• Tiens… des nouvelles d’Alexis Escudero pour l’édition italienne de la Reproduction artificielle de l’humain

    Post-face à l’édition italienne de la Reproduction artificielle de l’humain | Alexis Escudero
    https://alexisescudero.wordpress.com/2017/01/05/post-face-a-ledition-italienne-de-la-reproduction-artifici

    Enfin, c’est le sens de votre question, il existe bien des raisons féministes de refuser la reproduction artificielle. Certaines féministes s’en sont emparé. Elles restent malheureusement minoritaires. Après les chasses aux sorcières et l’accaparement de l’accouchement par les médecins, l’artificialisation de la reproduction parachève le mouvement de médicalisation et de dépossession de la maternité par le pouvoir médical (essentiellement masculin). La reproduction artificielle s’en prend exclusivement au corps des femmes, diagnostiquées, manipulées, prélevées, expertisées, encouragées par le pouvoir médical à retenter indéfiniment leurs chances d’avoir un enfant, subissant alors examens, interventions chirurgicales, fausses couches à répétition, hémorragies. La marchandisation du corps touche principalement celui des femmes : vente d’ovules, gestation pour autrui. Dans un monde où la réussite sociale passe par le fait d’avoir des enfants (et en attendant l’utérus artificiel), la PMA accroît l’injonction à la maternité sur les femmes. En Israël, la politique nataliste agressive de l’Etat, est un fardeau pour les femmes qui ne veulent ou ne peuvent avoir d’enfants. Les nouvelles méthodes de FIV avec injection cytoplasmique du spermatozoïde permettent à des hommes quasi stériles de procréer. La responsabilité de la stérilité repose encore et toujours sur les femmes.

    Vous parlez d’un « féminisme anarchiste, queer » dans lequel on trouverait des voix contre la procréation artificielle. Je ne connais pas le contexte italien. En France, s’il existe une poignée de féministes anarchistes queers, une minorité d’entre elles s’oppose à l’artificialisation de la reproduction, sans parvenir à peser dans le débat public. Dans leur majorité, les personnes qui se réclament de la théorie queer soutiennent ouvertement la PMA. En partie parce que critiquer l’artificialisation de la reproduction revient selon elles à faire le jeu des réactionnaires. Sans doute aussi parce que la reproduction artificielle et le transhumanisme sont des outils formidables pour déconstruire les rôles masculins et féminins, « troubler le genre », remettre en cause la dichotomie entre sexe et genre. Leurs critiques de la médicalisation, du pouvoir médical, s’effacent devant les promesses offertes par les technologies reproductives.

    #critique_techno #féminisme #PMA #GPA #reproduction_artificielle


  • « En tant qu’homosexuels, il est de notre devoir de prendre position contre la #PMA et la #GPA »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/01/26/31003-20180126ARTFIG00197-en-tant-qu-homosexuels-il-est-de-notre-devoir-de-

    L’enjeu principal ici est la #réification de la femme vue comme « moyen » au service d’un couple qui louerait son utérus pour porter son enfant. Or, après des décennies de féminisme, il est difficilement concevable qu’aujourd’hui la réification du corps de la femme apparaisse par le biais du discours libéral. En ce sens, l’argument selon lequel la mise à disponibilité par certaines femmes de leur utérus serait éthique parce qu’elles le feraient de manière libre et consentie nous semble irrecevable. Ce serait en effet nier toute la dimension d’un principe moral fondamental et caractéristique de notre civilisation occidentale, résumé notamment par l’impératif pratique kantien : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. »

    • Autant je comprends l’argument de la réification d’une mère-porteuse dans le cas de la GPA, autant le lien entre PMA pour les couples de femmes et GPA me semble particulièrement malhonnête dans ce texte.

      Contre la PMA pour les femmes, le premier argument serait que, comme elles ne sont pas malades (leur « infertilité » serait liée à l’état de nature, pas à une malformation exceptionnelle qui empêcherait la fonction naturelle de reproduction), elles ne devraient pas bénéficier d’une aide médicalisée pour avoir un enfants :

      Or, un couple de femmes est objectivement et par définition infertile. Celles-ci ne souffrent donc d’aucune condition médicale ou maladie qui justifierait qu’elles aient accès à la PMA.

      Vraiment, je trouve l’argument extrêmement faible.

      Introduire la question de la discrimination là-dedans (« dire cela n’est pas de l’homophobie ») n’a rigoureusement aucun intérêt, au contraire je trouve ça très gênant (la logique serait « ce n’est pas de l’homophobie de refuser la PMA sur un argument aussi faiblard, puisque de toute façon c’est comme ça dans la nature… »).

      Le second c’est que la PMA pour les couples de femmes mènerait « tout naturellement » à la GPA, parce que :

      Nous nous opposons aussi à la légalisation de la PMA pour les couples de femmes, car elle ouvre une boîte de Pandore qui mènera tout naturellement à la légalisation à terme de la GPA (bien que la GPA concerne tous les couples, homosexuels comme hétérosexuels, elle est notamment promue par des associations dites LGBT comme un moyen de permettre aux couples d’hommes de « concevoir » un enfant). En effet, bien que de natures différentes, la PMA pour les couples de femmes et la GPA sont revendiquées au nom d’un prétendu nouveau droit pour les couples homosexuels, le droit à l’enfant. Or, au nom du principe d’égalité, il sera impossible d’interdire la GPA une fois la PMA pour les couples de femmes légalisée. En effet, au nom de quoi les homosexuels hommes n’auraient-ils pas, eux aussi, le droit d’avoir accès à une nouvelle technique leur permettant de « concevoir » un enfant ?

      Mais justement, l’essentiel de ce texte consiste à expliquer que la GPA nécessite qu’une femme soit enceinte pendant 9 mois puis « cède » l’enfant au couple qui lui a demandé. Donc « au nom de quoi » et « impossible d’interdire », c’est clairement expliqué dans leur propre texte : contrairement à la PMA, la GPA impose de « louer » le ventre d’une femme qui cèdera l’enfant pendant 9 mois, ce qui en fait un acte de nature radicalement différent (donc pas « impossible d’interdire » ni « mènera tout naturellement »).

    • Ce texte est signé par trois hommes, # mecsplication de PMA qui toujours confond insémination artificielle et fécondation in vitro, le deuxième étant un acte médical pour pallier l’infertilité de couples hétérosexuels. La première est une technique sociale qui pose des problèmes moraux à des grincheux qui sont moins exigeants avec les pères absents qu’avec les femmes sans homme.

      C’est une prose pas très intéressante et à laquelle je répondrais qu’il y a de la place pour des assos LGBT réacs, s’ils sont trois ils peuvent fonder leur association (homophile, disait on jadis) au lieu de dénigrer les autres.

    • Évidemment je suis assez d’accord et j’allais faire la même remarque pour le fait que c’est trois hommes qui proposent d’interdire aux femmes lesbiennes l’accès à avoir un gosse (c’est naturel…).

      Encore une fois, on dit « la PMA » pour parler de plusieurs choses, c’est insupportable et je suppose que dans le truc bioéthique ça sera malheureusement pareil. :(

      Moi je suis contre la fécondation in vitro (y compris pour les hétéros et aussi les animaux donc). Mais l’insémination de sperme (si possible anonyme, banque de sperme, ça peut être géré correctement) et donc la fécondation in vivo pour une femme fertile classique, je ne vois absolument pas le problème. Additionné à des moyens importants supplémentaires pour mieux gérer et plus vite les dossiers d’adoptions (ouverte à tou⋅tes).

      Par contre, je crois que je pige un peu l’argument comme quoi au niveau argumentaire, si la PMA (y compris in vitro donc) se normalise, alors ça va augmenter la probabilité de faire passer la GPA. Bien évidemment que ça n’a rien à voir, mais je sens aussi, car justement j’en ai déjà vu et entendu, que des gens vont les lier pour dire que si ya l’un il faut aussi l’autre. C’est débile (je trouve) mais c’est effectivement ce qui commence déjà à se passer.


  • Après de nouveaux propos anti-PMA, Agnès Thill risque l’exclusion du groupe LRM à l’Assemblée
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/22/apres-ses-propos-anti-pma-agnes-thill-risque-l-exclusion-du-groupe-lrm-a-l-a

    Récemment, lors d’un débat avec des maires, dans l’Eure, le chef de l’Etat avait souhaité que ce soit « un sujet sur lequel la France ne se déchire pas ».

    Bel exemple de psychologie inversée et d’instrumentalisation du sexisme..
    Foutriquet 2 veux que la France se déchire contre les libertés des femmes sinon il aurait pondu une lettre de cachet comme il fait habituellement quant il s’agit d’appauvrir les pauvres et d’enrichir les riches. Il y a largement plus de misogynes en France que de femmes qui demandent la PMA. Pour un Foutriquet le calcule est rapide. Du coup il lâche une de ses trollesse pour montrer son soutiens auprès des adeptes du pédoviol par curés et de la violence masculine dans les foyer pour tous.

    Les personnes concernées par la PMA ne sont pas homosexuelles, ce sont les femmes, qu’elles soient homosexuelles, hétérosexuelles, bisexuelles, ou asexuelles.

    « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » (Albert Camus)

    #sexisme #lesbophobie #PMA #GPA #troll #catholicisme #femmes #toxicophobie #misogynie #invisibilisation


  • Gestation pour autrui : « En Inde, les mères porteuses sont réduites à l’état d’esclaves »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/06/22/31003-20180622ARTFIG00335-gestation-pour-autrui-en-inde-les-meres-porteuses

    Sheela Saravanan est une chercheuse indienne, titulaire d’un doctorat en santé publique, et a travaillé dans plusieurs universités allemandes. Elle appartient notamment à l’Institut d’Éthique et d’Histoire de la médecine, à l’Université de Göttingen. Féministe, elle s’intéresse aux violences faites aux femmes en Inde et dans les pays du Sud, ainsi qu’aux technologies de reproduction, en particulier la PMA.
    Elle a mené une longue enquête auprès des mères porteuses en Inde, et a publié à la suite de ses recherches A Transnational Feminist View of Surrogacy Biomarkets in India (Springer, 2018), un document réalisé à partir de nombreux entretiens. Elle y révèle les conditions terribles dans lesquelles les mères porteuses sont étroitement surveillées tout au long de leur grossesse. Entretien exclusif.

    FIGAROVOX.- Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous intéresser aux mères porteuses en Inde ?
    Sheela SARAVANAN.- En 2007, L’Inde était la deuxième destination au monde en matière de tourisme médical, grâce à la qualité de son système de santé, de ses équipements et de l’accessibilité des soins. Je pensais donc que les parents d’intention (les personnes qui ont recours à une mère porteuse pour obtenir un enfant) étaient attirés par la modernité des équipements médicaux et le haut degré de qualification des médecins, ainsi que par la permissivité de la législation indienne, la faiblesse des coûts et la disponibilité des mères porteuses.
    Mais lorsque je suis venue en Inde et que j’ai discuté avec des parents d’intention, j’ai compris en réalité qu’ils viennent surtout parce qu’en Inde, les mères porteuses n’ont absolument aucun droit sur l’enfant qu’elles portent, ni même sur leur propre corps tout au long de leur grossesse. Elles ne bénéficient d’aucun soutien légal ni psychologique. On leur demande d’allaiter l’enfant qu’elles ont porté, puis on le leur arrache sans leur apporter la moindre assistance psychologique.

    - C’est tout le contraire de ce que l’on nous montre à la télévision : dans les talk-shows comme celui d’Oprah Winfrey aux États-Unis, on nous vend une image romantique de la gestation pour autrui en Inde, comme si c’était un service rendu, entre sœurs, en quelque sorte. J’ai donc pris conscience qu’en Inde, la gestation pour autrui est une violation flagrante des droits de l’homme, et qu’elle fait encourir d’importants risques pour la santé des femmes.

    – Vous rapportez les difficultés que vous avez eues pour approcher les mères porteuses. Pourquoi les cliniques étaient-elles si réticentes à vous mettre en contact, si leur activité est légale ?

    – Malgré tout, deux cliniques ont accepté de m’aider dans mes recherches, dont une qui dispose d’un foyer pour mères porteuses, c’est-à-dire des dortoirs dans lesquels les femmes enceintes sont détenues pendant toute leur grossesse. J’ai toutefois appris plus tard que les femmes avaient reçu des consignes très strictes sur ce qu’elles avaient le droit de dire ou non.
    On leur demande d’allaiter l’enfant qu’elles ont porté, puis on le leur arrache sans leur apporter la moindre assistance psychologique.
    J’ai rapidement compris les raisons de tous ces mystères. Ces cliniques étaient impliquées dans diverses activités illégales : elles ne fournissaient aucune copie de leur contrat aux mères porteuses, elles fabriquaient de faux certificats de naissance, et se servaient même de leur influence pour émettre de faux passeports aux personnes qui souhaitaient ramener un enfant dans un pays où la GPA est illégale. Par ailleurs, de nombreuses pratiques médicales y sont contraires à toute forme d’éthique : bien qu’on n’ait pas le droit d’implanter plus de trois embryons à la fois dans l’utérus de la mère, les cliniques en implantent systématiquement cinq, et s’il y en a plus de deux qui sont viables, on procède in-utero à des avortements sélectifs. De plus, les accouchements ne se font que par césarienne. Une des mères m’a confié que même si le travail se fait douloureusement, on les conduit brutalement en salle d’opération pour les accoucher en urgence. Ces pratiques sont toutes, évidemment, illégales. Les cliniques se doutaient certainement que si je restais trop longtemps ou que j’approchais les femmes de trop près, je finirais par avoir vent de leurs pratiques, d’où leur réticence à me mettre en relation avec elles.

    - Quelles sont les conditions socio-économiques dans lesquelles vivent les femmes qui deviennent mères porteuses ? L’argent est leur seule motivation ?

    – Je n’ai rencontré aucune femme qui ait fait des études supérieures. Leurs revenus familiaux sont tous situés entre 3 000 et 6 000 roupies par mois, c’est-à-dire entre 50 et 100 euros. Pour une gestation pour autrui, elles touchent environ 3 500 euros (250 000 roupies), soit l’équivalent de trois ans de salaire. Toutes les femmes que j’ai rencontrées connaissent d’importantes difficultés économiques : de bas revenus, mais aussi des soucis de santé dans leur famille qui nécessitent des soins parfois coûteux. Même si aucune d’entre elles ne vit dans des conditions extrêmes de pauvreté, et bien que ce qu’elles gagnent grâce à la GPA ne représente pas non plus une immense fortune, ce salaire est très important pour elles car il permet à leur famille de ne pas sombrer dans la misère. Toutes sont au bord de la pauvreté : le moindre imprévu (une maladie, mais aussi un mariage ou le décès d’un proche) peut les y plonger durablement, d’autant qu’en Inde, il n’y a pas réellement de sécurité sociale.
    L’argent est donc la motivation première. Elles font souvent le calcul, pour savoir combien de grossesses elles devront réaliser avant d’être complètement à l’abri des difficultés économiques. Les cliniques les encouragent d’ailleurs, après la première GPA, à continuer : souvent, elles savent les persuader en ciblant expressément des femmes qui ont vraiment besoin d’argent. Je n’ai rencontré qu’une seule femme qui a refusé de réaliser une seconde grossesse : sa GPA lui a permis d’acheter la pauvre maison qu’elle louait auparavant avec son mari, et elle s’est remise à vendre des légumes.

    - Les parents d’intention choisissent-ils les mères porteuses ? Vous écrivez dans votre étude que « la GPA est un bazar où même la capacité d’une femme à porter des enfants a un prix ». Que voulez-vous dire ?

    – Oui, ce sont principalement les parents qui choisissent la mère porteuse, d’abord sur la base de photos et de quelques informations basiques, puis ensuite en leur faisant passer un entretien. Ils évaluent les candidates en fonction de leur apparence physique, préférant par exemple celles qui sont légèrement en surpoids car c’est un gage de bonne santé selon eux ; mais aussi en fonction de leur disposition à abandonner le bébé sitôt après la naissance. Ils privilégient nettement les plus pauvres, et s’intéressent au taux de mortalité dans leurs familles. Les mères, en revanche, n’ont pas le choix.
    Un supplément est versé aux femmes qui allaitent le bébé, et leur salaire est en partie indexé sur le poids de l’enfant à la naissance. En cas de handicap, ou si le sexe n’est pas celui désiré, elles sont en revanche moins payées. D’après un médecin, un tiers environ des parents préfèrent une mère qui a la même religion qu’eux. Une mère m’a confié qu’elle avait touché une prime, car elle appartenait à une caste de propriétaires, les Patel, qui jouissent d’un statut social prestigieux dans le Gujarat. Dans d’autres cliniques, on ne recrute que des femmes à la peau claire, et des critères de beauté ont été introduits.
    Les parents doivent débourser environ 1,1 million de roupies (18 000 euros environ), et les prix sont multipliés par le nombre de bébés en cas de jumeaux ou de triplés. Les bébés aussi sont donc une marchandise à vendre. Et en effet, comme je l’ai écrit, ces cliniques ressemblent à de gigantesques bazars, où tout a un prix : le corps des femmes, leur lait maternel, le travail de nounous que certaines font pendant quelque temps après la naissance, le nombre d’enfants, leurs poids, leur sexe, leur santé, et même jusqu’à la caste sociale ou la religion de la mère.

    - Vous avez également visité ces « surrogacy homes », ces foyers pour mères porteuses où sont retenues les femmes pendant leur grossesse. Y restent-elles par choix, ou par obligation ? Vous comparez ces lieux à des prisons…

    – En réalité, les conditions de vie dans ces foyers sont une violation flagrante des droits de l’homme : toute activité autre que liée au bon déroulement de la grossesse est bannie.
    Il s’agit d’une obligation imposée par la clinique, parfois même après la naissance si les parents d’intention souhaitent que la mère allaite l’enfant. De toute manière, après l’accouchement, elles n’ont pas le droit de retourner tout de suite chez elles. Pendant la grossesse, tous leurs mouvements sont strictement contrôlés, elles n’ont pas le droit de sortir ni d’accomplir aucune tâche du quotidien. On limite le nombre de proches qu’elles sont autorisées à voir. Elles doivent également abandonner leurs autres enfants : l’une d’entre elles, célibataire, a dû les confier à son frère tout le temps de la grossesse. Et dans la clinique, il n’y a aucun divertissement prévu pour elles : pas de télé, de radio, de livres ou d’ordinateurs, elles sont sur leur téléphone portable pratiquement toute la journée. Même dans les prisons, il y a des cours ou des espaces de récréation. On leur fait écouter de la musique sacrée à longueur de temps, car cela est supposé avoir un effet bénéfique sur les bébés. Elles sont gavées à longueur de journée, sont tenues de finir leur assiette à chaque repas. En réalité, les conditions de vie dans ces foyers sont une violation flagrante des droits de l’homme : toute activité autre que liée au bon déroulement de la grossesse est bannie.

    - Les liens avec leur famille sont donc coupés tout le temps de la grossesse ? Que disent-elles à leurs proches ?

    – Le consentement du mari est obligatoire pour devenir mère porteuse, donc la famille est toujours au courant. La plupart d’entre elles l’annoncent à leurs proches soit pendant la grossesse, soit rapidement après. Certaines d’entre elles viennent à la clinique accompagnée par une amie ou une soeur, pour se rassurer, au début. La GPA est très stigmatisée en Inde, mais la plupart du temps les femmes ne s’en soucient que très peu car elles ont le soutien de leur famille, voire même suscitent l’admiration car elles se sacrifient pour subvenir aux besoins de leurs proches. Certaines d’entre elles, malgré tout, préfèrent mentir et font croire qu’elles travaillent à l’étranger pour justifier de longs mois d’absence.

    - Quelle relation ont les mères à l’égard de l’enfant qu’elles portent ? Le considèrent-elles comme leur propre enfant ? Réussissent-elles facilement à l’abandonner, après l’accouchement ?

    – On ne cesse de leur répéter que l’enfant n’est pas à elles mais qu’il appartient aux parents d’intention. Mais en réalité, la séparation est toujours un déchirement, et la plupart des mères éprouvent une profonde tristesse. La grossesse est une pratique teintée de très fortes significations culturelles, sociales et religieuses. Toutes les mères porteuses se considèrent comme la mère de l’enfant, et elles réclament souvent d’avoir de ses nouvelles de la part des parents d’intention après l’adoption.
    Émotionnellement, la séparation avec l’enfant est presque toujours dévastatrice, d’autant plus qu’il leur est interdit de faire part de leurs sentiments : les manifestations de tendresse à l’égard du bébé sont prohibées, et elles ne peuvent en parler ni avec les médecins, ni avec les parents d’intention, ni même, bien souvent, avec leur mari. Il n’y a qu’entre elles qu’elles peuvent en discuter. Le temps qu’elles passent avec l’enfant après la naissance est très précieux pour elles, elles en gardent un souvenir grâce aux photos qu’elles prennent à ce moment. Lors de nos entretiens, ces photos sont une des premières choses qu’elles ont voulu me montrer !
    Les parents adoptifs, au contraire, ne considèrent pas la mère porteuse comme la vraie mère, et dissocient la grossesse du fait d’être « propriétaire » de l’enfant. Ils s’appuient sur le fait que la plupart du temps, les embryons sont conçus à partir de leur matériel génétique à eux. Les médecins s’appuient sur ce sentiment de propriété des parents d’intention pour faire entendre raison aux mères porteuses, et n’évoquent jamais le sentiment maternel de ces femmes devant les parents adoptifs : ils leur disent qu’elles ne s’intéressent qu’à l’argent.

    - Est-ce qu’il arrive parfois que les parents qui ont commandé l’enfant le refusent, par exemple en cas de handicap ou lorsque le sexe n’est pas celui exigé ?

    – Oui, hélas. Au cours de mon enquête, j’ai entendu dire qu’une petite fille était née avec une main en moins : la semaine suivante, la presse rapportait que cette enfant avait été retrouvée sous un pont de la ville. La mère porteuse a reconnu que c’était bien le bébé dont elle avait accouché, mais n’a pas osé se signaler à la police, de peur qu’on croit que c’était elle qui avait abandonné l’enfant, alors que les coupables étaient les parents adoptifs. D’autres enfants, selon certains articles de presse, auraient été abandonnés à l’orphelinat en raison de leur handicap ; ou pire, certains auraient été vendus à des réseaux clandestins d’adoption. Mais comme il n’y a pas de statistiques précises sur le nombre d’enfants nés dans les cliniques de GPA, on ne sait pas combien d’entre eux ont été ainsi abandonnés.

    - Vous vous dites féministe. Pourtant, d’autres féministes soutiennent au contraire la possibilité pour les femmes d’être mères porteuses, au nom du respect de l’autonomie des individus !

    – Le féminisme, dans son approche libérale, se concentre en effet sur l’autonomie de l’individu dans ses choix reproductifs. Cette approche vise à libéraliser l’accès à toutes les formes de technologies reproductives, sans que l’État n’instaure de barrières quelconques. Les techniques d’assistance médicale à la procréation (PMA) par exemple sont considérées comme un excellent moyen de résoudre les problèmes d’infertilité ; et la GPA est vue comme un marché gagnant-gagnant, avec un bébé contre de l’argent. Mais ce point de vue occulte complètement la réalité sociale : dans les faits, les femmes qui deviennent mères porteuses le font rarement par choix, mais y sont poussées à cause de leur situation économique, en raison de très fortes inégalités comme celles qui existent en Inde.
    Les féministes se sont battues pour la libération des femmes, notamment à l’égard du rôle maternel stéréotypé auquel on les assignait. Certaines féministes vont jusqu’à voir dans la GPA une étape de ce processus de libération, puisque l’activité reproductive est séparée strictement de la maternité. C’est, selon elles, une expérience libératrice, puisque cela participe de l’émancipation face à la nature, à l’instinct maternel. Mais en réalité, la GPA est une soumission complète, à la fois à la technologie et au patriarcat : en témoigne le contrôle absolu auquel les femmes sont astreintes pendant leur grossesse, au nom du fait que les femmes doivent entièrement se consacrer à l’enfant qu’elles portent. Pendant toute leur grossesse, les femmes sont exclues de toute forme de vie sociale extérieure à la clinique.
    En réalité, l’autonomie des individus n’est jamais décorrélée du contexte social dans lequel ils évoluent : chaque décision est prise dans un contexte politique, économique et culturel, car les individus appartiennent toujours à une communauté et à une histoire. Les femmes indiennes qui deviennent mères porteuses le font par devoir à l’égard de leur famille ou de leurs proches dans le besoin, en partie pour gagner leur affection ou leur respect. Elles subissent bien souvent une subtile pression de la part de leur famille, maquillée sous des liens affectifs étroits. Elles font ce choix pour permettre, aussi, à leurs enfants d’échapper à l’impasse dans laquelle elles se trouvent elles-mêmes. Certaines ont même besoin de cet argent pour payer la dot de leurs sœurs ou belles-sœurs, ce qui participe précisément au maintien d’un système de domination !
    Du reste, l’approche individualiste empêche de considérer un autre aspect de la question : 60 à 80 % des parents qui commandent un enfant sont des étrangers : ils viennent le plus souvent des pays du Nord, et descendent dans ceux du Sud où les personnes, plus pauvres, sont davantage disposées à devenir un matériau biologique.
    J’appelle donc à une interdiction mondiale de la gestation pour autrui, car c’est une pratique inhumaine tant à l’égard de la mère porteuse que pour les enfants, privés de vérité biologique sur l’identité de leur maman. Les droits des parents d’intention ne doivent pas l’emporter sur ceux de la mère, qui subit une mise à l’index de la société ainsi que des atteintes à sa santé, à son équilibre psychique, à sa liberté. Je demande aussi que s’instaure une solidarité féministe transnationale, afin de renforcer la justice reproductive : on ne peut pas bafouer ainsi les droits des personnes, sous prétexte de leur vulnérabilité.

    - Peut-on s’opposer à la gestation pour autrui tout en soutenant les techniques d’assistance médicale à la procréation ?

    – Non, je ne crois pas, dans la mesure où les techniques de PMA supposent de trier et de manipuler un matériel biologique, et par conséquent de réifier la race ou l’appartenance ethnique des embryons. Ces techniques, comme la GPA, renforcent les discriminations sociales. En cette ère d’importants progrès médicaux et scientifiques, nous devons prendre du recul et considérer les implications et conséquences de tous ces bouleversements dans la reproduction humaine : nous avons, à cet égard, une lourde responsabilité. Avec le don de gamètes, bien que dans une moindre mesure par rapport à la GPA, il y a déjà une forme de marchandisation du corps. Ces pratiques se ressemblent toutes par leur impact sur la psychologie humaine, la façon dont elles brouillent les identités.

    À mon sens, les technologies reproductives ne sont acceptables moralement que si elles n’impliquent qu’une intervention sur le corps de la personne qui en fait le choix pour elle. Mais il ne peut y avoir de droits reproductifs, qui impliquent une opération invasive ou nuisible sur une tierce personne. La sélection des gamètes, le choix du sexe de l’enfant, le diagnostic préimplantatoire sont autant de techniques qui renforcent toujours certaines formes de discriminations.

    - En revanche, est-ce que l’interdiction de la GPA ne risque pas de laisser ces pratiques se perpétuer souterrainement, dans des conditions pires encore ?

    – Non, car en réalité, même légale, la gestation pour autrui s’accompagne de pratiques terribles. En 2013, de très jeunes femmes venues des régions les plus pauvres d’Inde ont été enlevées, échangées, violées et forcées à devenir mères porteuses. Une jeune fille a notamment été forcée d’accoucher à six reprises après son enlèvement, à l’âge de 13 ans ! Il y a de très nombreux trafics similaires en Inde, avec des femmes venues souvent du Népal ou de Thaïlande. D’autant que la GPA intéresse de moins en moins de femmes à cause de la diminution des salaires. Comme pour la prostitution, une interdiction formelle n’empêchera certainement pas certains trafics souterrains, mais permettra de créer des plateformes légales pour aider les femmes qui en sont victimes à se pourvoir en justice, tandis qu’un système permissif favorise l’essor des réseaux clandestins.

    #GPA #femmes #exploitation #domination


  • La privatisation du vivant - pratiques
    https://pratiques.fr/La-privatisation-du-vivant

    Pratiques : Le corps des femmes est particulièrement exploité.

    À l’échelle internationale, le commerce d’ovules est très organisé. Certaines femmes indiennes peuvent accéder à la FIV parce qu’en contrepartie, elles donnent leurs ovules. Ce commerce se développe beaucoup au Mexique. En Europe, ce sont l’Espagne et Chypre qui en sont la plaque tournante.

    Ce commerce sert à la recherche, mais il est aussi très bien connu des citoyens français, anglais… On sait qu’en général les gens vont acheter des ovules en Espagne parce qu’ils proviennent de femmes d’Europe de l’Est qui ont des caractéristiques génétiques recherchées : blondes aux yeux bleus, grandes… Et dans le cadre de la grossesse pour autrui (GPA), ils vont aller faire porter les grossesses par des femmes indiennes. Ce sont des enjeux raciaux et d’exploitation graves. Il y a là plusieurs femmes en jeu, ce qui complexifie encore plus ce commerce des corps. Les impacts sur les mères porteuses sont au premier plan, mais pour les pourvoyeuses d’ovules, les conséquences sur leur santé semblent occultées. Ce sont souvent de très jeunes femmes, les stimulations ovariennes à répétition, les prélèvements d’ovules affectent leur propre santé reproductive, d’autant que lorsqu’elles repartent chez elles, elles n’ont pas toujours le suivi nécessaire. Des documentaires, tels que Eggsploitation aux États-Unis, montrent les effets de l’hyperstimulation ovarienne sur ces jeunes filles, dont certaines ont développé des cancers en lien avec l’utilisation massive d’hormones. Ce sont les femmes invisibles de tous ces discours, les gens ont très peu de connaissances sur les procédures médicales utilisées pour amener une femme à produire dix à quinze ovules dans un mois. C’est dans une logique de marché : transformer le corps des femmes pour qu’il soit plus productif.

    #GPA #don_d'organes


  • PMA, filiation… Le Conseil d’Etat innove sur des questions sensibles
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/07/11/pma-filiation-le-conseil-d-etat-innove-sur-des-questions-sensibles_5329783_3

    C’est un éclairage important attendu par le gouvernement avant la présentation de son projet de loi à l’automne : le Conseil d’Etat rend publique, mercredi 11 juillet, une étude consacrée à la révision de la loi de bioéthique. « La France a construit un modèle bioéthique singulier en plaçant plus haut que d’autres pays le principe de dignité de la personne humaine, rappelle Bruno Lasserre, vice-président du Conseil. Nous étudions différents scénarios d’évolution de la loi, en mettant en garde sur les conséquences possibles. » Si l’institution estime le statu quo préférable dans certains cas, elle innove sur des questions sensibles.

    Procréation médicalement assistée. Le Conseil d’Etat renvoie dos à dos les arguments juridiques brandis par les partisans et les opposants à l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules. Ils écartent ainsi le principe d’égalité entre les couples homosexuels et hétérosexuels mis en avant par les associations de défense des droits des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans). Il n’impose pas, selon les « sages », d’ouvrir l’accès à la PMA, ces couples étant « dans une différence de situation liée à l’altérité des sexes ».

    Mais les arguments mis en avant par les opposants, en particulier l’intérêt de l’enfant, ne sont pas jugés valables, car « la question de savoir si priver a priori un enfant d’une double filiation sexuée serait nécessairement contraire à son intérêt reste controversée ». « Aucun obstacle juridique n’interdit d’ouvrir l’AMP [assistance médicale à la procréation, terme utilisé par le Conseil d’Etat] aux couples de femmes et aux femmes seules, écrit le Conseil d’Etat. Et rien ne s’oppose à faire une éventuelle distinction entre [ces] deux publics. » L’institution constate que la demande en faveur de cette ouverture « s’est accrue », et que la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe de mai 2013 « a normalisé la situation des familles qui en sont issues ».

    Lire aussi : Selon le Conseil d’Etat, il n’y a pas d’obstacle juridique à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes

    Filiation. Aujourd’hui, pour faire reconnaître un lien de filiation avec un enfant conçu par PMA à l’étranger, la « mère d’intention » (celle qui n’a pas porté l’enfant) doit l’adopter. Elle est pour cela contrainte de se marier avec la mère biologique de l’enfant. Le Conseil d’Etat estime préférable de « dissocier radicalement les fondements biologique et juridique de la filiation d’origine, en prévoyant une double filiation maternelle ». Ce serait une première en droit français.

    Les couples de femmes transmettraient à l’état civil une déclaration commune anticipée effectuée devant un notaire, dont la mention figurerait en marge de l’acte de naissance de l’enfant. Le système actuel resterait inchangé pour les couples hétérosexuels ayant recours au don de gamètes, afin de ménager la possibilité pour ces couples de « préserver le secret sur le mode de conception ».

    Accès aux origines. Les enfants qui auront été informés par leurs parents qu’ils sont issus d’un don pourraient solliciter à partir de leur majorité l’accès à l’identité de leur donneur. En cas de refus ou de disparition du donneur, des données non identifiantes leur seraient communiquées.

    Gestation pour autrui. Cette dernière est interdite sur le sol français par « un dispositif répressif complet » et doit le rester, estime le Conseil d’Etat. Elle est en effet jugée contraire au principe d’indisponibilité du corps humain, qui interdit de disposer d’éléments de son propre corps ou de ses facultés de reproduction, en dehors du don anonyme et gratuit de gamètes ou d’organes. Le Conseil doute de la possibilité de réaliser des GPA « éthiques », vu « la difficulté de s’assurer du caractère désintéressé du geste de la mère porteuse ». En outre, cette technique de procréation soumet l’enfant « à un parcours fragmenté entre ses origines génétique, gestationnelle et sociale ».

    Procréation post mortem. « L’ouverture de l’AMP aux femmes seules rendrait difficilement justifiable de refuser une AMP post mortem à celle dont le conjoint vient de décéder alors que les embryons ou les gamètes du couple ont été conservés, observe la plus haute juridiction administrative. Cela reviendrait à demander à la femme de procéder au don ou à la destruction de ses embryons, tout en lui offrant la possibilité de procéder seule à une insémination avec le sperme d’un donneur. » Le Conseil recommande de vérifier l’existence d’un projet parental, et de fixer une date limite pour réaliser le projet.

    Autoconservation des ovocytes. L’autorisation de cette technique qui permet de repousser une grossesse « s’inscrirait dans un contexte social la rendant indéniablement pertinente », estiment les « sages », qui relèvent que l’âge de la première grossesse ne cesse de reculer. Ils recommandent de fixer un âge au-delà duquel la ponction d’ovocytes ne pourrait plus être réalisée.

    Enfants intersexes. Le Conseil recommande que la mention du sexe à l’état civil puisse être retardée pour les enfants dont le sexe est indéterminé à la naissance. Les actes médicaux ayant pour objectif de « conformer l’apparence esthétique des organes génitaux aux représentations du masculin et du féminin », aujourd’hui réalisés sur de très jeunes enfants, ne devraient avoir lieu que lorsque l’intéressé est en âge d’y consentir.

    Fin de vie. Le Conseil d’Etat juge qu’il serait « peu raisonnable » et même « pas souhaitable » de modifier la loi Claeys-Leonetti promulguée en 2016, qui instaure, pour les personnes en fin de vie, un droit à « dormir avant de mourir pour ne pas souffrir », grâce à la délivrance, sous certaines conditions, d’une sédation profonde et continue jusqu’au décès. La loi actuelle permet de « répondre à l’essentiel des demandes sociales relatives à la fin de vie » émanant de personnes dont le pronostic vital est engagé à court terme, estime le Conseil d’Etat, qui fait tout de même valoir que les équipes soignantes rencontrent encore des « difficultés » à l’appliquer.

    La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a récemment assuré que la fin de vie ne serait pas abordée dans le cadre des révisions des lois de bioéthique, mais une partie des parlementaires de la majorité plaide pour qu’une loi autorisant une aide médicale à mourir soit votée avant la fin du quinquennat.

    #PMA #GPA #intersexes #euthanasie #filiation


  • Bébé vendu deux fois : qui est le père ? - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/bebe-vendu-deux-fois-qui-est-le-pere-28-06-2018-7797948.php

    Conçu avec le sperme d’un homme et né d’une mère porteuse qui l’a confié à un autre couple, un enfant de cinq ans est au cœur d’un combat judiciaire inédit.

    C’est un petit garçon aujourd’hui âgé de 5 ans, qui joue, va à l’école, fait ses premiers pas dans la vie… et se retrouve prisonnier d’enjeux qui le dépassent. Depuis sa naissance, en mars 2013, Paul* fait l’objet d’une âpre bataille judiciaire entre deux couples qui revendiquent être ses parents. A l’origine de ce bras de fer qui a déjà donné lieu à trois décisions de justice - la dernière datée du 31 mai va faire l’objet d’un pourvoi en cassation, une invraisemblable affaire d’escroquerie à la gestation pour autrui (GPA).

    Postée sur le forum d’un site grand public, l’annonce d’Aline* - alias « petite cigogne » - avait séduit Alexandre Lerch et son compagnon Anthony en 2012. Contre 15 000 €, cette « mère porteuse » (elle concevait en fait ces bébés avec ses propres ovocytes, contrairement à une véritable GPA), avait fait une insémination artisanale avec le sperme d’Alexandre. Mais elle avait subitement disparu juste avant l’accouchement, avant de fait croire que l’enfant était mort-né. Une arnaque que cette femme sans scrupule a déjà menée avec succès en 2010. Cette fois pourtant, le pot aux roses est découvert : Aline a en fait confié Paul à sa naissance, aux R., couple hétérosexuel recalé de l’adoption, contre la même somme.

    Père biologique ou « père d’intention »

    L’escroquerie tourne alors au casse-tête juridique : Alexandre, test ADN à l’appui, est bien le géniteur de Paul. Sauf que M.R., lui, s’est empressé de reconnaître l’enfant en mairie, et figure donc comme son père sur l’acte de naissance. Une pratique interdite, tout comme la GPA, qui a valu à Aline en 2016 une condamnation à un an de prison avec sursis (et 2 000 € d’amende avec sursis pour chacun des couples).

    A l’issue de la procédure pénale, le tribunal civil s’est donc vu confier la délicate tâche de trancher entre le père biologique et le « père d’intention » de Paul, qui l’élève depuis sa naissance. En mars 2017, le tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) s’est prononcé en faveur d’Alexandre le père biologique… non sans avoir souligné, au préalable, « l’effet dévastateur des actes illicites de ceux qui se réclament aujourd’hui [du] bonheur [de Paul] et de son éducation ». « Cette décision, quelle qu’elle soit, peut-on lire encore, sera facteur de souffrance pour cet enfant, privé dans les deux cas d’une partie de son histoire personnelle ».

    Le jugement prévoit alors un transfert progressif de l’enfant vers le foyer d’Alexandre. Mais les R. font appel, la décision est suspendue. Et le 31 mai dernier, en opposition totale avec le tribunal de Dieppe, la cour d’appel leur donne raison : Paul restera finalement vivre chez eux et M.R. est reconnu comme son père légitime. « L’intérêt supérieur de l’enfant est, en l’espèce, qu’il reste vivre chez ceux qui l’ont élevé, abonde Me Nathalie Boudjerada, avocate des R. Ils se sont révélés, en contradiction avec l’expertise psychologique qui avait conduit à leur refus d’agrément pour l’adoption, d’excellents parents ».

    Reste, et non des moindres, la question du secret des origines de Paul : Alexandre va former un pourvoi en cassation, pour que, d’une manière ou d’une autre, son fils connaisse son existence. Une procédure qui pourrait prendre encore au moins un an…
    * Les prénoms ont été modifiés.

    http://www.leparisien.fr/faits-divers/bebe-vendu-deux-fois-quoi-qu-en-dise-la-justice-je-serai-toujours-son-per

    #GPA #paternité #justice #enfance #identité #escroquerie


  • La déclaration de Comilla
    Un manifeste féministe contre la PMA

    http://ubinig.org/index.php/campaigndetails/showAerticle/15/23/english

    Genetic and reproductive engineering are a product of the development of science which started off by viewing the whole world as a machine. Just as a machine can be broken down into it’s components, analysed and put back, living beings are seen as consisting of components which can be viewed in isolation. Aspects of nature which cannot be measured or quantified are seen as subjective and of no value and are therefore neglected. In there ignorance or disregard of the complex interrelationships in life, scientists collaborate with industry and big capital and believe they have finally acquired the power to create and reconstruct plants, animals, other forms of life and, possibly soon, even human beings.

    The Struggle Over New Reproductive Technology

    http://www.finrrage.org/wp-content/uploads/2016/03/FINRRAGE.pdf

    Ces deux textes sont traduits en français dans la revue L’Inventaire n°7, publiée aux éditions La Lenteur, disponible dans toutes les bonnes librairies.

    http://www.hobo-diffusion.com/catalogue/1788/l-inventaire

    #féminisme, #PMA, #GPA, #bio-économie, #critique_techno.


  • #PMA, #GPA : « Il faut renouveler la réflexion sur la #filiation »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030418/pma-gpa-il-faut-renouveler-la-reflexion-sur-la-filiation

    Depuis fin janvier, les états généraux de la bioéthique se penchent sur l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et de femmes seules. C’est l’occasion, selon la sociologue Martine Gross et la juriste Laurence Brunet, de repenser le lien de filiation qui reste souvent confondu en #France avec le lien génétique.


  • Le centre LGBT de Nantes privé d’une subvention par la justice - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/02/15/le-centre-lgbt-de-nantes-prive-d-une-subvention-par-la-justice_1629979

    Incompréhension, consternation et inquiétude : voilà, en trois mots, le sentiment des militants LGBT+ nantais depuis l’annulation début février d’une subvention municipale au Centre Lesbien, gay, bi et trans local par le tribunal administratif de Nantes. Sonné par cette décision « politique », le monde associatif LGBT a appelé, en réaction, à un rassemblement de soutien dans le centre de la métropole bretonne jeudi soir derrière le slogan #touchepasamoncentre, histoire de « ne pas laisser le débat aux mains des réactionnaires ».

    « Cette décision partisane pourrait créer un précédent dangereux pour le tissu associatif LGBT, s’alarme à ce sujet Trisha Gressus-Nallapane, responsable de l’antenne Atlantique de l’Association des parents gays et lesbiens (APGL), jointe par téléphone. C’est pour ça qu’on est mobilisé, d’autant qu’on ne s’attendait pas à ce jugement : il faut qu’on montre qu’on ne se laisse pas faire. » « La mairie nous a assuré qu’elle ne nous mettrait pas dans le rouge, mais si à la longue ce jugement est validé, cela aurait des répercussions nationales », craint pour sa part Noé Parpet, président de Nosig, l’association gestionnaire du centre, surpris et amer. Et pour cause : la semaine passée, à Marseille, la branche locale de la Manif pour tous a également attaqué en justice une subvention de 100 000 euros accordée à la Lesbian & gay parade Marseille par la municipalité pour l’organisation de l’Europride à l’été 2013.

    Qu’est-il exactement reproché au Centre LGBT de Nantes et quels sont les arguments avancés par les juges administratifs pour prononcer l’annulation de l’aide financière ? En vertu d’une convention pluriannuelle, le conseil municipal de la ville de Nantes, à majorité socialiste, a adopté en février 2016 une délibération accordant une contribution financière d’un montant de 22 000 euros au Centre LGBT, qui se trouve par ailleurs régulièrement vandalisé. Cette subvention représente un cinquième du budget de l’organisation, principalement alloué à la location des locaux et au paiement des salariés. Mais elle n’a apparemment pas été du goût d’une contribuable nantaise – son identité n’est pas connue –, qui a décidé de la contester.

    Représentée par l’avocat Bernard Rineau, candidat malheureux du Parti chrétien-démocrate (PCD) lors des dernières législatives en Loire-Atlantique, cette mystérieuse plaignante a donc saisi le tribunal administratif en 2016 puis en 2017 au motif que cette aide ne répondait pas à « un intérêt public local suffisant » et que le Centre LGBT a apporté « son soutien à la gestation pour autrui, pratique illicite pénalement sanctionnée ». Elle s’est ici appuyée sur l’organisation le 27 novembre 2015 d’une réunion d’information sur la GPA dans les locaux du centre par l’APGL en présence d’un couple ayant eu recours à une mère porteuse. Un événement promu par le Centre LGBT à partir duquel les juges, ont donc considéré que « l’attribution de la subvention litigieuse par la ville de Nantes ne peut être regardée comme exempte de tout motif politique » et qu’elle est par conséquent « entachée d’irrégularité ». La région Pays de Loire avait utilisé le même argument l’an passé pour sucrer une subvention à l’association pour l’organisation d’un festival de cinéma.
    « Instrumentalisation politicienne du prétoire »

    Y a-t-il un risque de faire jurisprudence ? « La motivation de la plaignante est plus que contestable, ce jugement a donc vocation à être infirmé par la cour d’appel », estime l’avocate et militante lesbienne Caroline Mecary, contactée par Libération, qui voit dans l’argumentation des juges « une lecture erronée de ce que fait le Centre LGBT, lieu de débat le plus large possible d’idées. Et puis, le tribunal administratif n’a pas à se faire juge des choix politiques d’une majorité élue ». L’avocate dénonce par ailleurs « une instrumentalisation politicienne du prétoire » croissante par les mouvements néoréactionnaires depuis plusieurs années.

    Un constat similaire à celui de la maire de Nantes Johanna Rolland, qui a depuis fait appel du jugement et fait revoter une subvention à l’association lesbienne, gay, bi et trans bretonne. « Ce qui est en jeu, et c’est extrêmement sérieux, c’est la liberté d’expression et d’association. Il y a dans le pays des tentatives de retour en arrière de la part d’une France conservatrice », soutient à ce sujet l’édile socialiste, jointe par Libération. Et ce, en plein états généraux de la bioéthique lancés par le gouvernement à la mi-janvier pour discuter entre autres de l’ouverture de la Procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes ou du sort réservé à la Gestation pour autrui (GPA), pour l’instant interdite en France.

    #PMA #GPA #homophobie #Manif_pour_tous #sens_commun #enMarcheVersAF


  • GPA : « Non au marché de la personne humaine »
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/01/19/gpa-non-au-marche-de-la-personne-humaine_5243840_3232.html

    Tribune. En un temps où l’on s’insurge contre les violences faites aux femmes, où l’on traque les stéréotypes de genre et où l’on revendique l’égalité des sexes, il serait opportun que l’usage commercial de leur corps dans l’industrie procréative mobilise davantage l’opinion publique et les médias.

    Au lieu de cela, on observe une étrange complaisance à l’égard de ce que l’on nomme abusivement une « technique », alors que la maternité de substitution est une « pratique sociale » qui consiste à louer la vie d’une femme, jour et nuit, pendant neuf mois.

    Pour lui donner un aspect altruiste, on appelle gestation pour autrui (GPA) la convention par laquelle une femme s’engage à devenir enceinte (par insémination artificielle ou transfert d’embryon) et à accoucher d’un enfant qu’elle remettra dès sa naissance, et moyennant paiement, à ses « parents contractuels ». Personne ne peut ignorer que cette pratique fait partie d’un marché procréatif mondialisé en pleine expansion, qui inclut, comme en Californie, la vente du sperme et des ovocytes. Là où il existe, ce marché constitue une forme nouvelle d’appropriation du corps féminin.

    Lire aussi : « On ne peut plus ignorer les enfants nés par GPA »

    L’enjeu des choix législatifs nationaux et internationaux en ce domaine est considérable, face à la pression de tous ceux qui trouvent un intérêt financier important dans cette affaire : cliniques, médecins, avocats, agences de « mères porteuses », auquel s’ajoute l’intérêt subjectif de ceux que les agences appellent sans vergogne les « clients » et qui désirent obtenir un enfant à tout prix.

    L’objet d’un tel commerce n’est pas seulement la grossesse et l’accouchement, c’est aussi l’enfant lui-même, dont la personne et la filiation maternelle sont cédées à ses commanditaires.
    On convient à l’avance du prix du « service »

    Dans son principe, une telle transaction commerciale (elle l’est toujours, même si l’on déguise le paiement en indemnité ou dédommagement) est contraire aux droits de la personne humaine et s’apparente à une forme de corruption. De corruption en effet, puisqu’elle attribue une valeur marchande et à l’enfant et à la vie organique de la mère de substitution. Car l’un et l’autre sont des personnes, sujets de droits, et il existe une différence, capitale en droit, entre les personnes et les biens. De plus, depuis l’abolition de l’esclavage, nul ne peut exercer sur une personne humaine les attributs du droit de propriété.

    C’est pourquoi, en matière d’adoption, la Convention de La Haye interdit tout arrangement programmant à l’avance l’abandon d’un enfant par sa mère de naissance et tout paiement de l’enfant par les parents adoptifs.

    Or c’est un tel arrangement préalable qui est en cause avec la maternité de substitution : on convient à l’avance du prix du « service » rendu par la mère et donc du prix de l’enfant à naître. Et celle qui accouche est bien la mère biologique, même lorsque l’enfant n’hérite pas de ses gènes, car un embryon n’a aucune chance de devenir un enfant sans un corps féminin qui lui assure son lent développement biologique. On ne fait pas un enfant seulement avec des gènes.
    « Depuis l’abolition de l’esclavage, nul ne peut exercer sur une personne humaine les attributs du droit de propriété »

    La GPA est ainsi une façon de falsifier la filiation maternelle de l’enfant en substituant une mère « intentionnelle » à sa mère de naissance. Certains demandent à la France de transcrire tels quels les actes d’état civil établis à l’étranger sur la base d’une GPA, sachant que cette transcription légitimerait la GPA et mettrait immédiatement en cause notre législation. Or, en dépit de mensonges réitérés sans relâche, ces enfants ont heureusement des papiers, par exemple des passeports américains, ou délivrés par d’autres pays, et si l’un de leurs parents est français ils obtiennent un certificat de nationalité. Dans son arrêt du 26 juin 2014, la Cour européenne des droits de l’homme elle-même a reconnu que la famille Mennesson vivait en France « dans des conditions globalement comparables à celles dans lesquelles vivent les autres familles ».

    Certains soulignent que des femmes « consentent », en connaissance de cause, à servir de mères porteuses, et donc qu’elles acceptent leur propre aliénation et leur propre marchandisation. Sans doute : mais l’inégalité économique entre la femme et ses clients explique assez ce genre de consentement. Et surtout, dans une société où il y a des lois protectrices des droits fondamentaux, il n’appartient pas aux individus de passer entre eux des contrats contraires à ces droits. C’est pourquoi, en France, nul ne peut consentir légalement à vendre un de ses reins, ni s’engager à devenir esclave.
    Résister au « marché total »

    Dans cette affaire, débattue dans notre pays depuis presque trente ans, il s’agit de comprendre que la demande d’enfant est déjà un effet de l’offre médicale, dès lors que la médecine, oubliant l’impératif de ne pas nuire, collabore avec les marchés du corps humain au nom de la liberté des contrats. Dans certains pays, des médecins ne voient pas non plus d’inconvénient à greffer sur leurs patients des reins achetés à des « donneurs » vivants, ou même extorqués par des trafiquants aux populations les plus déshéritées, comme les réfugiés.

    Le corps médical doit ainsi s’inquiéter de savoir s’il veut sacrifier son éthique à une idéologie ultralibérale qui tend à réduire la personne humaine à une ressource biologique disponible sur le marché. Dans le passé, ne l’oublions pas, des médecins éminents se sont compromis avec des idéologies encore plus redoutables : la bioéthique est née à partir des procès de Nuremberg.

    La responsabilité du législateur est ici immense, car le respect des droits de la personne humaine et de son corps est l’un des principaux critères susceptibles de définir une société civilisée.

    Les Etats doivent-ils renoncer à la protection des personnes en les abandonnant aux lois du marché ? L’enfant doit-il être conçu comme un produit dont le prix fluctue selon l’offre et la demande ?

    Il s’agit de savoir dans quelle société nous voulons vivre et d’avoir le courage de résister au « marché total », comme c’est encore le cas de la plupart des pays européens. L’honneur de notre pays serait, avec d’autres, de travailler à l’abolition universelle d’une pratique qui touche aujourd’hui, dans le monde, les femmes les plus vulnérables.

    Eliette Abécassis, écrivaine ; Sylviane Agacinski, philosophe ; Marie Balmary, psychanalyste ;
    Pilar Aguilar Carrasco, représentante du groupe espagnol No somos vasijas ; Marie-Jo Bonnet, historienne des femmes ; José Bové, député européen ; Lise Bouvet, philosophe, politiste et traductrice féministe ; Didier Cahen, écrivain ; Laure Caille, présidente de l’association Libres Mariannes ; Geneviève Couraud, présidente de l’association l’Assemblée des femmes ; Michèle Dayras, médecin, présidente de SOS Sexisme ; Maria De Koninck, professeure émerite à la faculté de médecine de l’Université Laval ; Anne Desauge, secrétaire générale d’Elus locaux contre l’enfance maltraitée (Elcem) ; Ana-Luana Stoicea-Deram, présidente du Collectif pour le respect de la personne ; Laurence Dumont, députée, initiatrice des Assises pour l’abolition universelle de la GPA ; Alice Ferney, écrivaine ; Eric Fiat, professeur de philosophie morale et d’éthique médicale, à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée ; René Frydman, gynécologue obstétricien ; Cristina Gramolini, présidente de l’association nationale Arcilesbica, Italie ; Florence Gruat, cadre hospitalière sup, docteure en éthique ; Diane Guilbault, présidente du groupe pour les droits des femmes du Québec ; Béatrice Joyeux-Prunel, historienne de l’art contemporain ; Frédérique Kuttenn, professeure émérite d’endocrinologie de la reproduction ; Catherine Labrusse-Riou, ­professeure de droit à l’université Paris-I ; Anne-Yvonne Le Dain, géologue, agronome, ancienne députée ; Manuel Maidenberg, pédiatre ; Christine Mame, présidente d’Elus locaux contre l’enfance maltraitée (Elcem) ; Francesca Marinaro, représentante de l’association italienne Se non ora quando - Libere ; Yaël Mellul, ancienne avocate, présidente de l’association Femme & libre ; Florence Montreynaud, historienne et féministe ; Françoise Morvan, présidente de la coordination française pour le lobby européen des femmes, membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ; Isabelle Moulins, présidente du Centre évolutif Lilith de Marseille ; Nicole Péry, ancienne secrétaire d’Etat aux droits des femmes et vice-présidente du Parlement européen ; Yvette Roudy, ancienne ministre des droits des femmes ; Dominique Schnapper, directrice d’études à l’EHESS, ancienne membre du Conseil constitutionnel ; Martine Segalen, ethnologue, professeure émérite des universités ; Didier Sicard, professeur émérite de médecine et ancien président du Comité consultatif national d’éthique ; Myriam Szejer, pédopsychiatre et psychanalyste, présidente de l’association La Cause des bébés ; Jacques Testart, biologiste de la procréation ; Henri Vacquin, sociologue ; Monette Vacquin, psychanalyste ; Jean-Louis Vildé, professeur émérite pour les maladies infectieuses ; Jean-Pierre Winter, psychanalyste.
    Associations et collectifs : Association nationale Arcilesbica, Italie ; Assemblée des femmes ; Collectif pour le respect de la personne (CoRP) ; CQFD Lesbiennes Féministes ; Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (Cadac) ; Elus locaux contre l’enfance maltraitée ; Femme & Libre ; groupe No somos vasijas ; Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) ; association Se non ora quando - Libere ! (Espagne) ; Libres Mariannes ; collectif Ressources prostitution ; SOS Sexisme

    #Reproduction #GPA #Féminisme


  • Etats généraux de la #bioéthique: «Un débat de citoyens, pas de spécialistes»
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190118/etats-generaux-de-la-bioethique-un-debat-de-citoyens-pas-de-specialistes

    Le Comité d’éthique a lancé jeudi des états généraux pour sonder la société française sur les questions soulevées par les avancées scientifiques, ainsi que sur des sujets de société : #médecine_prédictive, ouverture de la #PMA à toutes les femmes, suicide assisté, etc. Son président, Jean-François Delfraissy, veut en faire une expérience de « démocratie participative ».

    #France #CCNE #états_généraux_de_la_bioéthique #GPA


  • L’édito à charge de « Charlie Hebdo » contre la PMA et la GPA - 20 septembre 2017 - L’Obs
    http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170920.OBS4922/l-edito-a-charge-de-charlie-hebdo-contre-la-pma-et-la-gpa.html

    « L’exiger [la PMA, NDLR] pour tous au nom de la ’justice sociale’, comme le revendique Marlène Schiappa, est parfaitement absurde. Sauf à considérer qu’il y a bien un ’droit à l’enfant’ – ou plutôt à un droit à produire des enfants – et que l’on veut absolument, quel qu’en soit le prix, promouvoir une société où un gosse, c’est comme un Rolex, si on n’en a pas un à 40 ans, c’est qu’on a raté sa vie. Ne serait-il pas plus simple, et pour le coup, plus juste d’avoir enfin le courage politique de dire que ne pas avoir d’enfant(s) n’est pas une maladie grave ? »

    #charlie #manif_pour_tous #sexisme #homophobie #misogynie #PMA #GPA

    Le lectorat de Charlie Hebdo est aujourd’hui très à droite : https://www.actionfrancaise.net/2017/09/21/charlie-hebdo-contre-pma

    • Le fait de jouer sur la confusion entre PMA et GPA est du pur sabotage. Personne ne défend la GPA à part quelques gay prostitueurs misogynes, mais la PMA par contre est une réalité sociale pour de nombreuses femmes, hétéros et lesbiennes qui y ont recours largement via les pays limitrophes, ainsi que pour les nombreux enfants nés de cette manière. Le fait que politique et médias présentent toujours ces deux acronymes ensemble n’a pas d’autre but que de disqualifier la PMA. Ce confusionnisme sert à perpétrer la domination masculine sur les corps des femmes et sur leurs enfants. Les hommes refusent par tous les moyens de lâcher le moindre pouvoir, même sur le plan symbolique les hommes refusent tout changement (par exemple ils donnent encor leur patronyme alors que symboliquement c’est le nec plus ultra de la domination masculine).

      La PMA, procréation médicalement assisté est un accronyme trop flou qui inclu la GPA gestation pour autrui. Il faut parler en fait d’IAD (insémination par donneur anonyme) ou de FIV (fécondation in vitro) qui sont les techniques que réclament les femmes et pas les hommes. La GPA est une forme de prostitution de la gestation qui ne doit pas être confondue avec l’IAD et la FIV.
      Arrêtons ce confusionnisme entre PMA et GPA qui ne sert que les intérêts masculins (des réactionnaires de droite et de gauche aussi bien que les gay prostitueurs qui exigent l’accès aux uterus de femmes pauvres). Il est temps que les gens qui entretiennent ce flou soient disqualifiés. Et si le gouvernement entretiens ce flou c’est en tout connaissance de cause pour pourrir le débat et occupé les gens dans des querelles sans fin et faire passer leur programme de casse sociale pendant la diversion.


  • Je découvre la fantastique campagne de pub de l’amical des curée pedovioleurs et du collectif papa dans maman pour tous.

    Une campagne qui met l’homme à sa place de premier plan. Avec son gros point d’interrogation entre les jambes. Ici l’homme de sens commun se demande si les poissons ont besoin de bicyclette.

    L’homme de sens commun, ce bonehead qui se tiens au centre du monde, n’est pas un distributeur de spem. Comme le dit le cantique « Every sperm is sacred ». L’homme de sens commun ne donne pas son sperm, véritable jus de dieu, il se le garde pour lui tout seul. Par contre l’homme de sens commun veut bien distribuer des pains comme en témoigne sa posture martiale. Vincent, ton sperm de facho personne n’en veux. Rend nous service et va te faire vasectomiser.



    L’homme de sens commun, ne cultive que des légumes bio. Il labour la terre à grand coup de reins et met sa petite graine dans un choux et faute de mieux parfois une rose.
    L’homme de sens commun, est aussi un peu catholique ce qui le prédispose au cannibalisme comme en témoigne cette affiche pour l’antropophagisme bio.

    Enfin l’homme de sens commun, aime torturé les veufs et les orphelins de 8 ans qui lirons cette affiche. Son problème avec la GPA c’est pas que les utérus de femmes soient vendus à des riches car la GPA concerne aussi des couples hétéros stériles, mais ca l’homme de sens commun ca le dérrange pas. Le problème de l’homme de sens commun, c’est que des bicyclettes n’aient pas de poisson pour nettoyer leurs sanitaires. Sans morue de service, on se demande bien par quelle magie ce petit Clément de 8 ans à pu s’habiller et faire son cartable !!!

    #sens_commun #manif_pour_tous #domination_masculine #homophobie #misogynie #sexisme #pma #gpa #religion


  • #GPA : la cour de cassation autorise l’adoption par le deuxième parent
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050717/gpa-la-cour-de-cassation-autorise-l-adoption-par-le-deuxieme-parent

    Dans plusieurs arrêts rendus ce 5 juillet, la cour de cassation autorise l’adoption d’un enfant né d’une mère porteuse par le conjoint de son père dit biologique, mais refuse la transcription pure et simple d’actes de naissance étrangers mentionnant les deux parents français. Au motif que la mère juridique ne peut être que celle qui accouche.

    #France #égalité #familles_homoparentales #mère_porteuses



  • #PMA : aux sources du débat français
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/020717/pma-aux-sources-du-debat-francais

    Après l’avis du Comité d’éthique sur la PMA et la #GPA, le débat sur l’homoparentalité et, plus généralement, sur la filiation n’a pas tardé à resurgir. L’historienne américaine Camille Robcis décortique dans un livre passionnant les spécificités du débat français sur la question. Un débat où se mêlent tradition familialiste issue du catholicisme et universalisme républicain, mais aussi #structuralisme et psychanalyse. Entretien.

    #Culture-Idées #homoparentalité #psycanalyse


  • Sisyphe - Une #éthique féministe pour penser la #maternité de substitution
    http://sisyphe.org/spip.php?article5374

    La maternité de substitution, dite « gestation pour autrui » (#GPA), existe depuis plus de trente ans. Depuis une décennie, en prenant de l’ampleur, elle s’est mondialisée et rapporte chaque année plusieurs milliards d’euros à l’#industrie de la #reproduction humaine. Parler des risques encourus par les mères porteuses pour leur #santé, pour leur vie, pour leur sécurité, n’est pas une priorité médiatique (l’#xploitation, l’abus que beaucoup d’entre elles subissent ne sont pas vendeurs). En revanche, évoquer les enfants nés de mères porteuses, les présenter comme des victimes, devrait en interdire toute critique, et susciter la compassion.

    Peut-on accepter d’oublier les femmes ? De les rendre invisibles, pour le profit d’une industrie mondialisée qui gagne d’autant plus que les femmes sont réduites à des corps en miettes ?

    Pour comprendre la « GPA », il faut commencer par celles qui mettent au monde les enfants. Le #féminisme offre une perspective très éclairante pour cela.

    En tant qu’humanisme, le féminisme nourrit l’analyse de pratiques sociales impliquant les personnes en tant que femmes ou hommes. Les #inégalités entre les femmes et les hommes sont présentes dans toutes les sociétés. Malgré les stratégies et les dispositifs mobilisés pour les combattre, de nombreuses pratiques sociales sont bâties sur ces inégalités, qu’elles prolongent ou intensifient.

    La « GPA » est une pratique sociale dont le développement est rendu possible par l’accroissement des inégalités en défaveur des femmes. Dans les pays où la pratique est légale, les mères porteuses sont (à de très rares exceptions près) dans des situations économiques et sociales inférieures à celles des personnes commanditaires. Dans les démarches internationales, la différence de revenus et de statut est flagrante, quel que soit le pays où se trouvent les mères porteuses. Le recours à des femmes migrantes comme mères porteuses augmente (y compris en France) – profitant de la vulnérabilité des femmes.

    Une approche éthique féministe permettrait d’analyser cette pratique, pour en saisir la signification et les enjeux, non seulement pour les mères porteuses, mais pour toutes les femmes ainsi que pour les relations entre les femmes et les hommes.


  • La #gestation_pour_autrui en #Inde - #Population_et_Sociétés - #Ined
    https://www.ined.fr/fr/publications/population-et-societes/gpa-inde

    Si la gestion pour autrui ou #GPA est interdite en France, elle est possible dans d’autres pays comme l’Inde. À partir d’une enquête menée auprès de femmes indiennes gestatrices, de futurs parents indiens ou étrangers recourant à la GPA, et de médecins, avocats et responsables de cliniques indiennes, Virginie Rozée, Sayeed Unisa et Elise de La Rochebrochard nous décrivent l’organisation de la GPA en Inde et les attentes et motivations des différents protagonistes.

    Le PDF : https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/25755/537.population.societies.2016.gpa.inde.fr.pdf

    • Un #contrat tripartite est ensuite signé entre l’agence ou la clinique, les parents, et la gestatrice. Ce contrat fixe les conditions du travail et les montants. Des primes sont versées aux gestatrices en cas de grossesse multiple ou de césarienne qui comporte plus de risques pour la femme que l’accouchement par voie basse. Les parents ont la possibilité d’ajouter des clauses spécifiques, par exemple sur la nourriture ou la musique à écouter pendant la grossesse. À l’opposé, les gestatrices n’amendent pas ce contrat qui est par ailleurs rédigé en anglais, si bien qu’elles ne sont pas toujours en mesure de le lire elles-mêmes, le contenu du contrat leur étant généralement exposé par les professionnels de l’agence ou de la clinique.


  • Secrets et mensonges de la #GPA « altruiste »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/10/10/31003-20161010ARTFIG00146-secrets-et-mensonges-de-la-gpa-altruiste.php


    La question que l’on ne pose jamais, c’est quelles sont les #conséquences concrètes d’une #grossesse sur le corps d’une #femme. Si une grossesse n’est pas un maladie, ce n’est pas du tout une opération neutre pour l’organisme et c’est potentiellement dangereux.

    C’est celle où la mère porteuse n’agit que par amour des enfants et des commanditaires. Elle « adore être #enceinte », elle est désespérée face au malheur des couples infertiles. Mue « par l’altruisme », elle suit un traitement hormonal lourd, est inséminée, devient enceinte, accouche, puis donne le bébé qu’elle a mis au monde à la, au ou aux commanditaires, dont elle est le plus souvent une « proche » - sœur, fille, mère, femme de ménage ou encore amie intime.
    Ce tableau peut impressionner par le don de soi et le « sacrifice admirable » de ces femmes. Il est utilisé largement afin de tenter de convaincre ceux qui ressentent du dégoût à l’idée qu’on puisse délibérément séparer un nourrisson de sa mère de naissance.


  • Gestation pour autrui à l’étranger : la #France une nouvelle fois condamnée
    https://www.mediapart.fr/journal/france/210716/gestation-pour-autrui-l-etranger-la-france-une-nouvelle-fois-condamnee

    Comme en 2014, la Cour européenne des droits de l’homme vient de condamner la France pour avoir refusé de transcrire à l’état civil les actes de naissance de trois enfants nés en Inde de pères français et de « mères porteuses ».

    #CEDH #Cour_de_justice_de_l'Union_européenne #droit_des_homosexuels #GPA #LGBT #société




  • Abolition universelle de la #GPA | GLOBAL magazine
    http://www.globalmagazine.info/meli-melo/2016/02/03/abolition-universelle-de-la-gpa-1454453689

    La base du #commerce, c’est de ne jamais s’inte­rroger sur l’outil de #production et de se concen­trer sur le débouché du #produit, son #marché. Or, dans ce cas précis, l’outil de production et le produit sont des êtres vi­vants. Ce n’est pas déplacé de so­ulever le problème d’#éthique que cela pose. Il est même pertinent de so­uligner que la quasi to­talité des mères po­rte­uses actue­lles sont pauvres et sont en majorité des habi­tants de pays du sud … alors que la de­mande vient de personnes des pays du nord, suffisamment nanties pour s’offrir ce qu’elles no­mment donc un « se­rvice » (c’est plus diffi­cile d’assumer l’achat d’un nourri­sson). A la tri­bune de ces assises, Sheela Saravanan (cher­cheuse à l’unive­rsité d’Heide­lberg) a so­utenu, avec des exe­mples précis, la systémati­sation de la production d’#enfants, avec une organisation en #filière allant du réseau de mères po­rte­uses liées à une clinique indienne à l’offre « all in­clusive » pro­posée aux « parents d’intention » en Amérique du Nord. Cette délo­calisation de la production abaisse le prix de l’enfant de 200 000 do­llars aux Etats-Unis à 50 000 do­llars en Inde. Les « mères po­rte­uses » sont enrôlées avec des contrats te­rribles qui outre l’obligation de se conformer à une médi­cation hormonée, leurs di­ctent des normes de vie allant jusqu’à l’inte­rdi­ction de toute vie se­xue­lle. Les ri­squent inhérent à la #grossesse (mort prématurée du fœtus, avo­rte­ment, détéri­oration de la santé de la mère à cause de la gro­sse­sse ou de l’accouche­ment) ne sont pas pris en co­mpte. Tout comme la naissance d’un enfant handi­capé est considéré comme une rupture de #contrat, l’enfant res­tant à la charge de la mère po­rte­use. Quant à l’aide psy­cho­logique que de te­lles pratiques engendrent inévi­table­ment… elle est in­existante.

    #exploitation


  • La fabrication des humains
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=789

    Voici un essai de Denis Collin, « La fabrication des Humains », d’abord publié en septembre 2015, dans la revue Quel Sport ? n°28/29 ( 300 p., 20 €). On peut la commander dans toutes les bonnes librairies ou directement à :

    Quel Sport ? Le Verger. F- 07440 Alboussière (Courriel : fabien.ollier(at)wanadoo.fr)

    Dans ce numéro spécial consacré à « L’inconscient politique du corps », Quel sport ? publie nombre d’articles sur « l’illusion postmoderne du corps augmenté » : le transhumanisme, l’eugénisme technologique, la reproduction artificielle de l’humain, la réification et la marchandisation du corps, etc. Autant de pièces d’un même projet qui pourrait se formuler ainsi : la production consciente d’un surhomme-machine, le cyborg, par le techno-capitalisme – mais qu’on peut voir aussi comme celle d’ un sous-homme machine, incarcéré dans un monde-machine.

    Autant de sujets que nous traitons depuis des années à travers de multiples enquêtes. Mais Quel sport ?, réincarnation de la revue Quel corps ? auto-dissoute en 1997, les aborde dans ce recueil d’essais philosophiques et sociologiques, suivant d’autres méthodes et avec d’autres références que les nôtres. Certes, nous avons toujours refusé l’autorité de l’expertise et de la « contre-expertise », fussent-elles diplômées et militantes ; nous avons toujours soutenu que n’importe qui, n’importe quel animal politique, était assez compétent pour dire ce qu’on nous faisait – ce que nous faisaient les techno-cannibales du capitalisme contemporain. Et même qu’ il devait le dire par lui-même, pour avoir la moindre chance de s’en défendre. Mais nous lisons aussi – et avec gratitude – des livres comme Le corps-marché de Céline Lafontaine (Le Seuil, 2014), qui est bien davantage qu’un traité de sociologie, l’inventaire de notre débit en pièces détachées ; ou la volée d’essais de Quel Sport ? qui vérifient par leurs voies propres et de manière indépendante, toute l’horreur de la fusion entre l’idéologie postmoderne, l’emballement technologique et le capitalisme mondialisé.

    #Documents
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Fabrication_des_humains.pdf