• Macron va-t-il rester sourd aux exigences des marches et grèves pour le climat ?

    Les centaines de milliers de jeunes et de moins jeunes mobilisés ces 15 et 16 mars pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics en matière climatique placent Emmanuel Macron et son gouvernement face à leurs responsabilités : vont-ils continuer à se défausser de leur responsabilité en l’imputant sur chacun.e d’entre nous plutôt qu’accélérer une véritable transition écologique et sociale ?

    #Climat #Macron #Grève #Transition

    https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/180319/macron-va-t-il-rester-sourd-aux-exigences-des-marches-et-greves-pour


  • #femmes* en #grève/ Vrouwen* Staking (3/3)
    http://www.radiopanik.org/emissions/les-promesses-de-l-aube/femmes-en-greve-vrouwen-staking-3-3-

    Une Grève des Femmes*/ Grève Féministe se prépare pour le 8 mars prochain, à l’initiative du Collecti.e.f 8 maars.

    Le Collecti.e.f 8 maars, indépendant des partis et syndicats, rassemble des femmes de tous horizons dans la volonté commune d’organiser une grève des femmes* en Belgique le 8 mars 2019, journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

    Depuis septembre 2018, des assemblées nationales réunissent tous les mois plus d’une centaine de femmes pour organiser cette journée d’action conçue comme une première étape pour obtenir des avancées concrètes.

    Toutes les femmes du pays sont invitées à – rendre visibles leurs réalités et les différentes oppressions qui s’y mêlent, leurs colères et leurs envies et en parler autour d’elles (télécharger matériel de mobilisation ici) – se rencontrer pour (...)

    #FMinistes #féministes #fministe #grève,femmes,FMinistes,féministes,fministe
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/les-promesses-de-l-aube/femmes-en-greve-vrouwen-staking-3-3-_06320__1.mp3


  • Piètres conditions de travail, rémunérations faibles... l’aide aux personnes âgées ne parvient plus à recruter, Francine Aizicovici
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/03/06/l-aide-aux-personnes-agees-en-souffrance_5432155_3234.html


    Une aide soignante et la résidente d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, à Paris, le 20 septembre 2017. Céline Gaille / HansLucas

    Embaucher un aide-soignant ou une auxiliaire de vie sociale est une gageure. Cette situation sociale tendue génère de la « souffrance au quotidien ».

    « Chez une personne âgée valide, le matin, je devais en une demi-heure l’aider à sa toilette, préparer son petit-déjeuner, mettre ses médicaments dans le pilulier, faire son lit et, si j’avais le temps, passer un coup de balai », raconte Annie (le prénom a été modifié), qui explique à quoi ressemblaient ses journées. Et si l’ex-auxiliaire de vie sociale pour une association des Vosges dépassait la demi-heure, elle n’était « pas payée plus, bien sûr. En revanche, la personne payait le dépassement à l’association » .

    L’aide aux personnes âgées et/ou dépendantes se concentre au moment du lever, des repas et du coucher de la personne. Il faut tout faire vite. Faute de personnel suffisant, les salariés s’épuisent. Annie a fini par quitter cet emploi où l’amplitude de sa journée s’étendait de 8 heures à 20 heures, coupée en quatre tranches de deux heures de travail. « Je faisais au moins 100 kilomètres par jour pour aller dans huit petits villages, se souvient-elle. C’était très fatigant. » Depuis le 1er janvier, elle travaille dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), au sein d’« une bonne équipe ».

    Le secteur des services aux personnes âgées manque cruellement de personnel, et offre de piètres conditions de travail et des rémunérations faibles. A la suite d’une #grève très suivie, le 30 janvier 2018, dans les #Ehpad, le gouvernement avait annoncé le déblocage progressif de 360 millions d’euros pour ces établissements, une enveloppe de 100 millions pour les services d’aide à domicile ainsi qu’une loi autonomie avant la fin de 2019. Mais ces mesures n’ont pas suffi à apaiser les tensions.

    « Pression budgétaire »

    La loi autonomie arrivera « bien trop tard », estime Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) : « Nous parlons de ces problèmes depuis au moins quinze ans. Nous attendons des mesures très urgentes et concrètes. » Le financement public de l’aide à l’autonomie des personnes âgées représentait, en 2016, 22,8 milliards d’euros. Il faudrait « 10 milliards d’euros supplémentaires », selon lui, pour faire face aux besoins. « La pénurie grandissante de personnel résulte d’une pression budgétaire due aux choix des conseils départementaux et aux lois de financement de la sécurité sociale qui, depuis trois décennies, visent à raréfier les ressources du secteur », accuse Evelyne Rescanieres, secrétaire générale de la fédération CFDT Santé-sociaux.

    Or, il faut préparer l’avenir car avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes en perte d’autonomie devrait passer de 1,255 million actuellement à 1,6 million en 2030 et 2,45 millions en 2060. Selon le site Emploipublic.fr, 300 000 emplois nouveaux seraient à pourvoir dans les onze ans qui viennent.

    Cela n’ira pas de soi. L’enquête de Pôle emploi sur les besoins en main-d’œuvre 2018 révèle, en effet, que les Ehpad s’attendaient à rencontrer des difficultés dans 47 % de leurs projets de recrutement. Cette proportion montait à 58 % pour les aides-soignants et à 83 % pour les médecins coordinateurs. Dans l’aide à domicile et l’aide ménagère, associations, entreprises, organismes publics et plates-formes numériques anticipaient 76,8 % de recrutements difficiles (contre 70 % en 2017 et 60,6 % en 2016) alors que pour l’ensemble des projets d’embauche, la moyenne était de 44,4 %.

    Peu de candidats recrutés

    Aides à domicile, aides ménagères et aides soignants figurent en outre dans le Top 10 des métiers les plus recherchés. Un sondage réalisé en 2018 par le principal réseau d’aide à domicile, l’UNA, auprès de 256 de ses structures, indique, selon l’agence AEF, que 47 % d’entre elles n’ont pu pourvoir leurs postes vacants.

    Pôle emploi incite pourtant les chômeurs à se tourner vers ces professions « en tension », qui ne demandent pas toutes des qualifications. Mais « l’aide à domicile est un métier difficile, compliqué, où un certain comportement est attendu de la part des intervenants », tels la disponibilité, le sens des responsabilités, etc., prévient Quentin Duvivier, responsable du développement des relations avec les entreprises à Pôle emploi. Or, « certains demandeurs d’emploi imaginent qu’il suffit de s’être occupé de sa grand-mère pour savoir s’occuper d’une autre personne âgée… »

    « Beaucoup de candidats sont reçus par nos associations mais peu sont recrutés, observe Hugues Vidor, directeur général d’Adessadomicile, qui réunit 350 structures employant 30 000 salariés. Nos postes à pourvoir sont en concurrence avec ceux de secteurs comme l’industrie où les salariés sont à temps plein et n’ont pas de déplacements à faire. » « C’est difficile de valoriser un travail fragmenté, mal rémunéré, où les conseils départementaux nous imposent des temps d’intervention de plus en plus courts , ajoute-t-il. Passer d’une heure à quinze minutes pour faire la même chose, cela veut dire aller directement aux gestes utiles sans accompagnement social de la personne. »

    « Du travail à la chaîne »

    Dans les Ehpad, « quand il n’y a qu’une infirmière pour 40 personnes, le minimum est fait, mais la qualité du #soin relationnel n’y est pas, regrette une ancienne infirmière. Ça fait perdre le sens de notre métier. On n’a plus le temps de faire de l’individualisation. Cela devient du travail à la chaîne ».
    Pour une grande partie des salariés, les rémunérations avoisinent le smic ou lui sont « inférieures à domicile, où les emplois sont à #temps_partiel », précise M. Champvert. Julien Jourdan, directeur général de la Fédération des services à la personne (Fédésap), qui représente des entreprises du secteur, estime que le système actuel des aides « ne permet pas de rémunérer [les salariés] à un juste niveau ».

    Selon les départements, les aides varient entre 17 et 25 euros de l’heure. Les niveaux les plus bas ne couvrent pas le coût de revient des services aux personnes âgées et les hausses des tarifs sont maigres. « Pour 2019, le ministère de l’économie a fixé cette augmentation à 1,42 % quand le smic a été réévalué de 1,5 %, déplore Olivier Péraldi, directeur général de la Fédération du service aux particuliers (FESP). Cela fait cinq ans que l’augmentation est inférieure à celle du smic. »
    « On ne peut pas dire, comme le fait le gouvernement et comme le désire une très grande partie des gens, que la priorité est le maintien à domicile des personnes âgées et ne pas mettre en face les financements qui vont avec », résume Aline Mougenot, secrétaire générale adjointe à la CFTC Santé-sociaux.

    « Souffrance au quotidien »

    En établissement, les conditions de travail sont parfois difficiles, y compris psychologiquement. « Dans mon Ehpad, qui accueille 200 résidents dépendants, dont 20 souffrent de la maladie d’Alzheimer, un poste d’#aide-soignante et un d’infirmière ont été supprimés en un an et demi, calcule Isabelle (prénom modifié), infirmière dans un établissement de l’Aude. Mais on n’a pas moins de résidents ! Nous gérons beaucoup de fins de vie, avec des soins palliatifs, sans avoir le temps nécessaire pour le relationnel. On va accorder peut-être cinq minutes à une personne qui sait qu’elle va mourir. C’est de la maltraitance ! » « Heureusement, la bonne cohésion de l’équipe nous sauve, ajoute-t-elle. Mais si les conditions ne changent pas, je partirai. Je n’ai pas envie d’être dégoûtée de mon métier. »

    Dans ce climat pas vraiment porteur, une délégation des dix syndicats du secteur et de représentants de l’AD-PA a tenté, jeudi 21 février, de se rendre à l’Elysée pour remettre à Emmanuel Macron 30 000 « cartes-pétitions » revendiquant en urgence l’augmentation des salaires et des effectifs. Face au refus de les recevoir, l’intersyndicale et l’AD-PA ont dénoncé un « mépris vis-à-vis des salariés » et promis de revenir.

    Cette situation sociale tendue, aggravée par la suppression des contrats aidés, génère de la « souffrance au quotidien » pour les personnes âgées et leur famille comme pour les salariés. Conséquence : une mauvaise image continue de coller aux services d’aide aux personnes âgées qui, par ricochet, voient leur pénurie de candidats à l’embauche s’aggraver. Et ce, alors que les premières générations de papy-boomers atteindront, en 2030, 85 ans, âge moyen d’entrée en Ehpad aujourd’hui.

    Le président du Haut conseil du financement de la protection sociale, Dominique Libault, doit remettre d’ici à la fin mars au premier ministre, Edouard Philippe, ses propositions sur l’amélioration de la prise en charge des personnes dépendantes, issues de la concertation conduite depuis le mois de septembre 2018. L’amélioration de leurs conditions d’accompagnement devrait en faire partie. En attendant, l’union Aide à domicile en milieu rural (ADMR, 2 700 associations locales d’aide à domicile employant 94 000 salariés), a lancé le 4 février sa première campagne de publicité radio-télé, sur le thème : « Les gestes qui vous aident sont les liens qui nous unissent. » Des liens, à l’évidence, de plus en plus fragiles.

    #femmes #travail #vieilles #vieux #horaires_en_coupures #care

    • Or, « certains demandeurs d’emploi imaginent qu’il suffit de s’être occupé de sa grand-mère pour savoir s’occuper d’une autre personne âgée… »

      D’un côté on affirme que ces boulots sont trop peu qualifiés pour être correctement rémunérés et de l’autre... c’est des boulots, les gens s’y investissent et y apportent leurs compétences.

      #service #servitude


  • #Pinar_Selek, #femme debout
    http://www.radiopanik.org/emissions/emissions-speciales/pinar-selek-femme-debout

    Pinar Selek est une sociologue, militante antimilitariste féministe et écrivaine turque, vivant en #exil en #france. Elle est également romancière et auteure de plusieurs ouvrage.

    Nous avons eu le plaisir de la rencontrer lors de son passage à Bruxelles. Durant l’entretien, elle évoque son parcours, les grèves des femmes en #italie, en #espagne ou en France, les mobilisations des femmes tunisiennes, mais aussi la nécessaire convergence des luttes et la possibilité d’un autre monde. C’est également un bel appel à la mobilisation féministe du 8 mars.

    #tunisie #grève #turquie #FMinistes #tunisie,grève,turquie,espagne,femme,france,exil,italie,FMinistes,Pinar_Selek
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/emissions-speciales/pinar-selek-femme-debout_06306__1.mp3


  • #Suisse, #grève_féministe 14.6.2019

    Parce que nous en avons assez des #inégalités_salariales et des #discriminations dans le monde du #travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le #travail_domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le #temps_de_travail.

    Parce que le #travail_éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la #liberté de nos #choix en matière de #sexualité et d’#identité_de_genre. Parce que notre #corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la #violence_sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp. Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le #droit_d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’#éducation_sexuelle qui parlent de notre corps, du #plaisir et de la #diversité_sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de #respect réciproque. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de « la femme ». Parce que nous sommes solidaires avec les #femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans #racisme, sans #sexisme, sans homophobie et sans #transphobie. Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le14 juin 2019 !


    https://frauenstreik2019.ch
    #respect #homophobie #patriarcat #résistance #stéréotypes #solidarité #féminisme #14_juin_2019


  • Appel à une grève internationale des femmes le 8 mars :
    "Grève du et des genres, grève du travail productif et reproductif, grève de la consommation : le mouvement féministe global a réussi à donner « un nouveau sens et une nouvelle force au mot grève », à une époque où – face à la précarisation et à la diffusion des formes de travail gratuit et informel – faire grève semble être devenu le privilège d’une minorité de travailleur-se-s."
    #NonUnaDiMeno #PasUneDeMoins
    #Acta ! https://acta.zone/pas-une-de-moins-le-8-mars-nous-faisons-greve

    • En vue de la grève féministe globale du 8 mars, nous avons traduit en français l’appel de l’assemblée italienne Non Una Di Meno, mouvement né pour combattre la violence faite aux femmes et la violence de genre. Cette dernière étant comprise comme structurelle et conséquence d’un système patriarcal, hétéro-normé et raciste. Non Una Di Meno appelle à interrompre le 8 mars toute activité de travail, formelle ou informelle, gratuite ou rétribuée. À interrompre en somme la reproduction d’une société fondée sur la domination et sur « le pacte patriarcal et raciste avec le néo-libéralisme ».

      Le 8 mars, sur chaque continent, au cri de « pas une de moins ! », sera jour de grève féministe. Nous interrompons toute activité de travail et de soin, formelle ou informelle, gratuite ou rétribuée. Nous portons la grève sur les lieux de travail et dans les maisons, dans les écoles et les universités, dans les hôpitaux et sur les places. Nous croisons les bras et refusons les rôles et les hiérarchies de genre. Nous stoppons la production et la reproduction de la société. Le 8 mars, nous faisons grève !

      En Italie une femme sur trois entre 16 et 70 ans a été victime de la violence d’un homme, presque 7 millions de femmes ont subi des violences physiques et sexuelles, chaque année environ 200 femmes sont tuées par leur mari, leur fiancé ou leur ex. 1 400 000 femmes ont subi des violences sexuelles avant 16 ans. Un million de femmes ont été victimes de viol ou de tentatives de viol. 420 000 femmes ont été victimes d’harcèlement sexuel et de chantage sur leur lieu de travail. Moins de la moitié des femmes adultes est employée sur le marché du travail officiel, la discrimination salariale va de 20% à 40% selon les professions, un tiers des travailleuses doit abandonner son travail à cause de la maternité.

      La grève est la réponse à toutes les formes de violence qui touchent systématiquement nos vies, en famille, sur les lieux de travail, dans la rue, dans les hôpitaux, dans les écoles, à l’intérieur et à l’extérieur des frontières.

      Féminicides. Viols. Insultes et harcèlements dans la rue et sur les lieux de travail. Violence domestique. Discrimination et violence sur les femmes handicapées. Le permis de séjour subordonné au mariage. Obstacles infinis pour accéder à l’avortement. Pratiques médicales et psychiatriques violentes sur nos corps et sur nos vies. Précarité qui devient double charge de travail et salaires diminués. Un welfare désormais inexistant qui se décharge sur le travail de soin gratuit et surexploité dans un contexte d’appauvrissement général. Contre cette violence structurelle, qui nie notre liberté, nous faisons grève !

      Nous faisons grève dans le monde entier contre l’essor des droites réactionnaires qui nouent un pacte patriarcal et raciste avec le néo-libéralisme. Nous appelons quiconque refuse cette alliance à faire grève avec nous le 8 mars. Du Brésil à la Hongrie, de l’Italie à la Pologne, les politiques contre les femmes, les lesbiennes, les trans, la défense de la famille et de l’ordre patriarcal, les attaques contre la liberté d’avorter vont de pair avec la guerre ouverte contre les personnes migrantes et les roms. Patriarcat et racisme sont les armes d’une exploitation sans précédent. Pères et patrons, gouvernements et églises veulent tous nous « remettre à notre place ». Mais nous, à « notre » place, nous ne voulons pas y rester et pour cela nous faisons grève le 8 mars !

      Nous faisons grève parce que nous refusons le projet de loi Pillon sur la garde et le divorce, qui attaque les femmes en instrumentalisant les enfants. Nous combattons la loi Salvini, qui empêche la liberté et l’autodétermination des migrant-e-s, alors qu’elle légitime la violence raciste. Nous ne supportons pas les attaques contre « l’idéologie du genre », qui dans les écoles et les universités veulent imposer l’idéologie patriarcale. Nous dénonçons le prétendu « revenu de citoyenneté » sur base familiale, qui nous contraindra à rester pauvres et à travailler à n’importe quelles conditions, sous le contrôle oppressif de l’État. Nous refusons la prétendue flexibilité du congé maternité qui continue à reporter le soin des enfants uniquement sur les mères. Nous avons envahi les places de chaque continent pour réclamer la liberté de décider de nos vies et de nos corps, la liberté de se déplacer, d’autogérer nos rapports en dehors de la famille traditionnelle, pour nous libérer du chantage à la précarité.

      Nous revendiquons un revenu d’autodétermination, un salaire minimum européen et un welfare universel. Nous voulons un avortement libre, assuré et gratuit. Nous voulons autonomie et liberté de choix sur nos vies, nous voulons redistribuer la charge du travail de soin. Nous voulons être libres d’aller où nous voulons sans avoir peur, de nous soulever contre la violence raciste et institutionnelle. Nous voulons un permis de séjour européen sans conditions. Ces mots d’ordre rassemblent la force d’un moment global. Le 8 mars nous faisons grève !

      Le mouvement féministe global a donné un nouveau sens et une nouvelle force au mot grève, vidé par des années de politiques syndicales co-gestionnaires. Nous devons lutter car n’importe qui peut faire grève indépendamment du type de contrat, malgré le chantage des infinis renouvellements et l’invisibilité du travail au noir. Nous devons nous soutenir mutuellement et nouer des relations de solidarité pour réaliser la grève du travail de soin, qui est encore si difficile à faire reconnaître en tant que travail. Nous invitons donc tous les syndicats à proclamer la grève générale pour le 8 mars prochain et à soutenir concrètement les déléguées et les travailleuses qui veulent la pratiquer, en convoquant des assemblées syndicales pour l’organiser et en favorisant les rencontres entre travailleuses et noyaux territoriaux de Non Una Di Meno, dans le respect de l’autonomie du mouvement féministe. La grève est une occasion unique pour affirmer notre force et faire entendre notre voix.

      Avec la grève du et des genres nous pratiquons la libération de toutes les subjectivités et nous affirmons le droit à l’autodétermination sur nos propres corps contre les violences, les pathologisations et les psychiatrisations imposées aux personnes trans et intersex. Contre le validisme qui discrimine les personnes handicapées nous revendiquons l’autodétermination et les désirs de tous les sujets.

      Avec la grève de la consommation nous réaffirmons notre volonté d’imposer un changement de système qui dessine une autre manière de vivre sur la terre alternative à la guerre, aux colonisations, à l’exploitation de la terre, des territoires, des corps humains et animaux.

      Avec la grève du travail productif et reproductif nous bloquerons chaque secteur dans lequel se reproduit la violence économique, psychologique et physique sur les femmes.

      « Pas une de moins » est le cri qui exprime cette force et cette voix. Contre la violence patriarcale et raciste de la société néolibérale, la grève féministe est la réponse. Nous faisons grève pour inventer un temps nouveau.

      Si nos vies ne valent pas, nous faisons grève !

      #femmes #grève_féministe #8mars


  • #femmes* en #grève/ Vrouwen* Staking (2/3)
    http://www.radiopanik.org/emissions/les-promesses-de-l-aube/-femmes-en-greve-vrouwen-staking-2-3-

    Une Grève des Femmes*/ Grève Féministe se prépare pour le 8 mars prochain, à l’initiative du Collecti.e.f 8 maars.

    Le Collecti.e.f 8 maars, indépendant des partis et syndicats, rassemble des femmes de tous horizons dans la volonté commune d’organiser une grève des femmes* en Belgique le 8 mars 2019, journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

    Depuis septembre 2018, des assemblées nationales réunissent tous les mois plus d’une centaine de femmes pour organiser cette journée d’action conçue comme une première étape pour obtenir des avancées concrètes.

    Toutes les femmes du pays sont invitées à – rendre visibles leurs réalités et les différentes oppressions qui s’y mêlent, leurs colères et leurs envies et en parler autour d’elles (télécharger matériel de #mobilisation ici) – se rencontrer pour (...)

    #féminisme #avortement #campagne #Espagne #FMinistes #international #FMinistesnistes #Iran #Argentine #grève,féminisme,avortement,campagne,femmes,mobilisation,Espagne,FMinistes,international,FMinistesnistes,Iran,Argentine
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/les-promesses-de-l-aube/-femmes-en-greve-vrouwen-staking-2-3-_06268__1.mp3


  • #Grève_du_climat en #Suisse romande : « Les petits pas ne suffisent plus. Il faut un changement de système »

    Samedi 2 février 2019 des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue dans de nombreuses villes de Suisse pour revendiquer des mesures concrètes dans le but de répondre à la crise climatique. Cette journée de mobilisation faisait suite à la grève du climat du 18 janvier 2019 lancée par le collectif national « Grève du climat/Klimastreik ». Démarré en Suisse alémanique, ce mouvement pour la justice climatique s’est propagé dans d’autres villes, notamment en Suisse romande et au Tessin. Une nouvelle grève nationale est prévue le vendredi 15 mars 2019 dans le cadre d’une grève mondiale pour le climat.

    Ces mobilisations nationales s’inscrivent dans plusieurs initiatives à l’échelle mondiale, à commencer par les journées de grève climatique lancées par la jeune collégienne Suédoise, Greta Thunberg, depuis le 20 août 2018 se traduisant par une présence régulière devant le parlement de Suède pour réclamer des mesures urgentes en faveur du climat. Mais aussi par les journées de grève collectives, les jeudis ou vendredi, entamées depuis septembre 2018 par les élèves et étudiant-e-s en Australie.

    Ces mobilisations doivent nous interroger sur le potentiel d’une génération en mouvement. Comme ce fut le cas en 2003, avec les mobilisations massives de la jeunesse contre la guerre en Irak, en Suisse comme ailleurs, la jeunesse est sensible à une « question de société ». Cette fois-ci, la question de la crise écologique remet en cause les fondements même de notre existence. Les moyens d’actions utilisés, notamment l’outil de la « grève » qui implique le refus de se rendre aux cours, sont un indice de politisation du mouvement.

    Les positions sur l’écologie sont multiples, ce qui exprime l’hétérogénéité du mouvement. D’une part, les appels à la responsabilité individuelle et aux changements des comportements (alimentation, moyens de transport et consommation de masse) sont présents. De l’autre, la compréhension du fait que la résolution de la crise climatique passe par un changement de système se répand au sein du mouvement. Les mobilisations en cours, les débats et les actions futures permettront peut-être de saisir l’indissociabilité de la crise écologique et sociale qui secoue nos sociétés depuis des années. C’est dans la mobilisation que les jeunes et les autres générations qui les ont rejoints pourront développer leurs réflexions et revendications à ce sujet.

    Pour l’instant, une chose est claire. Il existe un décalage flagrant entre l’immobilité des autorités et les exigences des personnes mobilisées. En même temps qu’un mouvement pour la justice climatique se construit à l’échelle nationale, la Commission environnementale du Conseil des États entre en matière sur un projet de loi visant à diminuer de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport à 1990, dans le but de se conformer à l’Accord de Paris sur le climat. Ce projet fait suite au rejet de la révision de la loi sur le CO2 au Conseil national en décembre 2018. C’est le sommet de la « radicalité » des autorités suisses en matière d’environnement… pour le grand plaisir des grandes sociétés et holdings actives dans ce pays. Et il est jugé largement insuffisant par les manifestant.e.s.

    Dans le but de comprendre ce mouvement, nous sommes allés à la rencontre de deux élèves du gymnase la Cité de Lausanne qui sont parmi les organisateurs et organisatrices de la grève dans le Canton de Vaud. Leur contribution est importante et représente une voix directe de la jeunesse mobilisée qu’il faut écouter et soutenir (A.M. / CLB-Genève).


    https://cerclelabreche.wordpress.com/2019/02/12/greve-du-climat-en-suisse-romande-les-petits-pas-ne-suffis
    #résistance #climat #changement_climatique


  • #Suisse : L’annulation des examens en question pour la grève des femmes du 14 juin Pauline Rappaz/oang - 18 Février 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/regions/10221132-l-annulation-des-examens-en-question-pour-la-greve-des-femmes-du-14-jui

    Les femmes sont appelées à une grève le 14 juin, pour lutter contre les discriminations sexistes. La question d’une annulation des épreuves ce jour-là se pose, en pleine période d’examens.
    Il s’agirait de permettre aux étudiants et enseignants qui le souhaitent de pouvoir participer à la mobilisation, mais les cantons romands sont divisés sur la question.

    Les cantons de Vaud et du Jura appellent ainsi les écoles à renoncer aux examens du 14 juin, pour que les étudiants et les gymnasiens puissent faire grève et soutenir les femmes.

    Aucune exception possible en Valais
    A Genève, la cheffe du Département de l’instruction publique, Anne Emery-Torracinta, indique à la RTS que « l’organisation de la fin de l’année n’est pas encore finalisée, mais il a été demandé aux établissements de ne pas prévoir d’examens le 14 juin, quitte à prolonger la session d’un jour ou en prévoir deux la même journée ». A Fribourg, le Conseil d’Etat doit répondre d’ici à fin avril à une question posée le 10 février par deux députés.

    Dans le canton du Valais, les examens seront maintenus « sans exception possible », a précisé le chef de l’Education Christophe Darbellay à la RTS.

    A Neuchâtel, en revanche, la conseillère d’Etat Monika-Maire Hefti en a fait une affaire personnelle. Elle a décidé « de permettre à toutes les filles et tous les garçons qui sont aux études et à leurs enseignants de pouvoir participer à cette grève qui marque une avancée, comme nous l’avons déjà fait en matière d’égalité, mais aussi tout le chemin qu’il y a encore à parcourir. »

    Les hautes écoles aussi divisées
    A l’échelon des écoles, l’Université de Genève a dû répondre à une demande des syndicats et des associations d’étudiants. Mais le recteur Yves Flückiger l’a rejetée.

    « Malheureusement cette date est un peu particulière, c’est vraiment les dates d’examens, et modifier une date dans cette période-là était extrêmement lourd », explique-t-il, faisant remarquer que cela entraînerait des conséquences importantes notamment pour les étudiants étrangers qui rentrent dans leur pays. « C’était difficile de faire supporter ces conséquences à l’ensemble de la communauté. »

    Le discours est diamétralement opposé à la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale. « C’est urgent et nécessaire de s’engager pour que toute la diversité soit représentée dans la société », souligne sa rectrice Luciana Vaccaro. « Il n’y a pas seulement une question de droit naturel, comme le droit des femmes, mais aussi une question de répercussions sociétales dans le domaine de la connaissance. »

    La rectrice veut donc faire en sorte que les examens soient annulés le 14 juin. Une discussion est prévue au sein du comité directeur de la HES-SO pour permettre aux étudiants de participer activement à la grève des femmes.

    #discriminations #sexisme #femmes #enseignement #examens #14Juin #grève


  • « Gilets jaunes » : à La Réunion, le mouvement a été « pire qu’un cyclone » Le Figaro avec AFP - 12 Février 2019 - Le figaro

    Particulièrement virulent en fin d’année à La Réunion, le mouvement des « gilets jaunes » a paralysé l’île pendant près de trois semaines : l’impact des blocages et des violences urbaines a été « pire que celui d’un cyclone », estiment les acteurs économiques.

    Au plus fort du mouvement pour protester contre les hausses de prix des carburants, la vie chère et les inégalités, plus d’une vingtaine de barrages routiers bloquaient l’île et un couvre-feu avait été instauré, dans un territoire où 42% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

    « Nous devons encore attendre un peu pour avoir plus de visibilité », note Bernard Picardo, président de la Chambre des métiers et de l’artisanat. Mais il estime déjà à 40 millions d’euros les pertes enregistrées par les entreprises artisanales.

    Le seul port marchand ayant été bloqué pendant plusieurs jours, « de nombreux artisans se sont retrouvés sans matière première » et à « cause des barrages de routes, les salariés et les patrons n’ont pas pu aller travailler, des Salons ont été annulés », ajoute-t-il. Pour lui, le mouvement a été « pire qu’un cyclone. On remet vite les choses en place après un cyclone. Ce mouvement social s’est déroulé sur plus de deux semaines, avec des conséquences beaucoup plus dramatiques », lâche-t-il.

    Ibrahim Patel, président de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion, estime que « sur la totalité des 36.000 entreprises de l’île, il y a eu entre 600 et 700 millions euros de pertes ». Rien que les pertes de stocks, les dégâts matériels dus aux violences urbaines, les loyers impayés sont estimés à plus de 30 millions d’euros. Selon Ibrahim Patel, « les salariés touchés (chômage partiel, activité réduite... ndlr) sont au nombre de 20.900, répartis dans les 3492 entreprises qui ont déclaré des pertes ». « Le commerce a été le secteur le plus touché. Les petites comme les grandes surfaces étaient fermées », rappelle-t-il.

    #La_Réunion #Grève #Grève_générale #Blocage #GiletsJaunes

    • france TV Info
      https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion-mouvement-gilets-jaunes-ete-pire-qu-cyclone-economie-679

      Croisières déroutées
      La même morosité est affichée par le secteur du tourisme. Restaurateurs, entreprises de loisirs, loueurs de voitures ou hôteliers, aucun n’a été épargné. « Le plus dur a été pour le secteur sport et nature. Il y a eu zéro réservation pendant les semaines de blocage », souffle le président de l’Ile de La Réunion Tourisme, Stéphane Fouassin.

      « Onze paquebots de croisière transportant 13.000 touristes ont été déroutés », énumère-t-il. Il se souvient de « ces images de touristes, bloqués à l’aéroport ou à pied, tirant désespérément leurs valises vers Saint-Denis » à cause des blocages des routes. « Et nous ne mesurons pas encore l’impact sur les réseaux sociaux et auprès de leurs amis, de leurs proches », commente-t-il.
       
      Aides pour l’agriculture
      « Les agriculteurs n’ont pas pu couper leurs cannes à sucre, les maraîchers n’ont pas pu accéder à leurs champs, les fruits et les légumes pourrissaient. Les éleveurs ont dû réduire la voilure et ne pouvaient pas nourrir les bêtes, les marchés forains ont été annulés, des milliers de litres de lait ont été jetés », égrène Jean-Bernard Gonthier, président sortant de la Chambre d’agriculture et récemment battu aux élections professionnelles.

      « Nous parlons de 8 à 10 millions euros de perte » affirme-t-il. Pour pallier les conséquences de cette crise des dispositifs d’aide ont été mis en place.
       
      20 millions d’euros à venir
      L’Etat a annoncé une série de mesures d’accompagnement, notamment un échéancier dont toutes les entreprises peuvent bénéficier pour le paiement des cotisations fiscales et sociales. La Région a débloqué une enveloppe de six millions d’euros en faveur des très petites entreprises. « Une deuxième enveloppe de 20 millions d’euros suivra. L’aide sera plafonnée à 5.000 euros par entreprise », annonce Ibrahim Patel.

      « L’heure est à la reconstruction » martèle le président de la chambre de commerce. « Mais rien ou presque n’étant réglé, tant en termes de pouvoir d’achat que de luttes contre les injustices. Il faut s’attendre à un autre cyclone, c’est ça qui fait peur », s’inquiète un chef d’entreprise.

      #Croisières #tourisme


  • Eighty-two years since the victory of the Flint sit-down strike - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2019/02/11/flin-f11.html

    With General Motors threatening to shut down five factories in the United States and Canada over the next few months, it is valuable to study the heroic struggle by GM workers during the 1936-37 sit-down strike in Flint, Michigan. Monday, February 11, marks the 82 nd anniversary of the victory of the strike, which was a major turning point in the long fight for the industrial organization of workers in the US.

    Below we repost the two-part article, which originally appeared on the WSWS in February 2017, marking the 80th anniversary of the end of the strike.

    February 11 marked the 80th anniversary of the victory of the Flint sit-down strike. The 44-day battle by autoworkers lasted from December 29, 1936, to February 11, 1937. It forced General Motors, then the largest industrial enterprise on the planet, to recognize the recently founded United Auto Workers union.

    #états-unis #flint #grève #mouvement_social


  • Récits croisés de la #manif du 5 février à #Nantes. T’as cru que c’était la #grève générale mais c’était la casse des luttes !
    https://nantes.indymedia.org/articles/44472

    A #nantes comme partout en france, on s’y était préparé-e-s, le 5 févier, c’était le tournant de la révolte Jaune grace à la jonction avec l’appel inter-syndical à une grève générale : magie de la convergeance des luttes ! Oui... mais non ! C’était sans compter (à moins de les avoir déjà pratiqués) avec les chefs syndicaux, bien plus empressés à conclure un accord avec la préfecture et rentrer vite au chaud plutôt que s’accorder avec des révolté-e-s, hou la la vous n’y pensez pas ! Et puis des bestioles incontrolables noires et jaunes, ça fait peur et ça pique ! Voici donc une série de récits croisés, à coup de pixels, de réseaux sociaux (hélas), pas mal désabusés pour celleux qui veulent aller plus loin, pas mal exagérément exhaltés pour les autres qui se sont arrêtés sur la route difficile du (...)

    #manifestation #gilets_jaunes #giletsjaunes #intersyndicale #grevegenerale #greve_generale #luttes_salariales #Nantes #manif,nantes,manifestation,grève,gilets_jaunes,giletsjaunes,intersyndicale,grevegenerale,greve_generale,luttes_salariales



  • Sierra Leone : heurts mortels autour des plantations Socfin
    http://www.lequotidien.lu/a-la-une/sierra-leone-deux-morts-et-des-milliers-de-deplaces-autour-des-plantatio

    Deux morts, des villageois battus par les forces de l’ordre et des milliers d’autres fuyant leurs domiciles dans le chefferie de Sahn Malen, dans le sud-est de la #Sierra_Leone : ces événements d’une extrême gravité se sont déroulés le lundi 21 janvier dans les villages riverains d’une plantation de #palmiers_à_huile exploitée par SAC, une filiale de la multinationale luxembourgeoise Socfin dont les deux principaux actionnaires sont l’homme d’affaires belge Hubert #Fabri (50,2% du capital) et le groupe français Bolloré (38,7%), contrôlé par le milliardaire Vincent #Bolloré. Outre l’huile de palme, un marché en pleine expansion, Socfin est également spécialisée dans la culture de l’#hévéa dont est extrait le caoutchouc naturel.

    Selon une vingtaine d’organisations de la société civile, la répression à Sahn Malen est intervenue après le déclenchement d’une grève pour protester contre les mauvaises #conditions_de_travail et les faibles rémunérations des employés de SAC. Ce mouvement s’inscrit dans un conflit plus large sur l’occupation des terres, soit plus de 18 000 hectares, dont Maloa, une association de défense des riverains, juge qu’elles ont été accaparées par la multinationale. « Avant, nous avions de quoi cultiver et nous pouvions nourrir nos familles, ça allait plutôt bien. Maintenant, nos villages sont dans la #plantation, Socfin a pris nos terres, nous ne pouvons plus cultiver, nous n’avons plus de nourriture. Nous dépendons entièrement de Socfin pour le travail », témoignait en octobre dernier une représentante des riverains, invitée au Luxembourg par un collectif d’ONG (lire ci-dessous). L’élection du président Julius Maada Bio, en mars 2018, leur avait pourtant fait espérer une résolution du conflit foncier.

    #terres #alimentation #meurtres


  • Les travailleurs de #Matamoros au #Mexique menacés par des fermetures d’usine en masse [du fait de la #grève desdits travailleurs]- World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/fr/articles/2019/02/01/mexc-f01.html

    Menaces qui auraient peu de chances d’être mises à exécution, tellement le #salaire de base à l’origine des #grèves était misérable,
    https://apnews.com/01e56287cf2b4e3d981544cddf62bad8

    Still, most of the Matamoros companies have quietly agreed to the workers’ demands, and they would be hard-pressed to find any place near the U.S. market where they could pay less than $1 an hour.

    Other Mexican border cities with assembly plants, like Tijuana and Ciudad Juarez, “don’t have this point” in their contracts, Quintero noted. “But what is going to happen is that workers are going to demand their raises to 176 pesos,” the new minimum, and probably across the board, he said.

    Lopez Obrador has come under pressure from the business sector to rein in wage demands, but he is unlikely to do so.


  • Niort : les salariés de la Macif en grève pour protester contre les 62,5% d’augmentation de salaire du président Christine Hinckel - 28 Janvier 2019 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/niort/niort-salaries-macif-greve-protester-contre-625-augment

    A Niort, environ 700 salariés de la Macif sont en grève pour exprimer leur mécontentement après l’annonce de la très importante augmentation de salaire accordée au président de la mutuelle.

    La CGT et la CFE-CGC ont appelé les salariés de la mutuelle niortaise à faire grève ce lundi 29 janvier et à manifester leur opposition face à l’augmentation de salaire accordée à leur président. 


    Les salariés de la Macif en grève ce lundi matin. / © Jérôme Vilain / France 3

    La semaine dernière, le Canard Enchaîné a révélé que le salaire d’Alain Montarant a fait un bond de 62,5% en décembre dernier. Le président de la Macif toucherait désormais une rémunération de 260 000 euros annuels contre 160 000 auparavant. Cette augmentation lui a été accordée lors du conseil d’administration du 18 décembre qu’il présidait lui-même. 

    Cette annonce a fait l’effet d’une traînée de poudre parmi les employés qui voient leurs salaires stagner pour l’an prochain. Lors des négociations annuelles obligatoires qui se déroulent actuellement, la direction propose une augmentation de 0% pour les salariés. De plus, un nouvel accord d’entreprise vient d’être signé actant une baisse des salaires à l’embauche et une augmentation du temps de travail de 31,30 heures hebdomadaires à 35 heures, seulement partiellement compensée.

    Les salariés étaient très nombreux ce matin à se mobiliser pour protester contre ce qu’ils estiment être une injustice. En fin de matinée, une délagation de grévistes est reçue par la direction du groupe.

    #macif #assurance #bourgeoisie #premiers_de_cordée #ruissellement #enrichissement #richesse #pillage #vol #Grève


    • Gilets jaunes : à Commercy, « l’AG des AG » remporte un succès d’affluence, Lucie Delaporte
      https://www.mediapart.fr/journal/france/270119/gilets-jaunes-commercy-l-ag-des-ag-remporte-un-succes-daffluence?onglet=fu

      Dans la commune de la Meuse, 75 délégations de gilets jaunes se sont retrouvées ce week-end pour débattre des suites à donner au mouvement. Au menu, échanges d’expérience et débats animés sur une possible structuration du mouvement.

      « Commercy, capitale des gilets jaunes ! » La formule, lancée par un participant dans la liesse qui caractérise depuis le début de la journée les quelque 300 représentants qui ont répondu à l’appel de cette petite ville de la Meuse, enthousiasme un moment. Venues de toute la France, près de 75 délégations ont envoyé à Commercy des représentants pour participer à l’#assemblée générale des assemblées générales des gilets jaunes, créées un peu partout sur le territoire ces dernières semaines (lire notre reportage sur l’expérience menée à Commercy depuis le début du mouvement).

      « On est dans une volonté de mise en commun des idées », précise Steven, un représentant du groupe de Commercy, avant de s’exclamer : « C’est extraordinaire ce qui se passe ici ! » Le succès dépasse manifestement les organisateurs : « On ne s’attendait pas du tout à ça, on est ravis », assure Claude, qui a largement contribué à l’organisation de ce week-end, mais qui tient d’emblée à préciser que l’AG de Commercy « ne va pas prétendre représenter tous les gilets jaunes de France. On va être humbles. Il s’agit de s’engager dans un processus démocratique par le bas ».

      La question, lancinante, de la légitimité de cette assemblée, de ceux qui s’expriment, traversera d’ailleurs tous les débats de ce mouvement si attaché à son horizontalité.

      À partir de neuf heures du matin, commencent à se rassembler dans la salle des fêtes de petits groupes venus de tout l’Hexagone et parfois même d’un peu plus loin. Un journaliste grec, qui échange avec un couple de Suisses, a fait le déplacement parce que « le monde entier regarde ce mouvement ».

      Rico et Chantal arrivent de l’Ariège, du Mas-d’Azil. Ils ont été mandatés par leur AG pour venir les représenter à Commercy. « On a été tirés au sort », précise Chantal, sémillante septuagénaire, qui depuis des semaines multiplie les actions dans son coin de l’Ariège certes reculé, mais « où existe un tissu associatif très vivant ». « Faut la voir bloquer des camions à quatre heures du matin ! », affirme Rico, la quarantaine, admiratif.

      « Macron peut lâcher sur les 80 km, on n’en a rien à faire. Son grand débat, c’est de l’enfumage ! Ce qu’on veut, c’est la #justice_sociale. On en a marre de bosser comme des cons pour rien avoir à la fin », résume Chantal, au diapason d’une assemblée remontée à bloc et persuadée que le mouvement des gilets jaunes, loin de s’essouffler, ne fait que commencer.

      La plupart des participants disent être venus à Commercy pour échanger leurs expériences, prendre des contacts, mais aussi se redonner de la force. « C’est important de discuter, de créer des liens. Et puis il faut qu’on s’organise face à la #répression », estime Stéphane, qui vit à Saillans dans la Drôme. « Moi je viens prendre un max de contacts pour échanger, parce qu’avec une grosse manif par semaine on a un peu la tête dans le guidon et on a du mal à prendre du recul », affirme Christophe, qui arrive de Montpellier.

      Adel, qui vient lui de Rungis, attend de voir « quelles suites va prendre le mouvement ». « En Île-de-France, on est un peu en retard, mais par contre ça continue à grandir », assure-t-il.

      La nécessité de mieux se coordonner, de mieux s’organiser est largement partagée. Tout comme l’inquiétude liée à la structuration d’un mouvement spontané et initié par la base. Dans la salle, si chacun met de côté son parcours politique, le refus de toute organisation bureaucratique du mouvement fait l’unanimité.

      Dans cette assemblée nettement marquée à gauche, et bien que chacun tienne à mettre de côté son éventuel parcours militant, on sent les militants échaudés par leurs expériences d’organisation pyramidale.

      Pour Younès, qui a été mandaté par son AG de Grenoble, c’est la grande force des gilets jaunes, qui rassemblent « des gens sans arrière-pensée politique, qui essaient de s’organiser en sachant que le pouvoir ne doit pas être accaparé par quelques-uns. Ils sont très vigilants sur cette question, ils ne veulent surtout pas d’un #leader qui a la science infuse ».

      Ici, la question d’une liste gilets jaunes aux européennes ne fait même pas débat. « On dénonce un système politique, c’est pas pour rentrer dedans ! », résume Anne, qui arrive de Nancy et pense comme la majorité des participants interrogés que cette initiative ne vise qu’à affaiblir le mouvement, autant que le « grand débat » organisé par Macron, unanimement rejeté.

      Vers 13 heures, la longue présentation des différentes délégations débute avec cette consigne, rappelée par Claude : « Ne pas être trop long, ne pas jouer les grandes gueules. »

      De Dijon à Poitiers en passant par Lorient ou Nice, avec une forte présence de groupes franciliens, les différents représentants détaillent la situation de leur côté. Et témoignent de la grande diversité du mouvement. Un représentant de l’AG de Saint-Nazaire raconte que les gilets jaunes occupent là-bas un bâtiment vide, rebaptisé « maison du peuple ». « On fait une assemblée générale par jour », explique-t-il, précisant que les gilets jaunes sont aussi très mobilisés « sur le ralentissement de l’activité portuaire » (lire notre reportage sur place, et le blog de ce groupe, hébergé sur Mediapart).

      Venu du Vigan, petit village du Gard, Kevin affirme que le mouvement y reste fort : « Pour un village de 3 000 habitants, on a entre 60 et 80 personnes à chaque assemblée. » Des « commissions thématiques » y ont été mises en place « sur la question de l’autonomie alimentaire de la vallée, par exemple », précise-t-il.

      « Le problème, c’est la coordination de toutes les actions »

      Patrick, de Paris, rappelle que la question qui revient le plus dans les allées du marché de la place de La Réunion, dans le XXe, est celle du #logement, des #loyers trop chers, quand Louise explique qu’elle s’exprime ici au nom du groupe des #femmes gilets jaunes en Île-de-France, un groupe créé « pour porter les revendications spécifiques des femmes isolées dans les gilets jaunes. Parce que plus prolo que le prolo, il y a la femme du prolo », lance-t-elle.

      À Horbourg-Wihr, petite commune d’Alsace, le mandaté décrit, de son côté, la présence bienvenue des motards dans le mouvement : « Je peux vous dire que lorsqu’ils sont là, c’est assez impressionnant », se réjouit-il.

      Un représentant de Dijon explique, lui, que si dans sa ville la mobilisation reste importante, « le problème, c’est la coordination de toutes les actions. Il y a beaucoup de groupes qui agissent chacun de leur côté », déplore-t-il. « J’ai vu qu’il y avait par exemple beaucoup de gens qui faisaient des tracts super. Ce serait bien si on pouvait les partager pour ne pas réinventer l’eau chaude chacun de notre côté », lance un représentant de Besançon.

      Beaucoup disent ce jour-là leur préoccupation d’élargir le mouvement, notamment en s’arrimant aux combats des salariés dans les entreprises. « Au départ, on s’est retrouvés par l’association des VTC, raconte Adel, mandaté par l’AG de Rungis. Une petite famille s’est créée. Aujourd’hui, on soutient les salariés de Geodis et on soutient naturellement tous les #salariés_en_lutte. »

      Faut-il appeler à la #grève générale le 5 février, comme y appellent notamment la CGT et La France insoumise ? La question est âprement débattue, tout comme celle de la place à donner aux #syndicats dans le mouvement. Certains refusent, par principe, de s’associer à un mot d’ordre syndical alors que les syndicats sont restés largement en dehors du mouvement.

      Quelles #revendications mettre en avant ? Le débat s’anime entre ceux qui estiment qu’il est trop tôt pour arrêter un socle détaillé et ceux qui jugent important d’acter les grandes tendances autour de la justice fiscale et sociale ou les exigences démocratiques.

      « Il faut mettre en avant des revendications unificatrices », avance un participant, quand un autre propose de « se mettre d’accord sur les grands points pour nous permettre de massifier le mouvement ». « Ou alors on se met d’accord sur ce qu’on ne veut plus, parce qu’être trop précis dans les revendications, cela peut diviser », suggère un autre.

      La discussion, alors que la soirée avance et que la nuit est tombée depuis longtemps, finit par patiner un peu. « J’ai l’impression qu’on est à Nuit debout, là », s’agace à nos côtés un jeune homme barbu.

      Quelqu’un s’inquiète : « On ne va pas ressortir de ce week-end sans un écrit, quand même ! » « Les gens ne sont pas venus ici pour du beurre, nous confie Patrick, de Paris. En tout cas, cela présage un débat extrêmement compliqué sur la structuration du mouvement ! », pronostique-t-il.

      L’idée de rédiger un texte commun le lendemain matin est finalement actée.

      En fin de soirée, sur la position à tenir face à l’#extrême_droite, la discussion s’affole et la sérénité joyeuse qui a marqué l’essentiel de la journée disparaît quelques minutes. Alors qu’au cours de la journée, de nombreux participants ont demandé qu’une position claire soit prise contre toute forme de #xénophobie, #sexisme ou #homophobie, les avis divergent sur la manière de se démarquer de l’extrême droite.

      « On nous a assez traités de fachos. Il faut dire que ces gens-là n’ont rien à voir avec nous », estime une participante, qui propose que l’AG condamne explicitement les violences commises le jour même par des groupuscules d’extrême droite.

      « On est censés être apartisans », souligne un jeune homme, qui se dit gêné par l’idée de cibler, plus ou moins explicitement, le Rassemblement national. « C’est pas un parti politique, l’extrême droite ! », lui rétorque celle qui a fait la proposition. « Ben si ! », se voit-elle répondre.

      Alors que la fatigue se fait sentir, Claude qui joue ce soir-là les monsieur Loyal reprend le micro pour aborder le dernier point à l’ordre du jour : « Comment on s’organise pour rester le plus démocratique possible ? »
      Faut-il demander que tous les #mandats des représentants soient impératifs ? Sans pouvoir décisionnel ? Plusieurs interventions défendent l’idée de ne surtout pas imposer un carcan national aux #assemblées_locales. « Les assemblées locales doivent être souveraines », juge une participante.

      Une chose est sûre : « La #démocratie, c’est super difficile, on le constate encore aujourd’hui », conclut Claude du haut de sa longue expérience militante.


  • Des ordonnances Macron aux « Gilets Jaunes » - Stéphane Sirot - Restriction ou extension du domaine de la lutte syndicale ?

    A l’automne 2017, les ordonnances Macron ont rétréci drastiquement le périmètre d’intervention du syndicalisme dans les entreprises.

    Un an plus tard et dans un tout autre registre, le mouvement social dit des « Gilets jaunes » s’est formé et développé en-dehors des organisations de travailleurs, alors même qu’un grand nombre de leurs revendications et une large part des citoyens en mouvement s’inscrivent dans le cœur de cible du syndicalisme de rapport de force.

    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/STGJ190119.mp3

    Ce mouvement est unique et spécifique. Mais on pourrait faire un rapprochement avec la période de 1788-1789, qui précède la convocation des Etats Généraux par Louis XVI. On a vu l’émergence de cahiers de doléances qui mettent sur le papier les revendications des gilets jaunes, une absence de leader et une incapacité du pouvoir à répondre à ce mouvement. A l’inverse, la comparaison avec le poujadisme et les jacqueries me semble erronée : ce n’est pas une révolte contre l’impôt mais contre l’injustice qui est ressentie dans la répartition du produit des richesses.

    On a tendance à l’oublier, mais les violences ont presque toujours accompagné les conflits sociaux. Avant la Première guerre mondiale, le maintien de l’ordre était dévolu à l’armée. Il y avait des morts presque chaque année dans les mouvements sociaux. Il y a eu une tendance à la pacification des mouvements sociaux dans les années 80 et 90, avec des manifestations encadrées et pacifiques. 

    Mais depuis le début des années 2000 (émeutes des banlieues et CPE) on a une résurgence des violences à l’occasion de grandes manifestations. Ces actions violentes, sans être suivies par la masse, ne sont pas forcément rejetées. On a vu samedi des gilets jaunes pacifiques regarder ces affrontements sans les fuir. 

    Habituellement, le soutien de l’opinion s’effrite quand des violences se déclenchent dans les mouvements sociaux. Ce n’est pas ici le cas. Il y a en réalité deux mouvements de gilets jaunes : un mouvement de terrain et un autre de l’opinion publique. Il y a dans les profondeurs de l’opinion une identification aux gilets jaunes. Cela va au-delà du soutien traditionnel aux mouvements sociaux, qui fonctionne généralement plus par sympathie que par identification. 

    L’absence d’interface entre le pouvoir légal (gouvernement) et le pouvoir légitime (les citoyens) nourrissent la violence l’absence de structuration du mouvement.

    Les citoyens s’adressent directement à l’Etat et usent d’un droit à l’insurrection, comme le formalise la Constitution américaine. Ce droit n’était plus exercé car nos sociétés ont construit des contre-pouvoirs et des corps intermédiaires, qui jouaient le rôle tampon entre l’Etat et les citoyens. Ce n’est plus le cas. 

    Un syndicalisme dépolitisé et institutionnalisé, volontiers enserré dans le carcan du « dialogue social » et doutant de ses propres capacités à mobiliser, se trouve aujourd’hui en situation d’être réduit au rang de fait social résiduel.

    Pour autant, rien n’est écrit d’avance. L’histoire syndicale plus que séculaire fournit à ceux qui croient encore à l’importance et à l’utilité des organisations des outils
dont le réinvestissement offre des perspectives de relance.

    Stéphane Sirot https://www.u-cergy.fr/fr/recherche-et-valorisation/experts/droit-sciences-politiques/stephane-sirot.html est historien, spécialiste de l’histoire des grèves et du syndicalisme. Il enseigne l’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy-Pontoise et l’histoire des relations sociales à l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Nantes.
    http://www.lemouvementsocial.net/comptes-rendus/stephane-sirot-le-syndicalisme-la-politique-et-la-greve-france-et

    _ Cet exposé a été enregistrée le 19 Janvier 2019, par Radio Campus Lille, lors d’une conférence débat organisée par l’Université Populaire Chti Guevara de Lens. http://chti-guevara.blogspot.com *

    Source : https://www.campuslille.com/index.php/entry/des-ordonnances-macron-aux-gilets-jaunes-stephane-sirot

    #Audio #Radio # #radios_libres #radio_campus_lille #conflits #grève #Stéphane_Sirot #giletsjaunes #gilets_jaunes #syndicats #CGT #syndicalisme #luttes_sociales #loi_travail #social #syndicat #neutralisation #syndicalisme_rassemblé #CPE #mouvement_social #CSE #dialogue_social #dépolitisation #journée_d_action #histoire #france


  • #Grève et #blocage à #Géodis

    Depuis le 26 Décembre 90% des ouvriers sont en grève à Géodis une des plus grandes plateformes logistiques d’Europe . Comme l’explique le site PEM

    « Il faut dire aussi que ce mois de décembre se prête à la mobilisation. Alors que certains syndicalistes tournent encore autour du gilet jaune - sans trop savoir comment l’enfiler - les ouvriers Géodis se sont tout de suite positionnés en soutien du mouvement. Ils sont activement présents les samedis et leur grève reprend pleinement les thématiques des gilets-jaunes. La prime transport par exemple, chez Géodis c’est 4,18 euros par mois pour ceux qui prennent la bagnole ! Les grévistes demandent donc une hausse à 50 euros net, ce qui serait un minimum. Ils entendent aussi toucher la prime que Macron a promise sans la garantir et sont d’ailleurs venus frapper à la porte du patron dès le lendemain de l’allocution présidentielle. Puisque c’est pas avec des primes qu’on bouffe correctement tous les mois, les grévistes exigent surtout une hausse de salaire de 200 euros brut pour tous, plus 100 euros pour ceux qui n’ont jamais été augmentés. S’ajoute à ça la demande d’un plan contre la précarité et pour l’évolution professionnelle, pour que la manutention ne soit plus seulement un job qu’on occupe jusqu’à se casser le dos. »

    La direction rusait et temporisait jusqu’ à ce 15 janvier 19heures où des gilets jaunes solidaire ont bloqué les ronds points d’accés aux entrepôts à #Bonneuil et au #Bourget , ....

    Ci-dessous le tract #GJ

    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1182934841859348&id=186830011469841


  • La #grève des #enseignants de #Los_Angeles pourrait faire boule de neige | JOCELYNE ZABLIT | États-Unis
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201901/14/01-5211014-la-greve-des-enseignants-de-los-angeles-pourrait-faire-boule-de-

    « Nous voici en ce jour pluvieux, dans l’un des pays les plus #riches du monde, dans l’un des États les plus riches du pays, un État aussi bleu (couleur du parti démocrate) que possible - et dans une ville qui regorge de millionnaires  ! - avec des enseignants obligés de faire la grève pour obtenir le minimum pour nos élèves », s’est exclamé Alex Caputo-Pearl, président du syndicat des enseignants de Los Angeles (UTLA), lors d’une conférence de presse.

    « Nous défendons l’essence même de l’#éducation_publique. La question est la suivante : est-ce que nous affamons nos écoles publiques de proximité pour aboutir à leur #privatisation  ? Ou bien est-ce que nous investissons dans ces écoles, pour nos élèves et pour une ville en plein développement  ? », a-t-il ajouté.

    #éloquence #etats-unis

    • The Rapid Victory of the West Virginia Teacher Strike Shows What Happens When Progressives Join the Fight Against School Privatization | naked capitalism
      https://www.nakedcapitalism.com/2019/03/rapid-victory-west-virginia-teacher-strike-shows-happens-progressiv

      He concedes, however, there are still unresolved issues in how progressives will coalesce on charters elsewhere. His progressive colleagues in states with lots of charters still feel an urge to not totally reject charters because parents whose children attend the schools are often from marginalized communities. And teachers who work in charters are potential targets for labor unions who want to organize the workers.

      But he finds in places such as West Virginia, and neighboring Virginia and Kentucky, where there are very few or no charters, opposition to the schools is about saving public education. Opponents are quick to point to high-profile charter school scandals in Ohioand Pennsylvaniaas examples of what would befall their states. “It’s been 20 years of experimenting,” he says, “and experiments often fail.”

      Frankenberry’s hope is that the solidarity shown by progressive opposition to school privatization in West Virginia can rub off on his colleagues in states where charters are more abundant. “We’re showing that we’re not going to accept these schools,” he says. “Maybe the progressive organizers in places where they already have them can get inspiration from us to rein charters in.”

      Zuckett foresees opposition to charter schools and voucher programs continuing to be more of a point of contention that progressives will push in their policy positions, and not just in West Virginia. “The fight is on,” he says. “Shame on us if it isn’t.”


  • Pourquoi 200 millions de travailleurs se sont-ils mis en grève en Inde ? Anish R.M. — Traduit par Diane Gilliard - 14 Janvier 2019 - Peaople Dispatch / Investigaction
    https://peoplesdispatch.org/2019/01/08/why-are-200-million-workers-on-strike-in-india
    Traduction : https://www.investigaction.net/fr/pourquoi-200-millions-de-travailleurs-se-sont-ils-mis-en-greve-en-in

    La grève lancée par dix centrales syndicales s’oppose à une proposition de limiter la constitution et les pouvoirs des syndicats et en faveur d’un salaire minimum de 18 000 roupies ainsi que pour protéger le secteur public. 

    Les 8 et 9 janvier, les travailleurs de toute l’Inde participent à une grève nationale. L’appel à la grève a été lancé par dix des plus grands syndicats du pays. La grève nationale d’un jour appelée par les mêmes syndicats en 2016 avait rassemblé plus de 180 millions de participants et a été la plus grande mobilisation de travailleurs, à l’époque.
    La grève a lieu à quelques mois des élections législatives où le gouvernement du parti Bharatiya Janata, de droite, et du Premier ministre Narendra Modi se présente pour un second mandat.
     
    Qui organise la grève ?  
    La grève est organisée par 10 centrales syndicales (CTUO), à savoir le Congrès national des syndicats indiens (INTUC), All India Trade Union Congress (AITUC), le Centre for Indian Trade Unions (CITU), Hind Mazdoor Sabha (HMS), Trade Unions Coordination Centre (TUCC), Self Employed Women’s Association (SEWA), All India Central Council of Trade Unions (AICCTU), Labour Progressive Federation (LPF), United Trade Union Congress (UTUC), et All India United Trade Union Centre (AIUTUC).

    Ce sont les fédérations syndicales nationales qui mobilisent le plus de travailleurs en Inde et qui représentent la plus grande partie des syndiqués du pays. Beaucoup d’entre elles sont affiliées à différents partis politiques, le plus souvent dans l’opposition, avec des degrés d’autonomie divers. Dans la grève actuelle, seul une centrale syndicale, la Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), une organisation sœur du BJP au pouvoir, reste à l’écart.
     
    Quelles sont les revendications de la grève ?
    Le déclencheur immédiat de la grève était le projet de loi de 2018 sur l’amendement syndical, proposée par le gouvernement Modi en août de l’an dernier. Le projet de loi prévoit d’accorder une reconnaissance statutaire aux syndicats de l’État et du gouvernement central ainsi que de donner des pouvoirs discrétionnaires étendus aux gouvernements respectifs pour prendre cette décision.

    Le projet de loi ne donne pas non plus de critères pour cette reconnaissance ni ne se réfère aux normes existantes comme celles qui étaient en vigueur pour reconnaître une centrale syndicale. Cela va à l’encontre des pratiques établies qui ont fait l’objet de consultations tripartites (employeurs, employés et gouvernement) par le passé. Cela menace aussi la très faible portée des organisations de travailleurs en Inde. La proposition de loi a incité les 10 syndicats à déclarer la grève générale nationale le 28 septembre 2018.

    Mais à plus grande échelle, les syndicats ont présenté au gouvernement, comme élément de leur grève, une charte revendicative en 12 points. Les revendications vont de l’augmentation du salaire mensuel minimum à 18 000 roupies et de la sécurisation et de la protection du secteur public à l’augmentation des prix et à la sécurité alimentaire. La charte inclut spécifiquement l’interdiction de la participation étrangère ou privée dans certaines entreprises publiques importantes du pays, l’armement, les chemins de fer et les autres transports publics ainsi que la banque et la finance. Elles visent également les propositions du gouvernement visant à amender ou à modifier les lois et la codification des droits des travailleurs et des syndicats. 

    Nombre de ces propositions visent à « faciliter » les conditions offertes aux entreprises. Les syndicats ont également appelé à la protection des droits de l’immense masse de travailleurs informels et au traitement immédiat de la crise agraire qui sévit dans le pays.
     
    Quelles sont les conditions de la main-d’œuvre et du travail en Inde ?
    L’Inde compte plus de 520 millions de travailleurs, dont 6% à 7% seulement sont employés dans des entreprises du secteur formel et dont à peine 2% sont syndiqués. La plus grande partie de la syndicalisation se limite aux employés du secteur public, et très peu de syndicats officiels sont actifs dans les secteurs privé ou informel.

    La dernière enquête sur l’emploi et le chômage réalisée par le gouvernement en 2012 estimait que plus de 62% des personnes employées étaient des travailleurs payés à la journée, ce qui rend leur source de revenus saisonnière et très vulnérable aux fluctuations du marché.

    Il n’y a pas grand-chose qui indique que les choses aient beaucoup changé ces sept dernières années. Si quelque chose a changé, c’est la nature même du travail non organisé. Ceux qui ont été dépossédés par la crise agraire qui frappe l’Inde rurale depuis la moitié des années 1990 se sont mis à migrer vers les centres urbains à la recherche de moyens de subsistance.

    Selon le dernier recensement, de 2011, plus de 450 millions d’Indiens ont émigré vers d’autres régions, généralement vers des centres urbains, ce qui représentent 37% de la population. Une majorité d’entre eux, sinon tous, ont migré vers un autre endroit pour gagner leur vie. La plupart d’entre eux ne migrent que pour travailler seulement de brèves périodes, ce qui non seulement rend la syndicalisation de ce groupe extrêmement difficile mais aussi très vulnérable à l’exploitation.

    L’Inde a un des salaires moyens les plus bas au monde. En 2018, on estimait que le salaire mensuel moyen s’élevait à 7 000 roupies (100 dollars US) environ. Pour les travailleurs du secteur informel, le montant est d’environ 4 500 roupies (64 dollars US). En outre, la création d’emplois sous l’actuel gouvernement BJP a été extrêmement faible.

    Dans un pays où plus de 13 millions de gens entrent chaque année sur le marché du travail, le gouvernement, selon ses propres estimations, n’a pu créer que quelque 400 000 emplois au cours des trois premières années de son mandat, entre 2014 et 2017.

    Une nouvelle étude réalisée par un groupe de réflexion privé a estimé que l’Inde a perdu environ 11 millions d’emplois en 2018, ce qui en fait l’année la moins performante dans la création d’emplois pour l’Inde après des décennies.
     
    Quelle est la position des syndicats à l’égard du gouvernement actuel ?
    Dans une conférence de presse tenue le 7 janvier, les dirigeants des dix syndicats souligné l’attitude du gouvernement à l’égard des syndicats en général. La grève avait été annoncée en septembre, mais le gouvernement n’a pas approché les syndicats pour négocier.

    En fait, la mise à l’écart des syndicats par le gouvernement est un vieux problème. Plus tôt, en juillet 2018, le Congrès national des syndicats indiens (#INTUC), une centrale syndicale affiliée au plus grand parti d’opposition, le Parti du Congrès, s’était retiré des consultations tripartites en raison de différends internes à sa direction.

    Depuis lors, tous les syndicats nationaux, à part le BMS, ont commencé à boycotter les consultations tripartites, qu’ils ont dénoncées comme « une simple formalité ». Les relations entre le gouvernement et les syndicats évoluent parallèlement à la relation aigre et de plus en plus conflictuelle que le gouvernement entretient actuellement avec l’opposition.

    Bien que la grève soit à bien des égards une conséquence inévitable de l’acrimonie entre le gouvernement, l’opposition et les syndicats, elle va en réalité bien au-delà.
     
    Quelles sont jusqu’à présent les réactions à la grève ?  
    La plupart de la presse nationale, en particulier les chaînes TV d’information, n’ont pas encore commencé à couvrir la grève et ont choisi de se centrer sur d’autres questions. Même le gouvernement s’est montré indifférent, mais la grève a visiblement ébranlé le pouvoir. Dans la capitale nationale et l’État voisin du Haryana, l’atroce loi sur le maintien des services d’urgence [Emergency Services Maintenance Act (#ESMA)] a été imposée aux travailleurs des transports et à d’autres employés gouvernementaux, ce qui leur interdit de participer à la grève. Dans d’autres États comme le Bengale occidental et le Tamil Nadu, les gouvernements locaux ont refusé aux travailleurs l’autorisation de faire grève.

    D’autre part, les paysans et les ouvriers agricoles dans toute l’#Inde ont étendu leur soutien, avec des organisations comme les All India Kisan Sabha (#AIKS) et le Syndicat des travailleurs agricoles de toute l’Inde (#AIAWU), déclarant une « grève rurale » de soutien. Les syndicats et les organisations étudiantes de plusieurs grandes universités ont offert leur soutien et se sont portés volontaires pour sensibiliser la population sur la grève et les conditions de la classe ouvrière.

    Dans l’ensemble, la #grève est restée pacifique, mais des confrontations entre des fonctionnaires et des manifestants ont été rapportées à de nombreux endroits. On a également rapporté des arrestations et des détentions de dirigeants syndicaux. Néanmoins, dans plusieurs États, la grève a reçu un large soutien de la population. Tout cela uniquement au début de la journée. Reste à voir comment les classes dirigeantes vont réagir lorsque la grève s’installera.
     
    Traduit par Diane Gilliard pour Investig’Action


  • La grève, un mode d’action devenu obsolète ? Raphaëlle Besse Desmoulières
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/12/la-greve-un-mode-d-action-devenu-obsolete_5408248_3224.html
    Des « gilets jaunes » apportent leur soutien aux grévistes d’un magasin Castorama, à Englos (Nord), le 11 janvier. Philippe Huguen/AFP

    Les « gilets jaunes » ont fait reculer le gouvernement sans recourir au moindre arrêt de travail.

    La #grève est-elle has been ? Depuis bientôt deux mois, les « #gilets_jaunes » ont fait éclater leur colère dans le pays, s’installant sur les ronds-points la semaine, envahissant les Champs-Elysées le samedi, sans avoir recours à ce mode d’action collective qui accompagne traditionnellement les conflits sociaux. Ils n’en ont pas moins réussi à bloquer une partie de l’#économie avant les fêtes de Noël, sans impact sur leur fiche de paie, et pourraient bien continuer alors que les soldes ont commencé mercredi 9 janvier. Et sont parvenus à faire reculer le gouvernement, contraint, mi-décembre, de lâcher 10 milliards d’euros pour tenter d’éteindre l’incendie.

    La nature de la première revendication des « gilets jaunes » – la suppression d’une taxe sur le carburant – explique en partie l’absence de grèves de cette mobilisation née en dehors des entreprises. La sociologie du mouvement, très hétérogène, aussi. Ce dernier agrège certes des #salariés mais aussi des #précaires, des #chômeurs, des #retraités, des #indépendants, des petits patrons… Autant de personnes qui ne sont pas habituées à faire grève, ni d’ailleurs à manifester, et que les syndicats ont du mal à toucher.

    C’est là l’une des principales caractéristiques de cette mobilisation : s’être construite en dehors des #syndicats. « C’est la première fois qu’un mouvement social leur échappe totalement, observe l’historien Stéphane Sirot, spécialiste des conflits sociaux. Les directions syndicales sont perçues comme appartenant à la vaste sphère du pouvoir et sont mises dans le même sac que les autres formes de structures institutionnalisées. » Ce que pointe de nouveau le baromètre annuel du Cevipof, le centre de recherches de Sciences Po, publié vendredi par Le Figaro. S’ils restent mieux considérés que les médias et les politiques, les syndicats ne recueillent la confiance que de 27 % des personnes interrogées.

    Coup de semonce
    L’émergence et le poids pris par les réseaux sociaux ont également rendu possible le fait de s’organiser sans structures établies. « Cela crée une relation directe entre des gens inconnus et qui peuvent s’enflammer sans avoir besoin des organisations syndicales, note Raymond Soubie, ex-conseiller social de Nicolas Sarkozy. C’est un peu une concurrence déloyale. » Déjà en 2016, le mouvement contre la loi travail était né d’une pétition en ligne, lancée par la militante féministe Caroline De Haas, qui avait récolté plus de 1 million de signatures. Un premier coup de semonce qui avait bousculé les centrales de salariés sans qu’elles ne se remettent en question.

    La crise des « gilets jaunes », inédite sur bien des aspects, interpelle les confédérations syndicales – notamment la CGT – qui ont de plus en plus de mal à mobiliser les travailleurs au travers de journées d’action à répétition au cours desquelles elles les appellent à défiler et à cesser le travail. « Depuis plusieurs années, il y a une difficulté pour elles à impulser des grèves par le haut et à les faire converger, rappelle Baptiste Giraud, maître de conférences en science politique à l’université Aix-Marseille. Le plus souvent, les mouvements de grève sont localisés et liés à des restructurations ou à des motifs salariaux. »
    Depuis 1995, mis à part le mouvement lycéen contre le contrat première embauche (CPE) en 2006, aucun conflit social d’ampleur n’a réussi à faire capituler les pouvoirs publics. La bataille contre le recul de l’âge de départ en retraite de 2010, qui avait pourtant vu défiler plusieurs centaines de milliers de personnes, n’a pas fait bouger Nicolas Sarkozy. « Depuis vingt ans, le pouvoir politique s’assoit sur les mobilisations syndicales », constate Jean-Marie Pernot, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales. Même s’ils sont obligés de négocier, les gouvernements ont vu qu’ils pouvaient laisser passer l’orage. Résultat : les contestations ritualisées n’obtiennent quasiment plus de résultats. En témoigne la grève à la SNCF, bastion de la CGT, au printemps 2018, qui n’a pas permis d’obtenir le retrait du projet de loi. « Il y a une démonétisation de l’efficacité de la grève, même dans les endroits où les syndicats sont bien implantés », observe Guy Groux, chercheur au Cevipof.

    « Ovni social »
    L’absence de victoires significatives ces dernières années du mouvement syndical a également pu durcir les pratiques. Faut-il dès lors avoir recours à la violence pour se faire entendre ? « Le message renvoyé – et c’est aussi la responsabilité du politique –, c’est que face à des contestations institutionnalisées, les résultats sont nuls et que seules des pratiques radicales, voire violentes, peuvent l’inciter à modifier sa position », considère Stéphane Sirot. « Si les “gilets jaunes” étaient restés tranquillement dans leur coin, comme les syndicats, le gouvernement aurait attendu que ça se calme, estime Jean-Marie Pernot. C’est terriblement pédagogique. »

    Si 2016 a vu l’irruption du « cortège de tête » avec des manifestations qui ont dégénéré presque systématiquement depuis, le niveau de violences ces dernières semaines a franchi un palier. L’absence des organisations syndicales et de leurs services d’ordre peut expliquer en partie cette situation. Mais les violences, qu’elles soient du côté des manifestants comme des forces de l’ordre, ont cependant pu décourager certains protestataires de continuer à faire les déplacements les samedis sur Paris. « Le nombre de blessés et de mutilés est du jamais-vu depuis un demi-siècle, indique Stéphane Sirot. Il y a un raidissement du pouvoir et la tentation est forte aujourd’hui de faire usage de dispositifs répressifs. On peut avoir une situation qui dégénère. »

    Comment désormais en sortir ? Les annonces du gouvernement, mi-décembre, n’ont pas mis fin à la crise et il n’est pas sûr que le « grand débat » qui doit débuter mardi soit de nature à apaiser la situation. Selon ce qui sera retenu, il risque de générer de la frustration quant à des revendications qui brassent aujourd’hui autant des sujets de pouvoir d’achat que des questions démocratiques. « Quand il faisait face à un mouvement classique lancé par des organisations syndicales, même si ce dernier était fort, le pouvoir politique savait le gérer, fait remarquer Raymond Soubie. Là, l’exécutif est en face d’un phénomène nouveau qu’il ne connaît pas. C’est un ovni social. » Un avis partagé par Baptiste Giraud : « Le gouvernement affronte les limites du recours aux modalités classiques de résolution des conflits sociaux. Il paye très clairement le fait d’avoir marginalisé les corps intermédiaires. » Sans syndicats ni leaders reconnus comme tels avec qui négocier ? La tâche n’est pas aisée.

    Pour Stéphane Sirot, « la contestation s’est fermement installée, même si elle s’exprime minoritairement sur les ronds-points ». Contrairement à la grève qui a un coût et qui est risquée pour le salarié, venir à Paris ou à Bourges, comme les « gilets jaunes » étaient invités à le faire samedi, ne représente que le prix du trajet, même si celui-ci peut s’avérer élevé pour certains. « Des personnes en sont arrivées à un tel dégoût et une telle difficulté à vivre qu’elles n’ont rien à perdre », ajoute l’historien.

    Selon un sondage Odoxa diffusé jeudi, une courte majorité des personnes interrogées (52 %) continue à souhaiter la poursuite du mouvement quand elles étaient les deux tiers (66 %) mi-novembre. Les pouvoirs publics s’attendaient cependant à un regain de la mobilisation samedi. Cette dernière a également donné des idées aux enseignants des « stylos rouges » qui se sont eux aussi organisés via les réseaux sociaux et en dehors des syndicats pourtant bien implantés dans leur profession.

    « Un des éléments de force des personnes mobilisées et qui le font pour la première fois, c’est que, contrairement à des militants syndicaux habitués à la défaite et à la résignation, elles acceptent moins facilement de rentrer chez elles », relève Baptiste Giraud. A l’image de ce qui peut se passer lors de grèves longues, des solidarités collectives se sont créées entre les protestataires, qui ont pu permettre à certains de sortir de leur isolement. « Ça produit un encouragement à continuer, souligne le sociologue. Une fois que vous êtes engagés très longtemps, abandonner sans avoir obtenu ce que vous jugez comme un minimum, c’est très coûteux. Ça devient le carburant de la mobilisation. » Autant de mauvaises nouvelles pour un exécutif affaibli.


  • Il est un centre de rétention où un policier aime enfoncer son index dans l’anus des étrangers retenus (précision : sans leur consentement).
    Il est un centre de rétention où, dans la cellule d’isolement (le mitard), des policiers ont menotté les poignets d’une personne aux barreaux d’une chaise, lui ont mis un casque en mousse, ont shooté dans cette chaise et ont laissé cet homme ainsi à terre 6 heures durant en passant régulièrement pouffer devant lui pour le provoquer.
    Il est un centre de rétention où ce soir, après avoir témoigné de manière anonyme à la radio par téléphone, un retenu a été menacé par le directeur qui l’accuse (à tort) d’être le meneur de la grève de la faim qui y a démarré hier soir suite à d’autres graves violences subies par un autre retenu et à des brimades collectives.
    Ce centre de rétention, c’est celui de Oissel (près de Rouen).
    Nous y sommes allées hier et pouvons témoigner que l’arbitraire y fait rage.
    Merci à tous les journalistes / politiques / élus / militant.e.s que vous connaissez d’appeler le directeur afin de lui faire savoir qu’il doit arrêter IMMÉDIATEMENT de laisser son personnel se défouler sur les 40 retenu.e.s dont il est RESPONSABLE.
    Merci d’avertir qui vous semble judicieux.se
    C’est très urgent !

    Oissel / Cabines téléphoniques en zones de vie des personnes retenues :
    Zone hommes isolés : 02.35.68.61.56
    Zone femmes et familles : 02.35.69.09.22

    Standard CRA : 02.32.11.55.00

    Route des Essarts, 76350 Oissel
    Visite aux personnes retenues :
    Lundi au dimanche : 9h à 11h30 et 14h à 17h
    Se présenter au moins ½ heure avant la fin des visites

    (Post publié par Valérie Osouf vendredi11 janvier 2018 sur FB)

    #rétention #étrangers #violences_policières #grève_de_la_faim #Oissel

    • Paroles et Revendications des retenus du bâtiment hommes du CRA de Oissel

      12 janvier 2019

      « Hier a un vieux gars d’ici qui mangeait lentement, les policiers lui ont mis la pression pour qu’ils finissent plus vite : "Hé India ! Hé India ! Dégage ! Il te reste plus qu’une minute".

      « Ici on nous respecte pas. Pour boire de l’eau c’est aux toilettes...

      « Si tu tombes malade, c’est qui qui te soigne ? Pas la police en tout cas ! On nous traite comme des animaux et pendant les visites la porte continue d’être ouverte et les policiers écoutent tout ce qu’on dit. Ils nous empêchent tout contact physique avec nos proches, même de faire
      la bise à ta femme.

      « Ici il y a eu des histoires de viols pendant la fouille. On a décidé de pas tout casser. Parce qu’on veut pas se faire accuser "d’anciens taulard vénères", pourtant y a de quoi ici.

      « Ici tu peux même pas cantiner et la bouffe est vraiment dégueulasse.

      « Ici il y a plein de profils différents, travailleurs ceux avec un titres de séjour d’un autre pays mais que l’État veut quand même déporter au pays. Puis y a plein de nationalités enfermées ! Chez les femmes aussi, la bas c’est la galère.

      « Même quand t’as ton passeport et que tu veux rentrer...Bah il se passe rien et on te laisse galérer. Nous ici on comprend rien. Hier on a parlé avec ceux du Mesnil Amelot. Là-bas aussi c’est le système du bon et mauvais flic. Nous aussi on va lutter avec eux !

      « Ici, à Oissel, on nous a déjà gazé dans le bâtiment. Hier ils ont voulu prendre des contacts dans des smartphones en fouille pour voir de quel pays on pouvait venir. C’est totalement illégal !

      « Ici il y a beaucoup de gens ils se coupent les veines, on doit appeler nous même l’ambulance. Et quand la police arrive, la seule chose qu’elle veut savoir c’est qui a appelé. Et les flics nous engueulent. Y a un gars ici, il a des problèmes aux reins et il pisse du sang. Elle a
      fait quoi la police ? Elle lui a donné un Doliprane. De toutes façons, à l’infirmerie c’est soit doliprane soit drogue.

      « Pour la justice... Même quand y a des vices de procédures on nous libère pas. On nous donne des numéros pour connaître nos droits. Personne n’a jamais répondu à nos appels. Après le premier communiqué, on avait vu le chef du centre. On avait décidé d’être gentil mais ça sert à rien.

      « Ce qu’on vit c’est le néo-colonialisme. La France a colonisé nos pays avant et maintenant fait ça... Nous on a toutes nos attaches ici : parents, copines, potos, famille. On nous dit que si on nous libère on va s’enfuir. Mais on va s’enfuir où ?

      « Y en a ici, ils sont venus pour demander la protection de l’État français. Et là, c’est la protection qui t’enferme ! Y en a marre de tout ça !

      « Nous les enfermés, on voit plus nos proches, les allers retours CRA-Prison-CRA empirent encore tout ça. On va pas passer notre vie à être enfermés ! On appelle les autres centres de rétention à rentrer en grève de la faim avec nous et avec ceux de Vincennes et du Mesnil en banlieue parisienne !

      Les retenus du CRA de Oissel le 11/01/2019

      Nos revendications
      – Nous demandons la fermeture du CRA de Oissel parce que les conditions de détention y sont horribles.
      – Nous demandons que les policiers cessent de nous traiter comme des animaux.
      – Nous réclamons des repas corrects.
      – Le centre est sale : nous réclamons la propreté.
      – Nous demandons que les personnes malades psychiatriques ne soient pas placés ici mais soient envoyés dans des lieux de soins.
      – Nous réclamons que les retenus qui ont la gale soient soignés au lieu de contaminer tout le monde.
      – Nous demandons l’arrêt des fouilles intégrales.
      – Nous réclamons le respect de notre intimité durant les visites.
      – Nous réclamons le respect de la part des policiers.
      – Nous allons porter plainte.

      Les Retenus de Oissel en grève de la faim, le 12 janvier 2018

      CONTACTS :
      Cabines téléphoniques en zones de vie des personnes retenues
      Zone hommes isolés : 02.35.68.61.56
      Zone femmes et familles : 02.35.69.09.22

      {via Valérie Osouf sur FB}



  • A #Créteil, les « #stylos_rouges » essaient d’inventer des nouvelles formes de #lutte

    Une première assemblée générale des « stylos rouges » de l’académie de Créteil, ces enseignants en colère réunis dans un groupe sur Facebook, s’est tenue le 9 janvier pour réfléchir et décider de plusieurs actions à mener. Une large partie de la discussion a tourné autour de la question des « #gilets_jaunes » et de la nécessité de trouver une #alternative à la #grève.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/110119/creteil-les-stylos-rouges-essaient-d-inventer-des-nouvelles-formes-de-lutt
    #résistance