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  • La France veut-elle vraiment tuer ses langues régionales ? - L’Express
    https://www.lexpress.fr/culture/la-france-veut-elle-vraiment-tuer-ses-langues-regionales_2151417.html


    L’enseignement immersif, où la majorité des cours a lieu en langue régionale, est considéré comme la seule méthode efficace pour former de nouveaux locuteurs. Il a été censuré le 21 mai par le Conseil constitutionnel (ici, une ikastola au Pays basque).
    afp.com/IROZ GAIZKA

    La question se pose après la censure des dispositions essentielles de la loi Molac par le Conseil constitutionnel. De fait, la France ne subit pas la perte de sa diversité culturelle, elle l’organise.

    · Le raisonnement est assez simple. Depuis des décennies, la France a fait en sorte que la transmission des langues dites « régionales » s’interrompe dans les familles (je reviendrai sur ce point prochainement). Dès lors, seul l’enseignement peut encore « créer » de nouveaux locuteurs. Mais pas n’importe quel enseignement. Il va de soi que, dans une société désormais totalement francophone, suivre trois ou six heures de cours par semaine ne suffit pas. La seule technique efficace est celle de « l’immersion », dans laquelle la majorité des cours a lieu en langue régionale. Or c’est cette méthode qui vient d’être déclarée inconstitutionnelle. Pire encore : non seulement elle ne sera pas étendue à l’école publique, comme le proposait la loi Molac, mais, selon le Conseil constitutionnel, elle est désormais interdite là où elle existait, notamment dans les écoles associatives : ikastolak au Pays basque, Diwan en Bretagne, calendretas en Occitanie, bressolas en Catalogne, etc. Fin de la transmission dans les familles, interdiction de l’enseignement immersif : la boucle est bouclée. 

    · Certes, Jean-Michel Blanquer minimise les effets de cette décision. « La France encourage les langues régionales », assure-t-il ainsi dans un entretien accordé à Ouest-France. S’il reconnaît être opposé à l’immersion, il se dit favorable au « bilinguisme », technique qui consiste à travailler dans deux langues en même temps, mais dans un volume horaire bien moindre. Ce faisant, le ministre de l’Education nationale joue sur les mots car il le sait parfaitement : cette méthode pédagogique ne permet pas de créer de bons locuteurs. 

    · La manière dont cette décision a été prise mérite aussi que l’on s’y arrête, et ce aussi bien politiquement que constitutionnellement. Commençons par la politique. Aucune loi n’avait été votée sur ce sujet depuis soixante-dix ans - ce qui en dit long sur la volonté réelle de la France de sauver son patrimoine linguistique. Or voilà que Paul Molac, un député régionaliste breton et opiniâtre (pléonasme ?), parvient à vaincre tous les obstacles, en réunissant sur son texte une écrasante majorité aussi bien au Sénat (253 pour, 59 contre) qu’à l’Assemblée nationale (247 pour, 76 contre). 

    · Mais la bataille n’était pas terminée, on vient de le voir. Jean-Michel Blanquer - il l’a reconnu - a fait rédiger par son propre cabinet la saisine officiellement déposée par 61 parlementaires - étrange conception de la séparation des pouvoirs. Phénomène tout aussi inédit : alors que la majorité du groupe LREM avait approuvé le texte, une minorité de ce groupe a saisi le Conseil sans en avertir le reste de ses collègues ! 

    · A l’évidence, ce stratagème a également reçu l’aval d’Emmanuel Macron. En effet, la Constitution ne laisse que quinze jours au chef de l’Etat pour promulguer une loi définitivement adoptée. Ce délai expirait le 22 avril au soir ? La saisine est intervenue le... 22 avril à 18 heures. 

    · Quatre des 61 députés ont publiquement affirmé que leur signature leur avait été arrachée par une série de mensonges et ont écrit au Conseil constitutionnel pour la retirer. Si leur demande avait été entendue, le nombre de signataires serait tombé sous la barre fatidique des 60 et la saisine aurait été déclarée irrecevable. Sans surprise, le Conseil a estimé que leurs signatures devaient être tout de même comptabilisées. 

    · Ce n’est pas tout. Les « sages » n’étaient saisis que sur un article, concernant le financement par les communes de l’enseignement des langues régionales, article qu’il ont validé. Ils auraient pu s’en tenir là, comme ils le font d’ordinaire, mais il ont décidé de leur propre chef d’examiner deux autres articles du texte. Une pratique tout à fait exceptionnelle, selon les connaisseurs de l’institution. 

    · Venons-en à l’argumentation juridique. Pour censurer le principe de l’enseignement immersif, le Conseil s’est référé à un complément de l’article 2 de la loi fondamentale : « la langue de la République est le français ». Or de nombreux spécialistes contestent cette interprétation pour la raison suivante. Votée en 1992, cette phrase était destinée à lutter contre... l’anglais, comme en témoignent les débats de l’époque. Plusieurs parlementaires, méfiants, avaient publiquement exigé que ledit article ne soit jamais utilisé contre les langues régionales, ce à quoi le gouvernement s’était explicitement engagé. Ajoutons qu’à aucun moment il n’est écrit que le français est la « seule » langue de la République. Ajoutons encore qu’un article 75-1 a été introduit en 2008 pour y faire figurer les langues régionales et pouvoir ainsi les défendre. Et pourtant : le Conseil ne cesse depuis bientôt trente ans de se référer à l’article 2 pour s’opposer aux langues minoritaires. 

    · Admettons cependant que l’article 2 ne soit pas clair et que l’on puisse de bonne foi hésiter sur son interprétation. Traditionnellement, dans les cas litigieux, le Conseil consulte les travaux préparatoires qui ont amené à sa rédaction. « En cas de doute, il se réfère aux intentions du législateur », confirme la juriste Anne Levade. Or, on l’a dit, celles-ci étaient explicites : non à l’anglais, aucune conséquence pour les langues régionales. Eh bien, le Conseil le reconnaît sans fard : il ne s’est pas rapporté aux débats de 1992 ! La raison ? « Selon lui, cet article est parfaitement clair. Il impose le français partout, et le français seul », souligne un spécialiste. 

    Notons pour terminer que le Conseil constitutionnel a également invalidé la disposition prévoyant dans les documents d’état-civil l’utilisation des signes « diacritiques » propres aux langues régionales, comme le ñ (qui figure pourtant dans l’ordonnance de Villers-Cotterêts). Signalons enfin qu’au cours des dernières semaines, le gouvernement a lancé avec force flonflons le « Pass culture » - sans e - et créé des cartes d’identité bilingues anglais-français. 

    Oui, on aimerait en rire si ce n’était à en pleurer. 

    (1) En tout cas en métropole. Les taux de locuteurs sont bien plus élevés outre-mer.

    • même Bayrou est fâché tout rouge …

      Loi Molac : François Bayrou critique sévèrement la décision du conseil constitutionnel - Langues régionales : la proposition de loi partiellement censurée - Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/france/loi-molac-francois-bayrou-critique-severement-la-decision-du-conseil-co

      François Bayrou se montre très critique à l’égard du conseil constitutionnel, qui a censuré deux articles de la loi sur les langues régionales. Le président du Modem appelle Emmanuel Macron à s’emparer de la question.

      « °Rayer d’un trait de plume les décennies d’efforts réalisés pour transmettre ces langues qui appartiennent au patrimoine linguistique français, est inconséquent, sans précédent et dangereux° ». Dans une interview à L’Express, François Bayrou ne mâche pas ses mots pour critiquer la décision du conseil constitutionnel, qui a censuré deux articles de la loi Molac sur les langues régionales.

      Le maire de Pau, président du Modem et ancien ministre de l’Éducation nationale défend vigoureusement l’enseignement immersif, une méthode qu’il juge très efficace : « C’est par la pratique dans la vie de tous les jours que l’on apprend le mieux une langue ».

      Situation « explosive »
      François Bayrou rejette les critiques du camp adverse : « Non seulement les élèves qui suivent ce type de scolarité ne sont pas moins bons que les autres en français, mais ils sont meilleurs : c’est un constat objectif et scientifiquement établi ».

      Pour lui, la situation pourrait s’avérer « explosive ». Car les parents et enseignants concernés « ne laisseront pas faire cela, et moi non plus ! »

      L’allié d’Emmanuel Macron l’appelle à la rescousse : « Le président de la République doit s’emparer de cette question ». Et il entrevoit une porte de sortie : « Si la Constitution doit être changée, les parlementaires ont les moyens de la changer ».

    • Langues régionales : Castex commande une mission sur l’enseignement immersif - Langues régionales : la proposition de loi partiellement censurée - Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/dossiers/langues-regionales-la-proposition-de-loi-partiellement-censuree/langues-regionales-castex-commande-une-mission-sur-l-enseignement-immer

      L’enseignement immersif en langues régionales, censuré par le Conseil constitutionnel, est l’objet d’une mission commandée par Jean Castex à deux députés.

      Jean Castex a annoncé mardi qu’il missionnait deux députés afin de « tirer toutes les conséquences » de la décision controversée du Conseil constitutionnel de censurer « l’enseignement immersif » en langues régionales, voté dans le cadre d’une proposition de loi à l’Assemblée.

      «  Je vais confier à deux députés une mission dont j’attends les résultats dans quelques semaines pour que soient tirées toutes les conséquences de cette décision du Conseil constitutionnel », a déclaré le Premier ministre, interrogé par plusieurs élus lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée. « À la suite de quoi, avec le ministre de l’Éducation nationale et sur la base des préconisations ainsi formulées, je recevrai l’ensemble des représentants des établissements d’enseignement en langues régionales », a-t-il ajouté, après avoir été interpellé par le député LREM des Côtes-d’Armor Yannick Kerlogot. Selon Matignon, le nom des deux rapporteurs n’est pas encore arrêté.

      Paul Molac réagit
      Le Conseil constitutionnel a retoqué partiellement vendredi dernier la proposition de loi du député Paul Molac en faveur des langues régionales, en censurant la méthode immersive à l’école, c’est-à-dire un enseignement effectué pour une grande partie du temps scolaire dans une langue autre que la langue dominante. Les Sages ont également censuré l’utilisation de signes diacritiques comme le tilde (~) dans les actes de l’état civil.

      La mission commandée par le gouvernement, « je ne veux pas que ça soit une manœuvre dilatoire », a mis en garde le député Molac, inquiet des conséquences de la décision du Conseil constitutionnel sur les pédagogies d’enseignement immersif déjà existantes. « Il faut régler le problème avant » la présidentielle de 2022, a complété le député breton auprès de l’AFP. Il pointe notamment le risque qui pèse sur le financement des écoles associatives en contrat avec l’Éducation nationale. « Elles sont en ligne de mire. On peut leur dire soit vous changez de méthode pédagogique, soit on vous enlève vos contrats d’association et là elles ne pourront plus survivre », avance Paul Molac.

      Les langues régionales, je le dis devant votre assemblée, sont une chance pour la République française

      Élu des Pyrénées-Orientales et lui-même locuteur en Catalan, Jean Castex a assuré devant les députés qu’il n’y avait « pas d’opposition entre ces langues régionales et le français, langue de la République ». « Les langues régionales, je le dis devant votre assemblée, sont une chance pour la République française », a-t-il insisté. Le Premier ministre s’est aussi félicité des « avancées majeures » permises par la décision du Conseil constitutionnel, dont la validation de la création d’un forfait scolaire pour les écoles privées dispensant une scolarisation en langues régionales.

      La « main tendue » de Blanquer à Diwan
      La « loi Molac » avait été adoptée par le Parlement le 8 avril après un vote surprise de l’Assemblée qui avait fait fi des oppositions du gouvernement. Contre le choix du Premier ministre Jean Castex et des groupes majoritaires, la saisine du Conseil constitutionnel à titre individuel, par 61 députés de la majorité, avait suscité de vives tensions parmi les élus « marcheurs ».

      Interrogé également mardi, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a de son côté voulu délivrer un « message » de « main tendue », notamment aux écoles comme les établissements Diwan en langue bretonne, des « structures qui peuvent penser qu’elles courent un risque du fait de cette décision ». « Nous allons regarder avec elles comment on peut aller de l’avant », a-t-il ajouté.

      « Un apaisement est indispensable sur la question des langues régionales », avait, pour sa part, estimé Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué transmis avant l’annonce de Jean Castex. « Pratiquant l’enseignement immersif, les écoles comme Diwan jouent un rôle majeur dans leur transmission. Je ne peux que saluer leur objectif qui permet la sauvegarde d’une partie de notre héritage breton en utilisant une méthode qui a largement démontré son efficacité pédagogique », déclare le ministre des Affaires étrangères et ancien président du conseil régional de Bretagne

    • Langues régionales : Macron exhorte le gouvernement à « trouver les moyens de garantir la transmission de notre diversité linguistique » - Langues régionales : la proposition de loi partiellement censurée - Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/dossiers/langues-regionales-la-proposition-de-loi-partiellement-censuree/langues-regionales-macron-exhorte-le-gouvernement-de-trouver-les-moyens

      Invité à se positionner sur le débat des langues régionales, Emmanuel Macron a rappelé son rôle de « protecteur de la langue française » mais également de « gardien de la richesse que constituent nos langues régionales ».

      Le chef de l’État se positionne sur le dossier brûlant des langues régionales. Dans une publication Facebook, Emmanuel Macron a rappelé son attachement à la diversité linguistique française : « les langues de France sont un trésor national » qui « ne cessent d’enrichir notre culture française ».

      « Depuis des décennies, un mouvement majeur de transmission par l’école immersive, au travers d’associations comme Diwan, Seaska, les Calendretas, Bressola, ABC et d’autres, a fait vivre ces langues et a garanti leur avenir. Rien ne saurait entraver cette action décisive portée par nombre d’engagés, souvent bénévoles, qui ont tout à la fois l’amour de leur région, la passion de la France et le goût de l’universel », écrit-il… tout en réaffirmant, en même temps, son rôle de « protecteur de la langue française ».

      « Le droit doit libérer, jamais étouffer »
      Après le retoquage, vendredi, par le Conseil constitutionnel de l’enseignement dit immersif des langues régionales (la pratique d’une langue régionale sur tout le temps scolaire à l’école) et de l’utilisation de signes diacritiques, Emmanuel Macron appelle le gouvernement et le Parlement à « trouver les moyens de garantir la transmission de cette diversité linguistique dans le respect des cadres pédagogiques largement reconnus depuis un demi-siècle ».

      « Le droit doit libérer, jamais étouffer. Ouvrir, jamais réduire. La même couleur, les mêmes accents, les mêmes mots : ce n’est pas cela, notre nation. Braudel l’écrit : la France se nomme diversité », justifie le chef de l’État.

      « Rôle majeur » des écoles Diwan
      Alors que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, et le chef des députés En Marche, Christophe Castaner, avaient désapprouvé la mise en place de l’enseignement immersif, Emmanuel Macron prend donc le parti contraire, celui défendu par Jean-Yves Le Drian, qui avait appelé Jean Castex « a clarifié la décision du Conseil constitutionnel ». « Les langues régionales constituant une véritable richesse pour le patrimoine national. Ces langues sont une partie de notre histoire, de notre culture, de notre diversité qu’il est essentiel de préserver », avait-il écrit, rappelant le « rôle majeur » des écoles Diwan dans la transmission de la langue bretonne et la « sauvegarde de l’héritage breton ».

      Jean Castex a missionné, mardi, deux députés pour que ces derniers tirent « toutes les conséquences de cette décision du Conseil constitutionnel ». À la suite de quoi, « avec le ministre de l’Éducation nationale et sur la base des préconisations ainsi formulées, je recevrai l’ensemble des représentants des établissements d’enseignement en langues régionales », ajoute-t-il, après avoir été interpellé par le député LREM des Côtes-d’Armor Yannick Kerlogot.

    • Appel à manifester pour la langue bretonne
      Diwan - manifestation du 29 mai revendications Diwan
      https://www.diwan.bzh/fr/appel-a-manifester-pour-la-langue-bretonne

      Rdv à 13h30 à la gare de Guingamp. Dans la continuité de la belle mobilisation du 13 mars à Quimper, et de celle du 20 février à Brest, conjointement à l’appel lancé par le collectif Rouedad Ar Brezhoneg, soutenu par le collectif Pour Que Vivent Nos Langues sur une mobilisation nationale, par le collectif Unanet Evit Ar Brezhoneg et accompagnant au passage l’arrivée de la Redadeg,

    • Langues régionales : Paul Molac accueille « favorablement » la position de Macron - Langues régionales : la proposition de loi partiellement censurée - Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/dossiers/langues-regionales-la-proposition-de-loi-partiellement-censuree/langues-regionales-paul-molac-accueille-favorablement-la-position-de-ma

      Dans un communiqué de presse, Paul Molac, député du Morbihan et à l’origine de la proposition de loi sur les langues régionales, a réagi à la prise de position d’Emmanuel Macron sur ce dossier.

      « J’accueille favorablement les initiatives prises par le Président de la République, à travers cette mission confiée par le Premier ministre à deux députés, pour tirer les enseignements de cette décision du Conseil constitutionnel à l’égard de l’enseignement immersif », écrit le député.

      « Cette mission devra permettre de trouver concrètement les moyens de garantir la liberté d’enseignement et ainsi de sauvegarder le modèle de ces écoles œuvrant pour la diversité linguistique, qui est une véritable richesse, et non une menace, pour notre pays ».

      « J’attends de cette mission qu’elle tire tous les enseignements de cette crise »

      « Cette prise de conscience d’une situation très problématique de la part du chef de l’État et du chef du Gouvernement était nécessaire à la suite de la faute du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, qui a lui-même initié le recours contre la loi sur les langues régionales », analyse le député morbihannais. « J’attends de cette mission qu’elle tire tous les enseignements de cette crise à laquelle nous assistons, et qu’elle ne soit pas une diversion afin d’éteindre la vive contestation soulevée par ces attaques contre ce que nous sommes ».

      Paul Molac indique rester « convaincu » que « seule une révision de l’article 2 de la Constitution nous permettra d’obtenir un cadre juridique sécurisé et pérenne pour nos langues, dans un climat apaisé ».

    • Langues régionales : « On croit aux preuves d’amour en Bretagne », insiste le président de Région - Langues régionales : la proposition de loi partiellement censurée - Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/dossiers/langues-regionales-la-proposition-de-loi-partiellement-censuree/langues-regionales-on-croit-aux-preuves-d-amour-en-bretagne-insiste-le-

      Réagissant aux propos d’Emmanuel Macron, Loïg Chesnais-Girard reste attentif à la suite qui sera donnée au dossier explosif des langues régionales.

      La publication Facebook d’Emmanuel Macron, ce jour, rappelant son rôle de « gardien de la richesse » que constituent les langues régionales est vue d’un bon œil du côté de Loïg Chesnais-Girard. « Je suis plutôt satisfait de voir que le président de la République se dit garant des langues régionales, qui sont un joyau pour l’Europe », indique le président du Conseil régional de Bretagne et candidat à sa succession en juin, alors qu’il présentait depuis son siège de campagne à Landerneau son programme entouré de plusieurs colistiers. Pour autant, le socialiste met en garde le chef de l’État. « Clarifier était quelque chose d’important. Maintenant, on croit aux preuves d’amour en Bretagne. » Et d’affirmer qu’il sera « exigeant et attentif dans les prochaines semaines ». Tout en souhaitant une sortie de crise rapide.

      Au cœur de son attention : la mission lancée par le Premier ministre Jean Castex auprès de deux députés pour tirer «  toutes les conséquences de cette décision du Conseil constitutionnel ». Après le retoquage, vendredi, par le Conseil constitutionnel de l’enseignement dit immersif des langues régionales (la pratique d’une langue régionale sur tout le temps scolaire à l’école) et de l’utilisation de signes diacritiques a mis dans l’embarras la majorité présidentielle à la veille de l’élection régionale.

      Le président de Région a donc présenté ce mercredi 26 mai les 77 propositions de son programme en vue de l’élection régionale des 20 et 27 juin prochains. Il a notamment insisté sur la « garantie universelle en Bretagne de pouvoir se former à une langue. »

      Parmi ses autres propositions, le candidat a cité « l’éco-conditionnalité généralisée » pour les subventions versées aux entreprises afin de les contraindre à respecter divers critères environnementaux. S’agissant des transitions agricoles, il a plaidé aussi pour le concept « de production maximum durable », évoquant une politique ciblée auprès des 1 000 agriculteurs à installer chaque année en Bretagne. Loïg Chesnais-Girard veut aussi affirmer une « politique régionale de l’arbre ». Parmi ses objectifs : poursuivre les efforts autour du développement des haies et soutien à la filière bois qui emploie 15 000 salariés aujourd’hui.

      Sa liste « La Bretagne avec Loïg » prévoit par ailleurs une prime de 3 000 € pour l’accompagnement à la mobilité. « Pour certains métiers et dans certains territoires. » Ou encore un forfait mensuel de 15 € pour les 12-30 ans leur permettant de se déplacer en illimité et sans engagement sur le réseau de transport Breizh Go. Enfin, s’il est élu, un effort budgétaire sera engagé pour aider une partie de la population à financer le renouvellement des assainissements individuels.

    • Les promesses à Macron :

      Lors de sa visite à Quimper, jeudi 21 juin (2018), Emmanuel Macron a dévoilé son projet de décentralisation accrue. Il a notamment affirmé vouloir soutenir les langues régionales.Serait-ce la fin de la France jacobine ? C’est ce qu’a laissé entendre Emmanuel Macron lors de son déplacement dans le Finistère où il a promis de faire de la Bretagne un « laboratoire » de la décentralisation. Parmi ses nombreuses promesses, celle de soutenir « les langues régionales qui ont un vrai rôle à jouer ». Concluant son discours par un « Bevet Breizh » (« Vive la Bretagne »), le président a donné espoir à de nombreux régionalistes.

      https://www.liberation.fr/france/2018/06/23/quel-est-le-statut-des-langues-regionales-en-france_1661183

      On nous parle de « crise » gouvernementale, alors qu’il ne s’agit que d’un cafouillage de plus de la part de l’exécutif macronien.

      #amateurisme
      (N’est pas jacobin qui veut) ...

  • Glasgow protesters rejoice as men freed after immigration van standoff

    Hundreds of people surrounded vehicle men were held in and chanted ‘these are our neighbours, let them go’

    Campaigners have hailed a victory for Glaswegian solidarity and told the Home Office “you messed with the wrong city” as two men detained by UK Immigration Enforcement were released back into their community after a day of protest.

    Police Scotland intervened to free the men after a tense day-long standoff between immigration officials and hundreds of local residents, who surrounded their van in a residential street on the southside of Glasgow to stop the detention of the men during Eid al-Fitr.

    Staff from Immigration Enforcement are believed to have swooped on a property in Pollokshields early on Thursday morning and detained people.

    By mid-morning, a crowd of about 200 protesters surrounded the vehicle, preventing it from driving away, and chanting “these are our neighbours, let them go”, with one protester lying under the van to prevent it driving off.

    “I’m just overwhelmed by Glasgow’s solidarity for refugees and asylum seekers,” said Roza Salih, shouting to be heard over the jubilant shouts of “refugees are welcome here”. She added: “This is a victory for the community.”

    Salih, who had been at the protest since the morning, is a Kurdish refugee and co-founded the #Glasgow_Girls_campaign in 2005 with fellow pupils to prevent the deportation of a school friend and fight against dawn raids.

    Earlier Salih questioned why the widely condemned practice of dawn raids appeared to be recurring 15 years later in Glasgow , the only dispersal city for asylum seekers in Scotland. She also highlighted the jarring impact of carrying out such an action during Eid al-Fitr, the Muslim festival marking the end of Ramadan, in one of the most multicultural areas of the city and within the constituency of the first minister, Nicola Sturgeon.

    As cheering protesters escorted the men to the local mosque, Pinar Aksu, of Maryhill Integration Network said: “They messed with the wrong city.

    “This is a revolution of people coming together in solidarity for those who others have turned away from,” she said. Aksu described how hundreds more supporters had arrived at the scene as the afternoon progressed. “This is just the start. When there is another dawn #raid in Glasgow, the same thing will happen.”

    Aksu added: “For this to happen on Eid, which is meant to be a time of peaceful celebration, is horrifying. It is no coincidence that it is taking place when a new immigration bill is being prepared.

    “We also need answers from Police Scotland about their involvement. We have already written to the home secretary asking urgently to clarify whether the decisions to carry out immigration enforcement raids, including dawn raids, represents a change in the policy by the UK government.”

    Shortly after 5pm, Police Scotland released an updated statement, saying that Supt Mark Sutherland had decided to release the detained men “in order to protect the safety, public health and wellbeing of those involved in the detention and subsequent protest”. The force asked those at the scene to disperse from the area as soon as possible.

    A spokesperson said earlier: “Police Scotland does not assist in the removal of asylum seekers. Officers are at the scene to police the protest and to ensure public safety.”

    The second dawn raid in Glasgow within a month appears to show a further escalation of the UK’s hostile environment policy. While the SNP government has argued strongly for Scotland to have control over its own immigration policy, not least because of the country’s unique depopulation pressures, it remains reserved to Westminster.

    Sources told the Guardian the immigration status of the individuals detained was unclear.

    The protests took place as new MSPs were sworn in to what has been described as Holyrood’s most diverse ever parliament, taking their oaths in British Sign Language, Arabic, Urdu, Punjabi, Doric, Scots, Gaelic, Welsh and Orcadian, and after an election in which refugees had voting rights for the first time in Scotland.

    Politicians expressed their solidarity with the residents on social media.

    Following the men’s release, #Nicola_Sturgeon tweeted: “I am proud to represent a constituency and lead a country that welcomes and shows support to asylum seekers and refugees.”

    She added that the police had been “in an invidious position – they do not assist in the removal of asylum seekers but do have a duty to protect public safety. They act independently of ministers, but I support this decision.”

    Condemning the Home Office action, #Sturgeon added: “To act in this way, in the heart of a Muslim community as they celebrated Eid, and in an area experiencing a Covid outbreak was a health and safety risk.

    “Both as MSP and as FM, I will be demanding assurances from the UK government that they will never again create, through their actions, such a dangerous situation.”

    Wafa Shaheen, of the Scottish Refugee Council, told the Guardian: “To force people from their homes on the first day of Eid, with neighbours and families trying to honour the religious celebration in peace, shows – at best – a serious lack of cultural sensitivity and awareness on the Home Office’s part.

    “Regardless of the immigration status of those targeted today, this heavy-handed approach from the Home Office is unnecessary and avoidable. It is frightening, intimidating and disproportionate. The hundreds of people on the streets this morning in solidarity with those affected shows people in Scotland are sick of these raids and have had enough.”

    A Home Office spokesperson said: “The UK government is tackling illegal immigration and the harm it causes, often to the most vulnerable people, by removing those with no right to be in the UK. The operation in Glasgow was conducted in relation to suspected immigration offences and the two Indian nationals complied with officers at all times.”

    https://www.theguardian.com/uk-news/2021/may/13/glasgow-residents-surround-and-block-immigration-van-from-leaving-stree

    #Glasgow #Ecosse #solidarité #réfugiés #asile #migrations #résistance #refugees_welcome

    ping @isskein @karine4

    • Police release men from immigration van blocking Glasgow street

      Two men who were being detained in an immigration van which was surrounded by protesters have been released.

      The move followed a standoff between police officers and protesters in Kenmure Street on Glasgow’s southside.

      Early on Thursday people surrounded the Home Office vehicle believed to contain two Indian immigrants who had been removed from a flat.

      Hundreds gathered in the area, with one man crawling under the van to prevent it from moving.

      The Home Office said the men had been detained over “suspected immigration offences”.

      Some of the protesters were heard shouting “let our neighbours go”.

      In a statement, Police Scotland said that Ch Supt Mark Sutherland had decided to have the men released.

      It said: "In order to protect the safety, public health and well-being of all people involved in the detention and subsequent protest in Kenmure Street, Pollokshields, today, Ch Supt Mark Sutherland has, following a suitable risk assessment, taken the operational decision to release the men detained by UK Immigration Enforcement back into their community meantime.

      “In order to facilitate this quickly and effectively, Police Scotland is asking members of the public to disperse from the street as soon as possible. Please take care when leaving the area and follow the directions of the officers on the street.”

      Earlier the force stressed that it did not assist in the removal of asylum seekers, and that officers were at the scene to police the protest and to ensure public safety.

      Scotland’s First Minister Nicola Sturgeon, who is also the MSP for the area, said she disagreed fundamentally with Home Office immigration policy.

      She said: “This action was unacceptable. To act in this way, in the heart of a Muslim community as they celebrated Eid, and in an area experiencing a Covid outbreak was a health and safety risk.”

      She said she would be “demanding assurances” from the UK government that they would not create such a dangerous situation again.

      She added: “No assurances were given - and frankly no empathy shown - when I managed to speak to a junior minister earlier.”

      Nicola Sturgeon and her justice secretary, Humza Yousaf are seeking follow up talks with the Home Secretary, Priti Patel.

      They believe Immigration Enforcement has acted provocatively by trying to remove migrants from an ethnically diverse community during Eid.

      The resulting protests brought people together, against Covid rules, in part of Glasgow which is experiencing a spike in cases linked to the Indian variant.

      Police Scotland intervened on public health and public order grounds to require the release of the two Indian nationals being held by Immigration Enforcement.

      Their operational decision is fully supported by Scottish ministers and while the Home Office is always grateful for police assistance, releasing the men on bail is hardly the outcome they wanted.

      They will not have enjoyed being seen to back down in the face of public and political protest.

      Humza Yousaf, the Scottish government’s justice secretary, said: “the action they [the Home Office] have today is at best completely reckless, and at worst intended to provoke, on a day the UK government would have known the Scottish government and MSPs would be distracted by parliamentary process.”

      He added that the situation “should never have occurred”, and that “the UK government’s hostile environment is not welcome here.”

      In a statement, the Home Office said: "The UK government is tackling illegal immigration and the harm it causes, often to the most vulnerable people by removing those with no right to be in the UK.

      "The operation in Glasgow was conducted in relation to suspected immigration offences and the two Indian nationals complied with officers at all times.

      “The UK government continues to tackle illegal migration in all its forms and our New Plan for Immigration will speed up the removal of those who have entered the UK illegally.”

      The Sikhs in Scotland group said in a statement that it was “deeply concerned”, and urged the Home Office to “abandon forced removals and to adopt an immigration policy based on human rights, compassion and dignity”.

      Mohammad Asif, of the Afghan Human Rights Foundation, said hundreds of people were protesting.

      The 54-year-old added: “We’re here against the hostile environment created by the Tories and the British state.”
      Presentational grey line

      Incidents like Kenmure Street - at the centre of Scotland’s most ethnically diverse neighbourhood - will do nothing to persuade those who already believe the UK’s policy on immigration is unfair and inhumane.

      Despite the protest, the Home Office says it was a legitimate operation targeting those it suspected of immigration offences.

      And yet there could be more problems on the horizon. The Home Office has just ended its consultation on its New Plan for Immigration - a policy that will speed up deportations for those who have entered the country ’illegally’.

      Those in such a position will not be able to claim asylum and will instead be granted ’temporary protection’, a status that would come under periodic review.

      More than 70 charities and faith groups in Scotland have condemned such proposals.

      The Home Office is toughening its stance on immigration, but says its policies will make the system fairer for those most in need, while discouraging criminal activity like people trafficking.

      The Scottish government, and the protestors in Glasgow today, fundamentally disagree.

      https://www.bbc.com/news/uk-scotland-glasgow-west-57100259

  • Cueillir en ville, cueillir aux champs : territoires et pratiques de la #cueillette contemporaine

    Récupérer des invendus alimentaires, cueillir des pissenlits, grappiller des figues ou ramasser de la ferraille. Autant de pratiques de quête et/ou subsistance qui reposent sur la #collecte de ressources biologiques ou matérielles encore non appropriées, et de manières de les nommer. Comment relire ces pratiques ancestrales dans le cadre du tournant écologique des sciences humaines et sociales ? En quoi ces pratiques de glanage interrogent-elle les manières de concevoir nos relations avec les vivants et ce(ux) qu’on ingère comme nos rapports aux territoires et à la propriété ? Si le #droit_de_glanage est un droit d’usage profondément ancré dans les espaces ruraux depuis plusieurs siècles, la réflexion contemporaine autour des #communs, notamment en contextes urbains, propose de nouvelles pistes scientifiques et politiques pour comprendre ce qui se joue dans ces formes alternatives et non-extractivistes de #réappropriation_des_ressources.

    –—

    Programme séance 2
    vendredi 6 novembre 2020, de 14h à 17h30
    Cueillir en ville, cueillir aux champs : territoires et pratiques de la cueillette contemporaine

    « Des champs à la ville : cueillir dans des mondes en transition, l’exemple de la Guyane française »
    par #Marc-Alexandre_Tareau (anthropologue, LEEISA) et #Lucie_DEJOUANET (géographe, AIHP-GEODE, Université des Antilles)

    « Cueillir dans les marges urbaines : le cas du Grand Paris »
    par #Flaminia_Paddeu (Pléiade, USPN) et #Fabien_Roussel (Discontinuités, Université d’Artois)

    « Économies de disettes et glanages dans des mondes perdus. Observations d’un géographe, de l’Océanie à la Dordogne »
    par #Mathias_Faurie, (géographe et cidrier)

    https://www.youtube.com/watch?v=DF-mn2Mmjjk

    #conférence #vidéo #glanage #alimentation

  • La petite photo du jour : 4.2.1. Il pleut il mouille c’est la fête à la cagouille !
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/51170461571

    Flickr

    ValK. a posté une photo :

    10 mai 2021, fenêtre, #Nantes.
    .
    #photo #petitephoto #photodujour #pictureoftheday #photooftheday #picoftheday #fotodeldia #escargot #melchwed #snail #caracol #pluie #glav #rain #lluvia #NetB #noiretblanc #blackandwhite #blancoynegro #contrasts #contrastes
    .
    « les petites photos »
    ¤ autres photos : https://vu.fr/ValKphotos
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    ◇ rdv locaux : 44.demosphere.net
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    • How Not to Solve the Refugee Crisis

      A case of mistaken identity put the wrong man in jail. Now it highlights the failure of prosecutions to tackle a humanitarian disaster.

      On October 3, 2013, a Sicilian prosecutor named Calogero Ferrara was in his office in the Palace of Justice, in Palermo, when he read a disturbing news story. Before dawn, a fishing trawler carrying more than five hundred East African migrants from Libya had stalled a quarter of a mile from Lampedusa, a tiny island halfway to Sicily. The driver had dipped a cloth in leaking fuel and ignited it, hoping to draw help. But the fire quickly spread, and as passengers rushed away the boat capsized, trapping and killing hundreds of people.

      The Central Mediterranean migration crisis was entering a new phase. Each week, smugglers were cramming hundreds of African migrants into small boats and launching them in the direction of Europe, with little regard for the chances of their making it. Mass drownings had become common. Still, the Lampedusa shipwreck was striking for its scale and its proximity: Italians watched from the cliffs as the coast guard spent a week recovering the corpses.

      As news crews descended on the island, the coffins were laid out in an airplane hangar and topped with roses and Teddy bears. “It shocked me, because, maybe for the first time, they decided to show pictures of the coffins,” Ferrara told me. Italy declared a day of national mourning and started carrying out search-and-rescue operations near Libyan waters.

      Shortly afterward, a group of survivors in Lampedusa attacked a man whom they recognized from the boat, claiming that he had been the driver and that he was affiliated with smugglers in Libya. The incident changed the way that Ferrara thought about the migration crisis. “I went to the chief prosecutor and said, ‘Look, we have three hundred and sixty-eight dead people in territory under our jurisdiction,’ ” Ferrara said. “We spend I don’t know how much energy and resources on a single Mafia hit, where one or two people are killed.” If smuggling networks were structured like the Mafia, Ferrara realized, arresting key bosses could lead to fewer boats and fewer deaths at sea. The issue wasn’t only humanitarian. With each disembarkation, public opinion was hardening against migrants, and the political appetite for accountability for their constant arrivals was growing. Ferrara’s office regarded smugglers in Africa and Europe as a transnational criminal network, and every boat they sent across the Mediterranean as a crime against Italy.

      Ferrara is confident and ambitious, a small man in his forties with brown, curly hair, a short-cropped beard, and a deep, gravelly voice. The walls of his office are hung with tributes to his service and his success. When I met with him, in May, he sat with his feet on his desk, wearing teal-rimmed glasses and smoking a Toscano cigar. Shelves bowed under dozens of binders, each containing thousands of pages of documents—transcripts of wiretaps and witness statements for high-profile criminal cases. In the hall, undercover cops with pistols tucked beneath their T-shirts waited to escort prosecutors wherever they went.

      Sicilian prosecutors are granted tremendous powers, which stem from their reputation as the only thing standing between society and the Cosa Nostra. Beginning in the late nineteen-seventies, the Sicilian Mafia waged a vicious war against the Italian state. Its adherents assassinated journalists, prosecutors, judges, police officers, and politicians, and terrorized their colleagues into submission. As Alexander Stille writes in “Excellent Cadavers,” from 1995, the only way to prove that you weren’t colluding with the Mafia was to be killed by it.

      In 1980, after it was leaked that Gaetano Costa, the chief prosecutor of Palermo, had signed fifty-five arrest warrants, he was gunned down in the street by the Cosa Nostra. Three years later, his colleague Rocco Chinnici was killed by a car bomb. In response, a small group of magistrates formed an anti-Mafia pool; each member agreed to put his name on every prosecutorial order, so that none could be singled out for assassination. By 1986, the anti-Mafia team was ready to bring charges against four hundred and seventy-five mobsters, in what became known as the “maxi-trial,” the world’s largest Mafia proceeding.

      The trial was held inside a massive bunker in Palermo, constructed for the occasion, whose walls could withstand an attack by rocket-propelled grenades. Led by Giovanni Falcone, the prosecutors secured three hundred and forty-four convictions. A few years after the trial, Falcone took a job in Rome. But on May 23, 1992, as he was returning home to Palermo, the Cosa Nostra detonated half a ton of explosives under the highway near the airport, killing Falcone, his wife, and his police escorts. The explosives, left over from ordnance that was dropped during the Second World War, had been collected by divers from the bottom of the Mediterranean; the blast was so large that it registered on earthquake monitors. Fifty-seven days later, mobsters killed one of the remaining members of the anti-Mafia pool, Falcone’s friend and investigative partner Paolo Borsellino.

      Following these murders, the Italian military dispatched seven thousand troops to Sicily. Prosecutors were now allowed to wiretap anyone suspected of having connections to organized crime. They also had the authority to lead investigations, rather than merely argue the findings in court, and to give Mafia witnesses incentives for coöperation. That year, magistrates in Milan discovered a nationwide corruption system; its exposure led to the dissolution of local councils, the destruction of Italy’s major political parties, and the suicides of a number of businessmen and politicians who had been named for taking bribes. More than half the members of the Italian parliament came under investigation. “The people looked to the prosecutors as the only hope for the country,” a Sicilian journalist told me.

      Shortly after the Lampedusa tragedy, Ferrara, with assistance from the Ministry of Interior, helped organize a team of élite prosecutors and investigators. When investigating organized crime, “for which we are famous in Palermo,” Ferrara said, “you can request wiretappings or interception of live communications with a threshold of evidence that is much lower than for common crimes.” In practice, “it means that when you request of the investigative judge an interception for organized crime, ninety-nine per cent of the time you get it.” Because rescue boats routinely deposit migrants at Sicilian ports, most weeks were marked by the arrivals of more than a thousand potential witnesses. Ferrara’s team started collecting information at disembarkations and migrant-reception centers, and before long they had the phone numbers of drivers, hosts, forgers, and money agents.

      The investigation was named Operation Glauco, for Glaucus, a Greek deity with prophetic powers who came to the rescue of sailors in peril. According to Ferrara, Sicily’s proximity to North Africa enabled his investigators to pick up calls in which both speakers were in Africa. Italian telecommunications companies often serve as a data hub for Internet traffic and calls. “We have conversations in Khartoum passing through Palermo,” he said. By monitoring phone calls, investigators gradually reconstructed an Eritrean network that had smuggled tens of thousands of East Africans to Europe on boats that left from Libya.

      By 2015, the Glauco investigations had resulted in dozens of arrests in Italy, Germany, Sweden, and the United Kingdom. Most of the suspects were low-level figures who may not have been aware that they were committing a crime by, for example, taking money to drive migrants from a migrant camp in Sicily to a connection house—a temporary shelter, run by smugglers—in Milan.

      But the bosses in Africa seemed untouchable. “In Libya, we know who they are and where they are,” Ferrara said. “But the problem is that you can’t get any kind of coöperation” from local forces. The dragnet indicated that an Eritrean, based in Tripoli, was at the center of the network. He was born in 1981, and his name was Medhanie Yehdego Mered.

      On May 23, 2014, Ferrara’s investigative team started wiretapping Mered’s Libyan number. Mered’s network in Tripoli was linked to recruiters and logisticians in virtually every major population center in East Africa. With each boat’s departure, he earned tens of thousands of dollars. In July, Mered told an associate, in a wiretapped call, that he had smuggled between seven and eight thousand people to Europe. In October, he moved to Khartoum, the capital of Sudan, for two months. The Italians found his Facebook page and submitted into evidence a photograph of a dour man wearing a blue shirt and a silver chain with a large crucifix. “This is Medhanie,” a migrant who had briefly worked for him told prosecutors in Rome. “He is a king in Libya. He’s very respected. He’s one of the few—perhaps the only one—who can go out with a cross around his neck.”

      In 2015, a hundred and fifty thousand refugees and migrants crossed from Libya to Europe, and almost three thousand drowned. Each Thursday afternoon, Eritreans tune in to Radio Erena, a Tigrinya-language station, for a show hosted by the Swedish-Eritrean journalist and activist Meron Estefanos. Broadcasting from her kitchen, in Stockholm, she is in touch with hundreds of migrants, activists, and smugglers. Often, when Estefanos criticizes a smuggler, he will call in to her program to complain.

      In February, 2015, Estefanos reported that men who worked for Mered were raping female migrants. Mered called in to deny the rape allegations, but he admitted other bad practices and attempted to justify them. “I asked, ‘Why do you send people without life jackets?’ ” Estefanos said. “And he said, ‘I can’t buy life jackets, because if I buy five hundred life jackets I will be suspected of being a smuggler.’ ” He told Estefanos it was true that people went hungry in his connection house, but that it wasn’t his fault. “My people in Sudan—I tell them to send me five hundred refugees, and they send me two thousand,” he said. “I got groceries for five hundred people, and now I have to make it work!”

      Mered was becoming wealthy, but he wasn’t the kingpin that some considered him to be. In the spring of 2013, after arriving in Libya as a refugee, he negotiated passage to Tripoli by helping smugglers with menial tasks. Then, in June, he began working with a Libyan man named Ali, whose family owned an empty building near the sea, which could be used as a connection house. According to Mered’s clients, he instructed associates in other parts of East Africa to tell migrants that they worked for Abdulrazzak, known among Eritreans as one of the most powerful smugglers. Those who were duped into paying Mered’s team were furious when they reached the connection house and learned that Mered and Ali were not connected to Abdulrazzak, and that they had failed to strike a deal with the men who launched the boats. When the pair eventually arranged their first departure, all three vessels were intercepted before they could leave Libyan waters, and the passengers were jailed.

      By the end of the summer, more than three hundred and fifty migrants were languishing in the connection house. Finally, in September, a fleet of taxis shuttled them to the beach in small groups to board boats. Five days later, the Italian coast guard rescued Mered’s passengers and, therefore, his reputation as a smuggler as well.

      In December, Mered brought hundreds of migrants to the beach, including an Eritrean I’ll call Yonas. “He was sick of Tripoli,” Yonas told me. “He was ready to come with us—to take the sea trip.” But the shores were controlled by Libyans; to them, Mered’s ability to organize payments and speak with East African migrants in Tigrinya was an invaluable part of the business. Ali started shouting at Mered and slapping him. “That’s when I understood that he was not that powerful,” Yonas recalled. “Our lives depended on the Libyans, not on Medhanie. To them, he was no better than any of us—he was just another Eritrean refugee.”

      In April, 2015, the Palermo magistrate’s office issued a warrant for Mered’s arrest. The authorities also released the photograph of him wearing a crucifix, in the hope that someone might give him up. Days later, Mered’s face appeared in numerous European publications.

      News of Mered’s indictment spread quickly in Libya. One night, Mered called Estefanos in a panic. “It’s like a fatwa against me,” he said. “They put my life in danger.” He claimed that, in the days after he was named in the press, he had been kidnapped three times; a Libyan general had negotiated his release. Mered asked Estefanos what would happen to him if he tried to come to Europe to be with his wife, Lidya Tesfu, who had crossed the Mediterranean and given birth to their son in Sweden the previous year. It was as if he hadn’t fully grasped the Italian case against him. Not only did Mered think that the Italians had exaggerated his importance but “he saw himself as a kind of activist, helping people who were desperate,” Estefanos told me.

      Shortly before midnight on June 6, 2015, Mered called Estefanos, sounding drunk or high. “He didn’t want me to ask questions,” she told me. “He said, ‘Just listen.’ ” During the next three hours, Mered detailed his efforts to rescue several Eritrean hostages from the Islamic State, which had established a base in Sirte, Libya. Now, Mered said, he was driving out of Libya, toward the Egyptian border, with four of the women in the back of his truck. As Estefanos remembers it, “Mered said, ‘I’m holding a Kalashnikov and a revolver, to defend myself. If something happens at the Egyptian-Libyan border, I’m not going to surrender. I’m going to kill as many as I can, and die myself. Wish me luck!’ ” He never called again.

      From that point forward, Estefanos occasionally heard from Mered’s associates, some of whom wanted to betray him and take over the business. Mered was photographed at a wedding in Sudan and spotted at a bar in Ethiopia. He posted photos to Facebook from a mall in Dubai. Italian investigators lost track of him. But on January 21, 2016, Ferrara received a detailed note from Roy Godding, an official from Britain’s National Crime Agency, which leads the country’s efforts against organized crime and human trafficking. Godding wrote that the agency was “in possession of credible and sustained evidence” that Mered had a residence in Khartoum, and that he “spends a significant amount of his time in that city.” The N.C.A. believed that Mered would leave soon—possibly by the end of April—and so, Godding wrote, “we have to act quickly.”

      Still, Godding had concerns. In Sudan, people-smuggling can carry a penalty of death, which was abolished in the United Kingdom more than fifty years ago. If the Italian and British governments requested Mered’s capture, Godding said, he should be extradited to Italy, spending “as little time as possible” in Sudanese custody. Although Godding’s sources believed that Mered had “corrupt relationships” with Sudanese authorities, he figured that the N.C.A. and the Palermo magistrate could work through “trusted partners” within the regime. (Sudan’s President has been charged in absentia by the International Criminal Court for war crimes, genocide, and crimes against humanity, but the European Union pays his government tens of millions of euros each year to contain migration.)

      Ferrara’s team began drawing up an extradition request. The Palermo magistrate had already started wiretapping Mered’s Sudanese number, and also that of his wife, Tesfu, and his brother Merhawi, who had immigrated to the Netherlands two years earlier. The taps on Mered’s number yielded no results. But, on March 19th, Merhawi mentioned in a call that a man named Filmon had told him that Mered was in Dubai and would probably return to Khartoum soon.

      In mid-May, the N.C.A. informed Ferrara’s team of a new Sudanese telephone number that they suspected was being used by Mered. The Palermo magistrate started wiretapping it immediately. On May 24th, as the Sudanese authorities welcomed European delegates to an international summit on halting migration and human trafficking, the police tracked the location of the phone and made an arrest.

      Two weeks later, the suspect was extradited to Italy on a military jet. The next morning, at a press conference in Palermo, the prosecutors announced that they had captured Medhanie Yehdego Mered.

      Coverage of the arrest ranged from implausible to absurd. The BBC erroneously reported that Mered had presided over a “multibillion-dollar empire.” A British tabloid claimed that he had given millions of dollars to the Islamic State. The N.C.A., which had spent years hunting for Mered, issued a press release incorrectly stating that he was “responsible for the Lampedusa tragedy.” Meanwhile, the Palermo prosecutor’s office reportedly said that Mered had styled himself in the manner of Muammar Qaddafi, and that he was known among smugglers as the General—even though the only reference to that nickname came from a single wiretapped call from 2014 that, according to the official transcript, was conducted “in an ironic tone.” Ferrara boasted that Mered had been “one of the four most important human smugglers in Africa.”

      On June 10th, the suspect was interrogated by three prosecutors from the Palermo magistrate. The chief prosecutor, Francesco Lo Voi, asked if he understood the accusations against him.

      “Why did you tell me that I’m Medhanie Yehdego?” the man replied.

      “Did you understand the accusations against you?” Lo Voi repeated.

      “Yes,” he said. “But why did you tell me that I’m Medhanie Yehdego?”

      “Yeah, apart from the name . . .”

      Lo Voi can’t have been surprised by the suspect’s question. Two days earlier, when the Italians released a video of the man in custody—handcuffed and looking scared, as he descended from the military jet—Estefanos received phone calls from Eritreans on at least four continents. Most were perplexed. “This guy doesn’t even look like him,” an Eritrean refugee who was smuggled from Libya by Mered said. He figured that the Italians had caught Mered but used someone else’s picture from stock footage. For one caller in Khartoum, a woman named Seghen, however, the video solved a mystery: she had been looking for her brother for more than two weeks, and was stunned to see him on television. She said that her brother was more than six years younger than Mered; their only common traits were that they were Eritreans named Medhanie.

      Estefanos told me, “I didn’t know how to contact the Italians, so I contacted Patrick Kingsley,” the Guardian’s migration correspondent, whose editor arranged for him to work with Lorenzo Tondo, a Sicilian journalist in Palermo. That evening, just before sunset, Ferrara received a series of messages from Tondo, on WhatsApp. “Gery, call me—there’s some absurd news going around,” Tondo, who knew Ferrara from previous cases, wrote. “The Guardian just contacted me. They’re saying that, according to some Eritrean sources, the man in custody is not Mered.”

      Ferrara was not deterred, but he was irritated that the Sudanese hadn’t passed along any identification papers or fingerprints. That night, Tondo and Kingsley wrote in the Guardian that Italian and British investigators were “looking into whether the Sudanese had sent them the wrong man.” Soon afterward, one of Ferrara’s superiors informed Tondo that the prosecution office would no longer discuss the arrest. “I’ve decided on a press blackout,” he said.

      In recent years, smuggling trials in Italy have often been shaped more by politics than by the pursuit of truth or justice. As long as Libya is in chaos, there is no way to prevent crowded dinghies from reaching international waters, where most people who aren’t rescued will drown. At disembarkations, police officers sometimes use the threat of arrest to coerce refugees into identifying whichever migrant had been tasked with driving the boat, then charge him as a smuggler. The accused is typically represented by a public defender who doesn’t speak his language or have the time, the resources, or the understanding of the smuggling business to build a credible defense. Those who were driving boats in which people drowned are often charged with manslaughter. Hundreds of migrants have been convicted in this way, giving a veneer of success to an ineffective strategy for slowing migration.

      When the man being held as Mered was assigned state representation, Tondo intervened. “I knew that this guy was not going to be properly defended,” he told me. “And, if there was a chance that he was innocent, it was my duty—not as a journalist but as a human—to help him. So I put the state office in touch with my friend Michele Calantropo,” a defense lawyer who had previously worked on migration issues. For Tondo, the arrangement was also strategic. “The side effect was that now I had an important source of information inside the case,” he said.

      On June 10th, in the interrogation room, the suspect was ordered to provide his personal details. He picked up a pencil and started slowly writing in Tigrinya. For almost two minutes, the only sound was birdsong from an open window. An interpreter read his testimony for the record: “My name is Medhanie Tesfamariam Berhe, born in Asmara on May 12, 1987.”

      That afternoon, Berhe, Calantropo, and three prosecutors met with a judge. “If you give false testimony regarding your identity, it is a crime in Italy,” the judge warned.

      Berhe testified that he had lived in Asmara, the capital of Eritrea. Like many other refugees, he had fled the country during his mandatory military service.

      “So, what kind of work have you done in your life?” the judge asked.

      “I was a carpenter. And I sold milk.”

      “You what?”

      “I sold milk.”

      “Are you married?”

      “No,” Berhe said.

      “Who did you live with in Asmara?”

      “My mom.”

      “O.K., Mr. Medhanie,” the judge said. “I’m now going to read you the, um, the crimes—the things you’re accused of doing.”

      “O.K.”

      The judge spent the next several minutes detailing a complex criminal enterprise that spanned eleven countries and three continents, and involved numerous accomplices, thousands of migrants, and millions of euros in illicit profits. She listed several boatloads of people who had passed through Mered’s connection house and arrived in Italy in 2014. Berhe sat in silence as the interpreter whispered rapidly into his ear. After the judge finished listing the crimes, she asked Berhe, “So, what do you have to say about this?”

      “I didn’t do it,” he replied. “In 2014, I was in Asmara, so those dates don’t even make sense.”

      “And where did you go after you left Asmara?”

      “I went to Ethiopia, where I stayed for three months. And then I went to Sudan.” There, Berhe had failed to find a job, so he lived with several other refugees. Berhe and his sister were supported by sporadic donations of three hundred dollars from a brother who lives in the United States. Berhe had spent the past two and a half weeks in isolation, but his testimony matched the accounts of friends and relatives who had spoken to Estefanos and other members of the press.

      “Listen, I have to ask you something,” the judge said. “Do you even know Medhanie Yehdego Mered?”

      “No,” Berhe replied.

      “I don’t have any more questions,” the judge said. “Anyone else?”

      “Your honor, whatever the facts he just put forward, in reality he is the right defendant,” Claudio Camilleri, one of the prosecutors, said. “He was delivered to us as Mered,” he insisted, pointing to the extradition forms. “You can read it very clearly: ‘Mered.’ ”

      Along with Berhe, the Sudanese government had handed over a cell phone, a small calendar, and some scraps of paper, which it said were the only objects in Berhe’s possession at the time of the arrest. But when the judge asked Berhe if he owned a passport he said yes. “It’s in Sudan,” he said. “They took it. It was in my pocket, but they took it.”

      “Excuse me—at the moment of the arrest, you had your identity documents with you?” she asked.

      “Yes, I had them. But they took my I.D.”

      Berhe told his lawyer that the Sudanese police had beaten him and asked for money. As a jobless refugee, he had nothing to give, so they notified Interpol that they had captured Mered.

      The prosecutors also focussed on his mobile phone, which had been tapped shortly before he was arrested. “The contents of these conversations touched on illicit activities of the sort relevant to this dispute,” Camilleri said. At the time, Berhe’s cousin had been migrating through Libya, en route to Europe, and he had called Berhe to help arrange a payment to the connection man. “So, you know people who are part of the organizations that send migrants,” the judge noted. “Why were they calling you, if you are a milkman?”

      The interrogation continued in this manner, with the authorities regarding as suspicious everything that they didn’t understand about the lives of refugees who travel the perilous routes that they were trying to disrupt. At one point, Berhe found himself explaining the fundamentals of the hawala system—an untraceable money-transfer network built on trust between distant brokers—to a prosecutor who had spent years investigating smugglers whose business depends on it. When Berhe mentioned that one of his friends in Khartoum worked at a bar, the judge heard barche, the Italian word for boats. “He sells boats?” she asked. “No, no,” Berhe said. “He sells fruit juice.”

      The prosecutors also asked Berhe about the names of various suspects in the Glauco investigations. But in most cases they knew only smugglers’ nicknames or first names, many of which are common in Eritrea. Berhe, recognizing some of the names as those of his friends and relatives, began to implicate himself.

      “Mera Merhawi?” a prosecutor asked. Mered’s brother is named Merhawi.

      “Well, Mera is just short for Merhawi,” Berhe explained.

      “O.K., you had a conversation with . . .”

      “Yes! Merhawi is in Libya. He left with my cousin Gherry.”

      Believing that coöperation was the surest path to exoneration, Berhe provided the password for his e-mail and Facebook accounts; it was “Filmon,” the name of one of his friends in Khartoum. The prosecutors seized on this, remembering that Filmon was the name of the person identified in a wiretap of Mered’s brother Merhawi. The prosecution failed to note that Berhe has twelve Filmons among his Facebook friends; Mered has five Filmons among his.

      After the interrogation, the Palermo magistrate ordered a forensic analysis of Berhe’s phone and social-media accounts, to comb the data for inconsistencies. When officers ran everything through the Glauco database, they discovered that one of the scraps of paper submitted by the Sudanese authorities included the phone number of a man named Solomon, who in 2014 had spoken with Mered about hawala payments at least seventy-eight times. They also found that, although Berhe had said that he didn’t know Mered’s wife, Lidya Tesfu, he had once corresponded with her on Facebook. Tesfu told me that she and Berhe had never met. But he had thought that she looked attractive in pictures, and in 2015 he started flirting with her online. She told him that she was married, but he persisted, and so she shut him down, saying, “I don’t need anyone but my husband.” When the prosecutors filed this exchange into evidence, they omitted everything except Tesfu’s final message, creating the opposite impression—that she was married to Berhe and was pining for him.

      Like so many others in Khartoum, Berhe had hoped to make it to Europe. His Internet history included a YouTube video of migrants in the Sahara and a search about the conditions in the Mediterranean. The prosecutors treated this as further evidence that he was a smuggler. Worse, in a text message to his sister, he mentioned a man named Ermias; a smuggler of that name had launched the boat that sunk off the coast of Lampedusa.

      By the end of the interrogation, it hardly mattered whether the man in custody was Medhanie Tesfamariam Berhe or Medhanie Yehdego Mered. Berhe was returned to his cell. “The important thing is the evidence, not the identity,” Ferrara told me. “It only matters that you can demonstrate that that evidence led to that person.” The N.C.A. removed from its Web site the announcement of Mered’s arrest. This was the first extradition following a fragile new anti-smuggling partnership between European and East African governments, known as the Khartoum Process. There have been no extraditions since.

      Within the Eritrean community, Estefanos told me, “everyone was, like, ‘What a lucky guy—we went through the Sahara and the Mediterranean, and this guy came by private airplane!’ Everybody thought he would be released in days.” Instead, the judge allowed Berhe’s case to proceed to trial. It was as if the only people who were unwilling to accept his innocence were those in control of his fate. Toward the end of the preliminary hearing, one of the prosecutors had asked Berhe if he had ever been to Libya. In the audio recording, he says “No.” But in the official transcript someone wrote “Yes.”

      Tondo and Kingsley wrote in the Guardian that the trial “risks becoming a major embarrassment for both Italian and British police.” Tondo told me that, the night after the article’s publication, “I got a lot of calls from friends and family members. They were really worried about the consequences of the story.” Tondo’s livelihood relied largely on his relationship with officials at the magistrate’s office, many of whom frequently gave him confidential documents. “That’s something that began during the Mafia wars, when you could not really trust the lawyers who were defending mobsters,” he said. Tondo was thirty-four, with a wife and a two-year-old son; working as a freelancer for Italian and international publications, he rarely earned more than six hundred euros a month. “I survived through journalism awards,” he said. “So what the fuck am I going to do”—drop the story or follow where it led? “Every journalist in Sicily has asked that sort of question. You’re at the point of jeopardizing your career for finding the truth.”

      In Italy, investigative journalists are often wiretapped, followed, and intimidated by the authorities. “The investigative tools that prosecutors use to put pressure on journalists are the same ones that they use to track criminals,” Piero Messina, a Sicilian crime reporter, told me. Two years ago, Messina published a piece, in L’Espresso, alleging that a prominent doctor had made threatening remarks to a public official about the daughter of Paolo Borsellino, one of the anti-Mafia prosecutors who was killed in 1992. Messina was charged with libel, a crime that can carry a prison sentence of six years. According to the Italian press-freedom organization Ossigeno per l’Informazione, in the past five years Italian journalists have faced at least four hundred and thirty-two “specious defamation lawsuits” and an additional thirty-seven “specious lawsuits on the part of magistrates.”

      At a court hearing, Messina was presented with transcripts of his private phone calls. “When a journalist discovers that he’s under investigation in this way, he can’t work anymore” without compromising his sources, Messina told me. Police surveillance units sometimes park outside his house and monitor his movements. “They fucked my career,” he said.

      Messina’s trial is ongoing, and he is struggling to stay afloat. A few months ago, La Repubblica paid him seven euros for a twelve-hundred-word article on North Korean spies operating in Rome. “The pay is so low that it’s suicide to do investigative work,” he told me. “This is how information in Italy is being killed. You lose the aspiration to do your job. I know a lot of journalists who became chefs.”

      Prosecutors have wide latitude to investigate possible crimes, even if nothing has been reported to the police, and they are required to formally register an investigation only when they are ready to press charges. In a recent essay, Michele Caianiello, a criminal-law professor at the University of Bologna, wrote that the capacity to investigate people before any crime is discovered “makes it extremely complicated to check ex post facto if the prosecutor, negligently or maliciously, did not record in the register the name of the possible suspect”—meaning that, in practice, prosecutors can investigate their perceived opponents indefinitely, without telling anyone.

      In 2013, the Italian government requested telephone data from Vodafone more than six hundred thousand times. That year, Italian courts ordered almost half a million live interceptions. Although wiretaps are supposed to be approved by a judge, there are ways to circumvent the rules. One method is to include the unofficial target’s phone number in a large pool of numbers—perhaps a set of forty disposable phones that have suspected links to a Mafia boss. “It’s a legitimate investigation, but you throw in the number of someone who shouldn’t be in it,” an Italian police-intelligence official told me. “They do this all the time.”

      Tondo continued reporting on the Medhanie trial, embarrassing the prosecutors every few weeks with new stories showing that the wrong man might be in jail. At one of Berhe’s hearings, a man wearing a black jacket and hat followed Tondo around the courthouse, taking pictures of him with a cell phone. Tondo confronted the stranger, pulling out his own phone and photographing him in return, and was startled when the man addressed him by name. After the incident, Tondo drafted a formal complaint, but he was advised by a contact in the military police not to submit it; if he filed a request to know whether he was under investigation, the prosecutors would be notified of his inquiry but would almost certainly not have to respond to it. “In an organized-crime case, you can investigate completely secretly for years,” Ferrara told me. “You never inform them.” A few months later, the man with the black hat took the witness stand; he was an investigative police officer.

      Tondo makes a significant portion of his income working as a fixer for international publications. I met him last September, four months after Berhe’s arrest, when I hired him to help me with a story about underage Nigerian girls who are trafficked to Europe for sex work. We went to the Palermo magistrate to collect some documents on Nigerian crime, and entered the office of Maurizio Scalia, the deputy chief prosecutor. “Pardon me, Dr. Scalia,” Tondo said. He began to introduce me, but Scalia remained focussed on him. “You’ve got balls, coming in here,” he said.

      This spring, a Times reporter contacted Ferrara for a potential story about migration. Ferrara, who knew that she was working with Tondo on another story, threatened the paper, telling her, “If Lorenzo Tondo gets a byline with you, the New York Times is finished with the Palermo magistrate.” (Ferrara denies saying this.)

      One afternoon in Palermo, I had lunch with Francesco Viviano, a sixty-eight-year-old Sicilian investigative reporter who says that he has been wiretapped, searched, or interrogated by the authorities “eighty or ninety times.” After decades of reporting on the ways in which the Mafia influences Sicilian life, Viviano has little patience for anti-Mafia crusaders who exploit the Cosa Nostra’s historic reputation in order to buoy their own. “The Mafia isn’t completely finished, but it has been destroyed,” he said. “It exists at around ten or twenty per cent of its former power. But if you ask the magistrates they say, ‘No, it’s at two hundred per cent,’ ” to frame the public perception of their work as heroic. He listed several public figures whose anti-Mafia stances disguised privately unscrupulous behavior. “They think they’re Falcone and Borsellino,” he said. In recent decades, Palermo’s anti-Mafia division has served as a pipeline to positions in Italian and European politics.

      In December, 2014, Sergio Lari, a magistrate from the Sicilian hill town of Caltanissetta, who had worked with Falcone and Borsellino and solved Borsellino’s murder, was nominated for the position of chief prosecutor in Palermo. But Francesco Lo Voi, a less experienced candidate, was named to the office.

      The following year, Lari began investigating a used-car dealership in southern Sicily. He discovered that its vehicles were coming from a dealership in Palermo that had been seized by the state for having links to the Mafia. Lari informed Lo Voi’s office, which started wiretapping the relevant suspects and learned that the scheme led back to a judge working inside the Palermo magistrate: Silvana Saguto, the head of the office for seized Mafia assets.

      “Judge Saguto was considered the Falcone for Mafia seizures,” Lari told me. “She was in all the papers. She stood out as a kind of heroine.” Lari’s team started wiretapping Saguto’s line. Saguto was tipped off, and she and her associates stopped talking on the phone. “At this point, I had to make a really painful decision,” Lari said. “I had to send in my guys in disguise, in the middle of the night, into the Palermo Palace of Justice, to bug the offices of magistrates. This was something that had never been done in Italy.” Lari and his team uncovered a vast corruption scheme, which resulted in at least twenty indictments. Among the suspects are five judges, an anti-Mafia prosecutor, and an officer in Italy’s Investigative Anti-Mafia Directorate. Saguto was charged with seizing businesses under dubious circumstances, appointing relatives to serve as administrators, and pocketing the businesses’ earnings or distributing them among colleagues, family, and friends. In one instance, according to Lari’s twelve-hundred-page indictment, Saguto used stolen Mafia assets to pay off her son’s professor to give him passing grades. (Saguto has denied all accusations; her lawyers have said that she has “never taken a euro.”)

      Lari refused to talk to me about other prosecutors in the Palermo magistrate’s office, but the police-intelligence official told me that “at least half of them can’t say they didn’t know” about the scheme. Lari said that Saguto was running “an anti-Mafia mafia” out of her office at the Palace of Justice.

      Except for Lari, every prosecutor who worked with Falcone and Borsellino has either retired or died. The Saguto investigation made Lari “many enemies” in Sicilian judicial and political circles, he said. “Before, the mafiosi hated me. Now it’s the anti-mafiosi. One day, you’ll find me dead in the street, and no one will tell you who did it.”

      The investigations of the Palermo magistrate didn’t prevent its prosecutors from interfering with Calantropo’s preparations for Berhe’s defense. A week after the preliminary hearing, he applied for permission from a local prefecture to conduct interviews inside a migrant-reception center in the town of Siculiana, near Agrigento, where he hoped to find Eritreans who would testify that Berhe wasn’t Mered. Days later, Ferrara, Scalia, and Camilleri wrote a letter to the prefecture, instructing its officers to report back on whom Calantropo talked to. Calantropo, after hearing that the Eritreans had been moved to another camp, decided not to go.

      “It’s not legal for them to monitor the defense lawyer,” Calantropo said. “But if you observe his witnesses then you observe the lawyer.” Calantropo is calm and patient, but, like many Sicilians, he has become so cynical about institutional corruption and dubious judicial practices that he is sometimes inclined to read conspiracy into what may be coincidence. “I can’t be sure that they are investigating me,” he told me, raising an eyebrow and tilting his head in a cartoonish performance of skepticism. “But, I have to tell you, they’re not exactly leaving me alone to do my job.”

      Last summer, Meron Estefanos brought Yonas and another Eritrean refugee, named Ambes, from Sweden to Palermo. Both men had lived in Mered’s connection house in Tripoli in 2013. After they gave witness statements to Calantropo, saying that they had been smuggled by Mered and had never seen the man who was on trial, Tondo contacted Scalia and Ferrara. “I was begging them to meet our sources,” Tondo recalled. “But they told us, ‘We already got Mered. He’s in jail.’ ” (Estefanos, Calantropo, Yonas, and Ambes remember Tondo’s calls; Ferrara says that they didn’t happen.)

      Although Mered is reputed to have sent more than thirteen thousand Eritreans to Italy, the prosecutors seem to have made no real effort to speak with any of his clients. The Glauco investigations and prosecutions were carried out almost entirely by wiretapping calls, which allowed officials to build a web of remote contacts but provided almost no context or details about the suspects’ lives—especially the face-to-face transactions that largely make up the smuggling business. As a result, Ali, Mered’s Libyan boss, is hardly mentioned in the Glauco documents. When asked about him, Ferrara said that he didn’t know who he was. Ambes showed me a photograph that he had taken of Ali on his phone.

      After Yonas and Ambes returned to Sweden, the Palermo magistrate asked police to look into them. E.U. law requires that asylum claims be processed in the first country of entry, but after disembarking in Sicily both men had continued north, to Sweden, before giving their fingerprints and their names to the authorities. Investigating them had the effect of scaring off other Eritreans who might have come forward. “I don’t believe that they are out there to get the truth,” Estefanos said, of the Italian prosecutors. “They would rather prosecute an innocent person than admit that they were wrong.”

      Calantropo submitted into evidence Berhe’s baptism certificate, which he received from his family; photos of Berhe as a child; Berhe’s secondary-school report card; Berhe’s exam registration in seven subjects, with an attached photograph; and a scan of Berhe’s government-issued I.D. card. Berhe’s family members also submitted documents verifying their own identities.

      Other documents established Berhe’s whereabouts. His graduation bulletin shows that in 2010, while Mered was smuggling migrants through Sinai, he was completing his studies at a vocational school in Eritrea. An official form from the Ministry of Health says that in early 2013—while Mered was known to be in Libya—Berhe was treated for an injury he sustained in a “machine accident,” while working as a carpenter. The owner of Thomas Gezae Dairy Farming, in Asmara, wrote a letter attesting that, from May, 2013, until November, 2014—when Mered was running the connection house in Tripoli—Berhe was a manager of sales and distribution. Gezae wrote, “Our company wishes him good luck in his future endeavors.”

      Last fall, one of Berhe’s sisters travelled to the prison from Norway, where she has asylum, to visit him and introduce him to her newborn son. But she was denied entry. Only family members can visit inmates, and although her last name is also Berhe, the prison had him registered as Medhanie Yehdego Mered.

      Last December, the government of Eritrea sent a letter to Calantropo, confirming that the man in custody was Medhanie Tesfamariam Berhe. “It’s very strange that the European police never asked the Eritrean government for the identity card of Medhanie Yehdego Mered,” Calantropo said. (Ferrara said that Italy did not have a legal-assistance treaty with Eritrea.) When I asked Calantropo why he didn’t do that himself, he replied, “I represent Berhe. I can only ask on behalf of my client.”

      The prosecution has not produced a single witness who claims that Berhe is Mered. Instead, Ferrara has tried to prove that Mered uses numerous aliases, one of which may be Berhe.

      A few years ago, Ferrara turned a low-level Eritrean smuggler named Nuredine Atta into a state witness. After he agreed to testify, “we put him under protection, exactly like Mafia cases,” and reduced his sentence by half, Ferrara said. Long before Berhe’s arrest, Atta was shown the photograph of Medhanie Yehdego Mered wearing a cross. He said that he recalled seeing the man on a beach in Sicily in 2014, and that someone had told him that the man’s name was Habtega Ashgedom. In court, he couldn’t keep his story straight. In a separate smuggling investigation, prosecutors in Rome discounted Atta’s testimony about Mered as unreliable.

      After the extradition, Atta was shown a photo of Berhe. “I don’t recognize him,” he said. Later, on the witness stand, he testified that he was pretty sure he’d seen a photo of Berhe at a wedding in Khartoum, in 2013—contradicting Berhe’s claim that he had been selling milk in Asmara at the time. Berhe’s family, however, produced a marriage certificate and photographs, proving that the wedding had been in 2015, in keeping with the time line that Berhe had laid out. In court, Ferrara treated the fact that Atta didn’t know Mered or Berhe as a reason to believe that they might be the same person.

      Ferrara is also trying to link Berhe’s voice to wiretaps of Mered. The prosecution had Berhe read phrases transcribed from Mered’s calls, which they asked a forensic technician named Marco Zonaro to compare with the voice from the calls. Zonaro used software called Nuance Forensics 9.2. But, because it didn’t have settings for Tigrinya, he carried out the analysis with Egyptian Arabic, which uses a different alphabet and sounds nothing like Tigrinya. Zonaro wrote that Egyptian Arabic was “the closest geographical reference population” to Eritrea. The tests showed wildly inconsistent results. Zonaro missed several consecutive hearings; when he showed up, earlier this month, Ferrara pleaded with the judge to refer the case to a different court, meaning that Zonaro didn’t end up testifying, and that the trial will begin from scratch in September.

      Many of the wiretapped phone calls that were submitted into evidence raise questions about the limits of Italian jurisdiction. According to Gioacchino Genchi, one of Italy’s foremost experts on intercepted calls and data traffic, the technological options available to prosecutors far exceed the legal ones. When both callers are foreign and not on Italian soil, and they aren’t plotting crimes against Italy, the contents of the calls should not be used in court. “But in trafficking cases there are contradictory verdicts,” he said. “Most of the time, the defense lawyers don’t know how to handle it.” Genchi compared prosecutorial abuses of international wiretaps to fishing techniques. “When you use a trawling net, you catch everything,” including protected species, he said. “But, if the fish ends up in your net, you take it, you refrigerate it, and you eat it.”

      On May 16th, having found the number and the address of Lidya Tesfu, Mered’s wife, in Italian court documents, I met her at a café in Sweden. She told me that she doesn’t know where her husband is, but he calls her once a month, from a blocked number. “He follows the case,” she said. “I keep telling him we have to stop this: ‘You have to contact the Italians.’ ” I asked Tesfu to urge her husband to speak with me. Earlier this month, he called.

      In the course of three hours, speaking through an interpreter, Mered detailed his activities, his business woes, and—with some careful omissions—his whereabouts during the past seven years. His version of events fits with what I learned about him from his former clients, from his wife, and from what was both present in and curiously missing from the Italian court documents—though he quibbled over details that hurt his pride (that Ali had slapped him) or could potentially hurt him legally (that he was ever armed).

      Mered told me that in December, 2015, he was jailed under a different name for using a forged Eritrean passport. He wouldn’t specify what country he was in, but his brother’s wiretapped call—the one that referred to Mered’s pending return from Dubai—suggests that he was probably caught in the United Arab Emirates. Six months later, when Berhe was arrested in Khartoum, Mered learned of his own supposed extradition to Italy from rumors circulating in prison. In August, 2016, one of Mered’s associates managed to spring him from jail, by presenting the authorities in that country with another fake passport, showing a different nationality—most likely Ugandan—and arranging Mered’s repatriation to his supposed country of origin. His time in prison explains why the Italian wiretaps on his Sudanese number picked up nothing in the months before Berhe was arrested; it also explains why, when the Italians asked Facebook to turn over Mered’s log-in data, there was a gap during that period.

      To the Italians, Mered was only ever a trophy. Across Africa and the Middle East, the demand for smugglers is greater than ever, as tens of millions of people flee war, starvation, and oppression. For people living in transit countries—the drivers, the fixers, the translators, the guards, the shopkeepers, the hawala brokers, the bookkeepers, the police officers, the checkpoint runners, the bandits—business has never been more profitable. Last year, with Mered out of the trade, a hundred and eighty thousand refugees and migrants reached Italy by sea, almost all of them leaving from the beaches near Tripoli. This year, the number of arrivals is expected to surpass two hundred thousand.

      In our call, Mered expressed astonishment at how poorly the Italians understood the forces driving his enterprise. There is no code of honor among smugglers, no Mafia-like hierarchy to disrupt—only money, movement, risk, and death. “One day, if I get caught, the truth will come out,” he said. “These European governments—their technology is so good, but they know nothing.”

      Thirteen months after the extradition, Berhe is still on trial. At a hearing in May, he sat behind a glass cage, clutching a small plastic crucifix. Three judges sat at the bench, murmuring to one another from behind a stack of papers that mostly obscured their faces. Apart from Tondo, the only Italian journalists in the room were a reporter and an editor from MeridioNews, a small, independent Sicilian Web site; major Italian outlets have largely ignored the trial or written credulously about the prosecution’s claims.

      A judicial official asked, for the record, whether the defendant Medhanie Yehdego Mered was present. Calantropo noted that, in fact, he was not, but it was easier to move forward if everyone pretended that he was. The prosecution’s witness, a police officer involved in the extradition, didn’t show up, and for the next hour nothing happened. The lawyers checked Facebook on their phones. Finally, the session was adjourned. Berhe, who had waited a month for the hearing, was led away in tears.

      https://www.newyorker.com/magazine/2017/07/31/how-not-to-solve-the-refugee-crisis

      #Operation_Glauco #Glauco #opération_glauco #Mered_Medhanie

    • Italy Imprisons Refugees Who Were Forced to Pilot Smuggling Boats At Gunpoint

      The Italian press cheer these operations as a key part of the fight against illegal immigration, lionizing figures like #Carlo_Parini, a former mafia investigator who is now a top anti-human trafficking police officer in Italy. Parini leads a squad of judicial police in the province of Siracusa in eastern Sicily, one of several working under different provincial prosecutors, and his aggressive style has earned him the nickname “the smuggler hunter.”

      There is only one problem: the vast majority of people arrested and convicted by these police are not smugglers. Almost 1400 people are currently being held in Italian prisons merely for driving a rubber boat or holding a compass. Most of them paid smugglers in Libya for passage to Europe and were forced to pilot the boat, often at gunpoint.

      https://theintercept.com/2017/09/16/italy-imprisons-refugees-who-were-forced-to-pilot-smuggling-boats-at-g

      #Usaineu_Joof

    • A Palerme, le procès d’un Erythréen tourne à l’absurde

      La justice italienne s’acharne contre Medhanie Tesfamariam Behre, accusé d’être un cruel trafiquant d’êtres humains, alors que tout indique qu’il y a erreur sur la personne.


      http://mobile.lemonde.fr/afrique/article/2018/01/23/a-palerme-le-proces-d-un-erythreen-tourne-a-l-absurde_5245779_3212.ht

    • People smuggler who Italians claim to have jailed is living freely in Uganda

      One of the world’s most wanted people smugglers, who Italian prosecutors claim to have in jail in Sicily, is living freely in Uganda and spending his substantial earnings in nightclubs, according to multiple witnesses.

      https://www.theguardian.com/law/2018/apr/11/medhanie-yehdego-mered-people-smuggler-italians-claim-jailed-seen-ugand

      Lien pour voir le documentaire, en suédois (avec sous-titres en anglais) :
      https://www.svtplay.se/video/17635602/uppdrag-granskning/uppdrag-granskning-sasong-19-avsnitt-13?start=auto&tab=2018

    • voir aussi:
      Friends of the Traffickers Italy’s Anti-Mafia Directorate and the “Dirty Campaign” to Criminalize Migration

      The European effort to dismantle these smuggling networks has been driven by an unlikely actor: the Italian anti-mafia and anti-terrorism directorate, a niche police office in Rome that gained respect in the 1990s and early 2000s for dismantling large parts of the Mafia in Sicily and elsewhere in Italy. According to previously unpublished internal documents, the office — called the #Direzione_nazionale_antimafia_e_antiterrorismo, or #DNAA, in Italian — took a front-and-center role in the management of Europe’s southern sea borders, in direct coordination with the EU border agency Frontex and European military missions operating off the Libyan coast.

      https://seenthis.net/messages/913769

  • Cinquante ans après, que reste-t-il du glam rock ? Simon Reynolds s’interroge dans un gros pavé – #Gonzaï
    http://gonzai.com/cinquante-ans-apres-que-reste-t-il-du-glam-rock-simon-reynolds-sinterroge-da

    Le premier livre des #éditions_Audimat est la traduction d’un pavé passionnant de #Simon_Reynolds qui s’intéresse au séisme qu’a constitué le #glam_rock ainsi qu’à ses multiples répliques sismiques, de Marc Bolan et Bowie à Marilyn Manson et Lady Gaga.

    https://editions-audimat.fr/catalogue/simon-reynolds-le-choc-du-glam

  • Gluten, l’ennemi public ? - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/090077-000-A/gluten-l-ennemi-public
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/090077-000-A/1920x1080?ts=1618877236&watermark=true&text=true

    Les cas d’intolérance au gluten explosent et les maladies coeliaques sont quatre fois plus élevées que dans les années 1950. Cette ambitieuse enquête révèle les dommages causés par la dérégulation de notre économie sur le blé, notre aliment de base.

    #glyphosate #pesticides #intrants_chimiques #agroindustrie

  • Cartes sensibles ou subjectives

    Cartographie sensible ou subjective
    Pour Quentin Lefèvre, la cartographie sensible (ou #cartographie_subjective) peut se définir comme un média de restitution de l’#expérience du territoire ou encore comme la "#spatialisation_sensible de données sensibles".
    http://quentinlefevre.com/cartographie-sensible

    Cartographie sensible, émotions et #imaginaire
    #Elise_Olmedo cerne les contours théoriques et méthodologiques de la cartographie sensible, en décrit les étapes de création et s’interroge sur ses impacts, son utilité et ses limites, à partir d’une expérimentation faite sur le terrain au Maroc, à Marrakech, au printemps 2010.
    http://visionscarto.net/cartographie-sensible

    Cartographier les #interstices de la #ville
    En faisant remonter à la surface les éléments du #paysage, l’artiste scénographe #Mathias_Poisson délivre des informations sur l’#ambiance des lieux, qui sensorialisent la carte. Élise Olmedo rend compte de cette #expérience_urbaine subjective dans ce beau billet.
    http://www.strabic.fr/Mathias-Poisson-Cartographier-les-interstices-de-la-ville

    Cartes et cartographie des ressentis et représentations d’individus
    La cartographie d’objets tels que des #ressentis (une gêne) ou des représentations de l’#espace_vécu (un risque) relatés par des individus mobilise des bagages conceptuels et techniques nombreux, nécessitant une mise au point sémantique et méthodologique. Aurélie Arnaud discute l’état de la recherche dans ce domaine dans la revue M@ppemonde.
    https://journals-openedition-org/mappemonde/4666

    Et si les cartes permettaient aussi d’explorer l’#invisible ?
    C’est ce que propose l’atelier pédagogique de la BNF "Les cartes de l’invisible".
    http://c.bnf.fr/JtG

    L’#Otletosphère
    Cette cartographie relationnelle des personnalités et institutions liées à #Paul_Otlet cherche à mettre en visibilité la forte implication de l’auteur au sein des organisations pacifistes internationales ainsi qu’au sein des institutions bibliographiques et documentaires.
    http://hyperotlet.huma-num.fr/otletosphere/117

    Pour une pratique féministe de la #visualisation de données
    #Donna_Haraway, dans son essai fondateur sur les #savoirs_situés, offre une critique brillante non seulement de la représentation visuelle mais de la préférence extrême et perverse donnée aux yeux sur le corps dans la pensée occidentale.
    http://visionscarto.net/visualisation-donnees-feministe
    #feminisme

    Nouvelles cartographies – Lettres du #Tout-Monde
    Ce projet de création expérimental et ouvert à tou.te.s a été lancé par des artistes et journalistes associés au #Labo_148. Quelle sera la cartographie du monde après la crise sanitaire ? Que redéfinit-elle ? Quelles urgences « à rêver un autre rêve, à inventer d’autres espoirs » s’imposent ? Le “Tout-Monde” selon #Edouard_Glissant, est cette inextricabilité de nos devenirs, et en cela, il invite à une poétique active de la #mondialité, de rencontres des imaginaires. Voir notamment l’expérience de Paul Wamo Taneisi : “Je porterai moi-même ma carte géographique”
    http://www.labo148.com/category/nouvelles-cartographies

    #Cartographies_traverses
    « Cartographies traverses » est un dispositif de recherche-création qui regroupe des productions visuelles et sonores traitant des expériences migratoires contemporaines.
    http://visionscarto.net/cartographies-traverses

    Re-dessiner l’expérience, art, sciences, conditions migratoires
    #Sarah_Mekdjian et #Marie_Moreau utilisent la cartographie avec des migrants "pour un autre partage du sensible". Le projet débouche sur l’élaboration d’une très belle carte sensible (à voir).
    http://www.antiatlas-journal.net

    Cartes de migrants
    L’artiste camerounais #Jean_David_Nkot réalise des portraits avec des cartes afin de "représenter les nombreux lieux qui se bousculent dans la tête des migrants" : https://wepresent.wetransfer.com/story/jean-david-nkot

    Cartes d’ici et d’ailleurs
    Favoriser l’inclusion sociale des personnes migrantes en France à travers des ateliers de #cartographie_participative et sensible (CartONG) : tel est l’objectif global du projet “Cartes d’ici et d’ailleurs”, soutenu par la Fondation de France et mis en oeuvre par #CartONG.
    http://veillecarto2-0.fr/2018/12/21/carte-sensible-un-outil-dinclusion-sociale

    #Guerilla_Cartography
    L’objectif de Guerrilla Cartography est d’utiliser l’#art pour promouvoir une #cartographie_collaborative et engagée. Le site rassemble plusieurs atlas originaux et artistiques sur l’#eau, la #nourriture, les migrants.
    http://www.guerrillacartography.org

    Plateforme Art & Géo de Cartes Sensibles
    Proposé par le polau-pôle des arts urbains et #Crévilles, ce site regroupe des cartes artistiques et géographiques qui rendent compte d’un territoire existant en assumant un regard sensible et/ou subjective. Il est conçu comme un outil de ressource et de partage pour chercheurs, artistes et curieux.
    http://polau.org/pacs

    L’art est dans la cARTe
    #Ghislaine_Escande est artiste peintre et plasticienne. Avec ses cARTes, elle redessine le Monde et nous fait voyager.
    http://neocarto.hypotheses.org/10407

    Carte sensible du festival de #Glastonbury
    Le plan du célèbre festival de musique et d’arts de Glastonbury au Royaume-Uni selon The Word Magazine.

    La carte subjective du musicien #Nick_Cave
    Il s’agit d’une affiche de 2006 pour le concert de Nick Cave à Manchester en Angleterre. Elle contient plus de 50 énigmes basées sur les paroles de ses chansons. Voir cette vidéo qui revient sur le sens de cette carte subjective.
    http://www.davidrumsey.com/luna/servlet/s/3ypdis

    Médier les récits de vie. Expérimentations de #cartographies_narratives et sensibles
    Article de Sarah Mekdjian et Élise Olmedo paru en 2016 sur le site de M@ppemonde.
    http://mappemonde.mgm.fr/118as2
    #cartographie_narrative

    Cartographier une année de sa vie
    #Nicholas_Felton est un artiste designer qui traduit les données de la vie quotidienne en objets et en expériences significatives. Il est l’auteur de plusieurs rapports annuels qui résument les événements de l’année en cartes et graphiques rendant compte de son expérience subjective.
    http://feltron.com/FAR08.html

    Cartographie du #confinement en période d’épidémie
    L’artiste britannique #Gareth_Fuller (https://fullermaps.com/artworks/quarantine-maps) raconte en 14 cartes l’expérience de survie que représente la #quarantaine. Un grand nombre de cartes décrivant différents vécus en mode confiné sur Citylab (www.citylab.com/life/2020/04/neighborhood-maps-coronavirus-lockdown-stay-at-home-art/610018/). Le confinement en croquis, vu de France : géographie politique, sociale et culturelle du monde post-Covid19 par #Jérôme_Monnet (Cybergéo : https://journals.openedition.org/cybergeo/34804). Une manière de décaler le regard sur le monde peut être d’utiliser (et d’admirer au passage) les très belles oeuvres de #street-art (https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/street-art/coronavirus-tour-du-monde-des-plus-belles-oeuvres-de-street-art-face-a-) produites dans le contexte de la pandémie. #Virginie_Estève a proposé un projet cartographique à ses élèves de 4e : cartographier leur espace vécu de confinement et aborder le paysage sensible depuis leur fenêtre. La preuve que l’on peut continuer à faire de la géographie et travailler à distance, moyennant quelques aménagements ( voir ce Genialy : https://view.genial.ly/5e80c8155ad5150d93dab237/guide-geographie-du-confinement). Julien Dupont (Kobri), professeur d’histoire-géographie en collège à Vaulx-en-Velin et auteur de fictions radiophoniques et cartographiques, a mis en ligne sur son site Kartokobri (https://kartokobri.wordpress.com) ses cartes quotidiennes du confinement. #SCOPIC (http://www.revuesurmesure.fr/issues/battre-aux-rythmes-de-la-ville/explorations-sensibles-de-notre-1km) s’est interrogée sur l’expérience du kilomètre autour de nos habitats. Pour d’autres liens, consulter le billet "Faire de la géographie en période de confinement" (https://cartonumerique.blogspot.com/2020/03/geographie-et-confinement.html).

    Maps of Home
    "Maps of Home" est une vision nostalgique faite des souvenirs de #Janesville dans le #Wisconsin, où l’auteur a grandi et où il a dû revenir à cause de la pandémie.
    http://moriartynaps.org/maps-of-home

    Suivre ses proches en temps de guerre
    Carte dessinée à la main par ma grand-mère pour suivre les mouvements de mes grands-pères pendant la Seconde Guerre mondiale (1943-1945).
    http://www.reddit.com/comments/be814f

    #Nomadways
    Le groupe Nomadways a invité 24 artistes, éducateurs et travailleurs sociaux à découvrir et explorer l’espace à partir de leurs #émotions et à créer leurs propres cartes subjectives dans un but de construction et d’inclusion communautaires.
    http://nomadways.eu/subjective-mapping-2017-france

    Cartographie autochtone, activités extractives et représentations alternatives
    Le réseau #MappingBack a pour objectif de fournir du soutien cartographique aux membres des communautés autochtones luttant contre les industries extractives sur leur territoire. MappingBack cherche à utiliser la cartographie comme un outil de #résistance.
    http://mappingback.org/home_fr
    #peuples_autochtones #extractivisme

    #Native_land, cartographier les voix autochtones
    Le site Native Land, mis sur pied en 2015 par #Victor_Temprano, propose un outil cartographique participatif permettant une conceptualisation décoloniale des Amériques, du #Groenland, de l’#Australie et de la #Nouvelle-Zélande. Lire la présentation du site.
    http://native-land.ca
    #décolonial

    Cartographie et #langues_autochtones
    #Marlena_Myles utilise son art pour célébrer sa culture et sa langue autochtones ainsi que pour aider le public (notamment les enfants) à comprendre l’importance des traditions et de l’histoire orales autochtones. Ses cartes racontent le passé, le présent et l’avenir du peuple et de la langue du #Dakota.
    http://marlenamyl.es/project/dakota-land-map
    #histoire_orale

    Counter Mapping
    #Jim_Enote, agriculteur #zuni traditionnel dans le Colorado (Etats-Unis), collabore avec des artistes pour créer des cartes qui ramènent une voix et une perspective autochtones à la terre. Ces cartes zunis s’inspirent profondément d’expériences partagées de lieux dans une volonté de #réappropriation du territoire par les #Amerindiens.
    http://emergencemagazine.org/story/counter-mapping

    Cartographie personnelle et subjective de #Mary_Jones
    Au cours de ses dérives dans la ville de #Des_Moines, Mary Jones observe les lieux et les habitant⋅e⋅s, fait des photos, remplit des carnets d’#esquisses, prend des notes, enregistre parfois aussi des sons. Une masse de matériaux bruts qu’elle assemble ensuite en images hybrides (#collages, #superpositions, #sampling_visuels) qui composent une sorte de cartographie personnelle, subjective, voire intime de la cité et de ses marges.
    http://aris.papatheodorou.net/une-flaneuse-a-la-derive

    Cartographier les espaces vécus et les émotions (#Drusec)
    La ville telles qu’elle est vécue par les usagè.re.s de drogue marginalisés de #Bordeaux.
    http://drusec.hypotheses.org/1722

    #Queering_the_Map
    Queering the Map est un projet de cartographie généré par la communauté #queer afin de géolocaliser des moments, des souvenirs et des histoires par rapport à leur espace physique. En cartographiant ces moments éphémères, Queering the Map vise à créer une archive vivante d’expériences queer.
    http://queeringthemap.com

    Cartographie subjective des Etats-Unis par #Paul_Steinberg
    Cette série de vues subjectives des Etats-Unis et du monde a été réalisée par Saul Steinberg pour des couvertures anciennes de magazines (The New Yorker ou autres)
    http://saulsteinbergfoundation.org/essay/view-of-the-world-from-9th-avenue

    La cartographie au service des théories platistes
    La théorie de la Terre Plate perdure jusqu’à aujourd’hui. La réalisation de cartes à l’image de la #terre_plate devient un objet de promotion de ces théories.
    http://veillecarto2-0.fr/2020/09/22/la-cartographie-au-service-des-theories-platistes

    Le monde vu de...
    Une série de vues du monde à partir de #New_York, #San_Francisco et différentes villes des Etats-Unis (lire notre article sur le monde vu de la Silicon Valley).
    https://imgur.com/a/XTnSn#0

    Le monde vu par les Anciens
    Cet atlas de #Karl_Müller de 1874 reproduit "les systèmes géographiques des Anciens" et d’une certaine manière la façon dont ces systèmes de représentation de l’#Antiquité étaient eux-mêmes vus au XIXe siècle.
    http://geodata.mit.edu/catalog/princeton-r207tq824

    L’Europe vue de la Russie
    L’Europe vue de Moscou et l’Asie vue d’#Irkoutsk pendant la Guerre froide (1952).
    https://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/epdn4c/europe_from_moscowasia_from_irkutsk_time_magazine

    Cartographie et subjectivité chez #Alexander_von_Humboldt
    En scrutant minutieusement les différentes cartes réalisées par Alexander #von_Humboldt, on remarque certaines particularités, des mentions qui, à priori, n’auraient pas lieu de s’y trouver tant elles témoignent de la subjectivité de l’auteur.
    http://visionscarto.net/Humboldt-carto-subjective

    Le monde sens dessus dessous
    Un planisphère renversé montrant la Terre vue depuis l’hémisphère sud (à télécharger en haute résolution). Consulter la page des #projections cartographiques (http://cartonumerique.blogspot.com/p/projections-cartographiques.html) pour accéder à d’autres vues renversantes de la Terre.
    https://www.digitalcommonwealth.org/search/commonwealth:9s161j433

    Cartographie ultrapériphérique, et si on changeait de point de vue
    Une carte des territoires ultramarins vus depuis l’hémisphère sud.
    http://www.une-saison-en-guyane.com/extras/carte/carto-ultraperipherie-si-on-changeait-de-point-de-vue%e2%80%89

    Projections du futur
    Les projections du futur seront probablement centrées sur les océans, comme ces deux cartes du monde en projection Mercator oblique qui représentent les continents tout autour d’un océan unique.
    http://rightbasicbuilding.com/2019/09/09/the-world-maps-of-the-future

    Carte subjective de #Paris en 2050
    Cette carte imagine Paris en 2050, lorsque les effets du #réchauffement_climatique se seront durement faits ressentir... si rien n’est fait. Voir notre article de présentation : https://cartonumerique.blogspot.com/2019/02/carto-subjective-geo-prospective.html
    http://www.deuxdegres.net/projects/paris-2050
    #changement_climatique

    Utiliser des #SIG pour cartographier les #pratiques_spatiales
    Des recherches récentes montrent l’intérêt d’utiliser les données fournies par les #réseaux_sociaux pour les cartographier et mettre en évidence des comportements des individus dans l’espace.
    http://www.gislounge.com/using-gis-to-analyze-peoples-attitudes

    Cartographie collaborative
    L’objectif de ce site est de développer un ensemble d’usages pour aider à la dissémination des pratiques collaboratives en matière de cartographie, que ce soit pour le citoyen ou au sein de structures (associations, collectivités, milieu scolaire).
    http://cartographie-collaborative.eu

    #Mapquote
    Le projet collaboratif Mapquote prend la forme d’une #carte_interactive où chaque utilisateur peut déposer une #citation de #romans où il est question de cartes.
    http://neocarto.hypotheses.org/6502

    L’usage de Google Maps dans « #Netherland »
    Netherland est une belle réflexion désabusée sur les lieux et le déplacement, l’#espace et la #séparation, le fait de pouvoir être physiquement dans un lieu et mentalement dans un autre. Google Maps n’intervient que dans deux courts passages au début et à la fin du livre (source : Spacefiction)
    http://spacefiction.fr/2009/11/01/google-maps-enters-litteraturegoogle-maps-entre-dans-la-litterature

    #Hoodmaps
    Hoodmaps permet de créer des cartes participatives pour éviter les #pièges_à_touristes et fréquenter les quartiers branchés de la ville. La typologie est assez basique, voire un peu réductrice : entre les “hipsters”, les touristes, les étudiants, les “riches”, les “costards” et les “normaux”, mais permet de rapidement identifier les différents quartiers d’une ville.
    http://hoodmaps.com

    Apprendre sur le territoire en représentant son territoire
    Carte sensible élaborée par une classe de 1re ES qui montre la vision de leur lycée. A compléter par l’interview de Sophie Gaujal pour le Café pédagogique : L’approche sensible en cours de géographie, un ingrédient du bonheur ?
    http://hal.archives-ouvertes.fr

    Cartographie ton quartier
    Les cartes postales géocartographiques permettent d’articuler géographie spontanée et géographie raisonnée. Organisé par Sophie Gaujal, en partenariat avec le Café pédagogique, la Cité de l’architecture et l’IGN, le concours Cartographie ton quartier récompense les cartes postales cartographiques réalisées par des classes.
    http://blog.ac-versailles.fr/geophotographie

    Atelier de cartographie sensible (Ehess)
    La plateforme SIG de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, met à disposition des ressources sur la cartographie sensible dans le cadre des ateliers Géomatique et humanités numériques qu’elle organise, notamment sur Gennevilliers.
    http://psig.huma-num.fr/cartes-sensibles

    #Cartes_mentales dans le nord de #Marseille
    Ce billet de #Jérémy_Garniaux relate un atelier « cartes mentales » mené à Marseille, dans les 14, 15 et 16e arrondissements, par une plate-forme culturelle hors-les-murs constituée de cinq structures culturelles du Nord de Marseille.
    http://www.mapper.fr/cartes-mentales-dans-le-nord-de-marseille

    Chicago HomeStories Project
    Le projet est né à #Chicago et commence à se diffuser dans le monde. Il s’agit d’encourager les citoyens par des #marches_civiques à en savoir plus sur leur quartier.
    http://www.nationalgeographic.org/projects/out-of-eden-walk/blogs/lab-talk/2021-04-chicago-homestories-goes-global

    Concours #cartographie_imaginaire
    Cartographier la ville de demain, son quartier dans le futur, son école ou son collège idéal...
    http://www.concourscarto.com/accueil-cci

    Concours de dessin de cartes du monde pour enfants
    Le concours #Barbara_Petchenik est un concours biennal de dessin de carte destiné aux enfants. Il a été créé par l’Association cartographique internationale en 1993 dans le but de promouvoir la représentation créative du monde sous forme graphique par les enfants.
    http://icaci.org/petchenik

    Lignes d’erre - Les cartes de #Fernand_Deligny
    Pendant des années, Deligny a dessiné et fait dessiner des cartes de ce qu’il appelle leurs #lignes_d’erre, soit les trajets « libres » des #enfants sur leur aire de séjour. Il a perçu, par l’observation, que les autistes avaient une autre façon d’être au monde, une autre manière d’incarner l’humain.
    http://culture.univ-lille1.fr/fileadmin/lna/lna60/lna60p34.pdf

    La carte sensible de #Boulogne-Billancourt
    Un projet pédagogique conduit par une équipe d’enseignants du lycée J. Prévert de Boulogne-Billancourt avec des classes de Seconde.
    http://www.cafepedagogique.net

    La "carte du Tendre" de #Nantes
    #Gwenaëlle_Imhoff et #Emilie_Arbey, professeures de français et d’histoire géographie au collège Gutenberg de Saint-Herblain ont amené leurs 4èmes à réaliser de nouvelles « Cartes du Tendre » à la manière de Madame de Scudéry pour inventer « une géographie nantaise de l’Amour ». Enjeu de ce travail créatif et collaboratif, visuel et oral : aider les élèves à s’approprier « l’espace urbain proche et pourtant trop souvent lointain ».
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/08/31082020Article637344555283464848.aspx
    http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/lettres/continuite-pedgogique-et-numerique-en-lettres-carte-du-tendre-pr

    Cartographier l’#insécurité au collège
    Professeure d’histoire-géographie au collège Molière de Beaufort en Anjou, #Anaïs_Le_Thiec lance sa classe de 5ème dans une cartographie sensible du collège. Elle les invite à libérer leur parole via une #storymap.
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/10/18102019Article637069844590338061.aspx

    Dans ma ville on traîne
    Visite guidée et habitée par le rappeur #Orelsan, qui propose une description de la ville de #Caen. L’intérêt principal est de rappeler qu’un espace géographique, avant d’être un objet d’étude, reste surtout un lieu de vie que l’on habite. Le rappeur énumère ses souvenirs d’enfant, d’adolescent, d’étudiant. Ce faisant, il raconte SA ville. Il associe chaque action passée au lieu où elle s’est déroulée.
    http://lhistgeobox.blogspot.com/2020/10/dans-ma-ville-on-traine-visite-guidee.html

    Des lieux où l’on exprime ses sentiments
    Carte interactive des lieux où les étudiants ont déclaré avoir pleuré sur le campus de l’université de Waterloo aux Etats-Unis (avec les commentaires). Cela correspondrait-il aux bâtiments de sciences et de mathématiques ?
    http://www.reddit.com/r/dataisbeautiful/comments/l3t3xx/oc_an_interactive_map_of_where_students_have

    Psycho-géographie de la ville de #Gibellina
    Quand les artistes essaient de tromper les algorithmes de télédétection. C’est ce qu’a fait l’artiste #Burri avec une oeuvre d’art gigantesque couvrant les ruines de la vieille ville de Gibellina en Italie (à voir dans Google Maps)
    http://www.archdaily.com/958178/the-psycho-geography-of-the-cretto-di-burri

    Lyon-La Duchère 2030 : imaginer des scénarios prospectifs
    Ces #scénarios prospectifs sont proposés par des élèves de 2nde du Lycée La Martinière-Duchère concernant le projet d’aménagement urbain #Lyon-La Duchère 2030.
    http://canabae.enseigne.ac-lyon.fr/spip/spip.php?article1103

    #Cartographie_sonore du quartier de l’Union (#Lille - #Roubaix - #Tourcoing)
    Réalisé dans le cadre du projet de recherche Géographie et prospective piloté par l’IFE, cette expérimentation pédagogique a permis de découvrir par l’expérience spatiale un projet d’#aménagement_urbain d’envergure (son évolution, ses acteurs et ses enjeux) dans l’environnement proche des élèves, en privilégiant une géographie fondée sur l’expérience du terrain.
    http://ife.ens-lyon.fr/geo-et-prospective/projet/cartographie-sonore-du-quartier-de-lunion

    #Cartophonies
    Comment sonne le monde ? Le site « Cartophonies » a pour objectif d’explorer l’#expérience_sonore contemporaine et d’aider a les prendre en compte dans l’avenir et dans les projets de transformation. Il contribue à construire une connaissance des milieux habités, du vécu des espaces et des ambiances contemporaines, celles du passé proche comme celles du futur.
    http://www.cartophonies.fr
    #son

    Cartes et mise en récit des mobilités
    Dans le cadre d’une recherche doctorale, #Sylvie_Joublot-Ferré étudie les spatialités des adolescents en s’appuyant sur la cartographie de leurs déplacements quotidiens enregistrés sous forme de traces GPS et en analysant ces cartes comme des #récits_de_vie.
    http://www.researchgate.net
    http://www.radiobus.fm/episode/interview-de-sylvie-joublot-ferre-hepl

    Comment les enfants ont perdu le droit de se déplacer
    Carte montrant le territoire pratiqué pendant l’enfance sur quatre générations à #Sheffield.
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-462091/How-children-lost-right-roam-generations.html

    Comment les jeunes géographes ressentent-ils le monde contemporain ?
    Un exercice de cartographie sensible proposé à des étudiants de master destinés à s’orienter vers le monde associatif donne un regard sur leurs représentations du monde. Environnement menacé, mobilités généralisées, et questionnements autour de la mondialisation émergent de ces cartes mentales, témoignant des inquiétudes d’une génération.
    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/carte-a-la-une/cartographie-emotions-monde-contemporain

    « Mais madame, je n’y suis jamais allé ! »
    Un #voyage_virtuel à #La_Réunion à travers la confection de #cartes_postales sensibles par des élèves de lycée professionnel. La #géographie_expérientielle ce n’est pas seulement du vécu, ce sont aussi (et surtout) des représentations (article extrait des Cahiers pédagogique, n° 559 "L’aventure de la géographie".
    http://www.cahiers-pedagogiques.com/Mais-madame-je-n-y-suis-jamais-alle

    Tour de la France par deux enfants (G. Bruno)
    Cet ouvrage constitue l’archétype du roman scolaire géographique. Réédité de nombreuses fois depuis sa sortie en 1877, l’ouvrage a connu un énorme succès (plus de 9 millions d’exemplaires), contribuant à façonner une image du territoire national.
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5684551x

    Une géographie subjective à travers les romans d’aventure pour la jeunesse
    Aurélie Gille Comte-Sponville, Modernité et archaïsme des lieux dans les romans d’enquête et d’aventure pour la jeunesse pendant les Trente Glorieuses en France, thèse soutenue en 2016. L’importance des lieux correspond à la quête d’une #utopie de l’enfance éternelle, qui figerait non seulement les héros dans la perfection de leur âge, mais aussi les lieux, dans une forme d’uchronie idéalisée.
    http://www.theses.fr/2016ARTO0008

    Le #Londres des romans de #John_Le_Carré
    #Mike_Hall a été chargé de dessiner pour l’éditeur Penguin Books la carte des personnages, des lieux et des scènes de romans d’espionnage de John Le Carré.
    http://thisismikehall.com/smileyslondon

    La carte de la classe de khâgne
    Cartographie subjective de la classe khâgne par Gus (@ecsolius) : quand un khagneux dresse la carte symbolique d’une année en prépa littéraire
    http://twitter.com/ecsolius/status/1292071140047937536

    La carte des mathématiques
    La carte du "#Mathematistan" représente les rapports ambigus que l’on peut avoir les #mathématiques. Une région souvent inaccessible ?
    http://www.reddit.com/r/math/comments/2av79v/map_of_mathematistan_source_in_comments

    Cartographie de son appartement
    Géographie de mon appartement vu par Thibaut Sardier.
    http://twitter.com/tsardier/status/1326832393655816192

    Cartographie imaginaire du nourrisson
    @LittleBigData suit, en infographies et sur les réseaux sociaux, les tourments et les joies de #jeunes_parents (voir cette présentation). Le résultat est un cartographie imaginaire des premiers mois de la vie d’un enfant. Avec une magnifique carte de la première année extraite de l’ouvrage Le Bébégraphe publié par Claire Dealberto et Jules Grandin aux éditions Les Arènes en 2021.
    http://twitter.com/LittleBigData_/status/1263721598076555265

    Carte des #lieux_communs
    De "l’usine à gaz" au "terrain d’entente", @LaMineComics passe en revue tous nos lieux communs inspirés de métaphores géographiques.
    http://twitter.com/LaMineComics/status/1097068721846321152

    https://cartonumerique.blogspot.com/p/cartes-sensibles.html

    #cartographie_sensible #bibliographie #ressources_pédagogiques

    ping @visionscarto @odilon @reka

  • Morgan Large, journaliste victime de malveillance : “Je casse le roman agricole breton” | Louis Borel
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/morgan-large-journaliste-victime-de-malveillance-je-casse-le-roman-agricole

    Journaliste à Radio Kreizh Breizh, Morgan Large a subi insultes, menaces et sabotage : des tentatives d’intimidations pour avoir dénoncé les dérives de l’agriculture intensive en Bretagne. Aujourd’hui, la journaliste souhaite porter plainte. Et compte poursuivre ses enquêtes. Source : Télérama.fr

  • Deux îles bretonnes interdites au public cet été pour protéger les oiseaux - Geo.fr
    https://www.geo.fr/environnement/deux-iles-bretonnes-interdites-au-public-pour-proteger-les-oiseaux-204355

    Pour permettre aux espèces d’#oiseaux de l’#archipel des #Glénan de se reproduire sans être dérangés par les touristes, deux îles seront fermées au public durant les étés 2021 et 2022.

    Le confinement du printemps 2020 avait été bénéfique pour les nombreuses espèces d’oiseaux qui habitent l’archipel de Glénan en Bretagne. « Ce joyau constitue un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux protégés en période de reproduction. En effet, les #sternes, les #gravelots à collier interrompu, les #huitriers pie et les #goélands font leur nid à même le sol », explique la préfecture du Finistère dans un communiqué.

  • ‘A system of #global_apartheid’ : author #Harsha_Walia on why the border crisis is a myth

    The Canadian organizer says the actual crises are capitalism, war and the climate emergency, which drive mass migration.

    The rising number of migrant children and families seeking to cross the US border with Mexico is emerging as one of the most serious political challenges for Joe Biden’s new administration.

    That’s exactly what Donald Trump wants: he and other Republicans believe that Americans’ concerns about a supposed “border crisis” will help Republicans win back political power.

    But Harsha Walia, the author of two books about border politics, argues that there is no “border crisis,” in the United States or anywhere else. Instead, there are the “actual crises” that drive mass migration – such as capitalism, war and the climate emergency – and “imagined crises” at political borders, which are used to justify further border securitization and violence.

    Walia, a Canadian organizer who helped found No One Is Illegal, which advocates for migrants, refugees and undocumented people, talked to the Guardian about Border and Rule, her new book on global migration, border politics and the rise of what she calls “racist nationalism.” The conversation has been edited for length and clarity.

    Last month, a young white gunman was charged with murdering eight people, most of them Asian women, at several spas around Atlanta, Georgia. Around the same time, there was increasing political attention to the higher numbers of migrants and refugees showing up at the US-Mexico border. Do you see any connection between these different events?

    I think they are deeply connected. The newest invocation of a “border surge” and a “border crisis” is again creating the spectre of immigrants and refugees “taking over.” This seemingly race neutral language – we are told there’s nothing inherently racist about saying “border surge”– is actually deeply racially coded. It invokes a flood of black and brown people taking over a so-called white man’s country. That is the basis of historic immigrant exclusion, both anti-Asian exclusion in the 19th century, which very explicitly excluded Chinese laborers and especially Chinese women presumed to be sex workers, and anti-Latinx exclusion. If we were to think about one situation as anti-Asian racism and one as anti-Latinx racism, they might seem disconnected. But both forms of racism are fundamentally anti-immigrant. Racial violence is connected to the idea of who belongs and who doesn’t. Whose humanity is questioned in a moment of crisis. Who is scapegoated in a moment of crisis.

    How do you understand the rise of white supremacist violence, particularly anti-immigrant and anti-Muslim violence, that we are seeing around the world?

    The rise in white supremacy is a feedback loop between individual rightwing vigilantes and state rhetoric and state policy. When it comes to the Georgia shootings, we can’t ignore the fact that the criminalization of sex work makes sex workers targets. It’s not sex work itself, it’s the social condition of criminalization that creates that vulnerability. It’s similar to the ways in which border vigilantes have targeted immigrants: the Minutemen who show up at the border and harass migrants, or the kidnapping of migrants by the United Constitutional Patriots at gunpoint. We can’t dissociate that kind of violence from state policies that vilify migrants and refugees, or newspapers that continue to use the word “illegal alien”.

    National borders are often described as protecting citizens, or as protecting workers at home from lower-paid workers in other countries. You argue that borders actually serve a very different purpose.

    Borders maintain a massive system of global apartheid. They are preventing, on a scale we’ve never seen before, the free movement of people who are trying to search for a better life.

    There’s been a lot of emphasis on the ways in which Donald Trump was enacting very exclusionary immigration policies. But border securitization and border controls have been bipartisan practices in the United States. We saw the first policies of militarization at the border with Mexico under Bill Clinton in the late 90s.

    In the European context, the death of [three-year-old Syrian toddler] Alan Kurdi, all of these images of migrants drowning in the Mediterranean, didn’t actually lead to an immigration policy that was more welcoming. Billions of euros are going to drones in the Mediterranean, war ships in the Mediterranean. We’re seeing the EU making trade and aid agreements it has with countries in the Sahel region of Africa and the Middle East contingent on migration control. They are relying on countries in the global south as the frontiers of border militarization. All of this is really a crisis of immobility. The whole world is increasingly becoming fortified.

    What are the root causes of these ‘migration crises’? Why is this happening?

    What we need to understand is that migration is a form of reparations. Migration is an accounting for global violence. It’s not a coincidence that the vast number of people who are migrants and refugees in the world today are black and brown people from poor countries that have been made poor because of centuries of imperialism, of empire, of exploitation and deliberate underdevelopment. It’s those same fault lines of plunder around the world that are the fault lines of migration. More and more people are being forced out of their land because of trade agreements, mining extraction, deforestation, climate change. Iraq and Afghanistan have been for decades on the top of the UN list for displaced people and that has been linked to the US and Nato’s occupations of those countries.

    Why would governments have any interest in violence at borders? Why spend so much money on security and militarization?

    The border does not only serve to exclude immigrants and refugees, but also to create conditions of hyper exploitation, where some immigrants and refugees do enter, but in a situation of extreme precarity. If you’re undocumented, you will work for less than minimum wage. If you attempt to unionize, you will face the threat of deportation. You will not feel you can access public services, or in some cases you will be denied public services. Borders maintain racial citizenship and create a pool of hyper-exploitable cheapened labor. People who are never a full part of the community, always living in fear, constantly on guard.

    Why do you choose to put your focus on governments and their policies, rather than narratives of migrants themselves?

    Border deaths are presented as passive occurrences, as if people just happen to die, as if there’s something inherently dangerous about being on the move, which we know is not the case. Many people move with immense privilege, even luxury. It’s more accurate to call what is happening to migrants and refugees around the world as border killings. People are being killed by policies that are intended to kill. Literally, governments are hoping people will die, are deliberating creating conditions of death, in order to create deterrence.

    It is very important to hold the states accountable, instead of narratives where migrants are blamed for their own deaths: ‘They knew it was going to be dangerous, why did they move?’ Which to me mimics the very horrible tropes of survivors in rape culture.

    You live in Canada. Especially in the United States, many people think of Canada as this inherently nice place. Less racist, less violent, more supportive of refugees and immigrants. Is that the reality?

    It’s totally false. Part of the incentive of writing this second book was being on a book tour in the US and constantly hearing, ‘At least in Canada it can’t be as bad as in the US.’ ‘Your prime minister says refugees are welcome.’ That masks the violence of how unfree the conditions of migration are, with the temporary foreign worker program, which is a form of indentureship. Workers are forced to live in the home of their employer, if you’re a domestic worker, or forced to live in a labor camp, crammed with hundreds of people. When your labor is no longer needed, you’re deported, often with your wages unpaid. There is nothing nice about it. It just means Canada has perfected a model of exploitation. The US and other countries in Europe are increasingly looking to this model, because it works perfectly to serve both the state and capital interests. Capital wants cheapened labor and the state doesn’t want people with full citizenship rights.

    You wrote recently that ‘Escalating white supremacy cannot be dealt with through anti-terror or hate crime laws.’ Why?

    Terrorism is not a colorblind phenomena. The global war on terror for the past 20 years was predicated around deeply Islamophobic rhetoric that has had devastating impact on Black and Brown Muslims and Muslim-majority countries around the world. I think it is implausible and naive to assume that the national security infrastructure, or the criminal legal system, which is also built on racialized logics, especially anti-black racism – that we can somehow subvert these systems to protect racialized communities. It’s not going to work.

    One of the things that happened when the Proud Boys were designated as a terrorist organization in Canada is that it provided cover to expand this terror list that communities have been fighting against for decades. On the day the Proud Boys were listed, a number of other organizations were added which were part of the Muslim community. That was the concern that many of us had: will this just become an excuse to expand the terrorist list rather than dismantle it? In the long run, what’s going to happen? Even if in some miraculous world the Proud Boys and its members are dismantled, what’s going to happen to all the other organizations on the list? They’re still being criminalized, they’re still being terrorized, they’re still being surveilled.

    So if you don’t think the logics of national security or criminal justice will work, what do you think should be done about escalating white supremacist violence?

    I think that’s the question: what do we need to be doing? It’s not about one arm of the state, it’s about all of us. What’s happening in our neighborhoods, in our school systems, in the media? There’s not one simple fix. We need to keep each other safe. We need to make sure we’re intervening whenever we see racial violence, everything from not letting racist jokes off the hook to fighting for systemic change. Anti-war work is racial justice work. Anti-capitalist work is racial justice work.

    You advocate for ending border imperialism, and ending racial capitalism. Those are big goals. How do you break that down into things that one person can actually do?

    I actually found it harder before, because I would try things that I thought were simple and would change the world, and they wouldn’t. For me, understanding how violences are connected, and really understanding the immensity of the problem, was less overwhelming. It motivated me to think in bigger ways, to organize with other people. To understand this is fundamentally about radical, massive collective action. It can’t rely on one person or even one place.

    https://www.theguardian.com/world/2021/apr/07/us-border-immigration-harsha-walia
    #apartheid #inégalités #monde #migrations #frontières #réfugiés #capitalisme #guerres #conflits #climat #changement_climatique #crises #crise #fermeture_des_frontières #crises_frontalières #violence #racisme #discriminations #exclusion #anti-migrants #violence_raciale #suprématisme_blanc #prostitution #criminalisation #vulnérabilité #minutemen #militarisation_des_frontières #USA #Mexique #Etats-Unis #politique_migratoire #politiques_migratoires #Kurdi #Aylan_Kurdi #Alan_Kurdi #impérialisme #colonialisme #colonisation #mourir_aux_frontières #décès #morts

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  • How Vaccine Passports Will Worsen Inequities In Global Health | Nature Portfolio Microbiology Community
    http://naturemicrobiologycommunity.nature.com/posts/how-vaccine-passports-will-worsen-inequities-in-

    How Vaccine Passports Will Worsen Inequities In Global Health. Even before Covid-19, high-income countries dominated all aspects of global health, including the ability to travel. Vaccine passports will make it harder for global health professionals from low/middle income countries to travel, attend meetings, get training, immigrate, or assume leadership roles
    Global health is neither global nor diverse. We knew that, even before Covid-19 came along. Folks in high-income countries (HIC) dominated all aspects of global health, including the ability to travel freely “to the field”, to host & attend conferences in HICs, to consult, to serve on international panels, and to conduct research in any setting. In fact, most global health conferences are hosted in HICs and ‘conference inequity’ is common in global health, with low and middle-income countries (LMICs) attendees under-represented at global health conferences.With HICs beginning to implement Covid-19 vaccine passports, things could get much worse for LMIC folks in global health, and further privilege HIC folks who dominate global health. Let me explain why.
    Even before Covid-19, reciprocity was a major challenge in global health. Every year, large numbers of HIC trainees and researchers visit LMICs to engage in global health missions, clinical tourism, research and consultancy work. Reciprocity would require HIC institutions, in return, to host LMIC trainees and experts. This rarely happens, as I have described in my 2-part article in Forbes.One of the major reasons for lack of reciprocity is passport and visa privilege. Not everyone has a passport that can open doors, and nearly all HICs have huge visa restrictions and entry barriers. Even when HIC institutions invite LMIC experts and offer to pay for their visits, they struggle to get visas and often pay a lot for them. Visa denials can be traumatic. I know this from personal experience.Now, with Covid-19, things are rapidly worsening, with widening income inequity, and vaccine inequities in terms of who is able to access Covid-19 shots. More than half a billion vaccine doses have been administered worldwide so far, and well over three-quarters of them have been used by the world’s richest countries. It might take many years for LMICs to reach a high level of vaccine coverage. The graphic below from NYT is quite striking. This widespread vaccine inequity (’vaccine apartheid’) automatically guarantees that HIC folks will be able to resume traveling for global health work, but LMIC folks will not. Most conferences and meetings in HICs might be out of bounds for LMIC experts, further sideling their expertise and their ability to assume leadership roles in global health. Most global health degrees are concentrated in HICs, and these programs will be harder to access for trainees in LMICs. Closure of borders and scale-back of immigration and refugee programs will further exacerbate the lack of diversity and inclusion that is widespread in global health. As airlines struggle with the economic collapse, flights will likely become more expensive and further penalize folks from LMICs. In essence, global health will become an even bigger one-way street than it already is!In this powerful blog post, Nihan Albayrak-Aydemir counts the costs and missed research and career opportunities for passport-holders from the Global South. Every single cost and barrier she lists will likely get worse with Covid-19 vaccine passport and testing requirements for travel. compared to those who have passport privileges, international scholars may lack opportunities for building international collaborations, giving invited talks or lectures abroad, attending international events or conferences, and serving on international disciplinary organisations to voice their perspective. This state of affairs has an impact on the long-term career trajectories of international academics as they encounter penalties for the lack of these experiences on their CV. Subsequently, it does not come as a surprise that Global South scholars may look less capable in comparison to their Western counterparts when it comes to job applications - Nihan Albayrak-Aydemir
    As Maryn McKenna put it, “the arrival of vaccine passports could let affluent societies reach the far side of the pandemic while poor ones are still waiting to be protected from it, reinforcing the economic divides that the pandemic made so evident.”"The entrenched tiering globally that has always existed is being perpetuated, albeit unintentionally, as vaccine passports will effectively prioritize the mobility of people who are already privileged. The future requirement of digital documentation that demonstrates Covid-19 vaccine status may exacerbate inequality and leave many behind," wrote Joshua Cohen in this recent Forbes article.If there is one silver lining, it is that the pandemic has allowed us to re-imagine global health education. As described in a recent article by 20 global health professors, global health teaching can be improved by using Covid-19 as a teachable moment to focus on equity and human rights as a central theme. The online format allows instructors to center voices from the Global South, Indigenous scholars, and individuals with lived experience of oppression and resilience. Remote teaching also helps us reach wider and diverse audiences, including groups that may not be enrolled in traditional degree programs. As global meetings, conferences and courses move online, it has definitely made it easier for our colleagues from LMICs to share their knowledge and expertise.But any discussion on online technologies must consider the digital divide. Poor internet connectivity is still a big challenge for many LMICs, and might worsen inequities by favoring affluent participants in larger cities and middle-income countries. A sudden, dramatic shift to online learning as a result of the Covid-19 pandemic risks widening educational inequalities.In summary, the power asymmetry and supremacy that pervades all aspects of global health will further privilege HIC folks, with the advent of vaccine passports, which exacerbates the inequities already seen in vaccine access. People and institutions who care about global health must work harder to advocate for vaccine equity, and against the use of vaccine passports to discriminate against trainees and professionals in the Global South.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#globalsouth#inegalite#passeportvaccinal#edication#circulation#frontiere#discrimination

  • Les Émotions de la Terre - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Les-Emotions-de-la-Terre

    Le récit d’Albrecht est simple comme un film hollywoodien, bien trop simple. Et il est en fin de compte faux. « À qui profitent in fine l’exploitation de ces mines à ciel ouvert et l’écrêtage des montagnes pour extraire le charbon ? » À l’humanité, bien entendu, riches et pauvres communiant dans leur contentement d’avoir de l’électricité, et non aux compagnies multinationales de l’énergie qui se sont battues contre la prise de conscience du changement climatique et qui se battent encore contre des mesures politiques volontaristes pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre des pays les plus responsables du changement climatique. Il faudra attendre la page 163 pour entendre parler de « rapports sociaux pathologiques » (un peu, oui) et la page 166 pour qu’il soit enfin question du capitalisme.

    […]

    Quand à l’anarchisme… si c’était une absence de considération pour les rapports de pouvoir dans le monde social, pourquoi pas, seulement voilà, l’anarchisme combat ces rapports d’abord en les dévoilant, tandis qu’Albrecht les nie.

    […]

    Cette allusion à la biodynamie est complétée par une présentation sommaire de la pensée de Rudolf Steiner, expert en tout (agronomie, architecture, médecine, pédagogie et bien sûr philosophie) et maître à penser d’un mouvement parfois qualifié de sectaire qui livre le même gloubi-boulga indigeste sur les émotions, la connexion avec les énergies de la nature, etc.

    […]

    Le dernier chapitre, le plus « politique », multiplie les erreurs et les imprécisions et continue à fatiguer la lectrice de bonne volonté. Une seule réflexion intéressante dans tout le livre, celle de la taille idéale d’une communauté politique.

    […]

    Maigre récolte pour trois cents pages, et rien sur une question assez proche, celle de la technique et du degré de complexité à partir duquel une technique dégrade le rapport des humains entre eux et avec la nature.

    #recension #Aude_Vidal #Glenn_Albrecht #livre #solastalgie #écologie #apolitique

  • #Evelop / #Barceló_Group : deportation planes from Spain

    The Barceló Group is a leading Spanish travel and hotel company whose airline Evelop is an eager deportation profiteer. Evelop is currently the Spanish government’s main charter deportation partner, running all the country’s mass expulsion flights through a two-year contract, while carrying out deportations from several other European countries as well.

    This profile has been written in response to requests from anti-deportation campaigners. We look at how:

    - The Barceló Group’s airline Evelop has a €9.9m, 18-month deportation contract with the Spanish government. The contract is up for renewal and Barceló is bidding again.
    - Primary beneficiaries of the contract alternate every few years between Evelop and Globalia’s Air Europa.
    – Evelop also carried out deportations from the UK last year to Jamaica, Ghana and Nigeria.
    – The Barceló Group is run and owned by the Barceló family. It is currently co-chaired by the Barceló cousins, Simón Barceló Tous and Simón Pedro Barceló Vadell. Former senator Simón Pedro Barceló Vadell, of the conservative Partido Popular (PP) party, takes the more public-facing role.
    – The company is Spain’s second biggest hotel company, although the coronavirus pandemic appears to have significantly impacted this aspect of its work.

    What’s the business?

    The Barceló Group (‘#Barceló_Corporación_Empresarial, S.A.’) is made up of the #Barceló_Hotel_Group, Spain’s second largest hotel company, and a travel agency and tour operator division known as #Ávoris. Ávoris runs two airlines: the Portuguese brand #Orbest, which anti-deportation campaigners report have also carried out charter deportations, and the Spanish company, #Evelop, founded in 2013.

    The Barceló Group is based in Palma, #Mallorca. It was founded by the Mallorca-based Barceló family in 1931 as #Autocares_Barceló, which specialised in the transportation of people and goods, and has been managed by the family for three generations. The Barceló Group has a stock of over 250 hotels in 22 countries and claims to employ over 33,000 people globally, though we don’t know if this figure has been affected by the coronavirus pandemic, which has caused massive job losses in the tourism industry.

    The Hotel division has four brands: #Royal_Hideaway_Luxury_Hotels & Resorts; #Barceló_Hotels & Resorts; #Occidental_Hotels & Resorts; and #Allegro_Hotels. The company owns, manages and rents hotels worldwide, mostly in Spain, Mexico and the US. It works in the United States through its subsidiary, Crestline Hotels & Resorts, which manages third-party hotels, including for big brands like Marriott and Hilton.

    Ávoris, the travel division, runs twelve tour brands, all platforms promoting package holidays.

    Their airlines are small, primarily focused on taking people to sun and sand-filled holidays. In total the Barceló Group airlines have a fleet of just nine aircraft, with one on order, according to the Planespotters website. However, three of these have been acquired in the past two years and a fourth is due to be delivered. Half are leased from Irish airplane lessor Avolon. Evelop serves only a few routes, mainly between the Caribbean and the Iberian peninsula, as well as the UK.

    Major changes are afoot as Ávoris is due to merge with #Halcón_Viajes_and_Travelplan, both subsidiaries of fellow Mallorcan travel giant #Globalia. The combined entity will become the largest group of travel agencies in Spain, employing around 6,000 people. The Barceló Group is due to have the majority stake in the new business.

    Barceló has also recently announced the merger of Evelop with its other airline Orbest, leading to a new airline called Iberojet (the name of a travel agency already operated by Ávoris).

    The new airline is starting to sell scheduled flights in addition to charter operations. Evelop had already announced a reduction in its charter service, at a time when its scheduled airline competitors, such as #Air_Europa, have had to be bailed out to avoid pandemic-induced bankruptcy. Its first scheduled flights will be mainly to destinations in Central and South America, notably Cuba and the Domican Republic, though they are also offering flights to Tunisia, the Maldives and Mauritius.

    Deportation dealers

    Evelop currently holds the contract to carry out the Spanish government’s mass deportation flights, through an agreement made with the Spanish Interior Ministry in December 2019. Another company, Air Nostrum, which operates the Iberia Regional franchise, transports detainees within Spain, notably to Madrid, from where they are deported by Evelop. The total value of the contract for the two airlines is €9.9m, and lasts 18 months.

    This is the latest in a long series of such contracts. Over the years, the beneficiaries have alternated between the Evelop- #Air_Nostrum partnership, and another partnership comprising Globalia’s #Air_Europa, and #Swiftair (with the former taking the equivalent role to that of Evelop). So far, the Evelop partnership has been awarded the job twice, while its Air Europa rival has won the bidding three times.

    However, the current deal will end in spring 2021, and a new tender for a contract of the same value has been launched. The two bidders are: Evelop-Air Nostrum; and Air Europa in partnership with #Aeronova, another Globalia subsidiary. A third operator, #Canary_Fly, has been excluded from the bidding for failing to produce all the required documentation. So yet again, the contract will be awarded to companies either owned by the Barceló Group or Globalia.

    On 10 November 2020, Evelop carried out the first charter deportations from Spain since the restrictions on travel brought about by the cCOVID-19 pandemic. On board were 22 migrants, mostly Senegalese, who had travelled by boat to the Canary Islands. Evelop and the Spanish government dumped them in Mauritania, under an agreement with the country to accept any migrants arriving on the shores of the Islands. According to El País newspaper, the number of actual Mauritanians deported to that country is a significant minority of all deportees. Anti-deportation campaigners state that since the easing up of travel restrictions, Evelop has also deported people to Georgia, Albania, Colombia and the Dominican Republic.

    Evelop is not only eager to cash in on deportations in Spain. Here in the UK, Evelop carried out at least two charter deportations last year: one to Ghana and Nigeria from Stansted on 30 January 2020; and one to Jamaica from Doncaster airport on 11 February in the same year. These deportations took place during a period of mobile network outages across Harmondsworth and Colnbrook detention centres, which interfered with detainees’ ability to access legal advice to challenge their expulsion, or speak to loved ones.

    According to campaigners, the company reportedly operates most of Austria and Germany’s deportations to Nigeria and Ghana, including a recent joint flight on 19 January. It also has operated deportations from Germany to Pakistan and Bangladesh.

    Evelop is not the only company profiting from Spain’s deportation machine. The Spanish government also regularly deports people on commercial flights operated by airlines such as Air Maroc, Air Senegal, and Iberia, as well as mass deportations by ferry to Morocco and Algeria through the companies #Transmediterránea, #Baleària and #Algérie_Ferries. #Ferry deportations are currently on hold due to the pandemic, but Air Maroc reportedly still carry out regular deportations on commercial flights to Moroccan-occupied Western Sahara.

    Where’s the money?

    The financial outlook for the Barceló Group as a whole at the end of 2019 seemed strong, having made a net profit of €135 million.

    Before the pandemic, the company president said that he had planned to prioritise its hotels division over its tour operator segment, which includes its airlines. Fast forward a couple of years and its hotels are struggling to attract custom, while one of its airlines has secured a multimillion-euro deportation contract.

    Unsurprisingly, the coronavirus pandemic has had a huge impact on the Barceló Group’s operations. The company had to close nearly all of its hotels in Europe, the Middle East and Africa during the first wave of the pandemic, with revenue down 99%. In the Caribbean, the hotel group saw a 95% drop in revenue in May, April and June. They fared slightly better in the US, which saw far fewer COVID-19 restrictions, yet revenue there still declined 89%. By early October, between 20-60% of their hotels in Europe, the Middle East and the Caribbean had reopened across the regions, but with occupancy at only 20-60%.

    The company has been negotiating payments with hotels and aircraft lessors in light of reduced demand. It claims that it has not however had to cut jobs, since the Spanish government’s COVID-19 temporary redundancy plans enable some workers to be furloughed and prevent employers from firing them in that time.

    Despite these difficulties, the company may be saved, like other tourism multinationals, by a big bailout from the state. Barceló’s Ávoris division is set to share a €320 million bailout from the Spanish government as part of the merger with Globalia’s subsidiaries. Is not known if the Barceló Group’s hotel lines will benefit from state funds.

    Key people

    The eight members of the executive board are unsurprisingly, male, pale and frail; as are all ten members of the Ávoris management team.

    The company is co-chaired by cousins with confusingly similar names: #Simón_Barceló_Tous and #Simón_Pedro_Barceló_Vadell. We’ll call them #Barceló_Tous and #Pedro_Barceló from here. The family are from Felanitx, Mallorca.

    Barceló Tous is the much more low-key of the two, and there is little public information about him. Largely based in the Dominican Republic, he takes care of the Central & Latin American segment of the business.

    His cousin, Pedro Barceló, runs the European and North American division. Son of Group co-founder #Gabriel_Barceló_Oliver, Pedro Barceló is a law graduate who has been described as ‘reserved’ and ‘elusive’. He is the company’s executive president. Yet despite his apparent shyness, he was once the youngest senator in Spanish history, entering the upper house at age 23 as a representative for the conservative party with links to the Francoist past, #Partido_Popular. For a period he was also a member of the board of directors of Globalia, Aena and #First_Choice_Holidays.

    The CEO of Evelop is #Antonio_Mota_Sandoval, formerly the company’s technical and maintenance director. He’s very found of #drones and is CEO and founder of a company called #Aerosolutions. The latter describes itself as ‘Engineering, Consulting and Training Services for conventional and unmanned aviation.’ Mota appears to live in Alcalá de Henares, a town just outside Madrid. He is on Twitter and Facebook.

    The Barceló Foundation

    As is so often the case with large businesses engaging in unethical practises, the family set up a charitable arm, the #Barceló_Foundation. It manages a pot of €32 million, of which it spent €2m in 2019 on a broad range of charitable activities in Africa, South America and Mallorca. Headed by Antonio Monjo Tomás, it’s run from a prestigious building in Palma known as #Casa_del_Marqués_de_Reguer-Rullán, owned by the Barceló family. The foundation also runs the #Felanitx_Art & Culture Center, reportedly based at the Barceló’s family home. The foundation partners with many Catholic missions and sponsors the #Capella_Mallorquina, a local choir. The foundation is on Twitter and Facebook.

    The Barceló Group’s vulnerabilities

    Like other tourism businesses, the group is struggling with the industry-wide downturn due to COVID-19 travel measures. In this context, government contracts provide a rare reliable source of steady income — and the Barcelós will be loathe to give up deportation work. In Spain, perhaps even more than elsewhere, the tourism industry and its leading dynasties has very close ties with government and politicians. Airlines are getting heavy bailouts from the Spanish state, and their bosses will want to keep up good relations.

    But the deportation business could become less attractive for the group if campaigners keep up the pressure — particularly outside Spain, where reputational damage may outweigh the profits from occasional flights. Having carried out a charter deportation to Jamaica from the UK earlier in the year, the company became a target of a social media campaign in December 2020 ahead of the Jamaica 50 flight, after which they reportedly said that they were not involved. A lesser-known Spanish airline, Privilege Style, did the job instead.

    https://corporatewatch.org/evelop-barcelo-group-deportation-planes-from-spain
    #Espagne #business #compagnies_aériennes #complexe_militaro-industriel #renvois #expulsions #migrations #réfugiés #asile #tourisme #charter #Maurtianie #îles_Canaries #Canaries #Géorgie #Albanie #Colombie #République_dominicaine #Ghana #Nigeria #Allemagne #Standsted #UK #Angleterre #Pakistan #Bangladesh #Air_Maroc #Air_Senegal #Iberia #Maroc #Algérie #ferrys #Sahara_occidental #covid-19 #pandémie #coronavirus #hôtels #fondation #philanthrocapitalisme

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  • Exclusivité : Carte des tonnages d’achats de pesticides par départements en 2019 - Générations Futures
    https://www.generations-futures.fr/actualites/carte-pesticides-2019

    Générations Futures rend publique ce jour la #carte de France, détaillée et exclusive, des achats de #pesticides par #département et par type de substances actives pesticides. Notre association profite de la publication de ces données pour remettre les « #Glyph’Awards » d’or, d’argent et de bronze ainsi que leurs accessits aux départements qui arrivent en tête du classement pour les achats de #glyphosate ! [...]

    Les 5 départements présentant le tonnage d’achat de pesticides le plus élevé pour l’année 2019 sont : la Gironde (1er), la Marne (2e), le Loiret (3e), la Seine-et-Marne (4e) et la Somme (5e).

    https://www.generations-futures.fr/cartes/carte-achats-pesticides-2019

  • #Intersectionnalité : une #introduction (par #Eric_Fassin)

    Aujourd’hui, dans l’espace médiatico-politique, on attaque beaucoup l’intersectionnalité. Une fiche de poste a même été dépubliée sur le site du Ministère pour purger toute référence intersectionnelle. Dans le Manuel Indocile de Sciences Sociales (Copernic / La Découverte, 2019), avec Mara Viveros, nous avons publié une introduction à ce champ d’études. Pour ne pas laisser raconter n’importe quoi.

    « Les féministes intersectionnelles, en rupture avec l’universalisme, revendiquent de ne pas se limiter à la lutte contre le sexisme. »

    Marianne, « L’offensive des obsédés de la race, du sexe, du genre, de l’identité », 12 au 18 avril 2019

    Une médiatisation ambiguë

    En France, l’intersectionnalité vient d’entrer dans les magazines. Dans Le Point, L’Obs ou Marianne, on rencontre non seulement l’idée, mais aussi le mot, et même des références savantes. Les lesbiennes noires auraient-elles pris le pouvoir, jusque dans les rédactions ? En réalité si les médias en parlent, c’est surtout pour dénoncer la montée en puissance, dans l’université et plus largement dans la société, d’un féminisme dit « intersectionnel », accusé d’importer le « communautarisme à l’américaine ». On assiste en effet au recyclage des articles du début des années 1990 contre le « politiquement correct » : « On ne peut plus rien dire ! » C’est le monde à l’envers, paraît-il : l’homme blanc hétérosexuel subirait désormais la « tyrannie des minorités ».

    Faut-il le préciser ? Ce fantasme victimaire est démenti par l’expérience quotidienne. Pour se « rassurer », il n’y a qu’à regarder qui détient le pouvoir dans les médias et l’université, mais aussi dans l’économie ou la politique : les dominants d’hier ne sont pas les dominés d’aujourd’hui, et l’ordre ancien a encore de beaux jours devant lui. On fera plutôt l’hypothèse que cette réaction parfois virulente est le symptôme d’une inquiétude après la prise de conscience féministe de #MeToo, et les révélations sur le harcèlement sexiste, homophobe et raciste de la « Ligue du Lol » dans le petit monde des médias, et alors que les minorités raciales commencent (enfin) à se faire entendre dans l’espace public.

    Il en va des attaques actuelles contre l’intersectionnalité comme des campagnes contre la (supposée) « théorie du genre » au début des années 2010. La médiatisation assure une forme de publicité à un lexique qui, dès lors, n’est plus confiné à l’univers de la recherche. La polémique a ainsi fait entrevoir les analyses intersectionnelles à un public plus large, qu’articles et émissions se bousculent désormais pour informer… ou le plus souvent mettre en garde. Il n’empêche : même les tribunes indignées qui livrent des noms ou les dossiers scandalisés qui dressent des listes contribuent, à rebours de leurs intentions, à établir des bibliographies et à populariser des programmes universitaires. En retour, le milieu des sciences sociales lui-même, en France après beaucoup d’autres pays, a fini par s’intéresser à l’intersectionnalité – et pas seulement pour s’en inquiéter : ce concept voyageur est une invitation à reconnaître, avec la pluralité des logiques de domination, la complexité du monde social.

    Circulations internationales

    On parle d’intersectionnalité un peu partout dans le monde – non seulement en Amérique du Nord et en Europe, mais aussi en Amérique latine, en Afrique du Sud ou en Inde. Il est vrai que le mot vient des États-Unis : c’est #Kimberlé_Crenshaw qui l’utilise d’abord dans deux articles publiés dans des revues de droit au tournant des années 1990. Toutefois, la chose, c’est-à-dire la prise en compte des dominations multiples, n’a pas attendu le mot. Et il est vrai aussi que cette juriste afro-américaine s’inscrit dans la lignée d’un « #féminisme_noir » états-unien, qui dans les années 1980 met l’accent sur les aveuglements croisés du mouvement des droits civiques (au #genre) et du mouvement des femmes (à la #race).

    Cependant, ces questions sont parallèlement soulevées, à la frontière entre l’anglais et l’espagnol, par des féministes « #chicanas » (comme #Cherríe_Moraga et #Gloria_Anzaldúa), dans une subculture que nourrit l’immigration mexicaine aux États-Unis ou même, dès les années 1960, au Brésil, au sein du Parti communiste ; des féministes brésiliennes (telles #Thereza_Santos, #Lélia_Gonzalez et #Sueli_Carneiro) développent aussi leurs analyses sur la triade « race-classe-genre ». Bref, la démarche intersectionnelle n’a pas attendu le mot intersectionnalité ; elle n’a pas une origine exclusivement états-unienne ; et nulle n’en a le monopole : ce n’est pas une « marque déposée ». Il faut donc toujours comprendre l’intersectionnalité en fonction des lieux et des moments où elle résonne.

    En #France, c’est au milieu des années 2000 qu’on commence à parler d’intersectionnalité ; et c’est d’abord au sein des #études_de_genre. Pourquoi ? Un premier contexte, c’est la visibilité nouvelle de la « #question_raciale » au sein même de la « #question_sociale », avec les émeutes ou révoltes urbaines de 2005 : l’analyse en termes de classe n’était manifestement plus suffisante ; on commence alors à le comprendre, pour les sciences sociales, se vouloir aveugle à la couleur dans une société qu’elle obsède revient à s’aveugler au #racisme. Un second contexte a joué un rôle plus immédiat encore : 2004, c’est la loi sur les signes religieux à l’école. La question du « #voile_islamique » divise les féministes : la frontière entre « eux » et « nous » passe désormais, en priorité, par « elles ». Autrement dit, la différence de culture (en l’occurrence religieuse) devient une question de genre. L’intersectionnalité permet de parler de ces logiques multiples. Importer le concept revient à le traduire dans un contexte différent : en France, ce n’est plus, comme aux États-Unis, l’invisibilité des #femmes_noires à l’intersection entre féminisme et droits civiques ; c’est plutôt l’hypervisibilité des #femmes_voilées, au croisement entre #antisexisme et #antiracisme.

    Circulations interdisciplinaires

    La traduction d’une langue à une autre, et d’un contexte états-unien au français, fait apparaître une deuxième différence. Kimberlé Crenshaw est juriste ; sa réflexion porte sur les outils du #droit qu’elle utilise pour lutter contre la #discrimination. Or aux États-Unis, le droit identifie des catégories « suspectes » : le sexe et la race. Dans les pratiques sociales, leur utilisation, implicite ou explicite, est soumise à un examen « strict » pour lutter contre la discrimination. Cependant, on passe inévitablement de la catégorie conceptuelle au groupe social. En effet, l’intersectionnalité s’emploie à montrer que, non seulement une femme peut être discriminée en tant que femme, et un Noir en tant que Noir, mais aussi une femme noire en tant que telle. C’est donc seulement pour autant qu’elle est supposée relever d’un groupe sexuel ou racial que le droit peut reconnaître une personne victime d’un traitement discriminatoire en raison de son sexe ou de sa race. Toutefois, dans son principe, cette démarche juridique n’a rien d’identitaire : comme toujours pour les discriminations, le point de départ, c’est le traitement subi. Il serait donc absurde de reprendre ici les clichés français sur le « communautarisme américain » : l’intersectionnalité vise au contraire à lutter contre l’#assignation discriminatoire à un groupe (femmes, Noirs, ou autre).

    En France, la logique est toute différente, dès lors que l’intersectionnalité est d’abord arrivée, via les études de genre, dans le champ des sciences sociales. La conséquence de cette translation disciplinaire, c’est qu’on n’a généralement pas affaire à des groupes. La sociologie s’intéresse davantage à des propriétés, qui peuvent fonctionner comme des variables. Bien sûr, on n’oublie pas la logique antidiscriminatoire pour autant : toutes choses égales par ailleurs (en l’occurrence dans une même classe sociale), on n’a pas le même salaire selon qu’on est blanc ou pas, ou la même retraite si l’on est homme ou femme. Il n’est donc pas ou plus possible de renvoyer toutes les explications à une détermination en dernière instance : toutes les #inégalités ne sont pas solubles dans la classe. C’est évident pour les femmes, qui appartiennent à toutes les classes ; mais on l’oublie parfois pour les personnes dites « non blanches », tant elles sont surreprésentées dans les classes populaires – mais n’est-ce pas justement, pour une part, l’effet de leur origine supposée ? Bien entendu, cela ne veut pas dire, à l’inverse, que la classe serait soluble dans une autre forme de #domination. En réalité, cela signifie simplement que les logiques peuvent se combiner.

    L’intérêt scientifique (et politique) pour l’intersectionnalité est donc le signe d’une exigence de #complexité : il ne suffit pas d’analyser la classe pour en avoir fini avec les logiques de domination. C’est bien pourquoi les féministes n’ont pas attendu le concept d’intersectionnalité, ni sa traduction française, pour critiquer les explications monocausales. En France, par exemple, face au #marxisme, le #féminisme_matérialiste rejette de longue date cette logique, plus politique que scientifique, de l’« ennemi principal » (de classe), qui amène à occulter les autres formes de domination. En 1978, #Danièle_Kergoat interrogeait ainsi la neutralisation qui, effaçant l’inégalité entre les sexes, pose implicitement un signe d’égalité entre « ouvrières » et « ouvriers » : « La #sociologie_du_travail parle toujours des “#ouvriers” ou de la “#classe_ouvrière” sans faire aucune référence au #sexe des acteurs sociaux. Tout se passe comme si la place dans la production était un élément unificateur tel que faire partie de la classe ouvrière renvoyait à une série de comportements et d’attitudes relativement univoques (et cela, il faut le noter, est tout aussi vrai pour les sociologues se réclamant du #marxisme que pour les autres. »

    Or, ce n’est évidemment pas le cas. Contre cette simplification, qui a pour effet d’invisibiliser les ouvrières, la sociologue féministe ne se contente pas d’ajouter une propriété sociale, le sexe, à la classe ; elle montre plus profondément ce qu’elle appelle leur #consubstantialité. On n’est pas d’un côté « ouvrier » et de l’autre « femme » ; être une #ouvrière, ce n’est pas la même chose qu’ouvrier – et c’est aussi différent d’être une bourgeoise. On pourrait dire de même : être une femme blanche ou noire, un garçon arabe ou pas, mais encore un gay de banlieue ou de centre-ville, ce n’est vraiment pas pareil !

    Classe et race

    Dans un essai sur le poids de l’#assignation_raciale dans l’expérience sociale, le philosophe #Cornel_West a raconté combien les taxis à New York refusaient de s’arrêter pour lui : il est noir. Son costume trois-pièces n’y fait rien (ni la couleur du chauffeur, d’ailleurs) : la classe n’efface pas la race – ou pour le dire plus précisément, le #privilège_de_classe ne suffit pas à abolir le stigmate de race. Au Brésil, comme l’a montré #Lélia_Gonzalez, pour une femme noire de classe moyenne, il ne suffit pas d’être « bien habillée » et « bien élevée » : les concierges continuent de leur imposer l’entrée de service, conformément aux consignes de patrons blancs, qui n’ont d’yeux que pour elles lors du carnaval… En France, un documentaire intitulé #Trop_noire_pour_être_française part d’une même prise de conscience : la réalisatrice #Isabelle_Boni-Claverie appartient à la grande bourgeoisie ; pourtant, exposée aux discriminations, elle aussi a fini par être rattrapée par sa couleur.

    C’est tout l’intérêt d’étudier les classes moyennes (ou supérieures) de couleur. Premièrement, on voit mieux la logique propre de #racialisation, sans la rabattre aussitôt sur la classe. C’est justement parce que l’expérience de la bourgeoisie ne renvoie pas aux clichés habituels qui dissolvent les minorités dans les classes populaires. Deuxièmement, on est ainsi amené à repenser la classe : trop souvent, on réduit en effet ce concept à la réalité empirique des classes populaires – alors qu’il s’agit d’une logique théorique de #classement qui opère à tous les niveaux de la société. Troisièmement, ce sont souvent ces couches éduquées qui jouent un rôle important dans la constitution d’identités politiques minoritaires : les porte-parole ne proviennent que rarement des classes populaires, ou du moins sont plus favorisés culturellement.

    L’articulation entre classe et race se joue par exemple autour du concept de #blanchité. Le terme est récent en français : c’est la traduction de l’anglais #whiteness, soit un champ d’études constitué non pas tant autour d’un groupe social empirique (les Blancs) que d’un questionnement théorique sur une #identification (la blanchité). Il ne s’agit donc pas de réifier les catégories majoritaires (non plus, évidemment, que minoritaires) ; au contraire, les études sur la blanchité montrent bien, pour reprendre un titre célèbre, « comment les Irlandais sont devenus blancs » : c’est le rappel que la « race » ne doit rien à la #biologie, mais tout aux #rapports_de_pouvoir qu’elle cristallise dans des contextes historiques. À nouveau se pose toutefois la question : la blanchité est-elle réservée aux Blancs pauvres, condamnés à s’identifier en tant que tels faute d’autres ressources ? On parle ainsi de « #salaire_de_la_blanchité » : le #privilège de ceux qui n’en ont pas… Ou bien ne convient-il pas de l’appréhender, non seulement comme une compensation, mais aussi et surtout comme un langage de pouvoir – y compris, bien sûr, chez les dominants ?

    En particulier, si le regard « orientaliste » exotise l’autre et l’érotise en même temps, la #sexualisation n’est pas réservée aux populations noires ou arabes (en France), ou afro-américaines et hispaniques (comme aux États-Unis), bref racisées. En miroir, la #blanchité_sexuelle est une manière, pour les classes moyennes ou supérieures blanches, de s’affirmer « normales », donc de fixer la #norme, en particulier dans les projets d’#identité_nationale. Certes, depuis le monde colonial au moins, les minorités raciales sont toujours (indifféremment ou alternativement) hypo- – ou hyper- –sexualisées : pas assez ou bien trop, mais jamais comme il faut. Mais qu’en est-il des majoritaires ? Ils se contentent d’incarner la norme – soit d’ériger leurs pratiques et leurs représentations en normes ou pratiques légitimes. C’est bien pourquoi la blanchité peut être mobilisée dans des discours politiques, par exemple des chefs d’État (de la Colombie d’Álvaro Uribe aux États-Unis de Donald Trump), le plus souvent pour rappeler à l’ordre les minorités indociles. La « question sociale » n’a donc pas cédé la place à la « question raciale » ; mais la première ne peut plus servir à masquer la seconde. Au contraire, une « question » aide à repenser l’autre.

    Les #contrôles_au_faciès

    Regardons maintenant les contrôles policiers « au faciès », c’est-à-dire fondés sur l’#apparence. Une enquête quantitative du défenseur des droits, institution républicaine qui est chargée de défendre les citoyens face aux abus de l’État, a récemment démontré qu’il touche inégalement, non seulement selon les quartiers (les classes populaires), mais aussi en fonction de l’âge (les jeunes) et de l’apparence (les Arabes et les Noirs), et enfin du sexe (les garçons plus que les filles). Le résultat, c’est bien ce qu’on peut appeler « intersectionnalité ». Cependant, on voit ici que le croisement des logiques discriminatoires ne se résume pas à un cumul des handicaps : le sexe masculin fonctionne ici comme un #stigmate plutôt qu’un privilège. L’intersectionnalité est bien synonyme de complexité.

    « Les jeunes de dix-huit-vingt-cinq ans déclarent ainsi sept fois plus de contrôles que l’ensemble de la population, et les hommes perçus comme noirs ou arabes apparaissent cinq fois plus concernés par des contrôles fréquents (c’est-à-dire plus de cinq fois dans les cinq dernières années). Si l’on combine ces deux critères, 80 % des personnes correspondant au profil de “jeune homme perçu comme noir ou arabe” déclarent avoir été contrôlées dans les cinq dernières années (contre 16 % pour le reste des enquêté.e.s). Par rapport à l’ensemble de la population, et toutes choses égales par ailleurs, ces profils ont ainsi une probabilité vingt fois plus élevée que les autres d’être contrôlés. »

    Répétons-le : il n’y a rien d’identitaire dans cette démarche. D’ailleurs, la formulation du défenseur des droits dissipe toute ambiguïté : « perçus comme noirs ou arabes ». Autrement dit, c’est l’origine réelle ou supposée qui est en jeu. On peut être victime d’antisémitisme sans être juif – en raison d’un trait physique, d’un patronyme, ou même d’opinions politiques. Pour peu qu’on porte un prénom lié à l’islam, ou même qu’on ait l’air « d’origine maghrébine », musulman ou pas, on risque de subir l’#islamophobie. L’#homophobie frappe surtout les homosexuels, et plus largement les minorités sexuelles ; toutefois, un garçon réputé efféminé pourra y être confronté, quelle que soit sa sexualité.

    Et c’est d’ailleurs selon la même logique qu’en France l’État a pu justifier les contrôles au faciès. Condamné en 2015 pour « faute lourde », il a fait appel ; sans remettre en cause les faits établis, l’État explique que la législation sur les étrangers suppose de contrôler « les personnes d’#apparence_étrangère », voire « la seule population dont il apparaît qu’elle peut être étrangère ». Traiter des individus en raison de leur apparence, supposée renvoyer à une origine, à une nationalité, voire à l’irrégularité du séjour, c’est alimenter la confusion en racialisant la nationalité. On le comprend ainsi : être, c’est être perçu ; l’#identité n’existe pas indépendamment du regard des autres.

    L’exemple des contrôles au faciès est important, non seulement pour celles et ceux qui les subissent, bien sûr, mais aussi pour la société tout entière : ils contribuent à la constitution d’identités fondées sur l’expérience commune de la discrimination. Les personnes racisées sont celles dont la #subjectivité se constitue dans ces incidents à répétition, qui finissent par tracer des frontières entre les #expériences minoritaires et majoritaires. Mais l’enjeu est aussi théorique : on voit ici que l’identité n’est pas première ; elle est la conséquence de #pratiques_sociales de #racialisation – y compris de pratiques d’État. Le racisme ne se réduit pas à l’#intention : le racisme en effet est défini par ses résultats – et d’abord sur les personnes concernées, assignées à la différence par la discrimination.

    Le mot race

    Les logiques de domination sont plurielles : il y a non seulement la classe, mais aussi le sexe et la race, ainsi que l’#âge ou le #handicap. Dans leur enchevêtrement, il est à chaque fois question, non pas seulement d’#inégalités, mais aussi de la #naturalisation de ces hiérarchies marquées dans les corps. Reste que c’est surtout l’articulation du sexe ou de la classe avec la race qui est au cœur des débats actuels sur l’intersectionnalité. Et l’on retrouve ici une singularité nationale : d’après l’ONU, les deux tiers des pays incluent dans leur recensement des questions sur la race, l’#ethnicité ou l’#origine_nationale. En France, il n’en est pas question – ce qui complique l’établissement de #statistiques « ethno-raciales » utilisées dans d’autre pays pour analyser les discriminations.

    Mais il y a plus : c’est seulement en France que, pour lutter contre le racisme, on se mobilise régulièrement en vue de supprimer le mot race de la Constitution ; il n’y apparaît pourtant, depuis son préambule de 1946 rédigé en réaction au nazisme, que pour énoncer un principe antiraciste : « sans distinction de race ». C’est aujourd’hui une bataille qui divise selon qu’on se réclame d’un antiracisme dit « universaliste » ou « politique » : alors que le premier rejette le mot race, jugé indissociable du racisme, le second s’en empare comme d’une arme contre la #racialisation de la société. Ce qui se joue là, c’est la définition du racisme, selon qu’on met l’accent sur sa version idéologique (qui suppose l’intention, et passe par le mot), ou au contraire structurelle (que l’on mesure à ses effets, et qui impose de nommer la chose).

    La bataille n’est pas cantonnée au champ politique ; elle s’étend au champ scientifique. Le racisme savant parlait naguère des races (au pluriel), soit une manière de mettre la science au service d’un #ordre_racial, comme dans le monde colonial. Dans la recherche antiraciste, il est aujourd’hui question de la race (au singulier) : non pas l’inventaire des populations, sur un critère biologique ou même culturel, mais l’analyse critique d’un mécanisme social qui assigne des individus à des groupes, et ces groupes à des positions hiérarchisées en raison de leur origine, de leur apparence, de leur religion, etc. Il n’est donc pas question de revenir aux élucubrations racistes sur les Aryens ou les Sémites ; en revanche, parler de la race, c’est se donner un vocabulaire pour voir ce qu’on ne veut pas voir : la #discrimination_raciste est aussi une #assignation_raciale. S’aveugler à la race ne revient-il pas à s’aveugler au racisme ?

    Il ne faut donc pas s’y tromper : pour les sciences sociales actuelles, la race n’est pas un fait empirique ; c’est un concept qui permet de nommer le traitement inégal réservé à des individus et des groupes ainsi constitués comme différents. La réalité de la race n’est donc ni biologique ni culturelle ; elle est sociale, en ce qu’elle est définie par les effets de ces traitements, soit la racialisation de la société tout entière traversée par la logique raciale. On revient ici aux analyses classiques d’une féministe matérialiste, #Colette_Guillaumin : « C’est très exactement la réalité de la “race”. Cela n’existe pas. Cela pourtant produit des morts. [...] Non, la race n’existe pas. Si, la race existe. Non, certes, elle n’est pas ce qu’on dit qu’elle est, mais elle est néanmoins la plus tangible, réelle, brutale, des réalités. »

    Morale de l’histoire

    A-t-on raison de s’inquiéter d’un recul de l’#universalisme en France ? Les logiques identitaires sont-elles en train de gagner du terrain ? Sans nul doute : c’est bien ce qu’entraîne la racialisation de notre société. Encore ne faut-il pas confondre les causes et les effets, ni d’ailleurs le poison et l’antidote. En premier lieu, c’est l’#extrême_droite qui revendique explicitement le label identitaire : des États-Unis de Donald Trump au Brésil de Jair Bolsonaro, on assiste à la revanche de la #masculinité_blanche contre les #minorités_raciales et sexuelles. Ne nous y trompons pas : celles-ci sont donc les victimes, et non pas les coupables, de ce retour de bâton (ou backlash) qui vise à les remettre à leur place (dominée).

    Deuxièmement, la #ségrégation_raciale que l’on peut aisément constater dans l’espace en prenant les transports en commun entre Paris et ses banlieues n’est pas le résultat d’un #communautarisme minoritaire. Pour le comprendre, il convient au contraire de prendre en compte un double phénomène : d’une part, la logique sociale que décrit l’expression #White_flight (les Blancs qui désertent les quartiers où sont reléguées les minorités raciales, anticipant sur la ségrégation que leurs choix individuels accélèrent…) ; d’autre part, les #politiques_publiques de la ville dont le terme #apartheid résume le résultat. Le #multiculturalisme_d’Etat, en Colombie, dessinerait une tout autre logique : les politiques publiques visent explicitement des identités culturelles au nom de la « #diversité », dont les mouvements sociaux peuvent s’emparer.

    Troisièmement, se battre pour l’#égalité, et donc contre les discriminations, ce n’est pas renoncer à l’universalisme ; bien au contraire, c’est rejeter le #communautarisme_majoritaire. L’intersectionnalité n’est donc pas responsable au premier chef d’une #fragmentation_identitaire – pas davantage qu’une sociologie qui analyse les inégalités socio-économiques n’est la cause première de la lutte des classes. Pour les #sciences_sociales, c’est simplement se donner les outils nécessaires pour comprendre un monde traversé d’#inégalités multiples.

    Quatrièmement, ce sont les #discours_publics qui opposent d’ordinaire la classe à la race (ou les ouvriers, présumés blancs, aux minorités raciales, comme si celles-ci n’appartenaient pas le plus souvent aux classes populaires), ou encore, comme l’avait bien montré #Christine_Delphy, l’#antisexisme à l’antiracisme (comme si les femmes de couleur n’étaient pas concernées par les deux). L’expérience de l’intersectionnalité, c’est au contraire, pour chaque personne, quels que soient son sexe, sa classe et sa couleur de peau, l’imbrication de propriétés qui finissent par définir, en effet, des #identités_complexes (plutôt que fragmentées) ; et c’est cela que les sciences sociales s’emploient aujourd’hui à appréhender.

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    Ce texte écrit avec #Mara_Viveros_Vigoya, et publié en 2019 dans le Manuel indocile de sciences sociales (Fondation Copernic / La Découverte), peut être téléchargé ici : https://static.mediapart.fr/files/2021/03/07/manuel-indocile-intersectionnalite.pdf

    À lire :

    Kimberlé Crenshaw, « Cartographies des marges : intersectionnalité, politique de l’identité et violences contre les femmes de couleur » Cahiers du Genre, n° 39, février 2005, p. 51-82

    Défenseur des droits, Enquête sur l’accès aux droits, Relations police – population : le cas des contrôles d’identité, vol. 1, janvier 2017

    Christine Delphy, « Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme », Nouvelles Questions Féministes, vol. 25, janvier 2006, p. 59-83

    Elsa Dorlin, La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, La Découverte, Paris, 2006

    Elsa Dorlin, Sexe, race, classe. Pour une épistémologie de la domination, Presses universitaires de France, Paris, 2009

    Didier Fassin et Éric Fassin (dir.), De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française, La Découverte, Paris, 2009 [première édition : 2006]

    Éric Fassin (dir.), « Les langages de l’intersectionnalité », Raisons politiques, n° 58, mai 2015

    Éric Fassin, « Le mot race – 1. Cela existe. 2. Le mot et la chose », AOC, 10 au 11 avril 2019

    Nacira Guénif-Souilamas et Éric Macé, Les féministes et le garçon arabe, L’Aube, Paris, 2004

    Colette Guillaumin, « “Je sais bien mais quand même” ou les avatars de la notion de race », Le Genre humain, 1981, n° 1, p. 55-64

    Danièle Kergoat, « Ouvriers = ouvrières ? », Se battre, disent-elles…, La Dispute, Paris, 2012, p. 9-62

    Abdellali Hajjat et Silyane Larcher (dir.), « Intersectionnalité », Mouvements, 12 février 2019

    Mara Viveros Vigoya, Les Couleurs de la masculinité. Expériences intersectionnelles et pratiques de pouvoir en Amérique latine, La Découverte, Paris, 2018

    https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/050321/intersectionnalite-une-introduction#at_medium=custom7&at_campaign=10

    #définition #invisibilisation #antiracisme_universaliste #antiracisme_politique #racisme_structurel

    voir aussi ce fil de discussion sur l’intersectionnalité, avec pas mal de #ressources_pédagogiques :
    https://seenthis.net/messages/796554

  • Les dates secrètes de Frontex et de l’industrie de l’armement
    https://frontexfiles.eu/fr.html

    La liste des participants lors des 16 réunions de lobbying de l’agence européenne de gestion des frontières Frontex entre 2017 et 2019 ressemble au « who’s who » de l’industrie de l’armement. Glock, Airbus, Heckler & Koch etc. Des catalogues d’armes de poing ont été distribués et les mérites des drones de surveillance expliqués dans des présentations PowerPoint colorées. Il n’y avait pas d’observateurs extérieurs aux réunions. Et Frontex n’a pas rendu accessible au public le contenu de ces réunions. Un (...)

    #arme #frontières #lobbying #surveillance #Frontex #Airbus #Glock #Heckler&Koch

    ##Heckler&Koch

  • Penser le politique par les #déchets

    Instruments et territoires de la gouvernance des déchets au #Liban
    Instruments and spaces of waste governance in Lebanon
    Jihad Farah et Éric Verdeil

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    Réparer, recoudre, restaurer… Des collectivités locales en tâtonnement
    Repair, sew up, restore… Local communities in the process of trial and error
    Julie Gobert et José-Frédéric Deroubaix

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    #Récup', #glanage, #zéro_déchet : une nouvelle conception du politique ?
    Recycling, gleaning, zero waste : a new conception of politics ?
    Isabelle Hajek

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    La triple politisation de la #tarification_incitative. Rapports de force, réagencements et effets d’un instrument politique
    The triple politicization of incentive pricing. Power relations, rearrangements and effects of a political instrument
    Kevin Caillaud et Renaud Nougarol

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    De la réglementation aux relations d’affaires, actions et instruments de publicisation de la gestion des #gravats [Texte intégral]
    From regulations to business relations, actions and publicity tools for rubble management
    Laëtitia Mongeard

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    Service public ou communs ? Les limites mouvantes de la #gestion_des_déchets dans les pays du Sud
    Public service or Commons ? Shifting boundaries of solid waste management in the Global South
    Mathieu Durand, Jérémie Cavé et Irène Salenson

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    Quand les déchets bousculent la politique locale d’une ville intermédiaire en crise (#Dolisie, #Congo)
    Une approche par la recherche – action
    When waste upsets the local politics of an intermediate city in crisis (Dolisie, Congo). A research - action approach
    Adeline Pierrat, Florian Marchadour et Renaud Colombier

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    The politics of waste picking : reflections from the upscaling of a co-management model for recyclable waste in Buenos Aires (Argentina) [Texte intégral]
    Les politiques de #collecte_des_déchets : réflexions de la montée en gamme d’un modèle de #cogestion des #déchets_recyclables à #Buenos_Aires (#Argentine)
    Sebastián Carenzo et Santiago Sorroche

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    Faire collectif avec les déchets : essai sur l’ordre public #rudologique
    Working collectively with waste : an essay on rudological public order
    Rémi Barbier

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    La politisation des déchets en #Campanie. Conversation à trois voix
    Entretien avec #Claudia_Cirelli et #Fabrizio_Maccaglia
    The politicization of waste in Campania. Three voices conversation
    Marco Armiero, Giacomo D’Alisa et Salvatore Paolo De Rosa

    https://journals.openedition.org/geocarrefour/16173

    #revue

  • Tous chasseurs cueilleurs !
    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-08-juin-2019

    Quand la civilisation menace l’#environnement... retour à la chasse et la cueillette. Entretien avec James C. Scott autour de son livre "#HomoDomesticus, une histoire profonde des premiers Etats".

    On a tous en tête des souvenirs d’école sur les débuts de l’Histoire avec un grand H. Quelque part entre le Tigre et l’Euphrate il y a 10 000 ans, des chasseurs-cueilleurs se sont peu à peu sédentarisés en domestiquant les plantes et les animaux, inventant dans la foulée l’#agriculture, l’écriture et les premiers Etats. C’était l’aube de la #civilisation et le début de la marche forcée vers le #progrès.

    Cette histoire, #JamesScott, anthropologue anarchiste et professeur de sciences politiques, l’a enseignée pendant des années à ses élèves de l’Université de Yale. Mais les découvertes archéologiques dans l’actuel Irak des dernières années l’ont amené à réviser complètement ce « storytelling » du commencement des sociétés humaines, et par là même remettre en question notre rapport au monde dans son dernier livre : Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats (Ed. La Découverte).

    Alors même que climat et biodiversité sont aujourd’hui plus que jamais menacés par les activités humaines, James C. Scott propose de réévaluer l’intérêt des sociétés d’avant l’Etat et l’agriculture. Car ces chasseurs-cueilleurs semi-nomades ont longtemps résisté face aux civilisations agraires, basées sur les céréales et qui, en domestiquant le monde, se sont domestiqués eux-mêmes, en appauvrissant leur connaissance du monde.

    Un reportage de Giv Anquetil.
    Les liens

    James C. Scott : « Le monde des chasseurs-cueilleurs était un monde enchanté » (Le grand entretien) par Jean-Christophe Cavallin, Diakritik

    Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, Réflexions sur l’effondrement, Corinne Morel Darleux, Editions Libertalia

    "Amador Rojas invite Karime Amaya" Chapiteau du Cirque Romanès - Paris 16, Paris. Prochaine séance le vendredi 14 juin à 20h.

    Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats, James C. Scott (Editions La Découverte)

    Eloge des chasseurs-cueilleurs, revue Books (mai 2019).

    HOMO DOMESTICUS - JAMES C. SCOTT Une Histoire profonde des premiers États [Fiche de lecture], Lundi matin

    Bibliographie de l’association Deep Green Resistance
    Programmation musicale

    "Mesopotamia"- B52’s

    "Cholera" - El Rego et ses commandos

    #podcast @cdb_77

    • Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États

      Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
      C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire #Homo_domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’#État antique comme étape cruciale de la « #civilisation » humaine.
      Ce faisant, il nous offre une véritable #écologie_politique des formes primitives d’#aménagement_du_territoire, de l’« #autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la #sédentarisation et des logiques de la #servitude et de la #guerre dans le monde antique.
      Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».


      https://www.editionsladecouverte.fr/homo_domesticus-9782707199232

      #James_Scott #livre #démographie #épidémiologie #évolution #humanité #histoire #inégalité #inégalités #Etat #écologie #anthropologie #ressources_pédagogiques #auto-domestication

    • Fiche de lecture: Homo Domesticus - James C. Scott

      Un fidèle lecteur de lundimatin nous a transmis cette fiche de lecture du dernier ouvrage de James C. Scott, (on peut la retrouver sur le blog de la bibliothèque fahrenheit) qui peut s’avérer utile au moment l’institution étatique semble si forte et fragile à la fois.
      « L’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres »
      À la recherche de l’origine des États antiques, James C. Scott, professeur de science politique et d’anthropologie, bouleverse les grands #récits_civilisationnels. Contrairement à bien des idées reçues, la #domestication des plantes et des animaux n’a pas entraîné la fin du #nomadisme ni engendré l’#agriculture_sédentaire. Et jusqu’il y a environ quatre siècles un tiers du globe était occupé par des #chasseurs-cueilleurs tandis que la majorité de la population mondiale vivait « hors d’atteinte des entités étatiques et de leur appareil fiscal ».
      Dans la continuité de #Pierre_Clastres et de #David_Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une anomalie et une contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      La première domestication, celle du #feu, est responsable de la première #concentration_de_population. La construction de niche de #biodiversité par le biais d’une #horticulture assistée par le feu a permis de relocaliser la faune et la flore désirable à l’intérieur d’un cercle restreint autour des #campements. La #cuisson des aliments a externalisé une partie du processus de #digestion. Entre 8000 et 6000 avant notre ère, Homo sapiens a commencé à planter toute la gamme des #céréales et des #légumineuses, à domestiquer des #chèvres, des #moutons, des #porcs, des #bovins, c’est-à-dire bien avant l’émergence de sociétés étatiques de type agraire. Les premiers grands établissements sédentaires sont apparus en #zones_humides et non en milieu aride comme l’affirment les récits traditionnels, dans des plaines alluviales à la lisière de plusieurs écosystèmes (#Mésopotamie, #vallée_du_Nil, #fleuve_Indus, #baie_de_Hangzhou, #lac_Titicata, site de #Teotihuacan) reposant sur des modes de subsistance hautement diversifiés (sauvages, semi-apprivoisés et entièrement domestiqués) défiant toute forme de comptabilité centralisée. Des sous-groupes pouvaient se consacrer plus spécifiquement à une stratégie au sein d’un économie unifiée et des variations climatiques entraînaient mobilité et adaptation « technologique ». La #sécurité_alimentaire était donc incompatible avec une #spécialisation étroite sur une seule forme de #culture ou d’#élevage, requérant qui plus est un travail intensif. L’#agriculture_de_décrue fut la première à apparaître, n’impliquant que peu d’efforts humains.
      Les #plantes complètement domestiquées sont des « anomalies hyperspécialisées » puisque le cultivateur doit contre-sélectionner les traits sélectionnés à l’état sauvage (petite taille des graines, nombreux appendices, etc). De même les #animaux_domestiqués échappent à de nombreuses pressions sélectives (prédation, rivalité alimentaire ou sexuelle) tout en étant soumis à de nouvelles contraintes, par exemple leur moins grande réactivité aux stimuli externes va entraîner une évolution comportementale et provoquer la #sélection des plus dociles. On peut dire que l’espèce humaine elle-même a été domestiquée, enchaînée à un ensemble de routines. Les chasseurs-cueilleurs maîtrisaient une immense variété de techniques, basées sur une connaissance encyclopédique conservée dans la mémoire collective et transmise par #tradition_orale. « Une fois qu’#Homo_sapiens a franchi le Rubicon de l’agriculture, notre espèce s’est retrouvée prisonnière d’une austère discipline monacale rythmée essentiellement par le tic-tac contraignant de l’horloge génétique d’une poignée d’espèces cultivées. » James C. Scott considère la #révolution_néolithique récente comme « un cas de #déqualification massive », suscitant un #appauvrissement du #régime_alimentaire, une contraction de l’espace vital.
      Les humains se sont abstenus le plus longtemps possible de faire de l’agriculture et de l’élevage les pratiques de subsistance dominantes en raison des efforts qu’elles exigeaient. Ils ont peut-être été contraints d’essayer d’extraire plus de #ressources de leur environnement, au prix d’efforts plus intenses, à cause d’une pénurie de #gros_gibier.
      La population mondiale en 10 000 avant notre ère était sans doute de quatre millions de personnes. En 5 000, elle avait augmenté de cinq millions. Au cours des cinq mille ans qui suivront, elle sera multipliée par vingt pour atteindre cent millions. La stagnation démographique du #néolithique, contrastant avec le progrès apparent des #techniques_de_subsistance, permet de supposer que cette période fut la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité sur le plan épidémiologique. La sédentarisation créa des conditions de #concentration_démographique agissant comme de véritables « parcs d’engraissement » d’#agents_pathogènes affectant aussi bien les animaux, les plantes que les humains. Nombre de #maladies_infectieuses constituent un « #effet_civilisationnel » et un premier franchissement massif de la barrière des espèces par un groupe pathogènes.
      Le #régime_alimentaire_céréalier, déficient en #acides_gras essentiels, inhibe l’assimilation du #fer et affecte en premier lieu les #femmes. Malgré une #santé fragile, une #mortalité infantile et maternelle élevée par rapport aux chasseurs-cueilleurs, les agriculteurs sédentaires connaissaient des #taux_de_reproduction sans précédent, du fait de la combinaison d’une activité physique intense avec un régime riche en #glucides, provoquant une #puberté plus précoce, une #ovulation plus régulière et une #ménopause plus tardive.

      Les populations sédentaires cultivant des #céréales domestiquées, pratiquant le commerce par voie fluviale ou maritime, organisées en « #complexe_proto-urbain », étaient en place au néolithique, deux millénaires avant l’apparition des premiers États. Cette « plateforme » pouvait alors être « capturée », « parasitée » pour constituer une solide base de #pouvoir et de #privilèges politiques. Un #impôt sur les céréales, sans doute pas inférieur au cinquième de la récolte, fournissait une rente aux élites. « L’État archaïque était comme les aléas climatiques : une menace supplémentaire plus qu’un bienfaiteur. » Seules les céréales peuvent servir de base à l’impôt, de part leur visibilité, leur divisibilité, leur « évaluabilité », leur « stockabilité », leur transportabilité et leur « rationabilité ». Au détour d’un note James C. Scott réfute l’hypothèse selon laquelle des élites bienveillantes ont créé l’État essentiellement pour défendre les #stocks_de_céréales et affirme au contraire que « l’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres ». La majeure partie du monde et de sa population a longtemps existé en dehors du périmètre des premiers États céréaliers qui n’occupaient que des niches écologiques étroites favorisant l’#agriculture_intensive, les #plaines_alluviales. Les populations non-céréalières n’étaient pas isolées et autarciques mais s’adonnaient à l’#échange et au #commerce entre elles.
      Nombre de #villes de #Basse_Mésopotamie du milieu du troisième millénaire avant notre ère, étaient entourées de murailles, indicateurs infaillibles de la présence d’une agriculture sédentaire et de stocks d’aliments. De même que les grandes #murailles en Chine, ces #murs d’enceinte étaient érigés autant dans un but défensif que dans le but de confiner les paysans contribuables et de les empêcher de se soustraire.
      L’apparition des premiers systèmes scripturaux coïncide avec l’émergence des premiers États. Comme l’expliquait #Proudhon, « être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé ». L’#administration_étatique s’occupait de l’#inventaire des ressources disponibles, de #statistiques et de l’#uniformisation des #monnaies et des #unités_de_poids, de distance et de volume. En Mésopotamie l’#écriture a été utilisée à des fins de #comptabilité pendant cinq siècle avant de commencer à refléter les gloires civilisationnelles. Ces efforts de façonnage radical de la société ont entraîné la perte des États les plus ambitieux : la Troisième Dynastie d’#Ur (vers 2100 avant J.-C.) ne dura qu’à peine un siècle et la fameuse dynastie #Qin (221-206 avant J.-C.) seulement quinze ans. Les populations de la périphérie auraient rejeté l’usage de l’écriture, associée à l’État et à l’#impôt.

      La #paysannerie ne produisait pas automatiquement un excédent susceptible d’être approprié par les élites non productrices et devait être contrainte par le biais de #travail_forcé (#corvées, réquisitions de céréales, #servitude pour dettes, #servage, #asservissement_collectif ou paiement d’un tribu, #esclavage). L’État devait respecter un équilibre entre maximisation de l’excédent et risque de provoquer un exode massif. Les premiers codes juridiques témoignent des efforts en vue de décourager et punir l’#immigration même si l’État archaïque n’avait pas les moyens d’empêcher un certain degré de déperdition démographique. Comme pour la sédentarité et la domestication des céréales, il n’a cependant fait que développer et consolider l’esclavage, pratiqué antérieurement par les peuples sans État. Égypte, Mésopotamie, Grèce, Sparte, Rome impériale, Chine, « sans esclavage, pas d’État. » L’asservissement des #prisonniers_de_guerre constituait un prélèvement sauvage de main d’œuvre immédiatement productive et compétente. Disposer d’un #prolétariat corvéable épargnait aux sujets les travaux les plus dégradants et prévenait les tensions insurrectionnelles tout en satisfaisant les ambitions militaires et monumentales.

      La disparition périodique de la plupart de ces entités politiques était « surdéterminée » en raison de leur dépendance à une seule récolte annuelle d’une ou deux céréales de base, de la concentration démographique qui rendait la population et le bétail vulnérables aux maladies infectieuses. La vaste expansion de la sphère commerciale eut pour effet d’étendre le domaine des maladies transmissibles. L’appétit dévorant de #bois des États archaïques pour le #chauffage, la cuisson et la #construction, est responsable de la #déforestation et de la #salinisation_des_sols. Des #conflits incessants et la rivalité autour du contrôle de la #main-d’œuvre locale ont également contribué à la fragilité des premiers États. Ce que l’histoire interprète comme un « effondrement » pouvait aussi être provoqué par une fuite des sujets de la région centrale et vécu comme une #émancipation. James C. Scott conteste le #préjugé selon lequel « la concentration de la population au cœur des centres étatiques constituerait une grande conquête de la civilisation, tandis que la décentralisation à travers des unités politiques de taille inférieure traduirait une rupture ou un échec de l’ordre politique ». De même, les « âges sombres » qui suivaient, peuvent être interprétés comme des moments de résistance, de retours à des #économies_mixtes, plus à même de composer avec son environnement, préservé des effets négatifs de la concentration et des fardeaux imposés par l’État.

      Jusqu’en 1600 de notre ère, en dehors de quelques centres étatiques, la population mondiale occupait en majorité des territoires non gouvernés, constituant soit des « #barbares », c’est-à-dire des « populations pastorales hostiles qui constituaient une menace militaire » pour l’État, soit des « #sauvages », impropres à servir de matière première à la #civilisation. La menace des barbares limitait la croissance des États et ceux-ci constituaient des cibles de pillages et de prélèvement de tribut. James C. Scott considère la période qui s’étend entre l’émergence initiale de l’État jusqu’à sa conquête de l’hégémonie sur les peuples sans État, comme une sorte d’ « âge d’or des barbares ». Les notions de #tribu ou de peuple sont des « #fictions_administratives » inventées en tant qu’instrument de #domination, pour désigner des #réfugiés politiques ou économiques ayant fuit vers la périphérie. « Avec le recul, on peut percevoir les relations entre les barbares et l’État comme une compétition pour le droit de s’approprier l’excédent du module sédentaire « céréales/main-d’œuvre ». » Si les chasseurs-cueilleurs itinérants grappillaient quelques miettes de la richesse étatique, de grandes confédérations politiques, notamment les peuples équestres, véritables « proto-États » ou « Empires fantômes » comme l’État itinérant de #Gengis_Kahn ou l’#Empire_Comanche, constituaient des concurrents redoutables. Les milices barbares, en reconstituant les réserves de main d’œuvre de l’État et en mettant leur savoir faire militaire au service de sa protection et de son expansion, ont creusé leur propre tombe.

      Dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une #anomalie et une #contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      https://lundi.am/HOMO-DOMESTICUS-Une-Histoire-profonde-des-premiers-Etats
      #historicisation

  • Basculements
    Mondes émergents, possibles désirables

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Basculements-Mondes-emergents-possibles-desirables

    Dénonçant la notion d’effondrement, qui dépolitise les enjeux en postulant une trajectoire unique et comme jouée d’avance, Jérôme Baschet, qui a enseigné à l’Universidad Autonoma de Chiapas, à San Cristóbal de Las Casas, propose celle de « basculements » qui fait place, au contraire, à l’imprévisibilité croissante de notre temps et au rôle central de la mobilisation politique. Alors qu’« un microscopique fragment de l’à peine-vivant » a provoqué « la paralysie d’une machinerie aussi ample et ramifiée que l’économie mondiale », supposant la reproduction d’autres crises systémiques du capitalisme, il esquisse plusieurs scénarios, dont celui d’une ouverture des possibles qui nous engagerait vers des manières de vivre échappant aux logiques du système-monde capitaliste.

    Il tente, tout d’abord, de cerner les tendances principales que la crise du coronavirus a pu induire, amplifier ou affecter significativement : accélération de la numérisation généralisée ; modification des équilibres géostratégiques, confirmant l’effritement de l’hégémonie états-unienne et la montée en puissance de la Chine ; reconfiguration des circuits de la globalisation, notamment avec un mouvement de relocalisations productives dans un souci de souveraineté plutôt que dans une perspective écologique ; interventionnisme accru de l’État dont on attend une réponse face à la pandémie, que l’on critique ses manquements ou l’excès des mesures d’exception. Toutefois, ce serait une erreur de postuler une « opposition diamétrale » entre néolibéralisme et État, puisque le premier a toujours eu besoin du second pour assurer sa bonne régulation, l’État étant appelé à la rescousse pour socialiser les pertes et se désengageant à nouveau pour permettre la privatisation des bénéfices. (...)

    #Jérôme_Baschet #capitalisme #économie #globalisation #néolibéralisme #État #pandémie #crise #effondrement #modèle_chinois #Frédéric_Lordon #Murray_Bookchin #Erik_Olin_Wright #expérience_zapatiste #Gilets_jaunes #stratégies #rupture