• Covid-19 : en Guadeloupe, le règne du grand flou
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/09/25/covid-19-en-guadeloupe-le-regne-du-grand-flou_6053625_3224.html

    Les mesures en Guadeloupe vont bien au-delà de la fermeture des bars et restaurants pour les deux prochaines semaines. Il faut « casser la courbe ascendante » des contaminations, selon Alexandre Rochatte. Le représentant de l’Etat insiste sur l’application stricte des gestes barrières et le port du masque, et demande aux entreprises de privilégier le télétravail. Bannis aussi les rassemblements de plus de dix personnes dans l’espace public. Les plages et les rivières sont interdites entre 11 h 30 et 14 heures, et le soir de 19 heures à 5 heures le lendemain, pour éviter les regroupements. Les liaisons inter-îles sont également touchées : pour aller en Martinique ou à Saint-Martin, il faudra désormais motiver son voyage.
    Des membres du service santé des armées doivent arriver en renfort pour suppléer les personnels soignants du CHU. L’alerte la plus inquiétante vient de Valérie Denux. Après le bilan de la mobilisation du CHU dans le cadre du plan blanc déclenché le 23 août, la directrice de l’agence régionale de santé a souligné le cocktail souvent mortel que représentent le Covid-19 et les maladies chroniques, comme l’obésité, le diabète ou les pathologies cardiaques. Mme Denux affirme qu’un tiers de la population guadeloupéenne est en danger, avec 100 000 personnes qui souffrent de pathologies de longue durée dans l’archipel.

    #Covid-19#migration#migrant#france#guadeloupe#sante#circulation#insularité#personnelsoignant

  • Procès colonial contre des militants anti-chlordécone – solidaritéS
    https://solidarites.ch/journal/374-2/proces-colonialcontre-desmilitants-anti-chlordecone

    banane chlordécone, l’arme du crime colonial » pouvait-on lire sur une pancarte lors d’une manifestation en Martinique, à la suite de la condamnation de cinq militants. Cet insecticide, classé cancérogène probable en 1977 et interdit aux États-Unis dès 1978, a été largement utilisé dans les bananeraies jusqu’en 1993 (1991 en métropole).

    Les propriétaires terriens békés, soit les descendants blancs des grands propriétaires d’esclaves, ont en effet fait pression sur les autorités françaises pour pouvoir continuer à ordonner à leurs ouvriers·ères agricoles de l’asperger sur les cultures. Conséquences ? En 2018, une étude montre que le sang de 92 % des Martiniquais·es est contaminé. À cela s’ajoute la pollution des terres, des rivières et des eaux littorales. Au total, au moins 300 tonnes de chlordécone ont été répandues en Martinique et en Guadeloupe.

    #chlordécone

  • Le COVRI, think tank vénézuélien, appelle États-Unis et Brésil à la neutralité dans le contentieux territorial avec la Guyana sur territoire de l’#Esequibo.

    Exhortan a EE UU y Brasil a mantener neutralidad en controversia sobre la Guayana Esequiba
    https://www.elnacional.com/venezuela/exhortan-a-ee-uu-y-brasil-a-mantener-neutralidad-en-controversia-sobre-l

    El Consejo Venezolano de Relaciones Internacionales (Covri) exhortó a los gobiernos de Brasil y Estados Unidos “a observar una política de estricta neutralidad en relación a las controversias pendientes respecto a la frontera terrestre y marítima entre Guyana y Venezuela” sobre la Guayana Esequiba.

    • C’est plutôt mal barré, dans la mesure où, lors de la visite qu’il vient d’achever en Guyana, le secrétaire d’état Mike Pompeo a chanté les louanges des entreprises pétrolières états-uniennes et particulièrement d’Exxon-Mobil qui opère dans la zone contestée.

      Mike Pompeo elogió explotación petrolera de Exxon Mobil en aguas del Esequibo y anunció patrullaje marítimo de EEUU | PETROGUIA
      http://www.petroguia.com/pet/noticias/petr%C3%B3leo/mike-pompeo-elogi%C3%B3-explotaci%C3%B3n-petrolera-de-exxon-mobil-en-agua


      Pompeo: “Hemos visto al Partido Comunista Chino invertir en países, y todo parece genial al principio y luego todo se derrumba” (Foto Departamento de Estado)

      El secretario de Estado de los Estados Unidos, Mike Pompeo, concluyó su visita en Guyana y Suriname donde elogió la actividad que están realizando empresas norteamericanas del sector de los hidrocarburos en esos dos países, a las que llamó “las nuevas naciones petroleras” de América del Sur, marcando diferencia principalmente con respecto a Venezuela. 

      El respaldo de Pompeo se centra principalmente en el trabajo realizado por la estadounidense Exxon Mobil en aguas marítimas que principalmente son extensión del territorio Esequibo y forman parte del reclamo realizado por Venezuela por un área que abarca más de la mitad de lo que actualmente es Guyana pero también una crítica contra las presencia china en esas dos naciones.

    • … et que É.-U. et Guyana vont signer un accord de coopération pour faciliter les patrouilles maritimes dans la région… pour contrôler le trafic de drogue dans cette même région …

      Guyana, US to ink maritime patrol pact – State Dept official - Guyana Times
      https://guyanatimesgy.com/guyana-us-to-ink-maritime-patrol-pact-state-dept-official


      US Secretary of State, Mike Pompeo

      During a briefing ahead of Pompeo’s arrival today, a Senior US State Department official disclosed on Wednesday that Guyana and the US will exchange diplomatic notes on joint maritime patrols to interdict narcotics.

      In Guyana, for example, we’re going to do an MOU (Memorandum of Understanding) on joint maritime patrols which are getting at interdiction of drugs and drug traffickers that are causing security problems for them,” he stated.
      According to the official, this step would not only provide security for Guyanese, but US citizens as well.

      The signing of this pact for maritime patrol comes on the heels of increasing attacks from Venezuela across the border in riverine areas. Only recently, several officers attached to the Guyana Geology and Mines Commission (GGMC) came under fire while conducting inspection along the Cuyuni River. It is suspected that the shots were fired from the notorious syndicato gang from Venezuela.

      In fact, Regional Commander Dion Moore had explained that such incidents have been occurring for some time now. Fortunately, no one has ever been injured to date.

  • Guerre froide : comment Moscou espionnait #Rennes - Rennes - #LeTélégramme

    En cas de conflit mondial, dépliez la #carte. Pendant la #guerreFroide, l’Armée rouge a cartographié Rennes sous toutes les coutures. Ce n’est pas une fiction. C’est une facette d’un programme militaire toujours classé secret en Russie.

    https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/guerre-froide-comment-moscou-espionnait-rennes-14-09-2020-12616710.php?

  • Les aventures de Bonhomme en Afrique

    « Dis, c’est comment de vivre dans le désert ? »

    Saints-cyriens et pères de famille nombreuse, le lieutenant Y et le lieutenant Z forment un binôme dans la vraie vie, au quartier comme en opérations. L’un dessine pour ses enfants quand l’autre écrit pour les siens. C’est donc les pieds dans le sable et sous un soleil de plomb, entre deux aventures dans le #désert malien, qu’est née l’idée de ce livre.

    Ils racontent ces petits détails de la vie en #mission, dont on ne sait rien d’habitude. Pour le plaisir de transmettre et de voir s’étonner les plus jeunes... comme les adultes !

    https://www.librairietequi.com/A-68903-les-aventures-de-bonhomme-en-afrique.aspx
    #guerre #BD #bande-dessinée (pour #enfants) #soldats #armée #Mali #livre

    #no_comment

  • Landmark Bill Would Designate 12 Illnesses as Connected to Burn Pits | Military.com
    https://www.military.com/daily-news/2020/09/15/landmark-bill-would-designate-12-illnesses-connected-burn-pits.html

    Rien pour les #civils des pays agressés

    Lawmakers introduced legislation Tuesday that would streamline the process for veterans to receive disability benefits for diseases that may be related to exposure to burn pits and other battlefield pollutants

    #fosse_de_brûlage #guerres #états-unis

  • Marginalità e #piccole_patrie in #Rigoni_Stern e oggi

    Ho passato l’estate a leggere romanzi contemporanei italiani (da Veronesi a Durastanti, Covacich, Perrella, Terranova, Vicari, Bazzi…), afroitaliani (Igiaba Scego) e americani (Whitehead, una mezza delusione nonostante il Pulitzer), ma nessuno mi ha dato l’emozione e la gioia di un vecchio libro di Rigoni Stern, regalatomi in agosto da un amico, un dolce amico avrebbero detto gli antichi latini. Si tratta di due racconti lunghi accomunati dall’argomento: contadini e montanari in una terra fra i monti, marginale e di confine, fra Italia e Austria: Storia di Tönle e L’anno della vittoria, il primo del 1978, il secondo del 1985, ma riuniti in volume unitario da Einaudi già nel 1993. E in effetti L’anno della vittoria, quello immediatamente successivo alla conclusione della prima guerra mondiale, sembra la continuazione ideale di Storia di Tönle, che termina con la morte del protagonista alla fine del 1918.

    Nei due racconti gli abitanti della piccola patria non parlano fra loro né italiano né veneto né tedesco, ma un’”antica lingua” (come vi si legge) più vicina al tedesco che all’italiano (ma con qualche influenza anche del ladino, se non erro). E tuttavia i protagonisti conoscono bene, e speditamente parlano, italiano, tedesco, veneto. E si capisce: il protagonista, per esempio, è italiano ma ha fatto il soldato nell’esercito dell’impero austroungarico agli ordini di un ufficiale certamente anche lui italiano, il maggiore Fabiani, e pratica il piccolo contrabbando di nascosto alla polizia di frontiera dei due stati, ma talora anche con il suo interessato accordo, e vive per alcuni anni facendo il venditore ambulante (vende stampe iconografiche, che diffondevano nel centro Europa la lezione dei grandi maestri della pittura italiana) in Boemia, Austria, Polonia, Ungheria mentre alcuni suoi amici e conterranei si spingono sino ai Carpazi, all’Ucraina e alla lontana Russia. Sono certo contadini e montanari, ma sanno leggere e scrivere e conoscono Vienna, Cracovia, Praga, Budapest, oltre naturalmente a Venezia, Belluno, Trento. La loro piccola patria non conosce confini: è il luogo della casa e della famiglia, dei parenti, degli amici e dei morti, a cui il protagonista sempre fa ritorno dopo ogni viaggio; ma è una patria aperta al mondo, senza angustie e senza limiti, una patria dove ancora le stagioni dell’anno scorrono con il ritmo della natura annunciato dal canto e dal volo degli uccelli, dal succedersi dei raccolti e dalla trasformazione delle piante. In questa terra l’unico vero nemico è la miseria contro cui lottano tenacemente in modo solidale tutte le famiglie.

    Su questa piccola patria si abbatte la grande guerra, che distrugge le case e le messi, una guerra incomprensibile e assurda che mette gli uni contro gli altri amici di vecchia data e persino membri della stessa famiglia. Il protagonista, che sa fare ogni mestiere (altre al contrabbandiere e al venditore ambulante, è stato contadino, muratore, allevatore di cavalli), si riduce a fare il pastore di un piccolo gregge che vaga per monti e valli cercando di evitare gli opposti eserciti e le cannonate che essi si scambiano, sinché, arrestato dai militari italiani e mandato verso Venezia, riesce a fuggire e muore per l’età e per gli stenti nel suo viaggio di ritorno alla vecchia casa, che nel frattempo i bombardamenti hanno distrutto.

    Quando uscì L’anno della vittoria Giulio Nascimbeni scrisse sul “Corriere della sera” che questo libro sarebbe dovuto diventare un testo di lettura per le nostre scuole, ma non ne spiegò bene i motivi. Disse solo che era “esemplare” (immagino dal punto di vista morale) e “poetico”. Mi azzardo a fornire qualche altra ragione.

    Una ragione, intanto, è di tipo storico. Quando si studia la prima guerra mondiale sembra che si contrappongano solo due posizioni: quella degli interventisti (non solo d’Annunzio ma la maggior parte degli intellettuali italiani) e quella dei neutralisti e pacifisti (nell’arco che va da Croce e Giolitti al papa cattolico che condannava “l’inutile strage”). Ma gli abitanti della piccola patria di cui qui si parla, come molti contadini mandati al fronte, non sono interventisti e nemmeno pacifisti o sostenitori della neutralità. Nella loro cultura la guerra è solo insensata perché oppone uomini abituati alla solidarietà nella lotta contro la miseria, il freddo, la fame, la febbre spagnola: nel mondo della piccola patria l’aiuto reciproco è necessario e indiscutibile. Per loro le frontiere non hanno ragione d’essere e sembrano esistere solo per essere superate con astuzia e abilità. Loro vivono fra le frontiere e nonostante le frontiere. La loro piccola patria è insomma una civiltà autonoma, diversa da quella italiana o austriaca o genericamente “occidentale”.

    Si dirà che proprio per questo sono condannati alla inessenzialità e alla marginalità. Ma siamo proprio sicuri che il centro in cui viviamo noi (il cosiddetto Occidente) sia portatore di una civiltà migliore?

    Una seconda ragione è, infatti, la straordinaria attualità della marginalità. Se oggi si intravede una qualche possibilità di cambiamento non viene proprio dai marginali (come sono, per esempio, gli esuli e gli emigrati, che spesso incontriamo fra di noi di nuovo come venditori ambulanti)? Gli stessi insegnanti, e la massa proletarizzata di quelli che un tempo si chiamavano intellettuali, non sono un esempio di marginalità? Non sono costretti a una sorta di contrabbando, a una vita difficile fra le frontiere e i muri con cui oggi si cerca di difendere patrie ormai prive di ideali, che non siano quelli economici, e costrette ad arroccarsi riesumando propagande a sfondo razzista e nazionalista? Non cerchiamo anche noi (noi intellettuali, noi insegnanti) di far passare di contrabbando valori di solidarietà che la nostra civiltà ormai ignora o addirittura combatte? La scuola stessa oggi non è una piccola patria assediata da una civiltà aliena?

    https://www.laletteraturaenoi.it/index.php/interpretazione-e-noi/1252-marginalit%C3%A0-e-piccole-patrie-in-rigoni-stern-e-oggi.html

    #petites_patries #petite_patrie #frontières #misère #faim #montagnards #paysans #patrie #nationalisme #identité #guerre #WWI #première_guerre_mondiale #entraide #marginalité

  • Fraude sociale : la CAF va créer une brigade de contrôleurs « hyperspécialisés et mobiles »
    https://www.bfmtv.com/economie/fraude-sociale-la-caf-va-creer-une-brigade-de-controleurs-hyperspecialises-et

    Actuellement 700 contrôleurs sont chargés de traquer les fraudeurs grâce aux outils informatiques de datamining. Utilisés depuis 2012, ces logiciels permettent l’exploitation massive des données sur les bénéficiaires de prestations.

    99% des fraudes et erreurs détectés par les contrôles informatiques

    « Les trois quarts des contrôles aujourd’hui sont initiés de cette façon. En 2014, des fraudes ou erreurs étaient détectées dans 66% de ces contrôles, aujourd’hui c’est 99% » commente le directeur de la Cnaf .

    #CAF #contrôle #guerre_aux_pauvres

  • 100 panneaux publicitaires contre l’automobile
    http://carfree.fr/index.php/2020/09/14/100-panneaux-publicitaires-contre-lautomobile

    Début septembre, une vague de #publicités parodiques pour les voitures est apparue sur les panneaux d’affichage et aux arrêts de bus au #royaume-uni, à Birmingham, Bristol, Cardiff, Exeter, Leeds et Lire la suite...

    #Fin_de_l'automobile #actions #affiche #angleterre #constructeurs #guérilla_urbaine #londres

  • Refugee protection at risk

    Two of the words that we should try to avoid when writing about refugees are “unprecedented” and “crisis.” They are used far too often and with far too little thought by many people working in the humanitarian sector. Even so, and without using those words, there is evidence to suggest that the risks confronting refugees are perhaps greater today than at any other time in the past three decades.

    First, as the UN Secretary-General has pointed out on many occasions, we are currently witnessing a failure of global governance. When Antonio Guterres took office in 2017, he promised to launch what he called “a surge in diplomacy for peace.” But over the past three years, the UN Security Council has become increasingly dysfunctional and deadlocked, and as a result is unable to play its intended role of preventing the armed conflicts that force people to leave their homes and seek refuge elsewhere. Nor can the Security Council bring such conflicts to an end, thereby allowing refugees to return to their country of origin.

    It is alarming to note, for example, that four of the five Permanent Members of that body, which has a mandate to uphold international peace and security, have been militarily involved in the Syrian armed conflict, a war that has displaced more people than any other in recent years. Similarly, and largely as a result of the blocking tactics employed by Russia and the US, the Secretary-General struggled to get Security Council backing for a global ceasefire that would support the international community’s efforts to fight the Coronavirus pandemic

    Second, the humanitarian principles that are supposed to regulate the behavior of states and other parties to armed conflicts, thereby minimizing the harm done to civilian populations, are under attack from a variety of different actors. In countries such as Burkina Faso, Iraq, Nigeria and Somalia, those principles have been flouted by extremist groups who make deliberate use of death and destruction to displace populations and extend the areas under their control.

    In states such as Myanmar and Syria, the armed forces have acted without any kind of constraint, persecuting and expelling anyone who is deemed to be insufficiently loyal to the regime or who come from an unwanted part of society. And in Central America, violent gangs and ruthless cartels are acting with growing impunity, making life so hazardous for other citizens that they feel obliged to move and look for safety elsewhere.

    Third, there is mounting evidence to suggest that governments are prepared to disregard international refugee law and have a respect a declining commitment to the principle of asylum. It is now common practice for states to refuse entry to refugees, whether by building new walls, deploying military and militia forces, or intercepting and returning asylum seekers who are travelling by sea.

    In the Global North, the refugee policies of the industrialized increasingly take the form of ‘externalization’, whereby the task of obstructing the movement of refugees is outsourced to transit states in the Global South. The EU has been especially active in the use of this strategy, forging dodgy deals with countries such as Libya, Niger, Sudan and Turkey. Similarly, the US has increasingly sought to contain northward-bound refugees in Mexico, and to return asylum seekers there should they succeed in reaching America’s southern border.

    In developing countries themselves, where some 85 per cent of the world’s refugees are to be found, governments are increasingly prepared to flout the principle that refugee repatriation should only take place in a voluntary manner. While they rarely use overt force to induce premature returns, they have many other tools at their disposal: confining refugees to inhospitable camps, limiting the food that they receive, denying them access to the internet, and placing restrictions on humanitarian organizations that are trying to meet their needs.

    Fourth, the COVID-19 pandemic of the past nine months constitutes a very direct threat to the lives of refugees, and at the same time seems certain to divert scarce resources from other humanitarian programmes, including those that support displaced people. The Coronavirus has also provided a very convenient alibi for governments that wish to close their borders to people who are seeking safety on their territory.

    Responding to this problem, UNHCR has provided governments with recommendations as to how they might uphold the principle of asylum while managing their borders effectively and minimizing any health risks associated with the cross-border movement of people. But it does not seem likely that states will be ready to adopt such an approach, and will prefer instead to introduce more restrictive refugee and migration policies.

    Even if the virus is brought under some kind of control, it may prove difficult to convince states to remove the restrictions that they have introduced during the COVD-19 emergency. And the likelihood of that outcome is reinforced by the fear that the climate crisis will in the years to come prompt very large numbers of people to look for a future beyond the borders of their own state.

    Fifth, the state-based international refugee regime does not appear well placed to resist these negative trends. At the broadest level, the very notions of multilateralism, international cooperation and the rule of law are being challenged by a variety of powerful states in different parts of the world: Brazil, China, Russia, Turkey and the USA, to name just five. Such countries also share a common disdain for human rights and the protection of minorities – indigenous people, Uyghur Muslims, members of the LGBT community, the Kurds and African-Americans respectively.

    The USA, which has traditionally acted as a mainstay of the international refugee regime, has in recent years set a particularly negative example to the rest of the world by slashing its refugee resettlement quota, by making it increasingly difficult for asylum seekers to claim refugee status on American territory, by entirely defunding the UN’s Palestinian refugee agency and by refusing to endorse the Global Compact on Refugees. Indeed, while many commentators predicted that the election of President Trump would not be good news for refugees, the speed at which he has dismantled America’s commitment to the refugee regime has taken many by surprise.

    In this toxic international environment, UNHCR appears to have become an increasingly self-protective organization, as indicated by the enormous amount of effort it devotes to marketing, branding and celebrity endorsement. For reasons that remain somewhat unclear, rather than stressing its internationally recognized mandate for refugee protection and solutions, UNHCR increasingly presents itself as an all-purpose humanitarian agency, delivering emergency assistance to many different groups of needy people, both outside and within their own country. Perhaps this relief-oriented approach is thought to win the favour of the organization’s key donors, an impression reinforced by the cautious tone of the advocacy that UNHCR undertakes in relation to the restrictive asylum policies of the EU and USA.

    UNHCR has, to its credit, made a concerted effort to revitalize the international refugee regime, most notably through the Global Compact on Refugees, the Comprehensive Refugee Response Framework and the Global Refugee Forum. But will these initiatives really have the ‘game-changing’ impact that UNHCR has prematurely attributed to them?

    The Global Compact on Refugees, for example, has a number of important limitations. It is non-binding and does not impose any specific obligations on the countries that have endorsed it, especially in the domain of responsibility-sharing. The Compact makes numerous references to the need for long-term and developmental approaches to the refugee problem that also bring benefits to host states and communities. But it is much more reticent on fundamental protection principles such as the right to seek asylum and the notion of non-refoulement. The Compact also makes hardly any reference to the issue of internal displacement, despite the fact that there are twice as many IDPs as there are refugees under UNHCR’s mandate.

    So far, the picture painted by this article has been unremittingly bleak. But just as one can identify five very negative trends in relation to refugee protection, a similar number of positive developments also warrant recognition.

    First, the refugee policies pursued by states are not uniformly bad. Countries such as Canada, Germany and Uganda, for example, have all contributed, in their own way, to the task of providing refugees with the security that they need and the rights to which they are entitled. In their initial stages at least, the countries of South America and the Middle East responded very generously to the massive movements of refugees out of Venezuela and Syria.

    And while some analysts, including the current author, have felt that there was a very real risk of large-scale refugee expulsions from countries such as Bangladesh, Kenya and Lebanon, those fears have so far proved to be unfounded. While there is certainly a need for abusive states to be named and shamed, recognition should also be given to those that seek to uphold the principles of refugee protection.

    Second, the humanitarian response to refugee situations has become steadily more effective and equitable. Twenty years ago, it was the norm for refugees to be confined to camps, dependent on the distribution of food and other emergency relief items and unable to establish their own livelihoods. Today, it is far more common for refugees to be found in cities, towns or informal settlements, earning their own living and/or receiving support in the more useful, dignified and efficient form of cash transfers. Much greater attention is now given to the issues of age, gender and diversity in refugee contexts, and there is a growing recognition of the role that locally-based and refugee-led organizations can play in humanitarian programmes.

    Third, after decades of discussion, recent years have witnessed a much greater engagement with refugee and displacement issues by development and financial actors, especially the World Bank. While there are certainly some risks associated with this engagement (namely a lack of attention to protection issues and an excessive focus on market-led solutions) a more developmental approach promises to allow better long-term planning for refugee populations, while also addressing more systematically the needs of host populations.

    Fourth, there has been a surge of civil society interest in the refugee issue, compensating to some extent for the failings of states and the large international humanitarian agencies. Volunteer groups, for example, have played a critical role in responding to the refugee situation in the Mediterranean. The Refugees Welcome movement, a largely spontaneous and unstructured phenomenon, has captured the attention and allegiance of many people, especially but not exclusively the younger generation.

    And as has been seen in the UK this year, when governments attempt to demonize refugees, question their need for protection and violate their rights, there are many concerned citizens, community associations, solidarity groups and faith-based organizations that are ready to make their voice heard. Indeed, while the national asylum policies pursued by the UK and other countries have been deeply disappointing, local activism on behalf of refugees has never been stronger.

    Finally, recent events in the Middle East, the Mediterranean and Europe have raised the question as to whether refugees could be spared the trauma and hardship of making dangerous journeys from one country and continent to another by providing them with safe and legal routes. These might include initiatives such as Canada’s community-sponsored refugee resettlement programme, the ‘humanitarian corridors’ programme established by the Italian churches, family reunion projects of the type championed in the UK and France by Lord Alf Dubs, and the notion of labour mobility programmes for skilled refugee such as that promoted by the NGO Talent Beyond Boundaries.

    Such initiatives do not provide a panacea to the refugee issue, and in their early stages at least, might not provide a solution for large numbers of displaced people. But in a world where refugee protection is at such serious risk, they deserve our full support.

    http://www.against-inhumanity.org/2020/09/08/refugee-protection-at-risk

    #réfugiés #asile #migrations #protection #Jeff_Crisp #crise #crise_migratoire #crise_des_réfugiés #gouvernance #gouvernance_globale #paix #Nations_unies #ONU #conflits #guerres #conseil_de_sécurité #principes_humanitaires #géopolitique #externalisation #sanctuarisation #rapatriement #covid-19 #coronavirus #frontières #fermeture_des_frontières #liberté_de_mouvement #liberté_de_circulation #droits_humains #Global_Compact_on_Refugees #Comprehensive_Refugee_Response_Framework #Global_Refugee_Forum #camps_de_réfugiés #urban_refugees #réfugiés_urbains #banque_mondiale #société_civile #refugees_welcome #solidarité #voies_légales #corridors_humanitaires #Talent_Beyond_Boundaries #Alf_Dubs

    via @isskein
    ping @karine4 @thomas_lacroix @_kg_ @rhoumour

    –—
    Ajouté à la métaliste sur le global compact :
    https://seenthis.net/messages/739556

  • Pourquoi « Fauda » n’est pas une série réaliste
    (The Conversation, 26 mars 2020)

    Sortie sur Netflix, la troisième saison de Fauda, la série israélienne portant à l’écran le quotidien de forces spéciales de Tsahal, est louée par une partie de la presse française. Produite en 2015 par deux vétérans de cette unité, (...) elle narre les « aventures » des mista’aravim (littéralement les « arabisés »), dont la mission est d’opérer incognito derrière les lignes ennemies en se déguisant en civils palestiniens, ce qui est interdit au regard du droit international. Elle a suscité des éloges appuyés aussi bien que de virulentes critiques (...). La réponse des deux showrunners à ces critiques est ambiguë. Ces derniers arguent de leur licence fictionnelle sans craindre la contradiction avec leurs déclarations sur « l’honnêteté brutale » de leur série. Ils estiment « honorer le discours palestinien » tout en expliquant que : « Nous sommes Israéliens, nous écrivons une série israélienne, le discours est israélien, et je veux vraiment dire à tous les critiques qui nous demandent d’apporter des scénaristes palestiniens, vous savez, si les Palestiniens veulent écrire une série, qu’ils écrivent une série. » Une telle remarque ignore le fait cinéma palestinien rencontre de nombreux obstacles, notamment du fait que les permis de filmer en Cisjordanie soient délivrés par l’État d’Israël. Le film Five Broken Cameras décrit les difficultés rencontrées par les Palestiniens à filmer leur quotidien. Co-réalisé par le Palestinien Emad Burnat et l’Israélien Guy Davidi, il a pour sujet les manifestations à Bil’in, un village de Cisjordanie traversé par le mur de séparation. Au cours du tournage, cinq caméras ont été détruites par les soldats israéliens, ce qui témoigne des difficultés des Palestiniens à produire et décrire leur propre histoire.

    #asymétrie #récits #récit #appropriation_culturelle #séries #Fauda #Palestine #Israël #colonisation #colonialisme #guerre #Palestiniens #représentations #soft_power #Netflix

    https://theconversation.com/pourquoi-fauda-nest-pas-une-serie-realiste-129394

  • How a rush for Mediterranean gas threatens to push Greece and Turkey into war | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2020/sep/11/mediterranean-gas-greece-turkey-dispute-nato

    An increasingly fractious standoff over access to gas reserves has transformed a dispute between Turkey and Greece that was once primarily over Cyprus into one that now ensnares Libya, Israel, Egypt and the United Arab Emirates, and feeds into other political issues in the Mediterranean and has raised fears of a naval conflict between the two Nato allies in the Aegean Sea.

    #grèce #turquie #méditerranée #chypre #énergie #guerre_du_gaz

  • L’Espagne juge le meurtre de jésuites au Salvador
    https://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tribunaux-nationaux/45346-espagne-juge-meurtre-jesuites-salvador.html

    Le verdict dans le procès du colonel Inocente Orlando Montano est attendu aujourd’hui à Madrid. L’ancien vice-ministre salvadorien de la Sécurité publique risque la prison à vie s’il est reconnu coupable du meurtre de six prêtres jésuites, d’une cuisinière et de sa fille, le 16 novembre 1989, pendant la guerre civile au Salvador.

    Jusqu’en 2014, l’Espagne pouvait lancer des poursuites pénales sur des crimes contre l’humanité, quel que soit le lieu dans le monde où ces crimes avaient été commis. L’affaire Inocente Orlando Montano, qui a été extradé des États-Unis vers l’Espagne en décembre 2017, a pu s’ouvrir grâce à ce principe dit de « pleine compétence universelle ». Depuis 2014, une nouvelle loi stipule que les victimes doivent être de nationalité espagnole pour pouvoir porter plainte devant une juridiction (...)

    #Tribunaux_nationaux

  • L’autonomie empêchée
    https://laviedesidees.fr/L-autonomie-empechee.html

    Le statut d’autonomie relative dont bénéficiait le Jammu-et-Cachemire au sein de l’Union indienne a été brutalement révoqué le 5 août 2019. Ce tournant constitutionnel attise les tensions de la région et reflète une pratique hégémonique du gouvernement indien au nom du nationalisme hindou.

    #International #guerres_de_religion #Inde #autonomie #fascisme #hindouisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200911_cachemire.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200911_cachemire.pdf

  • La #Cour_des_comptes appelle à renforcer sans tarder la lutte contre la #fraude_sociale | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/la-cour-des-comptes-appelle-a-renforcer-sans-tarder-la-lutte-contre-la-f

    Auditionné ce 8 septembre 2020 devant la commission des Affaires sociales du Sénat, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, n’a pas pu livrer une estimation précise du volume des fraudes aux #prestations_sociales. En cause : le manque d’enquêtes de la part de différents organismes de #protection_sociale, la « zone grise » entre #erreurs et fraudes, ou encore le calendrier contraint de la Cour pour remettre ses conclusions.

    https://www.ccomptes.fr/system/files/2020-09/20200908-rapport-Lutte-contre-fraudes-prestations-sociales.pdf

  • Orsay : privés de manuels scolaires car leurs parents n’auraient soi-disant pas payé la cantine - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/essonne-91/orsay-prives-de-manuels-scolaires-car-leurs-parents-n-auraient-soi-disant

    « Ils ont appelé les enfants en formant deux groupes. Pour ceux qui étaient à droite, un membre de la direction leur a expliqué qu’il ne pouvait pas avoir les livres car leurs parents n’avaient pas réglé la cantine. »

    #éducation_à_coup_de_bâton #honte #vieille_école #vieille_France #pauvreté #surnuméraires

  • 114 migrants ivoiriens, guinéens et libériens rentrent d’Algérie avec l’aide de l’OIM en pleine pandémie de COVID-19 | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/114-migrants-ivoiriens-guineens-et-liberiens-rentrent-dalgerie-avec-laide-de-lo
    https://www.iom.int/sites/default/files/styles/highlights/public/press_release/media/algeria_1_thumbnail_0.jpg?itok=M4oocDul

    Grâce à la collaboration des autorités algériennes et aux autorisations qui ont été accordées dans le cadre du programme de retour volontaire de migrants en situation irrégulière en Algérie, les restrictions de voyage ont été exceptionnellement levées pour permettre à l’OIM de faciliter le retour des migrants. Les ambassades partenaires de Côte-d’Ivoire et de Guinée ont apporté leur soutien à la délivrance de documents de voyage pour tous les migrants en temps utile avant leur départ. En l’absence d’une représentation diplomatique permanente en Algérie, le gouvernement du Libéria a procédé à des entretiens de vérification d’identité à distance et a assuré la délivrance de documents permettant aux migrants de profiter de l’opération de retour.
    Les migrants résidant en dehors d’Alger ont reçu une aide au transport sur le territoire et ont été hébergés dans les centres de transit gérés par l’OIM (DARV), une structure gouvernementale mise à la disposition de l’OIM pour accueillir les migrants en attente de rentrer dans leur pays d’origine. La procédure de circulation sur le territoire et de sortie a été étroitement coordonnée et soutenue par les autorités algériennes compétentes, ce qui a considérablement facilité la préparation et le départ des migrants. Le personnel de l’OIM en Algérie a mis en œuvre des mesures de prévention spécifiques contre la COVID-19, en accord avec les normes internationales, nationales et celles de l’OIM, comprenant des contrôles médicaux préalables ainsi qu’un test PCR obligatoire cinq jours avant le vol, la distribution de kits contre la COVID-19 et la sensibilisation à la prévention de la COVID-19.
    À leur arrivée dans leurs pays respectifs, les migrants seront accueillis par le personnel de l’OIM à l’aéroport et bénéficieront d’une assistance à l’arrivée, notamment une protection et des services médicaux, avant de retourner dans leurs communautés d’origine

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#liberia#guinee#cotedivoire##retour#reintegration#OIM#sante#sensibilisation#test

  • Faut-il brûler Hocquenghem ? | Antoine Idier
    https://blogs.mediapart.fr/antoineidier/blog/060920/faut-il-bruler-hocquenghem

    La Mairie de Paris avait fait poser une plaque au nom de Guy Hocquenghem (1946-1988), militant homosexuel, auteur de nombreux ouvrages dont Le Désir homosexuel (1972), journaliste à Libération, romancier, mort du sida. Celle-ci ayant été vandalisée par un groupe qui se proclame féministe, la mairie l’a fait enlever il y a quelques jours. [...]

    Le féminisme, l’enfance, la sexualité

    Un point me semble fondamental : le rapport d’Hocquenghem, des discussions sur l’enfance, avec le féminisme. Car c’est au nom du féminisme que le militant et théoricien est aujourd’hui attaqué : il en serait un corps étranger, pire, un ennemi. Mais c’est une instrumentalisation du féminisme, et une falsification historique : bien de ses interventions, même critiquées, avaient leur place dans l’espace des mouvements féministes des années 1970.

    Il faut le rappeler : le féminisme est un mouvement, pas un dogme ou un évangile ; c’est un champ traversé par des tensions, des contradictions, des oppositions. Des féministes peuvent avoir des désaccords entre elles, il n’y pas une et une seule position féministe (de même qu’il n’y a pas une position LGBT, une position décoloniale, une position marxiste, etc.).

    Hocquenghem a eu à la fois une grande proximité avec des militantes féministes, et de grands désaccords. Le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), avant qu’il n’en devienne la figure de proue, a été créé en 1971 par des femmes, notamment venues du Mouvement de libération des femmes (MLF). Très tôt, des clivages apparaissent : les femmes, devenues inférieures numériquement, reprochent d’une part une reproduction de la domination masculine dans l’organisation et la vie du groupe, contestent d’autre part la manière de penser la politisation de la sexualité. Dès 1971, il y a des affrontements et des ruptures. Des propos d’Hocquenghem ont fortement choqué des militantes ; certaines n’ont plus jamais voulu entendre parler de lui, il a conservé des liens étroits avec d’autres. Il n’empêche : il n’a cessé de reconnaître la dette des militants homosexuels à l’égard des militantes féministes, et il a même essayé de penser leurs désaccords (par exemple dans un texte de 1972, « Aux pédérastes incompréhensibles »). (Au sujet de ces tensions qui ont traversé mouvements féministes et LGBT, rappelons aussi que la présence de lesbiennes à l’intérieur du MLF n’allait pas du tout de soi : bien des militantes lesbiennes se sont plaintes de la lesbophobie de leurs camarades militantes, ainsi que d’un féminisme pensé du point de vue de la femme hétérosexuelle et mère ; des militantes ont fui le MLF pour rejoindre le FHAR, avant de le quitter à son tour.)

    C’est une banalité, mais qu’il faut apparemment rappeler : les mouvements politiques sont traversés de tensions, parfois indépassables, parfois dépassées. En 1988, au moment de sa mort, l’écrivaine féministe Françoise d’Eaubonne, une des fondatrices du FHAR, écrivait dans Gai Pied que le militant « fut souvent un élément modérateur, tentant d’apaiser les frictions entre les deux clans », à savoir les militantes venues du MLF et ceux qui les avaient rejointes plus tard. Elle poursuit : « Lui et moi citions souvent, avec une jubilation ironique, la déclaration d’un abbé homophobe : “Homosexuels et femmes émancipées se donnent la main !”. » Il faut que cette féministe soit bien aveugle pour considérer comme un allié celui qui serait un des pires ennemis du féminisme…

    Qui plus est, la présente campagne ignore tout ce que la critique féministe a produit sur l’enfance. Tenez, une phrase par exemple : « La relation adulte-enfant […] est l’une des plus riches lorsqu’elle est vraiment réciproque. » (p. 88) De qui est-elle ? D’Hocquenghem ? Est-elle une de ces phrases douteuses qui justifie de le clouer au pilori ? Non. Elle est de Christiane Rochefort, une militante et écrivaine féministe, dans Les enfants d’abord, publié en 1976 chez Grasset dans la collection de Bernard-Henri Lévy. Une phrase qui, à bien des égards, pourrait avoir été écrite par Hocquenghem, en tout cas qui en évoque d’autres. Mais elle ne l’est pas : elle a été écrite par une des fondatrices du MLF, présente à l’Arc de triomphe le 26 août 1970. Et elle l’écrit dans des pages consacrées à l’inceste. C’est-à-dire qu’au moment même où Rochefort s’intéresse à des relations sexuelles abusives, elle reconnaît la possibilité d’une relation sentimentale ou sexuelle consentie entre un adulte et un enfant (elle ne précise pas davantage ce qu’elle entend par enfant en termes d’âge – c’est, plus généralement, une vraie difficulté à la lecture de nombreux textes : ils parlent indifféremment d’enfants, d’adolescents, sans préciser davantage). Une possibilité, à condition de la réciprocité. Une relation qu’elle juge supérieure à d’autres, sans se justifier sur ce point (on pourrait bien évidemment en discuter).

    Le livre de Rochefort est emblématique de tout ce qui s’écrit dans les années 1970 sur l’enfance. La couverture annonce : « De tous les opprimés doués de parole, les enfants sont les plus muets. » Le livre est notamment une forte charge contre l’autorité parentale, et la manière dont la société a dépossédé les enfants de toute autonomie : « Rien ne leur appartient en propre. Ils ne s’appartiennent pas à eux-mêmes : ils sont à leurs parents. » (p. 102). Selon Rochefort :

    « On usera le temps où il [l’enfant] est réduit à l’impuissance pour lier ses énergies et des désirs, et on lui imposera un statut de dépendance légale, économique, institutionnelle, de sorte qu’il ne quitte le berceau que pour la laisse, qu’il chérisse sa laisse, et ne la quitte par la suite que pour le “libre” consentement à l’exploitation. » (p. 16)

    Ce « on », on l’aura compris, ce sont les parents, et la manière dont ils intériorisent leur rôle : « Ils éduquent, forment, contrôlent leurs enfants, par amour et pour leur bien, et leur protection. » Toutefois, « ils ne savent pas que l’éducation est politique. Ils croient que c’est une affaire privée. » À tel point que « si on leur disait qu’ils sont des outils inconscients qui exécutent une commande sociale, ce serait un massacre. » (p. 18)

    Le matérialisme rencontre le féminisme : les enfants forment une « classe opprimée », une « classe inférieure. » (p. 52) Il y a même naturalisation de la domination : pour Rochefort, les enfants, comme les femmes, sont maintenus dans un état inférieur, dans un état de moindre pouvoir, au motif qu’ils seraient naturellement plus faibles ; cette naturalisation, loin d’être la cause, est la conséquence, et l’arme utilisée par la domination pour se légitimer. Ainsi,

    « La plupart [des adultes] d’ailleurs ne pensent nullement qu’ils “maintiennent” les enfants en dépendance, ils pensent simplement que les enfants “sont” dépendants. Comme ça, par “nature”. L’enfance est d’une “nature” différente. Ces histoires de nature, on commence à le savoir, sont bien sûr purement sociales – comme toutes les autres affaires de classe. » (p. 148)

    #enfance #féminisme #histoire #Guy_Hocquenghem #Christiane_Rochefort

    • Et donc je répondrai bien point par point, paragraphe après paragraphe à ce qu’il énonce. Notamment en entretenant la confusion avec Rochefort et certaines féministes. Peut-être, si j’ai le courage de m’y replonger, parce que j’ai lu les textes dont il parle, je m’y essayerai.
      Et puis, il glisse cette petite phrase finale qui me parait bien curieuse pour un historien : « En ne jugeant pas le passé avec le regard du présent. » et qui est pourtant le fait même de l’Histoire, bien évidemment le passé s’écrit toujours au présent. Et j’ai envie de parler de ce présent et de ces femmes qui admettent si tardivement les séquelles d’avoir été violées enfants, entrainées dans la tourmente de ce passé d’adultes maintenant vieillards boomers qui n’envisageaient pas, contrairement à ce qui est dit, la nécessité d’un consentement. Parce que la notion de liberté est si complexe qu’elle est autant affectée par la morale sociale que par son contraire, que la force de conviction d’une époque, sa culture, contraint les corps et que jamais il n’est question des conséquences psychiques sur les personnes devenues adultes aujourd’hui. Un peu comme si toujours les lionceaux n’avaient pas d’historiens.

      #prédation_sexuelle

    • Un autre point de vue sur France Culture par Frédéric Martel
      Pourquoi la mairie de Paris n’aurait jamais dû rendre hommage au militant homosexuel Guy Hocquenghem
      https://www.franceculture.fr/histoire/pourquoi-la-mairie-de-paris-naurait-jamais-du-rendre-hommage-au-milita

      Voilà pourquoi le retrait de la plaque de Guy Hocquenghem pose problème. Il ne fallait pas déboulonner sa statue ; il ne fallait pas enlever discrètement et hypocritement sa plaque de commémoration ; il n’aurait juste jamais fallu la poser.

      Frédéric Martel est producteur et animateur de l’émission « Soft Power », le magazine des industries culturelles et du numérique de France Culture. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire du mouvement homosexuel, dont Le Rose et le Noir, les homosexuels en France depuis 1968 (Le Seuil, 1996), largement consacré au parcours de Guy Hocquenghem.

  • Bonnes feuilles : « Papa qu’as-tu fait en Algérie ? »
    https://theconversation.com/bonnes-feuilles-papa-quas-tu-fait-en-algerie-145057

    Nombre de familles françaises sont habitées par les traces de cette guerre qui ne fut officiellement reconnue comme telle qu’en 1999. Ceux qui l’ont faite sont des pères, des maris ou des frères, envoyés de l’autre côté de la Méditerranée quand ils avaient vingt ans. Souvent résumées à des silences ou à de très rares récits, les traces de leur expérience là-bas ont été un des éléments constitutifs de leurs familles, au gré des décennies qui nous séparent de cet événement majeur de l’histoire française contemporaine. Comprendre ce qui s’est joué dans les familles et comment la guerre a été vécue puis racontée et transmise, c’est éclairer d’une manière inédite la place de cette guerre dans la société française.

    Pour saisir ce qui a pu se dire dans les familles françaises depuis les années 1950, il faut partir du fait que les familles sont des lieux de relations et d’attachements. Cette dimension est fondamentale pour saisir ce qui est dit comme ce qui est tu en leur sein.
    Elle est aussi prise dans le temps : on n’est pas père de la même manière en 1960, en 1980 ou, a fortiori, en 2000 ; on n’attend pas la même chose d’un enfant non plus. Parce qu’elles sont des espaces fondamentaux de transmission de valeurs et de récits et qu’elles contribuent à l’identité de chacun de ses membres comme à l’existence du collectif familial, les familles sont un chaînon essentiel pour saisir le poids de l’expérience algérienne en France. L’étude de ces transmissions familiales éclaire aussi les mutations des familles françaises des années 1930 à nos jours. Ce qui est transmis renvoie en effet autant au contenu de la transmission qu’à ses conditions. Non seulement on ne raconte pas tout à ses enfants (ou à sa femme, ses parents, ses frères et sœurs), mais on ne fait pas le même récit selon les périodes de sa vie ou les moments historiques traversés.

  • Paris enlève la plaque polémique d’hommage à Guy Hocquenghem, ami de Gabriel Matzneff - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-enleve-la-plaque-polemique-d-hommage-a-guy-hocquenghem-ami-de-gabri

    La plaque posée en janvier dernier en hommage à Guy Hocquenghem a été enlevée discrètement mercredi. Depuis des semaines, elle enflammait les réseaux sociaux en raison de propos pro-pédophilie qu’avait tenus l’écrivain.

    Je trouve ça stupide et parfaitement #faux_cul, comme Gallimard qui vire #matzneff de son catalogue.

    • Euh c’est un peu court, voire totalement l’inverse de la réalité, celleux qui demandaient le retrait c’est surtout :

      Depuis plusieurs semaines, après la démission de Christophe Girard, cette plaque enflammait les réseaux sociaux. Des élus écologistes, des féministes, le collectif des Grenades, interpellaient la ville et demandaient sa dépose.

    • Alors est-ce que l’action des Grenades est au mieux maladroite, au pire homophobe ? Oui car la reprise du mode d’action d’Act Up contre un pédé qui n’était pas LA figure de la propédophilie, mort du SIDA et exclu des milieux d’EG pour son homosexualité est vachement dérangeante. Tang Frères autogéré, @walstrid

      https://twitter.com/walstrid/status/1302029402369339393

      Pourquoi le mouvement de libération homosexuel a pendant les années 70, et jusqu’au début des années 2000 dans les mouvements radicaux comme les Panthères Roses, défendu les pratiques pédophiles et l’abolition de l’âge de la majorité sexuelle ?

      Il faut comprendre que d’abord, la question de la majorité sexuelle était un axe majeur de lutte pour les jeunes adolescents du FHAR : la majorité sexuelle pour les relations hétéros était fixée à 13 ans, tandis que pour les relations homos elle était de 21 ans depuis 1942.

      On part donc d’un mouvement de contestation venant de « premiers concernés », qui revendiquent l’égalité stricte avec les hétéros. La majorité pour les homos sera d’abord abaissée à 18 ans en 1974, puis finalement mise à égalité avec les hétéros à 15 ans en 1982.

      Entre temps, le discours sur l’égalité de la majorité sexuelle va être reprise par les adultes, cette fois-ci sur une posture plus « radicool » : la majorité sexuelle serait uniquement arbitraire, et ne servirait qu’à contrôler les mœurs.

      Si la critique d’arbitraire tient, c’est sur la redéfinition du consentement sexuel que les militants d’EG pêchent : si la violence des rapports est prise en compte pour invalider le « consentement » exprimé, les rapports de domination passent à la trappe.

  • Ceci devrait faire la Une des journaux (mais j’en doute) : International Criminal Court officials sanctioned by US
    https://www.bbc.com/news/world-us-canada-54003527

    The Hague-based ICC is currently investigating whether US forces committed war crimes in Afghanistan.

    The US has criticised the court since its foundation and is one of a dozen states which have not signed up.

    […]

    President Donald Trump issued an executive order in June, which allows the US to block the assets of ICC employees and stop them entering the country.

    Addressing reporters on Wednesday, Mr Pompeo said Ms Bensouda and Phakiso Mochochoko, the head of the Jurisdiction, Complementarity and Cooperation Division, were to be sanctioned under this order.

    Dismissing the ICC as a “thoroughly broken and corrupted institution”, he said those who continued to “materially support those individuals risk exposure to sanctions as well”.

    Le plus grand shithole country du monde ne déçoit jamais.

  • Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909 1914)
    http://obsarm.org/spip.php?article342

    Il ne faut pas se fier au titre non significatif de l’ouvrage ni au sous-titre trop restrictif. L’auteur souhaitait rédiger l’histoire de la Fédération communiste anarchiste (FCA) fondée en 1910 et active jusqu’à la déclaration de guerre. Pour la contextualiser, il a élargi son sujet aux autres mouvements anarchistes de l’époque, au Parti socialiste (SFIO) et à l’anarcho-syndicalisme, majoritaire alors à la Confédération générale du travail (CGT). Le livre détaille les courants qui traversent ces (...) #Fiches_de_lecture

    / Service national / conscription, #Guerres, #Actions_contre_la_guerre, #Antimilitarisme, (...)

    #Service_national_/_conscription #Pacifisme

  • Après la guerre civile, reconstruire - Ép. 3/4 - Beyrouth, histoire d’une ville
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/beyrouth-histoire-dune-ville-34-apres-la-guerre-civile-reconstruire


    Avec @rumor comme intervenant

    Dans les années 1990, #Beyrouth s’engage dans sa reconstruction après la guerre civile. Rebâtir la ville c’est la moderniser afin renforcer son attractivité économique et retrouver des espaces de coexistence sociale. Confiée au secteur privé, cette reconstruction fait polémique.

    #Liban