• Publication: The Geography of Conflict in North and West Africa

    https://www.oecd-ilibrary.org/development/the-geography-of-conflict-in-north-and-west-africa_02181039-en

    African governments are increasingly confronted with new forms of political violence. The situation is particularly worrying in the Sahara-Sahel where violence is on the rise. This degrading security situation has prompted African countries and their partners to intervene militarily to stabilise the region and to prevent the spread of extremism and violence against civilians. However, these initiatives face many obstacles due to the transnational nature and geography of violence. Tensions regionalise across state borders when armed groups, defeated by counter-insurgency efforts, relocate to other countries. This study maps the evolution of violence across North and West Africa, with a particular focus on Mali, Lake Chad and Libya. In the regions experiencing the highest levels of political insecurity, it identifies whether and how conflicts tend to cluster or spread, potentially across national borders. The work is based on a new spatial indicator of political violence designed to assess the long-term evolution of conflicts and provide policy options.

    #Geography_of_conflict #Géographie_des_conflits #North_Africa #West_Africa #Afrique_du_Nord #Afrique_de_l_Ouest #Geography #Conflicts #Géographie #Conflits

  • #Athènes : un regard critique sur les #trottinettes_électriques

    Les trottinettes électriques ont fait récemment leur apparition à Athènes, accompagnées comme dans d’autres villes grecques d’un discours approbateur de la part des journalistes et des collectivités locales (Αθηναϊκό-Μακεδονικό Πρακτορείο Ειδήσεων/ Agence Nouvelles d’ Athènes-macédonienne , 2019 / Journal Η Εφημερίδα των Συντακτών, 2019 / TyposThes, 2019) sur l’intégration dans le cadre urbain de cette nouvelle offre de mobilité verte et alternative [1]. Les informations qui traitent ce sujet ne permettent pas de structurer un discours public sur la ville, mais aboutissent à une réception acritique du modernisme occidental couplée à une indifférence envers l’organisation de l’espace public en ville. Ceci est le résultat d’une aphonie publique toute particulière concernant l’urbanisme, à laquelle contribuent depuis des décennies les autorités comme les athéniens, qui ont trouvé refuge dans les avantages que les uns comme les autres tirent de l’appropriation à petite ou grande échelle de l’espace public. A travers ce texte, nous tentons d’exercer une critique envers ce nouveau moyen de transport, avec la défense de l’espace public et de son usage collectif comme visée ultime.

    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/athenes-un-regard-critique-sur-les-trottinettes-electriques
    #mobilité #urbanisme #Hive #géographie_urbaine #urban_matter #Grèce

  • Le quartier d’habitat social à #Tavros

    La zone étudiée est l’un des quartiers créés à Athènes (comme ceux de Dourgouti, Asyrmatos, Ambelokipi, etc.) afin de loger les réfugiés d’Asie Mineure de la décennie 1920. L’installation des réfugiés s’est faite soit par auto-installation dans des baraquements, soit de manière organisée dans des logements construits par l’État. Au cours des années qui ont suivi le quartier a reçu un grand nombre de migrants de l’intérieur, tandis que dès les années 1950 débute la construction progressive d’immeubles dédiés au relogement des réfugiés et ouvriers vivant dans les baraquements. Contrairement à d’autres zones d’habitation de réfugiés (comme par exemple Ilissos, Polygono, Kountouriotika), qui ont été rasés et dont les traces se sont perdues puisqu’elles se sont totalement fondues dans le tissu urbain environnant, Tavros est parvenu, à travers la création d’ensembles de logements sociaux, à conserver ses particularités vis-à-vis de son environnement large.


    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/lhabitat-social-a-tavros
    #urbanisme #géographie_urbaine #Grèce #Athènes #habitat_social #cartographie #visualisation #réfugiés #histoire #quartiers_de_réfugiés

  • Atlas social et spatial du #Pirée des réfugiés

    Le programme de recherche interdisciplinaire de la Fondation Nationale de la Recherche et de l’Université polytechnique nationale d’Athènes « #Quartiers_de_réfugiés du Pirée – de l’émergence à la mise en valeur de la mémoire historique », dont l’objectif est d’étudier l’ensemble des #quartiers de réfugiés qui se sont développés dans l’agglomération piréote après 1922, s’est achevé il y a quelques mois. A cette occasion, nous en présenterons ici brièvement les constatations en matière sociale et urbanistique.

    L’installation urbaine des réfugiés dans l’agglomération du Pirée a constitué un processus graduel qui à ce jour n’a toujours pas fait l’objet d’une analyse détaillée. Ce programme de recherche a tenté d’analyser cette installation en exploitant des documents historiques, des archives non classées, des journaux d’époque mais également des témoignages oraux. D’autre part, un grand nombre de plans topographiques et de fragments de cartes ont été rassemblés par les différents services et structures investies dans cette étude, et qui, après numérisation et harmonisation, ont été positionnés sur un même fonds cartographique. Ceci a rendu possible une lecture et une compréhension plus approfondie de la géographie urbaine de l’installation des réfugiés.

    Tout ce que nous venons d’évoquer a permis d’élaborer une nouvelle narration de l’histoire de l’installation des réfugiés au Pirée, ainsi que de l’identification et de la mise en valeur de lieux d’un intérêt particulier d’un point de vue urbanistique et historique. Les éléments rassemblés suite à un plus ample traitement et à un examen approfondi du processus d’évolution résidentielle, serviront de base à la création de l’atlas des réfugiés de l’agglomération piréote.


    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/atlas-social-et-spatial-du-piree-des-refugies
    #histoire #réfugiés #Athènes #Grèce #géographie_urbaine #urbanisme #mémoire #cartographie

  • #Koukaki à travers le regard de sept de ses habitants : Un lieu de résidence et de passage

    Koukaki s’étend de la rue Dionysiou Areopagitou à la place Koundourioti (« aire de jeux ») et de la lisière du mont Philopappos à l’avenue Syggrou (Carte 1). Il s’agit d’une zone chargée d’une longue histoire, et, au cours des décennies récentes, d’importantes mutations : la piétonisation de deux rues centrales, puis l’arrivée de deux stations de métro, l’ouverture du nouveau Musée de l’Acropole, et plus récemment, l’apparition du phénomène Airbnb et l’intensification des activités de loisir. Ces évolutions sont ici abordées à travers le regard de sept habitants du quartier, ayant chacun un parcours, une expérience et une perception différente du quartier et de ses transformations.


    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/koukaki-un-lieu-de-residence-et-de-passage
    #Athènes #géographie_urbaine #urbanisme

  • « L’urbanisme moderne prive les enfants de ce fabuleux terrain de jeux qu’est la rue » | Margaux Wartelle
    http://cqfd-journal.org/L-urbanisme-moderne-prive-les

    Trois ou quatre agrès posés là, des sols qui amortissent les chutes, un peu de couleur pour égayer l’ensemble et des barrières pour contenir le tout. En ville, les aires de jeux n’envoient pas franchement du rêve. Ces rares espaces bien délimités sont davantage construits pour rassurer les parents qu’amuser les enfants. Thierry Paquot, philosophe, a entre autres, coordonné « La Ville récréative – Enfants joueurs et écoles buissonnières ». En mobilisant l’histoire, il réfléchit à une ville faite pour et avec eux. Entretien. Source : CQFD

  • « Lire la ville » de Chantal Deckmyn
    https://topophile.net/savoir/lire-la-ville-de-chantal-deckmyn

    Ce livre vient à son heure, alors que la question du vivre ensemble se pose avec acuité du fait des multiples fractionnements de la société française pour des raisons économiques, sociales, et politiques, aggravées par les inégalités existantes face à l’accès à un habitat décent pour tous qui en sont la conséquence. La ville, qu’on... Voir l’article

    • Lire la ville. Manuel pour une hospitalité de l’espace public

      Ce livre est un #manifeste pour la ville. Ce n’est ni un pamphlet ni une critique amère ou nostalgique de notre réalité. C’est un #manuel pratique qui s’adosse à une pensée et à une #éthique de la ville, qui part de l’existant et tente de le saisir. L’ouvrage croise les dimensions spatiales et sociales de la ville. Il ne cherche pas à convaincre. Il expose, pas à pas, le bénéfice que représenterait pour tous, individuellement et collectivement, un #espace_public civil, favorisant la #citoyenneté, l’#égalité et la #solidarité. L’ouvrage, composé de 19 entrées thématiques (bancs, sols, gares, sûreté urbaine…), propose un choix de #préconisations qui, sans prétendre à l’exhaustivité ni à la perfection, tendent vers une éthique des interventions dans la ville.
      Chaque entrée, éclairée par les enjeux anthropologiques et politiques de l’espace public, comporte des #recommandations, explore des aspects pratiques, évoque quelques-unes de ses dimensions sémantiques, historiques ou artistiques. Des exemples, des contre-exemples, des illustrations, une marche à suivre permettent de penser les différentes problématiques en regard de cas concrets. L’ouvrage intéressera tout un chacun, des élus et des aménageurs aux amoureux de la #poétique_urbaine.

      https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Lire_la_ville-9782373680492.html

      #Chantal_Deckmyn #livre #géographie_urbaine #urbanisme #urban_matter

  • A l’horizon des migrations

    Bienvenue dans cette nouvelle édition de "Nos géographies". Dès demain, vendredi 2 octobre, et jusqu’à dimanche, la géographie tient son Festival international à Saint-Dié-des-Vosges. France Culture en parle avec nos deux invités, #François_Gemenne et #Lucie_Bacon, qui discuteront migrations.

    Une édition certes un peu différente des précédentes éditions, sans doute dans sa forme, mais tout aussi riche et variée autour d’un thème fort, les climats. Nous vous avons proposé la semaine dernière, les regards croisés de géographes sur l’épidémie de Covid-19, tels qu’ils ont été rassemblés et seront présentés dans ces journées. Ce soir, nous partons à l’horizon des migrations. Nos deux invités, François Gemenne et Lucie Bacon, par des voies différentes et à bonne distance des discours politiques si souvent réducteurs, explorent la diversité des parcours de migrants en prêtant attention à leur complexité. Pour l’un, à la transformation des frontières sous l’effet de la mondialisation et du changement climatique, pour l’autre, aux stratégies mises en place par les femmes et les hommes engagés sur une route semée d’obstacles, en rappelant aussi des vérités parfaitement vérifiables et pourtant obstinément inaudibles.

    Lucie Bacon, doctorante en géographie Laboratoire Migrinter (CNRS), Poitiers et Laboratoire Telemme, université Aix-Marseille. Elle achève une thèse : « La fabrique du parcours migratoire : la « route des Balkans » au prisme de la parole des migrants », un travail de terrain au plus près des intéressés.

    François Gemenne, spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement, invité à Saint-Dié pour présenter son dernier livre au titre explicite : On a tous un ami noir. Pour en finir avec les polémiques stériles sur les migrations, (Fayard, 2020). Il a été directeur exécutif du programme de recherche interdisciplinaire « Politiques de la Terre » à Sciences Po (Médialab), et est par ailleurs chercheur qualifié du FNRS à l’Université de Liège (CEDEM).

    https://www.franceculture.fr/emissions/nos-geographies/a-lhorizon-des-migrations

    A partir de la minute 44’24 François Gemenne parle de #réfugiés_climatiques / #réfugiés_environnementaux

    #paradigme_de_l'immobilité #asile #migrations #réfugiés #frontières #im/mobilité #mobilité #idées_reçues #préjugés #frontières_ouvertes #fermeture_des_frontières #ouverture_des_frontières

    • On a tous un ami noir ; pour en finir avec les polémiques stériles sur les migrations

      Sans angélisme ni dogmatisme, ce livre apaisera le débat public sur le sujet de l’immigration, en l’éclairant de réflexions inédites : celles issues d’expériences étrangères, celles produites par la recherche et celles de l’auteur enfin, spécialiste de ces questions et lui-même étranger vivant en France depuis plus de douze ans. Pas une semaine ne s’écoule sans qu’éclate une nouvelle polémique sur les migrations : violences policières, voile dans l’espace public, discriminations, quotas, frontières... Les débats sur ces sujets sont devenus tendus, polarisés et passionnels, tandis que la parole raciste s’est libérée, relayée avec force par des activistes identitaires. Collectivement, on a accepté de penser les migrations à partir des questions posées par l’extrême-droite, en utilisant même son vocabulaire. Quant à nous, chercheurs, nous nous sommes souvent retrouvés réduits à devoir débusquer rumeurs et mensonges, qu’il s’agisse de dénoncer le mythe de l’appel d’air ou du grand remplacement. Nos sociétés resteront malades de ces questions tant qu’elles continueront à les envisager sous l’unique prisme des idéologies. C’est toute l’ambition de ce livre : montrer qu’il est possible de penser ces sujets de manière rationnelle et apaisée, en les éclairant de réflexions et de faits qui sont bien trop souvent absents des débats. En montrant, par exemple, que les passeurs sont les premiers bénéficiaires de la fermeture des frontières. Ou que la migration représente un investissement considérable pour ceux qui partent, alors qu’ils se retrouvent souvent décrits comme la « misère du monde ». Les questions d’identité collective doivent être des enjeux qui nous rassemblent, plutôt que des clivages qui nous opposent. À condition de reconnaître et d’affronter les problèmes structurels de racisme dans nos sociétés. Après tout, on a tous un ami noir.

      https://www.librairie-sciencespo.fr/livre/9782213712772-on-a-tous-un-ami-noir-pour-en-finir-avec-les-pole

      #livre #On_a_tous_un_ami_noir

  • Pourquoi personne ne sait à quoi servent les géographes (et la géographie) ?

    https://www.20minutes.fr/arts-stars/medias/2875859-20201002-pourquoi-personne-sait-quoi-servent-geographes-geographie

    Un article un peu bizarre, un peu trop Caliméro à mon goût, et des positions qui me mettent mal à l’aise. En tant que je géographe, je ne m reconnais pas trop dans ce portrait que je trouve un peu faible et léger.

    Les géographes ont rendez-vous, ce week-end, à Saint-Dié-des-Vosges. Ce n’est pas la Riviera mais c’est là qu’a lieu, chaque année, le Festival International de Géographie. Cette année, les géographes soucieux de l’exposition médiatique de leur discipline ont une raison de se réjouir. France Culture a lancé, en septembre, une émission hebdomadaire consacrée à la géographie. Il était temps… « On a constaté, avec la directrice de France Culture, Sandrine Treiner, que sur notre chaîne, comme sur beaucoup de médias d’ailleurs, la géographie n’était pas tellement traitée comme discipline, explique Dominique Rousset qui anime et produit l’émission Nos géographies. Cette discipline méritait une place à part entière comme l’histoire et la philosophie. »

    #géographie #fig

  • Une place à soi

    – Madame… on a besoin de votre aide.

    Cela a commencé comme ça. Un petit groupe de six filles, à la fin d’un cours. J’ai mon sac prêt pour aller remplir ma bouteille d’eau et chercher un café, dans les dix minutes de récréation qu’il reste. Je leur dis avec un sourire que, s’il s’agit d’astuces pour leur devoir de physique-chimie, c’est pas gagné mais que je ferai mon maximum. Elles sourient. Trois autres filles, déjà parties dans le couloir, reviennent dans la salle.

    L’une d’elle regarde ses camarades et commence à m’expliquer en choisissant bien ses mots. Depuis plusieurs semaines, certaines d’entre elles subissent des « remarques ». Des « moqueries ». Des « blagues ». J’écoute, hoche la tête. Vous avez vu comme cela va vite ? Elles ont 14 ans au mieux et elles ont déjà si bien intégré comment, dans le langage, édulcorer la réalité. Car ceux qui ont subi « blagues », « moqueries » et « remarques » savent de quelle réalité ces mots sont lourds.

    Mais l’élève porte-parole tourne autour du pot : je lui dit que j’ai besoin d’exemples concrets pour comprendre ce dont il s’agit, ce qui se joue ici, et surtout clarifier ce qu’elles ne savent pas ou n’osent pas, plutôt, nommer. Elles dansent d’un pied sur l’autre, hésitent, l’une d’entre elles réajuste son sac sur l’épaule et se tournant vers la porte esquisse un « Nan mais c’est rien Madame, et puis vous n’avez pas le temps ».

    Je pose mon sac et ma bouteille.

    Je pose mes clefs de salle.

    Je pose ma voix.

    – J’ai tout mon temps. Et vous aussi.

    Alors, une des élèves me tend son téléphone : les captures d’écran de conversation sur une plateforme de chat, et me dit « Et encore, là, c’est rien. Remontez… ». « Là, c’est rien » : rien que ces mots, cette manière de minimiser ce qu’elle pense être suffisamment problématique pour en parler à une prof, est un indice : elle a déjà accepté que dans sa vie, elle devrait passer outre les micro-agressions, les accepter comme incontournables et les faire passer d’un geste de la main. Parce que « dans la vie, il faut avancer » et qu’« il y a des choses plus graves ». Nier les blessures, les contourner, les cloisonner, cliver. Tout simplement. Elles savent déjà faire.

    Je lis les phrases échangées entre plusieurs garçons et filles de la classe. Les répliques de ces dernières ne laissent aucun doute : « Mais oh comment tu parles ! », « Tu te crois où ? », « Mais on parle pas du physique des gens, ça va pas ? », et autres « Tu lui parles pas comme ça ! » et « Non je ne crois pas que c’était une blague ! ».

    – J’admire votre solidarité.

    Ancrer le collectif. Car il est ô combien nécessaire, et encore plus à 14 ans.

    La conversation navigue entre cours, devoirs, clips musicaux et blagues. Celles-ci émanent de tous, mais les blagues proférées par les garçons reviennent toujours aux capacités supposées des filles et à leur physique, cela n’y coupe pas. On sent une mélodie bien connue, un automatisme. Et les filles réagissent à chaque fois, la destinatrice puis les autres accourues à son secours, car les « remarques pour rire » d’un garçon sont appuyées par les « Haha ! » des autres venus confirmer le propos, et surtout, surtout, face aux réactions outrées des filles, pour minimiser le contenu et son impact. Edulcorer donc, voire se moquer de la réaction outrée. Toute cette mécanique bien huilée de la vanne balancée « comme ça », de la bande de copains qui rapplique quand la vanne va un peu trop loin avec comme mission plus ou moins inconsciente de minimiser l’insulte et de faire passer les filles légitimement en colère et demandant des excuses pour des pisse-froid. En un mot : des hystériques [j’emploie évidemment ce mot lourdement connoté à dessein].

    Je lis des « blagues » dirigées vers l’une ou l’autre, mentionnant leurs formes, seins et fesses, devenues objets dont on peut deviser publiquement, et reliées à leur intelligence et à leur réussite. J’écoute aussi les cours où les filles refusent d’aller au tableau parce que ce simple déplacement expose, EXPOSE !, le corps au regard du groupe de garçons gouailleurs de la classe qui en feront des gorges chaudes ensuite.

    Je réfléchis.

    Des ados. Des ados qui jouent aux petits mecs, des ados que j’affectionne et dont je sais qu’un par un ils seraient les premiers à dire que, tout ça, « ça ne se fait pas ». Il n’en reste pas moins que le nombre les a fait se sentir suffisamment en sécurité pour instaurer cette domination, palpable dans la crainte, la peur, évoquée par les filles. Peur qui se traduit par le coup de grâce final : « Non, mais on ne va quand même pas en parler au principal… Nan mais c’est pas si grave, on va s’en sortir, et puis… il y aurait des conséquences ! ».

    Elles ont 14 ans et on en est déjà là.

    Impressionnant, n’est-ce pas ?

    Alors je leur explique ce qui va se passer, parce que désormais ma responsabilité est engagée : alerter la direction de l’établissement qui réagira je le sais, le professeur principal et l’équipe. Et ça, ce n’est pas négociable. Mais aussi les informer, leur transmettre des astuces et des techniques pour recadrer rapidement ce type de situations et se protéger : je n’y suis pas du tout formée, j’ai seulement lu, écouté et vécu et en gros, j’y vais au feeling. Comme d’habitude dans ce métier.

    Leur apprendre à conserver des traces, et à en laisser en mettant les garants du respect du règlement, du droit, de la loi face à leur responsabilité et en leur demandant des comptes. Leur apprendre à ne transiger sur rien et les renforcer dans le sentiment d’être dans leur droit. Ne pas s’investir d’un sentiment de culpabilité inopportun et désigner clairement les responsables sans sourciller : « Il l’a dit ? il l’a écrit ? Il est assez grand pour formuler ça, c’est donc qu’il est assez grand pour en assumer les conséquences ».

    Je les laisse parler entre elles. Je les laisse éprouver leur solidarité et leur complémentarité, je les laisse apprendre à se protéger les unes les autres.

    Pendant ce temps, je regarde ma salle.

    Moi, à mon échelle, qu’est-ce que ce que je peux faire concrètement ? Ce sont des élèves que je connais bien, et je sais que le discours moralisateur sera un blabla de plus sans impact. Quels leviers infimes puis-je faire fonctionner pour que, au moins dans mes cours, un équilibre soit rétabli, que la domination et le sentiment d’impunité à l’exercer disparaissent… qu’est-ce que je peux pirater dans nos habitudes pour que…

    Les chaises, les tables, les murs, je revois un cours se dérouler et…

    J’ai dit aux filles de sortir et que dès le lendemain, j’allais modifier quelques petites choses. Minimes. Des détails. Sans en dire plus, je leur ai seulement demandé d’observer attentivement.

    J’ai commencé ce fameux cours par déplacer, comme je le fais régulièrement pour les travaux de groupes ou l’équilibre de la classe, des élèves. Telle fille par là, tel garçon par ici. Je fais surtout bien en sorte de ne rien laisser paraître de mon intention. Durant l’année, le plan de classe a évolué : totalement libre au début, je le recompose au gré de la participation, des bavardages ou des explosions. Et avec cette classe, au fur et à mesure des mois, une configuration qui désormais me saute aux yeux s’était mise en place involontairement : toutes les places périphériques sont occupées par les garçons, sur les côtés et au fond de la classe, c’est-à-dire avec un mur qui rassure et permet une assise stable. Les filles, elles, sont au centre : sans assise, sans appui, exposées de toutes part. Sous le regard de. Et ça, il en va de ma responsabilité : voir la classe comme un agrégat de personnes aux compétences variées, aux degrés de bavardage divers, et comme un système de dominations possibles. Au final, en peu de changements, j’arrive à un plan de classe tout à fait inédit : les filles en périphérie, encadrant les garçons assis au centre.

    Le cours commence et avec lui, je m’impose une nouvelle technique de calcul mental : 2 = 1. C’est une classe dont, dès le début de l’année, j’avais perçu qu’il me faudrait être attentive aux rapports de forces car composée aux deux tiers de garçons, et donc nécessairement le déficit de filles crée un déséquilibre à un âge de différenciation forte. Les garçons de cette classe sont dynamiques, prennent la parole sans attendre qu’on la leur donne, assez souvent à bon escient ; les filles, excellentes pour la plupart, ont une posture très scolaire parce qu’elles jouent parfaitement le jeu des codes scolaires et sociaux. Elles attendent d’obtenir la parole, elles se laissent couper la parole, elles se rebiffent peu.

    Donc, comme elles composent un tiers de classe, temporairement l’intervention d’un garçon impliquera deux interventions de filles. Sans le dire, et sans céder. Mains levées ou pas, chaque intervention compte et je persiste en relançant les filles : « Une idée ? », « Tu peux continuer sur la proposition de ta camarade ? ». Et elles s’en donnent à cœur joie, et tous profite des analyses pertinentes souvent dites à voix fluette.

    A la fin de ce cours, une atmosphère étrange flottait dans la classe. Les garçons à l’habitude exubérants, continuant de bavarder bien après la sonnerie en petit groupe au fond de ma salle, sont gênés. L’inconfort est palpable : il s’est passé un truc mais ils ne savent pas quoi. Les filles, elles, se regardent les unes les autres. Trois d’entre elles ont un large sourire.

    Elles ont compris. Elles n’ont pas besoin de dominer.

    Elles sont puissantes.

    Une semaine plus tard, au détour d’un chapitre, j’ai diffusé une vidéo sur le harcèlement de rue. Les garçons étaient scandalisés et dénonçaient les réflexions faites aux femmes dans la rue, sur leur morphologie, leurs vêtements, leur sexualité supposée. Ils étaient réellement sincères, mais à quel point se conformaient-ils au discours qu’ils savent attendu à l’école, à quel point avaient-ils compris comme on peut, facilement, basculer dans l’esprit de meute ? A une de leur question, savoir si on le vivait toutes, je leur ai raconté qu’à partir de leur âge, aller au tableau avait impliqué de me lever en tirant mon T-shirt le plus bas possible sur des jeans larges pour que mes formes soient imperceptibles. Que j’avais tellement bien intégré les réflexions sur les autres filles et sur moi que j’avais exclu vêtements moulants et robes. Qu’il m’avait fallu 20 ans pour m’en remettre et oser en porter, parce que désormais capable de faire front face à un mec dont les jambes écartées prennent deux places dans le métro, ou un autre qui ne change pas de trajectoire sur un trottoir parce que l’espace public est masculin. Eux qui me voyaient chaque jour en robe, dont un regard contient plus (je crois) d’autorité qu’une grande gueulante, ont ouvert de grands yeux.

    Ce groupe d’ados grandira et progresser sans aucun doute possible, chacun à son rythme. Je ne les fragiliserai pas en leur faisant subir une autre domination, mais je contribuerai à déstabiliser toutes ces certitudes qui s’installent si rapidement dans une classe : la certitude qu’avoir « de bonnes notes » c’est être « meilleur », la certitude qui, parce que l’on a un pénis, enjoint de croire que tout est dû et acceptable, la certitude qu’un système qui vous fait intégrer que vous êtes vulnérable parce que femme est légitime et ne peut être piraté.

    Et ces filles ? Elles ont fait du bruit. Elles ont pris de la place. Elles ont parlé fort et elles ont coupé la parole, elles ont fait des captures d’écran, elles sont montées au créneau, elles ont osé parler aux adultes et demandé de l’aide. Elles ont fait ce pas, gigantesque, à recommencer chaque fois et toujours aussi gigantesque, de surseoir au sentiment de honte, au sentiment de culpabilité et d’EXPOSER le problème et son auteur.

    Il faut beaucoup de courage pour cela.

    Elles sont admirables.

    http://www.chouyosworld.com/2020/07/23/une-place-a-soi

    #responsabilité #harcèlement #corps #école #filles #femmes #moqueries #mots #domination #impunité #configuration_de_la_classe #agencement #plan_de_classe #centre #périphérie #géographie #tour_de_parole #classe #déstabilisation #espace #honte #silence #culpabilité #éducation #sexisme #spatialité

    La partie sur l’#agencement de la classe :

    J’ai commencé ce fameux cours par déplacer, comme je le fais régulièrement pour les travaux de groupes ou l’équilibre de la classe, des élèves. Telle fille par là, tel garçon par ici. Je fais surtout bien en sorte de ne rien laisser paraître de mon intention. Durant l’année, le plan de classe a évolué : totalement libre au début, je le recompose au gré de la participation, des bavardages ou des explosions. Et avec cette classe, au fur et à mesure des mois, une configuration qui désormais me saute aux yeux s’était mise en place involontairement : toutes les places périphériques sont occupées par les garçons, sur les côtés et au fond de la classe, c’est-à-dire avec un mur qui rassure et permet une assise stable. Les filles, elles, sont au centre : sans assise, sans appui, exposées de toutes part. Sous le regard de. Et ça, il en va de ma responsabilité : voir la classe comme un agrégat de personnes aux compétences variées, aux degrés de bavardage divers, et comme un système de dominations possibles. Au final, en peu de changements, j’arrive à un plan de classe tout à fait inédit : les filles en périphérie, encadrant les garçons assis au centre.

    Ce billet a déjà été signalé sur seenthis, je le remets ici (car 3 fois vaut mieux que 2) et aussi parce que j’y ai ajouté des tags...
    https://seenthis.net/messages/872907
    https://seenthis.net/messages/868847

    ping @isskein

  • Digital Contact Tracing is The New “Smart” Frontier of Urban Surveillance

    As one of the most widely touted solutions for the coronavirus era, digital contact tracing has prompted intense praise and pushback alike, leading critics to warn of an impending “surveillance state”. But this surveillance state is already here.

    The ongoing pandemic, coupled with economic chaos and a conflagration of demonstrations, has produced a condition in which everything seems to be going impossibly fast while standing perfectly still. Yes, the pandemic is still on, a fact that seems to be rapidly becoming a cudgel, even as police forces across the United States attempt to break the back of protests in cities across the country. Any hope of a concerted governmental response to coronavirus in the United States has exploded, even as the number of confirmed cases surges well past the two million mark. For some, however, there are glimmers of promise in a technological fix succeeding where medical and public health approaches have thus far failed. These fixes fall into three general categories — digital contact tracing, symptom tracking apps and immunity certification. Of these three, digital contact tracing has been the most widely touted as a silver-bullet palliative impeded only by the success of getting people in so-called “free countries” to live with it.

    Detractors of digital contact tracing slot it neatly into a familiar narrative which treats surveillance technology as a titanic force, locked in eternal battle with individual “liberty”. The ceaseless focus on the personal as the unit of surveillance cleverly shifts the rhetorical focus away from collective considerations. Spaces, and the masses which pass through them, are the subject of surveillance, and both are animated and given form by remaking the city, through the addition of sensorial capacities, into a data extraction machine. Surveillance is not interested in uncovering personal secrets, but in the ability to track movements in space en masse — like soldiers and enemy combatants in a theater of war — and then to turn that collective activity into decipherable patterns.

    Contact tracing (the non-digital version) has been the undisputed de-facto response to infectious disease outbreaks for years. It is the manual process of tracking and reducing possible cases of a disease by pairing tracers with infected individuals to build timelines of transmission and preemptively isolate those that may have come into contact with the infected. Contact tracing is a process, not a cure — and an extremely laborious one at that — but it has been proven effective in disparate locations and dealing with a variety of diseases. Contact tracing lives and dies by the number of tracers that can be brought to the field. Public health policy experts have recommended that the US have 300,000 contact tracers working full time, yet as of April 28th, it was estimated that under 8,000 tracers are currently working in the US.

    That’s where digital contact tracing comes in: it offers the illusion of a competent response to the pandemic, while simultaneously solving this labor problem by automating the entire discipline. Where originally building a model of transmission was the object, digital contact tracing instead obsesses over predicting the already infected to an acceptable degree of accuracy. If analog contact tracing is focused on the activity of community relationships, the digital version views space as a pure, empty topological field where networks are ignored in favor of adjacency, and individuals are reduced to geotagged points of data. Once rendered down in this way, data can then be sieved through algorithms to guess one’s infection status, with the hope of arresting transmission at its source. Automation only succeeds by mutating the original task of contact tracing beyond recognition.

    There are several proposals in play right now. Google and Apple are working on a “decentralized” system using Bluetooth signals from a user’s phone, with plans to eventually embed this functionality into their respective operating systems, used by three billion people globally. At the same time, the US Department of Health and Human Services has contracted with data analytics behemoth Palantir Technologies for a “centralized” contact tracing system using the company’s Gotham and Foundry data suites, organized under the umbrella of a program called “HHS Protect Now”. The Protect Now platform is designed to collate 187 datasets such as hospital capacities, geographic outbreak data, supply chain stress, and demographic info datasets into geospatial predictive models with the express goal of determining “when and where to re-open the economy”. Other notable, but tertiary, approaches include landing.ai’s AI tool to monitor social distancing in the workplace or the infrared camera system in place at Amazon warehouses, Whole Foods stores, and some factories owned by Tyson Chicken and Intel, both of which represent technologies which may easily be deployed at scale in public spaces.

    Google, Apple, Palantir, and the constellation of smaller tech companies poised to rake in enormous profits off pandemic platforms are not just in the right place at the right time to “offer their services”. Healthcare is an intensely lucrative line of work, and the tantalizing mirage of skyrocketing profit draws startups and giants alike, unconcerned with an admitted lack of healthcare knowledge. Both Google and Apple have been scratching at the door of healthcare for years, hoping to carve out a piece of what in 2018 in the US was a $3.6 trillion market. Palantir expects to hit $1 billion in revenue this year, built largely off the back of government contracts such as those it has with the HHS. Claims that this close working relationship constitutes an unprecedented merger of “Big Tech” and governmental bodies are inaccurate. To these corporations, coronavirus offers a perfect opportunity to establish a beachhead in public health — not in order to clear red tape or lend a helping hand, but to swallow up an untapped market. That they are not offering anything in the way of actual healthcare services (precisely as the miserable state of US healthcare continues to crater) is irrelevant. Digital contact tracing is not a health service, and does not replace or make efficient any existing public systems. It is merely another opportunity to realize profits. Corporations have no other impetus.

    Though a few dissenting voices do exist, the prevailing tone among even critical accounts amounts to a sort of slack-jawed wonder at the possibility of demiurgic powers creating a new, pandemic-oriented technological apparatus “overnight”. Proponents accompany this awe with admonitions that we all do our part and heroically donate our data to the collective cause. Criticism, where it appears, often appeals to “liberty” and fears that individual privacy will suffer too much under the massive contact tracing regime to come. But it is not, as the LA Times puts it, a question of “lay[ing] the foundation for a potentially massive digital contact-tracing infrastructure.” That infrastructure is already here, and has been for decades.

    Senator Ed Markey, who recently demanded transparency from facial recognition company Clearview AI to disclose partners who bought their software in response to coronavirus, sounded the noble-sounding warning that “we can’t let the need for COVID contact tracing be used as cover … to build shadowy surveillance networks.” But this is absurd. Clearview is not selling the promise of a future network to its clients — it is pushing a fully operational system, one which most recently has been deployed in Minneapolis to identify protesters. Speculation that digital contact tracing will spawn unprecedented surveillance practices a studied ignorance of the fact that these systems are already everywhere (and constitute a $45.5 billion market), the product of an decades-long and often hidden program of technological accumulation which we are at last beginning to see in their full and terrifying majesty. Many of these digital contact tracing infrastructures were originally developed for applications of counterterrorism, law enforcement, or corporate security, to name a few. These same systems are now being also sold as tools to detect isolated individuals and predict outbreaks, accompanied by a rebranding and the abandonment of military aestheticization and purpose for the adoption of a more compassionate posture. We are meant to understand that surveillance is no longer the god-cop but the god-doctor, when in reality it wears whatever mask necessary in order to expand its remit and collapse discrete theaters of operations into a single, vast datascape.

    There’s a tendency to treat these systems as if they’re as “ephemeral” as the data they generate, only occasionally given form in conspicuous cameras, “benign” Ring doorbells, or facilities like NSA’s TITANPOINTE ops center in Manhattan. The reality is that urban space in general is riven with sensorial capacities. Cities across the United States, large and small, already employ an arsenal of systems which fall under the umbrella of “urban analytics”. Marshalling users’ phones, a network of sensing products, or both, urban analytics services offer “smartness” in marketing materials, which usually translates into an increased capacity for enforcement on the ground. There are no shortage of “Video Surveillance as a Service” (VSaaS) options available for the forward-thinking city official, running the gamut from products which overhaul existing camera grids — as in Arxys Appliances’ “City-Wide Video Surveillance” system for McAllen, Texas — to new age “smart” systems like Numina’s test cases in Las Vegas’ “Innovation District“and the Brooklyn Greenway. The most public-facing and savvy of these systems adopt design principles intended to present as approachable apps, while others lie in technocratic, specialist repose, offering no-nonsense datasheets of raw info. Regardless, the intent is punitive first, and everything else a distant second. These systems studiously attempt to pass themselves off as apolitical, draping themselves in wonkish and forgettably pleasant rhetoric about “solutions”.

    What surveillance has always offered is the quality of feeling safe — “security theater” as a way of life — and coronavirus simply offers yet another valence of safety achieved through the addition of technology. This is the dream of “smart cities” realized: finally, sufficient technological investment is remade into a method by which to impose an impenetrable system of rational control onto the chaotic reality of everyday life without anyone noticing. Or, put another way, at the core of the smart city dream is the realization by those in power that urban warfare is easier to win not only by rushing the field with military hardware and legions of cop-soldiers, but also by preemptively modifying urban space itself so at all times it is a readymade battlefield, a universe of precision. It is not hard to see, nestled within overt presentations of luxury-predictive algorithms, that in the event of a crisis or emergency, that same ability to track, quantify, and adapt can quickly become the tip of the spear of military power. Every facet of life has been made quantifiable in order to make this all possible. The effect is not a “digital panopticon” (yawn), but something more akin to the Jesuit redução communities of colonial Portugal, in which streets were built elevated in order to allow the colonizers to look in through the windows of private residences. Fundamental is the extension and diffusion of power, until it becomes easy to ignore because it’s just the “way things are”. But as dull and avoidable as it is, the violence it wields is effortless and capricious; targeted individuals and malign behaviors can be identified and dealt with with callous ease. The effect is, in many ways, a permanent occupation — by a force with not only overwhelming firepower, but which selects the terms and environment of engagement.

    This is by no means a new development, as breathless commentators on the age of “surveillance capitalism” repeatedly attest. The first factories were spaces under surveillance, as were colonial holdings, and the tactic was absolutely essential in maintaining slavery at every stage, from ship’s hold to plantation. Dilating on surveillance in its present form presents it as a temporary aberration which has thrown us off the historical path to freedom, when in reality, it is a well-practiced tactic that has simply reached a new stage of development.

    The metabolism of surveillance historically similar to that of war: in the interest of protecting property, innovation is achieved through the use of technical artifice to turn money into as much firepower as possible. The timescale for innovation is historical; as Amazon’s one-year moratorium on facial recognition technology attests, it can afford to wait, knowing the game is rigged in favor of its passive accumulation of force. Peace of mind has always been a commodity, whether you’re hiring Pinkertons or installing biometric sensors at the door to your apartment complex. Spatial surveillance perfectly unites technological development with authority, locking the two into a complementary union.

    Look to security company Cellebrite, which is plugging its hacking software, usually used by police to gain access to locked iPhones and extract location data, as a method of limiting the movement of coronavirus infected individuals; the Israeli counterterrorism unit Shin Bet has turned its data registries over to tracking coronavirus cases; and the same data suites Palantir has sold to the HHS are (famously) also in use by Immigration and Customs Enforcement. Likewise, landing.ai and Amazon’s infrared cameras are secondarily technologies to enforce social distancing and primarily workplace surveillance suites, but are being developed with an eye on integration in public space, as landing.ai’s recent demo shows. Critiques warning that digital contact tracing threatens to “turn the US into a surveillance state” are saying far too little, far too late. Nearly every state is already a surveillance state — coronavirus merely adds a mandate and a smattering of new terminology. Even the phrase “contact tracing”, a newcomer in the public lexicon, has already seen itself pressed into service as a method of identifying and tracking protesters, used by none other than the DEA.

    So what of all of us, trapped in this diabolical, all-seeing machine? Even now, as the pandemic exploits the weaknesses of states and institutions, and before new political structures (designed to help some live with a coronavirus which never ends) coalesce fully around existing technological ones, hope in “restarting” has slowly resigned itself to an incremental approach or else none at all. Surveillance — or, to be more abstract, technology in general — has, in the messianic way traditional of Silicon Valley, been offered as a readymade fix to a problem. In actuality, all that has been achieved is the spectacle of disease control. Focusing on contact tracing sidesteps the brutal fact that confirmed infection is not the end, but the beginning of a torturous journey through a failing healthcare system — and even the possibility of testing is a privilege which can be wrested away. At the end of the day, technological contrivances are proposed in order to put a bandaid on a bullet wound. But technological artifacts never cured anyone on their own, and the crusade of smart city logic into the public health sphere is at best a pharmakon: a disastrous cure.

    Digital contact tracing will not change the fact that the road to the “post-corona” promised land will be paved in bodies. If these sacrifices have any value at all, it is only as an offering to the capitalist Moloch — that is, only because they let the rest of us eke our way along, day after day, drawing nearer to the moment when it is demanded we exit quarantine and are made to return to whatever work remains in a world suffering from what Mike Davis has called “the arrival of something worse than barbarism.”

    https://failedarchitecture.com/digital-contact-tracing-is-the-new-smart-frontier-of-urban-surve
    #surveillance #surveillance_urbaine #villes #urban_matter #géographie_urbaine #coronavirus #covid-19

    ping @reka @etraces

  • La #géographie est-elle une discipline de combat ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/affaire-en-cours/affaires-en-cours-du-mercredi-16-septembre-2020

    A l’occasion de la parution de la collection « Les pionniers de l’écologie » (Editions Le Pommier), dont un ouvrage d’Elisée #Reclus, nous revenons sur les liens entre anarchisme et géographie qu’incarnait ce penseur, avec le géographe libertaire Philippe Pelletier.

  • Paul Wamo Taneisi : “Je porterai moi-même ma carte géographique” | Africultures

    http://africultures.com/paul-wamo-taneisi-je-porterais-moi-meme-ma-carte-geographique

    Jolie expression...

    Poète, interprète, slameur, Paul Wamo Taneisi est l’auteur de deux recueils de poésie et de plusieurs spectacles. Depuis Tahiti, il pose plusieurs réflexions sur son rapport à sa terre natale, la Kanaky, et à la France hexagonale. Démarche de création, représentations, histoire, mémoire, qu’est-ce qu’être Noir de France, quels liens tisser entre la Kanaky et les luttes africaines sont quelques-uns des sujets abordés dans cette interview rythmée par des poèmes de l’artiste. Propos recueillis par Anne Bocandé dans le cadre du projet « Nouvelles cartographies- Lettres du Tout-Monde » dont la mise en scénographie est présentée ce vendredi 18 septembre à La Condition Publique à Roubaix.

    #poésie #chanson #géographie #cartoexperiment

  • La géographie est-elle une discipline de combat ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/affaire-en-cours/affaires-en-cours-du-mercredi-16-septembre-2020


    https://www.editions-lepommier.fr/voyage-la-sierra-nevada-de-sainte-marthe

    L’anarchisme en tant que tel, est réellement élaboré en tant que doctrine au cours des années 1880, à partir de la Première Internationale et après la mort du philosophe russe qui inspira cette pensée, Bakounine. Ce corps de doctrine a été constitué largement de géographes, parmi lesquels Elisée Reclus.
    Derrière l’idée du rapport philosophique entre #géographie et #anarchisme, il y a deux éléments :
    Le premier est que la géographie n’est pas une philosophie de l’histoire et que l’anarchisme, par essence, ne donne pas de sens à l’histoire.
    Le deuxième est que la géographie est un moyen d’étudier les milieux et les ressources pour pouvoir faire régner la justice sociale.
    #Philippe_Pelletier

    #Élisée_Reclus #livre

  • Carnaval des Rues Communiqué
    https://barrikade.info/article/3845

    Manifestation festive pour le droit à la ville à Berne lourdement réprimée par la police.

    Carnaval des Rues Communiqué
    Recht auf Stadt
    Freiräume - Wohnungsnot
    13.09. 2020

    Heute Nacht, am 12.9. auf den 13.9.2020 sollten die Strassen und Quartiere von Bern Zeug*in eines unvergesslichen Anlasses werden . Ein lautes Fest, eine hörbare Stimme für Veränderung in schweizer Städten. Wir haben die Stadtenwicklung und ihre diskriminierende Verdrängung satt. Gemeinsam sollte der Kreativität und der Träumerei freien lauf gelassen werden. Der Carnaval des Rues will uns allen zeigen, dass es auch anders geht!

    #villes #sons #urban_matter #géographie_urbaine #bruits

  • La musique et la ville
    https://topophile.net/savoir/la-musique-et-la-ville

    Critique de la vie quotidienne et de l’urbanisation, célèbre avocat du droit à la ville, le philosophe Henri Lefebvre (1901-1991) était aussi un grand amateur de musique, aussi intarissable sur l’œuvre musicale de Jean-Jacques Rousseau et de Jean-Jacques Rameau que sur la chanson populaire, le rock, le jazz ou la musique dite contemporaine. Dans un... Voir l’article

  • Libérez l’« Ocean Viking » et les autres navires humanitaires

    Les maires de #Montpellier et de #Palerme lancent un #appel pour que le navire de #SOS_Méditerranée détenu en Sicile soit libéré, et que les opérations en Méditerranée centrale puissent reprendre.

    Nous, maires des #villes_méditerranéennes jumelées de Montpellier et Palerme, confrontés à la #crise_humanitaire majeure qui a transformé la #mer_Méditerranée en cimetière ces dernières années, sommes indignés par la #détention_administrative du navire humanitaire #Ocean Viking de SOS Méditerranée depuis le 22 juillet en Sicile.

    Cette détention vient s’ajouter à celle de trois autres #navires_humanitaires depuis le mois d’avril. A chaque fois les autorités maritimes italiennes invoquent des « #irrégularités_techniques_et_opérationnelles » et de prétendus motifs de #sécurité à bord des navires. Pourtant, malgré le harcèlement exercé à l’encontre de leurs navires, ces #ONG de sauvetage en mer opèrent depuis plusieurs années en toute transparence et en coordination avec les autorités maritimes compétentes qui les soumettent très régulièrement au contrôle des autorités portuaires.

    Ces dernières années, les ONG civiles de sauvetage en mer ont secouru des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en danger de mort imminente, comblant un #vide mortel laissé par les Etats européens en Méditerranée.

    Alors que les sauveteurs sont empêchés de mener leur mission vitale de sauvetage, de nouveaux naufrages, de nouveaux morts sont à prévoir aux portes de l’Europe.

    Est-ce là le prix à payer pour l’#irresponsabilité et la #défaillance des Etats européens ? En tant que #maires, #citoyens méditerranéens et européens, nous le refusons et dénonçons ces politiques délétères !

    Nous demandons la levée immédiate des mesures de détention qui touchent l’Ocean Viking et tous les navires de sauvetage, pour une reprise immédiate des opérations en Méditerranée centrale !

    Nous appelons tous les citoyens à signer la pétition demandant aux autorités maritimes italiennes la libération du navire.

    https://www.liberation.fr/debats/2020/08/28/liberez-l-ocean-viking-et-les-autres-navires-humanitaires_1797888

    #asile #migrations #réfugiés #villes-refuge #Méditerranée #sauvetage #indignation #Michael_Delafosse #Leoluca_Orlando #géographie_du_vide #géographie_du_plein

    –—

    Ajouté à la métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145

  • Les travaux de Guy Di Méo ont contribué à ancrer la géographie française dans la théorie et à la relier à d’autres disciplines (économie, sociologie, anthropologie...) #Université #SHS #géographie #territoires

    https://sms.hypotheses.org/25460

    Guy Di Méo, géographe, bâtisseur de théories et de laboratoires

    Selon la Société de Géographie, Guy Di Méo est une « figure centrale de la géographie française contemporaine » (2017). La réputation de ce spécialiste de la géographie sociale s’est essentiellement construite à partir des années 1990. Ses ouvrages théoriques et ses articles publiés dans des revues de géographie en France et à l’étranger ont contribué, avec les travaux d’autres géographes, à ancrer la discipline dans la théorie et à la relier à la philosophie, l’anthropologie, la sociologie et l’économie.

    Auparavant, la géographie était fortement caractérisée comme une praxis. À ce titre, du moins pour les autres sciences sociales, elle était suspecte d’empirisme. Du côté des géographes, elle était encore souvent appréhendée comme une science de synthèse, comme un ensemble de discours pouvant masquer un double tropisme : d’un côté, l’attraction des sciences de la nature (la géologie, l’écologie…), de l’autre celle des sciences sociales (l’économie et la sociologie principalement). Quant au concept de « territoire », aujourd’hui incontournable en géographie, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il était peu usité, toutes disciplines confondues, dans les années 1980. Guy Di Méo contribuera à en faire un concept central qui s’exportera au-delà de la géographie et du monde académique.

    Par ailleurs, en revendiquant son appartenance à la géographie sociale, branche de la géographie apparue dans les années 1960-1980, il a contribué à légitimer la dimension humaniste qui caractérise pour partie ce champ ; au point qu’aujourd’hui la géographie sociale peut apparaître comme une bannière derrière laquelle se placent nombre de géographes (...)

  • Lo spot anti frontalieri. Lo spot dell’Udc svizzera contro la libera circolazione

    Voici le texte, en italien:

    Vedo una natura bella e incontaminata.
    Vedo montagne grandi e imponenti.
    Abbiamo fiumi con acque trasparenti.
    La mia mamma mi dice sempre che viviamo nel Paese più bello del mondo.
    Lo so, dobbiamo proteggere il nostro paesaggio.
    Siamo liberi e non conosciamo guerre.
    Possiamo dire apertamente ciò che pensiamo.
    Io vado a scuola e stiamo ancora abbastanza bene.
    Il mio papà mi dice sempre che la nostra cultura è molto importante. Dobbiamo difenderla e promuoverla.
    Siamo un piccolo paese per il quale il nonno ha lavorato duramente.
    Quando sarò grande mi impegnerò anch’io come lui.
    Da sempre dobbiamo fare attenzione. Molta gente crede di poter approfittare del nostro Paese.
    Sempre più persnoe vogliono venire in Svizzera. E ciò, anche se non c’è posto per tutti.
    C’è sempre più gente sulle strade. Ci sono code e tante auto ovunque.
    Il papà ha da poco perso il suo lavoro.
    Giocare davanti a casa nel quartiere è diventato meno sicuro.
    Nella mia classe, ormai solo Sara e Giorgio sono svizzeri.
    Ogni giorno la televisione parla di ladri e criminali. E ho paura quando in inverno torno da sola da scuola.
    Dappertutto ci sono uomini che gironzolano in strada e alla stazione invece che lavorare.
    Il tram è sempre pieno e non posso mai sedermi.
    Non stiamo esagerando? Perché lasciamo andare così il nostro paese?
    E’ il momento di dire basta!
    Avete la responsabilità del nostro futuro e di quello della Svizzera.
    Per favore, pensate a noi.

    https://www.laprovinciadicomo.it/videos/video/lo-spot-anti-frontalieri_1047819_44
    #anti-migrants #UDC #Suisse #vidéo #campagne #libre_circulation #frontières #fermeture_des_frontières #migrations #extrême_droite #nationalisme #identité #paysage #géographie_culturelle #liberté #chômage #criminalité #stéréotypes #sécurité #trafic #responsabilité

    #vidéo publiée dans le cadre de la campagne de #votation «#oui_à_une_immigration_modérée»:


    https://www.udc.ch/campagnes/apercu/initiative-populaire-pour-une-immigration-moderee-initiative-de-limitation
    #initiative

    Site web de la campagne:


    https://www.initiative-de-limitation.ch

    #votations

    via @albertocampiphoto et @wizo

    ping @cede

    • A lire sur le site web de l’UDC...

      Iniziativa per la limitazione: chi si batte per il clima dovrebbe votare SI

      Chi si batte per il clima dovrebbe votare SI all’iniziativa per la limitazione. Sembra un paradosso, ma in realtà non è così: è in realtà una scelta molto logica e sensata. Vediamone il motivo.

      Dall’introduzione della piena libertà di circolazione delle persone nel 2007, un numero netto di circa 75.000 persone è immigrato in Svizzera ogni anno, di cui 50.000 stranieri dell’UE. Ognuna di queste persone ha bisogno di un appartamento, un mezzo di trasporto, usa servizi statali e consuma acqua ed elettricità. Allo stesso tempo, la Svizzera dovrebbe ridurre le emissioni di CO2, smettere di costruire sui terreni coltivati e tenere sotto controllo i costi sanitari.

      Per dare abitazione al circa 1 milione di immigrati abbiamo dovuto costruire nuove abitazioni su un’area grande come 57.000 campi da calcio. Si tratta di 407 milioni di metri quadrati di natura che sono stati ricoperti di cemento. Questo include circa 454.000 nuovi appartamenti.

      Un milione di immigrati significa anche 543.000 auto in più e 789 autobus in più sulle strade e 9 miliardi di chilometri percorsi in più. Se la Svizzera dovesse raggiungere davvero entro il 2030 la popolazione di 10 milioni di abitanti, sarà necessario un ulteriore aumento della rete stradale, in quanto sempre più auto saranno in circolazione, emettendo anche ulteriore C02. L’ufficio federale dello sviluppo territoriale prevede infatti che il numero di automobili in circolazione nel 2040 aumenterà ancora del 26%.

      L’immigrazione incontrollata ha conseguenze anche sul consumo di energia. Con la Strategia energetica 2050, la Svizzera ha deciso che entro la fine del 2035 il consumo di energia pro-capite deve diminuire del 43% rispetto al 2020. Ciò per compensare l’elettricità prodotta dalle centrali nucleari, che devono essere chiuse per motivi politici. Tra l’anno di riferimento 2000 e il 2018, il consumo di energia pro-capite è diminuito del 18,8%, soprattutto a causa del progresso tecnico (motori a combustione efficienti, nuova tecnologia edilizia, lampade a LED, apparecchi a basso consumo, produzione interna di energia solare, ecc.) Nello stesso periodo, tuttavia, il consumo totale di energia in Svizzera è diminuito solo dell’1,9%. In altre parole, gli effetti di risparmio di ogni singolo svizzero sono quasi completamente assorbiti dalla crescita della popolazione a causa dell’immigrazione incontrollata

      Secondo l’accordo sul clima di Parigi, la Svizzera dovrebbe ridurre le emissioni di C02 del 50% entro il 2030. Quando la Svizzera siglò il trattato, nel 1990, aveva però 6,5 milioni di abitanti. Con la libera circolazione delle persone, nel 2030 in Svizzera vivranno 10 milioni di persone, che consumano, si spostano e producono CO2. Anche supponendo un graduale rinuncio alle automobili e una netta riduzione di emissioni nel settore industriale, con una popolazione così grande sarà impossibile per una Svizzera con oltre 10 milioni di abitanti di raggiungere l’obbiettivo previsto dell’accordo di Parigi.

      È pertanto necessario che la Svizzera torni a gestire in modo autonomo la propria immigrazione. Una Svizzera da 10 milioni di abitanti non è sostenibile né dal punto di vista economico ne dal punto di vista climatico.

      https://www.iniziativa-per-la-limitazione.ch/artikel/iniziativa-per-la-limitazione-chi-si-batte-per-il-clim

      #climat #changement_climatique

    • C’était il y a 3 ans et déjà (encore, plutôt,…) l’UDC.

      https://www.youtube.com/watch?v=pqvqq7Tt3pQ

      L’affiche du comité contre la naturalisation facilitée, représentant une femme voilée, a suscité une vaste polémique. Nous avons visité l’agence qui l’a conçue.
      Extrait du 26 minutes, une émission de la Radio Télévision Suisse, samedi 21 janvier 2017.

      #26_minutes, un faux magazine d’actualité qui passe en revue les faits marquants de la semaine écoulée, en Suisse et dans le monde, à travers des faux reportages et des interviews de vrais et de faux invités. Un regard décalé sur l’actualité, présenté par Vincent Veillon et Vincent Kucholl de l’ex-120 secondes.