• Inside #Lehman_Brothers. Une enquête inédite sur la chute d’une banque au-dessus de tout soupçon

    Dix ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, #Jennifer_Deschamps met en lumière les mécanismes de sa chute. Une enquête rigoureuse, étayée par le témoignage de lanceurs d’alerte.

    Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers est officiellement déclarée en faillite. Lâchée par le gouvernement et sans repreneur, la vénérable banque d’investissement, fondée à New York en 1850, disparaît en laissant à ses créanciers une dette de plusieurs centaines de milliards de dollars. Lancée depuis plusieurs années dans une course folle au profit, cette grande institution financière, dirigée par Richard Fuld, a développé des prêts hypothécaires à risques, rapidement devenus emprunts toxiques. Accordés à des ménages modestes voire sans revenus, ces subprimes ont permis à des centaines de milliers d’Américains de devenir propriétaires de leur logement. Mais en 2007, lorsque la bulle immobilière éclate, la remontée de taux d’intérêts gonfle les traites que les emprunteurs ne peuvent plus rembourser. Une vague de saisies s’abat sur les États-Unis, et notamment sur la Californie…

    Autopsie méthodique
    Spécialisée dans les produits financiers, Lehman Brothers a voulu « faire de l’argent par tous les moyens ». Naviguant en « zone grise » – là où, au minimum, tout ce qui n’est pas illégal peut être considéré comme légal –, la banque et ses filiales ont maquillé les bilans, poussé les équipes commerciales à truquer leurs dossiers pour atteindre des objectifs de plus en plus exigeants, et engranger des dollars par milliards. Le tout grâce à la complicité, l’incompétence ou l’aveuglement des organismes de contrôle et des agences de notation. Pour raconter, dix ans plus tard, un cataclysme dont les répercussions ont ébranlé les places boursières et les économies du monde entier, Jennifer Deschamps se place à hauteur d’hommes. Enrichie d’archives, son enquête, documentée et rigoureuse, réunit les témoignages inédits d’anciens collaborateurs de Lehman, qui ont tous eu un accès privilégié aux mécanismes délirants ayant mené au désastre : trois ex-employées de la BNC, une filiale spécialisée dans les prêts immobiliers, et « lanceuses d’alerte » (Linda Weekes, Sylvia Vega-Sutfin et Cheryl McNeil), et leur avocat (Gary Gwilliam) ; un ancien vice-président de Lehman (Matthew Lee), licencié après avoir refusé de cautionner une manœuvre comptable frauduleuse ; un ancien juriste de la banque (Oliver Budde) ainsi que l’ancien procureur de l’Illinois (Anton Valukas), mandaté en 2008 par le gouvernement américain pour enquêter sur les causes de la faillite. Autopsie méthodique d’un système malade, Inside Lehman Brothers se fait aussi mise en garde contre une déflagration qui pourrait bien, dans un futur proche, se rééditer.


    https://www.arte.tv/fr/videos/080155-000-A/inside-lehman-brothers
    #banque #finance #économie #subprimes #marché_immobilier #cupidité #argent #fraude #effondrement #crise_financière #prêts_hypothécaires #film #documentaire #Wall_Street #bulle_immobilière #lanceurs_d'alerte #culture_du_silence #travail #burn-out #faillite #banques_d'investissement #limites_juridiques #légalité #illégalité #courtiers #Richard_Fuld #harcèlement_sexuel #intimidation #femmes #BNC #SDF #sans-abris #Repo_105 #prêts_alternatifs #prêts_non-conventionnels


  • Des employés américains de McDonald’s en grève pour dénoncer le harcèlement sexuel AFP - 19 Septembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_des-employes-americains-de-mcdonald-s-en-greve-pour-denoncer-le-harcelem

    Des employés de McDonald’s dans dix villes américaines se sont mis en grève mardi pour protester, dans la lignée du mouvement #MeToo, contre le manque d’efforts faits par l’entreprise pour défendre ses employés contre le harcèlement sexuel.

    Ces salariés, qui occupent des emplois très souvent précaires, reprochent au géant de la restauration rapide de ne pas faire assez pour les protéger contre les attouchements ou les commentaires déplacés. 

    « Je suis en grève et je suis ici aujourd’hui pour demander un changement », a expliqué Theresa Cervantes, qui dénonce le harcèlement des managers sur les employés. 

    Cette jeune femme de 20 ans manifestait avec des dizaines d’autres employés, pour la plupart des femmes, devant le siège social de l’entreprise, à Chicago. 

    « Le harcèlement sexuel est un problème universel. C’est une maladie », a-t-elle appuyé.


    Des manifestants sont également descendus dans la rue dans des villes comme Kansas City ou Saint-Louis.

    Ce mouvement social intervient quatre mois après que plusieurs employées ont porté plainte contre l’entreprise devant l’EEOC, l’agence fédérale chargée de promouvoir l’égalité dans le monde du travail.

    « Nous ne pouvons plus accepter qu’un travailleur sur deux subisse de la violence sous la supervision » de McDonald’s, a déclaré Karla Altmayer, organisatrice de la manifestation à Chicago. 

    La chaîne de restauration rapide a affirmé dans un communiqué disposer de « politiques, procédures et formations strictes » pour prévenir le harcèlement sexuel.

    Elle a souligné avoir également embauché des experts en matière de prévention et de réaction « pour faire évoluer nos politiques afin que quiconque travaillant pour McDonald’s le fasse dans un environnement sûr chaque jour ».

     #mcdonald’s #harcèlement #sexisme #femmes #harcèlement_sexuel #culture_du_viol #travail #violence #metoo #violences_sexuelles #discrimination #mcdonald's #multinationale #USA


  • Sexual Harassment Training Doesn’t Work. But Some Things Do. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/12/11/upshot/sexual-harassment-workplace-prevention-effective.html

    Many people are familiar with typical corporate training to prevent sexual harassment: clicking through a PowerPoint, checking a box that you read the employee handbook or attending a mandatory seminar at which someone lectures about harassment while attendees glance at their phones.

    At best, research has found, that type of training succeeds in teaching people basic information, like the definition of harassment and how to report violations. At worst, it can make them uncomfortable, prompting defensive jokes, or reinforce gender stereotypes, potentially making harassment worse. Either way, it usually fails to address the root problem: preventing sexual harassment from happening in the first place.

    Other research found that training that described people in a legal context, as harassers or victims, led those being trained to reject it as a waste of time because they didn’t think the labels applied to them, known as an “identity threat reaction,” said Shannon Rawski, a professor of business at the University of Wisconsin, Oshkosh. Training was least effective with people who equated masculinity with power. “In other words, the men who were probably more likely to be harassers were the ones who were least likely to benefit,” said Eden King, a psychologist at Rice University.

    Training is essential but not enough, researchers say. To actually prevent harassment, companies need to create a culture in which women are treated as equals and employees treat one another with respect.

    #travail #femmes #harcèlement


  • « Ma femme a été emprisonnée pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel en Egypte » - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2018/09/05/ma-femme-a-ete-emprisonnee-pour-avoir-denonce-le-harcelement-sexuel-en-eg

    Amal Fathy, arrêtée le 11 mai pour avoir posté sur Facebook une vidéo dénonçant le harcèlement sexuel et critiquant le gouvernement égyptien pour son inaction, a été maintenue en détention pendant quinze jours. D’abord libérée sous caution, elle est aujourd’hui inquiétée dans le cadre d’une autre affaire portant sur ses liens présumés avec un mouvement de jeunes militants et placée en détention provisoire. Cette deuxième affaire est portée en jugement, mais l’on ignore ce qui lui est concrètement reproché. Son mari, Mohamed Lotfy, chercheur dans le domaine des droits humains, témoigne.

    #Egypte #harcèlement_sexuel


  • #Lettre_ouverte du 28 août 2018 – #Université_Grenoble_Alpes
    LETTRE OUVERTE DU 28 AOÛT 2018

    Madame la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation,

    Monsieur le Président de l’université Grenoble Alpes,

    Comme vous le savez, le CNESER statuant en matière disciplinaire a prononcé une relaxe en faveur de M. #Serge_Dufoulon, professeur des universités à l’Université Grenoble Alpes (UGA), lors de sa session du 10 juillet dernier. Pour rappel, M. Serge Dufoulon avait été sanctionné par la section disciplinaire du conseil académique de l’UGA le 26 janvier 2017 pour « des comportements et propos (…) incompatibles avec les fonctions d’enseignement » et s’apparentant à du harcèlement sexuel.

    Depuis 2016, nous accompagnons une partie des 12 étudiant.e.s qui avaient témoigné lors de la #procédure_disciplinaire au sein de l’#UGA. L’annonce de la décision du CNESER en juillet 2018 nous est alors apparue totalement incompréhensible. Aujourd’hui, nous comprenons que cette décision n’a été possible qu’au prix du non-respect d’un certain nombre de règles de droit :

    D’abord, la commission d’instruction n’a jamais cherché à entendre les étudiant.e.s ayant témoigné lors de la procédure à l’UGA. Certes, le Code de l’éducation prévoit que cette commission d’instruction « instruit l’affaire par tous les moyens qu’elle juge propres à l’éclairer » (art. R232-37). Il ne fait cependant pas de doute que de ne pas convoquer les témoins à charge est un manquement évident à sa mission d’établissement de la vérité. En conséquence, le travail conduit par la commission d’instruction nous semble partial et de nature à être contesté juridiquement.

    Ensuite, le deuxième considérant de la décision du CNESER disciplinaire méconnaît le droit, et en particulier le délit de harcèlement sexuel tel que défini à l’article 222-33 du Code pénal. En effet, pour motiver sa décision de relaxe, le CNESER disciplinaire ne conteste pas l’existence de propos et comportements à connotation sexuelle ayant créé une situation intimidante et hostile pour les étudiant.e.s (ce qui définit juridiquement le harcèlement sexuel). Le CNESER disciplinaire considère en revanche qu’il n’y pas lieu de sanctionner Serge Dufoulon en raison du contexte (des enseignements « de la sociologie en lien avec le domaine sexuel ») de ces propos et comportements. En procédant ainsi, le CNESER disciplinaire ignore donc le droit pénal qui ne prévoit aucune exception à la qualification juridique du harcèlement sexuel.

    De même, le deuxième considérant de la décision du CNESER disciplinaire affirme que « la liberté académique » justifie les propos et comportements. Cette motivation méconnaît là encore le droit : si le Code de l’éducation prévoit, dans son article L.952-2, que les enseignant.e.s-chercheur.e.s « jouissent d’une pleine indépendance et d’une entière liberté d’expression dans l’exercice de leurs fonctions d’enseignement et de leurs activités de recherche », rien dans les textes ne les autorise à outre-passer la loi ou les obligations auxquelles ils/elles sont soumis.es. Mobiliser la « liberté académique » pour rejeter le caractère dégradant et hostile de propos et comportements à caractère sexuel n’a donc aucun fondement juridique.

    Enfin, le troisième considérant fait apparaître un problème juridique de cohérence dans les décisions du CNESER disciplinaire. En effet, Serge Dufoulon avait demandé en 2017 un sursis à exécution de la sanction infligée par la section disciplinaire de l’UGA au motif, notamment, que la procédure avait été partiale en raison des conflits dans lesquels Serge Dufoulon serait pris. Le CNESER disciplinaire avait cependant considéré, dans sa décision du 4 juillet 2017, « qu’au vu des pièces du dossier et des explications fournies » rien ne permettait de mettre en cause l’impartialité de la section disciplinaire de l’UGA et avait donc rejeté la demande de sursis à exécution. Pourtant, dans le troisième considérant de sa décision du 10 juillet 2018, le CNESER disciplinaire fonde sa décision de relaxe sur… des doutes quant à l’impartialité de la section disciplinaire en raison des conflits qui existeraient dans l’université ! Ce considérant est donc là aussi contraire au droit : le droit ne confère aucune compétence au CNESER disciplinaire pour rejuger des faits qu’il a déjà jugés !

    Au regard de ces différents éléments, la décision du CNESER disciplinaire du 10 juillet 2018 ne nous semble donc pas conforme au droit et nécessite d’être contestée devant le Conseil d’Etat. Or, comme vous le savez, Madame la ministre de l’ESRI, Monsieur le président de l’UGA, le Code de l’éducation (art. R232-43) prévoit que vous seul.e pouvez former un recours en cassation devant le Conseil d’Etat.

    Par ce courrier, nous souhaitons donc connaître vos intentions et vous appeler, si nécessaire, à formuler ce recours dans le délai prévu (c’est-à-dire au plus tard 2 mois après que vous avez reçu la notification de la décision, donc peu de temps après le 10 septembre, puisque la décision date du 10 juillet).

    Madame la ministre, vous avez déclaré à plusieurs reprises être attachée à la lutte contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche. Vous avez ici une occasion de montrer qu’il ne s’agissait pas de vains mots et attendons donc que vous formuliez ce recours.

    Monsieur le président, la lutte contre les violences sexuelles est un défi majeur pour les responsables d’établissements dans l’enseignement supérieur. Dans un contexte où les victimes sont encore trop peu souvent entendues, ce qui alimente la méfiance envers les établissements, effectuer ce #recours enverrait un signal fort à vos personnels et étudiant.e.s.

    CLASCHES, Collectif de lutte anti-sexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur
    AFS, Association française de sociologie
    ASES, Association des sociologues enseignant.e.s du supérieur

    https://clasches.fr/lettre-ouverte-du-28-aout-2018-universite-grenoble-alpes
    #sexisme #harcèlement_sexuel #Grenoble #justice

    • J’ai ajouté ce texte au profil wiki du prof en question :

      Le 26 janvier 2017, Serge Dufoulon a été sanctionné par la section disciplinaire du conseil académique de l’Université Grenoble Alpes [archive] pour « comportements et propos (…) incompatibles avec les fonctions d’enseignement » et s’apparentant à du harcèlement sexuel1.

      Le 28 août 2018, le collectif CLASCHES (Collectif de lutte anti-sexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur), l’AFS (Association française de sociologie) et l’ASES (Association des sociologues enseignant.e.s du supérieur) dénoncent, dans une lettre ouverte [archive], la relaxe prononcée par le CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), prononcé le 10 juillet 2018. Dans la lettre, les signataires demandent à Patrick Lévy, Président de l’Université Grenoble Alpes, et à Frédérique Vidal, ministre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ESRI), de déposer un recours contre la relaxe.


      Il a été enlevé quelques dizaines de minutes après, je l’ai remis, je ne sais pas combien de temps cela va rester...

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Dufoulon

      Pour la petite histoire, c’est cet utilisateur qui a enlevé mon paragraphe :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Antoniex

      #Wikipédia

    • Voici le commentaire d’une ex-collègue sur FB :

      A Grenoble, tout le monde le sait et se tait. Anne-Laure lui avait adressé une lettre en demandant des excuses et rien ne c’était passé... c’est plutôt pour les étudiantes et pour que les collègues changent leur comportement et ne le laisse plus faire.
      Les faits se sont déroulés en réunion personne ne l’a remis à sa place et ou ne lui a demandé de revenir sur ses propos. ll m’a littéralement recommandé de me prostituer pour financer mes terrains de thèse. En disant « tu n’es pas mal, tu n’as qu’a sortir et relever ta jupe le soir ! », point d’orgue d’une journée où une autre collègue et moi avons supporté ses allusions graveleuses... je l’ai plus jamais revu au Labex...


  • Dans la forêt obscure du monde académique
    https://vacarme.org/article3176.html

    Sans doute, il n’existe pas, en France, une jeune femme en passe de mettre le petit doigt de pied dans le champ académique qui n’a pas entendu d’histoires racontées à la bibliothèque, au café, dans le métro, en chuchotant ou pas, de la part d’une amie ou d’une amie qui a une amie ou d’une amie qui a une amie qui a une amie, qui commencent et finissent toujours de la même manière. Parfois, plus rare, et là, l’amitié doit être très serrée, tout sauf une parole publique, mais exactement ce qui caractérise (...)

    #Autour_d'Avital_Ronell

    / #Avital_Ronell

    • Parfois, aussi, et c’est triste aussi, les femmes qui ont atteint les mêmes statuts que ces derniers, qui sont donc dotées, anomaliquement, des mêmes pouvoirs – on sait qu’elles ont dû se battre férocement pour cela, férocement = comme des hommes – ne se comportent pas très bien non plus vis-à-vis des jeunes héroïnes, quand c’est une héroïne justement, car elles préfèrent favoriser les jeunes hommes académiques, on ne sait pas pourquoi, c’est comme ça, c’est, là encore, sans doute, aussi, un rattrapage de queue de comète néandertalienne qui les dépasse et auquel il semble qu’il leur est impossible d’échapper.

      La même qui s’indigne d’une énième histoire grotesque de micro prédation sexuelle au petit pied soutiendra que l’héroïne a été maladroite de réagir comme cela, qu’elle aurait dû faire attention, … etc. Misère. Misère. Jeunes femmes, ne portez pas de jupes trop courtes quand vous commencez à faire campagne pour obtenir un poste. Ou alors, portez ces jupes trop courtes en connaissance de cause… Et merde. Voilà que l’histoire dérape à nouveau, car, dans le régime néandertalien d’existence académique sus-décrit, les stratégies de défense ne sont pas très nombreuses qui sont mises à la disposition de ces pauvres héroïnes. L’hypocrisie (partagée aussi par les jeunes candidats, pas d’inquiétude), le double-jeu, la flatterie, la flagornerie, la servilité, … toutes les occupations du monde qui restent aux sans-pouvoir, toute la courtisanerie en puissance qui fait masque, paravent, bouclier, est à l’œuvre, forcément à l’œuvre. Un habitus académique, donc ?

      #harcèlement_sexuel #Academia #université #ESR


  • Agderposten — Rosita (20) opplever trakassering på jobb hver eneste dag

    Ça se passe chez moi, dans ma ville de 40 000 habitants, dans la Norvège si parfaite et si policée : Rosita explique au journaliste d’Agderposten qu’elle subit pratiquement tout les jours du harcèlement sexuel, un exemple parmi tant d’autres :

    « Eh toi ! Je vais te ramener chez moi et te punir » [NdT : expresion d’ici pour dire "te prendre"].

    L’établissement "Madame reiersen" est le bar restaurant le plus en vue et le plus connu de la région. Il est très rare que la presse locale s’empare de cette question au niveau local, et nous notons que depuis quelques jours elle commence à le faire régulièrement. Il se trouve que malheureusement, ce harcèlement est très présent dans l’espace public même s’il ne se voit pas, et les femmes qui en sont victimes sont maintenant plus nombreuses à le dénoncer publiquement. Il y a un an, Ce même journal avait aussi commencé à écrire sur les cas de racisme, ce qu’il ne faisait jamais auparavant (ça a commencé avec l’histoire des taxis, lorsque les clients commençaient à demander à la personne du central téléphonique de leur « envoyer un taxi, mais seulement avec un chauffeur blanc ».

    http://www.agderposten.no/Nyheter/1.2470259

    Rosita (20) opplever trakassering på jobb hver eneste dag « Jeg må ta deg med hjem og straffe deg. » Det får Rosita Bordignon (20) høre når hun er på jobb

    #sexisme #harcèlement_sexuel #racisme

    • Litéralement « å straffe » veut dire punir dans le sens punition après une bétise, mais c’est aussi une expression très obscène pour dire « je vais te baiser, je vais te prendre ». C’est très macho, et on est assez éloigné du consentement. C’est une des expressions « à ne pas dire devant sa belle mère » (ikke si det foran stemoren), une autre expression norvégienne sexiste à souhait. On à encore du boulot pour progresser. Bienvenue en Norvège :) le prochain post sera sur le racisme.

    • Prochain post sur le racisme ? Là, déjà, c’est très intersectionnel parce que ce sont les femmes racisées qui sont perçues comme a priori disponibles sexuellement.
      C’est aussi un peu pédophile, de mélanger sexe et punition comme on punit un enfant...

      Mes quelques séjours en Norvège m’ont bien refroidie sur cette Scandinavie prétendument à l’abri du sexisme...

      Mais tu sais ce qui m’a le plus fait bizarre ? Les Norvégien·nes serrent la main avec plus d’énergie que nous en France. Je n’ai pas réussi à m’habituer à faire des poignées de main plus franches, même en sachant que c’est le truc à faire. Difficile de changer des habitudes de comportement corporel.

      J’y repensais parce qu’hier soir je suis restée dans la rue pour un spectacle dans le cadre de la fête nat indonésienne et il y avait des policiers de proximité, la moitié avec leur mitrailleuse sur la poitrine, sympa, convivial. Quand ils sont partis, le chef, visiblement, a serré plein de pognes dont la mienne. Ouille, il a serré fort. Alors qu’ici d’habitude les mains sont molles, mais molles...


  • Le patron du groupe de coiffure Dessange mis en cause pour harcèlement sexuel
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/08/11/le-patron-du-groupe-de-coiffure-dessange-mis-en-cause-pour-harcelement-sexue

    Elle avait bien noté une gêne, à l’issue de l’entretien, lorsqu’ils lui ont demandé ce qu’était devenue cette plainte pour harcèlement sexuel qu’elle avait déposée, en 2014, contre Benjamin Dessange, son ancien patron. Mais, comme elle et ses futurs potentiels employeurs s’étaient entendus sur le salaire, la voiture de fonction et sa date d’embauche, Annabel Talon est restée confiante. « On vous tient informée », ont-ils assuré. Les dirigeants de la société n’ont jamais rappelé. « Le monde de la coiffure est petit. Ils ont interrogé votre ancien employeur… », a fini par expliquer le cabinet de recrutement, trois semaines plus tard.

    Depuis le 11 juillet, Benjamin Dessange, 51 ans, président du groupe Dessange, est placé sous statut de témoin assisté pour « harcèlement sexuel » et « appels téléphoniques malveillants ». Le 2 août, les avocats d’Annabel Talon, Mes Patrick Maisonneuve et Charlotte Paredero, non satisfaits, ont demandé à la juge d’organiser une confrontation et de réentendre le PDG, en leur présence.

    #paywall #domination_masculine #violence_masculine #travail #harcelement_sexuel #culture_du_viol #omerta #victim_blaming

    Une plainte déposé en 2014, et rien ne bouge avant juillet 2018. La vicitime à par contre été pénalisé, perte d’emploi, complicité du milieu de la coiffure pour l’empeicher d’avoir à nouveau un emploi dans la coiffure. Le prévenu n’est même pas mis en examens, il est seulement « placé sous statut de témoin assisté ».


  • Légalisation du harcelement sexuel des femmes dans l’espace publique.
    http://www.liberation.fr/politiques/2018/08/03/les-amendes-contre-le-harcelement-de-rue-sont-elles-vraiment-efficaces_16

    Puisque c’est plus un délit mais une simple contravention, comme un petit excès de vitesse.

    « Il faut que le policier assiste à l’événement pour qu’une contravention puisse être établie. Personne ne pourra saisir un policier pour lui dire "j’ai subi des regards appuyés, j’ai reçu des insultes…", l’agent doit le constater par lui-même et malheureusement la police nationale a déjà énormément de difficulté à faire face à la criminalité globale », se justifiait-il dans une interview accordée à Sud Radio.

    Didier Martinez estime qu’il aurait été plus efficace de qualifier le harcèlement de délit et non de contravention (l’infraction la moins grave dans le droit pénal français). « Un délit peut donner lieu à une interpellation, un dépôt de plainte, une enquête… C’est tout un processus, alors qu’une contravention, c’est simplement la constatation d’un agent », a-t-il poursuivi. En ce sens, le comté du Nottinghamshire, au Royaume-Uni, enregistre depuis juillet 2016 le harcèlement sexuel sous la mention de « crime haineux ». Ainsi, le dépôt de plainte d’une victime permet l’ouverture d’une enquête par les policiers. Selon les données du Nottinghamspost, sur les 153 plaintes déposées entre avril 2016 et décembre 2017, 61 ont été jugées comme crime haineux après investigation.

    #harcelement #sexisme #femmes #lrem #haine

    • Contravention, est-ce que cela veut aussi dire qu’il n’y a plus de victime, de personne lésée, mais seulement un comportement déviant à l’égard de l’État, que lui seul observe, que lui seul sanctionne et qui n’exige plus de réparation pour la personne qui serait au passage dissuadée de se déplacer à sa guide dans l’espace public ?

      Est-ce que ça veut dire que c’est des flics racistes et habitués au quadrillage des quartiers qu’ils jugent « sensibles » qui vont juger de l’effet délétère sur les femmes (premières concernées) de ce qui est admissible à leur égard et de ce qui ne l’est pas ?

      Est-ce que ça veut dire que nous ne sommes plus, nous femmes qui ne pouvons plus demander réparation, qui ne pouvons plus juger seules des torts que nous subissons, qu’un nouveau prétexte aux #politiques_sécuritaires ?

      C’est pire qu’un féminisme libéral, c’est un féminisme-prétexte pour que les mâles blancs puissent oppresser les mâles racisés à nos dépens puisque nous perdons toute latitude dans l’opération. Le pire de ce qu’on pouvait imaginer quand la réponse au #harcèlement_de_rue est apparu et que nous avons voulu éviter ce genre d’usage classiste et raciste en montrant tous les visages du harcèlement.

      Question subsidiaire : Et la main au cul de Macron à la présidente croate, elle vaut combien ?

    • J’ai raté cet épisode avec la présidente croate.
      Sinon bien d’accord avec ce que tu dit @aude_v et pour les flics tu as remarqué aussi qu’il est pas question des les formés à quoique ce soit. Il y a quelques mois une asso (paye ta police je croi) faisait une étude sur la réception des femmes par la police qui était encore pire qu’on aurais pu imaginé. Les femmes ont été nationalisée en somme, quant on les traite mal, ca rapporte des euros à l’État.

    • Je ne sais plus qui avait posté une photo des débordements de Manu qui kiffe le foot... @biggrizzly ? @sombre ?

      Mes questions ne sont pas que rhétoriques, j’ai une pauvre culture juridique et je me demande si c’est vraiment toutes les implications de cette loi, auquel cas ce serait effarant ! Comme tu dis :

      Les femmes ont été nationalisée en somme, quant on les traite mal, ca rapporte des euros à l’État.

    • Je peu pas répondre à tes questions non rhétoriques, je m’y connais encor moins en droit que toi.
      En fait le gouvernement pense exactement comme les harceleurs ; dans l’espace publique les femmes deviennent des femmes publique.

    • Le patriarcat n’a jamais cessé d’être là, ok, je plussoie @mad_meg. Il me semble néanmoins avoir été élevé dans un milieu où celui-ci était en régression. En tout les cas, dans ma famille, il y a mes grand-parents, où le patriarcat était une réalité bien là, caricaturalement... puis il y a eu autre chose ensuite. Il me semble qu’il y a eu un ensemble de progrès qui a de fait remis en cause au moins en partie le patriarcat. Raison pour laquelle je parle de restauration. Mais ce n’est pas satisfaisant non plus, je t’entends. Et je n’ai de toute façon pas la capacité de mettre en forme tout cela afin de présenter un argumentaire digne d’être discuté.

      Cependant, je vais partager une autre idée sous-jacente à cet ensemble de choses que le gouvernement Macron et les deux autres précédents mettent en œuvre.

      Là, on a Mme Schiappa qui s’affiche en féministe. On lui donne l’objectif d’occuper le terrain. Ce qu’elle fait. Comme auparavant on a occupé le terrain avec le Mariage pour tous, mais... n’est pas Taubira qui veut, le Mariage pour tous fut mené d’une façon déplorable, mais en définitive, le résultat fut acquis, contrairement à maintenant, où le résultat ressemble à une régression abominable. Cependant, l’unique objectif de tous ces moulins à vent, c’est de faire oublier qu’il faut réduire les effectifs... de la Justice, de la Police, de tous les services publics, y compris régaliens... Idéologiquement, il faut que ça se réduise. Les budgets, ça doit aussi se réduire, mais c’est moins essentiel. L’important, c’est que la place soit laissée à d’autres choses. On ne sait pas encore lesquelles, mais s’il y a une place, il y a des liquidités à disposition pour la prendre, c’est certain (cf. les cliniques privées, les écoles privées, les polices privées...).

      Dommage collatéral de tout cela : on doit tous se débrouiller seuls... dans une société qui vire à la jungle... On veut donner l’impression de s’intéresser aux violences sexuelles... mais on ne veut pas que les tribunaux aient plus de travail... alors on transforme les crimes en délits, les délits en contraventions... et on supprime les personnes supposées les mettre, ces contraventions... On crée de nouveaux délits, de nouvelles contraventions, histoire de donner le change. Mais mécaniquement, on restaure la loi du plus fort, du plus violent, du plus sans gêne... on conforte ce qui était. On conforte les anomalies, on conforte le patriarcat. En particulier. Et on tombe sur le dernier texte de @monolecte, le patriarcat comme matrice du capitalisme. Le capitalisme accumule sur l’exploitation des « externalités »... ces trucs gratos qu’on s’approprie et qu’on revend aux autres... le travail des femmes dans la société toute entière, les exploitations minières qu’on privatise (y compris l’eau par Nestlé ou Coca...), la pollution qu’on rejette dans les rivières et dans l’air, sans ne devoir jamais rendre de comptes...


  • Agressions sexuelles le soir de la finale du Mondial : la police appelle les victimes à porter plainte
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/07/18/agressions-sexuelles-le-soir-de-la-finale-la-police-appelle-les-victimes-a-p
    Allez y c’est important pour la comm’ à Macron. Et ne manquez pas l’occasion de vous faire humilié publiquement par les flics, les juges, les médias et les politiques tout en vous faisant siphonner vos revenus par des avocats pour au final obtenir, dans le meilleur des cas, un non-lieu.

    « Personne n’est intervenu », observe la Nantaise, qui se dirige alors vers les forces de l’ordre pour leur demander d’intervenir. « Ils m’ont dit : “Nous, on est là pour le terrorisme ! Il faut que vous alliez porter plainte.” »

    Depuis #metoo il n’y a pas eu de programme de formation des flics et juges sur les violences sexuelles, donc c’est exactement comme d’habitude. Ils le disent eux même : “Nous, on est là pour le terrorisme !"

    #violences_sexuelles #harcèlement_sexuel #violences_masculine #fraternité #police

    • C’est juste que les flics ont recu des ordres correspondant à la place des femmes dans la république. je croi pas que le fait de s’envelopper des insignes du FN suffise à immunisé les francais racialisés contre le stigmate du « terroriste » ou celui du « garçon arabe ». En cas de plainte, les flics et juges se bougerons seulement si les mise en cause sont bazanés.

    • https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/07/17/violences-sexuelles-une-volonte-de-ne-pas-condamner

      D’autant qu’il y a peu de victimes qui ont donné des noms, la plupart se sont bornées à raconter ce qu’elles avaient subi, et chez celles qui ont donné des noms, il y avait la volonté de protéger d’autres victimes, comme toujours.Et parler de délation dans ce contexte, à propos de crimes graves que théoriquement tout citoyen doit dénoncer, c’est quand même assez indécent. Et en plus, poser que ces crimes ne pouvaient être dénoncés qu’en portant plainte, c’est quand même se moquer du monde : ce n’est pas pour rien qu’il n’y a que 9% de plaintes déposées, qu’au final 70% de ces affaires sont classées et qu’il n’y a que 1% de condamnations. Et on sait que les procédures judiciaires sont maltraitantes : notre enquête a montré que 80% des victimes disent avoir très mal vécu les procédures judiciaires. Et que dans l’état actuel, porter plainte, ce n’est pas du tout une garantie d’être jugée, d’être entendue, en fait, les femmes se retrouvent forcément mises en cause, traitées comme des coupables – on ne peut donc pas leur renvoyer cette injonction de porter plainte. Certaines y arrivent parce qu’elles ont du soutien, où qu’elles croient que la justice va répondre à leurs demandes –mais ça se révèle un piège affreux pour elles. Mais pour l’instant, avec la justice actuelle, faire cette injonction aux victimes, c’est un déni total de réalité.

      ...

      Dissociation traumatique qui est à l’origine de la vulnérabilité à d’autres violences, parce que les agresseurs repèrent immédiatement que les victimes sont dissociées donc qu’elles n’ont pas la capacité de pouvoir leur échapper et de se défendre. Et cette dissociation fait aussi que personne n’en a rien à faire, parce que de toute façon, elles ont l’air complètement à l’ouest, on ne va pas du tout les protéger, parce que personne n’a peur pour elles. C’est effarant de constater, quand on discute avec les magistrats qui s’opposent à l’allongement de la prescription, voire à l’imprescriptibilité que nous demandons, que jamais ils n’évoquent le fait que permettre à des victimes de porter plainte, ça permet de protéger d’autres victimes et, en ayant une justice qui agit, de mettre hors d’état de nuire les violeurs : le fait que ça protège d’autres victimes, ça ne les intéresse jamais. J’ai vu ça dans les commissions auxquelles j’ai participé, et à l’échelon du syndicat de la magistrature ; à l’échelon individuel, il y a des magistrats qui sont bien, avec qui on peut travailler. Mais la majorité des magistrats sont contre nous, la majorité des médecins aussi, donc on doit « travailler contre ». On sent que la majorité de ces hommes dominants ne veulent absolument pas renoncer à leurs privilèges, continuer à se servir comme ils veulent quand ils veulent et pouvoir exercer les pires violences tranquilles dans leur coin.

    • C’est juste que les flics ont recu des ordres correspondant à la place des femmes dans la république.

      Et peut-être même pas de façon explicite. C’est leur fonctionnement profond et basique renforcé par une formation délétère qui fait que la police met en doute la parole des victimes ou tourne en dérision leurs plaintes, renforçant ainsi les humiliations qu’elles ont subies.

      #sexisme #hypocrisie (des pouvoirs publics) #communication_politique


  • J’archive cette bouse de l’e-monde

    Depuis que le hashtag ­#metoo est apparu sur le devant de la scène, suivi par #balancetonporc, les lourdingues font profil bas au bureau. Pourtant, ne doit-on pas reconnaître à la grosse blague quelques vertus ?

    En savoir plus sur https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2018/05/28/mon-collegue-ce-relou_5305565_4497916.html#aEU1RfFjQWpj7SEt.99

    Je voie pas le rapport entre #metoo et les grosses blagues lourdes des collègues.
    #harcèlement_sexuel #déni

    • L’auteur se spécialise dans le point de vue « décalé » sur l’actualité… Parmi ses articles à Slate

      Mélenchon est emblématique d’un nouveau socio-type émergent : le « franchouillard augmenté »
      24/01/2017
      De Jean-Luc Mélenchon au Consumer Electronic Show de Las Vegas, la France rattrape son retard dans le secteur des nouvelles technologies. Mais à quoi ressemble le Français qui innove ?
      […]
      Faut-il vraiment remettre sa tournée pour sauver la liberté ?
      9/12/2015
      Se mettre la tête à l’envers n’a jamais été aussi bien vu. Depuis les attentats du 13 novembre et l’apparition des hashtags #jesuisenterrasse ou #tousaubistrot, le fêtard anonyme a soudain accédé au rang d’alcoolo-résistant, une sorte de Jean Moulin armé de son verre de rouge et de son bol de cacahuètes. Reportage imbibé sur la ligne de front.

      http://www.slate.fr/source/105149/nicolas-santolaria



  • Condamnée pour avoir protégé des salariées victimes de harcèlement sexuel
    http://www.ugict.cgt.fr/ugict/presse/condamnee-pour-avoir-protege-des-salariees-victimes-de-harcelement-sexuel

    Par une décision en date du 4 mai 2018, la médecin du travail Karine Djemil vient d’être condamnée par l’ordre des médecins à 6 mois d’interdiction d’exercice dont trois fermes, pour avoir donné des soins médicaux à plusieurs femmes harcelées sexuellement dans le cadre de leur travail. Source : UGICT CGT



  • Sexisme à l’école, silence dans les rangs - L’Express
    https://www.lexpress.fr/education/sexisme-a-l-ecole-le-grand-tabou_2005156.html

    Partout, dans les établissements scolaires, les filles sont victimes de violences sexistes. Dans un mutisme assourdissant.

    Une ado de 15 ans plaquée contre le mur des toilettes du lycée professionnel Gallieni de Toulouse et victime d’attouchements de la part de trois agresseurs. Des élèves de terminale du lycée Camille Pissarro de Pontoise (Val d’Oise) qui, parce qu’elles seraient trop court-vêtues, doivent affronter des camarades masculins hilares, mimant des actes pornos et les injuriant sans retenue - « sale pute », « gros cul », « t’es bonne »...

    La vidéo d’une toute jeune fille ayant des rapports sexuels avec deux garçons qui circule de téléphone en téléphone, sans le consentement bien sûr de l’intéressée, auprès de ses pairs du lycée d’Alembert, dans le XIXe arrondissement parisien. Ce « tu suces ? » jeté au visage d’une élève du lycée Jacques-Prévert, à Savenay, près de Nantes, pour avoir eu l’"audace", encore une fois, de porter une jupe avec des chaussettes hautes et des souliers à talons. Mais aussi, parce que désormais le sexisme prend de nouvelles formes, des garçons qui refusent de s’asseoir à côté de leurs homologues féminines au collège Versailles de Marseille...

    LIRE AUSSI >> N’abandonnons pas les filles

    Ces anecdotes, glanées à travers toute la France, sont très loin d’être des cas isolés. Et les établissements cités ci-dessus ne sont pas forcément les plus « difficiles » ou les plus laxistes en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.
    « Si les parents savaient... »

    Parmi eux, beaucoup, comme le lycée d’Alembert par exemple, ont même le mérite de dénoncer haut et fort ce qui se cache ailleurs. Mais voilà, entre l’accès à la pornographie - facilité par Internet, les smartphones et les tablettes -, la violence et le harcèlement pratiqués à grande échelle sur les réseaux sociaux, les stéréotypes de genre intégrés dès le plus jeune âge et, enfin, le développement de la radicalité religieuse dans certains établissements, c’est bien toute l’Education nationale qui doit faire face à une très inquiétante situation.

    #discrimination #misogynie #sexisme #viol #culture_du_viol #violence_masculine #sexisme_d'etat #violences_sexuelles #mixité #harcelement_sexuel #école #éducation #deni #backlash #pornographie #prostitution #enfance #harcelement #facebook #snapchat #slut_shaming #grossophobie

    • Article nauséabond qui sous couvert de dénoncer la violence sexuelle désigne l’adversaire à abattre ...

      Les « grands frères »

      A la lecture de ce récit d’une très grande force, il est possible de discerner trois « types de filles » : les « ultraféminines » au maquillage et aux tenues très sexuées ; celles qui, au contraire, reprennent les codes vestimentaires et verbaux des garçons, qui parlent dru et cru et s’habillent en jeans ou en joggings ; et celles qui portent le voile... Bon nombre de ces dernières mettent en avant leur libre choix.

      Mais Bernard Ravet, cet ancien proviseur de Marseille, qui a dénoncé dans un récent livre l’influence de l’extrémisme (Principal de collège ou imam de la République ?, éd. Kero), n’est pas si certain de cette liberté revendiquée et évoque même une forme de pression exercée par les grands frères qui se battent pour que les jeunes filles n’enlèvent leur voile qu’une fois à l’intérieur de l’école et pas devant la grille. Il y a aussi ces certificats médicaux qui fleurissent quand, en sport, vient le temps de la natation. Pour lui, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là de certificats de complaisance pour échapper à la piscine et aux maillots de bain. « Il m’est arrivé de contacter plusieurs fois les médecins en question pour obtenir des explications, mais je me suis heurté à chaque fois au secret médical », explique Bernard Ravet.

      En 2005, alors qu’il était à la tête du collège Versailles de la cité phocéenne, il demande aux enseignants de remplir un questionnaire destiné à préparer la venue d’inspecteurs généraux, envoyés par le ministère de l’Intérieur. Thème de leur visite : « l’incidence de la montée des communautarismes sur les relations garçons-filles et les problèmes de mixité ». Les réponses que L’Express a pu se procurer sont édifiantes : « insultes particulièrement crues », « jugements péremptoires de la part des garçons sur les habitudes vestimentaires des filles », « propos injurieux dès qu’une fille se met en jupe », « très rares relations amoureuses voire même amicales », « certains estiment que le traitement cruel des femmes dans certains pays est normal si c’est leur religion », « certains élèves peuvent avoir du mal à accepter les remarques d’un professeur femme »...

      C’était il y a treize ans, mais Bernard Ravet doute que la situation ait évolué favorablement. « Récemment, une maman d’élève évoquait le cas de ce gamin de maternelle qui refusait de prendre la main d’une maîtresse parce que c’était une femme... », soupire l’ancien proviseur. Des faits difficiles à évoquer par les enseignants qui craignent d’être taxés de « racistes » par les uns ou de faire, malgré eux, le jeu des extrêmes. Faut-il pour autant s’interdire de parler et abandonner certaines de ces élèves à leur sort ?


  • En #Corée_du_Sud, les #femmes à l’avant garde de #MeToo - Le Topo | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/075837-018-A/en-coree-du-sud-les-femmes-a-l-avant-garde-de-metoo-le-topo

    #Harcèlement_sexuel au travail, voyeurisme obsessionnel, #pornographie en ligne : pas facile tous les jours d’être une femme en Corée du Sud. Et c’est ce qui confirme le Gender Gap Report 2017 : la Corée du Sud occupe la 118e place en terme d’#égalité hommes-femmes ! L’onde de choc #MeToo est venue percuter de plein fouet le combat des Sud-Coréennes contre la #misogynie. Et les choses commencent à bouger.


  • Norbert Elias, Catherine Deneuve et l’égalité des sexes
    http://www.laviedesidees.fr/Norbert-Elias-Catherine-Deneuve-et-l-egalite-des-sexes.html

    Avec l’affaire Weinstein, on a beaucoup débattu des pulsions sexuelles masculines. La sociologie de Norbert Elias s’avère une ressource précieuse pour comprendre ce moment déjà historique, par-delà l’opposition médiatique entre liberté d’importuner et devoir moral de balancer les porcs.

    #Essais

    / #femmes, #progrès, #harcèlement_sexuel

    • Autant qu’un progrès (vers plus d’égalité) et plutôt qu’une régression (vers un ordre moral répressif), le mouvement #MeToo et ses suites attesteraient la fragilité de codes normatifs qui ont encore besoin d’être réaffirmés.

      Désigné la lutte contre les viols, les violences sexuelles et le harcelement sexiste et sexuel comme un regression vers un ordre moral répressif c’est particulier. Pour moi c’est les viols et violences sexuelles qui sont des manfestation de morale répressive et d’un code normatif. Quelle drole d’idée de prendre un vieux mec qui parle de civilisation en 1930 pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Il n’y a pas de femmes qui ont réfléchit la dessus pour avoir besoin de mettre encore un homme en avant sur ces questions ?

      Par exemple Elias voit la galanterie et la courtoisie comme la manifestation d’une égalité femmes-hommes. Il sous-entend que les hommes de la haute socité seraient moins suceptibles de violer et brutaliser les femmes (weinshtein et DSK montrent pourtant bien le contraire), Elias fait comme si c’etait un problème de manque de courtoisie alors que le courtoisie n’existe qu’au masculin (la femme courtoise est une insulte putophobe en français). L’amour courtois est un des fondement de la culture du viol, car dans la courtoisie, une femme respectable doit se refusé et l’homme doit insister-la forcer et si elle résiste pas, elle n’est pas respectable et les hommes peuvent la forcer aussi.

      Prétendre aussi que la révolution française à favorisé une amélioration de la condition féminine (et de manière irrémédiable ajout-il) est très discutable aussi (le droit au divorce seul droit obtenu par les femmes à l’époque à été supprimé sous napoléon).

      Parler « d’inégalité harmonieuse » pour le fait de tuer les épouses en Indes et de les faire marché en arrière, c’est un choix de vocabulaire qui témoigne d’une vision très androcentrique... Je voie pas trop l’harmonie dans le féminicide, mais pour Elias ca le fait vu son choix de vocabulaire.

      #violences_sexuelles #dicrimination #domination_masculine #phallosophie


  • Harcèlement : le ballet de l’Opéra secoué par un sondage
    http://next.liberation.fr/theatre/2018/04/17/harcelement-le-ballet-de-l-opera-secoue-par-un-sondage_1644074
    Une étude interne fait état d’abus parmi les danseurs et met en cause leur directrice, Aurélie Dupont. L’établissement et les intéressés voient dans sa publication une manipulation.

    Lundi, le Figaro a publié le résultat d’un sondage interne, réalisé par la Commission d’expression artistique de l’institution et adressé aux 154 danseurs de la compagnie. Le quotidien met en avant trois chiffres préoccupants : 76,8 % des 108 membres du ballet qui ont répondu ont été victimes ou témoins de harcèlement moral, 25,9 % de harcèlement sexuel et 89,8 % marquaient leur défiance vis-à-vis des méthodes de management de la directrice de la danse, Aurélie Dupont. Un plébiscite inversé contre celle qui, en poste depuis février 2016 après le passage éclair du tournoyant Benjamin Millepied, avait pour mission de rétablir le calme dans une maison qui venait d’être secouée.

    ...

    « Dans ce métier de la danse, il y a parfois des réflexions difficiles, sur l’aspect physique d’une danseuse, sur le fait qu’elle ait mal dansé. […] Quand on parle de relations tendues, de harcèlement moral, on touche à des choses où les frontières sont proches », analyse Stéphane Lissner auprès de l’AFP. La direction veut maintenant une ouverture totale de la boîte de Pandore et cherche à se rendre irréprochable : « Ces allégations sont trop graves, fait-on savoir en interne. Si des gens savent quelque chose, qu’ils parlent. » Sur la question du harcèlement sexuel, le directeur a fait savoir qu’il avait eu à connaître trois cas depuis sa prise de fonctions en 2015. Deux des personnes ont été licenciées et une procédure est en cours pour la troisième.

    ....

    C’est peu dire que la stupeur est grande au sein de la direction de l’institution. Qui se rassure en expliquant qu’il faut voir ce sondage comme un exutoire interne où les protagonistes se sont lâchés. Et dont les résultats auraient été différents si les danseurs avaient su qu’ils allaient être portés sur la place publique. Bizarrement, c’est un des points de convergence dans cette affaire : tant la direction que les membres du ballet estiment s’être fait piéger par la fuite.

    –---
    #harcelement #harcelement_sexuel #sexisme #invisibilisation (par l’emploi du masculin tout le long de l’article) #danse #travail


  • Norbert Elias, Catherine Deneuve et l’égalité des sexes
    http://www.laviedesidees.fr/Norbert-Elias-Catherine-Deneuve-et-l-egalite-entre-les-sexes.html

    Avec l’affaire Weinstein, on a beaucoup débattu des pulsions sexuelles masculines. La sociologie de Norbert Elias s’avère une ressource précieuse pour comprendre ce moment déjà historique, par-delà l’opposition médiatique entre liberté d’importuner et devoir moral de balancer les porcs.

    #Essais

    / #femmes, #progrès, #harcèlement_sexuel


  • Une cinquième plainte déposée contre #tariq_ramadan
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130418/une-cinquieme-plainte-deposee-contre-tariq-ramadan

    Tariq Ramadan le 9 mai 2009, lors d’une conférence au Portugal. © Reuters Une plainte pour viol a été déposée ce vendredi en Suisse à l’encontre de Tariq Ramadan, d’après La Tribune de Genève. Il s’agit de la cinquième plainte visant l’islamologue, après le dépôt de trois plaintes pour viol en #France et une aux États-Unis pour agression sexuelle.



  • On the edge of the EU, refugee flows flood the Evros River

    A clampdown on Europe’s eastern borders and the Aegean Sea has forced migrants to seek different — and more dangerous — routes to the continent. Hunters and fishermen find their bodies, reports Anthee Carassava.

    http://www.dw.com/en/on-the-edge-of-the-eu-refugee-flows-flood-the-evros-river/a-43068842?maca=en-Twitter-sharing
    #Evros #asile #migrations #réfugiés #Grèce #frontières #Pavlos_Pavlidis #mourir_aux_frontières #morts #décès

    • Si jamais, pour mémoire, j’avais écrit cet article en 2012, paru dans @lacite et repris par @visionscarto :
      Dans la région de l’Evros, un mur inutile sur la frontière greco-turque

      L’Europe se déchire sur la « crise des migrants », et la Hongrie vient d’annoncer la fermeture de la frontière et l’édification d’une clôture de barbelés de 4 mètres de haut sur les 175 kilomètres de tracé frontalier avec la Serbie. Mais que se passe-t-il vraiment le long des frontières européennes ? Voyage en plusieurs étapes avec Alberto Campi et Cristina Del Biaggio, qui arpentent ces marges depuis 2012.

      Aujourd’hui, le mur d’Evros, sur la frontière greco-turque. Considérée comme une passoire, les autorités grecques ont cherché à la « verrouiller » en construisant un « mur » sur un peu plus de 12 kilomètres, symbole du durcissement de la politique de surveillance et de restriction des flux migratoires vers l’Europe.


      https://visionscarto.net/evros-mur-inutile

    • Erdogan crackdown, Syria war seen fueling migrant flows to Greece

      Over the previous week, a record 1,500 migrants and asylum-seekers crossed the Evros River border, most of them Kurds from Syria and Iraq, as well as self-professed critics of the Erdogan regime. Most turn themselves into Greek authorities, waiting to be formally identified and transferred to reception centers.

      Greek officials are concerned that arrivals via Evros will rise as dry weather has resulted in lower water levels in the river.

      Another key factor, military and police sources have told Kathimerini, is that Turkish authorities appear less willing than before to stem inflows. They say that the ease with which traffickers and migrants are able to reach the Turkish side of the border – despite Erdogan’s decision to reinforce Turkey’s land border with thousands of pro-government military border guards – suggests that the authorities have either been ordered to turn a blind eye to widespread trespassing or are susceptible to bribes. Additionally, analysts say that the fact that the vast majority of migrants are Kurds from war-torn Afrin in Syria and from Iraq, whose presence in Turkey would be a headache for Erdogan, amplifies skepticism over the true motives of Turkish authorities.

      “The Turks are doing in Evros what we did in Idomeni in the beginning [of the crisis],” a source said in reference to the now-defunct border camp on Greece’s frontier with the Former Yugoslav Republic of Macedonia. “We simply facilitated the refugee flows so that they could move on to Europe through Skopje.”

      Meanwhile, sources say that the channels of communication between Greek and Turkish border guards, which in the past facilitated the arrest of migrants and smugglers before the attempted crossing, have been clogged amid deteriorating bilateral ties. The arrest of two Greek soldiers in early March after they accidentally crossed into Turkish territory has made Greek patrols more restrained in their operations.

      Greece plans to reinforce its border force with an additional 150 guards as of May 1.

      http://www.ekathimerini.com/227933/article/ekathimerini/news/erdogan-crackdown-syria-war-seen-fueling-migrant-flows-to-greece

      Greece plans to reinforce its border force with an additional 150 guards as of May 1

      –-> #militarisation_des_frontières

    • Concern as rising numbers cross from Turkey to Greece via Evros

      Over a thousand people have crossed the Evros river, marking the land border between Turkey and Greece, since March this year. Last week over one hundred people arrived each day and 340 people arrived on Tuesday alone. This has led to concerns from authorities and NGOs that an emergency situation is unfolding.

      Many of the people crossing the border have ended up sleeping in the parks and squares of the city of Thessaloniki, waiting for a place in a camp. There are also reports of hundreds of people waiting outside police stations, to get arrested in order to gain temporary residence. The municipality has expressed concerns that the city may experience similar circumstance as the events of 2015, where thousands of people slept on the streets across Greece. Local and national migration authorities have scheduled a meeting for Saturday to discuss the situation. The Migration Policy Minister Dimitris Vitsas expressed his concerns about the increase of arrivals and announced his ministry has developed two plans to deal with the situation, which he will share privately with party leaders.

      Arrivals have also been increasing on the Aegean islands, with arrivals on Lesvos almost four times the amount of last year. Minister Vitsas said “I’m not scared about the islands because we know what we have to do. What is really worrisome is the huge increase through Evros.” A concern also raised by the Head of the International Federation of the Red Cross (IFRC) in Greece, Ruben Cano: “This is not the route most people take to reach Greece – it’s a worrying development. The summer will see river levels drop which could also lead to a further rise in people braving the journey.”

      The situation for refugees in Greece has been increasingly tense after incidents on Sunday, where a group of asylum seekers who had been occupying the central square in Mytillene, Lesvos to protest reception conditions and long asylum processing times, were attacked by over a hundred far right extremists. The attackers threw projectiles, including bricks and flares. The Mayor of Lesvos, Spyros Galinos, wrote to Minister Vitsas and the Citizen’s Protection Minister Nikos Toskas, saying, “Lack of action and poor management has resulted in nearly 10,000 asylum seekers being trapped in miserable conditions around a town of 27,000 residents and has created intense fear in the local community; a community that has lost its sense of security and after last night’s events its cohesion too.”

      The state of affairs in Turkey following the failed coup-attempt of 2016, the humanitarian impact of the war in Syria and deteriorating diplomatic ties between Greece and Turkey are cited as reasons for the increase of crossings of mainly people of Kurdish descent from Syria and Iraq and Turkish nationals.


      https://www.ecre.org/concern-as-rising-numbers-cross-from-turkey-to-greece-via-evros

    • Grèce : de plus en plus de réfugiés arrivent par voie terrestre

      La situation devient « intenable » dans la région de l’Evros, au nord-est de la Grèce. Selon le HCR, 2900 personnes ont pénétré dans le pays en avril par la frontière terrestre, 1650 en mars. Les autorités grecques s’inquiètent de cette hausse d’autant que de nombreux camps ont été fermés dans le nord du pays et que les capacités d’accueil y sont restreintes.


      https://www.courrierdesbalkans.fr/les-refugies-sont-de-plus-en-plus-nombreux-a-arriver-par-voie-ter

    • ’Grieken die migranten terugsturen is duistere, illegale praktijk’

      In de nacht, buiten het zicht, langs de afgelegen rivieroever van de Evros gebeurt het: migranten die voet op Griekse bodem hebben gezet, worden weer in een bootje geladen en teruggevaren naar Turkije. Pushbacks. De grensrivier tussen Turkije en Griekenland is het middelpunt van een goed georganiseerd, illegaal gesleep met migranten.

      https://nos.nl/artikel/2230095-grieken-die-migranten-terugsturen-is-duistere-illegale-praktijk.html
      #refoulement #push-back

    • Le HCR demande à la Grèce d’améliorer la situation à Evros

      Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, demande au gouvernement grec d’améliorer de toute urgence les conditions de vie et les capacités d’accueil des réfugiés dans la région d’Evros, à la suite d’une récente augmentation des arrivées via la frontière terrestre avec la Turquie. Des centaines de personnes sont actuellement maintenues dans des centres de détention de la police.

      Environ 2 900 personnes sont arrivées à Evros ce mois-ci, principalement des familles syriennes ou iraquiennes. Cela représente près de la moitié des arrivées enregistrées pour l’ensemble de l’année 2017. Selon les données recueillies par le HCR, les arrivées par voie terrestre ont dépassé le nombre d’arrivées par la mer au mois d’avril. Au moins huit personnes sont mortes depuis le début de l’année en tentant de traverser le fleuve Evros.

      Cette augmentation des nouvelles arrivées met à rude épreuve l’unique centre d’accueil et d’identification d’Evros, situé à Fylakio. Ce centre a dépassé sa capacité maximale d’accueil de 240 personnes, dont 120 enfants non accompagnés ou séparés de leur famille.

      Etant donné que le centre d’accueil et d’identification est submergé et qu’il peine à procéder à l’enregistrement et à l’identification des réfugiés, à fournir des services d’ordre médicaux, psychosociaux ou d’interprétation, les autorités ont placé des personnes, dont de nombreux enfants, dans des centres de détention de la police éparpillés dans la région et inadaptés à la situation, dans l’attente que des places se libèrent.

      Certaines personnes sont maintenues depuis plus de trois mois dans des centres de détention de la police. Les conditions de vie y sont désastreuses et les services y sont limités au strict minimum. Lors d’une visite sur place, les équipes du HCR ont découvert des familles qui dormaient à même le sol dans les couloirs à côté des cellules. Dans un autre établissement, on comptait à peine un médecin et quatre infirmières pour plus de 500 personnes. Parmi les centaines de personnes maintenues dans ces conditions, on dénombre des femmes enceintes, de très jeunes enfants et des personnes qui ont besoin de soins médicaux ou d’une aide psycho-sociale.

      Nous nous réjouissons de la décision qui a permis de libérer plus de 2 500 personnes détenues par les autorités mais nous sommes préoccupés par les conditions dans lesquelles ces libérations ont été réalisées, à savoir sans vérifier la vulnérabilité des personnes concernées et sans leur fournir suffisamment d’informations au sujet de l’asile ou de leurs autres options. Leur situation doit être examinée de toute urgence afin de leur permettre l’accès à des soins et aux procédures d’asile.

      Nous saluons les efforts menés par la police et par le centre d’accueil et d’identification de Fylakio en vue de relever les défis auxquels ils sont confrontés mais, face à des ressources de plus en plus limitées, la situation est devenue intenable.

      Le HCR suggère plusieurs mesures :

      Accroître d’urgence la capacité d’accueil du centre de réception et d’identification, en y augmentant le nombre de places disponibles et en y améliorant les conditions de vie et les services ;
      Identifier des lieux de transit ouverts, vers lesquels pourront être dirigées les personnes qui arrivent d’Evros et où l’enregistrement et l’identification pourront être réalisés ;
      Mettre en place des équipes mobiles d’enregistrement et d’identification ;
      Transférer immédiatement les familles en détention vers des abris sûrs et les guider vers les services dont elles ont besoin ;
      Améliorer les conditions de vie dans les centres de la police, y compris pour des périodes de courte durée, en y assurant l’accès à des espaces communs et à des services élémentaires, notamment et en priorité des soins de santé ;
      Augmenter les capacités d’enregistrement des autorités grecques compétentes afin de garantir l’accès aux procédures d’asile et l’enregistrement des demandes en temps opportun ;
      Transférer rapidement les enfants non accompagnés vers des lieux sûrs et procéder rapidement à une évaluation de leur situation et des liens familiaux.

      Le HCR continue de fournir son appui en matière de protection au centre d’accueil et d’identification de Fylakio, et reste en contact étroit et régulier avec le gouvernement grec afin de faire face à cette situation exceptionnelle. Le HCR continuera d’aider les autorités grecques en fournissant un soutien technique et matériel, notamment des couvertures, des vêtements, des articles d’hygiène, des lampes à énergie solaire et d’autres articles non alimentaires.


      http://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2018/4/5ae734a4a/hcr-demande-grece-dameliorer-situation-evros.html

    • La rivière Evros, point de passage des clandestins entre la Turquie à la Grèce

      Les migrants multiplient les tentatives pour passer le fleuve qui marque la frontière, en dépit de la pression exercée par les polices turque et grecque.

      Rivière tumultueuse qui marque la frontière entre la Turquie et la Grèce, à 75 kilomètres de la ville d’Edirne, en Thrace orientale, l’Evros est l’une des portes d’entrée des migrants en Europe. Si les candidats au départ prennent moins souvent les bateaux pour rejoindre l’Union européenne via les îles grecques, ils optent toujours pour la traversée de la rivière Evros, réputée – à tort, car il existe des cas de noyades – moins dangereuse que celle de la mer Egée.

      Ces passages de migrants redoublent après la décrue printanière du fleuve, comme en témoignent les sacs plastique, les vêtements abandonnés et les canots pneumatiques dégonflés qui jonchent ses berges. Ces tout derniers mois, le rythme s’est encore accéléré. Les autorités grecques faisaient état d’une moyenne de 44 arrivées par jour dans la zone en 2017. Elles sont passées à 62 en janvier et février 2018, puis à 200 les mois suivants. « En avril, nous avons enregistré 2 700 arrivées pour la région d’Evros », a déploré Dimitris Vitsas, le ministre de la politique migratoire, lors d’un débat parlementaire sur les réfugiés, mardi 24 avril.

      « Chaque jour, je vois des réfugiés. Je les croise quotidiennement dans mes champs ou le long des sentiers qui mènent au village », confirme Erdogan Adali, le chef de l’administration du village d’#Akcadam, situé à 3 kilomètres du fleuve. « Ça me fend le cœur. Ils sont dans un état pitoyable, hagards, pieds nus, affamés. Je leur donnerais volontiers le gîte et le couvert, mais c’est un délit, je ne peux pas. Dès que je les vois, je suis obligé d’alerter les gendarmes qui viennent les chercher pour les ramener au centre de rétention d’Edirne », raconte l’agriculteur au visage buriné, dont les rizières et les champs de blé jouxtent le village.

      Le reste... #paywall
      https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/05/la-riviere-evros-point-de-passage-des-clandestins-entre-la-turquie-a-la-grec

    • Greece: Asylum-Seeking Women Detained with Men. Urgently End Dangerous Detention Conditions

      Greek authorities are routinely confining asylum-seeking women with unrelated men in the northern Evros region, at the land-border with Turkey, putting them at grave risk of sexual violence and harassment. Authorities should immediately stop holding asylum-seeking women and girls in closed facilities with unrelated men.

      Human Rights Watch research in Northern Greece in late May 2018 found women and girls housed with unrelated men in sites for reception and/or detention of asylum seekers. Twelve women and two girls interviewed said they had been locked in cells or enclosures for weeks, and in one case for nearly five months, with men and boys they did not know. Four said they were the sole females confined with dozens of men, in some cases with at least one male partner or relative.

      “Women and girls should not be confined with men who are complete strangers, even for a day,” said Hillary Margolis, women’s rights researcher at Human Rights Watch. “These women and girls came to Greece seeking security and protection, and instead they are living in fear.”

      Five women said they had severe psychological distress as a result, including two who had suicidal thoughts. Other women and girls said they experienced sleeplessness, anxiety, and other emotional and psychological distress, in part due to fear of confinement with unrelated men.

      The Greek government has not provided authorities in northern Greece with sufficient resources to respond to a surge in arrivals over the land border with Turkey in April. Officials who met with Human Rights Watch acknowledged that the increase led to a slowdown in reception and identification procedures, including registration of asylum claims, as well as overcrowding of and lengthier stays in reception and immigration detention facilities.

      Pending completion of reception and identification procedures, newly-arrived irregular migrants and those seeking international protection are held in border police stations in the Evros region, in the Fylakio pre-removal detention center, run by the Hellenic Police, and/or in the Fylakio reception and identification center (RIC), run by the Ministry for Migration Policy. The Ministry and the Hellenic police granted Human Rights Watch access to these sites, and authorities at the pre-removal detention center and RIC helped identify female migrants in the facilities so that Human Rights Watch could approach them for interviews.

      Eight women and one of the girls said they had been held in cells with unrelated men in Fylakio pre-removal detention center, including six women who were held with unrelated men at the time of the interviews. Five women and the two girls were housed with unrelated men in pre-fabricated containers and locked, fenced-off “sections” in the Fylakio RIC at the time of the interviews. Some said they were held with unrelated men in multiple facilities.

      Two of the women said they had been at the pre-removal center in cells with their male partners and many unknown men for at least two weeks. “Maha,” a 38-year-old woman from Iraq, was visibly shaking as she described being the sole woman in a cell with about 60 men for over two weeks. Maha said she avoided drinking water due to fear of using the shared toilet inside the cell. She said that she was living almost exclusively inside an enclosure she and her partner created by hanging blankets around their bunkbed.

      “I haven’t moved my legs for 23 days,” she said in tears, demonstrating how she cowered with her knees hugged to her chest all day. “If I had a way to kill myself, I would have.”

      According to a police registry given to Human Rights Watch researchers, at the time of the interview she and her partner were held in a cell with 32 unrelated men. Maha was released days after her interview, but her partner remained in detention.

      Some women and girls said they were housed with unrelated men at the RIC for weeks or months. “Suraya,” a woman in her twenties (nationality withheld) in the RIC with her four-year-old nephew while awaiting confirmation of their family links, spent nearly five months in a section she said housed only men and unaccompanied boys. She said a fellow asylum seeker sexually assaulted her. “He started touching me while I was sleeping,” Suraya said, adding that he left when she screamed, and she reported it to authorities. “I have asked [them] to take me to a safer place here, or to another camp, but nothing has happened,” she said.

      Authorities at the pre-removal detention center said there is a separate designated cell for women traveling alone, but they also put families in that cell “if necessary,” such as during periods of overcrowding. The facility was under capacity when Human Rights Watch visited, but two single women said they were in a cell with unrelated families. Authorities in both the pre-removal detention center and the RIC acknowledged gaps in response at the facilities, which they attribute largely to a dearth of resources.

      National and European law as well as international standards require that men and women be held separately in detention, including reception and immigration detention facilities, unless they are members of the same family and consent to being held together. They also call for separating unaccompanied children from adults, and separate accommodation for families. A 2016 order issued by the Headquarters of the Hellenic Police instructs police to separate women and children from unrelated men in closed facilities.

      Greek authorities should ensure the safety and security of all asylum seekers, including by providing single women, single men, families, and unaccompanied children with separate accommodation, toilets and bathing facilities in all immigration detention sites and other closed facilities. Authorities should urgently fit all rooms, bathrooms, and containers in RICs with locking doors to facilitate security and privacy.

      When necessary, authorities should urgently transfer single women, unaccompanied and separated children, and families including couples in immigration detention to accommodation or facilities that meet these standards. Authorities should also ensure that asylum seekers have a safe and confidential means to report sexual harassment or assault, and that such reports are promptly investigated, those responsible are appropriately punished, and immediate measures are taken to ensure victims’ safety and well-being.

      “Women and girls in these sites are overcome by fear from being locked up with men who are complete strangers,” Margolis said. “Greek authorities need to put an urgent stop to this, and grant them the security, privacy and dignity they deserve.”

      Accounts from asylum seekers in Fylakio pre-removal detention center and the reception and identification center (RIC) in Fylakio, Greece:

      Fatima (all names have been changed), 24, from Algeria, who had been at the pre-removal center with her husband for 20 days: “For 20 days I have been the only woman [in our cell]. The others are all single men. I had difficulty at the beginning. I sleep at night covered in a blanket. One night a man [in the cell] came and lifted the blanket and was looking at me. When I go to take a bath, the men come and try to look over the wall…. I am very stressed…. I feel like I have reached the bottom. I feel like I am broken.”

      Suha, 20, from Morocco, who had been in the Fylakio pre-removal detention center with her husband for two weeks. At the time of the interview, they were in a cell alone, but they had previously been in the same center for two weeks in a cell with mostly men: “There were two other girls and 60 to 70 men [in the cell] … I was fighting for myself every day … The worst time was when I would go to the toilet. All of them would follow me with their eyes, say things. Some men, when they see a woman they act like animals. They would call out to me, ‘Stand up, stop here, let us look at you, you’re beautiful.’ The toilets are mixed [for men and women.] The bath is the same. There is no lock on the door. If you sit, they can’t see you [over the wall]. But if you stand they can see you from the chest up. Imagine being a woman in those conditions.”

      Samira, 18, from Syria, who had been in the RIC with her 15-year-old sister for three weeks: “Since I’ve been here I’m unable to eat. I’m very stressed. I can’t leave my sister, I have to take care of her…. I’m constantly afraid that someone will enter our container. I don’t sleep at night – I stay awake during the day and sleep in the morning… I only shower once every two weeks because I feel like people are watching me [in the bathroom] … I wake up every morning at 3 a.m. feeling scared and nervous.”

      Nada, 16, from Syria, who had been in the RIC with her older brother and sister for nearly two months: “We’re the only family in our section, it’s all single men. The only women are me and my sister. Everyone is afraid here. There are more than 20 men [or unaccompanied boys] living in our section…. At first, we were 20 people in the [same] container, but they have all left. It was mixed men and women. We didn’t feel safe and couldn’t sleep. We stayed up all night…. We shared the toilet with strangers. I used to take my sister with me and ask her to wait at the door.”

      Nadir, 21, from Syria, who had been in the RIC for 20 days with his 6-year-old niece, Abra, whose mother became separated from them during the crossing from Turkey to Greece: “We are in the same container with two families…. The doors don’t lock…. The families staying with us are Iraqi Kurds. We can’t communicate with them – how can we feel safe? It is not a question of nationality, it is just that they are strangers. I can’t leave [Abra] alone. If she wants to go outside, I go outside; if she wants to go to the toilet, I go with her. There are single men [or unaccompanied boys]. If you come at night around 10 p.m. you will hear the noises they make [yelling] and understand why we don’t feel safe.”

      Abbas, 35, from Iran, who had arrived at the Fylakio pre-removal detention center with his wife, 36 the previous day: “When we reached here, [the police] said, ‘You have to be separated [from your wife].’ I said, ‘No, we can’t be separated, we are a couple.’ Then the police said, ‘If you don’t separate, you’ll both have to go to the room with all the men.’ My wife was shocked and started crying. She was really scared. I said, ‘Okay, let’s separate.’ I kissed her, said goodbye, and they put her in another room and me in the room with all the men.” Eventually, he said, the police brought his wife to a cell opposite his and then put them together in that cell, along with unrelated families.

      Additional Information on Combined Detention of Women and Men

      In interviews with twelve women and two girls from May 19 to 24, eight women and one girl said they had been held in cells with unrelated men in Fylakio pre-removal detention center, including six women who were held with unrelated men at the time of the interviews.

      Women at the pre-removal center said that combined toilet and bathing stalls in cells they shared with men did not have floor-to-ceiling walls, and they were harassed by male cellmates while using them. One 24-year-old woman, in a cell with her husband and 20 single men, said men attempted to watch her over the wall while she used the toilet.

      Six women and two girls told Human Rights Watch they were also housed with unrelated men at the RIC, sometimes for weeks or months, in pre-fabricated containers and “sections,” which are fenced-in, locked enclosures containing a courtyard and multiple containers housing migrants and asylum seekers. Five women and two girls were being held with unrelated men and/or boys at the time of their interviews at the Fylakio RIC.

      Assignment to sections is based primarily on nationality. Awaiting confirmation of age, placement in designated accommodation, or establishment of family links to other asylum seekers can result in lengthy stays for unaccompanied or separated children and their non-immediate family members.

      Two unrelated girls, ages 15 and 16, each said they had been in these sections in the RIC with unrelated adult men and/or boys for over three weeks; one said she and her 30-year-old sister had been the only females in a section with 20 men and/or boys for about 45 days. One 19-year-old pregnant woman who was there with her husband and in-laws said her container housed multiple unrelated families in one shared room.

      Some women and girls, as well as a man with his 6-year-old niece, said they and their family members live in rooms inside containers shared with unrelated families including men or boys. In all cases, they said they share toilets and bathing facilities with men and/or boys, and that no containers or bedrooms have locking doors.

      Detention of Migrants and Asylum Seekers in Greece

      Under Greek law, authorities may restrict the movement of new arrivals for up to 25 days at a reception and identification center (RIC) and up to a total of six months in immigration detention, including at pre-removal centers. Unaccompanied and separated children may be held longer pending resolution of their cases and reunification with family members, particularly when age or family links are in question, or pending available space in designated sites with protected areas or shelters.

      Upon arrival in the Evros region in northern Greece, where the land-border with Turkey is located, irregular migrants and those seeking international protection are held in border police stations, a pre-removal detention center, and/or a RIC, pending completion of reception and identification procedures. Following these procedures, new arrivals may be detained for processing or assessment of their asylum claim, or for deportation.

      While the increase in arrivals in April temporarily strained asylum identification, registration, and accommodation services in Northern Greece and the Evros region, authorities are responsible for ensuring the safety and security of asylum seekers throughout registration and identification processes. Increased arrivals do not justify the Greek government’s failure to protect women and girls, or to allow dangerous conditions to persist even after arrivals have decreased.

      During Human Rights Watch visits to sites in the Thessaloniki area and in Evros, authorities said that arrivals had returned to a normal range over the previous two weeks. On May 19, authorities at Fylakio pre-removal detention center said the site has a capacity of 374 and was housing only 172 people. On May 21, authorities at the RIC, which has a capacity of 240, said it was housing 196. Nevertheless, Human Rights Watch found women and girls being held with unrelated men and boys.

      On June 1, following an April ad hoc visit to Greece, the Council of Europe Committee for the Prevention of Torture and Inhuman or Degrading Treatment or Punishment reported the detention of men, women, and children together in a single cell at the Fylakio pre-removal center, consistent with the Human Rights Watch findings in May.

      Authorities said they give priority to members of “vulnerable” groups for registration, processing, and transfer to appropriate accommodation. Under Greek law this includes unaccompanied or separated children, people with disabilities, pregnant women and new mothers, single parents with minor children, and victims of sexual violence, torture or other severe psychological or physical trauma. The authorities acknowledged that unaccompanied or separated children – and sometimes their family members – may be accommodated for lengthy periods in the RIC due to limited spaces in designated “safe” facilities and lengthy processes for verifying family links.

      The Greek government’s failure to accommodate men, women, and children separately in immigration detention is a longstanding problem, including in Evros. The European Court of Human Rights and multiple other international human rights bodies have criticized inhumane and degrading conditions in Greek immigration detention facilities, including failure to separate women and children from unrelated men. Human Rights Watch has previously documented violence, insecurity, sexual harassment, and unhygienic and unsanitary conditions in facilities for registration, identification, and processing of asylum seekers on the Greek islands, or “hotspots.” Human Rights Watch has also found women traveling alone housed with unrelated men in island hotspots.


      https://www.hrw.org/news/2018/06/07/greece-asylum-seeking-women-detained-men

      #Fylakio #femmes #violences_sexuelles #harcèlement_sexuel

    • Greek Authorities’ Struggle to Identify Dead Evros Migrants

      The worsening humanitarian situation on Greece’s land border with Turkey, is drawing international media attention.

      As the local authorities also face the challenge of identifying the bodies they recover from the frontier river, the UN Refugee Agency (UNHCR) has already called on the Greek government to urgently improve conditions and expand reception capacity in the north east.

      This follows a recent rise in arrivals in the Evros area across the land border with Turkey.

      In one report, Britain’s BBC investigates how people fleeing from Iraq and Syria as well as other countries like Iran and Afghanistan, put themselves at risk while trying to cross the dangerous waters of the Evros.

      The BBC dispatch covers the work of local people like Professor Pavlos Pavlidis of the Alexandroupoli State Hospital. A forensic surgeon, he has built up a huge database of photos, personal items and DNA samples taken from unidentified people who have perished while crossing into Greece.

      Sometimes, his work allows for a victim to be identified: “It gives an answer, even if it is a sad answer,” he says.

      http://greece.greekreporter.com/2018/05/01/greek-authorities-struggle-to-identify-dead-evros-migrants
      #cadavres #morts #identification #corps #décès #mourir_aux_frontières

    • Unprepared and overwhelmed: Greece’s resurgent river border with Turkey. When an old migration route became new again, the Evros region was caught on the back foot.

      Locals in Evros are used to new faces. People have been quietly slipping across the river that forms a natural barrier for all but 12 kilometres of the tense, militarised border between Greece and Turkey since Greece joined the European Union in 1981.

      But everyone on the Evros River was puzzled when a crush of hundreds of migrants and asylum seekers began crossing their sleepy riverine border every day in March. Six months later, arrivals have slowed but worries persist that the region is still poorly prepared for any new influx.

      At the rush’s height in April, more than 3,600 crossed the river in one month, surpassing the total number of people arriving in Greece by sea for the first time since 2012. They came across the Evros on plastic dinghies, and once on Greek soil they were picked up by smugglers in cars or continued the journey by foot. The banks of the river were littered with discarded clothes, water bottles, food and medicine packages, and flotation devices, which remain there today.

      Despite its history of migration, Evros, one of Greece’s poorest regions, was caught off guard. Hundreds of new arrivals were crammed into police stations, waiting for months to lodge their asylum claims. There were no NGOs to help out. Conditions were dismal, and services limited.

      “We are all surprised with the rise in arrivals in Evros, and the lack of Greek preparation,” said Georgia Spyropoulou, an advocacy officer with the Hellenic League for Human Rights, from her office in Athens.

      Greek officials say they were caught unawares too, with a local police commissioner telling the UN’s refugee agency, UNHCR, in June that “it is necessary to be prepared in case there is an increase in arrivals again.” Still, local police insisted they were doing the best they could with the resources available to them.

      No one is quite sure what prompted the flood of people in the first place. And plenty of of people are still making their way to Evros – 9,480 by the end of July, taking a gamble on a border that looks safe but can be deadly – 29 people have died this year during the crossing or shortly after.
      Border police and barn doors

      Before 2012, and before millions of people began landing on Europe’s beaches and drowning in the Mediterranean, Evros (known as the Meriç River in Turkish) was the main crossing point for those hoping to make it into Europe through Greece.

      Amidst mounting pressure from other EU countries to further seal its borders (Austria’s interior minister famously said Greece was “open like a barn door”), Athens launched Operation Aspida (“Shield”) in 2012, deploying 1,800 more police officers and erecting a fence on the land portion of the border, adding to a 175-strong rapid border intervention team known as RABIT – set up in 2010 with the help of Frontex, the EU border agency.

      Those who made it alive to the Greek banks of the Evros this year found a system wholly unprepared for their arrival.

      The new measures worked, and by November 2012 migrant arrivals had dwindled to none – a remarkable decrease from 6,500 in August that year.

      Athens denies reports of pushbacks of asylum seekers, but human rights watchdogs have documented collective expulsions in which people are forced back into Turkey after already crossing the river, and the UN has also raised concerns.

      Despite the crackdown, the numbers began to creep up again slowly this March. And then the spring rush came.
      Understaffed and unprepared

      Those who made it alive to the Greek banks of the Evros this year found a system wholly unprepared for their arrival.

      The procedure is supposed to be simple: new arrivals are brought to “pre-removal detention centres” run by the Hellenic police, where they wait for no more than seven days to be fingerprinted and have their asylum claims registered at the region’s one official Reception and Identification Centre (RIC) in the small village of Fylakio.

      But it proved to be anything but.

      The RIC was understaffed and overwhelmed by the numbers, causing the sorts of major delays in processing that have plagued the reception system on the Greek islands.

      In a scathing review of Evros in the springtime, UNHCR criticised the detention of new arrivals in sub-standard police facilities. Human Rights Watch also found troubling conditions in May: women and girls were being held with unrelated men. One woman told the watchdog she was sexually assaulted by a fellow asylum seeker; her requests to be transferred to another location were ignored.

      After asylum seekers’ claims are processed, they are moved to the RIC itself, which has a 240-person capacity.

      Unlike on the Greek islands and its controversial policy of containment, people in Evros are allowed to move about the country. After applying for asylum, most head to other government- or UN-run camps elsewhere in the country. Still, even the RIC facility quickly became overrun as unaccompanied minors and those likely to have their asylum claims rejected had to stay on.
      Improvements

      When IRIN visited Fylakio in July, it found the RIC camp no longer overcrowded, and newly arrived asylum seekers expressed relief at being out of the pre-removal detention centre. “That was a very bad place,” one Turkish arrival said, declining to elaborate.

      IRIN was not granted access to the nearby pre-removal detention centre. But despite Greek police releasing many migrants from police detention, a HRW report from July said conditions in Fylakio remained “inhumane”, describing “dark, dank cells, with overpowering odours in the corridors”, a lack of toilets and locked doors, and insufficient healthcare.

      There have been some improvements for those out of their first detention, and NGOs have arrived to help: ARISIS, a Greek non-governmental organisation that provides social support for minors, had recently set up a makeshift office, and Médecins Sans Frontières has now established a permanent outpost in Fylakio.

      But one RIC employee said they remain understaffed. “We have the experience and motivation to manage the situation,” but not the manpower, the employee said, asking to remain anonymous because they were not authorised to speak to the media.

      Staff work in two shifts. When IRIN visited, the centre’s director was on sick leave, and there were still no doctors on staff, and only three nurses.

      In one crowded container at the RIC centre, an Iraqi family was living alongside the body of a dog that had died the previous week – its body still hadn’t been removed, and the stench lingered. The mother was concerned for the health of her infant, who was in hospital. Because members of the family, including the mother, are minors, they are currently stuck in limbo, waiting at the RIC.

      Communication remains a constant issue. There are no official, permanent translators and the overwhelming majority of the centre’s staff only speaks English or Greek.

      “There are asylum seekers who are interpreting for other asylum seekers… [which is] completely inappropriate,” Eva Cosse, Western Europe researcher for HRW, told IRIN.
      What’s next?

      Months after the springtime surge at Evros, there is still confusion about what caused it – and if there’s any way to predict if the same thing might happen again. Everyone, it seems, has a theory.

      “The waves of migration increase in populations when there are serious issues in the country of origin,” Nikolaos Menexidis, the barrel-chested police major general of Western Thrace, told IRIN from his headquarters in the town of Kommini. “When Turkey created the latest issues in Afrin, we saw a rise in numbers.”

      It’s true that following Turkey’s assault on the Syrian Kurdish enclave of Afrin – militias supported by Ankara took control in March – the majority of those recorded crossing in the spring were Syrian Kurds and Iraqis.

      But that doesn’t explain the drop in other nationalities who have long used the river crossing, like asylum seekers from Pakistan, countered Dimitros Koros, a lawyer with the Greek Council of Refugees.

      Some people may be driven by politics – Turks who had fled and made it to the RIC in Fylakio said they had been wrongly accused of terrorist activity at home or suspected of ties to the Gulen movement, which President Recep Tayyip Erdogan blames for the 2016 attempted coup in his country. Others may have just heard there was a chance to make it to Europe at the river.

      Whatever the reason for the surge, migrants and asylum seekers people will likely continue to take their chances on the way to Greece. And Koros, the lawyer with the Greek Council for Refugees, worries that new arrivals will continue to struggle, as they move away from the squalid conditions at the border itself and into a wider region unequipped to help.

      “Evros is not just the border,” he said. “Evros is here in Thessaloniki. They are here, homeless, without any provision of service.”

      http://www.irinnews.org/news-feature/2018/09/27/unprepared-and-overwhelmed-greece-s-resurgent-river-border-turkey

    • An open secret: Refugee pushbacks across the Turkey-Greece border

      On an eastern frontier of the European Union, people are whisked back to Turkey before they can claim asylum in Greece.

      Linda, a 19-year-old Syrian and registered refugee, had just crossed from Turkey into Greece at the Evros River when men carrying guns appeared, seemingly out of nowhere. She wasn’t sure if they were police officers or soldiers, but they emerged from behind trees and wore dark uniforms that helped them blend into the night.

      It was mid-May, and several hours earlier Linda had boarded a mini-bus in Istanbul with around 35 other people, including children and a pregnant woman, eager to enter European Union territory. The trip had been organised by smugglers, and the passengers ended up in a remote area close to the northwestern Turkish city of Edirne. At around three in the morning they boarded small boats that ferried them across the river.

      Linda’s plan was to get into Greece, then make her way to Denmark, where her fiancé lives. Her crossing was part of a sharp uptick in traffic into the EU via the Evros (known as the Meriç in Turkish) this spring; 3,600 people are known to have crossed in April alone, compared to just over 1,000 in all of 2013.

      But she didn’t make it more than a few steps into EU territory before she was stopped.

      The men demanded that everyone in the group hand over their mobile phones. “Then they beat the men who were with us, put us in a boat, and sent us back to the Turkish side of the border,” Linda recalled when she spoke to IRIN recently in Istanbul.

      Pushbacks like the one Linda experienced have been going on for years, documented by both human rights watchdogs and the UN’s refugee agency, UNHCR. They are also illegal under European and international law.

      “The right to claim and enjoy asylum is a fundamental human right," Leo Dobbs, a UNHCR spokesman in Greece, told IRIN. Pushbacks at the Evros border, he added, are a “serious issue.”

      According to a report released by the Greek Council for Refugees in February, before the spring rush, pushbacks have increased to the point of being “systematic” as the number of people crossing the Evros has grown slowly in the past two years.

      The Evros River border between Turkey and Greece is one of the easternmost frontiers of the European Union. Until a fence went up on all but 12 kilometres of the Evros in 2012, it was the easiest and safest path for asylum seekers from the Middle East and elsewhere to reach Europe, and nearly 55,000 people crossed the border irregularly in 2011.

      A controversial 2016 EU-Turkey deal that paved the way for asylum seekers to be returned from the Greek Islands to Turkey (which it deems safe under the terms of that agreement), does not apply to the Evros border. Instead, there is a separate, largely ineffective bilateral readmission agreement dating from 2002 that was suspended earlier this year.

      Even under the terms of that agreement, pushbacks like the one Linda experienced violate European and international laws on refugee protection, which require states to allow asylum seekers to file for protection and prohibit sending them back to countries where they may face danger. While countries are allowed to protect their borders, they cannot legally return people who have already crossed without first evaluating their claims.

      Pushbacks may be illegal, but they are an open secret. “It’s something that everybody knows,” said Dimitris Koros, a lawyer with the Greek Council for Refugees. Now, when an asylum seeker enters Greece from the land border, “the first thing you encounter is the possibility of being pushed back,” he added.

      The Greek Ministry for Migration Policy did not respond to IRIN’s requests for comment, but the Greek government has repeatedly denied it is engaged in systematic pushbacks.

      Human rights organisations say they have raised the issue of responsibility with the Greek government multiple times without receiving a response. “It’s a difficult thing… to say that the government instructs or gives orders to the policemen to do it,” Konstantinos Tsitselikis, a human rights law professor and former director of the Hellenic League for Human Rights said, “but they have the knowledge and they tolerate it at least.”

      It’s unclear just how many people have been pushed back or who is responsible, because the area around the border is a closed military zone and there aren’t many NGOs working in the region.

      Meanwhile on the Turkish side of the river, security forces regularly apprehend people attempting to cross and transfer them to government-run detention centres. But amidst a pervasive atmosphere of fear and silence, the treatment of asylum seekers and migrants after they are pushed back and detained largely remains a mystery.
      A longstanding practice

      According to Tsitselikis, pushbacks have been happening for decades.

      “I used to do my military service in 1996-97 in the Evros border area,” he told IRIN. “Even then the Greek authorities were doing pushbacks every day.”

      Although the border is technically a military zone, these days border police patrol the frontier as well as personnel from the EU border control agency, Frontex.

      People who have been pushed back, including Linda, describe being met by security forces wearing different types of uniforms, but it’s tough to assign responsibility.

      “Since it takes place outside of the public eye, we don’t really understand who is responsible,” Koros, from the Greek Council for Refugees, said.

      When asked about the practice by IRIN, Nikolaos Menexidis, police major general of Western Thrace, the Greek region that borders Turkey, said Hellenic police always follow the proper procedures when dealing with migrants.

      Menexidis said his forces have been working with Turkish police for the past six years on what he calls “technical issues.” They primarily exchange information on stopping smugglers on both sides of the border, he said.

      After pushback

      Linda’s ordeal did not end when she was pushed back into Turkey. The smugglers who brought her group to the border were gone and so was the bus. Without phones to call for help, the group was stuck. After waiting several hours, they tried to cross again.

      This time they made it further, walking for five or six hours in Greek territory before they were stopped, taken to a detention centre, and placed in a room with people from many different countries.

      After being held for several more hours, they were driven back to the border, the men were beaten again, and they were all forced back to the Turkish side of the river. By that point, the group was exhausted and thirsty. “For two days we didn’t drink water. When we saw the river we drank from it,” Linda said. “There were people who got sick because the water was dirty.”

      A group of Turkish soldiers found them in the woods and brought them food, water, and milk for the children and pointed them in the direction of Edirne, where they arranged for taxis to bring them back to Istanbul.

      In a way, Linda was lucky. Last December, the Greek Council for Refugees documented the case of a Pakistani man who died of hypothermia after being forcibly returned to Turkey. He had fallen into the cold water on the way back.

      While the Evros is no more than a few metres wide, its current is deceptively strong and, according to records in Greece, at least 29 people this year have died while trying to cross the water or shortly after.

      Some who are forced back to Turkey face serious punishment. Since a failed military coup in 2016, the Turkish government has jailed tens of thousands of opponents, leading to an increase in the number of Turks fleeing to Greece to seek asylum – nearly 2,000 in 2017 compared to just 180 the year before. The Hellenic League for Human Rights has documented two cases of Turks being pushed back from Greece at the Evros and later being imprisoned in Turkey, including journalist Murat Çapan, who is now serving a 22.5 year sentence for “participating in a terrorist organization and attempting to overthrow the constitution”.

      Despite documentation, human rights advocates say they have struggled to bring attention to the issue of pushbacks, as EU and international policymakers focus on stemming Mediterranean crossings. There is little appetite in Europe at the moment for monitoring or changing policies that are keeping asylum seekers and migrants from entering the EU.

      “Both the European Union and the Greek government... prefer not to open this discussion, especially in this political environment,” Tsitselikis said, referring to the rise of right-wing, anti-migration politics in Europe that is shaking the foundations of the EU.
      Fear and silence

      In early June, about a 10-minute drive from Edirne, hundreds of people in the parking lot of what the Turkish government calls a “migrant removal centre” huddled under tin pavilions that offered shade from the afternoon sun. This is where those caught on the Turkish side of the river are brought.

      IRIN visited three times over the course of a week to try to gain access, but never received a response to our requests.

      The centre is surrounded by a low wall topped with a chain-link fence and spools of razor wire. Each time IRIN visited, there were hundreds of people – mostly men, but also women and small children – in the parking lot and white vans passed in and out of the metal gate depositing more people. Two large charter buses idled in the parking lot with their doors open, seemingly waiting for people to board.

      In close to a week spent at the border, there was no concrete evidence of what was happening inside the centre. There were hints and rumours, but no one wanted to speak on record – including Turkish organisations that work with asylum seekers – because of the sensitivity of the issue.

      It is simply not clear how long people are kept in the centre, or what happens to them when they are removed. The Turkish Directorate General of Migration Management responded to IRIN’s requests for comment with links to online statistics and Turkish law on removals.

      Several Syrian and Afghan asylum seekers that IRIN spoke to shared stories of being held in such centres for a period of time before being released inside Turkey and permitted to stay. Most of the people IRIN spoke to reported good treatment while inside.

      But in 2015 and 2016, Amnesty International documented cases of Syrians detained while trying to migrate to Europe and being deported to Syria, according to Anna Shea, an Amnesty researcher working on refugee and migrant rights.

      Amnesty has also recently documented a case of a Syrian asylum seeker stopped in Edirne being deported to Idlib, the rebel-held province in northwestern Syria where a ceasefire is so far holding off a government offensive but humanitarians warn conditions are still dire. It is unclear if the case is part of a larger trend.

      In recent months, Turkey has deported large numbers of Afghans and Syrians, stopped after crossing Turkey’s southern and eastern borders, back to their respective countries.

      But it is difficult to know if this practice has been extended to people who have tried to travel to Greece, given that the organisations working on migrant and refugee rights were unwilling to speak on the record, and the government declined to comment on the issue or allow access to detained migrants.

      “The total stonewalling and lack of information and complete lack of transparency is cause for concern in and of itself,” said Shea, the Amnesty researcher. “I mean, what do they have to hide?”

      Hidden practice

      At a small village outside of Edirne, a man herding goats pointed to places where people crossed the nearby river, but there was no sign of anyone during the day. Crossings happened only at night, he said. And the Turkish army prohibited people from approaching the river after 7 pm.

      The road leading from the village followed the winding course of the Evros, which was often blocked from view by thick stands of trees. The surrounding area was full of corn fields, rice paddies, and thick vegetation. Small dirt roads that shot off in the direction of the river were marked with red signs carrying a stencilled soldier – a warning that entry beyond that point was prohibited.

      Not far away, in the city centre, everyone seemed shocked to learn that so many people had crossed the border this year. It was a problem that most locals assumed was already in the past, given that most of the frontier had been lined with barbed wire and cameras for the past six years.

      But those who have tried and failed to cross the Evros know that the rural quiet harbours dangers the eye can’t see.

      Linda has given up on seeing her fiancé anytime soon – a visa is likely to take years – and she isn’t planning on trying to cross the border again. “I started being afraid because of the things I saw,” she said.


      https://www.irinnews.org/special-report/2018/10/08/refugee-pushbacks-across-turkey-greece-border-Evros
      #push-back #refoulement


  • « Il m’a sauté dessus en fin de séance » : des patientes racontent comment des psychiatres ont profité d’elles
    https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/il-m-a-saute-dessus-en-fin-de-seance-des-patientes-racontent-comment-de
    « Je pense maintenant qu’il se conduisait en homme égocentrique et en prédateur pervers qui m’avait pris pour jouet sexuel deux fois par semaine sur son lieu de travail, entre deux clientes. »
    @mad_meg
    source : actu-orange.fr
    #viol #Ordre_des_médecins #psychiatrie #harcèlement_sexuel


  • Me #Catharine_A._MacKinnon applaudit le mouvement #MeToo (2 articles)
    https://tradfem.wordpress.com/2018/03/23/en-exclusivite-me-catharine-a-mackinnon-applaudit-le-mouvement-me

    Le fait que des voix des femmes témoignant d’agressions sexuelles soient entendues, crues et prises en compte au moyen de mesures concrètes constitue un véritable changement.

    La responsabilité du harcèlement sexuel que l’on voit instituée aujourd’hui, sous l’appellation de «  conformité volontaire  » dans le champ juridique de la discrimination, est surtout apparue sous la pression des médias grand public et sociaux, plutôt que grâce à des recours judiciaires. Mais ne vous y méprenez pas. Si le harcèlement sexuel n’avait pas été reconnu il y a des décennies comme motif de grief pour discrimination sexuelle, on ne verrait pas aujourd’hui des hommes puissants et célébrés perdre des emplois lucratifs, des postes politiques et universitaires, des contrats et leur réputation.

    Transformer un privilège du pouvoir en une disgrâce si méprisable qu’on voit même beaucoup d’hommes blancs de la classe supérieure ne plus pouvoir se permettre d’y être associés a exigé des décennies de risques, de sanctions et d’efforts, y compris des efforts juridiques.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/dec/23/how-litigation-laid-the-ground-for-accountability-after-metoo
    et
    https://mobile.nytimes.com/2018/02/04/opinion/metoo-law-legal-system.html?action=click&module=Opinion&pgtype=Homep

    #MeToo #harcèlement_sexuel #pouvoir #justice #violences_masculines


    • À la fin du XIXe siècle, en France, se sont déroulées des grèves pour la dignité. Des ouvrières se mettaient en grève pour dénoncer le harcèlement sexuel de certains chefs d’atelier. Vous en avez entendu parler ?
      Un des contre-maîtres était réputé pour « faire passer les femmes par un petit couloir, et puis… »

      Ce mouvement a connu son apogée en 1905 à Limoges. La plus importante usine de porcelaine appartenait à un certain Haviland. Elle employait 5.740 hommes, 2.400 femmes et 1.528 enfants (et oui, parce que sans le travail des enfants, l’économie s’effondrerait, disait-on...). Penaud, un des contre-maîtres, était réputé pour « faire passer les femmes par un petit couloir, et puis… » Celles qui refusaient de coucher étaient virées.

      Quand on voit comment sont traitées actuellement les femmes qui portent plainte pour viol contre un homme plus puissant qu’elles, on imagine bien qu’en 1905, ça devait être coton.

      La chambre syndicale de la céramique est saisie de plusieurs plaintes. Il ne se passe rien. Pour Haviland, on remet en cause sa liberté de patron de choisir ses collaborateurs.

      Parmi les ouvriers et les ouvrières, la pression monte. Une grève est lancée avec le soutien financier du syndicat. La revendication : soit le départ de Penaud, soit sa rétrogradation au statut de simple ouvrier.

      Mais Penaud, en accord avec Haviland, explique que vu de la nature des faits qui lui sont reprochés, il en va de son honneur de ne pas démissionner. Les politiques minimisent cette grève sans revendication sérieuse (c’est-à-dire salariale). Pour eux, ce sont de simples problèmes de mœurs et de susceptibilité. D’autres usines rejoignent le mouvement, on occupe, on manifeste. L’armée est envoyée sur place (toujours un grand signe d’apaisement ça !). Il y a des affrontements, une bombe explose.

      Des « émeutiers » sont arrêtés, leurs collègues défoncent l’entrée de la prison pour les libérer. La cavalerie intervient et tire sur la foule. Un ouvrier de 19 ans est tué. Le 24 avril, Haviland finit par céder et Penaud est viré.
      La dénonciation des violences n’est pas l’apanage d’une classe sociale qui serait plus « éclairée »

      Pourquoi je vous parle de ça ? D’abord parce que je suis sans cesse étonnée par notre/ma méconnaissance de notre histoire. Comme pour les femmes artistes invisibilisées, on pouvait penser que la condition de ces ouvrières les empêcherait de parler de ces problèmes. Eh bien pas du tout : elles ont fait grève, elles ont manifesté contre ces agressions sexuelles.

      Mais ce qui m’intéresse encore plus, c’est que cela nous montre clairement que la dénonciation des violences n’est pas l’apanage d’une classe sociale qui serait plus « éclairée » ou en avance. Pas du tout, mais alors vraiment pas. En matière de lutte concrète contre les violences faites aux femmes, les ouvrières ont été en avance sur les femmes bourgeoises. Et puis, je reste songeuse devant l’élan de la grève. Est-ce qu’on imaginerait de nos jours une grève lancée pour ces sujets ?

      Évidemment, l’ampleur de la mobilisation de 1905 s’explique parce qu’elle touchait la dignité d’une classe sociale qui se sentait déjà exploitée. Ce sont donc les ouvriers qui sont descendus dans la rue avec les ouvrières, pas les épouses des patrons. La conscience de classe l’emportait sur la conscience de genre, et cette conscience de classe était extrêmement forte. Simone de Beauvoir s’est d’ailleurs longtemps demandé comment le féminisme pouvait dépasser les clivages sociaux, comment faire pour que les femmes se sentent dans une situation commune malgré toutes leurs différences.
      Les violences contre les femmes concernent tous les milieux

      Au moment de #MeToo, les femmes qui travaillaient dans l’entreprise de nettoyage des trains de gare du Nord avaient depuis déjà longtemps saisi les prud’hommes pour harcèlement. Elles ne nous ont pas attendu/es.

      C’est également une femme qui travaillait comme agent de ménage qui a porté plainte contre Dominique Strauss-Kahn. Alors bien sûr, on peut se dire que c’est parce qu’elles sont perçues comme plus faibles qu’elles seraient davantage harcelées. Mais on peut aussi penser que dans les classes sociales « élevées », on s’est plus longtemps accommodés de ce harcèlement, précisément parce que l’appartenance de classe était plus forte et/ou qu’on avait davantage à perdre.

      Il faut donc s’abstenir d’adopter un ton… maternaliste (au sens de paternaliste). Et c’est pourtant ce que j’entends souvent. Par exemple, Emmanuelle Devos interrogée sur France Inter avait affirmé qu’elle n’avait jamais entendu parler de harcèlement parmi les actrices françaises, oulala, pas du tout, mais qu’elle était là pour soutenir les plus faibles, les maquilleuses et les coiffeuses. La solidarité, c’est bien, mais il y avait quelque chose dans le ton qui me dérangeait, qui laissait entendre que c’était le problème de ces pauvres femmes sans défense.

      Les violences contre les femmes concernent tous les milieux. Et les femmes des milieux populaires sont celles qui nous ont ouvert la voie.