• L’#aide_au_développement peut-elle réguler l’immigration ?

    Moins de pays, davantage de financements privés et un accent plus fort mis sur la migration : le débat politique sur la réorientation de l’aide suisse au #développement commence en mai. #Fritz_Brugger, maître de conférences et conseiller en matière d’aide au développement, évoque les risques et les opportunités.

    swissinfo.ch : Le Conseil fédéral souhaite obtenir le soutien le plus large possible à l’orientation de l’aide suisse au développement au cours des quatre prochaines années. Pour la première fois, les politiciens et les groupes d’intérêt pourront s’exprimer à l’avance. L’aide au développement va-t-elle à l’avenir moins fâcher les esprits ?

    Fritz Brugger : Je crains que non... Jusqu’à présent, la discussion s’est principalement concentrée sur la question du niveau d’engagement de la Suisse, c’est-à-dire combien d’argent devrait aller à la coopération au développement. Cette situation est en train de changer avec la consultation prévue, qui se concentrera davantage sur des questions de contenu et d’instruments, qui étaient auparavant laissées aux experts.

    swissinfo.ch : Cela semble plutôt positif…

    F.B. : Un débat public sur le mandat actuel de la coopération suisse au développement est souhaitable, oui. Mais il y a un risque que des questions techniques soient politisées. En pleine année électorale, ce risque pourrait se confirmer. La coopération au développement est un effet un thème sur lequel les politiciens aiment bien s’écharper.

    swissinfo.ch : La coopération suisse au développement se concentre désormais sur quatre régions. Les intérêts de l’économie suisse devraient également être davantage pris en compte et l’aide au développement plus étroitement liée aux migrations. Ces mesures ont-elles un dénominateur commun ?

    F.B. : On peut constater que la coopération au développement se concentre davantage sur les intérêts à #court_terme de la Suisse. Jusqu’à présent, tout le monde reconnaissait qu’il était dans l’intérêt à long terme de la Suisse de lutter contre la #pauvreté. L’intérêt à court terme de la Suisse est désormais de limiter l’immigration. L’aide au développement doit ainsi être transformée en un instrument de gestion des migrations.

    swissinfo.ch : Qu’y a-t-il de mal à cela ?

    F.B. : Les recherches montrent que la coopération au développement ne réduit pas la migration à court terme. On ne peut pas se contenter de regarder les Syriens et les Érythréens qui viennent en ce moment en Suisse et orienter toute l’aide au développement en conséquence. Les raisons qui influencent la migration sont multiples.

    Cette approche, qui est axée sur l’intérêt personnel à court terme, comporte également le risque de passer d’une approche de long terme et fiable de la réduction de la pauvreté à des interventions à court terme. Selon le nombre de réfugiés et de migrants qui arrivent dans notre pays, la Suisse pourrait ainsi décider d’abandonner ou de poursuivre sa coopération au développement dans la région d’origine.

    swissinfo.ch : Quelles en seraient les conséquences ?

    F.B. : Le risque est de créer une contradiction interne, car l’argent investi pourrait ne pas avoir d’effet à long terme. En termes d’#efficacité, l’argent ne serait donc pas dépensé de manière optimale, ce qui donnerait lieu à des critiques justifiées. Les mesures de coopération au développement devraient surtout être examinées en fonction de leur impact.

    Le choix des acteurs et des instruments devrait également être fondé sur l’impact. Prenons l’appel en faveur d’un rôle accru pour le secteur privé : le secteur privé doit jouer un rôle dans tous les cas. L’ampleur de ce rôle devrait toutefois dépendre de comment et avec quel acteur il est possible d’obtenir l’impact le plus important.

    swissinfo.ch : Estimez-vous que la réduction de la pauvreté est l’objectif le plus menacé ?

    F.B. : Il y a un risque que certains instruments ou certaines questions dominent, sans tenir compte des tendances et des défis à long terme.

    Par exemple, on ne peut fondamentalement pas reprocher à la Suisse de vouloir réduire le nombre de pays qu’elle aide pour rassembler les forces. Cependant, il est important de garder à l’esprit que la géographie de la pauvreté – qui comprend non seulement le manque d’argent, mais qui se mesure aussi en termes de santé, de nutrition, d’accès à l’eau ou à l’éducation – a changé. Il y a de moins en moins de « pays pauvres », mais de nombreux pays dans lesquels des groupes de population de certaines régions vivent dans la pauvreté ou dans lesquelles la pauvreté est aggravée par une urbanisation rapide. De telles #inégalités présentent également un grand potentiel de tensions sociales.

    swissinfo.ch : La Suisse est-elle le seul pays à réorganiser sa coopération au développement et à se concentrer sur ses propres intérêts à court terme ?

    F.B. : Actuellement, les États servent de plus en plus leurs propres intérêts. Et la question des migrations domine le débat politique interne dans de nombreux pays. De ce point de vue, la discussion en Suisse s’inscrit dans une tendance générale.

    Au sein de l’Union Européenne (#UE), par exemple, il y a une pression considérable pour gérer la migration avec les fonds de la coopération au développement. Et en #Angleterre, le discours sur les intérêts de la politique nationale et étrangère comme celui du rôle de l’industrie dans la coopération au développement se poursuit également depuis plusieurs années.

    swissinfo.ch : L’aide suisse au développement est appréciée pour sa neutralité et sa fiabilité. Voyez-vous cette réputation menacée par la réorientation ?

    F.B. : La réputation de partenaire sincère que s’est forgé la Suisse n’est pas menacée. Le pays est trop petit pour apparaître comme un acteur politique de pouvoir. En ce qui concerne la fiabilité, je suis moins optimiste. Les pays partenaires de la Suisse apprécient notre pays parce qu’il tient ses promesses sur le long terme. Si l’allocation des fonds de coopération au développement dépend à l’avenir des mouvements migratoires actuels, nous compromettrons cette réputation. La fiabilité est indispensable dans les questions de développement si nous voulons avoir un impact. Elle ferait ainsi défaut.

    swissinfo.ch : Par rapport aux Etats-Unis ou à l’UE, par exemple, la Suisse n’est de toute façon qu’un acteur insignifiant de l’aide au développement…

    F. B. : Bien que la Suisse soit financièrement un petit acteur, elle sait se positionner. Jusqu’à présent, elle a réussi à trouver des niches dans lesquelles elle peut avoir un impact important par rapport à l’argent investi. Il ne serait pas prudent de mettre en péril ce rôle d’acteur de niche avec une orientation à plus long terme basée sur un prétendu intérêt personnel à court terme.

    https://www.swissinfo.ch/fre/politique/politique-de-d%C3%A9veloppement_l-aide-au-d%C3%A9veloppement-peut-elle-r%C3%A9guler-l-immigration--/44866002
    #migrations #asile #réfugiés #coopération_au_développement #Suisse #flux_migratoires #gestion_des_flux_migratoires #Europe #EU #UK

    Le changement de cap pour Brugger :

    Jusqu’à présent, tout le monde reconnaissait qu’il était dans l’intérêt à long terme de la Suisse de lutter contre la #pauvreté. L’intérêt à court terme de la Suisse est désormais de limiter l’immigration. L’aide au développement doit ainsi être transformée en un instrument de #gestion_des_migrations.

    voir métaliste :
    https://seenthis.net/messages/733358

    • Il nuovo aiuto allo sviluppo fa litigare Berna

      La consultazione facoltativa fa emergere tutti i punti controversi, dal ritiro dal Sudamerica al budget ’insufficiente’

      Legami tra aiuto allo sviluppo e migrazione, ammontare dei fondi investiti, ritiro dall’America latina: sono alcuni dei punti che hanno fatto maggiormente discutere nel corso della procedura di consultazione sull’orientamento da dare all’aiuto allo sviluppo elvetico nei prossimi anni.

      È la prima volta che le grandi linee della cooperazione internazionale vengono sottoposte a procedura di consultazione facoltativa. Il progetto prevede che gli aiuti tengano maggiormente conto degli interessi della Svizzera, in particolare in materia di politica migratoria.

      Per il PLR, è positivo che venga dato maggior peso alla migrazione. Il partito si aspetta ora che queste intenzioni si concretizzino. Oltre a rafforzare il dialogo e i partenariati in materia, occorre adoperarsi per concludere nuovi accordi di riammissione, ha sottolineato.

      PS e Caritas apprezzano dal canto loro il fatto che il legame tra aiuti e migrazione non sia soggetto a condizioni rigorose. I socialisti deplorano però che collegando questi due aspetti venga ridotta l’interazione complessa tra cooperazione e migrazione con il solo scopo di ridurre gli arrivi.

      Analogo il punto di vista della Croce Rossa Svizzera, per la quale la Confederazione deve utilizzare l’aiuto umanitario e i meccanismi di cooperazione allo sviluppo per ridurre la povertà, non per promuovere la politica migratoria.

      Per il periodo dal 2021 al 2024, il progetto prevede un budget di 11,37 miliardi, una somma ritenuta «insufficiente» dalle organizzazioni attive nell’aiuto allo sviluppo e dal PS. Ciò corrisponde allo 0,45% del reddito nazionale lordo (RNL) della Svizzera. Il Parlamento ha fissato quale obiettivo di dedicare lo 0,5% del RNL e il Consiglio federale si è impegnato ad aumentare questa quota allo 0,7%, come previsto dall’Agenda 2030, ricorda in particolare Swissaid.

      Il PLR indica dal canto suo che si pronuncerà ulteriormente sulla percentuale da destinare all’aiuto allo sviluppo, quando il messaggio sarà definitivo. Il partito del consigliere federale Ignazio Cassis sottolinea tuttavia che, oltre a un rigido obiettivo, è determinante l’efficacia con la quale i mezzi sono utilizzati.

      Diversi attori consultati ritengono che gli obiettivi siano formulati in modo troppo vago. La creazione della crescita economica sul posto deve essere la principale priorità, rileva il PLR.

      Per Unione sindacale svizzera, Alliance Sud, Swissaid, PS, Croce Rossa Svizzera e Accademia svizzera delle scienze naturali, gli obiettivi della cooperazione elvetica dovrebbero allinearsi a quelli dell’Agenda 2030 delle Nazioni Unite, ciò che implica in primis la riduzione della povertà.

      Per raggiungere tali scopi, non basta limitarsi alla cooperazione internazionale. La politica svizzera deve migliorare la sua coerenza in ogni dipartimento, in particolare nei settori della politica commerciale, fiscale e finanziaria. Tale esigenza deve essere esplicitamente menzionata, chiedono Alliance Sud, PS e USS.

      Il progetto prevede un riorientamento dell’aiuto internazionale elvetico su quattro regioni e 34 Paesi prioritari anziché su sei e 46 come avviene attualmente. Di conseguenza, la Svizzera si disimpegnerà progressivamente dall’America latina entro il 2024.

      Secondo il DFAE, tale concentrazione è necessaria. La politica in materia di sviluppo deve essere realistica e, affinché abbia un effetto tangibile, i fondi devono essere utilizzati in maniera mirata, scrive il PLR.

      Swissaid ritiene invece che viste le difficoltà politiche in questa regione, una partenza pura e semplice dell’aiuto svizzero «avrebbe conseguenze disastrose per le popolazioni locali».

      Caritas si mostra dal canto suo preoccupata per le sorti di Haiti. Tale Paese «dovrebbe essere considerato come un caso particolare».

      https://www.laregione.ch/svizzera/svizzera/1387562/il-nuovo-aiuto-allo-sviluppo-fa-litigare-berna

    • Une coopération au développement recentrée sur la Suisse

      En Suisse, le Conseil fédéral définit tous les quatre ans sa stratégie de coopération internationale. Pour la période 2021–2024, il souhaite fixer de nouvelles priorités. Ainsi, outre la lutte contre la pauvreté, les intérêts de l’économie et ceux liés à la politique migratoire et sécuritaire de la Suisse devront être davantage pris en considération lors du choix des pays et des programmes. « En vertu de son économie ouverte et très mondialisée, la Suisse dépend d’un ordre international stable », explique le ministre des Affaires étrangères, #Ignazio_Cassis (PLR), à la « Revue Suisse ». La Confédération a intérêt à ce que les principes de l’état de droit se renforcent dans les pays en voie de développement, d’une part pour la population locale, « d’autre part parce que ces pays constituent de futurs marchés ». Le conseiller fédéral poursuit en disant que la Suisse a intérêt « à s’attaquer aux causes de la migration irrégulière et forcée ».

      Concernant la politique migratoire, le Conseil fédéral veut cependant renoncer à faire dépendre l’aide au développement de la coopération d’un pays – par exemple pour le retour de refugiés renvoyés – comme l’exige l’UDC. L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ainsi que les œuvres d’entraide ont pris position contre cette conditionnalité. Au printemps 2019, le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE a insisté sur le fait que l’aide suisse au développement devait se focaliser sur les besoins des pays partenaires, et non se mettre au service de la lutte contre la migration irrégulière.

      https://www.revue.ch/fr/editions/2020/01/detail/news/detail/News/une-cooperation-au-developpement-recentree-sur-la-suisse-1

      #root_causes

  • La campagne se meurt, la technocratie l’achève
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1053

    En 2050, 80 % du cheptel humain s’entassera dans des mégapoles-machines aux flux de transports, de fluides, d’énergie, d’individus, pilotés par "Intelligence Artificielle". Smart city, voitures “autonomes”, capteurs de données communicants, Internet des objets, big data, etc. Cette concentration résulte d’un projet de rationalisation - de rationnement raisonné - des "ressources". Pour rabattre les ruraux vers les métropoles, il suffit de supprimer les services de proximité, la Poste, l’école, l’hôpital, et les dessertes des petites communes ; puis d’ouvrir des complexes commerciaux périphériques afin de tuer les centres bourgs. Financez les projets urbains, les “pôles de compétitivité”, et admirez l’afflux urbain.

    Quant à ce que la novlangue nomme “les territoires”, ne croyez pas qu’ils échappent à rationalisation technicienne. La plupart de leurs décideurs veulent en faire des “smart territoires”, fonctionnant, eux aussi, en haut débit. Il n’y a pas de raison qu’on ne clique pas dans les chemins creux et sous les platanes du marché. Puis, les citadins qui viennent se ressourcer le week-end ont besoin de leur connexion pour... eh bien pour rester connectés.

    Surtout, la “ruralité” doit servir la mégamachine urbaine. Laisser passer les lignes à grande vitesse et à très haute tension. Fournir la biomasse et les ressources nécessaires à la consommation exponentielle d’énergie (la “planète intelligente” est une planète électrique). Nourrir les villes. Stocker les déchets nucléaires. Réserver quelques espaces aux loisirs, conformément aux recommandations des experts en santé urbaine.
    Vous pensiez vivre à la campagne, votre pays n’est qu’une fonction support pour les métropoles.

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/article_hyper-ruralite_.pdf

  • Jean-Baptiste Fressoz, Pour une lecture politique des systèmes énergétiques, 2014
    À propos de Timothy Mitchell, Carbon Democracy. Le pouvoir politique à l’ère du pétrole, traduit de l’anglais par Christophe Jaquet, Paris, La Découverte, 2013
    https://sniadecki.wordpress.com/2018/04/05/fressoz-mitchell

    Le livre tire sa force de son attention aux formes matérielles de la production : le charbon (contrairement au pétrole) doit être extrait des mines morceau par morceau, chargé dans des convois, transporté par voie ferrée ou fluviale, puis chargé de nouveau dans des fourneaux, fourneaux que des chauffeurs doivent alimenter, surveiller et nettoyer. La pesanteur du charbon donnait ainsi aux mineurs le pouvoir d’interrompre le flux énergétique alimentant l’économie. Leurs revendications, jusqu’alors constamment réprimées, durent enfin être prises en compte : à partir des années 1880, les grandes grèves minières contribuèrent à l’émergence de syndicats et de partis de masse, à l’extension du suffrage universel et à l’adoption des lois d’assurance sociale. Une fois prise en compte l’affinité historique entre charbon, démocratisation et avancées sociales, la transition énergétique vers le pétrole prend un sens politique intéressant. Par exemple, selon l’auteur, l’un des objectifs du plan Marshall était d’affaiblir les syndicats de mineurs pour ancrer l’Europe de l’Ouest dans le camp occidental. Les fonds de l’European Recovery Program servirent ainsi à l’achat de pétrole (premier poste de dépense), à la construction de raffineries ou au développement de l’industrie automobile. Pipelines et tankers, en réduisant les ruptures de charge, créaient un réseau énergétique beaucoup moins intensif en travail, plus flexible et résolument international. L’approvisionnement énergétique du capitalisme industriel, dorénavant global (dans les années 1970, 80 % du pétrole était exporté), rendait ce dernier beaucoup moins vulnérable aux revendications des travailleurs nationaux.

    #démocratie #énergie #charbon #pétrole #Histoire #mouvements_sociaux #politique #flux #gestion_des_flux #Jean-Baptiste_Fressoz #Timothy_Mitchell #recension

  • Work hard, have fun, make history. Amazon et la contre-révolution logistique : un regard depuis l’Italie
    http://www.platenqmil.com/blog/2018/02/25/work-hard-have-fun-make-history-amazon-et-la-contre-revolution-logistiqu
    http://www.platenqmil.com/file/si473778/Amazon+1-fi9515623.jpg

    C’est à partir des années 1960 que la logistique se constitue sous la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. La « révolution logistique » à l’origine de cette dynamique, qui est bien plus à comprendre comme une « contre-révolution », un préalable indispensable à l’instauration du régime néolibéral, représentait alors un investissement stratégique sur la désagrégation de la grande usine. Avec une myriade de travailleurs toujours plus mécanisés et écrasés sous son poids - réduits à des « tapis roulants » - la logistique dicte aujourd’hui le rythme de la circulation mondiale.
     
    Lors de la dernière décennie, une nouvelle vague de conflictualité a cependant fait tache d’huile dans ce secteur. Ce texte - après une analyse du rôle crucial joué par Amazon - revient précisément sur les mobilisations en Italie. Proposant une lecture des conflits passés et à venir, il souligne la nécessité de mener - en parallèle des enquêtes « à chaud », lors de moments de conflits - des « enquêtes à froid », dans le but de construire une « logistique des luttes » qui puisse œuvrer à des connexions politiques à travers l’usine globale.

    #logistique #enquête_militante

    • On peut donc soutenir que la fortune accumulée d’Amazon a été bâtie sur l’exploitation toujours plus intensive du travail, davantage que sur l’automatisation et l’innovation de façade qui rendent l’entreprise emblématique du moment actuel. L’énorme flux de marchandises charrié par Amazon circule grâce au travail d’une myriade de travailleurs mécanisés et écrasés sous son poids, réduits à des tapis roulants. Pour s’en faire une idée, nous reportons les paroles d’un travailleur employé dans un entrepôt d’Amazon à Rovigo (Italie) :

      Nous avons un contrat de 39h par semaine et nous sommes payés 960€ nets par mois. Pour moi c’est une misère, mais vraiment une misère […] Nous recevons un salaire qui n’est pas adapté aux postes que nous occupons à l’intérieur de la filière productive. [..] Il s’agit d’un travail massacrant, ce n’est pas juste de le payer ainsi. Et si on pense à combien de fric ils se font, eux, avec quelques clicks sur un ordi pour quelques ordres, c’est scandaleux… […] Le travail est physique, stressant, t’as jamais la certitude des horaires, de ce que tu feras, parce qu’il y a des pics de travail… Toujours des heures sup’, souvent le samedi et le dimanche. On peut aussi refuser, mais après on est mal vus par les contremaitres. Il vaut mieux baisser la tête et dire : « Ok, je viens ; ok je fais des heures sup’ ; ok, ça va, je suis là ». […] Nous n’avons pas la certitude des horaires, ils nous sont toujours communiqués la veille pour le lendemain. […] Ils décident de manière totalement arbitraire quand tu travailles. Et c’est une chose que je ne supporte plus, c’est inconcevable pour moi, mais c’est ainsi. […] On vit toujours dans l’angoisse, il n’y a jamais de certitude, tu ne peux pas organiser ta vie au-delà du travail .

  • Marché de l’#eau : quand la gestion privée dérape
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-17-fevrier-2018

    La #France est une particularité libérale dans le monde de l’eau : 60 % du marché est privatisé, contre 1 % pour le reste de la planète. Une gestion qui révèle de nombreux abus.

  • Sophie Orange : « On enferme les bacheliers dans un destin scolaire »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/211217/sophie-orange-enferme-les-bacheliers-dans-un-destin-scolaire

    Le projet de loi modifiant l’accès à l’université en premier cycle a été adopté à l’Assemblée nationale le 19 décembre. L’accès à l’université est désormais conditionné à la possession d’un certain nombre de compétences. La sociologue Sophie Orange considère qu’une #sélection est ainsi installée et que cela va fragiliser les plus faibles.

    #France #APB #Parcoursup #Université

    • Je regardais ce qui concerne la sociologie et on attend seulement des prétendants qu’ils aiment la discipline. C’est vague et peut prêter à toutes les interprétations. Comment les collègues du secondaire vont-ils traiter cela et le traduire en objectifs concrets ? En filigrane, toutefois, on y voit les figures repoussoirs. La maîtrise de la langue écrite et la pratique de l’écriture durant la scolarité ne sont pas ce qui a cours dans les filières professionnelles, car ce n’est pas au programme. Eux vont passer à la trappe, car c’est un critère facile de sélection.

      On fonctionne à l’envers, on a une conception de l’orientation et de la réussite des élèves et étudiants qui est peu ambitieuse, il me semble. On ne se demande pas comment on peut leur apprendre des choses, leur transmettre des savoirs, mais on les juge sur ce qu’on ne leur a pas appris. On les pénalise sur des choses dont ils ne sont pas responsables. On n’est pas dans une conception de la réussite du plus grand nombre, mais dans une simple gestion des flux. Les bacs professionnels qui vont en BTS échouent pour la moitié d’entre eux. Les évincer des licences ne règle rien. Il faut arrêter de diaboliser leur présence qui est très minoritaire. Sans compter que, quoi qu’on en dise, certains réussissent à l’université.

    • http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article7937

      Comme prévu, le projet de loi de modification de l’accès au premier cycle à l’université a été adopté à l’Assemblée nationale, mardi 19 décembre, en scrutin public et en procédure accélérée, avec 361 voix pour, 129 voix contre. La majorité LREM a voté pour, appuyée par certains députés UDI. Les élus de gauche – Nouvelle Gauche, La France insoumise et communistes – et Les Républicains se sont exprimés contre pour des raisons opposées. Les premiers se sont élevés contre l’instauration d’une sélection et les seconds ont jugé que cette réforme n’allait pas assez loin.

      Le projet de loi modifie profondément le visage de l’université (lire notre article sur le sujet). Dès 2018, les universités pourront étudier les profils des bacheliers en consultant leur dossier déposé sur la nouvelle plateforme Parcoursup qui succède au décrié APB. Pour établir leur choix, les filières auront une somme d’« attendus » pour chaque licence, c’est-à-dire les compétences requises pour intégrer tel ou tel cursus. Ceux-ci seront nationaux, même si les universités pourront préciser leurs spécificités locales. Le cas échéant, les futurs bacheliers qui n’auraient pas le niveau requis se verront proposer une remise à niveau et ne pourront être refusés que si les capacités d’accueil sont épuisées. Le recteur, dans le cadre d’une commission, devra proposer à toutes et tous une place dans une autre filière.

      La réforme de l’accès à l’université a été votée sans encombre par les députés le mardi 19 décembre. Est-ce qu’elle introduit un bouleversement profond de manière générale ?

      Sophie Orange : Oui, on peut dire ça comme ça dans le sens où elle introduit sans aucun doute une sélection à l’entrée du premier cycle universitaire. Le gouvernement sait très bien communiquer là-dessus. Ils ont beau euphémiser la réalité avec des termes comme « prérequis » ou « attendus », le résultat est là, il n’existe plus d’accès de droit à l’université. Nous avons affaire à une transformation profonde du système français et, d’une certaine manière, à une remise en cause du service public.

      Qui sont les gagnants et les perdants dans ce nouveau système d’orientation ?

      Les perdants vont évidemment être les publics les plus fragiles scolairement et socialement, qui ne sont pas ajustés au modèle universitaire. Jusque-là, ils entraient dans les premiers cycles en ayant connu par exemple une orientation vers la voie professionnelle qu’ils ne souhaitaient pas. Ils se dirigeaient alors vers la voie classique pour ouvrir leur champ des possibles. Les universités, avec leurs attendus, vont leur barrer la route objectivement. Subjectivement, en amont, les bacheliers qui avaient du mal à se sentir légitimes à aller à l’université vont renoncer à aller à l’encontre de ces freins symboliques. Il y a, avec cette loi, une mise en garde incroyable qui va renforcer l’autocensure. Mettre ces panneaux contribue aussi à bien faire peser sur les épaules des jeunes la responsabilité de leur échec.

    • Sophie Orange, maîtresse de conférences en sociologie à l’université de Nantes, spécialiste de l’orientation post-bac et coauteure avec Romuald Bodin de L’université n’est pas en crise (Éditions du Croquant), considère que cette réforme accroît les inégalités, fige les destins scolaires et qu’elle se résume à de « la gestion de flux ».

      Tout l’été, l’exécutif a insisté sur le fiasco APB avec les naufragés de l’orientation et a aussi martelé la nécessité d’en finir avec le tirage au sort. Est-ce que la situation était si critique ou s’agissait-il simplement de communiquer là-dessus pour faire accepter la réforme ?

      On s’est trompé de coupable. On a érigé le logiciel APB en épouvantail, en lui faisant porter toute la responsabilité de certaines difficultés d’orientation. Le tirage au sort concerne une faible part des orientations, même s’il y a eu une hausse cette année. En réalité, le cœur du problème, c’est que les universités n’ont pas assez de place, elles ne peuvent pas absorber toutes les demandes et deviennent « en tension ». On a voulu faire croire que la faillite était simplement technique. Les politiques n’ont pas voulu anticiper l’afflux supplémentaire d’étudiants [39 000 environ cette année – ndlr], qui ne sont pas nés hier. On a laissé pourrir la situation même si, en effet, cela a été pire lors de cette session 2017. La seule interrogation pertinente est : « Est-ce qu’on veut faire réussir les bacheliers ? » Si la réponse est oui, il faut investir. Là, tout ce qu’on va faire, c’est mieux distribuer et ranger les étudiants dans les cases qui existent.

      Quels sont les effets pervers de cette réforme ? Va-t-il y avoir des disparités entre les établissements ?

      Cette réforme contient plusieurs dangers. On va rigidifier les parcours des étudiants. Le destin scolaire et social va être encore plus déterminé par l’origine scolaire, qui est elle-même sociale. L’université avait le mérite d’autoriser les trajectoires atypiques et laissait un peu de jeu dans les cursus des uns et des autres. Là, on enferme les bacheliers dans un destin scolaire écrit d’avance. On va accroître l’homogénéisation des profils. Il n’y aura plus de mixité.

      Cette individualisation au niveau de la gestion des attendus se fera selon les moyens et les choix des établissements. Il y aura la possibilité de choisir les étudiants selon des critères différents. Le cadre national de la licence et l’équité territoriale sont bel et bien remis en cause. Suivant le prestige symbolique des différents établissements, ils auront la possibilité d’exiger des critères plus ou moins exigeants. Cela va figer les hiérarchies et les disparités entre les établissements. Il n’y aura donc plus de licence disciplinaire, mais une par établissement.

      Les valeurs symboliques des diplômes vont aussi être différenciées. Une licence obtenue à Saint-Denis, Limoges ou à la Sorbonne, ce ne sera plus pareil. Il y a une remise en question du service public.

      APB laisse place à Parcoursup, est-ce que cela change fondamentalement la procédure ou n’est-ce qu’un changement cosmétique ?

      [[lire_aussi]]C’est la même chose qu’APB. Il ne faut pas se focaliser sur les outils. Ce sont deux applications techniques, il est préférable d’analyser l’idéologie qui les irrigue. Parcoursup sert la libéralisation des parcours et des individus qui avait déjà cours avec APB. L’individu est considéré comme rationnel et comme ayant les mêmes ressources que tous.

      Cette fois-ci, les élèves de Terminale vont avoir des réponses au fil de l’eau, il n’y aura plus de calendrier collectif. Ce processus très individualisé va correspondre aux bacheliers les plus à l’aise avec les stratégies scolaires et les temps longs. Ceux qui sont seuls pour gérer leur orientation le seront encore plus. Ils vont être en difficulté et seuls face à leur destin, car ils n’ont pas les ressources sociales et culturelles pour bien maîtriser ce genre de dispositif.

      La hiérarchie des vœux disparaît : les très bons élèves vont avoir tous leurs choix, les autres pas forcément, est-ce que ça fausse le jeu ?

      Je trouve que c’est une bonne chose, car c’est difficile pour les bacheliers de faire un classement sur quelque chose dont ils n’ont pas connaissance. Mais on ne sait pas encore comment ça va fonctionner. Cela va surtout compliquer le travail des administratifs, qui vont devoir gérer énormément de dossiers. Le délai de mise en œuvre, dès 2018, est par ailleurs aberrant. On se lance dans cette aventure, on met des attendus dont on nous demande de les déterminer de façon rapide dans les établissements d’enseignement supérieur. On ne peut plus s’opposer à cette réforme. Il faudra mettre en pratique ces attendus. On n’a déjà pas le temps de tout faire dans de bonnes conditions. On va devoir trouver des façons de faire pour aller vite, donc pas forcément bien.

      Les « attendus » ont été rendus publics, mais sont très vagues. Est-ce néanmoins une bonne méthode pour sélectionner les profils ?

      Je regardais ce qui concerne la sociologie et on attend seulement des prétendants qu’ils aiment la discipline. C’est vague et peut prêter à toutes les interprétations. Comment les collègues du secondaire vont-ils traiter cela et le traduire en objectifs concrets ? En filigrane, toutefois, on y voit les figures repoussoirs. La maîtrise de la langue écrite et la pratique de l’écriture durant la scolarité ne sont pas ce qui a cours dans les filières professionnelles, car ce n’est pas au programme. Eux vont passer à la trappe, car c’est un critère facile de sélection.

      On fonctionne à l’envers, on a une conception de l’orientation et de la réussite des élèves et étudiants qui est peu ambitieuse, il me semble. On ne se demande pas comment on peut leur apprendre des choses, leur transmettre des savoirs, mais on les juge sur ce qu’on ne leur a pas appris. On les pénalise sur des choses dont ils ne sont pas responsables. On n’est pas dans une conception de la réussite du plus grand nombre, mais dans une simple gestion des flux. Les bacs professionnels qui vont en BTS échouent pour la moitié d’entre eux. Les évincer des licences ne règle rien. Il faut arrêter de diaboliser leur présence qui est très minoritaire. Sans compter que, quoi qu’on en dise, certains réussissent à l’université.

      L’orientation devient très importante dans ce processus ; comment est-ce que cela va se répercuter sur les différents acteurs ?

      La pression sur les enseignants du secondaire sera accrue. Ils ne vont prendre aucun risque, de peur que l’élève n’échoue. Avant, c’était la responsabilité de la collectivité. Les parents les plus éloignés de l’école vont avoir peur et ne pas avoir les ressources nécessaires pour digérer les informations. Désormais, il n’y a plus de droit à l’erreur. À 18 ans, on ne sait pas forcément ce qu’on va faire plus tard et ce n’est pas très grave. Les parcours linéaires ne sont pas majoritaires et c’est tant mieux.

      Or ici on transforme le système en quelque chose de plus élitiste. C’est assumé. Emmanuel Macron a dit lui-même que l’université n’était pas pour tout le monde. Il remet en cause la mixité scolaire et sociale.

      https://groups.google.com/forum/#!msg/sociologuesdelenseignementsuperieur/Wh8HxtC7J98/TsS3l3NiAAAJ

  • Le compteur Linky et la société électrique
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=933

    Karl Marx, quelqu’un qui s’y connaissait, écrivait en 1853 : « La vapeur et l’électricité conspirent contre le statu quo ». On a peine à l’imaginer, mais en effet, avant la vapeur et l’électricité, l’énergie hydraulique motorisait des milliers de fabriques en Europe (par exemple à Tourtre, dans le Vercors, des moulins, scieries, soieries). Faut-il souligner que Marx était tout-à-fait favorable à l’utilisation de la vapeur, de l’électricité, et au bouleversement du statu quo. C’est-à-dire, au développement des forces productives et par conséquent, in fine, au bouleversement des rapports sociaux. L’histoire de l’utilisation de l’électricité retient qu’elle fut d’abord produite et employée localement, et non pas en réseau. Qu’il y eut quelques réticences, quelques résistances à sa généralisation. (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/linky_jarrige.pdf

  • Conférence > 2. L’espace public sonore en questions
    http://www.lairedu.fr/media/video/conference/2-lespace-public-sonore-en-questions

    C’est moi ou cette conférence d’@intempestive n’est même pas seenée (hum) ?

    L’introduction de nouvelles technologies, ainsi que la plus grande prise en compte du sonore par les institutions, les marques ou les particuliers, modifient notre rapport à l’espace public, au collectif et à l’écoute, sans qu’on en débatte, ni même, souvent, qu’on en ait conscience. Le flou juridique et culturel qui entoure le sonore fait surgir des interdictions ou des appropriations nouvelles. Quelles frontières invisibles et quels usages inédits s’esquissent dans l’espace public sonore ?

    #conférence #son #urbanisme_sonore #usage_du_son #voiture_électrique #gestion_des_flux

  • Nous sommes le gibier, Linky le filet
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=837

    Fin mars, nous avons écrit à ERDF pour signifier notre refus du compteur Linky (voir Linky : lettre à ERDF). Quelques jours plus tard, une employée du service Clients nous téléphonait pour nous dire que nous avions le droit d’avoir nos opinions mais non celui de les mettre en pratique. Puis, Mélanie Douay, notre « conseillère Linky », nous a envoyé quatre pages de courrier. En voici des extraits et nos réponses. Mélanie Douay a bien fait de nous harceler. Vous croyez tout savoir sur Linky et ses nuisances ? Vous en avez déjà marre d’en entendre parler ? Réjouissez-vous, nous avons creusé et découvert des horreurs : Comment Linky servira à nous cibler pour le marketing, Pourquoi un émetteur radio sera intégré à Linky, Comment la smart city avalera votre domicile grâce à Linky, Comment Linky va (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/nous_sommes_le_gibier_linky_le_filet-2.pdf

    • Les statistiques couplées à la puissance d’Internet réalisent le projet de la cybernétique : le pilotage automatisé, centralisé, de la ville (smart city), de la planète (smart planet). Il n’est plus question de vivre comme des humains, en laissant une part au hasard, à l’erreur, à l’imprévu, mais au contraire de tout planifier, prévoir, régler au millimètre par des algorithmes. Pourquoi
       ? Pour nous entasser toujours plus nombreux dans les métropoles, et prétendre freiner le chaos climatique en rationalisant les flux (c’est nous, les flux). Il n’est pas question de changer le système qui a généré la catastrophe écologique, mais de le perfectionner en faisant de nous les fourmis dociles d’une fourmilière ultra-contrôlée. C’est cela leurs prétendues « transition énergétique » et « croissance verte ».

      #Linky #critique_techno #EDF #ERDF #électricité #gestion_des_flux #enfer_vert

    • Et sur l’aspect santé :

      Pour nous, la question sanitaire est secondaire. La société techno-industrielle a créé ses épidémies : cancer, obésité, maladies cardio-vasculaires et neuro-dégénératives. Linky ne se distingue pas de ce point de vue. Même un Linky « propre » - un oxymore - serait intolérable du point de vue social et humain, et nous ne demandons pas plus de fils blindés dans nos maisons que de pastilles d’iode en cas d’accident nucléaire. Nous ne voulons pas gérer les nuisances, mais les supprimer.

      Cependant, puisque vous évoquez ce sujet, voici notre réponse : on ne naît pas électrosensible, on le devient. Nul ne sait s’il supportera indéfiniment l’épaississement du brouillard électro-magnétique qui résulte du tout-connecté . À partir de quel seuil votre corps se révoltera-t-il ? Pour le savoir, il faut devenir le cobaye d’une expérience en taille réelle : la smart city. Linky ajoute sa part à la pollution électromagnétique, et ce ne sont pas les nigauderies d’ERDF qui effaceront le fait. « Linky émet 150 fois moins d’onde qu’une lampe basse consommation » , ânonne Olivier Masset, le directeur régional Alpes. Même un ingénieur peut comprendre qu’il n’est pas question d’installer Linky à la place des lampes, mais en plus : de l’ ajouter à la pollution ambiante. Monsieur Masset, pourquoi protester contre la télé du voisin du dessus, alors qu’il l’écoute moins fort que la radio du dessous ? Qui vous permet de nous prendre pour des imbéciles, Monsieur le directeur régional ?

      Un conseil, amis lecteurs : ne croyez jamais les décideurs qui parlent en valeurs relatives (tel système émet x fois moins de pollution, ou réduit de x % la consommation). Du point de vue de la survie de l’espèce dans ce monde saccagé par l’industrie, seules des valeurs absolues représenteraient un espoir. Il faut réduire le poids total des pollutions (en millions de tonnes), et de la consommation de ressources et d’énergie. C’est simple à comprendre : « plus de voitures moins polluantes » égale « plus de pollution », égale « arnaque ». Les chiffres, Monsieur Masset, les chiffres. Dire que c’est à nous, littéraires très moyens en maths, de vous le rappeler.

      #santé #comparaison

  • Linky ou l’arnaque
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=829

    D’abord, rendez-vous aux habitants de toute la cuvette, le samedi 30 avril, à 14 h, place Félix Poulat, à Grenoble, pour un rassemblement d’information et de refus du compteur Linky (voir l’invitation ci-dessous). Ce rassemblement est organisé par Grenoble anti-Linky, qui réunit pour la circonstance des opposants de toute la métropole grenobloise, afin de dénoncer le soutien des élus aux coups de force et mensonges d’ERDF. Il se passe dans toutes les communes de l’agglo ce qui se passe dans toutes les villes du pays. Un mouvement étonnamment vif et multiple de groupes et d’individus qui cherchent, s’informent, échangent, et refusent de s’en laisser conter face à la morgue des technocrates, élus et experts. Certains maires et conseillers municipaux partagent le refus des réfractaires. Devant cette (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/linky_finale_-_copie2.pdf

  • Le #covoiturage par Uber - New York Times
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/142002409504

    Farhad Manjoo pour le New York Times revient sur le fonctionnement de UberPool, le service de covoiturage d’Uber, lancé progressivement dans certaines villes depuis 2014. UberPool permet de partager son voyage avec d’autres utilisateurs, l’algorithme d’Uber jouant les appariements des destinations au grès des demandes. Pour Trevor Kalanick, son PDG, cette solution est devenue la moins chère du marché. Pour Manjoo, UberPool nous amène à devoir réévaluer l’impact d’Uber sur le monde, car il transforme l’impact d’Uber, qui n’est plus tant de transformer le travail (avec les polarisations que l’on connaît), que de transformer la mobilité urbaine et l’infrastructure du transport. UberPool a commencé comme une expérience. En 2 ans, UberPool a permis de réaliser 100 millions de voyages en communs. Dans la (...)

    #mobilité

  • Le rêve d’une déconnexion, de la maison autonome à la cité auto-énergétique de Fanny Lopez (via @Urbanites)
    http://www.revue-urbanites.fr/lu-le-reve-dune-deconnexion-de-la-maison-autonome-a-la-cite-auto-ene

    L’ouvrage de Fanny Lopez entreprend d’exposer l’histoire d’une #architecture qui s’oppose au modèle dominant : celle qui ne se connecte pas aux réseaux. Adapté de sa thèse de doctorat en Histoire de l’art soutenue en 2010 à l’Université Paris I, il nous donne à penser les évolutions du concept d’autonomie dans son rapport à l’architecture et à l’urbain, entre revendications politiques et théorisations économiques, techniques et sociales. Car si la question énergétique apparaît comme fil conducteur de la recherche dont les résultats sont rendus, c’est bien le concept d’autonomie de l’habitat dans son sens plus large que l’ouvrage permet d’analyser. Il est découpé en deux grands chapitres, le premier rendant compte des évolutions du rapport de force entre connexion et #déconnexion au cours de l’histoire, tandis que le second présente les différents mouvements de l’autonomie énergétique.

    #énergie

  • Tous feux éteints, Abbeville y voit plus clair
    http://www.courrier-picard.fr/region/tous-feux-eteints-abbeville-y-voit-plus-clair-ia0b0n357915

    via @lovlamour

    La première ville entièrement dépourvue de feux tricolores

    Si bien qu’en 2016, la capitale du Ponthieu deviendra la première ville de France entièrement dépourvue de feux tricolores. Les quatre derniers, installés au croisement de la route d’Amiens et de la route de Doullens, seront remplacés par un rond-point. Au-delà des effets bénéfiques sur les flux de circulation, l’objectif d’embellissement urbain semble également atteint. Tous les automobilistes interrogés ce jour-là semblent en tout cas apprécier le changement : plus rapide, plus simple, plus efficace. « Je ne comprends pas pourquoi les autres villes ne font pas la même chose », s’interroge ce restaurateur du centre-ville. Justement, le modèle abbevillois, qui semble faire ses preuves, est-il transposable dans d’autres villes picardes ? « Nous n’avons pas vocation à dire que c’est la solution miracle, nuance le maire d’Abbeville. Les feux n’étaient pas adaptés à la taille de notre ville qui reste une ville à la campagne. Et nous avons pu réaliser ces aménagements car la configuration le permettait. C’est certainement plus difficile à faire dans des espaces urbains plus restreints. »

    #feux_rouges #circulation_routière_intelligente #bonne_nouvelle

  • Des feux de circulation qui prévoient votre comportement - FastCoDesign
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/99982111254

    Si tous les feux de circulation d’une ville pouvaient se parler, les temps de déplacement pourraient diminuer de 22% rapporte FastCoDesign. Or la plupart sont indépendants les uns des autres et fonctionnent sur un contrôle de temps fixe, fixé le plus souvent depuis des historiques d’observations de la circulation anciennes et peu mises à jour. La professeure du MIT Carolina Osorio a mis au point un logiciel intelligent pour coordonner les feux d’une modélisation de la ville de Lausanne. Son modèle permet de réduire les temps de déplacements sur toute la ville de 22%, ainsi que la consommation de carburant. Le département des transports de la ville de New York travaille avec ce modèle pour améliorer la circulation de Manhattan. Un modèle qui pourrait également permettre d’optimiser les emplacements (...)

    #transport #citelabo #Ville_intelligente #smart_city

  • La Libye lutte pour endiguer les flux de migrants clandestins

    Des centaines d’#immigrants clandestins ont perdu la vie, le mois dernier, lors du naufrage de leur embarcation au large de l’île de Lampedusa, alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe. Leur bateau de fortune avait pris la mer depuis la Libye, qui s’efforce de gérer au mieux la présence de milliers de migrants.

    Magharebia s’est rendu à #Sabathra, à 80 km à l’ouest de Tripoli, pour visiter un #refuge accueillant des #immigrants_clandestins. Le centre, qui peut accueillir actuellement 130 personnes, est en cours de rénovation et d’agrandissement.

    Le refuge était désert le jour de notre visite, malgré les groupes de migrants qui continuent d’affluer depuis #Zuwara, #Zawiya, #Ajaylat, #Nalut et d’autres régions occidentales.

    Quelques minutes avant notre arrivée, 116 immigrants clandestins avaient été transférés à #Barak_al-Shatie, à 650km au sud, pour être rapatriés vers leur pays natal, selon le capitaine Bassim Bashir al-Ghrabli, chef du bureau local en charge des migrants clandestins.

    Magharebia s’est entretenu avec le capitaine pour évoquer la réponse donnée par la Libye à cette crise humanitaire.

    http://magharebia.com/fr/articles/awi/features/2013/11/07/feature-03

    #Libye #flux_migratoires #migration #gestion_des_flux_migratoires #frontière #entretien #rapatriement #renvoi #interview