• La #France sous les flammes : la faillite criminelle du #néolibéralisme

    La France brûle, et nos dirigeants ne font qu’aggraver une situation qu’ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le #dogme_néolibéral qui nous entraîne dans l’abîme.

    Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu’ils s’acharnent à faire l’inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir s’empilent sur leurs bureaux depuis des décennies, font-ils tout pour ne pas nous protéger de ces cataclysmes ?

    Si on leur fait crédit d’une certaine capacité de raisonnement, une autre hypothèse serait celle de l’#aveuglement_dogmatique. Ce que viennent souligner les #canicules et #incendies catastrophiques de l’été 2026, c’est l’#échec patent du néolibéralisme que nos élites pratiquent assidûment.

    Commençons par le constat. Les meilleurs climatologues du monde préviennent, via le Giec notamment, de la forte hausse des risques d’incendies, partout en Europe, liée au #changement_climatique. On sait que l’augmentation des canicules et sécheresses accroît fortement les risques de feux.

    Une politique d’#anti-adaptation

    Pourtant, on ne cesse de planter et replanter des #monocultures de #résineux, plus rentables que de vraies #forêts mais que l’on sait être ultra-inflammables.

    Pourtant, l’#Office_national_des_forêts, chargé d’entretenir et protéger nos forêts, notamment contre les incendies, a perdu 40 % de ses effectifs entre 2000 et 2022, et le gouvernement ne cesse de menacer de nouvelles coupes dans les effectifs.

    Pourtant, en 2024, le Premier ministre Gabriel Attal supprimait le #budget qui aurait permis d’acheter deux #Canadair supplémentaires.

    Pourtant, sur les 16 nouveaux Canadair promis par Emmanuel Macron après les incendies dévastateurs de 2022, seuls 4 ont été commandés, et seront livrés avec beaucoup de retard.

    Les Services départementaux d’incendie et de secours sont au bord de la rupture et les départements alertent en vain depuis des années sur le manque de #moyens.

    Le bilan est tout aussi accablant concernant les canicules. La France a déjà subi quatre vagues de chaleur extrême en 2026 ; les scientifiques alertent depuis des années sur la multiplication de ces évènements, mais nous ne nous y sommes pas préparés.

    En juin, le Haut Conseil pour le climat taclait sévèrement le retard de la France, par exemple dans l’isolation des bâtiments, et des budgets pour les politiques écologiques qui sont coupés drastiquement alors même qu’il faudrait les augmenter rapidement.

    Encore plus surréaliste : le gouvernement agit pour aggraver notre vulnérabilité. En pleine canicule du mois de juin, nos dirigeants ont décidé de remettre sur le marché locatif les pires #passoires_thermiques, où étouffent les locataires les plus précaires. En pleine sécheresse extrême, la loi d’urgence agricole, surnommée « nouvelle #loi_Duplomb », prévoit d’augmenter l’#accaparement_de_l’eau par l’#agro-industrie.

    La fuite en avant du #néolibéralisme_zombie

    Pourquoi cet acharnement à foncer dans le mur ? « Parce que nos dirigeants sont prisonniers d’un modèle », répond l’économiste Cédric Durand, coauteur de Comment bifurquer. Les principes de la planification écologique (ed. Zones, 2024).

    « La France est coincée dans ce que l’on appelle le néolibéralisme zombie. La croyance qu’il faut toujours baisser le coût du capital, baisser le coût du travail, taxer moins, et que c’est ça qui va produire de la #croissance et du PIB. On fait toujours ce pari alors que la période où cela pouvait fonctionner est révolue — si ça a fonctionné un jour », dit-il.

    Le terrible bilan politique énuméré ci-dessus répond à deux logiques propres au néolibéralisme : un affaiblissement massif des #services_publics et une foi inébranlable placée dans les vertus du #marché, qu’il convient de déréguler autant que possible. Via ces politiques, la finalité de l’État est de permettre au capital d’accumuler toujours plus de richesse.

    Au nom de l’#austérité_budgétaire, et du refus catégorique de taxer davantage le capital ou les plus hauts revenus, le gouvernement coupe les budgets publics partout où cela n’est pas jugé favorable au marché. Or, le changement climatique ne répond précisément pas aux logiques de marché.

    « En Gironde, je suis sûr que les entreprises auraient aimé que l’État dépense plus pour l’achat de Canadair. C’est le paradoxe du capitalisme qui veut payer toujours moins de taxes mais réclame ensuite que l’État le protège », dit Cédric Durand.

    Nous touchons là à ce que l’économiste marxiste James O’Connor appelait « la seconde contradiction du capitalisme ». Celui-ci, pour se développer, doit exploiter toujours plus les ressources naturelles et les écosystèmes, mais il détruit, ce faisant, ses propres conditions d’existence. Il en vient donc, autre contradiction, à appeler l’État à l’aide, ce dernier s’étant pourtant volontairement affaibli et ayant détruit ses services publics, au nom du soutien au capital.

    Derrière la stratégie néolibérale, c’est le moteur fondamental du capitalisme qui est en jeu : il lui faut accumuler toujours plus de capital dans une course infernale et complètement irrationnelle.

    « Cette tendance à élargir sans cesse les domaines d’#accumulation_du_capital, et les sources de profit, par exemple à de nouvelles dimensions de la nature comme les gènes et les microorganismes, est vitale pour le capitalisme. Il meurt s’il arrête », souligne l’économiste Hélène Tordjman, autrice notamment de La croissance verte contre la nature (éd. La Découverte, 2021).

    « Je m’interroge sur la vision de nos élites qui persévèrent dans cette voie. C’est une #rationalité de très #court_terme, qui vise à accumuler très vite jusqu’à la catastrophe, et après moi, le déluge », dit-elle.

    Pour la chercheuse, l’hypothèse d’un aveuglement dogmatique de nos dirigeants n’est pas suffisant. L’accumulation des catastrophes ces dernières années est telle qu’elle aurait dû faire éclater n’importe quelles œillères idéologiques. Si l’on continue de foncer dans le mur, ce serait donc en toute connaissance de cause.

    « On est dans une logique d’intérêt de classe bien comprise, d’une classe dominante qui s’est autonomisée, et qui assume que seuls les plus puissants et les plus forts pourront survivre et vivre dignement », dit Hélène Tordjman.

    Le milliardaire étasunien Warren Buffet le disait déjà en 2006, dans une célèbre formule : «  Il y a une #guerre_des_classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner . »

    De guerre des classes à guerre contre l’ensemble du vivant

    Rien de nouveau sous le soleil ? Sauf que la séculaire guerre des classes est devenue, dans l’Anthropocène, une guerre contre l’ensemble du vivant, qui ne menace plus seulement l’essentiel de la population d’#exploitation mais de #destruction. En toute connaissance de cause.

    « Si nous persistons dans cette voie, l’avenir de notre espèce est sombre », alertaient déjà plus de 1 000 scientifiques français dans une tribune en 2020, qui dénonçait « l’inconséquence et l’#hypocrisie de politiques […] promouvant un #consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur ».

    Six ans plus tard, le pays est à sec tandis que l’on prévoit de multiplier les #mégabassines pour l’agro-industrie, les forêts brûlent tandis que les #pompiers épuisés sont en manque d’effectifs et les budgets des politiques environnementales fondent comme neige au soleil.

    « Nous avons besoin de transformations structurelles, capables de penser au temps long que les mécanismes de marché sont incapables de prendre en compte », dit Cédric Durand. Pour y parvenir, l’économiste propose de nombreux outils de planification dans son ouvrage, à l’instar de nombreux penseurs des mondes postcapitalistes.

    Reste à trouver le moyen d’opérer la bascule. Un prérequis semble être de savoir nommer les responsables. Lorsque nos dirigeants néolibéraux apportent sous un cynisme à peine voilé leur solidarité aux victimes des incendies, ils méritent plus que jamais leur étiquette de #pompiers_pyromanes.

    https://reporterre.net/La-France-sous-les-flammes-la-faillite-criminelle-du-neoliberalisme
    #incendie #incendies #feu #feux #rationalité #irrationalité

  • Langue de Macron : des outrances insupportables au service du mépris – Regards.fr
    https://regards.fr/langue-de-macron-des-outrances-insupportables-au-service-du-mepris

    Oui, les années du macronisme seront considérées par les historiens comme celles de la destruction de la langue politique, de l’avènement du langage sans signification, de l’affirmation du mépris et l’impossibilité de se servir de la langue pour dialoguer.

    Le vocabulaire parfois ordurier et insultant du Président est choquant. Et il n’est pas le seul à en user parmi les responsables politiques. Comment le comprendre ?

    Une série d’articles publiée par Le Monde vient de mettre un coup de projecteur sur la banalisation d’un langage très choquant venant du plus haut responsable politique. Trois journalistes prêtent à Emmanuel Macron des propos sexistes (à propos de Marine Tondelier et Lucie Castets, il parle « des cocottes »), homophobes (Matignon au temps où le premier ministre était Gabriel Atal, était dénommé « la cage aux folles ») et racistes (« le problème des urgences dans ce pays, c’est que c’est rempli de Mamadou »). Il n’y a hélas guère de doute possible : les sources sont citées, les journalistes chevronnées. Les exemples cités concordent avec ce que l’on sait par ailleurs de cet homme et de son boys club, de ses glissades vers l’extrême droite, de sa mansuétude à l’égard de violeurs. À peine élu, en juin 2017, il disait face à la caméra : « Le kwasa-kwasa pêche peu, il amène du Comorien ». Chacun a encore en mémoire « le pognon de dingue » à propos des aides sociales ou encore les Haïtiens qui seraient « complètement cons ». Le récent dérapage à Mayotte, où il assène que les Mahorais seraient « 10 000 fois plus dans la merde » sans la France, ne fait qu’ajouter à la consternation, à l’indignation, voire au dégoût. Dans la bouche d’un Président, ces propos transgressifs sont doublement inadmissibles : par leur contenu et par leur forme.

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    Mais ils ne sont pas l’apanage du seul locataire de l’Élysée. On l’observe du très haut de l’échelle sociale au plus bas, de la droite à la gauche, des cercles feutrés de l’Élysée jusqu’aux arènes des réseaux sociaux, en passant par les travées de l’Assemblée. Un peu partout, on affecte volontiers un langage souvent à la limite de la vulgarité et de l’insulte. Un président du Sénat peut-il dire à la radio en direction d’un leader de l’opposition (en l’espèce, Jean-Luc Mélenchon) de « fermer sa gueule » ? Peut-on dire, quand on est un.e responsable politique de premier plan et de gauche, que « ça suffit de se branler la nouille » ? Quand on évoque un échec, faut-il regretter de s’être « viandé » ?

    Ce langage vulgaire relève-t-il d’une tradition chère au pays de Rabelais, de Queneau ou d’Audiard ? On en doutera ici, quand bien même on déteste les étiquettes désuètes de la bonne éducation ou les vitupérations réactionnaires de l’Académie. Il y a bien sûr ce qui relève du temps des crises, des incertitudes et des angoisses. Le dialogue de l’État et de la société se trouble et se durcit. Faut-il alimenter cette difficulté par une destruction frénétique de tous les usages ? Pour renouer le dialogue, retrouver le chemin de la politique partagée, faut-il vouloir « parler peuple » ? L’impasse serait totale : plus les élites affectent d’utiliser les codes supposés du populaire et plus elles alimentent le mépris. Au lieu d’apaiser, elles attisent la fièvre.

    La course permanente aux placebos n’est plus de saison. La question n’est pas de faire peuple mais de respecter le peuple souverain. Il ne suffit pas d’étaler sa sympathie pour les démunis, les exploités et les victimes mais d’engager le dépassement de ce qui dépossède, aliène, discrimine ou méprise. La visée ne devrait pas être prioritairement la dénonciation des méprisants mais la mise à nu de la logique profonde qui produit et légitime l’abaissement du plus grand nombre.

    Au XXème siècle, la grandeur d’une partie de la gauche, et du communisme en particulier, fut de ne pas s’abandonner aux facilités du « populisme ». On s’indignait de la souffrance mais on ne l’exaltait pas. On pouvait admirer la capacité des prolétaires à préserver leur dignité dans la misère mais on s’attachait avant tout à montrer qu’il était possible de contredire la loi d’airain de l’abaissement social et de travailler sans attendre à l’émancipation populaire. Au fond, le peuple n’attend pas des représentants qui prétendent les imiter. Nous avons tous besoin de représentants dignes, à l’image de la diversité du peuple, partageant ses attentes et capables de donner une perspective qui écarte du ressassement et du ressentiment.

    Il ne faut pas se laisser emporter par cette inquiétante musique – trumpienne ou poutinienne – qui, dans un monde voué aux jeux de la realpolitik, veut rabattre les rapports des forces sur la forme primale et viriliste de la violence, celle des mots comme celle des armes. Ce n’est pas être révolutionnaire que de reprendre les clichés méprisants de la violence révolutionnaire utilisés depuis si longtemps par les contrerévolutionnaires.

    On n’est pas du côté du peuple en légitimant ses caricatures. Il ne s’agit certes pas de revenir au port de la cravate – aujourd’hui, on met des baskets aux grands raouts de l’élite ! –, de parler à voix basse et d’user de formules précieuses. Mais tout le monde n’est pas Rabelais, Queneau ou Audiard. Davantage d’authenticité et de sincérité, pour davantage de respect réciproque…
    Roger Martelli

    #Langage #Macron #Néo-fascisme #Guerre_des_classes_linguistiques

  • Parcoursup : l’ire des profs de Paris-Diderot - Le Figaro Etudiant
    http://etudiant.lefigaro.fr/article/parcoursup-l-ire-des-profs-de-paris-diderot_57d4384c-6ccb-11e8-9dc


    L’objectif réel de renfoncement des #ségrégations de #Parcoursup se confirme !
    En gros ce qui détermine le plus la trajectoire sociales des personnes, c’est leur code postal !

    Rémi Losno, le directeur de l’UFR chimie de l’université Paris-Diderot, fait partie de ces professeurs « très agacés ». L’an dernier, sur les 110 places offertes en première année de chimie au sein de cette université parisienne prisée, « environ 40 % étaient occupées par des lycéens venus de banlieue ou de province ». Cette année, le rectorat, via le logiciel Parcoursup, n’autorise pas la filière à prendre plus de 3 % de bacheliers non parisiens.

    Résultat : d’excellents élèves de banlieue sont aujourd’hui relégués dans les bas-fonds de la liste d’attente alors que des lycéens parisiens aux résultats moyens voire médiocres caracolent en tête des admis. « Les treize premiers admis ont des résultats corrects sans plus. Mais dès la 14e place, nous avons un élève parisien qui plafonne à 8 de moyenne générale. Malgré ses 17,5 de moyenne, un candidat du Val-de-Marne, lui, est relégué en attente à la 1 010e place ! », rage Benoît Piro, le responsable de la licence de chimie. Des lycéens de « niveau faible voire très faible passent avant des candidats de banlieues limitrophes ayant 5 à 10 points de plus de moyenne générale ! ». Des jeunes qui habitent parfois à quinze minutes à pied de l’université Paris-Diderot. « Que répondre à leurs parents qui m’interpellent ? »

    #inégalités #éducation #sélection #guerre_des_classes

  • L’affaire du barrage forcé de Vitrolles : pour la première fois les principales victimes s’expriment face caméra - Basta !
    https://www.bastamag.net/L-affaire-du-barrage-force-de-Vitrolles-pour-la-premiere-fois-les-principa
    https://www.bastamag.net/IMG/arton6356.jpg?1507539287

    Après un premier procès surréaliste, où la présidente du tribunal se basera sur une enquête policière expédiée pour relaxer le chauffeur et confondre les manifestants avec une « foule folle et avinée » qui « prend la France en otage », les victimes ont fait appel. Une deuxième audience a eu lieu depuis. Et une troisième est prévue en 2018. Plus d’un an après l’accident qui a failli leur coûter la vie, les trois principales victimes témoignent, pour la première fois, face caméra.

    https://vimeo.com/230785422


    #violence #justice #anti-syndicalisme #guerre_des_classes

  • Une stagnation historique des niveaux de vie – Centre d’observation de la société
    http://www.observationsociete.fr/revenus/inegalites-revenus/une-nouvelle-ere-de-stagnation-des-revenus-est-elle-ouverte.html

    Depuis 2008, le niveau de vie médian 1 stagne à 1 700 euros mensuels. Les dernières données disponibles datent de 2015, mais tout indique qu’il n’y a pas eu d’amélioration depuis. De mars 2015 à mars 2017, les salaires horaires sont demeurés stables si l’on prend en compte l’inflation. Durant dix ans (de 2008 à 2017) au minimum, les revenus n’auront donc pas progressé pour la très grande majeure partie de la population, des catégories populaires aux classes moyennes. Notre pays n’avait jamais connu un tel phénomène depuis 1970, date la plus ancienne pour laquelle les données sont disponibles. En réalité, il faut remonter à la crise des années 1930 2 pour observer une évolution similaire.

    Pour les catégories populaires, la stagnation des revenus n’est pas nouvelle, elle date du début des années 2000. Les plus pauvres voient même leurs revenus diminuer.

    #guerre_des_classes

  • « Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » : ce que révèle la petite phrase de Macron
    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/07/03/31001-20170703ARTFIG00167-les-gens-qui-reussissent-et-les-gens-qui-ne-sont-

    Le phénomène Macron ne se résume pas à la transposition, au sein du monde politique, des méthodes propres au monde des entreprises. C’est aussi l’esprit même de l’entreprise qui est transposée à la sphère politique. La victoire de Macron est celle d’un habitus spécifique qui appartient à la sphère de l’entreprise. Dans cette sphère, il y a ceux qui sont efficaces et ceux qui ne le sont pas, il y a ceux qui bénéficient de promotions et ceux qui sont laissés sur le côté, ceux qui gagnent et ceux qui perdent. Il y a la « gestion des ressources humaines » et la mise en place, par le management, d’une organisation faussement égalitaire et empathique qui, en réalité, introduit une couche supplémentaire d’inégalité et de hiérarchie à l’intérieur d’une société déjà minée par les injustices sociales. Le monde de l’entreprise n’est pas un monde d’épanouissement et de réussite mais souvent un monde de souffrance, de ressentiment, au sein duquel la compétition des uns avec les autres est organisée de telle sorte que le système non seulement se perpétue mais se renforce.

    Dans ce monde, on parle de nouvelles frontières technologiques, d’innovation, de disruption, d’inclusion ou encore d’industrie du futur. On y partage une même foi dans la culture et les valeurs d’entreprise, dans l’individualisme, dans l’ouverture au monde, dans la technologie et la connexion permanente. Le modèle de cette bourgeoisie managériale n’est pas le Général de Gaulle ou Napoléon mais les patrons d’Uber et de Facebook. Ses théoriciens sont des « coaches » en leadership comme Simon Sinek. Cette bourgeoisie n’a que faire de ces vieilles lunes que sont le sentiment national ou la justice sociale. Les représentations de cette nouvelle classe dominante sont tout entières définies par les codes de l’entreprise et du management, codes qui, sous couvert de tolérance et de modernité, sont - comme nous l’écrivions - profondément hiérarchiques et inégalitaires.

    #hiérarchie #inégalités #guerre_des_classes

  • Petites mains et gros mépris - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2017/05/18/petites-mains-gros-mepris

    Cela fait un moment que je suis agacée par l’aristocratie du cerveau telle qu’elle est construire en France, par cette féodalité du travail qui oppose la figure noble des professions intellectuelles, prestigieuses et désirables à celle des professions manuelles, prétendument faciles, non qualifiées, interchangeables et surtout qui dévalorise ceux qui les exercent, en l’occurrence, plutôt celles qui y sont cantonnées.

    #femmes #exploitation #guerre_des_classes #domination #pénibilité #travail

  • Je ne suis pas la fille de Fillon | StreetPress
    http://www.streetpress.com/sujet/1487255021-pas-fille-fillon-travail-etudes

    Mes années étudiantes ne ressemblaient pas à celles des films et des séries. Les fêtes, les discussions dans des cafés, la légèreté, je ne connaissais pas. Je dormais 4 ou 5 heures par nuit. Je me levais avec la rage, je me couchais avec la haine.

    Il y a des moments où je craquais. J’ai été carencée de tout, de fer, de vitamines. Je me droguais au café. Je tournais de l’œil au travail. Normal, je devais faire du 50 heures par semaine.

    #guerre_des_classes #éducation #discrimination #argent

  • Macron veut baisser les impôts sur les actions | L’Humanité
    http://www.humanite.fr/macron-veut-baisser-les-impots-sur-les-actions-606693

    Parce que les actions, selon le ministre de l’Economie, se gagnent et se méritent. C’est ainsi qu’en plus de vouloir baisser les prélèvements sur les actions, il veut supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). « Il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF », expliquait-il dans un entretien pour la revue Risques.

    Alors que les salaires, c’est donner des perles aux cochons et que la redistribution sociale, c’est du vol, hein, c’est bien ça ?
    #guerre_aux_pauvres #laquais #guerre_des_classes

  • "Madame me faisait porter des couches" : l’histoire de Damien, 31 ans, ex-bonne - L’Obs
    http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20150825.OBS4656/madame-me-faisait-porter-des-couches-l-histoire-de-damien-31-an


    Comme dirait l’autre : « niveau guillotine, on n’a pas vraiment fini le boulot » #guerre_des_classes

    Le premier jour, j’ai été très choqué. La gouvernante voulait aller m’emmener essayer des uniformes. Et elle m’a tendu… une couche. J’ai dit « c’est une blague ? ». La gouvernante a dit « non pas du tout ». J’ai pensé que c’était un test. Pour voir si effectivement j’étais bien docile. Mais Maria m’a ensuite expliqué à quoi servait la couche. Pour les travaux de ménages longs, les services de table où on fait « meuble », quand on reste debout pendant des heures, comme vous le racontez dans l’article...
    Notre patronne ne voulait pas qu’on utilise les toilettes du rez-de-chaussée, réservées aux maîtres, il fallait donc monter à l’étage des bonnes, et du coup, elle estimait que ça nous faisait perdre trop de temps. Bref, c’était couche obligatoire. Ces jours-là, la gouvernante marquait nos noms sur la couche, avec la date."

    Comme tout le monde avait l’air de trouver ça normal, je n’ai pas protesté. J’étais trop estomaqué pour réagir. J’ai seulement pleuré le soir, la première fois que j’ai endossé cette robe de bonne, avec les collants, la culotte en plastique, pour les odeurs, et la couche qui m’empêchait de marcher.

    • Normalement, la place était rémunérée à 1.100 euros net, mais comme j’étais un garçon, elle a carrément doublé mon salaire. J’étais à 2.200 nets, logé, nourri, blanchi.

      #sexisme #discrimination

      Ca ressemble à un scenario de #BDSM ou un récit du XIXeme et c’etait il y a 10 ans dans le 16eme à Paris.

      Une fois, je l’ai entendu se vanter de ’m’avoir bien domestiqué’. Une autre fois, elle discutait des couches, comme si elle leur refilait un tuyau génial. ’Cela leur permet d’être bien concentrées sur leur travail’, disait-elle. Et elle m’a même pris à partie : ’N’est-ce pas Rosa ?’. Moi, je devais dire : ’Oui Madame’."

      #dressage #domestication #consentement #domination

    • J’ai entendu un témoignage il y a quelques jours, d’un homme qui a bossé pour un baron. C’était le XIVeme siècle près de chez vous. Pas de gestion de patrimoine, un mode de vie hyper décroissant, sauf pour la part d’esclaves (salariés) qui l’entretenait. Je n’ai pas retenu le bled par contre.

    • La grand-mère d’une amie a été #bonne alors qu’elle était enfant. Au début du XXem siècle, ces parents étaient morts de la tuberculose (Zurich), une fois orpheline, elle a été « adoptée » en france avec sa sœur par une famille de Neuilly S/S qui avait besoin de servantes autant que de faire croire à leur charité. Elle ne connait pas bien toute leur histoire, mais sait qu’elles ont pu partir, tout comme la jeune cuisinière Valentine parce qu’elle avait trouvé un homme à épouser, n’importe lequel, pourvu qu’elle échappe aux mauvais traitements. Les répercussions de cet adoption monstrueuse et certainement des coups et de l’#humiliation vécu ont été transmis de façon transgénérationnelle et pour rompre avec ce cercle de #violence sur ses propres enfants cette amie a fait un long travail de reconstruction.

    • #Bof le « conflit des générations » a tendance à servir de cache-sexe à la #guerre_des_classes. Un jeune de 25 ans sorti d’une famille bourgeoise qui maîtrise la cooptation gagnera mieux sa vie qu’un prolo de 50 qui s’est fait sa carrière à la force de son seul travail. Et que des différences selon les âges masquent en fait aussi des effets historiques, entre la classe d’âge qui a connu les restes de la prospérité (et donc de meilleures conditions d’entrée sur le marché du travail ce qui implique toujours des meilleurs carrières et trajectoires) et les suivantes sur lesquelles se sont exercées prioritairement toutes les politiques de précarisation et de déflation salariale.

      Bref, l’âge n’est pas un facteur brut dans les problèmes d’inégalité. Il y a régulièrement des cohortes de jeunes qui entrent sur le marché du travail pendant une période de reprise (même légère) et qui bénéficient ensuite de meilleures conditions et d’autres qui arrivent au creux de la vague et rameront une grande partie de leur vie.

      Mais la grosse grosse variable explicative, c’est le capital culturel et économique familial.

    • Ce cache sexe de la lutte entre génération fonctionne fort bien pour désolidariser le populaire de lui même, ce thème participe d’une extension d’une #guerre_entre_pauvres (le plus souvent de basse intensité) faite de ressentiments mutuels. On apprend aux « jeunes » qu’ils sont nés avec un #dette due à l’impéritie et aux privilèges de retraités assistés et profiteurs (dette qu’après d’autres cet article chiffre) ; que ce sont les 68tards qui ont les salaires et les responsabilités dont les jeunes sont privés, etc. Et dans le même temps ces jeunes sont soumis à des formes de sadisme social (emploi, stage, prison) supposés leur faire mériter leur intégration ou/et expier leur rétivité et leur inadaptation. Même l’interdiction du RSA aux moins de 25 (mesure socialiste en place depuis 27 ans...) peut être lue à cette aune pendant que les effectifs du minimum vieillesse augmentent sans que personne ne le relève.

    • Non, faut arrêter aussi avec cette connerie : tous les baby boomers ne se sont pas gavés. Ceux qui étaient en position sociale de le faire l’on fait plus que de raison et la pacification sociale résultant de la fin de la guerre a permis à une grosse partie des classes populaires de cette génération de profiter d’une notable amélioration des conditions de vie, mais au final, tu peux regarder de plus près, les restrictions continues sur l’âge de la retraite ont touché en premier lieu les baby boomers des classes populaires qui ont vu leur retraite à la fois s’éloigner dans le temps et baisser en valeur.

      Les baby boomers bourgeois en avaient rien à foutre, puisque l’essentiel de leurs revenus ne vient pas du travail ni même des rentes du travail… enfin si, de la rente du travail des autres.

      Après, tu ne peux décemment pas râler contre l’amélioration des conditions de vie des classes populaires qui ne pèse pas tant que cela dans la facture finale. Parce qu’elle s’est accompagnée d’une explosion folle de la richesse des plus riches, ce qui, là, pèse très fort sur les équilibres globaux.

  • L’Etat m’a tabassé, il a fait son travail
    http://pantheresenragees.noblogs.org/post/2014/06/26/toulouse

    Une bande de types colériques et mal sapés, tout à fait dans leur style, surgit hors de la pénombre d’où ils devaient comploter. L’un de ces ratonneurs compulsifs attrape le plus « Nord-Africain » d’entre nous comme ils continuent à dire, et le colle dans un mur par la gorge. Nous comprenons qu’ils sont en fait de valeureux fonctionnaires de police en civil lorsque trois d’entre eux m’attrapent et m’écrasent au sol. Le premier me comprime la cage thoracique en m’enfonçant la colonne vertébrale avec son genou. Pendant ce temps un second me serre les menottes jusqu’à l’os. Tandis qu’un troisième me maintient les pieds. Je ne peux pas me débattre, je suffoque en suppliant qu’on me laisse respirer. Le catcheur-fou resserre alors l’étreinte, je suis au bord de m’évanouir. Une trentaine de personnes (...)

    • Avec mes proches, nous avons d’abord hésité à porter plainte car nous savions trop bien que la Justice couvrirait la police puisqu’elle le fait toujours, même chaque fois que la police tue. Et la justice n’a pas besoin d’être corrompue. Elle applique normalement les lois faites par les dominants pour protéger les dominants. Il ne sert à rien de s’indigner face à la violence d’Etat. Il est tout à fait normal qu’un Etat opprime le peuple ainsi que celles et ceux qui lui résistent. C’est son boulot. Et c’est la lutte des classes. Nous pensons qu’il vaut mieux s’organiser collectivement pour arracher les racines de ce carnage. Mais le tribunal du maître est tout de même un champ de bataille.

      Alors nous avons décidé de porter plainte en juillet 2013, pour tenter de fissurer un peu ce sentiment d’impunité des milices d’Etat au pays des droits de l’homme blanc et riche. Pour contre-attaquer, en accusant non pas quelques policiers mais l’Etat. Car la violence des shtars c’est bien lui qui la fabrique. Et c’est aux classes dominantes qu’elle profite.

      Nous l’accusons de gérer un système d’exploitation, d’humiliation, de contrôle et d’oppression, de brutalisation, d’incarcération et de meurtre dans les quartiers et contre les classes populaires pour maintenir l’ordre capitaliste et la ségrégation socio-raciste. Car cette férocité est érigée en industrie rationalisée et quotidienne dans les cités de France comme dans tous les ghettos et les favelas du monde. L’Etat harcèle, brutalise et mutile aussi de plus en plus férocement celles et ceux qui prennent part aux luttes, aux mouvements sociaux et aux mouvements révolutionnaires.
      Bien conscient de tout ça, le procureur Michel Valet a tabassé aussi notre plainte en février 2014, jugeant que ” l’examen de cette procédure ne justifie pas de poursuite pénale au motif que les plaintes ou les circonstances des faits dont vous vous êtes plaint n’ont pu être clairement établis par l’enquête. Les preuves ne sont donc pas suffisantes pour que l’affaire soit jugée par un tribunal“.

      #guerre_des_classes #violence #démocratie #prolétariat

    • Mais c’est bien moi qui serait jugé en février 2015. Et nous disons que tout est dans l’ordre des choses. Le système a fonctionné normalement, nous ne voulons pas le réformer, ni le réparer, ni l’améliorer, nous disons qu’il faut en changer complètement et définitivement. Pendant que l’armée massacre à l’extérieur au profit des capitalistes, la police mène la guerre sociale à l’intérieur contre le peuple. Il existe une continuité de pouvoirs et de profits entre les guerres de la bourgeoisie française en Afghanistan, au Mali, ou en Centrafrique et celles qu’elle mène contre les classes dominées en métropole, dans le cadre de la restructuration urbaine notamment. Il n’y a pas de « bavures », l’Etat opprime et assassine les pauvres méthodiquement, et en particulier les non-blancs. Il écrase de manière encore plus insidieuse et invisible les femmes pauvres et encore plus intensément les non-blanches. Il n’est pas une solution mais une partie du problème. L’Etat est à l’émancipation des peuples, comme un SS à Treblinka, un Para au Rwanda, Tzahal à Gaza.

      #domination #racisme #justice #inégalités #anarchie