#guadeloupe

  • Le syndicat d’eau de la #Guadeloupe en quasi faillite
    https://www.blast-info.fr/articles/2022/le-syndicat-deau-de-la-guadeloupe-en-quasi-faillite-bQ7xIjg3TLCoDq51Hy4_J

    Créé le 1er septembre 2021, le Syndicat mixte de gestion de l’eau et d’assainissement de Guadeloupe (SMGEAG) est dans une situation financière très compliquée. Alors que les coupures d’eau se multiplient, les dirigeants du syndicat se livrent une guerre…

    #Eau #Politique
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-le-syndicat-deau-de-la-guadeloupe-en-quasi-failli

  • #Guadeloupe, l’île où la colère et l’eau bouent
    https://www.blast-info.fr/emissions/2022/guadeloupe-lile-ou-la-colere-et-leau-bouent-2N8gn0_BR4mOThqecMPsKA

    Telle la Soufrière, le volcan qui domine Basse-Terre – la partie ouest de la Guadeloupe–, la population entre, à intervalles irréguliers, en éruption. Si les pouvoirs publics, en métropole, prétendent toujours n’avoir rien vu venir, les signes…

    #Eau
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-guadeloupe-lile-ou-la-colere-et-leau-bouent-2N8gn

    • Alors que la sécheresse fait rage en France, c’est loin de la métropole que la question de l’accès à l’eau potable est la plus préoccupante. La situation socioéconomique en #Outre-mer est critique mais le système est figé et la question de la #responsabilité éclatée.

      En savoir plus

      En Outre-mer, l’accès à l’eau potable n’a rien d’évident. Les problèmes s’accumulent : #coupures_d’eau à répétition, #infrastructures vieillissantes responsables de fuites et d’une qualité de l’eau souvent médiocre etc. Malgré tout, le système reste bloqué. De l’Etat aux collectivités en passant par les entreprises privées, quels degrés de #responsabilités établir face à cette #inégalité d’#accès_à_l’eau ? La #fracture_territoriale observée est-elle synonyme d’un abandon des Outre-mer par la métropole ?

      Pour évoquer ces questions, François Saltiel reçoit Nicolas Metzdorf, député de Nouvelle-Calédonie, Marc Laimé , consultant en eau et assainissement auprès des collectivités locales et co-auteur de #Guadeloupe, L’île sans eau, Massot Editions et Michèle Chay, membre de la Commission du Groupe Outre-Mer du CESE et co-autrice d’un rapport à paraître sur l’eau dans les territoires ultra-marins.

      Pour commencer, nos trois invités rappellent les spécificités de chaque territoire ultra-marin sur la question de l’accès à l’eau potable. Michèle Chay commence : "s’il n’y a pas de problèmes de ressources avérés dans les départements et les collectivités d’Outre-mer, il y a des problématiques concernant l’accès et l’assainissement de l’eau. Elles sont différentes d’un territoire à l’autre pour des raisons de démographie, de découpage territorial etc." Nicolas Metzdorf complète : "l’accès à l’eau est plutôt de qualité en #Nouvelle-Calédonie ; seul 7% de la population n’a pas accès à l’eau potable. Mais on observe des épisodes de sécheresses récurrentes et l’émergence de nouveaux problèmes liés à la gestion de l’eau." Marc Laimé ajoute : "depuis une quinzaine d’années, un quart des guadeloupéen.ne.s n’a pas accès à l’eau potable. La responsabilité est partagée entre l’Etat qui n’a pas assuré sa mission régalienne, les élus locaux (accusés notamment de clientélisme) et les acteurs privés."

      Mais qui est responsable ? Pour Nicolas Metzdorf : "On a un mauvais réflexe dans les Outre-mer, on est toujours critique envers l’Etat mais on se regarde peu nous-même. Nous, les élus locaux, nous avons la première des responsabilités. L’adduction en eau potable est une compétence des communes, pas de l’Etat. La question est de savoir si la problématique de l’eau, problème du siècle, peut être laissée à des syndicats intercommunaux et des collectivités locales." Michèle Chay est d’accord avec Nicolas Metzdorf sur la responsabilité des collectivités locales : "l’Etat a d’ailleurs mis des #fonds pour améliorer la situation (avec le plan « #Eau_DOM » et des contrats de progrès, ou bien avec le plan "#France_Relance" qui a débloqué 50 millions d’euros sur la question de l’eau." Concernant l’inaction des collectivités locales, Marc Laimé ajoute : "La Cour des Comptes a publié un rapport il y a deux mois, chaque année la France vote un budget de 26 milliards d’euros pour les #DOM-TOM or la moitié seulement est saisie. La raison est simple : les collectivités locales n’ont pas l’ingénierie technique, financière et humaine pour monter des dossiers."

      Quand on aborde les inégalités de traitement et de considération des habitants d’Outre-mer par la métropole, les avis divergent. Pour Marc Laimé : "chaque DROM à des particularités mais tous sont touchés par une très grande précarité et pauvreté. Toutes ces problématiques doivent être prises en compte vis-à-vis des défaillances du service public qui n’est pas assuré dans les territoires ultra-marins comme il l’est dans un département de métropole. Le sentiment d’inégalité sur place est légitime." Michèle Chay ajoute qu’il "n’y a pas d’égalité réelle dans les Outre-mer, c’est une évidence (à cause de la précarité, du manque de travail chez les jeunes etc.). Pourtant, c’est des territoires de la République, il faudrait mettre les moyens financiers et techniques."

      Nicolas Metzdorf s’exclame : "j’ai vraiment du mal avec ce qui est dit. Si je prends l’exemple de la Nouvelle-Calédonie, l’Etat est intervenu à chaque fois que nous avions un problème. A un moment, il faut reconnaître que la responsabilité vient de nous-même avant de chercher à tout prix un coupable ailleurs. Parce que l’on est insulaire, on a l’impression que tout ce qui ne se passe pas bien est dû au fait que nous sommes loin. Je ne crois pas, je pense que nous sommes tous traités de la même manière et que nous avons notre part de responsabilité."

      Enfin, contrairement aux deux autres invités, Nicolas Metzdorf considère que l’intégration du ministère des Outre-mer dans celui de l’Intérieur est une "excellente chose. Le ministère des Outre-mer est aujourd’hui géré par un ministère régalien, ce qui lui donne un vrai poids politique. Quand le ministère des Outre-mer était seul, il fallait beaucoup de lobbying de la part des parlementaires et du ministre pour se faire entendre. C’est paradoxal, on critique beaucoup la différence de traitement des Outre-mer mais on veut en faire un ministère à part entière."

      #eau #eau_potable

      #podcast #audio

      voir aussi les reportages de @wereport sur l’eau potable en Guadeloupe :
      https://www.wereport.fr/tag/guadeloupe

  • « Mwen domi dewo ». Des Français venus d’Outre-mer.

    "En 1946, La Guadeloupe, la Martinique deviennent départements français. Dans un contexte de forte pression démographique, le gouvernement français y opte, durant vingt ans, pour une politique de transferts sociaux à grande échelle. En parallèle, il incite au déplacement des individus vers l’hexagone. Des années 1960 aux années 1980, des dizaines de milliers de Français, originaires de Martinique et de Guadeloupe, quittent leur île natale pour l’hexagone. Cette migration intérieure, décidée au plus haut sommet de l’État, ne dure que vingt ans, mais représente néanmoins l’une des plus importantes qu’ait connu la France. Elle contribuera à accréditer l’idée que pour les DOM le salut se trouve toujours loin de la terre natale. Une attitude assez comparable au mépris dans lequel l’industrie musicale hexagonale a longtemps tenu les musiques guadeloupéenne et martiniquaise véritables. Cette condescendance coloniale a empêché tous ceux qui chantaient en créole de se faire connaître dans l’hexagone.

    Entreprise de « déportation » pour Aimé Césaire, le Bumidom sera synonyme de déracinement pour de nombreux Domiens, sans véritable intégration à l’arrivée dans l’hexagone. "

    https://lhistgeobox.blogspot.com/2022/07/mwen-domi-dewo-des-francais-venus.html

  • Covid-19 : la Guadeloupe voit une augmentation de près de 50 % de cas positifs en une semaine
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/07/02/covid-19-la-guadeloupe-voit-une-augmentation-de-pres-de-50-de-cas-positifs-e

    Covid-19 : la Guadeloupe voit une augmentation de près de 50 % de cas positifs en une semaine. Près de 2 300 contaminations ont été relevées sur les quatre premiers jours de la semaine, ce qui a poussé les autorités à prolonger les mesures sanitaires en vigueur à l’entrée sur le territoire.
    Le Monde avec AFP
    A l’approche des vacances d’été, l’épidémie de Covid-19 connaît un net rebond à la Guadeloupe. De lundi à jeudi, « le nombre de personnes testées positives a significativement augmenté par rapport aux quatre premiers jours de la semaine [dernière] : 2 299 contre 1 552, soit une augmentation de 48 % », précise, vendredi 1er juillet, un communiqué de la préfecture de Guadeloupe.Ce rebond avait poussé, jeudi, les autorités à prolonger les mesures sanitaires en vigueur à l’entrée sur le territoire guadeloupéen. Ainsi, les voyageurs à destination de la Guadeloupe devront présenter un test PCR ou antigénique négatif, ou un certificat de rétablissement pour ceux qui ont contracté le virus, ou afficher un schéma vaccinal complet.
    L’hôpital a aussi mis en place des mesures pour juguler la tension entraînée par ce rebond. Depuis le 15 juin, les urgences n’accueillent plus les patients qui ne seront pas passés par le SAMU, le centre 15 au préalable, entre 20 heures et 8 heures du matin, a prévenu dans un communiqué la direction du CHU de Guadeloupe.Selon le communiqué de la préfecture, le taux d’incidence a bondi, d’une semaine à l’autre, de 649,5 à 770,3. Le taux de positivité des tests est passé de 18,3 % à 20,2 %.Parallèlement, le nombre de clusters s’accroît également toujours, selon la même source. A la Guadeloupe, selon le dernier bulletin sanitaire, seule 25 % de la population est triple vaccinée.

    #Covid-19#migration#migrant#france#guadeloupe#sante#mobilite#tourisme#vaccination#restrictionsanitaire#cluster#depistage#schemavaccinal

  • Répression des « grands frères » : le scandale judiciaire qui indigne la #Guadeloupe
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/repression-des-grands-freres-le-scandale-judiciaire-qui-indigne-la-guadelo

    Le 17 janvier dernier, à l’aube, Oneel, Lillow, Zébrist, BB, Bwana, Samuel et Didier ont été arrêtés par le RAID et le GIGN suite aux exactions et violences commises entre novembre et décembre 2021 en Guadeloupe, en marge des manifestations sociales…

    #Justice

  • Ah, chez Lundi Matin, on en est encore aux élucubrations les plus crasses en matière de Covid, et que je t’enrobe ça dans un vocabulaire délirant et des paragraphes numérotés.

    Décoloniser la médecine ?
    https://lundi.am/Decoloniser-la-medecine

    Maintenir l’état d’exception théorique qui conduit à penser le covid comme un phénomène absolu, un virus qui existerait, simplement, en dehors de toute cosmologie, c’est fermer la porte à toutes les manières alternatives de le comprendre et donc, potentiellement, d’y faire face.

    […]

    l y a bien entendu des mauvaises conceptions des maladies : par exemple celles qui, empruntant tout au vocabulaire du nationalisme ambiant à l’époque de leur élaboration, font du corps une citadelle et du virus un étranger auquel il faut déclarer la guerre, cette métaphore dégénérant systématiquement en pensée du corps social national à préserver des étrangers. Leurs conséquences politiques sont bien connues. Reste à savoir ce que « nous », nous considérons comme des visions acceptables des maux qui nous affligent et surtout, comment imaginer la coexistence de différentes manières parfois antagonistes de concevoir ce mal selon les régions, les appartenances (ethniques, religieuses, politiques), le lieu et la forme de vie.

    […]

    Mais ce refus, qui s’agrégeait en Guadeloupe à une contestation sociale vivace, était aussi motivé sur la base de raisons religieuses et à partir de savoirs indigènes, certains acteurs affirmant être en mesure de combattre le covid par différentes méthodes locales (notamment les plantes médicinales, comme cela a également été le cas en Chine). Seule une perspective proprement coloniale nous permettrait de réduire ces motifs au rang de croyances insignifiantes.

    • C’est cependant un débat qu’il faudra avoir, dans les milieux de gauche/émancipation/décoloniaux, même en étant totalement opposé avec ce point de vue.

      On pense notamment au rôle de la Miviludes et de l’ordre des médecins dans la répression des médecines dites « alternatives » ou « parallèles » aujourd’hui.

      #médecine #santé #religion #anthropologie #relativisme #science #décolonial #Foucault #Bruno_Latour #vaccination #antivax #Guadeloupe #Paracelse

    • La Revue du Crieur aussi : Et si l’on battait le capitalisme sur le terrain du désir ? Alain Damasio, Revue du Crieur 2022/1 (N° 20)
      https://seenthis.net/messages/933520#message955946

      L’époque a un problème avec l’altérité. Elle ne sait plus vraiment comment l’accueillir, l’accepter, nouer avec elle, s’y articuler. Elle ne sait plus faire avec.

      Les migrants, les virus, les pas-comme-nous, les pas-de-chez-nous, les autres espèces, les autres genres ou les autres règnes : au mieux indifférence, angle mort, tache aveugle. Au pire conjuration et rejet. Expulsion. Exil. L’affect dominant est de fuir et chasser tout ce qui ne nous ressemble pas.

    • Bon, pas d’auteur et beaucoup de post-posts ou encore un travers du constructivisme que j’appelle le déconstructionnisme. Dire que quelque chose est le fruit d’une construction sociale, d’histoire, de rapports de force etc., ça ne veut pas dire que le processus que l’on mets en évidence abouti à des objets qui n’existent pas.

      Par ex, qu’il y ait tout un appareillage politique et de luttes sociales qui accompagne la « victoire » de l’approche de Pasteur contre les explications de type génération spontanée, ça ne veut pas dire que l’approche pastorienne n’est pas opérante du point de vue biologique ou médical.

      C’est un raccourci qui est assez fréquent chez certain·e·s lecteur·ice·s de Latour, Foucault etc...

      On a une situation - une épidémie par exemple - dont l’étendue est le fruit de différentes opérations humaines, de rapports de forces (impériaux ou coloniaux par exemple, mais aussi de classe ou industriels dans d’autres cas) et le fait qu’il y ait une accumulation d’erreurs humaines, d’intérêts particuliers et de rapports de force, voudrait presque dire que la maladie qui cause l’épidémie n’existe pas. A classer dans la catégorie #raccourcisexpéditifs

      Ps : Après, c’est aussi à mon avis un contre-coup de l’exploitation sans reconnaissance financière, notamment, de nombreux savoirs vernaculaires en phytothérapie par l’industrie pharmaceutique sous forme de molecules propriétaires qui renforce ce type de discours. De manière générale, le fait de balayer toute connaissance populaire (ex : la connaissance des patients sur leur propre maladie, celles de femmes sur les naissances etc...) d’un revers, ouvre la porte au charlatanisme et aux amalgames.

  • la marine en déroute
    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1507987385514176512/pu/vid/720x900/XakNKaRto4VyTGmV.mp4?tag=12


    Marine Le Pen n’est pas la bienvenue en #Guadeloupe ! Arrivée il y a quelques heures en Guadeloupe, Marine Le Pen a du être évacuée de son hôtel alors qu’elle était en duplex pour sa campagne suite à l’intervention de l’ANG et du comité international des peuples noirs ! https://t.co/qqaxKEVYJQ

    https://expansive.info/VIVE-L-IMMIGRATION-3209

    En avril 2002, l’extrême droite réunissait moins de 20 % des voix. Le 10 avril 2022, elle risque de réunir au moins 30 % des voix au 1er tour des élections présidentielles à travers plusieurs candidat-e-s. Pire, selon les sondages, les programmes électoraux anti-migratoires pourraient attirer bien plus de la moitié des voix à ces élections si on ajoute les propositions de la droite – dont Macron – et certaines de la gauche...

  • Six thérapeutes transculturelles pour p(e)anser les plaies du trauma colonial
    https://desoriental.fr/therapie-transculturelle-decoloniale

    mis à jour le 01/12/2021

    "Comme nous le rappelle tristement l’actualité en Guadeloupe, le passé esclavagiste et colonial de la France a encore des conséquences aujourd’hui, économiques et politiques, mais aussi dans les âmes et dans les corps.

    Cette semaine, on t’emmène faire un tour du côté des thérapies transculturelles (car non, la psychologie et la psychiatrie ne sont pas universelles mais bien ancrées culturellement.), un champ d’étude et d’action en santé mentale encore peu connu, et qui pourtant pourrait nous aider, collectivement et individuellement, à penser et à panser les plaies du trauma colonial.

    On parle d’approches thérapeutiques transculturelles, décoloniales ou encore d’ethnopsychiatrie. L’occasion de rappeler que n’importe qui peut aller consulter un.e psychiatre. Il s’agit juste d’un.e professionnel.le qui allie psychologie et médecine et offre une modalité (remboursée par la sécu’) de prendre soin de sa santé mentale. Et comme dirait l’autre, les 20% qui vont en thérapie y vont à cause des 80% qui n’y vont pas. A bon entendeur !

    Cette semaine donc, on te présente six thérapeutes transculturelles et/ou décoloniales à suivre ou à consulter. Ces six femmes, de générations et de cultures différentes, ont toutes pour point commun d’avoir à un moment de leur vie, ressenti le besoin viscéral d’apporter une solution à cet angle mort de la santé mentale française. Elles offrent à leurs patient.e.s des espaces sécurisés qui prennent en compte leurs spécificités culturelles mais aussi l’impact des oppressions systémiques sur leurs vécus, sans jugement.
    En introduction, aux origines des approches thérapeutiques transculturelles

    Impossible de citer toutes les contributions majeures au champ des thérapies transculturelles, aussi nous te présentons très subjectivement deux personnalités dont la pensée est un repère toujours pertinent pour comprendre la réalité psychologique des Français.e.s transculturel.le.s post-coloniaux.ales :

    L’incontournable Frantz Fanon, psychanalyste français afro-caribéen fortement impliqué dans la lutte pour l’indépendance algérienne et enterré en Algérie, est l’un des premiers à envisager la part psychologique du processus et du système de colonisation et à décrire les séquelles et aliénations de la colonisation sur la psyché des sujets colonisés.

    Alice Cherki, psychanalyste judéo-algéroise indépendantiste et disciple de Fanon est, elle, toujours vivante et sa réflexion n’a fait que suivre l’évolution des générations de déraciné.e.s, comme en témoigne son livre de 2007 La Frontière invisible, violence de l’immigration. Le trauma n’est plus vécu mais hérité des générations précédentes, souvent dans le silence, souvent par le corps.
    Six praticiennes transculturelles et/ou décoloniales

    1. Marie-Ève Hoffet-Gachelin, pédopsychiatre franco-vietnamienne

    Elle exerce au centre médico-psycho-pédagogique de Colombes et a fait de la recherche sur la pédopsychiatrie post-coloniale en partant de sa connaissance des parcours post-coloniaux franco-vietnamiens.
    2. Hagere Mogaadi, psychanalyste inclusive à Paris

    Elle se présente comme décolonialiste, queer friendly, musulmane, féministe et transculturelle.

    Au-delà des consultations, elle propose du contenu autour des questions identitaires et de santé mentale sur son compte instagram : @la_psy_qui_cause.
    3. Selma Sardouk, coach décoloniale et féministe

    Selma n’est pas thérapeute mais coach formée en hypnose et en thérapies brèves, créatrice de contenu autour des questions décoloniales et féministes.

    Elle vulgarise des sujets très précis en formats très synthétiques. Mais on adore les Reels de son compte Instagram @selmasardouk qui mettent le doigt sur ces micro-moments où on peut se sentir incompris.e ou en colère face au racisme ordinaire voire bienveillant, en tant que Français.e transculturel.le. Rire libérateur assuré !
    4. Amalani Simon, psychologue clinicienne franco-indienne

    Elle exerce à l’hôpital Avicenne de Bobigny et est fortement impliquée dans la psychanalyse transculturelle et a notamment produit des travaux de recherche autour des liens entre psychologie et langage des enfants français d’ascendance tamoule.
    5. Soumaëla Boutant, psychologue interculturelle française afro-caribéenne

    L’intérêt de Soumaëla pour la psychologie interculturelle naît pendant ses études, où elle sent une sorte de dissonnance “entre [son] vécu de jeune femme française et afrocaribéenne et certaines théories qui [lui] étaient enseignées à l’université”.

    Basée en Guadeloupe, Soumaëla propose des consultations de psychologie interculturelle en visio spécifiquement pour les caribéen.ne.s francophones expatrié.e.s.
    6. Karima Lazali, psychologue franco-algérienne

    Elle exerce à Levallois-Perret en libéral et a écrit Le trauma colonial, une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie.❞

    #colonial #France #psychologie #trauma

  • Quitter les Antilles ou la Réunion pour l’hexagone, par ses propres moyens ou dans le cadre du Bumidom.
    https://lhistgeobox.blogspot.com/2021/12/quitter-les-antilles-ou-la-reunion-pour.html

    "Si la France des Trente glorieuses connaît une période de plein emploi, les postes à pourvoir sont peu qualifiés, très loin des attentes des postulants. La construction des grands ensembles permet aux hommes de facilement trouver du travail dans le secteur du bâtiment. D’autres cherchent à s’employer comme ouvriers ou mécaniciens dans les usines automobiles et dans l’administration publique. Un Antillais sur deux et un Réunionnais sur trois deviennent ainsi fonctionnaires aux postes les moins qualifiés en tant qu’agents de la SNCF, de la RATP, des PTT, des mairies ou de l’APHP. Au sein des nouveaux centres hospitaliers, où la main d’œuvre peu qualifiée fait défaut, de nombreux Domien(ne)s sont ainsi embauchés en tant que femmes de ménage, filles de salle ou brancardiers. Tous se répartissent en fonction des besoins de l’économie métropolitaine.

    Les nouveaux venus, dont l’histoire et les spécificités n’apparaissent pas dans les manuels scolaires, trouvent difficilement leur place parmi leurs compatriotes. Très vite, on oublie que ce sont des Français venus d’ailleurs, mais des Français à part entière. On les confond avec les travailleurs immigrés arrivés eux aussi dans les années 1960 et 1970. Aux problèmes identitaires s’ajoutent donc les violences du déracinement. Les discriminations sont légions. De nombreux propriétaires refusent par exemple de louer lorsqu’ils découvrent que les candidats sont noirs. « L’émigré antillais en France est ambigu, il mène la vie de l’émigré mais il a le statut de citoyen. Il est à même d’être fonctionnaire : infirmière ou fille de salle, employé des postes ou poinçonneur du métro, douanier à Orly ou agent de police. Il se sent français, mais il subit des formes latentes ou déclarées de racisme tout comme un Arabe ou un Portugais », constate Glissant dans Le Discours Antillais."

  • GUADELOUPE, MARTINIQUE : LES RESTES DE LA COLONISATION- Spartacus
    http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2021/11/29/39239964.html

    GUADELOUPE, MARTINIQUE : LES RESTES DE LA COLONISATION L’État deploit des blindés de la gendarmerie en #Guadeloupe face à la multiplication des barrages en raison de la grève générale illimitée qui dure depuis déjà quatre jours. #GreveGenerale (...) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • Guadeloupe : rassurez-vous le RAID et le GIGN sont sur place !
    https://www.youtube.com/watch?v=uHbUsTujap0


    "Ils auraient pu investir dans l’hôpital public, dans les canalisations d’eau en ruine, bloquer les prix des produits de première nécessité, dépolluer les terres contaminées au chlordécone... Mais à la place, ils envoient le Raid et le GIGN. On ne lutte pas contre une épidémie en réprimant le peuple !"

    Quand Mathilde Panot demande au gouvernement de choisir le dialogue et la désescalade en #Guadeloupe, #Blanquer [ Tu te dis qu’on vit dans un pays où le ministre le plus fiable pour être 1er ministre par intérim, c’est Blanquer ! ] l’accuse de souffler sur les braises.
    La #novlangue macronienne, c’est facile. On inverse le sens des mots et on crie très fort…

    #Maltraitance-sociale

  • Guadeloupe : la dernière alerte avant la contagion

    « Gouverner c’est prévoir », dit l’adage. Reconnaissons que ce n’est pas toujours commode de prévoir. Mais pour ce qui concerne la #Guadeloupe, rien n’était plus facile. À l’épaisse couche de problèmes laissés aussi à l’abandon que les populations s’est ajoutée, depuis, la crise sanitaire qui, avant tout incident, avait déjà valu à l’île d’être qualifiée de situation de #maltraitance-sanitaire.

    Depuis lors, pendant quatre semaines chaque semaine, les Guadeloupéens sont descendus dans la rue pour exiger le dialogue avec l’autorité publique, celle du gouvernement et de l’État. En vain. Pire, le gouvernement a décidé d’appliquer sans faille la suspension des personnels soignants et pompiers qui refusent de se vacciner. Au passage, comme d’habitude, on aura eu droit a la grosse campagne de calomnie sur le personnel irresponsables bla-bla-bla en oubliant de dire que 85% est vacciné ! On est loin de la fameuse injonction de l’OMS : « convaincre plutôt que contraindre ». La campagne de conviction est un échec total. 65 % de la population n’est pas vaccinée et rejette le vaccin. Solution ? Pour le gouvernement c’est simple : le passage en force. Et par la force. À croire que les incidents étaient souhaités. Ils n’ont pas tardé a se voir. Ils servent à présent de prétexte pour un déploiement totalement disproportionné et spécialement arrogant de la force. Avec 50 hommes du GIGN et du RAID envoyés sur place par-dessus le marché pour laisser croire à un risque terroriste qui n’a jamais existé.

    Aussitôt, l’habituel marteau-piqueur médiatique s’est mis en place « vous condamnez la violence ? », « vous dénoncez les pillages ? » mettant toute personne à contribution pour isoler et flétrir la Guadeloupe et réduire le mouvement social qui s’y déroule à une émeute irresponsable. On ne saura rien alors de l’état d’abandon et de violences sociales dont sont victimes depuis des années les gens sur place avec une patience inouïe, quoique les mouvements contre la profitation aient pourtant largement sonné l’alerte. 2009 : 44 jours de grève et barrages routiers contre la vie chère. Juin 2019 : barrages au Gosier contre les coupures d’eau + pétition lancée par le « Comité de défense de l’eau et des usagers en Guadeloupe ». Juillet 2019 : grève des soignants du CHU pour dénoncer le manque de moyens humains et matériels, soutenue par 80% de la population. 2021 : 4 mois de mobilisation contre le passe sanitaire et la gestion sanitaire sans réponse. Autant de signaux d’alerte de premiere grandeur. En vain.

    Alors le fond remonte à la surface et l’exaspération emporte tout. Un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. On relève 60% de chômage chez les jeunes. On les a confinés, contrôlés, frustrés, assommés d’ordres et d’injonctions depuis deux ans. Vie nulle, vie entravée, vie perpétuellement infantilisée. Le tout dans un environnement qui chaque jour témoigne, avec les coupures d’eau, de l’incurie de tous les pouvoirs qui donnent sur ce ton moralisateur leurs consignes. La crise de l’eau n’en finit pas. 60% de l’eau courante est perdue en fuites dans le réseau. Dans la vie de chacun, ce sont les coupures à répétition et les « tours d’eau » par zone. À la rentrée 2020, 44 écoles ont dû fermer faute d’approvisionnement en eau. Comment appliquer les gestes barrières ? Paris s’en fou. La Guadeloupe est pourtant la région où la facture d’eau est la plus élevée. 800 euros de facture moyenne par an, contre 550 euros au niveau national. Il faudrait un milliard d’euros pour réparer les canalisations et le système d’épuration. Un milliard pour assurer le minimum vital en dignité. Mais le « quoiqu’il en coûte » n’intègre pas la dignité des Guadeloupéens.

    À preuve le sous-investissement permanent dans les territoires ultramarins. L’investissement moyen de l’État par habitant est de 116,29 euros en Outre-mer, contre 176,40 en moyenne à l’échelle nationale. Ça ne va pas s’arranger. En 2019, deux tiers des 32 communes de Guadeloupe approchaient de la banqueroute. Tout cela et combien d’autres choses ont rendu odieux le quotidien. Comme le prix de la vie, les excès de sucre dans l’alimentation vendue dans les grandes surfaces, les monopoles privés insupportables, l’impunité du scandale du chlordécone qui a tué et tue encore.

    Peut-être est-ce le chlordécone qui a tué toute confiance dans la parole officielle sur l’île. Le scandale du Chlordécone reste à vif. Ce pesticide utilisé à gros bouillon dans les bananeraies. Il a été interdit en 1990 en métropole et en 1976 aux USA. Mais seulement en 1993 aux Antilles, le temps de vendre tout le stock. Sa toxicité était pourtant connue depuis les années 70. Désormais, 90% de la population est contaminée. Il y en a partout. Dans l’eau, sur la terre, dans l’air. tout au long du cycle de l’eau. La durée de vie du chlordécone ? 700 ans. Sur place à la tête d’une commission d’enquête de l’Assemblée Nationale, la présidente du groupe LFI Mathilde Panot a fait du bon boulot d’alerte et de préconisation.

    Là dessus arrive la pandémie. L’abandon sanitaire éclate alors aux yeux de tous. Toutes les infrastructures sont vétustes. Le CHU a subi un incendie en 2017 et il a subi comme tout le monde les coupures d’eau pendant la pandémie. Un nouveau CHU doit voir le jour. Il parait que ce sera en 2022. En Guadeloupe, il y a 354 médecins pour 100 000 habitants, contre 437 à l’échelle nationale. Il y a 48 lits d’hôpital pour 10 000 habitants contre 60 pour l’Hexagone. Oui : 20 % de moins. Pourquoi ? Ce qui se joue a présent c’est la contagion. D’abord aux autres DOM et TOM. Sur ce point, c’est déjà bien amorcé. Ensuite à l’hexagone. Ca vient. La même bêtise aveuglée produira partout le même effet.

    melenchon.fr/2021/11/23/la-semaine-fetiche-des-insoumis/

  • Guadeloupe : face à une « situation très explosive », Emmanuel Macron rappelle l’importance de la vaccination !

    « Guadeloupéens, Guadeloupéennes, vous enviez le niveau de vie métropole. Je fais tout depuis 5 ans pour égaliser les choses. Bientôt grâce à moi ils auront en métropole le même niveau de vie que vous.

    Guadeloupéens, Guadeloupéennes, je vous le promet, je ne rétablirai pas l’esclavage. J’ai bien conscience de vos inquiétudes légitimes devant cette mesure de progrès social si elle est imposée trop précipitamment.

    Je veux dire aux noirs que je ne suis pas raciste : eux aussi, à égalité avec les blancs, pourront être éborgnés à coup de LBD conformément à mon respect de l’universalisme républicain.

    Et en plus ce vaccin est inoffensif ! Même le covid le supporte bien ! »

    #Guadeloupe

    • Guadeloupe, Martinique, Guyane, quartiers populaires, même combat !
      par Guillaume Quintin

      La Guadeloupe vit aujourd’hui sous couvre-feu, préavis de grève générale et répression féroce du mouvement social. Comme il y a quelques mois en Martinique, comme en Guyane, et comme dans les quartiers populaires des banlieues de l’Hexagone, les ressorts de cette situation sont les mêmes, et la réponse du pouvoir identique, et elle tient en un mot : mépris.

      Des décennies (des siècles ?) de mépris, social et politique, ne se règleront pas avec quelques blindés légers, quelques milliers de gendarmes mobiles ni non plus avec quelques centaines de policiers d’élite, le RAID qui est « une unité d’intervention de la police nationale () a pour mission de lutter contre le crime organisé, le grand banditisme, et le terrorisme. Le RAID intervient lors de crises majeures en réalisant des négociations ou des assauts » (dixit le site, non officiel, Police-Nationale.net). On ne voit pas bien, selon cette définition, à quoi vont servir ces hommes, triés sur le volet dont le métier et de juguler le grand banditisme ou les terroristes, en Guadeloupe où, contrairement à ce que le Gouvernement et les coups de menton de Darmanin tentent de vous faire croire, la situation n’est pas due à des bandes que manipuleraient en sous main les organisations syndicales. Une telle position est insultante pour les organisations syndicales, méprisante pour les habitants et très insuffisante au plan politique.

      Ce qui se passe en Guadeloupe donc – comme ce qui s’est passé cet été en Martinique où les forces du désordre du couple infernal Macron-Darmanin ont tout de même fait usage de lacrymogènes à l’intérieur de l’hôpital et malmené (j’euphémise) des soignant•es – ce qui se passe là prend ses racines il y a des décennies, la question sanitaire n’étant que la énième goutte d’eau (polluée au Chlordecone) qui fait déborder la rivière, sans cesse alimentée par le pouvoir central, des humiliations et des frustrations des promesses non tenues au cours des ans.

      Une politique néocoloniale de l’Etat français

      Sans aller jusqu’à remonter à la traite des esclaves, mais qui a évidemment instauré entre les uns et les autres un rapport politique et social spécifique, la situation actuelle en Guadeloupe est le fruit d’une politique néocoloniale plus ou moins (plutôt moins) assumée par l’État français et les gouvernements successifs depuis l’après guerre.

      Cet état français voudrait aujourd’hui nous faire croire que ce sont les syndicats (qui seraient) alliés des bandes pour semer le chaos et la pagaille sur l’ile et ainsi discréditer les revendications légitimes des organisations syndicales toutes unies et qui ne demandent pas autre chose que de voir les habitant•es et les travailleur•ses de Guadeloupe être traité•es avec dignité et respect de leur citoyenneté. « On est pas des chiens » s’indigne Elie Domota du LKP dans une interview à OutremerNews !

      Le cahier des revendications des syndicats qui ont signé l’appel à la grève générale est pourtant la somme de sujets que l’État a totalement négligés et qui auraient très bien pu être réglés avec un peu de volonté, plus qu’avec beaucoup d’argent, et si la question sanitaire et de l’obligation vaccinale des soignant•es vient en tête c’est qu’elle est la dernière à avoir émergé. Elle ne fait que « recouvrir », en quelque sorte, des revendications plus anciennes liées aux conditions de vie en Guadeloupe où le réseau d’adduction d’eau potable est totalement déficient et laissé à l’abandon, où le chômage des jeunes est à un niveau stratosphérique (on parle de plus de 60 % de chômeurs chez les moins de 30 ans), où les prix à la consommations sont totalement délirants (50 à 100 % de plus que dans l’Hexagone sont des différences courantes), où la population est intoxiquée au Chlordecone (pesticide agricole utilisé pendant des décennies et cause de nombreux cancers) et ne parlons pas de l’augmentation des prix des carburants qui, dans un département notoirement sous équipé en transports en commun, tape durement au porte-monnaie.

      Il va de soi que les organisations syndicales et les associations qui défendent les droits des salariés et des travailleurs par le seul moyen à leur disposition, la grève, n’ont rien à faire ni à voir avec les bandes de jeunes désoeuvrés qui, poussés à bout, profitent de la situation sociale pour laisser s’exprimer des dizaines d’années de frustrations liées au chômage endémique et sciemment organisé que connaît le département.

      Un génocide par substitution

      En effet, depuis les années soixante, l’état à consciencieusement organisé ce qu’AImé Césaire avait appelé « le génocide par substitution ». Si le terme est, volontairement sans doute, un peu forcé, il décrit bien le processus mis en œuvre par l’état.

      Durant les trente glorieuses (1945-1973), au sortir de la seconde Guerre Mondiale, la France a besoin de bras pour soutenir son essor économique fulgurant et compenser les faiblesses de sa pyramide des âges. le recours à une main d’oeuvre massive et rapidement disponible ne s’est pas faite que depuis le Maghreb, toutes les anciennes « colonies » y contribuent. L’Etat fonde en 1963 le Bureau de Migration des DOM (BUMIDOM) dans l’espoir de résoudre la double équation du chômage chronique aux Antilles et le besoin urgent de main d’œuvre dans l’Hexagone, le tout en mettant en place un outil dont le but était aussi de contrôler la montée des revendications indépendantistes chez les jeunes.

      Pour Césaire, il s’agit d’empêcher cette politique migratoire – dont la finalité initiale pâtit de l’essoufflement des trente glorieuses – de devenir prétexte à l’installation de Métropolitains (Blancs) venant remplacer les afro-antillais partis travailler en France Hexagonale. Le 13 novembre 1975, devant l’Assemblée Nationale, estimant que le maintien d’un tel système ne serait pas sans conséquences pour la Martinique (tant du point de vue sociétal que démographique), le député Césaire s’exprime ainsi : « L’aspect le plus connu des Antilles-Guyane est sans doute celui de terres d’émigration, mais… elles deviennent en même temps et parallèlement des terres d’immigration. Les nouveaux venus ne sont pas un quarteron de Hmongs pitoyables qu’il convient, en effet, d’aider, mais d’autres allogènes, autrement organisés, autrement pourvus, autrement dominateurs aussi et sûrs d’eux-mêmes, qui auront tôt fait d’imposer à nos populations la dure loi du colon. Je redoute autant la recolonisation sournoise que le génocide rampant ». Le texte est fort mais, presque 50 ans plus tard, nous pouvons mesurer à quel point Aimé Césaire avait vu juste. Le fait est que la jeunesse éduquée et diplômée de Guadeloupe et de toutes les Antilles a massivement « émigré » dans l’Hexagone où elle s’est installée tandis que tous les postes clés de l’administration et des grandes entreprises établies sur place sont tenu par des « immigrés » venu de l’Hexagone, cependant que l’économie locale est aux mains des descendants de colons, et ce mouvement a été soigneusement structuré et organisé par l’État.

      L’obligation vaccinale : la goutte d’eau

      « Désormais, il y a un mélange des personnes sur les barricades. Beaucoup de jeunes, en colère par rapport à la situation de la Guadeloupe. L’obligation vaccinale, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », estime Maïté M’Toumo, secrétaire générale de l’UGTG, en demandant « l’ouverture de négociations avec le gouvernement ». Mais en forme d’« ouverture de négociations » le gouvernement fait un double mouvement paradoxal : il reçoit les élus de l’Ile pour la plupart favorables à la majorité présidentielle, et bien silencieux jusqu’ici, ce lundi 22 novembre et envoie des troupes d’élites (GIGN, et RAID) pour rétablir l’ordre ! Le résultat de cette politique est que la population de Guadeloupe diminue du fait du départ des jeunes qui une fois installés de l’autre coté de l’Atlantique ne reviennent pas, et que la jeunesse qui « reste au pays » est par la force des choses celle qui a eu le moins accès à l’éducation et la formation. Les images qui nous arrivent de Guadeloupe des interventions des gendarmes sont proprement ahurissantes, et traduisent à elles seules le mépris dans lequel l’État tient les habitant•es de l’Ile qui a connu en 2009 44 jours de grève générale, un autre mouvement en 2012, et aujourd’hui une situation qui pourrait après ce qui s’est passé en Guyane et en Martinique ces derniers mois s’avérer tout à fait explosive à l’échelle de tout l’arc guyano-antillais (un préavis de grève générale vient d’être déposé en Martinique, signé par 17 organisations syndicales, ce jour !).

      La réalité c’est que les processus et l’état d’esprit qui guident le gouvernement dans la gestion de cette crise sont les mêmes que ceux qui sont à l’oeuvre dans les quartiers populaires des banlieues des grandes agglomérations de l’Hexagone.

      La réalité c’est que les esprits restent marqués par les évènements de 1967 où, suite à l’agression raciste par un commerçant blanc, responsable local du parti gaulliste UNR, d’un cordonnier noir, des émeutes avaient eu lieu et ont été réprimées brutalement par De Gaulle faisant officiellement à l’époque 8 morts mais dont le bilan macabre a été fortement revu à la hausse entre temps.

      La réalité c’est que toute la communication du pouvoir est axée sur les débordements violents et les difficultés qu’ils causent à ceux qui sont « installés ». A aucun moment l’état (pas plus que les medias aux ordres) ne communiquera sur les difficultés des populations liées à la politique mise en œuvre. On connaît par coeur cette façon de décrédibiliser le mouvement social en lui amalgamant les dérives violentes de quelques individus (parfois pilotés par ailleurs pour « foutre le bordel »).

      Le délitement des services publics, la relégation sociale des populations, et le mépris affiché pour les revendications syndicales ou associatives produisent là bas comme ici les mêmes effets, et il n’y a qu’un petit pas à franchir pour y voir un racisme institutionnel, celui de ces gens « d’ici » qui pensent depuis leurs bureaux feutrés savoir ce qui est bon, à leur place, pour les gens de « là-bas ».

  • Bon ! Je sais, ça ne va pas vous plaire, mais là on a atteint le point de non retour...

    « GIGN en #Guadeloupe, balles réelles contre manifestants à #Rotterdam.
    État de droit, vraiment ? »
    https://www.youtube.com/watch?v=WzKet4RgoVc

    Carte postale au bord du gouffre. 20 novembre 2021

    Dictature de la force ! Le néolibéralisme en roue libre...

    Les «  Allo ! » d’Alexis Poulin sont les « Alertes ! » des peuples !

    La police tire à balles réelles ! Les #valeurs de l’#europe tout ça...

    • La Guadeloupe en feu. Macron seul responsable.

      La situation est très tendue en Guadeloupe. C’est le résultat d’un façon d’agir à la Darmanin, avec beaucoup de mépris pour les populations des DOM-TOM. Il a joué sa partition traditionnelle : le pourrissement, histoire de pouvoir diaboliser les gens en action et réprimer ensuite avec une violence qui force l’admiration des brutes et de l’extrême droite qu’il courtise.

      Car il faut savoir que l’exaspération actuelle vient de loin. Les mains tendues coté guadeloupéen n’ont pas manqué. Un collectif guadeloupéen rassemblant plus d’une trentaine d’organisations syndicales et citoyennes est mobilisé depuis le 17 juillet contre l’obligation vaccinale des soignants et des pompiers et contre l’extension du « passe sanitaire ».

      Ainsi, depuis plus de 4 mois, les réunions syndicales, meetings populaires et marches se sont succédés toutes les semaines. Toutes les semaines ! Y compris en pleine 4ème vague, particulièrement meurtrière et traumatisante la Guadeloupe. Et cela malgré un confinement et un couvre-feu renforcés.

      Aucun signal de dialogue n’est jamais venu du gouvernement. Les suspensions de personnels soignants et pompiers, bien que repoussées en raison de la quatrième vague, ont été maintenues. Elles sont désormais effectives depuis le 15 novembre, date du début de la grève générale. À l’heure actuelle, les services de santé sont totalement délabrés et le droit à la santé n’est plus respecté .

      Nous rappelons que près de 70% de la population n’est pas vaccinée. On peut dire que la campagne de conviction est un échec total. L’application du passe sanitaire soulève donc des problèmes de société insolubles.

      Les services de pompiers, par exemple, fonctionnent grâce à leur dévouement : une grande majorité d’entre eux n’est pas vaccinée. Ils sont pourtant réquisitionnée malgré les menaces de suspension !

      À tous ces problèmes il faut ajouter une longue liste de questions non résolues depuis de nombreuses années. L’exasperation est à son comble. Ainsi quand sont recommandés des gestes barrière alors que le tiers de l’île n’a plus accès à l’eau courante… Sans oublier l’empoisonnement du sol et des eaux du territoire par le chlordécone, crime imprescriptible que les gouvernements n’en finissent plus de vouloir contourner.

      Les décisions aberrantes, l’indifférence et les mensonges des autorités laissaient prévoir facilement l’explosion qui a eu lieu. Tout était prévisible. M. Macron a choisi de regarder ailleurs et de laisser la situation dégénérer. Telle est la logique de pourrissement et de diabolisation qui permet ensuite de justifier une répression féroce.

      L’annonce d’envoi de renforts de CRS par le ministre Darmanin est un très mauvais signe. C’est la stratégie violente habituelle de la macronie qui se déploie. Les effectifs prélevés sur les autres DOM de la région laissent la place libre sur place. Le message est bien reçu.

      Sur place, le collectif réaffirme son opposition à l’obligation vaccinale réelle ou déguisée par l’imposition d’un passe sanitaire. Pour ma part, je demande au gouvernement de prendre la mesure réelle de la situation guadeloupéenne en ouvrant des négociations rapidement avant que des seuils soient franchis. Et que les autres DOM-TOM voyant la férocité et la nullité de la réponse apportée aux demandes des citoyens libres n’en tirent à leur tour de l’exaspération très active. En Guadeloupe, il est temps pour Macron de choisir la désescalade et le retour aux moeurs républicaines : le respect des populations et le dialogue normal.

      JLM

      https://melenchon.fr/2021/11/20/la-guadeloupe-en-feu-macron-seul-responsable

    • En Guadeloupe, au lieu de négocier, Macron se comporte en envahisseur et abolit ce qui reste de l’état de droit.
      Il ne sait rien faire d’autre que de souffler sur les braises.
      Accepter ça, c’est renier tout ce qui a fait la France.
      #SoutienGuadeloupe

      Plusieurs semaines pour envoyer de l’oxygène, quelques jours pour envoyer le GIGN.
      Quand on veut, on peut…

      Avec le naturel déconcertant du mythomane chronique, Marlène Schiappa nous explique que la Guadeloupe est « tout sauf abandonnée »
      Si c’était vrai, ils auraient mis un quart de ce qu’ils vont claquer en répression dans les services publics et tout irait bien !

      https://twitter.com/realmarcel1/status/1462392640847196163

    • France-2 évoque les émeutes de Rotterdam en 38 secondes et parle de « tirs de sommation », de 7 blessés...en omettant de préciser « par tirs à balles réelles », pour la première fois dans l’histoire de l’UE.

      Imaginez l’indignation si Poutine avait fait tirer sur son Peuple !

    • – En Guadeloupe -

      Taux de chômage 20% et d’illettrisme 20%

      Pénurie d’eau (ravitaillement par citernes et eau de pluie)

      Scandale des cancers à la chlordécone

      Comment ne pas comprendre le ras-le-bol des gens ?

      Il y a un moment où la population n’en peut plus et dit STOP

    • Une petite dose de néo-colonialisme et hop !


      L’air du temps est à la grève générale - Jacques Chastaing

      Ce qui donne tout le sens et la dynamique à venir aux luttes actuelles, que ce soient celles des Gilets Jaunes contre les hausses de prix particulièrement marquée ce samedi 20 pour leur 3e anniversaire, celles des manifestants anti-pass sanitaire qui continuent à leur 19e samedi, celles des grévistes pour les salaires dont les luttes ont pris une dimension encore plus importante cette semaine avec l’entrée en action des cheminots, de ceux de l’énergie, de la chimie, du pétrole, des pneumatiques, de la pharmacie ou des aéroports, celles encore des féministes qui ont manifesté en nombre ce samedi 20 contre les violences faites aux femmes, celles enfin des motards... c’est la grève générale illimitée en Guadeloupe commencée il y a une semaine et les grèves générales illimitées qui débutent le 22 novembre en Martinique et en Polynésie.

      Ces grèves générales illimitées traduisent le fond de l’air commun à la situation dans les Dom-Tom et dans l’Hexagone. Bien sûr, la conjoncture est plus exacerbée et cela depuis longtemps dans les anciennes colonies, mais le fond est le même et les dynamiques sous-jacentes aux situations sont les mêmes.

      La grève générale illimitée en Guadeloupe est partie de la lutte contre l’obligation vaccinale et le pass sanitaire, contre la suspension des soignants et pompiers non vaccinés mais s’est vite élargie au fur et à mesure que des enseignants, des pompistes, des employés d’hôtels et restaurants, des jeunes... la rejoignaient, à des revendications pour l’augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux, l’interdiction des licenciements dans le public et le privé, des embauches massives dans les services publics et mille autres revendications dont l’ensemble ressemble aux cahiers de doléances des périodes de révolution.

      En même temps que les revendications s’élargissent, la situation se radicalise, avec des barrages, des feux, des militants encagoulés, des jets de pierre, des forces de l’ordre qui interviennent violemment mais sont dépassées et font appel à des renforts, 2 500 hommes de plus, des blindés, du matériel militaire, des éléments du GIGN et du RAID et l’ensemble de la situation prend ainsi un caractère d’atmosphère insurrectionnelle.

      La même atmosphère qu’en 2009 avec la grève générale qui avait duré 44 jours et s’était étendue à la Martinique et la Guyane. Mais une atmosphère qui est aussi aujourd’hui partagée au moins en partie dans l’Hexagone.

      En 2009, en Guadeloupe, le conflit avait démarré sur quelque chose qui ne concernait qu’une petite minorité, les gérants de stations services qui ne voulaient pas une extension trop grande du nombre de stations en Guadeloupe. De là, il est passé à la lutte pour la hausse des salaires contre la vie chère et avec la création du LKP « Lyannaj kont pwofitasyon », une organisation d’une quarantaine de syndicats, partis, associations culturelles ou sociales, le conflit s’est étendu aux entreprises et à la rue, entraînant peu à peu l’adhésion de toute la population et étoffant au fur et à mesure les revendications originelles à la remise en cause globale de tous les maux de la société guadeloupéenne, sociaux, environnementaux, économiques et politiques.

      Aujourd’hui, dix ans après, le LKP est toujours là, mais le terreau commun de la révolte est encore plus important et le point de départ également. Il ne s’agit plus d’une histoire de stations services, mais de l’obligation vaccinale.

      Or, de la part d’un gouvernement incapable et incohérent dans sa politique sanitaire mais violent dans ses mises en œuvre, incapable d’assurer un système de santé satisfaisant dans l’île, incapable de remettre en route le CHU partiellement détruit par un incendie, qui n’a rien fait contre l’empoisonnement général de toute la population par le Chlordécone sinon amnistier les criminels, les gros planteurs de bananes, cette obligation vaccinale imposée par la violence, additionnée de la suspension des soignants et des pompiers, tout cela a provoqué un sentiment profond d’injustice, de mépris et au final de révolte. Autour de l’obligation vaccinale, c’est le sentiment d’être méprisés, d’être traités de « nègres », d’abrutis par le rhum et les gourous, qui fait ressortir toutes les révoltes, toutes les colères et toutes les revendications. Le taux de chômage de la jeunesse est bien plus important que dans l’Hexagone, le nombre de lits hospitaliers par habitant et plus généralement de tous les équipements des services publics est inférieur à celui de l’Hexagone, on émigre de Guadeloupe pour sortir de la misère et aller à Paris... Les raisons de la colère sont nombreuses et profondes, la grève générale illimitée n’est pas prêt de finir.

      Avec des histoires légèrement différentes, c’est la même situation, le même sentiment et les mêmes revendications en Martinique ou en Polynésie. Et on aura probablement, peu ou prou, la même grève générale, et les mêmes forces de répression envoyées pour casser du gréviste. Et même si les médias font tout et feront tout pour cacher ce qui s’y passe, les informations finiront par percer.

      Or, si la situation est plus dégradée dans les Dom-Tom que dans l’Hexagone, tout le monde comprend que la même dynamique de descente dans la pauvreté accompagnée de montée de la répression est aussi en route ici.

      Et si le mépris colonial et racial n’est pas comparable, de plus en plus de gens sentent toutefois ici avec l’aggravation du mépris de classe, le mépris pour les « rien », les « alcooliques » ou les « fainéants » mais aussi le mépris de ceux qui se révoltent, des Gilets Jaunes et des anti-pass qualifiés de fascistes, combien notre sort est commun et combien la dynamique qui anime nos luttes en profondeur est la même que dans les Dom-Tom.

      La Guadeloupe, la Martinique, la Polynésie ouvrent la voie de la grève générale illimitée. Soyons pour le moment totalement à leurs côtés avant de nous-mêmes emprunter le même chemin.

      https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/211121/lair-du-temps-est-la-greve-generale-jacques-chastaing

  • Vaccin obligatoire : en Guadeloupe, un « absentéisme massif » des soignants à l’hôpital
    https://www.lavoixdunord.fr/1093895/article/2021-11-03/vaccin-obligatoire-en-guadeloupe-un-absenteisme-massif-des-soignants-l-

    La direction du CHU de la Guadeloupe a dénoncé mercredi un « taux d’absentéisme massif » parmi ses personnels, en soupçonnant « des arrêts de complaisance » et la conduisant à envisager de « saisir le Conseil de l’ordre des médecins ».


    Les arrêts de travail se multiplient depuis quelques jours au CHU de Guadeloupe. - AFP

    Selon les autorités hospitalières de Guadeloupe, le taux d’absentéisme « avoisine dans certains services soignants 30 % » avec des arrêts de travail qui se multiplient depuis quelques jours. Le centre hospitalier guadeloupéen https://www.lci.fr/societe/covid-19-vaccination-obligatoire-le-chu-de-guadeloupe-condamne-des-operations-co souligne toutefois « un taux de conformité de plus de 80 % aux obligations vaccinales » des personnels de l’établissement, contre 30 % mi-septembre.

    « Le nombre d’arrêts maladie observés depuis le 25 octobre est anormalement élevé en cette période, par comparaison avec les périodes identiques des années passées », a souligné le directeur du CHU, Gérard Cotellon, en décelant un « absentéisme inexplicable autrement que par des arrêts de complaisance ».

    Selon lui, « le CHU est contraint de mutualiser plusieurs services chirurgicaux et médicaux dans le cadre d’un Plan de continuité de ses activités ». Il a par ailleurs appelé « tous les professionnels de santé prescripteurs à assumer pleinement les responsabilités » et s’est réservé « le droit de saisir le Conseil de l’ordre des médecins et la Caisse Générale de Sécurité Sociale de la Guadeloupe de cette situation ».

    « Tout le monde tombe malade à la même date »
    Le directeur adjoint du CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes, Cédric Zolezzi, a ironisé auprès de l’AFP : « C’est très étonnant que tout le monde tombe malade à la même date dans des proportions pareilles ». « On peut imaginer des gestes de solidarité ou de protestation quand bien même ces personnes seraient en règle pour ce qui les concerne personnellement », a-t-il poursuivi, alors que la situation sociale en Guadeloupe s’est tendue ces dernières semaines sur fond de contestations de l’obligation vaccinale des soignants https://www.20minutes.fr/sante/3160491-20211029-coronavirus-guadeloupe-vaccination-avance-pass-sanitaire- .

    Environ 600 d’entre eux ont été suspendus, sur 3 300 agents, a précisé Cédric Zolezzi, en faisant valoir que des régularisations avaient également lieu « chaque jour », mettant fin aux suspensions. « Ils ont la monnaie de leur pièce » car « 80 % des personnes qui ont été se faire vacciner l’ont été sous la contrainte », a pour sa part commenté Gaby Clavier, délégué syndical de l’UTS UGTG au CHU, interrogé par l’AFP.

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