• discours présidentiel du jour : approfondissement de la #guerre_aux_pauvres :
    – rien sur l’#évasion_fiscale
    – maintien du #CICE
    – confirmation de la suppression de l’#ISF
    – enfumage sur la hausse du #SMIC sur base de la prime d’activité et de baisse des #cotisations_sociales
    – affaiblissement de la protection sociale
    – rien sur les #minima_sociaux (la désindexation des allocations a même été votée aujourd’hui #cynisme, et il y a quelques jours la désindexation des retraites)
    – rien bien-sûr sur les #violences_policières
    – diversion sur un débat d’extrême-droite (immigration)
    et emballage sur le « mérite », « il faut que le travail paye » etc.
    bref, prendre aux pauvres pour donner à ceux juste au dessus, pendant que les riches rigolent.



  • Paris, hier.
    https://www.mediapart.fr/journal/france/011218/les-gilets-jaunes-debordent-dans-les-rues-de-paris

    « La mobilisation parisienne a tourné en manifestation sauvage, se mêlant parfois au défilé syndical de la CGT, mais elle fut surtout rejointe par des militants de tous horizons, pour finir dans un nuage de lacrymogènes au centre de la capitale.

    Cette fois, c’était promis, les choses se passeraient dans le calme. Ce samedi 1er décembre à Paris, le dispositif policier serait à la hauteur, et la capitale ne connaîtrait pas les scènes d’émeutes qui ont marqué les Champs-Élysées samedi 24 novembre. Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait évoqué des points d’entrée rigoureusement contrôlés par les policiers, qui devaient fouiller les sacs et ne laisser passer que des manifestants pacifiques, pour garantir sérénité et sécurité aux « gilets jaunes », appelés à manifester sur les Champs-Élysées pour le troisième samedi consécutif, à 14 heures.

    Rien de tout cela ne s’est produit. La situation a dégénéré dès 10 h 30, quand les forces de l’ordre utilisaient déjà à plein gaz lacrymogènes et canons à eau, dans des situations guère éloignées de la guérilla urbaines (lire notre reportage près de la place de l’Étoile). Vers 11 heures du matin, Christophe Castaner en était déjà réduit à donner le chiffre ubuesque de « 200 manifestants pacifiques et 1 500 perturbateurs », alors que les personnes qui s’en prenaient au même instant aux forces de l’ordre ne pouvaient pas, loin de là, êtres rangées dans la classique catégorie des casseurs, qu’ils soient issus des Blacks blocs ou de l’extrême droite (même si certaines de ses figures étaient présentes).

    À 18 heures, le gouvernement annonçait 75 000 manifestants dans toute la France, mais aucun dispositif cohérent n’aura été en mesure de compter le nombre de « gilets jaunes » ou de syndicalistes parcourant Paris. Au fil des heures, des milliers de manifestants se sont retrouvés en de nombreux points de la capitale, un peu partout dans une bonne moitié de la rive droite. La préfecture de police de Paris dénombrait en fin de journée une centaine de blessés, dont 14 parmi les forces de l’ordre, un fusil d’assaut volé dans une voiture de police et 263 interpellations.

    En conséquence des sérieux affrontements qui ont opposé manifestants et forces de l’ordre du début de la matinée à la fin de l’après-midi sur les Champs-Élysées, des centaines et des centaines de « gilets jaunes » ont été refoulés lorsqu’ils ont voulu rejoindre le point de rendez-vous prévu. L’après-midi qui a suivi a donné lieu à de très inhabituelles séances de déambulations collectives dans les rues de Paris, traversées de brusques accès de tension, de scènes de panique, de débordements divers, mais aussi de quelques rencontres improvisées avec les manifestants plus aguerris qui avaient prévu de mener leurs cortèges dans l’après-midi, soit avec, soit à côté des « gilets jaunes ».

    À 13 heures, devant le parvis de la gare Saint-Lazare, un soutien est déjà en train de taguer « Justice pour Adama » sur des bâches de plastique jaunes. Autour de lui, des membres du désormais célèbre collectif contre les violences policières, des syndicalistes, des « gilets jaunes » de la région parisienne ou des militants de la première heure du mouvement social, qui se sont donné rendez-vous là en début de semaine, mais sont déjà un peu perdus.

    « Les “Nuit debout”, ils sont où ? interroge une vieille dame. C’était dur de choisir où aller ce matin… » « De toute façon, c’est le bordel partout, lui répond son compagnon. Sur les Champs-Élysées, ils sont au régime “canons à eaux” depuis trois heures… » Janos, un Franco-Hongrois, peste contre la scission du mouvement anti-raciste entre Nation (où défile le mouvement Rosa Parks) et Saint-Lazare. Julien peste lui contre la scission du mouvement social entre la CGT à Bastille et les « gilets jaunes » partout ailleurs. « Il y a une fenêtre qui s’ouvre là, faut y aller ! »

    Comme cela a été régulièrement constaté ces trois semaines dans cette mobilisation, des primo-manifestantes sont également présentes, hôtesses d’accueil, aides-soignantes, profs… « Je peux pas faire grève. J’élève seule mes trois enfants. Mon travail, c’est tout ce qu’il me reste, explique Rahma. Venir le samedi, c’est la seule manière pour moi de montrer ma colère. » Les banderoles des unes et des autres se déploient, celles des étudiants de Tolbiac, celle rose potache du CLAQ (Comité de libération et d’autonomie queer) et bien sûr celle du comité Adama. Le plan jusque-là est toujours de se diriger le plus possible vers les Champs-Élysées, pour rejoindre le gros des « gilets jaunes ».

    De fait, rien ne se passera comme prévu. Car ce sont les « gilets jaunes » qui viennent chercher Saint-Lazare. Des centaines d’entre eux déboulent du boulevard Haussman au son de « Macron démission ». L’objectif, saisi à la volée, semble être le Louvre, mais le cortège se forme et se reforme, au fil des rues commerçantes du centre de Paris. « On va se faire un petit “Black Friday” » lance en criant un participant, pour rire, en passant tout près des grands magasins tout illuminés.

    « On s’est fait gazer ce matin, et depuis, on suit le mouvement, expliquent des amis « gilets jaunes » venus de Dordogne. Aucun ne connaît Paris et ils marchent presque en touristes. « Il paraît même qu’on peut visiter », dit l’un d’entre eux, en arrivant devant l’Opéra. L’avenue est noire de monde jusqu’au Louvre. Il est 14 heures et la mobilisation des « gilets jaunes » à Paris s’est déjà transformée en une grande manifestation sauvage dans les rues de la capitale. « Les flics doivent être débordés, on en voit pas un seul… Personne ne nous arrête ! » s’étonne un cheminot de la CGT. Les clients du très chic Café de la paix sont sidérés, alors que les voitures s’arrêtent, pour laisser passer la foule.

    Des rues s’échappent des « grève générale ! », des « anti, anti-capitalistes ! » et autres « tous ensemble ! », slogans connus des cortèges de tête syndicaux de ces dernières années. Sauf que les « gilets jaunes » sont partout et font la masse. Comme cet ingénieur automobile, « très, très en colère », de la région parisienne, qui défile seul, ayant perdu ses compagnons en route. « Le diesel, ça fait 20 ans que l’on sait que c’est dangereux. Qui nous a poussés à en bouffer à toutes les sauces ? On crache du CO2, mais on coupe les arbres à tour de bras, de qui se moque-t-on ? Moi je veux aller à l’Élysée, pour lui dire, droit dans les yeux, à Macron, que ce n’est plus possible de continuer comme ça. »

    Sauf que la déambulation dans les rues de Paris se complique, une partie des forces de l’ordre désertant manifestement les Champs-Élysées pour tenter de remettre de l’ordre dans le centre de Paris. Car les manifestants marchent au milieu des cars de touristes, des passants des paquets plein les mains, des familles, qui regardent (et filment) le cortège, certains derrière les grilles du marché de Noël, installé dans le jardin des Tuileries.

    Les « gilets jaunes », souvent non familiers de la capitale, virent des bords, ne sachant guère ou aller, et la plupart des accès pour sortir du quartier sont désormais bloqués par les gendarmes mobiles. « Faut pas partir à Bastille, il n’y a personne là-bas ! » crie un jeune homme, très équipé, avec masque à gaz, sweat-shirt noir et gilet jaune. Il essaie de dévier le flux vers la cour du Louvre, sans grand succès. Une partie des manifestants décide néanmoins de tenter de rejoindre l’autre mouvement du jour, le défilé CGT.

    Le syndicat avait en effet annoncé sa traditionnelle manifestation des précaires et des privés d’emploi depuis des semaines, entre la place de la République et celle de la Bastille, et a finalement attiré bien au-delà des militants qui participent classiquement à ce défilé. Dans le métro arrivant place de la République, des dizaines de « gilets jaunes » peuplent les rames qui arrivent régulièrement. Certains sortent à l’air libre, vers un espace libéré des gaz lacrymos, d’autres repartent, direction les Champs-Élysées, tous chantent « Macron, démission ! » Au départ du cortège, on trouve aux côtés des gilets rouges syndicalistes, de très nombreux gilets jaunes, pas seulement frappés du logo CGT.

    « Ici, c’est les pas-contents organisés, on se fera moins casser la gueule ! » rigole Franck, qui a entamé la conversation avec Marité, René et Magali, qui ne se connaissaient pas dix minutes plus tôt, mais qui ont vécu la même séquence d’événements et font les mêmes récits que leurs homologues ayant fui vers les grands boulevards.

    « On est venus ce matin aux Champs-Élysées et, lorsqu’on a voulu approcher des points d’entrée, on a immédiatement été inondés de lacrymogènes, déjà 300 mètres avant les checkpoints », raconte Franck, venu de Seine-et-Marne. La colère à peine contenue, il lâche que « Macron, il laisse gazer son peuple, comme Bachar el-Assad ! »

    Marité, retraitée venue de Rosny-sous-Bois, répète encore et encore : « Je demande pardon d’avoir voté Macron, je me dénonce devant la CGT ! » Elle a travaillé 42 ans, son mari 44, ils touchent à deux 2 900 euros de retraite et ne décolèrent pas. Elle détaille la pancarte qu’elle porte sur le dos : « En 2018, la hausse de la CSG nous a fait perdre 460 euros, et l’abattement de 30 % de la taxe d’habitation nous a rapporté 410 euros, c’est une perte nette de 50 euros ! »

    Longtemps après que les manifestants de la CGT, accompagnés de cortèges de Sud et de la FSU, ont quitté la place, des « gilets jaunes » arrivent à République, y restent quelque temps, puis repartent. Stéphane, Morgane et Marion viennent eux aussi de Seine-et-Marne. « On est venus, mais on ne savait pas où se poser. Aujourd’hui, c’est un peu partout dans Paris », glisse Stéphane. « On voulait être présents, mais sans être assimilés aux casseurs des Champs-Élysées », indique Morgane.

    En quelques minutes de conversation, les trois amis dénoncent les travaux pour la piscine au fort de Brégançon, la rénovation de la salle des fêtes de l’Élysée, la taxe carbone, « qui ne sert presque pas à la transition écologique », « les efforts qu’on demande toujours aux mêmes, aux petits », et dénoncent même les allocations obsèques offertes aux députés, « alors que toi, tu dois prendre un crédit pour payer le cercueil de ta grand-mère ». Les dents serrées, Morgane lance une phrase dont on entend des déclinaisons depuis le début du mouvement, un peu partout en France : « Marie-Antoinette s’est gavée elle aussi juste avant la Révolution. Et on lui a coupé la tête. »

    Dans le cortège de la manifestation CGT, on retrouve les marqueurs habituels de ce type de défilé. La sono envoie du Bernard Lavilliers, les slogans dénoncent la réforme de l’ISF et appellent à « éradiquer la pauvreté, [car] il n’y a pas de fatalité ! » Mais le speaker au micro du petit carré de la CGT Seine-et Marne répète aussi, dans un français fautif mais terriblement explicite, « Convergeons la colère ! »

    Pour converger, au milieu des militants syndicaux, Laurent, salarié d’Air France, a décidé de poser un jour de grève. « Je suis pour que les luttes se mettent ensemble et pour une fois, on voit que pas mal de gens, de colères, s’agrègent, s’enthousiasme-t-il. Alors, je me suis dit que suivre la CGT était pas mal, elle qui connaît bien la lutte sociale. »

    À ses côtés, une jeune femme décidée et tout de noir vêtu ne veut pas donner son prénom mais se revendique « anonyme parmi les anonymes » : « Je suis salariée d’un grand groupe français, je rejoins le mouvement de ceux qui en ont marre de tout, je veux qu’on me respecte, qu’on m’écoute. Avec le même salaire, il y a dix ans, je vivais beaucoup mieux, aujourd’hui, je m’en sors tout juste. »

    Au hasard des rues, entre République et Nation, des « gilets jaunes » auront aussi pu croiser le cortège du collectif Rosa Parks, qui avait choisi de longue date ce samedi pour manifester contre « le racisme et le néolibéralisme ». Fort de seulement quelques dizaines de personnes à Nation à 14 heures, le défilé a atteint un millier de participants une heure plus tard en arrivant place Léon Blum, devant la mairie du XXIe arrondissement. On y trouve quelques figures connues, l’organisateur Omar Slaouti, la militante antiraciste Sihame Assbague, la figure des Indigènes de la République Houria Bouteldja, l’historienne Ludivine Bantigny.

    Les slogans, explicites, dessinent les combats de ces hérauts de l’antiracisme opposés à « l’universalisme » défendu par de nombreux intellectuels français : « La loi contre le voile, contre la burqa, on n’en veut pas ! Les “Je suis Charlie”, on n’en veut pas ! Les Badinter, les Fourest, les Finkielkraut, on n’en veut pas ! L’islamophobie, ça suffit ! »

    Une belle place est faite à l’association Droit au logement, aux adversaires de la Françafrique, à la coordination des sans-papiers, dont les slogans sont acclamés. Éric Beynel, le co-porte parole du syndicat Solidaires, est dans les rangs pour démarrer son après-midi, avant de se rendre ailleurs dans les rues de Paris. « On sent une vraie révolte, constate-t-il. Et l’absence de réponses concrètes du gouvernement et du président ne peut qu’entretenir cette révolte. »

    Retour vers Concorde, où des médias télé se font huer. « Usurpateurs », crient les manifestants, furieux d’être assimilés, selon eux, à des casseurs, alors que les premiers chiffres circulent sur la mobilisation du jour à Paris. « On voulait aller calmement manifester. Je suis venu en train, j’avais ma carte d’identité dans la poche. On s’est pris tellement de lacrymos qu’on a détalé comme des lapins », raconte un « gilet jaune » d’une cinquantaine d’années. Il sort une cartouche en caoutchouc de sa poche : « Voilà ce qu’on s’est pris, des tirs de Flash-Ball ! C’est qui les casseurs ? » Deux femmes, qui cherchent encore dans quel sens aller, opinent du chef.

    Et alors que le ciel au-dessus de la grande roue se noircit de la fumée des voitures incendiées, au point de friction entre les plus remontés et les forces de l’ordre, et que l’air sature à force de gaz lacrymogènes, certains poursuivent leurs discussions, imperturbables : « Si on lance un processus de destitution, ça peut faire avoir un effet », assure l’un, quand une autre se lamente : « Notre problème, c’est que nous ne sommes manifestement pas d’accord sur tout. Je ne vous connais pas mais j’imagine qu’on n’a pas voté pareil… Mais ce qui nous rassemble, c’est quand même que tous ici on trouve anormal de ne pas pouvoir vivre correctement avec un Smic, non ? » Un homme et sa belle-sœur, venus de l’Oise par le train de l’après-midi, laissent filtrer leur amertume et leurs idées politiques : « Il n’y a pas beaucoup de migrants avec nous ici, pourtant, avec tout l’argent qu’ils touchent ! »

    La réponse des forces de l’ordre finit par porter ses fruits et les « gilets jaunes » côté Concorde se dispersent à nouveau dans les rues adjacentes, vers 17 heures. Les gens courent dans tous les sens. Une passante demande, innocemment, rue Caumartin, qu’on lui indique où se trouve l’hôtel du Ritz, des paquets dans les mains. « Alors là, madame, pour le Ritz, ça va être compliqué… », répond le seul non-« gilet jaune » du trottoir. Sur Haussmann, que l’on avait quitté deux heures plus tôt, la situation s’est considérablement tendue. Des camions de CRS barrent le boulevard et les consignes sont donnés par mégaphone : « Dispersez-vous. Les personnes repérées en train de jeter des projectiles s’exposent à des tirs de gaz lacrymogènes. »

    Vers 16 h 30, alors que le crépuscule arrive déjà, l’ambiance devient à contrario étrangement calme place de la Bastille. Les bataillons syndicaux du cortège CGT ont disparu depuis une bonne heure. Mais des grappes de « gilets jaunes », une petite centaine peut-être, sont répartis sur toute la place, avec un attroupement prononcé au milieu du rond-point, sous la colonne de Juillet. Pas un policier en vue pendant de longues minutes, alors qu’au croisement avec le boulevard Henri IV, certains manifestants ont profité d’une rue en travaux pour monter une barricade très étendue.

    Soudainement, plusieurs cars de police arrivent et la tension monte d’un cran. À peine débarqués et sans ménagement, les policiers chassent les « gilets jaunes » de leur position sous la colonne, dans un grand nuage de lacrymos. Ils se tournent ensuite vers ceux qui tiennent la barricade. L’incompréhension est totale de la part des manifestants qui observent la scène : « Nous, on est pacifiques, et ils viennent pour nous dégager… Comme ça, ça fait des images pour BFM, voilà », glisse l’un d’eux, avant de tourner les talons, à la recherche d’un autre lieu de rassemblement.

    Et la journée n’est pas finie : plusieurs magasins, dont les Galeries Lafayette et le Printemps, ont été évacués en fin d’après-midi. Selon Le Monde, des personnes s’en sont pris en début de soirée au palais Brongniart, qui accueillait autrefois la Bourse de Paris, dans le IIe arrondissement parisien. Selon les constatations de journalistes sur place, des vitrines sont brisées et des boutiques pillées rue de Rivoli. En début de soirée, les policiers semblaient reprendre le contrôle de la place de l’Étoile, où des centaines de manifestants étaient encore présents. Les barricades montées au nord de la place de la Concorde étaient en cours de démontage. La maire de Paris a fait part de sa « profonde indignation » face aux violences dans la capitale.

    Repoussée et bloquée sur toutes les avenues menant à l’Étoile, la foule des manifestants est redescendue vers Saint-Lazare par le boulevard Haussman, où les barricades ont été nombreuses. Aux abords de la gare, les forces de l’ordre ont chargé à cheval. « Ce sont des chevaux qui n’ont peur de rien, ils sont éduqués pour », témoigne une « gilet jaune » venue avec sa fille d’une vingtaine d’années. « Les femmes descendent dans la rue, et même toutes seules, ça devrait interpeller les gens non ? Un peuple heureux ne se soulève pas. » Vers 18 h 30, des groupes de deux à trois cents personnes continuaient de renverser des voitures et d’ériger des barricades à proximité des Champs-Élysées, poursuivis par la police.

    Sous terre, c’est à peine mieux. Les agents de la RATP égrènent la longue liste des stations de métro fermées au public, sur une large partie de la rive droite. Les gens vont et viennent dans les couloirs, de plus en plus fâchés. Sur la ligne 8, un « gilet jaune » brandit un bout de carton, sur lequel il a écrit « Initiative législative citoyenne », et tente de lancer la discussion avec les passagers. Une femme décline son offre : « Non, merci, mais si vous voulez bien me dire comment rentrer chez moi, je ne suis pas contre. » »


  • Damoclès

    Le député de Macron S_Trompille insulte des #GiletsJaunes et tente visiblement d’en frapper en criant « je m’en bats les couilles » et « tu crois que je suis qui moi ?! ». 1erDecembre #StephaneTrompille

    Bonjour S_Trompille. Vous confirmez que c’est bien vous sur ces images qui vous comportez comme une racaille et qui insultez les GiletsJaunes ?

    https://www.youtube.com/watch?v=SmcMjM5NnGQ

    Source : https://twitter.com/Damocles_Fr/status/1068966177702060032

    M. Stéphane Trompille
    Député La République en Marche de l’Ain (4e circonscription) stephane.trompille@assemblee-nationale.fr

    Conseiller de clientéle de professionnels au #Crédit_Agricole
    Revenus 2017 25 344 € net + Bien sur ses émoluments de Député

    Source : http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA718682

    #Violence #en_marche #mépris_de_classe #démocratie #Twitter #guerre_aux_pauvres #alcool

    • Dans les commentaires déchainés :

      J’ai un pote qui fait ça quand il est bourré.

      Ca en devient désespérant !

      ils sont vraiment classe les députés de Lrem

      Porter ce nom « Trompille » c’est déjà assez énervant. Difficile dans ces conditions, d’échapper à la critique aisée et cependant justifiée, de vouloir à la fois Tromper et Piller le bon peuple.

      Pas d inquiétude #LREM gère la situation motus et bouche cousue

      On avait déjà eu droit à la mordeuse de chauffeur de taxi, puis à l’assomeur au casque...pas de doute, ils ont du savoir vivre, nos marcheurs...

      Vous reconnaîtrez quand même qu’il y va sans casque et sans la protection des CRS, contrairement à ce faux dur de benalla !

      #benalla'band #benalla #alexandrebenalla


  • ‘This Is About Systematically Impoverishing People’ | FAIR
    https://fair.org/home/this-is-about-systematically-impoverishing-people

    JJ: We watched it in real time, a kind of bait-and-switch, in the so-called liberal press. I remember papers like the #New_York_Times starting out saying, “Well, we’ll agree, it would be OK to cut benefits, as long as there’s a guaranteed job.” And then the job went into parentheses. And then it became, “Well, a job—or else some training.” And then it just kind of disappeared, you know, and childcare….

    FK: That’s right, with incredible credulity, or something worse.

    JJ: Exactly. Childcare went the same way, so folks may not remember that it was sold as an anti-poverty program, and now it’s being celebrated as simply being anti-welfare, and the difference between those is what’s being elided.

    FK: Yes. I almost hesitate to say this, because, of course, Donald Trump is horrible, and our contemporary politics are terrifying. But it’s worth remembering also that, you know, Bill #Clinton was a pretty good liar, too . Donald Trump is a liar, but Clinton was also a liar.

    And he said all the time, and people in his administration said all the time, or suggested at least, that there was going to be childcare available for every person who was now going to be expected to be in the waged labor market, that people weren’t just going to be thrown off the welfare rolls willy nilly. But that there would be, he kept on saying, there would be opportunity, there would be education, there would be training, there would be jobs, there would be childcare, but none of that was actually in the law.

    #réformes#etats-unis #guerre_aux_pauvres #racisme #complicité #MSM


  • Les gilets jaunes et les « leçons de l’histoire » Gérard Noiriel - 21 novembre 2018 - Le Blog de Gérard Noiriel
    https://noiriel.wordpress.com/2018/11/21/les-gilets-jaunes-et-les-lecons-de-lhistoire

    Dans une tribune publiée par le journal Le Monde (20/11/2018), le sociologue Pierre Merle écrit que « le mouvement des « gilets jaunes » rappelle les jacqueries de l’Ancien Régime et des périodes révolutionnaires ». Et il s’interroge : « Les leçons de l’histoire peuvent-elles encore être comprises ? »

    Je suis convaincu, moi aussi, qu’une mise en perspective historique de ce mouvement social peut nous aider à le comprendre. C’est la raison pour laquelle le terme de « jacquerie » (utilisé par d’autres commentateurs et notamment par Eric Zemmour, l’historien du Figaro récemment adoubé par France Culture dans l’émission d’Alain Finkielkraut qui illustre parfaitement le titre de son livre sur « la défaite de la pensée ») ne me paraît pas pertinent. Dans mon Histoire populaire de la France, j’ai montré que tous les mouvements sociaux depuis le Moyen Age avaient fait l’objet d’une lutte intense entre les dominants et les dominés à propos de la définition et de la représentation du peuple en lutte. Le mot « jacquerie » a servi à désigner les soulèvements de ces paysans que les élites surnommaient les « jacques », terme méprisant que l’on retrouve dans l’expression « faire le Jacques » (se comporter comme un paysan lourd et stupide).

    Le premier grand mouvement social qualifié de « jacquerie » a eu lieu au milieu du XIVe siècle, lorsque les paysans d’Ile de France se sont révoltés conte leurs seigneurs. La source principale qui a alimenté pendant des siècles le regard péjoratif porté sur les soulèvements paysans de cette époque, c’est le récit de Jean Froissart, l’historien des puissants de son temps, rédigé au cours des années 1360 et publié dans ses fameuses Chroniques. Voici comment Froissart présente la lutte de ces paysans : « Lors se assemblèrent et s’en allèrent, sans autre conseil et sans nulles armures, fors que de bâtons ferrés et de couteaux, en la maison d’un chevalier qui près de là demeurait. Si brisèrent la maison et tuèrent le chevalier, la dame et les enfants, petits et grands, et mirent le feu à la maison […]. Ces méchants gens assemblés sans chef et sans armures volaient et brûlaient tout, et tuaient sans pitié et sans merci, ainsi comme chiens enragés. Et avaient fait un roi entre eux qui était, si comme on disait adonc, de Clermont en Beauvoisis, et l’élurent le pire des mauvais ; et ce roi on l’appelait Jacques Bonhomme ».

    Ce mépris de classe présentant le chef des Jacques comme « le pire des mauvais » est invalidé par les archives qui montrent que les paysans en lutte se donnèrent pour principal porte-parole Guillaume Carle « bien sachant et bien parlant ». A la même époque, la grande lutte des artisans de Flandre fut emmenée par un tisserand, Pierre de Coninck décrit ainsi dans les Annales de Gand : « Petit de corps et de povre lignage, il avoit tant de paroles et il savoit si bien parler que c’estoit une fine merveille. Et pour cela, les tisserands, les foulons et les tondeurs le croyoient et aimoient tant qu’il ne sût chose dire ou commander qu’ils ne fissent ».

    On a là une constante dans l’histoire des mouvements populaires. Pour échapper à la stigmatisation de leur lutte, les révoltés choisissent toujours des leaders « respectables » et capables de dire tout haut ce que le peuple pense tout bas. D’autres exemples, plus tardifs, confirment l’importance du langage dans l’interprétation des luttes populaires. Par exemple, le soulèvement qui agita tout le Périgord au début du XVIIe siècle fut désigné par les élites comme le soulèvement des « croquants » ; terme que récusèrent les paysans et les artisans en se présentant eux mêmes comme les gens du « commun », Ce fut l’un des points de départ des usages populaires du terme « commune » qui fut repris en 1870-71, à Paris, par les « Communards ».

    Les commentateurs qui ont utilisé le mot « jacquerie » pour parler du mouvement des « gilets jaunes » ont voulu mettre l’accent sur un fait incontestable : le caractère spontané et inorganisé de ce conflit social. Même si ce mot est inapproprié, il est vrai qu’il existe malgré tout des points communs entre toutes les grandes révoltes populaires qui se sont succédé au cours du temps. En me fiant aux multiples reportages diffusés par les médias sur les gilets jaunes, j’ai noté plusieurs éléments qui illustrent cette permanence.

    Le principal concerne l’objet initial des revendications : le refus des nouvelles taxes sur le carburant. Les luttes antifiscales ont joué un rôle extrêmement important dans l’histoire populaire de la France. Je pense même que le peuple français s’est construit grâce à l’impôt et contre lui. Le fait que le mouvement des gilets jaunes ait été motivé par le refus de nouvelles taxes sur le carburant n’a donc rien de surprenant. Ce type de luttes antifiscales a toujours atteint son paroxysme quand le peuple a eu le sentiment qu’il devait payer sans rien obtenir en échange. Sous l’Ancien Régime, le refus de la dîme fut fréquemment lié au discrédit touchant les curés qui ne remplissaient plus leur mission religieuse, et c’est souvent lorsque les seigneurs n’assuraient plus la protection des paysans que ceux-ci refusèrent de payer de nouvelles charges. Ce n’est donc pas un hasard si le mouvement des gilets jaunes a été particulièrement suivi dans les régions où le retrait des services publics est le plus manifeste. Le sentiment, largement partagé, que l’impôt sert à enrichir la petite caste des ultra-riches, alimente un profond sentiment d’injustice dans les classes populaires.

    Ces facteurs économiques constituent donc bien l’une des causes essentielles du mouvement. Néanmoins, il faut éviter de réduire les aspirations du peuple à des revendications uniquement matérielles. L’une des inégalités les plus massives qui pénalisent les classes populaires concerne leur rapport au langage public. Les élites passent leur temps à interpréter dans leur propre langue ce que disent les dominés, en faisant comme s’il s’agissait toujours d’une formulation directe et transparente de leur expérience vécue. Mais la réalité est plus complexe. J’ai montré dans mon livre, en m’appuyant sur des analyses de Pierre Bourdieu, que la Réforme protestante avait fourni aux classes populaires un nouveau langage religieux pour nommer des souffrances qui étaient multiformes. Les paysans et les artisans du XVIe siècle disaient : « J’ai mal à la foi au lieu de dire j’ai mal partout ». Aujourd’hui, les gilets jaunes crient « j’ai mal à la taxe au lieu de dire j’ai mal partout ». Il ne s’agit pas, évidemment, de nier le fait que les questions économiques sont absolument essentielles car elles jouent un rôle déterminant dans la vie quotidienne des classes dominées. Néanmoins, il suffit d’écouter les témoignages des gilets jaunes pour constater la fréquence des propos exprimant un malaise général. Dans l’un des reportages diffusés par BFM-TV, le 17 novembre, le journaliste voulait absolument faire dire à la personne interrogée qu’elle se battait contre les taxes, mais cette militante répétait sans cesse : « on en a ras le cul » , « ras le cul », « ras le bol généralisé ».

    « Avoir mal partout » signifie aussi souffrir dans sa dignité. C’est pourquoi la dénonciation du mépris des puissants revient presque toujours dans les grandes luttes populaires et celle des gilets jaunes n’a fait que confirmer la règle. On a entendu un grand nombre de propos exprimant un sentiment d’humiliation, lequel nourrit le fort ressentiment populaire à l’égard d’Emmanuel Macron. « Pour lui, on n’est que de la merde ». Le président de la République voit ainsi revenir en boomerang l’ethnocentrisme de classe que j’ai analysé dans mon livre.

    Néanmoins, ces similitudes entre des luttes sociales de différentes époques masquent de profondes différences. Je vais m’y arrêter un moment car elles permettent de comprendre ce qui fait la spécificité du mouvement des gilets jaunes. La première différence avec les « jacqueries » médiévales tient au fait que la grande majorité des individus qui ont participé aux blocages de samedi dernier ne font pas partie des milieux les plus défavorisés de la société. Ils sont issus des milieux modestes et de la petite classe moyenne qui possèdent au moins une voiture. Alors que « la grande jacquerie » de 1358 fut un sursaut désespéré des gueux sur le point de mourir de faim, dans un contexte marqué par la guerre de Cent Ans et la peste noire.

    La deuxième différence, et c’est à mes yeux la plus importante, concerne la coordination de l’action. Comment des individus parviennent-ils à se lier entre eux pour participer à une lutte collective ? Voilà une question triviale, sans doute trop banale pour que les commentateurs la prennent au sérieux. Et pourtant elle est fondamentale. A ma connaissance, personne n’a insisté sur ce qui fait réellement la nouveauté des gilets jaunes : à savoir la dimension d’emblée nationale d’un mouvement spontané. Il s’agit en effet d’une protestation qui s’est développée simultanément sur tout le territoire français (y compris les DOM-TOM), mais avec des effectifs localement très faibles. Au total, la journée d’action a réuni moins de 300 000 personnes, ce qui est un score modeste comparé aux grandes manifestations populaires. Mais ce total est la somme des milliers d’actions groupusculaires réparties sur tout le territoire.

    Cette caractéristique du mouvement est étroitement liée aux moyens utilisés pour coordonner l’action des acteurs de la lutte. Ce ne sont pas les organisations politiques et syndicales qui l’ont assurée par leurs moyens propres, mais les « réseaux sociaux ». Les nouvelles technologies permettent ainsi de renouer avec des formes anciennes « d’action directe », mais sur une échelle beaucoup plus vaste, car elles relient des individus qui ne se connaissent pas. Facebook, twitter et les smartphones diffusent des messages immédiats (SMS) en remplaçant ainsi la correspondance écrite, notamment les tracts et la presse militante qui étaient jusqu’ici les principaux moyens dont disposaient les organisations pour coordonner l’action collective ; l’instantanéité des échanges restituant en partie la spontanéité des interactions en face à face d’autrefois.

    Toutefois les réseau sociaux, à eux seuls, n’auraient jamais pu donner une telle ampleur au mouvement des gilets jaunes. Les journalistes mettent constamment en avant ces « réseaux sociaux » pour masquer le rôle qu’ils jouent eux-mêmes dans la construction de l’action publique. Plus précisément, c’est la complémentarité entre les réseaux sociaux et les chaînes d’information continue qui ont donné à ce mouvement sa dimension d’emblée nationale. Sa popularisation résulte en grande partie de l’intense « propagande » orchestrée par les grands médias dans les jours précédents. Parti de la base, diffusé d’abord au sein de petits réseaux via facebook, l’événement a été immédiatement pris en charge par les grands médias qui ont annoncé son importance avant même qu’il ne se produise. La journée d’action du 17 novembre a été suivie par les chaînes d’information continue dès son commencement, minute par minute, « en direct » (terme qui est devenu désormais un équivalent de communication à distance d’événements en train de se produire). Les journalistes qui incarnent aujourd’hui au plus haut point le populisme (au sens vrai du terme) comme Eric Brunet qui sévit à la fois sur BFM-TV et sur RMC, n’ont pas hésité à endosser publiquement un gilet jaune, se transformant ainsi en porte-parole auto-désigné du peuple en lutte. Voilà pourquoi la chaîne a présenté ce conflit social comme un « mouvement inédit de la majorité silencieuse ».

    Une étude qui comparerait la façon dont les médias ont traité la lutte des cheminots au printemps dernier et celle des gilets jaunes serait très instructive. Aucune des journées d’action des cheminots n’a été suivie de façon continue et les téléspectateurs ont été abreuvés de témoignages d’usagers en colère contre les grévistes, alors qu’on a très peu entendu les automobilistes en colère contre les bloqueurs.

    Je suis convaincu que le traitement médiatique du mouvement des gilets jaunes illustre l’une des facettes de la nouvelle forme de démocratie dans laquelle nous sommes entrés et que Bernard Manin appelle la « démocratie du public » (cf son livre Principe du gouvernement représentatif, 1995). De même que les électeurs se prononcent en fonction de l’offre politique du moment – et de moins en moins par fidélité à un parti politique – de même les mouvements sociaux éclatent aujourd’hui en fonction d’une conjoncture et d’une actualité précises. Avec le recul du temps, on s’apercevra peut-être que l’ère des partis et des syndicats a correspondu à une période limitée de notre histoire, l’époque où les liens à distance étaient matérialisés par la communication écrite. Avant la Révolution française, un nombre incroyable de révoltes populaires ont éclaté dans le royaume de France, mais elles étaient toujours localisées, car le mode de liaison qui permettait de coordonner l’action des individus en lutte reposait sur des liens directs : la parole, l’interconnaissance, etc. L’Etat royal parvenait toujours à réprimer ces soulèvements parce qu’il contrôlait les moyens d’action à distance. La communication écrite, monopolisée par les « agents du roi », permettait de déplacer les troupes d’un endroit à l’autre pour massacrer les émeutiers.

    Dans cette perspective, la Révolution française peut être vue comme un moment tout à fait particulier, car l’ancienne tradition des révoltes locales a pu alors se combiner avec la nouvelle pratique de contestation véhiculée et coordonnée par l’écriture (cf les cahiers de doléances).

    L’intégration des classes populaires au sein de l’Etat républicain et la naissance du mouvement ouvrier industriel ont raréfié les révoltes locales et violentes, bien qu’elles n’aient jamais complètement disparu (cf le soulèvement du « Midi rouge » en 1907). La politisation des résistances populaires a permis un encadrement, une discipline, une éducation des militants, mais la contrepartie a été la délégation de pouvoir au profit des leaders des partis et des syndicats. Les mouvements sociaux qui se sont succédé entre les années 1880 et les années 1980 ont abandonné l’espoir d’une prise du pouvoir par la force, mais ils sont souvent parvenus à faire céder les dominants grâce à des grèves avec occupations d’usine, et grâce à de grandes manifestations culminant lors des « marches sur Paris » (« de la Bastille à la Nation »).

    L’une des questions que personne n’a encore posée à propos des gilets jaunes est celle-ci : pourquoi des chaînes privées dont le capital appartient à une poignée de milliardaires sont-elles amenées aujourd’hui à encourager ce genre de mouvement populaire ? La comparaison avec les siècles précédents aboutit à une conclusion évidente. Nous vivons dans un monde beaucoup plus pacifique qu’autrefois. Même si la journée des gilets jaunes a fait des victimes, celles-ci n’ont pas été fusillées par les forces de l’ordre. C’est le résultat des accidents causés par les conflits qui ont opposé le peuple bloqueur et le peuple bloqué.

    Cette pacification des relations de pouvoir permet aux médias dominants d’utiliser sans risque le registre de la violence pour mobiliser les émotions de leur public car la raison principale de leur soutien au mouvement n’est pas politique mais économique : générer de l’audience en montrant un spectacle. Dès le début de la matinée, BFM-TV a signalé des « incidents », puis a martelé en boucle le drame de cette femme écrasée par une automobiliste refusant d’être bloqué. Avantage subsidiaire pour ces chaînes auxquelles on reproche souvent leur obsession pour les faits divers, les crimes, les affaires de mœurs : en soutenant le mouvement des gilets jaunes, elles ont voulu montrer qu’elles ne négligeaient nullement les questions « sociales ».

    Au-delà de ces enjeux économiques, la classe dominante a évidemment intérêt à privilégier un mouvement présenté comme hostile aux syndicats et aux partis. Ce rejet existe en effet chez les gilets jaunes. Même si ce n’est sans doute pas voulu, le choix de la couleur jaune pour symboliser le mouvement (à la place du rouge) et de la Marseillaise (à la place de l’Internationale) rappelle malheureusement la tradition des « jaunes », terme qui a désigné pendant longtemps les syndicats à la solde du patronat. Toutefois, on peut aussi inscrire ce refus de la « récupération » politique dans le prolongement des combats que les classes populaires ont menés, depuis la Révolution française, pour défendre une conception de la citoyenneté fondée sur l’action directe. Les gilets jaunes qui bloquent les routes en refusant toute forme de récupération des partis politiques assument aussi confusément la tradition des Sans-culottes en 1792-93, des citoyens-combattants de février 1848, des Communards de 1870-71 et des anarcho-syndicalistes de la Belle Epoque.

    C’est toujours la mise en œuvre de cette citoyenneté populaire qui a permis l’irruption dans l’espace public de porte-parole qui était socialement destinés à rester dans l’ombre. Le mouvement des gilets jaunes a fait émerger un grand nombre de porte-parole de ce type. Ce qui frappe, c’est la diversité de leur profil et notamment le grand nombre de femmes, alors qu’auparavant la fonction de porte-parole était le plus souvent réservée aux hommes. La facilité avec laquelle ces leaders populaires s’expriment aujourd’hui devant les caméras est une conséquence d’une double démocratisation : l’élévation du niveau scolaire et la pénétration des techniques de communication audio-visuelle dans toutes les couches de la société. Cette compétence est complètement niée par les élites aujourd’hui ; ce qui renforce le sentiment de « mépris » au sein du peuple. Alors que les ouvriers représentent encore 20% de la population active, aucun d’entre eux n’est présent aujourd’hui à la Chambre des députés. Il faut avoir en tête cette discrimination massive pour comprendre l’ampleur du rejet populaire de la politique politicienne.

    Mais ce genre d’analyse n’effleure même pas « les professionnels de la parole publique » que sont les journalistes des chaînes d’information continue. En diffusant en boucle les propos des manifestants affirmant leur refus d’être « récupérés » par les syndicats et les partis, ils poursuivent leur propre combat pour écarter les corps intermédiaires et pour s’installer eux-mêmes comme les porte-parole légitimes des mouvements populaires. En ce sens, ils cautionnent la politique libérale d’Emmanuel Macron qui vise elle aussi à discréditer les structures collectives que se sont données les classes populaires au cours du temps.

    Etant donné le rôle crucial que jouent désormais les grands médias dans la popularisation d’un conflit social, ceux qui les dirigent savent bien qu’ils pourront siffler la fin de la récréation dès qu’ils le jugeront nécessaire, c’est-à-dire dès que l’audimat exigera qu’ils changent de cheval pour rester à la pointe de « l’actualité ». Un tel mouvement est en effet voué à l’échec car ceux qui l’animent sont privés de toute tradition de lutte autonome, de toute expérience militante. S’il monte en puissance, il se heurtera de plus en plus à l’opposition du peuple qui ne veut pas être bloqué et ces conflits seront présentés en boucle sur tous les écrans, ce qui permettra au gouvernement de réprimer les abus avec le soutien de « l’opinion ». L’absence d’un encadrement politique capable de définir une stratégie collective et de nommer le mécontentement populaire dans le langage de la lutte des classes est un autre signe de faiblesse car cela laisse la porte ouverte à toutes les dérives. N’en déplaise aux historiens (ou aux sociologues) qui idéalisent la « culture populaire », le peuple est toujours traversé par des tendances contradictoires et des jeux internes de domination. Au cours de cette journée des gilets jaunes, on a entendu des propos xénophobes, racistes, sexistes et homophobes. Certes, ils étaient très minoritaires, mais il suffit que les médias s’en emparent (comme ils l’ont fait dès le lendemain) pour que tout le mouvement soit discrédité.

    L’histoire montre pourtant qu’une lutte populaire n’est jamais complètement vaine, même quand elles est réprimée. Le mouvement des gilets jaunes place les syndicats et les partis de gauche face à leurs responsabilités. Comment s’adapter à la réalité nouvelle que constitue la « démocratie du public » pour faire en sorte que ce type de conflit social – dont on peut prévoir qu’il se reproduira fréquemment – soit intégré dans un combat plus vaste contre les inégalités et l’exploitation ? Telle est l’une des grandes questions à laquelle il faudra qu’ils répondent.

    #Vocabulaire #Jacques #Jacquerie #Croquants #Communards #Sans-culottes #dîme #taxes #justice #ethnocentrisme_de_classe #réseaux_sociaux #majorité_silencieuse #BFM #opinion #lutte_populaire #GiletsJaunes #guerre_aux_pauvres


  • New Bill Would Make Cash-Free Businesses Illegal
    http://www.grubstreet.com/2018/11/new-bill-would-make-cash-free-businesses-restaurants-illegal.html

    Tomorrow, New York city councilmember Ritchie J. Torres will formally introduce legislation that could ban so-called cashless businesses from operating in New York City. Like lawmakers in Philadelphia, Washington, D.C., and New Jersey, Torres, who represents the 15th Council District in the central Bronx, believes that cash-free establishments are discriminatory by design. If his bill is passed, any business that refuses to accept #cash will face fines — a move that would impact the many cash-free restaurants, coffee shops, and cafés that have recently emerged across New York City. On the eve of announcing his bill, Grub Street talked to him about the racism and classism that he believes are at the heart of the so called “cashless revolution.”

    #guerre_aux_pauvres


  • Le Média

    #GILETSJAUNES : AU COEUR D’UNE JOURNÉE D’AFFRONTEMENT AVEC LE POUVOIR « Je me suis fait taper par la police, chasser des Champs-Elysées, c’est violent. Monsieur Macron est un enfoiré, et ça va pas durer, il faut pas prendre les gens pour des CONS ! » Par SergeFaubert

    https://www.youtube.com/watch?v=lg_wg7y32o4

    GILETS JAUNES : AU COEUR D’UNE JOURNÉE D’AFFRONTEMENT AVEC LE POUVOIR
    « On relève les premiers blessés. Et la colère monte chez les manifestants les plus pacifiques. » Un reportage de Serge Faubert, le 24 novembre sur les Champs Élysées.

    Source : https://twitter.com/LeMediaTV/status/1067153717902880768

     #guerre_aux_pauvres #violence #police #emmanuel_macron #Gilets_Jaunes


  • Cannabis : l’Assemblée adopte la création d’une amende forfaitaire
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/11/24/cannabis-l-assemblee-adopte-la-creation-d-une-amende-forfaitaire_5387883_165

    L’amende forfaitaire, qui était initialement de 300 euros, a été revue à la baisse en commission à 200 euros pour ne pas se heurter à l’insolvabilité des usagers. Plusieurs associations, certains magistrats et policiers ont prédit « l’échec annoncé » d’une énième mesure répressive. Outre l’usage illicite de stupéfiants, l’article étend le champ d’application de l’amende forfaitaire à d’autres délits, dont la vente et l’offre d’alcool à un mineur et le transport routier en violation des limites horaires.

    Les députés ont ajouté en commission le délit de vente à la sauvette, la ministre s’engageant aussi en séance à créer « par voie réglementaire » une contravention pour sanctionner l’achat de tabac vendu à la sauvette, en réponse à une demande d’élus LRM. A l’initiative également de « marcheurs », les députés ont encore ajouté le délit d’occupation de halls d’immeubles à l’amende forfaitaire.

    #guerre_aux_pauvres


  • Le Brésil perd 8300 médecins cubains pour des raisons purement politiques Céline Tzaud/afp/oang - 23 Novembre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10017945-le-bresil-perd-8300-medecins-cubains-pour-des-raisons-purement-politiqu

    Les premiers des quelque 8300 médecins cubains exerçant au Brésil sont arrivés vendredi à La Havane. Leur départ, qui risque de provoquer des déserts médicaux, fait suite aux menaces du président brésilien élu Jair Bolsonaro.


    Les milliers de praticiens cubains concernés avaient été envoyés au Brésil depuis 2013 dans le cadre du programme « Mais Médicos » (Plus de médecins) initié par l’ancienne présidente de gauche Dilma Roussef pour remédier à la pénurie de médecins.

    Les premiers d’entre eux - partis jeudi du Brésil - ont été reçus avec les honneurs vendredi à La Havane. En blouses blanches et portant des drapeaux cubains et brésiliens, ils ont été accueillis à leur descente d’avion par le président Miguel Diaz-Canel.

    Hostilités déclenchées par le président élu brésilien
    Leur rapatriement, qui doit être achevé d’ici le 12 décembre, a été décidé par les autorités cubaines en réaction à des propos tenus par le président brésilien élu Jair Bolsonaro.

    Ce dernier avait prévenu qu’il allait conditionner la poursuite de ce programme à la mise en place d’un examen de compétences pour ces médecins et au versement de leur salaire intégral.

    L’accord conclu à l’époque prévoit en effet le versement, par le Brésil, d’un salaire mensuel de plusieurs milliers de francs à Cuba pour chaque médecin. Mais La Havane ne reverse que moins d’un tiers de ce montant aux praticiens. Farouche anticommuniste, Jair Bolsonaro a laissé entendre que ce système finançait la « dictature socialiste » cubaine.
    . . . . .
    Le programme continue toutefois dans une soixantaine de pays, principalement au Venezuela qui vient de renforcer sa collaboration.
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    Les Noirs et les indigènes particulièrement touchés
    L’Affaire fait la Une des médias au Brésil, où de nombreuses régions périphériques défavorisées ou des zones rurales risquent de se transformer en déserts médicaux.

    Dans des Etats comme Bahia, on parle d’une perte de la moitié des médecins dans certaines villes.

    L’association nationale des maires du Brésil (FNP) a tiré la sonnette d’alarme, rappelant dans un communiqué que près de 80% des municipalités du pays « dépendent exclusivement du programme pour les soins médicaux et que 90% de la population indigène est traitée par des professionnels cubains ».

    De nombreuses populations risquent donc de n’avoir plus accès à des services médicaux. "Bolsonaro a provoqué cet acte raciste car ce sont principalement les Noirs qui en pâtiront, a dénoncé pour sa part l’ancienne superviseuse du programme Mais Médicos à Rio.

    #jair_bolsonaro #Brésil #Santé #Cuba #guerre_aux_pauvres


  • Duc de Saint-Frippon

    Le baron de Dard-Malin ajouta que rien n’était plus facile pour un gueux de bénéficier des largesses royales pour les handicapés. Il suffisait de se couper un bras !

    Le gouvernementFR fait le choix de donner plus à ceux qui ont moins ! Le minimum vieillesse est augmenté de 35€ en 2019, les augmentations se poursuivront pour atteindre au total +100 euros à partir d’avril 2020. L’AAH atteindra 900€ par mois fin 2019

    Source : https://twitter.com/MFrippon/status/1065581178646867973

    #twitter #gérald_darmanin  #guerre_aux_pauvres #gouvernement_macron #tourcoing #enMarche


  • Bruxelles: le collectif “Design for everyone” adapte le mobilier urbain “anti-SDF” Guillaume Guilbert - 13 Novembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_bruxelles-le-collectif-design-for-everyone-adapte-le-mobilier-urbain-ant

    Des bancs publics équipés d’arceaux métalliques, des bancs avec des assises individuelles, des picots sur les appuis de fenêtre ou encore des places où il n’y a plus aucun banc public. Les membres du collectif « Design for everyone » dénoncent l’aspect excluant de certains éléments de mobilier urbain. D’après eux, certains choix en la matière traduisent une certaine vision de la société. Ils traquent donc ce type d’aménagements. Une équipe de Vews les a suivis lors d’une de leurs interventions.

    « On ne sait pas si c’est uniquement les politiques ou si c’est un choix des designers qui n’ont pas réfléchi plus loin, mais cela a clairement un impact sur le vivre-ensemble, sur la manière dont les gens peuvent se rencontrer, et sur la vision de la société qui doit être propre, nette et sécure, et surtout pas trop déranger », explique Charlotte.

    Avec Laurent, son compagnon, elle a fondé le collectif « Design for everyone ». « Tout est né il y a un an et demi, raconte-t-elle. A la fin du dispositif d’hiver pour les sans-abris, avec un autre collectif, on a décidé d’enlever des grilles à la gare du Midi. En-dessous du pont de la gare, une série de grilles ont été installées car de nombreux sans-abris dormaient à cet endroit. Lors de la visite d’Angela Merkel, les sans-abris ont été priés de partir et des grilles ont été placées. On s’est donc dit qu’il fallait les enlever car selon nous, elles ne sont pas une solution ».

    Pour la petite histoire, les grilles ont finalement été réinstallées, ce qui a donné lieu à un petit « jeu » entre le collectif et la Stib. Depuis, le collectif repère des aménagements urbains qui selon eux posent problème et intervient ensuite. Charlotte et Laurent nous ont reçus dans leur atelier le jour d’une intervention. C’est sur un banc à la station de métro Gare de l’ouest qu’ils ont décidé d’intervenir. 

    « On a repéré il y a quelques semaines un banc qui nous posait question de par son design, explique Laurent. Son design fait en sorte qu’il n’y a pas d’assise plane. Ils ont ajouté des arceaux en métal, c’est très design mais ça ne sert à rien, à part empêcher sans doute que quelqu’un puisse se coucher dessus. Nous, on veut que les gens se saisissent de la question donc on a construit une structure qui va s’adapter. On va la glisser sans abîmer le banc pour lui redonner cette assise plane ». 

    C’est donc parti pour l’intervention du jour. Nous les suivons discrètement à la station de métro Gare de l’ouest, à Molenbeek. L’action n’étant pas du tout officielle, il ne faut pas perdre de temps, au risque d’alerter la sécurité. Très rapidement, Charlotte et Laurent posent leur structure en bois sur le banc en question. Ils la fixent avec des colsons, afin de ne pas endommager le banc. 

    Provoquer le questionnement 
    Intrigués, certains passants observent la scène. Comme une signature, Charlotte et Laurent laissent un petit mot expliquant leur démarche, avant d’immortaliser leur action réussie pour partager l’info sur les réseaux sociaux. Car l’objectif, c’est bien de faire se questionner les gens sur l’aménagement du mobilier urbain et son impact sur la vie de quartier. « On a posé la structure, le reste ne nous appartient plus, explique Charlotte après l’intervention. Après, c’est aux gens à regarder, à s’imprégner du questionnement et se demander pourquoi cette structure est là ». 

    « Avec cette action, on ne veut pas fustiger les bancs de la Stib, enchaîne Laurent. Il y a aussi la multiplication des assises individuelles, des absences d’aménagement, l’absence de bancs est parfois tout aussi révélatrice que la présence d’arceaux sur les bancs. C’est un peu tout ça qu’on interroge : ces aménagements qui empêchent différents usages de l’espace public. On a l’impression que c’est fait à l’insu de la population et pourtant cela a un impact sur la cohésion sociale dans les quartiers, sur le fait que certaines personnes fréquentent tel ou tel endroit. Nous pensons que l’on doit se saisir de cette question ».

    Du mobilier urbain pour éloigner certaines populations comme les SDF ? La Strada, observatoire du secteur bruxellois de l’aide aux sans-abris, dit recevoir de plus en plus de plaintes concernant ce type de mobilier. Des plaintes émanant des professionnels de l’aide aux sans-abris plutôt que de ceux qui vivent vraiment dans la rue.

    Même constat du côté de Murat Karacaoglu, directeur de l’ASBL Pierre d’angle, centre d’accueil de jour et de nuit pour les sans-abris. « Cela peut être inquiétant si on généralise ce genre de système par rapport uniquement aux personnes sans-abris, admet-il. Je pense que l’action de ces citoyens qui s’engagent à remeubler l’espace public, c’est d’une importance capitale. Cela doit nous interroger sur la place des personnes en situation de précarité. En tant qu’acteurs du secteur, cela doit aussi nous interroger sur la réponse à apporter par rapport à ces éléments ». 

      #sdf #anti-sdf   #pauvreté   #sans-abris #sans-abri    #guerre_aux_pauvres    #espace_public #urbanisme    #mobilier_urbain    #prévention_situationnelle #designers #STIB #Molenbeek #cohésion_sociale #précarité #Bruxelles


  • L’assistante sociale dont les signalements ne mènent à rien
    https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-epoque/20181107.OBS5034/l-assistante-sociale-dont-les-signalements-ne-menent-a-rien.html

    ""Les #pauvres, tout le monde s’en fout. Contrairement à ce qui se passe dans les hôpitaux, ils ne menacent pas notre système de santé.""

    Elle dit que si les travailleurs sociaux sont sacrifiés, c’est que leur travail touche à l’essence même de ce qui terrifie la plupart des gens de la classe moyenne : la dégringolade brutale, la mise au ban sociale, le déclassement.

    #guerre_aux_pauvres #surnuméraires


  • Lille : ils manifestent en peignoir contre la fermeture des derniers bains-douches de la région M.D. avec Maxime Lictevout et Bruno Espalieu - 10 Novembre 2018 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/video-lille-ils-manifestent-peignoir-contre-fermeture-d

    La mairie de Lille veut fermer les derniers #bains-douches toujours ouverts au nord de Paris. L’an dernier encore, ils ont enregistré 12 000 entrées.

    Un député et des militants en peignoir... Une action symbolique mais surtout insolite menée par une vingtaine de personnes : des politiques et des associatifs, devant les bains-douches de Lille. L’objectif : s’opposer à la fermeture du dernier établissement de la région. 

    https://www.youtube.com/watch?v=r6wNsrXZeBU

    « Il permet à certaines personnes qui sont dans la misère, la précarité ou qui n’ont pas les moyens de prendre une douche chez eux, de venir se laver ici, assure Ugo Bernalicis, député LFI du Nord. Et je sais que la mairie propose que ça se fasse dans quelques salles de sport ou piscines mais c’est quand même pas la même chose, notamment en termes de dignité, de le faire dans un lieu dédié à cela. »

    Ces bains-douches sont les derniers à exister au nord de Paris. Tout le monde peut s’y laver, du mercredi au dimanche. Pour les plus précaires, l’entrée est gratuite et pour les autres, elle n’excède pas 2,50 euros.

    Arrivé d’Algérie en 2004, Saïd les a utilisé pendant trois ans pour sa seule douche de la semaine. « Il faudrait arrêter de détruire les biens sociaux des pauvres gens parce que c’est ce que nous sommes. Il faut défendre ce bâtiment pour que les gens puissent se laver quelque part », assure-t-il.

    Pour la mairie de Lille, pas le choix : le bâtiment, vieux de 65 ans, est vétuste. Il doit fermer, mais la ville promet des alternatives aux usagers.

    On va trouver des solutions pour chacun qui reposeront sur le fait de se rendre dans des associations qu’on accompagne. On va aussi ouvrir des bâtiments où les gens en lien avec des associations pourront se rendre pour bénéficier de bains", propose Jacques Richir, adjoint au cadre de vie à la mairie de Lille.

    L’établissement fermera en 2019 assure la mairie, sans plus de précision sur la date. L’année dernière, les bains ont enregistré 12 000 entrées.

    #Lille #aubry #ps #en_marche #précarité #hygiène #guerre_aux_pauvres #france


  • Invité à retrouver un job après... son décès
    http://www.lessentiel.lu/fr/news/grande_region/story/invite-a-retrouver-un-job-apres-son-deces-25007827

    LIBRAMONT - Déjà touchée par le décès de leur fils de 19 ans, une famille originaire de la province de Luxembourg a souffert du manque d’humanité d’une administration.

    Les faits ont eu lieu à une vingtaine de kilomètres de la frontière luxembourgeoise, dans le petit village de Tillet, situé dans la commune belge de Sainte-Ode, en province de Luxembourg. Selon la DH http://www.dhnet.be/regions/luxembourg/des-parents-sous-le-choc-apres-une-bourde-du-forem-un-courrier-envoye-a-notre- qui rapporte cette histoire dans son édition de ce jeudi, des parents qui venaient de perdre leurs fils, victime d’un cancer, ont reçu une lettre officielle de l’Office wallon de la formation professionnelle et de l’emploi (Forem), invitant leur garçon de 19 ans à rechercher un emploi.


    Dans ce courrier daté du 30 octobre 2018, il est bel et bien stipulé que le jeune homme a été radié de son inscription de demandeur d’emploi en raison de son décès... Deux lignes plus bas, le Forem l’invite toutefois à se réinscrire dès qu’il est à nouveau disponible, pour entrer dans un parcours de recherche d’emploi. « Cette administration a manqué d’humanité et personne ne s’est excusé au téléphone quand on les a contactés », regrette le père, qui a rendu publique cette affaire pour qu’une telle situation ne se reproduise plus.

    #ultra_violence #violence #chômage #intelligence_artificielle #guerre_aux_pauvres


  • ryanair licencie six employés photographiés en train de dormir par terre Belga - 7 Novembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_ryanair-licencie-six-employes-photographies-en-train-de-dormir-au-sol?id

    La compagnie aérienne Ryanair a licencié six membres de son personnel pour une photographie les montrant en train de dormir sur le sol de la chambre d’équipage d’un aéroport à Malaga. Pour la société irlandaise, il s’agit d’une mise en scène destinée à étayer une plainte non fondée.

    Les six membres d’équipage qui étaient basés à Porto au nord du Portugal, ont été remerciés ce lundi pour « rupture de contrat à la suite d’un écart de conduite grossier », a fait savoir Ryanair mercredi dans un communiqué.

    La compagnie a ajouté que le groupe avait mis en scène « une fausse photo pour appuyer la plainte erronée qu’ils étaient contraints de dormir sur le sol de la salle d’équipage de Malaga ».

    Leur action a terni leur réputation d’employé et a causé une « rupture de confiance définitive » avec la compagnie à bas coûts.


    La compagnie a ajouté que le groupe avait mis en scène « une fausse photo pour appuyer la plainte erronée qu’ils étaient contraints de dormir sur le sol de la salle d’équipage de Malaga ». - © TWITTER

    Un geste de protestation contre les conditions du personnel selon un syndicat
    Après la publication de la photo sur les réseaux sociaux le mois dernier, Ryanair avait diffusé un enregistrement de la caméra de sécurité de la pièce, qui montrait les membres d’équipage assis sur des chaises avant que quelques-uns n’aillent se coucher pour prendre la pose.

    Le syndicat portugais SNPVAC, qui défend les membres licenciés, avait indiqué que la photo constituait un geste de protestation contre les conditions que le personnel de cabine endurait après être retenu en Espagne en raison des conditions météorologiques.

    Aucune chambre d’hôtel n’a été mise à disposition du personnel, qui a été laissé sans l’équipement minimum légal pour un logement décent, sans aucun accès adéquat à de la nourriture et avec une possibilité de s’asseoir pour un tiers d’entre eux seulement, a argumenté le syndicat. Il a insisté pour dire que la position de Ryanair dénonçant une mise en scène relevait elle-même de la « fake news ».

    #ryanair #guerre_aux_pauvres #esclavage


  • « Le 11 novembre, la Grande Guerre, la victoire de la France et la défaite des Français » Bruno Adrie - 6 Novembre 2018 - Librairie Tropiques
    http://www.librairie-tropiques.fr/2018/11/la-defaite-des-francais.html

    On peut comprendre que des esprits patriotes se sentent aujourd’hui blessés par la décision prise par un certain président français de ne pas offusquer l’Allemagne lors des célébrations du 11 novembre. On comprend aisément que cette décision soit une preuve de plus de la soumission des élites françaises aux élites allemandes.

    Mais, il me semble que cantonner le problème à ce niveau n’a pas se sens et ne rend pas compte de ce que fut la « Grande Guerre ».

    Car, indépendamment des marques de soumission de l’élite française et de ses commis-voyageurs politiques aujourd’hui, la victoire française de 1918 n’a jamais été une victoire du peuple français mais sa défaite. Les dynasties bourgeoises qui en 1914 avaient le pouvoir notamment via leur laquais Poincaré ont voulu la guerre et tout fait pour l’obtenir. Cette guerre n’a été que le conflit entre deux bourgeoisies industrielles impérialistes se combattant pour le partage du monde. Le patriotisme n’a rien eu à voir là-dedans. Il n’a été, comme souvent dans la bouche des politiciens de droite que le prétexte à faire passer un bain de sang pour un acte de justice.

    Et on les a vus, les profiteurs de guerre soutenus par l’État, devenir les profiteurs de paix en se faisant attribuer à bas prix les biens allemands mis sous séquestre en Alsace et en Lorraine. On les a vus refuser de payer l’impôt (comme toujours) obligeant l’État a exiger d’improbables réparations jamais acceptées outre Rhin ni outre Atlantique compte tenu des investissement US en Allemagne qui ne devaient pas rapporter à la France. Non, décidément, que la France ait choisi, aujourd’hui comme en 40 (et même avant), de se soumettre à l’Allemagne ne fait pas de doute, mais les trémolos droitistes et militaristes ne prennent pas et ne servent pas la vérité.

    La « Grande Guerre » ne fut « grande » que par l’injuste et trop grand sacrifice de millions d’innocents tournés « en saucisson de bataille » par des profiteurs qui n’ont pas hésité à leur voler la paix après leur avoir volé la peau et les os.

    « Nous avons donné tout sans exiger de reçu » a écrit Georges Bernanos dans Les enfants humiliés. Il est grand temps de relire toute la série des Écrits de combats de ce grand mystique attelé comme une bourrique fiévreuse et têtue au lourd chariot de la Vérité.

    https://www.youtube.com/watch?v=ZFxvRTyeZMg

    #histoire, #politique #premiere_guerre_mondiale #commemorations #guerre_aux_pauvres #France #profiteurs #défaites #Georges_Bernanos #france #guerre #armée #armée_française


  • « Comment fait-on quand on n’a pas d’ordinateur ? » : reportage avec les oubliés de la « start-up nation »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/10/31/illectronisme-les-oublies-de-la-start-up-nation_5376860_3224.html

    Sur la table de sa salle à manger, Annie, 71 ans, a étalé tous les courriers qu’elle range habituellement précautionneusement dans des pochettes à rabats. Il y a là des lettres de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV), de la Caisse d’allocations familiales (CAF), des avis d’imposition. Cette ancienne gardienne d’immeuble en Seine-Saint-Denis veut comprendre pourquoi sa retraite de base est passée de 1 145,94 euros à 1 106,38 euros. Et depuis quand exactement ? Elle a beau chercher, elle ne trouve pas. Les derniers courriers de la CNAV remontent à 2015. Où sont passés les autres ? « Ah mais je n’en reçois plus maintenant, c’est tout par Internet, déclare-t-elle. Et Internet, moi j’y connais rien. »

    Se lancer seule dans la création de son « espace personnel » ? Annie ne l’imagine même pas. Il lui faudrait remplir sans se tromper son numéro de Sécurité sociale, sa date de naissance, mais surtout inventer un mot de passe et franchir l’étape de sécurité qui oblige l’internaute à recopier des lettres biscornues pour prouver qu’elle n’est « pas un robot » : « Qu’est-ce que c’est que ce machin-là ? », se cabre la retraitée.
    « Le côté humain disparaît derrière les écrans »

    Comme elle semble loin de ce HLM de Seine-Saint-Denis, la « start-up nation », cette nation qui « pense et bouge comme une start-up », cette France bientôt « leader de l’IA [intelligence artificielle] et des deeptechs [des produits ou des services sur la base d’innovations de rupture] » dont rêve Emmanuel Macron, comme le 9 octobre à Paris, devant les « start-upeur » de la Station F.

    Lors de sa présentation de la réforme de l’Etat, lundi 29 octobre, le premier ministre, Edouard Philippe, a d’ailleurs redit son « ambition » : « que 100 % des services publics soient accessibles en ligne à l’horizon 2022 ».

    #dématérialisation #guerre_aux_pauvres #exclusion #paywall


  • Paris-Normandie : Télescopage

    Bus et métro à Rouen : les fraudeurs « habituels » plus vite sanctionnés, le 22 octobre 2018 Paris-Normandie - Benoît MARIN-CURTOUD - 22 Octobre 2018
    https://www.paris-normandie.fr/rouen/bus-et-metro-a-rouen--les-fraudeurs-habituels-plus-vite-sanctionnes-

    En Normandie, la fraude fiscale estimée à environ 4 milliards d’euros, le 22 octobre 2018 Alain LEMARCHAND - 22 Octobre 2018 - Paris-Normandie
    https://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/en-normandie-la-fraude-fiscale-estimee-a-environ-4-milliards-d-euros

    #guerre_aux_pauvres #paradis de l#oligarchie

    « Les fraudeurs habituels du réseau TCAR seront désormais poursuivis deux fois plus rapidement. »

    « La loi a évolué, détaille Pascal Prache, procureur de la République de Rouen. Auparavant, pour constituer un délit de fraude d’habitude exposant le contrevenant à six mois de prison, il fallait que dix voyages ne soient pas acquittés. Désormais, la limite est passée à cinq. […] souvent, les fraudeurs sont insolvables ».

    Coût total de la fraude par an : un demi-million €

    En Normandie, la fraude fiscale estimée à environ 4 milliards d’euros, le 22 octobre 2018 Alain LEMARCHAND - 22 Octobre 2018 - Paris-Normandie
    https://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/en-normandie-la-fraude-fiscale-estimee-a-environ-4-milliards-d-euros

    « Dans un rapport, Solidaires Finances Publiques dénonce l’accroissement de la fraude fiscale en France et en Normandie […] L’occasion de réclamer plus de moyens humains pour mieux lutter contre ces pratiques douteuses. »

    « 3 100 postes ont été supprimés sur le contrôle fiscal. Le gouvernement vante sa loi anti-fraude mais, dans le même temps, il persiste dans la réduction des moyens de l’administration fiscale : le projet de loi de finances 2019 prévoit 2 130 suppressions d’emplois. »

    « Depuis 2002, poursuit Isabelle Laurent [contrôleuse fiscale et responsable syndicale], ce seront ainsi plus de 40 000 emplois qui auront été supprimés à la Direction générale des finances publiques et plus de 200 emplois supprimés dans notre département, alors que la charge de travail ne cesse de s’accroître. Le numérique à tout va ne remplace pas un agent qui travaille sur les dossiers et connaît le tissu fiscal. »

    Coût total de la fraude par an : 4 milliards € (= 8.000 x un demi-million €)


  • Manque d’effectifs dans les tribunaux : à Châlons-en-Champagne, les avocats remplacent les juges
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/droit-et-justice/manque-d-effectifs-dans-les-tribunaux-a-chalons-en-champagne-les-avocat

    C’est une conséquence marquante du manque d’effectifs dans les tribunaux. Une fois par semaine, à Châlons-en-Champagne, dans la Marne, des avocats remplacent des juges pour assurer les audiences collégiales en correctionnelle.

    Maître Hélène Van Hoylandt, la trentaine, aime son métier d’avocat. Mais elle accepte aussi de passer pour quelques heures de l’autre côté de la barre. Dans cette salle d’audience, tout en boiseries, elle devient assesseur aux côtés de deux juges. Au menu ce jour : des affaires de cambriolage, d’agressions sexuelles ( de viols en fait puisque correctionnalisés) et d’escroquerie. L’avocate rend en fait service pour pallier le manque de magistrats. Quatre postes vacants non remplacés à Châlons-en-Champagne. « J’ai considéré que tant que c’est limité dans le temps, je me dois de participer au bon fonctionnement de la justice », explique l’avocate.

    Je me devais de répondre selon moi à cette demande pour que les dossiers puissent avancer et que les justiciables – prévenus ou victimes – n’aient pas à attendre des délais indécents pour que les décisions les concernant soient rendues.Maître Hélène Van Hoylandtà franceinfo

    L’avocate prend sa mission d’un jour au sérieux. Elle prend en note les déclarations des prévenus à la barre, les écoute attentivement pendant les sept heures d’audience. Ils sont quinze avocats comme elle à avoir répondu à l’appel de la présidence du tribunal fin mars. Quinze volontaires pour assurer des « remplacements de juge », comme l’autorise le code de l’organisation judiciaire (article L212-4), de façon exceptionnelle.
    Une situation « anormale et problématique »

    À Châlons-en-Champagne, avec en ce moment 11 magistrats au lieu de 15, « l’exceptionnel » va durer jusqu’à l’été au moins. Une nécessité pour la présidente Marie-Laurence Jeannel : « Avec les postes vacants non pourvus, les congés maladie, les congés maternité non remplacés, on voyait les dossiers s’empiler, on multipliait les renvois, la situation était ingérable, il fallait trouver une solution ». Même si ça n’est pas idéal, cela fonctionne plutôt bien. « On a aussi parfois le renfort d’un juge placé qui vient de la cour d’appel. Mais la plus grosse aide est venue des avocats. Sans eux, nous ne pourrions pas tenir toutes les audiences du mercredi, qui sont des audiences correctionnelles importantes. Mais tout cela met en lumière une situation anormale et problématique. La justice devrait être rendue par des magistrats. »

    • Les conditions de travail de ces hauts Bourgeois ayant du passé la plus grande partie de leur jeunesse dans endroits aussi sympathiques que la faculté d’Assas sont apitoyantes.

      Ça explique certainement la lenteur du traitement des procédures pour abus de biens sociaux, bavures policières, et harcèlement.
      Il faut reconnaitre que c’est compensé par la rapidité des jugement dans le cadre de la #guerre_aux_pauvres.
      Ils se sont toujours brillamment distingué dans leur guerre contre les droits de la Femme, par exemple, ou sous pétain, en appliquant avec célérité les lois d’exceptions.

      Ce doit être terrible pour eux.elles de devoir balancer à la presse à gage, médiapart, par exemple, des dossiers judiciaires vides.

      Au fait, que pensent les antispécistes du costume de travail a fourrure des grands magistrats ?


  • Les ultrariches, grands gagnants de la fiscalité Macron
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/12/les-ultrariches-grands-gagnants-de-la-fiscalite-macron_5368373_823448.html

    Voilà qui devrait relancer une fois de plus la polémique sur le « président des riches », étiquette qui colle à Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat. Alors que les députés viennent d’achever en commission des finances l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2019, et que le texte sera débattu dans l’Hémicycle à partir de lundi 15 octobre, l’Institut des politiques publiques (IPP), un organisme de recherche indépendant, a publié, jeudi 11 octobre, une évaluation approfondie des conséquences des mesures fiscales et sociales contenues dans les deux premiers budgets de l’ère Macron.

    Leurs conclusions sont sans appel : les effets cumulés des réformes 2018 et 2019 mèneront à une perte de « revenu disponible » – c’est-à-dire de pouvoir d’achat – pour les 20 % de Français les plus modestes (recul de l’ordre de – 0,5 % à – 1%). Pour les 60 % de ménages « intermédiaires » (entre les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches), il y aura un gain, jusqu’à près de 1 %. Le manque à gagner le plus important est enregistré par les 20 % les plus aisés (près de – 1 %), à l’exception notable des 1 % de ménages ultrariches : ces derniers verront leurs revenus dopés de près de 6 %.


  • En Suisse, bataille autour de l’espionnage des bénéficiaires des aides sociales
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/11/en-suisse-bataille-autour-de-l-espionnage-des-beneficiaires-des-aides-social


    Surveiller les #pauvres, être complices des #riches : #démocratie nulle part !

    Pour prévenir la fraude aux prestations sociales, la Suisse veut se doter de tous les moyens. Le Parlement a voté une loi qui permet aux institutions de suivre secrètement les personnes soupçonnées de recevoir des aides de manière indue, d’enregistrer leurs conversations, voire de les filmer si elles se trouvent dans un lieu public ou sur leur balcon. L’employé de l’institution ou le détective privé en charge de cette mission pourra même utiliser des outils GPS, à condition d’obtenir une autorisation préalable.

    #guerre_aux_pauvres #rupture_d'égalité #sous-citoyens


  • Les enterrés vivants Jean-François Nadeau - 9 Octobre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/538605/les-enterres-vivants

    Ornée de son pourpoint de velours, de son étole mitée en fourrure d’écureuil et de sa perruque de père Noël, la Justice a beau garder la tête haute, surtout lorsqu’elle regarde le monde d’en bas, elle semble parfois, ne lui en déplaise, avoir le coeur passablement érodé.

    En 2015, Jerry est condamné à 39 mois de prison. Il n’a pas payé les quelque 35 000 $ de contraventions que lui réclame l’État. Qu’a-t-il donc fait, Jerry, pour mériter cela ? Flânage, itinérance, état d’ébriété, désordre sur la voie publique.

    Jerry Anichinapéo est un Autochtone. La semaine dernière, lors des travaux de la commission Viens, on a pu apprendre que Jerry vit à Val-d’Or. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. Comme d’autres Autochtones, Jerry vit moins qu’il ne survit. L’avalanche de contraventions qui s’est abattue sur lui avait d’ailleurs pour but, a-t-on compris, de l’enterrer vivant au plus sacrant.

    À Val-d’Or, 75 % de ces contraventions crachées en rafale l’ont été à l’encontre d’Autochtones, alors que ceux-ci représentent à peine 3 % de la population. La police avait même donné un nom à cette façon de faire mortifère : l’opération Centre-Ville.

    C’était en 2015. Les temps ont-ils changé depuis ? La police affirme que oui. À sa défense, elle indique que les contraventions de ce type ont diminué de 81 %. Qu’est-ce que cela veut dire en pratique ? Dans le cas de Jerry, cette réduction de l’intensité du pilonnage par contraventions voudrait dire qu’on lui aurait enjoint de payer seulement 6500 $ plutôt que 35 000 $. Mais quand on n’a pas un sou, que ce soit 6000$ ou 600 000 $ de dettes, cela reste impossible. En gros, au lieu de l’écraser avec un tank on se contente de prendre un autobus. La misère des personnes emprisonnées pour cause de pauvreté révèle bien la pauvreté de notre pensée à leur égard.

    Taxer la misère d’une charge supplémentaire demeure pourtant monnaie courante. Pas seulement pour les Autochtones. Des cas semblables ont suscité l’indignation à Québec et à Sherbrooke ce printemps encore. Mais combien d’autres cas du genre échappent aux radars de l’actualité ?

    Pour éradiquer la pauvreté, faire la guerre aux pauvres est une stratégie qui ne date pas d’hier. De grandes campagnes d’enfermement des pauvres ont eu lieu au royaume de France en 1724, en 1750 et en 1764. Et dans la France d’aujourd’hui, le président Macron vient de s’établir en génie au registre d’un pareil mépris pour la vie : la solution générale à la misère du pays, a-t-il laissé entendre, ce serait tout bonnement d’apprendre à ne pas s’en plaindre ! Les conditions sociales ne changent pourtant pas du seul fait qu’on décrète que leurs effets doivent être abolis.

    Quelle stratégie le nouveau gouvernement de François Legault entend-il adopter pour contrer le problème criant de la pauvreté ?

    On sait que le nouveau premier ministre est opposé à l’augmentation du salaire minimum. Pour lui, insistait-il lors du débat des chefs, la situation précaire de près d’un million de Québécois s’améliorera lorsque d’autres qu’eux seront encore mieux. En un mot, François Legault croit que l’argent des possédants finit par ruisseler jusqu’aux dépossédés.

    Vieil habitué des caméras de TVA, le député caquiste François Paradis, jusqu’ici porte-parole du parti en matière de services sociaux, avait beaucoup fait jaser en 2016 pour avoir fait de la pauvreté dans sa circonscription un marchepied pour sa modeste personne. Dans une vidéo, sur fond de violon et de piano mélancoliques, le député mettait en scène deux femmes éprouvées avant de se présenter auprès d’elles dans un rôle de père Noël de composition. Le voilà offrant une journée chez le coiffeur et une dinde Butterball, puis levant son verre à leur santé à la veille des célébrations de fin d’année. Voulait-il, par ce procédé grossier, souligner aux électeurs l’importance de revoir les politiques publiques pour que des situations aussi navrantes soient chose du passé ? Nenni. Le député concluait plutôt en recommandant à ses concitoyens de donner aux banques alimentaires ! En somme, la charité privée comme solution à un problème public.

    Depuis longtemps, les banques alimentaires ne suffisent plus en ce demi-pays. Au cours des neuf dernières années, le nombre de gens forcés d’y avoir recours a augmenté de 33,7 %. Un tiers des bénéficiaires sont des enfants. De ceux qui fréquentent ces lieux, 11 % sont des gens qui touchent des revenus d’emplois. De ceux qui doivent ainsi mendigoter à manger, 8 % sont des vieillards.

    Mais le grand spectacle de la charité privée demeure plus populaire que jamais. Il sert de chambre de compensation sociale à des gens fortunés, qui s’assurent ainsi qu’on leur prête des lettres de noblesse, ce qui ajoute paradoxalement à leur capital.

    La semaine dernière encore, de puissantes entreprises s’affichaient d’un air faraud dans le cadre de leur participation prochaine à « Une nuit dans la rue », une activité de financement d’un organisme voué à lutter contre les effets d’une pauvreté qui n’est pourtant pas tombée du ciel. Ces géants du rendement croissant que sont la Financière Sun Life, Ivanhoé Cambridge, Power Corporation et autres Pfizer invitaient même la population à prendre exemple sur leur générosité autoproclamée. Pareille générosité de façade n’engage évidemment aucune réforme substantielle d’un ordre social qui préside au problème croissant de la dépossession.

     #peuples_autochtones #terres #canada #nations_premières #peuples_premiers #autochtones #guerre_aux_pauvres #violence #contraventions #pauvreté #discrimination #Centre-Ville

    • 39 mois de prison, disons à 3000 euros ou dollars par mois, ça fait 117 000 dollars ou euros + les frais administratifs et de justice.
      Quand la justice s’occupe des pauvres, ça coute un pognon dingue.

      3000 euros le mois de prison, est une estimation qui reviens souvent sur le web, je la prends, mais personnellement je penses que c’est sous estimé.


  • Quand il suffit de traverser la rue Yann Fiévet - 4 Octobre 2018 - Investigaction
    https://planetes360.fr/quand-il-suffit-de-traverser-la-rue et
    https://www.investigaction.net/fr/quand-il-suffit-de-traverser-la-rue

    Comme la vie devient facile sous le règne d’Emmanuel Macron ! Tellement facile que les citoyens en arrivent presque à se demander pourquoi ils se compliquaient l’existence jusqu’à l’avènement du majuscule pédagogue aux solutions évidentes pour toutes sortes de problèmes qui taraudaient auparavant nombre de fieffés inquiets. Ainsi, la question du chômage que nous trouvions terrible il y a peu de temps encore est beaucoup moins grave qu’il y paraît dès lors que l’on accepte d’être résolument positif. Du travail il y en a partout. On change de trottoir et les emplois pleuvent comme vache qui pisse. Il faut seulement ne pas avoir peur de traverser la chaussée.

    Nous avons donc bien changé d’époque puisque voilà les propos de comptoir érigés en vérités présidentielles. Les ouailles rassemblées virtuellement dans la grande Eglise macronienne sont bien sûr paternellement priés d’apprendre le nouveau catéchisme ultralibéral. Cependant, pour accéder à l’idée – érigée en dogme – de la « vie facile » insidieusement promue il conviendra de brûler d’abord tous les bons manuels de sociologie, de psychologie sociale et d’économie critiques devenus éminemment hérétiques par l’opération du Saint-Esprit fait homme.

    Ce qui est formidable avec la facilité macronnienne – pardon, jupitérienne ! – c’est qu’elle est contagieuse, donc extensible à souhait. Les serviles lieutenants du général en chef s’en font l’écho plus souvent qu’à leur tour et rivalisent d’imagination pour chasser la moindre occasion où la vie du fonctionnaire en voie de précarisation, de l’usager des services de moins en moins publics, de l’élu local aux moyens en baisse et aux responsabilités en hausse, sera grandement facilitée désormais ! Aucun des serviteurs, grand ou petit, n’a été choqué par la pique envoyée par le monarque au naïf horticulteur qui lui parlait l’autre jour sérieusement de son chômage et qui espérait peut-être que le providentiel souverain l’embaucherait pour l’entretien de ses célèbres jardins. Pourquoi, diable, ce brave homme s’accroche-t-il paresseusement à son métier quand tous les cafetiers et restaurateurs du quartier de l’Elysée ou d’ailleurs n’attendent que lui pour le mettre généreusement à la tâche ?

    Sous les cieux radieux du macronisme les remèdes faciles se ramassent donc à la pelle. Quand Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale, a annoncé le mois dernier que mille quatre-cents postes d’enseignants seraient supprimés l’an prochain, des journalistes ont audacieusement demandé si cela n’allait pas conduire à un alourdissement du nombre d’élèves par classe. Le ministre s’attendait visiblement à cette terrible banderille : non puisqu’il va suffire que les professeurs fassent des heures supplémentaires, ce qui améliorera du même coup leur pouvoir d’achat. Comme c’est évident ! Et tant pis si les intéressés, déjà nombreux à faire des heures supplémentaires, ne souhaitent pas pour la plupart en faire davantage car ils préfèrent consacrer du temps à l’amélioration de la qualité de leur enseignement. Les forces de la police et de la gendarmerie nationales ne sont pas assez nombreuses pour afficher leur « présence Rassurante » partout sur le territoire ? Qu’à cela ne tienne : armons les polices municipales. Et tant pis si les policiers ainsi promus n’ont pas été formés à ce nouvel usage de leur emploi. Dans le domaine de l’urbanisme, le projet de loi Elan est destiné à permettre « de construire plus et moins cher ». Cependant, selon les promoteurs immobiliers il existerait trop de recours abusifs contre les projets de construction. Alors, le gouvernement prévoit de simplifier les normes et de « mieux encadrer les procédures contentieuses contre les permis de construire ». Quels seront les critères permettant d’apprécier le caractère abusif d’un recours contre un projet ? Les défenseurs de l’environnement déjà s’inquiètent de ces plus grandes facilités à bétonner. Comment ne pas les comprendre ?

    S’agissant de la vie facile, Emmanuel Macron parle d’expérience. Pour causer trivialement – comme lui-même se hasarde parfois à le faire – il en connaît un rayon ! Lui, n’a même jamais eu besoin de traverser la rue. Ni pour entrer à l’Elysée au début de la Présidence Hollande. Ni pour entrer à la banque Rothschild comme financier de haut-vol. Ni pour devenir ministre de l’économie. Ses diplômes, son talent et l’adoubement d’influents mentors, tel Jacques Attali, ont toujours ouvert un vrai boulevard à son ambition forgée tout au long d’une jeunesse dorée. Bref, le prodige est le pur produit d’un déterminisme social positif. Et cela bien sûr ne facilite pas sa compréhension du déterminisme social négatif qui frappe tant d’autres de ses congénères. La vie sourit aux uns, fait la grimace aux autres. Qu’un président de la République oublie trop souvent cela autorise à s’interroger sur la nature de ses lectures au cours de sa formation intellectuelle. Cependant, une chose saute aux yeux – et surtout aux oreilles – désormais : Emmanuel Macron cache de plus en plus mal son mépris de classe.

    #manu #guerre_aux_pauvres #France #Travail #Emplois #Vie_facile #mépris


  • La #classe_obscène a encore frappé
    https://actu.fr/normandie/rouen_76540/polemique-une-elue-rouen-denonce-mendicite-agressive-rue-gros-horloge_18765610.

    Une pétition adressée au maire, publiée le 14 septembre 2018 par Marie-Hélène Roux, élue LR à Rouen, s’indigne de « la mendicité agressive » rue du Gros-Horloge.

    (...) Le problème, comme le souligne José Ortuzar, « est vieux ». Depuis juin, il a reçu « 39 alertes » des commerçants… sur toute la ville et « pas seulement » pour des marginaux. Il raconte, indigné, comment « les va-nu-pieds empêchent les touristes de prendre des photos du Gros-Horloge ». Dramatique ! Lui, comme Marie-Hélène Roux, s’inquiète de l’image renvoyée aux visiteurs. Pas de doute pour lui, « il faudrait mettre un coup-de-pied dans la fourmilière », car « même si ce n’est pas Waterloo, ce n’est pas beau pour la ville ».

    #va-nu-pieds #tourisme #guerre_aux_pauvres