• Sur la frontière gréco-turque, à l’épicentre des tensions

    L’Union européenne entend sanctionner la politique de plus en plus expansionniste de la Turquie, qui ravive en Grèce les souvenirs des conflits du passé. Ligne de rupture, mais aussi d’échanges entre Orient et Occident, la frontière gréco-turque ne respire plus depuis la crise sanitaire. De #Kastellorizo à la #Thrace en passant par #Lesbos, les deux pays ont pourtant tant de choses en commun, autour de cette démarcation qui fut mouvante et rarement étanche.

    Petite île aux confins orientaux de la Grèce, Kastellorizo touche presque la #Turquie. Le temps s’écoule lentement dans l’unique village, logé dans une baie profonde. En cette fin septembre, de vieux pêcheurs jouent aux cartes près des enfants qui appâtent des tortues dans les eaux cristallines. Devant son café froid, M. Konstantinos Papoutsis observe, placide, l’immense côte turque, à guère plus de deux kilomètres, et la ville de Kaş, son seul horizon. « Nous sommes une île touristique tranquille, assure cet homme affable qui gère une agence de voyages. Je l’ai répété aux touristes tout l’été. » Attablée autour de lui, la poignée d’élus de cette commune de cinq cents âmes reprend ses propos d’un air débonnaire : « Il n’y a aucun danger à Kastellorizo ! »

    Un imposant ferry, qui paraît gigantesque dans ce petit port méditerranéen, vient animer le paysage. Parti d’Athènes vingt-quatre heures plus tôt, il manœuvre difficilement pour débarquer ses passagers, parmi lesquels une cinquantaine d’hommes en treillis et chapeaux de brousse. Les soldats traversent la baie d’un pas vif avant de rejoindre les falaises inhabitées qui la dominent. « C’est une simple relève, comme il y en a tous les mois », commente M. Papoutsis, habitué à cette présence.

    Selon le #traité_de_Paris de février 1947 (article 14), et du fait de la cession par l’Italie à la Grèce du Dodécanèse, les îles dont fait partie Kastellorizo sont censées être démilitarisées. Dans les faits, les troupes helléniques y guettent le rivage turc depuis l’occupation par Ankara de la partie nord de Chypre, en 1974, précisent plusieurs historiens (1). Cette défense a été renforcée après la crise gréco-turque autour des îlots disputés d’Imia, en 1996. La municipalité de Kastellorizo refuse de révéler le nombre d’hommes postés sur ses hauteurs. Et si les villageois affichent un air de décontraction pour ne pas effrayer les visiteurs — rares en cette période de Covid-19 —, ils n’ignorent pas l’ombre qui plane sur leur petit paradis.

    Un poste avancé d’Athènes en Méditerranée

    Kastellorizo se trouve en première ligne face aux menaces du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui veut redessiner les cartes et imposer son propre #partage_des_eaux. Depuis les années 1970, les #îles du #Dodécanèse font l’objet d’un #conflit larvé entre ces deux pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). La Turquie conteste la souveraineté grecque sur plusieurs îles, îlots et rochers le long de sa côte. Surtout, elle est l’un des rares pays, avec notamment les États-Unis, à ne pas avoir signé la convention des Nations unies sur le droit de la mer (dite #convention_de_Montego_Bay, et entrée en vigueur en 1994), et ne reconnaît pas la revendication par la Grèce d’un plateau continental autour de ses îles. Athènes justifie dès lors leur #militarisation au nom de la #légitime_défense (2), en particulier depuis l’occupation turque de Chypre et en raison d’une importante présence militaire à proximité : la marine et l’armée de l’air turques de l’Égée sont basées à İzmir, sur la côte occidentale de l’Asie Mineure.

    Si proche de la Turquie, Kastellorizo se trouve à 120 kilomètres de la première autre île grecque — Rhodes — et à plus de 520 kilomètres du continent grec. Alors que l’essentiel de la #mer_Egée pourrait être revendiqué par Athènes comme #zone_économique_exclusive (#ZEE) (3) au titre de la convention de Montego Bay (voir la carte ci-contre), ce lointain îlot de neuf kilomètres carrés lui permet de facto de jouir d’une large extension de plusieurs centaines de kilomètres carrés en Méditerranée orientale. Or, faute d’accord bilatéral, cette ZEE n’est pas formellement établie pour Ankara, qui revendique d’y avoir librement accès, surtout depuis la découverte en Méditerranée orientale de gisements d’#hydrocarbures potentiellement exploitables. À plusieurs reprises ces derniers mois, la Turquie a envoyé dans le secteur un bateau de recherche sismique baptisé #Oruç_Reis, du nom d’un corsaire ottoman du XVIe siècle — surnommé « #Barberousse » — né à Lesbos et devenu sultan d’Alger.

    Ces manœuvres navales font écho à l’idéologie de la « #patrie_bleue » (#Mavi_Vatan). Soutenue par les nationalistes et les islamistes, cette doctrine, conçue par l’ancien amiral #Cem_Gürdeniz, encourage la Turquie à imposer sa #souveraineté sur des #zones_disputées en #mer_Noire, en mer Égée et en #Méditerranée. Ces derniers mois, M. Erdoğan a multiplié les discours martiaux. Le 26 août, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Manzikert, en 1071, dans l’est de la Turquie, où les Turcs Seldjoukides mirent en déroute l’armée byzantine, il avertissait la Grèce que toute « erreur » mènerait à sa « ruine ». Quelques semaines plus tard, le 21 octobre, lors d’une rencontre avec les présidents chypriote et égyptien à Nicosie, M. Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec conservateur, accusait la Turquie de « fantasmes impérialistes assortis d’actions agressives ».

    Sous pression en août dernier, Athènes a pu compter sur le soutien de la République de Chypre, de l’Italie et de la France, avec lesquelles elle a organisé des manœuvres communes. Ou encore de l’Égypte, avec laquelle elle vient de signer un accord de partage des #zones_maritimes. Déjà en conflit ouvert avec son homologue turc sur la Syrie, la Libye et le Caucase, le président français Emmanuel Macron s’est résolument rangé aux côtés d’Athènes. « C’est un allié précieux que l’on voudrait inviter à venir sur notre île », déclare l’adjoint à la municipalité de Kastellorizo, M. Stratos Amygdalos, partisan de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir. À la mi-septembre 2020, la Grèce annonçait l’acquisition de dix-huit Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation.

    « Erdoğan se prend pour Soliman le Magnifique. Mais il perd du crédit dans son pays, la livre turque s’effondre. Alors il essaie de redorer son image avec des idées de conquêtes, de rêve national… », maugrée de son côté M. Konstantinos Raftis, guide touristique à Kastellorizo. La comparaison entre le sultan de la Sublime Porte et l’actuel président turc revient fréquemment dans ce pays qui fit partie de l’Empire ottoman durant quatre siècles (de 1430, date de la chute de Salonique, à l’indépendance de 1830). La résistance hellénique a forgé l’identité de l’État grec moderne, où l’on conserve une profonde suspicion à l’égard d’un voisin encombrant, quatre fois plus riche, six fois plus grand et huit fois plus peuplé. Cette méfiance transcende les clivages politiques, tant le #nationalisme irrigue tous les partis grecs. Athènes voit aujourd’hui dans la doctrine de la « patrie bleue » une politique expansionniste néo-ottomane, qui fait écho à l’impérialisme passé.

    À l’embouchure du port de Kastellorizo, la silhouette d’une mosquée transformée en musée — rare vestige de la présence ottomane — fait de l’ombre à un bar à cocktails. L’édifice trône seul face aux vingt-six églises orthodoxes. La Constitution précise que l’orthodoxie est la « religion dominante » dans le pays, et, jusqu’en 2000, la confession était inscrite sur les cartes d’identité nationales. La suppression de cette mention, à la demande du gouvernement socialiste, a provoqué l’ire de la puissante Église orthodoxe, plus de 95 % des Grecs se revendiquant alors de cette religion. « Pendant toute la période du joug ottoman, nous restions des Grecs. Nos ancêtres ont défendu Kastellorizo pour qu’elle garde son identité. Nous nous battrons aussi pour qu’elle la conserve », s’emballe soudainement M. Raftis.

    Son île a dû résister plus longtemps que le reste du pays, insiste le sexagénaire. Après le départ des Ottomans, Kastellorizo, convoitée par les nations étrangères pour sa position géographique aux portes de l’Orient, a été occupée ou annexée par les Français (1915-1921), les Italiens (1921-1944), les Britanniques (1944-1945)… L’îlot n’est devenu complètement grec qu’en 1948, comme l’ensemble des îles du Dodécanèse. Depuis, il arbore fièrement ses couleurs. Dans la baie, plusieurs étendards bleu et blanc flottent sur les balcons en encorbellement orientés vers la ville turque de Kaş (huit mille habitants). Le nombre de ces drapeaux augmente quand la tension s’accroît.

    Trois autres grands étendards nationaux ont été peints sur les falaises par des militaires. En serrant les poings, M. Raftis raconte un épisode qui a « mis les nerfs de tout le monde à vif ». À la fin septembre 2020, un drone d’origine inconnue a diffusé des chants militaires turcs avant d’asperger ces bannières d’une peinture rouge vif, évoquant la couleur du drapeau turc. « C’est une attaque impardonnable, qui sera punie », peste l’enfant de l’île, tout en scrutant les quelques visages inconnus sur la promenade. Il redoute que des espions viennent de Turquie.

    « Les #tensions durent depuis quarante ans ; tout a toujours fini par se régler. Il faut laisser la Turquie et la Grèce dialoguer entre elles », relativise pour sa part M. Tsikos Magiafis, patron avenant d’une taverne bâtie sur un rocher inhabité, avec une vue imprenable sur Kaş. « Les querelles sont affaire de diplomates. Les habitants de cette ville sont nos frères, nous avons grandi ensemble », jure ce trentenaire marié à une Turque originaire de cette cité balnéaire. Adolescent, déjà, il délaissait les troquets de Kastellorizo pour profiter du bazar de Kaş, du dentiste ou des médecins spécialisés qui manquent au village. Les Turcs, eux, ont compté parmi les premiers touristes de l’île, avant que la frontière ne ferme totalement en mars 2020, en raison du Covid-19.

    À Lesbos, les réfugiés comme « #arme_diplomatique »

    À 450 kilomètres plus au nord-ouest, au large de l’île de Lesbos, ce ne sont pas les navires de recherche d’hydrocarbures envoyés par Ankara que guettent les Grecs, mais les fragiles bateaux pneumatiques en provenance de la côte turque, à une dizaine de kilomètres seulement. Cette île montagneuse de la taille de la Guadeloupe, qui compte 85’000 habitants, constitue un autre point de friction, dont les migrants sont l’instrument.

    Depuis une décennie, Lesbos est l’une des principales portes d’entrée dans l’Union européenne pour des centaines de milliers d’exilés. Afghans, Syriens, Irakiens ou encore Congolais transitent par la Turquie, qui accueille de son côté environ quatre millions de réfugiés. En face, le rivage turc se compose de plages peu touristiques et désertes, prisées des passeurs car permettant des départs discrets. Les migrants restent toutefois bloqués à Lesbos, le temps du traitement de leur demande d’asile en Grèce et dans l’espoir de rejoindre d’autres pays de l’espace Schengen par des voies légales. Le principal camp de réfugiés, Moria, a brûlé dans des conditions obscures le 8 septembre, sans faire de victime grave parmi ses treize mille occupants.

    Pour M. Konstantinos Moutzouris, le gouverneur des îles égéennes du Nord, ces arrivées résultent d’un calcul stratégique d’Ankara. « Erdoğan utilise les réfugiés comme arme diplomatique, il les envoie lorsqu’il veut négocier. Il a une attitude très agressive, comme aucun autre dirigeant turc avant lui », accuse cette figure conservatrice locale, connue pour ses positions tranchées sur les migrants, qu’il souhaite « dissuader de venir ».

    Il en veut pour preuve l’épisode de tension de mars 2020. Mécontent des critiques de l’Union européenne lors de son offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, le président turc a annoncé l’ouverture de ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Europe, malgré l’accord sur le contrôle de l’immigration qu’il a passé avec Bruxelles en mars 2016. Plusieurs milliers de personnes se sont alors massées aux portes de la Grèce, à la frontière terrestre du Nord-Est, suscitant un renforcement des troupes militaires grecques dans ce secteur. Dans le même temps, à Lesbos, une dizaine de bateaux chargés de réfugiés atteignaient les côtes en quelques jours, déclenchant la fureur d’extrémistes locaux. « Nous ne communiquons plus du tout avec les autorités turques depuis », affirme M. Moutzouris.

    Athènes assume désormais une ligne dure, quitte à fermer une partie de sa frontière commune avec la Turquie aux demandeurs d’asile, en dépit des conventions internationales que la Grèce a signées. Le gouvernement a ainsi annoncé mi-octobre la construction d’un nouveau #mur de 27 kilomètres sur la frontière terrestre. Au début de l’année 2020, il avait déjà déclaré vouloir ériger un #barrage_flottant de 2,7 kilomètres au large de Lesbos. Un ouvrage très critiqué et jugé illégal par les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains. Un projet « absurde », juge M. Georgios Pallis, pharmacien de l’île et ancien député Syriza (gauche). Plusieurs sources locales évoquent une suspension de la construction de ce barrage. Le gouvernement, lui, ne communique pas à ce sujet.

    « Les réfugiés payent la rupture du dialogue gréco-turc », déplore M. Pallis entre deux mezze arrosés de l’ouzo local, près du port bruyant de Mytilène, dans le sud de l’île. « Des retours forcés de migrants sont organisés par les gardes-côtes grecs. » En septembre, le ministre de la marine se targuait, au cours d’une conférence de presse, d’avoir « empêché » quelque dix mille migrants d’entrer en 2020. Un mois plus tard, le ministre de l’immigration tentait, lui, de rectifier le tir en niant tout retour forcé. À Lesbos, ces images de réfugiés rejetés ravivent un douloureux souvenir, analyse M. Pallis : « Celui de l’exil des réfugiés d’Asie Mineure. » Appelé aussi en Grèce la « #grande_catastrophe », cet événement a fondé l’actuelle relation gréco-turque.

    Au terme du déclin de l’Empire ottoman, lors de la première guerre mondiale, puis de la guerre gréco-turque (1919-1922), les Grecs d’Asie Mineure firent l’objet de #persécutions et de #massacres qui, selon de nombreux historiens, relèvent d’un #génocide (4). En 1923, les deux pays signèrent le #traité_de_Lausanne, qui fixait les frontières quasi définitives de la Turquie moderne et mettait fin à l’administration par la Grèce de la région d’İzmir-Smyrne telle que l’avait décidée le #traité_de_Sèvres de 1920 (5). Cet accord a aussi imposé un brutal #échange_de_populations, fondé sur des critères religieux, au nom de l’« #homogénéité_nationale ». Plus de 500 000 musulmans de Grèce prirent ainsi le chemin de l’Asie Mineure — soit 6,5 % des résidents de Lesbos, selon un recensement de 1920 (6). En parallèle, le traité a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs ».

    « Ils étaient chrétiens orthodoxes, ils parlaient le grec, mais ils étaient très mal perçus des insulaires. Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”. Il a fallu attendre deux générations pour que les relations s’apaisent », raconte M. Pallis, lui-même descendant de réfugiés d’Asie Mineure. « Ma grand-mère est arrivée ici à l’âge de 8 ans. Pour s’intégrer, elle a dû apprendre à détester les Turcs. Il ne fallait pas être amie avec “l’autre côté”. Elle n’a pas remis les pieds en Turquie avant ses 80 ans. »

    Enfourchant sa Vespa sous une chaleur accablante, M. Pallis s’arrête devant quelques ruines qui se dressent dans les artères de #Mytilène : d’anciennes mosquées abandonnées. L’une n’est plus qu’un bâtiment éventré où errent des chatons faméliques ; une autre a été reconvertie en boutique de fleuriste. « Les autorités n’assument pas ce passé ottoman, regrette l’ancien député. L’État devrait financer la reconstruction de ces monuments et le développement du tourisme avec la Turquie. Ce genre d’investissements rendrait la région plus sûre que l’acquisition de Rafale. »

    En #Thrace_occidentale, une population musulmane ballottée

    Dans le nord-est du pays, près de la frontière avec la Turquie et la Bulgarie, ce passé ottoman reste tangible. En Thrace occidentale, les #mosquées en activité dominent les villages qui s’élèvent au milieu des champs de coton, de tournesols et de tabac. La #minorité_musulmane de Grèce vit non loin du massif montagneux des #Rhodopes, dont les sommets culminent en Bulgarie. Forte d’entre 100 000 et 150 000 personnes selon les autorités, elle se compose de #Roms, de #Pomaks — une population d’origine slave et de langue bulgare convertie à l’#islam sous la #domination_ottomane — et, majoritairement, d’habitants aux racines turques.

    « Nous sommes des citoyens grecs, mais nous sommes aussi turcs. Nous l’étions avant même que la Turquie moderne existe. Nous parlons le turc et nous avons la même #religion », explique M. Moustafa Moustafa, biologiste et ancien député Syriza. En quelques mots, il illustre toute la complexité d’une #identité façonnée, une fois de plus, par le passé impérial régional. Et qui se trouve elle aussi au cœur d’une bataille d’influence entre Athènes et Ankara.

    Rescapée de l’#Empire_ottoman, la minorité musulmane a vu les frontières de la Grèce moderne se dessiner autour d’elle au XXe siècle. Elle fut épargnée par l’échange forcé de populations du traité de Lausanne, en contrepartie du maintien d’un patriarcat œcuménique à Istanbul ainsi que d’une diaspora grecque orthodoxe en Turquie. Principalement turcophone, elle évolue dans un État-nation dont les fondamentaux sont la langue grecque et la religion orthodoxe.

    Elle a le droit de pratiquer sa religion et d’utiliser le turc dans l’enseignement primaire. La région compte une centaine d’écoles minoritaires bilingues. « Nous vivons ensemble, chrétiens et musulmans, sans heurts. Mais les mariages mixtes ne sont pas encore tolérés », ajoute M. Moustafa, dans son laboratoire de la ville de #Komotini — aussi appelée #Gümülcine en turc. Les quelque 55 000 habitants vivent ici dans des quartiers chrétiens et musulmans érigés autour d’une rivière méandreuse, aujourd’hui enfouie sous le béton. M. Moustafa n’a presque jamais quitté la Thrace occidentale. « Notre minorité n’est pas cosmopolite, nous sommes des villageois attachés à cette région. Nous voulons juste que nos descendants vivent ici en paix », explique-t-il. Comme de nombreux musulmans de la région, il a seulement fait ses études supérieures en Turquie, avant de revenir, comme aimanté par la terre de ses ancêtres.

    À cent kilomètres de Komotini, la Turquie demeure l’« État parrain » de ces musulmans, selon le traité de Lausanne. Mais l’influence de celle que certains nomment la « mère patrie » n’est pas toujours du goût de la Grèce. Les plus nationalistes craignent que la minorité musulmane ne se rapproche trop du voisin turc et ne manifeste des velléités d’indépendance. Son statut est au cœur de la discorde. La Turquie plaide pour la reconnaissance d’une « #minorité_turque ». La Grèce refuse, elle, toute référence ethnique reliée à une appartenance religieuse.

    La bataille se joue sur deux terrains : l’#éducation et la religion. À la fin des années 1990, Athènes a voulu intégrer la minorité dans le système d’éducation publique grec, appliquant notamment une politique de #discrimination_positive et offrant un accès facilité à l’université. Les musulmans proturcs plaident, eux, pour la création de davantage d’établissements minoritaires bilingues. Sur le plan religieux, chaque partie nomme des muftis, qui ne se reconnaissent pas mutuellement. Trois représentants officiels sont désignés par la Grèce pour la région. Deux autres, officieux, le sont par les musulmans de Thrace occidentale soutenus par Ankara, qui refuse qu’un État chrétien désigne des religieux.

    « Nous subissons toujours les conséquences des #crises_diplomatiques. Nous sommes les pions de leur jeu d’échecs », regrette d’une voix lasse M. Moustafa. Le sexagénaire évoque la période qui a suivi le #pogrom dirigé principalement contre les Grecs d’Istanbul, qui avait fait une quinzaine de morts en 1955. Puis les années qui ont suivi l’occupation du nord de #Chypre par la Turquie, en 1974. « Notre minorité a alors subi une violation de ses droits par l’État grec, dénonce-t-il. Nous ne pouvions plus passer le permis de conduire. On nous empêchait d’acheter des terres. » En parallèle, de l’autre côté de la frontière, la #peur a progressivement poussé la communauté grecque de Turquie à l’exil. Aujourd’hui, les Grecs ne sont plus que quelques milliers à Istanbul.

    Ces conflits pèsent encore sur l’évolution de la Thrace occidentale. « La situation s’est améliorée dans les années 1990. Mais, maltraités par le passé en Grèce, certains membres de la minorité musulmane se sont rapprochés de la Turquie, alimentant une méfiance dans l’imaginaire national grec. Beaucoup de chrétiens les considèrent comme des agents du pays voisin », constate M. Georgios Mavrommatis, spécialiste des minorités et professeur associé à l’université Démocrite de Thrace, à Komotini.
    « Ankara compte des milliers d’#espions dans la région »

    Une atmosphère de #suspicion plane sur cette ville, sous l’emprise de deux discours nationalistes concurrents. « Les gens de l’extrême droite grecque nous perçoivent comme des janissaires [soldats de l’Empire ottoman]. Erdoğan, lui, nous qualifie de soydas [« parents », en turc] », détaille d’une voix forte Mme Pervin Hayrullah, attablée dans un café animé. Directrice de la Fondation pour la culture et l’éducation en Thrace occidentale, elle se souvient aussi du passage du président turc dans la région, fin 2017. M. Erdoğan avait dénoncé les « discriminations » pratiquées par l’État grec à l’égard de cette communauté d’origine turque.

    Une chrétienne qui souhaite rester anonyme murmure, elle, que « les autorités grecques sont dépassées. La Turquie, qui est bien plus présente sur le terrain, a davantage de pouvoir. Ankara compte des milliers d’espions dans la région et donne des millions d’euros de budget chaque année au consulat turc de Komotini ». Pour Mme Hayrullah, qui est proche de cette institution, « le consulat ne fait que remplir une mission diplomatique, au même titre que le consulat grec d’Edirne [ville turque à quelque deux cents kilomètres, à la frontière] ». L’allure du consulat turc tranche avec les façades abîmées de Komotini. Surveillé par des caméras et par des gardes en noir, l’édifice est cerné de hautes barrières vertes.

    « La Grèce nous traite bien. Elle s’intéresse au développement de notre communauté et nous laisse exercer notre religion », vante de son côté M. Selim Isa, dans son bureau calme. Le président du comité de gestion des biens musulmans — désigné par l’État grec — est fier de montrer les beaux lustres et les salles lumineuses et rénovées d’une des vingt mosquées de Komotini. « Mais plus les relations avec la Turquie se détériorent et plus le consulat étend son influence, plus il revendique la reconnaissance d’une minorité turque », ajoute M. Isa, regard alerte, alors que l’appel du muezzin résonne dans la ville.

    À l’issue du sommet européen des 10 et 11 décembre, l’Union européenne a annoncé un premier volet de #sanctions contre la Turquie en raison de ses opérations d’exploration. Des mesures individuelles devraient cibler des responsables liés à ces activités. Athènes plaidait pour des mesures plus fortes, comme un embargo sur les armes, pour l’heure écarté. « C’était une proposition-clé. Nous craignons que la Turquie s’arme davantage. Sur le plan naval, elle est par exemple en train de se doter de six #sous-marins de type #214T fournis par l’#Allemagne, explique le diplomate grec Georgios Kaklikis, consul à Istanbul de 1986 à 1989. M. Erdoğan se réjouit de ces sanctions, qui sont en réalité minimes. » Le président turc a réagi par des #rodomontades, se félicitant que des pays « dotés de bon sens » aient adopté une « approche positive ». Bruxelles assure que d’autres mesures pourraient tomber en mars 2021 si Ankara ne cesse pas ces actions « illégales et agressives ».

    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/PERRIGUEUR/62666
    #Grèce #Turquie #frontière #asile #migrations #réfugiés
    #Oruc_Reis #murs #Evros #barrières_frontalières #histoire

    ping @reka

    –—

    #terminologie #mots #vocabulaire :
    – "Le traité (de Lausanne) a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs »."
    – "Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”."

    –-> ajoutés à la métaliste sur la terminologie de la migration :
    https://seenthis.net/messages/414225

    ping @sinehebdo

  • Tarte aux carottes et graines de courge
    https://cuisine-libre.fr/tarte-aux-carottes-et-graines-de-courge

    La pâte

    Dans un cul-de-poule, malaxer ensemble la farine, les épices, le sel et l’huile, en ajoutant l’eau peu à peu jusqu’à obtenir la bonne consistance. Façonner une boule, filmer et mettre au frais 30 minutes environ. La garniture

    Peler les carottes puis détaillez-les en très fines rondelles, de préférence avec une mandoline.

    Les cuire à la vapeur 15 minutes, en les laissant croquantes.

    Préchauffer le #Four à 200°C.

    Dans un bol, fouetter légèrement les œufs.

    Ajouter la crème, la fécule de maïs et… #Carotte, #Graines_de courge, #Quiches / #Sans viande, Four

  • Sinon, la suite de mes aventures avec le micocoulier devant la maison. Pour mon quatrième hiver à #Montpellier, il est grand temps que j’arrive à produire un peu de liqueur des fenêtres, ou liqueur de micocoules (flasco de sauvochrestian, ou « fiole de sauve-chrétien »). L’échec de l’année dernière à la même date :
    https://seenthis.net/messages/804803

    Aujourd’hui j’ai grimpé sur la pergola en aluminium, en priant pour que mon embonpoint fièrement gagné pendant le confinement ne me fasse pas plier le truc en deux.

    Ça a marché : au lieu de 20 grammes récoltés l’année dernière (sans monter sur la pergola), j’ai ramené 450 héroïques grammes de micocoules. J’ai mixé tout ça avec 100 ml d’eau, 400 ml d’alcool à 40°, 35 grammes de sucre, ça m’a produit une bouillie épaisse, maronnasse, dans le genre beurkasse. Et j’ai donc mis ça dans une bouteille en verre que je vais stocker au soleil jusqu’à Noël.

    Et à Noël, si je n’en suis pas mort, je vous en dirai des nouvelles. Si je suis seulement aveugle, je dicterai le résultat à Siri.

  • L’Arbre aux graines

    Je vous présente avec une certaine émotion, l’Arbre à graines n°1 !
    Réalisé avec une branche morte de saule tortueux sur lequel j’ai fixé des graines, capsules, fruits et autres calices... récoltés au jardin et dans les espaces publics
    Érable du Japon
    Érable sycomore
    Chêne
    Seringat
    Arbre de Judée
    Robinier
    Liquidambar
    Bigogne
    Clématite vigne blanche
    Lierre
    Canne à pêche des anges
    Nigelle de Damas
    Coquelicot
    Mauve de Madagascar
    Bégonia
    Crocosmia
    Ostéospermum
    Carex
    Arroche rouge
    Rue
    Mélisse

    #graines #biodiversité #art #poésie

  • #Bernard_Ronot préserve notre patrimoine pour sauver l’agriculture durable

    Bernard Ronot s’est engagé pour la force de vie des semences anciennes en conservant 200 variétés de blés. Le principe consiste à planter en permanence ces variétés. Chaque année Bernard offre ces semences aux paysans volontaires qui préservent à leur tour ce patrimoine de l’humanité.

    Bernard a ainsi fondé l’association #Graines_de_Noé (http://www.graines-de-noe.org).
    Agriculteur de 83 ans, il raconte la #Révolution_Verte de l’agriculture d’après-guerre, utilisatrice d’intrants chimiques, dans laquelle il s’est engagé à 100%.

    Ce documentaire est surtout l’histoire d’une #prise_de_conscience et d’un retour, après 30 ans de cultures intensives, à un choix d’une agriculture vivante et naturelle. L’histoire d’une #reconquête et d’un engagement pour la #conservation_des_semences anciennes de blé. L’histoire d’un cheminement, d’un modèle d’agriculture à un autre pour redécouvrir le sens du mot « #paysan » : celui avant tout de nourrir le monde.

    https://vimeo.com/138429645

    Bernard Ronot :

    « (La révolution verte) ça a été un restant des guerres sur toute la ligne. Si le nitrate est un explosif, les fongicides sont des restants des gaz de guerre. Tout ce qui a fait éclater l’agriculture, c’est le restant des guerre. Les énergies de guerre qui ont été maîtrisées par l’homme quand ils ont arrêté de se battre, elles étaient toujours existantes »

    La science est indispensable pour faire évoluer. On a besoin des chercheurs. Si ils ont des têtes et des neurones développées, c’est pas par hasard. C’est eux qui font évoluer une société. Mais il faut la faire évoluer dans l’#indépendance de l’homme, et pas dans la #dépendance.

    La société c’est qui ? C’est d’abord nous, c’est pas les autres. C’est nous. Et la société du bas, c’est nous, individuellement. Et si nous on croit à ce qu’on fait, si on croit vraiment à ce qu’on fait, rien peut nous démonter. Si on se met en unité avec la #nature... les plantes, la terre, les animaux et bien des hommes silencieux, attendent. Ils sont prêts à partir, mais ils sont silencieux.

    « La transmission de la vie, c’est la semence. Il faut rentrer dans l’#action. (...) Si nous avons la chance d’avoir compris quelque chose, notre travail c’est de savoir comment le transmettre. On peut avoir le meilleur langage du monde, mais si il n’y a pas réceptivité en face, ça ne fait rien. »

    « Dans la vie nous sommes des #locomotives. Ou nous sommes le voyageur sur le quai, ou nous sommes le wagon, ou nous sommes la locomotive. Il faut savoir où on va. Si nous avons la chance de savoir où on va, nous avons le devoir d’être une locomotive, qui va peut-être doucement, qui va lentement et qui va surement. »

    « J’étais un #exploitant_agricole et je suis devenu un agriculteur. Dans tout domaine de la société nous avons des #arts. Nous devons être des artistes. Et l’agriculture c’est l’art de la #terre. »

    #agriculture #semences #blé #nitrates #paysannerie #vulpin #fertilisants #oligo-éléments #champignon #rendement #fongicides #pucerons #insecticides #guerre #restant_de_guerre #énergies_de_guerre #se_remettre_en_cause #reconversion #semences_anciennes #dégustation_du_pain #conservatoires #circuit_lent #agriculture_biologique #rendements #valeur_énergétique #prise_de_conscience #circuits_courts #céréaliculture #gratuité #endettement #recherche_fondamentale #science #partage

  • #Bayer - #Monsanto Celebrates the Law to Promote Native Seed

    On March 24, in the midst of the crisis by Covid-19, the so-called federal law for the promotion and protection of native corn was approved with the unanimous vote of the Senate. With such a title many will have assumed that it would be a rule to stop the assault of transnational GM companies on seeds, indigenous peoples and peasant communities. Unfortunately, this is not the case. Beyond the intention of its promoters, this provision favors key interests of the companies that have wanted to advance in the country with their GM and other high-tech seeds for two decades.

    For this reason, the #Mexican_Seed_Association_AC (#AMSAC), whose board is made up of #Syngenta, #Bayer (now owner of #Monsanto), #Corteva (merger of #Dow and #DuPont-PHI Mexico) and other major global seed companies issued a bulletin the same day congratulating legislators on the approval of the law. They declare that this law “is an important step, (…) because it will give certainty to corn producers throughout the country”. They emphasize that “they will continue working to promote the object of this law (…) taking advantage of technological developments, such as improved seeds”. (https://tinyurl.com/vo9pawr)

    AMSAC is a board member of the National Agricultural Council (CNA), which in turn is a founding member of the #Business_Coordinating_Council. They represent, for the most part, the business sectors that have devastated peasant life, sustainable production and healthy food. The six global transnational companies that own more than 70 percent of the global seed and agrochemical markets (and 100 percent of the transgenic seeds) have been on the AMSAC board of directors for years. It is the main lobbyist for the seed industry, acting in conjunction with the ANC. They are the ones who fought for and obtained privileges for the transnationals in all the existing laws regarding seeds and patents. (https://tinyurl.com/ruoc3ka ; https://tinyurl.com/t6lxfov)

    Before the final vote in the Senate, from which the initiative came, the law to promote native corn was voted, with changes, in the Chamber of Deputies on March 18, with 270 votes in favor. No one opposed it anymore. Could it be that the PRI, PAN, PRD, Morena and all the parties suddenly realized the importance of protecting the corn peoples, their seeds and cultures against the transgenic invasion? Of course not. Because the law does not provide for such a thing. Nor does it prevent the patenting of peasant seeds. But it does separate corn from its peoples, reducing the complex process of thousands of years of many peoples creating milpas, assemblies, forests, and their own forms of government to the promotion of #community_seed_banks, an expression that the majority of the peoples reject, because it comes from the financial system and is alien to their conception of seeds as an element in the integral politics, economy, and worldview of their peoples. Furthermore, it establishes that only native corn is recognized by #Conabio, not by the peoples and communities themselves. It imposes on them a new #National_Maize_Council, which although merely consultative, has 16 members, of which only six are from indigenous communities or agrarian ejidos.

    But the main reason why the transnationals applaud this law is because it will delimit geographical areas, where the authorities will recognize that there are native maize production systems, which means it opens up the rest of the country to plant any other seed, from hybrids to transgenics or the new biotech seeds that the companies call genetic editing.

    Monsanto, Syngenta, and other companies have insisted on this point for decades: that areas must be defined, that in reality they are not interested in planting where there are farmers, only in the rest of the country. Against this fallacious and extremely risky position, which would eventually cause GM contamination to reach the entire country, we have insisted that all of Mexico – and Mesoamerica – is the center of origin of maize and therefore the planting of any genetically manipulated seed should be prohibited.

    This position of the so-called law of promotion and other serious errors of it – now approved – were clearly expressed by the Network in Defense of Maize since the publication of the commissions’ opinion, in October 2019 (https://tinyurl.com/vjk8qyl).

    Meanwhile, the #Monsanto_Law, as the current biosafety law passed in 2005 is called, remains untouched by all the now-legislators and officials who promised in the campaign that they would repeal it. Furthermore, Semarnat participated in an online forum on biosafety at the Biodiversity Convention in 2020 and its representative joined the seed industry’s position that there is no need to establish new biosafety frameworks, not even for the highly dangerous genetic promoters, transgenic exterminators.

    Why are none of the officials and legislators doing their job to really guarantee biosafety and that what AMLO announced, that no GM maize will be allowed in the country, is a reality?

    https://schoolsforchiapas.org/bayer-monsanto-celebrates-the-law-to-promote-native-seed

    #appropriation_intellectuelle #maïs #graines #semences #Mexiques #loi #peuples_autochtones #Chiapas #OGM #agriculture #multinationales #industrie_agro-alimentaire #loi #brevets #agriculture_paysanne

  • Graines de Troc, une autre façon de s’échanger graines et savoir-faire
    http://grainesdetroc.fr/index.php

    C’est une plate-forme en ligne où chacun peut proposer et échanger ses graines, en constituant tous ensemble une collection commune. Chaque envoi de graines permet d’obtenir un jeton et donne la possibilité de choisir parmi les variétés de la collection.

    Le troc, c’est l’occasion de partager nos richesses et de faire l’expérience d’un autre mode d’échange.

    C’est celle aussi de sortir nos graines des placards. Toutes ont leur place : les variétés introuvables mais aussi les plus communes, les anciennes et pourquoi pas d’étonnantes inconnues.

    Avec ces gestes simples, vous défendez ce que nos ancêtres nous ont transmis. Nous soutenons les collectifs qui se mobilisent pour défendre la biodiversité cultivée, contre ceux qui confisquent le vivant et l’uniformisent à outrance.

    Il s’agit également de relayer les indispensables trocs locaux, et de les connecter dans une dimension un peu plus grande.

  • Serpents feuilletés
    https://cuisine-libre.fr/serpents-feuilletes

    Préchauffer le #Four à 200 ou 220°C. Étaler la pâte. La couvrir de quelques poignées de parmesan, puis plier en deux. Sur une surface légèrement farinée, étaler la pâte finement, sur une épaisseur de 2 millimètres. Couper des bandes de 1 cm de large. Les déposer sur une plaque à pâtisserie en zigzagant pour leur donner la forme de serpents. Battre l’œuf et avec un pinceau badigeonner chaque serpent. Saupoudrer le fromage restant. Parsemer de graines pour décorer. Pincer une extrémité pour former la queue et… #Beurre, #Graines_de pavot, #Parmesan, #Amuse-gueules / #Sans viande, #Sans œuf, #Végétarien, Four

  • Appel à soutien pour l’association Pensez Sauvage
    https://pensezsauvage.org/appel_a_soutien

    L’Association Pensez Sauvage conserve et diffuse des graines non hybrides de légumes et de fleurs, issues de ses cultures, dans le respect des sols et de l’environnement.
    Elle participe ainsi, à son échelle, à la pérennisation d’un héritage alimentaire en proposant aux jardiniers des semences reproductibles.
    Oui ! Reproductibles car, toutes les graines issues de ces cultures peuvent être ressemées et ne seront ainsi que plus adaptées à leur terroir.

    Depuis 10 ans l’association est hébergée « chez l’habitant » qui n’est autre que ses bénévoles.
    Désormais elle désire s’établir dans un lieu pérenne avec des terres et des locaux afin d’enrichir ses ateliers.

    #graines #semences_reproductibles #solidarité #paysans #copinage :)

  • L’#UE autorise les agriculteurs #bio à vendre leurs propres #semences

    Les eurodéputés ont voté une nouvelle #législation qui autorise les agriculteurs bios à vendre leurs propres semences. Jusqu’ici, seules les espèces figurant dans le cahier officiel pouvaient être commercialisées. Or la majorité appartenaient à des multinationales comme Monsanto.

    http://www.lefigaro.fr/conso/2018/04/26/20010-20180426ARTFIG00424-l-ue-autorise-les-agriculteurs-bio-a-vendre-leurs
    #agriculture #graines #UE #Union_européenne #agriculture_biologique
    ping @odilon

  • Graffitis sur l’Esplanade Alain le Ray à #Grenoble à l’occasion de la journée des droits des femmes (#8_mars) :

    Ne me libère pas, je m’en charge

    Nous sommes les filles des #sorcières que vous n’avez pas pu brûler

    Ta mains sur mon cul
    Mon poing sur ta geule


    #harcèlement #harcèlement_sexuel

    #Machos, vous nous cassez le #clito

    On ne lâche rien
    Debout !
    Résiste !


    #résistance

    + #femmes = + #science

    Hermana, yo si te creo

    Pas de violeurs dans nos orgas


    #viol

    Mi cuerpo mi territorio


    #corps #territoire

    No eramos conscientes de nuestra propria estatura hasta que nos pusimos de pie

    Un dia me llamaste perra y a lo mejor es porque no quiero dejar de ladrar


    #aboyer

    Mi cuerpo mis reglas


    #menstruations

    Le 8 mars c’est toute l’année :

    Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas réussi à tuer

    Détruisons le #patriarcat, pas la planète

    Si no puedo bailar, tu revolucion ne me interessa


    #révolution #danse

    Prefiero morir luchando que vivir callando


    #lutte

    Yo no nacì de ninguna costilla
    yo nacì de una vagina
    Eva


    #Eve

    #Police
    Mecs cis,
    tous complices

    On ne peut pas réduire 50% de la population au singulier
    oui aux #droits_des_femmes

    #Sexualité#maternité

    Gender is over

    Nos corps nos #choix

    Egalité des sexes
    #Congé_paternité
    3 mois obligatoires


    #égalité #paternité #congés

    Vibro mourir
    Le #féminisme ça fait du bien là où sa fait mâle

    Ils ont voulu nous enterrer mais ils ne savaient pas que nous étions des #graines


    #semences

    Les #habits n’ont pas de genre

    Stop à la #bitocratie


    #féminisme

  • The all-female farming co-operative in Benin

    These women from the village of #Todjedi in the south-east of Benin wanted to ensure that their traditional knowledge was passed on to the next generation. They also wanted their ancestral seed varieties to be handed to their daughters, to help them navigate the uncertain times to come. So they formed a farming co-operative.


    https://www.positive.news/environment/agriculture/the-all-female-farming-co-operative-in-benin
    #femmes #non-mixité #Bénin #agriculture #connaissance #savoir #transmission_du_savoir #patrimoine (well... #matrimoine du coup!) #semences #graines #agriculture

    ping @odilon

  • Pesto de chou kale
    https://cuisine-libre.fr/pesto-de-chou-kale

    Laver et sécher les branches de kalé. Ôter la branche centrale qui est très amère. Torréfier les #Graines_de_courge dans une poêle après avoir fait chauffer une cuillère d’huile d’olive. Attention, elles ont tendance à se prendre pour du pop corn ! Ajouter l’ail pressée juste une minute : la cuisson de l’ail le rend plus digeste. Mettre tous les ingrédients dans le bol d’un robot et mixer jusqu’à obtenir une pâte lisse. Mettre dans un pot à confiture et conserver au frais. Savourer sur des blinis ou…

    Graines de courge, #Pestos_et_pistous, Chou frisé / #Végétarien, #Sans_viande, #Sans_œuf, #Sans_gluten

    #Chou_frisé

  • #WARDI
    de #Mats_Grorud

    #Beyrouth, #Liban, aujourd’hui.
    Wardi, une jeune Palestinienne de onze ans, vit avec toute sa famille dans le #camp_de_réfugiés où elle est née.
    Sidi, son arrière-grand-père adoré, fut l’un des premiers à s’y installer après avoir été chassé de son village en 1948.
    Le jour où Sidi lui confie la clé de son ancienne maison en Galilée, Wardi craint qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour.
    Mais comment chaque membre de la famille peut-il aider à sa façon la petite fille à renouer avec cet #espoir ?


    https://www.jour2fete.com/distribution/wardi

    Bande-annonce :
    https://vimeo.com/314049635

    #film_d'animation #cinéma #film #réfugiés #réfugiés_palestiniens
    #graines #semences #arbres #odeur #fleurs #mémoire #histoires #occupation #clé #Histoire #Nakba #Israël #camps_de_réfugiés

    On y voit très bien l’évolution du camp de réfugiés... de quelques #tentes à un habitat dense, construit dans la #verticalité
    #urbanisme #architecture

    Sur le site il y a aussi un #dossier_pédagogique

    ping @reka

  • Salade d’hiver carottes feta, pommes, #Graines_de_courge
    https://cuisine-libre.fr/salade-d-hiver-carottes-feta-pommes-graines

    Faire revenir les graines de courge dans une poêle quelques minutes avec une cuillère d’huile de tournesol, pour les faire légèrement griller, en étant attentifs à ne pas les faire brûler. Cela fait des petits bruits, comme des « pop », c’est normal. Laver la mâche, couper les racines pour séparer les feuilles, égoutter. Disposer une grosse poignée de mâche par assiette, ou bien l’ensemble de la mâche au fond d’un grand saladier. Râper les carottes avec le côté le plus gros de la râpe (cela doit donner des…

    #Carotte, Graines de courge, #Salades / #Sans_viande, #Sans_œuf, #Végétarien

  • Seed diversity is disappearing — and 3 chemical companies own more than half | Salon.com
    https://www.salon.com/2018/09/16/seed-diversity-is-disappearing-and-3-chemical-companies-own-more-than-half

    Three-quarters of the seed varieties on Earth in 1900 had become extinct by 2015. In “Seeds of Resistance,” Schapiro takes us to the front lines of a struggle over the seeds that remain — a struggle that will determine the long-term security of our food supply in the face of unprecedented climate volatility.

    #extinction #graines #agrochimie

    • #biodiversité #monopole #industrie_agro-alimentaire #sécurité_alimentaire

      Livre:
      Seeds of Resistance
      Seeds of Resistance. The Fight to Save Our Food Supply

      An Eye-Opening Exposé of the Struggle to Control the World’s Seeds and the Future of our Food

      Ten thousand years after humans figured out how to stop wandering and plant crops, veteran investigative journalist Mark Schapiro plunges into the struggle already underway for control of seeds, the ground-zero ingredient for our food. Three quarters of the seed varieties on Earth in 1900 had become extinct by 2015. In Seeds of Resistance, Schapiro takes us onto the frontlines of a struggle over the seeds that remain, one that will determine the long-term security of our food supply in the face of unprecedented climate volatility.

      Schapiro reveals how more than half of all commercially-traded seeds have fallen under the control of just three multinational agri-chemical companies. At just the time when scientists tell us we need a spectrum of options to respond to climatic changes, thousands of seed varieties are being taken off the market and replaced by the companies’ genetically engineered or crack-baby seeds, addicted to chemical pesticides and herbicides from the day they are planted. Schapiro dives deep into the rapidly growing movement in the United States and around the world to defy these trends and assert autonomy over locally-bred seeds—seeds which are showing high levels of resilience to the onrushing and accelerating impacts of climate change.

      Schapiro applies his investigative and storytelling skills to this riveting narrative, from the environmentally stressed fields of the American Midwest to the arid fields of Syria, as conditions in the two start to resemble one another, to Native American food cultivators, who are seeing increasing interest in their ability to grow food in shifting conditions over thousands of years; from the financial markets that are turning patented seeds into one of the planet’s most valuable commodities to the fields where they are grown. Seeds of Resistance lifts the lid on the struggle, largely hidden from public view until now, over the earth’s most important resource as conditions on the earth shift above our heads and beneath our feet.


      https://www.skyhorsepublishing.com/9781510705760/seeds-of-resistance

  • Liban : #graines de guerre

    Ali Shehadeh a fui Alep et la guerre en laissant derrière lui l’un des trésors les plus précieux de #Syrie : une collection de plus que 140.000 variétés de graines capables de nourrir une région confrontée au réchauffement climatique.
    Ces semences appartenaient à l’#ICARDA, le #Centre_international_de_recherche_agricole_pour_les_zones_arides. Quand les combats se sont rapprochés d’Alep, les agronomes ont lancé une opération désespérée pour sauver leur collection. Entre les groupes armés, les enlèvements, les bombes, ils ont réussi à exfiltrer presque toutes leurs graines hors de Syrie. Direction le Pôle Nord et la réserve mondiale de semences de #Svalbard. C’est une arche de #biodiversité unique au monde, un coffre-fort de glace qui conserve une copie de secours de toutes les cultures indispensables à l’humanité. Aujourd’hui les scientifiques syriens en exil font le voyage au Pôle Nord pour récupérer leur collection et la replanter à partir du #Liban et du #Maroc.

    Cette histoire du conflit syrien dépasse le temps des hommes et des régimes. La #biodiversité est en effet devenue une victime collatérale de cette guerre. Mais l’espoir existe, au bout d’un long voyage. L’équipe d’Arte Reportage a suivi les agronomes de la plaine de la Bekaa aux neiges éternelles du Svalbard.


    https://info.arte.tv/fr/liban-graines-de-guerre

    #Liban #agriculture #film #documentaire #semences #banque_de_graines #conservation #agronomie #Plaine_de_la_Bekaa #changement_climatique #climat #diversité_génétique #recherche #herbier #sécurité_alimentaire #réfugiés_syriens

    cc @reka @odilon

  • L’Union Européenne autorise la vente des semences paysannes !
    https://positivr.fr/semences-paysannes-vente-autorise-union-europeenne

    Très #bonne_nouvelle !

    Mais jeudi dernier, donc, les eurodéputés ont mis un terme à la « criminalisation » de ce qu’on appelle les #semences_paysannes. À l’occasion d’une nouvelle #législation dont le but est de soutenir le bio, ils ont adopté une mesure autorisant les agriculteurs bio à vendre les #graines issues de leurs récoltes « maison ».

    Cette décision, qui n’entrera en vigueur que dans deux ans et demi, en 2021, met un terme à 37 ans de contraintes (la commercialisation de semences hors catalogue officiel ayant été interdite par décret en 1981).

    #semences

  • #OpenSourceSeeds, is trying to “make #seeds a common good again.” The license amounts to a form of “copyleft” for new plant varieties, enabling anyone to use the licensed seeds for free. Like the General Public License for free software, the seed license has one serious requirement: any seeds that are used, modified or sold must be passed along to others without any legal restrictions. This is the #share-alike principle, which is also used by Creative Commons licenses. Its purpose is to prevent the privatization of a common resource by requiring any user to share it freely and forever.
    https://blog.p2pfoundation.net/new-open-source-license-fights-the-enclosure-of-seeds/2017/05/05 #graines #semences #GPL #license #licence