• De quelques perturbations en mode « jaune » concernant la conférence sur l’#intelligence_artificielle lors de la venue de #Cédric_Villani, le pape du #big_data auprès de la « république-en-marche ». Quand un « boss » des maths met son « intelligence agency » au service des #gestionnaires_du_cheptel_humain.
    De l’expertise à la « vulgarisation », le raccourci était aisé à prendre pour satisfaire une ambition inavouable à exercer le pouvoir lequel n’ayant plus pour seule issue qu’une fuite en avant éperdue pour toujours garder le bénéfice d’un mauvais coup d’avance.

    Albi : une conférence de Cédric Villani sur l’intelligence artificielle perturbée par des gilets jaunes
    https://lundi.am/Albi-une-conference-de-Cedric-Villani-sur-l-intelligence-artificielle-perturbe

    Jeudi 4 avril, les milieux d’affaires tarnais avaient convié dans l’amphithéâtre d’honneur de l’Ecole des Mines d’Albi l’excellent Cédric Villani, député En Marche et mathématicien, pour disserter sur l’économie numérique et la société du big data.
    Il a été interrompu par un cloud d’opposant.es à la Start-up Nation qui se sont introduit.es sur le podium afin d’y exposer un avis quelque peu contradictoire sous la forme d’une lettre.
    La lettre en question :

    Autres articles en rapport :

    https://lundi.am/IA-5G-Linky-innover-pour-aggraver-la-crise-sociale-et-e%CC%81cologique

    L’intelligence artificielle en marche pour foncer dans le mur

    L’IA sert à automatiser et surveiller, mais ce n’est pas tout : tous les dispositifs ayant recours à l’IA aggraveront aussi le désastre écologique. Car ils supposent une augmentation infinie de la production de matériel informatique : ordinateurs, antennes 5G, data center, etc. Tout cela implique une croissance abyssale de la consommation d’énergie et de métaux, donc de la production minière, base de l’économie numérique comme de toute industrie. De ce point de vue, venir parler d’IA dans une Ecole des Mines est on ne peut plus significatif. Car l’industrie minière est la plus polluante du monde, tant par ses émissions de CO2 que par les catastrophes irréversibles qu’elle entraine régulièrement (pensons aux barrages de déchets qui cèdent). Loin d’être « immatérielle », l’économie numérique est aussi très polluante car les appareils qu’elle produit et que nous jetons de plus en plus vite sont impossibles à recycler tant ils sont miniaturisés. Bref, elle est un facteur de plus dans la fuite en avant vers le désastre écologique, qui s’accélère de jour en jour.

    Ce n’est pas faute d’avoir été prévenus. Depuis plus de cinquante ans, des millions de gens tirent la sonnette d’alarme. Ils rappellent un principe simple : une croissance illimitée est impossible sur une planète aux ressources limitées. Ce principe qu’un enfant peut saisir, Macron, Villani et les entrepreneurs d’Ecoter ne l’ont pas compris. Ou plutôt, ils s’assoient dessus, emprisonnés dans leurs raisonnements économiques à court terme et aveuglés par les colonnes de chiffres auxquelles la réalité se résume selon eux. A moins qu’ils n’espèrent avoir assez de fric pour se mettre à l’abri des pires effets de la catastrophe – ce qui est malin, à défaut d’être intelligent.

    Avec des classes dirigeantes aussi méchamment stupides et myopes, on pourrait se réjouir du développement de l’IA, en imaginant qu’elle pourrait pallier leur déficit mental. Mais ce serait se mettre le doigt dans l’œil. Car l’intelligence artificielle, ce n’est qu’une aveugle capacité de calcul. Comme le rappelle le créateur du programme de dialogue automatique ELIZA, dont on équipe actuellement des robots pour tenir compagnie aux personnes âgées esseulées (autre « progrès social » que promet l’IA), son programme ne comprend rien, il ne fait que calculer les chances que telle réponse programmée corresponde plus que telle autre à telles informations perçues (ce qu’exprime la personne). Or, l’intelligence dont nous avons besoin est celle qui permet de voir la réalité en face et les limites qui la caractérisent, et de savoir s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard.

    http://hors-sol.herbesfolles.org/wp-content/uploads/Au-nord-de-l%C3%A9conomie.pdf

    Nous vous écrivons du nord de la France. Symbole de la désindustrialisation, celui-ci ressemble à d’autres nords, des États-Unis ou d’Angleterre, qui résument et révèlent le point de rupture où se trouve l’économie mondiale. Cette terre de désespoir, de chômage, d’alcoolisme et de votes Front national provoque deux réflexes de survie : la ré-industrialisation et/ou la « Troisième révolution industrielle ». Qu’importe le chemin, tant qu’on entrevoit un espoir. Passant des corons au co-working, nous nous sommes donnés pour objet d’attaquer dans un même élan le vieux monde industriel et le nouveau monde technologique.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9dric_Villani#cite_note-37

    Le 8 septembre 2017, il est chargé par le Premier ministre Édouard Philippe d’une mission parlementaire sur l’intelligence artificielle d’une durée de six mois. Le 29 mars 2018, il participe à la conférence « AI for Humanity », lors de laquelle il présente son rapport sur l’intelligence artificielle dévoilé la veille : Donner un sens à l’intelligence artificielleN 1,35,34. Il y préconise de centrer les efforts en intelligence artificielle sur quatre domaines : la santé, la mobilité, l’environnement et la défense

    Le rapport en question (si ça vous tente) : https://www.aiforhumanity.fr/pdfs/9782111457089_Rapport_Villani_accessible.pdf

    Comme bien d’autres adolescents férus de sciences dans les années 80, j’ai fait la connaissance de l’intelligence artificielle dans les superbes ouvrages de vulgarisation de Douglas Hofstadter, qui mettait en scène Alan Turing avec une passion contagieuse. Mais comme bien des mathématiciens débutant la carrière dans les années 90, j’ai profondément sous-estimé l’impact de l’intelligence artificielle, qui ne donnait finalement, à cette époque, que peu de résultats. Quelle surprise ce fut d’assister, dans les années 2010, à l’incroyable amélioration de ses performances... Devenu moi-même vulgarisateur, je me suis mis à développer le sujet régulièrement, dans mes conférences publiques comme dans mes échanges avec le monde de l’entreprise. Et ce fut une surprise non moins grande de voir mes ouvrages de recherche sur le transport optimal cités dans des articles récents sur l’intelligence artificielle : comme un signe qu’il m’était impossible d’échapper à ce sujet polymorphe ! Du reste, depuis quelques années plus personne ne peut y échapper, tant il est devenu omniprésent dans les discussions économiques et sociales. Aussi ai-je été à peine surpris quand le Premier ministre me confia une mission d’information sur la stratégie française et européenne en intelligence artificielle. Le défi était grand, mais mon enthousiasme considérable. (tu m’étonnes ...)

    #low_tech #luddisme (yellow-friendly)


  • L’#aide_au_développement peut-elle réguler l’immigration ?

    Moins de pays, davantage de financements privés et un accent plus fort mis sur la migration : le débat politique sur la réorientation de l’aide suisse au #développement commence en mai. #Fritz_Brugger, maître de conférences et conseiller en matière d’aide au développement, évoque les risques et les opportunités.

    swissinfo.ch : Le Conseil fédéral souhaite obtenir le soutien le plus large possible à l’orientation de l’aide suisse au développement au cours des quatre prochaines années. Pour la première fois, les politiciens et les groupes d’intérêt pourront s’exprimer à l’avance. L’aide au développement va-t-elle à l’avenir moins fâcher les esprits ?

    Fritz Brugger : Je crains que non... Jusqu’à présent, la discussion s’est principalement concentrée sur la question du niveau d’engagement de la Suisse, c’est-à-dire combien d’argent devrait aller à la coopération au développement. Cette situation est en train de changer avec la consultation prévue, qui se concentrera davantage sur des questions de contenu et d’instruments, qui étaient auparavant laissées aux experts.

    swissinfo.ch : Cela semble plutôt positif…

    F.B. : Un débat public sur le mandat actuel de la coopération suisse au développement est souhaitable, oui. Mais il y a un risque que des questions techniques soient politisées. En pleine année électorale, ce risque pourrait se confirmer. La coopération au développement est un effet un thème sur lequel les politiciens aiment bien s’écharper.

    swissinfo.ch : La coopération suisse au développement se concentre désormais sur quatre régions. Les intérêts de l’économie suisse devraient également être davantage pris en compte et l’aide au développement plus étroitement liée aux migrations. Ces mesures ont-elles un dénominateur commun ?

    F.B. : On peut constater que la coopération au développement se concentre davantage sur les intérêts à #court_terme de la Suisse. Jusqu’à présent, tout le monde reconnaissait qu’il était dans l’intérêt à long terme de la Suisse de lutter contre la #pauvreté. L’intérêt à court terme de la Suisse est désormais de limiter l’immigration. L’aide au développement doit ainsi être transformée en un instrument de gestion des migrations.

    swissinfo.ch : Qu’y a-t-il de mal à cela ?

    F.B. : Les recherches montrent que la coopération au développement ne réduit pas la migration à court terme. On ne peut pas se contenter de regarder les Syriens et les Érythréens qui viennent en ce moment en Suisse et orienter toute l’aide au développement en conséquence. Les raisons qui influencent la migration sont multiples.

    Cette approche, qui est axée sur l’intérêt personnel à court terme, comporte également le risque de passer d’une approche de long terme et fiable de la réduction de la pauvreté à des interventions à court terme. Selon le nombre de réfugiés et de migrants qui arrivent dans notre pays, la Suisse pourrait ainsi décider d’abandonner ou de poursuivre sa coopération au développement dans la région d’origine.

    swissinfo.ch : Quelles en seraient les conséquences ?

    F.B. : Le risque est de créer une contradiction interne, car l’argent investi pourrait ne pas avoir d’effet à long terme. En termes d’#efficacité, l’argent ne serait donc pas dépensé de manière optimale, ce qui donnerait lieu à des critiques justifiées. Les mesures de coopération au développement devraient surtout être examinées en fonction de leur impact.

    Le choix des acteurs et des instruments devrait également être fondé sur l’impact. Prenons l’appel en faveur d’un rôle accru pour le secteur privé : le secteur privé doit jouer un rôle dans tous les cas. L’ampleur de ce rôle devrait toutefois dépendre de comment et avec quel acteur il est possible d’obtenir l’impact le plus important.

    swissinfo.ch : Estimez-vous que la réduction de la pauvreté est l’objectif le plus menacé ?

    F.B. : Il y a un risque que certains instruments ou certaines questions dominent, sans tenir compte des tendances et des défis à long terme.

    Par exemple, on ne peut fondamentalement pas reprocher à la Suisse de vouloir réduire le nombre de pays qu’elle aide pour rassembler les forces. Cependant, il est important de garder à l’esprit que la géographie de la pauvreté – qui comprend non seulement le manque d’argent, mais qui se mesure aussi en termes de santé, de nutrition, d’accès à l’eau ou à l’éducation – a changé. Il y a de moins en moins de « pays pauvres », mais de nombreux pays dans lesquels des groupes de population de certaines régions vivent dans la pauvreté ou dans lesquelles la pauvreté est aggravée par une urbanisation rapide. De telles #inégalités présentent également un grand potentiel de tensions sociales.

    swissinfo.ch : La Suisse est-elle le seul pays à réorganiser sa coopération au développement et à se concentrer sur ses propres intérêts à court terme ?

    F.B. : Actuellement, les États servent de plus en plus leurs propres intérêts. Et la question des migrations domine le débat politique interne dans de nombreux pays. De ce point de vue, la discussion en Suisse s’inscrit dans une tendance générale.

    Au sein de l’Union Européenne (#UE), par exemple, il y a une pression considérable pour gérer la migration avec les fonds de la coopération au développement. Et en #Angleterre, le discours sur les intérêts de la politique nationale et étrangère comme celui du rôle de l’industrie dans la coopération au développement se poursuit également depuis plusieurs années.

    swissinfo.ch : L’aide suisse au développement est appréciée pour sa neutralité et sa fiabilité. Voyez-vous cette réputation menacée par la réorientation ?

    F.B. : La réputation de partenaire sincère que s’est forgé la Suisse n’est pas menacée. Le pays est trop petit pour apparaître comme un acteur politique de pouvoir. En ce qui concerne la fiabilité, je suis moins optimiste. Les pays partenaires de la Suisse apprécient notre pays parce qu’il tient ses promesses sur le long terme. Si l’allocation des fonds de coopération au développement dépend à l’avenir des mouvements migratoires actuels, nous compromettrons cette réputation. La fiabilité est indispensable dans les questions de développement si nous voulons avoir un impact. Elle ferait ainsi défaut.

    swissinfo.ch : Par rapport aux Etats-Unis ou à l’UE, par exemple, la Suisse n’est de toute façon qu’un acteur insignifiant de l’aide au développement…

    F. B. : Bien que la Suisse soit financièrement un petit acteur, elle sait se positionner. Jusqu’à présent, elle a réussi à trouver des niches dans lesquelles elle peut avoir un impact important par rapport à l’argent investi. Il ne serait pas prudent de mettre en péril ce rôle d’acteur de niche avec une orientation à plus long terme basée sur un prétendu intérêt personnel à court terme.

    https://www.swissinfo.ch/fre/politique/politique-de-d%C3%A9veloppement_l-aide-au-d%C3%A9veloppement-peut-elle-r%C3%A9guler-l-immigration--/44866002
    #migrations #asile #réfugiés #coopération_au_développement #Suisse #flux_migratoires #gestion_des_flux_migratoires #Europe #EU #UK

    Le changement de cap pour Brugger :

    Jusqu’à présent, tout le monde reconnaissait qu’il était dans l’intérêt à long terme de la Suisse de lutter contre la #pauvreté. L’intérêt à court terme de la Suisse est désormais de limiter l’immigration. L’aide au développement doit ainsi être transformée en un instrument de #gestion_des_migrations.

    voir métaliste :
    https://seenthis.net/messages/733358



  • Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en #Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€” | Atlantico.fr
    https://www.atlantico.fr/decryptage/3568317/jean-arcelin--une-large-majorite-des-700-000-personnes-en-ehpad-mangera-po

    Je découvre avec stupéfaction qu’un tiers des revenus des Ehpad privés commerciaux provient des aides d’État. Le chiffre d’affaires est subventionné pour 35% par l’État, à travers les aides de l’ARS et les aides du Conseil départemental. Cela sert à payer le personnel soignant et une partie de ce qu’on appelle la #dépendance.

    Je suis diplômé de Sup de Co. Je connais la #gestion et les bilans. Je considère donc que l’État devient actionnaire de tous les Ehpad, y compris les Ehpad commerciaux et privés. Il doit récupérer au moins un tiers des #bénéfices … mais pas du tout, car tous les bénéfices reviennent à l’#actionnaire. Il en fait ce qu’il veut. Je trouve que cela n’est pas normal. Les Ehpad privés commerciaux ne pourraient pas obtenir cette #rentabilité, l’activité ne serait pas possible s’ils n’avaient pas ce tiers de #subventions de l’État. Donc ils doivent donner un tiers de leurs bénéfices avant impôt, et après on impose. Les caisses de l’État sont vides. Donc on doit trouver de l’argent.

    Or le #marché est verrouillé. J’ai géré des structures économiques qui dégageaient beaucoup de rentabilité. On avait une rentabilité dans la distribution automobile, de l’ordre de 3%, ce qui est élevé. Je suis ravi dans ce cas. Mais si vous dégagez de la rentabilité, vous devez quand même fournir des #prestations de qualité : c’est la loi du marché. Si vous dégagez une rentabilité élevée et que votre service est médiocre, c’est qu’il y a un #dysfonctionnement. Le dysfonctionnement, c’est que le marché est verrouillé. Il n’y a pas de saine concurrence. Le taux d’occupation des Ehpad, c’est dans le rapport parlementaire de MM. Iborra et Fiat, il est quasiment de 100%. Le Crion, le Plazza, le George V, ils ne sont pas à 100% de taux d’occupation dans l’année. Les Ehpad n’ont pas de problème de #concurrence, donc ils se permettent de surfacturer des prestations médiocres. Voilà ce que j’ai vu.

    Si vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez rien faire. On vous refuse votre budget animation parce que vous l’avez dépassé. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Les reportages coup de poing mériteraient d’être nuancés. Il faut dire que grâce à l’implication des équipes, cela peut fonctionner. Il y a des groupes d’Ehpad qui ont un positionnement de qualité qui sont différents. Je souhaite dénoncer un #système. Je ne souhaite même pas dénoncer les dirigeants, car ce sont les actionnaires qui fixent le cadre. Ils vous disent : cette année, notre feuille de route, c’est une rentabilité de 15%. A partir de ce moment-là, tout est décliné en cascade. En tant que directeur d’Ehpad, je dois alors faire des économies sur tout. J’ai quatre protections urinaires quand il en faudrait six. Je ne peux pas embaucher, pas faire des animations, pas mettre du bon pain parce que cela coûte trop cher, je dois supprimer le fromage…


  • Dix ans d’#Eau_de_Paris : l’opérateur public défend son bilan
    https://www.banquedesterritoires.fr/dix-ans-deau-de-paris-loperateur-public-defend-son-bilan

    Dix ans après sa #remunicipalisation, le service de #gestion_de_l’eau de Paris affiche de belles performances. Le 7 mars, cette #régie a consacré une journée de colloque et de visites pour fêter cela « en famille avec d’autres opérateurs publics » comme ceux de Strasbourg, Bruxelles, Milan, Turin ou Nice, dernière en date à avoir repris en régie des activités eau longtemps déléguées. Optimisation de l’exploitation, entrée dans le Big Data, préservation de la ressource et amplification de la transition énergétique, pour Eau de Paris des défis restent à relever.




  • Paris-luttes.info, déjà 5 ans ! Et maintenant ?
    (quand l’équipe de Paris-luttes.info explique où en est le site, les choix politiques et en quoi consiste son rôle...)
    L’automne dernier, le site Paris-luttes.info (PLI) a soufflé ses 5 bougies. Le moment pour le collectif d’animation du site de tirer un bilan de ces 5 premières années et d’ouvrir quelques perspectives pour la suite du projet.
    https://paris-luttes.info/paris-luttes-info-deja-5-ans-et-11528

    On ne le rappellera jamais assez, Paris Luttes Info est un site coopératif, local, appartenant avant tout à ses lecteurs-rices et contributeurs-rices. En effet, contrairement à d’autres sites du paysage révolutionnaire français, il n y a pas de comité de rédaction sur Paris-Luttes.info. Le site a été conçu pour permettre la plus large expression des personnes en lutte en Ile-de-France ainsi que la diffusion des idées anticapitalistes, anti-autoritaires et révolutionnaires. Les articles publiés reflètent donc les propositions d’articles des militant.e.s locaux ou des contributeurs et contributrices ponctuel.le.s et les thématiques qui les traversent. Ces positions sont par définitions variées, parfois antagonistes.

    ...

    Ces derniers chiffres concernant la présence de PLI sur les réseaux sociaux méritent une importante précision : si cette présence permet d’augmenter l’audience du site, le projet de Paris-luttes est en revanche à l’exact opposé d’une simple page ou compte twitter militant.
    Le site est en effet hébergé sur un serveur autonome permettant de relativement bien préserver l’anonymat des personnes venant publier. Aucune donnée personnelle n’est demandée ni conservée, encore moins monétisée. Au sein du réseau Mutu, l’infrastructure technique tout comme l’animation des sites repose uniquement sur l’action militante.
    Si jamais facebook pour une raison ou pour une autre venait à supprimer notre page, le site continuerait toujours d’exister, les articles resteraient en ligne et les contributeurs-rices pourraient toujours venir publier.

    #medialibre #medias_libres #automedia #Mutu #moderation #administration #gestion

    • Sur le sujet de la #modération / #administration et politique de #gestion aussi, ce billet de Olivier Ertzscheid : Le professeur et le processeur. La modération est une ponctuation.
      https://www.affordance.info/mon_weblog/2019/02/la-moderation-est-une-ponctuation.html

      Une enquête édifiante de The Verge vient une nouvelle fois pointer les conditions de travail d’extrême violence psychologique de ces modérateurs qui bossent (notamment) pour Facebook sur le territoire américain. Elle s’ajoute aux travaux universitaires dénonçant l’exploitation des travailleurs du clic qu’ils soient ou non liés à des questions de modération (dont ceux pionniers d’Antonio Casilli), ainsi qu’au documentaire là encore édifiant sur les conditions de travail de modérateurs aux Philippines : « The Cleaners ».

      Dans le Financial Times on apprend que #Facebook rejoint #Amazon et #Google dans un programme ayant pour vocation de doper encore davantage la capacité des processeurs informatiques associés à de l’intelligence artificielle, notamment pour répondre aux immenses ressources que nécessite la modération en temps-réel de contenus vidéos.

      #GAFA #GAFAM





  • Mieux « territorialiser » la #gestion des #zones_humides pour enrayer leur déclin | Banque des Territoires
    https://www.banquedesterritoires.fr/mieux-territorialiser-la-gestion-des-zones-humides-pour-enrayer

    À l’occasion ce 2 février de la Journée mondiale des zones humides, deux parlementaires présentent un rapport « tourné vers l’action » qui fourmille de propositions pour améliorer la connaissance de ces zones et mieux « territorialiser » leur gestion. Il a nécessité trois mois d’investigations et de visites de terrain. Des dizaines d’élus locaux ont été rencontrés. L’éclairage alimente les Assises de l’eau dont un prochain comité est prévu le 12 février.

    #cartographie #ign #ramsar #tourbières #mangroves


  • In limine

    #In_Limine est un projet ASGI (Association Etudes Juridiques sur l’Immigration) qui affronte les questions et les thématiques relatives aux politiques de gestion des #frontières, de l’accès à la #procédure_d’asile et la stratégie #Hotspot, dans le but de définir et de structurer – à travers de la recherche et la pratique sur le terrain et l’assistance juridique stratégique – les stratégies de dénonce et de contraste des pratiques dommageables aux libertés et aux droits des citoyens étrangers arrivant en #Italie.

    À partir de Janvier 2019, grâce au soutien de Open Society Foundation, le #projet serait actif avec un groupe d’opérateurs légaux et médiateurs interculturels qui seront présents en Sicile, principalement dans les localités de #Pozzallo, #Trapani, #Caltanissetta e #Lampedusa, pour promouvoir les activités suivantes :
    • La collecte et le monitoring d’informations à travers la relation avec les citoyens étrangers et avec les acteurs publics et privés qui travaillent dans le contexte de frontières ;
    • La présentation de causes stratégiques pour protéger les citoyens étrangers et contester la légitimité des nouvelles règles introduites par le décret-loi 113/2018 converti en L.132 / 2018 devant le tribunal civil, la Cour européenne des droits de l’homme, la Cour de justice de l’Union européenne et à la Cour constitutionnelle ;
    • La collaboration avec d’autres entités concernées par ces questions et avec les avocats spécialisés en droit de l’immigration actifs dans la région, afin de créer et/ou soutenir des réseaux et des groupes d’avocats capables d’intervenir rapidement et efficacement pour combattre les violations des droits des citoyens étrangers ;
    • La promotion des actions de protection et d’assistance juridique afin de mieux protéger les droits et de contraster les conséquences concrètes des politiques publiques sur la qualité des droits.

    Le projet vise également à montrer, par une lecture systématique des règles et de leur relation dynamique avec la société, la véritable nature des politiques de #gestion_des_frontières.

    L’équipe travaillera avec l’aide d’un comité d’experts composé d’une vingtaine d’avocats spécialisés et d’un groupe d’avocats (environ 25 personnes) pouvant intervenir à la demande de l’équipe sur place, afin de protéger les citoyens étrangers en intervenant activement sur les violations constatées.

    La loi n ° 132/2018, qui convertit le décret-loi n ° 113/2018 (soi-disant « décret immigration et sécurité »), a introduit de nombreuses innovations alarmantes. Dans ce scénario et dans cette phase historique, afin de mettre en place une réponse adéquate, il est indispensable de structurer ce projet sous forme d’action progressive et ouverte à la participation d’autres organisations et sujets de la société civile. Pour ceci, le projet In Limine vise à faciliter la création de réseaux et de formes de coopérations qui, en connexion et relations scientifiques et opérationnelles étroites, peuvent conduire à la multiplication d’expériences similaires sur le territoire frontalier, pour une action de contraste plus étendue et constante des politiques de criminalisation des ressortissants étrangers entrant sur le territoire italien.

    Le projet In Limine a connu une phase pilote d’expérimentation de méthodes et de pratiques pour lutter contre les violations des droits des citoyens étrangers sur l’île de Lampedusa entre Mars et Septembre 2018, grâce à la coopération entre ASGI, ActionAid, CILD et IndieWatch.

    Pour plus d’informations, voir les documents produits au cours du projet pilote.

    https://www.asgi.it/wp-content/uploads/2018/07/Khlaifia_-hotspot-Lampedusa_Progetto-In-limine_ITA-giugno-2018.pdf
    https://cild.eu/wp-content/uploads/2018/07/Documento-SOP_versione-finale.pdf
    https://www.asgi.it/wp-content/uploads/2018/04/2018410_Dossier-Lampedusa-per-sito.pdf
    https://www.radioradicale.it/scheda/557123/limpatto-del-decreto-1132018-cd-immigrazione-sicurezza-sul-funzionamen

    Contacts :
    inlimine@asgi.it
    https://inlimine.asgi.it
    inlimineasgi@pec.it

    https://www.facebook.com/progettoinlimine
    #décret_sécurité #decreto_Salvini #decreto_sicurezza #monitoring #monitorage #observatoire


  • En #Loire-Atlantique, deux conceptions de l’#agriculture s’affrontent aux élections
    https://reporterre.net/En-Loire-Atlantique-deux-conceptions-de-l-agriculture-s-affrontent-aux-e

    Les élections de renouvellement des #chambres_d’agriculture se terminent le 31 janvier. En Loire-Atlantique, les trois #syndicats_agricoles ont confié à Reporterre l’étendue de leurs divergences en matière de #pratiques et de #gestion.

    #chambres_consulaires


  • Forum #carfree
    http://carfree.fr/index.php/2019/01/29/forum-carfree

    Le Forum Carfree ouvre ses portes ! Beaucoup l’attendaient, un militant parisien dénommé Clutch l’a fait. Ce forum vient (nous l’espérons) combler un manque : les militant-e-s francophones pour des villes sans Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Fin_de_l'automobile #Gestion #Ressources #Vie_sans_voiture #actions #mobilisation #Ville_sans_voitures


  • Dans l’#Hérault, des #truffes ou des paysans ? Bataille pour 400 hectares de terres
    https://reporterre.net/Dans-l-Herault-des-truffes-ou-des-paysans-Bataille-pour-400-hectares-de-

    Dans l’Hérault cévenol, Martin Waddell a fait l’acquisition d’un domaine de 400 hectares de garrigue pour y installer une #ferme_truffière financée par des investisseurs privés. La mobilisation locale semble faire hésiter le nouveau propriétaire.

    #agriculture #eau #gestion_foncière #Safer #fdsea #investissement_privé #biodiversité #agrobusiness


  • Mayenne : le centre hospitalier suspend les accouchements pour 3 semaines Morgane Rubetti - 29 Décembre 2018 - Le figaro
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/29/01016-20181229ARTFIG00085-mayenne-le-centre-hospitalier-suspend-les-accouch

    En manque de médecins anesthésistes, le centre hospitalier du nord-Mayenne a été contraint de fermer sa maternité pendant trois semaines. D’autres services sont touchés par cette décision.

    La direction l’a annoncé au personnel jeudi soir. Le centre hospitalier nord-Mayenne (CHNM) a été obligé de suspendre momentanément les accouchements. Cette décision est la conséquence d’un manque de médecins anesthésistes en intérim.

    Les enfantements seront interrompus du 30 décembre au 21 janvier 2019. D’après la direction de l’hôpital interrogée par France Bleu Mayenne, https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/mayenne-le-centre-hospitalier-en-manque-d-anesthesistes-reoriente-les-acc environ trente femmes enceintes présentes au CHNM doivent être réorientées vers les Centres Hospitaliers alentours, notamment celui de Laval. La direction l’assure : « Elles ont été informées personnellement par l’équipe médicale et sont accompagnées de façon personnalisée (...) À l’issue de cette période exceptionnelle de trois semaines, l’activité du CHNM reprendra normalement le lundi 21 janvier 2019. »

    La maternité n’est pas le seul service en danger : l’arrêt des prises en charges des chirurgies d’urgences et des chirurgies programmées (sauf endoscopies) est aussi prévu jusqu’au 14 janvier. Les patients nécessitant une prise en charge en soins intensifs - hors cardiologie - seront, eux, transférés.

    Pour l’association de défense des usagers des services de santé publique Audace 53, « cette situation est d’une extrême gravité pour la population ». Pour les membres de l’association, c’est tout le centre hospitalier qui est en danger : « Nous le disons et le répétons depuis plus de 2 ans (..) : le CHNM est en danger. La maternité, malgré prés de 730 naissances par an est sur le fil. La preuve ! »

    En réaction, Audace 53 a profité de la journée nationale de mobilisation pour l’hôpital public afin d’appeler tous les Mayennais à se rassembler le 1er décembre à 10h30 place Clémenceau à Mayenne. D’après l’association, qui réclame notamment un arrêt des fermetures de lits et des suppressions de postes, la manifestation sera soutenue par les syndicats FO et GCT. « Le CHNM doit avoir les moyens d’accueillir les patients du nord-Mayennne ! »

    Cette année, une autre maternité a été fermée mais, cette fois-ci, définitivement. Inactive depuis le mois de juin, la fermeture de la maternité du Blanc (Indre) a été votée le 19 octobre dernier malgré la mobilisation du personnel soignant. Le service avait été jugé « dangereux » par la ministre de la Santé, #agnès_buzyn.

    #maternité #hôpital #Femmes #CHR #déglingue #Mayenne la destruction programmée du système de santé français est en #enmarche #gestion



  • #Lecteurs, vous suivez #Mondes_Sociaux. Vous estimez comme nous que les recherches en #Sciences_humaines_et_sociales doivent être mieux partagées dans le monde académique et surtout au-delà ? Dans ce cas, pourquoi ne deviendriez-vous pas #contributeurs de Mondes Sociaux, #magazine numérique multidisciplinaire et multithématique ?

    https://sms.hypotheses.org/15123

    #SHS, #histoire, #sociologie, #économie, #sciences_politiques, #information, #communication, #gestion, #géographie, #écrire, #contribuer, #diffuser, #savoir, #partager, #film, #documentaire, #entreprise, #recherche, #diffusion, #etc.


  • Une question qui fâche ? Pourquoi les #universitaires qui disposent des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister, acceptent-ils de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’#Université ?

    http://sms.hypotheses.org/8471

    #université, #universitaire, #emploi, #gestion, #personnel, #travail, #néolibéralisme, #néolibéral, #management, #capitulation


  • Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale

    En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la #productivité et la #rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de #performance.

    Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « #projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ? Comment se fait-il que les assemblées générales de laboratoire s’éternisent souvent en brainstormings d’agence de communication à la recherche de la meilleure rhétorique pour s’inscrire dans des réseaux, des structures, des axes, des appels ? Comment se fait-il que ceux qui hier étaient voués à critiquer, au sens noble, les innovations rutilantes de la modernité se présentent aujourd’hui comme de simples accompagnateurs du changement social ?

    On l’aura compris, L’Université en miettes est un essai qui prend pour point de départ le constat négatif de la #libéralisation et de la gestionnarisation du modèle universitaire français : diminution des fonds fixes et développement du #financement_par_projets, multiplication des instances de décision et d’#évaluation, dissociation et opposition de l’enseignement et de la recherche, soumission à des impératifs chiffrables d’inscription pour les uns et de publications pour les autres… Ces restructurations sont en effet peu compatibles avec la poursuite des manières d’enseigner et de « faire de la science » telles qu’elles pouvaient exister jusqu’ici. Le recul critique ou les temporalités longues nécessaires à l’#éducation ou à la #recherche fondamentale sont, par exemple, directement opposés aux impératifs de rentabilité et d’#utilité immédiates.

    Si tout ceci est bien connu et documenté, l’originalité de l’ouvrage d’Yves Dupont repose plus particulièrement sur le parallèle entre ce processus de disparition d’une « #université_humaniste » au profit d’une « #université_néolibérale » et la destruction de la paysannerie par le modèle productiviste et l’économie capitaliste.

    De cette comparaison que nous allons développer émerge une réflexion qui ne serait qu’une boutade si elle n’avait pas, dans le quotidien de l’université, une puissance explicative troublante : c’est la peur de la mort qui pousse les universitaires à une #servitude volontaire face à l’idéologie néolibérale. Nous parlons bien sûr ici d’une peur de la #mort_symbolique, d’une #insécurité névrotique qui se transforme en pulsion de puissance : désir de reconnaissance, désir de jouissance, narcissisme, admiration immature de figures mythiques (grandes revues, pontes, et aujourd’hui critères d’évaluation des publications ou labels d’excellence), et tous les avatars de l’hubris, cette ambition démesurée par laquelle les humains cherchent vainement à s’éloigner de leur propre finitude.

    https://sms.hypotheses.org/8471
    #université #fac #néolibéralisme #gestion_néolibérale #restructuration #science

    • Sciences humaines : les jeunes chercheurs à l’épreuve du néolibéralisme académique

      La recherche en #sciences_sociales n’échappe pas à la logique de marché, où la compétition accroît les #inégalités et encourage le #conformisme. Un danger pour les doctorants, de plus en plus précaires, et pour l’université elle-même, en tant qu’institution.

      Les sciences humaines et sociales sont essentielles à une société. Elles permettent de trouver des réponses aux questions qui surviennent sans cesse, de régénérer les savoirs, d’assurer leur transmission, d’en garder la mémoire. Cependant, nous assistons à une dévalorisation progressive de ce champ du savoir, avec des conséquences néfastes à long terme. L’effectif des #doctorants est en baisse continue depuis dix ans, avec -21% de doctorants en sciences de la société et -13% en sciences humaines et humanités. Il se trouve que ce sont également les disciplines les moins financées. Une majorité écrasante de doctorants (70%) ne bénéficie pas d’un contrat doctoral les reliant à l’institution à laquelle ils appartiennent.

      Ces jeunes chercheurs doivent acheter le temps consacré à leurs thèses par le biais d’un autre travail. Ils ne travaillent plus pour s’assurer une existence, mais pour pouvoir travailler. Ils sont, en dehors des laboratoires, des amphithéâtres et des colloques, serveurs, surveillants de lycée, bibliothécaires, baby-sitters, enseignants à domicile, guides touristiques. Plus tragique encore, 10% des doctorants, toute disciplines confondues, n’ont aucune activité rémunérée. Il s’agit de presque 7 500 jeunes chercheurs en France.

      Les doctorants et le #travail_gratuit

      Ce que les statistiques ignorent c’est l’immensité de chaque monde individuel. Ce type de travail « à côté » empêche toute projection vers le futur, car il est sans lien avec la recherche. Les études sociologiques lui opposent le #travail_d’anticipation. Mais les jeunes chercheurs s’inscrivant dans cette dernière catégorie n’ont pas un meilleur sort. A titre d’exemple, ceux qui assurent une charge de cours à l’université en tant que #vacataires sont payés à l’heure, pour un salaire annuel qui équivaut, dans le meilleur des cas, à deux ou trois mois de smic. Même dans ce dernier cas, il arrive trop souvent qu’on ne leur fasse pas signer de contrat. Ils se voient ainsi dans l’impossibilité de fournir une preuve formelle quant à la réalité de leur travail. Ils ne peuvent enseigner qu’à titre secondaire et sont obligés d’avoir un emploi « principal ». Ils cumulent ainsi trois activités professionnelles : le travail de recherche (gratuit), l’enseignement (deux ou trois mois de smic par an) et un emploi principal (précaire).

      Cette situation est permise par le flou dans les textes de loi concernant le #doctorat. D’un côté, les jeunes chercheurs sont considérés comme des étudiants, de l’autre le doctorat est reconnu comme étant une expérience professionnelle. C’est le détail qui ouvre la voie royale vers la précarité. Ce qui est particulier à la situation des doctorants c’est que l’écart entre l’âge social et l’âge biologique est très important. Non seulement ils ne bénéficient plus d’aucun avantage « jeune » (bourses sur critères sociaux, logements, réductions), mais ce statut les exclut également de la plupart des #droits_sociaux. Si les #contractuels sont considérés comme des salariés, par rapport à un même type de travail de recherche les non-contractuels sont des étudiants. Autrement dit, leur travail est gratuit et bénévole.

      Le travail d’un doctorant n’est pas uniquement un investissement de forces et ressources personnelles dans une activité par le biais de laquelle il ou elle se réalise individuellement, il est également une réalisation collective. C’est l’université elle-même, en tant qu’institution, qui se réalise à travers son travail. Un exemple concret concerne ce que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation appelle la « #production_scientifique ». Quand on évalue la #performance d’une université, on regarde le nombre de #publications. Combien d’articles ont été écrits par des jeunes chercheurs-étudiants et combien le seront encore ?

      La reproduction des inégalités

      La recherche est aujourd’hui évaluée en termes de production et de #performance. Dans cette logique de #capitalisme_académique, le doctorant doit terminer sa thèse le plus rapidement possible et être productif. Plus il s’attarde sur son doctorat, moins il publie, plus il se dirige vers les marges du système. Mais sa production et sa performance sont conditionnées par les ressources disponibles, ce qui trace un premier cercle vicieux. Indifféremment du contenu de la thèse, des arguments défendus dans le travail de recherche ou de la qualité de ce travail, dans ce type de système il n’y a « pas de vérité sans argent », comme le notait déjà Lyotard dans la Condition postmoderne. Ceux qui ont eu des ressources auront raison de leur vérité car elle pèsera plus sur le marché du travail et sur le marché des biens symboliques, tandis que le précariat verra ses vérités diminuées par ce même marché.

      De nombreuses études indiquent que l’accès aux ressources dépend des éléments comme l’origine sociale, la nationalité ou le sexe. En France, presque la moitié des doctorants (41%) est de nationalité étrangère. Une diversité qui pourrait entraîner une immense effervescence intellectuelle. Mais ils sont encore plus touchés par la précarité et ont bien moins de chances de se voir attribuer un contrat. Les raisons sont multiples : absence de capital social, manque de familiarité au régime des concours, rareté des ressources. En ce qui concerne la parité dans la recherche, en 2015, les femmes représentaient 27% des chercheurs. Quand les ressources sont rares, on favorise les acteurs qui savent se plier au mieux au savoir et à l’ordre dominant. Dans une logique de marché, la compétition accroît les inégalités et encourage le conformisme. L’université, au lieu de se régénérer en permanence en permettant l’invention, le renouveau et les divergences critiques, se pétrifie.

      Les sciences humaines et sociales ont un rôle primordial dans une société démocratique. Elles pensent le progrès et empêchent les dérives. Elles sont les garants d’un équilibre sain entre des forces critiques contraires. Elles sont l’expression même de la démocratie et le révélateur de l’état de santé d’une société. La précarité dans les sciences humaines et sociales atteint gravement à cet équilibre présent et futur. La contractualisation à terme de tous les jeunes chercheurs est l’unique mesure capable de diminuer les inégalités causées et perpétuées par le sous-financement dans ces disciplines. Quand l’université repose sur un travail gratuit, invisible, aliéné, ce sont ses propres forces qu’elle s’aliène.

      https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/sciences-humaines-les-jeunes-chercheurs-a-l-epreuve-du-neoliberalisme-aca

      #précarité #précarisation


  • Sortie de Garradin 0.9 : recherche avancée, export ODS, etc.
    https://linuxfr.org/news/sortie-de-garradin-0-9-recherche-avancee-export-ods-etc

    Garradin est un logiciel libre de gestion d’association développé depuis deux ans. Il se veut être la solution de gestion de petite et moyenne association la plus complète et la plus simple à utiliser. Il permet la gestion des adhérents et des cotisations, la tenue d’une comptabilité en partie double et l’envoi de courriels entre membres ou à tous les membres. Il contient également un wiki complet, comprenant la possibilité de chiffrer les pages, ainsi qu’un site web simple mais puissant grâce aux squelettes « à la SPIP ».

    Il est léger, rapide et ne demande aucune configuration pour être installé sur n’importe quel hébergeur proposant PHP 5.6 ou plus (tout est stocké dans une base de données SQLite).

    Cette nouvelle version 0.9 fait suite à un an de développement et améliore grandement l’import et export (...)


  • L’écotartuffe du mois, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10155970187972523?__tn__=K-R

    Voudriez-vous voir se former un mouvement de résistance sérieux contre le capitalisme ? Si oui, oubliez Aurélien Barrau.

    Cet astrophysicien a récemment acquis une certaine notoriété à cause de sa perspective écologiste : il a récemment publié un appel signé par plein d’idiots utiles de l’industrie du divertissement (d’Alain Delon à Muriel Robin) demandant la restriction de certaines libertés individuelles afin de sauver la planète. Que ceux qui ont le plus profité des conforts et des luxes de la civilisation industrielle, qui sont parmi les plus privilégiés des privilégiés, se permettent de demander aux autorités qu’elles restreignent les libertés du peuple, tout de même, il fallait oser — même si l’expression "libertés individuelles" est une triste blague dans le cadre de la société technocapitaliste, bien entendu, mais c’est une autre histoire. Ainsi, cet appel est une sorte de plaidoyer en faveur de l’écofascisme prédit par Bernard Charbonneau il y a plusieurs décennies :

    « L’écofascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité. En effet, les gouvernements seront de plus en plus contraints d’agir pour gérer des ressources et un espace qui se raréfient. [...] Si la crise énergétique se développe, la pénurie peut paradoxalement pousser au développement. Le pétrole manque ? Il faut multiplier les forages. La terre s’épuise ? Colonisons les mers. L’auto n’a plus d’avenir ? Misons sur l’électronique qui fera faire au peuple des voyages imaginaires. Mais on ne peut reculer indéfiniment pour mieux sauter. Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint d’adopter une façon de faire plus radicale. Une prospective sans illusion peut mener à penser que le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra plus faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir. »

    Ecofascisme qui ne résoudrait bien évidemment rien du tout, puisqu’il n’implique aucun changement fondamental.

    Aucune critique du capitalisme et de ses implications économiques mondialisées (il reconnait, certes, que le capitalisme pose quelques problèmes mais trouve qu’il a aussi des vertus), de l’idéologie qui l’anime, aucune critique du pouvoir, aucune critique des mécanismes de coercition sur lesquels il repose (il ne blâme pas plus les dirigeants que tout le peuple, nous sommes responsables, nous avons les dirigeants que nous méritons, etc., il ne comprend manifestement pas comment le pouvoir s’est organisé et se maintient), aucune critique de l’imposture démocratique, espoir placé en des actions potentielles que nos dirigeants pourraient prendre, croyance en une civilisation industrielle rendue verte grâce aux EnR, le cocktail habituel des vendeurs d’illusions de l’écocapitalisme.

    Mais pourquoi ? Pourquoi demander leur avis à des astrophysiciens ? Pourquoi demander leur avis à des gens — à des gens de la haute — qui passent leur existence à travailler sur des sujets aussi éloignés du quotidien de toutes les espèces vivantes et des réalités du monde, du monde à la mesure de l’être humain ? Bref, on a trouvé celui qui succèdera à Hubert Reeves dans le rôle de caution d’autorité astrale de l’écocapitalisme.

    (C’est une question rhétorique, bien évidemment. Le fait de demander son avis à un astrophysicien n’est qu’une incarnation de la domination de l’autorité Science, de l’expertocratie, et de l’idéologie progressiste, fascinée par l’univers et sa conquête. L’astrophysicien, qui connait (?) les trous noirs, ces choses incroyablement complexes qui nous dépassent, nous, simples mortels, doit forcément connaître la situation socioécologique terrestre. C’est une illustration parfaite de ce que c’est qu’un argument d’autorité. C’est un grand scientifique, il doit savoir. Malheureusement pas, (ultra-)spécialisation oblige. L’appel d’Aurélien Barrau et son plaidoyer pour plus encore d’embrigadement étatique sont également très bien anticipés, parfaitement même, dans le livre "Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable" de René Riesel et Jaime Semprun.)

    • Rapport à la vidéo partagée par @marcimat : C’est surtout le « nous » qui me dérange dans ce genre de discours, comme si la responsabilité était collective et les mauvaises décisions cautionnées par 7,5 milliards d’êtres humains alors que les vrais décideurs sont tout au plus quelques milliers et qu’ils ne nous laissent guère le choix à savoir danser sur la musique qu’ils nous jouent.

      #gestionnaires_du_cheptel_humain

    • Un copain vient juste de me faire passer ça :
      Ecologie et nouveau pacte avec le vivant : Aurelien Barrau (il a sa chaîne Youtube et n’utilise pas les accents, has been)
      https://www.youtube.com/watch?v=H4wjc4FHpNY


      et je n’ai plus aucune raison d’ignorer qui est A. Barrau (enfin, si, j’aime pas regarder des vidéos en ligne mais je vais me forcer pour me faire ma propre idée). Je plussoie tout ce que vous dites et particulièrement cet argument d’autorité. En matière d’écologie, l’astro-physique a tellement plus à nous apprendre que les sciences sociales et celles du vivant sur cette Terre...

    • Ah oui, il essentialise un peu le problème en disant que c’est la nature humaine... et qu’on peut y changer quelque chose ! Ce qui est contradictoire, c’est bien parce que ce rapport au monde est historique qu’on peut en changer.
      Oui, « l’appel à la responsabilité individuelle est insuffisant » mais sur cette Terre (et je reviens d’un atelier pour des gens en Malaisie qui vivent dans des endroits menacés d’aménagement et subissent la dégradation de l’environnement plutôt que d’y participer à 200 à l’heure sur l’autoroute), c’est l’organisation sociale qui pose problème, pas les faux besoins des gens.
      Bon, vous avez tout dit, je me tais ! C’est répugnant.

    • Juste pour modérer un tout petit peu, quand bien même je ne suis pas forcément d’accord avec lui : il n’est pas que astrophysicien, il a aussi un doctorat en philosophie, il participe pas mal à des trucs sceptiques (au sens méthode scientifique) et de vulgarisation et il est aussi artiste, poésie, vidéo. Enfin pour dire que ce n’est pas que en tant qu’astrophysicien par argument d’autorité de science dure de haut niveau qu’il dit ce qu’il dit.

      C’est une critique possible mais il ne faudrait pas faire l’inverse, un argument d’anti-autorité automatique, du genre « c’est un ouf en science dure ultra pointu donc il a tord », ça ferait un raisonnement tout aussi faux.

      En tout cas, la critique d’ultra-spécialisation dans le texte de Casaux est fausse au regard des diplômes et des travaux de Barrau, il est clairement pas cloisonné dans sa physique.

      Ce qui n’empêche pas d’être en désaccord avec lui, mais avec des arguments pas ad hominem. :)

    • un argument d’anti-autorité automatique, du genre « c’est un ouf en science dure ultra pointu donc il a tort, disait RastaPopoulos...
      Les gens qui disent "DONC il a tort" quand il parle écolopolitique ont tort, désolé Monolecte.

    • Barrau a lui aussi son mot à dire, comme chacun·e d’entre nous. Mais son propos est assez décevant au regard de la grande science dont il se réclame et il est le premier à mettre en avant son autorité, à ne faire venir que des collègues d’institutions prestigieuses (les universités, c’est du caca)... Je sais pas si c’est Descola qui lui a soufflé sa super analyse des chasseurs-cueilleurs qui se comportent comme des pousseurs de caddie mais en vérité c’est plus compliqué que ça (comme c’est plus compliqué que « vivaient en harmonie avec leur environnement ») parce que ce sont des humain·es et qu’ils et elles ont adopté des structures sociales différentes, pas un mode de vie et une pensée uniques.

    • Vous en pensez quoi ? C’est super compliqué, parfois, de répondre à des trucs simplistes.

      « Des mesures potentiellement impopulaires »

      C’était il y a presque vingt ans. La formatrice était venue avec son bébé, qu’elle allaitait, pour nous présenter les grandes lignes de ce qu’est le changement climatique. Les particules de gaz à effet de serre plus denses dans l’atmosphère, qui font que l’énergie solaire est recapturée en plus grande proportion après qu’elle a touché la Terre. Le réchauffement de la planète, qui s’ensuit, ces deux ou trois degrés (selon les différents scénarios) qui ne sont pas uniformément répartis mais constituent une énergie en plus phénoménale, laquelle nourrit des épisodes climatiques plus intenses et plus fréquents. Et puis ce qu’on peut y faire : un quart des émissions dues aux transports, un autre à l’agriculture (pas seulement l’élevage mais aussi le mésusage des sols), un autre au bâtiment, un dernier à l’industrie et une troisième moitié pour tout ce que nous achetons sur le marché mondial et qui n’est pas compté dans la consommation nationale… Les solutions ? Des techniques plus écologiques et moins industrielles mais surtout une réduction : du nombre de kilomètres effectués par les biens et les personnes, etc. Changer de mode de vie mais aussi changer de modèle économique avec un refus collectif de nos habitudes de production et de consommation et une plus petite échelle que celle du monde. Ça tombait bien, les échos de Seattle se faisaient encore entendre et la mondialisation néolibérale était nommée, décrite et combattue.

      Aujourd’hui le bébé de la formatrice est une grande tige qui vient de passer le bac et les appels à sauver la planète ou à ne pas regarder ailleurs pendant que la maison brûle sont toujours plus pressants. Mais rien ne change. Ou plutôt, le peu d’amélioration en matière d’écologie se noie dans l’effet-rebond et dans la course à la croissance et aux innovations techno-scientifiques. Alors on commence à flipper. On est nombreux et nombreuses dans ce cas, particulièrement ceux et celles qui ont des bébés ou des grandes tiges et qui se demandent quelles seront leurs conditions de vie sur cette planète dans vingt, trente ou cinquante ans. Et quand on flippe, on dit parfois des bêtises.
      Je ne sais pas trop d’où viennent les personnalités qui ont signé l’appel d’Aurélien Barrau et de Juliette Binoche, si elles viennent de se réveiller ou si elles donnent leur écot depuis longtemps à des ONG écolos. Une ou deux d’entre elles m’aident à réfléchir (citons Philippe Descola sur le rapport très différent à la nature qu’on peut avoir en Amazonie ou en Europe). Mais aucune ne sort à mes yeux grandie de la signature de ce texte, quelques lignes insignifiantes et moralisatrices qui ne doivent l’attention qu’on leur a portée qu’à la notoriété des signataires (1) ou à leur position prestigieuse dans la sphère académique. Un texte étique auquel je n’avais pas accordé d’attention à sa sortie. Jusqu’à ce que le propos se déplie dans un discours d’Aurélien Barrau qui fait le tour des réseaux sociaux. Les choses sont plus claires : les politiques « potentiellement impopulaires », c’est une administration coercitive du désastre (2) et une allocation autoritaire de ressources limitées (eau, énergie, matières premières). Ce que des penseurs écolos radicaux comme Bernard Charbonneau, André Gorz ou Cornelius Castoriadis ont imaginé dans leurs pires cauchemars et parfois nommé « éco-fascisme ». Alors, quoi choisir entre ne rien faire et cette politique autoritaire ?

      Heureusement, la question ne se pose pas forcément dans ces termes. J’ai pris connaissance du fameux discours d’Aurélien Barrau au retour d’une autre formation (encore organisée par la plus grosse ONG écolo de terrain au monde, décidément, mais cette fois en Malaisie). Il s’agissait de donner à des « défenseurs et défenseuses de territoires » des outils pour comprendre ce qui leur arrivait et s’y opposer. Une puissante flotte de pêche qui drague le fond des mers, tout près des côtes ou travaillent de nombreux pêcheurs artisanaux sur de petits bateaux, et qui détruit l’habitat des poissons et des crustacés. Un projet de plantation de palmiers à huile ou d’hévéa sur des terres dont une communauté autochtone tire sa subsistance dans des vergers en agroforesterie ou cultures associées. Le « nous » du discours moralisateur d’Aurélien Barrau, essentialisant une « nature humaine » et son « comportement endémique », n’a ici pas lieu d’être, d’autant moins que ces groupes sociaux-là ont beaucoup à nous apprendre en matière d’égalité, de non-violence et de respect de l’environnement (à des degrés divers et sans angélisme). Ces valeurs portées par les sociétés autochtones de la péninsule Malaise, on en constate au fil des décennies l’érosion sous le coup du développement et de l’importance accrue de l’économie monétaire. Moins que de nature, il est bien question de culture, voire d’organisation sociale. Ces communautés, souvent rurales et démunies devant la prédation de gros acteurs économiques ou de l’État, subissent de plein fouet des politiques d’aménagement très préjudiciables au milieu naturel et décidées sans elles. Plus de démocratie pour plus d’écologie, elles y croient.

      Si vous m’avez suivie jusqu’ici, vous admettrez peut-être que « nous » les êtres humains avons des intérêts divergents en matière de préservation de l’environnement et d’adoption d’un mode de vie plus sobre, le pauvre Sud et le riche Nord. Mais des gueux et des gueuses dont on pourrit le milieu de vie au nom du profit, il en existe aussi chez nous. Si les stars de cinéma et les prestigieux scientifiques de la tribune s’étaient un peu intéressé·es à tout ça, elles auraient pu rencontrer les habitant·es blasé·es et démuni·es de coins pollués jusqu’à la moelle (http://labrique.net/index.php/thematiques/droit-a-la-ville/837-l-heritage-toxique-de-metaleurop-les-silences-d-evin-malmaison), elles auraient découvert dans des luttes écologiques la présence de gens dont beaucoup sont pauvres, chacun·e à leur manière, et elles auraient découvert un visage plus social de l’écologie (3).

      Presque tout le monde connaît les ZAD de Notre Dame des Landes, Bure ou peut-être Roybon mais il y a aussi ces luttes plus modestes et très nombreuses contre les autoroutes, les lignes THT, les incinérateurs ou les terrains de golf. Dans celle à laquelle j’ai participé, des élu·es locaux soutenaient le projet d’autoroute d’une quelconque compagnie de BTP, Eiffage ou une autre, prétendant que la forêt, c’était un tas d’arbres qu’on replanterait et que l’investissement était privé, donc pas à la charge du contribuable. L’élu qui débitait ces sornettes est mort depuis, que les flammes de l’enfer lui lèchent avec soin les parties génitales. Plus discrètement, le directeur de cabinet du président de la région allait croûter dans la boîte de BTP en question. L’autoroute a été construite contre l’avis des services de l’équipement, pour qui aucun trafic ne justifiait ce projet et qui auraient préféré aménager l’axe existant, sur lequel ils avaient identifiés nombre de points dangereux. Contre l’avis des écologues qui voyaient derrière le tas d’arbres des zones humides et toute une vie diverse et foisonnante. Contre l’avis des économistes et des juristes qui avaient repéré une innocente clause de rétrocession qui permettait à la compagnie de reprendre ses billes si l’autoroute n’était rentable chaque année qu’au mois de février. La suite nous a donné raison et les contribuables ne vont pas tarder à recevoir la note. Tout ça pour dire que ce n’est peut-être pas trop de démocratie qui est la cause des maux mais pas assez.

      Certes, la petite bourgeoisie mondiale (qui au Nord comme au Sud ne compte pas ses kilomètres en bagnole, habite un grand logement parfois équipé d’une indispensable piscine, prend l’avion des dizaines d’heures par an) se bâfre presque autant que les stars de cinéma précédemment cité·es, certes elle a une part de responsabilité dans la consommation excessive de ressources et un intérêt dans l’ordre des choses qui pèse en faveur de l’immobilisme. Mais les politiques qui prétendent la servir font bien pire (et ils ne mangent même pas bio (4)) en entretenant une économie basée sur la consommation excessive d’énergies et d’eau fossiles, de produits miniers et agricoles extraits avec avidité. Ce que ces politiques servent, c’est (on l’a vu mieux que jamais avec l’accession en France d’un inconnu au pouvoir) un système de prédation des ressources économiques et naturelles qui à terme ne servira pas la petite bourgeoisie puisqu’elle est au service d’intérêts bien plus gras qui concentrent les richesses à un rythme exponentiel. Pardon de sortir des analyses marxistes à deux balles mais je les crois quand même plus juste et fines que les vingt lignes signées par les fameuses personnalités et qui demandent à l’État de limiter drastiquement les nuisances du système économique que celui-ci s’est refusé depuis quarante ans à simplement encadrer.

      Pour résumer (parce que ce qu’il faut avant tout, c’est avoir de l’impact, pas se demander pourquoi on en est là), l’État peut se muer en organisation sociale respectueuse de l’environnement mais la nature humaine, elle, serait selon Barrau à jamais figée. C’est beaucoup trop d’optimisme envers la puissance étatique et bien trop peu pour l’espèce humaine, qu’il connaît décidément trop mal : il y a des sociétés de chasseurs-cueilleurs qui n’ont pas développé un rapport respectueux à la nature… et d’autres qui l’ont fait (5).

      L’État éco-fasciste qu’Aurélien et ses ami·es appellent de leurs vœux, il ne va pas se convertir à la simplicité volontaire, il ne va pas mener le défi de la baisse de consommation d’une manière équitable, à travers le rationnement pour tou·tes ou des prix progressifs qui garantissent la satisfaction des besoins primaires, il ne va pas même protéger l’environnement. Il va permettre à certains acteurs de tirer profit de situations de pénurie, il va administrer le désastre pour s’assurer que, malgré tout ce que nous craignons comme dégradation du milieu, le capitalisme continue à distribuer des dividendes et quelques miettes. Finalement, ça a quelque chose de rassurant, de se dire que ce n’est pas « nous » qui sommes le problème mais notre organisation sociale. Parce que nous ne sommes pas prêt·es à penser comme des orangs-outans mais nous pouvons encore faire la révolution.

      (1) Où l’on découvre la « people écologie » (pour ceux et celles qui hésitaient encore entre éco-féminisme, écologie sociale et anti-industrialisme). https://www.vanityfair.fr/pouvoir/politique/articles/pierre-rabhi-enquete-sur-un-prophete-sophie-des-deserts/29872

      (2) René Riesel et Jaime Semprun, Capitalisme, administration du désastre et pollution durable, Éditions de l’Encyclopédie des nuisances, 2010.

      (3) L’écologie et la répartition plus juste des richesses, ne sont pas forcément contradictoires et même plus sûrement complémentaires. Dominique Méda, La Mystique de la croissance. Comment s’en libérer, Flammarion, 2014 ; Éloi Laurent, Social-écologie, Flammarion, 2011 ; Jean Gadrey, Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire, Les Petits Matins, 2015.

      (4) Les élu·es sont en retard sur le reste de la population en ce qui concerne la compréhension des questions environnementales. Ils et elles ne les prennent pas en compte, obnubilé·es par leur responsabilité de bon père de famille qui doit faire manger ses administré·es et arbitre systématiquement en faveur de l’économie. Par exemple en 2002-2003, dans la population générale, 63 % des personnes admettaient la nécessité de ralentir la croissance économique pour préserver l’environnement alors que seul·es 19 % des parlementaires partageaient cette idée. Daniel Boy, « Les parlementaires et l’environnement », Cahiers du Proses, septembre-octobre 2003, <http://www.developpement.durable.sciences-po.fr/publications/cahier7.pdf>. (Il doit y avoir des références plus récentes sur cette question mais j’ai la flemme de chercher, je reprends celle que j’ai utilisée en 2008 pour ma brochure sur les élections.)

      (5) J’aimerais citer ici l’excellent livre de Franz Broswimmer, Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces (2002), rééd. Agone, 2010. L’auteur prend acte de la dégradation de l’environnement opérée de longue date par des sociétés humaines mais aussi du changement de nature et d’échelle de la civilisation thermo-industrielle.

    • Le changement c’est maintenant
      https://youtu.be/zGFI7hMwpGI


      http://www.lepasdecote.fr/?p=655

      Un livre inédit de Bernard Charbonneau (1910-1996), voilà qui a de quoi réjouir les objecteurs de croissance tant la pensée de ce précurseur est une des plus abouties de ce mouvement. Le texte est relativement récent puisqu’écrit en 1990. De surcroît, il ne s’agit pas d’un manuscrit oublié volontairement mais au contraire d’une réflexion centrale sur le « changement ». Un slogan prôné par tous à commencer par certains « écologistes » : « L’homme du changement c’est celui qui prend l’avion pour jeter un pleur sur le dernier Indien. » Avis à Nicolas Bertrand. En lisant Bernard Charbonneau, c’est toute la rhétorique déversée continuellement par le système politique et médiatique qui est décomposée. #Bernard_Charbonneau ne remet pas en cause le changement en tant que tel, bien au contraire - « La société humaine est celle qui satisfait tant soit peu les besoins contradictoires de conservation et de progrès » - mais le « changement pour le changement, au nom de la Révolution ou du marché, [qui] enchaîne l’homme à un ordre de fer… ». Comme la croissance, la production, la science ou le développement, le changement devient sa propre finalité, entraînant la société dans une religion furieuse et fanatique : « Le progrès c’est l’indiscutable, donc indicible : la Vérité autant que la réalité par excellence. » Le reste ne se contente pas d’un résumé et est dans le livre. Pour seulement 12 euros 50, précipitez-y vous tant l’œuvre de Bernard Charbonneau est essentielle pour comprendre notre époque.

      V.C., La Décroissance n° 104, novembre 2013.

      http://www.lepasdecote.fr
      https://seenthis.net/messages/360994#message361056
      https://seenthis.net/messages/199817

    • Bon, plus je réfléchis à cet emballement médiatique à propos du climat (pour faire court), plus je me dis que la démission de Nicolas Hulot y est pour quelque chose, comme si la médiasphère/médiacratie n’attendait que cette rupture de vanne pour se déverser abondamment à ce sujet. Mais ce n’est sûrement qu’une impression.

    • Heu ... oui, tout à mes recherches de nouvelles perceptions sur le sujet, j’ai oublié de dire à @aude_v que son article correspond tout à fait à la perception que j’ai de tout ce battage médiatique autour de la défense de l’environnement. Même ressenti pour les « coquelicots » également.

    • Par contre pour mieux situer le personnage d’Aurélien Barrau (c’est assez pénible à lire mais instructif) : https://zilsel.hypotheses.org/2201

      En cette rentrée 2015, le Carnet Zilsel a publié une première salve de billets on ne peut plus constructifs. Dans l’offre surabondante de références, il est toujours bon d’affirmer des préférences et de le faire avec conviction. Ce travail, procédant par l’affinité cognitive, a son pendant critique. Honorant son programme initial qui consiste à provoquer du dissensus là où persévèrent l’atonie et l’indifférence, le Carnet Zilsel est aujourd’hui ravi de publier une mise au point critique de Vincent Debierre sur les ambitions scientifico-philosophico-esthétiques du physicien théoricien Aurélien Barrau. L’analyse est implacable (et lisible au format PDF : Aurélien Barrau, phobosophe, CZ, 9 oct. 2015). Les réflexions sur les crêtes de la métaphysique apparaissent pour ce qu’elles sont : tirées par les cheveux. En bout d’argumentaire, on repérera un héros familier des lecteurs du Carnet, Jean-Pierre Tremblay, qui se trouve embarqué par M. Barrau dans une défense et illustration hors-sujet de la philosophie « postmoderne ». Certes, nous avons beaucoup discuté en amont. Si la petite équipe autogérée du Carnet approuve sans réserve le travail de sape rationnelle auquel se livre notre camarade Vincent Debierre, les avis ont été partagés notamment sur l’usage quasi-systématique d’Impostures intellectuelles comme étalon de vérité et la critique d’auteurs que certains d’entre nous continuent de lire avec un intérêt certain (J. Derrida, G. Deleuze…). Mais tout compte fait c’est secondaire. De la même façon que Manuel Quinon et Arnaud Saint-Martin ont tenté en mars dernier de secouer (un peu) le cocotier dans la discipline sociologique qui est la leur, Vincent Debierre propose une utile contribution à la démystification des prétentions intellectuelles les plus bruyantes.

    • @aude_v , c’est vrai que ça ne vole pas haut, mais venant de lire le lien envoyé par @sombre ci-dessus, je commence a avoir une perception franchement hostile du personnage, et donc ne me priverais pas personnellement de montrer l’inanité de son initiative. Et puis ça permettrait aux lecteurs de ton billet de bien voir de qui tu parles, et pourquoi tu en parles.

    • Nous y voilà (relevé dans l’interview de libé dont le lien est envoyé par @vanderling ci-dessus :

      Lui [Macron], comme la plupart des dirigeants politiques continuent de vouloir concilier écologie et capitalisme. Est-ce possible ?

      Quoi qu’on réponde, on est coincés. Si on répond oui, les altermondialistes n’écoutent plus. Si on dit non, les plus conservateurs, qui veulent faire un effort mais sans remettre en cause les fondements du système, n’écoutent plus non plus. On ne peut pas se permettre de trop restreindre. Tout le monde est d’accord pour dire qu’on ne doit pas envoyer la vie dans le mur. Les autres combats n’ont aucun sens si celui-là est perdu. Commençons par l’action : effondrons les émissions de CO2 et arrêtons d’envahir les espaces naturels. Et on verra bien quel système permet de le faire efficacement ! La vraie question est : pourrons-nous défendre notre bilan dans cinquante ans ? Non. Même si vous êtes ultralibéral, vous ne pourrez jamais expliquer que vous avez décidé de flinguer l’essentiel des vivants parce qu’il fallait gagner deux points de croissance. Cela transcende les divergences d’analyse économique.

      Autrement dit : l’action écologique est complètement dissociée des choix économiques, donc des choix de société compte tenu du fait qu’on est dans une société dont le futur est décidé par l’économie... Ben voyons...

    • Emmanuel Macron sacré « champion de la Terre » à New York, ça vous inspire quoi ?
      Si cette récompense consacre une action passée, elle est incompréhensible. L’année 2017 a été la pire de l’histoire en termes de rejets de CO2 et la France a été parmi les mauvais élèves. Nous ne sommes pas sur la bonne voie. En revanche, que Macron ait reçu cette médaille ne me choque pas. Je la vois comme une incitation. Parfois, endosser le costume de super-héros peut vous donner envie de vous comporter comme tel. C’est ce que j’espère : il aurait l’opportunité de rester dans l’histoire comme celui qui a commencé à sauver le monde. Ça serait pas mal, quand même ! A sa place, je me laisserais tenter, je crois !

      @ericw je me suis arrêté là, Aurélien Barrau est astrophysicien mais on a dû lui chié dans la tête pour confondre Macron avec Superman. Moi, ça me choque !

      https://twitter.com/twitter/statuses/1045352732197081089

      « Parmi les participants, Bill Gates, la directrice du FMI Christine Lagarde, le gouverneur de la banque d’Angleterre Mark Carney, le président de la banque interaméricaine de développement Luis Alberto Moreno, ou le PDG d’Unilever Paul Polman. Aussi le vice-président de la commission européenne Valdis Dombrovskis, la première ministre de Norvège Erna Solberg, ou le PDG du fonds public d’investissement d’Arabie saoudite Yasir bin Othman Al-Rumayyan. » AFP 13/09

      et Super Macron, on est sauvés.
      #réunion_de_chantier

    • En 2009, on disait : « Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé. »
      Neuf ans plus tard, puisque le climat est « bankable », on va tout faire pour sauver l’âme des banquiers.
      (On avance, on avance ...)

    • Et Aurélien Barrau « rhabillé pour l’hiver » par Frédéric Lordon :

      https://blog.mondediplo.net/appels-sans-suite-1

      Avec ce supplément de naïveté qui fait parfois leur charme, les scientifiques des sciences dures, qui ont le plus souvent une conscience politique d’huître (il suffisait d’entendre Cédric Villani parler de politique pour être convaincu d’abandonner l’hypothèse folle d’une sorte de convertibilité automatique des formes d’intelligence entre elles), les scientifiques « durs », donc, se jettent dans la bataille avec pour tout viatique la pensée politique spontanée des savants, c’est-à-dire une sorte de maïzena à base de grands enjeux et d’humanité réconciliée. Au moment précis où les termes du conflit fondamental devraient être aiguisés comme jamais.

      Ainsi, Aurélien Barrau, astrophysicien et vedette de la cause climatique, d’abord préempté par Le Monde pour une tribune à célébrités suscitée par la démission de Nicolas Hulot — misère sans fond… —, puis rattrapé par Libération qui lui fait livrer sa pensée politique, enfin justement non : tragiquement dénuée de politique, Aurélien Barrau explique qu’il ne faut surtout pas poser le problème dans les termes du capitalisme : trop conflictuel, trop d’inutiles divisions quand est d’abord requise la bonne volonté, la bonne volonté des hommes de bonne volonté, celle qui a le souci de réunir l’« homme », qui « transcende les divergences d’analyse économique »


  • Tous évalués, tous menacés (France Inter)
    https://www.franceinter.fr/emissions/interception/interception-09-septembre-2018

    Car c’est ainsi : aujourd’hui, grâce au développement du numérique, tout le monde peut donner son #avis sur tout et sur tout le monde : les chauffeurs, les livreurs, mais aussi, les hôteliers, les restaurateurs et même les médecins. Malheur à qui n’atteint pas l’#excellence, sa #réputation peut en être durablement ternie, et son activité même, peut être mise en péril.

    Dans certaines grandes entreprises (qui s’en défendent), l’#évaluation par les clients peut même être utilisée comme outil de #gestion du personnel : pas assez de bonnes notes, et c’est une prime, ou un espoir d’avancement qui s’envole.

    Le plus souvent, le client dont on sollicite l’avis n’a même pas conscience de ce super-pouvoir, et c’est à son insu qu’il est l’auxiliaire de cette nouvelle #dictature de la #note.

    #management


  • Créer un grand service public de l’eau : une vraie réforme que ne fera pas Emmanuel Macron...
    http://reformeraujourdhui.blogspot.com/2018/08/creer-un-grand-service-public-de-leau.html

    L’eau se situe aujourd’hui à la convergence d’enjeux économiques, sociaux, territoriaux et environnementaux qui sont indissociables. A l’échelle mondiale, la pénurie et la dégradation de la qualité de l’eau affectent plus de deux milliards d’êtres humains et provoquent plus de 30 000 morts chaque jour. Si la France n’est pas touchée heureusement par ce désastre, le quasi-monopole exercé par quelques opérateurs privés depuis près d’un demi-siècle sur un service public essentiel est de plus en plus contesté en raison de multiples dérives… La délégation du service public de l’eau (DSP) et de l’assainissement confiée à des #entreprises privées a placé la France dans une situation singulière car 11 800 services de l’eau et de l’assainissement restent encore aujourd’hui délégués au secteur privé. Au problème de la (...)

    #distribution #eau #gestion #prix