#gigeconomy

  • Exploitation des données, manipulation de l’opinion, culte du secret… La trahison des GAFA
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/12/18/exploitation-des-donnees-manipulation-de-l-opinion-culte-du-secret-la-trahis

    Il y a encore quelques années, Mark Zuckerberg était considéré comme un génie, Google comme l’une des entreprises les plus cool au monde… et puis la confiance s’est perdue. L’avidité des géants de la tech semble avoir eu raison des valeurs des pionniers du numérique : liberté, innovation et progrès.

    Deux jours d’audience de presque cinq heures chacune, pas loin de six cents questions, une centaine de membres du Congrès. Et face à eux : Mark Zuckerberg, le puissant PDG de Facebook, costume et cravate bleus, visage gris. Nous sommes le 10 avril 2018 et le prodige des nouvelles technologies, 33 ans, troisième fortune mondiale, témoigne pour la ­première fois devant les élus américains. Ce ne sera pas la dernière.

    « Mon équipe reviendra vers vous pour des détails supplémentaires », martèle-t-il à seize reprises en guise de réponse aux interrogations minutées des démocrates et des républicains. Elles sont pourtant simples : les données personnelles récoltées par Facebook ont-elles été transmises à des entreprises tierces ? Ces données étaient-elles protégées par les serveurs de l’entreprise ? Ou encore quelle fut la réaction de l’entreprise face aux comptes diffusant des « fake news », notamment sur la vie politique américaine ? Imperturbable, Mark Zuckerberg conserve une voix monotone et une expression neutre. Comme s’il était habitué à être questionné de la sorte.

    A vrai dire, le jeune patron a été formé en urgence par un ancien conseiller spécial du président George W. Bush, sous la pression du scandale Cambridge Analytica. Soit l’utilisation illégale des données personnelles d’environ 87 millions d’utilisateurs de Facebook par cette entreprise britannique financée par le businessman ultraconservateur Robert Mercer, et cofondée par Steve Bannon, ancien stratège du président américain Donald Trump. Tout ça dans le but de favoriser l’élection de ce dernier, en novembre 2016 – une méthode visiblement efficace.

    Au micro, le sénateur du Dakota du Sud John Thune résume l’atmosphère au Capitole : « Dans le passé, beaucoup de mes collègues, des deux côtés de l’allée [majorité et opposition, des deux côtés de l’hémicycle au Sénat], étaient prêts à laisser les entreprises technologiques faire l’effort de s’autoréguler. » Pause. « Cela pourrait changer. » L’image est emblématique : Mark Zuckerberg garde les mains posées sur le large bureau noir, face à des dizaines d’appareils photo, comme s’il craignait d’être englouti par ce haut lieu du pouvoir américain. Il se raccroche aux origines « modestes » de son entreprise, créée dans un « dortoir » de l’université Harvard en 2004, et concède : « Nous avons fait des erreurs et nous essayons d’en tirer des conclusions. » Comme un premier aveu de faiblesse.Retour ligne automatique
    La Silicon Valley tremble

    Il y en aura d’autres. Au-delà du plus célèbre réseau social, scruté de plus en plus intensément aux Etats-Unis comme dans l’Union Européenne, c’est la Silicon Valley tout entière qui tremble. La crise est sans précédent. A tel point que, le 16 décembre 2018, l’influent Financial Times dévoile un « mot de l’année » inédit et directement adressé à l’industrie la plus riche de l’histoire : techlash. Contraction de tech et backlash (« contrecoup », en VF), il désigne l’animosité croissante d’une large part de la population envers les plus grandes entreprises technologiques mondiales et leur pouvoir intimidant.

    « Même la femme au foyer de 50 ans originaire du Minnesota intéresse Cambridge Analytica. Nous sommes tous victimes de la surveillance généralisée. » Christopher Wylie, lanceur d’alerte

    L’année suivante, un sondage du Pew Research Center confirme l’intuition du média financier : la part d’Américains persuadés que la technologie produit un impact positif sur la société est passée à seulement 50 % en 2019, contre 71 % en 2015. « A mesure que les grandes entreprises technologiques se sont hissées au top du capitalisme mondial, les contestations sont apparues », constate Sébastien Broca, sociologue à l’université Paris-VIII.

    Difficile d’en vouloir à l’opinion : en quelques années à peine, ces innovations, vendues comme révolutionnaires et consacrées au bien commun, ont accompagné l’élection de Donald Trump et sa rhétorique raciste et rétrograde ; Google a discrètement cherché à développer un moteur de recherche censuré, le projet « Dragonfly », fait sur mesure pour respecter les exigences du gouvernement chinois ; Amazon a nié toutes les avancées du droit du travail pour maintenir la cadence dans ses immenses entrepôts nécessaires à la vente en ligne.

    Les exemples ne manquent pas. « Le techlash est le résultat prévisible pour une industrie incapable de se gouverner elle-même », conclut le Financial Times. Depuis, les mêmes questions ne cessent de hanter les cercles de pouvoir, les médias et les plates-formes de discussions, tous réseaux sociaux confondus : où est passée l’utopie ? Comment la Silicon Valley a-t-elle pu devenir cette inquiétante machine dont on aurait visiblement perdu le contrôle ? Peut-on encore l’empêcher de menacer nos libertés, nos vies privées, et peut-être même la démocratie ?Retour ligne automatique
    Le coup de grâce Cambridge Analytica

    Sa puissance, visiblement sans limites, est déjà devenue « inquiétante », selon les termes de plusieurs personnes interrogées pour cet article. Pour une industrie de la tech déjà en plein doute existentiel, les révélations sur les pratiques de l’entreprise Cambridge Analytica font office de coup de grâce. En 2018, l’ancien consultant Christopher Wylie, qui a travaillé pour cette entreprise britannique spécialisée dans le conseil en communication et l’analyse de données, transfère des disques durs de documents à plusieurs journalistes du quotidien anglais The Guardian, toutes employées dans la rubrique « Arts et culture ».

    « Il n’y avait pas un seul journaliste tech sur cette histoire, raconte le lanceur d’alerte via Zoom, il fallait des gens, en l’occurrence uniquement des femmes, qui ne faisaient pas partie de ce petit monde masculin pour pointer ses failles. » Elles sont béantes : un outil dédié à la lutte contre la radicalisation aurait été tordu pour devenir un vaste projet de manipulation des données permettant d’influer sur plusieurs élections démocratiques. Cambridge Analytica serait ainsi devenu un outil de « guerre psychologique », pointe Christopher Wylie.

    L’impact médiatique de cette série d’articles est à la hauteur des informations rendues publiques. Le trentenaire, installé à Londres, se lance dans une « tournée d’audiences parlementaires », s’exprime sur tous les plateaux de télévision disponibles, devient le visage – cheveux de couleurs variées, lunettes branchées – de la débâcle de la tech. Il précise : « Pour la première fois, tout le monde a compris qu’il pouvait être une cible, même la femme au foyer de 50 ans originaire du Minnesota intéresse Cambridge Analytica. Nous sommes tous victimes de la surveillance généralisée. » Avec, comme dommage collatéral, les idéaux fondateurs de la Silicon Valley.Retour ligne automatique
    Des nerds devenus les rois du monde

    Cupertino, Californie, 1984. Jean-Louis Gassée est attablé au Good Earth, un café du centre-ville aujourd’hui disparu pour cause de gentrification. C’est l’heure du petit-déjeuner. Le premier d’une nouvelle vie. Le Français de 40 ans vient d’être nommé directeur de la division recherche et développement chez Apple, les cool kids de l’ordinateur personnel – un Macintosh, comme ils ont appelé leur révolution estampillée d’une pomme croquée. Mais, pour l’instant, Jean-Louis Gassée regarde le ciel et laisse son esprit vagabonder dans le big sky country.

    « La tech était sexy, c’était le futur et c’était forcément génial ! Je crois qu’il y a eu un gros manque de responsabilité de la part de ces leaders politiques qui n’ont pas prêté attention aux signes avant-coureurs. » Un ancien grand patron de la tech

    « Je me disais, ça y est, je suis arrivé, rejoue-t-il aujourd’hui par téléphone depuis la Côte ouest, c’est l’endroit où j’avais toujours voulu aller. » Depuis son arrivée chez Hewlett-Packard, et sa branche française, en 1968, le cadre n’a jamais cessé de rêver des Etats-Unis. Là-bas, il entrevoit le « sentiment des possibilités » et une culture de l’entreprenariat plus aboutie qu’à Paris. « Il n’y avait pas que le fric qui comptait ! Je voulais y aller pour faire ce qui n’existait pas avant, pour innover ! », sourit l’ancien businessman, 76 ans aujourd’hui. En l’espace de deux décennies, il a vu se lancer des dizaines de start-up, et certaines sont devenues, depuis, des empires.

    La saga emblématique de cet âge d’or reste peut-être celle de Google, symbole de la méritocratie en vogue au cœur de cette Silicon Valley encore tâtonnante. La preuve : Larry Page et Sergey Brin sont les « deux meilleurs ingénieurs » de l’université Stanford et ils ont une « idée toute simple et très belle », assure l’entrepreneur. Ils souhaitent ranger les pages Internet en les classant selon leur mérite. Jean-Louis Gassée : « Ils ont construit un algorithme, mis sur pied quelques serveurs et c’est devenu ce qu’on sait. »

    Hors de cette bulle de nerds devenus les rois du monde, on loue aussi la vision de cette jeune génération fraîchement débarquée dans les affaires, prête à tout gagner, autant qu’à « contribuer au bien de l’humanité ». Les médias érigent Steve Jobs, et plus tard Mark Zuckerberg ou Jeff Bezos, au rang de nouvelles figures du cool et de la réussite à l’américaine. Le grand public est conquis. Et les décideurs politiques leur ouvrent bientôt grand les portes. Toutes les portes.

    Snowden sonne l’alarme

    Les années Obama sont le théâtre d’une véritable love story entre la tech et la Maison Blanche. A partir de 2008, les pontes de Google ont organisé près d’« un rendez-vous par semaine » avec le président, selon un ancien patron d’une grande entreprise canadienne. A en croire les archives répertoriées pendant les deux mandats de Barack Obama, près de quatre cents de ces rendez-vous ont bien eu lieu dans la plus haute sphère du pouvoir politique.

    Assez pour que de nombreux hauts fonctionnaires poursuivent leur carrière dans les conseils d’administration des mastodontes de la Silicon Valley. Et vice versa. Un feu vert symbolique pour tout un corps de métier. Cet ancien grand nom de l’innovation canadienne confirme : « La tech était sexy, c’était le futur et c’était forcément génial ! Je crois qu’il y a eu un gros manque de responsabilité de la part de ces leaders politiques qui n’ont pas prêté attention aux signes avant-coureurs. Ces signaux étaient pourtant là. »

    Le plus flagrant se manifeste en 2013. C’est un cataclysme. Le jeune informaticien Edward Snowden dévoile un vaste programme de surveillance de masse pilotée par la NSA (National Security Agency). Les services de renseignement ont puisé directement des données sur les plateformes Internet et dans les entreprises de leur propre pays, sans autorisation ni contrôle. Adolescent dans les années 1990, Snowden avait cru aux interventions des pionniers de la tech, détaille-t-il dans son autobiographie. « Il raconte comment, à 14 ans, il pouvait parler à des scientifiques renommés à l’autre bout du monde, explique le sociologue Sébastien Broca. Mais, pour lui, il y a eu trahison de cette utopie initiale. »

    C’est ainsi qu’il justifie son geste radical et pour lequel il sera prêt à vivre en exil au nom de la protection de nos données privées. Dans ce programme, décrit comme « orwellien » par la justice fédérale américaine, les grandes entreprises mises en cause ont souvent été considérées comme victimes plutôt que complices. Malgré leur participation évidente à certaines de ces manœuvres.

    Le péché originel

    A la même époque, le 17 juin 2014, Facebook et la prestigieuse université Cornell publient un article scientifique intitulé « La preuve expérimentale de la contagion émotionnelle à grande échelle à travers les réseaux sociaux », ou comment manipuler les sentiments des utilisateurs des réseaux sociaux grâce à des publicités ciblées. Comme une conclusion logique, l’année suivante, Google abandonne sans bruit son slogan historique, le célèbre « Don’t be evil » (« ne faites pas le mal »).

    Mais pour Tim O’Reilly, pionnier légendaire de la Silicon Valley, le ver était dans le fruit bien avant les révélations de Snowden : « Le 8 février 1996, la section 230 a été adoptée dans la loi américaine, qui permet aux plateformes Internet de ne pas être responsables des publications sur leurs sites, détaille l’entrepreneur, donc on a arrêté de modérer le contenu correctement. »

    En parallèle, un autre verrou saute : la monétisation des données. Oublié l’utopie de start-up tournées vers le bien commun. A l’aube des années 2000, les nouvelles compagnies commencent à songer en termes de rentabilité et Google se met à vendre ses données au plus offrant. La pratique sera bientôt généralisée et des milliards de dollars de profits suivront.

    Et l’on découvre que les GAFA sont des entreprises capitalistes comme les autres, voire pire que les autres. Pour Tim O’Reilly, la tech s’inscrit dans la logique ultralibérale définie par l’économiste Milton Friedman. Dans une tribune publiée dans le New York Times Magazine le 13 septembre 1970, le futur Prix Nobel écrivait : « La responsabilité sociale des entreprises est de générer du profit. » Tim O’Reilly y voit le péché originel, le fruit défendu dans lequel ont croqué les GAFA. Jusqu’à ce que le paradis fantasmé ne devienne un enfer.

    La fronde des employés

    Le 1er novembre 2018, à 11 heures du matin, environ 20 000 employés de Google quittent leur poste de travail, sans un regard pour les open spaces bientôt déserts. Dublin, Chicago, Zurich ou Berlin, presque aucun bureau n’échappe à la « plus grande grève de l’histoire du droit du travail moderne », selon Ben Tarnoff, auteur du livre d’entretiens Voices from the Valley (2020, non traduit), organisée simultanément dans cinquante villes. Les employés modèles protestent contre les parachutes dorés offerts à plusieurs cadres dirigeants accusés de harcèlement sexuel – notamment Andy Rubin, créateur de la technologie Android, parti avec 90 millions de dollars.

    Cette « révolte de la tech » dans le plus grand moteur de recherche du monde avait débuté plus tôt dans l’année, contre le « Projet Maven » – un contrat noué avec le Pentagone pour améliorer le programme de drones américains à l’aide de l’intelligence artificielle. « Ces sujets sont devenus très importants au cours des deux dernières années, raconte Evan Greer, directeur adjoint de Fight for the Future, un organisme à but non lucratif militant pour la défense des droits des usagers du numérique. Et ils interrogent plus largement le but de toute cette technologie. »

    « Beaucoup d’entreprises se sont associées à des boîtes dont le seul but est de briser toute tentative de création de syndicat. » Ben Tarnoff, employé de la Silicon Valley

    Conscients de leur pouvoir immense, les employés de ces entreprises s’associent aux mouvements nationaux et internationaux, de Black Lives Matter aux différents cercles féministes impliqués dans la lutte contre le harcèlement et le viol depuis les révélations de #metoo en 2017. « Toutes ces actions ne viennent pas de nulle part, elles reposent sur une dynamique plus globale dans la société », souligne Evan Greer.

    Résultat, toute la « Vallée » est bientôt rythmée par les levées de boucliers : des employés pressent Microsoft d’abandonner ses liens et son projet à 10 milliards de dollars avec l’armée américaine ; en pleine administration Trump, l’entreprise Salesforce est pointée du doigt pour son partenariat avec les douanes américaines ; Amazon doit, pour la première fois, organiser des négociations avec les employés de ses hangars de tri. Alors, tout est en train de s’arranger ? Pas vraiment.Retour ligne automatique
    Représailles et surveillance

    « On dirait que c’est de nouveau le XIXe siècle », s’amuse Ben Tarnoff, comme pour tenir l’épuisement à distance. Par là, l’employé de la Silicon Valley fait référence aux « représailles agressives » tristement devenues la norme sous le soleil de la Californie. Dans les plus grandes entreprises, plusieurs leaders de ces mouvements spontanés ont été licenciés dans la foulée de leurs prises de parole publiques.

    En novembre 2020, le site d’information américain Motherboard révèle qu’Amazon a signé un généreux contrat avec l’entreprise Pinkerton, leader historique des agences anti-syndicats et spécialisée dans l’espionnage des employés prêts à sortir du rang. « Beaucoup d’entreprises se sont associées à des boîtes dont le seul but est de briser toute tentative de création de syndicat », précise Ben Tarnoff.

    Pour ne prendre aucun risque, les moyens de surveillance développés dans la Silicon Valley sont régulièrement utilisés en interne – même chez Google, l’une des entreprises les plus « libres » : les téléphones professionnels sont mis sur écoute, les serveurs internes prévus pour les échanges entre services sont rendus accessibles au management et des accords de confidentialité impitoyables sont imposés à certains employés. Le pire ? Tout ça fonctionne. Depuis l’année 2018, le nombre de manifestations publiques ou privées a drastiquement diminué. La routine semble avoir repris ses droits. Ben Tarnoff : « Après la frustration et la colère de voir leurs équipes se rebeller, beaucoup de cadres dirigeants ont adopté un discours réactionnaire. »Retour ligne automatique
    Les « réformateurs de la tech »

    D’autres ont pris le chemin inverse, renoncé à leurs salaires à six chiffres, leurs titres ronflants et leurs portefeuilles de stock-options, pour se lancer dans la mêlée. C’est le cas de Jim Balsillie, ancien PDG de l’entreprise RIM et créateur du célèbre BlackBerry, devenu en quelques années une figure centrale d’un jeune mouvement de « réformateurs de la tech ». Soit d’anciens cadres haut placés et chief executive officers (CEO) qui ont vu la bête de l’intérieur, le désastre potentiel et ont décidé de ne pas rester les bras ballants. « Je ne pensais pas que la tech deviendrait si toxique », regrette le multimilliardaire.

    Ses actions contre le projet de « smart city » pilotée par Google à Toronto, la ville où il a fait ses études, aux côtés d’associations locales, ses travaux avec le milliardaire hongrois George Soros pour le Forum économique mondial de Davos ou la création de plusieurs think tanks ont fait de lui un véritable « activiste », comme l’a résumé Shoshana Zuboff, influente autrice de L’Age du capitalisme de surveillance (Zulma, 2020). Aux côtés de puissantes personnalités de la Silicon Valley, comme Roger McNamee, ancien mentor de Mark Zuckerberg et investisseur star de Californie, ou Tristan Harris, ancien cadre de Google, il pointe la cupidité des nouveaux pontes de l’innovation, emportés par leur hubris et leurs rêves de monopole, encouragés par des succès tonitruants ou leurs réactions violentes face à la moindre tentative de contrôle.

    Jim Balsillie rappelle : « Dans l’histoire, le travail des enfants, l’esclavage et les déchets toxiques ont été bannis. Nous avons toujours imposé des règles pour contrôler le capitalisme, afin que le bien-être de la société reste l’objectif final. » L’entrepreneur aimerait bien que cela continue. Fin novembre 2020, 132 patrons, souvent jeunes, de sociétés de nouvelles technologies basées au Canada ont transmis une lettre ouverte au premier ministre Justin Trudeau qui, tel Obama il y a quelques années, semble sous le charme de la tech. Exigeant des garde-fous, ils l’ont invité à se montrer « responsable sur la question des données » pour favoriser la « construction de la nation », surtout dans une période de crise. « Il faut réguler, pointe le créateur du BlackBerry, c’est une question de démocratie. »

    La riposte des Etats

    En 2019, aux Etats-Unis, la Federal Trade Commission (FTC) a infligé une amende record de 5 milliards de dollars – la plus importante de l’histoire du pays – à Facebook, pour non-respect de la vie privée. Dans l’Union européenne, 8,25 milliards d’euros ont été demandés à Google pour abus de position dominante de 2017 à 2019, a tranché la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager, qui a aussi permis l’avènement du règlement général sur la protection des données (RGPD), première base juridique solide pour contrer les GAFA.

    « Dans les cercles politiques, tout le monde sait désormais que ces entreprises ne sont pas forcément là pour agir dans l’intérêt de tous », précise Damian Collins, député conservateur au Parlement britannique. Grâce au soutien des idéalistes de la tech, et à son rôle au sein du Real Facebook Oversight Board – un groupe indépendant pour le contrôle des activités du réseau social –, l’homme politique a prévu de passer à la vitesse supérieure : des régulations contraignantes et internationales. « Ces entreprises sont présentes partout et nous sommes limités dans nos décisions nationales, justifie le membre du Parlement, donc nous avons par exemple instauré un grand comité international avec des parlementaires en Europe et dans le monde. »

    L’idée est en cours depuis deux ans déjà, et les premières avancées, des deux côtés de l’Atlantique, commencent à surgir, malgré l’absence presque totale de collaboration des GAFA. Le 9 décembre, la FTC et 48 Etats américains ont accusé Facebook d’avoir bafoué les lois anti-trust en rachetant des concurrents pour s’assurer un contrôle total de plusieurs marchés. Le 19 décembre, c’est Google qui a fait l’objet d’une troisième plainte en deux mois. Une coalition de 38 Etats a lancé des poursuites contre le géant de l’Internet là aussi pour pratiques anticoncurrentielles.

    Quant à l’Union européenne, elle a dévoilé, le 15 décembre, un plan d’attaque en deux volets : un Digital Service Acte (DSA) pour la régulation des contenus, et le Digital Market Act (DMA) afin de préserver la concurrence dans le numérique. Affaire à suivre. Gageons que les protestations – et les pressions – des géants du numérique seront à la hauteur des ambitions des législateurs.

    Habituellement, les premières « questions difficiles » posées, le dialogue se rompt très vite. « J’ai demandé à Facebook, dans un rendez-vous privé, de vérifier combien et quelles publicités avaient été achetées par des comptes russes pendant la campagne pour le Brexit », se souvient Damian Collins, lui-même en faveur du maintien dans l’UE. Les équipes de Zuckerberg proposent alors de vérifier des preuves que le parlementaire apporterait, sans avoir accès aux serveurs de l’entreprise. Difficile de faire plus, assurent-ils. « Puis ils ont ajouté qu’ils ne regarderaient pas et ne me donneraient pas l’information », poursuit le parlementaire britannique.

    Le poids des étudiants

    Pour rester optimiste, le milieu de l’année 2020 a déjà apporté une (petite) victoire. Pendant l’été, la grande entreprise de données Palantir Technologies, cofondée par Peter Thiel, un des seuls soutiens de Donald Trump dans la tech, a dû quitter Palo Alto. Et la Silicon Valley tout entière. Direction Denver, dans le Colorado, où l’entreprise a installé ses nouveaux locaux, prête à continuer à collaborer avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) pour « optimiser » les renvois de réfugiés illégaux, présents sur le territoire américain, comme ce fut le cas durant toute l’administration Trump.

    Qu’est-ce qui a poussé la grande entreprise loin de la Côte ouest ? « Les étudiants », sourit Ben Tarnoff. Plusieurs milliers de jeunes, organisés dans seize universités différentes, dont Stanford, qui jouxte Palo Alto. Armés de pancartes désignant Palantir comme « social evil », ils ont réussi à faire ployer l’une des entreprises les plus mystérieuses et les plus puissantes du monde moderne. « Ce sont eux qui ont le pouvoir, précise l’auteur de Voices from the Valley. Cette boîte, comme beaucoup d’autres, recrute principalement à Stanford ou au MIT, et d’un coup ils ne pouvaient plus recruter. »

    La première victoire d’une longue série ? Cette stratégie a été appliquée dans d’autres cas, pour chambouler des géants comme Amazon. Sans succès. Ces entreprises et nos vies n’ont pas fini d’être intimement liées. Le sociologue Sébastien Broca raconte : « Dans le New York Times, il y a quelque temps, un consultant en nouvelles technologies a dit quelque chose que je n’arrive pas à oublier. Il expliquait que le nirvana vanté par la Silicon Valley avait du plomb dans l’aile, mais que nous, en tant que consommateurs, nous ne cessions de voter pour ces entreprises. »

    Après l’annonce du départ de Palantir, les étudiants de Stanford ont célébré leur victoire sur Instagram, Facebook ou TikTok. Puis, le soir même, certains ont probablement regardé une série Netflix, commandé un plat sur Uber Eats ou se sont offert un cadeau sur Amazon. Il fallait bien fêter ça.

    #Apple #Google #CambridgeAnalytica/Emerdata #NSA #Amazon #Facebook #GoogleSearch #algorithme #Dragonfly #consommation #manipulation #consentement #domination #BigData #GAFAM #GigEconomy #PRISM #syndicat #travail (...)

    ##CambridgeAnalytica/Emerdata ##FTC

  • Coincés dans Zoom (4/4) : pourquoi allons-nous y rester ?
    http://www.internetactu.net/2020/12/18/coince-dans-zoom-44-pourquoi-allons-nous-y-rester

    Alors que nous voilà plus ou moins déconfinés, notre expérience de Zoom est appelée à s’alléger. Pas si sûr !… Car même si la seule évocation de son nom vous provoque des crises d’urticaire, il est probable que Zoom soit là pour rester. Pourquoi allons-nous devoir nous habituer à cohabiter avec ce nouvel « ogre » de nos télévies ? L’avenir de Zoom : la vidéosurveillance de notre intimité ? Si l’on en croit nombre d’articles parus sur le sujet, l’avenir des services de visioconférence s’annonce comme une (...)

    #Zoom #algorithme #CCTV #biométrie #vidéo-surveillance #GigEconomy #panopticon #surveillance #télétravail #travail (...)

    ##visioconférence

  • Amazon Has Turned a Middle-Class Warehouse Career Into a McJob
    https://www.bloomberg.com/news/features/2020-12-17/amazon-amzn-job-pay-rate-leaves-some-warehouse-employees-homeless

    Despite a starting wage well above the federal minimum, the company is dragging down pay in the logistics industry and bracing for a fight with unions. Amazon.com Inc. job ads are everywhere. Plastered on city buses, displayed on career web sites, slotted between songs on classic rock stations. They promise a quick start, $15 an hour and health insurance. In recent weeks, America’s second-largest employer has rolled out videos featuring happy package handlers wearing masks, a pandemic-era (...)

    #Amazon #GigEconomy #pauvreté #syndicat #travail

    ##pauvreté

  • Amazon détruit-il plus d’emplois qu’il n’en crée ?
    https://www.alternatives-economiques.fr/amazon-detruit-plus-demplois-quil-nen-cree/00094905

    Faisant les comptes entre les créations et les destructions, une étude révèle l’impact négatif de l’e-commerce sur l’emploi. Le géant mondial du commerce en ligne est sous le feu des critiques : conditions de travail dégradées de ses salariés, optimisation fiscale agressive, coût environnemental de sa chaîne logistique… Face à l’ensemble de ces reproches, Amazon met régulièrement en avant sa capacité à créer des emplois. Mais entre les nouveaux postes dans les entrepôts de la firme américaine et la fermeture (...)

    #FNAC #SNCF #Amazon #CDiscount #domination #consommation #GigEconomy #licenciement (...)

    ##travail

  • A Genève, Uber eats s’approprie les pourboires des livreurs RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/11827985-a-geneve-uber-eats-sapproprie-les-pourboires-des-livreurs.html

    Depuis l’introduction d’un salaire minimum à Genève de 23 francs de l’heure voté en septembre dernier, les livreurs Uber eats voient leurs pourboires leur passer sous le nez.

    Cette période de pandémie a rendu la livraison des repas à domicile particulièrement populaire. Parmi ces livreurs, ceux d’Uber eats n’ont pas chômé. Pour souligner leur travail, l’application insiste : « Votre pourboire pour Mathieu : sans eux, pas de livraison possible. »

    Le client généreux pense au froid hivernal, aux temps difficiles pour ces travailleurs souvent précaires et verse un pourboire via l’appli. Ce d’autant plus que le livreur est invité à déposer le repas devant la porte, afin d’éviter tout contact en raison des mesures sanitaires.

    Sauf que, depuis le 1er novembre, le livreur Uber eats ne touche pas un centime du pourboire laissé en ligne.

    Livreurs en colère
    « Quand on nous donne un pourboire, c’est de la bonne volonté, c’est pour notre travail. Pourquoi ils nous enlèvent cette partie de notre revenu ? C’est un cadeau du client », s’indigne un livreur mardi devant la caméra du 19h30.

    Pourtant, l’application précise le contraire : « Les pourboires sont facultatifs et constituent une autre façon de dire merci. Votre pourboire est intégralement reversé au coursier », lit-on après avoir passé une commande.

    « Le client croit qu’il donne quelque chose au livreur et au final, c’est quelqu’un d’autre qui vient le prendre. Même le client se fait avoir dans l’histoire », relève un deuxième livreur.

    Le seuil de rentabilité invoqué
    A Genève, la situation des livreurs a totalement changé en deux mois. Sur décision judiciaire, leur statut est passé d’indépendant à employé. Et après la votation cantonale de septembre dernier, ils se sont vus attribuer un salaire minimum à 23 francs de l’heure.

    Chaskis, la société qui salarie les livreurs Uber eats, a refusé de répondre à nos questions. Dans une prise de position, elle écrit : « Ce sujet est lié à notre seuil de rentabilité (...). Notre entreprise ne peut évidemment poursuivre ses activités et maintenir ses nombreux emplois que si chacun y met du sien ».

    Pour les 600 livreurs Uber eats à Genève, cette décision représente un gros manque à gagner. « Pour un temps plein, on reçoit chaque mois entre 250 et 400 francs de pourboires. Il y a un petit goût amer maintenant quand on remercie un client pour son pourboire, parce qu’on ne les touche plus. Cela correspond juste à des frais de livraisons supplémentaires, qu’on imagine être pour couvrir le passage à 23 francs », déplore un troisième livreur.

    Une démarche illégale
    Selon le syndicat Unia, cette décision unilatérale est illégale : « Nous avons formellement contesté cette démarche et avons demandé de l’arrêter immédiatement. J’attends toujours une réponse de leurs avocats pour nous rencontrer et pouvoir donner une résolution correcte à toutes cette problématique », souligne Umberto Bandiera, secrétaire syndical.

    La situation des livreurs Uber eats est unique. Les services de livraisons concurrents eux reversent les pourboires à leurs coursiers.

    Delphine Gianora/fme

     #uber #vol #escroquerie #Suisse #travail #salaire #gigeconomy #conditions_de_travail #travailleurs_indépendants #revenu

  • The Long, Unhappy History of Working From Home
    https://www.nytimes.com/2020/06/29/technology/working-from-home-failure.html?searchResultPosition=8

    As the coronavirus keeps spreading, employers are convinced remote work has a bright future. Decades of setbacks suggest otherwise. Three months after the coronavirus pandemic shut down offices, corporate America has concluded that working from home is working out. Many employees will be tethered to Zoom and Slack for the rest of their careers, their commute accomplished in seconds. Richard Laermer has some advice for all the companies rushing pell-mell into this remote future : Don’t be (...)

    #technologisme #COVID-19 #GigEconomy #santé #télétravail #travail #visioconférence #IBM #BankofAmerica #Aetna #Altaba/Yahoo ! #AT&T (...)

    ##santé ##Altaba/Yahoo_! ##AT&T ##Reddit

  • Coincés dans Zoom (3/4) : miroir des cultures managériales
    http://www.internetactu.net/2020/12/08/coinces-dans-zoom-34-miroir-des-cultures-manageriales

    Le confinement lié à la crise sanitaire a bouleversé le management qui a du se réinventer dans l’urgence. Zoom s’est imposé comme un outil inédit de gestion du collectif de travail. Mais avec lui, semble s’imposer une culture managériale comme l’exact reflet des politiques sanitaires autoritaires dont nous avons été l’objet. Zoom a-t-il été l’outil de la « disruption » du management ? Pas vraiment ! Zoom, infrastructure vitale en mode dégradé Pour la sociologue Mathilde Bourrier, les visios sont devenues « (...)

    #Zoom #technologisme #GigEconomy #télétravail #travail #visioconférence #COVID-19 (...)

    ##santé
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  • Un rapport officiel confirme le sac de nœuds de l’ubérisation
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/051220/un-rapport-officiel-confirme-le-sac-de-noeuds-de-l-uberisation?userid=005a

    La commission mandatée pour réfléchir au statut des travailleurs d’Uber ou de Deliveroo estime que la meilleure solution est de les salarier... mais elle préconise d’autres issues car le gouvernement souhaite avant tout soutenir les plateformes. L’exécutif n’en a pas fini de se débattre avec le dossier de l’ubérisation. Et ce n’est pas le rapport tant attendu sur la question qui va le sortir de ce guêpier. Il y a près d’un an, Édouard Philippe, alors premier ministre, avait mis sur pied une commission (...)

    #Deliveroo #Uber #législation #conditions #conducteur·trice·s #GigEconomy #travail

  • Uber made big promises in Kenya. Drivers say it’s ruined their lives.
    https://www.nbcnews.com/news/world/uber-made-big-promises-kenya-drivers-say-it-s-ruined-n1247964

    “When you have a family to feed, kids to pay school fees for, rents to pay, a loan to pay and your work is too much and exploitative, what happens ?” a driver said. NAIROBI, Kenya — At first, work as an Uber driver seemed to offer Harrison Munala everything he’d hoped for when he moved from a town in the western part of Kenya to its capital, Nairobi. Uber seemed like the answer to Munala after he had spent nearly 15 years of informal employment as a house cleaner and school bus driver. Many (...)

    #Uber #conducteur·trice·s #GigEconomy #pauvreté #travail

    ##pauvreté

  • How Amazon automatically tracks and fires warehouse workers for ‘productivity’
    https://www.theverge.com/2019/4/25/18516004/amazon-warehouse-fulfillment-centers-productivity-firing-terminations

    Documents show how the company tracks and terminates workers Amazon’s fulfillment centers are the engine of the company — massive warehouses where workers track, pack, sort, and shuffle each order before sending it on its way to the buyer’s door. Critics say those fulfillment center workers face strenuous conditions : workers are pressed to “make rate,” with some packing hundreds of boxes per hour, and losing their job if they don’t move fast enough. “You’ve always got somebody right behind you (...)

    #Amazon #algorithme #robotique #consommation #GigEconomy #licenciement #surveillance (...)

    ##travail

  • Amazon first
    https://mailchi.mp/af7227bd4d4e/27-amazon-first

    Je dois vous confesser une fascination, celle que j’éprouve envers Amazon et son PDG Jeff Bezos depuis des années. Une fascination qui s’est construite au fil du temps, depuis ma première commande sur le site marchand jusqu’à mes interrogations sur ce méga-empire. Même encore aujourd’hui, alors que je me suis complètement dés-amazonisée, cette entreprise m’interpelle à bien des égards. En 2016, le journaliste David Streitfeld écrivait dans le New York Times : "Amazon is in the middle of an ambitious (...)

    #Amazon #AmazonsPrime #domotique #Echo #InternetOfThings #écologie #technologisme #domination #bénéfices #GigEconomy #travail #Google #Alexa #fiscalité #COVID-19 #enseignement #lobbying (...)

    ##fiscalité ##santé

  • Que reproche-t-on à Amazon ?
    https://www.numerama.com/politique/671976-que-reproche-t-on-a-amazon.html#utm_medium=e-mail

    La multinationale et plus grosse entreprise mondiale de e-commerce est sous le feu de vives critiques depuis quelques semaines en France. Associations et personnalités politiques n’ont pas manqué de donner pointer du doigt l’entreprise que les Françaises et les Français utilisent très largement lors des fêtes de fin d’année. Mais que reproche-t-on vraiment à Amazon ? « Stop Amazon », « Noël Sans Amazon », « Boycottez Amazon », « Sauve ton Commerçant ». Ces dernières semaines, les initiatives et les actions (...)

    #Alibaba #Carrefour #ELeclerc #Amazon #écologie #domination #fiscalité #bénéfices #copyright #GigEconomy #travail #AmisdelaTerre #ATTAC (...)

    ##fiscalité ##SUDSolidaires
    //c0.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2020/11/amazonlogo.png

  • Tim Bray Is Not Done With Amazon
    https://www.nytimes.com/2020/07/22/technology/amazon-critic-tim-bray.html

    Tim Bray was a celebrated engineer at Amazon. Now, he is its highest-profile defector. SEATTLE — Tim Bray, an internet pioneer and a former vice president at Amazon, sent shock waves through the tech giant in early May when he resigned for what he called “a vein of toxicity” running through its culture. Within a few hours, his blog post about the resignation drew hundreds of thousands of views, and his inbox filled up with requests from journalists, recruiters and techies. Soon, lawmakers on (...)

    #Amazon #AmazonWebServices-AWS #activisme #écologie #domination #GigEconomy #licenciement (...)

    ##travail

  • How the Covid-19 pandemic has increased Amazon’s dominance
    https://www.theguardian.com/news/audio/2020/nov/26/how-the-covid-19-pandemic-has-increased-amazons-dominance

    As high street rivals were forced to close this year, Amazon has gone from strength to strength. But reports of conditions in some of its huge warehouses have brought a new level of scrutiny, as John Harris explains Before the pandemic struck, high street retailers were already struggling to stay competitive with online companies that offered low prices and rapid deliveries. When Covid-19 forced shops to close and consumers to stay at home, online retailers, particularly Amazon, were (...)

    #Amazon #consommation #domination #bénéfices #COVID-19 #GigEconomy #santé #travail

    ##santé
    https://i.guim.co.uk/img/media/dbd79ed88c82d7b6682797ee4140b2ac861439ce/0_39_5326_3198/master/5326.jpg

  • Extraction des données par les GAFAM : aller au-delà de l’indignation - Par Evgeny Morozov
    https://lvsl.fr/extraction-des-donnees-par-les-gafam-aller-au-dela-de-lindignation-par-evgeny-m

    Chaque jour, des milliards de données sont extraites de nos outils digitaux et réutilisées par les géants du numérique à des fins de ciblage publicitaire. La critique de ce capitalisme de surveillance a été popularisé dans les médias, notamment par Shoshana Zuboff, professeur émérite à la Harvard Business School, et auteur d’un ouvrage éponyme. Elle dénonce inlassablement les dangers que font courir les GAFAM sur l’autonomie des citoyens. Mais faut-il s’indigner de la soif insatiable de Google ou d’Amazon (...)

    #Apple #Google #Amazon #Facebook #Uber #algorithme #manipulation #technologisme #bénéfices #BigData #comportement #GigEconomy #publicité (...)

    ##publicité ##surveillance

  • Union-tracking software proposed by Amazon
    https://www.bbc.com/news/technology-54439797

    Amazon has responded to a leaked memo about plans to track union activity among workers by saying it is happy for its staff to join labour organisations. The memo, viewed by website Recode and not disputed by Amazon, discusses plans for a system that would analyse data on unions alongside other threats to the company such as weather and crime. Last month Amazon advertised for two intelligence analysts to report on union activity, among other duties. It later withdrew the adverts. In a (...)

    #Amazon #algorithme #écoutes #GigEconomy #lutte #syndicat #travail

  • Accusations de harcèlement sexuel, comportements toxiques, démissions... Les salariés d’Ubisoft usés par une année de scandales
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/11/25/denonciations-comportement-toxique-demissions-chez-ubisoft-des-salaries-uses

    Cinq mois après le début d’une vague d’accusations de harcèlement sexuel et sexiste, le numéro un du jeu vidéo français multiplie les initiatives pour corriger son image. Watch Dogs : Legion le 29 octobre, Assassin’s Creed : Valhalla le 10 novembre, Immortals : Fenyx Rising prévu pour le 3 décembre… En apparence, l’actualité des studios Ubisoft se fait au rythme des sorties de nouveaux jeux pour la fin d’année. Un calendrier dense, dans un contexte porteur, avec la sortie des nouvelles consoles Xbox (...)

    #Ubisoft #violence #GigEconomy #harcèlement #sexisme #femmes

  • « Je travaille dans une super ambiance ! » Les curieux défenseurs d’Amazon sur internet
    https://reporterre.net/Je-travaille-dans-une-super-ambiance-Les-curieux-defenseurs-d-Amazon-sur

    Sur les réseaux sociaux, des dizaines d’employés d’Amazon vantent les mérites du géant du e-commerce. Objectif : désamorcer les critiques des journalistes, associations et citoyens en projetant sur l’ogre du numérique l’image d’une entreprise à taille humaine. Soirée Halloween et pauses gourmandes, ouverture d’un espace fumeur ou présentation des mesures sanitaires… Sur son fil Twitter, Magdalena semble exposer le quotidien exemplaire d’une entreprise ordinaire. À coup de photos et de vidéos, la jeune (...)

    #Amazon #manipulation #GigEconomy #lobbying #travail

  • Gig Companies Like Uber Are Now Lobbying to Change Labor Laws Nationwide
    https://onezero.medium.com/gig-companies-like-uber-are-now-lobbying-to-change-labor-laws-nation

    Prop 22 was only the beginning Last week, a confident Dara Khosrowshahi, chief executive of Uber, told investors that Proposition 22 was only the beginning. The contentious ballot measure, which was voted into law by millions of Californians this month, allows Uber and Lyft to subvert a new state labor law that required them to reclassify drivers as employees. On a November 5 earnings call, Khosrowshahi said that going forward, “You’ll see us more loudly advocating for… laws like Prop 22.” (...)

    #Lyft #Postmates #Uber #instacart #législation #GigEconomy #lobbying #travail

  • Les ruses d’Amazon pour s’implanter dans l’Oise
    https://reporterre.net/Les-ruses-d-Amazon-pour-s-implanter-dans-l-Oise

    Une enquête publique complaisante, une étude d’impact environnemental bâclée, une société prête-nom, et un chantage à l’emploi mensonger : voilà la recette utilisée par Amazon pour imposer la construction, dans l’Oise, d’un gigantesque entrepôt qui artificialise des terres agricoles. « Have fun », (« amusez-vous »), placarde Amazon dans ses entrepôts. Jeff Bezos cultive l’idée que ses entrepôts seraient des terrains de jeu aux mille couleurs, avec un management attentif à ses salariés. Durant l’immersion de la (...)

    #Amazon #consommation #consentement #robotique #GigEconomy

  • La Californie permet désormais aux entreprises de technologie de rédiger leurs propres lois
    https://www.mediapart.fr/journal/international/181120/la-californie-permet-desormais-aux-entreprises-de-technologie-de-rediger-l

    Objet d’une campagne de propagande qui a coûté plus de 200 millions de dollars, l’électorat californien a adopté la « Proposition 22 » soutenue par Uber et Lyft, excluant définitivement les travailleurs des « plates-formes » en ligne de la protection du travail. Le 3 novembre, les électeurs californiens ont adopté la Proposition 22, une mesure législative soutenue par les entreprises de l’économie des « petits boulots », fonctionnant sur des applications, et qui les dispense de classer leurs quelque trois (...)

    #instacart #DoorDash #Lyft #Postmates #Uber #législation #GigEconomy #travail (...)

    ##lobbying

  • Robots, scans, et novlangue : j’ai travaillé un mois dans un entrepôt Amazon
    https://reporterre.net/Robots-scans-et-novlangue-j-ai-travaille-un-mois-dans-un-entrepot-Amazon

    Dans l’immense plateforme logistique de Senlis, dans l’Oise, les travailleurs ne sont pas nommés salariés, mais « associés ». Récit d’une immersion d’un mois dans une usine où les humains fonctionnent comme des robots. Le slogan d’Amazon : « Make History », faites l’histoire. Senlis (Oise), reportage Le tapis convoyeur se faufile dans l’immense salle. Elle mesure 310 mètres par 160, et fait dix mètres de haut. Le tapis se ramifie et se découple en mille bras qui vont et viennent dans un bruit (...)

    #robotique #consommation #racisme #GigEconomy #travail

  • Tribune contre l’hégémonie d’Amazon : le groupe américain « porte un modèle de civilisation qui n’est plus possible », estime une signataire
    https://www.francetvinfo.fr/internet/amazon/tribune-contre-l-hegemonie-d-amazon-le-groupe-americain-porte-un-modele

    Marie Hermann, co-fondatrice des éditions Hors d’Atteinte, a estimé lundi 16 novembre sur franceinfo qu’Amazon portait « un modèle de civilisation ou de consommation qui n’est plus possible ». L’éditrice est co-signataire d’une tribune contre Amazon publiée sur franceinfo. L’appel est lancé par différents syndicats et ONG comme la CGT, FSU, Attac, Greenpeace, Agir pour l’environnement, Confédération paysanne, Amis de la Terre, mais aussi des libraires, des éditeurs et des élus. Ils appellent à "stopper (...)

    #Amazon #domination #bénéfices #GigEconomy #lobbying #AmisdelaTerre #ATTAC #Greenpeace (...)

    ##CGT

  • Responsables politiques et syndicats lancent un appel pour « stopper Amazon »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/11/16/responsables-politiques-et-syndicats-lancent-un-appel-pour-stopper-amazon_60

    Les 120 signataires de la tribune publiée lundi demandent l’instauration d’une « taxe exceptionnelle » sur le chiffre d’affaires du géant de l’e-commerce pour soutenir les commerces de proximité. « La crise du Covid devrait nous servir à repenser en profondeur nos modes de consommation et de vie sociale, pas à nous enfoncer dans un monde de surconsommation prédateur. » Dans une tribune parue lundi 16 novembre, 120 signataires – responsables politiques, syndicaux, mais aussi libraires ou éditeurs – (...)

    #Amazon #domination #consommation #GigEconomy #syndicat

  • Burrito Delivery Makes No Sense
    https://www.nytimes.com/2020/06/30/technology/uber-postmates-delivery-apps.html?campaign_id=158&emc=edit_ot_20201113&inst

    The economics of delivery apps stinks. Uber is offering to buy the food delivery company Postmates to make it stink a little less — for them. It’s annoying that everything big companies do is shrouded in mystery and obfuscation. I’ll give you some straight talk. Why is Uber offering to buy the food delivery company Postmates ? Why did a big European food delivery company decide to purchase the owner of Grubhub and Seamless ? Because the economics of delivering restaurant meals in the United (...)

    #Uber #UberEATS #bénéfices #FoodTech #GigEconomy