto il risultato record di 679 miliardi di dollari, un incremento del 5,9% rispetto all’anno precedente e del 26% nell’ultimo decennio.

    La crescita è dovuta principalmente alle aziende statunitensi (tra cui Lockheed Martin, produttore del caccia F-35) ed europee (tra cui l’italiana Leonardo, seconda in Europa) ma che si è osservata in tutte le regioni. “Lo scorso anno i ricavi globali derivanti dalla vendita di armi hanno raggiunto il livello più alto mai registrato dal Sipri, grazie alla forte domanda di cui hanno approfittato i produttori -ha spiegato Lorenzo Scarazzato, ricercatore del programma sulle spese militari e la produzione di armi del Sipri-. Sebbene le aziende abbiano potenziato la loro capacità produttiva, devono ancora affrontare una serie di sfide che potrebbero influire sui costi e sui tempi di consegna”.

    Tra le prime 100 aziende ben 77 hanno incrementato i loro ricavi dovuti alla vendita di armi ed equipaggiamenti militari, con 42 che hanno segnato un aumento superiore al 10%. Due di loro hanno addirittura più che raddoppiato questa cifra; si tratta di Czechoslovak group (proprietaria, tra le altre, anche di Fiocchi munizioni) che occupa la 46esima posizione con una crescita del 193% e SpaceX, fondata da Elon Musk. Quest’ultima ha segnato un incremento dei ricavi dovuto alle commesse militari del 103%, raggiungendo il 77esimo posto e facendo la sua comparsa per la prima volta nei maggiori produttori di armi. Per rispondere all’aumento della domanda almeno 38 aziende hanno espanso la produzione nel corso del 2024 tramite la creazione di nuove filiali e stabilimenti o sotto forma di acquisizioni.

    Il report del Sipri è dominato dalle aziende statunitensi, che occupano ben 39 posizioni. Una macchina bellica fattasi istituzione che nel 2024 ha segnato ricavi complessivi per 334 miliardi di dollari, poco meno della metà del valore globale, con un aumento del 3,8% rispetto al 2023. Ben quattro delle prime cinque aziende a livello globale battono bandiera statunitense: si tratta di Lockheed Martin, che ha registrato ricavi pari a 64,7 miliardi di dollari e un incremento del 3,2% rispetto al 2023, Rtx al secondo posto (43,6 miliardi, un aumento del 4,1%) e Northrop Grumman (terzo posto, 37,9 miliardi, + 3,3%). Chiude in quinta posizione General dynamics con ricavi pari a 33,6 miliardi e un aumento record dell’8,1%. Secondo il Sipri questa crescita è dovuta alla produzione dei sottomarini a propulsione nucleare di classe Columbia e Virginia, anche se nel 2024 sono cresciute le preoccupazioni per i persistenti superamenti dei costi e i ritardi di produzione che hanno interessato entrambi i programmi.

    Secondo i ricercatori, ritardi e superamenti del budget rappresentano un fenomeno endemico nell’industria bellica. Un esempio significativo riguarda i già citati sottomarini nucleari di classe Columbia che hanno registrato un superamento del costo stimato fino a 17 miliardi di dollari, con un ritardo di almeno 16 mesi nella produzione della prima imbarcazione. In modo simile la consegna di 110 aerei da combattimento F-35, prodotti da Lockheed Martin, ha subito un ritardo medio di 238 giorni per aeromobile e un aumento del budget che secondo le stime dello stesso dipartimento della Difesa (ora “della Guerra”) ammonta a 89,5 miliardi. Considerando anche i costi di manutenzione, l’intero “progetto F-35” è arrivato così a costare agli Stati Uniti 1.600 miliardi di dollari, contro i 1.100 stimati nel 2018. “I ritardi e l’aumento dei costi avranno inevitabilmente un impatto sulla pianificazione e sulla spesa militare degli Stati Uniti -ha fatto notare Xiao Liang, del gruppo di ricerca del Sipri-. Ciò potrebbe avere ripercussioni sugli sforzi del governo statunitense volti a ridurre la spesa militare eccessiva e migliorare l’efficienza del bilancio”.

    Delle 26 aziende produttrici di armi presenti nella “Top 100” con sede in Europa, 23 hanno registrato un aumento dei ricavi derivanti dalla vendita di armi: 151 miliardi di dollari, in aumento del 13%. Questo fenomeno è stato determinato dalla domanda derivante dalla guerra in Ucraina e dalla percezione di una minaccia da parte della Russia. A trarne i maggiori benefici è stata la già citata Czechoslovak group grazie alla produzione di proiettili d’artiglieria per l’esercito di Kiev.

    Per quanto riguarda l’Italia il fatturato nel settore degli armamenti delle due aziende presenti nella Top 100 -Leonardo Spa e Fincantieri Spa- ha raggiunto i 16,8 miliardi di dollari nel 2024, con un aumento del 9,1% rispetto all’anno precedente. Leonardo come detto si qualifica come la seconda azienda europea nel settore degli armamenti e ha aumentato il proprio fatturato bellico del 10%, raggiungendo i 13,8 miliardi di dollari. Nel 2024 la ex Finmeccanica ha costituito una joint venture con la società tedesca Rheinmetall per sviluppare un carro armato e un nuovo veicolo da combattimento della fanteria per le forze armate italiane. Ha inoltre avviato una seconda collaborazione con Bae Systems e diverse società giapponesi, tra cui Mitsubishi heavy industries e Mitsubishi electric corporation, per sviluppare un aereo da combattimento di sesta generazione.

    Anche per questa edizione del rapporto l’analisi relativa alla Russia incontra forti limitazioni data la mancanza di trasparenza sulle vendite e la produzione bellica. Le due aziende russe presenti nella Top 100, Rostec e United shipbuilding corporation, hanno aumentato i loro ricavi complessivi nel settore degli armamenti del 23%, raggiungendo i 31,2 miliardi di dollari, nonostante le sanzioni internazionali che hanno causato una carenza di componenti. La domanda interna sarebbe stata, infatti, sufficiente a compensare ampiamente il calo delle esportazioni. “Oltre alle sanzioni, le aziende belliche russe stanno affrontando una carenza di manodopera qualificata. Ciò potrebbe rallentare la produzione e limitare l’innovazione -ha precisato Diego Lopes da Silva ricercatore senior del Sipri-. Tuttavia, dobbiamo essere cauti nel fare tali previsioni, poiché l’industria degli armamenti russa ha dimostrato di essere resiliente durante la guerra in Ucraina, contrariamente alle aspettative”.

    Anche il Medio Oriente ha fatto segnare nuovi record. Per la prima volta, nove delle prime 100 aziende produttrici di armi hanno sede nella regione, con un fatturato complessivo pari a 31 miliardi di dollari e una crescita del 14%. In particolare, le tre società israeliane presenti nella classifica, Elbit systems, Israel aerospace industries e Rafael, hanno aumentato il loro fatturato complessivo del 16%, raggiungendo i 16,2 miliardi di dollari.

    “La crescente reazione negativa alle azioni di Israele a Gaza sembra aver avuto un impatto minimo sull’interesse per le armi israeliane -ha sottolineato Zubaida Karim del Sipri-. Molti Paesi hanno continuato a effettuare nuovi ordini presso le aziende israeliane nel 2024”. La crescita di queste società viene fatta risalire proprio all’aggressione militare contro Gaza e alla richiesta internazionale di equipaggiamento israeliano, in particolare per quanto riguarda i droni. Ad esempio, nel 2024 Elbit Systems ha riferito che il 65% del suo portafoglio ordini da 22,6 miliardi di dollari proveniva da contratti internazionali, compresi accordi con Paesi europei per droni a lungo raggio. I ricavi dell’azienda nel settore degli armamenti sono aumentati del 14% su base annua, raggiungendo i 6,3 miliardi di dollari. In particolare, Elbit si è aggiudicata nuovi contratti per oltre cinque miliardi dal ministero della Difesa israeliano dopo l’inizio dei bombardamenti contro Gaza nell’ottobre 2023. Risultati simili sono stati ottenuti da Israel aerospace industries con 5,2 miliardi di dollari da commesse militari, un aumento del 13% rispetto al 2023, e da Rafael con una crescita del 23% e 4,7 miliardi in ricavi.

    https://altreconomia.it/schizzano-i-fatturati-delle-prime-100-aziende-belliche-del-mondo-ce-anc

    #armes #industrie_de_l'armement #business #chiffres #statistiques #armée #monde #Lockheed_Martin #Czechoslovak_group #Fiocchi_munizioni #SpaceX #Elon_Musk #Rtx #Northrop_Grumman #General_dynamics #Rheinmetall #Finmeccanica #Bae_Systems #Mitsubishi_heavy_industries #Mitsubishi_electric_corporation #Rostec #United_shipbuilding_corporation
    #Sipri #rapport

    • Arf, il y a méprise, ce que je voulais souligner c’est que passer commande pour pondre un seul mot et en utiliser près de 10 est stupide.

    • you’re right. c’est encore moi qui était à côté de la pâque. m’enfin, puisqu’il s’agit d’écrire à un.e collègue (à qui d’autre pourrait-il écrire ?), il devrait savoir comment ça se conclut, utiliser le modèle classique : moi couillon de généraliste méprisé je vous adresse ma patiente, ô éminent spécialiste, nonobstant quoi, je vous rappelle à vous, et surtout à elle, que, malgré tout, nous sommes plus égaux que d’autres en matière de pouvoir médical.

      #médecine #médecin

    • De toute façon, sous couvert de science et de « parcours de soins coordonnés », les généralistes (ces mals notés qui incorporent le mépris confraternel dont ils font l’objet) délèguent de plus en plus à des spécialistes. L’IA fera aisément partie du lot (spécialiste du diag, de la com, de l’admin, et plus si affinités)
      On dira jamais assez la perversité des évaluations qui nous manipulent. (chirurgien, oncologue et ophtalmos = qui ? généralistes, pédiatres, gérontos et psychiatres = qui ?).

      Mais oui, ta blaguounette est plutôt sur la mise au service des bipèdes pour l’IA (j’ai finit par piger, je crois), le temps le travail indu et la bêtise que cela génère.
      Cela fait longtemps que ces gusses friment en montrant qu’ils gèrent mieux au dictaphone le temps de travail de leur secrétaire. Là, il tombe dans une trappe que n’importe quelle secrétaire aurait évité.

      N’empêche, c’est la ruine d’un travail coopératif, ici multidisciplinaire mais néanmoins rigoureusement professionnel. Il scie la banche d’une inévitable « communauté soignante ».

      entropisation du #général_intellect pourrait-on dire.

      #abîme #langage #relation

  • Holocaust-Veranstaltung in Berlin abgesagt : Polnischer Botschafter soll interveniert haben
    https://www.berliner-zeitung.de/news/holocaust-veranstaltung-in-berlin-abgesagt-polnischer-botschafter-s

    La présentation d’un livre sur la collaboration de maires polonais au génocide nazi vient d’être annulé suite à l’intervention de l’ambassadeur de Pologne à Berlin.

    16.11.2025 von Tomasz Kurianowicz - Der Holocaust-Forscher Dr. Grzegorz Rossoliński-Liebe wollte sein Buch „Polnische Bürgermeister und der Holocaust“ in Berlin vorstellen. Nun wurde die Veranstaltung abgesagt.

    Am 25. November 2025 hätte eine Veranstaltung mit dem Titel „Polnische Bürgermeister und der Holocaust. Besatzung, Verwaltung und Kollaboration“ in Berlin stattfinden sollen, geladen war der Holocaust-Forscher Dr. Grzegorz Rossoliński-Liebe von der Freien Universität Berlin. Doch die Präsentation muss entfallen. Auf der Website von „Topographie des Terrors“ steht: „Wir bemühen uns um einen Nachholtermin.“ Laut der Organisatoren wurde die Präsentation nicht endgültig abgesagt, sondern nur verschoben. Sie soll offenbar im Februar nächsten Jahres am selben Veranstaltungsort stattfinden.

    Der deutsch-polnische Holocaust-Forscher Dr. Grzegorz Rossoliński-Liebe, der an der Freien Universität Berlin lehrt, reagierte am Samstag auf Facebook und schrieb, dass er hinter der Verschiebung ein politisches Motiv vermute. Er habe viele E-Mails und Telefonate mit der Frage erhalten, warum die Präsentation seines Buches „Polnische Bürgermeister und der Holocaust“ bei der Topographie des Terrors in Berlin abgesagt wurde. „Soweit ich weiß, wurde die Präsentation auf Anfrage des polnischen Botschafters in Berlin abgesagt, der einen der Organisatoren und offenbar auch einige Beamte der deutschen Regierung angerufen hat. Der polnische Botschafter forderte von Uwe Neumärker, dem Leiter der Stiftung Denkmal, die Präsentation wegen einer Art Treffen zwischen der polnischen und der deutschen Regierung abzusagen oder zu verschieben.“ Es solle bald zu einem Treffen zwischen der deutschen und der polnischen Regierung kommen. „Thema dieses Treffens soll offenbar das Denkmal für die polnischen Opfer des Naziterrors in Berlin sein. Was ich nicht verstanden habe, ist, wie sich die Präsentation meines Buches auf dieses Treffen auswirken kann oder warum die polnische Regierung und die deutsche Regierung Angst vor meinem Buch über polnische Bürgermeister im Generalstaat haben? Meiner Meinung nach können die deutsche und die polnische Gesellschaft vom Studium des Buches profitieren.“

    Tatsächlich findet am 19. und 20. November die 35. Sitzung der Deutsch-Polnischen Regierungskommission für grenzüberschreitende und interregionale Zusammenarbeit in Schwerin statt. Möglich, dass sich Vertreter beider Länder im Anschluss in Berlin treffen, um Details über die Errichtung eines Deutsch-Polnischen Hauses zu besprechen. Dass das Haus gebaut werden soll, steht fest, aber Ausmaß und Finanzierung sind noch nicht abschließend geklärt. Das Haus wird in Polen heftig debattiert.
    Vorwurf der Geschichtsklitterung

    Am Sonntag verdichteten sich weitere Hinweise, dass ein politisches Motiv der Grund für die Absage der Buchpräsentation von Grzegorz Rossoliński-Liebe gewesen sein könnte. Der polnische Europaabgeordnete Arkadiusz Mularczyk von Jaroslaw Kaczynskis PiS-Partei kritisierte den geplanten Auftritt von Grzegorz Rossoliński-Liebe öffentlich auf X. Er schrieb: „Auf der Website des ‚Deutsch-Polnischen Hauses‘ wird eine Veranstaltung (...) angekündigt, die eine direkte Revision der Geschichte darstellt, deutsche Verbrechen relativiert und eine falsche Darstellung der Geschichte fördert. Dies ist Teil einer bewussten Strategie, die Grenze zwischen Täter und Opfer zu verwischen. (...) Anstatt (...) Wiedergutmachung zu leisten, haben die Deutschen beschlossen, die Schuld für die schändlichen Jahre ihrer Geschichte zu teilen, ihre Rolle zu beschönigen und ihre Verantwortung zu verwischen.“ In dem X-Post weist der Politiker darauf hin, dass die geplante Veranstaltung mit Grzegorz Rossoliński-Liebe vom deutschen Kulturstaatsminister gefördert wird.

    Arkadiusz Mularczyk ist kein Unbekannter in Deutschland: Schon seit mehreren Jahren fordert er von der deutschen Bundesregierung Reparationszahlungen für Schäden, die Deutschland während des Zweiten Weltkriegs Polen zugeführt hat. Die deutsche Bundesregierung lehnt Reparationen mit Verweis auf vormals geschlossene Verträge ab. Am Wochenende kritisierte er außerdem gemeinsam mit Polens Präsidenten Karol Nawrocki eine geplante Versteigerung eines Auktionshauses in NRW, wo Devotionalien von Holocaustüberlebenden versteigert werden sollten. Bevor die geplante Versteigerung zu einem internationalen Skandal ausarten konnte, verkündete Polens Außenminister am Sonntag, dass die Auktion von der Website des Auktionshauses verschwunden sei.

    In den vergangenen Monaten und Jahren haben sich die Beziehungen zwischen Deutschland und Polen spürbar verschlechtert. Die Absage der Veranstaltung von Grzegorz Rossoliński-Liebe kann auch etwas damit zu tun haben, dass rechtskonservative Kräfte in Polen Deutschland vorwerfen, dass das Land seine Schuld für den Zweiten Weltkrieg umdeuten oder relativieren will.

    Das Buch von Grzegorz Rossoliński-Liebe beschäftigt sich mit der Rolle von polnischen Bürgermeistern während der NS-Zeit und welche Rolle sie bei der Deportation von Juden aus polnischen Städten hatten. Die Studie wurde von westlichen Forschern größtenteils wohlwollend aufgenommen, in Polen sorgte sie für eine Kontroverse und wurde zum Teil heftig kritisiert. Polens Präsident Karol Nawrocki schrieb im Jahr 2024, damals noch als Leiter des Institut für Nationales Gedenken, einen kritischen Post auf X über das Buch. Er warf dem Autor Manipulation und Geschlichtsklitterung vor.

    #Allemagne #Pologne #holocauste #solution_finale #Generalplan_Ost

  • Addio Paolo Virno
    https://ilmanifesto.it/addio-paolo-virno-militante-rivoluzionario-senza-pentimenti


    Paolo Virno diffusant le quotidien d’agitation Potere operaio. Fuori dalle linee à l’entrée de l’usine FIAT-Mirafiori en 1974 – Archives il manifesto

    Filosofo comunista e pokerista, uomo colto anti intellettuale, militante rivoluzionario senza pentimenti, Paolo Virno ha avuto il suo esodo da una vita vissuta fino all’ultimo respiro e all’ultimo malinconico sorriso.

    #Paolo_Virno

    • E ci mancheranno «le parole per dirlo». Paolo, ciao, Francesco Raparelli
      https://www.dinamopress.it/news/e-ci-mancheranno-le-parole-per-dirlo-paolo-ciao

      8 Novembre 2025

      In memoria del compagno e grande filosofo Paolo Virno, scomparso il 7 novembre, per molti di noi Maestro di pensiero e di vita. Lo ricorderemo a Esc, via dei Volsci 159, lunedì 10, alle ore 11

      Succede, nella vita, che si impara a parlare una seconda, una terza volta, e ancora. A me, così è accaduto con Paolo Virno. Paolo Virno era un filosofo, quindi un artista delle parole. Uno che afferrava cristalli di pensiero, un’idea di mondo, nelle regole grammaticali. Uno che non aveva mai perso di vista ciò che conta, ovvero che pensiero e prassi sono tutt’uno con le preposizioni: “con”, “tra”, “fra”. Si agisce e si pensa con le altre e gli altri, tra le altre e gli altri, fra una cosa e l’altra. Nel mezzo – senza principio né fine.

      Aula 6 di Lettere, Sapienza, primavera del 1998. Per ricordare l’anno 1968, presentavamo il libro di Bifo dedicato a Potere Operaio. Comparve Paolo. Il corpo, senz’altro – così alto. Ma il corpo con la parola, con una parola che sapeva farsi corpo con i gesti delle mani, con la voce e il suo volume cangiante, imprevedibile. Filosofo del linguaggio, del linguaggio di Paolo mancava qualcosa senza vedere le mani, e la braccia, con quei movimenti ampi, quasi preparassero la scena dell’enunciato. «L’inserzione del linguaggio nel mondo», avrebbe detto lui.

      Certo Paolo era stato un militante sovversivo, un «marxista non pentito», un «comunista non di sinistra». E l’aveva pagata cara, la sua militanza, negli anni della controrivoluzione e della carcerazione preventiva senza sosta. Le parole di Paolo erano parole, ma c’era dietro pure la vita di una generazione che aveva tentato la rivoluzione. «Sconfitta», diceva. Vero, ma a che prezzo? La controrivoluzione italiana, per vincere, ha dovuto imporre, manovra finanziaria dopo manovra finanziaria, il declino del Paese.
      Se oggi l’Italia è fanalino di coda in Europa per quel che riguarda i salari, se l’economia sopravvive con il terziario low cost e l’edilizia che manda gli ultrasessantenni a crepare sui ponteggi, se duemila giovani formati al mese se ne vanno, è perché c’è voluta dedizione efferata per sconfiggere la rivoluzione.

      Con Paolo inventammo, a Esc, la Libera Università Metropolitana. Con Paolo, con Toni, con Franco, con Benedetto. E tante e tanti. Il primo seminario fu subito dopo l’occupazione di via dei Reti 15, primavera del 2005. Lo spazio era ancora disagevole, usavamo una stanzetta spoglia. Discutemmo di azione innovativa, secondo Paolo. Non riguarda il genio, l’eroe, il visionario l’azione innovativa, no. Ha a che fare con quel vivente che, per vivere, deve di volta in volta mettere in forma la propria vita, creare, in cooperazione con altre e altri, le condizioni della propria esistenza. Necessaria, l’azione innovativa, ogni qual volta si tratta di applicare la regola condivisa a un caso singolo; applicandola, tutto sommato, la regola la facciamo anche di nuovo. Differenza nella ripetizione. O anche: variazione storica della natura eterna che, per Paolo, sono le nostre facoltà specie-specifiche.

      L’accademia italiana, ovvero del Paese fallito per la controrivoluzione, ha accolto Paolo tardivamente. Non poteva che andare così. Con le sue opere tradotte in tutto il mondo, la pensione lo ha raggiunto presto – troppo. Ma gli studenti lo hanno amato, in Calabria e poi a Roma Tre. Piccoli e grandi, tutti imparavano a parlare di nuovo, con lui. Ogni corso, ogni lezione, imponeva di pensare in grande, di pensare sul serio. Nonostante l’ANVUR e la VQR, o altri acronimi che hanno per obiettivo l’umiliazione della vita associata.

      Paolo era alla ricerca del sindacato rivoluzionario del lavoro precario, sottopagato, migrante. Se – folli – abbiamo fondato le Camere del Lavoro Autonomo e Precario, lo dobbiamo anche a quel documento, con diversi discusso, ma da lui scritto più di vent’anni fa («Che te lo dico a fare?»). Non ha mai smesso di essere operaista, a costo di portare il broncio alle movimentazioni recenti. Non che non riconoscesse il ruolo della finanza, l’importanza della rendita immobiliare, la guerra e le sue politiche di bilancio: cercava l’estorsione di plusvalore, Paolo, sempre. A pensarci bene, era un modo per continuare a pensare il due, il «doppio potere», la «città divisa». Filosoficamente: il possibile del reale.

      Ora, senza Paolo, vicini a Raissa, si tratterà di cercare ancora «le parole per dirlo» – proprio quelle, non altre. E sarà impervio, ma occorre provarci.

    • Faire de la philosophie avec Paolo Virno - Entretien avec Michel Valensi, 2014
      https://www.lyber-eclat.net/lyber/virno5/virno-valensi.html

      Michel Valensi : Depuis ton premier livre, Convention et matérialisme (non traduit en français) qui date de 1986, et même depuis tes premiers écrits plus politiques des années 1970, jusqu’à ce dernier livre qui paraît aujourd’hui en français sous le titre Et ainsi de suite. La régression à l’infini et comment l’interrompre, consacré à la philosophie du langage, un long chemin a été parcouru. Pourrais-tu en rappeler les étapes principales ? (Ce qui revient à raconter ta vie d’une manière ou d’une autre…).

      Paolo Virno : J’ai commencé à m’occuper de philosophie de manière systématique à la suite d’une défaite politique. Je parle de la défaite des mouvements révolutionnaires qui ont occupé la sphère publique en Occident entre la mort de John Kennedy et celle de John Lennon, donc du début des années 1960 à la fin des années 1970. Ces mouvements, qui ont, d’emblée, éprouvé une véritable aversion pour le socialisme réel tel qu’il pouvait s’incarner dans l’Union soviétique, avaient utilisé Marx en dehors et contre la tradition marxiste, en la mettant en contact direct avec les luttes en usine et la vie quotidienne des sociétés développées. Un Marx lu en même temps que Nietzsche et Heidegger, et mis à l’épreuve de Weber et de Keynes.

      #politique #philosophie

    • Quelques notes à propos du general intellect, Paolo Virno, Futur Antérieur, 1992
      http://pinguet.free.fr/virno1992.pdf

      Pour en réactiver la puissance politique, il importe de mettre en oeuvre une critique de fond du « Fragment ». Ce sera celle-ci : Marx a identifié totalement le general intellect (ou encore le savoir en tant que principale force productive) au capital fixe, négligeant ainsi le côté sous lequel le même general intellect se présente au contraire comme travail vivant. Ce qui est précisément aujourd’hui l’aspect décisif.

      La connexion entre savoir et production, en effet, ne s’épuise pas dans le système des machines, mais s’articule nécessairement à travers des sujets concrets. Aujourd’hui, il n’est pas difficile d’élargir la notion de general intellect bien au-delà de la connaissance qui se matérialise dans le capital fixe, en y incluant aussi les formes de savoir qui structurent les communications sociales et innervent l’activité du travail intellectuel de masse. Le general intellect comprend les langages artificiels, les théories de l’information et des systèmes, toute la gamme des qualifications en manière de communication, les savoirs locaux, les « jeux linguistiques » informels et même certaines préoccupations éthiques. Dans les processus de travail contemporains, il y a des constellations entières de concepts qui fonctionnent par elles-mêmes en tant que « machines » productives, sans avoir besoin ni d’un corps mécanique, ni même d’une petite âme électronique.

      Nous appelons intellectualité de masse le travail vivant en tant qu’articulation déterminante du « general intellect ». L’intellectualité de masse – en son ensemble, en tant que corps social – est dépositaire des savoirs non divisibles des sujets vivants, de leur coopération linguistique. Ces savoirs ne constituent en aucune manière un résidu, mais une réalité produite justement par l’affirmation inconditionnée du « general intellect » abstrait. C’est précisément cette affirmation inconditionnée qui implique qu’une part importante des connaissances ne peut se déposer dans les machines, mais doit se manifester dans l’interaction directe de la force de travail. On se trouve face à une expropriation radicale, qui ne peut pourtant jamais se résoudre en une séparation complète et définitive.

      #general_intellect #travail_vivant #Intellectualité_de_masse

    • Paolo Virno, la métropole et l’organisation du conflit de classe (2005, pour la IVeme Internationale ah ah ah)
      https://www.revolutionpermanente.fr/Paolo-Virno-la-metropole-et-l-organisation-du-conflit-de-classe

      Sans la mobilisation du travail précaire, je crois que la situation de la lutte de classes italienne ne bougera pas.

      Le problème fondamental, c’est les formes d’organisation de ceux qui, par définition, sont ceux qui aujourd’hui ne semblent pas pouvoir être organisés, c’est-à-dire les travailleurs précaires. Pour organiser le travail précaire, il faut mobiliser la culture, les formes de vie, les goûts esthétiques, les inclinations éthiques, c’est-à-dire le monde de la vie comme le disent certains philosophes. Voilà le pari. Le travail précaire est semblable à une dimension complexive de l’existence.

      Alors je crois que le jeune ouvrier, et la jeune ouvrière surtout, de [Fiat] Melfi, montrent par leur condition et à travers leurs formes de lutte qu’ils viennent d’expérimenter une condition plus générale, commune aux travailleurs précaires. Ils sont la pointe d’un iceberg, même s’ils disposent d’un boulot relativement stable. Je crois que cette émergence, les autoferrotranvieri, les luttes de Melfi, sont comme une prémisse ou un symptôme de la mobilisation du travail social précaire. Et j’ajoute, précaire et également intellectuel. Par intellectuel je n’entends pas les gens qui ont fréquenté l’université, j’entends aussi ceux qui réalisent les tâches les plus humbles et mobilisent les capacités cognitives et linguistiques de notre espèce. Je n’entends pas par intellectuel une sorte de spécialisation, de qualification particulière, mais une expérience de travail qui comprend toujours, d’une manière fondamentale, l’utilisation des capacités linguistiques et cognitives de notre espèce. Alors je pense l’immigré ou le jeune précaire comme intellectualité de masse, à condition d’entendre intellectualité de masse par ce que je viens de définir.

      (...) pour nous, le « general intellect », le cerveau social, c’est la coopération du travail vivant (...)

      #classe_ouvrière #multitude #communisme

    • La vie militante

      Paolo Virno : la révolution, joyeuse ambition , Andrea Colombo, il manifesto, 9/11/2025
      https://ilmanifesto.it/paolo-virno-la-rivoluzione-allegra-ambizione

      Souvenir

      Intellectuel et anti-intellectuel, il a milité dans Potere Operaio, subi une incarcération injuste, travaillé au manifesto, enseigné la philosophie. Jamais résigné à la triste mission de rendre le monde un peu plus juste : il voulait le renverser.

      Paolo Virno fut un acteur essentiel de la gauche révolutionnaire italienne, et un rédacteur inoubliable de ce journal.

      Dans la fin des années 1980, Paolo sortait à peine d’une odyssée judiciaire kafkaïenne, passée à l’histoire sous le nom de « 7 avril ». On l’avait inculpé et emprisonné sous des accusations ridicules, auxquelles même les magistrats ne croyaient pas, mais pour une raison juste, quoique inavouable : celle d’être un révolutionnaire communiste décidé à renverser l’ordre existant, convaincu que vivre, c’est marcher sur la tête des rois. Sa méfiance envers la magistrature démocratique [les juges membres ou sympathisants du Parti communiste, NdT], jamais démentie jusqu’à son dernier jour, naquit de cette expérience.

      Paolo rejoignit ensuite le manifesto, dans la section culturelle — qui comprenait alors aussi les spectacles. Mais il ne voulait pas, et nous ne voulions pas, d’une section culturelle comme les autres, fût-elle très politisée. Nous visions un « contre-journal », capable de regarder ce que l’urgence de l’actualité reléguait hors des premières pages : non les acrobaties du CAF (le triumvirat Craxi, Andreotti, Forlani), ni les gloires lointaines des guerres de libération, mais les transformations radicales des forces productives encore à l’état naissant à la fin des années 1980.

      L’émergence d’un nouveau prolétariat intellectuel et inventif, remplaçant la répétition mécanique de la chaîne par l’usage de l’esprit. Le paradoxe d’une société du salariat rendue obsolète et parasitaire par le développement des forces productives , mais dont on ne sortait qu’en en conservant les règles — parce que la survie du commandement l’exigeait.

      De cette ambition naquit le périodique Luogo comune, et une grande part du combat se jouait déjà dans les pages du manifesto. Ceux qui voudraient comprendre peuvent lire la compilation Negli anni del nostro scontento (DeriveApprodi, 2023), qui rassemble ses articles : on y découvre une capacité unique à repérer les lignes de force du nouvel ordre social, mais aussi ses failles, jusque dans les films populaires, les émotions d’une époque ou le lexique des intellectuels.

      Cette ambition révolutionnaire totale fut la marque constante de l’action politique et de la réflexion philosophique de Virno. Tous ses livres, sans exception, visent à subvertir le présent, même quand ils s’attardent sur les jeux d’esprit ou les limites du langage.

      Jamais il ne s’est contenté de « rendre le monde un peu meilleur ». Il savait que sans une vision apte à ébranler l’ordre entier, on n’obtient même pas un meilleur salaire. Il allait toujours au bout du jeu.

      Il a vécu dans la conscience d’une défaite historique, sans jamais s’y résigner. Ancien militant et dirigeant de Potere Operaio, organisation dont l’influence allait bien au-delà de ses modestes effectifs, il avait su garder l’esprit de cette époque où la révolution semblait à portée de main.

      Mais sa pensée n’était pas nostalgique : il considérait l’arsenal du passé comme un fardeau, sauf la méthode héritée de l’opéraïsme, qu’il revisita jusqu’à la rendre méconnaissable. Il traquait les nouvelles subjectivités, les formes inédites de résistance, et affirmait qu’aujourd’hui, être communiste est incompatible avec appartenir à la gauche traditionnelle, nuisible plus qu’inutile.

      Pour beaucoup, Paolo fut un maître de pensée critique, un compagnon et un ami. Pour certains, comme moi, il l’était depuis le lycée romain et Potere Operaio.

      À ceux qui ne l’ont pas connu, il laisse des textes qui seront étudiés comme des armes de la lutte de classe moderne. Mais il leur manquera ce qu’aucun texte ne peut rendre : sa générosité proverbiale, son indifférence à l’argent, sa présence solide dans l’épreuve, son ironie et sa joie. L’avoir eu pour ami fut un privilège rare.

      La passion politique

      Un éclaireur de l’exode à la visée sûre, Marco Bascetta, il manifesto, 9/11/2025
      https://ilmanifesto.it/un-apripista-dellesodo-dotato-di-ottima-mira


      Foto di Nora Parcu

      Plus les histoires sont longues et intenses, plus les expériences et les sensibilités sont entrelacées, moins on sait par où commencer.

      Pourquoi pas, alors, par une petite rubrique de la revue Luogo comune, qu’au début des années 1990 Paolo avait lancée avec un groupe de camarades et d’amis : « Citations face à l’ennemi », inspirée du cliché western — repris plus tard par Tarantino — où le tireur cite un verset biblique avant de dégainer.

      Eh bien, les articles de Paolo, ses essais courts, forment un catalogue extraordinaire de “citations face à l’ennemi” : extraites d’un vaste savoir, aiguisées par une passion politique et une précision de tir inégalées.

      Jamais son travail n’a été sans cible, même lorsqu’il distingua clairement militance politique et recherche philosophique. Non pour en nier le lien, mais pour en préserver le rigoureux équilibre. Deux tâches aussi décisives, disait-il, ne peuvent être menées à moitié.

      Beaucoup d’entre nous furent déconcertés : nous vivions justement dans cette zone grise où la pensée longue se mêle à l’urgence de l’action. Mais sa radicalité continuait d’alimenter les mouvements, et face à tout événement nouveau, nous revenions toujours à quelque éclair philosophique de Paolo.

      Ces dernières années, après avoir quitté l’enseignement, il voulait retrouver un rapport direct à la lutte politique. Nous en parlions souvent, sans trouver la voie à la hauteur de sa radicalité.

      S’il est un mot qu’il incarnait pleinement, c’est « compagno » [camarade] : amitié, affection, espérance, intelligence collective et liberté individuelle. Ce mot, sérieux et enjoué, fut celui par lequel il nous salua, Andrea Colombo et moi, jeudi matin encore.

      Car Paolo appelait son petit cercle de Luogo comune les « marxistes non de gauche » — une ironie dirigée contre les socialistes des années 1960 qui se disaient « gauche non marxiste ». Cela signifiait une critique marxiste non affadie par le compromis ni contaminée par le populisme, fidèle à la tradition matérialiste mais en attente d’un renouveau.

      Il choisit pour cela la voie exigeante de la philosophie du langage, un travail à plein temps. Et même dans ses ouvrages les plus techniques, on croise ses cibles politiques de toujours — l’État, le peuple, le salariat — et ses piquantes « citations face à l’ennemi ».

      Je ne sais pas écrire la mesure du vide qu’il laisse après 56 ans d’amitié née au lycée romain. Je me confie à une dernière citation de cinéma chère à Paolo, que nous aimions répéter :

      « Cher ami… che te lo dico a fa’ ? » (à quoi bon te le dire ?).

      La recherche philosophique

      Au-delà du capital, la partie reste ouverte, Massimo De Carolis, il manifesto, 9/11/2025
      https://ilmanifesto.it/oltre-il-capitale-la-partita-e-aperta

      Fidèle jusqu’au bout à l’idée marxienne que le déclin du capitalisme marque le commencement, et non la fin, de l’histoire humaine, Paolo Virno a su faire entrevoir la trace d’une autre histoire.

      Depuis les années 1970, il s’interrogeait : que se passe-t-il quand les conditions mêmes de la possibilité de l’histoire — langage, praxis, nature — cessent d’être un simple arrière-plan pour devenir la matière même des événements ?

      De cette question découle sa démarche : élargir les notions politiques de force de travail ou de multitude en concepts anthropologiques, et inversement, découvrir la charge politique des notions d’action innovatrice ou de faculté de langage.

      Dans Le souvenir du présent, il écrivait :

      « Le capitalisme historise la méta-histoire : il l’inclut dans le domaine prosaïque des événements, il s’en empare. »

      En transformant en marchandise non pas le travail accompli mais la force de travail comme puissance humaine générale, le capitalisme a replié l’histoire sur elle-même.

      Dès lors, ce qui enrichit le capital, ce n’est pas tant la propriété du produit que le pouvoir de décider, en amont, quelles potentialités humaines pourront se réaliser.

      Ce pouvoir est longtemps resté caché, mais il se révèle pleinement avec le postfordisme : grâce à la technologie, le travail salarié devient marginal, un « résidu misérable », et pourtant le dominion du capital s’intensifie, s’étendant à toute la vie.

      La biotechnologie se nourrit des potentialités de la nature, les plateformes exploitent nos facultés communicatives, la finance spécule même sur les crises.

      L’excès de possibilités se renverse en impuissance, menaçant de fin de l’histoire.

      Mais pour Virno, la partie reste ouverte : l’alternative existe dans les pratiques humaines ordinaires — langage, action commune, esprit, amitié — où se tisse une autre orientation de l’histoire.

      D’où son intransigeance envers une “gauche” nostalgique et inconsistante, et son attachement aux mouvements révolutionnaires des années 1970, qui avaient entrevu que l’enjeu politique n’est rien de moins que la dignité de l’humain.

      Et de cette dignité, Paolo Virno a donné la preuve vivante, dans sa militance, sa prison, sa pensée, et même dans la façon tranquille dont il a affronté la maladie. Une cohérence naturelle, signe du vrai maître.

      Creuser le langage : l’enseignement de Paolo Virno , Christian Marazzi, effimera, 9/11/2025
      https://effimera.org/scavare-il-linguaggio-linsegnamento-di-paolo-virno-di-christian-marazzi

      Nous devons creuser marxiennement le langage — mais le langage désormais intérieur aux processus productifs, le langage mis au travail après la crise du fordisme. C’est ainsi que nous parlait Paolo, définissant un programme collectif de travail au long cours pour construire les nouvelles armes de la lutte de la multitude.
      Convention et matérialisme date de 1986 ; c’est dans ce livre que, pour la première fois, il est question de l’ordinateur comme « machine linguistique », cette technologie qui a déterminé le tournant linguistique des processus de numérisation et de valorisation de l’économie, du monde, de la vie.

      Il en écrivit une partie en prison, dans la cellule où se trouvaient également Toni Negri et Luciano Ferrari Bravo. Luciano me décrivit un jour le cliquetis de la machine à écrire de Paolo lorsqu’il rédigeait ses textes : lent, avec de longues pauses entre un mot et l’autre, comme si Paolo caressait chaque lettre, comme si chaque mot était un corps en devenir. Il semblait les écouter, ces mots, descendant dans la profondeur de leur vérité, de leur corporéité.

      Parfois, il employait des mots archaïques, comme pour signifier une histoire commencée il y a longtemps : l’histoire de la lutte des classes. Pour Paolo, l’usage des mots était un entraînement à l’usage de la vie : une vie singulière, individualisée, précédée d’un je collectif, d’un social présocial, garantie de l’existence politique « des nombreux en tant que nombreux ».

      Le collectif de la multitude contre le peuple comme réduction à l’un, la fuite de la souveraineté vers une démocratie non représentative. La postface à L’individuation psychique et collective de Gilbert Simondon est magistrale : on la lit et la relit, et chaque fois on a l’impression de recommencer, de marcher avec les autres, de se libérer avec les nombreux en tant que nombreux.

      Et combien de textes Paolo a-t-il écrits pour dévoiler les pouvoirs et les limites du langage ! Du langage comme action — ce « faire des choses avec des mots » de John Austin (le titre seul suffisait, disait-il) — qui a permis d’entrer, armés, dans le temps de la linguisticité monétaire, dans l’illusion d’une fuite cryptée du centre des banques : le problème n’est pas le centre, le problème est la forme linguistique de la monnaie, sa domination sur nos vies, nos désirs, nos affects.

      Paolo fut un ami, un frère, un camarade, une personne splendide. Il nous a pris par la main avec discrétion et puissance théorique, avec élégance et passion politique.

      Paolo, nous t’avons aimé, nous t’aimerons toujours.

    • Paolo Virno : 1977, le début d’un temps nouveau

      1977 contre le présent. Le mouvement de 1977, quarante ans après
      Entretien avec Paolo Virno, Ilaria Bussoni, Roberto Ciccarelli, il manifesto, 5/4/2017
      https://ilmanifesto.it/paolo-virno-1977-lesordio-del-tempo-nuovo

      « Quarante ans plus tôt, c’est aujourd’hui. En Italie et ailleurs, a émergé une force de travail devenue ressort de la production et moteur des institutions. »
      « Les œuvres de l’amitié méritent d’être défendues : elles produisent des formes de vie et construisent des embryons d’institutions. »


      1977, Rome, université La Sapienza occupée. Photo Tano D’Amico

      Le moment 1977

      « 1977 » est une date conventionnelle : les sujets sociaux et les formes de lutte dont on se souvient ont surgi plus tôt, raconte Paolo Virno, l’un des plus importants philosophes italiens et figure centrale de la revue du mouvement Metropoli.

      « À Milan, il y avait les cercles du prolétariat juvénile, les manifestations pour les meurtres de Zibecchi et Varalli, les mobilisations contre le travail au noir. Ce ne furent pas seulement des sujets non ouvriers qui firent irruption sur la scène publique. 77 comprend aussi les dix mille nouvelles embauches de Fiat : pour la première fois, beaucoup de femmes et de jeunes diplômés. En juin 1979, ils bloquèrent Mirafiori avec la même détermination qu’en 1969 ou 1973. On vivait une accélération générale, extrême, qui traversait toute la force de travail. Cette année-là, tout éclata : une anticipation subjective, subversive, d’un nouvel ordre qui devait ensuite prendre les traits plombés de l’ordre productif du capitalisme néolibéral. »

      Une anticipation de l’avenir

      Qu’est-ce qui a anticipé le mouvement ?

      « 1977 a été un commencement. On y voit apparaître de nouvelles figures de la force de travail : fondées sur la production cognitive, la coopération linguistique, et une réorganisation du temps de travail qui avait alors une coloration subversive. Ce n’est pas la première fois qu’un mouvement annonce l’avenir : dans les années 1910, les grandes luttes des ouvriers déqualifiés aux USA avaient précédé le fordisme. Plus tôt encore, dans l’Angleterre du XVIIᵉ siècle, les vagabonds chassés des terres, non encore intégrés à la manufacture, incarnaient déjà une dangereuse potentialité sociale.

      De même, 1977 a un double visage : d’un côté, une matière première de comportements, d’affects et de désirs rebelles devenus force productive, état de choses actuel ; de l’autre, la voie sur laquelle circulent aujourd’hui pouvoir et conflit. »

      La force de travail et ses facultés

      Quelles caractéristiques de la force de travail se sont imposées alors et demeurent actuelles ?

      « 1977 a anticipé, à travers des luttes très dures, ce qui importe vraiment aujourd’hui. Marx parlait d’un intellect général qui n’est plus contenu dans le capital fixe mais dans les sujets vivants. Connaissance, affects et intelligence existent désormais comme interaction et coopération linguistique du travail vivant. Ce renversement dépasse même l’aveuglement de Marx, pour qui le temps de travail restait un résidu, tandis que la connaissance et l’intellect étaient incorporés aux machines.

      La reproduction de la vie, et les qualités productives de la force de travail, ne se développent plus seulement dans la sphère du travail. Pour produire de la plus-value, les entreprises ont besoin de personnes formées dans un milieu plus vaste que l’atelier ou le bureau — justement pour être plus productives une fois revenues à l’atelier ou au bureau. »

      Nature humaine et production sociale

      Quelles facultés humaines sont mobilisées dans ce processus ?

      « Je m’arrête sur trois éléments fondamentaux de la nature humaine :

      1. la néoténie, c’est-à-dire la persistance de traits infantiles tout au long de la vie ;

      2. l’absence d’une niche environnementale propre à l’espèce humaine, dans laquelle elle pourrait s’installer avec sécurité ;

      3. la faculté de langage, bien différente des langues particulières, plastique et indéterminée.

      1977 fut le premier mouvement mondain, néoténique et potentiel, qui fit de ces facultés une force au lieu de chercher à les contenir. Jusqu’alors, les institutions s’en défendaient ; depuis, elles les ont intégrées, en faisant des ressorts de la production sociale et du moteur des formes institutionnelles. La néoténie s’est muée en flexibilité et formation continue. L’absence de niche est devenue mobilité et polyvalence. »

      Le renversement néolibéral

      Comment la contre-révolution néolibérale a-t-elle transformé ces traits ?

      « Ces caractéristiques se sont répandues, mais avec un signe inversé. La prolifération de hiérarchies minutieuses et de barrières exprime la fin de la division du travail sous le capitalisme. Celle-ci est désormais dysfonctionnelle ; elle sert surtout à coloniser le caractère public des tensions éthiques, émotionnelles et affectives de la force de travail. Leur variabilité et leur imprévisibilité sont transformées en descriptions de poste.

      Pourtant, ces tensions font partie de la valeur d’usage de la force de travail et de son rapport au monde. Partager intellect et langage devient une condition vitale. Mais la segmentation du caractère trans-individuel du travail est aujourd’hui bien plus accentuée que ne l’exigeait jadis la division du travail. Le maximum de potentialité se renverse en impasse : un renversement disciplinaire rendu nécessaire par cette familiarité avec le potentiel, qui autrement ferait exploser l’ordre productif.

      Certaines luttes actuelles en sont le prolongement direct, un document vivant de 1977. Leur centralité dément l’idée que nous aurions alors représenté une “seconde société” des exclus : c’était au contraire la “première société”, celle qui s’inaugurait — et c’est celle que nous sommes encore aujourd’hui. »

      Le blocage du conflit général

      Pourquoi n’a-t-on pas su, depuis, construire une action sociale capable de renverser le nouvel ordre productif, affectif et politique ?

      « C’est la question décisive, posée dès les années 1990, quand on croyait “l’hiver de notre mécontentement” terminé et qu’allait commencer la phase civile, parce que rebelle, de la nouvelle réalité productive. Il n’en a rien été : Berlusconi est arrivé. Depuis 2007, la crise mondiale nous engluait, et la fermeture s’est accentuée. »

      Les conditions d’une alternative

      Que manque-t-il pour définir une alternative concrète ?

      « Le minimum syndical : le conflit sur les conditions matérielles — temps de travail, salaire, revenu. C’est le point de départ, devenu extrêmement difficile. Il est impensable aujourd’hui qu’une lutte de travailleuses de centres d’appel ne s’accompagne pas de la création d’un embryon de nouvelles institutions.

      Pour éviter un licenciement ou obtenir trente euros de plus, il faut désormais faire la Commune de Paris. Chaque pas de conflit contient déjà l’invention expérimentale d’institutions post-étatiques. »

      La crise de la représentation

      Pourquoi 1977 a-t-il rejeté les formes de représentation politique connues jusqu’alors ?

      « La crise de la représentation est irréversible. En Europe, et pas seulement, émergent des formes authentiques de fascisme : une terre de personne que peuvent occuper des pulsions opposées. 77 en fut une des manifestations, que le mouvement comprit en temps réel lorsque Lama [chef de la CGIL, le syndicat communiste, NdT]] et son service d’ordre furent chassés de La Sapienza.

      Ce processus de long terme a mis fin au monopole étatique de la décision politique. Mais croire que cette crise n’appartient qu’à un seul camp est une illusion : le populisme en est une autre expression. Il est devenu le liquide amniotique où croissent populismes et fascismes : les frères jumeaux, glaçants, des aspirations libératrices — la version monstrueuse de quelque chose qui nous appartient. »

      Désobéissance et droit de résistance

      Comment ce refus s’est-il exprimé ?

      « Par la désobéissance, notamment. Ce thème prit alors une valeur presque constitutionnelle. Il remit en cause ce que Hobbes appelait l’acceptation du commandement avant même celle des lois. Il ne peut exister de loi imposant de ne pas se rebeller.

      En 1977, la désobéissance a remis en question l’obéissance : cela précède tout dispositif législatif concret. Ce fut une année très violente, mais, une fois ôtés les fétiches de la violence construits ensuite, le mouvement affirma un droit de résistance face à la nouvelle configuration des institutions post-étatiques.

      Cette violence n’était pas opposée à celle de l’État ou de l’armée : c’était la défense de quelque chose que l’on avait déjà bâti. La photo de Paolo et Daddo prise par Tano D’Amico le 2 février le symbolise. »


      Les œuvres de l’amitié

      Qu’aviez-vous construit pour le défendre si ardemment ?

      « Le ius resistentiae défend ce qu’on a déjà créé : les œuvres de l’amitié — une amitié publique qui produit des formes de vie, faite de coopération, d’intellect général et de travail vivant.

      En 1977, l’amitié cesse d’être une catégorie secondaire : le couple ami/ennemi est renversé, et l’amitié devient coopération excédentaire, capable de construire des embryons d’institutions, des formes de vie qui méritent d’être défendues à tout prix.

      Le ius resistentiae n’est pas une violence plus modérée que celle des jeunes femmes de l’Institut Smolny, à Pétersbourg, qui marchèrent sur le palais d’Hiver. »

      Le premier pas

      Comment faire le premier pas ?

      « En cultivant son incomplétude, en la rendant réceptive et vertueuse. Il faut se tenir prêt à accueillir l’imprévu, et cela dépend de la capacité du travail précaire et intermittent à s’imposer sans ménagement.

      Face à un imprévu attendu, la philosophie politique doit s’arrêter et attendre. Pour moi, la limite — et le sommet — de la réflexion théorique équivaut, aujourd’hui, à ce qu’étaient les Industrial Workers of the World aux USA. Si je pense à quelque chose qui ressemble au post-77, et au 77 s’étant mis au travail, c’est à eux que je pense ».


      Un souvenir

      As-tu un souvenir particulier d’une journée de cette année-là ?

      « La manifestation la plus proche d’un caractère insurrectionnel fut celle de Rome, le 12 mars : un cortège sans slogans ni drapeaux, après le meurtre de Francesco Lorusso à Bologne la veille.

      Je me souviens d’un vieil homme marchant péniblement devant le ministère de la Justice, via Arenula : c’était Umberto Terracini, fondateur du PCI, antifasciste, président de l’Assemblée constituante. Au premier congrès de l’Internationale communiste, à Moscou, il avait parlé en français, et Lénine lui avait répliqué, le jugeant trop extrémiste : “Plus de souplesse, camarade Terracini.”

      Pour lui, il allait de soi de participer à cette manifestation. Ce fut un moment profondément émouvant. »

    • Il compagno, l’amico, il maestro. La vita condivisa di Paolo Virno
      https://ilmanifesto.it/il-compagno-lamico-il-maestro-la-vita-condivisa-di-paolo-virno

      ADDIO A PAOLO VIRNO L’amore per il mare di Capri e quello per la condivisione. Sempre con radicalità, ma con metodo, perché ’l’eccesso esige misura, se si vuole che sia tale’

      Paolo Virno: la rivoluzione, allegra ambizione


      Il saluto saluto a Paolo Virno ieri all’Esc atelier autogestito – Foto di Emanuele De Luca

      C’è una grande immagine degli scogli nelle acque di Capri con Paolo Virno che si tuffa. È il mare che ha amato e che, osservandolo dal finestrino mentre da Roma raggiungeva Cosenza e l’Università della Calabria, dove ha insegnato per qualche anno prima di tornare a Roma 3, rimpiangeva. «Se adesso non scendiamo da questo treno e non prendiamo un traghetto a Napoli, la giornata è persa», diceva Paolo a Marco Mazzeo, che è stato suo allievo. E che ieri, insieme a tanti e tante, ha partecipato al saluto collettivo a colui il quale è stato amico, compagno, maestro, vicino di cella, avversario a poker o sul campo da tennis del centrale di Rebibbia, che i detenuti avevano tracciato per trascorrere le ore d’aria.

      DUNQUE, IL MAESTRO. «Non c’è un centimetro di questo luogo che non sia stato pensato con Paolo» racconta Francesco Raparelli dando il benvenuto a Esc, l’atelier autogestito che fin dall’inizio ha ospitato la Liberà università metropolitana che Virno aveva concepito vent’anni fa assieme a una nuova generazione di militanti dei movimenti studenteschi e precari.

      «Per noi è stato un maestro antico – dice Francesco – Di quelli che non si limitano a insegnare concetti, ma insegnano anche a parlare, a muovere le mani, a intervenire in assemblea e ad alzare la voce quando serve». I «grandi filosofi», prosegue Francesco, «ti impongono le loro ossessioni e attraverso di esse creano attrito», tra le ossessioni di Virno c’era quella di «organizzare lo sciopero del lavoro precario: quando non lo trovava al centro delle nostre azioni, teneva il broncio ai movimenti».

      POI, L’AMICO. Paolo teorizzava l’amicizia, la considerava un modo per avvicinarsi alla propria essenza. Se l’amicizia per Aristotele è «condividere la vita», diceMassimo De Carolis, questa per lui aveva a che fare con le caratteristiche della nostra specie: «Gli esseri umani in quanto tali sono capaci di condividere la vita». Paolo, testimonia Andrea Colombo che è stato tra gli amici che lo hanno assistito fino alla fine, «era divertente persino nelle ultime giornate». E la sorella Luciana, che ricorda questo fratello che gli incuteva al tempo stesso «soggezione e tenerezza», conferma che «senza compagni e amici l’ultimo pezzo sarebbe stato difficile». Anche dedicandosi alla teoria linguistica, assicura ancora Colombo, Paolo «non ha mai scritto una riga senza pensare che andasse usata contro i padroni». Con questa capacità di condividere la vita e pensare il conflitto sempre, «restituiva valore, sostanza e spessore alla parola compagno». Per Andrea Fabozzi resta il «rimpianto» per le cose che si sarebbero potute fare.

      CON ALCUNI compagni e amici, raccontava Paolo, aveva passato «troppo tempo e poco spazio». Si riferiva alla carcerazione, prima negli speciali e poi nel braccio G8 di Rebibbia, dove si costituì l’area omogenea, ripartirono i seminari, si pensò a come uscire dalla sconfitta senza cedere alla delazione. A un certo punto qualcuno riuscì a far entrare dei barattoli di sugo alla marijuana. E quando tutto il braccio del 7 aprile mangiò la pasta col condimento speciale le risate a crepapelle si sprigionarono. In quel vortice psichedelico, Toni Negri teorizzò, tra risate dissacranti, che era ancora possibile vincere. «La sconfitta per lui era solo un episodio», riferisce il fratello Claudio. Un altro Claudio, D’Aguanno, compagno di detenzione, si esercita sul Virno uomo di sport. Da pokerista, non voleva solo partecipare: voleva vincere. E a calcio, «nel torneo di Rebibbia che chiamammo Insurrezione», accadde: «Almeno quella volta vincemmo l’insurrezione».

      C’È IL PAOLO COMPAGNO di vita e marito. «Se qualcuno mi avesse detto che io, russa, avrei sposato un comunista avrei pensato che era pazzo – dice la sua compagna Raissa Raskina – Volevo dare felicità a quest’uomo commovente nel privato. Paolo era estraneo a ogni comfort borghese, ho dovuto fare come Santippe che ricordava a Socrate che non poteva vivere in quel modo». Poi legge un messaggio ricevuto da una vicina di casa, che osservava Paolo dal terrazzo adiacente: «Per me era un maestro di vita: aveva saputo accettare gioie e dolore con semplicità di animo». Aveva, dicono in molti, un metodo anche nella radicalità. Perché, diceva, «l’eccesso esige qualche misura, se si vuole che sia tale». O invitava un compagno più giovane a «non abusare della potenza». La sua esistenza condivisa e generosa, rimanda ad un altro dei suoi consigli: «Non vivere mai al di sotto delle proprie possibilità».

      Gli articoli del manifesto di e su Paolo Virno
      https://ilmanifesto.it/collezioni/paolo-virno

      #centre_social #précaires

    • Paolo Virno (1952-2025) a enseigné la philosophie du langage à l’Université de Rome. Aux Éditions de l’éclat ont paru plusieurs de ses ouvrages depuis 1991 : Opportunisme, cynisme et peur (1991), Miracle, virtuosité et ‘déjà vu’ (1996), Le souvenir du présent (1999), Grammaire de la multitude (2002), Et ainsi de suite… La régression à l’infini et comment l’interrompre (2013), Essai sur la négation (2016) et L’usage de la vie et autres sujets d’inquiétude (2016) qui reprend un ensemble d’articles parus entre 1980 et 2016, Avoir. Sur la nature de l’animal parlant (2021), De l’impuissance. La vie à l’époque de sa paralysie frénétique (2022).

      https://www.lyber-eclat.net/auteurs/paolo-virno

      #livre #subjectivité #langage

    • LE SPECTRE D’OUSSAMA BEN LADEN ET LE POUVOIR DESTITUANT - Entretien posthume avec Paolo Virno
      https://lundi.am/LE-SPECTRE-D-OUSSAMA-BEN-LADEN

      Quand peut-on parler de biopolitique ? Quand se réalise, dans une régime historique déterminé, le neuvième livre de la Métaphysique d’Aristote, celui qui s’occupe de la différence entre puissance et acte. Le moment décisif de la biopolitique est quand il y a un régime social qui met au centre de tout son fonctionnement la dynamis, la puissance en tant que puissance séparée, disjointe de l’acte.

      La puissance humaine de penser, bouger, éprouver du plaisir, celle qui est somatique et celle qui est intellective. Cette puissance est énucléée, en tant que puissance séparée de l’acte, à un moment précis. Ceux qui font remonter la biopolitique au droit romain archaïque ou à un quelconque mythologème ressuscité pour l’occasion ne nous montrent pas comment sont réellement les choses. Cette puissance est énucléée en sa qualité de puissance, à tel point qu’elle s’achète et se vend, uniquement en présence de la figure de la force-travail. C’est une puissance qui n’a rien à voir avec sa mise en application, c’est une potentia qui peut être vendue et achetée. On achète la puissance de penser, de parler.

      Il devient alors intéressant de voir comment est constitué le bios humain, ce qu’est cette puissance de penser, ce qu’est cette puissance de parler, outre, évidemment, la puissance musculaire et motrice. C’est alors que la vie prend tout son sens, car la puissance en est, par définition, l’élément essentiel, mais elle n’existe sous aucune forme de réalité autonome. La puissance de parler n’existe pas, je ne peux pas la toucher, ni l’acheter, ni l’échanger. Elle a pour enveloppe, par contre, un corps vivant. Le corps vivant n’est pas soigné et gouverné en tant que tel, c’est pourquoi on constate un intérêt abstrait pour les maladies, les enterrements, l’enfance…

      Ce n’est qu’à partir du moment où a eu lieu la matérialisation historique de l’autonomie de cette puissance qu’on gouverne les corps, ce n’est qu’à partir de là que la vie devient non pas la vie, parce que ce qui nous intéresse, au sujet de la vie, ce n’est pas la vie elle-même, mais sa capacité à porter ce qui n’aurait pas, autrement, de configuration propre et autonome. (...)

    • Philosophie

      https://www.liberation.fr/livres/2013/09/25/livres-vient-de-paraitre_934665

      Ce qui est proprement humain, c’est d’introduire un « non » dans n’importe quelle proposition, de pouvoir penser qu’il est « possible de », et enfin d’être devant la solution d’un problème qui ouvre à un autre problème, et ainsi de suite à l’infini. Ces trois modalités sont « le socle logique de la métaphysique ». Paolo Virno n’insiste ici que sur la troisième, à savoir la régression à l’infini, mais l’envisage surtout du point de vue d’une « anthropologie matérialiste », qui en déplace le champ vers celui, par exemple, des émotions et des affects : comment, à « et ainsi de suite », peut-on opposer un « maintenant, ça suffit », notamment dans la honte, l’espoir, l’orgueil, l’ennui, la transformation de la peur en angoisse, de la satisfaction en bonheur ?
      R.M.

      https://www.lyber-eclat.net/livres/et-ainsi-de-suite

      #interrompre

    • Comme Paolo Virno l’avait prévu, lorsque nous parlons, nous travaillons. Lorsque nous écrivons, nous codons la bête (Paul B. Preciado).

      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/refusons-de-nourrir-la-bete-chatgpt-par-paul-b-preciado-20250523_NOO7UVBA

      (plus étroitement, une pensée tout droit issue de l’expérience militante. de celle qui fait aujourd’hui choisir de se taire lors des rassemblements publics, manifestations : tout ce qui est lâché sera utilisé par une ennemi qui a généralisé pour son compte la pratique de la reprise)

    • Souvenir du présent, Jean-Baptiste MARONGIU
      https://www.liberation.fr/livres/1996/07/11/souvenir-du-presentpaolo-virno-miracle-virtuosite-et-deja-vutrois-essais-

      Histoire, philosophie et politique : trois essais pour en faire un, trois approches concentriques d’un monde déboussolé, dont l’éclatement est comme signalé par l’écart creusé entre les régimes de discours mobilisés pour le saisir. Dans son essai politique, Paolo Virno (qui a déjà publié en français Opportunisme, cynisme et peur, L’Eclat, 1991) revient, pour s’en éloigner, sur certains aspects de l’œuvre de Hannah Arendt. L’essai philosophique met en résonance la catégorie de sublime de Kant avec celle d’émerveillement de Wittgenstein pour délimiter un monde non métaphysique. Enfin, le troisième essai­ interaction entre mémoire et philosophie de l’histoire ­ sert de cadre à ces deux tentatives. Paolo Virno sollicite, entre autres, Bergson, Nietzsche, Kojève, pour mettre à l’épreuve le concept de « fin de l’histoire ». Au centre de son dispositif, Virno place le « déjà vu », ce sentiment « typique de celui qui se regarde vivre ». Le déjà vu est donc une pathologie individuelle ayant pris aujourd’hui une dimension publique. Relevant de ce syndrome, la « fin de l’histoire » est un autre aspect de cet excès de mémoire, de cette domination du « souvenir du présent » qui caractérise la situation contemporaine. Cependant, toute fin d’histoire ouvre à des histoires possibles, mais il faudra alors apprendre à maîtriser ce souvenir du présent, si on ne veut pas devenir « le spectateur de soi-même » ou collectionner « sa propre vie, au fur et à mesure qu’elle s’écoule, au lieu de la vivre véritablement ».

      Paolo Virno, Miracle, virtuosité et « déjà vu ». Trois essais sur l’idée de « monde ». Traduit de l’italien par Michel Valensi. L’Eclat

    • Comme le temps passe. On se souvient de la mort, elle n’est pas devant nous.
      https://www.liberation.fr/livres/1999/07/08/comme-le-temps-passeon-se-souvient-de-la-mort-elle-n-est-pas-devant-nous-

      En partant du phénomène du « déjà vu », des rapports de la mémoire et du temps, Paolo Virno retourne l’idée de « fin de l’Histoire ».

      Pourquoi annonce-t-on la « fin de l’Histoire », au moment où, au contraire, semblent se déployer des conditions inouïes d’existence historique de l’être humain ? Ne serait-ce plutôt une philosophie de l’Esprit qui arrive à son terme, celle même qui a prétendu achever l’histoire ? Est-il possible, sur ces décombres, de bâtir un nouveau matérialisme qui, une fois jetés aux fameuses poubelles et la dialectique et le positivisme, recherche les fondements de son historicité dans la faculté la plus propre à l’homme, la mémoire ? C’est à ces questions que Paolo Virno consacre le Souvenir du présent. Essai sur le temps historique. D’ailleurs, le philosophe italien (né à Naples en 1952, il vit à Rome) avait déjà amorcé une partie de cette réflexion dans Miracle, virtuosité et « déjà vu » (L’Eclat, 1996).

      Pathologie spécifique de la mémoire, le symptôme du « déjà vu » sert à Paolo Virno pour éclairer d’une manière inattendue et fascinante le thème philosophique ­ devenu désormais un lieu commun ­ d’un arrêt de l’histoire voire de sa fin. Bergson a attiré le premier l’attention sur ce paradoxe : on croit avoir vécu (vu, entendu, fait, etc.) quelque chose qui au contraire est en train d’arriver pour la première fois. « Le sentiment lié au « du déjà vu, écrit Virno, est typique de celui qui se regarde vivre. ( ») On devient spectateur de ses propres actions, comme si elles appartenaient désormais à une vieille copie que l’on repasserait sans cesse. Spectateur hagard, quelque fois ironique, souvent enclin au cynisme, l’individu en proie « au déjà vu est l’épigone de lui-même. » Plus généralement, vu la prédominance objective qu’a pris le virtuel dans n’importe quel type de pratique, c’est toute la situation contemporaine qui est aux prises avec un inquiétant excès de la mémoire : « Le souvenir du présent, dont la fonction particulière est de représenter le possible, se manifeste sans retenue parce que l’expérience du possible a pris une très grande importance dans l’accomplissement des tâches vitales. » Le souvenir du présent a un côté maladif, mais, en même temps, il est la condition normale de la production de la mémoire. En effet, chaque présent est à la fois perçu et mémorisé, sans quoi aucun souvenir ne serait possible et, partant, aucune saisie temporelle du monde. Pour mieux comprendre ce rapport essentiel qu’entretiennent la mémoire et le temps, Paolo Virno est amené à revisiter l’un des plus anciens couples philosophiques, celui que forment puissance et acte, et interroger, pour ce faire, Aristote, Augustin, Kant, Hegel, Heidegger. L’acte est une réalisation de la puissance, mais il ne l’épuise pas. Le discours que je suis en train de faire, le plaisir que j’éprouve, le travail que j’exécute n’entament en rien ma faculté de parler, ma disposition au plaisir, ma force de travail. La puissance est un « pas-maintenant », alors que l’acte est un présent : entre les deux agit la mémoire. C’est pour cela que la mémoire peut être dite la faculté des facultés, car je ne pourrais pas parler, jouir, travailler si je n’avais mémorisé toutes ces facultés (et si je ne les consommais en les actualisant).

      Le passé est certes envahissant, mais il est aussi la charnière du temps historique. En accordant cette primauté au passé, Virno va à l’encontre d’une grande partie de la philosophie contemporaine qui tend à placer l’historicité de l’expérience humaine sous l’égide de l’avenir. Heidegger à lui tout seul résume cette position : c’est parce que l’homme est un « être-pour-la-mort », bref mortel, que nous existons historiquement et que l’histoire tire son origine du futur en tant que terme de notre expérience. Pour Virno, les choses vont plutôt dans l’autre sens. De la mort on se souvient, elle n’est pas devant nous : « Seul celui qui mène une existence historique peut se dire de plein droit mortel. »

      En devenir, le Souvenir du présent donne la mesure de l’ambition philosophique de son auteur. On peut trouver la clé de l’entreprise au détour d’une note. En transformant la faculté individuelle de la volonté en volonté générale, Rousseau en a fait le concept fondamental de sa philosophie politique. En passant de l’intellect individuel au general intellect, Marx a voulu signifier la puissance de la coopération productive dans la société capitaliste. Avec une méthode similaire, après les couples Volonté-politique et Intellect-lien social, Paolo Virno construit celui de Mémoire-historicité, une manière d’avancer que dans l’actualité de chaque moment historique, il y a toujours du passé mais aussi quelque chose de potentiel, et qui tient ouverte l’histoire. Loin d’être finie, celle-ci ne fait que commencer".

      Paolo Virno, Le Souvenir du présent. Essai sur le temps historique. Traduit de l’italien par Michel Valensi, L’Eclat.

    • Haute multitude
      https://www.liberation.fr/livres/2002/11/21/haute-multitude_422333

      Le malaise est de mise face aux horreurs perpétrées, ailleurs, par les peuples au nom du droit de disposer d’eux-mêmes ou, ici, lorsque notre bon peuple à nous semble se déliter et manifester des opinions exécrables. Pour sauver l’idée, on s’en prend alors à ceux qui devraient l’incarner. Et si c’était plutôt le concept de peuple qu’il fallait mettre au placard ? Certes, ayant inauguré et supporté longtemps la modernité, il pourrait se prévaloir d’états de service intimidants, quoiqu’il ait pu être, un temps, secoué par la notion antagoniste de classe. Or, un philosophe italien hétérodoxe de 50 ans, Paolo Virno, pense qu’il faut passer à autre chose si l’on veut comprendre ce que promet le présent, et avance multitude, ancienne notion de la philosophie politique contre laquelle celle de peuple a été elle-même forgée. Mais sa Grammaire de la multitude n’a rien d’un exercice académique de généalogie des concepts. Bien au contraire, c’est « l’analyse des formes de vie contemporaines » qui intéresse Virno, ainsi que les nouvelles possibilités d’action politique qu’elles ouvrent. N’est-ce pas la multitude qui s’exprime dans certains mouvements no global ou altermondialistes ? En tout cas, Virno en esquisse la théorie et déploie une instrumentation conceptuelle des plus sophistiquées, où se croisent théorie politique, critique de l’économie, éthique, épistémologie et philosophie.

      #Spinoza fait de la multitude la clé de voûte des libertés civiles, définissant ainsi le Nombre ou la pluralité qui persiste en tant que telle sur la scène publique face aux tentatives de l’Etat moderne de l’homologuer, d’en faire une unité. Hobbes, lui, a horreur de la multitude et ne jure que par le peuple, dont le premier et dernier acte libre consiste pourtant à aliéner sa liberté au seul Souverain. Hobbes, assurément, a gagné contre Spinoza, et l’Etat moderne, par le biais du peuple, est devenu national. Pour Virno, cette histoire est aujourd’hui achevée : aussi entend-il donner une nouvelle possibilité à la notion vaincue de multitude, en la mettant en résonance avec la notion de force productive ­ qui a servi, à côté de celle d’Etat et de peuple, à expliquer l’autre aspect marquant de la modernité occidentale, le capitalisme. #Marx, on le sait, critique l’économie politique naissante mais il la suit quand elle fonde la production de la richesse sur le travail commandé par le capital, autant dire le salariat. Est-ce encore aujourd’hui le cas, à l’heure où la part qui revient au travail dans la production se réduit de plus en plus, sous la poussée de la technique et d’une coopération sociale démultipliée pour la communication ?

      Marx lui-même, dans les Grundrisse, ses notes restées inédites jusqu’à 1939, critiquant sa propre théorie, rappelle Virno, a la vision d’une fin du travail salarial non pas à la suite d’une révolution politique mais du développement du capitalisme lui-même. La cause et l’effet en seraient le general intellect, terme anglais qui définit l’intellectualité sociale au cœur du postfordisme actuel, dont l’activité même de la pensée est le ressort productif principal. Dans ce mouvement, le #travail est devenu une activité virtuose et les travailleurs, comme ceux qui ne travaillent pas, ont glissé hors des ornières de classe pour endosser, selon Virno, les habits de la multitude.

      Contrairement aux idées reçues sur l’individualisme contemporain, faire partie de la multitude donne toutes les chances au sujet : « C’est seulement dans le collectif, et sûrement pas dans le sujet isolé, que la perception, la langue, les forces productives peuvent se configurer comme une expérience individuée. » Le travail peut prendre les contours d’une « virtuosité servile » accompagnée souvent par une tonalité sentimentale qui oscille entre peur et opportunisme. Mais la virtuosité peut être non servile, l’opportunisme se muer en sens de l’opportunité. En cela Virno se place du côté de Benjamin quand, contre #Heidegger, il défendait le bavardage, non pas comme aliénation de l’être, mais comme curiosité diffuse et amour du partage.

      Quelle politique pour une multitude confrontée à la crise de la politique, bâtie sur la notion défaillante de peuple ? Paolo Virno est prudent : résistance civile et exode, c’est-à-dire affrontement et évitement à partir du constat que l’on est tous désormais des « sans chez soi » et que ni le peuple, ni la classe, ni le travail, ni le chômage ou le loisir ne peuvent nous contenir : « Etre étranger, c’est-à-dire ne-pas-se-sentir chez soi, et aujourd’hui la condition commune du Nombre, condition inéluctable et partagée. »

      Paolo Virno, Grammaire de la multitude. Pour une analyse des formes de vies contemporaines. Traduit de l’italien par Véronique Dassas, Editions l’éclat, 144 pp.

    • Comme les seenthissiens, Le Monde ne s’est jamais intéressé à Virno au point de consacrer une note de lecture à l’un de ses ouvrages.

      On ne trouve mention de Paolo Virno que dans la chronique d’un professeur à l’école d’affaires publiques de Sciences Po, un capital-risqueur, qui cite, 12 ans après sa parution en français, un livre de Virno pour écrire, en 2018, lors du mouvement des Gilets jaunes : « La vision hobbésienne de l’unité du peuple est de plus en plus décalée par rapport à la réalité ». (Ils n’ont pas assez peur pour s’en remettre au souverain)

      https://justpaste.it/gmrn4

      edit fulminant contre l’obscène provincialisme anti-intellectuel franchouillard, j’ai oublié le tardif article de Le Monde par le stipendié philo yaourt Roger Plot Croche qui a pour ainsi dire comblé le vide par 3 minutes de lecture en 2016, avec un capitalisme uber alles qui n’ose pas se dire
      Figures libres. Seul l’humain sait dire non
      https://www.lemonde.fr/livres/article/2016/02/25/figures-libres-seul-l-humain-sait-dire-non_4871233_3260.html

      https://justpaste.it/ghccw

      Ce connard arrive encore à écrire en 2016 "soupçonné de liens avec les Brigades rouges." au lieu de "accusé de", comme il devrait le faire puisqu’il ne rentre pas une seconde dans l’analyse de ce que fut le mouvement révolutionnaire de cette époque en Italie. Tout le monde avait des liens avec les BR ! Virno n’était simplement pas de ceux des autonomes recrutés par d’une organisation clandestiniste, lottarmatiste, qui a aspiré une vague du reflux, sous le coup d’une répression féroce, qui furent nombreux, parmi les plus jeunes.

      Essai sur la négation. ­Pour une anthropologie linguistique (Saggio sulla negazione. Per una antropologia linguistica),de Paolo Virno, traduit de l’italien par Jean-Christophe Weber, L’Eclat, «  Philosophie imaginaire  », 190 p., 25  €.

      L’Usage de la vie et autres sujets d’inquiétude, de Paolo Virno, 22 textes traduits de l’italien par Lise Belperron, Véronique Dassas, Patricia Farazzi, Judith Revel, Michel Valensi, Jean-Christophe Weber, L’Eclat, «  Poche  », 316 p., 8 €.

    • De l’impuissance - La vie à l’époque de sa paralysie frénétique
      https://www.lyber-eclat.net/livres/de-limpuissance

      Les formes de vie contemporaines sont marquées par l’impuissance, hôte importun de nos journées infinies. Que ce soit en amour ou dans la lutte contre le travail précaire, l’amitié ou la politique, une paralysie frénétique saisit l’action ou le discours quand il s’agit de faire ou de dire ce qu’il conviendrait de dire et faire. Mais, paradoxalement, cette impuissance semble due non pas à un déficit de nos compétences, mais plutôt à un excès désordonné de puissance, à l’accumulation oppressante de capacités que la société contemporaine arbore comme autant de trophées de chasse accrochés aux murs de ses antichambres. Virno poursuit ici son étude systématique du langage contemporain où s’exprime toute la complexité de notre modernité et qui témoigne de cette inversion des sens qui attribue la puissance au renoncement, ou la détermination au fait de taire ce qu’il nous faudrait dire. Livre sur le langage, De l’impuissance indique de loin les formes possibles d’un antidote, d’une voie de salut, qui nous ferait « renoncer à renoncer », et « effacer l’effacement de notre propre dignité ».

    • Philosophie
      Mort de Paolo Virno : des années de plomb au «retrait de la langue»
      https://www.liberation.fr/culture/livres/mort-de-paolo-virno-des-annees-de-plomb-au-retrait-de-la-langue-20251114_

      Michel Valensi, écrivain et éditeur, rend hommage à celui qui participa au « moment révolutionnaire » de l’Italie des années 70 avant de « se retirer dans la langue ».
      https://www.liberation.fr/resizer/v2/VEQX7GZVDZBRZCHUPW3AKWJVCI.jpg?smart=true&auth=000725f0d67cdc6d5909356d32
      Paolo Virno est né à Naples en 1952. (DR)

      L’Italie a perdu, le 7 novembre, l’un de ses philosophes les plus importants et les plus discrets. Paolo Virno, né à Naples en 1952, est mort à Rome après une courte mais coriace maladie dont il n’avait parlé à personne, ne dévoilant jamais ses cartes en bon joueur de poker qu’il était. Acteur de premier plan du « moment authentiquement révolutionnaire » de l’Italie des années 70 – proche de l’opéraïsme de Mario Tronti et membre du groupe Potere Operaio, avec Antonio Negri et bien d’autres – il sera arrêté en 1979 sous le chef d’inculpation d’« association subversive » et de « constitution de bande armée ». Il passera quatre années en prison avant d’être pleinement acquitté en 1988, à la différence de plusieurs de ses co-inculpés qui s’exilèrent en France et bénéficièrent de l’asile politique.

      Après une thèse sur Adorno, il participe à la création de la revue Metropoli qui élargit la question du politique à toutes les sphères du social et où la théorie côtoie la bande dessinée. Ses premiers articles concernent la « chose » politique sous toutes ses formes, qui vont du general intellect de Marx aux flippers des bars romains, avec une attention particulière portée à la question du langage et un sens de l’ironie dont il ne se départira jamais. Son premier livre, Convention et matérialisme, paraît en 1986 chez Theoria. A son propos Giorgio Agamben écrira : Virno « s’affirme comme l’une des voix les plus lucides et originales de la pensée italienne contemporaine ». C’est, ensuite, en traduction que paraîtront, aux éditions de l’Eclat, Opportunisme, cynisme et peur suivi des Labyrinthes de la langue (1991), le Souvenir du présent. Essai sur le temps historique (1999), ou Grammaire de la multitude (2002) qui paraît en même temps que l’édition italienne, et dont les pages Livres de Libération rendront compte. Grammaire de la multitude, qui se présente comme une « analyse des formes de vie contemporaines », est considéré désormais comme un classique de la pensée politique. L’ouvrage marque un tournant dans l’œuvre et l’écriture de Virno. S’il inscrit la question du politique au cœur du langage, il s’en éloigne toutefois dans ses analyses pour privilégier son « expression » au cœur de la langue. C’est la « langue » qui véhicule les concepts et c’est en s’attachant à la langue que l’on peut les comprendre et les utiliser dans et pour l’action. Sans renoncer à l’agir, la prise de conscience de la « défaite d’une génération de militant qui était liée à la figure ouvrière » s’accompagnant « de la poursuite opiniâtre de l’erreur partagée », conduit Virno à « se retirer dans la langue » pour définir les contours d’une « morale provisoire ».

      Une « anthropologie linguistique »

      C’est à partir de cette date (fin des années 90) que commencent à paraître ses livres plus exclusivement consacrés à une « anthropologie linguistique », proche de la philosophie analytique, dont il partage probablement les prémisses, mais pas forcément les issues. Quand le verbe se fait chair (2003, non traduit), le Mot d’esprit et l’action innovante (2005, traduction à paraître), Et ainsi de suite (2010, traduit en 2014), Essai sur la négation (2013, traduit en 2016), Avoir (2020, traduit en 2021), ou son dernier ouvrage, au titre bouleversant à la lumière de sa biographie : De l’impuissance. La vie à l’époque de sa paralysie frénétique (2021, traduit en 2022), où il défend l’idée que les formes de vie contemporaines sont marquées par une impuissance qui n’est pas « due à un déficit de nos compétences, mais plutôt à un excès désordonné de puissance, à une accumulation oppressante de capacités que la société contemporaine arbore comme autant de trophées de chasse accrochés aux murs de son antichambre ». Prenant congé de l’idée de monde avec celle d’une impuissance à force de puissances pléthoriques, l’œuvre et la vie de Paolo Virno s’achèvent brutalement, comme une phrase tronquée, une parole empêchée, lui qui, avec son léger et émouvant bégaiement, s’était arrêté longuement sur la question de l’aphasie et du langage des enfants. Il préparait un livre sur l’inquiétante étrangeté qu’il se proposait de comprendre dans les termes d’une anthropologie du langage. L’Usage de la vie et autres sujets d’inquiétude (l’Eclat, 2016) propose un parcours assez complet de son œuvre exigeante qui reste à découvrir.

      1966

      Gian Pieretti - Il vento dell’est
      https://www.youtube.com/watch?v=kmYKHEksSn0

      I Corvi «Ragazzo di Strada»
      https://www.youtube.com/watch?v=5pwMPiSX6uA

      1967

      I Nomadi - Dio è morto
      https://www.youtube.com/watch?v=yqMvHD1gNxc

      Patty Pravo «Ragazzo triste»
      https://www.youtube.com/watch?v=oEL4vvNXV-I&list=RDoEL4vvNXV-I

      1968

      Valle Giulia · Paolo Pietrangeli
      https://www.youtube.com/watch?v=AKciJETn01E

      La caccia alle streghe (La violenza)
      https://www.youtube.com/watch?v=Eyrhzwwe1pg

      1977
      GIANFRANCO MANFREDI - UN TRANQUILLO FESTIVAL POP DI PAURA
      https://www.youtube.com/watch?v=Hh_dp3O_C3g

    • Inno di Potere Operaio (1971)
      https://www.youtube.com/watch?v=QzspcU3HJow

      La classe operaia, compagni, è all’attacco,
      Stato e padroni non la possono fermare,
      niente operai curvi più a lavorare
      ma tutti uniti siamo pronti a lottare.
      No al lavoro salariato,
      unità di tutti gli operai
      Il comunismo è il nostro programma,
      con il Partito conquistiamo il potere.

      Stato e padroni, fate attenzione,
      nasce il Partito dell’insurrezione;
      Potere operaio e rivoluzione,
      bandiere rosse e comunismo sarà.

      Nessuno o tutti, o tutto o niente,
      e solo insieme che dobbiamo lottare,
      i fucili o le catene:
      questa è la scelta che ci resta da fare.
      Compagni, avanti per il Partito,
      contro lo Stato lotta armata sarà;
      con la conquista di tutto il potere
      la dittatura operaia sarà.

      Stato e padroni...

      I proletari son pronti alla lotta,
      pane e lavoro non vogliono più,
      non c’è da perdere che le catene
      e c’è un intero mondo da guadagnare.
      Via dalle linee, prendiamo il fucile,
      forza compagni, alla guerra civile!
      Agnelli, Pirelli, Restivo, Colombo,
      non più parole, ma piogge di piombo!

      Stato e padroni...

      Stato e padroni, fate attenzione
      nasce il Partito dell’insurrezione;
      viva il Partito e rivoluzione,
      bandiere rosse e comunismo sarà!

      #folklore

  • Natürlich muss die deutsche #Staatsanwaltschaft erst einmal unter D...
    https://diasp.eu/p/17877319

    Natürlich muss die deutsche #Staatsanwaltschaft erst einmal unter Druck gesetzt werden, bevor sie sich bequemt #Ermittlungen einzuleiten 😱

    siehe: https://www.zdfheute.de/politik/muenchener-sniper-ermittlungen-un-100.html

    Damit steigt der Druck auf die deutsche Justiz. Linke und Grüne fordern längst Konsequenzen. So verlangt der Bundestagsabgeordnete Helge Limburg (Grüne) eine Unterrichtung durch den #Generalbundesanwalt in der nächsten Sitzung des Rechtsausschusses am 8. Oktober.

    Ein Armutszeugnis für den deutschen #Rechtsstaat und damit die Gleichheit vor dem #Gesetz, denn bei einem russischen Scharfschützen hätte man nicht mal bis 3 zählen können und es wäre schon Ermittlungen eingeleitet worden.

    #Problem #Arbeitsverweigerung #Mord #UNO #Politik #Unabhängigkeit #Justiz #Problem #Israel (...)

  • Pourquoi la Suisse est imprenable ? | ATLAS - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=sxj7dNmjZFI

    La Suisse, pays du chocolat ... et des canons.
    Derrière son image de neutralité sans faille, le pays cache en réalité un formidable système militaire camouflé au creux de la montagne. Rochers-canons, granges-canons ou refuges-canons, il existerait près de 8 000 ouvrages militaires dissimulés dans le paysage. Alors dans ce nouvel épisode d’Atlas, direction la Suisse pour une randonnée pas comme les autres au cœur du Réduit national : la place forte de la stratégie de défense suisse.

    Quelques sources qui nous ont aidé
    • Les archives de la RTS sur le Réduit national
    • L’inestimable puits d’informations du blog de World of Teeone
    • Le non moins estimable blog d’Atlantic Wahl
    • Le documentaire de la RTS sur l’effet du Réduit au sein de la population
    • Le documentaire de la TSR sur le général Guisan et les rela

    (avec liens)

    • Je n’ai pas encore vu... mais je me rappelle avoir vu il y a trèès longtemps, une super exposition... où des personnes âgées, qui étaient vivants lors de la Seconde guerre mondiale, disaient que c’était un très beau mythe... et il y a plein de contre-exemples du dysfonctionnement de l’armée suisse...
      Je me demande si on ne peut pas trouver quelque chose su ce beau site d’histoire orale :
      https://notrehistoire.ch/themes/politics-and-society/security-and-justice

      #camouflage #dissuasion_militaire #armée_suisse #neutralité #armes #stratégie_du_hérisson #montagnes #Alpes #défense #forteresse #seconde_guerre_mondiale #WWII #Général_Guisan #stratégie_militaire #réduit_national #dissuasion #discrétion #sous-sol #tunnels #mobilisation #service_militaire #montagne #défense_nationale #Amsteg #or #opération_Tannenbaum #banque_nationale_suisse #or_nazi #bunkers #guerre_froide #bunkers_anti-atomiques #éducation_militaire #relations_internationales

    • Et sinon, ce super #livre de #Pierre_Hazan :
      #Le_mal_suisse
      https://bibliows.payot.ch/api/image/7F12DBE4C347C5131C937132EE23AAC907A93B32/front/0/resized/mob_detail

      Plongée dans l’univers mental helvétique à l’heure où la Suisse traverse sa plus grave crise d’identité depuis la Seconde Guerre mondiale, Le mal suisse explore le sens d’une neutralité largement fictive et les effets pervers du consensus. Surtout, il tente de comprendre le ressort quasi paranoïaque de l’isolationnisme helvétique et de ce système unique de défense qui faisait dire au Conseil fédéral, en 1988 : La Suisse n’a pas d’armée, elle est une armée. Comment se défaire de cette obsession, dès lors qu’elle constitue le meilleur ciment d’une nation à l’identité floue, fragmentée par les divisions cantonales, linguistiques, culturelles et religieuses ? Que faire de cet héritage psychologique de méfiance par rapport au monde, quand la Suisse est montrée du doigt par les Etats-Unis pour son rôle durant la guerre, que la démocratie directe et le consensus bloquent les rouages de la machine gouvernementale, que sa population rejette l’adhésion à l’Espace économique européen comme aux Nations Unies, que le chômage, jadis inconnu, progresse, et que les disparités sociales s’accroissent ? Le mal suisse est certes un examen sans concession de l’effondrement d’un mode de pensée et d’un mode de vie. Mais avec le souhait de contribuer à ce que la Suisse sorte de la mythologie façonnée par ses élites elles-mêmes pour pénétrer enfin dans l’Histoire.

      https://www.payot.ch/Detail/le_mal_suisse-pierre_hazan-9782234049543

    • @sombre et @cdb_77, la vidéo dit assez explicitement que le Reich aurait difficilement pu se passer des services financiers de la Suisse, mais mentionne moins que certaines huiles s’y étaient aussi préparer quelques réserves quand le vent a commencé à tourner

      sinon, en échanges sportifs universitaires – il y a donc un certain temps, voire un temps certain – l’ensemble de l’équipe avait été hébergée dans le bunker d’un lycée à Lucerne. Sous-terrain, lits superposés métalliques et surtout, ça marque porte blindée d’au minimum 40 cm d’épaisseur de béton, encadrée de deux tôles d’acier de plusieurs centimètres ; on se mettait à trois pour la manœuvrer… Dans la pièce où on était, il y avait une quarantaine de couchages.

    • Et il y a évidemment aussi tout le dossier de la #commission_bergier :

      La Commission indépendante d’experts (CIE, communément appelée Commission Bergier) est une commission d’experts extraparlementaire suisse, instituée par le Conseil fédéral le 19 décembre 1996, pour un mandat de cinq ans. Elle avait pour mission de « faire toute la lumière sur l’étendue et le sort de ce qu’on a appelé l’Affaire des fonds en déshérence »[1]. Son rôle a été étendu à l’étude de la politique d’asile de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale et à l’examen des relations économiques et financières entre la Suisse et le Troisième Reich.

      Cette commission a publié une série de monographies sur les rapports de la Suisse avec les protagonistes de la Seconde Guerre mondiale, en particulier avec l’Allemagne nazie.

      Cette enquête faisait suite, d’une part, aux fortes critiques qui se faisaient entendre en Suisse depuis 1989 (à l’occasion des commémorations du 50e anniversaire de la mobilisation de l’armée suisse en 1939) au sujet des relations entre les entreprises suisses et l’économie allemande à l’époque du Troisième Reich, et, d’autre part, à l’affaire dite des « fonds en déshérence », qui éclata en 1995 et dans laquelle les banques suisses furent accusées d’avoir conservé par-devers elles des biens confiés par des victimes du nazisme, voire spoliés par les nazis ; cette affaire se conclut notamment par (i) la mise en place en 1996, par les organisations juives internationales et l’Association suisse des banquiers, d’un comité indépendant (Independent Committee of Eminent Persons, dit Commission Volcker), chargé de vérifier les avoirs de victimes du nazisme déposés dans des banques suisses, (ii) la constitution en 1997 d’un fonds spécial pour les victimes de l’holocauste, doté de 300 millions de francs, et (iii) la conclusion en 1998 d’un accord portant sur 1,8 milliard de francs passé entre l’UBS et le Credit Suisse, d’une part, et les organisations juives et les signataires d’une plainte collective (class action), d’autre part[2].

      Ayant scrupuleusement respecté les délais fixés par le mandat, la Commission Bergier a été officiellement dissoute le 19 décembre 2001, sa mission accomplie.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Bergier

  • CARTE. #Généralistes, #dentistes, #sages-femmes… Votre #commune est-elle mieux lotie que les autres en matière d’accès aux soins ?
    https://www.francetvinfo.fr/sante/carte-generalistes-dentistes-sages-femmes-votre-commune-est-elle-mieux-

    Notre #carte interactive vous permet d’explorer l’accès à cinq professions médicales dans votre commune. De manière générale, plus de 50% des communes rurales sont sous-dotées en #médecins #généralistes, tandis que cette tendance ne concerne que 28% des communes urbaines.

  • Le capital : une brève mise à jour, Temps Critiques
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article550

    ÉTAT ET CAPITAL : SITUATION ACTUELLE

    Dans les idées et articles (...) qui circulent aujourd’hui sur le capital ou le #capitalisme, il est à remarquer qu’il est peu question de l’#État et, comme incidente, peu question non plus de la puissance en général et du pouvoir particulier qu’elle confère. L’accent est le plus souvent mis sur le profit, notion passe-partout et sans vertu explicative au niveau microéconomique (pourquoi Elon Musk ou Jeff Bezos voudraient-ils faire encore plus de profit ?) et sans vérification probante au niveau macroéconomique du calcul d’un taux général et de ses variations (cf. l’improbable tendance à la baisse du taux de profit promise par Marx il y a bientôt deux siècles). Ce que beaucoup appellent le néolibéralisme impliquerait cette quasi-disparition actuelle d’un État qui ne conserverait que ses fonctions régaliennes. Ce qu’il faut bien appeler une « vision » plus qu’une perception est mise en avant jusqu’à la caricature, afin de mieux l’opposer à un État d’avant et, in fine, à un capitalisme d’avant, tout aussi caricaturalement envisagé et par conséquent peu défini. Ainsi, on a parfois l’impression que, pour la gauche française d’aujourd’hui, le programme du CNR, ce n’était pas du capitalisme, mais le socialisme à visage humain !

    C’est pourtant ce rôle de l’État, certes changeant, et de la puissance publique qui permet de comprendre le lien contradictoire qu’entretiennent économie de marché et capitalisme. En effet, l’économie de marché ne peut exister et a fortiori fonctionner en tant que telle, c’est-à-dire selon les principes libéraux, que lorsque le marché a été institué par l’État (cf. Karl Polanyi). Là où il ne l’a pas été, c’est que, quel que soit le niveau technique atteint, il n’a pas encore dégagé de « forces productives » en vue de l’accumulation et de la reproduction élargie ; l’État est soit encore sous sa forme embryonnaire (les proto-États comme dans l’Athènes de l’Antiquité ou la République romaine), soit il est encore ce que nous appelons un État du premier type (Chine, Égypte pharaonique, etc., ce que Marx qualifiait de « mode de production asiatique »). C’est en effet l’État de deuxième type dans sa forme nation qui a accéléré le mouvement de dissolution des formes communautaires d’une part et favorisé d’autre part l’essor des villes. C’est lui qui a non seulement permis l’éclosion puis le développement des échanges et leur extension, mais a contribué à l’institution du marché, préalable à toute « économie de marché ». Aujourd’hui, dans la tendance des États-nations à se restructurer sous la forme réseau, cette intrication de l’État avec les grandes firmes, au niveau du capitalisme du sommet, fait que ce dernier échappe presque totalement à l’« économie de marché ».

    STRUCTURATION PAR NIVEAUX ET MISE EN RÉSEAUX

    Dans cette nouvelle structuration, le capitalisme du sommet représente le niveau I de la domination capitaliste. Il regroupe les États comme puissance politique, mais aussi économique, avec l’importance prise par les « fonds souverains », les grandes firmes multinationales, les organisations internationales, y compris certaines ONG, les grands syndicats. C’est là que sont censés se régler les grands problèmes de reproduction globale du monde capitaliste et capitalisé : la question de l’environnement et du climat, celle de l’accès aux matières premières et aux nouvelles technologies, la question des paradis fiscaux, la lutte contre le trafic de drogue. À ce niveau du capitalisme du sommet, il y a une indifférenciation des sphères politique et économique : elles sont unifiées ou plutôt totalisées sur la base de la priorité donnée à la fois à la domination (plutôt qu’à l’exploitation), à la puissance (plutôt qu’au profit) et à la capitalisation (plutôt qu’à l’accumulation ; nous y reviendrons) [c’est moi qui graisse, ndc]. Le personnage d’Elon #Musk est le meilleur représentant/symbole de ce capitalisme de la puissance, pour qui le profit au sens traditionnel du terme n’est qu’un élément secondaire (Tesla est un échec de ce point de vue là). Pour paraphraser le Hegel de la Philosophie du droit, Musk est la figure qui « rend effective la réalité substantielle » (transhumanisme, conquête de l’espace). Et Trump est son « digne » pendant politique, mais pour les deux il est clair que cette distinction entre politique et économie n’a plus de raison d’être.

    Le blog de Temps Critiques
    https://blog.tempscritiques.net

    #politique #économie #domination #puissance #capitalisation

    • (...) nous avons réfuté l’idée d’une « valeur » de la force de travail : nous ne la pensions plus comme une marchandise puisqu’elle n’est pas « produite » au même titre que les autres ; elle ne l’est que politico-socialement, par le fait que la capacité de travail humain est transformée en force de travail. Marx lui-même en parlait souvent, et Polanyi plus tard, comme d’une « quasi-marchandise ». Elle n’a donc pas de « valeur », mais seulement un prix, ce qui détruit la base de bien des calculs économiques de Marx. Celui-ci s’est évertué progressivement à faire passer ses résultats pour des lois économiques (cf. son rattachement à la loi d’airain de la baisse des salaires théorisée par Ricardo), abandonnant ainsi sa position préférentielle de critique de l’économie politique bourgeoise pour celle, positiviste, de la « science économique (plus-value et taux d’exploitation, baisse tendancielle du taux de profit, loi de paupérisation, etc.). En revanche, pour des théoriciens aussi différents que Keynes, l’aristocrate anti-bourgeois (« la question de la valeur est aussi vaine que celle sur le sexe des anges »), Castoriadis (la valeur comme « signification imaginaire sociale » ou représentation à partir du no 31 et surtout 35 de Socialisme ou Barbarie) et surtout les opéraïstes italiens dans les luttes d’usine des années 1968-1975 (le salaire « variable indépendante » de Sraffa et Tronti, puis le « salaire politique » de Negri), la « valeur » de la force de travail n’est fonction que du rapport de forces entre les classes sociales dans une conjoncture déterminée spatialement et temporellement. Une bonne prémisse pour abandonner la problématique de la valeur pour celle des prix. La lutte en Guadeloupe sur cette même question des prix avec le Manifeste sur les produits de haute nécessité (février 2009) semblait aussi ouvrir des perspectives. Le capital en tant que rapport social est un rapport de subordination et donc de pouvoir.

      #capital #opéraïsme #IA #general_intellect

    • Ce qui reviendrait à dire que toute soit-disant science économique ne serait qu’une chimère fondée sur des concepts complètement biaisés. A moins que toute cette « science » n’ait pour objet que le seul profit, le « business », activité chérie par les ultra libéraux fascistoïdes. La #prédation, en quelque sorte.

    • @rastapopoulos : rendez-vous à Grenoble le 25 janvier prochain pour une « rencontre du cercle de lecture Critique de la valeur-dissociation » :
      http://www.palim-psao.fr/2025/01/rencontre-du-cercle-de-lecture-critique-de-la-valeur-dissociation-a-greno

      (Désolé de vous décevoir, j’irai pas, c’est trop loin).

      Sinon : parution prochaine (07/02/2025) de cet ouvrage :

      Ernst Schmitter

      L’Economie comme catastrophe

      Une introduction à la critique de la valeur-dissociation

      Traduit de l’allemand par Sandrine Aumercier

      (Editions Crise & Critique, collection Palim Psao, 198 pages, 17 euros)

      Diffusion-distribution : Hobo-diffusion & Makassar

      http://www.palim-psao.fr/2025/01/parution-prochaine-le-7-fevrier-2025-ernst-schmitter-l-economie-comme-cat

  • General Electric coupe le courant de la filière française des éoliennes en mer | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/general-electric-coupe-courant-de-filiere-francaise-eoliennes-me/00113518

    Le 13 Janvier 2025

    Malgré un marché porteur, General Electric souhaite fermer deux usines françaises productrices d’éoliennes en mer, ce qui menace une industrie stratégique pour la transition énergétique.

    Passqueue lainairjie couteuh trau chair de ceux cauté de l’océan

    • L’attribution du premier parc, à Saint-Nazaire, en 2011 a donné naissance à une filière nationale sous l’égide d’Alstom… dont les usines ont été vendues à GE en 2014, en même temps que les fameuses turbines Arabelle utilisées dans le nucléaire.

      Dix ans après cette acquisition et malgré un marché porteur, GE n’en finit pas de sacrifier les vestiges d’Alstom. La multinationale, fragilisée par la crise des subprime, affichait une dette de 550 milliards de dollars en 2008.

      Pourtant, « pendant des années, GE a continué à verser autant de dividendes alors que ses revenus baissaient de moitié. La bulle a explosé peu après le rachat d’Alstom », développe Cyrille Gohier.

      GE a dû alors vendre de nombreuses branches et réduire les coûts pour se relancer, et en 2024, GE se scinde en trois entités : pharmaceutique, aérospatial et énergie. Cette dernière, dénommée Vernova, a été introduite en Bourse en avril.

      Son cours a presque triplé, passant de 126 à 340 dollars, car « le storytelling autour de la décarbonation passe très bien auprès des investisseurs », estime le syndicaliste, selon lequel ces performances boursières « ne reflètent pas l’état de l’entreprise ».

      D’autant que « les actionnaires, principalement des fonds de pension américains, dont Blackrock, exigent des marges énormes, inadaptées au temps long de l’industrie ».

      https://justpaste.it/dnt4e

      #General_Electric #Alstom #transition_énergétique #éolien_off-shore

      Juste se rappeler que #Emmanuel_Macron a été un acteur majeur dans ce processus de « trahison énergétique ».

    • En route pour de nouvelles aventures, « young man go west » !

      Ils n’arrêteront jamais si personne le les arrête. La conviction de faire partie d’un peuple élu (USA, Manifest Destiny ) ou d’une race élue (Allemagne 33-45) pousse les membres de l’élite imaginaire à des actes sans limites.

      Quand on s’intéresse aux idéologies motivant les acteurs historiques ont tombe sur des ressemblances inquiétantes entre l’idée allemande du peuple sans espace (#Volk_ohne_Raum), l’esprit frontalier états-unien et les idées sionistes.

      Le nazisme s’est largement inspiré du projet colonisateur états-unien qui a également contribué au développement du sionisne. Sans constituer une explication suffisante pour l’expansionnisme et la brutalité abjecte d’Israel l’idée de la conquête de terres à cultiver par les élus est une base d’entente implicite solide pour les États Unis, l’état hébreux et l’Allemagne post-nazie qui n’a jamais vraiment abandonné cette partie de son patrimoine culturel.

      Voilà pourquoi la dernière violation du droit international par l’état des juifs orthodoxes ne suscitera pas l’opposition de la part de la ministre des affaires étrangères d’Allemagne.

      Frontier thesis
      https://en.m.wikipedia.org/wiki/Frontier_Thesis

      The Frontier Thesis, also known as Turner’s Thesis or American frontierism, is the argument by historian Frederick Jackson Turner in 1893 that the settlement and colonization of the rugged American frontier was decisive in forming the culture of American democracy and distinguishing it from European nations. He stressed the process of “winning a wilderness” to extend the frontier line further for U.S. colonization, and the impact this had on pioneer culture and character. Turner’s text takes the ideas behind Manifest Destiny and uses them to explain how American culture came to be. The features of this unique American culture included democracy, egalitarianism, uninterest in bourgeois or high culture, and an ever-present potential for violence. “American democracy was born of no theorist’s dream; it was not carried in the Susan Constant to Virginia, nor in the Mayflower to Plymouth. It came out of the American forest, and it gained new strength each time it touched a new frontier,” wrote Turner

      L’internet a été développé dans l’esprit colonisateur mais sans les indiens ou palestiniens.

      Electronic frontier

      John Perry Barlow, along with Mitch Kapor, promoted the idea of cyberspace (the realm of telecommunication) as an “electronic frontier” beyond the borders of any physically based government, in which freedom and self-determination could be fully realized. Scholars analyzing the Internet have often cited Frederick Jackson Turner’s frontier model. Of special concern is the question whether the electronic frontier will broadly replicate the stages of development of the American land frontier.

      #colonialisme #frontier #Palestine #far_ouest #Generalplan_Ost

  • Je veux démissionner et je suis en cours de période d’essai |France Travail
    https://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/a-chaque-situation-son-allocatio/quelle-est-ma-situation-professi/je-perds-ou-je-quitte-un-emploi/je-veux-demissionner-et-je-suis.html

    La période d’essai est celle pendant laquelle les deux parties d’un contrat de travail (employeur et salarié) peuvent rompre le contrat, sans avoir à en donner la raison, ni dédommager l’autre partie.

    La rupture de la #période_d’essai par le salarié s’apparente à une démission.

    Si vous rompez votre contrat de travail durant la période d’essai, vous n’aurez donc pas le droit à l’allocation #chômage.

    Il ne reste qu’une voie : contraindre l’employeur à rompre la période d’essai.

    • Et non ce n’est pas une bonne idée de contraindre l’employeur à rompre sa période d’essai ni même de la saboter volontairement, autant ne pas y aller. D’autant que si la rupture est à l’initiative de l’employeur, c’est wallou aussi ! C’est arrivé à ma fille avec un sous-traitant pour Airbus, il y a quelques années. Aucun droits au chômage, direction le RSA à 27 ans et retour chez sa mère. On en reparle parfois et elle a encore la rage de s’être fait traiter comme une merde. Maintenant elle est en CDI et elle ne sait toujours pas comment démissionner sans y laisser des plumes. Après les dernières législatives ; elle s’est fait une promesse, ne plus jamais voter et ne plus jamais signer de CDI.
      #General_Strike

    • Oui, pour avoir droit au chômage lors d’une rupture de la période d’essai par l’employeur, il y a des conditions restrictives
      Je suis salarié et l’employeur vient de mettre fin à ma période d’essai : quelles indemnités chômage après en cas de rupture ?
      https://www.juritravail.com/Actualite/rupture-de-la-periode-d-essai-comment-toucher-le-chomage/Id/286704#:~:text=droits%20au%20chômage.-,Si%20je%20suis%20à%20l'initiativ.

      Fin de la période d’essai à l’initiative de l’employeur dans les 65 premiers jours de travail

      La rupture du précédent contrat de travail n’est pas une démission

      Lorsque l’employeur met fin à votre période d’essai, vous avez droit au chômage si votre précédente perte d’emploi n’est pas consécutive à une démission, sous réserve de remplir les conditions d’affiliation, d’âge, d’aptitude à l’emploi, etc.

      🔍 À lire sur le sujet : Démission et droit au chômage : quelles sont les règles ?

      La rupture du précédent contrat de travail est une démission

      Lorsque votre précédente perte d’emploi est consécutive à une démission d’un CDI et qu’il est mis fin à la période d’essai avant 65 jours, vous ne pouvez pas, en principe, toucher le chômage puisque le demandeur doit justifier d’une période de 65 jours travaillés (ou 455 heures travaillées) depuis qu’il a démissionné pour avoir droit au chômage (4).

      Toutefois, si vous avez démissionné d’un emploi occupé pendant 3 ans en vue de reprendre une activité salariée à durée indéterminée (CDI) qui s’est concrétisée par une embauche effective, vous pouvez prétendre aux allocations chômage dès lors que l’employeur met fin au contrat dans les 65 premiers jours travaillés (5).

      📌 Exemple :

      Gabriel a démissionné de son emploi précédent qu’il occupait depuis 2 ans, pour un CDI. Malheureusement, son nouvel employeur met fin à sa période d’essai après seulement 45 jours. Dans cette situation, Gabriel ne sera pas éligible aux allocations chômage, car il n’a pas atteint le seuil requis de 65 jours de travail depuis sa dernière démission et il ne justifie pas d’une durée d’affiliation de 3 ans continus lors de sa précédente démission.

      Fin de la période d’essai à l’initiative de l’employeur après les 65 premiers jours de travail

      Si la rupture de la période d’essai intervient au-delà des 65 premiers jours de travail : peu importent les circonstances de la précédente rupture, dès lors que vous justifiez des conditions d’affiliation, d’âge, d’aptitude à l’emploi, etc., vous pouvez prétendre à l’ouverture de vos droits au chômage.

      Pour ce qui est d’en finir avec un CDI, si le patron refuse une rupture conventionnelle, se souvenir que le licenciement pour faute grave ouvre droit au chômage, mais se paie de l’absence d’indemnité de licenciement.
      https://www.l-expert-comptable.com/a/37815-le-licenciement-pour-faute-grave-ouvre-droit-aux-allocatio.

      #droit_au_chômage

    • C’est bien ça @colporteur dans son cas elle n’avait pas plus de 3 ans d’ancienneté chez son ancien employeur Airbus Nantes (toujours avec un prestataire). Pour celui de St-Nazaire avec une autre boite de conseil en ingénierie et logistique mais toujours pour Airbus. Les conséquences de la rupture de sa période d’essai lui a fait l’effet d’une douche glaciale et vraiment injuste. Je lui ai transmis ton dernier lien expert-comptable elle est au courant car cette fois-ci les syndicats sur le site sont un peu plus compétent que ceux d’Airbus. Mais elle n’a pas l’intention de s’asseoir sur 10 000 balles d’indemnité. Faut pas leur faire de cadeaux à ces cons là. Et moi, son père je lui déconseille de pointer au chômage parce que si tout le monde démissionne. Qui c’est qui va payer mon minima social ?
      https://www.cnt-f.org/spip.php?article2223
      #la_grande_démission

    • Un ou des arrêts de travail payés 10 000 balles ou plus au total, en y adjoignant perruque et prise sur le tas, peuvent peut-être, avant la faute grave et aux vues de règles en vigueur défavorables, constituer un palliatif acceptable ? [edit mais je ne suis pas à sa place et ces indications peuvent ne lui être d’aucun usage]

      (tout respect pour ses militants mis à part, le friotisme de la CNT et sa fétichisation de la cotisation achèvent de ridiculiser ce groupe politique).

      (je me souviens de mon premier emploi déclaré, pour un machin atroce, qui avait valu aux patrons qui me payaient très ordinairement des pertes en nature d’une valeur largement supérieure au salaire, autant de biens prestement redistribués)

      #travail #emploi #autonomie

    • les 10 000 boules ce serait ses indemnités de licenciement au cas où elle trouve une conciliation favorable avec son employeur. Elle n’a qu’un salaire à 4 chiffres. à défaut de perruque et de prise sur le tas, en tant que prestataire, elle a toujours droit au télétravail 3 jours/semaine au contraire des effectifs permanents du chantier naval. Pour elleux le télétravail post-covid s’est réduit comme peau de chagrin. Le télétravail à St Naze c’est pas mal, les plages sont à proximité.

  • #Toul : la #statue controversée du #général #Bigeard a été posée sur son socle

    La statue du #général_Bigeard a été posée sur son socle ce matin à partir de 9 h à Toul. Elle était entreposée dans la salle d’honneur du 516e régiment du Train qui a assuré le transport et la mise en place en présence de forces de l’ordre, du sculpteur et du délégué général de la #fondation_Bigeard. Le choix de cette statue en hommage au « premier para de France » a provoqué de nombreuses réactions hostiles, ses opposants accusant le militaire d’avoir pratiqué la #torture durant les #guerres_coloniales.


    https://www.estrepublicain.fr/societe/2024/10/24/toul-la-statue-du-general-bigeard-a-ete-posee-sur-son-socle

    #toponymie #toponymie_politique #présent_colonial #colonialité #colonialisme #passé_colonial #France #sculpture #Boris_Lejeune #armée #militaires

    ici aussi (@loutre) :
    https://seenthis.net/messages/1078590

    ping @cede @karine4

  • Unternehmen Barbarossa : Das Hitler-Regime wollte 30 Millionen Slawen auslöschen
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/unternehmen-barbarossa-das-hitler-regime-wollte-30-millionen-slawen

    Parfois on nous décrit la guerre en Ukraine comme guerre d’exterminaion russe contre le peuple d’Ukraine. C’est faux. C’est une guerre moderne, brutale et injuste comme toutes les guerres entre les puissnces capitalistes qui poussent leurs conflits à l’extrême. Pour l’Ukraine c"est en plus une guerre totale.

    Voilà la déscription d’une guerre d’extermination. Elle a été menée par les armées allemandes afin de s’emparer des sources de pétrole de Baku, des plaines d’Ukraine et du Donbas. Dans le projet #Generalplan_Ost il était prévu de vider les espaces conquises des populations présentes et de les remplacer par des colons tyroliens et par d"autres paysans allemands sans terre.

    Entre 26 et 30 Millions de citoyens de l’URSS ont payé avec leur vie pour ce projet colonial mégalomane allemand.

    22.6.2023 von Maritta Adam-Tkalec - Am 22. Juni 1941 hat Hitler-Deutschland die Sowjetunion überfallen. Ziel war das Vernichten eines Systems mitsamt seiner Menschen, um Platz zu schaffen für frohe Deutsche.

    Am 14. Juni 1941 zählte Zygmunt Klukowski 500 bis 600 durchfahrende Autos und Motorräder pro Stunde. Klukowski war Arzt und leitete das Krankenhaus seiner Stadt Szczebrzeszyn nahe der deutsch-sowjetischen Demarkationslinie im heutigen Ostpolen. Am 21. Juni notierte er in seinem Tagebuch: „Abends begannen gewaltige Panzer, Panzerwagen und andere Autos durch unsere Stadt zu rollen – ein ununterbrochenes Band, die ganze Nacht hindurch.“ Am nächsten Morgen erfuhr die Welt, dass ein neuer Krieg begonnen hatte. Um 3.15 Uhr hatten 3,3 Millionen deutsche Soldaten und deren Verbündete auf einer Länge von 1600 Kilometern die Posten der von den „Säuberung“-Aktionen Stalins geschwächten Roten Armee überrannt.

    In den ersten Kriegsnächten hörte Zygmunt Klukowski die „höllische Musik der Flugzeuge“. Dann wurde es ruhiger, denn Hermann Görings Luftwaffe hatte die sowjetischen Flugzeuge am Boden zerstört. Am ersten Tag waren 66 Flugplätze zerbombt worden.

    Die Wehrmacht rückte mit 3600 Panzern voran. Ihnen folgten 600.000 Motorfahrzeuge und 700.000 Geschütze. In drei Keilen stießen sie Richtung Osten vor: auf Leningrad im Norden, auf Moskau im Zentrum, auf Kiew im Süden. Anfangs drang die Maschinerie so rasant vor, dass die Infanterie zurückblieb.
    Überfall auf die Sowjetunion: Ein wichtiges Ziel waren die Erdölquellen um Baku

    Bis Frühherbst 1941 sollte das „Unternehmen Barbarossa“ laut Plan die so bezeichnete AA-Linie erreichen: von Archangelsk am Eismeer bis Astrachan an der Mündung der Wolga ins Kaspische Meer, 2600 Kilometer. Die Rote Armee sollte an dieser Linie militärisch geschlagen sein, die Reste hinter den Ural gedrängt, Deutschland von sowjetischen Flugzeugen nicht mehr zu erreichen.

    Adolf Hitler hatte den Überfall auf die Sowjetunion bald nach der Unterwerfung Frankreichs beschlossen. Endziel dieser Operation war die „Abschirmung gegen das asiatische Russland“, hieß es in der entsprechenden Weisung. Das letzte Russland verbleibende Industriegebiet am Ural sollte von der Luftwaffe ausgeschaltet werden.

    Im eroberten Gebiet vermuteten die deutschen Kriegsplaner die Masse der sowjetischen Rüstungsbetriebe, vor allem aber lagen dort die begehrten Rohstoffquellen. Man wollte die Kornkammern in der russischen und ukrainischen Schwarzerde-Zone in Beschlag nehmen, den Weizen dauerhaft nach Deutschland und Westeuropa abtransportieren. Ein besonders wichtiges Ziel waren die Erdölquellen um Baku.

    Ausgehungerte Menschentiere

    Drei Monate später hatten deutsche Soldaten Leningrad eingekesselt, das kohlereiche Donezbecken erobert, Hunderttausende Rotarmisten getötet und gefangen. Am 4. Oktober 1941 notierte Zygmunt Klukowski in seinem Tagebuch: „Gestern zog eine große Gruppe bolschewistischer Kriegsgefangener vorbei, etwa 1500 Menschen. Es waren Skelette, menschliche Schatten, die sich mit letzter Kraft fortschleppten. Etwas Vergleichbares habe ich noch nie gesehen. Die Menschen fielen vor Erschöpfung auf die Chaussee, Kräftigere hoben sie wieder auf, stützten sie unter den Armen und zogen sie weiter. Es waren ausgehungerte Tiere, keine Menschen. Sie stürzten sich sogar auf Apfelgriebse, die im Rinnstein lagen, wobei sie mit Knüppeln erbarmungslos geschlagen wurden.“

    Als am Tag darauf, einem Sonntag, wieder eine große Gruppe Gefangener vorbeigetrieben wurde, hatte die polnische Bevölkerung „in einer langen Reihe an den Straßenrändern Essen zum Verteilen zurechtgelegt“, aber deutsche Soldaten, die den Elendszug bewachten, begannen zu schießen. „Die Gefangenen warfen sich auf das Essen, ohne zu beachten, dass sie dafür fürchterlich mit Stöcken geschlagen wurden.“

    Beim Anblick dieser schrecklichen Szenen haderte Klukowski mit seinen Gefühlen. Er hegte keinerlei Sympathie mit dem System Stalin und dem Bolschewismus. In manchen Regionen hatte die Bevölkerung anfänglich die Deutschen sogar als Befreier vom Stalin’schen Terror empfangen. Aber jetzt schrieb Kuklowski: „Das Aussehen und der Zustand dieser Gefangenen bewegt sogar die abgehärtetsten Menschen. Sie vergessen, dass die sowjetischen Bolschewisten auch unsere Feinde sind. Sie quälten doch die Polen genauso, zu Zehntausenden trieben sie sie nach Sibirien, und das im schrecklichsten Winter.“ Der Arzt versuchte, „alle humanitären Gefühle hinsichtlich des sowjetischen Feindes zu dämpfen“. Alles umsonst: „Der Anblick dieser ausgehungerten Menschen-Tiere gab mir keine Ruhe, erschütterte das innere Gleichgewicht, raubte mir den Schlaf.“

    Kein Schutz für Zivilisten

    Hatte die Wehrmacht in den Feldzügen gegen Norwegen, Frankreich, Jugoslawien und Griechenland die völker- und kriegsrechtlichen Regeln noch beachtet, so fielen jetzt – stärker noch als im Krieg gegen Polen – alle Rücksichten. Absichtsvoll und planmäßig bestimmten fortan Verbrechen das Vorgehen: gegen Kriegsgefangene wie gegen Zivilisten. Entsprechend liefen die Vorbereitungen seit Herbst 1940.

    Dem Oberkommando der Wehrmacht erklärte Hitler drei Monate vor Kriegsbeginn, dieser Feldzug werde einen besonderen Charakter haben: Die Sowjetunion solle nicht nur militärisch erobert und besiegt werden, vielmehr sei das System des „jüdischen Bolschewismus“ restlos zu beseitigen.

    Im Mai und Juni 1941 setzte die Wehrmachtsführung zentrale Teile des Kriegsvölkerrechts außer Kraft, um die von Hitler geforderte „unerhörte Härte“ zu gewährleisten. Sie suspendierte den bis dahin verbürgten Schutz von Zivilisten. Damit war alles bereit für einen beispiellosen Rassen- und Vernichtungskrieg jenseits aller Grenzen des bis dahin Vorstellbaren.
    Das Unternehmen Barbarossa: Die sowjetische Zivilbevölkerung sollte sterben

    Einsatzgruppen der SS und der Sicherheitspolizei, die den vorrückenden Soldaten folgten, durchsuchten die eroberten Gebiete nach Juden und Funktionären des Sowjetstaats und schlachteten sie auf jede denkbare Weise ab. Kriegsgefangene überließen die deutschen Militärs dem Absterben durch Hunger und Seuchen. Generalstabschef Franz Halder schrieb: „Täglich Abgang von zahlreichen Gefangenen durch Hungertod. Grauenhafte Eindrücke.“

    Am Ende waren von rund fünf Millionen sowjetischen Kriegsgefangenen mehr als 3,3 Millionen tot. Das sind 66 Prozent. Zum Vergleich: Von den amerikanischen, britischen und kanadischen Kriegsgefangenen starben in deutschen Lagern 8348 Gefangene, das war eine Todesrate von 3,5 Prozent.

    In noch größeren Dimensionen der Menschenvernichtung planten die zivilen Strategen der Eroberung des Ost-Raums. Ihnen kam es darauf an, Zentraleuropa, also vor allem Deutschland, unter allen Umständen und trotz britischer Seeblockade, sicher mit Lebensmitteln zu versorgen. Die Wehrmacht sollte sich ohnehin aus den besetzten Gebieten ernähren. Für diese Ziele sollte ein erheblicher Teil der sowjetischen Zivilbevölkerung sterben. Unmittelbar vor Beginn des Krieges gegen die Sowjetunion äußerte Heinrich Himmler: „Zweck des Russlandfeldzuges ist die Dezimierung der slawischen Bevölkerung um 30 Millionen.“
    Hitler-Ziele in der Sowjetunion: Es ging auch um die deutsche Volksernäherung

    Propagandaminister Joseph Goebbels notierte am 6. Mai 1941 angesichts der heiklen Ernährungslage in der Heimat und drohender Stimmungsumschwünge in seinem Tagebuch, man wolle sich im Osten „gesundstoßen“. Ganz in diesem Sinne träumte auch Hitler im Mai 1941: „Die Ukraine und dann das Wolga-Becken werden einmal die Kornkammern Europas sein.“ Im Juni äußerte er sich zur „Bezahlung“: „Den Ukrainern liefern wir Kopftücher, Glasketten als Schmuck und was sonst Kolonialvölkern gefällt.“

    Zwei Tage vor dem Überfall erläuterte Alfred Rosenberg den Mitarbeitern eines künftigen Ostministeriums die Kriegsziele: „Die deutsche Volksernährung steht in diesen Jahren zweifellos an der Spitze der deutschen Forderungen im Osten, und hier werden die Südgebiete und Nordkaukasien einen Ausgleich für die deutsche Volksernährung zu schaffen haben. Wir sehen durchaus nicht die Verpflichtung ein, aus diesen Überschussgebieten das russische Volk mitzuernähren.“

    Dass in der Konsequenz Millionen verhungern würden, sah er als „harte Notwendigkeit, die außerhalb jeden Gefühls steht“. Auf deutscher Seite seien deshalb „starke Charaktere“ gefragt. Einen Unterschied machte er allerdings: Während die Ukraine „nach Westen gerichtet“ werde, müsse „Moskowien sein Gesicht wieder nach Osten wenden“ – in den „sibirischen Raum“.

    Deutschlands Überfall auf die Sowjetunion: Leningrad sollte vernichtet werden

    Weil das Aushungern zu erheblichem Widerstand führen würde, empfahl Hitler am 16. Juli die Mittel „Erschießen, Aussiedeln etc.“. Aber als effektiv galt das Aushungern allemal: Dieses Mordverfahren schonte die eigenen Kräfte und nach einer Eroberung musste man sich nicht mit lästigen – lebenden – Menschen plagen.

    Ganz in diesem Sinne beschlossen die zivilen und militärischen deutschen Minister und Generäle, Leningrad nicht militärisch einzunehmen, sondern zu belagern und die gesamte Bevölkerung – fünfeinhalb Millionen Menschen ­– vorsätzlich und systematisch verhungern zu lassen. An einem Kapitulationsangebot bestand kein Interesse. Es lebten noch zu viele Menschen. Zudem fürchtete die Generalität, der Anblick so vieler halbtoter Zivilisten werde die Moral der eigenen Truppe untergraben.

    Der Ernährungsexperte der Wehrmacht, Professor Wilhelm Ziegelmayer, zuvor Mittelschullehrer mit reformpädagogischen Ideen in Berlin und Potsdam, meinte 1941, Leningrad müsse „durch eine wissenschaftlich begründete Methode vernichtet werden“. Er setzte die in der Stadt vorhandenen Lebensmittelvorräte in Relation zur Personenzahl und schlussfolgerte, „dass Menschen bei einer solchen Ration nicht leben können“. Als nach 900 Tagen Blockade „nur“ 632.000 Einwohner verhungert waren, staunte der Experte. „Mir ist rätselhaft, was für ein Wunder dort bei Ihnen geschehen ist“, sagte er später Kollegen in der sowjetischen Besatzungszone. Dort gründete er 1947 das Ernährungsinstitut Potsdam-Rehbrücke.

    Der „Generalplan Ost“ umfasste Teile Polens sowie die Sowjetunion

    Den zivilen Teil des Nahrungsmittel-Raubprogramms mit Todesfolge in den sowjetischen Agrargebieten übernahm die Zentral-Handelsgesellschaft Ost für landwirtschaftlichen Absatz und Bedarf m.b.H.; den Rest erledigten die Truppen durch Massenerschießungen oder Vertreibung der nicht rechtzeitig Verhungerten Richtung Osten – in „Hungerzonen“ außerhalb des deutsch besetzten Gebietes.

    Der Ökonom Peter-Heinz Seraphim, Professor an der Universität Greifswald und im Herbst 1941 Oberkriegsverwaltungsrat in der Ukraine, machte sich Gedanken, wie der lokale Nahrungsmittelverbrauch zu reduzieren sei: nämlich durch „Ausmerzung überflüssiger Esser (Juden, Bevölkerung der ukrainischen Großstädte, die wie Kiew überhaupt keine Lebensmittelzuteilung erhalten)“.

    Aus seinen Aufzeichnungen wird ersichtlich, wie Judenmord und Beseitigung der slawischen Zivilisten Hand in Hand gingen. Genau in jener Kriegsphase gelangten in Deutschland die Pläne zur „Endlösung“ der Judenfrage durch industriellen Mord in den Vernichtungslagern wie Belzec, Sobibor, Treblinka und Auschwitz zur Reife. Die organisatorischen Fragen klärten deutsche Staatssekretäre und SS-Generäle am 20. Januar 1942 auf der Wannseekonferenz in Berlin.

    Leer konnten die eroberten und von Bevölkerung „entlasteten“ Zonen natürlich nicht bleiben – die dafür gefassten Kolonialpläne sind heute kaum noch im Bewusstsein, obwohl sie seinerzeit Millionen Menschen betrafen ­– vor allem junge, auf ein neues, besseres, freies Leben in frisch germanisiertem Land hoffende tatendurstige Leute. Am Tag vor dem Überfall auf die Sowjetunion begann die Planung für die Neubesiedlung als Teil einer kompletten Neuordnung riesiger Gebiete. Der „Generalplan Ost“ umfasste die besetzten Teile Polens sowie die Weiten der Sowjetunion, die zu erobern man sich anschickte. Mit gigantischer Geste schoben die Planer viele zehn Millionen Europäer hin und her.

    Der Osten sollte kolonialisiert werden

    Der NS-Ernährungsminister Herbert Backe sah „im Zuge der Besiedlung der erworbenen Gebiete“ auch für die Heimat ein Riesenpotenzial zur Modernisierung: Wenn die in Enge lebende bäuerliche Bevölkerung durch Umsiedlung ins Neuland „aufgelockert“ würde, könnten „viele nichtlebensfähige Klein- und Kleinstgebiete in der Heimat zu gesunden Höfen, die den Einsatz neuzeitlicher Maschinen erlauben“, umgestellt werden.

    Auch Hitler erfreute der Gedanke, „unsere armen Arbeiterfamilien“ aus Thüringen und dem Erzgebirge „herauszunehmen, um ihnen große Räume zu geben“. Man rechnete mit bis zu 200.000 Familien, die für die Ostsiedlung infrage kämen. Raum für das deutsche Volk. Was für Aussichten! Auch einige Generäle rechneten sich Neuland aus: Seinen Lieblingsgeneral Heinz Guderian wollte Hitler mit einem Rittergut im Osten beglücken.

    Drei zu germanisierende Siedlungsgebiete nahm man in den Blick: das Ingermanland südlich von Leningrad, das Memel-Narwa-Gebiet und schließlich den „Gotengau“, der die Krim und deren nördliche Nachbarschaft umfasste. In dieses südlich-bergige, zum Weinbau taugliche Gebiet wollte man jene Volksdeutschen aus Südtirol umsiedeln, die nicht zu Mussolini-Italien gehören wollten. Vorbereitend hatten die Deutschen schon das vermeintliche Germanentum der Krimgoten propagiert. Simferopol wäre nach einer Annexion zu Gotenburg geworden, Sewastopol zu Theoderichshafen.

    Diese drei Gebiete lagen bereits in deutscher Hand, Siedlerfamilien machten sich tatsächlich mit Sack und Pack auf den Weg, nicht wenige träumten davon, „Wehrbauern im Schwarzerdegebiet zu werden“. Selbst noch am 24. Dezember 1943 schrieb der gewiss nicht Hitler-begeisterte Soldat Heinrich Böll an seine Familie: „Zum ersten Mal gewinnt in meinem Gehirn der Gedanke Realität, dass ich vielleicht mit Anne-Marie nach dem Krieg vielleicht hier im Osten ein koloniales Dasein führen könnte …“

    27 Millionen Menschen sind im Osten durch die Deutschen umgekommen

    Doch der militärische Vormarsch blieb stecken: Vor Moskau stockte der „Blitzkrieg“ bereits im Winter 1941/42, in Stalingrad im Herbst 1942. Am weitesten stieß die Wehrmacht im Süden Richtung Kaspi-Erdölfelder vor. Am 16. September 1942 stoppte die Rote Armee die Wehrmacht 35 Kilometer vor Astrachan. Hitler hatte Feldmarschall Erich von Manstein gesagt: „Wenn wir das Öl bei Baku nicht kriegen, ist der Krieg verloren.“ So ist es gekommen.

    Im Frühjahr 1944 näherte sich die Front wieder der Region Zamość. Der Arzt Zygmunt Klukowski beobachtete, wie die deutschen und volksdeutschen Siedler ihre Habseligkeiten zusammenrafften, auf Fuhrwerke packten und flohen. Die Ordnung löste sich auf, aus den Wäldern heraus attackierten Partisanen, aktiver denn je, die Deutschen. In Polen richteten die der Londoner Exilregierung treuen Polen geheime Verwaltungen ein. Am 26. Juli 1944 sah Klukowski die ersten „Bolschewiken“.

    Aber es kamen auch Uniformierte der Polnischen Volksarmee als Teil der Roten Armee – Klukowski nennt sie „Unsere“, mit roten Schals um den Hals und weiß-roten Bändern am linken Arm. „Die Menschen waren wie von Sinnen. Sie schrien, weinten, warfen Blumen …“ Ein russischer Oberst sprach in einer Rede „über die slawischen Brüder, über die polnische Unabhängigkeit usw. Er versicherte, dass die Sowjets sich nicht in die inneren Angelegenheiten Polens einmischen werden …“ So ist es nicht gekommen.

    Ein Jahr später hatte die Rote Armee Berlin befreit. Freiwillig war sie nicht vom Ural in die Reichshauptstadt marschiert. 27 Millionen Menschen hat Deutschland allein mit dem in unvergleichlicher Grausamkeit geführten Ostfeldzug auf sein Gewissen geladen. 30 Millionen Tote hatten Deutsche bei Kriegsbeginn als Ziel ausgegeben.

    Russen, Ukrainer, Usbeken und die anderen Befreier gaben Deutschland eine neue Chance, statt den Hort des Übels zu vernichten. Ein Wunder. Fragt sich, warum angesichts all dessen nicht Demut, sondern Hochmut gegenüber Russland zur deutschen Staatsräson wurde. Was für eine Schande.
    Materielle Schäden in bis heute unkalkulierter Höhe

    Die materiellen Schäden erfasste 1945 die Außerordentliche Staatliche Kommission in einer vorläufigen Aufstellung. Viele Schäden entstanden bei Rückzug durch das Verfahren der „verbrannten Erde“. Hier nur einige der Zahlen:

    1710 Städte völlig oder teilweise zerstört. 70.000 Dörfer zerstört (meist verbrannt). Sechs Millionen Gebäude zerstört, 25 Millionen Menschen ihres Obdachs beraubt.

    31.850 Industrieunternehmungen zerstört, in denen vier Millionen Arbeiter beschäftigt waren. 239.000 Elektromotoren und metallbearbeitende Maschinen vernichtet oder geraubt.

    65.000 Kilometer Eisenbahngleise, 4100 Eisenbahnstationen, 36.000 Post- und Telegrafenstationen, Telefonstationen und andere Verbindungsanlagen zerstört.

    40.000 Krankenhäuser und andere Heilanstalten, 84.000 Schulen, Hochschulen und Institute sowie 43.000 öffentliche Bibliotheken vernichtet oder ausgeplündert.

    90.000 Kollektivwirtschaften (Kolchosen), 1876 staatliche landwirtschaftliche Betriebe sowie 2890 Maschinen-Traktoren-Stationen zerstört oder ausgeraubt.

    Sieben Millionen Pferde, 17 Millionen Rinder, 20 Millionen Schweine, 27 Millionen Schafe und Ziegen, 110 Millionen Federvieh abgeschlachtet, geraubt oder nach Deutschland abgetrieben.

    1135 Kohlegruben, in denen 337.000 Arbeiter beschäftigt waren, zerstört. 2400 Grubentransportgeräte mit elektrischem oder motorisiertem Antrieb geraubt und nach Deutschland verbracht, ebenso 2700 Schrammmaschinen, 15.000 Abbauhämmer, 5000 Pumpen, 160.000 Loren.

    61 der größten und zahlreiche kleine Kraftwerke zerstört. 10.000 Kilometer Hochspannungsleitungen außer Betrieb. 12.000 Gebäude von Kraftwerken und Umspannstationen zerstört.

    Weitere Aufstellungen betreffen: Erdölindustrie, chemische Industrie, Eisen- und Buntmetallurgie, Maschinenbau, Holz- und Papier-Industrie, Textil- und Leichtindustrie, Lebensmittelindustrie, Baumaterialienindustrie, Transportwesen (Eisenbahnen, Schiffe, Brücken, Straßen etc.). Museen, Denkmäler, Klöster, Kirchen, Synagogen, Kultureinrichtungen. Die Aufzählung ist längst nicht vollständig.

    Im Schlussabsatz wird gefordert: „Der Schaden, den die faschistischen Eindringlinge der Volkswirtschaft der UdSSR und den sowjetischen Bürgern zugefügt haben, muss von Deutschland wiedergutgemacht werden.“

    Anm. d. Red.: Dieser Text kommt aus dem Archiv der Berliner Zeitung. Mit seiner Neuveröffentlichung gedenken wir des Überfalls des Nazi-Deutschlands auf die Sowjetunion vor 82 Jahren.

    #histoire #Allemagne #URSS #guerre #colonialisme #génocide

  • Les sombres secrets des cartes en #Suisse

    Cartes secrètes, interdictions de vente et retouches : plusieurs mesures ont été prises dans le domaine de la cartographie suisse pour protéger les #secrets_militaires.

    L’Armée suisse a toujours protégé ses installations les plus importantes des regards indiscrets : dépôts de munition dissimulés dans des parois rocheuses, positions d’artillerie camouflées en chalets, usines d’armement entourées de forêts denses et aérodromes militaires encerclés de barbelés.

    Cette discrétion a conduit à des objectifs contradictoires en matière de cartographie : les cartes topographiques censées reproduire la surface de la Terre aussi fidèlement que possible ne devaient toutefois pas trahir les secrets militaires. Au fil des décennies, l’Office fédéral de topographie (aujourd’hui swisstopo) ne cessa d’inventer des moyens de résoudre ce dilemme.

    Deux cartogra­phies, l’une officielle et l’autre secrète

    La production cartographique officielle de la Suisse se scinda en deux dès la fin du XIXe siècle : une section publique et une section secrète. D’un côté, l’Office fédéral de topographie établit la cartographie officiellement en vigueur à ce moment-là, la carte Siegfried, à l’échelle 1:50’000 pour l’espace alpin et 1:25’000 pour le reste du pays. Ces cartes étaient en vente libre.

    De l’autre côté, le Département militaire fédéral (DMF) élabora des cartes à l’échelle 1:10’000 strictement confidentielles répertoriant les fortifications militaires de 1888 à 1952. Contrairement à la carte Siegfried, elles ne couvraient pas l’ensemble du pays, mais se limitaient aux endroits stratégiques comme la région du Gothard ou le Coude du Rhône. L’armée positionnée au sein de ces fortifications militaires avait rapidement besoin de ces cartes, car l’échelle 1:10’000 était indispensable pour calculer avec précision les trajectoires des tirs d’artillerie.

    Pendant la Première Guerre mondiale, la situation hautement dangereuse conduisit le Département militaire à ne plus délivrer la carte Siegfried, auparavant en libre accès, que sur présentation d’une autorisation spéciale, l’objectif étant de compliquer l’accès des espions étrangers aux cartes suisses récentes. Si les restrictions de vente furent levées en 1919, elles réapparurent 20 ans plus tard sous une forme encore plus stricte.

    Peu après le début de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939, le commandant en chef de l’Armée suisse Henri Guisan constata « que certains manifestaient un intérêt pour les cartes suisses qu’il convenait de surveiller ». Cette observation ne tombait pas du ciel : l’état-major suisse avait déjà soupçonné la Wehrmacht en mai 1939 de commander des cartes suisses via une adresse de couverture à Berlin.

    Henri Guisan s’inquiétait par ailleurs du fait que les réserves de cartes suisses « ne suffisent pas pour répondre aux besoins exceptionnels de réapprovisionnement, ni même pour fournir un second lot de nouvelles cartes aux états-majors et unités autorisés. » Pas de guerre possible sans connaissance du terrain : toute carte disponible devait donc être réquisitionnée et remise à l’armée au nom d’une stratégie défensive.

    En octobre 1939, le Conseil fédéral réagit à la pénurie de cartes et au problème de la confidentialité en interdisant la vente et l’exportation des cartes de la Suisse à l’échelle 1:1’000’000 ou supérieure. La reproduction d’informations cartographiques fut également interdite dans les livres, les journaux et même sur les cartes postales. Ces mesures, qui revenaient à une opération de grande envergure de censure des cartes, ne furent levées qu’à l’été 1945, à la fin de la guerre.

    Des données classées secrètes pendant la Guerre froide

    La stratégie de traitement des données spatiales sensibles changea après la Seconde Guerre mondiale. La production des cartes confidentielles des fortifications fut interrompue en 1952 et aucune nouvelle interdiction de vente ne fut prononcée pour les cartes officielles : la carte Siegfried et la carte nationale qui lui succéda à partir de 1938 furent disponibles à partir de 1945 en version intégrale et en vente libre. Ce changement était dû à la paix retrouvée en Europe, mais aussi au constat que les interdictions de vente n’empêchaient guère les autres Etats de se procurer les cartes souhaitées.

    Après 1945, la stratégie de confidentialité cartographique consista plutôt à dissimuler de manière ciblée les installations militaires importantes. Les aérodromes militaires, barrages antichars, usines d’armement et autres équipements stratégiques disparurent des cartes.

    Avec ou sans chalet ?

    Une fois les objets sensibles rayés de la carte, la question de la confidentialité semblait a priori réglée. Or des discussions enflammées éclatèrent pour décider de ce qu’on devait dissimuler ou non.

    Dans les années 1970, un groupe d’objets posa un véritable casse-tête : dans le cas des installations militaires camouflées en équipements civils, par exemple une position d’artillerie dissimulée derrière une façade de chalet, la confidentialité cartographique pouvait induire le contraire de ce qui était visé. Si, sur place, un espion apercevait un chalet qui ne figurait pas sur la carte, cela le désignait d’autant plus comme objet militaire. C’est pourquoi ces installations retrouvèrent leur place sur les cartes à partir de 1978.

    L’année 1978 marqua non seulement l’apparition d’un élément sur la carte, mais aussi la disparition d’un autre. Dans les années 1970, le risque d’attentats terroristes avait considérablement augmenté en Suisse. Les conduites forcées des centrales hydroélectriques furent donc rayées des cartes afin que leur représentation ne facilite pas les actes de sabotage. Cette dissimulation fut maintenue jusqu’au tournant du siècle.

    Déjà pendant la Guerre froide, certains commencèrent à émettre des doutes sur l’efficacité de la dissimulation cartographique. C’est finalement une avancée technologique qui fut à l’origine d’un changement de pratique : vers 1990, la télédétection par satellite était si aboutie que cela avait de moins en moins de sens de dissimuler des objets sur une carte. S’obstiner dans cette pratique aurait même pu se révéler contre-productif en attirant l’attention précisément sur les objets manquants sur la carte.

    Par conséquent, de nouvelles ordonnances et directives basées sur un principe de visibilité furent adoptées à partir de 1991. Cela signifiait que si des installations étaient visibles à la surface de la Terre, elles devaient figurer sur une carte. Ce principe s’avéra bel et bien valable puisqu’il est encore appliqué aujourd’hui.

    https://www.watson.ch/fr/blogs/suisse/214417070-les-sombres-secrets-des-cartes-en-suisse

    #cartographie #secret #armée #secret_militaire #histoire #guerre #guerre_froide #WWII #seconde_guerre_mondiale #bunkers #swisstopo #Office_fédéral_de_topographie #carte_Siegfried #fortifications_militaires #Gothard #Coude_du_Rhône #Première_Guerre_mondiale #général_Guisan #Henri_Guisan #censure #confidentialité #chalets #conduites_forcées #centrales_hydroélectriques #dissimulation #dissimulation_cartographique #images_satellitaires #télédétection #in/visibilité

    via @reka

  • Pourquoi la scission des activités énergies du groupe américain General Electric inquiète les salariés en France
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/territoire-de-belfort/belfort/pourquoi-la-scission-des-activites-energies-du-groupe-a

    Scindées en deux entités distinctes, les filiales énergies et aéronautique de General Electric font désormais bande à part en bourse. Une opération qui inquiète les syndicats des usines françaises liées à l’énergie, désormais « GE Vernova » : ils craignent des nouvelles suppressions d’emplois.

    Pour les 9.000 salariés français qui travaillent dans l’une des filiales énergétiques de General Electric, c’est officiel : depuis ce mardi 2 avril 2024, ils ne font plus partie du grand conglomérat américain, mais de « GE Vernova ». Les activités aéronautiques et énergétiques de la grande entreprise ont été scindées en deux, quelques mois après le départ des activités liées au domaine médical vers la nouvelle entreprise « GE Healthcare ». Une opération boursière qui inquiète les syndicats, car elle pourrait annoncer de nouvelles grandes restructurations.

    « Tout le monde sera touché »

    « Ça va accélérer les restructurations » soupire Philippe Petitcolin, délégué syndicat CFE-CGC, le premier syndicat chez General Electric (GE) en France et à Belfort.

    « Avec l’aviation, le groupe GE était un groupe rentable financièrement », explique l’élu du personnel, « là, l’entité séparée n’aura pas le niveau de rentabilité attendu ». En 2023, la filiale GE Aerospace, dont les moteurs d’avions sont particulièrement demandés, a enregistré une augmentation de son chiffre d’affaires de 12% et de son bénéfice de 11%, quand la filiale énergies a peiné à « trouver une rentabilité » notamment du fait d’une conjoncture difficile pour l’éolien.

    « On sait que GE Vernova ne sera pas viable financièrement d’un point de vue boursier » résume Philippe Petitcolin. « Ils ont déjà annoncé pour la partie wind off-shore [nrdl : les éoliennes en mer] des restructurations agressives ». Les sites de Nantes, St-Nazaire et Cherbourg sont concernés.

    « Que fait l’État  ? »

    « Cherbourg, c’est la seule usine de pales électriques en France, et elle est amenée à disparaître » s’insurge le délégué syndical. Lui voit dans ces restructurations une menace pour l’indépendance industrielle française : « Que fait l’État par rapport aux objectifs de France 2030 ? Est-ce qu’on compte faire de l’énergie avec des acteurs étrangers ? », s’interroge-t-il « Parce que l’acteur français continue d’être démantelé sous les yeux du gouvernement ».

    Le délégué syndical estime que les décisions de son entreprise n’ont guère plus à voir avec les intérêts français : « c’est une entreprise de plus en plus américaine avec des centres de décisions de plus en plus aux US contrairement aux accords : un staff américain, un projet américain basé sur le marché américain, avec des clients aux US ».

    Cette nouvelle entité « GE Vernova », dont vont dépendre 3.000 salariés à Belfort, est cotée à la bourse de New York.

    #General_Electric #emploi #Alstom #industrie

  • Jakobson et Polansky sont #dans_un_bateau, dans la #raspoutitsa...

     :-D :-D :-D

    " #Ukraine : le #général Zaloujny, commandant en chef de l’armée, remplacé par le général Syrsky

    #politique #Europe #monde #diplomatique #guerre #comique #puissant_fonds #société #diplomatie #vivre_ensemble #seenthis #vangauguin

    " La stratégie de l’Ukraine doit « changer et s’adapter » pour combattre la Russie, a reconnu le général Valery Zaloujny, démis de ses fonctions par le président Volodymyr Zelensky ce 8 février.

    « Aujourd’hui, la décision a été prise de changer le commandement des forces armées ukrainiennes », a indiqué Roustem Oumerov sur Facebook, se disant « reconnaissant » envers Zaloujny.

    « Notre combat se poursuit et évolue chaque jour. Les tâches de 2022 sont différentes de celles de 2024. C’est pourquoi chacun doit changer et s’adapter aux nouvelles réalités. Pour gagner ensemble », a indiqué Zaloujny sur Telegram après avoir eu une discussion « sérieuse » avec Volodymyr Zelensky.

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué le travail de Zaloujny à la tête des forces armées ukrainiennes, lui proposant de rester dans son « équipe », quelques minutes avant que le ministère de la Défense annonce le départ du populaire commandant en chef.

    « Nous avons parlé des changements dont les forces armées ont besoin. Nous avons aussi discuté de qui pourrait faire partie d’un commandement renouvelé des forces armées de l’Ukraine. Le temps du renouveau, c’est maintenant. J’ai proposé au général Zaloujny de rester dans l’équipe », a écrit le président ukrainien sur X.

    Le général Oleksandre Syrsky, commandant en chef des forces ukrainiennes, a été nommé en remplacement. Celui-ci avait été chargé de la défense de Kiev en 2022 et de la contre-offensive de Kharkov à l’automne de la même année. Zelensky a réclamé au nouveau commandant des armées un plan de bataille « réaliste » pour 2024. (...)"

    https://francais.rt.com/international/109364-ukraine-general-zaloujny-commandant-chef-remplac%C3%A9

  • « Toni Negri aura été un lecteur et continuateur de Karl Marx, dans une étonnante combinaison de littéralité et de liberté », Etienne Balibar
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/12/19/l-hommage-d-etienne-balibar-a-toni-negri-il-aura-ete-un-lecteur-et-continuat

    Ce qui d’abord frappait chez lui, en plus de sa silhouette incroyablement juvénile à tout âge, c’était un sourire unique, tantôt carnassier, tantôt ironique ou plein d’affection. Il m’avait saisi dès notre première rencontre, à la sortie d’un séminaire du Collège international de philosophie. Lui, échappé d’Italie à la faveur d’une élection qui le tirait momentanément de prison. Nous, abattus par l’essor du reaganisme et du thatchérisme, qui fracassait les illusions nées de la victoire socialiste de 1981. Que faire dans cette débâcle ? Mais la révolution !, nous expliqua Toni, rayonnant d’optimisme : elle s’avance à travers d’innombrables mouvements sociaux plus inventifs les uns que les autres. Je ne suis pas sûr de l’avoir vraiment cru, mais j’en suis sorti, débarrassé de mes humeurs noires et conquis pour toujours.

    Je n’avais pas suivi le fameux séminaire sur les Grundrisse de Karl Marx [manuscrits de 1857-1858, considérés comme un sommet de son œuvre économique avant Le Capital], organisé en 1978 à l’Ecole normale supérieure par Yann Moulier-Boutang, qu’on m’avait dit fascinant autant qu’ésotérique. Et j’ignorais presque tout de « l’operaismo », [d’« operaio » , « ouvrier » en italien] dont il était l’une des têtes pensantes.

    Pour moi, Negri était ce théoricien et praticien de « l’autonomie ouvrière », dont l’Etat italien, gangrené par la collusion de l’armée et des services secrets américains, avait essayé de faire le cerveau du terrorisme d’extrême gauche ; une accusation qui s’effondra comme château de cartes, mais qui l’envoya pour des années derrière les barreaux. Avant et après ce séjour, entouré de camarades aux vies assagies et aux passions intactes, il fut le pilier de cette Italie française, image inversée de la France italienne que nous avions rêvé d’instaurer avant 1968. Prises ensemble, autour de quelques revues et séminaires, elles allaient lancer une nouvelle saison philosophique et politique. Par ses provocations et ses études, Negri en serait l’inspirateur.

    Liberté et émancipation du travail

    Je ne donnerai que quelques repères elliptiques, en choisissant les références selon mes affinités. Spinoza, évidemment. Après le coup de tonnerre de L’Anomalie sauvage (PUF, 1982 pour l’édition française, précédée des préfaces de Gilles Deleuze, Pierre Macherey et Alexandre Matheron) viendront encore d’autres essais, inspirés par ces mots : « Le reste manque », inscrits par l’éditeur sur la page blanche du Traité politique (Le Livre de Poche, 2002) qu’avait interrompu la mort en 1677 du solitaire de La Haye.

    Ce reste, contrairement à d’autres, Negri n’a pas cherché à le reconstituer, mais à l’inventer, suivant le fil d’une théorie de la puissance de la multitude, qui fusionne la métaphysique du désir et la politique démocratique, contre toute conception transcendantale du pouvoir, issue de la collusion entre le droit et l’Etat. Spinoza, l’anti-Hobbes, l’anti-Rousseau, l’anti-Hegel. Le frère des insurgés napolitains dont il avait un jour emprunté la figure. On n’a plus cessé de discuter pour et contre ce « Spinoza subversif », qui marque de son empreinte la grande « Spinoza-Renaissance » contemporaine.

    Passons alors à la problématique de la liberté et de l’émancipation du travail, qui repart de Spinoza pour converger avec Foucault, mais aussi Deleuze, en raison du profond vitalisme à l’œuvre dans l’opposition de la « biopolitique » des individus et du « biopouvoir » des institutions. Elle réinscrit au sein même de l’idée de pouvoir l’opposition naguère établie entre celui-ci et la puissance, et autorise à reprendre, comme l’essence même du processus révolutionnaire, la vieille thématique léniniste du « double pouvoir », mais en la déplaçant d’une opposition Etat-parti à une opposition Etat-mouvement.

    Or les fondements en sont déjà dans son livre de 1992 Le Pouvoir constituant. Essai sur les alternatives de la modernité (traduction française au PUF, 1997). C’est pour moi l’un des grands essais de philosophie politique du dernier demi-siècle, dialoguant avec Schmitt, Arendt, les juristes républicains, sur la base d’une généalogie qui remonte à Machiavel et à Harrington. Tout « pouvoir constitué » procède d’une insurrection qu’il cherche à terminer pour domestiquer la multitude et se trouve corrélativement en butte à l’excès du pouvoir constituant sur les formes d’organisation même révolutionnaires qu’il se donne.

    Un communisme de l’amour

    Revenons donc à Marx pour conclure. D’un bout à l’autre, Negri aura été son lecteur et son continuateur, dans une étonnante combinaison de littéralité et de liberté. Marx au-delà de Marx (Bourgois, 1979), cela veut dire : emmener Marx au-delà de lui-même, et non pas le « réfuter ». C’était déjà le sens des analyses de la « forme-Etat », aux temps de l’opéraïsme militant. C’est celui de la géniale extrapolation des analyses des Grundrisse sur le machinisme industriel (le « general intellect »), qui prennent toute leur signification à l’époque de la révolution informatique et du « capitalisme cognitif », dont elles permettent de saisir l’ambivalence au point de vue des mutations du travail social. Combat permanent entre « travail mort » et « travail vivant ».

    Et c’est, bien sûr, le sens de la grande trilogie coécrite avec Michael Hardt : Empire (Exils, 2000), Multitude (La Découverte, 2004), Commonwealth (Stock, 2012), plus tard suivis par Assembly (Oxford University Press, 2017, non traduit), dans laquelle, contre la tradition du socialisme « scientifique » et sa problématique de la transition, se construit la thèse aux accents franciscains et lucrétiens d’un communisme de l’amour. Celui-ci est déjà là, non pas dans les « pores » de la société capitaliste, comme l’avait écrit Marx repris par Althusser, mais dans les résistances créatrices à la propriété exclusive et à l’état de guerre généralisé du capitalisme mondialisé. Il s’incarne dans des révoltes et des expérimentations toujours renaissantes, avec les nouveaux « communs » qu’elles font exister.

    Toujours, donc, ce fameux optimisme de l’intelligence, dont on comprend maintenant qu’il n’a rien à voir avec l’illusion d’un sens garanti de l’histoire, mais conditionne l’articulation productive entre connaissance et imagination, les « deux sources » de la politique. Toni Negri nous lègue aujourd’hui la force de son désir et de ses concepts. Sans oublier son sourire.

    Merci, Étienne Balibar

    (et du coup, #toctoc @rezo )

    d’autres fragments d’un tombeau pour Toni Negri
    https://seenthis.net/messages/1032212

    #Toni_Negri #Étienne_Balibar #opéraïsme #forme_État #révolution #autonomie #double_pouvoir #État #mouvement #general_intellect #travail_vivant #communisme

    • Antonio Negri, lecteur de Spinoza Pour une « désutopie », Christian Descamps, 28 janvier 1983
      https://www.lemonde.fr/archives/article/1983/01/28/antonio-negri-lecteur-de-spinoza-pour-une-desutopie_3078936_1819218.html

      Parlons aujourd’hui de l’homme, « la plus calamiteuse et frêle de toutes les créatures », disait Montaigne, et aussi « la plus orgueilleuse ».D’un livre de Francis Jacques, Christian Delacampagne retient cette idée fondamentale que la personne ne peut se constituer que par le dialogue avec l’Autre. Déjà Spinoza, comme le montre Christian Descamps à propos d’un ouvrage d’Antonio Negri, ne concevait le bonheur que s’articulant à celui des autres. Tandis que Patrice Leclercq résume le cheminement de l’attitude inverse : cet orgueil que le Christ a voulu abolir et qui continue d’exercer partout ses ravages.

      « SPINOZA est tellement crucial pour la philosophie moderne qu’on peut dire qu’on a le choix entre le spinozisme ou pas de philosophie du tout. » Que Hegel, qui ne l’aime guère, soit amené à ce constat, bouleverse Toni Negri. Ce professeur de Padoue, théoricien de l’autonomie ouvrière, avait écrit un Descartes politique. Le présent ouvrage est d’une autre nature. Il fut conçu en prison d’où - depuis 1979 - son auteur attend d’être jugé en compagnie des inculpés du « procès du 7 avril ». Mais ce grand livre érudit n’est aucunement une œuvre de circonstance, même si on peut supposer que la force, la joie spinozistes ont réconforté le prisonnier.

      La Hollande du dix-septième siècle, cette Italie du Nord, est un pays en rupture qui perpétue les expériences révolutionnaires de la Renaissance. Là, #Spinoza, l’exclu de sa communauté, réalise un véritable coup de force ontologique : il joue la puissance contre le pouvoir. S’invente alors une philosophie de la plénitude, de la multiplicité, de la liberté qui, sans partir de la réduction des appétits, parie sur l’épanouissement. Le penseur artisan - qui refuse les pensions - réfléchit dans un temps de crise. La Maison d’Orange prône une politique guerrière, un État centralisé ; le parti républicain, qu’anime Jean De Witt, préférerait une politique de paix, une organisation libérale. Pourtant l’intolérance, le bellicisme, l’amour de la servitude, sont vivaces ; et quand notre philosophe hautain et solitaire clame, au nom de la raison, son entreprise de démystification, le tollé est général. Jamais - sauf peut-être contre les Épicuriens - la hargne ne fut aussi forte. Le front est au complet : orthodoxes juifs, protestants, catholiques, cartésiens, tous participent au concours d’anathème.

      Negri interroge cette unanimité. Savante et tranchée, la métaphysique spinoziste avait osé articuler -comme le souligne Deleuze à qui l’auteur doit beaucoup (1), - une libération concrète, une politique de la multitude, une pensée sans ordre antérieur à l’agir. Spinoza proposait de rompre avec la vieille idée de l’appropriation liée à la médiation d’un pouvoir. Dans ses ateliers nomades, le philosophe du « Dieu ou la Nature » élabore une conception de la puissance de l’Être.Mine de rien, ses bombes douces font exploser la transcendance, la hiérarchie. A un horizon de pensée centré sur le marché, aux philosophies politiques du pouvoir et de la suggestion, l’auteur de l’Éthique oppose, méticuleusement, des concepts qui rendent possible une existence consciente du collectif. Mon bonheur, mon entendement, mes désirs, peuvent - si j’ai de la nature une connaissance suffisante - s’articuler à ceux des autres. La guerre de tous contre tous n’est pas inéluctable, j’ai mieux à faire qu’à devenir un loup...

      De fait si l’Être est puissance, je suis capable d’y puiser la force d’échapper à la médiation politique de ceux qui parlent à ma place, à la conscience malheureuse des arrière-mondes, aux sanglots du négatif. Partir de la puissance de la vie, réconcilier passion et raison, c’est militer contre la haine et le remords. Pratique, cette métaphysique se fait aussi politique. Le Tractatus theologico-politicus insiste sur l’activité.

      Certes - et honnêtement Negri le souligne, - il arrive que Spinoza se replie. Devant les coups de boutoir de l’histoire concrète il accepte - un moment - des positions oligarchiques... Ici l’auteur reprend l’hypothèse de deux Spinoza dont il fait les axes de notre univers. Le premier, baigné de la lumière de Rembrandt, se meut au sein de la révolution scientifique, de la Renaissance, du génie de son temps. L’autre propose une philosophie de notre avenir, de notre crise. Car de « démon » qui ferraille contre le fanatisme et la superstition, contre les asiles d’ignorance, s’appuie sur le désir, cet « appétit conscient de lui-même ». Avec des lunettes d’analyste aussi bien rangées que ses instruments, il enseigne la désutopie. Pas de programme, de glande pinéale : un projet de déplacement mille fois plus fort. Sortir de l’ignorance, jouer l’Être contre le moralisme de devoir être, ce n’est pas rêver d’âge d’or. Il s’agit, au contraire, de s’appuyer effectivement sur les désirs, les appétits. Difficile 7 Oui, car « nous ne pouvons reconnaître aucune différence entre les désirs qui proviennent de la raison et ceux que d’autres causes engendrent en nous ».

      Pourtant la violence immédiate peut s’éclairer d’un ordre, fait de degrés successifs de perfection, tissé dans l’Être. Une liberté joyeuse est possible qui tire sa force du droit et non pas de la loi, de la puissance et non pas du pouvoir. Aux figures de l’antagonisme, aux réconciliations molles de la dialectique, on peut opposer l’autonomie, la constitution de l’être ensemble. La puissance est possibilité de liberté, d’expansion des corps, recherche de la meilleure constitution. Question d’aujourd’hui, d’un dix-septième siècle encore vivant. Negri souligne : « Spinoza n’annonce pas la philosophie des Lumières, il la vit et la déploie intégralement. »

      –------------------------
      (1) L’Anomalie sauvage est précédée de préfaces de Gilles Deleuze, Pierre Macherey et Alexandre Matheron.

      * L’Anomalie sauvage, d’Antonio Negri. PUF, 350 pages, 145 F.

      [cette typo sans relief est celle du journal]

      #philosophie #politique #passion #raison #puissance #pouvoir #droit #loi