• Le directeur du service d’information du gouvernement critiqué par ses équipes pour son management « brutal »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/16/le-directeur-du-service-d-information-du-gouvernement-critique-par-ses-equip

    L’arrivée d’un directeur dans une administration centrale est souvent l’occasion d’instaurer de nouveaux rituels. Celle de Michaël Nathan, en octobre 2018, à la tête du service d’information du gouvernement (#SIG), chargé de suivre l’opinion et d’organiser la communication gouvernementale, placé sous la tutelle de Matignon, ne fait pas exception.

    Désormais, les réunions commencent régulièrement par une scène d’ « humiliation » , racontent 17 témoins – tous anonymes de peur de représailles – au Monde. Couplées à la volonté du nouveau directeur de briller à tout prix auprès de sa tutelle, celles-ci ont contribué à créer une atmosphère étouffante avenue de Ségur. Au point d’être à l’origine de la prise d’anxiolytiques, d’au moins six longs arrêts maladie et d’une dizaine de départs en lien direct avec sa gestion, depuis début 2019, d’un service qui compte entre 70 et 100 personnes.

    « Il débarque en retard, son regard noir se pose sur quelqu’un – vous priez pour que ce ne soit pas vous – et là, il tape comme un sourd. “ C’est de la merde, vous êtes nuls, comment avez-vous pu m’envoyer ça ?” La réunion ne peut commencer qu’une fois qu’il a fini son petit numéro » , relate un collaborateur.

    « Exigeant mais juste »

    Dans un courriel adressé au Monde, rassemblant quatre pages de réponses préparées avec un avocat, ainsi que 17 échanges de mails et un communiqué de presse en pièce jointe, Michaël Nathan contredit l’ensemble de nos informations, se décrivant comme « un directeur exigeant mais juste ». « J’écoute l’avis de mes collaborateurs, je partage ma vision et mes interrogations, en toute confiance et en toute franchise, ajoute-t-il. (…) S’il y a pu avoir des discussions franches et parfois des divergences de points de vue, je démens toute méthode de #management brutal. D’ailleurs je n’ai connaissance d’aucune procédure administrative auprès des juridictions compétentes ni auprès des organisations syndicales, que je réunis par ailleurs régulièrement. Je n’ai pas davantage été destinataire de plaintes ou de réclamations de la part de mes collaborateurs sur un tel sujet. »

    Si aucune procédure n’est en cours selon nos informations, les témoins et les documents rassemblés dressent, eux, le portrait d’un homme qui s’embarrasse peu des règles inhérentes à sa fonction et qui inspire de la terreur à nombre de ses collaborateurs.

    Son arrivée, en octobre 2018, a suscité l’espoir. Lui, le quadragénaire spécialiste du numérique, ancien vice-président de Dassault Systèmes, allait réveiller cette « belle endormie » qu’était le SIG depuis le départ, en mars 2017, de Christian Gravel, ancien bras droit de Manuel Valls et conseiller communication à l’Elysée au début du quinquennat de François Hollande. « Il faut reconnaître qu’on s’ennuyait sous Virginie Christnacht [la successeure de M. Gravel entre mars 2017 et l’été 2018]. La communication était très institutionnelle, moins tournée vers le numérique qu’avant. Il y avait peu de place pour la nouveauté », explique un ancien du SIG.
    Michaël Nathan débarque avec une feuille de route claire : remettre l’innovation au cœur de la stratégie gouvernementale. De jeunes collaborateurs technophiles sont embauchés, des prestataires spécialisés dans le social listening (veille sur les réseaux sociaux) et l’intelligence artificielle sont sélectionnés, un baby-foot est installé[ sic ].

    Une approche très militante qui choque

    « Très vite, tous les voyants sont passés au rouge, explique une ancienne collaboratrice. Il s’est montré méprisant, brutal. Tout, jusqu’à l’apparence physique, était source de critiques. » Il qualifie publiquement les unes de « fade », « trop vieille », « ringarde », les autres de « feignant », « sans charisme ». « Ça te ferait du bien d’arrêter de dire des conneries du matin au soir » , déclare-t-il à une autre. Au sujet d’un contractuel venu accompagné d’une avocate pour son entretien préalable de licenciement, en décembre 2018, Michaël Nathan lâche devant plusieurs témoins : « Il m’a ramené une pute d’étudiante qu’il baise le week-end et il pense me faire peur avec. » Aujourd’hui, il affirme ne pas « [avoir] en mémoire [ces] propos [qui], s’ils ont été tenus, (…) auraient été inappropriés et n’auraient pas dû l’être ». Face à l’ambiance, plusieurs prestataires ont jeté l’éponge. D’autres, encore présents, en sont à leur troisième équipe de consultants en deux ans.

    Son approche très militante a achevé de choquer ses collaborateurs. « Le SIG est toujours sur un fil, explique l’un d’entre eux. C’est une administration, donc on y travaille quel que soit le gouvernement. Mais il porte aussi des missions cruciales pour l’exécutif : être sa vigie et son conseil en cas de crise, faire la promotion de son action… Donc les profils de direction sont généralement proches du pouvoir. Cela étant dit, il y a une limite, stricte, à respecter : on ne travaille pas pour un parti. »

    C’est pourtant bien ce qu’a suggéré Michaël Nathan dès sa nomination. Un mercredi d’octobre 2018, il arrive à la réunion des chefs de département avec une idée fixe : riposter aux propos du ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, qui vient de critiquer publiquement Emmanuel Macron. Pour le directeur du SIG, son administration doit protéger le président. Jusqu’alors peu intéressé par l’échéance des élections européennes de mai 2019, le quadragénaire propose de contre-attaquer par une campagne d’appel au vote où M. Salvini figurerait, illustrant l’un des facteurs de division de l’Europe, sur fond de musique dramatisante. Les équipes soulèvent le risque que la vidéo soit bloquée, car jugée trop politique. Qu’à cela ne tienne, pour Michaël Nathan, si c’est le cas, « on la passera par nos réseaux amis ». Une pratique illégale, sont contraints de lui rappeler des collaborateurs.

    Positif au Covid et au bureau

    La vidéo, produite par le SIG pour 22 890 euros, est finalement diffusée via les comptes gouvernementaux à partir du 26 octobre 2018 et sponsorisée pour 149 900 euros. Son caractère « pour une part » militant sera cependant reconnu par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), qui, dans une décision de novembre 2019, affectera la moitié du coût de production de la vidéo (11 445 euros) aux comptes de campagne de la liste Renaissance, issue de l’alliance de La République en marche et du MoDem.

    La pandémie marque un nouveau tournant dans la gestion du SIG par Michaël Nathan. Si les courriels envoyés aux collaborateurs demandent l’application stricte du protocole sanitaire, comme l’attestent ceux qu’il nous a fait parvenir, la situation dans les bureaux est tout autre. Michaël Nathan supporte mal les restrictions et souhaite la réouverture du pays au plus vite, au point de suggérer de « laisser crever les vieux » . Interrogé à ce sujet, il dément vigoureusement : « Si des discussions sans filtre ont pu avoir lieu, jamais je ne me serais permis d’émettre de tels jugements ou de faire ce genre de recommandations. Ces allégations sont en tout état de cause diffamatoires. »

    Son masque pend souvent à son oreille ou à sa main lors de réunions internes. Au point que des collègues, excédés de le voir publiquement porter la campagne « Face au virus, chaque geste compte » sans l’appliquer, le prennent en photo.
    Le télétravail, qu’il réduit à « regarder Netflix en mangeant du chocolat » , est découragé pour les chefs de pôle, leurs adjoints et certains autres collaborateurs. La venue au « G20 », surnom qu’il donne à la réunion du management intermédiaire du lundi matin, était dans les faits obligatoire, jusqu’à ce jour de février 2021 où un agent les a dénoncés auprès de la direction des services administratifs et financiers (DSAF) de Matignon.

    Le comble enfin, pour ses équipes, intervient en avril 2021, lorsqu’il se rend au bureau tout en étant positif au Covid-19. Interrogé à ce sujet, le directeur du SIG botte en touche, répondant que « des consignes claires ont été données aux agents ».

    « Il est en roue libre »

    Comment expliquer cette déconnexion ? Une conjonction d’éléments « l’a fait complètement vriller », expliquent plusieurs collaborateurs. « Avant, sous Edouard Philippe, il avait un cadre. Charles Hufnagel [conseiller pour la communication du premier ministre] était présent, on avait un interlocuteur avec qui échanger. Maintenant, sous Jean Castex, il a l’impression qu’il est en roue libre » , analyse une collaboratrice. Une autre ajoute : « Il y a aussi le départ des anciens, qui pouvaient encore lui tenir un peu tête, et le recrutement massif de jeunes, avec des contrats précaires de un ou trois ans. Ceux-là craignent pour leur carrière. Et à cela s’ajoute son nouvel entourage, qui dit oui à tout et l’isole de plus en plus de ses équipes… »
    En mars 2020, arrive ainsi sa nouvelle directrice de cabinet, Julie Chiret-Cannesan, qui deviendra, un an plus tard, son adjointe. « Julie nourrit sa paranoïa en disant du mal des autres. Résultat, il arrive maintenant qu’il vous reçoive en vous disant : “Qu’est-ce que tu sais vraiment ? Je sais que tu parles de moi. J’ai bien compris que vous voulez me tuer” » , relate une collaboratrice, dont le récit est corroboré par plusieurs témoins. Julie Chiret-Cannesan s’en étonne et propose une piste d’explication : « Quand je suis arrivée, j’ai été frappée par la familiarité des échanges et la proximité qu’il avait avec les équipes. (…) Rien n’était vraiment formalisé. Mon travail a consisté à structurer un peu tout cela, avec du process et du reporting. Peut-être que cela a été interprété comme une manière de limiter la spontanéité entre lui et ses collaborateurs. Tout comme sa volonté d’étoffer l’équipe de direction avec des profils plus seniors. »

    Dans ce nouvel entourage, on compte aussi une chef de cabinet, recrutée en août 2020, et une chargée de mission, toutes deux chargées de faire « l’advocacy de Michaël Nathan » – en d’autres termes, de le « faire briller » , a-t-on expliqué aux équipes. Elles animent notamment un canal dédié sur Telegram, où les collaborateurs sont invités à proposer des liens à partager sur les comptes Twitter et LinkedIn personnels du directeur.
    « Il y a une perte totale de repères, on se demande où est le service public, explique une ancienne collaboratrice. Et on ne peut guère compter sur les habituels garde-fous : les délégués du personnel s’écrasent et quand on en parle à la médecine du travail ou à des gens de la DSAF, ils nous répondent : “On sait, mais on ne peut rien faire.” »

    Des appuis politiques mystérieux

    Interrogé, le cabinet de Jean Castex affirme qu’ « aucune information ou alerte d’aucune sorte n’est jamais remontée à Matignon concernant le SIG » . Les services du premier ministre restent cependant attentifs : « Si [nous conservons] toute [notre] confiance dans la direction du SIG, les faits allégués sont pris très au sérieux. Une demande d’explications a été faite au directeur du SIG. [Nous entendons] veiller en toutes circonstances au respect strict des valeurs qui doivent s’attacher aux relations humaines et professionnelles. »

    Un ancien du SIG explique ne pas avoir voulu témoigner plus tôt pour « ne pas brouiller le message du gouvernement en pleine crise sanitaire ». Un autre que « faire une alerte en bonne et due forme revient à s’exposer à des menaces et faire un trait sur sa carrière. Pour avoir été nommé là, il a des appuis politiques qu’un simple collaborateur n’a pas » .

    Si ses appuis politiques restent mystérieux – il s’était vanté d’avoir été soutenu par Ismaël Emelien, alors « conseiller spécial » d’Emmanuel Macron, ce que l’intéressé conteste désormais –, Michaël Nathan peut également compter en interne sur une quinzaine de fidèles, notamment parmi les nouvelles recrues. Après qu’il a été prévenu de notre enquête – ce qu’il dément –, cinq d’entre eux ont contacté Le Monde, répondant avec des éléments de langage très semblables à sa réponse officielle. Les départs du SIG ? Des abandons liés au contexte « intense », « challenging » de la crise sanitaire, ou à des promotions, car le SIG est un « tremplin ». Il y a pourtant bien des mécontents ? Les réorganisations ont crispé certaines personnes. Depuis leur départ, « on respire ». Le respect des gestes barrières ? Systématique, assurent-ils. Les humiliations en réunion ? Tous sont « surpris » de la question et ajoutent que le directeur du SIG est « exigeant », « dur mais juste » et qu’il remercie régulièrement ses équipes. Ces cinq fidèles n’ont pas de mots assez laudatifs pour décrire leur directeur, mais tiennent à préserver leur anonymat à tout prix – surtout lorsqu’on leur demande de confirmer que leur témoignage n’est pas le fruit d’une demande de Michaël Nathan ou de Matignon.

    Dès que l’enquête a été connue du directeur du SIG et du cabinet du premier ministre, une note a, par ailleurs, été commandée pour analyser le traitement médiatique du Monde à l’égard de l’action gouvernementale. Un exercice « peu habituel » au SIG, selon nos témoins.

    la #communication c’est la guerre, mais là le type a oublié le gant de velours

    #gouvernement

  • La Métropole du #Grand_Paris, enjeu caché des élections municipales de 2020
    https://metropolitiques.eu/La-Metropole-du-Grand-Paris-enjeu-cache-des-elections-municipales-de

    La #métropole du Grand Paris survivra-t-elle à la #région #Île-de-France et à l’égoïsme des territoires riches ? À la veille des élections des 20 et 27 juin 2021, Philippe Subra et Wilfried Serisier mettent en lumière l’histoire d’une institution métropolitaine faible et méconnue du grand public. En Île-de-France, un des enjeux des #élections_municipales de 2020 fut la désignation des élus siégeant, à l’échelle de la zone dense de l’agglomération, au Conseil métropolitain et à l’exécutif de la Métropole du Grand #Terrains

    / Grand Paris, métropole, Île-de-France, région, élections municipales, #gouvernance

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-subra-serisier2.pdf

  • #Bamako. De la ville à l’agglomération

    Longtemps perçue comme un gros village, réceptacle des migrations rurales, la capitale du Mali est devenue une métropole illustrant remarquablement la #croissance_démographique et l’#étalement spatial des grandes agglomérations ouest-africaines. Avec trois décennies de recul, ce livre-atlas met en lumière ces enjeux et les processus de renouvellement de la population bamakoise : le poids désormais décisif des #jeunes ; l’impact de #flux_résidentiels redistribuant familles et demandes de #logement au-delà du district urbain ; le déplacement des fortes #inégalités d’accès au #sol vers les #périphéries de l’agglomération.

    S’appuyant sur une combinaison de données censitaires, d’enquêtes quantitatives et d’observations recueillies jusqu’à la fin des années 2010, l’ouvrage montre comment les pratiques des habitants en matière de #logement, de migration et de #mobilité_urbaine impriment des #discriminations croissantes dans ce cadre expansif. La trajectoire de la ville se lit au fil de plusieurs générations qui ont marqué l’histoire des quartiers, densifié les lignées de propriétaires, forgé de nouveaux besoins dans les plus récents fronts de peuplement.

    Prendre le pouls de la #transition_urbaine oblige à déconstruire les visions simplistes, opposant émigration et immigration, #croissance_spontanée et #urbanisme_réglementaire, une ville « prédatrice » et une campagne « spoliée », sans pour autant négliger leurs échos dans les représentations locales et les modèles globalisés de #gouvernance_urbaine. Véritable manuel d’investigation, ce livre rappelle donc la nécessité d’une connaissance précise des cycles d’expansion urbaine et des acteurs de cette double fabrique, sociale et territoriale. Il donne à voir l’agglomération de Bamako à la fois dans sa dimension régionale et dans l’intimité de ses #quartiers.

    https://www.editions.ird.fr/produit/632/9782709928908/bamako
    #ville #géographie_urbaine #TRUST #master_TRUST #urban_matter #livre #villes #Mali #ressources_pédagogiques

  • Multiple démissions dans l’équipe du réseau IRC Freenode - LinuxFr.org
    https://linuxfr.org/users/vstinner/journaux/multiple-demissions-dans-l-equipe-du-reseau-irc-freenode#comment-1853572

    Encore un « coup de calcaire » chez Freenode : semble t’il que l’un des sponsors principal (Andrew Lee aka rasengan) a tenté une prise de contrôle pas vraiment consensuelle...
    Conséquences : une partie du staff de Freenode a démissionné et lancé Libera.chat, plusieurs projets libres sont en cours de migration sur OFTC ou changent d’outil de chat pour des solutions propriétaires (Discord entre autre)
    Voir aussi :
    – l’avis d’une dev de Alpine Linux : https://alpinelinux.org/community :

    I strongly encourage everyone to move their projects to either OFTC or Libera Chat. I will be disconnecting from freenode on May 22nd, and I have no plans to ever return.

    _ le billet de blog de rasengan pour tenter de calmer le jeu : https://freenode.net/news/freenode-is-foss
    – la décrue du nombre de #chat de freenode (qui reste très largement l’opérateur majoritaire de l’IRC) : https://arstechnica.com/gadgets/2021/05/freenode-irc-has-been-taken-over-by-the-crown-prince-of-korea

    Encore un exemple où la gouvernance d’un projet libre est un enjeu de pouvoir qui peut amener à le faire capoter...

    #freenode #open_source #gouvernance

  • Le bon les brutes et l ISF part 1 nada Info

    https://www.youtube.com/watch?v=ctWZqy-IVO8

    Les chiens de gardes ne mordent jamais la main qui les nourris !

    Réinstaurer l’impôt de solidarité sur la fortune comme le réclament les gilets jaunes ?
    Ce serait un mauvais signal populiste et improductif aboient-ils … La meute est là pour veiller au grain ou plutôt au gain de leurs bons maîtres.

    En route pour 2 épisodes en mode nouveaux western, cowboys-journalistes versus indiens-gilets jaunes .

    Pour plus d’infos et d’autres vidéos : http://nada-info.fr

    #ISF #information #en_vedette #chiens_de_garde #médias #fiscalité #gouvernement_macron #france #actualités_françaises #inégalités #réformes_antisociales #impôt #impôts #guerre_aux_pauvres #riches #économie #chiens_de_gardes #nada_info

    • Vous étiez sans nouvelles depuis plusieurs mois et vous aviez peut-être constaté que Nada-Info avait disparu de la toile. Notre site se remet doucement en place avec deux nouveaux épandages car nous n’avons pas abandonné les armes, loin de là. Mais le manque crucial de moyens, nous a détourné un moment de la plate-forme que nous avions créée en 2013 après le succès du documentaire "Les Nouveaux chiens de garde".

      Pas besoin de périphrases compliquées pour constater que le monde des médias ne s’est pas amélioré ces cinq dernières années (ni le reste du monde non plus !!). Les derniers événements sociaux ont démontré plus que jamais leur vassalisation à leurs maîtres milliardaires et au pouvoir en place.

      Cela nous donne d’autant plus envie de nous battre, de repartir au combat, mais dans un cadre différent.
      Le bilan des cinq années écoulées démontre que l’association Nada-Info n’est pas l’outil adapté pour produire des documentaires long métrages qui entraîne des budgets élevés. Nada-Info n’a pas une structure financière suffisante.
      La réalisation par exemple de « Nous avons des armes » nécessitait un budget important (au moins 60 000 euros). Les 10 320 euros obtenus par 534 contributeurs n’ont pas permis de faire ce film.

      Quelques membres de Nada-Info en association avec des proches ont décidé de se donner les moyens pour produire des documentaires cinémas et ont constitué une société de production indépendante, Héméré Production. Seule une entreprise peut prétendre avoir accès aux multiples aides (CNC par exemple) qui jalonnent le cinéma français. Héméré Production a notamment dans ses cartons un projet de documentaire du réalisateur Gilles Balbastre, « Ceux qui tiennent la laisse », dans la droite ligne des Nouveaux chiens de garde ou du projet de Nada-Info, Nous avons des armes.
      Nous avons décidé d’aider financièrement ce projet et de consacrer la somme destinée à « Nous avons des armes » au projet de Gilles Balbastre : « Ceux qui tiennent la laisse ».

      Le reste de la somme sera consacrée à relancer la plate-forme Nada-Info. Nous avons décidé en effet de réorienter l’association vers une mission d’agitateur d’idées. Le succès des Epandages médiatiques que nous avons postés régulièrement sur notre chaîne Youtube (Nada-info), nous amène à consacrer le site internet de l’association en majorité à la critique des médias, à partir d’une production de vidéos de courte à moyenne durée.

      Nous allons donc continuer cette production car elle ne nécessite pas un gros budget. Les contributions écrites ne seront pas évidemment interdites. Il faut que ce nouveau site trouve une place sur le Net, à coté d’autres sites comme celui d’Acrimed ou de Là-bas si j’y suis. L’idée est de créer une version internet du Plan B, le journal sarcastique que vous avez peut-être connu dans les années 2000. Pour permettre les activités de Nada-Info, nous relancerons des appels au soutien militant via le système déjà en place (ou prochainement) sur notre site en re-construction.

      Voilà, Nada-Info, tel un phénix, renaît de ses cendres.

      Bien à vous toutes et tous

    • Le petit doigt de Ruth Elkrief lui souffle à l’oreillette que la réforme de l’ISF était « la cuillerée d’huile de foie de morue, il faut l’absorber. C’est un mauvais moment à passer, c’est le signal au reste du monde signifié dans l’entourage présidentiel .. . »
      L’éditocrate politique « la queen de l’info » après avoir travaillé pendant quinze ans chez BFM-TV, vient de retrouver la chaîne concurrente LCI.
      « Quotidien » déroule le tapis rouge à Ruth Elkrief Sophie Eustache #Acrimed
      https://www.acrimed.org/Quotidien-deroule-le-tapis-rouge-a-Ruth-Elkrief?recherche=ruth%20ekkrief

      « Quotidien » : service communication du groupe TF1 ? Jeudi 1er avril, Yann Barthès accueillait en grande pompe sa consœur Ruth Elkrief qui, après avoir travaillé pendant quinze ans chez BFM-TV, vient de retrouver la chaîne concurrente LCI : « On l’appelle "la Queen de l’info", elle est partie brutalement de BFM sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi et bonne nouvelle ! Cette semaine on a appris qu’elle allait être notre collègue de bureau : elle arrive dans le groupe TF1. Voici #Ruth_Elkrief ! », annonce #Yann_Barthès.

      L’interview est l’occasion de vanter les mérites de la nouvelle recrue. « Quotidien » passe ainsi en revue le parcours de la « Queen de l’info », qui a participé au lancement de LCI en 1994 avant de rejoindre BFM-TV en 2005. Mais l’interview, ou l’entretien d’embauche, ne serait pas probant sans une mise à l’essai. Yann Barthès propose donc à Ruth Elkrief de réagir à l’allocution d’Emmanuel Macron. La journaliste se prête au jeu : « Il était indispensable qu’il se prononce, qu’il parle, car le fil était un petit peu distendu avec l’opinion et qu’il était indispensable qu’il prenne la parole. Je crois que la situation est vraiment difficile pour lui. Que les gens ne comprennent pas ce qu’il se passe. Qu’il a essayé d’expliquer. J’ai beaucoup de questions […] ». Yann Barthès est béat : « C’est là qu’on voit que vous êtes bonne, parce que je vous pose une question sur ce qu’il s’est passé hier et vous donnez une analyse juste comme ça. »

      En plus de démontrer ses talents, Ruth Elkrief profite de la tribune pour s’adonner à une ode à l’info en continu. Extrait :

      - Yann Barthès : À l’époque, vous disiez que LCI était une chaîne pour les élites…

      - Ruth Elkrief : C’est comme ça qu’on l’avait créée à l’époque, il y avait une volonté d’en faire une chaîne pour les décideurs. Aujourd’hui, c’est une chaîne qui est sur la TNT donc elle s’adresse à tout le monde, elle est regardée par beaucoup beaucoup de monde. Avec [l’élection] présidentielle, […] on va faire l’événement. Je pense que ça continue d’être l’ADN de n’importe quelle chaîne d’info, c’est faire l’événement. Sur LCI.

      - Yann Barthès : En 2022, est-ce que la Présidentielle va se passer sur les chaînes d’info ?

      - Ruth Elkrief : Elle va se passer sur les réseaux sociaux, sur Instagram, Twitch… mais on ne pourra pas se passer des chaînes d’info.

      - Yann Barthès : Les politiques ne pourront pas se passer de vous ?

      - Ruth Elkrief : Ils ne pourront pas se passer de nous car on parle au plus grand nombre. […] Une campagne présidentielle, c’est minute par minute, il peut y avoir des coups de théâtre, il peut y avoir un nouveau candidat, un événement, tout peut basculer, ça va être sur les chaînes d’info et ça va être sur LCI !

      - Yann Barthès : On sent que ça vous fait vibrer !

      Nous aussi…

      Oulala "la queen de l’info" chopait une jaunisse en décembre 2019, vite une cuillerée d’huile de foie de morue !
      https://www.youtube.com/watch?v=6s3VG3TFDOA&t=192s


      https://www.acrimed.org/Gilets-jaunes-il-y-a-un-an-Ruth-Elkrief-paniquait
      #éditocrates

    • BFM TV, CNews, LCI… Les fléaux de l’information
      https://www.monde-diplomatique.fr/podcast/2021-04-BFM-TV-CNews-LCI-fleaux-information

      Les chaînes d’information en continu ont colonisé notre imaginaire visuel et mental. Ces antennes négligent l’enquête et le reportage, mais impriment leur rythme à la vie politique.
      Entretien avec Sophie Eustache. Par Thibault Henneton & Yoko

      https://www.monde-diplomatique.fr/audio/Podcast_diplo/2021-04-Entretien_Eustache.mp3


      « CNews est une chaîne de débats, de polémiques, Pascal Praud est un show-man pas possible, mais est-ce que c’est une chaîne d’info ? Ce qui m’intéresse, c’est ce que son succès révèle… »
      L’animatrice Ruth Elkrief, qui vient de quitter BFM TV pour LCI, le 1er avril sur TMC

      https://seenthis.net/messages/909361

  • La vocation libérale du bureaucrate
    https://laviedesidees.fr/La-vocation-liberale-du-bureaucrate.html

    À propos de : Joseph Heath, The Machinery of Government. Public #administration and the Liberal State, Oxford University Press.. Les administrations publiques, imposantes en taille et en pouvoirs discrétionnaires, peuvent-elle avoir une forme de légitimité politique ? Oui, pourvu qu’elle protègent les principes fondateurs du #libéralisme.

    #Philosophie #démocratie #légitimité #gouvernement
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210512_bureaucrate.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210512_bureaucrate.docx

  • L’arrivée en Belgique des hard seltzers (sodas alcoolisés) inquiète le secteur de la prévention

    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_l-arrivee-en-belgique-des-hard-seltzers-sodas-alcoolises-inquiete-le-sec

    Très populaires depuis quelques années aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les #hard_seltzers arrivent sur le Vieux Continent. Le groupe brassicole #AB_InBev va en effet introduire ces boissons pétillantes aromatisées et faiblement alcoolisées dans quatre pays européens dont la Belgique. Le centre flamand d’expertise pour l’#alcool et autres drogues (VAD) s’inquiète de l’arrivée d’une #boisson_alcoolisée, facile à boire.

    Le géant brassicole prévoit d’introduire ces breuvages en Allemagne, aux Pays-Bas, en France et en Belgique. « Nous n’en avons pas que pour les amateurs de bières », explique Elise Dickinson, responsable marketing pour les hard seltzers chez AB InBev. «  La demande pour ce type de boissons est en croissance en Europe et AB InBev entend aider les distributeurs européens à être présents dans ce segment porteur », ajoute-t-elle.

  • « On bascule de la culture du signe à une culture du signal »

    https://www.liberation.fr/forums/on-bascule-de-la-culture-du-signe-a-une-culture-du-signal-20210415_CQ6ZXL

    Philosophe juridique, la chercheuse Antoinette Rouvroy alerte sur la place des Gafam dans nos sociétés fragilisées par le contexte de pandémie et de distanciation sociale.

    [...]

    Quel est l’impact de cette « déterritorialisation » des interactions humaines ?

    Elle donne aux plateformes du numérique l’occasion d’affiner encore les algorithmes de « personnalisation », c’est-à-dire de sélection et de hiérarchisation des contenus en fonction de chaque profil. Ces solutions numériques très confortables accroissent le phénomène de fragmentation de l’espace public médiatique, chacun n’étant exposé qu’à des contenus qui lui conviennent. Cette distanciation sociale est aussi une distanciation politique, car elle provoque une désertion de l’espace public dans lequel pourrait se discuter la chose commune, irréductible à la juxtaposition d’intérêts individuels.

    [...]

    nous assistons à une domestication de la norme par les faits, et non des faits par la norme : c’est une inversion majeure. Nous avons longtemps pensé que gouverner c’était prévoir. Aujourd’hui, la spontanéité du réel dirige nos gouvernants, qui s’appuient sur un traitement à grande vitesse de données massives plutôt que sur des normes sociales et juridiques. Cette fascination pour un monde en haute résolution mène à une « ingouvernance », c’est-à-dire un mode de gouvernance mis en œuvre par des algorithmes sur le mode du trading à haute fréquence, où la contingence et la vitesse sont souveraines.

    #gouvernementalité_algorithmique
    #Antoinette_Rouvroy

  • « The Most Important Scarce Resource is Legitimacy »

    https://vitalik.ca/general/2021/03/23/legitimacy.html

    Très intéressant texte de Vitalik Buterin (le créateur d’#Ethereum) sur la notion de légitimité à partir de questions comme « si je fais une scission pour le logiciel libre X, quelle version va être considérée comme légitime ? ». Il n’y a pas d’obstacle technique ou juridique (puisque le logiciel est libre) à cette scission, mais le vrai problème sera de bâtir une légitimité. Il étudie le cas des cryptomonnaies, le financement du logiciel libre, les noms de domaine, et bien sûr, puisque c’est à la mode, les NFT.

    #légitimité #gouvernance_logiciel_libre #gouvernance_chaîne_de_blocs #chaîne_de_blocs

  • webinaire 19 avril 18h :
    Lundi de la cybersécurité - Cyberpouvoir : crime et châtiment

    https://www.globalsecuritymag.fr/Lundi-de-la-cybersecurite-par,20210324,109635.html

    L’omniprésence des technologies du numérique dans notre environnement façonne nos manières d’être, de penser et d’agir. L’informatique est un instrument de puissance et de pouvoir pour ceux qui la maitrisent et un joug pour ceux qui en dépendent. Cette conférence aborde différentes facettes de l’expression du cyberpouvoir que détiennent les acteurs licites et illicites.

    Au travers de questions choisies relatives aux cyberconfits, à la cybercriminalité, à la gouvernementalité algorithmique et à l’intelligence artificielle, sont analysés certains aspects d’ordre social, économique et politique du cyberpouvoir. Un regard critique sur le monde que nous contribuons à construire et sur celui que nous laisserons en héritage aux générations futures est apporté, afin, qu’à l’ère des technosciences, tenter de savoir « si la liberté de l’homme exige-t-elle que tout soit permis ? ».

    #gouvernementalité_algorithmique

  • #Rwanda : un document prouve l’ordre de la France de laisser s’enfuir les génocidaires

    Juillet 1994. Les principaux membres du gouvernement responsable du #génocide des #Tutsis sont dans une zone contrôlée par l’#armée_française. Leur arrestation est possible et même réclamée. Un document inédit, émanant du cabinet du ministre des affaires étrangères de l’époque, #Alain_Juppé, prouve aujourd’hui que la #France a préféré les laisser partir. Il est signé de l’actuel patron de la DGSE.

    L’#ordre_politique de laisser s’enfuir à l’été #1994 les principaux membres du gouvernement responsable du génocide des Tutsis au Rwanda, alors que leur arrestation était possible et même demandée, a été directement pris par le #gouvernement_français, selon un document inédit émanant du ministère des affaires étrangères.

    Le massacre des Tutsis du Rwanda, dernier génocide du XXe siècle, a fait près d’un million de morts en cent jours, entre avril et juillet 1994.

    Le document, dont Mediapart a pu prendre connaissance, apparaît vingt-cinq ans après les faits comme la pièce manquante de l’un des épisodes les plus sombres de la #responsabilité française dans la tragédie rwandaise.

    Il a été obtenu par le chercheur François Graner, auteur de plusieurs livres sur le Rwanda et membre de l’association Survie, qui a récemment pu accéder à des #archives inexplorées de la présidence Mitterrand grâce à une décision du Conseil d’État. La plus haute juridiction administrative a mis fin, en juin dernier, à des années d’entraves orchestrées par les gardiens de la mémoire de l’ancien chef de l’État et de la politique de la France durant le génocide des Tutsis.

    Le document en question est un télégramme « confidentiel diplomatie » émis le 15 juillet 1994 par le cabinet du ministre des affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel, et adressé à l’ambassadeur #Yannick_Gérard, alors représentant du Quai d’Orsay auprès des militaires français envoyés au Rwanda dans le cadre de l’#opération_Turquoise.

    L’ambassadeur Gérard avait réclamé le jour même des « instructions claires » du gouvernement (pour lui et pour l’armée française) afin de procéder sur place à l’#arrestation des autorités qui, écrivait-il dans un télégramme, « portent une lourde responsabilité dans le génocide ». Le fait est que les principaux membres du gouvernement génocidaire, au premier rang desquels son président, #Théodore_Sindikubwabo, se trouvaient alors dans une zone intégralement contrôlée par l’armée française, à proximité du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), pays frontalier du Rwanda.

    « Nous n’avons pas d’autre choix, quelles que soient les difficultés, que de les arrêter ou de les mettre immédiatement en résidence surveillée en attendant que les instances judiciaires internationales compétentes se prononcent sur leur cas », soulignait le haut fonctionnaire, conscient d’avoir des génocidaires identifiés à portée de main.

    La réponse du gouvernement français fut pourtant à l’exact opposé de la requête de l’ambassadeur Gérard. Dans le télégramme du 15 juillet, rédigé à 18 h 22 et adressé à « Yannick Gérard seul », le cabinet du ministre Juppé donne ainsi pour instruction de transmettre aux autorités génocidaires « notre souhait qu’elles quittent » la #zone_contrôlée par les forces armées françaises.

    Le message à transmettre semble si délicat que le cabinet Juppé demande à son ambassadeur de ne pas s’entremettre personnellement avec les génocidaires. « Vous pouvez en revanche utiliser tous les canaux indirects et notamment vos contacts africains, en ne vous exposant pas directement », peut-on lire dans le télégramme, qui a d’ailleurs pour titre : « Le département vous autorise à passer notre message de manière indirecte ».

    « Vous soulignerez que la communauté internationale et en particulier les Nations unies devraient très prochainement déterminer la conduite à suivre à l’égard de ces soi-disantes autorités », précise encore le télégramme, qui, insistant de la sorte sur une décision à venir de la communauté internationale, offre un #sauf-conduit au gouvernement génocidaire pour quitter sans la moindre anicroche le territoire sous contrôle français. Et passer au #Zaïre.

    Le document porte la signature « #EMIE ». Il s’agit de #Bernard_Émié, l’actuel directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), l’un des principaux #services_secrets français, qui était à l’époque conseiller d’Alain Juppé au ministère des affaires étrangères, avant de rejoindre l’Élysée sous la présidence de Jacques Chirac.

    Sollicité par Mediapart, Alain Juppé a fait savoir qu’il ne souhaitait pas répondre à nos questions. Également sollicité, Bernard Émié n’a, pour sa part, pas donné suite.

    Un quart de siècle après la tragédie rwandaise, il n’y a aujourd’hui pas de doute sur le fait que la France savait qui étaient les organisateurs et commanditaires du génocide, et où ils se trouvaient. C’est donc en toute connaissance de cause que le gouvernement et l’Élysée les ont laissés filer.

    D’innombrables documents et témoignages, obtenus depuis des années par des historiens, des journalistes ou des juges, ont déjà largement permis de documenter que la France avait connaissance d’un génocide en préparation avant que celui-ci n’ait lieu et qu’elle a maintenu un soutien indéfectible aux autorités en cause quand le pire a commencé.

    Cela est si vrai que le gouvernement génocidaire, constitué au lendemain d’un attentat ayant tué le président #Habyarimana, jugé trop modéré par la frange la plus radicale du pouvoir hutu, a été formé, le 8 avril 1994, dans les locaux mêmes de l’#ambassade de France à Kigali, sous le nom de « #gouvernement_intérimaire_du_Rwanda » (#GIR).

    C’est un certain Théodore #Sindikubwabo, ancien président de l’Assemblée nationale, qui sera choisi pour diriger le pays avant que celui-ci ne s’enfonce dans les ténèbres. Pédiatre de formation, Sindikubwabo est considéré comme l’un des commanditaires du génocide, soupçonné d’avoir personnellement incité aux #massacres – notamment à l’occasion d’un discours retransmis le 19 avril sur Radio Rwanda – et d’avoir démis de leurs fonctions les préfets et autorités qui ne tuaient pas assez.

    Sindikubwabo fait partie des responsables politiques du génocide qui ont pu rallier le Zaïre en juillet 1994 avec l’aval du gouvernement français. Il est mort en 1998 dans des circonstances mal connues et sans jamais avoir été inquiété pour ses crimes.

    L’ordre de Juppé, l’ombre de Védrine

    Il existe dans les archives disponibles la trace d’un contact, en mai 1994, entre Sindikubwabo et le général #Christian_Quesnot, le chef d’état-major particulier du président de la République. Dans une note du 6 mai écrite à l’attention de #François_Mitterrand, après son échange avec le nouveau chef de l’État génocidaire – les massacres ont débuté un mois plus tôt –, le militaire indique que le dignitaire rwandais le « remercie » pour tout ce qu’il a « fait pour le Rwanda ».

    Dans ses commentaires personnels à la fin du document, le général Quesnot préconise alors d’appuyer, même au prix d’une « #stratégie_indirecte », le pouvoir rwandais face aux forces armées tutsies. Le général Quesnot dit, en effet, craindre l’établissement d’un « #Tutsiland » (sic), le tout « avec l’aide anglo-saxonne et la complicité objective de nos faux intellectuels remarquables relais d’un lobby tutsi auquel est également sensible une partie de notre appareil d’État ». Le document est annoté de la main du secrétaire général de la présidence de la République, #Hubert_Védrine, d’un mot : « Signalé ».

    Pourtant, sur le terrain, la diplomatie et les services de renseignements français ne cessent d’accumuler des éléments sur la responsabilité du gouvernement intérimaire dans le génocide.

    Un télégramme « confidentiel diplomatie » daté du 10 juillet 1994 de l’ambassadeur Gérard, également découvert par le chercheur François Graner grâce à la décision du Conseil d’État de juin dernier, évoque même « un témoignage digne de foi qui confirme la responsabilité collective et personnelle des autorités de #Gisenyi [le gouvernement génocidaire – ndlr] dans les massacres ». Le diplomate ajoute que, selon d’autres témoignages « directs et concordants », le président Sindikubwabo a personnellement appelé à plusieurs reprises à « l’élimination totale des Tutsis » et que l’une de ses ministres a, en particulier, réclamé le massacre « des femmes et des enfants ».

    Cinq jours plus tard, c’est donc en parfaite connaissance de cause que l’ambassadeur Gérard demande des « instructions claires » au gouvernement pour pouvoir mettre aux arrêts ou, au moins, en résidence surveillée les génocidaires.

    En vain.

    À Paris, la question de l’arrestation des membres du gouvernement génocidaire a pourtant été source de confusion au sommet de l’État, comme le prouvent plusieurs autres documents.

    Dans les archives de l’Élysée figure notamment la copie d’une dépêche émise depuis Paris, le 15 juillet en fin de matinée, par l’agence de presse Reuters sous un titre éloquent : « Paris prêt à arrêter les membres du gouvernement ». « Les membres du gouvernement intérimaire rwandais […] seront mis aux arrêts s’ils tombent aux mains de soldats de français dans la #zone_humanitaire_protégée par l’opération Turquoise », indiquait l’agence de presse internationale, qui disait tenir ses informations d’une « source autorisée à Paris ».

    Seulement voilà : une annotation manuscrite, inscrite par Hubert Védrine dans la marge de la dépêche imprimée par les services de l’Élysée, montre qu’il n’en était, en réalité, rien. « Lecture du Président : ce n’est pas ce qui a été dit chez le Premier ministre », peut-on lire sous la plume du secrétaire général de l’Élysée.

    Le document du cabinet Juppé sur l’ordre de laisser filer les génocidaires, daté lui aussi du 15 juillet, vient aujourd’hui conforter le soupçon d’un ministre des affaires étrangères, Alain #Juppé, en accord avec la politique élyséenne, bien qu’appartenant à un gouvernement de cohabitation dirigé par #Édouard_Balladur. Ce dernier fera d’ailleurs savoir à ce sujet, en 1998, qu’il « n’était pas question » aux yeux de Mitterrand « de châtier les auteurs hutus du génocide ». « Et il n’était pas question aux miens, ajoutait-il, de permettre à ceux-ci d’aller se mettre à l’abri au Zaïre ».

    C’est pourtant exactement ce qui s’est passé, et ce, sur ordre de son propre ministre Alain Juppé. Sur le terrain, l’#exfiltration est pilotée par le lieutenant-colonel #Jacques_Hogard, qui commande le groupement Sud-Turquoise au Rwanda, formé de troupes de la #Légion_étrangère.

    Dans un supplément spécial consacré aux opérations au Rwanda, la revue militaire Képi blanc a résumé des années plus tard la situation dans un style d’une raideur militaire qui ne fait guère dans la contorsion : « L’#EMT [#état-major_tactique] provoque et organise l’#évacuation du gouvernement de transition rwandais vers le Zaïre. »

    Le lieutenant-colonel #Hogard confirmera lui-même à plusieurs occasions les faits, notamment au journaliste David Servenay et à l’universitaire Gabriel Périès, auteurs du livre Une guerre noire (La Découverte). Dans cet ouvrage, le militaire raconte être allé voir en ces termes son homologue zaïrois pour lui parler des génocidaires qu’il s’apprêtait à laisser partir : « Vous ne fermez pas les #frontières, vous les laissez poreuses, je ne veux pas que vous empêchiez ces gens-là de partir, le Zaïre est grand, ils n’ont que ça pour partir. »

    Dès le 16 juillet, c’est-à-dire au lendemain du télégramme envoyé par le cabinet Juppé, le lieutenant-colonel Hogard rencontre le chef de l’État du Rwanda pour lui faire savoir que lui et ses hommes doivent – et peuvent – partir dans les vingt-quatre heures. Et c’est ainsi que la France escorte du Rwanda à la frontière zaïroise parmi les principaux responsables politiques du génocide.

    Un militaire de l’opération Turquoise, Guillaume Ancel, a raconté des années plus tard dans un livre (Rwanda, la fin du silence, éditions Belles Lettres) avoir vu le lieutenant-colonel Hogard quelque temps après cette scène. « Certes, il est convaincu que ce n’est pas notre rôle de rendre justice, mais escorter poliment des décideurs qui ont de terribles responsabilités dans les massacres et “du sang jusqu’au cou” le tourmente. Il aurait pu les arrêter, il aurait même pu les neutraliser, mais ses ordres ne lui laissaient pas le choix », a-t-il témoigné.

    Un document déclassifié de l’état-major de l’armée française confirme que les membres du gouvernement génocidaire « ont franchi la frontière rwando-zaïroise » le 17 juillet en fin de journée, « l’option clairement avouée étant de replier également le reste des #FAR [#forces_armées_du_gouvernement – ndlr] avec leur armement au Zaïre, afin de poursuivre la #résistance depuis ce pays ».

    En un mot : que les génocidaires soient à l’abri pour que le sang, lui, continue de couler.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/140221/rwanda-un-document-prouve-l-ordre-de-la-france-de-laisser-s-enfuir-les-gen
    #génocide #Quesnot #Balladur #Edouard_Balladur

    signalé par @arno : je mets ici le texte complet

    • Une guerre noire. Enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994)

      Au printemps 1994, au Rwanda, près d’un million de personnes ont été exterminées en quelques semaines. À un rythme trois fois plus élevé que le génocide des juifs d’Europe. Comment un tel crime de masse a-t-il été rendu possible ? Quelle est la responsabilité des grandes puissances occidentales et de la France, surtout, si proche des génocidaires ? Après quatre ans d’enquête, dans les archives du monde entier, sur le terrain, auprès des militaires français, rwandais et belges, à interroger diplomates et politiques, Gabriel Périès et David Servenay tentent de répondre à ces questions. À l’aide de témoignages inédits et de documents confidentiels, ils lèvent le voile sur l’une des origines secrètes du génocide rwandais : la doctrine française de la « guerre révolutionnaire ». Des opérations clandestines menées dans le « pré carré » au moment de la décolonisation, en passant par le trouble jeu du général De Gaulle, ils établissent la généalogie de ce qui fut pendant des décennies un véritable savoir-faire de l’armée française. Formalisé pendant la guerre d’Indochine et appliqué en Algérie, il a largement inspiré les dispositifs répressifs mis en place dans un grand nombre d’États africains… dont le Rwanda des années 1960. Et ce n’est pas le fruit du hasard si l’un des meilleurs élèves africains de la « guerre révolutionnaire » perpétra, plus de trois décennies plus tard, le dernier génocide du XXe siècle : hiérarchies politico-militaires parallèles, gardes présidentielles transformées en escadrons de la mort, action psychologique, quadrillage administratif et militaire des populations formèrent un système efficace susceptible de mobiliser toute une société au service du projet exterminateur de ses dirigeants. Cette histoire inconnue éclaire d’un jour nouveau la responsabilité de l’État français dans le génocide rwandais.

      https://www.editionsladecouverte.fr/une_guerre_noire-9782707149145

      #livre #Gabriel_PÉRIÈS #David_SERVENAY

    • Rwanda, la fin du silence. #Témoignage d’un officier français

      Au lourd secret qui entoure le véritable rôle de la France et de son armée lors du génocide des Tutsi au Rwanda, #Guillaume_Ancel oppose la vérité de ses carnets de terrain, témoignage des missions auxquelles il a participé durant l’opération Turquoise. La fin du silence est aussi le récit du combat mené par cet ancien officier pour faire savoir ce qui s’est réellement passé durant cet été 1994 et « rendre hommage, dignement, aux centaines de milliers de victimes rwandaises que nous n’avons pas su empêcher. »
      Officier de la Force d’action rapide, détaché au sein d’une unité de la Légion étrangère, le capitaine Ancel mène avec ses hommes des opérations d’extraction de personnes menacées. Sous couvert d’une opération humanitaire destinée à mettre fin aux massacres, cet officier comprend vite que la France soutient le gouvernement génocidaire rwandais dont elle a formé l’armée. Il décrit les errements de l’armée française, ballotée au gré de décisions politiques dont les motivations sont toujours tenues secrètes, les archives officielles restant inaccessibles. Ce témoignage dévoile également certains épisodes méconnus de cette opération « #humanitaire » durant laquelle l’armée française a tué. Parfois pour défendre, parfois pour des raisons moins avouables.

      https://www.lesbelleslettres.com/livre/3565-rwanda-la-fin-du-silence
      #opération_humanitaire

  • Pour défendre son #action_climatique, le #gouvernement s’offre les services d’un #cabinet_de_conseil international
    https://reporterre.net/Pour-defendre-son-action-climatique-le-gouvernement-s-offre-les-services

    À grand renfort de tableaux Excel et de budget carbone, la bataille des chiffres fait rage autour de la future loi Climat. Présenté hier en Conseil des ministres, le texte, qui reprend, au rabais, les propositions de la Convention citoyenne, n’est pas à la hauteur de son ambition. L’objectif de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 n’est pas atteignable avec les mesures annoncées.

    […] Le député Matthieu Orphelin a voulu le démontrer. L’ingénieur, qui a fait la majeure partie de sa carrière à l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, a estimé que la loi, dans sa version actuelle, ne permettrait d’éviter que 13 millions de tonnes de CO2 par an (MtCO2), contre les 112 MtCO2/an visées. « En écartant sciemment les mesures les plus impactantes de la Convention citoyenne, le texte n’a qu’une portée symbolique », a-t-il regretté

    Plusieurs avis sont venus appuyer son propos. Le 26 janvier dernier, le #Conseil_national_de_la_transition_écologique s’est inquiété « de la baisse insuffisante des émissions de gaz à effet de serre induite par cette loi ». Quant au Conseil économique social et environnemental [#CESE], pas spécialement réputé pour le tranchant de ses prises de position, il a rendu un rapport incisif le 27 janvier dernier où il a souligné « les abus de langage » du gouvernement.

    […] le ministère de la #Transition_écologique a commandé un rapport au cabinet de conseil #Boston_Consulting_Group (#BCG). BCG est une multinationale réputée dans le monde des affaires. 60 % de ses clients sont des entreprises du CAC 40.ses clients habituels sont les mêmes que ceux qui se sont évertués pendant des mois à démonter une à une les propositions de la Convention citoyenne. BCG travaille main dans la main avec les lobbies industriels qui ont mené une guerre de l’ombre contre les citoyens tirés au sort. Le Medef a démoli le délit d’écocide proposé par la Convention. La firme BASF a critiqué son « populisme » et les filières automobile et aérienne se sont mobilisées contre toute forme de régulation contraignante.

    […] Une incompréhension générale demeure. Pourquoi le #Haut_Conseil_pour_le_climat n’a-t-il pas été mandaté ? C’est pourtant son rôle. Créée en 2018, cette instance consultative réunit nombre de climatologues et de scientifiques. Un consensus se dégage autour de son haut degré d’expertise et de sa neutralité.

    Contacté par Reporterre, son directeur exécutif, Olivier Fontan, dit « n’avoir reçu aucun appel du gouvernement ». Ses rapports critiques envers les politiques d’Emmanuel Macron aurait-il dissuadé le gouvernement de le solliciter ? L’été dernier, le Haut Conseil pour le climat jugeait « marginale » et « insuffisante » l’action climatique du gouvernement. Cet automne, il alertait des conséquences environnementales de la 5 G.

    Face au silence de l’exécutif, le Haut Conseil pour le #climat a tout de même décidé de se saisir du projet de loi Climat. « Nous rendrons un avis d’ici les prochaines semaines », assure Olivier Fontan. Contrairement à celui du BCG, il n’est pas certain que cet avis soit conciliant.

  • #Vu_d’Allemagne. La #crise du #Covid rend inéluctable la réforme de l’État français

    En France, les nombreuses #bourdes dans la gestion de la crise due au Covid ont eu raison de l’#Etat_central, observe ce quotidien allemand : des #hiérarchies vieilles de plusieurs siècles sont désormais remises en question.

    Le président Macron s’est trouvé un nouveau mot : #piloter*, qui signifie “gouverner”, “prendre le commandement”. À l’entendre, on dirait qu’en cas de situation difficile il suffit que le chef tourne la barre d’une main tranquille pour que l’État et la société suivent le nouveau cap sans difficulté.

    Angela Merkel a dû elle aussi avoir récemment des moments où elle a rêvé que tout le monde la suive sans maugréer, même ces entêtés de ministres-présidents des Länder.

    Comme elle, Macron traverse à nouveau des temps difficiles. Pendant cette #pandémie, la France apparaît régulièrement en #mauvaise_posture dans l’étrange course internationale au nombre de #contaminations, #taux_d’incidence, #tests et #vaccinations. Et si leur voisin allemand a pu récemment déplorer son #fédéralisme, les Français commencent de plus en plus à désespérer de la centralisation de leur État.

    L’année 2020 a apporté les dernières preuves que celui-ci se trouve en pleine #crise_existentielle. Pendant que Macron parle de #pilotage, la société française se demande s’il y a vraiment un pilote dans le cockpit.

    L’#incompétence spectaculaire de l’État

    Le pays est désormais convaincu que l’État s’est révélé d’une incompétence spectaculaire depuis le début de la #crise_sanitaire. L’#élite française à la formation si parfaite, qui est admirée et imitée dans de nombreuses parties du monde, a collectivement échoué à un point qui fait paraître les problèmes de l’Allemagne presque ridicules à côté.

    Que cela concerne les #masques, les tests, les #tenues_de_protection et maintenant les #seringues, le chantier de la pandémie ressemble à un #dépotoir_chaotique. Le gouvernement a beau chercher à faire croire qu’il gère la crise de façon rationnelle et systématique, ce n’est souvent qu’une affirmation creuse. Dix jours après le début des vaccinations en Europe, 370 000 personnes avaient été vaccinées en Allemagne contre 7 000 en France.

    (...)

    https://www.courrierinternational.com/article/vu-dallemagne-la-crise-du-covid-rend-ineluctable-la-reforme-d

    #France #réforme #Etat #coronavirus #covid-19 #gestion_de_crise #centralisation

    #paywall

    ping @karine4

    • #gouvernance (?)

      Le terme de gouvernance est à la mode. Et pourquoi s’en étonner ? La gouvernance désigne un concept commode. Une idée descriptive de la réalité, mais aussi un idéal normatif associé à la transparence, à l’éthique, à l’efficacité de l’action publique. La gouvernance devient dès lors un mot-talisman paré de tous les fantasmes associés à l’action publique, tout en revêtant le vocabulaire rassurant de l’objectivité technique. Le mot « gouvernance » fait sérieux tout en promettant des lendemains qui chantent aux théoriciens de l’action publique. Ce faisant, le discours de la gouvernance fait l’objet d’une double confusion. La première tient aux vertus qui lui sont associées, la seconde aux défauts qui lui sont imputés.

      https://www.cairn.info/revue-interdisciplinaire-d-etudes-juridiques-2010-2-page-207.htm

  • #Observatoire International de la #Démocratie_Participative (#OIDP)

    L’Observatoire International de la Démocratie Participative (OIDP) est un #réseau international ouvert à toutes les villes, organisations et centres de recherche souhaitant connaître, échanger et mettre en œuvre des expériences en matière de démocratie participative au niveau local.

    OBJECTIFS

    - Agir comme centre de référence mondial dans le domaine de la démocratie participative.
    - Créer des synergies entre les villes, les organisations et les centres de recherche pour réfléchir sur la qualité démocratique à travers le monde.
    - Produire et améliorer les connaissances existantes dans le domaine de la démocratie participative locale.
    - Échanger des expériences sur les innovations démocratiques entre toutes les régions du monde.
    - Recommander des politiques aux administrations publiques du monde, de préférence locales.

    https://oidp.net

    #municipalisme

    ping @simplicissimus

    –—
    voir aussi un fil de discussion sur les ressources pédagogiques autour du (néo-)municipalisme :
    https://seenthis.net/messages/897300

    • #Cités_et_Gouvernements_Locaux_Unis

      L’Organisation mondiale de Cités et Gouvernements Locaux Unis vous souhaite la bienvenue à la plus grande organisation de #gouvernements_locaux et régionaux du monde. Nous nous trouvons, avec vous, aux côtés d’innombrables femmes et hommes ayant œuvré sans relâche pendant plus d’un siècle à consolider leur autonomie, à tirer leurs communautés vers le haut et à collaborer les un·e·s les autres pour parvenir à un changement véritable.

      En tant que #réseau_mondial de villes, gouvernements locaux, régionaux et métropolitains et leurs associations, #CGLU est engagée à représenter, défendre et amplifier les voix des gouvernements locaux et régionaux, afin de ne laisser personne, ni aucun territoire, pour compte. Ensemble, nous sommes les sentinelles des espoirs, des rêves et des aspirations de chaque individu dans chaque communauté du monde, à la recherche d’une vie où l’on respire les idéaux des ODD.

      Par le biais de la coopération, du dialogue et du partage des connaissances, nous, en tant qu’Organisation mondiale, joignons le geste à la parole, en œuvrant à faire avancer les réponses et les actions mondiales au travers d’engagements et d’accords novateurs, qui deviendront les dénominateurs communs transcendant les frontières et rapprochant les communautés, pour autonomiser l’échelle locale et la tirer vers le haut.

      Amplifier la voix des gouvernements locaux

      | RENFORCEMENT DU RESEAU DE CGLU | Accroître la participation politique, créer de nouveaux outils pour une action synchronisée, renouveler les partenariats avec les différents acteurs et assurer une appropriation partagée par les différents membres : autant d’objectifs qui améliorent la transparence, la participation démocratique et la redevabilité.

      | POLITIQUE ET PLAIDOYER | Nous œuvrons à amplifier les voix des territoires à l’échelle internationale, ce qui inclut de formuler des propositions concernant le rôle et le point de vue des gouvernements locaux et régionaux sur la définition de la prochaine étape des agendas mondiaux de développement, et d’accroître le soutien et la reconnaissance, nationale et internationale, du rôle que les gouvernements locaux et régionaux jouent dans le processus de mise en œuvre.

      | MISE EN OEUVRE | Notre objectif est d’identifier et d’encourager les efforts déployés par nos membres pour réaliser les agendas mondiaux à l’échelle territoriale.

      | APPRENTISSAGE | Par la formation, la création d’une culture d’apprentissage dans toute l’Organisation et la promotion de la coopération décentralisée en tant qu’outil clé de la coopération internationale et des programmes de développement.

      | SUIVI ET RAPPORTS | Nous entendons nous assurer que les expériences régionales et locales influent sur la mise en œuvre et l’évaluation des agendas mondiaux, en contribuant au discours des gouvernements locaux et régionaux, et en éclairant les rapports dressés par les gouvernements nationaux.

      CGLU a la faculté d’organiser tout le collectif des gouvernements locaux et régionaux par le biais de la Global Taskforce des gouvernements locaux et régionaux, le mécanisme par lequel notre collectif délibère et définit sa voix politique dans l’agenda international.

      https://www.uclg.org

      https://www.youtube.com/watch?v=rkWj8WqwkEg&feature=emb_logo

  • Covid-19 : l’efficacité du couvre-feu n’est « pas suffisante », selon le gouvernement
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/01/27/covid-19-le-gouvernement-etudie-differents-scenarios-face-a-un-couvre-feu-pa

    Covid-19 : l’efficacité du couvre-feu n’est « pas suffisante », selon le gouvernement

    Ce n’est pas comme si des articles scientifiques avaient déjà, depuis des mois, relégué le couvre-feu parmi les mesures les moins efficaces, afin de faire baisser le taux de transmission...

    Ce n’est pas comme si le gouvernement ignorait comment l’expérience du couvre-feu s’était terminée en Guyane à l’été dernier.

    Ce n’est pas comme si ce journal ignorait tout cela, mais ne l’évoquait pas.

    En fait, le fact-checking, ça ne s’applique qu’à l’opposition, et avec le plus souvent une mauvaise foi à couper au couteau...

    • sans compter qu’à Nice, sous couvre feu depuis octobre, l’épidémie galope
      le journal se contente ici de jouer à l’Agence France Préfectorale, pour prendre ailleurs une hauteur jupitérienne

      Covid-19 : le risque de la fatigue démocratique

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/27/covid-19-le-risque-de-la-fatigue-democratique_6067764_3232.html

      Editorial du « Monde ». La France broie du noir. Elle n’est pas la seule. L’absence de perspective explique en grande partie l’état de mélancolie dans lequel se trouve plongé le pays.

      L’horizon se borne au jour d’après, (...)

      Quand la visibilité est nulle, le poids des épreuves compte double. La France déplore plus de 74 000 décès dus au Covid-19 ; des secteurs entiers de l’économie associés à l’art de vivre, restauration, bars, spectacles, remontées mécaniques, sont à l’arrêt ; les jeunes disent qu’on leur a volé leur jeunesse, les plus âgés redoutent de mourir avant d’avoir eu le temps de regoûter à la vie normale. C’est dans ce contexte que le président de la République doit décider de la date et de l’ampleur d’un reconfinement que le corps médical juge désormais inéluctable.
      Risque de désobéissance civile
      Ses hésitations sont compréhensibles : on n’impose pas d’un claquement de doigts à un pays au bord du burn-out un scénario qui semble le replonger un an en arrière. Le gouvernement a entre les mains des enquêtes d’opinion montrant que le taux d’adhésion au confinement a fondu de 85 % en mars à 40 % aujourd’hui.

      [le seul happy end possible] Ces derniers jours, deux mots ont cependant miraculeusement refait surface : « unité nationale ». Comme si tous sentaient que quelque chose de grave, de décisif, allait se jouer dans cette dernière étape : la capacité d’une démocratie à surmonter l’épreuve.

      #gouvernerlapandémie

  • Le couvre-feu à 18H pas suffisant face au virus, « différents scénarios » étudiés, selon Attal

    AFP 27.01.2021

    Le couvre-feu instauré à 18H « ne freine pas suffisamment » la propagation du virus du Covid-19 pour être « pleinement efficace », a déclaré mercredi Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement qui, a-t-il dit, étudie des « différents scénarios ».

    Ces « scénarios » vont « du maintien du cadre actuel jusqu’à un confinement très serré », a-t-il précisé à l’issue du conseil des ministres ayant suivi un conseil de défense sanitaire à l’Elysée.

    Le président Emmanuel Macron a demandé « des analyses supplémentaires » sur ces différents scénarios avant de prendre des décisions, a précisé Gabriel Attal.

    Mais « le maintien du cadre actuel paraît peu probable », selon le porte-parole, qui a promis « une concertation avec le Parlement et les syndicats » dans les prochains jours.

    Le couvre-feu a, selon lui, « une efficacité relative, qui est réelle mais qui n’est pas suffisante à ce stade ». Elle « ralentit la progression du virus », mais ce dernier « continue à progresser » tandis que « les variants se développent à un rythme important », a-t-il expliqué.

    L’épidémie, a-t-il rappelé, a atteint « un plateau haut », avec « une incidence qui augmente et une pression sur l’hôpital qui augmente ».

    Le porte-parole a également reconnu qu’il y avait « une lassitude chez beaucoup de Français » et « chez nos soignants » face à la crise sanitaire.

    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/270121/le-couvre-feu-18h-pas-suffisant-face-au-virus-differents-scenarios-etudies

    #confinement #covid-19 #gouvernerlapandémie

  • Covid-19 : « Le passeport vaccinal européen, une idée au mieux prématurée, au pire irréfléchie »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/26/covid-19-le-passeport-vaccinal-europeen-une-idee-au-mieux-prematuree-au-pire

    L’idée d’accorder des privilèges spéciaux aux personnes vaccinées prend de l’ampleur en Europe. Proposé pour la première fois par le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et soutenu par des dirigeants politiques d’autres pays à destination touristique, un « passeport vaccinal » à l’échelle de l’Union européenne (UE) viserait à faciliter les voyages dans l’ensemble de l’Union dans les mois à venir. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le considère comme une « exigence médicale » nécessaire pour maintenir les frontières ouvertes. Or, une telle mesure semble tout au mieux prématurée, et au pire irréfléchie. Reposant sur une logique fondamentalement erronée, tant juridique et territoriale que scientifique, elle produirait en effet une série de conséquences inattendues. De plus, plutôt que d’unir l’Europe – en assouplissant les restrictions de déplacement –, ce passeport vaccinal ne ferait que créer de nouvelles frontières, entre personnes « saines » et « contagieuses ».
    Premièrement, un tel certificat reposerait sur l’hypothèse que, vaccinés, les voyageurs ne seraient plus porteurs du virus. Les données scientifiques actuellement disponibles suggèrent toutefois que si les vaccins contre le Covid-19 arrêtent les symptômes, ils ne stoppent pas entièrement la transmission du virus et ne font que la ralentir. Par conséquent, la justification scientifique qui sous-tend cette proposition semble discutable.
    Importantes différences géographiques. Mais ce n’est pas seulement la science qui lui fait défaut. En subordonnant la libre circulation dans l’UE à la vaccination, la proposition part du principe que tout un chacun dispose de l’égalité d’accès aux vaccins. Nous savons pourtant très bien que ce n’est pas le cas. Le déploiement très différencié des campagnes de vaccination entre Etats membres rend aujourd’hui certains ressortissants plus susceptibles d’être vaccinés que d’autres : ainsi, les Danois seraient plus libres de circuler que les Français, les Allemands le seraient bien avant les Néerlandais, etc. Il y a également d’importantes différences géographiques au sein des Etats membres : les personnes vivant en dehors des grandes zones urbaines sont moins susceptibles d’avoir accès aux vaccins, et des disparités existent entre régions dans l’organisation de la première vague de vaccinations. Outre le « tri » des Européens en fonction de leur résidence territoriale, il existe aussi des différences importantes entre les Etats membres quant à leur stratégie de vaccination. Au-delà de la priorité accordée – à juste titre – aux groupes les plus exposés, tels que le personnel médical et les personnes âgées (ce qui crée en soi une inégalité intergénérationnelle), chaque Etat membre est libre de choisir les prochaines catégories de personnes concernées : les enseignants, les travailleurs des transports… Notons, au passage, que la définition des catégories de de travailleurs « essentiels » ou « de première ligne » n’est pas homogène au sein de l’UE.En outre, qu’en est-il des Européens dont le statut officiel, pour une raison ou une autre, ne correspond pas à leur lieu de résidence ou à leur citoyenneté actuelle ? Il s’agit ici des millions de migrants intra-européens et des autres millions de résidents irréguliers dans l’espace européen. Tous ces individus seront probablement exclus de la vaccination, au moins au cours des premiers mois, ce qui risque de mener à la création d’un marché noir des vaccins. En l’absence d’un accès public équitable, la demande privée pour le vaccin augmentera très probablement, notamment de la part des Européens mobiles.Compte tenu de ces diverses inégalités à toutes les échelles qui caractérisent l’accès actuel aux vaccins, la Commission européenne devrait plutôt collaborer plus étroitement avec les Etats membres, afin d’éliminer progressivement ces fractures et d’empêcher l’émergence d’un marché noir. Plutôt que de proposer un passeport vaccinal européen, l’accent devrait être mis sur la sécurisation de nouveaux stocks de vaccins et leur distribution équitable (interdiction de constituer des stocks nationaux et du « nationalisme vaccinal »), tout en trouvant des moyens de continuer à soutenir les Etats membres qui accusent un retard dans leur campagne de vaccination. Les objectifs de vaccination qui viennent d’être proposés par la Commission dessinent à cet égard une voie positive. Qu’il s’agisse du tourisme ou d’autres secteurs, le passeport vaccinal ne devrait pas être perçu comme une panacée pour les industries en difficulté. L’ouverture sélective des frontières au cours de l’été 2020, qui visait à sauver les destinations touristiques, n’a mené qu’à d’importants taux d’infection, causant de nouvelles zones d’inégalité pandémique, quand les destinations du sud de l’Europe, déjà confrontées aux difficultés de leurs systèmes de soins, étaient exposées à des vacanciers venus de tout le continent. Il est significatif que même le gouvernement grec, un des principaux partisans de la proposition, s’en soit finalement distancié, à travers une récente déclaration du ministre du tourisme, Haris Theocharis, notant qu’un certificat de vaccination « ne serait pas une condition préalable pour que quelqu’un se rende en Grèce ». La pandémie de Covid-19 a eu des effets profondément inégaux dans l’ensemble de l’UE, touchant certains endroits et certaines populations beaucoup plus durement que d’autres. Au lieu de contribuer à créer davantage d’inégalités par un mécanisme d’exclusion – ce qui serait le cas de ce certificat vaccinal –, l’UE devrait plutôt concentrer ses efforts sur le dépassement de ces inégalités. Le passeport peut sembler être une bonne solution pour gérer le risque pandémique, mais, comme pour toutes les formes de gouvernance des risques de nature biosécuritaire, il est fondé sur le profilage des individus. Un profilage qui, en l’espèce, a moins à voir avec le risque viral réel qu’à l’accès à un privilège.
    Alberto Alemanno, professeur à HEC Paris, titulaire de la chaire Jean-Monnet en droit européen, fondateur du mouvement citoyen The Good Lobby ; Luiza Bialasiewicz, professeure en gouvernance européenne au département d’études européennes de l’université d’Amsterdam.

    #Covid-19#migrant#migration#ue#sante#biosecurite#inegalité#vaccination#passeportvaccinal#gouvernance#droit#profilage#circulation

  • Coronavirus : Emmanuel Macron agacé par l’idée d’un reconfinement
    https://www.rtl.fr/actu/politique/les-infos-de-5h-coronavirus-emmanuel-macron-agace-par-l-idee-d-un-reconfinement-

    D’après les informations de RTL, la pression des scientifiques l’agace au plus haut point. En résumé, plus les blouses blanches répètent à Emmanuel Macron qu’il faut reconfiner, moins le président de la République a envie de le faire. 

    « Il est agacé par les spécialistes qui n’ont que ça à proposer », raconte un proche. Le chef de l’État en aurait assez de les voir défiler sur les plateaux de télévision, mettre la pression sur l’exécutif. Leurs propos sont scientifiques mais sa décision est aussi politique, économique et social. « Il connaît le vrai prix d’un confinement et ce prix est exorbitant », traduit un intime. Alors pour l’instant, à ses yeux, il est urgent d’attendre.

    Quand on était horrifiés de voir Trump touiter des conneries à propos de Fauci, parce qu’il ne supportait pas que son immunologue en chef tienne un discours basé sur des données scientifiques…

  • Est-ce que, vu que ça fait un an que ça dure, on a une théorie un peu sérieuse sur l’effet de l’arrivée de l’été sur le virus ?

    Parce que de ce que je vois, la situation est mauvaise en ce moment au Brésil, où c’est l’été.

    Je vous dis ce que je crains ? Si on continue avec ces pseudo-confinements qui se contentent de bloquer la progression, sans réellement d’effet à la baisse, on va se maintenir à des niveaux très élevés de circulation du virus, et je ne vois pas dans ce cas comment on pourrait rouvrir quoi que ce soit de restauration, de bistrots et de culturel pour l’été.

    À moins que le pari est que d’ici là, on aura vacciné au moins la population la plus fragile, et que donc on pourra laisser s’ébattre le virus dans la population, avec un taux de mortalité bien plus faible et donc sans saturer les réas. Ce qui me semble un choix excessivement risqué.

    • L’immunité de troupeau naturelle à partir d’une vague initiale n’existe pas (#Manaus). Les seuls « vaccins » (in)disponibles ont des effets dont on ne sait pas à quel point ils sont limités. Le pari : compter sur des mutations nombreuses pour obtenir une immunité de troupeau naturelle, à moyen terme....

      Immunological characteristics govern the transition of COVID-19 to endemicity - View ORCID ProfileJennie S. Lavine1,*, View ORCID ProfileOttar N. Bjornstad2, View ORCID ProfileRustom Antia1
      https://science.sciencemag.org/content/early/2021/01/11/science.abe6522

      We are currently faced with the question of how the CoV-2 severity may change in the years ahead. Our analysis of immunological and epidemiological data on endemic human coronaviruses (HCoVs) shows that infection-blocking immunity wanes rapidly, but disease-reducing immunity is long-lived. Our model, incorporating these components of immunity, recapitulates both the current severity of CoV-2 and the benign nature of HCoVs, suggesting that once the endemic phase is reached and primary exposure is in childhood, CoV-2 may be no more virulent than the common cold. We predict a different outcome for an emergent coronavirus that causes severe disease in children. These results reinforce the importance of behavioral containment during pandemic vaccine rollout, while prompting us to evaluate scenarios for continuing vaccination in the endemic phase.

      #gouvernerlapandémie

    • Ah, Christian Drosten aborde très exactement ces deux points (effet de l’été, laisser filer l’épidémie une fois les personnes fragiles vaccinées) dans son interview de la semaine :
      https://www.spiegel.de/international/germany/interview-with-virologist-christian-drosten-i-am-quite-apprehensive-about-wh

      Drosten: Once the elderly and maybe part of the risk groups have been vaccinated, there will be immense economic, social, political and perhaps also legal pressure to end the corona measures. And then, huge numbers of people will become infected within just a short amount of time, more than we can even imagine at the moment. We won’t have 20,000 or 30,000 new cases a day, but up to 100,000 in a worst-case scenario. It will, of course, be primarily younger people who are less likely than older people to have severe symptoms, but when a huge number of younger people get infected, then the intensive care units will fill up anyway and a lot of people will die. Just that it will be younger people. We can cushion this terrible scenario somewhat by pushing the numbers way down now.

      DER SPIEGEL: Can we be confident that case numbers will begin to drop in spring as temperatures rise?

      Drosten: I don’t think so. The fact that we had such a relaxed summer in 2020 likely had to do with the fact that our case numbers remained below a critical threshold in the spring. But that’s not the case any longer. I am afraid that it will be more like in Spain, where case numbers climbed rapidly again after the lockdown was lifted, even though it was quite hot. In South Africa, too, where it is currently summer, case numbers are at a high level.