• Bayer, dans l’enfer du mariage avec Monsanto

    Depuis la fusion effective des deux groupes, en juin, la valeur du nouvel ensemble ne cesse de fondre. Les investisseurs s’inquiètent du risque environnemental que constitue le glyphosate
    Cécile Boutelet
    page scq2

    Berlin correspondance - Ce jour-là, l’action Bayer a décroché, pour ne plus jamais se relever. Le 9 août 2018, Dewayne ­Johnson, un ancien jardinier en phase terminale de lymphome non hodgkinien, obtient gain de cause dans son procès contre Monsanto, qui ne l’a pas informé des risques qu’il courait en utilisant son produit phare, le Roundup. Le célèbre produit à base de glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde, est pour la première fois rendu responsable d’un cancer par un tribunal, qui condamne Monsanto à verser au plaignant 289 millions de dollars (253 millions d’euros) : 39 au titre du préjudice moral et financier et 250 millions au titre des dommages. L’allemand Bayer, qui a racheté le semencier Monsanto au mois de juin 2018, accuse le coup : 10 milliards d’euros de valeur boursière s’évaporent en quelques heures. Le « risque Monsanto » correspond désormais à un chiffre, monstrueux. Et la descente aux enfers commence.

    Bayer, ébranlé par la sanction, se défend. Il assure aux investisseurs que le procès sera cassé en appel, que la peine sera allégée et que le juge se rendra aux conclusions des « 800 études scientifiques » prouvant l’innocuité de la molécule. L’action reprend des couleurs. Mais lundi 22 octobre, le couperet tombe : la juge Suzanne Bolanos ne rouvrira pas le procès. Elle maintient le jugement mais allège la sanction financière, la ramenant au total à 78,5 millions de dollars. L’action s’effondre à nouveau, pour atteindre son plus bas niveau depuis cinq ans. Le 1er novembre, Dewayne Johnson a accepté dans le but d’éviter le poids d’un nouveau procès les dommages et intérêts réduits.

    Depuis le rachat de Monsanto, Bayer a perdu la somme gigantesque de 30 milliards d’euros de valeur boursière, alors que le groupe a opéré une augmentation de capital de 9 milliards d’euros pour boucler la fusion. Le « mariage du siècle » au sommet de l’agrochimie mondiale était-il une erreur ? Déjà condamné par les écologistes, voilà qu’il est aussi remis en cause par les marchés. Tout, dans cette alliance, est démesuré : le prix de la transaction (63 milliards de dollars) ; la taille du nouveau groupe, devenu le premier producteur de glyphosate du monde et le champion mondial de l’agrochimie ; la réputation de Monsanto, un nom si chargé négativement que Bayer a prévu de le faire disparaître. Mais c’est surtout l’ampleur du nouveau risque judiciaire qui affole les investisseurs : 7 800 procès sont actuellement intentés contre Monsanto aux Etats-Unis, soit plusieurs milliards de dollars de dommages et intérêts potentiels.

    « Ambiance désastreuse »

    « Les activités de Monsanto apportent des risques élevés en matière environnementale, sociale et de gouvernance », estime Ingo Speich, gestionnaire de fonds chez Union Investment. Bayer a-t-il suffisamment mesuré les risques ? Les actionnaires sont d’autant plus inquiets que les autres activités du groupe affichent des signes de faiblesse : le département des médicaments sans ordonnance a vu ses résultats reculer au dernier semestre. En pharmacie conventionnelle, plusieurs brevets Bayer arrivent bientôt à échéance, et les nouvelles molécules en cours d’homologation ne pourront pas compenser la perte de chiffre d’affaires.

    En interne, depuis le mois d’août, c’est le branle-bas de combat. « L’ambiance est désastreuse. Beaucoup avaient déjà eu du mal à avaler la décision de racheter Monsanto, vu l’image qu’ils en ont. Mais là, la situation n’est pas tenable à long terme. Si un hedge fund veut nous racheter, il peut le faire à bon compte », s’inquiète une source interne. Pour sauver la fusion, même les bijoux de famille sont examinés. Fin septembre, la presse allemande rapporte que Bayer étudie de près une cession de ses activités en santé animale, qui pourrait rapporter 6 à 7 milliards d’euros. Une information non confirmée par le groupe.

    Fin septembre, lors d’une réunion du personnel à Leverkusen, au siège de Bayer, Werner Baumann, patron du groupe, a évoqué la possibilité de se séparer de certaines parties de son département recherche en médicaments, l’un des coeurs traditionnels de Bayer. Les représentants des salariés sont alarmés.

    Surtout, Bayer veut sauver le soldat glyphosate. L’herbicide controversé est d’une importance cruciale pour le groupe. Il représentait un quart des ventes de Monsanto. Dans le groupe Bayer consolidé, il pèse 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Alors Werner Baumann monte lui-même au créneau dans la presse. Dans le numéro du 23 septembre de Bild am Sonntag, version dominicale de Bild, le quotidien le plus lu d’Allemagne, il pose, souriant, dans un laboratoire du groupe. « Grâce au glyphosate, les gens mangent à leur faim », affirme-t-il, au risque de s’attirer les foudres des milieux écologistes.

    Volonté de dialogue

    La sortie pro-glyphosate du patron de Bayer surprend. Car, depuis début 2018, c’est un tout autre discours qui était mis en avant. Liam Condon, directeur du département Crop Science, a multiplié les interventions dans la presse et auprès d’associations environnementales pour expliquer la démarche du nouveau groupe. Il joue la carte du dialogue et de l’apaisement.

    Fin mars, dans le magazine Capital, une discussion est organisée avec le coprésident du parti écologiste allemand, Robert Habeck, sur la question de savoir comment nourrir la planète avec 10 milliards d’habitants en 2050. C’est la première fois qu’un tel débat est organisé dans le pays, symptomatique d’un double mouvement : la volonté de Bayer de trancher avec le passé de Monsanto, qui refusait systématiquement le débat avec ses contradicteurs, et la nouvelle orientation des Verts allemands, traditionnellement parti d’urbains très diplômés, qui ne veulent plus passer pour des ennemis de l’innovation. Les positions restent antagoniques, notamment sur la question des brevets sur les plantes, mais certains points d’entente sont identifiés. « Je ne veux pas revenir à une agriculture de carte postale avec trois cochons et deux poules », dit M. Habeck, aujourd’hui une des personnalités politiques les plus en vue d’Allemagne. « Le glyphosate n’est pas notre avenir », assure de son côté M. Condon.

    La question est brûlante : dans le contexte d’une augmentation de la population, d’un réchauffement du climat et d’une extinction des espèces, comment accroître la production agricole sans étendre les terres arables au détriment des espaces sauvages ? Comment adapter l’agriculture à la montée du niveau des mers ? Comment faire avec moins d’eau, moins d’engrais et moins de pesticides de synthèse ?

    Liam Condon est l’arme de Bayer dans ce débat sensible. Mi-juin, dans l’hebdomadaire FAS, il laisse entrevoir ce à quoi pourrait ressembler l’agriculture du futur selon Bayer : davantage de technique et moins de chimie. Même s’il continue de défendre le glyphosate comme un herbicide « sûr . « La grande solution qui va sauver le monde n’existe pas, explique-t-il. L’agriculture est trop variée. Mais il y aura une série de petits apports. »

    Il en nomme trois. Le premier est la technologie Crispr-Cas, ou « ciseau génétique » une technologie codécouverte en 2012 par la Française Emmanuelle Charpentier, qui permet de modifier l’ADN d’une plante plus rapidement qu’auparavant, sans avoir recours au matériel génétique d’une autre plante. Elle pourrait permettre de créer des organismes plus résistants à la sécheresse, capables de grandir dans l’eau salée, ou plus productifs, promettent les scientifiques, qui parlent de « révolution dans l’agriculture . La méthode divise actuellement les écologistes allemands et le thème est très controversé en Europe. Un arrêt de la Cour de justice européenne, rendu fin juillet, a ainsi mis un coup de frein au développement de la technologie sur les sols européens. Les plantes traitées avec la méthode Crispr-Cas sont considérées comme des OGM et devront être dûment étiquetées.

    La deuxième technologie sur laquelle mise Bayer est l’agriculture numérique ou « digital farming », qui suppose par exemple l’utilisation de robots autonomes dans les champs qui repèrent les plantes nuisibles et les détruisent au laser. Ou celle de capteurs, capables de mesurer au plus près l’hygrométrie et la quantité d’intrants à utiliser. La troisième innovation repose sur une meilleure connaissance des micro-organismes ou microbes présents dans le sol et leur relation avec la croissance de la plante. Elle propose des solutions biologiques pour la fertilisation des sols ou la protection contre les maladies. Certaines préparations déjà sur le marché sont d’ailleurs utilisables en agriculture bio.

    Interrogées par le Monde, plusieurs sources des milieux écologistes conviennent, en off, que ces innovations sont « intéressantes » et qu’elles consacrent l’émergence d’une agriculture « post-chimie . Mais elles maintiennent leur condamnation de la concentration du secteur de l’agrotechnologie. Pour les actionnaires, ces nouvelles méthodes ne promettent cependant pas de profits à court terme. Or la Bourse est cruelle : elle mesure le risque environnemental, mais ne veut pas renoncer aux profits sûrs. Pour Bayer, le défi est double : il doit convaincre que son modèle d’agriculture du futur est aussi « durable » qu’il le prétend, et qu’il peut générer autant de profits que le glyphosate.

    Dans Le Monde Éco & Entreprise, samedi 3 novembre 2018 1478 mots, p. SCQ2

    #agriculture #monsanto #glyphosate


  • L’ONF utilise-t-il illégalement du glyphosate en forêt domaniale de Saint-Gobain dans l’Aisne ? Célia Mascre - 3 Novembre 2018 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/aisne/laon/onf-utilise-t-elle-illegalement-du-glyphosate-foret-dom

    Ces derniers mois, de nombreux témoignages attestant de l’utilisation du glyphosate dans la forêt de Saint-Gobain (Aisne) par l’Office national des forêts (ONF), se multiplient. Est-ce avéré ? Est-ce légal ?

     ?
    La forêt domaniale de Saint-Gobain (Aisne), près de Laon, à l’automne 2018. / © William Church

    Le 2 octobre, l’ONF a annoncé via une note de service "qu’à compter de [cette] date, la gestion pratiquée par l’ONF exclut totalement toute prescription et tout usage du glyphosate dans les forêts publiques". 

Depuis plusieurs années, les associations de protection de l’environnement françaises tirent la sonnette d’alarme. Elles dénoncent une gestion des forêts industrialisée et non respectueuse de l’écosystème.

    La forêt domaniale de Saint-Gobain, dont 9 000 hectares sur 13 000 sont gérés par l’ONF, n’y échapperait pas. Située à moins de trente kilomètres du chef-lieu de l’Aisne et à deux heures en voiture de Paris, ce massif forestier est connu pour ses futaies de chênes et de hêtres qui se mêlent à d’autres feuillus : frênes, châtaigniers, érables, merisiers, tilleuls, ormes, saules, aulnes, etc.


    Une multiplication sans précédent des coupes à blanc sur des superficies de plus en plus importantes. / © William Church

    C’est en tout cas ce qu’affirment certains défenseurs de l’environnement comme William Church, président de l’association Une forêt et des Hommes. Depuis ses 5 ans, il explore le site et le connaît par cœur. Au printemps 2017, il dit avoir observé des épandages de glyphosate sur des parcelles proches de chemins très empruntés.

    Contactée, l’ONF confirme avoir utilisé du glyphosate à une seule reprise sur "une parcelle en travaux et donc interdite au public" et de manière "très précautionneuse, loin des cours d’eau". L’ONF précise qu’elle souhaite "quitter progressivement cette pratique" et que cette utilisation était "exceptionnelle".


    Des signes d’érosion des sols sur les coupes rases en pente. / © William Church

    Que dit la loi ?
    Ce n’est pas l’utilisation du glyphosate en soi qui pose problème. C’est plutôt le lieu où il est utilisé. En matière d’usages non agricoles, l’utilisation du glyphosate par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite en France depuis le 1er janvier 2017. C’est sur ce point que la version des environnementalistes et de l’ONF se contredisent : l’ONF parle de parcelles interdites au public, tandis que les Amis de la forêt disent avoir constaté des épandages sur des parcelles proches de chemins très empruntés.


    Des arbres bien alignés, d’une même essence, d’un même âge. Un appauvrissement génétique, une uniformisation des paysages, une catastrophe pour la biodiversité. / © William Church

    "Ils reconnaissent une parcelle mais il y en a eu 4 ou 5", affirme William Church. « Les épandages n’ont pas été effectués sur des parcelles privées, c’est faux ! Ils ont été fait sur des parcelles en forêt domaniale, proche de chemins très empruntés par des promeneurs, des cyclistes et proche d’un parking menant à une route gravillonnée sur laquelle une association de personnes handicapées organise régulièrement des marches. Il s’agit de la parcelle longeant le chemin qui relie Saint-Gobain à Saint-Nicolas-aux-Bois et de la route du Mont Tortue. Au mois de mars 2017, on s’est rendu là-bas pour organiser le rallye des enfants comme tous les ans et on a découvert que tout était détruit »


    Première étape : le sous-bois est exploité ; ne restent que les semenciers. Mais la mise à nu brutale des sols, l’oxydation des éléments nutritifs empêchent la régénération naturelle. / © William Church

    Pourquoi utiliser du glyphosate ?
    Commercialisé sous diverses marques et substance de base des désherbants, le glyphosate est classé "cancérigène probable" depuis 2015 par l’Organisation mondiale de la santé.


    Donc, l’ONF a recours à une régénération artificielle coûteuse, avec des plants inadaptés au sol et au climat (plus de 50% d’échec)… Des arbres bien alignés. Et la ronce qui commence à proliférer. On laisse un « arbre remarquable » pour faire croire que l’on s’intéresse… / © William Church

    Produit uniquement par Monsanto dans un premier temps, sous le nom commercial de Roundup, il est depuis 2000 tombé dans le domaine public, et est désormais fabriqué et commercialisé par un grand nombre de sociétés.

    En forêt, il est surtout utilisé pour tuer les ronces, qui prolifèrent au printemps, période de végétation active. Elles empêchent les jeunes pousses de voir la lumière et donc de se développer, et rendent certains endroits inaccessibles. Deux à trois mois après le traitement, le feuillage du roncier se ternit nettement et prend un aspect fané des taches de l’ordre du centimètre, grises ou brunes, apparaissent irrégulièrement sur le limbe. Les feuilles et les tiges se dessèchent ensuite plus ou moins brutalement.


    Quelques années plus tard. Une seule essence, un même âge. / © William Church

    "Amener de la chimie dans un espace naturel, ça dépasse l’entendement. Niveau biodiversité, c’est une catastrophe", dénonce William Church. Les parcelles traitées au glyphosate se retrouvent totalement brûlées. Les "prédateurs" naturels des ronces sont les cervidés. "Les biches viennent manger les ronces à une période où elles sont en gestation. Les ronces traitées sont dangereuses pour les fœtus".

    Les conséquences d’un tel traitement sont diverses et cela pose problème d’autant que la forêt de Saint-Gobain est classée Natura 2000, un réseau qui rassemble des sites d’une grande valeur patrimoniale par leur faune et leur flore exceptionnelles, mais aussi PEFC (Programme for the endorsement of forest certification), qui certifie la plupart des forêts françaises.


    Bien alignés. Biodiversité anéantie… / © William Church

    Mis en place en 1999 par l’industrie du bois, le label PEFC est censé garantir une gestion éco-responsable des forêts. Cette certification cache en fait des pratiques peu recommandables en matière de protection de l’environnement, comme la gestion prétendument durable de forêts à l’aide de napalm et de neuro-toxiques. "La vérité, c’est que les pratiques forestières ont très peu évolué et que les pouvoirs publics ont préféré miser sur la certification plutôt que de renforcer la loi forestière", conclut Sylvain Angerand, de Une forêt et des Hommes .


    Quarante ans plus tard… Plus de sous-bois, pas d’étagement de la végétation, pas d’oiseau, pas de fleur, pas d’animaux. La forêt de demain : un désert. / © William Church

    Vers l’industrialisation de la gestion des forêts ?
    L’étape d’après, c’est ce qu’on appelle la coupe à blanc. Autrement dit l’abattage massif des arbres pour ensuite replanter en ligne. Une méthode peu en phase avec la nature pour les forestiers qui préféreraient une gestion sylvicole davantage personnalisée. "Avant, l’agent patrimonial de forêt connaissait chaque arbre, chaque végétal, chaque espèce, le moindre mètre carré de la forêt. On observait les arbres et on coupait ceux qui avaient atteint une certaine maturité. Avec les coupes à blanc, on fait disparaître notamment les espèces inféodées à une biodiversité particulière."


    Des routes créées sans études d’impact, ouvertes en permanence, non surveillées. Braconnage et tas d’ordures au cœur de la forêt. / © William Church

    Aujourd’hui, l’ONF favorise une gestion davantage automatisée, plus "efficace", avec moins d’humain. "Des engins de 40 tonnes débarquent peu importe le temps qu’il fait, ils font des dégâts considérables avec des ornières d’un mètre trente par temps de pluie… On détruit les sols. C’est une bombe à retardement écologique," dénonce William Church.


    Des sols ravagés. / © William Church

    Sur le sujet précis du glyphosate, le service régional de l’alimentation de la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt (Draaf) des Hauts-de-France, évoque un sujet "très sensible" et refuse de faire un commentaire. Le responsable du service invite "les plaignants à contacter l’administration."

    Ce sera chose faite pour M. Church qui finalisait justement ce vendredi la création d’un collectif SOS Forêt Île-de-France, Hauts-de-France et Nord afin de mener des actions juridiques et pourquoi pas porter plainte.


    Une prolifération des ronces, preuve de la mauvaise gestion actuelle de la forêt. / © William Church

    #ONF #forêt #Saint-Gobain #massacre #forêts #environnement #biodiversité #bois #france #arbres #glyphosate #monsanto #roundup #agriculture #santé #herbicide #bayer #pollution #economie #france

    • La forêt se découpe en silence

      La découpe forestière et la découpe sociale sont intimement liées. Dans les forêts françaises comme ailleurs, le moteur de la rentabilité est à l’oeuvre. Pour l’Office national des Forêts (ONF), les arbres se font tronçonner au rythme des cours du bois mondialisés, avec la même brutalité que les droits sociaux.
       
      La forêt de #Mormal, dans l’Avesnois, est le plus vaste massif forestier du #Nord-Pas-de-Calais. Dévastée par les deux guerres mondiales (1), c’est une forêt encore fragile, mais vigoureuse, connue pour sa remarquable population de cerfs. Comme toutes les forêts domaniales (2), elle est gérée par l’Office National des Forêts (ONF). Cet organisme public est censé respecter un plan d’aménagement, soigneusement conçu pour garder un équilibre harmonieux entre l’abattage des arbres destinés à la vente et la régénération de la forêt, si possible naturelle. Le tout, en permettant au public d’y batifoler et aux chasseurs d’y réguler la population animale (et humaine, à l’occasion). Ça, ce sont les missions théoriques de l’ONF. En réalité, l’office piétine allégrement les objectifs qu’il s’est lui-même fixés et découpe ses forêts à tout-va. . . . .
      La suite : http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/1021-la-foret-se-decoupe-en-silence


  • Les notes de frais astronomiques du député LREM en charge des questions de défense - Lise Garnier - 30 Octobre 2016 - Capital _
    https://www.capital.fr/economie-politique/les-notes-de-frais-astronomiques-du-depute-lrem-en-charge-des-questions-de-d

    Le député LREM Jean-Jacques Bridey, président de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale, a laissé derrière lui des notes de frais exorbitantes en quittant ses fonctions locales à l’été 2017, révèle Mediapart ce mardi. Patron d’une société d’économie mixte, l’élu a notamment écumé les plus prestigieux restaurants parisiens. Visiblement, le député « marcheur » n’en est pas à son coup d’essai en la matière puisqu’il est déjà accusé d’avoir perçu indûment 100 000 euros grâce au cumul de ses mandats, rappelle le site d’information.
    Entre 2016 et 2017, Jean-Jacques Bridey a alors enregistré 2 000 euros en moyenne de dépenses remboursées chaque mois par la Société d’économie mixte locale d’aménagement de Fresnes (Semaf). Une société qu’il préside depuis 2001, également l’année de sa première élection à la mairie de la ville du Val-de-Marne.

    Entre 150 et 500 euros le repas
    Parmi ses notes de frais figurent des déjeuners et des dîners dans des restaurants étoilés de Fresnes, Rungis et même dans des établissements de luxe dans la capitale. Sur les factures consultées par Mediapart, on retrouve entre autres du champagne, des huîtres ou encore des langoustines et du caviar. Côté tarifs, les repas pris par l’élu et ses accompagnateurs inconnus avoisinent les 150 euros en moyenne, avec des additions qui grimpent même jusqu’à plus de 500 euros.

    Ecrire à Jean-Jacques Bridey : jean-jacques.bridey@assemblee-nationale.fr

    Ex PDG de la SEMAF à par exemple 24 000 € net en 2016
    Ex Maire de Fresnes à par exemple 16 800 € net en 2016
    Ex Président Syndicat Intercommunal 2eme Cycle à par exemple 13 800 € net en 2016

    Source : http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA672

    A voté contre l’interdiction du #glyphosate
    Source : https://seenthis.net/messages/731215

     #pognon_de_dingue #en_marche #en_vedette #argent #merci


  • Le combat de Mme Tran contre Monsanto et l’agent orange Paris et Vietnam, reportage - 25 Octobre 2018 - Reporterre
    https://reporterre.net/Le-combat-de-Mme-Tran-contre-Monsanto-et-l-agent-orange

    Tran To Nga est née et a grandi au Vietnam. Les épandages massifs de défoliants par les avions militaires états-uniens durant la guerre l’ont empoisonnée, comme des millions de ses compatriotes, qui souffrent encore des ravages causés par la dioxine. Elle a intenté un procès à Monsanto et Dow Chemical, qui ont fabriqué ces poisons, au nom de toutes les victimes et « pour la santé du monde entier ».

    Lundi 7 novembre 2016, j’ai rendez-vous avec Nga à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Son temps est rare, et celui qu’elle m’octroie me donne l’impression de faire partie de son intimité. J’attends, assise sur un banc au rez-de-chaussée de l’hôpital ; un livre à la main, comme toujours, je n’entends pas sa voix frêle m’appeler depuis l’extrémité de la salle d’attente. Je m’assois à côté d’elle, et lui demande des nouvelles. De sa santé, d’abord, puis du procès qu’elle mène contre les principales firmes chimiques états-uniennes, responsables des épandages de défoliants pendant la guerre du Vietnam. Entre ses prises de sang, à l’occasion de l’attente entre chaque rendez-vous, j’apprends qu’il a fallu cinq longues années avant d’arriver au procès. Tran To Nga est franco-vietnamienne. Ancienne militante, combattante et journaliste, elle a vécu la guerre d’Indochine, puis celle du Vietnam, contre les États-Unis. Aujourd’hui, ces combats sont derrière elle, mais leurs traces perdurent dans son corps. Nga a un taux de dioxine très élevé dans le sang. Elle souffre de l’alpha-thalassémie, une maladie qui affecte la production des globules rouges, de chloracné sous-cutanée (une forme sévère d’acné) et du diabète de type 2. Insidieuses et imperceptibles blessures de guerre. Même si ces maux paraissent invisibles quand on regarde Nga, ils sont pourtant bien réels.


    « Laisser la conscience se réveiller, assumer le mal qu’on a causé, et se rassembler pour le réparer. » Tran To Nga

    « L’humanité n’est pas une espèce animale : c’est une réalité historique », écrivait Simone de Beauvoir en 1964, peu après le début de la guerre du Vietnam (1961-1973). C’est sur les visages, les corps et les paysages que s’exprime l’histoire d’un pays. À partir de l’année 1962, le gouvernement des États-Unis a lancé l’opération « Ranch Hand » (« ouvrier agricole ») et déversé plus de 80 millions de litres de défoliants sur la partie Sud du Vietnam. Parmi eux, l’agent orange, mais aussi l’agent blanc, l’agent vert, l’agent bleu, l’agent rose et l’agent violet… « The Rainbow Herbicides », selon l’armée états-unienne, les « herbicides arc-en-ciel ». L’acide 2,4,5-T est l’une des molécules herbicides de l’agent orange, massivement épandu pour détruire la couverture végétale qui enveloppait et protégeait les résistants vietnamiens. Cet acide contient de la dioxine, qui s’est disséminée à travers les forêts, les ruisseaux, les nappes phréatiques, et a peu à peu contaminé la faune, la flore et les habitants du pays.

    « Et, tout à coup, une pluie gluante dégouline sur mes épaules, se plaque sur ma peau » 

    Plus de quarante ans après la fin du conflit, la guerre continue de s’exprimer sur le visage des nouveau-nés. Le dernier rapport de Vava (The Vietnam Association for Victims of Agent Orange/Dioxin) publié en août 2016 confirme que, au Vietnam, la majorité des malformations génitales, des décès prénataux et des fausses-couches sont dus à l’agent orange. La dioxine est un agent tératogène (du grec, « teras, teratos », « monstre » et « genos », « gène »). Parmi ses formes d’expression les plus graves, on liste : absence de membres, bec-de-lièvre, tumeur(s) externe(s), microcéphalie, hydrocéphalie, cécité, surdité, autisme, retard mental, cancers, diabètes… Selon ce même rapport, 4,8 millions de Vietnamiens auraient été exposés directement ou indirectement à la dioxine et 150.000 enfants auraient des malformations de naissance (ce chiffre provient, d’après le rapport, de statistiques encore incomplètes).


    Kien est une victime de l’agent orange. Il souffre d’une tumeur externe sur la partie droite du visage et de chloreacné ; il est présent dans le film de Jean-Marc Turine « Liên de Mê Linh »

    Dans son livre Ma terre empoisonnée, paru début 2016, Nga cite sa grand-mère qui, à peine quelques années après sa naissance, lui disait : « Prépare-toi à une vie difficile, ma petite. » Tran To Nga est née le 30 mars 1942 à Soc Trang, une région prospère grâce à la culture du riz. Dès son plus jeune âge, elle a été plongée dans une rude existence. Fille d’une figure militante communiste au Vietnam, Nga a été impliquée dans la guerre dès ses 8 ans, étant utilisée comme agent de liaison. Après des études de chimie à Hanoï, elle a rejoint le Sud, parcourant la « piste de Truong-Son » [1] avec, en tête, l’espoir de libérer le pays. Sa force de caractère et ses convictions politiques lui ont permis de tenir dans la jungle et dans la prison où elle fut emprisonnée, torturée, et où est née sa seconde fille.

    « Un jour, je suis en train d’écrire un article au fond de ma tanière, éclairée par un lampion, quand un avion nous survole, passant et repassant au-dessus de l’abri en cercles de plus en plus resserrés. Intriguée, je sors. Le C-123 vole à basse altitude. De ses entrailles s’échappe une sorte de nuage blanc qui fait tache dans le bleu du ciel. Je le contemple comme on regarderait un vol d’oiseaux migrateurs, sans bouger. Et, tout à coup, une pluie gluante dégouline sur mes épaules, se plaque sur ma peau. Une quinte de toux me prend. Maman, venue me rejoindre, me crie d’aller vite m’asperger d’eau et de changer de vêtements, en m’expliquant ce que je n’ai pas encore compris : “C’est du défoliant, de l’agent orange, Nga !” » [2].


    Des avions états-uniens en opération d’épandage de produits chimiques lors de la guerre du Vietnam.

    Après cet incident, Nga accouche d’une petite fille, qui décède peu de mois après. Nga pensait que c’était en raison des conditions de vie et du manque d’hygiène. Aucun lien ne s’était encore tissé entre l’agent orange et cette mort prématurée.

    « Il faut que les gens se rassemblent, non seulement pour les victimes, mais pour la bonne santé du monde entier » 

    C’est seulement après des tests sanguins en 2011 que Nga eut la preuve qu’elle avait été contaminée par l’agent orange. Aujourd’hui, les circonstances lui demandent encore de solliciter l’énergie qui lui reste, à presque 75 ans, pour les victimes de la dioxine. Les Vietnamiens ne peuvent pas mener de procès contre les firmes qui ont fabriqué ces produits. Leur gouvernement empêche les avocats de participer à des procès internationaux par peur de dégrader les relations économiques avec les États-Unis.


    Portraits d’un ancien combattant vietnamien au mur d’une demeure de famille de victimes. La photo a été prise pendant une journée de visite des familles avec l’association VNED, dans la province de Quang Binh.

    Nga, qui est à la fois vietnamienne, française — depuis que le gouvernement français lui a décerné la Légion d’honneur — et victime de l’agent orange, rassemble les conditions nécessaires pour mener ce procès. C’est lorsqu’elle a témoigné au tribunal international d’opinion pour les victimes vietnamiennes de l’agent orange/ dioxine, qui s’est déroulé à Paris les 15 et 16 mai 2009, qu’André Bouny, auteur de l’essai Agent orange, apocalypse Viêt Nam (éditions Demi-Lune lui a proposé d’intenter un procès aux géants de la pétrochimie. Nga a refusé, d’abord ; puis, André Bouny lui a dit qu’il ne s’agissait pas de « sa justice à elle », mais de celle de l’ensemble des victimes. « Quand on m’a expliqué que c’était pour les autres victimes, j’ai tout de suite accepté », dit-elle. Épaulée par trois avocats, maîtres William Bourdon, Amélie Lefebvre et Bertrand Repolt, Nga s’est lancée en 2011 dans ce combat long et difficile.


    Tran To Nga au cinéma Le Vox, à Fréjus (Var), pendant une séance de dédicace, cet été.

    Nga et ses avocats n’espèrent pas une victoire juridique, mais marquer les esprits. Ce combat, qui revêt la forme d’un procès, est avant tout un combat pour l’humanité : « Il faut que les gens se rassemblent, non seulement pour les victimes, mais pour la bonne santé du monde entier. » « J’agis pour que les crimes de la guerre ne soient pas oubliés ; pour que l’ensemble de la communauté internationale se mobilise contre les écocides et les génocides », ajoute-t-elle. Car ce procès ne renferme pas que la seule visée mémorielle. Monsanto continue à semer la mort dans le monde entier. Le premier tribunal international et citoyen, qui a eu lieu le mois dernier à La Haye pour dénoncer ses crimes, en est la preuve.

    Accusé d’#écocide et d’être la cause de nombreux maux, #Monsanto subit maints procès. Alors qu’il ne répond pas systématiquement à toutes les plaintes, il a décidé de le faire contre cette « belle dame » (la signification du prénom de Nga) de 75 ans, comme les 25 autres sociétés accusées, dont #Dow_Chemical. Cette réponse est une première victoire pour Nga et ses avocats : ces firmes s’inquiètent du symbole qu’elle représente.


    Ma terre empoisonnée, par Tran To Nga et Philippe Broussard, éditions Stock, 304 p., 19,5 €


  • Glyphosate : Croyez nous sur parole ! J.L.P. - 24 Octobre 2018 - Le Canard enchainé

    ❝ Pauvres députés macronistes !
    Le 29 Mai 2018 en compagnie d’une poignée de députés LR, une trentaine d’entre eux avaient rejeté l’amendement déposé par Mathieu Orphelin, député LRM proche de Hulot, qui vise à interdire le glyphosate d’ici à 2021.
    Leurs électeurs les alors avaient vivement interpelés Six mois auparavant, le président macron ne s’était il pas engagé par écrit à faire interdire le glyphosate  "au plus tard dans trois ans " ?
    Pourquoi trahir cette promesse ?
    Pourquoi refuser de l’inscrire dans la loi ?

    Le 15 Septembre 2018, rebelote : un amendement du même tonneau est rejetté par 42 députés (dont les mêmes 34 macronistes).
    Depuis, comme le raconte « Le Monde 19/10 », ils vivent dans l’enfer. Dans la rue on les apostrophe : « Vous êtes tous vendus aux lobbys ! Honte à vous d’être avec monsanto ! »
    Ils reçoivent des mails indignés par centaines. On les présente comme les « 42 salopards » . Et parfois, forcement, ça dérape (insultes, menaces de mort).
    Heureusement, l’ex ministre de l’agriculture Stéphane Travert a exprimé son soutient à ces députés « injustement insultés, bafoués, caricaturés sur les réseaux sociaux » . . .
    Du coup ils s’échinent à expliquer en choeur qu’ils sont « profondément » contre le glyphosate, mais qu’il faut y aller mollo, sans « braquer les agriculteurs » , car la situation sur le terrain est complexe, les voilà réduits à « faire la pédagogie de leur vote » . . .
    La député de l’Isére, Cendra Motin a ce mot magnifique : « On demande aux gens de nous croire sur parole. Or ils ne croient qu’aux actes . . . »

    Ah, les gens sont indécrottables !❝

    #glyphosate #LRM #enmarche #corruption #empoisonneurs #lobbying #lobby #influence #santé #europe #multinationales #agriculture #députés


  • Le glyphosate empoisonne la vie des députés LRM Octobre 2018 Alexandre Lemarié - 18 octobre 2018 - Le monde
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/18/comment-le-glyphosate-empoisonne-la-vie-des-deputes-lrm_5371079_823448.html

    L’interdiction de l’herbicide n’est pas inscrite dans le projet de loi agriculture récemment adopté par le Parlement. Retour sur une bataille qui a secoué les élus de la majorité, dont certains font l’objet de menaces de mort.

    Tours, le 10 septembre, vers 11 heures. Une camionnette passe devant le palais des congrès, où se déroule le séminaire des parlementaires La République en marche (LRM). Une jeune femme ouvre la fenêtre et lance, rageuse : « Vous êtes tous vendus aux lobbys ! Honte à vous d’être avec Monsanto ! » Deux heures auparavant, au volant de sa voiture, un élu macroniste demande à un passant le chemin à emprunter pour se rendre au rassemblement du groupe majoritaire. La réponse de l’homme fuse, cinglante : « Allez vous faire foutre les empoisonneurs au glyphosate ! »

    Depuis plus de quatre mois, les députés du parti présidentiel sont la cible de vives critiques de la part des citoyens qui leur reprochent d’avoir refusé d’inscrire l’interdiction de cet herbicide dans le projet de loi agriculture et alimentation, dont le vote définitif a eu lieu le 2 octobre au Parlement.

    Régulièrement pris à partie sur les marchés et submergés de messages désapprobateurs par mail, courrier ou sur les réseaux sociaux, nombre d’entre eux sont marqués par la masse des critiques. Et aussi par leur virulence. « On en prend plein la tête ! », déplore l’élu d’Ille-et-Vilaine Mustapha Laabid. « En termes de magnitude, c’est énorme… », constate son collègue du Rhône Bruno Bonnell.

    La première salve de critiques a été déclenchée après le 29 mai. Ce jour-là, un amendement du député LRM de Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, proche de l’ancien ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, visant à graver dans le marbre l’abandon du glyphosate d’ici à 2021, est rejeté. Repoussé par 63 voix contre 20, il avait recueilli 16 votes pour et 36 contre au sein du groupe majoritaire. De quoi susciter la colère d’un grand nombre de Français, qui ont assimilé cette décision à une trahison de la majorité. Dans un Tweet publié en novembre 2017, Emmanuel Macron s’était en effet engagé à bannir sous trois ans le composant principal du Roundup de Monsanto
    . . . . La suite de l’article payante.

    Quel député a voté pour ou contre l’interdiction du glyphosate ? (Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2018) Emma Donada - 17 septembre 2018 - libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2018/09/17/quel-depute-a-vote-pour-ou-contre-l-interdiction-du-glyphosate_1679273

    Vous nous avez posé cette question que nous avons légèrement modifiée : « Où trouver comment « nos » députés ont voté pour/contre le glyphosate (15 septembre 2018) ? Ça m’intéresse au plus haut point… »

    Dans la nuit du 14 au 15 septembre, l’Assemblée nationale a rejeté plusieurs amendements au projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire visant à interdire l’utilisation du glyphosate, un herbicide controversé. Les députés avaient déjà voté contre un amendement allant dans ce sens, en première lecture du texte, en mai. Le texte déposé par le député LREM Matthieu Orphelin avait été rejeté avec 63 voix contre et 20 pour.
    A lire aussi : Le graphique sur l’absentéisme lors du vote sur l’interdiction du glyphosate à l’Assemblée nationale est-il vrai ?

    Cette fois-ci, sept amendements ont été mis au vote et rejetés. Mais l’écart de vote a été particulièrement serré lors du scrutin sur l’amendement déposé par le député LREM François-Michel Lambert : 42 voix contre et 35 pour. Il est aussi l’amendement qui rassemble le plus de voix en sa faveur. 

    Vous nous interrogez sur le vote de chaque député, le détail est disponible sur le site de l’Assemblée nationale : http://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/1154

    Analyse du scrutin n° 1154
Troisième séance du 14/09/2018
    Scrutin public sur l’amendement n° 198 de M. François-Michel Lambert et l’amendement identique suivant à l’article 14 septies du projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous (nouvelle lecture).

    Pour écrire aux députés, leurs adresses électroniques figurent dans leur fiche individuelle de l’assemblée nationale http://www.assemblee-nationale.fr/qui/xml/liste_alpha.asp?legislature=14

    Bérangère Abba
    Gabriel Attal
    Laetitia Avia
    Florian Bachelier
    Didier Baichère
    Sophie Beaudouin-Hubiere
    Bruno Bonnell
    Jean-Jacques Bridey
    Stéphane Buchou
    Fabienne Colboc
    Frédéric Descrozaille
    Christelle Dubos
    Coralie Dubost
    Jean-Luc Fugit
    Stanislas Guerini
    Danièle Hérin
    Guillaume Kasbarian
    Nicole Le Peih
    Marie Lebec
    Jean-Claude Leclabart
    Martine Leguille-Balloy
    Roland Lescure
    Monique Limon
    Laurence Maillart-Méhaignerie
    Graziella Melchior
    Amélie de Montchalin
    Jean-Baptiste Moreau
    Cendra Motin
    Zivka Park
    Patrice Perrot
    Anne-Laurence Petel
    Béatrice Piron
    Marie-Christine Verdier-Jouclas
    Jean-Yves Bony
    Gilles Lurton
    Jérôme Nury
    Alain Ramadier
    Bruno Millienne
    Nicolas Turquois
    Thierry Benoit
    Lise Magnier

    #glyphosate #LRM #enmarche #corruption #empoisonneurs #lobbying #lobby #influence #santé #europe #multinationales #agriculture #députés


  • Interdiction du glyphosate : les 63 députés qui ont voté contre l’inscription dans la loi en Mai 2018 Timothée Vilars - 29 mai 2018 à 14h41 - L’OBS
    https://www.nouvelobs.com/planete/20180529.OBS7374/interdiction-du-glyphosate-les-63-deputes-qui-ont-vote-contre-l-inscripti

    Tard dans la nuit, l’Assemblée nationale a renoncé à fixer une date d’interdiction pour le glyphosate, cet herbicide classé cancérogène probable.
    C’est un engagement personnel d’Emmanuel Macron : l’interdiction du glyphosate sur le territoire français d’ici à 2021 aurait pu être gravée dans la loi par un amendement déposé par le député LREM Matthieu Orphelin. Mais celui-ci a été rejeté dans la nuit de lundi à mardi par l’Assemblée nationale.

    En tout, 63 députés ont veillé jusqu’à 2 heures du matin pour rejeter l’amendement (20 pour, 2 abstentions). Parmi eux, les chefs de file des députés LREM, Richard Ferrand, des députés MoDem, Marc Fesneau et des députés LR, Christian Jacob.

    A noter que les groupes « insoumis », socialiste et communiste n’étaient représentés que par un député chacun. S’ils avaient été au complet au moment du vote, l’interdiction du glyphosate, et donc de l’herbicide fétiche de Monsanto « Roundup », aurait théoriquement pu être votée (plusieurs députés insoumis s’en sont expliqué depuis). L’amendement Orphelin, moins radical qu’un amendement de la députée non inscrite et ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho, également rejeté, prévoyait des dérogations possibles jusqu’en 2023. 

    On discute donc de la question du #glyphosate à 1h40 du matin. Tout est normal. #EGAlim pic.twitter.com/RGHNkAO42D
    Matthieu ORPHELIN (@M_Orphelin) 28 mai 2018

    La sortie du #glyphosate ne sera pas inscrite dans la loi. Cela ne minimise pas les autres avancées obtenues (pour prix justes et pour alimentation durable) mais c’est à mes yeux un RV manqué et une vraie déception car l’urgence écologique et de chgt modèle agricole est si forte. pic.twitter.com/aXuEzNCfKc

    Les 63 députés, région par région
    Parmi les 63 députés qui ont refusé d’inscrire l’interdiction du glyphosate dans la loi, on trouve 36 LREM, 15 LR, 7 UDI / Constructifs, 4 MoDem et 1 communiste (Sébastien Jumel).

    Pour écrire aux députés, leurs adresses électroniques figurent dans leur fiche individuelle de l’assemblée nationale http://www.assemblee-nationale.fr/qui/xml/liste_alpha.asp?legislature=14

    • Auvergne-Rhône-Alpes
    Jean-Yves Bony
    Vincent Descœur
    Emmanuelle Anthoine
    Monique Limon
    Valéria Faure-Muntian
    Dino Cinieri
    Valérie Thomas

    • Bourgogne-Franche-Comté
    Barbara Bessot Ballot
    Perrine Goulet
    Rémy Rebeyrotte
    Michèle Crouzet

    • Bretagne
    Richard Ferrand
    Graziella Melchior
    Florian Bachelier
    Laurence Maillart-Méhaignerie
    Gilles Lurton
    Thierry Benoit
    Jean-Michel Jacques
    Nicole Le Peih

    • Centre-Val-de-Loire
    Guillaume Kasbarian
    Laure de La Raudière
    Philippe Vigier
    Sophie Auconie
    Jean-Pierre Door
    Marc Fesneau

    • Grand Est 
    Grégory Besson-Moreau
    Antoine Herth
    Éric Girardin
    Charles de Courson
    Lise Magnier

    • Hauts-de-France
    Julien Dive
    Maxime Minot
    Benoît Potterie
    Daniel Fasquelle
    Jean-Claude Leclabart

    • Ile-de-France
    Marie Guévenoux
    Christine Hennion
    Anne-Christine Lang
    Christian Jacob
    Jean-Jacques Bridey
    Jean François Mbaye

    • Normandie
    Bertrand Bouyx
    Sébastien Leclerc
    Séverine Gipson
    Véronique Louwagie
    Jérôme Nury
    Xavier Batut
    Sébastien Jumel

    • Nouvelle-Aquitaine
    Jean-Baptiste Moreau
    Jean-Marie Fiévet
    Véronique Hammerer
    Sophie Mette
    Olivier Damaisin
    Nicolas Turquois

    • Occitanie
    Arnaud Viala
    Olivier Gaillard
    Nicolas Démoulin
    Philippe Huppé
    Marie-Christine Verdier-Jouclas

    • Pays-de-la-Loire
    Sarah El Haïry

    • Provence-Alpes-Côte d’Azur
    Pascale Boyer
    Jean-Claude Bouchet

    • Français de l’étranger
    Roland Lescure

    #glyphosate #LRM #enmarche #corruption #empoisonneurs #lobbying #lobby #influence #santé #europe #multinationales #agriculture #députés


  • La Région bruxelloise ne peut pas interdire le glyphosate, selon la commission européenne Belga - 23 Octobre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-region-bruxelloise-ne-peut-pas-interdire-le-glyphosate-selon-la-commi

    La Commission européenne recale l’interdiction du glyphosate par la Région de Bruxelles-Capitale, révèle mardi L’Echo. L’exécutif européen souligne que la Région ne peut pas s’appuyer sur le « principe de précaution » pour interdire l’herbicide, car il s’agit d’une considération trop abstraite, selon une communication au gouvernement bruxellois que L’Echo a consultée.

    Les autorités régionales appuyaient leur interdiction sur l’absence de consensus scientifique sur la nocivité du produit. Une raison insuffisante pour la Commission européenne. Cette dernière dresse une liste d’avis d’experts pour qui « il n’existe pas de justification pour une classification du glyphosate comme cancérigène ».


    En mai dernier, la Région bruxelloise avait attaqué la Commission devant la Cour de justice européenne pour non-respect du principe de précaution lors de la prolongation de l’autorisation du glyphosate.
    . . . . .

    #glyphosate #commission_européenne #ue #union_européenne #corruption #empoisonneurs #lobbying #lobby #influence #santé #europe #multinationales #agriculture

    • Pas de nouveau procès pour Monsanto, mais une amende réduite à 78 millions reuters/alp - 23 Octobre 2018 - RTS

      La Cour supérieure de Californie de San Francisco a rejeté lundi l’appel de Monsanto. La filiale de Bayer, demandait un nouveau procès ou l’annulation du verdict qui l’avait condamnée à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint d’un cancer.

      La Cour supérieure de Californie de San Francisco a rejeté lundi l’appel de #Monsanto. La filiale de #Bayer, demandait un nouveau procès ou l’annulation du verdict qui l’avait condamnée à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint d’un cancer.

      La plainte de Dewayne Johnson, déposée en 2016, a fait l’objet d’un procès rapide en raison de la gravité de son lymphome non hodgkinien. Ce cancer du système lymphatique est causé, selon lui, par des années d’exposition aux herbicides Roundup et Ranger Pro.


      L’entreprise spécialisée dans les biotechnologies agricoles a demandé à la juge Suzanne Bolanos, qui a présidé le procès, d’annuler le verdict ou d’ordonner un nouveau procès. Elle estime que la décision du jury l’ayant condamnée était insuffisamment étayée par les preuves présentées par Dewayne Johnson.

      Bayer considère que Dewayne Johnson n’a pas prouvé que le glyphosate avait provoqué son cancer et que les éléments scientifiques qu’il a présentés au procès « étaient bien inférieurs à la norme de causalité requise par la loi californienne ».

      Dommages et intérêts réduits
      Si elle a maintenu le verdict, la juge de San Francisco a toutefois ordonné de réduire largement les dommages et intérêts de 289 millions de dollars à 78 millions.

      Le plaignant, Dewayne Johnson, a jusqu’au 7 décembre pour accepter cette proposition, sans quoi un nouveau procès sera organisé.


  • Lo scandalo del bio: copre il 15% dei terreni ma prende solo il 3% degli aiuti

    L’Italia applica la #PAC in modo paradossale: si finanzia più l’acquisto di diserbanti e pesticidi nell’agricoltura convenzionale che chi sceglie di puntare sul biologico.

    Il biologico cresce a due cifre ed è considerato un’arma utile anche contro i cambiamenti climatici. Ma le politiche di sostegno all’agricoltura – declinazioni nazionali delle politiche europee – investono direttamente sul bio italiano molto meno di quanto il settore meriterebbe. Questa la denuncia contenuta nell’ultimo rapporto di FederBio (Cambia la terra 2018): i fondi pubblici mirati al biologico sono inferiori al 3% del totale. Eppure, la Superficie agricola (Sau) coltivata dall’agricoltura biologica è di poco inferiore al 15%.

    Una sperequazione nell’attribuzione degli aiuti sancita dai meccanismi di attuazione italiana della Pac (Politica agricola comunitaria) per il periodo 2014-2020. Tanto più criticabile se si pensa che il il biologico contribuisce a ridurre i costi ambientali e sanitari collettivi, favorendo la tutela del paesaggio e il calo dell’inquinamento da fitofarmaci (ovvero erbicidi e pesticidi). E che la scelta del biologico comporta, per chi la fa, maggiori incombenze burocratiche ed economiche, che colpiscono non solo le aziende che stanno “transitando” da coltivazioni non certificate ma anche la pratica quotidiana.

    Al biologico solo le briciole dal Primo Pilastro della Pac

    Secondo i dati del Servizio Studi della Camera, i finanziamenti della Pac 2014-2020 all’agricoltura italiana sono pari a 62,5 miliardi:

    41,5 miliardi di euro dell’Unione europea
    21 miliardi che arrivano dallo Stato nazionale.

    Il 75% dei finanziamenti è destinato al cosiddetto Primo Pilastro e all’Organizzazione comune di mercato, mentre mediamente il 25% è destinato al Secondo Pilastro, che sono i Programmi di sviluppo rurale delle Regioni.

    Sul primo Pilastro della Pac, i finanziamenti destinati specificatamente al biologico praticamente non esistono. Il biologico beneficia del cosiddetto greening, che di fatto è solo una maggiorazione del 30% dell’aiuto di base.

    «Ma il greening, in funzione delle esenzioni previste dalle norme, viene applicato nel nostro Paese solo al 12% delle aziende. E, oltre al biologico, ne beneficia anche chi fa avvicendamento colturale, i pascoli o le zone rifugio per la fauna. Così, alla fine, l’aiuto destinato specificatamente al bio è veramente irrilevante», spiega Maria Grazia Mammuccini di FederBio.

    Un quadro che appare a tutto vantaggio dell’agricoltura convenzionale, che utilizza pesticidi, diserbanti e fertilizzanti di sintesi. Ovvero chi adempie al PAN (Piano Nazionale per l’uso sostenibile dei prodotti fitosanitari) secondo lo standard minimo – e obbligatorio – che consente l’accesso ai pagamenti diretti del Primo Pilastro.

    Psr, premiato chi usa i pesticidi. Glifosato incluso

    Al biologico, va meglio quando si analizza il finanziamento specifico che giunge dai Programmi di sviluppo rurale (Psr) del Secondo Pilastro della Pac. E in questo caso a decidere – in modo assolutamente disomogeneo – sono le regioni italiane.

    Attraverso i bandi della cosiddetta Misura 11, dedicata proprio all’agricoltura biologica, al bio arrivano la maggior parte dei finanziamenti. Ma la misura rimane comunque minore rispetto a quanto, grazie alla Misura 10, ricevono altre pratiche. Innanzitutto il cosiddetto “integrato volontario“, modello di agricoltura che rispetta un disciplinare con pratiche agronomiche specifiche, e vieta l’uso di alcuni principi attivi tra i più dannosi. E poi l’agricoltura conservativa.
    A sostenere fortemente il biologico, con alte percentuali della spesa complessiva nei Psr, sono le regioni del Centro e Sud Italia (in Sicilia il 18,07%, in Calabria il 22,38%). Uniche eccezioni l’Umbria (3,88%) e la Campania (1,36%). Altre, come Valle d’Aosta (1,7%), Veneto (1,84%), Friuli Venezia Giulia 2,36% perseguono obbiettivi opposti.

    Complessivamente – secondo Cambia la terra – alla Misura 10 viene destinato il 13% dei fondi per lo sviluppo rurale nazionale, mentre alla Misura 11 il 9,5%. Evidenziando quello che appare come un paradosso. La Misura 10, infatti, è specificamente indirizzata al rispetto dell’ambiente. «Premia pratiche agronomiche migliori rispetto al convenzionale, ma che comunque fanno uso di fertilizzanti e pesticidi di sintesi chimica, compreso il glifosato» spiega Mammuccini. E così, una norma pensata per aiutare l’ambiente finisce per finanziare chi usa «il maggior inquinante delle nostre acque (dati ISPRA) e classificato come probabile cancerogeno». L’unica regione italiana che ha deciso di interrompere i finanziamenti risulta essere la Calabria mentre infuria la polemica sugli annunci della Toscana.
    Vizioli: troppa burocrazia. Ancora non spesi più del 50% dei fondi

    Detto ciò, siamo in attesa di vedere se con la Pac 2021-2027 l’Europa, sempre più colpita dal riscaldamento globale, punterà maggiormente sul bio. Ma riguardo la programmazione 2014-2020, alle lamentazioni di FederBio si unisce, su altri fronti, la bocciatura del presidente di Aiab (Associazione italiana per l’agricoltura biologica).

    «Tranne qualche raro caso – afferma Vincenzo Vizioli – tutte le regioni italiane hanno investito sul bio una percentuale del budget inferiore alla Sau impegnata a biologico. Non hanno considerato che la domanda di cibo bio stava stimolando un’esplosione del settore. E quindi non hanno previsto un un aumento delle richieste di finanziamento. In questo modo, tutto il sistema è andato in difficoltà. Non solo: il ritardo dei pagamenti, dovuto al cronico e inaccettabile malfunzionamento di Agea (Agenzia per le Erogazioni in Agricoltura), e l’appesantimento burocratico per la gestione delle domande, la rendicontazione dei progetti e la lentezza delle istruttorie regionali hanno esaltato le difficoltà».

    Un errore di programmazione incomprensibile. Che, secondo Vizioli, sta in qualche modo “imballando il sistema”: benché la Misura 11 valga l’8,7% dei 20,9 miliardi di euro programmati per i Psr, ad oggi ne ha ricevuto meno di uno. E di quanto disponibile è stato speso solo il 17,6%.

    «Non solo è stata sbagliata la programmazione, ma le tante difficoltà di tipo burocratico stanno portando al problema di non riuscire a spendere tutti i fondi disponibili. Mancano meno di 2 anni alla fine e noi non abbiamo ancora speso neanche la metà dei fondi».

    E così, oltre al danno, si aggiungerebbe anche la beffa. Senza contare che l’agricoltura integrata beneficiaria della Misura 10, sottolinea Vizioli, riceve denaro pubblico ma non è né certificata come il bio nè fatta oggetto di controlli adeguati. Poiché la verifica dei documenti d’acquisto e di uso dei fitofarmaci, ad esempio, non si accompagna con dei rilievi sul campo.

    https://valori.it/lo-scandalo-del-bio-copre-il-15-dei-terreni-ma-prende-solo-il-3-degli-aiuti
    #agriculture #agriculture_biologique #Italie #subventions #statistiques #chiffres #aides_financières #pesticides #glyphosates #chiffres #statistiques

    cc @albertocampiphoto

    • Così l’agricoltura convenzionale inquina l’economia (oltre che il Pianeta)

      Il modello della rivoluzione verde (industrializzazione dell’agricoltura più chimica di sintesi) può considerarsi esaurito a causa dell’enorme impatto ambientale prodotto dall’uso massiccio di fertilizzanti chimici e pesticidi che ha contribuito al deterioramento della terra, alla contaminazione dell’acqua e alla perdita di biodiversità senza riuscire a garantire un reddito adeguato agli agricoltori. Così la Fao, durante l’incontro internazionale sull’agroecologia dell’aprile 2018, ha sintetizzato oltre mezzo secolo di studi scientifici sull’impatto dell’agricoltura intensiva basata su un largo uso di pesticidi.

      Come è arrivata un’organizzazione delle Nazioni Unite a un pronunciamento così netto? Questo rapporto mette assieme i tasselli che aiutano a capire. A confutare il mito di quella che è stata paradossalmente chiamata la “rivoluzione verde” – pur avendo dato un contributo importante alla perdita di biodiversità e all’aggravarsi della minaccia climatica – non c’è infatti un solo elemento, ma il riconoscimento di una serie di errori ambientali, sanitari, sociali ed economici.

      Nel primo Rapporto “Cambia la terra. Così l’agricoltura convenzionale inquina l’economia (oltre che il Pianeta)” sono citati gli autori e gli studi che hanno permesso alla comunità scientifica di raddrizzare la rotta, indicando la strada per recuperare il terreno perduto. È un filo logico che rappresenta una mappa capace di aiutare il legislatore a riorientare l’azione pubblica verso il bene comune. E che ha una forte attualità: oggi è in discussione la possibilità di cambiare la destinazione di una significativa quota di risorse pubbliche che finora è servita a sostenere scelte ad alto impatto ambientale e sanitario e che può essere reindirizzata per sostenere un modello agricolo più sicuro, più sano e più equo. Ma qual è il danno economico complessivo prodotto dall’uso dei pesticidi? Un primo studio sul tema condotto da Pimentel e altri nel 1992, mettendo nel conto alcune esternalità negative, arrivava alla cifra di 8,1 miliardi di dollari l’anno negli USA. Considerando che all’epoca l’acquisto di pesticidi ammontava a una spesa di 4 miliardi, ne deriva che le esternalità negative a carico della collettività erano pari al doppio: per 1 dollaro speso in pesticidi se ne spendevano 2 per le conseguenze prodotte dal loro uso. La ricerca è stata aggiornata in uno studio successivo pubblicato nel 2005 arrivando a valutare i costi derivati dall’uso dei pesticidi – spese sanitarie, perdita di produttività, perdita di biodiversità, costi per il disinquinamento del suolo e delle acque – in circa 10 miliardi di dollari l’anno nei soli Stati Uniti.

      L’Italia si trova purtroppo esposta in prima linea nella battaglia contro questo rischio chimico: il nostro Paese è fra i maggiori consumatori di pesticidi a livello europeo. Dall’ultimo Report dell’Agenzia europea per l’ambiente risulta infatti che il consumo di principio attivo nella UE è mediamente di 3,8 chili per ettaro: in Italia invece si arriva a 5,7 chili per ettaro, e in 10 anni – dal 2006 al 2016 – si è registrato un aumento della spesa per i pesticidi attualizzata ai prezzi correnti pari al 50% (quella per i concimi è cresciuta del 35%).

      Inoltre l’agricoltura intensiva, la monocoltura, l’uso di diserbanti e concimi chimici di sintesi sono tra gli elementi che più impoveriscono il terreno, riducendo la materia organica e la concentrazione di microrganismi e quindi la fertilità. Un dato inquietante perché ci vogliono migliaia di anni per creare pochi centimetri di terreno fertile, ma bastano pochi decenni per distruggerlo. E in Italia l’erosione – che comporta costi legati all’aumento del rischio di inondazioni e frane, all’abbandono delle terre e alla distruzione di infrastrutture – interessa ormai un terzo della superficie agricola del Paese generando una perdita annuale di produttività pari a 619 milioni di euro.

      Infine c’è da tener presente l’impatto sul clima dell’agricoltura ad alto uso di chimica di sintesi e di combustibili fossili. L’IPCC, la task force di climatologi organizzata dall’Onu, ritiene che siano proprio il modello agricolo e alimentare oggi imperante e l’uso attuale di suolo e foreste a essere responsabili per il 24% del rilascio dei gas climalteranti. Una conseguenza che potrebbe essere evitata scegliendo la strada dell’agroecologia: secondo i dati pubblicati dal Rodale Institute nel 2011, i sistemi di agricoltura biologica utilizzano il 45% in meno di energia rispetto a quelli convenzionali e producono il 40% in meno di gas serra rispetto all’agricoltura basata su metodi convenzionali. In questo modo l’agricoltura si potrebbe trasformare da problema in soluzione: i terreni organici svolgono un ruolo di assorbimento del carbonio che può arrivare a circa mezza tonnellata di carbonio per ettaro l’anno. Il potenziale tecnico del sequestro di carbonio nei terreni degli ecosistemi agricoli globali è compreso tra 1,2 e 3,1 miliardi di tonnellate di carbonio all’anno (da 10 a 27 volte le emissioni italiane di CO2 equivalente del 2016).

      I numeri vengono dall’Ufficio studi della Camera dei deputati: su 41,5 miliardi di euro destinati all’Italia, all’agricoltura biologica vanno appena 963 milioni di euro. In altri termini, il bio – che rappresenta il 14,5% della superficie agricola utilizzabile – riceve il 2,3% delle risorse europee: anche solo in termini puramente aritmetici, senza calcolare il contributo del biologico alla difesa dell’ambiente e della salute, circa sei volte meno di quanto che gli spetterebbe. Se ai dati dei fondi europei si aggiunge il cofinanziamento nazionale per l’agricoltura, pari a circa 21 miliardi, il risultato rimane praticamente invariato: su un totale di fondi europei e italiani di circa 62,5 miliardi, la parte che va al biologico è di 1,8 miliardi, il 2,9% delle risorse.

      Invece di un premio c’è dunque una penalizzazione netta. Nel capitolo di spesa destinato specificamente all’interno dei PSR (Piani di sviluppo regionale) alla vera e propria lotta al cambiamento climatico, solo il 9,5% delle risorse pubbliche va all’agricoltura biologica. Altro tipo di sistemi (ad esempio l’agricoltura integrata, che usa teoricamente meno pesticidi sul campo; o l’agricoltura conservativa, una pratica in cui si evita di dissodare i terreni ma si utilizza ampiamente il glifosato) ricevono maggiori risorse (13%).

      In altre parole, gli italiani e gli europei in generale pagano per sostenere pratiche agricole che alla fine si ritorcono contro l’ambiente e contro la loro salute, a partire da quella degli agricoltori stessi. In questo contesto anche l’onere della prova viene rovesciato. Non è il modello agricolo ad alto impatto ambientale a farsi carico della tutela degli ecosistemi con cui interagisce, ma sono gli operatori del biologico a sopportare i costi prodotti dall’inquinamento causato dalla chimica di sintesi: il costo della certificazione; il costo della burocrazia (ancora più alta che per gli agricoltori convenzionali); il costo della maggiore quantità di lavoro necessaria a produrre in maniera efficace, senza ricorso a concimi di sintesi e diserbanti, e a proteggere il raccolto dai parassiti senza l’uso dei pesticidi di sintesi chimica; il costo della fascia di rispetto tra campi convenzionali e campi biologici.

      Occorre anche intervenire subito, fornendo strumenti e opportunità a chi sceglie l’agricoltura pulita e non – come succede oggi – penalizzando chi non inquina, in contrasto con i principi fondanti delle politiche ambientali italiane, europee e internazionali. “Cambia la Terra”, attraverso il Rapporto 2018, intende avanzare delle proposte concrete alla politica.

      https://www.cambialaterra.it/rapporto
      #rapport

      Pour télécharger le rapport:

      https://www.cambialaterra.it/wp/wp-content/uploads/2018/09/Rapporto-CLT-18_web.pdf




  • L’ONF utilise-t-elle illégalement du #glyphosate en #forêt domaniale de Saint-Gobain dans l’Aisne ? - #France 3 Hauts-de-France
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/aisne/laon/onf-utilise-t-elle-illegalement-du-glyphosate-foret-dom

    Depuis plusieurs années, les associations de protection de l’#environnement françaises tirent la sonnette d’alarme. Elles dénoncent une gestion des forêts industrialisée et non respectueuse de l’écosystème.

    La forêt domaniale de Saint-Gobain, dont 9 000 hectares sur 13 000 sont gérés par l’ONF, n’y échapperait pas. Située à moins de trente kilomètres du chef-lieu de l’Aisne et à deux heures en voiture de Paris, ce massif forestier est connu pour ses futaies de chênes et de hêtres qui se mêlent à d’autres feuillus : frênes, châtaigniers, érables, merisiers, tilleuls, ormes, saules, aulnes, etc.

    Des arbres bien alignés, d’une même essence, d’un même âge. Un appauvrissement génétique, une uniformisation des paysages, une catastrophe pour la biodiversité. / © William Church


  • Glyphosate. L’interdiction dans la loi à nouveau rejetée - France - LeTelegramme.fr
    https://www.letelegramme.fr/france/glyphosate-l-assemblee-refuse-encore-d-inscrire-son-interdiction-dans-l

    Comme au printemps, Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, s’est, lui, opposé aux amendements mettant en avant la « méthode » du gouvernement : « task force », mobilisation de la recherche pour développer des solutions agronomiques, mission parlementaire… « La position de la France est désormais connue » et « nous souhaitons être au rendez-vous dans les trois ans » pour « répondre à l’objectif présidentiel, mais surtout à la demande de la population », a-t-il affirmé.

    Il a obtenu l’appui du rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM) pour qui inscrire l’engagement dans la loi sur cette substance jugée « cancérigène probable » par l’Organisation mondiale de la santé « ne sert à rien ».
    […]
    D’autres élus LREM ont mis en avant « la responsabilisation des acteurs » et leur refus de voir l’opposition essayer de « préempter » l’engagement présidentiel.


  • Pour les ONG, le départ de M. Hulot « révèle la superficialité de l’engagement écologique de Macron » - Reporterre
    https://reporterre.net/Pour-les-ONG-le-depart-de-M-Hulot-revele-la-superficialite-de-l-engageme

    Jeudi 30 août, plusieurs ONG environnementales — dont la Fondation pour la Nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Générations futures, Les Amis de la Terre, Réseau sortir du nucléaire — ont réagi, dans une tribune publiée sur France Info, à la démission de Nicolas Hulot. Voici le texte qu’elles ont rédigé :

    Même si « la démission de Nicolas Hulot a surpris par sa soudaineté », l’orientation politique du chef de l’État « ne laissait que peu de place à une véritable transition écologique et solidaire », écrivent-elles : « la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente ».

    Le bilan que les ONG dressent, à l’instar de celui esquissé par Reporterre, est en effet sans appel : non-interdiction du glyphosate, multiples décisions favorables à la construction de nouvelles autoroutes, non-choix en matière de transition énergétique, importation d’huile de palme, ultimes cadeaux faits au lobby de la chasse, Ceta. « La longue liste des petits arrangements et grands renoncements a rythmé l’année ministérielle de Nicolas Hulot (...) [Il] a constaté, amèrement mais honnêtement, que notre pays a hoqueté, voire régressé, en matière environnementale. »

    #Environnement #glyphosate #lobbys


  • La vacance de monsieur Hulot

    Nicolas Hulot : « Je prends la décision de quitter le gouvernement »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-28-aout-2018

    Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sa décision de quitter le gouvernement, un an après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15273-28.08.2018-ITEMA_21786479-8.mp3

    Nicolas Voisin a dit :

    Ce 28 aout 2018, pour la première fois, un ministre a fait le procès du libéralisme, avoué que les lobbys gouvernent, constaté que la société (nous) s’en accommode, dénoncé ce que nous savons tous : ce modèle est un suicide. Puis il démissionna.

    Il faut écouter intégralement cette interview, ne pas se contenter d’extraits et encore moins des commentaires.
    Et ce n’est pas un fan de Hulot qui vous le recommande, loin s’en faut...

    • J’ai hésité à l’écrire, mais ce matin en rentrant de l’école sur la route le long du fjord, j’ai arrêté la voiture (électique je précise...) pour écouter ; j’étais sur le cul.

      Je ne suis pas fan du monsieur, mais je dois avouer que j’étais impressionné d’entendre un ministre d’état - pour la première fois - faire une déclaration, répondre aux questions d’une manière aussi puissante que minimaliste. Pas un mot de trop, un vocabulaire choisi pour en même temps rester dans les clous et en même temps dénoncer d’une manière assez violente et assez claire l’imposture macroniste (et rien que pour ça, chapeau). J’étais à des millions d’annés lumière de penser que la critique la plus radicale de la partition du pouvoir politique qui est en train de se jouer en France en ce moment allait venir de l’intérieur, du coeur même du pouvoir. Ça faisait aussi quelques années lumières que je n’avais pas entendu un responsable politique parler aussi vrai et aussi sincèrement. Pour un fois, je n’avais pas l’impression d’être ni dans la société du spectacle, ni dans la grossière langue de bois (hier, il y avait un lobbyiste à Élysée...). À côté de cette intervention, celle de Benjamin Griveaux qui réagissait sur une autre chaine était totalement minable, absolument effarente. Quelle langue les macroniens ont-ils inventé... Elles et ils parlent toutes et tous de la même façon, mais plus le temps va, plus on se rend compte que leurs narrations et leurs discours sont - outre d’une crapuleuse imposture - d’un vide sidéral.

    • Il y a quelques jours, un Indonésien m’aborde : Française, ha, #Nicolas_Hulot. Et il me fait l’éloge du bonhomme : télévision, politique. Surprise, d’habitude c’est plutôt de footeux qu’on me parle. Je fais « Ouais, ouais » et je pense au héros des pailles qu’on va interdire pour sauver la planète. Contente d’apprendre que le gars ne s’était pas perdu. Peut-être que son fan javanais avait vent de sa prochaine démission ?

    • Sur le #glyphosate et les #pesticides, il fait un bilan généreux de son action...
      « On me dit, sois patient. Mais ça fait trente ans qu’on est patient. »
      Cet été, « sur le changement climatique, on a perdu la main. »
      Je le trouve un peu limité sur l’articulation justice économique-écologie. Parce que ce que d’autres écolos comme Jean Gadrey ne cessent de répéter, c’est que les recettes habituelles ne servent à rien pour lutter contre le chômage de masse et les inégalités (il se murmure même qu’elles en sont responsables) et que l’écologie (de la transition éco à l’écosocialisme), c’est LA seule idéologie du moment qui propose une réponse à nos problèmes sociaux et économiques. Devant des interlocuteurs qui lui disent que ses priorités, elles ne sont pas prioritaires dans le contexte économique, je trouve ses réponses faiblardes, plus que faiblardes. Il répond que si, l’écologie est une priorité en soi et il déconnecte de l’éco. Des réponses qui ne portent pas beaucoup atteinte au projet néo-libéral macroniste. Ce qui est cohérent avec la position qu’il se donne, de mettre de l’écologie dans l’importe quelle idéologie (ici néo-libérale) à condition qu’elle soit de bonne volonté. Bof.

    • « Édouard et Manu, z’ont été sympa avec moi, je les aime. Mais bizarrement, chaque fois qu’on causait d’un truc concret, ils se barraient. Je comprends, hein, mais je suis un peu déçu. Alors je pars mais sans hostilité, je les aime encore beaucoup. »

      Ben je trouve ça dégueulasse. J’ai bossé pour des élu·es EELV qui ont réussi à faire, à force de ténacité, une part de ce qu’il n’a pas pu faire. Par exemple, il y en a un qui a mis sur pied un plan de financement de la rénovation thermique des logements avec remboursement sur les éco d’énergie pour permettre aux ménages de proprios pauvres d’en profiter. Le plan a été saboté une fois son mandat fini. Ignorer ce boulot et rester dans le camp macroniste en se flagellant de n’avoir pas su convaincre Manu, non mais ! On a besoin d’analyses plus fines que ça, plus fines que ce message auto-centré, qui manque d’analyse politique sur ce qu’est le néo-libéralisme aujourd’hui en France et ailleurs - même si, @reka a raison de le dire, son constat envi est juste.

    • @aude_v Je suis d’accord avec ce que tu dis sur l’absence de réflexion éco-sociale de Hulot, mais on ne peut pas dire que ça soit nouveau. Hulot, c’est pas Gorz... Ça a même toujours été ce qui l’empêchaît d’être crédible (pour moi en tout cas) : le côté « la nature les ptits zoiseaux » sans aucune pensée sociale sur la question. En plus, finalement, il a toujours revendiqué cette position.

    • Il y a des bouts de l’interview, ils sont tout de même épatants. Les pistes qu’il trace sont autrement plus ambitieuses que ce qu’on nous a relayé (les pailles « bientôt » interdites). Mais sans convenir qu’il a collaboré avec des malfaisants, il exonère ceux qui n’affaiblissent le politique que quand ça les arrange, et il fait comme s’il n’y avait personne derrière l’écologie (ce en quoi il n’a qu’à moitié tort).

      Démission surprise de Nicolas Hulot  : le verbatim de son interview
      https://www.ouest-france.fr/politique/nicolas-hulot/demission-surprise-de-nicolas-hulot-le-verbatim-de-son-interview-593947

      Nicolas Hulot  : Oui. Non, mais attendez… Je le redis ici  : j’ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron. Et pour Edouard Philippe. Et ce n’est pas, croyez-moi, pour atténuer l’effet de la décision de ce matin. Mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture. On n’a pas compris que c’est le modèle dominant qui est la cause. Est-ce qu’on le remet en cause  ?

      Léa Salamé  : Vous voulez dire le libéralisme  ?

      Nicolas Hulot  : Oui, oui. Mais je l’avais dit dès le départ, je me suis moi-même largement prononcé sur des traités comme le CETA et on va en avoir une floppée d’autres […] Mais attendez, moi, je ne critique personne. J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d’avenir avec l’Afrique  ? La réponse est non. Où est passée la taxe sur les transactions financières  ? […] Le nucléaire, cette folie inutile. Economiquement, techniquement dans lequel on s’entête. C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre, j’en prends ma part de responsabilité. Et je pense que ce que les gens attendent d’un ministre, c’est que s’il n’est pas à la hauteur, s’il n’arrive pas à ses fins. Et bien, il doit en tirer des leçons. Je les tire ce matin […]

      Pour ce qui est de la responsabilité française, j’invite parfois les observateurs qui critiquent, notamment les écologistes patentés, à comparer aussi avec les autres pays. La France est plutôt leader dans ce domaine là. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas une raison pour nous en accommoder. Nous n’y arriverons que si le gouvernement dans son ensemble a la même impulsion, la même ambition, la même feuille de route, la même vision. Moi, je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert. C’est pas l’idée que je m’étais fait. Je suis rentré dans un esprit de coopération, pas de confrontation. Je ne dis pas que rien n’a été fait […] sur le glyphosate, contrairement à ce que dit Yannick Jadot, la France a été en pointe et elle a montré le chemin.

      Léa Salamé  : Rappelez-nous quels sont les acquis, les petits pas que vous avez réussi à faire ?

      Nicolas Hulot  : On a changé de tropisme sur les pesticides, on est rentré dans une dynamique qui va nous permettre de se séparer d’un certain nombre de molécules. On a programmé la sortie des hydrocarbures. C’est quand même des choses qui sont essentielles et importantes. J’espérais qu’on allait mettre le climat et la biodiversité dans l’article 1 de la constitution. Mais même là nos sénateurs ou l’opposition sur un truc qui n’est pas quand même une révolution culturelle, simplement par posture politicienne, étaient prêts à s’y opposer. Tant que nous serons dans ces affrontements perpétuels, alors que l’humanité a emprunté un chemin tragique… Je crois qu’au moins on peut m’accorder des convictions. Mais un homme, une femme, quel qu’il soit, même s’il a des convictions, s’il est isolé dans un gouvernement, s’il est isolé dans la société… Si vous regardez tout l’été, les résistances anti-éoliennes. Alors ok, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas de centrales nucléaires, on ne veut pas de centrales thermiques… Comment on fait si on additionne tous les refus. Et puis ceux qui critiquent, à tort ou à raison, qu’est-ce qu’ils proposent  ? […]

      (...)

      Quand on se réjouit - ça va vous paraître anecdotique - de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs. Superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planète ? La réponse est non. C’est sur toutes ces incohérences, ces contradictions. Et puis, dans cette équation impossible […] est-ce qu’on essaie un peu d’être disruptif, d’investir dans la transition écologique. Les investissements qui permettent de réduire nos dépenses énergétiques qui ne sont pas des dépenses mais des investissements. Est-ce qu’on s’est autorisé à essayer de sortir un peu de l’orthodoxie économique et financière  ? Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur les biens communs on l’a véritablement remise en cause  ?

      On va me dire mais en un an, on ne peut pas tout faire. Certainement, sauf qu’il y a une telle urgence. On me dit mais prends ton temps. Sois patient. Mais ça fait 30 ans qu’on est patient. Ça fait 30 ans qu’on laisse les phénomènes se dérouler et qu’ils sont en train de nous échapper. On me dit  : fixe-toi deux-trois priorités. Mais tout est prioritaire  ! Les sujets de santé-environnement qui viennent nous exploser à la figure dont on va se rendre compte qu’ils ont des conséquences…

      Léa Salamé  : L’économie est aussi prioritaire. Quand on est ministre, on sait qu’il y a des arbitrages à faire. D’un côté, il y a une urgence économique et de l’autre, une urgence écologique et que parfois, elle est contradictoire.

      Nicolas Hulot  : On peut essayer de choisir dans l’économie ce qui participe à la solution. Y aussi des grandes opportunités dans la transition écologique, énergétique. Vous avez même la possibilité de passer dans un modèle agricole qui soit intensif en emplois et non en pesticides […] C’est cette vision d’ensemble.

    • En fait, je crois que j’ai voulu interprèter entre les lignes. Je suis assez d’accord avec vous, le personnage est loin d’être parfait, je formule les même critiques que Aude et les autres (autocentrisme, inneficacité des actions), et il fait partie de la société du spectacle, de l’écologie spectacle, mais dans sa narration d’hier, il y a pris une position assez claire. Il ne pouvait pas faire autrement que de rester poli avec Macron et sa clique de crapules (j’admire Macron et Philippe, je ne veux pas gêner l’action du gouvernement, etc...) mais il faut comprendre les sens réle de ces déclarations, lire ce qu’il y a derrière les mots : ici, rien, ces « statements » n’ont aucun poids face au reste de son discours, et c’est ça que jai trouvé exceptionnel. Même s’il feint de tresser des lauriers au pouvoir macroniste, l’essentiel de ce qu’il dit est puissamment un dénonciation et une expression assez concrète du système Macron : en direct et venant d’un ministre d’état lui même, je crois n’avoir jamais vu ça. Pour le reste, ça ne dédouane pas Hulot de la manière dont il agit (spectacle), ce n’est pas mieux ni moins bien qu’Arthus Bertrand ou similaires (enfin si, un peu mieux parce qu’Arthus Bertrand, ça pu vraiment la merde).

      Je n’ai aucun doute sur la capacité des macronistes à récuperer et absorber l’événement de la manière la plus subtile, ils sont champions du monde dans ce domaine. C4est en effet triste, mais la seule chose dont je me réjouisse, c’est que cet événement va rester dans la mémoire et contribue à fragmenter encore plus à faire craqueler et discréditer le système Macron.

    • L’électrochoc est de taille, notamment pour Emmanuel Macron qui perd sa pastille verte. Poliment mais de facto, avec un réquisitoire implacable, Nicolas Hulot a renvoyé le Président comme le gouvernement dans le vieux monde, celui qui ne sait pas embrasser le temps long et qui se moule dans les exigences dogmatiques des traités européens, celui qui pense croissance à tout prix et impose des cures de régime toujours plus sévères pour les comptes publics. Dans cet univers, l’écologie ne se paie que de mots, de bonnes intentions communicationnelles qui sombrent dans les méandres de la règle d’or et de la rapacité du capital.

      Grosse perte pour Macron

      À sa façon, Nicolas Hulot a sanctionné le gouvernement pour son incapacité à sortir d’un imaginaire pré-réchauffement climatique et des mécanismes de la décision publique dictés par l’urgence et sous contrainte des lobbys. Glyphosate, pesticides, nucléaire… Les reculs se suivent et se ressemblent. Hulot a pointé du doigt l’austérité et le libéralisme économique comme des freins majeurs pour mener une politique écologiste.

      « On se fixe des objectifs mais on n’en n’a pas les moyens parce qu’avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l’avance que les objectifs qu’on se fixe on ne pourra pas les réaliser », a-t-il simplement expliqué, dévoilant même que des plans sont présentés comme nouveaux alors qu’ils ne sont que réorganisation de budgets existants – par exemple, la rénovation énergétique du logement. Les traités de libre-échange, comme le Ceta, contredisent également la marche écologique, a-t-il également affirmé. En effet.

      Ce lien entre cause environnementale et normes néolibérales, Nicolas Hulot l’avait pourtant démontré dans son film Le syndrome du Titanic en 2009. On pourra s’étonner qu’il n’en ait pas tiré davantage de conséquences en acceptant d’entrer dans un gouvernement qui n’a jamais caché sa foi dans la loi du marché. Hulot a tenu à mener cette expérience et la conclusion sonne comme un désaveu pour une orientation politique clairement incompatible avec le combat vital contre les émissions de gaz à effet de serre, la destruction de la biodiversité, la folie consumériste. Hulot espérait sans doute constituer un rempart écologiste en macronie mais il s’est trouvé esseulé face à un mur. Comme s’il avait découvert à ses dépens que le gouvernement épousait la normalité d’un modèle plus soucieux des intérêts du capital que de la planète. « Le modèle dominant » est en cause et il n’est pas remis en cause, a-t-il amèrement regretté. À raison.

      Impossible politique écologiste

      La vision sans profondeur temporelle de ce gouvernement comme des précédents, comme de l’Union européenne, est clairement dénoncée par Nicolas Hulot. L’ancien présentateur d’Ushaïa et fondateur de la FNH a, dans cette interview, écorché la façon dont la politique se fabrique. Le défi écologique ne semble pas pouvoir entrer dans les clous de notre régime, les piles de dossiers traités toujours dans l’urgence répondent au temps court, à d’autres exigences. Les cercles du pouvoir politique sont trop interconnectés avec des groupes aux intérêts financiers contraires aux nécessités environnementales.

      Nicolas Hulot a également formulé cet aveu qui interroge la présence des personnalités de la société civile dans le monde politique institutionnel : « Peut-être n’ai-je pas les codes ». Peut-être faut-il surtout changer les codes. Mais nous n’y sommes pas. Et la situation « tragique » dans laquelle nous nous trouvons sur le plan environnemental avance à pas pressés. Nicolas Hulot a eu le mérite de la poser sur la grande table publique, sans détour, avec tout le poids de sa popularité dans notre pays et de sa sincérité ce matin. Les raisons de l’échec sont structurelles nous dit Hulot. Alors il faut modifier du sol au plafond notre système démocratique, social, économique. En un mot, faire grandir et gagner la force politique qui porte ces ruptures.
      Clémentine Autain

      http://www.regards.fr/politique/article/demission-de-hulot-macron-perd-sa-pastille-verte#comments

    • La nouvelle a atteint l’Indonésie, moi qui pensais parler de ça à mes potes écolo, pas eu besoin, il et elle avaient déjà vu passer la nouvelle. On en a un peu discuté et je voudrais affiner mon propos.

      C’est vrai que son truc sur le porte-conteneurs et autres, c’est assez classe. Mais ce qui m’embête, c’est qu’il présente une écologie contradictoire avec ce dont plein de gens ont besoin maintenant : des empois et des rémunérations qui ne sont pas tirées vers le bas. Je suis une piètre économiste mais il y a un tas de gens comme Gadrey, Dominique Méda, Éloi Laurent qui montrent que les investissements qui sont fait actuellement alimentent la crise climatique et que d’autres sont possibles pour une économie plus intensive en emplois et plus écologique et soutenable écologiquement et socialement. Quand on lui dit, comme l’intervieweuse : « Oui mais l’écologie, ça commence à bien faire, il y a des pauvres partout », il ne sait pas quoi répondre alors qu’il y a des pauvres partout et ça va continuer parce que ces propositions-là ne sont pas la prédation habituelle de budgets publics vers de grosses compagnies qui promettent de ruisseler (impôts-recherche et cie), parce que ces propositions-là sont ignorées - y compris par Hulot dans cette interview.

      C’est grave, parce que c’est comme proposer le nucléaire ou la bougie, présenter un faux choix. Un choix que, plus grave, peu de gens vont pouvoir arbitrer comme lui. Il nous inquiète à juste titre ou bien il nous fait plaisir en ne sortant pas le cocorico chaque fois qu’on chie un gros truc (ici un porte-conteneurs) mais il clive à mort alors que l’enjeu, c’est de réconcilier les classes populaires avec l’écologie parce que l’enjeu, c’est que nous adoptions des politiques écologiques et démocratiques, pas que les mêmes qui ont orienté les budgets publics vers la poche des acteurs éco les plus aisés finissent par organiser l’"administration du désastre".

      Intellectuellement, politiquement, je ne suis pas épatée par l’écologie réformiste sociale mais c’est quand même mieux que ce faux dilemme. Hulot ne sait pas quoi répondre quand l’intervieweuse l’emmène sur ce stéréotype éculé de l’écologie contre les pauvres et contre l’économie (et contre la croissance, ce qui est un enjeu culturel très risqué et qui a peut-être été perdu depuis 2002, quand l’écologie réformiste radicale s’en est emparée). Enfin si, qu’il a choisi sa priorité et il le dit de manière convaincante mais ça ressemble à du conservationnisme, ce loisir de mec blanc bourge qui a longtemps passé pour la seule écologie possible. C’est pas la seule, loin de là.

      Voilà pourquoi, même si la justesse du constat et les sorties m’ont un peu plu au début, je trouve qu’il alimente une idée dangereuse. Le mec était ministre d’État parce que l’écologie est un enjeu transversal, je ne lui demande pas de bien théoriser sur ce sujet mais de respecter le boulot de plein d’élu·es écolo de terrain qui (avec cette idée que l’écologie c’est le logement, les transports, c’est un peu tout) ont fait plein d’expériences de transition écologique dans lesquelles les budgets publics servaient à autre chose qu’à faire exploser les poches des gros capitalistes (désolée pour le cliché mais je ne sais plus comment appeler les classes qui se goinfrent grâce aux « erreurs » néo-libérales) et créaient plus d’emplois que Deliveroo et Uber réunis.

      Ce mec est un ennemi et je crois que ça se voit enfin. À condition de prendre un peu le temps d’y réfléchir, parce qu’a priori c’est très séduisant, ce franc parler calme mais résolu, gentil mais un peu critique. Un peu, pas trop !

    • J’ai écouté, dans le lien fourni au début, l’intégralité de l’entretien ; c’est un #grand_moment_de_radio

      À l’écoute, j’ai l’impression qu’en fait, il prend sa décision en parlant. Au tout début, à plusieurs reprises, on se dit «  il fait partie du gouvernement  ». Puis arrive le moment de «  l’examen de conscience  », où il passe en revue les «  choix  » qu’il a eus à faire — la série de questions auxquelles la réponse est invariablement " non " (décidément, le glyphosate, ça passe pas, le nucléaire on touche à rien et on laisse tourner les centrales, etc.), et, là, il se rend compte qu’il est en train de brûler ses vaisseaux. C’est le sommet de son émotion et c’est qu’il prend sa décision. Comme indiqué ultérieurement par L. Salamé, il n’était pas dans cet esprit avant l’interview. C’est en s’entendant qu’il se convainc. D’où la force du moment.

      Après, on passe plutôt dans un exercice de damage control, où il ressort les arguments rationnels qu’il a dû ressasser un bon nombre de fois depuis plus d’un an et où, surtout, il essaye de pas trop fâcher ses «  nouveaux amis  » du gentil gouvernement. Dont il est d’ailleurs plutôt facile de finalement ne leur reprocher que le #on_s'occupera_de_gérer_le_long_terme_quand_on_aura_fini_de_gérer_le_court_terme … prenant sur lui de n’avoir pas su impulser le changement nécessaire.

      Et c’est là que je me rappelle son métier d’origine : animateur télé qui descendait de son survol en ULM pour débarquer sur un plateau préparé par son équipe, mettre les pieds devant le feu de camp et titiller les émotions, la sienne, celle des participants et celle des spectateurs devant tant de grandiose beauté de la nature… Il sait toujours faire ça vraiment très bien et il nous (en tous cas, moi) embarque avec lui et lui-même avec.

      Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’opinion d’@aude_v

      Pour finir, en écrivant ça, ça me fait penser à Sabine Paturel. Mais je ne voudrais pas troller…
      https://www.youtube.com/watch?v=gD7trwyPGKA

    • Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyé » – Politique | L’Opinion
      https://www.lopinion.fr/edition/politique/nicolas-hulot-l-histoire-lobbyiste-lobbye-160311

      Hulot ou la double méprise : il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant à chaque arbitrage défavorable. Et pas à sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse désormais ouvertement qu’il voulait « changer de modèle économique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais été la ligne du chef de l’Etat.

      Un point de vue de l’autre bord…

    • « Il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant ... »

      «  L’équipe Macron commence le dénigrement ( bashing) de Nicolas Hulot. Des barbares . [Nicolas Beytout, à sa façon en est un également ! ] Et ça va s’amplifier. La suite sera glauque. Les Benalla de la communication présidentielle sont au travail .... »

    • Je ferais bien un recueil de citations de #Gorz_André en vis-à-vis du Verbatim. Il en sortirait à coup sûr ceci : un penseur de l’écologie politique qui sur le fond mouche un phénomène médiatique, qui sur ce plan réussit sa démission. Mais pour le reste... Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe. Et soucieux de garder de bonnes relations avec ceux qui représentent cette societe qu’il semble critiquer tout en admirant ses chantres. La vision de l’un et l’incohérence de l’autre...
      Par contre, ne négligeons pas de tenter de ramasser les quelques fruits de cette démission médiatique !

    • Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe .

      Tout à fait.

      J’ai l’habitude, mais ça me chagrine à chaque fois quand je lis que « personne ne propose de vraies solutions ». Le programme « L’avenir en commun » propose un nombre de choses allant dans le sens que vous décrivez, tous, là. Et plusieurs fois ces jours-ci, j’entends dire « aucun politique ne tient ce langage ». Quand il faudrait plutôt dire « aucun média de masse ne s’intéresse à ces problématiques et n’interroge les politiques sur ces problématiques en y passant le temps nécessaire ».

      Le Hulot, on ne nous en a parlé que pour les pailles en plastique... mais à côté de cela, il réfléchissait visiblement sur l’agriculture intensive en main d’œuvre (par exemple) et sur quelques autres sujets... Exactement comme « le politique peut tout s’il le veut bien », « le comité de rédaction peut parler de tout s’il le veut bien » lui aussi... ce qui permettrait d’avoir une vision plus complète de la réalité.

    • Je ne connais pas très bien Hulot mais certainement qu’il connaissait bien ses sujets, agriculture bio et cie. La seule phrase où il mentionne ça est nickel. Tout ça a été balisé par un nombre incroyable de gens, moi j’ai vu ceux et celles des Verts et leurs partenaires asso, il y en a d’autres dans des partis de gauche, plein de fonctionnaires aussi qui ont plein d’idées et en mettent certaines en œuvre, avec leurs moyens. C’est un monde florissant (pas limité aux ego qui se battaient à feu EELV), pas toujours passionnant et des fois un peu technocrate, écrasé par les politiques, du PS à LR et aujourd’hui l’extrême centre. Et de cela, il n’est pas question.

      Enfin si, il dit qu’il n’y a personne derrière lui : il est « tout seul dans ce gouvernement », il n’a pas de parti pour peser, pas de société civile « structurée qui descend dans la rue pour sauver la biodiversité ». Le sabotage de l’écologie depuis son utilisation en 2007, il la met sur le compte des « gens » au mépris d’analyses systémiques sur le bouclage du pouvoir par le gouvernement représentatif, a fortiori majoritaire, pas d’analyse sur la captivité de « l’ensemble de la société » qui s’en branlerait, de l’écologie, alors que nous sommes nombreux et nombreuses à voir une société noyautée par les intérêts capitalistiques.

      Oui, il dit bien qu’il reste dans le gouvernement quelques minutes avant de dire qu’il part et sa phrase sur « la décision la plus difficile de sa vie » est bancale. Mais il dit avoir pris sa décision hier soir. Bizarre.

    • Hulot a le sens du spectacle en tous cas : alors que sa démission relevait de l’arlésienne, puisqu’il la brandissait comme une menace depuis le début, il est parvenu à en faire un moment médiatique important, presqu’une surprise. Du côté du pouvoir, je doute que la remise en question soit très profonde, l’épisode doit être considéré comme une grossière erreur de #management : si on veut garder un·e cadre, il faut savoir jouer habilement de ses espoirs et susceptibilités, et éviter, surtout, la couleuvre qui fera déborder le vase.

    • Dix ONG interpellent Macron : la démission de Hulot est « une invitation à changer de cap »

      Dans une tribune publiée jeudi, ces ONG rappellent à Emmanuel Macron que l’action en faveur de l’environnement « n’est plus une option mais une urgence ».

      Une démission, « symptôme d’une immense incompréhension ». La démission de Nicolas Hulot « est une invitation à changer de cap tout en osant rompre avec la facilité des Trente glorieuses et ’cinquante’ gaspilleuses » et « invite à un sursaut », écrivent ces ONG. Emmanuel Macron « aurait tort de mésestimer le symbole que représente cette démission surprise » qui est « le symptôme d’une immense incompréhension », conseillent-elles en observant que « la transition écologique n’est ni une promenade de santé ni un supplément d’âme pour politiciens sans imagination ».

      « L’action n’est plus une option ». « Face aux conservatismes qui s’expriment à tous les niveaux de l’Etat, la démission de Nicolas Hulot appelle un sursaut » et « nul doute (...) qu’Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre Mendès-France ’gouverner c’est choisir’ », insistent les signataires. « Face aux menaces climatiques, militaires et l’effondrement des écosystèmes, l’action n’est plus une option mais une nécessité, une urgence, une éthique », pressent ces ONG

      Le « en même temps » ne fonctionne pas, selon ces ONG. Selon elles, « la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente ». « En matière écologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et ’en même temps’ le glyphosate, la sobriété énergétique et ’en même temps’ le nucléaire, une redynamisation des centre-villes et ’en même temps’ (le mégacomplexe) Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nécessaire préservation de la biodiversité et ’en même temps’ la baisse du prix du permis de chasse, la mise en oeuvre de la COP21 et ’en même temps’ la multiplication des projets autoroutiers, les fermes-usines et ’en même temps’ une agriculture paysanne, le libéralisme et ’en même temps’ l’écologie », énumèrent-elles.

      Les ONG signataires de la tribune : la Fondation pour la nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Générations futures, les Amis de la Terre, Réseau sortir du nucléaire, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Association pour la protection des animaux sauvages, Virage énergies et Société nationale de protection de la nature.


  • #Glyphosate : 8 000 procédures aux Etats-Unis contre #Monsanto
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/08/23/glyphosate-8-000-procedures-aux-etats-unis-contre-monsanto_5345543_3244.html

    Mais #Bayer martèle depuis que « rien n’a changé » dans sa stratégie et ses objectifs, et qu’il demeure « très optimiste pour l’avenir de son activité », basée sur le rôle croissant de la #chimie dans l’#agriculture, a répété jeudi M. Baumann.

    #pesticides #santé


  • Le #Roundup face à ses juges

    Le #glyphosate, principe actif du Roundup®, produit phare de la marque Monsanto, a été reconnu « cancérogène probable » pour l’homme en 2015. En octobre 2016, s’est tenu à La Haye le #procès du puissant #herbicide, ouvrant la voie juridique vers une reconnaissance du #crime d’« #écocide ». Dans ce livre choc, Marie-Monique Robin retrace le déroulement du procès et donne à comprendre les ressorts de l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire moderne.

    Depuis plusieurs années, l’inquiétude ne cesse de croître quant aux dangers du #pesticide le plus utilisé au monde : le glyphosate, dont 825 000 tonnes ont été déversés en 2014 dans les champs et les jardins. D’autant qu’en mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer l’a déclaré « cancérogène probable » pour l’homme, contredisant ainsi les grandes agences de santé américaines ou européennes qui avaient assuré l’innocuité du Roundup® de Monsanto, puissant herbicide dont le principe actif est le glyphosate.

    Prolongeant sa remarquable enquête de 2008 sur les dangereux produits toxiques produits par la firme américaine (Le Monde selon Monsanto, livre et film), qui eut un écho considérable, Marie-Monique Robin montre dans ce livre que la dangerosité du Roundup® est plus grande encore qu’on le craignait. Il rend malades ou tue les sols, les plantes, les animaux et les humains, car du Nord au Sud de la planète, l’herbicide-qui-tue-tout (son surnom en espagnol) est partout : dans l’eau, sl’air, la pluie, les sols et les aliments. En effet, le glyphosate n’est pas seulement cancérigène, c’est aussi un #perturbateur_endocrinien, un puissant #antibiotique et un chélateur de métaux. Avec autant d’effets délétères spécifiques que cette enquête révèle, par des reportages bouleversants auprès de victimes aux États-Unis, en Argentine, en France et au Sri Lanka, ainsi que de nombreux entretiens avec des scientifiques.

    Ce livre choc donne à comprendre les ressorts de l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire moderne. Mais il montre aussi que, face à l’impuissance ou l’absence de volonté des agences internationales et des gouvernements pour y mettre fin, la société civile mondiale se mobilise : en octobre 2016, s’est tenu à La Haye le Monsanto International Tribunal, où juges et victimes ont instruit le procès du Roundup®, en l’absence de Monsanto, qui a refusé d’y participer. Donnant son fil conducteur au livre, ce procès a permis d’obtenir un avis juridique très argumenté, qui pourrait infléchir le droit international afin de faire reconnaître le crime d’« écocide », ce qui permettrait de poursuivre pénalement les dirigeants des firmes dont les activités à grande échelle menacent la sûreté de la planète.

    https://boutique.arte.tv/detail/roundup_face_juges
    #justice #livre #agriculture #agro-business #agro-industrie #Monsanto #multinationales #cancer


  • Le #Roundup devient allemand, et maintenant ? | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/articles/le-roundup-devient-allemand-et-maintenant

    Que devient le Roundup ?
     
    Le #glyphosate est légal en Europe. Sa licence a été prolongée de cinq ans par l’Union européenne en novembre 2017. La production de l’#herbicide Roundup sera donc maintenue. Damien Greffin, président de la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles en France (#FNSEA), se réjouit de l’acquisition. Selon lui le leader pourra utiliser son assise dans le domaine pharmaceutique pour faire passer la pilule du glyphosate auprès des consommateurs : “On prend tous des médicaments quand on est malade, mais on n’accepte pas qu’une plante puisse en recevoir pour se protéger". Selon lui, supprimer ou interdire le glyphosate dans cinq ans n’est pas réaliste. "Les #agriculteurs sont entre le marteau et l’enclume, résume-t-il, car on utilise des produits phytosanitaires parce que l’on considère que pour l’instant il n’y a rien de mieux, mais on est de plus en plus confrontés à une pression de la société pour changer nos méthodes".

    #pesticides #bayer



  • Des substances toxiques dans les tampons et les serviettes hygiéniques
    https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/07/19/des-substances-toxiques-dans-les-tampons-et-les-serviettes-hygieniques_53333

    Le #lindane et le #quintozène sont deux #pesticides dont l’usage est interdit en Europe depuis 2000. Ils sont pourtant présents là où on les attendrait le moins : dans des #serviettes_hygiéniques et des #protège-slips commercialisés en France. Et ils ne sont pas les seules substances dangereuses à se cacher dans les protections intimes. On y retrouve même du #glyphosate, le célèbre herbicide de Monsanto.

    Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), publié jeudi 19 juillet, dresse la liste des composés chimiques « préoccupants » identifiés. Elle est effarante.

    Outre des pesticides, des tests réalisés en 2016 ont mis en évidence la présence de nombreux #hydrocarbures aromatiques polycycliques (#HAP) ou de #phtalates dans les protections externes, de #dioxines et #furanes ainsi que de #DnOP (phtalate) dans les #tampons. Autant de substances aux effets #cancérogènes, #mutagènes ou #reprotoxiques (#CMR) démontrés, ou considérées comme des #perturbateurs_endocriniens.

    #n'en_jetez_plus #santé (ou pas)


  • Le premier procès contre le Roundup s’ouvre aux États-Unis
    http://www.lefigaro.fr/international/2018/07/09/01003-20180709ARTFIG00162-le-premier-proces-contre-le-roundup-s-ouvre-aux-e

    Le procès sera très suivi par les organisations de défense de l’#environnement. « Si Dewayne Johnson gagne ce procès, ce sera un énorme coup porté à l’industrie des #pesticides tout entière », affirme Linda Wells, de l’ONG anti-pesticides « Pesticide Action Network North America ». Un procès d’autant plus complexe qu’il existe nombre d’études et de décisions contradictoires sur le #glyphosate. Contrairement à l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement (#EPA), la #Californie a placé le glyphosate sur la liste des produits cancérigènes. Dans cet État, tout fabricant ayant connaissance du caractère #cancérigène certain ou suspecté d’un produit doit obligatoirement le faire figurer sur l’emballage.

    #Etats-Unis


  • Le premier procès du Roundup démarre à San Francisco
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/07/09/le-premier-proces-du-roundup-demarre-a-san-francisco_5328268_3244.html

    Le #Roundup est-il #cancérigène ? #Monsanto a-t-il volontairement caché la dangerosité de son #désherbant au #glyphosate ? Telles sont les questions qu’un #tribunal états-unien va devoir examiner, à partir de lundi 9 juillet. Un tribunal de San Francisco avait été saisi par un particulier atteint d’un cancer en phase terminale.

    Si des centaines, voire des milliers, de procédures sont en cours aux Etats-Unis contre le grand groupe d’#agrochimie, la plainte de Dewayne Johnson, un Américain de 46 ans qui a vaporisé du Roundup pendant plus de deux ans, est la première concernant le produit et ses possibles effets cancérigènes à aboutir à un #procès.

    Le procès s’est officiellement ouvert à la mi-juin avec la désignation d’un juge, mais les débats de fond ne commencent que lundi, après une série d’audiences techniques. Il est prévu pour durer au moins trois semaines à San Francisco.



  • José Bové : « Il y a des freins dus à l’égoïsme des états »

    Sur le glyphosate, la majorité des députés français ont voté contre l’interdiction de ces produits d’ici trois ans.

    La réalité, c’est qu’au niveau européen, la réglementation mise en place était de le réautoriser pour cinq ans. La France disait au début qu’elle s’y engagerait d’ici trois ans et change d’avis au dernier moment. On est très clairement dans une logique de lobbying entre l’agrochimie et la FNSEA pour maintenir des pratiques dont on sait qu’elles peuvent être dangereuses pour la santé, qu’elles sont destructrices au niveau de l’environnement et une catastrophe pour la biodiversité. Il n’y a eu aucun courage politique de la part du Parlement français. Les députés se sont couchés devant les lobbys.

    Une commission d’enquête avait été ouverte par le Parlement européen sur le dossier ?

    En effet, une commission d’enquête a été ouverte sur le glyphosate, mais des grands groupes agrochimiques comme Monsanto et les autres n’ont pas voulu répondre aux questions du Parlement européen. C’est assez invraisemblable. On se retrouve dans une situation où, au final, cette commission n’a pas les moyens d’aller jusqu’au bout dans ses évaluations. J’espère qu’on pourra avancer un peu mais, malheureusement, je pense que la logique des lobbys fonctionne encore mieux à Bruxelles. La seule solution face à ça, c’est la mobilisation citoyenne, agir contre ces lobbys par tous les réseaux possibles et imaginables.

    La Dépêche du Midi
    Aveyron Locale, jeudi 21 juin 2018
    #glyphosate #agriculture #alimentation #europe


  • Glyphosate retrouvé dans du miel : des apiculteurs portent plainte contre Bayer
    Le Monde.fr avec AFP | 08.06.2018 à 12h02
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/06/08/glyphosate-retrouve-dans-du-miel-des-apiculteurs-portent-plainte-contre-baye

    Après la découverte de glyphosate dans le miel d’un de ses adhérents, le syndicat L’Abeille de l’Aisne a porté plainte mercredi 6 juin contre Bayer, qui vient de boucler le rachat de Monsanto, a-t-on appris vendredi 8 juin de sources concordantes.

    Le syndicat, qui réunit deux cents apiculteurs pour la plupart amateurs, a reçu l’alerte d’un de ses membres qui vend ses excédents au groupe Famille Michaud Apiculteurs, le plus gros acteur du miel en France, notamment avec sa marque Lune de Miel. « Lorsqu’ils reçoivent le miel, ils le font systématiquement analyser et là ils ont trouvé du glyphosate », explique Jean-Marie Camus, président de L’Abeille de l’Aisne, confirmant une information du quotidien Le Parisien-Aujourd’hui en France.