• Charte de la consultation en gynécologie et en obstétrique
    https://syngof.fr/actualite-syndicale/charte-de-la-consultation-en-gynecologie-et-en-obstetrique

    Le SYNGOF adhère à la Charte de la consultation en gynécologie et en obstétrique

    Les professionnels ont parfaitement conscience de la particularité de la consultation de gynécologie ou d’obstétrique qui touche à l’intimité psychique et physique des femmes. Cette consultation nécessite une écoute, une attitude, un dialogue et un examen physique dans un esprit de bienveillance et de respect mutuel. C’est pourquoi le CNGOF, la FNCGM ainsi que plusieurs sociétés savantes proposent à tous les praticiens de France d’adhérer à cette charte et de l’afficher dans les lieux d’attente, et à chaque femme d’en prendre connaissance avant la consultation.

    Charte de la consultation en gynécologie et en obstétrique

    La consultation en gynécologie ou en obstétrique n’est pas une consultation comme les autres puisqu’elle touche à l’intimité des patientes.

    Le praticien, médecin ou sage-femme, conduit la consultation avec bienveillance et respect, en gardant à l’esprit la particularité de cette consultation et les besoins d’écoute et de dialogue.

    L’examen clinique n’est pas systématique. Par exemple, il n’est pas conseillé lors de la première consultation d’une jeune femme pour contraception, en l’absence de symptômes.

    L’examen clinique est précédé d’une explication sur ses objectifs et ses modalités. Si la femme désire ne pas être examinée, elle est invitée à en faire part en début de consultation

    L’examen fournit des renseignements que l’imagerie ne peut pas apporter (comme l’état de la vulve, du vagin et du col, la mobilité des organes pelviens, la contraction des muscles ou la cartographie des zones douloureuses et la typologie des douleurs, ou encore l’origine de saignements ou de pertes). Il permet aussi la pratique de prélèvements (frottis, examens bactériologiques).

    L’accord oral de la femme est recueilli avant tout examen clinique.

    La femme doit pouvoir se dévêtir à l’abri des regards, dans le respect de sa pudeur.

    La personne examinée peut être assistée par l’accompagnant de son choix.

    L’examen peut comporter une palpation des seins, une palpation abdominale, un toucher vaginal avec gant ou doigtier, et l’usage de matériels médicaux tels qu’un spéculum ou une sonde endovaginale. Dans certains cas, le recours à un toucher rectal après explications peut être justifié.

    L’examen doit pouvoir être interrompu dès que la patiente en manifeste la volonté. Aucune pression, en cas de refus, ne sera exercée sur elle ; il convient alors de l’informer de l’éventuelle nécessité d’un nouveau rendez-vous pour réaliser l’examen, si celui-ci est indispensable, et de l’informer des limites diagnostiques et thérapeutiques que cette absence d’examen clinique peut entraîner.

    À l’hôpital ou en cabinet de ville, pour former les soignants de demain, un étudiant est susceptible d’assister à la consultation ; la présence d’un tiers, soignant, est soumise au consentement de la femme. Tout geste médical ou examen clinique éventuel pratiqué par l’étudiant est également subordonné à l’accord de la personne examinée.

    Les termes de cette charte s‘appliquent à toutes les explorations d’imagerie gynécologiques (telles les échographies endovaginales, les colposcopies, les hystéroscopies, les hystérographies, les hystérosonographies, les bilans urodynamiques…), qui doivent également respecter la pudeur de la femme.

    Rédaction 20 octobre 2021

    CNGOF – Collège national des gynécologues et obstétriciens français

    CIANE – Collectif interassociatif autour de la naissance

    CEGO – Collège des enseignants de gynécologie obstétrique

    CNEGM – Collège national des enseignants de gynécologie médicale

    FNGCM – Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale

    SFG – Société française de gynécologie

    CNSF – Collège national des sages-femmes de France

    #violences_obstericales #violences_medicales #violences_gynecologiques #violences_sexistes #sexisme #gynecologie

    • Plusieurs témoignages dénonçant des #violences_gynécologiques qui auraient eu lieu au sein de l’#hôpital Tenon situé à Paris ont récemment fait surface, incriminant particulièrement le chef du service de #gynécologie, le professeur Émile Daraï. Dans le cadre de l’enquête sur l’endométriose que FLUSH a débutée en 2019, nous publions aujourd’hui des témoignages complémentaires qui mettent en lumière ses agissements.

       ! Attention, certains des faits décrits ci-dessous sont violents et pourraient heurter la sensibilité de certaines personnes.

      Certaines l’appellent le « boucher », d’autres le considèrent comme leur « héros ». Elles sont toutes atteintes d’#endométriose, une maladie gynécologique méconnue qui toucherait au moins une femme sur dix. Elle se caractérise par la présence dans le corps de tissus similaires à celui de l’endomètre, la muqueuse intérieure de l’utérus qui se désagrège pendant les règles. Parfois ces tissus saignent, créent des adhérences entre les organes, tiraillent. L’endométriose peut être très handicapante. Certaines femmes en souffrent, d’autres non. Peu de médecins connaissent et savent prendre en charge cette pathologie. Le quotidien de ces femmes est fait de douleurs, pendant les règles et parfois en permanence, pour dire le moins. Dans leur parcours, ces femmes ont cherché les meilleurs spécialistes. Elles ont été orientées par d’autres professionnels de santé ou par des femmes qui avaient entrepris la même quête du Graal. Après leur passage à l’hôpital Tenon, elles pensaient être des exceptions, mais il n’en est rien.

      « J’ai envie de pleurer parce que je réalise que je viens d’assister à un #viol et que je n’ai rien dit. »

      Le 13 septembre dernier, le collectif Stop VOG a publié sur son compte Twitter, sous le hashtag #StopOmerta, un témoignage d’interne passé par le service gynécologie de l’hôpital Tenon : « J’ai envie de pleurer parce que je réalise que je viens d’assister à un viol et que je n’ai rien dit. » Cette personne parle d’un #médecin « dont la renommée n’est plus à faire ». Puis, elle décrit : « sans prévenir, il insère [un spéculum] dans le vagin de la dame. D’un coup. Elle se crispe sous la douleur. Ses muscles se contractent et font ressortir l’instrument. Le médecin le renfonce plus fort. Il hurle : ‘Détendez-vous !’. Elle gémit. Il est évident qu’elle est terrorisée. ‘J’ai dit détendez-vous ! Je ne peux pas vous examiner, là !’ Il s’exaspère. Le spéculum ressort encore. Il le renfonce de plus en plus brutalement. Elle se cabre presque. » Sur les réseaux sociaux, les témoignages ont afflué, incriminant le professeur Émile Daraï.

      voir aussi Pour une M.E.U.F. (Pour une Médecine Engagée Unie et Féministe)
      https://seenthis.net/messages/930805

    • Violences obstétricales : un deuxième médecin du service gynécologie de l’hôpital Tenon mis en cause

      https://www.leparisien.fr/faits-divers/violences-obstetricales-un-deuxieme-medecin-du-service-gynecologie-de-lho

      Après les témoignages mettant en cause les pratiques du professeur Emile Daraï, chef du service gynécologie à l’hôpital Tenon, à Paris, et visé par une enquête pour viol sur mineur, un autre médecin de ce même établissement de l’AP-HP est sous le coup d’un signalement pour des violences obstétricales supposées.

      #paywall

  • Pour une médecine féministe, avec #GYN&CO

    « On se lève et on se casse. » Pour sa saison 2, Genre aux poings se consacre aux féminismes de 2021 et à leur bouillonnement. Quelles stratégies coexistent contre la domination patriarcale ? Quelle force et quels moyens sont mobilisés pour se battre ? Cette semaine, Mélanie et Charline du collectif Gyn&Co nous parlent de leur travail et de la définition d’une médecine féministe.

    Épisode 9 : Pour une médecine féministe, avec Gyn&Co

    C’est quoi une médecine féministe ? Qu’est-ce qu’un‧e soignant‧e safe ? Charline et Mélanie, toutes deux membres du collectif Gyn&Co, créé en 2013, mettent en avant un principe d’écoute des besoins et des douleurs des patient‧es. « C’est être à l’écoute de ce que la ou le patient‧e exprime, son vécu, son besoin et qu’aucun acte ne lui soit imposé. C’est se départir de ses préjugés racistes, sexistes, transphobes, et être conscient‧e de ces oppressions dans le milieu médical. »

    Les discriminations liées au sexe et au genre s’immiscent aussi dans les cabinets médicaux et les services des hôpitaux. Depuis une dizaine d’années, les témoignages s’accumulent de patient‧es qui dénoncent les violences sexistes et sexuelles subies lors de consultations. Souvent, les champs de la gynécologie et de l’obstétrique concentrent beaucoup de témoignages. Le 19 novembre 2014, le hashtag #PayeTonUtérus fait émerger plus de 7000 témoignages de femmes en moins d’une journée.
    Renverser une médecine oppressive

    Au-delà de recevoir ces témoignages de #violences et de #discriminations, Gyn&Co se veut une initiative permettant de renverser plus profondément la pratique de cette médecine longtemps exercée par des hommes et pour des hommes. « On s’inscrit dans une tradition féministe du ‘#self-help’. Les mouvements des années 70 ont offert la #réappropriation_des_savoirs et des pouvoirs sur nos #corps. L’institution médicale a eu pour objet de nous déposséder de ces #savoirs », précise Charline.

    https://radioparleur.net/2021/05/01/medecine-feministe-avec-gynco
    #féminisme #médecine_féministe #gynécologie #femmes #audio #podcast

    • L’articulation féminin/fécondité est au cœur de ce raisonnement : une femme « normale » serait ainsi une femme féconde. Enfin, le vieillissement est confronté à des représentations hiérarchisées socialement entre les femmes et les hommes. Susan Sontag évoque ainsi un double standard : d’un côté un vieillissement féminin marqué par la ménopause, ancré du côté de la pathologie et de la déficience, perçu comme disqualifiant, et à l’opposé, un vieillissement masculin synonyme de maturité, d’expérience et valorisé.

      #médicalisation
      #idées_reçues
      #gynécologie_masculiniste
      #genre
      #disqualification_sociale

      Et à cela, tu peux ajouter l’#ignorance colportée et entretenue autour du corps des femmes. Notamment l’idée que je ne vois jamais étudié sur la ménopause qui ferait que les femmes ménopausées n’ont plus de sexualité ni de désir, que le vagin devient sec et douloureux. Et que la femme ménopausée soumis au regard masculin qui décide de l’ordre du monde devient donc indésirable dans le pieu mais aussi dans la vie sociale par son propre corps.

      A mes sœurs non ménopausées, n’allez pas croire que cela est vrai, aussi sous ces prétextes dégueulassasses et misogynes ne vous faites pas prescrire sans votre demande expresse des saloperies pour mouiller comme il se doit ou de quelconques hormones qui risquent de déclencher des dysfonctionnements cellulaires.

      #jouir
      #vieillir

  • Lorient, territoire sinistré de la gynécologie - Gynécologie : la galère dans le pays de Lorient - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient/lorient-territoire-sinistre-de-la-gynecologie-23-10-2020-12644203.php

    Dans quelques mois, trois gynécologues médicaux, sur les six que compte le pays de Lorient, partiront à la retraite. Un seul praticien prend encore de nouvelles patientes. L’hôpital ne peut plus absorber les consultations pour contrôle ou dépistage. Les #femmes sont désemparées, les libéraux révoltés mais les hospitaliers se veulent rassurants.

    « C’est une régression très nette pour le droit des femmes à avoir une santé, une sexualité, une contraception optimales ». Claire Le Moigne, gynécologue depuis 32 ans à Lanester, n’hésite pas à employer des mots forts pour exprimer son ressenti face à la pénurie de gynécologues médicaux dans le pays de Lorient. Elle partage le cabinet de #gynécologie de Lanester avec Annie Buronfosse. Elles partiront toutes deux à la retraite le 31 mars 2021.

    Les 30 400 patientes d’Annie Buronfosse

    Annie Buronfosse a été de celles qui ont signé des pétitions, manifesté il y a 20 ans pour maintenir la formation de gynécologues médicaux. À quelques mois de tourner le dos à une carrière riche, elle oscille « entre la colère et la tristesse ». Émue de voir ses patientes désemparées, rancunière envers l’État : « Il y a des jours où je me dis que les femmes devraient porter plainte contre les ministres de la Santé qui se sont succédé ». Elle aura un pincement au cœur en regardant une dernière fois ses plus de 30 400 dossiers de femmes mais ne se sent pas coupable : « Je ne suis pas responsable de l’incurie des gouvernants ». Ses pensées vont à ses patientes qui ont tant besoin d’un professionnel et à la condition de la femme. « C’est grave et triste ».

    la newsletter de ma chatte :
    https://lesflux.substack.com

  • Le ressenti corporel de la ménopause est aussi culturel | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/192405/menopause-regles-menstruations-culture-biologie-symptomes-normes-bouffees-chal

    « Venant d’une culture non occidentale, j’ignorais que la ménopause provoquait une dépression ou tout autre trouble psychologique ou physique », écrit l’anthropologue éthiopienne Yewoubdar Beyene, dans son ouvrage From Menarche to Menopause, paru en 1989. Ses recherches au Mexique auprès d’une centaine de villageoises mayas ont également mis en lumière que la plupart de ces femmes ne se plaignaient pas de bouffées de chaleur et qu’elles n’avaient d’ailleurs aucun mot pour désigner cette manifestation corporelle. Or ces fluctuations ménopausiques ne sont pas qu’une question de vocabulaire ni même de génétique. De nombreuses recherches ont révélé la variabilité des sensations corporelles autour de la ménopause entre pays et entre femmes de différentes origines au sein d’un même pays mais aussi entre femmes d’une même origine vivant dans des pays différents. « Pour penser le corps, on ne peut pas uniquement le réduire à de la biologie. Le corps et ses manifestations sont toujours inscrites dans un contexte social », appuie Cécile Charlap, autrice de La Fabrique de la ménopause (Éd. du CNRS, 2019).

    Si « la ménopause est un phénomène biologique universel –l’arrêt de la fonction reproductive et l’arrêt des règles– qui est commun à toutes les femmes, définit l’anthropologue et psychiatre Daniel Delanoë, notamment auteur de l’ouvrage Sexe, croyances et ménopause (éd. Hachette, 2006), d’autres éléments, les symptômes et processus biologiques associés, sont issus d’une construction sociale, qui diffère beaucoup selon les époques et les cultures ».

    Mais ces représentations sociales autour de la ménopause agissent plus ou moins directement sur les signes cliniques, et l’état physiologique ménopausique est donc grandement culturel.

    Alimentation (pauvre ou riche en soja), construction sociale d’un « problème » de santé (lors de l’invention d’une molécule qui y répond...), représentations sociales dévalorisantes contribuent à faire vivre différemment la ménopause selon la culture locale ou le milieu social.

    Tant que les femmes sont assignées au rôle de mère ou de jolie potiche, elles auront l’impression de perdre toute valeur sociale au moment de la ménopause, percevront l’orée de la cinquantaine comme un « âge critique » et souffriront donc davantage du tableau clinique qui sera le leur, suivant leurs dispositions génétiques ainsi que leur « biologie locale ». « La ménopause est un point d’accroche de la domination masculine, affirme l’anthropologue. Plus la domination masculine est sévère, plus la ménopause sera difficile à vivre au niveau de l’expérience sociale et de la valeur attribuée à l’expérience physique. »

    #gynécologie #corps_féminin #ménopause #santé #reproduction

  • Jen Gunter : Why can’t we talk about periods ? | TED Talk
    https://www.ted.com/talks/jen_gunter_why_can_t_we_talk_about_periods

    “It shouldn’t be an act of feminism to know how your body works,” says gynecologist and author Jen Gunter. In this revelatory talk, she explains how menstrual shame silences and represses — and leads to the spread of harmful misinformation and the mismanagement of pain. Declaring the era of the menstrual taboos over, she delivers a clear, much-needed lesson on the once-mysterious mechanics of the uterus.

    #Jennifer_Gunter a trouvé plus tabou que les règles : la diarrhée qui va souvent avec. Je ne sais pas si elle en parle dans cette #vidéo TED.

    #gynécologie #règles #tabou

  • Longtemps contrainte au silence, la victime d’un écrivain pédophile témoigne enfin - The New York Times
    https://www.nytimes.com/fr/2020/03/31/world/europe/matzneff-francesca-gee.html

    Dix ans plus tôt, à l’âge de 15 ans, Mme Gee avait noué avec M. #Matzneff — bien plus âgé qu’elle — une relation traumatisante qui avait duré trois ans. Maintenant, non seulement il exhibait un portrait d’elle adolescente en couverture de son roman, mais il y incluait les lettres qu’elle lui avait écrites, s’insurge-t-elle, sans son autorisation ni même l’en avoir informée.

    Pendant des décennies, malgré ses protestations répétées, M. Matzneff s’est servi de la correspondance de Mme Gee pour justifier la pédophilie et ce qu’il affirmait être de merveilleuses histoires d’amour avec des adolescentes. Il bénéficiait de l’appui incessant d’une partie des élites littéraire, médiatique, économique et politique.

    En 1973, alors que Mme Gee avait 15 ans et M. Matzneff 37, une amie de l’écrivain leur présenta une gynécologue qui acceptait de prescrire la pilule contraceptive à des mineures sans l’autorisation de leurs parents, ce qui était alors illégal.

    Dans son journal de l’époque, Élie et Phaéton, M. Matzneff rapporte que la gynécologue, le Dr #Michèle_Barzach, « à aucun moment n’a cru devoir faire la morale à ce monsieur de trente-sept ans et à sa maîtresse de quinze ».

    Mme Gee affirme avoir consulté le Dr Barzach une demi-douzaine de fois en trois ans, toujours en compagnie de M. Matzneff.

    « Il l’appelle pour prendre rendez-vous, et on y va », se souvient-elle. « Il est dans la salle d’attente pendant la consultation. Puis il entre, ils discutent et il la règle ».

    Dans ses autres journaux, M. Matzneff écrit que le Dr Barzach devint la gynécologue chez qui, après sa rupture avec Mme Gee en 1976, il a continué pendant des années à emmener des jeunes mineures.

    Le Dr Barzach, qui est également psychanalyste, a été ministre de la Santé de 1986 à 1988 sous la présidence de François Mitterrand.

    De 2012 à 2015, elle a été présidente de la branche française de l’UNICEF, l’agence des Nations Unies pour la #protection_de_l’enfance.

    #pédocriminalité #gynécologie #complicité #femmes_de_droite

  • « Trop paternaliste et autoritaire » : la formation des futurs gynécologues en pleine réflexion
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/12/12/la-formation-des-futurs-gynecologues-en-pleine-reflexion_6022567_4401467.htm
    Empathie, consentement, sensibilisation aux violences gynécologiques : la formation des jeunes spécialistes du corps des femmes évolue. Mais les pratiques varient beaucoup d’une université à une autre.

    Etudiante en troisième année de médecine à Lyon-Est, Lisa ne compte plus le nombre de fois où elle est sortie d’amphi « choquée » par ses premiers cours de gynécologie. « Le professeur nous faisait écrire que les femmes sont plus enclines à avoir des relations sexuelles avec des sentiments, quand les hommes sont plus dans le visuel. Ce sont des clichés sans fondements biologiques. Il y avait aussi beaucoup de jugements sur certaines sexualités, des propos sexistes ou infantilisants. Quel type de médecin ces enseignements feront-ils de nous ? », se désole la jeune femme de 19 ans.

    Cette question, le Haut Conseil à l’égalité (HCE) a tenté d’y répondre en 2018. Dans son rapport où il alerte sur la multiplication des violences gynécologiques et sur le « sexisme ambiant » dans le monde médical, le HCE recommande, dans le cadre de la formation des gynécologues, de repenser le rapport aux patientes, les pratiques obstétriques – notamment les épisiotomies [incision du périnée lors de l’accouchement], ou l’accueil des personnes LGBTI. Des défis multiples pour une formation « trop paternaliste et autoritaire », convient la ministre de la santé Agnès Buzyn, auditionnée pour ce rapport.

    Parmi les violences obstétricales ou gynécologiques répertoriées par l’Institut de recherche et d’action pour la santé des femmes figurent l’imposition d’actes (frottis, touchers vaginaux) hors des recommandations de la Haute autorité de santé, d’examens cliniques non consentis, les jugements humiliants, les violations de l’intimité ou de la confidentialité. Mais aussi le refus de poser un stérilet à une jeune femme, ou d’une péridurale demandée par la patiente, le retrait d’implant sous-cutané ou la réfection d’épisiotomie sans anesthésie locale…
    « Gynéco bashing »

    « Un climat très dur règne dans la formation médicale, que ce soit dans les rapports hiérarchiques entre internes et médecins ou dans la très sexiste culture carabine. Cela imprègne les mentalités et les schémas de comportement des futurs médecins, et peut rejaillir dans leurs pratiques », analyse Margaux Collet, corapporteure de l’étude du HCE. « La relation patient-soignant et l’empathie sont délaissées, tout au long du cursus, au profit de la technique, ajoute-t-elle. On pense que le gynécologue – le sachant – n’aurait pas besoin d’associer la patiente à la prise de décision. Ce sont autant de choses à bousculer d’urgence. »

    Côté praticiens, certains dénoncent une forme de « gynéco bashing » et la généralisation de cas particuliers. Ils rappellent l’existence d’impératifs médicaux ou de contraintes liées au temps, mais réfutent le terme de « violences » gynécologiques. Une position partagée par Madeleine, étudiante de 22 ans : « Le débat peut exister sur certains gestes, mais beaucoup de polémiques sont galvaudées. Par exemple, on reproche aux étudiants de ne pas dire explicitement qu’ils sont étudiants avant une consultation mais, dans les hôpitaux universitaires, c’est une évidence ! »

    La suite est réservée aux abonnés.

  • Plainte pour fichage de 35000 patientes atteintes d’un cancer

    Une grande solitude, la CNIL met cinq mois à répondre !
    https://souriez.info/Plainte-pour-fichage-de-35000

    RGPD une illusion de protection ?

    L’association Souriez vous êtes filmé·es s’insurge de tout fichage qui stocke des éléments confidentiels de santé dans une base de données de surcroit non déclarée et accessible à n’importe qui ainsi que du traitement réservé à sa plainte par la CNIL.

    Suite à la découverte de la page internet* sur laquelle le professeur Aubard du CHU de Limoges se vante avec moults détails d’avoir fiché 35000 patientes atteintes d’un cancer l’association Souriez vous êtes filmés a porté plainte auprès de la CNIL en décembre dernier.

    Plainte déposée le 11 décembre 2018

     : L’Association « Souriez vous êtes filmé.es » dépose plainte auprès de la CNIL concernant le fichier constitué par le Pr Aubard, fichier non déclaré à vos services. Nous vous demandons de nous tenir au courant de l’avancée de cette plainte. En effet, le Pr Aubard déclare sur le site de FileMaker (qui en profite pour faire sa publicité) avoir créé le fichage de plus de 35000 patientes avec un accès à 372 utilisateurs et pour chaque patiente ses coordonnées, ses informations d’état civil et familiales, ainsi que ses antécédents médicaux et chirurgicaux https://www.filemaker.com/fr/soluti... voir PDF de la page en Pièce jointe Extrait « Chaque intervenant doit pouvoir entrer dans la base ce qu’il a fait. Ca commence par le médecin en passant par la secrétaire, la sage-femme, l’infirmière, l’aide soignante, bref tout le service. Pour vous donner une idée, j’ai à ce jour donné 372 codes d’accès, il y a donc 372 utilisateurs de ma base de données », explique le Pr Aubard. Il ajoute : « Au fil des années, j’ai tout développé, ce qui m’a pris beaucoup de temps. Actuellement, il n’y a pas d’équivalent ! Si une nouveauté apparaît dans la spécialité, je l’intègre immédiatement dans mon fichier. »
    Réponse de la CNIL

    La CNIL, après avoir été relancée pour instruire la plainte enregistrée, nous répond par courrier le 7 mai 2019, soit près de 5 mois plus tard :

    « Dans le cadre de l’instruction de votre plainte, nous vous informons que nous adressons ce jour un courrier aux services du CHU de Limoges pour les interroger sur les différents points soulevés par celle-ci au regard du réglement Général sur la protection des Données (RGPD) applicable depuis le 25 mai 2018 »
    Qui est le Pr Aubard

    Le Pr Aubard qui se vante dans l’entretien d’avoir constitué de son propre chef le fichier des 35000 patientes non pas grippée mais atteinte d’un cancer est chef du service gynécologie-obstétrique au sein de l’hôpital de la mère et de l’enfant - CHU de Limoges. Le professeur Aubard apparait également comme signataire du texte qui comparait les femmes à des juments lors du congrès national des gynécologues obstétriciens https://www.francetvinfo.fr/societe/droits-des-femmes/au-congres-des-gynecologues-une-diapositive-compare-les-femmes-a-des-ju

    La peur des informaticiens du CHU

    En toute ignorance du droit informatique des patientes, le Pr Aubard ajoute dans l’interview où il expose ses méthodes de fichage des données confidentielles de 35000 femmes « Cette flexibilité et cette réactivité font peur aux informaticiens du CHU, qui ont beaucoup de mal à admettre que les médecins aient besoin de cela pour utiliser à plein un dossier informatique médicale. »

    L’association Souriez vous êtes filmés considère tout commentaire comme superflu.

    *Entretien disponible à l’adresse suivante https://www.filemaker.com/fr/solutions/customers/stories/aubard.html

    #plainte_CNIL #RGPD #fichage #médecine #cancer #sexisme_medical #femmes #CNIL #delirium_informatique #épée_dans_l'eau #solitude_du_militant #lanceur_d'alerte

  • Women paint their clothes with red in protest against the J. Marion Sims statue in New York, known as the “father of modern gynaecology” the protestors highlighted the doctor performed painful surgeries on enslaved black women without consent or anaesthesia


    https://twitter.com/womensart1/status/1121671458327896065

    La statue a été déplacée en 2018

    New York City’s Public Design Commission voted unanimously on Monday to remove the statue of J. Marion Sims, a 19th century surgeon who conducted experimental operations on female slaves, from its place of honor in Central Park.

    It was the first decision to alter a prominent New York monument since Mayor Bill de Blasio called for a review of “symbols of hate” from city property eight months ago, in the wake of the white supremacist protest in Charlottesville, Va., that left one person dead.

    A commission that Mr. de Blasio created to make recommendations about how to evaluate the city’s monuments and other public images had proposed that the Sims statue be removed.

    The Parks Department will remove the statue, at 103rd Street, near the northeast corner of Central Park, at 8 a.m. Tuesday, according to Natalie Grybauskas, a mayoral spokeswoman.

    https://www.nytimes.com/2018/04/16/nyregion/nyc-sims-statue-central-park-monument.html

    Déplacée pour la seconde fois mais toujours debout

    A bronze statue by Ferdinand Freiherr von Miller (the younger), depicting Sims in surgical wear,[42] was erected in Bryant Park, New York, in 1894, taken down in the 1920s amid subway construction, and moved to the northeastern corner of Central Park, at 103rd Street, in 1934, opposite the New York Academy of Medicine.[23][43] The address delivered at its rededication was published in the Bulletin of the New York Academy of Medicine.[44] This is the first statue erected in the United States in honor of any physician. The statue became the center of protests in 2017 due to Sims’ operations on enslaved black women.[45] Vandals defaced the statue with the word RACIST and painted the eyes red.[46] In April 2018, the New York City Public Design Commission voted unanimously to have the statue removed from Central Park and installed in Green-Wood Cemetery, near where Sims is buried.[43]

    https://en.wikipedia.org/wiki/J._Marion_Sims

    #grand_homme #chirurgie #racisme #gynécologie #femmes
    #James_Marion_Sims

  • Les lesbiennes, grandes oubliées de la prévention sexuelle | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1519904677-la-sexualite-lesbienne-snobee-par-les-soignants

    Au-delà du manque de formation, beaucoup de soignants n’envisagent pas forcément que leur patiente puisse avoir une vie sexuelle avec une autre femme. Lors de la première consultation, le rituel du soignant est d’adresser une série de questions à la patiente sur sa santé sexuelle et ses pratiques. Mais bien souvent, les questions se concentrent sur la contraception. « Il y a peu de situations où ces femmes peuvent parler de leurs relations sexuelles. Les soignants ont une approche hétérocentrée. Ils ont des normes qui excluent des femmes, et contribuent à les laisser dans l’ombre », regrette Cécilia Giles, étudiante sage-femme, qui prépare un mémoire sur les consultations gynécologiques des lesbiennes.

    #lesbiennes #gynécologie #femmes #sexisme_médical

  • #Speculum moderne : l’outil de #gynécologie réinventé
    http://www.madmoizelle.com/speculum-nouveau-design-840901

    Le speculum a été conçu dans les années 1840 par un homme, le docteur James Marion Sims, « père de la gynécologie moderne ». Un père peu aimant qui a notamment expérimenté, sans anesthésie, sur des esclaves.

    Autant vous dire que le confort de ses patient·es n’était pas le premier de ses soucis.

  • « C’est un véritable retour en arrière » : comment la pénurie de #gynécologues menace la santé des femmes
    https://www.francetvinfo.fr/sante/professions-medicales/c-est-un-veritable-retour-en-arriere-comment-la-penurie-de-gynecologues

    « Aujourd’hui, il y a en moyenne trois professionnels pour 100 000 femmes en âge de procréer et donc de consulter, c’est très inquiétant » [rapporte] Marie Stagliano, coprésidente du Comité de défense de la #gynécologie_médicale. Entre 2007 et 2017, le nombre de gynécologues médicaux a chuté de 42%. En 2017, le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a recensé six départements totalement dépourvus de gynécologues. Et cette désertification touche aussi bien les campagnes que les villes. Paris a perdu, en huit ans, 43% de ses gynécologues médicaux. En banlieue parisienne, certaines villes comme Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ou Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) sont totalement dépourvues de gynécologues libéraux.

    #femmes #médecine #démographie_médicale #politique_publique #santé

  • « Mettre fin à l’#impunité des agresseurs » avec #Isabelle_Attard

    Comment libérer la parole autour des #violences_sexistes et sexuelles ? Comment mettre un terme à l’impunité des agresseurs ? Isabelle Attard nous répond à l’occasion du salon « Des livres et l’alerte » qui se tenait à la Maison des métallos à Paris le 17 novembre 2018.


    https://radioparleur.net/2019/01/24/isabelle-attard-entretien
    #sexisme #violences_sexuelles

  • Le cancer oublié qui tue les femmes
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0600521676546-le-cancer-oublie-qui-tue-les-femmes-2237065.php

    Si le mot prévention a un sens, il faut donc revoir notre politique de détection de ce cancer, qui repose aujourd’hui sur la pratique des frottis cervico-vaginaux effectués par les 4.700 gynécologues, dont 1.100 purement médicaux, exerçant en France et analysés par les 1.600 anatomopathologistes qui recherchent sous leurs microscopes les cellules anormales. Ces frottis, dont la fiabilité n’est que de 60 %, affichent un coût global de près de 70 euros qui seront prochainement pris intégralement en charge par l’Assurance-maladie.

    Or il existe une technique beaucoup plus simple, rapide, non invasive et discrète pour détecter la présence du virus oncogène sur le col utérin. Ce test est purement biochimique, moléculaire et d’une fiabilité bien supérieure puisque 95 % des femmes, lorsqu’il est négatif, ne développeront pas le cancer. A l’aide d’une petite brosse, la femme peut prélever elle-même les sécrétions vaginales à examiner avant de remettre le tube au laboratoire de biologie qui réalisera le test ou l’adressera à une centrale équipée pour le faire. Or cette technique n’est pratiquement pas diffusée en France, moins de 60.000 tests étant pratiqués par an.

    #papillomavirus #cancer #prévention (avec toujours plusieurs trains de retard pour la France)

  • « Accès des femmes aux postes hospitalo-universitaires : il est temps de passer à l’action »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/28/acces-des-femmes-aux-postes-hospitalo-universitaires-il-est-temps-de-passer-

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon ceux du Conseil national de l’Ordre des médecins (consultables en ligne), en 2016, 54 % de la population des médecins de 35-50 ans étaient des femmes. Comparativement, en 2017 et 2018, sur 366 nominations à un poste de professeur des universités – praticien hospitalier (PU-PH), 104 (soit 28 %) concernaient des femmes. Ces mêmes années, sur 298 nominations à un poste de maître des conférences – praticien Hospitalier (MCU-PH), 113 (soit 38 %) concernaient des femmes.

    Dans certaines disciplines, l’écart de nomination entre les hommes et les #femmes est particulièrement marqué : anesthésie, #médecine intensive-réanimation, psychiatrie, rhumatologie, médecine Interne, gastro-entérologie et hépatologie, #chirurgie thoracique, plastique, orthopédique, et vasculaire, ou #gynécologie-obstétrique notamment.

    #paywall #sexisme

  • #Violences_gynécologiques : fin de partie(s) ?

    Pensée depuis plus de vingt ans en Amérique latine, la question des violences gynécologiques commence à peine à émerger en France. Un ramdam bien mérité qui fera peut-être date dans l’histoire des luttes anti-sexistes. Voyage en #gynécologie, une discipline où soignant rime un peu trop souvent avec maltraitant.

    « Elle va patienter pour la péridurale. Elle a voulu un gosse à 16 ans, elle va comprendre » ; « Vous savez où est votre point G ? Je peux vous aider à le trouver si vous voulez » ; « La pilule ne vous convient pas ? Dans ce cas on se reverra pour une IVG ou un suivi de grossesse. » Voici un florilège de paroles de soignants, de sages-femmes et de gynécologues. Des propos heurtants, parfois suivis d’actes plus brutaux encore, preuves de l’existence d’une réalité peu reluisante : celle des violences gynécologiques.

    En France, le sujet a longtemps été éludé, jusqu’à ce qu’une poignée de femmes s’empare de la question en 2014. En 24 heures, sous l’impulsion du hashtag #Payetonuterus, pas moins de 7 000 témoignages sont recueillis. L’année suivante, la polémique enfle après la parution d’une note de la faculté de médecine de Lyon-Sud qui révèle que des touchers vaginaux ont été réalisés par des étudiants en médecine sur des patientes endormies. Il faudra attendre 2017 et des milliers de témoignages pour que l’État commence à réagir : en juillet, le gouvernement charge le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) de rédiger un rapport sur l’ampleur du phénomène. Un an plus tard [1], à la publication, le constat est sans appel : la gynécologie a tendance à faire preuve de trop de complaisance face à un modèle patriarcal pas aussi élimé qu’il n’y paraît.

    Une échelle de la #violence

    « Les violences gynécologiques, ce sont une continuité d’actes qui vont de la remarque jugeante à la blague déconsidérante, du geste intrusif ou non consenti au geste violent. Jusqu’à l’agression sexuelle. Tout ça fait partie d’une forme de domination masculine qui rend possible un contrôle social du corps de la femme », explique Nina Faure, réalisatrice du documentaire Paye (pas) ton gynéco [2]. Cette approche graduelle de la question permet de faire la lumière sur ce sujet. Pointer du doigt ces violences ne revient pas à affirmer que tous les gynécologues sont des violeurs en puissance, ni même qu’ils sont volontairement malveillants, mais c’est soutenir l’idée qu’il existe une forme de #sexisme_latent, bien ancré dans les représentations des professionnels de la gynécologie.

    Hiérarchiser ces agissements, c’est aussi permettre aux femmes de prendre conscience du fait qu’il n’y a pas que les actes qui sont violents. Les mots lâchés ou les climats instaurés font partie intégrante de ces maltraitances. C’est ce qu’explique Sophie [3], rencontrée au cours d’une projection du film de Nina Faure : « Comme beaucoup de femmes, je suis souvent sortie de chez mon gynécologue en me disant que cela ne s’était pas très bien passé, qu’il y avait quelque chose qui grinçait sans pour autant mettre la main dessus. Se dire qu’il y a eu de la violence, c’est une nouvelle étape. »
    Une affaire d’hommes

    « Pour vraiment comprendre les tenants et les aboutissants de ces violences, on ne peut pas faire l’économie de l’histoire de la médecine occidentale, explique Nina Faure. Du fait qu’elle se soit construite sur des bûchers, entre hommes, après que la plupart des femmes ayant un savoir médical sur le corps féminin et la gynécologie ont péri pendant la chasse aux sorcières entre le XIVe et le XVIIe siècle. La médecine moderne s’est construite sans elles. Et cela éclaire ce qu’il se passe aujourd’hui. »

    À partir du XVIe siècle, l’Église et l’État ont accusé les matrones d’entraver les politiques natalistes et de propager une forme d’anti cléricalisme en pratiquant des avortements et en donnant aux femmes l’accès à des techniques de contraception. D’une transmission exclusivement féminine et orale des savoirs populaires, la gynécologie a peu à peu glissé dans le domaine des sciences, essentiellement tenu par des hommes. Au XVIIe siècle, dans la droite ligne des politiques natalistes et pour faire face au taux élevé de mortalité infantile, ce ne sont pas les médecins mais « les barbiers [qui] entrèrent dans les chambres des femmes en couche. Ils étaient désignés, non pas pour leurs compétences médicales, mais parce qu’ils possédaient les outils nécessaires. [...] Les barbiers scièrent donc les bassins des mères, expulsant du corps de femmes laissées pour mortes des nouveau-nés bien vivants. » [4]
    Non, c’est non

    Depuis, la donne a changé. Les femmes demeurent sous-représentées dans les instances décisionnelles mais elles constituent tout de même la moitié des obstétriciens [5] et 94 % des praticiens en gynécologie médicale. Les violences gynécologiques seraient donc essentiellement l’œuvre de femmes. « Les violences gynécos et obstétricales sont des violences systémiques et concernent donc tout le monde dans une certaine mesure. Elles sont le fruit de la domination sexiste, mais aussi du paternalisme médical qui est indissociable de l’enseignement reçu en médecine et des pratiques de soin », explique Héloïse de Bearn, étudiante en master d’« éthique du soin et recherche » à Toulouse.

    C’est en fait une double peine qui est infligée aux femmes. À une forme de domination d’un sexe sur l’autre vient s’ajouter celle du soignant sur le soigné, l’un détenant le savoir et la technique, l’autre étant maintenu dans l’ignorance. Pour Héloïse de Bearn, « le pouvoir que les médecins se donnent repose en grande partie sur leur savoir. Ne pas expliquer aux patientes relève donc d’une stratégie de maintien de la domination. Le problème, c’est que le consentement doit être éclairé et repose donc sur une compréhension par les patientes des examens et soins proposés. »

    C’est cette question du consentement qui cristallise les tensions. Beaucoup de gynécologues maintiennent qu’obtenir l’accord d’une patiente avant tout acte n’a pas de sens, sous prétexte qu’une femme qui entre dans leur cabinet « sait ce qu’il va lui arriver ». Sauf que, dans bien des cas, les touchers vaginaux, les épisiotomies [6] et autres palpations mammaires, réalisés de façon quasi systématique, ne sont pas nécessaires. De nombreux témoignages de patientes pointent un réel défaut de prise en compte de leur avis. Comme celui de cette femme qui se souvient, avec douleur, de son accouchement : « Arrivée en salle de travail, lorsqu’on me pose une perfusion, j’accepte mais je précise que c’est le seul acte médical que je souhaite, car j’ai déjà deux accouchements par voie basse non médicalisés derrière moi et que ce troisième bébé est plus petit que les précédents. Que nenni, à peine mes jambes écartées, on me perce la poche malgré mes demandes d’attendre au moins encore quelques contractions que ça se fasse tout seul, et on me fait l’épisiotomie dans la foulée. » [7] Cette impasse sur le consentement place pourtant les médecins en faute vis-à-vis de la loi Kouchner (2002), qui insiste sur le fait qu’« aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne ».
    Un imaginaire à la peau dure

    Certains professionnels et spécialistes des violences gynécologiques soulèvent aussi l’existence d’un imaginaire collectif particulièrement sexiste. Pour Marie-Hélène Lahaye, juriste, blogueuse et auteure du livre Accouchement, les femmes méritent mieux [8], l’examen gynécologique conseillé dans l’année qui suit le premier rapport sexuel se rapprocherait peu ou prou du rite initiatique. Elle explique : « L’appropriation collective du corps des femmes est un principe de base du patriarcat qui considère qu’avant d’appartenir [au] mari, le corps des femmes appartient à d’autres personnes, en particulier à une autorité supérieure. La forme la plus extrême de ce principe est le droit de cuissage que le seigneur aurait pratiqué en déflorant lui-même les jeunes épouses de ses serfs lors de leur nuit de noces. Bien que les historiens doutent de l’existence réelle de cette pratique moyenâgeuse, le fait qu’elle ait perduré dans la mémoire collective jusqu’à nos jours montre la puissance symbolique de ce rite. L’examen gynécologique imposé par l’autorité médicale à toutes les jeunes filles aux prémices de leur vie sexuelle, voire comme condition pour accéder à une contraception, donc à la sexualité, se rapproche étonnamment de ce principe. » [9]

    Selon Clara de Bort, directrice d’hôpital et auteure du blog En jupe !, les touchers vaginaux répétés, notamment lors des accouchements, véhiculeraient par ailleurs l’idée que « lorsqu’une femme a été pénétrée une fois, elle peut l’être [sans limites] ».
    Des consultations à part

    La banalisation des violences gynécologiques serait également liée au fait que le caractère singulier de cette consultation est bien souvent nié. Face à la caméra de Nina Faure, le président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Israël Nisand, refuse de parler de pénétration pour un toucher vaginal. Son prédécesseur à ce poste, Bernard Hédon, estime même que ce toucher n’est pas un examen invasif.

    La réalisatrice a, quant à elle, un tout autre point de vue : « Le problème, c’est que, spontanément, on aimerait bien que le médecin puisse faire complètement abstraction du corps qu’il a en face de lui. Mais ce n’est pas parce que c’est vrai pour le médecin que c’est vrai pour nous : mon sexe ne change pas de nature quand je passe la porte d’un cabinet. Il ne devient pas un pied ou une épaule. Ce qui compte, c’est quel point de vue est reconnu comme légitime ? » Elle ajoute : « D’ailleurs, ce n’est pas vrai qu’ils l’oublient. Une étudiante en médecine me disait que face à un enseignant qui lui tenait ce discours, elle avait demandé pourquoi les étudiants ne s’exerçaient pas les uns sur les autres comme c’est le cas par exemple pour les prises de sang. Personne n’avait répondu. »
    Surveiller et punir

    Le rapport du HCE s’attarde également sur la tendance constante à réduire l’appareil génital féminin à sa fonction reproductrice. Savoir que la première représentation anatomique complète du clitoris date de 1998 et que cette même représentation a dû attendre 2017 pour être publiée dans un manuel scolaire, donne un aperçu du tabou qui règne sur la sexualité et le plaisir féminin. Pour Coline Gineste [10], la gynécologie « sert désormais à surveiller et corriger les comportements contre-productifs aux yeux de la société. Or qu’y a-t-il de plus contre-productif qu’une femme qui n’enfante pas ? Une sexualité détachée de la procréation, qui ne viserait que le plaisir, désorganiserait la société, mettrait en question la pérennité du peuple, elle doit donc être maîtrisée, normativisée, disciplinée. [...] La gynécologie, alors qu’elle devient sur le papier un champ de libération des personnes de sexe féminin, dans la pratique que l’on en fait s’avère être un organe de contrôle de la sexualité féminine. »

    Cela s’illustre assez bien lorsqu’un gynécologue refuse à une femme n’ayant pas encore d’enfant de lui poser un DIU [11] en cuivre sous prétexte qu’il exposerait la patiente à des risques infectieux pouvant mener à une stérilité, ou lorsqu’un médecin refuse de ligaturer les trompes d’une femme qui en fait pourtant la demande. « Encore une fois, il s’agit de dire : “ Ce n’est pas à vous les femmes de décider ni de ce que vous faites, ni de comment vous le faites. ” Le fait d’émettre des jugements permanents nous dépossède de notre autonomie et de notre capacité à décider par nous-mêmes. On va d’ailleurs souvent chez le gynécologue non pas pour avoir des conseils avisés mais en culpabilisant. Pourtant on n’est pas chez le médecin comme chez le curé, on n’est pas là pour confesser nos péchés », assène Nina Faure.

    Si l’injonction à la norme est souvent mal vécue, elle l’est d’autant plus pour les femmes qui se trouvent à l’intersection de plusieurs formes de stigmatisation : « Tous les rapports de domination qui traversent la société s’expriment dans un cabinet gynécologique. La violence de ces rendez-vous se décuple quand on est homo, trans, racisée, handicapée, obèse... », renchérit Nina Faure.

    D’après de multiples témoignages, quand il s’agit d’accompagner une patiente lesbienne, beaucoup de gynécologues sont encore englués dans un imaginaire complètement déconnecté des réalités et largement emprunt d’homophobie. Certains considèrent d’ailleurs que les rapports entre femmes ne constituent pas de vraies relations sexuelles. Cela se corse davantage quand la patiente est un homme trans. La plupart des gynécologues sont complètement déboussolés face à la prise en charge de cette patientèle. Les personnes handicapées ou obèses se heurtent, elles aussi, à des barrières qui rendent parfois infranchissable la porte du cabinet gynécologique. Quant aux femmes racisées et allophones, elles sont souvent démunies face à l’impossibilité de communiquer avec leur interlocuteur. D’autres sont parfois soumises à des jugements largement teintés d’ethnocentrisme.
    Une quatrième vague féministe ?

    Face à ces violences, les langues se délient peu à peu dans l’espoir d’équilibrer un peu la balance. « Cette libération de la parole, c’est une tentative collective de créer une nouvelle intégrité physique. On essaie d’exister en agrandissant l’espace de liberté autour de ce point », se réjouit #Nina_Faure. La création du site #Gyn&co (https://gynandco.wordpress.com) fait partie des initiatives qui vont dans ce sens. Cette plate-forme collaborative propose une cartographie des soignants dont la prise en charge est considérée moins paternaliste et plus inclusive. Certaines femmes font également le choix de se tourner vers l’#auto-gynécologie, aussi appelée #self-help. Elles réinvestissent leur corps en apprenant à en connaître le fonctionnement. Certaines réalisent elles-mêmes leurs frottis dont elles envoient le prélèvement à un laboratoire. D’autres deviennent expertes dans la pose de DIU. Un collectif, dont fait partie Nina Faure, s’attelle en ce moment à l’actualisation et la réédition d’un ouvrage phare des années 1970, Notre corps, nous-mêmes, dont la parution est prévue pour septembre 2019. Une quatrième vague féministe ? Force est de constater que les déferlantes se multiplient et s’abattent avec fracas sur une digue du patriarcat de plus en plus friable. Mais toujours debout.

    http://cqfd-journal.org/spip.php?page=pages_mobiles&squelette_mobile=mobile/article&id_article=2459
    #femmes #médecine #sexisme

    • Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical - Des remarques aux violences, la nécessité de reconnaître, prévenir et condamner le sexisme

      Depuis plusieurs années, les témoignages de femmes se multiplient dénonçant un suivi gynécologique porteur d’injonctions sexistes, des actes médicaux non nécessaires pendant l’accouchement voire des violences sexuelles dans le cadre du suivi gynécologique et obstétrical. Ces témoignages, partagés sur Twitter, des tumblrs, des blogs ou dans les médias ont notamment émergé, en France, après le lancement du hashtag #PayeTonUtérus, fin 2014, mentionné par plus de 7000 tweets en 24 heures. Les faits dénoncés par les femmes ont été regroupés sous l’appellation « violences gynécologiques et obstétricales », expression, apparue en Amérique latine aux débuts des années 2000, qui a permis de faire émerger une réflexion féministe sur la spécificité des maltraitances subies, par les femmes, dans le cadre de la relation de soins. Dans ce contexte, la Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a saisi en juillet 2017 le Haut conseil à l’égalité d’un rapport sur ce sujet, avec pour objectifs de « mesurer et objectiver le phénomène en identifiant précisément la nature des problématiques soulevées » et de « mettre en exergue les différents leviers à mobiliser », autant en termes de besoins de formation des professionnel.le.s concerné.e.s, que sur l’évolution des pratiques souhaitables dans le suivi gynécologique et obstétrical.

      https://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/184000411-les-actes-sexistes-durant-le-suivi-gynecologique-

      #rapport

    • Oui @aude_v tout à fait d’accord
      J’ajoute que c’est l’expression du fait que les médecins et leurs représentant·es adoptent le point de vue du violeur et non celui de la victime.
      Dans les sondages qui questionnent les violeurs, ils répondent souvent qu’ils le font pour « remettre une personne à sa place »- le but est d’humilier et briser la victime pas de prendre du plaisir pour l’agresseur. Il y a aussi des violeurs qui violent pour que ca leur porte chance, ou qui croient que ca leur soigne le VIH, tous ces mecs n’ont pas de motivation sexuelles, tout comme les médecins.
      La question du viol n’est pas de savoir si l’agresseur a bien bandé et quelle était l’intensité du plaisir sexuel qu’il a éprouvé. La question c’est le fait qu’une personne a été pénétré sans son consentement.
      C’est ce qu’essaye de faire comprendre la personne qui parle à Nisan dans le docu « Paye (pas) ton gyneco » mais le vieux violophile n’y arrive toujours pas.

  • #Violences_gynécologiques et obstétricales en #Croatie : les #femmes brisent le silence

    Grâce à la campagne #prekinimošutnju (« #brisonslesilence ») lancée par l’ONG Roda, les expériences gynécologiques et obstétricales traumatisantes vécues par de nombreuses femmes en Croatie reçoivent enfin l’attention du public. Des #témoignages bouleversants qui révèlent le contexte délétère de la #santé et l’attitude vis-à-vis du #corps des femmes et de leurs #douleurs. Analyse engagée.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/Violences-gynecologiques-obstetricales-Croatie
    #violences_obstétricales #gynécologie

  • (1) Paye (pas) ton gynéco - Documentaire - Nina Faure - 2018 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=fsRZ59Urc2I


    http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2018/07/10/un-examen-gynecologique-filme-en-camera-cachee-linterview-de-la-realisatrice-nina-faure/#xtor=RSS-32280322

    Après les blogs, les réseaux sociaux, la presse écrite et les émissions radio, un nouvel outil de dénonciation des maltraitances gynécologiques et obstétricales émerge : le documentaire vidéo.

    Il y a quelques jours, le court documentaire Paye (pas) ton gynéco a été mis en ligne, et a déjà été vu plus de 50 000 fois. Voici l’interview de sa réalisatrice Nina Faure.

    Comment vous est venue l’idée de ce documentaire ?

    Comme beaucoup de femmes, j’ai vécu des actes et des remarques désagréables dans le cadre de consultations gynécologiques, sans forcément me rendre compte que ce n’était pas normal. Par exemple, les médecins me demandaient systématiquement quand j’allais avoir un enfant. Ou encore, comme seule réponse à un problème de mycoses à répétition, un gynécologue m’a conseillé de changer de partenaire parce que la taille de son pénis était trop grosse et de sortir avec un asiatique (sic).

    Puis il y a eu #PayeTonUtérus sur les réseaux sociaux. Beaucoup de témoignages rejoignaient ce que j’avais vécu, et j’ai pris conscience que le problème était bien plus vaste et plus systémique qu’une simple malchance de tomber sur un praticien mal intentionné ou incompétent.

    #sexisme #violences #gynécologie

    • J’ai été à l’hôpital consulter une gynéco réputée pour son professionnalisme, mais ça c’est à nouveau très mal passé malgré son simulacre d’écoute. J’avais pourtant tenté de désamorcer tout problème en lui parlant avant des violences subies en gynécologie. Comme je lui demandais si elle avait lu « le livre noir de la gynécologie » de Mélanie Dechalotte (dans lequel mon témoignage apparait) elle m’a répondu avec un revers de main qu’il n’en était pas question et que les gynécologues subissaient des critiques injustes relayées sur internet. J’étais dépendante de cet examen, il m’aurait fallut attendre 6 mois ensuite pour un rdv. Je regrette de n’être pas partie en lui expliquant pourquoi.

    • Désolé que tu ai eu à subir cette fausse écoute et cet examen @touti Le fait qu’un·e gyneco soit recommandé par des proches ou par la liste Gyn&Co ne suffit malheureusement pas à être à l’abri des violences médicales et sexistes. J’avais été consternée de voire que même Odile Buisson est sur cette ligne. Je me souviens d’une émission dans laquelle elle finit par se laissé convaincre par les personnes qui rapportaient les témoignages, que les violences gynécologiques et obstétricales existent mais une fois l’émission achevée elle était revenu sur la ligne de l’Ordre.

    • @mad_meg merci, c’est l’aspect #systémique qui je pense est le plus grave, avec ce corporatisme qui protègent les maltraitances les remises en cause en deviennent presque impossibles, toute critique est perçue comme participant à un complot.
      Alors que l’on parle quand même de pouvoir éviter des traumatismes psychologiques et physiques aux conséquences graves, les personnes concernées se disent soignants mais ne veulent rien entendre, c’est révoltant de #sadisme.
      Et je ne décolère pas depuis que je me suis rendue compte que le légalisme a ces limites quand il permet de distinguer celles qui savent et les idiotes (qui auraient la bonne idée de s’entraider en dehors) lorsque j’ai lu un autre point de vue sur la nécessité de la loi Veil. Avorter avec le MLAC avait l’air nettement moins violent et beaucoup plus bienveillant que ce que vivent les femmes aujourd’hui dans la légalité.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_de_Karman
      Avortement sans anesthésie de #Karman
      https://www.slate.fr/story/146337/avortement-histoire et notamment https://lapenseebuissonnieredotcom.files.wordpress.com/2017/05/article-stella-lewis-avortement-karman.pdf