• Les chasses à l’homme

    Chasse aux esclaves fugitifs, aux Peaux-Rouges, aux peaux noires ; chasse aux pauvres, aux exilés, aux apatrides, aux Juifs, aux sans-papiers : l’histoire des chasses à l’homme est une grille de lecture de la longue histoire de la violence des dominants. Ces chasses ne se résument pas à des techniques de #traque et de #capture : elles nécessitent de tracer des lignes de #démarcation parmi les êtres humains pour savoir qui est chassable et qui ne l’est pas. Aux #proies, on ne refuse pas l’appartenance à l’espèce humaine : simplement, ce n’est pas la même forme d’#humanité. Mais la relation de chasse n’est jamais à l’abri d’un retournement de situation, où les proies se rassemblent et se font chasseurs à leur tour.
    Si la chasse à l’homme remonte à la nuit des temps, c’est avec l’expansion du #capitalisme qu’elle s’étend et se rationalise. En Occident, « de vastes chasses aux pauvres concourent à la formation du #salariat et à la montée en puissance d’un pouvoir de #police dont les opérations de traque se trouvent liées à des dispositifs d’#enfermement… Le grand #pouvoir_chasseur, qui déploie ses filets à une échelle jusque-là inconnue dans l’histoire de l’humanité, c’est celui du #capital. »


    https://lafabrique.fr/les-chasses-a-lhomme
    #exploitation #chasse #chasses #chasse_à_l'homme #livre

    En lien avec la question des #migrations, voici le petit extrait du mémoire de master de Sarah Bachellerie (pas encore soutenu), où elle cite le livre de #Grégoire_Chamayou :

    #asile #réfugiés

  • #Julien_Prévieux, l’artiste qui traque les traqueurs
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/301215/julien-previeux-lartiste-qui-traque-les-traqueurs

    Espionner au téléobjectif les bureaux de Google, montrer la manière dont sont captés les #gestes et les #mouvements humains à des fins marchandes ou policières, subvertir par des voies esthétiques ou ludiques la façon dont sont schématisés nos comportements… C’est ce à quoi travaille l’artiste Julien Prévieux qui commente ici un extrait de son dernier film, Patterns of Life.

    #Culture-Idées #art #capture #Grégoire_Chamayou #mesure #nombre #NSA #prix_Marcel_Duchamp #Surveillance

  • Grégoire Chamayou et « la théorie du drone »

    http://www.youtube.com/watch?v=9_vklqXvElw

    Alors que les #drones militaires se multiplient et que les drones civils sont entrain d’arriver, #Grégoire_Chamayou, philosophe au #CNRS, nous présente son livre Théorie du drone, dans l’émission « Dans le texte » présentée par #Judith_Bernard.
    Ils nous parlera pendant cet échange des arguments utilisés par le gouvernement pour légitimer les drones, mais aussi de la redéfinition de la #guerre apportée par ces nouvelles technologies, ainsi que des risques encourues par les populations.

    #D@ns_le_texte

    http://www.youtube.com/watch?v=Da9pMlBI6OI

    Grégoire Chamayou était le mardi 21 mai 2013 à la librairie l’#Harmattan à Lille pour présenter son dernier livre édité par #La_Fabrique : "Théorie du drone". Rencontre aussi passionnante qu’inquiétante autour des usages militaires des technologies du drone et, qui, contrairement aux discours de légitimation qu’ils entraînent dans leurs sillages, recomposent dangereusement les conceptions des interventions militaires dans le monde et ignorent le #droit_international. A l’heure où le gouvernement nous engage dans l’acquisition de deux drones, Grégoire Chamayou met salutairement en lumière les enjeux que cela représente, y compris pour les usages potentiels de cette technologie à l’intérieur même de notre territoire national.

    Présentation de l’éditeur :

    Le #drone est l’instrument d’une violence à distance, où l’on peut voir sans être vu, toucher sans être touché, ôter des vies sans jamais risquer la sienne.

    Cette forme de violence télécommandée, qui à la fois supprime le face-à-face et fait éclater la distance impose de repenser des concepts apparemment aussi évidents que ceux de combattant (qu’est-ce qu’un combattant sans combat ?) ou de zone de conflit (où a lieu, une telle violence, écartelée entre des points si distants ?). Mais, plus radicalement, c’est la notion de « guerre » qui entre elle-même en crise : le drone est l’emblème de la « chasse à l’homme préventive », forme de violence qui débouche, à mi-chemin entre guerre et police, sur des campagnes d’exécutions extrajudiciaires menées à l’échelle globale.

    Cette tentative d’#éradication absolue de toute réciprocité dans l’exposition à la #violence reconfigure non seulement la conduite matérielle de la violence armée, techniquement, tactiquement, mais aussi les principes traditionnels d’un #ethos militaire officiellement fondé sur la bravoure et l’esprit de sacrifice. Car le drone est aussi l’arme du #lâche : celle de ceux qui ne s’exposent jamais. Cela n’empêche pourtant pas ses partisans de la proclamer être l’arme la plus éthique que l’humanité ait jamais connue. Opérer cette conversion morale, cette transmutation des valeurs est la tâche à laquelle s’attellent aujourd’hui des philosophes américains et israéliens qui œuvrent dans le petit champ de l’#éthique militarisée. Leur travail discursif est essentiel pour assurer l’acceptabilité sociale et politique de cette arme. Dans ces discours de légitimation, les « éléments de langage » de marchands d’armes et de porte-parole des forces armées se trouvent reconvertis, par un grossier processus d’alchimie discursive, en principes directeurs d’une philosophie éthique d’un nouveau genre — une « #nécroéthique », dont il est capital de faire la critique.

    Grégoire Chamayou est chercheur en philosophie au CNRS, dans l’équipe CERPHI à l’ENS-LSH. Il a publié, à La fabrique, Les chasses à l’homme (2010).

    • En bon paranoïaque, il faut se poser la question du « pourquoi » des drones militaire. Les drones militaires sont une étape dans l’escalade à non pas la « guerre globale » mais plutôt la « domination globale ». Le drone est une arme qui nécessite des moyens techniques et financiers. C’est donc une arme de guerre qui oppose un camp riche contre un camp pauvre. C’est bien le cas de la guerre qui oppose les États-Unis contre les « terroristes » au Pakistan.

    • La question centrale de la légalité de la guerre (guerre préventive / préemptive) est effectivement reposée de façon particulièrement immédiate et importante par l’usage des drones américains.
      Maintenant, on sait bien que l’usage des drones n’est en bonne partie qu’une conséquence de la politique néoimpérialiste américaine, qui est l’un des carburants des islamistes (héritage du renversement de Mossadegh en Iran avec l’aide de la CIA, aide militaire énorme au Pakistan, collaboration étroite avec la dictature des Saouds etc.), et de l’incapacité des Alliés à maintenir l’ordre en Afghanistan (à y réduire la production l’opium...) - sans parler du malheur des Irakiens. (y comprendre les djihadistes dans le contexte de privatisation du pays (stratégie du choc) sous l’autorité de Brenner après le renversement du dictateur)

    • La question centrale de la légalité de la guerre (guerre préventive / préemptive) est effectivement reposée de façon particulièrement immédiate et importante par l’usage des drones américains.

      Je disais que l’utilisation drones n’était qu’une étape dans l’escalade à la domination américaine tout azimut, mais les étapes qui les précèdent sont sans doute la guerre psychologique et la guerre économique menées de concert.

      La crise économique actuelle nous vient des États-Unis. Les EU rapatrie de plus en plus leurs fleurons industriels à l’étranger. La "propagande" culturelle (on est les plus forts) inonde le monde. J’en viens même à me demander si les révélations d’Edward #Snowden n’est pas une initiative voulue par la NSA.

      Tout le monde sait que les EU nous espionnent, et tout le monde l’accepte en baisant la tête en espérant qu’il ne fasse pas partie du lot espionné. Le message qui passe est : « Si tu bouges, tu seras le prochain sur la liste du drone ».

  • #Drones : comment des milliers de personnes sont exécutées en dehors de tout cadre légal - Basta !
    http://www.bastamag.net/article3403.html

    Le drone est devenu l’arme de prédilection des États-Unis. Avec le drone, on ne combat plus l’ennemi, on pratique l’exécution de cibles présumées menaçantes. Finis les cercueils de soldats à rapatrier, et les guerres à devoir justifier. La guerre se transforme en chasse à l’homme, décidée dans des bureaux à huis-clos. Une traque en dehors de tout cadre légal ou contrôle démocratique. Pour #Grégoire_Chamayou, chercheur en philosophie au CNRS et auteur de Théorie du Drone, il y a urgence à penser cette métamorphose et ses impacts juridiques et éthiques. Avant que la France ne s’engage à son tour dans la « guerre des drones ».

    • Le drone concentre des techniques de pouvoir et les synthétise d’une manière tellement exagérée, hyperbolique, qu’il permet de cerner des logiques à l’œuvre de manière plus générale. Cette technique de ciblage par profil, on la retrouve dans d’autres pratiques sociales : si vous achetez un livre sur Amazon, on peut établir, grâce à votre comportement de client, un profil pour vous recommander par similarité des livres qui correspondent à vos préférences. Avec le drone est utilisée une technologie similaire, fondée sur l’analyse des similarités et l’anticipation de leur récurrence. Et on vous envoie sur la gueule non pas un livre mais un missile...

  • « GRÉGOIRE CHAMAYOU ET LA THÉORIE DU DRONE, D@NS LE TEXTE. »
    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5905

    C’est une espèce de guerre fantôme, qui se déploie au dessus de nos têtes et loin de nos consciences : des drones circulent, là haut, espionnent et frappent, sans faire de bruit dans nos radios ni d’images dans nos télés. On les voit bien pointer leur drôle de nez sans yeux dans les colonnes de nos journaux – La France en achète deux, la France va en acheter 12 - ah, fort bien, et quoi ? Rien. Pas de débat, pas de pensée, pas de « théorie » du drone, comme si la chose allait de soi, comme si, plutôt, nous étions bien trop désarmés intellectuellement pour concevoir la révolution que cette nouvelle arme a introduite à notre insu depuis dix ans dans l’art de la guerre.

    #Drones #Guerre #Terrorisme #Contre-insurection #Philosophie
    #Grégoire_Chamayou #Vidéo

  • Très bon article qui revient sur le livre(qui est au demeurant excellent) de #Grégoire_Chamayou « Théorie du drone » publié par la maison d’édition #la_fabrique.
    http://trahir.wordpress.com/2013/05/28/labrecque-chamayou

    En deux mots, les drones ont pour effet de transformer ladite situation de guerre en situation de chasse. L’« ennemi » au-dehors se voit ainsi métamorphosé en proie, et les sujets « domestiques » de l’État deviennent, à terme, autant de proies potentielles (sur ce point, voir en particulier la section « V. Corps politiques »). Les fonctions militaires et policières se confondent : il y a policiarisation de l’armée et militarisation des polices, qui s’équipent elles aussi en drones (non-armés, pour le moment). Ces fonctions se réarticulent selon la logique de l’innovation technologique voulant que la domination ne se refuse (pratiquement) jamais de nouveaux moyens. Les moyens, cependant, en viennent à moduler les fins. Il résulte de l’adoption du drone des crises dans l’éthique et la psychologie des combattants (voir notamment les sections « II. Ethos et psychè » et « III. Nécroéthique »), et surtout une réarticulation de cette catégorie elle-même, puisque les cibles des drones se voient, à toutes fins pratiques, privées de la possibilité de combattre. La notion de combat implique un minimum de réciprocité. Or, le sens de la « devise opérationnelle » du drone, projeter du pouvoir sans projeter de vulnérabilité (p. 22) tient précisément à l’unilatéralisation de la violence

    #Philosophie #Politique #Critique #Chercheurs #Drones #Droit #Militarisation #Territoires #Livre

  • Passionnante interview de #Grégoire_Chamayou a propos de l’achat de deux drones américains par l’armée française.
    http://www.liberation.fr/politiques/2013/05/19/la-guerre-devient-un-teletravail-pour-employes-de-bureau_904153

    « Comment un philosophe en vient-il à s’intéresser aux drones ? »

    "Le drone, c’est un « objet violent non identifié », qui met en crise les catégories de pensée traditionnelles. Un opérateur appuie sur un bouton en Virginie, et quelqu’un meurt au Pakistan. Lorsqu’elle est écartelée entre des points aussi distants, où a lieu l’action de tuer ? Cela produit des crises d’intelligibilité dont la philosophie doit rendre compte. Ce livre, Théorie du drone, est la suite du précédent, les Chasses à l’homme : le drone armé est l’emblème des chasses à l’homme militarisées contemporaines. Et certains philosophes travaillent, aux Etats-Unis et en Israël, main dans la main avec les militaires pour développer ce que j’appelle une « nécroéthique » visant à justifier les assassinats ciblés. Il y a donc urgence à répliquer. Quand l’éthique est enrôlée dans l’effort de guerre, la philosophie devient un champ de bataille."

    #Drones #Guerre #Terrorisme #Contre-insurection #Philosophie #Chamayou

  • Emission autour du passionnant livre de Grégoire Chamayou « Théorie du drone » http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-philosophie-critique-du-drone-2013-05-04#LaFabrique

    « Il arrive parfois, c’est rare, qu’un livre produise un effet étrange. A mesure qu’on le lit, naît le sentiment, non formulé jusque là, qu’on avait besoin de ce livre, qu’il répond à des questions qu’on se posait, mais vaguement, le livre créé sa nécessité et, à peine refermé, il devient une étape de notre formation intellectuelle ».
    #Drones #Guerre #Terrorisme #Contre-insurection #Philosophie #Grégoire_Chamayou #Audio #Radio #France_culture