• Guerre au Soudan : comment les Émirats convoitent l’#or et les terres agricoles

    Depuis deux ans, le peuple soudanais subit les conséquences d’une guerre impitoyable entre l’armée régulière et un groupe paramilitaire. Dans l’ombre du conflit, les Émirats arabes unis lorgnent l’or et les terres arables.

    Cela fait exactement deux ans que le Soudan, troisième plus grand pays d’Afrique, est ravagé par une #guerre_civile. Ce conflit, décrit comme « la crise humanitaire et de déplacement la plus dévastatrice au monde » par les Nations unies, oppose les Forces armées soudanaises (FAS), l’armée régulière commandée par Abdel Fattah al-Bourhane, et le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR), dirigé par Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemetti », un ancien chef de milice qui a opéré pendant la guerre du Darfour (2003-2020).

    Les chiffres sont horrifiants : on compte 12 millions de déplacés et plus de 150 000 morts, d’après une estimation faite en 2024 par l’ancien envoyé spécial étasunien au Soudan Tom Perriello. Près de 25 millions de personnes, soit la moitié de la population, souffrent d’une insécurité alimentaire aiguë, dont 8,5 millions en situation d’urgence ou de famine, selon les Nations unies et le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

    Les mines et les terres au cœur du conflit

    En janvier, les Forces de soutien rapide ont été accusées par les États-Unis de génocide contre la communauté Masalit, dans le Darfour, où leurs soldats ont « systématiquement tué des hommes et jeunes garçons et violé des femmes et jeunes femmes du fait de leur origine ethnique ».

    Au cœur de cette guerre effroyable, les #ressources_naturelles du Soudan, en premier lieu son or et ses terres, suscitent l’intérêt d’acteurs puissants. Le pays, qui occupe une position stratégique sur la mer Rouge, est le troisième producteur d’or d’Afrique.

    Actuellement, des mines sont exploitées dans les zones sous contrôle des FAS comme dans celles des FSR. Les bénéfices des ventes des deux groupes ennemis, qui avaient créé des sociétés de négoce d’or bien avant la guerre, leur permettent d’acheter des armes.

    Ce commerce profite aussi aux acheteurs, et surtout aux Émirats arabes unis (EAU). Ces derniers sont connus pour être l’une des « principales plaques tournantes internationales du commerce » de ce métal précieux, et la première destination de l’or illégal africain, comme l’a montré l’ONG suisse SwissAid (https://www.swissaid.ch/fr/articles/sur-la-piste-de-lor-africain).

    Avant le déclenchement de la guerre, la quasi-totalité de la production du Soudan partait vers les EAU, un trajet qui semble toujours d’actualité. Une partie passe aussi en contrebande par d’autres États, dont l’Égypte, avant d’y arriver.

    Les vastes #terres_arables et les produits agricoles du Soudan sont une autre source d’intérêt majeur dans cette guerre. Depuis le début des hostilités, les Forces de soutien rapide mènent de violentes campagnes qui déplacent les populations et s’emparent des terres.

    Elles ont détruit de nombreux villages dans l’État de #Gezira, la plus grande zone agricole irriguée du pays, pour convertir cette dernière en « gigantesques ranchs militarisés », a rapporté en 2024 dans le Guardian Nicholas Stockton, un ancien fonctionnaire des Nations unies. Le commerce du bétail vers les #pays_du_Golfe est « redevenu la principale industrie d’exportation du Soudan » et « le principal moteur de la guerre », a-t-il dit.

    Près d’un million d’hectares de terres sous contrôle

    Dans ce secteur, les Émirats arabes unis, qui manquent de terres arables et doivent importer 90 % de leurs denrées alimentaires, sont en première ligne. Comme les autres pays du Golfe, ils sécurisent leurs approvisionnements depuis la crise alimentaire de 2008 en prenant le contrôle de grandes superficies de terres agricoles un peu partout dans le monde. L’organisation Grain a documenté leur « pouvoir croissant » dans « le système alimentaire mondial » (https://grain.org/fr/article/7173-des-terres-a-la-logistique-le-pouvoir-croissant-des-emirats-arabes-unis-).

    Le Soudan occupe une place importante au sein de cet « empire logistique » que les Émirats sont en train de bâtir et « qui relie désormais environ un million d’hectares de terres agricoles acquises par les Émirats dans le monde entier à un réseau de ports et de plates-formes logistiques », souligne Grain.

    Ainsi, avant la guerre, les EAU avaient conclu avec Khartoum un contrat de six milliards de dollars pour construire un port sur la côte soudanaise et misaient sur des investissements agricoles à grande échelle. Depuis plusieurs années déjà, de grosses entreprises émiraties contrôlent des dizaines de milliers d’hectares dans le pays.

    Les chiffres traduisent bien l’importance que les ressources soudanaises représentent pour les EAU : en 2023, les principaux produits exportés par le Soudan vers les Émirats étaient l’or (1,03 milliard de dollars), des graines oléagineuses (15,9 millions de dollars) et des cultures fourragères (14,2 millions de dollars).
    Les Émirats arabes unis, acteur incontournable

    Pour protéger leurs intérêts, les EAU n’ont pas hésité à prendre parti lorsque la guerre a éclaté : ils ont choisi de soutenir les FSR de Hemetti, avec lesquelles ils étaient déjà en lien d’affaires, selon de nombreux spécialistes de la région et des enquêtes journalistiques. Ils les alimenteraient, entre autres, en armes, en violation d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

    De l’avis de plusieurs experts, ce mécénat, que les Émirats nient cependant assurer, a été jusqu’ici décisif : sans lui, les FSR n’auraient pas pu tenir aussi longtemps face aux Forces armées du Soudan, comme l’ont expliqué des experts, dont le politologue Federico Donelli et le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, qui dépend du département de la Défense des États-Unis.

    « L’horreur au Soudan montre de façon alarmante jusqu’où les Émirats arabes unis sont prêts à aller pour sécuriser leurs intérêts agricoles à l’étranger », constate Grain. Tout en fournissant des armes et un soutien logistique aux FSR, les Émirats prônent la paix et versent des centaines de millions de dollars pour financer l’aide humanitaire au Soudan. Alors que la guerre a détruit le système de production du pays, ils ont aussi organisé en 2024 un sommet mondial sur la sécurité alimentaire.

    Le rôle déterminant des EAU fait dire à des experts que l’une des principales clés du conflit se trouve aujourd’hui du côté d’Abou Dabi. « On peut affirmer sans crainte que quiconque souhaite mettre fin aux combats au Soudan devra composer un numéro commençant par +971 [indicatif téléphonique des EAU], puisque toutes les routes menant à Hemetti passent inévitablement par les Émirats », estime Andreas Krieg, professeur assistant au King’s College à Londres.

    Mais on sait aussi que l’Égypte et le Qatar, notamment, soutiennent de leur côté les FAS. Si la guerre et les massacres se prolongent, c’est en partie « parce que des acteurs extérieurs ont soit activement encouragé les combats, soit fermé les yeux », a analysé la chercheuse Leena Badri.
    Les pays voisins menacés

    L’Union européenne (UE) et les autres acteurs internationaux « n’ont pas su agir de manière significative pour protéger les civils attaqués », a déploré de son côté un collectif d’organisations dans une lettre adressée fin mars à la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne et aux ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’UE.

    Pour l’instant, il n’y a aucune perspective de paix en vue. Fin mars, les troupes d’Abdel Fattah al-Bourhane, considéré par les Nations unies comme le dirigeant de facto du pays, ont repris l’entier contrôle de Karthoum, mais les FSR tiennent toujours une partie du sud du pays et presque tout le Darfour (ouest).

    Désormais, les experts redoutent une propagation du conflit aux pays voisins, comme le Soudan du Sud et le Tchad, où la situation est déjà très fragile, voire explosive. Près de deux millions de Soudanais y sont réfugiés.

    https://reporterre.net/Derriere-la-guerre-au-Soudan-les-Emirats-convoitent-l-or-et-les-terres-a

    #Soudan #guerre #Emirats_arabes_unis #accaparement_des_terres #terres #EAU #mines #extractivisme #conflit

  • Quand Recep Tayyip Erdoğan reparle de la destruction de Gezi Parkı

    Le 18 juin, lors d’une conférence à Istanbul, Recep Tayyip Erdoğan a de nouveau évoqué l’aménagement de la place Taksim, une question en suspens depuis les manifestations de plusieurs semaines qu’avait provoquées, il y a trois ans, le projet prévoyant la destruction de la promenade de Gezi, et la reconstruction d’une caserne ottomane, rasée au début de la période républicaine. « L’un des sujets sur lequel nous devons être courageux, c’est la question de Gezi Parkı, à Taksim. Je le dis une nouvelle fois : nous reconstruirons ce bâtiment historique à cet endroit », a déclaré le président de la République, en présentant la relance de ce projet contesté, comme une volonté de réconcilier les Turcs avec leur Histoire

    http://ovipot.hypotheses.org/14312
    #Gezi #parc_Gezi #Istanbul #Turquie

  • UE/Turquie : enfermer les migrants, réprimer les mouvements, bombarder le Kurdistan
    migreurop, 1er décembre 2015

    Les ambitions de l’Union européenne sont claires : éviter que les migrants n’arrivent sur le sol européen, et pour cela payer le prix qu’il faudra. Celles de la Turquie également : disposer d’une marge de manœuvre plus large pour mettre en place librement la politique qu’elle entend mener. Au milieu se trouvent des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants.

    https://blogs.mediapart.fr/migreurop/blog/011215/ueturquie-enfermer-les-migrants-reprimer-les-mouvements-bombarder-le

    #Turquie #migrants #externalisation #camps #Gezi #UE #kurdes #répression #hotspots

  • pour avoir une idée de ces mouvements turcs en si grand danger (répression, arrestations, assassinats, intervention imminente de la police dans les universités) deux textes incroyables de Cagla Aykac (@reka, c’est une amie de Rutvica Andrijasevic, qui aimerait tellement que tu travailles sur Foxconn)
    je vais traduire le premier pour vacarme, wish me luck

    Strong Bodies, Dirty Shoes : An Ode to the Resistance
    Roar Mag, 8/1/14
    http://roarmag.org/2014/01/gezi-spirit-poetry-art-resistance

    Gezi was a bit of a brain crash: it exposed the wound of not being able to think enough and to know more. It made you see your ignorance and pointed to those who had knowledge of direct action, like women, gays, students, Kurds, Alevis, leftists, Muslims, and other rejects of all sorts. Minorities were present from the start — they already knew how to think, write and talk about all this. The silent and ignorant others had to learn a new language, and many still struggle to declassify their tongue. Thinking is not quite a crime around here yet, but it is strongly discouraged, sabotaged, and sometimes punished. [...] Gezi received much love and solidarity from the world. It might have received more than it gave, like a cute yet somewhat spoiled baby star. It was all play — an experimental art work in politics; it was risky. That was before the big destruction; before they came to crash, burn, and break. Then, the witch-hunt started — public threats, verbal and physical terror, getting fired, lynched in the media, arrested and put in prison, and still keeping up with the smile.

    The language of war snipes at women first. His women, his park, his children, his property, his fake trees, his big bridges, his shopping malls, his cash, and his quantitative nonsense. Numbers do not make sense any more, they are played with, they just circulate around, empty of content, like in all rising authoritarian regimes. Obedience wants to become a norm, freeze the brain, package it in plastic, and sell it in a shopping mall. Six months after Gezi, revenge is on the agenda. It is cold outside, those who have capital, political power, and big rigid norms suck human blood, nature blood, and city blood. We rage, we roar, we fall, we cry, and we laugh. Surprise us again and again love.

    Sing your joy, voice your anger and break the system
    Roar Mag 8/3/15
    http://roarmag.org/2015/03/international-day-women-break-silence

    When you do manage to break your intimate silence, you will feel free to put whatever you want in your feminism, your thoughts and feelings, all your skills, your cunt, your weapons, your river, your laws, your lipstick, all your books, your fat ass, your kitchen stuff, your delicate boobs, your baby, your joint, your little heart. You will need all this stuff of yours because ultimately what we want is to fuck the system so nice and deep that it will burst into a rainbow.

    #Turquie #mouvements #Gezi #féminisme #minorités

  • Harvey: Gezi Park Resistance Still Continues Despite Leaving Park - Elif Akgül
    http://bianet.org/english/people/164850-harvey-gezi-park-resistance-still-continues-despite-leaving-park

    On the 2nd anniversary of Gezi Park Resistance, social scientist Prof. Dr. David Harvey attended the press conference, located in the building of Union of Chambers of Turkish Engineers and Architects in İstanbul.

    David Harvey said he was glad with being in İstanbul on the 2nd anniversary of Gezi Park Resistance.

    About Gezi Park Resistance and the city life in İstanbul, Professor Harvey said:

    "It’s very interesting about Gezi Park Resistance that the protests once started locally but then it turned a rebellion all around the country. It was not limited to İstanbul. As a traveler and an urbanologist I think Gezi is unique globally. I suppose these kinds of protests are contagious. There was a protest in Brazil, Sao Paulo and then it spread other cities.

    “Even though these two protests had different factors, they had a mutual point: a demand for democracy. The second mutual point was police violence and the intensity of it. We understand that for people living in the cities life gets harder and harder day by day with deficiency of democracy and police violence.

    “In the U.S.A. we faced police violence again in Ferguson protests.

    “There is a question in our minds: Why don’t political parties want democratic protests and why do they use police violence against the protesters? If we are looking for the answer, we should look at the reflection of the capital on the cities. The capital functions in cities for dispossession. Cities are places for rich men to invest not for common folks to live in anymore.

    "The capital loves mega projects. For instance, urban protests in Brazil started before the world cup against the mega projects and it kept going against the Olympic Games.

    "These mega projects have social effects such as ecological, urban, displacement and evacuation. On demand of the capital, cities become an instrument for investment. Ecology and sustainability are ignored and cities become unlivable.

    “In the last decade, protests against the low life quality in cities increased and even against the alienation among the society. As a result of that, people use violence against each other with this intolerant environment. This is a great mistake.

    “Within this context, we should provide living space for humans to live side by side and without feeling alienated. In my opinion, Gezi was a struggle to create an objective unalienated alternative in an alienated environment. Instead of defending ourselves, we need to create a new life style.

    “We should create new public places to make ourselves understood and we should protect them. Gezi Park Resistance still continues despite leaving the park. It’s only the beginning, keep struggling.” (EA/NV/BD)

    #Gezi #Harvey #Protestation

  • #erdogan urges youths not to answer “terrorist” calls to protest
    http://english.al-akhbar.com/content/erdogan-urges-youths-not-answer-terrorist-calls-protest

    Thousands of Turkish police mobilized Saturday in central #Istanbul ahead of demonstrations to mark the first anniversary of last year’s protests that mushroomed into a revolt against Prime Minister Recep Tayyip Erdogan’s rule. Erdogan’s government deployed thousands of riot police and police in civilian clothes to enforce a ban on protests at #Taksim Square, the epicenter of last year’s demonstrations, an AFP reporter said. read more

    #Gezi #turkey

  • Mass trial opens over 2013 #turkey #street_protests
    http://english.al-akhbar.com/content/mass-trial-opens-over-2013-turkey-street-protests

    A Turkish policeman tries to remove a banner made of flowers reading “First of May” as police try to disperse a May Day rally near Taksim Square in Istanbul on May 1, 2014. (Photo: AFP - Bulent Kilic) A Turkish policeman tries to remove a banner made of flowers reading “First of May” as police try to disperse a May Day rally near Taksim Square in Istanbul on May 1, 2014. (Photo: AFP - Bulent Kilic)

    More than 250 people, including seven foreigners, went on trial in Turkey on Tuesday over mass anti-government protests that rocked the country last year. The 255 suspects face a range of charges including violating laws on demonstrations, damaging a place of worship and injuring civil servants. The defendants face up to 12 (...)

    #Gezi_Park #Top_News

  • Will #turkey’s municipal elections determine #erdogan’s future?
    http://english.al-akhbar.com/content/will-turkey%E2%80%99s-municipal-elections-determine-erdogan%E2%80

    Supporters of Turkey’s main opposition Republican People’s Party (CHP) wave Turkish and party flags during an election rally in #Ankara March 28, 2014. (Photo-AFP-Adem Altan) Supporters of Turkey’s main opposition Republican People’s Party (CHP) wave Turkish and party flags during an election rally in Ankara March 28, 2014. (Photo-AFP-Adem Altan)

    #Istanbul – Sunday’s election in Turkey will be fateful, and will largely determine the political future of Prime Minister Recep Tayyip Erdogan. The election is exceptionally important because it is taking place in a political climate fraught with tension, on account of the corruption scandals – to the tune of $200 billion – surrounding the prime minister and his son Bilal, as well as (...)

    #Mideast_&_North_Africa #AKP #Articles #CHP #Fethullah_Gulen #Gezi #Kemal_Kılıçdaroğlu

  • La police et les obsèques : gestion démocratique des foules

    http://www.susam-sokak.fr/article-la-police-et-les-obseques-gestion-democratique-des-foules-122939

    L’assassinat, puis les obsèques de Hrant Dink, avaient provoqué en Turquie un ébranlement dont les effets durent encore et sont incalculables à moyen terme. Je pense qu’un rassemblement humain comme celui qu’on a vu hier à Istanbul et dans toute la Turquie, un rassemblement à la mémoire d’un enfant victime de la police, et la violente répression qui a suivi (qui heureusement n’a pas fait de victime... sauf un policier), peut être un point de départ, le début d’un renouveau. On le saura plus tard, mais en tout cas l’événement, la rapidité et la puissance de la mobilisation dans tout le pays prouve que le mouvement de Gezi, lui, n’est pas mort.

    Ce qui restera également, c’est la violence des interventions policières. Les centaines de milliers de personnes qui ont accompagné le corps de Berkin n’étaient pas des émeutiers. Lorsque le cortège, après les obsèques proprement dites, s’est dirigé vers la place de Taksim, je ne pense pas qu’il y ait eu, parmi les participants, une intention autre que celle de protester contre l’utilisation de la violence au point de provoquer mort d’hommes et mort d’enfant. Le droit de manifester est clairement reconnu dans la constitution turque et, comme l’a souligné Levent Köker dans un article paru dans Radikal le 15 septembre 2013, le concept de « manifestation non autorisée » n’existe pas dans la loi 1. Mais tous les pouvoirs qui se sont succédé depuis le début de la république ont considéré Taksim comme un lieu sacralisé, un sanctuaire réservé aux commémorations officielles. Le 1er mai 1977 et les événements de 2013 constituent de remarquables exceptions. Le déroulement de la manifestation des Femmes le 8 mars 2014 a montré que l’inaccessibilité de Taksim aux manifestants était redevenu un principe intangible.

    La police a donc fait le nécessaire et plus que le nécessaire. Car si le but premier d’une intervention est d’empêcher (un accès, un rassemblement), il est clair que la police, hier, a voulu intimider, voire terroriser la population.

    Les techniciens de ce qu’on appelle en langage technocratique la « gestion démocratique des foules » (allez savoir qui a inventé cette expression stupide !) assurent que l’emploi des canons à eau et des gaz lacrymogènes est destiné à disperser les attroupements, à éloigner les manifestants de la police et donc de rendre impossible le contact et éviter les vraies violences physiques comme les coups de matraque (notamment le tonfa à poignée latérale classé en France comme une arme) qui peuvent être mortels. Le gaz, l’eau sous pression seraient donc des moyens d’intervention pacifiques permettant d’éviter les violences et les blessures graves. J’ai lu des remarques de ce type, sur Facebook, à propos des événements de Turquie en été. Les événements récents de Kiev (environ 80 morts principalement par balle) semblent donner raison à ces arguments, et font paraître la police turque, par comparaison, comme mesurée et bienveillante.

    Lecteurs français, n’oubliez pas que notre pays entretient une collaboration étroite avec la police turque, sur le plan technique, matériel et celui de la formation. Tout ceci nous regarde directement.

    #Istanbul
    #manifestation
    #Violence policère
    #gezi

  • En #Turquie, la #mort de Berkin ravive la flamme de #Gezi
    http://fr.myeurop.info/2014/03/13/en-turquie-la-mort-de-berkin-ravive-la-flamme-de-gezi-13375

    http://cdn3.myeurop.info/sites/default/files/imagecache/third_thumbnail/media/images/Photo+4+-+dans+le+cortege.JPG

    Camille Guillot

    Environ 200.000 personnes se sont réunies hier à #Istanbul pour assister aux funérailles de #Berkin_Elvan, un adolescent de 15 ans. Dernière victime des répressions de juin, il est décédé après plus de 250 jours de coma. Sa mort remobilise les opposants au gouvernement. Reportage.

    En plein centre d’Istanbul, les rues sont noires de monde. Hier, mercredi 12 mars, la foule s’étendait sur plusieurs kilomètres, d’Okmeydani à Şişli. lire la (...)

    #Société #Politique #corruption #Erdogan #internet #manifestation #répression #scandale #Taksim

  • Alignments of Dissent and Politics of Naming : Assembling Resistance in Turkey
    http://www.jadaliyya.com/pages/index/12001/alignments-of-dissent-and-politics-of-naming_assem

    Je découvre par hasard cet article du doctorant en anthropologie Emrah Yildiz (qui est d’ailleurs l’un des éditeurs d’un des 1er ouvrage collectif sur le mouvement Gezi http://tadweenpublishing.com/blogs/news/12194385-new-jadmag-resistance-everywhere-the-gezi-protests-and-d). En décentrant entre autre géographiquement son regard des lieux de contestation, pas uniquement concentrés sur Taksim, l’auteur remet en cause l’idée admise que seules les élites séculières ont initié, structuré et contrôlé le mouvement de résistance. Selon lui, la variété des profils sociaux et des revendications observés durant le mouvement qui se sont auto-enrichis entre elles, invite à une reconsidération des anciennes catégories d’analyse des classes sociales en Turquie à travers notamment une lecture de leurs relations avec la technologie et en particulier les technologies de l’information.

    Over ten thousand people took over the streets of Ümraniye, a working-class neighborhood on the Asian side of Istanbul, at around 10 pm on Sunday 2 July to stand in solidarity with the demonstrators not only in the grounds of the Gezi Park in Taksim Square, but also with those demonstrating in sixty-seven cities all over Turkey from Ankara and Izmir, to Adana and Hatay. Gathering on the main avenue of the May 1st Mahallesi (district) of Ümraniye, a neighborhood always imagined as a stronghold of AKP politics and home to a socially conservative lifestyle among the diverse districts of Istanbul, over ten thousand Ümraniye locals marched onto the main artery of Istanbul’s highway system connecting the European and Asian sides of the city via the Bosphorus Bridge, known as TEM in Turkey. Chanting the signature slogans of “shoulder to shoulder against fascism” and “resist Gezi [Park] resist!” of the demonstrations that ensued from Taksim square, the Umraniye locals formed a human blockade and closed the highway artery to traffic. Disregarding all signs alerting the drivers to the blockade miles ahead, a speeding black luxury car, described either as an Audi A6 or a BMW by eyewitnesses, ripped through the crowd, seriously wounding two peaceful demonstrators, associated with the Socialist Solidarity Platform, Sosyalist Dayanışma Platformu (SODAP) in Turkish. The 17-year-old SODAP member and high school student Sezgin Kartal remains in critical condition in Göztepe Eğitim ve Araştırma Hospital as I write this piece. The 19-year-old factory worker, and member of the socialist hackers’ network, Redhack, in Turkey, Mehmet Ayvalıtaş, on the other hand, has unfortunately passed away in the same hospital despite all the attempts to save his life.

    What is more upsetting to me, however, is the analytical myopia that underwrites the politics of naming what is happening and the actors who are doing the resisting in Turkey on the one hand, and the utter disregard for stories like that of Mehmet’s, since they do not neatly fit into the banally familiar and mutually exclusive positions of the entrenched elite secularists vs the overly-confident working-class Islamists in Turkey. The seemingly strange alignments the “resistance” has been breeding in Turkey should not be explained away in such abstract and categorical terms, but approached as vital social grounds through which we can rethink these categories, both in our representational practices and analytical endeavors. Mehmet’s story, peppered with information about where he comes from, his participation in Redhack while being a factory worker, for instance, might help us rethink not only the secularist elite/Islamist working-class binary, but also the assumed class positions of social media users and online activists in particular and the more abstract relationship between social class and technology in the age of late capitalism

    In other words, there is an ongoing process of seeming strange alignments among many different individuals and groups with wildly diverse ideological stances and social identities that are teaching and learning from one another, yet continue to stand together. Under such indeterminate circumstances, a struggle over context and its overriding meaning produces the problem of managing this assemblage, and the secularists are definitely serious contenders for the role, but not the only ones.

    #Gezi
    #Turquie

  • Four Turkish policemen on trial for death of anti-government protester
    http://english.al-akhbar.com/content/four-turkish-policemen-trial-death-anti-government-protester

    Four policemen went on trial amid tight security in #turkey on Monday, accused of beating to death a 19-year-old student in the huge anti-government protests that rocked the country last June. The high-profile court case comes as Prime Minister Recep Tayyip Erdogan battles his biggest crisis in 11 years in power, which has hit the economy and is threatening the strongman’s presidential ambitions. Some 2,000 riot police were deployed in the central city of Kayseri for the start of the trial, roads around the courthouse were blocked and demonstrations banned for “security” reasons. read more

    #DirenGezi #Gezi_Park #Top_News

  • The Park Revolution
    http://reclaimistanbul.com/2014/01/27/occupygezi-the-park-revolution

    Reclaiming, Rethinking, Re-producing Space and Democracy

    The Turkish Prime Minister’s proposal to build a new shopping mall on the site of Gezi Park, the only remaining green space in the extreme densely populated centre of Istanbul, triggered a revolutionary moment. The protests rapidly spread beyond the city and led to the articulation of intertwined demands for social, political, and economic reform throughout the country. The different dimensions of the protests voiced and the nature of the demands made had global echoes. The event itself being larger than life, this article aims to reflect on the following questions in relation to the Gezi Park uprising.

    (1) Is it possible to overcome the urban ecological crisis within the existing institutional framework, i.e. without tackling the crisis of democracy?

    (2) What sorts of spaces can strengthen democracy and contribute to a more equal distribution of power?

    (3) Can we imagine a radically different future, not for the few, but for all?

    To answer these questions, first, the social and political context of the Istanbul protests will be briefly considered, followed by six propositions that analyze the specific spatiality of the movement.

    #Gezi
    #urbanisme
    #démocratie

  • #GeziPark
    Autori: Moira Bernardoni, Fazila Mat, Piero Maestri, Lea Nocera, Fabio Salomoni, Fabio Ruggiero

    Gezi Park, un nome che nell’estate 2013 ha dominato per settimane le cronache globali, associato a immagini che mescolavano imponenti schieramenti di polizia, nuvole di lacrimogeni, volti insanguinati ma soprattutto folle festanti e accampamenti colorati. Dopo quella di Erdoğan, del miracolo economico e della “cool Istanbul” meta privilegiata del turismo internazionale, con Gezi il mondo ha scoperto anche la Turchia che si ribella e l’energia di un paese che reclama nuove forme di partecipazione e spazi di libertà. Da allora Gezi Park si è trasformato in un marchio, un’icona capace di suscitare interpretazioni inverosimili ma anche entusiasmi spericolati e che è divenuta fonte di ispirazione per altre mobilitazioni di portata globale.
    Questo volume collettivo, frutto del lavoro di un gruppo di autori che studiano la Turchia e che l’erba di Gezi l’hanno calpestata per davvero, si propone di offrire una cassetta degli attrezzi per ricostruire e comprendere quanto successo per le strade di Istanbul e della Turchia. Una descrizione della rivolta da angolazioni differenti per comprendere anche le complessità spesso trascurate se non del tutto ignorate. Con la consapevolezza che dopo Gezi “nulla sarà più come prima”. In Turchia e altrove.

    «Tutto intorno il caos, e molte persone in gravi condizioni. La polizia attacca persino i feriti e le persone rifugiatisi al Divan Hotel, un albergo situato alle spalle del parco, che da giorni funge anche da ambulatorio di emergenza. Spara i lacrimogeni al suo interno, come continua a lanciarne sull’Istiklal, il viale dove intanto si sono ammassati i manifestanti. Tutta la notte le proteste continuano come proseguono anche gli attacchi della polizia. Per la Turchia è un giorno triste. Quando spunta il sole, la mattina dopo, l’oscurità della notte non è riuscita a ingoiare la violenza e la brutalità. Buongiorno Gezi, la lotta continua».

    http://www.ilmegafonoquotidiano.it/libri/gezipark

    #Turquie #Gezi #livre #lecture #révolte #manifestation #Istanbul #Gezi_Park

  • Turquie : regain de tension avant le procès d’un policier accusé de meurtre

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/10/28/la-police-turque-disperse-une-nouvelle-manifestation-a-ankara_3504378_3214.h

    La police turque a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser près de 2 000 manifestants réunis, lundi 28 octobre, devant un tribunal d’Ankara où se tient le procès d’un policier accusé du meurtre d’un manifestant en juin.

    A lire, sur Orient XXI

    Turquie, les trois gauches face à une droite unie
    http://orientxxi.info/magazine/turquie-les-trois-gauches-face-a,0398

    Les arbres de Taksim cachaient la forêt de la révolte
    http://orientxxi.info/magazine/les-arbres-de-taksim-cachaient-la,0283

    Turquie : « les mots nous manquent »
    http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/turquie-les-mots-nous-manquent,0307

    #Turquie #Gézi #police

  • #turkey's Gezi Park protesters create new political party
    http://english.al-akhbar.com/content/turkeys-gezi-park-protesters-create-new-political-party

    A group of musicians and artists have founded a new political party named after the Istanbul park that became the epicenter of nationwide protests against the Turkish government in June. The Gezi Party, named after Gezi Park in Turkey’s largest city, will focus on altering the country’s constitution to make it “more democratic”, according to its Facebook page, and will be led by Resit Cem Koksal, 37, a rock musician. "We all want to live in a democratic country. To assert our demands, we (...)

    #GeziPark #Top_News

  • Hyperistanbul - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Hyperistanbul.html
    par Jean-François Pérouse

    cette fureur de grands travaux qui semble avoir embrasé la métropole turque s’alimente à des dynamiques très diverses — internes au pays, internationales, idéologiques, spéculatives... et participe d’une volonté de rattrapage, de normalistion et de prestige. Ces grands travaux — qui reposent sur des formes de travail très précaires et risquées et sur une externalisation obstinée des coûts environnementaux peuvent être aussi considérés comme des cache-misère destinés à faire tourner une économie dont un des moteurs est depuis longtemps le secteur du BTP. Ils ont aussi pour fonction de réactiver les communautés imaginaires (celle des croyants, celle des membres de la nation, celle de la turcité) et d’inclure symboliquement les exclus du « miracle turc » c’est-à-dire tous ceux dont le pouvoir d’achat n’a pas augmenté au prorata de l’accroissement de la richesse nationale, tous ceux qui se sont surendettés et tous ceux dont les conditions de travail se sont précarisées des années AKP. Mais tous ces programmes étourdissants pourraient être sérieusement remis en cause par la perte de valeur relative de la monnaie turque amorcée au le début de l’été 2013 et par les difficultés croissantes des entrepreneurs turcs ayant emprunté en devises étrangères sur les marchés internationaux...

    #Turquie
    #Gezi

  • The Visual Emergence of the Occupy Gezi Movement, Part One: Oh Biber!

    During June 2013, the Occupy Gezi Movement emerged as the greatest challenge to Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan’s decade-long rule in Turkey. In the streets and in Gezi Park, as well as through its widespread use of social media such as Facebook and Twitter, the resistance movement has produced images in both real and digital spheres. Much of the visual output strikes at Erdoğan’s hubris and verbal threats, his attacks on personal freedoms, his brutal crackdown against the protests, and his pressuring of mainstream media into self-censorship. Although they conveyed serious concerns, the movement’s rhetorical and pictorial messages were often humorous, witty and intellectually alluring in their use of wisecracks and satire. Such levity offered biting commentary on the obscenity of police violence while also building group cohesion for an array of oppositional constituencies.

    http://www.jadaliyya.com/pages/index/12714/the-visual-emergence-of-the-occupy-gezi-movement-p

    #street_art #graffiti #Turquie #Istanbul #Gezi_park #Taksim