• Riches, pauvres et classes moyennes : comment évoluent les revenus en France ?
    https://www.inegalites.fr/Riches-pauvres-et-classes-moyennes-comment-evoluent-les-revenus-en-France

    Depuis le milieu des années 1990, le niveau de vie des classes moyennes (apprécié ici par le niveau de vie médian [2]) a augmenté de 16 % une fois la hausse des prix déduite, pour dépasser 2 200 euros par mois pour une personne seule, selon les données de l’Insee. Cela représente 300 euros mensuels de plus qu’en 2004 et 3 600 euros annuels. Contrairement à un discours très médiatisé, il n’y a donc pas d’appauvrissement des classes moyennes. Mais il est vrai que la période 2008-2018 a été marquée par un long palier.

    Le niveau de vie moyen des 10 % les plus #pauvres n’a quasiment pas évolué en 20 ans. Ils gagnaient 850 euros par mois en 2004, ils touchent 830 euros en 2024. (...)

    Les 10 % les plus #riches touchent en moyenne 6 400 euros par mois. Leur niveau de vie s’est accru de 24 %, soit un gain annuel de 15 000 euros (1 250 euros mensuels) au cours de la même période, une fois l’effet de l’inflation pris en compte. Cette hausse représente à elle seule l’équivalent d’un an et demi de revenus au bas de l’échelle. L’amélioration du niveau de vie des plus aisés s’est produite en deux étapes : de 1996 à 2011, puis de 2017 à 2024 (après une période de hausses d’impôts en 2012 et 2013).

    Au total, l’écart entre le haut et le bas de la distribution des revenus annuels a augmenté de 15 000 euros entre 2004 et 2024.

    #guerre_aux_pauvres #revenu

    edit espérance de vie
    https://seenthis.net/messages/1151986

  • La #France sous les flammes : la faillite criminelle du #néolibéralisme

    La France brûle, et nos dirigeants ne font qu’aggraver une situation qu’ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le #dogme_néolibéral qui nous entraîne dans l’abîme.

    Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu’ils s’acharnent à faire l’inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir s’empilent sur leurs bureaux depuis des décennies, font-ils tout pour ne pas nous protéger de ces cataclysmes ?

    Si on leur fait crédit d’une certaine capacité de raisonnement, une autre hypothèse serait celle de l’#aveuglement_dogmatique. Ce que viennent souligner les #canicules et #incendies catastrophiques de l’été 2026, c’est l’#échec patent du néolibéralisme que nos élites pratiquent assidûment.

    Commençons par le constat. Les meilleurs climatologues du monde préviennent, via le Giec notamment, de la forte hausse des risques d’incendies, partout en Europe, liée au #changement_climatique. On sait que l’augmentation des canicules et sécheresses accroît fortement les risques de feux.

    Une politique d’#anti-adaptation

    Pourtant, on ne cesse de planter et replanter des #monocultures de #résineux, plus rentables que de vraies #forêts mais que l’on sait être ultra-inflammables.

    Pourtant, l’#Office_national_des_forêts, chargé d’entretenir et protéger nos forêts, notamment contre les incendies, a perdu 40 % de ses effectifs entre 2000 et 2022, et le gouvernement ne cesse de menacer de nouvelles coupes dans les effectifs.

    Pourtant, en 2024, le Premier ministre Gabriel Attal supprimait le #budget qui aurait permis d’acheter deux #Canadair supplémentaires.

    Pourtant, sur les 16 nouveaux Canadair promis par Emmanuel Macron après les incendies dévastateurs de 2022, seuls 4 ont été commandés, et seront livrés avec beaucoup de retard.

    Les Services départementaux d’incendie et de secours sont au bord de la rupture et les départements alertent en vain depuis des années sur le manque de #moyens.

    Le bilan est tout aussi accablant concernant les canicules. La France a déjà subi quatre vagues de chaleur extrême en 2026 ; les scientifiques alertent depuis des années sur la multiplication de ces évènements, mais nous ne nous y sommes pas préparés.

    En juin, le Haut Conseil pour le climat taclait sévèrement le retard de la France, par exemple dans l’isolation des bâtiments, et des budgets pour les politiques écologiques qui sont coupés drastiquement alors même qu’il faudrait les augmenter rapidement.

    Encore plus surréaliste : le gouvernement agit pour aggraver notre vulnérabilité. En pleine canicule du mois de juin, nos dirigeants ont décidé de remettre sur le marché locatif les pires #passoires_thermiques, où étouffent les locataires les plus précaires. En pleine sécheresse extrême, la loi d’urgence agricole, surnommée « nouvelle #loi_Duplomb », prévoit d’augmenter l’#accaparement_de_l’eau par l’#agro-industrie.

    La fuite en avant du #néolibéralisme_zombie

    Pourquoi cet acharnement à foncer dans le mur ? « Parce que nos dirigeants sont prisonniers d’un modèle », répond l’économiste Cédric Durand, coauteur de Comment bifurquer. Les principes de la planification écologique (ed. Zones, 2024).

    « La France est coincée dans ce que l’on appelle le néolibéralisme zombie. La croyance qu’il faut toujours baisser le coût du capital, baisser le coût du travail, taxer moins, et que c’est ça qui va produire de la #croissance et du PIB. On fait toujours ce pari alors que la période où cela pouvait fonctionner est révolue — si ça a fonctionné un jour », dit-il.

    Le terrible bilan politique énuméré ci-dessus répond à deux logiques propres au néolibéralisme : un affaiblissement massif des #services_publics et une foi inébranlable placée dans les vertus du #marché, qu’il convient de déréguler autant que possible. Via ces politiques, la finalité de l’État est de permettre au capital d’accumuler toujours plus de richesse.

    Au nom de l’#austérité_budgétaire, et du refus catégorique de taxer davantage le capital ou les plus hauts revenus, le gouvernement coupe les budgets publics partout où cela n’est pas jugé favorable au marché. Or, le changement climatique ne répond précisément pas aux logiques de marché.

    « En Gironde, je suis sûr que les entreprises auraient aimé que l’État dépense plus pour l’achat de Canadair. C’est le paradoxe du capitalisme qui veut payer toujours moins de taxes mais réclame ensuite que l’État le protège », dit Cédric Durand.

    Nous touchons là à ce que l’économiste marxiste James O’Connor appelait « la seconde contradiction du capitalisme ». Celui-ci, pour se développer, doit exploiter toujours plus les ressources naturelles et les écosystèmes, mais il détruit, ce faisant, ses propres conditions d’existence. Il en vient donc, autre contradiction, à appeler l’État à l’aide, ce dernier s’étant pourtant volontairement affaibli et ayant détruit ses services publics, au nom du soutien au capital.

    Derrière la stratégie néolibérale, c’est le moteur fondamental du capitalisme qui est en jeu : il lui faut accumuler toujours plus de capital dans une course infernale et complètement irrationnelle.

    « Cette tendance à élargir sans cesse les domaines d’#accumulation_du_capital, et les sources de profit, par exemple à de nouvelles dimensions de la nature comme les gènes et les microorganismes, est vitale pour le capitalisme. Il meurt s’il arrête », souligne l’économiste Hélène Tordjman, autrice notamment de La croissance verte contre la nature (éd. La Découverte, 2021).

    « Je m’interroge sur la vision de nos élites qui persévèrent dans cette voie. C’est une #rationalité de très #court_terme, qui vise à accumuler très vite jusqu’à la catastrophe, et après moi, le déluge », dit-elle.

    Pour la chercheuse, l’hypothèse d’un aveuglement dogmatique de nos dirigeants n’est pas suffisant. L’accumulation des catastrophes ces dernières années est telle qu’elle aurait dû faire éclater n’importe quelles œillères idéologiques. Si l’on continue de foncer dans le mur, ce serait donc en toute connaissance de cause.

    « On est dans une logique d’intérêt de classe bien comprise, d’une classe dominante qui s’est autonomisée, et qui assume que seuls les plus puissants et les plus forts pourront survivre et vivre dignement », dit Hélène Tordjman.

    Le milliardaire étasunien Warren Buffet le disait déjà en 2006, dans une célèbre formule : «  Il y a une #guerre_des_classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner . »

    De guerre des classes à guerre contre l’ensemble du vivant

    Rien de nouveau sous le soleil ? Sauf que la séculaire guerre des classes est devenue, dans l’Anthropocène, une guerre contre l’ensemble du vivant, qui ne menace plus seulement l’essentiel de la population d’#exploitation mais de #destruction. En toute connaissance de cause.

    « Si nous persistons dans cette voie, l’avenir de notre espèce est sombre », alertaient déjà plus de 1 000 scientifiques français dans une tribune en 2020, qui dénonçait « l’inconséquence et l’#hypocrisie de politiques […] promouvant un #consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur ».

    Six ans plus tard, le pays est à sec tandis que l’on prévoit de multiplier les #mégabassines pour l’agro-industrie, les forêts brûlent tandis que les #pompiers épuisés sont en manque d’effectifs et les budgets des politiques environnementales fondent comme neige au soleil.

    « Nous avons besoin de transformations structurelles, capables de penser au temps long que les mécanismes de marché sont incapables de prendre en compte », dit Cédric Durand. Pour y parvenir, l’économiste propose de nombreux outils de planification dans son ouvrage, à l’instar de nombreux penseurs des mondes postcapitalistes.

    Reste à trouver le moyen d’opérer la bascule. Un prérequis semble être de savoir nommer les responsables. Lorsque nos dirigeants néolibéraux apportent sous un cynisme à peine voilé leur solidarité aux victimes des incendies, ils méritent plus que jamais leur étiquette de #pompiers_pyromanes.

    https://reporterre.net/La-France-sous-les-flammes-la-faillite-criminelle-du-neoliberalisme
    #incendie #incendies #feu #feux #rationalité #irrationalité

  • „Hier spricht Berlin !“ : Die faszinierende Geschichte des Sender Freies Berlin
    https://www.berliner-zeitung.de/article/hier-spricht-berlin-die-faszinierende-geschichte-des-sender-freies-

    Übertragungswagen des SFB beim Besuch des US-Präsidenten John F. Kennedy in Berlin, 1963 © United Archives/Kindermann/Imago

    La bataille idéologique de Berlin ne cessa le 8 mai 1945. Après la guerre les États-Unis reprirent le flambeau anticommuniste du pouviir précédent avec leur radio RIAS puis à partir de l’été 1953 la SFB fut une sorte de radio-télévision autogérée par les anticommunistes berlinois sous surveillance de l’occupant états-unien puis britannique.

    Article incomplet mais imtéressant

    https://de.wikipedia.org/wiki/Sender_Freies_Berlin

    30.7.2026 von Petra Fischer - Warum der SFB gegründet wurde, welche Rolle er im Kalten Krieg spielte und wie er zum „Gedächtnis“ einer geteilten Stadt wurde.

    Dies ist ein Open-Source-Beitrag. Die Berliner Zeitung und die Ostdeutsche Allgemeine geben allen Interessierten die Möglichkeit, Texte mit inhaltlicher Relevanz und professionellen Qualitätsstandards anzubieten.

    Im Januar 1949 wurden in der Presse verstärkt Forderungen laut, dass Berlin einen eigenen deutschen Sender bekommen sollte. Der Rias als amerikanischer Sender spiegelte nicht im vollen Umfang die Interessen und Belange der Berliner Bevölkerung wider. Im britischen Sektor konnte als einziger deutscher Sender der Berliner Rundfunk empfangen werden. Dies nahm der Tagesspiegel am 26. Januar 1949 zum Anlass, einen deutschen Sender zu fordern, um der Beeinflussung durch den „kommunistischen“ Sender“ Paroli bieten zu können.

    Am 27. Juni 1949 stellte die CDU in der Stadtverordnetenversammlung den Antrag auf Inbetriebnahme eines eigenen Berliner Rundfunksenders. Obschon die Initiative von der CDU ausging, konnte auch die regierende SPD nicht umhin, die Forderung nach einem eigenen Sender für Berlin zu unterstützen.

    Am 22. Dezember 1949 erließen die Alliierten ein prophylaktisches Veto gegen einen neuen Berliner Sender. Nun versuchte der beauftragte Rundfunkreferent, Herbert Antoine, den NWDR davon zu überzeugen, ein gutes Wort bei der britischen Militärregierung für das Vorhaben einzulegen.

    Olympia 1936: Wie das NS-Regime die Spiele für seine Zwecke ausnutzte
    Olympia 1936: Wie das NS-Regime die Spiele für seine Zwecke ausnutzte
    Mit Stacheldrahtzaun und Hinweisschild

    Zu dieser Zeit war das Haus des Rundfunks in der Masurenallee, aus dessen Bunker Joseph Goebbels in den letzten Kriegsjahren Ansprachen hielt, von den Sowjets okkupiert. Die in diesem Sektor ansässigen britischen Alliierten hatten einen Stacheldrahtzaun um das Haus gezogen, um den „Ostsender“ in Westlage zu isolieren. Ein Banner mit dem Hinweis „Dies ist kein West-Berliner Sender“ wurde am Zaun aufgehängt.

    Am 20. Juli 1953 gaben die Alliierten grünes Licht für die Einbringung des Rundfunkratsgesetzes in das Berliner Abgeordnetenhaus. Sieht man dies im politischen Zusammenhang, liegt die Vermutung nahe, dass der Aufstand vom 17. Juni 1953 einen maßgeblichen Einfluss darauf hatte, dass die Alliierten dem Sender Freies Berlin nun doch keine Steine mehr in den Weg legen wollten.

    Während des Juni-Aufstands in Ost-Berlin und den übrigen Bezirken der Sowjetischen Verwaltungszone hatte der Rias die Funktion, den Aufstand anzuheizen und zu befördern. Als der Stein aber buchstäblich ins Rollen gekommen war, wurde der Sender von den Amerikanern angehalten, zurückzurudern und mäßigend auf die Aufständischen einzuwirken. Die gerade erst ausbalancierte Viermächte-Konstellation sollte zu diesem Zeitpunkt nicht ins Wanken gebracht werden.
    Freiheitsglocke läutete den ersten Programmtag ein

    Nach zähen Verhandlungen und einem langwierigen Verfahren hatte Berlin mit Datum vom 12. November 1953 einen eigenen Sender. Die Freiheitsglocke läutete den ersten Programmtag des SFB ein. Am 1. Juni 1954, um 4.55 Uhr, meldete sich Intendant Alfred Braun mit seiner Eröffnungsansprache aus dem Funkhaus am Heidelberger Platz.

    Die Presselandschaft in Berlin bestand zu diesem Zeitpunkt im Wesentlichen aus dem Tagesspiegel, dem Abend, dem Spandauer Volksblatt und der Springer-Presse, vertreten durch die Berliner Morgenpost, die Welt, die Bild und die B.Z. Wichtig war vor allem eins, und darin war sich die Presse einig: einen deutschen Sender zu fordern, der ein Gegengewicht zum kommunistischen „Berliner Sender“ bilden konnte.

    Zum ersten Mal wurde eine Anstalt des öffentlichen Rechts mit einem erklärten politischen Ziel gegründet. Dieses lautete, die Stellung Berlins gegen die östliche Propaganda zu stärken, der Stimme Berlins innerhalb der westlichen Welt, insbesondere in Hinblick auf seine Rolle als künftige deutsche Hauptstadt, stärkeres Gewicht zu verleihen. Dies bedeutete, dass man nicht gewillt war, sich mit der Teilung Deutschlands und dem Viermächte-Status Berlins abzufinden. Welche Rolle spielte nun der neu gegründete Berliner Sender im Kalten Krieg?

    Durch die Namensgebung hatte der Sender Freies Berlin ja deutlich gemacht, welchen politischen Kurs er einzuschlagen gedachte. Der Rias hatte es vorgeführt mit dem Slogan: „Eine freie Stimme der freien Welt.“ Beim Sender Freies Berlin war der Name ebenfalls Programm. Er erhob den Anspruch, für ganz Berlin zu senden – in ideologischer Abgrenzung zur sogenannten Sowjetischen Besatzungszone und dem Berliner Rundfunk.

    SFB-Funkhaus in Berlin

    SFB-Funkhaus in Berlin

    © Steinach/Imago
    Der Mauerbau – Berichterstattung im Rundfunk

    Von Anfang an wurde durch Status und Programm betont, dass die westlichen Alliierten als Befreier und als Garanten für Freiheit und Demokratie gesehen wurden. Es musste also in Sendungen, Beiträgen und Diskussionen der Status West-Berlins als zur Bundesrepublik Deutschland gehörig herausgestellt werden, um der Diktion der DDR, die von der „selbstständigen politischen Einheit West-Berlins“ sprach, zu begegnen.

    Die erste Sendereihe, die das SFB-Fernsehen produzierte und die ab 1956 in der ARD ausgestrahlt wurde, hieß „Mitteldeutsches Tagebuch“ und entsprach exakt dem Sendungsauftrag, „Mittler zwischen den getrennten Teilen Deutschlands“ zu sein. Mit Bildern aus den ehemaligen Ostgebieten sollte regelmäßig auf den Verlust hingewiesen und die Erinnerung an die nun in der DDR bzw. Polen liegenden Städte und Landschaften wachgehalten werden.

    Der 13. August 1961 war ein entscheidendes Datum in der Geschichte Berlins, folglich eine Herausforderung für den Sender Freies Berlin. Schon Tage zuvor waren vermehrte Aktivitäten im östlichen Teil der Stadt registriert worden, aber Walter Ulbricht erklärte noch am 15. Juli in einer Pressekonferenz: „Niemand hat die Absicht, eine Mauer zu errichten“. In den frühen Morgenstunden des 13. August indes begannen Volkspolizisten und Bauarbeiter an verschiedenen Punkten der Stadt, Grenzwälle in Form von Stacheldraht und eine Mauer zu errichten. Damit wurde den Hoffnungen auf eine Revision des Potsdamer Abkommens eine Absage erteilt – eine Stadt und mit ihr der Sender Freies Berlin waren im Ausnahmezustand. Der erste Live-Bericht des SFB kam als Rundfunkreportage vom Brandenburger Tor. Zur selben Zeit wurde der Potsdamer Platz abgeriegelt. Journalisten konnten sich an diesem Tag noch relativ frei – nur durch Ausweiskontrollen aufgehalten – im Ostteil der Stadt bewegen.

    Das Krisenmanagement des Berliner Senats und der Bundesregierung lief auf Beschwichtigung hinaus; man wollte um jeden Preis einen „17. Juni 1953“ verhindern. Adenauer kehrte verspätet und auch nur widerwillig aus seinem Italien-Urlaub zurück. Der Regierende Bürgermeister Willy Brandt sah sich in der unkomfortablen Lage, vollends angewiesen zu sein auf den Handlungswillen der Bundesregierung und der Alliierten. Letztere waren entweder völlig überrascht worden vom Vorgehen der Sowjetzone oder sie hatten ihr stillschweigendes Einverständnis erklärt, um jeden Eklat zu vermeiden. Es war zu diesem Zeitpunkt offensichtlich, dass die Wirtschaft und das politische System in der Sowjetzone ohne diesen Schritt nicht überlebensfähig gewesen wären.

    Übertragungswagen des SFB von innen, Berlin 1962

    Übertragungswagen des SFB von innen, Berlin 1962

    © United Archives/Kindermann/Imago
    Vom „Frontstadtsender“ zum „Rotfunk“

    Der Journalist Matthias Walden, lange Jahre Chefkommentator des SFB, wechselte 1980 als Mitherausgeber zu Springers Zeitung Welt. Was war im SFB passiert, dass ein sogenannter Kalter Krieger einen Sender verließ, welcher von seinem Auftrag her dem Kalten Krieg verpflichtet war? Eine Schlüsselfunktion für den Wandel des SFB hatte die Studentenbewegung inne, die eng verbunden war mit der besonderen Situation West-Berlins nach dem Mauerbau.

    Eine zentrale Forderung der Studentenbewegung lautete: „Enteignet Springer!“ Die Studenten waren, mit der geballten Macht der verzerrenden Darstellung konfrontiert, zu der Überzeugung gelangt, dass die Macht über die öffentliche Meinung der Schlüssel zur Revolution sei.

    Die symbolischen Aktionen vor dem Springer-Haus, die Anti-Springer-Kampagne, waren der Beginn der Gegenöffentlichkeit der Studentenbewegung, die anfing, sich und ihre Aktionen zu inszenieren, um über die Präsenz in den Medien ihren politischen Forderungen Gehör zu verschaffen.

    Die „Abendschau“ reagierte, wie man es von einem bürgerlichen Medium erwartet: sie berichtete, denn eine nachrichtliche Sendung lebt von Sensationen und Neuigkeiten, aber sie berichtete einseitig. Die Studenten wurden – wiederum im Konzert mit der Springer-Presse – als Kommunisten und Rowdys bezeichnet.

    Anlässlich der Demonstrationen gegen den Schah-Besuch 1967 hieß es: „Zu tumultartigen Zwischenfällen kam es an der Deutschen Oper in der Bismarckstraße, als der Schah mit seinem Gefolge das Haus betreten hatte. Nachdem ein Polizist und ein Bild-Reporter von den Demonstranten durch Steinwürfe verletzt worden waren, traf die Polizei drakonische Maßnahmen gegen die Ruhestörer. Dabei kam es mehrfach zu Gewalttätigkeiten, da einige Polizisten in ihrer begreiflichen Erregung eine Härte anwandten, die über das erforderliche Maß hinausging.“ Der Tod Benno Ohnesorgs war der „Abendschau“ am folgenden Tage nur eine kurze Meldung wert.
    Ein langsamer Paradigmenwechsel

    Wegen des sich wandelnden politischen Klimas in der Bundesrepublik – ab 1969 durch die Entspannungspolitik Willy Brandts, in Berlin 1978 durch die Hausbesetzerbewegung und die Gründung der Alternativen Liste – vollzog auch der Sender Freies Berlin einen langsamen Paradigmenwechsel.

    Was sich indes auf der anderen Seite der Mauer tat, war – soweit durch Korrespondenten abgedeckt – Gegenstand der Berichterstattung. Der Friedens- und Bürgerrechtsbewegung in der DDR wurde große Beachtung geschenkt. Höhepunkt für den West-Berliner Sender war am 12. Juni 1987 die Rede Ronald Reagans am Brandenburger Tor. Allerdings schaltete man zu spät auf den Ton, sodass der entscheidende Satz „Mr. Gorbatschow, tear down this wall“ nicht live über den Sender ging.

    Man kann den SFB getrost als „Gedächtnis“ der Stadt bezeichnen, als Chronisten der Geschichte Berlins seit 1954. Der SFB hat über Ereignisse berichtet, die öffentlich wahrgenommen wurden; umgekehrt hat er durch seine Berichte die öffentliche Wahrnehmung beeinflusst.

    Petra Fischer studierte Politikwissenschaften am Otto-Suhr-Institut in Berlin und promovierte zum Thema „Wandel öffentlich-rechtlicher Institutionen im Kontext historisch-politischer Ereignisse am Beispiel des Senders Freies Berlin“. Beim Sender Freies Berlin und dem Rundfunk Berlin-Brandenburg war sie als Festangestellte mit verschiedenen Projekten des Fernsehprogramms betraut. Seit 2022 ist sie als Autorin und freie Journalistin tätig.

    #Berlin #histoure #médias #guerre_froide #anticommunisme #radio #télévision

  • « Une vieille proposition du Front national » : comment le gouvernement veut s’attaquer aux aides au logement dès la rentrée - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/societe/aide-au-logement/une-vieille-proposition-du-front-national-comment-le-gouvernement-veut-satt

    Après une première tentative de la droite saluée par le RN, le gouvernement remet sur la table un projet de loi qui créerait une exception au caractère incessible et insaisissable de certaines aides au logement et prestations familiales. Le collectif des associations pour le logement appelle à se mobiliser à la rentrée contre ce texte.

    Le Collectif associations logement, qui regroupe 40 associations dont Emmaüs, la Croix-rouge française ou la Fondation pour le logement, appelle à se mobiliser à la rentrée. En cause : le projet de loi relatif à la « réparation effective des dommages résultant de violences ou de dégradations commises dans l’espace public », qui pourrait créer une exception au caractère insaisissable des #APL et de certaines #allocations_familiales.

    La séquence politique s’inscrit dans la durée. Déposée en juin 2025, une proposition de loi du député Corentin Le Fur (Les Républicains) visait déjà à suspendre les droits aux prestations et aides publiques pour les personnes condamnées à la suite de rassemblements ou de manifestations.

    Les incendies font rage mais macroune va tout cramer avant de partir.

  • IG Metall Berlin: Spagat zwischen Friedenspolitik und Arbeitsplatz
    https://www.nd-aktuell.de/artikel/1201366.militarisierung-ig-metall-berlin-spagat-zwischen-friedenspolitik-

    Protest gegen die Munitionsfabrik in Berlin-Wedding – Im Werk wurden bisher Autoteile produziert, jetzt Artilleriemunition. Foto: AFP/TOBIAS SCHWARZ

    25.7.2026 von Peter Nowak - Eine Erklärung der Berliner IG-Metall zur Munitionsfabrik des Rüstungskonzerns Rheinmetall in Berlin-Wedding sorgt für Diskussionen und Kritik.

    Seit über einem Jahr sorgt die Umwandlung einer Autofabrik in eine Waffenschmiede im Berliner Stadtteil Wedding für Proteste. Höhepunkt waren Aktionstage vom 10. bis zum 12. Juli. Zum Abschluss demonstrierten über 4000 Menschen gegen Rheinmetall im Wedding. Kurz danach hat sich die IG-Metall mit einer Stellungnahme zu Wort gemeldet, in der sie ihre friedenspolitischen Grundsätze betonte und gleichzeitig die Beschäftigten in ihrer Hoffnung auf sichere Arbeitsplätze durch Rüstungsproduktion unterstützte. »Unser friedenspolitischer Auftrag und die Interessenvertretung der Beschäftigten gehören untrennbar zusammen«, heißt es in der Erklärung.

    Die Zweite Bevollmächtigte und Geschäftsführerin der IG-Metall Berlin Ines Beeck versuchte sich in einem Spagat. »Unsere Satzung verpflichtet uns, uns für Frieden, Abrüstung und Völkerverständigung einzusetzen. Das ist ein unverrückbarer Grundsatz der IG Metall«, betont sie. »Gleichzeitig ist es unsere Aufgabe, die Interessen der Beschäftigten zu vertreten. Die Kolleginnen und Kollegen haben nicht über die strategische Neuausrichtung ihres Unternehmens entschieden. Sie haben aber ein Recht auf sichere Arbeitsplätze, gute Arbeitsbedingungen und eine starke Mitbestimmung«, so die Berliner IG-Metall-Geschäftsführerin.

    »Unser friedenspolitischer Auftrag und die Interessenvertretung der Beschäftigten gehören untrennbar zusammen.« IG Metall Berlin

    Bereits im vergangenen Jahr hatten der Betriebsratsvorsitzende des Weddinger Werks Bernd Benninghaus und sein Stellvertreter Martin Wolfgang Hoffmann in einem Interview den Wandel zur Rüstungsproduktion als ein »in die Zukunft gerichtetes positives Zeichen« klassifiziert. Beide Betriebsräte betonen, dass dadurch ihre Arbeitsplätze für mehrere Jahre gesichert würden.

    Das Berliner Bündnis gegen Waffenproduktion, das die Proteste gegen den Rüstungskonzert organisierte, hat sich in einem differenzierten Statement mit der IG-Metall-Erklärung befasst. »Die Sicherung der Existenz und Rechte aller Beschäftigten ist uns wichtig. Aber es kann uns politisch nicht egal sein, ob die Produkte, die wir herstellen, gesellschaftlichen Nutzen bringen oder Tod und Zerstörung«, betonen die Antimilitarist*innen. Durch Aufrüstung werde weder die Wirtschaft angekurbelt noch bringe sie in der Summe ein Mehr an Arbeitsplätzen. Stattdessen müsse die Produktion von zivilen Produkten gefördert werden.

    »Es kann uns politisch nicht egal sein, ob die Produkte, die wir herstellen, gesellschaftlichen Nutzen bringen oder Tod und Zerstörung.« Berliner Bündnis gegen Waffenproduktion

    Die Berliner Antimilitarist*innen verweisen auf Initiativen der IG Metall-Vertrauenskörper großer Autowerke wie zum Beispiel Mercedes-Benz Stuttgart-Untertürkheim oder der Fordwerke Köln, die sich gegen Rüstungsproduktion aussprechen. Die IG-Metall wird vom antimilitaristischen Bündnis ausdrücklich eingeladen, an Veranstaltungen und Diskussionen des Berliner Bündnisses gegen Waffenproduktion teilzunehmen. Eine gute Grundlage dafür wäre eine Entschließung, die auf der Delegiertenversammlung der Berliner IG-Metall am 18. September 2025 unter dem Titel »Frieden und Abrüstung statt Kriegsvorbereitung« verabschiedet wurde. Dort wurde die IG-Metall zu mehr Engagement im Kampf für Frieden und Abrüstung aufgefordert.

    Wesentlich schärfer geht das Bündnis »Sagt NEIN! – Gewerkschafter*innen gegen Krieg, Militarismus und Burgfrieden« mit der Berliner IG-Metall ins Gericht. »Es ist die konsequente Fortsetzung des opportunistischen Burgfriedenskurses des IG-Metall-Vorstandes«, monieren die antimilitaristischen Kritiker*innen in einer Presseerklärung. Sie verweisen darauf, dass der zweite Vorsitzende der der IG-Metall Jürgen Kerner bereits 2025 auf einem Kongress des »Handelsblatt« Seite an Seite mit Vertreter*innen der Bundeswehr und dem Rheinmetall-Konzern für einen Einzug der Automobilindustrie in die militärische Produktion warb.

    #Berlin #Gesundbrunnen #armement #industrie #syndicalisme #IG_Metall

  • Pour les insomniaques mais pas qu’elleux. Avec la canicule je m’endors pas avant 7 heure du mat’ et ça tombe bien, c’est l’heure où s’arrête les nuits de france-culture .Une sélection d’archives pour mieux comprendre ce que fut la Guerre d’Espagne (1936-1939). Il y a 90 ans, le 17 juillet 1936, éclatait la Guerre d’Espagne. deuxième partie cette nuit.
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-guerre-d-espagne-1-2
    Les Brigades internationales : une lutte pour la liberté, la démocratie et la paix
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/les-brigades-internationales-une-lutte-pour-la-liberte-la-democratie-et-

    Le 17 juillet 1936, l’Espagne bascule dans la guerre civile après le coup d’État du général Franco. Hommes et femmes venus du monde entier convergent alors vers la péninsule ibérique pour combattre le fascisme. C’est ce que nous raconte « L’histoire en direct » en 1993.

    L’Humanité, 5 portraits de combattantes espagnole républicaine .
    https://www.humanite.fr/serie/combattantes-de-lespagne-republicaine
    Dolores Ibarruri, Lina Odenna, Juana Capdevielle, Lise London, Clara Campoamor
    #Espagne #guerre_d'Espagne #Brigades_internationales

  • Le centenaire de l’ENA, non pas l’école nationale d’administration créée en octobre 1945 et qui depuis 2022 s’intitule l’INSP pour Institut national du service public mais le centenaire de l’Étoile Nord-Africaine.
    https://histoirecoloniale.net/le-centenaire-de-letoile-nord-africaine-une-emission-introduite-p


    Intervention d’ouverture au troisième colloque du Centenaire de l’Étoile Nord-Africaine | Groupe de Réflexion sur l’Algérie (GRAL) / AlternaTV, 20 juin 2026

    L’une des originalités majeures de l’Étoile Nord-Africaine réside dans son ancrage au sein des travailleurs nord-africains installés en France.

    C’est dans les usines, les syndicats, les associations et les espaces du #mouvement_ouvrier que se forge progressivement une conscience politique nouvelle.

    Autour de Hadj Ali Abdelkader, Amar Imache, Belkacem Radjef, Messali Hadj, Mohamed Si Djilani et de nombreux autres militants issus du monde ouvrier et de l’immigration, se construit progressivement une pensée politique qui fera de l’Étoile Nord-Africaine la matrice du #mouvement_national_algérien.

    Cette influence ne s’arrête d’ailleurs pas à la naissance des grandes organisations nationalistes algériennes qui lui succèdent. Elle se retrouve également, plusieurs décennies plus tard, dans l’esprit de la Conférence de Tanger, réunie du 27 au 30 avril 1958, à laquelle participèrent des représentants du Front de Libération Nationale algérien, du parti de l’Istiqlal marocain et du Néo-Destour tunisien.

    Cette rencontre historique affirmait la solidarité des luttes de libération et exprimait l’ambition d’une coopération étroite entre les peuples d’Afrique du Nord après les indépendances. Elle portait également l’idée que les liens historiques, humains, culturels et économiques qui unissent ces peuples pouvaient constituer le fondement d’un avenir partagé.

    À bien des égards, cette réflexion prolongeait certaines intuitions déjà présentes chez les pionniers de l’Étoile Nord-Africaine, dont le nom même traduisait une volonté de penser un destin commun .

    Cent ans après sa création, l’Étoile Nord-Africaine demeure bien davantage qu’un objet de mémoire. Elle nous rappelle que l’émancipation est indissociable de l’organisation, que la citoyenneté se construit par l’engagement et que les grandes transformations historiques naissent souvent de femmes et d’hommes ordinaires qui décident de prendre part à leur destin collectif. C’est sans doute dans cette leçon de méthode, autant que dans son héritage politique, que réside l’une des plus remarquables modernités de l’Étoile Nord-Africaine.

    #histoire #immigration #Maghreb #guerre_d'Algérie #indépendances

  • Le génie de #Beyrouth. Rue de la fortune de Dieu

    « On dit qu’il existe à Beyrouth un génie qui est l’esprit même de la #ville... On dit aussi qu’on ne peut avoir sa peau qu’en détruisant la ville – mais ça, ce n’est pas prouvé... » Dans les années 1970 à Beyrouth, la #rue_Rizkallah est une mosaïque des différentes communautés du Liban, et ses habitants vivaient dans une relative concorde avant que la guerre ne vienne bouleverser ce fragile équilibre... Témoignage fictionné et sensible de cette lente catastrophe, "Le Génie de Beyrouth" déploiera jusqu’à nos jours et sur trois tomes son récit choral porté par la verve grave et légère de l’écrivain et journaliste Sélim Nassib (’Libération’), et le dessin aérien et lumineux de Léna Merhej.

    https://www.dargaud.com/bd/le-genie-de-beyrouth/le-genie-de-beyrouth-rue-de-la-fortune-de-dieu-bda5516530
    #Liban #villes_en_guerre #guerre #guerre_civile
    #BD #bande-dessinée #livre

  • « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère » : devant le tribunal de Brest, 230 personnes manifestent en soutien aux allocataires du RSA | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/stop-a-la-traque-aux-pauvres-dans-le-finistere-devant-le-tribunal-de-br

    Des allocataires du #RSA ont porté plainte contre le Département du #Finistère pour #harcèlement. L’audience au tribunal a lieu ce lundi. Une manifestation s’est tenue juste avant.

    https://media.letelegramme.fr/api/v1/images/view/6a30067bcf841ad37c0cdda1/web_golden_xxl/6a30067bcf841ad37c0cdda1.1
    Plus de 200 personnes ont répondu, ce lundi devant le tribunal de Brest, à l’appel à manifester contre la politique RSA du Département du Finistère. (Photo David Cormier/Le Télégramme)

    « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère. » Environ 230 personnes se sont rassemblées ce lundi 15 juin 2026, vers midi, devant le tribunal judiciaire de Brest. Elles répondaient à l’appel à manifester contre la politique du département du Finistère concernant les allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Elles estiment que le Département harcèle des allocataires afin qu’ils finissent par renoncer à leurs droits.

    #guerre_aux_pauvres et #paywall

    • « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant » : au tribunal de Brest, le procès du RSA
      https://www.mediapart.fr/journal/france/160626/ce-n-est-pas-la-collectivite-de-subvenir-aux-besoins-de-votre-enfant-au-tr

      Six #allocataires du #RSA attaquaient en justice le président du département du Finistère pour harcèlement moral institutionnel en raison des #contrôles_intensifs auxquels ils sont soumis. Lundi, le procès s’est transformé en bataille de réquisitoires pour ou contre le revenu de solidarité active et ses conditions d’attribution.

      Brest (Finistère).– « En quoi estimez-vous être harcelé ? » La question formulée par le président du tribunal, Christophe Subts, avec une bonhomie presque naïve revient comme un leitmotiv. Elle revêt une importance cruciale pour les six plaignant·es et va constituer le fil rouge de l’audience qui s’est tenue le 15 juin au tribunal judiciaire de Brest jusque très tard dans la soirée.

      Ces six allocataires du RSA (revenu de solidarité active), ainsi que la CGT et la Confédération paysanne, ont formé une citation directe, une procédure accélérée à l’égard de Maël de Calan, président (divers droite) du conseil départemental, et de son ancien directeur des services chargé de l’emploi, de l’insertion et du logement, Romain Chantelot. Ils s’érigent contre les contrôles « humiliants » diligentés par le département pour les bénéficiaires du RSA dans le Finistère, qui constituent selon eux un « harcèlement moral institutionnel » de la part des deux pilotes de la politique du département en matière sociale.

      Les réponses des allocataires sont livrées la gorge serrée, la voix tremblante et les yeux embués. Tous et toutes racontent la paralysie face à la surenchère administrative de la cellule de contrôle du département. L’impression de ne jamais pouvoir répondre aux demandes, ni même de se faire entendre par leurs interlocuteurs, ces agent·es toujours anonymes, regrettent-ils.

      Procédure inédite

      L’enjeu est de taille, et inédit. C’est en effet la première fois qu’une telle procédure vise deux personnes et non pas des institutions, comme c’est le cas lorsqu’une contestation est portée au tribunal administratif. L’avocat des plaignant·es entend s’inscrire dans le prolongement de l’arrêt « France Télécom ». En janvier 2025, la Cour de cassation a consacré dans le droit le #harcèlement_moral_institutionnel en condamnant définitivement l’ancien patron de France Télécom, Didier Lombard, et son ex-numéro deux, Louis-Pierre Wenès, dans l’affaire de la vague de suicides survenue dans les années 2000 chez l’opérateur.
      De par son caractère original, la tentation de faire un procès symbolique était forte. Avant l’audience, près d’une centaine de manifestant·es se sont rassemblé·es devant le tribunal en soutien. Sur le carré d’herbe attenant, ils et elles ont dressé des barnums et installé un barbecue d’où émanaient des effluves de merguez.

      À la barre, Maël de Calan est apparu particulièrement confiant ; les remarques du président, souvent sceptique à l’endroit des plaignant·es, le confortant dans ce sens. Vêtu d’un costume bleu marine, il a pénétré dans l’enceinte du palais de justice en faisant des « V » de la victoire alors que surgissaient des huées de la part des manifestant·es.

      Franck Carpentier, avocat des plaignant·es, a insisté sur le caractère systémique de ces contrôles mis en œuvre par une cellule dédiée au sein du département. Cellule qui a visiblement rempli son office puisque, entre 2023 et 2025, le nombre d’allocataires du RSA dans le Finistère est passé de 18 000 à 13 500, soit une baisse de 25 % contre − 3,4 % au niveau national.

      « L’ordre de grandeur interpelle. Les contrôles sont massifs et exclusifs », estime l’avocat, qui dénonce une « mécanique qui se met en place ». Et de rappeler que le département « doit accompagner » les allocataires du revenu de solidarité et, « le cas échéant », les sanctionner en cas de défaut de mobilisation ; mais « ne doit pas contrôler par le menu les comptes bancaires ».

      Contrôles acharnés

      L’illustration concrète de ces propos est venue de Vianney Begos, demandeur d’emploi de 30 ans. Comme pour chacun·e des plaignant·es, il a dû prouver qu’il ne dissimulait pas de revenus complémentaires, ce que le département affirme. Ainsi, il raconte comment la cellule de contrôle s’est échinée à lui réclamer des documents inexistants, « comme des relevés bancaires sur une année pour une banque dont je n’ai été client que six mois ». Faute de pouvoir les fournir, il a été radié plusieurs mois.

      L’homme a tenté de monter une entreprise de dépannage informatique. Mais elle a périclité, car son handicap l’empêche d’occuper « un travail classique ». Son handicap n’étant pas reconnu comme tel, il ne peut toutefois pas toucher l’allocation aux adultes handicapés. Il a souffert de dépression et a été contraint de retourner vivre chez ses parents, qu’il a aidés dans leur ferme.

      « Mais ne croyez-vous pas qu’il est normal d’être contrôlé si vous touchez le RSA en ayant une entreprise ? », interroge le président. Le plaignant, facilement déstabilisé, réplique que les contrôles ont surtout consisté à vérifier la provenance de « sommes modiques », des virements de ses proches de « 35 ou 80 euros » pour son anniversaire. Et à devoir les justifier par des attestations manuscrites, accompagnées des pièces d’identité des donateurs « alors qu’il y a leur nom » sur les relevés. Rien qui semble choquer le président.

      De fait, l’audience dérive de manière insidieuse sur la légitimité ou non des plaignant·es à percevoir le RSA. Pierre Dauly témoigne à son tour de son parcours. Charpentier (« beau métier », commente [jaloux ?] le président ), il ne peut pas occuper un emploi à temps plein depuis une chute de 7 mètres sur un chantier au début de sa carrière, il y a plus de quinze ans. L’homme anime des ateliers de menuiserie. « Le BTP est un milieu dur, on y pousse à la tâche, explique-t-il. Là, j’ai trouvé une manière de travailler pour me préserver. » Il poursuit : « J’ai des raisons d’être au RSA, je ne suis pas Superman qui peut faire quarante heures par semaine. »

      Des explications qui ne convainquent guère l’avocate des prévenus, Me Stéphanie Zaks. « Vous êtes sur un des métiers les plus en tension du Finistère ! » Elle lui rappelle par ailleurs qu’il ne respecte pas les termes du contrat d’engagement qui contraint les bénéficiaires du RSA à chercher un emploi de manière active.

      Face au président, il exprime d’une voix forte et assurée son expérience face aux contrôleurs de la cellule dédiée. « Je suis tombé sur des gens serviables et d’autres agressifs, voire infects. Je suis désolé, mais certains m’ont jugé avec des valeurs morales sur mes choix de vie. » Et notamment sur le fait qu’il réside au #squat des Roches blanches, situé à Douarnenez.

      Les deux années de contrôle subies l’ont heurté au point que son médecin lui a prescrit des anxiolytiques et des antidépresseurs pour dompter ses crises d’angoisse récurrentes. « Est-ce un contrôle légitime ? », s’enquiert le président. « Je ne suis pas contre le contrôle mais la manière dont il est fait », répond Pierre Dauly. « C’est intrusif, comme peut l’être un contrôle fiscal », enchaîne le président, confirmant que les deux hommes ne parlent pas la même langue. « On n’est pas obligé de prendre les gens de haut ou d’être infantilisant. Vous ne l’avez pas vécu », rétorque le plaignant sans jamais se démonter.

      Pierre Dauly rapporte aussi que les contrôleurs, « qui se prennent pour des espions », n’hésitent pas à mener une enquête sur Internet pour trouver des éléments à charge contre les personnes dont ils gèrent le cas. « Je l’ai mal vécu, j’ai trouvé cela intrusif. » Le président rétorque : « Un trafiquant de stupéfiants, on regarde sur les réseaux s’il arbore des liasses de billets. » « C’est de l’acharnement », reprend le plaignant. Le juge persiste, faussement candide : « L’imagination des fraudeurs peut être impressionnante… »

      Deux visions de la société

      De quoi agacer l’avocat des plaignant·es. « Mes clients sont présentés comme des marginaux, qui font le choix de la paupérisation, qui vivent par l’assistanat, car ils font le choix d’entreprendre pour ne pas être sous le salariat », recadre Me Franck Carpentier.

      Car ce sont bien deux visions du monde qui se sont affrontées tout au long de l’audience qui s’est étirée de 15 heures à plus de 1 heure du matin. Celui dans lequel Maël de Calan et son numéro deux travaillent « douze à quatorze heures par jour », au service, notamment, des bénéficiaires du RSA, dixit leur avocate. Et cet autre monde où les parties civiles n’auraient pas fait les bons choix de vie. Si rien n’a été verbalisé clairement, il y a eu pléthore d’insinuations. Comme le fait que deux des plaignantes soient #diplômées du supérieur et ont choisi une voie jugée plus hasardeuse et moins rentable, celle de l’agriculture.

      Jeanne Degude, exploitante agricole – qui explique ne pas faire du RSA « un projet de vie » –, s’est vu reprocher par le président, puis par l’avocate des deux prévenus, de ne pas réclamer de pension alimentaire au père de son enfant dont elle est séparée. « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant », tranche le président. Des propos « humiliants », répond la plaignante.
      Cécile Weyer, agricultrice de 39 ans, a dû quant à elle se justifier à propos de sa séparation. L’avocate des prévenus lui a demandé si elle n’aurait pas déclaré sa rupture à tort alors que le nom de son ex figurerait encore sur sa boîte aux lettres. La jeune femme dément en bloc et explique alors que la présomption de conjugalité repose sur le fait qu’elle utilise encore leur compte joint sur lequel elle est à découvert, et qu’elle ne peut donc pas clore.
      Très marquée par la situation, elle confie avoir eu des « pensées suicidaires » face à ces contrôles. « J’ai eu envie d’en finir, je me sentais humiliée. J’ai 39 ans et je dois demander à ma sœur de m’acheter des protections hygiéniques parce que je ne peux pas le faire, détaille-t-elle, la gorge nouée. Je suis suivie par un psychiatre et sous traitement. Cela me tient en vie avec mon entourage… » Là encore, on lui demande pourquoi elle ne s’oriente pas vers un #emploi salarié.

      Le département dénonce un procès politique

      De son côté, Maël de Calan et sa défense n’ont cessé de mobiliser tout le champ lexical du mensonge, de la manipulation. Pour Me Stéphanie Zaks par exemple, ce procès relève du « coup de com’ politique ». Une manœuvre pour affaiblir la loi « pour le plein emploi » qui institue quinze heures de #travail hebdomadaire pour les allocataires du RSA.
      Avec beaucoup de solennité, le président du département assure aussi que ce procès vise à lui nuire sur le plan politique. « Cette citation n’est ni faite ni à faire. Elle a été bâclée dans le contexte des élections municipales pour faire polémique à temps », fait-il valoir. Maël de Calan ne retient pas ses coups et fustige nommément des plaignant·es qui ne sont pas pour lui des « allocataires lambda ».
      Il martèle que quatre plaignant·es seraient des militant·es « d’extrême gauche », un motif de décrédibilisation de leur démarche à ses yeux. Il en veut pour preuve le soutien de certain·es d’entre eux à des candidat·es LFI lors des élections. Il questionne aussi leur appartenance au syndicat agricole classé à gauche, la Confédération paysanne.
      Maël de Calan assure payer le fait d’avoir mis au jour « un système », à savoir la volonté de ces plaignant·es de rester travailleurs et travailleuses indépendantes pour éviter de se plier aux contraintes du salariat – seul horizon enviable selon lui, semble-t-il. Et son avocate n’a cessé d’expliquer que les plaignant·es n’ont pas déclaré d’importantes sommes d’aides familiales et qu’ils ont donc fraudé. Les prévenus évoquent aussi la trentaine de cas évoqués par la CGT en soutien à la plainte, qui, selon le département, cumuleraient « 240 000 euros non déclarés, et 40 000 euros de RSA à rembourser .

      Le tribunal s’est aussi transformé en longue tribune en faveur de la politique de solidarité, d’insertion et d’emploi. Au point que le président s’impatiente alors que les 22 heures approchent : « Il ne reste pas les merguez de la CGT ? Je commence à avoir faim. »

      Les huit témoins cités par les prévenus – dont certains travaillent pour le département – ont tous couvert de louanges la politique menée par Maël de Calan et ses résultats, dont lui-même se gargarise. L’élu se vante notamment d’avoir débloqué une enveloppe de 10 millions sur cinq ans pour sa politique d’insertion, détournant les débats de la question centrale, à savoir le caractère harcelant des contrôles.

      En fin de soirée, le procureur a indiqué s’en « remettre à la sagesse du président », comme la procédure en citation directe le lui permet. Maël de Calan a demandé que la CGT soit condamnée à 10 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive. Dans la soirée, un communiqué des services de Maël de Calan a été envoyé à la presse pour donner sa vision des débats du jour. Son titre : « Le département démontre l’absence de tout harcèlement, la CGT rend des comptes »_. Le tribunal rendra sa décision le 7 septembre.

      Et la question se posera de faire appel, si on en croit ce cr.

      edit
      un extrait de Ration
      https://www.liberation.fr/economie/social/harcelement-moral-contre-proces-politique-au-tribunal-le-dialogue-de-sour

      l’avocate de la défense [des responsables départementaux] plonge dans les dossiers, en quête de failles et de mensonges. Elle leur fait aussi confirmer, quand elle en a trouvé un, leur engagement politique, associatif ou syndical.

      Face à Vianney Begos, elle détache ses mots pour dire qu’il a été trouvé des montants « très importants » sur son compte courant : 1 300 euros. Il répond : « C’est le peu de RSA que j’avais mis de côté et des sommes reçues de ma famille. »

      tête à claques veut « étendre la méthode finistérienne au plan national »


      Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère
      Procès du RSA dans le Finistère : « C’est du harcèlement, ça ? »
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/proces-du-rsa-a-brest-cest-du-harcelement-ca-7064602.php

      #l'emploi_c'est_la_loi #travailleurs_indépendants #justice #notables_de_l'insertion #loi_pour_le_plein_emploi #plein_emploi

  • Réforme de la prime d’activité : la Cour des comptes propose d’en exclure les bénéficiaires de l’AAH - ASH |
    https://www.ash.tm.fr/autonomie/reforme-de-la-prime-dactivite-la-cour-des-comptes-propose-den-exclure-les-ben

    Recentrer la #prime_d'activité sur les ménages les plus pauvres ? C’est la préconisation des Sages pour maintenir un régime soutenable sur le plan financier, estimant que la prestation a peu d’influence sur le retour à l’emploi.
     
    C’est à peine un peu plus de deux mois après l’entrée en vigueur de l’extension de la prime d’activité à 3 millions de ménages supplémentaires, depuis le 1er avril 2026, que la Cour des comptes a choisi de tacler le bilan de ce dispositif d’aide au pouvoir d’achat des travailleurs les plus modestes dans un rapport réalisé à la demande de la commission des finances du Sénat et dévoilé le 10 juin 2026.

    Rédigé à partir des données compilées par la Drees et avec l’aide des chercheurs de l’Institut des politiques publiques (IPP), le document dresse un bilan mitigé des dix années d’existence de ce dispositif, né en 2016 de la fusion du revenu de solidarité active (RSA) et de la prime pour l’emploi (PPE), suggérant d’en réformer le fléchage.

    #AAH #emploi #paywall #guerre_aux_pauvres

  • XR : Agroécologie, nourrir, pas détruire (Campagne Changement de régime)
    https://mediarezo.net/xr-agroecologie-nourrir-pas

    Durant deux après-midi, Extinction Rebellion (XR) ouvre ses portes et aborde l’agroécologie, ou comment nourrir sans détruire. Stands, tables rondes, présentations, ateliers... Portes ouvertes Extinction Rebellion (XR) thème Agroécologie : nourrir, pas détruire Le samedi 13 juin à 14h @ Villette Makerz (86 quai de la loire, Paris 19e) Portes ouvertes Extinction Rebellion (XR) thème Agroécologie : nourrir, pas détruire Le dimanche 14 juin à 14h @ Villette Makerz (86 quai de la Loire, (…) #Guerre_au_vivant

  • Jacques Baud - Guerre en Iran - Trump condamné à admettre sa défait

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12517764

    https://www.youtube.com/watch?v=OTOIHUfUSuM


    2026-05-30 — 1h

    https://www.crashdebug.fr/jacques-baud-guerre-en-iran-trump-condamne-a-admettre-sa-defaite-editions - 2026-06-05

    (éditions Maxmilo)

    Bonjour, ce matin si vous le voulez bien on retrouve Jacques Baud (qui a vu tous ses comptes bancaires fermés unilatéralement par l’Europe) interviewé par Max Milo éditions, qui va nous parler du conflit en Iran.

    Dans cette analyse rare et sans filtre, Jacques Baud décortique la situation réelle entre Washington et Téhéran. Pas de « paix » en cours, mais un protocole d’accord (MOU) de 60 jours qui pourrait mener à un cessez-le-feu… ou pas.

    Il explique pourquoi l’Iran a augmenté son enrichissement d’uranium (jusqu’à 60 %) : une réponse légitime aux assassinats israéliens, pas une course à la bombe. Il détaille les 14 points d’exigences iraniennes (levée des sanctions, 300 milliards de réparations, contrôle du détroit d’Ormuz, fin de l’ingérence américano-israélienne) et pourquoi Trump est en difficulté face à un Israël qu’il ne contrôle pas.

    Arabie saoudite, Qatar, Oman : pourquoi les pays arabes refusent les Accords d’Abraham tant qu’Israël ne respecte pas le droit international. Un décryptage géopolitique précis, factuel et dérangeant qui démonte les narratifs médiatiques.

    Une vidéo indispensable pour comprendre les vrais enjeux du Moyen-Orient et la position délicate de Trump, condamné à admettre ses limites.

    Paix en Ukraine propose une analyse factuelle des dynamiques diplomatiques et politiques du conflit ukrainien. Il traite en particulier de l’évolution du processus de négociation entre l’Ukraine et la Russie depuis 2014. Il revient sur les diverses initiatives de paix proposées par les acteurs du conflit et analyse les raisons pour lesquelles elles n’ont pas abouti, ainsi que les éléments qui pourraient être repris dans un futur traité. Il décrypte les relations parfois tendues entre les pays occidentaux, le rôle des États-Unis, la position des protagonistes et leurs enjeux dans ce conflit.

    Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, l’idée de négocier s’impose. Russes et Ukrainiens parviendront-ils à un accord en 2026 ? Les États-Unis pourront-ils imposer leur dynamique diplomatique face à une Europe divisée ? Quels facteurs détermineront une solution politique ?

    Pour acheter le livre : https://maxmilo.com

    #Iran #Oman #Hormuz #Ormuz #Israel #États-Unis
    #uranium_enrichi

    #Ukraine #Russie #Europe #EU #UE
    #dissuasion_nucléaire #guerre_asymétrique

  • L’#Europe ferme son ciel à #Starlink et #Amazon : les deux tiers des #fréquences #satellite réservés aux Européens
    https://www.lesnumeriques.com/astronomie-conquete-spatiale/l-europe-ferme-son-ciel-a-starlink-et-amazon-les-deux-tiers-des-frequ

    #Elon_Musk ne va pas apprécier. La #Commission_européenne s’apprête à réserver les deux tiers de ses fréquences satellite aux opérateurs européens, repoussant Starlink et Amazon aux marges du marché continental. La décision, attendue ce mercredi, intervient une semaine avant la présentation du paquet « #souveraineté technologique » de #Bruxelles. #Washington a déjà prévenu : il y aura des conséquences.

  • Le grand exode des petits
    https://laviedesidees.fr/Celia-Keren-La-Cause-des-enfants

    Pendant la guerre d’Espagne, des milliers d’enfants ont été évacués vers la France, avant d’être rapatriés dans leur pays désormais aux mains des franquistes. Cet épisode méconnu s’intègre dans une #Histoire transnationale des mobilisations humanitaires.

    #Espagne #enfants #fascisme #exil #guerre_civile

  • Lost in Securitization: Migration, Race, and Death at Europe’s Eastern Border

    This year marks the fifth anniversary of the start of the ‘border crisis’ in Poland’s eastern borderlands and, consequently, the eastern border of the European Union. Kasia Narkowicz examines this crisis within the broader context of the political economy of migration and traces its roots to various forms of intersecting racialized violence.

    *

    It is still cold in the early morning hours when we leave our accommodations in #Gruszki, a village in eastern Poland, to search for bison. We are in the #Białowieża Forest, about ten kilometers from the border wall that Poland’s government built in 2021 at a cost of over 350 million euros. The wall was constructed to prevent people from traveling into the EU from Belarus via Europe’s last primeval forest along the border. I am here as part of an international academic seminar with colleagues and comrades who work on borders globally. No bison or migrants were spotted in the borderlands this time.

    Until recently, people crossing into Poland from Belarus would send location pins daily to #Grupa_Granica (Border Group), a conglomerate of organizations and activists supporting migrants. In the forest, they would be met by activists who would provide them with hot soup, a change of clothes, a power bank, and a shared sense of despair over the ever-growing securitization of the border.

    The forest seems deserted right now, which may be because it’s still too cold. People who are on the move often get stuck here, sometimes for months. In the winter, the temperatures plummet to double-digits below zero making conditions for survival challenging. This is worsened by the frequency and scale of pushbacks taking place at the borders and the fact that a year ago Poland’s government suspended the right for asylum.

    It is more likely, however, that the absence of people on the move today is a consequence of the deadly border wall. They have most likely rerouted their journeys. Once a much safer route into Europe than crossing the Mediterranean by boat, the Belarus-Poland border has become a poster child for border imperialism.

    According to Researchers on the Border, most people on the move could have been assisted into Poland through asylum integration with the money spent on building the border wall. Instead, the number of pushbacks is much higher than anticipated. Many people are literally thrown back and forth between Poland and Belarus as if they were beach balls.

    The 5.5-meter-high steel wall is topped with concertina wire, which is responsible for the most common injuries to people on the move. The borderland is made up of difficult terrain with swamps, rivers, and fallen-down trees. One wrong step, and someone unfamiliar with the area could get stuck in a swamp.

    Some people die in this way, with their bodies being pulled out of swamps and rivers months or years later. They are often unrecognizable and sometimes unidentifiable. Of the more than 100 documented migrants who have died en route in the forest while attempting to reach Poland, some died from injuries caused directly by the border wall. One of them was Mohammad from Syria.
    April 2023, Poland-Belarus border

    One night in April 2023, Mohammad fell from a wall along the border between Poland and Belarus, which stands five and a half meters tall. He had traveled from Lebanon, where he had been displaced by the Syrian war. Mohammad was a 58-year-old Syrian from Daraa, a key location for the civil uprising that preceded the war, as well as an area devastated by drought.

    He most likely flew to Minsk and was then subjected to what is consistently referred to as the ‘hybrid war’ waged by Alexander Lukashenko’s regime against Europe. Mohammed climbed up the wall while attempting to cross the border between Poland and Belarus, but he got stuck in the barbed wire. He then fell off very close to the village of Stare Masiewo. He had internal injuries from the fall, a broken leg, and a shredded leg from the concertina.

    His case is not extraordinary. Like many millions before him, he left his region in search of a more bearable life and perhaps to reunite with his daughter, who was studying abroad. They reunited when she came to the hospital in Poland where he was already in a coma, dying shortly after. He became the 43rd victim of the border, joining the sad ranks of over 100 known migrants who have died trying to cross into Poland. Several hundred more are still missing.

    Few migrants die like Mohammed, in a hospital while receiving care. Most die alone in the forest. This was the case for 28-year-old Ethiopian woman Mahlet Kassa, whose body was found by Piotr Czaban, a journalist who relentlessly documents the violence on the Poland-Belarus border. Mahlet’s body was found in the forest in February 2023. While she was still alive, her travel companions shared her exact GPS location with the border guards in hopes that they would come to her aid. Instead of receiving help, the group got pushed back into Belarus.

    Many, like Mahlet, are young people. There are also children crossing the border, several hundred every year, most of them unaccompanied. The youngest victim of the Poland-Belarus border was Halikari Dhaker, a 24-week-old Kurdish baby who died stillborn alongside his mother. Halikari is buried in the Muslim cemetery in the nearby village of Bohoniki.

    Mikołaj Grynberg’s book titled “Jezus umarł w Polsce” (“Jesus died in Poland”) captures the early days of the most recent and, for Poland, unprecedented inflow of migrants traveling from outside Europe seeking entry into the EU through the Poland-Belarus border. Similar to Agnieszka Holland’s black-and-white film “Green Border,” Grynberg reads the current ‘migrant crisis’ on the eastern border through the lens of history.

    More specifically, he references the anti-Semitic violence that occurred in these very borderlands some eight decades earlier, when Jewish communities made up the majority of the inhabitants in several villages. Grynberg and Holland, alongside numerous scholars, connect the violence of today’s migration politics on the Poland-Belarus border to its dark history.
    Shifting migration routes in Central and Eastern Europe

    Over the past two decades, Central and Eastern Europe has become a region of emigration, with its citizens predominantly filling low-paying and insecure positions across Western Europe, e.g. as care workers in Germany or fruit pickers in the UK. These mobile workers kept Europe running, even during the global pandemic when their work posed additional risks alongside already fragile working conditions.

    Many work in exploitative conditions that, as scholar Polina Manolova argues, make a “dignified life impossible” in a neoliberal system that feeds on their degradation. This deepens the East-West divide rather than collapsing it, as the entrenched idea persists that “someone has to pick German strawberries” – and that someone is Eastern European. This lays bare the continuity of Eastern European Othering.

    Alongside these outward migration processes, Central and Eastern Europe is now receiving migrants from outside Europe on an unprecedented scale. Thus, the region is becoming one of both emigration and immigration, and in both contexts, migration is racialized. This shift has unfolded amid a growing nod towards authoritarian populist politics. After losing the 2023 elections, the far-right Law and Justice Party (PiS), which ran on an anti-immigrant agenda, was replaced by a new center-right government led by Donald Tusk. This new government has ramped up racist anti-immigrant rhetoric, openly warning of a ‘Muslim invasion’ through the Belarus border.

    From 2021 until recently, the EU’s eastern land border experienced unprecedented movement, with an increase in irregular border crossings exceeding tenfold compared to 2020. This is the same border that people fleeing Russia’s full-scale invasion of Ukraine used. Yet, their refugee status was not questioned, and their journeys were not criminalized when they were perceived as ‘white Eastern Europeans.’

    The idea that Central and Eastern Europe is somehow exempt from scrutiny regarding its role in global racial regimes because it never colonized other regions has long been challenged. The region’s involvement in colonialism and global racial hierarchies has been a key topic in postcolonial and decolonial Eastern European scholarship.

    This year marks the fifth anniversary of the beginning of the ‘border crisis’ in Poland’s eastern borderlands, and, by extension, the eastern border of the European Union. Although people have stopped crossing the Poland-Belarus border for now, the border wall and drones continue to hover loudly through the Białowieża Forest.

    This is indeed a crisis, but not one of people on the move. Rather, it is a crisis of overlapping and intersecting issues – white supremacy, border imperialism, and climate change – that entangle all species, human and nonhuman alike, in a web that makes it difficult to understand how to be human.

    https://berlinergazette.de/lost-in-securitization-migration-race-and-death-at-europes-eastern-b
    #migrations #réfugiés #frontières #border_deaths #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #forêts #Pologne #Biélorussie #solidarité #push-backs #refoulements #violence #murs #barrière_frontalière #borderland #guerre_hybride #Europe_de_l'Est #Bialowieza

    ping @reka

    • Jezus umarł w Polsce

      Tu była cisza spokój, ptaszki śpiewały, aż któregoś dnia zamiast ptaszków usłyszeliśmy dźwięki helikopterów. Potem zaczęło się znajdować buty i ubrania. Potem ludzi.

      Nikt z bohaterek i bohaterów tej książki nie wiedział, co ich czeka, kiedy pierwszy raz zdecydowali się pomóc uchodźcom. Nie wiedzieli, że będą musieli ukrywać się, nie tylko przed służbami państwa, ale również przed swoimi sąsiadami. Że pomaganie nada ich życiu największy sens, ale też odbierze spokój, życie rodzinne, czasami pracę, wypali w nich nieusuwalne emocjonalne piętno. Tymczasem państwo polskie wciąż nie umie zapobiec kryzysowi humanitarnemu na granicy białoruskiej, bo wybiera rozwiązania siłowe zamiast sięgać po systemowe. Konsekwencją tego są dziesiątki ofiar, o których już dzisiaj wiemy i setki, o których dowiemy się w przyszłości.

      Ludzie, których głosy wybrzmiewają w tej książce, wzięli odpowiedzialność za tę sferę, która została porzucona przez państwo. Dzisiaj są obiektami prześladowań, kiedyś będą kolejnym w historii Polski listkiem figowym. Wyznawcy boga, honoru i ojczyzny ich właśnie będą niedługo nosić na sztandarach. By zapomnieć o hańbie polskich służb, im właśnie będą budować pomniki, ale znowu będzie za późno.

      https://wydawnictwoagora.pl/jezus-umarl-w-polsce

      #livre

  • Assurance chômage : comment dépasser l’opposition entre rigueur budgétaire et bien-être des demandeurs d’emploi
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/assurance-chomage-comment-depasser-lopposition-entre-rigueur-budgetaire-e

    Les experts du Conseil d’analyse économique proposent de comparer les réformes non seulement à l’aune des économies qu’elles génèrent, mais aussi de leur coût social et de leurs effets sur l’emploi. Cela invite à repenser l’ensemble de la filière #seniors.

    [...]

    ... aligner la durée d’indemnisation maximale des 55-57 ans sur celle des moins de 55 ans (en la passant de 22,5 à 18 mois) réduirait leurs entrées au chômage en limitant, par exemple, les incitations aux ruptures conventionnelles, pour un public qui dispose en moyenne d’une épargne plus importante.

    https://justpaste.it/nkmw9

    C’est à grand concours de coups de scie, de rabot et de lime qu’on dégraisse le mammouth antédiluvien de la solidarité. Que chacun tente sa chance !
    Les meilleurs sauront expliquer que c’est pour le bien des premiers concernés. Et d’ailleurs, contrairement à certaines idées reçues, le bien-être des demandeurs d’emploi se concilie fort bien avec la rigueur budgétaire. Suffit de bien réfléchir.
    Auparavant, à ces âges, c’était trois ans d’alloc’, un an et demi ce serait bien plus harmonieux. Et ça resterait éminemment humain puisque au delà de 57 ans, ça bouge pas, c’est pas loin de deux ans et qu’ensuite on pourra encore profiter du RSA en attendant 65 ans et le pactole de l’ASPA, 1043e pour le dividuel, ou 1 620,18 € pour le couple à moins que le ou la conjoint.e dispose d’un salaire, d’une retraite ou de quoi que ce soit qu’on devra évidemment retrancher de cette somme (question d’équité, hein).
    Y a donc des universitaires raqués entre 4 et 6OOO balles le mois au bas mot qui font bénévolement des heures sups - comme y insiste Ration - pour pisser de la copie Conseil d’analyse économique afin d’explorer des pistes d’économies nouvelles sur les allocs chômage.

    Ces gens ont raison de se faire connaitre et mériteraient de l’être davantage.

    #chômage #retraite #guerre_aux_pauvres #Unedic

  • Derrière les fichiers nazis
    https://laviedesidees.fr/Derriere-les-fichiers-nazis

    En Allemagne, un moteur de recherche permet d’explorer les registres du Parti nazi. Au-delà des secrets de famille, cette initiative ravive des débats. Quelle différence entre la connaissance et la mémoire ? Que faire du #nazisme à l’heure où l’extrême droite s’efforce de le réhabiliter ?

    #Histoire #Shoah #internet #guerre_mondiale
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250512_nazisfiches.pdf

  • #Mégabassines, #data_centers : « La guerre contre l’#eau s’est intensifiée »

    Dans le livre-enquête « Les Assoiffeurs », les journalistes Nicolas Celnik et Fabien Benoit montrent comment certains acteurs privés accaparent, avec la bénédiction de l’État, une ressource de plus en plus rare et de plus en plus polluée.

    DepuisDepuis dix ans, un tiers du territoire français subit des restrictions d’eau et le pays vit désormais au rythme d’épisodes de sécheresse toujours plus longs et plus intenses. Qui demain aura accès à l’eau ? De quelle qualité ? Depuis les années 1980, près de 14 000 captages d’eau potable ont dû fermer en raison de taux de pollution aux pesticides trop importants. Et le scandale de la contamination massive aux PFAS ne fait que commencer…

    À Sainte-Soline, les militants en lutte contre l’accaparement de l’eau par le modèle agricole productiviste ont reçu pour toute réponse du gouvernement un déluge de grenades.

    Dans une enquête fouillée, les journalistes Fabien Benoit et Nicolas Celnik montrent comment certains acteurs privés, des producteurs de maïs aux promoteurs de data centers, font main basse sur l’eau, avec la bénédiction de l’État.

    Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les Liens qui libèrent, 2026) pointe comment certains comptent aussi capitaliser sur la raréfaction de la ressource et sur les inquiétudes concernant la santé. Entretien.

    « Mediapart » : La loi d’urgence agricole qui arrive à l’Assemblée nationale le 19 mai comporte un important volet sur l’eau. Une fois de plus, le gouvernement veut « sécuriser » l’accès à l’eau pour les agriculteurs et agricultrices irrigant·es, au détriment des autres usagers et usagères, en favorisant notamment la construction de mégabassines.

    Fabien Benoit : On a beaucoup parlé de guerre de l’eau, notamment autour des bassines. Pour nous, il y a surtout une guerre contre l’eau, c’est-à-dire contre cette ressource, pour l’accaparer, pour l’abîmer. Cette loi d’urgence agricole en est un nouvel épisode. Si on met d’ailleurs bout à bout la loi d’orientation agricole qui consacre l’intérêt majeur de l’agriculture, les arrêtés sécheresse qui exonèrent régulièrement les plus gros accapareurs de l’eau, et la révision de la directive-cadre eau européenne qui est sur la table…, on se rend compte que cette guerre contre l’eau s’est intensifiée, au détriment de sa qualité, de sa disponibilité.

    Nicolas Celnik : Il y a dans ce projet de loi deux articles qui entrent en résonance avec notre enquête : l’article 6, qui prévoit que le préfet puisse déroger aux schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) pour des projets d’ouvrage de stockage de l’eau, et l’article 5, qui rend facultative la consultation publique pour construire une bassine. Cela correspond à ce que le chercheur Sylvain Baron appelle la « préfectorialisation de la politique de l’eau ». C’est la volonté de donner aux préfets des moyens de contourner cette démocratie locale de l’eau, qui est certes imparfaite, mais qui reste une expérimentation démocratique vraiment intéressante. Là, on assiste à une « reverticalisation » des politiques de l’eau au nom des intérêts économiques.

    Vous montrez bien dans votre livre comment ceux que vous appelez les « assoiffeurs » parviennent à s’affranchir du droit commun pour faire main basse sur la ressource.

    N. C. : Nous avons cherché à comprendre les stratégies des grands acteurs économiques (agriculture, data centers, embouteilleurs…) qui s’assurent qu’ils bénéficieront de réserves d’eau, même dans des situations de tension sur la ressource. Leur travail de lobbying a été, effectivement, de normaliser des situations d’exception. Alors qu’il existe en France une hiérarchie des usages de l’eau qui priorise la santé humaine, puis les écosystèmes et enfin les enjeux économiques, être parvenu à imposer l’agriculture comme « d’intérêt général majeur » dans la loi inverse cette hiérarchie. On normalise le fait qu’en cas de sécheresse, l’activité économique vaut autant que la préservation de l’environnement. Une mégabassine est présumée dans la loi Duplomb d’intérêt général majeur.

    F. B. : Et quand on parle de « l’agriculture qui a besoin d’eau », il faut rappeler quelques ordres de grandeur. L’agriculture représente 60 % de la consommation d’eau douce en France, 92 % de cette eau-là va à l’agriculture irriguée. Et les surfaces irriguées en France, c’est 7 à 8 % des surfaces. Donc, 93 % du monde agricole n’a pas besoin de beaucoup d’eau. Ce n’est pas « l’agriculture » qui a besoin d’énormément d’eau mais un certain modèle agro-industriel qui produit de la céréale, dont en bout de chaîne 7 % environ sert finalement à l’alimentation humaine.

    Vous dites que c’est la répression des manifestant·es de Sainte-Soline contre les mégabassines qui vous a donné l’envie de faire ce livre. Pourquoi ?

    F. B. : L’usage extrême de la violence pour réprimer des militants qui défendaient l’eau comme un patrimoine commun, ce qui est inscrit dans la loi, nous a effectivement frappés. L’idée d’accaparement de l’eau était au cœur de cette mobilisation et cela nous a conduits à nous interroger sur les acteurs qui aujourd’hui accaparent cette ressource avec le soutien de l’État.

    N. C. : Concernant l’agriculture, c’était intéressant d’essayer d’enquêter sur le fonctionnement de ce petit monde du lobbying de la FNSEA. Le principal syndicat agricole a un groupe dédié spécialement au lobbying sur la production du maïs, et ce lobby a son propre lobby interne spécialement dédié à l’irrigation du maïs. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin de beaucoup d’eau pour le maïs, et en particulier au pic de chaleur, parce que c’est une plante tropicale.

    Ils ont travaillé à diffuser l’idée, notamment dans les médias, qu’il fallait absolument stocker l’eau d’hiver pour l’été parce que sinon l’eau « partirait à la mer ». En fait, d’après les compréhensions du cycle de l’eau, il est au contraire important de laisser l’eau s’infiltrer dans la terre, être stockée dans des zones humides, comme l’expliquent les hydrogéologues. Le lobbying de la FNSEA a aussi consisté à faire travailler le concept de « souveraineté alimentaire », qui signifiait initialement la capacité de manger ce qu’on produit, et qui désigne à présent la capacité de choisir vers qui l’on exporte notre production. Au nom de la « souveraineté alimentaire », on soutient les producteurs de maïs qui exportent pour nourrir le bétail.

    Et vous montrez aussi comment désormais la transition écologique – avec le besoin d’électrifier les usages – sert aussi de prétexte à sécuriser l’accès à l’eau pour les industriels des semi-conducteurs ou des data centers.

    F. B. : Oui, parce qu’on a une transition écologique qui est carbo-réductionniste, c’est-à-dire qui s’intéresse uniquement aux émissions de CO2, en occultant tout le reste. Et, effectivement, l’électrification, comme le numérique, implique une course aux métaux, ce qui veut dire des besoins colossaux en eau.
    C’était important pour nous de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle d’une « transition écologique et numérique ».

    Comme si, en soi, le numérique était synonyme de mieux-disant écologique. C’est absolument faux et c’est le fruit d’un récit, forgé depuis des décennies, pour nous faire croire que le numérique s’affranchirait de la matière et de la pression sur les écosystèmes.

    En réalité, depuis les mines, en passant par la production de semi-conducteurs, le fonctionnement des data centers, jusqu’à tous les appareils numériques qu’on a entre nos mains, on a un continuum qui demande beaucoup, beaucoup de matières premières et, à chacune des étapes, énormément d’eau. À un moment, ce n’est plus soutenable.

    Face à ce secteur-là qui est dans une croissance exponentielle, notamment en raison du développement de l’intelligence artificielle (IA), il y a une forme de gouffre hydrique qui se présente devant nous. Il faut se rappeler que le secteur des data centers, c’est 30 % de croissance par an. Aux États-Unis, on construit plus de data centers que de bureaux. Là, le côté systémique est intéressant, car qui pointe le bout de son nez dans cette équation-là ? Ce sont les acteurs industriels de l’eau, qui disent : « Vous n’y arrivez pas, mais on peut vous construire une usine de désalinisation, on peut produire de l’eau pour vous. »

    Effectivement, vous le montrez bien, plus la ressource en eau est dégradée, plus il y a un marché.

    N. C. : Oui, ce sont des sortes d’intérêts bien compris où le secteur des technologies de dépollution de l’eau devient l’acteur qui permet aux autres leur forme d’accaparement. Sans ces « solutions » de traitement de l’eau de plus en plus complexes et chères, on serait obligés de se demander justement comment on utilise l’eau, comment on se la partage. En somme, de questionner les usages de l’eau.

    Là-dessus, nous racontons comment des géants de l’eau comme Veolia, Suez et d’autres, qui faisaient leur business en distribuant l’eau dans les villes, ont été obligés de revoir leur modèle, prenant acte d’un mouvement de remunicipalisation (à la suite de nombreux scandales financiers notamment). Ils se présentent depuis une dizaine d’années comme des champions de la « transition écologique » et de la dépollution. D’après leurs déclarations aux investisseurs, leurs clients ne sont pourtant pas les usagers individuels, vous et moi, qui avons besoin d’eau pure au robinet : leurs principales cibles commerciales sont les infrastructures industrielles, comme les data centers ou les usines de semi-conducteurs, qui ont besoin d’eau très pure pour ne pas corroder leurs équipements, etc.

    Ces procédés sont aussi extrêmement énergivores et ont des effets délétères sur les écosystèmes. L’eau relève d’enjeux éminemment locaux. Ce qui est prélevé ici ne peut pas être compensé en remplissant une nappe à l’autre bout du pays. Et puis derrière, quid de tous les autres effets de l’extraction minière, sur la biodiversité, sur la destruction des terres arables qu’on utilise pour alimenter cette machine ?

    F. B. : Ce solutionnisme technologique est un autre nom pour le business as usual et la destruction du vivant. La réutilisation des eaux grises, qui semble être du bon sens, c’est une façon de ne pas questionner les usages, de les pérenniser, et c’est de l’eau qui n’est pas rendue aux milieux. Donc, cela portera atteinte à la bonne santé des écosystèmes.

    Et puis, on peut dérouler le même raisonnement sur la désalinisation, qui répond à la même logique, avec toujours des conséquences très lourdes d’un point de vue écologique. L’impensé, c’est celui des interdépendances. On ne peut pas traiter le sujet de l’eau isolément, sans traiter celui de la biodiversité, de la santé des milieux, de la santé humaine. Alors que dans le débat public, dans les discours politiques, le sujet a tendance à être traité de manière uniquement technique, comme une question de flux, de stocks. Les industriels de l’eau parlent de « produire de l’eau », comme si on pouvait en fabriquer de toutes pièces, ce qui est complètement inepte.

    L’eau en bouteille a historiquement construit son modèle économique sur celui de la santé. Les industriels ne voient pas d’un mauvais œil l’inquiétude grandir sur la qualité de l’eau.

    F. B. : Le risque avec l’eau en bouteille, deux mille fois plus énergivore que l’eau du robinet, c’est que cela devienne effectivement une réponse de marché à un problème public, qui est celui de la qualité de l’eau. Et en même temps, l’industrie de l’embouteillage a subi quand même des revers, des polémiques qui font que la pureté supposée des eaux en bouteille en a pris un coup. Un doute est en train de se diffuser autour des eaux en bouteille, avec, évidemment, le cas emblématique de Nestlé, mais pas uniquement.

    Et il y a tout ce qu’on ne veut pas voir quand on parle de qualité de l’eau au sens large, qu’il s’agisse de l’eau en bouteille ou du robinet. Il y a plein de choses qu’on ne tente pas de détecter. Sur la question des PFAS, c’est particulièrement interpellant. On se rend compte qu’on contrôle 20 PFAS depuis janvier 2026, alors que l’EPA américaine parle de 14 000 variétés de PFAS ou qu’une autre agence américaine évoque plutôt 2 millions. Il y aurait sans doute une panique morale totale si on commençait à essayer de détecter tout ça.

    N. C. : Face aux pollutions au PFAS, aux pesticides, on se dit : soit on boit de l’eau en bouteille, soit on « maxifiltre » l’eau qui va arriver au robinet. Et c’est ce qu’on voit en Île-de-France avec le projet du Syndicat des eaux de la région, qui est un projet à 1 milliard pour avoir de l’eau potable pour une partie des communes d’Île-de-France, dont Paris ne fait pas partie. Ce projet mise très majoritairement sur le traitement, alors qu’il serait entre cinq et dix fois moins cher de prévenir plutôt que guérir, d’après certaines études. La régie publique Eau de Paris, par exemple, a essayé de passer des pactes avec les agriculteurs pour avoir moins d’épandage de pesticides, donc ils peuvent se permettre de mettre en place des solutions de traitement moins coûteuses.

    Mais certains y trouvent leur compte. L’entreprise DuPont, qui est une grande émettrice de PFAS, est la même qui vend des membranes de filtration des PFAS pour potabiliser l’eau. Water Europe, qui est le lobby européen des entreprises de traitement de l’eau, dont Suez-Veolia et autres, demande à la Commission européenne 255 milliards sur cinq ans, juste pour investir dans ces technologies de traitement. Il y a un risque de système à deux vitesses, entre les grandes métropoles qui pourront investir dans ces systèmes très coûteux de dépollution de l’eau et des communautés de communes rurales pour lesquelles ce sera beaucoup trop cher.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/080526/megabassines-data-centers-la-guerre-contre-l-eau-s-est-intensifiee
    #centres_de_données #guerre_de_l'eau #privatisation #rareté #pollution #sécheresse #eau_potable #pesticides #PFAS #Sainte-Soline #accaparement #guerre_contre_l’eau #agriculture #préfectorialisation #démocratie #démocratie_locale #reverticalisation #économie #intérêts_économiques #lobbying #santé #écosystèmes #intérêt_général_majeur #loi_Duplomb #irrigation #industrie_agro-alimentaire #répression #résistance #violence #FNSEA #maïs #cycle_de_l’eau #souveraineté_alimentaire #élevage #bétail #transition #numérique #matières_premières #IA #AI #intelligence_artificielle #data_centers #centres_de_données #dépollution #Veolia #Suez #business #remunicipalisation #municipalisation #semi-conducteurs #énergie #techno-solutionnisme #eaux_grises #désalinisation #interdépendances #biodiversité #eau_en_bouteille #Nestlé #qualité #qualité_de_l'eau #pesticides #business #DuPont #filtration #Water_Europe

    • Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau

      Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

      Ils livrent ici les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État.

      Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau.

      Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir.

      https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Les_Assoiffeurs-9791020923691-1-1-0-1.html
      #livre

    • et Veolia c’est qui ? c’est Bolloré.
      Et quels sont les députés qui ont refusé de laisser les premiers m3 d’eau gratuits aux pauvres ? c’est les députés fachos, oups les nazis, oups les députés du parti fondé par des nazis.
      A Toulouse ils te collent du Eau-Toulouse-Metropole mais en fait derrière c’est Véolia Bolloré. Du Moudenc tout craché. Et l’eau est devenue plus cher l’été, tour de passe passe.

  • La #Guerre_en_Iran et le nouveau visage de l’impérialisme
    https://lvsl.fr/la-guerre-en-iran-et-le-nouveau-visage-de-limperialisme

    Le bombardement de l’Iran par les États-Unis, en février 2026, a confirmé l’entrée dans une nouvelle séquence : celle d’une guerre pilotée par les plateformes numériques, les infrastructures de données et l’intelligence artificielle. Systèmes de ciblage automatisé, drones coordonnés en temps réel, manipulation algorithmique de l’information, production industrielle de contenus artificiels : l’industrie de la tech occupe désormais une position centrale dans l’exercice de la puissance étatsunienne. Cette mutation prolonge une logique ancienne : celle de l’impérialisme. Loin d’avoir disparu avec le XXe siècle, il connaît aujourd’hui une nouvelle phase, fondée sur la concentration monopolistique des géants du numérique, leur imbrication avec l’appareil militaire et leur contrôle croissant (…)

    #International #impérialisme #Impérialisme_numérique #Nikos_Smyrnaios

  • Mobil-homes, cabanes, maisons sans permis : le Sénat veut armer les élus face à la prolifération des constructions illégales pour mettre fin au « business » de la cabanisation
    https://www.publicsenat.fr/actualites/parlementaire/mobil-homes-cabanes-maison-sans-permis-le-senat-veut-armer-les-elus-face

    Dans certaines communes rurales comme sur le littoral méditerranéen, les #cabanes ne sont plus seulement des abris de fortune. Elles deviennent, peu à peu, des habitations à l’année. En Pyrénées-Orientales, les services de l’État recensent plus de 500 procédures en cours contre des constructions illégales. Des caravanes transformées en résidences permanentes, des cabanons devenus maisons, des terrains agricoles morcelés et revendus sur Leboncoin comme « terrains de loisirs » : le phénomène de cabanisation, longtemps cantonné au pourtour méditerranéen, gagne désormais l’ensemble du territoire national. Face à ce qu’ils décrivent comme une situation « devenue endémique », cinq sénateurs Les Républicains ont déposé, le 23 mars dernier, une proposition de loi visant à donner aux acteurs locaux les moyens d’agir. Le texte, porté par Jean-Marc Boyer (Puy-de-Dôme), Daniel Laurent (Charente-Maritime), Anne Ventalon (Ardèche), Lauriane Josende et Jean Sol (tous deux des Pyrénées-Orientales), sera examiné [et a été adopté, ndc] en séance publique le 6 mai, après son passage en commission des affaires économiques, où la sénatrice Pauline Martin (Loiret) a été désignée rapporteure. Le texte (...) part d’un constat partagé : l’arsenal juridique actuel ne permet pas d’agir suffisamment tôt face à des installations illégales qui, une fois enracinées, deviennent difficiles à résorber.

    Des procédures qui s’étirent sur dix à quinze ans

    « Dans les Pyrénées-Orientales, les exécutions d’office interviennent habituellement dix à quinze ans après les premiers faits », déplore Lauriane Josende, auteur du texte. La sénatrice décrit un engrenage bien rodé : « Au départ, des installations qui se veulent provisoires deviennent pérennes. Des gens qui n’ont pas les moyens d’accéder au logement finissent par s’installer dans ce qui s’apparente à une cabane et peut facilement devenir une maison ». Le phénomène prospère sur un terreau de précarité, mais pas seulement. « À côté, il y a des gens qui savent que, du fait de la longueur des procédures, cette illégalité aura du mal à être poursuivie », poursuit-elle. « Certains ont fait de la cabanisation un véritable business, revendant des terrains agricoles à une valeur supérieure à celle du terrain inconstructible ». Les risques sont multiples : installations en zones inondables ou exposées aux feux de forêt, difficultés d’accès pour les secours, impossibilité d’identifier les occupants lors des incendies. « Les pompiers sont très favorables à ce texte, car ils voient les dégâts au niveau des massifs », souligne la sénatrice [_au nom du bien du commun, ndc].

    Le cœur de la proposition de loi réside dans son article premier : permettre au préfet d’ordonner directement l’évacuation et la démolition d’installations illégales, sans passer par le juge judiciaire , lorsqu’aucune régularisation n’est envisageable. Le délai d’exécution serait ramené à un mois après constatation des faits, contre plusieurs années actuellement. « Le but, c’est d’éviter d’être obligé d’attendre une décision du juge », résume Lauriane Josende.

    Le contradictoire comme luxe nuisible.

    #habitat_léger #droit #préfet #expulsion #logement

  • La Reconstruction Noire comme guerre de classe. Du Bois, le marxisme et la révolution - Contretemps
    https://www.contretemps.eu/du-bois-black-reconstruction-marxisme-revolution-racisme
    https://coucou.contretemps.eu/wp-content/uploads/Reconstruction-Congregation.jpg

    Le chef d’œuvre de W. E. B. Du Bois, Black Reconstruction in America, 1860-1880, publié en 1935, mérite de figurer sur une étagère à côté d’autres classiques modernes, tels que l’Histoire de la révolution russe de Léon Trotsky, Les Jacobins noirs de C. L. R. James, La révolution française de Georges Lefebvre et Le dix-huit brumaire de Louis Bonaparte de Karl Marx. Malheureusement, les spécialistes des #révolutions n’ont généralement pas considéré la #Guerre_de_Sécession comme l’une des grandes révolutions sociales de l’ère moderne, au même titre que les révolutions française, russe et chinoise. 

    En fait, de nombreux lecteurs considèrent le livre de Du Bois de manière beaucoup plus étroite, comme une réponse aux histoires suprémacistes blanches de l’ère de la Reconstruction (1865-76) et, plus particulièrement, comme une défense du rôle des politiciens afro-américains – et des électeurs noirs qui les ont élus – dans les gouvernements des États du Sud de l’époque. Du Bois présente effectivement une telle défense, mais Black Reconstruction offre beaucoup, beaucoup plus que cela. 

    Black Reconstruction n’est pas seulement un ouvrage historique de grande envergure, mais aussi un ouvrage fermement ancré dans la tradition marxiste. Du Bois réinterprète la guerre civile comme une révolution sociale et politique « par le bas » – une révolution ouvrière – qui a entraîné le renversement de l’esclavage et de l’État confédéré, ouvrant ainsi la porte à une démocratie interraciale dans le Sud. Le livre réinterprète ensuite le renversement ultérieur de cette démocratie comme une contre-révolution de classe qui a détruit la possibilité de liberté pour la moitié de la classe ouvrière du Sud et a imposé une « dictature du capital » qui a entraîné « une exploitation du travail sans précédent dans les temps modernes « [2].

  • Derrière la #Guerre_en_Iran, la volonté d‘étouffer la #chine
    https://lvsl.fr/derriere-la-guerre-en-iran-la-volonte-detouffer-la-chine

    La guerre en Iran a révélé l’aspect chaotique de la tactique américaine, et le caractère erratique des réactions de Donald Trump. Mais derrière cette apparente impréparation se trouve une stratégie de long terme, qui vise à préserver l’hégémonie américaine menacée par la République populaire de Chine. Celle-ci a fait main basse sur les #métaux_critiques et les éléments de terre rare qui constituent le fondement des économies occidentales. Ce quasi-monopole confère à Pékin une arme de poids dans la guerre commerciale qui l’oppose à Washington ; en novembre dernier, Xi Jinping a ainsi contraint Donald Trump à reculer dans sa surenchère tarifaire, suite à la menace de restrictions à l’exportation de plusieurs métaux vers les Etats-Unis. Menacés d’un d’embargo mondial, les Etats-Unis (…)

    #International #Comment_la_Chine_change_le_monde #Terres_rares