• Grève à la clinique Floréal de Bagnolet – Sortant du village
    https://sortantduvillage.info/2022/11/23/greve-a-la-clinique-fleoral-de-bagnolet

    Grève à la clinique Floréal de Bagnolet
    23 novembre 2022

    Mise à jour du jeudi 1er décembre
    Neuvième jour de grève.

    La stratégie définie par les grévistes consiste à limiter la négociation autour de la hausse de salaire, sachant que toutes les irrégularités repérées par la fédération CGT des hôpitaux privés sont dores et déjà traitées en amont, à l’échelle du groupe ALMAVIVA, voire de la branche professionnelle.

    La direction de la clinique Floréal joue en permanence la diversion. Lors des négociations locales, la revendication salariale des salarié·es de la clinique Floréal de Bagnolet est évacuée. ALMAVIVA ne propose que des mesures qui ne sont rien d’autre que des mises en conformité avec la loi qui n’étaient jusque-là pas appliquées : rectification des cotisations de la prévoyance au taux correct (alors qu’il y avait sur-cotation), payement des primes d’urgences (qui n’ont jamais été versées), avenant 32, etc.

    À la liste des contentieux qu’il faudra régulariser, les salarié·es ont repéré avec les représentants de la fédération CGT que les astreintes, qui doivent normalement être payée à 200 %, sont systématiquement dédommagées sous forme de récupération de temps de travail .
    Pour se donner la niaque nécessaire contre le patron et le froid, on met la sono à fond et on danse.

    Hier soir, jeudi 30 novembre, la délégation est montée pour une nouvelle négociation vers 17 heures. La durée des rencontres est désormais beaucoup plus courte. Moins d’une heure après, les délégué·es sont de retour pour restituer les nouvelles propositions de la direction : le montant de 40 €, correspondant à celui de la prime, est annoncé pour la première fois. Cette prime de flexibilité ne sera versée qu’aux salarié·es en CDI, présents dans l’entreprise depuis au moins 3 ans. De plus, la direction laisse filer l’information selon laquelle l’ARS aurait refusé une partie des réquisitions demandées et fait appel au professionnalisme – de façon culpabilisante – pour mettre en place un service minimum à partir du lendemain.

    La consternation est totale dans l’assemblée.

    Après un débat animé, la décision est prise de remonter immédiatement pour faire savoir que les grévistes reconduisent la grève jusqu’au lendemain matin et que les salarié·es prendront une décision en AG à ce moment-là.

    Ce matin, donc l’AG vote à l’unanimité le rejet de la mise en place du service minimum et la reconduction de la grève jusqu’au lendemain (vendredi 2 décembre), même heure, pour une nouvelle AG.

    À suivre !

    #revendications_salariales #grève #santé #hôpitaux #mouvement_social #Clinique_Floréal_Bagnolet #groupe_Almaviva_Santé #réquisitions

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    Mise à jour du samedi 26 novembre 2022

    Point d’étape
    Contrairement aux menaces de jeudi, il n’y a donc pas eu de fermeture pendant le week-end. De toute façon, avec les 40 réquisitions gracieusement octroyées vendredi par la préfecture, le fonctionnement ordinaire de la clinique Floréal est loin d’être compromis.

    Après trois jours de grève, la direction de la clinique n’a guère avancé. Vendredi soir elle s‘est contentée de proposer des ajustements qui ne dérogent en rien au droit commun conquis par la convention collective de l’hospitalisation privée : le fameux « avenant 32 ».

    Les autres propositions concernent, pour l’essentiel, des primes, lesquelles sont par définition non pérennes. De plus elles ne répondent en rien aux demandes des salarié·es : la prime de flexibilité, comme le nom l’indique, contribue directement aux dégradation de conditions de travail quant à la prime d’intéressement, il s’agit d’une participation aux résultats de l’entreprise. Autant dire que l’employeur garde la main sur le montage comptable de cet hypothétique partage du profit de l’entreprise.

    Enfin, dernières propositions de la direction : une promesse concernant la refonte de la grille des salaires.

    Les salarié·es de la clinique Floréal de Bagnolet ne veulent pas des promesses ni des propositions humiliantes ou dérisoires. La revendication est d’une extrême simplicité : la revalorisation de tous les salaires de 200 €.

    Après trois heures de négociation, vendredi soir, la direction du groupe ALMAVIVA de la clinique Floréal de Bagnolet a louvoyé sans répondre à cette revendication.

    Les salarié·es ont donc décidé de reconduire la grève.

    Prêt·es pour le piquet de grève, dès lundi, 9 heures !

    #Grève #Clinique_Floréal_Bagnolet #Groupe_ALMAVIVA #revendications_salariales #Santé

  • C’est parti pour un 4e jour de grève à la clinique Floréal de Bagnolet :

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    Mise à jour du vendredi 25 novembre 2022

    Ce matin, ce sont pas moins de 40 salarié·es grévistes qui ont été réquisitionné·es sur 4 jours à la clinique Floréal de Bagnolet ! Après l’épisode de la contre offensive de l’État dans le secteur des carburants de cet automne, la stratégie pour s’opposer au droit de grève par la réquisition semble se généraliser.

    D’après ce qui a été recensé par les salarié·es, ces réquisitions ne sont pas du tout organisées pour répondre aux nécessités du maintien des urgences. Elles sont bien souvent incohérentes du point de vue de la logique de l’organisation classique du travail. Sur certains secteurs les agents sont en sureffectifs, dans d’autres cas, les effectifs ne permettent pas un fonctionnement normal. L’objectif est clairement de casser le mouvement de grève.

    Contrairement à ce qui avait été annoncé hier, il n’y aura pas de fermeture de la clinique ce week-end.

    Les grévistes ont obtenu un rendez-vous pour une négociation ce jour même à 15 heures.

    Suite au courrier envoyée par la fédération CGT des hôpitaux privés à la direction du groupe Almaviva, faisant état d’irrégularités constatées sur les fiches de paie (sur-cotisation sur la prévoyance et non versement de la prime d’urgence), la direction de la clinique Floréal de Bagnolet, a fait savoir aux salarié·es qu’un rectificatif serait effectué pour se mettre en conformité. Les salarié·es sont en droit d’obtenir un versement avec effet rétroactif sur 3 mois.

    Les médecins, qui ne sont pas salariés car la plupart exercent en libéral dans la clinique, ont affirmé leur solidarité avec les salarié·es grévistes.

    Après plus de trois heures de négociation, la délégation expose aux grévistes l’essentiel des propositions de la direction :

    Application de l’avenant 32 (qui est une obligation)
    Mise en place d’une prime de flexibilité
    Mise en place d’une prime de participation
    Mise en place d’une hypothétique révision de la grille des salaires

    Les primes, par définition, ne sont nullement pérennes.La participation est obligatoirement liée à un résultat positif sur le compte d’exploitation, or tout porte à penser qu’il ne le sera pas à la clinique Floréal, notamment en raison des nécessité d’investissements.

    La demande d’une revalorisation salariale de 200 € n’est absolument pas prise en compte. Les salarié·es présent·es votent à l’unanimité la poursuite de la grève. Les autres salarié·es seront contactés dans la soirée pour les consulter afin de confirme ou d’infirmer ce vote.

    A suivre !
    Tract_25_novembre_2022Télécharger

    #revendications_salariales #grève #santé #hôpitaux #mouvement_social #Clinique_Floréal_Bagnolet #groupe_Almaviva_Santé #réquisitions

  • Grève reconduite pour un 3e jour :

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    Mise à jour du jeudi 24 novembre 2022
    À propos des réquisitions

    Rectificatif : ce sont 7 salarié·es (et non 4) qui ont été réquisitionné·es hier pour deux jours (hier et aujourd’hui).
    Ce matin, la direction a réquisitionné à nouveau 16 autres personnes, soit 25 grévistes obligés de reprendre le boulot aujourd’hui. Ces procédures, qui ont été validées par l’agence régional de santé (ARS) et la préfecture représentent une entrave au droit de grève. D’autre part, les réquisitions ont été envoyées par mail, au lieu d’être données en main propre, ce qui n’est pas la procédure réglementaire.

    #revendications-salariales #grève #santé #hôpitaux #mouvement-social #Clinique-Floréal-Bagnolet #groupe-Almaviva-Santé

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    Grève à la clinique Floréal de Bagnolet
    23 novembre 2022 ~ François ~ Modifier « Grève à la clinique Floréal de Bagnolet »

    Ce mercredi 23 novembre 2022 marque le début de la grève des salarié·es de la clinique Floréal, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).

    Il y a un mois, la négociation annuelle obligatoire (NAO) n’a eu comme seule proposition de la direction qu’une promesse méprisante de fournir des polaires et des crocs, alors que les salarié·es revendiquaient, pour l’essentiel, des augmentations de salaires.

    Ce matin, donc, dès 7heures, l’écrasante majorité des salarié·es en grève s’est rassemblée devant la clinique avec barnum et sono pour faire entendre dans le quartier leurs revendications.

    L’employeur a réquisitionné 4 agents grévistes pour assurer le suivi des opérations médicales et des urgences ; la plupart des rendez-vous ont été annulés. Les médecins et les chirurgiens ayant, pour l’essentiel, le statut de profession libérale ne sont pas salariés mais certains sont venus exprimer leur soutien au personnel en grève.

    Une délégation des grévistes a été reçue par la direction vers 10h30. Deux plus tard, ces salarié·es grévistes ont annoncé à leur camarades que la direction accepterait de reprendre la NAO dans l’après-midi, à condition que s’arrête la grève.

    La poursuite de la grève a été votée à l’unanimité.

    À suivre, dès demain !

    Qui vote pour arrêter de la grève ?

    Qui vote pour continuer la grève ?

    Informations complémentaires :

    À propos du groupe Almaviva, propriétaire de la clinique Floréal (Wikipédia)
    A Manosque, la grève continue dans la clinique d’Almaviva (Fédération Santé de la CGT)

    Ça continue demain !

    #revendications-salariales #grève #santé #hôpitaux #mouvement-social #Clinique-Floréal-Bagnolet #groupe-Almaviva-Santé

  • En bas de chez moi, depuis ce matin, s’est mis en place un pied de grève des salarié·es de la clinique Floréal à Bagnolet qui a été rachetée par le groupe Almaviva il y a environ 18 mois.
    Les revendications :
    – Augmentations de salaire
    – Versement des primes d’ancienneté et d’assiduité
    – Augmentation du nombre de jours d’enfants malades rémunérées
    – Prime de remplacement
    – Réévaluation des salaires de base
    – Primes de risque pour les manipulateurs pharmacie
    – Mise en place d’un 13e mois
    etc.
    Le groupe Almaviva, 4e groupe de cliniques privées en France, est détenu à 60 % par le fonds koweitien Wren House Infrastructure et 16 % par Bpifrance (Banque publique d’investissement).
    Les salarié·es de Floréal sont confronté·es au refus de la direction d’engager des négociations avec les grévistes. Cela fait partie de la culture de ce groupe qui est connu pour ses pratiques sociales bien pourries mais la grève permet de faire respecter les droits des salarié·es. Voir ci-dessous la victoire de la clinique Toutes Aures à Manosque détenue aussi par le groupe Almaviva.

    http://sante.cgt.fr/Manosque-lutte-gagnante-a-la-clinique
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-de-haute-provence/manosque/manosque-21eme-jour-de-greve-pour-les-salaries-de-la-cl
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Almaviva_Sant%C3%A9

    #lutte-sociale #santé-publique #lutte-syndicale #cliniques-privées #Almaviva

  • 1 mois de grève des forçats du colis - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/1-mois-de-greve-des-forcats-du-16388

    Une grève reconductible qui dure depuis un mois, dans un secteur stratégique comme la logistique, ça mérite un coup d’oeil et du soutien !

    Depuis le lundi 17 octobre, les ouvriers de la plateforme logistique Geodis à Gennevilliers sont en grève reconductible. Très suivie, la mobilisation rassemble plus de 80 ouvriers (sur 112 au total) et a été rejointe par la moitié des agents de maîtrise, soit un taux de participation autour de 75%. L’entrepôt est donc à l’arrêt et les colis s’entassent sur les quais, dans ce hub où d’habitude jusqu’à 80 000 colis par jours peuvent transiter. Sur le Port Autonome de Gennevilliers, devant l’entrepôt, le défilé des poids-lourds a laissé place à des assemblées de grévistes, suivies de barbecues en musique. Une « grève joyeuse », « pour la dignité », pour reprendre les mots des grévistes.

    Cette grève est rarissime pour un secteur comme la logistique, qui rassemble pourtant un quart des ouvriers en France. Ce sont eux qui produisent la circulation des marchandises sur laquelle repose le capitalisme contemporain. Ce sont eux les travailleurs « essentiels » qui ont trimé pendant toute la crise sanitaire. Mais ce secteur, qui a émergé depuis les années 1980, n’a pas ou peu de tradition syndicale combative. Seulement 4% des ouvriers y sont syndiqués, contre 10% dans l’ensemble du monde ouvrier. Les sites éclatés en petites unités, l’intérim est partout et la répression antisyndicale bat son plein.

    #grève #logistique

  • 50 agents de la RATP sont-ils en grève illimitée depuis 5 ans ? | TF1 INFO
    https://www.tf1info.fr/societe/ratp-50-agents-de-la-regie-des-transports-parisiens-sont-ils-en-greve-illimi

    En région parisienne, les métros et RER sont très affectés par le mouvement de grève de ce 10 novembre. En marge de ce mouvement social d’ampleur, une information surprenante a été relayée : depuis près de 5 ans, la RATP ferait face à une grève illimitée d’une cinquantaine d’agents. Des éléments avancés par le Figaro et que TF1info est en mesure de confirmer.
    L’entreprise ne peut pas agir

    Une source proche de ces dossiers, contactée ce jeudi 10 novembre, indique que les éléments mis en avant par le quotidien sont justes. Les collaborateurs de la RATP qui sont en grève illimitée « ne touchent aucun salaire, mais conservent leur accès à la protection sociale de l’entreprise », nous précise-t-on.

    Comment font-ils pour vivre sans les ressources de leur travail ? Impossible de répondre à cette question, le profil de ces grévistes quelque peu particuliers n’étant pas détaillé. Tout juste nous confirme-t-on qu’ils ne peuvent « pas être licenciés », puisqu’ils se trouvent protégés par le droit de grève.

    Il faut souligner que cette situation ne concerne qu’un nombre très restreint de salariés au sein de la RATP, qui compte pas moins de 69.000 collaborateurs. Pour autant, au sein de l’entreprise, une telle forme de grève sur du très long terme est considérée comme un « dévoiement de la loi et du droit de grève ». Si bien que la RATP aurait « sollicité le législateur », a appris TF1info, afin que la position des quelques dizaines de salariés concernés puisse être éclaircie et régularisée.

    • la RATP aurait « sollicité le législateur », a appris TF1info, afin que la position des quelques dizaines de salariés concernés puisse être éclaircie et régularisée.

      Grève illimitée, 2 mots, c’est pas clair ? Il leur faut un dictionnaire aux managers ?

      Et donc, je poursuis la lecture, c’est aussi irrégulier, si ça a besoin d’être régularisé.

      On voit venir la régularisation par éjection unilatérale via licenciement pour faute grave, abandon de poste, illégal donc, et abus du non-droit de grève.

      Merci Macron !

    • Les syndicats assurent qu’ils alertent depuis longtemps sur la baisse d’attractivité de leurs métiers. Et la perspective très proche de la privatisation ne fait rien pour améliorer le tableau. L’ouverture à la concurrence des bus parisiens et de la petite couronne est en effet prévue pour le 1er janvier 2025. Progressivement, elle devrait concerner l’ensemble des transports publics d’Île-de-France, à l’horizon 2040 pour les métros et les tramways.

      Pour s’adapter à cette nouvelle donne, la RATP a commencé à modifier les conditions de travail, augmentant pour l’instant le temps de travail annuel de 20 heures. Les conducteurs et conductrices des lignes de bus concernés par la privatisation ont aussi reçu des documents leur expliquant qu’ils pourraient être transférés dans une autre entreprise. Et partout dans l’entreprise, l’angoisse monte, et les débrayages se multiplient, qu’ils soient courts ou qu’ils s’ancrent dans le temps, par exemple à l’atelier de réparation de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), où une cinquantaine de salarié·es organisent une grève tournante depuis fin octobre, comme Libération l’a raconté.

      La dégradation du rythme de passage des bus et des métros est désormais tangible pour les habitant·es de la région parisienne. Comme Mediapart l’a détaillé récemment, la RATP assume sa part de responsabilité concernant le manque de main-d’œuvre, mais précise aussi qu’elle a baissé son offre en concertation et avec l’accord de la Région. Ce que cette dernière dément de manière particulièrement véhémente.

      Pourtant, Île-de-France mobilités a bien décidé de maintenir une offre de transports inférieure à ce qu’elle était avant la pandémie, principalement sur le réseau de bus. Et le but est clair : faire des économies. Car IDFM est dans une très mauvaise passe financière. Il y a peu, Valérie Pécresse a rappelé qu’il manquait 950 millions d’euros annuels à l’autorité organisatrice des transports. Elle a demandé l’intervention de l’État, et menacé de faire passer le prix du passe Navigo mensuel de 75 à 100 euros. Un détail sur lequel Gabriel Attal a sans doute oublié de se prononcer sur BFMTV.

      https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/101122/greve-massive-la-ratp-mobilisation-chetive-ailleurs-pour-la-cgt

    • Une intox patronale pour disqualifier la #grève

      Contactés par CheckNews, deux représentants syndicaux assurent qu’ils n’étaient pas au courant de cette situation. « A première vue, ce ne sont pas des gens comme étant identifiés à la CGT », rapporte Vincent Gautheron, secrétaire de l’union syndicale CGT-RATP. Pour lui, ces 50 grévistes cités par l’entreprise « restent salariés dans le sens où juridiquement un contrat les lie à la RATP », mais ne le sont plus vraiment : « Ils n’ont plus de salaire RATP depuis cinq ans. Quand vous êtes toujours en grève au bout de cinq ans, ce n’est pas que vous êtes en grève, c’est que vous faites autre chose. » Vincent Gautheron fait le parallèle avec ce qui se passe pour certains salariés démissionnaires : « Ils ne viennent plus du tout mais ne font pas forcément la démarche administrative de démissionner, et la RATP est obligée de tenir un conseil de discipline pour constater que le salarié est licencié. » Sauf qu’un salarié déclaré comme étant en grève, lui, ne peut être licencié.

      « Pas intégrés dans la masse salariale »

      Quoi qu’il en soit, le secrétaire syndical s’étonne de l’accusation selon laquelle ces agents continueraient de jouir de tous les avantages offerts par l’entreprise. « S’ils bénéficient de la complémentaire santé, c’est qu’ils adressent à la mutuelle le règlement de leur forfait. Mais peut-être qu’au lieu que ça passe par la cotisation salariale, ils versent directement par chèque le règlement de leur adhésion », pose-t-il. En outre, juge Vincent Gautheron, « ce n’est pas possible non plus qu’ils bénéficient des avantages type chèques-cadeaux ou autres » qui, selon lui, sont versés « par l’intermédiaire du comité d’entreprise » et portent « sur la masse salariale » – terme désignant le cumul des rémunérations brutes des salariés de l’entreprise. « Si depuis cinq ans ils ne sont pas payés par la RATP, ils ne sont pas intégrés dans la masse salariale. »

      On aurait donc affaire à des individus toujours décomptés dans les effectifs de la RATP, sans pour autant s’être maintenus au travail. Baptiste Arsale, secrétaire général de l’Unsa Transport, suggère une autre piste : il pourrait s’agir d’individus périodiquement en grève mais en se déclarant systématiquement sur le même préavis de grève illimité. Quand un agent se déclare en grève, « plusieurs préavis » s’offrent à lui. « Pour cette journée du 10 novembre, tous les syndicats avaient un préavis de grève propre. » Et « effectivement, il y a trois préavis de grève illimités, dont un de la CGT, un de FO et un de l’Unsa. Le nôtre, par exemple, date de plus de quatre ans », détaille-t-il. Si ces préavis courent toujours, c’est que la grève illimitée ne prend fin que lorsque le syndicat qui a déposé le préavis prononce la reprise du travail. En dehors de ce prononcé, rien ne permet d’affirmer que la grève est terminée, pas même une reprise effective du travail.

      « Etat dramatique du dialogue social »

      De fait, estime Baptiste Arsale, « il y a sûrement 50 agents qui depuis cinq ans, à chaque fois qu’il y a une grève, se déclarent sur le préavis de grève illimité. S’il y a une grève demain ou la semaine prochaine, ils feront machinalement la même chose. Mais ça ne fait pas cinq ans qu’ils sont en grève ».

      Impossible de valider l’une ou l’autre des hypothèses des responsables syndicaux, puisque l’entreprise confirme la situation à la presse, tout en s’abstenant de donner le moindre détail sur celle-ci. Quelle que soit la situation réelle de ces salariés, les syndicats s’accordent sur le fait que l’« information » dégainée par l’entreprise vise uniquement à décrédibiliser le mouvement en cours. « La RATP joue sur des préavis de grève illimités qui ont été déposés il y a plusieurs années, en toute légalité. Ils s’en servent pour dire que tout le monde peut se mettre en grève facilement. Qu’ils veuillent modifier les règles, très bien, mais ça ne change rien à l’état dramatique du dialogue social à la RATP », déplore Baptiste Arsale. « Et puis, dit-il, on parle de 50 personnes sur plus de 60 000 salariés. »

      https://www.liberation.fr/checknews/50-salaries-en-greve-depuis-cinq-ans-les-syndicats-desamorcent-la-bombe-s

      #Ratp

    • Les pauvres, en plus, ils si prennent Jean Castex - le retour - dans les gencives :

      À l’appel des syndicats unis, les métros et RER franciliens ont été quasiment mis à l’arrêt ce jeudi, au lendemain de la validation par le Parlement de l’arrivée de

      Jean Castex au poste de PDG de la RATP.

      / ibid Mediapart 10.11.22

      Merci Macron !

  • « Militants dans le brouillard – Deuxième partie »

    Travail et révolte dans l’impasse du Brésil

    https://dndf.org/?p=20423#more-20423
    https://illwill.com/work-and-revolt-at-brazils-dead-end-ii

    Traduction DeepL relue par nos soins. Dndf

    Dans la deuxième partie de leur portrait expansif de la lutte des classes informelle au Brésil, les auteurs passent de considérations sur les suicides de travailleurs, les grèves d’apps et Bolsonaro à un bilan plus large des révoltes de notre époque. En s’engageant avec d’autres théoriciens révolutionnaires tels que Endnotes, Temps critiques, Chuang, Torino & Wohlleben, Nunes, et plus encore, le collectif militant de Sāo Paulo nous présente un monde de “révoltes juste à temps” qui éclatent en même temps qu’une condition de travail sans forme dans laquelle “tout le monde est pleinement mobilisé dans un effort sans fin dans lequel ne sont produites que des “expériences négatives”.

    Abandonnez tout espoir

    À l’approche de la grève nationale des routiers du 1er février 2021, une vidéo a circulé dans les groupes WhatsApp montrant un chauffeur qui s’était pendu à un arbre au bord de l’autoroute, à côté de son camion. La scène a été partagée avec des messages de deuil et des avertissements sur la situation désespérée des camionneurs indépendants, coincés entre les faibles taux de fret et les pics des coûts de conduite, en particulier du carburant. Malgré cela, le mouvement est loin d’avoir atteint la force de la grève de mai 2018, au cours de laquelle les chaînes d’approvisionnement de tout le pays ont été étranglées en quelques jours et le gouvernement, terrifié, a offert un certain soulagement immédiat, par le biais de mesures qui allaient perdre leur effet dans les années suivantes.1 Dépourvue de la large – et ambiguë – coalition de la mobilisation précédente, qui impliquait des camionneurs propriétaires-exploitants, des propriétaires de petites flottes et même plusieurs grandes entreprises de transport, l’irruption du début de 2021 s’est résumée à l’initiative éparse de camionneurs indépendants qui ont monté des blocages d’autoroutes dans plusieurs États, mais qui ont été rapidement démantelés par la police routière.2

    Bien que la grève n’ait pas décollé, les troubles ont contaminé d’autres travailleurs qui dépendent aussi directement du carburant pour gagner leur vie dans les villes. Entre février et avril, des manifestations de coursiers, de conducteurs d’apps et de chauffeurs de bus scolaires indépendants ont eu lieu presque quotidiennement dans tout le Brésil. Parallèlement aux nouvelles manifestations des camionneurs, tout cela a donné un contour insurrectionnel aux rues dont la circulation quotidienne avait été réduite par le pic de la deuxième vague de coronavirus. Ce mouvement de travailleurs motorisés a bloqué les autoroutes et les centres de distribution de Petrobrás ; il s’est entassé dans les stations-service, avec la tactique de ne remplir qu’au prix d’un real pour produire des files d’attente et causer des pertes aux détaillants ; il a relancé l’organisation des grèves de coursiers, et a alimenté le plus grand cortège de chauffeurs Uber de l’histoire de São Paulo, qui a bloqué l’accès à l’aéroport international de Guarulhos pendant toute une nuit, exigeant la fin des trajets promotionnels mal payés.3Alors que l’inflation se traduit traditionnellement par des revendications sur le coût de la vie, à l’ère de l’Uberisation, elle conduit principalement à des manifestations sur le coût du travail, c’est-à-dire à des luttes sur la capacité à travailler. La reproduction de la force de travail se transforme en gestion de la micro-entreprise de soi-même – d’où le rapprochement fréquent entre les manifestations contre les hausses des prix du carburant et les campagnes anti-blocage des propriétaires de magasins durant les premiers mois de l’année. Pour beaucoup, ces grèves étaient la dernière ressource avant d’abandonner le combat et de rendre toutes les armes, c’est-à-dire avant de rendre la voiture aux loueurs (dans certaines villes, les associations de chauffeurs d’apps estiment que plus de la moitié des chauffeurs inscrits sur les plateformes ont renoncé à travailler au cours de l’année 2021).4

    Entre le travail indépendant de plus en plus invivable financièrement, d’une part, et l’effritement de l’emploi formel, d’autre part, il n’y a nulle part où fuir. La seule alternative est la course sans fin du rat, viraçāo [se débrouiller] dans des conditions de plus en plus défavorables. Cette sensation d’être confiné dans un travail épuisant et sans avenir a trouvé son écho à l’autre bout du monde dans le mot à la mode nèijuǎn (内卷), utilisé par les utilisateurs des réseaux sociaux chinois “pour décrire les maux de leur vie moderne.”5 Avant d’être tendance dans le pays le plus peuplé du monde, le terme a été utilisé par des universitaires, au milieu des années 2020, pour traduire le concept d’“involution”, une dynamique de stagnation des sociétés agraires – mais aussi des grandes villes des périphéries du capitalisme mondial – dans laquelle l’intensification du travail ne s’apparente pas à une modernisation.6 Composée par les caractères ” in ” [内] et ” to roll “ [卷], l’expression peut être ” intuitivement comprise comme un ” retournement vers l’intérieur “.7Alors que “développement”, en anglais, porte l’image d’un déploiement vers l’extérieur, vers quelque chose, nèijuǎn suggère une vis dépouillée tournant sur elle-même : un mouvement incessant sur place. N’est-ce pas, après tout, le quotidien sans fin de la viração ? En écho au désespoir de l’expérience quotidienne des étudiants et des travailleurs des métropoles chinoises, le terme condense

    le sentiment d’être pris au piège dans un cycle misérable de travail épuisant qui n’est jamais suffisant pour atteindre le bonheur ou des améliorations durables, mais dont personne ne peut sortir sans tomber en disgrâce. Ils le ressentent lorsqu’ils se plaignent que la vie ressemble à une compétition sans fin et sans vainqueur, et ils le ressentent lorsqu’ils rêvent du jour qui viendra où ils gagneront enfin. Mais ce jour n’arrive jamais. Les dettes s’accumulent, les demandes d’aide sont ignorées, les options restantes commencent à s’amenuiser. Dans une époque d’involution, où même les plus petites réformes semblent impossibles, il ne reste que des mesures désespérées.8

    Si une partie du même désespoir traverse les luttes des chauffeurs indépendants au Brésil, il prend des contours encore plus dramatiques dans les rues et les routes chinoises. En janvier 2021, un livreur qui s’est vu refuser son paiement par l’application s’est immolé devant sa station de livraison à Taizhou. En avril, un camionneur de Tangshan, dont le véhicule avait été saisi par la police pour cause de surpoids, a bu une bouteille de pesticide et envoyé un message d’adieu à ses collègues conducteurs via les médias sociaux. Au cours du même mois, un homme de São Caetano do Sul confiné dans un fauteuil roulant a attaché de faux explosifs sur son corps et a menacé de faire sauter le bâtiment de l’Institut de sécurité sociale s’il n’avait pas accès à sa pension d’invalidité, tandis que l’habitant d’un village du district de Panyu, dans le sud de la Chine – où l’État avait exproprié les terres collectives pour les vendre à des entreprises touristiques – est entré dans un bâtiment de l’administration locale avec de vraies bombes et s’est fait exploser, tuant cinq employés.9 Début juin, un maçon a pénétré la maison de son ancien employeur sur la côte de Santa Catarina, a pris sa famille en otage pendant dix heures avant d’être tué par la police après l’avoir libérée.10 La pandémie a entraîné encore plus de pression et de désespoir, comme le montre le cas de cet homme qui a écrasé sa voiture contre la réception d’un hôpital public surpeuplé de la région métropolitaine de Natal après que sa femme, infectée par le Covid, s’était vu refuser des soins.11

    Lorsqu’un soldat de la police militaire de Bahia a abandonné son poste et conduit seul pendant plus de 250 kilomètres jusqu’au Farol da Barra (un lieu touristique du Salvador) et a ouvert le feu en l’air avec son fusil tout en dénonçant la violation de la “dignité” et de “l’honneur du travailleur”, son emportement a été célébré sur les réseaux anti-blocage comme un geste héroïque contre les “ordres illégaux” des gouverneurs.12 La fin tragique du soldat, qui a été tué lors d’une fusillade avec ses propres collègues, a été instrumentalisée par des membres d’extrême droite du Congrès pour inciter à une mutinerie parmi les troupes. Cependant, le cortège de police qui quitte les lieux le lendemain se heurte directement à un embouteillage provoqué par une autre manifestation : des coursiers dénoncent la mort d’un collègue livreur, écrasé par un conducteur ivre qui roulait à contresens la veille. Accidentellement unis par le deuil de leurs camarades tombés dans une guerre sociale sans forme définie, les itinéraires de manifestation convergent vers le siège du gouvernement de l’État.13

    En même temps qu’elle aggrave la crise, ou plutôt qu’elle élargit le cloaque dans lequel nous nous débattons depuis des décennies sans bouger d’un pouce, la politique de la terre brûlée de Bolsonaro lui permet de mobiliser le désespoir en des bouffées suicidaires sous la promesse d’une décision14 – l’idée de prendre “un dernier coup”.15 Même si le mécontentement lié à la hausse du prix des carburants a réduit le soutien du président auprès de l’une de ses “bases” clés (les camionneurs), le bolsonarisme reste la principale force politique capable de contester les turbulences sociales de ces temps apocalyptiques, en transformant les divers mécontentements en une “révolte dans l’ordre”, en les détournant soit vers des cibles alignées sur l’ordre du jour, soit vers des objectifs plus ambitieux.16 En les détournant soit vers des cibles alignées sur l’agenda institutionnel – qu’il s’agisse des maires, des gouverneurs, du pouvoir judiciaire, des médias, du vaccin ou des urnes électroniques – soit en imitant simplement les luttes concrètes par le biais de rituels esthétiques, comme ses voyages dominicaux en moto.

    Au plus fort de la tourmente, la Cour suprême a remis sur l’échiquier une pièce décisive que ses juges avaient retirée du jeu quelques années auparavant. En annulant les condamnations de Lula et en lui permettant de se présenter à nouveau aux élections, la décision a signalé qu’il n’est peut-être pas possible de contenir les assauts de l’insurrection bolsonariste sans se tourner vers le commandant de la grande opération de pacification qui n’a pratiquement pas été remise en cause jusqu’au coup de juin 2013 – sans doute dans l’espoir que tout revienne à son fonctionnement normal. Cependant, dans le contexte actuel d’escalade de la guerre sociale, il convient de se demander “quels outils il aura en main pour pacifier” une masse urbaine dans une trajectoire accélérée de “prolétarisation vers le bas” ?17 Autant la manœuvre judiciaire peut raviver le vain espoir de la gauche de restaurer les droits démantelés, autant les responsables politiques du programme économique du Parti des travailleurs pour 2022 non seulement reconnaissent la perte de forme du travail, mais se font l’écho des dirigeants d’iFood pour ” sortir les travailleurs des plateformes numériques des limbes réglementaires “, ce qui ” ne veut pas dire encadrer les travailleurs des plateformes numériques “.18 ce qui “ne signifie pas les encadrer sous l’ancien droit du travail mais ni les laisser tels qu’ils sont aujourd’hui.”19

    “Un nouveau gouvernement Lula signifiera, au mieux, que les gens pourront continuer à travailler comme chauffeurs Uber”.20, avec un “partenariat” réglementé entre la plateforme et les chauffeurs et davantage de “sécurité juridique” pour les entreprises. Même si le gouvernement incendiaire de Bolsonaro offre un terrain fertile pour l’expansion des entreprises, la food tech brésilienne ne rejette pas l’expertise en matière de dialogue et de médiation des conflits accumulée dans le pays au cours des gouvernements ” démocratiques populaires “. Afin de minimiser l’impact négatif des manifestations sur sa marque, iFood – qui, soit dit en passant, célèbre “l’objectif de diversité et d’inclusion raciale et de genre” au sein de ses bureaux21 – a recruté des cadres forgés dans des ONG et des projets sociaux dans les favelas afin d’apaiser la rébellion de ses “partenaires” motorisés.22 Tout au long de l’année 2021, les coursiers impliqués dans des grèves dans tout le pays ont été recherchés par un “gestionnaire de communauté” engagé par l’entreprise, mais ce n’était pas pour répondre à leurs revendications mais pour engager le dialogue, annonçant l’organisation d’un “Forum des livreurs”23 avec des influenceurs numériques et des chefs de grève présumés, dans le plus beau style des conférences participatives du Brésil d’hier.

    Un retour de l’ancien métallurgiste au palais présidentiel ne signifierait pas un moment de reconstruction nationale, mais une occasion d’enterrer les débris et de consolider de nouveaux terrains d’accumulation dans le pays ; en d’autres termes, de normaliser le désastre en lui donnant le goût de la victoire – et, pour cette raison, de le rendre “plus parfait que ce qui serait jamais possible sous un politicien conservateur.”24 Les attentes pour les élections de 2022 approfondissent ainsi l’état d’attente des grands partis de gauche et des petits collectifs, qui pendant la pandémie ont trouvé dans l’impératif de l’isolement social l’excuse de sa quarantaine politique. En incarnant la défense des recommandations de santé publique, la gauche s’est conformée à la réalité du travail à distance, dans une attente paralysante aux attentes réduites : l’attente du décompte quotidien des morts, en espérant la baisse des chiffres de contamination ; l’attente de l’arrivée des vaccins au Brésil, suivie de l’attente – et de la dispute – d’une place dans la file d’attente ; l’attente de l’arrivée de l’agent de santé.25 – pour une place dans la file d’attente ; l’attente de la fin du “gouvernement Bozo”, animée par chaque nouvelle impasse avec la Cour suprême ou témoignage dans la Commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la pandémie ; bref, l’attente que le pire passe et que tout redevienne un peu moins mauvais, comme avant. Au milieu de l’année 2021, avec le ralentissement de la pandémie, cet espoir inerte a quitté le nid et est devenu une photographie aérienne. Mais si les défilés de la gauche ont démontré l’ampleur de la désapprobation du président dans les principales villes du pays, ils ont aussi rendu flagrante l’impuissance de cette opposition. Après avoir rassemblé des centaines de milliers de personnes, les rassemblements se sont progressivement tassés, entrant dans le schéma d’attente des entités organisatrices.

    La léthargie de la gauche contraste avec l’insurrection de l’extrême droite, qui se nourrit de la mobilisation de ceux qui ne nourrissent plus aucun espoir. Et s’il n’est pas possible d’exclure une victoire inattendue de Bolsonaro dans les urnes, on ne peut pas non plus écarter les menaces d’une rupture de l’ordre institutionnel, toujours repoussées afin de maintenir son militantisme dans une disponibilité quasi paranoïaque tout en maintenant l’opposition sur une position défensive, hypnotisée par l’imminence d’un coup décisif qui ne viendra jamais. La politique reste en transe, dans une préparation éternelle à un conflit qui n’éclate jamais, qui est, en soi, déjà une tactique de guerre dans l’arsenal de la gestion “hybride” des territoires et des populations.

    Bien que ne comptant que sur la même foule toujours fidèle, les manifestations bolsonaristes du 7 septembre, jour de l’indépendance du Brésil, représentaient moins un signe d’impuissance26 qu’un terrain d’essai pour des exercices de mobilisation militaire. À l’aube du jour suivant, lorsque les autoroutes de quinze États du pays ont été bloquées par les camionneurs – qui, jusqu’alors, s’étaient montrés incapables de soutenir un mouvement autour des prix du fret et du carburant, témoignant du soutien considérable à l’offensive stratégique du président contre les bulletins de vote électroniques et la Cour suprême27 – le gouvernement a dû reconnaître que l’appel n’était rien d’autre qu’une répétition générale, provoquant la colère de nombreux manifestants et laissant entrevoir un bolsonarisme qui va déjà au-delà de Bolsonaro lui-même. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’État, qu’elle soit commandée par le capitaine ou non, “la révolution que nous vivons”28 – qui “positionne la violence, et l’utilisation de la force armée, comme une ressource politique essentielle” – se fera sentir bien au-delà de 2022, comme dans les scènes presque surréalistes de l’assaut du Capitole des États-Unis et d’autres législatures d’État après la défaite de Donald Trump.29

    Prévue pour le 11 septembre, une nouvelle grève nationale de l’app delivery a fini par se confondre avec l’actualité de la grève des routiers – moins en raison du soutien au président qu’en raison de l’importance que la dernière grande grève de cette autre catégorie centrale du secteur logistique a acquise dans l’imaginaire des coursiers à moto.30 Sans avoir les mêmes répercussions que l’App Strike de l’année précédente, la grève de 2021 s’est prolongée, ici et là, au-delà de la date prévue. Dans une entreprise de distribution de boissons de l’app Zé Delivery, dans la zone sud de São Paulo, les motards ont décidé de commencer la grève deux jours plus tôt pour réclamer des retards de paiement.31 Et à São José dos Campos, dans la campagne de São Paulo, les livreurs sont restés en grève pendant les cinq jours suivants, dans le cadre de la plus longue grève de l’appli que le pays ait jamais connue.32

    Inspirés par une vidéo dans laquelle des coursiers à moto de la capitale montraient pas à pas “comment piqueter un centre commercial”.33 les livreurs de la cinquième municipalité de l’État se sont répartis en petits groupes pour bloquer les principaux établissements de la ville, tandis que d’autres circulaient dans les rues pour intercepter les briseurs de grève, ainsi que pour distribuer de l’eau et de la nourriture aux grévistes. Chaque soir, tout le monde se réunissait sur une place pour discuter des orientations du mouvement et voter sur la poursuite de la grève. Alors qu’une application plus petite, nouvelle dans la ville, a cédé à la pression en annonçant une augmentation de ses tarifs, iFood a organisé une contre-offensive et a promis une rencontre aux leaders locaux, par l’intermédiaire de l’un de ses “médiateurs communautaires.” La nouvelle que la plus grande plateforme de livraison de nourriture d’Amérique latine avait ouvert une négociation – aussi limitée soit-elle – face à la persistance héroïque des ” trois cents de São José dos Campos “, comme le décrivaient les mèmes sur les réseaux de coursiers à moto, a donné à cette défaite le goût de la victoire et en a fait un exemple pour les badauds. Dans les semaines qui suivent, l’arrière-pays de São Paulo est balayé par une série de grèves non coordonnées, qui se poursuivent pendant plusieurs jours à Jundiaí, Paulínia, Bauru, Rio Claro, São Carlos et Atibaia.34

    Dans les moments de tension qui ont marqué la fin de la mobilisation à São José dos Campos, cependant, les promesses de dialogue ont été combinées avec une autre négociation d’iFood avec les restaurateurs et les opérateurs logistiques locaux qui, sur un ton menaçant, a envoyé un message aux coursiers selon lequel la continuité du mouvement pourrait conduire à des “actes de violence” dans la ville.35 En recourant à des stratégies de démobilisation à la fois participationnistes et miliciennes, la plus grande application de livraison du Brésil laisse entrevoir l’avenir du pays entre Lula et Bolsonaro – ou nous rappelle simplement que les pelegos [peaux de mouton, bureaucrates syndicaux] et les jagunços [hommes de main, brutes] se sont toujours croisés dans la greyzone des intermédiaires populaires.36

    ...

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    #brésil #coronavirus #ubérisation #non_mouvements #grèves

  • Un vent de révolte venu d’Iran https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/un-vent-de-revolte-venu-diran-434404.html (éditorial des bulletins d’entreprises #Lutte_ouvrière #LO

    Depuis le décès de #Mahsa_Amini, torturée et assassinée par la police des mœurs de Téhéran parce qu’une mèche de cheveux dépassait de son voile, la jeunesse fait souffler un vent de révolte sur l’#Iran. Et avec quel courage !

    Des jeunes femmes arrachent et brûlent leur voile ; les rassemblements se multiplient, aux cris de « Femmes, vie, liberté », « Mort au dictateur » ; le portrait du dictateur Khamenei est caillassé ; des mollahs sont bousculés dans la rue, des policiers attaqués et des commissariats brûlés…

    Il n’y a pas une région, une ville, une université qui n’ait été touchée par cette rébellion.

    Les rassemblements sont dispersés ? La police ferme une faculté et écume un quartier ? La contestation se déplace, change de forme, se démultiplie en mille et une démonstrations individuelles. Et cela dure depuis plus de 50 jours, malgré la peur, les tabassages et les tirs à balles réelles contre les manifestants.

    Le régime aurait déjà arrêté plus de 14 000 manifestants et tué plus de 300 personnes, dont beaucoup de très jeunes. Mais rien n’arrête la contestation. Celle-ci trouve, chaque jour, de nouveaux appuis avec des personnalités sportives, des artistes ou des journalistes qui franchissent le Rubicon en se solidarisant avec la révolte. Dans les villes, les fermetures de magasins ou de lieux culturels se sont multipliées. C’est vrai dans toutes les régions, qu’elles soient kurdes, baloutches, arabes, perses, azéries, turkmènes.

    Des #grèves de soutien ont aussi éclaté dans les régions pétrolifères et dans de grandes entreprises où les travailleurs ont des traditions de lutte anciennes. Là, des #travailleurs ont revendiqué, en plus de la liberté, du pain et du travail. Car, si l’inflation, les pénuries, le chômage et les salaires impayés sont le quotidien de millions d’Iraniens depuis des années, ces difficultés sont devenues insupportables.

    Pour des millions de familles, il est impossible de se soigner, de se loger dignement, d’acheter de la viande ou simplement des œufs. Cette situation est en partie causée par l’embargo imposé par l’impérialisme américain, mais elle est aggravée par le parasitisme des dignitaires du régime, religieux et pasdarans, l’armée des ayatollahs. Car, si la population s’enfonce dans la #misère, une minorité continue de s’enrichir et de rouler sur l’or.

    L’Iran est un baril de poudre. Ces dernières années, le régime a fait face à de puissantes vagues de contestation contre la vie chère et la corruption. Sa réponse fut une répression impitoyable. Aujourd’hui, cette politique de la terreur ne fonctionne plus. Alors, la révolte de la #jeunesse se transformera-t-elle en #révolte_sociale ?

    Les dizaines de milliers de manifestants actuels deviendront-ils des millions ? Les travailleurs apporteront-ils à la révolte leur puissance sociale et leur capacité d’organisation ? Sauront-ils proposer une politique pour renverser le régime et mener une nouvelle révolution, où les classes populaires construiraient elles-mêmes leur propre pouvoir ? Tant que la révolte est en marche, tout est possible.

    La jeunesse iranienne a osé engager le combat contre une des pires dictatures de la planète. Le changement n’est venu ni de l’opposition interne au régime, ni des grandes puissances qui gardent depuis deux mois un silence complice et montrent, une fois de plus, qu’elles ne sont jamais du côté des révoltes populaires. Il est venu d’en bas, de celles et ceux qui refusent de se soumettre.

    Cette révolte montre aux opprimés du monde entier qu’ils peuvent prendre leur destin en main en se battant contre ceux qui les dominent.

    Chaque pays a ses particularités, mais le cœur de la jeunesse et des travailleurs de tous les pays bat au même rythme et aux mêmes espoirs : la liberté, l’égalité et la possibilité de s’épanouir dans un monde fraternel.

    Ces aspirations sont entravées par un système de domination : domination des pays riches sur les pays pauvres, celle des riches sur les pauvres. Un tel système doit être renversé et il le sera, parce qu’en même temps qu’il sème les injustices, il produit des révoltés.

    Il est impossible de savoir ce qui peut, dans tel ou tel pays, mettre le feu aux poudres. En Iran, cela a été une mèche de cheveux rebelle. Ailleurs, ce sera peut-être le manque de blé ou une atrocité guerrière. Une chose est certaine, les travailleurs ont un rôle majeur à jouer dans ces révoltes, car ils sont les seuls à être porteurs d’un ordre social débarrassé de l’exploitation de l’homme par l’homme. Et pour ce combat, ils ont besoin du courage incroyable dont la jeunesse iranienne fait preuve aujourd’hui .

  • « Travail et révolte dans l’impasse du Brésil » Première partie

    https://dndf.org/?p=20411#more-20411
    https://illwill.com/work-and-revolt-at-brazils-dead-end

    Traductions DeepL relues par nos soins de deux textes qui nous paraissent intéressants parus sur le site « Ill Will ».

    Nous publions le premier, le second le sera dans quelques jours. dndf

    Militants dans le brouillard – Première partie

    Travail et révolte dans l’impasse du Brésil

    Dans la première partie de cette remarquable note sur la lutte des classes “informelle”, nos camarades de Sāo Paulo explorent les nouveaux styles hybrides de guerre et de travail qui ont généré une vague de révoltes motorisées, de grèves inversées et de blocages itinérants pendant la pandémie au Brésil.

    *

    “Le Brésil n’est pas un terrain ouvert où nous pouvons construire des choses tout de suite pour notre peuple. Il y a beaucoup de choses que nous devons d’abord démanteler, beaucoup de choses que nous devons défaire, avant de pouvoir commencer à construire quelque chose. J’espère que je pourrai au moins servir de point de bascule dans ce sens.” C’est avec ces mots que Jair Bolsonaro s’est adressé au banquet réuni à l’ambassade du Brésil lors de sa première visite à Washington en mars 2019. [1]

    Exactement un an plus tard, le premier décès lié au Covid-19 était confirmé au Brésil. Le panorama apocalyptique des nouvelles qui affluaient de l’étranger sur la propagation de la pandémie contrastait avec la continuité ininterrompue de la routine quotidienne ici. Un scénario flou, qui a créé une atmosphère d’appréhension qui a grandi de jour en jour. La foule inévitable dans les lieux de travail fermés comme les usines, les centres commerciaux et les bureaux, ainsi que dans les bus et les wagons invariablement bondés, a fourni les conditions délétères pour la propagation d’une maladie encore inconnue. C’est dans une entreprise de télémarketing de Bahia que les tensions ont débordé pour la première fois : les travailleurs ont abandonné leur poste de travail et sont descendus dans la rue pour réclamer des mesures de quarantaine. En quelques heures, la scène s’est reproduite dans les centres d’appels de Teresina, Curitiba, Goiânia et d’autres villes. Les images des débrayages sont devenues virales dans les groupes WhatsApp et Facebook, révélant une solution concrète à une situation désespérée : littéralement, « il suffit de partir ! » [2]

    Le coronavirus a donné un ton prémonitoire à une lettre anonyme – ou plus exactement à un “dernier appel à l’aide” – rédigée par les travailleurs d’une chaîne de librairies en février 2020 suite à un incident de harcèlement éhonté. Il est symptomatique qu’un mois avant la pandémie, ils aient déjà décrit leur expérience dans l’entreprise comme celle d’assister à la “masterclass de la fin du monde”. Le “problème avec la fin du monde”, ont-ils conclu, “c’est que quelqu’un doit toujours faire le ménage après. “ [3] En fait, lorsque nous nous sommes retrouvés face à une calamité biologique quelques semaines plus tard, les “bullshit jobs” ont continué à prendre des otages pour faire tourner l’entreprise.

    La comparaison entre les centres d’appels et les quartiers d’esclaves et les prisons, si courante dans les blagues des travailleurs, a soudainement trouvé une confirmation brutale. Pour beaucoup, s’échapper du travail est apparu comme un dernier recours pour ne pas mourir sur le lieu de travail. [5] Malgré un décret présidentiel peu après le début des confinements déclarant qu’il s’agissait de “services essentiels”, dans les semaines qui ont suivi, de nombreux centres d’appels se sont retrouvés vides. De nombreux travailleurs ont commencé à présenter des certificats médicaux (réels ou faux), à manquer le travail sans justification ou à simplement démissionner. Les entreprises ont répondu par des solutions inadéquates telles que le travail à distance, les vacances collectives et les licenciements. [6] La pression des manifestations a été absorbée par la désintégration de l’industrie qui était déjà en cours ici et qui a simplement été accélérée par le virus. [7]

    Aussi rapidement que la pandémie a érodé les conditions de travail dans les domaines les plus divers, la vie s’est adaptée à la “nouvelle normalité”. Nous avons vu des travailleurs revenir de leur licenciement pour faire face à l’infection, tout en étant reconnaissants d’avoir encore un emploi dans un contexte de fermetures d’usines. Nous avons vu des enseignants qui s’opposaient initialement à l’apprentissage à distance s’engager de manière proactive dans la nouvelle routine. Après l’avalanche de licenciements, beaucoup de ceux qui sont restés dans le secteur des services ont dû se soumettre à des réductions de salaires et d’heures de travail conçues par le gouvernement fédéral (bien qu’en vérité, les heures de travail dans les entreprises n’aient pas vraiment changé). Et si les grèves des chauffeurs de bus et des receveurs sont devenues plus récurrentes dans le pays tout au long de l’année 2020, c’est parce que les grèves étaient le seul moyen restant pour garantir les salaires dans un contexte de réduction du nombre de passagers et de crise dans le secteur des transports. [8]

    Le pouvoir destructeur du coronavirus s’est combiné, ici, avec la vague de dévastation qui était déjà en cours. Ce “mouvement de destruction des forces productives”, une sortie d’urgence déclenchée par le capital en réponse à la révolte sociale déclenchée en 2013, a trouvé une incarnation dans la figure incendiaire d’un capitaine de l’armée à la retraite lors des élections de 2018. [9] Lorsqu’une crise s’avère impossible à gérer, c’est la crise elle-même qui devient un modèle de gestion. Là où certains pourraient voir un gouvernement inefficace, notre agent autoproclamé de la déconstruction révèle l’efficacité de la négation : tout comme le chaos est une méthode, “ne pas gouverner est une forme de gouvernement.” [10] En dressant systématiquement des barrages aux recommandations des scientifiques pour le contrôle de la pandémie, Bolsonaro n’a jamais été à proprement parler un “négationniste” ; au contraire, “il est lui-même un vecteur du virus, il est pleinement identifié au virus”. [11] Comme il l’a déclaré en 2017, “Je suis un capitaine de l’armée, ma spécialité est de tuer, pas de sauver qui que ce soit”. [12]

    En août 2020, alors que le Brésil s’approchait encore des cent mille décès enregistrés de la COVID, des enquêtes ont mis en garde contre un autre indice inquiétant révélant que moins de la moitié de la population en âge de travailler travaillait réellement. [13] Si la diminution du ratio emploi/population au niveau plus bas de l’histoire récente pouvait être considérée comme une accélération de l’élimination des travailleurs jetables, sous un autre angle, cependant, le même tableau dévastateur produisait quelque chose de nouveau : “nous observions déjà au Brésil un scénario prometteur pour cette nouvelle façon de travailler et la pandémie a poussé davantage de personnes à chercher d’autres moyens de mener leurs activités et de générer des revenus”, a expliqué le vice-président de l’extension internationale d’une application utilisée par les entreprises pour embaucher des freelances dans 160 pays, qui arrive maintenant au Brésil. [14] Après l’apocalypse, Uber ?

    ...

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    #brésil #coronavirus #ubérisation #brésil #non_mouvements #grèves

  • Grèves et manifestations  : la contestation ouvrière doit s’élargir [Lutte de classe n°227 - novembre 2022] https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2022/10/30/greves-et-manifestations-la-contestation-ouvriere-doit-selar (25 octobre 2022)

    (…) La grève des raffineries a montré combien les travailleurs pouvaient peser sur la vie sociale et politique quand ils se mettaient en grève.

    C’est ce bras de fer qu’il faut préparer. Avec les travailleurs qui veulent se défendre, il faut discuter d’une politique de lutte  : que revendiquer et comment s’organiser pour mener la lutte  ? Des #revendications peuvent unifier les travailleurs dans un même mouvement  : des augmentations uniformes de #salaire de 300, 400 euros  ; leur indexation sur les prix, sous le contrôle des travailleurs  ; un minimum de 2 000 euros net pour toutes et tous. Mais se mettre d’accord sur les #revendications n’est pas encore suffisant. Les grèves du passé, et celle de Total, nous le montrent  : même quand la détermination et la combativité sont au rendez-vous, des appareils syndicaux peuvent s’opposer aux luttes. Il faut donc militer pour des #grèves déterminées et pour leur élargissement à l’ensemble du monde du travail. Il est tout aussi vital de militer pour que les travailleurs contrôlent effectivement leurs luttes, sans s’en remettre aux directions syndicales. Ils doivent être les dirigeants de leur propre mouvement, en réu­nis­sant des assemblées de grévistes et en élisant des #comités_de_grève.

    #lutte_de_classe #raffinerie #syndicat

  • Grèves et manifestations  : la contestation ouvrière doit s’élargir [Lutte de classe n°227 - novembre 2022] https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2022/10/30/greves-et-manifestations-la-contestation-ouvriere-doit-selar (25 octobre 2022)

    (…) La grève des raffineries a montré combien les travailleurs pouvaient peser sur la vie sociale et politique quand ils se mettaient en grève.

    C’est ce bras de fer qu’il faut préparer. Avec les travailleurs qui veulent se défendre, il faut discuter d’une politique de lutte  : que revendiquer et comment s’organiser pour mener la lutte  ? Des #revendications peuvent unifier les travailleurs dans un même mouvement  : des augmentations uniformes de #salaire de 300, 400 euros  ; leur indexation sur les prix, sous le contrôle des travailleurs  ; un minimum de 2 000 euros net pour toutes et tous. Mais se mettre d’accord sur les #revendications n’est pas encore suffisant. Les grèves du passé, et celle de Total, nous le montrent  : même quand la détermination et la combativité sont au rendez-vous, des appareils syndicaux peuvent s’opposer aux luttes. Il faut donc militer pour des #grèves déterminées et pour leur élargissement à l’ensemble du monde du travail. Il est tout aussi vital de militer pour que les travailleurs contrôlent effectivement leurs luttes, sans s’en remettre aux directions syndicales. Ils doivent être les dirigeants de leur propre mouvement, en réu­nis­sant des assemblées de grévistes et en élisant des #comités_de_grève.

    #lutte_de_classe #raffineries #syndicat #

  • Grève de mineurs aux USA. Lu sur le FALO (https://forumamislo.net/viewtopic.php?p=345585&t=35311) :

    Le journal de jour d’Arte parle, à l’occasion des #Midterms, d’une #grève de #mineurs en #Alabama qui dure depuis un an et demi, à Brookwood chez Warrior Met Coal. Un état du sud très conservateur. On y voit un mineur gréviste dire qu’il soutient Trump car il n’a aucune confiance dans #Biden.

    Mais le reportage une famille ouvrière républicaine que cette lutte a changé. Si le mari dit qu’il faut une gauche qui se préoccupe plus des ouvriers, sa femme va plus loin en disant, en substance, qu’il faut dépasser le clivage démocrate-républicain qui fait que les travailleurs se haïssent pendant que les entreprises se remplissent les poches. Des propos qui fleurent bon le marxisme dit le journaliste. Si lui le dit. Le #Working_Class_Party répondrait assurément à cette conscience de classe renaissante.

    https://www.arte.tv/fr/videos/106142-215-A/arte-journal (c’est à 10’)

  • Mobilisations sociales : le pouvoir est dans la rue
    https://www.blast-info.fr/emissions/2022/mobilisations-sociales-le-pouvoir-est-dans-la-rue-ODOE8kU4Sfaqwt0UBEqtzA

    Blocage des raffineries, marches contre la vie chère, appels à la #Grève… La rentrée sociale 2022 est pour le moins agitée. Entre organisation syndicale et récupération politique, un nouveau mouvement social semble naître, avec la rue comme scène de…

    #Syndicat
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-mobilisations-sociales-le-pouvoir-est-dans-la-rue

  • De quoi va-t-on manquer cet hiver, et à quel prix ?
    https://www.blast-info.fr/emissions/2022/de-quoi-va-t-on-manquer-cet-hiver-et-a-quel-prix-hM1GfN2qTAeiHYSBzpoXGA

    A l’approche de l’hiver, la question des pénuries d’énergie devient brûlante. Entre la guerre en Ukraine, la destruction récente des gazoducs Nord Stream, la réduction de la production nucléaire, et les grèves dans le secteur de l’énergie, la situation…

    #Grève #Pénurie #Énergie
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-de-quoi-va-t-on-manquer-cet-hiver-et-a-quel-prix-

  • La macronie n’aime pas la démocratie
    https://www.blast-info.fr/emissions/2022/la-macronie-naime-pas-la-democratie-bTJOt8KiSyGVd1TO3sLiaQ

    La #Grève est un droit. La grève est même un droit constitutionnel. Il faut le rappeler inlassablement, et à très haute voix. 
En effet, le gouvernement semble avoir des problèmes avec le droit de grève. 
La première ministre, Elisabeth Borne, le ministre…

    #Bruno_Le_Maire #Emmanuel_Macron
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-la-macronie-naime-pas-la-democratie-bTJOt8KiSyGVd

  • Salaires contre superprofits : la bataille qui fait peur aux patrons
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/salaires-contre-superprofits-la-bataille-qui-fait-peur-aux-patrons-Ik3arKf

    On est encore dans une séquence chargée où se mêlent l’actualité sociale et l’actualité #politique. Tout en ignorant comment ce conflit va rebondir, on peut se demander quels effets politiques il a déjà. L’échec ou la réussite d’un conflit social ne se…

    #Grève #Inflation #Lutte_des_classes

  • TF1, France 2 : comment les JT diabolisent les grévistes
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/tf1-france-2-comment-les-jt-diabolisent-les-grevistes-NH8uw7jtRmCuJhxtbtZk

    Ce mardi 18 octobre, se tenait la #Grève générale. Sur France 2 et TF1, on dressait un tableau bien sombre du mouvement social, qui est accusée de paralyser le pays et de bloquer des millions de Français. Devant 10 millions de téléspectateurs, les JT de…

    #Critique_des_médias #Politique

  • Réquisitions dans les raffineries : le gouvernement contre le droit de grève – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/requisitions-dans-les-raffineries-le-gouvernement-contre-le-droit-de-grev
    https://www.liberation.fr/resizer/nVNmxhClgqxucNVlfLBOXEuy2W8=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/RS4WURHPZVGABMKXFBSR22G4ZM.jpg

    En utilisant un dispositif prévu pour des situations de troubles particulièrement graves comme la guerre, l’exécutif érode des libertés acquises de haute lutte, estime un collectif de spécialistes du droit.

    • En effet, les pouvoirs traditionnels de réquisition trouvent leur fondement dans les dispositions de la loi du 11 juillet 1938 sur « l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre », qui préparait le conflit avec l’Allemagne nazie, à quelques semaines de la crise des Sudètes et de la marche inexorable vers la Seconde Guerre mondiale. Cette loi fut prorogée après 1944 jusqu’à sa modification par une ordonnance du 6 janvier 1959 prise par le premier gouvernement du général de Gaulle – sur le fondement des pouvoirs exorbitants attribués par l’article 92 de la Constitution de 1958 – et qui étendait significativement les prérogatives de l’exécutif dans le contexte de la guerre d’Algérie.

      Ces textes, prévus donc pour ne s’appliquer que dans des situations de troubles particulièrement graves (guerres ou conflits extérieurs), ont pourtant été, avec le temps, utilisés par les différents gouvernements pour tenter de mettre fin à des mouvements de grève. Des personnels grévistes ont par exemple été réquisitionnés, en 1961, dans le cadre d’un conflit social né au sein de la régie de transports de la ville de Marseille, avant que le décret ne soit jugé illégal par le Conseil d’Etat.

      Bien plus tard, une loi du 18 mars 2003 a étendu ce pouvoir de réquisition aux préfets, fondement actionné aujourd’hui contre les salarié·e·s grévistes. A l’époque, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, répondant aux craintes de donner aux préfets un pouvoir trop général contraire aux libertés, indiquait devant l’Assemblée nationale qu’il s’agissait uniquement de faire face à des catastrophes naturelles, industrielles ou à des risques sanitaires…

      https://justpaste.it/8li96

    • Aujourd’hui, ce n’est plus dans le cadre d’une guerre ni d’une catastrophe naturelle ou industrielle que la réquisition est employée, mais dans le cadre d’un conflit social entraînant nécessairement des conséquences sur les transports dépendants du carburant fossile qu’est le pétrole. L’atteinte qui est ainsi faite au droit de grève de ces salarié·e·s grévistes n’est donc ni nécessaire, ni proportionnée à un but légitime.

      L’usage récurrent par l’exécutif de lois initialement présentées comme n’ayant vocation à être mises en œuvre que de manière exceptionnelle est désormais abondamment documenté et régulièrement dénoncé.

      Nous savons les implications liberticides de l’état d’urgence mis en place par les gouvernements qui se sont succédés depuis les attentats de 2015, profitant de cette aubaine juridique pour surveiller et réprimer les mouvements sociaux. Nous savons aussi les errances et détournements de l’exécutif dans la mise en œuvre de l’état d’urgence sanitaire en 2020 et 2021, au mépris de nos libertés d’aller et venir et de manifester.

      #grève #droit_de_grève

  • Les services anti-terroristes mobilisés pour mater les grévistes
    https://www.blast-info.fr/emissions/2022/les-services-anti-terroristes-mobilises-pour-mater-les-grevistes-hR3RGj_a

    L’an dernier, pendant plus de 4 mois, des salariés de l’entreprise publique Réseau Transport Électricité ont fait une #Grève pour obtenir une petite augmentation salariale. Après avoir laissé le conflit s’enliser, puis refusé cette augmentation, et a…

    #Police #Réseau_Transport_Électricité_RTE
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-les-services-anti-terroristes-mobilises-pour-mate

  • Même les flics détestent Darmanin - pourquoi la réforme de la #Police judiciaire pose problème
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/meme-les-flics-detestent-darmanin-pourquoi-la-reforme-de-la-police-judicia

    De mémoire de flic, c’est une contestation jamais vue. Rarement les policiers, magistrats, avocats n’ont été vent debout d’une manière aussi catégorique et unitaire contre une réforme. Il faut dire que le projet du ministre de l’Intérieur et de Macron,…

    #Grève

  • De l’art de la réquisition illégale | Mediapart | 13.10.22

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/131022/greve-dans-les-raffineries-le-gouvernement-met-de-l-huile-sur-le-feu

    Ce jeudi matin, dès l’aube, des policiers étaient présents en nombre devant la raffinerie TotalEnergies de Mardyck, près de Dunkerque. Quelques heures plus tard, ils annonçaient aux grévistes présents que des réquisitions allaient tomber. Au moins trois salariés grévistes ont reçu, en main propre et signées du préfet, des réquisitions les sommant de retourner au travail, sous peine d’une peine de prison de six mois et de 10 000 euros d’amende.
    [...]
    Emmanuel Gayat, avocat pour la CGT d’Esso-Exxonmobil et de Total, jeudi après-midi devant le tribunal administratif de Rouen. Il y plaidait au nom des quatre salariés grévistes d’Esso-Exxonmobil ayant reçu une réquisition la veille, mercredi 12 octobre. Dans sa requête au tribunal, il la considère comme « manifestement illégale en ce qu’elle porte atteinte au droit de grève hors des cas prévus par la loi et qu’elle ne respecte pas les conditions fixées par la loi pour une telle réquisition ».

    Question : ils peuvent pas tomber malade, les réquisitionnés ?

    Mais aussi :

    https://www.mediapart.fr/journal/france/131022/sur-les-piquets-de-greve-des-raffineries-de-normandie-la-colere-prend-de-l

    « Les salariés, et pas la CGT qui ne fait que nous assister, demandent 10 % d’augmentation pour compenser l’inflation »
    [...]
    Mais rien n’est encore joué. Et la poursuite d’un mouvement d’ampleur s’écrit toujours en pointillé. À une trentaine de kilomètres, en amont de la Seine, le mouvement semble battre de l’aile à la raffinerie Exxon de Port-Jérôme. « Après 24 jours de grève, le mouvement s’essouffle », concède Sébastien Pichault, délégué syndical FO côté raffinerie. « C’est dur humainement, physiquement et financièrement pour les salariés »
    [...]
    C’est dans cette raffinerie que le mouvement de grève a démarré il y a trois semaines.
    [...]
    Les salariés de l’autre raffinerie Exxon, située à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), viennent de voter l’arrêt de la grève.

    • Stratégie du choc, comme d’hab, j’imagine.

      Lors de l’audience, l’avocat a appris qu’une deuxième salve de réquisitions avait été envoyée dans l’après-midi pour les salariés d’Esso-Exxomobil de Gravenchon-Port-Jérôme. « Elles ont été envoyées à l’employeur avant d’être envoyées aux salariés, s’insurge l’avocat. L’employeur les a reçues à 13 heures, les salariés concernés à 15 heures, alors même qu’elles valaient pour des réquisitions commençant à 14 heures, une heure plus tôt. Ça n’a pas de sens, c’est complètement illicite et le préfet l’a reconnu à la barre… Ils ont vraiment fait ces réquisitions n’importe comment. »

      Et ce n’est pas tout. « Ce n’était pas une erreur de timing, précise l’avocat. Le préfet a envoyé les réquisitions d’abord à l’employeur, de manière à ce qu’il puisse s’en saisir à sa convenance et obliger les salariés à travailler quand il en aurait besoin. C’est comme si l’État se défaisait de son pouvoir de police administrative au profit d’un patron d’une entreprise privée. C’est inédit, je n’ai jamais vu ça ! »

      Du coup, sous le choc, ils peuvent pas tomber malade, les 4 réquisitionnés ?

  • Interview sur France 2 : #Macron ne contrôle plus rien !
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/interview-sur-france-2-macron-ne-controle-plus-rien-xChRw8MYQW6dzUxppiK85A

    Sur France 2 hier soir, Emmanuel Macron a été interviewé pendant plus d’une heure par Caroline Roux. Le sujet était l’international et le président français a notamment parlé de l’agression russe en Ukraine, de l’attaque de l’Azerbaïdjan sur l’Arménie, de…

    #Grève #Politique

    • Un peu de sérieux, la police française est trés efficace contre tout.e manifestant.e
      Très trés efficace, et
      trés très trés violente !

      yeux crevés, membres arrachés, emprisonnements, contraventions . .