• [ Republication ] D’Eretz Israël à ersatz d’Israël

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12709182

    https://www.eclaireur.eu/p/republication-deretz-israel-a-ersatz

    Haaretz, le grand quotidien israélien, confirme aujoud’hui les information que nous avons publiées dès le 12 octobre 2023 . Pascal Clérotte

    Tel Aviv connaissait le plan d’attaque du Hamas. L’intention de nettoyage ethnique à Gaza, un crime de guerre, est aujourd’hui établie. L’avenir d’Israël semble bien sombre.

    Haaretz le confirme dans une enquête qui sera publiée vendredi prochain et reprise dans un éditorial publié aujourd’hui. Netanyahou savait pour l’attaque du 7 octobre 2023 et n’a rien fait, vraisemblablement parce que cela lui permettait de lancer sa guerre génocidaire pour construire le grand Israël.

    L’attaque terroriste du Hamas du 7 (…)

    • [...]

      Comme nous l’affirmions dès le 12 octobre, de deux choses l’une :

      Soit les services israéliens ont bien prévenu le gouvernement israélien qui ne les a pas écouté, de la même manière qu’Emmanuel Macron et le gouvernement français n’ont pas écouté la DGSE qui les avait alertés des risques de coup d’Etat au Niger. Les dirigeants occidentaux ont la sale manie de rejeter tout ce qui ne va pas dans leur sens. Le renseignement leur sert à justifier des décisions déjà prises, non pas à éclairer leur prise de décision.

      Soit le gouvernement israélien a écouté ses services de renseignement mais a fait le choix délibéré de laisser le Hamas attaquer afin de dégager un prétexte pour laminer Gaza, commettant ainsi l’erreur fatale de grandement sous-évaluer l’ampleur d’une menace qu’il croyait contrôler et l’échelle de l’opération menée par au moins deux organisations terroristes palestiniennes (ne pas oublier le Jihad islamique).

      [...]

      #Israel #Hamas #Gaza #génocide #nettoyage_ethnique

  • « The #Bibi_Files » : un film indispensable sur tout ce que la corruption détruit | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/130626/bibi-files-un-film-indispensable-sur-tout-ce-que-la-corruption-detruit

    dispo/visible sur mediapart

    Le documentaire d’#Alexis_Bloom, que « Mediapart » diffuse à partir du 13 juin pendant trois mois, est, au-delà des #enquêtes_judiciaires qui visent Benyamin #Nétanyahou, une leçon de choses essentielle sur les ravages de la #corruption au sommet de l’État.

    #Benyamin_Nétanyahou est ciblé par diverses accusations dans les dossiers que la justice de son pays a sobrement baptisés « 1 000 », « 2 000 » et « 4 000 ». Dans un cas, il est soupçonné d’avoir perçu avec sa femme jusqu’à 200 000 euros de cadeaux et avantages de la part de riches hommes d’affaires, particulièrement généreux en #bijoux, #cigares de luxe et caisses de #champagne – ce qui vaudra cette mordante réplique d’un enquêteur à Benyamin Nétanyahou en pleine audition : « Est-ce qu’il est plus facile de diriger le pays avec une coupe de champagne ? »

    Dans un autre volet, le premier ministre israélien est suspecté d’avoir noué un pacte avec le propriétaire de l’influent quotidien payant Yediot Aharonot, au terme duquel Nétanyahou profitait d’une couverture médiatique favorable en échange d’un projet de loi qui aurait permis de limiter la diffusion d’un concurrent gratuit. Dans le dernier dossier, ce sont des appuis gouvernementaux au profit du propriétaire d’un groupe de télécommunications, là encore en contrepartie d’un traitement éditorial favorable sur son site #Walla, qui sont en cause.

    Le complotisme en col blanc
    Dans les entretiens filmés face aux enquêteurs, Benyamin Nétanyahou se montre à l’image de tant et tant de responsables politiques quand ils sont confrontés à l’incendie judiciaire, comme Nicolas Sarkozy en France, Jair Bolsonaro au Brésil, Silvio Berlusconi en Italie ou Donald Trump aux États-Unis.

    Le premier ministre israélien crie au complot. Il parle même d’un coup d’État, qui serait, à l’entendre, fomenté par des juges et des journalistes mus par des intérêts militants. Et aucun de ceux qui, dans son ancien entourage direct, ont osé témoigner contre lui durant l’enquête, n’échappe à la même sentence. Comme d’autres avant lui, Nétanyahou semble penser que l’État, c’est lui, et lui seul.

    Certaines scènes de The Bibi Files sont saisissantes. Tandis que Nétanyahou est filmé en train de perdre ses nerfs devant les policiers, tapant furieusement du poing sur la table, son fils Yaïr va jusqu’à comparer les enquêteurs à la Stasi devant eux. C’est aussi le parallèle qu’avait choisi Nicolas Sarkozy en 2014 dans les colonnes du Figaro quand il était aux prises avec la justice dans l’affaire Bismuth – depuis sa condamnation en première instance dans l’affaire libyenne, l’ancien président français se compare désormais au capitaine Dreyfus...

    Mais le documentaire d’Alexis Bloom ne se contente pas de mettre en scène l’incroyable matière première de son récit. Les entretiens policiers sont encadrés par les interventions de nombreux grands témoins (un ami d’enfance de Nétanyahou, d’anciens employés, son ex-directeur de la communication, des journalistes, un ancien maître espion du Shin Bet), qui donnent une épaisseur supplémentaire au film.

    Le #documentaire n’élude rien, non plus, des compromissions de Benyamin Nétanyahou avec le Hamas, dont il a par le passé justifié le soutien par l’intermédiaire du Qatar, pensant ainsi affaiblir l’Autorité palestinienne.

    Où l’on comprend comment les affaires, et surtout la panique qu’elles suscitent en lui, représentent depuis des années la matrice des choix politiques de Benyamin Nétanyahou. Voilà un homme qui paraît avoir décidé de prendre en otage la population et les institutions pour garantir sa survie politique. Son césarisme l’a même poussé jusqu’à imaginer une réforme du système judiciaire de son pays, qui lui aurait permis de le modeler à sa main.

    Ce projet – qui a échoué – avait envoyé des milliers de citoyen·nes dans la rue, qui ont manifesté pendant une quarantaine de semaines d’affilée, au cri de « crime minister » (un jeu de mots avec prime minister). Un témoin du documentaire parle d’une stratégie politique visant à « casser les os du système », quand un autre compare Nétanyahou à un « architecte du chaos ».

    Affaiblir la justice, c’était aussi l’ambition du récent référendum, perdu, de la cheffe du gouvernement d’extrême droite italien, Giorgia Meloni. Et il n’est nul besoin de faire un dessin sur les désirs de mise au pas des juges par Trump outre-Atlantique ou, en France, de plusieurs responsables politiques pyromanes.

    L’isolement politique progressif de Nétanyahou du fait des affaires a aussi été à l’origine de son rapprochement électoral avec deux responsables israéliens suprémacistes, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, dont l’identité politique peut se résumer à un messianisme génocidaire pour la Palestine.

    The Bibi Files n’élude rien, non plus, des compromissions de Benyamin Nétanyahou avec le Hamas, dont il a par le passé justifié le soutien par l’intermédiaire du Qatar, pensant ainsi affaiblir l’Autorité palestinienne, raconte le documentaire. Ce qui a rendu les forces sécuritaires israéliennes aveugles aux projets terroristes du #Hamas, jusqu’aux attaques meurtrières du 7-Octobre.

    C’est la raison pour laquelle le journaliste israélien Raviv Drucker, coproducteur et témoin de The Bibi Files, confiait récemment à Mediapart : « On peut tracer une ligne directe depuis les affaires de corruption de Nétanyahou […] et l’immense fissure que la réforme voulue par le gouvernement a créée au sein de la société israélienne, jusqu’à la formation des conditions qui ont rendu possible le 7-Octobre. »

    Et l’on comprend mieux cette phrase lancée il y a quelques jours par Donald Trump à Benyamin Nétanyahou, alors que la furie guerrière des deux hommes, au Liban, en Iran et à Gaza, permet de repousser toujours plus loin l’échéance judiciaire pour le #leader_israélien : « Tu serais en prison sans moi. Je te sauve la mise. »

  • France-Israël : les liaisons dangereuses
    https://lvsl.fr/france-israel-les-liaisons-dangereuses

    Le 18 février dernier, la France s’associait à 84 autres pays pour condamner la colonisation israélienne progressant à marche forcée en Cisjordanie. Cette énième prise de position résonne comme un cruel aveu d’impuissance. En effet, depuis le #7_octobre 2023, le gouvernement refuse toute sanction susceptible de donner corps à ces condamnations, affaiblissant durablement la crédibilité française sur la scène internationale. Une question également domestique : si l’exécutif s’inquiète régulièrement d’une importation du conflit israélo-palestinien en France, ses actes et ses discours tendent à en faire une question nationale. Avec des conséquences potentiellement (...)

    #Politique #antisémitisme #Caroline_Yadan #ELNET #Francesca_Albanese #Gaza #génocide #Hamas #Israël #Nethanyahou #Palestine

  • #Palestine au #Collège_de_France : la protestation de #François_Héran

    _Titulaire de la chaire « Migrations et sociétés » au Collège de France, François Héran rend publique la lettre qu’il a adressée à son administrateur, Thomas Römer, à propos de l’#annulation du #colloque sur la Palestine de son collègue #Henry_Laurens._

    Paris, 9 novembre 2025

    Lettre à #Thomas_Römer,
    administrateur du Collège de France

    Cher Thomas,

    Malgré mon nouveau statut de retraité, tu as bien voulu m’inclure parmi les destinataires de ton message sur l’annulation du colloque de notre collègue Henry Laurens. Je t’en remercie.

    En lisant ton message envoyé à la presse, je découvre que, loin d’être l’apanage du #wokisme, la #cancel_culture peut aussi inspirer l’administration du Collège. Il fallait du courage pour donner des leçons d’#objectivité et d’#intégrité_scientifique à Henry Laurens, qui compte seulement à son actif quelques dizaines d’ouvrages sur la question d’Orient et les affaires de Palestine. Notre collègue, à l’évidence, ne maîtrise pas les enjeux du débat dans un domaine aussi brûlant.

    Il était bon de rappeler aussi qu’en la matière, les partis pris d’un hebdomadaire bien connu pour son traitement rigoureux des faits ont plus de #légitimité qu’un professeur occupant sa chaire depuis vingt-deux ans. On se demande comment ce dernier a osé inviter à son colloque un ancien chef de la diplomatie de l’UE ou un ancien premier ministre, aux côtés d’intervenants capables d’exprimer un large éventail de savoirs et d’opinions, alors qu’il était si simple d’inviter uniquement des intervenants validés par la #Licra.

    Ton message me suggère qu’une révision du règlement intérieur du Collège s’impose de toute urgence :

    Les professeurs qui souhaitent traiter de questions d’#actualité dans des colloques, des cours ou des séminaires risquant de donner lieu à #controverses, devront désormais soumettre la liste des participants à l’autorisation de l’administrateur.

    1. Ils devront également s’assurer de l’assentiment du ministre de la Recherche. Si l’on objecte que la détention d’un doctorat d’informatique ne donne aucune légitimité à intervenir dans des questions de science politique ou d’orientalisme (selon le principe de la séparation des ordres posé en d’autres temps par Pascal), on rappellera dûment aux professeur-es qu’il n’y a pas de plus haute autorité qu’un tweet ministériel.
    2. Le recrutement des professeur-es sera désormais soumis au tribunal de l’opinion publique et médiatique, selon une procédure à déterminer.
    3. Le règlement intérieur proclamera dans son préambule que la notion d’« #engagement », jadis inhérente au libre exercice de la recherche, est désormais désuète. Elle sera donc bannie du Collège. Il faudra effacer de la mémoire de notre institution toute référence aux grands intellectuels, littéraires ou scientifiques, qui se sont aventurés à sortir de la « #neutralité » telle qu’elle est strictement définie dans ton message et dans celui du ministre. On veillera aussi à tenir compte de cet impératif dans la préparation du 500e anniversaire de la fondation du Collège.

    Ces modifications du règlement contribueront, je n’en doute pas, à défendre le Collège. La fable se trompe : mieux vaut la prospérité du Chien que l’indépendance du Loup.

    En te renouvelant, cher Thomas, mes meilleures salutations,

    In dubio pro libertate
    François Héran*

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    Post Scriptum : l’argumentaire du colloque

    Ayant choisi de rendre publique ma lettre à l’administrateur du Collège de France, j’ajoute l’argumentaire du colloque, qui a été transmis à l’ensemble des professeurs. Comme à l’accoutumée chez Henry Laurens, c’est de la science historique de haut niveau, précise et rigoureuse. Pas une ligne, pas un mot, qui justifie le soupçon d’antisémitisme.

    Avec l’ouverture de la « question d’Orient » dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, la Palestine, qui dispose du statut particulier de Terre sainte, devient le lieu névralgique des relations internationales européennes. Durant les décennies qui précèdent la Grande Guerre, les luttes d’influence entre les puissances européennes se multiplient, chacune se présentant comme la protectrice d’une communauté religieuse. Alors que la France et la Russie étendent respectivement leur influence sur les catholiques et les orthodoxes, les Anglais se présentent comme les protecteurs des juifs en Palestine. C’est dans ce cadre que s’inscrit le mouvement sioniste.

    Si la France se voit reconnaître une primauté d’influence à l’issue des guerres balkaniques, les Britanniques profiteront de l’alliance nouée avec le mouvement sioniste lors de la Première Guerre mondiale pour s’arroger un mandat sur la Palestine. La période du mandat britannique est essentielle pour la mise en place des acteurs contemporains que sont le mouvement national palestinien et le mouvement sioniste. Pris dans une double obligation entre les uns et les autres, les Britanniques sont dans l’incapacité de trouver une solution politique satisfaisante pour les deux parties, que ce soit un État palestinien unitaire, une division en cantons ou un partage territorial. Ils doivent ainsi faire face à une révolte palestinienne, puis à une révolte juive. Non sans arrière-pensées, ils délèguent le dossier à l’ONU qui, avec le vote du plan de partage de novembre 1947, provoque une guerre entre Arabes et sionistes, puis, après le 15 mai 1948, une guerre israélo-arabe.

    Dans ce conflit de longue durée, les Européens s’identifient largement à l’État d’Israël. Dans les années 1950 et 1960, la France et l’Allemagne lui fournissent les armements qu’il demande, mais la priorité pour l’État hébreu est d’obtenir l’aide militaire américaine, qui ne devient substantielle qu’après la guerre de juin 1967.Après cette guerre, les « discussions à quatre » voient un rapprochement des positions de la Grande-Bretagne et de la France sur la nécessité d’un retrait des territoires occupés contre une reconnaissance de l’État d’Israël, mais la question de la prise en compte du facteur palestinien reste ouverte.

    S’ouvre ainsi un dialogue euro-arabe. Ce dernier mènera à la résolution de Strasbourg de 1975, appelant Israël à se retirer des territoires palestiniens occupés et à reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien, puis à une nouvelle déclaration en 1977 appelant à la création d’une patrie pour le peuple palestinien, et marquant pour la première fois l’opposition européenne à la construction de colonies israéliennes dans les territoires occupés. L’étape la plus importante demeure la déclaration de Venise du 13 juin 1980, qui parle de solution juste et préconise l’intégration de l’OLP dans les discussions de paix.

    Deux niveaux d’action sont à considérer. Le premier est celui de la politique propre à chaque État, le second est celui de l’action collective de la Communauté, devenue Union européenne, le tout étant pris dans le jeu complexe des relations transatlantiques. De fait, la présence de l’Union est forte dans le domaine économique, aussi bien par le traité d’association UE-Israël, qui fait de l’État hébreu le premier partenaire commercial de l’Union, que par le financement des institutions palestiniennes à partir du processus d’Oslo. Néanmoins, l’Europe n’est que simple observatrice des négociations du processus d’Oslo, et si le « quartet » des années 2000 lui reconnaît un rôle, c’est dans un cadre impuissant à faire accepter une solution politique satisfaisante.

    L’Europe est ainsi prise entre le poids de son héritage colonial et impérial, son identification culturelle avec Israël, la charge représentée par sa culpabilité dans la destruction des juifs d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale, l’importance de ses relations économiques, technologiques et scientifiques avec l’État hébreu, la montée de l’indignation d’une partie de son opinion publique, marquée par l’accusation d’apartheid et aujourd’hui de génocide dans la guerre de Gaza.

    La question est de savoir si les États européens vont, dans leur grande majorité, reconnaître l’État palestinien et exercer des pressions envers l’État hébreu, en particulier dans le domaine de l’économie, ou s’il s’agit là plutôt de faux-semblants destinés à masquer une impuissance, voireune adhésion, liées à leurs héritages historiques et à leurs engagements géopolitiques. Il n’en reste pas moins que l’Europe, dans sa globalité, est un des grands théâtres d’affrontements du conflit israélo-palestinien, en particulier dans les opinions publiques. En un sens, c’est une bonne part de l’identité européenne qui est en jeu, aussi bien dans l’interprétation de son passé que dans la définition de son identité à venir.

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    Adage juridique latin : Dans le doute, pour la liberté
    *
    François Héran explique l’immigration à Bruno Retailleau

    https://blogs.mediapart.fr/francois-heran/blog/101125/palestine-au-college-de-france-la-protestation-de-francois-heran-0

    #censure #France

    • Annulation d’un colloque sur la Palestine : lettre du conseil académique de « #Jewish_Voice_for_Peace »

      Plus de 120 universitaires représentant le Conseil académique de l’organisation américaine Jewish Voice for Peace expriment leur #inquiétude et leur #indignation face à l’#annulation par le Collège de France du colloque « Palestine et Europe ». « Lorsqu’une institution aussi prestigieuse se laisse contraindre à censurer des activités universitaires, elle risque de perdre son #indépendance et son intégrité académiques, mais elle crée également un précédent inquiétant. »

      –-

      À Thomas Römer, administrateur du Collège de France
      et Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur
      Le 10 novembre 2025

      Le Conseil académique de Jewish Voice for Peace* écrit pour exprimer son inquiétude et son indignation face à l’annulation par le Collège de France du colloque « Palestine et Europe », sur la base d’#attaques_médiatiques infondées et de #pressions exercées par le ministère français de l’Éducation.

      Nous comprenons que l’annulation du symposium, prévu depuis plusieurs mois, n’est intervenue qu’après la publication d’un article dans l’hebdomadaire conservateur français #Le_Point, le 7 novembre, qualifiant à tort le symposium de promoteur de l’#antisémitisme, ce qui a incité le ministre de l’Enseignement supérieur, #Philippe_Baptiste, à l’annuler, ce qu’il a fait. De plus, la justification fournie pour cette décision recherchait le recours à l’excuse fallacieuse de « garantir la rigueur scientifique », bien qu’aucune preuve n’ait été fournie à l’appui de cette affirmation. En effet, comme cela s’est déjà produit auparavant, cette justification s’avère être un bouclier pour commettre une #injustice, en censurant de manière injuste la #recherche_scientifique légitime et les conférences consacrées à sa diffusion.

      En tant que plus de 120 universitaires issus de diverses disciplines représentant le Conseil académique de Jewish Voice for Peace*, nous représentons un large éventail de domaines académiques liés aux études juives et l’histoire de l’antisémitisme, y compris les études sur le génocide. Nous nous opposons à toute forme d’antisémitisme, comme nous nous opposons à toutes les formes de racisme. Nous rejetons également tous les efforts visant à utiliser l’ accusation d’antisémitisme à des fins de censure ou pour supprimer des points de vue sur Israël et la Palestine qui devraient être entendus et discutés. L’accusation d’antisémitisme doit être réservée à toutes les occasions où elle est véritablement méritée. Mais l’utilisation fallacieuse et spécieuse de cette accusation pour mettre fin à des travaux universitaires légitimes et à un débat ouvert non seulement sape sa force morale, mais sert les objectifs de la censure. Au contraire, nous vous exhortons à défendre les principes largement partagés de la #liberté:universitaire : la publication et la diffusion des travaux universitaires, la libre recherche dans les #universités et le #débat_public dans les sociétés démocratiques.

      Nous connaissons bien les travaux universitaires des participants cités dans le projet de symposium et attestons de la grande qualité de leurs recherches universitaires et de leurs présentations publiques : leurs publications répondent aux normes les plus élevées en matière de #rigueur_académique, d’ #impartialité et d’#érudition. Il n’y a aucune preuve d’antisémitisme dans le programme qui a été publié, et toute allégation contraire repose sur une fausse représentation de ces universitaires et de leurs travaux. Les participants sont issus de certaines des plus prestigieuses universités d’Europe, où leurs travaux universitaires ont été entièrement examinés et approuvés. Le programme du symposium reflète à juste titre l’état actuel des discussions universitaires et des débats publics sur #Gaza et #Israël/#Palestine de manière plus générale. Nous vous exhortons à ne pas supprimer les discussions universitaires sur des questions d’#intérêt_public, même lorsque les passions s’exacerbent. Seul un engagement en faveur d’une vie intellectuelle ouverte et fondée sur des preuves peut permettre de replacer ces questions dans leur juste perspective et servir à la fois les objectifs universitaires et un débat public éclairé.

      Nous attirons votre attention sur les calomnies proférées par la LICRA, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Non seulement cette organisation mène une campagne diffamatoire contre le symposium , mais elle est depuis longtemps considérée comme un groupe dont la crédibilité scientifique est très limitée, concentrant ses efforts sur des campagnes visant à attiser les peurs et à enflammer la haine anti-arabe/musulmane/palestinienne. Le ministère de l’Enseignement supérieur et le Collège de France ne devraient pas se laisser influencer par un groupe dont les références scientifiques sont manifestement faibles et dont les objectifs sont polémiques, diffamatoires et incendiaires, sapant ainsi les critères mêmes des normes intellectuelles appliquées dans les universités françaises les plus prestigieuses. De plus, les établissements d’enseignement ont l’obligation, en période de tensions politiques exacerbées, d’acquérir et de diffuser des connaissances, de prendre en considération un large éventail de points de vue et de créer les conditions propices à un débat et à un jugement publics éclairés. Le #colloque que vous avez annulé proposait précisément cela.

      Lorsqu’une institution aussi prestigieuse que le Collège de France se laisse contraindre à censurer des activités universitaires, elle risque non seulement de perdre son #indépendance et son intégrité académiques, mais elle crée également un précédent inquiétant pour les universités qui luttent pour maintenir leurs normes internes et leurs procédures d’autogestion en ces temps de plus en plus autoritaires.

      Soyons clairs : la décision d’annuler cet événement important est un acte de censure, qui permet aux propos arbitraires et incendiaires circulant dans les médias de servir de base à une décision qui aurait dû être, et qui devrait être aujourd’hui, selon toute norme raisonnable, de soutenir le symposium et ses objectifs. Lorsque des sujets « sensibles » sont ouvertement abordés et débattus par le public, les points de vue scientifiques peuvent être affinés et diverses perspectives peuvent être ouvertement discutées et débattues. La communauté universitaire internationale s’est traditionnellement appuyée sur le Collège de France pour maintenir ces normes, malgré les demandes croissantes des groupes politiques et des responsables gouvernementaux. C’est ni plus ni moins que son #autonomie très admirée qui est en jeu, une autonomie qui a inspiré les collèges et les universités du monde entier. Nous appelons donc le Collège de France à maintenir ses principes les plus élevés et à revenir sur sa décision, afin de permettre au symposium de se dérouler avec son programme publié et important.

      Nous demandons également au ministère français de l’Enseignement supérieur de revoir le processus qui a conduit à une décision aussi malavisée, privilégiant une opinion publique incendiaire et mensongère au détriment de critères scientifiques. Cette décision aurait dû refléter l’autonomie de l’université. Le refus de modifier le jugement scientifique ou professionnel en réponse à une intervention extérieure aurait défendu cette autonomie et reflété à la fois les normes scientifiques du Collège et son attachement à la liberté académique et à la liberté de recherche.

      –-

      *Le Conseil académique de Jewish Voice for Peace est un réseau de chercheurs qui se consacrent à la promotion de la vision et des valeurs de JVP https://www.jewishvoiceforpeace.org. Forts de notre engagement commun en faveur des valeurs juives progressistes et de la libération de la Palestine, nous organisons des actions de solidarité avec la lutte pour la liberté du peuple palestinien dans les milieux éducatifs et universitaires. Nous mettons à profit nos compétences en tant que chercheurs, éducateurs et écrivains pour développer une analyse critique de la censure contemporaine sur la Palestine. Nous nous opposons à l’utilisation de l’accusation d’antisémitisme pour censurer ou criminaliser les discours critiques à l’égard du traitement réservé aux Palestiniens par l’État d’Israël. Nous défendons les droits du travail, la liberté académique et les droits d’association dans l’enseignement supérieur et confirmons les valeurs fondamentales de Jewish Voice for Peace.

      https://blogs.mediapart.fr/jewish-voice-peace-conseil-academique/blog/111125/annulation-dun-colloque-sur-la-palestine-lettre-du-conseil-academiqu
      #ESR #recherche #science #enseignement_supérieur

    • Comment le Collège de France en est venu à annuler un colloque scientifique sur la Palestine

      La décision de suspendre l’événement, prise le 9 novembre par l’administrateur de l’établissement, crée un précédent. Des universitaires dénoncent le rôle joué par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui aurait contribué à faire du colloque un « #événement_politique ».

      Pourquoi un colloque universitaire consacré à la Palestine a-t-il été annulé au Collège de France ? La question est posée après la décision prise par l’administrateur de l’établissement de déprogrammer un événement intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », qui devait se tenir les 13 et 14 novembre, coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris).

      Les motivations ayant conduit à cette décision radicale – du jamais-vu depuis le Second Empire, quand le cours d’Ernest Renan fut « suspendu jusqu’à nouvel ordre » par l’empereur Napoléon III, le 26 février 1862 – interpellent dans leur enchaînement. A en croire Thomas Römer, l’administrateur du Collège de France, elle s’est imposée « en réaction à la polémique entourant la tenue » de l’événement.

      La « polémique » a démarré avec un article du Point, publié le 7 novembre. Sous le titre « Un colloque propalestinien à haut risque », le média formule l’hypothèse de « deux journées à tendance pro-Hamas ». La liste des intervenants « ne laiss[ant] aucune place au doute », « le colloque sera propalestinien, antisioniste et décolonial », décrète l’hebdomadaire. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), interrogée, y voit même un cas d’« entrisme pur et simple ».

      « Foire antisioniste »

      Dès sa parution, l’article est posté sur X par la Licra, qui annonce « saisir » le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, car il s’agit d’un « colloque antisioniste » et d’un « dévoiement » du Collège de France. Le 8 novembre, sur Europe 1, la vice-présidente de la ligue, l’avocate Galina Elbaz, décrit les intervenants comme des « personnalités très sulfureuses qui ont toutes eu des prises de position qui flirtaient avec l’#apologie_du_terrorisme ». Une « #foire_antisioniste » où se seraient retrouvés « défenseurs du #Hamas, militants de #BDS [Boycott Désinvestissement Sanctions], éditorialistes d’#Al-Jazira », insiste la Licra.

      Ces accusations, qui insistent sur le financement du #Carep par des fonds qataris et l’accusent d’œuvrer en sous-main pour les #Frères_musulmans, indignent Salam Kawakibi, le directeur exécutif du centre de recherche. « Nous ne sommes ni des agents du Qatar ni des Frères musulmans, déclare-t-il. Nous sommes financés par un fonds privé, et nous dépendons de l’#Arab_Center_for_Policy_Studies, le plus prestigieux think tank arabe basé à Doha et qui compte des antennes à Washington, Beyrouth, Amman, Tunis, Madrid et Paris. » Le fondateur du centre, Azmi Bishara, vient plutôt de la gauche laïque. Le conseil d’orientation du Carep Paris est dirigé par Denis Bauchard, un diplomate respecté à la retraite, ayant été ambassadeur, notamment en Jordanie et au Canada.

      Le Carep a également été accusé par Le JDD d’avoir choisi à dessein le 13 novembre, qui coïncide avec le 10e anniversaire des attentats du Bataclan et des terrasses, à Paris, et du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-saint-Denis). La date a en réalité été proposée par l’administration du Collège de France.

      Dans un communiqué annonçant l’annulation de l’événement, dimanche 9 novembre, Thomas Römer a tenu à rappeler la « stricte neutralité de l’établissement au regard des questions de nature politique ou idéologique ». En tant que « responsable de la sécurité des biens et des personnes, ainsi que de la sérénité des événements », il explique par ailleurs n’avoir d’autre choix que de renoncer « face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour de ce colloque ».

      Le Collège de France a indiqué au Monde, mardi 11 novembre, que le colloque « ne contrevenait pas aux règles générales en matière de #liberté_académique », mais a souligné que « la question de la pluralité des analyses a été publiquement mise en cause par différents acteurs », ce qui aurait suffi à compromettre la tenue de l’événement. « La violence des mises en cause sur les réseaux sociaux nous a fait craindre des risques liés à d’éventuels débordements aux abords et au sein de l’amphithéâtre », ajoute-t-on.

      Henry Laurens, coorganisateur du colloque au titre du Collège de France, est l’historien français le plus reconnu sur le Proche-Orient. Contacté par Le Monde, il a souhaité s’en tenir à son « devoir de réserve et aux strictes règles de la collégialité ». Des proches le disent très affecté par les accusations d’antisémitisme portées par plusieurs polémistes. Une source interne au Collège de France estime que « l’annulation du colloque est désastreuse : elle a causé plus de bruit et de dommages que n’en aurait causé sa tenue ».
      « Tout cela est assez emblématique de ce qui se passe dans le monde académique avec des approches très orientées, un regard très militant sur la question du Proche-Orient », juge, à l’inverse, Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des juifs de France, qui se félicite que le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche se soit « largement fait écho du fait que cela dépassait le cadre usuel pour la #recherche_publique ». Dès l’annonce de l’#annulation du colloque, dans un tweet, le ministre, Philippe Baptiste, a en effet salué une « décision responsable d’une institution qui doit symboliser l’excellence du savoir (…) et, pour cela, être le lieu du débat dans toute sa #pluralité, ouvert à tous les courants de pensée ».

      « Je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat »

      M. Baptiste n’a pas été un simple spectateur dans cette affaire. Au lendemain de la publication de l’article du Point, il a adressé une lettre à l’administrateur du Collège de France, que Le Monde s’est procurée. Dès les premières lignes, M. Baptiste considère que ce colloque fait l’objet d’une « vive #polémique ». « Sans préjuger des propos qui seront effectivement tenus, je ne peux que constater, à la lecture du programme, un parti pris sur un sujet délicat et fortement polémique », acte-t-il. Avant de mettre en garde M. Römer : « Au vu de ce programme, je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer. »
      Conscient que son statut de ministre « dans un Etat de droit » lui interdit d’empêcher la tenue d’une manifestation scientifique, Philippe Baptiste poursuit d’une phrase sibylline : « C’est mon rôle de le faire respecter [le code de l’éducation et le principe de liberté académique], et ce y compris dans le contexte de ce colloque, bien que je sois personnellement en profond désaccord avec l’angle retenu par celui-ci. »

      L’entourage du ministre assure au Monde que « c’est la décision exclusive du Collège de France que de choisir d’annuler le colloque » et qu’il n’y a eu « aucune pression » exercée par M. Baptiste. « Un événement comme celui-ci, avec la visibilité qu’il avait acquise au fil des jours, était porteur de risques de troubles à l’ordre public », justifie-t-on sans préciser sous quelle forme auraient pu avoir lieu ces troubles. C’est par « un écosystème de chercheurs, dont certains se sont émus du programme », ajoute-t-on, que le ministre a été informé, le 6 novembre, de la tenue de ce colloque.

      Selon nos informations, un groupe d’universitaires appelé « réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », structure fédérative associant huit universités et des associations dont la Licra, a produit de nombreux échanges entre les 8 et 10 novembre. Dans cette boucle qui compte des dizaines de membres de sensibilité plutôt pro-israélienne, on affirme que « certains collègues ont lâché la rampe et ne font plus aucune distinction entre leur expertise scientifique et leur #militantisme », qu’ils ont « pris l’habitude de se servir de leurs diplômes et de l’autorité morale qui en émane pour faire passer ce qui est tout bonnement de l’ordre de la #propagande [propalestinienne] ».

      On y évoque aussi la nécessité de prendre des « mesures coercitives pour les faire rentrer dans le cadre ». Enfin, on y raille le débat de clôture du colloque du Carep, qui prévoyait des prises de parole de l’ancien chef de la diplomatie française Dominique de Villepin, de la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, et de l’ex-haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell.

      « Accablant »

      Historienne et politiste, directrice de recherche au CNRS, Stéphanie Latte Abdallah devait intervenir au cours de l’une des tables rondes sur « Le sionisme comme projet européen d’expansion coloniale ». Elle confie être « choquée » par cette annulation et balaie tout caractère univoque dans les exposés prévus. « Il s’agit d’un colloque qui a un sujet scientifique, la Palestine et l’Europe, et des intervenants qui sont les meilleurs spécialistes de cette question, explique-t-elle. Les choix scientifiques relèvent des libertés académiques et non de la décision d’un ministre. En revanche, quand un colloque clairement politique est organisé au Sénat, le 10 novembre, par l’organisation israélienne #Elnet, financée par le gouvernement de Nétanyahou, cela ne semble poser de problème à personne. » Un autre intervenant, qui préfère garder l’anonymat, ironise : « Faudra-t-il aussi, à chaque colloque sur Israël, inviter un chercheur présentant le point de vue palestinien ? »

      Quant au panel de clôture, « il était bien séparé de la dimension purement scientifique », précise Mme Latte Abdallah. « Faire intervenir Dominique de Villepin, Josep Borrell et Francesca Albanese était un acte conclusif politico-diplomatique, centré sur des questions de #droit_international par des figures qui le portent, en plein génocide, dans un contexte où il nous oblige plus encore », décrit-elle en soulignant que « tout se passe comme si, au lieu de faire respecter le droit international, il était au contraire devenu une cible et quelque chose de dangereux ».

      Parmi les universitaires, plusieurs dénoncent une censure. D’après le politiste Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique, « tout cela est vraiment accablant ». « Le ministre a dérogé au principe de respect de la liberté académique, et il le sait. Dans un même courrier, le ministre dit qu’il est le garant de la liberté académique, mais qu’il se garde d’agir pour la garantir. »

      Alors que le colloque était programmé depuis plusieurs mois, les organisateurs s’étonnent d’un tel revirement. « Sous couvert de garantir la #scientificité, le ministre justifie ainsi une intervention politique dans le champ de la recherche, en contradiction avec sa mission première : protéger la liberté académique », écrivent dans un communiqué, le 10 novembre, les responsables de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France et le Carep.

      Appel à la démission

      Cette annulation va « créer un précédent dangereux : il suffira désormais d’un article polémique ou d’un tweet ministériel pour censurer un colloque jugé “sensible”. Accuser ces chercheurs d’antisémitisme ou de militantisme revient à disqualifier sans fondement leurs travaux, pourtant validés par leurs pairs et publiés dans les revues scientifiques les plus prestigieuses, alertent-ils. La recherche n’a pas vocation à être équilibrée politiquement : elle doit reposer sur la compétence, la méthode et la probité intellectuelle. »

      « C’est le ministre qui a transformé ce colloque en événement politique, et c’est une première, observe l’une des intervenantes, qui souhaite taire son nom. Cela brouille toute possibilité d’une réflexion scientifique, équitable et compréhensive. On voit monter ce côté trumpiste, c’est comme une restriction de notre périmètre de recherche, alors même qu’il y a une énorme incompréhension du conflit et un manque de culture générale et de connaissance de l’histoire. »

      L’association France Universités, qui réunit les chefs d’établissement, indique avoir découvert « avec stupeur » cette annulation. Dans un communiqué daté du 10 novembre, elle exprime son incompréhension et une « vive inquiétude » à l’égard des libertés académiques. Près d’un millier de chercheurs, enseignants, étudiants ont signé une pétition dénonçant « la volonté délibérée d’empêcher la recherche académique sur Israël-Palestine, dès lors qu’elle contrevient aux cadres intellectuels portés par les soutiens à la politique israélienne », qu’ils jugent « extrêmement préoccupante ». Demandant une « réponse à la hauteur des enjeux », ils appellent à la démission de Philippe Baptiste.

      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/11/11/comment-le-college-de-france-en-est-venu-a-annuler-un-colloque-scientifique-

    • Annulation du colloque « La Palestine et l’Europe » au Collège de France : « Cette interdiction ouvre la voie à une ère de censure institutionnelle »

      Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 300 universitaires, parmi lesquels Jean-François Bayart, Judith Butler et Pierre-Cyrille Hautcœur, s’élève contre l’annulation de l’événement. Ils y voient une « atteinte sans précédent à la liberté académique ».

      N ous, membres de la communauté scientifique, chercheurs, enseignants, étudiants et citoyens attachés à l’indépendance du savoir, exprimons notre profonde inquiétude face à l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », initialement prévu au Collège de France.
      Cette décision, prise à la suite d’un article polémique et de pressions directes exercées par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, constitue une atteinte sans précédent à la liberté académique en France. Sous prétexte de garantir l’intégrité scientifique, le ministère a légitimé une intervention politique dans le champ de la recherche, en contradiction avec sa mission première : protéger l’indépendance des universitaires et la pluralité des approches scientifiques.

      Issus d’universités prestigieuses telles que l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse), la School of Oriental and African Studies de Londres, l’université d’Amsterdam, l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et le Centre national de la recherche scientifique, à Paris, ou la Queen Mary University of London, les intervenants ont été injustement discrédités, sur la base d’amalgames et d’accusations infondées. Leur compétence, leur rigueur et la reconnaissance internationale de leurs travaux ne sauraient être effacées par des campagnes de dénigrement.
      Des principes mis en péril
      La recherche n’a pas vocation à plaire ni à se conformer à un « équilibre politique » dicté par le pouvoir. Elle repose sur la méthode, la critique, le débat argumenté, des principes aujourd’hui mis en péril. En confondant évaluation scientifique et contrôle idéologique, cette interdiction ouvre la voie à une ère de censure institutionnelle, où des calomnies médiatiques suffiraient à bâillonner la réflexion universitaire.

      Nous refusons que la France suive cette pente. Nous refusons que le Collège de France devienne le réceptacle d’une telle dérive. Nous affirmons que la mission des universités et des institutions de recherche n’est pas de conforter le pouvoir, mais d’éclairer la société.
      Nous appelons le Collège de France à revenir sur sa décision et à garantir la tenue de ce colloque dans le respect de la liberté intellectuelle. Nous appelons le ministère à honorer son devoir de protection de la recherche, non à en devenir le censeur. Et nous appelons la communauté scientifique tout entière, en France et en Europe, à défendre fermement le principe fondateur de toute science : le droit de penser librement.
      ¶Parmi les signataires : Michel Agier, anthropologue, directeur d’études EHESS ; Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po ; Frédéric Bauden, professeur à l’université de Liège ; Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID (Genève) ; Sophie Bessis, historienne ; Karim Emile Bitar, enseignant à Sciences Po ; Judith Butler, professeure distinguée à l’université de Californie ; Bernard Chazelle, professeur à Princeton ; Delphine Dulong, professeure à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ; François Héran, professeur honoraire au Collège de France ; Pierre-Cyrille Hautcœur, directeur d’études à l’EHESS ; Michel Kaplan, président honoraire de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ; Catherine Mayeur-Jaouen, professeure d’histoire contemporaine à Sorbonne Université ; Maurice Sartre, professeur honoraire à l’université de Tours. Liste complète des signataires à retrouver ici : https://docs.google.com/document/d/1p3GSo7mWGeE_0kWoqF_PcYMicwkzm9wK/edit

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/11/interdiction-du-colloque-la-palestine-et-l-europe-au-college-de-france-cette

    • Colloque annulé au Collège de France : les manœuvres d’universitaires pro-Israël

      L’interdiction du colloque « Palestine et Europe » qui devait se tenir au Collège de France les 13 et 14 novembre suscite de nombreuses réactions. Entre stupéfaction et dénégation, le temple du savoir vacille. Comment une telle décision, portant une si grave atteinte à la liberté académique et d’enseignement a-t-elle été prise ? Le Collège de France et son administrateur ont fait l’objet de pressions orchestrées notamment par un collectif d’avocats, en coordination avec un réseau de chercheurs, le #RRA (#Réseau_de_recherche_sur_le_racisme_et_l’antisémitisme), qui a largement échangé par courriels pour parvenir à ses fins. Nous avons pu consulter ces échanges, dont la lecture révèle une entreprise coordonnée de délégitimation, de délation et d’influence.

      « Nous avons adressé un courrier à l’administrateur du Collège de France, plus copie au ministre de l’Enseignement, hier par e-mail. J’imagine que notre courrier et toutes les autres initiatives ont permis cette annulation. Bravo à tous. #Déborah_Journo »

      Par ce mail triomphal, l’avocate Déborah Journo s’enorgueillit d’avoir contribué à l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe », coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études de Paris (Carep Paris), qui devait se dérouler au Collège de France les 13 et 14 novembre et qui vient d’être déprogrammé par Thomas Römer - l’administrateur de ce prestigieux établissement.

      Le message de l’avocate est adressé à une centaine d’universitaires, regroupés sous le nom de RRA, Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme. Cette structure a été créée en 2019 et a son siège et sa direction à l’université de Picardie. Elle se présente comme un « dispositif contractuel » regroupant « des unités de recherche rattachées à différents partenaires » publics et privés. La plaquette énumère : « Universités, CNRS, associations, institutions publiques ou privées. » Ce RRA se propose de fédérer « les unités de recherche et laboratoires », de renforcer « les synergies » et d’organiser des colloques. Sa direction revendique environ 500 membres, qui communiquent beaucoup entre eux.

      Dans la boucle de mails, des membres du réseau jubilent après l’interdiction du colloque du Collège de France :

      « Je ne boude pas le plaisir de voir ce colloque annulé », lâche une chercheuse (#Danielle_Delmaire, de l’université de Lille).

      « Bravo... j’ose espérer que cela puisse nous servir au sein de nos établissements pour faire jurisprudence. Vaillamment », ajoute une autre, tout aussi satisfaite (#Véronique_Benzaken, Paris-Saclay).

      D’autres encore espèrent que la punition fera office d’avertissement : « L’idée d’inviter des politiques dans un colloque académique – fût-il orienté, malfaisant et non pluraliste – tentera moins de personnes. » (#Paul_Audi, Paris-Descartes).
      Lobby

      Pour bien comprendre ce qui se joue dans ces échanges, il faut remonter au 7 novembre dernier.

      Ce jour-là, l’hebdomadaire Le Point publie un article de son rédacteur en chef #Erwan_Seznec dénonçant la tenue, « au Collège de France », de ce que ce magazine appelle un « colloque propalestinien à haut risque », qui « réunira », selon Seznec, « des personnalités aux positions radicales ».

      L’article provoque une nouvelle panique morale dans le monde politique et médiatique, mais aussi universitaire : au sein du groupe RRA, on perçoit le colloque comme « un autre signe du basculement progressif dans la légitimation et la banalisation des actions antijuives sous couvert d’antiracisme et d’anticolonialisme » - dixit le politologue retraité Pierre-André Taguieff.

      Ce samedi 8 novembre, l’avocate Déborah Journo explique aux universitaires du RRA qu’elle écrit au ministre de l’enseignement pour « dénoncer ce colloque au sein d’un établissement public sous sa tutelle ». Le colloque est annulé et, deux jours plus tard, l’avocate se félicite de l’efficacité de son action.

      Déborah Journo est avocate, elle déclare sur LinkedIn « consacrer l’essentiel de [son] activité à des actions de lobbying auprès du gouvernement, des institutions, des ONG ». Elle est également signataire d’une tribune publiée en août dernier, et sobrement titrée : « Non, il n’y a pas de génocide à Gaza. » Après le 7-Octobre, elle a fondé l’association Actions Avocats, qui mène des actions de lobbying ou des actes juridiques notamment pour défendre « toutes les victimes du racisme, de l’antisémitisme et du terrorisme ».

      Le Collège de France, temple du savoir et de la rigueur scientifique, aurait-il été influencé par l’action de l’avocate lobbyiste ? C’est en tout cas ce dont se targue l’intéressée.

      Rappelons qu’officiellement, c’est au nom de la « sérénité des débats » et du « respect de l’intégrité scientifique » que le colloque qui devait se tenir les 13 et 14 novembre a été annulé par l’administrateur du Collège de France Thomas Römer.

      Pour le chercheur à l’origine du colloque, Henry Laurens, c’est bien « la question de la liberté académique qui est en jeu ». Il exprime des réserves quant à la possibilité de pouvoir encore l’exercer à l’avenir : « Il y a déjà un colloque qui est prévu sur Gaza avec mon collègue Didier Fassin. Au mois de décembre, on verra pour ce colloque-là. »

      #Dénigrement

      Les membres du groupe d’universitaires constitué autour de RRA tiennent des propos dénigrants et calomniateurs à l’égard de leurs collègues investis dans les études autour de la Palestine. Paul Audi écrit par exemple :

      « Personnellement je crois ces gens capables de tout. Il y a un an j’ai fait une émission de radio face à Henry Laurens, et je l’ai vu accumuler des contre-vérités et des mensonges en s’abritant derrière son “autorité”. C’était ahurissant. Ce professeur n’est pas autre chose qu’un militant. »

      Le sérieux méthodologique des enseignants et chercheurs ainsi incriminés est sans cesse remis en cause. Ils sont accusés d’être avant tout des militants, au mieux négligents sur le plan scientifique, au pire antisémites. « De Didier Fassin à Henry Laurens et quelques autres, académo-militants qui occupent le terrain, le Collège de France est en passe de devenir le Collège de la France antijuive », écrit très sérieusement #Pierre-André_Taguieff.

      « Il ne faut pas se tromper de sujet. Il faut avoir balayé le programme de ce colloque […] pour mesurer à quel point il n’a rien à voir avec le périmètre académique et pourquoi il s’agit effectivement d’un meeting », estime quant à lui l’historien Emmanuel Debono.

      Délation, fichage, calomnies : la chasse est ouverte

      Dans ce climat d’insultes et de dénigrement, certains échanges entre universitaires les mieux gradés laissent apparaître une véritable #chasse_aux_sorcières visant les chercheurs travaillant sur les questions palestiniennes, au-delà du seul cas du colloque au Collège de France.

      Le samedi 8 novembre 2025, le directeur de Sciences Po Strasbourg, Emmanuel Droit, s’inquiète de l’invitation, dans son IEP, de la chercheuse Stéphanie Latte Abdallah. Ne pouvant, dit-il, « pas faire grand-chose en interne », il écrit à son réseau afin d’obtenir des informations qui lui serviraient à prévenir la présidence de l’université de Strasbourg contre cette historienne et anthropologue : « Que savez-vous à propos de Stéphanie Latte-Abdallah ? [...] Si jamais vous avez des infos sur cette chercheuse du CNRS me permettant d’alerter la présidence de l’Unistra, je vous en serai reconnaissant. »

      Les réponses aux relents nauséabonds ne tardent pas : « Clairement militante pro-palestinienne étant elle-même d’origine palestinienne Tte sa production universitaire est là-dessus Ses interventions aussi » (#Régine_Waintrater, Paris-Cité).

      La qualité de chercheuse de Stéphanie Latte Abdallah est également attaquée dans ce climat calomniateur qui règne dans le groupe RRA : « Elle fait toutes ces déclarations douteuses dans les médias, clairement pas scientifiques, a-historiques et non vérifiées », écrit #Évelyne_Chayes (CNRS).

      Enfin l’initiateur de cette traque, #Emmanuel_Droit, répond : « Merci oui en faisant des recherches, je viens de voir qu’elle n’a que le mot génocide à la bouche.... »

      Un informateur confie à Blast que ces personnes, importantes au sein de la hiérarchie du monde universitaire, exercent une influence considérable, capable de museler les voix contestataires : « Ils ont beaucoup de pouvoir. Ils ont beaucoup de moyens d’intimider les autres. Donc, il y a beaucoup de gens qui se taisent par #peur. » De plus, « ils ne veulent pas que tout ce qui est relatif à la reconnaissance du génocide puisse être audible », analyse une autre source.

      Un autre encore nous indique que « sous une apparence et des valeurs républicaines et de laïcité, il se joue beaucoup d’ostracisme et un double discours qui s’est envenimé après le 7 octobre en soutenant Israël mais sans jamais le revendiquer vraiment ».

      Dans une autre boucle de mails, un historien propose de constituer, avec l’aide du réseau RRA, des fiches sur les intervenants du colloque annulé sur la Palestine : « Je souhaite constituer un petit groupe de volontaires pour travailler sur l’épluchage des bios de ces intervenants. Il faut du pédigrée et du verbatim, et constituer la revue de presse accablante que cet aréopage mérite. Merci de me contacter si vous souhaitez réfléchir et mettre en œuvre, rapidement, ce travail de salubrité publique. Bien à vous, Emmanuel Debono. »

      Connivences politiques

      Plusieurs membres du RRA se félicitent en outre d’avoir influencé la position de ministres dans une décision aussi sensible que celle de l’annulation du colloque prévu au Collège de France.

      L’une de ces membres, #Déborah_Levy, écrit ainsi le 9 novembre : « Les ministres Aurore Bergé et Philippe Baptiste, prévenus depuis jeudi dernier (les alertes que vous faites remonter ici sont donc précieuses), ont demandé à l’administrateur du Collège de France d’annuler ce colloque, eu égard au risque élevé de trouble à l’ordre public et afin de garantir la sécurité des personnes. »

      À plusieurs reprises, les liens de proximité et de courtoisie entre ces universitaires et l’exécutif apparaissent au fil des échanges. Le 1er novembre, #Isabelle_de_Mecquenem (université de Champagne-Ardenne) évoque ainsi « une invitation à échanger avec le ministre de l’Enseignement supérieur », avant de préciser que la rencontre n’aura finalement pas lieu en raison de « l’instabilité politique ».

      À la lecture des échanges, une inquiétude sourde de voir leur #responsabilité engagée dans la décision d’interdire le colloque apparaît chez certains membres du RRA : « Chers amis, Aucun d’entre nous n’est responsable de l’annulation du colloque. A ma connaissance, en tout cas, nous n’avons pas demandé une telle chose. Comme beaucoup d’autres, nous avons fait état de notre effarement devant la programmation d’un meeting politique au Collège de France, où il ne faisait aucun doute que les échanges “scientifiques“ annoncés étaient de la poudre aux yeux. Albanese ? Villepin ? Peut-être en invitée surprise aurions-nous vu monter à la tribune Rima Hassan… »

      On retiendra de cette histoire qu’un colloque organisé avec et par des personnalités et des scientifiques confirmés et respectés, tels que Salam Kawakibi - directeur du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris - ou encore Henry Laurens, a pu être interdit entre autres sous la pression d’un #lobbying d’universitaires aux positions ouvertement favorables au gouvernement d’Israël.

      D’autre part, cet événement confirme la volonté d’empêcher la tenue de manifestations scientifiques consacrées à l’histoire de la Palestine, lorsqu’elles ne sont pas agréées par les milieux pro-israéliens. Plus grave encore, les participants font l’objet de manigances et malveillances susceptibles d’affecter leur carrière universitaire.

      La LDH, (Ligue des droits de l’Homme) dans un communiqué publié hier soir, résumait la situation en ces termes : « Cette décision interroge sur l’exercice de la liberté académique et la nécessaire diffusion auprès des citoyens du travail scientifique. (...) Les chercheurs doivent pouvoir librement, indépendamment de toutes pressions directes ou indirectes, organiser des événements scientifiques sur le thème, sous le format et les modalités qui leur paraissent appropriés. »

      Contactée ce mardi 11 novembre au sujet de l’implication du RRA dans l’annulation du colloque, #Céline_Masson, la directrice de la structure universitaire, n’a pas souhaité répondre à nos questions : elle a tenu à préciser que le RRA n’avait aucun lien avec l’annulation du colloque.

      https://www.blast-info.fr/articles/2025/colloque-annule-au-college-de-france-les-manoeuvres-duniversitaires-pro-i

    • Le colloque scientifique sur la Palestine connaît un succès inédit en ligne

      Annulé par le Collège de France, l’événement consacré à la relation entre la Palestine et l’Europe se tient les 13 et 14 novembre dans les locaux du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris, devant un public très nombreux, mais à distance.

      Entrera ? N’entrera pas ? Sur un trottoir parisien, jeudi 13 novembre à 8 h 15, une cinquantaine de personnes patientent dans une file d’attente devant le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep). Les locaux sont exigus, 35 places maximum, et tout le monde ne pourra pas y pénétrer, prévient un agent de sécurité. Par petits groupes, on se questionne, pour savoir qui dispose ou non d’une invitation nominative pour assister au colloque scientifique « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines ».

      Les entrées se font au compte-goutte. Arrive Henry Laurens, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, suivi de plusieurs intervenants. A quelques exceptions près, tous sont des chercheurs représentant des institutions universitaires prestigieuses à Londres, Madrid, Amsterdam, Montréal, Rome ou encore Bruxelles.
      L’incompréhension se lit sur les visages, l’inquiétude aussi. Comment le Collège de France a-t-il pu en venir à annuler cette rencontre académique ? Comment ce lieu du savoir ouvert à tous a-t-il pu « se refermer comme une huître sous la pression d’un article du Point puis du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ? », interroge un couple de retraités, dans la file d’attente.
      « Conditions dégradées »
      L’administrateur de l’établissement, Thomas Römer, avait annoncé l’annulation de l’événement, le 9 novembre, « face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour » – tels que « d’éventuels débordements aux abords et au sein de l’amphithéâtre », avait-on précisé au Monde. Dans un courrier adressé le 8 novembre à M. Römer, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, avait confié être « personnellement en profond désaccord avec l’angle retenu » par le colloque tout en rappelant l’« entière responsabilité » de l’administrateur s’il décidait de le maintenir.
      L’événement a lieu malgré tout, ces 13 et 14 novembre, mais « dans des conditions très sensiblement dégradées, au regard, notamment, de la taille de la salle, par rapport à celles initialement prévues », a convenu le juge du tribunal administratif de Paris, saisi en référé de cette annulation par plusieurs collectifs de chercheurs et associations, le 12 novembre. Du fait de cette réorganisation dans un autre lieu et de la transmission des échanges en visioconférence, il a estimé que les libertés académique, d’expression et de réunion n’étaient pas atteintes, rejetant ainsi les pourvois formés contre le Collège de France.

      « Bienvenue dans la seule salle parisienne qui a osé accueillir ce colloque », démarre Salam Kawakibi, le directeur exécutif du Carep, co-organisateur de l’événement. Le petit auditoire, qui se tient pour partie debout, est décuplé à distance, plus de 500 personnes suivant les échanges en direct sur YouTube.
      En guise d’introduction, le chercheur en sciences politiques évoque un souvenir remontant à 2002, à Alep, en Syrie : « J’organisais à l’Institut français un colloque scientifique sur la pensée religieuse et la réforme dans le monde musulman. C’était l’époque où le pouvoir autoritaire de Bachar [Al-Assad, l’ex-président syrien] était à son apogée, voulant surveiller les respirations avant même les idées. Pourtant, le colloque a eu lieu. Les agents de sécurité sont venus, ils ont posé des questions, ont pris des notes, fait leur rapport. Mais personne n’a empêché le colloque avant qu’il ne commence. »
      « Droit de penser sans tutelle »
      En France, en 2025, « certains imaginent la recherche comme un débat télévisé », regrette le chercheur : « Ils n’ont pas compris que la science ne cherche pas l’équilibre entre les opinions mais la vérité (…). Nous revendiquons, le droit de penser sans tutelle, de discuter sans permission et de chercher sans peur. On peut interdire les colloques mais on ne peut pas interdire les questions. »
      « Malgré les pressions, les censures, le colloque se tient et nous ne pouvons que nous en féliciter », souligne l’ex-ambassadeur Denis Bauchard, président du conseil d’administration du Carep, avant de lancer les travaux, avec un exposé d’Henry Laurens. « Nous sommes en train de vivre une atteinte en règle contre les libertés académiques et l’indépendance de la recherche, renchérit auprès du Monde Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po et vice-président du conseil d’administration du Carep. On est dans un moment incroyable, où l’on juge de la recherche à partir de traits qui sont prêtés à certains chercheurs de façon mensongère, au lieu de juger un travail sur la qualité et la rigueur scientifique de ce qui est produit. Aujourd’hui nous n’allons pas parler de “la Palestine”, mais de “la relation entre l’Europe et la Palestine”. Et c’est un vrai sujet de recherche qui a été très peu pratiqué. »
      Josep Borrell, ex-haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, dont l’intervention est prévue en clôture des échanges, confie également sa « surprise » : « En Espagne, on ne peut pas imaginer qu’un ministre dise à une université ce qu’elle doit faire ou pas. »

      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/11/13/annule-le-colloque-scientifique-sur-la-palestine-connait-un-succes-inedit-en

    • La justice valide l’annulation du colloque du Collège de France, et c’est grave

      Le tribunal administratif de Paris a rejeté les recours contre l’annulation du colloque sur la Palestine et l’Europe qui devait se dérouler au sein du prestigieux établissement. Une décision dangereuse, fondée sur des éléments douteux, qui catalyse la mise en danger des libertés académiques.

      MercrediMercredi 12 novembre au soir, le tribunal administratif de Paris a rejeté les recours référés-liberté formés contre l’annulation du colloque intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », qui devait se tenir au Collège de France jeudi 13 et vendredi 14 novembre.

      Trois jours plus tôt, dimanche 9 novembre, l’administrateur du Collège de France, Thomas Römer, a décidé d’annuler le colloque, dont le programme et les intervenants étaient connus et annoncés depuis des mois, « en réaction à la polémique » initiée par un article du Point publié le 7 novembre.

      Le 8 novembre, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, s’était fendu d’une lettre d’une tartufferie rare adressée à Thomas Römer, prétendant à la fois défendre les libertés académiques comme des « principes fondamentaux de notre État de droit » tout en intervenant contre ces dernières. Il faisait part de son « désaccord avec l’angle retenu » et regrettait « l’impact durable » que l’organisation de ce colloque serait « susceptible d’avoir sur l’image de l’institution ».

      De son côté, le juge des référés a estimé que dans la mesure où les organisateurs de l’événement ont réussi à le maintenir aux mêmes dates dans un nouveau lieu – en l’occurrence les locaux exigus du Centre arabe de recherches et d’études politiques (Carep), co-organisateur de l’événement, à Paris –, « il n’est pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression, à la liberté de se réunir et à la liberté académique de nature à justifier l’intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures ».
      « Un inadmissible coup porté aux libertés académiques »

      Les dizaines d’intervenants venus des quatre coins du monde, qui avaient organisé leur emploi du temps pour être présents à Paris et dont les déplacements et frais de séjour étaient déjà payés pour une somme totale avoisinant les 50 000 euros, n’ont en effet pas été privés de parole.

      « Mais il est inexact de dire que le colloque a pu se tenir, juge l’avocat Raphaël Kempf, qui avait été saisi par des organisateurs et des participants pour déposer un recours contre cette annulation et a décidé de saisir le Conseil d’État. Un colloque comme celui-ci, ce n’est pas seulement des communications, c’est aussi des échanges, des rencontres, des discussions. Par définition, la science naît de ces moments de dialogues et de débats. Or, ceux-ci ne sont pas possibles dans une salle avec une jauge de trente-cinq personnes, réduite encore par la nécessité de mettre des caméras pour diffuser le colloque en direct. »

      Celui-ci aurait dû avoir lieu dans l’amphithéâtre Marguerite-de-Navarre du Collège de France, qui peut accueillir plus de 460 personnes et dispose de dispositifs de traduction simultanée, nécessaires pour un colloque à dimension internationale.

      Pour Raphaël Kempf, « cette décision est une prime à l’ignorance et une incitation à la censure » et « constitue un inadmissible coup porté aux libertés académiques, au débat d’idées et à la possibilité de diffuser les résultats de la recherche académique ».

      Deux éléments interrogent particulièrement la décision du tribunal administratif de valider l’annulation. Le premier est la défense produite par le Collège de France, fondée essentiellement sur des graffitis vus dans la rue quinze jours avant l’ouverture du colloque et sans lien avec ce dernier.

      L’établissement avait alors déposé une plainte, que Mediapart a pu consulter, pour « dégradation ou détérioration légère d’un bien par inscription, signe ou dessins » après avoir découvert, le 3 novembre, « des graffitis mentionnant le conflit entre Israël et la Palestine, mentionnant aussi deux noms de professeurs tel que [Henry] Laurens, titulaire de chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, et [Patrick] Boucheron, titulaire de chaire histoire des pouvoirs en Europe occidentale XIIIe et XVIe siècle, évoquant ses thèmes durant leurs cours. On y retrouve aussi des phrases mentionnant “Hamas Tueurs Violeur” [sic] ».

      Le gardien de la paix qui enregistre la plainte précise ensuite : « aucune violence [n’]a été commise envers ces deux professeurs » ; « aucun harcèlement n’a été commis envers ces deux professeurs » ; « aucune autre dégradation n’a été commise ».

      Si l’historien Patrick Boucheron n’avait rien à voir avec le colloque sur la Palestine et l’Europe, Henry Laurens, un des meilleurs historiens du Proche-Orient en France, en était l’organisateur. On se retrouve donc dans la situation ubuesque où des tags visant un professeur au Collège de France aboutissent à l’annulation du colloque que celui-ci devait organiser…

      Rappelons pour mémoire l’indignation inverse qui avait traversé la France lorsque des tags désignant des enseignants accusés d’islamophobie étaient apparus sur les murs de l’université de Grenoble. Ici, non seulement ces attaques sur les murs d’une institution académique n’ont suscité aucune indignation, mais elles ont abouti à la silenciation de celui qui en était victime.

      Le second élément est l’implication dans l’affaire du collectif Actions Avocats, une association fondée « pour lutter contre la recrudescence des actes antisémites en France, lutter contre l’apologie du terrorisme et pour la libération des otages encore entre les mains de l’organisation terroriste Hamas ».

      Ce collectif avait écrit le 8 novembre au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, pour lui faire part de « sa vive préoccupation concernant le colloque ».

      Actions Avocats rappelait dans cette lettre le fait que « la France a officiellement adopté la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste) qui précise notamment que la “négation du droit à l’autodétermination du peuple juif” ou “l’application de standards différents à Israël” peuvent constituer des formes contemporaines d’antisémitisme ».

      Rappelons que cette définition est très controversée et que le juriste états-unien Kenneth Stern, qui a pourtant contribué à la forger, juge désormais que « loin de faciliter la lutte simultanée contre l’antisémitisme et contre les préjugés dogmatiques visant Israël, la tentative de censurer toute critique d’Israël la rend plus difficile ».

      Dans une boucle d’e-mails d’un groupe d’universitaires appelé « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », Déborah Journo, présidente d’Actions Avocats, écrit : « Nous avons adressé un courrier à l’administrateur du Collège de France + copie au ministre de l’enseignement hier par e-mail. J’imagine que notre courrier et toutes les autres initiatives ont permis cette annulation. Bravo à tous. »

      L’administrateur du Collège de France, Thomas Römer, n’ayant pas répondu à nos sollicitations, la chaîne qui a abouti à cette annulation demeure incertaine. Pression médiatique organisée par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et Le Point ? Rôle de ce « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme » outillé juridiquement par l’association Actions Avocats ? Pression liberticide du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche dans sa lettre adressée à Thomas Römer ? Ou initiative personnelle de ce dernier, ainsi qu’il l’a laissé entendre devant les professeurs du Collège de France réunis lundi 10 novembre dans l’urgence ?

      Un autre doute émerge : le Germano-Suisse Thomas Römer, bibliste et grand spécialiste de l’Ancien Testament, a-t-il pu agir par crainte que ses recherches en Israël et en Cisjordanie soient compromises s’il laissait ce colloque se tenir en l’état dans sa prestigieuse institution ?
      « Un précédent d’une extrême gravité »

      Sa décision, lourde de conséquences, a, quoi qu’il en soit, fait réagir non seulement un collectif de prestigieux universitaires, qui estime que « cette interdiction ouvre la voie à une censure institutionnelle », mais aussi une partie des professeur·es du Collège de France, qui juge que cette annulation « crée un précédent d’une extrême gravité ».

      « Bien que conscients des pressions qui pesaient sur sa tenue et des responsabilités administratives qui en découlent, nous regrettons cette décision qui fait prévaloir, de façon disproportionnée, les questions de sécurité sur le respect de la liberté académique, objet de menaces croissantes en de nombreux endroits du monde », écrivent ainsi les quatorze professeur·es.

      L’annulation de ce colloque, remplacé par des communications à huis clos au goût d’ersatz, fait aussi rejaillir d’anciennes querelles, notamment celles qui ont opposé les islamologues et « djihadologues » François Burgat et Gilles Kepel, encore vives alors que la France se souvient, ce 13 novembre, des attentats de Paris et de Saint-Denis commis il y a tout juste dix ans.

      L’article du Point a ainsi mis directement en cause François Burgat, sans lien avec le colloque, mais qui fut directeur du Carep. En avril, ce centre de recherche, indépendant mais financé par des fonds publics qataris, avait apporté son soutien à ce directeur de recherche émérite au CNRS, alors que celui-ci était jugé pour apologie du terrorisme à la suite d’un message sur X où il affirmait avoir « infiniment plus de respect et de considération pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël ». Des faits pour lesquels le tribunal d’Aix-en-Provence l’a relaxé fin mai.

      Quant au « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », où l’on retrouve les noms de Pierre-André Taguieff, de l’historien Emmanuel Debono ou encore d’Emmanuel Droit, directeur de Sciences Po Strasbourg, il relaye dans ses échanges d’e-mails l’obsession ancienne de Gilles Kepel, relayée par la chercheuse aux thèses complotistes et farfelues Florence Bergeaud-Blackler sur l’entrisme des Frères musulmans en France.

      Le colloque y est présenté comme une offensive frériste destinée à faire vaciller l’université française. « Les Frères et leurs collaborateurs ont un objectif précis : ils veulent administrer le chaos ; […] donc dans l’ordre a. semer la zizanie dans les démocraties occidentales ; b. profiter du chaos pour gagner du terrain en termes de pouvoirs », assure une maître de conférences en psychologie membre de ce réseau.

      Reprenant la rhétorique également présente dans le rapport très controversé commandé par le ministère de l’intérieur sur les Frères musulmans, elle explique encore que l’université est investie « comme terrain fertile principal pour semer la zizanie par exemple entre collègues, entre étudiants, au sein des directions et décanats de facs ».

      Mais outre ces rejeux de querelles plus médiatiques qu’académiques déjà anciennes, l’annulation du colloque s’inscrit évidemment dans les effets de long terme du massacre du 7-Octobre et de l’anéantissement de Gaza.

      L’article du Point a ainsi dénoncé un colloque qui risquait de se muer en « deux journées à tendance pro-Hamas ». Il pointait notamment la présence, parmi les modérateurs, de l’anthropologue Véronique Bontemps, en précisant qu’elle avait fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour « apologie du terrorisme ».

      Signalée par des collègues sur la plateforme Pharos pour avoir relayé sur une liste interne un tract de Solidaires étudiant-e-s appelant, le 8 octobre 2023, au « soutien indéfectible à la lutte du peuple palestinien dans toutes ses modalités et formes de lutte », cette chercheuse avait dû effectivement s’en expliquer devant sa hiérarchie.

      Le fait qu’elle ait condamné les massacres de civils dans deux messages suivants et pris ses distances avec le communiqué du syndicat n’avait pas empêché une convocation dénoncée par nombre de chercheurs.

      « Après deux ans de génocide, on a l’impression d’être revenus au point de départ : c’est-à-dire que le simple fait de parler de la Palestine peut vous valoir des accusations d’apologie du terrorisme. À ce sujet, Le Point a écrit que j’avais fait l’objet d’une procédure disciplinaire du CNRS pour “apologie du terrorisme”, sans préciser que j’avais été blanchie de cette accusation », explique-t-elle aujourd’hui à Mediapart.

      L’état des libertés académiques, notamment quand il est question de la Palestine, sera tout bientôt de nouveau à l’ordre du jour puisque, le 16 décembre, doit se tenir, toujours au Collège de France, une journée d’études intitulée « Politics and Poetics on the Ruins of Gaza » (« Politique et poésie sur les ruines de Gaza »), organisée par le professeur Didier Fassin.

      Le titulaire de la chaire « Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines » assure à Mediapart qu’il a reçu « l’assurance de l’administrateur du Collège de France qu’il ne sera[it] pas annulé » même s’il ne doute pas que son colloque fera « l’objet d’attaques et de pressions ».

      https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/131125/la-justice-valide-l-annulation-du-colloque-du-college-de-france-et-c-est-g

  • Itay Epshtain sur X :
    https://x.com/EpshtainItay/status/1978511694079905817

    Un exposé de @kann réfute les allégations fausses et diffamatoires selon lesquelles l’accumulation militaire de #Hamas serait due au détournement de l’aide humanitaire et de l’assistance au développement. Financé entièrement par #Iran, avec des armes acheminées par voie terrestre à travers des canaux totalement dissociés des envois de secours.

    L’industrie des ONG bidon affiliées au gouvernement #israélien (comme NGO Monitor ou UN Watch) répand ces allégations trompeuses pour empêcher les organisations humanitaires impartiales et les agences de l’ONU (par exemple,@UNRWA) de fournir l’aide nécessaire. Leurs mensonges ont maintenant été dévoilés.

  • Il legame tra l’omicidio del giornalista di Gaza Saleh Aljafarawi e l’offensiva di Hamas contro le milizie sostenute da Israele
    https://www.assopacepalestina.org/2025/10/16/il-legame-tra-lomicidio-del-giornalista-di-gaza-saleh-aljafarawi-

    di Tareq S. Hajjaj,  Mondoweiss, 14 ottobre 2025. L’amato giornalista Saleh Aljafarawi è stato assassinato mentre il caos si diffondeva a Gaza dopo il cessate il fuoco e Hamas reprimeva i clan armati e le milizie sostenute da Israele che avevano saccheggiato gli aiuti durante la guerra. Ecco come queste storie sono collegate. L’uccisione ... Leggi tutto

    #Notizie #Hamas_e_bande_armate

  • « Si le plan Trump est mis en œuvre, Gaza pourrait échapper au contrôle israélien pour la première fois depuis 1967 », Yezid Sayigh
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/12/si-le-plan-trump-est-mis-en-uvre-gaza-pourrait-echapper-au-controle-israelie


    Un véhicule militaire du côté israélien de la frontière avec la bande de Gaza, le 9 octobre 2025, après que Donald Trump a annoncé que l’Etat hébreu et le Hamas s’étaient mis d’accord sur la première phase d’un cessez-le-feu. AMMAR AWAD / REUTERS

    Ce plan consiste à déployer une force de sécurité internationale dans la bande de #Gaza, à placer ce territoire sous la tutelle d’un organe de gouvernance international et à relancer son économie, en l’ouvrant sur le reste du monde. Certains observateurs y voient un acte de reddition, un retour à l’époque du mandat britannique. L’implication dans ce projet de gens comme Tony Blair ou le gendre de [Donald] Trump, Jared Kushner, est évidemment source d’inquiétudes. Mais je préfère me concentrer sur les potentialités de ce plan. S’il est mis en œuvre de manière intégrale, alors Gaza pourrait devenir un territoire sous protection internationale. Un espace qui échapperait au contrôle israélien pour la première fois depuis 1967, avec lequel les pays reconnaissant l’Etat de #Palestine pourraient interagir et qui deviendrait, de facto, la première base territoriale de cet Etat.

    Bien sûr, je ne suis pas optimiste. Je pense que c’est précisément parce qu’ils ne veulent pas d’un tel scénario, que [le premier ministre Benyamin] Nétanyahou et ses alliés d’extrême droite vont chercher à empêcher la mise en œuvre de ce plan.

    https://justpaste.it/6gum5

    Un appel à la diplomatie internationale qui peut aussi s’entendre comme une invitation à contraindre les états concernés. Encore un effort pour être suisses ! https://seenthis.net/messages/1140193

    #Palestiniens #Hamas #Fatah

  • Hamas accetta di rilasciare gli ostaggi secondo il piano di Trump
    https://www.assopacepalestina.org/2025/10/03/hamas-accetta-di-rilasciare-gli-ostaggi-secondo-il-piano-di-trump

    3 ottobre 2025 (ore 22 circa in Italia). Il gruppo si dice pronto a discutere i dettagli con i mediatori. Venerdì 3 ottobre Hamas ha dichiarato che il gruppo non deporrà le armi fino alla fine dell’occupazione israeliana, secondo quanto riportato dall’agenzia di stampa Reuters. “Avvieremo negoziati relativi al gruppo e alle sue armi”, ha ... Leggi tutto

    #Notizie #Hamas_accetta_il_piano_ma...

    • Alors, tu vois, c’est comme si Poutine bombardait les Pays-Bas, l’Espagne ou la Lituanie pour donner la mort à n’importe quel ukrainien ou groupe d’ukrainiens résidant dans un de ces pays, et prétendant à un rôle plus ou moins officiel d’après Poutine, faites-lui confiance, il sait ce qu’il fait.

      #cépapareil, je sais, et d’ailleurs JLM a encore dit quelque chose à propos de Poutine, et c’est encore la preuve que si JLM arrive au pouvoir, ça sera encore pire que Trump et Macron réunis.

  • Israël : une attaque à l’arme à feu fait plusieurs morts et des blessés à Jérusalem-Est
    Publié le : 08/09/2025 - 11:41Modifié le : 08/09/2025 - 12:17 – Par :
    RFI avec AFP
    https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250908-isra%C3%ABl-une-attaque-%C3%A0-l-arme-%C3%A0-feu-fait-plusieurs-morts-e

    L’attaque s’est déroulée à l’entrée du quartier de Ramot, dans le secteur de la ville sainte occupé et annexé par Israël, où les assaillants ont tiré sur une station d’autobus, selon la police.

    « Les secouristes et ambulanciers ont constaté le décès de quatre personnes, un homme d’environ 50 ans et trois hommes dans la trentaine », a indiqué le Magen David Adom, l’équivalent israélien de la Croix-Rouge. Le décès d’une femme a été constaté plus tard à l’hôpital Shaaré Tzedek de la ville, selon un communiqué. Neuf autres personnes ont été blessées, selon le Magen David Adom dont six grièvement.

    « C’était une scène très difficile », a déclaré Fadi Dekaidek, un infirmier, dans un communiqué publié par le service d’urgence. « Les blessés étaient allongés sur la route et le trottoir près d’un arrêt de bus, certains d’entre eux étaient inconscients », a affirmé l’infirmier.

    Présents sur les lieux de l’attaque, « un agent de sécurité et un civil ont immédiatement réagi, ont riposté et neutralisé les assaillants », indique un communiqué de la police, précisant que « leurs décès ont été confirmés ». (...)

    • Benjamin Netanyahu dit avoir ordonné les frappes contre des chefs du Hamas au Qatar après l’attaque de Jérusalem
      https://f24.my/BQ7Q

      Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré avoir ordonné mardi l’attaque visant les dirigeants du #Hamas au #Qatar, à la suite d’une fusillade meurtrière survenue la veille à #Jérusalem et revendiquée par le mouvement islamiste palestinien.

      « Hier, à la suite des attaques meurtrières à Jérusalem et à Gaza, le Premier ministre #Netanyahu a donné instruction à toutes les agences de sécurité de se préparer à la possibilité de cibler les dirigeants du Hamas », indique un communiqué conjoint de Benjamin Netanyahu et du ministre de la Défense, Israël Katz. « Aujourd’hui à midi, en raison d’une opportunité opérationnelle (...), le Premier ministre et le ministre de la Défense ont décidé de mettre en œuvre la directive donnée la veille », précise le communiqué.

  • Dimanche7 septembre à Gaza : l’armée israélienne tue au moins 62 Palestiniens
    8 septembre 2025 | - IMEMC News
    https://imemc.org/article/gaza-israeli-army-kills-at-least-62-palestinians-on-sunday

    Au 702e jour du génocide en cours contre les Palestiniens à Gaza, les missiles et les obus israéliens ont tué au moins 62 civils et en ont blessé des dizaines d’autres dans la bande de Gaza assiégée, affamée et dévastée.

    Dans le nord de Gaza et dans la ville de Gaza, 49 Palestiniens ont été tués à la suite du bombardement de la tour al-Ro’ya et de multiples frappes visant des abris, des maisons et des espaces publics.
    https://imemc.org/wp-content/uploads/2025/09/CQxMQsS7_YLXA-Rg.mp4?_=1

    Les hôpitaux ont recensé la mort de 21 civils , dont des enfants, lors d’attaques contre des tentes et des centres d’accueil pour personnes déplacées.

    Cinq autres décès dus à la famine ont également été confirmés , alors que l’insécurité alimentaire atteint des niveaux catastrophiques.

    Les avions de combat israéliens ont également bombardé des maisons résidentielles dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza , tuant et blessant des civils et en laissant d’autres coincés sous les décombres. Une autre frappe sur la rue Ahmad Yassin a fait une victime supplémentaire.

    Les forces israéliennes ont continué à démolir des maisons à Sheikh Radwan. Al Jazeera a rapporté que des blocs résidentiels entiers ont été rasés, des familles étant ensevelies sous les décombres.

    Dans le centre de Gaza, trois civils ont été tués et d’autres blessés lors d’une frappe aérienne près du supermarché al-Qudsi dans le camp de réfugiés de Nuseirat.
    Plus tard, cinq autres Palestiniens ont été tués lors d’une frappe de drone sur le même camp. Parmi les victimes figuraient Shahd Mohammad al-Hoor, Mohammad al-Hoor et Karim al-Hoor.

    Dans le sud de Gaza, deux civils ont été tués lorsqu’un drone israélien a pris pour cible une tente appartenant à la famille al-Najjar dans le camp d’al-Qadisiya à Khan Younis.

    Les équipes médicales de l’hôpital Nasser ont reçu les corps de six Palestiniens retrouvés dans divers districts du sud.

    https://imemc.org/wp-content/uploads/2025/09/Bu02Sjn5KqgHu0V3.mp4?_=2

    L’effondrement humanitaire continue de s’aggraver. Les infrastructures médicales de Gaza sont au bord de la faillite totale.

    L’#UNRWA rapporte que les services nutritionnels essentiels ont cessé, les nourrissons n’ayant plus accès à l’eau potable, aux substituts du lait maternel et à l’alimentation thérapeutique.

    L’#UNICEF estime que plus de 320 000 enfants de moins de cinq ans sont exposés à un risque de malnutrition aiguë, des milliers d’entre eux souffrant de cachexie sévère, la forme la plus mortelle de sous-alimentation.

    La pénurie de carburant a dévasté les hôpitaux, les réseaux d’approvisionnement en eau et les installations sanitaires. Les opérations chirurgicales d’urgence sont pratiquées sans anesthésie et les patients dialysés meurent faute de fournitures.

    Le porte-parole de l’UNRWA, Adnan Abu Hasna, a déclaré que « le peu d’aide autorisée à entrer à Gaza ne parvient pas à la majorité de la population », avertissant que la situation se détériore d’heure en heure.

    Le sous-secrétaire général des Nations unies aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, a déclaré : « Nous devons sauver autant de vies que possible, et nous avons un plan », mais il a souligné que sans ouverture des points de passage, sans accès au carburant et sans couloirs humanitaires sûrs, les souffrances continueront sans relâche.

    https://imemc.org/wp-content/uploads/2025/09/5DH4q5L0n8VSc-1P.mp4?_=3

    Dans le même temps, le Mouvement de résistance islamique (#Hamas) a annoncé avoir reçu, par l’intermédiaire de médiateurs américains, des propositions visant à conclure un accord de cessez-le-feu.
    Le mouvement a salué toute initiative susceptible de soutenir les efforts visant à mettre fin au génocide et s’est déclaré prêt à entamer immédiatement des négociations afin d’obtenir la libération de tous les détenus en échange d’une déclaration claire et publique mettant fin à la guerre.
    Le Hamas a affirmé sa volonté de négocier un échange global de prisonniers lié au retrait complet d’Israël et à la formation d’un comité indépendant chargé d’administrer la bande de Gaza.
    Il a souligné la nécessité de garanties explicites quant au respect par Israël de tout accord, mettant en garde contre la répétition des violations passées.
    Le mouvement a ajouté qu’il restait en contact permanent avec les médiateurs afin de concrétiser les propositions américaines dans un cadre qui réponde aux demandes du peuple palestinien.

    Le ministère palestinien de la Santé rapporte que 154 personnes, dont 89 enfants, sont mortes de malnutrition au cours des dernières semaines.

    Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies confirme que la famine sévit désormais de manière généralisée, en particulier dans la ville de Gaza et les districts du nord, où l’accès à l’aide reste fortement restreint.

    Le nombre total de victimes du génocide depuis le 7 octobre 2023 dépasse désormais les 64 455, dont la majorité sont des femmes et des enfants. Plus de 162 776 personnes ont été blessées. Des milliers de personnes restent coincées sous les décombres ou bloquées dans des zones inaccessibles, tandis que les équipes d’urgence et de défense civile luttent pour les atteindre.

    #Génocide #Bilan

    • Principaux événements du dimanche 7 septembre 2025 23:38 BST
      https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/evening-recap-517?nid=428053&topic=Israel%2527s%2520genocide%2520in%2

      • Le Hamas a déclaré dimanche qu’il était prêt à « s’asseoir immédiatement à la table des négociations ».

      Les attaques israéliennes ont tué au moins 65 Palestiniens depuis l’aube aujourd’hui, selon Al Jazeera, qui cite des sources hospitalières.

      • La Haute Cour de justice israélienne a jugé que l’État ne remplissait pas ses obligations légales de nourrir suffisamment les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons et les centres de détention israéliens et a ordonné aux autorités d’améliorer leur alimentation.

      • Le ministère de l’Intérieur de Gaza a publié une déclaration mettant en garde contre l’affirmation d’Israël selon laquelle il aurait mis en place une zone humanitaire dans la région d’al-Mawasi, à Khan Younis, dans la bande de Gaza.

      • Des militants palestiniens ont demandé à la police d’enquêter sur le président israélien Isaac Herzog lors de sa visite au Royaume-Uni la semaine prochaine, pour sa responsabilité dans les crimes de guerre commis à Gaza.

      • Des dizaines de milliers de personnes ont participé à Bruxelles à une manifestation nationale de solidarité avec les Palestiniens de Gaza.

      • L’ONU a averti que la famine à Gaza s’étendra à Deir al-Balah et Khan Younis d’ici la fin du mois de septembre.

      • Cinq autres Palestiniens sont morts de faim à Gaza au cours de la dernière journée, a déclaré le ministère palestinien de la Santé.

    • Mise à jour au matin du lundi 8 septembre 2025 , 05h32 BST
      https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/morning-update-406?nid=428053&topic=Israel%2527s%2520genocide%2520in%
      Voici les derniers développements concernant le génocide en cours mené par Israël à Gaza et les événements survenus en Cisjordanie occupée.

      • *Israël a tué au moins 13 Palestiniens depuis l’aube, alors que le génocide contre les Palestiniens entre dans son 703e jour. Les attaques ont également fait de nombreux blessés, l’armée israélienne ayant bombardé des tentes de Palestiniens déplacés à Gaza.

      L’hôpital Al-Shifa de Gaza a signalé que neuf Palestiniens ont été tués lorsque les forces israéliennes ont bombardé deux camps abritant des personnes déplacées à l’ouest de la ville de Gaza.

      Quatre Palestiniens, dont un enfant, ont été tués lorsque les forces israéliennes ont bombardé une tente abritant des personnes déplacées à l’ouest de la ville de Gaza.

      • Les avions de combat israéliens ont lancé des frappes aériennes intensives visant les quartiers d’Al-Nasr et de Sheikh Radwan dans la ville de Gaza.

      • Les autorités israéliennes ont démoli plusieurs magasins commerciaux dans le village de Bina, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée.

      • Des milliers de personnes ont manifesté à El Zócalo, l’une des plus grandes places du monde, dans la capitale mexicaine, en solidarité avec la Palestine et pour demander la fin de la guerre génocidaire menée par Israël.
      • Le Comité de solidarité avec la Palestine au Mexique a organisé une parade nautique en soutien à la flottille mondiale Sumud qui se dirige vers la bande de Gaza pour briser le blocus israélien.*

  • Vendredi 5 septembre 2025 à Gaza : plus de 70 morts dans les bombardements incessants israéliens ; des enfants brûlés vifs
    6 septembre 2025
    | - IMEMC News
    https://imemc.org/article/gaza-dozens-killed-in-constant-israeli-bombing

    Alors que Gaza marque son 700e jour de génocide continu, les forces d’occupation israéliennes ont intensifié leurs bombardements dans toute la bande de Gaza vendredi, déclenchant une vague de frappes aériennes et de bombardements d’artillerie, tuant 70 citoyens palestiniens dans la bande de Gaza. Les forces israéliennes ont bombardé un bus rempli d’enfants, les brûlant vifs, et ont procédé à la démolition contrôlée de certaines des dernières tours d’appartements résidentiels restantes à Gaza.

    Les forces israéliennes ont continué à bombarder et à mitrailler presque sans interruption les maisons et les tentes des personnes déplacées, et à tirer sur les Palestiniens qui tentaient d’obtenir de l’aide alimentaire. Parmi les personnes tuées, 9 ont été abattues dans les « sites d’aide » gérés par des entreprises américaines, où la société GHF oblige les civils palestiniens à se battre entre eux pour obtenir des miettes de nourriture, dans une arène digne du film « Hunger Games ».

    Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Ghebreyesus, a mis en garde aujourd’hui, vendredi, contre la poursuite de la famine dans la bande de Gaza, appelant l’État d’occupation israélien à mettre fin à cette catastrophe, soulignant qu’au moins 370 personnes ont été tuées par la faim dans la bande assiégée et détruite depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023.
    « C’est une catastrophe qu’Israël aurait pu éviter et arrêter à tout moment », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au siège de l’organisation à Genève.
    Il a déclaré que les Nations unies avaient annoncé le 22 août qu’un état de famine régnait dans certaines zones de la bande de Gaza, tandis qu’Israël affirmait qu’aucune famine n’avait eu lieu.
    « Depuis le début de la guerre en octobre 2023, au moins 370 personnes sont mortes de malnutrition à Gaza, dont plus de 300 au cours des deux derniers mois », a ajouté M. Ghebreyesus.

    Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (#UNICEF) a déclaré vendredi dans un communiqué urgent que plus de 700 000 enfants de la bande de Gaza sont privés d’éducation formelle en raison de la guerre en cours et des destructions généralisées.
    L’organisation a souligné que les enfants de Gaza ont été privés de leur droit fondamental à l’éducation, les écoles ayant été transformées en refuges pour les familles déplacées, tandis que les maisons ont été réduites en ruines, ne laissant aucun endroit sûr pour l’éducation.

    Vendredi, le #Hamas a condamné l’escalade des opérations militaires israéliennes dans la ville de Gaza, la qualifiant de violation du droit international et d’aveu public de l’intention de commettre des massacres, de détruire des quartiers et de déplacer de force des civils.
    Le fait de prendre pour cible des tours résidentielles, y compris celles qui abritent des personnes déplacées, est décrit comme un crime contre l’humanité. Le Hamas a critiqué les affirmations d’Israël selon lesquelles ces bâtiments étaient utilisés par la résistance, les qualifiant de fausses justifications.
    Le groupe a exhorté la communauté internationale et la CPI à demander des comptes aux dirigeants israéliens, à imposer des sanctions et à empêcher de nouveaux crimes de guerre. Le Hamas a averti que les tentatives de prolonger l’assaut n’apporteraient à Israël que honte, échec et nouvelles pertes.

    Après plus de trois semaines d’invasion et d’opérations destructrices, les forces d’occupation israéliennes ont laissé derrière elles des scènes de destruction massive dans le quartier Hassan Al-Banna du quartier Al Zaytoun de Gaza.
    https://imemc.org/wp-content/uploads/2025/09/WhatsApp-Video-2025-09-06-at-12.27.56-AM.mp4?_=1

    Les attaques suivantes menées par les forces israéliennes contre des civils palestiniens ont été documentées vendredi par des sources locales :
    23 h
    Deux Palestiniens ont été tués et d’autres blessés, principalement des femmes et des enfants, lorsque les forces d’occupation israéliennes ont frappé une maison près du camp d’Al-Shati, à l’ouest de la ville de Gaza.

    19 h
    Les forces d’occupation israéliennes procèdent à des explosions et à des frappes aériennes dans les zones est de la ville de Gaza.

    18 h
    Les avions d’occupation israéliens frappent le centre de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza.

    17 h
    Israël vient de bombarder un bus transportant des enfants et des femmes au carrefour de Tuwam, au nord-ouest de Gaza. Les enfants ont été brûlés à l’intérieur du véhicule et des tirs ont été ouverts sur les équipes de défense civile alors qu’elles tentaient de les secourir.
    https://imemc.org/wp-content/uploads/2025/09/cUxYp9KmBNHX7vH6.mp4?_=2

    Des avions de combat israéliens ont également bombardé une maison au sud de la gare de Khella, au nord de la ville de Gaza.

    16 h
    L’armée israélienne a bombardé la tour résidentielle Mushtaha et a menacé d’en bombarder une autre, la tour Makka, à Gaza, en préparation de l’invasion de la ville de Gaza. Le ministre Katz a publié une photo du bâtiment détruit et a commenté : « Nous avons commencé ». La tour résidentielle Mushtaha, haute de 14 étages, abritait environ 50 appartements. Israël a réduit tous ces logements en ruines en quelques secondes.
    https://imemc.org/wp-content/uploads/2025/09/WhatsApp-Video-2025-09-05-at-10.47.31-PM.mp4?_=3

    15 h
    Les forces d’occupation israéliennes mènent une opération de démolition à l’aide d’explosifs dans le quartier résidentiel de « Tohoko », au sud de la ville de Hamad, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza.

    Les forces israéliennes annoncent l’évacuation et la démolition contrôlée prévue de la tour Makka. Cette tour n’est pas seulement un bâtiment, c’est le foyer de plus de 180 familles qui se retrouvent désormais sans abri, sans tentes et sans aucun moyen de subsistance.

    Les attaques incessantes contre les habitations civiles s’inscrivent dans la continuité du génocide quotidien que subit la bande de Gaza.

    Les familles palestiniennes jettent leurs affaires par les fenêtres des étages supérieurs, pressées d’évacuer la tour résidentielle Makka après que les forces israéliennes ont menacé de la bombarder, les laissant sans nulle part où aller après la destruction complète de la bande de Gaza par Israël.
    https://imemc.org/wp-content/uploads/2025/09/video_2025-09-06_00-45-46.mp4?_=4

    MISE À JOUR 11h30
    Les forces israéliennes ont tué plus de 35 Palestiniens, dont au moins sept enfants, vendredi.
    Les attaques ont visé des quartiers densément peuplés, des abris et des points de distribution d’aide, aggravant la catastrophe humanitaire qui frappe déjà l’enclave.

    Des sources médicales à Gaza ont confirmé que les frappes aériennes israéliennes depuis l’aube vendredi ont tué au moins 30 Palestiniens, dont 18 dans la seule ville de Gaza. Parmi les morts, on compte sept enfants, victimes d’attaques directes contre des appartements résidentiels et des tentes abritant des familles déplacées.

    Les frappes ont visé des zones déjà dévastées par les bombardements précédents, laissant derrière elles des scènes de dévastation et de deuil.

    Cela fait suite à une vague d’attaques meurtrières jeudi, qui a coûté la vie à 62 Palestiniens dans plusieurs régions de la bande de Gaza. Parmi eux, 35 ont été tués dans la ville de Gaza, où les forces israéliennes ont intensifié leurs assauts sur les zones civiles.

    Les hôpitaux, qui fonctionnent en état de siège et avec des ressources en baisse, continuent d’accueillir un nombre impressionnant de morts et de blessés.

    Les équipes médicales rapportent que bon nombre des victimes sont des femmes et des enfants, et que la nature des blessures reflète la force aveugle des attaques. Les abris étant détruits et les convois d’aide bloqués, la population reste prise au piège entre les bombardements et la famine.

    Parmi les victimes, sept Palestiniens ont été tués alors qu’ils attendaient l’aide humanitaire dans le centre et le sud de Gaza, un acte qualifié par les médecins locaux de « massacre des désespérés ».

    Les hôpitaux, déjà débordés et cruellement sous-équipés, ont rapporté des scènes de chaos alors que les familles se précipitaient pour identifier leurs proches parmi les décombres.

    Le bilan le plus lourd est celui des frappes sur la ville de Gaza, où 35 civils ont été confirmés morts. Les équipes de secours, opérant avec un équipement minimal et sous la menace constante, ont eu du mal à atteindre les survivants piégés sous les bâtiments effondrés. Des témoins oculaires ont décrit des quartiers résidentiels entiers réduits en cendres en quelques minutes.

    Dans le même temps, des combattants palestiniens de Saraya al-Quds, la branche militaire du Jihad islamique, et des Brigades Al-Aqsa, affiliées au Fatah, ont annoncé une attaque conjointe au mortier contre un poste de commandement israélien dans le quartier de Zeitoun, à Gaza.

    L’escalade israélienne intervient alors que la communauté internationale s’inquiète de plus en plus de l’ampleur des destructions et des pertes civiles.

    Les organisations de défense des droits humains ont averti que la campagne israélienne, marquée par des bombardements aveugles, des déplacements forcés et des attaques délibérées contre des convois humanitaires, répondait aux critères juridiques du génocide. Pourtant, les puissances mondiales restent divisées, les États-Unis continuant de bloquer les efforts visant à établir les responsabilités devant la Cour pénale internationale.

    À l’intérieur de Gaza, la situation est désastreuse. La famine persiste, l’eau potable est rare et l’électricité reste coupée dans la plupart des zones. Les camions d’aide humanitaire se voient régulièrement refuser l’entrée et les fournitures médicales ont pratiquement disparu. Le nombre de morts dues à la famine et à des maladies évitables continue d’augmenter, même si les bombes continuent de tomber.

    Amjad Al-Shawa, directeur du Réseau des ONG palestiniennes à Gaza, a lancé vendredi un avertissement sévère, qualifiant la phase actuelle de l’offensive israélienne de « la plus dangereuse » depuis le début du génocide.
    S’adressant à Al Jazeera, M. Al-Shawa a exprimé sa profonde inquiétude face à ce qu’il a qualifié de normalisation de la souffrance palestinienne dans le discours mondial.
    Ses propos reflètent une crainte croissante parmi les travailleurs humanitaires et les dirigeants de la société civile : l’ampleur des ravages à Gaza est devenue si courante, si implacable, que le monde a commencé à détourner le regard.

    Avec des milliers d’enfants tués, des familles entières rayées de la carte et l’aggravation de la famine, la crise humanitaire a atteint des niveaux catastrophiques. Pourtant, l’action mondiale reste paralysée.

    La déclaration d’Al-Shawa n’est pas seulement un appel à l’aide, c’est une exigence de vérité morale. Elle dénonce la dangereuse dérive vers l’indifférence, où les crimes de guerre sont accueillis par le silence et où le ciblage délibéré de civils est enterré sous le langage diplomatique.

    Alors que les infrastructures civiles de Gaza s’effondrent et que les mécanismes juridiques internationaux sont au point mort, des voix comme celle d’Al-Shawa servent de boussole morale, rappelant au monde que derrière chaque statistique se cache une vie, une famille, un avenir volé.

    La région d’Al-Mawasi, à Khan Younis, est devenue un point chaud de surpopulation et de soif, alors que des milliers de Palestiniens déplacés continuent de fuir le nord de Gaza sous les bombardements incessants. Les agences humanitaires tirent la sonnette d’alarme face à la détérioration des conditions, avertissant que la concentration forcée de civils dans cette étroite zone côtière est en train de créer une catastrophe humanitaire.

    James Hobbler, conseiller en politique humanitaire chez Oxfam America, a critiqué les ordres d’évacuation d’Israël, les qualifiant d’incohérents et de chaotiques. Il a souligné que les Palestiniens de Gaza ont été soumis à des déplacements répétés tout au long de la guerre, recevant souvent des instructions contradictoires qui les laissent sans aucun endroit sûr où aller.
    Selon M. Hobbler, de nombreuses familles ont été déracinées plus de dix fois, chaque fois contraintes de se réfugier dans des zones dépourvues de centres de santé opérationnels, d’eau potable et de services de base. Des communautés entières sont désormais entassées dans des abris de fortune, dans des zones qui n’ont jamais été équipées pour accueillir un tel nombre de personnes, tandis que les agences d’aide humanitaire peinent à intervenir en raison des attaques incessantes et des restrictions d’accès.

    Un avertissement sévère lancé vendredi par l’UNICEF a mis en lumière le sort des enfants à Gaza, déclarant que la ville n’est plus un endroit où l’enfance peut survivre. L’organisation a décrit Gaza comme un paysage de peur, de déplacements et de funérailles, où les plus jeunes et les plus vulnérables sont poussés au-delà des limites de l’endurance.

    S’adressant depuis la bande de Gaza par liaison vidéo à des journalistes à New York, la porte-parole de l’UNICEF, Tess Ingram, a déclaré que les enfants luttaient pour rester en vie alors que les services de base s’effondraient autour d’eux. Elle a appelé à une action immédiate pour empêcher ce qu’elle a qualifié de « tragédie au-delà de l’imagination », mais a souligné que la catastrophe n’était pas imminente, qu’elle était déjà en train de se produire. « L’impensable n’est pas en train d’arriver, a-t-elle déclaré. Il est déjà là. »
    Mme Ingram a décrit comment la malnutrition et la faim affaiblissent le corps des enfants, tandis que les déplacements les ont privés de logement, de soins et de sécurité.

    Chaque mouvement est assombri par la menace de frappes aériennes, et les quelques centres de santé qui subsistent sont débordés ou détruits. Les familles sont contraintes de faire des choix impossibles : fuir sous les bombardements ou rester dans les ruines, sans aucune garantie de survie dans les deux cas.

    https://x.com/Timesofgaza/status/1963871068629897585

    Au 4 septembre 2025, sur les 64 231 Palestiniens tués, environ la moitié seraient des femmes et des enfants. Des milliers d’enfants sont morts dans des frappes aériennes, des bombardements d’artillerie et de causes liées à la famine, alors que le siège s’intensifie et que l’accès humanitaire reste bloqué. Il ne s’agit pas de victimes accidentelles.

    Parmi les morts, on compte environ 400 personnes qui étaient auparavant portées disparues, mais dont le décès a désormais été confirmé. L’ampleur des pertes est stupéfiante, et les chiffres continuent d’augmenter à mesure que les bombardements israéliens s’intensifient dans toute la bande de Gaza, reflétant une stratégie de ciblage qui a dévasté la vie civile et anéanti des familles entières.

    Outre les morts, plus de 150 000 Palestiniens ont été blessés, selon les estimations des hôpitaux de campagne et des agences humanitaires opérant dans des conditions extrêmes. Beaucoup de blessés souffrent de lésions qui bouleversent leur vie, notamment des amputations, des brûlures graves et des complications liées à des traumatismes. Avec l’effondrement des infrastructures médicales et l’épuisement des stocks, les chances de survie sont minces pour beaucoup.

    #OMS. #Génocide #Bilan

    • Résumé au matin du samedi 6 septembre 2025 09:35 BST I| Middle East Eye
      https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/morning-recap-113

      Les attaques israéliennes ont tué au moins 50 Palestiniens à Gaza, dont au moins sept enfants, lors d’attaques contre la ville de Gaza, alors que le génocide israélien entre dans son 700e jour.

      Autres développements :
      • Les assauts contre la ville du nord se sont poursuivis samedi, avec des rapports faisant état de frappes meurtrières sur des habitations dans le camp de réfugiés d’al-Shati.

      • Amnesty International a averti que l’escalade de l’offensive israélienne sur la ville de Gaza aura des « conséquences catastrophiques et irréversibles » pour les Palestiniens.

      • Interrogé sur les pourparlers de trêve, le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis étaient en « négociations très avancées avec le Hamas ». Il a ajouté avoir entendu dire que certains des 20 prisonniers présumés vivants « étaient récemment décédés ».

      • Shahed Ghoreishi, un ancien fonctionnaire du département d’État américain licencié après des affrontements avec le personnel de l’ambassade américaine en Israël, a accusé Washington de faciliter « l’annexion israélienne ».

      • Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté Israël à mettre fin à ce qu’il a qualifié de « catastrophe » des personnes mourant de faim à Gaza, affirmant qu’au moins 370 personnes sont mortes de malnutrition depuis le début de la guerre.

      • Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, a déclaré que la crédibilité de l’UE en matière de politique étrangère « s’effondrait » en raison de son incapacité à agir face à la guerre menée par Israël contre Gaza.

      • La Commission européenne s’est distanciée des propos tenus par la vice-présidente Teresa Ribera, qui a qualifié les actions d’Israël à Gaza de génocide.

  • German Left Party: Pictures of dead children from Gaza is Hamas propaganda

    via https://diasp.eu/p/17848478

    #politics #Germany #genocide

    In a recent interview, one of the leaders of Germany’s Left Party Die Linke spewed infuriating remarks — dismissing pictures of slaughtered children in Gaza as mere “Hamas shit.” He went further, claiming that blaming the IDF for killing children is “antisemitism,” because it supposedly echoes the Nazi stereotype that “Jews eat children.”

    This is the state of the German Left today: mouthpieces of Israeli state propaganda and normalisers of the most live-streamed genocide in history. Shame on you Bodo Ramelow and shame on youn @DIELINKE.

    https://yewtu.be/watch?v=he-hMen_LCE
    https://www.youtube.com/watch?v=he-hMen_LCE


    2025-09-04 - 40 sec

  • « La responsabilité n’est pas celle de l’occupant, c’est celle de l’occupé » - Rami Abou Jamous
    https://orientxxi.info/dossiers-et-series/nos-leaders-n-ont-pas-pris-la-bonne-decision-accepter-de-ceder-notre-pal

    Une réponse à l’artile de Filiu ? (https://seenthis.net/messages/1132278)

    Cela m’a fait penser à la question de la responsabilité. En fonction du choix que je ferais — ou ne ferais pas —, je serais responsable de ce qui peut m’arriver – voire nous arriver. De même, les mouvements armés palestiniens seraient responsables des massacres commis par les Israéliens. Cette idée a refait surface récemment dans les médias occidentaux. Et pas seulement par rapport à ce qui se passe aujourd’hui à Gaza : nous, les Palestiniens, nous serions responsables de tout ce que nous subissons depuis le partage de la Palestine, depuis 1948, et même avant !

    • (Contre l’inversion et l’amnésie, pour une pensée critique renouvelée)

      paru dans lundimatin#483, le 8 juillet 2025

      Le 3 juillet dernier se tenait le diner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), avec entre autres invités François Bayrou, les ministres Bruno Retailleau, Elisabeth Borne, Gérald Darmanin, Benjamin Haddad, ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher. Si le CRIF est l’objet de tous les fantasmes antisémites les plus crasses, il a aussi été régulièrement et légitimement épinglé pour sa proximité avec le pouvoir israélien. Le réalisateur, écrivain et metteur en scène Sylvain George a patiemment décortiqué ce qui s’est dit lors de ce 39e dîner. Contre l’inversion et l’amnésie [1], il propose une pensée critique renouvelée.

      Introduction : Inverser pour régner, la rhétorique de l’impunité

      Qu’est-ce qui s’est dit au discours du CRIF, le 3 juillet 2025 ?

      Le discours prononcé par Yonathan Arfi lors du 39e dîner du CRIF [2], en présence du Premier ministre François Bayrou, ne saurait être réduit à une simple prise de position politique : il constitue un acte performatif, un dispositif de reconfiguration discursive, où se trouvent redéfinies les catégories de victime, de violence, et de légitimité. En inversant les responsabilités, en amalgamant critique et haine, en sanctuarisant certains mots et en criminalisant d’autres, ce discours opère un glissement rhétorique majeur : il ne cherche pas tant à répondre à l’indignation qu’à la neutraliser, en la retournant contre ceux qui l’expriment.

      Ce renversement repose sur une triple opération. Premièrement, il redéfinit les termes du débat en s’appropriant la mémoire des persécutions passées pour en faire un bouclier contre toute interpellation du présent. Deuxièmement, il substitue à la confrontation démocratique des idées une logique d’exclusion morale, où tout désaccord est disqualifié comme haine. Enfin, il instaure un espace discursif verrouillé, où les voix dissidentes sont d’avance suspectes, rendues inaudibles ou accusées d’intentions meurtrières. Le langage n’y sert plus à comprendre, mais à décréter ; il ne dévoile pas le réel, il l’occulte.

      Ce discours, en apparence solennel, est traversé par une logique accusatoire profondément asymétrique. Ainsi, ceux qui dénoncent les massacres à Gaza sont assimilés à des apologues de la terreur ; ceux qui appellent à un cessez-le-feu sont soupçonnés de haine des Juifs ; ceux qui réclament justice sont relégués hors du champ républicain. La critique est ainsi transformée en crime, la compassion en complicité, l’appel à la paix en nihilisme politique. Le langage est retourné comme un gant, et l’histoire, elle-même, devient un arsenal au service d’une impunité justifiée.

      C’est cette architecture discursive qu’il s’agit d’interroger, non pas pour vainement polémiquer, mais pour désamorcer les mécanismes de confiscation du sens, de manipulation de la mémoire, et de déshumanisation non seulement symbolique mais effective. On verra que l’un des ressorts les plus sophistiqués de cette stratégie consiste précisément à dénoncer chez autrui l’inversion que l’on est soi-même en train d’opérer. Arfi accuse les critiques d’Israël de manipuler les faits, de travestir la réalité, de retourner les rôles entre victime et bourreau ; mais en le faisant, il déploie lui-même ce qu’il reproche, transformant le soupçon en arme et le langage en barrage. Il ne s’agit pas là d’un simple effet de miroir, mais d’une opération idéologique structurée, qui vise à produire un espace discursif verrouillé, où toute parole dissidente est rendue inaudible avant même d’être énoncée.

      Ou encore : par un usage maîtrisé de la rhétorique, ce discours opère un basculement stratégique des cadres de légitimation. La critique est immédiatement disqualifiée comme haineuse, la mémoire historique mobilisée comme un rempart contre toute interpellation du présent, et la parole dissidente repoussée hors du champ du raisonnable. Ce geste repose sur une logique d’inversion systémique, où l’accusateur devient accusé, où la dénonciation d’un crime devient elle-même suspecte de malveillance, voire d’antisémitisme.

      Ce qui est en jeu ici, ce n’est donc pas simplement une divergence d’interprétation, mais une tentative de reconfiguration autoritaire du visible, du dicible, du pensable. Une tentative qui prépare, justifie et légitime des actes concrets de violence et d’effacement.

      1.Inversion sémantique, appropriation mémorielle

      Un des passages le plus problématique du discours de Yonathan Arfi réside dans l’analogie qu’il établit entre l’accusation de génocide portée contre Israël et l’antique accusation chrétienne de peuple déicide. En prétendant que qualifier de « génocide » ce qui se déroule aujourd’hui à Gaza reviendrait à essentialiser les Juifs comme jadis on les rendait collectivement responsables de la mort du Christ, le président du CRIF cherche à placer toute critique dans la continuité d’un antisémitisme supposé éternel, rendant ainsi impossible toute mise en cause de la politique israélienne.

      La formule selon laquelle l’« accusation de #génocide » serait un « #sacrilège sécularisé », autrement dit un avatar moderne de la haine antijuive, institue une zone d’immunité discursive autour de l’État d’ #Israël. Cette stratégie repose sur une double opération : d’un côté, elle érige une barrière symbolique qui rend inopérante toute énonciation critique, même lorsqu’elle s’appuie sur des données massives, vérifiées, irréfutables ; de l’autre, elle opère une captation mémorielle, en transformant l’histoire des persécutions juives en dispositif de légitimation inconditionnelle de l’ordre établi.

      Ce type d’argument relève de ce que l’architecte et théoricien Eyal Weizman nomme la « #forensique inversée » : une stratégie par laquelle l’enquête n’a pas pour but d’établir la vérité des faits, mais de les neutraliser en amont, en présupposant la #moralité ou l’ #innocence de celui qui est accusé. Les crimes documentés - destructions massives, enfants démembrés, hôpitaux bombardés - deviennent ainsi méconnaissables, inaudibles, car disqualifiés comme antisémites dès lors qu’ils sont nommés.

      Il ne s’agit donc pas seulement d’un excès rhétorique, mais d’un geste profondément politique qui consiste à inverser les rapports entre victime et bourreau, entre parole et silence, entre mémoire et effacement. Une telle inversion, sous prétexte de protéger une mémoire, en altère la portée véritable, car la mémoire n’est ni un capital identitaire, ni un privilège historique, mais une responsabilité ouverte et partagée, une exigence de lucidité face à ce qui fut infligé, et non un permis de domination renouvelée, un passe-droit pour opprimer à son tour.

      1.1. Qui a le droit d’être pleuré ?

      Une autre dimension essentielle du discours consiste à monopoliser la position de #vulnérabilité, à la fois symbolique, historique et actuelle, en refusant de reconnaître celle des Palestiniens autrement que comme victimes secondaires de la « guerre du #Hamas ». Cette stratégie s’inscrit dans une configuration d’asymétrie radicale : une puissance nucléaire, dotée de l’une des armées les plus sophistiquées du monde, affame, bombarde et dévaste une population civile enfermée, déplacée, mutilée. Parler alors de « juste guerre » revient à effacer les corps, à dissimuler les ruines, à recouvrir les cris. Cela revient à ne pas voir les enfants brûlés vifs, calcinés, les hôpitaux effondrés, les cortèges de cadavres... Cela revient à effacer ce que #Gaza endure : les files d’attentes-abattoirs aux abords des rares points de distribution humanitaire, ces « hungers games » mortels où sont abattus ceux qui tentent de se nourrir, comme tout autant ces petites embarcations frappées par les drones alors qu’elles tentent de pêcher un peu de poisson.

      À cette #invisibilisation s’ajoute une #hiérarchisation assumée de la #souffrance. Le discours d’Arfi est ainsi traversé par ce que Judith Butler appelle une hiérarchie du deuil légitime [3], ou comment seuls certains morts méritent d’être pleurés, seuls certains corps peuvent être reconnus comme dignes de deuil. Les autres, ceux de Gaza, ceux de #Rafah, ceux de Nuseirat, ceux que la photographe Fatem Hassona, et bien d’autres avec elle, photographiait, n’ont droit qu’à une mention convenue, neutralisée, aussitôt diluée dans l’argumentaire d’une guerre « nécessaire » ou « juste ». Ils sont niés, tout en étant mentionnés, posés ainsi comme les variables certes regrettables, mais inévitables, d’une équation guerrière censée rester légitime.

      Ainsi se met en place un monopole discursif sur la #souffrance et l’innocence. Celui-ci transforme les faits en affects manipulés, les morts en outils d’un récit unilatéral, les survivants en suspects. Il devient alors possible, dans l’espace public, d’effacer des massacres en cours au nom de la mémoire d’un autre massacre. Ce déplacement n’est pas seulement rhétorique. Il constitue l’un des piliers de l’impunité contemporaine. Il interdit, dès l’origine, toute politique de justice. Il incarne, à ce titre, l’un des signes les plus manifestes de notre faillite morale collective.

      1.2. Le bannissement de la critique, la stratégie de la criminalisation politique

      Le discours de Yonathan Arfi procède à une opération de brouillage sémantique particulièrement préoccupante. Il amalgame de manière volontaire et systématique l’ #antisionisme à l’ #antisémitisme, la critique de l’État d’Israël à une haine des Juifs, et toute dénonciation des massacres à Gaza à un soutien implicite ou explicite au Hamas. Cette confusion, souvent dénoncée mais ici institutionnalisée, vise à rendre indistincts les registres politiques, moraux et historiques, pour disqualifier d’emblée toute parole critique.

      L’appel explicite à l’adoption d’une loi contre l’antisionisme constitue à cet égard un tournant grave. Il érige en dogme ce qui devrait relever du débat public, criminalise une position politique - la critique d’un régime, d’une idéologie, d’un projet colonial - et fait glisser la République vers une forme de religion civile autoritaire, où certaines opinions deviennent sacrilèges. Cette volonté de judiciarisation du désaccord transforme la démocratie en terrain miné, où penser autrement revient à risquer la mise au ban.

      Mais le sommet de cette stratégie est atteint lorsque Arfi accuse des responsables politiques, notamment de La France Insoumise, Rima Hassan ou Jean-Luc Mélenchon, de « souhaiter un génocide » afin de « mieux accabler Israël ». [4]

      Cette accusation, dont la violence symbolique est inouïe, ne se contente pas de délégitimer les critiques : elle les moralise à l’extrême, en les projetant dans un espace de perversion intentionnelle. Ce n’est plus une bataille d’idées, c’est une disqualification radicale de l’adversaire, une tentative de le priver même de légitimité à exister dans le débat. Les opposants ne sont plus seulement des adversaires : ils sont posés comme monstres, animés par le désir de mort.

      Ces propos infâmes, scandaleux dans leur formulation et ignobles dans leurs implications, font écho à ceux tenus par Ivan Attal le 30 mars 2025 sur Radio J, lorsque, interviewé par le journaliste Frédéric Haziza, il n’hésitait pas à affirmer que les palestiniens « envient notre shoah », qu’ils « veulent absolument un génocide » pour obtenir un état, que leur identité s’est construite en « miroir d’Israël », et qu’ils veulent se “réapproprier l’histoire juive ». [5]

      ...
      Ce type de rhétorique fonctionne comme un miroir déformant et attribue aux autres une pulsion génocidaire précisément pour occulter ou neutraliser les accusations formulées à l’égard de la politique israélienne. C’est un renversement stratégique, fondé non sur les faits, mais sur une assignation morale délirante.

      Il faut souligner que cette inversion repose aussi sur un usage pervers du langage républicain. L’universalisme revendiqué devient ici un masque commode pour une entreprise d’exclusion : on invoque la République, la démocratie, l’humanisme… mais pour mieux refuser aux dissidents le droit de s’exprimer, de manifester, de dénoncer. La République ainsi mobilisée devient un mot creux, une incantation vide, un dispositif rhétorique de clôture. Loin d’ouvrir l’espace démocratique, elle le referme sur une identité close, saturée, communautarisée à rebours.

      À travers cette séquence, se dessine une mécanique redoutable : l’enfermement du débat, la stigmatisation des voix critiques, la diabolisation des opposants, et l’institutionnalisation d’une confusion meurtrière entre justice pour les victimes et fidélité aveugle à un État. Cette mécanique ne sert ni la mémoire, ni la justice, ni la République. Elle sert une politique de la peur, de la censure, et de la falsification.

      1.3. Essentialisation, réduction du judaïsme au sionisme, et langage de la déshumanisation

      L’essentialisation opérée par Yonathan Arfi se double d’une confusion entre judaïsme et sionisme. En assimilant les Juifs du monde entier à la politique menée par Israël, il réduit la complexité plurielle du judaïsme à un soutien inconditionnel à l’État israélien. Or, le judaïsme, en tant qu’héritage culturel, éthique et spirituel, ne saurait se réduire à un projet nationaliste. Cette confusion empêche une critique nécessaire et légitime de l’État d’Israël, et met en danger ceux qui refusent cette assimilation forcée.

      Cette réduction est d’autant plus grave qu’elle trahit une longue tradition juive de désobéissance et de critique radicale représentée par des figures telles que Spinoza [6] Walter Benjamin [7], Hannah Arendt [8], Emmanuel Levinas [9], ou encore Yeshayahu Leibowitz [10]. ... Comme on le verra après, penser depuis cette tradition, penser depuis l’éthique juive implique, selon Benjamin, une fidélité au fragment, au reste, à ce qui échappe à toute souveraineté constituée. Ce geste critique empêche toute justification de l’impunité étatique. Il rend possible un judaïsme fidèle à la mémoire des opprimés, et non aux puissances en place.

      Mais cette essentialisation ne se contente pas de réduire le judaïsme. Elle participe d’un langage de la déshumanisation de l’autre. Elle contribue à délégitimer toute souffrance palestinienne, à la rendre inaudible, voire suspecte. Ce processus n’est pas abstrait : il se manifeste dans des déclarations officielles, explicites et répétées. Deux jours après l’attaque du 7 octobre, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant déclarait que l’armée israélienne « combattait des animaux » [11], justifiant un siège complet de Gaza. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, affirmait qu’il fallait « tirer sur les femmes et les enfants pour la sécurité d’Israël » [12]. Le vice-président de la Knesset, Nissim Vaturi, appelait à « effacer Gaza de la surface de la Terre » [13], tandis que le ministre du Patrimoine, Amichay Eliyahu, évoquait l’usage d’une bombe nucléaire en affirmant qu’il n’y avait « aucun civil non impliqué à Gaza ». [14]

      Comme l’a rappelé l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice, ces propos ne sont pas des écarts marginaux : ils incarnent une grammaire génocidaire inscrite au cœur du langage d’État. Ce ne sont pas seulement des mots, mais des cadres d’intelligibilité, des permissions d’agir. Le génocide ne commence pas avec les bombes, mais avec les énoncés qui rendent ces bombes pensables.

      1.4. La complaisance républicaine et la contradiction permanente : François Bayrou et Emmanuel Macron

      La posture du gouvernement français face à Israël ne relève pas d’une simple ambivalence, mais d’une convergence de fond. Contrairement à la politique d’indépendance vis-à-vis des États-Unis incarnée en son temps par le général de Gaulle - qui, en 1967, dénonçait publiquement l’agression israélienne contre ses voisins arabes [15] - Emmanuel Macron n’a jamais exprimé de désaccord fondamental avec la stratégie israélo-américaine. Au contraire, il en épouse les contours majeurs, tout en opérant à la marge quelques gestes à peine symboliques.

      Ainsi, tandis qu’il qualifie publiquement les actions israéliennes à Gaza de « honteuses » et appelle à un cessez-le-feu immédiat, la France maintient et développe ses contrats d’armement avec Israël, soutient le blocus de Gaza en ne le contestant jamais formellement, continue d’observer un silence stratégique sur les nombreuses violations du droit international, contribuant ainsi de manière « indirecte » mais décisive à la poursuite de l’entreprise de destruction. Cette posture schizophrène fragilise la parole de la France, la prive de toute autorité morale, et enracine sa position dans une logique de double langage permanent.

      Ce décalage entre les mots et les actes est rendu encore plus manifeste dans le discours de François Bayrou au dîner du CRIF [16] – qui fait suite à celui tenu l’an dernier par Gabriel Attal, alors premier ministre, et dans lequel il avait dénoncé une « vague d’antisémitisme » en France - où il évoque Israël comme un « miracle », inscrit dans une longue téléologie biblique, et qualifie les violences du 7 octobre de « pogrom le plus grave depuis la Shoah ». Une telle rhétorique sacralise l’État d’Israël tout en escamotant la réalité présente du massacre de masse à Gaza. Elle reconduit la mémoire de la Shoah non comme avertissement universel, mais comme dispositif d’immunisation morale. Elle empêche toute pensée complexe, et neutralise d’avance toute critique comme sacrilège.

      Ce langage du premier ministre s’accompagne d’une rhétorique sécuritaire qui convoque sans cesse le spectre de « la bête immonde » qui prend aujourd’hui la gueule de l’islamisme radical. Ainsi, sous couvert d’une vigilance démocratique, c’est une réactivation continue des figures ennemies qui est opérée : les défenseurs des droits des Palestiniens sont discrédités comme agents d’un islamisme rampant, quand bien même ils en dénoncent les violences. Cette stratégie empêche toute critique autonome d’Israël sans tomber sous le soupçon d’une compromission extrême.

      Comme l’a rappelé la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese, dans son rapport de juin 2025, cette posture de soutien implicite s’inscrit dans une architecture de responsabilités globalisée. Ce rapport pointe l’implication directe de nombreuses entreprises internationales, y compris européennes, dans l’infrastructure matérielle du génocide en cours. L’exportation d’armes, les systèmes de surveillance, les partenariats technologiques, les soutiens logistiques au blocus participent d’une complicité active, et non d’un simple silence. La France, loin d’être extérieure à cette architecture, y est pleinement intégrée.

      Face à une telle configuration, l’appel à l’éthique ou au droit international ne peut se contenter de formules creuses. Il exige une rupture réelle, matérielle, diplomatique. Il exige que la France cesse d’entretenir des relations stratégiques, militaires et économiques avec un État engagé dans des actes qualifiés de génocidaires par les instances mêmes qu’elle prétend défendre. Faute de quoi, la parole républicaine devient une coquille vide, et le droit une fiction instrumentalisée.

      Dans une telle configuration, invoquer les valeurs républicaines ou le droit international sans en tirer de conséquences concrètes revient à s’en faire les fossoyeurs. L’éthique n’a de sens que si elle interrompt. La mémoire n’a de valeur que si elle oblige. Et la République, si elle ne veut pas devenir le masque d’un ordre inhumain, doit cesser d’armer ceux qui bombardent des enfants.

      II. Pour une pensée critique renouvelée : réaffirmer le sens de la justice

      Face à un tel dispositif discursif, où les mots sont retournés contre les faits, où la mémoire devient une arme de légitimation, où la souffrance est monopolisée et la critique disqualifiée, il est urgent de refonder les termes mêmes du débat. Il ne s’agit pas seulement de répondre, mais de déplacer l’axe du discours, de faire émerger une autre intelligibilité des événements.

      Il s’agit de réarmer la pensée. De sortir de la sidération provoquée par l’ampleur de la violence, comme par le retournement des valeurs. Il s’agit de restaurer la puissance critique du langage, de renouer avec les exigences de justice, de vérité, d’universalité concrète, et non d’un universalisme rhétorique devenu instrument de domination.

      Cette tâche n’est pas secondaire. Elle est à la racine de toute possibilité d’agir politiquement, de nommer l’intolérable, de lutter contre les formes contemporaines de l’effacement. Elle exige un travail rigoureux, lucide, sans surplomb, sans illusion, mais habité par une éthique de la responsabilité et de la rupture.

      2.1. La nécessité de nommer le génocide

      Dans ce contexte apocalyptique, face à l’ampleur vertigineuse des destructions - plus de 42 000 bâtiments détruits ou endommagés selon les données satellitaires de l’ONU (UNOSAT) [17], 32 hôpitaux visés ou anéantis d’après Médecins Sans Frontières [18], environ 400 écoles endommagées ou détruites, laissant plus de 600 000 enfants sans accès à l’éducation. Le bilan humain est effroyable : plus de 15 000 enfants tués, soit 44 % des victimes recensées parmi les quelque 57 000 personnes décédées depuis le début du conflit selon les chiffres croisés du ministère de la santé de Gaza et des agences internationales [19] - ces logiques d’effacement s’accompagnent d’un silence politique d’autant plus assourdissant qu’il est masqué par la rhétorique humanitaire ou l’abstention diplomatique. Les chiffres ne sont pas seulement des données : ils sont les traces d’un monde détruit, d’une réalité que la langue officielle refuse de dire. L’usage du mot génocide n’est ni une outrance militante, ni une provocation rhétorique. Il s’agit d’un impératif éthique, intellectuel et juridique. Ne pas nommer, c’est consentir. Ne pas nommer, c’est effacer, et au moins à deux reprises : d’abord les corps ; puis le sens même de leur disparition.

      L’accusation de génocide repose ici sur des critères définis dans la Convention des Nations Unies de 1948 : volonté d’anéantir, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique ou religieux, par des actes de meurtre, de destruction des conditions de vie, d’empêchement de reproduction, de transfert d’enfants, etc. Or, ce ne sont pas les intentions seules qui qualifient juridiquement un génocide, mais le caractère systématique et délibéré des actes. À Gaza, ces éléments sont présents, documentés, publics, assumés.

      Nommer le #génocide, c’est donc rétablir une ligne de discontinuité dans l’espace discursif et politique, là où le langage tend à se neutraliser lui-même par euphémisation, relativisme ou saturation. C’est dire qu’il existe encore un seuil à ne pas franchir, un interdit structurant pour toute éthique politique digne de ce nom. C’est refuser de laisser s’installer un régime d’indifférence absolue, où l’extermination devient un bruit de fond, une donnée parmi d’autres.

      Nommer le génocide, enfin, ce n’est pas désigner un coupable abstrait, mais désigner un processus historique et une logique d’État à l’œuvre, au nom d’une souveraineté sacralisée, au nom d’un mythe sécuritaire devenu absolu. C’est réinscrire la mémoire des événements dans un ordre symbolique clair, qui redonne aux morts un nom, une adresse, une vérité. C’est, comme le disait Robert Antelme, affirmer que l’homme, même au fond de sa déchéance imposée, demeure l’homme, et qu’aucun appareil militaire, aucun récit national, ne peut révoquer cette part commune.

      2.2. Redonner sens à la République : le dissensus comme impératif démocratique

      La République, telle qu’elle est invoquée dans les discours de Yonathan Arfi ou de François Bayrou, tend à devenir une forme vidée de son contenu démocratique, réduite à un consensus d’exclusion. Présentée comme l’ultime rempart contre les extrémismes, elle se mue pourtant en instance de disqualification systématique de toute voix dissidente, notamment dès lors qu’il s’agit de critiquer la politique d’Israël ou de dénoncer les massacres à Gaza. Cette République-là ne protège certainement pas les marges, elle les stigmatise. Cette République-là n’écoute certainement pas les minorités critiques, elle les criminalise. Cette République-là ne débat certainement pas, elle sanctuarise.

      Or, l’histoire même de la République française enseigne que sa force ne réside pas dans l’effacement du conflit, mais dans sa mise en forme politique. Le dissensus, entendu comme confrontation réelle, parfois violente, mais toujours nécessaire des positions, des mémoires, des visions du juste, est constitutif de toute politique républicaine authentique (Rancière ; Abensour etc.). Ce n’est pas le silence imposé qui fonde la démocratie, mais la parole plurielle, risquée, conflictuelle. Rappelons qu’à l’époque de l’Affaire Dreyfus, ce sont les voix dissonantes de Zola, Jaurès, Lucien Herr, ou Bernard Lazare, souvent marginalisées, diffamées, qui ont permis de faire éclater la vérité, contre l’ordre établi, contre les institutions, contre les évidences supposées.

      C’est pourquoi l’exclusion actuelle de figures critiques, qu’elles soient universitaires, militantes, artistiques ou politiques, ne relève pas d’un sursaut républicain, mais d’un tournant autoritaire du discours public. Assimiler toute critique du sionisme à une forme d’antisémitisme, tout appel à la justice pour Gaza à une apologie du terrorisme, c’est criminaliser la pensée, inverser la charge de la violence, et trahir l’héritage conflictuel de la République elle-même.

      Ce glissement est d’autant plus préoccupant qu’il se prétend fidèle à l’universalisme. Mais il s’agit ici d’un universalisme mutilé, amputé de ceux qu’il refuse d’écouter. L’universel ne se décrète pas, il se conquiert, il se réinvente depuis les blessures, les exils, les révoltes. Comme le rappelait Aimé Césaire, « il n’y a pas de mission civilisatrice, il n’y a que des missions d’humanité. » [20] Et l’humanité véritable commence toujours par l’attention au dissensus, par l’accueil de ce qui dérange, de ce qui résiste, de ce qui s’élève.

      Redonner sens à la République, aujourd’hui, ce n’est donc pas réaffirmer une identité figée, communautarisée, alignée sur une géopolitique, mais retrouver sa capacité d’écoute, sa plasticité conflictuelle, sa mémoire des luttes. C’est rouvrir le champ du pensable et du dicible, là où l’indignation est rendue suspecte, là où la douleur des enfants palestiniens devient un silence stratégique.

      2.3. Judaïsme, pensée critique et exigence de justice universelle

      Réduire le #judaïsme à un simple soutien à la politique de l’État d’Israël constitue une double trahison. Une trahison théologique tout d’abord, car le judaïsme n’est pas une idéologie étatique. Une trahison éthique ensuite, car il porte en lui une exigence millénaire de justice, de mémoire, de fidélité au fragment et à l’exilé, une attention radicale à la vulnérabilité, à l’opprimé, à l’étranger. C’est cette tradition-là qui est trahie lorsqu’on l’assimile à un nationalisme d’État fondé sur l’ #exclusion, la #colonisation, et la violence d’annihilation.

      Walter Benjamin rappelait que la « tradition véritable » n’est jamais celle des puissants, mais celle des opprimés. Elle ne sacralise pas l’histoire établie, elle en sauve les éclats, les ruines, les fragments. Ce que Benjamin appelle la « tradition des opprimés » se situe à rebours de toute entreprise de légitimation d’un ordre dominant. Elle ouvre un espace critique à l’intérieur même de l’héritage, en le réactivant depuis ce qui a été brisé, effacé, nié.

      Nombreuses aussi sont les voix juives, en Israël, en diaspora, en France, qui refusent cette équation réductrice entre judaïsme et sionisme, entre #judaïcité et allégeance à un État. Leur position n’est pas marginale, mais constitutive d’un courant profond du judaïsme diasporique, de l’anti-idolâtrie prophétique à la dissidence messianique.

      Penser depuis une telle « tradition », c’est refuser que le judaïsme devienne l’instrument d’une hégémonie, et c’est exiger, au contraire, que la mémoire juive reste du côté des humiliés, des déplacés, des sans-voix. C’est depuis cette fidélité critique, et non depuis une solidarité identitaire aveugle, que peut s’exprimer une voix juive fidèle à son histoire de persécutions, de diasporas, d’exodes. La mémoire de la Shoah ne peut être invoquée pour justifier un déni de justice à d’autres peuples. Elle oblige au contraire à refuser qu’un peuple en opprime un autre au nom de sa propre souffrance. Le judaïsme ne peut être confisqué par un État ni réduit à une politique d’anéantissement. La fidélité à cette tradition ne se mesure pas à l’adhésion au pouvoir, mais à la capacité de se tenir auprès de celles et ceux que le pouvoir efface.

      C’est au nom de cette tradition, et non en dépit d’elle, qu’il devient impératif de dénoncer l’oppression exercée sur le peuple palestinien. S’en réclamer aujourd’hui implique non pas le silence, mais l’insurrection éthique.

      Ce que le judaïsme offre au monde, ce n’est pas une forteresse, mais une ouverture, une manière de penser la blessure, la mémoire, la transmission, le refus de l’injustice. Il ne peut être confisqué par un État ni réduit à une politique d’anéantissement. La fidélité à cette tradition ne se mesure pas à l’adhésion au pouvoir, mais à la capacité de se tenir auprès de celles et ceux que le pouvoir efface. C’est cette responsabilité universelle qu’il nous faut réaffirmer, aujourd’hui plus que jamais, depuis #Gaza.

      2.4. La voix des victimes contre le discours dominant

      Alors que Yonathan Arfi et François Bayrou discourent, alors que la scène politique française multiplie les déclarations d’allégeance et les postures morales sélectives, les enfants de Gaza brûlent dans l’indifférence organisée. Les civils palestiniens sont bombardés, privés d’eau, de nourriture, de soins, réduits à l’errance dans les ruines, et toute tentative de dénoncer cette destruction systémique est aussitôt criminalisée, renvoyée à un prétendu antisémitisme.

      L’enjeu n’est pas seulement politique ou diplomatique : il est philosophique, éthique et civilisationnel. Il s’agit d’entendre , non comme un geste compassionnel ou humanitaire, mais comme une exigence de justice, les récits, les cris, les silences de celles et ceux qui vivent sous les bombes. Il s’agit de ne pas détourner le regard, de ne pas se réfugier dans la neutralité commode des institutions, dans la passivité de l’impuissance politique organisée. Car la vérité ne réside pas dans les salons officiels ni dans les communiqués de presse, mais dans les marges, les corps fracassés, les voix étouffées, les images interdites. Ce qui est à entendre ne demande ni charité, ni pitié, ni commisération, mais une rupture avec l’ordre du discours dominant, une interruption de l’aveuglement organisé.

      Comme l’écrivait Frantz Fanon dans Les Damnés de la terre : « Quand on entend dire que l’humanité est une chose admirable, on cherche des hommes. » [21] Cette phrase condense une critique radicale du discours humaniste tenu par les puissances coloniales, un humanisme d’apparat, purement rhétorique, démenti dans les faits par la violence systémique infligée aux colonisés. A cela, Fanon y oppose la nécessité d’une réhumanisation concrète, arrachée au réel des corps niés, des existences mutilées, des subjectivités écrasées. Cette phrase ne désigne certainement pas une essence, mais une exigence. Celle de retrouver, dans un monde dévasté, la trace de ce qui peut encore faire humanité. Aujourd’hui, ce sont les enfants de Gaza, privés de maisons, d’écoles, de funérailles dignes, qui incarnent cette vérité. Non parce qu’ils seraient meilleurs ou plus innocents que d’autres, mais parce qu’ils sont déshumanisés, niés, effacés, dans un silence médiatique et politique qui redouble la violence qu’ils subissent.

      Faire entendre leur voix, ce n’est pas simplement plaider pour une cause mais tenter de sauver quelque chose de l’idée même de justice, de « l’universalité réelle », contre toutes les rhétoriques d’exception.

      Conclusion : penser contre l’effacement

      Face à cette inversion et cette complicité institutionnelle, nombreux sont ceux qui se mobilisent et pensent autrement, cherchant à reconstruire une pensée capable de désamorcer ces pièges discursifs. Il est urgent de renforcer cette dynamique critique pour retrouver le sens profond de la justice, au nom de toutes les victimes, sans hiérarchisation, sans essentialisation, sans exclusion. C’est cette pensée critique renouvelée qui constitue aujourd’hui une exigence vitale.

      Ceux qui n’ont plus de maison, plus d’école, plus de ville, ce sont eux aujourd’hui qui nous obligent à réinterroger ce que signifie encore « être humain ». Ce sont les enfants de Gaza. Ce sont les femmes de Gaza. Ce sont les hommes de Gaza. Ce sont aussi les ruines de Gaza, les quartiers entiers effacés, les vergers dévastés, les nappes phréatiques polluées, les infrastructures vitales broyées, signes d’un urbicide, d’un écocide, d’une stratégie de destruction intégrale d’un territoire, de ses milieux de vie, de ses formes d’hospitalité. C’est l’ensemble du tissu vivant, humain, architectural, végétal, qui se trouve ainsi visé, disloqué, anéanti.

      La honte ne doit pas simplement changer de camp. Elle doit retrouver une adresse, non pas dans une instance de jugement ou une autorité morale, mais dans ce point de disjonction où l’histoire vacille, où la parole s’interrompt, où la vérité, non juridiquement instituée mais historiquement insupportable, exige d’être dite. Elle ne se formule pas comme une sentence, mais comme un contre-temps. Elle devient alors force de transformation, non pas en tant qu’instrument de réprobation morale, mais comme une puissance de réveil et de désajointement, capable de fracturer le présent, d’arracher l’histoire à ses enchaînements supposés, de restituer à ce qui fut détruit la possibilité d’un nom, d’un geste, d’une survivance.

      Ce n’est pas la responsabilité au sens de l’assignation qu’elle convoque, ni devoir juridique, ni charge morale fondée sur une faute établie, ni sentence articulée à une autorité institutionnelle. Ce type de responsabilité présuppose un sujet défini, une causalité repérable, un jugement prononçable. Il relève d’une économie du compte rendu, du blâme, de la réparation. Or ce qui se manifeste ici procède d’un tout autre régime : non celui de la causalité, mais celui de l’appel. Un appel sans visage, sans origine identifiable, sans visée accusatoire. Un appel muet, anonyme, comparable au messager dont parle Walter Benjamin, porteur d’une vérité qui ne s’impose pas mais expose. Cet appel n’émane pas d’un futur désirable ni d’une transcendance justicière. Il surgit du fond même de l’irréparable, non pas pour réclamer une réparation impossible, mais pour maintenir ouverte la blessure de ce qui fut détruit sans recours. L’irréparable, ici, n’est pas un constat de défaite mais la source d’une exigence éthique radicale, une fidélité inquiète à ce qui, n’ayant pas été sauvé, continue pourtant d’appeler. En ce sens, la honte ne retrouve pas un visage, mais une adresse : ce lieu de disjonction où l’histoire vacille, où la vérité ne se décrète pas, mais insiste. Et l’écoute de cet appel engage, non par injonction extérieure, mais depuis la rupture même qu’il creuse dans le présent. « (…) si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté » [22] écrivait Walter Benjamin dans ses thèses sur la philosophie de l’histoire, ce qui oblige à penser une autre forme de responsabilité comme étant non plus tournée vers la réparation ou le tribunal, mais vers l’interruption, le contretemps, le surgissement d’un devoir depuis ce qui ne peut plus être sauvé, mais ne doit pas être oublié.

      Ce n’est pas dans les palais, les dîners officiels, les discours bien ordonnés ; ni dans les postures confortables de ceux qui se croient, par automatisme ou bonne conscience, du bon côté de l’histoire ; ni dans les silences feutrés d’une certaine gauche progressiste, qui préfère l’abstention morale à l’engagement réel ; ni dans l’assurance de certains qui, convaincus de détenir la vérité, s’exonèrent de toute écoute, que cette exigence prend corps. Elle surgit dans les ruines, les cris, les gestes, ici et ailleurs, de celles et ceux qui, sans honte ni paralysie - ce qui n’excluent pas un profond désespoir - refusent de détourner le regard et organisent le pessimisme. Gaza ne demande pas des #lamentations rituelles, mais une réactivation de la capacité à dire non. À dire, non, plus jamais cela, et faire de ce refus une puissance agissante en inventant des gestes d’ #interruption, des stratégies de #désobéissance, des hospitalités dissidentes, des contre-cartographies concrètes, des formes collectives de #désalignement.

      À dire : non, plus jamais cela. Pour personne, ni humain, ni vivant, ni forme de vie vouée à l’anéantissement.

  • How Syria’s HTS is quietly dismantling the Palestinian cause

    Via https://diasp.eu/p/17684889

    https://thecradle.co/articles-id/29627 - 2025-03-25

    Under Ahmad al-Sharaa’s direction, #Syria’s new Islamist leaders are systematically sidelining Palestinian factions, favoring the US-backed #PA, dismantling #Iran-linked groups, and reshaping refugee dynamics in alignment with a broader US-backed strategy to neutralize the Palestinian resistance.

    #Palestine #Gaza #HTS #USA #Israel

    • On trouve aussi une traduction de cet article en FR (2025-04-10)

      Comment HTS en Syrie démantèle discrètement la cause palestinienne

      https://investigaction.net/comment-hts-en-syrie-demantele-discretement-la-cause-palestinienne

      Sous la direction d’Ahmad al-Sharaa, les nouveaux dirigeants islamistes syriens écartent systématiquement les factions palestiniennes, favorisent l’Autorité palestinienne soutenue par les États-Unis, démantèlent les groupes liés à l’Iran et remodèlent la dynamique des réfugiés conformément à une stratégie plus large soutenue par les États-Unis visant à neutraliser la résistance palestinienne.

      Depuis la chute du gouvernement syrien le 8 décembre, la direction de la nouvelle administration intérimaire, dirigée par Ahmad al-Sharaa, est devenue de plus en plus claire. Politiquement, militairement et juridiquement, Damas semble maintenant alignée sur la vision de longue date de Washington de démanteler la cause palestinienne.

      Cet alignement prend forme sur trois fronts principaux : premièrement, l’Autorité palestinienne (AP), les factions de résistance telles que le #Hamas, le Jihad islamique palestinien (#JIP) et d’autres factions issues de l’Organisation de libération de la Palestine (#OLP). Deuxièmement, l’Office de secours et de travaux des Nations unies (#UNRWA), chargé spécifiquement d’aider les réfugiés palestiniens dans la région, et troisièmement, les camps qui hébergent les réfugiés palestiniens et les Syriens déplacés.

      Deux événements soulignent cette évolution. Tout d’abord, la #Turquie et le #Liban ont empêché les Palestiniens détenteurs de documents syriens de retourner en #Syrie au même titre que les ressortissants syriens. Deuxièmement, les médias américains ont révélé l’existence de pourparlers entre #Washington et #Damas sur la possibilité pour la Syrie d’absorber des dizaines de milliers de personnes déplacées de Gaza, en échange d’un allègement des sanctions ou d’un accord politique plus large, en particulier à la suite des massacres de la côte du début de l’année.
      Front 1 : L’AP et les factions de la résistance

      Plus de quatre mois après le début de la transition vers une nouvelle gouvernance, une chose est claire : l’ancien chef d’#Al-Qaïda, Ahmad al-Sharaa, aujourd’hui président de la Syrie, tient le Hamas à distance. Malgré les demandes répétées de Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas à l’étranger, de se rendre à Damas, les autorités intérimaires ont tergiversé, dans le but d’éviter une confrontation directe avec Israël ou les États-Unis.

      Cette nouvelle posture syrienne a lieu au milieu d’un génocide en cours contre le peuple palestinien et de l’objectif de l’État d’occupation d’éliminer sa résistance islamique.

      The Cradle a appris que la communication entre le Hamas et les nouvelles autorités est largement canalisée par des intermédiaires turcs. Ankara faciliterait la réinstallation de plusieurs responsables militaires du Hamas à Idlib, le bastion des militants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de Ahmad al-Sharaa.

      En revanche, Ahmad al-Sharaa – qui a rencontré le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa en janvier – a officiellement ouvert des canaux avec la mission diplomatique de l’AP à Damas, la reconnaissant comme le représentant officiel du peuple palestinien.

      La délégation en visite comprenait de hauts responsables du Fatah et de l’OLP, notamment le fils de Mahmoud Abbas, qui est arrivé pour récupérer des propriétés précédemment détenues par des factions anti-Fatah sous le gouvernement de l’ancien président syrien Bachar al-Assad.

      La nuit de la chute du gouvernement Assad, le secrétaire général du Front populaire-Commandement général (#FPLP-CG), Talal Naji, et le chef d’état-major de l’Armée de libération de la Palestine (APL), Akram al-Rifai, ont cherché refuge à l’ambassade de l’Autorité palestinienne. L’ambassadeur palestinien Samir al-Rifai aurait reçu une sévère réprimande de la part d’Abbas pour leur avoir accordé un refuge. Quant au reste des chefs de faction, chacun d’eux est resté chez lui.

      Le lendemain de l’entrée des forces d’#HTS à Damas, elles ont lancé une vague de fermetures visant les bureaux des factions palestiniennes. Ceux qui appartenaient au Fatah al-Intifada, au mouvement Al-Sa’iqa aligné sur le Baas et au FPLP-CG ont été fermés, leurs armes, leurs véhicules et leurs biens immobiliers saisis.

      Le Front démocratique pour la libération de la Palestine (#FDLP), qui avait fait profil bas pendant la guerre syrienne, a été autorisé à poursuivre ses activités, bien que sous observation.

      Les 11 et 12 décembre, plusieurs chefs de faction se sont réunis à l’ambassade de Palestine en présence du chef de l’APL, Rifai, pour discuter de leur avenir. Ils ont tenté d’organiser une réunion officielle avec Ahmad al-Sharaa par l’intermédiaire du ministère syrien des Affaires étrangères. Au lieu de cela, un messager d’HTS – identifié comme provenant de Basil Ayoub – est arrivé à l’ambassade et a exigé la divulgation complète de tous les actifs appartenant à la faction, y compris les biens immobiliers, les dépôts bancaires, les véhicules et les armes. Aucun engagement politique ne sera possible, a-t-il dit, tant qu’un inventaire complet n’aurait pas été fourni.

      Les factions se sont exécutées en rédigeant une lettre déclarant que leurs avoirs avaient été acquis légalement et qu’elles étaient prêtes à limiter leurs activités à des activités politiques et médiatiques, en plein alignement avec la nouvelle posture de la Syrie. Le sort de la lettre à Ahmad al-Sharaa et sa réponse sont inconnus.
      Campagne de décapitation : arrestations, confiscations et règlements

      Il s’en est suivi une décapitation systématique de la structure des factions palestiniennes en Syrie.

      Début février, le secrétaire général du Fatah al-Intifada, Abou Hazem Ziad al Saghir, a été arrêté à son domicile. Après des heures d’interrogatoire et une descente dans son bureau – où des documents l’auraient relié au Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (#CGRI) – il a été relâché.

      Une semaine plus tard, il a été de nouveau arrêté et séquestré dans un nouveau lieu de détention situé derrière le stade des Abbassides. Un règlement financier a été conclu : 500 000 $ en échange de sa libération et de son expulsion vers le Liban. À la demande du comité, le Comité central du mouvement a publié une déclaration mettant fin aux fonctions de Saghir et le renvoyant du mouvement. Cependant, Saghir publia une contre-déclaration depuis le Liban, transférant le secrétariat général du mouvement là-bas et renvoyant ceux qui avaient pris la décision de le destituer.

      La faction baasiste palestinienne, Al-Sa’iqa, n’a pas été mieux lotie. Son secrétaire général, Muhammad Qais, a été interrogé et dépouillé des biens du groupe. Bien qu’il n’ait pas commandé pendant la bataille de Yarmouk et qu’il ait donc échappé à une punition plus sévère, le HTS a ordonné la suppression du terme « Baas » de tous les documents officiels. Une déclaration a rapidement été publiée dans les territoires occupés, dénonçant Qais comme un « vestige du régime », ce qui laisse supposer une scission interne croissante.

      HTS a également sévèrement réprimé le FPLP-CG, dont le secrétaire général, Talal Naji, a été placé en résidence surveillée et interrogé à plusieurs reprises. Tous les bureaux, les véhicules et les armes du groupe ont été confisqués, leur siège fermé et ses membres battus et humiliés. Leur station de radio, Al-Quds Radio, a été saisie, et leur hôpital Umayyah serait le prochain sur la liste.

      Le « Front Nidal » – une faction dissidente du Front de lutte populaire palestinien (FLPP), un groupe de gauche au sein de l’OLP – a été la plus controversée de ses transactions. Au début des événements, Khaled Mechaal a été en mesure de servir de médiateur pour le secrétaire général du Front, Khaled Abdul Majeed, et de le protéger, lui et son organisation. Cependant, en février, Abdul Majeed s’est enfui aux Émirats arabes unis.

      Sa résidence personnelle et ses véhicules – qui appartiendraient à des particuliers – ont été saisis, ainsi que 50 millions de livres syriennes (moins de 5 000 dollars) d’actifs. Forcé de démissionner par HTS, il a remis l’autorité à un comité central opérant à partir de Damas et de Beyrouth.

      Le FDLP (Front démocratique pour la libération de la Palestine) a jusqu’à présent échappé au poids de ces purges, et ses bureaux et ses véhicules n’ont pas été touchés par la nouvelle administration , peut-être parce qu’elle n’avait aucun lien avec l’Iran ou le Hezbollah. Le bureau principal du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP – différent du FPLP-CG) dans le quartier de Taliani à Damas reste ouvert mais inactif, tandis que le reste de ses bureaux ont été fermés.

      À l’heure actuelle, le JIP, dont les combattants sont en première ligne à Gaza pour combattre Israël depuis le 7 octobre 2023, reste dans ses bureaux syriens. Le représentant de la faction n’a pas été convoqué pour être interrogé, bien qu’Israël ait bombardé un appartement utilisé par le secrétaire général du groupe, Ziad al-Nakhala.

      Cependant, des figures clés de l’armée du JIP se sont réinstallées à Bagdad la nuit où Damas est tombée aux mains d’ HTS. Leurs activités à l’intérieur de la Syrie semblent s’être réduites en grande partie à l’organisation de funérailles pour les soldats tués au combat dans le sud du Liban, bien qu’exclusivement à l’intérieur des camps de réfugiés palestiniens.

      Le camp de Yarmouk, à Damas, avait déjà été le théâtre d’une série de manifestations au cours des premiers jours de février, notamment des rassemblements exigeant la fermeture des sièges des organisations pro-régime et l’obligation de rendre des comptes aux personnes impliquées dans l’arrestation et le meurtre des résidents du camp. Les événements ont dégénéré en une tentative d’incendie du quartier général des Brigades Qods du JIP, des jeunes et des enfants lançant des pétards sur le bâtiment. Entre-temps, une manifestation a éclaté pour protester contre la décision de rouvrir les bureaux des brigades Al-Sa’iqa dans le camp d’Al-A’edin.
      Front 2 : Les camps de réfugiés palestiniens en Syrie

      La répression contre les groupes politiques a créé un vide de leadership dans les camps palestiniens de Syrie. Les conditions de vie, déjà désastreuses, se sont encore détériorées. Début février, des manifestations ont éclaté dans plusieurs camps contre les attaques brutales d’Israël contre le camp de Jénine en Cisjordanie occupée, à la suite de la visite de la délégation de l’AP et de la reconnaissance officielle de l’autorité de Ramallah par le gouvernement syrien. Beaucoup craignaient que ce changement n’accélère les plans de réinstallation permanente des réfugiés. Dans le même temps, les habitants disent qu’ils ont été contraints de participer à des rassemblements publics en soutien à la présidence autoproclamée d’Ahmad al-Sharaa.

      Le 24 février, le Comité de développement communautaire de Deraa a commencé à collecter des données personnelles détaillées auprès des résidents du camp sous prétexte d’améliorer les prestations de services. Un recensement similaire a été lancé quelques jours plus tôt à Jaramana, mais l’objectif et les bailleurs de fonds de ces efforts restent flous.

      C’est dans ce vide qu’est entré le Hamas. Par l’intermédiaire d’organisations affiliées comme l’Autorité de développement de la Palestine, le Hamas a commencé à distribuer de la nourriture et de l’aide financière, souvent par l’intermédiaire d’agents intégrés à HTS. Cet effort est intervenu alors que les services autrefois offerts par le JIP – y compris le transport, les cuisines collectives et le soutien médical – ont été interrompus. Même le siège de l’Association d’amitié palestino-iranienne à Yarmouk a été repris et réaffecté par des éléments d’HTS.

      D’autres acteurs, tels que la Fondation Jafra et la Croix-Rouge palestinienne, continuent d’opérer malgré des contraintes importantes. Leurs efforts ont été insuffisants pour répondre à la demande, d’autant plus que l’économie locale continue de s’effondrer. La plupart des réfugiés dépendent d’un travail informel et, avec la paralysie d’une grande partie de l’économie, la survie quotidienne est devenue précaire.

      Une proposition de règlement, transmise par le biais de la médiation turque, est particulièrement préoccupante. Il offrirait aux Palestiniens en Syrie trois options : la naturalisation syrienne, l’intégration dans une nouvelle « communauté » affiliée à l’AP sous la supervision de l’ambassade, ou la classification consulaire avec renouvellement annuel de la résidence. La quatrième option implicite est le déplacement, à l’image de ce qui est arrivé aux Palestiniens en Irak après l’invasion américaine.
      Front 3 : L’#UNRWA, mis à l’écart et miné

      Bien que les nouvelles autorités syriennes n’aient pas ouvertement pris pour cible l’UNRWA, leur manque de coopération en dit long. L’UNRWA ne semble plus être considérée comme la principale institution responsable des affaires palestiniennes en Syrie.

      Dans le camp de Khan Eshieh, un comité local travaillant avec la nouvelle administration a demandé au gouvernorat de Damas de préparer un plan municipal pour réhabiliter l’infrastructure du camp. L’implication est claire : les autorités syriennes se préparent à reprendre la gestion du camp de l’UNRWA, sur le modèle jordanien.

      Pendant ce temps, le ministère de l’Immigration et des Passeports a recommencé à délivrer des documents de voyage aux réfugiés palestiniens en janvier, une décision bureaucratique qui a révélé l’intention du nouveau gouvernement de réaffirmer son contrôle. À peu près au même moment, l’Association des réfugiés arabes palestiniens à Damas a suspendu ses activités à la suite d’un cambriolage qui aurait perturbé le paiement des pensions des réfugiés retraités.

      Malgré des ressources limitées, le Hamas et le JIP restent un sujet de préoccupation pour l’État occupant. Un récent rapport du Yedioth Ahronoth a affirmé que les deux groupes tentent de reconstruire une capacité militaire en Syrie, avec l’intention de cibler les colonies près du plateau du #Golan occupé et du nord de la #Galilée. Bien que le rapport n’ait reconnu aucun mouvement de troupes confirmé au sud de Damas, il a averti que la planification opérationnelle est en cours.

      Un examen attentif du comportement de Ahmad al-Sharaa et du nouveau régime de Damas ne révèle aucune dissolution apparente des activités de ces deux organisations, comme le prétendent les Israéliens. Il ne s’agit que de mesures temporaires en attendant un « grand accord » avec les Américains, dont l’une des dispositions sera le statut officiel et populaire des Palestiniens. A moins que le pays ne sombre dans le chaos, l’un des résultats attendus sera une intervention militaire terrestre israélienne claire sous le prétexte d’éloigner les Palestiniens de la frontière.

      Source : The Cradle

      #Moyen-Orient #Palestine #Gaza

    • Israel-Gaza-militia-groups-arming

      It is one of those things that should be recorded and replayed for eternity: Israel, in order to guard some misplaced sense of security, happily backs Palestinian groups in order to divide themselves. Hamas, seen now as an existential monster, was tolerated and even supported for lengthy stints in efforts to undermine the various factions in the Palestinian Liberation Organisation represented by Fatah.

      In his 2008 work, Hamas vs. Fatah, Jonathan Schanzer, writes how the Egyptian Muslim Brotherhood, the inspirational font for Hamas, was seen as an opportunity by the Israelis when taking root in Gaza. “By the late 1970s, the Israelis believed that they had found Fatah’s Achilles’ heel.” Israeli strategy permitted the Brotherhood to thrive, going so far as to allow the cleric Sheikh Ahmed Yassin to operate a network of welfare, medical and education services. These had been sorely neglected by Fatah in the Gaza Strip. This approach effectively licensed the emergence of fundamentalism, seen, curiously enough, as more manageable than the military adventurism of the PLO.

      The First Intifada in 1987 spurred on the creation by Yassin and his followers of Harakat al-Muqawama al-Islamiya (“Islamic Resistance Movement”). The 1988 charter of the organisation we know as Hamas, more youthful, and leaner, and hungrier than their Fatah rivals, made its purpose clear: “There is no solution for the Palestinian question except through jihad”.

      In 2009, while surveying the ruins of a neighbour’s bungalow in Moshav Tekuma, the retired Israeli officer Avner Cohen, who had served in Gaza for over two decades, was rueful. “Hamas, to my regret,” he told the Wall Street Journal, “is Israel’s creation.” Sustenance and encouragement from the Jewish state had effectively emboldened a mortal enemy.

      Such a record should chasten wise legislators and leaders. But the only lesson history teaches is that its grave lessons are left unlearned, with disastrous, inimical mistakes made anew. Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu is proof of that contention. His various governments proudly backed the policy of division between the Gaza Strip and West Bank, defanging Palestinian Authority President Mahmoud Abbas in the latter while propping up Hamas in the former. Every now and then, the Israeli Defense Forces would keep Hamas in bloody check, a strategy that came to be called “mowing the grass”.

      Israel’s support for Hamas has come in the form of work permits (up to 3,000 granted to Gazans in 2021, rising to 10,000 during the Bennett-Lapid government), and suitcases, heavy with Qatari cash, entering the Strip through crossings since 2018. In 2019, Netanyahu was quoted as telling a Likud faction meeting that opponents of a Palestinian state should support the transfer of funds to Hamas. Five years prior, Bezalel Smotrich, the current firebrand, pro-ethnic cleansing Finance Minister, declared with candour that “The Palestinian Authority is a burden, and Hamas is an asset.”

      With Hamas now the target and sworn enemy, the PM feels that the same, failed experiment adopted at stages since the 1970s can be replicated: backing and encouraging yet another group of Palestinians to undermine any sovereign cause.

      The central figure and beneficiary of this latest folly is the shady Yasser Abu Shabab, a Rafah resident from a Bedouin family known for a spotty criminal record. Calling itself the “Anti-Terror Service” or the Popular Forces, and possessing assault rifles and equipment seized from Hamas, his “clan”, as reports have described it, has a committed record of looting humanitarian aid in Gaza. In Netanyahu’s eyes, these rapacious poachers have turned into opportunistic game keepers, partially guarding the paltry aid that is currently being sent into Gaza under the supervision of the Israeli-backed Gaza Humanitarian Foundation.

      Georgios Petropoulos, a senior United Nations official based in Gaza last year, calls Abu Shabab “the self-styled power broker of east Rafah.” For his part, Abu Shabab admits to looting aid trucks, but only “so we can eat, not so we can sell.” The looting proclivities of such groups is well noted, with the head of the UN office for the coordination of humanitarian affairs in occupied Palestinian territories, Jonathan Whittall, making a damning accusation on May 28: “The real theft of aid since the beginning of the war has been carried out by criminal gangs, under the watch of Israeli forces, and they were allowed to operate in proximity to the Kerem Shalom crossing point in Gaza.”

      On May 21, Abu Shabab’s group posted on Facebook that “92 trucks were secured and entered areas under the protection of our popular forces, and exited safely under our supervision.” Details on which organisation was behind hiring the transporting vehicles were not given.

      With rumours bubbling that the Israeli government had embarked on this latest course of action, Netanyahu came clean. “On the advice of security officials, we activated clans in Gaza that oppose Hamas,” he announced in a posted video with usual, glowing cynicism. “What’s wrong with that?” The strategy “only saves the lives of Israeli soldiers and publicising this only benefits Hamas.”

      The advice purportedly given by Shin Bet to Netanyahu to arm Gaza militias opposed to Hamas was an expedient measure, largely occasioned by the PM’s continued refusal to involve the Palestinian Authority in the strip.

      Not all Israeli lawmakers were impressed by Netanyahu’s latest effort at supposed cleverness. Yair Golan, leader of the Democrats in the Knesset, condemned him as a threat to Israeli security. “Instead of bringing about a deal, making arrangements with the moderate Sunni axis, and returning the hostages and security of Israeli citizens, he is creating a new ticking bomb in Gaza.”

      The leader of the Yisrael Beiteinu party, Avigdor Lieberman, is of the view that the transfer of weapons to Abu Shabab’s outfit was done unilaterally. “The Israeli government is giving weapons to a group of criminals and felons, identified with the Islamic State group,” he told the public broadcaster Kan. “To my knowledge, this did not go through approval by the cabinet.”

      With humanitarian aid now at the mercy of a group scorned by UN officials, humanitarian workers and certain Israeli politicians – a rare coming together of minds – the next round of errors is playing out with rich, quixotic stupidity. Israel further adds to its own insecurity, while Abu Shabab knows all too well the views of his family, expressed in chilling statement: “We affirm that we will not accept Yasser’s return to the family. We have no objection to those around him liquidating him immediately, and we tell you that his blood is forfeit.”

  • What the Anti-Hamas Protests in Gaza Actually Mean - by
    Khalil Shikaki
    https://time.com/7273410/what-anti-hamas-protests-gaza-mean

    For all of this, any denial of the genuine nature of the grievances of the demonstrators, and most importantly their belief that if Hamas leaves the governance scene, the war might stop and life might improve, is misplaced and reflects serious miscalculation. But the belief that such demonstrations pose a threat to continued Hamas control over the Gaza Strip is also misplaced and reflects an erroneous reading of reality. Our surveys clearly show that the overwhelming majority of Gazans blame Israel and the U.S. for their suffering; only one in five puts the blame on Hamas. Focus groups and in-depth interviews I have supervised clearly reveal that despite the tremendous criticism of Hamas, Gazans are fully aware that even if that group leaves the governance scene immediately, there is no viable alternative that can enforce some level of order, manage the critically needed civil defense units and health sector, ensure a relatively secure environment for humanitarian service delivery, allow markets to operate, and prevent the eruption of tremendous chaos and open anarchy and violence.

    […]
    Despite prior use of violence by Hamas to crack down on demonstrations, the Hamas authorities in Gaza, so far, have not used similar violence to crack down on the current demonstrations. This might be explained in part by the limited nature of participation in these demonstrations and the lack of receptivity by the residents to the calls for planned demonstrations. Hamas’ willingness to trust Gazans is supported by our findings: despite the tremendous pain and suffering during the war, Gazans’ basic values regarding their religious and national identity and their attachment to their land have not diminished at all. Plus, their willingness to make huge personal sacrifices remains astonishingly very high.

    • Gazans are fully aware that even if that group leaves the governance scene immediately, there is no viable alternative that can enforce some level of order, manage the critically needed civil defense units and health sector, ensure a relatively secure environment for humanitarian service delivery, allow markets to operate, and prevent the eruption of tremendous chaos and open anarchy and violence.

      Et les génocidaires l’ont assez répété : « il n’y a pas d’innocents à Gaza »

    • Ils ont une manière un peu orientée de présenter les choses chez time.com :-)

      the overwhelming majority of Gazans blame Israel and the U.S. for their suffering;

      Certainement, et c’est pas exclusif : la majorité peut parfaitement « blame Israel and the U.S. » and other parties.

      only one in five puts the blame on Hamas.

      « only 1 in 5 » ça fait quand même 20%, selon les goûts, c’est pas vraiment « only ». En plus, va savoir, autant les gens se retiennent un peu de critiquer le Hamas, des fois que ça leur occasionne des problèmes mortels en plus.

      allow markets to operate

      Hein ? (an anglais WTF ?)

      and prevent the eruption of tremendous chaos and open anarchy and violence

      Oui, merci le Hamas, excellente prévention, la situation à Gaza n’est absolument pas déjà un cas de « tremendous chaos and violence ». :-)

  • #Israël-#Palestine une terre pour deux

    Depuis 80 ans des hommes se déchirent pour la possession d’un territoire de 20 000 mètres carrés, à peine 4 % de la surface de la France métropolitaine.

    D’un côté les juifs d’Israël, de l’autre les Palestiniens, musulmans ou chrétiens. Un #conflit qui a des répercussions sur de nombreux points du globe. Où prend-il racine ? Quels en sont les principaux acteurs et les enjeux ? Pour s’y retrouver, il faut remonter plus de 3 000 ans en arrière. De la naissance du #judaïsme à aujourd’hui, cet ouvrage retrace avec clarté, en tentant de dépassionner le débat, l’#histoire d’une #cohabitation jalonnée de tragédies et de difficiles tentatives de #dialogue : le #traumatisme de la #Shoah, la naissance de l’#Etat_d’Israël, les #guerres de conquête du #territoire, le rôle des États voisins et celui des États-Unis, les deux #Intifada, la #colonisation, la construction d’un #mur de séparation avec la #Cisjordanie et, très récemment, l’attaque meurtrière du 7 octobre par le #Hamas et les représailles d’Israël qui ont fait des milliers de morts civils et ne laissent aucune porte de sortie aux Gazaouis.

    https://www.actes-sud-jeunesse.fr/9782330191078-l-ga-rard-dhotel-va-ronique-corgibet-arno-israa-l-p
    #livre

    je ne l’ai pas vu/lu, mais j’ai eu des retours très positifs...

    #ressources_pédagogiques

  • Et toujours cet aveuglement raciste qui consiste à ne même pas se rendre compte (ou, pire, à feindre de ne pas se rendre compte) que ce qu’on écrit sur les arabes pourrait tout aussi bien s’appliquer aux Israéliens.

    Par exemple BHL (mais il y en a des caisses comme lui) :
    https://x.com/BHL/status/1847760153350672408

    6 months ago, in the @WSJ I wrote: “Let’s imagine #Israel yields to the pressure & refrains from entering #Rafah to finish off #Hamas...” Thank God they did not listen to their «allies». Today, with #Sinwar gone, the world is safer, thanks only to #Israel.

    De fait, si l’on justifie de massacrer des dizaines (centaines ?) de milliers de civils palestiniens pour tuer celui qu’on considère comme un criminel responsable de la mort (de moins d’)un millier de civils israéliens… comment est-il possible de ne pas se rendre compte qu’on est tout autant en train de justifier le massacre de bien plus de civils israéliens pour tuer les responsables (Netanyahu et compagne) de la mort de ces dizaines (centaines) de milliers de civils palestiniens ?

    Ça reste, pour moi, un grand mystère. Soit ces gens sont tellement racistes qu’ils n’arrivent même pas à comprendre que, dans une humanité commune, la logique de leur discours sur « les autres » s’applique forcément à eux-mêmes. Soit, et ça me semble à la fois bien pire et bien plus plausible : on arrive à de tels niveaux de radicalisation que c’est parfaitement assumé, avec l’idée toute fasciste que la force prévaudra, et la guerre engloutira de toute façon les plus faibles.

    Le monde n’est pas « plus sûr », il s’assume juste un peu plus ouvertement fasciste.

  • […] reprise de l’offensive au nord de Gaza […] - LPH INFO
    https://lphinfo.com/attaques-sur-beyrouth-reprise-de-loffensive-au-nord-de-gaza-le-resume-des-i

    Cette nuit, l’armée a indiqué avoir repris ses opérations terrestres à Jabaliya au nord de la Bande de Gaza. […]

    Le porte-parole de Tsahal a appelé les habitants du nord de la Bande de Gaza à évacuer vers le sud en prévision d’une nouvelle phase des combats. […]

    Rappel :
    https://seenthis.net/messages/1061098

    [L’armée génocidaire sioniste] avait pourtant annoncé début janvier avoir « achevé le démantèlement de la structure militaire » du Hamas dans le nord de la bande de Gaza.