• La prohibition, au cœur de la diffusion des #drogues ? Marchés de l’héroïne à Paris dans les années 1968-2000
    http://www.vacarme.org/article3126.html

    Tour à tour invisible et visible, oscillant entre espaces privés et espaces publics, le commerce des drogues n’est pas un marché souterrain et clos sur lui-même, dès lors qu’on veut bien le mettre en perspective avec les mutations sociales, économiques et politiques de l’espace urbain. Mettre en lumière les itinéraires et les réseaux complexes et mouvants du marché parisien, de 1968 à nos jours, permet d’en saisir les jeux de sociabilités, autant que de mettre en évidence les effets de répression, de ghettoïsation et de marginalisation urbaines des politiques d’invisibilisation des drogues adoptées depuis les années 1970.

    • L’ambition de ce livre est de donner de la profondeur historique à la catastrophe sanitaire et sociale que fut l’héroïne, à sa répression, aux dynamiques et cycles de sa consommation et de son trafic. Il raconte cette histoire dans ses multiples dimensions, sociale et économique, culturelle et urbaine, politique et géopolitique, en privilégiant le point de vue de ceux qui ont été ses acteurs ou témoins. Plus généralement, il prend l’héroïne comme analyseur, pour saisir ce que les drogues font à la société.

      Le marché de l’héroïne se structure au cours des années 1950, mais c’est avec Mai 68 que s’amorce un premier tournant : dans ce bouillonnement politique, sociétal et culturel, les produits se diffusent au sein d’une jeunesse en quête de liberté et d’expériences. La fin des Trente Glorieuses marque un durcissement. La consommation d’héroïne s’étend et les sources d’approvisionnement se multiplient, bien au-delà du mythe de la « French Connection ». Les années 1980 sont un tournant majeur : on voit apparaître des « scènes » où les drogues sont vendues et consommées ouvertement dans les squats, quartiers délabrés, « banlieues » et autres « cités maudites ». Les ravages de l’héroïne deviennent de plus en plus visibles et sa diffusion joue un rôle central dans la construction du problème des banlieues dans sa version sécuritaire et racialisée. Les quartiers dits défavorisés vont être au cœur de sa diffusion mortifère, frappées par l’épidémie de sida, d’une part, et par les politiques répressives, d’autre part. Une bascule s’opère dans les années 1990 lorsque Simone Veil, ministre de la Santé, s’engage dans la mise en place d’un dispositif expérimental de réduction des risques.

      L’histoire de l’héroïne est celle de la répression, de la guerre à la drogue et, en corollaire, de l’absence de culture de santé publique en France, mais c’est aussi celle d’un processus de transformation des appartenances collectives et des identités culturelles qui interroge le rôle des produits psychotropes dans le changement social.

      https://journals.openedition.org/lectures/24352#ftn1
      http://www.editionsamsterdam.fr/la-catastrophe-invisible
      #héroïne #opiacés #hécatombe

    • Liège, la « cité ardente », a été qualifiée depuis quelques années de « Toxcity » tant les toxicomanes y étaient nombreux et vivaient au coeur même de la ville. Trop visibles pour certains, simple reflet d’une société en crise pour d’autres, leur présence et l’usage qu’ils font de la ville vont mobiliser une série d’institutions et d’acteurs sociaux, autour de questions de santé, de justice et d’urbanisme.
      http://toxcity.be
      https://seenthis.net/messages/457607
      https://seenthis.net/messages/525423
      @intempestive @syntone


  • LesInrocks - Addiction aux opioïdes : la photographe Nan Goldin s’attaque à l’industrie pharmaceutique américaine
    http://www.lesinrocks.com/2018/01/09/style/addiction-aux-opioides-la-photographe-nan-goldin-sattaque-lindustrie-pha

    Elle a photographié toutes les addictions dans les années 80 en s’immisçant dans l’intimité de ses amis. Aujourd’hui, après plusieurs années de lutte contre les opioïdes, Nan Goldin s’exprime en texte et en images contre l’industrie pharmaceutique qui délivre sciemment ces drogues.

    Photographe phare des années 80, Nan Goldin a mis en images toutes les souffrances de sa génération : les drogues, le sida, l’amour, autant de sujets qui tenaient au corps de l’époque et ont marqué au fer rouge les esprits des jeunes de ces années-là. Toutefois, les démons toxiques n’ont pas épargné la photographe, qui partage aujourd’hui dans les pages d’ArtForum son combat de vingt ans contre les opioïdes, accompagné d’une série photographique. Ces puissants anti-douleur connus sous le nom d’OxyContin lui ont été prescrits à Berlin après une opération, raconte-elle dans son essai, aussi publié sur son compte Instagram.

    L’addiction était née “en une nuit”, explique-t-elle. “C’était la drogue la plus propre que j’ai connue. Au début, 40 mg étaient trop forts, mais au fil de l’habitude aucune dose n’était suffisante. Je tenais les chose sous contrôle dans un premier temps. Puis c’est devenu de plus en plus le bordel. J’ai travaillé dans le médical pour obtenir des prescriptions.”

    L’industrie pharmaceutique dans le radar

    Outre les déboires de santé, de finances et dans sa vie personnelle, c’est la perversité de l’industrie pharmaceutique et notamment de la famille Sackler que Nan Goldin tacle dans son texte. Son travail photographique, accompagné de l’article relayé par ArtForum, porte le nom de Sackler/PAIN. “PAIN” signifie “douleur” en anglais, mais s’avère être également l’acronyme de Prescription Addiction Intervention Now, soit “intervention contre l’addiction aux prescriptions maintenant”, un groupe contre l’addiction à l’OxyContin, qui s’obtient uniquement sur ordonnance... ou par des circuits aléatoires et douteux que Nan Goldin explique avoir employés pour se procurer ses doses à la fin de son addiction.

    Pour venir à bout de ces drogues prescrites comme médicaments, elle s’attaque à leur fabricant, la famille Sackler qui détient Perdue Pharma, l’entreprise qui a fait fortune grâce aux opioïdes. Pour appuyer son appel à l’aide, la photographe annonce des chiffres à glacer le sang : aux Etats-Unis en 2015, on a recensé 33 000 morts par overdose d’opioïdes dont la moitié étaient des patients avec ordonnance. De même, toujours selon elle, 80 % des addicts à l’héroïne ont commencé leur addiction par une prescription d’opioïde.

    Sackler/PAIN, se battre

    Une Nan Goldin visiblement larguée, le regard dans le vide qui tente de regarder l’objectif. La première photographie de la série Sackler/PAIN parle à celui qui la regarde, prévient et démontre par l’image des dommages que causent les opioïdes. Derrière ce texte et cette image, la volonté d’une bataille contre la famille Sackler – par ailleurs de grands mécène de l’art aux Etats-Unis – pour faire cesser une épidémie mortelle que Goldin compare à l’hécatombe causée par le VIH : “La plupart de ma communauté est morte du VIH. Je ne supporterai pas de voir une autre génération disparaître. Les Sackler ont fait leur fortune en promouvant l’addiction. (…) Ils ont fait de la publicité et distribué leur médicament en pleine connaissance de ses dangers. Les Sackler et leur entreprise privée, Purdue Pharma, ont construit un empire sur la vie de milliers de gens.”

    A ce jour, la famille Sackler n’a toujours pas communiqué à propos de l’action de Nan Goldin ou de ses groupes PAIN. Les images à retrouver ici.

    #sackler #Opioides


  • BAC de Lille. Deux morts. Deux jeunes fauchés par un TER à Lille : les parents vont porter plainte
    https://blogs.mediapart.fr/ibanez-martinez-amparo/blog/191217/deux-morts-deux-jeunes-fauches-par-un-ter-lille-les-parents-vont-por

    Témoignage d’un survivant (vidéo FR3)
    https://seenthis.net/sites/1325604

    2 morts qui cherchaient à échapper à la police, et la Voix du Nord.
    Lille Insurgée - [RÉPONSE VOIX DU NORD] [POST TRÈS LONG]... | Facebook
    https://www.facebook.com/LilleInsurg/posts/520643498313543

    [RÉPONSE VOIX DU NORD] [POST TRÈS LONG]
    #JusticePourSelomEtMatisse
    Nous avions posté ceci (voir photo 1) sous le dernier article de la voix du nord concernant le décès de Selom et Matisse, fauchés par un TER, Vendredi dernier après avoir fuit un contrôle de police.
    Ils nous ont répondu en commentaire de l’article. (voir photo 2)
    Nous allons faire un peu de pédagogie.
    “Nous souhaitons répondre ici à certains commentaires, notamment celui de Lille Insurgée. Le tragique accident dont ont été victimes deux jeunes lillois a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi.”
    La mort de Selom et Matisse n’est pas qu’un “tragique accident”. C’est le résultat d’une politique menée de concert par la mairie et la préfecture. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si les décideurs s’obstinent, nous verrons d’autres “tragiques accidents”. En effet, Fives est un quartier populaire à deux pas d’une gare TGV. Il aiguise donc l’appétit des promoteurs immobiliers et des politiciens adeptes de la rénovation urbaine comme réponse aux problèmes sociaux. Il s’agit pour eux de transformer ce quartier en annexe du centre-ville et donc d’en virer les indésirables.
    Des habitants, “honnêtes citoyens” autoproclamés, mènent une campagne active sur les réseaux sociaux, à coup de pétitions et de tweets rageurs, réclamant une action ferme des pouvoirs publics vis-à-vis des jeunes qui foutent le bordel. Oui, il y a du deal, il y a des rodéos. S’en étonner ? Bonne blague. Ce quartier ouvrier construit autour de l’usine Five Caille s’est fait laminer par 40 ans de crise.
    La mairie, cédant à la démagogie électorale habituelle, a répondu aux revendications de ces honnêtes gens et a obtenu un quadrillage du quartier par la police, comme à Moulin. Celle-ci patrouille sans cesse et fait preuve de son habituel manque de retenue. Résultat : des jeunes flippent. Voilà le contexte local. Celui-ci prend place dans un contexte national de violences policières qui se généralisent (Adama, Théo, Curtis, Yassine, Angelo.... la liste est longue), sans parler de la répression, devenue systématique, des mouvements sociaux et de l’état d’urgence permanent (Loi antiterroriste). Lire à ce sujet le rapport d’Amnesty International.
    “Dès vendredi sur le net et samedi dans le journal, nous avons relaté les faits en émettant l’hypothèse d’un raccourci donnée au secours par l’un des blessés.”
    Au début, la VdN n’a émis qu’une seule hypothèse alors qu’il y en avait deux. Samedi déjà à Fives, des “rumeurs” couraient concernant une potentielle mise en cause de la police dans l’accident. La VdN s’est bien gardée d’évoquer les raisons des “incidents” de Caulier, faisant passer tranquillement les brûleurs de voitures pour une bande de barbares inconséquents.
    De plus l’hypothèse du “raccourci”, validée par la police, la préfecture puis le parquet, s’est rapidement révélée bancale. Un point important. L’argumentation de la VdN repose sur le soit-disant témoignage qu’un blessé aurait fait aux secours, en l’occurrence, des CRS et des agents de sécurité de la SNCF.
    Mise en situation : Vous vous mettez à la place de la victime. Vous fumez un joint avec des potes (ouloulou). La police arrive. Vous flippez. Vous cherchez à fuir. Vous avez un accident. Vous perdez deux amis. Vous êtes blessés. Que dites vous aux CRS ? Vous trouvez une excuse du type “raccourci”, ou vous leurs dites que vous avez fui leurs collègues ?
    Sans parler d’une autre possibilité. Il n’est pas dit que les policiers n’aient pas tout simplement menti pour protéger leurs collègues. Il est sur que pour la VdN la possibilité que des forces de l’ordre mentent est inenvisageable, cependant, ne leur en déplaise, c’est déjà arrivé. Leurs victimes font souvent des attaques cardiaques, voire ont une maladie grave qu’ils ignoraient. #AdamaOnOubliePas
    “Nos journalistes ont tenté de vérifier ces rumeurs sans parvenir à les étayer.”
    Les journalistes de la VdN auraient alors tenté de vérifier ces rumeurs sans parvenir à les étayer ? Ont-ils mis les pieds à Fives sans escorte policière ? Parlé aux jeunes du quartier ? Dès le samedi ? Car toutes les personnes au courant de l’affaire étaient unanimes sur la version des faits.
    "Samedi sur le net et dimanche dans le journal, nous avons néanmoins fait part de nos doutes en parlant de “l’étonnante explication du raccourci”.
    Leur scepticisme les honore. Mais pourtant quelques heures plus tard, la VdN relaie, sans la nuancer, la parole du procureur qui confirme la thèse du raccourci et balaie les “rumeurs” et autres “spéculations” des “pourfendeurs de la police” et des “médias libres” avec des guillemets.
    Au lieu de dire dans l’un de leurs articles sur le sujet “Des violences ont eu lieu suite à des rumeurs”, il aurait pu être intéressant, par déontologie, de développer quelles étaient ces rumeurs. Dire, par exemple, qu’elles mettent en cause la police. Mais non. La VdN a préféré les contre-vérités officielles à une vérité de la rue. Pas très étonnant.
    « Le témoin dont parle “Lille insurgée” (votre vidéo) témoigne le visage masqué, sa voix semble déformée.Son témoignage est peut-être digne de foi mais comme nous ne l’avons pas rencontré nous-mêmes, nous ne pouvons pas en être sûrs. »
    En réalité, ce n’est pas très difficile de discuter avec des gens à Fives. De plus, ce n’est pas notre vidéo, mais celle d’un média indépendant, Legacy News. Pour l’anonymat et la voix transformée, il faudra s’adresser à eux. Nous l’avons juste relayé. Mais bon, on est a pas une approximation près. Passons.
    “Tout en donnant la version officielle nous avons pourtant continué notre enquête qui nous a menée jusqu’à Aurélien dont nous avons publié le témoignage sur notre site ce lundi et dans le journal le mardi.”
    LOL. Prix Pulitzer... Ils ont envoyé un gratte-papier au rassemblement de solidarité. Ca va ? Pas trop dure à trouver ? C’était un peu risqué, chapeau. Quelle enquête. Vous avez trouvez l’info sur notre page ?
    Après avoir écrit 4 articles mettant en avant la version policière des faits, l’opinion publique reste sur les premières versions. Il n’y a qu’à lire la multitude de commentaires, en mode “ils l’ont bien cherché”, sous les articles. De plus le témoignage d’Aurélien, dans la version papier, n’occupe qu’une petite place en bas de page au fond du journal. Résultat : la foule des lecteurs de faits divers ne retient que les gros titres et l’hypothèse officielle. Bien joué.
    “Il s’agissait d’un témoignage important pour nous car le jeune homme était sur les lieux. Son témoignage nous paraissant probant et étant recoupé par d’autres sources, nous l’avons donc publié sans problème.”
    Il manquerait plus qu’ils ne l’aient pas publié. Après la merde publiée avant, il faut bien sauver les meubles et revoir la copie. D’ailleurs l’ensemble des articles produits ne sont plus accessibles et chaque lien ramène vers une “chronologie d’un drame en quatre jours” bien expurgée. Heureusement que France 3 a pris le temps de l’interviewer sérieusement. Pour le coup, c’était plutôt un bon boulot de journaliste.
    “La vérité se construit dans la durée. Tant qu’un journaliste ne détient pas de preuves ou/et de certitudes, il ne peut publier que des hypothèses, ce que nous avons fait avant de pouvoir aller plus loin.”
    Attention instant philo... La vérité ? Manifestement, d’après la VdN, ce sont les journalistes qui produisent la vérité au fil de leurs articles. Drôle d’approche constructiviste de la vérité. Désolé mais la vérité existe avant qu’ils impriment leur papier. Et en l’occurence, la VdN s’est bien assise dessus avant de se retrouver le nez dans son caca. D’ailleurs en l’absence de preuves ou/et de certitudes, ils n’ont publié qu’une seule hypothèse. Devinez laquelle ?
    “Il n’en reste pas moins qu’il reste encore une part de mystère sur ces faits. Le principal témoin explique que les jeunes ont repéré des policiers et que pour, les éviter, ils ont donc décidé de prendre ce chemin. Mais il ne parle nullement de course-poursuite, ce qui semblerait accréditer les explications des policiers en patrouille dans le quartier ce soir-là, qui disent ne pas avoir vu les jeunes.”
    Mystère ! Suspens ! Il n’en reste pas moins que ça va être la même histoire que d’hab’. Les flics vont s’en tirer à bon compte. S’il y a un procès, ils seront blanchis. La politique de quadrillage des quartiers, la guerre contre les classes populaires vont continuer à faire des morts que seules leurs familles, leurs proches et quelques “pourfendeurs de la police” pleureront. Et les jeunes continueront de flipper car ce ne sont pas, dans leur grande majorité, des apprentis Scarface imperméables à la peur.
    Oui il n’y a peut-être eu que quatre jeunes ayant eu peur des flics qui ont cherché à fuir par le mauvais chemin. Mais cette sale histoire ne tombe pas du ciel. Aujourd’hui, dans cette situation, voilà ce qu’il se passe dans la tête d’un jeune de quartier populaire. Soit, je prends la fuite en prenant un risque inconsidéré, soit je me frotte aux équipes de choc de la police républicaine. Résultat : je fuis. Cela ne vous rappelle rien ? 2005 Zyed et Bouna...
    Dur à capter pour des journalistes faitdiversiers qui passent leur temps à pomper les infos des autorités pour remplir leur journal de faits-divers anxiogènes. Mais la VdN appartient au groupe Rossel qui n’a jamais fait preuve de modération en la matière. Ni en matière de plans sociaux, hein ?
    Une petite morale ? Que la VdN cherche à se justifier et à répondre à nos accusations montre bien qu’ils ne sont pas clairs sur le traitement de ce “fait-divers”. C’est en soi un aveux. Aveux renforcé par une tentative maladroite de cacher la poussière sous le tapis en rendant inaccessibles leurs articles précédents. Ils ont assuré, une fois de plus, le service de com’ de la police et de la préf’. Rien de très étonnant pour un canard aussi boiteux, au service de la notabilité locale. Ils peuvent se donner des airs de philosophes spécialistes en déontologie journalistique. Il n’y aura que les naïfs pour leur donner du crédit. La question que nous leur posons : l’avez vous fait de bonne foi ? Auquel cas vous êtes des imbéciles. L’avez vous fait délibérément ? Auquel cas vous êtes des ordures. L’un n’excluant pas l’autre, par ailleurs...
    Et au passage, ils nous ont banni de leur Page...

    Depuis quelques semaines, les effets mortels de l’#impunité_policière sont si nombreux que je ne suis pas en mesure de faire le point.

    Justifier les morts, a priori (cf le JDD et son article policier contre la ZAD), et a postériori (cf Rémi Fraisse).
    #police #hécatomberampante #media #rememberZyedetBouna

    • Et aussi :
      Ce qu’il s’est passé vendredi 15 décembre à la cité Saint-Maurice à Fives Lille43000 - mercredi 20 décembre 2017 20:06
      http://lille43000.com/index.php/joomla-fr/en-peignoir/873-ce-qu-il-s-est-passe-vendredi-15-decembre-a-la-cite-saint-maurice-a-

      Nous relayons ci-dessous un texte publié ce matin par le C.R.I.M.E ( https://fr-fr.facebook.com/notes/le-crime/justice-pour-selom-et-mathis/1118772024925643 ) revenant sur l’affaire des jeunes happés par un train vendredi dernier à Lille, dont deux y sont restés. Alors que le parquet contredit formellement la mise en cause de la police, les survivants racontent comment ils ont couru justement pour lui échapper. Leur témoignage est accablant et rappelle la mort de Zyed et Bouna survenue il y a douze ans.

      • Il y a des textes qu’on aimerait ne pas devoir écrire. Vendredi 15 décembre vers 21 heures, quatre jeunes ont été happés par un Train Express Régional (TER) sur la ligne Lille-Calais-Dunkerque au niveau de la cité Saint-Maurice, à la frontière des quartiers de Fives et de Saint-Maurice Pellevoisin. Deux d’entre eux sont morts. Malgré le choc et les blessures, les deux rescapés témoignent. Et démentent dignement la version de la police et de la presse locale.

      Lundi dernier, à 20h45, une centaine de personnes se rassemblent sur la place Degeyter à Fives pour rendre hommage à Selom et Mathis, morts pendant le week-end. Quelques heures plus tôt, le procureur de la République explique que la version d’une course poursuite avec la police n’est qu’une « rumeur » et que les quatre jeunes auraient voulu prendre un « raccourci » le long des lignes SNCF… Les médias – La Voix du Nord en tête – se contentent de relayer cette version. Affaire classée.

      Un accident, vraiment ?
      Pour Ashraf et Aurélien, les deux rescapés que nous avons rencontrés, il ne s’agit pourtant pas d’un accident. Leurs témoignages se recoupent alors qu’ils n’avaient pas encore eu l’occasion de se parler. Ashraf, dans une chambre de l’hôpital Roger Salengro où il est encore en observation pour quelques jours, revient sur les faits : « C’est allé hyper vite, entre trois et cinq minutes. On était assis dans la cité, ils sont entrés à six en uniformes avec leurs matraques. Ils ont couru vers nous, ils voulaient nous attraper. On a eu peur et on est partis en courant ». « Ils », ce sont les nouvelles unités de la police nationales déployées en grand nombre dans le quartier depuis septembre, tout particulièrement autour de la cité Saint-Maurice et de la place Degeyter. Le résultat ? Un net regain de tensions entre jeunes et forces de l’ordre. « Depuis deux-trois semaines, c’est vraiment tendu dans le quartier. »

      « On ne voulait pas se faire éclater encore une fois »
      Pourquoi ont-ils eu peur ? « C’est ceux qui nous frappent tout le temps, pour rien, explique Aurélien, blessé au bassin et au visage et obligé de se déplacer en fauteuil roulant. Encore hier, ils ont frappé quelqu’un. On ne voulait pas se faire éclater encore une fois. Tu sais combien de fois je me suis fait frappé ? Tu sais comment ils m’appellent ? Par mon nom de famille. Ils nous connaissent très bien et c’est toujours la même histoire. La nationale, ils te lâchent seulement quand tu cries et tu pleures... »

      Arrivés sur la voie ferrée, les jeunes ont à peine eu le temps de comprendre. « On a entendu un gros coup klaxon, raconte Ashraf. J’ai volé et je suis retombé plus loin. J’ai vu que les deux autres étaient tombés. Les secours me mettaient des claques pour pas que je m’endorme et m’obligeaient à regarder vers les buissons pour ne pas voir mes potes. Et après je me suis évanoui. Ça a été très violent : quand je me suis réveillé ici [à l’hôpital], je courais encore, dans ma tête, j’étais encore dans la poursuite. » Si Ashraf perd rapidement connaissance, Aurélien se souvient : « C’est un passager du train qui est venu faire les premiers secours et ensuite les contrôleurs et la sécu [la sûreté générale, la police de la SNCF] sont arrivés. » Contrairement à ce qui est dit dans la presse, le groupe de « CRS » arrivé sur place n’intervient pas suite au drame mais semble être celui qui a entrainé toute cette histoire.

      Les flics qui les poursuivaient ont-ils pu savoir ce qu’il leur est arrivé par la suite ? « Quand on a sauté vers les rails, ils étaient à cinq mètres derrière nous », explique Ashraf. Pour Aurélien, c’est sûr, « ils ont vu le train passer deux secondes après nous. Ils nous ont coursés jusqu’au bout. » Concernant la thèse du raccourci relayée dans la presse : « On va pas prendre un raccourci pour aller sur les rails ! s’exclame Ashraf. Un raccourci pour aller où ? »

      Intox
      On se pose donc la question : d’où vient cette version des faits ? Peut-être a-t-elle été recueillie lors d’interrogatoires réalisés le soir même, sur le lieu de l’accident (avec Aurélien) ou à l’hôpital (avec Ashraf), ce dernier ayant dû signer des documents pré-remplis et sans les lire. Au-delà du fait de témoigner contre la police auprès de la police, on imagine aussi ce que signifie ce genre de témoignage lorsqu’on vient de connaitre un traumatisme aussi important. « C’est que hier [lundi 18 décembre] que j’ai vraiment réalisé ce qui s’est passé », _ explique Ashraf.

      On comprend mieux ce qui a entrainé les feux de voitures de ce week-end à Fives. Et pourquoi les versions officielles de la justice, de la police et de la presse ont toujours autant de mal à passer aujourd’hui. L’affaire n’est donc pas classée. C’est tout un quartier qui réclame vérité et justice pour Selom et Mathis.

      Le C.R.I.M.E Lille
      Le 20 décembre 2017 *

      #Lille #Guerre-aux-pauvres #violences #police

    • Même la voix du nord confirme
      http://lavdn.lavoixdunord.fr/285028/article/2017-12-21/la-presence-de-policiers-lille-fives-avant-le-drame-confirmee

      La présence de policiers à Lille-Fives avant le drame confirmée
      Le parquet de Lille a annoncé ce jeudi après-midi l’ouverture d’une information judiciaire pour recherche des causes de la mort, après l’accident de vendredi soir à Lille, où quatre jeunes ont été percutés par un TER. Le parquet indique par ailleurs qu’une patrouille de la Brigade spécialisée de terrain (BST) était passée dans la cour Saint-Maurice peu avant le drame, appelés pour un différend.
      . . . . .
      les jeunes gens avaient pris la fuite en voyant arriver des policiers de la Brigade anticriminalité (BAC), parce qu’ils craignaient « de prendre des coups de matraque » lors d’un éventuel contrôle.
      . . . . .
      Le parquet, lui, indique qu’aucune intervention de police concernant les quatre garçons n’a été enregistrée ce vendredi soir. Cependant, il précise ce jeudi, qu’une patrouille, non de la BAC mais de la BST (Brigade spécialisée de terrain), s’est rendue peu avant le drame à la cité Saint-Maurice, suite à un appel au 17 . . .


  • Depuis 2014, plus de 10 000 personnes en #migration ont perdu la vie en #Méditerranée. Ces morts font la une de l’actualité, mais les approches émotionnelles ou sécuritaires ne suffisent pas à rendre compte de cette #hécatombe suscitée par les
    #politiques_européennes de renforcement des contrôles aux #frontières. Elles contribuent à alimenter le fantasme de « l’invasion ».
    Dans cet espace méditerranéen où se croisent bateaux de pêche et de marine marchande battant pavillons de tous les pays du monde, bâtiments et appareils des garde-côtes, des services douaniers, des armées des différents pays du pourtour méditerranéen ou encore de #Frontex (l’agence de contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne), les responsabilités sont diffuses : qui doit intervenir, dans quelle situation et comment ?
    D’autres espaces maritimes européens, souvent méconnus, sont aussi le théâtre de situations dramatiques. Au large du département français de #Mayotte, selon les autorités comoriennes, en 20 ans, au moins 12 000 personnes sont mortes.


    http://www.lacimade.org/publication/morts-et-disparus-en-mer-la-mediterranee-une-mer-devenue-frontiere
    http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2016/12/22/mort-e-s-et-disparu-e-s-en-mer


  • All Queens Must Die
    http://www.theverge.com/2016/8/25/12608928/santa-cruz-island-argentine-ants-extermination-nature-conservancy
    Sur l’île de Santa Cruz, au large de la Californie, depuis les années 1980, on a tué des dizaines de milliers de vaches, moutons et cochons (avec snipers néo-zélandais spécialisés dans la traque d’animaux domestiques)...

    The snipers tracked the collared, so-called Judas pigs back to their kind and, only if and when they could destroy a group all at once, opened fire. Any pig left alive, even wounded, would become all the more skittish and difficult to find. It would teach others to fear helicopters overhead.

    ...en plus des colonies d’abeilles, ceci dans le but de faire revenir l’île à son état virginal.
    Maintenant, la dernière espèce invasive à éliminer, c’est la fourmi d’Argentine, et ça a l’air coton.

    Boser needed to poison all the queens at once. If she did that, Santa Cruz would be one step closer to perfection.

    Les questions sur ce massacre viennent à la fin.

    Still, the eradication effort seemed extreme, like a grand experiment in whole system ecology. By trying to turn the island back into what it once was, undoing the human hand with more human hands, where were we going?

    Apparemment le même genre de plan pour « préserver la #biodiversité » (celle-ci justifiant de telles extrémités aux yeux des scientifiques impliqués) a déjà été déployé aux Galapagos avec l’éradication (c’est le terme scientifique) de 80000 chèvres (sur l’île de Santiago seulement, parce que ça a atteint 100000 sur Isabela).
    http://phenomena.nationalgeographic.com/2013/08/09/galapagos-week-when-conservation-means-killing

    The logistical details are fascinating. The first phase, from December 2001 to January 2004, was ground hunting. Researchers recruited locals, many of whom had never hunted before, and taught them how to use hunting dogs, rifles, radios, telemetry and GPS. Then they started the cold and systematic business of killing.

    Puis on retrouve les snipers néo-zélandais.

    [...] The ground-hunting phase of the project killed 53,782 goats. The second phase was three months of aerial attacks, by specialized hunters from New Zealand using semi-automatic rifles.

    Semblerait toutefois qu’il y ait d’autres techniques un peu moins barbares qui existent, genre déplacer ces pauvres bêtes ailleurs.

    “Eradications are simply the most cost-effective approach,” he said.


  • #Hécatombe d’espèces marines dans un #Chili aux eaux plus chaudes
    http://information.tv5monde.com/en-continu/hecatombe-d-especes-marines-dans-un-chili-aux-eaux-plus-chaude

    Pour les scientifiques, derrière la majorité de ces épisodes étranges se trouve le phénomène météorologique #El_Niño, qui touche l’Amérique latine depuis environ un an.

    Il provoque un réchauffement des eaux de l’océan Pacifique, propice à la prolifération d’#algues consommant l’oxygène des poissons ou entraînant une forte concentration en #toxines comme dans le cas de la marée rouge.

    Le #Chili, avec ses plus de 4.000 kilomètres de côtes, a l’habitude d’être confronté à El Niño, qui survient tous les quatre à sept ans en moyenne, mais cette fois le phénomène est plus violent.

    « Nous supposons qu’un facteur commun à tous ces cas de mortalité survenus tant chez les saumons d’élevage dans le sud du Chili que chez les poissons des côtes (les sardines principalement) est l’actuel phénomène d’El Niño, l’un des plus intenses de ces 65 dernières années », a indiqué à l’AFP un panel d’experts de l’Institut de la pêche du Chili (Ifop).

    « L’océan chilien est bousculé et changeant, il y a eu une série d’événements montrant la présence d’un +Niño+ aux manifestations assez diverses », renchérit Sergio Palma, docteur en océanographie de l’Université catholique de Valparaiso.

    Mais les scientifiques citent aussi d’autres facteurs.

    Laura Farias, océanographe de l’Université de Concepcion, soupçonne l’essor de la #pêche d’avoir entraîné les morts de saumons et coquillages.

    « Il y a des études qui indiquent qu’en #Patagonie, la plus forte fréquence de +bloom+ (prolifération d’algues, ndlr) toxique pourrait être une conséquence de l’#aquaculture », explique-t-elle, assurant qu’"il n’y a pas de phénomène écologique, océanographie ou climatique" reliant tous ces incidents.

    Alors que El Niño semble perdre en intensité, permettant aux eaux chiliennes de retrouver peu à peu leur température normale, le pays se rend compte qu’il doit mieux étudier son #océan à l’avenir.

    « Le Chili manque encore d’information sur la #mer », souligne Valesca Montes, spécialiste de la pêche au sein de l’organisation WWF Chili.

    Selon elle, « il faut investir dans l’information océanographique, afin d’être capables de prédire certains événements » et mieux se préparer aux effets du changement climatique.

    #climat


  • La Haute-Savoie lance une opération d’abattage massive de bouquetins
    http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2015/10/08/la-haute-savoie-lance-une-operation-d-abattage-massive-de-bouquetins_4785810

    Seulement la préfecture ne prévoit pas uniquement l’abattage des bouquetins contaminés, mais aussi celui de ceux « non testés séronégatifs en 2015 et ne faisant pas partie du noyau sain constitué ». Cela signifie que des bêtes non dépistées en 2015, pour diverses raisons, seraient également abattues. Resteraient donc 60 à 70 bêtes à la fin de l’opération.

    Selon plusieurs associations de protection de la biodiversité, d’autres solutions préconisées par des experts étaient envisageables pour endiguer la propagation de l’enzootie. « Le préfet préfère la méthode brutale et il risque de diffuser la brucellose au massif voisin des Aravis », prévient Jean-Pierre Crouzat, porte-parole de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna).

    Je me disais que ça ressemblait à la méthode #manche_de_pioche

    Favorables à l’arrêté préfectoral, les agriculteurs de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Savoie ont à l’inverse salué une « sortie de crise ». Ils mettent en avant la « préservation de la santé humaine face à une maladie contagieuse », la « préservation de la filière agricole locale » comme des autres massifs et espèces.

    Sachant qu’aujourd’hui aucun élevage ait été contaminé #on_tue_d'abord_on_réfléchit_après

    • Epidémie de brucellose sur les bouquetins du massif du Bargy
      http://www.haute-savoie.gouv.fr/Politiques-publiques/Protection-et-sante-animale/Veterinaires-et-sante-animale/Epidemie-de-brucellose-sur-les-bouquetins-du-massif-du-Bargy

      Mesures prises par les services de l’Etat contre la propagation de la brucellose

      Dans ces circonstances, afin de limiter les risques de propagation de la maladie, il a été décidé en septembre 2013 :

      d’abattre les bouquetins du massif du Bargy dont la classe d’âge était la plus atteinte et la plus à même d’entretenir la maladie au sein de la population de bouquetins (animaux participant à la reproduction), c’est-à-dire les animaux de 5 ans et plus.
      de poursuivre au printemps 2014 la capture et les analyses sérologiques d’une partie des animaux restants, afin d’évaluer la nouvelle prévalence de la maladie

      233 bouquetins de 5 ans et plus ont été abattus en octobre 2013 dans ce cadre.
      Cette décision d’abattre les animaux les plus âgés a été prise dans un contexte où il n’existe pas de solution alternative satisfaisante. En effet, la vaccination des animaux n’est pas disponible et la détection de l’ensemble des animaux séropositifs est très difficile à mettre en oeuvre en situation réelle.
      Cette décision a été prise suite aux recommandation de l’avis de l’Anses du 4 septembre 2013 qui n’envisage que deux solutions : l’abattage partiel des individus âgés (option retenue en octobre 2013) ou l’abattage total. Dans ses conclusions, elle confirme bien que ces actions d’abattage sont « les plus à même de réduire drastiquement » le risque de contamination.
      Les prélèvements réalisés en 2014 montrent que la maladie n’a pas globalement progressé ni régressé sur l’ensemble de la population mais qu’elle s’est fortement aggravée chez les bouquetins de moins de cinq ans.

      Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, a demandé, à la suite des débats du conseil national de protection de la nature tenu à Paris le 20 novembre 2014, que le protocole d’éradication de la brucellose des bouquetins du Bargy intègre les dernières données scientifiques disponibles. Il n’y aura par conséquent pas d’abattage total des bouquetins du massif du Bargy dans les jours qui viennent. Un nouveau protocole sera élaboré,conformément à la stratégie d’assainissement que la ministre a demandé de mettre en oeuvre avant la prochaine estive.

    • « L’abattage massif des bouquetins du Bargy est contre-productif »
      http://ecologie.blog.lemonde.fr/2015/10/09/labattage-

      L’abattage des bouquetins se poursuivait, vendredi 9 octobre, dans le massif du Bargy, en Haute-Savoie. En cause : le caprin, espèce protégée depuis 1981, est accusé par les éleveurs de contaminer leurs bêtes à la brucellose, une maladie infectieuse qui a resurgi dans le département en 2012, alors qu’elle y avait été éradiquée en 1999. Environ deux tiers du cheptel vont être euthanasiés, soit quelque 230 bêtes, en application d’un arrêté préfectoral du 16 septembre qui vise à constituer « un noyau sain parmi la population des bouquetins du Bargy ». La préfecture prévoit l’abattage des bêtes contaminées (qui représentent 40 % du cheptel), mais aussi de certaines qui n’ont pas pu être dépistées en 2015. Seulement 75 à 80 animaux devraient être épargnés.

      Une opération dénoncée par les scientifiques, notamment François Moutou, vétérinaire et épidémiologiste retraité, qui a fait partie, ces trois dernières années, à deux groupes de travail de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement (Anses), à l’origine de plusieurs rapports assez critiques sur les abattages massifs, dont le dernier publié en juillet 2015. Entretien.

      Je ne discute pas la nécessité d’éliminer des bouquetins contaminés, mais le fait de tuer l’ensemble du cheptel, ce qui est inutile et même contre-productif. L’opération d’octobre 2013 a conduit à une aggravation de la situation. Les tests menés au printemps 2014 ont montré que 43 % du cheptel était désormais contaminé, contre 36 % auparavant. Surtout, toutes les classes d’âge sont concernées, y compris les jeunes. L’abattage massif, en supprimant les mâles adultes, a permis aux jeunes jusqu’alors dominés d’accéder aux femelles, ce qui les a contaminés à leur tour.

      En vidant le Bargy, on risque également de contaminer les massifs alentour, notamment celui des Aravis. Les bouquetins sont des animaux sociaux, qui se déplacent beaucoup, particulièrement en période de rut. En éliminant les grands mâles du Bargy, on augmente les chances de voir des mâles environnants rejoindre les femelles survivantes.

      http://seenthis.net/messages/290818

    • Il y a toujours des interactions et des liens entre les êtres vivants et leur milieu naturel qui ne s’organisent pas à l’échelle de nos connaissances restreintes. Si la sauvegarde de cette vie pouvait être pensée comme primordiale, tendre à la la préservation de cet équilibre le serait également. Le programme serait simple : préservation des espaces sauvages, des passages nécessaires au travers de nos modernités (routes etc), du nombre d’animaux, de leur non interaction avec les animaux d’élevages. Il est inutile de détruire un élément d’un ensemble écologique en espérant sauver son système alors qu’on en contraint une réorganisation parfaitement hypothétique. Faut-il vraiment citer tous les exemples qui le prouvent ? Il n’y a vraiment que des rouages administratifs bornés par le profit économique pour cracher une solution de tuerie, solution ultime cruelle qui sonne symboliquement l’échec de cette politique austère et mortifère, profondément injuste et parfaitement inutile.

    • Les opérations d’abattage de bouquetins dans un massif des Alpes françaises, décidé pour éviter la propagation aux élevages d’une maladie, vont être suspendues en attendant un recours en justice qui doit être examiné le 19 octobre, a affirmé dimanche la Fondation Nicolas Hulot.

      ...

      L’opération d’abattage avait commencé jeudi pour deux jours, une « première étape » au cours de laquelle 70 bouquetins ont été abattus.

      http://www.liberation.fr/societe/2015/10/11/bouquetins-suspension-de-l-abattage-en-attendant-une-decision-de-justice_

    • Un article pour faire accepter l’idée qu’il n’y a pas de solution autre que l’abattage ?

      Haute-Savoie : « On connaît nos vaches par leur prénom. Peuvent-ils en dire autant des bouquetins ? »
      http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/haute-savoie-on-connait-nos-vaches-par-leurs-prenoms-peuvent-ils-en-dir

      Pour Jean-Pierre Crouzat, porte-parole de la Fédération Rhône-Alpes de la protection de la nature (FRAPNA), cette méthode n’est pas la bonne : « Cela peut paraître séduisant, mais ça ne marche pas. L’abattage de 2013 a bien montré son inefficacité. » Les tirs massifs pourraient pousser les bouquetins du Bargy à se déplacer vers le massif des Aravis, tout proche, et empirer la situation.

      Lui préconise plutôt de capturer les animaux, les tester grâce à un dispositif in situ déjà expérimenté, puis relâcher les individus sains et euthanasier les bouquetins contaminés. Irréalisable, tranche Jean Hars : « Ça veut dire approcher les animaux à moins de 20 m. C’est impossible de tous les capturer ! » Pour le vétérinaire responsable du dossier, « si on demande l’abattage, ce n’est pas par plaisir. C’est la solution la plus faisable ».

    • « On connaît nos vaches par leur prénom. Peuvent-ils en dire autant des bouquetins ? »

      Je trouve ce titre très éclairant.
      pour ma part, je lis dans le mépris perpétuellement affiché par les divers acteurs de la filière carniste - des éleveurs aux consommateurs - envers les oppositions et les critiques un phénomène similaire à celui que... Jocelyne Porcher, qui n’est elle même pas avare d’un semblable mépris, a observé au sein des employés d’un même abattoir, mépris, hiérarchie, qui sépare radicalement les « tueurs » des « non-tueurs ».

      Qui tue ou accepte que l’on tue pour manger semble se tenir pour participant magiquement d’une connaissance supérieure de la vie - et considère qu’à ce titre, qui refuse cela se tiendrait irrémédiablement en deça d’une compréhension à laquelle seule l’acceptation de la pratique de la mise à mort donnerait accès. ( Quand Porcher parle des souffrances des employés des abattoirs dans un article de sociologie sur la souffrance au travail, elle emploie le terme de « mise à mort », elle parle de tuer. Mais quand elle s’en prend aux opposants à l’élevage, dans une presse plus généraliste, - ou quand les défenseurs de l’élevage reprennent et promeuvent son discours - c’est pour laisser entendre que ces derniers doivent avoir un problème ... avec « la mort qui fait partie de la vie ».
      Il est vrai que la mise à mort, elle, relèverait plutôt d’autre chose.
      Il y a un double discours, et des choses dont les carnistes, pour reprendre le concept forgé par Mélanie Joy, ne parlent qu’entre initiés .

      mais c’est un sujet sur lequel je compte revenir tôt ou tard ;



  • 80 vaches décédées à cause d’un « incident »
    http://www.planeteanimaux.com/sujet/2015/05/06/80-vaches-decedees-a-cause-dun-incident/004842

    photo-damien-lepetitgalandC’est l’intégralité d’un troupeau de vaches laitières de race prim’holstein, installé dans un pré à Bussy-Albieux (Loire), qui a trouvé la mort dans la nuit de dimanche à lundi à cause d’un « problème technique ». Les éleveurs concernés se plaignent d’avoir tout perdu… économiquement parlant…