• Des Juifs tués par des Polonais inclus dans la demande de réparation à l’Allemagne Par Judah Ari Gross - Time of israel
    https://fr.timesofisrael.com/des-juifs-tues-par-des-polonais-inclus-dans-la-demande-de-reparati

    Un dossier, publié la semaine dernière par le gouvernement polonais pour justifier ses nouvelles demandes de réparations à l’Allemagne pour la Seconde Guerre mondiale, mentionne la mort de Juifs tués pourtant par des citoyens polonais, et non par des nazis.

    Le troisième tome de ce rapport, long de plus de 1 300 pages, et intitulé « Rapport sur les pertes subies par la Pologne du fait de l’agression et de l’occupation allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-1945 », comprend une liste de 9 293 villages, villes et agglomérations où des « atrocités nazies allemandes » ont été commises, ainsi que leur nombre de victimes. La Pologne a réclamé 1 300 milliards d’euros de réparations pour les dommages subis.


    Le grand rabbin polonais Michael Schudrich, deuxième à partir de la droite en cravate bleue, prend la parole à côté d’ecclésiastiques catholiques lors de la cérémonie de commémoration de Jedwabne, le 11 juillet 2021. (Crédit : Krzysztof Bielawski)

    Commentant la publication du dossier et les demandes de réparations, le vice-Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski a déclaré que l’argent était avant tout une « compensation pour la mort de plus de 5,2 millions de citoyens polonais ».

    Or, la liste des atrocités inclut des villages qui ont été le théâtre de pogroms commis par des Polonais contre des Juifs – dont le plus tristement célèbre est sans doute le village de Jedwabne https://fr.timesofisrael.com/topic/Jedwabne , où plus de 300 Juifs ont été brûlés vifs par des Polonais de souche – ainsi que d’autres meurtres de Juifs qui peuvent aussi être attribués à des citoyens polonais. Les attaques directes menées par des citoyens polonais contre des Juifs ont eu lieu principalement dans l’est de la Pologne en 1941, lorsque l’Allemagne a reconquis la région aux mains des Soviétiques, qui la contrôlaient avec brutalité depuis 1939 en vertu du pacte Ribbentrop-Molotov.

    Jan Grabowski, professeur d’origine polonaise à l’Université d’Ottawa et chercheur réputé sur la Shoah, trouve l’inclusion de ces atrocités dans la liste « tout à fait effroyable ».

    « Je ne sais vraiment pas s’il s’agissait d’un acte d’obscurcissement intentionnel ou d’une inclusion irréfléchie de sources peu fiables datant des années 1950 et 1960. Ce n’est pas à moi de le dire », a-t-il déclaré au Times of Israel dans un courriel jeudi.

    Ailleurs par contre, Grabowski a ouvertement accusé, les auteurs du dossier d’avoir intentionnellement ignoré les crimes polonais commis contre les Juifs et a rejeté le dossier comme étant de la propagande.

    « Il s’agit d’un document purement politique qui n’a aucune valeur historique », a-t-il déclaré.

    Ces dernières années, la Pologne a mené un effort largement controversé pour présenter la Shoah comme un crime perpétré uniquement par l’Allemagne, et a même adopté une loi en 2019 qui rend illégale toute accusation de crimes nazis à l’encontre de la nation polonaise. Cette loi, ainsi que les autres efforts de la Pologne sur ce front, l’ont mise en profond désaccord avec les principaux experts de la Shoah – dont Grabowski, qui a été poursuivi devant un tribunal civil polonais en vertu de cette loi – et avec Israël. Cet été, Israël a annoncé qu’il interrompait les voyages de ses écoles secondaires en Pologne https://fr.timesofisrael.com/un-voyage-detudiants-israeliens-en-pologne-annule-suite-a-une-brou pour y enseigner la Shoah, en grande partie suite à la demande insistante du gouvernement polonais de valider le programme, ce qu’Israël a compris comme signifiant la suppression des discussions sur les collaborateurs polonais.

    Le rapport, publié au début du mois, ne mentionne pas les crimes commis contre les Juifs par les civils polonais et les autorités polonaises, alors qu’il existe de nombreuses preuves historiques de tels actes.


    L’historien Jan Grabowski. (Crédit : Autorisation)

    « L’obscurcissement réel et prémédité est clairement visible dans le volume I (‘Études historiques’) d’où toute responsabilité polonaise pour les pertes juives a été soigneusement retirée », a déclaré Grabowski.

    « Dans le rapport, il n’y a, par exemple, pas une seule mention de la tristement célèbre ‘police bleue’ polonaise, responsable de dizaines de milliers de morts juives. De même, il n’y a pas un mot sur les pompiers volontaires polonais qui ont participé à la liquidation des ghettos et sur les innombrables ‘spectateurs’ polonais qui se sont joints aux actions de liquidation », a-t-il ajouté.

    La Police bleue était une unité polonaise créée par l’Allemagne après la prise du pays par les nazis. Bien que le bilan de la Police bleue soit encore débattu par les historiens, certains experts ont décrit son traitement des Juifs comme « méprisant, et parfois pire que celui des Allemands ».

    Les pompiers volontaires polonais étaient parfois chargés de rechercher les Juifs qui se cachaient et de les remettre aux nazis pour qu’ils les assassinent.

    Dans le cadre de ses recherches, Grabowski a estimé que sur les 6 millions de Juifs tués pendant la Shoah – dont environ 3 millions de Juifs polonais – quelque 200 000 ont été tués par des Polonais ou à la suite d’actions polonaises pendant la Shoah.

    Dans le cadre de ses travaux de recherche, M. Grabowski a fait l’objet de critiques sévères de la part du gouvernement polonais et de poursuites judiciaires de la part de citoyens polonais https://fr.timesofisrael.com/pologne-2-specialistes-de-la-shoah-condamnes-a-sexcuser-pour-inexa en vertu de la loi de 2019 du pays.

    Outre les crimes perpétrés par les Polonais sous la direction des nazis, comme la police bleue, Sara Bender, professeure à l’université de Haïfa, a également écrit un article fondamental sur les crimes perpétrés par des citoyens polonais de leur propre gré au cours de l’été 1941, après le retrait des forces soviétiques de l’est de la Pologne.

    Dans l’article de 2013, intitulé Not Only in Jedwabne : Accounts of the Annihilation of the Jewish Shtetlach in Northeastern Poland in the Summer of 1941 , Bender détaille les pogroms menés par les Polonais contre leurs voisins juifs dans les villages de la région.

    « Les Polonais ont commis trois ‘boucheries’… au total 300 Juifs ont été assassinés… Les femmes juives ont fait appel à l’intelligentsia polonaise… mais ils ont refusé de les aider… Ce sont les soldats allemands qui ont mis fin au pogrom, après avoir été payés par les Juifs », se souvient Bender en citant un survivant du village de Szczuczyn.

    Dans le même article, Bender décrit des agressions similaires commises par des civils polonais contre des Juifs dans huit autres villages cet été-là.

    Le gouvernement de droite actuel de la Pologne a rejeté les tentatives visant à dépeindre les Polonais comme les instigateurs des crimes contre les Juifs, et a toujours attribué la responsabilité finale à l’Allemagne.

    Le dossier de 1 300 pages et la demande de 1 300 milliards d’euros de réparations ont été au centre des célébrations nationales de l’anniversaire de la guerre, qui a commencé le 1er septembre 1939 avec le bombardement et l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie et qui ont été suivis de plus de cinq ans d’occupation brutale. Des dizaines d’économistes, d’historiens et d’autres experts ont travaillé sur le dossier pendant environ cinq ans avant qu’il ne soit publié ce mois-ci.

    L’Allemagne a rejeté les demandes de compensation de la Pologne, se référant à la décision prise par la Pologne en 1953 de renoncer officiellement à ses revendications à l’égard de l’Allemagne de l’Est.

    #pologne #génocide #pogroms #propagande #police_bleue

  • La rafle du 26 août 1942, à la responsabilité exclusive française, largement oubliée Times of Israel Staff
    https://fr.timesofisrael.com/la-rafle-du-26-aout-1942-a-la-responsabilite-exclusive-francaise-l

    Le 26 août 1942, année charnière dans la mise en œuvre du génocide des Juifs par les nazis et leurs alliés, six semaines après la rafle du Vél d’Hiv, une autre vague d’arrestations était organisée, cette fois en zone non-occupée, dite « libre ».

    Ainsi, sous la responsabilité exclusive du régime de Vichy et de la France, 6 584 Juifs étrangers (Allemands, Autrichiens, Polonais, Tchèques, Estoniens, Lettons, Dantzigois, Sarrois, Russes) entrés en France depuis le 1er janvier 1936 – dont des femmes et des enfants – étaient arrêtés dans une quarantaine de départements. Ils ont ensuite été transférés dans les semaines qui ont suivi vers le camp de Drancy, d’où ils ont été déportés vers Auschwitz et, pour un certain nombre, immédiatement assassinés.


    Illustration : La salle des noms du musée de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem. (Crédit : Mendy Hechtman / Flash90)

    Cette rafle suivait les exigences nazis en matière d’arrestation des Juifs présentées pour la première fois le 25 juin 1942.

    Suite aux discussions de début juillet entre autorités nazies et françaises, le gouvernement de Vichy s’était engagé à arrêter prochainement 10 000 Juifs apatrides en zone libre.

    Largement oublié et passé sous silence, cet épisode est pourtant primordial du fait de la responsabilité exclusive de la France quant à son exécution – au contraire de la rafle du Vel d’Hiv. Cet évènement a aussi eu un rôle prépondérant dans la prise de conscience d’une partie de la population française sur la réalité des déportations.

    Néanmoins, malgré l’oubli général, il y a 10 ans, en 2012, plusieurs publications ont évoqué cette rafle, lors de son 70e anniversaire.

    https://www.youtube.com/watch?v=we_FJds9cRg

    Dans une lettre ouverte au président de la République qui faisait suite à la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vél’d’Hiv, le pasteur Charles l’Éplattenier, à l’époque membre de la Cimade et témoin direct de la rafle d’août 1942, « s’étonne que semble tombée dans l’oubli la rafle similaire [à celle du Vel d’Hiv] qui eut lieu dans la zone dite ‘non-occupée’, le 26 août de la même année. […] Comme à Paris, l’opération fut réalisée par la police française. Heureusement, sauvant l’honneur, des policiers eurent le courage de prévenir ceux qu’ils devaient arrêter […]. J’ai constaté avec regret que, dans la plupart des rappels chronologiques des événements marquants de la période, on omet la mention de cette rafle pourtant aussi honteuse que celle du Vél d’Hiv. […] Je me permets d’adresser cette lettre ouverte à la presse. Les rédactions auront le temps de consulter des historiens sérieux de la période pour confirmer mes dires. Elles auront alors la responsabilité d’évoquer d’une manière ou d’une autre la date du 26 août 1942, faisant œuvre salutaire de mémoire. »

    Plusieurs commémorations locales avaient également été organisées, notamment à la gare de Nexon, où se trouve un petit monument commémoratif, et à Grenoble, où une plaque commémorative a été inaugurée en 2016.

    Cette année, plusieurs médias ont publié des articles au sujet de la rafle (Libération, France 24, France 3…). Un arbre de la mémoire a également été inauguré en Savoie, et quelques autres commémorations ont eu lieu.

    #pétain qu’essaye de réhabiliter #emmanuel _macron dit #macron #France #Histoire #Vichy #racisme #antisémitisme #travail #petain #extrême_droite #rafle #oubli #mémoire #police #génocide

  • Londres-Kigali, un pacte inique (1/2) | Un accord sur le dos des demandeurs d’asile
    https://afriquexxi.info/article4983.html

    Londres-Kigali, un pacte inique (2/2) | Le choix du Rwanda, tout sauf un hasard
    https://afriquexxi.info/article4982.html

    Le gouvernement rwandais a bien compris que les mesures draconiennes mises en place par les États occidentaux pour le contrôle de leurs frontières offrent des opportunités politiques et diplomatiques. Depuis 2007, le Genocide Fugitive Tracking Unit (GFTU), un département du parquet national rwandais, collabore avec des forces de police, des agents de contrôle aux frontières et des autorités judiciaires du monde entier pour enquêter, extrader ou faire expulser les personnes soupçonnées d’avoir joué un rôle dans le génocide. 1 146 actes d’accusation pour génocide émis par la GFTU ont abouti à des procédures judiciaires dans plus de vingt pays. Ma base de données sur ces procédures montre que les expulsions pour des infractions liées à l’immigration ont été plus rapides, mieux financées, beaucoup moins examinées et plus favorables au renvoi des personnes au #Rwanda que les #extraditions pour cause de #génocide.

    Le gouvernement rwandais a aussi compris depuis longtemps que le contrôle des frontières fixe les termes des relations entre le Sud et le Nord à l’échelle mondiale. Ce contrôle constitue la base sur laquelle les États sont disposés à engager des ressources pour certaines politiques. Le bilan de l’extradition des personnes soupçonnées de génocide vers le Rwanda est mitigé : le Royaume-Uni, la France, l’Italie, la Suisse et la Finlande refusent l’extradition, tandis que le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, la Norvège, l’Allemagne et la République démocratique du Congo l’autorisent. En revanche, les procédures d’expulsion et d’immigration ont donné lieu à des retraits de permis de séjour, des retraits de citoyenneté, des refus de demandes d’#asile ou des poursuites pénales pour des infractions liées à l’immigration dans tous ces États, ainsi qu’aux États-Unis, au Canada et en Ouganda.

    Dans son premier discours public après la conclusion de l’accord avec le Royaume-Uni, le président rwandais, Paul Kagame, a établi un lien direct entre ces transferts potentiels vers le Rwanda et la demande d’extradition de cinq suspects de génocide vivant au Royaume-Uni.

  • Maître Reiner FUELLMICH est formel ! Les ’vaccins’ sont là pour tuer ...!
    https://www.crashdebug.fr/maitre-reiner-fuellmich-est-formel-les-vaccins-sont-la-pour-tuer

    La télévision US admet publiquement que l’Hydroxychloroquine fonctionne contre le sars-cov2 et que les emails de Fauci révèlent qu’il le savait, mais l’a sciemment décrédibilisée pendant 18 mois pic.twitter.com/XR5VOBiGFZ — Idriss J. Aberkane Ph.D, Ph.D & Ph.D (@idrissaberkane) June 8, 2021

    #InjectionPoison Nous, les soi-disant complotistes, le disons, le crions, depuis 2 ans !#genocide des populations 🚨🚨🚨🚨RT en masse, il faut arrêter ces meurtres de masse les amis. https://t.co/zYI2bDaiea — Tirami Soulier #Résistance (@TiramiSoulier) June 6, 2022

    Chiffres à multiplier par 10 à cause de la sous-déclaration. Des milliers de morts. Des millions de blessés par les injections 💉💉 de poisons. Ce n’est pas dit à la télé ! Ce sont pourtant des chiffres UE officiels. pic.twitter.com/vektMC8Gu6 — Julia Cerisi (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales

  • « Les négationnistes poursuivent l’œuvre des génocidaires. » Luttes mémorielles juives et rwandaises. Entretien avec Jessica Gérondal Mwiza et Jonas Pardo
    Par Judith Chouraqui et Elvina Le Poul

    Les génocides font systématiquement l’objet de discours les dépolitisant et les remettant en cause. Autour de l’extermination des Juif·ves d’Europe et de celle des Tutsi au Rwanda, des thèses s’insinuent qui nient aussi bien la volonté d’anéantissement guidant les génocidaires que la réalité des massacres qu’iels ont perpétrés. Discussion croisée avec Jessica Gérondal Mwiza, militante afroféministe franco-rwandaise travaillant notamment au sein de l’association Ibuka France, et Jonas Pardo, membre du Réseau d’action contre l’antisémitisme et tous les racismes.
    Cet entretien est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Feu follet » et traitant des relations entre les vivant⋅es et les mort⋅es.

    https://www.jefklak.org/%e2%80%85les-negationnistes-poursuivent-loeuvre-des-genocidaires-%e2%80%85

  • Le temps de la clarté (+ Survie : Rwanda, les mercenaires invisibles)

    Cette information n’avait jamais été révélée. Ni par les députés de la Mission d’Information Parlementaire de 1998. Ni par les juges saisis depuis 2013 d’une plainte contre Paul Barril, l’ex-gendarme de l’Élysée. Ni par les historiens de la commission Duclert qui ont remis leur rapport il y a tout juste un an, fin mars 2021, en reconnaissant qu’ils avaient manqué de temps pour approfondir ce sujet. Ni par l’exécutif et notamment le président Macron, qui lors de son voyage à Kigali fin mai 2021 a nié toute complicité française dans le génocide des Tutsis.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/04/28/le-temps-de-la-clarte-survie-rwanda-les-mercen

    #international #france #rwanda #génocide

  • Les Roms : un génocide méconnu

    Les Roms sont ainsi la plus importante minorité en Europe, entre 7 à 9 millions. Ces hommes et femmes ne se résument pas aux seuls Roms qui arrivent de nos jours de Roumanie et Bulgarie, fuyant misère et xénophobie. D’autres appellations sont aussi utilisées :

    Kalés (Gitans), en Espagne, au Portugal, en Amérique latine et en France (Occitanie et Provence), qui parlent le kalo (ou calo), un mélange de castillan ou catalan ou portugais et de romani

    Sintis (Manouches), en Europe occidentale (France, Italie, Allemagne…), qui parlent le romani ainsi que les langues des pays où ils résident.

    Le peuple Rom dans l’histoire

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/04/07/les-roms-un-genocide-meconnu

    #europe #rrom #genocide

  • La lutte contre la négation du génocide est à la croisée des chemins

    Les Rwandais vivant ici, ou issus de la diaspora, comme nous, ont depuis longtemps l’habitude de lire des rapports, articles et autres « analyses » mêlant critiques acerbes du gouvernement rwandais, obsession des identités ethniques et réécriture inquiétante de l’histoire du pays. Par le passé, nous avons toutes les deux pris position dans le débat public de nos pays respectifs – la France et la Belgique – pour confronter et exposer ce discours. Aujourd’hui, nous vous écrivons pour tirer la sonnette d’alarme face à une réalité inquiétante : même si le Rwanda a gagné en crédibilité et en popularité sur la scène internationale, nous sommes sur le point de perdre la guerre médiatique.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/04/05/la-lutte-contre-la-negation-du-genocide-est-a-la-croise

    #international #rwanda #génocide

  • Dossier thématique : L’offensive militaire russe vers l’ouest
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1098-Dossier-thematique-L-offensive-russe

    Ce qui devrait surprendre n’est pas l’offensive de l’armée russe en Ukraine, mais son ampleur, d’ailleurs non circonscrite. La volonté expansionniste de la Russie s’exprimait depuis deux décennies pour qui voulait la voir, témoignant de la permanence de ses ressorts impériaux dont le #Totalitarisme communiste de l’URSS fut une expression modernisée. Le prétexte des populations russophones du Donbass fait le lien, celles-ci étant largement issue du remplacement démographique qui a succédé à l’Holodomor, (...)

    #Dossiers_thématiques, #Lieux_Communs, #Politique, #Géopolitique, #Histoire, #Progressisme, #Empire, #Guerre#Anéantissement #Génocide

  • Exterminez toutes ces brutes (1/4). La troublante conviction de l’ignorance

    Dans une puissante méditation en images, Raoul Peck montre comment, du génocide des Indiens d’Amérique à la Shoah, l’impérialisme, le colonialisme et le suprémacisme blanc constituent un impensé toujours agissant dans l’histoire de l’Occident.

    « Civilisation, colonisation, extermination » : trois mots qui, selon Raoul Peck, « résument toute l’histoire de l’humanité ». Celui-ci revient sur l’origine coloniale des États-Unis d’Amérique pour montrer comment la notion inventée de race s’est institutionnalisée, puis incarnée dans la volonté nazie d’exterminer les Juifs d’Europe. Le même esprit prédateur et meurtrier a présidé au pillage de ce que l’on nommera un temps « tiers-monde ».

    Déshumanisation
    Avec ce voyage non chronologique dans le temps, raconté par sa propre voix, à laquelle il mêle celles des trois auteurs amis qui l’ont inspiré (l’Américaine Roxanne Dunbar-Ortiz, le Suédois Sven Lindqvist et Michel-Rolph Trouillot, haïtien comme lui), Raoul Peck revisite de manière radicale l’histoire de l’Occident à l’aune du suprémacisme blanc. Tissant avec une grande liberté de bouleversantes archives photo et vidéo avec ses propres images familiales, des extraits de sa filmographie mais aussi des séquences de fiction (incarnées notamment par l’acteur américain Josh Hartnett) ou encore d’animation, il fait apparaître un fil rouge occulté de prédation, de massacre et de racisme dont il analyse la récurrence, l’opposant aux valeurs humanistes et démocratiques dont l’Europe et les États-Unis se réclament. « Exterminez toutes ces brutes », phrase prononcée par un personnage du récit de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres, et que Sven Lindqvist a choisie comme titre d’un essai, résume selon Raoul Peck ce qui relie dans un même mouvement historique l’esclavage, le génocide des Indiens d’Amérique, le colonialisme et la Shoah : déshumaniser l’autre pour le déposséder et l’anéantir. De l’Europe à l’Amérique, de l’Asie à l’Afrique, du XVIe siècle aux tribuns xénophobes de notre présent, il déconstruit ainsi la fabrication et les silences d’une histoire écrite par les vainqueurs pour confronter chacun de nous aux impensés de sa propre vision du passé.

    https://www.arte.tv/fr/videos/095727-001-A/exterminez-toutes-ces-brutes-1-4

    #film #documentaire #film_documentaire #peuples_autochtones #récit #contre-récit #récit_historique #histoire #Séminoles #extrême_droite #suprémacisme_blanc #racisme #Grand_Remplacement #invasion #colonialisme #puissance_coloniale #extermination #Tsenacommacah #confédération_Powhatan #Eglise #inquisition #pureté_du_sang #sang #esclavage #génocide #colonialisme_de_peuplement #violence #terre #caoutchouc #pillage

    –-> déjà signalé plusieurs fois sur seenthis (notamment ici : https://seenthis.net/messages/945988), je remets ici avec des mots-clé en plus

  • #Anne_Morelli : Sur la guerre en Ukraine : « Il n’y pas de place pour des avis divergents »
    https://www.investigaction.net/fr/anne-morelli-sur-la-guerre-en-ukraine-il-ny-pas-de-places-pour-des-a

    Historienne et professeure à l’ULB, spécialiste de la critique historique appliquée aux médias, Anne Morelli a publié l’ouvrage de référence « Principes élémentaires de propagande de guerre » https://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_%C3%A9l%C3%A9mentaires_de_propagande_de_guerre
    . Nous l’interrogeons sur la propagande de guerre appliquée au conflit ukrainien. Le rejet de la responsabilité sur l’autre partie que l’on peut apercevoir ces derniers jours dans les médias correspond à un des dix principes édictés dans son livre. Elle affirme que la diabolisation de l’adversaire, dont la parole est sans cesse décrédibilisée, ne permet pas de comprendre le conflit.

     

    Nos médias donnent toute la responsabilité à Poutine. Pourquoi n’examinent-ils pas les conséquences des actions qui ont précédé dans le camp occidental, à savoir celles des États-Unis, de l’Europe et des dirigeants ukrainiens ?
    On est dans une situation où il n’y a pas de place pour les divergences. Je suis sidérée de voir à l’ULB des affiches « Sauver l’Ukraine », « Poutine assassin ! » et d’autres messages de ce type. C’est la première fois que je vois des étudiants se positionner comme ça dans un conflit militaire. Il faut souligner que l’Ukraine à des armes, et ces armes ne sont pas arrivées toutes seules. On arme l’Ukraine depuis 2014 et le gouvernement lance régulièrement ses armes contre les « indisciplinés » des territoires que l’on appelle « prorusses ».

    Lorsqu’en #Yougoslavie, des territoires comme la #Croatie et le #Kosovo ont fait sécession, on a applaudi. Les pays occidentaux les directement ont soutenus. Par exemple, l’Allemagne ou le Vatican ont tout de suite reconnu l’indépendance de la Croatie alors qu’on était occupé à dépecer un pays qui jusque-là était uni. Mais quand c’est l’inverse, comme c’est le cas ici avec notre ennemi qui soutient une autonomie, là on dit que c’est scandaleux. On a un deux poids deux mesures flagrant. Imaginez si demain les Basques, les Catalans ou les Flamands voulaient leur autonomie. Est-ce qu’on applaudirait ?

    On ne comprend pas très bien ce qui a poussé la Russie à attaquer l’Ukraine, sauf à considérer que Poutine est un fou furieux qui veut dominer le monde. Une dépêche de l’AFP, reprise par de nombreux médias, évoque pourtant ce que Moscou reproche à Kiev : génocide au Donbass, présence de néonazis et prétentions atomiques de Zelensky… Mais l’AFP précise que ce sont des « accusations folles ». Vraiment ?  
    La #diabolisation de l’ennemi, c’est un principe de base de la propagande de guerre, assez continu. Napoléon était fou. Le Kaiser, Saddam Hussein, Milosevic et Khadafi l’étaient aussi. Et Poutine est fou bien entendu. Nous, nous avons la chance d’avoir des dirigeants qui sont tous sains d’esprit tandis que de l’autre côté, ce sont tous des fous furieux. C’est élémentaire comme principe de propagande de guerre.

    Pourtant, la question des #néonazis est bien réelle. Le #Bataillon_Azov, ce n’est pas des enfants de choeur, ce sont des néonazis. Il faut aussi rappeler qu’une partie des Ukrainiens se sont solidarisés de l’Allemagne nazie. Il y a une partie de la population qui a combattu les nazis, mais une partie qui a soutenu le #génocide des juifs et toutes les atrocités.

    Quand Poutine dit « On va lutter contre les fascistes ukrainiens », la Russie sait de quoi elle parle. Là aussi, la propagande occidentale a fait oublier que c’est l’ex-URSS qui a le plus collaboré à la défaite de l’Allemagne nazie. C’était tout à fait évident pour la population belge en 1945. Mais depuis, la propagande a fait ses effets à travers notamment les productions d’Hollywood, des films comme Il faut sauver le soldat Ryan et une multitude d’autres.

    Comment développer un mouvement pacifiste dans ces conditions et quel rôle pouvons-nous jouer ?
    C’est très difficile pour l’instant. Ça correspond au dixième principe, si on pose des questions au moment de la guerre c’est déjà aller trop loin. On vous considère pratiquement comme un agent de l’ennemi.

    Si on demande « Est-ce que des gens du Donbass n’ont pas le droit, comme ceux du Kosovo, d’avoir leur indépendance ? », on est suspecté d’être un agent de Poutine. Non, j’aime pas du tout Poutine. Mais j’ai pas envie d’une information qui est si partisane, pas envie d’une information qui est finalement celle de l’OTAN !

    Que faire alors ? J’ai été plusieurs fois invitée à des chaines de télévision et quand j’ai demandé de projeter la carte de 1989 en Europe pour montrer qui avance ses pions vers l’autre, curieusement on m’a dit que ce n’était finalement pas nécessaire que j’intervienne.

    Je pense que dans une situation de forte propagande comme maintenant, notre voix est inaudible.

    Il faut pourtant voir qui encercle qui. Ce sont les troupes de l’OTAN qui encerclent la Russie et pas l’inverse. Récemment, pour une manifestation contre la guerre, il n’y avait que quelques personnes. Depuis la guerre en Irak jusqu’à maintenant, il y a eu un certain découragement du mouvement pacifiste. Quand on voit les énormes manifestations qu’il y a eu par exemple en Grande-Bretagne et en Italie, ça n’a pas empêché les gouvernements d’y aller malgré les réactions populaires contre la guerre.

    Vous disiez dans une interview à La Libre Belgique que pour Biden « La Chine étant un trop gros morceau, s’attaquer à la Russie via l’OTAN apparaît plus accessible ». La réalité d’une guerre USA-Russie n’est-elle pas exagérée ?
    Je ne pense pas que Biden va la faire lui-même, il a promis à son électorat de ne plus envoyer des troupes étasuniennes directement au front. Mais d’une part, il envoie des militaires dans des pays qui étaient autrefois dans l’orbite soviétique comme les pays baltes, la Pologne, etc. Et d’autre part, il espère faire faire la guerre contre la Russie par les pays européens. Dans ce cas-là, Biden n’aura pas à se confronter à son opinion publique. Et au contraire, il obtiendra une réputation de courageux par rapport à l’ennemi. Je ne suis qu’une historienne, mais je pense que Biden essaiera de faire faire la guerre par les autres. Les Ukrainiens ont d’ailleurs déjà reçu énormément de matériel militaire.

    #propagande #manipulation #médias #histoire #cartographie #journalisme #politique #racisme #guerre #censure #ukraine #presse #ukraine #otan #etats-unis #géopolitique #énergie #allemagne #gaz #nucléaire

  • Les Juifs d’Arizona veulent empêcher l’État d’utiliser Zyklon B dans les exécutions Par Nicole Raz et Mala Blomquist - Time of Israel
    https://fr.timesofisrael.com/les-juifs-darizona-veulent-empecher-letat-dutiliser-zyklon-b-dans-

    Interdit par l’État en 1992, le gaz employé par les nazis peut encore être utilisé sur ceux qui ont été condamnés avant cette date, une pratique jugée "cruelle et barbare"


    Jewish News of Greater Phoenix via JTA — Les dirigeants de la communauté juive d’Arizona ont intenté un procès contre l’État pour l’empêcher d’utiliser le cyanure d’hydrogène, ce gaz mortel utilisé à Auschwitz, pour exécuter la peine de mort.

    Pendant la Shoah, les nazis ont utilisé des pastilles de Zyklon B, une formulation de cyanure d’hydrogène, dans les chambres à gaz d’Auschwitz et d’autres camps de la mort. Au plus fort des opérations d’Auschwitz en 1943 et 1944, en moyenne 6 000 Juifs y étaient gazés à mort chaque jour.

    L’utilisation du gaz dans les exécutions aux États-Unis équivaut « à approuver ce que les nazis ont fait », a déclaré Janice Friebaum, ancienne vice-présidente et porte-parole de la Phoenix Holocaust Association.

    « C’est une façon très douloureuse de tuer une personne, et c’est fondamentalement inhumain », a dit Janice Friebaum. « Penser que cela a été infligé à des millions de personnes pendant la Shoah est déjà en soi une horreur sans nom, mais penser que 70 à 80 ans plus tard nous pensons l’utiliser comme méthode d’exécution de la peine capitale est ahurissant. »

    L’Arizona a mis fin à l’utilisation du gaz mortel en 1992, mais a autorisé l’utilisation du gaz pour les personnes qui avaient déjà été condamnées à l’époque. Dix sept personnes sont donc potentiellement soumises à cette forme d’exécution. L’État cherche actuellement à obtenir des mandats d’exécution pour deux condamnés à mort, Frank Atwood et Clarence Dixon, qui seraient tous deux admissibles à être exécutés par le gaz.


    Walter LaGrand s’adresse à l’Arizona Board of Executive Clemency à la prison d’État de Florence, Arizona, le 2 mars 1999. LaGrand a été exécuté dans la chambre à gaz le lendemain. (Crédit : AP Photo/Ken Levine, Archive)

    L’état d’Arizona n’a pas réalisé d’exécution capitale depuis 2014, et la dernière fois qu’elle l’a fait avec du cyanure d’hydrogène, c’était pour Walter LaGrand en 1999.

    LaGrand a éprouvé « suffocations et étouffements angoissants » et a mis 18 longues minutes à mourir, selon un témoignage publié par le Tucson Citizen à l’époque. (LaGrand, citoyen allemand, aurait choisi cette méthode d’exécution en raison du lien avec la Shoah.)

    Le journal The Guardian a annoncé l’an dernier que l’Arizona rénovait sa chambre à gaz en vue de procéder à des exécutions, dont la dernière a eu lieu en 2014. Le journal a également rapporté que l’État achetait des produits chimiques qui pourraient former du Zyklon B.

    Cette nouvelle a provoqué un tollé immédiat à l’échelle locale et au-delà. Le plainte déposée récemment par l’American Civil Liberties Union of Arizona au nom du Conseil des relations communautaires juives du Grand Phoenix et de deux membres de la communauté juive locale, représente une nouvelle étape pour annuler le plan de l’État.

    La poursuite allègue que la législation de l’État qui permet au gaz cyanure d’être utilisé pour une forme d’exécution viole l’interdiction de la constitution de l’État de l’Arizona sur les peines cruelles et inhabituelles. Les plaignants précisent que leur but n’est pas de s’opposer à l’application de la peine capitale, ni de défendre les condamnés à la peine capitale.

    « Nous ne discutons pas du bien-fondé de la peine de mort, ni de la culpabilité ou l’innocence des accusés, mais simplement en raison de notre histoire tragique, nous sommes aptes à déclarer que l’utilisation du Zyklon B est une pratique cruelle et barbare dont l’usage n’a pas sa place dans la société moderne. » a déclaré Paul Rockower, l’un des plaignants individuels, directeur exécutif du JCRC à Phoenix. L’autre plaignant individuel, Alan Zeichick, est membre du conseil d’administration du JCRC.

    « En aucun cas, la méthode d’exécution utilisée pour assassiner plus d’un million de personnes, y compris des Juifs, pendant la Shoah ne doit être utilisée pour l’exécution de personnes dans le couloir de la mort », a déclaré Jared Keenan, avocat principal à l’ACLU de l’Arizona.

    « L’Arizona a reconnu les horreurs du gaz cyanure comme méthode d’exécution et l’a éliminé dans tous les cas, sauf dans un ensemble restreint de cas. Il est temps que le tribunal élimine l’utilisation du gaz cyanure pour l’exécution à la peine capitale une fois pour toutes. Peu importe la position des gens sur la question de la peine capitale, il est clair que le recours à cette pratique barbare est cruel et doit être aboli. »

    La prochaine étape de la plainte qui vient d’être déposée, est une audience le 7 mars, où les accusés dans l’affaire,- l’État de l’Arizona, le Département des services correctionnels de la réadaptation et de la réinsertion de l’Arizona, le procureur général de l’Arizona Mark Brnovich et d’autres – pourront faire valoir leurs arguments en faveur du maintien de l’exécution par le gaz dans l’État.

    « Ce que nous demandons au tribunal, c’est essentiellement d’ordonner aux prévenus de nous dire, à nous et au tribunal, s’il y a des faits ou si quelque chose a changé depuis le protocole qui est en place depuis la fin des années 1990 », a déclaré l’avocat Jared Keenan.

    « Nous voulons simplement savoir s’il y a quoi que ce soit de nouveau qui pourrait permettre au gouvernement de soutenir que l’utilisation actuelle de gaz cyanure, ou les plans d’utilisation de gaz cyanure, ne contrevient pas à l’interdiction de peines cruelles et inusitées. »

    La tradition juive prescrit la peine de mort dans certaines situations, mais dans la pratique, les tribunaux juifs l’ont rarement, voire jamais, exécutée, et de nombreux dirigeants juifs aux États-Unis ont longtemps plaidé contre la peine capitale. (Israël a aboli la peine de mort en 1954.)

    Tim Eckstein, président du conseil du JCRC, a déclaré que la plainte trouve ces racines dans cette tradition.

    « Il y a des milliers d’années, les Juifs ont rejeté les pratiques barbares de mutilations, et bûchers ou étaient brulés vifs les condamnés, ces pratiques étaient courantes dans d’autres cultures », a-t-il dit.

    « Aujourd’hui, ces mêmes valeurs morales et éthiques nous obligent à prendre position contre une pratique que nous savons, d’après l’histoire très récente, être cruelle, inhumaine et qui causera très probablement de graves souffrances. »
    Une version de cet article a été initialement publiée dans le Jewish News of Greater Phoenix et est republiée avec autorisation.

    #zyklon_b #nazis #fachosphere #shoa #USA #histoire #génocide #nazisme #peine_de_mort #solution_finale #holocauste #rénovation #chambre_à_gaz #cruauté #gaz

  • Exterminez toutes ces brutes
    https://www.arte.tv/fr/videos/095727-001-A/exterminez-toutes-ces-brutes-1-4

    Indispensable. Disponible jusqu’au 31/05/2022.

    (1) La troublante conviction de l’ignorance
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/095727-001-A/940x530?ts=1638787523&.1jpg
    « Civilisation, colonisation, extermination » : trois mots qui, selon Raoul Peck, « résument toute l’histoire de l’humanité ». Celui-ci revient sur l’origine coloniale des États-Unis d’Amérique pour montrer comment la notion inventée de race s’est institutionnalisée, puis incarnée dans la volonté nazie d’exterminer les Juifs d’Europe. Le même esprit prédateur et meurtrier a présidé au pillage de ce que l’on nommera un temps « tiers-monde ».

    Dans une puissante méditation en images, Raoul Peck montre comment, du génocide des Indiens d’Amérique à la Shoah, l’impérialisme, le colonialisme et le suprémacisme blanc constituent un impensé toujours agissant dans l’histoire de l’Occident.

    (2) P... de Christophe Colomb
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    Ce deuxième épisode décrypte les dénis du mythe de la « terre vierge » figé par la culture populaire, qui va asseoir la domination de l’Europe et justifier la « traite » de millions d’Africains.

    Raoul Peck montre comment l’impérialisme, le colonialisme et le suprémacisme blanc constituent un impensé toujours agissant dans l’histoire de l’Occident. Ce deuxième épisode réexamine l’histoire du « Nouveau Monde » et du génocide des Nations amérindiennes.

    (3) Tuer à distance
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/095727-003-A/940x530?ts=1638797965&.1jpg
    Ce troisième volet montre comment l’industrie de l’acier et la maîtrise de la technologie ont permis aux Occidentaux de mener des guerres de plus en plus lointaines et meurtrières pour créer un cycle sans fin, qui culmine avec le crime de masse impuni que constituent les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, et dont les États-Unis se sont affirmés comme les maîtres.

    (4) Les belles couleurs du fascisme
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/095727-004-A/940x530?ts=1638797980&.1jpg
    Dans cet ultime épisode, Raoul Peck médite sur la Shoah, tout en soulignant l’impossibilité pour les États-Unis de concilier leur véritable histoire avec leurs idéaux de liberté et de démocratie. L’annihilation amérindienne ainsi que les héritages esclavagiste et colonialiste forment les fondations du racisme qui revit aujourd’hui dans le rejet des exilés et des déshérités. « Ce n’est pas le savoir qui nous manque », conclut-il.

    Déshumanisation

    Avec ce voyage non chronologique dans le temps, raconté par sa propre voix, à laquelle il mêle celles des trois auteurs amis qui l’ont inspiré (l’Américaine Roxanne Dunbar-Ortiz, le Suédois Sven Lindqvist et Michel-Rolph Trouillot, haïtien comme lui), Raoul Peck revisite de manière radicale l’histoire de l’Occident à l’aune du suprémacisme blanc. Tissant avec une grande liberté de bouleversantes archives photo et vidéo avec ses propres images familiales, des extraits de sa filmographie mais aussi des séquences de fiction (incarnées notamment par l’acteur américain Josh Hartnett) ou encore d’animation, il fait apparaître un fil rouge occulté de prédation, de massacre et de racisme dont il analyse la récurrence, l’opposant aux valeurs humanistes et démocratiques dont l’Europe et les États-Unis se réclament. « Exterminez toutes ces brutes », phrase prononcée par un personnage du récit de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres, et que Sven Lindqvist a choisie comme titre d’un essai, résume selon Raoul Peck ce qui relie dans un même mouvement historique l’esclavage, le génocide des Indiens d’Amérique, le colonialisme et la Shoah : déshumaniser l’autre pour le déposséder et l’anéantir. De l’Europe à l’Amérique, de l’Asie à l’Afrique, du XVIe siècle aux tribuns xénophobes de notre présent, il déconstruit ainsi la fabrication et les silences d’une histoire écrite par les vainqueurs pour confronter chacun de nous aux impensés de sa propre vision du passé.

    #film #documentaire #histoire #racisme #génocide #impérialisme #fascisme #Amérique #esclavage #USA #religion #christianisme

  • « Exterminez toutes ces brutes ». Entretien avec Raoul Peck
    https://www.contretemps.eu/extermination-colonialisme-esclavage-racisme-documentaire-peck

    Arte diffuse actuellement le nouveau documentaire en 4 parties du cinéaste haïtien Raoul Peck, auteur notamment de « Lumumba », d’un film sur le jeune Marx, ou encore de « I am not your Negro ». Il y retrace la généalogie du racisme moderne, qui s’est propagé à partir de l’Europe sur plusieurs siècles et qui d’infériorisation en déshumanisation, d’essentialisation en démonisation, a abouti au génocide des Amérindiens, à la mise en esclavage de millions d’Africains, à la colonisation du monde et jusqu’au génocide des Juifs d’Europe. Dans cet entretien, il revient sur l’origine de ce film et les ressorts de sa construction. Source : (...)

  • Williams Lake : 93 tombes non marquées potentielles près de l’ancien pensionnat François Macone - Philippe Moulier
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1857015/williams-lake-premiere-nation-commence-recherche-pensionnat-enfant

    La Première Nation de Williams Lake, en Colombie-Britannique, a annoncé que les résultats d’une première phase d’enquête et de recherches ont permis d’identifier 93 tombes non marquées potentielles près du site de l’ancien pensionnat pour Autochtones de la région.


    Le pensionnat pour Autochtones St Joseph’s Mission a été fondé en 1886 par des missionnaires catholiques. Il a fermé ses portes en 1981 avant d’être démoli il y a 26 ans. Photo : Ressources des pensionnats autochtones et de la réconciliation

    Les responsables de la Première Nation ont rendu publics les résultats préliminaires lors d’une conférence de presse mardi.

    Les premières recherches se sont concentrées sur un périmètre de 14 hectares. En tout, elles doivent examiner 470 hectares du pensionnat St. Joseph’s Mission, qui comprennent différents bâtiments et structures.

    Un cimetière
    Le site sur lequel se trouvent les 93 tombes non marquées potentielles héberge un cimetière. Cependant, selon Whitney Spearing, qui dirige l’équipe d’enquête, les résultats préliminaires indiquent que 50 de ces restes humains potentiels ne sont pas associés au cimetière.

    Le pensionnat St. Joseph’s Mission, ouvert de 1891 à 1981, est à quelques kilomètres de Williams Lake. Il a été démoli depuis, mais a laissé un héritage douloureux pour les survivants et leurs familles.

    “Nous avons entendu des histoires de torture, de viol et d’agression sexuelle systémiques”, a déclaré Willie Sellars, le chef de la Première Nation de Williams Lake, en faisant référence aux nombreux témoignages de personnes ayant été envoyées au pensionnat lorsqu’elles étaient jeunes.

    « Ce voyage a conduit notre équipe d’enquête dans les recoins les plus sombres du comportement humain. »
    Une citation de Willie Sellars, chef de la Première Nation de Williams Lake


    Des chaussures d’enfants sont placées sur les marches du Musée des beaux-arts de Vancouver en souvenir des enfants autochtones victimes des pensionnats.
    Photo : Radio-Canada / Ben Nelms / CBC

    L’horreur des pensionnats
    Selon Willie Sellars, l’équipe a entendu des récits de disparitions, de meurtres, de torture, de sévices, de viols et de famine. Des enfants ont été attachés à des planches et fouettés, battus pour avoir parlé leur langue. Des nouveau-nés ont été jetés dans l’incinérateur de l’école.

    Willie Sellars a déploré que ces histoires aient été “intentionnellement occultées” par la destruction des dossiers et les dissimulations des gouvernements, des autorités religieuses et de la police.

    Le chef autochtone a aussi relaté l’histoire de deux enfants âgés de 8 ans, qui ont essayé de fuir le pensionnat, et dont l’un est mort de froid. Il a aussi évoqué une correspondance de 1920, qui indique que neuf enfants ont tenté de mettre fin à leurs jours en ingurgitant du poison, dont un est mort.

    « Il ne peut y avoir de réconciliation avant qu’il n’y ait la vérité. »
    Une citation de Willie Sellars, chef de la Première Nation de Williams Lake

    Il a souligné le courage des aînés qui ont tenté par le passé de dénoncer ces actes, auxquels “personne n’a cru ou dont personne n’a voulu entendre parler. Nous devons nous assurer que le Canada est au courant de ces atrocités ”, a-t-il ajouté.

    Un travail « long et minutieux »
    Pendant 90 ans, le pensionnat a été dirigé par différents ordres religieux, mais toujours sous l’autorité de l’Église catholique. Depuis, l’archidiocèse de Vancouver a collaboré aux recherches pour établir la vérité.

    Les Premières Nations ont mis en place des mesures d’accompagnement en santé mentale pour leurs membres, mêlant “techniques traditionnelles et médecine moderne”, a expliqué Willie Sellars.

    D’après Whitney Spearing, le travail qui reste à accomplir sera “long et minutieux”, en raison de l’étende de la zone de recherche, mais aussi du manque de données, notamment pour la période de 1941 à 1980.

    Cependant, l’annonce de milliers de documents transmis par Ottawa aux communautés autochtones permettra peut-être d’avancer plus rapidement dans le processus d’identification des tombes anonymes.

    Les recherches ont utilisé la technologie de radar, qui a permis de découvrir des centaines de dépouilles près d’anciens pensionnats à travers le Canada.


    Il est estimé que plus de 150 000 enfants ont fréquenté les pensionnats autochtones du Canada depuis les années 1830. Photo : Bibliothèque et Archives Canada

    Les experts soulignent que, comme les résultats annoncés mardi sont “préliminaires”, les travaux de détections aérienne et terrestre par radar à pénétration de sol et magnétométrie devront être poursuivis.

    Les responsables des recherches précisent toutefois que la technologie de détection n’est pas totalement fiable et qu’il faudra procéder à des fouilles pour “obtenir des certitudes”. Ils en appellent au soutien des gouvernements fédéral et provincial pour poursuivre ce travail de “vérité”.

    Au lancement des fouilles à Williams Lake, en août dernier, une petite partie du site de 4,5 kilomètres carrés a été classée comme prioritaire, après des recherches approfondies sur l’histoire du terrain.

    Les violences physiques, psychologiques et sexuelles dont ont été victimes les élèves de l’établissement ont été documentées par la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

    On estime que plus de 150 000 enfants ont fréquenté les pensionnats pour Autochtones du Canada entre les années 1830 et la fermeture du dernier établissement, en 1997.

    #peuples_autochtones #histoire #disparitions #cimetiéres #enfants #pensionnat #pensionnats #école #cadavres #vol #viols #église_catholique #religieuses #religieux #peuples_premiers #nations_premières #premières_nations #autochtones #colonialisme #extermination #génocide #tuberculose

  • Exterminez toutes ces brutes (1/4) - La troublante conviction de l’ignorance - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/095727-001-A/exterminez-toutes-ces-brutes-1-4

    « Civilisation, colonisation, extermination » : trois mots qui, selon Raoul Peck, « résument toute l’histoire de l’humanité ». Celui-ci revient sur l’origine coloniale des États-Unis d’Amérique pour montrer comment la notion inventée de race s’est institutionnalisée, puis incarnée dans la volonté nazie d’exterminer les Juifs d’Europe. Le même esprit prédateur et meurtrier a présidé au pillage de ce que l’on nommera un temps « tiers-monde ».

    Déshumanisation
    Avec ce voyage non chronologique dans le temps, raconté par sa propre voix, à laquelle il mêle celles des trois auteurs amis qui l’ont inspiré (l’Américaine Roxanne Dunbar-Ortiz, le Suédois Sven Lindqvist et Michel-Rolph Trouillot, haïtien comme lui), Raoul Peck revisite de manière radicale l’histoire de l’Occident à l’aune du suprémacisme blanc. Tissant avec une grande liberté de bouleversantes archives photo et vidéo avec ses propres images familiales, des extraits de sa filmographie mais aussi des séquences de fiction (incarnées notamment par l’acteur américain Josh Hartnett) ou encore d’animation, il fait apparaître un fil rouge occulté de prédation, de massacre et de racisme dont il analyse la récurrence, l’opposant aux valeurs humanistes et démocratiques dont l’Europe et les États-Unis se réclament. « Exterminez toutes ces brutes », phrase prononcée par un personnage du récit de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres, et que Sven Lindqvist a choisie comme titre d’un essai, résume selon Raoul Peck ce qui relie dans un même mouvement historique l’esclavage, le génocide des Indiens d’Amérique, le colonialisme et la Shoah : déshumaniser l’autre pour le déposséder et l’anéantir. De l’Europe à l’Amérique, de l’Asie à l’Afrique, du XVIe siècle aux tribuns xénophobes de notre présent, il déconstruit ainsi la fabrication et les silences d’une histoire écrite par les vainqueurs pour confronter chacun de nous aux impensés de sa propre vision du passé.

    #Raoul_Peck #colonialisme #génocides #suprémacisme_blanc

  • L’#Ukraine : 20 ans avant la Shoah, les pogroms ont tué 100 000 Juifs – puis ont été oubliés. Rich Tenorio
    https://fr.timesofisrael.com/20-ans-avant-la-shoah-les-pogroms-ont-tue-100-000-juifs-puis-ont-e

    Au début des années 1920, des milliers d’enfants juifs réfugiés d’Ukraine affluent à Moscou, fuyant une série de pogroms terrifiants. Le légendaire artiste juif, Marc Chagall, se souvient avoir donné des cours d’art, à certains de ces réfugiés, dans un orphelinat juif situé à l’extérieur de la capitale soviétique. Il s’est souvenu des atrocités horribles dont ils ont parlé – leurs parents assassinés, leurs sœurs violées et tuées, et les enfants eux-mêmes chassés par le froid, épuisés et affamés.


    Des Juifs britanniques manifestent pour protester contre les pogroms de 1918-1921. (Crédit : avec l’aimable autorisation de Jeffrey Veidlinger)

    Contrairement à la Shoah, cette première vague de violence antisémite, a été largement oubliée par l’Histoire. Pourtant, à l’époque, elle faisait la Une des journaux. De 1918 à 1921, plus de 1 100 pogroms ont tué plus de 100 000 Juifs dans une région qui fait partie de l’Ukraine actuelle. Cette violence, à grande échelle, a fait craindre que, la haine antisémite, ne menace la vie de six millions de Juifs en Europe. L’écrivain Anatole France faisait partie de ceux qui ont fait de telles prédictions ; moins de 20 ans plus tard, ces craintes se sont réalisées.

    L’histoire de ces pogroms funestes est relatée dans un nouveau livre, In the Midst of Civilized Europe : The Pogroms of 1918-1921 and the Onset of the Holocaust, [« Au milieu de l’Europe civilisée : les Pogroms de 1918-1921 et le début de la Shoah] par Jeffrey Veidlinger, professeur d’histoire et d’études juives à l’université du Michigan.

    « Je pense qu’à l’heure actuelle, ils ne sont pas du tout très connus, principalement parce qu’ils ont été tellement dépassés par la Shoah », a déclaré Veidlinger au Times of Israel lors d’un entretien téléphonique. « Dans l’entre-deux-guerres, ils étaient très connus. D’une certaine manière, il semble que tout le monde n’écrivait que sur eux à l’époque. »

    Enraciné dans un précédent projet de recherche linguistique avec des Juifs âgés parlant yiddish en Ukraine qui ont raconté à Veidlinger avoir survécu aux pogroms, le livre ramène les lecteurs à ce moment troublant de l’histoire pendant la guerre civile russe.

    « C’est terrifiant et effrayant », a déclaré Veidlinger. « Il est difficile d’écrire ce témoignage. C’était difficile pour moi de l’entendre, et probablement difficile pour eux de le raconter. »

    La phrase titre provient des craintes de la France pour l’avenir du judaïsme européen. Le poète et journaliste français, a noté que, certains des pogroms se sont produits au même moment que les pourparlers de paix de Versailles destinés à mettre fin à la Première Guerre mondiale. L’un d’entre eux, a peut-être été, le plus grand massacre de Juifs de l’histoire moderne jusqu’à cette date : le pogrom de Proskuriv, le 14 février 1919, avec 911 morts recensés, soit, selon Veidlinger, un tiers du total réel.
    « Je pense que c’était presque un génocide », a déclaré Veidlinger à propos du pogrom de Proskuriv. « Il montre comment la violence s’est intensifiée pendant la très courte période de temps entre novembre 1918 et février 1919 ».


    Une famille juive se tient devant sa maison saccagée après le pogrom de Kishinev en 1903. (Crédit : domaine public)

    Outre les témoignages recueillis par Veidlinger au cours du siècle actuel, il en a consulté de nombreux autres dans les archives – notamment des récits plus contemporains de survivants et de travailleurs humanitaires, juifs et chrétiens, qui ont cherché à les aider. Entre-temps, il a découvert que les pogroms avaient de nombreux auteurs différents. Des membres des deux camps opposés, le rouge et le blanc, dans la guerre civile russe ont participé aux violences, tout comme de nombreux soldats et civils ukrainiens et polonais, ainsi que des chefs de guerre locaux
    . . . . .
    L’hostilité à l’égard des Juifs allait se coaliser dans les pogroms de 1918-21. Une section effrayante du livre raconte quatre de ces pogroms dans l’ordre chronologique, dont deux épidémies distinctes dans la ville de Zhytomyr. Collectivement, ils représentent les multiples façons dont les pogroms, ont éclaté, qu’il s’agisse d’événements isolés commis par des unités de l’armée mécontentes ou d’actions à plus grande échelle impliquant davantage de troupes.


    Corps des victimes juives du pogrom d’Orvuch, en Ukraine, en février 1919. (Crédit : Domaine public)

    . . . . .
    Veidlinger relate également la situation dans la Pologne voisine, où l’un des premiers de ces pogroms a eu lieu – à Lemberg (aujourd’hui Lviv) en novembre 1918, alors que l’indépendance de la Pologne était établie.
    Le livre décrit le viol de femmes et de jeunes filles juives et la destruction de rouleaux de la Torah, les auteurs du pogrom comprenant des soldats polonais ainsi que des civils.
    L’auteur décrit les pogroms, contre les Juifs en Pologne, comme étant mieux documentés, à l’époque, que ceux en Ukraine. Un conflit entre les deux pays a empêché un enquêteur international – le juif américain Henry Morgenthau, ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’Empire ottoman – d’accéder à la zone de guerre de l’Ukraine. Le livre cite des déclarations controversées, que Morgenthau a faites plus tard dans ses mémoires, comme le fait de décrire certains rapports de pogroms en Pologne ; comme exagérés par les dirigeants de la communauté juive, et de blâmer le sionisme comme une cause des pogroms.


    Funérailles de rouleaux de la Torah, profanés après le pogrom de Kishinev en 1903, au cours duquel 49 Juifs ont été assassinés et des centaines de femmes violées (Crédit : domaine public).
    . . .
    Pendant ce temps, en Allemagne, Adolf Hitler est lui-même en quête de vengeance – pour la défaite allemande lors de la Première Guerre mondiale – et utilise les craintes de bolchevisme prétendument propagées, par les réfugiés juifs, comme carburant pour porter le mouvement nazi au pouvoir.


    Symon Petliura, un homme d’État ukrainien des années 1920, accusé du meurtre de 50 000 compatriotes juifs (Crédit : capture d’écran YouTube)

    Cependant, tous les Juifs ukrainiens ne sont pas partis. Pour ceux qui n’avaient pas les moyens ou le désir d’émigrer, un résultat tragique se produisit deux décennies plus tard, après que l’Allemagne nazie eut envahi l’Union soviétique dans le cadre de l’opération Barbarossa en 1941. Les massacres de Juifs perpétrés par les nazis, notamment à Babi Yar cette année-là, font écho aux pogroms de 1918-21. Des Ukrainiens – y compris des descendants des auteurs des pogroms précédents – ont aidé les nazis, à massacrer les derniers Juifs de la région. À Bila Tserkva, en août 1941, les nazis hésitaient à massacrer un groupe d’enfants juifs, et laissaient les auxiliaires ukrainiens, tuer les enfants à la place.

    « Nous imaginons la nature de la Shoah comme Auschwitz, très mécanisé et bureaucratisé », a déclaré Veidlinger. Pourtant, a-t-il ajouté, il y avait aussi « la Shoah par balles, la façon dont la Shoah, s’est manifesté en Ukraine, ainsi qu’en Biélorussie et en Lituanie. Nous voyons les tueries comme beaucoup plus intimes, beaucoup plus participatives, plus ouvertes. Cela attire naturellement les comparaisons avec les pogroms. C’est très similaire aux pogroms de 1918 à 1921 ».

    Pourtant, a-t-il réfléchi, « les conséquences de la Shoah, ont été tellement plus graves que ces pogroms particuliers [de 1918 à 1921] ont tout simplement disparu de la mémoire ».

    #pogroms #Shoah #antisémitisme #violence #génocide #Pologne #Biélorussie #Lituanie #mémoire

  • #Shingal

    En août 2014, L’État islamique attaque le peuple Yézidis dans la région montagneuse de Shingal, et perpétue un véritable massacre dans cette région au nord-ouest de l’Irak. Asmail, son frère Mazlum et leurs familles sont des leurs. Comme nombre d’autres Yézidis, ils vont devoir fuir vers ce refuge ancestral que sont les montagnes de Shingal et lutter pour la survie de leurs familles et de leur peuple...

    Si la crise humanitaire qui a découlé de cette tragédie est relativement connue de tous, de nombreuses zones d’ombre persistent quant aux éléments qui ont conduit au génocide et à l’exode de toute une population.
    Tout au long de cet album, Tore Rørbæk et Mikkel Sommer donnent corps à un peuple méconnu, victime de la barbarie, et tentent de faire la lumière sur ces éléments souvent passés sous silence...

    https://www.la-boite-a-bulles.com/book/618
    #BD #bande_dessinée #livre

    #monts_Shingal #montagne #Yézidis #Irak #Siba #peshmerga #Gerzerik #daesh #territoires_contestés #Kurdistan #Al-Qaïda #yézidisme #Snouni #Sikeniye #massacre #génocide #Ousman_Pacha #conversion_forcée #histoire #viols #exécutions_de_masse #esclavage_sexuel #aide_humanitaire #corridor_humanitaire #réfugiés #camp_de_Newroz #Newroz #Essian #Dohuk #Kurdistan_irakien #Etat_islamique #religion #résistance #ISIS #Etat_islamique

  • #Canada 48 % de la population féminine des prisons fédérales est autochtone Radio-Canada 2021-12-18
    https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1848592/justice-canada-scc-femmes-autochtones-prison-moitie-population

    Les femmes autochtones représentent désormais près de la moitié de la population carcérale féminine dans les prisons fédérales, selon un nouveau rapport de l’enquêteur correctionnel du Canada.

    Les Autochtones représentent environ 32 % de la population carcérale fédérale, alors qu’ils constituent moins de 5 % de la population totale. Les femmes autochtones, quant à elles, représentent 48 % de la population des prisons pour femmes.

    L’enquêteur correctionnel fédéral Ivan Zinger a qualifié la situation de “consternante et honteuse”.

    “C’est une tendance qui va toujours, année après année, dans la mauvaise direction. Et ce, quelles que soient les mesures prises par les différents gouvernements”, a déclaré M. Zinger.

    Selon le rapport Zinger, la population carcérale autochtone a augmenté d’environ 18 % au cours de la dernière décennie, tandis que le nombre de détenus non autochtones a diminué de 28 % au cours de la même période.

    L’avocate crie Eleanore Sunchild a indiqué que ces chiffres en hausse étaient inquiétants, mais pas surprenants, car elle ne pense pas que le système judiciaire canadien considère les Autochtones comme des “êtres humains”.

    “Ces chiffres ne font que refléter le racisme systémique permanent et la bataille que notre peuple doit mener dans le système de justice pénale”, a-t-elle affirmé.

    Selon M. Zinger, si le pourcentage de délinquants non autochtones a diminué, il n’y a pas eu de baisse correspondante chez les détenus autochtones, car ils sont plus susceptibles de purger une plus longue partie de leur peine et ont moins de chances de bénéficier d’une libération conditionnelle.

    Dans une déclaration envoyée par courriel, le Service correctionnel du Canada (SCC) a mentionné qu’il partageait les préoccupations de M. Zinger et a souligné un certain nombre d’initiatives qu’il met en œuvre, comme les pavillons de ressourcement qui offrent des services culturellement adaptés aux délinquants autochtones.
    . . . . . .
    Mme Sunchild pense que le gouvernement devrait mettre davantage l’accent sur les rapports dits Gladue – des documents préalables à la détermination de la peine et à l’audience de libération sous caution qui informent les juges des antécédents des délinquants autochtones, notamment des cas de traumatisme.

    “Les prisons sont pleines d’Autochtones qui ont survécu aux pensionnats [pour Autochtones] ou qui sont les enfants de ces survivants”, a-t-elle ajouté.
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    #Femmes #autochtones #Nations_premières #peuples_autochtones #racisme #pauvreté #prison

    • #génocide , #extermination : le sentier escarpé est balisé de croix. La colline Lebret est nichée dans la vallée de la rivière Qu’Appelle. Il y a une petite chapelle aux trois quarts de la montée et le sentier escarpé est balisé de croix.
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      Le pensionnat pour Autochtones de Lebret était situé près de la colline. Pendant des générations, les enfants des Premières Nations de Peepeekisis, d’Okanese, de Star Blanket et de Little Black Bear ont été arrachés à leurs foyers et envoyés dans ce pensionnat ou dans d’autres institutions similaires de la région. Les parents, les grands-parents et les arrière-grands-parents de Philip Brass en faisaient partie.
      Les survivants racontent que la colline Lebret était utilisée comme lieu de punition. Les enfants de l’école Lebret étaient forcés de gravir la colline escarpée, parfois à genoux.. . . . .
      source : https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1850584/pensionnats-colline-lebret-ascension-enfants-autochtones-philip-mic

  • Éléments d’écologie politique : introduction
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1085-Introduction-Elements-d-ecologie-politique

    Ce texte fait partie du livre « Éléments d’écologie politique — Pour une refondation », Libre&Solidaire, 2021.

    Texte publié initalement chez « Les amis de Bartleby ».

    « Mais il faudrait être vide pour ne pas voir que la beauté surnaturelle de cette nature, le rire innombrable de cette mer, l’éclat pacifiant de cette lumière rendent encore plus noire la certitude du sombre Hadès, comme la translucidité azurée des îles et des montagnes reposant sur la nappe moirée rend encore plus insoutenable l’agitation obscure et incessante de notre passion et de notre pensée. »

    Cornelius Castoriadis
    « La pensée politique », 1979, dans Ce quifait la Grèce, 1.
    D’Homère à Héraclite, Séminaires 1982-1983, La création humaine II(...)

    #Psychanalyse, #Gauchisme, #Démocratie_directe, #Prospective, #Libéralisme, #Philosophie, #Histoire, #Agronomie, #Primitivisme, #Écologie, #Lieux_Communs, #Anthropologie, #Écologisme, #Anéantissement, #Génocide, #Livre, #Scientisme, #Écologie, #Écologie_dé_coloniale

  • Les justes turcs : un si long silence

    Cela fait plus d’un siècle que la #Turquie refuse de reconnaître sa #responsabilité dans le #génocide_arménien et la mort de 1,5 millions d’#Arméniens entre 1915 et 1917. Ce #négationnisme oppose toujours les deux peuples et a jeté dans l’#oubli cette poignée d’hommes et de femmes turcs qui ont choisi de sauver des vies arméniennes.
    Simples bergers ou chefs d’entreprise, soldats ou officiels de l’empire ottoman, ces #Justes Turcs ont désobéi aux ordres de déportations et de massacres, au péril de leurs vies. Mais leurs actes de résistance qui font d’eux des « Schindlers turcs » restent jusqu’à ce jour méconnus et même niés par l’histoire officielle turque.
    Le narrateur, descendant d’une famille arménienne sauvée par des Turcs, se rend en Arménie à la recherche d’autres familles qui comme lui doivent la vie à des Turcs, en Belgique, où il poursuit ses recherches et rencontres et en Turquie, où les descendants de Justes osent témoigner de leur histoire familiale, malgré les risques encourus à parler du génocide arménien dans ce pays.
    Tout au long du documentaire, place sera faite à des récits d’entraide et d’humanité nés au coeur même de la barbarie, rappelant qu’aucun crime, si atroce soit-il, n’empêche l’humanité de se manifester.

    https://lcp.fr/programmes/les-justes-turcs-un-si-long-silence-66261
    #désobéissance #résistance #génocide #histoire #Arménie #Empire_ottoman #refus #silence
    #film #film_documentaire

    –—

    #toponymie, noms en lien avec le génocide :

    Lice, vers Diyarbakir, lieu où a été tué un Juste (à partir de la min 34’20) :

    « Aujourd’hui le lieu est toujours connu sous le nom du ’Turbiller Kaimakam’ (la tombe du sous-préfet), mais les hommes qui m’y conduisent ne semblent ne plus connaître son histoire. Le nom des lieux a pourtant gardé la mémoire des crimes passés : ’La fosse des Arméniens’, ’La Vallée du Massacre’, ’La rivière des morts’, ’L’arbre d’Evan’, du nom d’une jeune arménienne enterrée sous un noyer. Ses noms de lieux parlent plus fort que l’idéologie et le mensonge et rappellent les disparus à la vie ».

    Sur la présence de #Talaat_Pacha (responsable des massacres) (à partir de la minute39’43) :

    « Talaat Pacha a son mausolée en plein coeur d’Istanbul. Selon un décompte récent, pas moins de 8 quartiers, 38 rues et boulevards, 7 écoles nationales, 6 immeubles et 2 mosquées à Istanbul, Ankara et autres villes portent encore le nom de Talaat Pacha. En filmant ces rues, je songe à l’Allemagne, où il serait impensable qu’un tel lieu public porte encore le nom d’Adolf Hitler »

    #toponymie_politique

  • Parution : Éléments d’écologie politique — Pour une refondation
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1073-Parution-Elements-d-ecologie-politique

    Sommaire : Introduction I – Survol ethno-historique II – Nature humaine et humaines natures III – Histoire et contre-histoire de l’idée de Nature IV – Sources sociales-historiques de l’écologie politique V – Politiques de la nature et totalitarisme VI – Vers une Philosophie de la nature ? Éléments de conclusion Quatrième de couverture — ci-dessous...

    / #Psychanalyse, #Gauchisme, #Démocratie_directe, #Prospective, #Libéralisme, #Philosophie, #Histoire, #Agronomie, #Primitivisme, #Écologie, #Lieux_Communs, #Anthropologie, #Écologisme, #Anéantissement, #Génocide, #Livre, #Scientisme, #Écologie, #Écologie_dé_coloniale

    https://libre-solidaire.fr/epages/e02491b5-ce3a-4c00-b187-dc9ff39194fc.sf/fr_FR/?ObjectPath=/Shops/e02491b5-ce3a-4c00-b187-dc9ff39194fc/Products/179

  • Israelische Historiker: Kontextualisierung ist noch kein Schlussstrich
    https://www.berliner-zeitung.de/wochenende/israelische-historiker-kontextualisierung-ist-noch-kein-schlussstri

    Traduit en anglais 👇

    Dirk Moses sur Twitter : “The Israeli scholars Alon Confino, Amos Goldberg & Raz Segal have published an important corrective to the dated views on the Holocaust, colonialism & Zionism by Yehuda Bauer and others. As it’s in German, I offer an English translation in a long thread.” / Twitter
    https://twitter.com/dirkmoses/status/1454474042736615427

    #génocides #colonialisme #idéologies #économie