• Abus sexuels : l’affaire Ribes secoue trois diocèses de Rhône-Alpes Eve Guyot
    https://www.la-croix.com/Religion/Abus-sexuels-laffaire-Ribes-secoue-trois-dioceses-Sud-Est-2022-01-19-12011

    Depuis le début de l’année, les témoignages accusant d’agressions sexuelles sur mineurs le père Louis Ribes, prêtre et artiste désormais décédé, se multiplient. Les victimes enjoignent aux trois diocèses concernés d’agir.


     
    Il est un peu plus de 20 heures, mardi 18 janvier, quand une soixantaine de personnes entrent timidement dans la salle d’œuvre de Grammond, petit village à l’est de la Loire. Elles se réunissent à l’appel de l’évêque du diocèse de Saint-Étienne, Mgr Sylvain Bataille, qui a pris connaissance récemment de faits d’agressions sexuelles commis sur ces lieux, il y a une trentaine d’années, par Louis Ribes, un prêtre originaire de la commune, décédé en 1994.

    Alors que cinq personnes se sont officiellement signalées comme victimes, l’objectif de la réunion est clair : informer, mais surtout libérer la parole. En l’espace d’une heure et demie, près d’une dizaine de personnes raconteront en avoir été victimes.

    « Prédateur », « manipulateur » et « orgueilleux »
    Ces témoignages difficiles, à travers leurs mots, mais aussi ceux de leurs parents ou de leurs proches, dressent le portrait d’un « prédateur », « manipulateur » et homme « orgueilleux », nourrissant une emprise très forte sur des familles entières, enfants comme parents. Le prêtre, qui a grandi dans la Loire, avant d’exercer son ministère dans les diocèses de #Lyon, puis de #Grenoble, était connu pour ses peintures, fresques, vitraux, dont une centaine serait exposée dans la région, où il était surnommé le « #Picasso des #églises ».

    À Grammond, où il revenait régulièrement, il faisait poser nus les enfants, filles et garçons, avant de leur imposer des attouchements sexuels. « Plusieurs dizaines de familles » pourraient être concernées, affirment Catherine et son frère Richard, qui, avant ce mardi soir, n’avaient jamais pris la parole. « Je n’attends qu’une chose : que tout éclate maintenant », s’exclame ce dernier.

    « Manque de confiance » en l’Église
    Le diocèse de Saint-Étienne, premier des trois à organiser ce type de rencontre, appelle les personnes concernées à se rapprocher de sa cellule d’accueil et d’écoute (1). « Elles seront ensuite dirigées vers l’instance spécialisée de l’Église de France (Inirr,qui devrait être opérationnelle mi-février, NDLR) », explique Jean-Louis Reymondier, diacre délégué à la protection des mineurs.

    Au-delà de la difficulté à mettre un mot sur ces abus, beaucoup font part de leur « manque de confiance » en l’Église dans le contexte actuel. Les trois diocèses ont publié le jeudi 13 janvier un communiqué reconnaissant avoir « acquis la certitude, en octobre dernier, de la véracité des faits » et lancé un appel à témoins commun.

    « Les victimes sont certainement très nombreuses »
    Le premier signalement dans le diocèse de Grenoble date pourtant de 2016. À Lyon, l’archevêque Olivier de Germay indique qu’il a été informé seulement à l’été 2021 d’une première victime. Les faits ont été confirmés grâce aux enquêteurs de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase).

    « Nous avons manqué de coordination, a-t-il reconnu lors d’une conférence de presse organisée mercredi 19 janvier. Certains prêtres qui l’ont connu tombent des nues, d’autres affirment qu’ils avaient des soupçons. Les victimes sont certainement très nombreuses. »

    Le témoignage de Luc, 57 ans, publié en octobre 2021 par l’hebdomadaire Marianne, a été le véritable élément déclencheur. « Arrêtons l’hypocrisie : il faut qu’ils se bougent !, s’exclame Sihem, son épouse. Nous avons besoin d’un dédommagement total pour des années de souffrance, de psychanalyse, d’instabilité psychologique et professionnelle… »

    Les œuvres « doivent toutes disparaître »
    Mgr Bataille explique avoir pris connaissance des faits le jeudi 6 janvier. « Nous avions eu vent de difficultés avec le père Ribes, mais nous ne savions rien de son lien avec notre diocèse », explique-t-il. Il se rendra, le surlendemain, à Grammond, pour rencontrer des victimes, mais aussi pour aborder la délicate question du devenir des œuvres.

    Certaines familles en possession de tableaux s’en sont rapidement débarrassées « bien que l’emprise soit parfois encore présente », affirme Sihem. Les diocèses sont en train de déposer les leurs : un à Saint-Étienne, dix-huit à Lyon.

    L’histoire est un peu plus complexe pour les fresques ou vitraux d’église, propriétés des communes. Comme à Grammond, dont la grande fresque fait apparaître un dessin suggestif. « Nous prendrons le temps de décider ensemble, mais la priorité sera donnée à la volonté des victimes », indique Mgr Bataille. Ce mardi soir, elles sont unanimes : « Elles doivent toutes disparaître. Et rapidement. »
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    Un agresseur prêtre et artiste
    1920. Louis Ribes naît dans le village de Grammond (Loire). Orphelin à 14 ans, il grandit à Caluire-et-Cuire (Rhône) et entre au séminaire d’Oullins, où il sera initié aux arts plastiques.

    1947. Il est ordonné prêtre et exerce son ministère dans les diocèses de Lyon, puis de Grenoble. Il acquiert une renommée d’artiste-peintre.

    Des années 1970 à 1990. Période de la majorité de ses agressions sexuelles, selon les témoignages.

    1994. Décès à Vienne (Isère).

    #prêtres #église_catholique #sexualité #perversions #peinture #pédophilie #culture_du_viol #viol #catholicisme #enfants #pédocriminalité #grand_homme #viols #religion #violences_sexuelles #france #pedocriminalité #impunité #violophilie #eglise

  • Assaisonnement dukkah
    https://www.cuisine-libre.org/assaisonnement-dukkah

    Faire griller les noisettes dans une poêle sèche sans les faire brûler. Faire griller le sésame sans le faire brûler. Faire griller les graines de #Tournesol, de coriandre, de #Cumin. Retirer du feu quand on sent le parfum des épices. Hacher grossièrement les noisettes au couteau. Piler au mortier le sésame, les graines de tournesol, de coriandre et de cumin, avec le sel et le poivre. Attention : concasser, ne pas écraser. Mélanger les graines et les noisettes avec le… Tournesol, Cumin, Coriandre (en graines), #Mélanges_d'épices, #Noisette_décortiquée, #Graines_de sésame, #Égypte / #Végétarien, #Sans viande, #Sans œuf, #Sans lactose, Végétalien (vegan), Sans (...)

    #Coriandre_en graines_ #Végétalien_vegan_ #Sans gluten

    • La forme de protestation a d’abord été une grève « prolétarienne » classique. Dans la nuit du 3 au 4 janvier, une #grève_sauvage a débuté dans les entreprises pétrolières de Tengiz. La grève s’est rapidement étendue aux régions voisines. Aujourd’hui, le mouvement de grève a deux principaux foyers : Janaozen et Aktaou.

      Aujourd’hui, les théoriciens du complot écrivent que les troubles au Kazakhstan ont été soigneusement préparés en Occident, en s’appuyant sur l’organisation et la #coordination minutieuses des #manifestants. Selon les mots de Kurmanov :

      Ce n’est pas un scénario à la Maïdan, bien que de nombreux analystes politiques essaient de le présenter ainsi. D’où est venue cette incroyable auto-organisation ? C’est l’expérience et la tradition des travailleurs. Des grèves secouent la région de Manguistaou depuis 2008, et le mouvement de grève a commencé dans les années 2000. Même en l’absence de toute contribution du Parti communiste ou d’autres groupes de gauche, il y avait des demandes constantes de nationalisation des compagnies pétrolières. Les travailleurs ont tout simplement vu de leurs propres yeux ce à quoi aboutissaient la privatisation et la prise de contrôle par les capitalistes étrangers. Au cours de ces premières manifestations, ils ont acquis une énorme expérience de lutte et de #solidarité. La vie dans le désert en elle-même a fait que les gens se sont serré les coudes. C’est dans ce contexte que la classe ouvrière et le reste de la population se sont réunis. Les manifestations des travailleurs de Janoazen et Aktaou ont ensuite donné le ton à d’autres régions du pays. Les yourtes et les tentes, que les manifestants ont commencé à monter sur les principales places des villes, n’ont pas du tout été extraites de l’expérience « Euromaïdan » : ils se tenaient dans la région du Manguistaou pendant les grèves locales de l’année dernière. La population elle-même a apporté de l’eau et de la nourriture aux manifestants.

      #industrie_pétrolière #rente #privatisation #insurrection_ouvrière (et pas #insurrectionalisme) #luttes #luttes_ouvrières #campements

      bon, l’article va être vu. il était signalé en seen de la mention d’un article de CrimethInc (mais pas de ►) https://seenthis.net/messages/943976#message944930

  • Compter, gérer, exploiter (avec Matthieu Amiech) - Floraisons
    https://floraisons.blog/compter-gerer-exploiter

    Compter, gérer, exploiter, ainsi va la mégamachine bureaucratique.

    Pourquoi résister à l’informatisation du monde ? Comment l’économie règne aujourd’hui sur nos vies ? Pourquoi les écologistes doivent critiquer radicalement la technologie et la société industrielle de masse ? Comment s’en défaire ?

    Ce sont les questions que nous sommes allés poser à Matthieu Amiech, une des plumes de Marcuse, le groupe qui a signé le livre La Liberté dans le coma en 2013. Il participe également aux éditions La lenteur et au groupe Écran total. On a déjà pu écouter Matthieu dans le podcast Contre le totalitarisme numérique.

    https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2021-9-16/98c6fec3-84b6-a59c-827e-ab727774fc1d.mp3

    #Matthieu_Amiech #interview #audio #podcast #floraisons #critique_techno #gestion #informatique #informatisation #internet #technocratie #anti-industriel #écologie #Groupe_Marcuse #Éditions_La_lenteur

  • Turns Out Schrödinger, the Father of Quantum Physics, Was a Pedophile
    https://futurism.com/schrodinger-pedophile

    A recent investigation that resurfaced damning evidence that famed physicist Erwin Schrödinger was a pedophile is continuing to make waves in the academic community.

    Schrödinger, widely cited as the father of quantum physics and perhaps best remembered for his 1935 thought experiment “Schrödinger’s Cat,” was widely revealed to be a pedophile by The Irish Times after the newspaper published a report detailing his record as a sexual predator and serial abuser.

    It’s a stomach-churning revelation about a researcher whose work revolutionized the study of the natural world and even led directly to today’s international research frenzy into quantum computing — and which shows, once again, that even the powerful and brilliant can be monsters.

    The Irish Times identified young girls who Schrödinger became infatuated with, including a 14-year-old girl whom the physicist groomed after he became her math tutor.

    Schrödinger, who died in 1961, later admitted to impregnating the girl when she was 17 and he was in his mid-forties. Horrifyingly, she then had a botched abortion that left her permanently sterile, according to the newspaper.

    Perhaps most diabolically, the physicist kept a record of his abuse in his diaries, even justifying his actions by claiming he had a right to the girls due to his genius.

    Walter Moore, author of the biography “Schrödinger, Life and Thought” published in 1989, said that the physicist’s attitudes towards women “was essentially that of a male supremacist.” Disgustingly, the biography seemed to downplay and even romanticize his abusive habits, and describes him as having a “Lolita complex.”

    Schrödinger also attempted a relationship with a different 12-year-old girl, disgustingly writing in his journal that she was “among the unrequited loves of his life.” However, he decided not to pursue her after a family member voiced their concerns that the physicist was a, you know, unrepentant abusive predator.

    In response, a petition has been launched to change the title of a lecture hall at Dublin’s Trinity University that’s named after him.

    “We can acknowledge the great mark Schrödinger has left on science through our study, and this petition does not wish to diminish the impact his lectures or ideas had on physics,” the petition says. “However, it seems in bad taste that a modern college such as Trinity… would honor this man with an entire building.”

    That’s true, of course. You can recognize the contributions someone has had in their field while also acknowledging that they were an absolute scumbag.

    But honoring them by naming a lecture hall — or a giant space telescope — is completely unnecessary.

  • « Insulte suprême et symbole de la fuite en avant autoritaro-absurde de Macron : Lallement interdit la manif de l’éducation nationale.
    C’est VRAIMENT grave.
    On se réveille quand ? »
    #Greve20Janvier #Blanquer20h #BlanquerDemission #MacronDestitution

    Visiblement le droit de manifester devient aussi interdit en Macronie.

    Le devoir de fermer sa gueule en revanche est obligatoire.

    Ce régime macroniste finit dans une apothéose de honte et de mépris.

    Alors que, interdit pour sa violence, Génération identitaire a pu défiler avec l’assentiment de Didier Lallement.
    La préfecture a même confirmé vendredi à StreetPress avoir connaissance de ce rassemblement organisé par « un satellite de l’ex-Génération identitaire ».
    https://www.streetpress.com/sujet/1642434960-groupuscule-interdit-generation-identitaire-zouaves-paris-de

    Génération identitaire, groupuscule violent dissous, a pu défiler ce samedi dans Paris. La manif, déclarée en préfecture au préalable, n’a pas été interdite. Et ce qui devait arriver arriva : des militants ont tabassé un passant. Reportage.

  • Surtout, surtout, que les lycéens ne sortent pas (mel reçu)

    Le samedi 18 janvier 2020 devaient avoir lieu les premières épreuves du nouveau baccalauréat de Blanquer au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand.

    Un rassemblement devant le lycée avait été organisé et avait réuni plus de 200 personnes.

    Il n’y a eu aucun passage en force, aucun franchissement de grilles ou de portails fermés, aucune dégradation et aucun·e élève n’a été empêché·e de se rendre aux épreuves.

    C’est la proviseure de l’établissement elle-même qui a annoncé l’annulation des épreuves avec le mégaphone de la manifestation.

    Les manifestant·e·s sont alors parti·e·s dans le plus grand calme.

    Pourtant, fait exceptionnel, dès le lendemain, le ministre Jean-Michel Blanquer annonçait qu’il engageait des poursuites.

    Quelques jours plus tard, six représentant·e·s du Snes-FSU, de la CGT Educ’action, de SUD éducation et DE l’UNEF étaient convoqué·e·s au commissariat de police pour être condamné·e·s par ordonnance pénale, sans comparution ni débats contradictoires, à une amende avec inscription au casier judiciaire B2.

    Aujourd’hui, Anna et Paco de l’UNEF, Didier Pagès de SUD éducation et Frédéric Campguilhem de la CGT éduc’action ayant fait opposition à leur condamnation sont appelé·e·s à comparaître devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand le mardi 1er février 2022 à 13H45.

    RASSEMBLEMENT UNITAIRE
    TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CLERMONT-FD
    Mardi 1er Février à 13H

    Cordialement,

    Justice et Vérité pour Wissam

    Justice et Vérité pour Tous

    Les profs sont les plus soumis des soumis, et, en conséquence, les plus méprisés des méprisés. Mais, on le vérifiera sans doute, il se peut que certains fassent exception.

    apaiser : https://seenthis.net/messages/944095

    quelle belle éducation : https://seenthis.net/messages/943720#message943724

    aperçus sur la #grève_contre_le_virus et le #protocole_tous_infectés https://seenthis.net/messages/942671

    #toctoc #école #lycéens #repression #police #justice #grève

  • Les soulèvements de la mer
    https://lundi.am/Les-soulevements-de-la-mer

    Les lectrices et lecteurs de lundimatin connaissent déjà la campagne des soulèvements de la terre et ses actions que nous couvrons régulièrement. Voici maintenant les soulèvements de la mer dont l’acte inaugural se tiendra à #Brest du 4 au 6 février prochain. Nous en publions ici la présentation et le programme.


    https://soulevementsdelamer.noblogs.org/programme

    Comme chacun.e sait, les écosystèmes terrestres comme marins n’en finissent pas de s’effondrer.
    La pêche industrielle ravage les petites pêcheries et les vies autour d’elle, tandis que le tourisme, lui, devient vert et que la prospection gazière se flatte de respecter l’environnement. Les responsables de cette catastrophe ont un nouveau projet d’avenir pour nos océans : protéger, explorer, exploiter.
    Et c‘est à Brest, aux Capucins entre le 9 et le 11 février, que toutes ces bonnes âmes ont prévu de se retrouver.

    #greenwashing

  • Sick with Covid-19, Hong Kong students in UK learn that ‘living with the virus’ means nobody cares, rules don’t matter | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/news/hong-kong/health-environment/article/3163537/sick-covid-19-hong-kong-students-uk-learn-living

    Sick with Covid-19, Hong Kong students in UK learn that ‘living with the virus’ means nobody cares, rules don’t matter
    Hong Kong student Kok Suen-tung was in a holiday state of mind when she felt unwell, tested herself and found out she had Covid-19 last month.
    The final-year social policy student at the University of Bristol cancelled plans to visit friends in London and spent 10 days alone in her flat in the southwestern English city.Although the National Health Service (NHS) had a Volunteer Responders scheme with helpers to check in on isolated individuals and pick up groceries for those in need, Kok gave up trying to get through after multiple attempts.She received messages from the NHS every couple of days reminding her to avoid going out and meeting people, but it was practically impossible to avoid physical contact with others, as delivery drivers refused to leave her food at the door as requested.“They were probably concerned that the food would be stolen, so they made sure to hand it to me directly, even after I’d told them I had the virus,” she said.
    Three Hong Kong students interviewed by the Post said they were shocked by the absence of contact tracing, the loose enforcement of isolation rules and how those who tested positive for the coronavirus were left on their own to stay home, without checks or medicine from the health authorities.
    The UK broke its single-day record earlier this month with more than 200,000 cases and recorded nearly 100,000 infections on Friday, but its strategy of “living with the virus” seeks to avoid curbs on social activities, although masks and vaccination records are required in some venues. According to the NHS, a person with Covid-19 must self-isolate at home for 10 days, starting from the day symptoms first emerged or they tested positive. The isolation period can be cut to seven days if they test negative on days six and seven.Current rules also require those in contact with a Covid-19 patient to self-isolate for 10 days, but those fully vaccinated or unable to be vaccinated for medical reasons are exempted.In many ways, the UK approach to dealing with the pandemic is the polar opposite of Hong Kong’s strict zero-Covid strategy.When he had cold symptoms last November, Wong went to a walk-in test centre near where he lived. He found that he had Covid-19 and had to self-isolate.“I had support from my friends, but support from the government was virtually non-existent – it was like they’d given up,” he said.At his private accommodation in Durham, the staff did not wear masks and residents were left in the dark about Covid-19 cases in the building.The students said they wished the UK did more for those who fell ill.
    Marco Sik Fong-ching, 23, an occupational therapy student at the University of Liverpool, found out he had Covid-19 last October and remained in his flat for 10 days.“It would’ve helped emotionally to know how and where I caught the virus – it would also be helpful to all in terms of curbing the spread,” he said. “The UK’s self-isolation policy is quite meaningless, as people with Covid-19 do leave home to get food.”NHS staff gave him no medication and advised him to take painkillers if he felt unwell.
    Theresa Awolesi, 28, a medical student from London working at a hospital in Bristol, said: “The NHS has been underfunded for years, and staffing is a key issue. Not only is the turnover rate high, many of the staff are ill with Covid.”An average of around 45,000 health care staff were absent daily in the first week of 2022 for Covid-related reasons, according to official data.
    Hong Kong migrants to UK struggle to adapt, many willing to accept lower pay and job changes“The government seems to think we are just going to push through and somehow come out on the other side,” she added.
    Professor David Hui Shu-cheong of Chinese University, a member of the Hong Kong government’s pandemic advisory panel, said the situation in the UK reflected its decision to live with the virus.“Cases are only traced under a zero-Covid strategy, to identify and quarantine the patients’ close contacts. But when a place has decided to live with the virus, they won’t do that,” he said.Little was likely to change even with a surge of infections.“There’s nothing the patient can do, except to inform hospitals when they experience a shortness of breath, which could mean they have pneumonia,” he said.The three Hong Kong students who fell ill told the Post they recovered and were looking forward to returning home over the summer.
    In Bristol, Kok said: “The virus is practically unavoidable here. The community has put in minimal effort to curb another outbreak, because it has been normalised – I don’t think they care.“I can go outside now and I will not see a single person wearing a mask.”

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#hongkong#sante#etudiant#zercocovid#NHS#tracking#cascontact#quarantaine#vivreavecvirus

  • #Personne_ici_ne_sait_qui_je_suis

    Mille accents s’entremêlent dans les cours de français donnés dans ce centre social de quartier.
    Demandeurs d’asile, salariés, réfugiés, femmes et hommes des quatre coins du monde, lettrés ou jamais scolarisés, jeunes et personnes âgées, tous viennent apprendre une langue et tromper la solitude de l’étranger en France.
    Ce livre leur donne la parole.

    http://www.lemondealenvers.lautre.net/livres/personne_ici.html

    #BD #livre #bande_dessinée #Coline_Picaud

    #ateliers_socio-linguistiques #FLE #migrerrance #solidarité #attente #santé_mentale #migrations #étrangers #réfugiés #migrations #Grenoble #langue #apprentissage #parcours_migratoires #itinéraires_migratoires

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    Les autres BD de Coline Picaud signalées sur seenthis :
    https://seenthis.net/tag/coline_picaud

  • L’#Odyssée_d'Hakim T01

    L’histoire vraie d’Hakim, un jeune Syrien qui a dû fuir son pays pour devenir « réfugié » . Un témoignage puissant, touchant, sur ce que c’est d’être humain dans un monde qui oublie parfois de l’être.L’histoire vraie d’un homme qui a dû tout quitter : sa famille, ses amis, sa propre entreprise... parce que la guerre éclatait, parce qu’on l’avait torturé, parce que le pays voisin semblait pouvoir lui offrir un avenir et la sécurité. Un récit du réel, entre espoir et violence, qui raconte comment la guerre vous force à abandonner votre terre, ceux que vous aimez et fait de vous un réfugié.Une série lauréate du Prix Franceinfo de la Bande Dessinée d’Actualité et de Reportage.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-l-odyssee-d-hakim/album-l-odyssee-d-hakim-t01

    Tome 2 :


    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-l-odyssee-d-hakim/album-l-odyssee-d-hakim-t02

    Tome 3 :


    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-l-odyssee-d-hakim/album-odyssee-d-hakim-t03-de-la-macedoine-la-france

    #BD #bande_dessinée #livre

    #réfugiés #réfugiés_syriens #asile #migrations #parcours_migratoires #itinéraire_migratoire #Syrie #histoire #guerre_civile #printemps_arabe #manifestation #Damas #Bachal_al-Assad #violence #dictature #contestation #révolution #répression #pénurie #arrestations_arbitraires #prison #torture #chabihas #milices #déplacés_internes #IDPs #Liban #Beyrouth #Amman #Jordanie #Turquie #Antalya #déclassement #déclassement_social #Balkans #route_des_Balkans #Grèce

  • Petite rétrospective sur les grèves de 2003 : quand les enseignant·es ont conscience d’être une force politique (n’en déplaise à leurs centrales syndicales).

    https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ves_de_2003_en_France

    Encore dix ans auparavant, les salariés du privé comme du public pouvaient prendre leur retraite à taux plein dès 37,5 années de cotisation. En 1993, la réforme Balaldur avait attaqué séparément le privé, allongeant à 40 annuités, malheureusement sans combat. En 1995, le plan Juppé voulait aligner les fonctionnaires sur le recul imposé au privé, ce qui a été mis en échec par un massif mouvement de grève.

    Raffarin (premier ministre) et Fillon (ministre des affaires sociales) annoncent l’alignement des fonctionnaires sur le régime du privé, utilisant démagogiquement l’écart qui s’est creusé (à cause d’un autre gouvernement capitaliste !) pour diviser les travailleurs. Et cela alors même que cette nouvelle réforme Fillon contenait également une mesure attaquant l’ensemble des salariés : la hausse progressive de la durée de cotisation, à 41 ans en 2012 et 42 en 2020, pour tout le monde.

    Des appareils syndicaux conciliants

    Les principales confédérations acceptent alors de jouer, bien plus qu’en 1995, le jeu du « dialogue social » et la recherche du « diagnostic partagé ». Même FO et la CGT, qui en 1995 s’étaient considérées comme attaquées en tant qu’appareils syndicaux, au niveau de la gestion de la sécurité sociale, tiennent cette fois à paraître beaucoup moins offensives, dans la continuité de leur longue évolution (« à la CFDT ») vers le « syndicalisme de proposition et de négociation ».

    #éducation_nationale #grève #grève_générale #syndicats

  • Les chiffres du Covid s’envolent mais surtout « Don’t Look Up », Christian Lehmann ou Kouchner chez Taubira.
    https://www.liberation.fr/societe/sante/les-chiffres-du-covid-senvolent-mais-surtout-dont-look-up-20220114_7C52EL

    L’épidémie est hors de contrôle. Après nos tentatives d’aplanir la courbe, flatten the curve, lors de la première vague, nous voici réduits à ne plus la regarder : « Don’t look up ! » pour ne pas risquer une entorse cervicale. Deux années ont passé, et après les tentatives de réduire les contaminations, nous avons abdiqué pour un laisser-aller généralisé caché sous des protocoles abscons auxquels l’exécutif fait semblant de croire. Les chiffres quotidiens de contaminations n’ont jamais été aussi élevés, et l’exécutif fait le dos rond. Il fallait à tout prix garder l’école ouverte, louable souhait, mais la sécuriser, éviter la contamination des élèves, de leurs familles, des enseignants, aurait demandé une prise en compte de la réalité scientifique et des investissements qui auraient a posteriori constitué un désaveu pour le ministre de l’Education nationale après dix-huit mois de déni sur la non-contagiosité des enfants.https://seenthis.net/messages/943467

    Dans le reste de la société, le virus se répand, et nombre de politiques et de commentateurs s’accrochent à l’espoir d’une moindre gravité du variant omicron, même si sa contagiosité supérieure à celles des formes antérieures du Sars-Cov-2 entraîne des pertes de chance du fait de la saturation des services de santé. Ayant bien intégré que la stratégie choisie entraînerait des contaminations massives, Olivier Véran lui-même, dans une interview au Journal du dimanche juste avant la rentrée scolaire, voulait espérer que cette vague serait la dernière. Et ressort, une fois de plus, l’hypothèse d’une « immunité collective » une fois que, baissant les bras et abandonnant fragiles et immunodéprimés à leur sort, on aurait laissé le virus passer dans toute la population, heureusement en grande partie protégée des formes graves pour ceux qui sont correctement vaccinés.

    Fortement critiquée par le monde scientifique, cette idée de laisser courir le virus sans porter atteinte à l’économie mondiale a été lancée par la « déclaration de Great Barrington », initiée par un think-tank ultralibéral américain climatosceptique, et a constitué la base de la stratégie du gouvernement Trump.
    [Ration, 13/12/2021 : https://www.liberation.fr/checknews/que-sait-on-de-la-declaration-de-great-barrington-qui-recommande-de-limit l’une de ses initiatrices est professeure d’épidémiologie au département de... zoologie à Oxford, ndc ]
    En France, cette invitation à laisser filer la pandémie en ne protégeant que les plus vulnérables a été soutenue par Christèle Gras Le Guen, la présidente de la Société française de pédiatrie, par les docteurs Alice Desbiolles et Guillaume Barucq, récemment invités par Brigitte Macron à l’Elysée, et par Martin Blachier [Ration, 8/4/2021, https://justpaste.it/8q1js ], spécialiste en plateau télé qui affirmait début décembre que l’épidémie serait sur le déclin à Noël.

    Pensée magique

    Or cette idée d’immunité collective secondaire à la déferlante omicron est un parfait exemple de pensée magique. Jusqu’à présent, hélas, aucune vague de Covid n’a conféré une immunité parfaite face à un variant ultérieur, et nombre de personnes ayant contracté un Covid en 2020 ou jusqu’à cet été sont à nouveau ré-infectées actuellement, même si heureusement la vaccination complète conserve une efficacité importante contre les formes graves et réanimatoires.

    Oubliant un peu vite que le tsunami omicron est venu s’ajouter à la vague delta toujours active qui sature les réanimations, certains voudraient croire à la fin de l’épidémie, ayant intégré un autre parfait exemple de pensée magique, à savoir qu’au fil du temps un virus muterait et se recombinerait toujours pour au final devenir plus contagieux mais aussi moins dangereux, parce que la meilleure stratégie pour un virus est de ne pas tuer ses hôtes pour pouvoir se disséminer plus facilement, à la différence d’Ebola, si foudroyant qu’il n’arrive pas à s’étendre avant d’avoir tué tous ses porteurs. Mais ce parfait échantillon d’anthropomorphisme n’a aucune valeur scientifique. Un virus n’a aucune stratégie. Le matériel génétique d’un virus se propage et se recombine en permanence dans une population non-vaccinée, et de ce feu d’artifice de recombinaisons peuvent jaillir des formes plus ou moins contagieuses, plus ou moins dangereuses. Une forme plus contagieuse peut très bien prendre le dessus en ayant une mortalité élevée mais plus tardive.

    Face à ce danger, et même pour les plus égoïstes d’entre nous, il n’y a pas d’autre solution à long terme que de vacciner la planète, de mettre tous nos efforts dans une action concertée pour permettre aux pays pauvres d’accéder au vaccin, au lieu d’empiler les doses de rappel dans le seul but de diminuer transitoirement la contamination. Notre objectif ne devrait pas être de « sauver Noël », puis de « sauver les vacances d’hiver », ni la présidentielle, mais de protéger l’humanité.

    Lueur d’espoir

    Découvrant le 11 janvier dans Libération la tribune signée par un collectif de 1 200 scientifiques appelant à la mise en place d’un arsenal sanitaire pour lutter contre cette pandémie et les suivantes [ https://seenthis.net/messages/943663 ], j’ai eu l’impression qu’ont dans les romans postapocalyptiques les survivants qui soudain captent un message provenant d’une autre colonie : il existait donc encore un peu d’espoir en ce monde, et une vie intelligente loin des rodomontades nombrilistes sur les plateaux télé. La stratégie proposée tenait en quatre thèmes : campagnes de vaccination universelle à l’échelle mondiale, utilisation de masques FFP2 en intérieur, mise en place des normes de ventilation de l’air, recrutement d’arpenteurs sanitaires. Et sur la vaccination, ces scientifiques allaient plus loin que les habituelles demandes à suspendre les brevets. Car si cette décision est effectivement nécessaire, il importe aussi de transférer dans les pays pauvres les moyens techniques d’encapsulation des vaccins ARNm, afin que des centres de production régionaux puissent approvisionner massivement en vaccins de haute qualité.

    Dans le monde entier, un mouvement international d’universitaires et de chercheurs porte ces mêmes revendications. Vous en avez entendu parler ? Non. Mais vous savez tout des déboires familiaux de Didier Raoult, de la prise de bec entre Jean-Michel Blanquer et Olivier Véran, ou du coming out bigame d’Eric Zemmour.

    Bienvenue dans Don’t Look Up

    L’auteur de l’article persiste à accorder un soutien acritique à une politique gouvernementale qui aurait connu ses bons moments...

    après les tentatives de réduire les contaminations, nous avons abdiqué pour un laisser-aller généralisé

    C’est créditer le gouvernement du travail effectué par tous les acteurs de santé.

    À citer les ’"arpenteurs de santé", il aurait pu évoqué ce qu’est devenu COVISAN, un des micro modèle, reproductible, amendable qui aurait pu avec d’autres appuyer une politique en ce sens. Ces essais là ont été relégués aux oubliettes ou laissés au bon vouloir de quelques chefs de services ou d’autres soignants aptes à mettre en oeuvre de biens pauvres moyens. On a fait la santé à la télé et chez docotolib.
    Les discours de gauche, parfois bien tournés, s’évertuent à flouter les aspérités du réel. Abandon intellectuel et politique dont on fait les ministres.

    edit

    again
    24h Pujadas @24h #Pujadas, LCI, 17 janv.

    « Je me suis fait boycotté de certains médias, des experts ont demandé à des médias que je ne sois plus invité donc je n’ai plus été invité pendant au moins 1 mois et demi [dans certains média où j’allais quasi quotidiennement ; j’ai été critiqué par des enfermistes] » @MartinBlachier

    "on a fait tout ce travail, sans aux intérêt personnel" (M.B)

    #Great_Barrington_Declaration #Martin_Blachier #Covid-19

  • #Emmanuel_Macron, 13.01.2022

    « Au-delà des questions des moyens, nous avons une question structurelle et on ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où, pourtant, nous avons tant de précarité étudiante et une difficulté à financer un modèle qui est beaucoup plus financé sur l’argent public que partout dans le monde pour répondre à la compétition internationale. »

    https://twitter.com/caissesdegreve/status/1481963876451340290

    Quand est-ce qu’on l’arrête celui-là ?

    #macronisme #ESR #université #discours #facs #France #destruction #précarité_étudiante #financement #enseignement_supérieur #budget #compétition #compétition_internationale #néo-libéralisme #privatisation #Macron

    La casse de l’université continue...

    Voici ce que j’écrivais en 2020, lors des luttes contre la fameuse LPR :

    Si je lutte ici et maintenant c’est parce que je suis fermement convaincue que si on gagne en France la victoire contre une université néolibérale, on peut faire tache d’huile bien au-delà des frontières nationales. Et si, en France, on ne cède pas au chant des sirènes du néolibéralisme universitaire, je suis aussi fermement convaincue que le supposé « retard » décrié par certain·es aujourd’hui se transformera en avance. Car la grogne grandit aussi dans les autres pays européens, qui se battent pour ce qu’en France, nous sommes en train de perdre, mais nous n’avons heureusement pas encore complètement perdu

    http://www.riurba.review/2020/03/comprendre-le-neoliberalisme-universitaire-francais-a-partir-de-la-suisse

    • La privatisation de l’écoles et de l’université représente une montagne de fric, à côté de laquelle la privation de la Française Des Jeux et des autoroutes sont des cacahuètes apéritives.

      Restera la montagne d’or amassée par les caisses de retraite complémentaires, ce sera pour la quinquennat suivant.

    • Emmanuel Macron expose une #réforme « systémique » de l’université

      Le chef de l’État a estimé que le système actuel d’#études_supérieures était « révolu » et que les universités devaient s’ancrer dans une dimension plus « professionnalisante ».

      À trois mois de la présidentielle, Emmanuel Macron a souhaité jeudi 13 janvier une réforme « systémique » des universités, qu’il veut plus « professionnalisantes », tout en jugeant intenable un système d’études supérieures « sans aucun #prix » pour les étudiants mais avec un #taux_d'échec massif. « Je le reconnais sans ambages, nous avons commencé à colmater les brèches, mais nous devons redoubler d’effort pour que, à l’horizon de dix ans, notre université soit plus forte », a-t-il déclaré, en clôturant en visioconférence le Congrès de la Conférence des présidents d’universités.

      Le chef de l’État a d’abord remis en cause le double système #grandes_écoles - universités. « Nous avons trop longtemps accepté un modèle à plusieurs vitesses, où les grandes écoles et organismes de recherche étaient supposés s’occuper de la formation des #élites et l’université de la #démocratisation de l’enseignement supérieur et la gestion des #masses. Ce système est révolu », a-t-il lancé. « Demain ce seront nos universités qui doivent être les piliers de l’#excellence ».

      « Garantir l’orientation des jeunes vers l’emploi »

      Emmanuel Macron a aussi dénoncé l’« intolérable #gâchis » de l’#échec en première année, où « seuls 50% des étudiants se présentent aux examens », malgré l’injection de nouveaux moyens et la création de 84.000 places. Selon lui, il ne s’agit donc pas d’une question de #moyens. « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où pourtant nous avons tant de précarité étudiante, et une difficulté à financer un modèle beaucoup plus financé par l’argent public que partout dans le monde », a-t-il argué.

      « Je dis les choses avec la clarté et la franchise que vous me connaissez » car « si nous ne réglons pas ces problèmes structurels, nous nous mentirions à nous-mêmes », a-t-il poursuivi. Et d’enchaîner : « Nous avons besoin d’une #transformation_systémique de nos universités ». Celles-ci doivent, selon lui, avoir d’avantage d’#autonomie mais l’État devra passer avec elles « de véritables #contrats_d'objectifs_et_de_moyens ». Notamment « les universités ne doivent plus seulement garantir l’accueil des étudiants dans une formation mais garantir l’orientation des jeunes vers l’#emploi ».

      « L’université doit devenir plus efficacement professionnalisante », a encore souhaité le chef de l’État : « la logique de l’#offre doit prendre le pas sur la logique de la #demande », ou encore, « l’orientation doit évoluer pour mieux correspondre aux besoins de la #nation ». « Quand on ouvre des filières sans #perspective derrière, nous conduisons un #investissement_à_perte », a-t-il dit, après avoir rappelé les nouveaux moyens - 25 milliards d’euros sur 5 ans - de la loi de programmation de la recherche, « un rattrapage » à ses yeux. Manuel Tunon de Lara, président de la Conférence des présidents d’universités, rebaptisée France Universités, a lui réclamé une plus grande autonomie des établissements mais aussi un financement de l’enseignement supérieur « à la hauteur de nos ambitions ».

      https://www.lefigaro.fr/demain/education/emmanuel-macron-expose-une-reforme-systemique-de-l-universite-20220113

      #professionnalisation

    • Le discours a été tenu devant le congrès de la CPU désormais appelée @FranceUniv

      qui représente « un nouvel élan, qui rappelle le rôle de partenaire essentiel des pouvoir publics / force de proposition et de transformation pour l’ESR » d’après M. Macron.

      https://www.youtube.com/watch?v=SwsAPNPyFU4&t=32750s

      –-

      Analyse de Julien Gossa sur twitter :

      Le discours commence par des banalités : « concurrence pour les talents », « décloisonner pour favoriser les synergies », « Shanghai / Saclay »...

      Mais surtout « conjurer notre histoire » avec « le vent de face en raison de la démographie ».
      C’est important pour la suite.

      Le discours se centre sur « repenser totalement le lien entre Lycée et Université » et « la séparation entre les études supérieures et le monde du travail ».
      Il fustige une « aristocratie égalitariste » avec la dichotomie Grandes Ecoles (« exellence ») et Université (« masse »).

      #debunk Il s’agit d’un classique diviser pour regner/l’herbe est plus verte ailleurs.
      Cette opposition (stérile ?) GE/Univ est systématiquement instrumentalisée pour réformer, mais seulement les universités.

      « ce n’est pas qu’une question de moyens » (?)

      D’après M. Macron « ce système est révolu » car « il ne correspond pas à la compétition internationale et crée des segmentations inefficaces ». C’est « le sens de l’Histoire ».

      Il faut donc « une nouvelle politique d’investissement ».

      #Point 1 : l’« intolérable gâchis » en Licence

      « Nous avons injecté 1 Md€ en plus dans le premier cycle / créé 84000 places / et 28000 oui-si... formidable ! et pourtant seulement 50% des étudiants se présentent aux examens de premières année »

      #debunk "Des efforts n’ont pas conduit à des résultats, donc il faut réformer plus en profondeur" est discutable.

      Par exemple, il y a en réalité une hausse des taux de réussite, que le discours doit ignorer volontairement pour atteindre son objectif.

      https://etudiant.lefigaro.fr/article/a-l-universite-un-taux-de-reussite-des-licences-en-pleine-croissan

      De plus, ces résultats ne sont pas évaluables en période de pandémie, parce que tout le système est perturbé, et que tirer des conclusions de mesures qui ont trois ans n’est pas intègre.
      https://www.franceculture.fr/societe/covid-19-la-detresse-croissante-des-etudiants

      Enfin, l’effort est en réalité factice, puisque la dépense par étudiant baisse, essentiellement à l’Université.

      Tout au contraire, si on en croit les indicateurs, l’Université a donc plutôt obtenu des résultats, sans moyen, et dans un contexte difficile.

      https://www.alternatives-economiques.fr/rentree-coutera-t-plus-cher-cette-annee/00100263

      #Discussion L’échec en Licence lui-même est peut-être un problème factice, instrumentalisé pour atteindre des objectifs pratiquement sans rapport, mais qui a le mérite de faire écho à un soucis très concret qu’on rencontre sur le terrain.

      #Point 2 : le financement public et la gratuité des études universitaires.

      Cela conduirait a un enseignement qui n’a « aucun prix » à cause d’« un modèle beaucoup plus financé par l’argent public que partout dans le monde »

      #Debunk Au delà du marqueur idéologique « ce qui n’a pas de prix n’a aucune valeur », l’affirmation sur le financement public de l’ESR en France est tout simplement fausse : nous sommes dans la moyenne, et en dessous des pays que nous admirons.

      https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T165/la_depense_pour_l_enseignement_superieur_dans_les_pays_de_l_ocde

      Plus intéressant encore, si on prend le cas extrême de la Grande Bretagne (GB).

      D’abord l’évidence : moins de financement public, c’est plus de financement privé, donc plus d’endettement des familles.

      E. Macron propose donc de vous endetter plus.

      https://commonslibrary.parliament.uk/research-briefings/sn01079

      Ensuite, le financement "privé" est en réalité sur des prêts garantis par l’État, et qui sont en grande partie (52%) non remboursé, donc payés par le public.

      Ça a couté 12Md€ d’argent public l’an dernier (~50% du budget du MESRI).

      https://www.dailymail.co.uk/news/article-9753557/Almost-10-billion-paid-student-loans-2020-written-off.html

      Et enfin, ça n’a apporté aucun financement supplémentaire aux universités.

      La proposition est donc d’endetter les ménages, même si ça coute encore plus au contribuable, sans rien rapporter aux universités.

      Seuls gagnants : les usuriers.

      #Point 3 : la formation réduite à une forme d’insertion professionnelle

      « les universités [doivent] garantir l’orientation des jeunes vers l’emploi » avec « de véritables contrats d’objectifs et de moyens ».

      En clair : l’emploi conditionne le financement des formations.

      « la logique de l’offre doit prendre le pas sur la logique de la demande » « l’orientation doit évoluer pour mieux correspondre aux besoins de la nation »

      En clair : ce n’est plus ni aux familles ni aux universitaires de décider de l’orientation et des formations, mais à l’Etat.

      D’après E. Macron,ces « besoins de la nation » sont seulement économiques, et tout le reste est un « investissement à perte ».

      C’est du bon sens, mais seulement avec une conception de la formation limitée à l’insertion professionnelle.

      #debunk Si on colle les trois points, on a une forme de logique :
      1. Les jeunes échouent en Licence
      2. Car ils se moquent d’études qui ne coutent rien
      3. Et qui de toutes façons ne mènent à aucun emploi.

      Faire payer les familles apparait alors comme une solution, non pas pour augmenter les financements (ils n’augmenteront pas, au contraire), mais seulement pour augmenter l’implication des familles, et restructurer « l’offre et la demande » de la formation.

      La réussite par l’augmentation de l’implication des familles repose sur la croyance « ce qui n’a pas de prix n’a aucune valeur ».

      Quand on regarde les indicateurs, c’est plutôt une question de moyens.


      https://twitter.com/anouchka/status/1481928533308022785

      La restructuration de « l’offre et la demande » imagine une vertu : si les études impliquent un endettement personnel, alors le choix d’orientation sera vers les formations qui permettent de rembourser, donc là où il y a des emplois.
      Et sinon c’est à la charge des familles.

      Julien Gossa
      @JulienGossa
      ·
      17h
      Les formations qui conduisent aux emplois bien payés peuvent augmenter leurs frais d’inscription, donc leur qualité. Les autres ferment ou de toutes façons ne coutent plus rien.

      Le marché comme solution à l’orientation et la formation, donc à la stratification sociale.

      C’est la vision qui a bien fonctionné au XXe siècle. Malheureusement, elle ne fonctionne plus. Tout simplement parce que « démographie » et « besoins [économiques] de la nation » sont désynchronisés.

      Il n’y a pas d’emplois non pourvus en France, il y a du chômage.

      Les emplois qui recrutent ne concernent pas les filières universitaires.

      Les formations universitaires montrent un léger chômage, qui indiquent qu’elles remplissent parfaitement leur rôle de fournisseur de main d’œuvre qualifiée.

      https://statistiques.pole-emploi.org/bmo/bmo?graph=1&in=1&le=0&tu=10&pp=2021&ss=1

      On revient à cette évidence, que le discours de M. Macron semble ignorer : diplômer quelqu’un ne crée pas un emploi.

      En terme d’emplois, la politique proposée est donc vouée à l’échec. Pire, elle enferme dans une sorte d’immobilisme économique.


      https://twitter.com/Taigasangare/status/1481897423437979649

      En toute logique, la politique proposée consiste donc non pas à augmenter le nombre de diplômés, puisque ça ne ferait que baisser le taux d’insertion professionnelle.

      Elle consiste forcément à baisser le nombre d’étudiants, seul moyen d’éviter un « investissement à perte ».

      Et ça nous mène à la question principale qui se pose pour l’avenir, même si on n’ose jamais l’affronter :

      Quel est le rôle des études supérieures ?

      Si c’est seulement économique, sans progrès futurs, alors Macron a raison : il faut endetter et réduire le nombre d’étudiants.

      Mais si c’est plus large que ça, que les études supérieures permettent de former des citoyens qui vont devoir gérer des crises graves... Alors il vaut mieux des chômeurs bien formés que des chômeurs mal formés.

      Et le projet proposé est très dangereux.

      Il est d’autant plus dangereux que la loi ORE a déjà posé des bases très solides pour sa réalisation :

      l’Etat contrôle désormais les places dans toutes les formations publiques. La réduction du nombre d’étudiants est donc techniquement possible.

      #Parcoursup est à la fois une sorte de concours national pour accéder aux places, et en plus une market-place pour les formations, incluant déjà des informations sur les "débouchés" et un module de paiement des frais.

      Toute la technique a été préparée pour ce projet politique.

      Reste que le projet politique de M. Macron, tout idéalisé et idéologisé qu’il soit, se confronte à une question toute simple : Que fait-on des jeunes surnuméraires par rapport aux besoin de l’emploi, si on ne les forme plus ?

      Ce fameux « vent de face de la démographie ».

      Julien Gossa
      @JulienGossa
      ·
      16h
      Pour conclure, le discours de M. Macron est bien rodé, puisqu’il a plus de 50 ans... Mais il est objectivement anachronique.

      Il faudrait un peu de courage, et attaquer vraiment la seule vraie question : Quel est le rôle des études supérieures au XXIe siècle ?

      Rappel qu’il y a une cohérence entre baisser le nombre d’étudiants et réduire le nombre de lycéens qui font des mathématiques.

      Si on n’a pas le courage d’aller jusqu’au bout, on aura donc autant d’étudiants, juste moins bien préparés à nos études.


      https://twitter.com/OlivierMusy/status/1481960693784092673

      NB : Si M. Macron souhaitait vraiment mettre en œuvre ce programme, il lui suffirait de donner une autonomie réelle aux universités, dont l’intérêt est effectivement de réduire le nombre d’étudiants et de les faire payer.

      Sauf que c’est impossible :
      https://blog.educpros.fr/julien-gossa/2021/10/17/selection-impossible-autonomie-fantome

      Ici le verbatim, qui termine sur cette blague « Et que fait-on ce soir, Cortex ? »
      https://t.co/9HYisOq789

      Et bien sûr la plus pathétiques des hypothèses : tout ce projet n’a en réalité aucun sens, complètement dépourvu de vision et d’ambition autre que séduire les présidents d’université dans une perspective tristement électoraliste.

      https://twitter.com/JulienGossa/status/1481996134042193925

    • Présidentielle 2022 : le programme d’Emmanuel Macron devant la CPU “#France_Universités

      Emmanuel Macron a prononcé un discours pour la clôture du 50e anniversaire de la Conférence des présidents d’université1. La vidéo et le verbatim sont disponibles ici2. Ce discours dresse le bilan de la politique du quinquennat en matière d’enseignement supérieur et de recherche, mais trace aussi un cap pour une nouvelle réforme — peut-être pour un nouveau mandat ?

      Le candidat-président Macron fixe dans tous les cas un certain nombre d’objectifs et de lignes directrices qu’il n’est pas inintéressant d’analyser.

      Cet article est tiré d’un fil Twitter (https://twitter.com/CathKikuchi/status/1481942125147312138) écrit à chaud et doit être complété avec d’autres analyses qui ont émergé à la suite de ce discours3. On citera en particulier :
      - Ce fil extrêmement complet de Julien Gossa : https://twitter.com/UnivOuverte/status/1481759141618139138
      - Cette réflexion de Marianne Blanchard sur la volonté de plus « professionnaliser l’université » : https://twitter.com/UnivOuverte/status/1481759141618139138
      - En complément, la reprise d’une intervention de l’économiste Elise Huillery au colloque de la Conférence des présidents d’université sur les ressources allouées à l’université française, un fil d’Ana Lutzky : https://twitter.com/anouchka/status/1481924369597308930

      Il est globalement beaucoup question de la politique universitaire, mais un article entier pourrait également être consacré à ce qu’Emmanuel Macron dit de la vie étudiante. Nous laissons ce point à analyser à d’autres.
      « Éclairer le monde tel qu’il va » ou l’abrutir

      « Faire pleinement de la France une avant-garde de la recherche de l’excellence du savoir » (Emmanuel Macron, 13 janvier 2022)

      Le discours commence bien sûr par brosser les présidents d’université dans le sens du poil. Beaucoup ont commenté la petite phrase des universités qui doivent « éclairer le monde ». Ce passage s’inscrit dans tout un segment sur l’importance de l’autorité académique, de la reconnaissance des pairs et du cadre scientifique : « Ne laissons personne le remettre en question ». Evidemment, ce n’est pas nous que le contredirons. Mais cette déclaration prend une saveur particulière, alors que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation, cherche au contraire à dire aux universitaires ce qu’ils doivent chercher et comment en faisant l’ouverture d’un pseudo-colloque ((NDLR : Le président-candidat Macron évoque également la commission Bronner qui vient de rendre son “rapport” Des Lumières à l’ère du numérique.Il en retient la “nécessité d’empêcher la mise en avant ou le financement d’acteurs qui nuisent à l’information, à la cohésion sociale et in fine à la démocratie” — qui résone avec sa menace envers les “universitaires qui cassent la République en deux“.)). ou encore lorsqu’il prétend pouvoir dire quels universitaires constituent un « virus » de la pensée et donc, en creux, ceux qui pourraient en être le « vaccin ».

      « Tous ensemble, nous avons réussi à faire de notre jeunesse une priorité claire avec ces premiers résultats et également à faire de notre jeunesse et de nos étudiants une priorité. » (Emmanuel Macron, 13 janvier 2022)

      Mais bien sûr, il s’agit d’abord de défendre un bilan. Emmanuel Macron se gargarise de milliers de places nouvelles ouvertes dans diverses filières pour accommoder la vague démographique. C’est bien rapide : ouvrir des places sans construction de bâtiment, sans recrutement de personnel, ne revient-il pas à faire du surbooking ? Changer un chiffre sur un tableur Excel, ne permet pas dans les faits d’accueillir correctement des milliers d’étudiants et d’étudiantes supplémentaires.

      Mais rassurons-nous : la loi de programmation a représenté un engagement financier sans précédent. Sauf que non : l’augmentation du budget de l’ESR stagne et sa légère augmentation, plus faible que par le passé, correspond à l’inflation. Un tour de passe-passe dénoncé par les politiques notamment au Sénat. L’effort budgétaire est principalement reporté sur la prochaine mandature :bel effort personnel pour le président Macron.

      « Justes hiérarchies » ? Parcoursup, reproduction sociale et démocratie

      Parmi les bons points qu’Emmanuel Macron se donne, le satisfecit sur Parcoursup est aussi d’un ridicule achevé. « Un système d’orientation avec des taux de satisfaction et de réponse incomparables, plus lisibles », alors que tous les acteurs du système, des élèves aux enseignants du secondaire, en passant bien sûr par les enseignants du supérieur disent le contraire. Mais peu importe : il s’agit de l’un des grands chantiers du quinquennat, il doit être un succès.

      « Des sociétés démocratiques comme la nôtre qui ont la passion de l’égalité que nous partageons toutes et tous doivent néanmoins défendre à nouveau les justes hiérarchies qu’il doit y avoir dans nos sociétés sans lesquelles tout se dissout » (Emmanuel Macron, 13 janvier 2022)

      Macron se lance ensuite dans un grand discours visant à intégrer les universités à la formation de l’élite, dans une optique implicite de démocratisation. Il cite les Idex en exemple. Sauf qu’en termes de démocratisation, les Idex contribuent plutôt à une reproduction de l’élite plutôt qu’à son renouvellement, comme l’on montré les travaux d’Audrey Harroche et ceux de Hugo Harari-Kermadec.

      Cette volonté de s’inscrire dans le cadre de grands établissements va de pair avec une volonté de professionnalisation accrue.colloque

      L.’université « doit devenir plus efficacement professionnalisante car on ne peut pas se satisfaire de l’échec de nos étudiants dans les premiers cycles ni du taux de chômage trop élevé des jeunes qui sortent de certaines filières universitaires. Pour vous y aider, nous devons poursuivre le travail d’amélioration de l’orientation qu’a initié Parcoursup ». (Emmanuel Macron, 13 janvier 2022)

      Cet affichage ne peut être balayé d’un revers de main. Evidemment, aucun enseignant digne de ce nom ne peut vouloir que les universités forment des chômeurs. Mais cela passe sous silence que les universités sont déjà professionnalisantes : elles forment des professionnel·les de la recherche et de l’enseignement supérieur et des enseignant·es. Hors Master, , elles forment en licence en lien avec le monde du travail, y compris bien sûr celui hors de l’université et de l’enseignement : c’est vraiment n’avoir jamais regardé l’offre de formation universitaire ni les maquettes de premier cycle que de penser le contraire. S’il y a sûrement des améliorations à effectuer, il serait tout à fait faux de prétendre que les universitaires ne se préoccupent pas du devenir professionnel de leurs étudiant·es.

      « Les grandes écoles et organismes de recherche étaient supposés s’occuper de l’excellence et de la formation des élites, et les universités de la démocratisation de l’enseignement supérieur et de la gestion des masses. Ce système est révolu. Il est révolu d’abord parce qu’il ne correspond pas à la compétition internationale, parce que sa forme-même crée des barrières, des segmentations qui sont inefficaces. » (Emmanuel Macron, 13 janvier 2022)

      Cependant, on peut être conscient des nécessités de professionnalisation à l’université tout en considérant que celle-ci a aussi un rôle intellectuel et émancipateur de transmission de savoir et de méthode scientifique. Mais cela, Macron n’en parle jamais pour l’enseignement. Enseigner à l’université est réduit à la formation en lien à des besoins identifiés de la nation. Et si les besoins de la nation, c’était aussi d’avoir des diplômés insérés dans le marché du travail ET capables de réfléchir par eux-mêmes ? Ce serait fou…

      De même la question de l’échec en première année de licence et de l’orientation est un vrai sujet. Mais ne serait-ce pas aussi parce que Parcoursup a accentué ce phénomène ? De nombreuses étudiantes et étudiants, à vue de nez encore plus nombreux qu’auparavant, s’inscrivent dans des formations sans réelle volonté de s’y investir. Alors quelle solution ? Emmanuel Macron évoque le développement de filières courtes et professionnalisantes, ce qui peut être une partie de la réponse. Mais est-ce que l’augmentation de leur capacité d’accueil va à nouveau se faire sans moyen supplémentaire ? Permettons-nous au moins de nous poser la question…

      « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants » (Emmanuel Macron, 13 janvier 2022)

      Malgré tous ces points ambigus, voire volontairement mensongers, le plus inquiétant de ce discours réside dans l’une de ses dernières parties. Cela a été déjà relevé : Emmanuel Macron dénonce un système où l’université n’a « aucun prix pour la grande majorité des étudiants », où on a un tiers de boursiers et où on a « un modèle beaucoup plus financé par l’argent public qu’ailleurs dans le monde ». D’abord, ce dernier point est tout bonnement faux : la France n’investit proportionnellement pas plus d’argent public dans l’université que, par exemple, l’Allemagne, la Norvège, le Danemark ou la Belgique, même si elle en investit d’avantage que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. Elle se situe dans une moyenne légèrement supérieure à celle de l’OCDE.

      Ensuite, le changement systémique auquel il appelle revient bien à faire payer les étudiant·espour leur faire financer leurs propres études. Y compris via un endettement étudiant peut-être ? C’est en tout cas ce que de proches conseillers d’Emmanuel Macron suggéraient. Alors c’est une option bien sûr. Mais ça revient à poser franchement sur la table la nature du modèle universitaire que nous souhaitons et la manière dont l’université est encore un levier d’ascension sociale, ou a minima de formation de toutes les catégories économiques et sociales. Et ce débat-là, évidemment, Macron ne le pose pas clairement.

      Les systèmes de gouvernance [des universités], « il faut bien le dire par tradition, ont eu dans beaucoup de situations pour conséquence d’impuissanter trop souvent les équipes face aux défis qui leur étaient posés. Mais cette autonomie, soyons clairs et sincères entre nous doit aussi être synonyme d’une gouvernance renforcée de nos universités dans laquelle les équipes présidentielles pourront définir et incarner pleinement leur projet. (…) Notre système est très hypocrite – autonomie à moitié, on continue de contrôler ; ceux qui réussissent, on les aide un peu plus, ceux qui ne réussissent pas, on les compense. Et puis autonomie, mais au fond, même localement, on donne des responsabilités, mais on bloque ceux qui sont élus par nous-mêmes » (Emmanuel Macron, 13 janvier 2022)

      De la même manière, on a un passage éminemment confus sur un contrat que les universités devront passer avec l’État, où il est question d’augmenter l’autonomie mais aussi la responsabilité. Selon quelles modalités ? Ce point n’est pas clair, mais il est un passage qui personnellement me fait froid dans le dos. Macron dénonce un système déresponsabilisant : « Notre système est très hypocrite — autonomie à moitié, on continue de contrôler ; ceux qui réussissent, on les aide un peu plus, ceux qui ne réussissent pas, on les compense ».

      Est-ce que cela signifie que l’État se désengagera des universités qui ne répondent pas aux critères d’excellence fixés par le gouvernement ? Que celles-ci ne feront plus partie du système de service public de l’enseignement supérieur ?

      On voit bien où cela peut mener : les grandes universités comme Saclay auront toujours plus, les petites universités au bassin de recrutement local toujours moins. Et si un tel système aide à la promotion de l’enseignement supérieur, à la formation des étudiant·es partout en France, je veux bien manger mon chapeau.

      « La France continuera de jouer son rôle de résistance en défense de l’esprit de connaissance, de recherche, d’un enseignement libre et d’une recherche libre. Parce que je crois que c’est la seule manière de continuer à véritablement conquérir le monde, c’est-à-dire à inventer des possibles nouveaux dans une humanité en paix. Les autres voies, nous les connaissons. Ce sont les obscurantismes, les totalitarismes, les nationalismes appuyés sur la discorde. » (Emmanuel Macron, 13 janvier 2022)

      https://academia.hypotheses.org/33766

    • Thread de Marianne Blanchard, 14.01.2022
      Pourquoi ça n’a pas de sens de vouloir plus « professionnaliser l’université » => un thread

      1/ pour Macron, "l’université doit devenir plus efficacement professionnalisante ". Derrière, deux présupposés : a) c’est nécessaire de professionnaliser b) l’université ne le fait pas

      2/voyons déjà le premier. Pour ça je m’appuie (notamment) sur ça : https://sms.hypotheses.org/24385
      On a interrogés des jeunes diplômés d’écoles (commerce/ingé) et d’université, en sciences et en gestion sur les "compétences" dont ils avaient besoin dans leur emploi actuel

      3/ on a distingué les "compétences spécifiques" (en gros tout ce qui est spécialisé, propre à un secteur d’emploi) et "transversales" (en gros, ce qui est général, et mobilisable dans plein de métiers).

      4/ résultat pour les 971 enquêtes : "Le niveau de compétences spécifiques considéré comme acquis est en moyenne supérieur ou égal à celui estimé requis dans leur emploi" => qu’ils viennent de l’université ou d’école, personne ne se trouve pas assez "professionnalisé"

      5/ les individus déclarent peu de lacunes en compétences spécifiques, car ils les mobilisent qd elles sont trop spécialisées. Qd des déficits sont mentionnés, ils concernent des compétences trop « pointues » ou dépendantes du contexte d’emploi pour être enseignées

      6/ Les jeunes interrogés insistent aussi sur le fait qu’il est possible de se former et se spécialiser en cours d’emploi. + les entretiens révèlent que les compétences spécifiques acquises en formation semblent surtout valorisées dans leur dimension transversale

      7/ ce ne serait pas tant leur caractère technique qui importerait, que les capacités à acquérir d’autres compétences qu’elles suscitent.
      En gros, en apprenant (des choses, plus ou moins "spécifiques"/professionnelles), on apprend aussi à apprendre, à se former.

      8/ il faut donc sortir de la vision « adéquationniste » à la française prônant une professionnalisation et une spécialisation sans cesse accrue des formations initiales. Bcp de diplômé·es n’exercent pas le métier correspondant à leur spécialité de formation,

      9/ C’est le sens de l’ "introuvable" relation formation-emploi dont parlait déjà L. Tanguy.
      Se former, c’est aussi acquérir une culture générale, apprendre à porter un regard critique sur les choses, comprendre le monde pour pouvoir y prendre part en tant que citoyen·ne

      https://twitter.com/MJ_Blanchard/status/1481971200100376577

    • Universités : le renforcement « systémique » promis par Macron cache mal un projet de privatisation

      Le quasi-candidat Macron a souhaité jeudi une réforme « systémique » des universités. Derrière la promesse de les rendre « plus fortes » et de casser la concurrence avec les « grandes écoles », il a posé, en creux, les jalons d’un projet de privatisation.

      Dans un discours de clôture du congrès de la Conférence des présidents d’université (rebaptisée à cette occasion « France Universités »), Emmanuel Macron a fait le bilan de son quinquennat pour l’université et dessiné l’avenir qu’il imagine pour l’enseignement supérieur : une orientation universitaire dont la seule boussole serait le marché du travail, et une formation qu’il veut encore « plus efficacement professionnalisante ». Surtout, il a évoqué, sans prononcer les mots, une augmentation substantielle des frais de scolarité étudiante.

      Fier de son quinquennat, dont il a vanté la loi d’orientation et de réussite des étudiant·es, la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), l’ouverture de places supplémentaires à l’université (sans plan d’ouvertures massives de postes d’enseignant·es-chercheurs et chercheuses ni réels moyens supplémentaires), les entrées et « bonds de géant » des universités françaises dans le classement de Shanghai (pourtant décrié), le président de la République a oublié de citer, par exemple, les déboires de Parcoursup depuis 2018, l’immolation d’un étudiant par le feu devant le Crous de La Madeleine à Lyon en 2019, l’apparition des étudiant·es en masse dans les files d’attente des distributions associatives d’aides alimentaires pendant la crise du Covid-19, et la baisse de la dépense publique par étudiant·e. Tout de même, Emmanuel Macron a reconnu qu’il faudrait « redoubler d’effort pour que, à l’horizon de dix ans, notre université soit plus forte ».

      Ainsi, ce discours face aux présidents d’université était plus celui d’un candidat que celui d’un président en exercice. Le projet dessiné ? Une augmentation des frais de scolarité, et un pas de plus vers la privatisation de l’université.
      Un raisonnement fondé sur des chiffres erronés

      Sans se prononcer explicitement pour une hausse des frais de scolarité, Emmanuel Macron l’a remise sur la table en prenant prétexte de la précarité étudiante et du pourcentage important d’étudiant·es qui abandonnent avant même les examens en première année de licence (50 % selon lui). « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont boursiers et où, pourtant, nous avons tant de précarité étudiante et une difficulté à financer un modèle qui est beaucoup plus financé sur l’argent public que partout dans le monde pour répondre à la compétition internationale », a déclaré le chef de l’État.

      Si cette déclaration d’Emmanuel Macron n’est pas claire sur le prix que devront payer les étudiant·es pour accéder à l’université dans le système qu’il semble prôner, elle fait planer la possibilité de la création d’un accès réservé à celles et ceux qui en auront les moyens, ou qui auront accès à un prêt bancaire pour se le payer.

      Le quasi-candidat à la présidentielle semble vouloir calquer sa réforme « systémique » sur les systèmes anglo-saxons, où une bonne partie des étudiant·es s’endettent pour des années afin d’accéder aux études supérieures. Pourtant, aux États-Unis, la dette étudiante a atteint à la fin de l’année 2021 plus de 1 500 milliards de dollars, selon la FED, et représente désormais un véritable boulet pour l’économie.

      Mais cette déclaration présidentielle s’appuie sur des chiffres manifestement erronés. Il est d’abord mathématiquement impossible que « 50 % des étudiants seulement se présentent aux examens de première année », quand « le taux de passage en L2 des néo-bacheliers inscrits en L1 à la rentrée 2019 est de 53,5 % », d’après une note du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation publiée en novembre 2021 (https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2021-11/nf-sies-2021-24-15115.pdf).

      Ensuite, le financement du système de l’enseignement supérieur français n’est pas « beaucoup plus financé sur l’argent public que partout dans le monde », puisque selon l’OCDE (tableau C2.2b : https://www.oecd-ilibrary.org/sites/455a2bcc-en/index.html?itemId=/content/component/455a2bcc-en), la France finançait en 2018 à 80 % son système par des fonds publics pendant que, par exemple, l’Allemagne affichait un taux de 84 %, la Suède de 87 % et la Norvège de 95 % ! La réforme « systémique » de l’université française voulue par Emmanuel Macron tient sur des raisonnements scientifiquement peu solides.
      Une orientation dirigée par le marché du travail

      Jeudi, il a également jugé indispensable de pousser les universités à proposer des formations en fonction du marché du travail : « [Elles] ne devront d’abord plus seulement garantir l’accueil des étudiants dans une formation, mais garantir l’orientation des jeunes vers l’emploi. » Si cette position pouvait avoir un sens il y a plusieurs décennies, cela fait longtemps que les universités se préoccupent de l’entrée dans la vie active de leurs étudiant·es.

      Les chiffres du ministère de l’enseignement supérieur donnent un taux d’insertion à 18 mois de 89 % pour les masters et de 92 % pour les licences professionnelles. Surtout, la question de l’adéquation entre études et marché du travail est particulièrement délicate : il est impossible de connaître l’avenir de l’emploi plusieurs années après l’entrée dans les études, dans un monde en perturbations permanentes. À titre d’exemple, le sacrifice de la filière informatique à l’université (raconté ici par Mediapart : https://www.mediapart.fr/journal/france/140921/universite-la-start-nation-sacrifie-la-filiere-informatique?onglet=full), à cause d’un manque de moyens, alors même que la demande industrielle est énorme, montre combien la volonté des établissements n’est pas forcément le problème principal.

      À entendre Emmanuel Macron, en tout cas, l’université devrait « devenir plus efficacement professionnalisante ». Elle ne le serait donc pas assez. Mais la sociologue Marianne Blanchard et ses collègues montrent que, lorsqu’on interroge de jeunes titulaires d’un diplôme de niveau bac+5 de master ou d’école, ils et elles considèrent que « le niveau de compétences spécifiques considéré comme acquis est en moyenne supérieur ou égal à celui estimé requis dans leur(s) emploi(s) ». En clair, ils et elles ne se considèrent pas comme « non professionnalisé·es ». Ces chercheuses et chercheurs expliquent aussi que les jeunes diplômé·es pensent « que leur capacité à acquérir ces nouvelles compétences, et donc à s’adapter à de nouveaux environnements de travail, est une compétence en soi que leur formation a contribué à développer ».
      Une remise en cause superficielle des grandes écoles

      Enfin, dans son discours de jeudi, Emmanuel Macron a semblé vouloir remettre en cause le système « grandes écoles-universités », en lançant : « Nous avons trop longtemps accepté un modèle à plusieurs vitesses, […] où les grandes écoles et organismes de recherche étaient supposés s’occuper de l’excellence et de la formation des élites, et les universités de la démocratisation de l’enseignement supérieur et de la gestion des masses. Ce système est révolu. [...] Demain, ce sont nos universités qui doivent être les piliers de l’excellence, le centre de gravité pour la recherche comme pour la formation. » Faut-il lire, en creux, une volonté de disparition pure et simple des grandes écoles ? Dès lors, l’ambition serait-elle de chasser des universités les pauvres dont les bourses « coûtent un pognon de dingue », pour y faire venir les étudiant·es plus fortuné·es des grandes écoles ?

      https://www.mediapart.fr/journal/france/150122/universites-le-renforcement-systemique-promis-par-macron-cache-mal-un-proj

      #bilan #frais_de_scolarité #LPPR #classement_de_Shanghai #parcoursup #chiffres #statistiques #financement #taux_d'insertion #moyens

    • Discours de Macron : une réforme « systémique » de l’université pas si nouvelle et fantasque que ça…

      Le congrès du 13 janvier 2022 célébrant les 50 ans de feu la Conférence des Présidents d’Université (CPU) — dorénavant #France_Universités (sic) — aura eu son petit effet médiatique. Cependant, ce n’est pas #FU qui est au centre de l’attention depuis près d’une semaine mais le président Emmanuel Macron, qui y est intervenu en visioconférence, dans un discours verbeux et ampoulé1.

      Une phrase du chef de l’État a en effet suscité des réactions nombreuses et indignées de la part des mondes universitaire [2], étudiant [3], médiatique [4] et politique [5] (dont on peut parfois douter de la sincérité… [6]) :

      « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont boursiers et où, pourtant, nous avons tant de précarité étudiante et une difficulté à financer un modèle qui est beaucoup plus financé sur l’argent public que partout dans le monde pour répondre à la compétition internationale. » (p. 6)

      Malgré un flou artistique sur ce que voulait vraiment dire le Président, un consensus s’est formé autour de son probable projet pour l’enseignement supérieur : l’augmentation des frais d’inscription à l’université. En séances parlementaires, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (#MESRI), Frédérique Vidal, a été interpelée à ce sujet. Celle-ci y a catégoriquement démenti une telle interprétation des paroles de Macron [7]. Des macronistes se sont ensuite joint·es à elle pour dénoncer cette prétendue intox sur Twitter [8]. Ce SAV du discours du Président par la ministre culmine finalement avec un entretien dans Libération absolument lunaire [9].

      Au-delà de l’interprétation du discours, et du fait que le terme « évoquer » utilisé par Vidal (plutôt que « parler explicitement », cf. tweet de LCP) ne permet en rien de lever nos suspicions, existe-t-il des indications nous permettant de penser que Macron souhaiterait effectivement augmenter les frais d’inscription, en continuité avec sa politique depuis 2017 ? N’y aurait-il pas des précédents pendant son mandat ?

      Spoiler alert : oui, et oui à nouveau.

      Un précédent ?

      Alors que les macronistes égrainent dans leurs tweets une série de mesures qui démontrerait que, sous Macron, jamais les étudiant·es n’ont été aussi protégé·es (ce qui est de toute évidence faux), iels oublient systématiquement une mesure absolument honteuse : la hausse des frais d’inscription à l’université pour les étudiant·es extra-communautaires, passant de 170 à 2 770 euros en licence et de 243 à 3 770 euros en Master. Ce précédent, auquel le Conseil d’État n’a rien trouvé à redire [10], laisse penser qu’une telle hausse pourrait en principe être généralisée à tou·tes [11]. Mais est-ce dans le projet néo-libéral macroniste ?

      Un projet Macron-compatible ?

      Faisons d’abord un détour par l’#Institut_Montaigne, un think-tank néo-libéral. Ce dernier est consulté par le MESRI pour définir sa stratégie et sa politique ESR [12]. La collaboratrice de Vidal recrutée en juillet 2020, #Blanche_Leridon, est même passée par le think-tank de 2015 à 2018 [13]. Ce qui devient intéressant, c’est qu’en avril 2021, l’Institut faisait (à nouveau) des propositions sur une réforme de l’Université impliquant… une hausse des frais d’inscription, sans aucune ambiguïté ici ! [14]

      « [une] augmentation des droits de scolarité en licence à 900 € par an et à 1 200 € en master [qui] concernerait l’ensemble des universités, de manière uniforme » (p. 98–99)

      L’analogie ne s’arrête pas là puisque le think-tank propose, comme Macron (voir tableau en annexe) :

      – d’augmenter la part des #financements_privés dans les #fonds_universitaires ;
      - de résoudre la précarité étudiante par l’augmentation des frais d’inscription (ce que l’Institut Montaigne propose de faire en créant notamment des #prêts étudiants…) ;
      – de « remettre » la recherche au cœur des missions des universités au détriment des établissements de recherche, tels que le #CNRS, qui feraient office d’agences de moyens ;
      – de s’affranchir du « coût » que représente le tiers d’étudiant·es boursier·ères ;
      – la remise en cause du système historique Université–Grande école–EPST ;
      – le renforcement de la professionnalisation des formations universitaires ;
      – le renforcement de la #gouvernance des universités par leur #autonomisation.

      On remarquera tout de même quelques différences, notamment sur la précision de certains calculs puisqu’à l’inverse de Macron, l’Institut Montaigne montre que la France n’est pas la championne mondiale du financement public de ses universités ; le Président n’en étant pas à son premier raccourci grossier dans son discours [15]. Autre divergence notable, la transformation complète des EPST en agences de moyens n’est pas le scénario privilégié par le think-tank.

      Notons enfin que certain·es ont proposé à la suite du discours de Macron que l’augmentation des frais d’inscription serait inconstitutionnelle, sur la base d’une décision du Conseil constitutionnel en 2019 [16]. Cependant, ce dernier n’entérine pas la #gratuité de l’université mais sa « #modicité » ou #gratuité_payante. Un point que l’Institut Montaigne avait déjà bien pris soin de vérifier et qui serait selon lui compatible avec son projet de réforme, donc avec celui de Macron.

      « La question de la constitutionnalité d’une augmentation des droits de scolarité […] Il est donc possible de considérer que la proposition formulée [dans le rapport de l’Institut Montaigne] répond aux préoccupations du Conseil constitutionnel telles que précisées par le Conseil d’État. Des droits de scolarité annuels autour de 1 000 € apparaissent en effet modiques au regard du coût annuel moyen des formations dans l’enseignement supérieur (représentant autour de 10%).

      Ensuite, dans le cadre d’un prêt à remboursement contingent décrit ci-après, l’étudiant n’a à s’acquitter directement d’aucun droit sur la période de sa scolarité et le remboursement ultérieur de son emprunt sera fondé sur ses capacités financières. Un tel système, innovant et équitable, apparaît donc particulièrement adapté pour satisfaire aux obligations constitutionnelles pesant sur les droits de scolarité. » (p. 114–115)

      La comparaison entre le discours de Macron et celui du think tank est bluffante : il semblerait que l’un ait écrit l’autre, sans qu’on puisse savoir qui de la poule et l’œuf2 . L’ensemble des similarités entre le discours de Macron — et la politique ESR de son mandat — avec le rapport de l’Institut Montaigne montre le consensus libéral qui les unit sur la question de l’université. Une idéologie que l’un — l’Institut Montaigne — assume vis-à-vis de la question de l’augmentation des frais d’inscription, alors que l’autre — Macron et son gouvernement — la nie publiquement aussitôt l’avoir « évoquée ».

      Une difficulté à assumer qui en dit long sur l’absence de consensus dans la communauté académique et la société civile autour de ce projet de transformation de l’université.

      NB : au moment de l’écriture de ce billet, d’autres (ici le compte Twitter parodique @realUNIVFrance) ont aussi perçu le lien pour le moins troublant que nous décrivons. Le rapport de l’Institut Montaigne semble donc être une bonne grille de lecture pour comprendre le discours de Macron.

      Tableau annexe





      https://academia.hypotheses.org/33874

  • Après une grève très suivie dans l’éducation nationale, Emmanuel Macron joue l’apaisement

    Le principal danger d’une campagne présidentielle, c’est l’imprévu. Cet adage, que garde en tête la majorité présidentielle pour se préserver de tout excès de confiance, s’est confirmé jeudi 13 janvier.

    Personne, au sommet de l’Etat, n’avait anticipé une grève nationale des professeurs et des personnels de l’éducation. Personne n’avait imaginé que le mouvement serait suivi par 31 % des enseignants, selon le décompte du ministère de l’éducation nationale, et par plus de 60 % d’entre eux, selon les syndicats, mettant près de 80 000 manifestants dans la rue, selon le ministère de l’intérieur.Plus gênant encore, à moins de cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, personne n’avait prédit que les représentants de parents d’élèves seraient associés à l’exaspération des professeurs face à un protocole sanitaire jugé trop lourd, trop complexe et trop mouvant.

    Depuis la rentrée de janvier, Jean-Michel Blanquer s’abrite, de fait, derrière les autorités sanitaires, qui ont recommandé le protocole mis en place à l’école, déjà amendé à trois reprises par le gouvernement. Quant aux difficultés qu’ont rencontrées les parents à se procurer des tests pour leurs enfants, il s’agit d’« un sujet logistique de santé », s’est-il défendu, mardi 11 janvier, sur BFM-TV. Une contre-attaque adressée à son confrère de la santé, Olivier Véran, qui s’est soldée par une algarade entre les deux ministres le lendemain.

    Quand bien même les torts seraient partagés, l’exécutif multiplie les signaux laissant entendre que Jean-Michel Blanquer aurait à endosser la responsabilité de cette crise. Après les mots d’Emmanuel Macron dans un entretien au Parisien le 5 janvier, « donnant le point » à une enseignante agacée d’apprendre le jour pour le lendemain les modifications du protocole sanitaire, le chef de l’Etat laisse entendre qu’il pourrait porter, lors de la campagne présidentielle, un projet de réforme de l’éducation nationale qui ne serait pas en ligne avec les idées du ministre. Il s’agirait de « redonner du sens » à la profession d’enseignant plutôt que d’insister sur le rétablissement de leur autorité, comme le défend M. Blanquer.

    Une partie des enseignants, inquiète de la propagation du Covid-19, cherche à renforcer le protocole sanitaire, quand les parents d’élèves restent, au fond, favorables au mantra du gouvernement : maintenir le plus possible les écoles ouvertes. Reste une échappatoire. Que le pic de la vague Omicron soit rapidement atteint pour que le sujet sanitaire s’éteigne de lui-même, avant que des revendications plus profondes sur l’école n’émergent.

    https://justpaste.it/87gtr

    #école #covid-19 #grève #éducation

  • Les résidents du Royaume-Uni vaccinés contre le Covid-19 pourront venir en France sans motif impérieux
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/01/13/les-residents-du-royaume-uni-vaccines-contre-le-covid-19-pourront-venir-en-f

    Les résidents du Royaume-Uni vaccinés contre le Covid-19 pourront venir en France sans motif impérieux. « Pour les personnes vaccinées, on met aussi fin à la période d’isolement de quarante-huit heures. On demandera seulement un test négatif de moins de vingt-quatre heures au départ », a annoncé jeudi le ministre délégué chargé du tourisme et des PME, Jean-Baptiste Lemoyne. Les personnes vaccinées venant du Royaume-Uni seront autorisées à partir de vendredi à entrer en France sans présenter de motif impérieux, a annoncé, jeudi 13 janvier, le ministre délégué chargé du tourisme et des petites et moyennes entreprises (PME), Jean-Baptiste Lemoyne.« Pour les personnes vaccinées, on met aussi fin à la période d’isolement de quarante-huit heures. On demandera seulement un test négatif de moins de vingt-quatre heures au départ. On pourra à nouveau se déplacer depuis le Royaume-Uni pour des motifs de loisirs et [pour] aller skier » dans les stations françaises, a ajouté le ministre sur TV5 Monde.
    « La contrainte est plus forte sur les personnes non vaccinées qui gardent des motifs impérieux et ne peuvent pas venir pour des motifs de loisirs. Le vaccin fait la différence », a complété M. Lemoyne. Afin de limiter la propagation du variant Omicron, le gouvernement avait annoncé mi-décembre un durcissement des conditions d’accès en France. Les ressortissants de pays extérieurs à l’Union européenne (UE) devaient avoir un « motif impérieux » pour entrer sur le territoire et transiter vers un autre pays de l’UE. Or, depuis le Brexit, les Britanniques sont des ressortissants d’un pays tiers. « Tous les voyageurs, vaccinés ou non, devront présenter au départ un test négatif [PCR ou test antigénique] de moins de vingt-quatre heures », a précisé dans la foulée le cabinet du premier ministre dans un communiqué. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait annoncé mercredi que Paris assouplirait « dans les tout prochains jours » les restrictions appliquées aux frontières avec le Royaume-Uni. « La clientèle britannique, c’est 15 % de la clientèle des stations de ski françaises », a ajouté M. Lemoyne, alors que depuis deux ans l’Etat a soutenu à hauteur de 38 milliards d’euros les acteurs du tourisme victimes des conséquences économiques de la crise sanitaire. « Avant crise, il y avait 90 millions de touristes internationaux par an en France, aujourd’hui, c’est plutôt 45 millions », a rappelé M. Lemoyne. « La saison [de sports d’hiver] est bien engagée, a-t-il estimé. Par rapport à 2019, on est à − 8 % mais on commence à se rapprocher de niveaux intéressants. Dans les Pyrénées, il y a du + 10 %, + 30 %. » « C’est plus compliqué pour certaines grandes stations en Savoie, qui dépendent de cette clientèle internationale, notamment des Britanniques », a cependant reconnu M. Lemoyne. « La décision de ce matin va permettre un rattrapage, j’espère. La première semaine de janvier, on est à + 5 % par rapport à 2019 grâce aux Belges et aux Néerlandais. »

    #Covid-19#migrant#migration#france#grandebretagne#sante#tourisme#vaccination#frontiere#circulation#UE#crisesanitaire

  • La Grèce, nouvel eldorado pour le capitalisme vert et l’extractivisme en Europe

    Dans ce texte, Eva Betavatzi, architecte et militante du CADTM, examine la dimension environnementale des dégâts provoqués par les politiques néolibérales en Grèce. Elle met en lumière la manière spécifique dont le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis y déploie le projet du « capitalisme vert », en lien notamment avec l’implantation à grande échelle de parcs éoliens, et montre que ce dernier fait système avec les projets extractivistes (notamment de minerais précieux et de gaz fossile) plus classiques mais aussi avec les coupes budgétaires et la « thérapie de choc » néolibérale imposées à la Grèce depuis dix ans.

    https://www.contretemps.eu/grece-capitalisme-vert-extractivisme

    #néolibéralisme #extractivisme #éoliennes #capitalisme_vert #productivisme_vert #CADTM #Grèce #environnement

  • Alors autant l’expliciter, parce que sinon on se fait de faux espoirs : hier à la manif, les slogans et les revendications affichées étaient totalement flous sur les questions sanitaires. À ce point de non-dit et d’évitement, je suis persuadé que c’était volontaire.

    Les seules revendications « sanitaires » que l’on a pu voir, c’était « trop de protocoles », « les protocoles on n’en veut plus »… Ce qui avait pour avantage (et bien sûr comme gros défaut) de laisser en plan la question de savoir quel « protocole », finalement, on voulait… Mais à aucun moment je n’ai vu ou entendu un slogan réclamant qu’on revienne au protocole de sécurité : fermer la classe au premier cas positif. Encore moins qu’on passe en distanciel au-delà de tel niveau de contamination. Ou juste qu’on ferme le merdier pour 15 jours 3 semaines le temps de voir si le pari qu’Omicron c’est terminé s’avère juste (ah ah), ou au moins pour commencer à sécuriser les classes : je n’ai d’ailleurs pas vu non plus le moindre slogan sur les capteurs de CO2 dans les classes.

    Mais clairement, le gros point douteux, c’étaient les omniprésents slogans « les protocoles on n’en veut pas », en évitant purement et simplement de dire ce qu’on veut à la place (à part « des moyens », mais sans jamais évoquer non plus capteurs et aération).

    Du coup, en tant que parent, avec mes gamins, j’ai manifesté pour qu’on sécurise les écoles, ou pour qu’on « laisse circuler Omicron, yaka filer des masques aux enseignants » ? C’est tout de même très gênant de se pointer à une manif, avec l’idée qu’on veut sécuriser le truc, et de se rendre compte que tout est fait pour satisfaire les gens qui, au contraire, souhaitent qu’il n’y ait plus aucun protocole qui leur casse les pieds, leur complique au boulot, parce qu’Omicron c’est qu’un rhume et qu’on s’en fiche si les enfants l’attrapent.

    Et évidemment quelques pancartes très borderline, histoire d’être certain qu’on est dans le flou total (une belle pancarte par une dame qui, par ailleurs, tenait la grande banderole de son syndicat, dénonçait « trop de protocoles » et « l’apartheid »… hum).

    • Du coup, autant l’expliciter aussi : je pense qu’il n’y aura jamais de mobilisation réellement forte ni constructive autour des questions sanitaires. Ni à l’école, ni contre l’autoritarisme. Parce qu’à chaque fois, cela nécessiterait un agrégat entre personnes qui veulent plus de solidarité et de sécurisation sanitaire, et personnes qui au contraire veulent juste leur libertay et qu’on arrête de les embêter avec ça.

      Que ce soit sur le passe ou sur l’école, les premières manifestations se font un devoir de n’afficher que des slogans totalement ambivalents, et tous ceux qui perçoivent ce confusionnisme vont refuser d’y participer plus avant. Et au final on n’aura plus que les tarés et les fachos dont l’image en miroir permettra de légitimer l’autoritarisme gouvernemental.

    • J’en parlais hier :
      https://seenthis.net/messages/943938#message943952

      Mon interlocuteur, plutôt dans la bonne moyenne intellectuelle, quand on a causé des revendications des profs, il a conclu « ils veulent être cocoonés » ; visiblement, il voulait faire du prof bashing. J’ai du manquer de pertinence dans mes explications. Je n’ai pas eu la phrase « ils veulent pouvoir travailler en sécurité ». Bref, j’en suis arrivé à conclure qu’on en arrive à une société eugéniste, et que dans mon éducation, l’eugénisme, c’est le mal. Je soupçonne qu’il est allé vérifier la définition une fois qu’on a eu terminé notre réunion. Parce qu’il est resté silencieux après que j’ai conclu là dessus.

      Oui, les gens veulent passer à autre chose. Nous aussi d’ailleurs. Mais pas pareil.

      Il ne nous reste plus que les décomptes macabres :
      https://seenthis.net/messages/943969#message944016

    • Et évidemment dans son intervention ce matin, Blanquer joue sur du velour de ce côté, avec une seule question vaguement sanitaire :
      https://twitter.com/franceinfo/status/1481894848038846464

      https://video.twimg.com/amplify_video/1481896444336480256/vid/1280x720/I-WeS7SwBKQhF2Mr.mp4

      Et donc même là, on n’arrive pas à comprendre si ce qui serait reproché au protocole, c’est d’être insuffisamment sécurisant, ou au contraire encore trop contraignant pour les parents.

    • Anne. D. :
      https://twitter.com/AnneD89568338/status/1481745580745498631

      Je ne sais pas si les enseignants sont contents mais la mère que je suis ne l est pas. Ras le bol du #GouvernementTsunami et du #ProtocoleTousInfectés

      Rien pour nos enfants. RIEN. PEANUTS.

      Marco Prolo :
      https://twitter.com/marcoprolo/status/1481758030605729795

      Affligeant. J’ai honte des syndicats. Il y avait une opportunité pour renverser le rapport de force et exiger/obtenir des garanties sanitaires. Et rien. On garde le « protocole » le pire. Bravo à LREM. Ils sont vraiment forts.

    • Pourtant nationalement yavait des revendications plus claires @arno :
      https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/covid-19-pourquoi-les-syndicats-enseignants-appellent-a-la-greve-le-13-

      1 cas = fermeture, FFP2 (avec cependant mélange avec chirurgicaux), capteurs CO2, c’est déjà un peu plus précis et tous les syndicats s’étaient mis d’accord là-dessus. Mais évidemment IRL, beaucoup sont pas syndiqués, et c’est pas les mêmes revendications sur les pancartes persos.

    • Oui, mais dans la manif, ceux qui ont les plus grosses pancartes et ceux qui tiennent les mégaphones pour ambiancer la manif, ce sont les syndicats. C’est bien ceux-là que j’ai tous vus avec des slogans au mieux ambivalents.

      Je suspecte que ça pouvait être un peu comme ça pour les premières manifs anti-passe : si tu cherchais sur le webz, tu devais pouvoir trouver des déclarations clairement pro-vaccination mais anti-passe, et une fois sur place, uniquement des slogans ambivalents pour pas fâcher des gens pourtant totalement opposés à ta position.

    • L’exemple, ce serait plutôt les gilets jaunes (ou n’importe quelle mobilisation lycéenne, ou de chômeurs et précaires), il aura fallut que la mobilisation dure pour qu’ils se politisent ("j’arrête BFM").
      Les profs sont de droite, dépolitisés, brisés par des décennies de baffes dans la gueule gouvernementales et de mépris. Les jours de #grève hebdo rituelles coûtent cher pour rien. Il ya moyen de rendre la grève plus coûteuse. Un mot d’ordre commence à circuler : invoquer le #droit_de-retrait le plus tard possible afin que la réponse négative des rectorats (le covid y sévit, ça complique) parvienne après le maximum de jours non travaillés payés.
      Les syndicats peuvent au mieux suivre les luttes réellement existantes (jusqu’à les lâcher quand ils le peuvent).
      On peut spéculer. On ne sait rien de ce que peuvent inventer ceux qui prennent leurs affaires en main avant de l’avoir vu.
      Ce sera d’autant plus le cas si les lycéens entrent dans la danse.

      edit quant aux parents, le gouvernement (comme le syndicat, sorti du ministère sans mot d’ordre d’action) est certain de leur volonté de voir maintenue ouverte la garderie, c’est leur pari, selon Le Monde https://seenthis.net/messages/944095

      #école

    • Je partage ton sentiment arno, comme prof qui passe dans quelques salles des maîtres. Autour de moi, tout le monde est en mode « y’en a marre », ça tape sur Blanquer facilement, ok, mais quand tu creuses un peu t’as l’impression qu’ils ne veulent tout simplement plus qu’on les embête avec un quelconque protocole.
      Entre d’un côté l’équipe soudée qui prend les devants sur le protocole au risque de se faire recadrer par l’inspection, dont l’exigence pousse autour d’elle à la prudence et, de l’autre, le directeur avec masque sous le nez qui en a ras-le-bol de devoir tous les matins contrôler des résultats de tests et qui voudrait juste qu’on lui foute la paix parce que de toute façon y’a du brassage partout etc., entre ces 2 là, il n’y a pas trop de points communs en termes d’approche de la pandémie.

      Tous les motifs de grève qui se bornaient à souligner l’épuisement des personnels, le mépris dont ils sont victimes, la désorganisation dans les écoles, le nombre de protocoles depuis 2020, le fait d’être informés au dernier moment, etc., ouvraient grand les bras à tous les "y’en a marre" de la profession, sans aucune proposition ou exigence sur le plan sanitaire.

      « 1 cas positif = fermeture de la classe », c’est le snuipp qui le demande, pas l’intersyndicale. Même si les demandes de moyens et d’embauches sont absolument nécessaires (de base et encore plus maintenant) je regrette aussi qu’il semble ne pas y avoir de discussions sur le contenu du protocole lui-même.

    • Enseignant et parent d’élève, ayant participé à la petite manif de périgueux jeudi, frustré également par les prises de paroles des syndicats et surtout du traitement médiatique de la mobilisation, je pense quand même que pour les enseignant·es, demander des fermetures de classes par mesure de sécurité, ce n’est pas chose facile, Blanquer ayant méthodiquement fait passer celleux-ci pour des feignasses, et on se rappelle le #prof_bashing lors des précédentes vagues : « comment, alors que les caissières et infirmières sont en première ligne, les profs veulent se la couler douce à télétravailler !?? »

      Dans ma situation de prof, je ne sais que faire car la plupart de mes collègues ne veulent pas entendre parler ni de distanciel (pourtant je suis au lycée), ni même de protocole plus sérieux. Et me mettre en grève ou droit de retrait tout seul ne me satisfait pas.
      Dans ma situation de parent, j’hésite à remettre ma fille de 5ans dans son cluster lundi, mais dans le même temps je n’arrive pas encore à convaincre sa mère de la faire vacciner, et trouver des PCR oraux n’est pas chose aisée.

      bref, je ne sais plus trop quoi faire : le plus simple serait que j’arrête de lire seenthis et que je fasse « comme tout le monde », :P

    • LE truc, c’est que l’immunité «  naturelle  », ce n’est pas juste qu’elle ne marche pas. C’est qu’il y a des configuration où le covid détruit le système immunitaire des infectés.

      Donc, on est bien coincés, là.

      Entre tout le monde qui lâche la rampe en mode «  passer à autre chose  » et ce putain de virus qui n’en finit plus de montrer sa sale gueule couche par couche.

      Ce n’est pas la même chose, mais on a découvert que la sclérose en plaque est causée par le virus de la mononucléose, le virus «  gentil  » que tout le monde chope.

      J’ai l’impression qu’on est des bébés en virologie, en vrai. Et que la contamination de masse est vraiment une idée de merde pour sortir d’une pandémie. Ça va nous faire un nouveau scandale sanitaire massif à retardement.

    • @clementb : Il ne faut rien lâcher quant à la vaccination, c’est une vraie protection, même pour les enfants. Mais la difficulté est d’obtenir un créneau, en ce moment. Et le schéma sera incomplet au plus fort d’Omicron... Donc, l’alternative, ce sont les masques. Faute de FFP2 pédiatriques, la double couche chir+tissu par dessus, c’est presque aussi efficace, et si la gamine le prend au sérieux, ça peut le faire pour passer au travers de l’orage.

      Je suis comme toi. Envie de faire comme tous les autres. Faire comme s’il n’y avait pas des dizaines de milliers de personnes qui en chient, pendant que le reste les ignore, ou pire les méprise. Mais impossible de fermer les yeux pour moi.

      Et pour ta position en tant que prof. Hélas, les profs sont des consommateurs comme les autres, pas de raisons qu’ils soient plus conscientisés, bizarrement, que le reste de la populatoin. Bon courage à toi, pas mieux à dire.

    • Very interesting. The Omicron variant has been known for less than 2 months and in South Africa there are already people getting reinfected with it. It may turn out that pursuing herd immunity through mass infection with an immune-evasive virus that attacks the immune system

      Andrew Sparling @awsparling
      https://twitter.com/awsparling/status/1482055312484020226

      je ne doute pas que bien des échanges sur divers points sanitaires et politiques ont lieu informellement parmi les concernés et iront nourrir les ag et autres réus de lundi.
      vivre et mourir comme des porcs sous l’égide d’une déclaration de Great Barrington rédigée pour partie par une épidémiologiste de zoo, c’est pas fatal.

      aussi écrasés et soumis, aussi « responsables » ("on peut pas arrêter de faire cours"), aussi désireux de déléguer à l’État qu’il servent leur survie soient-ils, il y aura des profs pour prendre les armes (savoirs) disponibles, il se trouvera diverses minorités, parmi eux ou ailleurs pour, finalement, en faire usage. rien n’est joué, il n’y a pas de prédiction possible en la matière : on a jamais su ce qui faisait passer à la révolte, une manière d’apprendre avec d’autres dont on doit bien admettre que chez les profs elle est radicalement dépotentialisée, impuissantée. tout vient du haut, de la transmission entonnoir (mais zut ! la circulaire pour demain est à acheter sur le JDD ah ah ah), Freinet et tous les autres ont perdu parmi eux, à de rares exceptions. et les nouveaux embauchés des dernières années auront fort à faire (car c’est les étrangers aux moeurs de la tribu qui sont les mieux à même d’agir) face à leurs collègues et au syndicat, où c’est en train de se corser puisque des appels ont lieu, que par le bas, de la force va apparaître, là où au sommet, ils se sont couchés comme des chiens devant le mâle dominant.

  • Cuban asylum seekers in Greece ‘forcibly expelled’ to Turkey

    Dozens of Cuban nationals in legal limbo in Turkey after reporting violent and illegal expulsions from Greece.

    At least 30 Cubans, hoping to claim asylum in Europe, were forcibly expelled from Greece to Turkey towards the end of last year, according to interviews conducted by Al Jazeera and rights organisations.

    Al Jazeera spoke to two Cubans who also said that, during their expulsion from Greece, police officers and border guards subjected those they were expelling to #violence.

    Allegations made to Al Jazeera and rights organisations include accounts of forced undressing, beatings, detention without food or water, confiscation of passports, money and other personal belongings, refusal to register asylum claims, and forced water immersion prior to and during the expulsion process.

    Al Jazeera also viewed photos and testimonies of the asylum seekers taken by NGOs on the ground to verify those claims.

    Those expelled now say they are left in limbo in Turkey without identification or access to legal reparations, despite some of them having reported the forced expulsion to the Cuban consulate and Turkish authorities after their arrival.
    ‘Like a nightmare’

    Joel (name changed to protect identity), 38, a doctor from Havana looking to claim asylum in Spain, says he feared being killed during his expulsion from Greece.

    In a video call with Al Jazeera from Istanbul, Joel recounted the two-day ordeal.

    In the early hours of October 29 last year, Joel and two other Cubans crossed into Greece from North Macedonia on a 48-hour journey which had taken them from Havana to Moscow, then to Belgrade, then by bus and on foot across Serbia and North Macedonia.

    Later that day, Joel says all three were removed from a bus travelling from Thessaloniki to Athens by Greek police.

    He recalled being taken to three different detention centres where the trio, as well as other Cubans, Syrians, Afghans and Pakistanis had their belongings taken, and were forced to undress, searched, beaten and detained without food or water.

    “I told the officers I was a doctor from Cuba and was there to seek political asylum. They just looked at me and laughed,” he said.

    After spending the night in detention, the entire group was driven to the forest near the Turkish border.

    Joel recounts they were forced to walk in a line, led by gun-carrying officers wearing balaclavas.

    “I thought we were being taken to be killed,” he said, adding that as they arrived at the Evros River – which marks the border between Greece and Turkey – an officer hit a young man who was brought there fully naked.

    The officer then dragged the man to the river and pushed his head under water, pulling it out only when called out by other officers.

    The group, eight people at a time, was then loaded onto boats manned by plainclothes officers, taken halfway across the river before being made to swim the rest of the way into Turkey by the officers.

    In a testimony given to Border Violence Monitoring Network (BVMN), Joel said the officers in the boat said “When you get to the other side [of the river] you are free, and you can walk towards the light and find the closest village.”
    Stuck in limbo

    Another member of the group, Reniel, who preferred to give only his first name due to fears for his family in Cuba, said the experience was “like a nightmare”.

    The 25-year-old was working in the government tax department before he left Cuba.

    Like Joel, he was living with his family and said it was “impossible” to live an independent life or to exercise political expression in Cuba.

    “Now, I’m worried about being illegal in a country that I didn’t even choose to go to,” Reniel told Al Jazeera during a Skype interview.

    “If I leave [Turkey], which is what they want me to do because I’m not here with [documentation], I could still be punished for it.”

    Reniel said he reported the expulsion to the Cuban consulate in Turkey but claims he was told “the Greek government don’t deport any Cubans”, adding that Greek officers confiscated his passport and did not return it.

    In August 2021, Human Rights Watch reported that there was “mounting evidence that the Greek government has in recent months secretly expelled thousands of migrants trying to reach its shores”.

    HRW said it “reviewed credible footage and interviewed victims and witnesses” describing scenes where authorities forced “people onto small inflatable rescue rafts and sending them back to Turkish waters”.

    However, Greece’s Prime Minister Kyriakos Mitsotakis denied the allegations, telling CNN in an interview: “It has not happened. We’ve been the victims of a significant misinformation campaign.”

    ‘Absurd’ border practices

    The Cubans’ allegations are among numerous reports of a “violent campaign” of pushbacks and expulsions of asylum seekers by Greece, across both its land and sea borders.

    Natalie Gruber, spokesperson for Josoor, an organisation supporting survivors of pushbacks in Turkey, and BVMN member, said these latest alleged expulsions demonstrate the “absurd” nature of current border practices.

    “We can’t speak of pushbacks any more when a state systematically disappears people into another country they had never set foot in before,” said Gruber.

    “This practice constitutes grave violations of numerous laws, including arbitrary detention, violations of the principle of non-refoulement violence amounting to torture … [and yet] has become a pillar of the European border regime.”

    Joel and Reniel know of “at least 30″ Cubans in a similar situation in Turkey. Testimonies of seven Cubans taken by Josoor also revealed a similar number of Cubans in Turkey who say they were expelled by Greece.

    Corinne Linnecar, advocacy manager at Mobile Info Team, a refugee support organisation in Greece, explained that these practices are exacerbated by challenges in accessing asylum in Greece.

    “There is currently no access to asylum for the majority of people on mainland Greece, Crete and Rhodes,” said Linnecar.

    “This forces people to remain undocumented and destitute and leaves them at increased risk of being illegally and forcibly expelled to Turkey at the hands of Greek authorities.”

    Linnecar added that while asylum seekers who did not arrive via the island hotspots could previously register themselves through a government-run Skype system, this was suspended in late November last year with no clear information on a replacement system.

    “The only Reception and Identification Centre currently on mainland Greece is a closed site in the Evros region with a mandatory 25-day detention period.”

    A spokesperson for the Greek Migration Ministry told Al Jazeera that “all people arriving irregularly to Greece can apply for asylum”.

    “Asylum seekers should report to the existing reception centres operating at border points to register on arrival to Greek territory, as required by law,” the spokesperson added.

    The ministry said a “small number” of Cubans have arrived in Greece in recent months but said it “strongly denies any allegations that persons entering Greece have been expulse [sic] in any way”.
    ‘No freedom of expression’

    Despite their situation, Joel and Reniel said they would not return to Cuba, pointing to the economic instability and the political environment as reasons for leaving.

    “It’s impossible to find affordable rent to become independent,” said Reniel. “There is no freedom of expression … I couldn’t speak out publicly … I felt like I couldn’t really take it any more.”

    Joel said he expects he would be punished if he were to return to Cuba.

    Cuba has reportedly been facing its worst economic crisis since the fall of the Soviet Union, with the pandemic and US sanctions intensifying challenges.

    After the economy shrank almost 11 percent in 2020, and imports of food, medicines and consumer goods slumped, public outcry spilled over into rare protests in July.

    These were met with a subsequent government crackdown, in which at least one person was killed and more than 1,150 arrested.

    Charlie Martel, a visiting assistant professor at the University of Maryland Carey School of Law, cited government “repression” and “friction” as reasons behind Cubans seeking asylum in Europe and the United States.

    Martel added that the Trump-era “Remain in Mexico” policy, which US President Joe Biden was forced to reinstate by a court order, along with the effects of a pandemic-related policy known as Title 42, has made access to asylum in the US increasingly dangerous and exclusionary.

    “Because of that, you’re seeing more asylum seekers, who have resources, resort to going to different places, or coming into the US in different ways,” he said.

    “These desperate people are going to continue to seek refuge in any way that they can.”

    For Reniel, he was just looking for “a better life”.

    “When you try to do something like this, leave your country and find a better life, sometimes you think they could catch us. But you never imagine that something like this would happen.”

    https://www.aljazeera.com/news/2022/1/10/like-a-nightmare-cubans-allege-expulsions-to-turkey
    #réfugiés_cubains #asile #migrations #réfugiés #Turquie #Grèce #refoulement #push-backs #limbe

    –-

    en 2014, Alberto et moi avions rencontré des réfugiés cubains en #Serbie :


    https://seenthis.net/messages/570326
    https://seenthis.net/messages/570326

  • #Thessalonique : rassemblement en solidarité avec les personnes arrêtées lors de l’expulsion de la nouvelle occupation.
    https://fr.squat.net/2022/01/12/thessalonique-rassemblement-en-solidarite-avec-les-personnes-arretees-lors

    Au petit matin du mercredi 12 janvier à 5h45, une fois de plus, des flics cagoulés s’approchent de l’espace occupé le lundi 10 janvier en solidarité avec l’expulsion du steki dans le bâtiment de Biologie (expulsion qui a eu lieu le jour du nouvel an), alors qu’au même moment des véhicules de police sont garés […]

    #expulsion #Grèce #ouverture #prison #procès #steki_Biologica #Tameio #Terra_Incognita

  • En #Grèce, sur l’île d’Eubée dévastée par le feu, les habitants survivent dans un décor d’apocalypse

    Par Marina Rafenberg (Limni, envoyée spéciale) // photographies d’Enri Canaj
    Publié le 09 janvier 2022 à 01h56 - Mis à jour le 09 janvier 2022 à 15h30

    REPORTAGE

    En août 2021, plus de 50 000 hectares de l’île ont été anéantis par des #incendies. La plupart des aides promises par l’Etat grec se font toujours attendre, fragilisant les espoirs de reconstruction.

    Sur la route sinueuse qui mène à Limni, petite ville balnéaire du nord de l’île grecque d’Eubée, la pluie ruisselle sur les collines décharnées et les carcasses d’arbres brûlées, souvenirs d’un été cauchemardesque où le feu a détruit plus de 50 000 hectares. La terre a toujours la couleur du charbon mais sa consistance est boueuse. Le brouillard enveloppe le paysage de désolation où la nature est loin d’avoir repris ses droits. Des mules qui transportent des troncs entiers apparaissent dans la pénombre d’une soirée froide de novembre.

    La scène semble être sortie d’un film en noir et blanc du réalisateur grec Theo Angelopoulos. Avec le bruit des tronçonneuses, les poils se dressent. « Attention, c’est parti ! », s’exclament Dimitris Stamoulis et son ami Yannis. Perchés sur les hauteurs d’une falaise, les deux acolytes lancent une grume de bois vers le précipice. La terre tremble légè­rement. Plus bas, des collègues récupèrent les rondins pour construire des digues.

    Dans cette région dévastée en août par les flammes, les habitants craignent désormais de subir de fortes inondations et des éboulements de terrain. « Maintenant que les arbres ne sont plus là pour retenir les pluies, il y a un grand risque d’une nouvelle catastrophe, explique le trentenaire Dimitris Stamoulis, ­casquette sur la tête et barbe ébouriffée. On a évité qu’il y ait des morts sur l’île cet été. Mais au­jour­d’hui on craint d’enterrer du monde si les travaux anti-inondations n’avancent pas assez vite. »

    L’Etat a débloqué 24 millions d’euros, et 33 coopératives forestières, soit 600 personnes, s’affairent dans toute la région pour couper les arbres, installer des digues et des barrages. La plupart des ouvriers viennent du nord de la Grèce. Mais certains, comme Dimitris Stamoulis, sont des résiniers, au chômage depuis les flammes de l’été.

    Comme lui, environ 1 500 personnes vivaient de la résine du pin à Eubée. Elle sert à fabriquer des colles industrielles, des cosmétiques, de la peinture, ou le retsina, vin traditionnel grec. Jusqu’en 2020, sur les 6 500 tonnes produites dans toute la Grèce, 5 500 provenaient d’Eubée. L’exploitation de la résine apportait à l’île environ 5,5 millions d’euros de revenus chaque année. Une manne financière aujourd’hui disparue.

    « 35 % de la population est actuellement au chômage, constate, exaspéré, le maire de Limni, Giorgos Tsapourniotis. Nous attendons encore les aides de l’Etat… Malheureusement, nous sommes en Grèce et la bureaucratie ralentit tout le processus. » Le gouvernement s’est pourtant engagé à dépenser 500 millions d’euros, soit 0,3 % du PIB nominal, pour l’indemnisation, la restauration et la reconstruction. Des aides allant jusqu’à 8 000 euros ont été promises aux agriculteurs et aux entreprises ­touchés. Mais ils sont encore nombreux à les attendre.

    Emplois perdus

    Dans cette région de l’île, 300 maisons, une trentaine d’entreprises, plus de 300 bêtes et un millier de ruches ont brûlé, selon les estimations que le maire a dressées auprès des autorités. Station balnéaire un peu désuète de 2 000 âmes, Limni vivait du tourisme, et l’arrière-pays des terres agricoles et de la résine. Les maisons néoclassiques du petit port ont été épargnées mais sur les ­hauteurs quelques pins et bâtiments ont été attaqués par les flammes.

    Certains craignent que les touristes ne reviennent pas de sitôt. Giorgos Tsapourniotis redoute aussi l’exode des plus jeunes vers les villes : « Pour le moment, peu de familles sont ­parties, mais jusqu’à quand ? Tout le monde sait que si la situation ne s’améliore pas, il faudra envisager l’exil. Même si beaucoup d’habitants éprouvent un grand amour pour leurs terres et ne veulent pas s’y résoudre. »

    Dimitris Stamoulis, père d’un fils de 5 ans, a déjà fait l’expérience de la ville. En 2012, il avait quitté son ­village, Myrtias, situé à 5 kilomètres de Limni, pour Athènes, où il s’était reconverti en chauffeur de taxi. La crise sanitaire a eu raison de ses rêves de citadin. Début 2020, il est revenu dans son hameau, où « l’air était pur et la vue reposante ». Mais les flammes ont anéanti ses projets de résinier passionné, et son verger qu’il aimait tant. Il doit de nouveau trouver un autre métier.

    « Il faudra une trentaine d’années pour que les pins puissent repousser et être de nouveau exploitables. Je dois subvenir aux besoins de ma famille. C’est pourquoi j’ai accepté d’intégrer un programme de l’Etat qui, pendant sept ans, me permet de travailler à nettoyer les bois et à replanter des pins. » Un nouveau contrat qui lui rapporte 788 euros net par mois. Avec la collecte de résine, son salaire atteignait environ 1 000 euros net par mois. « Le travail avec les pins, c’est fini. C’est avec regret que je quitte ce métier. Je l’ai aimé, il me ­rapportait bien mais je n’ai plus le choix… Et je ne veux pas retenter une nouvelle aventure en ville », note-t-il avec amertume.

    Le père de Dimitris Stamoulis, Zisimos, travaillait lui aussi dans la résine. Dans les années 1980, 3 500 résiniers habitaient le nord de l’île. Au début des années 2000, une soixantaine d’enfants étaient encore inscrits à l’école du village. Elle n’existe plus. « Nos campagnes se désertifient. Le drame de cet été ne va évidemment pas améliorer cette tendance », soupire Zisimos Stamoulis dans son jardin bien entretenu, à Myrtias.

    Outre les emplois perdus et la nature réduite en cendres, le sexagénaire s’inquiète de la subsistance au quotidien. « L’hiver est rude dans le nord d’Eubée. Il nous faut des tonnes de branchages pour nous chauffer. D’ici trois ans, les bois saccagés ne pourront plus être utilisés. Va-t-on devoir acheter du pétrole ? Et donc dépenser près de 3 000 euros par an ? Personne ici n’en a les moyens. »

    A une dizaine de kilomètres de Myrtias, dans le village de Strofilia, un autre résinier broie du noir. Par des températures glaciales, cloîtré dans son garage près d’un poêle, Kostas Chatzis, 62 ans, se désole : « Notre métier va disparaître. » Blotti à ses pieds, son chihuahua, Rouf, n’avait pas l’habitude de passer autant de temps avec lui. D’ordinaire, dès l’aube, son maître était au travail. « Depuis trente-deux ans, après la fermeture des mines de pierre ponce de Limni, j’arpentais cette pinède qui a disparu en quelques minutes », raconte-t-il, emmitouflé dans son blouson.

    Pendant des années, il a entretenu la forêt, et percevait pour cela une aide de l’Etat. Ses deux fils sont aussi résiniers. Jusqu’à la fin des années 1990, peu de feux survenaient dans cette zone, affirme-t-il. « Le changement climatique est indéniable. Quand on vit si près de la nature, on le voit concrètement. Mais, dans les événements survenus cet été, il y a d’autres responsabilités. Pendant une décennie, les plans d’austérité ont laminé les moyens des pompiers, des gardes forestiers… »

    Kostas Chatzis dénonce aussi le manque de réaction des secours : « Ils ont laissé les forêts partir en fumée… Pendant trois jours, les Canadair étaient déployés dans le nord d’Athènes où un autre incendie s’était déclaré. Dans les alentours, les jeunes luttaient seuls contre les flammes pour protéger en priorité les maisons. » Ce n’est qu’au bout de dix jours, grâce au Mécanisme européen de protection civile, que les pompiers grecs et plus de 1 000 soldats du feu européens arrivés avec 230 véhicules et 9 avions ont réussi à maîtriser les différents incendies du pays, dont ceux d’Eubée.

    Pour autant, le dynamique sexagénaire ne veut pas se laisser abattre : « Il faudra du temps, plusieurs générations vont subir les conséquences de cette tragédie. Mais le vert va refaire partie de nos vies. » Il sait déjà ­comment faire face : « Il y a quelques années, j’avais investi dans 800 figuiers qui n’ont pas tous brûlé. Je vais développer un business de fruits secs et pousser mes fils sur cette voie. »

    Aides au compte-gouttes

    D’après l’Observatoire national d’Athènes (l’institut qui fait le relevé des catastrophes naturelles), le nombre de feux en Grèce en 2021 a augmenté de 26 % par rapport à 2020, et la superficie carbonisée a bondi de 450 %. Sous l’effet d’une vague de chaleur exceptionnelle, avec une canicule qui a duré plus de dix jours, les incendies ont été particulièrement violents et nombreux au mois d’août.

    Les autorités locales ont dénoncé le manque de pompiers, de moyens aériens, et de prévention. Durant la crise économique, le budget alloué aux brigades du feu est passé de 452 millions d’euros, en 2009, à 354 millions, en 2017, et n’a pas été suffisamment revalorisé depuis. En juin, deux mois avant les feux, le gouvernement avait promis d’investir près de 1,7 milliard d’euros pour lutter contre les incendies, grâce à des fonds européens et à la Banque européenne d’investissement.

    Le nombre de gardes forestiers a lui aussi été réduit dans tout le pays, passant de 1 200 à 500 en dix ans, selon l’Union nationale des employés des services forestiers. Des problèmes de gestion des forêts se posent aussi depuis des décennies : le débroussaillage des champs et l’élagage des arbres se font trop rares, les chemins d’accès pour les pompiers et les citernes dans les forêts sont quasi inexistants, et des cartes forestières ­précises manquent.

    A la sortie de la commune de Strofilia, au croisement de plusieurs routes, des agriculteurs sont réunis devant un conteneur blanc. Ce centre de lutte et de solidarité pour les victimes des incendies a été mis en place après les feux pour récolter des vivres, des médicaments et du foin pour les animaux.

    Autour de Babis Tsivikas, représentant du syndicat des agriculteurs d’Eubée, les plaintes fusent lors de cette réunion informelle, mi-novembre. « Pourquoi le premier ministre met-il tant de temps à venir sur place ? », lance un jeune résinier en chemise à carreaux. « Quand allons-nous recevoir l’argent promis ? », enchaîne un apiculteur aux traits tirés et à la barbe de plusieurs jours. « Où sont les représentants du ministère de l’agriculture ? », continue un éleveur quadragénaire à la carrure imposante.

    Le premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, est venu constater les dégâts le 14 décembre 2021. Accueilli à Istiaia par des manifestants énervés, vite écartés par des forces antiémeutes, il a annoncé la construction d’une nouvelle route afin de désenclaver la région, la mise en place d’une plate-forme, « Eubée après », sur laquelle tous les citoyens pourront faire leurs propositions pour aider à la reconstruction, et ­réitéré la promesse de dédommagements aux victimes.

    Devant une assemblée d’habitants d’Istiaia et de l’ensemble de la région, il a fait son mea culpa : « Le mois d’août a été traumatisant pour tout le monde, en premier lieu pour vous, car vous avez été confrontés à une immense catastrophe naturelle et écologique. C’était aussi une période très difficile pour nous. Des efforts immenses ont été déployés pour faire face à cet incendie. Mais nous n’y sommes pas parvenus. Je suis très honnête, je l’ai dit au Parlement, je le répète ici, malheureusement, ce feu nous a dépassés. »

    Un aveu qui n’apaise pas la colère. « Les agriculteurs, les professionnels du tourisme, tous les secteurs ont été touchés et n’ont pour l’instant reçu que des aides infimes, s’agace le syndicaliste Babis Tsivikas, assis sur une chaise en plastique devant la caravane blanche de Strofilia. Même les personnes qui ont perdu leurs maisons n’ont reçu que 2 000 ou 3 000 euros ! »

    Un responsable chargé de la reconstruction pour Eubée a été nommé par le gouvernement conservateur. « Il nous parle de master plan, d’investissements d’avenir, de construction de groupes hôteliers, d’éoliennes et de panneaux solaires, poursuit le trentenaire. Ils veulent qu’on devienne tous des entrepreneurs et, bien sûr, qu’un musée des résiniers soit créé pour que les futures géné­rations se souviennent du métier de leurs ancêtres. Nous sommes dans une situation ­tragicomique, mais nous n’avons pas envie de rire. »

    Installé à sa droite sur un tabouret, sirotant un verre de tsipouro, eau-de-vie traditionnelle, Giorgos Kedris ne mâche pas non plus ses mots. Sur les 1 200 oliviers qu’il possédait, seule la moitié va redevenir productive dans cinq ou six ans. Son champ est désormais rempli d’arbres aux branches dorées ou grisâtres, certains ont été déracinés. « Le ministère de l’agriculture donne 16 euros de dédommagement pour un olivier abîmé, mais rien que pour le planter, l’entretenir, l’arroser, ce n’est pas suffisant, ils se moquent de nous », s’énerve le cultivateur aux cheveux poivre et sel.

    Kostas Papagelis, apiculteur, arrive en pick-up gris au point de réunion. Il revient de Chalkida, à près de deux heures de route, où il a relocalisé les 50 ruches sauvées des flammes sur la centaine qu’il possédait autour de Strofilia. Le nord d’Eubée était parmi les régions grecques les plus prisées des apiculteurs en raison de son microclimat, sa biodiversité et ses forêts de pins préservées qui offraient des ­conditions idéales à la production d’un miel recherché.

    Environ 2 500 apiculteurs y exerçaient, et environ 40 % du miel de pin grec était produit sur l’île. « A Chalkida, au moins, il reste des fleurs à butiner, explique-t-il. La seule aide que ­j’obtiens provient de citoyens qui nous envoient des caisses de nourriture – des sirops et du pain de sucre – pour les abeilles. Je les en remercie mais c’est une goutte d’eau pour mes reines assoiffées ! »

    Recours au privé

    Prairies fertiles, vallées abondantes, Eubée, dont le nom signifie « bon bétail » en grec ancien, était aussi idyllique pour l’élevage. Dans le nord, des milliers d’éleveurs s’étaient installés sur ses terres riches, depuis des générations. Dans le village perché de Kourkouli, Vassilis Christodoulou a réussi à ­sauver 120 chèvres et moutons sur les 600 bêtes de son troupeau. Président de la commune de 200 habitants, il dit ne plus rien attendre du gouvernement. Il souhaiterait mettre en place une coopérative des éleveurs, éviter les intermédiaires et vendre à un meilleur prix la viande et le lait.

    Le quadragénaire a fait appel à la fondation Stavros Niarchos, du nom du célèbre armateur mort en 1996. « Puisque l’Etat n’est pas efficace, nous devons nous tourner vers le privé, estime Vassilis Christodoulou dans un café du village. La fondation est venue nous rendre visite avec un ingénieur agronome, un avocat, un comptable pour nous conseiller et proposer des projets concrets. »

    A une dizaine de kilomètres, au bout d’un chemin cabossé, dans le vallon de Kechries, Aris Tsoupros, 60 ans, serait partant pour la mise en place d’une coopérative. « Nous vendons notre lait 80 centimes alors que dans d’autres régions il est à 1,20 euro : pourquoi ? Il faut trouver une solution ! »

    Cet été, il a perdu 20 chèvres, il lui reste encore une cinquantaine de moutons. « Le ministère de l’agriculture propose 35 euros de dédommagement par bête, mais il faut compter près de 100 euros pour en racheter une. » Son fils, qui a perdu la moitié de son troupeau de 40 moutons, a déménagé à Athènes. « Il est parti mais moi, à mon âge, je ne vais pas refaire ma vie, lance-t-il. Je vais rester ici et me battre pour ma terre. »

    Alors, avec des amis et sous l’œil de Garyfallia, sa mère de 80 ans, Aris Tsoupros rebâtit un hangar, avant la naissance des agneaux qui approche. La retraitée mène à la baguette son fils, qui l’appelle ­ « l’architecte », mais elle prend aussi le temps de caresser le sanglier de 4 ans qu’elle a adopté. « Nous avons perdu des chevreaux, leurs fantômes nous hantent encore mais la vie reprend le dessus, assure la vieille femme. J’ai connu la guerre, la dictature, cette épreuve ne doit pas nous effrayer, nous allons retrouver nos collines verdoyantes. »

    A l’entrée d’un village désert, Thanassis Livadias, un marin qui a navigué sur toutes les mers du monde, avait nommé le restaurant qu’il avait ouvert à sa retraite Paradiso. « C’était pour moi l’endroit sur terre où je me sentais le mieux, mon jardin d’Eden, témoigne-t-il, ému. Les pins, les oliviers, les vergers, la flore et la faune si riches… Il ne reste rien. Désormais, nous nous regardons les uns les autres en nous demandons de quoi notre avenir sera fait… »

    A l’orée des bois, pourtant, il a trouvé il y a quelques jours des cyclamens et des repousses d’arbustes. Le soleil perce les nuages et la luminosité redonne des couleurs chatoyantes à la campagne. « Ça doit être le signe ­qu’Eubée va renaître. Malgré ma tristesse, je veux y croire. »

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2022/01/09/en-grece-la-difficile-reconstruction-de-l-ile-d-eubee-apres-les-incendies-de

  • « La politisation par Macron de la gestion de la crise sanitaire n’est pas sans danger »


    Manifestation contre le passe vaccinal, à Nantes, le 8 janvier 2022. STEPHANE MAHE / REUTERS

    Le président de la République n’appréhende plus seulement le #Covid-19 comme un fléau à combattre. Plus l’élection présidentielle approche, plus il l’utilise comme une arme à fragmentation, au risque d’essuyer un puissant tir de riposte.

    Chronique. La fulgurante propagation du variant Omicron du SARS-CoV-2 a rallumé le spectre d’une élection présidentielle sous Covid-19. Il faut donc saluer l’initiative du premier ministre, Jean Castex, de réunir, mardi 11 janvier, les chefs des partis politiques ainsi que les candidats déclarés à la présidentielle pour tenter de définir des règles communes susceptibles de sauver la campagne.

    Alors que le droit constitutionnel protège la liberté de réunion, certains candidats ont choisi d’annuler ou de reporter leurs meetings de janvier. D’autres préfèrent, au contraire, les maintenir en imposant des jauges, en distribuant des masques #FFP2 ou en demandant à l’entrée le passe sanitaire. Une harmonisation est souhaitable, de même qu’un minimum d’entente autour de la façon dont va se dérouler l’élection des 10 et 24 avril sur laquelle plane le spectre de l’#abstention après les records enregistrés aux élections municipales de 2020 et régionales de 2021.

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    Cette quête de rassemblement dans un nouveau moment difficile pour le pays ne doit cependant pas faire illusion. A quatre-vingt-dix jours du scrutin présidentiel, le verni de l’unité a définitivement volé en éclats et l’exécutif n’y est pas pour rien. Il agit désormais comme si le virus était devenu un objet politique à part entière. Il ne l’appréhende plus seulement comme le fléau à combattre en unissant les forces. Il l’utilise au contraire comme une arme à fragmentation, un levier pour refaçonner l’imaginaire politique et structurer un nouveau clivage susceptible de piéger ses adversaires.

    Deux leviers

    Les déclarations fracassantes du président de la République, qui a assuré, mardi 4 janvier dans un entretien au Parisien, vouloir « emmerder » les non-vaccinés, ont fait entrer la lutte contre le Covid-19 dans une nouvelle dimension, beaucoup plus politique et polémique. C’est pourquoi il ne faut plus seulement évoquer les risques d’une campagne présidentielle sous Covid-19. Il faut aussi s’interroger sur les problèmes que soulève la gestion d’une épidémie sous emprise électorale.

    Un gros danger menaçait l’exécutif en ce début d’année : que le quinquennat finissant devienne le symbole de l’impuissance à cause des facéties d’un virus qui ne cesse depuis deux ans de surgir, de disparaître puis de resurgir sous des formes toujours différentes et plus ou moins résistantes aux vaccins. Pour peu que l’accusation soit formulée, relayée puis ancrée dans les esprits, l’enlisement menaçait et, avec lui, le risque du coup de balai, sur fond de déprime collective.

    Pour déjouer le piège, le président de la République a activé deux leviers : il a survalorisé une arme qui n’existait pas il y a deux ans et qui, quoique imparfaite, donne des résultats suffisamment probants pour être brandie. Il a désigné un bouc émissaire pour trouver un exutoire à la colère d’une partie de la population, les soignants notamment qui vivent sur la brèche depuis deux ans. C’est ainsi que la vaccination a été portée aux nues et les 8 % de non-vaccinés [médouqueçasort !elle confond avec le taux parmi les soignants ? ndc] désignés comme les grands coupables, au point d’être quasi ostracisés par cette phrase présidentielle : « Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. »

    Tout dans l’offensive présidentielle, y compris ce « Eh bien là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder », a été calculé pour faire du bruit, créer une disruption et tenter de faire bouger les lignes. Qu’importe que les non-vaccinés aient retrouvé, samedi 8 janvier dans les rues de la capitale et d’ailleurs, un sursaut de mobilisation en criant en retour : « Macron, Macron, on t’emmerde ! », ils restent ultra-minoritaires. Leur vote était de toute façon perdu d’avance pour le camp présidentiel.

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    L’important pour le chef de l’Etat était de créer une sorte de fait majoritaire en mettant symboliquement derrière lui les 92 % de Français déjà vaccinés [mais zut alors ! c’est 74,5 %, ndc] . Ce faisant, il oblige tous ceux qui biaisent avec le passe sanitaire à clarifier leur position et à choisir leur camp en fonction d’une ligne de démarcation qu’il a lui même tracée.

    L’offensive ne s’arrête pas là : en mettant au cœur de la vaccination la question des droits et des devoirs face à Jean-Luc Mélenchon ou à Marine Le Pen devenus les plus farouches défenseurs de la liberté individuelle, Emmanuel Macron a entrepris un autre « bougé » : il n’est plus le « libéral » de 2017 à l’aise avec les différences. Il est le républicain de plus en plus autoritaire qui plaide désormais que « les devoirs valent avant les droits ». Une évolution là encore destinée à marginaliser deux de ses opposants, qu’il repousse dans le camp des libertariens.

    Une faille existe

    Cette politisation de la gestion de la crise sanitaire n’est évidemment pas sans danger. Elle ne sera tolérée par les Français que pour autant qu’elle colle totalement à l’objectif final, qui est d’en finir au plus vite avec le virus. Or, si la vaccination apparaît bien aujourd’hui comme la meilleure parade, elle ne garantit pas pour autant la fin rapide des contaminations. En attendant, toutes les victimes de l’offensive présidentielle – la gauche, la droite et l’extrême droite – vont tenter de nourrir un puissant tir de riposte contre ce président presque candidat qui tente de les soumettre.

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    Une faille existe dans la gestion actuelle de la crise sanitaire : l’école, qu’Emmanuel Macron se vante d’avoir maintenue ouverte quand beaucoup d’autres pays la tenaient fermée. Elle est cependant devenue l’épicentre de toutes les difficultés : manque de personnel encadrant, insuffisance des équipements, lassitude des familles soumises au parcours du combattant des tests réalisés dans des conditions insatisfaisantes parce que les centres de dépistage ne sont pas suffisamment nombreux. Une #grève est prévue, jeudi 13 janvier, à l’appel de tous les syndicats de l’éducation nationale. Gageons qu’elle sera l’occasion d’une contre-offensive politique en règle.
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/01/11/la-politisation-par-macron-de-la-gestion-de-la-crise-sanitaire-n-est-pas-san

    cliffhanger sur une présidentielle qui tend à passer à l’as : il va falloir inventer autre chose que la fixette sur les non vaccinés, sinon ce sera un Pécresse / Le Pen

    #présidentielle

    • quelle belle éducation, Ellen Queen Of The Bouse @EllenAgreaux
      https://twitter.com/EllenAgreaux/status/1481153383608246272

      2020 : tkt t’arrête pas de vivre les vieux sont en âge de clamser
      2021 : allez hop là la jeunesse d’abord mon ptit on reprend les cours de sport en salle
      2022 : mais je comprends ton copain t’y étais attaché mais bon il était faiiiible hein

      c’est prometteur dites donc ça va nous faire une super unitay nationaleuh hein. juste on est en droit de demander si le projet c’est d’élever des humains ou des bêtes sauvages. histoire d’avoir le temps de se planquer, sait-on jamais que vous leur appreniez à nous buter, là.

      Jean-Michel Blanquer, un ministre de l’éducation pris dans la tempête Omicron
      https://justpaste.it/5jtdu

      l’intervention de Jean Castex a été perçue comme un camouflet cinglant à l’égard du ministre. « Après une semaine de cacophonie et de pénurie, Jean-Michel Blanquer est désavoué en direct par son premier ministre. La France a-t-elle encore un ministre de l’éducation nationale ? » (...) Depuis le début de la crise liée au Covid-19, il a eu maille à partir avec les tenants d’une ligne dure sur le plan sanitaire [quoi que cela veuille dire... ndc], que ce soit le ministre de la santé, Olivier Véran, ou les locataires successifs de Matignon, Edouard Philippe et Jean Castex. (...) A la case bilan, le ministre se targue du dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire. « Les mesures les plus sociales du quinquennat viennent de ce ministère », a-t-il récemment vanté auprès d’un proche. A son débit, les voix critiques rappellent que le niveau des élèves en mathématiques s’est effondré pour les élèves de CM1 et de 4e, comme l’a révélé l’enquête Timss en 2020.

      #école

  • Extinction de #vote ?
    https://laviedesidees.fr/Extinction-de-vote.html

    Les #élections qui ont eu lieu en France en 2021 ont frappé les esprits par leur taux d’abstention record. Qu’en penser à l’approche des élections présidentielle et législatives ? Un nouveau volume de la collection Vie des idées / Puf fait le point sur la question : démobilisation, ou reconfiguration de la citoyenneté ?

    #Politique #démocratie