• Le FMI et la France : encore un abus d’ingérence ! 11 juin 2018 par CADTM France
    http://www.cadtm.org/Le-FMI-et-la-France-encore-un-abus-d-ingerence

    Le 4 juin dernier, le FMI a publié sa lettre [1] de fin de mission et énonce ses recommandations pour la France. On pourrait croire à une déclaration de politique générale tant cette lettre semble faite de copiés-collés du programme des instances ministérielles et des annonces de l’Élysée. Il y a là une ingérence manifeste et partisane au sens où le FMI dicte ses orientations politiques au gouvernement français et que ces orientations rabâchées jusqu’à plus soif vont toujours dans l’intérêt des classes dominantes.


    Il en est ainsi : 
- de la réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage (débat en cours sous l’intitulé = « Projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ») ; 
- de celle de la SNCF (« Projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ») ; 
- de la réduction des dépenses publiques (en cours avec le projet Cap 2022 qui prévoit une réduction des dépenses publiques de 30 % de leur montant actuel avec 120 000 suppressions d’emplois dans la fonction publique [2]) ; 
 du déploiement d’outils macroprudentiels pour éviter des déséquilibres tant que les conditions financières restent favorables (favorables à qui, la lettre ne le précise pas, mais chacun-e aura compris que ce n’est pas pour les classes populaires).

    Par « outils macroprudentiels », est-ce la théorie du ruissellement chère à Macron qui veut faire croire que l’enrichissement immédiat de quelques-uns aux dépens du plus grand, finira par provoquer des retombées positives pour tous in fine, théorie dont nous avons pu vérifier l’inanité depuis le fameux théorème d’Helmut Schmidt de 1974 (les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain) ? Ou bien s’agit-il d’un paquet de mesures associant la casse de la protection sociale, des cadeaux fiscaux au patronat et les bras ouverts à la finance ?

    Quoiqu’il en soit, face à cette ligue factieuse (Macron-FMI), les chômeurs, les salarié-e-s (à statut ou sans statut) n’ont pas d’autres voies que celui des mobilisations.

    Nous n’avons pas attendu que le FMI en remette une couche pour combattre la financiarisation et les injustices de cette société.

    Un groupe de citoyens a commencé à mettre à nu le système-dette appliqué à l’assurance chômage [3] et a interpellé le ministère du Travail et la direction de l’Unedic qui, par leur silence, montrent leur peur de la vérité et de la transparence.

    La dette de la SNCF [4] a été détricotée par le cabinet DEGEST qui a montré que pour 100 € d’empruntés, si 41 € allaient bien à l’investissement, 59 € servaient le système financier. Les cheminots en sont à leur deuxième mois de grève et malgré les tentatives du gouvernement et de ses chiens de garde (les médias à sa botte), la mobilisation ne faiblit pas.

    Du coté des hôpitaux et des Ephads, la lutte continue de même en de nombreux endroits et la population apporte son soutien à ces mobilisations.

    Cette lettre de fin de mission constitue un véritable satisfecit politique donné au gouvernement Macron et un encouragement à poursuivre dans la même voie.

    C’est une véritable ingérence de la part du FMI, ce qui ne nous surprend pas. Encore une fois, cette institution financière internationale se comporte de façon partisane en faveur des plus riches et des transnationales contre les peuples. Le CADTM appelle à la dissolution du FMI, en grande partie responsable des différentes crises qui se succèdent depuis sa création. L’institution est nuisible pour les populations depuis ses fondations et il faut œuvrer à construire des alternatives respectueuses de l’humain et son environnement, sans quoi la précarité va continuer à se généraliser malgré la croissance des richesses entre les mains d’une élite déconnectée de la réalité.

    Notes
    [1] http://www.imf.org/fr/News/Articles/2018/06/04/ms060418-france-staff-concluding-statement-of-the-2018-article-iv-mission
    [2] http://www.modernisation.gouv.fr/sites/default/files/fichiers-attaches/dp_ap_2022.pdf
    [3] http://gacdac.canalblog.com
    [4] https://www.bastamag.net/Comment-la-dette-de-la-SNCF-enrichit-les-marches-financiers-au-detriment-d

    #FMI #France #gouvernement_français #formation_professionnelle #apprentissage #assurance_chômage #SNCF #dépenses_publiques #chômeurs #financiarisation #injustices #dette #Unédic #DEGEST #hôpitaux #Ephads #nuisible #précarité #richesse #élite #CADTM #guerre_aux_pauvres #emmanuel_macron #macron #réformes_antisociales

  • Des larmes de crocodile sur le sort des chrétiens d’Irak... pour masquer la fermeture des frontières à tous les persécutés du Proche-Orient.

    par le GISTI (Groupe d’information et de soutien des #immigrés)

    http://www.gisti.org/spip.php?article4697

    La décence aurait voulu qu’au moins ils se taisent. Est-ce la gêne devant leur propre incurie qui a poussé #Laurent_Fabius, le ministre français des affaires étrangères, et #Bernard_Cazeneuve, son collègue de l’intérieur, à s’exprimer le 28 juillet ? « La situation des Chrétiens d’Orient est malheureusement dramatique », ont-ils observé. « La #France est révoltée […] ». « Nous venons en aide aux déplacés qui fuient les menaces de l’État islamique et se sont réfugiés au #Kurdistan. Nous sommes prêts, s’ils le souhaitent, à en favoriser l’accueil sur notre sol au titre de l’asile. Nous avons débloqué une aide humanitaire exceptionnelle pour leur porter assistance ». Pas un mot sur la #Syrie. Et pas la moindre considération pour les victimes de confession musulmane, les fidèles de multiples minorités confessionnelles ou les athées. Le #Proche-Orient serait-il soudain limité à l’ #Irak et aux chrétiens ?

    L’ennui de cet affichage d’une #solidarité_sélective, c’est que, dans les faits, ce gouvernement ne fait rien ou presque pour les personnes en quête de protection, pas plus les chrétiens que les autres. Pour mieux verrouiller les #frontières à celles et à ceux qui demandent un visa, il a ôté le pouvoir de décision aux #diplomates pour le donner en catimini au #ministère de l’intérieur. Et l’on ne compte plus les refus opposés aux Syriens et aux Irakiens, toutes confessions confondues.

    L’ennui, c’est que lorsque le #HCR exhorte sans relâche les États européens à ouvrir leurs portes aux #réfugiés syriens (presque trois millions ont fui leur pays depuis 2011), le président de la République annonce solennellement , fin 2013, que la France en accueillera… 500. Six mois plus tard, moins de cinquante personnes ont bénéficié de ce programme. Et pour éviter toute arrivée spontanée, le gouvernement français impose depuis 2012, au nom de la lutte contre l’« afflux massif de #migrants clandestins », un « #visa de transit » aux Syriens – y compris chrétiens – pour les empêcher de solliciter l’ #asile en France à l’occasion d’une escale aérienne.

    Dans ce contexte, les déclarations du #gouvernement_français à l’égard des chrétiens d’Irak, non seulement sont peu crédibles, mais masquent mal le calcul : d’une part, aux yeux d’un État avare de sa protection des persécutés, et qui prépare une réforme en vue d’une politique plus restrictive encore de l’asile, mieux vaut évidemment faire mine de se préoccuper des minorités que des majorités ; d’autre part, sans doute mieux vaut-il aussi manifester une sympathie vertueuse à l’égard d’une religion culturellement dominante en France pour éviter de se mettre à dos la partie la moins tolérante de l’opinion hexagonale.

    Oui, MM. Fabius et Cazeneuve auraient dû se taire.

    1er août 2014

    #François_Hollande

  • L’#honneur perdu du #gouvernement_français - Libération
    http://www.liberation.fr/politiques/2014/07/24/l-honneur-perdu-du-gouvernement-francais_1069751

    Le 10 juillet, tandis que 23 nouvelles victimes palestiniennes étaient venues s’ajouter au décompte macabre, #Laurent_Fabius et #Bernard_Cazeneuve publiaient une tribune dans le New York Times intitulée « La France n’est pas une nation antisémite » dans laquelle ils affirmaient que « le gouvernement français se tient fermement aux côtés des juifs de son pays ». Cette déclaration insolite, des ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, faite dans un quotidien étranger alors que les frappes israéliennes redoublaient sur les populations civiles de Gaza et bien qu’aucun acte antisémite n’ait été perpétré sur le territoire français, signifiait une communautarisation de la position officielle du gouvernement, puisqu’il s’agissait d’apporter un soutien non plus seulement à l’Etat hébreu mais à la communauté juive de France, comme si cette dernière avait vocation à se regrouper tout entière derrière la politique israélienne et comme si toute mobilisation contre la campagne militaire dans les Territoires palestiniens ne pouvait procéder que de l’antisémitisme. Certes, cette communautarisation politique n’est pas nouvelle, mais elle avait pris, au cours des années récentes, une forme négative, s’exprimant de manière obsessionnelle à l’encontre des populations musulmanes et plus récemment roms. C’était, désormais, de façon ouvertement positive que le #communautarisme du gouvernement se manifestait.