#grossophobie


  • Suisse : Migros fâche des consommateurs avec des « soupes genrées »
    https://www.rts.ch/info/suisse/10014699-migros-fache-des-consommateurs-avec-des-soupes-genrees-.html

    Migros lance une soupe pour enfants à l’emballage rose pour les filles et bleu pour les garçons. Une différenciation qui choque sur les réseaux sociaux et au-delà. Le distributeur n’en est pas à sa première polémique cet automne.

    Les clients de Migros ont pu découvrir mardi dans l’assortiment du géant orange une soupe “pour les reines du glamour” et une autre “pour les champions”. Deux produits visant les enfants selon leur genre, avec du rose et des légumes pour les filles, et du bleu avec une base de viande pour les garçons.


    Sur le site de Migros et sur les réseaux sociaux, ce lancement a fait bondir de nombreux internautes. “Non vous ne rêvez pas, Migros a réussi à genrer des soupes”, écrit par exemple l’administrateur du compte Twitter Pépite sexiste :

    « Je suis atterré par les stéréotypes idiots que vous arrivez à véhiculer sur une simple soupe en sachet. Bleu = garçon = sport & champion. Rose = fille = glamour et beauté. Pathétique. Et en plus la soupe “pour fille” est végan mais pas celle “pour garçon”. C’est minable », réagit un autre internaute.

    La démarche a également choqué plusieurs politiciens, dont l’ancien conseiller national Jean Christophe Schwaab (PS/VD) qui a écrit au distributeur pour demander le retrait des “soupes sexistes”, sans succès.
    . . . . . .

    #genre #stéréotypes #bleu #rose #soupe #discrimination #sexisme #enfants #genre #Suisse #cynisme


  • Grossophobie : je ne me tairai plus !
    Manal Drissi, Chatelaine, le 27 juillet 2018
    http://fr.chatelaine.com/opinions/grossophobie-je-ne-me-tairai-plus

    J’ai appartenu à la honte chaque fois que je m’habillais, que je mangeais, que je m’assoyais, que je me regardais, que j’aimais, que je faisais l’amour. Chaque fois que mes amies minces parlaient de prise de poids avec horreur, que ma mère me conseillait de porter du noir pour sembler réduite. Chaque fois qu’une crise de boulimie me valait des compliments sur ma perte de poids qui m’allait si bien. Chaque fois que le seul personnage de fiction qui me ressemblait était misérable ou clownesque. Chaque fois que j’ai préféré être malade de chaleur qu’enlever ma gaine, qu’exposer mes bras et mes cuisses.

    J’ai torturé mon corps. Je l’ai empiffré, affamé, mutilé, je l’ai traîné sur des kilomètres de pistes de course jusqu’à l’effondrement, je l’ai privé d’eau pour ne pas qu’il se boursouffle, je l’ai fait casanier pour le préserver du regard d’autrui. J’ai tiré dans un sentiment tordu de fierté dans ses appels à l’aide puisqu’il faut, dit-on, souffrir pour être belle.

    #grossophobie #femmes #sexisme #discrimination #corps #Manal_Drissi (chroniqueuse québécoise)


  • « On se fout de la gueule des obèses » : Comment le matériel médical inadapté complique les soins des patients en surpoids
    https://www.20minutes.fr/sante/2290791-20180622-fout-gueule-obeses-comment-materiel-medical-inadapte-comp

    « Avec l’obésité qui augmente, on sent que les hôpitaux sont de plus en plus dépassés », assure Pascale Champagne, vice-présidente de l’association Allegro Fortissimo contre la discrimination des personnes de fortes corpulences. Cette inadaptation des outils médicaux débouche parfois sur une maltraitance médicale, pas forcément volontaire. « Un lève malade à l’hôpital ne supporte pas plus de 120 kg, illustre Eva Perez, auteure du manifeste. Pour laver des obèses inconscients, c’est compliqué. Il y a des services où ils appellent du personnel en renfort, mais sinon on laisse les patients dans des conditions d’hygiène déplorables. »

    De même, en général, les hôpitaux détiennent une chaise roulante grande taille. « Si jamais deux obèses ont le malheur de se casser la jambe le même jour, il y en a un qui va marcher sur son plâtre », reprend Eva Perez.

    Pire, certains patients obèses doivent aller passer une IRM dans des cabinets vétérinaires…. « C’est très humiliant, tempête Pascale Champagne. Il y a des personnes qui hésitent à aller voir un médecin parce qu’elles savent qu’on va leur demander toute une batterie d’examens à faire. On est obèse, mais on a des rhumes comme tout le monde ! »

    Or, certains ne peuvent tout simplement pas recevoir les soins basiques pour vérifier que leur santé ne flanche pas. « Quand le mètre pour vérifier votre tour de taille n’est pas assez grand, c’est compliqué de savoir si vous avez grossi », illustre ainsi Anne-Sophie Joly.

    Du côté du ministère, on reconnaît une autre difficulté : « le transport sanitaire des personnes atteintes d’obésité soulève des difficultés majeures, pouvant induire des retards à l’admission hospitalière en situation d’urgence et des prolongations de séjours, notamment à cause de difficultés d’accès aux examens ou de retour à domicile ».
    Examens moins précis

    Et quand les examens peuvent être réalisés, ils ne sont pas toujours fiables. « Les médecins de ville sont rarement équipés d’un brassard taille obèse pour le tensiomètre, il y a donc certains patients qui ne peuvent pas se faire mesurer la tension, dénonce Eva Perez, étudiante infirmière et co-fondatrice du collectif Gras politique. Et quand ils compriment leur bras pour le passer, mécaniquement ça fait augmenter la tension. Ce qui peut conduire à de mauvais diagnostics : parcours de soin pas adapté ou au contraire retard de prise en charge. »

    « Quand des patientes enceintes et obèses réalisent une échographie, l’appareil n’est souvent pas assez performant car la graisse limite l’imagerie, ajoute Pascale Champagne, secrétaire médicale dans une maternité. L’examen ne peut donc pas être précis, ce qui crée beaucoup d’inquiétude et de culpabilité. »

    Autant de complications, angoisses et impossibilités qui freinent certaines personnes obèses à taper aux portes des médecins. « On a des personnes qui ne vont plus se soigner par peur de casser le matériel, de déranger, parce qu’elles n’ont pas envie de montrer leurs fesses en traversant l’hôpital », reprend Anne-Sophie Joly. Un renoncement aux soins d’autant plus problématique que l’obésité multiplie les risques de développer cancers, diabète, hypertension pour ne citer que ces pathologies, et devraient donc être suivies de près.
    Un manque de volonté ?

    « Les outils existent, assurent les auteures de Gros n’est pas un gros mot. Mais ils ne sont pas commandés. C’est donc un choix de santé publique. » Les différents plan obésité avaient pourtant mis le doigt sur cette difficulté. Alors, aucune évolution ? Au ministère, on assure qu’un travail est en cours : « la mission d’intérêt général obésité a pour objectif de répondre à cette problématique pour accompagner les établissements dans leur stratégie d’équipement en véhicules de transport bariatrique ».

    Surtout, 37 centres spécialisés obésité (CSO) en France ont été ouverts et ont acheté du matériel adapté. Trois d’entre eux à Paris se sont équipés d’appareils et d’équipements adaptés : des brancards (300-318 Kg), des fauteuils (220-400 Kg), des lits (200-500 Kg), des systèmes de pesée (150-300 Kg), des brassards, des tables de bloc adaptées (270-450 Kg), précise l’Assistance publique Hôpitaux de Paris (AP-HP). Mais en dehors de ces CSO et de quelques services de nutrition et de chirurgie bariatrique, peu d’hôpitaux et médecins libéraux proposent des appareils adaptés.

    « Il y a eu une amélioration, on n’est pas à zéro, mais il reste encore beaucoup de problèmes à régler », nuance Anne-Sophie Joly. « Certains médecins s’équipent, mais cela reste ponctuel, alors que le pouvoir pourrait imposer un minimum d’équipements », renchérit Eva Perez. « J’ai la sensation qu’au lieu de s’adapter, le milieu médical veut tout faire pour que les personnes en surpoids retrouvent une corpulence normale », regrette Pascale Champagne.

    Est-ce que le plan obésité en préparation abordera la question ? Anne-Sophie Joly, qui a participé à un groupe de travail sur l’obésité se félicite de l’écoute attentive de la ministre. « On espère un plan sur plus de trois ans et que l’obésité devienne grande cause nationale, mais surtout que le grand public et le milieu médical comprenne que l’obésité, c’est une pathologie, martèle la présidente du CNAO. On ne se moque pas de quelqu’un qui a un cancer ou une sclérose en plaque… et on se fout de la gueule des obèses. »
    17 % des Français obèses

    Un changement de paradigme d’autant plus urgent que l’obésité concerne de plus en plus de personnes : 17 % des Français souffraient d’obésité selon l’étude de Santé publique France de juin 2017. « L’obésité galope : selon l’OMS en 2045, un individu sur trois sera obèse si on reste à ce rythme, reprend-elle. On a une augmentation des maladies chroniques de plus en plus tôt et une baisse de l’espérance de vie. On ne peut pas laisser les enfants obèses pourrir leur santé et leur vie sociale. »

    Autant de drames qui pourraient être évités avec une meilleure prévention. Un des axes de la stratégie de santé de la ministre Agnès Buzyn. « J’ai fait mon premier régime restrictif à 8 ans, aujourd’hui je suis obèse, tranche Eva Perez. La prévention n’est pas adaptée. Et surtout, il faut aussi s’occuper des obèses qui ont besoin de soins dès aujourd’hui. »

    #grossophobie #discrimination #violence_médical


  • Sexisme à l’école, silence dans les rangs - L’Express
    https://www.lexpress.fr/education/sexisme-a-l-ecole-le-grand-tabou_2005156.html

    Partout, dans les établissements scolaires, les filles sont victimes de violences sexistes. Dans un mutisme assourdissant.

    Une ado de 15 ans plaquée contre le mur des toilettes du lycée professionnel Gallieni de Toulouse et victime d’attouchements de la part de trois agresseurs. Des élèves de terminale du lycée Camille Pissarro de Pontoise (Val d’Oise) qui, parce qu’elles seraient trop court-vêtues, doivent affronter des camarades masculins hilares, mimant des actes pornos et les injuriant sans retenue - « sale pute », « gros cul », « t’es bonne »...

    La vidéo d’une toute jeune fille ayant des rapports sexuels avec deux garçons qui circule de téléphone en téléphone, sans le consentement bien sûr de l’intéressée, auprès de ses pairs du lycée d’Alembert, dans le XIXe arrondissement parisien. Ce « tu suces ? » jeté au visage d’une élève du lycée Jacques-Prévert, à Savenay, près de Nantes, pour avoir eu l’"audace", encore une fois, de porter une jupe avec des chaussettes hautes et des souliers à talons. Mais aussi, parce que désormais le sexisme prend de nouvelles formes, des garçons qui refusent de s’asseoir à côté de leurs homologues féminines au collège Versailles de Marseille...

    LIRE AUSSI >> N’abandonnons pas les filles

    Ces anecdotes, glanées à travers toute la France, sont très loin d’être des cas isolés. Et les établissements cités ci-dessus ne sont pas forcément les plus « difficiles » ou les plus laxistes en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.
    « Si les parents savaient... »

    Parmi eux, beaucoup, comme le lycée d’Alembert par exemple, ont même le mérite de dénoncer haut et fort ce qui se cache ailleurs. Mais voilà, entre l’accès à la pornographie - facilité par Internet, les smartphones et les tablettes -, la violence et le harcèlement pratiqués à grande échelle sur les réseaux sociaux, les stéréotypes de genre intégrés dès le plus jeune âge et, enfin, le développement de la radicalité religieuse dans certains établissements, c’est bien toute l’Education nationale qui doit faire face à une très inquiétante situation.

    #discrimination #misogynie #sexisme #viol #culture_du_viol #violence_masculine #sexisme_d'etat #violences_sexuelles #mixité #harcelement_sexuel #école #éducation #deni #backlash #pornographie #prostitution #enfance #harcelement #facebook #snapchat #slut_shaming #grossophobie

    • Article nauséabond qui sous couvert de dénoncer la violence sexuelle désigne l’adversaire à abattre ...

      Les « grands frères »

      A la lecture de ce récit d’une très grande force, il est possible de discerner trois « types de filles » : les « ultraféminines » au maquillage et aux tenues très sexuées ; celles qui, au contraire, reprennent les codes vestimentaires et verbaux des garçons, qui parlent dru et cru et s’habillent en jeans ou en joggings ; et celles qui portent le voile... Bon nombre de ces dernières mettent en avant leur libre choix.

      Mais Bernard Ravet, cet ancien proviseur de Marseille, qui a dénoncé dans un récent livre l’influence de l’extrémisme (Principal de collège ou imam de la République ?, éd. Kero), n’est pas si certain de cette liberté revendiquée et évoque même une forme de pression exercée par les grands frères qui se battent pour que les jeunes filles n’enlèvent leur voile qu’une fois à l’intérieur de l’école et pas devant la grille. Il y a aussi ces certificats médicaux qui fleurissent quand, en sport, vient le temps de la natation. Pour lui, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là de certificats de complaisance pour échapper à la piscine et aux maillots de bain. « Il m’est arrivé de contacter plusieurs fois les médecins en question pour obtenir des explications, mais je me suis heurté à chaque fois au secret médical », explique Bernard Ravet.

      En 2005, alors qu’il était à la tête du collège Versailles de la cité phocéenne, il demande aux enseignants de remplir un questionnaire destiné à préparer la venue d’inspecteurs généraux, envoyés par le ministère de l’Intérieur. Thème de leur visite : « l’incidence de la montée des communautarismes sur les relations garçons-filles et les problèmes de mixité ». Les réponses que L’Express a pu se procurer sont édifiantes : « insultes particulièrement crues », « jugements péremptoires de la part des garçons sur les habitudes vestimentaires des filles », « propos injurieux dès qu’une fille se met en jupe », « très rares relations amoureuses voire même amicales », « certains estiment que le traitement cruel des femmes dans certains pays est normal si c’est leur religion », « certains élèves peuvent avoir du mal à accepter les remarques d’un professeur femme »...

      C’était il y a treize ans, mais Bernard Ravet doute que la situation ait évolué favorablement. « Récemment, une maman d’élève évoquait le cas de ce gamin de maternelle qui refusait de prendre la main d’une maîtresse parce que c’était une femme... », soupire l’ancien proviseur. Des faits difficiles à évoquer par les enseignants qui craignent d’être taxés de « racistes » par les uns ou de faire, malgré eux, le jeu des extrêmes. Faut-il pour autant s’interdire de parler et abandonner certaines de ces élèves à leur sort ?


  • #Lycée_militaire de #Saint-Cyr : une machine à broyer les femmes - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/lycee-saint-cyr-une-machine-a-broyer-les-femmes_1638211

    « Libération » a enquêté sur le #sexisme érigé en système au sein des #classes_préparatoires militaires par un puissant groupe d’élèves : les « tradis ». Entre humiliations et #harcèlement_moral, tout est fait pour saper les ambitions des étudiantes.

    #armée #misogynie

    • C’est une lettre, rédigée avec rage et remplie de rancœur, qui a sonné l’heure de la rébellion au lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole (Yvelines). Celle de Mathilde (1), 20 ans, élève de deuxième année de classe préparatoire dans l’établissement, envoyée au président Macron, le samedi 2 décembre 2017. Avec ces mots, reflets d’une plaie à vif : « J’avais jusqu’à présent le projet d’intégrer l’Ecole spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr. […] J’ai honte d’avoir voulu aller dans une armée qui n’est pas prête à recevoir des femmes. J’ai appris que porter un vagin ruine une carrière, une vocation, une vie. » Mathilde rêvait d’être officière de l’armée de terre. Ces deux années de prépa au lycée de Saint-Cyr, réputées être le meilleur tremplin pour atteindre cet objectif, ont fracassé son rêve.

      Harcèlement moral, intimidations, insultes, humiliations, marginalisation, coups bas : depuis son arrivée, en septembre 2016, Mathilde se sent « persécutée » par un groupe de garçons « prêts à tout » pour la voir abandonner le concours d’entrée à l’ESM (lire encadré).
      « Réactionnaire »

      Ils se nomment communément les « tradis » et ont réussi leur pari : la jeune femme souhaite retourner dans le civil à la fin de l’année, écœurée par le monde militaire et sa misogynie corrosive. Ce n’est malheureusement pas la seule. Dans la « corniche » de Saint-Cyr (l’ensemble des classes préparatoires du lycée), ce sexisme psychologiquement virulent, orchestré par une minorité puissante (environ 60 élèves sur 230), est subi de manière quotidienne par une large majorité d’étudiantes. « Sans que le commandement ne bouge d’un orteil », s’insurge Mathilde.

      La lettre adressée à Emmanuel Macron était porteuse d’espoir, d’un balbutiement de révolte. Elle a fait pschitt. Quelques tables rondes ont été organisées au lycée… Mais aucune mesure n’a été annoncée après. Alors, face à cette « passivité », Mathilde a choisi de contacter Libération pour alerter sur ce « vase clos réactionnaire et paternaliste ». Au fil des jours, une quinzaine d’autres personnes ont, elles aussi, spontanément souhaité libérer la parole. Leurs témoignages couvrent une période allant de 2013 à aujourd’hui. Filles (très majoritairement) et garçons, ex-étudiants, élèves actuels anciens membres de l’encadrement : tous décrivent à Libé le sexisme systémique des classes préparatoires au lycée militaire de Saint-Cyr. Ou comment sévit depuis des générations le clan des tradis pour évincer leurs camarades féminines et broyer leurs ambitions. En quasi toute impunité.
      « Youle »

      Mercredi 29 novembre 2017, trois jours avant l’envoi de la lettre. Comme tous les ans à cette même date, c’est jour de fête au lycée militaire de Saint-Cyr : l’établissement hanté par le souvenir napoléonien célèbre la fameuse bataille d’Austerlitz en organisant la soirée du « 2S » lors de laquelle les élèves proposent des « sketchs ». Ce soir-là, une dizaine d’élèves (que des garçons) arrivent torse nu pour danser sur scène. Sur la peau, ils ont peint le symbole µ. Prononcé « mu », c’est un nom de code signifiant « misogyne », nous explique Agathe, une ancienne élève d’hypokhâgne du lycée. « Il est tagué dans la cour, il est gravé sur les tables de classe. Bref, il est partout », assure-t-elle. Quelques minutes de show plus tard, une jeune fille, volontaire, entre en scène afin de se faire « faussement » scalper par les jeunes hommes. Qui la mènent ensuite à leur chef en criant : « Youlez les… » avant d’entendre une partie du public masculin répondre d’une seule voix : « …grosses ! »

      « Youlez les grosses » signifie « scalpez les filles ». Car dans le langage interne que les tradis se transmettent d’année en année, les « grosses », ce sont les jeunes femmes. Parce qu’elles « sont juste bonnes à être engrossées », explique à Libération Marie, qui a fait une première année de prépa à Saint-Cyr-l’Ecole avant de changer d’orientation. La « youle » ? « C’est le nom de la coiffure que les tradis arborent pour se différencier du reste des élèves », renchérit Marie. Très court sur les côtés, longue mèche sur le haut du crâne. Mathilde se souvient de cette soirée : « Les filles de l’assemblée sont restées abasourdies. On ne savait pas trop si cela signifiait que nous n’étions pas les bienvenues ou si c’était carrément une menace de mort. Dans tous les cas, c’était de la misogynie clairement exposée. »

      Quelques filles sont bien allées voir la direction du lycée pour protester contre ce sketch douteux. Selon elles, il avait été validé en amont par la direction du lycée qui ne pouvait plus changer son fusil d’épaule. Aurore, 20 ans, étudiante à bout de nerfs, se souvient : « Le commandement nous a répondu qu’il ne fallait pas que nous prenions la mouche pour une simple blague potache. » Du côté du ministère, on affirme à Libération que les sketchs seront interdits lors de la prochaine soirée « 2S ». « Je n’y crois pas. C’est toujours la même hypocrisie. Ici, on laisse les filles se faire opprimer et on ne sanctionne jamais les bourreaux », dénonce Aurore.

      A lire aussi « J’étais un bourreau » : la confession d’un tradi repenti
      « Contre-nature »

      Les « bourreaux », ce sont eux : les Mohicans, la Mafia, l’Inquisition, la Ferme et les Gaulois. Des « familles » de garçons ultraconservateurs perpétuées chaque année par un système de parrainage, qui n’acceptent toujours pas la présence de jeunes filles dans la corniche. Elles sont pourtant officiellement admises depuis 1986, même si les premières étudiantes sont arrivées au début des années 2000. Ce groupe masculiniste, à la fois occulte et hyperstructuré, est officiellement interdit par l’autorité militaire. Et pour cause. Dans les couloirs de leurs dortoirs, ils brandissent fièrement le drapeau des confédérés américains, devenu dans le monde entier un signe de ralliement raciste, ou s’habillent avec des bretelles à ses couleurs. Selon des sources internes, des croix gammées auraient été retrouvées dessinées à la craie sur certaines chaises, avec l’inscription Deutschland über alles (un extrait de l’hymne allemand utilisé par les nazis). Le 20 novembre dernier, jour de la mort de Franco, des témoins rapportent les avoir entendus louer les « valeurs » du dictateur espagnol. Sur Facebook, les tradis « likent » des groupes qui militent contre l’avortement. Ces jeunes adultes, de 17 à 21 ans, sont nostalgiques « de la religion d’Etat, des colonies… » observe un de leurs anciens professeurs : « Et ils pensent qu’accorder des congés paternité, c’est contre-nature. » Tous les mercredis, ils vont à la messe au lycée et tous les dimanches à Versailles, ville voisine à environ 5 kilomètres de Saint-Cyr-l’Ecole, dans une église où elle est dite en latin. En 2013, une majorité de tradis ont rejoint la Manif pour tous et des autocollants du mouvement fleurissaient dans l’établissement. L’année dernière, ils se sont procuré un drapeau gay pour le brûler au lycée. Une information recoupée par plusieurs témoins. D’ailleurs, un des sketchs organisé lors du « 2S » de 2016 montrait un homme symboliquement envoyé au bûcher (avec des fumigènes). Il portait des bretelles arc-en-ciel.

      Chaque année, les hostilités débutent fin septembre, quand les tradis font le tour des dortoirs pour recruter parmi les nouveaux. « Si tu ne rejoins pas leurs rangs, tu seras considéré comme un "souz" [un sous-homme, ndlr], déplore Pierre, élève de classe prépa. Les tradis sont dans cette logique de "si tu n’es pas avec nous tu es contre nous". Les non-suiveurs sont marginalisés durant le reste de l’année. Mais je ne peux pas vraiment me plaindre quand je vois ce que les tradis réservent aux étudiantes. » Car leur cible, ce sont les filles. Pour s’excuser de vouloir leur mettre des bâtons dans les roues, ils plaident parfois la concurrence logique d’une prépa exigeante comme celle de Saint-Cyr. Les filles leur prendraient des places, qui sont chères. « Mais si ce n’était que ça, ils n’auraient pas de raison de s’entraider entre eux, contrebalance un observateur de l’intérieur. En réalité, selon eux, les filles ne devraient tout simplement pas être là. Les femmes sont des êtres merveilleux, doux et gentils, mais mieux à la maison à faire des enfants. » « Ils n’ont aucune vision complexe du monde, assène un de leurs anciens professeurs. La sensualité, la sexualité, ils ne connaissent pas. Pour certains, une fille c’est une sœur ou une maman. » En clair, elles n’ont rien à faire là.

      A lire aussi « La question du maintien des classes prépa militaires se pose »
      « A mort les grosses »

      Les nombreux témoignages recueillis par Libé parlent de « haine palpable » et de « guerre froide ». Coups de pied dans les portes la nuit pour empêcher les filles de dormir, défécation devant leur chambre, refus de manger à la même table qu’elles à la cantine, menaces de « scalp » (toujours lui), pancartes « à mort les grosses » affichées dans l’internat, chansons composées des termes « salopes » et autres « cuissssss » marmonnées au passage d’une élève en couple (et donc soupçonnée d’avoir des relations sexuelles), remise du « concombre d’or » devant toute la promotion à la jeune fille qui a « le plus cuissé durant l’année »… Sans oublier l’ignorance ritualisée ou « l’indifférence courtoise » comme la surnomment les tradis eux-mêmes : cet usage qui consiste à ne jamais adresser la parole aux filles. Jamais, au point de ne pas transmettre les consignes du commandement ou à les prévenir des contrôles scolaires. Et donc à les pénaliser dans leurs études.

      « On retrouve les filles en pleurs dans les couloirs, prêtes à tout arrêter du jour au lendemain, rapporte une source interne. Entre le stress des concours, l’intensité des semaines de cours et ce sexisme en situation de force, beaucoup d’étudiantes n’arrivent plus à contrôler leur sentiment de détresse. » Aurore n’a pas peur de parler de harcèlement sexiste : « Je me sens humiliée dans mon identité de femme et bafouée dans mon droit d’être ici. Ça m’a rendue malade. J’ai longtemps eu des nausées, des maux de ventre, un corps épuisé. J’en ai parlé à un médecin qui m’a confirmé que tout n’était que psychologique. »

      « Leur but, c’est qu’on décroche en fin de première année », synthétise Rebecca qui est sortie de la prépa en juin 2016 sans concourir pour l’ESM. L’ancienne apprentie officière a tenu trois ans, avec une année de « khûbe » (redoublement), mais en « craquant » à chaque vacance. Aujourd’hui, la jeune femme se dit « dégoûtée » du métier qui la faisait rêver plus jeune. Même constat pour Noémie, ancienne élève de la prépa Saint-Cyr aujourd’hui en réorientation. Elle ambitionnait de devenir pilote de l’armée de l’air, mais elle a entre-temps « totalement perdu confiance en elle ». Déléguée élue lors de son unique année de classe prépa, la jeune fille a été toute l’année « boycottée » au profit de son vice-délégué et membre de la famille tradi. « On me disait toujours "va travailler, va te reposer, ton vice-délégué va s’en charger". Il n’y avait que six tradis sur une classe de 30 élèves mais j’ai fini par être transparente aux yeux de tout le monde. Certains ont commencé à me traiter de salope et à dire que je n’étais bonne à rien. Je pleurais trop régulièrement, je voulais tout le temps rentrer chez moi. Les tradis ont réussi à me faire penser que je n’étais pas assez douée pour devenir officière. Je suis partie. »

      Coralie a tenu trois années de prépa jusqu’à son intégration à l’ESM de Saint-Cyr. Après quelques mois à l’ESM, elle a choisi d’abandonner. Désenchantée. « Je m’étais interdit de craquer en prépa car je pensais qu’à l’Ecole spéciale, les garçons tradis disparaîtraient dans la masse. J’ai cru pouvoir me débarrasser d’eux, je me suis trompée. » C’est une réalité que la jeune femme n’avait pas assez appréhendée : les garçons du groupe des tradis du lycée, fondé sur l’entraide scolaire et la démotivation des concurrents, sont des « bêtes à concours » qu’on retrouve en nombre sur les bancs de l’ESM. « En arrivant à Coëtquidan (Morbihan), j’ai retrouvé les pires, lâche Coralie. On m’a de nouveau traitée comme une sous-merde. Ce sentiment de ne jamais être à sa place est épuisant. J’ai fini par craquer. Je n’ai pas eu la force que je voulais. »

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      Fermer les yeux

      Le phénomène n’est ni nouveau, ni inconnu pour le ministère des Armées. Depuis la rentrée 2014, un « référent mixité » est en poste dans chaque lycée militaire et une inspection générale a lieu chaque année pour faire le tour de l’ambiance qui y règne. En 2015, la section « sciences économiques » de la prépa Saint-Cyr a été purement et simplement supprimée aux motifs de « comportements discriminatoires à l’égard des élèves féminines » et de « conduites vexatoires et blessantes » de la part des tradis. « Une mesure forte », appuie le chef du service d’information de l’armée de terre, le colonel Benoît Brulon, vers qui nous a orientés la direction de l’établissement. Elle aurait permis de « largement améliorer le climat ces quatre dernières années », continue-t-il. D’ailleurs, le rapport Galtier, rendu au ministère des Armées début 2018 à la suite de l’inspection du lycée, établit les mêmes conclusions, selon le général Pierre Liot de Nortbecourt, adjoint au directeur des ressources humaines de l’armée de terre en charge des lycées militaires et des écoles de formation initiales. « Reste une problématique dans une section », reconnaît-il. Les lettres, dans laquelle les tradis sont aujourd’hui les plus actifs. « De la méchanceté, des bêtises, un effet de groupe », brosse le général. Il s’agit de jeunes garçons qui sont déjà dans le collimateur des autorités du lycée. »

      Des témoins dénoncent pourtant un « double discours » entretenu par le commandement à la tête du lycée de Saint-Cyr. C’est vrai, à chaque début de rentrée scolaire, les petits nouveaux sont avertis par le chef de corps et les capitaines de la présence nuisible des familles tradis. « Ils font semblant de prendre les choses en main mais ce n’est que de la forme. Au vu de leur passivité tout le reste de l’année, on se demande s’ils ne cautionnent pas au fond la mentalité des tradis », explique l’une de nos sources. Selon elle, des dizaines de rapports d’élèves ont été transmis à la direction l’an passé, sans qu’aucune sanction ne soit prise. En interne, une majorité de témoins s’entendent pour dire que le véritable blocage se situe au niveau des plus hauts gradés.

      Au fond, le phénomène est simple : les prépas sont noyautées par le groupe des garçons ultras, beaucoup de filles et quelques garçons abandonnent. Les tradis, eux, parviennent à intégrer l’école puis à devenir officiers. Et se retrouvent ainsi dans la potentialité d’encadrer les formations des plus jeunes. Et sont portés, même inconsciemment, à fermer les yeux sur certaines pratiques qui leur rappellent leurs jeunes années. « Que des élèves fascistes me mènent la vie dure, je peux m’en remettre, soupire Marie, une ancienne élève de prépa littéraire. Que mes futurs chefs de régiment fassent la sourde oreille, c’est inadmissible. Le manque d’engagement des cadres encourage les éléments perturbateurs. » Et décourage les autres. Dans sa lettre, Mathilde lâche une terrible formule : « Ainsi, les fraternités se forment, c’est juste qu’il n’y a pas de sœurs. »

      #fraternité #masculinité #virilité #fascisme

    • http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/17/je-n-ai-jamais-rencontre-une-soldate-heureuse_1181997_3224.html

      Hypokâgne, khâgne, Sciences Po... et l’armée. Engagée à 22 ans, reçue à Saint-Cyr, Marine Baron a démissionné deux ans plus tard, révoltée par le machisme ordinaire des militaires. Elle relate son expérience dans « Lieutenante »

      Vous vous êtes engagée dans l’armée à 22 ans, vous l’avez quittée à 24 et vous avez écrit un témoignage dans lequel vous dites, dès le début : « Je ne suis pas faite pour l’armée. » Auriez-vous fait tout un livre pour ce simple constat ?

      Certainement pas. J’ai le sentiment que ce que j’ai vécu et ce que je peux en dire dépasse mon cas personnel. Il m’a été naturel d’écrire. Mon rôle dans l’armée était déjà d’écrire, j’étais officier de communication, je devais donner une bonne image de l’institution. En parallèle, il y avait ce que je vivais, et ce qu’il m’a été donné de voir chez certaines femmes militaires - il y en avait peu dans mon unité. Je me suis dit que si je ne disais pas ce que j’avais vu et expérimenté, personne ne le dirait à ma place.

      A quel moment de votre vie avez-vous eu ce désir de devenir militaire ?

      Dès l’adolescence. Je n’ai jamais rêvé d’un autre métier. Mais je ne le formulais pas vraiment, je restais assez fidèle à mon milieu bourgeois, intellectuel. J’ai fait les études qu’on attendait de moi, hypokhâgne, khâgne et Sciences Po. Je me suis mariée à 18 ans et j’ai divorcé à 21 ans. J’avais quitté ma famille pour me marier, puis mon autre famille en divorçant. Je n’avais plus d’attaches ou de comptes à rendre, je pouvais donc consentir à mon désir.

      Mais pourquoi ce désir d’armée et pourquoi la marine ?

      Sur la marine, on a beaucoup plaisanté, comme si je voulais me conformer à mon prénom, Marine... Mais la marine m’a toujours fascinée... Des voyages au long cours, une certaine idée de la liberté. Le désir d’armée ? Peut-être parce que je n’ai pas eu de vrai modèle d’autorité. Ma mère, qui m’a élevée, était... je dirais, un peu bobo soixante-huitarde, même si c’est réducteur. Mes parents étaient divorcés, et mon père n’a pas été très présent dans mon éducation. Venant d’une famille éclatée, je voulais retrouver quelque chose d’uni. C’était certainement aussi un geste de révolte contre ma mère, antimilitariste. Et un désir d’idéal - servir une cause.

      Vous citez une phrase, une sorte de maxime de l’armée : « Il n’y a pas de sexes dans l’armée, il n’y a que des militaires. » Est-ce la réalité ?

      Il y a un seul sexe, le masculin. On le sait d’emblée quand on est une femme : on entre dans l’armée avec le fantasme de s’abstraire du féminin. On a le désir de se fondre dans cette collectivité unisexe. On essaie de faire oublier qu’on est une femme, mais on est toujours rappelée à l’ordre, ramenée et réduite à son sexe. Jamais je ne me suis autant sentie désignée comme femme. Si je faisais une bourde, c’était parce que j’étais une femme. Si on faisait un exercice difficile et que je serrais les dents pour ne rien dire alors que les hommes, eux, se plaignaient, c’est tout de même moi que l’instructeur réprimandait.

      A suivre votre parcours, à lire les portraits de femmes que vous faites, on a le sentiment qu’aucune femme ne peut être heureuse dans l’armée. Pourtant les femmes continuent de s’engager et toutes ne partent pas au bout de deux ans...

      Il y en a aussi qui partent bien avant. Mais je suis persuadée que dans certaines unités où il y a suffisamment de femmes, leur condition est meilleure. Dans la marine, il y a entre 12 % et 15 % de femmes mais dans mon unité, c’était 2 %, voire 1 %. Je pense que certaines femmes militaires ne se sont pas reconnues dans mon discours. Mais je n’ai eu aucune réaction de leur part. En revanche, j’ai reçu des témoignages de femmes qui, contrairement à moi, sont restées dans l’armée et qui m’ont remerciée d’avoir brisé le silence, d’avoir raconté mon expérience dans laquelle elles se sont retrouvées.

      Un de vos supérieurs vous a dit : « Ici, les femmes ont la condition qu’elles méritent. » Avez-vous quelque chose à lui répondre ?

      Je connais ce discours. Si on morfle, c’est qu’on l’a cherché. En fait, on est venue dans l’armée seulement pour se trouver un homme. C’est stupide. Dans mon unité, certains étaient furieux de voir arriver une femme. D’autres étaient contents, mais pour de mauvaises raisons, parce qu’ils ne voient les femmes que comme des objets de désir.

      Vous citez des propos qui semblent d’un autre âge, le moindre étant de désigner toujours une femme comme « la miss ». Mais n’est-ce pas le fait d’une minorité ?

      Chacun a plus ou moins un discours sexiste. Même si seule une grosse minorité est ouvertement misogyne, c’est en fait toléré par tous, ou presque tous. Et c’est cela qui est grave : la plupart laissent faire, comme ils le font avec les propos racistes.

      Les misogynes et les racistes, ce sont les mêmes ?
      Ce serait trop simple. J’ai vu des misogynes carabinés se révolter contre des propos racistes. Et inversement, des racistes ont parfois pris ma défense. On ne peut pas s’en tenir aux idées reçues.

      Vous n’avez pas donné les véritables identités des officiers de votre unité. Mais ils ne pouvaient pas ne pas se reconnaître. Ont-ils réagi ?

      Pas officiellement. Et une fois encore, je n’ai eu que les réactions positives. Ceux qui ont détesté mon propos ne se sont pas manifestés.

      Curieusement, c’est quand vous entrez à Saint-Cyr Coëtquidan, qui apparaît comme la voie royale, que vous craquez.

      Saint-Cyr, c’était la concrétisation de mon intégration dans l’armée. Dans la marine, j’étais « volontaire officier aspirant ». C’était une situation précaire. J’ai passé le concours de Saint-Cyr dans l’enthousiasme, pour faire carrière. J’y tenais. Ma passion pour l’armée était réelle. Je voulais qu’on m’y accepte. Je ne voulais pas admettre que j’étais usée par les deux années que je venais de vivre. Je suis arrivée à Saint-Cyr, persuadée que j’allais signer pour quinze ans minimum. J’avais quelques semaines pour me dédire. J’ai soudain réalisé que je ne tiendrais pas, et je suis partie.

      Vous n’avez pas tenu, mais y a-t-il vraiment un problème de fond, qui toucherait toutes les femmes ?

      Je le crois. Certes, j’étais dans une unité très masculine. Et j’ai sûrement fait des erreurs. Mais pour les quatre femmes qui ont été dans cette unité, ça s’est mal passé. Il est impossible qu’elles aient toutes été anormalement faibles et fragiles.

      Il y a des difficultés pour les femmes dans toutes les entreprises.

      Certainement, mais, dans l’armée, il n’y a aucune acceptation de la mixité. Dès que les hommes ont peur, ils sont traités de gonzesses.

      Cela existe dans le civil aussi.

      Peut-être. Mais, dans l’armée, tant qu’il y aura, accolée au féminin, une image de faiblesse qui est l’antimodèle absolu de la ligne de conduite militaire, la situation des femmes ne sera pas bonne.

      Il y a pourtant des soldates heureuses.

      Je n’en ai pas rencontré. Maintenant que je parle avec d’anciennes militaires, je vois que certaines ont su trouver leur espace. Mais quand j’y étais, je n’ai pas rencontré une seule femme qui me dise « c’est super, l’armée ».

      Avez-vous des regrets ?

      Passé le soulagement, oui, car j’ai toujours un attachement à cette idée de servir la France, et surtout de défendre la démocratie. Je suis attachée à mon pays. D’ailleurs, combien y a-t-il de pays où j’aurais pu écrire un livre critique sur l’armée sans être inquiétée ? Et puis, bien sûr, il y a des choses qui me manquent dans la vie civile. Des rapports humains très forts, où, même dans les affrontements, on se sent vivre.

      A-t-on essayé de vous retenir ?

      Une copine de chambrée m’a dit : « Ne pars pas, tu vas à nouveau dépendre d’un homme ! » Comme si, dans l’armée, on dépendait d’autre chose que des hommes...

    • http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/j-etais-un-bourreau-la-confession-d-un-tradi-repenti_1638206

      Oui, je traitais les féminines de « grosses », je pratiquais l’indifférence courtoise [ne plus parler aux filles, ndlr] et j’ai beaucoup ri lors du sketch de la jeune femme scalpée.

      #courtoisie #galanterie #sens_commun #manif_pour_tous #religion #catholicisme #homophobie #racisme #grossophobie

      L’État français donne des armes à ces gens là alors que ca devrait être les derniers de la terre à pouvoir y toucher.

    • C’est pas seulement les valeurs militaire, ce sont les valeurs catholiques. Un papa dans une maman pour tous, les femmes à la maison sans droit sur rien et surtout pas leur corps, soumission à la hiérarchie, croyance aveugle, goût pour la génuflexion, sado-masochisme... Rien de plus logique qu’on trouve autant de catholiques dans cette école d’artisans bouchers et surtout chez les plus agressifs contre les femmes.

    • Dit donc les éditions triomphe ca fait pas révé. Quel dessins monstrueusement moche !

      Un autre article sur l’e-monde sous #paywall
      http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/03/23/harcelement-moral-de-jeunes-filles-au-lycee-militaire-de-saint-cyr-l-enquete

      La jeune femme explique avoir été persécutée pendant deux ans par un petit groupe de garçons, résolus à lui faire abandonner ses études.

      On parle quant même d’un « petit » groupe d’une 60 ène d’élèves sur 230 (26% des élèves, plus d’1 sur 4 ! ) avec la hiérarchie qui les soutiens jusqu’au plus haut niveau.

      Extrêmement influents au sein de l’établissement, ces jeunes hommes gravitent dans la sphère catholique traditionaliste – ils assistent à la messe en latin le mercredi et le dimanche –, se disent souvent proches des milieux d’extrême droite et affichent ouvertement des positions contre les homosexuels et l’avortement.

      Les témoignages recueillis décrivent des jeunes hommes « prêts à tout » pour éliminer toute forme de concurrence pour l’entrée à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr – le Graal pour ces étudiants. Si bien qu’il n’est pas rare de voir arriver « les pires » à Coëtquidan (Morbihan), et par conséquent de les retrouver parmi les officiers de l’armée.

      La direction de l’établissement qui, dans un premier temps, évoquait de simples « blagues potaches », remue depuis ciel et terre pour étouffer l’écho médiatique qu’a reçu l’affaire révélée par Libération. « Ici, on laisse les filles se faire opprimer et on ne sanctionne jamais les bourreaux », déplore une ancienne élève du lycée militaire.

      L’armée veux faire croire que ces élèves misogynes, homophobe et racistes passent leur vie à Saint Cyr et ne vont pas pourrir la vie des femmes, des homos et des personnes racisées partout ou ils se rendent. Si 1/4 des militaires sont des misogynes, homophobes et racistes actifs, les 3/4 restants ça les dérangeait pas tant qu’on en parlait pas dans les journaux.

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      Le problème a été « résorbé »

      Ahah

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      Dans le commentaires de l’article, qui sont rigolos pour une fois, les fachos sont aux abois. Je découvre que les élèves de l’école Saint Cyr ont de drôles d’occupations au puy-du-fou pour faire la promo de Villier.

      https://www.youtube.com/watch?v=mBtNbd4KbAs

      https://www.youtube.com/watch?v=cGmxwGyRfNI


      Là on peu voire qu’il y en a plus que 60 « tradi » et que les femmes il n’y en a pas (même si il peut y avoir des femmes « tradi » là on en voie pas).

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      Quand la troupe tolère les femmes elles sont mise à l’arrière.
      https://www.youtube.com/watch?v=BYjW4bHMsbM


      https://www.youtube.com/watch?v=DYWPO6P_G5k

      Dans ces deux videos je remarque que les élèves noirs sont mis plutot dans les premiers rangs (sauf une ou deux exception). Ca veux pas dire qu’il y a pas de racisme, mais je pense que ca reflète la volonté de l’armée de recruté des hommes racisés (mise en avant) et surtout pas des femmes, racisées ou pas.

    • Ben, si, les Éditions du Triomphe, ça fait rêver ! Du moins certains : le Triomphe est le nom de la cérémonie de fin de première année à Saint-Cyr Coëtquidan. Les élèves y passent de rien à tout (ou presque, il reste encore quelques années d’étude…) en passant d’élèves-officiers à aspirants. La cérémonie est nocturne et son moment culminant est lorsque toute la promo est rassemblée et que « l’officiant » donne les ordres :
      – À genoux, les hommes !
      – Debout, les officiers !

      Pour l’ordre dans le défilé, je crois me souvenir de ma jeunesse, que la disposition dans le peloton est régie par taille décroissante. Ceci dit, l’autre école militaire (qui a le privilège d’ouvrir le défilé du 14 juillet) fait de façon constante le choix de mettre des filles au premier rang.

      https://www.youtube.com/watch?v=ByJ4e94yW20

      Palaiseau : ces élèves de Polytechnique vont ouvrir le défilé sur les Champs-Elysées - Le Parisien
      http://www.leparisien.fr/palaiseau-91120/palaiseau-ces-eleves-de-polytechnique-vont-ouvrir-le-defile-sur-les-champ

      Cette année, l’ordre de marche sera différent des précédents. Traditionnellement, les femmes sont devant, puis l’ordre va des plus grands au plus petits par taille, « pour effrayer l’adversaire », ajoute Joséphine. La délégation d’élèves est dirigée par un chasseur alpin et « tout est donc inversé, ce sera par ordre décroissant que nous défilerons, reprend l’étudiante. Peut-être parce qu’en montagne les plus petits ouvrent la voie ».

      Chacun a les traditions qu’il choisit.

      Ceci dit, à l’X les filles ont dû se battre puisqu’au début elles n’avaient pas accès aux vrais symboles polytechniciens :
      • elles portaient un tricorne et non le bicorne de leurs camarades garçons,
      • elles n’avaient pas droit au port de l’épée.
      Comme on peut le vérifier aisément sur cette photo d’Anne Chopinet, major de la première promo qui acceptait des filles (tricorne et absence d’épée - et donc du ceinturon)

    • A la suite de l’enquête de Libération qui a révélé le système bien rodé d’exclusion des filles au sein des classes préparatoires du lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole (Yvelines), le conseil disciplinaire de l’établissement a voté ce jeudi l’exclusion définitive de deux étudiants impliqués dans des faits de harcèlement sexiste. Il s’agit des deux « chefs » du clan des « tradis », ce groupe minoritaire d’étudiants qui noyaute les classes prépas du lycée pour en exclure les élèves filles au prétexte qu’elles n’auraient pas leur place dans l’armée.

      Selon une source interne, une petite dizaine d’autres élèves « tradis » pourraient eux aussi passer devant le conseil de discipline dans les semaines à venir. Le 4 avril dernier, la ministre des Armées, Florence Parly, s’était engagée devant l’Assemblée nationale à exclure de Saint-Cyr-l’Ecole « les élèves impliqués dans ces faits ».

      Cette première exclusion est surtout symbolique : ces jeunes hommes de deuxième année de prépa sont autorisés à passer les concours (qui débutent la semaine prochaine) et ne manqueront finalement que les sessions de révisions du mois de mai pour préparer les oraux (les cours sont d’ores et déjà terminés).

      http://www.liberation.fr/direct/element/harcelement-au-lycee-militaire-de-saint-cyr-deux-eleves-tradis-definitive

      Je rappel ce que cette brève désigne par « minorité » : un groupe d’une 60 ène d’élèves sur 230 (26% des élèves, plus d’1 sur 4 ! ) avec la hiérarchie qui les soutiens jusqu’au plus haut niveau.
      2 exclusions symboliques des meneurs, 10 élèves en conseil de dicipline ce qui ne changera rien à l’ordinaire de ce que s’infligent ces machos dans leur club fasciste, et pas de conséquences dans la hiérarchie de l’école qui est pourtant clairement impliquée dans tous les témoignages. L’armée valide le comportement des tradis en faisant quelques gesticulations vaguement symboliques pour la presse.


  • GRAND FORMAT. « Je ne me soigne plus à cause des médecins » : des patientes dénoncent la « #grossophobie médicale »
    https://www.francetvinfo.fr/societe/grand-format-je-ne-me-soigne-plus-a-cause-des-medecins-des-patientes-de

    L’une des raisons de ce silence est que la “grossophobie” « est avant tout une forme de sexisme, estime Olga. Dans notre société patriarcale, on demande aux femmes d’avoir un corps désirable, mince, prêt à accueillir une grossesse. Le corps des femmes grosses est l’opposé de ces normes, forcément, il dérange, il provoque le rejet. » La grossesse est d’ailleurs un moment particulièrement douloureux pour ces femmes. “J’ai tout entendu, que je ne pouvais pas avoir d’enfant parce que j’étais grosse, que je devais absolument perdre du poids si je voulais en avoir”, se souvient Marjorie, mère d’un garçon de 3 ans. “Au final, je suis tombée enceinte en un an, la moyenne.” Lors de sa grossesse, les soignants sont persuadés que Marjorie fait du diabète gestationnel lié à son poids. “J’ai fait les examens, je n’en avais pas. J’ai lu la déception dans le regard de l’infirmière”, assure Marjorie. Même après la naissance de son garçon, les recommandations continuent. “Il fallait à tout prix éviter que mon enfant soit gros, qu’il ne devienne pas comme sa mère. On me sermonnait, comme si j’allais emmener mon bébé de 6 mois au McDo.”


  • Ta « copine grosse rigolote » : chronique dessinée - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=-6gCfcJbkgo&feature=youtu.be

    « La grosse rigolote du coin, il y en a toujours une, tu sais ! » Une chronique dessinée qui explore l’abjection de soi en grandissant, et les dégâts que peuvent générer les clichés narratifs liés aux personnages gros en fiction. promis, la fin est optimiste.

    #grossophobie #femmes #sexisme #corps


  • Un podcast à soi (n°3) : le gras est politique | ARTE Radio
    https://www.arteradio.com/son/61659398/un_podcast_soi_ndeg3_le_gras_est_politique

    Elles sont grosses et discriminées pour cela. Ce sont des remarques, des regards, des insultes, des commentaires. C’est un patron de restaurant qui, lors d’un entretien, vous annonce qu’il ne peut vous embaucher parce que vous dissuaderiez les clients de commander un dessert. C’est un médecin qui passe à côté du bon diagnostic, car il estime que tout est lié à votre poids. C’est un amant qui n’ose pas s’afficher à vos côtés.
    Dans ce troisième épisode d’Un podcast à soi, elles racontent avec puissance leur quotidien et leur recherche de liberté. Leurs récits bouleversants interrogent notre rapport aux normes esthétiques et alimentaires, et donnent à comprendre pourquoi la #grossophobie est un enjeu féministe.

    #radio #femmes #discriminations


  • ‪L’alimentation, arme du #genre‪ | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-journal-des-anthropologues-2015-1-page-19.htm

    Ce dossier est le fruit d’une rencontre entre trois sociologues et une socio-anthropologue autour du constat suivant : un vide théorique caractérise le croisement des champs du genre et de l’ #alimentation dans le monde francophone. L’appel à contribution lancé en 2014 par le Journal des anthropologues avait pour objectif de sonder ce vide et de permettre l’émergence de questionnements inédits et de données susceptibles d’alimenter le peu d’études empiriques disponibles sur le sujet. Nous espérions, par cet appel, « essayer de savoir et de faire savoir ce que l’univers du savoir ne veut pas savoir », selon la formulation de Bourdieu (1997 : 14).
    2

    Les études sur l’alimentation et les études sur le genre ont plusieurs points communs [1]
    [1] Jarty J., Fournier T. « Mise en perspective des problématiques...
    . Elles ont dû extraire leurs objets de la gangue naturaliste où la pensée commune – et savante – les tenait (non, l’alimentation ne sert pas qu’à combler des besoins vitaux ; non, les catégories « hommes » et « femmes » ne sont pas données par la nature). Elles sont par constitution transdisciplinaires. Et elles entendent rendre compte dans toute sa complexité du fonctionne­ment de politiques sociales qui cherchent à s’ignorer comme telles (Lapeyre, 2014). À tous ces titres, elles ont rencontré des résistances académiques majeures.
    3

    Aujourd’hui en France, elles constituent des champs émergeants, et toutes deux font partie des axes prioritaires du CNRS. Mais ces axes restent étrangers l’un à l’autre. L’absence de connexion est très visible. La thématique de l’alimentation est quasiment absente de l’Introduction aux études sur le genre disponible en France ; les auteur-e-s y consacrent seulement un en­cart dans leur chapitre sur la socialisation (Bereni et al., 2012 : 119), constitué par un extrait de La Distinction de Bourdieu. Les études sur l’alimentation, de leur côté, n’ont pas pour cadre de référence le corpus théorique des études sur le genre. Si le sexe est régulièrement pris en compte comme variable sociologique, les données sont da­vantage interprétées au travers de la grille de lecture fournie par la sociologie de la famille (Bélorgey, 2011), hormis quelques travaux qui tentent de la dépasser (voir par exemple Corbeau, 2004 ; Fournier, 2012). Et les tensions sont particulièrement saillantes entre les études sur le genre et les recherches sur la famille, ces dernières n’ayant pas pour point de départ la question théorique des inégalités – particulièrement celles produites au sein de l’institution familiale (Ferrand, 2004).

    • Celui là aurais aussi sa place ici : https://seenthis.net/messages/633249

      il est mentionné aussi ici : https://seenthis.net/messages/577723#message651898

      L’anthropologue américain Robert Brightman, dans un article inti­tulé « La division du travail de quête alimentaire : biologie, tabous et politiques du genre », a proposé, à la suite de Tabet, que « la créa­tion et la reproduction sociale de la division genrée du travail chasse/collecte dérivent de l’appropriation intéressée par les hommes du travail de chasse, et du capital social accumulé de ses produits » (Brightman, 1996 : 718).

    • Une idée revient fréquemment dans le discours des socio­logues et des ethnologues qui n’ont pas chaussé les lunettes du genre : les femmes, étant tout le temps en cuisine, pourraient en réalité se réserver les meilleurs morceaux, et en tout cas manger à leur faim. Margarita Xanthakou, à partir de son terrain dans la région du Magne en Grèce (effectué il y a quarante ans) s’insurge contre cette « profonde idiotie ». Elle a constaté, tout au contraire, que les femmes se privent de viande pour leurs maris ou leurs fils, et que, « même les tomates », quand celles-ci sont rares, sont mises de côté pour les hommes, par les femmes elles-mêmes [4][4] Ethnologue, directrice de recherche émérite au CNRS.... La socialisa­tion au sacrifice est un des moyens par lequel les femmes sont sans doute amenées à ne pas remettre en question l’injustice alimentaire. La ségrégation des repas (ségrégation de lieu et/ou temporelle avec préséance des hommes) remplit très certainement une fonction similaire, car ne pas voir manger les autres est aussi une façon de ne pas avoir directement sous les yeux l’injustice. L’article d’Atse et d’Adon répète ce que bon nombre de travaux ont déjà noté sur le continent africain, en Europe rurale et ailleurs : les hommes, les enfants et les femmes forment des groupes qui mangent séparément. Cet article fait observer que les prérogatives masculines, si insatisfaites, sont rappelées par la violence : les hommes s’attendent à consommer les morceaux qui leur reviennent et les sanctions qui attendent les femmes en cas d’« oubli » ne sont pas particulièrement enviables. Loin de la socialisation au sacrifice, les femmes sont empêchées de manger ce qu’elles veulent parce qu’elles sont mena­cées, au sens propre, par les hommes. Mathieu, dans ses séminaires [5][5] « Anthropologie des sexes », à l’EHESS, Paris, dans..., n’a jamais cessé de rappeler que la domination n’est pas juste « symbolique » comme l’écrit Bourdieu, mais qu’elle est maintenue par une violence très concrète de la part de ceux qui ont intérêt à préserver leurs privilèges alimentaires. Dans leur approche critique de la notion de gatekeeper (Lewin, 1943), les sociologues Alex McIntosh et Mary Zey ont fourni des considérations épistémolo­giques précieuses : « la responsabilité n’est pas équivalente au con­trôle » disent-ils (1998 : 126). Ce qui signifie, comme le dit aussi Counihan (1999) que ce n’est pas parce que la nourriture est aux mains des femmes que les femmes en disposent selon leur bon vouloir, et encore moins pour en obtenir un pouvoir.

      Sur le consentement à l’oppression voire aussi ; https://seenthis.net/messages/396369#message396385

    • Concernant la répartition des viandes, quand celles-ci sont bouillies, les ethnologues peuvent aussi dire qu’il ne peut y avoir discrimination quand les gens mangent dans le même plat. Un argument entendu lors d’un séminaire de recherche [6][6] Séminaire de Cécile Barraud, EHESS, Paris, fin des... (fourni par un ethnologue océaniste) était que les aliments étaient tellement dissous par la cuisson qu’on ne pouvait reconnaître aucun morceau en particulier. Cet argument était avancé pour dire que même si les hommes avaient des morceaux attribués, ils ne pourraient en aucun cas les reconnaître dans la marmite et se les octroyer. L’article « Le gras viril et le maigre féminin » de G. Lacaze offre quelques données permettant de reconsidérer cet argument, même si c’est dans un tout autre contexte culturel. Chez les Mongols, dit-elle, l’alimentation quotidienne est constituée d’une soupe qui est en fait assez largement constituée de gras dissous. La consommation du gras – c’est d’ailleurs le sujet de son article – est la prérogative des hommes. Le contenu quotidien de la marmite est genré : le dessus − jugé comme étant le meilleur par les gens eux-mêmes – est attribué aux hommes, le fond, aux enfants et aux femmes. Est-ce une remarque d’une telle évidence que l’on ne pense pas à le mention­ner : le gras, élément plus léger que l’eau, surnage. Ainsi, le dessus de la marmite est effectivement plus riche en gras que le fond. Or c’est par ce type de considération que la question du genre peut être reliée à la question nutritionnelle. À quantité équivalente de protéines et de glucides, les lipides possèdent une valeur énergétique plus de deux fois supérieure : c’est aussi un fait bien connu des sociétés occidentales lipophobes. Le problème est bien ici de réussir à relier plusieurs champs du savoir. Un-e ethnologue recourant à une interprétation symboliste pourrait expliquer – au hasard – que si le dessus de la marmite est attribué aux hommes et le fond aux femmes, c’est à cause de l’association du haut avec ce qui est mas­culin et du bas avec ce qui est féminin. Ce type d’interprétation « symbolique » se donne l’apparence d’une analyse en termes de genre sans en être une. Les résultats de G. Lacaze offrent la possibi­lité de véritablement déplier une analyse en termes de dispositif de genre. Ils permettent en effet une mise en regard de l’association « symbolique » du masculin au gras et du féminin au maigre, des pratiques culinaires, du monopole réel des hommes sur les graisses, et de divers discours ethnophysiologiques (caractère goûteux et/ou énergétique de la graisse). Cette analyse permettrait elle‑même d’ouvrir sur une perspective comparative, car bien évidemment, le monopole masculin sur les graisses et leur extrême valorisation gus­tative ne sont pas propres aux Mongols (Touraille, 2008 : 305, 312).

      #marmite
      @simplicissimus cet extrait sur la division de genre de la viande chez les Mongoles devrait t’interesser

    • Sur l’ #alcool et le #genre

      Un article de ce numéro traite aussi du « boire » en France. Dans « Le genre de l’ivresse », N. Palierne, L. Gaussot et L. Le Minor, montrent que, contrairement à certains préjugés en vigueur, il n’existe pas de véritable mouvement d’égalisation de la consomma­tion d’alcool entre hommes et femmes au sein des générations les plus jeunes de Poitiers (population étudiante). Les auteurs observent un écart important entre le boire des femmes, qui donne lieu à un important contrôle (corporel et comportemental), et le boire des hommes, davantage lié à l’expression d’une masculinité qui favorise l’ostentation, l’excès, la prise de risque, et, par voie de conséquence, la dépendance alcoolique. La thématique du contrôle nous amène à envisager un autre aspect de la consommation différentielle. Dans les sociétés industrialisées, les femmes ne sont pas l’objet d’interdits alimentaires comme dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs ou dans les sociétés d’agriculteurs et d’éleveurs, présentes et passées. Pourtant, elles expérimentent des pressions sociales dont l’alimentation est aussi l’instrument, et qui ne sont pas moins redoutables : celle du contrôle de leur apparence corporelle, et dans une certaine mesure aussi, celle de leur pensée.

    • Sur la #grossophobie en lien avec le #care

      L’alimentation affecte le corps des individus tant par le biais des pratiques de consommation alimentaire différenciées que par celui de la division sexuelle du travail. S’il ne s’agit plus, ici, de restrictions et de tabous engendrés par le monopole des hommes sur les aliments protéinés, il s’agit cependant, là aussi, de pratiques de restrictions ciblant plus intensément les femmes que les hommes. L’article de S. Carof « Le régime amaigrissant : une pratique inégalitaire », confirme ce qu’une importante littérature a mis depuis longtemps en évidence (Counihan & Kaplan, 1998 ; Beardsworth et al., 2002 ; Gough, 2007) : les femmes se privent plus de manger que les hommes. Elles le font pour suivre l’injonction à réduire les proportions de leurs corps bien au-delà des recommandations médicales de santé. Ce façonnage est, pour certaines, impossible à atteindre biologiquement sans privations alimentaires importantes. Les hommes, de leur côté, manifestent une certaine complaisance pour leur propre masse graisseuse quand celle-ci semble confirmer la puissance « virile » de leur corps. Ce rapport au « gras viril », selon l’expression de G. Lacaze, qui ne s’élève cependant pas à celui des Mongols (mais offre des voies de comparaison), permet aux hommes un rapport moins obsessionnel à la nourriture (Sobal, 2005). L’alimentation représente le moyen principal de cette pression omniprésente à la minceur pour les femmes. Cette pression n’est pas imaginaire : dans certains milieux et dans bien des domaines du travail salarié, la minceur fait partie d’une caractéristique obligée pour les femmes, au même titre que le maquillage par exemple ou le port de talons (S. Carof). L’article « Moi, je ne demande pas à entrer dans une taille 36 » d’O. Lepiller interroge de son côté le recours beaucoup plus important des femmes à la chirurgie bariatrique. L’auteur montre de manière très incisive que l’injonction esthétique n’est plus vraiment opérante pour les femmes de plus de 45 ans qui tombent dans la catégorie médicale de l’obésité. La mise au rebut sexuel des femmes associée au concept de « ménopause » (Delanoë, 2007) et surtout les nouvelles charges de travail qui s’imposent à elles en termes de care sont évoquées pour expliquer le désir des femmes obèses de maîtriser une corpulence devenue incompatible avec le travail du care (Molinier, 2013). La pression du care augmente en effet pour les femmes à partir de cette tranche d’âge avec la prise en charge supplémentaire des membres vieillissants de la famille, ou des petits‑enfants, comme on le voit bien dans l’article de O. Lepiller. Les deux dernières études présentées dans ce dossier permettent de penser le corps des femmes comme dominé par l’alimentation au travers des deux grandes aires d’action du dispositif du genre : la sexualité et le travail (Clair, op. cit.).

    • Sur l’impacte psychologique des privations de #nourriture

      L’alimentation affecte aussi la pensée des individus. L’obnubilation de la nourriture qui tient les femmes est bien soulignée par S. Carof : le fait que les femmes sont amenées en permanence à penser à la nourriture pour contrôler leur corpulence à travers ce qu’elles vont, ou ne vont pas manger, ou de ce que mangent les autres dans le cadre de la division sexuelle du travail (articles de P. Cardon et d’H. Prévost), fonctionne comme une forme de colonisation et de domination de la pensée par l’alimentation. Comme le dit très bien une informatrice de S. Carof, quand on pense à la nourriture, notamment pour ne pas y succomber, on a du mal à se concentrer sur autre chose. Au xviiie siècle en Europe, le pain au chanvre qui plongeait les catégories sociales les plus pauvres dans un état d’hallucination permanent est décrit par l’historien P. Camporesi (1981) comme le moyen trouvé par les élites d’empêcher que les pauvres ne prennent conscience des injustices subies et s’insurgent contre l’ordre social. De même, l’ordre alimentaire genré rend les femmes tellement obsessionnelles de ce qu’elles ont le droit de manger, ou de ce qu’elles ne doivent pas manger, qu’il leur reste peu de temps pour prendre conscience des tenants et des aboutissants de ces normes et pour essayer de s’en libérer. Même si beaucoup de femmes s’autorestreignent et s’autocontrôlent (Germov & Williams, 1996 ; Saint Pol, 2010), et que personne ne leur enlève le pain de la bouche au sens littéral, celles-ci semblent toujours sous le coup d’une instance de jugement alimentaire. Entendre une femme qui s’excuse tout haut devant les autres de manger plus qu’elle ne devrait est la norme en France. Quant à celles qui sortent un tant soit peu du canon attendu (avec de sérieuses différences suivant les classes sociales cependant), les remarques en passant, les conseils alimentaires, ou les interventions nettement désobligeantes en provenance de l’entourage familial (notamment masculin) jalonnent leur vie, comme le rappellent S. Carof et O. Lepiller. Il existe donc bien un véritable rappel à l’ordre de la ligne (corporelle) pour les femmes françaises, qui ne consiste pas seulement en des pressions exercées par des images au travers des médias, mais qui relève aussi d’une contrainte et d’une violence psychologique réelle exercée par le cercle familial et professionnel, exactement comme P. Atse et P. Adon le décrivent pour les femmes akyées si elles ne respectent pas les prérogatives masculines sur certains morceaux de viande, ou comme le décrivent Manirakiza et al. pour les Yaoundéennes qui « osent » manger le gésier de poulet.

    • Sur l’alcoolisme des hommes et le fait qu’il cause plus de dégats sur les femmes et les enfants que sur les hommes...

      L’ordre alimentaire genré favorise presque immanquablement l’apparition d’inégalités de santé entre femmes et hommes. H. Prévost évoque les problèmes des femmes béninoises réassignées aux tâches alimentaires et en proie à la fatigue. P. Cardon évoque les difficultés des femmes atteintes d’un handicap physique qui ne peu­vent pas compter sur leur conjoint pour assumer les tâches culinaires et donc redoublent leurs efforts. P. Atse et P. Adon suggèrent les effets délétères des inégalités alimentaires sur la santé reproductive des femmes chez les Akyé. G. Lacaze évoque une malnutrition avé­rée des femmes mongoles. S. Carof et O. Lepiller rappellent que les régimes engendrent des comportements addictifs envers la nourri­ture. Ils suggèrent que l’injonction qui pèse sur le corps des femmes, associée aux charges de préparation des repas, crée un environne­ment pathogène générant des souffrances physiques et psychiques et favorisant in fine des prises de poids que seules les chirurgies, à un certain point, viennent soulager. Dans d’autres cas, plus rares, ce sont les hommes qui développent une souffrance psychique du fait de leur incompétence culinaire acquise et semblent alors être dominés, plus que bénéficiaires, de la division des rôles dans la préparation des repas (P. Cardon). De même, ce sont les hommes qui sont amenés à développer des problèmes de santé du fait du lien entre consommation d’alcool et construction de la masculinité. L’article « Le genre de l’ivresse » incite à affirmer que les corps et la pensée des hommes sont plus dominés par la boisson que ceux des femmes ne le sont. Prise sous l’angle du genre, la question des conséquences de la dépendance alcoolique sur l’entourage (Fainzang, 1993) enjoint néanmoins à pousser l’analyse en se demandant si les femmes (et les enfants) ne souffrent pas autant, sinon plus, de l’alcoolisme des hommes que les hommes eux‑mêmes.

      #renversionnite #inversion_patriarcale

    • #merci @mad_meg

      l’article de Gaëlle Lacaze (et son résumé)


      Journal des anthropologues
      2015/1 (n° 140-141), pp. 173-191

      Le maigre féminin et le gras viril chez les Mongols‪ | Cairn.info
      https://www.cairn.info/revue-journal-des-anthropologues-2015-1-page-173.htm

      Cet article examine l’influence des relations genrées sur les pratiques alimentaires chez les Mongols darhad. Dans les conceptions alimentaires, les techniques culinaires et les usages de consommation des pasteurs nomades, les inégalités genrées constituent un principe structurant. Néan­moins, chez les Mongols, où adaptabilité et flexibilité sont de rigueur, les inégalités apparaissent à l’observateur moins franches dans les pratiques que dans les discours.


  • #Grossophobie, « minçophobie », #body-shaming : quelles différences, quelle pertinence pour ces termes ? | Simonæ
    http://simonae.fr/militantisme/fatpositivism/grossophobie-mincophobie-body-shaming

    Composé des termes « body » (« corps ») et « shaming » (« humiliation »), le body-shaming est le fait de se moquer du corps d’une personne, que ce soit à cause de sa corpulence, d’une malformation, de sa couleur de peau, de la présence de poils, de vergetures et de cicatrices, de ses boutons, d’une tache de naissance, de sa couleur de cheveux, ou encore à cause de la forme des seins (les saggy boobs, qui signifie « seins tombants », ou les petits seins) ; la liste n’étant malheureusement pas exhaustive. Le body-shaming est surtout subi par les femmes, même si parfois les hommes peuvent en être victimes. C’est parce que les femmes ne sont évaluées que sur leur corps, comme si leur capital beauté était leur seule valeur [1], que le body-shaming est une expression du #sexisme.

    #oppression et @beautefatale citée !




  • Vous mentez... et Google le sait - Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/2017/10/27/mentez-google-sait

    Sexualité, boulot, loisirs... On passe notre temps à enjoliver la réalité sur les réseaux sociaux. Le chercheur Seth Stephens-Davidowitz s’est immergé dans le moteur de recherche de Google. Et a tiré un livre de ces petits arrangements avec la vérité

    « Sur les réseaux sociaux, chacun est heureux en ménage, en vacances dans les Caraïbes et lit la presse quotidienne. Dans le monde réel, beaucoup sont en colère, en train de faire la queue au supermarché, un œil sur un tabloïd et ignorant l’appel d’un conjoint avec qui ils n’ont pas couché depuis des années », affirme Seth Stephens-Davidowitz. On se doutait de cette dichotomie entre mythe personnel et réalité, mais ce data analyst a passé quatre ans immergé dans les recherches Google de ses contemporains pour en mesurer l’ampleur. Et publier ses conclusions, fin juin, aux Etats-Unis, dans un ouvrage intitulé Everybody lies, big data, new data, and what the internet can tell us about who we really are (Tout le monde ment, big data, nouvelles données, et ce qu’Internet peut nous apprendre sur ce que nous sommes vraiment).

    #google #réseaux_sociaux

    • Seth Stephens-Davidowitz voulait nommer son livre Quelle est la taille de mon pénis ?, l’une des requêtes les plus populaires et qui l’étonne encore : « Que les hommes fassent appel à Google plutôt qu’à un mètre pour obtenir une réponse à cette question représente la quintessence de notre ère numérique. » L’éditeur a refusé la proposition, mais la sexualité occupe une large place dans son ouvrage puisque, bien sûr, « tout le monde est obsédé par le sexe, et ceux qui disent le contraire mentent… »

      C’est très androcentrique, je suis pas certaine que tant de femmes que ca demandent à google quelle est la taille de leur penis.
      #mâle_alphisme #androcentrisme

      L’un de ses chocs reste néanmoins la découverte de ce qui suivait la phrase « Je veux coucher avec… ». Lui pensait tomber sur « Mon patron », « la femme de mon meilleur ami », « mon thérapeute ». Il a découvert une majorité de « mon fils », « ma sœur », « mon cousin » « mon père »…

      Il trouve pas « ma fille » ni « ma belle-fille » ni « ma petite fille » ca me surprend au vue des statistiques des #violences_sexuelles intra-familliales.
      #inceste

      Ses données révèlent aussi la persistance de la misogynie puisque les parents sont 2,5 fois plus susceptibles de demander si leur fils « est un génie » que si leur fille est supérieurement intelligente. Pour les demoiselles, les géniteurs préfèrent demander si elles ne sont pas « en surpoids » (deux fois plus fréquent que pour les garçons).

      #sexisme #grossophobie #intelligence #genre

      Plus distrayante, sa déconstruction du mythe amoureux : ainsi, sur les réseaux sociaux, si les qualificatifs utilisés par les femmes pour décrire leur mari sont « incroyable », « le meilleur » et « tellement mignon », elles préfèrent, sur Google, les termes « irritant », « méchant » et « con ». Quant aux hommes, « ils se préoccupent secrètement de savoir si leur femme est folle », assure l’analyste,...

      La aussi c’est distrayants pour les hommes uniquement, se demandé pourquoi ton compagnon est méchant de la part des femmes c’est pas trop distrayant.

      Et puis on ne saura pas comment les hommes parlent de leurs compagnes dans les réseaux sociaux. Ca m’étonnerais pas qu’ils les traitent ouvertement de folles sans grand écart avec leurs requets google parceque je peu pas dire que les hommes se retiennent de traiter les femmes de folles en publique.

      #amour #misogynie #hypocrisie #déni


  • Pour venir à bout des #trolls, éliminez leur espace de discussion
    http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/09/26/pour-venir-a-bout-des-trolls-eliminez-leur-espace-de-discussion_5191856_4832

    Autrement dit, les « redditors » qui insultaient les Noirs et les gros ont soit quitté Reddit, soit intégré d’autres communautés où ils n’ont pas importé leur comportement. Sur le fond, ces utilisateurs n’avaient sûrement pas changé. Ça les amuserait toujours d’écrire des choses horribles sur les Noirs et les gros. Mais leur comportement raciste et hostile n’apparaissait plus en public, n’étant plus toléré et encore moins encouragé hors de leurs sous-forums de prédilection. Comme le résume Eric Gilbert, l’un des chercheurs de l’équipe :

    « Ils n’ont pas banni des individus. Ils n’ont pas banni tel ou tel mot. Ils ont banni des espaces où ces mots étaient susceptibles d’être écrits. »

    #racisme #grossophobie #banissement


  • Des consultations à 46 et 60 euros vont faire leur apparition chez les médecins généralistes
    https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/des-consultations-a-46-et-60-euros-vont-faire-leur-apparition-chez-les-me

    Dès le premier novembre, de nouveaux tarifs, plus élevés, feront leur apparition lors de certaines consultations chez les médecins généralistes. Ils seront appliqués à des consultations « complexes », et concerneront par exemple les enfants obèses ou les jeunes filles qui souhaitent une contraception.

    Le premier novembre prochain, les consultations complexes ou très complexes, facturées 46 et 60 euros, feront leur apparition chez les médecins généralistes.

    #vie_privée #secret_médical #santé

    via https://mamot.fr/@epyfro https://mstdn.fr/web/statuses/1175153

    Des consultations à 46 et 60 euros vont faire leur apparition chez les médecins généralistes
    Une grippe ? 25€
    Une MST, ou un renseignement sur la contraception ? 46€
    Un cancer ? 60€
    Non seulement c’est un scandale, mais le simple montant de la consultation permettra de deviner son motif, permettant une violation facile du secret médicale.


    • Au fait, non seulement vous allez crever, mais en plus, ça va vous coûter un bras ! Et une mineure à la recherche d’infos pour la contraception qui consulte sans les parents… paf, ça va être compliqué !

      Les consultations très complexes seront facturées 60 euros. Ces consultations rares concernent par exemple « la préparation à des greffes rénales, les consultations d’annonce de cancer, qui restent très délicates, ou encore les consultations des gynécologues concernant des malformations fœtales, qui sont également compliquées à annoncer », explique le Docteur Jean-Paul Hamon, généraliste et président de la Fédération des Médecins de France à franceinfo.

    • Non, pas du tout, il te fera revenir le lendemain pour t’annoncer la mauvaise nouvelle. Du coup 25 + 60 = 85 € dans la fouille. Quid du remboursement par l’assurance maladie ?
      parce que j’ai rien vu passer dans les différents articles que j’ai lu.

    • Quand le mot cancer est prononcé ...

      Ne l’oublions pas, ce sont souvent nous, les médecins généralistes, qui prononçons pour la première fois le mot « cancer » face aux patients.
      Nous le faisons même parfois avant un diagnostic de certitude, en évoquant une possibilité parmi d’autres, ne serait-ce que pour inciter les patients à faire les examens complémentaires.

      Nous savons tous qu’au moment où nous prononçons ce mot, les patients basculent dans leur imaginaire (les visages de proches touchés, les images des médias, les pensées de mort, les conséquences de la chimiothérapie ... et tout ce que nous n’imaginons pas). Le mot prononcé, nous percevons ce mouvement vacillant du corps ou du regard et nous nous préparons à écouter avec empathie et à tenter de répondre aux questions.

      Nous prenons donc le temps et les précautions auprès de ces patients que nous connaissons peut-être de longue date. Nous nous adaptons au mieux à ce que nous savons d’eux et nous nous projetons avec eux dans le parcours qui va suivre le diagnostic. Durant cette consultation, nous leur témoignons de notre présence et nous leur assurons de notre disponibilité future.

      Cette consultation porte un peu pompeusement le nom de « consultation d’annonce » à l’hôpital. Preuve en est de l’importance de cette consultation, quand elle n’est pas un peu trop directe et courte. Pour nous, elle aura lieu entre des soins de pathologies infectieuses, des renouvellements de traitement, le suivi d’un nourrisson …
      MG France a obtenu que cette consultation d’annonce puisse être faite par le médecin traitant et rémunérée à hauteur de l’intensité et de la difficulté de ce type de consultation (article 28.4).

      Pour les patients, viennent ensuite les bilans complexes, les gestes invasifs, les allers-retours à l’hôpital ... Parfois, nous les voyons peu durant cette période, parfois pas du tout ... Cependant, il n’est pas rare qu’ils se tournent vers nous pour évoquer leurs soins, pour poser des questions qu’ils n’ont pas pu formuler à l’hôpital, pour exprimer leurs inquiétudes. Le temps d’une consultation, ils retrouvent la médecine de proximité qui probablement les rassure et ce lieu du cabinet où ils ont eu d’autres moments médicaux moins difficiles.

      Lorsque des réunions de concertation pluri-disciplinaires sont organisées à l’hôpital afin de décider des soins pour les patients, ces derniers ne sont malheureusement pas toujours informés. Les médecins généralistes ne sont que rarement conviés ou souvent trop tardivement et il nous est difficile de nous organiser pour y être présents. A l’heure moderne des conférences téléphoniques, cette solution d’appel téléphonique du médecin traitant permettrait enfin une prise en compte globale des patients et éviterait peut-être des décisions inappropriées. Une reconnaissance et une indemnisation de ce temps seraient bienvenues pour les médecins généralistes.

      MG France œuvre pour faire reconnaitre la présence des médecins généralistes auprès des patients atteints de cancer comme idéalement défini dans le plan cancer 2014, qui est peu respecté (information en temps réel des médecins traitants qui sont identifiés comme les interlocuteurs privilégiés des patients dans le parcours de soins ; travail de liaison et de coordination entre les différents professionnels impliqués autour des patients).

      (Article 28.4) : consultation initiale d’information du patient et de mise en place d’une stratégie thérapeutique pour les patients atteints de cancer ou de pathologie neurologique grave ou neurodégénérative, réalisée par le médecin, qui serait valorisée par l’application d’une majoration de 30 euros, dénommée MIS (Majoration pour information Initiale et mise en place de la stratégie thérapeutique), dont la cotation serait réservée aux médecins de secteur à honoraires opposables et de secteur à honoraires différents adhérant aux dispositifs de pratique tarifaire maîtrisée tels que définis aux articles 40 et suivants.

      Sandrine Delemare

      https://www.mgfrance.org/index.php/component/content/category/177-lettre-aux-generalistes

    • C’est du donnant-donnant à la Marcon. On te donne un cancer au carbone, glyphosphate, fiponil ou au nitrites avec ta bouffe de pauvre au lasagne de cheval et toi tu donne ton argent de pauvre que t’a pas en échange.

      Pour le problème que ca pose aux jeunes femmes : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/consultation-contraception-a-46-euros-la-majoration-qui-fait-mal-aux-mineur

      et le communiqué de Gyn&co sur #fessebouc

      Communiqué du collectif Gyn&co suite à l’augmentation du tarif des consultations

      Une très mauvaise nouvelle pour la santé sexuelle et reproductive en France : l’Union nationale des caisses d’assurance maladie, en concertation avec les syndicats médicaux, met en place une très forte augmentation des tarifs de consultation pour la prise en charge des infections sexuelles et transmissibles et pour les consultations de contraception pour les jeunes filles mineures (Journal Officiel du 12 septembre).

      Ces consultations considérées comme « complexes » par les syndicats mentionnés seront désormais facturées 46 euros, avec un remboursement identique de la sécurité sociale. En clair, le reste à charge pour les usager.e.s passe de 7.5 euros à 13.80 euros !
      Le collectif Gyn&co est atterré par cette décision qui va à l’encontre des droits des personnes à disposer de leurs corps et qui s’inscrit en totale contradiction avec les maigres efforts des autorités de santé pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles et les grossesses non prévues.
      Ces consultations devraient être entièrement gratuites pour faciliter leur accès. Et elles n’ont rien de complexes : il s’agit simplement de délivrer une information claire aux personnes, et de faciliter l’exercice de leur libre arbitre. Une contraception est choisie par un.e usager.e, pas par un médecin !
      Cette mesure est aussi absurde que dangereuse : les personnes mineures, qui ne peuvent pas toujours bénéficier du soutien familial, n’ont pas besoin de difficultés financières supplémentaires. Ces nouvelles « consultations complexes » surtaxées ont de plus de grandes chances de se traduire par une prescription systématique de pilule, sans même évoquer les autres méthodes, comme c’est le cas très fréquemment aujourd’hui.
      Les conséquences probables seront le renoncement à ces soins, la baisse du recours contraceptif chez les personnes mineures, et la baisse des dépistages et prises en charge des IST, devenus trop chers pour les usager.e.s qui réfléchiront à deux fois avant de vérifier leur statut sérologique.

      Nous condamnons unanimement cette décision corporatiste, et rappelons à toutes les personnes touchées durement par cette mesure qu’elles peuvent consulter gratuitement au planning familial, dans les CeGIDD (Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic : http://www.sida-info-service.org/?-DEPISTAGE-VIH-sida-). Les consultations contraceptives restent facturées 23 euros chez les sages-femmes, qui au demeurant sont bien mieux formées que les médecins généralistes en contraception (minimum de dix heures d’enseignement dans leur cursus contre 4 pour les médecins généralistes).

      https://www.facebook.com/gynandco/posts/1922612494679135

      Je me demande aussi ce qu’il y a de si complexe dans une premiere consultation au sujet de la contraception. Toutes les consultation sur la contrception demandent des explications claires et détaillées de la part du médecin alors cette histoire veux dire que pour le prix de base tu aura un traitement sans information, sans explications, sans prendre le temps ni rien.

    • C’est un peu ce que j’ai dit quand j’ai appris ce truc… tain mais déjà actuellement il y a de graves manques pour les jeunes, et déjà maintenant yen a plein qui vont pas voir de médecin pour parler de leur début de vie sexuel, et déjà maintenant ya plein de filles qui peuvent avoir un DIU sans avoir d’enfant et on ne le fait pas du tout en France (alors qu’en Angleterre et d’autres pays c’est super courant), et déjà maintenant yen a plein qui font leur contraception à base de pilule du lendemain, parce qu’elles ne parlent pas de ça avec leurs parents et/ou parce qu’elles n’ont pas les 25 euros à avancer et/ou parce que même en en parlant leurs parents n’ont pas 25 euros à avancer… Alors avec ce nouveau truc… ça va être une catastrophe sanitaire dans les années à venir, c’est vraiment dégueulasse rageant :(

    • D’autant que la pilule est classée cancérigène depuis 2005, (mais les gynécos ne veulent surtout pas affoler les femmes, si jamais l’hystérie gagnait la france se mettrait à bruler, l’assemblée nationale en tête) ben oui, 80% des cancers du sein répondent à la progestérone et aux œstrogènes …
      Donc la gamine quand elle a une semaine de retard de règles se bouffe des pilules du lendemain à 19€ le shoot d’hormones durs (ben oui, la pilule du lendemain à 7€ tu ne la trouves que quand tu te tapes 5 pharmacies d’affilée, le pharmacien lui assure que la plus chere est plus sure, de peur de risquer une IVG pour 13 euros de plus, elle nourrit son pharmacien et les labos. Après, à 50 ans, elle est bonne pour la filière cancer, avec le chirurgien pour la mutilation des seins, et des bras, mais ça c’est quand elle sera vieille, donc on en parle pas.
      Et pour l’annonce du cancer, ça se fera par sms, aujourd’hui c’est déjà par téléphone, nettement plus économique que de recevoir la patiente.
      Tout ça parce que des saloperies de médecins gynécos français refusent de poser des DIU au cuivre.
      #sexisme_medical


  • Ce que l’analyse des recherches sur Google nous apprend sur la psyché humaine
    http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/07/11/ce-que-l-analyse-des-recherches-sur-google-nous-apprend-sur-la-psyche-humain

    Nos moteurs de recherches savent ce que nous n’osons dire à personne d’autre. Un économiste s’est penché sur les recherches Google de millions d’Américains. Tout le monde ment. A son mari, à sa femme, à ses amis, à ses parents, à soi-même. C’est ce que révèle l’analyse, conduite par un économiste américain, des recherches sur Google de millions d’Américains. Elles révèlent nos craintes les plus profondes, nos secrets, nos questions embarrassantes. Toutes les choses que nous n’osons dire qu’à notre moteur de (...)

    #Google #GoogleSearch #algorithme #discrimination #LGBT #profiling

    • oui interessant merci @nicolasm

      L’autre grand enseignement de cette analyse concerne les complexes sexuels des hommes américains. Ils font plus de recherches sur Google au sujet de leur pénis que sur n’importe quelle autre partie de leur corps. « Plus que sur leurs poumons, foie, oreilles, nez, gorge et cerveau combinés ».

      « Les hommes font plus de recherches pour savoir comment rendre leurs pénis plus gros que pour savoir comment accorder une guitare, faire une omelette ou changer une roue. »

      Une réalité d’autant plus frappante que les femmes, elles, s’en moquent plus ou moins complètement. Pour une femme faisant une recherche sur la taille du pénis de son partenaire, 170 hommes tapent une recherche sur leur propre organe.
      « Ma fille est-elle en surpoids ? »

      Google en dit long également sur les stéréotypes de genre associés aux enfants. Les parents ont 2,5 fois plus de chances de rechercher « mon fils est-il un génie » que « ma fille est-elle un génie ». Proportion inversée pour l’apparence physique, puisqu’on trouve deux fois plus de « ma fille est-elle en surpoids » que de « mon fils est-il en surpoids ». Des angoisses liées à des représentations sociales plus qu’aux réalités de l’obésité infantile : aux Etats-Unis, 28 % des filles sont en surpoids, pour 35 % des garçons. Cette disparité fille/garçon se retrouve uniformément aux Etats-Unis, quelle que soit la coloration conservatrice ou progressiste de l’Etat dans lequel les usagers se trouvent.

      #sexisme #grossophobie #mâle-alphisme

      De même, les données de recherches sur Google peuvent aider à comprendre les ressorts de la haine raciale. Certains groupes ethniques sont associés à certains adjectifs, de façon quasiment exclusive. Si « musulman » va avec « terroriste » et « réfugié », « Noir » ne va jamais avec « terroriste », mais très souvent avec « malpoli ». L’adjectif « maléfique » peut suivre « Juif », « gay », ou « musulman », mais jamais « asiatique », « chrétien », « Noir » ou « Mexicain ».

      Sans surprise, le nombre de recherches à connotation raciste dépend de l’actualité. Après la tuerie de San Bernardino, le 2 décembre 2015, lorsque les noms à consonance moyen-orientale des deux suspects sont diffusés dans la presse, les recherches associant « musulman » et « tuer » explosent. Un cinquième des recherches sur les musulmans leur associaient un message de haine avant l’attaque, elles dépassent la moitié immédiatement après.

      Le mot « nigger », une insulte raciste, apparaît dans 7 millions de recherches Google chaque année. Les recherches de « nigger jokes » sont 17 fois plus fréquentes que l’expression haineuse équivalente pour les homosexuels ou les Asiatiques (« fag jokes » ou « chink jokes »). Elles connaissent également des variations avec des pics de recherches. « Quand ? A chaque fois que les Afro-américains sont dans l’actualité », constate Seth Stephens-Davidowitz.

      #racisme #islamophobie



  • De plus en plus maigres, « les ados partagées entre diktat de la minceur et restrictions alimentaires »
    http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/06/13/de-plus-en-plus-maigres-les-ados-partagees-entre-diktat-de-la-minceur-et-res

    Nouvel exemple d’invisibilisation des femmes et des filles avec ce choix de l’abréviation "ados" pour "adolescentes", faisant disparaître le féminin. Cette étude révèle que ce sont les filles qui maigrissent beaucoup.

    le nombre de jeunes considérés comme maigres a augmenté, passant de 8 % à 13 % sur la période 2006-2015, relève une étude publiée mardi 13 juin et parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence sanitaire Santé publique France. Cette hausse touche particulièrement les filles de 11 ans à 14 ans dont le nombre a été quasiment multiplié par cinq en dix ans (de 4,3 % à 19,6 %).

    En pleine période de croissance les filles sont privées de nourriture pour des raisons économiques (appauvrissement) et des raisons culturelles (méfiances alimentaire + grossiphobie).
    L’article ne donne aucune explication à cette spécificité féminine de la maigreurs, comme si ca n’avais aucun intérêt. Le texte est même assez pro maigreur et ne s’alarme pas du tout de cette malnutrition des jeunes filles et femmes.

    @beautefatale
    #femmes #grossophobie #genre #sexisme #invisibilisation #effacement_des_femmes


  • Halle Berry, enceinte à 50 ans ? Non, elle est juste ballonnée... : - Grazia.fr
    https://www.grazia.fr/people/halle-berry-enceinte-a-50-ans-non-elle-est-juste-ballonnee-857076

    Un porte-parole de Halle Berry a rapidement balayé la rumeur, « non elle n’est pas enceinte, c’est absolument faux ». Et dans la foulée, la comédienne a répondu, via son compte Instagram, sur le ton de l’humour : « Est-ce qu’une fille n’a pas le droit de manger un steak et des frites ?? » Bref, dire que Halle était tout simplement ballonnée, c’est tout de suite moins glamour !

    Belle combo de double injonction sexiste (maigreur + maternité).

    @beautefatale
    #grossophobie #sexisme


  • Problème de poids, mais encore ? – Hippocrate et Pindare sont dans un bateau …….
    http://hippocrate-et-pindare.fr/2017/03/11/probleme-de-poids-mais-encore
    Avis d’une médecin généraliste qui prend le contre-pied du billet d’un de ses confrère néphrologue qui disait entre autres :

    L’obèse n’est pas une victime, c’est un sujet agissant capable de modifier ses comportements alimentaires.

    Elle renvoie également vers un article d’un autre confrère, très intéressant
    http://docteurv.com/2017/03/08/jen-ai-gros
    Le 1er commentaire sous cet article est d’ailleurs particulièrement éclairant
    #grossophobie #obésité #médecine #discriminations #corps #régimes



  • Mb5 - Exponentia adversus discriminationum magna pondus

    Racisme pondéral qui vient hanter les esprits de mes sœurs
    Qui leur donne ces regards foudroyants et accusateurs
    Débordant de haine et de mépris envers nos corps débordants
    Sœurs dont la peur fait renier l’intégrité physique et sacrifier l’intégrité mentale pour plaire
    Grossophobie évadée du tréfonds du Maître de la pub et qui veut tourmenter nos estomacs
    Nous t’enjoignons à quitter ce lieu aussi promptement que tu y es venu,
    Regagne ta boite de tubes cathodiques, et nous y ferons un grand feu pour brûler le Démon Anorexie
    Qui mange mes sœurs par l’intérieur et par la peur.
    Salve Regina, Salve Margarita et Tutti Quanti, Vive les calories choisies,
    Que ton fromage soit un hommage à la douceur demandée par nos palais !
    Laisse-nous vivre en paix, Que la taille ne soit pas une limite,
    Cesse de brandir le 36 comme un trophée en stéréotype
    Barres-toi Monstre de Magnataillophobie et laisses my sisters be !

    Le texte de l’invocation est de @dora_ellen

    Pour la partie visuelle j’ai utilisé une photo de Léonard Nimoy du « Full Body Project »


    Qui reprend le sujet et la composition des trois grâces de Raphaël

    J’ai ajouté la Venus de Willendorf

    et deux carrés magiques, un repris ici


    j’y ai laissé les tailles de 26 à 64
    et l’autre carré magique est inventé à partir du zodiac chinois avec les calories correspondantes (pour le dragon comme c’est mon signe j’ai pris mon dessert favoris comme ca j’évite le problème du calcul des calories d’un steak de dragon).

    Voici le sort avant son encrage :

    #grossophobie #mégèrisme #mad_meg #workinprogress #femmes #féminisme


  • Miss Islande, jugée trop grosse, claque la porte d’un concours de #beauté interational
    http://www.20minutes.fr/monde/1948723-20161024-miss-islande-jugee-trop-grosse-claque-porte-concours-beau

    Et la mannequin de tacler, « si le propriétaire du concours veut vraiment que je perde du poids et ne m’aime pas comme je suis, et bien il ne me mérite pas dans son top ».
    « Oui, mes épaules sont un petit peu plus larges que celles des autres filles, c’est parce que j’ai fait partie de l’équipe nationale islandaise d’athlétisme et j’en suis fière ! », a répliqué la jeune femme.
    « Personnellement, je me trouve bien comme je suis », a dit celle qui compte bien rester encore quelques jours à Las Vegas, pour « explorer la ville, bien manger et profiter de [s] on séjour ».

    #grossophobie @beautefatale


  • Répondons !
    http://repondons.tumblr.com

    Ce tumblr est un relais du groupe fb du même nom, qui a pour vocation de nous fournir les mots dont on peut manquer pour répondre à des insultes, comportements sexistes, racistes, homophobes, transphobes, putophobes, grossophobes, harcèlement de rue, abus, regards insistants, etc....
    L’idée est d’avoir sous la main quelques phrases qui nous permettent de ne pas ressortir frustré-e-s d’une mauvaise expérience à cause du choc qu’elle peut provoquer, nous laissant parfois sans voix. Je ne blâme en aucun cas ceux et celles qui ne répondent pas dans de telles situations, et je n’encourage pas non plus à une systématique réponse : il est juste question de ne pas se laisser taire par le choc.

    #racisme #homophobie #grossophobie #sexisme #transphobie #grossophobie #putophobie #empowerment #empouvoirement #harcèlement