Il me semble qu’il a d’autres problèmes plus sérieux :
– d’abord, la plupart des gens vivent déjà « à plusieurs » :
►http://citron-vert.info/spip.php?article935
La taille moyenne d’un ménage en France métropolitaine [...] est aujourd’hui de 2.3.
et :
Un tiers des logements est désormais occupé par des personnes seules, un autre tiers héberge deux personnes et le dernier tiers trois personnes ou plus.
Et je suspecte que vivre « en famille » a certainement un bilan carbone plus efficace que vivre en colocation (il y a bien plus de choses qu’on peut mettre en commun avec sa petite famille qu’avec son colocataire).
– la colocation ne me semble viable qu’avec des individus seuls ; nettement plus difficile pour des couples ; et encore plus difficile pour des couples avec enfants. (Ne pas confondre colocation et la co-habitation signalée en lien dans l’article.)
– la question de la colocation concerne donc le tiers des logements, donc beaucoup moins que le tiers des individus : si je ne me trompe : approximativement 15% des individus. Donc 85% des gens vivent déjà « à plusieurs » dans leur logement.
– parmi ces 14% d’individus, combien aspirent à vivre seuls toute leur vie ? Parce que c’est bien ça, la coloc : un truc temporaire tant que tu es seul. Une fois que tu vis en couple (stable, pour simplifier), a fortiori quand tu attaques la phase de reproduction, la colocation n’est plus possible. Du coup, fondamentalement, la colocation est vécue comme une situation de transition (tant qu’on est un jeune urbain - étudiant ou juste après).
– le fric ! Louer seul est certes difficile quand tu n’as pas les moyens. Mais : comment tu fais pour louer à deux quand les deux ont des difficultés ? En pratique : que se passe-t-il si l’un des locataires fait défaut (tu as plusieurs locataires dans la merde parce qu’un seul ne paie plus son loyer). Du coup, le phénomène me semble clairement limité aux gens qui, certes veulent économiser, mais qui peuvent se faire suffisamment confiance pour que l’autre locataire paie bien son loyer. D’où cette image : les étudiants et les jeunes urbains de Friends.