• Solidarity Call for #Gisi
    https://barrikade.info/article/7633

    We urgently need your help and solidarity.

    The oldest squat of Winterthur/CH (and probably of Switzerland) is imminently threatend to be evicted in August. Gisi, at General-Gusian-Street 31, was squatted in January 1997 and is until now used as home for a lot of people without much money and as a social meeting point and non-profit culturals space.

    Over the last years we, Häuservernetzung #Winterthur, tried everything not to let this happen and to save this important house as a home and social and radical cultural space from destruction.

    But the owners, SKKG - a very wealthy real estate- and art-foundation - are planning to renovate the house for five million swiss francs to make more profit of every house they own. Letting rich people take over the last piece of innercity of Winterthur.

    SKKG owns more than 2200 flats in #Switzerland and is responsible of displacing the poor here and elsewhere by renovating or destroying the houses, that they where mostly falling apart for decades. All inhabitants, squatters and tenants alike had to look after their homes themselves. Now the foundation wants to make even more profit by renovation or tearing down all their houses.

    #Suisse

  • Anti-écolo, anti-LGBT… Qui est le futur Défenseur des droits proposé par Macron ?
    https://reporterre.net/Anti-ecolo-anti-LGBT-Qui-est-le-futur-Defenseur-des-droits-propose-par-M

    Malgré la polémique, le président de la République a officialisé sa proposition de nommer François-Noël Buffet, figure de la droite au Sénat, au poste de Défenseur des droits. Cette autorité administrative indépendante est chargée de veiller au respect des libertés et des droits des citoyens. Si le Parlement approuve, cet élu Les Républicains (LR) de 64 ans succèdera à Claire Hédon, connue pour ses alertes récurrentes sur la fragilisation de l’État de droit, notamment en matière de liberté de manifestation.

    Dans une décision parue le 8 juillet, celle qui a été présidente d’ATD Quart-Monde se dit « effrayée » de ses observations au terme de ses six années de mandat. Elle dénonce la « logique de confrontation » des autorités qui a conduit à « un lourd bilan humain » lors de la manifestation à Sainte-Soline le 25 mars 2023. Elle a indiqué saisir le ministère de l’Intérieur pour demander des sanctions disciplinaires à l’encontre des gendarmes identifiés dans son enquête.

    Une « autorité administrative indépendante » dont le principal responsable est proposé par le premier ministre pour être ensuite nommé par le président de la république ...

  • #Gish_gallop — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gish_gallop

    (Galop de Gish)

    Le « Gish gallop » est une expression d’anglais américain qui désigne la technique rhétorique du mille-feuille argumentatif, qui consiste à noyer son adversaire sous un déluge de prétendus arguments pour ne pas lui laisser de chance de les réfuter. Les arguments avancés peuvent, de ce fait, être invalides, invérifiables, inexacts, délibérément trompeurs ou même hors-sujet ; il peut même s’agir d’arguments dont la fausseté a déjà été maintes fois démontrée[1]. Cette technique repose sur la « loi de Brandolini » (ou « principe d’asymétrie des baratins »), selon laquelle énoncer des mensonges et des inepties est considérablement plus rapide et plus facile que de les réfuter.

    L’expression « Gish gallop » a été créée par l’anthropologue américaine Eugenie Scott[3] pour fustiger la rhétorique du créationniste Duane Gish. Une autre expression américaine est celle de « firehose of falsehood » (littéralement « Lance à incendie de fausseté »).

    #Trump

  • Apocalypse Early Warning System
    https://ews.kylemcdonald.net

    Pour les véritables paranos.

    In the event of an imminent nuclear apocalypse, we suspect that many people who have access to private jets will immediately take to the skies and escape city centers. This site tracks this indicator in realtime. The current emergency level is reported on a scale of 1 to 5, with 5 being an indicator of a likely imminent apocalypse.

    built by Kyle McDonald

    #apocalypse #wtf #gis

  • En #espagne, l’immigration fait un bien fou à l’économie | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/en-espagne-limmigration-fait-un-bien-fou-a-leconomie/00118492

    Le 14 avril, l’Espagne a entamé un processus exceptionnel de régularisation d’un demi-million d’étrangers sans-papiers. Cette décision, dont les motifs sont principalement économiques, est confortée par deux études récentes.

    -- Permalien

    #immigration

    • A contrario en france c’est la totale hypocrisie et la torture administrative lente, avant de pouvoir se présenter pour demander un titre de séjour. Il faut désormais survivre à 7 ans sans papier et sans pouvoir y prétendre mais pendant ces longues années tu dois rassembler les preuves que tu as travaillé, été logé, payé tes impôts. A la merci de la mafia, des patrons du batiment et de l’uberisation des tafs ingrats payés une misère. Croisé auj un jeune livreur à vélo qui a échappé devant moins à un accident et m’a rapidement glissé : « c’est trop dur, j’ai 30 ans et l’impression d’en avoir 60. »

      #france_de_la_honte

  • Migreurop : Notre histoire

    Le réseau Migreurop trouve son origine au début des années 2000 dans un contexte marqué par le durcissement des politiques migratoires européennes. La frontière franco-britannique en constitue l’un des points de départ emblématiques avec le camp de Sangatte, symbole d’une Europe qui organise l’exclusion des personnes étrangères à grande échelle. C’est dans ce contexte que, lors du Forum social européen de Florence 2002, un séminaire consacré à « l’Europe des camps » réunit militant·e·s et chercheur·se·s désireux de partager analyses et expériences. De cette rencontre naît informellement le réseau Migreurop, officiellement constitué en association en 2005.


    Aujourd’hui, il rassemble une centaine d’associations, des militant·e·s et des chercheur·se·s issus de 18 pays d’Europe, d’Afrique subsaharienne, du Maghreb et du Proche-Orient, avec pour objectif de décrypter, documenter et dénoncer les conséquences des politiques migratoires européennes sur les droits des personnes exilées. Depuis 20 ans, le réseau a permis de tisser des liens entre les sociétés civiles des différents pays situés le long des routes migratoires, luttant ensemble contre les politiques européennes mortifères, pour le respect des droits et la #liberté_de_circulation pour tous et toutes.

    20 ans de lutte contre les politiques migratoires assassines

    En 2025, le réseau Migreurop a fêté ses 20 ans d’existence. A cette occasion, un film documentaire*, réalisé par Romain Kosellek, a été produit retraçant l’histoire de Migreurop.

    https://player.vimeo.com/video/1162221765?h=34e157e0f7
    https://migreurop.org/article3547.html
    #Migreurop #vidéo #histoire #Sangatte #enfermement #camp #encampement #Gisti #ARCI #MRAX #migrations #réfugiés #frontières #recherche #enfermement #politiques_migratoires #rétention #détention_administrative #carte_des_camps #cartographie #externalisation #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #no_camps #AMDH #Maroc #association_malienne_des_expulsés (#AME) #altermondialisme #2005 #société_civile #antiracisme #droits_des_étrangers #européisation_des_politiques_migratoires #Europe_du_rejet #directive_retour #atlas #Frontex #droit_d'asile #frontexit #boats_for_people #watch_the_med #Alarmphone #libre_circulation_des_personnes #boat_4_people #open_access_now #hotspots #moving_beyond_borders #racisme #genre

  • « On manipulait des #produits_toxiques comme si c’était de l’eau » : sur un site de #TotalEnergies, des #fuites à gogo

    Au sud de l’Italie, TotalEnergies exploite le champ pétrolier #Tempa_Rossa. Les fuites d’#hydrocarbures s’y multiplient depuis son ouverture en 2020. Des salariés s’estiment mis en danger par le fleuron français. Une enquête exclusive.

    Arrivé au bout d’un chemin rocailleux, perdu au milieu des champs et des bois, Luciano coupe le moteur de sa voiture. Ici, il est sûr de ne pas être vu. Chaîne autour du cou et cigarette à la bouche, il fait défiler sur son téléphone des photos prises un an plus tôt dans le centre pétrolier Tempa Rossa, qu’on aperçoit au loin.

    Ces images montrent de grands réservoirs en acier maculés de traînées de pétrole. Par endroits, c’est comme si une bombe de peinture noire avait explosé sur les pompes et les tuyaux. Au sol, des couches de granulés blancs ont été dispersées sur de vastes flaques d’hydrocarbures. Reporterre a obtenu une vingtaine de photos et vidéos comme celles-ci, témoignant de fuites récurrentes en 2024 dans ce champ pétrolier exploité depuis 2020 par TotalEnergies, dans le sud de l’Italie.

    Étendu sur 290 km², dans la région de Basilicate, ce gisement d’hydrocarbures est aux mains du fleuron français, qui détient 50 % de la concession aux côtés de l’Américain Shell (25 %) et du Japonais Mitsui (25 %). Dans ce site industriel à haut risque, certains travailleurs craignent pour leur sécurité.
    Témoignages sous couvert d’anonymat

    Reporterre a recueilli les récits de cinq salariés de TotalEnergies et d’entreprises sous-traitantes, qui ont exercé ou exercent encore à Tempa Rossa. Tous témoignent sous couvert d’anonymat, dans des lieux cachés, redoutant des conséquences sur leur emploi.

    Sollicitée sur chaque aspect de cette enquête, TotalEnergies a choisi de ne répondre qu’à 2 de nos 11 questions. Le pétrolier français affirme cependant : « La sécurité est une valeur fondamentale et non négociable pour notre compagnie. TotalEnergies est pleinement engagée à protéger la santé des travailleurs dans toutes ses activités. »

    Le 29 septembre, le centre de stockage de GPL de Tempa Rossa a néanmoins été inspecté par la brigade des carabiniers (les gendarmes) de Potenza pour la protection de l’environnement. Le substitut du procureur de cette ville en charge de ces sujets a refusé de confirmer ou de récuser l’existence d’une instruction judiciaire. Dans un e-mail envoyé à Reporterre, son secrétariat écrit : « Le sujet qui vous intéresse est couvert par le secret de l’instruction. »
    Les travailleurs exposés à des fuites récurrentes

    Exploité depuis 2020, le champ de Tempa Rossa, qui produit près de 30 000 barils de pétrole et 1 700 barils de GPL (gaz de pétrole liquéfié) par jour, est classé Seveso seuil haut. Cela signifie qu’il présente un risque élevé d’incident et est soumis à une réglementation stricte visant à protéger l’environnement et les travailleuses et travailleurs.

    Malgré cela, sur le site dédié au traitement des hydrocarbures sortis des puits — où des centaines de tuyaux enchevêtrés transportent du pétrole brut, des eaux usées, des boues et des produits chimiques —, les fuites s’accumulent. « Sur la plateforme 3 [où confluent toutes les canalisations qui transportent les hydrocarbures depuis les puits, et celles qui distribuent les produits finis], il y en avait tout le temps ! » résume amèrement Luciano, qui a pris des photos en cachette pour garder des preuves.

    Il n’est pas le seul. L’appréhension a gagné les opérateurs, qui ont fait le lien avec leurs conditions de travail. « On voyait qu’on nous faisait manipuler des produits toxiques comme si c’était de l’eau », se souvient Antonio.

    Les photos recueillies par Reporterre, authentifiées par un ancien salarié de TotalEnergies qui connaît le site, montrent des tuyaux et des pompes entièrement noircis par le pétrole. Sur l’une d’elles, une flaque noire coule sous les pieds d’un ouvrier. « Parfois, ça jaillissait vers le haut et on en avait plein sur nos vêtements », raconte Antonio, en affichant sur son téléphone la photo d’un opérateur de production dans une combinaison tachée de pétrole.

    Des clichés montrent également des appareils prévus pour les échantillonnages couverts de noir, laissant imaginer que le liquide a giclé au moment d’ouvrir les vannes. Un autre illustre un prélèvement d’hydrocarbures dans des conditions de sécurité précaires : un robinet posé sur des morceaux de bois, au-dessus d’un seau à terre, et une couche d’huile noire au sol.

    Des produits toxiques manipulés sans le matériel de protection adéquat

    En cas de fuite, le risque pour les travailleurs est d’être exposés à « un cocktail de produits toxiques, soit par contact cutané, soit par inhalation », explique Giuliano Pesel, médecin du travail spécialisé dans le secteur pétrochimique, interrogé par Reporterre. Une exposition chronique aux hydrocarbures — c’est-à-dire en quantité moindre mais de manière répétée — augmente le risque de cancer, précise-t-il. Certains hydrocarbures, dont le benzène, sont notamment « associés à des tumeurs du sang, de la vessie ou encore de la peau », reprend le médecin.

    Le danger se réduit si l’exposition se produit en extérieur. Néanmoins, « plus le travailleur est proche des substances, plus il a de contacts, plus c’est probable qu’il développe des problèmes de santé dans le temps », continue-t-il. Giuliano Pesel l’affirme : « Les sites neufs ne devraient pas avoir de perte pendant l’activité productive. »

    Toutefois, si une entreprise ne peut pas les empêcher, elle doit fournir du matériel de protection individuel (masque, gants, combinaison) à ses travailleurs, insiste-t-il. Or, à Tempa Rossa, deux témoins assurent que les opérateurs ont parfois dû nettoyer les fuites sans masque.

    https://www.youtube.com/watch?v=hbfKXRK10Hg&t=3s

    Des travailleurs s’inquiètent aussi de devoir procéder manuellement aux mélanges de produits chimiques, à l’aide de pompe, sans avoir toujours les masques et les gants adéquats. « Sachant qu’à chaque fois qu’on sortait les pompes des cuves, le liquide coulait partout », raconte Antonio. Ainsi, l’une des photos montre un réservoir sur lequel est indiquée la formule de l’acide chlorhydrique et, par-dessus, la main d’un opérateur qui tient un tube avec un gant en cuir.

    Un matériel inadapté à cette substance corrosive car il « se détériore facilement », assurent Marco Caldiroli, technicien de la prévention des risques au sein de l’agence publique de santé de Milan, et Gino Carpentiero, ancien médecin du travail à Florence. Ils sont tous deux membres de l’association pour la santé au travail Medicina Democratica.

    Aussi, plusieurs cuves contenant des produits chimiques sont déposées à même le sol, sans bac de rétention, comme l’illustrent plusieurs images. Une pratique « dangereuse », car une perte de liquide peut entrainer des risques pour l’environnement et la sécurité du personnel, tel un incendie, expliquent-ils.
    TotalEnergies sécurise ses installations après une visite des autorités

    À une dizaine de kilomètres de là, dans le centre de stockage GPL, le scénario se répète. Dès l’ouverture du site en 2020, les opérateurs de production constatent des fuites lors du chargement du gaz dans les camions-citernes.

    Certains ont filmé ces scènes. Des vidéos que Reporterre a visionnées. Selon la branche locale du syndicat CGIL et les travailleurs interrogés, le problème vient des tuyaux flexibles raccordés aux véhicules, qui se fissurent régulièrement. À chaque fois, le chargement est interrompu et des ouvriers doivent remplacer le conduit endommagé par un autre neuf, jusqu’à la prochaine fuite. « Cela pouvait arriver n’importe quand », se souvient Davide.

    Selon un relevé effectué par les travailleurs eux-mêmes, que Reporterre a consulté, cette situation s’est produite en moyenne deux fois par mois entre 2022 et 2023.

    « L’exposition des travailleurs au GPL en extérieur n’est pas vraiment dangereuse pour la santé. Toutefois, il s’agit d’un gaz inflammable et explosif. Une simple étincelle peut provoquer une explosion », explique Giuliano Pesel.

    En janvier 2024, les autorités de contrôle, dont l’Institut italien de protection et recherche pour l’environnement (Ispra), ont inspecté le site. Le rapport final évoque de « possibles pertes de GPL » et émet des recommandations, mais ne stipule aucune situation d’urgence. De son côté, TotalEnergies assure que la sécurité des travailleurs est garantie.

    Pourtant, l’été suivant, l’entreprise a décidé de ne plus utiliser les tuyaux incriminés et de les remplacer par des tronçons rigides. La multinationale française affirme que « les modifications techniques font partie d’un processus d’amélioration continue » et « peuvent être mises en œuvre sans qu’un risque pour la sécurité du personnel ou des installations ne les déclenche ».

    Un « Texas italien » riche en pétrole mais en proie à la pauvreté

    TotalEnergies l’assure : étant un site classé Seveso haut seuil, Tempa Rossa fait l’objet d’inspections régulières par des autorités publiques de contrôle. Alors, comment expliquer tant de négligence ? Impossible de le savoir. L’entreprise ne commente pas les cas de fuite d’hydrocarbures. En revanche, elle affirme que « des équipements de protection individuelle conformes aux activités sont toujours disponibles pour tout le personnel et toutes les opérations » et que les opérateurs sont formés et sensibilisés pour pouvoir les utiliser correctement.

    Derrière ce discours rassurant, il y a pourtant des travailleurs inquiets pour leur sécurité. Ces derniers sont peu nombreux à parler, par peur de perdre leur emploi. Un risque d’autant plus pesant que, dans cette région, le pétrole règne en maître. Abritant deux des plus gros gisements terrestres d’or noir d’Europe, la Basilicate, rebaptisée « le Texas d’Italie », a fourni 84,8 % du pétrole italien en 2024.

    Malgré cela, cette petite région de 530 000 âmes est l’une des plus pauvres du pays : 24,5 % des habitants sont à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Elle est aussi la plus en proie au dépeuplement.

    Perché dans la montagne en face de Tempa Rossa, le village reculé de Corleto Perticara ne fait pas exception. « Ici on produit du pétrole, de l’énergie éolienne, mais ce n’est pas pour autant que les habitants sont devenus plus riches », déplore Giorgio Santoriello, dont l’association Cova Contro (https://covacontro.org) surveille les conséquences environnementales de l’extraction de pétrole dans la région. À Corleto, on vit d’agriculture et d’industrie. Pas un hôtel à l’horizon, mais quelques chambres d’hôtes qui accueillent les employés de la multinationale de passage.

    Parmi les 2 300 villageois, nombreux sont ceux à compter sur « la » Total, comme ils l’appellent. « Si je ne travaille pas là, je travaille où ? Il n’y a pas d’alternative... Et avec des enfants, c’est compliqué », dit Fabio. Pour Giorgio Santoriello, « les gens d’ici se sont fait berner par l’argent facile, sans penser au coût social, environnemental, sanitaire et même politique. Cela bouleverse la réalité locale, et nous ne sommes plus maîtres de notre territoire ».

    https://reporterre.net/Revelations-sur-TotalEnergies-On-manipulait-des-produits-toxiques-comme-

    #Apennins #pétrole #Italie #montagne #industrie_pétrochimique #champ_pétrolier #Basilicate #Mitsui #Shell #industrie_pétrolière #santé #travail #conditions_de_travail #benzène #cancer #santé_publique #GPL #gisements #Cova_Contro

  • Dans l’#Allier, inquiétudes autour de l’ouverture d’une mine de #lithium et de ses matières radioactives

    La production de matières radioactives d’un site d’#Imerys dans l’Allier va considérablement augmenter si sa mine de lithium est autorisée. Mais personne, ou presque, n’est au courant. Car l’industriel s’est montré particulièrement discret sur ce sujet sensible qu’il a omis de déclarer pendant plusieurs années.

    « Des produits radioactifs à #Échassières ? Jamais entendu parler ! » Maurice Deschamps est maire de #Lalizolle (Allier), commune où pourrait voir le jour l’une des plus grandes mines de lithium d’Europe. La préfecture vient de donner le feu vert au groupe Imerys pour y construire un site pilote d’#extraction et de transformation du minerai.

    Contacté par Mediapart au téléphone, le maire, ancien responsable à la direction départementale de l’agriculture, assure avoir suivi la plupart des rencontres organisées par l’entreprise avec les élu·es depuis l’annonce du projet, en octobre 2022. « Jusqu’à une par mois, c’est beaucoup ! » Il a aussi assisté à plusieurs des vingt-quatre réunions publiques organisées par la Commission nationale du débat public (CNDP) entre mars et juillet 2024.

    Pourtant, comme tous les édiles des communes voisines qu’a pu joindre Mediapart, Maurice Deschamps ignorait que le projet « #Emili » (exploitation de #mica_lithinifère par Imerys) impliquerait de produire chaque année plus de 1 millier de tonnes de #matières_radioactives. Car dans cette même roche, Imerys compte extraire du lithium, mais aussi d’autres #minéraux comme du #tantale et de l’#étain, particulièrement concentrés en #uranium.

    C’est sur la #Bosse, une colline boisée qui domine le bocage bourbonnais, que le projet de mine s’apprête à démarrer. Pour atteindre le #gisement de lithium, une galerie sera creusée sous une carrière de #kaolin, matière première de la porcelaine, en exploitation depuis plus d’un siècle. Elle a été rachetée en 2005 par Imerys, propriété du groupe Bruxelles-Lambert (contrôlé par les familles de milliardaires #Frère et #Desmarais).

    Activité nucléaire

    À côté de la #fosse_d’extraction de kaolin se trouve une usine où le #minerai est purifié et traité. Mais depuis les années 1980 au moins, on y traite aussi d’autres matériaux extraits dans cette fosse : de l’étain, du tantale et du #niobium. Quand il sort de cette laverie, ce concentré de métaux bruts, semblable à une pâte noire, est stocké dans des fûts puis expédié à l’étranger. Les métaux, une fois purifiés dans une fonderie, pourront notamment être utilisés pour produire de l’électronique. Or, ce concentré métallique a une particularité sur laquelle l’industriel et les autorités se sont montrés très discrets : il est radioactif.

    Sa composition est donnée dans les petites lignes du dossier de l’enquête publique qui vient de s’achever en vue de la construction à Échassières des phases pilotes du projet Emili, une galerie de reconnaissance et une usine : « Le concentré [d’étain, tantale et niobium – ndlr] possède une certaine #radioactivité du fait de la présence d’une faible concentration en #uranium […] et #thorium », a précisé l’industriel dans ce dossier d’enquête de 3 500 pages.

    « On peut estimer la radioactivité totale d’un tel concentré à environ 300 000 becquerels par kilogramme, explique Julien Syren, géologue et codirecteur de la Criirad, association d’expertise citoyenne (voir le détail du calcul en annexe). Ça n’a rien d’anecdotique ! » D’après le Code de la santé publique, la transformation, le stockage et le transport de ce minerai radioactif sont considérés comme une « activité nucléaire ». Le seuil fixé par l’administration est dépassé quand les produits émettent plus de 1 000 becquerels par kilogramme (Bq/kg) et que leur stockage excède 1 tonne. Imerys en produit environ 100 tonnes par an.

    Si la #mine d’Échassières voyait le jour, cette production radioactive changerait d’échelle. Imerys compte exploiter le lithium, mais aussi l’étain, le tantale et le niobium présents dans la même roche jusqu’à plus de 500 mètres de profondeur. « La production de lithium (quelle que soit sa forme) augmenterait automatiquement la production de concentré d’étain-tantale et niobium déjà commercialisé par Imerys », précise l’entreprise en 2020 dans sa demande de prolongation de permis d’exploration. Dans la mine de lithium, Imerys prévoit d’extraire quinze fois plus de roches que dans la carrière – et produirait donc au moins 1 500 tonnes de métaux radioactifs par an.

    « Pour les salariés du site et la population, poursuit Julien Syren, il y a un risque d’exposition aux rayonnements et des sources de #pollution importantes. Les poussières contenant de l’uranium et ses descendants radioactifs peuvent être ingérées, les #radionucléides peuvent se retrouver dans les déchets miniers et dans les #eaux. » Les faibles doses de radioactivité augmentent sensiblement le risque de #cancer, comme l’a récemment mis en évidence une étude internationale parue dans le British Medical Journal. Julien Syren se dit très étonné que cet enjeu n’ait pas été traité « de façon centrale » pendant le débat public sur la mine de lithium.

    La direction régionale de l’environnement Auvergne-Rhône-Alpes, responsable de la surveillance environnementale de la carrière, confirme à Mediapart que « l’usine de traitement du kaolin relève de la rubrique #ICPE_1716-2 » qui encadre les usines « mettant en œuvre des substances radioactives d’origine naturelle ». L’Agence de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) est chargée de la surveillance radiologique du personnel de l’usine d’Imerys, qu’elle a inspectée plusieurs fois depuis 2009.

    Les salariés de la #laverie portent des dosimètres, et certains font l’objet d’un suivi médical spécifique. L’agence de sûreté nucléaire précise que « les transports des substances radioactives d’origine naturelle produites par le site d’Échassières sont soumis à la réglementation sur les marchandises dangereuses » et que « les colis sont contrôlés par sondage lors des inspections de l’ASNR ».

    #Non-conformité

    Mais autour d’Échassières, personne n’était au courant. Pas même les associations de protection de l’environnement. « Tous ces éléments auraient dû être donnés au public il y a bien longtemps, s’insurge Corinne Castanier, responsable en radioprotection à la Criirad. C’est étrange de ne pas prévenir les mairies qu’il pourrait y avoir une activité nucléaire sur leur commune. C’est encore plus étrange de ne pas les prévenir qu’il y en a déjà une ! », ajoute-t-elle à propos de la carrière de kaolin.

    Même s’ils avaient épluché les documents administratifs concernant cette carrière, les élu·es concerné·es n’auraient pas trouvé trace de cette production radioactive : Imerys avait omis de la déclarer en préfecture, contrairement à ce que prévoit la loi depuis 2014. Les services de l’État ont confirmé à Mediapart que le groupe minier était en « non-conformité » jusqu’en novembre 2022, quand la déclaration d’#activité_nucléaire a finalement été faite, à la suite d’une inspection de l’usine. Mais une fois enregistrée, cette déclaration n’a pas été mise en ligne par la préfecture de l’Allier.

    C’est pendant cette période de non-conformité, en 2021, qu’Imerys a obtenu l’autorisation de prolonger de trente ans l’activité de sa carrière – elle devait initialement s’arrêter en 2020 – et d’en doubler la surface. Sans que ni la rubrique administrative ICPE 1716-2 ni la production de substances radioactives aient été mentionnées dans l’enquête publique. L’#étude_d’impact ne la mentionne pas non plus.

    « Le site dispose, de très longue date, de toutes les autorisations nécessaires pour stocker et transporter ces matières, nous répond Imerys. Lors du débat public de 2024, organisé par la commission nationale du débat public (CNDP), nous avons rappelé que le granite était bien porteur de ces éléments radioactifs », ajoute l’industriel (lire l’intégralité de sa réponse en annexe).

    Un problème en réalité ancien

    Imerys s’était engagé dans le cadre de ce débat à « partager toute l’information sur le projet Emili » et à s’aligner sur le « niveau de #transparence très élevé » du standard minier #Irma (#Initiative_for_Responsible_Mining_Assurance), un label centré sur le partage d’information avec les populations.

    En avril 2024, dans la salle des fêtes du bourg de Saint-Pourçain, dans l’Allier, s’est tenue la onzième soirée d’information sur la mine de lithium organisée par la CNDP. Ce soir-là, le public a un peu déserté. Micro en main, Grégoire Jean, directeur recherche et développement chez Imerys, présente, slide après slide, les enjeux environnementaux du projet. Apparaît sur l’écran une fiche intitulée « La radioactivité du granite de Beauvoir ».

    Elle indique que pour éviter l’accumulation de radon, un gaz radioactif, il faudra ventiler les galeries de la mine, comme dans « les maisons et les caves » des régions granitiques. La production de matières radioactives n’est pas mentionnée lors de ce débat, pas plus qu’elle n’apparaît dans le « Dossier du maître d’ouvrage », le volume de 156 pages diffusé par Imerys pour décrire le projet minier. « On a un granite qui n’est pas spécialement radioactif, il est parfaitement classique », rassure Grégoire Jean au micro.

    Un rapport critique

    Pourtant, sa teneur en uranium semble poser problème depuis longtemps. Dans sa demande de permis d’exploration de 2020, Imerys mentionne qu’au début des années 1980, « une étude de faisabilité » pour une mine d’étain et de tantale à Échassières s’était révélée « négative » en raison notamment de « la présence d’uranium dans le concentré de tantale ». Elle avait été menée conjointement par le bureau des recherches géologiques et minières et l’entreprise #Peñarroya… qui n’est autre que l’ancienne dénomination d’Imerys.

    « Non seulement les données scientifiques accessibles montrent que le #granite_de_Beauvoir contient plus d’uranium que la moyenne, analyse le géologue Julien Syren, mais de toute façon, le principal problème est la concentration de cette radioactivité dans les #déchets et les #sous-produits. »

    La mine d’Échassières, si elle est construite, va générer environ 2 millions de tonnes de résidus par an, sous forme de #boues rejetées par les deux usines de traitement du minerai, à Échassières et à #Montluçon. Quel serait le niveau de radioactivité de ces immenses volumes de déchets ? Quel serait le risque de contamination des sources et des #eaux_souterraines de la Bosse, réputée pour ses #zones_humides ?

    Imerys déclare à Mediapart avoir « mis en avant avec l’exploitation actuelle de kaolin (dans un contexte quasi identique à celui du projet) [sa] capacité à maîtriser ces problématiques ». Dans l’enquête publique pour la création de la mine pilote, Imerys cite un seul rapport datant de 2010 à l’appui de l’absence de contamination radioactive. Un document que, malgré nos demandes, l’entreprise a refusé de communiquer.

    En revanche, Mediapart s’est procuré un rapport rédigé en 2007 par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, aujourd’hui fusionné avec l’ASNR), consacré à la carrière d’Échassières. Ce document exclusif que nous publions en annexe pointe plusieurs « incohérences » dans la surveillance radiologique des salariés. Il reproche à l’exploitant de ne pas surveiller la radioactivité dans les eaux rejetées « dans le ruisseau communal » et de n’avoir « procédé à aucune évaluation des doses auxquelles la population est susceptible d’être soumise ». Le directeur de l’IRSN concluait : « La radioprotection des populations est traitée sommairement. »

    La situation a-t-elle changé ? La Criirad s’est saisie du dossier et a demandé des informations aux services de l’État. Pour les avocats de l’association Préservons la forêt des Colettes, opposée au projet minier, la découverte de cette production radioactive, trois ans après le lancement du projet Emili, est « sidérante », aussi bien « pour ce qu’elle révèle du projet que pour l’effort qui semble avoir été fait pour ne pas ébruiter ces informations déterminantes pour la population, ont réagi Théodore Catry et Benjamin Cottet-Emard. Imerys a eu bien des occasions de s’exprimer avec transparence, mais semble clairement avoir fait le choix de la rétention. » En haut de la colline d’Échassières, les engins s’activent pour construire la mine pilote autorisée fin septembre par la préfecture. L’#autorisation_environnementale qui vient d’être délivrée à Imerys ne prévoit aucune surveillance de la radioactivité.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/071025/dans-l-allier-inquietudes-autour-de-l-ouverture-d-une-mine-de-lithium-et-d
    #Echassières #France #terres_rares

    • Projet de mine de lithium dans l’Allier : quid de la radioactivité ?

      La société Imerys souhaite ouvrir une mine de lithium dans l’Allier. Au-dessus du gisement, une carrière de kaolin est exploitée depuis plus d’un siècle. Le site produit également un concentré d’étain, niobium et tantale présentant une radioactivité élevée. La quantité de concentré produit augmenterait avec la mine de lithium.

      « Dans l’Allier, inquiétudes autour de l’ouverture d’une mine de lithium et de ses matières radioactives » : c’est le titre d’un article de Célia Izoard publié sur Médiapart le 7 octobre 2025.

      Sollicitée par la journaliste, la CRIIRAD s’est penchée sur les aspects radiologiques de la carrière de kaolin actuellement exploitée par Imerys juste au-dessus du gisement de lithium.

      Premier constat : depuis plus d’un siècle, les exploitants successifs n’extraient pas seulement le kaolin mais également un concentré d’étain, de tantale et de niobium dans lequel se concentre l’uranium 238. L’activité de ce radionucléide atteint 30 000 becquerels par kilogramme (Bq/kg), très largement au-dessus de 1 000 Bq/kg, seuil de classement comme « substance radioactive d’origine naturelle » (SRON). En tenant compte des autres radionucléides naturels présents, l’activité totale est de plusieurs centaines de milliers de Bq/kg (1), avec tous les risques radiologiques associés (irradiation externe, contamination par inhalation ou ingestion).

      Du fait de cette radioactivité et des quantités présentes dans l’installation (plusieurs dizaines de tonnes de concentré produites chaque année), le site doit être classé ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement), à la rubrique 1716-2 qui encadre les installations mettant en œuvre des substances radioactives d’origine naturelle.

      Alors que la radioactivité du site est connue des autorités depuis au moins 2006, et que la rubrique 1716-2 existe depuis 2014, il a fallu attendre 2022 pour que l’exploitant déclare cette activité nucléaire.

      Malgré cette déclaration, le dernier arrêté préfectoral fixant les règles de surveillance du site par l’exploitant ne comporte aucune prescription en matière de mesures radiologiques, alors que la réglementation impose des contrôles.

      De plus, alors que l’exploitant d’une ICPE 1716-2 doit transmettre chaque année à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) un inventaire des matières et déchets radioactifs présents sur le site, la CRIIRAD n’a pas trouvé, sur le site de l’ANDRA, de fiche pour ce site.

      Pour éclaircir ces points ainsi que d’autres aspects du dossier, la CRIIRAD a écrit à la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes. Vous pouvez télécharger ce courrier avec le lien en bas de l’article.

      S’agissant du projet de mine de lithium, l’exploitant est très discret sur la question de la radioactivité, alors qu’il reconnaît que « la production de lithium (quelle que soit sa forme) augmenterait automatiquement la production de concentré d’étain-tantale et de niobium déjà commercialisé par Imerys ».

      Affaire à suivre…

      https://www.criirad.org/10-10-2025-projet-de-mine-de-lithium-dans-lallier-quid-de-la-radioactivite

    • Évacuations de Gaza suspendues arbitrairement : le ministère des affaires étrangères révoque sa décision après la saisine du Conseil d’État. #GISTI
      https://www.gisti.org/article7606

      « La décision litigieuse de suspension des opérations d’évacuation de la bande de Gaza a été rapportée par son auteur [...]. Il est prévu que la planification des opérations reprenne » (Conseil d’État, 15 octobre 2025).

      Le 15 octobre, le juge des référés du Conseil d’État a rendu une ordonnance suite aux requêtes introduites par des artistes, chercheurs, universitaires, étudiant.e.s et familles de réfugié.es qui s’apprêtaient à quitter la Bande de Gaza pour rejoindre la France avant que toutes les évacuations ne soient brutalement suspendues le 1er août 2025 par décision du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

      Les requérants, avec l’appui et la participation de nombreuses associations et organisations (Nidal, le Gisti, la Cimade, la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des Avocat.es de France, l’UJFP, l’Association France Palestine Solidarité, Médecins sans frontières (MSF), la Palestine Nous Rassemble, les Blouses blanches pour Gaza, les Universitaires pour Gaza et les journalistes solidaires de Gaza) ainsi que le soutien du Défenseur des droits, demandaient la reprise immédiate des évacuations. La décision de les interrompre, brutale et injustifiée, a laissé des familles entières coupées de leurs proches en France, au cœur d’une guerre génocidaire et infligeait une punition collective et discriminatoire à l’égard des Palestinien.ne.s de Gaza déjà privés de leurs droits fondamentaux et payant désormais le prix d’une décision politique irresponsable.

      L’audience qui s’est tenue devant le Conseil d’État le 3 octobre 2025, a mis en évidence les contradictions de l’administration, incapable de justifier sa décision. Entre propos incohérents et informations contradictoires sur la poursuite du traitement des dossiers, la défense des représentants des ministères (Affaires étrangères et Intérieur) a révélé l’opacité qui entoure les opérations d’évacuation et l’inconscience de ceux qui sont chargés de les mener.

      Sous la pression de la mobilisation juridique et associative, l’administration a finalement déclaré la révocation de sa décision et la reprise de la planification des évacuations. Le Conseil d’État a pris acte de ce revirement : « la décision litigieuse de suspension des opérations d’évacuation de la bande de Gaza a été rapportée par son auteur [...]. Il est prévu que la planification des opérations reprenne »

      S’agissant en revanche de la preuve des diligences de l’administration et de l’effectivité des évacuations, le Conseil d’État a, comme souvent sur les questions sensibles, adopté une approche très prudente en se déclarant incompétent au motif que la décision contestée relèverait de la conduite des relations internationales de la France – une position que l’on ne peut que regretter au regard des enjeux humains en cause.

      En saisissant la plus haute juridiction administrative, les requérants ont exigé le rétablissement d’un droit fondamental : celui de vivre en sécurité et avec sa famille. La France ne peut se contenter de promesses : elle doit faire venir celles et ceux qu’elle a vocation à protéger, et agir enfin à la hauteur de ses valeurs et de ses engagements internationaux, notamment au regard de l’obligation de prévention du génocide. Nos associations continuerons à veiller à ce respect des droits.

    • Suite à la pétition de Charlotte Gainsbourg et autres (https://seenthis.net/messages/1135731) et la réponse du fils Serge juste au dessus, celle de l’autre fils, Jean Yves, un peu moins virulente, mais un peu plus approfondie :
      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/charlotte-gainsbourg-ma-mere-et-la-palestine-par-jean-yves-halimi-2025100
      https://archive.ph/D3t30

      Et celle des médias français, toujours prêt à défendre Israël :
      https://www.lefigaro.fr/cinema/serge-halimi-ne-veut-pas-de-charlotte-gainsbourg-pour-incarner-sa-mere-au-c
      https://archive.ph/wBITt
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-humeur-du-matin-par-guillaume-erner/l-humeur-du-jour-emission-du-mercredi-01-octobre-2025-5408549
      https://archive.ph/weQUX

      Le Monde fait fort pour signaler que ceux qui râlent concernant cette affaire sont en fait « responsable[s] de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump » ... mais pas aussi fort que Radio France qui nous informe que « [Gisèle Halimi] ne s’est jamais exprimée sur la situation actuelle au Proche-Orient pour une raison simple : elle est morte avant. »

    • Guillaume Erner se penche sur la différence entre un acteur et un sosie.
      1 octobre 2025 sur francecul le lendemain le service est en grève.

      Une polémique autour du casting de deux films. Premier film : un biopic signé Diane Kurys, où Roschdy Zem joue Yves Montand. Deuxième film, deuxième polémique : Charlotte Gainsbourg doit incarner Gisèle Halimi à l’écran.

      Sur X, anciennement Twitter, plusieurs commentateurs estiment que l’un ou l’autre ne devraient pas tenir ce rôle. Pourquoi ? 1) Charlotte Gainsbourg ne pourrait pas incarner Gisèle Halimi parce qu’elle est trop juive. 2) Roschdy Zem ne pourrait pas incarner Yves Montand parce qu’il est trop arabe.

      À ce stade de mon humeur, merci de ne pas m’écrire pour me rappeler que #Gisèle_Halimi était effectivement trop juive. Elle ne s’est jamais exprimée sur la situation actuelle au Proche-Orient pour une raison simple : elle est morte avant. Charlotte Gainsbourg, elle, l’a fait, en appelant à ce que la reconnaissance de la Palestine s’accompagne d’une demande de libération des otages israéliens. Quant à Yves Montand, j’ignore s’il avait la moindre origine arabe. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il était acteur. Et qu’il n’aurait sans doute pas trouvé désagréable que, des décennies plus tard, un autre acteur l’incarne à l’écran.

      Un commentaire rapide, d’ailleurs, sur ce qu’est le métier d’acteur. La différence entre un acteur et, disons, un sosie, c’est précisément que les acteurs jouent à être quelqu’un d’autre. C’est ce qui permet, par exemple, à Lino Ventura d’incarner Jean Valjean, alors même que Jean Valjean n’était pas Lino Ventura.

      Je pourrais évidemment citer mille autres exemples. Et il faut donc avoir l’œil singulièrement « racistoïde » pour penser qu’une « gentille juive » ne peut pas être incarnée par une « méchante juive » — puisque, finalement, ce qu’on reproche à Charlotte Gainsbourg, c’est d’être sioniste, et « sioniste », dans ce lexique-là, veut dire « méchant juif ». De la même manière, Roschdy Zem ne pourrait pas être un « bon Français » comme Montand, puisqu’il serait, par nature, un « mauvais Arabe », et que, dans cette logique-là, tous les Arabes le sont.

      À tous ceux qui considèrent que Charlotte Gainsbourg et Roschdy Zem ne sont pas « employables », je leur conseillerais d’ouvrir un dictionnaire à la page « universalisme ». Quelqu’un a dit un jour que « nous avons l’art pour ne pas mourir du réel ». Je propose que nous le gardions aussi pour ne pas mourir de la bêtise.

      Je ne sais pas de qui Guillaume Erner est le sosie mais il fait l’acteur (mauvais à mon gout) et animateur de la matinale de france culture depuis 10 ans avec le statut d’intermittent du spectacle.
      https://w.wiki/FXfq
      Peut-être qu’il croise trop souvent « finkie » dans les couloirs où ils finissent par tourner en rond.

    • #Serge_Halimi
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Halimi

      Serge Halimi, né le 2 août 1955, est un écrivain et journaliste français.

      Il fait partie de la rédaction du Monde diplomatique à partir de 1992, et occupe la fonction de directeur de ce mensuel de mars 2008 à janvier 2023[1].

      Fils de l’avocate Gisèle Halimi et de Paul Halimi, administrateur civil, Serge Halimi est diplômé d’un doctorat en sciences politiques obtenu à l’université de Californie à Berkeley. Il est professeur associé à l’université Paris VIII de 1994 à 2000. Auteur d’essais politiques à succès, il décline la plupart des invitations dans les médias. Toutefois, il est régulièrement invité dans l’émission radiophonique Là-bas si j’y suis sur France Inter, avant sa suppression de l’antenne en 2014.

      Serge Halimi fait une apparition dans trois films de Pierre Carles, Pas vu pas pris, Enfin pris ? et La sociologie est un sport de combat. Il collabore au journal de critique des médias PLPL, devenu Le Plan B en mars 2006.

      Alors adhérent d’Attac, il participe à sa commission des médias lors de sa fugace apparition en 2004-2005 et contribue à l’élaboration de la plate-forme des relations avec la presse de cette organisation.

    • Le procès de Bobigny est un procès contre l’avortement qui s’est tenu en octobre et novembre 1972 à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Cinq femmes y furent jugées : une jeune femme mineure — Marie-Claire Chevalier — qui avait avorté après un viol, et quatre femmes majeures, dont sa mère, pour complicité ou pratique de l’avortement. Ce procès, dont la défense fut assurée par l’avocate Gisèle Halimi, eut un énorme retentissement et contribua à l’évolution vers la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse en France.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_de_Bobigny

  • Après Mazan

    Que faire face à l’ampleur des violences sexistes et sexuelles ? En 2024, le procès des viols de Mazan a remis cette question au cœur du débat public. 51 hommes de tous horizons y ont été jugés pour avoir violé Gisèle Pelicot sur l’invitation de son mari. Pendant près de 10 ans, il l’a droguée pour la livrer à des inconnus rencontrés sur internet.

    Si elle peut paraître hors-normes, cette affaire n’est que la face visible d’un scandale massif qui implique tous les rouages de notre société : en France, un viol ou une tentative de viol se produit toutes les 2 minutes 30.

    Qu’est-ce que l’affaire Mazan révèle sur la masculinité, sur les rapports entre hommes et femmes, et sur la façon dont les institutions traitent les victimes et les auteurs de violences sexuelles aujourd’hui en France ?

    Dans « Après Mazan », Naomi Titti donne la parole à des femmes spécialistes du sujet qui ont assisté à ce procès, ainsi qu’à des professionnel·les de la santé, de la police et de la justice.

    Comment transformer l’ampleur du procès Mazan en action politique pour éradiquer les violences sexuelles ?

    « Après Mazan » est une série documentaire en 4 épisodes écrite par Naomi Titti et réalisée par Paul Bertiaux. À écouter à partir du jeudi 13 mars 2025 dans Les Couilles sur la table.

    https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/apres-mazan

    #podcast #audio
    #procès #Gisèle_Pelicot #VSS #viols #masculinité #condamnation #discours #patriarcat #échafaudage_culturel_du_viol #culture_du_viol #viol_conjugal #audience #consentement #libertinage #excuses #banalité_du_mal #non-pensée #responsabilité #pulsion #plaidoiries #manipulation #piège #soumission_chimique #solidarité_masculine
    #clivage #psychologisation #rapports_de_pouvoir #soumission #bon_père_de_famille #stratégie_de_contrôle #violence_conjugale #violence #inceste #viols_incestueux #ordre_social #grammaire_du_silence #tabou #cycle_de_la_violence #pornographie #sexe #déni

  • Une immense #mine pollue la #Bretagne, l’État ferme les yeux

    Des analyses réalisées par le média breton Splann ! révèlent comment la mine à ciel ouvert de #Glomel, en Bretagne, contamine son environnement aux métaux toxiques. Cette année, l’État a prolongé son exploitation de vingt ans.

    Des ruisseaux, des tourbières, des prairies humides... La commune de #Glomel, dans le centre de la Bretagne, étendue sur près de 80 km2, abrite la #réserv_ naturelle régionale des #landes et #marais de Glomel, ainsi que deux sites #Natura_2000 et plusieurs zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique.

    Le paradoxe est qu’elle abrite aussi la plus grande mine à ciel ouvert en activité de l’Hexagone : sur place, la multinationale #Imerys peut extraire chaque année jusqu’à 1,5 million de tonnes de roches et raffine dans ses deux usines un quart de la production mondiale d’#andalousite.

    La « #Damrec » comme on dit ici en référence à l’ancien nom d’Imerys, est longtemps passée inaperçue. Déjà, qui connaît l’andalousite, ce minéral résistant aux très hautes températures ? On le retrouve sous forme d’additif dans les bétons ou les peintures, dans les blocs moteurs de camions ou dans les fours de toute l’industrie, de la métallurgie au nucléaire. Mais si l’andalousite est couramment utilisée par la grande industrie pour ses propriétés réfractaires, nous n’avons jamais directement affaire à elle.

    D’autre part, le site de Glomel est resté d’autant plus discret qu’il n’est, aux yeux de l’administration, qu’une carrière : on imagine un modeste carreau au bord d’une route déserte, quelques camions. Sauf que…

    Sauf qu’il s’agit bel et bien d’une mine avec ses immenses cratères, ses usines, ses bassins de décantation remplis d’eau acide et ses montagnes de #déchets qui avancent dans le paysage, avalant les champs, les fermes et les chemins. Tout ceci inquiète nombre de riverains, qui voient se multiplier les cas de #cancer et se demandent ce qu’il restera des zones humides, des sources et des captages dans cet avenir où rien ne sera plus précieux que l’eau.

    Un trou grand comme quinze terrains de football

    Mais Imerys compte bien aller au bout de ce #gisement. Après une enquête publique houleuse et d’âpres débats, l’État vient de l’autoriser à poursuivre l’exploitation jusqu’en 2044 en creusant une quatrième #fosse_d’extraction : un trou grand comme quinze terrains de football et aussi profond que cinq immeubles parisiens empilés.

    Sur le site internet d’Imerys Glomel, on lit qu’« une des priorités du site concerne la gestion des rejets aqueux […] dans les rivières, zones humides et nappes souterraines alentour ». L’enjeu est de taille, puisqu’en aval de la mine se trouve la réserve naturelle régionale de #Magoar_Penvern. Puis, à 6 km du site industriel, un premier captage d’eau potable dans l’#Ellé alimente les 6 000 habitants des communes voisines.

    Dans le #Kergroaz, un minuscule #ruisseau qui serpente dans le sous-bois, Imerys rejette chaque année environ 1,5 million de mètres cubes d’#eaux_usées. Ces eaux sont traitées, et les exigences de la préfecture ont conduit l’entreprise à investir récemment dans une unité destinée à limiter la quantité de #manganèse et de #fer dans ses rejets. Mais même après traitement, ils contiennent des quantités très importantes de contaminants : la préfecture des Côtes-d’Armor autorise le site à rejeter chaque jour dans ses eaux usées jusqu’à 9 kg d’#hydrocarbures et, entre autres, jusqu’à 11 kg par jour au total de #cobalt et de #nickel, des métaux cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    Pourtant, Imerys assure n’avoir « aucun impact sur les eaux » et a financé une étude sur cinq ans de l’état écologique du #Crazius, où se jette le Kergroaz. Cette étude payée par l’industriel conclut à un « bon état » du cours d’eau pour certains paramètres, mais ce qui frappe, c’est que les métaux les plus toxiques émis par le site ne semblent pas avoir été recherchés dans le cours d’eau.

    Pourquoi s’intéresser à la présence de fer et d’#aluminium, et non à des contaminants bien plus redoutables comme l’#arsenic, le #cadmium, le cobalt ou le nickel, qui sont par ailleurs présents dans les déchets de cette mine ? Interrogé, Imerys n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pour y voir plus clair, Splann ! a décidé de faire analyser les sédiments du Crazius.

    En juillet puis en septembre, Splann ! a prélevé plusieurs jeux d’échantillons de sédiments dans le lit du ruisseau d’abord en amont du point de rejet de la mine, pour disposer d’un échantillon « témoin » ; puis dans un deuxième temps au niveau où Imerys rejette ses eaux usées ; et finalement à 2 km de là en aval dans le même cours d’eau, dans la réserve naturelle régionale.

    Des concentrations en nickel jusqu’à 60 fois supérieures à la valeur guide

    Ces sédiments ont été analysés par un laboratoire accrédité Cofrac. Les résultats de ces analyses ont été interprétés avec l’aide de Frédéric Gimbert, spécialiste des pollutions minières et chercheur en écotoxicologie au Centre nationale de la recherche scientifique (CNRS) de Besançon.

    Alors que les sédiments du prélèvement témoin, en amont, ne présentent aucune contamination, au niveau du point de rejet d’Imerys, les concentrations en nickel sont jusqu’à 60 fois supérieures à la valeur guide pour un bon état écologique des sédiments d’eau douce. Les concentrations en cobalt sont jusqu’à 20 fois supérieures à cette valeur. Les analyses révèlent aussi la présence de métaux toxiques qu’Imerys n’est pas censé déverser : les sédiments contiennent quatre fois la valeur guide pour l’arsenic et une teneur anormale en cadmium, tous deux également cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    « De telles quantités de contaminants présentent manifestement un #danger et un #risque pour l’#environnement, dit Frédéric Gimbert. Il faudrait également rechercher ces mêmes contaminants dans les #sols où se déposent les #poussières issues de l’activité minière et conduire plus largement une étude d’évaluation des risques, pour l’environnement, mais aussi pour la #santé_publique. »

    Nos analyses révèlent également que la contamination s’étend au-delà du périmètre immédiat de la mine. À 2 kilomètres en aval du site, au cœur de la réserve naturelle régionale de Magoar Penvern, les concentrations en cobalt et en nickel sont plus de dix fois supérieures aux valeurs guides pour un cours d’eau en bon état écologique.

    Un #captage d’#eau_potable en aval de la mine

    Qu’en est-il à 6 km en aval, dans la rivière Ellé, où #Eau_du_Morbihan prélève une partie de l’eau qui sera ensuite traitée pour être distribuée aux communes voisines ? Pour le savoir, notre équipe s’est rendue à #Toultreincq, qui signifie « trou saumâtre » en breton, dont l’usine de potabilisation est justement en pleins travaux. Une toute nouvelle unité de traitement est en construction pour un coût de 6 millions d’euros d’argent public.

    « La pollution de l’eau par la mine ? C’est simple : ce n’est pas un sujet. Il n’y a aucun problème », déclare, dès le début de notre visite, #Dominique_Riguidel, le directeur d’Eau du Morbihan qui s’est déplacé en personne pour nous le dire. L’ouverture de nouveaux captages d’eau souterraine permettront de « diversifier les ressources et de limiter les prélèvements dans l’Ellé », explique-t-il. C’est-à-dire précisément à limiter la dépendance au captage de Pont Saint-Yves, sur l’Ellé, en aval de la mine.

    Mais le directeur d’Eau du Morbihan est formel : tout ceci n’a aucun rapport avec le fait qu’Imerys rejette chaque année 1,5 million de mètres cubes d’eaux usées contenant des sulfates, des hydrocarbures et des métaux lourds en amont de ce captage. « La nouvelle unité permettra de mieux traiter les pesticides et les médicaments », justifie-t-il.

    Un ingénieur chimiste, expert en contaminations pour des organismes de santé publique, s’interroge : « J’ai du mal à croire que tous ces travaux n’aient aucun rapport avec l’agrandissement de la mine. Vu l’argent que ça coûte de changer une installation, ça ne se fait pas sans raison objective. Et il n’est pas courant d’avoir de tels traitements de l’eau en tête de bassin versant, où elle est normalement moins polluée. »

    Pour connaître la qualité de l’eau sur l’Ellé, en aval de la mine, le plus simple est de s’adresser à l’agence régionale de santé (ARS), qui surveille les captages. Nous lui avons demandé de nous communiquer les analyses de l’eau captée en aval de Glomel.

    « Il n’existe pas de contrôle sanitaire sur la ressource “Pont Saint-Yves” exclusivement », a répondu l’ARS. Le captage d’eau le plus exposé aux pollutions de la mine ne serait donc pas surveillé : l’agence publique ne contrôle pas la qualité des eaux brutes qu’après qu’elles ont été mélangées à la station de traitement. Une fois dilués dans les eaux prélevées ailleurs, les contaminants d’Imerys passent inaperçus. Ce qui pousse certains riverains désabusés à résumer ainsi la situation : « La mine de Glomel utilise la réserve naturelle régionale comme station d’épuration » pour traiter ses effluents chargés en métaux toxiques. « Mais si la contamination continue d’augmenter, explique l’ingénieur chimiste, l’eau de ce captage risque de ne plus être utilisable pour produire de l’eau potable. »

    Les déchets miniers ont contaminé les #eaux_souterraines

    « Quand j’étais ado, par une chaude journée d’été, je m’amusais à repérer les plans d’eau des environs sur les photos satellites. J’ai découvert un lagon bleu à Glomel. J’ai demandé à ma mère : “pourquoi on n’est jamais allées s’y baigner ?” » Voilà comment Camille a découvert la mine de Glomel : un espoir de baignade. Espoir déçu : le lac de 12 hectares dont elle parle, une ancienne fosse d’extraction, recueille en continu des #eaux_acides et les boues de traitement des usines du site.

    Une autre riveraine se rappelle : « Pendant une réunion en 2022, j’ai demandé ce que contenait cette fosse qu’on appelle “la fosse 2”. Imerys m’a répondu “du mica et des oxydes de fer”. » Pas de quoi s’inquiéter, donc, Camille aurait pu s’y baigner. Mais dans un tableau perdu dans les 3 000 pages du dossier d’enquête publique, on apprend que ces boues contiennent de fortes concentrations de cadmium, de #chrome, de cobalt, de nickel et de plomb : des métaux dits « lourds », cancérigènes, neurotoxiques et reprotoxiques.

    Les boues de cette fosse contiennent aussi les produits chimiques utilisés dans l’usine. Lors d’une réunion publique, les porte-parole de l’entreprise ont assuré que « le procédé d’extraction ne fait pas intervenir de composés chimiques ». Pourtant, les documents de l’enquête publique indiquent que les usines de Glomel utilisent 75 tonnes par an de substances nocives pour l’environnement et la santé.

    Par exemple, le #méthyl-isobutyl_carbinol, un #solvant dangereux pour les #nappes_souterraines, l’#acrylamide, cancérigène, mutagène et reprotoxique, le #sulfonate_de_sodium et l’#amylxanthate, toxiques pour la vie aquatique.

    Chaque année, une trentaine de tonnes de ces produits sont déversées dans le « joli lac ». Imerys affirme que la fosse est « étanche », mais aucune membrane n’empêche ces boues acides de s’infiltrer dans les eaux souterraines. Et il en va de même dans tous les autres espaces du site où sont entreposées ces boues : la « fosse no 1 » (2 millions de m3) et « l’ancienne digue » (900 000 m3).

    Les contaminants de ces déchets toxiques ont commencé à migrer vers les eaux souterraines : c’est ce qu’indiquent certains éléments qu’Imerys a communiqués à l’administration. L’un des appareils de mesure de l’industriel relève que les taux de contaminants ont explosé entre 2012 et 2021.

    Ainisi, les déchets de la mine contiennent des concentrations importantes de nickel, un métal qui provoque des cancers du poumon et des sinus et des maladies cardiovasculaires. Or, sous le site minier, les eaux souterraines contiennent quarante fois la teneur en nickel maximale autorisée pour les eaux brutes destinées à la consommation. Les autres contaminants (cobalt, cadmium, arsenic, produits chimiques…) susceptibles d’avoir migré vers la nappe ne semblent pas surveillés.

    En juin 2024, en prolongeant l’exploitation de vingt ans, les services de l’État ont autorisé l’entreprise à générer au total environ 12 millions de m3 de déchets supplémentaires, autant de déchets qui seront entreposés sur place et qui sont censés ne pas entrer en contact avec les eaux souterraines pour les décennies et les siècles à venir. Alors que jusqu’ici, Imerys n’a pas réussi à empêcher la contamination des eaux souterraines.

    Qui traitera les eaux acides en l’an 2150 ?

    En 2044, en théorie, l’extraction d’andalousite sera terminée et viendra le temps de la « remise en état », comme on dit. Mais la roche exploitée à Glomel a une particularité : elle contient de la #pyrite, c’est-à-dire du #soufre. Quand la roche mise à nu par l’extraction ou les déchets miniers du site rencontrent de l’eau (la pluie par exemple), cette eau se transforme naturellement en #acide_sulfurique et entraîne vers l’aval les contaminants présents dans la roche. C’est ce qu’on appelle le drainage minier acide, l’une des pollutions les plus redoutables liées à l’activité minière.

    Actuellement, toutes les eaux qui ruissellent sur le site sont collectées et traitées par lmerys pour perdre leur acidité. Qui va traiter ces #eaux_de_ruissellement dans un siècle pour empêcher cette marée acide de contaminer le bassin de l’Ellé ? Dans les documents de l’enquête publique, Imerys assure qu’après la #remise_en_état, « les eaux pluviales ne seront plus susceptibles de s’acidifier ». Les montagnes de déchets seront « étanchéifiées » avec une couche de résidus miniers très fins puis quelques centimètres de terre. L’entreprise assurera un suivi du site pendant dix ans après la fin de l’activité.

    On sait pourtant que le drainage minier acide est sans limite de temps, comme le rappelle l’association de géologues miniers SystExt. À #Chessy-les-Mines, dans le Rhône, un gisement riche en pyrite a été exploité depuis le Moyen Âge. La mine a fermé après un effondrement dans la galerie principale, survenu en 1877. Un rapport confidentiel du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) publié en 2019, que Splann ! s’est procuré, décrit le traitement des eaux acides mis en place à #Chessy.

    L’État a constaté que ces #eaux_minières, quoique traitées « depuis 130 ans », étaient trop polluantes, si bien qu’il a dû y construire une toute nouvelle station de traitement en 2005. Le drainage minier acide de Chessy dure donc depuis 150 ans sans que, d’après le rapport, l’#acidité ou les concentrations de métaux dans les eaux n’aient baissé au cours du temps.

    Des eaux acides dont devront s’occuper les générations suivantes

    À Chessy, le problème se pose sur 20 hectares ; à Glomel, il se poserait sur 265 hectares. La création d’une nouvelle fosse et de nouveaux stockages de déchets augmentent d’autant la quantité d’eaux acides dont auront à s’occuper les six ou sept générations à venir.

    « Les pollutions minières du passé posent des problèmes insurmontables, et l’État, qui doit les gérer tant bien que mal, le sait très bien, dit Dominique Williams, membre d’Eau et rivières de Bretagne. Pourtant, il reproduit les mêmes erreurs à une échelle dix fois supérieure. Les services de la préfecture ont délivré cette autorisation sans prendre la mesure de l’ampleur de cette pollution ».

    La préfecture des #Côtes-d’Armor et la direction régionale de l’environnement ont été alertées de la contamination aux #métaux_lourds que révèle notre enquête, et des problèmes soulevés par l’étendue considérable du #drainage_minier_acide après la fermeture du site. La Région Bretagne a elle aussi « soumis ces informations à l’État afin qu’il puisse répondre aux inquiétudes exprimées » tout en indiquant à Splann ! qu’elle prenait « au sérieux l’alerte émise » sur la pollution de la réserve naturelle régionale.

    Or, malgré nos sollicitations, l’État ne s’est pas exprimé. Quant au groupe Imerys, notre rédaction lui a donné la possibilité de revenir sur ses déclarations concernant l’absence de métaux lourds et d’impact sur les eaux : il n’a pas souhaité nous répondre. L’extension de la mine est d’ores et déjà contestée devant la #justice. Fin octobre, l’association Eau et rivières de Bretagne a déposé un recours contre l’ouverture de la nouvelle fosse au tribunal administratif de Rennes.

    IMERYS PARLE EMPOUSSIÈREMENT

    « Vous voyez cette poussière ? Nos animaux la boivent dans leurs abreuvoirs, nos enfants la respirent », s’inquiète une habitante de Glomel, femme d’agriculteur. Sur l’avant-toit de sa maison, la gouttière que montre Émilie (le prénom a été modifié) est tapissée d’un dépôt noir épais de plusieurs centimètres. « Je l’ai nettoyé, mais il n’a mis que quelques mois à revenir », explique-t-elle.

    En plus des trois usines du site, le principal responsable de cette poussière s’appelle le « Sabès » : une montagne de résidus de trente mètres de haut occupant l’équivalent d’une cinquantaine de terrains de football. Quand le vent souffle, ces poussières forment un panache qui saupoudre la campagne.

    À force de plaintes, l’État a demandé à Imerys de poser des jauges « Owen » dans les hameaux voisins, des récipients en plastique juchés sur des poteaux. Selon l’entreprise, la « mesure des retombées de poussière à proximité du site » n’indique « aucun dépassement des seuils réglementaires ». Elle omet simplement de dire que seule la quantité de poussière est mesurée, et pas sa qualité. Sur ce point, Imerys a affirmé aux habitants que « les poussières de la mine se composent principalement d’aluminium ».

    Dans un document du groupe, on peut même lire que « les résidus sableux stockés sur le Sabès sont constitués de sables fins propres. Ils ne contiennent aucun produit chimique ». La véritable composition de ces résidus miniers qui forment ces poussières, bien plus inquiétante, est renseignée quelque part dans les 3 000 pages du dossier d’enquête publique. On y trouve le même cortège de métaux cancérigènes que dans les sédiments analysés par Splann ! : chrome, nickel, arsenic, plomb…

    Certains habitants relient l’activité de la mine, et en particulier ces poussières, à ce qu’ils considèrent comme une épidémie de cancers dans le voisinage du site. Jean-Yves Jego, éleveur dans un hameau voisin et conseiller municipal d’opposition à Glomel, se souvient d’une remarque de l’agent de la Mutualité sociale agricole, quand il a créé son élevage de chèvres en 2011 : « À moitié pour plaisanter, il m’a demandé : “Vous êtes sûr que vous voulez vous installer ici ? Il y a eu trois jeunes hommes morts du cancer à proximité !” »

    https://reporterre.net/Une-immense-mine-pollue-la-Bretagne-l-Etat-ferme-les-yeux
    #pollution #contamination #métaux_lourds #eau #extractivisme #France

  • Tempel und Friedhof des Konfuzius und das Anwesen der Familie Kong in Qufu: Eine Hommage an Chinas große Weisheit
    https://gps-koordinaten.com/welterbe/tempel-friedhof-konfuzius-anwesen-familie-kong-qufu

    Il y a quelque chose qui cloche avec ces coordonnées GIS ;-)

    http://www.chinas-weltkulturerbe.de/unesco-weltkulturerbe/konfuziustempel-qufu/index.html

    ... daß Qufu keinen direkten Anschluß an das Streckennetz der chinesischen Eisenbahn hat. Als Qufu diesen Anschluß im frühen 20. Jahrhundert bekommen sollte, wehrten sich die Stammhalter, da man die Ruhe des Konfuzius stören würde. So wurde um die Stadt Qufu ein Bogen gemacht.

    #Chine #Qufu #Confucius #GIS

  • Lithium dans le #Finistère : en bord de mer gronde la #colère

    À #Tréguennec, un article sur un gigantesque #gisement et une visite ministérielle ont mobilisé les citoyens contre tout projet de #mine.

    L’affaire commence le 24 janvier 2022. « Sous le sol de Tréguennec, des milliers de tonnes de lithium, nouvel or blanc », titre ce matin-là Le Télégramme. Dans la minuscule bourgade du sud du Finistère – 320 habitants –, certains en recrachent leur café. Pourtant, le rapport du Bureau de recherches géologiques et minières qui mentionne le #gisement de 66 000 tonnes date de 2018, les sondages sur lesquels il s’appuie ont eu lieu entre 1977 et 2010. Mais jusqu’à peu, le lithium n’intéressait pas grand monde. C’était avant que ce métal ne devienne un composant essentiel des #batteries électriques et de la #transition_énergétique, et qu’il attise de plus en plus les appétits des industriels et des politiques (lire l’épisode 1, « Le lithium, de l’or blanc en barre » : https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep1-lithium-sous-sol-france).

    « C’est un collègue, rédacteur en chef adjoint, qui avait vaguement entendu parler de ça et m’a suggéré de creuser », raconte Didier Deniel, l’auteur de l’article. Qui n’imaginait pas susciter un tel effarement. Le maire Stéphane Morel lui-même n’était pas au courant. « Quand je suis allé le voir la première fois, il en est presque tombé de sa chaise, sourit le journaliste. Et sur le moment, il a pris les choses avec humour, disant qu’ils pourraient s’acheter les meilleurs joueurs de foot et concurrencer le PSG. » Sauf que dans la région, la nouvelle n’a pas suscité le même enthousiasme. Dans la semaine suivant la parution de l’article, une figure de la vie associative locale, Stéphane Le Garrec, monte le groupe Facebook « Lithium à Tréguennec, Non merci ! », qui rassemble très vite plus de 8 000 personnes. Le 26 février, une manifestation a lieu dans le village. Le maire ne plaisante plus. « Tréguennec et le pays bigouden ne sont pas à vendre, même pour tout l’#or_blanc du monde », écrit-il au Télégramme. C’est que ledit gisement ne se situe pas n’importe où.

    À quelques kilomètres du bourg, les vagues se fracassent sur la plage, fine bande de sable blanc séparée des terres par un cordon dunaire. À l’horizon, les bleus du ciel et de l’océan se confondent. Au lieu-dit #Prat-ar-C’Hastel, un tumulus abritant un cimetière préhistorique voisine une ancienne carrière de feldspath engloutie sous les eaux d’un étang. Le gisement de lithium, parmi les plus importants de l’Hexagone, est là, dans une zone à l’équilibre infiniment précaire, que les exploitations passées n’ont cessé de fragiliser. « Il y a un siècle, la #baie_d’Audierne était protégée par un mur naturel de galets de près de 20 kilomètres, formé il y a des dizaines de milliers d’années, lors de la dernière glaciation », raconte Benjamin Buisson, responsable du pôle littoral et biodiversité de la Communauté de communes du Pays Bigouden Sud. L’#Ero_Vili, le « sillon de galets » en breton.

    Mais dans les années 1940, ces galets sont une ressource précieuse pour l’armée allemande occupante, qui bâtit des bunkers tout le long de la côte ouest pour prévenir toute attaque maritime alliée – le mur de l’Atlantique. Fin 1941, les nazis installent une usine de concassage de #galets à Prat-ar-C’Hastel. En à peine plus de deux ans, quelque 400 000 m3 sont retirés du cordon protégeant la baie. Au cours des décennies suivantes, de nombreux autres prélèvements privés viendront le fragiliser encore davantage. Jusqu’à ce jour de février 1966 où l’Ero Vili se rompt sous les assauts de l’océan. L’eau envahit les terres, façonnant un nouveau paysage.

    Aujourd’hui, le squelette de l’immense usine de concassage se dresse toujours, dominant le fragile cordon dunaire qui protège désormais les terres. Au loin, sur la plage, on aperçoit encore deux blockhaus à demi engloutis. Et de l’autre côté de la dune, la flore et la faune fourmillent. Quand on l’interroge sur les possibles impacts d’une #extraction_minière sur la zone, le responsable de la communauté de communes reste prudent : « Je suppose que beaucoup dépend de la technique d’#extraction. Mais le bruit, les poussières, le passage des camions, la gestion de l’eau, l’érosion, le risque que la mer s’engouffre dans les terres si l’on est trop près du trait de côte… Dans une zone sensible comme celle-ci, les #risques_environnementaux d’une extraction ne sont pas négligeables. »

    Et pour preuve, la prairie dunaire et son #écosystème sont aujourd’hui triplement protégés. Depuis 1982, les 650 hectares des rives de la baie appartiennent au Conservatoire du littoral. « Ces terres sont quasi inaliénables », souligne Benjamin Buisson. Selon le Code de l’environnement, le Conservatoire ne pourrait s’en séparer qu’à l’autorisation expresse du Conseil d’État. La prairie dunaire est encore une zone #Natura_2000 et, à l’automne 2021, elle a reçu le #label_Ramsar (de la convention internationale du même nom). « Certes, il s’agit d’une protection essentiellement symbolique, reconnaît Benjamin Buisson, Mais il n’existe qu’une cinquantaine de #zones_humides labellisées Ramsar en France, c’est dire leur importance et la valeur morale qui s’y attache. » Depuis deux ans, les élus locaux préparent même la transformation en parc naturel régional. Extraire du lithium à Tréguennec impliquerait donc de surmonter tous ces obstacles administratifs, symboliques… et sociaux.

    Car les gens d’ici sont férocement attachés à leur terre. Le 26 février 2022, quelque 600 personnes ont ainsi convergé vers Tréguennec. Dans la cour de l’ancienne école publique, on croise alors des pancartes « Pas touche à nos dunes » ou « Tréguennec n’est pas à vendre » et, dans la foule rassemblée, on ressort les mythiques anecdotes de la #résistance de Plogoff, à la fin des années 1970. À l’époque, l’État français prévoit de construire une centrale nucléaire dans cette commune à une trentaine de kilomètres de Tréguennec (dont les terres avaient été un temps considérées par EDF). Mais en juin 1978, les Plogoffites bloquent l’accès au site. Deux ans plus tard, ce sont des dizaines de milliers de manifestants qui déferlent et affrontent la police. En 1981, le projet est finalement abandonné. La résistance de Plogoff devient mythique. La documentariste Nicole Le Garrec (sans lien avec Stéphane Le Garrec) se souvient : « Il y avait une détermination sans faille, qui a rassemblé toutes les classes sociales – des agriculteurs, des marins, des anciens militaires, pourtant peu prompts à la rébellion… Les femmes surtout ont formé le cœur de cette cette résistance. »

    Le 26 février 2022, Nicole Le Garrec et son mari Félix sont allés manifester sans hésiter. Respectivement âgés de 80 et 90 ans, les deux documentaristes n’imaginaient pas se relancer dans la #lutte. « Mais quand nous avons appris qu’il y avait du lithium à Tréguennec, la question ne s’est pas posée », déclare Nicole. Elle raconte d’une voix douce et grave cette baie d’Audierne où ils ont vécu toute leur vie. « Je me rappelle encore l’époque où les vagues se brisaient sur l’Ero Vili. On entendait le roulement des galets à des kilomètres, comme un énorme grondement ! » Aujourd’hui, on ne l’entend plus, mais la beauté reste. « Nous pensions ce lieu magique à l’abri des appétits de l’industrie. Alors d’imaginer que l’on puisse le ravager, mon cœur s’est soulevé. »

    Pourtant, d’appétit de l’industrie… il n’y a pas pour l’heure : la mobilisation citoyenne a eu lieu avant même qu’un hypothétique projet de mine de lithium n’ait été évoqué – à ce jour, il n’y en a toujours aucun. Mais la secrétaire d’État à la Biodiversité, #Bérangère_Abba, a elle-même attisé les craintes le 9 février 2022, quand elle est venue contempler le paysage qui avait reçu quelques mois plus tôt le label Ramsar. « C’est un site exceptionnel mais les besoins sont importants, la pression géostratégique est forte sur ce type de #métaux. Il faut mesurer plus précisément avec des scientifiques l’ampleur de ce gisement. » La course à l’or blanc est mondiale et la France est sur la ligne de départ dans l’Allier. Pourquoi pas dans le Finistère ?

    « Le lithium n’est pas véritablement un métal “rare”, explique Guillaume Pitron, journaliste et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). D’un point de vue strictement théorique, les ressources en lithium ne manquent pas. Mais la question ne se pose pas uniquement en termes de réserves disponibles mais également de réserves exploitables. Du lithium, il y en a au fond des océans ou dans d’autres zones écologiquement sensibles. Mais l’impact de son extraction serait tel que celle-ci en devient écologiquement inacceptable. Une telle extraction a donc un coût – social, politique – auquel entreprises et gouvernants ne veulent pas se confronter. »

    « Il y a des choses auxquelles il ne faut pas toucher », assène Nicole Le Garrec, en écho. Mais le monde fait alors face à un dilemme. Car les prévisions de croissance des besoins en lithium sont telles que les ressources actuellement exploitées pourraient bien ne pas suffire. Si la production mondiale a dépassé les 100 000 tonnes en 2021, elle devrait être multipliée par huit en 2040 pour répondre aux besoins annuels des seuls véhicules électriques, selon l’Agence internationale de l’#énergie. 800 000 tonnes par an, extraites de réserves mondiales prouvées de 22 millions de tonnes. La ruée vers l’or blanc prend des allures de course vers l’abîme.

    « Les prévisions de consommation annuelle de lithium ne sont pas tenables », tranche Judith Pigneur. Pour la docteure en génie industriel et spécialiste de l’extraction minière de l’association #négaWatt, une telle augmentation de la production mondiale est un danger. « Dans l’industrie, plus on va vite, plus les risques sanitaires et environnementaux sont importants », dit-elle (lire l’épisode 2, « Lithium dans l’Allier : les dés sont-ils pipés ? » : https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep2-mines-pollution). Mais au-delà, se pose la question de ce que nous sommes prêts à sacrifier pour accéder à cette précieuse ressource. Car à l’heure actuelle, le #recyclage du lithium n’est pas encore déployé : « La production massive n’en est qu’au début et nous ne pourrions pas recycler assez vite pour répondre aux besoins mondiaux tels qu’ils sont anticipés. » Reste donc la tentation d’extraire toujours plus, dans des zones potentiellement sensibles. « En comptabilisant les projets passés, actuels et futurs, 6,7 millions de km2 de la surface terrestre sont impactés par l’industrie minière, dont 8 % dans des aires protégées. L’accélération de la consommation annuelle de ressources comme le lithium constitue un péril majeur, dont les impacts sur la biodiversité pourraient dépasser ceux évités par l’atténuation du changement climatique », assure Judith Pigneur, s’appuyant sur une étude parue dans la revue Nature en 2020.

    « Il ne s’agit pas pour autant de remettre en question la transition énergétique et de continuer comme avant, mais il faut fixer des lignes rouges à ne pas dépasser, comme le respect des zones protégées », poursuit l’experte. Et pour cela, freiner l’augmentation de la consommation du précieux métal : « Nous ne pouvons penser la transition énergétique sans questionner nos usages et penser des mesures de #sobriété. Penser un futur parc automobile électrique réduit, en autopartage, construire de petites voitures avec des batteries moins importantes… » Dans le cas français, de telles mesures permettraient de limiter cette consommation exponentielle de lithium à 128 000 tonnes entre 2020 et 2050 au lieu de 340 000 tonnes, d’après les études de négaWatt.

    Guillaume Pitron, lui, cite volontiers Albert Einstein : « On ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a engendré. » Pour le journaliste, la transition énergétique n’aura de sens « que si elle nous invite à profondément changer la façon dont nous consommons le monde ». « Mais cela implique des changements organisationnels, politiques et des bouleversements intimes immenses, soupire-t-il. Je voudrais croire que si les mines se trouvaient sous nos fenêtres nous aurions tout à coup conscience de l’impact réel de nos modes de consommation. Mais c’est un vœu pieux. »

    À Tréguennec, un an après l’article du Télégramme, le lithium est toujours à 130 mètres sous terre, il n’occupe plus les conversations. Mais la méfiance demeure. Sur les bords de la carrière de Prat-ar-C’Hastel, les habitants ont planté un arbre à la mémoire de Stéphane Le Garrec, décédé dans un accident de voiture l’hiver dernier. À son pied, quelqu’un a déposé une ardoise, avec ce message : « Restons vigilants ».

    https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep3-treguennec-bretagne
    #lithium #extractivisme #Bretagne #voitures_électriques

  • « Confusion des genres », « souci d’indépendance » : pourquoi les nouveaux pôles « France asile » pour les demandeurs d’asile inquiètent les associations ? - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64959/confusion-des-genres-souci-dindependance--pourquoi-les-nouveaux-poles-

    « Confusion des genres », « souci d’indépendance » : pourquoi les nouveaux pôles « France asile » pour les demandeurs d’asile inquiètent les associations ?
    Par Leslie Carretero Publié le : 04/06/2025
    Depuis le 19 mai, une nouvelle procédure d’asile attend les étrangers en quête de protection, dans le Val-d’Oise. Ils doivent se rendre dans un pôle « France asile », où ils ont le même jour un premier rendez vous avec la préfecture et un autre avec l’Ofpra, l’agence chargée d’instruire la demande d’asile. Les associations et les syndicats sont vent debout. InfoMigrants vous explique.
    Depuis le 19 mai, les demandeurs d’asile primo-arrivants qui résident dans le Val-d’Oise, en région parisienne, doivent se présenter dans une toute nouvelle structure : un pôle « France asile » installé à la préfecture de Cergy-Pontoise. Ce projet pilote, prévu dans la loi immigration de 2024 (dite loi Darmanin), devrait déboucher sur trois lieux similaires à Metz et Toulouse.
    Dans le pôle « France asile » de Cergy, les exilés sont reçus successivement par trois services : ceux de la préfecture, de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) et de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
    Concrètement, ils déposent d’abord leurs empreintes auprès d’un membre de la préfecture, puis se voient attribuer les conditions matérielles d’accueil (hébergement, aides financières) par l’Offi et enfin, introduisent leur demande d’asile auprès d’un représentant de l’Ofpra. Un entretien dans les locaux de l’Office est ensuite organisé ultérieurement.
    Qu’est-ce qui change ? Dans les autres départements français, la procédure est différente. L’Ofpra est indépendante de la préfecture, les deux structures ne se rencontrent jamais. Les demandeurs d’asile doivent en premier lieu se rendre à la préfecture - via un bureau spécifique appelé Guda (guichet unique pour demandeur d’asile). Le Guda réunit les services de la préfecture et de l’Ofii. À l’issue de ces entretiens, les agents ne demandent pas à la personne concernée de se présenter à un agent de l’Ofpra - aucun représentant de l’Office n’est présent dans la préfecture. Ils lui remettent un dossier d’asile que l’étranger pourra remplir sous 21 jours avant de le transmettre à l’Ofpra.
    Et c’est dans ces 21 jours de répit que se concentre toute la nuance. Durant ces trois semaines, ils ont le temps d’écrire leur récit d’exil (d’introduire leur demande) et d’en expliquer le motif. Ils peuvent être épaulés par des assistants sociaux et des interprètes dans les centres d’hébergement pour les aider à écrire en langue française.
    Cette étape est très importante, car lors de leur convocation dans les bureaux de l’Ofpra, l’officier de protection reviendra sur toutes les déclarations retranscrites dans ce formulaire de demande d’asile.
    Dans le nouveau pôle « France asile », tout sera plus rapide. Juste après son passage devant un agent de la préfecture, l’étranger rencontrera le même jour un membre de l’Ofpra. Sa demande sera enregistrée directement par cet agent - sans le délai de 21 jours. « L’agent de l’Ofpra recueillera les éléments d’état civil du demandeur ainsi que les éléments essentiels de son récit », indique à InfoMigrants l’agence. En clair, les demandeurs doivent livrer leur récit immédiatement – avec l’aide si besoin d’un interprète par téléphone.
    Qu’est-ce qui choque ? Cette nouvelle organisation « soulève déjà de nombreuses inquiétudes », indiquent plusieurs associations, dont La Cimade et le Gisti, dans un communiqué publié fin mai. Les militants craignent que la suppression du délai de 21 jours ne soit préjudiciable pour les exilés. Lors de l’entretien avec un agent de l’Ofpra dans le pôle « France asile », « la personne peut, à ce stade, avoir des difficultés à répondre à des questions de manière structurée et précise sans y avoir été préparée », estiment les associations. Un avis partagé par les syndicats de l’Ofpra, qui s’étaient soulevés contre cette disposition lors de mouvements de grève début 2024. « Ce n’est pas le moment de délivrer un récit. Comment formaliser un récit traumatisant dans ces conditions ? Les personnes sont dans une position de stress, et se retrouvent face à un personnel qui n’a pas l’habitude de recueillir ce type de témoignages car il n’a pas été formé, contrairement aux officiers de protection », dénonce Jean-Charles Lallemand, co-secrétaire général de la CGT Ofpra, joint par InfoMigrants. Pour l’Ofpra, cette critique est infondée. L’agence indique que les demandeurs d’asile peuvent compléter leur récit pendant 21 jours en envoyant un mail à cette adresse : recit@ofpra.com
    Demande d’asile : comment se déroule un entretien à l’Ofpra ?
    Le représentant syndical insiste cependant pour que les premiers éléments délivrés dans le pôle « France asile » ne soient pas définitifs et puissent être modifiables au moment de l’entretien dans les locaux de l’Ofpra. « On a peur que les ajouts ne soient pas pris en compte ou que le demandeur d’asile doive se justifier de ne pas avoir évoqué un aspect au départ », affirme Jean-Charles Lallemand. « Ce qui prévaut, c’est l’oralité. C’est déjà le cas aujourd’hui et ça le restera », rétorque à InfoMigrants l’Ofpra. Autrement dit, l’agence soutient que toute modification indiquée lors du deuxième entretien sera prise en compte.
    Autre grief des associations : elles estiment que la présence de l’Ofpra dans les locaux de la préfecture fait peser un risque de « confusion des genres » et interroge sur son indépendance. « Ce lieu intégré dans la préfecture [peut] légitimement [être] perçu comme un espace insécurisant ou maltraitant par les personnes étrangères », signalent les associations dans leur communiqué. « Pour son indépendance, l’Ofpra a besoin d’être isolé, dans ses murs », renchérit Gérard Sadik, responsable national asile de La Cimade, joint par InfoMigrants. « On a déjà vu en Outre-mer que lorsqu’il y a une proximité physique entre l’Office et la préfecture, les officiers de protection de l’Ofpra craignent d’être sous influence du préfet ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#OFPRA#asile#prefecture#politiquemigratoire#cimade#gisti#sante#droit

  • #Leaflet 2.0 Alpha released - Leaflet - a JavaScript library for interactive maps
    https://leafletjs.com/2025/05/18/leaflet-2.0.0-alpha.html

    Ha ben mince, moi qui me disait qu’il était temps de basculer le plugin #GIS pour #SPIP https://plugins.spip.net/gis vers #maplibre https://maplibre.org/maplibre-gl-js/docs il va falloir faire un choix...

    After two and a half years of hard work, we’re thrilled to announce the first alpha release of Leaflet 2.0!

    This release marks a major modernization of the Leaflet codebase. We’ve dropped support for Internet Explorer, removed legacy methods and polyfills, adopted modern standards like Pointer Events, and now publish Leaflet as an ESM module. The global L is no longer part of the core package (though it’s still available in the bundled version leaflet-global.js for backward compatibility).

    #map

  • France : le Conseil d’État enjoint le gouvernement à prendre en charge les frais de transport de tous les demandeurs d’asile - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64473/france--le-conseil-detat-enjoint-le-gouvernement-a-prendre-en-charge-l

    France : le Conseil d’État enjoint le gouvernement à prendre en charge les frais de transport de tous les demandeurs d’asile
    Par Leslie Carretero Publié le : 09/05/2025
    Dans une décision du 6 mai, le Conseil d’État a enjoint le Premier ministre d’assurer la prise en charge des frais de transports pour les convocations à l’Ofpra et à la CNDA des demandeurs d’asile non hébergés par les autorités. Actuellement, 25% de personnes ne sont pas prises en charge dans le dispositif national d’accueil et doivent donc payer à leur frais pour leurs rendez-vous administratifs. Une mesure jugée contraire au principe d’égalité de traitement.
    Les associations le dénoncent depuis plusieurs années. Le Conseil d’État vient de leur donner raison. Il avait été saisi par plusieurs associations, dont La Cimade et le Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés), au sujet du financement des frais de transports pour se rendre aux rendez-vous de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).
    Dans les faits, les personnes accueillies en centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) et dans les hébergements d’urgence pour demandeurs d’asile (HUDA) - gérés par opérateurs mandatés par l’État - bénéficient d’une prise en charge de leurs frais de déplacements pour leurs convocations liées à leur dossier de protection.
    Ce qui n’est pas le cas des personnes hébergées dans des structures de premier accueil des demandeurs d’asile (SPADA) – gérées par l’Office français de l’intégration ou de l’immigration (Ofii) – ou celles vivant chez des proches, voire à la rue. Selon Didier Leschi, directeur de l’Ofii, 25% des demandeurs d’asile ne sont pas logés par l’État.
    Ces exilés doivent alors payer à leur frais leurs titres de transport, le plus souvent grâce à l’allocation pour demandeurs d’asile - pour rappel, les demandeurs ne sont pas autorisés à travailler pendant les six premiers mois de leur arrivée en France.
    Et le montant de l’ADA, qui peut aller de 190 euros/mois pour une personne seule à 660 euros/mois pour une famille de six personnes, couvre tout juste leurs frais quotidiens. « Ce n’est pas normal que les plus précarisés soient pénalisés et payent plus que les autres », souligne Claire Rodier du Gisti. Dans sa décision du 6 mai, le Conseil d’État estime que « le fait de réserver (…) la prise en charge des frais de déplacement liés aux convocations à l’Ofpra et à la CNDA aux seuls demandeurs d’asile hébergés en CADA et en HUDA constitue une différence de traitement (…) et porte une atteinte illégale au principe d’égalité ». Et ce alors que le fait de ne pas être hébergé dans ces structures « ne dépend pas de la situation ou du choix des intéressés mais procède du nombre de places disponibles dans un contexte de saturation du dispositif national d’accueil », assure la juridiction.
    Ainsi, le Conseil d’État « enjoint au Premier ministre, dans un délai de neuf mois (…), de prendre toutes mesures utiles afin de remédier aux différences de traitement constatées et d’assurer une prise en charge des frais de transport des demandeurs d’asile en vue de réaliser les déplacements nécessaires à l’examen de leur demande d’asile dans le respect des principes d’égalité et d’effectivité du droit d’asile ». Une décision non contraignante.

    #COvid-19#migrant#migration#france#OFII#CNDA#GISTI#CADA#asile#OFPRA#SPADA#droit#sante#egalite

  • Brahim Bouarram et Ibrahim Ali, 30 ans après : l’urgence de se souvenir et d’agir contre le racisme et le fascisme ! #GISTI
    https://www.gisti.org/article7507

    Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, est assassiné par des militants d’extrême droite issus du défilé du Front national (FN), jeté dans la Seine depuis le pont du Carrousel. Le 21 février de la même année, Ibrahim Ali est tué par des colleurs d’affiches du FN au carrefour des Quatre-Chemins-des Aygalades à Marseille. Tous deux sont victimes de #crimes_racistes symptomatiques d’une haine entretenue par des discours de stigmatisation et d’exclusion. Ces drames ont marqué une génération et demeurent un rappel cinglant des dangers de l’idéologie xénophobe.

    Trente ans plus tard, alors que nous commémorons leur assassinat, force est de constater que les idées qui les ont rendu possible n’ont pas disparu. Pire encore, elles se sont banalisées et infiltrées dans les sphères du pouvoir, donnant lieu à une convergence alarmante entre les discours de l’extrême droite et certaines politiques publiques, en France comme à l’international.

  • White House Proposal Could Gut Climate Modeling the World Depends On
    https://www.propublica.org/article/trump-noaa-budget-cuts-climate-change-modeling-princeton-gfdl

    According to the document, NOAA’s overall funding would be slashed by 27%, eliminating “functions of the Department that are misaligned with the President’s agenda and the expressed will of the American people” including almost all of those related to the study of #climate change. The proposal would break up and significantly defund the agency across programs, curtailing everything from ocean research to coastal management while shifting one of #NOAA’s robust satellite programs out of the agency and putting another up for commercial bidding. But its most significant target is the office of Oceanic and Atmospheric Research ⎯ a nerve center of global climate science, data collection and modeling, including the Geophysical Fluid Dynamics Laboratory [#GFDL]⎯ which would be cut by 74%. “At this funding level, OAR is eliminated as a line office,” the memo stated.

    The total loss of OAR and its crown jewel in #Princeton represents a setback for climate preparedness that experts warn the nation may never recover from.

    If we don’t understand what’s happening and why it’s happening, you can’t be adapting, you can’t be resilient. You’re just going to suffer,” Don Wuebbles, an atmospheric scientist who sits on NOAA’s scientific advisory board, told ProPublica. “We’re going to see huge impacts on infrastructure and lives lost in the U.S.

    There are other national climate #models, but they also appear to be in jeopardy of losing funding. The National Science Foundation supports the National Center for Atmospheric Research [#NCAR], but the foundation announced it was freezing all research grants on April 18. NASA’s Goddard Institute for Space Studies [#GISS] has a model, but the institute could see cuts of up to 47%. And the Department of Energy, home to a fourth climate modeling system, is also under budget pressure.

    Without the models, and all the sensor networks and supporting NOAA research programs that feed them, “We’ll go back to the technical and proficiency levels we had in the 1950s,” said Craig McLean, a 40-year veteran of NOAA who, until 2022, was the agency’s top administrator for research and its acting chief scientist. “We won’t have the tools we have today because we can’t populate them by people or by data.”

    #recherche

  • NASA Cancels #Columbia University Lease for Climate Science Unit | Bloomberg
    https://archive.ph/CQeni

    The Goddard Institute for Space Studies is recognized as a globally important hub for climate science, maintaining one of the five independent global temperature records. The agency must move out of the building by May 31.

    #NASA leadership told #GISS staff that it will conduct its work virtually.

    Le GISS a été dirigé par James Hansen de 1981 à 2013. Ses simulations #climatiques ont été utilisées pour le rapport Charney de 1979 et tous les rapports du GIEC. Ses données globales sur la température de surface depuis la fin du 19e sont également essentielles.

  • « La liberté de circulation est un impératif d’égalité » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    https://cqfd-journal.org/La-liberte-de-circulation-est-un

    À l’heure où la droite repart à l’assaut du #droit_du_sol, il est urgent de rappeler que les droits de chacun·e ne devraient pas être corrélés à la #nationalité. On en parle avec deux juristes du #Gisti, le Groupe d’information et de soutien des immigré·es.

  • Et si votre carte d’identité et votre passeport ne vous étaient pas renouvelés après leur date d’expiration ? Pendant 6 mois, un an ou plus ?

    Chaque semaine, à l’abri des regards, des milliers d’étrangers en situation régulière en France, parfois depuis des dizaines d’années, se voient empêcher de renouveler leurs titres de séjours. Employés, artisans, chefs d’entreprises, ouvriers, retraité•e•s, étudiantes et étudiants, mères de famille, personnes handicapées en soins, réfugiés, artistes…Les procédures de renouvellement de leurs titres de séjour doivent se faire obligatoirement en ligne sur le site internet de l’ANEF, l’administration numérique des étrangers en France.

    La GISTI TV a mené une véritable enquête auprès des personnes concernées, des associations, des avocats, du collectif bouge ta pref composé de nombreuses organisations sur le terrain, d’ingénieurs informatiques et de la Défenseure des Droits.
    Alors, Bug informatique ? Pas vraiment tant ce système de fabrique de sans papiers semble aussi implacable que méconnu du grand public.

    https://www.youtube.com/watch?v=TqxH-7wJvXs

    #Anef_fabrique_sans_papiers
    #droits_bafoués

  • Affaire Pélicot : les #zones_d’ombre du #procès

    Le #verdict est tombé jeudi 19 décembre après trois mois et 17 jours d’un procès aussi médiatisé qu’insoutenable. L’ensemble des 51 prévenus de l’affaire tentaculaire des viols de Mazan a été reconnu coupable. Les peines de prison vont de 3 à 20 ans, la plus lourde étant pour #Dominique_Pélicot, qui avait commis et supervisé tous les viols de #Gisèle_Pélicot, sous l’#emprise de #produits_chimiques qui plongeaient la victime dans un #état_comateux. Pourtant, il reste de nombreuses zones d’ombre dans cette affaire, qui sont loin d’être résolues. Des questions auxquelles le procès n’a pas donné de réponse.

    Dominique Pélicot, prédateur depuis les années 1990

    Dominique Pélicot s’est présenté durant toute l’#audience comme un paisible retraité qui aurait « dérapé » sur ses vieux jours. L’homme est pourtant mis en cause pour le #viol et l’#assassinat d’une femme, et dans plusieurs autres affaires de viols et d’#agressions_sexuelles depuis les années 1990. Dans ces affaires, qui ne sont pas toutes formellement attribuées à Pélicot, le mode opératoire est identique : l’agresseur a pris rendez-vous auprès d’#agences_immobilières sous un #faux_nom et il est passé à l’acte dans l’agence ou dans un appartement.

    Dès 1991, #Sophie_Narme, âgée de 23 ans, est retrouvée nue, tuée après avoir été violée dans l’appartement qu’elle devait faire visiter à un client. Autre affaire en février 1994 à Vannes : Danielle H., 28 ans, agente immobilière, est bâillonnée, ligotée et violée. Quelques jours plus tard à Valenciennes, Céline L. âgée de 26 ans et agente immobilière est violée par un client.

    En septembre 1995, Céline D. est violée à Rambouillet, dans les Yvelines. Puis, c’est à Berre-l’Etang, dans les Bouches-du-Rhône, que Christine G. est retrouvée morte, dans son agence, en mai 2000. Enfin, en mars 2004, l’agression de Françoise L., également dans son agence, est interrompue par un témoin.

    En 1999, E. B., agente immobilière de 19 ans subit une tentative de viol très violente de la part de Dominique Pélicot, qui l’a droguée avec de l’#éther et menacée avec une arme. La victime parvient à s’échapper. Un ADN a été relevé dans le cadre de cette affaire. Il matche en 2010 : Dominique Pélicot !

    L’information est alors transmise au tribunal judiciaire de Meaux, où rien ne se passe. Plus aucun juge n’est saisi de cette enquête, un #non-lieu avait été rendu en 2001. Malgré la concordance de l’ADN, l’enquête n’est pas relancée, alors qu’elle aurait pu mettre un terme aux agissement de Pélicot.

    Le dossier sera finalement rouvert après l’affaire de Mazan. Lors d’une confrontation réalisée plus de 20 ans après les faits, Pélicot évoque une « chamaillerie » avec la victime. Il euphémise, mais reconnaît tout de même les faits. Il aura fallu attendre deux décennies et la médiatisation de Mazan pour que la justice enquête sérieusement…

    Le 30 juillet 2010, Pélicot est interpellé dans un centre commercial de Seine-et-Marne

    Il a été surpris en train de filmer sous les jupes des clientes, avec une caméra miniature cachée dans un stylo. C’est exactement pour les mêmes faits qu’il tombera en septembre 2020. Pourtant, en 2010, l’enquête n’est pas poussée plus loin. Il écope seulement d’une amende de 100 € dans le cadre d’une composition pénale. Une sanction légère et discrète, qui lui permet de tout cacher à son épouse. « Si j’avais été au courant, peut-être que j’aurais gagné 10 ans de ma vie », a regretté Gisèle Pelicot.

    Pendant le procès des viols de Mazan, le juge a refusé catégoriquement que ces différentes affaires passées et que les enquêtes toujours en cours soient évoquées, alors qu’elles sont cruciales pour aborder la personnalité de Pélicot, qui a donné à la Cour l’image d’un retraité sans antécédents.

    De nombreux auteurs de viols filmés restent dans la nature

    Les vidéos et écrits retrouvés par les enquêteurs indiquent que, au minimum, entre 70 et 80 hommes ont abusé de Gisèle Pelicot. Seuls 50 ont été jugés et condamnés. Pire, des éléments laissent à penser que tout n’a pas été filmé et que d’autres viols auraient pu être commis ailleurs, en-dehors du domicile conjugal, comme sur des aires d’autoroute. Cela veut dire que plus de 30 suspects n’ont pas été identifiés, et ont donc échappé à la justice. Qui sont-ils ? Pourquoi n’ont-ils pas été retrouvés ?

    Le #site_internet cité dans le dossier est crucial

    Il a servi de vivier de recrutement, et se nommait #Coco.gg. C’est sur ce site qu’un forum entier baptisé « #À_son_insu » comportait des propositions de viols sous #sédation, de la part de Pélicot mais pas uniquement.

    Ce site a été créé en 2003, et la justice le considère comme un repaire pour les pédophiles et les prédateurs sexuels sur internet. Les accusés, qui prétendaient au procès avoir été piégés par Pélicot, ont menti : personne n’arrivait sur Coco.gg par hasard.

    Le site d’informations judiciaires « Le club des juristes » lie le site à des faits de « pédocriminalité, de proxénétisme, de prostitution, de viols, de vente de stupéfiants, de guet-apens, voire d’homicides » et évoque de très nombreuses plaintes liées à ce site, concernant au total plus de 23.000 faits, au préjudice de 480 victimes entre le 1er janvier 2021 et le 7 mai 2024. En trois ans seulement.

    Une enquête internationale a finalement abouti à la fermeture de Coco.gg le 25 juin 2024, à la demande de la juridiction nationale en charge de la lutte contre la criminalité organisée du parquet de Paris. Juste avant le procès de Dominique Pélicot. Ce site était une mine d’information, et il est aujourd’hui clôturé. Les administrateurs du site n’ont pas répondu aux demandes de la juge dans l’affaire de Mazan. Des données sont-elles conservées quelque part ? Pourquoi la justice ne va-t-elle pas les chercher ?

    Des complicités médicales ?

    Pélicot n’a jamais expliqué comment il s’était procuré une telle quantité de #somnifères très puissants, sur une durée aussi longue, pour droguer son épouse. Il fallait pourtant des #ordonnances régulières pendant une décennie et hors normes en terme de quantité. Le #médecin du mis en cause a refusé d’être entendu par la juge, et n’a pas été poursuivi.

    Par ailleurs, pendant 10 ans, Gisèle Pélicot a fait état de pertes de mémoire, d’angoisses, d’inflammations gynécologiques… Ses proches la trouvaient perdue et épuisée, elle avait maigri de 10 kilos. Elle a passé de nombreux examens, sans que personne, jamais, ne soupçonne son calvaire. Comment est-ce possible ? S’agit-il d’une #négligence totale ou de #complicités dans le #corps_médical ? Au moins un des condamnés exerçait comme infirmier, et les enquêteurs ont retrouvé dans ses recherches en ligne les mots clés : « inceste », « soumission » et « young ».

    Des victimes non identifiées

    Non seulement tous les auteurs n’ont pas été retrouvés, mais toutes les victimes non plus. Parmi les 20.000 photos exhumées, d’autres femmes apparaissent, inconscientes et droguées. « Faute de moyens et de temps », l’enquête s’est arrêtée là selon la justice. Pourtant, Dominique Pélicot a pu se vanter d’avoir violé d’autres femmes auprès de ses coaccusés.

    Parmi les victimes identifiées, la fille de l’accusé Caroline, qui apparaît endormie dans des sous-vêtements inconnus, parties intimes apparentes, lumière allumée. A-t-elle été sédatée, violée ? Dominique Pélicot a nié durant le procès, alors qu’il avait par le passé demandé à ses petites-filles de soulever leur robe contre des bonbons, et que son petit-fils a depuis déposé plainte pour agressions sexuelles. Dans le cas de Caroline comme pour d’autres, la justice n’est pas allée chercher plus loin.

    Un réseau ?

    La plupart des accusés ont prétendu avoir rencontré Pélicot par hasard, en surfant sur le site #Coco, et ne pas le connaître, ni se connaître entre eux. La vraie nature des liens entre accusés n’a pas été réellement interrogée. Pourtant, plusieurs condamnés ont échangé par téléphone. Pourquoi ? Une chose est sûre, pendant le procès, plusieurs accusés se retrouvaient, discutaient et mangeaient ensemble pendant les pauses.

    Dans les années 1980 dans l’Yonne, l’affaire Dunand, concernant un vaste réseau de criminels séquestrant et torturant des jeunes filles de l’aide sociale à l’enfance, avait été clôturé de façon troublante par la justice. Le principal responsable, Claude Dunand, avait purgé une peine relativement clémente et était mort en 2021, emportant tous ses secrets dans sa tombe. Le procureur d’Auxerre avait déclaré que l’affaire avait « été sabotée ».

    https://contre-attaque.net/2024/12/28/affaire-pelicot-les-zones-dombre-du-proces
    #justice
    #procès_de_Mazan

  • #Gisèle_Pelicot, Medical Misogyny and How Disabled People Face Increased Risk of Abuse

    Most of us have heard Gisele’s story. It’s a reminder that even men you trust can harm you. Did you know that she went to her doctors for help? A look at how medical misogyny contributed to her abuse.

    First things first - I want to put a trigger warning on this article as it will deal with issues of rape, assault, abuse and medical neglect. Please feel free to skip if these topics will be difficult for you - or read in small chunks when you feel comfortable.

    There’s absolutely no pressure here - come and go as you please. My goal with this article is not to trigger or frighten people - but to look at the case involving Gisele Pelicot and what the rising tide of misogyny could mean for disabled individuals.

    The verdicts in her case are due in tomorrow - so let’s dive in and learn about this incredible woman, what happened to her and the unique role medical misogyny played in her abuse.
    Who’s Gisele Pelicot?

    If you aren’t familiar with Gisele - she’s making headline news in France for changing the traditional face of a rape victim. Her husband spent a decade drugging her and soliciting men on the internet to rape and assault her while she was unconscious.

    She found out about these atrocities by accident when he was caught filming up women’s skirts in a supermarket. The police checked his computer and found a folder filled with photos and videos of the egregious attacks on his wife.

    Over eighty men participated in these assaults - with many more declining to participate but not alerting Gisele or the authorities to her husband’s actions. Fifty one men have been identified and are now facing trial for rape - and Gisele waived her right to privacy so that they would be identified and have to face what they did to her. As she’s said many times - shame must change sides.

    Her case has sent shockwaves through women across the world - in large part because of just how many men participated in these horrific acts. She was married to her husband for FIFTY years. She believed him to be a good and safe man. Yet he wasn’t just hurting her - he was actively soliciting strangers to hurt her as well.

    The men who are charged with assaulting her range in age from 26 to 74 and come from all walks of life. Some were married, many had children of their own. They came from surrounding French towns after connecting with her husband on a website called Coco which has a history of overlooking dangerous and illegal behaviour. These men were invited to Gisele’s home for the express purpose of having intercourse with an unconscious woman.

    The list of men involved includes truck drivers, nurses, prison guards, firefighters, journalists, students, pensioners and municipal councillors. It’s frightening how most of the men seemed like ‘good men.’ There was no reason to suspect them of being capable of these crimes. They didn’t have a criminal record and they were active members of their communities.

    These men saw a post online about an opportunity to assault an unconscious woman with her husband’s permission - and they saw nothing wrong with taking that opportunity. Or if they DID see something wrong with it - they didn’t care.

    Either way - they harmed an innocent woman who wasn’t capable of consenting or fighting back. Many of them had sexually transmitted infections - Gisele caught four. Some men came back to the Pelicot home to assault her more than once.

    Can you even imagine the pain she’s feeling right now? To believe you’re in a loving marriage and then have the police show up at your door one day and shatter your entire world?

    To find out that not only was your husband drugging and assaulting you - he was actively encouraging others to do the same. Your marriage was a lie - and you’ve been put in danger for a decade.

    I consider myself an empathetic person who’s generally capable of putting myself in someone else’s shoes - but I genuinely can’t fathom the pain and betrayal she’s having to deal with.

    “Not All Men” and Why It Rings Hollow

    We NEED men to condemn this behaviour. To hold their fellow men responsible. Too many men participated in these atrocities and what’s galling is of the men who declined … no one sought help. They knew it was wrong - which is why they didn’t assault her - but they also didn’t warn her or go to police.

    How many men could have protected her? How many opportunities were there over a ten year period to stop this abuse? Why did no one even TRY?

    Not one of them went to the police - or even to Gisele herself - to let them know a woman was being repeatedly drugged, raped and assaulted and her husband was arranging it.

    They did nothing. They declined to actively participate and then patted themselves on the back for being “good men”.

    Newsflash: “Good men” would have sounded the alarm. They wouldn’t have expected a gold star for simply NOT raping an unconscious woman. I’m horrified whenever I read about it - but I keep talking about it so men realize WHY we’re angry. WHY we’re demanding they speak out.

    Now is not the time to shout “not all men” and demand we give you props for not being abusive. Now’s the time to say LOUDLY that you condemn this behaviour and that you will hold the men in your lives to a higher standard.

    Whenever I talk about this case - women share horrifying stories of their own rapes and abuse. Some share things they’ve never shared before. Gisele’s courage is helping other women speak out and find their voice.

    The response from men has been less encouraging. Some are appalled and quick to condemn these actions. But too many will immediately insert themselves in the conversation to ‘demand’ I clarify that it’s ‘not all men.’ They will tell me that it’s not necessary to condemn these actions as ‘they’re obviously wrong.’

    Men - it’s not obvious. Perhaps it should be - but too many women are raped and assaulted every single day for us to possibly believe that you know this behaviour is wrong. We need you to say it. We need you to be allies.

    When you insert yourself into the conversation and talk over the women - when you make demands and expect us to acknowledge that you are ‘one of the good ones’ - you’re inadvertently proving our point. You’re showing us that our voices don’t matter. That our safety means less to you than making sure you’re seen as a ‘good guy.’ That you are more interested in appearing to be a good man than actually learning what it takes to become a good man and ally.

    I promise you - we know it’s ‘not all men.’ The issue is - how can we know which men are the dangerous ones? How can we tell? Gisele had been married for fifty years and obviously thought her husband was a ‘good man.’ Most rapes are not carried out by strangers - but by men the women know and trust.

    We don’t know you’re a ‘bad man’ until it’s too late. Which means for our own safety - we must move through the world with a degree of caution towards ALL men. This isn’t because of misandry. We don’t hate men. We hate being harmed. We hate being raped. We hate not knowing who we can trust. We hate having to watch our drinks, where we walk, what we wear and who we are alone with. We’re exhausted, afraid and tired of being in danger.

    How Did Medical Misogyny Play a Role?

    I’ve noticed that there isn’t much discussion of the role medical misogyny played in what happened to Gisele. Some people don’t even realize how many times she sought medical help - because she KNEW something was wrong.

    We know our bodies and when something isn’t right with us - we notice. We can’t always determine what the problem is - we rely on doctors to do that. They’re the experts.

    Gisele went to her doctors looking for help - and they failed her. They had an opportunity to figure out what was happening to her - or at least involve the right people who COULD have figured it out. Imagine if she had been able to find out about her husband’s betrayal from a healthcare worker she knew and trusted - versus from police who randomly showed up at her door?

    How you receive a devastating diagnosis or traumatic news matters. She should have found out sooner and from someone she had a trusted relationship with.

    Why Did She Seek Medical Care?

    According to reports - Gisele sought medical care for a variety of symptoms including confusion, memory loss, vaginal and anal bruising and pain. She didn’t know WHAT was wrong - but she knew enough to try and get help.

    I think this is something we often overlook - our bodies are incredibly intuitive. They know when something isn’t right - even if our brain is unaware and/or unable to accept it. That little voice in your head will niggle at you that you’re missing something, your gut will send out repeated warning signs begging you to pay attention.

    Gisele went to her doctors and explained her symptoms - and her husband went with her. He informed them that she was forgetful and perhaps experiencing signs of early onset dementia.

    Rather than speaking to Gisele on her own - the doctors allowed her husband to drive the conversation - and Gisele ended up convinced that she was suffering from Alzheimers. In an article in The Telegraph - Gisele recalls asking her husband if he was drugging her:

    I didn’t understand why I had moments like this, I have an excellent memory,” said Ms Pelicot, adding that when she jokingly asked her husband, if he was drugging her, he “broke down in tears” and said: ‘You actually think I could do that?’.

    Remember what I said about how intuitive our bodies are? She may have asked jokingly - but I suspect her gut was trying to tell her something. Imagine abusing your wife repeatedly in such a barbaric manner - and then allowing her to suffer the horror and devastation of believing she had a terminal illness that was going to rob her of her mental faculties?

    The depths of her husband’s depravity clearly knew no limits - but why didn’t the doctors do more?

    I’m not suggesting they should have realized exactly what he was doing to her - I don’t think many people could conceive of such heinous acts being a possibility. But there were other clues that should have alerted them to the possibility of a bigger problem.

    When her STIs were discovered - he accused HER of cheating. She was convinced she was losing her mind, which gave him the opportunity to gaslight her into believing that maybe she was stepping out of their marriage and then forgetting what happened.

    She had no memory of having any affairs - and yet the doctors clearly took the word of her husband over her own. They didn’t investigate further. They deferred to HIM.
    This Is Medical Misogyny

    Giving more weight to the word of a man than your patient. Not speaking to your patient one on one without the man present. Assuming your patient is at fault when there’s no evidence to suggest that’s the case.

    What could they have done differently? They could have spoken to her without her husband present. They could have believed her that something was dreadfully wrong that went beyond ‘aging’. They could have involved social work to speak with her and perhaps they would have encountered more red flags. They could have called the police to investigate.

    There were ways they could have helped - and they failed her. As they fail so many women, marginalized people and those with disabilities.

    We are treated as invisible. Less than. Incapable of being the experts in our own bodies. We are frequently dismissed, talked down to and psychologized.

    Serious medical conditions are brushed off as anxiety, menopause, hormones, having a ‘delicate constitution’… the list goes on and on.

    Women’s pain is repeatedly under treated compared to men. The average time to a diagnosis of many serious illnesses are longer for us than our male counterparts. The ‘health gap’ is very real - and can destroy lives.

    If you’re tempted to dismiss this phenomenon - let me share some personal examples:

    - My Mom’s pancreatic cancer was initially brushed off as ‘anxiety’. She had intense itching and severe bruising which they said was due to stress from starting a new school year (she was a teacher). A few weeks later she turned yellow and received a terminal diagnosis

    - After my hysterectomy - I developed a severe post operative infection due to internal bleeding from a medical error. I went to the ER for help three times - and all three times was dismissed as ‘attention seeking.’ I had to bring a man with me to get testing done - and was immediately rushed for emergency surgery where I was only given 50/50 odds of survival

    – My POTS and various cardiac issues were dismissed for years as anxiety. Doctors missed the classic signs of postural tachycardia and repeatedly told me that I was fine and just needed to learn to relax more

    - My vEDS was missed for decades. Chalked up to growing pains and being a ‘sensitive’ child

    - When I need healthcare workers to wear a mask for me - I have considerably more success if I bring a man with me to the appointment

    - I’m frequently talked over, ignored and/or not trusted to know my own body. When I needed a hysterectomy - it was delayed for three years despite causing me enormous health issues. The reason? “You might meet a man who wants kids.” Not YOU might want kids (I didn’t) … you might meet a man who does.

    - In many medical situations over the course of my life - what a hypothetical man might want from me has come before what I want for myself. If I bring a man to the appointment - healthcare workers have deferred to him even if it’s clear I know far more about my condition

    Why Do I Say Disabled People Are at Increased Risk?

    The problems that exist within our medical system run deep. Misogyny, patriarchy, bias, discrimination - these are not things that can or will change overnight. Any inequality in the medical system is likely to disproportionately impact disabled people because of the deep rooted ableism that is pervasive in society.

    We interact with the medical system more than our non-disabled counterparts, which gives it more opportunities to let us down. We are treated as invisible, ‘useless eaters’, or unimportant nuisances.

    Our concerns are frequently brushed off as ‘nothing’ even when we present with very serious issues. One need not look further than the global response to the Covid pandemic - which has been to say repeatedly that ‘only the vulnerable are at risk.’ We ARE the vulnerable - and in the last five years the vast majority of people - healthcare workers included - have decided we’re expendable. A worthwhile sacrifice so they can go ‘back to normal’.

    We are far more likely to suffer from medical abuse and/or have significant medical PTSD - which means many of us don’t feel safe in healthcare situations. In fact - disabled people often say they would rather die than go to the hospital.

    We are also more likely to be in abusive relationships. We are often forced to rely on people who treat us poorly - because we can’t take care of ourselves and social supports are not sufficient to allow us to maintain our independence and autonomy.

    Some sobering statistics on disability violence (trigger warning - these numbers are shocking). All statistics taken from The Center for Disability Rights and quoted below:

    In 2015, disabled people were 2.5 times more likely than nondisabled people to experience violence

    Serious violent crimes like sexual assault, aggravated assault and robbery were more than three times as likely to impact disabled people

    Institutional violence is a serious issue - and disabled people constitute a significant portion of those who are institutionalized

    82% of violence against developmentally disabled adults was carried out in institutions (and in case you doubt how little the system cares for people in these situations - remember that in the UK those who were disabled and institutionalized had DNRs placed in their files without their consent during the early days of the Covid pandemic)

    Sexual assault is 7 times more likely to impact intellectually disabled people and 12 times more likely to impact intellectually disabled women

    More than 90% of people with developmental disabilities will experience sexual abuse in their lives, 49% will experience this abuse at least ten times

    Violence from intimate partners - is 40% more likely to affect disabled women than non disabled women

    In the past five years there have been more than 550 reported cases of disabled people - many of whom were children - murdered by their families

    The long and short of it is that disabled people are at far greater risk for abuse, neglect and medical trauma than non disabled individuals - and if they can’t safely confide in their doctor or healthcare worker - who can they turn to?

    We want to believe what happened to Gisele was an anomaly - but it wasn’t. The scope and severity of the abuse she endured may be an anomaly - but intimate partner abuse is not uncommon. The fact that she was dismissed by the medical system is also not surprising.

    Misogyny, rape culture and patriarchal values are alive and well. Medicine is not - and never has been - immune to these issues. When you combine them with rampant ableism and discrimination - you get a very unsafe situation for disabled people.
    Where Do We Go From Here?

    It starts with recognizing there is a problem. We must stop acting like these stories are outliers and start accepting that they are often the norm.

    We have a societal tendency to dismiss the concerns of both women and disabled individuals. To not trust us to know our own bodies. To refuse to believe us when we say something is wrong.

    We are not given autonomy over our bodies. We are regularly stripped of our agency and safety by family members, spouses and medical professionals.

    It must stop. We need to call out medical misogyny whenever it happens. Call out rape, sexual assault and patriarchal values that drive the harmful narrative that women are somehow the property of their male counterparts.

    It can be scary to share your story. It’s terrifying to speak up. But the more we refuse to be shamed into silence - the faster things will change. Gisele could have opted for privacy - she decided to allow her story to be public because ‘shame must change sides.’

    She wanted everyone to know that she did nothing wrong - the blame lies with those who chose to hurt her.

    That’s the most important takeaway - if you’ve been the victim of assault, medical neglect or misogyny - it was NOT your fault. You did nothing wrong. The individual, the system and society failed you.

    Abuse thrives in the dark. It relies upon victims being too scared to speak up. So let’s collectively support one another in loudly saying that enough is enough. Let’s demand better for ourselves and the generations that come after us.

    Let’s also lift up the good medical professionals that are out there. It’s important we recognize that they exist and need our support. When you find one - thank them. Ensure they know how much you appreciate their genuine willingness to listen, learn and allow patients to participate in their own care.

    We should also demand better from healthcare. We can and should support studies into the gender gap - and support anyone working to close the discrepancies that exist in the way men and women are treated in medicine.

    We can support women like Gisele. Say her name. Thank her for the sacrifice she’s making for the women who will come after her.

    I hope everyone pays attention to the verdict in this case - and if justice is not done I encourage every one of us to raise our voices in opposition. Hold Gisele in your thoughts and support one another wherever possible.

    We are stronger together.

    https://www.disabledginger.com/p/gisele-pelicot-medical-misogyny-and

    –—

    en partie traduit sur Mastodon:

    "Gisèle est allée voir ses médecins pour obtenir de l’aide - et ils l’ont lachée. Ils ont eu l’occasion de comprendre ce qui lui arrivait - ou du moins d’impliquer les bonnes personnes qui auraient pu comprendre la situation. Imaginez si elle avait pu découvrir la trahison de son mari grâce à un·e travailleur·e de santé qu’elle connaissait et en qui elle avait confiance, plutôt qu’à la police qui s’était présentée à sa porte par hasard ?

    "La façon dont vous recevez un diagnostic dévastateur ou des nouvelles traumatisantes est importante. Elle aurait dû l’apprendre plus tôt et de quelqu’un avec qui elle entretenait une relation de confiance.

    "Pourquoi a-t-elle demandé des soins médicaux ?

    "Selon les rapports, Gisèle a consulté un médecin pour divers symptômes, dont la confusion, la perte de mémoire, des ecchymoses vaginales et anales et des douleurs. Elle ne savait pas CE QUI clochait, mais elle en savait suffisamment pour essayer d’obtenir de l’aide.

    "Je crois que c’est quelque chose que nous négligeons souvent - notre corps est incroyablement intuitif. Il sait quand quelque chose ne va pas - même si notre cerveau n’en est pas conscient ou incapable de l’accepter. Cette petite voix dans votre tête se plaindra à vous disant que vous ratez quelque chose ; votre instinct vous enverra des signaux d’avertissement répétés vous demandant d’être attentif·ve.

    "Gisèle est allée voir ses médecins et leur a expliqué ses symptômes - et son mari l’a accompagnée. Il les a informés qu’elle était oublieuse et qu’elle avait des signes de démence précoce.

    "Au lieu de parler seule à Gisèle - les médecins ont laissé son mari de conduire la conversation - Gisèle a fini par se convaincre qu’elle souffrait de la maladie d’Alzheimer. Dans un article du Telegraph, Gisèle se souvient avoir demandé à son mari s’il la droguait :

    « Je n’ai pas compris pourquoi j’ai vécu des moments comme celui-ci, j’ai une excellente mémoire », a déclaré Mme Pelicot, ajoutant que lorsqu’elle a demandé à son mari, en plaisantant, s’il la droguait, celui-ci" a fondu en larmes « et a dit : ’Tu penses vraiment que je pourrais faire ça ?’. »

    https://climatejustice.social/@estelle/113681003679198532

    #viols_de_Mazan #médecine #mysogynie #mysogynie_médicale #patriarcat #viols #not_all_men #errance_médicale #corps