• De l’urgence de débattre au sein du mouvement écologiste Hervé Kempf (Reporterre) 18 juillet 2019
    https://reporterre.net/De-l-urgence-de-debattre-au-sein-du-mouvement-ecologiste

    Cyril Dion a exprimé son agacement après la publication d’un de nos articles concernant son action. Au-delà de ce différend, l’épisode révèle le besoin urgent de réfléchir collectivement sur les stratégies que doit suivre le mouvement écologiste. Pour infléchir réellement le cours inquiétant de la dégradation de la biosphère, quelle position est la plus utile : une écologie « radicale » ou une écologie « de compromis » ? Et y en a-t-il d’autre ?

    Cyril Dion manifeste quelque courroux après l’article de Reporterre https://reporterre.net/Comment-Cyril-Dion-et-Emmanuel-Macron-ont-elabore-l-assemblee-citoyenne- racontant comment il a élaboré avec Emmanuel Macron et leurs équipes respectives la Convention citoyenne pour le climat annoncé par le Président de la République le 25 avril. Il me l’a manifesté par courriel, et nous avons échangé des arguments, courtoisement. Il m’a laissé un message téléphonique samedi dernier, message que j’ai trouvé trop tard pour le rappeler, et il a choisi d’exposer notre différend sur sa page Facebook https://www.facebook.com/cyril.dion2/posts/10156482919273602 . Je trouve cela très compréhensible, et poursuis donc moi aussi publiquement cet échange. Car derrière le point litigieux, il y a une question de fond qui mérite une attention et une réflexion collectives.
    Le courroux de l’auteur du Petit manuel de résistance contemporaine https://reporterre.net/Resister-a-l-effondrement-ecologique-mais-contre-l-exterieur-ou-contre-n provient, non pas de l’article lui-même, dont il ne conteste pas l’exactitude, mais de son titre et de la photo qui l’illustre :

    « Non écrit-il, je n’ai pas “élaboré le projet de convention citoyenne avec Emmanuel Macron” comme Reporterre, le quotidien de l’écologie (ou plutôt Hervé Kempf si j’ai bien compris) l’a titré en choisissant de mettre nos deux photos et en retournant la mienne pour renforcer l’idée de connivence. »

    Et bien, si. Le titre est réducteur, comme tout titre, mais il résume le processus décrit dans l’article : il y a eu élaboration commune. On ne rencontre pas le président de la République — surtout dans une période très agitée par le mouvement des Gilets jaunes, en février dernier — pour papoter et prendre le thé. La rencontre entre MM. Dion et Macron a été importante et a posé les grandes lignes de ce qui a ensuite été mis en musique par leurs équipes respectives, avant d’être validé par retour au sommet.

    Il va de soi que le président de la République ne va pas suivre personnellement toutes les réunions qui formalisent un dispositif de cette nature. Mais quand la décision de lancer la Convention citoyenne pour la transition écologique a finalement été prise et annoncée en avril, elle a bien sûr été préparée et validée au niveau du chef de l’État, après le travail réalisé avec les conseillers de l’Élysée et avec le ministre de la Transition écologique dans plusieurs réunions auxquelles Cyril Dion a participé, et où il dit avoir posé, avec le collectif Démocratie ouverte, « des lignes rouges ».

    Quant à la photo rapprochant les deux portraits, elle exprime la réalité physique de la rencontre entre les deux hommes. Dans la maquette de Reporterre (comme dans celle de bien des sites et journaux), la photo de tête d’un article est par définition une métaphore du récit de l’article. Soit on présente une image illustrant un épisode précis de celui-ci, soit on présente une image symbole de la réalité évoquée : c’est bien le cas ici. Il n’y aurait problème que si les deux hommes ne s’étaient pas rencontrés.

    Le reproche qui m’est fait est d’autant plus étrange que dans l’article, discuté en commun par toute la rédaction comme tous ceux de Reporterre, nous avons choisi de ne pas énoncer tous les problèmes soulevés par cette collaboration entre Cyril Dion et ses amis et le président de la République et ses subordonnés. Certains lecteurs sagaces s’en sont étonnés dans le Club des lecteurs, et nous l’ont reproché. Car bien sûr, que des écologistes estimables acceptent de travailler, en pleine crise sociale, avec un président qui couvre une politique répressive d’une violence jamais vue depuis trente ans, qui lance une section de lutte antiterroriste contre les activistes du climat qui décrochent son portrait, qui poursuit une politique des plus néfastes en matière d’écologie, doit être discuté. Comme doit être discuté la possibilité que ces écologistes estimables soient instrumentalisés, malgré le gain important qu’ils estiment avoir obtenu. Mais mon intention n’est pas de le faire ici.

    Pourquoi ? Parce qu’il me parait plus urgent et utile de souligner deux choses.

    D’autre part, il y a un besoin urgent de débattre de la stratégie du mouvement écologiste. En reconnaissant que personne n’a la clé magique d’une situation où la situation écologique s’aggrave constamment. Faut-il refuser tout accommodement positif de la part d’un gouvernement et d’un système de pouvoir au motif qu’ils sont intrinsèquement nuisibles et violents ? Mais les postures les plus radicales ont-elles obtenu des résultats probants ? Ne touchent-elles pas une minorité trop restreinte, malgré son énergie, pour bousculer le système ? Et n’est-il pas nécessaire de parvenir à mobiliser des masses plus importantes pour faire poids, ce qui implique de mettre de l’eau dans son vin ? Est-il prioritaire de développer des « récits » ou de susciter le rejet d’un capitalisme en pleine évolution autoritaire et élitaire ?

    Ce ne sont là que quelques questions parmi celles qu’il nous faut explorer quitte, peut-être, à conclure à des différends irréconciliables ou, au contraire, à une analyse commune renforçant l’énergie collective.

    Aider ce débat est le rôle que s’assigne pour l’heure Reporterre, en invitant Cyril Dion à un débat sur le site ou à s’exprimer par une tribune, ainsi qu’à Patrick Viveret (avec qui nous avons aussi échangé) ou à tout autre voulant intervenir de manière claire et argumentée. Nous avons aussi lancé une enquête au sein du mouvement écolo pour savoir comment sont perçues les deux lignes stratégiques, et irons au Camp climat organisé par Alternatiba début août avec cette préoccupation en tête.

    Profitons de l’été pour réfléchir et discuter, avant une année qui sera de nouveau cruciale pour la cause écologique.

    D’une part, qu’il faut admettre la nécessité du débat au sein de la galaxie écologiste. Il est nécessaire que l’on parvienne à sortir soit du consensus béat au motif que nous sommes tous et toutes d’accord sur la gravité de la crise écologique, soit de l’irritation indignée quand on pointe une position problématique. Une des ambitions de Reporterre est de parvenir à mettre en scène ce débat entre une écologie « radicale » et une écologie de « compromis ». Ce n’est pas toujours facile. Ainsi, les habitants actuels de la Zad ont-ils d’abord mal vécu qu’on puisse exprimer à propos de la Zad un point de vue plus radical que le leur. Avant d’accepter de jouer le jeu et de produire une explication argumentée et utile de leur position. De même Nicolas Casaux et Cyril Dion avaient exprimé en vis-à-vis des positions diamétralement opposées sur les énergies renouvelables (ici et là).
    Que le débat soit vif n’est pas un problème, au contraire, je suis persuadé qu’on peut le faire de manière sereine. Un bon exemple en était la Fête des 30 ans de l’écologie, où les invités allaient de zadistes et de Gilets jaunes à Corinne Lepage et à Yann Arthus-Bertrand. Un très large arc-en-ciel, où tout le monde a joué le jeu avec une chaleureuse bienveillance, ce qui n’empêchait pas de vrais dissensus, comme par exemple entre Damien Carême et un Gilet jaune sur le rôle de la représentation politique, ou entre Claire Nouvian et Yann Arthus-Bertrand sur le rôle des lobbies.

    #Hervé_Kempf #Reporterre #Cyril_Dion #écologie #Colibris #Politicaille #médias #twitter #enfumage #union_européenne #demain
    #écologie #ecologie #environnement #climat #france #agriculture #politique #resistances #pollution #énergie #nature_/_ecologie #capitalisme

  • Moments d’audiences par Marie Barbier, journaliste à l’Humanité
    Quand Bolloré traîne Bastamag en justice - vendredi 12 février 2016
    http://chroniquesdepalais.blogspot.fr/2016/02/quand-bollore-traine-bastamag-en-justice.html

    Raté. Vincent Bolloré voulait sans doute faire taire Bastamag et ses journalistes en les traînant devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour diffamation. En cause, un article publié par le site d’information le 10 octobre 2012, intitulé « Bolloré, Crédit agricole, Louis Dreyfus : ces groupes français, champions de l’accaparement des terres ».

    Au contraire, le tribunal et les prévenus ont saisi cette occasion pour entrer dans le fond du sujet : l’accaparement des terres agricoles en Asie et en Afrique par des grands groupes qui privent les populations locales de ressources.

    Vincent Bolloré désigné comme accapareur de terres et censeur d’internet au Palais de justice de Paris - 13 février 2016 / Barnabé Binctin et Hervé Kempf (Reporterre)
    http://www.reporterre.net/Vincent-Bollore-designe-comme-accapareur-de-terres-et-censeur-d-internet

    Peut-on mener une enquête critique sur les activités du groupe Bolloré en Afrique et en Asie ? La reprise d’articles d’enquêtes sur Internet, comme dans les revues de presse, est-elle possible sans menace juridique ? Telles ont été les deux questions posées jeudi 11 février au sein de la XVIIe chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris. Deux questions essentielles pour la liberté d’informer.

    [...) En réalité, la plaidoirie du plaignant a surtout ressemblé à une logique d’auto-défense : « On accuse Bolloré d’être le grand museleur de la presse, mais j’opère pourtant un choix homéopathique des poursuites qu’on engage. Ce n’est que la quatrième en six ans, sur les activités agricoles et financières du groupe ! » s’est justifié Me Baratelli, avant de rappeler les condamnations obtenues comme autant de trophées : France Inter ( http://www.reporterre.net/Bollore-en-Afrique-silence-la-justice-veille ) en 2010, Libération en 2014

    Et aussi ici
    http://seenthis.net/messages/459968

    #Vincent_Bolloré #bolloré #Socfin #Bastamag #Nadia_Djabali #attac #fidh #Oakland_Institute #Thomas_Deltombe #Marie_Barbier #Barnabé_Binctin "#Hervé_Kempf #Reporterre #procès #paradis_fiscaux #Sierra-Leone #Afrique #Multinationales #Information #survie.org

  • Démocratie radicale et utopie

    Colloque international
    15, 16 et 17 avril 2015
    Université Paris Diderot
    Paris, France

    Evénement gratuit ouvert à tous.

    http://archipeldevenirs.lcsp.univ-paris-diderot.fr/Democratie-radicale-et-utopie

    Présence notamment de #Hervé_Kempf et de #Francis_Dupuis-Déri

    Organisé par le LCSP (L’Archipel des devenirs – Centre de recherche sur les utopies) en collaboration avec l’Université York (Toronto, Canada), le Centre de Théorie Politique de l’ULB (Belgique) et l’Université du Québec à Montréal (Québec).

    #démocratie #15-16-17_Avril #Paris #Université_Paris_Diderot #UQAM (Université du Québec A Montréal)

    PS : simplement pour information

  • Comment l’oligarchie exacerbe la crise écologique

    https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/544-comment-l-oligarchie-exacerbe-la

    Donc, raisonne-t-il, le principe de consommation ostenta­toire régit la société. Celle-ci s’est diversifiée en de nom­breuses couches, dont chacune se comporte selon le même principe de distinction, c’est-à-dire en cherchant à imiter la couche supérieure. « Toute classe est mue par l’envie et riva­lise avec la classe qui lui est immédiatement supérieure dans l’échelle sociale, alors qu’elle ne songe guère à se comparer à ses inférieures, ni à celles qui la surpassent de très loin, écrit Veblen. Autrement dit, le critère du convenable en matière de consommation, et il vaut partout où joue quelque rivalité, nous est toujours proposé par ceux qui jouissent d’un peu plus de crédit que nous-mêmes. On en arrive alors, surtout dans les sociétés où les distinctions de classe sont moins nettes, à rap­porter insensiblement tous les canons d’après lesquels une chose est considérée ou reçue, ainsi que les diverses nonnes de consommation, aux habitudes de comportement et de pen­sée en honneur dans la classe la plus haut placée tant par le rang que par l’argent — celle qui possède et richesse et loisir. C’est à cette classe qu’il revient de déterminer, d’une façon générale, quel mode de vie la société doit tenir pour recevable ou générateur de considération. » (...)

    #Anthropologie
    #Psycho-sociologie
    #Livre
    #Culture
    #Education
    #Idéologie
    #Oligarchie

  • Manifestation de Nantes : des casseurs, mais aussi des tracteurs
    http://www.reporterre.net/spip.php?article5458

    La manifestation de Nantes samedi contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes a été marquée par des affrontements entre des ("antifas" et la police. Une réalité qui fait oublier la forte présence des paysans et le nombre des manifestants. (...) Source : Reporterre

    • C’est le plus souvent au nom de l’"image", de la "respectabilité" que ce type de séparations sont légitimées. Faut pas être complaisant avec les "éléments" (comme les nomme l’article, empruntant au style policier).
      D’ailleurs, au vu par exemple du peu d’arrestations, ce qui dénote d’un certain rapport de forces, pourquoi ne pas croire plutôt qu’« Il y a eu un espèce de laisser-aller, quasiment de la complaisance » comme le déclare le Maire PS de Nantes qui porte plainte ?http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/23/notre-dame-des-landes-le-maire-de-nantes-porte-plainte_4371883_3244.html

    • Ayrault le dit, faut _« sortir de l’ambiguïté ».
      « Tous ceux qui exercent des responsabilités publiques doivent condamner les squatteurs de la ZAD [zone d’aménagement différé réservée à l’aéroport], organisateurs délibérés de ces violences », a déclaré le premier ministre dimanche au quotidien Presse-Océan.

    • ouais, l’opposition entre « casseurs », « fauteurs de troubles », etc. et « gentils manifestants non-violents » est franchement crade. d’autant que des milliers de gentils manifestants non-violents sont restés à proximité des affrontements, et se replaçaient une fois le gaz lacrymogène dissipé. me semble que ça témoigne de leur volonté de ne pas prendre leurs distances avec ceux qui étaient en première ligne.

    • (…) Cela veut dire diffusion d’une pratique radicale dans un espace démocratique. Toute la question est celle de l’admissibilité de certaines pratiques illégales. Les luttes politiques et sociales ont toujours supposé un espace de jeu entre légalité et légitimité. C’est cet espace de jeu que bloque le concept de terrorisme. Il faut voir sa nouveauté. Autour de 68, on incriminait les « #casseurs » auprès de l’opinion en dépolitisant ainsi leurs actions et, d’un autre côté, on utilisait contre les militants une législation interdisant la reconstitution des ligues dissoutes qui avait été établie par la gauche en 1936 contre les ligues d’extrême-droite. Mais on ne parlait pas alors de « terrorisme ». Ce qui s’opère avant tout aujourd’hui, c’est une criminalisation des #illégalismes, qui était impensable dans ces années-là. L’occupation de locaux ou la séquestration des cadres étaient à l’époque considérés comme éléments du rapport de force, et le sabotage était poursuivi comme action criminelle ordinaire.

      Un entretien avec Jacques Rancière, Le sabot, outil de liaison locale sur Rennes et ses environs, n° 4, mars 2009
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4442

    • NOUS SOMMES TOUS DES CASSEURS

      une majorité d’interventions dans la sens d’une indistinction/solidarité grévistes/casseurs. ont été votés, un communiqué (qu’on devrait voir ici tôt ou tard) et deux banderolles en tête de manif. la première « nous sommes tous des casseurs », la seconde, un truc du genre « casseurs, grévistes, nous sommes tous des insoumis ».

      20 mars 2006, AG de plusieurs milliers de personnes à la fac de Rennes
      http://nantes.indymedia.org/articles/8175

    • #Emmanuelle_Cosse, (…). « On a toujours dénoncé les actes de violence donc les choses sont très simples » a-t-elle déclaré avant de souligner que son parti avait condamné dès samedi soir les violences à Nantes dues à des « éléments perturbateurs ».

      le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, a déclaré que « l’opposition institutionnelle à l’aéroport d[eva]it cesser d’être la vitrine légale d’un #mouvement_armé »

      Le même article du Monde, journal officiel de tous les pouvoirs, « actualisé » à plusieurs reprises.
      http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/23/notre-dame-des-landes-le-maire-de-nantes-porte-plainte_4371883_3244.html

    • Quentin, gravement blessé à l’oeil le 22 février à Nantes
      http://nantes.indymedia.org/articles/28990

      Et ils visaient, au flash ball, ils étaient cachés, on les voyait viser, suivre des gens qui marchaient ou qui couraient en face pour aller se mettre à l’abri. Ils les visaient, les suivaient et shootaient, quoi. et ils visaient pas les pieds. On a vu la façon dont ils tiraient, c’était très... c’était ciblé.

      #bouchers #flashball

      il y aurait au moins 4 blessés graves suite à la manif d’hier à Nantes (mel)

    • #Hervé_Kempf, ah wéééé, je prends note…
      Pour la #culture_politique des rapports de force, des principes de perturbations de la société (peut-elle bouger autrement que par des affrontements ?) on relira avec plaisir Francis Dupuis-Déri http://www.atelierdecreationlibertaire.com/article.php3?id_article=382

      Du politicien au policier, en passant par l’idéologue capitaliste, le bon manifestant, la « porte-parole » du mouvement altermondialiste, l’éditorialiste, le journaliste et même l’analyste communiste, tous partagent ici les mêmes sentiments et les mêmes conclusions. À ce discours unanime ne manque pourtant qu’une voix, celle des personnes ayant participé à des Black Blocs. La réalité devient à la fois plus complexe et plus intéressante lorsqu’on accepte de prêter l’oreille à leurs discours, un effort qui permet de mieux comprendre ce phénomène, ses origines, sa dynamique, ses objectifs, ses faiblesses et ses succès.

    • cc (pour les commentaires) @bastamag qui a repris l’article avec un bien meilleur titre mais la même analyse - et notamment ceci qui mériterait quelques précisions vues les infos qui ont suivi...

      Les gendarmes, retranchés derrière leurs grilles, ne bronchent pas, répliquant par des tirs de grenades – en l’air et non en tir tendu – et par le canon à eau. Il s’agit de ne pas blesser les milliers de manifestants pacifiques qui sont encore sur le cours Franklin Roosevelt.

    • Cassons la figure du « casseur » !
      http://nantes.indymedia.org/articles/29041

      J’ose espérer également que les « casseurs » étaient aussi des « casseuses », et que lancer des projectiles ne renvoie pas juste à un comportement de mec viril. Les femmes aussi ont le droit de l’être [le faire, ndc] non ? Et si on parlait de « casseures » ?

      J’ose espérer enfin que les centaines de personnes qui assistaient et soutenaient les « casseures » avaient envie d’en faire autant mais n’osaient pas se lancer tant la violence symbolique imposée par ce dispositif militaire et les risques d’interpellations et de blessures physiques étaient forts.

      Moi même, j’étais pris dans ce sentiment d’ « attraction-répulsion » vis à vis des zones d’ « émeutes ». Impossible de fuir ces zones et de laisser ces gens qui dépassaient leur peur pour résister et nous protéger tou-te-s, car oui, face à un tel dispositif policier, il est difficile de se sentir en sécurité. L’envie était forte de lancer moi aussi des projectiles. Mes quelques œufs de peinture préparés pour l’occasion commençaient à faire pale figure à côté des pavés qui commençaient à pleuvoir en tous sens. Mon dernier œuf rose lancé derrière les grilles anti-émeutes pour rendre visible la couleur socialiste de tout cet armement m’a valu de belles critiques de la part d’un ’manifestant pacificiste’ : « faux-révolutionnaire », « bouffon », « petit bourgeois ». Ma réponse fut instantanée : « si tu veux garder ta rage dans ta tête, c’est ton problème, mais ne m’empêche pas d’exprimer la mienne ! ». Son attaque méprisante fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase de ma colère. Ras le bol de leur stratégie politique bidon où il faudrait jouer l’unité et attendre le soutien de BFM pour que l’aéroport ne se fasse pas.

      RETOUR À NANTES (RÉFLEXIONS AUTOUR DE LA MANIFESTATION DU 22 FÉVRIER ET SES SUITES)
      http://www.article11.info/?Retour-a-Nantes-Reflexions-autour#pagination_page

      Fabrice Nicolino a fort bien répondu sur son site dans un texte adressé à Hervé Kempf : « Crois-tu sérieusement qu’on parlerait encore de Notre-Dame-des-Landes sans eux ? [les « violents »] Penses-tu - mais dans ce cas, écris-le ! - que les traditionnelles protestations auraient permis à elles seules de bloquer ce foutu chantier ? Moi, je suis certain que la détermination sans faille des zadistes - dont un nombre x sont aussi jeunes et violents que je l’ai été - a permis la création d’un rapport de forces favorable à notre combat commun. Attention ! Je ne prétends pas qu’ils auraient suffi, car je suis sûr du contraire. Il fallait aussi, bien entendu, la mobilisation des habitants, des paysans de la Conf’, de la gauche non inféodée… »

  • Marx, le #capitalisme et l’#écologie : super intervention d’Anselm Jappe en face de #Michael-Löwy et #Serge-Latouche ! On y parle aussi d’#André-Gorz et d’#Hervé_Kempf.

    Ça se passait à cet événement signalé il me semble sur seenthis, mais impossible de retrouver le seen :
    http://events.it-sudparis.eu/ecologiepolitique/rub3

    « Eloge de la " #croissance des forces productives " ou critique de la " production pour la #production " ? : Le double #Marx face à la #crise écologique », par #Anselm-Jappe
    http://palim-psao.over-blog.fr/article-eloge-de-la-croissance-des-forces-productives-ou-critiq

    Heureusement, les temps sont passés où l’on pouvait l’emporter sur un adversaire dans un débat rien qu’en citant un passage approprié de Marx (ou en l’inventant, comme le faisait Althusser selon son propre aveu). Heureusement, sont aussi passés les temps où l’on devait avoir honte de se référer encore à un auteur que la chute du mur de Berlin aurait réfuté à jamais, selon la doxa néo-libérale. Aujourd’hui, il est difficile de ne pas utiliser les instruments de Marx pour comprendre ce qui nous arrive, et en même temps nous ne sommes pas obligés de prendre au pied de la lettre chacune de ses phrases.

    #écologie-politique #décroissance #critique_de_la_valeur #wertkritik #travail #critique-du-travail #économie

  • « Le Monde est devenu un média comme les autres qui, comme les autres, est aux mains des capitalistes. » - Investig’Action
    http://www.michelcollon.info/Nouvel-article,4250.html

    « Le Monde est devenu un média comme les autres qui, comme les autres, est aux mains des capitalistes. »
    Benjamin Sire
    envoyer par mail |
    28 septembre 2013
    Article en PDF :
    Devenu journaliste spécialisé dans l’environnement à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, Hervé Kempf rejoint Le Monde en 1998 pour s’atteler à informer les lecteurs sur la question écologique. En août 2013, il quitte le journal, considérant ne plus pouvoir exercer son métier et être victime d’obstructions dans le traitement de l’affaire de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Il publie quelques semaines plus tard une longue et explosive tribune sur son site d’information Reporterre, dans laquelle il explique les raisons précises de son départ et brosse un portrait très critique de la presse et du quotidien de référence. Au cœur de sa réflexion, se trouve la description d’une dérive oligarchique de la société, dont les acteurs seraient à la fois la presse, la sphère économique et le monde politique. Pour en parler il a longuement reçu RAGEMAG à son domicile.

    Nous ne reviendrons pas sur la question de leur réalité ou non, mais pour justifier votre départ du Monde, vous avez parlé de pressions exercées par les actionnaires, dans le cadre de votre travail sur Notre-Dame-des-Landes. Mais en quoi une enquête approfondie sur ce sujet pourrait les déranger, eux comme la direction ?
    Comme je l’ai déjà écrit, j’ai des indices, non des preuves, qu’au demeurant je publierai si c’est nécessaire. La deuxième chose est que, s’il y a eu des pressions, il fallait y résister, s’il n’y en avait pas, il fallait me laisser travailler. Après, on peut faire des hypothèses.
    Les actionnaires du Monde, de la même manière qu’au Figaro Serge Dassault soutient clairement l’UMP, seraient-ils en empathie avec la « gauche », et je tiens aux guillemets, c’est-à-dire le PS ? Pierre Bergé a une histoire politique qui est bien connue. Et Mathieu Pigasse a été directeur de Cabinet de monsieur Strauss-Kahn qui appartenait au même parti que François Hollande et que Jean-Marc Ayrault. Ai-je besoin d’en dire plus ? (sourire).
    Vous voilà dans de beaux draps : vous avez été désavoué par la Société des rédacteurs du Monde, par certains journalistes, en plus de la direction du journal. Ils vous disent même atteint de complotite. Vous mettez ça sur le compte d’un réflexe corporatiste ou vous pouvez le comprendre ?
    Vous parlez des réactions du médiateur du Monde, Pascal Galinier, des citations d’Alain Frachon, ex-directeur du journal, et de Didier Pourquery, ex-directeur adjoint de la rédaction, et de la réaction du conseil de la Société des rédacteurs du Monde ? Ce n’est pas un réflexe corporatiste. La corporation, c’est celle des journalistes, or, jusqu’à nouvel ordre, je suis toujours journaliste. Donc, c’est un débat qui touche l’ensemble des journalistes. Et c’est pourquoi de nombreux confrères ont considéré que c’était un débat important et intéressant, à propos de l’engagement, de la neutralité, de l’exactitude. La réaction de mes confrères du Monde n’exprime que la réaction de mes confrères du Monde, et surtout des directeurs et des gens proches de la direction. Je n’ai pas eu de réactions de journalistes de base du Monde, publiques et même privées. Après la corporation des journalistes discute. Je lis ce qu’a écrit Patrick Piro dans Politis ou Jean-Luc Porquet dans Le Canard Enchaîné… Et je pense aussi au débat passionnant que nous avons eu avec Eric Dupin, Jean-Marc Manach et Daniel Schneidermann [NDLR : nous publions une longue interview de ce dernier lundi prochain]… Donc, les confrères, ou la corporation des journalistes, ont plutôt globalement, me semble-t-il, considéré que j’étais un bon journaliste qui fait bien son boulot, et qui posait des bonnes questions....

    #Monde
    #média
    #capitalistes
    #Hervé_Kempf

  • Médias, écologie et lutte contre les hydrocarbures de schiste
    http://www.zoom-ecologie.net/spip.php?article128

    Une heure d’émission : Petite introduction pour parler de la lutte contre le grand projet néfaste minier à Rosia Montana. Interview avec Jean-Louis Chopy (à 07:10), porte-parole du collectif antigaz de Schiste du 07 (Ardéche), nous explique pas mal d’éléments sur l’actualité autour des gaz et huile de Schiste en France et ailleurs. Interview Hervé Kempf (à 34:45), ex-journaliste de l’environnement du quotidien Le Monde revient sur les raisons de son départ. Source : Fréquence Paris (...)

  • Sympathique ambiance au journal de référence : « Les événements prirent une telle tournure que le délégué du personnel me conseilla de consulter le médecin du travail, qui m’orienta vers une psychologue. J’allais bien, heureusement, même si le choc était rude. Je découvris alors que plusieurs de mes collègues étaient en dépression nerveuse, qu’une mission sur les risques psycho-sociaux était menée dans l’honorable journal, qu’une plainte pour harcèlement moral était engagée par une collègue. »

    http://www.reporterre.net/spip.php?article4586

    #Le_Monde #Hervé_Kempf #travail #journalisme #écologie

    • En mars, une nouvelle directrice du Monde fut désignée par les actionnaires. Une de ses premières réformes fut de rétrograder le service Planète, pourtant bien peu remuant, en un pôle subordonné au service International. Le journal lançait une formule marquée par un cahier consacré à l’Economie et aux entreprises, signe de la ligne nouvelle, qui visait la clientèle des "responsables" et CSP +++.

      Le Débat national sur la transition énergétique, peu traité par le journal, trouva soudain une vive expression, le 17 mai, sous la forme de quatre pages axées sur « la compétitivité des entreprises » et majoritairement rédigées par des journalistes économiques extérieurs à la rédaction. On expliquait que l’enjeu essentiel d’une nouvelle politique énergétique était la compétitivité des entreprises, que le gaz de schiste réveillait l’industrie américaine, que la politique énergétique allemande produisait maints effets pervers. Un colloque organisé par l’Association française des entreprises privées (les cent plus importantes) et le Cercle de l’Industrie (fondé naguère par Dominique Strauss-Kahn) avec Le Monde accompagnait cet exercice de communication, qui remerciait Alstom, Areva, GDF-Suez, Arkema, Lafarge, etc. Ces partenaires avaient-ils apporté 35 000 euros au journal pour prix de ces quatre pages, comme me l’indiqua un collègue bien placé pour le savoir ?

  • Adieu Le Monde, vive Reporterre - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article4586

    Mais dans le secteur économique dévasté qu’est devenue la presse, et largement dominé par les intérêts capitalistes, le journalisme environnemental est relégué, de nouveau, à la position de cinquième roue du charrette, voire de gêneur. Ce qui compte, dans l’atmosphère délétère d’un système qui ne proclame la démocratie que pour mieux renforcer les logiques oligarchiques, c’est la croissance, l’économie, la production.

    #nddl #lemonde