• Israel just quadrupled its PR budget to $730M. Experts say it won’t work. - Jewish Telegraphic Agency
    https://www.jta.org/2026/04/29/israel/israel-just-quadrupled-its-pr-budget-to-730m-experts-say-it-wont-work

    Ask the people who study public diplomacy for a living whether any of this will work, and the answer is, overwhelmingly, skeptical.

    Their central objection is that no amount of messaging can outrun entrenched rejection by its target audiences of Israel’s armed response to conflicts with its neighbors.

    “My position is that history shows all the money in the world won’t help if the policy is wrong,” said Nicholas Cull, a professor of communication at the University of Southern California and one of the founders of the study of public diplomacy. “The U.S. discovered that in Vietnam when its own Cold War public diplomacy budget peaked.”

    Cull coined the term “reputational security” to describe the argument Sa’ar is implicitly making — that a country’s standing is itself a strategic asset worth serious investment.

    “It means protecting the country both by accentuating positive images and by eliminating negative realities,” Cull said. “I suspect that the government of Israel will be unable to sell its solutions to the world when so many of its own people dispute the validity of those solutions, and where the domestic consensus is wide of the international understanding of realities on the ground.”

    #hasbara

  • Smotrich et Sa’ar approuvent un budget de 2,35 milliards de NIS [ 629 millions d’Euro] pour les campagnes de hasbara et les influenceurs en 2026.

    Ce budget sera utilisé pour des campagnes de sensibilisation et de promotion d’Israël à travers le monde, dont 1 milliard de NIS a déjà été autorisé par le gouvernement.

    Par TOBIAS HOLCMAN | 6 DÉCEMBRE 2025 | The Jerusalem Post
    https://www.jpost.com/israel-news/politics-and-diplomacy/article-879369

    Le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar ont convenu d’un budget de 2,35 milliards de NIS pour les campagnes de promotion d’Israël, dans le cadre du budget 2026 présenté vendredi.
    Ce budget sera utilisé pour des campagnes de sensibilisation à Israël dans le monde entier. Le gouvernement a déjà autorisé 1 milliard de NIS.

    « Parallèlement à l’augmentation du budget, le gouvernement a approuvé ma proposition de créer une unité de diplomatie publique au sein du ministère des Affaires étrangères. En conséquence, un responsable de l’unité de diplomatie publique sera nommé au sein du ministère, tout comme il existe un responsable de l’unité politique. Cette unité coordonnera le travail du ministère en matière de communication », a déclaré M. Sa’ar.

    Le budget sera également utilisé, entre autres, pour financer des campagnes sur les réseaux sociaux, collaborer avec des organisations de la société civile et faire venir en Israël des délégations de dirigeants, d’élus, d’influenceurs et d’autres personnalités, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.
    « Nos ennemis investissent des sommes considérables contre nous dans ce domaine. Israël a agi avec des moyens très modestes et doit désormais à la fois augmenter ses ressources et adopter des méthodes nouvelles et modernes. Les montants approuvés restent modestes par rapport aux défis auxquels Israël est confronté dans le monde, mais il s’agit d’une avancée significative », a ajouté M. Sa’ar.

    Le budget, qui a déjà été critiqué par des figures de l’opposition telles que Yair Lapid (Yesh Atid), devra désormais être approuvé par la Knesset avant de devenir officiel.

    112 milliards de NIS pour la défense en 2026
    L’un des principaux points du budget 2026 est l’augmentation des dépenses de défense, convenue entre Smotrich et le ministre de la Défense Israel Katz à l’issue de négociations. Selon le projet, le montant final sera de 112 milliards de NIS pour 2026 [ + de 29 milliards d’Euros]

    Israël a dépensé près de 100 milliards de NIS en 2024 pour ses conflits avec le Hamas et le Hezbollah au Liban, bien que des accords de cessez-le-feu aient été conclus avec ces deux groupes terroristes.
    Le bureau de Smotrich a déclaré que le budget de la défense pour 2026 avait augmenté de 47 milliards de NIS par rapport à 2023, à la veille de la guerre.
    « Nous allouons un budget énorme pour renforcer l’armée cette année, mais aussi pour permettre à l’État d’Israël de retrouver le chemin de la croissance et du soulagement pour les citoyens », a déclaré Smotrich, selon son bureau.
    Reuters a contribué à cet article.

    #Propagande #Hasbara

  • Le sectarisme inhumain de Van Jones - Mouin Rabbani
    https://mouinrabbani.substack.com/p/the-callous-bigotry-of-van-jones

    Le dégoût et la répulsion généralisés dirigés contre Van Jones pour s’être moqué des cadavres de milliers de bébés palestiniens déchiquetés au-delà de toute reconnaissance par l’armée israélienne armée par les #Etats-Unis sont, inutile de le dire, entièrement justifiés.

    La tentative ultérieure de contrition de Jones pour avoir utilisé ces cadavres palestiniens comme - selon ses propres mots - "une punchline", qui, comme on pouvait s’y attendre, a immédiatement attiré les rires de Bill Maher, Thomas Friedman et leur public, ne fait qu’ajouter une insulte à la blessure.

    La déclaration de Jones équivaut à exprimer le regret que les filles yézides se livrent régulièrement à des activités sexuelles sans mentionner leur enlèvement et leur esclavage, […]

    La déclaration de Jones équivaut à s’en tenir à ses propos tout en prétendant le contraire. Le but principal de ses paroles soigneusement choisies n’était pas de s’excuser auprès des Palestiniens, mais de s’abstenir d’offenser Israël. Jones ne trompe personne.

    L’indignation suscitée par la tentative d’humour morbide de Jones, volontairement inhumaine mais mal reçue, masque une déclaration tout aussi importante et tout aussi offensante qu’il a faite lors de son apparition avec son compère Maher. En fait, cela a servi de prétexte à Jones pour faire de sa moquerie sur les "bébés palestiniens morts" le point culminant de sa contribution.

    Plus précisément, Jones avait fait valoir que des publics plus jeunes exprimaient de plus en plus d’hostilité envers Israël non pas à cause de tout ce qui était lié à la conduite d’Israël, encore moins à la montagne de "bébés palestiniens morts" assassinés par Israel, mais à cause d’une "campagne massive de désinformation" menée par l’Iran et le Qatar. Il aurait aussi bien pu insister sur le fait que les images sont toutes fausses. Et dans ses fausses excuses, Jones insiste en fait sur ce point.

    En faisant sa déclaration, Jones régurgitait ce qui a été le point de discussion #hasbara le plus consistant depuis de nombreuses décennies : il n’y a pas de grief légitime contre Israël ou son comportement, ou un soutien légitime au peuple palestinien ou à ses droits.

    Quiconque s’oppose ou critique Israël, ou soutient les Palestiniens, est soit involontairement manipulé par des forces extérieures, soit motivé par des motifs inavoués et généralement néfastes.

    C’est un point de discussion très pratique, car il rend toute discussion sur ce qu’Israël est ou fait hors de propos. Son but est de détourner la discussion et le débat sur le génocide, l’apartheid, l’occupation, la dépossession, la Nakba et les thèmes similaires, vers l’Iran, le Qatar, la Chine, l’islam, le communisme, l’antisémitisme, Saddam Hussein, l’Union soviétique, Kadhafi, le djihad, Gamal Abdel-Nasser, le terrorisme, la diffamation du sang, le Hamas, le président Mao et une foule d’autres questions. Jones savait exactement ce qu’il faisait.

    Dans ce contexte, les critiques d’Israël ou les soutiens des Palestiniens ne font que fournir une preuve supplémentaire que l’orateur ou le manifestant est pro-Hamas, motivé par la haine des Juifs, s’engageant dans la diffamation de sang, et au mieux victime involontaire d’une campagne de propagande sophistiquée par l’ennemi du jour. Vous aurez peut-être remarqué que les groupies israéliens dénoncent régulièrement chaque manifestation anti-génocide comme "pro-Hamas", "haine des Juifs", et autres. Il ne s’agit jamais d’Israël, jamais des Palestiniens et certainement jamais du génocide de Gaza.

    Le message est clair : arrêtez de vous concentrer sur Israël ou d’exiger qu’il change son caractère ou ses politiques, car cela ne fera absolument aucune différence. Ce n’est pas l’Afrique du Sud, où la répudiation de l’apartheid et du colonialisme, et son remplacement par des droits égaux pour tous, conduit à une coexistence pacifique. Parce que le véritable programme des Palestiniens et de leurs partisans n’est pas les droits des Palestiniens, mais l’extermination de chaque Juif, partout, jusqu’au dernier. Par conséquent, soit vous soutenez Israël tel qu’il est, soit vous êtes un défenseur des chambres à gaz. Et si Israël est vaincu, vous êtes le prochain.

    L’argument se présente sous différentes formes et tailles. Jones a craché la campagne de propagande irano-qatarie. Nancy Pelosi a insisté sur le fait que c’était la Chine qui incitait les étudiants américains. Il y a plusieurs décennies, Ronald Reagan a insisté que le soulèvement de 1987, avec des pierres comme seules armes, a éclaté parce que des "terroristes" faisaient passer des armes à travers la frontière de la Jordanie.

    Gad Saad, l’autorité autoproclamée sur l’islam, les musulmans et le Moyen-Orient parce qu’il a vécu au Liban jusqu’à l’âge de dix ans, explique utilement que le vrai problème est la jurisprudence islamique. Plus précisément, une fois qu’un territoire gouverné par des musulmans est perdu en faveur des infidèles, il devient le devoir assermenté de chaque musulman et de chaque dirigeant musulman de mener le djihad jusqu’à ce qu’il revienne à nouveau sous la domination musulmane.

    C’est pourquoi la Ligue des États arabes et l’Organisation de coopération islamique appellent non seulement à une solution à deux États en Palestine qui laisserait soixante-dix-huit pour cent sous souveraineté israélienne exclusive, mais publie également des résolutions mensuelles proclamant le djihad pour restaurer l’Inde, la Sicile, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, Chypre, la Bulgarie et divers autres territoires à l’islam.

    Bien que Saad ait la qualification unique, partagée par personne d’autre, d’avoir vécu au Liban jusqu’à l’âge de dix ans, il n’est pas musulman mais plutôt un athée autoproclamé qui participe à des rituels religieux juifs. Un peu comme l’athée autoproclamé qui prétend ne plus croire en Allah ou au Coran mais prie tous les jours, jeûne pendant le Ramadan, mais a un faible pour le prosciutto et la Guinness. Faites-en ce que vous voulez.

    Plus utiles aux fins d’Israël sont les personnes qui prétendent avoir été de fervents musulmans ou djihadistes au cours de leur jeunesse capricieuse. Bien que les laquais d’Israel avalent goulûment chaque mot prononcé par Mosab Hassan Yousef, il n’est pas très utile en compagnie civilisée parce qu’il est clairement un psychopathe dérangé avec d’énormes problèmes de papa, et en outre un agent du renseignement israélien reconnu.

    Dan Burmawi est moins toxique à de telles fins. Normalement, les laquais d’Israel exigeraient qu’il retourne en Birmanie, mais comme ce vendeur d’huile de serpent prétend être un ex-musulman de Jordanie, il est pour le moment le bienvenu.

    Selon le garçon de courses Burmawi, dans un post sur X ce week-end : « Israël est une insulte à l’islam, un affront à leur rêve d’un califat mondial. C’est le cœur du conflit ».

    Tu vois ? Cela n’a rien à voir avec la dépossession, l’apartheid ou même le génocide. Par conséquent, Israël ne peut ou ne doit rien faire pour résoudre l’hostilité de ceux qu’il a ethniquement nettoyés et soumis à l’apartheid, que ce soit dans le passé, le présent ou le futur. Si seulement la jeunesse piégée par la désinformation irano-Qatari (ou est-ce chinoise ?) pouvait comprendre cela.

    En parlant du califat mondial, il y a quelques semaines, un ami m’a envoyé un discours que Binyamin Netanyahu avait prononcé aux Nations Unies en 1984. Il me l’a envoyé pour faire valoir que rien n’a changé dans la rhétorique de Netanyahu. En un sens, il avait bien sûr tout à fait raison. Pourtant, livré cinq ans après la révolution islamique en Iran, mais plus d’une décennie et demie avant le 11 septembre, il ne fait aucune mention de l’islam, du djihad, d’un califat ou de quoi que ce soit de similaire. Tout est « Arabes, #Arabes, Arabes ». Une saveur pour chaque saison.

  • Comment les Israéliens ont élevé le déni d’atrocités au rang d’art

    Par Ron Dudai

    (...) Et pourtant, face au flot incessant de photos et de vidéos de civils morts, d’enfants affamés et de quartiers entiers réduits en ruines, une grande partie de l’opinion publique israélienne – et une part importante des partisans d’Israël à l’étranger – réagit de deux manières : soit tout cela est faux, soit les Gazaouis le méritaient. Souvent, paradoxalement, c’est les deux à la fois : « Il n’y a pas d’enfants morts à Gaza, et c’est une bonne chose que nous les ayons tués. »

    Une nouvelle ère de déni

    Le déni des atrocités est un phénomène mondial, mais la société israélienne en a fait un véritable art. Ce n’est pas un hasard si l’un des ouvrages universitaires les plus importants sur le sujet, « States of Denial » (2001), du sociologue Stanley Cohen, s’inspire de son expérience de militant des droits humains en Israël pendant la première Intifada, à la fin des années 1980.

    S’appuyant sur ces expériences, Cohen décrit un répertoire de déni employé tant par les États que par les sociétés : « cela n’a pas eu lieu » (nous n’avons torturé personne) ; « ce qui s’est passé est autre chose » (il ne s’agissait pas de torture, mais de « pressions physiques modérées ») ; « il n’y avait pas d’alternative » (la « bombe à retardement » a fait de la torture un mal nécessaire).

    En Israël, cette logique s’enracine dans le mythe de la « pureté des armes » (la croyance qu’Israël n’agit que par légitime défense) et dans la vieille mentalité du « tirer et pleurer » (l’idée que les Israéliens peuvent commettre des actes de violence tout en conservant une moralité singulière parce qu’ils en portent le deuil par la suite). Mais aussi odieux que puisse paraître cet état d’esprit, il repose néanmoins sur deux hypothèses importantes : que des atrocités comme la torture, le meurtre de civils et les déplacements forcés sont fondamentalement mauvaises et nécessitent donc d’être justifiées ou dissimulées ; et que la documentation et la révélation de la vérité ont une valeur, ne serait-ce que comme un obstacle à contourner.

    Aussi répugnante soit-elle, l’hypocrisie inhérente au mythe de la « pureté des armes » a son utilité : elle laisse une marge de manœuvre, aussi étroite soit-elle, pour corriger le tir. Une fois révélé, le fossé entre la rhétorique et la réalité peut provoquer l’embarras, voire exercer une pression pour le changement. Dans un tel monde, les images prises avec un téléphone et partagées instantanément ont un poids réel.

    Mais ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. En Israël, l’instinct de rejeter toute documentation provenant de Gaza comme étant « fake » a été intégré au discours dominant, des plus hautes sphères du pouvoir politique jusqu’aux commentateurs anonymes des sites d’information. Ce réflexe est ancré dans un esprit conspirationniste importé des milieux de droite américains, à l’image de la rhétorique de « l’État profond » du président Donald Trump, devenue l’un des arguments favoris du Premier ministre Benjamin Netanyahou et de ses partisans. (...)

    Ce type de discours a commencé à s’infiltrer dans la société israélienne avant même le 7 octobre, d’abord en ligne, puis dans les arènes officielles. À mesure que la guerre s’éternise, il est devenu une réaction répandue, souvent un réflexe : une vidéo de parents palestiniens berçant le cadavre d’un nourrisson dans leurs bras ? « Des acteurs tenant une poupée. » Des photos de civils filmées par des soldats israéliens ? « Générées par l’IA, manipulées ou prises ailleurs. » Et ainsi de suite, à l’infini.

    Cette rhétorique a souvent été associée au terme « Pallywood », un mot-valise à partir de « Hollywood palestinien ». Importé des milieux d’extrême droite américains au début des années 2000, il suggère que les images de la souffrance palestinienne ne sont absolument pas réelles, mais relèvent d’une industrie cinématographique élaborée : une vaste conspiration dans laquelle Palestiniens, organisations de défense des droits humains et médias internationaux collaborent pour fabriquer des atrocités.

    À une époque où les atrocités étaient niées, les accusations de mise en scène étaient pour le moins élaborées. Nombreux sont ceux qui se souviennent encore du cas de Muhammad Al-Durrah, le garçon de 12 ans tué à Gaza en septembre 2000, dont la mort est devenue un symbole de la deuxième Intifada. Les Israéliens et leurs partisans ont déployé des efforts considérables pour tenter de discréditer les images : des centaines d’heures d’analyse, de reportages et même de documentaires, analysant les angles de prise de vue, la balistique et les détails médico-légaux pour affirmer que l’événement avait été entièrement mis en scène [par le journaliste franco-israélien Charles Enderlin, correspondant de France 2, qui avait filmé la scène et a été harcelé pendant des années].

    Aujourd’hui, le déni ne requiert plus de tels efforts. Les théories du complot complexes du passé ont cédé la place à une forme plus grossière de négationnisme que les spécialistes appellent conspirationnisme : le rejet réflexif de toute preuve contraire à leurs intérêts, la qualifiant de fabriquée. La documentation des faits est simplement balayée d’un seul mot : « Fake ».

    Post-vérité, post-honte

    Prenons, par exemple, les preuves irréfutables de la famine massive à Gaza. La logique est d’une simplicité déconcertante : une population assiégée, dont tous les moyens d’autosuffisance ont été détruits, mourra inévitablement de faim. Pourtant, en Israël, des commentateurs anonymes en ligne aux plus hautes sphères du gouvernement, le réflexe reste le même : « Tout cela est faux. »

    Netanyahou a évoqué la « perception d’une crise humanitaire », prétendument créée par des « photos mises en scène ou manipulées » diffusées par le Hamas. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a qualifié les images d’enfants émaciés de « réalité virtuelle », citant comme preuve la présence d’adultes « bien nourris » à leurs côtés. L’armée a affirmé que le Hamas recyclait des images d’enfants yéménites ou fabriquait des fausses images générées par l’IA. Le journaliste de Ynet, Itamar Eichner, par ailleurs très critique à l’égard du gouvernement, a partagé le même sentiment : « Ils [les Palestiniens] comprennent que les photos d’enfants affamés sont un point faible. Ces photos sont probablement mises en scène, et les enfants pourraient être atteints d’autres maladies. »

    Ce déni récurrent transparaît même dans le discours universitaire. Un rapport récent du Centre Begin-Sadat d’études stratégiques de l’Université Bar-Ilan, intitulé « Démystifier les allégations de génocide : un réexamen de la guerre Israël-Hamas (2023-2025) », comportait une section intitulée « Fausses sources et autres sources générées par l’IA ». (...)

    Parallèlement, le refus répréhensible de la grande majorité des médias israéliens de montrer ce qui se passe réellement à Gaza signifie que, lorsque des images parviennent à s’infiltrer, la réaction du public se résume souvent à un haussement d’épaules. Pourtant, presque à chaque fois, ce haussement d’épaules s’accompagne d’un « ils l’ont mérité », le déni et la justification s’entremêlant dans ce qui peut paraître paradoxal, mais qui reflète en réalité les deux faces d’une même médaille.

    Comme l’a récemment déclaré le ministre du Patrimoine, Amichai Eliyahu : « Il n’y a pas de famine à Gaza, et quand on vous montre des photos d’enfants affamés, regardez bien : vous en verrez toujours un gros à côté d’eux, en train de bien manger. C’est une campagne montée de toutes pièces. » Dans la même interview, il a ajouté : « Aucune nation ne nourrit ses ennemis. Avons-nous perdu la raison ? Le jour où ils rendront les otages, il n’y aura plus de faim. Le jour où ils tueront les terroristes du Hamas, il n’y aura plus de faim. »

    Après deux décennies de siège, durant lesquelles nous, Israéliens, avons tenté de faire disparaître Gaza et ses deux millions d’habitants palestiniens, le massacre du 7 octobre a brutalement ramené au premier plan ce que nous avions cherché à oublier. C’est peut-être à ce moment-là que les deux réponses – « faux » et « ils l’ont mérité » – ont pleinement convergé. La première sert l’image nationale (« nos enfants ne commettent pas d’atrocités ») et les exigences de la hasbara [propagande], gagnant du temps sur la scène internationale. La seconde est une réaction crue et viscérale à la douleur et à l’humiliation d’avoir été frappé par ceux longtemps considérés comme inférieurs. Ensemble, elles fusionnent en une réaction qui outrepasse tout appel à la moralité, ne nécessite aucune pause et n’exige aucune excuse.

    Et c’est là que réside le deuxième défi à la croyance selon laquelle les smartphones et les réseaux sociaux peuvent mettre fin aux atrocités. La lutte pour les droits humains a longtemps supposé que documenter les abus « pousserait » les auteurs à changer de comportement. Mais que se passe-t-il lorsque les auteurs n’éprouvent plus de honte et ignorent ouvertement la censure morale, voire l’idée même de vérité ? Dans ce cas, la documentation et la diffusion, aussi rapides et généralisées soient-elles, perdent leur pouvoir.

    En effet, comme l’ont montré les rapports sur les droits humains et les requêtes déposées devant les tribunaux internationaux ces deux dernières années, les dirigeants militaires, politiques et culturels israéliens admettent désormais ouvertement – ​​et de leur propre chef – ce que, dans d’autres circonstances, les groupes de défense des droits humains se seraient efforcés de prouver avec acharnement.

    Après des décennies de déni de la Nakba, allant jusqu’à interdire le terme lui-même, les législateurs israéliens déclarent aujourd’hui fièrement qu’Israël commet une seconde Nakba à Gaza. Alors qu’autrefois les bénévoles de B’Tselem devaient filmer minutieusement les atrocités en Cisjordanie, pour se voir opposer une excuse ou une autre, comme celle de dire que les incidents avaient été « sortis de leur contexte », aujourd’hui, les soldats israéliens enregistrent eux-mêmes les violations des droits humains et les publient sans hésiter sur les réseaux sociaux.

    Nous assistons à l’effondrement du cycle traditionnel de révélation, de déni et de confirmation. Dans une telle réalité, à quoi servent les smartphones et les réseaux sociaux ?

    Fissures dans l’édifice

    Si l’intérêt de documenter les atrocités est bien moindre que ce que nous espérions par le passé, il n’en demeure pas moins significatif. Au moment où j’écris ces lignes, il semble que les réflexes du « fake » et du « ils l’ont mérité » se heurtent enfin à des obstacles solides.

    Face aux preuves abondantes et inexorables de la famine à Gaza, les dénonciations de "fake" se font de plus en plus frénétiques et désespérés. L’allégation virulente, sans cesse répétée dans le discours israélien, selon laquelle un enfant gazaoui souffrant d’une maladie préexistante absoudrait en quelque sorte Israël de sa responsabilité dans la famine dont il est victime, n’a apparemment pas réussi à enrayer la reconnaissance croissante en Israël de la souffrance des Palestiniens et de son injustice fondamentale.

    Les contorsions désormais courantes dans les arguments israéliens – qu’il y a bien une famine à Gaza, mais que le Hamas en est responsable ; qu’il s’agit d’une conséquence involontaire de la guerre ; ou que le monde fait preuve d’hypocrisie en ne traitant pas la famine au Yémen de la même manière – nous renvoient tous au répertoire de dénégations décrit par Stanley Cohen. Pourtant, ils suggèrent aussi autre chose : la réapparition hésitante de la gêne, voire de la honte, au moins dans certains segments de la population israélienne.

    Ce qui semble avoir contribué à ce changement, ce sont, d’une part, les réactions de la communauté internationale face à la famine, et, d’autre part, la possibilité de reconnaître la faim sans impliquer directement les soldats et les pilotes (nos « meilleurs fils »). Pourtant, l’accumulation de photos et de documents incontestables provenant de Gaza a également joué un rôle. La persévérance des individus et des organisations à documenter et à dénoncer la situation – depuis Gaza et au-delà –, ainsi qu’à valider et diffuser ces informations en Israël et dans le monde, a finalement eu un impact.

    Mais le projet israélien d’occuper la ville de Gaza et de déplacer de force ses habitants vers ce qui pourrait s’apparenter à un camp de concentration, en prévision de leur éventuelle expulsion définitive, menace de transformer un désastre déjà grave en une situation encore pire. L’opinion publique israélienne va-t-elle s’enfoncer davantage dans le déni ou être enfin contrainte d’affronter la réalité ?

    https://www.972mag.com/israelis-atrocity-denial-gaza

    • Très juste. Article essentiel pour comprendre l’usage des mots et des « éléments de langage ».
      par exemple « la guerre Israël-Hamas », expression qui voulait simplement supprimer Gaza du paysage. Comme si les Gazaouis n’existaient déjà pas/plus, et que les armes « justes » ne visaient que les « terroristes ».
      La guerre, c’est toujours une affaire de territoire : imposer sa domination sur une portion du monde et ses habitants (ou alors supprimer les habitants).
      Cela a toujours été une guerre Israël-Gaza (qui d’ailleurs à commencé il y a plusieurs décennies).
      Qu’il ait fallu deux ans de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, et de génocide pour que les journaux arrêtent d’employer cette expression montre bien la force de ceux qui tiennent le langage et en font une arme de guerre (psychologique).
      Même chose dans la reprise durant deux années de l’expression « xxxx morts selon le Ministère de la santé du Hamas », alors qu’il s’agissait du ministère de la Santé de Gaza, certes détenu par le Hamas, mais qui assurait en l’occurrence une mission de service public. Mais prononcer « Hamas » dans une phrase avait pour mission de décrédibiliser tout ce qui constituait une information.
      Il aura fallu cet été pour que les chiffres soient corroborés par « des données confirmées par l’ONU ».
      Mais ce doit être parce que les journalistes ne peuvent pas entrer dans Gaza que les images qui en viennent sont soumises au doute ou à la dépréciation langagière. Les journalistes occidentaux sont tellement crédibles et indifférents aux pressions langagières des dominants qu’on en oublie que des journalistes locaux existent et sont sur place, décrivent, documentent. Certains ont même obtenu un Prix Pulitzer... avant d’être délibérément assassinés par l’armée israélienne, comme plusieurs centaines de ses confrères. Ne pas être présent n’a jamais empêché les journalistes de traiter de tas de sujets, de s’appuyer sur le travail de leurs confrères locaux, et aussi parfois de se servir de leur simple jugeote : sans eau, sans production locale, sans entrée de vivres... deux millions de personnes déplacées, vivant souvent dehors souffrent forcément au delà du dicible.

  • We Are All Hostages sur X : “I have a message to JGreenblattADL and the @ADL After lying about my son, saying we want to rejoin the war when we demand an end to it, you are no longer allowed to use my son in your offices, events or social media. Full statement in next post.” / X
    https://x.com/AllHostages/status/1943275585943527639

    J’ai un message pour @JGreenblattADL et l’@ADL

    Après avoir menti sur mon fils, avoir dit que nous voulions rejoindre la guerre alors que nous exigeons qu’elle cesse, vous n’êtes plus autorisé à utiliser mon fils dans vos bureaux, vos événements ou vos réseaux sociaux.

    #hasbara #sionisme #menteurs_depuis_1948

  • #hasbara = « expliquer »

    There’s No Way to ’Explain’ This War Away - Opinion - Haaretz.com

    https://archive.ph/2025.06.09-060135/https://www.haaretz.com/opinion/2025-06-09/ty-article-opinion/.premium/theres-no-way-to-explain-this-war-away/00000197-510c-debf-a39f-759d9ece0000

    If the public had only had the privilege of listening to what Tomer-Yerushalmi [military advocate general] had to say, we would have surely understood that all those children were killed legally.

  • Press Conference Remarks by UNRWA Commissioner-General Philippe Lazzarini at the Munich Security Conference 2025
    15 February 2025 | UNRWA
    https://www.unrwa.org/newsroom/official-statements/press-conference-remarks-unrwa-commissioner-general-philippe-lazzarini

    (...) Billboards and ads accusing UNRWA of terrorism have appeared in major cities around the world.

    They were paid for by the Israeli Ministry of Foreign Affairs.

    Google ad campaigns re-direct those seeking information about the Agency to websites replete with disinformation.

    This puts the lives of the UNRWA personnel at risk, especially in the West Bank and in Gaza, where 273 UNRWA staff have been killed.

    The objective of these attacks on the Agency is to strip the Palestinians of their refugee status.

    The rights of Palestine Refugees to protection and assistance are not derived from UNRWA’s mandate.

    They exist independently of the Agency.

    If UNRWA ceases to provide services and assistance to Palestine Refugees, their rights will remain.

    There will be much greater emphasis on durable solutions like return or resettlement which UNRWA is NOT mandated to deliver.

    Bottom line: Dismantling UNRWA will only deepen the suffering of Palestine Refugees, it will not cancel their refugee status. (...)

  • How Israel should spend its record ’#hasbara' budget for maximum impact - The Jerusalem Post
    https://www.jpost.com/opinion/article-840022

    Israel’s Foreign Minister Gideon Sa’ar and Deputy Foreign Minister Sharren Haskel are looking for smart ways to spend NIS 500 million on public diplomacy. This new government hasbara (Israel advocacy) budget is to be 20 times what it was before the Israel-Hamas War began in 2023. The two leaders have been brainstorming with influencers and public opinion leaders as to the allocation of the funds.

    • James Li sur X : https://x.com/5149jamesli/status/1887573730404204838

      The first pillar of the new strategy —
      decentralization.

      Instead of Israeli officials delivering the talking points, the government will funnel money to “independent” organizations, influencers, and activists to spread the message for them.

      Second pillar — aggression, not persuasion.

      No more trying to “win hearts and minds” with apologetics. The new approach — just hammering home pro-Israel messaging with conviction.

      Think less “Israel regrets civilian casualties” and more “That’s war — deal with it."

      Third pillar — hide the money.

      Israel will now fund pro-Israel PR groups in the U.S. & Europe through the use of “Public Benefit Corporations” (PBCs).

      “In the end, you see a bank transfer from a PBC and not a bank transfer from the Israeli government. That’s the idea.”

      Pillar four — highlight the Jewish religion.

      Israel plans to double down on bringing religion into its propaganda playbook by tying Judaism more directly to Zionism in its global messaging.

      The goal: make criticizing Israel feel like a rejection of Jewish identity itself.

      Fifth pillar — missions, missions, missions.

      Pro-Israel activists say no tactic is more effective than bringing influencers and leaders to experience Israel firsthand to create emotional connections and turn visitors into lifelong advocates.

      More trips = better Hasbara.

      Ultimately, the goal of “Hasbara 2.0” is to shift the perception of Israel’s policies without audiences realizing they’re being influenced by state-funded propaganda.

      If you’re not paying attention, you will be manipulated.

  • Explained : How the Hind Rajab Foundation Is Making Israeli Soldiers Fear Arrest Abroad - Israel News - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/2025-01-09/ty-article-magazine/.premium/explained-how-the-hind-rajab-foundation-is-making-israeli-soldiers-fear-arrest-abroad/00000194-3bc0-d96e-a1d6-3be836630000

    Après avoir longuement expliqué que les créateurs de la fondation etaient des « extrémistes » :

    But the real root of the problem is the lack of enforcement of potentially criminal behavior by Israeli authorities and Israel’s crisis of confidence with countries around the world, as noted by Prof. Vaios Koutroulis, an international law expert at Université Libre de Bruxelles.

    As he puts it, when Israel has good faith relations with another country, the two can negotiate any given case and determine whether a soldier with dual citizenship should be investigated in Israel or the other country.

    Now, he adds, countries see a discrepancy between Israel’s number of violations and the number of investigations it has opened, so it is difficult to convince other countries that Israel is conducting thorough investigations that make foreign involvement unnecessary.

    For example, in November, Haaretz reported that the IDF had indicted only 15 soldiers during the war in Gaza. Almost all of these cases involved theft, and none were about the causing of detainees’ deaths, for example.

    For her part, the military advocate general has said that when it is made impossible to investigate possible war crimes in Gaza, all Israeli soldiers are put at risk.

    Attorney David Benjamin, an international law expert and former senior officer at the military advocate general’s office, says the IDF’s best defense against legal procedures abroad is for the IDF itself to handle the issue “by actually investigating and, when necessary, by taking legal action here at home.” This would make it clear that any wrongdoings do not reflect IDF policy.

    But right-wing organizations and individuals, including senior members of the governing coalition, complain bitterly when Israeli soldiers are accused of anything illegal, as they did, for example, in the case of the Sde Teiman army base, where soldiers are suspected of abusing detainees from Gaza. Far-right activists and some Israeli lawmakers stormed two army bases in protest.

    The right-wingers undermine the judiciary’s legitimacy to conduct independent inquiries that are vital for preserving the rule of law, even during wartime, and even more so on the international stage.

    According to Koutroulis, the Israeli government’s actions surely aren’t improving the chances of Israel’s investigations being taken seriously abroad. He notes that urging soldiers to flee trial may contradict Israel’s commitments to international agreements like the Geneva Convention.

    Israel will have to deal with this issue rather than escape it by urging its citizens to flee countries around the world.

  • Drop Site sur X : “📣 In the coming week, Drop Site News is set to drop a series of video shorts with various experts sharing their insights on what to expect from Israel’s massive funding boost for its hasbara (propaganda) operations. The Times of Israel reported earlier this week that the budget” / X
    https://x.com/DropSiteNews/status/1875472757393129921

    A growing consensus within the foreign ministry is that new #hasbara efforts are needed to target minority voices in the U.S., particularly Black and LGBT communities, and that messages should be tailored for specific audiences. This means crafting distinct messaging for different regions of the world.

  • Gaza : la vidéo d’une fillette transportant sa sœur blessée sur son dos devient virale - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=QpnFjejC6wc&pp=ygUgRnJhbmNlIDI0IHZpZGVvIGTigJl1bmUgZmlsbGV0dGU%3D

    La vidéo a touché des millions d’internautes : Qamar, 6 ans, marche pieds nus sur une route de Gaza pendant 2 kilomètres. Sur son dos : sa petite sœur blessée. Filmées par un journaliste palestinien, les images seraient une « mise en scène » pour certains comptes pro-Israël. Pourtant, l’histoire est bien réelle : les fillettes ont été retrouvées dans un camp de refugiés avec le reste de leur famille.

    #hasbara_génocidaire

  • Salut bien ! J’en appelle à la communauté des seenthisnautes, en particulier celles et ceux qui sont connaissent bien le Moyen Orient et /ou l’Afrique du Nord suite à une discussion sur le fait que la Knesset ait décrété que l’UNRWA serait une organisation terroriste. Une avocate en droit international prétend que les aides aux populations civiles seraient dévoyées et me conseille la lecture de cette ouvrage :
    https://www.routledge.com/Corruption-and-Informal-Practices-in-the-Middle-East-and-North-Africa/Kubbe-Varraich/p/book/9781032082899
    Cette personne me conseille en particulier la lecture du chapitre 2 concernant les « hamulas » (ou l’organisation clanique de ces sociétés si j’en crois les liens remontés par les moteurs de recherche).
    Cette lecture est-elle pertinente en ce qui concerne les accusations de corruptions dans ces états à propos de l’aide de l’ONU aux populations civiles et en particulier à la population gazaouie ?

    Ma crainte étant de tomber sur une interprétation occidentalo-centrée sur le concept de hamulas.

    Merci.

  • #Hasbara Tracker
    https://hasbaratracker.com

    What is hasbara?
    Claims

    Palestinian captives stripped down naked because of ’warm weather’ in the Middle East, says Mark Regev

    ‘Israeli soldier helps elderly Palestinian man in “safe corridor”’

    ‘Forty beheaded babies’

    ‘Al-Ahli Hospital was attacked by Palestinian rockets, not Israeli forces’

    ‘Israeli state offered fuel to Al-Shifa Hospital and it was refused by Hamas’

    ‘Makeup used in Gaza to fake injuries’

    ‘Hamas were carrying instructions on how to make chemical weapons’

    ‘Israeli state denies killing mother and daughter seeking refuge in Gaza’s Holy Family Parish’

    #menteurs_depuis_1948 (et criminels)

    #chutzpah

  • The Story Behind the New York Times October 7 Exposé
    https://theintercept.com/2024/02/28/new-york-times-anat-schwartz-october-7

    Un article méticuleux et rigoureux qui met en pièces les allégations du New York Times sur les soit-disant viols ;

    La seule et unique motivation du NYT est la #hasbara,

    The woman who filmed Abdush on October 7 told the Israeli site YNet that Schwartz and Sella had pressured her into giving the paper access to her photos and videos for the purposes of serving Israeli propaganda. “They called me again and again and explained how important it is to Israeli #hasbara,” she recalled, using the term for public diplomacy, which in practice refers to Israeli propaganda efforts directed at international audiences.

    • En ce lundi, l’#armée_israélienne affirme avoir frappé, via les airs et au sol, plus de 600 cibles dans #Gaza ces vingt-quatre dernières heures. Dans le détail : « des dépôts d’armes, positions de lancement de missiles antichar, caches du #Hamas » et « des dizaines » de chefs du mouvement islamiste tués. Des chars israéliens sont postés à la lisière de #Gaza_City et le principal axe routier nord-sud est coupé. C’est vendredi en fin de journée que l’État hébreu a lancé son opération d’envergure, annoncée depuis près de deux semaines déjà. Mêlant #incursions_terrestres localisées – surtout dans le nord de l’enclave palestinienne – et #bombardements intensifiés. Samedi, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a prévenu : la #guerre sera « longue et difficile ».

      Vendredi, 17 h 30. La #bande_de_Gaza plonge dans le noir. Plus d’électricité, plus de réseau téléphonique, ni de connexion internet. Le #black-out total. Trente-six heures de cauchemar absolu débutent pour les Gazaouis. Coupés du monde, soumis au feu. L’armée israélienne pilonne le territoire : plus de 450 bombardements frappent, aveugles. La population meurt à huis clos, impuissante. Après avoir quitté Gaza City au début de la riposte israélienne (lire l’épisode 1, « D’Israël à Gaza, la mort aux trousses »), Abou Mounir vit désormais dans le centre de la bande de Gaza, avec ses six enfants. Ce vendredi, il est resté cloîtré chez lui. Lorsqu’il retrouve du réseau, le lendemain matin, il est horrifié par ce qu’il découvre. « Mon quartier a été visé par des tirs d’artillerie. L’école à côté de chez moi, où sont réfugiées des familles, a été touchée. Devant ma porte, j’ai vu tous ces blessés agonisants, sans que personne ne puisse les aider. C’est de la pure #folie. Ils nous assiègent et nous massacrent. Cette façon de faire la guerre… On se croirait au Moyen-Âge », souffle le père de famille, qui dénonce « une campagne de #vengeance_aveugle ». L’homme de 49 ans implore Israël et la communauté internationale d’agir urgemment. « La seule et unique solution possible pour nous tous, c’est la #solution_politique. On l’a répété un million de fois : seule une solution politique juste nous apportera la paix. »

      Toujours à Gaza City avec sa famille, la professeure de français Assya décrit ce jour et demi d’#angoisse : « On se répétait : “Mais que se passe-t-il, que va-t-il nous arriver ?” On entendait les bombardements, boum, boum, boum… Ça n’arrêtait pas ! Ma petite-fille de 1 an, la fille de mon fils, quand il y avait de grosses explosions, elle pleurait. Alors nous, on faisait les clowns pour lui faire croire que c’était pour rire. Et elle se calmait… Chaque matin, c’est un miracle qu’on soit encore là… » Chaque jour aussi, Assya demande si nous, journalistes, en savons plus sur un cessez-le-feu.

      Plus de 8 000 Gazaouis ont péri, mais leurs suppliques résonnent dans le vide jusqu’à présent. Elles sont pourtant de plus en plus pressantes, face à la #situation_humanitaire qui se dégrade dramatiquement. Ce samedi, des entrepôts des Nations unies ont été pillés. « C’est le signe inquiétant que l’ordre civil est en train de s’effondrer après trois semaines de guerre et de #siège de Gaza. Les gens sont effrayés, frustrés et désespérés », a averti Thomas White, directeur des opérations de l’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens. Assya confirme : l’un de ses cousins est revenu avec des sacs de sucre, de farine, des pois chiches et de l’huile. Quand elle lui a demandé d’où ça venait, il lui a raconté, le chaos à Deir Al-Balah, dans le sud de l’enclave. « Les gens ont cassé les portes des réserves de l’UNRWA, ils sont entrés et ont pris la farine pour se faire du pain eux-mêmes, car ils n’ont plus rien. La population est tellement en #colère qu’ils ont tout pris. » Depuis le 21 octobre, seuls 117 camions d’#aide_humanitaire (lire l’épisode 2, « “C’est pas la faim qui nous tuera mais un bombardement” ») ont pu entrer dans la bande de Gaza dont 33 ce dimanche), via le point de passage de Rafah au sud, à la frontière égyptienne. L’ONU en réclame 100 par jour, pour couvrir les besoins essentiels des Gazaouis. Le procureur de la Cour pénale internationale Karim Khan a averti : « Empêcher l’acheminement de l’aide peut constituer un #crime. […] Israël doit s’assurer sans délai que les #civils reçoivent de la #nourriture, des #médicaments. »

      Les corps des 1 400 victimes des attaques du 7 octobre sont dans une #morgue de fortune. Beaucoup ont subi des sévices, ont été brûlés. L’#horreur à l’état pur

      En écho à cette situation de plus en plus dramatique, Israël a intensifié sa guerre de la #communication. Pas question pour l’État hébreu de laisser le Hamas ni les Palestiniens gagner la bataille de l’émotion au sein des opinions. Depuis une dizaine de jours, les autorités israéliennes estiment que les médias internationaux ont le regard trop tourné vers les Gazaouis, et plus assez sur le drame du 7 octobre. Alors Israël fait ce qu’il maîtrise parfaitement : il remet en marche sa machine de la « #hasbara ». Littéralement en hébreu, « l’explication », euphémisme pour qualifier ce qui relève d’une véritable politique de #propagande. Mais cela n’a rien d’un gros mot pour les Israéliens, bien au contraire. Entre 1974 et 1975, il y a même eu un éphémère ministère de la Hasbara. Avant cela, et depuis, cette tâche de communication et de promotion autour des actions de l’État hébreu, est déléguée au ministère des Affaires étrangères et à l’armée.

      Un enjeu d’autant plus important face à cette guerre d’une ampleur inédite. C’est pourquoi, chaque jour de cette troisième semaine du conflit, l’armée israélienne a organisé des événements à destination de la #presse étrangère. Visites organisées des kibboutzim où les #massacres de civils ont été perpétrés : dimanche dans celui de Beeri, mercredi et vendredi à Kfar Aza, jeudi dans celui de Holit. Autre lieu ouvert pour les journalistes internationaux : la base de Shura, à Ramla, dans la banlieue de Tel Aviv. Elle a été transformée en morgue de fortune et accueille les 1 400 victimes des attaques du 7 octobre, afin de procéder aux identifications. Dans des tentes blanches, des dizaines de conteneurs. À l’intérieur, les corps. Beaucoup ont subi des sévices, ont été brûlés. L’horreur à l’état pur.

      Mais l’apogée de cette semaine de communication israélienne, c’est la convocation générale de la presse étrangère, lundi dernier, afin de visionner les images brutes des massacres. Quarante-trois minutes et quarante-quatre secondes d’une compilation d’images des GoPro embarquées des combattants du Hamas, des caméras de vidéosurveillance des kibboutzim, mais aussi des photos prises par les victimes avec leurs téléphones, ou par les secouristes. Le tout mis bout à bout, sans montage. Des images d’une violence inouïe. Une projection vidéo suivie d’une conférence de presse tenue par le porte-parole de l’armée israélienne, le général Daniel Hagari. Il le dit sans détour : l’objectif est de remettre en tête l’ignominie de ce qui s’est passé le 7 octobre dernier. Mais également de dire aux journalistes de mieux faire leur travail.

      Il les tance, vertement : « Vous ! Parfois, je prends trente minutes pour regarder les infos. Et j’ai été choqué de voir que certains médias essayent de COMPARER ce qu’Israël fait et ce que ces vils terroristes ont fait. Je ne peux pas comprendre qu’on essaye même de faire cette #comparaison, entre ce que nous venons de vous montrer et ce que l’armée fait. Et je veux dire à certains #médias qu’ils sont irresponsables ! C’est pour ça qu’on vous montre ces vidéos, pour qu’aucun d’entre vous ne puisse se dire que ce qu’ils font et ce que nous faisons est comparable. Vous voyez comment ils se sont comportés ! » Puis il enfonce le clou : « Nous, on combat surtout à Gaza, on bombarde, on demande aux civils d’évacuer… On ne cherche pas des enfants pour les tuer, ni des personnes âgées, des survivants de l’holocauste, pour les kidnapper, on ne cherche pas des familles pour demander à un enfant de toquer chez ses voisins pour les faire sortir et ensuite tuer sa famille et ses voisins devant lui. Ce n’est pas la même guerre, nous n’avons pas les mêmes objectifs. »

      Ce vendredi, pour finir de prouver le cynisme du Hamas, l’armée israélienne présente des « révélations » : le mouvement islamiste abriterait, selon elle, son QG sous l’hôpital Al-Shifa de Gaza City. À l’appui, une série de tweets montrant une vidéo de reconstitution en 3D des dédales et bureaux qui seraient sous l’établissement. Absolument faux, a immédiatement rétorqué le Hamas, qui accuse Israël de diffuser « ces mensonges » comme « prélude à la perpétration d’un nouveau massacre contre le peuple [palestinien] ».

      Au milieu de ce conflit armé et médiatique, le Président français a fait mardi dernier une visite en Israël et dans les territoires palestiniens. Commençant par un passage à Jérusalem, #Emmanuel_Macron a réaffirmé « le droit d’Israël à se défendre », appelant à une coalition pour lutter contre le Hamas dans « la même logique » que celle choisie pour lutter contre le groupe État islamique. Il s’est ensuite rendu à Ramallah, en Cisjordanie occupée, au siège de l’Autorité palestinienne. « Rien ne saurait justifier les souffrances » des civils de Gaza, a déclaré Emmanuel #Macron. Qui a lancé un appel « à la reprise d’un processus politique » pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas. Tenant un discours d’équilibriste, rappelant que paix et sécurité vont de pair, le Président a exigé la mise en œuvre de la solution à deux États, comme seul moyen de parvenir à une paix durable. Une visite largement commentée en France, mais qui a bien peu intéressé les Palestiniens.

      Car si les projecteurs sont braqués sur Israël et Gaza depuis le début de la guerre, les Palestiniens de #Cisjordanie occupée vivent également un drame. En à peine trois semaines, plus de 120 d’entre eux ont été tués, selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne. Soit par des colons juifs, soit lors d’affrontements avec les forces d’occupation israéliennes. Bien sûr, la montée de la #violence dans ce territoire avait commencé bien avant la guerre. Mais les arrestations contre les membres du Hamas, les raids réguliers menés par l’armée et les attaques de colons prennent désormais une autre ampleur. Ce lundi matin encore, l’armée israélienne a mené un raid sur le camp de Jénine, au nord de la Cisjordanie, faisant quatre morts. Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, plus de 100 véhicules militaires et deux bulldozers sont entrés dans le camp. Déjà, mercredi dernier, deux missiles tirés depuis les airs en direction d’un groupe de personnes avait fait trois morts à #Jénine.

      À chaque mort de plus, la colère monte derrière les murs qui encerclent les Territoires. À Gaza, mais aussi en Cisjordanie

      À chaque mort de plus, la colère monte derrière le mur qui encercle les territoires palestiniens. Du sud, à Hébron, au nord, à Naplouse, en passant par Jénine et Ramallah, les #manifestations ont émaillé ces trois dernières semaines, s’intensifiant au fil du temps. À chaque fois, les Palestiniens y réclament la fin de l’#occupation, la mise en œuvre d’une solution politique pour un #accord_de_paix et surtout l’arrêt immédiat des bombardements à Gaza. Ce vendredi, quelques milliers de personnes s’étaient rassemblés à Ramallah. Drapeaux palestiniens à la main, « Que Dieu protège Gaza » pour slogan, et la rage au ventre. Yara était l’une d’entre eux. « Depuis le début de la guerre, le #traitement_médiatique en Europe et aux États-Unis est révoltant ! L’indignation sélective et le deux poids deux mesures sont inacceptables », s’énerve la femme de 38 ans. Son message est sans ambiguïté : « Il faut mettre un terme à cette agression israélienne soutenue par l’Occident. » Un sentiment d’injustice largement partagé par la population palestinienne, et qui nourrit sa colère.

      Manal Shqair est une ancienne militante de l’organisation palestinienne Stop The Wall. Ce qui se passe n’a rien de surprenant pour elle. La jeune femme, qui vit à Ramallah, analyse la situation. Pour elle, le soulèvement des Palestiniens de Cisjordanie n’est pas près de s’arrêter. « Aujourd’hui, la majorité des Palestiniens soutient le Hamas. Les opérations militaires du 7 octobre ont eu lieu dans une période très difficile traversée par les Palestiniens, particulièrement depuis un an et demi. La colonisation rampante, la violence des colons, les tentatives de prendre le contrôle de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem et enfin le siège continu de la bande de Gaza par Israël ont plongé les Palestiniens dans le #désespoir, douchant toute perspective d’un avenir meilleur. » La militante ajoute : « Et ce sentiment s’est renforcé avec les #accords_de_normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes [les #accords_d’Abraham avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan, ndlr]. Et aussi le sentiment que l’#Autorité_palestinienne fait partie de tout le système de #colonialisme et d’occupation qui nous asservit. Alors cette opération militaire [du 7 octobre] a redonné espoir aux Palestiniens. Désormais, ils considèrent le Hamas comme un mouvement anticolonial, qui leur a prouvé que l’image d’un Israël invincible est une illusion. Ce changement aura un impact à long terme et constitue un mouvement de fond pour mobiliser davantage de Palestiniens à rejoindre la #lutte_anticoloniale. »

      #7_octobre_2023 #à_lire

    • Ma petite-fille de 1 an, la fille de mon fils, quand il y avait de grosses explosions, elle pleurait. Alors nous, on faisait les clowns pour lui faire croire que c’était pour rire.

      C’est exactement ce qu’on faisait ma femme et moi à notre fils de 4 ans en 2006 au Liban.

  • Vijay Prashad sur X :

    1. He is speaking in English.
    2. Palestinians in Gaza have no internet or electricity or data.
    3. Palestinians in Gaza cannot flee because the crossings are closed.
    4. This message is entirely IDF propaganda (#hasbara) for the compromised Western liberals.

    https://twitter.com/vijayprashad/status/1718260909791940651
    https://video.twimg.com/amplify_video/1718240127992868864/vid/avc1/636x360/RAWPIPPiyxLVy1jR.mp4?tag=14

  • Freed Israeli Hostage’s Remarks Seen by Government Officials as Damaging to Israeli Interests - Israel News - Haaretz.com
    https://archive.ph/2023.10.24-184133/https://www.haaretz.com/israel-news/2023-10-24/ty-article/.premium/freed-hostages-remarks-were-seen-by-government-as-damaging-to-israeli-interests/0000018b-628c-d288-afef-f2dc7ad60000

    A source who is involved in Israel’s wartime public diplomacy efforts said that the National Public Diplomacy Directorate should have taken charge of the situation in advance of its news conference at Tel Aviv’s Ichilov Hospital Monday evening.

    “Lifshitz’s statements about the humane treatment of the hostages at the hands of the Hamas terrorists harmed Israeli #hasbara,” he said, speaking on condition of anonymity.

    “It would have been appropriate at the very least to make it clear to Lifshitz or her family members that messages in this spirit serve the enemy at a sensitive time.” He added that in the future the head of the directorate should control communication between media outlets and released hostages.

  • En direct. L’armée israélienne se prépare à une semaine de raids sur Gaza
    https://www.ledauphine.com/defense-guerre-conflit/2022/08/06/l-armee-israelienne-se-prepare-a-une-semaine-de-raids-sur-gaza

    L’armée israélienne se prépare à une semaine de raids sur Gaza

    Magnifique titre, qui circule largement dans les sites d’information car la machine est bien huilée... Une lecture rapide induit à entendre que l’armée israélienne se prépare à SUBIR une semaine de bombardements. Quant à imaginer que les habitants de Gaza se préparent eux à recevoir des bombes pendant une semaine, en raison des raids programmés par l’armée israélienne, cela ne semble pas intéresser le rédacteur/la rédactrice.

    #israël #palestine #gaza #hasbara

    • Pour la comparaison, et ce ne sont pas des gauchistes à El Pais « Israel amenaza con prolongar una semana la mayor ofensiva contra Gaza en más de un año... »

      Dans la presse française, certains ont tout de même pensé à « envisage » plutôt que « se prépare » (20’), ou encore « s’attend à » (RFI).