#h

  • La nuit des longs couteaux | Documentaire
    https://www.youtube.com/watch?v=S1X3VCwsMvA

    En archives et éclairages d’historiens, un décryptage de cette « Nuit » de trois jours qui vit les nazis commettre une vague d’assassinats politiques à l’été 1934, aspirant l’Allemagne dans la barbarie.

    (pas encore regardé mais je le ferais pour mieux me souvenir que la denrée exotique aujourd’hui, c’est le parti de masse, et son épuration, dont on vit d’’autres manifestations en URSS)

    #Histoire #nazisme #parti_de_masse #SA #Nuit_des_longs_couteaux

  • Dans « Soudain » de Ryūsuke Hamaguchi, Virginie Efira parle japonais mais ce n’est pas le plus intrigant
    https://www.huffingtonpost.fr/culture/article/dans-soudain-de-ry-suke-hamaguchi-virginie-efira-parle-japonais-mais-

    Beau et lumineux, le nouveau film du réalisateur de « Drive My Car » met en lumière une méthode de soins méconnue en France, très à propos dans le contexte des maltraitances dans les Ehpad, mais pas sans limite.

    L’une est Belge. L’autre, Japonaise. Ensemble, elles ont décroché le prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes. Parmi les sorties ciné les plus attendues de l’été, Soudain - le nouveau long-métrage de #Ryūsuke_Hamaguchi mettant en scène #Virginie_Efira et #Tao_Okamoto - est en salles depuis ce mercredi 12 août, dans les salles.

    Libre adaptation d’un recueil de correspondances entre une philosophe atteinte d’un cancer du sein et une anthropologue, le drame du réalisateur de Drive My Car (Oscar du meilleur film international, en 2022) nous embarque dans un coup de foudre amical, celui un peu fortuit dont vont être frappés Marie-Lou et Mari.

    Nous sommes à Paris, en plein mois de juin. La première est à bout, proche du burn out. À la tête d’un Ehpad au cœur de la capitale depuis deux ans, elle a bien du mal à y installer sa nouvelle politique, plus respectueuse des résidents. En phase terminale, la seconde est, elle, de passage à Paris pour y présenter sa nouvelle pièce.

    Sans trop savoir à quoi s’attendre, Marie-Lou se rend à l’une des représentations. L’œuvre la bouleverse. Peut-on vraiment trouver le chemin de l’impossible vers le possible, comme le laisse entendre la dramaturge ? Leur échange en japonais - sous l’œil un peu perdu du public - ne peut en rester là. Il va s’étendre dans la nuit, les jours, puis les semaines. Pour l’une comme pour l’autre, c’est leur vision du monde qui va changer.

    Beau et lumineux, le nouveau film du maître japonais du réalisme et de l’onirisme (Asako I & II, Contes du hasard et autres fantaisies) filme la douceur des sentiments de cette rencontre, de laquelle découlent des réflexions riches sur l’existence, l’approche de la mort, le corps qui change sous le poids de la maladie ou l’âge, et le caractère destructeur du capitalisme.
    Un néologisme méconnu

    Loin des gros titres qui ont animé une partie de la presse francophone (dont Le HuffPost) lorsqu’il a été présenté sur la Croisette en mai, le long-métrage ne saurait se réduire aux prouesses de Virginie Efira dans la langue du réalisateur. Non, c’est aussi une porte d’entrée sur un concept curieux développé tout du long, l’Humanitude.

    Le néologisme, apparu au tournant des années 1980 en France sous l’impulsion de deux anciens profs d’EPS (Yves Gineste et Rosette Marescotti), désigne une méthode de soins « révolutionnaire », selon Marie-Lou, bien décidée à la mettre en place intégralement dans son établissement malgré des réticences dans ses équipes.

    Certaine qu’elle peut réanimer les capacités cognitives des résidents (même les plus dépendants), la directrice défend le projet à Mari. « C’est le fait de considérer chaque patient comme un être humain », dit-elle. Finie la contrainte. Finie l’infantilisation, aussi. Ici, on veut défendre la liberté, l’humanité et le consentement des personnes âgées.
    Les piliers de l’Humanitude

    Pour ce faire, l’#Humanitude repose sur quatre piliers : le regard, le toucher, la parole et la verticalité (comprendre, ici : la position debout). On s’adresse à l’autre les yeux dans les yeux, en le remerciant. Avant d’entrer dans sa chambre, on lui demande l’autorisation. Un souci du consentement permanent, comme pour l’aider à se laver ou se relever.

    En France, seuls 40 #Ehpad détiennent aujourd’hui le label, mais plusieurs centaines seraient en train de s’y former ou de suivre le guide pour s’en rapprocher, d’après le site d’infos Age Village. Si la démarche paraît salutaire au regard des maltraitances (notamment éclairées par le scandale Orpea, en 2022), elle n’est toutefois pas sans limites, y compris dans le film.

    Pour fonctionner, l’ensemble du personnel doit être formé, soignants ou non. Or, la formation est coûteuse et prend du temps. Ce dont les équipes - déjà réduites - manque. Dans les rangs de Marie-Lou, la colère gronde. D’une part, on dénonce une hausse de la charge de travail. De l’autre, le snobisme des nouveaux disciples. Pour beaucoup surtout, la méthode paraît en inadéquation avec la réalité, c’est-à-dire les moyens accordés à chaque résident.
    Ryūsuke Hamaguchi, utopique ?

    Cet idéal tiendrait-il seulement grâce à l’argent ? La directrice doute. Elle n’est pas la seule. Dans un récent article, Philosophie Magazine parle d’une « supercherie » et d’un concept « fumeux ». Non seulement le mensuel étrille un flou clinique, mais aussi une valorisation du risque au détriment de la sécurité des personnes.

    Pour bien des pourfendeurs, encourager la liberté de mouvement des résidents, et notamment le fait de se tenir sur les deux jambes ou marcher, fait débat. Cela peut les conduire à se promener seul de jour comme de nuit, avec ou sans surveillant surtout. Résultat : certains d’entre eux tombent et se blessent, de manière plus ou moins grave.

    Rien de tout ça n’est, ici, éludé. « J’ai moi-même été brièvement formé pour mieux comprendre cette nouvelle méthode. Je dois avouer que j’ai été bluffé, c’est presque magique », raconte Ryūsuke Hamaguchi dans une interview à Télérama. Utopique ? Non. Le cinéaste est conscient des difficultés de la mise en pratique. Lui veut dresser des constats, raconter que « la vie se poursuit jusqu’au dernier moment ». Soudain, tout peut arriver.

    • Malgré la drôle d’allure du truc, et un nom qui hérisse les cheveux sur la tête, ça me rappelle furieusement la naissance de la psychothérapie institutionnelle durant la deuxième GM, par exemple en intégrant le fait que y compris les dit « non-soignants » doivent être formés à un abord que la psychothérapie institutionnelle disait humanistes (en insistant sur le fait que la fonction soignante ne relevait pas dune position statutaire, ou d’un savoir académique, le fameux exemple du menuisier de Saint-Alban par lequel passait toutes sortes de prises de responsabilité des patients, autant de « remèdes », dans la folie) ; idem sur le rôle actif des patients, ou ici des pensionnaires d’Ehpad (on dit d’ailleurs « pensionnaires » et non patients à la Borde). Il y a aussi ce petit coté Dolto (pas le mauvais) : dire ce qui a lieu, appliqué ici aux vieillards et pas aux enfants -faut-il être catho pour admettre qu’au commencement était le verbe ? je ne crois pas- ne pas jeter le bain de langue car avec lui ce sont les vulnérables, les supposés « pas finis », les mal finis, ou les réputés finis, qui se trouvent trashés. Ne pas lâcher le commencement.

      (heureusement que je lis ce papier là car j’étais bien décidé à ne pas aller le voir : humanitude ton père me disais-je) et que ce ne sera peut-être pas le cas)

      #soin

  • #Où_vivre

    Si vous avez cliqué pour en savoir plus, c’est sans doute que vous avez perçu la singularité de ce projet. Où Vivre ne cherche ni à promouvoir un territoire idéal, ni à alimenter la compétition entre villes, ni à servir les intérêts de l’immobilier, des banques ou des campagnes d’attractivité. Nous proposons une lecture indépendante et structurée des territoires, loin du marketing et des récits prescriptifs, en replaçant le choix du lieu de vie dans l’ensemble des réalités écologiques, sociales, climatiques et territoriales qui le façonnent. Face à un système résidentiel qui pousse à décider vite, à s’endetter beaucoup ou à croire aux mythologies immobilières, nous rappelons qu’#habiter n’est pas consommer un lieu, mais s’y inscrire durablement. Sans classements ni recommandations automatiques, notre démarche vise une chose simple : donner à chacun les moyens de penser son lieu de vie — au lieu de laisser d’autres penser à sa place.

    https://app.ou-vivre.fr/map/?config=apps/explore.fr.xml
    #France #cartographie #résidence #choix #carte_interactive

  • What Is the Most Used Operating System in China?
    https://unanswered.io/guide/most-used-operating-system-in-china

    Discover which operating system dominates in China, from Windows on desktops to Android on mobiles, and how local alternatives like HarmonyOS are emerging.

    Desktop Operating Systems in China

    Windows commands the vast majority of desktop usage in China. As of January 2026, it holds 89.62% market share according to web usage statistics.

    macOS and its predecessor OS X together account for roughly 4.5% combined. Unknown operating systems make up 5.36%, while Linux sits at only 0.55%.

    Why Windows Stays Dominant

    Windows benefits from long-established software compatibility and widespread pre-installation on consumer PCs. Most everyday applications and games still run best on Windows in the Chinese market.
    Overall Operating System Usage in China

    Across all devices that access the web, Windows leads with 57.16% share in January 2026. Android follows at 27.72%, showing the strong mobile presence in China.

    iOS holds 8.36%, while macOS and OS X together reach about 2.85%. These figures reflect China’s large desktop base combined with massive smartphone adoption.
    Mobile Operating Systems in China

    Android remains the most used mobile operating system in China. It leads smartphone market share throughout 2024 and into 2025.

    HarmonyOS Surpasses iOS Domestically

    HarmonyOS overtook iOS in China during 2024 and held second place for the full year. It captured 17% domestic market share and runs on over 1 billion devices.

    Drivers of HarmonyOS Growth

    Strong government subsidies for local smartphones and official endorsement accelerate adoption. Many provincial government apps now run natively on HarmonyOS[3].
    HarmonyOS NEXT and China’s Push for Independence

    HarmonyOS NEXT is Huawei’s fully self-developed mobile OS, independent of Android and Linux/Unix kernels. It launched in October 2024 as a major step toward reducing reliance on foreign technology.

    The system now hosts over 15,000 native applications and serves 38 million enterprises. Android apps are no longer compatible moving forward.
    Government and Enterprise Adoption

    Local governments in Shenzhen, Beijing, Shanghai, and Guangdong actively promote HarmonyOS development. Specialized industrial parks and incentives target native app creation.
    Kylin and NeoKylin in the Government Sector

    Kylin originated as a FreeBSD-based OS for military and government use before shifting to Linux with version 3.0. NeoKylin, launched in 2010, targets government offices, defense, and energy sectors.

    By 2019, Kylin and NeoKylin together held 90% of China’s government sector market share. They remain pre-installed on most computers sold nationwide.
    Recent Developments

    Kylin V10, released in 2020, supports 10,000 hardware and software products and integrates parts of Google’s Android ecosystem. An open-source variant called openKylin appeared in 2022.
    How China’s OS Landscape Differs from Global Trends

    Globally, Android holds the largest smartphone share, followed by iOS, with HarmonyOS at a stable 4%. In China, HarmonyOS ranks second on mobile, ahead of iOS.

    Desktop usage worldwide favors Windows, but China’s government sector heavily favors local Linux variants such as Kylin and NeoKylin. This creates a unique split between consumer and official usage patterns.

    #Technology_Operating_Systems #Windows #Android #iOS #HarmonyOS #Chine #tech

  • #Artificial_intelligence for #Global_health: a tragedy of the commons brewing in Geneva’s basement
    https://redasadki.me/2026/08/14/artificial-intelligence-for-global-health-a-tragedy-of-the-commons-brewing

    In “The Machine in Geneva’s Basement”, Rifat Hossain sets the scene for the potential impact of #Artificial_Intelligence on the #World_Health_Organization (WHO) with a story. A ministry official points a general-purpose assistant at WHO’s own open guidance library and has a serviceable national protocol before lunch. If this is possible, he asks, why […]

    #accountability #agentic_AI #capacity_development #epistemic_injustice #expertise #global_health #governance #health_systems #health_workforce #knowledge_production #peer_learning #workforce_development

  • Évolution récente et projection future de la ressource mondiale en eau souterraine, Maya Costantini ; Bertrand Decharme ; Jeanne Colin - La Météorologie, 129, 39-45, 2025 (publication : May 01, 2025)
    https://lameteorologie.fr/issues/2025/129/meteo_2025_129_39

    Résumé
    Cet article analyse l’évolution des ressources en eau souterraine à l’échelle mondiale, en se basant sur des simulations de modèles climatiques. Une méthode simple est proposée pour estimer les prélèvements non renouvelables d’eau souterraine utilisée pour l’irrigation. Les résultats montrent que dans des régions clés comme l’Inde, la Chine et les États-Unis, une grande partie de l’eau utilisée est non renouvelable, aggravant la dette hydrique mondiale. Cette étude souligne que la combinaison de la diminution de la recharge sous l’effet du changement climatique et de l’augmentation des prélèvements anthropiques menace la durabilité de la ressource en eau souterraine dans les aquifères de plusieurs régions du monde.

    [...]

    L’eau, source de vie, est omniprésente sur notre planète et recouvre environ 71 % de sa surface. Toutefois, cette ressource précieuse est loin d’être équitablement répartie : 97 % de l’eau terrestre est concentrée dans les océans et seulement 3 % sous forme d’eau douce sur les continents. L’eau douce continentale est donc rare sur Terre. La plus grosse partie de cette eau douce continentale, environ 70 %, n’est pas exploitable directement, car elle est stockée sous forme de glace dans les glaciers continentaux et les calottes polaires groenlandaises et antarctiques. Près de 29 % sont difficilement accessibles car localisés en profondeur dans les aquifères. Finalement, seule une infime partie de l’eau douce continentale, environ 1 %, est facilement accessible : elle se trouve dans les lacs naturels ou artificiels, les rivières, les marais et les couches superficielles du sol, tous ces réservoirs constituant les eaux de surface.

    (...) On estime que 70 % de l’eau douce prélevée est dédiée à l’agriculture, majoritairement pour l’irrigation, ensuite pour l’élevage. L’industrie utilise 20 % de cette eau et les 10 % restants servent à notre usage domestique.

    [...]

    Depuis le début du XXIe siècle, la demande en eau par secteur (agriculture, industrie, usage domestique) augmente dans toutes les régions du monde, si bien que la consommation d’eau présente une croissance 1,7 fois plus forte que la croissance démographique. Une grosse partie de cette augmentation est due au secteur agricole avec l’irrigation des cultures.

    #eau #eau_douce #climat #changement_climatique #eaux_souterraines #nappes_phréatiques #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #agriculture #irrigation #élevage #stress_hydrique #hydrologie #écologie

  • What 30 years of #meeting_science tells #Global_health
    https://redasadki.me/2026/08/16/what-30-years-of-meeting-science-tells-global-health

    Steven Rogelberg, Liana Kreamer, and Jon Gray have published a review of three decades of research on meetings in the Annual Review of Organizational Psychology and Organizational Behavior. Anyone who funds or attends convenings in #global_health should read it, because it settles a number of questions we have been arguing from intuition. It also […]

    #Learning_science #asynchronous #capacity_development #hierarchy #inclusion #peer_learning #Teach_to_Reach #TGLF #workshops

  • « Une revendication de liberté » : le slogan sur un t-shirt devient viral et les ventes de livres s’envolent à Taïwan après les perquisitions à Hong Kong

    Après une série d’arrestations ces derniers mois, les Taïwanais s’inquiètent du sort des libraires indépendants de Hong Kong

    Sortant de l’une des dernières librairies indépendantes de Hong Kong, les mains liées derrière le dos mais la tête haute, la femme portait un t-shirt sur lequel était inscrit un slogan simple : « Je suis employée de librairie ».

    Escortée par la police, cette femme faisait partie des cinq personnes arrêtées lors de perquisitions menées dans deux librairies la semaine dernière, soupçonnées d’exposer et de vendre des publications au contenu « séditieux », un délit contre la sécurité nationale passible d’une peine maximale de 10 ans.

    Depuis lors, cette phrase imprimée sur le t-shirt s’est largement répandue sur les réseaux sociaux taïwanais, alors que le sort des libraires de Hong Kong suscite l’inquiétude.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/11/30/des-cellules-de-hong-kong-aux-rues-de-londres-et-taipei-histoires-dactivistes-danciens-detenus-et-dexiles-qui-resistent-alors-que-pekin-etend-son-controle-au-dela-des-fron/#comment-75453

    #hongkong #taiwan

  • Wenn Algorithmen Geschichte schreiben : Kann KI die Vergangenheit rekonstruieren ?
    https://www.berliner-zeitung.de/article/wenn-algorithmen-geschichte-schreiben-kann-ki-die-vergangenheit-rek

    Wachmänner vor dem Eingang zum Führerbunker im Garten der Neuen Reichskanzlei in Berlin, Deutschland 1946 : Die Anlage wurde wenig später teilweise gesprengt und ist heute nicht mehr sichtbar. FotoErich Andres

    Des millions de censeurs à temps partiel éliminent des photos familiales l’oncle pédophile comme les stalinistes ont purgé Trtzky des photos avec Lénine. Les historiens remplissent le vide dans leur savoir avec les extrspolations IA plausibles. Voilà deux manières de se rendre facile la vie et d’éviter les efforts nécessaires pour découvrir la vérité.

    Je propiose d’inverser l’approche. Quand j’ai une idée de solution géniale, je la soumet à l’IA. Si la machine est capable d’imagimer quelque chose d’assez semblable, c’est que mon intuition a été banale et je peux abandonner l’élaboration d’un projet futile.

    D’ailleurs je suis pour qu’on exclue les crawler IA de #seenthis afin de rester entre nous humains faillibles.

    9.8.2026 von Stefan Piasecki - Digitale Rekonstruktionen können historische Bauwerke bewahren. Doch Originale wie der Bunker der Reichskanzlei in Berlin bleiben unverzichtbar.

    Als der Berliner Senat ankündigte, die letzten baulichen Überreste der Neuen Reichskanzlei beseitigen zu wollen, entzündete sich die Debatte an einem vertrauten Gegensatz: Wohnraum gegen die Bewahrung eines unbequemen historischen Zeugnisses. Als Begründung wurde angeführt, man wolle keinen Anziehungspunkt für Neonazis erhalten. Historiker und Vereine wie die Berliner Unterwelten widersprachen: Nicht Verdrängung sei der angemessene Umgang mit belasteten Orten, sondern ihre wissenschaftliche Erschließung und historische Einordnung. Zudem sei der Ort in den letzten Jahrzehnten noch nie als Sammlungspunkt von Neonazis aufgefallen.

    Die grundsätzliche Frage ist: Was geschieht mit der Vergangenheit in einer Gesellschaft, deren Städte sich verändern, deren Bevölkerung vielfältiger wird und deren finanzielle Spielräume schrumpfen? Wie lange lässt sich historische Substanz erhalten, wenn ihr kultureller Bezug für viele Menschen schwindet?

    Bereits die Debatten um den Wiederaufbau des Berliner Schlosses machten deutlich, dass der Wert historischer Bauwerke längst nicht mehr selbstverständlich ist. Nicht die Denkmalpflege allein entscheidet künftig darüber, wie Geschichte sichtbar bleibt, sondern zunehmend digitale Technologien. Versprechen Künstliche Intelligenz und Virtual Reality die bestmögliche Bewahrung historischer Realität? Effizient, witterungsbeständig, permanent und von überall aus aufzusuchen, ohne Sicherheitsherausforderungen?
    Eine Präzision, die bis vor kurzem undenkbar war

    Historiker beschäftigen sich seit Jahrhunderten mit Rekonstruktionen. Aus Fotografien, Bauplänen, Vermessungsdaten und schriftlichen Quellen entstehen Räume, die längst verschwunden sind. Künftig könnten Besucher durch Gebäude gehen, die längst nicht mehr existieren, Lichtverhältnisse vergangener Epochen erleben oder Gespräche an Orten nachvollziehen, an denen Geschichte geschrieben wurde. Die Technik existiert bereits.

    Fotogrammetrie, neuronale Netze und dreidimensionale Modellierung haben eine Präzision erreicht, die bis vor kurzem noch undenkbar schien. KI kann auf die umfangreichen Tondatenbanken etwa des Archivs für gesprochenes Deutsch zurückgreifen, um verlorene Dialekte des deutschen Ostens zu verwenden.

    Forschung war stets auch eine Geschichte neuer Werkzeuge: Das Mikroskop eröffnete den Blick in die Welt des Unsichtbaren, die Radiokarbondatierung verschob archäologische Gewissheiten, Satellitenbilder entdeckten verborgene Städte unter Wüsten oder Urwäldern. Google Maps ermunterte Hobbyarchäologen. KI reiht sich in diese Entwicklung ein. Der Unterschied besteht darin, dass sie nicht nur Quellen auswertet, sondern eigenständig in der Lage ist, Leerstellen zu schließen. Das ist Verheißung und Gefahr zugleich.

    Ein Experiment lotet diese Grenze aus. Im Politischen Archiv des Auswärtigen Amtes befindet sich ein Fotoalbum der deutschen Gesandtschaft in Teheran aus dem Jahr 1931. Der Große Salon wurde damals aus mehreren Perspektiven fotografiert. Hinzu kommen Stoffproben der Wandbespannungen und Möbelstoffe. Wenige historische Aufnahmen genügen einer modernen KI, um daraus einen Grundriss abzuleiten und den Raum zu rekonstruieren. Die Ergebnisse wirken verblüffend. Kamine, Fensterachsen, Türöffnungen und Möblierung fügen sich zu einem stimmigen Ganzen zusammen. Betritt man den digital erzeugten Salon, entsteht der Eindruck, als habe ein Fotograf den Raum gerade verlassen.

    Telefunken-Station Bangkok im Jahr 1914 © Stefan Piasecki

    KI erzeugte eine Interpretation der historischen Telefunken-Station Bangkok. Die gezeigte Umgebung ist nicht historisch belegt. © Stefan Piasecki/ChatGPT

    Zwischen Rekonstruktion und Spekulation

    Ein zweites Experiment zeigt die Grenzen des Verfahrens. Von der Telefunken-Funkstation in Bangkok aus dem Jahr 1914 existieren lediglich zwei Außenaufnahmen. Sichtbar sind ein Funkmast, eine Veranda und ein Pavillon im siamesischen Stil. Die KI erzeugt daraus verschiedene Ansichten, einen Grundriss und sogar einen Lageplan der gesamten Anlage. Das Ergebnis überzeugt auf den ersten Blick, doch beim zweiten wird deutlich, dass es sich um Wahrscheinlichkeiten handelt.

    Dachformen lassen sich aus den Fotografien ableiten, ebenso die Veranda und Teile der Architektur. Die Rückseite des Gebäudes, seine genaue Raumaufteilung oder die nähere Umgebung beruhen dagegen auf Vergleichsarchitektur und statistischen Annahmen. Ob die Station am Wasser lag, ist historisch eher unwahrscheinlich. Die Maschine rekonstruiert also nicht, sie konstruiert eine Vergangenheit, die nach allen verfügbaren Informationen möglich erscheint. Und vermutlich das zukünftige Verständnis dominiert.

    Ein Historiker lebt mit Lücken. Er kennt den Wert des Fragments. Eine beschädigte Urkunde bleibt beschädigt. Ein fehlendes Kapitel bleibt ein solches. Wissenschaftlicher Fortschritt bestand bislang nicht darin, Leerstellen zu beseitigen, sondern ihren Umfang möglichst genau zu bestimmen. KI verfolgt die entgegengesetzte Logik. Sie ist darauf trainiert, Muster zu erkennen und Unvollständiges zu ergänzen. Wo der Historiker ein Fragezeichen setzt, liefert der Algorithmus einen plausiblen Vorschlag.

    Das ist erkenntnistheoretisch folgenreich, denn jede Ergänzung verändert unmerklich den Charakter einer Quelle. Aus einem Fragment wird ein vollständiges Bild. Aus einer Vermutung scheinbare Gewissheit.

    Zum ersten Mal in der Geschichte verfügen Historiker über Werkzeuge, die nicht nur Archive durchsuchen, beschädigte Handschriften entziffern oder Millionen Dokumente miteinander vergleichen können. Sie erzeugen Vorstellungen einer Vergangenheit, die niemals fotografiert wurde. Je perfekter Bilder werden, desto schwieriger wird es, ihren hypothetischen Charakter zu erkennen und Imperfektionen weiterhin gelten zu lassen. KI wird nicht nur Realismus behaupten, sondern den Wert von Nichtwissen erkennen und markieren müssen.

    Inzwischen entstehen in historischen Projekten Rekonstruktionen, die vor wenigen Jahren noch als Spezialeffekte aus dem Kino gegolten hätten. Antike Städte werden dreidimensional begehbar, zerstörte Tempelanlagen virtuell wiederaufgebaut, beschädigte Fresken und Handschriften algorithmisch ergänzt. Das Projekt Ithaca von Google DeepMind etwa unterstützt Althistoriker bei der Rekonstruktion beschädigter griechischer Inschriften. Museen experimentieren mit virtuellen Rundgängen durch längst untergegangene Kulturräume. In der Ukraine werden durch den Krieg zerstörte Kirchen und Baudenkmäler digital vermessen.

    Lange Zeit bestand die Aufgabe des Historikers darin, Quellen zusammenzutragen und ihre Aussagekraft gegeneinander abzuwägen. Die technische Rekonstruktion war dem Architekten oder Restaurator vorbehalten. Heute verschmelzen diese Bereiche zunehmend miteinander. Der Historiker arbeitet nicht mehr ausschließlich mit Texten, sondern mit Simulationen, dreidimensionalen Räumen und statistischen Wahrscheinlichkeiten. Seine Quellen werden begehbar.

    Süd- und Westwand mit Kamin, Residenz des deutschen Gesandten in Schimran/Teheran, Aufnahmedatum unbekannt © Stefan Piasecki

    Interpretation des Großen Salons der deutschen Gesandtschaft Teheran durch KI © Stefan Piasecki/ChatGPT

    Was bleibt Aufgabe der Historiker?

    Das eröffnet Chancen. Wer durch den digital rekonstruierten Großen Salon der deutschen Gesandtschaft in Teheran geht, versteht die diplomatische Repräsentation des Deutschen Reiches im Nahen Osten auf eine Weise, die keine Grundrisszeichnung vermitteln könnte. Die Proportionen oder die Blickachsen erschließen sich intuitiv. Geschichte wird räumlich erfahrbar.

    Ähnliches gilt für die Telefunken-Station in Bangkok. Zwei Fotografien erzählen zunächst nur wenig. Erst ihre algorithmische Auswertung lässt erkennen, wie sich europäische Ingenieurkunst und siamesische Architektur miteinander verbanden, welche Funktion die Veranda erfüllte und wie sich die Anlage in ihre Umgebung eingefügt haben könnte. Rekonstruktionen machen historische Zusammenhänge anschaulich.

    An dieser Stelle entscheidet sich jedoch, ob KI zum Erkenntnisgewinn oder zur Erkenntnisillusion wird. Der Computer kennt keine Zweifel, sondern Wahrscheinlichkeiten. Was aus mathematischer Sicht als plausibelste Lösung angeboten wird, erscheint schnell als historische Tatsache. Die Grenze zwischen Quelle und Rekonstruktion beginnt zu verschwimmen.

    Die wichtigste Aufgabe von Historikern wird künftig zwar noch darin bestehen, Informationen zu beschaffen und für die Forschung zu bewerten. Vergleich und Analyse dürften dann Algorithmen in Sekunden erledigen. Entscheidend wird vielmehr sein, zwischen gesicherten Befunden und algorithmischen Ergänzungen zu unterscheiden. Historiker werden von Chronisten zu Kuratoren historischer Wahrscheinlichkeit. Sie müssen offenlegen, wo die Quelle endet und Rekonstruktion beginnt.

    Die Feststellung ist entscheidend, denn Geschichte war immer auch ein Feld politischer Interessen. Rekonstruktionen erzeugen Authentizität. Wer sie kontrolliert, beeinflusste immer schon Erinnerung. In Ungnade Gefallene wurden auf Abbildungen entfernt. Digitale Geschichtsbilder können Identität stiften, nationale Mythen verstärken oder historische Deutungen scheinbar objektiv erscheinen lassen.

    Dass populäre TV-Serien ethnische Vielfalt in Kontexten behaupten, wo es sie nachweisbar nicht gab, ist ein Beispiel für polit-kulturelle Fälschungen. Je perfekter eine Rekonstruktion wirkt, desto größer wird die Versuchung, ihre Entstehungsgeschichte zu vergessen.
    Der Wert des Originals

    KI ersetzt weder Quellenkritik noch wissenschaftliche Skepsis. Immerhin: Je leistungsfähiger sie wird, desto wertvoller werden handwerkliche Tugenden, die wissenschaftliches Arbeiten seit Jahrhunderten auszeichnen: Zweifel und die Bereitschaft, Ungewissheit auszuhalten sowie mit unvollständiger Überlieferung verantwortungsvoll umzugehen. Daher wird KI die Geschichtswissenschaft zwingen, ihre eigentlichen Aufgaben neu zu definieren. Historiker werden stärker als bisher erklären müssen, warum eine Rekonstruktion plausibel ist, welche Annahmen ihr zugrunde liegen und an welchen Stellen mehrere Lösungen denkbar wären.

    Rekonstruktion kann faszinieren, überzeugen und Erkenntnis ermöglichen. Sie kann allerdings nicht die Haptik des Originals vermitteln. Die brüchige Wand eines historischen Bunkers, das rostige Metall eines Helmes bieten Historizität in ihrer Reinform. Daher ist die Atmosphäre eines Ortes wie dem Bunker der Reichskanzlei dadurch zu bewahren, dass er erhalten bleibt.

    Stefan Piasecki ist Professor für Soziologie und Politikwissenschaften an einer Verwaltungshochschule. Er promovierte in Politik- sowie Medienwissenschaften und wurde habilitiert in Religionspädagogik.

    #IA #vérité #photigraphie #histoire

  • « On a rayé des cartes les petits #cours_d’eau, et la sécheresse s’est répandue »

    En rayant des cartes tous les petits cours d’eau, la France a ainsi alimenté la terrible sécheresse que nous connaissons, écrivent les auteurs de cette tribune. Ceux-ci sont pourtant essentiels pour nourrir les vallées et les #nappes_phréatiques.

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « #petits_chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les #zones_humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits #ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de #pluie.

    Cette affirmation n’est pas du catastrophisme. Elle découle de constats d’observation réalisés sur les petits cours d’eau, de bulletins hydrologiques, de mesures des nappes phréatiques, de cartes de sols dégradés réalisés dans toute la France sous le contrôle d’Eau France par Ades, la banque d’accès aux données de quantité et de qualité des #eaux_souterraines.

    Ces relevés racontent la même histoire : la géographie de notre pays bascule vers des changements de #paysages considérables, défavorables aussi bien à l’agriculture qu’aux humains — sans même parler des non-humains, de plus en plus vulnérables avec la prolongation des sécheresses.

    Victimes de l’#agriculture productiviste et de l’#urbanisation aveugle

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une #loi_sur_l’eau_et_les_milieux_aquatiques (#Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture_productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de #nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques (https://www.actu-environnement.com/ae/news/nitrates-cjue-condamnation-france-z).

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017 : https://reporterre.net/La-nouvelle-cartographie-des-cours-d-eau-menace-l-interet-general), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des #épandages de #pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des #cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    Invisibilisés, ces petits cours d’eau ont pu être maltraités sans égards par des #pollutions diverses, malmenés par des sécheresses prolongées, ou tout simplement comblés par des propriétaires, et ainsi à jamais perdus. Leur #ruissellement ne s’effectuant plus, ou plus correctement, ils ne jouent plus leur rôle de capillaires du territoire. Des milliers de vallons se retrouvent ainsi privés d’eau pendant des semaines, voire des mois.

    Leur #disparition n’est pas seule en cause dans l’assèchement des sols, il faudrait aussi parler par exemple de l’abandon des #réseaux_gravitaires et autres #canaux_d’irrigation. Mais elle est essentielle pour comprendre la sécheresse des #sols et l’épuisement des nappes phréatiques, qui a ouvert la voie à des transformations profondes de nos terres et de nos habitats.

    Une véritable fuite en avant

    Chacun peut le constater, la sécheresse transforme les #paysages. Les images prises depuis le ciel sont saisissantes : rivières réduites à des rubans de cailloux, lacs contractés, champs grillés, forêts jaunies au cœur de l’été. Le manque d’eau dans les sols stoppe la croissance des arbres, bloque la photosynthèse (faisant dépérir certaines essences), et réduit leur possibilité de stockage de carbone. Le risque d’incendie et de ravageurs augmente en proportion.

    Les habitats humains en subissent aussi les conséquences. La rétractation des argiles l’été, puis leur gonflement au retour des pluies, fissure les murs, déstabilise les fondations. En France, plus de 60 % des maisons individuelles se situeraient désormais dans des zones d’exposition moyenne ou forte à ce phénomène, ce qui provoque de silencieuses migrations, du fait du coût élevé des réparations.

    Pour tenter de compenser la sécheresse provoquée par la disparition progressive de ces petits cours d’eau, l’agriculture développe l’#irrigation_sous_pression (#aspersion, #goutte-à-goutte), accaparant l’été une part très importante de l’eau, au prix de #conflits_d’usage croissants avec les milieux aquatiques, la production d’énergie, les usages domestiques.

    Des projets fantasmagoriques refont surface, comme les « #autoroutes_de_l’eau » qui détourneraient les eaux du Rhône ou d’autres fleuves vers des territoires en tension. Comme si l’on pouvait corriger la géographie par quelques tuyaux géants, alors que les grands cours d’eau eux-mêmes voient leurs débits diminuer. Une véritable fuite en avant !

    Instaurer une #démocratie_de_l’eau

    Si la sécheresse est bien amplifiée par le réchauffement global, la vulnérabilité de la France face à ce choc est donc largement le produit de ses choix. Elle a trop traité l’eau comme un stock à répartir, et non comme une trame à préserver, préférant contester les contraintes juridiques et écologiques plutôt que de réorganiser ses pratiques agricoles.

    Il faut désormais le reconnaître : nous avançons, année après année, vers un nouveau paysage, une nouvelle géographie. Nous ne retrouverons plus un état antérieur. Pour éviter la déshydratation continue du pays, il faut renouer avec la #géographie_de_l’eau en :

    – cessant de rayer des cartes tous les petits cours d’eau, et en les restaurant pour redessiner une trame vitale du territoire ;
    - en réorganisant l’agriculture autour de la #sobriété_hydrique, avec l’#agroécologie ;
    - en mettant l’eau au centre des politiques d’#aménagement_des_territoires, de l’extension des villes notamment. Plus rien ne devrait être construit sans tenir compte des sources disponibles.

    Il est temps de faire de la protection et de l’accès égalitaire à la ressource en eau un axe central de la #planification_écologique. Il est temps de simplifier et de rendre transparente pour tous les citoyens la #gestion_de_l’eau et de sortir d’une complexité administrative sans issue. Sans eau, il n’y aura ni territoire, ni économie, ni démocratie viables.

    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    #eau #rivière #France #sécheresse #hydrologie #invisibilisation

    signalé aussi par @colporteur :
    https://seenthis.net/messages/1186226

    voir aussi :
    Une #cartographie inédite des cours d’eau officiels pointe les incohérences de la #réglementation
    https://theconversation.com/une-cartographie-inedite-des-cours-deau-officiels-pointe-les-incohe
    https://seenthis.net/sites/7282461336008050837
    via @sombre

    • Quand le gouvernement et la FNSEA redessinent la carte des cours d’eau
      (publié en 2017)

      La loi sur l’eau de 2006 vise à retrouver un « bon état » écologique des masses d’eau douce. Mais discrètement, pour complaire à la FNSEA, le gouvernement a entrepris de soustraire une partie des cours d’eau à l’application de la loi. Premier volet de la grande enquête de Reporterre

      C’est l’histoire d’un incroyable coup de force. Dans le secret de quelques bureaux, une coalition de politiques et de lobbyistes de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a décidé de changer la carte géographique et physique de la France. En voici le déroulé, tel que reconstitué par Reporterre.

      Quand François Hollande a été élu président de la République en 2012, la FNSEA n’en éprouve aucune crainte. Ce « syndicat » paysan règne sur la politique agricole depuis plus de soixante ans. La Quatrième République, puis le régime gaulliste après 1958, ont en effet accepté de cogérer avec ses dirigeants les dossiers agricoles essentiels. Un nouveau virage a été pris quand Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture dans les années 1970, a instauré la cogestion des politiques publiques agricoles avec la FNSEA, le syndicat ultramajoritaire dans la profession.

      L’industrialisation des campagnes, les élevages concentrationnaires, l’irruption des pesticides, la destruction des haies et des talus boisés, le remembrement, le recalibrage des rus, ruisseaux et rivières, sont une œuvre partagée. Essentiellement entre le ministère de l’Agriculture, les directions départementales de l’Agriculture (DDA), où règnent les Igref — ingénieurs polytechniciens chargés des « eaux et forêts » —, et la FNSEA, qui contrôle les puissantes chambres d’agriculture.

      Le désastre qui s’ensuit est donc le leur, qu’ils présentent pourtant comme un triomphe de la modernité. En 2007, quand Sarkozy lance son Grenelle de l’environnement, promettant une « révolution écologique » qui n’aura jamais lieu, les chefs de la FNSEA s’inquiètent. À tort. Après avoir copieusement brassé le vent, Sarkozy lance en novembre 2011 sa fameuse phrase : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, parce que là aussi, ça commence à bien faire. »
      L’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle

      La FNSEA aurait sans problème fait affaire avec un Sarkozy réélu président, mais la gauche gouvernementale ne lui a jamais fait défaut. Faut-il rappeler qu’un Henri Nallet, jadis ministre de l’Agriculture de Mitterrand — 1985-1986, puis 1988-1990 —, a commencé sa carrière comme chargé de mission de la FNSEA ? Qu’Edgard Pisani, devenu socialiste sur le tard et vice-président de la Commission européenne en 1984, a été le ministre de l’Agriculture de De Gaulle entre 1961 et 1966, lançant réforme sur réforme en compagnie de Michel Debatisse, futur président de la FNSEA ?

      En bref, l’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle. Et d’autant que la présidence se révèle d’une grande faiblesse politique, donc bien plus impressionnable. La FNSEA de Xavier Beulin — il est devenu son président en 2010 — sent rapidement qu’elle peut espérer beaucoup de la gauche, peut-être davantage que d’une droite sarkozyste. Beulin devient en quelques mois un interlocuteur privilégié de Hollande, ce qui permet de mieux comprendre la suite.

      Les productivistes agricoles n’ont en fait jamais digéré la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) du 30 décembre 2006. Celle-ci transpose dans le droit français une directive européenne sur l’eau adoptée en octobre 2000. Or cette loi a pour objectif — entre autres — de parvenir à un « bon état » écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici 2015. La FNSEA, qui sait à quoi s’en tenir, y voit une menace directe : l’agriculture industrielle dissémine massivement des pesticides et pollue les rivières et les rivages avec ses nitrates. En 2014, l’Europe a d’ailleurs condamné une nouvelle fois la France pour sa politique trop laxiste contre l’épandage des nitrates.
      Nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans

      Comment en sortir ? La création en 2006 de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), chargée de la police de l’eau, annonce-t-elle la fin de l’impunité pour les pollueurs ? Possible. En 2010, une circulaire du ministère, alors de l’Écologie, durcit le ton : « Il est impératif de consolider la pratique des contrôles et de mieux coordonner l’intervention des services et établissements chargés des polices de l’eau et de la nature. » Une guérilla invisible commence. Quelques contrôles de terrain de l’Onema aboutissent à des procès-verbaux pour épandage de lisier ou comblement de ruisseaux, qui viennent heurter de plein fouet les habitudes agricoles. Fin 2013 commence un cycle de manifestations musclées de la FNSEA, avec déversement de fumier, devant les sièges décentralisés de l’Onema. On y refuse le principe même des contrôles.

      C’est alors que tout dérape au sommet de l’État. Manuel Valls, devenu Premier ministre, décide de se soumettre au lobby agricole, et commande en novembre 2014 un rapport sur « la mise en œuvre des contrôles » de terrain à la députée socialiste de l’Ariège Frédérique Massat. Le texte, publié fin mai 2015, ne peut que combler la FNSEA, car il prend parti, jusqu’à la caricature. On y lit par exemple cette phrase d’anthologie, qui ridiculise toute inspection de terrain : « La mission recommande qu’aucun constat de non-conformité ne soit dressé pour des points de contrôle dont les règles n’auraient pas été portées à la connaissance des agriculteurs en temps utile ».

      En somme, nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans. Au-delà, le rapport ouvre une porte à des enjeux plus lourds encore, en réclamant la réalisation de cartes des cours d’eau, département par département. Pour la FNSEA, c’est décisif, car si un ru ou un ruisseau ne sont plus considérés comme des cours d’eau, ils ne relèvent évidemment plus de la loi qui les protège. Tout est alors en place pour une vaste comédie, qui se révélera être un drame.

      https://reporterre.net/Quand-le-gouvernement-et-la-FNSEA-redessinent-la-carte-des-cours-d-eau

  • #Ceuta : ce que cachent les #appels à traverser la frontière le 15 août

    Il y a deux semaines, les 30 et 31 juillet 2026, Ceuta a traversé l’une des pires crises migratoires de son histoire. En 48 heures seulement, plus de 70 000 personnes sont parvenues à rejoindre illégalement l’enclave espagnole depuis le Maroc. Plus de 141 personnes y ont perdu la vie, selon des ONG marocaines. Alors que plusieurs enquêtes montrent aujourd’hui le rôle déterminant joué par les réseaux sociaux et la #désinformation dans cette séquence, des appels à traverser la frontière le 15 août reviennent en boucle sur #Instagram et #Facebook. L’enquête menée par RFI montre que ce mouvement a été artificiellement amplifié et instrumentalisé.

    Dès la matinée du 30 juillet 2026, alors que des dizaines de jeunes, en majorité marocains, risquent leur vie pour franchir illégalement la frontière avec l’Espagne, des appels à une nouvelle #traversée_massive le 15 août émergent déjà sur Instagram et Facebook.

    Le choix de cette date ne doit rien au hasard. Une rumeur mensongère affirme, en effet, que « le poste frontière de Ceuta sera exceptionnellement ouvert » car il s’agit « d’un jour férié en Espagne ». Cette fausse information, vue des millions de fois sur les réseaux sociaux, vise à susciter l’espoir et à rassembler des candidats à la migration pour engendrer un mouvement populaire.

    Dans les faits, le gouvernement espagnol et les autorités marocaines ont, au contraire, renforcé leur dispositif policier et militaire sur place. Le message de la Guardia Civil, diffusé sur Instagram mardi 11 août, est clair : « La frontière avec l’Espagne est fermée et elle ne s’ouvrira pas. De nouvelles barrières de sécurité ont été installées. Si tu les franchis, tu seras renvoyé. Ne te laisse pas tromper ». Cette #infox n’est qu’un exemple parmi d’autres qui démontrent comment ces #rumeurs du 15 août sont instrumentalisées sur les réseaux sociaux.

    Des #faux_comptes à la manœuvre

    S’il est impossible de déterminer avec certitude l’origine exacte de cet #appel_à_la_traversée, l’analyse de la diffusion des contenus en référence au 15 août nous a permis de révéler différents comportements factices. Sur Instagram, nous avons ainsi identifié une dizaine de comptes douteux ayant activement relayé la rumeur.

    Ces profils ont, pour la plupart, été créés récemment, parfois en juillet, voire en août 2026. Leur nom, photo de profil et biographie sont impersonnels. Ils ne comptent que très peu d’abonnés et ne suivent presque personne. Certains cumulent au moins trois changements d’identifiants. Leurs publications évoquent parfois exclusivement la date du 15 août et cumulent plusieurs millions de vues.

    Tous ces indicateurs prouvent que ces comptes ont été créés spécifiquement pour l’occasion afin de rendre viral ce nouvel appel à la traversée. La visibilité soudaine de certaines vidéos laisse également penser que des vues ont été achetées pour gonfler la tendance. Les recherches en sources ouvertes ne nous ont pas permis de déterminer qui en est précisément à l’origine, ni s’il s’agit d’un ou plusieurs acteurs.

    La fabrique d’une illusion de masse

    Autre élément troublant, certaines publications comportent des légendes en japonais, sans aucun rapport avec l’Espagne ou le Maroc. Cette description fait référence au Vogue World 2025, un événement autour de la mode qui a réuni plusieurs stars mondiales en octobre 2025. Plusieurs stars comme le boys band sud-coréen BTS, ou la rappeuse américaine Doja Cat sont cités.

    Initialement publié en anglais par le compte Instagram de Vogue, ce texte avait dépassé les 766 000 likes et les 11 millions de vues. Par opportunisme, certains l’ont copié-collé et traduit, avec l’espoir que les algorithmes de recommandations poussent leur contenu suite au succès de la publication de Vogue. Il s’agit là d’un autre exemple de #manipulation.

    Si des personnes réelles ont bien commenté cet appel du 15 août qui cumule plusieurs dizaines de millions de vues sur les réseaux, tout porte à croire que le mouvement a été victime d’#astroturfing. Cette technique de manipulation consiste à fabriquer un #mouvement_citoyen de toutes pièces en ayant recours à différentes techniques d’#amplification_artificielle. Le détournement et l’utilisation répétée de certains hashtags (« haraga », « spanish ») en est également la preuve.

    L’usage du terme « #haraga » ne relève pas du tout du hasard selon Mehdi Alioua, sociologue et professeur associé à l’université internationale de Rabat : « Les harragas, ce sont les brûleurs. D’abord les brûleurs de papiers, parce que lorsque les Marocains rentraient sans autorisation à Ceuta ou Melilla, ils étaient refoulés à chaud. Et donc les brûleurs sont devenus par extension les brûleurs de frontières », explique-t-il avant de compléter : « On est forcément dans une irrationalité de part et d’autre, un manque de politique migratoire et l’espoir fou que, en brûlant les frontières, on puisse renaître et avoir une vie meilleure ».

    L’implication de comptes influents

    Une fois lancé, l’appel à passer la frontière le 15 août a été repris par de vrais comptes, parfois suivis par plus de 100 000 personnes. C’est le cas de ce jeune vidéaste qui propose de s’abonner sur ses différentes plateformes pour profiter d’un trajet en bus complètement gratuit, à destination de l’Espagne. Il est impossible de savoir s’il a été rémunéré pour diffuser ce message.

    L’espoir d’une vie meilleure

    Mais alors pourquoi ces appels du 15 août cumulent-ils des millions de vues sur les réseaux sociaux alors que la rumeur d’ouverture de la frontière paraît grossière ? Pour Mehdi Alioua, le phénomène s’explique en deux parties : « Le premier élément, c’est une crise sociale au Maroc qui ne dit pas son nom parce qu’on a du mal à en parler, mais dont on a des indicateurs depuis au moins vingt ans à travers la multiplication de mouvements sociaux essentiellement portés par les jeunes, qui crient leur désarroi et parfois même leur désespoir, et dont la réponse de l’État marocain est en demi-teinte. De l’autre, une connaissance du fait que, en Europe, on a toujours besoin de métiers bassement qualifiés et que si on a le courage de tenir longtemps, on finira par avoir une vie meilleure ».

    Quand bien même le Maroc se développe activement (4,9% de croissance en 2025 selon le Haut-commissariat au plan), les répercussions sont moins perceptibles chez les jeunes, parfois mis de côté selon Mehdi Alioua : « Au delà du chômage, même les gens qui travaillent sont non seulement mal payés, mais surtout sans aucune garantie de droit du travail, de retraite et de sécurité sociale ».

    Même son de cloche pour Mohamed Ali Lahlou, expert sur les questions migratoires et membre de l’Association marocaine d’études et de recherches sur les migrations (AMERM). Le manque de perspectives d’une partie de la jeunesse marocaine reste l’un des défis majeurs du Royaume : « Ce qui se joue autour du 15 août dépasse, à mon sens, la seule question sécuritaire. Les chiffres racontent une histoire complexe et parfois contradictoire. On est face à un taux de chômage officiel au Maroc présenté à la baisse par le Haut-commissariat au plan la semaine dernière. Mais l’indicateur de sous utilisation de la main d’œuvre reste massif chez les jeunes, autour de 45% ».

    Virtuel vs réalité

    Démontrer la manipulation et l’#amplification_numérique d’un appel à la traversée ne permet pas de savoir ce qu’il se passera réellement le 15 août prochain, à proximité de Ceuta ou Melilla.

    Pour essayer de mesurer la popularité réelle de ce mouvement, nous avons infiltré plusieurs groupes privés sur la plateforme #WhatsApp mis en avant dans certaines publications virales. Le plus populaire cumule près de 800 membres, dont nous ne pouvons pas vérifier l’authenticité. Cette audience réelle est conséquente, mais en décalage avec les plus de 20 millions de vues cumulées par cet appel, notamment sur Instagram.

    Dans ces groupes, où les discussions sont souvent éloignées du sujet du franchissement de la frontière, la quasi-totalité des membres sont des hommes marocains qui profitent souvent de cette audience pour vendre leur service (entretien, lavage automobile). Passé quelques heures, les numéros commençant par un indicatif autre que +212 (Maroc) sont supprimés par les administrateurs, notamment les utilisateurs espagnols et algériens présents en nombre non négligeable lors de la création du groupe.

    Entre volonté et curiosité

    Que peut-on y lire ? Outre les très nombreux messages qui n’ont rien à voir avec notre sujet, des fausses informations circulent sur la possibilité de passage le 15 août. Certains utilisateurs ne se cachent pas et expriment leur envie de quitter le Maroc à la nage. Autre possibilité sur ces groupes privés : être mis en relation avec des contacts proches de Ceuta qui peuvent aider à la traversée.

    Nous avons pu contacter certains membres de ces groupes privés qui ont souhaité garder l’anonymat. Toutes ces personnes partagent un point commun : elles ont répondu à un effet de groupe directement sur la plateforme WhatsApp en recevant un lien d’invitation.

    Quant à leur véritable motivation à entrer dans ce type de groupes ? La curiosité pour la plupart. Certains membres nous ont assuré n’avoir jamais voulu essayer de franchir la frontière de Ceuta ou Melilla le 15 août et resteront « au chaud à la maison ».

    La #viralité sur les réseaux sociaux peut-elle, à elle seule, participer à l’organisation d’un mouvement migratoire de grande envergure ? Pas tout à fait selon Mohamed Ali Lahlou : « Les réseaux sociaux peuvent être un accélérateur. Ce n’est pas la cause. Un appel viral, aussi bien relayé soit-il, ne produit un mouvement de plusieurs milliers de personnes que s’il rencontre un terreau social déjà favorable ».

    D’autant que, selon l’expert en questions migratoires, cette situation n’est pas inédite : « Les réseaux sociaux donnent une date et un mode d’emploi, le #désir_de_partir, lui, préexiste largement, je dirais, aux réseaux sociaux, dans l’histoire. Ce qu’il s’est passé lors de la crise de 2021 [10 000 migrants avaient alors franchi la frontière de Ceuta, NDLR] peut être comparé à ça. Il y a eu aussi des informations qui circulaient sur les réseaux sociaux ».

    Conséquences dans le réel

    Quelle que soit la part de faux dans ce mouvement, force est de constater qu’il a bien eu un impact dans le réel. Le renforcement du dispositif militaire et policier des deux côtés en est la preuve.

    Les autorités marocaines ont affirmé avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux incitant à l’organisation de tentatives de passage collectif et illégal vers Ceuta et Melilla ». Un groupe d’individus en lien avec ce mouvement aurait été arrêté.

    Selon Mohamed Ali Lahlou, le renforcement de la sécurité autour des deux enclaves réduisent drastiquement le risque de revivre, deux semaines après, une nouvelle crise migratoire : « Suis-je inquiet ? Non. Mais en tout cas, ça montre qu’il y a quelque chose qui est de plus en plus organisé. On n’est plus dans la spontanéité comme ça a été le cas fin juillet. Aujourd’hui, on commence à organiser les choses de manière plus structurée à travers ces réseaux qui profitent de la situation ».

    Si les probabilités de franchissement des frontières sont quasiment nulles, pour Mehdi Alioua ce phénomène numérique de masse doit être aussi interprété comme un symbole : « Ce qui est important, c’est la réception qu’en font une partie des #jeunes. C’est pour se donner des forces. Il y a là une sorte de mise en scène. Je pense que la plupart voient cela comme une sorte de défouloir, ils veulent y croire, mais pas complètement. Ils veulent juste montrer qu’ils sont prêts à tout et qu’aucun grillage ne pourra les empêcher d’être à la recherche d’une vie digne ».

    « Ce type d’appel va continuer »

    Pour le sociologue, ces appels viraux sur les réseaux sociaux n’ont pas vocation à s’interrompre à l’avenir : « Malheureusement, la solution n’est ni dans les grillages, ni dans la répression. La solution, elle est dans des voies légales de migration d’un côté et de l’autre et une coopération internationale pour aider les pays comme le Maroc à avoir enfin un état social digne de ce nom tel que le demande la jeunesse ».

    « Ce type d’appel, celui du 15 août ou même une autre date, va continuer de trouver un écho, quelle que soit l’efficacité du contrôle aux frontières », confirme Mohammed Ali Lahlou.

    Lors du dernier franchissement massif de la frontière vers Ceuta, fin juillet, plus de 141 personnes ont perdu la vie, selon des ONG marocaines.

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260814-ceuta-ce-que-cachent-les-appels-%C3%A0-traverser-la-fronti%C3%A8re-le-1

    #migrations #Espagne #Maroc #réseaux_sociaux #frontières #militarisation_des_frontières

  • Vous reprendrez un peu de sauce piquante ?

    Sur ce blog, je traite et analyse des sujets divers et avariés qui me font frémir de délire. Sans avoir un avis journalistique ou autre, j’exerce en toute impunité. Écrivain bipolaire à la plume corrosive, poétique, parfois humoristique ou tragique, mais toujours authentique.

    https://www.psychotheque.com

    #psychothèque #blog #écritures #poésie #chroniques #bipolarité #plumecorrosive #humournoir #billetdhumeur #satiresociétale

  • « On a rayé des cartes les petits cours d’eau, et la #sécheresse s’est répandue »
    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « petits chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les zones humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de pluie.

    [...]

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une loi sur l’#eau et les milieux aquatiques (Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques.

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des épandages de pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    edit c’est assez général, on pense flux et stock, au mépris des trames.

    #hydrologie (et Lumières éteintes) #petits_chevelus

  • Who Are the True Defenders of the Christian Faith in West Asia?
    https://beeley.substack.com/p/who-are-the-true-defenders-of-the

    Those who defended the Christian communities of all denominations were the very groups demonised by the West and scorned by the aligned media outlets as proxies of Iran operating illegally while resisting the sectarian, savage extremist mercenaries masquerading as ‘moderate rebels’.

    This article will provide a verified timeline of the Hezbollah interventions to protect and defend Christian communities in Lebanon and Syria from 2013 to 2017. I personally reported from the majority of the Christian towns and villages following savage attacks by the US-UK-Zionist terrorist proxies designed to drive these historic communities from their homes and from the region.

  • Als Kind an der Sektorengrenze : Wir spielten mit Soldaten und klauten Birnen – dann kam die Mauer
    https://www.tagesspiegel.de/berlin/ein-kind-erlebt-den-mauerbau-in-berlin-als-die-birnenallee-hinter-stach

    Le journal Tagesspiegel vient d’identifier les perdants de la construction du mur den Berlin il y a 65 ans. Il s’agit des enfants vivant à proximité de la frontière entre les arrondissements est et ouest en périphérie. D’un jour à l’autre ils ont perdu leurs amis, les gardes-frontière et la moitié des rues et forêts qui leur servaient de terrain de jeu avant le 13 août 1961.

    C’est une découverte intéressante car elle représente la perspektive typique des berlinois apart les excités et fanatiques anticommunistes. Pour la grande majorité le nouveau mur était d’abord désagréable sans changer grand chose à leur vie. Plus tard on a appris à voir le pour et le contre de cette construction assez particulière.

    13.8.2026 von Rolf Lehmann - Mit acht Jahren sah er in Lübars, wie Stacheldraht Ost und West trennte. Später fielen die Birnenbäume. Ein Tagesspiegel-Leser erinnert sich an den Mauerbau vor 65 Jahren.

    Meteorologisch war Sonntag, der 13. August 1961, ein traumhafter Hochsommertag. Die Sonne stand voll am wolkenlosen Himmel und tauchte die Gegend in goldgelbes Licht, dass es eine Freude war. Den Kindergottesdienst hatte ich hinter mir und ließ mich nun gut gelaunt auf dem Fahrrad eines Freundes mitnehmen, froh darüber, die lange, ansteigende Blankenfelder Chaussee nicht hinauflaufen zu müssen, die sich vom Dorf Lübars bis zur Sektorengrenze erstreckte, beidseitig flankiert von hügeligem Ackerland.

    Ich war acht Jahre alt, sehr lebendig und immer dankbar dafür, wenn draußen auf dem Land vor der Stadt etwas Besonderes passierte. Sei es, dass Autos bei Regenwetter im Matsch der unbefestigten Koloniewege steckenblieben oder bei Schröders mal wieder der Dachstuhl brannte.

    Passierte nichts dergleichen, dann träumte ich mich in aufregende Geschichten, stieg in den großen Kirschbaum unseres Gartens und segelte über Meere. An diesem heißen Augusttag aber fand ich mich unversehens selbst als Teil der Geschichte wieder, wie sie der Kalte Krieg unbarmherzig schrieb.

    Als wir den Scheitel der Chaussee erreicht hatten, von wo aus die Grenze zur DDR einsehbar war, ließ mich das Getümmel einer aufgebrachten Menschenmenge aufhorchen. So viele Leute an diesem wenig benutzten Grenzübergang, das war sehr ungewöhnlich! Es war etwas passiert, endlich war wieder etwas los, und das versetzte mich in helle Aufregung.

    Tagesspiegel-Leser Rolf Lehmann, der mit acht Jahren in Lübars den Mauerbau erlebte
    Tagesspiegel-Leser Rolf Lehmann erlebte mit acht Jahren in Lübars den Mauerbau.

    © privat

    Frauen in Kittelschürzen schrien und schimpften, einige weinten. Männer machten sorgenvolle Mienen, die Halbstarken grölten und ballten die Fäuste. Die wenigen diensthabenden Polizisten und Zöllner diesseits der Grenze bemühten sich nach Kräften um Ordnung und Ruhe, denn auch ihnen stand der Schrecken in den Gesichtern.

    Von Neugier getrieben pirschte ich mich vor, bis ich den Grund der allgemeinen Aufregung quer über der Straße in der gleißenden Sonne blitzen sah: Meterhohe Stacheldrahtrollen trennten plötzlich Ost von West, Pankow von Reinickendorf, Blankenfelde von Lübars, den russischen Sektor vom französischen.

    Ohne zu verstehen, warum, begriff ich doch, dass mir urplötzlich etwas Wichtiges genommen wurde: das Herumstreunen auf Ostberliner Terrain, die Besuche bei Friseur Bergholtz – der mir immer etwas Süßes zusteckte –, das Spielen mit den mir gegenüber freundlichen DDR-Grenzstreifen und die Erreichbarkeit der Birnen, die jenseits der Grenze auf mächtigen alten Bäumen wuchsen und verlockend rotgelb leuchteten, umsummt von Wespen.

    Da gingen wir sommers immer hin mit unseren tiefen Taschen, lasen die Früchte aus dem Gras, in das sie weich gefallen waren, denn die Äste hingen zu hoch, um sich heraufzuhangeln. Niemandem schienen diese Obstbäume zu gehören. Dennoch nahmen wir die Früchte in dem Gefühl, etwas Verbotenes zu tun. Die Birnbäume bildeten eine malerische natürliche Grenze.
    Die Grenzsoldaten waren Freunde

    Nur 200 Meter von Ost-Berlin entfernt wuchs ich auf in einer kleinen Laube mit Vater, Mutter, meinen Schwestern und zahlreichen Hühnern. Wir kannten das Grenzpersonal: die Zöllner im Westen, die Grenzpolizisten im Osten, und mit einigen, die hier draußen regelmäßig Dienst taten, waren wir gut befreundet. Spielerisch pendelten wir zwischen den politischen Welten, ohne Schimmer von ideologischen Ausrichtungen, ohne Sinn für die hoheitlichen Aufgaben so vieler Uniformierter, die meist nur herumstanden und, wenn sie gerade nicht gelangweilt durchs Fernglas stierten, Löcher in die hier draußen besonders gute Berliner Luft guckten.

    Sie waren dankbar für jede Abwechslung, wozu wir Kinder lebhaft beitrugen. Wir bewunderten die blitzenden Knöpfe ihrer Uniformen, probierten Mützen auf, ließen uns Funkgerät und Stahlrute erklären, spielten mit ihnen Ball oder pflückten an den Chausseeböschungen Schnittlauch und Sauerampfer, den wir lachend aßen mit diesen Beamten – meist junge, heitere Burschen in öden, langweiligen Berufen.

    Bei den Grenzpolizisten auf östlicher Seite faszinierten uns die Kalaschnikows, die wir manchmal sogar anfassen durften, schwer beeindruckt vom Gewicht dieser Waffen. Dabei lagen die zumeist jugendlichen Soldaten im Gras, kauten Halme oder rauchten filterlose Zigaretten und amüsierten sich über unsere staunenden Blicke. Kam die Wachablösung in dunkelgrünen Lkws, dann durften wir schon mal mit in den Mannschaftswagen steigen und neben den Grenzsoldaten sitzen, wobei wir uns groß und stark fühlten.

    Tagesspiegel-Leser Rolf Lehmann, der mit acht Jahren in Lübars den Mauerbau erlebte
    Tagesspiegel-Leser Rolf Lehmann erlebte mit acht Jahren in Lübars den Mauerbau.

    © privat

    Bereits wenige Tage nach dem 13. August begann Ulbrichts Regime damit, den sogenannten antifaschistischen Schutzwall auszubauen. Unsere Chaussee wurde einfach zugemauert. Um jeden Zentimeter wurde gerungen. Die Westpolizisten drängten gegen die mächtigen Steinplatten, die vom Haken eines Kranwagens herabgelassen wurden, damit sie auch nicht über der mit Kreide gezogenen Linie aufgestellt werden konnten.

    Unbegreiflich, warum wir nicht mehr zur Birnenallee durften, die plötzlich feindliches Gebiet sein sollte, obwohl sie aussah wie immer.

    Rolf Lehmann, Tagesspiegel-Leser, war acht Jahre alt, als der SED-Staat die Grenze dichtmachte.

    Die Bewohner aus den umliegenden Laubenkolonien, aber auch Schaulustige aus der Stadt in bunten Ausgehröcken mit dunklen Sonnenbrillen und wedelnden Fotoapparaten, die aus ihren Käfern und Isettas sprangen, wohnten dem Schauspiel bei, das unaufhaltsam zu einer Tragödie geriet. Amtsträger beider Seiten brüllten sich an und drohten. Ich starrte gebannt auf das, was sich ungeheuerlicher Weise zutrug, und mir war bang.

    Unbegreiflich, warum wir nicht mehr zur Birnenallee durften, die plötzlich feindliches Gebiet sein sollte, obwohl sie aussah wie immer und die Früchte wieder satt und schwer an den Ästen zogen. Die Grenze wurde von Tag zu Tag undurchdringlicher. Neben der Mauer begann man, einen ersten Zaun zu ziehen, und jetzt war es nicht mehr nur verboten, sondern unmöglich, zur Birnenallee zu gelangen.

    Zwei der Grenzpolizisten, die wir besonders mochten, blickten durch den Zaun zu uns in den Westen, wo ich ratlos, bedrückt und verlegen zu ihnen herüberwinkte. Uns verband eine ungleiche, aber sommerleichte Freundschaft, die nicht mehr lebbar war. Ich sah sie nie wieder. Denn die DDR begann, ihre Truppen auszutauschen, um die Fluchtgefahr zu minimieren. Beziehungen zu verunmöglichen war Programm, eine weitere Variante deutscher Gründlichkeit. Die Berliner wurden nach Thüringen versetzt, Sachsen kamen nach Berlin.
    Dann fielen die Birnenbäume

    Die Wut der Westler über Mauer und Zaun drückte sich lange in lautstarken und handfesten Protesten aus, insbesondere seitens der Jugendlichen und Halbwüchsigen, die die Absperrungen beschädigten und die Tränengasbomben kurzerhand zurückwarfen, die die Volksarmisten einsetzten, um die Rowdys zu vertreiben, die meine volle Sympathie gewannen.

    Der SED-Staat steigerte sich in der Verschlimmerung der Situation. Eines Morgens wurden wir Grenzanrainer von sehr lauter Musik geweckt. Der Osten beschallte den Westen und die eigenen Trupps von Pionieren und Bausoldaten mit Kampfliedern. Man begann hinter den Absperrungen alles mit Stumpf und Stiel auszurotten, was Knöchelhöhe übertraf.

    Zwischen den Agitprop-Liedern peitschten Parolen die Massen von schuftenden Leibern an, die mit nackten Oberkörpern Schaufeln schwangen und Motorsägen bedienten, mit denen sie unfassbarer Weise die komplette Birnenallee fällten, um freies Sicht- und Schussfeld zu gewinnen. Fassungslos mussten wir mit ansehen, wie die stattlichen Bäume zu Boden krachten und die ungepflückten Birnen am Boden zerplatzten.

    Schließlich zogen kleine, hässliche Panzerfahrzeuge mit klirrenden Ketten die Stümpfe aus der Erde, wobei sie sich aufbäumten wie wütende Echsen. Da rannte ich nach Hause, berichtete was geschehen war, und heulte in den Armen meiner Mutter, die, sprachlos vor Entsetzen, leise in mein Weinen einstimmte.

    Einige Jahre später, die DDR hatte ihre Sperranlagen vervollkommnet, schätzten wir Teenager, die wir anfingen, Diskotheken zu besuchen, dass wir nicht länger im Stockfinsteren die Chaussee langlaufen mussten, weil die an der Grenze entlang installierten Lampen ironischerweise so viel Licht gen Westen warfen, dass wir uns nicht mehr in der Finsternis fürchten mussten. Dazu trugen auch abgefeuerte Leuchtkugeln bei und das Gebell der Wachhunde im Todesstreifen, wie auch das gelegentliche Aufheulen der Zweitaktmotoren.

    Wir hatten uns an die Mauer gewöhnt, von der wir annahmen, dass sie für immer bleiben würde. Als sie dann wundersamerweise fiel, war ich selbst längst Vater geworden. Da war mein ältester Sohn – der Äpfel bevorzugte – so jung wie ich, als die Birnbäume gefällt wurden.

    #Berlin #histoire #mur #enfants

  • « On ne peut pas monter dans un bus sans savoir où il part » : la préfecture casse la grève du #Samu_social de #Paris et laisse des familles dans l’inconnu - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/social-et-economie/cgt/tous-les-problemes-vont-se-repeter-la-prefecture-casse-la-greve-du-samu-soc

    Plusieurs dizaines de policiers ont évacué de force, jeudi 13 août, le parvis du Samu social de Paris, où plusieurs centaines de travailleurs et famille non accompagnées ont entamé une #grève il y a plus d’un mois. « Il est hors de question d’expulser des familles et des personnes sans abri pour les remettre à la rue », dénonçait la CGT.

    [...]

    Pour rappel, les travailleurs sociaux du 115 en grève réclament des revalorisations salariales pour l’ensemble du personnel, comme des financements à la hauteur des besoins du terrain. De plus, ils exigent également l’arrêt immédiat des remises à la rue et demandent le respect strict du principe légal de continuité de l’accueil inscrit dans la loi DALO de 2007 : garantir qu’aucune personne ou enfant pris en charge ne puisse être remis à la rue sans solution adaptée.

    Et qui est aux commandes ?

    #hébergement_d'urgence #occupation #préfecture

    • Reportage « Ils envoient les forces de l’ordre face à une situation de détresse sociale » : 450 personnes évacuées du parvis du Samu social de Paris
      https://www.liberation.fr/societe/logement/ils-envoient-les-forces-de-lordre-face-a-une-situation-de-detresse-social

      Depuis un mois, rejoignant les grévistes du 115 et leurs collègues, des familles avec de nombreux enfants avaient monté un campement de fortune devant le siège du service chargé d’orienter les personnes sans abri vers l’hébergement d’urgence. Utopia 56 dénonce une dispersion sans solution de relogement.

      De l’avis général, le timing est assez particulier. Voire carrément cynique. « Invoquer la canicule pour expulser un jour où il fait 39°C… » s’étrangle Pauline Agazzi, salariée d’Utopia 56. Dans l’arrêté d’#évacuation signé par le préfet d’Ile-de-France, les fortes chaleurs et leurs impacts sur la santé étaient l’un des principaux motifs invoqués pour mettre fin au #campement de 450 personnes sans abri qui occupait depuis un mois le parvis du Samu social, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Mais la préfecture a attendu le pic caniculaire, ce jeudi 13 août, pour envoyer les gendarmes et CRS disperser aux aurores l’occupation, sans solution de relogement. Condamnant donc les familles – dont environ 150 mineurs et énormément d’enfants de moins de 5 ans – à l’errance dans un Paris brûlant.

      La veille, entre les barnums qui servaient d’abri de fortune, et les pancartes militantes – « La rue tue, le logement protège, hébergement pour tous·tes maintenant » –, l’angoisse montait mais les petits continuaient de jouer au foot, presque comme si de rien n’était. Depuis la mi-juillet, associations de lutte contre la précarité et familles sans abri avaient rejoint ici le piquet de grève des travailleurs du Samu social, en débrayage reconductible depuis le 23 juin, après que leur direction leur a annoncé la suppression de 861 nuitées d’hébergement quotidien dans les hôtels sociaux et a missionné les écoutants du 115 pour prévenir les familles hébergées qu’après des mois à l’abri, il leur fallait retourner dans la rue. La goutte d’eau pour ces travailleurs de l’ombre de l’hébergement d’urgence, déjà engagés dans des négociations compliquées pour demander l’amélioration de leurs conditions de travail et une revalorisation de leurs salaires, et dont le métier est normalement de trouver des solutions pour les personnes à la rue, pas de les y remettre.

      « Convergence des batailles »

      Avec la saturation de l’hébergement d’urgence en Ile-de-France, le #115 est de toute façon un « pansement sur une jambe de bois », selon Elena Sauterey, éducatrice en centre qui est en grève depuis juin. Parmi les familles, les historiques d’appels sont tous remplis de sollicitations du 115, et les mémoires de ces coups de fil incessants et infructueux, qui se coupent automatiquement au bout d’une heure d’attente et puis rebelote. « Depuis un mois, ça a décroché seulement deux fois, dit Rokia, son bébé dans les bras. Les deux fois ils m’ont dit : “Il n’y a plus de place, rappelez demain.” » Cette mère de trois petits enfants de 6, 3 ans et 8 mois, malienne d’origine en situation régulière, n’est pas considérée comme prioritaire vis-à-vis des critères de plus en plus restreints du Samu social. Pour être considéré comme « P1 » – l’indice maximum de priorité, « les seuls qui ont une chance d’obtenir une place », selon Pierre Kreins, juriste au sein de la structure et gréviste lui aussi –, il faut désormais être enceinte de plus de sept mois ou avoir un bébé de moins de 3 mois, ce qui veut dire que « les bébés de 3 mois et 2 jours ne sont plus considérés comme prioritaires », s’insurge Pauline Agazzi. Au début de l’occupation, une mère et son nourrisson de 3 semaines vivaient sur le campement.

      De l’aveu de Pauline Agazzi, la réunion des salariés du Samu social et des « usagers » du 115, soit « les écoutants qui doivent passer leur temps à dire non aux familles, et les familles, qui se réunissent », ça n’allait pas de soi. Mais cette inédite « convergence des deux batailles » était une manière de dire « même politique publique, même combat », selon les mots de Jordan Bernard, secrétaire général de la CGT au Samu social de Paris. Une manière aussi de se comprendre les uns les autres, de montrer que « ce numéro ne dysfonctionne pas à cause des collègues mais parce qu’il est pensé comme tel » ajoute Elena Sauterey.

      « Ils vont juste délocaliser tout le monde »

      « Ils envoient les forces de l’ordre face à une situation de détresse sociale, se désole Charlotte Kwantes, d’Utopia 56, qui se souvient de précédentes évacuations « très traumatisantes pour tout le monde », notamment en mars dernier à la Gaîté lyrique. Là, il va juste y avoir plus de 400 personnes sur le carreau. » Les termes de l’arrêté préfectoral – qui cite une « situation sanitaire particulièrement préoccupante », la présence sur le campement de maladies aggravées par « la promiscuité, l’absence de conditions de repos adaptées et des difficultés d’accès à une alimentation et une hydratation appropriées » et la canicule qui s’intensifie – ont aussi choqué. Pour Charlotte Kwantes, « c’est hallucinant de lire un tel niveau de mensonges et de mauvaise foi » : « La chaleur, les pathologies qui sont liées à la vie à la rue… Ce sont les choses sur lesquelles toutes les associations interpellent la préfecture, qui est en même temps en train de supprimer les places d’hébergement. »

      Comme le dénonçaient Utopia 56 et la CGT, les seules solutions proposées aux familles étaient des déplacements vers des #sas_régionaux d’accueil temporaire, loin de l’Ile-de-France. Loin aussi des emplois, des écoles où les enfants sont inscrits pour la rentrée, des rendez-vous médicaux ou des démarches administratives. « On méprise tellement les personnes sans abri qu’on considère qu’une solution de trois semaines loin des attaches scolaires, médicales et professionnelles, c’est acceptable », dit le cofondateur d’Utopia 56, Yann Manzi. « Toutes les personnes refusent parce que ça ne répond pas à leurs besoins. Ils vont juste délocaliser tout le monde, ajoute Charlotte Kwantes, qui redoute le retour de multiples campements dans Paris. On va avoir 20 mineurs non accompagnés qui vont retourner sous les ponts. Ce dont ils parlent dans l’arrêté, ça va juste continuer à exister ailleurs. »

      « Ces gens vont être dans la rue encore ce soir. Ils ne vont pas disparaître comme par magie », renchérit Yann Manzi, qui appelle les élus parisiens et des villes qui bordent la capitale à se substituer encore davantage à l’Etat pour mettre à l’abri les familles. Quitte à ensuite présenter la facture à qui de droit, comme l’a fait Strasbourg, qui a attaqué l’Etat en 2022 pour carence dans sa mission d’hébergement des sans-abri et a obtenu gain de cause (et une réparation de plus de 536 000 euros), il y a quelques jours.

      voir https://seenthis.net/messages/1185816

      Au Samu social, où une réunion de négociation destinée à sortir de la crise a été annulée mercredi après la publication de l’arrêté préfectoral, la grève se poursuit, mais l’occupation restera comme un tournant. « Ce ne sont plus seulement des personnes que j’accompagne, dit Elena Sauterey. C’est devenu des frères et sœurs de lutte. »

    • À Paris, le campement de 450 personnes installé dans l’enceinte du Samusocial a été évacué
      https://www.infomigrants.net/fr/post/73073/a-paris-le-campement-de-450-personnes-installe-dans-lenceinte-du-samus

      Jeudi matin, les personnes sans-abris – principalement étrangères, en situations régulière ou irrégulière – se sont vues proposer par la préfecture des places d’hébergement en CAES (centres d’accueil et d’examen de la situation) ou bien en SAS régionaux. Mais face à ces propositions, quelque 300 personnes, sur les 450 présentes, ont préféré quitter les lieux et retourner dans Paris.

    • OCCUPATION DEVANT LA MAIRIE DE PARIS CENTRE - rue Eugène Spuller 75003
      https://paris-luttes.info/appel-a-soutien-occupation-21041#maj74566

      Les familles et mineurs isolés expulsés ce matin après leur occupation pendant 1 mois du parvis du Samu Social ont relancé une action contre la Ville de Paris ! Venez rejoindre la mobilisation pour exiger des solutions d’hébergement dignes et adaptées pour toutes et tous ✊

      (il n’y avait pas d’autre choix raisonnable. à cette occasion on se souviendra de l’antique slogan "dispersion, trahison !")

  • The blues guitarist who invented the phrase “woke”
    https://faroutmagazine.co.uk/blues-guitarist-invented-the-phrase-woke

    Leadbelly - Lead Belly - 1942 - Accordion, Credit: Far Out / Charles L. Todd / Robert Sonkin / Library of Congress

    https://www.youtube.com/watch?v=VrXfkPViFIE

    18.3.2024 by Tim Coffman - No four-letter word has divided the world at large in the past decade more than “woke”. For a term that’s supposed to mean being tolerant and open to every type of culture around you, a lot of people would gladly call the whole thing a case of the new generation taking away the things that made everything cool back in the day. If you look back on the first uses of the word, though, the entire concept of “woke” comes all the way back to the first bluesmen like Lead Belly.

    When blues first started, the entire mindset was about singing what was in your heart. Trying to find the words to sing but can’t sing? That didn’t matter. What mattered was being able to talk about everything that was bringing you down and being able to share that with the rest of the world by bending the life out of your guitar.

    This is where we find a young blues troubadour, Huddie Ledbetter, known to most as Lead Belly. While many 1990s kids know him for Nirvana reinterpreting his work for their song ‘Where Did You Sleep Last Night’, Lead Belly was known for singing any kind of tune that suited his style, whether it was talking about the lonesome of losing his lover or going after someone who did him wrong.

    For all of the different archives that have survived through the years, one of the more interesting songs he ever put to tape was a protest song titled ‘Scottsboro Boys’. Borrowing from the tune ‘Sawmill Moan’ by fellow blues artist Willard ‘Ramblin’’ Thomas, which explores the familiar theme of lost love, Lead Belly’s piece is rippling with rage directed at the widespread racial injustice he saw around him.

    The original lyrics go, “If I don’t go crazy, I’m sure gonna lose my mind/’Cause I can’t sleep for dreamin’, sure can’t stay woke for cryin’”, which Lead Belly repurposed as “best stay woke”. This version of the word may have been meant as an approximation of how Southern people spoke at the time, but it’s easy to see the line as a precursor to what the world would mean later.

    Many blues songs have been about laying a burden down after a long time, but the phrase practically sums up the problem that people have with the word today. Since many people have tried using different ways to get opposing sides to get along, the drama around someone’s “wokeness” shows that no one has truly been paying attention to what Lead Belly meant.

    ‘Scottsboro Boys’ was penned to commemorate the infamous 1931 case in Alabama where nine Black teenagers were charged with raping two white women, setting a precedent for racial inequality not just in American society but also in the country’s judicial system. While addressing people from his community, Lead Belly warned them about going to Alabama, “So I advise everybody, be a little careful when they go along through there—best stay woke, keep their eyes open.”

    If you really think about it, what should the term “woke” mean in the greater context? Checking good ol’ Webster’s Dictionary, the term as it applies to today means “aware of and actively attentive to important societal facts and issues (especially issues of racial and social justice)”. Lead Belly used it in a similar context, referencing a sense of awareness of contemporary society’s inherent brutality.

    That kind of prejudice has only continued in different forms through to today. Things may not be as harsh as they were back in the days of the blues, but the major divides as it pertains to law enforcement in the US, as well as political lines, have drawn a clear line between ordinary people who don’t want to be on the wrong side of history.

    So the next time you look at the word “woke”, don’t look at it as the kind of word that some committee put together to make people more aware of their surroundings. Think of it as the word descended from generations of artists that came before, still striving for that change that they don’t know is ever going to come.

    #USA #musique #blues #discrimination_raciale #histoire #wokisme

  • Accessibility and Archives: Lost and Found: The Hans Würtz Collection — Archives & Records Association
    https://www.archives.org.uk/diversity-allies-blog/accessibility-and-archivesnbsp-lost-and-found-the-hans-wrtz-collection

    The Würtz Collection stands as a singular repository of new knowledge, revealing that representations of disability in art long predate modern figures like Frida Kahlo. Within the Collection, distinct groupings—particularly of figurative sculpture—suggest the presence of artists or studios deliberately creating images of disabled people for public viewing, collection, and purchase. Some of these works appear to draw directly from Jacques Callot’s (1592–1635) Grotesque Dwarves series, which likely inspired both porcelain and bone-carved pieces in the archive. We also believe that original prints by Callot are housed within the Collection itself.


    https://www.imagesofdisability.org

    • Accessibility and Archives: Lost and Found: The Hans Würtz Collection

      Professor Simon Mckeown undertakes research and teaches at the School of Arts and Creative Industries at Teesside University, Middlesbrough, UK in the fields of fine art, digital creativity and disability. He is a disabled practicing artist as well as a disability heritage specialist. In the first of a two-part blog, he explores a historic collection of images and representations of disability first assembled by Hans Würtz (1875–1958) against the backdrop of rising National Socialism in Germany.

      In 2013, the exhibition Disabled by Normality was presented at Prague’s DOX Centre for Contemporary Art. Curated by Jaroslav Anděl and Kateřina Kolářová, with curatorial support from Leoš Válka and Michaela Šilpochová (DOX), it was organised in collaboration with the Jedlička Institute and Schools and the National Medical Library both in Prague. Critically, it marked the first public unveiling since 1932 of a long-lost collection of artworks representing disabled people—resurrecting not just art, but forgotten history.

      At the turn of the twentieth century, German pedagogue Hans Würtz (1875–1958) assembled a vast collection of disability-related artworks. Active between 1910 and 1932, his work unfolded against the backdrop of rising National Socialism. In 1932, as director of the Oskar Helene Heim disability institute, he curated an exhibition featuring figurative depictions of disabled people. This bold move led to his arrest and the eventual loss of most of his Collection to the Czech Republic, where it has since remained largely unknown.
      A Black and white photo of an elderly couple, both have heavy winter overcoats, Rosa wears a cloche hat, Wurtz has glasses.

      Hans and Rosa Wurtz

      More than a cabinet of curiosities, Würtz’s “Collection” offers a rare cultural perspective on disability. He was a pioneer who challenged the dominant medical view of impairment, shifting the lens toward cultural expression. His work remains both socially and artistically significant—particularly in spaces where representations of disabled people are scarce or fraught, such as museums and the media.

      Originally comprising over 7,000 items, the Würtz Collection today includes 3,142 pictures, 14 oil paintings, 175 sculptures, and 1,221 glass plate negatives. Loss, theft, and redistribution have significantly reduced its size. It remains unclear how much of the core material is now dispersed across European institutions—and whether restitution claims might be warranted.

      Remarkably, the Collection survived WWII, bombing, flooding, and sweeping political upheavals including Nazism, Communism, and the 1989 Velvet Revolution. In the 1970s, it was divided in Prague: the largest portion resides in the Historical Archive of the Jedlička Institute; a smaller part, including all sculptures, was transferred during the Communist era to the National Medical Library in Prague. A third, much smaller portion is held at the Special Education Archive at Humboldt University in Berlin. After WWII, boxes containing thousands of glass negatives were discovered in the basement of the Oskar Helene Heim in Berlin—capturing visual records of the institute and elements of the Collection. Alongside manuscripts, letters, and a few additional images gathered by Würtz’s widow Rosa, this material formed the “Hans Würtz Archive” held at Humboldt University in Berlin.

      The Würtz Collection stands as a singular repository of new knowledge, revealing that representations of disability in art long predate modern figures like Frida Kahlo. Within the Collection, distinct groupings—particularly of figurative sculpture—suggest the presence of artists or studios deliberately creating images of disabled people for public viewing, collection, and purchase. Some of these works appear to draw directly from Jacques Callot’s (1592–1635) Grotesque Dwarves series, which likely inspired both porcelain and bone-carved pieces in the archive. We also believe that original prints by Callot are housed within the Collection itself.
      Small statuette of a man who has both legs amputated below the knee and is using sticks to walk. He has a beard and is smiling

      Statuette of an amputee

      Spanning centuries and encompassing diverse materials and media, the Würtz Collection powerfully illustrates the ubiquity of portraits and visualisations of disabled people throughout art history. To our knowledge, no museum has matched the depth of insight it offers. As scholarship like Beyond the Footnotes[1] and initiatives such as Curating for Change[2], increasingly call for greater disabled representation, the Würtz archive emerges as a vital exemplar—one that deserves a central place in museological discourse and practice.
      Small monochrome statuette of a blind organ grinder

      Statuette of blind organ grinder

      Würtz envisioned this Collection as a foundation for an interdisciplinary cultural approach to disability. As a pedagogue, he also sought to demonstrate that disabled people need not be cast solely as recipients of charity but as individuals capable of work and success. Nearly a century later, disability remains underrepresented and often misrepresented in museums—frequently filtered through outdated or voyeuristic perspectives.

      What stands out in our analysis is the rare opportunity for disabled people to see and enjoy ourselves represented in art history through the Collection. It reflects the lived experience of disability—whether fanciful, faithful, or cruel—in both two and three dimensions. I know of no other location that does this. Here, disability is explored with depth and complexity, not relegated to a passing mention or a footnote in a broader narrative.

      What remains unclear—due to the Collection’s lack of provenance—is how and why many of these objects were created. Were disabled people the makers, the artists, the designers? Or were they simply the subjects? And how does this shape the way we interpret the Collection? I hope, and suspect, that in some cases disabled artisans and craftspeople carefully depicted both disabled and non-disabled figures for an appreciative (buying and collecting) audience.

      In conclusion, the Collection holds immense cultural value and offers rich, largely unexplored material for analysing historical images and cultural conceptions of impairment and disability. At the time, progressive sections of the Berlin press described the Collection as ’unique’ and called for its inclusion in a museum. Würtz himself recognised this, stating that his collection should serve as an inspiration for historians, artists, philosophers, psychologists, educators, and writers (Würtz 1932, 73)[3].

      I feel immensely proud to have helped Würtz’s aims and to have jointly led the Collection back to Berlin.

      Musenbury, Mckeown and Krysl with objects from the collection

      Credits:

      Images of Disability is a collaborative project made possible through funding from the UK Arts and Humanities Research Council (AHRC) and the German Research Foundation (DFG) with the support of Teesside University, Middlesbrough, UK, Humboldt-Universität zu Berlin, Germany and in partnership with the National Medical Library, Prague, Czech Republic and the Jedlička Institute and Schools, Prague, Czech Republic with thanks to DOX Centre for Contemporary Art without whom this project would not have been possible.

      Text © Simon Mckeown 2025 / Images © respective owners as detailed above

      [1] Dodd, Jocelyn et al (2004): Buried in the Footnotes: The Representation of Disabled People in Museum and Gallery Collections

      [2] https://curatingforchange.org

      [3] Würtz “Smash the Crutches”, Berlin 1932

      #handicap #Behinderte #archives #collection

  • À Ceuta, plus d’une semaine après l’afflux de 70 000 personnes, une crise humanitaire menace l’enclave - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73005/a-ceuta-plus-dune-semaine-apres-lafflux-de-70-000-personnes-une-crise-

    À Ceuta, plus d’une semaine après l’afflux de 70 000 personnes, une crise humanitaire menace l’enclave
    Par Julia Dumont Publié le : 11/08/2026
    Fin juillet, environ 70 000 personnes – principalement marocaines – sont entrées dans l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Plus d’une semaine après, la majorité a été expulsée mais environ 10 000 exilés, dont de nombreux mineurs, demeurent toujours à Ceuta et vivent dans le plus grand dénuement. Les habitants et les autorités locales alertent sur la menace d’une crise humanitaire dans l’enclave.
    Ce sont des abris misérables, faits de minces branches et de quelques morceaux de cartons. Sur la plage de Trampolin, à Ceuta, plusieurs centaines d’exilés luttent pour leur survie depuis maintenant plus d’une semaine. Pour s’abriter, ils ont commencé à construire de petites cabanes avec les objets trouvés sur place, parfois avec des pans de tissus. Sur des morceaux de bois, des vêtements ont été suspendus. C’est vers cette plage, située à deux pas du CETI, l’unique centre d’hébergement de l’enclave, que sont dirigés les exilés par la police et les commerçants.
    Selon le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas , entre 8 000 et 11 000 migrants sans papiers se trouveraient encore dans la ville autonome. Originaires d’Afrique subsaharienne pour la plupart, ces jeunes hommes déclarent avoir quitté leur pays pour leur sécurité et vouloir rester en Europe."Si on avait la possibilité de rester chez nous, pourquoi prendre la mer pour aller chez les autres ? On n’est pas en Espagne pour déranger. On n’est pas des voleurs, on n’est pas des bandits. On est venus pour contribuer à l’économie espagnole […], aider l’Espagne et nous aider aussi. Parce que dans nos pays on a fait des études mais on ne peut pas travailler", a confié Djibril au média La Ser.
    Mais en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort, les exilés patientent sur le sable. Le CETI est saturé et ne peut pas accueillir les nouveaux arrivants. Le délégué du gouvernement à Ceuta, Miguel Ángel Pérez Triano, a annoncé que le gouvernement central prévoyait de mettre en place dans un délai approximatif d’"un mois" un centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) afin de traiter plus rapidement les situations administratives et accélérer les transferts vers la péninsule des demandeurs d’asile qui peuvent y prétendre.
    Selon les estimations du gouvernement espagnol, environ 2 000 personnes se trouveraient sur la plage de Trampolin et aux alentours du CETI. Mais ce nombre ne correspond pas à la quantité – bien plus élevée - de repas distribués chaque jour par la Croix rouge, souligne El Pais."Ça y est, il n’en reste plus. Encore une fois", déplore auprès du quotidien espagnol une membre de la Croix-Rouge en distribuant le dernier repas de son stock, alors que de nombreuses personnes attendent encore d’avoir à manger. Depuis l’afflux d’exilés à Ceuta, de nombreuses personnes ont affirmé souffrir de la faim. Plusieurs d’entre eux ont indiqué à des journalistes que des supermarchés ne les avaient pas laissé entrer pour acheter de la nourriture. Seules quelques organisations prennent en charge aujourd’hui les distributions de nourriture.
    Pour assurer un minimum d’hygiène aux exilés vivant sur la plage, une dizaine de toilettes ont été installés sur une esplanade, ainsi qu’une trentaine de douches, un hangar et des points d’eau. Mais la situation est malgré tout critique car l’état de santé de certains exilés est préoccupant après une traversée éprouvante et plusieurs jours sans soin."Il y a des diarrhées et vomissements… Certains ont de la fièvre, c’est préoccupant. Cela aura des répercussions sur la santé publique si cette situation perdure", met en garde Julian Dominguez, chef du service de médecine préventive de l’hôpital de Ceuta interrogé par la chaîne RTVE.
    Parmi les exilés arrivés fin juillet, les mineurs non accompagnés restent les plus vulnérables. Depuis l’afflux du 30 juillet, « le taux d’occupation des centres d’accueil pour mineurs de Ceuta est de 2 600% au-dessus de sa capacité critique », a déclaré Juan Jesús Vivas lors d’une interview à la télévision publique espagnole.Selon Sira Rego, la ministre espagnole de la jeunesse et de l’enfance, plus de 1 300 mineurs se trouvent toujours dans la ville autonome. Jour après jour, les autorités s’efforcent d’identifier et de prendre en charge tous ces mineurs, a constaté sur place un journaliste de l’AFP, mais les moyens manquent. Ceuta « ne dispose d’aucun espace supplémentaire » pour prendre en charge ces jeunes, « une priorité », a averti de son côté le préfet de la ville, Miguel Ángel Pérez Triano.
    Face à la crise, la municipalité s’organise comme elle peut. Deux écoles ont été transformées en centres d’accueil. « Le premier centre est déjà opérationnel et accueille environ 110 filles et adolescentes. Cette mesure nous permettra d’offrir une solution temporaire en attendant l’achèvement des nouvelles installations prévues à Loma Margarita et dans la zone portuaire, qui pourront accueillir entre 400 et 500 mineures dès la semaine prochaine », avait déclaré la municipalité le 6 août. Afin de prendre en charge ces jeunes, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiza, annoncé mardi 4 août une aide de 25 millions d’euros pour l’enclave.
    Une mise à l’abri indispensable et urgente car plusieurs cas d’agressions sexuelles et de viols sur des jeunes filles et des femmes ont déjà été recensés par les autorités espagnoles. « À la suite de l’afflux massif de milliers de personnes fin juillet, un tribunal de Ceuta enquête sur six cas d’agressions sexuelles présumées qui se seraient produites dans ce contexte », indique El faro de Ceuta, précisant que les enquêtes étaient toujours en cours.Dans le quartier de Príncipe Alfonso, des habitants se sont mobilisés pour mettre en place un hébergement réservé aux femmes et aux jeunes filles seules, rapporte encore le média local. Selon Fatiha Abdelah, secrétaire de l’association de quartier Prince Alfonso, au moins 180 femmes et jeunes filles avaient été recensées dans ce camp le dimanche 9 août.
    La loi espagnole prévoit un dispositif de répartition des mineurs non accompagnés pour soulager les points d’entrée dans le pays comme Ceuta, les Baléares ou les îles Canaries. Mais il est vivement contesté depuis ses débuts et n’a jamais été vraiment effectif. Dans le cas de Ceuta, même si le gouvernement local a lancé un « appel à l’aide » aux autres régions, les quatre gouvernements de coalition régionaux ont indiqué qu’ils contesteraient toutes décisions de transferts de mineurs depuis Ceuta vers d’autres régions espagnoles. Le dirigeant de Vox, parti d’extrême droite, a déclaré que « pas un seul euro » d’argent espagnol ne devrait être versé aux mineurs migrants.
    Selon l’association marocaine des droits humains à InfoMigrants, de nombreux mineurs figuraient aussi parmi les personnes expulsées de l’enclave. Une pratique normalement illégale. « Nous avons vu des militaires raccompagner des mineurs jusqu’à la frontière », a témoigné Jamila el-Abboudi, de l’AMDH, à InfoMigrants

    #Covid-19#migrant#migration#ceuta#espagne#crisemigratoire#humanitaire#sante#MNA

  • Strasbourg fait condamner l’État pour carence en matière d’#hébergement_d’urgence
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100826/strasbourg-fait-condamner-l-etat-pour-carence-en-matiere-d-hebergement-d-u


    Des affaires éparpillées à côté d’une tente dans le camp de migrant·es de la place de l’Étoile à Strasbourg, le 6 décembre 2022. © Photo Charles Urban / REA

    C’est une première victoire judiciaire pour la ville de Strasbourg dans un dossier que la municipalité écologiste présentait comme un moyen de contraindre l’État à assumer ses obligations. Par deux décisions rendues le 28 juillet, le tribunal administratif de Strasbourg a condamné l’État à indemniser la ville à hauteur de 242 284,77 euros et le centre communal d’action sociale (CCAS) de 294 669,30 euros, soit un total de 536 954,07 euros, auxquels s’ajoutent les intérêts et 1 500 euros de frais de justice pour chaque dossier.

    En février 2024, Strasbourg, Lyon, Grenoble, Bordeaux et Rennes avaient saisi leurs tribunaux administratifs respectifs. Les cinq collectivités écologistes et socialistes reprochaient à l’État de ne pas assurer sa mission d’hébergement d’urgence, les contraignant à financer elles-mêmes des solutions pour les personnes #sans_abri.

    Le tribunal administratif, dans sa décision rendue le 28 juillet, rappelle un principe clair : l’hébergement d’urgence relève d’abord de la responsabilité de l’État. Les communes peuvent intervenir, mais uniquement de manière supplétive, lorsque l’État ne remplit plus sa mission. Elles n’ont en revanche pas vocation à supporter durablement les dépenses qui en découlent.
    Illustration 1

    Les juges estiment que Strasbourg a démontré une « carence avérée et prolongée » de l’État. Ils s’appuient notamment sur les relevés des personnes hébergées au gymnase Sud après l’évacuation du campement de la place de l’Étoile fin 2022, des « personnes sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale ». « Le seul fait que ces personnes aient été accueillies plus de trente jours […] démontre qu’elles n’ont pas obtenu de places d’hébergement dans les divers dispositifs gérés par l’État », écrivent-ils.

    Ils ajoutent que ces dispositifs sont « sous-dimensionnés par rapport aux besoins des personnes sans abri et en détresse dans le Bas-Rhin » et ce, « malgré les efforts budgétaires conséquents consentis par l’État ces dernières années dans la région ». La décision concernant le CCAS aboutit à la même conclusion et reconnaît elle aussi une « carence avérée et prolongée » de l’État.

  • Déclaration de la délégation haïtienne au FSM et suivi d’un Appel à la solidarité avec Haïti

    Le mercredi 5 août 2026, trois membres de la délégation haïtienne ont été refusés.es d’entrer sur le territoire béninois, à l’aéroport de Cotonou. Les raisons de ce refoulement n’ont pas été communiquées. Le Bénin ne requiert aucun visa pour les détenteurs et détentrices de passeports haïtiens et les visites des personnes afro- descendantes sont promues.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/13/haiti-puissance-feministe/#comment-75396

    #haiti

  • VitaNova — Hantise du temps
    https://vitanova.ledibbouk.net/spip.php?article13#Entrer-en-clandestinite

    Il y a des jours où ça me saoule de lire les autres. J’ai envie d’écrire mes propres textes, mais lire les autres me sert d’aune. En lisant les premières pages de Pour en finir avec Eddy Bellegueule, qui est je crois le premier roman d’Édouard Louis, j’avais tellement envie de revenir aux Petits traités de Quignard, et je peux dire franchement l’inverse, quand je lis Quignard j’ai envie de retourner dans Céline. Une aune donc, comme pour essayer de trouver ma place dans tout ce fatras littéraire, je me demande bien pourquoi cette préoccupation me tombe dessus à période régulière.

    #chroniques
    #Hantisedutemps