• Les 6 conditions pour que la Chine soit 1ère puissance mondiale.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4330

    Lancements de fusées suivant une fulgurante croissance économique où les villes fleurissent comme des champignons en temps pluvieux et à l’ombre de la double idéologie construite de Confucius et de Marx. La Chine refuse d’être 1ère puissance quand elle n’endigue les adversités et hostilités qui la menacent en partition de ses territoires. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / #Socialisme,_Amérique_Latine,_Chine,_marxisme,_égalité,_pauvreté,_justice,_sociale, Chine, réforme, développement, environnement, Asie, , économie , #Data_-_Données

    #Grands_événements_:Gigantisme_de_l’inattendu. #Chine,_réforme,_développement,_environnement,_Asie, #économie_

  • Confucianisme de la Chine communiste au rôle de bercail du capitalisme.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4329

    Mao Zedong disait que le pouvoir politique vient du canon d’un fusil. C’était au moment où sa révolution bannissait toutes les formes de féodalité, un farouche combat contre la misère. Les anciennes sociétés ne se laissaient défaire sans une violence qui les démantèle. Puis vint le sursaut du capitalisme au cœur du dogme marxiste. Ce qui n’a pas fonctionné dans les expériences socialistes est surmonté. Le socialisme se retrouve à ne plus révoquer la consommation que les peuples considèrent en 1er paramètre de leur bien-être social. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / Chine, réforme, développement, environnement, Asie, , #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, économie , #Socialisme,_Amérique_Latine,_Chine,_marxisme,_égalité,_pauvreté,_justice,_sociale, diplomatie, sécurité, commerce, (...)

    #Grands_événements_:Gigantisme_de_l’inattendu. #Chine,_réforme,_développement,_environnement,_Asie, #économie_ #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale

  • Nous pouvons (et devons) stopper la crise sur les marchés internationaux – Fondation FARM
    https://fondation-farm.org/crise-alimentaire-securite-mondiale

    Bien sûr, la guerre en Ukraine n’a rien arrangé. Cette région du monde (Ukraine + Russie) produit une part significative du blé et du maïs exporté sur les marchés internationaux (environ 20%) et il en est de même pour les huiles végétales (notamment celle de tournesol) et pour les engrais azotés. Pour l’instant, ce n’est pas tant la production qui est compromise que les exportations (qui se faisaient traditionnellement par les ports de la mer Noire).
    Mais l’essentiel de la hausse des prix s’est produit avant la guerre en Ukraine. Et il ne s’agit pas là d’un détail. Car si les prix alimentaires, notamment ceux du maïs, du blé et des huiles végétales, ont fortement augmenté depuis la mi-2020, c’est parce qu’ils ont été entraînés à la hausse par le prix des énergies fossiles (pétrole et gaz naturel). Ce qui est en cause, c’est donc notre modèle de production agricole basé sur l’utilisation intense de ces énergies : intrants chimiques (notamment les engrais azotés fabriqués avec du gaz naturel), mécanisation, transport à grande distance. Ce qui est en cause, c’est surtout notre utilisation massive de produits alimentaires pour fabriquer du carburant, surtout aux Etats-Unis (maïs) et dans l’Union européenne (colza). Une utilisation qui lie très fortement le prix des céréales (maïs et blé) et des huiles végétales aux prix des énergies fossiles.
    Alors bien sûr la guerre en Ukraine a prolongé et amplifié la crise mais lui en attribuer l’entière responsabilité est factuellement inexact. Nous (Européens et Américains du nord) avons aussi notre (grande) part de responsabilité et il nous revient de l’assumer.

    #marchés_céréales #crise_ukraine #biocarburant

  • Les aventures du #graffiti dans les villes
    https://metropolitiques.eu/Les-aventures-du-graffiti-dans-les-villes.html

    Que peut signifier une politique publique du graffiti ? Dans son ouvrage, Julie Vaslin analyse l’intégration progressive – et parfois contradictoire – du graffiti dans les politiques culturelles de #Berlin et #Paris, dans les années 2010. Les graffitis, le #street_art et les peintures murales, qui font partie intégrante de la complexité du paysage urbain, sont indissociables de la texture de l’écologie urbaine. On peut explorer les graffitis du point de vue d’une histoire naturelle de la ville, #Commentaires

    / street art, graffiti, #politiques_publiques, #arts, Paris, Berlin

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_brighenti3.pdf

  • Le recul du dollar ne modère plus les crises de l’empire qui le frappe.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4324

    L’année dernière, de 2021, le FMI a émis un constat sous forme d’alarme. Il a signalé que les réserves en dollars détenues par les banques centrales avaient atteint leur plus bas niveau en un quart de siècle. Ce qui reflétait la considération du « rôle déclinant » de la monnaie traditionnellement utilisée... Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale, #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, économie , #USA,_Maison_Blanche,_CIA, #chômeurs,_emploi,_social,_syndicat,_revendication,_jeunesse,_travailleurs,_chômage

    #Grands_événements_:_Gigantisme_de_l’inattendu. #économie_

  • Grand oral de l’écologie - Spécial #Législatives
    https://www.blast-info.fr/emissions/2022/grand-oral-de-lecologie-special-legislatives-91Y2gO90RyGcwiFVrMHJbw

    Selon le dernier volet du 6e rapport du GIEC, les trois années à venir seront cruciales pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 degré d’ici 2050. Mais la crise écologique est bien plus large et les scientifiques…

    #grandoral #Écologie
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-grand-oral-de-lecologie-special-legislatives-91Y2

  • Bilan de la visite de la Haut-Commissaire, de l’ONU, en Chine ?
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4314

    Depuis 2005, c’est la seule visite d’un haut responsable des droits de l’homme de l’ONU en Chine. Elle a été officiellement sollicitée en 2018, avec la flambée des alertes. Ce qui fait que les autorités ont eu le temps de préparer le terrain de travail. La déception est consommée lors de la conférence de presse le 28 mai. Les thèses de Pékin sont reprises pleinement par la haut-commissaire des droits de l’homme. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / Chine, réforme, développement, environnement, Asie, , #Data_-_Données, économie , #Socialisme,_Amérique_Latine,_Chine,_marxisme,_égalité,_pauvreté,_justice,_sociale, diplomatie, sécurité, commerce, économie (...)

    #Grands_événements_:Gigantisme_de_l’inattendu. #Chine,_réforme,_développement,_environnement,_Asie, #économie_ #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale

  • Vote présidentiel en Colombie, la gauche en tête ce 29/5/22.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4315

    En Colombie la constitution limite au chef de l’État un mandat unique. Le président sortant Iván Duque n’est donc pas éligible. Quelques mois après les élections législatives, organisées le 13 mars dernier, l’immense pays de Pablo Escobar et du prix Nobel littéraire Gabriel Garcia Marquez, intéresse bien des chancelleries et des observateurs. La percée de la gauche planait en l’air. Elle confirme une tendance exprimée lors de dernière consultation législative qui s’est déroulée aussi dans un climat très paisible, comme ce 29 mai 2022. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / #Socialisme,_Amérique_Latine,_Chine,_marxisme,_égalité,_pauvreté,_justice,_sociale, #chômeurs,_emploi,_social,_syndicat,_revendication,_jeunesse,_travailleurs,_chômage, diplomatie, sécurité, commerce, économie (...)

    #Grands_événements_:_Gigantisme_de_l’inattendu. #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale

  • L’impérialisme à l’état pur : Biden redéploye des forces en #Somalie | T.I. Coles - The #Grayzone

    Donald Trump avait décidé de retirer les troupes US de Somalie. Biden revient sur cette décision et va y redéployer des forces d’opérations spéciales. Ce n’est que le dernier chapitre d’une longue histoire d’ingérence destructive américano-britannique dans la Corne de l’Afrique.

    https://www.investigaction.net/fr/limperialisme-a-letat-pur-biden-redeploye-des-forces-en-somalie

  • Indigenous group defends uncontacted relatives from cattle onslaught in the #Gran_Chaco

    In the dwindling #Dry_Chaco, an Indigenous group fights for land titles to protect uncontacted relatives and some of the last remaining wild lands in #Paraguay.

    - The Gran Chaco, a dry forest that stretches across Paraguay, Bolivia, and Argentina, is one of the fastest-disappearing ecosystems on the planet, having lost 20% of forest cover between 2000 and 2019, according to a recent study.
    – The Chaco is home to the #Ayoreo-Totobiegosode, one of the only known “uncontacted” Indigenous groups in South America outside of the Amazon; in early 2021, members of this group approached a camp of their contacted relatives to express their concerns about escalating forest destruction.
    - The contacted Ayoreo-Totobiegosode have been engaged in a legal battle for their traditional homelands for nearly 30 years, and although Paraguay designated this region as a protected area in 2001, several cattle-ranching companies have obtained land titles within the region, with deforestation continuing.
    – Last month, the tribe made further appeals to the Inter-American Commission on Human Rights requesting the official title to their traditional lands.

    https://www.youtube.com/watch?v=1lUrhyAS_F4&feature=emb_logo

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=xlum11PrDjg&feature=emb_logo

    https://news.mongabay.com/2022/05/indigenous-group-fights-cattle-onslaught-defends-uncontacted-relative

    #peuples_autochtones #forêt #Chaco #déforestation #résistance

    • Artist statement : ’#Artes _Vivas’ Indigenous collective

      #Osvaldo_Pitoe, #Jorge_Carema, #Efacio_Álvarez, #Marcos_Ortiz and #Esteban_Klassen, a collective of indigenous artists from the Chaco, are part of the project ’Collection, Mission, Colonisation: Encounters and entangled Histories from the Chaco’. Find out more about their creative perspectives in this statement.

      Photographs of the artefacts collected by missionaries Seymour Hawtrey and Wilfrid Barbrooke Grubb in the late 19th century inspired artists from the indigenous collective “Artes Vivas” to create new works. From the interaction with the collection emerged a series of drawings in which the artists recall the historical ways of being in the world of their people, and simultaneously speak of the contemporary life of Nivacle and Guaraní communities in the Chaco. Through reflections and observations they are creating a dialogue between historical artefacts and contemporary expressions. The drawings express and reflect processes of transformation caused by colonisation and evangelisation in the 20th century.

      In a non-verbal way, the drawings communicate the dispossession of their territories and the loss of autonomy. They tell of the modification of their subsistence practices, of wage labour, and the re-settlement on mission stations, circumstances which determine their present precarious living conditions. They refer to processes of conversion and forced assimilation and to the continuous experience of discrimination and exclusion.

      However, the drawings also witness the strength and resilience of indigenous ways of living. They show that relationships with the forest and the beings that inhabit it, as well as their ethics of coexistence and sharing, are still important for the Nivacle and Guaraní.

      The artist collective was initiated and established through a close, long-term collaboration between indigenous artists and anthropologists Verena and Ursula Regehr. Following a proposal from the Nivacle community, they organised a drawing contest in 1998 where the drawings made with black pen on paper by Jorge Carema and Osvaldo Pitoe stood out. The black and white contrasts allude to that of women’s wool textiles in the region. Over the years Clemente Juliuz, Esteban Klassen, Marcos Ortiz, and Efacio Álvarez joined the collective and developed their own motifs and styles. All the artists are self-taught and have only had a few years of formal education. They belong to the Nivacle and Guaraní linguistic groups and live in the Cayin ô Clim and Yiclôcat missions on the periphery of the Neuland Mennonite colony in the Paraguayan Chaco.

      They have participated in several exhibitions and publications, including “Bosques vivos”, Bienal Sur and Centro Cultural La Moneda, Santiago de Chile (2022); “Trees”, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris (2019); “Reconfigurations: Chaco life in transition”, Museo del Barro, Asunción (2018); “symmetry/asymmetry: imagination and art in the Chaco”, Manzana de la Rivera Cultural Centre, Asunción and Colonia Neuland Cultural Centre (2011); “We, people of Cayin ô Clim”, Manzana de la Rivera Cultural Centre, Asunción and Colonia Neuland Cultural Centre (2004).

      Quelques oeuvre à découvrir sur le site web :

      https://www.sdcelarbritishmuseum.org/blog/artist-statement-living-arts-indigenous-collective
      #art #colonisation

  • « Une tour pour les Jeux » : alliances et rapports de force entre élus et investisseurs en Seine-Saint-Denis
    https://metropolitiques.eu/Une-tour-pour-les-Jeux-alliances-et-rapports-de-force-entre-elus-et.

    Martin Decker analyse la lente dégradation de la tour Pleyel à #Saint-Denis, construite en 1973, et sa transformation en hôtel et centre de conférences pour les #Jeux_olympiques de 2024. Élus et investisseurs redéfinissent ainsi le développement tertiaire de la Plaine Saint-Denis en faisant un pari incertain sur l’avenir. La #financiarisation du capitalisme urbain est souvent présentée comme une contrainte pour les collectivités, renforçant leur dépendance aux acteurs financiers dans le développement des #Terrains

    / #rénovation_urbaine, #Grand_Paris, Saint-Denis, financiarisation, Jeux olympiques, Grand Paris (...)

    #Grand_Paris_Express
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_decker.pdf

  • Une filiale du groupe Vinci poursuivie pour homicide involontaire suite à la mort d’un intérimaire
    https://basta.media/filiale-Vinci-poursuivi-pour-homicide-involontaire-apres-l-accident-du-trav

    ce n’est pas uniquement par « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité » que Dodin Campenon-Bernard serait responsable de l’accident de travail de Maxime Wagner. Mais bien par « la violation manifestement délibérée » d’une ou plusieurs obligations de sécurité.

    Pour la famille d’un ouvrier mort sur un chantier du Grand Paris, deux ans d’abandon et de questions sans réponse
    https://basta.media/Accident-du-travail-pour-la-famille-d-un-ouvrier-mort-sur-un-chantier-du-gr

    #accidents_du_travail #vinci #grand_paris #sous-traitance

  • La possibilité de l’écofascisme
    https://perspectives-printanieres.info/la-possibilite-de-lecofascisme
    par Antoine Dubiau

    Si la menace néofasciste n’a pas attendu les alertes du #GIEC pour se constituer, le drame climatique en cours pourrait bien lui donner un nouveau souffle, ainsi qu’une nouvelle couleur – le vert. Malgré une multitude de signaux faibles et l’existence d’un corpus théorique suffisamment profond pour soutenir une telle reconfiguration idéologique, le double processus d’écologisation du #fascisme et de fascisation de l’écologie n’est pas encore une réalité massive qu’il ne serait possible de constater qu’avec impuissance. C’est un mouvement en germe dont les prémisses idéologiques peuvent encore être détruites, en comprenant ses fondements, son ancrage organisationnel et les voies par lesquelles il se déploie aujourd’hui.

    Prêter attention à ces écologies politiques d’#extrême-droite, en repérant ses multiples manifestations et les dangers qu’elles représentent, pourrait s’avérer utile sur le plan #antifasciste comme écologiste lui-même. Cela nécessite de prendre au sérieux ces appropriations politiques de la question écologique par l’extrême-droite, non pas en les accréditant mais en les reconnaissant comme de véritables positions écologistes. Beaucoup à gauche cèdent à la tentative de qualifier de « #greenwashing » toute appropriation de la question écologique par leurs ennemis politiques : l’écologie serait intrinsèquement de gauche, par sa seule histoire. Ce récit trop grossier occulte dangereusement les autres écologies politiques. Le verdissement en cours d’organisations électoralistes longtemps hostiles à l’écologie, notamment à l’extrême-droite, n’est peut-être pas sincère (ce qui en ferait effectivement du greenwashing), mais cela importe peu. Comme il ne sera jamais possible d’avoir accès aux intentions derrière ces conceptions droitières de l’écologie, ce n’est pas la sincérité de l’extrême-droite pour l’enjeu écologique qui compte, mais bien l’effet de son discours écologique. La construction de ce dernier est à chercher en-dehors des formes visibles de l’extrême-droite, car ce n’est pas au sein du #Front National que furent théorisées ces écologies politiques réactionnaires.

    En France, dans les années 70, une large nébuleuse idéologique d’extrême-droite s’est constituée autour de quelques organisations intellectuelles et d’une constellation de revues philosophico-politiques. L’organisation la plus visible ayant structuré cette nébuleuse fut le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE), fondé en 1969. Trois revues sont directement liées à celui-ci – Éléments, Nouvelle École et Krisis – tandis qu’une multitude d’autres publications (pérennes ou temporaires) ont accompagné la structuration idéologique de cette mouvance d’extrême-droite. Dans l’espace médiatique, cette dynamique droitière reçut l’appellation de « Nouvelle Droite » par analogie avec d’autres mouvances intellectuelles et politiques contemporaines qui reçurent le même qualificatif. Plusieurs traditions politiques s’y croisent, souvent rassemblées en quatre tendances distinctes – le traditionalisme anticatholique, le #néoconservatisme, le #communautarisme ethniste et une forme particulière de positivisme, voire de scientisme – par les observateurs extérieurs, sans que cette classification ne soit officielle. C’est de cette pluralité théorique qu’émergera, plus ou moins directement, une conception #réactionnaire de l’écologie politique, influencée par les thèses fortes de plusieurs tendances précitées.
    Le philosophe Alain de Benoist fut (et reste) la principale figure de la mouvance néo-droitière. Celui-ci joue à la fois le rôle de façade respectable et de modérateur entre les différentes tendances, au carrefour desquelles il s’est lui-même toujours situé – malgré quelques revirements idéologiques lors des 5 dernières décennies. Sous une multitude de pseudonymes (qui n’ont probablement pas tous été identifiés), il participa à plusieurs médias grand public comme Le Figaro ou France Culture, et publia de nombreux ouvrages, y compris chez des éditeurs d’importance (comme Albin Michel ou Robert Laffont). Il illustre ainsi la stratégie métapolitique du « gramscisme de droite » qui caractérise la Nouvelle Droite, qu’il a lui-même rethéorisée et appliquée : diffuser, dans l’imaginaire collectif, les « valeurs » et idées de l’extrême-droite, préparant sa future réussite politique par son hégémonie culturelle. Derrière Alain de Benoist, de nombreux autres théoriciens fascistes ont suivi cette stratégie, comme Guillaume Faye, dont les thèses #identitaires semblent aujourd’hui hégémoniques dans l’espace médiatique. En effet, le mouvement #identitaire contemporain recycle largement les thèses fondatrices de la Nouvelle Droite dans son discours fictionnel sur le « choc des civilisations » ou le #grand_remplacement. Le #racisme derrière ces concepts n’est plus pseudo-biologique mais ethno-différentialiste, revendiquant la préservation de l’héritage culturel européen face à sa supposée dissolution par l’arrivée de populations jugées ethniquement allogènes. Cette culturalisation du racisme, alors débarrassé (en façade) de ses justifications pseudo-biologiques, résulte directement du travail idéologique de la Nouvelle Droite. L’écologisation du socle idéologique de la mouvance néo-droitière semble s’ancrer dans ce virage culturaliste, mais rend en réalité évident le continuum entre racismes biologique et culturel dans les théories politiques de l’extrême-droite.

    Le parcours intellectuel d’Alain de Benoist lui-même permet de comprendre la montée en puissance de la question écologique au sein de la Nouvelle Droite : initialement acquis au #scientisme technophile, qui constitue l’une des quatre tendances historiques de la mouvance, le philosophe a par la suite mis en cohérence les différences facettes de sa pensée en synthétisant, par l’écologie, ses visées traditionalistes/païennes et communautaristes sur le plan ethnique. Au milieu des années 70, l’écologie est en effet apparue comme cohérente avec le rejet romantique de la modernité d’inspiration chrétienne qui fondait déjà certaines thèses néopaïennes de la Nouvelle Droite. La défense de la culture européenne devient dès lors écologique : les communautés humaines seraient liées à leur #environnement, dans une perspective radicalement déterministe selon laquelle l’environnement détermine la culture. Cet équilibre « naturel » entre les humain-es et leur sol serait perturbé par l’arrivée de populations non-européennes, jugées culturellement inadaptées à l’environnement local. Protéger l’environnement consisterait alors à préserver cet équilibre en empêchant l’#immigration. Le fait que cette conception politique de l’écologie fasse notamment écho aux thèses nazies – et plus généralement fascistes – sur le rapport au sol n’est absolument pas un hasard. Elle s’ancre en effet dans plusieurs mythes pseudo-scientifiques et ésotériques très structurants à l’extrême-droite, comme celui du #nordicisme, qui prétend que les populations « indo-européennes » (comprendre : blanches) ne seraient pas originaires d’Afrique comme l’ensemble de l’Humanité, mais auraient vu le jour au-delà du cercle polaire arctique. Abandonnées (en façade) par la Nouvelle Droite au profit de justifications culturelles, les justifications pseudo-biologiques refont explicitement surface avec l’écologisation des thèses fascistes sur l’origine du « peuple » indo-européen et son inscription environnementale, légitimant le recours à l’appellation d’« #écofascisme ».

  • A peine installée dans sa ville natale, la statue de margaret thatcher victime de huée et de jet d’oeufs
    https://www.rtbf.be/article/a-peine-installee-dans-sa-ville-natale-la-statue-de-margaret-thatcher-victime-d

    Il l’avait promis, il a tenu parole : à peine installée dans sa ville natale de Grantham, la statue de l’ancienne première ministre britannique margaret thatcher a été victime d’un jet d’oeufs. Un événement intitulé "concours de lancer d’oeufs" avait en effet été organisé Facebook, auquel se sont abonnés plus de 12.000 personnes, tandis que 2300 ont promis d’y participer.

    Ils n’étaient pas 2300 à lancer des oeufs au final, mais les huées ont été nombreuses aussitôt la statue dévoilée, rapporte The Guardian. https://www.theguardian.com/politics/2022/may/15/margaret-thatcher-statue-grantham-egged-within-hours-of-it-being-instal
    Il n’a pas fallu attendre la diffusion de la saison 4 de "The Crown" pour faire de margaret thatcher un personnage controversé au Royaume-Uni. Malgré des réélections successives de 1979 à 1990, sa politique dure, qualifiée de « thatchérisme", lui a aussi valu de solides inimités.

    Le conseiller Kelham Cooke a cependant déclaré que la statue était un hommage approprié à une personnalité politique unique : « margaret thatcher sera toujours une partie importante de l’héritage de Grantham", a-t-il déclaré. "Elle et sa famille ont des liens étroits avec Grantham. Elle est née, a grandi et est allée à l’école ici.

    Il a ajouté : "Il est donc approprié qu’elle soit commémorée par sa ville natale et que le débat qui entoure son héritage ait lieu ici à Grantham. Nous ne devons jamais cacher notre histoire, et ce mémorial sera un sujet de discussion pour les générations à venir."

    La statue de margaret thatcher, créée par le sculpteur Douglas Jennings, a été précédemment déclinée par Londres par crainte de vandalisme et de perturbations.

    #margaret_thatcher #politique #économie #capitalisme #néo-libéralisme #néolibéralisme #histoire #société #inégalités #finance #néo_libéralisme #Angleterre

  • Je trouve qu’on sous-estime le fait que, pour critiquer l’union à gauche, Macron avait choisi d’attaquer sur la notion de « communautarisme », qui est très exactement un dog whistle raciste.
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/legislatives-2022-macron-tape-sur-la-nupes-devant-les-candidats-de-la

    “La gauche et la droite républicaines sont ici présentes et sont une composante de la majorité. La droite ouverte, sérieuse, européenne est une composante de la majorité”, a-t-il également ajouté. “Vous aurez un projet d’exclusion à l’extrême droite. Et de l’autre côté de l’échiquier, un projet qui choisit le communautarisme, disons le clairement.”

    Oui, tiens, dis-nous clairement, c’est quoi et c’est qui, le « communautarisme » ?

  • Tuerie de masse à Buffalo | « Comme dans un film d’horreur » | La Presse
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2022-05-14/tuerie-de-masse-a-buffalo/comme-dans-un-film-d-horreur.php

    Peu avant l’attaque, Payton Gendron avait publié en ligne un manifeste haineux faisant référence à la théorie raciste du « grand remplacement » issue de l’extrême droite, selon un haut responsable des forces de l’ordre américaines, comme l’a rapporté le New York Times.

  • Les espaces publics, un impensé du #Grand_Paris ?
    https://metropolitiques.eu/Les-espaces-publics-un-impense-du-Grand-Paris.html

    Alors que les espaces publics sont relativement absents des débats sur l’aménagement de la région capitale, cet essai appelle à faire du #Grand_Paris_Express un levier pour transformer conjointement espaces publics et #mobilités dans la profondeur des territoires. Souvent réduits à des enjeux locaux ou techniques, les espaces publics sont un impensé des débats sur l’aménagement du Grand Paris. Les rues, les boulevards et les places demeurent majoritairement modelés pour l’automobile, laissant peu #Essais

    / #temps, #conception, Grand Paris Express, Grand Paris, mobilité, #espace_public

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-enon-fleury-maillot-trevelo.pdf

  • L’illusion du vote #bobo
    https://metropolitiques.eu/L-illusion-du-vote-bobo.html

    Au moment où les premières analyses des résultats de la présidentielle mettent l’accent sur la prétendue spécificité du « vote bobo » dans les #grandes_villes, Jean Rivière déconstruit cette idée reçue en montrant l’hétérogénéité de l’espace social et géographique de cet électorat. À l’occasion des scrutins municipaux de 2020, des coalitions électorales construites autour du Parti socialiste et d’Europe Écologie–Les Verts ont conservé ou remporté les mairies de plusieurs villes du haut de la hiérarchie urbaine #Essais

    / #élections, #élections_présidentielles, grandes villes, #Jean-Luc_Mélenchon, #écologistes, bobo

  • Posada, génie de la gravure
    Première rétrospective en France de l’artiste mexicain, jusqu’au 18/9/2022.
    https://museedelimage.fr/le-musee-2/les-salles-temporaires/153-posada-genie-de-la-gravure

    Voici l’histoire d’un artiste de génie dont le nom est encore trop méconnu en France : #Posada. Pourtant, qui ne connaît ses figures de squelettes dansant, riant, jouissant de l’existence à la manière des vivants ? Intimement associées à la culture mexicaine, les calaveras sont désormais les motifs récurrents d’une culture populaire internationale.

    Leur auteur, #José_Guadalupe_Posada (1852-1913), est un homme au destin singulier, qui a délaissé une carrière toute tracée pour mettre son talent au service de la #presse_populaire : illustrations de faits divers, contes, chansons... - rappelant la production imagière française, particulièrement celle d’Épinal, qui connaît un âge d’or au XIXe siècle.

    Le commissariat de cette exposition est assuré par #Lætitia_Bianchi, auteure du livre Posada, génie de la #gravure.
    https://www.lesartsdessines.fr
    https://www.lassociation.fr/agenda

  • Au #col_du_Portillon, entre la #France et l’#Espagne, la #frontière de l’absurde

    L’ordre est tombé d’en haut. Fin 2020, Emmanuel Macron annonce la fermeture d’une quinzaine de points de passage entre la France et l’Espagne. Du jour au lendemain, le quotidien des habitants des #Pyrénées est bouleversé.

    C’est une histoire minuscule. Un #col_routier fermé aux confins des Pyrénées françaises des mois durant sans que personne n’y comprenne rien. Ni les Français ni les Espagnols des villages alentour, pas même les élus et les forces de l’ordre chargés de faire respecter cette fermeture. L’histoire de cette « mauvaise décision », qui a compliqué la vie de milliers de personnes pendant treize mois, débute à l’automne 2020.

    Les journaux gardent en mémoire la visite d’Emmanuel Macron au Perthus, le poste-frontière des Pyrénées-Orientales, département devenu depuis quelques années la voie privilégiée des migrants venus du Maroc, d’Algérie et d’Afrique subsaharienne. Sous un grand soleil, inhabituel un 5 novembre, le président de la République, un masque noir sur le visage, avait alors annoncé une fermeture temporaire des frontières françaises d’une ampleur jamais connue depuis la création de l’espace Schengen, en 1985 : une quinzaine de points de passage, situés tout le long des 650 kilomètres de frontière entre la France et l’Espagne, seraient désormais barrés.

    L’objectif officiel, selon les autorités, étant « d’intensifier très fortement les contrôles aux frontières » pour « lutter contre la menace terroriste, la lutte contre les trafics et la contrebande (drogue, cigarettes, alcools…) mais aussi contre l’immigration clandestine ». Aux préfets concernés de s’organiser. Ils ont eu deux mois.

    Une mesure « ubuesque »

    6 janvier 2021. Loin du Perthus, à quelque 300 kilomètres de là, il est 20 heures lorsque les premières automobiles sont refoulées au col du Portillon, l’un des points de passage concernés par cette mesure. Ce jour-là, il n’y a pourtant pas plus de neige que d’habitude. La frontière est fermée jusqu’à nouvel ordre, annoncent les gendarmes. Lutte contre le terrorisme. Les refoulés sont dubitatifs. Et inquiets. La dernière fois qu’on les a rembarrés comme ça, c’était au lendemain de l’attaque de Charlie Hebdo, quand, comme partout, les contrôles aux frontières avaient été renforcés. Ça aurait recommencé ? A la radio et à la télévision, on ne parle pourtant que de l’assaut du Capitole, à Washington, par des centaines de trumpistes survoltés, pas d’une attaque en France.

    « Ça n’a l’air de rien, mais, deux fois cinquante minutes au lieu de deux fois quinze minutes, ça vous change une journée. » Michel, retraité

    Comme il n’existe pas trente-six manières de matérialiser une frontière, Etienne Guyot, le préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne, a fait installer de gros plots en béton armé et autant d’agents de la police aux frontières (PAF) en travers de cette route qui permet de relier Bagnères-de-Luchon à la ville espagnole de Bossòst, située dans le val d’Aran. Au bout de quelques jours, parce que les plots étaient trop espacés, les agents ont fait ajouter des tas de gravier et de terre pour éviter le passage des motos et des vélos. Mais les deux-roues ont aimé gravir les petits cailloux. De gros rochers sont donc venus compléter l’installation.

    Ce chantier à 1 280 mètres d’altitude, au milieu d’une route perdue des Pyrénées, n’a pas intéressé grand monde. Quelques entrefilets dans la presse locale – et encore, relégués dans les dernières pages – pour un non-événement dans un endroit qui ne dit rien à personne, sauf aux mordus du Tour de France (magnifique victoire de Raymond Poulidor au Portillon en 1964) et aux habitants du coin.

    Cette décision – l’une de celles qui se traduisent dans les enquêtes d’opinion par une défiance vis-à-vis des dirigeants – a été vécue comme « ubuesque », « injuste », « imposée par des Parisiens qui ne connaissent pas le terrain ». Elle a achevé d’excéder une région déjà énervée par un confinement jugé excessif en milieu rural et, avant cela, par une taxe carbone mal vécue dans un territoire où la voiture est indispensable.

    « Le carburant ça finit par chiffrer »

    Si la fermeture du col n’a engendré aucune conséquence tragique, elle a sérieusement entamé des activités sociales et économiques déjà fragilisées après le Covid-19. Prenez Michel, retraité paisible à Bagnères-de-Luchon, habitué à faire ses courses trois fois par semaine à Bossòst, côté espagnol. Un petit quart d’heure sépare les deux villes si l’on emprunte le col du Portillon, avec une distance d’à peine 17 kilomètres. Mais, depuis janvier 2021, il faut faire le tour et franchir le pont du Roi. Soit un détour de 42 kilomètres. « Ça n’a l’air de rien, concède le septuagénaire. Mais, deux fois cinquante minutes au lieu de deux fois quinze minutes, ça vous change une journée. Et le carburant, ça finit par chiffrer. »

    Dans ce coin, le Pays Comminges, qui s’étend depuis les coteaux de Gascogne jusqu’à la frontière espagnole, la frontière n’existait pas. « Pas dans les têtes, en tout cas », assure Pierre Médevielle. Bien que le sénateur indépendant de la Haute-Garonne boive de l’eau plate à l’heure du déjeuner, il correspond en tout point à l’idée que l’on se fait d’un élu de la Ve République du siècle dernier. Il donne rendez-vous dans un restaurant qui sert du canard, il a 62 ans, un look gentleman-farmer de circonstance (un week-end en circonscription), une passion pour la chasse et la pêche, une fidélité de longue date pour les partis centristes et une connaissance encyclopédique de l’histoire de sa région.

    Le Comminges, c’est plus de 77 000 habitants, une densité de 36 habitants au kilomètre carré, un déclin démographique inquiétant, une vallée difficile à développer, un accès routier complexe… Une véritable petite diagonale du vide dans le Sud-Ouest. « Juste après le Covid, la fermeture du Portillon a été vécue comme une sanction, explique le sénateur. Elle a bouleversé le quotidien de nombreux frontaliers. »

    Des questions laissées sans réponse

    Les Aranais vont et viennent dans les hôpitaux et les cabinets médicaux de Toulouse et de Saint-Gaudens – un accord de coopération sanitaire lie les deux pays –, et leurs enfants sont parfois scolarisés dans les écoles et le collège de Luchon. Les Français considèrent, eux, le val d’Aran comme un grand supermarché low cost planté au milieu d’une nature superbe. Ils achètent, à Bossòst – des alcools, des cigarettes et des produits bon marché conditionnés dans d’immenses contenants (céréales, pâte à tartiner, shampoing, jus d’orange…). Le samedi matin, les Espagnols, eux, se fournissent en fromage et en chocolat côté français, dans le gigantesque Leclerc d’Estancarbon. D’un côté comme de l’autre, on parle l’occitan, qu’on appelle gascon en France et aranais en Espagne.

    Pierre Médevielle a fait comme il a pu. Il a posé des questions dans l’Hémicycle. Il a adressé des courriers au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Il a beaucoup discuté avec celui qui est alors le secrétaire d’Etat chargé de la ruralité, Joël Giraud, et avec son homologue espagnol, Francés Boya Alós, chargé du défi démographique (l’autre nom de la ruralité). Ils ont tous trois fait état des pétitions citoyennes et des motions votées par les élus des communes concernées, suppliant Gérald Darmanin de revenir sur une décision « incompréhensible ».

    Eric Azemar, le maire de Bagnères-de-Luchon, estime, lui, les conséquences « catastrophiques » pour sa ville, notamment pour la station thermale, déjà éprouvée par la pandémie : « De 11 000 curistes, nous sommes passés à 3 000 en 2020 et à peine à 5 000 en 2021. » Il a appris la fermeture de la frontière le matin même du 6 janvier 2021. En recevant l’arrêté préfectoral. « Point. » Point ? « Point. » En treize mois, aucun de ces élus n’est parvenu à arracher un courriel ou la moindre invitation à une petite réunion de crise à la préfecture. Rien. Le silence.

    Contourner l’obstacle

    « Le mépris », déplore Patrice Armengol, le Français sur qui cette décision a le plus pesé. Il vit à Bagnères-de-Luchon et travaille exactement au niveau du Portillon mais côté espagnol. A 2 kilomètres près, il n’était pas concerné par cette affaire, mais, voilà, son parc animalier, l’Aran Park – km 6 puerto del Portillón –, est, comme son nom et son adresse l’indiquent, installé dans le val d’Aran. Val d’Aran, Catalogne, Espagne. Il a cru devenir fou, il est devenu obsessionnel. « Leur barrage était mal fichu mais aussi illégal, commente-t-il. Là, vous voyez, le panneau ? Le barrage était à 1 kilomètre de la frontière française. »

    C’est exact. Appuyé contre son 4 × 4, il fait défiler les photos du barrage, prises au fil des mois. Lui est allé travailler tous les jours en franchissant le col : il roulait en voiture jusqu’au barrage, déchargeait les kilos de viande et de fruits secs périmés achetés pour ses bêtes dans les supermarchés français, franchissait le barrage à pied et chargeait le tout dans une autre voiture garée de l’autre côté des plots. Le soir, il laissait une voiture côté espagnol et repartait dans celle qui l’attendait côté français. « Ils m’ont laissé faire, heureusement », dit-il.

    Il a trouvé héroïques les habitants qui, autour du col de Banyuls, dans les Pyrénées-Orientales, ont régulièrement déplacé les blocs de pierre avec toujours le même message : « Les Albères ne sont pas une frontière. » Le geste ne manquait pas de panache, mais lui-même ne s’y serait pas risqué : « Une violation des frontières, c’est grave. Je n’avais pas envie d’aller en prison pour ça. » Patrice Armengol s’est donc contenté de limiter les dégâts. S’il a perdu près d’un tiers de ses visiteurs, il a pu maintenir le salaire de ses trois employés espagnols à plein temps.

    La fin du calvaire mais pas du mystère

    Gemma Segura, 32 ans, s’occupe des visites scolaires dans le parc et, pour défendre l’ouverture du col, elle a rejoint l’association des commerçants de Bossòst, où elle vit. Fille d’un boucher à la retraite et d’une enseignante d’aranais, elle est née à Saint-Gaudens comme beaucoup de frontaliers espagnols. « Je suis toujours allée chez le médecin à Saint-Gaudens et mes grands-mères consultent des cardiologues français. Nos banques sont françaises. Nos familles vivent des deux côtés de la frontière. Et, quand je jouais au foot, je participais à la Coupe du Comminges, en France. »

    « Les gens s’interrogent et on ne sait pas quoi répondre. On applique les décisions prises en haut. » Un agent chargé de surveiller la zone

    Après des études de sciences de l’environnement à Barcelone, elle a préféré revenir ici, dans ce coin, certes un peu enclavé, mais si beau. Certains parlent aujourd’hui de quitter Bossòst, leurs commerces ayant été vides pendant des mois. Mais le « miracle » s’est enfin produit le 1er février 2022, et, cette fois, l’information a fait la « une » de La Dépêche du Midi : « Le col du Portillon est enfin ouvert. »

    De nouveau, personne n’a compris. La possibilité d’une ouverture avait été rejetée par le premier ministre Jean Castex lui-même à peine un mois plus tôt lors d’un déplacement à Madrid. Perplexité du maire de Bagnères-de-Luchon : « Pourquoi maintenant ? Il y a sans doute une raison logique, le ministre ne fait pas ça pour s’amuser. » Même les agents chargés de surveiller la zone sont surpris : « Pourquoi avoir fermé ? C’était mystérieux, mais on l’a fait. Et, maintenant, on ouvre, mais on doit intensifier les contrôles. Les gens s’interrogent et on ne sait pas quoi répondre. On applique les décisions prises en haut. »

    « En haut », au ministère de l’intérieur et à la préfecture, on est peu disert sur le sujet. Le service de presse de la préfecture nous a envoyé, sans empressement, ces explications parcimonieuses : « Depuis quelques mois, la police aux frontières a constaté une recrudescence de passeurs au cours de différentes opérations menées sur les points de passage autorisés. (…) Les dispositifs de contrôle sur la frontière ont permis de nombreuses interpellations de passeurs (quatorze en 2021 et un en 2022). »

    Une voie migratoire sous surveillance

    Ces chiffres sont autant d’histoires qui atterrissent sur le bureau du procureur de Saint-Gaudens, Christophe Amunzateguy. Le tribunal, comme les rues de la ville, est désert ce 31 janvier. Il est 18 heures et Christophe Amunzateguy, qui assure la permanence, est parfaitement seul. Comme tout le monde ici, les décisions de la préfecture le prennent de court. On ne l’informe de rien, jamais. Il pointe du doigt le journal ouvert sur son bureau. « Je l’apprends par La Dépêche. La préfecture ne m’en a pas informé. »

    Il parle de l’ouverture du col du Portillon. Il lit à voix haute que le préfet promet des renforts. « Eh bien, très bonne nouvelle, mais, s’il y a des renforts, il y aura une multiplication des interpellations et, s’il y a des interpellations, c’est pour qui ? Pour moi. » Dans cette juridiction, l’une des plus petites de France, ils ne sont que deux procureurs et six magistrats du siège. Après avoir connu les parquets turbulents de Nancy et de Lille – il a suivi l’affaire du Carlton –, Christophe Amunzateguy se sent « dépaysé » dans ce « bout du monde ». « C’est une expérience, résume-t-il. Ici, on fait tout, tout seul. »

    « C’est ça, aussi, l’histoire du Comminges, une communauté de destins d’un côté et de l’autre de la frontière » Jacques Simon

    C’est au mois de septembre 2021, soit neuf mois après la fermeture du col du Portillon, que la « vague » d’arrivée de migrants s’est amplifiée. La police de l’air et des frontières l’a alerté à la mi-août : des clandestins arriveraient par le point de passage du pont du Roi. Ce mois-là, les interpellations se sont succédé : quatorze d’un coup.

    Sur les quatre derniers mois de 2021, neuf passeurs algériens ont été condamnés à des peines de prison ferme en Haute-Garonne. Et seize passeurs ont été jugés à Saint-Gaudens en 2021. Le profil ? « Des personnes de nationalité algérienne, explique le procureur. Par pur opportunisme, elles prennent en charge des personnes en situation irrégulière et leur font passer la frontière contre 200 à 600 euros, dans leur voiture ou dans une voiture de location. »

    Une délinquance d’opportunité

    Au début de l’année 2022, ça a recommencé. Le 4 janvier, à 10 h 40, alors qu’ils contrôlaient une Golf à Melles – la routine –, les agents de la PAF ont aperçu un Scénic tenter une manœuvre de demi-tour avant que quatre passagers n’en descendent précipitamment et se mettent à courir. Tentative désespérée et totalement vaine : tous ont été arrêtés en un rien de temps. Le chauffeur de la Golf a été embarqué aussitôt que les agents se sont aperçus qu’il était le propriétaire officiel du Scénic. Tous ont été conduits au tribunal de Saint-Gaudens, où le procureur a pu reconstituer leur parcours.

    Arrivés d’Algérie quelques jours plus tôt, les trois passagers à l’arrière du Scénic tentaient de gagner Toulouse. Un premier passeur, payé 200 euros, les a d’abord conduits à Alicante où le chauffeur de la Golf les a contactés par téléphone. Chargé de les conduire à la gare de Toulouse contre 200 euros par personne, il a roulé toute la nuit avant de crever. Un de ses « amis » est venu de France (en Scénic) pour réparer la voiture et les « aider » à poursuivre le voyage, qui s’est donc terminé à Melles.

    Concernant les conducteurs du Scénic et de la Golf, la conclusion est la même que pour l’écrasante majorité des dossiers de 2021 : « Ils sont en free-lance. » Dans le vocabulaire de la justice, ça s’appelle de la « délinquance d’opportunité ». Les passeurs n’appartiennent pas à des réseaux ; ils arrondissent leurs fins de mois.

    Les passeurs du 4 janvier ont été condamnés à quatre et six mois d’emprisonnement et incarcérés à la maison d’arrêt de Seysses (Haute-Garonne). L’un des deux a écopé de cinq ans d’interdiction du territoire français et leurs deux véhicules ont été saisis. Le procureur assume cet usage de la « manière forte » : garde à vue systématique, comparution immédiate, saisie des véhicules (« ils sont sans valeur, ce sont des poubelles »), confiscation du numéraire trouvé sur les passeurs (« je ne prends pas l’argent sur les personnes transportées »). Il précise ne pas en faire une question de politique migratoire mais prendre au sérieux la question de la traite des êtres humains : « On ne se fait pas d’argent sur le malheur des autres. »

    La frontière, terre de fantasme

    Christophe Amunzateguy se souvient du 19 janvier 2021. Il était dans son bureau, seul comme d’habitude, quand il a reçu un coup de fil de la gendarmerie lui signalant qu’une bande d’activistes habillés en bleu et circulant à bord de trois pick-up a déroulé une banderole sur une zone EDF située dans le col du Portillon. Sur les réseaux sociaux, il apprend qu’il s’agit de militants de Génération identitaire, un mouvement d’ultra-droite, tout à fait au courant, eux, contrairement au reste du pays, que le col du Portillon a été bloqué.

    Le procureur découvre, quelques jours plus tard, une vidéo de l’opération commentée par Thaïs d’Escufon, la porte-parole du groupuscule, affirmant qu’il est « scandaleux qu’un migrant puisse traverser la frontière ». Elle a été condamnée au mois de septembre 2021 à deux mois d’emprisonnement avec sursis pour les « injures publiques » proférées dans cette vidéo.

    Que la frontière soit depuis toujours un espace naturel de trafics et de contrebande n’est un secret pour personne. Pourquoi fermer maintenant ? En vérité, explique le procureur, c’est du côté des Pyrénées-Orientales qu’il faut chercher la réponse. En 2021, 13 000 personnes venues du Maghreb et d’Afrique subsaharienne ont été interpellées au sud de Perpignan, à Cerbère. Un chiffre « record » qui a entraîné l’intensification des contrôles. Les passeurs ont donc choisi d’emprunter des voies moins surveillées. Le bouche-à-oreille a fait du point de passage du pont du Roi une entrée possible.

    Le procureur est formel : le phénomène est contenu. Quant au fantasme des migrants qui franchissent les montagnes à pied, cela lui paraît improbable. L’hiver, c’est impraticable ; aux beaux jours, il faut être un alpiniste chevronné et bien connaître le coin. Un peu plus loin, du côté du Pas de la Case, deux passeurs de tabac sont morts en montagne : l’un, algérien, de froid, en 2018, et l’autre, camerounais, après une chute, en 2020.

    La route de la liberté

    Ces chemins, désormais surveillés et fermés, ont longtemps été synonymes de liberté. C’est par là qu’ont fui les milliers de réfugiés espagnols lors de la Retirada, en 1939, après la guerre civile. Par là aussi que, dans l’autre sens, beaucoup ont pu échapper aux nazis au début des années 1940. La mémoire de cette histoire est ravivée par ceux qui l’ont vécue et par leurs descendants qui se regroupent en associations depuis une vingtaine d’années.

    « Sur cette chaîne pyrénéenne, on évalue à 39 000 personnes les personnes qui fuyaient le nazisme », explique Jacques Simon, fondateur et président des Chemins de la liberté par le Comminges et le val d’Aran, créée en mars 2018. Son grand projet est de labelliser la nationale 125, depuis le rond-point de la Croix-du-Bazert, à Gourdan-Polignan, jusqu’au pont du Roi, pour en faire une « route de la liberté » comme il existe une route des vins, une route de la ligne Maginot et une Voie sacrée.

    L’un des récits de traversée que raconte souvent Jacques Simon est celui qui concerne seize compagnons partis clandestinement de la gare de Saléchan la nuit du 25 octobre 1943. En pleine montée du pic du Burat, les passeurs se perdent et les trois femmes du groupe, dont une enfant, peinent. « Leurs chaussures n’étaient pas adaptées et elles portaient des bas en rayonne. C’est une matière qui brûle au contact de la neige, explique Jacques Simon, qui a recueilli les souvenirs des derniers témoins. Elles ont fini pieds nus. » Le groupe est arrivé en Espagne et tous ont survécu.

    « On ne sera jamais riches, mais on a du temps. Pour être en famille, pour retaper notre baraque, pour faire des conserves. » Philippe Petriccione

    Parmi eux, Paul Mifsud, 97 ans, l’un des deux résistants commingeois toujours en vie. Le second, Jean Baqué, 101 ans, avait 19 ans quand il s’est engagé dans la Résistance. Arrêté par la milice en novembre 1943, il parvient à s’échapper des sous-sols de l’hôtel Family, le siège de la Gestapo à Tarbes. Dans sa fuite, il prend une balle dans les reins, ce qui ne l’empêche pas d’enfourcher un vélo pour se réfugier chez un républicain espagnol. « Il m’a caché dans le grenier à foin et a fait venir un docteur. »

    En décembre 2021, Jean Baqué est retourné sur les lieux, à Vic-en-Bigorre. Il est tombé sur le propriétaire actuel, qui lui a raconté que l’Espagnol, Louis Otin, avait été fusillé en 1944 par la milice. « Je ne l’avais jamais su. » Jean Baqué a organisé quelques jours plus tard une cérémonie en sa mémoire dans le bois de Caixon, là où l’homme a été assassiné. « C’est ça, aussi, l’histoire du Comminges, une communauté de destins d’un côté et de l’autre de la frontière », résume Jacques Simon.

    L’ivresse des sommets

    Ces chemins, Philippe Petriccione les connaît comme sa poche et il accepte de nous guider. A l’approche du col du Portillon, en apercevant depuis son 4 × 4 quatre agents de la PAF occupés à contrôler des véhicules, le guide de haute montagne raconte un souvenir qui date du lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, en janvier 2015. C’était ici même : « Les Mossos d’Esquadra [la force de police de la communauté autonome de Catalogne] ont débarqué. Ils ne sont pas toujours très tendres. Ils ont toqué à la vitre de ma bagnole avec le canon de leur fusil. J’avais envie de leur dire : “C’est bon, moi, je vais faire du ski, les gars.” »

    Le 4 × 4 s’engage sur un chemin. Les stalactites le long des rochers enchantent les passagers, le gel sous les roues, moins. Philippe arrête la voiture. « On y va à pied. » En réalité, « on y va » à raquettes. Après quelques kilomètres, la vue spectaculaire lui redonne le sourire. C’est pour cela qu’il est venu vivre à la montagne. Né à Paris dans le 18e arrondissement, il a vécu ici et là avant de s’installer il y a une dizaine d’années à Luchon avec sa femme et leurs enfants. « On ne sera jamais riches, mais on a du temps. Pour être en famille, pour retaper notre baraque, pour faire des conserves. »

    On se tient face à un vallon enneigé dont les pentes raides dévalent dans un cirque de verdure. Le guide tend le bras vers le côté gauche. Il montre une brèche recouverte de glace : le port de Vénasque, à 2 444 mètres d’altitude (« col » se dit « port » dans les Pyrénées) : « Il est devenu célèbre sous Napoléon, qui a eu une idée de stratège. Il s’est dit : “Je vais faire passer mon armée par là.” Il a tracé un chemin pour passer avec les chevaux et les canons. » On distingue la limite géographique appelée le carrefour des Trois-Provinces. A gauche, la Catalogne. A droite, l’Aragon et, face à nous, la Haute-Garonne. Il y a huit ports, soit autant de passages possibles pour traverser le massif. « L’histoire dit que 5 000 personnes sont passées en quarante-huit heures en avril 1938… »

    Philippe connaît par cœur cet épisode, puisqu’il a l’habitude de le raconter aux touristes et aux collégiens qui viennent parfois depuis Toulouse découvrir « en vrai » ces chemins. Il fait comme aujourd’hui. Il tend le bras et montre au loin les pentes raides de ce paysage de la Maladeta et la vue sur l’Aneto, le plus haut sommet du massif. Un rectangle sombre perce l’étendue blanche. En approchant, on distingue une borne en béton, « F356E » : c’est la frontière. F pour France, E pour Espagne. Ces bornes, il y en a 602 tout le long de la frontière. Le tracé, qui date de la fin du XIXe siècle, part de la borne numéro 1, sur les bords de la Bidassoa, et va jusqu’au pied du cap Cerbère, en Méditerranée, explique le guide. Allongé sur la neige, il répète qu’ici c’est une montagne particulière. « Il n’y a jamais personne. »

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2022/04/29/au-col-du-portillon-entre-la-france-et-l-espagne-la-frontiere-de-l-absurde_6

    #montagne #frontières #fermeture #points_de_passage #contrôles_frontaliers #terrorisme #lutte_contre_le_terrorisme #Bagnères-de-Luchon #Bossòst #val_d'Aran #plots #PAF #gravier #terre #rochers #Pays_Comminges #gascon #aranais #migrations #asile #réfugiés #pont_du_Roi #délinquance_d’opportunité #passeurs #politique_migratoire #traite_d'êtres_humains #génération_identitaire #Thaïs_d’Escufon #Cerbère #parcours_migratoires #routes_migratoires #Pas_de_la_Case #histoire

    via @karine4
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  • Koji Morimoto est un #artiste japonais exerçant principalement son talent dans le #cinéma d’#animation. Il fût l’un des fondateurs du Studio 4°C en 1986, où il a travaillé jusqu’en 2011. Depuis, il a créé son propre studio nommé phy (Φ).

    Si dans le milieu des professionnels de l’animation il est très apprécié, le grand public en revanche le connaît peu car il œuvre surtout sur des formats type #court-métrages ou clips musicaux, pour la plupart peu diffusés en dehors du #Japon.

    La plupart du temps, Morimoto crée surtout des clips, des pubs, et des court-métrages. L’un des plus connus du grand public étant sans doute « Beyond » dans Animatrix. Il a un rapport très spécial avec la #musique, élément catalyseur de son travail. Il est aussi réputé pour se faire refuser beaucoup de projets, et de passer énormément de temps sur les storyboards et recherches #graphiques. Il rebondit toujours sur les refus pour améliorer et revoir ses idées. Il tente de garder ce qu’il appelle une « tension » dans son travail, mélange d’enthousiasme, d’énergie et de motivation.

    Koji Morimoto a fondé Studio 4°C en 1986 avec Eiko Tanaka et Yoshiharu Sato, et où il a travaillé jusqu’en 2011, avant de fonder son propre studio phy (Φ).
    Ce studio japonais essaye de produire avec énergie des #œuvres d’auteurs, laissant une certaine #liberté à ces derniers.

    Site qui présente cet artiste :
    http://www.kojimorimoto.net

    et sinon Dimension Bomb (Genius Party Beyond) proposé (pour 2 semaines seulement). Une des rares réalisations un peu longues de cet animateur, c’est assez époustouflant :

    https://invidious.fdn.fr/watch?v=4DDd426m67M

    J’ai trouvé tout ça ici :
    https://www.catsuka.com/breves/2022-04-29/genius-party-beyond-dimension-bomb-de-morimoto-gratos-2-semaines