• La farouche indépendance virile, l’autonomie orgueilleusement revendiquée qui définit la masculinité, il faut y regarder de plus près.Deux cas intéressants : l’écrivain américain Henry David Thoreau, considéré comme un précurseur de l’écologie. Dans son livre « Walden ou la vie dans les bois », il raconte comment il a décidé de quitter la ville de Concord (Massachusets) d’où il était originaire et où il habitait, pour aller s’installer près de l’étang de Walden, dans une cabane de 13m2, vivant en solitaire dans les bois, en contact direct avec la nature, cultivant ses légumes, cueuillant des fruits et des noix, en autarcie complète.Parce qu’il rejetait les préjugés et l’étroitesse d’esprit des habitants de sa petite ville totalement absorbés dans leurs mesquines préoccupations quotidiennes, se méfiait de la tyrannie de l’Etat, ne s’identifiait pas aux objectifs consuméristes et matérialistes déjà présents dans la société américaine de l’époque et dénonçait l’esclavage du travail. Il voulait être solitaire et autonome pour pouvoir être libre.Ca c’est ce qu’il raconte dans son livre.Mais en fait de solitude, Thoreau recevait à Walden de nombreuses visites d’amis et d’admirateurs, et se rendait tous les jours à pied à Concord, ce qui ne lui prenait que 20 minutes, pour échanger des potins sur la vie locale. L’étang de Walden était loin d’être solitaire : à la belle saison, il y avait des nageurs, des canoteurs et des pécheurs, et des patineurs en hiver. Et surtout il rentrait presque tous les jours chez sa mère à Concord qui lui préparait de la nourriture, lui raccommodait ses vêtements et lavait son linge.
    Comme Rousseau qui a été une de ses inspirations, Thoreau a présenté dans ses livres une image idéalisée de lui même–parfaitement autosuffisant, capable de survivre seul dans des conditions primitives grâce à son ingéniosité et à sa capacité de résistance, n’ayant besoin de personne, ne comptant que sur lui-même pour satisfaire à ses besoins vitaux.En fait, c’est une inversion patriarcale : de même que Rousseau vivait avec une femme, domestique et mère, qui le libérait des soucis matériels et lui permettait d’écrire des pages sublimes sur la liberté, droit inaliénable de l’homme (au sens d’individu de sexe masculin), Thoreau avait derrière lui le soutien logistique d’une femme, mère et domestique, qui lui permettait, comme l’ont écrit certains critiques « de jouer à l’Indien dans les bois » et de refuser de devenir adulte.Quand des auteurs masculins parlent de (leur)liberté, celle-ci repose toujours sur l’asservissement d’une ou plusieurs femmes. Comme l’avait souligné Nietzsche, le surhomme ne peut exister sans esclaves, l’homme patriarcal non plus. Autre grand écrivain américain, Jack Kerouac, auteur du livre « Sur la route » qui a inspiré les désirs d’émancipation de générations d’adolescent.es américain.es (Bob Dylan entre autres) et été la bible des mouvements beatnik et hippie. Canadien français (et Breton) d’origine, sa famille s’installe aux Etats-Unis. Après quelques petits boulots vite abandonnés, Kerouac rencontre plusieurs personnages hors normes (les futurs écrivains Allan Ginsberg et William Burroughs, le légendaire Neal Cassady) qui stimulent son désir de se libérer des étouffantes conventions sociales de l’Amérique très conservatrice des années 50.Cassady est passionné de voitures et de vitesse, avec lui et sa bande de copains allumés, Kerouac va sillonner l’Amérique de part en part sur les grandes routes qui la traversent. En stop, en voiture, en bus Greyhound. Ouverts à toutes les rencontres, à toutes les expériences–drogues, sexe, alcool, prostituées. De New York à la Virginie, Louisiane, Californie, Colorado, Illinois, Mexique, etc. Bouger sans arrêt, ne jamais s’arrêter, ne jamais être prisonnier d’aucun lieu ni de personne, être sans attaches, sans responsabilités, libres comme le vent. Son livre « Sur la route », ont écrit des critiques, est « une ode aux grands espaces américains, à la découverte de mondes nouveaux », à la liberté.Sauf que… C’est sa mère, qu’il surnommait « mémère », qui lui a donné l’argent pour acheter des tickets de bus et payer l’essence des voitures. Et quand il ne sillonnait pas les grands espaces, la figure emblématique du rebelle de la littérature américaine habitait chez sa mère, et c’est là où il a écrit tous ses livres.

    Derrière chaque « grand homme », « grand écrivain », « grand artiste », il y a une/des femmes exploitées, « maternisées », parasitées. Ils n’ont pu réaliser leur grande oeuvre que parce ils avaient à leur disposition des servantes féminines loyales et dévouées–épouses, mères, domestiques–pour laver leurs chaussettes. Et les nourrir émotionnellement. »

    https://sporenda.wordpress.com/2021/03/31/la-farouche-independance-virile-lautonomie-orgueilleusement-reve

    #invisibilisation #femmes #parasitisme #virilité #masculinité

  • The sex Calender: Fela Kuti and his 28 wives | Ideas Worth Sharing
    http://phoebeoyugi.com/2020/05/28/the-sex-calender-fela-kuti-and-his-28-wives

    So many issues sprang to head as I read about Fela Kuti’s living arrangement with his wives. Polygamy has always fascinated me, and as I argued here I do not think that it is inherently a bad practice. Adults are free to choose to live their lives as they please. The problem is that polygamy is often accompanied by power struggles and abuse as is clear in the relationship between Fela Kuti and his wives. Throughout the book, and especially in the chapter “My Queens”, it is clear to me that Fela Kuti abused his wives not only physically through beatings but also emotionally and psychologically. However, this aspect of his life is almost never mentioned as we sing praises to Fela Kuti, the Legend. It is almost like his talent and political activism gives him a licence to abuse women and get away with it.

    This is not limited to Fela Kuti. The world generally does not pay much attention to the abuse of women by men. However, this is more so when the abusers are men of extraordinary abilities or talents. Their talent is an altar upon which society sacrifices women (and children) to appease the gods of talent. Many examples abound both historical and contemporary, in art but also in politics. From Mahatma Gadhi, Chris Brown, Michael Jackson, R Kelly, Roman Polanski, Hervey Weinstein, Kofi Olomide and Fela Kuti. These are only a few examples off the top of my head, I am sure there are many more.

    How many women (and children) are we as a society willing to offer as sacrifice for these men we love so much? How many is enough? As you shake your head to the rhythm of Fela Kuti’s or Michael Jackson’s music, do you think about the abuse? DO you hear the “paf-paf-paf-paf-paf” sound as Fela Kuti described his slaps to his wives? Or do you conveniently separate the art from the artist?

    https://www.youtube.com/watch?v=yJ1hx88nz9M

    #Fela_Kuti #grand_homme #femmes #violence_conjugale

  • Olafur Eliasson: “Picasso era abusivo con las mujeres, como un Harvey Weinstein de su tiempo” | Cultura | EL PAÍS
    https://elpais.com/cultura/2020/02/13/actualidad/1581625621_704069.html

    “Creo que hay que descentralizar no solo la idea que tenemos de autor, sino también de autoridad. En ese sentido, es importante tener un punto de vista más feminista, porque el patriarcado está fuertemente arraigado. Esto lo sabéis muy bien aquí, en el país de Picasso, un hombre que fue abusivo con las mujeres, como un Harvey Weinstein de su tiempo, pero cuyo comportamiento se consideraba aceptable”.

  • UNE OMERTA AU NOM DE L’ART « Tout le monde savait » : Claude Lévêque,
    Par Emmanuelle Lequeux (le Monde) / Suggestion Nicole Esterolle
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/tout-le-monde-savait-claude-leveque-une-omerta-au-nom-de-l-art_6066318_3246.

    Alors qu’une partie du milieu artistique est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris…

    Au milieu des années 1980, une artiste – qui préfère rester anonyme – s’était aventurée à demander à un galeriste parisien qui exposait Claude Lévêque pourquoi il ne représentait aucune femme artiste :  « Je n’ai peut-être pas d’artiste femme, mais j’ai un pédophile » , s’était-elle entendu rétorquer. Plaisanterie tordue, aveu, provocation ?  « En tout cas, ça résume bien le contexte, raconte-t-elle aujourd’hui. Je m’étais tue, mais quand je visitais les expositions, je vous assure que je ne lâchais pas mon petit garçon de l’œil. »


    L’artiste plasticien français, Claude Lévêque, le 5 octobre, chez lui à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Photo Audoin Desforges

    « Comment une telle carrière est-elle possible, alors que depuis des années “ÇA SE SAVAIT ?” » , interroge la critique d’art Marie Chênel dans un Tweet très relayé https://twitter.com/MaChenel/status/1348523575687475200 . Il résume la sidération du milieu de l’art depuis les révélations du  Monde , le 10 janvier, concernant la plainte du plasticien Laurent Faulon contre l’artiste Claude Lévêque et l’enquête ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), en mai 2019, pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans ». M. Faulon, un sculpteur de 51 ans, dénonce des  « abus sexuels »  subis entre ses 10 et 17 ans de la part de M. Lévêque, assurant qu’il était, comme sa famille, sous son « emprise ». Le site d’information Mediapart a lui aussi publié une longue enquête, le 13 janvier, qui accable l’artiste https://www.mediapart.fr/journal/france/130121/pedocriminalite-plusieurs-temoins-accablent-l-artiste-claude-leveque?ongle .
    L’enquête judiciaire est en cours et la présomption d’innocence prévaut. Mais dans le milieu de l’art, où Claude Lévêque était si connu, chacun s’interroge. Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? 
    « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manœuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une œuvre incroyable ? » _

    Filleuls, neveux, assistants…
    Ces adolescents qui l’entourent, Claude Lévêque les présente comme ses filleuls, ses neveux, ses assistants, voir comme ses « fils ». Ces doudous et nounours qu’il trimballe autour du monde, qu’il sort en plein repas, qu’il déploie dans chaque recoin de ses deux maisons, ont été, selon l’artiste, dans ses interviews,  « donnés par des amis, souvenirs trop intimes pour en parler ».  Son obsession pour le monde de l’enfance est considérée comme une « sublimation artistique », la part de fantasme d’un adulte qui est bien plus à l’aise avec les enfants qu’avec le monde des grands.

    « QUAND J’AI COMPRIS QUE CES DOUDOUS ÉTAIENT SANS DOUTE CEUX DE SES VICTIMES, DES TROPHÉES, J’AI PRIS UNE ÉNORME CLAQUE », JONATHAN LOPPIN, ARTISTE.

    Et puis, comment condamner sur la base de « racontars » ?  « On lui aurait donné le bon Dieu sans confession » , admet l’artiste Jonathan Loppin, dont la compagne, Julie Faitot, a envoyé un signalement à la justice concernant Claude Lévêque en février 2019. Pendant les quinze ans que dura leur amitié, il avoue avoir été subjugué par cette star prête à défendre corps et âme le moindre squat, toujours disposée à prendre fait et cause pour la veuve et l’orphelin :  « Claude apparaît comme un nounours au charisme fort, et un vrai aimant à enfants. En fait, il sait les ferrer. Quand j’ai compris que ces doudous étaient sans doute ceux de ses victimes, des trophées, j’ai pris une énorme claque. »

    « Je l’ai toujours vu bouleversé par la beauté des jeunes garçons, elle le secouait, et il l’assumait, ses premières œuvres en témoignent »,  souligne un habitant de Nevers (Nièvre), proche des Faulon. Enfant, il a connu Lévêque comme moniteur de centre aéré dans les années 1970, sans jamais entendre de rumeurs pouvant l’incriminer. Depuis quelques jours, il fouille dans sa mémoire.  « J’essaie d’analyser le phénomène d’emprise, détaille-t-il. En abordant l’environnement de cet adulte entouré de jeunes hommes, on avait d’abord un sentiment de malaise, mais la situation était ensuite validée par les proches ; familles, amis, tous semblaient acter ce qui se passait. Le trouble ressenti était alors étouffé par cette validation collective. En outre, j’en ai été témoin à deux reprises, Claude entretient aussi une relation très forte avec les mères des enfants, dont je ne sais comment elle s’articule, une relation presque amoureuse. Mécanique qu’il semble, hélas, avoir affinée avec le temps. »

    Collectionneurs, experts, galeristes, conservateurs, critiques, artistes : cette validation a été tout aussi collective dans le milieu de l’art, même si certains tenaient scrupuleusement leurs distances.  « Les institutions lui ont fait confiance, à cause de la fascination qu’exerce son œuvre, mais aussi de son engagement pour les causes sociales, politiques, analyse une directrice de musée. Tout cela était-il un écran de fumée ? Tout comme ces références à l’enfance, sans cesse convoquée, sacralisée, sanctuarisée : elles faisaient la beauté et la pureté de son travail ; désormais, elles peuvent ressembler à un sacrifice. »

    La suite, sans subir les demandes d’enregistrement, les cookies . . . . de le monde  : https://levadrouilleururbain.wordpress.com/2021/01/17/une-omerta-au-nom-de-lart-par-emmanuelle-lequeux-le-

    #Art #pédophilie #culture_du_viol #viol #france #enfants #justice #viols #violences_sexuelles #pédocriminalité #pedocriminalité #grand_homme #impunité

  • Une philosophe féministe oubliée : Jenny d’Héricourt (1809-1875), alias Jeanne-Marie Poinsard
    https://maitron.fr/spip.php?article159559
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jenny_d%27H%C3%A9ricourt

    Quand en 1856 Jenny P. d’Héricourt (1809-1875), sage-femme, féministe et philosophe, critiqua Pierre-Joseph Proudhon pour sa théorie sur l’infériorité féminine, celui-ci refusa tout discussion, invoquant son infériorité intellectuelle naturelle. Néanmoins d’Héricourt continua de publier de ferventes critiques des théories des philosophes sociaux de son époque sur l’inégalité des sexes.

    Caroline Arni, « La toute-puissance de la barbe » Jenny P. d’Héricourt et les novateurs modernes
    https://journals.openedition.org/clio/139

    Quand l’auteure de La Femme Affranchie. Réponse à MM. Michelet, Proudhon, É. de Girardin, A. Comte et aux autres novateurs modernes, 1860, propose une discussion à Proudhon, il répond :
    « Il y a chez vous, au cerveau comme dans le ventre, certain organe incapable par lui-même de vaincre son inertie native et que l’esprit mâle est seul capable de faire fonctionner, ce à quoi il ne réussit même pas toujours. »

    Comme quoi, pour la grenouille au fond du puits, l’univers n’est qu’un petit disque bleu...

    #Jenny_d'Héricourt #féminisme #femmes #philosophe #théories_sociales #sexisme #Proudhon #grand_homme

    • Le pire dans tout ça, c’est qu’en tant que patriarche de l’#anarchisme, aujourd’hui encore ce type d’idées phallocrates persistent chez les anarchistes où le féminisme est souvent relégué en seconde zone, traitée de bourgeoise, bien après la libération sociale des hommes.

      #militantisme
      #masculinisme

      Partout et dans tous les temps, on rencontre de ces créatures excentriques, ridicules dans leur sexe, et insupportables au nôtre : elles sont de plusieurs espèces. Chez les unes, ce chic masculin est l’effet du tempérament et d’une grande vigueur corporelle : on les appelle des virago. Ce sont les moins à craindre ; elles ne font pas de prosélytes, et il suffit de la critique des autres femmes pour les ramener à l’ordre. Chez d’autres, la tendance à l’émancipation procède, ou d’un travers d’esprit, ou de la profession qu’elles exercent, ou bien enfin du libertinage. Celles-ci sont les pires : il n’y a pas de forfait auquel l’émancipation ne les puisse mener. À certaines époques, l’esprit de secte s’en mêle ; la défaillance des mœurs publiques vient compliquer le mal : la lâcheté des hommes se fait l’auxiliaire de l’audace des femmes ; et nous voyons apparaître ces théories d’affranchissement et de promiscuité, dont le dernier mot est la PORNOCRATIE. Alors c’est fini de la société.

    • Dans Les femes de droite, Andrea Dworkin cite Jenny P. d’Héricourt qui, en 1860, tente de faire admettre au socialiste Joseph Proudhon que tant que la femme sera tenue pour inférieure, le travail salarié ne peut la libérer : sous-payée, elle demeure condamnée à vendre aussi du sexe – se vendre à un mari ou à des prostitueurs. Proudhon lui oppose une fin de non-recevoir, décrétant « naturelle » l’infériorité des femmes. Cent ans plus tard, dans la contre-culture américaine, Dworkin et Robin Morgan repèrent le même sexisme chez les hommes de gauche, au nom cette fois de la libération sexuelle. Ils « estiment trop les putains et pas assez les épouses ». Ce que voient très bien les femmes de droite, qui tiennent les féministes pour naïves et impuissantes et optent, en désespoir de cause, pour le « modèle de la ferme » contre celui du bordel et de la pornographie.
      (https://www.ababord.org/Les-femmes-de-droite)

    • « En vertu de quel droit et au nom de quel principe voudrait-on séparer l’humanité en deux camps, dont l’un aurait le privilège de prendre librement son essor, cependant que l’autre — pour éviter toute concurrence — se verrait forcé de limiter le sien ? »

      Madeleine Tribolati (1905-1995), syndicaliste (à la CFTC) ayant participé aux négociations pour les conventions collectives de 1936, in Joceline Chabot, notice dans le dictionnaire Maitron.

      (Merci à Florence Montreynaud pour ces citations quotidiennes, du site Encoreféministes@gmail.com)

    • Difficile de remplacer ce que l’on ignore et que l’on refuse de connaitre. J’adorerai me passer de citations nauséabondes, et n’être que proposition positive, mais sans celles-ci comment comprendre que même la première Internationale (car avec des proudhoniens dedans) ait refusé que les femmes travaillent quand cela a imprégné salement toutes les pensées progressistes de gauche jusqu’à maintenant.
      Oui, profiter des leçons de celles qui se sont battues contre ces hommes infects et misogynes pour que nous puissions reconnaitre leurs ennemis, celleux qui tiennent à peu de chose près le même discours aujourd’hui.
      D’autant qu’en tant que femme et femme vivante pour un monde plus juste, je m’estime victime de ce merdier dans lequel ils nous ont mises et continuent d’en être misérablement fiers.
      #survivantes

  • BD : Chloro King par Dadou, aux éditions Fixila

    Le dessinateur montpelliérain Dadou vient de sortir une nouvelle BD « Chloro King » écrite pendant le confinement et inspirée du professeur marseillais très médiatique Didier Raoult. Le docteur est le personnage principal mais l’œuvre est une satire plus globale.  . . . . . .

     #hydroxychloroquine ( #coronavirus #en_vedette #chloroquine #covid-19 #raoult #didier_raoult #BD #santé_publique #grand_homme

  • D’après Lio, Gainsbourg était un « Weinstein de la chanson » | Le HuffPost

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/lio-gainsbourg-weinstein-chanson-scandale_fr_5f65ca57c5b6de79b675554d

    Parce que j’aime bien Lio (Nostalgie).

    Un “harceleur”, tout simplement. Dans une interview accordée à Arte Radio dans le cadre du podcast “Transmission”, la chanteuse Lio s’en prend sans détour à Serge Gainsbourg, un homme qu’elle disait aduler à ses débuts, mais qui l’a vite fait -sans mauvais jeu de mots- déchanter.

    “J’en suis revenue de Gainsbourg, qui est un harceleur, tout simplement”, explique-t-elle dans l’émission, après avoir raconté comme elle appréciait le chanteur alors qu’elle débutait à Bruxelles dans les milieux punk. Et d’évoquer “quelqu’un de pas du tout cool avec les filles et qui était un Weinstein de la chanson, d’une certaine manière...”

    • @reka, il y a 5 mn (donc avant de lire ton post) je fredonnais « sorry angel » et je me suis arrêté en me disant qu’avec « lemon incest » et d’autres type de chansons, c’était quand même bien la gerbe. Et je me demandais aussi comment ses enfants s’en étaient sortis.
      Gainsbourg & Birkin, c’était le couple du monstre officialisé avec l’anglaise infantilisé.
      #dansmatêtecematin #gainsbourg

    • Et moi, et moi... je préfère sa sœur !

      « Moi je paye très cher cette liberté de parole. Alors que moi je veux rien détruire, je veux juste qu’on se parle en égalité réelle. Ça n’existe pas, le métier est celui qui veut prendre le pouvoir et l’artiste doit se modeler à ce que veut le métier, à ce que veut le pouvoir. Donc y’en a qui y arrivent assez bien, moi je suis assez peu malléable. »

      https://www.youtube.com/watch?v=sW_5CwGLe18

      Quand Lio chante,en portugais, des chansons arrangées par son mari, je craque. Lio canta Caymmi #crammed_discs (2018) :
      https://lio-music.bandcamp.com
      https://lio-music.bandcamp.com/track/na-o-tem-soluc-a-o

      Idolâtré dans son pays mais moins connu à l’étranger, Dorival Caymmi (1914-2008) est l’un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus influents de l’histoire de la musique populaire brésilienne. De grandes figures telles que João Gilberto, Gilberto Gil et Caetano Veloso ont chanté ses louanges et l’ont cité comme une source d’inspiration majeure pour leur travail.

      Jacques Duvall, l’élégant parolier qui a écrit des chansons pour de grands artistes français tels qu’Alain Chamfort, Lio et Jane Birkin, a eu l’idée de cet album, dans lequel sa compagne Lio interprète douze chansons de Dorival Caymmi. Les œuvres du maître bahianais sont subtilement revisitées, comme transférées dans l’hémisphère nord, grâce aux arrangements inventifs du musicien français Christophe Vandeputte, et à l’interprétation émouvante et vivante de Lio.

      Née Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos à Lisbonne et élevée à Bruxelles, Lio est devenue une icône de la pop en France et en Belgique depuis la sortie de son premier single « Le Banana Split » en 1979, elle avait alors seize ans. Elle a ensuite enregistré plusieurs albums à succès (sur lesquels elle a travaillé avec des artistes tels que Telex, The Sparks et John Cale) et a poursuivi une carrière d’actrice, apparaissant dans pas moins de 40 longs métrages. « Lio canta Caymmi » est le premier album qu’elle chante dans sa langue maternelle, le portugais.

      #grande_dame

    • Lio canta Caymmi par Jacques Duvall :

      J’ai découvert Dorival Caymmi lorsque j’ai acheté une vieille compilation de ses chansons, interprétées par différentes stars brésiliennes (Chico Buarque, Tom Jobim, Gal Costa). J’ai tout de suite craqué pour ses merveilleuses mélodies, pour son délicieux mélange de sophistication et de simplicité. Principalement écrites dans les années 1930, les chansons de Caymmi célèbrent la Bahia (la ville la plus africaine du Brésil), le pêcheur, la mer et l’amour. Je voulais contribuer à donner une nouvelle visibilité à ce précieux trésor.

      J’ai joué ces chansons à un ami proche, le guitariste Christophe Vandeputte, qui est originaire de Valenciennes, dans le nord de la France (c’est-à-dire pas exactement à la même latitude que Bahia !). L’effet a été immédiat : il semblait être tombé sous le charme d’un sorcier vaudou, et fébrile, il a commencé à créer de nouveaux arrangements pour ces anciens petits bijoux. Quant à moi, j’ai ajouté un couplet en français à chacun des textes originaux, afin de résumer l’esprit de chaque chanson en quelques mots et de la rendre plus accessible aux auditeurs francophones.

      Nous savions déjà qui pouvait chanter ces chansons : seule Lio pouvait combiner le culot (pour aborder les œuvres de ce maître) et l’humilité (pour servir ces chansons de tout son cœur) qui étaient tous deux nécessaires pour rendre justice à ces chefs-d’œuvre populaires. Il ne me restait plus qu’à la convaincre. La magie de Caymmi était irrésistible : après la première écoute, un grand sourire est apparu sur ses lèvres, je savais qu’une grande aventure allait commencer.

  • En Espagne, 655 rues rendent hommage au franquisme

    Alors que le gouvernement espagnol a publié mardi un projet de loi sur la mémoire du franquisme, Mediapart s’est penché sur le répertoire des rues d’Espagne : 68 d’entre elles portent encore le nom de Franco, et plusieurs centaines rendent hommage à la dictature.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/150920/en-espagne-655-rues-rendent-hommage-au-franquisme#xtor=CS7-1047
    #toponymie #toponymie_politique #Espagne #noms_de_rue #Franco #Franquisme #hommage #mémoire

  • Comment faire payer la crise aux pauvres !

    https://www.youtube.com/watch?v=I7ykd2jsdRI

    Yves Calvi 1 million d’euros par an
    https://urlz.fr/dvuP

    Chez Danone, Muriel Pénicaud a gagné 4,74 millions d’euros en trois ans
    https://urlz.fr/dvuQ

    Une prime exceptionnelle pour les soignants et les fonctionnaires
    https://urlz.fr/dvuS

    Prime De 1000 Euros
    https://urlz.fr/dvuU

    « Souverainisme » à gauche, le grand retour d’un gros mot
    https://urlz.fr/dvuX

    Effondrement, décroissance, relocalisation… Comment la gauche pense l’après-coronavirus
    https://urlz.fr/dvuZ

    Prime 1000 euros qui la verse, qui ne la vers pas.
    https://urlz.fr/dvv0

    Pas de prime pour tout le monde dans les supermarchés
    https://urlz.fr/dvv1

    Prime exceptionnelle COVID 19 montants et conditions d’obtention.
    https://urlz.fr/dvv2

    Prime exceptionnelle confirmée pour les étudiants en santé mobilisés
    https://urlz.fr/dvv3

    Rémunération scandaleuse le coup de gueule d’étudiants en médecine mobilisés face au coronavirus
    https://urlz.fr/dvv4

    30 € par semaine, le salaire d’une étudiante infirmière volontaire dans une unité
    https://urlz.fr/dvv5

    Aides à domicile en première ligne… mais privées de prime Covid !
    https://urlz.fr/dvv7

    « Ce n’est pas avec des chèques vacances que l’on aura les moyens de sauver des vies »
    https://urlz.fr/dvv8

    Médailles d’honneur et dons de congés l’hôpital se moque de la charité du gouvernement https://urlz.fr/dvva

    La clôture du Ségur de la santé reportée après le blocage des négociations
    https://urlz.fr/dvvd

    Ségur de la santé les médecins hospitaliers crient à la « trahison »
    https://urlz.fr/dvve

    Ségur de la santé On ne nous donne que des miettes
    https://urlz.fr/dvvf

    Patrick Pelloux, urgentiste à l’AP-HP « Le Ségur de la santé, je n’en attends plus rien » https://urlz.fr/dvvh

    Demandez vos badges agilité pédagogique !
    https://urlz.fr/dvvj

    La tablette des héros
    https://urlz.fr/dvvk

    Fraude au chômage partiel quels risques
    https://urlz.fr/dvvl

    « On nous a demandé de mentir » comment des entreprises ont fait pression sur leurs salariés https://urlz.fr/dvvm

    Aides d’État approuvé par la commission européenne :
    https://ec.europa.eu/commission/press...
    https://ec.europa.eu/france/news/2020...
    https://ec.europa.eu/france/news/2020...

    Bruxelles refuse que le coronavirus soit « un prétexte » pour revoir les règles de la concurrence
    https://urlz.fr/dvvp

    La Commission Européenne bloquera toute aide financière Publique conditionné à une relocalisation
    https://urlz.fr/dvvs

    Ayez confiance l’argent public n’aidera pas les entreprises établies dans des paradis fiscaux
    https://urlz.fr/dvvt

    Le gouvernement a-t-il vraiment renoncé à priver d’aides les entreprises implantées dans les paradis fiscaux ?
    https://urlz.fr/dvvu

    Macron annonce une « rentrée difficile » et veut relancer la réforme des retraites
    https://urlz.fr/dvvw

    Pour le Medef, il faudra « travailler un peu plus » afin de relancer l’économie
    https://urlz.fr/dvvx

    La secrétaire d’État à l’Économie, a également prévenu qu’il faudra travailler plus.
    https://urlz.fr/dvvz

    Ryanair veut réduire les salaires et menace de licencier en cas de refus
    https://urlz.fr/dvvA

    Suppression des vacances, heures sup’ non payées l’institut Montaigne veut nous faire les poches
    https://urlz.fr/dvvB

    Covid-19 le MEDEF présente son plan de relance
    https://urlz.fr/cNTi

    Dette publique à 115% du PIB la Banque de France prévient les Français « il faudra la rembourser »
    https://urlz.fr/dvvE

    Impôts avec la CRDS prolongée, on risque de payer le Covid jusqu’en… 2042 !
    https://urlz.fr/dnZe

    L’économiste Christian Gollier, membre de la commission qui conseillera Emmanuel Macron.
    https://urlz.fr/dvvF

    Bercy lance la chasse aux coffres forts dans les banques
    https://urlz.fr/dvvG

    La #France #EnMarche #capitalisme #ue #union_européenne #covid-19 #coronavirus

  • Les délinquants se trouvent dans les quartiers sensibles ! - Liste limitée
    Tu peux pas être maître nageur avec une condamnation... mais voter les lois de la république nickel. La liste PS est en cours de constitution.

    Alain Agostini (UMP) 2008, condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée.

    Alain Carignon (UMP) 1999, condamné pour corruption, abus de biens sociaux etc.

    Alain Ferrand (UMP) 2006, condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale.

    Alain Juppé (UMP) 2007, condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt.

    Alain Tuduri (UMP) 2009-2010, condamné pour discrimination raciale.

    Axel Poniatowski (UMP) 2010, condamné pour diffamation.

    Brice Hortefeux (UMP) 2010, condamné pour atteinte à la présomption d’innocence.

    Brigitte Barèges (UMP) 2011, condamnée pour refus de mariage.

    Bruno Sandras (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts. Charles Fabre (UMP) 2010, mis en examen pour favoritisme
    .

    Christian Vanneste (UMP) 2006 et 2007, condamné pour propos homophobes, condamnation confirmée par la Cour d’Appel puis annulée par la Cour de Cassation. Il avait déclaré l’homosexualité inférieure à l’hétérosexualité et que l’homosexualité était une menace pour l’humanité.

    Claude Polony (UMP) 2001-2009, reconnu coupable de prise illégale d’intérêt, favoritisme et détournements de fonds.

    Claude Guéant (UMP) 2014, mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée.

    Daniel Simonpieri (FN puis UMP), condamné pour favoritisme, fausses factures,emploi fictif. déjà condamné pour harcèlement moral.

    Damien Meslot (UMP) 2010, condamné pour outrage à magistrat, mis en examen pour atteinte ou tentative d´atteinte à la sincérité d´un scrutin.

    Denis Gautier-Sauvagnac (UMP) 2008, mis en examen pour blanchiment d’argent.

    Denis Jacquat (UMP) 2011, condamné pour abus de confiance et infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales .

    Didier Schuller (RPR-UMP) 2005, condamné pour financement illégal de sa campagne.En 2007, condamné pour avoir fait financer de façon occulte des activités politiques.

    Dominique Paillé (UMP) 2004, condamné pour abus de confiance.

    Frédéric Chazal (UMP) 2010 cdn pour diffamation.

    Gaston Flosse (UMP) 2011, cdn pour détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts.

    Georges Tron (UMP) 2011, MEE pour harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol.

    Gérard Dezempte (UMP) 2006, cdn pour discrimination.

    Gérard Larrat (UMP) 2011, condamné pour constitution de partie civile abusive ou dilatoire dans le but de nuire à son adversaire socialiste.

    Gilles Forray (UMP) 2006, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

    Nicolas Sarkozy (UMP) 2014, mis en examen pour corruption, traffic d’influence dans l’affaire Bettencourt
    Mis en examen pour financement illegal de la campagne présidentielle de 2012 (affaire Bygmalion)

    Olivier Deleu (UMP) 2011, mis en examen pour injures et diffamation

    Olivier Rey ( UMP) 2008, condamné pour violences, menaces et dégradations graves du bien d’autrui a raison de la religion

    Pascal Buchet (UMP ), 2007/2011, condamné pour harcèlement moral ayant mené au suicide

    Patrick Balkany (UMP), 2003, condamné pour injures publiques et diffamation
    1999 condamné pour avoir rémunéré aux frais du contribuable 3 personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s’occupaient que de son apprt de Levallois et de la résidence de Giverny
    La liste de condamnations de Patrick Balkany s’est depuis étoffée

    Philippe Brun (UMP), 2011, condamné pour fraudes et multiples abus de biens sociaux

    Pierre Bédier (UMP) 2009, condamné pour corruption passive et recel de biens sociaux

    Philippe Pezemec (UMP), 2008, condamné pour injures, 2007, condamné pour irrégularités lors de sa campagne, son élection sera annulée

    Renaud Donnedieu De Vabres (UMP), 2004, condamné pour blanchiment d’argent. 2011 mis en examen dans l’affaire Karachi

    René Vestri (UMP), 2009, condamné pour travail dissimulé, en 2010 mis en examen pour blanchiment a titre individuel et en bande organisée, traffic d’influence et association de malfaiteur

    Richard Cazenave (UMP), 1999, condamné pour abus de bien sociaux. en 2004 condamné pour recel et complicité de biens sociaux

    Serge Dassault (UMP), 1998, condamné pour corruption, 2010, condamné pour procedure abusive, 2009, condamné pour achat de voix lors des municipales

    Thérese Aillaud,(UMP), 2002, condamnée pour détournement de fonds publics

    Thierry Gaubert proche de l’UMP collaborateur de Sarkozy, 2008, mis en examen pour abus de biens sociaux et escroquerie, 2011 mis en examen dans l’affaire Karachi

    Marc Philippe Daubresse visé par une enquête du parquet nationale financier
    . . . . . . . .

    Source : https://twitter.com/GaccioB/status/1286263952352186368

    #corruption #justice #france #politique #fait_divers pas trop #en_vedette , ces #délinquants des #quartiers_sensibles , #quartiers

  • Un gars, une fille : portrait du mâle en couple - Les couilles sur la table - Binge Audio
    https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/un-gars-une-fille-portrait-du-male-en-couple

    Au-delà des singularités de chaque couple, quels sont les schémas de comportements masculins les plus répandus ? Comment se mettent-ils en place, comment les expliquer ?

    Jean-Claude Kaufmann, sociologue, analyse depuis trente ans ce qu’est le couple hétérosexuel aujourd’hui. Dans plusieurs de ses ouvrages, il élabore des « idéaux-types masculins », c’est à dire des comportements, des attitudes, des positions caractéristiques de la masculinité. Pas des comportements obligatoires, mais des grandes tendances : par exemple, l’idéal-type de « l’homme-enfant » ou de « l’élève coupable ».

    Son dernier livre, « Pas ce soir », est une enquête sur le consentement sexuel en couple : il montre qu’un schéma dans lequel l’homme a beaucoup plus de désir sexuel que sa conjointe est très répandu, même si bien sûr la situation inverse existe ; toute la question étant de savoir pourquoi, et comment le couple se débrouille avec ce déséquilibre. Qui finit par se forcer ? Qui pense avoir le droit de contraindre l’autre ? Qui se tait ? Comment est-ce qu’on en parle, et surtout pourquoi est-ce que le plus souvent, on en parle pas ?

    Parce que les points de désaccord entre Victoire Tuaillon et Jean-Claude Kaufmann sont nombreux, le ton de cet épisode est assez différent des précédents.

    #couple #sexualité #ménage #sociologie #audio

    Si vous n’avez jamais entendu un sociologue expliquer qu’il s’en fout de la théorie et de citer des théoriciennes (donc il a dû avoir sa thèse en ne citant aucune théorie, c’est comme ça qu’on fait quand on est un #grand_homme), qui prétend à la neutralité mais qui exprime toujours un biais androcentré (et très complaisant envers les hommes), c’est ici.

    il faut impliquer les hommes

    les femmes doivent se faire « ethnographes » pour comprendre comment leur mec fonctionne et espérer les changer (éthologue, à ce compte)

    disponible pour le désir

    mais celui de qui ?

    Il utile le mot « caresse » pour un geste dont il admet qu’il est perçu comme une agression. Le tout après avoir décrit un viol conjugal avec une focalisation complaisante sur l’homme qui te fait comprendre pourquoi il a des besoins.

    C’est une horreur, j’ai pas pu finir. Si y’en a qui documentent le #masculinisme dans toutes ses versions, ici égalitariste en théorie, welcome !

  • Une exploration de la « Raoultsphère » sur Facebook
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/07/03/une-exploration-de-la-raoultsphere-sur-facebook_6045017_4355770.html

    Sur le réseau social, les groupes favorables à l’infectiologue marseillais ont attiré plus d’un million d’internautes depuis mars. Qui sont les soutiens du promoteur de l’hydroxychloroquine ? Cartographie d’un phénomène social d’envergure et complexe.

    #Facebook #Médias_sociaux #Didier_Raoult #Complotisme

  • #on_est_pas_dans_la_merde : Edouard Philippe plébiscité pour "réinventer la France", le Pr Raoult troisième
    https://www.europe1.fr/politique/sondage-exclusif-en-sursis-a-matignon-philippe-plebiscite-pour-reinventer-la

    Alors qu’il pourrait faire les frais d’un vaste remaniement du gouvernement au lendemain des municipales, Édouard Philippe arrive en tête de ce sondage réalisé sur 37 personnalités politiques, mais aussi scientifiques et intellectuels. Au total, 45% des sondés ont confiance dans le Premier ministre actuel pour « réinventer la France », soit un point de plus que pour Nicolas Hulot, qui figurait dans le gouvernement Philippe de mai 2017 à août 2018

    Adulé par les uns et honni par les autres pendant la crise du coronavirus, le scientifique controversé Didier Raoult arrive de manière surprenante en troisième position de ce sondage (42%). Pas moins de 10% des personnes interrogées ont même « tout à fait confiance » en lui pour « réinventer la France ».

    Le virologue, ultra-médiatisé pendant la crise sanitaire, réalise même le score de 53% dans le quart sud-est de la France, où l’IHU Marseille-Méditerranée, dans lequel il a vaillamment défendu la chloroquine contre le Covid-19, est basé.

    Après, si tu veux, si quelqu’un pose une question aussi débile que « quelle personnalité pour réinventer la France », déjà, dans le genre appeau à cons, tu vas avoir un sacré biais de sélection…

    🎶🎶 Devant toi, le réinventeur de la Frannnnce… 🎶🎶

    Faudrait faire une étude en double-aveugle, avec un bras contrôle de gens qui ne votent pas, ou a minima qui n’adhèrent ni à l’idée d’Homme providentiel, ni à celle de « réinventer la France™ ».

    • Je note au passage que, ce matin, ma page d’accueil sur Gougoule Niouze est une espèce d’ode à Édouard Philippe, avec un enthousiasme médiatique qui n’est pas sans rappeler quelques précédents Grands Hommes, tels que Balladur ou DSK… Ils ont l’air de tous avoir basculé en mode « Il faut sauver le soldat Philippe ».

      Je ne pige pas : après nous avoir vendu Macron comme le sauveur suprême, maintenant ils ont peur que s’il repasse en mode hyper-président jupitérien, ça va être la catastrophe ?

    • Le mythe de l’« homme providentiel » semble tenace dans les nations jacobines (décisions centralisées, pesante bureaucratie...), peut-être parce que les « administrés » y ont intégré la doctrine « de Grands Manitou installés loin d’ici dirigent » et souhaitent l’incarner. L’étape suivante sera-t-elle tyrannie ou totalitarisme ?

    • Raoult, who has achieved international fame since his proposed treatment for Covid-19 was touted as a miracle cure by President Trump, believes that his colleagues fail to see that their ideas are the products of mere intellectual fashions — that they are hypnotized by methodology into believing that they understand what they do not and that they lack the discipline of mind that would permit them to comprehend their error. “Hubris,” Raoult told me recently, at his institute in Marseille, “is the most common thing in the world.” It is a particularly dangerous malady in doctors like him, whose opinions are freighted with the responsibility of life and death. “Someone who doesn’t know is less stupid than someone who wrongly thinks he does,” he said. “Because it is a terrible thing to be wrong.”

      Raoult, who founded and directs the research hospital known as the Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection, or IHU, has made a great career assailing orthodoxy, in both word and practice. “There’s nothing I like more than blowing up a theory that’s been so nicely established,” he once said. He has a reputation for bluster but also for a certain creativity. He looks where no one else cares to, with methods no one else is using, and finds things. In just the past 10 years, he has helped identify nearly 500 novel species of human-borne bacteria, about one-fifth of all those named and described. Until recently, he was perhaps best known as the discoverer of the first giant virus, a microbe that, in his opinion, suggests that viruses ought to be considered a fourth and separate domain of living things. The discovery helped win him the Grand Prix Inserm, one of France’s top scientific prizes. It also led him to believe that the tree of life suggested by Darwinian evolution is “entirely false,” he told me, and that Darwin himself “wrote nothing but inanities.” He detests consensus and comity; he believes that science, and life, ought to be a fight.

      “One of Professor Raoult’s abiding characteristics is that he knows that he’s very good,” Kahn told me. “But he considers everyone else to be worthless. And he always has. It’s not a recent development.” At his home, alongside a collection of Roman busts, he is said to keep a marble statue of himself.

      Raoult, who is 68, is a sturdily built but fine-featured man, with high cheekbones and a tight, contemptuous mouth. In recent years, he has hidden these behind a straggly white mustache and goatee and has grown his flaxen hair down to his shoulders. On his right pinkie he now wears a silver skull. In internet memes, he has been depicted as the wizard Gandalf and as a druid; except for his white lab coat, he has the general aspect of a fortuneteller who rides a Harley to work.

      Raoult’s study had measured only viral load. It offered no data on clinical outcomes, and it was not clear if the patients’ actual symptoms had improved or indeed whether the patients lived or died. At the outset, 26 patients were assigned to receive hydroxychloroquine, six more than the 20 who appeared in the final results. The six additional patients had been “lost in follow-up,” the authors wrote, “because of early cessation of treatment.” The reasons given were concerning. One patient stopped taking the drug after developing nausea. Three patients had to be transferred out of the institute to intensive care. One patient died. (Another patient elected to leave the hospital before the end of the treatment cycle.) “So four of the 26 treated patients were actually not recovering at all,” noted Elisabeth Bik, a scientific consultant who wrote a widely circulated blog post on Raoult’s study.

      “I’ve invented 10 or so treatments in my life,” Raoult told me. “Half of them are prescribed all over the world. I’ve never done a double-blind study in my life, never. Never! Never done anything randomized, either.” He noted, with some satisfaction, that the criticism was more intense than he had anticipated. “Honestly, I couldn’t have imagined that it would set off a frenzy like this,” he said, leaning back in his office chair and gesturing at the storm he had created in the world outside. “When you tell the story, it’s extremely straightforward, no? It’s subject, verb, complement: You detect a disease; there’s a drug that’s cheap, whose safety we know all about because there’s two billion people who take it; we prescribe it, and it changes what it changes. It might not be a miracle product, but it’s better than doing nothing, no?”

      WTF

      #grand_homme
      Les mecs hyper intelligents qui prennent tout le monde pour des imbéciles, ouais...

    • On March 16, a Long Island attorney and blockchain enthusiast named Gregory Rigano appeared on Laura Ingraham’s nightly show on Fox News, “The Ingraham Angle.” Ingraham introduced the segment by asking: “What if there’s already a cheap and widely available medication, that’s on the market, to treat the virus? Well, according to a new study, there is such a drug. It’s called chloroquine.” Rigano, who at the time was falsely presenting himself as an adviser to Stanford Medical School, had recently self-published an acclamatory report on the potential of chloroquine, “An Effective Treatment for Coronavirus (Covid-19),” as a Google Doc formatted to resemble a scientific publication. It had begun to circulate in right-wing media and also in Silicon Valley; Elon Musk tweeted a link to it. Raoult saw it and noticed the attention it was receiving online. Another researcher might have found this sort of publication irresponsible and dangerous. Raoult began corresponding with Rigano and his co-author, James Todaro, an ophthalmologist and Bitcoin investor. Raoult authorized them to share his results before they had been published.

      On air, Rigano announced that a researcher in the south of France, “one of the most eminent infectious-disease specialists in the whole world,” was about to publish the results of a major clinical study. “Within a matter of six days, the patients taking hydroxychloroquine tested negative for coronavirus, for Covid-19,” Rigano said. (He made no mention of azithromycin.) “We have a strong reason to believe that a preventative dose of hydroxychloroquine is going to prevent the virus from attaching to the body, and just get rid of it completely,” he added. “That’s a game changer,” Ingraham said.

      In the coming days, Ingraham questioned both Anthony Fauci, the director of the National Institute of Allergy and Infectious Diseases and a member of President Trump’s pandemic task force, and Alex M. Azar II, the secretary of health and human services, about the drug. Sean Hannity began promoting it as a cure for Covid-19. “Let’s put it this way,” he said on his radio show. “If I had it — personally, I am speaking only for Sean Hannity — I would be all over this.” Rigano appeared on Tucker Carlson’s show and claimed that Raoult’s study had shown hydroxychloroquine to have a “100 percent cure rate against coronavirus.” According to Todaro, Raoult had sent him a copy of his study and allowed him to post it on Twitter that day, two days before the preprint release. “I suspect he gave us permission because he knew it was the fastest way to disseminate the trial results,” Todaro told me. (Rigano did not respond to requests for comment.) Later, Raoult himself appeared on “Dr. Oz,” the talk show hosted by the celebrity doctor Mehmet Oz, a frequent Fox News guest who has promoted hydroxychloroquine. “I believe that ideas and theories are epidemic,” Raoult once wrote. “When they’re good, they take root.”

      Trump began hyping hydroxychloroquine on March 19, at a White House news conference with his coronavirus task force. “I think it’s going to be very exciting,” Trump said. “I think it could be a game changer and maybe not. And maybe not. But I think it could be, based on what I see, it could be a game changer. Very powerful.” He suggested, inaccurately, that the F.D.A. had approved the drug for use against Covid-19. He made no mention of azithromycin. Commissioner Stephen M. Hahn of the F.D.A. gently corrected him later and said that a large clinical trial would be the appropriate way to evaluate the therapeutic value of the drug.

      Le 20 mars, Marianne avait déjà publié un long article sur l’influence de Fox News dans la hype de la chloroquine :
      https://www.marianne.net/politique/de-marseille-fox-news-comment-les-essais-de-didier-raoult-sur-la-chloroqui

      De l’autre côté de l’Atlantique, les travaux de Raoult ont aussi vivement attiré l’attention. Jusqu’à celle de Gregory Rigano, qui se présente comme « conseiller du programme de recherche translationnelle SPARK de l’Université de médecine de Stanford ». Il n’est cependant pas médecin. Il n’est pas non plus affilié à l’école de médecine de Stanford - l’université tente activement de l’empêcher de revendiquer tout lien avec elle -, et est en réalité... avocat. L’homme est intervenu à plusieurs reprises dans l’émission du très influent Tucker Carlson ("Tucker Carlson Tonight"), et notamment ce jeudi 19 mars : « Le Président doit autoriser l’utilisation de l’hydroxychloroquine contre le coronavirus immédiatement. Ce médicament est sur le marché depuis 50 ans et son utilisation est sûre. Didier Raoult, l’un des meilleurs spécialistes au monde, basé dans le sud de la France, a obtenu des résultats très concluants. »

      Et Carlson de répondre : « J’aimerais croire à cela, et je pense que si ce que vous dites est vrai, c’est une très grande nouvelle et nous devons tester ce médicament. Je vous remercie d’annoncer cela ici et j’espère que nous en entendrons parler rapidement. » Et Tucker Carlson ne s’est pas trompé : Donald Trump annonçait le jour-même approuver le recours à la chloroquine. Il faut dire que Carlson, personnalité très influente dans les milieux conservateurs américains, s’enorgueillit d’avoir déjà fait changer d’avis le président des Etats-Unis. Après des semaines à minimiser les dégâts potentiels entraînés par le coronavirus, un monologue du présentateur avait fini par convaincre Donald Trump de prendre la crise au sérieux.

      Et c’est donc avec tous ces marqueurs de l’extrême-droite complotiste américaine bien visibles que Mélanchon décide, une semaine après l’intervention de Trump, de publier son « Échange avec le professeur Didier Raoult » :
      https://melenchon.fr/2020/03/26/billet-denquete-echange-avec-le-professeur-didier-raoult

  • Heureusement qu’on l’a notre Manu. Toujours la bonne idée bienvenue. Toujours des médias qui, de manière pertinente, te rappellent à quel point l’intervention personnelle de cet homme est indispensable.
    https://www.bfmtv.com/sante/sante-publique/en-direct-coronavirus-25-987-personnes-sont-mortes-en-france-depuis-le-1er-ma

    Par ailleurs, à la demande d’Emmanuel Macron, la tour Eiffel est pavoisée aux couleurs du drapeau français.

    • Oyé oyé, Le Monde a jugé bon que les français le sachiassent : un glaive désinfecté au préalable
      https://www.lemonde.fr/planete/live/2020/05/08/coronavirus-en-direct-l-europe-en-pleine-pandemie-celebre-les-75-ans-de-la-f

      Les mesures de distanciation ont été appliquées, permettant aux responsables présents de ne pas porter de masque. Cela a aussi été le cas pour le dépôt de gerbe ou le ravivage de la flamme sur la tombe du Soldat inconnu par Emmanuel Macron, effectués en présence d’un seul porteur de drapeau, avec un glaive désinfecté au préalable.

    • Ça fait quelque temps que j’y pense, à cette image de président thaumaturge. Il ne va pas soigner les écrouelles et le Covid mais l’idée que sa présence partout va aider le bon peuple est un mélange de représentations anciennes (le roi thaumaturge, envoyé de Dieu sur Terre, le leader près de ses ouailles pour les rassurer) et de représentations plus contemporaines (la vérité est sur le terrain et pas dans les dossiers). Ça m’effarait déjà quand Sarko gesticulait partout, là le je-suis-partoutisme de Macron est au diapason. Le terrain, c’est bien (j’ai une formation d’anthropologue, je ne vais pas dire le contraire !) mais quand on n’a pas le temps de rester un temps significatif sur place, je conseillerais plutôt de lire un dossier ! Le terrain est une perte de temps, voire pire, quand il est mal fait (avec les inévitables biais de sélection de montrer les employé·es gentil·les, les asso complaisantes, les services pas en colère). À la fin, tu as un président qui est un peu... fatigué, on va dire, et qui a fini par se convaincre de son utilité sociale (ah ah). Le tout qui va parfaitement avec cette Ve, ses présidents qui se prennent pour des empereurs et son personnel politique de godillots.

      #grand_homme #indispensable

  • Elon Musk’s New Baby’s Name Is Actually Less Absurd Than His Anti-Democratic, Quasi-Eugenicist Views
    https://jacobinmag.com/2020/5/elon-musk-grimes-baby-population-democracy

    Elon Musk, America’s most online billionaire, recently took a break from spreading coronavirus misinformation and crashing his company’s market value on Twitter to be with his girlfriend, Canadian pop singer Grimes, for the birth of their new baby. But the pair wasn’t content to just enjoy their newborn bliss.

    Musk set off a Twitter and media frenzy when he announced they were calling the baby X Æ A-12 Musk, sparking a debate among cult followers and confused people everywhere about the meaning of the cryptic phrase. Grimes cleared up some of the questions when she tweeted that X stood for the “unknown variable”; Æ for her “elven spelling” of Ai, meaning love or artificial intelligence; and A-12 for a Lockheed stealth aircraft designed for the CIA and code-named Archangel. She explained that it’s the couple’s favorite aircraft because it’s “Great in battle, but non-violent,” even though it played an important role in gathering intel on North Vietnam during the Vietnam War.

    Musk has since appeared to confirm the child’s name is pronounced X Ash A-12 (if it’s even legal), but it should come as no surprise that an uber-wealthy, super-online couple would go out of their way to pick a moniker designed to garner maximum publicity with seemingly little regard for how it will affect their child. (...)

    Musk has long basked in the media glow, his profile and mystique having largely been built up by a press that for years uncritically parroted his outlandish visions of the future. Despite styling himself an innovator, Musk is little more than the hype man for his companies — someone who’s only made progress thanks to massive public funds, public-sector innovations, and the work of those below him.

    (...)

    But the story of X Æ A-12 goes beyond the child’s name. While this is Grimes’s first child, it’s Musk’s seventh — and like many others in his strata of society, he has some repellent views on parenthood, population, and the worth of others.

    Musk has been open in the past about his concern that “smart” people aren’t reproducing quickly enough. Speaking to Ashlee Vance for his 2015 biography, Elon Musk: Tesla, SpaceX, and the Quest for a Fantastic Future, Musk observed that “wealth, education, and being secular are all indicative of a low birth rate,” but that “if each successive generation of smart people has fewer kids, that’s probably bad.” He clarified that he doesn’t want other people to stop having kids; he simply wants “smart” people to have more. But it’s more than a little disturbing to hear a man whose family amassed wealth in apartheid South Africa (Musk’s father was part-owner of an emerald mine) expressing a quasi-eugenic concern that those he deems superior are being further outnumbered by those he deems inferior.

    Musk’s views are not out of step with other tech leaders.

    #eugénisme #bêtise #grand_homme #polygynie #méritocratie

  • Oh mais ils sont de sortie, là. Celui-ci tente de populariser l’idée audacieuse selon laquelle, en fait, c’est la faute aux Gilets Jaunes (son flux touitteur est épatant). Brice Couturier aussi se vomit dans la bouche :
    https://twitter.com/briceculturier/status/1248479920516263942

    De notre côté, nous « n’oublions rien » non plus. Ni la dévastation de l’Arc de Triomphe, ni les petits commerçants ruinés pour cause de fermeture le samedi, ni les scooters en flammes, ni la dangereuse convergence des extrémistes de gauche et de droite.

  • Les mensonges de Didier Raoult pour promouvoir la chloroquine et faire oublier le reste
    https://www.les-crises.fr/les-mensonges-de-didier-raoult-pour-promouvoir-la-chloroquine-et-faire-ou

    [28 mars] Suite à cette vidéo, la journaliste scientifique Cécile Thiebert, du Figaro, a alors appelé Raoult pour vérifier les données chinoises (qu’elle ne trouvait évidemment pas) à l’appui des propos de Raoult. Elle vient tout juste de raconter sa conversation sur une chaîne Youtube (merci à elle, c’est si rare cette transparence) :

    https://www.dailymotion.com/video/kGHxfoEGL41oFRvWyR4

    Mathieu Rouault : Lorsque cette molécule [la chloroquine], cette solution est apparue sur la table, comment vous en avez discuté au Figaro ?

    Cécile Thibert : Alors, je me souviens bien, c’était fin février, donc ça correspond à la sortie de la vidéo sur YouTube du professeur Didier Raoult, qui a sorti une vidéo qui s’appelait « Fin de partie contre le covid », etc. Où il annonçait une excellente nouvelle, une équipe chinoise a découvert que la chloroquine était très efficace sur une centaine de patients, etc. Et donc il finissait la vidéo en disant : « eh bien, d’ici quelques semaines il n’y aura plus de chloroquine dans les pharmacies. » Voilà, donc c’était un peu prophétique.

    Je connais un petit peu le professeur Raoult, je suis un peu ce qu’il fait, il est assez médiatique parce qu’il a une chronique au Point, je crois. Donc, je décide de l’appeler, et je lui demande : « Bon bah voilà, c’est super, vous faites cette annonce, est-ce que vous pouvez m’envoyer les données brutes, en fait ? », parce que j’ai trouvé effectivement une feuille de cette équipe chinoise, une petite note où il n’y a aucune donnée brute, donc je me dis, je ne vais quand même pas écrire un papier qui dit que la chloroquine ça marche alors que je n’ai accès à aucune donnée.

    Donc je lui demande les données, et il me répond, « non je ne les ai pas, j’ai comme vous l’étude machin truc« . Donc je lui dis : « mais attendez, vous faites une annonce sur la base de cette chose-là sans avoir la méthodo ni rien ? » Il me dit : « oui, mais il faut faire confiance aux Chinois, c’est les meilleurs virologues, etc. »

    Je vous passe la suite de l’échange, ça s’est très mal passé, on s’est complètement engueulé en fait parce que je ne comprenais pas en fait comment il pouvait avancer telle chose sans aucune piste, donc on a fait un papier. En parallèle, j’avais lancé des contacts pour savoir un peu plus qui était ce chercheur, etc. Donc on travaille dessus depuis un mois et puis on a une position modérée, je crois que pour le moment il n’y a pas de consensus scientifique, il n’y a pas de données très probantes donc on reste très très modéré vis-à-vis de cette molécule qui, en plus, a déjà fait pleins de faux espoirs sur d’autres virus et notamment des coronavirus. »

    Extrait de cette longue vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?v=h3z_UA-6ncg

    • Il y a un certain nombre de choses assez ahurissantes rappelées dans ce billet.

      Il est donc à noter que, suivant cette source, la Chine refuserait désormais d’administrer la Chloroquine aux plus de 65 ans – alors qu’ils représentent par exemple 90 % des décès en Italie…
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/24/coronavirus-la-chloroquine-testee-avec-prudence-en-chine_6034215_3244.html

      Et en effet, le 3 mars, la Chine a sorti une 7e version de ses recommandations (les 5 mêmes médicaments sont toujours là – source : eng / cn) :
      https://www.chinalawtranslate.com/wp-content/uploads/2020/03/Who-translation.pdf

      Et en effet, les plus de 65 ans ne se voient plus proposer de chloroquine – c’est trop dangereux, comme le rappelle le médecin-réanimateur Damien Barraud :

      « J’entends bien l’argumentaire de Didier Raoult et de ceux qui le suivent, qui consiste à dire que la chloroquine est un médicament qu’on prescrit depuis des dizaines d’années et que l’on connaît bien. Sauf que son indication principale, la raison pour laquelle il a fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché, c’était la prophylaxie contre le paludisme. Les gens qui l’ont pris partaient à l’étranger, ils étaient plutôt en bonne santé. Les gens que j’ai sous les yeux ne sont pas en bonne santé. Ce sont des personnes âgées, polypathologiques, polymédicamentées. Certes, si une personne jeune et en bonne santé venait à prendre un petit peu de chloroquine, il ne se passerait probablement pas grand-chose. Mais quand on est âgé, qu’on a des problèmes cardiaques pour lesquels on prend un traitement, prendre de la chloroquine peut être hasardeux. » [source, 30/03/2020]

    • Ce qui est le plus stupéfiant dans cette affaire, c’est que beaucoup de personnes pensent qu’il y aurait une volonté de ne pas utiliser la chloroquine (pardon « le protocole du Dr Raoult »™) dans une sorte de complot des élites.

      Or, bien évidemment, notre corps médical cherche des solutions face à cette épidémie. Donc les molécules utilisées par la Chine ont aussi été utilisées en France.

      Voici d’ailleurs un extrait du document des recommandations d’experts suivies par les centres de référence Covid-19 de la région parisienne, qui émane des sociétés médicales :

      https://sfar.org/download/recommandations-dexperts-portant-sur-la-prise-en-charge-en-reanimation-des-patients-en-periode-depidemie-a-sars-cov2/?wpdmdl=25387&refresh=5e83096543da41585645925

      Ainsi, après vérification, nous vous confirmons que l’hydroxy-chloroquine est administrée dans la plupart des hôpitaux « Centres de Référence Covid » depuis le DÉBUT de l’épidémie en France aux patients hospitalisés sous oxygène – sauf contre indication (il y en a de nombreuses, notamment l’insuffisance rénale).

    • @arno
      La chloroquine a davantage d’effets secondaires problématiques que l’hydroxychloroquine (qui en a tout de même, notamment cardiaques). Et parfois on emploie le nom de l’une des molécules pour l’autre, ce qui ne clarifie pas les textes ...

    • Elle l’est désormais, donc je ne vois pas bien pourquoi tu serais troublée. Les deux grandes études européennes (Discovery et Solidarity) sont définies comme étant souples sur les produits et méthodologies testés (justement à cause de l’urgence et de la nouveauté de la crise), il me semble bien qu’il est explicitement indiqué qu’un produit peut être ajouté ou supprimé en fonction des évolutions du moment.

    • Il est troublant que l’hydroxychloroquine n’ait pas été d’emblée mise en test avec les autres molécules testées par Discovery.

      Il a fallu la pression de l’opinion publique sur le gouvernement français, et la pression de l’OMS, pour qu’elle le soit.

      Les conflits de personnes (notamment Direction de l’Inserm - Raoult) et les enjeux financiers pour les labos, me paraissent avoir trop de poids dans des décisions qui ne devraient relever que du souci de la santé publique.

    • @mad_meg
      Oui
      Mais le cas du Mediator est particulièrement grave : il n’aurait jamais du être employé pour un usage futile alors qu’il avait des effets secondaires graves connus.

      Face au Coronavirus, on cherche des molécules pour sauver la vie de gens qui, lorsqu’ils ont une santé faible, ou bien sont âgés, ont un risque important de mourir. Donc il est justifié de faire des essais un peu empiriques dans l’urgence, et d’essayer en premier des molécules déjà utilisées pour d’autres indications (d’autres maladies) parce qu’on en connait déjà les effets secondaires (donc on contrôle ces effets secondaires, ou bien on exclut les personnes trop exposées par leurs problèmes de santé à ces effets secondaires).

    • La grossophobie et l’obésité ne sont pas des problèmes futiles.
      Ce que je veux dire c’est que le fait de détourné un médicament de son utilisation est dangereux et nécessite des testes sérieux. Et encore plus dans l’urgence car c’est pas le moment d’aggravé les choses.

    • Dans la longue vidéo de Grand Labo, dont les Crises a tiré un extrait, Cécile Thibert fait une autre remarque étonnante : à la 21e minute, elle explique qu’elle n’a jamais de difficulté à faire témoigner des scientifiques, mais que dans le cas de la chloroquine, certains scientifiques refusaient de lui parler, même anonymement, parce « Didier Raoult semblait faire peur à certains chercheurs ».

      M’enfin c’est tout de même invraisemblable.

    • Donc il est justifié de faire des essais un peu empiriques dans l’urgence, et d’essayer en premier des molécules déjà utilisées pour d’autres indications (d’autres maladies) parce qu’on en connait déjà les effets secondaires (donc on contrôle ces effets secondaires, ou bien on exclut les personnes trop exposées par leurs problèmes de santé à ces effets secondaires).

      Oui mais si tu lis autre chose que les vidéos de propagande du docteur Pilule, tu te rendrais compte que c’est exactement ce qu’il se passe. C’est notamment une bonne partie ce que rappelle le texte de Les Crises ci-dessus.

      Par exemple, il y a ce passage que j’ai extrait ici-même :
      https://seenthis.net/messages/837122#message837125

    • Je regarde la video et je trouve que le viel homme blanc boomeur qui parle à 27 mins est à la masse, il ferait mieux de laisser sa place - il dit : « Il faut expliquer plusieurs fois que contrairement à la grippe de Hong-kong pour la première fois on a décidé de pas payé l’impôt à la nature »
      Je sais pas qui est « on » mais c’est pas Macron, pas Buysin, pas trump, pas le gouv britannique... J’ai plutot l’impression que pour la première fois les moyens d’information et de communication permettent d’évité une décimation de la population car tout le monde voit en direct les conséquences des choix politiques. Du temps de la grippe de hong-kong c’etait facil de faire la surprise aux gens alors qu’en 2020 on attendre pas la voix de l’ORTF pour se bouger le séant. D’ailleur c’est pas le miniver qui m’a dit de me confiné mais un ami de seenthis qui m’a telephoné pour m’informé et me conseillé l’autoconfinement.

    • Pour info la partie de la video sur la chlorotruc c’est à partir de 43 mins

      Au passage le jeune journaliste mâle de libé attribut au vieux journaliste mâle l’idée qu’il qualifie de brillante, sauf que c’est la jeune journaliste femelle qui viens de la prononcé. C’est la magie de la fraternité. Autre tic de mâle insupportable, le vieux commence son intervention juste après la prise de parole de la journaliste par « le vrai sujet c’est blabla bla... » comme si elle parlait du faux sujet avant qu’il ne vienne donner sa petite graine de #grand_homme

    • C’est une toubib qui m’a signalé que ce médicament pouvait être efficace contre le Covid-19. La chloroquine a fait l’objet de pas mal de prescriptions, parmi les médecins eux-mêmes et pour leur patients, avant même le raout Raoult, phénomène qui a pris l’ampleur que l’on sait ensuite.

    • Il y a des toubib qui prescrivent de l’homéopathie ca en fait pas un médicament pour autant. Et il semble que le chlorotruc soient connu comme ayant une efficacité possible contre les corona-virus d’ou la note des chinois. Dans la video il en est un peu question vite fait.
      Il me semble que tout le problème est dans le pouvait dont se dispense Raoult et pas cette toubib que tu mentionne.

    • Elle l’est désormais, donc je ne vois pas bien pourquoi tu serais troublée.

      Raoult va quand même dénigrer vu qu’il explique que ce qui fonctionne c’est l’association avec l’azithromycine, et que la chloroquine seule ne suffit pas…

      (En l’occurence il le fait déjà)

    • Raoult, même en faisant des études par dessus la jambe, à la limite de la fraude scientifique, n’a pas réussi à prouver la moindre efficacité de son protocole miracle. Attendons de voir les vraies études mais les données parcellaires qu’on voit ici et là ne semblent vraiment pas jouer en la faveur de ce traitement.

  • Alors si j’ai bien suivi : après avoir expliqué que (1) le coronavirus est moins dangereux que les trottinettes et pas plus que la grippe saisonnière, (2) tue assez peu, 90% des gens ne nécessitant même pas de prise en charge médicale, (3) de toute façon, Trump est celui qui a raison de dire que ça allait certainement s’arrêter tout seul avec le printemps… le Dude et ses soutiens nous expliquent que : (1) c’est pas la peine de faire des groupes test, parce que si les gens vont bien avec le traitement, c’est forcément à cause de leur traitement, et pas parce que 98% des gens ne meurent pas du Covid-19, (2) l’urgence et la gravité de la situation est telle qu’il faut faire fi de toutes les méthodes et procédures éthiques.

    J’aime aussi l’argument « Si on m’avait écouté… », de la part de quelqu’un qui se vante d’être une super-star de la médecine, avec une influence mondiale, d’avoir l’oreille du Président et du ministre, et qui a passé son temps à prédire que l’épidémie n’arriverait pas en Europe, qu’elle ne serait pas grave, et que de toute façon au printemps ce serait certainement terminé. Je ne serais pas loin de penser qu’au contraire, les politiques l’ont bien entendu jusqu’à la veille de la catastrophe sanitaire, et que si le pays est dans un tel état d’impréparation, c’est peut-être en partie parce qu’une super-star mondiale de la médecine leur a fait savoir qu’il ne fallait pas s’inquiéter…

    • J’en était aussi à ce genre de conclusion. Est-ce qu’il y a des sources pour documenté l’écoute dont à bénéficié ce #grand_homme auprès de Jupiter avant confinement ?
      J’ai vu qu’il a claqué la porte de Jupiter mais avant cela, depuis combien de temps etait-il conseillé des marcheurs blancs ?

    • Une fondation est adossée à l’IHU Méditerranée Infection.
      On retrouve dans le conseil d’administration :
      10 personnalités, dont : Geneviève Fioraso, ancienne ministre de la recherche, Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la santé,Philippe Archinard, PDG de la société TransgeneBernard Delord, président de Medi HandTraceGeorges Léonetti, doyen de lafaculté de médecine, Claudine Rigal, DG du laboratoire CERBA.
      D’ou aussi le retour de douste blazy dans la promotioin de raoult depuis qq jours-

    • Oui mais il a de l’entregent.
      N’oublie pas non plus fabius sur le maintient du premier tour des élections.
      "Municipales : Larcher et Fabius en travers de Macron

      Par soucis de cohérence avec ses mesures de confinement, Emmanuel Macron a souhaité reporter les élections municipales… Avant d’être contraint d’y renoncer.2

    • C’est pas pour excusé Larcher ni Fabius dont je me fiche pas mal, mais depuis quand Jupiter écoute quelqu’une d’autre que sa personne ? Bon peut etre qu’il écoute sa Brigitte mais ca s’arrete là. A mes yeux le fait qu’il reporte sa responsabilité sur Larcher ou Fabius est encore une nouvelle démonstration de la pourriture ignoble qu’il est. Le seul résponsable de la tenu de ses éléctions c’est Macron puisqu’il à démontré depuis quelques années qu’il gouverne sans aucun partage.

    • A propos de Raoult et des politiques, pas mal d’infos dans cet article de Médiapart :

      Didier Raoult, homme de réseaux et enfant terrible de la recherche
      Benoît Gilles (Marsactu), Médiapart, le 27 mars 2020
      https://www.mediapart.fr/journal/france/270320/didier-raoult-homme-de-reseaux-et-enfant-terrible-de-la-recherche

      Depuis plusieurs semaines, Didier Raoult est au cœur d’une polémique aux dimensions planétaires sur les meilleures stratégies pour combattre la pandémie. Loin d’être un chercheur qui fait soudain irruption sur la scène médiatique, le Marseillais a construit patiemment son ascension en jouant de ses réseaux d’amitiés et des travers de la science moderne. Une enquête de notre partenaire Marsactu.

      Depuis la longue file de patients qui mène à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, on entend de temps à autre quelques salves d’applaudissements. Les gens venus se faire dépister ont reconnu la silhouette désormais mondialement célèbre du professeur Didier Raoult. L’homme salue brièvement, ne s’arrête pas, tête baissée et mèches au vent. Il a de quoi faire avec des centaines de malades à dépister, d’autres à traiter, sans compter la controverse internationale qui met soudainement son travail au-devant de la scène et son visage à la une de tous les journaux.

      La polémique, Raoult adore. Faire trembler l’establishment. Même ses cheveux longs, sa barbe éparse et ses chemises colorées sont un pied de nez permanent aux apôtres de la norme, fussent-ils du bon goût. Son look improbable est devenu un mème sur les réseaux sociaux où tout le monde s’écharpe entre pro et anti. Lui, se place ailleurs, au-dessus forcément. « Il a un comportement de chef de meute, c’est vrai. Pour lui, la science est un sport de haut niveau. Elle ne supporte pas la médiocrité », explique un journaliste qui l’a longuement côtoyé.

      Les 144 pages de son curriculum vitae parlent pour lui. Didier Raoult est un géant de la recherche en infectiologie. Lui et ses équipes cumulent les records du monde. Forcément, le colosse fait de l’ombre. Il charrie une cohorte de polémiques et n’en a cure. Sabre au clair, il fait de la science comme Louis Pasteur ou Marie Curie en leur temps. Dépasser Darwin ne lui fait pas peur, assure-t-il. Il est le mâle alpha qui mène sa troupe de médecins. Il en fait même son dogme pour dynamiser la recherche en France.

      En revanche, il n’est pas ce savant, génial ou fou, qui fait irruption sur la scène politique et médiatique à l’occasion d’une crise majeure. Chroniqueur au Point, adepte des vidéos d’auto-promo, il cultive depuis longtemps les réseaux politiques et sait jouer à plein des travers de la science pour tenir la ligne qu’il pense juste.

      L’équipe qu’il a constituée autour de lui est d’une fidélité sans faille, parfois depuis des décennies. Ce sont eux ces professeurs, médecins, chercheurs qui signaient ce dimanche un communiqué défiant les préconisations du ministère de la santé en précisant qu’il n’était pour eux « pas moral que cette association [de molécules, utilisée par l’IHU – ndlr] ne soit pas incluse systématiquement dans les essais thérapeutiques concernant le traitement de l’infection par le Covid-19 ».

      Bras de fer au ministère

      Le ministre de la santé prend un arrêté pour limiter la prescription de l’hydroxychloroquine ? Qu’importe, il claque la porte du comité scientifique qui conseille le gouvernement depuis le début de l’épidémie et poursuit ses prescriptions. Au point d’obtenir du ministre qu’il maintienne celle-ci pour les médecins en première ligne face à l’épidémie.

      Une position qui lui revient forcément, et confortée par la vue des centaines de personnes qui, malades, inquiètes ou simplement fébriles, patientent à la porte de son institut. Elles espèrent savoir si elles sont atteintes et peuvent avoir accès au traitement censé faire chuter la charge virale, sans preuve scientifique de cette efficience (lire l’article à ce sujet).

      L’ami des politiques

      Parmi les thuriféraires parfois béats, il y a aussi les élus majoritairement LR qui sont venus se faire dépister et soigner par les équipes du professeur Raoult avant et surtout après le premier tour des municipales. La députée LR Valérie Boyer multiplie les plateaux TV pour soutenir la thèse du professeur Raoult, faisant fi des méthodes scientifiques et de la rigueur nécessaire à la mise en œuvre d’un traitement médicamenteux, non sans effets secondaires.

      Ces élus, Didier Raoult les connaît bien. Il les fréquente depuis de longues années. Médecin, ancien ministre et président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier fait partie du conseil d’administration de l’institut hospitalo-universitaire que Didier Raoult porte à bout de bras depuis plusieurs dizaines d’années. L’homme politique ne tarit pas d’éloges pour « son ami » et a marqué son soutien dès le début de l’épidémie. Le maire de Nice, Christian Estrosi, monte lui aussi au créneau sur les réseaux sociaux. Lui est un intime du professeur depuis leurs années communes au lycée à Nice.

      L’ancien journaliste de La Provence Hervé Vaudoit décrit ce réseau de relations dans l’ouvrage qu’il a consacré à l’homme et son institut, L’IHU Méditerranée Infection - Le défi de la recherche et de la médecine intégrées (Robert Lafon). Outre son indéniable talent, Didier Raoult doit son ascension éclair au sein de la faculté de médecine à un baron du gaullisme local, Maurice Toga, que Renaud Muselier considère comme son « père politique », raconte dans son bouquin le journaliste..

      Ce député (1986-1988) lui met le premier le pied à l’étrier et lui permet de devenir professeur de médecine puis chef de service dès 1988. Mais l’idée de l’IHU naît vraiment avec la peur du bio-terrorisme et les attentats à l’anthrax qui ont effrayé le monde après ceux du 11-Septembre. « Les politiques avaient une trouille bleue, se souvient Didier Raoult dans l’ouvrage d’Hervé Vaudoit. Pour leur faire péter les plombs, il suffisait de prononcer un mot : bioterrorisme. »

      Plus de 100 millions pour bâtir l’IHU

      Il profite de l’arrivée au gouvernement Chirac du Marseillais Jean-François Mattéi pour pousser le pion d’un infectiopôle destiné à lutter contre ce risque médical et militaire. En 2003, il écrit un rapport sur ce thème qui finit par convaincre les hauts fonctionnaires et les politiques de la nécessité d’un soutien à ses recherches. Car loin de l’image véhiculée du Marseillais mal-aimé contre le reste du monde, Didier Raoult a des réseaux bien implantés.

      À l’orée des années 2010, son projet de pôle d’infectiologie rencontre les programmes d’investissement d’avenir portés par le président Sarkozy. Son entregent lui permet d’obtenir des soutiens dans les ministères. Pour défendre son IHU devant le jury chargé de faire le tri parmi les projets présentés, Didier Raoult est accompagné par Yvon Berland, qui deviendra quelques années plus tard président de l’université unique, et Jean-Paul Segade, le directeur général de l’AP-HM d’alors. L’infectiopôle du professeur Raoult emporte la mise et le précieux financement d’État.

      Son IHU est le plus gros investissement public dans la recherche des vingt dernières années avec plus de 48 millions de l’Agence nationale de la recherche uniquement pour le bâtiment high tech qui borde le Jarret. Il a aussi pris soin de réunir autour de table la plupart des collectivités locales pour un investissement colossal. Dans la mise de départ, 1,5 million pour la Région, quatre pour le département, un million de la Ville de Marseille et autant de la communauté urbaine d’alors.

      Même chose pour les équipements où les collectivités remettent gentiment au pot au nom du rayonnement international de ce chercheur et de ses équipes. Récemment, Renaud Muselier a annoncé que la participation de la Région était de 16 millions alors qu’elle était de 11 millions en 2018.

      Changement de gouvernance

      Avec le débarquement de Jean-Paul Segade, en 2012, étrillé par un rapport de la Chambre régionale des comptes, Raoult perd un soutien. Cela correspond aussi au changement politique à la tête de l’État où Didier Raoult doit refaire ses contacts.

      En 2014, avec le changement de gouvernance à l’AP-HM, l’enthousiasme connaît des hauts et des bas. Le successeur de Segade à la tête de l’AP-HM, Jean-Jacques Romatet, est beaucoup moins partant. Il voit dans ce projet un formidable outil qui s’installe au sein de l’assistance publique comme un virus qui prospère à son détriment. Les deux hommes ne s’entendent pas, s’accrochent dur tant sur la question du loyer que l’AP-HM devra payer à l’IHU en fonction des lits d’hospitalisation qu’il abrite, mais aussi sur celui de l’autorisation d’occupation temporaire qui lie la fondation de droit privé qui pilote l’IHU au propriétaire du terrain.

      Même chose pour le permis de construire, délivré sans aucun aller et retour avec le service d’urbanisme. L’élue chargée de l’urbanisme, Danielle Servant, découvre un projet juché sur un haut escalier, au lieu d’être de plain-pied. Maître d’ouvrage du chantier, Raoult n’est pas ouvert à la discussion. Il appelle directement le maire qui somme son élue de donner un avis positif au permis.

      Défections

      Aujourd’hui, Jean-Jacques Romatet refuse de s’exprimer publiquement sur ces années de tension autour du projet d’IHU. Mais, à certains, il confie volontiers que son départ anticipé de la direction de l’AP-HM en 2015 est aussi dû aux capacités de nuisance et à l’entregent politique de Didier Raoult. Lequel ne le nie pas. Lorsque les négociations piétinent avec l’AP-HM, c’est la ministre socialiste de la recherche Geneviève Fioraso qui vole à son secours. Comme son prédécesseur Philippe Douste-Blazy avant elle, elle en est remerciée en siégeant au conseil d’administration de l’IHU.

      Ce que regrette Romatet, c’est la violence dont Didier Raoult fait preuve dans sa volonté de voir aboutir son projet. Car, en cumulant la recherche et les soins en infectiologie, l’IHU aspire les services qui, éparpillés dans les différents sites de l’AP-HM, traitent de bactériologie, de virologie ou de parasitologie. Ainsi les médecins qui, depuis des décennies, travaillent auprès des malades du sida à l’hôpital Nord sont contraints de rejoindre le bâtiment de la Timone. Avec le risque de perdre le lien avec des patients des quartiers Nord. Il faudra qu’ils bataillent en interne pour conserver une consultation à l’hôpital Nord.

      D’autres ne se sont pas contentés de faire le dos rond. Chef du service parasitologie à la Timone, le spécialiste du choléra Renaud Piarroux a fini par claquer la porte des hôpitaux marseillais pour rejoindre la Pitié-Salpêtrière, à Paris. « J’ai du mal à obéir lorsque je ne suis pas d’accord avec la façon dont les choses sont gérées », dit-il au Monde en 2016. Son service en pointe sur les questions de parasitologie et mycologie a tout simplement été aspiré par l’IHU, quittant ainsi le seul giron de l’AP-HM pour se retrouver sous la tutelle de Didier Raoult et de ses équipes. Effrayés par la réputation du bonhomme, la moitié des techniciens de laboratoire n’ont pas rejoint l’IHU, préférant parfois quitter le CHU.

      « De la science comme on mène une bataille »

      « Didier Raoult est un guerrier, explique ainsi un de ses adversaires à l’AP-HM. Il fait de la science comme on mène une bataille. Ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui. Il fout une trouille terrible parce qu’il peut vous détruire professionnellement. » Nombreux sont ceux qui contestent ces méthodes, toujours à mots couverts. Co-découvreurs des virus géants en 2003 avec Didier Raoult, Jean-Michel Claverie et sa femme, Chantal Abergel, ont construit une association scientifique fructueuse avant de rompre brutalement. Contacté par Marsactu en 2018, il refusait de commenter les causes de cette rupture. « On a travaillé ensemble, on a fait de belles publications ensemble et puis on s’est engueulés très fort », confie-t-il au Monde le 25 mars tout en saluant le brio scientifique du professeur Raoult.

      Comme Hervé Vaudoit le décrit dans son ouvrage, Didier Raoult est un des premiers à Marseille à comprendre comment l’indexation scientifique des publications permet de rationaliser la compétition entre les savants. Soudain la réputation ne relève plus de la subjectivité mais de données statistiques, objectives. Le mandarinat vole en éclats, remplacé par des algorithmes qui évaluent les chercheurs en fonction du nombre de publications, de leur impact scientifique mais aussi du nombre de fois où le chercheur est cité par d’autres.

      3 000 articles scientifiques en huit ans

      Depuis le début des années 1990, Didier Raoult a fait du séquençage génomique l’une des bases de ses recherches pour dénombrer et identifier de nouvelles bactéries parmi la multitude qu’abrite le corps humain. Ouvert sur le monde, ses unités de recherche comme son institut accueillent de nombreux doctorants venus d’Afrique ou d’Asie qui sont les petites mains de son système.

      Même s’il publie dans des revues prestigieuses, parmi les plus reconnues au monde, la grande partie des milliers de publications qu’il co-signe ont un « faible impact scientifique ». Une recherche récente sur le portail PubMed qui dépend de la Bibliothèque nationale de médecine américaine évalue à plus de 3 000 les articles scientifiques signés par lui. Le double de la même recherche effectuée en 2012 par une journaliste de la revue Science dans un article critique sur Didier Raoult.

      « Son fonctionnement est très simple, explique un de ses adversaires. Un chercheur apparaît comme auteur d’un article à partir du moment où il y a contribué. Dans un cycle normal de travail, on peut cosigner 10 à 20 articles par an de 3 500 mots chacun. Lui, il génère de la matière première en faisant travailler ses doctorants notamment sur du séquençage de gènes de bactéries et il co-signe tout. Il arrive ainsi à un nombre de publications annuel absolument dément. Il est impossible qu’il puisse toutes les vérifier. »

      « Je rapporte 11 millions par an »

      Or, ce nombre de publications pléthoriques compte aussi financièrement. Ainsi la dotation annuelle attribuée à chaque CHU repose-t-elle sur les publications de ses chercheurs et praticiens, les fameux Sigaps, pour Système d’interrogation de gestion, d’analyse des publications scientifiques. Mis en place par le CHU de Lille, il a été étendu à l’ensemble des centres hospitaliers en 2006. Or, Didier Raoult et ses équipes pèsent lourd. « Je rapporte au moins onze millions d’euros par an à l’AP-HM », lançait-il à Marsactu en 2018, lors de l’inauguration de son IHU. La même année, Hervé Vaudoit évalue ce poids relatif à 25 % des crédits de recherche attribués à l’AP-HM.

      « Je pense que sans Raoult et ses équipes, Aix-Marseille Université serait placée moins haut dans le classement de Shanghai », affirme le journaliste. Pour le coup, Didier Raoult étend son influence sur l’AP-HM et l’université, l’une des tutelles de l’IHU dont les personnels et étudiants dépendent.

      Compagnon de route scientifique, professeur d’université, médecin et président d’université comme lui, Yvon Berland a suivi de très près l’ascension de son collègue. Quand les histoires de mal-être au travail et de harcèlement finissent par éclabousser l’université, il n’hésite pas à appeler Didier Raoult en déplacement à Dakar pour que ce dernier réponde aux journalistes qui souhaitent recueillir son point de vue.

      Retrait de labels

      Si Didier Raoult a mal vécu cet épisode que Marsactu a longuement détaillé en son temps (lire notre article sur la visite des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail des quatre tutelles), c’est qu’il venait éclairer son navire amiral au moment où son unité de recherche historique, l’Urmite, devait se transformer en deux unités sœurs.

      Or, après des avis négatifs des conseils scientifiques de l’Inserm et du CNRS, les deux principales institutions de la recherche française dans le champ bio-médical ont retiré leur label à Vitrome et Mephi, les deux unités « filles » de l’Urmite. Les personnels CNRS ont été maintenus dans une structure provisoire, FRE, avant d’acter la séparation. « C’est embêtant. Je ne peux pas bien l’accueillir », reconnaissait Yvon Berland, président d’Aix-Marseille Université en 2018. Les deux unités continueront d’avoir le label AMU, et donc le personnel et les financements universitaires.

      L’affaire des risques psychosociaux et le contrôle des CHSCT ne sont qu’un élément périphérique dans les décisions des conseils scientifiques de l’Inserm et du CNRS. Dans celle du CNRS que nous avons pu consulter, l’accent est mis sur les aspects scientifiques qui ne convainquent pas suffisamment les pairs réunis à titre consultatif. « Je crois savoir qu’ils reprochent une approche de la recherche, pas assez fondamentale », commente encore Yvon Berland.

      Conflits d’intérêts à la tête

      Pour Didier Raoult qui s’en explique longuement dans l’ouvrage d’Hervé Vaudoit, cette crise est un règlement de comptes venu de tout en haut : le PDG de l’Inserm, par ailleurs époux de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne croit pas au modèle des IHU et aurait tout fait pour qu’une nouvelle génération d’instituts ne voie pas le jour. « Nous allons perdre 400 000 euros de dotations que nous versaient l’Inserm et le CNRS, précise-t-il à Hervé Vaudoit en 2018. C’est un mauvais coup mais nous ne sommes pas inquiets : des solutions de financement existent ailleurs. Et, à la fin, ce seront peut-être eux les grands perdants de l’histoire. »

      Pour assurer sa survie, Didier Raoult croit en son modèle. Il s’appuie aussi sur des amitiés indéfectibles comme celle de l’ancien président de l’IRD Jean-Paul Moatti. Époux de la présidente de la fondation de l’IHU, Yolande Obadia, il a renouvelé son soutien financier à l’IHU en dépit du conflit d’intérêts patent de signer une convention financière avec sa propre épouse (lire notre article sur ce conflit d’intérêts).

      Selon nos informations, cette question figurait dans la liste des sujets soumis à l’inspection des magistrats de l’agence française anticorruption lors de son contrôle de l’IRD en 2018. Ce rapport n’a pas vocation à être rendu public. Tout comme celui de l’inspection générale de l’éducation nationale et de la recherche sur les cas de harcèlement moral et sexuel au sein des unités de recherche abritées par l’IHU. En 2018, Didier Raoult balayait tout ça d’un « ça se dégonfle ». Depuis, le Covid-19 achève de gonfler sa renommée.

    • Je ne pense pas que l’étude de Raoult soit à jeter. Il parvient à faire tomber au 5ème jour de traitement la charge virale (mesurée, au niveau des fosses nasales) pour 97,5% des patients qu’il traite. Sur 80 patients cette fois.
      C’est assez tôt par rapport à l’évolution généralement observée de la maladie.
      C’est intéressant si ça peut réduire le nombre de patients qui passent en phase d’inflammation aigüe qui est à haut risque de mourir.

      Que Raoult soit un mandarin avec un ego surdimensionné ne doit pas entrer en ligne de compte dans le jugement sur ses travaux.

      La dernière étude observationnelle de Raoult sur 80 patient est ici :

      https://www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/03/COVID-IHU-2-1.pdf

      #Didier-Raoult #Raoult #Covid-19 #Coronavirus

    • Aucun groupe témoin, patients choisis au pif (certains sans symptôme), prélèvements seulement dans le nez, amélioration de la plupart des patients en 6 jours, soit comme la moyenne constatée... Une autre étude, chinoise celle-ci, avait un groupe témoin et n’a constaté aucune différence (ah si, le groupe avec chloroquine a eu de moins bon résultats mais statistiquement c’était insignifiant)... Il faut se souvenir qu’environ 98% des malades guérissent spontanément depuis le début de la pandémie. Si on cumule les 2 études de Raoult, il a un taux de mortalité de 2%, si on en croit ses résultats « miraculeux »... Non vraiment je ne suis pas sûr que cette étude démontre quelque chose, sinon que les équipes de Raoult sont incapables de faire une vraie étude clinique. Il faut donc encore attendre d’avoir d’autres études plus sérieuses pour pouvoir affirmer quoique ce soit et en attendant les publications de Raoult ne sont malheureusement que du buzz.

    • @alexcorp

      J’ignore l’efficacité du traitement de Raoult.

      Mais raconter n’importe quoi sur Seenthis est ennuyeux.

      Quand on étudie les patients que l’on traite, on ne fait pas de groupe témoin. C’est une étude observationnelle :
      https://www.eupati.eu/fr/glossary/etude-observationnelle

      Raoult compare les données sur ses patients, à celles d’un échantillon de patients publiées par les médecins chinois.

      Quand au comptage des jours pour obtenir une réduction de la charge virale, je vous trouve très péremptoire, quand vous ne donnez aucune source. Et que la manière dont on fait le décompte de ce délai dépend évidemment de ce qu’on prend comme point de départ (test de diagnostic positif, ou début des symptômes, ou début du traitement ... ). Il n’est pas toujours évident de comprendre ce dont parle telle ou telle publication.

    • @stephane_m

      J’ignore l’efficacité du traitement de Raoult.

      Ah, vous n’avez pas lu l’étude que vous avez mis en lien juste au dessus ? Qu’est-ce que vous pensez de mon résumé ? Il est faux ? Parlons des faits, pas de ce que vous pensez que je suis ou de vos états d’âme.

      Pour mes sources, en voici une : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/la-chloroquine-contre-covid-19-pas-plus-efficace-qu-un-traitement-c
      Si on pouvait admettre que la première étude de Raoult n’ait pas de groupe témoin (urgence, tout ça), il n’y avait aucune raison de ne pas en avoir un pour la deuxième, c’est juste le b.a.-ba. Conclusion, qui n’engage que moi : il se fout de notre gueule et joue sur la nullité de nos médias qui voient ça comme un match de catch et non un débat scientifique.

    • Mais dites moi où est-ce que j’ai faux au lieu de répéter « péremptoire » à tout bout de champ, c’est pénible depuis 3 semaines tous ces gens qui sont incapables de discuter sur le fond de l’affaire.

      On va y aller phrase par phrase si vous voulez :
      Selon les 2 études de Raoult, le taux de mortalité des patients qui ont reçu son traitement est de 2% en moyenne. Par ailleurs, la moyenne mondiale du taux de mortalité constaté tourne autour de 2%, voire un peu moins.
      Alors, vrai ou faux ? Si faux, merci de m’apporter chiffres et preuves à l’appui.

    • @fahrenheit92
      Je suis absolument d’accord qu’il peut y avoir des biais.

      La publication de Raoult n’est pas pour autant sans intérêt, si on s’intéresse à ce covid-19, et aux pistes pour réduire le nombre de victimes.

      Voir aussi ici, pour ceux que cela intéressent, l’hypothèse sur l’effet envisageable de la vaccination par le BCG. Ce ne sont que des corrélations qui sont mises en évidence, et il faudra une étude systématique des liens entre vaccination/non par le BCG, délai depuis la vaccination, et infection/non par le covid-19 :

      https://seenthis.net/messages/836238

    • Le fait que l’article de « Science et Avenir » ne donne pas le lien vers la publication qu’il commente est un indicateur qu’il s’agit de vulgarisation basique (c’est bien que ça existe la vulgarisation, mais pour discuter de rigueur scientifique, il vaut mieux s’appuyer sur des publications réellement scientifiques).

    • Mais ce dont tu parles là (et depuis le début), « des médecins étudient les effets » (description qui ne signifient pas grand chose au passage) ce n’est PAS pour prouver l’effet d’un remède, mais pour signaler des problèmes par exemple (effets secondaires etc).

      À aucun moment la preuve de l’efficacité d’un produit n’est faite comme ça, puisque ce n’est justement pas une preuve, en terme de critère scientifique. Comme le rappel la définition de WP : « c’est la base de la médecine fondée sur les faits. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tude_randomis%C3%A9e_en_double_aveugle

    • Beaucoup de médecins étudient les effets de certains des médicaments qu’ils prescrivent sur leurs patients. Ce n’est ni randomisé, ni en double aveugle, mais cela leur permet de vérifier et d’améliorer leur pratique.

      Beaucoup de médecin·es sont aussi par ailleurs homéopathes et en prescrivent à leurs patient·es.

  • Ce matin, encore quelques types qui se vomissent dans la bouche…

    – Beigbeder nous sort un argument « juridique » que je ne connaissais pas. C’est à ça qu’on reconnaît les grands intellectuels… Le billet au vitriol de Frédéric Beigbeder sur les César : "Florence Foresti se dit écœurée,elle est écœurante"
    https://www.europe1.fr/culture/le-billet-de-frederic-beigbeder-sur-les-cesar-florence-foresti-se-dit-ecoeur

    Le tribunal fédéral suisse a jugé que Polanski avait purgé sa peine. Florence Foresti et Adèle Haenel s’improvisent juges. Sont-elles plus compétentes pour dire le droit que le tribunal fédéral suisse, juridiction suprême de la confédération helvétique ?

    Avec évidemment l’allusion lourdingue (qui servait également d’argument commercial au dit navet) :

    En réduisant J’accuse au casier judiciaire de son réalisateur, ce qu’elle ne fait pas avec Ladj Ly, Florence Foresti ne se rend même pas compte qu’elle reproduit l’injustice de l’affaire Dreyfus. Elle condamne 50 ans après les faits, considère que de nouvelles accusations prescrites et non prouvées suffisent à juger un homme sans avocat. Elle reproduit la tragédie que raconte Polanski.

    On n’oublie pas au passage d’opposer les juifs et les musulmans, parce que sinon à quoi bon.

    – Et avec Bruckner, les très gros sabots de l’imputation d’antisémitisme. Assez magistral dans son genre. Bruckner – De quoi Roman Polanski est-il le nom ?
    https://www.lepoint.fr/debats/bruckner-de-quoi-roman-polanski-est-il-le-nom-05-03-2020-2365957_2.php

    Présent vendredi soir à la soirée des César 2020, j’ai eu le sentiment de vivre en direct le premier pogrom « féministe » de la France d’après-guerre. Jean-Pierre Darroussin refuse de prononcer le nom de « l’innommable » gagnant et crache quelques syllabes dégoûtées. Florence Foresti, animatrice de la soirée, égrène les patronymes de prédateurs sexuels connus, DSK, Epstein, Weinstein avec une allusion à Patrick Bruel en omettant curieusement celui de Tariq Ramadan. Adèle Haenel et Céline Sciamma, dépitées, se lèvent à l’annonce du prix du meilleur réalisateur gagné par Polanski et crient leur honte de la cérémonie. Alors que des manifestantes s’insurgent en dehors de la salle Pleyel, on a vu en quelques heures se succéder une série de symptômes qui rappelaient étrangement la France des années 30, mais avec des acteurs nouveaux. Polanski est d’abord le nom d’une haine de l’homme « blanc, vieux, hétérosexuel, andro centré » pour reprendre les mots d’Adèle Haenel dans une interview au New York Times. Mais au cours de la soirée, cette allergie au mâle blanc s’est muée soudain en catalogue new-look de l’antisémitisme d’hier.

    Voilà que l’Affaire Dreyfus fait un retour inopiné en 2020 : les anti-dreyfusards de la fin du XIXe siècle ont trouvé chez nos passionarias des héritières inattendues. Qui est désormais le bouc émissaire dont l’existence, à en croire certaines, déshonore le pays tout entier : un petit juif polonais, citoyen français, qui a échappé à toutes les persécutions, celles des nazis, des staliniens, de la droite morale américaine après l’assassinat de son épouse Sharon Tate mais qui pourrait bien succomber à la vindicte de « féministes » qu’il faudrait appeler plutôt des purificatrices médiévales.

    • Je pense que c’est ta fibre paternaliste qui parle, mais on est pas des gamines qui ont besoin de contes de fées pour se rassuré avant d’aller se coucher. Ce que tu dit c’est qu’on devrait croire au père noel et au mythe de l’égalité déjà la alors que les faits sont là dans leur matérialité concrète ; c’est Polansky qui a fait les entrées en salle, qui a eu les médailles et le fric, tandis que Sciamma et Haenel non.

      Je pense au contraire que c’est pas un signe de faiblesse car j’ai plus de 5000 ans de documentation écrite qui montre l’effacement des femmes, la calomnie sur elle et la haine qui leur est faite dans l’essence même des mots.

      Je sais que les femmes par le passé ont été plus ou moins opprimées sans que ca n’implique de changement pour la suite. Je me souviens des photos de Kaboul en 1960 et je sais que la crise s’attaque d’abord aux femmes. Surtout aux femmes et peut être que la crise est faite pour cela, pour que les femmes se taisent et fassent des fils à papa.

      Nous sommes en crise et c’est les femmes qui payent comme toujours ce sont les employés précarisés dans la santé, l’éducation, les retraites, les administrations qui sont des femmes et c’est aux femmes que Macron va faire payer les biteries des mecs du cac40.

      Et j’ai aussi le souvenir de l’hypocrisie qui entoure les #grand-homme sur seenthis comme avec @hlc et son idole intouchable de #Stallman et la censure que j’ai subit pour avoir osé mettre un nom sur cela ainsi que l’abject comportement de mes confrères artistes qui ont profité de l’occasion pour se venger avant de fuir la communauté plutot que de reconnaitre le moindre tord de leur part.

      #backlash #égalité_déjà_là

    • C’est la chronique qu’aurait aimé écrire au mot près Stéphane Guillon
      https://twitter.com/stephaneguillon/status/1235697816464433152
      et celui-ci à propos du papier de Despentes dans Libé :
      https://twitter.com/stephaneguillon/status/1234382029212540928
      Lui qui touchait un cachet de plusieurs smic pour sa chronique hebdomadaire chez son copain Ardisson. Jaloux, va ! Quand un humoriste en arrive à ce genre de réflexion. je pense qu’il devrait fermer sa gueule.
      #twittoland

    • L’analogie entre Dreyfus et Polanski est tellement aberrante que j’ai du mal à comprendre comment autant de queutards s’y engouffrent.

      – Dreyfus a été accusé, jugé, condamné, dégradé, expédié sur l’île du Diable, pour un crime qu’il n’a pas commis. Même après sa réhabilitation, il a été victime d’une tentative d’assassinat et blessé au bras sur les marches du Panthéon ; le tireur, Louis Grégori, fut acquitté par son jury s’assise.
      – Polanski a drogué et violé une gamine de 13 ans, a négocié en reconnaissant une partie des faits et n’être condamné que pour « rapports sexuels illégaux avec une mineure », est accusé par 12 femmes, s’est vanté publiquement d’aimer les gamines, etc., et depuis tourne sans discontinuer des films et est célébré par ses pairs.

      C’est juste ridicule.

      La seule justification pour l’analogie est le fait que les deux hommes sont juifs. De fait, associer sciemment un pédocriminel à un homme innocent au seul motif qu’il est juif est à la fois scandaleux et, en fait, antisémite. Et pour le coup : comme promotion de l’antisémitisme, on peut difficilement faire pire.

    • Cet affrontement public, c’est une forme de révélation pour le grand nombre.

      Je découvre que Guillon, qui a pu dans le passé me sembler pertinent et juste, n’est en fait qu’un homme de cour en pâmoison devant le pouvoir.
      Pour Beigbeider, cela fait des années que je ne comprends pas ce qu’on lui trouve et que je suis mal à l’aise quand on m’offre une BD dont il a écrit les textes. Et donc, maintenant, on découvre que ce n’est qu’une pourriture. Brukner, on le savait, mais on a la confirmation que dès qu’il faut soutenir un puissant, il est bien présent, à son poste de combat, pour soutenir son « camp ».

      En fait, en guise de révélation, nous avons la confirmation collective que les 3/4 de ce qui cause dans le poste (de radio, de télévision, de papier) n’est ni plus ni moins qu’une aristocratie dégénérée, a son poste de combat, aristocratie du même genre que celle qui à la fin du XVIIIème siècle a terminé décapitée.

      Une seule purge de ce genre de vermine tous les 2 ou 3 siècles, ce n’est finalement pas bien cher payé et ça me fait penser que le populo est plutôt très indulgent la plupart du temps.

    • Remarque que c’est toujours autour du même boysclub du prix Renaudot ( En l’honneur de Théophraste Renaudot, le Goebbels de Richelieu, qui détenait le monopole de la presse )

  • Le sexe du talent
    Sur le talent indéniable de Polanski et le déni de talent fait à Adèle Haenel.


    C’est une réflexion qui m’est venu de la discutions sur le texte de Despentes suite au César du meilleur réalisateur donné à Polanski.
    https://seenthis.net/messages/828405#message828807
    Un texte féministe mentionne que le talent de Polanski est indéniable, et ca m’a fait pensé à pas mal de choses.

    Pour documenté le déni fait au talent d’Adèle Haenel :
    https://sandrine70.wordpress.com/2020/03/01/apres-les-cesar-la-guerre-des-sexes-naura-pas-lieu

    Que Portrait de la jeune fille en feu ait été volontairement boudé, on ne peut finalement guère s’en étonner. Car les César ne se sont jamais vraiment intéressés au cinéma en tant qu’art, plus à son industrie. On regrette juste que parce que c’est un film exigeant, mais aussi parce que c’est un film subversif (montrer l’amour entre femmes et dans l’égalité, c’est bien plus subversif que céder aux sirènes du regard pornographique comme dans « la vie d’Adèle »), il ne puisse être accessible au-delà d’un nombre de personnes qui reste trop restreint.

    Comme je part en hors sujet, je réunis les infos ici.

    –---
    Sur le texte de Lise B pointé par @vanderling
    https://lisefeeministe.wordpress.com/2020/03/02/les-cesar-2020-consacrent-lextraordinaire-impunite-de-roma

    « Les amis de Polanski » nous disent, entre autres, qu’il n’est pas un justiciable ordinaire car c’est un auteur accompli, un grand artiste, créateur d’une œuvre sublime. On peut tout d’abord relever un lien logique suspect entre son talent (qui est indéniable) et le rapport de ce dernier avec la justice criminelle. A écouter ces gens-là, ce talent aurait pour conséquence qu’il serait hors de question de porter un quelconque jugement sur sa consécration ni qu’il perde une journée de plus de sa vie en prison. Mais qui décide de cette utilité sociale extra-ordinaire ?

    Prenons un exemple particulièrement saillant en ce moment : en plein mois de février, quand nous avons froid et que notre chaudière tombe en panne, qui peut se passer d’un bon plombier-chauffagiste ? Nous serions sûrement très fâchées que notre excellent chauffagiste, lui aussi nommé Roman Polanski, aille en prison pour le viol d’une jeune fille de 13 ans précisément en plein hiver, mais la loi est ainsi faite en démocratie que même les professionnels exceptionnels et indispensables sont comme tous les autres citoyens, passibles des mêmes peines pour les mêmes crimes.

    Personne ne parle du talent perdu de ces 12 victimes de Polanski. Si Polanski avait été arrêté pour les 12 viols qu’il a commis, ces films n’auraient pas été fait et on ne s’en serait pas plus mal sorti. Mais le talent (qui est indéniable) de Polanski c’est un talent qui compte car on ne dénie pas le talent des phallopores qu’ils soient cis ou femmes-trans. Le talent qui ne compte pas c’est celui des femmes cis et des hommes-trans, car personne ne parle du talent perdu de ces 12 femmes (et peut être plus) qui s’est peut être perdu à cause de Polanski. Ca me fait pensé à la sœur de Shakespeare dont parle Virginia Woolf. Qui pleur le talent perdu de toutes ces filles et femmes que les hommes détruisent à coup de bite ? Combien de génie au féminin avons nous perdus à cause des violences masculines ? aucune en fait car contrairement au talent de Polanski qui est INDÉNIABLE, le talent des femmes cis et des hommes-trans est toujours DÉNIABLE. Les Césars l’ont montré très clairement à Adèle Haenel et illes le montrent jours après jours aux femmes, d’Alice Guy à Céline Sciamma.

    Il y a aussi cet exemple du talent du plombier chauffagiste ou du boulanger qui serait non reconnu au prétexte qu’il violerait. Ca me fait pensé que pour le talent d’une boulangère ou d’une plombière-chauffagiste on ne se pose même pas la question. Elle n’aura pas besoin de commettre des crimes pour se voire dénier son talent. Il suffit qu’elle ne sois pas belle, qu’elle ne sois pas mère, qu’elle ne sois pas jeune, et son « talent » de boulangère-plombière,chauffagiste ne vaudra pas tripette.
    #déni #talent

    –---
    Un texte féministe sur l’age des femmes et des hommes.
    Je met ce passage en avant, il montre la dénégation des talents des femmes et leur réduction à un objet à visé décorative.

    Dans de nombreuses industries, en tout cas, l’invisibilisation des femmes de plus de 50 ans demeure quasi-systématique. Exemple classique : les médias, et plus particulièrement la télévision. Où sont en effet les équivalents féminins de Michel Drucker, Jean-Pierre Pernaut, Jean-Jacques Bourdin ? (j’aurais pu citer Claire Chazal, si elle ne s’était pas fait évincer par TF1 à l’âge canonique de 58 ans…) Cantonnées à la météo ou condamnées à jouer les chroniqueuses, les femmes dites « mûres » se font discrètes sur le petit écran.

    La réalité n’est-elle pas qu’on les écarte de la scène parce qu’elles portent moins bien la jupe pailletée et le décolleté plongeant qu’une femme de 30 ans ? Parce que le désir qu’elles provoquent est la raison première de leur présence à l’écran, avant même leurs compétences de journaliste et/ou présentatrice ? Parce que les décideurs des chaînes de télévision sont des hommes (de plus de… 50 ans), qui procèdent avant tout en fonction de leurs fantasmes ?

    Au cinéma, la situation est encore plus critique. Les jeunes actrices sont fétichisées, portées aux nues entre 20 et 25 ans, avant de laisser la place à leurs plus jeunes sœurs. Le cimetière du cinéma est plein de ces jeunes espoirs féminins ayant trop tôt disparu, abruptement remplacées par de nouvelles sensations plus jeunes, plus lisses et plus aptes à flatter l’implacable regard masculin.

    Quant aux femmes plus âgées, elles se font rares sur le grand écran. Sur l’ensemble des films français de 2015, seuls 8 % des rôles ont été attribués à des comédiennes de plus de 50 ans. En 2016, c’était 6 %.

    https://egalitaria.fr/2020/02/28/quel-est-le-probleme-avec-lage-des-femmes

    Je vais voir si je trouve la moyenne d’age des meilleur interprètes féminines pour les César, j’ai comme l’impression que leur talents sera en lien avec leur jeunesse.
    –---

    Toujours sur le talent au féminin, une campagne féministe :
    « Fières de nos talents »

    En avant-première du 8 mars 2020, sept associations* et les Éditions iXe lancent la campagne FIÈRES DE NOS TALENTS ET DES MOTS QUI LES DISENT ! Car, au féminin, les noms qui désignent les activités longtemps monopolisées par les hommes continuent d’être mal aimés, ou distordus pour ressembler encore et toujours à des noms masculins .

    Il s’agit d’une carte postale que chaque groupe va diffuser dans ses réseaux, qu’on peut se procurer auprès des Éditions iXe (par 100 exemplaires minimum, au prix de 0,10 € la carte postale) pour les distribuer gratuitement ou les vendre, et dont le visuel est libre de droits : il peut circuler sur les réseaux sociaux.

    Cette campagne fait suite à l’action des diplômées en doctorat de mathématiques de l’Université Lyon 1, qui ont souhaité voir écrit le mot « doctoresse » sur le procès-verbal de leur soutenance et sur leur diplôme, et non celui de « docteur ». Or il s’avère que cette inscription n’est qu’une vieille habitude du temps où les femmes n’étaient pas admises dans les universités. De fait, aucun diplôme ne devrait présenter de titre (ni au féminin, ni au masculin), mais seulement le nom du diplôme lui-même (licence, master, doctorat…).

    –----

    Ca me fait pensé aussi à l’expression Ténor du Barreau, qui ne s’accorde pas au féminin dans une profession ou il y a 50% d’écart de revenus entre les femmes et les hommes.
    Cf : https://seenthis.net/messages/748347

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    Il y a des salons "Talents de femmes" un peu partout en France, les affiches valent leur poids en magazine Jeune et jolie !

    • Un exemple frappant de la différence entre le talent des uns et celui des unes.
      Source ; https://seenthis.net/messages/828828

      Citation du touit d’Olivier Carbone, directeur de casting :

      « Vu mes sources Haenel, tu vas avoir une bonne surprise très prochainement avec une bonne omerta carrière morte bien méritée qui te pend au nez ! »

      « Haenel tu es minuscule par rapport au talent de Roman ! Tu es qui pour avoir le melon et la raconter comme ça face à un monstre vivant ! Tu fous la gerbe »

      Polanski mérite un césar pour les 12 viols qu’il a commis. Il a d’ailleur été nominé 12 fois. Il en a le droit car c’est un monstre sacré. Adèle Haenel mérite l’omerta pour ne pas avoir respecté l’omerta. Elle n’a pas fait la potiche. Et elle a gâcher la fête à neuneud du cinéma bankable. Le Boys club des cocaïnomanes lui promet le châtiment ultime, le Damnatio memoriae et vu ce qu’a voté la communauté française du cinéma aux césar il y a de sérieuses raison de croire qu’une armé de biteux va se déchainé sur elle.

      #grand_homme #boys_club #omerta #backlash #mérite #violences_masculine #violences_économique #damnatio_memoriae

    • Une citation de Lambert Wilson qui me semble assez parlante niveau grandeur masculine et petitesse féminine. Un grand qui pleur sur le crime de lèse-magesté dans une reprise des meilleurs gags de la folie des grandeurs.

      « Et en plus, qu’est-ce qu’on va retenir de la vie de ces gens par rapport à l’ énormité du mythe de Polanski ? Qui sont ces gens ? Ils sont minuscules »

      https://www.ouest-france.fr/culture/polanski-terrorisme-apres-les-cesar-lambert-wilson-denonce-un-lynchage-
      #grand_homme et #petite_femme

    • Pour une critique de l’art contemporain : questions de méthode
      https://blogs.mediapart.fr/antoineidier/blog/060420/pour-une-critique-de-l-art-contemporain-questions-de-methode

      Le champ de l’art contemporain connaît depuis quelques temps un regain de politisation et de contestation interne bienvenu, dans un espace habituellement pauvre en dissensus et en confrontation. Si ce n’est que le diagnostic global, en des termes purement économiques – une dénonciation du « marché », du « capitalisme », de « l’art et l’argent » ou d’une « entreprise culture » –, fait fausse route.

      Je pense notamment à plusieurs ouvrages parus depuis 2017, à diverses publications, ainsi qu’à des mobilisations majeures qui ont eu lieu ces derniers mois – notamment contre la réforme des retraites, autour du mouvement « L’art en grève », par des interventions sur la rémunération ou les conditions de travail, etc. Il n’y a évidemment aucun doute quant à l’importance et la nécessité de ces mobilisations, et quant à l’importance et la nécessité de les soutenir, en particulier dans un secteur où il y a habituellement peu de mobilisations collectives. Il y a même urgence à se préoccuper de la situation économique du champ de l’art : pour nombre de ses acteurs, en premier lieu les artistes, une préoccupation quotidienne est de réussir à payer leur loyer, à se nourrir et à pourvoir à des besoins immédiats. La question a encore plus d’acuité en pleine crise du Covid19 qui prive les indépendants de revenus sans possibilité de compensation.

      Mais il s’agit aussi de formuler une critique « de gauche » et d’adresser des questions aux mouvements dont ces mobilisations sont parties prenantes. Pour le dire simplement : c’est faire erreur – et se mentir collectivement – que de prendre comme point de départ l’hypothèse selon laquelle la situation actuelle du champ de l’art s’explique par sa soumission à l’argent, au marché et au capitalisme, et que cette soumission détermine toutes les conditions de possibilité à l’intérieur du champ.

      Ces derniers mois, j’ai parfois été très étonné de voir des individus particulièrement mobilisés alors que, par ailleurs, leur travail artistique est très conforme aux attentes dominantes du champ et très peu politisé – pour le dire rapidement, c’est un travail « formel » ou « formaliste », avec un discours et des considérations très esthétiques –, une forme typique d’habitus clivé comme le dit Geoffroy de Lagasnerie dans son intervention au Conservatoire de Paris (1). Comme s’ils opéraient une dichotomie très nette entre un engagement politique et une production artistique. Et comme si leur critique de l’art pouvait laisser de côté leur propre travail et leurs propres engagements esthétiques.

      À limite, il sera aisé de communier contre le marché et les fondations avec quelqu’un avec lequel on n’est artistiquement en accord sur rien, voire dont on pense le travail foncièrement réactionnaire. Dans les écoles d’art, pourtant souvent traversées par de vives tensions et de vrais désaccords esthétiques, il y a souvent un unanimisme suspect pour bannir tout enseignement des mécanismes économiques et du marché – quand bien même on pourrait penser que maîtriser les catégories conceptuelles de l’économie permet aussi d’en faire une critique plus efficace et d’en subvertir les dispositifs, et que tous les étudiants ne sont pas égaux dans la maîtrise de ces dispositions.

      En outre, à gauche de l’art, on discute bien peu d’esthétique, et des valeurs esthétiques dominantes. C’est aussi qu’est évacuée toute discussion symbolique. On le sait, un des principes de base de la valeur artistique (la valeur d’un travail artistique, d’une œuvre d’art, du nom d’un artiste) est sa double valeur, tant « symbolique » – c’est-à-dire que l’art est reconnu comme tel, et qu’une contribution est reconnue comme importante, contemporaine, en résonance avec les préoccupations d’une époque, légitimée aux yeux des acteurs du champ, etc. –, qu’« économique » – c’est-à-dire sa valeur sur le marché, son évaluation monétaire, sa cote.

      C’est un problème ancien, notamment investi par la sociologie de la culture élaborée par Pierre Bourdieu : une critique qui se soucie principalement du marché (oubliant, par ailleurs, que « le marché » n’existe pas : il y a des marchés et des acteurs économiques très différents) ou des mécanismes économiques laisse totalement de côté le symbolique et la légitimité artistiques. Elle ne se demande pas : qui produit les artistes et les acteurs du champ de l’art ? Quelles sont les valeurs artistiques dominantes, quel est l’art légitime, quel type d’art est produit, montré, valorisé par les institutions du champ (centres d’art, musées, galeries, etc.) ? Où est le pouvoir qui détermine quel est l’art d’aujourd’hui et qu’est-ce que ce pouvoir consacre ? La critique du champ de l’art doit aussi et avant tout prendre en compte le symbolique et la production de la légitimité.

      Bien sûr, il ne fait aucun doute que l’action des fondations – ou plutôt de certaines fondations – pose de graves problèmes. Notamment du fait d’un déplacement et d’une concentration du pouvoir dans les mains de quelques acteurs et d’une perte d’autonomie de l’artistique par rapport à l’économique. La Fondation Louis Vuitton en est un très bon exemple : elle est devenue si puissante qu’elle peut obtenir ce qu’elle veut, par exemple, de la part de musées dépendants du mécénat, des prêts de toiles précieuses et d’ordinaire rarement prêtées – comme, en 2015, Le Cri que le Musée Munch d’Oslo refuse de faire voyager depuis le début des années 2002 –, ou l’élaboration d’un protocole diplomatique permettant de faire venir la collection Chtchoukine en 2016, objet d’un conflit avec des héritiers du collectionneurs (3).

      Mais, monstre économique, la Fondation est aussi un poids lourd symbolique : il est indéniable que, sur des critères proprement esthétiques et artistiques, il s’y passe des choses importantes et reconnues ; et c’est notamment une des forces de la fondation d’avoir constitué son équipe actuelle en faisant venir des personnalités consacrées et à leur tour consacrantes (en l’occurrence, les anciennes équipes du Musée d’art moderne de la Ville de Paris).

      Les lieux de pouvoir

      Il ne faut pas se leurrer non plus : l’argent du mécénat pose lui aussi de nombreux problèmes. D’une part, son poids accru, la réduction des financements publics et l’obligation de trouver de l’argent ailleurs (« il faut développer les ressources propres », dit-on de manière euphémisée) créent de fait une perte d’autonomie et une dépendance. D’autre part, comme la Cour des comptes le soulignait très clairement en 2018 (et, plus tard, le scandale de l’incendie de Notre-Dame), le principe de défiscalisation du mécénat conduit à ce que l’argent public sert à faire des bénéfices privés et est capté par quelques très grands mécènes.

      Mais, à mal localiser le pouvoir, on en situe mal la critique. Le pouvoir n’est pas exclusivement à la frontière entre le seizième arrondissement de Paris et Neuilly. Il est aussi en plein cœur de la capitale : le Centre Pompidou, institution publique, est aujourd’hui un des lieux les plus puissants de l’art français.

      Il est frappant de voir que le champ de l’art est si peu porté à se demander pourquoi un artiste ou un travail artistique existe et se voit accorder de l’intérêt : non pas parce que cet artiste ou son travail est doté d’une force esthétique en soi, mais parce que les autres – en l’occurrence ceux qui ont le pouvoir de décider de cela – le reconnaissent comme ayant une force esthétique. Je pense souvent à cette formule de Michel Journiac : « Greco a disparu pendant deux siècles ; [Maurice] Barrès l’a fait ressusciter. (4) »

      Or, précisément, le Centre Pompidou est un des lieux majeurs de la consécration. Dans un marché symbolique qui fonctionne par accumulation de la valeur (en schématisant : pour un artiste, quelques pièces exposées dans des petits centres d’art rendent alors possible l’achat d’une œuvre par un Fonds régional d’art contemporain, achat qui justifie alors une exposition dans un musée important en région, laquelle peut justifier l’achat d’une pièce par le Fonds national d’art contemporain, etc.), au sommet de la pyramide, quelques lieux dont le Centre Pompidou donnent le la de la raison artistique. Quand un artiste a une monographie à Beaubourg, c’est parce qu’il est un grand artiste… mais il est aussi un grand artiste parce qu’il a eu une monographie à Beaubourg. (Ce qui donne lieu à des règles tacites : un artiste qui a une exposition solo dans une grande institution parisienne sait qu’il n’aura pas tout de suite d’exposition à Beaubourg ; donc celui qui attend Beaubourg sait qu’il ne doit pas accepter une grande exposition monographique ailleurs dans la capitale.)

      Le Centre Pompidou est aussi une puissance instance de consécration pour le public, y compris le plus éloigné du cœur du champ, du fait de sa force de frappe en nombre de visiteurs. Là où, en des étapes antérieures, tel FRAC ou tel musée départemental, reconnus pour le goût sûr de ceux qui y officient mais avec un public moindre, ont plutôt un effet prescripteur pour le cœur du champ (les « professionnels »), Beaubourg touche largement (le « grand public » – en tout cas, le grand public suffisamment doté socialement pour mettre les pieds à Beaubourg, ce qui est bien sûr très loin du grand public), en tant que lieu au puissant pouvoir de prescription.

      Quand je participais au jury d’admission de l’école d’arts de Paris-Cergy, où un nombre important de candidats non-parisiens (et parfois très éloignés de Paris), de 18-20 ans, se présentaient, nous leur demandions souvent : « quelle exposition marquante avez-vous vu récemment ? » « quel artiste vous a touché ? ». Le plus souvent, la réponse était une des grosses expoitions parisiennes de Beaubourg ou du Palais de Tokyo. La question, en fait, est stupide : par un effet de l’examen, la réponse est rarement spontanée, mais celle qui apparaît comme attendue (elle ne dit pas grand-chose des goûts de la personne qui répond, mais plutôt des attentes qu’il perçoit chez ses interlocuteurs – des profs d’une grande école parisienne). Mais, en discutant avec eux, nous nous apercevions aussi qu’ils avaient vu l’exposition la veille : du fait de la centralisation culturelle, profitant du séjour à Paris, ils allaient voir quelques unes des expos « importantes » du moment – Beaubourg ou le Palais de Tokyo étaient un des points de passage obligés. C’est ainsi que se forme un large « goût » artistique.

      Le problème de Beaubourg, ce n’est alors pas qu’il est soumis au marché, mais que l’esthétique qu’il promeut est largement discutable. Où sont les expositions des artistes femmes ? Le ratio, pour les grandes expositions monographiques, est actuellement de quatre pour une : en 2019, Vasalery, Bernard Frize, Francis Bacon, Christian Boltanski… et Dora Maar ; en 2018 : César, David Goldblatt, Chagall/Lissitzky/Malevitch, Franz West… et Sheila Hicks (sans même rentrer dans le détail des expositions thématiques collectives). Où sont les artistes non-blancs ? Quelle est la place accordée aux questions politiques, aux mouvements sociaux, au féminisme, à la sexualité, à l’antiracisme, au postcolonialisme (5) ? Il faudrait aussi analyser les hiérarchies internes et la répartition des espaces : quand une très belle exposition a lieu sur l’histoire de la photographie sociale engagée (mais, d’ailleurs, sur l’histoire, pas sur le présent de la photographie engagée – « Photographie, arme de classe », 2018-2019), c’est au sous-sol, dans un espace réduit, gratuit, etc. (c’est-à-dire l’exposition qu’on visite « en plus », rapidement, fatigué de la grosse exposition payante que l’on vient de voir).

      Qui en est responsable ? Ce ne sont pas les galeries ou les fondations, mais bien la présidence et la direction, les conservateurs qui élaborent le programme, la conception qu’ils se font de ce que le Centre doit exposer… mais aussi, plus fondamentalement, toute l’histoire qui a produit comme artistes et art consacrés ceux qui sont montrés. Beaubourg, en tant qu’ultime étage de la pyramide, condense à la fois l’histoire présente, passée et future du champ de l’art : pour être à la hauteur de sa réputation en même temps qu’il s’agit de la conserver, Beaubourg ne peut montrer que des travaux ou des artistes que les étages juste en-dessous ont suffisamment reconnus comme légitimes. Une expo à Beaubourg met à la fois en jeu Beaubourg lui-même, mais aussi tous les échelons intermédiaires et antérieurs de la consécration qui rendent possible l’exposition à Beaubourg. Et la dépolitisation, l’esthétique esthétisante, le formalisme qui globalement caractérisent Beaubourg, sont au fond les symptômes des tendances dominantes de l’art français.

      Prenons un autre lieu de production de capital symbolique : la Biennale de Venise, à la consécration tant internationale (être exposé à la Biennale, c’est intégrer un certain niveau de l’art international) que nationale (pour l’artiste choisi qui « représente » la France). Or la programmation du Pavillon Français est une pure décision de l’autorité publique (Ministère de la culture et Ministère des affaires étrangères), selon un processus plus ou moins opaque, qui varie selon les années, mais qui a associé, pour les derniers choix, un comité de sélection composé de personnalités des plus légitimes et des plus reconnues du champ, comité dans lequel tant les institutions publiques que le corps des conservateurs du patrimoine, fonctionnaires de la culture, étaient loin d’être sous-représentés. Or, les choix des artistes ces dernières années sont très conformes aux attentes dominantes du champ de l’art français, et aux choix opérés par les institutions publiques : il suffit de regarder même rapidement les CV des artistes retenus pour les trois dernières biennales pour voir qu’ils sont passés par certain nombre de lieux publics, lesquels ont concouru à légitimer ces artistes selon une forme de cursus honorum des prestiges. Quant à la grande exposition de la Biennale, cible de nombreuses critiques, elle était confiée en 2017 à une conservatrice en chef du Musée national d’art moderne du Centre Pompidou, et pure produit des institutions culturelles publiques françaises.

      C’est pour cela qu’accuser le seul marché revient à occulter l’ensemble de la production de la légitimé, dont le marché n’est que très partiellement partie prenante (c’est évacuer, aussi, que le « marché » permet à certains d’exister parce qu’un autre système – par exemple un circuit de reconnaissance plus « institutionnel » – ne leur permettrait pas, pour une raison ou pour une autre). Ce sont les expositions, les critiques, les aides et bourses, les acquisitions dans des collections publiques – pour un artiste, avoir une œuvre dans une de ces collections, c’est signifier à ses interlocuteurs futurs que d’autres avant eux ont jugé votre travail digne d’intérêt. D’ailleurs, quand on discute avec celles et ceux qui gèrent ces collections, ils peuvent être tout à fait lucides rétrospectivement sur les lacunes qu’elles présentent (des lacunes inhérentes à l’existence même d’une collection) : absences parfois criantes, sur-représentations qui a posteriori semblent incompréhensibles. Le goût se révise au fur et à mesure que l’histoire s’écrit, mais le goût s’invente également au quotidien par l’accumulation de ces légitimations symboliques.

      En fait, le symbolique est précisément la condition de l’économique : si une institution peut se permettre de ne pas payer l’artiste qu’elle expose (ça marche également pour une galerie qui escroque son artiste), c’est parce qu’elle sait très bien que le capital symbolique qu’elle lui apporte, ainsi que la promesse d’un profit encore plus grand à l’avenir, rendu possible par cet apport initial de capital, l’emportera sur l’absence d’argent.

      Les profits de l’irresponsabilité

      L’avantage de dénoncer le seul marché, c’est qu’il n’y aura personne pour vous contredire tant c’est le discours le plus convenu, et peut-être le plus satisfait de soi-même. Au moment de la parution de La Distinction, dans un entretien avec Didier Eribon, Pierre Bourdieu expliquait que « les intellectuels ont intérêt à l’économisme qui, en réduisant tous les phénomènes sociaux et en particulier les phénomènes d’échange à leur dimension économique, leur permet de ne pas se mettre en jeu » (6). Je remplacerai volontiers « intellectuels » par « acteurs du champ de l’art ». La critique du seul marché a une fonction sociale très précise : renvoyer à une entité abstraite, extérieure (et, par ailleurs, grossière, faisant fi des hiérarchies entre le petit galeriste parisien et la galerie internationale, etc.), permet d’évacuer la question du fonctionnement global du champ, de tous les échelons du pouvoir, de sa propre contribution et des hiérarchies desquelles on est soi-même, inévitablement, partie prenante.

      Ainsi, il reste à faire une analyse véritablement critique du champ de l’art, de ce qu’il produit artistiquement, de son fonctionnement et de l’idéologie artistique dominante qui le justifie. Personne ne vous reprochera de dénoncer le marché ou l’argent, c’est une des positions les moins exposées. C’est plus facile – et moins coûteux en termes de profit symbolique – de dénoncer le marché de l’art que, pour un artiste, se demander quelles œuvres d’art il produit ; pour un enseignant en école d’art, se demander ce qu’il enseigne ou comment il enseigne ; pour un commissaire, quels artistes il expose ; pour un critique, quels artistes il soutient ; pour un directeur de FRAC, à quels artistes il achète des œuvres ; pour quelqu’un qui siège dans une commission, quel type de décisions et quelles légitimités produit cette commission, etc. Discuter des conditions de production sans discuter de la production elle-même n’est pas un gage de progressisme.

      À l’automne dernier, une journaliste influente et considérée comme une voix dissonante pouvait se réjouir d’un « choix radical », celui de ne pas faire figurer de cartel explicatif dans l’exposition Francis Bacon du Centre Pompidou. « Comme s’il fallait tout contextualiser, tout historiciser, tout asséner », écrivait-elle, « et dissiper à coup de références le mystère de la création » (7). Choix le moins radical qu’il soit, et le plus conforme à une pensée bourgeoise magique du génie artistique qui pénètre et transporte naturellement le visiteur : le « mystère de création » n’est pleinement saisissable que par celles et ceux qui ont les compétences et les dispositions esthétiques pour le lire, lesquelles sont avant tout des compétences et des dispositions sociales.

      Il ne s’agit pas de procéder à une dénonciation nominative (encore que, parfois…), mais une critique des habitus et des inconscients, et de leurs effets concrets dans la production artistique contemporaine. J’ai beaucoup parlé de Beaubourg : ceux qui y décident sont principalement des conservateurs de musée, devenus membres d’un corps à la suite d’un concours extrêmement sélectif, dont la critique est relativement banale. Tant la formation (il est courant dans le milieu de se moquer des cours et des examens « sur diapositive » de l’École du Louvre, voie royale pour devenir conservateur, où il s’agit de savoir identifier de mémoire des œuvres à partir de leur reproduction) que les modalités de sélection des conservateurs (une des épreuves phares du concours consiste à reconnaître et commenter quatre reproductions, sans titre, sans auteur, sans date et sans légende) définissent un profil et une relative uniformité des catégories de jugement et des critères de la perception esthétique – sans compter l’homogénéité sociale qui caractérise le milieu.

      Mais il y a aussi les écoles d’art : qui les dirige, qui y enseigne, avec quel enseignement, quels étudiants sont sélectionnés, avec quelles qualités attendues, et quels étudiants en sortent ? Quand je travaillais à l’école de Paris-Cergy, nous avons eu de nombreuses discussions sur l’enseignement de l’histoire de l’art : dans une école qui se voulait « expérimentale » ou « pratique », au fil des années les cours d’histoire de l’art se trouvaient réduits à la portion congrue, perçus comme des vestiges de l’académisme et de la vieille pédagogie, magistraux, descendants, incapables de couvrir l’ensemble des intérêts des étudiants, etc. Nous étions parfois prêts à croire qu’il fallait laisser les étudiants aller librement vers les références historiques qui les aideraient, que leur « créativité » les guiderait… mais cette inclinaison ne faisait que ratifier l’écart entre ceux qui disposaient déjà d’une culture historique et artistique (par leur famille, leur milieu), et ceux qui n’en avaient pas. Et ce n’est qu’une des croyances dont les écoles d’art sont traversées. Lesquelles ne sont que des acteurs parmi d’autres – avec les critiques, les commissaires, les institutions, – DRAC, FRAC, centres d’art, musée… ainsi que les fondations, les galeries, les prix, les bourses, etc.

      S’il y a un lieu commun des interventions qui se veulent critiques sur l’art, c’est dans l’usage du terme « fétichisation ». Mais s’il y a en effet fétichisation, c’est-à-dire un effacement des conditions sociales de production, c’est bien une fétichisation symbolique : l’art consacré est le produit de tout un système, d’un champ entier et d’un ensemble d’acteurs mus par certain nombre de croyances et de représentations. En circonscrire l’analyse, c’est circonscrire la possibilité de le transformer réellement.

      (1). « Penser (l’art) dans un monde mauvais », 12 octobre 2018, https://www.youtube.com/watch?v=FH5liBXAMIY

      (2) Roxana Azimi, « La Fondation Vuitton à pied d’œuvres », Le Monde, 3 avril 2015, https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2015/04/03/la-fondation-vuitton-a-pied-d-uvres_4608406_4497186.html ; Harry Bellet et Roxana Azimi, « Chtchoukine : comment Vuitton a mis (presque) tout le monde dans sa poche », Le Monde, 22 octobre 2016, https://www.lemonde.fr/arts/article/2016/10/22/chtchoukine-comment-vuitton-a-mis-presque-tout-le-monde-dans-sa-poche_501860

      (4) Michel Journiac, Écrits, 2013, p. 156. Soit dit en passant : si Barrès redécouvre Le Greco – et donc si Le Greco existe pour nous aujourd’hui –, c’est aussi à travers l’obsession de Barrès pour les « Arabes » et les « Juifs », pour les traces de « la plus belle lutte du romanisme et du sémitisme » (Greco ou le secret de Tolède)

      (5) Sur l’homosexualité, cf. mon texte « Démonstration de respectabilité : Pureté d’Hockney et Twombly au Centre Pompidou », Diacritik, 20 juillet 2017, https://diacritik.com/2017/07/20/demonstration-de-respectabilite-purete-dhockney-et-twombly-au-centre-pomp

      (6) Pierre Bourdieu, « L’art de résister aux paroles », Questions de sociologie, 2002, p. 10.

      (7) Roxana Azimi, « Le paradoxe du cartel », Le Quotidien de l’art, 12 septembre 2019, https://www.lequotidiendelart.com/articles/15958-le-paradoxe-du-cartel.html

    • Penser (l’art) dans un monde mauvais
      https://www.youtube.com/watch?v=FH5liBXAMIY


      –---
      Les transclasses ou l’illusion du mérite par Chantal Jaquet
      https://www.youtube.com/watch?v=BwoLZgwZxLI

      « Quand on veut, on peut ».. pas vraiment pour la philosophe Chantal Jaquet pour qui le mérite est une pure construction politique destinée à conforter l’ordre social. Car en insistant sur les capacités personnelles des individus, l’État se dédouane de ses responsabilité collectives. Chantal Jaquet , philosophe et directrice du Centre d’Histoire des Philosophies modernes de la Sorbonne, a popularisé le terme de « transclasses » dans ses derniers ouvrages. Un mot qui désigne à la fois une réalité sociale mais aussi une construction politique, celle de la méritocratie.

  • Le Ministre de l’Éducation Nationale et la culture du viol

    Le 3 mars 2020, Jean-Michel Blanquer a déclaré (citation intégrale) :

    « Il faut être attentif à toujours bien distinguer l’œuvre de l’auteur. Je continuerais à regarder la Joconde même si j’apprenais beaucoup de défauts de Léonard de Vinci »

    Sources :
    https://www.lci.fr/politique/video-interview-lci-elizabeth-martichoux-jean-michel-blanquer-ministre-de-l-educ
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/03/04032020Article637189045896448212.aspx

    À part Nous toutes, personne ne semble choqué.
    https://www.facebook.com/NousToutesOrg/photos/a.273814676794302/668537550655344

    Je ne comprends pas qu’aujourd’hui les appels à une démission ne se multiplient pas…
    Ce Ministre qui participe par ses propos à la culture du viol en réduisant des faits avérés (et jugés, non ?) de viol et de pédophilie à un défaut, ce Ministre est celui de l’Éducation, garant :
    – de la sécurité et de l’intégrité des élèves ;
    – de la mise en œuvre de la prévention des comportements sexistes et des violences sexuelles.
    https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Sante/44/9/Guide_comportements-sexistes-violences-sexuelles_-_edi

    #éducation #culture_du_viol #sexisme #pédophilie #violences_sexuelles