• « Je ne m’assieds pas » : elle bloque le décollage pour empêcher l’expulsion d’un migrant
    https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/video/2018/07/25/je-ne-m-assieds-pas-une-etudiante-suedoise-empeche-l-expulsion-d-un-afghan-e

    Pour éviter qu’un demandeur d’asile soit renvoyé par avion en Afghanistan, Elin Erson, une étudiante suédoise de 22 ans, a acheté un billet sur le même vol, lundi 23 juillet, au départ de Göteborg en Suède. Une fois à bord, elle a refusé de s’asseoir, empêchant l’avion de décoller. « Je ne vais pas m’asseoir avant que cette personne soit descendue de cet avion », a-t-elle prévenu.

    Pendant de longues minutes, elle a diffusé son action en direct sur Facebook. « Il se fera certainement tuer s’il reste dans cet avion », a-t-elle répété aux passagers et au personnel de bord agacés. Peu à peu, elle a reçu le soutien de voyageurs, qui se sont levés à leur tour. L’Afghan de 52 ans a finalement été débarqué de l’avion, et son expulsion provisoirement reportée.

    #brava #résistance à #loi_scélérate #tou·tes_debout


  • La Catastrophe invisible, une histoire sociale de l’héroïne | Les oreilles loin du front
    http://loldf.org/spip.php?article610

    Cette semaine on a parlé avec le sociologue Michel Kokoreff de l’histoire de l’héroïne, celle de la répression, de la guerre à la drogue et, en corollaire, de celle de l’absence de culture de santé publique en France. Michel Kokoreff a coordonné l’ouvrage collectif « La Catastrophe invisible Histoire sociale de l’héroïne » (France, années 1950-2000) publié aux éditions Amsterdam. Durée : 1h09. Source : Fréquence Paris Plurielle

    http://loldf.org/archives/18.05.02.histoire.sociale.heroine.michel.kokoreff.mp3


  • La prohibition, au cœur de la diffusion des #drogues ? Marchés de l’héroïne à Paris dans les années 1968-2000
    http://www.vacarme.org/article3126.html

    Tour à tour invisible et visible, oscillant entre espaces privés et espaces publics, le commerce des drogues n’est pas un marché souterrain et clos sur lui-même, dès lors qu’on veut bien le mettre en perspective avec les mutations sociales, économiques et politiques de l’espace urbain. Mettre en lumière les itinéraires et les réseaux complexes et mouvants du marché parisien, de 1968 à nos jours, permet d’en saisir les jeux de sociabilités, autant que de mettre en évidence les effets de répression, de ghettoïsation et de marginalisation urbaines des politiques d’invisibilisation des drogues adoptées depuis les années 1970.

    • L’ambition de ce livre est de donner de la profondeur historique à la catastrophe sanitaire et sociale que fut l’héroïne, à sa répression, aux dynamiques et cycles de sa consommation et de son trafic. Il raconte cette histoire dans ses multiples dimensions, sociale et économique, culturelle et urbaine, politique et géopolitique, en privilégiant le point de vue de ceux qui ont été ses acteurs ou témoins. Plus généralement, il prend l’héroïne comme analyseur, pour saisir ce que les drogues font à la société.

      Le marché de l’héroïne se structure au cours des années 1950, mais c’est avec Mai 68 que s’amorce un premier tournant : dans ce bouillonnement politique, sociétal et culturel, les produits se diffusent au sein d’une jeunesse en quête de liberté et d’expériences. La fin des Trente Glorieuses marque un durcissement. La consommation d’héroïne s’étend et les sources d’approvisionnement se multiplient, bien au-delà du mythe de la « French Connection ». Les années 1980 sont un tournant majeur : on voit apparaître des « scènes » où les drogues sont vendues et consommées ouvertement dans les squats, quartiers délabrés, « banlieues » et autres « cités maudites ». Les ravages de l’héroïne deviennent de plus en plus visibles et sa diffusion joue un rôle central dans la construction du problème des banlieues dans sa version sécuritaire et racialisée. Les quartiers dits défavorisés vont être au cœur de sa diffusion mortifère, frappées par l’épidémie de sida, d’une part, et par les politiques répressives, d’autre part. Une bascule s’opère dans les années 1990 lorsque Simone Veil, ministre de la Santé, s’engage dans la mise en place d’un dispositif expérimental de réduction des risques.

      L’histoire de l’héroïne est celle de la répression, de la guerre à la drogue et, en corollaire, de l’absence de culture de santé publique en France, mais c’est aussi celle d’un processus de transformation des appartenances collectives et des identités culturelles qui interroge le rôle des produits psychotropes dans le changement social.

      https://journals.openedition.org/lectures/24352#ftn1
      http://www.editionsamsterdam.fr/la-catastrophe-invisible
      #héroïne #opiacés #hécatombe

    • Liège, la « cité ardente », a été qualifiée depuis quelques années de « Toxcity » tant les toxicomanes y étaient nombreux et vivaient au coeur même de la ville. Trop visibles pour certains, simple reflet d’une société en crise pour d’autres, leur présence et l’usage qu’ils font de la ville vont mobiliser une série d’institutions et d’acteurs sociaux, autour de questions de santé, de justice et d’urbanisme.
      http://toxcity.be
      https://seenthis.net/messages/457607
      https://seenthis.net/messages/525423
      @intempestive @syntone


  • Héroïne, «la catastrophe invisible» | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/170218/heroine-la-catastrophe-invisible?onglet=full

    a Catastrophe invisible. Histoire sociale de l’héroïne (France, années 1950-2000), que viennent de faire paraître les éditions Amsterdam, sous la direction de Michel Kokoreff, Anne Coppel et Michel Peraldi, constitue un chantier scientifique et politique inédit, particulièrement intéressant à l’heure où la drogue sera désormais comptabilisée dans le PIB et où les États-Unis subissent une hécatombe liée aux opiacés médicamenteux.

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    À la fois histoire sociale, histoire économique, histoire culturelle, avec par exemple des chapitres intitulés « Libé et la dope », ou « Géné, grand reporter de la dope », ce livre retrace une histoire longue, souvent souterraine, parfois surexposée, et encore largement taboue.

    En effet, « à l’heure où le concept d’addiction envahit tous les espaces, elle représente encore l’addiction suprême, alors même que la “grande épidémie d’héroïne” relève du document historique. L’héroïne est passée de mode. Elle est peu consommée par les plus jeunes, elle est bannie de la plupart des “supermarchés de la drogue” et, même sur le darknet, elle occupe une place marginale ».

    #Santé_publique #Héroine #Opioides


  • #héroïne, «la catastrophe invisible»
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/170218/heroine-la-catastrophe-invisible

    Bouteille d’« Heroin » vendue par Bayer (circa 1895-1900) : disponible en pharmacie, elle contenait 5 % d’héroïne pure. Alors que le trafic de #drogue vient d’être intégré dans le calcul du PIB, les éditions #Amsterdam publient une passionnante histoire sociale de l’héroïne. Ses auteurs dénoncent le traitement exclusivement répressif de cette drogue par les autorités françaises, tandis qu’elle aurait été responsable de la mort d’environ 40.000 personnes en cinquante ans.

    #Culture-Idées #Anne_Coppel #drogues #Michel_Kokoreff #Michel_Peraldi


  • Sur la route mortelle des opioïdes - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2017/06/25/sur-la-route-mortelle-des-opioides_1579449

    Aux Etats-Unis, l’addiction aux psychotropes de synthèse fait des ravages, avec la complicité de labos et médecins sans scrupules. Reportage en Virginie-Occidentale.

    La première chose qui frappe, ce sont ses yeux. Vert foncé, surmontés de fard à paupière rose. Pétillants et espiègles sans doute à l’adolescence, mais aujourd’hui empreints d’une profonde lassitude. Comme recouverts d’un voile cotonneux. A lui seul, le regard de Tiffany Vincent trahit une vie d’excès. Son épais maquillage ne gomme pas la dureté des traits de cette femme de 33 ans passée par toutes les drogues ou presque. Et brisée à la fois par l’addiction et le deuil. A l’étage de la modeste maison où elle nous reçoit, dans la petite ville morose de Madison, en Virginie-Occidentale, Tiffany a retrouvé le corps sans vie de sa mère, Mary Kathryn, décédée d’une overdose à l’âge de 50 ans. C’était le 23 décembre 2015, deux jours avant un Noël qui devait être le premier en famille depuis trois ans. « Elle avait acheté des cadeaux pour tout le monde. Elle était si excitée, si heureuse, comme une enfant », se souvient Tiffany, les larmes aux yeux.

    L’addiction de Mary Kathryn a débuté en 1997. Un violent accident de voiture. De lancinantes douleurs au dos. Et un médecin qui lui prescrit de l’Oxycontin, puissant analgésique dérivé de l’opium. Un an plus tôt, ce médicament a été introduit aux Etats-Unis par le laboratoire Purdue Pharma, qui en assure une promotion marketing agressive auprès des docteurs et pharmaciens. Les arguments sont rodés : l’Oxycontin serait un opiacé sûr, capable de soulager des douleurs sévères sans générer d’addiction. La réalité se révèle bien différente. Le cercle infernal est enclenché : on estime qu’au moins 2 millions d’Américains sont accrocs aux opiacés, qui ont tué plus de 300 000 personnes en quinze ans.

    « En quelques mois, Mary Kathryn est devenue dépendante », résume Kay Mullins, la mère de la défunte, et grand-mère de Tiffany. Pendant près de deux décennies, cette mère courage qui, à 70 ans, travaille encore chez un fleuriste de Madison pour faire vivre la famille - Tiffany et ses deux fillettes habitent chez elle - a tenté d’aider sa fille à s’en sortir. A plusieurs reprises, elle l’a envoyée dans de rares et coûteuses cliniques de désintoxication. Sans succès. Pour se procurer les pilules dont elle avait besoin, Mary Kathryn a écumé les cabinets médicaux et pharmacies sans scrupules de la région, roulant parfois près de deux heures pour se procurer ici une ordonnance, là une boîte de médicaments. « Le dernier docteur qui l’a reçue était néphrologue ! Il lui a prescrit du Xanax et de l’oxycodone, deux médicaments que vous n’êtes pas censé associer car cela peut vous tuer. Elle l’a vu le lundi. Le mercredi, elle était partie », se désole Kay.

    Ordonnances

    Après les funérailles de sa fille, la septuagénaire à la voix douce et au regard affable a décroché son téléphone pour appeler le cabinet du néphrologue. A la secrétaire, elle se souvient simplement d’avoir dit que Mary Kathryn ne reviendrait pas pour son prochain rendez-vous, prévu quelques jours plus tard. Si le médecin en question n’a pas été inquiété, d’autres ont en revanche été contraints de fermer boutique. Certains ont été poursuivis en justice. A l’image de Michael Kostenko, qui délivrait des ordonnances à la chaîne dans une clinique au milieu de la forêt, où il animait officiellement des groupes de parole fondés sur la spiritualité. Tiffany, qui y a accompagné sa mère, se souvient : « Les gens passaient la nuit devant le bâtiment pour pouvoir entrer. Il y avait 40 personnes dans une salle. Le docteur te disait que Dieu était le seul à pouvoir soulager ta douleur. Puis il te donnait ta prescription. »

    L’an dernier, le docteur Kostenko a été arrêté et inculpé pour avoir fourni de l’oxycodone sans raisons médicales à de nombreux patients, dont au moins deux ont succombé à une overdose. Le dossier constitué par le procureur donne le tournis. En une seule journée, en décembre 2013, ce médecin aurait par exemple signé 375 ordonnances pour 271 patients, sans en avoir vu un seul. Soit plus de 22 000 pilules d’oxycodone prescrites en échange de plus de 20 000 dollars (18 000 euros) en espèces.

    Le 25 avril, Michael Kostenko a plaidé coupable devant un tribunal fédéral. Il encourt jusqu’à vingt ans de prison et un million de dollars d’amende. Sa peine sera prononcée le 23 août. Certains de ses patients ont déjà écopé, bien malgré eux, de la peine capitale. Mi-juin, pas moins de 47 personnes ont été arrêtées dans l’Etat pour avoir écoulé illicitement de l’oxycodone.

    A une cinquantaine de kilomètres au sud de Madison, Logan symbolise le déclin économique de la Virginie-Occidentale, berceau sinistré de l’industrie du charbon. Dans cette région reculée, à l’ombre des Appalaches, des milliers d’emplois ont disparu dans les mines. Laissant derrière eux une génération de chômeurs en proie à des douleurs physiques et des traumatismes mentaux. Un terreau parfait pour l’épidémie d’opiacés qui, contrairement à celle de crack dans les années 80, touche davantage l’Amérique blanche et rurale.

    Si les experts notent une corrélation entre chômage et consommation de drogue, le fléau n’épargne aucun milieu social. Chelsea Carter peut en témoigner. « J’ai grandi dans une belle maison. Mon père était le maire. Nous allions à l’église deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi », raconte cette femme de 30 ans, blonde aux yeux bleus et à la taille de guêpe. Quand on l’entend raconter son passé de « gymnaste et pom-pom girl au collège », on ne peut s’empêcher de penser à l’adolescente qui fait tourner la tête de Kevin Spacey dans American Beauty. A 12 ans pourtant, l’ado modèle déraille au contact de l’une de ses amies qui lui raconte comment, le week-end, elle « se défonce » avec son père dealer. Chelsea essaie l’alcool puis l’herbe. Suivront pilules antidouleur, cocaïne, méthamphétamine et ecstasy. Le tout avant l’âge de 15 ans.

    « Les opiacés étaient vraiment ma drogue préférée », se souvient-elle. La mort rapprochée de sa grand-mère et d’un ami (d’une overdose) la font basculer. Sa rencontre, à 19 ans, avec un dealer de deux fois son âge l’entraîne vers le fond. Ils entament une relation « drug fueled » (« alimentée par la drogue ») : « A l’époque, je consommais jusqu’à 10 pilules d’oxycodone par jour. Chacune coûtait 100 dollars au marché noir. Je faisais à mon dealer tout ce qu’il voulait et en échange, j’obtenais la drogue dont j’avais besoin. » Chelsea finit par rompre cette relation toxique. Mais pour financer sa consommation, elle monte une bande de cambrioleurs. L’arrestation du gang fait la une du journal local. Condamnée, elle échappe à la prison en échange d’une cure de désintoxication et de contrôles réguliers. Elle replonge presque aussitôt. « J’ai échoué à un test antidrogue. Ils m’ont mis les menottes, une combinaison orange et m’ont conduite en prison. Il n’y a pas d’endroit plus humiliant sur Terre », dit-elle d’un accent traînant.

    « Un fléau familial »

    C’était le 29 septembre 2008. Pour ne jamais oublier cette date, Chelsea l’a fait tatouer récemment sur l’intérieur de son poignet gauche. Précédé de ces quelques mots : « I once was lost » (« Jadis, j’étais perdue »). Depuis ce jour, elle n’a jamais retouché à la drogue. « Cela fait neuf ans que je suis sobre et cela se passe bien. Je ne dis pas que je n’ai pas pensé par moments à replonger. Vous savez, les drogués recherchent la satisfaction immédiate. Se désintoxiquer n’apporte pas de satisfaction immédiate. C’est beaucoup de travail », confie-t-elle. Un travail qui est devenu le sien : après des études de psychologie et de travail social, Chelsea est aujourd’hui thérapeute dans un centre de traitement des addictions à Logan.

    Dans son bureau épuré, la trentenaire à la longue chevelure soignée a accroché quelques cadres « feel good » : « Dreams come true », « Love is all you need », « Follow your heart ». Il y a aussi, dans un coin, une copie de son mugshot - la photo méconnaissable prise par la police le jour de son arrestation - et quelques coupures de presse sur son parcours. Rare exemple de désintoxication et de reconversion réussie, Chelsea tâche de transmettre un message d’espoir aux centaines de toxicomanes qu’elle suit. Tout en constatant à la fois l’ampleur de la crise et le manque de moyens : « Tous les jours, je reçois des gens dont la mère, le fils, le père sont aussi suivis ici. C’est un fléau familial. Nous avons besoin de plus de centres de traitement. Nous avons besoin d’aide. Notre Etat traverse une crise profonde, et nous voyons mourir devant nos yeux des générations entières. »

    « Heroin babies »

    Une étudiante de 21 ans au volant de sa voiture accidentée. Un père de 47 ans et son fils de 26 ans sur le sol de leur salle de bain. Trois amies de 23, 27 et 32 ans dans un jardin. Un homme de 59 ans dans un buisson. Un couple de quadragénaires dans les toilettes d’une station-essence. Le 15 août 2016, ces neuf personnes - et près d’une vingtaine d’autres - ont fait une overdose à Huntington, deuxième ville de Virginie-Occidentale. Vingt-six overdoses en à peine quatre heures. Un traumatisme pour la ville et ses services de secours. « C’est comme si l’enfer s’était déchaîné », dira plus tard Steve Williams, le maire de Huntington, 50 000 habitants. Comme un miracle au milieu de cet enfer, toutes les victimes ont pu être sauvées, la plupart grâce au Narcan, médicament antidote à base de naloxone, administré par intraveineuse ou par voie nasale et qui annule les effets des opiacés.

    Ce jour-là, toutes les victimes avaient consommé la même héroïne frelatée. Face aux contrôles accrus imposés aux médecins et aux pharmaciens, se procurer des opiacés sur ordonnance s’avère de plus en plus complexe. Les toxicomanes se tournent alors vers des médicaments contrefaits ou, de plus en plus fréquemment, vers l’héroïne, bien moins chère mais aussi beaucoup plus dangereuse. Entre 2014 et 2015, les overdoses mortelles d’héroïne ont ainsi bondi de plus de 20 % aux Etats-Unis. Car la drogue, principalement importée par les cartels mexicains, est souvent mélangée avec d’autres molécules, dont le fentanyl. Trois grains de sable de cet opiacé synthétique, cent fois plus puissant que la morphine, constituent une dose mortelle.

    Selon les statistiques du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), plus de 33 000 Américains ont succombé à une overdose d’opiacés en 2015, quatre fois plus qu’en 1999. Avec un taux d’overdoses mortelles de 41,5 pour 100 000 habitants, la Virginie-Occidentale était de loin l’Etat le plus touché, devant le New Hampshire et le Kentucky. Une enquête récente du journal local, le Charleston Gazette-Mail, récompensé au printemps d’un prix Pulitzer, a montré que 780 millions de pilules d’opiacés (oxycodone et hydrocodone) ont été écoulées en Virginie-Occidentale entre 2007 et 2012. Et les chiffres de 2016 indiquent qu’en dépit de la prise de conscience, l’épidémie n’a pas encore atteint son pic. L’an dernier, 818 personnes sont mortes d’une overdose en Virginie-Occidentale - 13 % de plus qu’en 2015.

    Au milieu de cette marée de statistiques, un chiffre stupéfie plus que tout autre : un bébé sur cinq né l’an dernier dans le principal hôpital d’Huntington a été exposé à la drogue au cours de la grossesse. La moitié d’entre eux, soit environ 9 % des nouveaux-nés, ont hérité de l’addiction de leur mère aux opiacés. On les appelle familièrement les « heroin babies », victimes les plus jeunes - et les plus vulnérables - de cette épidémie ravageuse. « Ils souffrent de tremblements très rapides et incontrôlés, d’un sommeil très agité, de crampes, de diarrhées. Ils pleurent de manière effrénée, ont du mal à s’alimenter et à réguler leur température », décrit le néonatalogiste Sean Loudin.

    Outre une unité spécialisée au sein de la maternité, une structure externe baptisée Lily’s Place a ouvert fin 2014 pour accueillir ces nourrissons qui souffrent du syndrome d’abstinence néonatale (SAN). La clinique compte douze chambres et chaque bébé bénéficie d’un traitement médical personnalisé. Du type de drogue et de la quantité consommée par la mère dépend la durée du sevrage. Quelques semaines le plus souvent, plusieurs mois parfois. Les parents, privés de la garde de leur enfant dès que de la drogue est détectée dans son organisme, sont autorisés à venir s’en occuper la journée, sous la supervision des infirmières. « Certains sont présents tous les jours, du matin au soir. D’autres ne viennent quasiment jamais et disparaissent parfois pendant plusieurs semaines », raconte Rhonda Edmunds, l’une des deux fondatrices de Lily’s Place.

    Infirmière depuis trente ans, elle a assisté à l’explosion du nombre de bébés atteints de SAN. « En 2011, nous sommes allés visiter le seul endroit aux Etats-Unis qui s’occupait de ces bébés, dans l’Etat de Washington [nord-ouest du pays, ndlr]. En vingt ans d’existence, ils avaient acquis beaucoup d’expérience. On a compris qu’on ne faisait pas les choses de la bonne manière. » A leur retour, Rhonda et sa collègue infirmière adaptent donc leurs méthodes. A l’hôpital d’abord, puis au sein de Lily’s Place. Finies les lumières vives, place à un éclairage tamisé. Les bercements de haut en bas sont remplacés par des mouvements latéraux, mieux tolérés par les nourrissons.

    Bataille

    Malgré l’ampleur du phénomène - plus de 27 000 bébés américains nés avec le SAN en 2013, dix fois plus qu’en 2000 -, cette expérience acquise par l’équipe de Lily’s Place reste peu connue. Et peu partagée. La recherche sur le sujet demeure embryonnaire et les structures quasi inexistantes. Pour le néonatalogiste Sean Loudin, directeur médical de Lily’s Place, le fait que des milliers de bébés à travers le pays ne reçoivent aucun traitement approprié pour leur addiction s’apparente à de la torture. « Un bébé en manque qui n’est pas traité traverse d’énormes souffrances. Tout le monde serait choqué si, dans un hôpital, on laissait partir sans traitement un adulte dépendant aux opiacés en sevrage. Cet adulte serait en train de hurler, de vomir, il aurait la diarrhée. Si quelqu’un voyait cet être humain, il dirait que c’est une injustice. Et pour les bébés alors ? » s’emporte-t-il.

    Retour à Madison. Devant la maison familiale, Tiffany Vincent s’amuse avec ses deux filles de 7 et 11 ans. Après deux heures d’interview douloureuse, entrecoupée de longs silences et de sanglots, c’est la première fois qu’on la voit sourire. Adossée au porche écaillé, sa grand-mère, Kay, observe la scène. Dans son regard avenant, on perçoit tantôt la joie, celle de voir ses arrières petites-filles heureuses. Tantôt l’angoisse morbide de celle qui en a trop vu et se demande si Tiffany sera encore vivante dans trois, cinq ou dix ans. Car Tiffany, comme sa mère décédée, combat depuis longtemps les démons de l’addiction. Opiacés, speed, héroïne, méthamphétamines : elle a beaucoup testé. Et beaucoup consommé.

    Lors de notre rencontre, elle assurait être sobre depuis six mois environ. Mais sa grand-mère ne semblait guère convaincue. En pleurs, Tiffany s’est confessée sur ses peurs. Et mis des mots déchirants sur sa bataille : « Je peux être sobre pendant plusieurs mois. Mais quelque chose va m’arriver, le sol va se dérober sous mes pieds et je vais aller me défoncer. Et je ne pourrai rien y faire. J’aime mes filles plus que tout. Mais quand je suis défoncée, mon addiction prend le dessus et je commence à aimer la drogue plus que j’aime mes enfants. Ce truc, c’est comme le diable. C’est le diable. Je peux courir pour lui échapper. Je peux ne pas le vouloir. Je peux me cacher. Mais il trouvera toujours son chemin jusqu’à moi. »
    Frédéric Autran Envoyé spécial en Virginie-Occidentale

    #drogue #opiacés #héroïne #Virginie #addiction #overdose #big_pharma
    Très bon article.
    Drogues légales, drogues illégales, dealer en blouse blanche ou dealer de la rue, au final le même résultat, la dépendance dans toute sa cruauté. On notera que comme tout phénomène social, les rapports de classe jouent leur rôle puisque celle qui s’en sort dans l’article est celle qui vient d’un milieu friqué, fille du maire.


  • Un médecin humaniste au grand cœur. Ainsi était Jean-Pierre Lhomme, vice-président de Médecins du monde. Agé de 68 ans, ce médecin généraliste, spécialiste des addictions, père de la première #salle_de_shoot et pionnier de la lutte contre le sida, est mort le 15 août 2017 à Paris. Il avait récemment décidé de se consacrer pleinement à son travail associatif, mais le cancer l’a emporté en quelques mois.

    La réduction des risques a été l’un de ses combats. Sa vocation était d’aider les toxicomanes, à une époque où l’épidémie de sida commençait à décimer les utilisateurs de la voie intraveineuse. Avec Médecins du monde, où il entre en 1986, Jean-Pierre Lhomme met en place le premier programme d’échange de seringues mobile en France. C’était à l’époque illégal. Il a aussi participé en 1994 au lancement du premier « bus méthadone » français, qui propose un accès aux traitements de #substitution à l’héroïne et des consultations anonymes et gratuites.

    « Dealers en blouse blanche »
    A l’époque, le débat est vif. Certains dénoncent dans ces médecins « des dealers en blouse blanche ». Jean-Pierre Lhomme assume d’en faire partie. Il crée avec d’autres un collectif, Limiter la casse, en 1993, qui publie un appel dans Le Monde et Libération. « Des toxicomanes meurent chaque jour du sida, d’hépatite (…) ces morts peuvent être évitées, c’est ce qu’on appelle la réduction des risques… », affirme cette tribune dès ses premières lignes.

    Le docteur Bertrand Lebeau, addictologue, qui était lui aussi membre de ce collectif, au côté, parmi d’autres, des associations Aides et ASUD (Autosupport des usagers de drogues), parle de Jean-Pierre Lhomme comme d’un « homme intègre et généreux ». Leur but était d’inciter les héroïnomanes, souvent marginalisés, à entrer dans un parcours de soins. En 1993, Lhomme rencontre Simone Veil, alors ministre de la santé et des affaires sociales, pour vanter les bienfaits de la #méthadone...

    #héroïne #addiction

    http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/08/23/mort-de-jean-pierre-lhomme-pere-des-salles-de-shoot_5175626_3382.html
    http://www.asud.org

    Et merde ! Pierre Ouin aussi est mort, en 2015. J’savais pas, j’ai jamais été fan de la piquouze par contre accro de #Bloodi et de viper ( 11 N° entre octobre 1981 et juillet 1984 )

    Il y a de cela bien longtemps, dans une galaxie lointaine… Le Peuple, voguant sur une vague d’espoir, venait d’élire un Tonton… Nous étions une bande de pirates, de tous poils et de tout acabit, melting potes de marins d’eau douce et de vieux loups de mer lancés dans une croisade hallucinée aux portes d’une perception brouillée depuis des décennies par un obscurantisme de mauvais aloi. Viper était notre vaisseau, construit de bric et de broc, mais dont la voilure pur chanvre semblait pouvoir résister à d’innombrables tempêtes. Drapeau noir hissé haut et fier, ne manquait qu’une figure de proue. Et, hé hé, Pierre est arrivé, sans s’presser, avec sous la manche un punk crêté aux bras troués, galérien évadé d’un univers souterrain… « Ouin », hurla Bloodi naissant, antihéros sous dépendance, surfeur fauché sur shooteuse électrique, dégaine déglingue dans les bas-fonds d’une mer hypocrite… C’est ainsi que, d’aiguille en fil, Bloodi traça son chemin à la pointe de son ironie, à travers des territoires jusqu’alors inexplorés. Aujourd’hui, Viper repose au fond des océans de l’Histoire, Pierre vient de partir vers des mondes improbables, et Bloodi… pleure… « Ouin… ».

    http://www.asud.org/category/dossiers/bloodi-nous
    https://www.emmanuelmoynot.com
    #BD



  • Synthetic opioid crisis in US serves as warning for the world, says UN | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2017/aug/18/un-synthetic-opioid-crisis-uk-australia-deaths

    #Fentanyl [...] is 50 to 100 times more potent than #morphine, [...].

    Fentanyl presents a lucrative business opportunity for drug traffickers because it is incredibly powerful in small amounts and is easy to produce.

    [...]

    One kilogram of fentanyl can result in a batch of more than 666,600 1.5mg pills. Sold at $10 a piece, that’s $6.6m in revenue. Cut the dosage down to 1mg, and the manufacturer could have $10m.

    Fentanyl is also cut into heroin to strengthen weak supply – often without the consumer’s knowledge. With heroin and other plant-derived opioids, the manufacturing process begins in an #opium field where plants must be harvested. Because fentanyl is a synthetic, all that is needed to produce it is a lab.

    #héroïne #opiacés #dépendance #santé


  • Data On Drug Use Is Disappearing Just When We Need It Most
    @fil
    https://fivethirtyeight.com/features/data-on-drug-use-is-disappearing-just-when-we-need-it-most

    “It’s no secret that heroin has become an epidemic in the United States. Heroin overdose deaths have risen more than sixfold in less than a decade and a half.1 Yet according to one of the most widely cited sources of data on drug use, the number of Americans using heroin has risen far more slowly, roughly doubling during the same time period.2
    Most major researchers believe that source, the National Survey on Drug Use and Health, vastly understates the increase in heroin use. But many rely on the survey anyway for a simple reason: It’s the best data they have. Several other sources that researchers once relied on are no longer being updated or have become more difficult to access. The lack of data means researchers, policymakers and public health workers are facing the worst U.S. drug epidemic in a generation without essential information about the nature of the problem or its scale.

    “We’re simply flying blind when it comes to data collection, and it’s costing lives,” said John Carnevale, a drug policy expert who served at the federal Office of National Drug Control Policy under both Republican and Democratic administrations. There is anecdotal evidence of how patterns of drug use are changing, Carnevale said, and special studies conducted in various localities are identifying populations of drug users. “But the national data sets we have in place now really don’t give us the answers that we need,” he said.”


  • Solving the heroin overdose mystery: how small doses can kill | Aeon Ideas
    https://aeon.co/ideas/solving-the-heroin-overdose-mystery-how-small-doses-can-kill

    It was a science journalist, Edward Brecher, who first applied the term ‘overdose mystery’ when he evaluated Helpern’s data for Consumer Reports. Brecher concluded that ‘overdose’ was a misnomer. ‘These deaths are, if anything, associated with “underdose” rather than overdose,’ he wrote.

    [...]

    There are several reasons why heroin addicts overdose. Some might simply take too much of the drug, especially when the heroin is enriched with even more potent opioids. Others might die because the effect of a usually sub-lethal dose of opiate is enhanced by other, concomitantly administered, depressive drugs, such as alcohol. These traditional risk factors have been extensively publicised. Less widely acknowledged is the risk that addicts face if they administer the drug in contexts that have not, in the past, reliably signalled the drug. When this occurs, victims die because they don’t have a Pavlovian response, and their bodies fail to decrease the pharmacological insult of the drug. If we told addicts about the risk of using heroin in an unusual setting, lives would be saved.

    #intoxication #héroïne



  • #Huntington, cette ville américaine rongée par l’#héroïne

    Prenez à peu près n’importe quelles statistiques : le sort de Huntington, en Virginie occidentale, est choquant, au point où le maire ne s’en cache plus. C’est une ville assiégée par l’#épidémie d’héroïne. Huntington est isolée, débordée. Mais elle ne veut pas baisser les bras devant cette épidémie qui a tué plus d’Américains que les armes à feu. Visite.


    http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1040846/heroine-portrait-huntington-virginie-occidentale-epiderie-surdose-o
    #drogues #USA #Etats-Unis


  • America Chavez, Faith Herbert… Ces Nouvelles Héroïnes Qui Vont Changer (un Peu) Notre Monde
    http://blog.francetvinfo.fr/popup/2017/06/05/america-chavez-faith-herbert-ces-nouvelles-heroines-qui-vont-chang

    Pourquoi est-elle importante ? Déjà parce que ce n’est pas une #héroïne Marvel. Ça prouve que d’autres éditeurs sont en train de s’emparer de cette diversité, et c’est une excellente chose. Ensuite parce qu’elle se distingue de ses consœurs en ayant non pas une religion, une origine ou une sexualité singulière. Non, Faith est juste… #grosse. Une particularité physique qui, aux Etats-Unis, n’est plus une exception étant donné que le pays compte 38% d’obèses chez les adultes. Et, fait étonnant, son physique n’est absolument pas évoqué dans la série, comme s’il n’avait absolument aucune importance.


  • 911 overdose calls break B.C. records, users ’going down everywhere’ - British Columbia - CBC News
    http://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/bc-overdose-drugs-fentanyl-emergency-1.3869423

    Lubbers, who’s been using drugs for 12 years, says it “blew her mind” when half her usual dose of what she thought was heroin almost killed her.

    “It’s crazy. It’s ridiculous. Everybody is dropping like flies,” said the 38-year-old regular on the Downtown Eastside.

    Lubbers wants the government to do more to stem the crisis, saying she fears for her life, but can’t stop taking drugs. 

    “I don’t want to die. Not all of us junkies are out here to end our lives. Some of us are just sitting in purgatory waiting,” she said, adding she is trying to put her life back together.

    "In the meantime we are just stuck addicted to something.

    #fentanyl #héroïne #santé_publique (et l’urgence de la #légalisation)



  • Les #Etats-Unis font face à une épidémie d’overdoses à l’héroïne
    https://www.mediapart.fr/journal/international/140216/les-etats-unis-font-face-une-epidemie-doverdoses-lheroine

    C’est un problème nouveau que les candidats aux élections primaires ont vu surgir : l’augmentation spectaculaire du nombre de décès par overdoses d’opiacés, #héroïne et #médicaments_antidouleurs. Le problème concerne avant tout des régions rurales à majorité de population blanche. Il vient souligner les dérives des prescriptions médicales et la faible prise en charge de la toxicomanie.

    #International #addiction #Amérique_du_nord #guerre_contre_la_drogue #New_Hampshire #Staten_Island


  • Les #Etats-Unis en overdose
    https://www.mediapart.fr/journal/international/140216/les-etats-unis-en-overdose

    Aux États-Unis, on parle d’une épidémie : une augmentation significative et rapide du nombre de décès par overdoses d’opiacés, #héroïne et #médicaments_antidouleurs. Le problème concerne avant tout des régions rurales à majorité de population blanche, comme le #New_Hampshire, l’Iowa ou l’Ohio, qui se trouvent au cœur de la course à la présidentielle. Les candidats prennent donc, petit à petit, la mesure de la gravité des problèmes d’addiction que connaît le pays.

    #International #addiction #Amérique_du_nord #guerre_contre_la_drogue #Staten_Island


  • Les véritables effets du #Captagon, la “drogue des djihadistes”
    Pour faire la part des choses entre fantasme et réalité, nous avons interrogé Jean-Pol Tassin, le spécialiste français du Captagon, surnommée “la drogue des djihadistes”.

    Le Captagon a été synthétisé en 1961 avec l’idée de retrouver les propriétés de l’amphétamine et de la théophylline, qui a elle un effet broncho-dilatateur. Progressivement, le Captagon a montré des propriétés intéressantes en tant que stimulant aussi bien sur le plan intellectuel, pour les examens par exemple, que sur le plan physique, pour les sportifs ou ceux qui voudraient réaliser des exploits.

    On lit beaucoup de choses en ce moment sur cette substance. Notamment qu’elle prive celui qui la prend de toute forme d’empathie pour ses victimes.

    C’est un des effets mais qui n’est que la conséquence du mécanisme de base qui est la perte de toute forme d’homéostasie : cela signifie que le système de récompense, qui permet de savoir à tout instant dans quel état physique et psychique nous nous trouvons, est saturé de satisfactions. Ce circuit indique à notre cerveau que tout va bien, nous ne risquons rien, nous n’avons pas mal, nous n’avons pas soif, nous ne sommes pas fatigués… Même si, par ailleurs, tout va mal.

    http://www.konbini.com/fr/tendances-2/interview-specialiste-captagon

    Titre à la con et questions à la con.

    Si vous deviez conseiller à nos unités d’élite et à nos commandos d’intervention qui sont en première ligne pour nous protéger des terroristes de prendre une substance pour accroitre leur efficacité guerrière, quelle serait cette substance ?

    Si mon but était d’atteindre des terroristes sans tenir compte de la mort des civils, des otages et des membres du commando d’intervention, le Captagon pourrait être utilisé. Mais, évidemment, et c’est d’ailleurs ce qui rend la tâche des commandos d’intervention difficile, ils ne doivent atteindre que les terroristes.

    Dans l’état actuel des connaissances, ce n’est qu’une sélection physique et psychologique très sophistiquée et un entraînement permanent qui peut être la règle pour les commandos.

    En conclusion, le Captagon est-il un atout pour les terroristes ou c’est finalement une substance qui aurait plutôt tendance à les désavantager sur le long terme ?

    Il est clair que, pour les buts qu’ils se sont fixés, le Captagon est un atout pour les terroristes. C’est indéniable.


  • #Mehdi_Ahoudig a remporté (une 3e fois !) le #Prix_Europa du meilleur #documentaire_radio avec « Poudreuse dans la Meuse »
    http://arteradio.com/son/616477/poudreuse_dans_la_meuse

    L’#héroïne déferle sur la #Meuse, qui détient le record de la consommation en France ! Pourquoi tant de trafics et de défonce en zone rurale ? Mehdi Ahoudig a rencontré les stups, le procureur et les jeunes coincés sous l’abribus.

    http://arteradio.com/sites/default/files/sons/14poudreusedanslameuse_hq_fr.mp3

    Son portrait sur Syntone il y a trois ans
    http://syntone.fr/portrait-dauteur-mehdi-ahoudig-ou-la-vertu-du-deplacement

    (...) La “question du déplacement” est d’abord géographique : faire du documentaire, c’est aller là où existe quelque chose qui reste inaudible, parce que c’est recouvert par un discours, parce qu’il n’y a personne pour écouter ou parce qu’on ne veut pas en parler.

    C’est aller “notifier à la personne” que cet inaudible-là vaut la peine d’être amplifié. C’est se faire le haut-parleur du lointain, dans une cité française, dans une école sénégalaise, dans une ville marocaine, aux bains-douches de Paris ou dans un village drômois. C’est fabriquer une porte entre le lointain et ici.

    #audio #création_sonore #création_radio


  • Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme
    http://bdegalite.org/historique

    Bien que nous venions d’horizons divers nous avons toutes vu notre travail rabaissé à notre sexe dans le milieu de la bande dessinée.
    L’histoire de notre rassemblement commence en décembre 2013, lorsque Lisa Mandel contacte trente auteures de bande dessinée pour recueillir toutes les questions qui leur ont été posées « sur le fait d’être une #femme dans la bd », et ce dans le but de préparer l’évènement parodique « Les hommes et la bd » (depuis culte !) pour le FIBDI 2014. L’abondance de réponses et d’anecdotes à caractère sexiste démontre l’ampleur du malaise actuel. Toutefois, grâce à la discussion en ricochet initiée par Lisa Mandel, il émerge un lien entre toutes ces artistes qui résonne aujourd’hui comme les prémices du Collectif.

    Au printemps 2015, Julie Maroh est contactée par le Centre Belge de la Bande Dessinée pour participer à une exposition collective intitulée « La bd des filles ». La personne chargée du projet en résume l’esprit en ces termes : « L’expo “#BD des #filles” est une expo qui fera le tour le la BD destinée aux filles (de 7 à 77 ans) (…). Ça ira de la BD pour fillettes au roman graphique en passant par les blogueuses, les BD pour ados, les BD féministes, les BD romantiques pour dames solitaires, les BD pour accros au shopping, j’en passe et des meilleures. »
    S’en suit un dialogue de sourds où l’auteure explique toutes les raisons pour lesquelles ce projet est accablant et misogyne tandis que le CBBD, ne répondant à aucune des problématiques éthiques soulevées, justifie son projet par le fait que « la bande dessinée destinée aux filles » est « une niche pour les éditeurs », voire « un plan marketing ».
    Les enjeux symboliques et sociologiques étant trop importants pour être ignorés, Julie Maroh alerte par email 70 auteures de bande dessinée dont la moitié faisaient partie de la discussion initiée en 2013 par Lisa Mandel.
    La consternation est immédiate et unanime. Un rassemblement de femmes auteures se crée rapidement, dépassant la barre des cent personnes en quelques jours.

    #femmes #sexisme #féminisme #militer

    Et donc :
    Marguerite Abouet
    Peggy Adam
    Mélanie Allag
    Andoryss
    Nine Antico
    Nicole Augereau
    Virginie Augustin
    Aurelia Aurita
    Pénélope Bagieu
    Flore Balthazar
    Anne Baraou
    Cati Baur
    Isabelle Bauthian
    Catherine Beaunez
    Maud Begon
    Karine Bernadou
    Mai-li Bernard
    Aurélie Bévière
    Julie Birmant
    Léonie Bischoff
    Marine Blandin
    Annabel Blusseau
    Claire Bouilhac
    Claire Braud
    Clotilde Bruneau
    Camille Burger
    CÄäT
    Capucine
    Mademoiselle Caroline
    Cathon
    Magali Cazo
    Maria Centeno
    Florence Cestac
    Cha
    Clotka
    Kim Consigny
    Laetitia Coryn
    Chloé Cruchaudet
    Fanny Dalle-Rive
    Sophie Darcq
    Anne Defreville
    Stéphanie Delmas
    Julie Delporte
    Isabelle Denis
    Lucie Deroin
    Sibylline Desmazieres
    Diglee
    Mathilde Domecq
    Julie Doucet
    Muriel Douru
    Lucile Duchemin
    Elise Dupeyrat
    Elodie Durand
    Lucie Durbiano
    Florence Dupre la Tour
    Fafé
    Claire Fauvel
    Nathalie Ferlut
    Katherine Ferrier
    Jeanne Foxe
    Désirée Frappier
    Gally
    Anne-Charlotte Gautier
    Hélène Georges
    Clémence Germain
    Marion Girerd
    Geneviève Giroux
    Sarah Glidden
    Marie Gloris Bardiaux Vaïente
    Annie Goetzinger
    Lucile Gomez
    Julie Gore
    Virginie Greiner
    Véronique Grisseaux
    Sophie Guerrive
    Joanna Hellgren
    Gaëlle Hersent
    Dwam Ipomée
    Marie Jaffredo
    Corine Jamar
    Camille Jourdy
    Louise Joor
    Choi Juhyon
    Zoé Jusseret
    Michèle Laframboise
    Oriane Lassus
    Cecilia Latella
    Hélène Lénon
    Laureline Lesaint
    Estelle Lilla
    Fabienne Loodts
    Brigitte Luciani
    Mirion Malle
    Lisa Mandel
    Valérie Mangin
    Mara
    Julie Maroh
    Giorgia Marras
    Agata Matteucci
    Laureline Mattiussi
    Carole Maurel
    Mélaka
    Catherine Meurisse
    Fanny Michaelis
    Maya Mihindou
    Mobidic
    Marie Moinard
    Marion Montaigne
    Chantal Montellier
    Nelly Moriquand
    Rebecca Morse
    Juliette Mousseau
    Catel Muller
    Nauriel
    Viviane Nicaise
    Virginie Ollagnier
    Delphine Panique
    Morgane Parisi
    Yoon-sun Park
    Amruta Patil
    Christelle Pécout
    Nancy Peña
    Lise Perret
    Loo Hui Phang
    Aude Picault
    Mathilde Pignatelli
    Ariane Pinel
    Gabrielle Piquet
    Emilie Plateau
    Leslie Plée
    Clémence Pollet
    Valentina Principe
    Jeanne Puchol
    Gwendoline Raisson
    Mathilde Ramadier
    Sandrine Revel
    Anouck Ricard
    Mylène Rigaudie
    Julie Rocheleau
    Théa Rojzman
    Perrine Rouillon
    Anne Rouquette
    Fanny Ruelle
    Giulia Sagramola
    Aude Samama
    Justine Sarlat
    Marjane Satrapi
    Marguerite Sauvage
    Johanna Schipper
    Lola Séchan
    Natacha Sicaud
    Anne Simon
    Aude Solheilac
    Virginie Soumagnac
    Marzena Sowa
    Audrey Spiry
    Caroline Sury
    Tanxxx
    Anne Teuf
    Eve Tharlet
    Chloé Vollmer-lo
    Georgia Webber
    Xael


  • La consommation d’#héroïne et les morts par overdose en hausse
    http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2015/07/20150707-163231.html

    Les causes de cette augmentation de la consommation d’héroïne proviennent du fait que de plus en plus de personnes sont dépendantes aux médicaments antidouleur, qui contiennent certaines substances actives identiques à celles qu’on trouve dans l’héroïne.

    Et les bas prix de l’héroïne auprès des revendeurs de rue sont un facteur clé pour comprendre cette augmentation : les médicaments antidouleur vendus sur prescription coûtent cinq fois plus cher que l’héroïne.

    #Etats-Unis


  • #drogues : les Français fument, Anglais et Espagnols sniffent
    http://fr.myeurop.info/2015/06/09/drogues-francais-fument-anglais-et-espagnols-sniffent-14370

    Renaud de Chazournes

    A chacun sa drogue. Les Français ont une nette préférence pour le #cannabis. Les Britanniques et les Espagnols ont un faible pour la coke. D’autres Européens sont, eux, sous la dépendance de l’héroïne et autres opiacés…

    Le volumineux rapport annuel l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies sur la consommation de cannabis, #cocaïne, opiacés et autres substances altérant la lire la suite

    #Société #Allemagne #Autriche #Danemark #Espagne #Estonie #Europe #France #Grèce #héroïne #méthadone #Prohibition #SIDA #VIH


  • Marvel est-il sexiste ? | Toutelaculture
    http://toutelaculture.com/livres/bd/marvel-est-il-sexiste
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=j_5KgpN38hM

    Au début des années 40, les #femmes sont les principales lectrices de la bande dessinée américaine. De ce fait de nombreuses #héroïnes sont présentes sur le devant de la scène de l’ancêtre de Marvel. Comme Millie the model, toutes sont empreintes du monde réel : elles ont un travail, sont entreprenantes et ont une vie sentimentale. Avec la guerre, elles deviennent intrépides, aventurières et justicières. C’est à cette période que naissent les premières super-héroïnes cependant aucune ne seront éditées chez Marvel. Après la Seconde Guerre Mondiale, les femmes vont retrouver « leur place » après le retour des héros de la guerre. À partir de ce moment, les femmes dans les comics vont se scinder en deux groupes : les « Good Girls » d’un côté et les « Bad Girls » de l’autre. Si les premières seront des femmes au foyer, complètement dépendantes de leur mari et incapable de discernement affectif, les secondes seront des femmes fatales personnifiant la décadence et la pornographie. Les excès sexuels des « bad girls » vont conduire à la création du « Comics Code Authority », un organisme d’autorégulation chargé de veiller à l’application d’un code de bonne conduite. Cette association, avec ses règles excessivement strictes et réductrices, va ramener les femmes au second plan. Exemple frappant avec Susan Storm, la première super héroïne « Marvelienne », qui sera invisible – réglant ainsi le problème de la représentation de son physique. Avec la révolution sexuelle, de nouvelles héroïnes vont apparaître tandis que d’autres vont voir leur destin changer et prendre de l’ampleur. Dans les années 90, nouvelle régression de la représentation de la femme dans le comics qui sera le plus souvent montrée dans des poses lascives et hypersexuelles.

    #sexisme


  • ARTE Radio - Loin de la cité. La banlieue en 1979, avant l’exil (13’11’’)
    « On avait forcément un mur devant nous »
    http://www.arteradio.com/son/616509/loin_de_la_cite

    En 1979, Sylvie et Fabienne sont deux soeurs ados qui habitent Aulnay-sous-Bois en région parisienne. Elles témoignent dans un film #documentaire de Jean-Pierre Gallèpe sur la #jeunesse des #cités. Pour les deux soeurs, ces années sont celles de l’ennui. Pour la cité, c’est l’apparition de l’#héroïne, la dégradation de l’habitat et le départ des ouvriers français vers les banlieues pavillonnaires. Nina Almberg mesure avec elles le chemin parcouru depuis cette archive étonnante.

    Orientation à l’#école : Que font vos parents ? Ma mère est nourrice. Ah bon, alors vous aimez les enfants ?

    #radio #hospitalité #police #mal_de_vivre