• En Bretagne, l’étrange business « bio » de l’ex-patron du GIGN — Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/291221/en-bretagne-l-etrange-business-bio-de-l-ex-patron-du-gign

    Ancien commandant du GIGN et acteur du drame d’Ouvéa en 1988, Philippe Legorjus veut créer dans le Finistère la plus grande exploitation industrielle d’algues en Europe. Avec l’aval des autorités, ce projet labellisé bio se développe en dépit des risques et contre l’avis de nombreux habitants.

  • Redon : des notes de gendarmerie accablent le préfet et le ministère - Mediapart

    Les comptes-rendus de la gendarmerie sur les opérations de Redon, obtenus par Mediapart, attestent du fait qu’une antenne du GIGN a participé à la destruction du matériel prévu pour la free party. Ils révèlent que des agents du service des renseignements, infiltrés parmi les teufeurs, ont informé en temps réel leur hiérarchie de l’état du jeune homme qui a perdu sa main, sans qu’aucune décision ne soit prise pour lui porter secours.

    Mediapart publie des extraits des comptes-rendus de la gendarmerie sur les opérations menées pour interdire la free party près de Redon (Ille-et-Vilaine). Au cours de cette intervention, dans la nuit du 18 au 19 juin, un jeune homme de 22 ans a eu la main arrachée. Ces notes évoquent un dispositif totalement disproportionné et révèlent l’impassibilité, voire l’indifférence des forces de l’ordre, pourtant informées en temps réel de l’état d’urgence vitale du jeune teufeur. 

    En effet, lorsque celui-ci a la main arrachée, des agents d’un service de #renseignement, infiltrés parmi les jeunes, informent leur hiérarchie. Pour autant, aucune assistance ne lui est portée. Quant aux pompiers, comme nous l’avions raconté, interdits d’accès par le préfet, ils sont restés immobilisés à un rond-point, comme retranscrit dans un rapport d’intervention. 

    Le 19 juin, « en liaison étroite avec le cabinet du ministre de l’intérieur », ainsi qu’il l’a précisé à la presse, le préfet d’Ille-et-Vilaine, Emmanuel Berthier, a fait intervenir 14 militaires de l’antenne du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (AGIGN) de Nantes pour saccager tout le matériel (enceintes, tables de mixage, groupes électrogènes) prévu pour la fête. Une présence et un rôle pour le moins inattendus. Les militaires du #GIGN, qui constituent l’élite de la gendarmerie, sont formés et équipés de moyens et armements spécifiques, très sophistiqués, pour accomplir leurs missions. Ils interviennent généralement pour des faits très graves : terrorisme, prises d’otages, arrestations de dangereux forcenés, émeutes dans les prisons, risques ou menaces sur des intérêts vitaux pour l’État.

    Interrogés, le cabinet du ministre Gérald Darmanin, celui du préfet d’Ille-et-Vilaine, ainsi que la direction générale de la gendarmerie nationale, n’ont pas souhaité répondre à nos questions, prétextant les enquêtes en cours. (...)

    Un haut gradé de la gendarmerie nous explique que les #grenades_GM2L, qui remplacent les GLI-F4, à charge explosive, ont une composition pyrotechnique susceptible d’arracher un membre. Et comme nous l’avons indiqué dans un article (à lire ici), leur bouchon allumeur présente des dysfonctionnements qui ont contraint le ministère de l’intérieur à interdire leur lancer à la main, depuis le 1er juillet.

    [...]

    Autre fait notable révélé par ces notes, le rôle particulièrement étrange joué par l’Agence régionale de santé (#ARS). Alors qu’elle doit venir en soutien dans l’organisation des secours, l’ARS a tenu le rôle d’informatrice pour les gendarmes. Ainsi, le 19 juin, à 16 h 07, le centre opérationnel de la gendarmerie relaye « l’information de l’ARS » qui signale « la présence de teufeurs autour du centre de vaccination de Redon ». La suite du rapport précise qu’une « unité de gendarmerie locale » est sur place pour les contrôler.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/080721/redon-des-notes-de-gendarmerie-accablent-le-prefet-et-le-ministere?onglet=
    #Maintien_de_l'ordre #Darmanin

    • Le ministre de l’intérieur limite l’usage d’une grenade défaillante, la GM2L, sans l’interdire
      https://www.mediapart.fr/journal/france/080721/le-ministre-de-l-interieur-limite-l-usage-d-une-grenade-defaillante-la-gm2

      Une directive du cabinet du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, restreint, depuis le 1er juillet, l’usage de la grenade assourdissante et lacrymogène, la GM2L, en raison d’une défaillance. Pour autant, le ministère n’en interdit pas le recours.

      Utilisée par les forces de l’ordre pour son effet à la fois assourdissant et lacrymogène, la grenade GM2L présente des défaillances techniques. Depuis le 1er juillet, le cabinet du ministère de l’intérieur Gérald Darmanin restreint l’usage de cette grenade sans pour autant l’interdire.

      « Conformément à la directive du 1er juillet 2021, signée par M. Pierre de Bousquet, préfet, directeur du cabinet du ministre de l’intérieur, le lancer à la main de la grenade GM2L est désormais interdit dans toutes les situations opérationnelles et quelle que soit l’unité concernée », précise une note interne à la gendarmerie nationale datée du 7 juillet.

      En cause, un dysfonctionnement du bouchon allumeur. C’est ce que plusieurs gradés de la gendarmerie et de la police nous ont transmis comme précision à ce jour, le cabinet de Gérald Darmanin refusant de répondre.

      Le bouchon allumeur est le mécanisme qui permet à la grenade d’exploser et qui est vissé sur la grenade par le policier ou le gendarme qui va l’utiliser. Comme le précise une note de la direction centrale et de la formation de la police nationale, « la mise à feu provoquée par l’intermédiaire d’un bouchon allumeur entraîne la combustion du mélange lacrymogène et l’ouverture de la grenade ».

      « En fait, un problème sur le bouchon provoque soit une explosion trop rapide, préjudiciable pour le policier, soit trop tardive et donc dangereuse pour le manifestant par exemple, résume ainsi un haut fonctionnaire de la police.

      « Le bouchon peut également causer des blessures comme cela a été le cas à Nancy, sur un passant qui l’a reçu dans le bras à 10 cm de profondeur, en novembre 2020. »

      Malgré ce risque, le ministère continue, néanmoins, d’autoriser « l’emploi de cette grenade avec le lance-grenade », comme énoncé dans la directive.

      Un haut gradé de la gendarmerie estime que le ministère de l’intérieur protège ainsi « les forces de l’ordre sans se passer de cette grenade », classée arme de catégorie A2, c’est-à-dire « matériel de guerre ».

      Utilisée depuis 2018, cette arme a remplacé en janvier 2020 la grenade lacrymogène explosive GLI-F4, composée de 25 grammes de tolite (TNT). La grenade GLI-F4, extrêmement dangereuse et responsable de plusieurs #amputations, présentait également des défauts, comme nous l’avions révélé (à lire ici).

      Fabriquée par la même société d’armement, Alsetex, la GM2L reste tout aussi dommageable et susceptible de causer des mutilations du fait de sa composition pyrotechnique.

      Interrogé par la sénatrice communiste, Laurence Cohen, en février 2020, sur les risques de mutilation en cas d’utilisation d’une telle arme, le ministère de l’intérieur expliquait que l’emploi de ces grenades « n’est jamais anodin » et que « le danger potentiel lié à leur usage » n’est pas sous-estimé.

      Ainsi que le rapportait Libération, en mai 2019, dans son mémoire devant le Conseil d’État, le ministère écrivait : « Le choix de la grenade GM2L, dont la puissance (et donc la dangerosité pour quiconque voudrait ramasser un tel projectile) est quasiment similaire à celle de la GLI-F4, malgré l’absence d’explosif […]. »

      Le 5 décembre 2020, le journaliste Maxime Reynié rapportait le cas d’une manifestante qui aurait eu plusieurs doigts arrachés par une grenade GM2L lors de la mobilisation contre la loi « sécurité globale ».

      « La seule différence avec la GLI-F4, outre qu’elle n’est pas composée de TNT, est que la GM2L ne génère aucun éclat lors de son explosion mais sa charge pyrotechnique peut arracher une main », nous précise un formateur au sein de la police avant d’ajouter que « les dysfonctionnements de cette grenade soulèvent de nombreuses questions en termes de graves blessures qu’elle peut occasionner. »

      « Le lien avec Redon va vite être posé, forcément, explique-t-il. L’enquête devra déterminer s’il s’agit d’une grenade GM2L qui a arraché la main du jeune. Si c’est le cas, et si elle a dysfonctionné, cela aggrave évidemment la situation. Mais il faut garder en tête que même sans ces défaillances, cette grenade peut mutiler. »

      Et là encore, comme ce fut le cas pour la GLI-F4, lorsque Christophe Castaner avait tardé à l’interdire, préférant attendre l’épuisement des stocks, son successeur, Gérald Darmanin, laisse les forces de l’ordre faire usage d’une arme pas moins dangereuse que sa prédécesseuse, et de surcroît défectueuse.

      #bouchers

  • « C’est ici que le #GIGN a abattu mon fils. Il s’appellait #Angelo » | #StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1575997736-pourquoi-policiers-portent-pas-matricule-rio-obligatoire
    #Angelo_garand

    Henri Lenfant, le 28 septembre 2018, a connu le même sort qu’Angelo. Le voyageur a été abattu de trois balles, dont une mortelle dans la nuque, par le GIGN de #Reims. Depuis 2016, dans un contexte d’état d’urgence, des antennes régionales de ces groupes d’intervention d’élite ont été créées. C’est celle de #Tours qui tire sur Angelo en 2017. « La possibilité qu’il se soit agi d’un entraînement n’est pas à écarter », avance une source policière dans un article de Libération. En d’autres termes, les gendarmes auraient pu intervenir pour se faire la main entre deux missions, comme peuvent le faire d’autres compagnies d’élite, précise le quotidien en 2017. « Et de manière tout à fait normale, on choisit des gens du voyage pour s’entraîner », tacle, cynique, Munia. La grande femme aux cheveux crépus en bataille fait partie des militants antiracistes historiques du coin. Avec Aurélie, elles se sont rencontrées après que la soeur a partagé une vidéo sur les réseaux sociaux, quelques jours après le drame. Face caméra, les yeux mouillés et la voix rongée par la tristesse, elle s’adresse au #préfet de #police :

    « Vous parlez d’un évadé qu’il aurait fallu neutraliser. C’est faux ! C’est une #exécution ! Rien d’autre. »

    https://desarmons.net/index.php/2017/04/01/angelo-garand-tue-par-les-gendarmes-a-seur-le-30-mars-2017

  • Faute de budget, le GIGN va perdre la capacité de descente en corde lisse d’un hélicoptère
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/faute-de-budget-le-gign-va-perdre-la-capacite-de-descente-en-corde-lisse-d


    Le seul entraînement qui n’est pas réalisable par les moyens de gendarmerie, c’est la descente en corde lisse, a fait observer l’ancien directeur général de la gendarmerie nationale, le général Richard Lizurey.
    Crédits : GIGN

    Depuis un peu plus d’un an, le GIGN ne peut plus s’entraîner pour des raisons financières avec le Groupement interarmées d’hélicoptères. Pour 500.000 euros...

    Pour 500.000 euros seulement, le GIGN, mondialement connu, ne peut plus s’entraîner à descendre en corde lisse d’un hélicoptère. Ce qui est problématique pour cette unité d’élite, qui doit logiquement savoir intervenir à partir d’un hélicoptère dans les conditions les plus difficiles. "Nous sommes en train de perdre la capacité de descente en corde lisse d’un hélicoptère de manœuvre par le GIGN car il faut un entraînement récurrent. Cela représente une dépense de 500.000 euros et nous nous heurtons à une limite budgétaire", a expliqué début octobre à l’Assemblée nationale l’ancien patron de la gendarmerie, le général Richard Lizurey.

    « Pour ce qui est de la capacité de descente en corde lisse, c’est bien évidemment erroné, les entraînements avec les hélicoptères légers du @Forcesaeriennes répondant très largement aux besoins de maintien des capacités individuelles des hommes du #GIGN et des AGIGN (les antennes GIGN en France et en outre-mer, ndlr) », a réagi le commandant du GIGN dans un tweet publié dimanche.

    Depuis un peu plus d’un an, le GIGN ne peut plus effectivement s’entraîner pour des raisons financières avec le GIH (groupement interarmées d’hélicoptères), dont pourtant il en a la responsabilité. Et le GIGN ne dispose pas d’alternative pour l’entraînement. Le GIH avait été créé en 2006 pour favoriser la projection du GIGN en vue de protéger les centrales nucléaires, à l’époque où n’existaient pas les pelotons de sécurité et de protection des centrales (PSPG), créés en 2009.
     
    Un blocage financier
    Pourquoi une telle situation incroyable ? Le seul entraînement qui n’est pas réalisable par les moyens de gendarmerie, c’est la descente en corde lisse, a fait observer l’ancien directeur général de la gendarmerie nationale. Or, les armées considèrent que la gendarmerie nationale, qui a été rattachée en 2009 au ministère de l’Intérieur, doit rembourser les coûts résultant de l’emploi par le GIGN de sept Puma du GIH (cinq hélicoptères de l’armée de Terre et deux de l’armée de l’air) pour les missions d’entraînement.

    Faute de paiement, les armées ont donc suspendu la participation du GIH aux missions d’entraînement du GIGN. Ce qui fragilise les compétences aéromobiles de ce dernier, notamment dans le cadre d’une opération de grande ampleur. De son côté, le RAID prend lui en charge le financement des heures de vol effectuées dans le cadre de sa préparation opérationnelle. « La raison en est indigne puisqu’il s’agit d’un conflit financier sur la prise en charge budgétaire de la préparation opérationnelle des unités d’élite de la gendarmerie », ont regretté deux députés Jean-Jacques Ferrara et Christophe Lejeune dans un rapport d’information.

    « En ce qui concerne les hélicoptères utilisés au profit de la gendarmerie, le règlement de certaines sommes dues par le ministère de l’intérieur est attendu, et nous sommes en discussion avec la place Beauvau sur ce point, a expliqué la ministre des Armées Florence Parly lors de son audition début octobre à l’Assemblée nationale. (...) Une chose est certaine, c’est que lorsqu’il y a des dettes, celles-ci doivent être apurées, comme le veut l’adage selon lequel les bons comptes font les bons amis - or les gendarmes sont nos amis... »

    Les deux rapporteurs envisagent trois explications : « soit le ministère des Armées ne devrait pas attendre de prise en charge financière de ces heures ; soit des oppositions internes à la DGGN (Direction générale de la gendarmerie nationale, ndlr) conduisent à pénaliser le GIGN ; soit il a été décidé, au sein du ministère de l’Intérieur, de réserver au RAID la capacité d’emploi du GIH, notamment en raison de l’implantation territoriale du GIGN au travers de ses antennes ».

  • 1984 : le FLNKS secoue la Nouvelle-Calédonie

    Daniel Guerrier

    https://lavoiedujaguar.net/1984-le-FLNKS-secoue-la-Nouvelle-Caledonie

    Le 20 novembre 1984, la ville de Thio sur la côte est de la Nouvelle-Calédonie est occupée par des militants et militantes kanak, qui bloquent les accès routiers et maritimes, en faisant une commune autonome. Par cette action, le tout nouveau Front de libération national kanak et socialiste inaugure une nouvelle forme de lutte anticoloniale, dont l’objectif proclamé est « l’indépendance kanak socialiste ».

    Depuis la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie au nom du gouvernement français en 1853, les Kanak, Mélanésiens originaires de l’Asie du Sud-Est, arrivés il y a près de quatre mille ans, ont été maintenus en situation d’apartheid de fait dans un cadre colonial. Ils sont encore aujourd’hui porteurs d’une véritable civilisation communautaire originale organisée autour de la « coutume » faite de dons et de contre-dons, sans classes et sans État (...)

    #Nouvelle-Calédonie #histoire #FNLKS #Éloi_Machoro #GIGN #Jean-Marie_Tjibaou #Kanaky

  • « Plus Arnaud Beltrame avançait, plus je sentais Lakdim trembler » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/07/22/plus-arnaud-beltrame-avancait-plus-je-sentais-lakdim-trembler_1668058

    Quatre mois après les attaques perpétrées par le jihadiste Radouane Lakdim dans l’Aude faisant 4 morts et 15 blessés, « Libération » révèle les coulisses de l’assaut mené par le GIGN au Super U de Trèbes.

    Il est 10h38, ce matin du 23 mars, lorsque la caméra numéro 40 du Super U de #Trèbes filme l’arrivée d’une Opel Corsa blanche. Le véhicule roule à faible allure, avant de s’immobiliser sous un arbre touffu. Une minute plus tard, un homme vêtu d’un pantalon de treillis, d’une doudoune marron clair et d’un tee-shirt long à capuche bleu marine s’en extirpe. En petites foulées, il se précipite alors vers l’entrée du supermarché, et s’apprête à semer quatre heures et demie d’horreur.

    Cet homme s’appelle Radouane Lakdim. Fiché S depuis l’été 2014, il ne semblait plus inquiéter la Direction générale de la sécurité intérieure, qui a plusieurs fois envisagé de cesser sa surveillance faute d’éléments probants. Pourtant, ce 23 mars, le Franco-Marocain a bel et bien commis l’une des attaques jihadistes les plus meurtrières de l’histoire du pays. Avant d’arriver au Super U de Trèbes, Lakdim a déjà abattu Jean Mazières, un viticulteur de 61 ans. Il a également tiré sur des policiers revenant d’un footing, appliquant à la lettre les préceptes de l’Etat islamique.

    A « bout touchant »

    A l’intérieur du supermarché, il ne faut que vingt-six secondes à Radouane Lakdim pour faire une nouvelle victime. L’un des deux bouchers de l’enseigne, Christian Medvès, 50 ans, badine avec l’employée de la caisse numéro 6. Le terroriste, qui revient précipitamment du rayon boulangerie, fond dans son dos. Il ne s’aperçoit de rien. Bras tendu, il porte alors son arme à « bout touchant », à l’arrière de son crâne. Mais le coup ne part pas. Lakdim recharge. Devant l’effroi de la caissière, qui se dissimule sous le tapis roulant, Medvès se retourne légèrement. Cette fois, Lakdim fait feu, toujours à « bout touchant ».

    Les clients du magasin comprennent alors qu’ils vivent une attaque terroriste. Dans le champ de la caméra numéro 29, Radouane Lakdim brandit son arme et invective la foule. Aussi hallucinant que cela puisse paraître, à quelques mètres de là, à hauteur de la caisse numéro 3, deux hommes continuent de déposer leurs articles sur le tapis roulant. Est-ce par tétanie qu’ils ne fuient pas ? Le PV issu de la vidéosurveillance ne laisse planer aucun doute quant à leur compréhension de la scène en cours : « Nous pouvons les voir accuser le coup de feu quand ils contractent tous les deux leurs épaules et s’affaissent légèrement. » A 10 h 40, Lakdim s’avance vers l’un d’eux, Hervé Sosna, maçon retraité de 65 ans. Une balle dans la tête, de nouveau à « bout touchant ».

    Huis clos

    La suite se déroule dans le huis clos de la salle des coffres, un réduit un peu foutraque duquel Lakdim ne sortira pas vivant. Avant d’y pénétrer, le jihadiste lance une grenade artisanale en direction de l’îlot des caisses 1 et 2. Elle n’explosera jamais. Une fois à l’intérieur, il découvre que l’hôtesse d’accueil du magasin, Y., 39 ans, s’y est retranchée. D’un ton satisfait, Lakdim lui lance : « Ben tiens, voilà mon otage. »

    Lors d’une incroyable audition, Y. met des mots précis sur ses cinquante-deux minutes de captivité : « Il avait l’air content de trouver son otage, assez vite il m’a dit qu’il ne me ferait rien, il m’a demandé de trouver un téléphone. J’ai pris celui qui se trouve derrière la pièce où je me trouvais. A sa demande, j’ai contacté la gendarmerie de Carcassonne. Il m’a dit de dire qu’il s’agissait d’une prise d’otage au supermarché de Trèbes, il m’a dit de dire que c’était pour les frères en Syrie. »

    Au bout du fil, une voix de femme :
    – « La gendarmerie, j’écoute bonjour… »
    – « Oui, bonjour madame, je m’appelle Y., je travaille à Super U à Trèbes. »
    – « Oui ? »
    – « Et je suis actuellement euh… prise en otage par un monsieur armé. »

    L’enregistrement intégral de l’appel – qui, étrangement, n’est pas horodaté – permet de mesurer la détermination sans faille de Radouane #Lakdim. Même s’il ne se saisit pas directement du combiné, les revendications du terroriste sont aisément audibles : « Allah fait de moi un martyr. Donne-moi un martyr, Allah. Donnez-moi un martyr […]. Moi, j’ai pas peur là. Moi, j’ai envie de mourir. »

    Y. l’interrompt :
    – « Moi, je ne suis pas prête à ça. »
    – « Mais moi j’suis prêt », vocifère le jihadiste.

    Pour survivre, Y. tente de se montrer réceptive et compréhensive à l’égard de Lakdim. « Il m’a posé des questions, il m’a demandé mon âge, mes origines, si j’avais des enfants. J’ai compris avec ce qu’il me disait, qu’il faisait une distinction entre ceux qu’il allait abattre et ceux qu’il allait laisser en vie. Il m’a dit qu’il avait tué le client dans le magasin car il ne le prenait pas au sérieux. Donc je me suis concentré pour avoir une attitude pour conserver son respect. Je lui ai dit que je comprenais sa démarche à lui, j’ai gardé mon sang-froid. J’allais dans son sens dès qu’il me parlait. » En psychologie, ce procédé, qui consiste à faire preuve d’un intérêt et d’une certaine empathie vis-à-vis d’un agresseur, a un nom : l’écoute active. Et la technique fonctionne. Moins agressif, Radouane Lakdim explique à Y. « que sa démarche était juste d’allumer une mèche, de faire une petite action, pour donner envie à ses frères de faire des actes plus violents ». Il aimerait par exemple « que ses frères lancent un camion sur le magasin ».

    La gendarmerie est toujours en ligne. Radouane Lakdim empoigne désormais de temps à autre le combiné, pour cracher sa propagande : « J’vais la faire à la Coulibaly, j’vais rejoindre mes frères, Mohammed Merah, Coulibaly, ils ont raison […], j’vois que les soldats français violent des enfants au Mali, après ils ont une relaxe, ça se fait ça ? [les faits concernaient la Centrafrique, un non-lieu a été prononcé le 11 janvier, ndlr]. » Plus tard, il reprend : « Je représente l’Etat islamique, vous voyez tous les bombardements que vous avez faits en Syrie, en Irak, au Mali, faut le payer vous voyez. Là, j’ai un otage maintenant, je vais vous dire un truc. Je sais que vous allez pas vouloir, vous allez ramener Abdeslam Salah [seul survivant des commandos du 13 Novembre]. Je veux que vous le libériez, on fait un échange. »

    Beltrame les deux mains en l’air

    Dehors, les gendarmes s’activent. Selon le rapport d’intervention du GIGN, que Libération a pu consulter, l’unité est prévenue à 10 h 56. Il est indiqué : « Devant la gravité des faits annoncés, le colonel Laurent P., commandant le GIGN, sollicite dès 10 h 58 auprès de la Direction des opérations et de l’emploi de la DGGN, l’engagement du GIGN [basé à Versailles-Satory, près de Paris] et l’envoi immédiat de l’antenne GIGN de Toulouse. » Cette dernière, partie de la Ville rose par la route, est la première unité d’intervention à prendre position au Super U. Le rapport précise : « Douze personnels de l’antenne GIGN d’astreinte arrivent sur le site à 12h10. Dix-huit autres gendarmes supplémentaires de l’AGIGN rejoignent Trèbes ultérieurement. »

    Entre-temps, l’un des personnages les plus célébrés de l’histoire récente est entré en scène : le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, 44 ans. A 11 h 21, la caméra numéro 32 filme l’entrée dans le magasin des premiers gendarmes à intervenir. Le PV issu des images de vidéosurveillance souligne : « La progression se fait par binômes, à la tête desquels se trouve le lieutenant-colonel Beltrame. » Un peu plus de trois minutes plus tard, à 11 h 24 et 40 secondes, la caméra 1 montre « le lieutenant-colonel Beltrame les deux bras en l’air, mains bien visibles au-dessus de la tête ; face au bas flanc de l’accueil, derrière lequel se trouve la salle des coffres et Lakdim. Immédiatement, une négociation s’engage entre les deux hommes. Nous voyons le lieutenant-colonel Beltrame agitant les deux mains vers le bas en signe d’apaisement à l’attention de Lakdim, puis vers ses effectifs ayant pris position derrière lui ».

    « N’y allez pas colonel »

    A cet instant, le destin du gendarme bascule. En prenant ses fonctions quelques heures plus tôt, Arnaud Beltrame était loin d’imaginer qu’il ferait face à « un soldat de l’Etat islamique » venu répandre la terreur dans cette petite ville de l’Aude. C’est seul que le lieutenant-colonel décide de négocier sa captivité contre celle de l’otage. A l’arrière, ses collègues du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie l’en dissuadent fortement. Certains s’écrient « non, colonel, reculez ! » ou encore « vous n’avez pas de gilet pare-balles ! ». Mais sourd et déterminé, Arnaud Beltrame avance vers Radouane Lakdim. Une initiative qui le conduit tout droit vers la mort. Contactées par Libération, six sources familières de ce type d’intervention peinent à masquer leur embarras à l’évocation des faits. Si toutes rendent hommage à la bravoure d’Arnaud Beltrame, qui a payé de sa vie la libération de Y., elles insistent sur le caractère « cavalier » et « inconscient » de la manœuvre. En clair, Beltrame n’aurait jamais dû procéder ainsi. « Les situations de crise telles que les prises d’otage requièrent des protocoles d’intervention des plus rigoureux. Les effectifs sont déployés selon des plans adaptés à la typicité des lieux, ainsi qu’au profil de l’assaillant. Ces schémas complexes sont le fruit d’une élaboration hiérarchique collective, dont l’objectif est d’aboutir à une libération avec le moins de dommages possibles. Arnaud Beltrame est un héros, cela ne fait aucun doute, mais il n’a pas agi selon les règles enseignées. Il les connaissait pourtant parfaitement », regrette, très ému, un gradé de la gendarmerie.

    Dans la salle des coffres, Lakdim, qui craint d’être abattu lors de la progression de Beltrame, tient désormais Y. en joue. Lors de son audition, elle raconte : il « a menacé de m’abattre et une minute après il est entré en négociation avec un gendarme [Beltrame, ndlr]. Le gendarme lui demandait exactement ce qu’il voulait mais il n’avait pas grand-chose à demander car je pense qu’il savait comment ça finirait […]. L’auteur m’a mis le canon de son arme sur la tempe, plus précisément derrière l’oreille […]. Plus [il] avançait, plus [Lakdim] tremblait. Là, j’ai vraiment eu peur. Il a demandé au gendarme d’enlever son arme, ce qu’il a fait en la posant sur la table de l’accueil […]. Quand le #gendarme s’est retrouvé avec nous à l’accueil, [Lakdim] a demandé son arme. Le gendarme a fait demi-tour, a pris son arme, a enlevé le chargeur, il l’a fait glisser au sol vers nous. Le gars [Lakdim, ndlr] a vu tout de suite qu’il n’y avait pas le chargeur avec. Il lui a demandé le chargeur. Du coup, le gendarme s’est exécuté, et il a fait passer l’arme au sol. Là, [Lakdim] a ramassé le chargeur et l’arme […]. Il a mis le chargeur dans l’arme. Le gendarme était avec nous dans la pièce. Je lui ai dit "ok, je vais sortir doucement". Pendant que je m’éloignais, le gendarme a pris ma place ». A 11 h 32 et 37 secondes, la caméra 3 filme Y. en train de prendre la fuite en courant. « A compter de cette heure, révèle le PV issu de la vidéosurveillance, l’action est figée dans la salle des coffres. Aucun mouvement n’est détecté par la caméra 3 ou la caméra 1 ; c’est-à-dire que nous n’avons aucun élément sur le huis clos qui s’est déroulé entre le lieutenant-colonel Beltrame et Lakdim. » (Photo AP)

    La porte se referme brutalement

    Pour comprendre la suite des événements, il faut donc s’en remettre au rapport d’intervention sibyllin du GIGN. En préambule, le document indique que 24 personnels du GIGN décollent à 12 heures, en hélicoptères, de l’aéroport de Villacoublay (Yvelines). Dix minutes plus tard, leurs collègues partis, eux, de Toulouse arriveront sur site. Durant toute la durée du vol, les liaisons téléphoniques seront conservées. Le rapport insiste sur un autre point essentiel : le terroriste dispose désormais d’une arme supplémentaire, le pistolet automatique de dotation d’Arnaud Beltrame, garni d’un chargeur de 15 cartouches.

    A 12 h 25, un tireur d’élite de l’antenne de Toulouse se positionne face à la porte de l’accueil du Super U, à une distance de trente mètres. Une escouade de cinq gendarmes s’installe également près de l’accueil, pour intervenir en cas urgence. A 12 h 45, Arnaud Beltrame contacte le commandant de groupement. Ce dernier fait savoir au GIGN par téléphone que Radouane Lakdim exige une nouvelle fois la libération de Salah Abdeslam, faute de quoi il fera sauter ses grenades. Nouveau rebondissement à 13 h 10, le jihadiste apparaît dans l’encadrement de la porte de la salle des coffres, légèrement entrouverte. Arnaud Beltrame lui sert de bouclier humain, empêchant le tireur d’élite d’ouvrir le feu. Mais la porte se referme brutalement. Parallèlement, les gendarmes font sonner différents téléphones dans l’espoir d’entamer une négociation. A 13 h 30, le rapport d’intervention du GIGN mentionne : « L’utilisation d’un moyen d’acquisition du son à travers les murs permet d’entendre T [Radouane Lakdim, ndlr] prier. »

    Une dizaine de minutes plus tard, le terroriste s’irrite. Par la voix d’Arnaud Beltrame, il exige qu’on lui remette un chargeur de téléphone sur le comptoir de l’accueil. Le lieutenant-colonel réapparaît dans l’encadrement de la porte de la salle des coffres, et fait « ok » avec sa main. Il annonce en outre que Lakdim dispose de deux armes à feu et d’une grenade. A ce moment précis, un dilemme naît dans l’esprit des gendarmes. L’antenne #GIGN de Toulouse intervient-elle seule ? Ou attend-elle le contingent d’Ile-de-France ? A 14 heures, un compromis est adopté. Le commandant du GIGN donne les directives suivantes : « Jouer la fourniture du chargeur sans attendre si le terroriste s’énerve. Etre en mesure de déclencher un plan d’assaut d’urgence en cas de brusque dégradation de la situation à l’intérieur de la pièce. » A 14 h 08, Beltrame récupère un téléphone – probablement le sien – sur le comptoir de l’accueil.

    « Attaque… assaut, assaut »

    Depuis le PC arrière de Versailles-Satory, les négociateurs s’activent pour nouer une liaison téléphonique avec Radouane Lakdim. Après de multiples essais infructueux sur les lignes fixes du Super U, une communication s’engage, à 14 h 13, sur le portable d’Arnaud Beltrame. Le lieutenant-colonel demande à Lakdim s’il peut mettre le haut-parleur. Le terroriste accepte :

    – « Bonjour Radouane, c’est le négociateur du GIGN. »
    – « Oui, alors j’ai demandé qu’on fasse un échange, le lieutenant-colonel gendarme contre Salah Abdeslam, Fleury-Mérogis. »
    – « Oui, c’est ce que vous souhaitez ça, c’est exact ? »
    – « Vous serez pas capables alors d’échanger un de vos membres contre un de mes membres ? »
    – « Ben Radouane, vous savez très bien que ça ne se fait pas comme ça non… »

    Une bonne minute passe. Le négociateur évoque la présence de la mère de Radouane Lakdim à ses côtés quand, soudain, Arnaud Beltrame hurle : « Attaque… assaut, assaut. » Il est 14 h 16.

    Laps de temps

    La suite s’avère relativement confuse. Au téléphone, le négociateur ne semble pas percevoir immédiatement que la situation lui échappe. Il s’égosille, malgré « des bruits de lutte et de cris » (audibles grâce au haut-parleur) : « Vous m’entendez ? Arnaud, vous êtes là ? Radouane, tu m’entends ? » Ses appels désespérés, entrecoupés de « bruit de râle », durent plusieurs minutes. Dehors non plus les effectifs ne semblent pas réagir dans la seconde. Le contingent du GIGN parisien est sur le site depuis à peine une minute lorsque Arnaud Beltrame s’époumone « attaque… assaut, assaut ». Faute de temps pour se coordonner, seuls les gendarmes de l’antenne toulousaine investissent le Super U. A la lecture du dossier, il s’avère très compliqué de connaître le laps de temps précis entre les cris d’Arnaud Beltrame et l’arrivée des gendarmes d’élite dans la salle des coffres. Etrangement, le rapport du GIGN ne donne jamais cette indication. Le PV issu de la vidéosurveillance livre cependant un indice : à 14 h 24 et 30 secondes, la caméra 32 filme l’arrivée des effectifs. Soit donc huit minutes et trente secondes après les premiers cris du lieutenant-colonel, une éternité.
    Lorsque les hommes du GIGN pénètrent dans la salle des coffres, Radouane Lakdim est assis, dos à la porte. Arnaud Beltrame, porteur de plusieurs impacts de balles et tailladé au niveau du cou, est allongé sur lui, inanimé. Le terroriste crie « Allah akbar », tente de se redresser. Mais il est finalement abattu. A 14 h 28, l’assaut est terminé et les premiers soins d’urgence sont apportés au lieutenant-colonel. Ils ne permettront pas de le sauver.
    Willy Le Devin

    Intéressant de savoir comment s’est passé l’intervention du GIGN et totalement incroyable l’initiative de Beltrame quand même. On peut se demander quels sont les ressorts de sa décision, sachant que pour un militaire suivre un protocole et ne pas partir dans une action individuelle sans concertation c’est quand même la base. Le désir de faire preuve d’héroïsme quel qu’en soit le prix et les nécessités ?

    #Beltrame #prise_d_otage #terrorisme


  • http://lenvolee.net/entretien-avec-aurelie-soeur-dangelo-garand-abattu-par-le-gign

    C’est important que les gens comprennent bien ce qui s’est passé, parce que les médias n’en ont pas tant parlé que ça. Ton frère était en prison, il a eu une permission et il n’est pas revenu. Ce jour-là, il était chez tes parents, je crois ?

    A. : Mon frère était incarcéré à la #prison de Poitiers-Vivonne ; au mois de septembre, ils lui ont donné une permission d’une journée et il n’est pas rentré. Mon frère vivait à droite, à gauche. Le 30 mars, il est venu manger une grillade, parce que mon petit frère était sorti de prison une semaine avant ; il était venu partager un repas familial, il ne faisait rien de mal, il n’a mis personne en danger ce jour-là. Vers 13 heures, le #GIGN est intervenu : ils ont mis ma famille en joue, ils ont menotté mon père, mon frère, mon oncle ; il y avait aussi mon fils de quatre ans. Mon frère, il s’est juste caché ; il n’a pas couru, pas fui… on ne sait même pas s’il a pris conscience que c’était le GIGN. Il s’est juste caché dans une petite grange. Il n’y avait qu’une sortie, il ne pouvait pas s’échapper. Là, ils ont stoppé tout le monde, ils avaient tous leurs mitraillettes, enfin… Ils ont fouillé le terrain, et ils étaient prêts à partir, et mon frère a fait tomber un petit sac dans cette grange. Ça a été très vite, ils se sont précipités, ils étaient quatre, et aussitôt, ils ont tiré. Y a pas eu de bruit, y a pas eu de sommations, y a pas eu de « forte résistance » comme ont pu le dire les médias – enfin le procureur, du moins. Il a dit qu’il s’était rebellé, mais mon père était à un mètre de cette grange, menotté par terre – en train d’étouffer, parce que mon père a un appareil respiratoire –, et quand ils sont rentrés, ils ont tiré direct. Aucun bruit, pas un mot de la bouche de mon frère.

    #exécution

  • Mort d’Angelo Garand : « C’est pas une bavure policière, c’est rien d’autre qu’une exécution »
    https://larotative.info/mort-d-angelo-garand-c-est-pas-une-2159.html

    https://larotative.info/home/chroot_ml/ml-tours/ml-tours/public_html/local/cache-vignettes/L700xH549/arton2159-0f4b8-9ddf0.jpg?1491255638

    Dans une vidéo publiée le 1er avril 2017, la sœur de l’homme tué par les gendarmes dans un petit village du Loir-et-Cher remet en cause la version servie par le procureur de Blois. Angelo Garand était recherché parce qu’il n’avait pas réintégré la prison de Vivonne après avoir bénéficié d’une permission de sortie.

    « Ce n’est pas un évadé. J’appelle pas ça un évadé, j’appelle ça un déserteur. Un évadé pour moi c’est quelqu’un qui déploie des moyens... On lui a donné la permission [de sortir] ! Vous dites que c’est un individu dangereux... C’est vous qui lui avez donné la permission ! Si il était si dangereux, pourquoi vous l’avez laissé sortir ? Pourquoi tout ça ? »

    « Ils ont interpellé mes parents, mon frère, ma belle-sœur, jetés comme des chiens... Mes parents handicapés, malades, sous-oxygène, ma mère greffée, mon père... Tout. Horrible. »

    Vos hommes, c’est des commandos. Déjà, y a un problème. On envoie pas des commandos chez n’importe qui. Pas pour des individus comme lui, non, je suis désolée. (...) Pour des gens qui tuent, pour des gens qui font du mal à d’autres gens, mais il a jamais fait de mal à personne.

    « Pourquoi vous vous avez eu votre reconstitution et nous on l’a pas eue ? Pourquoi on a pas de nouvelles nous ? On apprend quoi ? Qu’il a été touché de trois balles, apparemment. On apprend ça où ? Par les pompes funèbres. C’est aux pompes funèbres de nous donner... ? »

    #violences_policières #gign cc @rezo

  • La guerre #Police-gendarmerie s’est aggravée depuis les attentats
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080216/la-guerre-police-gendarmerie-sest-aggravee-depuis-les-attentats

    Jean-Marc Falcone, le directeur général de la police nationale, et Denis #Favier, le directeur général de la #gendarmerie nationale. © Reuters Les attentats de janvier et novembre 2015 ont exacerbé les rivalités au sein des forces de l’ordre. D’abord querelle entre groupes d’intervention, le conflit déborde et se propage à l’ensemble des deux corps.

    #France #BRI #Cazeneuve #GIGN #raid #sécurité #terrorisme

  • #Hérault : poursuivis en justice parce qu’ils veulent vivre dans une #yourte

    Le couple d’#agriculteurs de #Gignac (Hérault) est poursuivi en correctionnel pour avoir installé une yourte, sur leur terrain, sans permis. Un choix de vie alternatif mis en cause par la #justice.

    http://www.midilibre.fr/2013/12/09/gignac-le-couple-d-agriculteurs-avait-une-yourte-sur-son-terrain,794783.ph

    #habitation #habiter

    via @LuisaPace